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L’eBook Project Gutenberg des Œuvres complètes de John Gower, volume 2
Cet eBook est destiné à être utilisé par quiconque, où que ce soit aux États-Unis et dans la plupart des autres régions du monde, gratuitement et sans presque aucune restriction. Vous pouvez le copier, le donner ou le réutiliser conformément aux conditions de la licence Project Gutenberg incluse dans cet eBook ou disponible en ligne sur www.gutenberg.org. Si vous n’êtes pas aux États-Unis, vous devrez vérifier les lois du pays où vous vous trouvez avant d’utiliser cet eBook.
Titre : Les Œuvres complètes de John Gower, volume 2 – Les œuvres en anglais
Auteur : John Gower
Éditeur : G. C. Macaulay
Date de publication : 10 juillet 2023 [eBook n°71162]
Langue : Anglais
Autres informations et formats : www.gutenberg.org/ebooks/71162
Crédits : Ted Garvin, Stephen Rowland, Krista Zaleski, ainsi que l’équipe de relecture distribuée en ligne sur https://www.pgdp.net
*** Début de l’eBook Project Gutenberg – LES ŒUVRES COMPLÈTES DE JOHN GOWER, VOLUME 2 ***
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Titre : Les Œuvres complètes de John Gower, volume 2 – Les œuvres en anglais
Auteur : John Gower
Éditeur : G. C. Macaulay
Date de publication : 10 juillet 2023 [eBook n°71162]
Langue : Anglais
Autres informations et formats : www.gutenberg.org/ebooks/71162
Crédits : Ted Garvin, Stephen Rowland, Krista Zaleski, ainsi que l’équipe de relecture distribuée en ligne sur https://www.pgdp.net
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Page 4
Notes du transcrivain
Les erreurs typographiques évidentes de ponctuation ont été corrigées en silence.
En particulier, les fautes suivantes ont été corrigées :
Page cxxxii – correction de « respcet » en « respect »
Page 477 – correction de « feminine from » en « feminine form » dans la note 2677.
Page 481 – correction de « too » en « two » dans la note 390.
Note de bas de page 1275 – ajout de « margin » à la note de la ligne 2052.
Les Corrigenda et Addenda ont été corrigés sur place.
Tous les autres orthographe et ponctuations restent inchangés.
Les erreurs typographiques évidentes de ponctuation ont été corrigées en silence.
En particulier, les fautes suivantes ont été corrigées :
Page cxxxii – correction de « respcet » en « respect »
Page 477 – correction de « feminine from » en « feminine form » dans la note 2677.
Page 481 – correction de « too » en « two » dans la note 390.
Note de bas de page 1275 – ajout de « margin » à la note de la ligne 2052.
Les Corrigenda et Addenda ont été corrigés sur place.
Tous les autres orthographe et ponctuations restent inchangés.
Page 5
LES ŒUVRES COMPLÈTES
DE
JOHN GOWER
G. C. MACAULAY
**
LES ŒUVRES EN ANGLAIS
DE
JOHN GOWER
G. C. MACAULAY
**
LES ŒUVRES EN ANGLAIS
Page 6
HENRY FROWDE, M.A.
Éditeur pour l’Université d’Oxford
LONDRES, ÉDIMBOURG ET NEW YORK
Éditeur pour l’Université d’Oxford
LONDRES, ÉDIMBOURG ET NEW YORK
Page 7
MS. Fairfax 3, f. 125 verso (partie supérieure)
Page 8
ŒUVRES COMPLÈTES
DE
JOHN GOWER
ÉDITÉES D’APRÈS LES MANUSCRITS
AVEC DES INTRODUCTIONS, DES NOTES ET DES GLOSSAIRES
PAR
G. C. MACAULAY, M.A.
Ancien membre du Trinity College, Cambridge
**
ŒUVRES EN ANGLAIS
(Confessio Amantis, Prol.—Lib. V. 1970)
« Ô noble Angleterre, c’est à toi que j’écris. »
Oxford
CHEZ CLARENDON PRESS
1901
DE
JOHN GOWER
ÉDITÉES D’APRÈS LES MANUSCRITS
AVEC DES INTRODUCTIONS, DES NOTES ET DES GLOSSAIRES
PAR
G. C. MACAULAY, M.A.
Ancien membre du Trinity College, Cambridge
**
ŒUVRES EN ANGLAIS
(Confessio Amantis, Prol.—Lib. V. 1970)
« Ô noble Angleterre, c’est à toi que j’écris. »
Oxford
CHEZ CLARENDON PRESS
1901
Page 9
Oxford
IMPRIMÉ À LA CLARENDON PRESS
PAR HORACE HART, M.A.
IMPRIMEUR DE L’UNIVERSITÉ
IMPRIMÉ À LA CLARENDON PRESS
PAR HORACE HART, M.A.
IMPRIMEUR DE L’UNIVERSITÉ
Page 10
NOTE PRÉLIMINAIRE
Les circonstances dans lesquelles cette édition a été entreprise ont déjà été exposées dans la Préface au volume contenant les œuvres en français, où il est également fait mention des obligations de l’éditeur envers de nombreux bibliothécaires et propriétaires privés de manuscrits.
Il suffit pour l’instant de dire que, au fur et à mesure que son travail avançait, l’éditeur est devenu de plus en plus convaincu de la valeur et du caractère authentique du texte fourni par le manuscrit Fairfax de la Confessio Amantis ; ce texte, étant issu directement de l’auteur, bien qu’il ne soit pas écrit de sa main, peut prétendre au rang le plus élevé en tant qu’autorité pour sa langue.
On espère que la liste des erreurs, qui résulte principalement d’une révision effectuée lors de la constitution du Glossaire, pourra être considérée non pas tant comme une marque de négligence de la part de l’éditeur, que comme témoignant de son désir d’être absolument précis dans la reproduction de ce texte intéressant.
L’analyse de la Confessio Amantis, publiée dans l’Introduction, a été réalisée principalement sur la suggestion du Dr Furnivall.
À ce sujet, on peut observer que, là où l’auteur s’appuie sur des sources bien connues, les résumés sont intentionnellement plus courts ; et dans le cas de certaines histoires bibliques, il a été jugé suffisant de faire référence à l’original.
Oxford, 1901.
Les circonstances dans lesquelles cette édition a été entreprise ont déjà été exposées dans la Préface au volume contenant les œuvres en français, où il est également fait mention des obligations de l’éditeur envers de nombreux bibliothécaires et propriétaires privés de manuscrits.
Il suffit pour l’instant de dire que, au fur et à mesure que son travail avançait, l’éditeur est devenu de plus en plus convaincu de la valeur et du caractère authentique du texte fourni par le manuscrit Fairfax de la Confessio Amantis ; ce texte, étant issu directement de l’auteur, bien qu’il ne soit pas écrit de sa main, peut prétendre au rang le plus élevé en tant qu’autorité pour sa langue.
On espère que la liste des erreurs, qui résulte principalement d’une révision effectuée lors de la constitution du Glossaire, pourra être considérée non pas tant comme une marque de négligence de la part de l’éditeur, que comme témoignant de son désir d’être absolument précis dans la reproduction de ce texte intéressant.
L’analyse de la Confessio Amantis, publiée dans l’Introduction, a été réalisée principalement sur la suggestion du Dr Furnivall.
À ce sujet, on peut observer que, là où l’auteur s’appuie sur des sources bien connues, les résumés sont intentionnellement plus courts ; et dans le cas de certaines histoires bibliques, il a été jugé suffisant de faire référence à l’original.
Oxford, 1901.
Page 11
CONTENU
PAGE
Introduction vii
Confessio Amantis :—
Prologus 1
Liber I 35
Liber II 130
Liber III 226
Liber IV 301
Liber V 402
Notes 457
PAGE
Introduction vii
Confessio Amantis :—
Prologus 1
Liber I 35
Liber II 130
Liber III 226
Liber IV 301
Liber V 402
Notes 457
Page 12
INTRODUCTION
La Confessio Amantis a fait l’objet à la fois d’éloges exagérés et de dépréciations injustifiées. Au XVe et XVIe siècles, il était de mode de placer Gower côte à côte avec Chaucer, et de les présenter comme les deux étoiles jumelles de la nouvelle poésie anglaise ; une vision qui, aussi justifiée soit-elle par une analyse de leur langue et de leurs tendances littéraires, semble impliquer une évaluation très peu critique de leur importance relative. Certaines de ces références sont rassemblées ci-dessous, et elles montrent de manière générale que l’auteur jouissait d’une grande réputation littéraire et que son livre était très populaire – conclusion également confirmée par le grand nombre de manuscrits qui existaient, ainsi que par les trois éditions imprimées. Nous nous contenterons ici de souligner quelques faits de particulière importance.
Tout d’abord, la Confessio Amantis est le premier livre anglais à avoir dépassé les frontières de sa propre langue. Il existe une traduction espagnole, datant apparemment du début du XVe siècle, dans laquelle il est fait mention d’une version portugaise, aujourd’hui disparue, sur laquelle la version castillane aurait peut-être été basée. Cette double traduction dans des langues contemporaines du continent indique sans doute que la renommée de l’auteur n’était pas limitée à son île de naissance de son vivant.
Deuxièmement, en ce qui concerne la place de ce livre au XVIe siècle, les propos tenus par Berthelette semblent, à mes yeux, impliquer plus qu’un simple hommage formel. Ce relieur, particulièrement connu pour son intérêt pour la langue, expose dans la préface de son édition de la Confessio Amantis son auteur comme un modèle de langue anglaise pure, contrastant sa simplicité naturelle avec les affectations extravagantes de style et de langue alors en vogue. En effet, lorsque l’on compare le style de Gower dans ses écrits d’amour à celui que l’on trouve dans certains livres publiés à cette époque, on ne peut s’empêcher de penser que cette recommandation était justifiée.
La Confessio Amantis a fait l’objet à la fois d’éloges exagérés et de dépréciations injustifiées. Au XVe et XVIe siècles, il était de mode de placer Gower côte à côte avec Chaucer, et de les présenter comme les deux étoiles jumelles de la nouvelle poésie anglaise ; une vision qui, aussi justifiée soit-elle par une analyse de leur langue et de leurs tendances littéraires, semble impliquer une évaluation très peu critique de leur importance relative. Certaines de ces références sont rassemblées ci-dessous, et elles montrent de manière générale que l’auteur jouissait d’une grande réputation littéraire et que son livre était très populaire – conclusion également confirmée par le grand nombre de manuscrits qui existaient, ainsi que par les trois éditions imprimées. Nous nous contenterons ici de souligner quelques faits de particulière importance.
Tout d’abord, la Confessio Amantis est le premier livre anglais à avoir dépassé les frontières de sa propre langue. Il existe une traduction espagnole, datant apparemment du début du XVe siècle, dans laquelle il est fait mention d’une version portugaise, aujourd’hui disparue, sur laquelle la version castillane aurait peut-être été basée. Cette double traduction dans des langues contemporaines du continent indique sans doute que la renommée de l’auteur n’était pas limitée à son île de naissance de son vivant.
Deuxièmement, en ce qui concerne la place de ce livre au XVIe siècle, les propos tenus par Berthelette semblent, à mes yeux, impliquer plus qu’un simple hommage formel. Ce relieur, particulièrement connu pour son intérêt pour la langue, expose dans la préface de son édition de la Confessio Amantis son auteur comme un modèle de langue anglaise pure, contrastant sa simplicité naturelle avec les affectations extravagantes de style et de langue alors en vogue. En effet, lorsque l’on compare le style de Gower dans ses écrits d’amour à celui que l’on trouve dans certains livres publiés à cette époque, on ne peut s’empêcher de penser que cette recommandation était justifiée.
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Encore une fois, près d’un siècle plus tard, un témoignage assez frappant de la position de Gower en tant qu’auteur de référence est fourni par la Grammaire anglaise de Ben Jonson. Cette grammaire contient une centaine trente citations illustratives, dont une trentaine proviennent de Gower. Chaucer est cité vingt-cinq fois, Lydgate et Sir Thomas More chacun environ quatorze fois ; les autres autorités principales étant Norton, Jewel, Fox, Sir John Cheke et la Bible anglaise.
Enfin, la popularité de notre auteur ainsi que sa réputation bien établie en tant que conteur sont décisivement attestées par la pièce partiellement shakespearienne Pericles. Les intrigues des pièces étaient généralement empruntées sans mention de l’auteur ; mais ici, puisqu’une intrigue est tirée de la Confessio Amantis, on profite de l’occasion pour faire monter Gower lui-même sur scène afin qu’il serve de prologue à quatre des cinq actes, parlant dans le rythme de ses propres distiques octosyllabiques :
« Pour chanter un chant jadis chanté,
De ses cendres anciennes, Gower est revenu », etc.
Le livre était si bien connu et l’auteur si renommé que une pièce gagnait manifestement en crédit en étant associée à son nom.
Voici les principales références à Gower aux XVe et XVIe siècles. L’auteur de The King’s Quair dédie son poème à la mémoire (ou plutôt aux poèmes) de ses maîtres Gower et Chaucer. Hoccleve l’appelle « mon maître Gower » :
« Dont la vertu m’est insuffisante
Pour être décrite. »
John Walton d’Osney, traducteur en vers de Boèce, écrit :
« À Chaucer, qui est la fleur de la rhétorique
En langue anglaise et poète exceptionnel,
Je sais bien que je ne peux rien faire de semblable,
Même pour créer de la distraction ;
Et Gower, qui traite les sujets avec tant d’habileté
Dans ses livres de morale,
Bien que je sois incapable de l’égaler dans cette tâche,
Je ferai de mon mieux pour montrer ce que j’ai en moi. »
Enfin, la popularité de notre auteur ainsi que sa réputation bien établie en tant que conteur sont décisivement attestées par la pièce partiellement shakespearienne Pericles. Les intrigues des pièces étaient généralement empruntées sans mention de l’auteur ; mais ici, puisqu’une intrigue est tirée de la Confessio Amantis, on profite de l’occasion pour faire monter Gower lui-même sur scène afin qu’il serve de prologue à quatre des cinq actes, parlant dans le rythme de ses propres distiques octosyllabiques :
« Pour chanter un chant jadis chanté,
De ses cendres anciennes, Gower est revenu », etc.
Le livre était si bien connu et l’auteur si renommé que une pièce gagnait manifestement en crédit en étant associée à son nom.
Voici les principales références à Gower aux XVe et XVIe siècles. L’auteur de The King’s Quair dédie son poème à la mémoire (ou plutôt aux poèmes) de ses maîtres Gower et Chaucer. Hoccleve l’appelle « mon maître Gower » :
« Dont la vertu m’est insuffisante
Pour être décrite. »
John Walton d’Osney, traducteur en vers de Boèce, écrit :
« À Chaucer, qui est la fleur de la rhétorique
En langue anglaise et poète exceptionnel,
Je sais bien que je ne peux rien faire de semblable,
Même pour créer de la distraction ;
Et Gower, qui traite les sujets avec tant d’habileté
Dans ses livres de morale,
Bien que je sois incapable de l’égaler dans cette tâche,
Je ferai de mon mieux pour montrer ce que j’ai en moi. »
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Bokenham, dans ses Vies des saints, parle à plusieurs reprises de Gower, Chaucer et Lydgate – ce dernier étant encore en vie à l’époque – en les qualifiant de trois grandes lumières de la littérature anglaise. Caxton imprima la Confessio Amantis en 1483, et il semble qu’il s’agisse d’une des œuvres les plus populaires publiées par son imprimerie. Au XVIe siècle, Gower apparaît aux côtés de Chaucer dans le Lament for the Makaris de Dunbar ainsi que dans les poèmes de Lindsay. Hawes, dans le Pastime of Pleasure, le classe avec Chaucer et son bien-aimé Lydgate, tandis que Skelton le présente comme le premier, par ordre chronologique, parmi les poètes anglais mentionnés dans le Garland of Laurel :
« J’ai vu Gower, qui fut le premier à embellir notre langue anglaise rustique, et maître Chaucer », etc.,
un témoignage qui n’est pas tout à fait cohérent avec celui du Lament for Philip Sparow :
« La langue de Gower est ancienne, sans grande valeur ; son style vaut de l’or et mérite d’être consigné. »
Barclay, dans la préface de son Mirour of Good Manners (imprimé en 1516), affirme que son « maître », Sir Giles Alington, lui avait demandé de réduire et de modifier la Confessio Amantis, mais qu’il a refusé cette tâche, principalement pour des raisons morales. Selon lui, cette œuvre ne serait pas adaptée à son âge et à son statut (il était prêtre et moine à Ely) :
« Et bien que de nombreux passages y soient louables, certains passages semblent empreints de débauche : … Pour un homme de son âge, c’est assurément une folie et un danger, car cela peut entraîner une mauvaise réputation en écrivant, en lisant ou en commentant des sujets sacrés. »
Leland avait une vague conscience de la différence de mérite littéraire entre Chaucer et Gower ; mais Bale suggère que notre auteur était « un autre Dante et Pétrarque » (pas moins), ajoutant cette remarque, tirée peut-être de la préface de Berthelette : « Il était considéré comme la lumière de son temps pour écrire savamment dans la langue vulgaire ». Dans le Dialogue contre la peste fébrile de Bullein (1564), Gower est représenté assis aux côtés des poètes classiques, Homère, Hésiode, Ennius et Lucain. Puttenham, dans l’Art of English Poesie (1589), et Sidney, dans la Defence of Poesie (1595), classent également Gower et Chaucer ensemble. Ce dernier, afin d’illustrer sa thèse selon laquelle les premiers écrivains de chaque pays étaient des poètes, dit : « Ainsi, chez les Romains, il y eut Livius Andronicus et Ennius ; dans la langue italienne… les poètes Dante, Boccace et Pétrarque ; dans notre langue anglaise, Gower et Chaucer. Après eux, encouragés et inspirés par leur excellence, d’autres ont suivi pour embellir notre langue maternelle, tant dans ce domaine que dans d’autres arts. »
Dans la Vision de Robert Greene, imprimée vers 1592, Chaucer et Gower apparaissent comme les représentants reconnus du style agréable et du style sentencieux dans le récit, et ils se font concurrence dans des histoires sur un sujet donné : le remède à la jalousie.
« J’ai vu Gower, qui fut le premier à embellir notre langue anglaise rustique, et maître Chaucer », etc.,
un témoignage qui n’est pas tout à fait cohérent avec celui du Lament for Philip Sparow :
« La langue de Gower est ancienne, sans grande valeur ; son style vaut de l’or et mérite d’être consigné. »
Barclay, dans la préface de son Mirour of Good Manners (imprimé en 1516), affirme que son « maître », Sir Giles Alington, lui avait demandé de réduire et de modifier la Confessio Amantis, mais qu’il a refusé cette tâche, principalement pour des raisons morales. Selon lui, cette œuvre ne serait pas adaptée à son âge et à son statut (il était prêtre et moine à Ely) :
« Et bien que de nombreux passages y soient louables, certains passages semblent empreints de débauche : … Pour un homme de son âge, c’est assurément une folie et un danger, car cela peut entraîner une mauvaise réputation en écrivant, en lisant ou en commentant des sujets sacrés. »
Leland avait une vague conscience de la différence de mérite littéraire entre Chaucer et Gower ; mais Bale suggère que notre auteur était « un autre Dante et Pétrarque » (pas moins), ajoutant cette remarque, tirée peut-être de la préface de Berthelette : « Il était considéré comme la lumière de son temps pour écrire savamment dans la langue vulgaire ». Dans le Dialogue contre la peste fébrile de Bullein (1564), Gower est représenté assis aux côtés des poètes classiques, Homère, Hésiode, Ennius et Lucain. Puttenham, dans l’Art of English Poesie (1589), et Sidney, dans la Defence of Poesie (1595), classent également Gower et Chaucer ensemble. Ce dernier, afin d’illustrer sa thèse selon laquelle les premiers écrivains de chaque pays étaient des poètes, dit : « Ainsi, chez les Romains, il y eut Livius Andronicus et Ennius ; dans la langue italienne… les poètes Dante, Boccace et Pétrarque ; dans notre langue anglaise, Gower et Chaucer. Après eux, encouragés et inspirés par leur excellence, d’autres ont suivi pour embellir notre langue maternelle, tant dans ce domaine que dans d’autres arts. »
Dans la Vision de Robert Greene, imprimée vers 1592, Chaucer et Gower apparaissent comme les représentants reconnus du style agréable et du style sentencieux dans le récit, et ils se font concurrence dans des histoires sur un sujet donné : le remède à la jalousie.
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L’introduction de Gower dans la pièce Pericles, Prince de Tyr a déjà été mentionnée.
L’exagération non critique des mérites littéraires de Gower, qui prévalait autrefois, lui a causé certains inconvénients à l’époque moderne. La comparaison avec Chaucer, si souvent suggérée, ne pouvait que se révéler défavorable pour lui ; et les critiques modernes, au lieu d’essayer d’évaluer équitablement les qualités qu’il possède, ont souvent été amenés à le sacrifier à l’honneur de Chaucer, qui n’a certainement pas besoin d’une telle addition à sa gloire. La véritable méthode critique est plutôt l’inverse. La popularité et la réputation précoces de Gower sont des faits à prendre en compte, en plus des mérites littéraires que nous, de notre génération, pouvons trouver dans son œuvre, et ni les spécialistes de l’anglais médiéval, ni ceux qui cherchent à retracer les influences qui ont façonné la langue et la littérature anglaises aux XVe et XVIe siècles ne peuvent se permettre d’ignorer l’œuvre anglaise de Gower.
LES ŒUVRES EN ANGLAIS.
i. Caractéristiques littéraires.—La raison du succès de la Confessio Amantis était naturellement le fait qu’elle répondait à un besoin populaire. Après avoir tenté, de diverses manières, de « rendre compte de sa gestion » en tant que moraliste, l’auteur trouva finalement sa véritable vocation, cette fois-ci dans sa langue maternelle, en tant que conteur. Le reste n’est que mise en forme, parfois poétique et intéressante, parfois fastidieuse et maladroite, mais ce sont les histoires qui comptent. Sa compréhension du goût populaire lui est peut-être venue en partie grâce au succès de Chaucer dans la Legend of Good Women, et le style narratif simple mais excellent qu’il développa par la suite a dû représenter une nouvelle révélation de ses capacités, tant pour lui-même que pour les autres. Il est vrai qu’il ne renonce pas complètement au rôle de moraliste, mais il a définitivement et publiquement abandonné la tâche de remettre en ordre la société en général.
« Il ne m’est pas possible
De couvrir des sujets aussi importants,
... .
Car je pense changer désormais
Le style de mes écrits. »
L’exagération non critique des mérites littéraires de Gower, qui prévalait autrefois, lui a causé certains inconvénients à l’époque moderne. La comparaison avec Chaucer, si souvent suggérée, ne pouvait que se révéler défavorable pour lui ; et les critiques modernes, au lieu d’essayer d’évaluer équitablement les qualités qu’il possède, ont souvent été amenés à le sacrifier à l’honneur de Chaucer, qui n’a certainement pas besoin d’une telle addition à sa gloire. La véritable méthode critique est plutôt l’inverse. La popularité et la réputation précoces de Gower sont des faits à prendre en compte, en plus des mérites littéraires que nous, de notre génération, pouvons trouver dans son œuvre, et ni les spécialistes de l’anglais médiéval, ni ceux qui cherchent à retracer les influences qui ont façonné la langue et la littérature anglaises aux XVe et XVIe siècles ne peuvent se permettre d’ignorer l’œuvre anglaise de Gower.
LES ŒUVRES EN ANGLAIS.
i. Caractéristiques littéraires.—La raison du succès de la Confessio Amantis était naturellement le fait qu’elle répondait à un besoin populaire. Après avoir tenté, de diverses manières, de « rendre compte de sa gestion » en tant que moraliste, l’auteur trouva finalement sa véritable vocation, cette fois-ci dans sa langue maternelle, en tant que conteur. Le reste n’est que mise en forme, parfois poétique et intéressante, parfois fastidieuse et maladroite, mais ce sont les histoires qui comptent. Sa compréhension du goût populaire lui est peut-être venue en partie grâce au succès de Chaucer dans la Legend of Good Women, et le style narratif simple mais excellent qu’il développa par la suite a dû représenter une nouvelle révélation de ses capacités, tant pour lui-même que pour les autres. Il est vrai qu’il ne renonce pas complètement au rôle de moraliste, mais il a définitivement et publiquement abandonné la tâche de remettre en ordre la société en général.
« Il ne m’est pas possible
De couvrir des sujets aussi importants,
... .
Car je pense changer désormais
Le style de mes écrits. »
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« Et parler de cela n’est pas si étrange », etc. (i. 4 ss.)
Il cache en effet sa retraite en insistant sur l’influence omniprésente de l’Amour dans le monde et sur le fait que tous les maux de la société proviennent, pour ainsi dire, de son absence ; mais ce n’est guère plus qu’un prétexte. L’Amour est choisi en partie parce qu’il offre un cadre pratique pour le projet, et en partie peut-être par respect pour un ordre royal. Il n’y a aucune raison de douter de l’affirmation faite dans la première version du Prologue au sujet de la rencontre de l’auteur avec Richard II sur la rivière, et du fait qu’il reçut alors des suggestions pour un livre, que le roi promit d’accepter et de lire. On peut facilement supposer que c’est Richard lui-même qui suggéra l’Amour comme sujet, étant donné qu’il prenait plaisir à ce genre de sujet, comme nous le savons grâce à Froissart. « Alors le roi me demanda de quoi il s’agissait. Je lui dis : “De l’amour.” À cette réponse, il fut tout réjoui, et il examina le livre en plusieurs endroits et le lut. » C’était assurément un signe de qualité chez le jeune roi de reconnaître la valeur littéraire de l’œuvre de cet austère mentor qui lui avait tant parlé de ses devoirs dans la Vox Clamantis, et d’avoir joué un rôle dans l’encouragement à entreprendre une tâche plus prometteuse ; et s’il est vrai qu’il a suggéré l’Amour comme sujet, nous ne pouvons que admirer à la fois le sens de l’humour manifesté par le prince et la manière dont notre auteur a accompli la tâche qui lui était confiée.
L’idée de la Confession a sans doute été tirée du Roman de la Rose, où le prêtre de la Nature, dont le nom est Genius, écoute sa confession ; mais il faut admettre que Gower en a fait un usage bien meilleur. La Nature s’occupe d’exposer le système de l’univers en général, et avoue longuement non pas ses propres fautes, mais celles de l’Homme, qu’elle regrette d’avoir créé. Son ton n’est en rien celui d’une pénitente, même si elle est agenouillée, et Genius ne fait presque rien pour elle en retour, se contentant d’approuver de manière assez élaborée son avis selon lequel, si des précautions appropriées avaient été prises, Mars et Vénus auraient pu facilement tromper Vulcain. Gower, quant à lui, a transformé la Confession en un cadre qui peut convenablement accueillir un grand nombre d’histoires sur n’importe quel sujet possible, tout en préservant pour l’essentiel la juste proportion des caractères et des situations des deux personnages. En imposant une apparence de limitation au sujet de l’amour, il n’a en réalité pas nécessairement restreint la portée du récit, car il n’y a rien d’inapproprié dans
Il cache en effet sa retraite en insistant sur l’influence omniprésente de l’Amour dans le monde et sur le fait que tous les maux de la société proviennent, pour ainsi dire, de son absence ; mais ce n’est guère plus qu’un prétexte. L’Amour est choisi en partie parce qu’il offre un cadre pratique pour le projet, et en partie peut-être par respect pour un ordre royal. Il n’y a aucune raison de douter de l’affirmation faite dans la première version du Prologue au sujet de la rencontre de l’auteur avec Richard II sur la rivière, et du fait qu’il reçut alors des suggestions pour un livre, que le roi promit d’accepter et de lire. On peut facilement supposer que c’est Richard lui-même qui suggéra l’Amour comme sujet, étant donné qu’il prenait plaisir à ce genre de sujet, comme nous le savons grâce à Froissart. « Alors le roi me demanda de quoi il s’agissait. Je lui dis : “De l’amour.” À cette réponse, il fut tout réjoui, et il examina le livre en plusieurs endroits et le lut. » C’était assurément un signe de qualité chez le jeune roi de reconnaître la valeur littéraire de l’œuvre de cet austère mentor qui lui avait tant parlé de ses devoirs dans la Vox Clamantis, et d’avoir joué un rôle dans l’encouragement à entreprendre une tâche plus prometteuse ; et s’il est vrai qu’il a suggéré l’Amour comme sujet, nous ne pouvons que admirer à la fois le sens de l’humour manifesté par le prince et la manière dont notre auteur a accompli la tâche qui lui était confiée.
L’idée de la Confession a sans doute été tirée du Roman de la Rose, où le prêtre de la Nature, dont le nom est Genius, écoute sa confession ; mais il faut admettre que Gower en a fait un usage bien meilleur. La Nature s’occupe d’exposer le système de l’univers en général, et avoue longuement non pas ses propres fautes, mais celles de l’Homme, qu’elle regrette d’avoir créé. Son ton n’est en rien celui d’une pénitente, même si elle est agenouillée, et Genius ne fait presque rien pour elle en retour, se contentant d’approuver de manière assez élaborée son avis selon lequel, si des précautions appropriées avaient été prises, Mars et Vénus auraient pu facilement tromper Vulcain. Gower, quant à lui, a transformé la Confession en un cadre qui peut convenablement accueillir un grand nombre d’histoires sur n’importe quel sujet possible, tout en préservant pour l’essentiel la juste proportion des caractères et des situations des deux personnages. En imposant une apparence de limitation au sujet de l’amour, il n’a en réalité pas nécessairement restreint la portée du récit, car il n’y a rien d’inapproprié dans
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Il illustre par une histoire la nature générale d’un vice ou d’une vertu avant d’en faire une application spécifique aux cas concernant des amants ; cette application spécifique, faite avec toute la solennité requise, a souvent un caractère piquant qui manquerait à l’histoire morale pure et simple. Ajoutons à cela que la forme adoptée tend vers une sorte de traitement quasi-religieux du sujet, ce qui était en parfaite adéquation avec les goûts de l’époque, et produit cette impression de singularité et de charme que la plupart d’entre nous associent à notre première rencontre avec la Confessio Amantis. Le succès de l’œuvre – car c’est bien une œuvre réussie malgré ses défauts – est dû à plusieurs mérites. Le premier d’entre eux est le talent indéniable de l’auteur pour raconter des histoires. Il manque de puissance dramatique ou d’humour, qualités qui distinguent Chaucer, mais il raconte ses histoires de manière bien ordonnée et intéressante, ne rompt pas le fil par des digressions, ne se lasse jamais de l’histoire avant qu’elle ne soit terminée, comme le fait si visiblement et si souvent Chaucer, et parvient presque toujours à conduire son lecteur jusqu’au bout avec succès. Son récit est un cours d’eau clair, quoique peu profond, ondulant agréablement sur les pierres, sans être interrompu ni par des barrages ni par des chutes. Les matériaux, bien sûr, ne sont pas originaux, mais Gower n’est en aucun cas un imitateur servile de ses sources ; les proportions et l’agencement des histoires sont généralement de sa propre création et montrent souvent un bon jugement. De plus, il donne assez souvent une nouvelle tournure à une histoire bien connue, comme dans les cas de Jephté et de Saül, ou y apporte une jolie touche supplémentaire, comme c’est le cas pour certaines histoires tirées d’Ovide. Presque la seule histoire dans laquelle l’intérêt diminue réellement est la plus longue, celle d’Apollonius de Tyr, qui occupe une grande partie du huitième livre et a servi de base au scénario de Pélopidas ; or, sous sa forme originale, il s’agissait d’une série d’événements si dispersés et confus qu’il était difficile pour quiconque de la sauver complètement. Il ne fait aucun doute que ce don pour un récit clair et intéressant fut le mérite qui plut le plus au goût populaire, car à cette époque, le désir sain de lire des histoires n’était pas suffisamment satisfait, et que la simplicité du style était un avantage plutôt qu’un inconvénient. Les goûts diffèrent bien sûr quant aux mérites des différentes histoires, mais certaines peuvent être considérées comme indéniablement bonnes. L’histoire de Mundus et Paulina dans le premier livre est racontée de manière excellente, tout comme celle d’Alboin et Rosemund. Parmi les meilleures histoires du deuxième livre, on trouve peut-être le Faux célibataire et la légende de Constantin et Silvestre, dans la seconde desquelles l’auteur a
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Il a considérablement amélioré ses matériaux. Dans le troisième livre, l’histoire de Canace est racontée de manière très touchante, bien mieux que chez Ovide ; si bien que, malgré la condamnation de Chaucer, son fidèle disciple Lydgate ne put résister à la tentation de s’en inspirer. Le quatrième livre, d’une excellence particulière, nous présente Rosiphelee, Phyllis, ainsi que l’histoire de Ceix et Alceone, racontée avec beaucoup de poésie. Le cinquième livre contient Jason et Médée, un exemple admirable de narration continue, simple pourtant efficace et poétique ; c’est peut-être dans l’ensemble la meilleure œuvre de Gower : on y trouve également l’histoire orientale d’Adrien et Bardus, ainsi que l’histoire bien racontée de Téreus et Philomèle. Dans le septième livre, on trouve l’histoire biblique de Gédéon, racontée de manière excellente, ainsi que l’histoire du viol de Lucrèce et celle de Virginie. Ces récits peuvent être considérés comme des exemples de la force narrative de Gower à son meilleur niveau ; compte tenu du degré d’efficacité qu’il atteint dans ces récits et de la manière dont il utilise ses matériaux, on peut légitimement le juger comme un excellent conteur.
En ce qui concerne le style et les qualités poétiques, on trouve beaucoup de choses positives dans ces récits. On ne peut nier ni la force ni la beauté descriptive de l’histoire de Médée, avec sa description de la mer d’été scintillant sous le soleil qui brille sur le héros de retour ; duveteau d’or à ses côtés, un signe de succès éclaire la tour de garde où Médée prie pour son chevalier choisi. De même, on ne peut ignorer la puissance poétique des phases ultérieures de cette même histoire, d’abord les recherches nocturnes de Médée à la recherche de sortilèges :
« Le monde était silencieux de tous côtés ;
Avec les haies ouvertes et tout nu,
Elle avançait péniblement,
Vêtue de ses seuls vêtements,
Tout brillante, et sur l’herbe
Elle brillait comme une étoile :
Elle ne fit autre chose
Jusqu’à ce qu’elle arrive au fleuve frais,
Et là, elle s’arrêta un moment.
Trois fois elle tourna autour d’elle,
Trois fois encore elle descendit dans l’eau
Et y plongea ses cheveux,
Trois fois encore sur l’eau… »
En ce qui concerne le style et les qualités poétiques, on trouve beaucoup de choses positives dans ces récits. On ne peut nier ni la force ni la beauté descriptive de l’histoire de Médée, avec sa description de la mer d’été scintillant sous le soleil qui brille sur le héros de retour ; duveteau d’or à ses côtés, un signe de succès éclaire la tour de garde où Médée prie pour son chevalier choisi. De même, on ne peut ignorer la puissance poétique des phases ultérieures de cette même histoire, d’abord les recherches nocturnes de Médée à la recherche de sortilèges :
« Le monde était silencieux de tous côtés ;
Avec les haies ouvertes et tout nu,
Elle avançait péniblement,
Vêtue de ses seuls vêtements,
Tout brillante, et sur l’herbe
Elle brillait comme une étoile :
Elle ne fit autre chose
Jusqu’à ce qu’elle arrive au fleuve frais,
Et là, elle s’arrêta un moment.
Trois fois elle tourna autour d’elle,
Trois fois encore elle descendit dans l’eau
Et y plongea ses cheveux,
Trois fois encore sur l’eau… »
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Elle halète avec un souffle rauque,
Et bien qu’elle reprenne la parole, sa voix est faible. (v. 3962 et suiv.)
Et plus tard encore, lorsque les charmes entrent en action (v. 4059 et suiv.), on trouve un passage d’une beauté pittoresque extraordinaire, mais trop long pour être cité ici. Nous n’oublions pas la dette envers Ovide, mais ces descriptions sont bien plus détaillées et percutantes que l’original.
Pour un tableau de nature différente, également inspiré d’Ovide, on peut citer la description des larmes de Lucrèce pour son mari, ainsi que la beauté qui revient sur son visage lorsqu’il apparaît :
« Alors les larmes coulèrent sur ses joues blanches,
L’eau de ses yeux, qu’elle ne pouvait retenir ;
Et comme on voit la rosée tomber
Sur les feuilles et les fleurs,
Ainsi les larmes coulaient sur ses joues blanches.
Lorsque Collatine entendit parler de tant de fidélité de son cœur,
Elle se précipita vers lui et dit : “Voici, mon bon ami,
Il est venu te voir, celui que tu aimes le plus.”
Et elle, avec une tendre affection,
Le prit dans ses bras délicats ;
La pâleur de son visage disparut,
Et sa beauté fut restaurée,
Au point qu’on ne pouvait la surpasser. » (vii. 4830 et suiv.)
C’est là un passage où Gower, avec son goût naturel pour la simplicité, a de nouveau amélioré son modèle classique, et peut sans crainte rivaliser avec Chaucer, qui a suivi Ovide de manière plus littérale.
Il convient de mentionner que les descriptions des tempêtes en mer chez Gower sont particulièrement vivantes et fidèles, ce qui nous amène à penser qu’il avait une connaissance bien plus approfondie de ces phénomènes que ce qu’une simple connaissance littéraire pourrait permettre. C’est le cas, par exemple, de…
Et bien qu’elle reprenne la parole, sa voix est faible. (v. 3962 et suiv.)
Et plus tard encore, lorsque les charmes entrent en action (v. 4059 et suiv.), on trouve un passage d’une beauté pittoresque extraordinaire, mais trop long pour être cité ici. Nous n’oublions pas la dette envers Ovide, mais ces descriptions sont bien plus détaillées et percutantes que l’original.
Pour un tableau de nature différente, également inspiré d’Ovide, on peut citer la description des larmes de Lucrèce pour son mari, ainsi que la beauté qui revient sur son visage lorsqu’il apparaît :
« Alors les larmes coulèrent sur ses joues blanches,
L’eau de ses yeux, qu’elle ne pouvait retenir ;
Et comme on voit la rosée tomber
Sur les feuilles et les fleurs,
Ainsi les larmes coulaient sur ses joues blanches.
Lorsque Collatine entendit parler de tant de fidélité de son cœur,
Elle se précipita vers lui et dit : “Voici, mon bon ami,
Il est venu te voir, celui que tu aimes le plus.”
Et elle, avec une tendre affection,
Le prit dans ses bras délicats ;
La pâleur de son visage disparut,
Et sa beauté fut restaurée,
Au point qu’on ne pouvait la surpasser. » (vii. 4830 et suiv.)
C’est là un passage où Gower, avec son goût naturel pour la simplicité, a de nouveau amélioré son modèle classique, et peut sans crainte rivaliser avec Chaucer, qui a suivi Ovide de manière plus littérale.
Il convient de mentionner que les descriptions des tempêtes en mer chez Gower sont particulièrement vivantes et fidèles, ce qui nous amène à penser qu’il avait une connaissance bien plus approfondie de ces phénomènes que ce qu’une simple connaissance littéraire pourrait permettre. C’est le cas, par exemple, de…
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En raison du naufrage de la flotte grecque, III, 981 et suiv., ainsi que des tempêtes dont Apollonios est plus d’une fois la victime, comme en VIII, 604 et suiv., et en général les termes et métaphores nautiques, dont le sens n’est pas toujours tout à fait clair, semblent provenir facilement de sa plume. Outre la simplicité et la directe du style narratif qui caractérisent les récits eux-mêmes, nous devons reconnaître un certain attrait dans le cadre dans lequel ils se déroulent. Le Amant suscite sans aucun doute notre intérêt : nous pouvons comprendre ses peines et ses joies, sa dépression lorsque sa maîtresse refuse d’écouter les vers qu’il a écrits pour elle, et sa joie lorsqu’il entend des gens la louer. Nous pouvons excuser sa jalousie, sa malveillance et sa haine, franchement avouées, à l’égard de tous ceux qui rivalisent avec lui pour son amour. Ses sentiments sont décrits d’une manière très naturelle : l’hésitation et l’oubli en sa présence, puis le remords qui suit, l’empressement à lui rendre de petits services, à l’accompagner à la messe, à l’aider à monter en selle, à chevaucher à côté de sa voiture, la joie d’être présent dans sa chambre, de lui chanter ou de lui lire l’histoire de Troïlus, ou, à défaut, de contempler ses doigts longs et fins au travail sur sa tapisserie ou son brocart. Parfois, elle ne reste pas avec lui, et alors il joue avec le chien ou les oiseaux en cage, et converse avec le page de sa chambre — n’importe quoi pour rester ; et quand il se fait tard et qu’il doit partir, il s’en va effectivement, mais revient sous prétexte d’avoir oublié quelque chose, afin de pouvoir lui dire bonne nuit une fois de plus. Il se lève la nuit et regarde par sa fenêtre, au-delà des maisons, vers la chambre où elle dort, et se perd dans l’imagination des vols d’amour qu’il commettrait s’il possédait par quelque magie noire ce pouvoir. Pourtant, il n’est pas excessivement romantique : il ira où que sa dame le lui ordonne, mais il ne parcourra pas le monde armé uniquement pour gagner la renommée, risquant peut-être de perdre sa dame chez lui en attendant. Nous prenons son parti lorsqu’il se plaint du manque de compassion du Confesseur face à une douleur qu’il ne ressent pas lui-même, et de sa propension à prescrire des remèdes pour une blessure au cœur comme s’il s’agissait d’une plaie au talon. Même en souriant, nous éprouvons de la compassion pour cet amant qui finit par être disqualifié en raison de son âge, et pour qui on conseille de se retirer dans un « beau retrait » tant qu’il est encore temps. Mais il y a aussi un autre personnage qui nous intéresse, et c’est la dame elle-même. Gower appréciait certainement la délicatesse et la raffinement poétique nécessaires à l’amour idéal, et cette appréciation…
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apparaît également dans ses balades ; mais ici nous avons quelque chose de plus que cela. La figure de la dame, que nous voyons constamment en arrière-plan du dialogue, est à la fois attirante et humaine. Nous reconnaissons en elle une créature de chair et de sang, certes pas une déesse, comme le remarque son propre amant, mais une incarnation charmante de la grâce et du raffinement féminins. Elle est entourée d’amants, mais elle est sage et méfiante. Elle est courtoise et douce, mais en même temps ferme : elle ne jure pas volontiers, et donc répond par un non sans serment, mais c’est un non décisif à quiconque est disposé à se montrer prétentieux. Elle ne néglige pas ses devoirs domestiques simplement parce qu’un amant insiste pour être constamment à ses côtés, mais elle le laisse s’amuser comme il le souhaite, tandis qu’elle s’occupe ailleurs. Si elle a du loisir et peut s’asseoir pour broder, il peut lui lire s’il le veut, mais ce doit être un roman passionnant, et non ses propres rondels, balades ou virelais en son honneur. La coutume lui permet de l’embrasser lorsqu’il prend congé, mais s’il revient sous n’importe quel prétexte pour prendre à nouveau congé, un deuxième baiser n’est souvent pas permis. Elle le laisse la conduire jusqu’à l’autel à l’église, et monter à côté d’elle lorsqu’elle sort en voiture, mais elle ne prendra aucun cadeau de sa part, bien que avec certains de ses admirateurs plus jeunes, dont elle sait que la passion est moins sérieuse, elle ne soit pas si stricte et accepte et donne librement. Même la description de son apparence n’est pas offensante, comme c’est presque toujours le cas pour de telles descriptions. Son amant soupçonne que son âme pourrait être en état de péril, puisqu’elle a le pouvoir de sauver la vie d’un homme et pourtant le laisse mourir, mais il admet qu’il n’y a en elle autant de violence qu’en un enfant de trois ans, et que ses paroles sont pour lui aussi agréables que les vents du Sud. Le prêt usuraire est un vice qu’il ose lui reprocher, puisqu’il lui a donné tout son cœur en échange d’un seul regard de ses yeux, et elle tient à cet accord et ne donnera pas de cœur en retour ; mais alors, comme le Confesseur le réplique très justement, « elle peut être de celles dont un seul regard vaut mille fois ton cœur entier », et ainsi il a vendu son cœur à bon marché, en recevant en retour bien plus que sa valeur réelle. Cependant, la caractéristique littéraire qui est peut-être la plus remarquable dans la Confessio Amantis est plutôt liée à la forme d’expression qu’au sujet. Aucune justice ne sera rendue à Gower si l’on ne reconnaît pas que l’habileté technique qu’il manifeste dans ses vers et maîtrise qu’il exerce sur le langage à ses propres fins est vraiment remarquable. Dans la facilité et la naturelité avec lesquelles il s’exprime malgré les contraintes du couplet octosyllabique, il dépasse de loin ses contemporains, y compris
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Le Chaucer lui-même. Il se permet certaines inversions d’ordre et des irrégularités de construction, et il y a de nombreux intervalles de ce type dans le flux ordinaire de son récit ; mais là où le sujet l’exige, sa maîtrise admirable du paragraphe en vers, la fluidité métrique de ses lignes, obtenue sans accent artificiel ni ordre forcé des mots, ainsi que la précision avec laquelle il exprime exactement ce qu’il a à dire dans les limites strictes qu’il s’est fixées, montrent une maîtrise parfaite de l’expression qui est surprenante à cette époque où le style anglais était encore peu développé, et chez un homme qui s’était formé davantage en français et en latin qu’en composition anglaise. Une phrase comme celle-ci, par exemple, semble lui venir avec une parfaite aisance : il n’y a aucune interruption dans le mètre, aucune hésitation ou inversion pour le plaisir de la rime ; elle exprime exactement ce qu’elle doit exprimer, ni plus ni moins :
« Jusqu’à ce que le haut roi des rois,
Qui voit et sait toutes choses,
À qui rien ne peut échapper —
Les secrets du cœur humain
Ils les prononcent et les font entendre devant Lui
Comme s’ils étaient de faibles vents —
Il prit vengeance contre cette fierté. » (i. 2803 et suiv.)
Ou encore, à titre d’exemple de style plus familier :
« Et si l’on tentait de restreindre
Mon amour, ce serait un effort vain
D’apprendre ce qui ne peut jamais l’être.
Car tout comme pour l’arbre vert,
Si l’on lui arrache ses racines,
Ainsi mon cœur devrait mourir,
Si mon amour m’était enlevé. » (iv. 2677 et suiv.)
Il n’y a rien de remarquable dans le sentiment ou l’expression de ces passages, mais ils sont parfaitement simples et naturels, et passent au vers rimé sans perturbation du sens ou de l’accent ; mais une telle compétence technique est extrêmement rare chez les écrivains de l’époque. Chaucer avait
« Jusqu’à ce que le haut roi des rois,
Qui voit et sait toutes choses,
À qui rien ne peut échapper —
Les secrets du cœur humain
Ils les prononcent et les font entendre devant Lui
Comme s’ils étaient de faibles vents —
Il prit vengeance contre cette fierté. » (i. 2803 et suiv.)
Ou encore, à titre d’exemple de style plus familier :
« Et si l’on tentait de restreindre
Mon amour, ce serait un effort vain
D’apprendre ce qui ne peut jamais l’être.
Car tout comme pour l’arbre vert,
Si l’on lui arrache ses racines,
Ainsi mon cœur devrait mourir,
Si mon amour m’était enlevé. » (iv. 2677 et suiv.)
Il n’y a rien de remarquable dans le sentiment ou l’expression de ces passages, mais ils sont parfaitement simples et naturels, et passent au vers rimé sans perturbation du sens ou de l’accent ; mais une telle compétence technique est extrêmement rare chez les écrivains de l’époque. Chaucer avait
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Avec des objectifs plus ambitieux, et étant un artiste d’un niveau tout à fait supérieur, il atteint, lorsqu’il est à son meilleur, un niveau de maîtrise plus élevé tant en versification qu’en d’autres domaines ; mais il tente constamment plus que ce qu’il peut accomplir, visant souvent l’inatteignable au lieu de se fixer des objectifs réalistes. Son contrôle sur ses matériaux est manifestement incomplet, et il ne s’est pas donné la peine d’acquérir une perfection dans son art, sachant que d’autres choses sont plus importantes.
« Et je ne mets aucune diligence
À montrer mon art, mais seulement mes vers. »
Le résultat est que le lecteur le plus expérimenté hésite souvent face au mètre utilisé et doit relire les lignes deux ou même trois fois avant de pouvoir comprendre comment le poète souhaitait que ses mots soient accentués et quel était exactement le rythme qu’il avait en tête. En réalité, au lieu de faciliter la lecture pour son lecteur, il choisit souvent délibérément de se épargner du travail en tirant parti, légitimement ou non, de toutes les libertés offertes par les règles d’accentuation et de suppression de syllabes, que la nature instable du langage littéraire permettait. Le lecteur des vers de Gower n’est jamais interrompu de cette manière, sauf en cas d’erreur du copiste ou de l’éditeur ; et lorsque nous examinons les moyens par lesquels cette fluidité est obtenue, nous avons l’impression de faire face à un artisan littéraire qui, grâce à une formation assidue, a acquis une maîtrise presque parfaite de ses outils. Les qualités dont nous parlons sont particulièrement visibles dans le style plus formel propre aux discours, lettres et épitaphes présents dans les récits de notre auteur. La réponse de Constance à celui qui lui pose des questions (ii. 1148 et suiv.) en est un bon exemple :
« Quod sche, “Je suis
Une femme parfaitement vertueuse.
J’avais un seigneur, et voici comment il agit :
Il a voulu que moi, avec mon petit fils,
Nous allions sur les flots,
Sans que je sache pourquoi :
Mais celui qui sait tout,
Je pense qu’il a, de sa puissance,
Protégé mon enfant et moi-même,
Afin que nous soyons tous deux sauvés.” »
« Et je ne mets aucune diligence
À montrer mon art, mais seulement mes vers. »
Le résultat est que le lecteur le plus expérimenté hésite souvent face au mètre utilisé et doit relire les lignes deux ou même trois fois avant de pouvoir comprendre comment le poète souhaitait que ses mots soient accentués et quel était exactement le rythme qu’il avait en tête. En réalité, au lieu de faciliter la lecture pour son lecteur, il choisit souvent délibérément de se épargner du travail en tirant parti, légitimement ou non, de toutes les libertés offertes par les règles d’accentuation et de suppression de syllabes, que la nature instable du langage littéraire permettait. Le lecteur des vers de Gower n’est jamais interrompu de cette manière, sauf en cas d’erreur du copiste ou de l’éditeur ; et lorsque nous examinons les moyens par lesquels cette fluidité est obtenue, nous avons l’impression de faire face à un artisan littéraire qui, grâce à une formation assidue, a acquis une maîtrise presque parfaite de ses outils. Les qualités dont nous parlons sont particulièrement visibles dans le style plus formel propre aux discours, lettres et épitaphes présents dans les récits de notre auteur. La réponse de Constance à celui qui lui pose des questions (ii. 1148 et suiv.) en est un bon exemple :
« Quod sche, “Je suis
Une femme parfaitement vertueuse.
J’avais un seigneur, et voici comment il agit :
Il a voulu que moi, avec mon petit fils,
Nous allions sur les flots,
Sans que je sache pourquoi :
Mais celui qui sait tout,
Je pense qu’il a, de sa puissance,
Protégé mon enfant et moi-même,
Afin que nous soyons tous deux sauvés.” »
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Et pour des exemples plus longs, on peut citer les réflexions de l’empereur Constantin vers la fin du même livre (ii. 3243 et suiv.), ainsi que la prière de Céphale (iv. 3197-3252). Les lettres de Canace et de Pénélope sont excellentes, chacune à sa manière, et les épitaphes d’Iphis (iv. 3674 et suiv.) et de Thaïse (viii. 1533 et suiv.) sont toutes deux de bons exemples d’un style simple mais achevé, par exemple :
« Ici gît Iphis, qui se transforma lui-même,
Par amour pour Araxarathen :
Et en exemple pour les femmes
Qui laissent leurs hommes mourir ainsi,
Qu’il prenne la forme d’un homme encore plus âgé,
Avec sa chair et ses os
Transformés en statue de pierre :
Il fut utile aux nécessiteux et dur pour les autres.
Que cela serve d’avertissement à tous,
Hommes et femmes, afin que vous preniez exemple sur lui. » (iv. 3674 et suiv.)
En somme, le domaine littéraire de l’auteur peut être limité, et sa conception de l’excellence au sein de ce domaine peut être bien en deçà des standards les plus élevés, mais tels qu’ils sont, ses idéaux, il parvient à les réaliser de manière très complète. Les éléments français et anglais de la langue, au lieu de maintenir une lutte délibérée, comme c’est souvent le cas dans le mètre de Chaucer, y sont ici combinés en une alliance harmonieuse. Il convient surtout de reconnaître que dans le vers anglais de Gower, nous avons une tentative cohérente et, pour l’instant, réussie, de combiner le système syllabique français avec le système accentuel anglais du mètre, sans pour autant sacrifier la pureté de la langue en ce qui concerne les formes des mots et les flexions grammaticales. Nous verrons dans nos recherches ultérieures à quel point il est méticuleux et ingénieux pour assurer, par l’élision ou d’autres moyens, la suppression légitime de ces terminaisons faibles qui ne pouvaient trouver leur place en tant que syllabes dans le vers sans perturber son flux accentuel, tout en préservant néanmoins la perception de leur existence. Le système était trop difficile et complexe pour être possible que pour un
« Ici gît Iphis, qui se transforma lui-même,
Par amour pour Araxarathen :
Et en exemple pour les femmes
Qui laissent leurs hommes mourir ainsi,
Qu’il prenne la forme d’un homme encore plus âgé,
Avec sa chair et ses os
Transformés en statue de pierre :
Il fut utile aux nécessiteux et dur pour les autres.
Que cela serve d’avertissement à tous,
Hommes et femmes, afin que vous preniez exemple sur lui. » (iv. 3674 et suiv.)
En somme, le domaine littéraire de l’auteur peut être limité, et sa conception de l’excellence au sein de ce domaine peut être bien en deçà des standards les plus élevés, mais tels qu’ils sont, ses idéaux, il parvient à les réaliser de manière très complète. Les éléments français et anglais de la langue, au lieu de maintenir une lutte délibérée, comme c’est souvent le cas dans le mètre de Chaucer, y sont ici combinés en une alliance harmonieuse. Il convient surtout de reconnaître que dans le vers anglais de Gower, nous avons une tentative cohérente et, pour l’instant, réussie, de combiner le système syllabique français avec le système accentuel anglais du mètre, sans pour autant sacrifier la pureté de la langue en ce qui concerne les formes des mots et les flexions grammaticales. Nous verrons dans nos recherches ultérieures à quel point il est méticuleux et ingénieux pour assurer, par l’élision ou d’autres moyens, la suppression légitime de ces terminaisons faibles qui ne pouvaient trouver leur place en tant que syllabes dans le vers sans perturber son flux accentuel, tout en préservant néanmoins la perception de leur existence. Le système était trop difficile et complexe pour être possible que pour un
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une main spécialement formée, et Gower ne trouva aucun successeur à son entreprise ; mais le fait que cette tentative ait été faite mérite au moins d’être noté. Avec de réels mérites tant au niveau du plan que de l’exécution, la Confessio Amantis présente sans aucun doute aussi des défauts très graves. Le schéma lui-même, avec sa conception d’un Confesseur qui, en tant que prêtre, doit exposer un système de morale, tandis qu’en tant que dévot de Vénus il ne s’intéresse qu’aux affaires de l’amour (I, 237-280), ne peut guère être qualifié de cohérent ou de réussi. L’application de la morale aux questions d’amour, et de l’amour aux questions de morale, est souvent très forcée, bien qu’elle puisse parfois être amusante dans sa gravité. Le Confesseur oublie constamment l’un ou l’autre de ses deux personnages : on le voit justifier l’amour illégal ou le serviteur de Vénus chanter les louanges de la virginité. De plus, l’auteur n’a pas résisté à la tentation d’exprimer ses opinions sur la société dans un Prologue qui n’est nullement suffisamment lié au plan général du poème, bien qu’il constitue en partie une protestation contre la division et la discorde, c’est-à-dire le manque d’amour. Pire encore, on trouve dans le septième livre un écart délibéré par rapport au plan général : sous prétexte d’offrir du réconfort et du divertissement au pénitent fatigué, le Confesseur, qui affirme ne comprendre que peu ou rien d’autre que l’amour, est autorisé à faire une digression qui couvre tout le domaine du savoir humain, mais traite surtout des devoirs d’un roi – en réalité un second pamphlet politique, dans lequel les histoires de rois ruinés par la luxure ou l’arrogance, de Sardanapale, de Roboam, de Tarquin et des autres, visent certainement, dans une certaine mesure, à servir d’avertissement à son mécène royal. La pétition adressée à Roboam par son peuple contre les impôts excessifs ressemble exactement à l’une des protestations parlementaires anglaises de l’époque contre les exigences extravagantes de la couronne. De même, le cinquième livre, qui serait déjà disproportionnellement long sans cela, contient un compte rendu absolument inutile des diverses religions du monde, qui y figure apparemment sans raison autre que de montrer l’érudition de l’auteur, atteignant son comble d’absurdité grotesque lorsque le Confesseur s’attaque à démontrer que Vénus ne doit pas être considérée comme une déesse, et ce sans même l’excuse d’avoir oublié un instant qu’il est censé être son prêtre. D’autres excroissances mineures du même genre se trouvent dans le troisième livre, où est discutée la légitimité de la guerre, et dans le quatrième, où il y a une dissertation sur l’émergence des arts, et en particulier de l’alchimie. Tout ce que l’on peut dire, c’est que ces digressions étaient très fréquentes dans les livres de
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L’âge – Le Roman de la Rose, du moins dans la partie écrite par Jean de Meun, est l’un des pires exemples à cet égard. Les défauts de détail seraient assez faciles à pointer. Le style est parfois prosaïque et le sujet peu intéressant ; les vers sont souvent remplis d’expressions banales, utilisées pour assurer la rime, comme le faisaient les écrivains de l’époque, qu’ils soient français ou anglais. Parfois, les phrases sont excessivement étirées ou les mots et les propositions sont mal placés dans le but d’assurer une fluidité continue du vers. De plus, l’atteinte de cet objectif n’est pas toujours un avantage : parfois, la régularité du mètre et la récurrence inévitable de la rime produisent un effet ennuyeux. Dans l’ensemble cependant, l’effet n’est pas désagréable : « La facilité et la régularité avec lesquelles le vers coule inspirent une sérénité paisible, qui se communique au lecteur et produit sur l’oreille le même effet que le clapotis monotone mais non fatigant d’une fontaine C. » De plus, comme cela a déjà été souligné, lorsque l’auteur est à son meilleur, la rime reste en retrait, et le paragraphe est construit de manière assez indépendante du couplet ; ainsi, cette forme de mètre s’avère souvent être un moyen bien meilleur pour raconter une histoire que ce que l’on aurait pu supposer au début.
ii. Date et circonstances. — La Confessio Amantis, dans sa forme la plus ancienne, porte clairement la date de 1390 (marge du Prol. 331) D, et nous n’avons aucune raison de douter que c’est l’année où elle fut achevée pour la première fois. L’auteur nous dit qu’elle fut écrite sur ordre du roi Richard II, qu’il rencontra en barquant sur la Tamise à Londres, et qui l’invita à monter dans sa barque pour parler avec lui. Il est cependant à noter que même cette première édition comporte une dédicace à Henri, comte de Derby, contenue dans les lignes latines à la fin du poème E ; il n’est donc pas tout à fait exact de dire que la dédicace a été modifiée par la suite, mais plutôt que cette dédicace a été mise en plus grande évidence et intégrée dans le texte du poème, tandis que la référence personnelle au roi dans le Prologue était supprimée. Si les éditeurs précédents avaient respecté la date mentionnée ci-dessus, les spéculations de Pauli puis du professeur Hales, visant à remonter l’achèvement de la première version de la Confessio Amantis à l’année 1386, voire 1383, auraient été évitées. Leurs conclusions reposent d’ailleurs entièrement sur des suppositions. Le premier
ii. Date et circonstances. — La Confessio Amantis, dans sa forme la plus ancienne, porte clairement la date de 1390 (marge du Prol. 331) D, et nous n’avons aucune raison de douter que c’est l’année où elle fut achevée pour la première fois. L’auteur nous dit qu’elle fut écrite sur ordre du roi Richard II, qu’il rencontra en barquant sur la Tamise à Londres, et qui l’invita à monter dans sa barque pour parler avec lui. Il est cependant à noter que même cette première édition comporte une dédicace à Henri, comte de Derby, contenue dans les lignes latines à la fin du poème E ; il n’est donc pas tout à fait exact de dire que la dédicace a été modifiée par la suite, mais plutôt que cette dédicace a été mise en plus grande évidence et intégrée dans le texte du poème, tandis que la référence personnelle au roi dans le Prologue était supprimée. Si les éditeurs précédents avaient respecté la date mentionnée ci-dessus, les spéculations de Pauli puis du professeur Hales, visant à remonter l’achèvement de la première version de la Confessio Amantis à l’année 1386, voire 1383, auraient été évitées. Leurs conclusions reposent d’ailleurs entièrement sur des suppositions. Le premier
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On argue que le préface et l’épilogue F, dans leur première forme, datent de l’an 1386, car à partir de cette année-là le roi (alors âgé de dix-neuf ans) « développa ces qualités dangereuses qui le mirent à l’écart, parmi d’autres, du poète » ; et le professeur Hales (Athenæum, déc. 1881) affirme que les références aux qualités du jeune roi en tant que souverain, comme « La justice se mêlait à la pitié », etc., indiquent certainement les années immédiatement suivant la révolte des paysans (une période durant laquelle Gower ne le considérait pas du tout comme un souverain responsable, mais l’excusait pour les agissements malveillants du gouvernement en raison de son jeune âge)G. De même, la référence au désir de Richard d’établir la paix (viii. 3014* et suiv.) doit appartenir à la période des négociations avec les Français et à la trêve qui s’ensuivit, en 1383-84, bien que le professeur Hales soit lui-même pleinement conscient que des négociations de paix avaient également lieu en 1389. Enfin, la mention de « le nouveau style de Beawme » doit indiquer l’année qui suit immédiatement le mariage du roi avec Anne de Bohême en 1382, alors qu’en réalité les modes bohémiens continueraient sans aucun doute à prévaloir à la cour et seraient encore considérés comme nouveaux tout au long de la vie de la reine. C’est sur de telles bases que l’on nous dit que la Confessio Amantis, dans sa première forme, ne peut avoir été écrite après l’an 1385 et qu’elle a probablement été rédigée dès 1383. Toutes ces conjectures sont contredites par le fait que les manuscrits de la première version portent la date 1390 à l’endroit cité, et bien que cela n’exclue pas absolument une date ultérieure pour l’achèvement du livre, cela est décisif contre une date antérieure. De plus, le fait que dans la version finale cette date soit omise (et omise délibérément, comme nous le savons d’après l’effacement dans le manuscrit Fairfax) conduit à la conclusion qu’il s’agit définitivement d’une date de publication, et donc qu’elle n’était pas appropriée pour une édition ultérieure. Cette conclusion concorde entièrement avec les autres indications, qui sont suffisamment précises, bien que le fait qu’une d’entre elles ait malheureusement échappé à l’attention des éditeurs ait entraîné son mépris généralH. La forme d’épilogue qui a remplacé celle de la première version, et dans laquelle les éloges trop enthousiastes de Richard en tant que souverain sont atténués, porte en marge la date de la quatorzième année de son règne (viii. 2973, marge) : « Hic in anno quarto decimo Regis Ricardi orat pro statu regni », etc. Or, la quatorzième année du règne du roi Richard II commençait le 21 juin.
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1390, jusqu’au même jour de 1391. Nous devons donc supposer que la modification dans cette partie du livre a eu lieu, au moins dans certains exemplaires, quelques mois seulement après sa première completion.
Troisièmement, nous disposons d’une date tout aussi précise pour la modification du Prologue, par laquelle tous les éléments, à l’exception d’une mention formelle de Richard II, sont supprimés, tandis que la dédicace à Henri de Lancastre est introduite dans le texte du poème ; et ici, la date indiquée est la seizième année du règne du roi Richard (Prol. 25), une date qui apparaît également en marge de certains exemplaires ainsi qu’à la ligne 97, ce qui nous permet d’affirmer que cette dernière modification de forme a eu lieu en 1392-93, c’est-à-dire au plus tard en juin 1393.
Puisque l’auteur nous a ainsi daté chaque étape, nous pouvons, si nous le jugeons utile, tenter de deviner quels événements politiques ont inspiré ses actions ; mais dans un cas pareil, il est évidemment absurde de partir d’abord des conditions politiques, dont, du fait de leur impact personnel sur notre auteur et ses amis, nous ne pouvons avoir qu’une connaissance très imparfaite, puis d’essayer de faire correspondre ces dates à nos propres conclusions.
Il ressort des dates mentionnées ci-dessus que nous sommes amenés à en déduire deux phases de modification, et l’on pourrait s’attendre à trouver le poème, dans certains exemplaires, avec l’épilogue réécrit mais le préface conservé dans son état initial. Cette attente est confirmée : le manuscrit Bodley 294 présente un texte de ce type, et il est certain qu’il en existait d’autres de la même forme, car Berthelette a utilisé pour son édition un manuscrit de ce genre, qui n’était pas identique à celui que nous possédons.
Lorsqu’on examine l’importance des diverses modifications apportées par l’auteur, il est important de garder à l’esprit le fait déjà évoqué, à savoir que même la première édition de la Confessio Amantis contenait une sorte de dédicace à Henri de Lancastre, dans les vers latins qui en concluaient :
« Derbeie comiti, recolunt quem laude periti,
Vade liber purus sub eo requiesce futurus. »
Cela semble plutôt écarter l’idée selon laquelle une dédicace à Henri serait incompatible avec la loyauté envers Richard, une suggestion qui n’aurait guère été avancée en 1390, ni même en 1393. Sans aucun doute, ces exemplaires qui
Troisièmement, nous disposons d’une date tout aussi précise pour la modification du Prologue, par laquelle tous les éléments, à l’exception d’une mention formelle de Richard II, sont supprimés, tandis que la dédicace à Henri de Lancastre est introduite dans le texte du poème ; et ici, la date indiquée est la seizième année du règne du roi Richard (Prol. 25), une date qui apparaît également en marge de certains exemplaires ainsi qu’à la ligne 97, ce qui nous permet d’affirmer que cette dernière modification de forme a eu lieu en 1392-93, c’est-à-dire au plus tard en juin 1393.
Puisque l’auteur nous a ainsi daté chaque étape, nous pouvons, si nous le jugeons utile, tenter de deviner quels événements politiques ont inspiré ses actions ; mais dans un cas pareil, il est évidemment absurde de partir d’abord des conditions politiques, dont, du fait de leur impact personnel sur notre auteur et ses amis, nous ne pouvons avoir qu’une connaissance très imparfaite, puis d’essayer de faire correspondre ces dates à nos propres conclusions.
Il ressort des dates mentionnées ci-dessus que nous sommes amenés à en déduire deux phases de modification, et l’on pourrait s’attendre à trouver le poème, dans certains exemplaires, avec l’épilogue réécrit mais le préface conservé dans son état initial. Cette attente est confirmée : le manuscrit Bodley 294 présente un texte de ce type, et il est certain qu’il en existait d’autres de la même forme, car Berthelette a utilisé pour son édition un manuscrit de ce genre, qui n’était pas identique à celui que nous possédons.
Lorsqu’on examine l’importance des diverses modifications apportées par l’auteur, il est important de garder à l’esprit le fait déjà évoqué, à savoir que même la première édition de la Confessio Amantis contenait une sorte de dédicace à Henri de Lancastre, dans les vers latins qui en concluaient :
« Derbeie comiti, recolunt quem laude periti,
Vade liber purus sub eo requiesce futurus. »
Cela semble plutôt écarter l’idée selon laquelle une dédicace à Henri serait incompatible avec la loyauté envers Richard, une suggestion qui n’aurait guère été avancée en 1390, ni même en 1393. Sans aucun doute, ces exemplaires qui
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Le préambule contenait l’affirmation que le livre avait été écrit sur ordre du roi et pour lui, et l’épilogue présentait le livre achevé à son intention (3050* et suiv.), si l’on y avait également ajouté les vers en latin qui recommandaient l’œuvre au comte de Derby, on pourrait dire qu’il contenait en quelque sorte une double dédicace, les compliments étant répartis entre le roi et son brillant cousin ; très probablement, une copie destinée à la cour serait dépourvue des vers finaux, comme c’est le cas pour certains manuscrits. Cependant, l’idée selon laquelle les expressions de loyauté et les éloges adressés à Richard en tant que souverain, que l’on trouve dans le premier épilogue, seraient incompatibles avec une dédicace du poème à Henri de Lancastre, son cousin et conseiller, n’est plausible que si l’on se réfère aux événements ultérieurs, que le poète ne pouvait pas prévoir, au cours desquels Henri devint définitivement l’adversaire de Richard et prit finalement l’initiative de le déposer. Il est vrai que le comte de Derby avait fait partie des seigneurs rebelles en 1387, mais après que les favoris du roi eurent été écartés, il se réconcilia temporairement avec Richard, et il ne pouvait en aucun cas être considéré comme le chef d’un parti d’opposition. Le fait que Gower, lorsqu’il fut dégoûté de Richard II, ait mis le nom d’Henri dans le prologue à la place de celui du roi, en le présentant comme représentant son idéal de chevalerie et de gouvernance, peut être interprété soit comme une coïncidence avec les événements futurs, soit comme une indication que Gower faisait une certaine discrimination en choisissant un éventuel sauveur de la société ; mais il est certain que, à cette époque, le poète ne pouvait pas avoir l’idée précise que son héros deviendrait candidat au trône. Les circonstances politiques de la période durant laquelle la Confessio Amantis fut écrite et révisée ne sont pas très faciles à démêler. On peut supposer que le projet de sa composition, sous l’influence conjointe de la Légende des bonnes femmes de Chaucer et de l’ordre royal, a été élaboré vers l’an 1386. Avant cette date, Richard était à peine considéré par Gower comme responsable du gouvernement, et il regardait naturellement avec espoir le jeune souverain, qui venait alors de prendre ses fonctions, comme quelqu’un qui, grâce à de bons conseils et au choix approprié de conseillers, pourrait devenir un bon dirigeant. Au cours des années suivantes, les mauvais conseillers du roi furent éliminés par l’action des seigneurs rebelles et du Parlement, et en 1389, une politique modérée et nationale sembla enfin être adoptée par le roi, avec William de Wykeham comme chancelier et le jeune comte de Derby, qui avait été l’un des
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les appelleurs, mais il s’était disputé avec son oncle Gloucester, parmi les conseillers de confiance du roi. À la lumière des événements ultérieurs, Gower condamna tout le comportement du roi durant cette période comme malveillant et perfide, mais ce ne pouvait guère être son jugement à l’époque, car la dissimulation de Richard, s’il y en avait bien une, était suffisamment profonde pour tromper toutes les parties. Par conséquent, au moins jusqu’en 1390, il est possible qu’il ait continué, bien que avec quelques réserves, à faire confiance aux bonnes intentions du roi et à le considérer comme un souverain capable de guérir efficacement les divisions du pays, puisqu’il avait déjà pris des mesures pour y rétablir la paix en apparence. Il est également tout à fait possible qu’il ait appris quelque chose au cours de l’année 1390-91 qui ait ébranlé sa confiance. C’est à cette époque, en juillet 1390, au début du quatorzième règne du roi Richard, que son héros, le comte de Derby, quitta la cour et le royaume pour exercer sa chevalerie en Prusse, et cela pouvait avoir une bonne raison. Nous savons trop peu de détails sur les événements de cette année pour pouvoir dire exactement quelles raisons de jalousie ont pu naître entre le roi et son cousin, qui avait presque exactement le même âge que lui et semblait attirer beaucoup plus d’attention que Richard lui-même lors des joutes de St. Inglevert en mai de cette année-là. Quels que soient les sentiments du comte de Derby, ils se refléteraient sans doute dans l’esprit de ses amis et partisans, et quelque chose de ce genre aurait pu transformer en certitude les soupçons que Gower avait sans doute déjà à l’égard des intentions ultimes de Richard II. Le résultat fut que, dans au moins certaines copies de la Confessio Amantis, les éloges conclusifs adressés au roi en tant que souverain furent supprimés et remplacés par des passages de nature plus générale sur l’état du royaume et les devoirs d’un roi ; toutefois, il n’y eut toujours aucune mention du comte de Derby, sauf comme avant, dans les dernières lignes en latin. Deux ans plus tard, en 1392-93, lorsque le comte de Derby avait pleinement acquis sa réputation et qu’à vingt-cinq ans il pouvait être considéré comme un modèle de chevalerie, la mention de Richard en tant que promoteur de l’œuvre fut supprimée, et le nom d’Henri fut inscrit dans le texte comme seul destinataire de la dédicace. La date du seizième année correspond certainement à ce dernier changement, mais l’occasion fut sans doute l’envoi d’une copie offerte à Henri, ce qui ne constituait guère une publication. L’auteur ne se sentit probablement pas tenu de blesser publiquement le roi en supprimant son nom et ses éloges, que ce soit au début ou à la fin, des copies distribuées pendant son règne. Que cette conduite justifie ou non l’accusation de servilité envers le pouvoir…
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La timidité, dont on a accusé Gower, je ne peux m’engager à la déterminer. Il avait en réalité plutôt un caractère opposé : il était même pédantiquement rigide dans son jugement sévère envers ceux qui occupaient des postes élevés, et il n’épargnait pas un seul mot de ce qu’il jugeait approprié de dire ou que le roi devrait entendre ; toutefois, tant que le roi était jeune et pouvait encore se libérer des mauvaises influences, il était disposé à voir en lui un personnage aussi favorable que possible. Probablement hésita-t-il quelque temps sur cette question, mais en tout cas « timide et obséquieux » ne sont certainement pas les épithètes appropriées pour l’auteur de la Vox Clamantis.
Avant de quitter ce sujet, il conviendrait peut-être de dire quelques mots sur une question qui a suscité beaucoup d’attention, à savoir la prétendue querelle entre l’auteur de la Confessio Amantis et Chaucer. On sait bien que la première version de notre poème contient un passage faisant l’éloge de Chaucer (viii. 2941*-57*), et que ce passage a été omis lors de la réécriture de l’épilogue. Ce fait a été mis en relation avec la référence apparente à Gower dans les Canterbury Tales, où l’homme de loi, dans le préambule de son récit, défend Chaucer contre de telles « histoires maudites » que celles de Canace et d’Apollonius, car elles traitent d’inceste. On a pensé que cela visait une attaque sérieuse contre Gower, que celui-ci en a été offensé et a supprimé les éloges adressés à Chaucer dans la Confessio Amantis.
Il est bien sûr connu que les deux poètes entretenaient des relations personnelles amicales, non seulement d’après la dédicace de Troilus, mais aussi du fait que, lorsque Chaucer fut envoyé en mission sur le continent en 1378, il nomma Gower comme l’un de ses représentants en son absence. Il est possible que leur amitié ait été interrompue par un malentendu, mais on peut douter qu’il y ait suffisamment de preuves à cet effet parmi les faits avancés.
Tout d’abord, je remets en question le fait de prendre très au sérieux la critique de Chaucer. Je doute peu qu’elle vise Gower, mais il est presque tout aussi évident que l’attaque était humoristique. Chaucer savait que certaines de ses propres histoires pouvaient être critiquées sur le plan moral, et lorsqu’il vit l’occasion de marquer un point justement sur le terrain où son ami se croyait le plus fort, il saisit cette opportunité sans hésiter. Il y a probablement un certain degré de sérieux, car la vision saine et équilibrée de la vie chez Chaucer rejetait instinctivement les horreurs plutôt morbides auxquelles il fait allusion ; mais on peut facilement soupçonner qu’il était surtout amusé par cette occasion.
Avant de quitter ce sujet, il conviendrait peut-être de dire quelques mots sur une question qui a suscité beaucoup d’attention, à savoir la prétendue querelle entre l’auteur de la Confessio Amantis et Chaucer. On sait bien que la première version de notre poème contient un passage faisant l’éloge de Chaucer (viii. 2941*-57*), et que ce passage a été omis lors de la réécriture de l’épilogue. Ce fait a été mis en relation avec la référence apparente à Gower dans les Canterbury Tales, où l’homme de loi, dans le préambule de son récit, défend Chaucer contre de telles « histoires maudites » que celles de Canace et d’Apollonius, car elles traitent d’inceste. On a pensé que cela visait une attaque sérieuse contre Gower, que celui-ci en a été offensé et a supprimé les éloges adressés à Chaucer dans la Confessio Amantis.
Il est bien sûr connu que les deux poètes entretenaient des relations personnelles amicales, non seulement d’après la dédicace de Troilus, mais aussi du fait que, lorsque Chaucer fut envoyé en mission sur le continent en 1378, il nomma Gower comme l’un de ses représentants en son absence. Il est possible que leur amitié ait été interrompue par un malentendu, mais on peut douter qu’il y ait suffisamment de preuves à cet effet parmi les faits avancés.
Tout d’abord, je remets en question le fait de prendre très au sérieux la critique de Chaucer. Je doute peu qu’elle vise Gower, mais il est presque tout aussi évident que l’attaque était humoristique. Chaucer savait que certaines de ses propres histoires pouvaient être critiquées sur le plan moral, et lorsqu’il vit l’occasion de marquer un point justement sur le terrain où son ami se croyait le plus fort, il saisit cette opportunité sans hésiter. Il y a probablement un certain degré de sérieux, car la vision saine et équilibrée de la vie chez Chaucer rejetait instinctivement les horreurs plutôt morbides auxquelles il fait allusion ; mais on peut facilement soupçonner qu’il était surtout amusé par cette occasion.
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Prêcher publiquement au moraliste, qui avait peut-être déjà remontré à l’auteur en privé. Quant à l’idée que Chaucer ait été sérieusement offensé par les ressemblances occasionnelles et très insignifiantes de formulation dans le récit de Constance de Gower avec sa propre version du même texte original, cela ne vaut guère la peine d’être discuté. Il est bien sûr possible que Gower ait pris cela plus au sérieux qu’il ne le fallait ; et bien qu’il ne fût pas aussi dépourvu de sens de l’humour que l’on a coutume de le penser, il est tout à fait possible qu’il n’ait pas apprécié une attaque publique, aussi humoristique soit-elle, contre deux de ses récits. Il convient cependant de noter que, si nous supposons que le passage en question ait été la cause de la suppression des vers de Gower consacrés à Chaucer, nous devons admettre que leur publication a eu lieu précisément durant cette période de quelques mois qui s’est écoulée entre la première et la deuxième version de l’épilogue de Gower. Avant d’examiner plus en détail quel était réellement le motif de notre auteur pour omettre ce hommage à son frère poète, il serait bon de noter que cet hommage semblait être conservé dans certaines copies de l’épilogue réécrit. Il existe un bon manuscrit, en possession de Lord Middleton, dans lequel les vers consacrés à Chaucer non seulement figurent en combinaison avec la nouvelle forme de l’épilogue, mais aussi dans un texte qui comprend également la préface révisée, datée de deux ans plus tard. Il semble donc possible que l’exclusion des vers sur Chaucer ait été plutôt accidentelle que délibérée ; et à partir de cela et d’autres considérations, on peut en tirer une explication qui paraîtra probablement trop banale, mais qui est néanmoins peut-être la bonne. Nous savons, d’après le manuscrit Fairfax de la Confessio Amantis et plusieurs copies originales de la Vox Clamantis, que la méthode de l’auteur pour réécrire son texte consistait généralement à effacer une certaine partie, parfois toute une colonne ou une page, et à la remplacer par un nombre similaire de lignes contenant d’autres éléments. On remarquera ici que pour les trente lignes 2941*–2970*, y compris la référence à Chaucer, trente lignes ont été substituées, mais sans cette référence. Viennent ensuite quatre lignes en latin, remplaçant un nombre égal de lignes dans la version originale, puis quinze lignes, 2971–2985, qui sont identiques dans les deux éditions, à l’exception d’une seule ligne. Il se peut que l’auteur, souhaitant mentionner le départ du Confesseur et les pensées qu’il avait en chemin vers chez lui, ait sacrifié les vers sur Chaucer, jugés sans importance, afin de trouver de la place pour ce sujet entre les adieux…
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Vénus et les lignes commençant par « He which withinne daies sevene », qu’il n’avait pas l’intention de modifier, et c’est cette démarche, menée sur une copie de la première révision qui ne nous est pas parvenue, qui a déterminé la forme générale du texte pour les copies ayant un épilogue réécrit, bien que, dans quelques cas, on se soit efforcé de combiner l’allusion à Chaucer avec les autres modifications. Une telle explication serait conforme aux méthodes de l’auteur sous d’autres aspects ; car, comme nous le verrons plus tard, l’explication la plus probable de l’omission, dans la troisième révision, des passages supplémentaires des cinquième et septième livres, est qu’une copie de la première révision a été utilisée, au sens matériel, comme base pour le texte de la troisième révision, et il n’était donc pas opportun d’introduire des modifications qui auraient augmenté le nombre de lignes dans le corps de l’œuvre.
iii. Analyse.
Prologus.
1-92. Préface. Grâce aux livres de ceux qui nous ont précédés, nous sommes instruits, et il est donc bon que nous écrivions également quelque chose qui puisse subsister après notre mort. Mais ne parler que de sagesse n’est pas bon. Je préfère emprunter la voie moyenne et composer un livre à la fois agréable et utile : et comme peu écrivent en anglais, mon intention est de faire un livre pour l’Angleterre, maintenant, en la seizième année du règne du roi Richard. Les choses ont changé et les livres sont moins chéris qu’autrefois, mais sans eux, la renommée et l’exemple des vertueux seraient perdus. Ainsi, moi, simple érudit que je suis, j’ai l’intention d’écrire un livre portant à la fois sur le passé et le présent, et bien que je sois depuis longtemps malade, je m’efforcerai autant que possible de fournir de la sagesse aux sages. Car ce prologue appartient entièrement à la sagesse, et par lui les sages peuvent rappeler à leur mémoire les destins du monde ; mais après le prologue, le livre traitera de l’Amour, qui accomplit de grands miracles parmi les hommes. J’évoquerai également les vices et les vertus des dirigeants. Mais comme mon esprit est trop limité pour admonester chacun, je soumets mon œuvre à la correction de mon propre seigneur Henri de Lancastre, avec qui mon cœur est en accord, et que Dieu a proclamé modèle de chevalerie. Que Dieu me permette d’accomplir convenablement l’œuvre que j’ai entrepris.
93-192. Dirigeants temporels. Autrefois, tout allait bien : il y avait abondance et richesse, ainsi que des honneurs pour les hauts faits, et chaque ordre conservait ce qui lui revenait.
iii. Analyse.
Prologus.
1-92. Préface. Grâce aux livres de ceux qui nous ont précédés, nous sommes instruits, et il est donc bon que nous écrivions également quelque chose qui puisse subsister après notre mort. Mais ne parler que de sagesse n’est pas bon. Je préfère emprunter la voie moyenne et composer un livre à la fois agréable et utile : et comme peu écrivent en anglais, mon intention est de faire un livre pour l’Angleterre, maintenant, en la seizième année du règne du roi Richard. Les choses ont changé et les livres sont moins chéris qu’autrefois, mais sans eux, la renommée et l’exemple des vertueux seraient perdus. Ainsi, moi, simple érudit que je suis, j’ai l’intention d’écrire un livre portant à la fois sur le passé et le présent, et bien que je sois depuis longtemps malade, je m’efforcerai autant que possible de fournir de la sagesse aux sages. Car ce prologue appartient entièrement à la sagesse, et par lui les sages peuvent rappeler à leur mémoire les destins du monde ; mais après le prologue, le livre traitera de l’Amour, qui accomplit de grands miracles parmi les hommes. J’évoquerai également les vices et les vertus des dirigeants. Mais comme mon esprit est trop limité pour admonester chacun, je soumets mon œuvre à la correction de mon propre seigneur Henri de Lancastre, avec qui mon cœur est en accord, et que Dieu a proclamé modèle de chevalerie. Que Dieu me permette d’accomplir convenablement l’œuvre que j’ai entrepris.
93-192. Dirigeants temporels. Autrefois, tout allait bien : il y avait abondance et richesse, ainsi que des honneurs pour les hauts faits, et chaque ordre conservait ce qui lui revenait.
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Le lieu. La justice était maintenue et le peuple obéissait à ses dirigeants. Le cœur de l’homme se lisait alors sur son visage et ses pensées s’exprimaient par ses paroles ; la vertu était exaltée et le vice avili. Aujourd’hui, tout a changé : avant tout, la discorde et la haine ont pris la place de l’amour ; il n’y a ni paix stable, ni justice, ni droiture. Tous les royaumes sont pareils en cela, et seul le ciel sait ce qu’il convient de faire. Le seul remède est que ceux qui sont les guides du monde suivent de bons conseils et soient obéis par leur peuple ; et si le roi et le conseil étaient d’accord, on pourrait espérer que la guerre prendrait fin, ce qui est si contraire à la paix de la religion du Christ et dont aucune terre ne tire aucun bien. Que Dieu, qui est au-dessus de toutes choses, accorde cette paix dont les terres ont besoin.
193-498. L’Église. Autrefois, la vie du clergé était un exemple pour tous : il n’y avait ni simonie, ni disputes au sein de l’Église, ni ambition de gloire mondaine. L’orgueil était considéré comme un vice, tandis que l’humilité était une vertu. On donnait des aumônes aux pauvres, et le clergé se consacrait à la prédication et à la prière. C’est ainsi que la foi du Christ fut d’abord enseignée, mais aujourd’hui c’est différent. La simonie et les conflits mondains prévalent ; et si les prêtres participent aux guerres, je ne sais qui pourra apporter la paix. Mais le ciel est lointain et le monde est proche ; ils ne cherchent que vanité et cupidité, de sorte que la dîme est aussitôt consacrée à la guerre, comme si le Christ ne pouvait pas les aider par d’autres moyens. Ce qui devrait apporter le salut au monde est maintenant la cause du mal : les prélats sont tels que les décrivait Grégoire, désirant des charges afin de devenir riches et puissants, et la foi en est ainsi entravée. L’ambition et l’avarice ont détruit la charité ; la paresse est leur bibliothécaire, et la délicatesse a éliminé leur abstinence. De plus, l’envie brûle partout parmi le clergé comme le feu de l’Etna, comme nous pouvons le voir aujourd’hui [en cette année de grâce 1390] à Avignon. Voir l’Église tomber ainsi entre deux chaises est une source de tristesse pour nous tous : que Dieu veuille que tout finisse bien pour celui qui détient la vérité. Mais tout comme un feu se propage tandis que les hommes boivent paresseusement, ce schisme provoque l’apparition de la nouvelle secte du Lollardisme, ainsi que de nombreuses autres hérésies parmi le clergé lui-même. Il vaudrait mieux creuser des digues et avoir la vraie foi, plutôt que de connaître tout ce que dit la Bible et de se tromper comme certains d’entre eux. Si les gens avaient sous les yeux les vertus que le Christ a enseignées, ils ne discuteraient pas ainsi au sujet du papat. Chacun ne pense qu’à son propre intérêt, sans se soucier de la cause commune de l’Église ; ainsi, le troupeau du Christ est brisé et dévoré. Les bergers, préoccupés par les biens mondains, blessent au lieu de guérir, et dépouillent injustement les brebis de leur laine. Non, ils les chassent…
193-498. L’Église. Autrefois, la vie du clergé était un exemple pour tous : il n’y avait ni simonie, ni disputes au sein de l’Église, ni ambition de gloire mondaine. L’orgueil était considéré comme un vice, tandis que l’humilité était une vertu. On donnait des aumônes aux pauvres, et le clergé se consacrait à la prédication et à la prière. C’est ainsi que la foi du Christ fut d’abord enseignée, mais aujourd’hui c’est différent. La simonie et les conflits mondains prévalent ; et si les prêtres participent aux guerres, je ne sais qui pourra apporter la paix. Mais le ciel est lointain et le monde est proche ; ils ne cherchent que vanité et cupidité, de sorte que la dîme est aussitôt consacrée à la guerre, comme si le Christ ne pouvait pas les aider par d’autres moyens. Ce qui devrait apporter le salut au monde est maintenant la cause du mal : les prélats sont tels que les décrivait Grégoire, désirant des charges afin de devenir riches et puissants, et la foi en est ainsi entravée. L’ambition et l’avarice ont détruit la charité ; la paresse est leur bibliothécaire, et la délicatesse a éliminé leur abstinence. De plus, l’envie brûle partout parmi le clergé comme le feu de l’Etna, comme nous pouvons le voir aujourd’hui [en cette année de grâce 1390] à Avignon. Voir l’Église tomber ainsi entre deux chaises est une source de tristesse pour nous tous : que Dieu veuille que tout finisse bien pour celui qui détient la vérité. Mais tout comme un feu se propage tandis que les hommes boivent paresseusement, ce schisme provoque l’apparition de la nouvelle secte du Lollardisme, ainsi que de nombreuses autres hérésies parmi le clergé lui-même. Il vaudrait mieux creuser des digues et avoir la vraie foi, plutôt que de connaître tout ce que dit la Bible et de se tromper comme certains d’entre eux. Si les gens avaient sous les yeux les vertus que le Christ a enseignées, ils ne discuteraient pas ainsi au sujet du papat. Chacun ne pense qu’à son propre intérêt, sans se soucier de la cause commune de l’Église ; ainsi, le troupeau du Christ est brisé et dévoré. Les bergers, préoccupés par les biens mondains, blessent au lieu de guérir, et dépouillent injustement les brebis de leur laine. Non, ils les chassent…
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Parmi les ronces, afin qu’ils puissent avoir la laine que les épines arrachent. Si le loup se met en travers du chemin, leur bâton n’est pas à portée de main pour défendre les moutons, mais ils sont prêts à frapper les moutons avec ce bâton s’ils commettent la moindre faute. Il y a en effet quelques-uns en qui réside la vertu, que Dieu a appelés comme il a appelé Aaron, mais la plupart suivent Simon de près, dont le char est tiré par des roues de cupidité et de fierté. Ils enseignent qu’il est bon de vêtir et de nourrir les pauvres, mais ils ne distribuent pas eux-mêmes leurs biens. Ils disent que la chasteté doit être préservée par l’abstinence, mais ils mangent avec délicatesse et dorment confortablement ; quant à savoir s’ils conservent ainsi leur chasteté, je n’ose le dire : j’entends des récits, mais je ne comprends pas. Cependant, le vice des méchants n’est pas une reproche pour les bons, car chacun portera ses propres œuvres.
499-584. Le peuple. Quant au peuple, on craint que ne se produise ce qui est déjà arrivé dans divers pays, à savoir qu’il puisse briser les limites et déborder dans une inondation destructrice. Partout règne le manque de loi et la propagation de l’erreur ; tous disent que ce monde est déréglé, et chacun donne son avis sur la cause ; mais celui qui regarde en lui-même sera prêt à excuser son Dieu, en qui il n’y a aucune faille. La cause du mal est en nous-mêmes. Certains disent que c’est la fortune, d’autres les planètes, mais en vérité tout dépend de l’homme. Aucun état n’est sûr, sa fortune monte et descend tour à tour, et tout cela est la conséquence des actions de l’homme. Dans la Bible, je trouve un récit qui enseigne que la division est la principale cause pour laquelle les choses ne peuvent persister, et que c’est l’homme lui-même qui est responsable des changements qui ont renversé des royaumes.
585-662. Nabuchodonosor vit en songe une statue ayant la tête et le cou en or, la poitrine et les bras en argent, le ventre et les cuisses en bronze, les jambes en acier, et les pieds en acier mêlé à de l’argile. Sur les pieds de cette statue tomba une grande pierre qui roula depuis une colline, et la statue fut détruite. Daniel interpréta cela comme représentant les royaumes successifs du monde.
663-880. Ce furent les Quatre Monarchies : celle de Babylone, de Perse, des Grecs et des Romains. Nous sommes maintenant dans l’ère dernière, celle de la discorde et de la division, comme le montrent l’état de l’Empire et du Papauté. C’est bien cela que désignaient les pieds de la statue.
881-1088. Nous sommes proches de la fin du monde, comme nous l’apprend l’apôtre. Le monde est aujourd’hui divisé, comme les pieds de la statue. Les guerres sont monnaie courante.
499-584. Le peuple. Quant au peuple, on craint que ne se produise ce qui est déjà arrivé dans divers pays, à savoir qu’il puisse briser les limites et déborder dans une inondation destructrice. Partout règne le manque de loi et la propagation de l’erreur ; tous disent que ce monde est déréglé, et chacun donne son avis sur la cause ; mais celui qui regarde en lui-même sera prêt à excuser son Dieu, en qui il n’y a aucune faille. La cause du mal est en nous-mêmes. Certains disent que c’est la fortune, d’autres les planètes, mais en vérité tout dépend de l’homme. Aucun état n’est sûr, sa fortune monte et descend tour à tour, et tout cela est la conséquence des actions de l’homme. Dans la Bible, je trouve un récit qui enseigne que la division est la principale cause pour laquelle les choses ne peuvent persister, et que c’est l’homme lui-même qui est responsable des changements qui ont renversé des royaumes.
585-662. Nabuchodonosor vit en songe une statue ayant la tête et le cou en or, la poitrine et les bras en argent, le ventre et les cuisses en bronze, les jambes en acier, et les pieds en acier mêlé à de l’argile. Sur les pieds de cette statue tomba une grande pierre qui roula depuis une colline, et la statue fut détruite. Daniel interpréta cela comme représentant les royaumes successifs du monde.
663-880. Ce furent les Quatre Monarchies : celle de Babylone, de Perse, des Grecs et des Romains. Nous sommes maintenant dans l’ère dernière, celle de la discorde et de la division, comme le montrent l’état de l’Empire et du Papauté. C’est bien cela que désignaient les pieds de la statue.
881-1088. Nous sommes proches de la fin du monde, comme nous l’apprend l’apôtre. Le monde est aujourd’hui divisé, comme les pieds de la statue. Les guerres sont monnaie courante.
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Et pourtant, le clergé prêche que la charité est le fondement de toutes les bonnes actions. L’homme est la cause de tout le mal, et c’est pourquoi l’image portait la ressemblance d’un homme. Les corps célestes, l’air et la terre subissent des changements et une corruption à cause du péché de l’homme, qui est en lui-même un petit monde. Lorsqu’il est désordonné en lui-même, les éléments sont tous en conflit avec lui et les uns avec les autres. La division est la cause de la destruction. Il en va de même pour l’homme, qui possède en lui divers principes en conflit les uns avec les autres, et chez qui existe également une division fatale entre le corps et l’âme, ce qui a conduit à la chute d’un état d’innocence. La confusion des langues lors de la construction de la tour de Babel fut une autre cause de division ; enfin, toute paix et toute charité disparaîtront, et la pierre tombera. Dès lors, chacun habitera soit au ciel, où règne la paix, soit en enfer, qui est plein de discorde.
Ah ! Si seulement il y avait de nos jours quelqu’un capable d’instaurer la paix sur terre, comme Arion, jadis, par sa harpe, a réussi à réconcilier bêtes et hommes. Mais c’est là une affaire que seul Dieu peut régler.
Lib. I.
1-92. Je ne peux pas tendre ma main vers le ciel pour mettre de l’ordre dans le monde : une telle tâche dépasse mes capacités ; je dois m’en abstenir et parler d’autres choses. C’est pourquoi je pense, à partir de maintenant, à changer le style de mes écrits, et à parler d’un sujet qui concerne le monde entier, à savoir l’amour ; presque tous y manquent de mesure, car nul ne peut y résister ni en trouver un remède. S’il y a quelque chose dans ce monde qui est gouverné aveuglément par le destin, c’est bien l’amour : c’est un jeu dans lequel personne ne sait s’il gagnera ou perdra. Moi-même, je fais partie de cette catégorie, et je raconterai ce qui m’est arrivé récemment en matière d’amour, afin que les autres puissent en tirer exemple.
93-202. Je suis parti me promener au mois de mai, lorsque chaque oiseau a choisi son partenaire et se réjouit de l’amour qu’il a trouvé ; mais j’étais encore plus éloigné du mien que la terre ne l’est du ciel. Alors je me rendis dans la forêt, non pas pour chanter avec les oiseaux, mais pour pleurer et me lamenter ; après un moment, je m’effondrai au sol et souhaitai la mort. Puis je levai les yeux vers le ciel et priai le dieu et la déesse de l’amour de m’accorder quelque grâce. Bientôt, je les vis ; lui, le roi de l’amour, passa devant moi avec un regard furieux et me lança une flamme ardente.
Ah ! Si seulement il y avait de nos jours quelqu’un capable d’instaurer la paix sur terre, comme Arion, jadis, par sa harpe, a réussi à réconcilier bêtes et hommes. Mais c’est là une affaire que seul Dieu peut régler.
Lib. I.
1-92. Je ne peux pas tendre ma main vers le ciel pour mettre de l’ordre dans le monde : une telle tâche dépasse mes capacités ; je dois m’en abstenir et parler d’autres choses. C’est pourquoi je pense, à partir de maintenant, à changer le style de mes écrits, et à parler d’un sujet qui concerne le monde entier, à savoir l’amour ; presque tous y manquent de mesure, car nul ne peut y résister ni en trouver un remède. S’il y a quelque chose dans ce monde qui est gouverné aveuglément par le destin, c’est bien l’amour : c’est un jeu dans lequel personne ne sait s’il gagnera ou perdra. Moi-même, je fais partie de cette catégorie, et je raconterai ce qui m’est arrivé récemment en matière d’amour, afin que les autres puissent en tirer exemple.
93-202. Je suis parti me promener au mois de mai, lorsque chaque oiseau a choisi son partenaire et se réjouit de l’amour qu’il a trouvé ; mais j’étais encore plus éloigné du mien que la terre ne l’est du ciel. Alors je me rendis dans la forêt, non pas pour chanter avec les oiseaux, mais pour pleurer et me lamenter ; après un moment, je m’effondrai au sol et souhaitai la mort. Puis je levai les yeux vers le ciel et priai le dieu et la déesse de l’amour de m’accorder quelque grâce. Bientôt, je les vis ; lui, le roi de l’amour, passa devant moi avec un regard furieux et me lança une flamme ardente.
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une lance, qui perça mon cœur. Mais la reine resta et me demanda qui j’étais, et m’ordonna de révéler ma maladie. Je lui dis que je l’avais servie longtemps et que je ne demandais que ma juste récompense, mais elle fronça les sourcils et dit qu’il y avait beaucoup de prétendants qui, en réalité, n’avaient rendu aucun service, et m’ordonna de dire la vérité et de décrire toutes mes souffrances. « Je peux bien le faire », répondis-je, « si ma vie dure assez longtemps. » Alors elle me regarda et dit : « Ma volonté est d’abord que tu te confesses à mon prêtre. » Sur ce, elle appela Genius, son prêtre, qui sortit et s’assit pour entendre ma confession.
203-288. Ce prêtre digne me demanda de raconter ce que j’avais ressenti par amour, tant la joie que la tristesse ; je m’agenouillai pieusement et le priai de m’interroger point par point, afin que je n’oublie rien de ce qui concernait ma confession, car mon cœur était tellement troublé que je ne pouvais pas moi-même diriger mes pensées. Il répondit qu’il était là pour entendre ma confession et m’interroger ; mais il ne voulait pas seulement parler d’amour ; car, en sa qualité de prêtre, il était tenu de dénoncer les vices moraux. Cependant, il montrerait aussi les qualités de l’Amour, car il était au service de Vénus et savait peu de choses sur les autres sujets. Son but était d’expliquer la nature de chaque vice, comme il convient à un prêtre de le faire, afin d’appliquer ses enseignements à la question de l’amour, afin que je comprenne clairement sa doctrine.
289-574. Péchés de la vue et de l’ouïe. Je le priai de dire sa volonté, et je l’obéirais ; il me fit confesser ce qui concernait mes cinq sens, qui sont les portes par lesquelles les choses pénètrent dans le cœur, et, parmi eux, le sens de la vue, le premier des principaux et des plus dangereux. Beaucoup d’hommes ont causé du mal par amour à cause de la vue, et souvent la flèche ardente de l’amour perce le cœur par l’œil. (289-332.)
Ovide raconte l’histoire des méfaits du « mauvais regard » : Actée, lorsqu’il chassait, tomba sur Diane et ses nymphes en train de se baigner, et parce qu’il ne détourna pas les yeux, il fut transformé en cerf et déchiré par ses propres chiens. (333-378.)
De même, les Gorgones étaient trois sœurs qui n’avaient qu’un seul œil entre elles, qu’elles se passaient l’une à l’autre ; si quelqu’un les regardait, il se transformait aussitôt en pierre. Toutes furent tuées par Persée, à qui Pallas prêta un bouclier avec lequel il se couvrit le visage, et Mercure une épée avec laquelle il tua les monstres. (389-435.)
203-288. Ce prêtre digne me demanda de raconter ce que j’avais ressenti par amour, tant la joie que la tristesse ; je m’agenouillai pieusement et le priai de m’interroger point par point, afin que je n’oublie rien de ce qui concernait ma confession, car mon cœur était tellement troublé que je ne pouvais pas moi-même diriger mes pensées. Il répondit qu’il était là pour entendre ma confession et m’interroger ; mais il ne voulait pas seulement parler d’amour ; car, en sa qualité de prêtre, il était tenu de dénoncer les vices moraux. Cependant, il montrerait aussi les qualités de l’Amour, car il était au service de Vénus et savait peu de choses sur les autres sujets. Son but était d’expliquer la nature de chaque vice, comme il convient à un prêtre de le faire, afin d’appliquer ses enseignements à la question de l’amour, afin que je comprenne clairement sa doctrine.
289-574. Péchés de la vue et de l’ouïe. Je le priai de dire sa volonté, et je l’obéirais ; il me fit confesser ce qui concernait mes cinq sens, qui sont les portes par lesquelles les choses pénètrent dans le cœur, et, parmi eux, le sens de la vue, le premier des principaux et des plus dangereux. Beaucoup d’hommes ont causé du mal par amour à cause de la vue, et souvent la flèche ardente de l’amour perce le cœur par l’œil. (289-332.)
Ovide raconte l’histoire des méfaits du « mauvais regard » : Actée, lorsqu’il chassait, tomba sur Diane et ses nymphes en train de se baigner, et parce qu’il ne détourna pas les yeux, il fut transformé en cerf et déchiré par ses propres chiens. (333-378.)
De même, les Gorgones étaient trois sœurs qui n’avaient qu’un seul œil entre elles, qu’elles se passaient l’une à l’autre ; si quelqu’un les regardait, il se transformait aussitôt en pierre. Toutes furent tuées par Persée, à qui Pallas prêta un bouclier avec lequel il se couvrit le visage, et Mercure une épée avec laquelle il tua les monstres. (389-435.)
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Mon prêtre m’a donc conseillé de faire attention à ne pas abuser de ma vue, de peur que je ne devienne moi aussi pierre ; il m’a également averti de prendre soin de mon ouïe, car bien des vanités pénètrent dans le cœur de l’homme par les oreilles. (436-462.)
Il existe un serpent appelé Aspidis, qui a une pierre précieuse sur la tête ; mais lorsque quelqu’un tente de le vaincre par des sortilèges afin d’obtenir cette pierre, il refuse d’entendre les incantations, en posant une oreille contre le sol et en bouchant l’autre avec sa queue. (463-480.)
De plus, dans l’histoire de Troie, on parle de sirènes, qui ont l’apparence de femmes en haut et celle de poissons en bas ; elles chantent si doucement que les marins qui passent sont ensorcelés et ne peuvent plus diriger leurs navires : ils sombrent alors et sont déchirés en morceaux par ces monstres. Uluxes, cependant, échappa à ce péril en bouchant les oreilles de ses compagnons, puis ils tuèrent beaucoup d’entre eux. (481-529.)
D’après ces exemples, disait-il, je pourrais apprendre comment protéger l’œil et l’oreille de la folie ; et si je pouvais maîtriser ces deux sens, il serait facile de contrôler les autres sens. (530-549.)
J’ai alors fait ma confession, en disant que, quant à mes yeux, je les avais en effet tournés vers la Gorgone Méduse, et que mon cœur s’était transformé en pierre, sur laquelle ma dame avait gravé un symbole éternel d’amour. De plus, j’étais également coupable en ce qui concerne mon ouïe : car lorsque j’entendais ma dame parler, ma raison perdait tout contrôle ; je n’ai pas agi comme Uluxes, mais je suis tombé immédiatement là où elle se trouvait, et j’ai été déchiré en morceaux dans mon esprit. (550-567.)
Dieu te corrige, mon fils, dit-il. Je ne demanderai plus rien concernant tes sens, mais plutôt d’autres choses. (568-574.)
Les Sept vices mortels – L’Orgueil.
575-1234. L’Hypocrisie. L’orgueil, le premier des sept vices mortels, a cinq serviteurs, dont le premier s’appelle l’hypocrisie. As-tu fréquenté ceux-là, mon fils ?
Je ne sais pas, père, ce qu’est l’hypocrisie. Je vous en prie, enseignez-moi, et je confesserai. (575-593.)
Un hypocrite est celui qui feint l’innocence en apparence, mais qui ne l’est pas en réalité. Tels sont beaucoup de ceux qui appartiennent aux ordres religieux, avec certains d’entre eux…
Il existe un serpent appelé Aspidis, qui a une pierre précieuse sur la tête ; mais lorsque quelqu’un tente de le vaincre par des sortilèges afin d’obtenir cette pierre, il refuse d’entendre les incantations, en posant une oreille contre le sol et en bouchant l’autre avec sa queue. (463-480.)
De plus, dans l’histoire de Troie, on parle de sirènes, qui ont l’apparence de femmes en haut et celle de poissons en bas ; elles chantent si doucement que les marins qui passent sont ensorcelés et ne peuvent plus diriger leurs navires : ils sombrent alors et sont déchirés en morceaux par ces monstres. Uluxes, cependant, échappa à ce péril en bouchant les oreilles de ses compagnons, puis ils tuèrent beaucoup d’entre eux. (481-529.)
D’après ces exemples, disait-il, je pourrais apprendre comment protéger l’œil et l’oreille de la folie ; et si je pouvais maîtriser ces deux sens, il serait facile de contrôler les autres sens. (530-549.)
J’ai alors fait ma confession, en disant que, quant à mes yeux, je les avais en effet tournés vers la Gorgone Méduse, et que mon cœur s’était transformé en pierre, sur laquelle ma dame avait gravé un symbole éternel d’amour. De plus, j’étais également coupable en ce qui concerne mon ouïe : car lorsque j’entendais ma dame parler, ma raison perdait tout contrôle ; je n’ai pas agi comme Uluxes, mais je suis tombé immédiatement là où elle se trouvait, et j’ai été déchiré en morceaux dans mon esprit. (550-567.)
Dieu te corrige, mon fils, dit-il. Je ne demanderai plus rien concernant tes sens, mais plutôt d’autres choses. (568-574.)
Les Sept vices mortels – L’Orgueil.
575-1234. L’Hypocrisie. L’orgueil, le premier des sept vices mortels, a cinq serviteurs, dont le premier s’appelle l’hypocrisie. As-tu fréquenté ceux-là, mon fils ?
Je ne sais pas, père, ce qu’est l’hypocrisie. Je vous en prie, enseignez-moi, et je confesserai. (575-593.)
Un hypocrite est celui qui feint l’innocence en apparence, mais qui ne l’est pas en réalité. Tels sont beaucoup de ceux qui appartiennent aux ordres religieux, avec certains d’entre eux…
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Ceux qui occupent les hautes fonctions dans l’Église, ainsi que d’autres qui prétendent à la piété, tandis que leur seul dessein est d’accroître leurs richesses terrestres. (594-672.)
Il existe aussi de tels amants, qui trompent par des flatteries et des paroles douces, et qui prétendent souffrir de maladie d’amour, mais qui sont toujours prêts à séduire la femme qui leur fait confiance. Es-tu l’un d’eux, mon fils ?
Non, père, car je n’ai pas besoin de feindre : mon cœur est toujours plus malade que mon visage, et je suis plus humble envers celle que j’aime que ne le montrent aucun signe extérieur. Je ne dirai pas que j’aie pu être coupable envers d’autres dans ma jeunesse ; mais il y a une personne envers qui mes paroles ont toujours été sincères.
Il est bien, mon fils, de dire toujours la vérité en amour ; car si tu trompes et y gagnes, tu le regretteras sûrement ensuite, comme peut le montrer une histoire que je vais raconter. (672-760.)
Mundus et Pauline. À Rome, à l’époque de Tibère, une dame vertueuse nommée Pauline fut trompée par Mundus, qui soudoya les prêtres d’Isis et les incita à l’amener de nuit au temple sous prétexte de rencontrer le dieu Anubis. Mundus se cacha dans le temple et se fit passer pour le dieu. En la rencontrant sur le chemin du retour, il lui expliqua la situation ; elle, accablée de chagrin et de honte, en informa son mari. Les prêtres furent mis à mort, Mundus fut exilé, et l’image d’Isis fut jetée dans le Tibre. (761-1059.)
Le cheval de Troie. Pour prendre un autre exemple des méfaits causés par l’hypocrisie, on lit comment, lorsque les Grecs ne purent prendre Troie, ils fabriquèrent un cheval en bronze et, après s’être secrètement entendus avec Anténor et Énée, conclurent une paix feinte avec les Troyens, souhaitant introduire ce cheval en offrande à Minerve dans la ville. Les portes étaient trop petites pour le laisser entrer, alors on abattit le mur ; le cheval fut amené et offert comme symbole d’une paix éternelle avec Troie. Les Grecs partirent alors vers leurs navires, comme s’ils allaient lever l’ancre, mais revinrent de nuit sur un signal de Sinon. Ils entrèrent par la porte brisée, tuèrent ceux qui se trouvaient à l’intérieur et brûlèrent la ville. (1060-1189.)
Il existe aussi de tels amants, qui trompent par des flatteries et des paroles douces, et qui prétendent souffrir de maladie d’amour, mais qui sont toujours prêts à séduire la femme qui leur fait confiance. Es-tu l’un d’eux, mon fils ?
Non, père, car je n’ai pas besoin de feindre : mon cœur est toujours plus malade que mon visage, et je suis plus humble envers celle que j’aime que ne le montrent aucun signe extérieur. Je ne dirai pas que j’aie pu être coupable envers d’autres dans ma jeunesse ; mais il y a une personne envers qui mes paroles ont toujours été sincères.
Il est bien, mon fils, de dire toujours la vérité en amour ; car si tu trompes et y gagnes, tu le regretteras sûrement ensuite, comme peut le montrer une histoire que je vais raconter. (672-760.)
Mundus et Pauline. À Rome, à l’époque de Tibère, une dame vertueuse nommée Pauline fut trompée par Mundus, qui soudoya les prêtres d’Isis et les incita à l’amener de nuit au temple sous prétexte de rencontrer le dieu Anubis. Mundus se cacha dans le temple et se fit passer pour le dieu. En la rencontrant sur le chemin du retour, il lui expliqua la situation ; elle, accablée de chagrin et de honte, en informa son mari. Les prêtres furent mis à mort, Mundus fut exilé, et l’image d’Isis fut jetée dans le Tibre. (761-1059.)
Le cheval de Troie. Pour prendre un autre exemple des méfaits causés par l’hypocrisie, on lit comment, lorsque les Grecs ne purent prendre Troie, ils fabriquèrent un cheval en bronze et, après s’être secrètement entendus avec Anténor et Énée, conclurent une paix feinte avec les Troyens, souhaitant introduire ce cheval en offrande à Minerve dans la ville. Les portes étaient trop petites pour le laisser entrer, alors on abattit le mur ; le cheval fut amené et offert comme symbole d’une paix éternelle avec Troie. Les Grecs partirent alors vers leurs navires, comme s’ils allaient lever l’ancre, mais revinrent de nuit sur un signal de Sinon. Ils entrèrent par la porte brisée, tuèrent ceux qui se trouvaient à l’intérieur et brûlèrent la ville. (1060-1189.)
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Ainsi, souvent en amour, lorsque l’homme semble le plus sincère, il est en réalité le plus faux, et pendant un temps ces amants progressent rapidement, mais par la suite ils subissent des punitions. Évitez donc l’hypocrisie en amour. (1190-1234.)
1235-1875. Désobéissance. Le deuxième aspect de l’orgueil est la désobéissance, qui ne se soumet à aucune loi, que ce soit celle de Dieu ou celle des hommes. Mon fils, es-tu désobéissant en amour ? Non, père, sauf quand ma dame m’ordonne de cesser de parler de mon amour, ou encore quand elle me demande de choisir une nouvelle maîtresse. Elle pourrait tout aussi bien me dire : « Va, descends la Lune de sa place dans le ciel », que de me demander d’ôter son amour de mon cœur. Jusqu’à ce point, je désobéis, mais en rien d’autre. (1235-1342.)
Il y a deux complices de ce vice, mon fils, appelés Murmure et Plainte, qui envient toute fortune, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Ainsi, parmi les amants, il en est qui ne se soumettent pas fidèlement à l’amour, mais se plaignent de leur sort s’ils ne obtiennent pas ce qu’ils désirent. Mon père, j’avoue que parfois je suis coupable de cela, lorsque ma dame me foudroie du regard, mais je n’ose pas lui dire un mot qui pourrait la contrarier. Je murmure et je suis désobéissant dans mon cœur, et jusqu’à ce point, j’avoue être « peu gracieux ». Je te conseille, mon fils, d’être toujours obéissant aux ordres de l’amour, car l’obéissance est souvent utile là où la force ne peut rien ; et à ce sujet, je me souviens d’un exemple écrit dans une chronique. (1343-1406.)
Il y avait un chevalier, neveu de l’empereur, nommé Florent, chevaleresque et amoureux, qui, à la recherche d’aventures, fut fait prisonnier par des ennemis. Il avait tué le fils du capitaine du château où il était conduit ; ils voulaient se venger de lui, mais craignaient l’empereur. Une vieille dame rusée, grand-mère du mort, proposa une condition : on lui permettrait de partir, à condition qu’il revienne dans un délai donné, et alors il subirait la mort à moins de pouvoir répondre correctement à cette question : « Que désirent le plus toutes les femmes ? » Il donna sa promesse et chercha partout une réponse à cette question, sans succès. Lorsque le jour arriva, il partit ; et en traversant une forêt, il vit une vieille sorcière repoussante assise sous un arbre. Elle offrit de le sauver s’il l’épousait. Il refusa d’abord, mais voyant qu’il n’y avait pas d’autre solution, il accepta, à la
1235-1875. Désobéissance. Le deuxième aspect de l’orgueil est la désobéissance, qui ne se soumet à aucune loi, que ce soit celle de Dieu ou celle des hommes. Mon fils, es-tu désobéissant en amour ? Non, père, sauf quand ma dame m’ordonne de cesser de parler de mon amour, ou encore quand elle me demande de choisir une nouvelle maîtresse. Elle pourrait tout aussi bien me dire : « Va, descends la Lune de sa place dans le ciel », que de me demander d’ôter son amour de mon cœur. Jusqu’à ce point, je désobéis, mais en rien d’autre. (1235-1342.)
Il y a deux complices de ce vice, mon fils, appelés Murmure et Plainte, qui envient toute fortune, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Ainsi, parmi les amants, il en est qui ne se soumettent pas fidèlement à l’amour, mais se plaignent de leur sort s’ils ne obtiennent pas ce qu’ils désirent. Mon père, j’avoue que parfois je suis coupable de cela, lorsque ma dame me foudroie du regard, mais je n’ose pas lui dire un mot qui pourrait la contrarier. Je murmure et je suis désobéissant dans mon cœur, et jusqu’à ce point, j’avoue être « peu gracieux ». Je te conseille, mon fils, d’être toujours obéissant aux ordres de l’amour, car l’obéissance est souvent utile là où la force ne peut rien ; et à ce sujet, je me souviens d’un exemple écrit dans une chronique. (1343-1406.)
Il y avait un chevalier, neveu de l’empereur, nommé Florent, chevaleresque et amoureux, qui, à la recherche d’aventures, fut fait prisonnier par des ennemis. Il avait tué le fils du capitaine du château où il était conduit ; ils voulaient se venger de lui, mais craignaient l’empereur. Une vieille dame rusée, grand-mère du mort, proposa une condition : on lui permettrait de partir, à condition qu’il revienne dans un délai donné, et alors il subirait la mort à moins de pouvoir répondre correctement à cette question : « Que désirent le plus toutes les femmes ? » Il donna sa promesse et chercha partout une réponse à cette question, sans succès. Lorsque le jour arriva, il partit ; et en traversant une forêt, il vit une vieille sorcière repoussante assise sous un arbre. Elle offrit de le sauver s’il l’épousait. Il refusa d’abord, mais voyant qu’il n’y avait pas d’autre solution, il accepta, à la
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La condition était qu’il essaye d’abord toutes les autres réponses ; si celles-ci pouvaient le sauver, il serait libre. Elle lui dit que ce que toutes les femmes désirent le plus, c’est être maîtresses de l’amour d’un homme. Il se sauva grâce à cette réponse et retourna la chercher, honteux avant tout de rompre sa promesse. Même si elle était méchante, il respecta sa féminité et la fit monter sur son cheval devant lui. Il rentra chez lui en voyageant de nuit et en se cachant le jour ; ils furent mariés dans la nuit, elle vêtue de ses beaux habits, mais encore plus laide qu’auparavant. Lorsqu’ils furent au lit, il se détourna d’elle, mais elle exigea son engagement ; il se tourna vers elle et vit à ses côtés une jeune femme d’une beauté inégalée. Elle le retint jusqu’à ce qu’il fasse son choix : la prendre ainsi de nuit ou de jour ; et lui, désespérant de trouver une réponse, laissa à elle le soin de décider. En faisant d’elle sa souveraine, il brisa le sortilège qui la liait. C’était la fille du roi de Sicile, et sa belle-mère l’avait transformée afin qu’elle gagne l’amour et la souveraineté d’un chevalier incomparable. Ainsi, l’obéissance peut apporter à un homme de la chance en amour. (1407-1861.)
Sache donc, mon fils, que tu dois toujours obéir à ton amour et suivre sa volonté.
Par cet exemple, mon père, je respecterai encore mieux l’amour. Dis-moi maintenant s’il y a un autre aspect de l’orgueil. (1862-1882.)
1883-2383. L’arrogance ou la prétention occupe la troisième place dans le cortège de l’orgueil. Il fait tout par supposition et regrette souvent par la suite ; il ne suit aucun conseil autre que le sien, ne compte que sur son propre esprit, et ne remercie même pas Dieu.
Lorsqu’il est amoureux, il se croit digne d’aimer n’importe quelle reine, et il imagine souvent qu’on l’aime alors qu’en réalité ce n’est pas le cas. Dis-moi, qu’en est-il, mon fils ?
Je pense qu’il n’y a personne ici qui soit moins coupable que moi, ou qui se croie moins digne. L’amour est accessible à tous les hommes et demeure invisible dans le cœur, mais cela ne m’empêchera pas de croire que je suis digne d’être aimé. J’avoue cependant avoir eu l’impression d’être aimé alors que ce n’était pas le cas, et j’ai donc été coupable. Mais si vous vouliez me raconter une histoire contre ce vice, ce serait mieux pour moi. (1883-1976.)
Mon fils, le fier chevalier Capaneus avait tellement confiance en lui qu’il refusait de prier les dieux, disant que la prière naissait uniquement de la lâcheté.
Sache donc, mon fils, que tu dois toujours obéir à ton amour et suivre sa volonté.
Par cet exemple, mon père, je respecterai encore mieux l’amour. Dis-moi maintenant s’il y a un autre aspect de l’orgueil. (1862-1882.)
1883-2383. L’arrogance ou la prétention occupe la troisième place dans le cortège de l’orgueil. Il fait tout par supposition et regrette souvent par la suite ; il ne suit aucun conseil autre que le sien, ne compte que sur son propre esprit, et ne remercie même pas Dieu.
Lorsqu’il est amoureux, il se croit digne d’aimer n’importe quelle reine, et il imagine souvent qu’on l’aime alors qu’en réalité ce n’est pas le cas. Dis-moi, qu’en est-il, mon fils ?
Je pense qu’il n’y a personne ici qui soit moins coupable que moi, ou qui se croie moins digne. L’amour est accessible à tous les hommes et demeure invisible dans le cœur, mais cela ne m’empêchera pas de croire que je suis digne d’être aimé. J’avoue cependant avoir eu l’impression d’être aimé alors que ce n’était pas le cas, et j’ai donc été coupable. Mais si vous vouliez me raconter une histoire contre ce vice, ce serait mieux pour moi. (1883-1976.)
Mon fils, le fier chevalier Capaneus avait tellement confiance en lui qu’il refusait de prier les dieux, disant que la prière naissait uniquement de la lâcheté.
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Mais un jour, lorsqu’il attaqua la ville de Thèbes, Dieu prit les armes contre son orgueil et le réduisit en poussière par un coup de foudre. Ainsi, quand un homme se croit le plus fort, il est le plus proche de la destruction. (1977-2009.)
De même, quand un homme pense qu’il peut juger les fautes des autres et oublie les siennes, le mal vient souvent à lui, comme dans l’histoire qui suit.
La Trompette de la Mort. Il y avait un roi de Hongrie qui partit avec sa cour au mois de mai ; rencontrant deux pèlerins très âgés, il descendit de son char, baisa leurs mains et leurs pieds, et leur donna aussi de l’aumône.
Les seigneurs du pays furent mécontents que le roi abaissât ainsi sa royauté, et parmi eux surtout le frère du roi, qui dit qu’il réprimanderait le roi pour son geste. Lorsqu’ils revinrent, le frère parla au roi et dit qu’il devait s’excuser auprès de ses seigneurs. Le roi répondit poliment, et ils allèrent dîner.
Or, par la loi, il existait une certaine trompette en bronze, appelée la Trompette de la Mort : lorsque quelqu’un devait être mis à mort, on la faisait sonner devant sa porte. Ce soir-là, le roi envoya l’homme chargé de cette tâche pour souffler dans la trompette devant la porte de son frère. Entendant ce son, celui-ci sut qu’il devait mourir ; il rassembla alors ses amis, qui lui conseillèrent d’aller, avec sa femme et ses cinq enfants, demander humblement le pardon du roi. Ils allèrent donc, pleurant, à travers la ville et arrivèrent à la cour. Les gens racontèrent au roi ce qui s’était passé ; il sortit et blâma son frère d’avoir été si ému par un simple jugement de mort humain, qui pouvait être annulé. « Tu ne peux pas maintenant te étonner », dit-il, « de ce que j’ai fait : car j’ai vu dans les pèlerins l’image de ma propre mort, telle que déterminée par la loi de Dieu, et j’ai obéi à cette loi ; car, comparées à elle, toutes les autres lois ne valent rien. C’est pourquoi, mon frère, craint Dieu de tout ton cœur ; car tous mourront et seront égaux à ses yeux. » Ainsi, le roi admonesta son frère et lui pardonna. (2010-2253.)
Je vous en prie, père, racontez-moi un exemple de cela en matière d’amour.
Mon fils, en amour comme en toute autre chose, il faut éviter ce vice, comme le montre une histoire racontée par Ovide.
Il y avait un certain Narcisse, qui avait tant d’orgueil qu’il ne trouvait aucune femme digne de lui. Un jour, il partit chasser dans la forêt ; étant en nage…
De même, quand un homme pense qu’il peut juger les fautes des autres et oublie les siennes, le mal vient souvent à lui, comme dans l’histoire qui suit.
La Trompette de la Mort. Il y avait un roi de Hongrie qui partit avec sa cour au mois de mai ; rencontrant deux pèlerins très âgés, il descendit de son char, baisa leurs mains et leurs pieds, et leur donna aussi de l’aumône.
Les seigneurs du pays furent mécontents que le roi abaissât ainsi sa royauté, et parmi eux surtout le frère du roi, qui dit qu’il réprimanderait le roi pour son geste. Lorsqu’ils revinrent, le frère parla au roi et dit qu’il devait s’excuser auprès de ses seigneurs. Le roi répondit poliment, et ils allèrent dîner.
Or, par la loi, il existait une certaine trompette en bronze, appelée la Trompette de la Mort : lorsque quelqu’un devait être mis à mort, on la faisait sonner devant sa porte. Ce soir-là, le roi envoya l’homme chargé de cette tâche pour souffler dans la trompette devant la porte de son frère. Entendant ce son, celui-ci sut qu’il devait mourir ; il rassembla alors ses amis, qui lui conseillèrent d’aller, avec sa femme et ses cinq enfants, demander humblement le pardon du roi. Ils allèrent donc, pleurant, à travers la ville et arrivèrent à la cour. Les gens racontèrent au roi ce qui s’était passé ; il sortit et blâma son frère d’avoir été si ému par un simple jugement de mort humain, qui pouvait être annulé. « Tu ne peux pas maintenant te étonner », dit-il, « de ce que j’ai fait : car j’ai vu dans les pèlerins l’image de ma propre mort, telle que déterminée par la loi de Dieu, et j’ai obéi à cette loi ; car, comparées à elle, toutes les autres lois ne valent rien. C’est pourquoi, mon frère, craint Dieu de tout ton cœur ; car tous mourront et seront égaux à ses yeux. » Ainsi, le roi admonesta son frère et lui pardonna. (2010-2253.)
Je vous en prie, père, racontez-moi un exemple de cela en matière d’amour.
Mon fils, en amour comme en toute autre chose, il faut éviter ce vice, comme le montre une histoire racontée par Ovide.
Il y avait un certain Narcisse, qui avait tant d’orgueil qu’il ne trouvait aucune femme digne de lui. Un jour, il partit chasser dans la forêt ; étant en nage…
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Assoiffé, il s’allongea pour boire à une source. Là, il vit l’image de son visage dans l’eau et crut qu’il s’agissait d’une nymphe. L’amour pour elle s’empara de lui, et il la supplia en vain de venir à lui : finalement, dans le désespoir, il se frappa contre une roche jusqu’à en mourir. Les nymphes des sources et des forêts, pleines de pitié, enterrèrent son corps, et de celui-ci naquirent des fleurs qui fleurissent en hiver, contre la loi de la nature, tout comme l’était sa folie. (2254-2366.)
Père, je éviterai toujours ce vice. J’aimerais que ma dame fût aussi humble envers moi que je le suis envers elle. Demandez-moi donc autre chose, s’il y a quelque chose d’autre.
Dieu te pardonne, mon fils, si tu as péché en cela ; mais il y a encore un autre vice, l’orgueil, qui ne peut pas maîtriser sa langue, et ceci aussi est un mal. (2367-2398.)
2399-2680. Prétention. Ce vice transforme les éloges en reproches en proclamant bruyamment ses propres mérites ; c’est ainsi que se comportent certains amoureux. Dis-moi donc si tu as jamais reçu une faveur en amour et si tu t’en es vanté par la suite.
Non, père, car je n’ai jamais reçu de faveur dont je puisse me vanter. Demandez donc davantage, car je ne suis pas coupable ici.
C’est bien, mon fils, mais sache que l’amour déteste ce vice plus que tous les autres, comme tu peux l’apprendre par un exemple. (2399-2458.)
Alboin et Rosemund. Albinus était roi des Lombards. En guerre contre les Geptes, il tua leur roi Gurmond au combat et fit une coupe avec son crâne. Il prit également la fille de Gurmond, Rosemund, pour épouse. Lorsque les guerres furent terminées, il organisa un grand festin afin que sa reine puisse faire connaissance avec les seigneurs de son royaume. Lors du banquet, son orgueil s’éveilla ; il fit apporter cette coupe, richement ornée d’or et de pierres précieuses, et ordonna à sa femme de boire dedans, disant : « Bois avec ton père. » Elle, ne sachant pas de quelle coupe il s’agissait, la prit et but. Alors le roi raconta comment il l’avait gagnée par sa victoire, ainsi que l’amour de sa femme, qui avait bu ainsi dans le crâne de son père. Elle ne dit rien, mais pensa à la cruauté de son seigneur qui se vantait ainsi, assis à côté d’elle, d’avoir tué son père et fait une coupe avec son crâne. Après le festin, elle complota avec Glodeside, sa servante, pour se venger. Un chevalier nommé Helmege, le majordome du roi, aimait Glodeside. La reine se donna à lui à la place de sa servante, puis se fit…
Père, je éviterai toujours ce vice. J’aimerais que ma dame fût aussi humble envers moi que je le suis envers elle. Demandez-moi donc autre chose, s’il y a quelque chose d’autre.
Dieu te pardonne, mon fils, si tu as péché en cela ; mais il y a encore un autre vice, l’orgueil, qui ne peut pas maîtriser sa langue, et ceci aussi est un mal. (2367-2398.)
2399-2680. Prétention. Ce vice transforme les éloges en reproches en proclamant bruyamment ses propres mérites ; c’est ainsi que se comportent certains amoureux. Dis-moi donc si tu as jamais reçu une faveur en amour et si tu t’en es vanté par la suite.
Non, père, car je n’ai jamais reçu de faveur dont je puisse me vanter. Demandez donc davantage, car je ne suis pas coupable ici.
C’est bien, mon fils, mais sache que l’amour déteste ce vice plus que tous les autres, comme tu peux l’apprendre par un exemple. (2399-2458.)
Alboin et Rosemund. Albinus était roi des Lombards. En guerre contre les Geptes, il tua leur roi Gurmond au combat et fit une coupe avec son crâne. Il prit également la fille de Gurmond, Rosemund, pour épouse. Lorsque les guerres furent terminées, il organisa un grand festin afin que sa reine puisse faire connaissance avec les seigneurs de son royaume. Lors du banquet, son orgueil s’éveilla ; il fit apporter cette coupe, richement ornée d’or et de pierres précieuses, et ordonna à sa femme de boire dedans, disant : « Bois avec ton père. » Elle, ne sachant pas de quelle coupe il s’agissait, la prit et but. Alors le roi raconta comment il l’avait gagnée par sa victoire, ainsi que l’amour de sa femme, qui avait bu ainsi dans le crâne de son père. Elle ne dit rien, mais pensa à la cruauté de son seigneur qui se vantait ainsi, assis à côté d’elle, d’avoir tué son père et fait une coupe avec son crâne. Après le festin, elle complota avec Glodeside, sa servante, pour se venger. Un chevalier nommé Helmege, le majordome du roi, aimait Glodeside. La reine se donna à lui à la place de sa servante, puis se fit…
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On sait qu’elle le força à l’aider. Ils tuèrent Albinus, mais furent eux-mêmes contraints de fuir, se réfugiant auprès du duc de Ravenne, qui fit ensuite mettre fin à leurs jours par empoisonnement. (2459-2646.) Il est donc bon qu’un homme cache ses propres louanges, tant dans les autres domaines que dans l’amour, sinon il peut échouer dans son dessein.
2681-3066. La gloire vaine ne pense qu’à ce monde et se délecte des nouveautés. Elle changera de visage comme un caméléon. Elle composera des chansons, des ballades, des rondels et des virelais ; et si elle obtient un avantage en amour, elle en est si joyeuse qu’elle oublie toute pensée de mort. Dis-moi si tu as fait de même.
Mon père, je ne peux pas me disculper entièrement, car pour l’amour, je me suis mieux paré, j’ai tenté de composer des rondels, des ballades, des virelais et des chansons pour celle que j’aime, je les ai même chantées, et je me suis amusé dans ma chambre et dans la salle. Mais cela ne m’a apporté aucun avantage : ma gloire fut vaine. Elle ne voulait pas entendre mes chansons, et mes beaux atours ne me donnaient aucune raison de me réjouir. Pourtant, j’ai eu parfois de la joie en entendant les hommes la louer, ainsi que lorsque j’apprenais qu’elle allait bien. Dis-moi si c’est ma faute.
Je te déclare innocent, mon fils, et à ce sujet, je veux raconter une histoire sur la façon dont Dieu se venge de cette vice. Écoute maintenant une histoire vraie, bien qu’elle ne soit pas d’amour. (2681-2784.)
Il y avait un roi dont j’ai parlé précédemment, nommé Nabuchodonosor. Personne n’était aussi puissant à son époque, et par son orgueil, il gouvernait la terre comme un dieu. Ce roi vit en songe un arbre qui ombrageait toute la terre, et tous les oiseaux et bêtes y trouvaient abri ou se nourrissaient sous lui. Puis il entendit une voix ordonner de couper cet arbre et de le détruire ; mais la racine, disait-on, devait rester, sans porter le cœur d’aucun homme, mais se nourrir d’herbe comme un bœuf, jusqu’à ce que les eaux du ciel l’aient lavé sept fois et qu’il devienne humble devant la volonté de Dieu. Le roi ne trouva personne pour interpréter ce rêve, et envoya donc chercher Daniel. Celui-ci dit que l’arbre symbolisait le roi, et que, de même que l’arbre serait abattu, son royaume serait renversé, et qu’il paîtrait comme un bœuf, soumis aux intempéries et aux afflictions, jusqu’à ce qu’il reconnaisse la grandeur de Dieu. La punition était décrétée pour sa gloire vaine ; s’il abandonnait cela et demandait grâce, il pourrait peut-être échapper au malheur.
2681-3066. La gloire vaine ne pense qu’à ce monde et se délecte des nouveautés. Elle changera de visage comme un caméléon. Elle composera des chansons, des ballades, des rondels et des virelais ; et si elle obtient un avantage en amour, elle en est si joyeuse qu’elle oublie toute pensée de mort. Dis-moi si tu as fait de même.
Mon père, je ne peux pas me disculper entièrement, car pour l’amour, je me suis mieux paré, j’ai tenté de composer des rondels, des ballades, des virelais et des chansons pour celle que j’aime, je les ai même chantées, et je me suis amusé dans ma chambre et dans la salle. Mais cela ne m’a apporté aucun avantage : ma gloire fut vaine. Elle ne voulait pas entendre mes chansons, et mes beaux atours ne me donnaient aucune raison de me réjouir. Pourtant, j’ai eu parfois de la joie en entendant les hommes la louer, ainsi que lorsque j’apprenais qu’elle allait bien. Dis-moi si c’est ma faute.
Je te déclare innocent, mon fils, et à ce sujet, je veux raconter une histoire sur la façon dont Dieu se venge de cette vice. Écoute maintenant une histoire vraie, bien qu’elle ne soit pas d’amour. (2681-2784.)
Il y avait un roi dont j’ai parlé précédemment, nommé Nabuchodonosor. Personne n’était aussi puissant à son époque, et par son orgueil, il gouvernait la terre comme un dieu. Ce roi vit en songe un arbre qui ombrageait toute la terre, et tous les oiseaux et bêtes y trouvaient abri ou se nourrissaient sous lui. Puis il entendit une voix ordonner de couper cet arbre et de le détruire ; mais la racine, disait-on, devait rester, sans porter le cœur d’aucun homme, mais se nourrir d’herbe comme un bœuf, jusqu’à ce que les eaux du ciel l’aient lavé sept fois et qu’il devienne humble devant la volonté de Dieu. Le roi ne trouva personne pour interpréter ce rêve, et envoya donc chercher Daniel. Celui-ci dit que l’arbre symbolisait le roi, et que, de même que l’arbre serait abattu, son royaume serait renversé, et qu’il paîtrait comme un bœuf, soumis aux intempéries et aux afflictions, jusqu’à ce qu’il reconnaisse la grandeur de Dieu. La punition était décrétée pour sa gloire vaine ; s’il abandonnait cela et demandait grâce, il pourrait peut-être échapper au malheur.
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Mais l’orgueil ne permettra pas à l’humilité de rester à ses côtés. Ni pour son rêve, ni pour les paroles de Daniel, ce roi ne renonça à sa vaniteuse gloire, et ce qui avait été prédit lui arriva. Alors, après sept ans, il se souvint de son état antérieur et pleura ; et bien qu’il ne pût trouver de mots, il pria Dieu dans son cœur et jura de renoncer à sa vaniteuse gloire, levant les pieds vers le ciel, agenouillé et implorant miséricorde. Soudain, il fut de nouveau transformé en homme et retrouva ses pouvoirs comme auparavant, et l’orgueil de la vaniteuse gloire disparut à jamais de son cœur. (2785-3042.)
Mon fils, ne sois pas comme une bête, mais prends l’humilité en main, car un homme orgueilleux ne peut gagner l’amour. Je pense maintenant te raconter une histoire qui pourra t’apprendre à suivre l’humilité et à éviter l’orgueil.
3067-3425. L’humilité. Les trois questions. Il était une fois un jeune roi sage, qui aimait poser des questions difficiles. Un chevalier de sa cour était si habile à y répondre que le roi conçut de la jalousie et décida de le mettre dans l’embarras. Il lui ordonna donc de répondre à ces trois questions sous peine de mort : (1) Qu’est-ce qui a le moins besoin d’aide, mais pourtant les hommes l’aident le plus ? (2) Qu’est-ce qui vaut le plus, mais coûte le moins ? (3) Qu’est-ce qui coûte le plus et vaut le moins ? Le chevalier rentra chez lui pour réfléchir, mais plus il se creusait la tête, plus il était perplexe. Il avait deux filles, la plus jeune ayant quatorze ans ; voyant sa tristesse, elles le supplièrent de leur dire la raison. Finalement, il le fit, et elles demandèrent à pouvoir répondre à sa place devant le roi. Le jour venu, elles allèrent ensemble à la cour, et le chevalier laissa les réponses à la jeune fille, ce qui étonna tous. Elle répondit à la première question que c’était la Terre, sur laquelle les hommes travaillent toute l’année, et pourtant elle n’a besoin d’aucune aide, étant elle-même la source de toute vie. Quant à la deuxième, c’était l’humilité, grâce à laquelle Dieu envoya son Fils et choisit Marie par-dessus toutes les autres ; or, il coûte très peu de la maintenir, car elle ne provoque aucune guerre entre les hommes. Quant à la troisième question, dit-elle, elle concernait l’orgueil, qui a coûté à Lucifer et aux anges rebelles la perte du ciel, et à Adam la perte du paradis, et qui est aussi la cause de tant de maux dans le monde.
Le roi fut satisfait et, regardant la jeune fille, il dit : « J’aime beaucoup ta réponse, ainsi que toi. Si tu étais de lignée égale à celle de ces seigneurs, je te prendrais pour épouse. Demande-moi ce que tu veux, et tu l’auras. »
Mon fils, ne sois pas comme une bête, mais prends l’humilité en main, car un homme orgueilleux ne peut gagner l’amour. Je pense maintenant te raconter une histoire qui pourra t’apprendre à suivre l’humilité et à éviter l’orgueil.
3067-3425. L’humilité. Les trois questions. Il était une fois un jeune roi sage, qui aimait poser des questions difficiles. Un chevalier de sa cour était si habile à y répondre que le roi conçut de la jalousie et décida de le mettre dans l’embarras. Il lui ordonna donc de répondre à ces trois questions sous peine de mort : (1) Qu’est-ce qui a le moins besoin d’aide, mais pourtant les hommes l’aident le plus ? (2) Qu’est-ce qui vaut le plus, mais coûte le moins ? (3) Qu’est-ce qui coûte le plus et vaut le moins ? Le chevalier rentra chez lui pour réfléchir, mais plus il se creusait la tête, plus il était perplexe. Il avait deux filles, la plus jeune ayant quatorze ans ; voyant sa tristesse, elles le supplièrent de leur dire la raison. Finalement, il le fit, et elles demandèrent à pouvoir répondre à sa place devant le roi. Le jour venu, elles allèrent ensemble à la cour, et le chevalier laissa les réponses à la jeune fille, ce qui étonna tous. Elle répondit à la première question que c’était la Terre, sur laquelle les hommes travaillent toute l’année, et pourtant elle n’a besoin d’aucune aide, étant elle-même la source de toute vie. Quant à la deuxième, c’était l’humilité, grâce à laquelle Dieu envoya son Fils et choisit Marie par-dessus toutes les autres ; or, il coûte très peu de la maintenir, car elle ne provoque aucune guerre entre les hommes. Quant à la troisième question, dit-elle, elle concernait l’orgueil, qui a coûté à Lucifer et aux anges rebelles la perte du ciel, et à Adam la perte du paradis, et qui est aussi la cause de tant de maux dans le monde.
Le roi fut satisfait et, regardant la jeune fille, il dit : « J’aime beaucoup ta réponse, ainsi que toi. Si tu étais de lignée égale à celle de ces seigneurs, je te prendrais pour épouse. Demande-moi ce que tu veux, et tu l’auras. »
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« Elle demanda un comté pour son père ; cela lui fut accordé. Alors, à genoux, elle remercia le roi et exigea qu’il tienne sa promesse antérieure. Quoi qu’elle ait pu être autrefois, elle était désormais la fille d’un comte, et celui-ci avait promis de l’épouser. Ému par l’amour, le roi donna son consentement, et c’est ainsi que les choses se passèrent. Ce roi gouvernait l’Espagne jadis, et son nom était Alphonse ; le chevalier s’appelait Don Pedro, et la fille, sage, Peronelle. (3067-3402.)
Ainsi, mon fils, tu peux connaître le mal du Orgueil, qui est tombé de sa place au ciel et au paradis ; mais l’Humilité est douce et gracieuse. Laisse donc l’Orgueil et adopte l’Humilité.
Mon père, je n’oublierai pas : mais maintenant, continuez à m’enseigner.
Mon fils, j’ai parlé assez de l’Orgueil ; je vais maintenant parler de l’Envie, qui est un vice infernal, car elle fait du mal sans aucune raison. (3403-3446.)
Lib. II.
1-220. Tristesse face à la joie d’autrui. Après l’Orgueil vient l’Envie, qui brûle constamment dans l’esprit de celui qui voit un autre préféré à lui ou plus digne. As-tu, mon fils, été tourmenté par le bonheur d’un autre homme dans ton amour ?
Oui, père, mille fois, lorsque j’ai vu un autre heureux en amour. Je deviens alors comme l’Etna, qui brûle en permanence à l’intérieur, ou comme un navire emporté par les vents et les vagues. Mais cela ne concerne que ma dame : quand je vois des amoureux s’approcher d’elle et lui murmurer à l’oreille. Ce n’est pas que je doute de sa sagesse, car personne ne peut mieux préserver son honneur ; pourtant, quand je la vois se réjouir avec un homme, je suis plein d’Envie en le voyant heureux.
Mon fils, le chien qui ne peut pas manger de paille chassera néanmoins les bœufs qui viennent à la grange ; il en va souvent de même en amour. Si un homme est lui-même privé de grâce, il souhaite que un autre échoue. (1-96.)
Acis et Galatée. Ovide raconte l’histoire de Polypheus qui aimait Galatée, mais elle, qui aimait un autre, le rejeta. Il attendit alors une occasion de lui causer de la peine dans son amour, et un jour il la vit en conversation avec le jeune Acis sous un rocher au bord de la mer. Son cœur brûlait d’Envie ; il s’enfuit comme une flèche tirée d’un arc, et courut en rugissant comme une bête sauvage autour de l’Etna. Puis, revenu, il fit tomber une partie du rocher sur Acis et le tua. Elle… »
Ainsi, mon fils, tu peux connaître le mal du Orgueil, qui est tombé de sa place au ciel et au paradis ; mais l’Humilité est douce et gracieuse. Laisse donc l’Orgueil et adopte l’Humilité.
Mon père, je n’oublierai pas : mais maintenant, continuez à m’enseigner.
Mon fils, j’ai parlé assez de l’Orgueil ; je vais maintenant parler de l’Envie, qui est un vice infernal, car elle fait du mal sans aucune raison. (3403-3446.)
Lib. II.
1-220. Tristesse face à la joie d’autrui. Après l’Orgueil vient l’Envie, qui brûle constamment dans l’esprit de celui qui voit un autre préféré à lui ou plus digne. As-tu, mon fils, été tourmenté par le bonheur d’un autre homme dans ton amour ?
Oui, père, mille fois, lorsque j’ai vu un autre heureux en amour. Je deviens alors comme l’Etna, qui brûle en permanence à l’intérieur, ou comme un navire emporté par les vents et les vagues. Mais cela ne concerne que ma dame : quand je vois des amoureux s’approcher d’elle et lui murmurer à l’oreille. Ce n’est pas que je doute de sa sagesse, car personne ne peut mieux préserver son honneur ; pourtant, quand je la vois se réjouir avec un homme, je suis plein d’Envie en le voyant heureux.
Mon fils, le chien qui ne peut pas manger de paille chassera néanmoins les bœufs qui viennent à la grange ; il en va souvent de même en amour. Si un homme est lui-même privé de grâce, il souhaite que un autre échoue. (1-96.)
Acis et Galatée. Ovide raconte l’histoire de Polypheus qui aimait Galatée, mais elle, qui aimait un autre, le rejeta. Il attendit alors une occasion de lui causer de la peine dans son amour, et un jour il la vit en conversation avec le jeune Acis sous un rocher au bord de la mer. Son cœur brûlait d’Envie ; il s’enfuit comme une flèche tirée d’un arc, et courut en rugissant comme une bête sauvage autour de l’Etna. Puis, revenu, il fit tomber une partie du rocher sur Acis et le tua. Elle… »
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Elle s’enfuit vers la mer, où Neptune prit soin d’elle, et les dieux transformèrent Acis en une source aux eaux fraîches, car il avait été plein d’amour, et ils étaient furieux contre Polyphème à cause de sa jalousie. (97-200.)
Ainsi, mon fils, tu peux comprendre que tu dois laisser les autres tranquilles. Mon père, c’est un bon exemple ; je ne commettrai aucun mal par jalousie. (200-220.)
221-382. Joie face au chagrin d’autrui. Ce vice se réjouit lorsqu’il voit d’autres hommes tristes, pensant qu’il prospère grâce à leur déchéance, comme dans d’autres domaines, ainsi aussi en amour. As-tu fait cela, mon fils ?
Oui, père, j’avoue que lorsque je vois les amants de ma dame subir un échec, je m’en réjouis ; plus ils perdent, plus je pense que je gagnerai. Et même si cela ne m’apporte aucun avantage, il me plaît de voir un autre souffrir les mêmes douleurs que moi. Dis-moi si c’est mal.
Ce genre de jalousie, mon fils, ne peut jamais être juste. Parfois, on est prêt à subir des pertes afin que quelqu’un d’autre en subisse également, comme le montrera une histoire. (221-290.)
Les voyageurs et l’ange. Jupiter envoya un ange pour rapporter la situation de l’humanité. Il se joignit à deux voyageurs et, à travers leurs conversations, il découvrit que l’un était avide et l’autre jaloux. Au moment de partir, il leur dit qu’il venait de Dieu et, en retour de leur gentillesse, il leur accorderait une faveur : l’un choisirait un cadeau, et l’autre recevrait le double de ce que son compagnon demanderait. L’homme avide voulut que son compagnon demande le premier, tandis que l’autre, ne voulant pas que son compagnon ait plus de bonheur que lui, désira être privé d’un œil, afin que son compagnon perde les deux. Cela fut fait, et l’homme jaloux se réjouit. (291-364.)
C’est contraire à la nature de chercher son propre malheur afin de faire souffrir autrui.
Mon père, je n’ai jamais fait cela, sauf de la manière que j’ai décrite ; dis-moi s’il y a autre chose.
383-1871. Calomnie. Parmi les descendants de la jalousie, il y en a un appelé Calomnie. Il a Malebouche à ses ordres, qui ne peut louer personne sans trouver des défauts. Il ressemble à la scarabée qui vole au-dessus des champs, sans se soucier des fleurs du printemps, mais se nourrissant de toute saleté qu’il…
Ainsi, mon fils, tu peux comprendre que tu dois laisser les autres tranquilles. Mon père, c’est un bon exemple ; je ne commettrai aucun mal par jalousie. (200-220.)
221-382. Joie face au chagrin d’autrui. Ce vice se réjouit lorsqu’il voit d’autres hommes tristes, pensant qu’il prospère grâce à leur déchéance, comme dans d’autres domaines, ainsi aussi en amour. As-tu fait cela, mon fils ?
Oui, père, j’avoue que lorsque je vois les amants de ma dame subir un échec, je m’en réjouis ; plus ils perdent, plus je pense que je gagnerai. Et même si cela ne m’apporte aucun avantage, il me plaît de voir un autre souffrir les mêmes douleurs que moi. Dis-moi si c’est mal.
Ce genre de jalousie, mon fils, ne peut jamais être juste. Parfois, on est prêt à subir des pertes afin que quelqu’un d’autre en subisse également, comme le montrera une histoire. (221-290.)
Les voyageurs et l’ange. Jupiter envoya un ange pour rapporter la situation de l’humanité. Il se joignit à deux voyageurs et, à travers leurs conversations, il découvrit que l’un était avide et l’autre jaloux. Au moment de partir, il leur dit qu’il venait de Dieu et, en retour de leur gentillesse, il leur accorderait une faveur : l’un choisirait un cadeau, et l’autre recevrait le double de ce que son compagnon demanderait. L’homme avide voulut que son compagnon demande le premier, tandis que l’autre, ne voulant pas que son compagnon ait plus de bonheur que lui, désira être privé d’un œil, afin que son compagnon perde les deux. Cela fut fait, et l’homme jaloux se réjouit. (291-364.)
C’est contraire à la nature de chercher son propre malheur afin de faire souffrir autrui.
Mon père, je n’ai jamais fait cela, sauf de la manière que j’ai décrite ; dis-moi s’il y a autre chose.
383-1871. Calomnie. Parmi les descendants de la jalousie, il y en a un appelé Calomnie. Il a Malebouche à ses ordres, qui ne peut louer personne sans trouver des défauts. Il ressemble à la scarabée qui vole au-dessus des champs, sans se soucier des fleurs du printemps, mais se nourrissant de toute saleté qu’il…
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on peut le trouver. Ainsi, ce calomniateur envieux ne mentionne jamais les vertus d’un homme, mais s’il trouve une faute, il la proclame ouvertement. De même, à la cour de l’Amour, on raconte de nombreuses histoires envieuses. Mon fils, si tu as commis de telles calomnies, renonce-y. (383-454.)
Oui, père, mais pas ouvertement. Lorsque je rencontre ma chère dame et que je pense à ceux qui viennent vers elle avec de fausses histoires, tout cela pour tromper une innocente (bien qu’elle soit suffisamment vigilante pour se protéger), mon cœur devient envieux et je dis contre eux le pire que je connais ; et je ferais de même envers l’homme le plus sincère et le meilleur, s’il aimait ma dame ; car je ne peux supporter que quiconque y gagne à ma place. Je ne fais cela que dans l’oreille de ma dame, et surtout je ne raconte jamais d’histoire qui porte atteinte à sa bonne réputation. Dis-moi donc quelle pénitence je dois subir pour cela, car je t’ai dit toute la vérité.
Mon fils, ne fais plus cela. Ta dame, comme tu le dis, est sage et vigilante, et il n’y a pas besoin de lui raconter de telles histoires. De plus, elle t’appréciera d’autant moins à cause de ton envie, et souvent le mal que les hommes préparent contre autrui retombe sur eux-mêmes. Écoute une histoire à ce sujet. (454-586.)
L’histoire de Constance. L’empereur romain Tibère Constantin avait une fille, Constance, belle, sage et pleine de foi. Elle convertit au christianisme certains marchands de Barbarie qui étaient venus à Rome vendre leurs marchandises, et ceux-ci, interrogés par le sultan à leur retour, parlèrent si bien de Constance que celui-ci décida de demander sa main en mariage. Il envoya des messagers à Rome et accepta de se convertir, et Constance fut envoyée avec deux cardinaux et de nombreux autres seigneurs pour devenir sa fiancée. Mais la mère du sultan fut saisie de jalousie. Elle invita toute la troupe à un festin, et là, elle tua son propre fils ainsi que tous ceux qui participaient au mariage, à l’exception de Constance elle-même, qu’elle ordonna de placer seule dans un navire sans gouvernail, avec des provisions pour cinq ans, afin qu’elle soit livrée aux vents et aux vagues. (587-713.)
Pendant trois ans, elle erra sous la guidance de Dieu, et finit par arriver sur la côte du Northumberland, près d’un château sur les rives de l’Humber, que gardait une certaine Elda pour le roi de cette région, Allee, un Saxon et un chevalier digne de ce nom. Elda la trouva dans le navire et la confia aux soins d’Hermyngheld, sa femme, qui l’aima et fut convertie par elle. Hermyngheld, au nom du Christ, rendit la vue à un homme aveugle, ce qui étonna tous, et Elda se convertit également à la foi. Le lendemain, il partit à cheval
Oui, père, mais pas ouvertement. Lorsque je rencontre ma chère dame et que je pense à ceux qui viennent vers elle avec de fausses histoires, tout cela pour tromper une innocente (bien qu’elle soit suffisamment vigilante pour se protéger), mon cœur devient envieux et je dis contre eux le pire que je connais ; et je ferais de même envers l’homme le plus sincère et le meilleur, s’il aimait ma dame ; car je ne peux supporter que quiconque y gagne à ma place. Je ne fais cela que dans l’oreille de ma dame, et surtout je ne raconte jamais d’histoire qui porte atteinte à sa bonne réputation. Dis-moi donc quelle pénitence je dois subir pour cela, car je t’ai dit toute la vérité.
Mon fils, ne fais plus cela. Ta dame, comme tu le dis, est sage et vigilante, et il n’y a pas besoin de lui raconter de telles histoires. De plus, elle t’appréciera d’autant moins à cause de ton envie, et souvent le mal que les hommes préparent contre autrui retombe sur eux-mêmes. Écoute une histoire à ce sujet. (454-586.)
L’histoire de Constance. L’empereur romain Tibère Constantin avait une fille, Constance, belle, sage et pleine de foi. Elle convertit au christianisme certains marchands de Barbarie qui étaient venus à Rome vendre leurs marchandises, et ceux-ci, interrogés par le sultan à leur retour, parlèrent si bien de Constance que celui-ci décida de demander sa main en mariage. Il envoya des messagers à Rome et accepta de se convertir, et Constance fut envoyée avec deux cardinaux et de nombreux autres seigneurs pour devenir sa fiancée. Mais la mère du sultan fut saisie de jalousie. Elle invita toute la troupe à un festin, et là, elle tua son propre fils ainsi que tous ceux qui participaient au mariage, à l’exception de Constance elle-même, qu’elle ordonna de placer seule dans un navire sans gouvernail, avec des provisions pour cinq ans, afin qu’elle soit livrée aux vents et aux vagues. (587-713.)
Pendant trois ans, elle erra sous la guidance de Dieu, et finit par arriver sur la côte du Northumberland, près d’un château sur les rives de l’Humber, que gardait une certaine Elda pour le roi de cette région, Allee, un Saxon et un chevalier digne de ce nom. Elda la trouva dans le navire et la confia aux soins d’Hermyngheld, sa femme, qui l’aima et fut convertie par elle. Hermyngheld, au nom du Christ, rendit la vue à un homme aveugle, ce qui étonna tous, et Elda se convertit également à la foi. Le lendemain, il partit à cheval
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au roi, et voulant le plaire, car il était alors célibataire, elle lui parla de Constance. Le roi dit qu’il viendrait la voir. Elda envoya devant lui un chevalier en qui il avait confiance ; ce chevalier avait aimé Constance, mais elle l’avait rejeté, si bien que son amour se transforma en haine. Lorsqu’il arriva au château, il transmit le message, et ils se préparèrent à recevoir le roi ; mais pendant la nuit, il trancha la gorge d’Hermyngheld et plaça le couteau ensanglanté sous le lit où reposait Constance. Elda arriva cette même nuit et trouva sa femme morte, tandis que Constance dormait à ses côtés. Le faux chevalier accusa Constance et montra le couteau qu’il y avait placé. Elda ne fut pas convaincue, et le chevalier jura sur un livre sa culpabilité. Soudain, la main du ciel le frappa : ses yeux sortirent de leur orbite, et une voix lui ordonna de confesser la vérité, ce qu’il fit, puis il mourut. (714-885.)
Après cela, le roi arriva et, désirant épouser Constance, accepta de se faire baptiser. Un évêque vint donc de Bangor au Pays de Galles, le baptisa ainsi que beaucoup d’autres, et maria Constance au roi. Elle refusa de révéler qui elle était, mais le roi devina qu’elle était une personne noble. Dieu la visita et elle tomba enceinte ; mais le roi fut contraint de partir en guerre et laissa sa femme avec Elda et l’évêque. Un fils naquit et fut baptisé sous le nom de Moris. Des lettres furent écrites au roi ; le messager, qui devait passer par Knaresborough, s’y arrêta pour annoncer la nouvelle à la mère du roi, Domilde. Celle-ci changea la nuit même les lettres par d’autres, dans lesquelles il était dit, au nom des gardiens de la reine, qu’elle avait donné naissance à un monstre. Le messager apporta ces lettres au roi, qui répondit qu’ils devaient garder sa femme avec soin jusqu’à son retour. À son retour, le messager s’arrêta de nouveau à Knaresborough, et Domilde remplaça les lettres par une autre ordonnant, sous peine de mort, de mettre Constance et son enfant dans le même navire par lequel elle était arrivée, et de les jeter à la mer. Ils furent profondément affligés, mais obéirent. Elle pria le ciel pour obtenir de l’aide et se consacra entièrement aux soins de l’enfant (886-1083). À la fin de cette année-là, le navire aborda près d’un château en Espagne, où régnait un amiral païen qui avait un intendant nommé Theloüs, un faux renégat. Il vint voir le navire et trouva Constance, mais il ne permit à personne d’autre de la voir ; puis, la nuit venue, il revint, pensant pouvoir disposer d’elle à sa guise. Il jura de la tuer si elle résistait, et elle lui demanda d’observer le port pour voir s’il y avait quelqu’un à proximité. Alors, par la prière de Constance, il fut jeté hors du navire et noyé. Un vent se leva qui l’éloigna de la terre, et après trois ans, elle arriva dans un endroit où se trouvait une grande flotte. Le seigneur de ces navires
Après cela, le roi arriva et, désirant épouser Constance, accepta de se faire baptiser. Un évêque vint donc de Bangor au Pays de Galles, le baptisa ainsi que beaucoup d’autres, et maria Constance au roi. Elle refusa de révéler qui elle était, mais le roi devina qu’elle était une personne noble. Dieu la visita et elle tomba enceinte ; mais le roi fut contraint de partir en guerre et laissa sa femme avec Elda et l’évêque. Un fils naquit et fut baptisé sous le nom de Moris. Des lettres furent écrites au roi ; le messager, qui devait passer par Knaresborough, s’y arrêta pour annoncer la nouvelle à la mère du roi, Domilde. Celle-ci changea la nuit même les lettres par d’autres, dans lesquelles il était dit, au nom des gardiens de la reine, qu’elle avait donné naissance à un monstre. Le messager apporta ces lettres au roi, qui répondit qu’ils devaient garder sa femme avec soin jusqu’à son retour. À son retour, le messager s’arrêta de nouveau à Knaresborough, et Domilde remplaça les lettres par une autre ordonnant, sous peine de mort, de mettre Constance et son enfant dans le même navire par lequel elle était arrivée, et de les jeter à la mer. Ils furent profondément affligés, mais obéirent. Elle pria le ciel pour obtenir de l’aide et se consacra entièrement aux soins de l’enfant (886-1083). À la fin de cette année-là, le navire aborda près d’un château en Espagne, où régnait un amiral païen qui avait un intendant nommé Theloüs, un faux renégat. Il vint voir le navire et trouva Constance, mais il ne permit à personne d’autre de la voir ; puis, la nuit venue, il revint, pensant pouvoir disposer d’elle à sa guise. Il jura de la tuer si elle résistait, et elle lui demanda d’observer le port pour voir s’il y avait quelqu’un à proximité. Alors, par la prière de Constance, il fut jeté hors du navire et noyé. Un vent se leva qui l’éloigna de la terre, et après trois ans, elle arriva dans un endroit où se trouvait une grande flotte. Le seigneur de ces navires
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Il l’interrogea, mais elle lui dit peu de choses, se présentant sous le nom de Couste. Il affirma être venu pour venger les Saxons de leur trahison, mais ne put obtenir aucune nouvelle de Constance. Il était sénateur de Rome et marié à une nièce de l’Empereur nommée Heleine. Celle-ci vint à Rome avec son enfant et vécut avec sa femme pendant douze ans ; personne ne savait qui elle était, mais tous l’aimaient beaucoup. (1084-1225.)
Pendant ce temps, le roi Allee découvrit la trahison et se vengea de sa mère, qui fut brûlée vive après avoir avoué sa faute ; tous dirent qu’elle avait bien mérité son châtiment et pleurèrent sur le sort de Constance. Ayant terminé ses guerres, le roi décida de se rendre à Rome pour obtenir l’absolution. Il laissa Edwyn comme héritier pour gouverner le pays, puis partit avec Elda. Arcennus informa sa femme et Couste de l’arrivée du roi Allee, et Couste en fut transporté de joie. Après avoir vu le Pape et apaisé sa conscience, le roi organisa un banquet auquel il invita le sénateur et d’autres personnes. Moris y alla également, et sa mère lui ordonna de se tenir au banquet en présence du roi. En le voyant, le roi le trouva ressemblant à sa femme Constance et l’aima sans savoir pourquoi. Il demanda à Arcennus si l’enfant était son fils, et c’est de lui qu’il apprit son histoire ainsi que le nom de sa mère. Le roi sourit en entendant le nom « Couste », sachant que c’était en langue saxonne le nom de Constance, et il désira ardemment connaître la vérité. Après le banquet, il pria le sénateur de le ramener chez lui pour voir cette Couste ; jamais homme ne fut plus heureux que lui lorsqu’il vit sa femme. (1226-1445.)
Le roi resta quelque temps à Rome avec Constance, mais elle ne lui révéla toujours pas qui elle était. Au bout d’un certain temps, elle le pria d’organiser un banquet honorable avant de quitter la ville, et d’inviter l’Empereur, qui se trouvait à quelques kilomètres de la ville. Moris fut envoyé pour le supplier de venir manger avec eux, ce à quoi il consentit ; à l’heure convenue, ils allèrent tous à la rencontre de l’Empereur. Constance, montée à cheval pour l’accueillir, se présenta à lui comme sa fille. Son cœur fut submergé de joie, comme s’il avait vu les morts renaître, et tous ceux qui étaient présents versèrent des larmes. Un parlement fut alors convoqué, et Moris fut désigné héritier de l’Empereur. Le roi Allee et Constance retournèrent chez eux, à la grande joie de leur peuple ; mais peu de temps après, le roi mourut, et Constance revint à Rome. Peu de temps plus tard, l’Empereur mourut également dans ses bras, et elle-même l’année suivante. Moris fut couronné Empereur et connu comme « le plus chrétien ». (1446-1598.)
Pendant ce temps, le roi Allee découvrit la trahison et se vengea de sa mère, qui fut brûlée vive après avoir avoué sa faute ; tous dirent qu’elle avait bien mérité son châtiment et pleurèrent sur le sort de Constance. Ayant terminé ses guerres, le roi décida de se rendre à Rome pour obtenir l’absolution. Il laissa Edwyn comme héritier pour gouverner le pays, puis partit avec Elda. Arcennus informa sa femme et Couste de l’arrivée du roi Allee, et Couste en fut transporté de joie. Après avoir vu le Pape et apaisé sa conscience, le roi organisa un banquet auquel il invita le sénateur et d’autres personnes. Moris y alla également, et sa mère lui ordonna de se tenir au banquet en présence du roi. En le voyant, le roi le trouva ressemblant à sa femme Constance et l’aima sans savoir pourquoi. Il demanda à Arcennus si l’enfant était son fils, et c’est de lui qu’il apprit son histoire ainsi que le nom de sa mère. Le roi sourit en entendant le nom « Couste », sachant que c’était en langue saxonne le nom de Constance, et il désira ardemment connaître la vérité. Après le banquet, il pria le sénateur de le ramener chez lui pour voir cette Couste ; jamais homme ne fut plus heureux que lui lorsqu’il vit sa femme. (1226-1445.)
Le roi resta quelque temps à Rome avec Constance, mais elle ne lui révéla toujours pas qui elle était. Au bout d’un certain temps, elle le pria d’organiser un banquet honorable avant de quitter la ville, et d’inviter l’Empereur, qui se trouvait à quelques kilomètres de la ville. Moris fut envoyé pour le supplier de venir manger avec eux, ce à quoi il consentit ; à l’heure convenue, ils allèrent tous à la rencontre de l’Empereur. Constance, montée à cheval pour l’accueillir, se présenta à lui comme sa fille. Son cœur fut submergé de joie, comme s’il avait vu les morts renaître, et tous ceux qui étaient présents versèrent des larmes. Un parlement fut alors convoqué, et Moris fut désigné héritier de l’Empereur. Le roi Allee et Constance retournèrent chez eux, à la grande joie de leur peuple ; mais peu de temps après, le roi mourut, et Constance revint à Rome. Peu de temps plus tard, l’Empereur mourut également dans ses bras, et elle-même l’année suivante. Moris fut couronné Empereur et connu comme « le plus chrétien ». (1446-1598.)
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Ainsi, l’amour triompha enfin et les langues calomnieuses furent réduites au silence. Garde-toi donc de la calomnie envieuse et du mensonge, et si tu veux savoir quel mal provoque la calomnie, écoute maintenant une autre histoire. (1599-1612.)
Démétrius et Persée. Philippe, roi de Macédoine, avait deux fils, Démétrius et Persée. Le plus âgé, Démétrius, était le meilleur chevalier et héritier du royaume ; mais Persée l’enviait et le calomnia auprès de leur père dans son dos, prétendant qu’il les avait vendus aux Romains. Démétrius fut condamné sur la base de témoignages falsifiés et par un juge corrompu, puis mis à mort. Persée devint alors si orgueilleux qu’il méprisa son père et usurpa son pouvoir, si bien que le père comprit l’injustice commise ; mais l’autre partie était si puissante qu’il ne put faire justice, et il mourut de chagrin.
Puis Persée prit le pouvoir et fit la guerre à Rome, rassemblant une grande armée. Les Romains avaient un consul nommé Paul Émilien, qui prit en main cette guerre. Sa petite fille pleura lorsqu’elle se sépara de lui, car son petit chien nommé Pers était mort, ce qui lui sembla un présage de succès, car Persée avait parlé contre son frère comme un chien aboyant dans le dos d’un homme. Persée chevaucha avec son armée, sans prévoir le malheur, et perdit une grande partie de son armée à cause de la rupture des glaces du Danube. Paulus l’attaqua et conquit à la fois lui et son pays, de sorte que Persée lui-même mourut comme un chien en prison, tandis que son héritier, exilé de son pays, gagnait sa vie en exerçant un métier à Rome. (1613-1861.)
Vois, mon fils, quel mal provoque l’envie, qui cherche à entraver autrui.
Je l’éviterai, mon père ; mais continuez, s’il y en a d’autres.
Mon fils, il y en a un quatrième, aussi trompeur que les ruses d’un jongleur, et on l’appelle la Fausse Apparence. (1862-1878.)
1879-2319. La Fausse Apparence. C’est avant tout la source d’où provient la tromperie. Il semble qu’il fasse beau temps sur cette marée ; mais en réalité ce n’est pas le cas. La Fausse Apparence est liée à l’hypocrisie, et l’envie guide leur barque. Fuis donc ce vice et garde ta apparence toujours vraie. Lorsque l’envie désire tromper, c’est la Fausse Apparence qui en est le messager ; et comme…
Démétrius et Persée. Philippe, roi de Macédoine, avait deux fils, Démétrius et Persée. Le plus âgé, Démétrius, était le meilleur chevalier et héritier du royaume ; mais Persée l’enviait et le calomnia auprès de leur père dans son dos, prétendant qu’il les avait vendus aux Romains. Démétrius fut condamné sur la base de témoignages falsifiés et par un juge corrompu, puis mis à mort. Persée devint alors si orgueilleux qu’il méprisa son père et usurpa son pouvoir, si bien que le père comprit l’injustice commise ; mais l’autre partie était si puissante qu’il ne put faire justice, et il mourut de chagrin.
Puis Persée prit le pouvoir et fit la guerre à Rome, rassemblant une grande armée. Les Romains avaient un consul nommé Paul Émilien, qui prit en main cette guerre. Sa petite fille pleura lorsqu’elle se sépara de lui, car son petit chien nommé Pers était mort, ce qui lui sembla un présage de succès, car Persée avait parlé contre son frère comme un chien aboyant dans le dos d’un homme. Persée chevaucha avec son armée, sans prévoir le malheur, et perdit une grande partie de son armée à cause de la rupture des glaces du Danube. Paulus l’attaqua et conquit à la fois lui et son pays, de sorte que Persée lui-même mourut comme un chien en prison, tandis que son héritier, exilé de son pays, gagnait sa vie en exerçant un métier à Rome. (1613-1861.)
Vois, mon fils, quel mal provoque l’envie, qui cherche à entraver autrui.
Je l’éviterai, mon père ; mais continuez, s’il y en a d’autres.
Mon fils, il y en a un quatrième, aussi trompeur que les ruses d’un jongleur, et on l’appelle la Fausse Apparence. (1862-1878.)
1879-2319. La Fausse Apparence. C’est avant tout la source d’où provient la tromperie. Il semble qu’il fasse beau temps sur cette marée ; mais en réalité ce n’est pas le cas. La Fausse Apparence est liée à l’hypocrisie, et l’envie guide leur barque. Fuis donc ce vice et garde ta apparence toujours vraie. Lorsque l’envie désire tromper, c’est la Fausse Apparence qui en est le messager ; et comme…
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Le miroir montre ce qui n’a jamais été en lui ; ainsi, il montre sur son visage ce qui n’est pas dans son cœur. Suis-tu ce vice, mon fils ?
Non, père, pour autant que je sache ; mais interrogez-moi, je vous en prie.
Dites-moi donc, mon fils, si vous avez jamais gagné la confiance de quelqu’un afin de révéler ses secrets et de lui faire obstacle dans son amour. Pratiquez-vous de telles ruses ?
En général, je dis non ; mais dans une certaine mesure, j’avoue que l’on peut me compter parmi ceux qui utilisent des apparences trompeuses. Parfois, je feins envers mes compagnons, jusqu’à ce que je connaisse leurs projets d’amour ; s’ils concernent ma dame, j’essaie de les déjouer. S’ils concernent d’autres que elle, je ne romps aucun pacte avec eux ni ne cherche à entraver leur amour ; mais en ce qui la concerne, mes oreilles et mon cœur sont ouverts pour entendre tout ce que quiconque dira — premièrement pour pouvoir la défendre si l’on parle mal d’elle, et deuxièmement pour savoir qui sont ses amants. Alors, je raconte leurs histoires à ma dame, afin de faire échouer leurs prétentions et de servir les miennes. Et bien que je n’en retire aucun avantage personnel, je ne peux rien lui cacher qui la concerne. À celui qui n’aime pas ma dame, qu’il aime autant d’autres qu’il veut ; je ne feins aucune attitude, et ses paroles ne vont pas au-delà de mes oreilles. Maintenant, père, quel sera mon sort et quelle souffrance dois-je endurer ? (1879-2076.)
Mon fils, toute vertu doit être louée et tout vice blâmé : ne mettez donc aucun voile sur votre visage. Pourtant, beaucoup de gens le font de nos jours, et surtout j’entends parler de cette fausse apparence chez ceux que nous appelons Lombards, des hommes habiles à feindre ce qui n’est pas, et qui nous prennent les profits de nos propres terres, tandis que nous portons les fardeaux. Ils ont un art appelé Fa crere, et contre cela aucun gardien ne peut fermer la porte. Cet art découvre tout et le révèle dans des pays étrangers, à notre grande perte. Ceux qui lisent dans les livres des exemples de ce vice de la fausse apparence seront d’autant plus sur leurs gardes contre lui. (2077-2144.)
Hercule et Déianire. Je vais vous raconter une histoire de fausse apparence, et comment Déianire et Hercule en ont souffert. Hercule n’avait d’yeux que pour cette belle Déianire ; une fois, il voulut traverser une rivière avec elle, mais il ne connaissait pas le gué. Il y avait là un géant nommé Nésus, qui, enviant Hercule, pensa lui nuire par la trahison, puisqu’il n’osait pas se battre ouvertement contre lui. Ainsi, feignant l’amitié, il offrit de porter la dame de l’autre côté et de la mettre en sécurité sur la rive opposée. Hercule était bien
Non, père, pour autant que je sache ; mais interrogez-moi, je vous en prie.
Dites-moi donc, mon fils, si vous avez jamais gagné la confiance de quelqu’un afin de révéler ses secrets et de lui faire obstacle dans son amour. Pratiquez-vous de telles ruses ?
En général, je dis non ; mais dans une certaine mesure, j’avoue que l’on peut me compter parmi ceux qui utilisent des apparences trompeuses. Parfois, je feins envers mes compagnons, jusqu’à ce que je connaisse leurs projets d’amour ; s’ils concernent ma dame, j’essaie de les déjouer. S’ils concernent d’autres que elle, je ne romps aucun pacte avec eux ni ne cherche à entraver leur amour ; mais en ce qui la concerne, mes oreilles et mon cœur sont ouverts pour entendre tout ce que quiconque dira — premièrement pour pouvoir la défendre si l’on parle mal d’elle, et deuxièmement pour savoir qui sont ses amants. Alors, je raconte leurs histoires à ma dame, afin de faire échouer leurs prétentions et de servir les miennes. Et bien que je n’en retire aucun avantage personnel, je ne peux rien lui cacher qui la concerne. À celui qui n’aime pas ma dame, qu’il aime autant d’autres qu’il veut ; je ne feins aucune attitude, et ses paroles ne vont pas au-delà de mes oreilles. Maintenant, père, quel sera mon sort et quelle souffrance dois-je endurer ? (1879-2076.)
Mon fils, toute vertu doit être louée et tout vice blâmé : ne mettez donc aucun voile sur votre visage. Pourtant, beaucoup de gens le font de nos jours, et surtout j’entends parler de cette fausse apparence chez ceux que nous appelons Lombards, des hommes habiles à feindre ce qui n’est pas, et qui nous prennent les profits de nos propres terres, tandis que nous portons les fardeaux. Ils ont un art appelé Fa crere, et contre cela aucun gardien ne peut fermer la porte. Cet art découvre tout et le révèle dans des pays étrangers, à notre grande perte. Ceux qui lisent dans les livres des exemples de ce vice de la fausse apparence seront d’autant plus sur leurs gardes contre lui. (2077-2144.)
Hercule et Déianire. Je vais vous raconter une histoire de fausse apparence, et comment Déianire et Hercule en ont souffert. Hercule n’avait d’yeux que pour cette belle Déianire ; une fois, il voulut traverser une rivière avec elle, mais il ne connaissait pas le gué. Il y avait là un géant nommé Nésus, qui, enviant Hercule, pensa lui nuire par la trahison, puisqu’il n’osait pas se battre ouvertement contre lui. Ainsi, feignant l’amitié, il offrit de porter la dame de l’autre côté et de la mettre en sécurité sur la rive opposée. Hercule était bien
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Ravi, Nessus la prit sur son épaule ; mais lorsqu’il fut de l’autre côté, il tenta de l’emporter avec lui. Hercule les poursuivit et le tua d’une flèche empoisonnée ; mais avant de mourir, il donna à Déianire sa tunique tachée du sang de son cœur, en lui disant que si son seigneur lui était infidèle, cette tunique ferait revenir son amour vers elle. Elle la garda soigneusement dans un coffre sans dire un mot. Les années passèrent, et Hercule s’éprit d’Éole, la fille du roi Eurice ; il s’habilla donc comme elle, tandis qu’elle portait ses vêtements, et aucun remède ne put corriger sa folie. Déianire ne connaissait pas d’autre solution que d’envoyer cette tunique à Hercule. La tunique mit son corps en feu et s’y attacha si solidement qu’on ne put la détacher. Il courut dans la forêt, abattit des arbres et alluma un grand feu dans lequel il sauta, brûlant chair et os. Tout cela venait de la Fausse Apparence créée par Nessus. C’est pourquoi, mon fils, fais attention, puisqu’un homme aussi grand a ainsi péri. (2145-2312.)
Père, je ne vouloir plus avoir affaire à la Fausse Apparence, et je ferai pénitence pour mes faux-semblants passés. Demandez-moi encore quelque chose, s’il y a autre chose.
Mon fils, il y a encore le cinquième, né de l’Envie : c’est le Supplice, par lequel beaucoup ont perdu leurs efforts en amour comme en d’autres domaines. (2313-2326.)
2327-3110. Le Supplice. Ce vice a souvent renversé des hommes et leur a enlevé leur dignité. Le Supplice tire profit de la perte des autres et s’élève grâce à leur chute. De même, il existe des amoureux qui supplantent les autres et leur prennent ce qui leur revient de droit, récoltant ce que d’autres ont semé. Si tu as fait cela, mon fils, avoue-le.
Pour autant que je sache, père, je suis innocent en acte, mais pas en pensée. Si j’avais eu le pouvoir, j’aurais depuis longtemps usurpé l’amour des autres hommes. Mais seulement pour une personne, pour qui j’abandonne toutes les autres. Si je le pouvais, je détournerais son cœur de ses autres amants et les supplanterais, par n’importe quel moyen ; mais je n’ose pas user de force par crainte du scandale. Si c’est un péché, mon père, je suis prêt à réparer ma faute. (2327-2428.)
Mon fils, Dieu voit les pensées d’un homme, et si tu savais ce que signifie être un supplicateur en amour, tu ferais attention pour ton propre bien. À Troie, Agamemnon a supplanté Achille, et Diomède, Troïlus. Gétas et Amphitryon étaient également amis ; Gétas était l’amant d’Almène. Mais lorsqu’il était absent, Amphitryon entra dans sa chambre et falsifia
Père, je ne vouloir plus avoir affaire à la Fausse Apparence, et je ferai pénitence pour mes faux-semblants passés. Demandez-moi encore quelque chose, s’il y a autre chose.
Mon fils, il y a encore le cinquième, né de l’Envie : c’est le Supplice, par lequel beaucoup ont perdu leurs efforts en amour comme en d’autres domaines. (2313-2326.)
2327-3110. Le Supplice. Ce vice a souvent renversé des hommes et leur a enlevé leur dignité. Le Supplice tire profit de la perte des autres et s’élève grâce à leur chute. De même, il existe des amoureux qui supplantent les autres et leur prennent ce qui leur revient de droit, récoltant ce que d’autres ont semé. Si tu as fait cela, mon fils, avoue-le.
Pour autant que je sache, père, je suis innocent en acte, mais pas en pensée. Si j’avais eu le pouvoir, j’aurais depuis longtemps usurpé l’amour des autres hommes. Mais seulement pour une personne, pour qui j’abandonne toutes les autres. Si je le pouvais, je détournerais son cœur de ses autres amants et les supplanterais, par n’importe quel moyen ; mais je n’ose pas user de force par crainte du scandale. Si c’est un péché, mon père, je suis prêt à réparer ma faute. (2327-2428.)
Mon fils, Dieu voit les pensées d’un homme, et si tu savais ce que signifie être un supplicateur en amour, tu ferais attention pour ton propre bien. À Troie, Agamemnon a supplanté Achille, et Diomède, Troïlus. Gétas et Amphitryon étaient également amis ; Gétas était l’amant d’Almène. Mais lorsqu’il était absent, Amphitryon entra dans sa chambre et falsifia
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sa voix, par laquelle il obtint l’accès à son lit. Geta vint ensuite, mais elle refusa de le laisser entrer, pensant que son amant était déjà dans ses bras. (2429-2500.)
Le Faux Célibataire. Il y avait un empereur de Rome qui gouvernait en paix et ne menait aucune guerre. Son fils était chevaleresque et désireux de gloire ; il demanda donc la permission de partir à la recherche d’aventures, mais son père refusa de la lui accorder. Finalement, il s’enfuit avec un chevalier en qui il avait confiance, et ils servirent le sultan de Perse, qui était en guerre avec le calife d’Égypte. Là, ce prince se montra vaillant et gagna une grande renommée ; de plus, il tomba amoureux de la belle fille du sultan, si bien que sa bravoure grandit de plus en plus, et personne ne pouvait lui résister. Finalement, le sultan et le calife engagèrent bataille, et le sultan prit une bague en or de sa fille et lui ordonna, au cas où il tomberait au combat, d’épouser l’homme qui présenterait cette bague. Lors de la bataille, ce Romain accomplit de grandes prouesses, et l’Égypte s’enfuit devant lui. Alors que les Perses poursuivaient, une flèche atteignit le sultan, qui fut transporté blessé dans une tente. Sur son lit de mort, il donna la bague de sa fille à ce chevalier romain. Après son enterrement, un parlement fut convoqué, et la veille de sa réunion, ce jeune seigneur révéla son secret à son écuyer et lui montra la bague. L’écuyer feignit de se réjouir, mais lorsque son seigneur dormait, il vola la bague de sa bourse et en mit une autre à sa place. Lorsque la cour fut assemblée, la jeune dame fut amenée. L’écuyer sortit la bague et demanda sa main, ce qui lui fut accordé malgré les protestations, et il fut ainsi couronné souverain de l’empire. Son seigneur tomba malade de tristesse, ne se souciant que de la perte de son amour ; avant de mourir, il appela les seigneurs à lui, envoya un message à sa dame, et écrivit également une lettre à son père, l’empereur. Ainsi mourut-il, et la trahison fut découverte. Le faux célibataire fut envoyé à Rome sur demande de l’empereur pour y subir son châtiment, et le corps fut également transporté là-bas pour y être enterré. (2501-2781.)
Ainsi, mon fils, tu ferais bien de ne pas agir ainsi ; et surtout, lorsque l’orgueil et l’envie se rejoignent, nul ne peut trouver de remède au mal. J’en trouve un exemple véridique dans une chronique ancienne, qui montre comment le remplacement a jadis opéré dans l’Église sainte. Je ne sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui. (2782-2802.)
Le pape Boniface. À Rome, le pape Nicolas mourut, et les cardinaux se réunirent en conclave pour choisir un autre pape. Ils se mirent d’accord sur un saint ermite plein de
Le Faux Célibataire. Il y avait un empereur de Rome qui gouvernait en paix et ne menait aucune guerre. Son fils était chevaleresque et désireux de gloire ; il demanda donc la permission de partir à la recherche d’aventures, mais son père refusa de la lui accorder. Finalement, il s’enfuit avec un chevalier en qui il avait confiance, et ils servirent le sultan de Perse, qui était en guerre avec le calife d’Égypte. Là, ce prince se montra vaillant et gagna une grande renommée ; de plus, il tomba amoureux de la belle fille du sultan, si bien que sa bravoure grandit de plus en plus, et personne ne pouvait lui résister. Finalement, le sultan et le calife engagèrent bataille, et le sultan prit une bague en or de sa fille et lui ordonna, au cas où il tomberait au combat, d’épouser l’homme qui présenterait cette bague. Lors de la bataille, ce Romain accomplit de grandes prouesses, et l’Égypte s’enfuit devant lui. Alors que les Perses poursuivaient, une flèche atteignit le sultan, qui fut transporté blessé dans une tente. Sur son lit de mort, il donna la bague de sa fille à ce chevalier romain. Après son enterrement, un parlement fut convoqué, et la veille de sa réunion, ce jeune seigneur révéla son secret à son écuyer et lui montra la bague. L’écuyer feignit de se réjouir, mais lorsque son seigneur dormait, il vola la bague de sa bourse et en mit une autre à sa place. Lorsque la cour fut assemblée, la jeune dame fut amenée. L’écuyer sortit la bague et demanda sa main, ce qui lui fut accordé malgré les protestations, et il fut ainsi couronné souverain de l’empire. Son seigneur tomba malade de tristesse, ne se souciant que de la perte de son amour ; avant de mourir, il appela les seigneurs à lui, envoya un message à sa dame, et écrivit également une lettre à son père, l’empereur. Ainsi mourut-il, et la trahison fut découverte. Le faux célibataire fut envoyé à Rome sur demande de l’empereur pour y subir son châtiment, et le corps fut également transporté là-bas pour y être enterré. (2501-2781.)
Ainsi, mon fils, tu ferais bien de ne pas agir ainsi ; et surtout, lorsque l’orgueil et l’envie se rejoignent, nul ne peut trouver de remède au mal. J’en trouve un exemple véridique dans une chronique ancienne, qui montre comment le remplacement a jadis opéré dans l’Église sainte. Je ne sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui. (2782-2802.)
Le pape Boniface. À Rome, le pape Nicolas mourut, et les cardinaux se réunirent en conclave pour choisir un autre pape. Ils se mirent d’accord sur un saint ermite plein de
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des vertus fantomatiques, et il fut fait pape et prit le nom de Célestin. Il y avait cependant un cardinal qui désirait depuis longtemps le pontificat, et il fut saisi d’une telle jalousie qu’il pensa remplacer le pape par la ruse. Il fit nommer un jeune prêtre de sa famille dans la chambre du pape, et il ordonna à cet homme de prendre une trompette en bronze et, à l’aide de celle-ci, de parler au pape à minuit à travers le mur, lui demandant de renoncer à sa dignité. Il le fit trois fois ; et le pape, croyant que c’était une voix venue du ciel, demanda aux cardinaux en concile si un pape pouvait démissionner de sa fonction. Tous restèrent silencieux, sauf ce cardinal dont nous avons parlé, et il donna son avis selon lequel le pape pouvait émettre un décret permettant cela. Il le fit, et le cardinal fut élu à sa place sous le nom de Boniface. Mais une telle trahison ne peut être cachée ; c’est comme une étincelle dans le toit, qui, poussée par le vent, s’enflamme. Boniface se vanter ouvertement de son stratagème ; et tel était son orgueil qu’il entra en conflit avec Louis, roi de France, et imposa l’interdit sur son royaume. Le roi fut conseillé par ses barons, et il envoya Sir William de Langharet, avec une troupe d’hommes d’armes, qui captura le pape à Pontsorge, près d’Avignon, et l’emmena en France, où il fut mis enchaîné et mourut de faim, ayant mangé ses deux mains. On disait de lui qu’il était venu comme un renard, avait régné comme un lion, et était mort comme un chien. Qu’à son exemple, tous les hommes se gardent de obtenir des fonctions dans l’Église par des moyens illégitimes. Que Dieu empêche que ce soit de notre temps que s’accomplisse ce que l’abbé Joachim a prédit, lorsqu’il a prophétisé ce commerce honteux qui devrait déshonorer l’Église de Dieu. (2803-3084.)
C’était la jalousie qui poussa Joab à tuer Abner par traîtrise ; et c’est aussi à cause de la jalousie qu’Achitophel se pendit lorsque ses conseils ne furent pas suivis. Sénèque dit que la jalousie est la servante commune qui tient auberge pour la cour, et vend une boisson qui rend les hommes ivres du désir de surpasser leurs semblables. (3085-3110.)
La jalousie est en tout point désagréable en amour ; le feu qui brûle à l’intérieur dessèche le sang qui devrait couler paisiblement dans ses veines. Seul celui qui agit est mue par une pure méchanceté. Par conséquent, mon fils, si tu veux trouver un moyen d’aimer, chasse la jalousie.
La raison m’y obligerait, père ; mais afin de fuir ce vice, je vous prie de me dire un remède.
C’était la jalousie qui poussa Joab à tuer Abner par traîtrise ; et c’est aussi à cause de la jalousie qu’Achitophel se pendit lorsque ses conseils ne furent pas suivis. Sénèque dit que la jalousie est la servante commune qui tient auberge pour la cour, et vend une boisson qui rend les hommes ivres du désir de surpasser leurs semblables. (3085-3110.)
La jalousie est en tout point désagréable en amour ; le feu qui brûle à l’intérieur dessèche le sang qui devrait couler paisiblement dans ses veines. Seul celui qui agit est mue par une pure méchanceté. Par conséquent, mon fils, si tu veux trouver un moyen d’aimer, chasse la jalousie.
La raison m’y obligerait, père ; mais afin de fuir ce vice, je vous prie de me dire un remède.
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Mon fils, de même qu’il existe des remèdes pour les malades, il existe aussi des vertus pour les vices, qui les éteignent comme l’eau éteint le feu. Contre l’envie, on met la charité, mère de la pitié, qui fait que l’on est prêt à endurer soi-même le mal plutôt que de voir un autre en souffrir. Écoute de ma part une histoire à ce sujet, et retiens-la bien. (3111-3186.)
Constantin et Silvestre. Dans les livres latins, j’apprends que Constantin, empereur de Rome, souffrait d’une lèpre incurable. Des hommes sages conseillèrent pour sa guérison un bain de sang d’enfants de moins de sept ans. Des ordres furent donnés, et les mères amenèrent leurs enfants de toutes parts au palais. L’empereur, entendant les pleurs, regarda dehors le matin suivant et fut saisi de pitié. Il se dit que riches et pauvres étaient égaux aux yeux de Dieu, et qu’il fallait traiter les autres comme on voudrait être traité soi-même. Il décida plutôt de supporter sa maladie que de voir verser autant de sang innocent, et il renvoya les mères et les enfants chez eux, heureux. La nuit, il eut une vision de saint Pierre et de saint Paul, qui lui dirent que, puisqu’il avait montré de la miséricorde, on devait en montrer en retour à lui, et lui ordonnèrent d’aller chercher Silvestre sur le mont Célion, où il se cachait par crainte de l’empereur, qui avait été ennemi de la foi du Christ. Ils lui révélèrent leurs noms puis partirent, et il fit ce qu’ils lui avaient commandé. Silvestre vint et prêcha à l’empereur sur la rédemption de l’humanité et le jugement dernier, disant que Dieu avait accepté la charité et la pitié qu’il avait montrées. Constantin reçut le baptême dans le même récipient qui avait été préparé pour le sang ; et pendant qu’il était baptisé, une lumière descendit du ciel et la lèpre disparut de lui comme des écailles de poisson. Ainsi, corps et âme furent purifiés. L’empereur envoya des lettres ordonnant à tous de recevoir le baptême sous peine de mort, et fonda deux églises à Rome en l’honneur de Pierre et de Paul, auxquelles il donna de grandes richesses terrestres. Sa volonté était bonne, mais l’effet de ses actes fut mauvais. Alors qu’il faisait ce don, une voix se fit entendre du ciel, disant que le poison des choses temporelles s’était mêlé ce jour-là à ce qui est spirituel. Tout le monde peut maintenant voir le mal ; que Dieu le corrige. (3187-3496.)
J’ai dit, mon fils, comment la charité peut aider un homme dans les deux mondes ; donc, si tu veux éviter l’envie, connais bien la charité, qui est la vertu suprême.
Constantin et Silvestre. Dans les livres latins, j’apprends que Constantin, empereur de Rome, souffrait d’une lèpre incurable. Des hommes sages conseillèrent pour sa guérison un bain de sang d’enfants de moins de sept ans. Des ordres furent donnés, et les mères amenèrent leurs enfants de toutes parts au palais. L’empereur, entendant les pleurs, regarda dehors le matin suivant et fut saisi de pitié. Il se dit que riches et pauvres étaient égaux aux yeux de Dieu, et qu’il fallait traiter les autres comme on voudrait être traité soi-même. Il décida plutôt de supporter sa maladie que de voir verser autant de sang innocent, et il renvoya les mères et les enfants chez eux, heureux. La nuit, il eut une vision de saint Pierre et de saint Paul, qui lui dirent que, puisqu’il avait montré de la miséricorde, on devait en montrer en retour à lui, et lui ordonnèrent d’aller chercher Silvestre sur le mont Célion, où il se cachait par crainte de l’empereur, qui avait été ennemi de la foi du Christ. Ils lui révélèrent leurs noms puis partirent, et il fit ce qu’ils lui avaient commandé. Silvestre vint et prêcha à l’empereur sur la rédemption de l’humanité et le jugement dernier, disant que Dieu avait accepté la charité et la pitié qu’il avait montrées. Constantin reçut le baptême dans le même récipient qui avait été préparé pour le sang ; et pendant qu’il était baptisé, une lumière descendit du ciel et la lèpre disparut de lui comme des écailles de poisson. Ainsi, corps et âme furent purifiés. L’empereur envoya des lettres ordonnant à tous de recevoir le baptême sous peine de mort, et fonda deux églises à Rome en l’honneur de Pierre et de Paul, auxquelles il donna de grandes richesses terrestres. Sa volonté était bonne, mais l’effet de ses actes fut mauvais. Alors qu’il faisait ce don, une voix se fit entendre du ciel, disant que le poison des choses temporelles s’était mêlé ce jour-là à ce qui est spirituel. Tout le monde peut maintenant voir le mal ; que Dieu le corrige. (3187-3496.)
J’ai dit, mon fils, comment la charité peut aider un homme dans les deux mondes ; donc, si tu veux éviter l’envie, connais bien la charité, qui est la vertu suprême.
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Mon père, je fuirai à jamais l’envie à cause de cette histoire que vous m’avez racontée, et je vous en prie, accordez-moi la pénitence pour mes fautes, et interrogez-moi davantage. Je te dirai, mon fils, du vice qui vient juste après celui-ci. (3497-3530.)
Lib. III.
Il y a un vice qui est l’ennemi de la patience et qui ne plaît pas à la nature. C’est l’un des Sept Fatalités et s’appelle la Colère, qui en anglais se dit Wrath.
25-416. Il a cinq serviteurs pour l’aider, dont le premier est la Mélancolie, qui rôde comme une bête en colère, et personne ne connaît la raison. As-tu été ainsi, mon fils ?
Oui, père, je ne peux m’en excuser ; l’amour en est la cause. Mon cœur est toujours enflammé, je brûle de colère, furieux contre moi-même parce que je ne peux pas agir rapidement. Éveillé, je rêve que je rencontre ma dame et je lui demande une réponse à ma demande ; elle, qui ne veut pas jurer volontiers, me répond non sans serment, ce qui me met dans un tel état que j’en perds presque la raison. Et quand je pense à tout le temps que j’ai servi et au fait que l’on me refuse constamment, je me mets en colère pour le moindre motif, et tous les serviteurs de ma maison ont peur de moi jusqu’à ce que la crise passe. Si je m’approche de ma dame et qu’elle me parle gentiment, toute ma colère disparaît ; mais si elle refuse de me regarder, je redeviens comme avant. Ainsi, je me blesse la main contre les épines et je me fabrique un fouet pour moi-même ; et tout cela provient de la Mélancolie. Je vous en prie, père, enseignez-moi un exemple par lequel je puisse apaiser ma colère.
Mon fils, j’exaucerai ta prière. (25-142.)
Canace et Machaire. Il y avait un roi nommé Éole, qui avait deux enfants, un fils nommé Machaire et une fille nommée Canace. Ces deux-là grandirent ensemble dans une même chambre, et l’amour les rendit aveugles, de sorte qu’ils ne suivirent que la loi de la nature et ne virent pas celle de la raison. Comme l’oiseau qui voit la nourriture mais pas le filet, eux ne voyaient pas le danger. Finalement, Canace tomba enceinte et son frère s’enfuit. L’enfant naquit, et la vérité ne put être cachée. Le père entra dans sa chambre dans une fureur de colère, et elle supplia en vain pour obtenir miséricorde. Il envoya un chevalier avec une épée vers elle, afin qu’elle…
Lib. III.
Il y a un vice qui est l’ennemi de la patience et qui ne plaît pas à la nature. C’est l’un des Sept Fatalités et s’appelle la Colère, qui en anglais se dit Wrath.
25-416. Il a cinq serviteurs pour l’aider, dont le premier est la Mélancolie, qui rôde comme une bête en colère, et personne ne connaît la raison. As-tu été ainsi, mon fils ?
Oui, père, je ne peux m’en excuser ; l’amour en est la cause. Mon cœur est toujours enflammé, je brûle de colère, furieux contre moi-même parce que je ne peux pas agir rapidement. Éveillé, je rêve que je rencontre ma dame et je lui demande une réponse à ma demande ; elle, qui ne veut pas jurer volontiers, me répond non sans serment, ce qui me met dans un tel état que j’en perds presque la raison. Et quand je pense à tout le temps que j’ai servi et au fait que l’on me refuse constamment, je me mets en colère pour le moindre motif, et tous les serviteurs de ma maison ont peur de moi jusqu’à ce que la crise passe. Si je m’approche de ma dame et qu’elle me parle gentiment, toute ma colère disparaît ; mais si elle refuse de me regarder, je redeviens comme avant. Ainsi, je me blesse la main contre les épines et je me fabrique un fouet pour moi-même ; et tout cela provient de la Mélancolie. Je vous en prie, père, enseignez-moi un exemple par lequel je puisse apaiser ma colère.
Mon fils, j’exaucerai ta prière. (25-142.)
Canace et Machaire. Il y avait un roi nommé Éole, qui avait deux enfants, un fils nommé Machaire et une fille nommée Canace. Ces deux-là grandirent ensemble dans une même chambre, et l’amour les rendit aveugles, de sorte qu’ils ne suivirent que la loi de la nature et ne virent pas celle de la raison. Comme l’oiseau qui voit la nourriture mais pas le filet, eux ne voyaient pas le danger. Finalement, Canace tomba enceinte et son frère s’enfuit. L’enfant naquit, et la vérité ne put être cachée. Le père entra dans sa chambre dans une fureur de colère, et elle supplia en vain pour obtenir miséricorde. Il envoya un chevalier avec une épée vers elle, afin qu’elle…
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se tuer elle-même ; mais d’abord elle écrivit une lettre à son frère, tandis que son enfant gisait en pleurs contre sa poitrine. Puis elle appuya la garde de l’épée au sol et se transperça le cœur avec la pointe. Le roi ordonna qu’on prenne l’enfant et qu’on le jette aux bêtes sauvages pour qu’elles le dévorent. Il ignorait bien ce qu’était l’amour, qui avait provoqué un acte si cruel. (143-336.)
Ainsi, mon fils, respecte l’amour et souviens-toi que nulle force humaine ne peut résister à ce que la Nature a décrété. Sinon, la vengeance pourrait s’abattre, comme dans une histoire que je vais raconter. (337-360.)
Tirésias vit deux serpents enlacés et les frappa de son bâton. Alors, ayant perturbé la nature, il fut transformé, contre la nature, en femme. (361-380.)
C’est ainsi qu’Ovide écrivit, et nous voyons donc que nous ne devrions pas nous irriter contre la loi de la nature chez les hommes. Il peut y avoir du vice dans l’amour, mais point de méchanceté.
Mon père, tout cela est vrai. Que chacun aime celui qu’il veut ; je ne m’irriterai pas, si ce n’est pas ma dame. Je ne suis en colère que contre moi-même, car je ne trouve aucun remède à mes maux. (381-416.)
417-842. Cheste. Le second genre de colère est Cheste, qui a toujours la bouche ouverte et profère des paroles malveillantes à l’égard de tous. Les hommes ont plus peur de lui que du tonnerre et se plaignent de sa langue maléfique. Dis-moi, mon fils, as-tu jamais grondé ta bien-aimée ?
Non, père, jamais : je fais témoigner ma dame elle-même. Je n’ai jamais osé lui dire autre chose que de bonnes paroles. J’ai peut-être parfois dit plus que je n’aurais dû, le meilleur laboureur hésite parfois, et j’ai souvent parlé contre ses ordres ; mais elle sait bien que je ne la gronde pas. Les hommes peuvent prier Dieu, et Il ne sera pas en colère ; et ma dame, étant seulement une femme, ne devrait pas s’irriter si je lui parle de mes peines. En vérité, je me gronde souvent moi-même, parce que je n’ai pas dit ce que je devrais, mais cela ne m’aide en rien. Maintenant vous avez entendu tout, accordez-moi donc l’absolution.
Mon fils, si tu connaissais tous les maux de Cheste en amour, tu apprendrais à l’éviter. Les belles paroles conviennent le mieux à l’amour ; garde donc ta langue avec soin et pratique la patience.
Mon père, donnez-moi un exemple de cela. (417-638.)
Ainsi, mon fils, respecte l’amour et souviens-toi que nulle force humaine ne peut résister à ce que la Nature a décrété. Sinon, la vengeance pourrait s’abattre, comme dans une histoire que je vais raconter. (337-360.)
Tirésias vit deux serpents enlacés et les frappa de son bâton. Alors, ayant perturbé la nature, il fut transformé, contre la nature, en femme. (361-380.)
C’est ainsi qu’Ovide écrivit, et nous voyons donc que nous ne devrions pas nous irriter contre la loi de la nature chez les hommes. Il peut y avoir du vice dans l’amour, mais point de méchanceté.
Mon père, tout cela est vrai. Que chacun aime celui qu’il veut ; je ne m’irriterai pas, si ce n’est pas ma dame. Je ne suis en colère que contre moi-même, car je ne trouve aucun remède à mes maux. (381-416.)
417-842. Cheste. Le second genre de colère est Cheste, qui a toujours la bouche ouverte et profère des paroles malveillantes à l’égard de tous. Les hommes ont plus peur de lui que du tonnerre et se plaignent de sa langue maléfique. Dis-moi, mon fils, as-tu jamais grondé ta bien-aimée ?
Non, père, jamais : je fais témoigner ma dame elle-même. Je n’ai jamais osé lui dire autre chose que de bonnes paroles. J’ai peut-être parfois dit plus que je n’aurais dû, le meilleur laboureur hésite parfois, et j’ai souvent parlé contre ses ordres ; mais elle sait bien que je ne la gronde pas. Les hommes peuvent prier Dieu, et Il ne sera pas en colère ; et ma dame, étant seulement une femme, ne devrait pas s’irriter si je lui parle de mes peines. En vérité, je me gronde souvent moi-même, parce que je n’ai pas dit ce que je devrais, mais cela ne m’aide en rien. Maintenant vous avez entendu tout, accordez-moi donc l’absolution.
Mon fils, si tu connaissais tous les maux de Cheste en amour, tu apprendrais à l’éviter. Les belles paroles conviennent le mieux à l’amour ; garde donc ta langue avec soin et pratique la patience.
Mon père, donnez-moi un exemple de cela. (417-638.)
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La patience de Socrate. Un homme doit endurer comme le fit Socrate, qui, pour éprouver sa propre patience, épousa une femme acariâtre. Un jour d’hiver, elle revint du puits et vit son mari en train de lire près du feu. Ne pouvant trouver de réponse à ses reproches, elle versa l’eau du pot sur sa tête ; mais il se contenta de dire que, dans la nature, la pluie suivait le vent, puis s’approcha du feu pour sécher ses vêtements. (639-698.)
Je ne sais pas si c’est raisonnable, mais un tel homme mérite vraiment d’être appelé patient, selon le jugement de la Cour de l’Amour.
Voici encore une histoire par laquelle tu peux apprendre à maîtriser ta langue. (699-730.)
Jupiter, Junon et Tirésias. Jupiter et Junon se disputèrent au sujet de savoir si l’homme ou la femme est le plus passionné en amour, et ils firent appel à Tirésias pour trancher. Celui-ci, parlant sans réfléchir, rendit un jugement défavorable à Junon, ce qui lui valut de perdre la vue. En compensation, Jupiter lui donna le don de la prophétie, mais il aurait préféré retrouver la vue de ses yeux. Garde-toi donc, et tais-toi. (731-782.)
Phébus et Cornide. Phébus aimait Cornide, mais un jeune chevalier vint la voir dans sa chambre. Cela fut rapporté à Phébus par un oiseau qu’elle gardait, et, dans sa colère, il tua Cornide. Il regretta ensuite ses actes, et, comme punition, il changea les plumes de l’oiseau de blanc en noir. (783-817.)
Jupiter et Laar. La nymphe Laar raconta des histoires sur Jupiter à Junon ; celui-ci lui coupa la langue et l’envoya en enfer. Il y a beaucoup de gens comme elle à la Cour de l’Amour, qui laissent leur langue s’emporter. Ne sois pas l’un d’eux, mon fils, et évite surtout Cheste.
Père, je le ferai ; mais dites-moi maintenant davantage sur la Colère. (818-842.)
843-1088. La haine est le frère cadet de Cheste. Es-tu coupable de cela ?
Je ne sais pas encore ce que c’est, à moins que vous ne me l’enseigniez.
Écoute alors : La haine est une Colère secrète, qui grandit lentement et demeure dans le cœur, jusqu’au moment où elle trouve le moment de se manifester.
Père, je ne jurerai pas n’avoir jamais été coupable de cela ; car, bien que je n’aie jamais haï ma dame, j’ai haï ses paroles. De plus, je hais ces envieux qui m’entravent avec leurs mensonges, et je prie pour qu’ils trouvent
Je ne sais pas si c’est raisonnable, mais un tel homme mérite vraiment d’être appelé patient, selon le jugement de la Cour de l’Amour.
Voici encore une histoire par laquelle tu peux apprendre à maîtriser ta langue. (699-730.)
Jupiter, Junon et Tirésias. Jupiter et Junon se disputèrent au sujet de savoir si l’homme ou la femme est le plus passionné en amour, et ils firent appel à Tirésias pour trancher. Celui-ci, parlant sans réfléchir, rendit un jugement défavorable à Junon, ce qui lui valut de perdre la vue. En compensation, Jupiter lui donna le don de la prophétie, mais il aurait préféré retrouver la vue de ses yeux. Garde-toi donc, et tais-toi. (731-782.)
Phébus et Cornide. Phébus aimait Cornide, mais un jeune chevalier vint la voir dans sa chambre. Cela fut rapporté à Phébus par un oiseau qu’elle gardait, et, dans sa colère, il tua Cornide. Il regretta ensuite ses actes, et, comme punition, il changea les plumes de l’oiseau de blanc en noir. (783-817.)
Jupiter et Laar. La nymphe Laar raconta des histoires sur Jupiter à Junon ; celui-ci lui coupa la langue et l’envoya en enfer. Il y a beaucoup de gens comme elle à la Cour de l’Amour, qui laissent leur langue s’emporter. Ne sois pas l’un d’eux, mon fils, et évite surtout Cheste.
Père, je le ferai ; mais dites-moi maintenant davantage sur la Colère. (818-842.)
843-1088. La haine est le frère cadet de Cheste. Es-tu coupable de cela ?
Je ne sais pas encore ce que c’est, à moins que vous ne me l’enseigniez.
Écoute alors : La haine est une Colère secrète, qui grandit lentement et demeure dans le cœur, jusqu’au moment où elle trouve le moment de se manifester.
Père, je ne jurerai pas n’avoir jamais été coupable de cela ; car, bien que je n’aie jamais haï ma dame, j’ai haï ses paroles. De plus, je hais ces envieux qui m’entravent avec leurs mensonges, et je prie pour qu’ils trouvent
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eux-mêmes dans la même condition que moi. Alors je me tiendrais sur leur chemin, comme ils se tiennent sur le mien, et ils sauraient à quel point il est douloureux d’être entravé dans l’amour.
Mon fils, je ne peux pas être satisfait que tu haïsses quiconque, même s’il t’a entravé. Mais je te conseille de te méfier de la haine des autres hommes, car elle est souvent déguisée sous un apparence agréable, comme les Grecs l’ont découvert à leurs dépens. (843-972.)
Le roi Namplus et les Grecs. Après la chute de Troie, les Grecs, en route vers chez eux, furent pris dans une tempête et ne surent pas comment sauver leurs navires. Il y avait alors un roi, Namplus, qui haïssait les Grecs à cause de son fils Palamades, que ceux-ci avaient tué ; il alluma des feux pour attirer leurs navires vers ses côtes rocheuses. Ils crurent que ces feux étaient des phares les guidant vers un abri, et beaucoup de leurs navires se brisèrent sur les rochers. Les autres, avertis par les cris de ceux qui périssaient, repartirent en mer. Ainsi, mon fils, tu peux savoir comment la Tromperie s’allie à la Haine pour renverser les hommes. (973-1088.)
1089-2621. Contek et l’Homicide. Il reste encore deux personnages, à savoir Contek, dont le chambellan s’appelle Fouhâte, et l’Homicide. Ceux-ci désirent toujours, dans leur colère, verser du sang, et ils n’écoutent pas parler de pitié. Es-tu coupable de cela, mon fils ?
Non, mon père, que Christ m’en préserve. Cependant, en ce qui concerne l’amour, dont traite notre écriture, j’avoue que j’ai Contek dans mon cœur, la Sagesse et la Raison s’opposant à la Volonté et à l’Espoir. La Raison dit que je devrais cesser mon amour, mais la Volonté m’y encourage, et c’est elle qui me gouverne.
Tu te trompes, mon fils, car la Volonté doit toujours être gouvernée par la Raison, et j’ai trouvé une histoire écrite à ce sujet. (1089-1200.)
Diogène et Alexandre. Il y avait un philosophe nommé Diogène, qui, dans sa vieillesse, conçut une tour dans laquelle il s’asseyait pour observer le ciel. Le roi Alexandre passa par là avec sa suite et envoya un chevalier pour découvrir ce que c’était. Le chevalier interrogea Diogène, mais ne put obtenir de réponse. « C’est ton roi qui demande », dit le chevalier, irrité. « Non, pas mon roi », répondit le philosophe. « Alors, est-il ton homme ? » « Non, plutôt l’homme de mon homme. » Le chevalier en informa le roi, qui vint voir de lui-même. « Père », dit-il, « dis-moi comment je suis l’homme de ton homme. » Diogène répondit : « Parce que j’ai
Mon fils, je ne peux pas être satisfait que tu haïsses quiconque, même s’il t’a entravé. Mais je te conseille de te méfier de la haine des autres hommes, car elle est souvent déguisée sous un apparence agréable, comme les Grecs l’ont découvert à leurs dépens. (843-972.)
Le roi Namplus et les Grecs. Après la chute de Troie, les Grecs, en route vers chez eux, furent pris dans une tempête et ne surent pas comment sauver leurs navires. Il y avait alors un roi, Namplus, qui haïssait les Grecs à cause de son fils Palamades, que ceux-ci avaient tué ; il alluma des feux pour attirer leurs navires vers ses côtes rocheuses. Ils crurent que ces feux étaient des phares les guidant vers un abri, et beaucoup de leurs navires se brisèrent sur les rochers. Les autres, avertis par les cris de ceux qui périssaient, repartirent en mer. Ainsi, mon fils, tu peux savoir comment la Tromperie s’allie à la Haine pour renverser les hommes. (973-1088.)
1089-2621. Contek et l’Homicide. Il reste encore deux personnages, à savoir Contek, dont le chambellan s’appelle Fouhâte, et l’Homicide. Ceux-ci désirent toujours, dans leur colère, verser du sang, et ils n’écoutent pas parler de pitié. Es-tu coupable de cela, mon fils ?
Non, mon père, que Christ m’en préserve. Cependant, en ce qui concerne l’amour, dont traite notre écriture, j’avoue que j’ai Contek dans mon cœur, la Sagesse et la Raison s’opposant à la Volonté et à l’Espoir. La Raison dit que je devrais cesser mon amour, mais la Volonté m’y encourage, et c’est elle qui me gouverne.
Tu te trompes, mon fils, car la Volonté doit toujours être gouvernée par la Raison, et j’ai trouvé une histoire écrite à ce sujet. (1089-1200.)
Diogène et Alexandre. Il y avait un philosophe nommé Diogène, qui, dans sa vieillesse, conçut une tour dans laquelle il s’asseyait pour observer le ciel. Le roi Alexandre passa par là avec sa suite et envoya un chevalier pour découvrir ce que c’était. Le chevalier interrogea Diogène, mais ne put obtenir de réponse. « C’est ton roi qui demande », dit le chevalier, irrité. « Non, pas mon roi », répondit le philosophe. « Alors, est-il ton homme ? » « Non, plutôt l’homme de mon homme. » Le chevalier en informa le roi, qui vint voir de lui-même. « Père », dit-il, « dis-moi comment je suis l’homme de ton homme. » Diogène répondit : « Parce que j’ai
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Il a toujours tenu Will sous sa domination, mais avec toi, Will est le maître et te pousse à pécher. Le roi offrit de lui donner tout ce qu’il demanderait. Il répondit : « Éloigne-toi de ma lumière ; je n’ai besoin d’aucun autre cadeau de ta part. » Tu peux en tirer une leçon, mon fils ; car tu as dit que ta volonté était ton maître, et c’est pourquoi tu as Contek dans ton cœur, et cela, puisque l’amour est aveugle, peut même engendrer l’homicide. (1201-1330.)
Pyramus et Thisbe. Dans la ville de Semiramis vivaient deux seigneurs dans des maisons voisines ; l’un avait un fils nommé Pyramus, et l’autre une fille, Thisbe. Ils s’aimaient, et quand deux personnes sont d’accord dans leur amour, personne ne peut entraver leurs projets. Ils firent un trou dans le mur qui les séparait et conversèrent ainsi, jusqu’à ce qu’ils décident de se rencontrer près d’une source, hors de la ville. La jeune fille arriva la première ; mais un lion vint boire à la source, son museau couvert de sang provenant d’une bête tuée, et elle s’enfuit, laissant son voile par terre. Le lion déchira ce voile et le tacha de sang, tandis qu’elle restait cachée dans un buisson, n’osant pas bouger. Pyramus arriva bientôt et crut qu’elle avait été tuée. Se reprochant d’être la cause de sa mort, il se tua de son propre épée dans sa folle précipitation. Thisbe arriva alors et le trouva mort ; elle invoqua le dieu et la déesse de l’amour, qui avaient si cruellement traité ceux qui obéissaient à leurs lois. Finalement, sa douleur fut si grande qu’elle ne sut plus ce qu’elle faisait. Elle plaça la pointe de l’épée contre son cœur et s’y jeta ; ainsi furent-ils tous deux retrouvés morts. (1331-1494.)
Fais attention, à travers cette histoire, à ne pas attirer le mal sur toi par folle précipitation.
Père, je ne vous cacherai pas que j’ai souvent souhaité mourir, bien que je ne sois pas coupable de cet acte. Mais je sais grâce à qui ma dame me rejette, et je le tuerais si je pouvais l’avoir entre mes mains.
Qui est cet ennemi mortel, mon fils ?
Son nom est le Dangereux, et on peut bien l’appeler « sans pitié ». C’est lui qui m’entrave en toutes choses et qui empêche ma dame d’accepter ma demande en mariage. Il est toujours avec elle et donne une réponse mauvaise à toutes mes prières. C’est pourquoi je le hais et souhaite qu’il soit tué. Quant à ma dame, je me demande parfois si elle sera acquittée de l’homicide, si je meurs pour son amour, alors qu’avec un seul mot elle aurait pu me sauver.
Pyramus et Thisbe. Dans la ville de Semiramis vivaient deux seigneurs dans des maisons voisines ; l’un avait un fils nommé Pyramus, et l’autre une fille, Thisbe. Ils s’aimaient, et quand deux personnes sont d’accord dans leur amour, personne ne peut entraver leurs projets. Ils firent un trou dans le mur qui les séparait et conversèrent ainsi, jusqu’à ce qu’ils décident de se rencontrer près d’une source, hors de la ville. La jeune fille arriva la première ; mais un lion vint boire à la source, son museau couvert de sang provenant d’une bête tuée, et elle s’enfuit, laissant son voile par terre. Le lion déchira ce voile et le tacha de sang, tandis qu’elle restait cachée dans un buisson, n’osant pas bouger. Pyramus arriva bientôt et crut qu’elle avait été tuée. Se reprochant d’être la cause de sa mort, il se tua de son propre épée dans sa folle précipitation. Thisbe arriva alors et le trouva mort ; elle invoqua le dieu et la déesse de l’amour, qui avaient si cruellement traité ceux qui obéissaient à leurs lois. Finalement, sa douleur fut si grande qu’elle ne sut plus ce qu’elle faisait. Elle plaça la pointe de l’épée contre son cœur et s’y jeta ; ainsi furent-ils tous deux retrouvés morts. (1331-1494.)
Fais attention, à travers cette histoire, à ne pas attirer le mal sur toi par folle précipitation.
Père, je ne vous cacherai pas que j’ai souvent souhaité mourir, bien que je ne sois pas coupable de cet acte. Mais je sais grâce à qui ma dame me rejette, et je le tuerais si je pouvais l’avoir entre mes mains.
Qui est cet ennemi mortel, mon fils ?
Son nom est le Dangereux, et on peut bien l’appeler « sans pitié ». C’est lui qui m’entrave en toutes choses et qui empêche ma dame d’accepter ma demande en mariage. Il est toujours avec elle et donne une réponse mauvaise à toutes mes prières. C’est pourquoi je le hais et souhaite qu’il soit tué. Quant à ma dame, je me demande parfois si elle sera acquittée de l’homicide, si je meurs pour son amour, alors qu’avec un seul mot elle aurait pu me sauver.
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Mon fils, retiens ton cœur de la colère, car la colère fait que l’homme perd l’amour. Les hommes doivent avancer lentement sur des chemins difficiles et réfléchir avant d’entreprendre quoi que ce soit : « La prudence vaut mieux que la précipitation », comme le dit le proverbe ; il vaut mieux verser de l’eau sur le feu que de brûler la maison. Sois patient, mon fils : la souris ne peut pas se battre avec le chat, et celui qui fait la guerre à l’amour sera le perdant. L’amour exige la paix, et celui qui combat le plus finit par conquérir le moins. Ne te hâte pas vers ta tristesse : celui qui attend ne perd rien.
Tu peux prendre pour exemple Pyrame, qui s’est tué de manière si stupide. Ne fais rien dans la précipitation, car la patience est la source de la paix. Ne te hâte pas non plus vers le Tribunal d’amour, où se trouve ta demande en mariage. La précipitation stupide fait souvent reculer un homme, et j’en ai un exemple. (1495-1684.)
Phébus et Daphné. Phébus exprima son amour pour Daphné et la poursuivit avec une précipitation insensée. Elle lui refusa toujours ses faveurs. Finalement, Cupidon, voyant la hâte de Phébus, lui dit qu’il devait aller encore plus vite, mais sans pour autant se précipiter. Il perça donc son cœur avec une flèche enflammée en or, et celui de Daphné avec une flèche en plomb. Ainsi, plus Phébus la poursuivait, plus elle s’enfuyait ; finalement, elle se transforma en laurier, qui reste toujours vert, en signe qu’elle resta toujours vierge. Tu peux donc comprendre qu’il est vain de se hâter dans l’amour, lorsque le destin est contre soi.
Merci, père, pour ces conseils. Mais tant que je verrai que ma bien-aimée n’est pas un arbre, je continuerai à la servir, quel que soit le cours du destin.
Je ne dirai rien de plus, mon fils ; réfléchis plutôt à ce qui est arrivé à Phébus et sois prudent. Un homme doit toujours chercher de bons conseils, car les conseils éliminent la précipitation stupide.
Donnez-moi un exemple, je vous en prie. (1685-1756.)
Athémas et Déméphon. Lorsque Troie fut prise et que les Grecs rentrèrent chez eux, de nombreux rois constatèrent que leur peuple refusait de les accueillir. Parmi eux se trouvaient Athémas et Déméphon, qui rassemblèrent une armée pour se venger, disant qu’ils ne épargneraient ni hommes, ni femmes, ni enfants. Cependant, Nestor, qui était vieux et sage, leur demanda à quoi bon régner s’ils devaient détruire leur propre peuple, et leur conseilla plutôt de gagner par des paroles justes plutôt que par des menaces. Ainsi, la guerre se transforma en paix : les nations, voyant la puissance que les rois avaient rassemblée, envoyèrent des messagers pour leur demander d’abandonner leur colère. (1757-1856.)
Tu peux prendre pour exemple Pyrame, qui s’est tué de manière si stupide. Ne fais rien dans la précipitation, car la patience est la source de la paix. Ne te hâte pas non plus vers le Tribunal d’amour, où se trouve ta demande en mariage. La précipitation stupide fait souvent reculer un homme, et j’en ai un exemple. (1495-1684.)
Phébus et Daphné. Phébus exprima son amour pour Daphné et la poursuivit avec une précipitation insensée. Elle lui refusa toujours ses faveurs. Finalement, Cupidon, voyant la hâte de Phébus, lui dit qu’il devait aller encore plus vite, mais sans pour autant se précipiter. Il perça donc son cœur avec une flèche enflammée en or, et celui de Daphné avec une flèche en plomb. Ainsi, plus Phébus la poursuivait, plus elle s’enfuyait ; finalement, elle se transforma en laurier, qui reste toujours vert, en signe qu’elle resta toujours vierge. Tu peux donc comprendre qu’il est vain de se hâter dans l’amour, lorsque le destin est contre soi.
Merci, père, pour ces conseils. Mais tant que je verrai que ma bien-aimée n’est pas un arbre, je continuerai à la servir, quel que soit le cours du destin.
Je ne dirai rien de plus, mon fils ; réfléchis plutôt à ce qui est arrivé à Phébus et sois prudent. Un homme doit toujours chercher de bons conseils, car les conseils éliminent la précipitation stupide.
Donnez-moi un exemple, je vous en prie. (1685-1756.)
Athémas et Déméphon. Lorsque Troie fut prise et que les Grecs rentrèrent chez eux, de nombreux rois constatèrent que leur peuple refusait de les accueillir. Parmi eux se trouvaient Athémas et Déméphon, qui rassemblèrent une armée pour se venger, disant qu’ils ne épargneraient ni hommes, ni femmes, ni enfants. Cependant, Nestor, qui était vieux et sage, leur demanda à quoi bon régner s’ils devaient détruire leur propre peuple, et leur conseilla plutôt de gagner par des paroles justes plutôt que par des menaces. Ainsi, la guerre se transforma en paix : les nations, voyant la puissance que les rois avaient rassemblée, envoyèrent des messagers pour leur demander d’abandonner leur colère. (1757-1856.)
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Par cet exemple, garde ton cœur, mon fils, et ne fais rien par violence
ce qui peut être fait par l’amour. Quant au meurtre, il arrive souvent
sans réflexion, par volonté, lorsque la raison fait défaut, et une grande vengeance
a parfois suivi. J’allais raconter une histoire dont il est dommage d’entendre le récit.
(1857-1884.)
Oreste. Agamemnon, de retour de Troie, fut tué par sa femme
Clytemnestre et son amant Égisthe. Oreste, son fils encore enfant, fut sauvé
et confié aux soins du roi de Crète. Lorsqu’il eut grandi, il décida de venger son père ; arrivé à Athènes, il rassembla des troupes avec l’aide d’un duc. Lorsqu’il offrit un sacrifice dans un temple pour son succès, le dieu lui ordonna de tuer sa mère, de lui arracher les seins de ses propres mains et de livrer son corps à être dévoré. Il se rendit à Mycènes et prit la ville par siège ; puis il fit venir sa mère et fit ce que l’oracle avait ordonné. Égisthe, venu au secours de Mycènes, tomba dans une embuscade et fut pendu en tant que traître.
La renommée répandit ces faits partout, et beaucoup blâmèrent Oreste d’avoir tué sa mère. Les seigneurs se réunirent à Athènes et le firent venir pour qu’il réponde de son acte. Il expliqua comment les dieux lui avaient imposé de rendre justice, comme il l’avait fait, et Ménésteus, un duc et chevalier vertueux, parla en sa faveur et défendit sa cause. Ils conclurent alors que, puisqu’elle avait commis un adultère et un meurtre si abominables, elle méritait ce châtiment, et Oreste fut couronné roi de Mycènes. Égione, fille d’Égisthe et de Clytemnestre, qui avait consenti au meurtre d’Agamemnon, se suicida de chagrin parce que son frère avait été acquitté.
Telle est la vengeance pour le meurtre. (1885-2195.)
Père, je vous en prie, dites-moi s’il est possible, sans pécher, de tuer un homme.
Oui, mon fils, de diverses manières. Le juge péche s’il épargne ceux qui, selon la loi, méritent la mort. De plus, un homme peut défendre sa maison et ses terres en temps de guerre, et tuer s’il n’y a pas de solution meilleure.
Je vous supplie, père, de me dire si ceux qui cherchent la guerre pour des raisons mondaines et versent du sang agissent bien. (2196-2250.)
La guerre. Dieu a interdit le meurtre, et lorsque le Fils de Dieu naquit, ses anges proclamèrent la paix aux hommes de bonne volonté. Par conséquent, selon la loi de la charité, il ne devrait y avoir aucune guerre, et la nature aussi recommande la paix. La guerre
ce qui peut être fait par l’amour. Quant au meurtre, il arrive souvent
sans réflexion, par volonté, lorsque la raison fait défaut, et une grande vengeance
a parfois suivi. J’allais raconter une histoire dont il est dommage d’entendre le récit.
(1857-1884.)
Oreste. Agamemnon, de retour de Troie, fut tué par sa femme
Clytemnestre et son amant Égisthe. Oreste, son fils encore enfant, fut sauvé
et confié aux soins du roi de Crète. Lorsqu’il eut grandi, il décida de venger son père ; arrivé à Athènes, il rassembla des troupes avec l’aide d’un duc. Lorsqu’il offrit un sacrifice dans un temple pour son succès, le dieu lui ordonna de tuer sa mère, de lui arracher les seins de ses propres mains et de livrer son corps à être dévoré. Il se rendit à Mycènes et prit la ville par siège ; puis il fit venir sa mère et fit ce que l’oracle avait ordonné. Égisthe, venu au secours de Mycènes, tomba dans une embuscade et fut pendu en tant que traître.
La renommée répandit ces faits partout, et beaucoup blâmèrent Oreste d’avoir tué sa mère. Les seigneurs se réunirent à Athènes et le firent venir pour qu’il réponde de son acte. Il expliqua comment les dieux lui avaient imposé de rendre justice, comme il l’avait fait, et Ménésteus, un duc et chevalier vertueux, parla en sa faveur et défendit sa cause. Ils conclurent alors que, puisqu’elle avait commis un adultère et un meurtre si abominables, elle méritait ce châtiment, et Oreste fut couronné roi de Mycènes. Égione, fille d’Égisthe et de Clytemnestre, qui avait consenti au meurtre d’Agamemnon, se suicida de chagrin parce que son frère avait été acquitté.
Telle est la vengeance pour le meurtre. (1885-2195.)
Père, je vous en prie, dites-moi s’il est possible, sans pécher, de tuer un homme.
Oui, mon fils, de diverses manières. Le juge péche s’il épargne ceux qui, selon la loi, méritent la mort. De plus, un homme peut défendre sa maison et ses terres en temps de guerre, et tuer s’il n’y a pas de solution meilleure.
Je vous supplie, père, de me dire si ceux qui cherchent la guerre pour des raisons mondaines et versent du sang agissent bien. (2196-2250.)
La guerre. Dieu a interdit le meurtre, et lorsque le Fils de Dieu naquit, ses anges proclamèrent la paix aux hommes de bonne volonté. Par conséquent, selon la loi de la charité, il ne devrait y avoir aucune guerre, et la nature aussi recommande la paix. La guerre
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Il va de pair avec la peste et la famine et apporte sur la terre toute sorte de mal. Je ne sais quelle récompense mérite celui qui provoque de telles choses ; et s’il le fait pour obtenir la grâce du ciel, il échouera assurément. Puisque les guerres sont si mauvaises aux yeux de Dieu, c’est un miracle que les hommes ne parviennent pas à instaurer la paix. Le péché, je pense, en est la cause, et la récompense du péché, c’est la mort. La cupidité a été la première à provoquer les guerres, et chez les Grecs, seule l’Arcadie était exempte de guerre, parce qu’elle était stérile et pauvre. Pourtant, c’est étonnant qu’un roi ou seigneur digne prétende à ce à quoi il n’a aucun droit. La nature et la loi s’y opposent toutes deux, mais la raison est ici opprimée par la volonté, et on invente des raisons pour tromper le monde. Tu peux prendre cet exemple pour voir comment les hommes justifient leurs fautes, et comment les pauvres et les riches sont pareils dans leur désir de gain. (2251-2362.)
Alexandre et le pirate. Un pirate fut amené devant Alexandre et accusé de ses méfaits. Il répondit : « J’ai un cœur comme le tien, et si j’avais le pouvoir, je ferais comme toi. Mais puisque je ne suis que le chef de quelques hommes, on m’appelle voleur, tandis que toi, avec tes grands armées, tu es appelé empereur. Les riches et les pauvres ne pèsent pas de manière égale sur la balance. » Le roi apprécia son audace et le garda à son service. (2363-2417.)
Ainsi, ceux qui sont déterminés à la destruction sont tous d’accord, capitaines comme compagnons. Lorsque la raison est mise de côté, l’homme suit le pillage comme un oiseau de proie, et tout le monde ne suffit pas à satisfaire ses désirs. Alexandre a conquis toute la terre et est mort misérablement, alors qu’il se croyait le plus en sécurité. Vois quel profit il y a à tuer des hommes par cupidité, comme s’ils étaient des bêtes. Fais attention, mon fils, à tuer. (2418-2484.)
Est-il légal, mon père, de traverser la mer pour faire la guerre aux Sarrasins ? Mon fils, Christ a ordonné aux hommes de prêcher et de souffrir pour la foi. Par sa propre mort, il a rendu tous les hommes libres, et ses apôtres, après lui, ont prêché et ont subi la mort : mais s’ils avaient voulu propager la foi par l’épée, elle n’aurait jamais triomphé. Nous voyons que, depuis le moment où l’Église a pris l’épée en main, une grande partie de ce qui a été conquis a été perdue pour la foi de Christ. Sois donc toujours bien conseillé avant de tuer. L’homicide existe maintenant même au sein de l’Église elle-même ; et lorsque le puits de la pitié est ainsi souillé de sang, les autres n’hésitent pas à faire la guerre et à tuer. Nous voyons aujourd’hui des meurtres sur la terre, comme à l’époque où les hommes achetaient et vendaient des péchés.
Alexandre et le pirate. Un pirate fut amené devant Alexandre et accusé de ses méfaits. Il répondit : « J’ai un cœur comme le tien, et si j’avais le pouvoir, je ferais comme toi. Mais puisque je ne suis que le chef de quelques hommes, on m’appelle voleur, tandis que toi, avec tes grands armées, tu es appelé empereur. Les riches et les pauvres ne pèsent pas de manière égale sur la balance. » Le roi apprécia son audace et le garda à son service. (2363-2417.)
Ainsi, ceux qui sont déterminés à la destruction sont tous d’accord, capitaines comme compagnons. Lorsque la raison est mise de côté, l’homme suit le pillage comme un oiseau de proie, et tout le monde ne suffit pas à satisfaire ses désirs. Alexandre a conquis toute la terre et est mort misérablement, alors qu’il se croyait le plus en sécurité. Vois quel profit il y a à tuer des hommes par cupidité, comme s’ils étaient des bêtes. Fais attention, mon fils, à tuer. (2418-2484.)
Est-il légal, mon père, de traverser la mer pour faire la guerre aux Sarrasins ? Mon fils, Christ a ordonné aux hommes de prêcher et de souffrir pour la foi. Par sa propre mort, il a rendu tous les hommes libres, et ses apôtres, après lui, ont prêché et ont subi la mort : mais s’ils avaient voulu propager la foi par l’épée, elle n’aurait jamais triomphé. Nous voyons que, depuis le moment où l’Église a pris l’épée en main, une grande partie de ce qui a été conquis a été perdue pour la foi de Christ. Sois donc toujours bien conseillé avant de tuer. L’homicide existe maintenant même au sein de l’Église elle-même ; et lorsque le puits de la pitié est ainsi souillé de sang, les autres n’hésitent pas à faire la guerre et à tuer. Nous voyons aujourd’hui des meurtres sur la terre, comme à l’époque où les hommes achetaient et vendaient des péchés.
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En Grèce, avant la foi en Christ, on était exempté de la culpabilité de meurtre en payant de l’or : c’était le cas pour Pélée, Médée, Almée, et c’est encore ainsi aujourd’hui. Mais après cette vie, on saura ce qui arrive à ceux qui commettent de tels actes. Les bêtes ne se nourrissent pas de leur propre espèce, et il n’est pas raisonnable que l’homme soit pire qu’une bête.
Solinus raconte l’histoire d’un oiseau au visage humain qui meurt de chagrin après avoir tué un homme. Par cet exemple, les hommes devraient éviter le meurtre et suivre la miséricorde. (2485-2621.)
J’ai entendu parler d’exemples de cette vertu de miséricorde chez ceux qui ont participé aux guerres. Souviens-toi, mon fils, que cette vertu apporte la grâce, et que ceux qui sont les plus capables de nuire doivent être les plus disposés à soulager autrui. (2622-2638.)
Télaphos et Théucère. Achille et son fils Télaphos firent la guerre à Théucère, roi de Mésée. Achille était sur le point de tuer le roi au combat, mais Télaphos intercéda en sa faveur, disant que Théucère lui avait autrefois rendu un grand service. Ainsi, la vie du roi fut épargnée, mais les Grecs remportèrent la victoire. Théucère, reconnaissant pour cela et pour les autres services rendus par Achille, fit de Télaphos l’héritier de toutes ses terres ; ainsi, la miséricorde fut récompensée. (2639-2717.)
Aie donc pitié, mon fils, des souffrances des autres hommes, et qu’aucune chose ne te soit agréable si elle cause de la peine à autrui. Combats la colère par le conseil de la patience, et fais de la miséricorde le guide de ta conscience : ainsi tu élimineras tout meurtre et toute haine, et tu obtiendras plus rapidement ton désir d’amour.
Père, je ferai vos volontés ; donnez-moi maintenant ma pénitence pour la colère, et demandez encore quelque chose pour ma vie.
Mon fils, je le ferai. Es-tu donc coupable de paresse ?
Mon père, je voudrais d’abord connaître les traits caractéristiques de cette vertu.
Écoute alors, et je te les exposerai : garde bien à l’esprit que le repentir ne sert à rien pour celui qui ne cherche pas à abandonner son vice. (2718-2774.)
Lib. IV.
Solinus raconte l’histoire d’un oiseau au visage humain qui meurt de chagrin après avoir tué un homme. Par cet exemple, les hommes devraient éviter le meurtre et suivre la miséricorde. (2485-2621.)
J’ai entendu parler d’exemples de cette vertu de miséricorde chez ceux qui ont participé aux guerres. Souviens-toi, mon fils, que cette vertu apporte la grâce, et que ceux qui sont les plus capables de nuire doivent être les plus disposés à soulager autrui. (2622-2638.)
Télaphos et Théucère. Achille et son fils Télaphos firent la guerre à Théucère, roi de Mésée. Achille était sur le point de tuer le roi au combat, mais Télaphos intercéda en sa faveur, disant que Théucère lui avait autrefois rendu un grand service. Ainsi, la vie du roi fut épargnée, mais les Grecs remportèrent la victoire. Théucère, reconnaissant pour cela et pour les autres services rendus par Achille, fit de Télaphos l’héritier de toutes ses terres ; ainsi, la miséricorde fut récompensée. (2639-2717.)
Aie donc pitié, mon fils, des souffrances des autres hommes, et qu’aucune chose ne te soit agréable si elle cause de la peine à autrui. Combats la colère par le conseil de la patience, et fais de la miséricorde le guide de ta conscience : ainsi tu élimineras tout meurtre et toute haine, et tu obtiendras plus rapidement ton désir d’amour.
Père, je ferai vos volontés ; donnez-moi maintenant ma pénitence pour la colère, et demandez encore quelque chose pour ma vie.
Mon fils, je le ferai. Es-tu donc coupable de paresse ?
Mon père, je voudrais d’abord connaître les traits caractéristiques de cette vertu.
Écoute alors, et je te les exposerai : garde bien à l’esprit que le repentir ne sert à rien pour celui qui ne cherche pas à abandonner son vice. (2718-2774.)
Lib. IV.
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1-312. Lachesse est le premier symptôme de la paresse ; sa nature est de remettre à demain ce qu’il faudrait faire aujourd’hui. As-tu agi ainsi en amour ? Oui, mon père, j’avoue être coupable. Lorsque je fixais un moment pour parler à cette douce jeune fille, Lachesse me disait souvent qu’un autre moment serait mieux, ou bien il me demandait d’écrire au lieu de parler. Ainsi, j’ai laissé passer le temps à cause de la paresse, jusqu’à ce qu’il soit trop tard. Mais mon amour reste toujours le même ; et bien que ma langue tarde à demander, mon cœur implore constamment sa faveur. Je vous en prie, racontez-moi une histoire pour m’apprendre comment chasser Lachesse. (1-76.)
Énée et Didon. Lorsque Énée arriva avec sa flotte à Carthage, il gagna l’amour de la reine Didon, qui lui donna tout son cœur. Il partit ensuite en direction d’Ithaque ; elle, incapable de supporter la douleur de l’amour, lui écrivit une lettre disant que s’il ne revenait pas, elle mourrait pour lui, comme le cygne qui a perdu son partenaire. Mais lui, paresseux en amour, continua à retarder son retour ; elle, se plaignant amèrement de ses retards, se transperça le cœur avec une épée et trouva ainsi le repos. (77-146.)
Ulysse et Pénélope. De même, lorsque Ulysse resta si longtemps à Troie, sa véritable épouse Pénélope lui écrivit une lettre se plaignant de sa paresse. Alors il décida de rentrer chez lui dès que Troie serait prise. (147-233.)
Grossteste. Le grand artisan Grossteste travailla pendant sept ans pour fabriquer une tête parlante en bronze ; mais à cause de cinq minutes de paresse, il perdit tout son travail. (234-243.)
C’est ainsi parfois pour l’amoureux qui ne respecte pas les délais. Qu’il pense aux cinq jeunes filles dont les lampes n’étaient pas allumées lorsque le fiancé arriva, et comment elles furent exclues.
Mon père, je n’ai jamais eu de moment ni de lieu fixés pour obtenir quelque faveur : sinon, j’aurais respecté l’heure convenue. Mais elle ne répond à aucun piège que je puisse tendre ; plus je crie, moins elle m’entend.
Continue ainsi, mon fils, et qu’aucune paresse ne se trouve en toi. (244-312.)
313-538. La lâcheté, dans notre langue, signifie le manque de courage pour entreprendre des tâches difficiles. Ce vice a toujours peur, même lorsqu’il n’y a aucune raison de craindre. En matière d’amour, il y a des gens qui n’osent pas parler, semblables à des cloches sans grelots, et qui ne demandent rien.
Énée et Didon. Lorsque Énée arriva avec sa flotte à Carthage, il gagna l’amour de la reine Didon, qui lui donna tout son cœur. Il partit ensuite en direction d’Ithaque ; elle, incapable de supporter la douleur de l’amour, lui écrivit une lettre disant que s’il ne revenait pas, elle mourrait pour lui, comme le cygne qui a perdu son partenaire. Mais lui, paresseux en amour, continua à retarder son retour ; elle, se plaignant amèrement de ses retards, se transperça le cœur avec une épée et trouva ainsi le repos. (77-146.)
Ulysse et Pénélope. De même, lorsque Ulysse resta si longtemps à Troie, sa véritable épouse Pénélope lui écrivit une lettre se plaignant de sa paresse. Alors il décida de rentrer chez lui dès que Troie serait prise. (147-233.)
Grossteste. Le grand artisan Grossteste travailla pendant sept ans pour fabriquer une tête parlante en bronze ; mais à cause de cinq minutes de paresse, il perdit tout son travail. (234-243.)
C’est ainsi parfois pour l’amoureux qui ne respecte pas les délais. Qu’il pense aux cinq jeunes filles dont les lampes n’étaient pas allumées lorsque le fiancé arriva, et comment elles furent exclues.
Mon père, je n’ai jamais eu de moment ni de lieu fixés pour obtenir quelque faveur : sinon, j’aurais respecté l’heure convenue. Mais elle ne répond à aucun piège que je puisse tendre ; plus je crie, moins elle m’entend.
Continue ainsi, mon fils, et qu’aucune paresse ne se trouve en toi. (244-312.)
313-538. La lâcheté, dans notre langue, signifie le manque de courage pour entreprendre des tâches difficiles. Ce vice a toujours peur, même lorsqu’il n’y a aucune raison de craindre. En matière d’amour, il y a des gens qui n’osent pas parler, semblables à des cloches sans grelots, et qui ne demandent rien.
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Je suis l’un d’eux, mon père, en présence de ma dame.
Ne fais plus cela, mon fils, car la fortune vient à celui qui persiste dans ses prières. (313-370.)
Pygmalion. Il y avait un homme nommé Pygmalion, un sculpteur de grande habileté, qui fit une statue de femme en ivoire, plus belle que n’importe quel être vivant. Il y mit son amour et pria sans cesse pour qu’elle revienne, comme si elle comprenait ce qu’il disait. Enfin, Vénus eut pitié de lui et transforma la statue en une femme de chair et de sang. Ainsi il obtint sa femme ; mais s’il n’avait pas parlé, il aurait échoué. Par cet exemple, tu peux apprendre que la parole peut agir au-delà de la nature, et que le dieu de l’amour est favorable à ceux qui sont constants dans leur amour. J’ai aussi lu à ce sujet une histoire étrange. (371-450.)
Iphis. Le roi Ligdus dit à sa femme que si l’enfant qu’elle allait mettre au monde était une fille, il fallait la tuer. Une fille naquit, que la déesse de l’accouchement, Isis, ordonna d’élever comme un garçon. Ils le nommèrent Iphis, et lorsqu’il eut dix ans, il fut fiancé à Iante. Cupidon eut finalement pitié d’eux à cause de l’amour qu’ils se portaient, et transforma Iphis en homme. (451-505.)
Ainsi, l’amour a de la bienveillance envers ceux qui poursuivent avec constance ce qui est dû à l’amour.
Mon père, je n’ai pas échoué par manque de prières, sauf pour ce que j’ai dit plus haut. Je supplie l’Amour jour et nuit de faire son miracle pour moi. (506-538.)
539-886. L’oubli. Il y a encore quelqu’un qui sert l’Accidie, et c’est l’Oubli. Il oublie toujours plus de la moitié de ce qu’il doit dire à son amour.
C’est souvent ce qui m’arrive, mon père : j’ai tellement peur en sa présence que je suis comme quelqu’un qui a vu un fantôme, et je ne retrouve pas mes esprits à cause de la peur, mais je reste là, comme muet et sourd. Ensuite, je me lamente et me demande pourquoi j’ai eu peur, car il n’y a en elle aucune violence, pas même celle d’un enfant de trois ans. Ainsi, je me plains de mon oubli ; mais je n’oublie jamais l’idée d’elle, et je ne le ferais pas, même si j’avais l’Anneau de l’Oubli, que Moïse a fait pour Tharbis. Elle est toujours près de mon cœur, et quand je suis avec elle, je suis tellement émerveillé par sa vue que j’oublie tous les mots.
Ne fais plus cela, mon fils, car la fortune vient à celui qui persiste dans ses prières. (313-370.)
Pygmalion. Il y avait un homme nommé Pygmalion, un sculpteur de grande habileté, qui fit une statue de femme en ivoire, plus belle que n’importe quel être vivant. Il y mit son amour et pria sans cesse pour qu’elle revienne, comme si elle comprenait ce qu’il disait. Enfin, Vénus eut pitié de lui et transforma la statue en une femme de chair et de sang. Ainsi il obtint sa femme ; mais s’il n’avait pas parlé, il aurait échoué. Par cet exemple, tu peux apprendre que la parole peut agir au-delà de la nature, et que le dieu de l’amour est favorable à ceux qui sont constants dans leur amour. J’ai aussi lu à ce sujet une histoire étrange. (371-450.)
Iphis. Le roi Ligdus dit à sa femme que si l’enfant qu’elle allait mettre au monde était une fille, il fallait la tuer. Une fille naquit, que la déesse de l’accouchement, Isis, ordonna d’élever comme un garçon. Ils le nommèrent Iphis, et lorsqu’il eut dix ans, il fut fiancé à Iante. Cupidon eut finalement pitié d’eux à cause de l’amour qu’ils se portaient, et transforma Iphis en homme. (451-505.)
Ainsi, l’amour a de la bienveillance envers ceux qui poursuivent avec constance ce qui est dû à l’amour.
Mon père, je n’ai pas échoué par manque de prières, sauf pour ce que j’ai dit plus haut. Je supplie l’Amour jour et nuit de faire son miracle pour moi. (506-538.)
539-886. L’oubli. Il y a encore quelqu’un qui sert l’Accidie, et c’est l’Oubli. Il oublie toujours plus de la moitié de ce qu’il doit dire à son amour.
C’est souvent ce qui m’arrive, mon père : j’ai tellement peur en sa présence que je suis comme quelqu’un qui a vu un fantôme, et je ne retrouve pas mes esprits à cause de la peur, mais je reste là, comme muet et sourd. Ensuite, je me lamente et me demande pourquoi j’ai eu peur, car il n’y a en elle aucune violence, pas même celle d’un enfant de trois ans. Ainsi, je me plains de mon oubli ; mais je n’oublie jamais l’idée d’elle, et je ne le ferais pas, même si j’avais l’Anneau de l’Oubli, que Moïse a fait pour Tharbis. Elle est toujours près de mon cœur, et quand je suis avec elle, je suis tellement émerveillé par sa vue que j’oublie tous les mots.
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que je devrais parler. Il en va de même pour moi en ce qui concerne l’oubli et le manque de cœur.
Mon fils, l’amour ne donnera pas sa grâce à moins que nous ne la demandions. Dieu connaît les pensées d’un homme, et pourtant il veut que nous priions. Par conséquent, maîtrise ton cœur agité et ne laisse passer aucune occasion ; quant à l’oubli, j’ai trouvé une histoire écrite. (539-730.)
Démophon et Phyllis. Le roi Démophon, alors qu’il naviguait vers Troie, arriva à Rhodopeie, dont Phyllis était la reine. Il lui fit des promesses d’amour, et elle lui accorda tout ce qu’il désirait. Puis vint le moment où il devait continuer sa route vers Troie, mais il jura de revenir auprès d’elle dans un mois. Le mois passa et il oublia son engagement. Elle lui envoya une lettre, fixant une date, en disant que s’il ne venait pas, sa paresse causerait sa mort. Elle attendit, installant une lanterne dans une tour pendant la nuit, mais il ne revint pas. Lorsque le jour arriva sans voir de voile, elle descendit de la tour jusqu’à une cabane où elle était seule, et se pendit à une branche avec une ceinture de soie. Les dieux la transformèrent en arbre, que les hommes appelèrent d’après elle Phyllibert, et ce nom subsiste encore, à la honte de Démophon, qui regretta, mais trop tard. Ainsi, nul ne peut deviner le mal qui vient de l’oubli. (731-886.)
887-1082. La négligence, c’est celui qui ne veut pas être sage à l’avance, et qui ensuite s’exclame : « Si seulement j’avais su ! » Il ferme la porte de l’écurie après que le cheval a été volé. Si tu es ainsi amoureux, tu n’obtiendras pas de succès.
Mon père, je peux m’excuser de cela en toute conscience. Je m’efforce d’apprendre l’art de l’amour, mais je ne trouve en lui aucune sécurité. Ma volonté n’y est pour rien, car je suis occupé jour et nuit à découvrir comment gagner l’amour.
Je suis heureux, mon fils, que tu puisses t’excuser de cela, car il n’y a ni science ni vertu qui ne puisse être perdue par la négligence. (887-978.)
Phaéton. Phébus avait un fils nommé Phaéton, qui, de concert avec sa mère Clémène, obtint la permission de conduire le char du Soleil. Phébus lui conseilla comment procéder, en lui disant de ne pas conduire ni trop bas ni trop haut. Mais par négligence, il laissa les chevaux tirer le char où ils voulaient, et finalement le monde fut mis au feu. Phébus le fit alors tomber du char, et il se noya dans une rivière. (979-1034.)
Mon fils, l’amour ne donnera pas sa grâce à moins que nous ne la demandions. Dieu connaît les pensées d’un homme, et pourtant il veut que nous priions. Par conséquent, maîtrise ton cœur agité et ne laisse passer aucune occasion ; quant à l’oubli, j’ai trouvé une histoire écrite. (539-730.)
Démophon et Phyllis. Le roi Démophon, alors qu’il naviguait vers Troie, arriva à Rhodopeie, dont Phyllis était la reine. Il lui fit des promesses d’amour, et elle lui accorda tout ce qu’il désirait. Puis vint le moment où il devait continuer sa route vers Troie, mais il jura de revenir auprès d’elle dans un mois. Le mois passa et il oublia son engagement. Elle lui envoya une lettre, fixant une date, en disant que s’il ne venait pas, sa paresse causerait sa mort. Elle attendit, installant une lanterne dans une tour pendant la nuit, mais il ne revint pas. Lorsque le jour arriva sans voir de voile, elle descendit de la tour jusqu’à une cabane où elle était seule, et se pendit à une branche avec une ceinture de soie. Les dieux la transformèrent en arbre, que les hommes appelèrent d’après elle Phyllibert, et ce nom subsiste encore, à la honte de Démophon, qui regretta, mais trop tard. Ainsi, nul ne peut deviner le mal qui vient de l’oubli. (731-886.)
887-1082. La négligence, c’est celui qui ne veut pas être sage à l’avance, et qui ensuite s’exclame : « Si seulement j’avais su ! » Il ferme la porte de l’écurie après que le cheval a été volé. Si tu es ainsi amoureux, tu n’obtiendras pas de succès.
Mon père, je peux m’excuser de cela en toute conscience. Je m’efforce d’apprendre l’art de l’amour, mais je ne trouve en lui aucune sécurité. Ma volonté n’y est pour rien, car je suis occupé jour et nuit à découvrir comment gagner l’amour.
Je suis heureux, mon fils, que tu puisses t’excuser de cela, car il n’y a ni science ni vertu qui ne puisse être perdue par la négligence. (887-978.)
Phaéton. Phébus avait un fils nommé Phaéton, qui, de concert avec sa mère Clémène, obtint la permission de conduire le char du Soleil. Phébus lui conseilla comment procéder, en lui disant de ne pas conduire ni trop bas ni trop haut. Mais par négligence, il laissa les chevaux tirer le char où ils voulaient, et finalement le monde fut mis au feu. Phébus le fit alors tomber du char, et il se noya dans une rivière. (979-1034.)
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Icare. De même qu’il est un vice de descendre trop bas dans une haute condition, il est préjudiciable de monter trop haut dans une condition humble. Dédale avait un fils nommé Icare ; ils se trouvaient en prison avec le Minotaure et ne pouvaient s’échapper. Dédale fabriqua alors des ailes pour lui-même et pour son fils, et il le mit en garde de ne pas voler trop haut, de peur que la cire avec laquelle ses ailes étaient fixées ne fonde sous l’effet du soleil. Icare ignora l’avertissement de son père et tomba, ce qui fut sa perte : d’autres en firent autant. (1035-1082.)
1083-2700. La paresse est une autre des conséquences de la lenteur ; elle est la mère de tous les vices. En été, on ne travaille pas à cause de la chaleur, et en hiver, à cause du froid. On ne fait aucun effort pour son bien-aimé, mais on est comme un chat qui veut manger du poisson sans mouiller ses griffes. Es-tu de cette sorte ? Dis-le-moi franchement.
— Non, père, je n’ai jamais été paresseux en amour.
— Que as-tu donc fait, mon fils ?
— Partout où se trouve ma bien-aimée, j’étais prêt à la servir, que ce soit dans sa chambre ou dans la salle. Lorsqu’elle va à la messe, je l’accompagne jusqu’à l’autel ; quand elle travaille à tisser ou à broder, je reste à ses côtés, et parfois je raconte des histoires ou je chante. Quand elle ne veut pas rester avec moi et s’occupe ailleurs, je joue avec le chien ou les oiseaux, et je parle au page ou à la servante, afin d’avoir une excuse pour rester plus longtemps. Si elle veut monter à cheval, je la hisse sur la selle et je marche à ses côtés ; d’autres fois, je chevauche à côté de sa voiture et je lui parle ou je chante. Dis-moi donc si j’ai quelque faute de paresse.
— Tu n’auras aucune pénitence, mon fils ; mais il y a beaucoup qui ne se donnent pas la peine de savoir ce qu’est l’amour, jusqu’à ce qu’il les submerge de force. Ainsi, la fille d’un roi fut autrefois paresseuse, jusqu’à ce que le dieu de l’amour la châtie, comme tu vas l’entendre. (1083-1244.)
Rosiphelee, fille d’Herupus, roi d’Arménie, était sage et belle, mais elle avait un grand défaut : la paresse, car elle ne désirait ni se marier ni l’amour d’un amant. C’est pourquoi Vénus et Cupidon fabriquèrent pour elle un bâton pour la punir, afin que son humeur change enfin. Un jour, au mois de mai, elle sortit et, se trouvant seule sous les arbres près d’une pelouse, elle entendit les oiseaux chanter et vit le cerf et la biche ensemble ; alors naquit en elle un dilemme concernant l’amour. En regardant autour d’elle, elle aperçut un groupe de dames montées sur des chevaux blancs. Elles avaient des selles richement décorées et portaient les plus beaux vêtements, tous de couleur blanche et bleue. Leur beauté était…
1083-2700. La paresse est une autre des conséquences de la lenteur ; elle est la mère de tous les vices. En été, on ne travaille pas à cause de la chaleur, et en hiver, à cause du froid. On ne fait aucun effort pour son bien-aimé, mais on est comme un chat qui veut manger du poisson sans mouiller ses griffes. Es-tu de cette sorte ? Dis-le-moi franchement.
— Non, père, je n’ai jamais été paresseux en amour.
— Que as-tu donc fait, mon fils ?
— Partout où se trouve ma bien-aimée, j’étais prêt à la servir, que ce soit dans sa chambre ou dans la salle. Lorsqu’elle va à la messe, je l’accompagne jusqu’à l’autel ; quand elle travaille à tisser ou à broder, je reste à ses côtés, et parfois je raconte des histoires ou je chante. Quand elle ne veut pas rester avec moi et s’occupe ailleurs, je joue avec le chien ou les oiseaux, et je parle au page ou à la servante, afin d’avoir une excuse pour rester plus longtemps. Si elle veut monter à cheval, je la hisse sur la selle et je marche à ses côtés ; d’autres fois, je chevauche à côté de sa voiture et je lui parle ou je chante. Dis-moi donc si j’ai quelque faute de paresse.
— Tu n’auras aucune pénitence, mon fils ; mais il y a beaucoup qui ne se donnent pas la peine de savoir ce qu’est l’amour, jusqu’à ce qu’il les submerge de force. Ainsi, la fille d’un roi fut autrefois paresseuse, jusqu’à ce que le dieu de l’amour la châtie, comme tu vas l’entendre. (1083-1244.)
Rosiphelee, fille d’Herupus, roi d’Arménie, était sage et belle, mais elle avait un grand défaut : la paresse, car elle ne désirait ni se marier ni l’amour d’un amant. C’est pourquoi Vénus et Cupidon fabriquèrent pour elle un bâton pour la punir, afin que son humeur change enfin. Un jour, au mois de mai, elle sortit et, se trouvant seule sous les arbres près d’une pelouse, elle entendit les oiseaux chanter et vit le cerf et la biche ensemble ; alors naquit en elle un dilemme concernant l’amour. En regardant autour d’elle, elle aperçut un groupe de dames montées sur des chevaux blancs. Elles avaient des selles richement décorées et portaient les plus beaux vêtements, tous de couleur blanche et bleue. Leur beauté était…
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au-delà de ce qui est terrestre, et ils portaient des couronnes sur la tête telles que tout l’or de Crésus n’aurait pu en acheter ne fût-ce qu’une infime partie. La fille du roi recula, honteuse, et se cacha pour les laisser passer, n’osant pas demander qui ils étaient. Puis, derrière eux, elle vit une femme sur un cheval noir, maigre, boiteuse, mais avec une selle richement incrustée de bijoux. La femme, bien qu’elle fût belle et jeune, avait ses vêtements déchirés et de nombreux colliers suspendus autour de sa taille. La princesse sortit et lui demanda de quoi pouvait bien être composée cette troupe ; elle répondit que c’étaient ceux qui avaient été de fidèles serviteurs de l’amour, mais qu’elle-même avait été lente et réticente ; c’est pourquoi chaque année, au mois de mai, elle devait monter ainsi à cheval et porter ces colliers pour les autres. Sa selle incrustée de bijoux lui avait été accordée parce qu’elle avait finalement cédé à l’amour, mais la mort était venue trop brusquement. « Je vous confie à Dieu, dame », dit-elle, « et je vous prie de mettre en garde tous les autres, pour mon compte, de ne pas être oisifs en amour, mais de penser à ma selle. » Ainsi, elle disparut de vue comme un nuage, et la dame, saisie de crainte, changea de conduite, jurant en son for intérieur de ne plus porter de colliers. (1245-1446.)
Comprends donc, mon fils, que, de même que cette dame fut châtiée, de même ceux des chevaliers qui sont oisifs en amour doivent faire attention, afin de ne pas mériter un châtiment encore plus grand. Les jeunes filles aussi doivent suivre la loi de l’amour et ne pas gaspiller le temps pendant lequel elles pourraient assumer la charge d’enfants au service du monde. À ce sujet, j’ai envie de leur raconter une histoire. (1447-1504.)
La fille de Jephté. Parmi les Juifs, il y avait un duc nommé Jephte, qui, parti en guerre contre les Ammonites, fit le vœu que, si la victoire lui était accordée, il sacrifierait à Dieu le premier être qu’il rencontrerait à son retour. Il vainquit ses ennemis et, en revenant, rencontra sa fille, qui sortit pour l’accueillir avec des chants et des danses. Lorsqu’elle vit sa tristesse et entendit le vœu qu’il avait fait, elle lui demanda de tenir sa promesse, et ne sollicita qu’un délai de quarante jours pour pleurer sa virginité, puisqu’elle n’avait donné naissance à aucun enfant pour augmenter son peuple. Ainsi, avec d’autres jeunes filles, elle alla pleurer sur les collines et dans les vallées, se lamentant pour le temps perdu qu’elle ne pourrait jamais racheter. (1505-1595.)
Père, vous avez bien fait de réprimander les jeunes filles pour ce vice de paresse ; mais quant aux peines que vous dites que les hommes devraient endurer pour l’amour, que voulez-vous dire par là ?
Comprends donc, mon fils, que, de même que cette dame fut châtiée, de même ceux des chevaliers qui sont oisifs en amour doivent faire attention, afin de ne pas mériter un châtiment encore plus grand. Les jeunes filles aussi doivent suivre la loi de l’amour et ne pas gaspiller le temps pendant lequel elles pourraient assumer la charge d’enfants au service du monde. À ce sujet, j’ai envie de leur raconter une histoire. (1447-1504.)
La fille de Jephté. Parmi les Juifs, il y avait un duc nommé Jephte, qui, parti en guerre contre les Ammonites, fit le vœu que, si la victoire lui était accordée, il sacrifierait à Dieu le premier être qu’il rencontrerait à son retour. Il vainquit ses ennemis et, en revenant, rencontra sa fille, qui sortit pour l’accueillir avec des chants et des danses. Lorsqu’elle vit sa tristesse et entendit le vœu qu’il avait fait, elle lui demanda de tenir sa promesse, et ne sollicita qu’un délai de quarante jours pour pleurer sa virginité, puisqu’elle n’avait donné naissance à aucun enfant pour augmenter son peuple. Ainsi, avec d’autres jeunes filles, elle alla pleurer sur les collines et dans les vallées, se lamentant pour le temps perdu qu’elle ne pourrait jamais racheter. (1505-1595.)
Père, vous avez bien fait de réprimander les jeunes filles pour ce vice de paresse ; mais quant aux peines que vous dites que les hommes devraient endurer pour l’amour, que voulez-vous dire par là ?
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Mon fils, je pensais aux exploits guerriers que les hommes accomplissaient jadis par amour. Celui qui cherche la grâce en amour ne doit pas ménager ses efforts. Il doit parfois chevaucher en Prusse et parfois en Tartarie, afin que les hérauts crient derrière lui : « Vaillant, vaillant ! » et que sa renommée parvienne aux oreilles de sa dame. C’est ce que je veux dire. Avoue si tu as été oisif en cela.
(1596-1647.)
Oui, mon père, et j’ai toujours été ainsi. Je ne vois aucun bien à tuer les païens, et je gagnerais peu à traverser la mer si, entre-temps, je perdais ma dame chez moi. Qu’ils traversent la mer ceux que Christ a chargés de prêcher sa foi dans le monde entier ; mais eux, ils restent oisifs et nous ordonnent de tuer ceux qu’ils devraient convertir. Si je tue un Sarrasin, je tue à la fois le corps et l’âme, et ce n’a jamais été l’enseignement du Christ.
Quant à moi, je servirai l’amour, et j’irai ou je resterai selon ce que l’amour m’ordonne. J’ai entendu dire qu’Achille avait abandonné ses armes à Troie par amour pour Polyxène, et je pourrais faire de même : mais si ma dame m’ordonnait de travailler pour elle, je traverserais ciel et mer sur son ordre. Néanmoins, je vois que ceux qui travaillent le plus pour l’amour obtiennent souvent la moindre récompense, et bien que je n’aie jamais été oisif dans mes actions, le résultat est toujours l’oisiveté, car mes efforts ne m’apportent rien. C’est pourquoi je me qualifierai d’oisif.
Mon fils, sois patient. Tu ne sais pas quelles chances peuvent survenir. Il vaut mieux attendre le courant que de ramer contre lui. Peut-être que le cours des astres n’est pas encore conforme à ta situation. Je peux témoigner pour Vénus que tu n’as pas été oisif en amour ; mais puisque tu es lent à te battre et que tu fais l’éloge d’Achille, je vais te raconter une histoire à l’inverse.
(1648-1814.)
Nauplus et Ulysse. Le roi Nauplus, père de Palamades, vint persuader Ulysse d’aller avec les Grecs à Troie. Cependant, celui-ci souhaitait rester chez lui avec sa femme ; feignant la folie, il attela des renards à son soc et sema du sel dans les champs. Nauplus comprit la raison de son comportement et plaça le jeune fils d’Ulysse devant son soc. Le père détourna le soc, et Nauplus le réprimanda pour avoir abandonné de manière indigne l’honneur des armes et mis l’amour avant la chevalerie. Il regretta sa folie et partit avec eux pour Troie.
(1815-1891.)
Ainsi, un chevalier doit préférer l’honneur au confort mondain et chasser toute peur, comme le fit Prothésilas, dont la femme lui écrivit qu’il devait perdre son
(1596-1647.)
Oui, mon père, et j’ai toujours été ainsi. Je ne vois aucun bien à tuer les païens, et je gagnerais peu à traverser la mer si, entre-temps, je perdais ma dame chez moi. Qu’ils traversent la mer ceux que Christ a chargés de prêcher sa foi dans le monde entier ; mais eux, ils restent oisifs et nous ordonnent de tuer ceux qu’ils devraient convertir. Si je tue un Sarrasin, je tue à la fois le corps et l’âme, et ce n’a jamais été l’enseignement du Christ.
Quant à moi, je servirai l’amour, et j’irai ou je resterai selon ce que l’amour m’ordonne. J’ai entendu dire qu’Achille avait abandonné ses armes à Troie par amour pour Polyxène, et je pourrais faire de même : mais si ma dame m’ordonnait de travailler pour elle, je traverserais ciel et mer sur son ordre. Néanmoins, je vois que ceux qui travaillent le plus pour l’amour obtiennent souvent la moindre récompense, et bien que je n’aie jamais été oisif dans mes actions, le résultat est toujours l’oisiveté, car mes efforts ne m’apportent rien. C’est pourquoi je me qualifierai d’oisif.
Mon fils, sois patient. Tu ne sais pas quelles chances peuvent survenir. Il vaut mieux attendre le courant que de ramer contre lui. Peut-être que le cours des astres n’est pas encore conforme à ta situation. Je peux témoigner pour Vénus que tu n’as pas été oisif en amour ; mais puisque tu es lent à te battre et que tu fais l’éloge d’Achille, je vais te raconter une histoire à l’inverse.
(1648-1814.)
Nauplus et Ulysse. Le roi Nauplus, père de Palamades, vint persuader Ulysse d’aller avec les Grecs à Troie. Cependant, celui-ci souhaitait rester chez lui avec sa femme ; feignant la folie, il attela des renards à son soc et sema du sel dans les champs. Nauplus comprit la raison de son comportement et plaça le jeune fils d’Ulysse devant son soc. Le père détourna le soc, et Nauplus le réprimanda pour avoir abandonné de manière indigne l’honneur des armes et mis l’amour avant la chevalerie. Il regretta sa folie et partit avec eux pour Troie.
(1815-1891.)
Ainsi, un chevalier doit préférer l’honneur au confort mondain et chasser toute peur, comme le fit Prothésilas, dont la femme lui écrivit qu’il devait perdre son
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la vie s’il débarquait à Troie ; il ne prêta aucune attention à ses peurs féminines, mais fut le premier à débarquer, préférant mourir avec honneur plutôt que vivre dans la réprobation. (1892-1934.)
Saul aussi, lorsque l’esprit de Samuel lui annonça qu’il serait tué au combat, ne recula pas devant le danger ; avec son fils Jonathan, il affronta ses ennemis sur les montagnes de Gélboé et acquit une gloire éternelle. (1935-1962.)
L’éducation d’Achille. Le courage est fondé sur la témérité, et nous savons comment Achille fut formé à cela par Chiron, appelé Centaure. On lui apprit à ne pas poursuivre les bêtes qui fuyaient devant lui, mais à combattre celles qui résistaient. De plus, il fut convenu qu’il devrait chaque jour tuer, ou du moins blesser, quelque bête sauvage, comme un lion ou un tigre, et ramener chez lui un témoignage de sang sur son arme. Ainsi, il devint supérieur à tous les autres chevaliers. (1963-2013.)
Il existe d’autres exemples, comme celui de Lancelot et bien d’autres encore, qui montrent comment le courage au combat a mené au succès en amour. Que cette histoire en soit le témoin. (2014-2044.)
Hercule et Achélon. Le roi Oénès de Calydone avait une fille, Déianire, promise en mariage à Achélon, un géant et magicien. Hercule, ce vaillant chevalier qui érigea les deux colonnes de bronze dans le désert de l’Inde, chercha son amour, et le roi n’osa pas le refuser. Il fut alors décidé que le combat déciderait entre eux. Achélon, poussé par l’amour à la bravoure, combattit avec audace, mais Hercule le saisit de sa force irrésistible. Alors Achélon tenta ses artifices, se transformant d’abord en serpent, puis en taureau. Hercule, cependant, le saisit par les cornes et le força à terre, jusqu’à ce qu’enfin il fût vaincu. Ainsi, Hercule gagna sa femme grâce à son courage. (2045-2134.)
Ainsi, Pantasile, reine des Feminiennes, pour amour d’Hector, accomplit des actes de bravoure à Troie ; et Philémon, parce qu’il ramena le corps de Pantasile et sauva quelques-unes de ses servantes, reçut en tribut trois servantes par an provenant du pays des Amazones. Énée gagna également Lavine au combat contre le roi Turnus. Par ces exemples, tu peux voir comment on peut obtenir la faveur de l’amour, car les femmes dignes aiment la virilité et la noblesse. (2135-2199.)
Saul aussi, lorsque l’esprit de Samuel lui annonça qu’il serait tué au combat, ne recula pas devant le danger ; avec son fils Jonathan, il affronta ses ennemis sur les montagnes de Gélboé et acquit une gloire éternelle. (1935-1962.)
L’éducation d’Achille. Le courage est fondé sur la témérité, et nous savons comment Achille fut formé à cela par Chiron, appelé Centaure. On lui apprit à ne pas poursuivre les bêtes qui fuyaient devant lui, mais à combattre celles qui résistaient. De plus, il fut convenu qu’il devrait chaque jour tuer, ou du moins blesser, quelque bête sauvage, comme un lion ou un tigre, et ramener chez lui un témoignage de sang sur son arme. Ainsi, il devint supérieur à tous les autres chevaliers. (1963-2013.)
Il existe d’autres exemples, comme celui de Lancelot et bien d’autres encore, qui montrent comment le courage au combat a mené au succès en amour. Que cette histoire en soit le témoin. (2014-2044.)
Hercule et Achélon. Le roi Oénès de Calydone avait une fille, Déianire, promise en mariage à Achélon, un géant et magicien. Hercule, ce vaillant chevalier qui érigea les deux colonnes de bronze dans le désert de l’Inde, chercha son amour, et le roi n’osa pas le refuser. Il fut alors décidé que le combat déciderait entre eux. Achélon, poussé par l’amour à la bravoure, combattit avec audace, mais Hercule le saisit de sa force irrésistible. Alors Achélon tenta ses artifices, se transformant d’abord en serpent, puis en taureau. Hercule, cependant, le saisit par les cornes et le força à terre, jusqu’à ce qu’enfin il fût vaincu. Ainsi, Hercule gagna sa femme grâce à son courage. (2045-2134.)
Ainsi, Pantasile, reine des Feminiennes, pour amour d’Hector, accomplit des actes de bravoure à Troie ; et Philémon, parce qu’il ramena le corps de Pantasile et sauva quelques-unes de ses servantes, reçut en tribut trois servantes par an provenant du pays des Amazones. Énée gagna également Lavine au combat contre le roi Turnus. Par ces exemples, tu peux voir comment on peut obtenir la faveur de l’amour, car les femmes dignes aiment la virilité et la noblesse. (2135-2199.)
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Qu’est-ce que la noblesse, mon père ?
Certains attribuent ce nom aux richesses héritées des temps anciens, mais il n’y a aucun véritable mérite dans les richesses ; quant à l’ascendance, tous descendent d’Adam et Ève. Les riches et les pauvres sont égaux à la naissance comme à la mort ; la véritable noblesse dépend de la vertu, et c’est par la vertu que l’amour peut beaucoup profiter.
L’amour est surtout opposé à la paresse, et la paresse est le plus contraire à la nature de l’homme, car c’est elle qui fait perdre toute connaissance. (2200-2362.)
C’est par le travail que toutes les arts utiles ont été découverts, et les noms de nombreux inventeurs ont été transmis grâce à leur renommée, tels que Cham, Cadmos, Thégès, Termégis, Josephus, Hérodote, Jubal, Zénzis, Prométhée, Tubal, Jadahel, Verconius, et parmi les femmes, Minerve et Delbore. Saturne a découvert l’agriculture et le commerce, et c’est lui qui a inventé l’argent. (2363-2450.)
De nombreux philosophes ont trouvé des moyens pour extraire et affiner les métaux, ainsi que la science de l’Alchimie, par laquelle l’or et l’argent peuvent être multipliés, en utilisant les sept corps et les quatre esprits pour trouver l’Élixir parfait.
Les philosophes de l’Antiquité ont créé trois pierres : la végétale, qui permet de préserver la vie et la santé, l’animale, qui aide les cinq sens à fonctionner, et la minérale, qui permet de transformer les métaux. Cette science est véritable, mais les hommes ne savent pas comment la suivre correctement, si bien qu’elle ne procure que pauvreté et dettes. Ceux qui l’ont fondée possèdent de grands noms, tels qu’Hermès, Geber, Ortolan et d’autres. (2451-2632.)
En ce qui concerne le langage, Carmenta fut la première à inventer les lettres latines, puis vinrent ceux qui établirent les règles de la rhétorique, tels qu’Aristarque, Dindyme, Tullius et Cithère. Jérôme a traduit la Bible du hébreu, et d’autres ont également traduit des livres du arabe et du grec en latin. En poésie, Ovide a écrit pour les amants, et a enseigné comment apaiser l’amour s’il devenait trop ardent.
Mon père, je lirais ses livres, s’ils pouvaient m’être utiles ; mais comme un arbre périrait si ses racines étaient coupées, de même, si mon amour disparaissait, mon cœur mourrait.
C’est bien dit, mon fils, à condition qu’il existe un moyen d’obtenir l’amour ; et assurément, celui qui ne veut pas travailler et ose pas prendre de risques n’atteindra rien. (2633-2700.)
Certains attribuent ce nom aux richesses héritées des temps anciens, mais il n’y a aucun véritable mérite dans les richesses ; quant à l’ascendance, tous descendent d’Adam et Ève. Les riches et les pauvres sont égaux à la naissance comme à la mort ; la véritable noblesse dépend de la vertu, et c’est par la vertu que l’amour peut beaucoup profiter.
L’amour est surtout opposé à la paresse, et la paresse est le plus contraire à la nature de l’homme, car c’est elle qui fait perdre toute connaissance. (2200-2362.)
C’est par le travail que toutes les arts utiles ont été découverts, et les noms de nombreux inventeurs ont été transmis grâce à leur renommée, tels que Cham, Cadmos, Thégès, Termégis, Josephus, Hérodote, Jubal, Zénzis, Prométhée, Tubal, Jadahel, Verconius, et parmi les femmes, Minerve et Delbore. Saturne a découvert l’agriculture et le commerce, et c’est lui qui a inventé l’argent. (2363-2450.)
De nombreux philosophes ont trouvé des moyens pour extraire et affiner les métaux, ainsi que la science de l’Alchimie, par laquelle l’or et l’argent peuvent être multipliés, en utilisant les sept corps et les quatre esprits pour trouver l’Élixir parfait.
Les philosophes de l’Antiquité ont créé trois pierres : la végétale, qui permet de préserver la vie et la santé, l’animale, qui aide les cinq sens à fonctionner, et la minérale, qui permet de transformer les métaux. Cette science est véritable, mais les hommes ne savent pas comment la suivre correctement, si bien qu’elle ne procure que pauvreté et dettes. Ceux qui l’ont fondée possèdent de grands noms, tels qu’Hermès, Geber, Ortolan et d’autres. (2451-2632.)
En ce qui concerne le langage, Carmenta fut la première à inventer les lettres latines, puis vinrent ceux qui établirent les règles de la rhétorique, tels qu’Aristarque, Dindyme, Tullius et Cithère. Jérôme a traduit la Bible du hébreu, et d’autres ont également traduit des livres du arabe et du grec en latin. En poésie, Ovide a écrit pour les amants, et a enseigné comment apaiser l’amour s’il devenait trop ardent.
Mon père, je lirais ses livres, s’ils pouvaient m’être utiles ; mais comme un arbre périrait si ses racines étaient coupées, de même, si mon amour disparaissait, mon cœur mourrait.
C’est bien dit, mon fils, à condition qu’il existe un moyen d’obtenir l’amour ; et assurément, celui qui ne veut pas travailler et ose pas prendre de risques n’atteindra rien. (2633-2700.)
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2701-3388. Somnolence. Le chambellan de la Paresse est Somnolence, qui dort alors qu’il devrait être éveillé. Lorsque chevaliers et dames se divertissent ensemble, il s’éloigne furtivement comme un lièvre et s’allonge pour se reposer ; là, il rêve et ronfle, et lorsqu’il se réveille, il interprète ses rêves. Si tu veux servir l’amour, mon fils, ne fais pas ainsi.
Certainement pas, père ; il vaudrait mieux pour moi mourir que d’avoir une telle paresse, ou plutôt il vaudrait mieux que je ne sois jamais né. Je n’ai jamais eu sommeil là où se trouvait ma dame, que ce soit pour danser avec elle, jouer aux dés ou lire des histoires sur Troïlus. Lorsque la nuit avance et que je dois partir, je la regarde avec compassion, je prends congé à genoux, ou je l’embrasse si je le peux ; puis, avant de quitter la maison, je trouve une excuse pour revenir et prendre à nouveau congé d’elle. Ensuite, je maudis la nuit de m’éloigner d’elle, je soupire et souhaite le jour, ou je pense au bonheur de ceux dont l’amour est à leurs côtés toute la nuit. Finalement, je vais me coucher, mais mon cœur reste auprès d’elle : aucune serrure ne peut l’en empêcher, il traverse les murs les plus solides. Il entre dans son lit, la prend délicatement dans ses bras et souhaite que son corps soit également là. Dans mes rêves, je subis à nouveau les tourments de l’amour, ou si parfois je rêve que je la rencontre seule et que le Dangereux a été laissé derrière, je me réveille seulement pour constater que tout était en vain.
Mon fils, par le passé, de nombreux rêves ont annoncé la vérité, comme tu peux le savoir par une histoire. (2701-2926.)
Ceix et Alceone. Ceix, roi de Trocinie, partit en pèlerinage pour son frère Dedalion, laissant chez lui sa femme Alceone. Elle le pria de fixer la date de son retour, et il répondit : « Dans deux mois ». Le temps passa sans qu’elle reçoive de nouvelles, et Junon, à qui elle pria, envoya Yris chez le Sommeil, lui ordonnant de montrer à cette dame par un rêve comment les choses se passaient.
Yris courba le ciel comme un arc et descendit ; elle se rendit là où le Sommeil avait sa demeure, dans une grotte où jamais le soleil ne brillait et où on n’entendait aucun bruit, si ce n’est le murmure du fleuve Léthé qui coulait non loin. Le Sommeil lui-même dormait dans une chambre remplie de rêves, et il fallut longtemps avant que ses paroles ne parviennent à ses oreilles. Lorsqu’il comprit enfin le message, il choisit trois personnes, Morphée, Ithécus et Panthasas, pour accomplir cette tâche. Morphée apparut à Alceone sous la forme de son mari, gisant mort sur la rive, tandis que les deux autres lui montrèrent…
Certainement pas, père ; il vaudrait mieux pour moi mourir que d’avoir une telle paresse, ou plutôt il vaudrait mieux que je ne sois jamais né. Je n’ai jamais eu sommeil là où se trouvait ma dame, que ce soit pour danser avec elle, jouer aux dés ou lire des histoires sur Troïlus. Lorsque la nuit avance et que je dois partir, je la regarde avec compassion, je prends congé à genoux, ou je l’embrasse si je le peux ; puis, avant de quitter la maison, je trouve une excuse pour revenir et prendre à nouveau congé d’elle. Ensuite, je maudis la nuit de m’éloigner d’elle, je soupire et souhaite le jour, ou je pense au bonheur de ceux dont l’amour est à leurs côtés toute la nuit. Finalement, je vais me coucher, mais mon cœur reste auprès d’elle : aucune serrure ne peut l’en empêcher, il traverse les murs les plus solides. Il entre dans son lit, la prend délicatement dans ses bras et souhaite que son corps soit également là. Dans mes rêves, je subis à nouveau les tourments de l’amour, ou si parfois je rêve que je la rencontre seule et que le Dangereux a été laissé derrière, je me réveille seulement pour constater que tout était en vain.
Mon fils, par le passé, de nombreux rêves ont annoncé la vérité, comme tu peux le savoir par une histoire. (2701-2926.)
Ceix et Alceone. Ceix, roi de Trocinie, partit en pèlerinage pour son frère Dedalion, laissant chez lui sa femme Alceone. Elle le pria de fixer la date de son retour, et il répondit : « Dans deux mois ». Le temps passa sans qu’elle reçoive de nouvelles, et Junon, à qui elle pria, envoya Yris chez le Sommeil, lui ordonnant de montrer à cette dame par un rêve comment les choses se passaient.
Yris courba le ciel comme un arc et descendit ; elle se rendit là où le Sommeil avait sa demeure, dans une grotte où jamais le soleil ne brillait et où on n’entendait aucun bruit, si ce n’est le murmure du fleuve Léthé qui coulait non loin. Le Sommeil lui-même dormait dans une chambre remplie de rêves, et il fallut longtemps avant que ses paroles ne parviennent à ses oreilles. Lorsqu’il comprit enfin le message, il choisit trois personnes, Morphée, Ithécus et Panthasas, pour accomplir cette tâche. Morphée apparut à Alceone sous la forme de son mari, gisant mort sur la rive, tandis que les deux autres lui montrèrent…
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Elle se rendit sur la scène de la tempête et du naufrage. Elle poussa un cri de terreur et se réveilla ; le lendemain, en allant au bord de la mer, elle vit son corps flotter sur les vagues. Indifférente à la mort, elle sauta dans les profondeurs, voulant le saisir dans ses bras ; mais les dieux eurent pitié d’eux et les transformèrent en oiseaux de mer, et ainsi ils vécurent ensemble dans l’amour. (2927-3123.)
Ainsi, parfois, les rêves se réalisent.
Père, j’ai dit que lorsque je suis en compagnie de ma dame, je ne désire pas dormir. Mais à d’autres moments, je m’en fiche de me réveiller, car je ne supporte pas d’être sans elle. Je ne sais pas si c’est de la somnolence.
Je te pardonne, mon fils, et je vais te raconter une histoire pour montrer à quel point l’amour et le sommeil ne vont pas de pair. (3124-3186.)
Prière de Céphale. Celui qui veut veiller la nuit par amour peut prendre exemple sur Céphale, qui, lorsqu’il était avec Aurorée, priait le Soleil et la Lune afin que la nuit soit plus longue et le jour retardé, pour pouvoir suivre uniquement la loi de l’amour. La paresse ne se soucie pas de la nuit, sauf pour pouvoir dormir, mais Céphale fit autrement. (3187-3275.)
Mon père, ce n’est pas étonnant, puisqu’il avait son amour à ses côtés. Mais ce n’est jamais mon cas, donc je n’ai jamais eu besoin de supplier le Soleil de retenir son char ou la Lune d’allonger son parcours. Parfois, j’ai un rêve qui me rend heureux, mais ensuite je découvre qu’il est faux : donc je ne sais pas à quoi sert le sommeil pour l’homme.
C’est vrai, mon fils, à condition qu’il aide la nature, lorsqu’il est pris en mesure. Mais celui qui dort excessivement peut subir des malheurs, comme je peux le montrer par une histoire. (3276-3316.)
Argus et Mercure. Jupiter était auprès d’Io ; c’est pourquoi Junon la transforma en vache et la confia à Argus, qui avait cent yeux. Mercure vint voler la vache et joua si adroitement de la flûte que Argus s’endormit. Alors Mercure lui coupa la tête et emmena Io. Par conséquent, mon fils, fais attention de ne pas trop dormir. (3317-3364.)
L’amour ne me le permet pas, père : mais demandez encore, s’il y en a davantage.
Oui, mon fils, il en reste encore un à raconter. (3365-3388.)
3389-3692. Tristesce. Lorsque la paresse a fait tout ce qu’elle pouvait, elle engendre Tristesce, qui la pousse vers une misère extrême. Avec Tristesce
Ainsi, parfois, les rêves se réalisent.
Père, j’ai dit que lorsque je suis en compagnie de ma dame, je ne désire pas dormir. Mais à d’autres moments, je m’en fiche de me réveiller, car je ne supporte pas d’être sans elle. Je ne sais pas si c’est de la somnolence.
Je te pardonne, mon fils, et je vais te raconter une histoire pour montrer à quel point l’amour et le sommeil ne vont pas de pair. (3124-3186.)
Prière de Céphale. Celui qui veut veiller la nuit par amour peut prendre exemple sur Céphale, qui, lorsqu’il était avec Aurorée, priait le Soleil et la Lune afin que la nuit soit plus longue et le jour retardé, pour pouvoir suivre uniquement la loi de l’amour. La paresse ne se soucie pas de la nuit, sauf pour pouvoir dormir, mais Céphale fit autrement. (3187-3275.)
Mon père, ce n’est pas étonnant, puisqu’il avait son amour à ses côtés. Mais ce n’est jamais mon cas, donc je n’ai jamais eu besoin de supplier le Soleil de retenir son char ou la Lune d’allonger son parcours. Parfois, j’ai un rêve qui me rend heureux, mais ensuite je découvre qu’il est faux : donc je ne sais pas à quoi sert le sommeil pour l’homme.
C’est vrai, mon fils, à condition qu’il aide la nature, lorsqu’il est pris en mesure. Mais celui qui dort excessivement peut subir des malheurs, comme je peux le montrer par une histoire. (3276-3316.)
Argus et Mercure. Jupiter était auprès d’Io ; c’est pourquoi Junon la transforma en vache et la confia à Argus, qui avait cent yeux. Mercure vint voler la vache et joua si adroitement de la flûte que Argus s’endormit. Alors Mercure lui coupa la tête et emmena Io. Par conséquent, mon fils, fais attention de ne pas trop dormir. (3317-3364.)
L’amour ne me le permet pas, père : mais demandez encore, s’il y en a davantage.
Oui, mon fils, il en reste encore un à raconter. (3365-3388.)
3389-3692. Tristesce. Lorsque la paresse a fait tout ce qu’elle pouvait, elle engendre Tristesce, qui la pousse vers une misère extrême. Avec Tristesce
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C’est l’obstination, et le désespoir les suit. Il en va de même pour certains amants qui perdent tout espoir.
Je suis l’un d’eux, père, sauf que je ne cesse de prier.
Mon fils, ne désespère pas ; car lorsque le cœur faiblit, tout est perdu. Écoute une histoire à ce sujet. (3389-3514.)
Iphis et Araxarathen. Iphis, fils du roi Théucère, aimait une jeune fille de basse condition. Bien qu’il fût prince, il était soumis à l’amour, mais elle refusait d’écouter ses avances. Finalement, poussé au désespoir, il se rendit devant sa maison pendant la nuit, pleura sur son sort et se lamenta sur la dureté de son cœur, puis se pendit au pilier du portail. Le lendemain, la jeune fille prit la faute sur elle et pria pour ne pas recevoir de pitié, car elle n’en avait montrée aucune à lui. Les dieux lui prirent la vie et la transformèrent en pierre ; les hommes transportèrent le corps d’Iphis en ville et érigèrent la statue en pierre de la jeune fille au-dessus de sa tombe, avec un épitaphe racontant leur destin. (3515-3684.)
Ainsi, mon fils, le désespoir, comme je le dis, est une chose grave.
Père, je comprends maintenant la nature de la paresse, et je ferai attention.
Livre V.
L’avarice est la racine de tous les conflits entre les hommes. Il veut toujours plus et ne laisse rien partir, et pourtant il n’a jamais assez. Il ne tire aucun profit de ses richesses, pas plus qu’un bœuf de son labour ou une brebis de sa laine : au lieu d’être maître de sa richesse, il en est le serviteur. Agis-tu ainsi en amour, mon fils ?
Non, mon père, car je n’ai jamais été possesseur de rien ; mais je ne peux pas excuser ma volonté ici, car si j’avais ma bien-aimée, je ne la laisserais jamais partir ; et en cela, je suis comme l’homme avare. De plus, bien que je n’aie pas de richesses, j’ai la sollicitude, et je suis comme ce bœuf dont vous avez parlé auparavant. Jugez si c’est de l’avarice.
Mon fils, il n’est pas étonnant que tu sois esclave de l’amour ; mais être esclave de l’or va à l’encontre de la nature et de la raison. (1-140.)
Midas. Bacchus avait un prêtre nommé Cillénus, qui, étant ivre et errant en Phrygie, fut amené enchaîné devant Midas, le roi de cette région.
Je suis l’un d’eux, père, sauf que je ne cesse de prier.
Mon fils, ne désespère pas ; car lorsque le cœur faiblit, tout est perdu. Écoute une histoire à ce sujet. (3389-3514.)
Iphis et Araxarathen. Iphis, fils du roi Théucère, aimait une jeune fille de basse condition. Bien qu’il fût prince, il était soumis à l’amour, mais elle refusait d’écouter ses avances. Finalement, poussé au désespoir, il se rendit devant sa maison pendant la nuit, pleura sur son sort et se lamenta sur la dureté de son cœur, puis se pendit au pilier du portail. Le lendemain, la jeune fille prit la faute sur elle et pria pour ne pas recevoir de pitié, car elle n’en avait montrée aucune à lui. Les dieux lui prirent la vie et la transformèrent en pierre ; les hommes transportèrent le corps d’Iphis en ville et érigèrent la statue en pierre de la jeune fille au-dessus de sa tombe, avec un épitaphe racontant leur destin. (3515-3684.)
Ainsi, mon fils, le désespoir, comme je le dis, est une chose grave.
Père, je comprends maintenant la nature de la paresse, et je ferai attention.
Livre V.
L’avarice est la racine de tous les conflits entre les hommes. Il veut toujours plus et ne laisse rien partir, et pourtant il n’a jamais assez. Il ne tire aucun profit de ses richesses, pas plus qu’un bœuf de son labour ou une brebis de sa laine : au lieu d’être maître de sa richesse, il en est le serviteur. Agis-tu ainsi en amour, mon fils ?
Non, mon père, car je n’ai jamais été possesseur de rien ; mais je ne peux pas excuser ma volonté ici, car si j’avais ma bien-aimée, je ne la laisserais jamais partir ; et en cela, je suis comme l’homme avare. De plus, bien que je n’aie pas de richesses, j’ai la sollicitude, et je suis comme ce bœuf dont vous avez parlé auparavant. Jugez si c’est de l’avarice.
Mon fils, il n’est pas étonnant que tu sois esclave de l’amour ; mais être esclave de l’or va à l’encontre de la nature et de la raison. (1-140.)
Midas. Bacchus avait un prêtre nommé Cillénus, qui, étant ivre et errant en Phrygie, fut amené enchaîné devant Midas, le roi de cette région.
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Ce roi le traita avec courtoisie, et Bacchus, en récompense, lui ordonna de demander ce qu’il désirait au monde. Il hésita longtemps entre trois choses : le plaisir, le pouvoir et la richesse ; finalement, il demanda que tout ce qu’il toucherait se transforme en or. La faveur lui ayant été accordée, il essaya son pouvoir sur la pierre et sur la feuille, mais lorsqu’il s’assit enfin pour manger, il comprit la folie de l’avarice et pria Bacchus de reprendre son cadeau. Le dieu eut pitié de lui et lui ordonna de se baigner dans le Pacéole ; ainsi, il retrouva son état initial ; mais les pierres du lit du fleuve se transformèrent en or. Il rentra chez lui, abandonna son avidité, et apprit à son peuple à cultiver la terre et à élever du bétail plutôt que de chercher à accumuler de l’or. (141-332.)
Avant que l’or ne soit frappé, la guerre et l’usure étaient inconnues ; mais aujourd’hui, à cause de l’avarice, le monde entier est en désordre. Lorsque tu vois quelqu’un dans le besoin, donne-lui ce que tu as, car la souffrance de Tantale attend ceux qui refusent de donner : ils se tiennent dans une rivière jusqu’au menton sans pouvoir boire, et des fruits pendent juste au-dessus de leurs lèvres sans qu’ils puissent les manger. Ainsi, l’avarice fait toujours désirer davantage, même quand on a déjà assez, et on ne tire aucun profit de ce que l’on possède. Si tu veux être aimé, tu dois faire preuve de générosité et donner par amour ; si tu veux être gracieux, sois généreux toi-même et évite la maladie de l’avarice. Certains hommes ne trouvent pas de repos de peur que leur or ne soit volé, et donc certains amants ne peuvent être en paix à cause de la jalousie. (333-444.)
Qu’est-ce que la jalousie, mon père ?
C’est comme une fièvre, mon fils, qui revient chaque jour. Elle pousse un homme à surveiller sa bien-aimée partout où elle va ; si elle montre le moindre intérêt pour un autre homme, il en fait aussitôt une raison de dispute. Rien de ce qu’elle fait ne peut le satisfaire. S’il quitte la maison, il laisse quelqu’un pour rapporter ses faits et gestes, et trouve des défauts là où il n’y en a pas. La femme mariée à un tel homme peut bien maudire le jour où l’or a été ajouté aux biens matériels. Comme le malade n’a pas d’appétit pour la nourriture, de même l’homme jaloux n’a pas d’appétit pour l’amour ; pourtant, comme l’avaricieux, il est tourmenté par la peur de perdre son trésor. L’amour n’a rien en horreur plus que cette fièvre dont je parle ; pour te montrer à quel point elle est grave, je vais te raconter un exemple. (445-634.)
Vulcain et Vénus. Vulcain, le forgeron, avait pour épouse la belle Vénus, que Mars aimait et qui l’aimait en retour. La jalousie poussa Vulcain à les espionner ; grâce à son artifice, il réussit à les surprendre alors qu’ils étaient ensemble.
Avant que l’or ne soit frappé, la guerre et l’usure étaient inconnues ; mais aujourd’hui, à cause de l’avarice, le monde entier est en désordre. Lorsque tu vois quelqu’un dans le besoin, donne-lui ce que tu as, car la souffrance de Tantale attend ceux qui refusent de donner : ils se tiennent dans une rivière jusqu’au menton sans pouvoir boire, et des fruits pendent juste au-dessus de leurs lèvres sans qu’ils puissent les manger. Ainsi, l’avarice fait toujours désirer davantage, même quand on a déjà assez, et on ne tire aucun profit de ce que l’on possède. Si tu veux être aimé, tu dois faire preuve de générosité et donner par amour ; si tu veux être gracieux, sois généreux toi-même et évite la maladie de l’avarice. Certains hommes ne trouvent pas de repos de peur que leur or ne soit volé, et donc certains amants ne peuvent être en paix à cause de la jalousie. (333-444.)
Qu’est-ce que la jalousie, mon père ?
C’est comme une fièvre, mon fils, qui revient chaque jour. Elle pousse un homme à surveiller sa bien-aimée partout où elle va ; si elle montre le moindre intérêt pour un autre homme, il en fait aussitôt une raison de dispute. Rien de ce qu’elle fait ne peut le satisfaire. S’il quitte la maison, il laisse quelqu’un pour rapporter ses faits et gestes, et trouve des défauts là où il n’y en a pas. La femme mariée à un tel homme peut bien maudire le jour où l’or a été ajouté aux biens matériels. Comme le malade n’a pas d’appétit pour la nourriture, de même l’homme jaloux n’a pas d’appétit pour l’amour ; pourtant, comme l’avaricieux, il est tourmenté par la peur de perdre son trésor. L’amour n’a rien en horreur plus que cette fièvre dont je parle ; pour te montrer à quel point elle est grave, je vais te raconter un exemple. (445-634.)
Vulcain et Vénus. Vulcain, le forgeron, avait pour épouse la belle Vénus, que Mars aimait et qui l’aimait en retour. La jalousie poussa Vulcain à les espionner ; grâce à son artifice, il réussit à les surprendre alors qu’ils étaient ensemble.
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ensemble et liés par des chaînes. Il appela les dieux pour qu’ils voient, mais il ne reçut que des reproches pour ses peines. Ainsi, les maris terrestres peuvent apprendre que, par la jalousie, ils s’attirent la honte. (635-725.)
Ce exemple, mon père, est difficile à comprendre. Comment de telles choses peuvent-elles arriver parmi les dieux, alors qu’il n’y a qu’un seul Dieu qui est le Seigneur de tout ? Comment de tels dieux peuvent-ils avoir leur place ?
Mon fils, de tels dieux sont adorés par les insensés en divers endroits : je te dirai comment. (726-747.)
747-1970. Les religions du monde. Il existait quatre formes de croyance avant la naissance du Christ.
Les Chaldéens vénéraient le Soleil, la Lune et les Étoiles, ainsi que les éléments, qui ne peuvent être des dieux car ils subissent des changements. (747-786.)
Les Égyptiens vénéraient des bêtes, ainsi que trois dieux et une déesse, dont la déesse Isis venait de Grèce et leur enseigna l’agriculture. (787-834.)
Les Grecs divinisaient les hommes qui étaient leurs souverains ou qui devenaient célèbres, comme Saturne, roi de Crète, et Jupiter, son fils — telle était leur folie. Parmi les dieux, ils avaient en outre Mars, Apollon, Mercure, Vulcain, Éole, Neptune, Pan, Bacchus, Esculape, Hercule, Pluton ; et parmi les déesses, Sibylle, Junon, Minerve, Pallas, Cérès, Diane, Proserpine ; il y avait aussi des satyres, des nymphes et des manes — il serait trop long d’en parler tous. (835-1373.)
Oui, père, mais pourquoi n’avez-vous rien dit du dieu et de la déesse de l’amour ?
Je l’ai laissé de côté par honte, mon fils, car je suis leur prêtre, mais puisque tu le désires, je te le dirai. Vénus était la fille de Saturne, et ce fut elle qui enseigna pour la première fois que l’amour devait être partagé. Elle eut des enfants tant avec des dieux qu’avec des hommes : elle coucha avec son frère Jupiter et son fils Cupidon, et ce fut elle qui conseilla aux femmes de vendre leur corps. C’est pourquoi on l’appela la déesse de l’amour et son fils le dieu. (1374-1443.)
Les Grecs invoquaient un dieu pour obtenir de l’aide dans tout ce qu’ils entreprenaient. Dindimus, roi des Brahmanes, écrivit à Alexandre, critiquant la foi grecque, en disant qu’ils avaient un dieu pour chaque partie de leur corps : Minerve pour la tête, Mercure pour la langue, et ainsi de suite. (1444-1496.)
Ce exemple, mon père, est difficile à comprendre. Comment de telles choses peuvent-elles arriver parmi les dieux, alors qu’il n’y a qu’un seul Dieu qui est le Seigneur de tout ? Comment de tels dieux peuvent-ils avoir leur place ?
Mon fils, de tels dieux sont adorés par les insensés en divers endroits : je te dirai comment. (726-747.)
747-1970. Les religions du monde. Il existait quatre formes de croyance avant la naissance du Christ.
Les Chaldéens vénéraient le Soleil, la Lune et les Étoiles, ainsi que les éléments, qui ne peuvent être des dieux car ils subissent des changements. (747-786.)
Les Égyptiens vénéraient des bêtes, ainsi que trois dieux et une déesse, dont la déesse Isis venait de Grèce et leur enseigna l’agriculture. (787-834.)
Les Grecs divinisaient les hommes qui étaient leurs souverains ou qui devenaient célèbres, comme Saturne, roi de Crète, et Jupiter, son fils — telle était leur folie. Parmi les dieux, ils avaient en outre Mars, Apollon, Mercure, Vulcain, Éole, Neptune, Pan, Bacchus, Esculape, Hercule, Pluton ; et parmi les déesses, Sibylle, Junon, Minerve, Pallas, Cérès, Diane, Proserpine ; il y avait aussi des satyres, des nymphes et des manes — il serait trop long d’en parler tous. (835-1373.)
Oui, père, mais pourquoi n’avez-vous rien dit du dieu et de la déesse de l’amour ?
Je l’ai laissé de côté par honte, mon fils, car je suis leur prêtre, mais puisque tu le désires, je te le dirai. Vénus était la fille de Saturne, et ce fut elle qui enseigna pour la première fois que l’amour devait être partagé. Elle eut des enfants tant avec des dieux qu’avec des hommes : elle coucha avec son frère Jupiter et son fils Cupidon, et ce fut elle qui conseilla aux femmes de vendre leur corps. C’est pourquoi on l’appela la déesse de l’amour et son fils le dieu. (1374-1443.)
Les Grecs invoquaient un dieu pour obtenir de l’aide dans tout ce qu’ils entreprenaient. Dindimus, roi des Brahmanes, écrivit à Alexandre, critiquant la foi grecque, en disant qu’ils avaient un dieu pour chaque partie de leur corps : Minerve pour la tête, Mercure pour la langue, et ainsi de suite. (1444-1496.)
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Le culte des idoles est apparu d’abord grâce à Cyrophane, qui fit ériger une image de son fils ; ensuite, Ninus fit fabriquer une statue de son père Belus, qu’il fit vénérer. Ensuite vint la statue d’Apis ou de Sérapis, qui parla à Alexandre dans la grotte, lorsqu’il y arriva avec Candalus. (1497-1590.) Ainsi se sont développées les croyances fausses de la Grèce, de l’Égypte et des Chaldéens. Puis, comme le dit le livre, Dieu choisit un peuple pour lui. Abraham enseigna à sa descendance de ne vénérer que le seul vrai Dieu ; et après qu’ils se furent multipliés en Égypte, Dieu les délivra miraculeusement par Moïse et les fit entrer dans la terre promise. Mais lorsque Christ naquit, ils échouèrent et s’éloignèrent de Dieu ; ils vivent donc maintenant sans sa grâce, dispersés dans divers pays. (1591-1736.) Dieu envoya son Fils du ciel pour réparer ce que nous avons perdu à cause d’Adam : ainsi, le péché originel fut la cause de la perte finale de l’humanité. Ce n’est que par cette foi que nous pouvons atteindre à nouveau le Paradis, mais la foi seule ne suffit pas sans bonnes actions. Ne vous laissez donc pas tromper par le lollinisme, qui met en doute la vraie foi en Christ. (1737-1824.) Christ agit d’abord, puis il enseigne ; ses paroles expliquent donc ses actes. Mais de nos jours, nous n’avons que des paroles. Nos prélats sont comme ce prêtre qui détourna les yeux et laissa Anthenor voler le Palladium de Troie. Christ est mort pour la foi, mais eux disent que la vie est douce, et ils ne suivent que leur propre confort. C’est pourquoi le navire de Pierre est presque perdu dans les vagues, et des chardons sont semés parmi le blé. Grégoire se plaint de la paresse du clergé et se demande comment nous pourrons nous présenter aux côtés des Apôtres au jour du Jugement. Nous serons comme cet homme qui cacha la bourse de son maître et n’en obtint aucun profit. Nous sommes lents dans notre travail spirituel, mais rapides vers l’avarice, qui, comme le dit l’apôtre, est de l’idolâtrie. Mon père, à cause de ce que vous avez dit, je ferai plus attention ; mais dites-moi maintenant les formes de l’avarice, tant en amour qu’en tout autre domaine. (1825-1970.) 1971-2858. La convoitise. L’avarice a de nombreux serviteurs, et l’un d’eux est la convoitise, qui en est le principal fournisseur et tire profit partout où elle se trouve. Elle est comme le brochet qui dévore les petits poissons : pour elle, la force est toujours juste. Je vais te raconter l’histoire du châtiment de ce vice. (1971-2030.) Le miroir de Virgile. Virgile fit fabriquer à Rome un miroir dans lequel on pouvait voir les mouvements de tous les ennemis dans un rayon de trente milles. Ceux de Carthage étaient en guerre…
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avec Rome, et ils consultèrent le roi de Puile pour savoir comment détruire ce miroir. Crassus, l’empereur romain, était avant tout avide. Ils envoyèrent donc trois philosophes à Rome avec un grand trésor en or, qu’ils enterrèrent secrètement en deux endroits. Ces hommes affirmèrent à l’empereur qu’à travers des rêves ils pouvaient découvrir d’anciens trésors d’or, et l’un après l’autre, ces trésors enfouis furent trouvés. Alors le troisième maître annonça un trésor encore plus grand, qui pourrait être trouvé en creusant sous le miroir magique. Pendant qu’ils creusaient, ils minèrent les supports du miroir avec du bois, et une nuit donnée, ces trois hommes mirent le feu au bois et s’enfuirent hors de la ville. Ainsi le miroir tomba et fut détruit, et Hannibal tua tant de Romains en une seule journée qu’il remplit trois mesures de leurs bagues en or. Les Romains punirent leur empereur en versant de l’or fondu dans sa gorge, afin que sa soif d’or fût étanchée. (2031-2224.)
L’avidité chez un roi ou parmi ses courtisans est une mauvaise chose, mon fils ; mais celui qui désire le plus obtient souvent le moins, et la Fortune joue un grand rôle aussi bien à la cour qu’ailleurs. (2225-2272.)
Les Deux Coffres. Un roi apprit que ses courtisans se plaignaient de récompenses inégales pour leurs services. Il décida de leur montrer que la faute n’était pas la sienne, et il fit fabriquer deux coffres identiques en tous points : l’un il le remplit d’or et de bijoux, et l’autre de paille et de pierres. Il fit venir devant lui ceux qui s’étaient plaints et leur demanda de choisir. Ils choisirent le coffre sans valeur, et il leur prouva ainsi que si ils ne progressaient pas, c’était uniquement leur propre malchance qui en était responsable. (2273-2390.)
C’est ainsi l’histoire des Deux Mendiants que l’empereur Frédéric entendit se disputer au sujet des richesses, et pour qui il prépara deux pâtés, l’un contenant un capon et l’autre rempli de florins. (2391-2441.)
Ainsi en va-t-il souvent de l’amour : même si tu désires ardemment, tu n’obtiendras pas plus que ce que la Fortune t’a attribué. Pourtant, il y a ceux qui convoitent chaque femme qu’ils voient, trouvant quelque chose à leur goût en chacune. Ils ne peuvent juger en matière d’amour pas plus qu’un aveugle ne peut juger des couleurs.
Mon père, je préférerais être aussi pauvre que Job plutôt que de convoiter de cette manière. Il y a une seule personne que je voudrais, et rien de plus. (2442-2513.)
Il y a aussi ceux qui choisissent une femme non pas pour son visage ni pour sa vertu, mais seulement pour sa richesse.
L’avidité chez un roi ou parmi ses courtisans est une mauvaise chose, mon fils ; mais celui qui désire le plus obtient souvent le moins, et la Fortune joue un grand rôle aussi bien à la cour qu’ailleurs. (2225-2272.)
Les Deux Coffres. Un roi apprit que ses courtisans se plaignaient de récompenses inégales pour leurs services. Il décida de leur montrer que la faute n’était pas la sienne, et il fit fabriquer deux coffres identiques en tous points : l’un il le remplit d’or et de bijoux, et l’autre de paille et de pierres. Il fit venir devant lui ceux qui s’étaient plaints et leur demanda de choisir. Ils choisirent le coffre sans valeur, et il leur prouva ainsi que si ils ne progressaient pas, c’était uniquement leur propre malchance qui en était responsable. (2273-2390.)
C’est ainsi l’histoire des Deux Mendiants que l’empereur Frédéric entendit se disputer au sujet des richesses, et pour qui il prépara deux pâtés, l’un contenant un capon et l’autre rempli de florins. (2391-2441.)
Ainsi en va-t-il souvent de l’amour : même si tu désires ardemment, tu n’obtiendras pas plus que ce que la Fortune t’a attribué. Pourtant, il y a ceux qui convoitent chaque femme qu’ils voient, trouvant quelque chose à leur goût en chacune. Ils ne peuvent juger en matière d’amour pas plus qu’un aveugle ne peut juger des couleurs.
Mon père, je préférerais être aussi pauvre que Job plutôt que de convoiter de cette manière. Il y a une seule personne que je voudrais, et rien de plus. (2442-2513.)
Il y a aussi ceux qui choisissent une femme non pas pour son visage ni pour sa vertu, mais seulement pour sa richesse.
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Je ne suis pas ainsi, père. Je ne pourrais pas aimer ma dame davantage que je ne le fais déjà, même si elle était aussi riche que Candace ou Pantasilea ; et je pense qu’aucun homme n’est assez avide pour ne pas désirer posséder sa dame plus que de l’or. Pour celui qui connaît ce qu’est l’amour, ma dame semble posséder toutes les grâces de la nature, et elle est en outre le miroir et l’exemple de la bonté. Il vaut mieux l’aimer que d’aimer quelqu’un qui possède un million d’or. Je ne dis pas qu’elle soit pauvre, car elle a suffisamment de biens matériels ; cependant, mon cœur n’a jamais été attiré vers elle que par amour pur.
C’est bien, mon fils, car aucun autre amour ne durera. Écoute maintenant un exemple de la manière dont l’avidité a pris le dessus sur l’amour. (2514-2642.)
Le roi et la femme de son intendant. Il y avait un roi de Puile, que ses médecins conseillèrent d’avoir une jeune femme belle dans son lit ; il ordonna donc à son intendant de s’en occuper. L’intendant avait une femme qu’il avait épousée pour l’argent et non par amour, et il mit son avidité avant son honneur. Ayant reçu cent livres du roi pour lui trouver cette femme, il amena de nuit sa propre femme, contre sa volonté. Avant le matin, il revint pour vouloir l’emmener, mais le roi refusa de la laisser partir ; finalement, l’intendant fut contraint de révéler qui elle était. Le roi le menaça de mort s’il restait un jour de plus dans le pays, puis il prit la femme pour épouse. (2643-2825.)
Fais attention, mon fils, à cela, car c’est un grand mal lorsque le mariage est conclu pour de l’argent.
Père, c’est bien ce que je pense, mais parfois la richesse peut aider à aimer. Demandez-moi encore des choses, s’il y en a d’autres. (2826-2858.)
2859-4382. Témoignage faux et parjure. L’avidité a deux conseillers : le témoignage faux et le parjure, qui permettent à leur maître de gagner de l’argent en mentant. Ainsi, les amants jurent souvent fidélité à une femme, mais tout cela n’est que trahison.
Je ne suis pas l’un d’eux, père : mes pensées sont en accord avec mes paroles. Je peux jurer sans crainte que j’aime ma dame, et si d’autres hommes en témoignaient pour moi, il n’y aurait pas de faux serment.
Mon fils, je vais te raconter une histoire pour montrer que le témoignage faux finit toujours par être découvert. (2859-2960.)
Achille et Déidamie. Thétis, afin que son fils Achille ne parte pas pour Troie, le déguisa en fille et le fit vivre auprès des filles…
C’est bien, mon fils, car aucun autre amour ne durera. Écoute maintenant un exemple de la manière dont l’avidité a pris le dessus sur l’amour. (2514-2642.)
Le roi et la femme de son intendant. Il y avait un roi de Puile, que ses médecins conseillèrent d’avoir une jeune femme belle dans son lit ; il ordonna donc à son intendant de s’en occuper. L’intendant avait une femme qu’il avait épousée pour l’argent et non par amour, et il mit son avidité avant son honneur. Ayant reçu cent livres du roi pour lui trouver cette femme, il amena de nuit sa propre femme, contre sa volonté. Avant le matin, il revint pour vouloir l’emmener, mais le roi refusa de la laisser partir ; finalement, l’intendant fut contraint de révéler qui elle était. Le roi le menaça de mort s’il restait un jour de plus dans le pays, puis il prit la femme pour épouse. (2643-2825.)
Fais attention, mon fils, à cela, car c’est un grand mal lorsque le mariage est conclu pour de l’argent.
Père, c’est bien ce que je pense, mais parfois la richesse peut aider à aimer. Demandez-moi encore des choses, s’il y en a d’autres. (2826-2858.)
2859-4382. Témoignage faux et parjure. L’avidité a deux conseillers : le témoignage faux et le parjure, qui permettent à leur maître de gagner de l’argent en mentant. Ainsi, les amants jurent souvent fidélité à une femme, mais tout cela n’est que trahison.
Je ne suis pas l’un d’eux, père : mes pensées sont en accord avec mes paroles. Je peux jurer sans crainte que j’aime ma dame, et si d’autres hommes en témoignaient pour moi, il n’y aurait pas de faux serment.
Mon fils, je vais te raconter une histoire pour montrer que le témoignage faux finit toujours par être découvert. (2859-2960.)
Achille et Déidamie. Thétis, afin que son fils Achille ne parte pas pour Troie, le déguisa en fille et le fit vivre auprès des filles…
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du roi Lichomède. Là, il devint le compagnon de lit de Déidamie, et c’est ainsi qu’elle perdit sa virginité. Pendant ce temps, les Grecs attaquaient Troie en vain, et on leur dit par la divination que, à moins d’avoir Achille, leur guerre serait sans fin. Ulysse fut donc envoyé avec Diomède pour le ramener ; mais arrivé dans le royaume de Lichomède, il ne put distinguer Achille des autres. Alors il sortit les cadeaux qu’il avait apportés pour les femmes, parmi lesquels un harnais de chevalier brillamment poli. Achille laissa tout le reste et choisit celui-ci ; puis il apparut devant eux armé de cet harnais. Il était très heureux, mais pas Lichomède, qui s’était fait ainsi tromper. Ainsi apparut la trahison du faux témoin ; et si Thétis, qui était une déesse, put ainsi tromper Déidamie, quelle sécurité ont les femmes contre le mensonge des amants ? (2961-3218.)
Mon père, raconte-moi une histoire sur le parjure.
Je te raconterai, mon fils, ce que Jason fit à Médée, tel que cela est écrit dans le livre de Troie. (3219-3246.)
Jason et Médée. Jason était le neveu du roi Pélée ; désirant vivre des aventures et voir des pays étrangers, il prit avec lui un groupe de chevaliers, parmi lesquels Héraclès, et navigua vers l’île du Colchide pour obtenir la toison d’or. En chemin, ils firent escale à Troie, où le roi Lamédon les traita avec mépris ; puis ils arrivèrent au Colchide. Éétès, qui était le roi là-bas, tenta de convaincre Jason d’abandonner son aventure, mais sans succès. Alors la princesse Médée l’accueillit chaleureusement. Émue par son amour pour lui, elle lui offrit son aide pour obtenir la toison ; il lui fit serment d’amour et jura de ne jamais se séparer d’elle. Elle lui apprit ce qu’il devait faire, lui donna une bague magique et une pommade, et lui indiqua aussi quels charmes et prières utiliser afin de tuer le serpent qui gardait la toison, de harnacher les taureaux cracheurs de feu au soc de la charrue, de semer les dents du serpent et de tuer les chevaliers qui surgiraient.
Il prit congé d’elle, traversa les eaux en bateau et fit ce que Médée lui avait ordonné. De retour avec la toison, il fut accueilli par Médée et les autres ; cette nuit-là, il emmena Médée et son trésor à bord de son navire, et ils partirent pour la Grèce. Il était inutile de les poursuivre : ils étaient partis.
Mon père, raconte-moi une histoire sur le parjure.
Je te raconterai, mon fils, ce que Jason fit à Médée, tel que cela est écrit dans le livre de Troie. (3219-3246.)
Jason et Médée. Jason était le neveu du roi Pélée ; désirant vivre des aventures et voir des pays étrangers, il prit avec lui un groupe de chevaliers, parmi lesquels Héraclès, et navigua vers l’île du Colchide pour obtenir la toison d’or. En chemin, ils firent escale à Troie, où le roi Lamédon les traita avec mépris ; puis ils arrivèrent au Colchide. Éétès, qui était le roi là-bas, tenta de convaincre Jason d’abandonner son aventure, mais sans succès. Alors la princesse Médée l’accueillit chaleureusement. Émue par son amour pour lui, elle lui offrit son aide pour obtenir la toison ; il lui fit serment d’amour et jura de ne jamais se séparer d’elle. Elle lui apprit ce qu’il devait faire, lui donna une bague magique et une pommade, et lui indiqua aussi quels charmes et prières utiliser afin de tuer le serpent qui gardait la toison, de harnacher les taureaux cracheurs de feu au soc de la charrue, de semer les dents du serpent et de tuer les chevaliers qui surgiraient.
Il prit congé d’elle, traversa les eaux en bateau et fit ce que Médée lui avait ordonné. De retour avec la toison, il fut accueilli par Médée et les autres ; cette nuit-là, il emmena Médée et son trésor à bord de son navire, et ils partirent pour la Grèce. Il était inutile de les poursuivre : ils étaient partis.
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Lorsqu’ils arrivèrent en Grèce, tous les accueillirent avec joie, et ces amants vécurent ensemble jusqu’à ce qu’ils aient deux fils. Médée, par ses charmes, raviva la jeunesse d’Éson, père de Jason, et le ramena à l’apparence d’un jeune homme de vingt ans. Aucune femme n’aurait pu montrer plus d’amour pour un homme que celle-ci en avait pour Jason ; et pourtant, lorsqu’il porta la couronne après la mort de son oncle Pélée, il brisa le serment qu’il avait prêté et prit pour épouse Créuse, fille du roi Créon. Médée lui envoya en cadeau un manteau d’où jaillit du feu qui la consuma ; puis, en présence de Jason, elle tua ses deux fils, et s’en alla au palais de Pallas, là-haut, avant même qu’il ne puisse tirer son épée pour la tuer. Ainsi tu peux voir quelle tristesse apporte de prêter un serment d’amour qui n’est pas sincère. (3247-4229.)
J’ai déjà entendu parler de la manière dont Jason obtint la toison, mais dis-moi maintenant qui a été le premier à amener cette toison au Colchide.
Phrixus et Hélène. Le roi Athamas eut de sa première femme deux enfants, Phrixus et Hélène ; mais sa seconde femme, Yno, les haïssait et conçut un stratagème contre eux. Elle sema la terre de blé mouillé ; et comme il n’y eut aucune récolte, elle fit dire aux prêtres de Cérès que la terre devait être débarrassée de ces enfants. La reine ordonna que les enfants soient jetés à la mer ; mais Junon les sauva et fournit une brebis à la toison dorée, qui nagea avec eux à travers les vagues. Hélène, par peur, tomba de son dos et fut perdue, mais son frère fut transporté sur l’île du Colchide, où la toison fut déposée, ce qui fut la raison pour laquelle Jason fut si trahi.
Mon père, celui qui brise ainsi sa promesse ne mérite ni d’aimer ni d’être aimé. (4230-4382.)
4383-4670. L’usure. Un autre des fruits de l’avarice est l’usure, dont les intermédiaires courent partout comme des chiens, à la recherche du profit. Il utilise des poids et mesures inégaux, et il exige en retour une once pour un grain qu’il a prêté. Ainsi, il y a beaucoup d’amoureux qui, bien que l’amour qu’ils donnent ne pèse guère rien, demandent pourtant une livre en retour ; et souvent, avec l’aide de leurs intermédiaires, ils achètent l’amour pour peu.
Mon père, je ne suis pas coupable de cela. Ce que je donne dépasse de loin ce que j’obtiens en retour. L’usure veut le double, mais moi, je me contenterais de la moitié. Si ma dame ne me récompense pas davantage, je ne pourrai jamais récupérer mes frais. De plus, je n’ai jamais utilisé d’intermédiaires en amour. Mais la pensée est libre, mon père, et il me semble que ma dame elle-même ne peut être excusée de ce que vous appelez usure. Car
J’ai déjà entendu parler de la manière dont Jason obtint la toison, mais dis-moi maintenant qui a été le premier à amener cette toison au Colchide.
Phrixus et Hélène. Le roi Athamas eut de sa première femme deux enfants, Phrixus et Hélène ; mais sa seconde femme, Yno, les haïssait et conçut un stratagème contre eux. Elle sema la terre de blé mouillé ; et comme il n’y eut aucune récolte, elle fit dire aux prêtres de Cérès que la terre devait être débarrassée de ces enfants. La reine ordonna que les enfants soient jetés à la mer ; mais Junon les sauva et fournit une brebis à la toison dorée, qui nagea avec eux à travers les vagues. Hélène, par peur, tomba de son dos et fut perdue, mais son frère fut transporté sur l’île du Colchide, où la toison fut déposée, ce qui fut la raison pour laquelle Jason fut si trahi.
Mon père, celui qui brise ainsi sa promesse ne mérite ni d’aimer ni d’être aimé. (4230-4382.)
4383-4670. L’usure. Un autre des fruits de l’avarice est l’usure, dont les intermédiaires courent partout comme des chiens, à la recherche du profit. Il utilise des poids et mesures inégaux, et il exige en retour une once pour un grain qu’il a prêté. Ainsi, il y a beaucoup d’amoureux qui, bien que l’amour qu’ils donnent ne pèse guère rien, demandent pourtant une livre en retour ; et souvent, avec l’aide de leurs intermédiaires, ils achètent l’amour pour peu.
Mon père, je ne suis pas coupable de cela. Ce que je donne dépasse de loin ce que j’obtiens en retour. L’usure veut le double, mais moi, je me contenterais de la moitié. Si ma dame ne me récompense pas davantage, je ne pourrai jamais récupérer mes frais. De plus, je n’ai jamais utilisé d’intermédiaires en amour. Mais la pensée est libre, mon père, et il me semble que ma dame elle-même ne peut être excusée de ce que vous appelez usure. Car
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Un seul regard de ses yeux, et j’ai tout mon cœur ; elle ne me rendra plus rien. Elle a tout mon amour, et moi je pars sans amour : elle ne dit même pas « Merci ». Moi, je peux me suffire à moi-même, et si c’est sa faute, je prie Dieu de lui donner la grâce de se corriger.
Mon fils, tu parles mal en accusant ta dame. Peut-être est-elle telle que son seul regard vaut mille fois ton cœur. De plus, en amour, l’équilibre n’est pas égal : bien que ton amour pèse plus lourd, tu ne dois pas exiger de retour comme une dette due ; car l’Amour est maître et agit selon sa propre volonté. Sois patient, et peut-être tout pourra tourner au mieux. Je suis très content que tu n’aies pas utilisé de ruses pour tromper en amour. (4383-4572.)
Écho. Les intermédiaires en amour reçoivent finalement ce qu’ils méritent.
Junon avait Écho parmi ses servantes, et celle-ci s’était entendue avec Jupiter pour lui trouver de nouvelles amoureuses et pour aveugler les yeux de sa maîtresse. Lorsque Junon le comprit, elle la réprimanda et se vengea en l’envoyant vivre dans les bois et les collines, où elle devait répéter sans cesse les sons des voix qu’elle entendait. (4573-4652.)
Si un jour tu te maries, mon fils, n’utilise jamais de telles méthodes.
4671-4884. L’avare ou la parcimonie. Il y a aussi celui que l’Avarice emploie comme gardien de sa maison, et son nom est la Parcimonie. Il est plus facile de fendre du silex que d’obtenir de lui ne serait-ce que la valeur d’un brin d’herbe pour aider autrui. Qu’en est-il de toi, mon fils ? As-tu été avare ou généreux envers ton amour ?
Mon père, si j’avais tous les trésors de Crésus ou l’or d’Octavien, je les donnerais tous à elle, si je le pouvais. Mais en réalité, je ne lui ai jamais donné de cadeau, car elle ne veut rien accepter de moi, de peur que j’aie ne serait-ce qu’un petit espoir. Pourtant, elle prend chez les autres et donne en retour, si bien que tout le monde parle bien d’elle. Quant à moi, elle sait que mon cœur et tout ce que j’ai sont à sa disposition, et le resteront tant que je vivrai. (4671-4780.)
Babio et Croceus. La parcimonie ne va pas avec l’amour, et souvent un homme perd son manteau pour son capuchon. Avec des cadeaux, un homme peut accomplir beaucoup de choses, et la gratitude maintient l’amour au sein du foyer. Babio avait une amoureuse nommée Viola, qui était à la fois belle et généreuse ; mais il était avare, et elle fut mal traitée. Croceus, généreux et amoureux, apparut sur son chemin, et elle quitta Babio sans amour. (4781-4862.)
Mon père, s’il y a quelque chose de faux de ma part envers mon amour en cette affaire, je le corrigerai.
Mon fils, tu parles mal en accusant ta dame. Peut-être est-elle telle que son seul regard vaut mille fois ton cœur. De plus, en amour, l’équilibre n’est pas égal : bien que ton amour pèse plus lourd, tu ne dois pas exiger de retour comme une dette due ; car l’Amour est maître et agit selon sa propre volonté. Sois patient, et peut-être tout pourra tourner au mieux. Je suis très content que tu n’aies pas utilisé de ruses pour tromper en amour. (4383-4572.)
Écho. Les intermédiaires en amour reçoivent finalement ce qu’ils méritent.
Junon avait Écho parmi ses servantes, et celle-ci s’était entendue avec Jupiter pour lui trouver de nouvelles amoureuses et pour aveugler les yeux de sa maîtresse. Lorsque Junon le comprit, elle la réprimanda et se vengea en l’envoyant vivre dans les bois et les collines, où elle devait répéter sans cesse les sons des voix qu’elle entendait. (4573-4652.)
Si un jour tu te maries, mon fils, n’utilise jamais de telles méthodes.
4671-4884. L’avare ou la parcimonie. Il y a aussi celui que l’Avarice emploie comme gardien de sa maison, et son nom est la Parcimonie. Il est plus facile de fendre du silex que d’obtenir de lui ne serait-ce que la valeur d’un brin d’herbe pour aider autrui. Qu’en est-il de toi, mon fils ? As-tu été avare ou généreux envers ton amour ?
Mon père, si j’avais tous les trésors de Crésus ou l’or d’Octavien, je les donnerais tous à elle, si je le pouvais. Mais en réalité, je ne lui ai jamais donné de cadeau, car elle ne veut rien accepter de moi, de peur que j’aie ne serait-ce qu’un petit espoir. Pourtant, elle prend chez les autres et donne en retour, si bien que tout le monde parle bien d’elle. Quant à moi, elle sait que mon cœur et tout ce que j’ai sont à sa disposition, et le resteront tant que je vivrai. (4671-4780.)
Babio et Croceus. La parcimonie ne va pas avec l’amour, et souvent un homme perd son manteau pour son capuchon. Avec des cadeaux, un homme peut accomplir beaucoup de choses, et la gratitude maintient l’amour au sein du foyer. Babio avait une amoureuse nommée Viola, qui était à la fois belle et généreuse ; mais il était avare, et elle fut mal traitée. Croceus, généreux et amoureux, apparut sur son chemin, et elle quitta Babio sans amour. (4781-4862.)
Mon père, s’il y a quelque chose de faux de ma part envers mon amour en cette affaire, je le corrigerai.
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Tu dis bien, et je vais passer à autre chose. (4863-4884.)
4885-5504. Ingratitude ou méchanceté. C’est un vice qui ne récompense aucun service ; celui qui a reçu beaucoup refuse de donner ne serait-ce qu’un grain en retour. Dieu et la Nature condamnent tous deux ce vice, et même une bête aime celle qui lui montre de la gentillesse, comme le montrera cet exemple. (4885-4936.)
Adrien et Bardus. Adrien, un grand seigneur de Rome, tomba dans un piège alors qu’il chassait dans une forêt. Il appela à l’aide toute la journée, mais personne ne l’entendit jusqu’au soir, moment où un bûcheron nommé Bardus passa par là avec son âne et entendit Adrien promettre de donner la moitié de ses biens à celui qui l’aiderait. Il descendit une corde, et d’abord un singe, puis un serpent furent hissés à l’aide de cette corde. Bardus fut terrifié, mais la voix continuait d’appeler à l’aide, et finalement Adrien put être tiré hors du piège. Ce seigneur partit aussitôt sans remercier, menaçant Bardus de vengeance s’il osait réclamer sa promesse. Le pauvre homme rentra chez lui, n’osant plus parler ; le lendemain, lorsqu’il alla chercher du bois, il trouva que le singe avait rendu la pareille en rassemblant pour lui une grande quantité de bâtons, et il continua ainsi jour après jour ; quant au serpent, il lui apportait dans sa bouche une pierre précieuse. Adrien vendit cette pierre à un joaillier, puis la retrouva ensuite dans son portefeuille ; chaque fois qu’il la vendait, la même chose se produisait. Finalement, cela devint connu, et l’empereur en entendit parler. Il fit venir Bardus devant lui, écouta son récit et décida qu’Adrien devait tenir sa promesse. (4937-5162.)
Fuis ce vice, mon fils, car de nombreux amants se montrent ainsi méchants. Hélas, père, qu’il existe des hommes capables, ayant obtenu ce qu’ils voulaient de l’amour, de devenir perfides ! Quant à moi, je n’ose pas dire que ma dame soit coupable de cette méchanceté, mais moi, je suis innocent. Tu ne dois pas te plaindre de ta dame, mon fils. Peut-être ton désir n’est-il pas celui qu’elle puisse honnêtement satisfaire. C’est bon que tu ne sois pas coupable de méchanceté ; je vais te raconter une histoire pour t’encourager à rester sur cette voie. (5163-5230.)
Thésée et Ariane. Minos, roi de Crète, étant en guerre avec les Athéniens, les obligea à envoyer chaque année neuf hommes en tribut, que le Minotaure devait dévorer. Le sort tomba finalement sur Thésée, fils du roi d’Athènes, qui partit donc avec les autres pour Crète. Ariane, fille de
4885-5504. Ingratitude ou méchanceté. C’est un vice qui ne récompense aucun service ; celui qui a reçu beaucoup refuse de donner ne serait-ce qu’un grain en retour. Dieu et la Nature condamnent tous deux ce vice, et même une bête aime celle qui lui montre de la gentillesse, comme le montrera cet exemple. (4885-4936.)
Adrien et Bardus. Adrien, un grand seigneur de Rome, tomba dans un piège alors qu’il chassait dans une forêt. Il appela à l’aide toute la journée, mais personne ne l’entendit jusqu’au soir, moment où un bûcheron nommé Bardus passa par là avec son âne et entendit Adrien promettre de donner la moitié de ses biens à celui qui l’aiderait. Il descendit une corde, et d’abord un singe, puis un serpent furent hissés à l’aide de cette corde. Bardus fut terrifié, mais la voix continuait d’appeler à l’aide, et finalement Adrien put être tiré hors du piège. Ce seigneur partit aussitôt sans remercier, menaçant Bardus de vengeance s’il osait réclamer sa promesse. Le pauvre homme rentra chez lui, n’osant plus parler ; le lendemain, lorsqu’il alla chercher du bois, il trouva que le singe avait rendu la pareille en rassemblant pour lui une grande quantité de bâtons, et il continua ainsi jour après jour ; quant au serpent, il lui apportait dans sa bouche une pierre précieuse. Adrien vendit cette pierre à un joaillier, puis la retrouva ensuite dans son portefeuille ; chaque fois qu’il la vendait, la même chose se produisait. Finalement, cela devint connu, et l’empereur en entendit parler. Il fit venir Bardus devant lui, écouta son récit et décida qu’Adrien devait tenir sa promesse. (4937-5162.)
Fuis ce vice, mon fils, car de nombreux amants se montrent ainsi méchants. Hélas, père, qu’il existe des hommes capables, ayant obtenu ce qu’ils voulaient de l’amour, de devenir perfides ! Quant à moi, je n’ose pas dire que ma dame soit coupable de cette méchanceté, mais moi, je suis innocent. Tu ne dois pas te plaindre de ta dame, mon fils. Peut-être ton désir n’est-il pas celui qu’elle puisse honnêtement satisfaire. C’est bon que tu ne sois pas coupable de méchanceté ; je vais te raconter une histoire pour t’encourager à rester sur cette voie. (5163-5230.)
Thésée et Ariane. Minos, roi de Crète, étant en guerre avec les Athéniens, les obligea à envoyer chaque année neuf hommes en tribut, que le Minotaure devait dévorer. Le sort tomba finalement sur Thésée, fils du roi d’Athènes, qui partit donc avec les autres pour Crète. Ariane, fille de
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Minos l’aimait, et elle lui donna de l’aide pour tuer le monstre. Alors il l’emmena avec lui en bateau, et sa sœur Phédra les accompagna. Ils firent halte sur l’île de Chios, et là il laissa Adrienne endormie, puis partit avec Phédra. Ainsi, par son ingratitude et sa fausseté, il brisa la loi de l’amour, et le mal en résulta par la suite. (5231-5495.)
5505-6074. Ravin. Le ravin, dont le métier est l’extorsion, s’empare des biens d’autres hommes sans droit ni paiement. Il en va de même pour les amants qui veulent s’emparer par la force. (5505-5550.)
Tééeus. Pandion, roi d’Athènes, avait deux filles, Progne et Philomène. Progne était mariée à Tééeus, roi de Thrace ; désirant revoir sa sœur, elle envoya Tééeus à Athènes pour la ramener. De retour avec Philomène, il la viola, puis, fou de colère à cause de ses reproches, lui coupa la langue afin qu’elle ne puisse plus parler. Il la fit ensuite enfermer en prison, et rentrant chez lui auprès de sa femme, il lui dit que sa sœur était morte. Philomène, dans sa prison, pria pour être délivrée ; finalement, en tissant son histoire en lettres et en images sur un morceau de soie, elle l’envoya par un messager secret à Progne. Progne libéra sa sœur, et ensemble elles conçurent un plan de vengeance, en priant Vénus, Cupidon et Apollon. Progne tua le fils qu’elle avait eu de Tééeus et lui servit sa chair en guise de viande ; quand il voulut poursuivre les sœurs pour se venger, les dieux transformèrent tous les trois : Philomène en rossignol, qui gémit sans cesse pour sa virginité perdue ; Progne en hirondelle, qui chante autour des maisons et avertit les épouses de la fausseté de leurs maris ; et Tééeus en alouette, le plus menteur des oiseaux, avec une crête sur la tête en signe qu’il était chevalier. (5551-6047.)
Père, je préférerais être écrasée à mort par des chevaux sauvages ou déchirée en morceaux, plutôt que de commettre une telle chose contre la loi de l’amour. (6048-6074.)
6075-6492. Vol. Le vice du vol tire sa subsistance de ce qu’il peut prendre sur les routes, dans les forêts et dans les champs. Il en va de même pour les amants qui, s’ils trouvent une femme en un endroit isolé, s’emparent d’une partie de ses biens, peu importe qui elle est ; et l’épouse qui reste chez elle en attendant le retour de son mari de la chasse n’apprendra rien à ce sujet de sa part, mais seulement comment ses chiens ont couru ou comment ses faucons ont volé. (6075-6144.)
Nptune et Cornix. Cornix était une servante de Pallas ; alors qu’elle se rendait sur la rive, Neptune voulut la priver du trésor qu’elle
5505-6074. Ravin. Le ravin, dont le métier est l’extorsion, s’empare des biens d’autres hommes sans droit ni paiement. Il en va de même pour les amants qui veulent s’emparer par la force. (5505-5550.)
Tééeus. Pandion, roi d’Athènes, avait deux filles, Progne et Philomène. Progne était mariée à Tééeus, roi de Thrace ; désirant revoir sa sœur, elle envoya Tééeus à Athènes pour la ramener. De retour avec Philomène, il la viola, puis, fou de colère à cause de ses reproches, lui coupa la langue afin qu’elle ne puisse plus parler. Il la fit ensuite enfermer en prison, et rentrant chez lui auprès de sa femme, il lui dit que sa sœur était morte. Philomène, dans sa prison, pria pour être délivrée ; finalement, en tissant son histoire en lettres et en images sur un morceau de soie, elle l’envoya par un messager secret à Progne. Progne libéra sa sœur, et ensemble elles conçurent un plan de vengeance, en priant Vénus, Cupidon et Apollon. Progne tua le fils qu’elle avait eu de Tééeus et lui servit sa chair en guise de viande ; quand il voulut poursuivre les sœurs pour se venger, les dieux transformèrent tous les trois : Philomène en rossignol, qui gémit sans cesse pour sa virginité perdue ; Progne en hirondelle, qui chante autour des maisons et avertit les épouses de la fausseté de leurs maris ; et Tééeus en alouette, le plus menteur des oiseaux, avec une crête sur la tête en signe qu’il était chevalier. (5551-6047.)
Père, je préférerais être écrasée à mort par des chevaux sauvages ou déchirée en morceaux, plutôt que de commettre une telle chose contre la loi de l’amour. (6048-6074.)
6075-6492. Vol. Le vice du vol tire sa subsistance de ce qu’il peut prendre sur les routes, dans les forêts et dans les champs. Il en va de même pour les amants qui, s’ils trouvent une femme en un endroit isolé, s’emparent d’une partie de ses biens, peu importe qui elle est ; et l’épouse qui reste chez elle en attendant le retour de son mari de la chasse n’apprendra rien à ce sujet de sa part, mais seulement comment ses chiens ont couru ou comment ses faucons ont volé. (6075-6144.)
Nptune et Cornix. Cornix était une servante de Pallas ; alors qu’elle se rendait sur la rive, Neptune voulut la priver du trésor qu’elle
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devance toutes les autres et est appelée la virginité. Elle pria Pallas, et avec son aide, elle s’échappa de lui sous la forme d’un corbeau, se réjouissant davantage de conserver sa virginité blanche sous la noirceur des plumes que de la perdre pour être parée des plus belles perles. (6145-6217.)
Calistone. Le roi Lichaon avait une fille nommée Calistone, qui désirait rester toujours vierge et vivait avec les nymphes de Diane. Jupiter, par ruse, lui vola sa virginité, et Diane, l’ayant découvert, la réprimanda, si bien qu’elle s’enfuit. Elle donna naissance à un fils, Archas, mais Junon, par vengeance, la transforma en ours. Dans cette apparence, elle rencontra son fils dans la forêt, et il leva son arc contre elle, mais Jupiter décida pour eux deux qu’ils seraient sauvés du malheur. (6225-6337.)
Une telle rapine, mon fils, doit toujours être évitée, et je te dirai comment, dans les temps anciens, on tenait en haute estime la virginité.
Valerius raconte comment l’empereur honora la vierge lorsqu’il la rencontra sur son chemin, et nous entendons aussi parler de Phirinus, qui s’arracha les yeux afin de préserver mieux sa virginité.
De plus, Valentinien, l’empereur, dans sa vieillesse, se réjouit davantage d’avoir vaincu sa chair que d’avoir conquis ses ennemis au combat. (6338-6428.)
Le mal suit lorsque la virginité est enlevée de manière illégale, comme lorsque Agamemnon prit Criseïde dans la ville de Lesbos, et que la peste frappa l’armée, si bien qu’on la renvoya avec des prières et des sacrifices.
C’est pourquoi, mon fils, ne commets pas de rapine au nom de l’amour. (6429-6492.)
6493-6960. La ruse. La convoitise a aussi un serviteur appelé la Ruse, qui capture sa proie en secret, entrant dans les maisons la nuit ou coupant les bourses le jour. Comme le chien qui revient après avoir gardé des moutons, il semble tout à fait innocent, de sorte que personne ne sait ce qu’il a fait. Il y a aussi des amoureux qui prennent en secret, que ce soit des baisers ou d’autres choses. As-tu fait cela ? (6493-6561.)
Je n’ose pas, père, car mon cœur est à elle et je ne ferai rien contre elle. De plus, le Dangereux est un gardien si vigilant que personne ne peut rien lui voler. De solides serrures transforment les voleurs en hommes honnêtes, et par aucune embuscade je ne peux passer outre sa garde. Pourtant, la nuit, je me réveille souvent alors que les autres dorment, et je regarde depuis ma fenêtre les maisons alentour, et j’observe…
Calistone. Le roi Lichaon avait une fille nommée Calistone, qui désirait rester toujours vierge et vivait avec les nymphes de Diane. Jupiter, par ruse, lui vola sa virginité, et Diane, l’ayant découvert, la réprimanda, si bien qu’elle s’enfuit. Elle donna naissance à un fils, Archas, mais Junon, par vengeance, la transforma en ours. Dans cette apparence, elle rencontra son fils dans la forêt, et il leva son arc contre elle, mais Jupiter décida pour eux deux qu’ils seraient sauvés du malheur. (6225-6337.)
Une telle rapine, mon fils, doit toujours être évitée, et je te dirai comment, dans les temps anciens, on tenait en haute estime la virginité.
Valerius raconte comment l’empereur honora la vierge lorsqu’il la rencontra sur son chemin, et nous entendons aussi parler de Phirinus, qui s’arracha les yeux afin de préserver mieux sa virginité.
De plus, Valentinien, l’empereur, dans sa vieillesse, se réjouit davantage d’avoir vaincu sa chair que d’avoir conquis ses ennemis au combat. (6338-6428.)
Le mal suit lorsque la virginité est enlevée de manière illégale, comme lorsque Agamemnon prit Criseïde dans la ville de Lesbos, et que la peste frappa l’armée, si bien qu’on la renvoya avec des prières et des sacrifices.
C’est pourquoi, mon fils, ne commets pas de rapine au nom de l’amour. (6429-6492.)
6493-6960. La ruse. La convoitise a aussi un serviteur appelé la Ruse, qui capture sa proie en secret, entrant dans les maisons la nuit ou coupant les bourses le jour. Comme le chien qui revient après avoir gardé des moutons, il semble tout à fait innocent, de sorte que personne ne sait ce qu’il a fait. Il y a aussi des amoureux qui prennent en secret, que ce soit des baisers ou d’autres choses. As-tu fait cela ? (6493-6561.)
Je n’ose pas, père, car mon cœur est à elle et je ne ferai rien contre elle. De plus, le Dangereux est un gardien si vigilant que personne ne peut rien lui voler. De solides serrures transforment les voleurs en hommes honnêtes, et par aucune embuscade je ne peux passer outre sa garde. Pourtant, la nuit, je me réveille souvent alors que les autres dorment, et je regarde depuis ma fenêtre les maisons alentour, et j’observe…
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la chambre où elle gît. Je reste là longtemps, dans le froid, et je souhaite disposer d’un sortilège qui me permettrait d’entrer dans cette chambre pour voler. Penser à de telles choses me procure un réconfort temporaire, mais cela ne m’apporte aucun avantage à la fin. C’est à vous de juger si je mérite ou non des pénitences pour cela.
La ruse ne sert à peu de chose, mon fils, à la fin. Je vais te raconter une histoire d’Ovide sur une ruse commise en plein jour. (6562-6712.)
Leucothée. Phébus aimait Leucothée ; sa mère la gardait enfermée dans sa chambre et ne lui permettait que rarement de sortir. Un jour, il pénétra soudainement à travers le mur de sa chambre et lui vola sa virginité. Lorsque son père l’apprit, il n’osa pas se disputer avec Phébus, mais il ordonna sans pitié qu’on l’enterre vivante ; et Phébus fit en sorte qu’elle renaissante en tant que fleur dorée, qui suit toujours le soleil. (6713-6783.)
Il n’est pas étonnant que cela se termine mal, mon père, car cela s’est passé en plein jour ; mais parfois, les amants gardent leurs vols plus secrets. Racontez-moi quelque chose qui s’est passé de nuit. (6784-6806.)
Hercule et Faunus. Hercule et Éolus, partant ensemble en pèlerinage vers Rome, se reposèrent dans une grotte. Faunus, avec Saba et ses nymphes, se trouvait dans un bois tout près ; ayant aperçu Éolus, il décida de venir de nuit pour voler. Hercule et Éolus allèrent se coucher dans des lits séparés, car ils devaient offrir un sacrifice le lendemain. Comme ils avaient échangé leurs vêtements par jeu, elle avait sa masse à côté d’elle et ses vêtements sur son lit, tandis qu’il portait son voile sur le visage et son manteau sur lui. Les serviteurs dormaient comme des porcs ivres. Faunus entra dans la grotte ; sentant la masse et la peau de lion, il laissa son lit et alla vers l’autre. Hercule le saisit et le jeta au sol ; il y resta, impuissant, jusqu’au lendemain, devenant la risée de Saba et des nymphes.
J’ai un cœur trop faible, mon père, pour de telles méchancetés. (6807-6960.)
6961-7609. Sacrilège. Dieu a établi une loi selon laquelle les hommes ne doivent pas voler, mais travailler pour subvenir à leurs besoins ; pourtant, il y a ceux qui prennent même les biens de l’Église sacrée, et cela s’appelle le sacrilège. [Il existe trois sortes de sacrilège : le vol d’un objet sacré provenant d’un lieu sacré, celui d’un objet commun provenant d’un lieu sacré, ou celui d’un objet sacré provenant d’un lieu profane. (7015*-7029*.)]
Trois princes en particulier, dans l’Antiquité, ont commis ce crime : Antiochos, Nabouzaradan et Nabuchodonosor. Ce dernier commit un sacrilège dans le temple.
La ruse ne sert à peu de chose, mon fils, à la fin. Je vais te raconter une histoire d’Ovide sur une ruse commise en plein jour. (6562-6712.)
Leucothée. Phébus aimait Leucothée ; sa mère la gardait enfermée dans sa chambre et ne lui permettait que rarement de sortir. Un jour, il pénétra soudainement à travers le mur de sa chambre et lui vola sa virginité. Lorsque son père l’apprit, il n’osa pas se disputer avec Phébus, mais il ordonna sans pitié qu’on l’enterre vivante ; et Phébus fit en sorte qu’elle renaissante en tant que fleur dorée, qui suit toujours le soleil. (6713-6783.)
Il n’est pas étonnant que cela se termine mal, mon père, car cela s’est passé en plein jour ; mais parfois, les amants gardent leurs vols plus secrets. Racontez-moi quelque chose qui s’est passé de nuit. (6784-6806.)
Hercule et Faunus. Hercule et Éolus, partant ensemble en pèlerinage vers Rome, se reposèrent dans une grotte. Faunus, avec Saba et ses nymphes, se trouvait dans un bois tout près ; ayant aperçu Éolus, il décida de venir de nuit pour voler. Hercule et Éolus allèrent se coucher dans des lits séparés, car ils devaient offrir un sacrifice le lendemain. Comme ils avaient échangé leurs vêtements par jeu, elle avait sa masse à côté d’elle et ses vêtements sur son lit, tandis qu’il portait son voile sur le visage et son manteau sur lui. Les serviteurs dormaient comme des porcs ivres. Faunus entra dans la grotte ; sentant la masse et la peau de lion, il laissa son lit et alla vers l’autre. Hercule le saisit et le jeta au sol ; il y resta, impuissant, jusqu’au lendemain, devenant la risée de Saba et des nymphes.
J’ai un cœur trop faible, mon père, pour de telles méchancetés. (6807-6960.)
6961-7609. Sacrilège. Dieu a établi une loi selon laquelle les hommes ne doivent pas voler, mais travailler pour subvenir à leurs besoins ; pourtant, il y a ceux qui prennent même les biens de l’Église sacrée, et cela s’appelle le sacrilège. [Il existe trois sortes de sacrilège : le vol d’un objet sacré provenant d’un lieu sacré, celui d’un objet commun provenant d’un lieu sacré, ou celui d’un objet sacré provenant d’un lieu profane. (7015*-7029*.)]
Trois princes en particulier, dans l’Antiquité, ont commis ce crime : Antiochos, Nabouzaradan et Nabuchodonosor. Ce dernier commit un sacrilège dans le temple.
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à Jérusalem, et Baltazar, son héritier, paya le prix. (6961-7031.) [On raconte l’histoire d’un certain Lucius à Rome, qui déroba à la statue d’Apollon une bague, un manteau en or et une barbe en or, se justifiant en disant qu’il avait pris la bague parce qu’on la lui tendait comme offrande, le manteau parce qu’il était trop lourd pour l’été et trop froid pour l’hiver, et la barbe parce qu’il n’était pas convenable qu’Apollon eût une barbe, alors que son père, qui se tenait près de lui, en était dépourvu. Ainsi les hommes peuvent-ils feindre et se justifier. (7105*-7209*.)]
Il y a des amants qui, pendant la messe, chuchotent à l’oreille de leur bien-aimée ou lui prennent une bague ou un gant. D’autres vont dans les églises pour chercher des femmes et s’y montrer vêtus avec élégance, regardant toutes autour d’eux en soupirant, de sorte que chacune croit que c’est pour elle ; or, un tel homme n’aime aucune d’elles, mais va là seulement pour voler leurs cœurs. Tout cela est sacrilège.
Mon père, moi, je ne fais pas cela : mais quand ma bien-aimée va aux matines ou à la messe, j’y vais aussi ; alors mon regard est uniquement pour elle, et mes prières sont pour que Dieu change son cœur. Je guette et j’attends pour lui voler un mot ou un regard, et quand je la conduis vers l’autel en posant ma main sur sa taille, j’obtiens aussi un contact. À part ces choses, je n’ai commis aucun sacrilège, mais c’est ma force qui faillit, non ma volonté.
C’est ta volonté qui est blâmable, mon fils ; le reste de ce que tu as dit importe peu. Pourtant, tout a son temps et son lieu : l’église est faite pour la prière, et la chambre pour d’autres choses. Afin que tu saches comment le sacrilège est puni, je vais te raconter une histoire. (7032-7194.)
Pâris et Hélène. Lamdon était roi de Troie, et les Grecs firent la guerre contre lui, le tuèrent et détruisirent sa ville. Avec d’autres prisonniers, ils emmenèrent sa belle fille Esiona, qui fut donnée à Thélamôn. Priam, fils de Lamdon, rebâtit Troie, et sur conseil de son conseil, il envoya Anténor réclamer Esiona. Les Grecs et Thélamôn refusèrent catégoriquement sa demande, et Priam convoqua de nouveau son conseil pour débattre de la guerre ou de la paix. Hector prit la parole en faveur de la paix, avançant des raisons de prudence, bien qu’il fût toujours le premier à aller à la guerre ; mais son frère Pâris plaida pour venger l’injustice. Il raconta comment, alors qu’il dormait près d’un puits, trois déesses apparurent devant lui en songe, et Vénus, à qui il attribua la pomme d’or qui était le prix de la beauté, lui avait promis de lui donner en Grèce la femme la plus belle de toute la terre. Pâris partit alors pour la Grèce,
Il y a des amants qui, pendant la messe, chuchotent à l’oreille de leur bien-aimée ou lui prennent une bague ou un gant. D’autres vont dans les églises pour chercher des femmes et s’y montrer vêtus avec élégance, regardant toutes autour d’eux en soupirant, de sorte que chacune croit que c’est pour elle ; or, un tel homme n’aime aucune d’elles, mais va là seulement pour voler leurs cœurs. Tout cela est sacrilège.
Mon père, moi, je ne fais pas cela : mais quand ma bien-aimée va aux matines ou à la messe, j’y vais aussi ; alors mon regard est uniquement pour elle, et mes prières sont pour que Dieu change son cœur. Je guette et j’attends pour lui voler un mot ou un regard, et quand je la conduis vers l’autel en posant ma main sur sa taille, j’obtiens aussi un contact. À part ces choses, je n’ai commis aucun sacrilège, mais c’est ma force qui faillit, non ma volonté.
C’est ta volonté qui est blâmable, mon fils ; le reste de ce que tu as dit importe peu. Pourtant, tout a son temps et son lieu : l’église est faite pour la prière, et la chambre pour d’autres choses. Afin que tu saches comment le sacrilège est puni, je vais te raconter une histoire. (7032-7194.)
Pâris et Hélène. Lamdon était roi de Troie, et les Grecs firent la guerre contre lui, le tuèrent et détruisirent sa ville. Avec d’autres prisonniers, ils emmenèrent sa belle fille Esiona, qui fut donnée à Thélamôn. Priam, fils de Lamdon, rebâtit Troie, et sur conseil de son conseil, il envoya Anténor réclamer Esiona. Les Grecs et Thélamôn refusèrent catégoriquement sa demande, et Priam convoqua de nouveau son conseil pour débattre de la guerre ou de la paix. Hector prit la parole en faveur de la paix, avançant des raisons de prudence, bien qu’il fût toujours le premier à aller à la guerre ; mais son frère Pâris plaida pour venger l’injustice. Il raconta comment, alors qu’il dormait près d’un puits, trois déesses apparurent devant lui en songe, et Vénus, à qui il attribua la pomme d’or qui était le prix de la beauté, lui avait promis de lui donner en Grèce la femme la plus belle de toute la terre. Pâris partit alors pour la Grèce,
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Bien que Cassandre et Hélénus se lamentassent du mal qui allait survenir.
Arrivé sur une île, il rencontra la reine Hélène, qui était venue y offrir un sacrifice à Vénus, et il lui vola le cœur. Hélène resta toute la nuit dans le temple, priant Vénus, et Pâris vint soudainement et l’emmena sur son navire. Ce sacrilège fut la cause pour laquelle les Grecs assiégèrent Troie, et finalement brûlèrent et tuèrent tout ce qu’il y avait en elle. (7195-7590.)
Notez aussi comment Achille vit Polixène dans le temple d’Apollon, et comment Troïlus mit d’abord son amour sur Criseïde en un lieu saint. Faites donc attention à vous.
Ainsi, l’avarice a plus de branches que n’importe quel autre vice, et ses effets se voient partout ; mais si un homme veut vivre correctement, il doit être généreux. (7591-7640.)
7641-7844. Dépense excessive et générosité. La vertu se situe entre deux extrêmes : ici nous voyons l’avarice et la dépense excessive, et entre elles la libéralité ou générosité, qui représente le chemin du milieu entre trop et trop peu.
Lorsque la générosité guide un homme, il fait ce qui est juste envers Dieu et le monde, et Dieu le récompense par le don du ciel. Le monde donne toujours à celui qui possède ; mais il vaut mieux donner que recevoir, avoir son propre bien plutôt que désirer celui des autres. « Si ton bien ne te suffit pas, alors maîtrise tes désirs et contente-toi de ton bien. » La charité commence par soi-même : si tu enrichis les autres en te rendant pauvre, tu recevras peu de remerciements. « Jack est un bon garçon », disent-ils tant que son argent dure, mais quand il est parti, alors « Jack était un bon garçon », et ils le laissent mourir de faim. (7641-7760.)
Il y a des amoureux qui gaspillent leur amour par dépense excessive, en portant leur cœur sur beaucoup de personnes. Mais celui qui se rend ainsi accessible à tous perd l’amour particulier d’une seule, si elle est sage. As-tu ainsi gaspillé ton amour ?
Non, père : j’ai goûté çà et là, mais je n’ai jamais vraiment aimé personne, sauf une. C’est pour elle en effet que mon amour est gaspillé, car il n’a aucune récompense : je ne sais pas si c’est cela que vous entendez par dépense excessive.
Mon fils, peut-être ton amour n’est-il ni perdu ni gaspillé. Personne ne peut dire comment une telle chose se terminera ; donc je ne sais pas si tu as perdu ou gagné.
Comme l’été revient après l’hiver, peut-être pourras-tu encore retrouver ta grâce d’amour. (7761-7834.)
Arrivé sur une île, il rencontra la reine Hélène, qui était venue y offrir un sacrifice à Vénus, et il lui vola le cœur. Hélène resta toute la nuit dans le temple, priant Vénus, et Pâris vint soudainement et l’emmena sur son navire. Ce sacrilège fut la cause pour laquelle les Grecs assiégèrent Troie, et finalement brûlèrent et tuèrent tout ce qu’il y avait en elle. (7195-7590.)
Notez aussi comment Achille vit Polixène dans le temple d’Apollon, et comment Troïlus mit d’abord son amour sur Criseïde en un lieu saint. Faites donc attention à vous.
Ainsi, l’avarice a plus de branches que n’importe quel autre vice, et ses effets se voient partout ; mais si un homme veut vivre correctement, il doit être généreux. (7591-7640.)
7641-7844. Dépense excessive et générosité. La vertu se situe entre deux extrêmes : ici nous voyons l’avarice et la dépense excessive, et entre elles la libéralité ou générosité, qui représente le chemin du milieu entre trop et trop peu.
Lorsque la générosité guide un homme, il fait ce qui est juste envers Dieu et le monde, et Dieu le récompense par le don du ciel. Le monde donne toujours à celui qui possède ; mais il vaut mieux donner que recevoir, avoir son propre bien plutôt que désirer celui des autres. « Si ton bien ne te suffit pas, alors maîtrise tes désirs et contente-toi de ton bien. » La charité commence par soi-même : si tu enrichis les autres en te rendant pauvre, tu recevras peu de remerciements. « Jack est un bon garçon », disent-ils tant que son argent dure, mais quand il est parti, alors « Jack était un bon garçon », et ils le laissent mourir de faim. (7641-7760.)
Il y a des amoureux qui gaspillent leur amour par dépense excessive, en portant leur cœur sur beaucoup de personnes. Mais celui qui se rend ainsi accessible à tous perd l’amour particulier d’une seule, si elle est sage. As-tu ainsi gaspillé ton amour ?
Non, père : j’ai goûté çà et là, mais je n’ai jamais vraiment aimé personne, sauf une. C’est pour elle en effet que mon amour est gaspillé, car il n’a aucune récompense : je ne sais pas si c’est cela que vous entendez par dépense excessive.
Mon fils, peut-être ton amour n’est-il ni perdu ni gaspillé. Personne ne peut dire comment une telle chose se terminera ; donc je ne sais pas si tu as perdu ou gagné.
Comme l’été revient après l’hiver, peut-être pourras-tu encore retrouver ta grâce d’amour. (7761-7834.)
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Livre VI.
1-14. La gourmandise. Le grand péché originel qui a apporté la mort à toute l’humanité fut Gule, c’est-à-dire la gourmandise. Ses branches sont nombreuses, mais je n’en parlerai que de deux.
15-616. L’ivresse rend un homme sage fou et un fou se croit sage. L’homme ivre pense qu’il n’y a rien qu’il ne sache pas ni rien qu’il ne puisse faire, pourtant il est si impuissant qu’il ne peut ni se tenir debout ni marcher ; il ne sait pas ce qu’il est, ni s’il fait jour ou nuit. Le matin, il réclame à nouveau la coupe qui l’a rendu fou la nuit précédente. Le vin le lie fermement et en fait un sujet, un esclave. (5-75.)
Il y a des amants tellement enivrés d’amour qu’ils ne connaissent pas mieux la raison que les hommes ivres. Les plus grands hommes ont été ainsi vaincus : Salomon, Samson, David, Virgile et Aristote. Avoue si tu es toi aussi ivre, car je pense, à ton visage, que tu es sujet à cette maladie.
C’est vrai, mon père : j’avoue que je suis ivre d’amour, et souvent je ne sais pas ce que je fais, si bien que les gens s’étonnent de moi. Quand je suis loin de ma dame, je suis ivre de pensées à elle, et quand je suis près d’elle, en la regardant. Parfois je suis au paradis, puis je me réveille et ma joie se change en douleur. Alors je souffre de fièvre, de chaleur et de froid, et le pire, c’est que plus je bois, plus j’ai soif. Pourtant je pense que si j’avais vraiment une gorgée de la boisson que je désire, je serais sobre et je ferais bien ; mais en goûter m’est interdit. (76-305.)
L’ivresse d’amour, mon fils, est une chose grave, et pourtant personne ne peut y résister. Elle n’est pas de même nature, car Jupiter a dans son cellier deux tonneaux pleins de boisson d’amour, l’un sucré et l’autre amer. Cupidon en est le serviteur, et étant aveugle, il donne aux hommes à boire au hasard, tantôt de l’un, tantôt de l’autre, de sorte que certains rient tandis que d’autres s’abattent. Je sais, à ton récit, que tu as bu de la potion amère. (306-390.)
Bacchus dans le désert. Mais tu dois toujours prier pour atteindre l’autre boisson, celle qui peut apaiser ta soif, comme Bacchus l’a fait dans le désert, lorsqu’il et toute son armée étaient menacés de mourir de soif. Jupiter envoya un bélier qui piétina le sol, et là jaillit une source d’eau. (391-439.)
1-14. La gourmandise. Le grand péché originel qui a apporté la mort à toute l’humanité fut Gule, c’est-à-dire la gourmandise. Ses branches sont nombreuses, mais je n’en parlerai que de deux.
15-616. L’ivresse rend un homme sage fou et un fou se croit sage. L’homme ivre pense qu’il n’y a rien qu’il ne sache pas ni rien qu’il ne puisse faire, pourtant il est si impuissant qu’il ne peut ni se tenir debout ni marcher ; il ne sait pas ce qu’il est, ni s’il fait jour ou nuit. Le matin, il réclame à nouveau la coupe qui l’a rendu fou la nuit précédente. Le vin le lie fermement et en fait un sujet, un esclave. (5-75.)
Il y a des amants tellement enivrés d’amour qu’ils ne connaissent pas mieux la raison que les hommes ivres. Les plus grands hommes ont été ainsi vaincus : Salomon, Samson, David, Virgile et Aristote. Avoue si tu es toi aussi ivre, car je pense, à ton visage, que tu es sujet à cette maladie.
C’est vrai, mon père : j’avoue que je suis ivre d’amour, et souvent je ne sais pas ce que je fais, si bien que les gens s’étonnent de moi. Quand je suis loin de ma dame, je suis ivre de pensées à elle, et quand je suis près d’elle, en la regardant. Parfois je suis au paradis, puis je me réveille et ma joie se change en douleur. Alors je souffre de fièvre, de chaleur et de froid, et le pire, c’est que plus je bois, plus j’ai soif. Pourtant je pense que si j’avais vraiment une gorgée de la boisson que je désire, je serais sobre et je ferais bien ; mais en goûter m’est interdit. (76-305.)
L’ivresse d’amour, mon fils, est une chose grave, et pourtant personne ne peut y résister. Elle n’est pas de même nature, car Jupiter a dans son cellier deux tonneaux pleins de boisson d’amour, l’un sucré et l’autre amer. Cupidon en est le serviteur, et étant aveugle, il donne aux hommes à boire au hasard, tantôt de l’un, tantôt de l’autre, de sorte que certains rient tandis que d’autres s’abattent. Je sais, à ton récit, que tu as bu de la potion amère. (306-390.)
Bacchus dans le désert. Mais tu dois toujours prier pour atteindre l’autre boisson, celle qui peut apaiser ta soif, comme Bacchus l’a fait dans le désert, lorsqu’il et toute son armée étaient menacés de mourir de soif. Jupiter envoya un bélier qui piétina le sol, et là jaillit une source d’eau. (391-439.)
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Prie ainsi dans ta détresse : un homme muet obtient rarement de terres. Souviens-toi en outre que le majordome est aveugle, et il pourrait par hasard te donner à boire du doux breuvage qui te fera reprendre tes esprits. Un exemple de l’ivresse d’amour, c’est Tristram, qui but avec Béle Ysolde le breuvage que Brangwein leur avait donné ; et afin que tu évites encore plus la compagnie des hommes ivres, écoute cette histoire. (440-484.)
Mariage de Pirithoos. La belle Ipotacie fut mariée à Pirithoos, et celui-ci invita ses amis au festin. Ils s’enivrèrent tant par le vin que par le désir, et emportèrent ainsi la mariée de force à son mari. (485-529.)
Galba et Vitellus étaient les souverains d’Espagne ; ils étaient tous deux si ivres que le pays se plaignit d’eux. Ils violèrent à la fois la femme et la servante, mais finalement ils furent traduits en justice et condamnés à mort. Alors ils remplirent un grand récipient de vin et burent jusqu’à en perdre la raison, puis furent tués, déjà à moitié morts. (537-595.)
617-1260. La délicatesse. Le vice de la délicatesse ne laisse passer aucun plaisir que la nourriture ou la boisson puissent offrir, et désire toujours quelque chose de nouveau. Ainsi, celui qui est délicat en amour ne peut se contenter de ce qu’il a ; même s’il possède une belle épouse, il porte son cœur vers d’autres, et bien que sa dame le réjouisse, il veut davantage que ce qu’elle peut lui donner honorablement.
Je ne suis pas coupable de cela, père : je serais satisfait si je pouvais être nourri, ne serait-ce que pour échapper au malheur. Pourtant, je choisis certaines délices qui me plaisent pour le moment. (617-752.)
Ma vue est rassasiée de délices lorsque je contemple son visage et sa silhouette, mais elle ne peut jamais être pleinement satisfaite, elle aspire toujours à plus. (753-826.)
Mon ouïe connaît un festin délicieux lorsque les gens louent sa valeur et sa grâce, et surtout lorsque j’entends sa voix, car ses paroles sont pour moi comme les vents du sud. Ou encore, je nourris mes oreilles avec les histoires de ceux qui ont aimé avant ma naissance, d’Ydoine et d’Amadas, et de beaucoup d’autres ; je pense alors à la tristesse qui ne dure qu’un temps. (827-898.)
Enfin, j’ai un cuisinier dont le nom est la Pensée ; il garde ses marmites toujours en ébullition de fantaisie et de désir, et il place sur la table devant moi tout ce…
Mariage de Pirithoos. La belle Ipotacie fut mariée à Pirithoos, et celui-ci invita ses amis au festin. Ils s’enivrèrent tant par le vin que par le désir, et emportèrent ainsi la mariée de force à son mari. (485-529.)
Galba et Vitellus étaient les souverains d’Espagne ; ils étaient tous deux si ivres que le pays se plaignit d’eux. Ils violèrent à la fois la femme et la servante, mais finalement ils furent traduits en justice et condamnés à mort. Alors ils remplirent un grand récipient de vin et burent jusqu’à en perdre la raison, puis furent tués, déjà à moitié morts. (537-595.)
617-1260. La délicatesse. Le vice de la délicatesse ne laisse passer aucun plaisir que la nourriture ou la boisson puissent offrir, et désire toujours quelque chose de nouveau. Ainsi, celui qui est délicat en amour ne peut se contenter de ce qu’il a ; même s’il possède une belle épouse, il porte son cœur vers d’autres, et bien que sa dame le réjouisse, il veut davantage que ce qu’elle peut lui donner honorablement.
Je ne suis pas coupable de cela, père : je serais satisfait si je pouvais être nourri, ne serait-ce que pour échapper au malheur. Pourtant, je choisis certaines délices qui me plaisent pour le moment. (617-752.)
Ma vue est rassasiée de délices lorsque je contemple son visage et sa silhouette, mais elle ne peut jamais être pleinement satisfaite, elle aspire toujours à plus. (753-826.)
Mon ouïe connaît un festin délicieux lorsque les gens louent sa valeur et sa grâce, et surtout lorsque j’entends sa voix, car ses paroles sont pour moi comme les vents du sud. Ou encore, je nourris mes oreilles avec les histoires de ceux qui ont aimé avant ma naissance, d’Ydoine et d’Amadas, et de beaucoup d’autres ; je pense alors à la tristesse qui ne dure qu’un temps. (827-898.)
Enfin, j’ai un cuisinier dont le nom est la Pensée ; il garde ses marmites toujours en ébullition de fantaisie et de désir, et il place sur la table devant moi tout ce…
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Des paysages agréables que j’ai vus et des mots que j’ai entendus. Pourtant ce n’est pas un repas complet, mais plutôt une série de désirs et de souhaits ; ainsi la nourriture que j’ai ne m’apporte que peu de bien, et sert seulement à éviter la faim, jusqu’à ce que j’aie ce festin qui apaisera ma faim. (899-938.)
Tels sont mes trois plaisirs ; je prends ma nourriture dans la réflexion, l’écoute et la vue, tout comme le bécasseau prend son air. Grâce à une telle délicatesse, j’espère ne pas commettre de gloutonnerie.
Ce ne sont que de petites choses qui te procurent du plaisir, mon fils ; mais souviens-toi toujours que les plaisirs du corps causent du tort à l’âme. (939-974.)
Les riches et Lazare. Christ raconte une histoire contre ce vice, qui est lue en latin ; mais pour mieux comprendre la vérité, je vais la raconter en anglais.
Christ dit, etc. (975-1109.)
Ainsi, mon fils, celui qui suit la délicatesse et ne donne pas d’aumônes tombera dans le malheur. Celui qui a le pouvoir sur les biens de ce monde peut porter les plus riches ornements et manger les aliments les plus exquis ; cependant il doit renoncer à cette délicatesse s’il ne veut pas affamer son âme tout en nourrissant son corps. (1110-1150.)
Néron suivit ses désirs contraires à la nature ; en ce qui concerne la délicatesse, il inventa un stratagème subtil pour savoir comment son estomac réagissait. Il choisit trois hommes pour manger et boire à sa table. Un jour, après le repas, il fit monter l’un à cheval, l’autre marcher, et le troisième dormir ; puis il les tua, afin de voir qui avait le mieux digéré sa nourriture.
Il ne s’abstint de rien qui lui était agréable ; surtout, il se tourna vers les femmes, sans épargner ni femme mariée ni servante. Il était tellement enivré par ses désirs. (1151-1226.)
La délicatesse et l’ivresse vont de pair et dépassent toutes les limites de la raison. De même, l’amour est parfois si incontrôlable qu’il ne tient pas compte de la loi de Dieu, mais fait appel aux forces du ciel, de la terre et de l’enfer pour atteindre son but. (1227-1260.)
1261-2407. La sorcellerie. Il n’y a rien que l’amour n’ose pas faire. Il ne suit aucune loi, seulement la sienne ; il avance comme Bayard, le cheval aveugle, jusqu’à tomber dans le fossé. Ainsi, parfois, il recourt à la sorcellerie : géomancie, hydromancie, pyromancie ou nigromancie, avec tous les artifices liés à l’invoquation des esprits et à la magie naturelle.
Tels sont mes trois plaisirs ; je prends ma nourriture dans la réflexion, l’écoute et la vue, tout comme le bécasseau prend son air. Grâce à une telle délicatesse, j’espère ne pas commettre de gloutonnerie.
Ce ne sont que de petites choses qui te procurent du plaisir, mon fils ; mais souviens-toi toujours que les plaisirs du corps causent du tort à l’âme. (939-974.)
Les riches et Lazare. Christ raconte une histoire contre ce vice, qui est lue en latin ; mais pour mieux comprendre la vérité, je vais la raconter en anglais.
Christ dit, etc. (975-1109.)
Ainsi, mon fils, celui qui suit la délicatesse et ne donne pas d’aumônes tombera dans le malheur. Celui qui a le pouvoir sur les biens de ce monde peut porter les plus riches ornements et manger les aliments les plus exquis ; cependant il doit renoncer à cette délicatesse s’il ne veut pas affamer son âme tout en nourrissant son corps. (1110-1150.)
Néron suivit ses désirs contraires à la nature ; en ce qui concerne la délicatesse, il inventa un stratagème subtil pour savoir comment son estomac réagissait. Il choisit trois hommes pour manger et boire à sa table. Un jour, après le repas, il fit monter l’un à cheval, l’autre marcher, et le troisième dormir ; puis il les tua, afin de voir qui avait le mieux digéré sa nourriture.
Il ne s’abstint de rien qui lui était agréable ; surtout, il se tourna vers les femmes, sans épargner ni femme mariée ni servante. Il était tellement enivré par ses désirs. (1151-1226.)
La délicatesse et l’ivresse vont de pair et dépassent toutes les limites de la raison. De même, l’amour est parfois si incontrôlable qu’il ne tient pas compte de la loi de Dieu, mais fait appel aux forces du ciel, de la terre et de l’enfer pour atteindre son but. (1227-1260.)
1261-2407. La sorcellerie. Il n’y a rien que l’amour n’ose pas faire. Il ne suit aucune loi, seulement la sienne ; il avance comme Bayard, le cheval aveugle, jusqu’à tomber dans le fossé. Ainsi, parfois, il recourt à la sorcellerie : géomancie, hydromancie, pyromancie ou nigromancie, avec tous les artifices liés à l’invoquation des esprits et à la magie naturelle.
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Je ne sais rien de tout cela, père ; mais pour gagner ma dame, j’aurais fait jadis tout ce qui était possible, que ce fût en enfer ou au ciel.
C’est très proche, mon fils : mais je te préviens que celui qui agit ainsi est finalement trompé, et que la magie n’a pas de bon issue. (1261-1390.)
Ulysse et Télégonos. Parmi ceux qui étaient à Troie, Ulysse était surtout réputé pour son artifice et ses arts magiques. Ce roi fut tourmenté par des tempêtes sur le chemin du retour, et malgré les efforts déployés, son navire fut poussé sur les rivages de Cyllène, où il trouva deux reines, Calypso et Circé. Ce étaient des sorcières qui transformèrent beaucoup de ses hommes en bêtes, mais il les vainquit grâce à ses propres sortilèges, et finit par rentrer chez lui, laissant Circé enceinte. Sa femme et tout son peuple se réjouirent de son retour, mais lorsque l’on est au sommet de sa prospérité, c’est alors que le destin le fait tomber le plus vite. Il eut un rêve, alors qu’il était allongé dans son lit ; il lui sembla voir une silhouette d’une beauté céleste. Il embrassa cette image, qui l’embrassa à son tour, et elle lui dit : « Notre rencontre sera désormais source de tristesse : l’un de nous deux mourra à cause de cet amour dont nous nous réjouissons maintenant. » Elle lui montra alors un signe : trois poissons représentés sur un étendard, puis tout disparut soudainement.
Ulysse se réveilla, et après avoir réfléchi à tout cela, il conclut que le danger venait de son fils Thélémachos. Il le fit donc enfermer à l’intérieur des murs du château, se construisit une forteresse et posta ses serviteurs pour garder l’entrée. Mais personne ne peut résister à son destin : Thélégonos, son fils né de Circé, vint chercher son père, portant comme étendard un drapeau avec trois poissons sur sa lance. Il arriva jusqu’à la forteresse d’Ulysse. Les gardes refusèrent de le laisser entrer, et un affrontement éclata à la porte. Le roi sortit, et Thélégonos lui lança sa lance, sans savoir qui il était. Ulysse fut tué, mais il reconnut la silhouette de son rêve ainsi que le signe sur l’étendard ; il embrassa son fils et le confia aux soins de Thélémachos avant de mourir.
Voilà quel mal lui a causé la magie : c’est par la magie qu’il a engendré son fils, et ce qui était contraire à la nature fut vengé par la nature même. (1391-1788.)
Nectanabos. Le roi d’Égypte, Nectanabos, grand magicien, s’enfuit de ses ennemis en Macédoine. Dans la ville principale, la reine Olympias y résidait.
C’est très proche, mon fils : mais je te préviens que celui qui agit ainsi est finalement trompé, et que la magie n’a pas de bon issue. (1261-1390.)
Ulysse et Télégonos. Parmi ceux qui étaient à Troie, Ulysse était surtout réputé pour son artifice et ses arts magiques. Ce roi fut tourmenté par des tempêtes sur le chemin du retour, et malgré les efforts déployés, son navire fut poussé sur les rivages de Cyllène, où il trouva deux reines, Calypso et Circé. Ce étaient des sorcières qui transformèrent beaucoup de ses hommes en bêtes, mais il les vainquit grâce à ses propres sortilèges, et finit par rentrer chez lui, laissant Circé enceinte. Sa femme et tout son peuple se réjouirent de son retour, mais lorsque l’on est au sommet de sa prospérité, c’est alors que le destin le fait tomber le plus vite. Il eut un rêve, alors qu’il était allongé dans son lit ; il lui sembla voir une silhouette d’une beauté céleste. Il embrassa cette image, qui l’embrassa à son tour, et elle lui dit : « Notre rencontre sera désormais source de tristesse : l’un de nous deux mourra à cause de cet amour dont nous nous réjouissons maintenant. » Elle lui montra alors un signe : trois poissons représentés sur un étendard, puis tout disparut soudainement.
Ulysse se réveilla, et après avoir réfléchi à tout cela, il conclut que le danger venait de son fils Thélémachos. Il le fit donc enfermer à l’intérieur des murs du château, se construisit une forteresse et posta ses serviteurs pour garder l’entrée. Mais personne ne peut résister à son destin : Thélégonos, son fils né de Circé, vint chercher son père, portant comme étendard un drapeau avec trois poissons sur sa lance. Il arriva jusqu’à la forteresse d’Ulysse. Les gardes refusèrent de le laisser entrer, et un affrontement éclata à la porte. Le roi sortit, et Thélégonos lui lança sa lance, sans savoir qui il était. Ulysse fut tué, mais il reconnut la silhouette de son rêve ainsi que le signe sur l’étendard ; il embrassa son fils et le confia aux soins de Thélémachos avant de mourir.
Voilà quel mal lui a causé la magie : c’est par la magie qu’il a engendré son fils, et ce qui était contraire à la nature fut vengé par la nature même. (1391-1788.)
Nectanabos. Le roi d’Égypte, Nectanabos, grand magicien, s’enfuit de ses ennemis en Macédoine. Dans la ville principale, la reine Olympias y résidait.
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La fête de sa naissance arriva, et elle sortit pour être vue du peuple. Nectanabus se tenait avec les autres et la contemplait avec tant d’insistance que la reine le fit venir et lui demanda qui il était. Il répondit qu’il était celui qui avait un message pour elle, un message qui devait être prononcé en privé. Elle fixa un moment, et il lui dit comment le dieu Amos de Lybie désirait être son compagnon de lit et engendrer avec elle un enfant qui soumettrait toute la terre. Pour prouver ses dires, il fit en sorte, par sa magie, qu’elle ait une vision qu’elle prit pour une prophétie ; ainsi, finalement, se présentant sous l’apparence du dieu et se transformant en diverses formes, il obtint d’elle ce qu’il voulait et engendra un fils. Nectanabus fit en sorte que Philippe, le roi, qui se trouvait chez lui, ait une vision selon laquelle il crut qu’un dieu avait couché avec sa femme ; de retour, il la trouva enceinte. Il doutait cependant, mais par d’autres signes et miracles, Nectanabus le fit oublier sa jalousie. Au milieu de présages d’effondrement et de tempête, l’enfant naquit, et on lui donna le nom d’Alexandre. Il grandit, Aristote lui enseigna la philosophie, tandis que Nectanabus le formait en astronomie. Une certaine nuit, alors qu’ils étaient sur une tour à observer les étoiles, Nectanabus prophétisa à partir d’elles que sa propre mort viendrait de la main de son fils. Alexandre, pour prouver qu’il mentait, le jeta de la tour au sol, demandant quel était l’utilité de son art s’il ne pouvait pas prédire correctement son propre destin. Nectanabus révéla la vérité, Alexandre regretta et raconta tout à sa mère. Ainsi il mourut et fut enterré, et telle fut la récompense de la sorcellerie. (1789-2366.)
Zoroastre aussi et Saul tombèrent dans le mal par la sorcellerie. Je te conseille de n’en jamais user, mon fils. (2367-2400.)
Je ne le ferai pas, père. Mais je vous en prie, dites-moi quelque chose de cette philosophie que, comme vous l’avez dit, Aristote enseigna à Alexandre : car entendre parler de quelque chose de nouveau pourrait apaiser ma douleur.
Tu dis bien ; mais moi, qui suis de l’école de Vénus, je ne connais pas beaucoup de ces hautes connaissances. Cependant, puisqu’elles sont contenues dans un livre, je peux te montrer en partie comment elles sont. (2401-2440.)
Lib. VII.
1-60. Tu m’as prié de t’expliquer l’école d’Aristote et la manière dont Alexandre fut instruit. Ce n’est pas là le sujet pour lequel nous étions chargés…
Zoroastre aussi et Saul tombèrent dans le mal par la sorcellerie. Je te conseille de n’en jamais user, mon fils. (2367-2400.)
Je ne le ferai pas, père. Mais je vous en prie, dites-moi quelque chose de cette philosophie que, comme vous l’avez dit, Aristote enseigna à Alexandre : car entendre parler de quelque chose de nouveau pourrait apaiser ma douleur.
Tu dis bien ; mais moi, qui suis de l’école de Vénus, je ne connais pas beaucoup de ces hautes connaissances. Cependant, puisqu’elles sont contenues dans un livre, je peux te montrer en partie comment elles sont. (2401-2440.)
Lib. VII.
1-60. Tu m’as prié de t’expliquer l’école d’Aristote et la manière dont Alexandre fut instruit. Ce n’est pas là le sujet pour lequel nous étions chargés…
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parler ; mais puisque la sagesse doit être désirée par-dessus tout, je te dirai ce que Calistre et Aristote ont écrit à Alexandre.
Il y a trois points principaux de la Philosophie : Théorique, Rhétorique, Pratique.
61-1506. Théorique. Les parties du Théorique sont trois : la Théologie, la Physique et les Mathématiques. La première traite de Dieu et des choses spirituelles ; la seconde des choses corporelles, telles que l’homme, l’animal, l’herbe et la pierre ; et la troisième comporte quatre divisions : l’Arithmétique, la Musique, la Géométrie et l’Astronomie. (61-202.)
Aristote enseigna à ce jeune roi les quatre éléments et les quatre constitutions humaines, les principales divisions de la terre, ainsi que le cinquième élément, l’Orbis, qui contient le tout. (203-632.)
Pour parler ensuite de l’Astronomie, cet Orbis est ce que nous appelons le firmament, et en lui se trouvent d’abord les sept Planètes, puis les douze Signes du Zodiaque, sur chacun desquels Alexandre fut instruit tour à tour. (633-1280.)
Nectanabus, en lui enseignant la magie naturelle, le mit au courant des Quinze Étoiles et de la pierre ou de l’herbe appropriées à chacune, grâce auxquelles on peut accomplir des miracles. (1281-1438.)
Les auteurs qui enseignèrent cette science de l’Astronomie furent d’abord Noé, puis Nembrot, et après eux beaucoup d’autres, mais principalement Ptolémée, qui écrivit le livre de l’Almageste, et Hermès. (1439-1492.)
Ainsi ces Philosophes enseignèrent à Alexandre ce qu’on appelle le Théorique. (1493-1506.)
1507-1640. Rhétorique. Le langage est donné uniquement à l’homme, et il doit veiller à ne pas l’utiliser à mauvais escient. Il y a de la vertu dans les pierres et dans les herbes, mais le mot possède une vertu supérieure à celle de toute chose terrestre. Mais le mot ne doit pas être en désaccord avec la pensée, comme lorsque Uluxès, par son éloquence, persuada Anténor de lui livrer la ville de Troie. Les mots sont à la fois mauvais et bons : ils font de l’ennemi un ami et de l’ami un ennemi. Pour un véritable exemple de Rhétorique, lisez comment Jules et le consul Cithère plaidèrent l’un contre l’autre lorsque la trahison de Catilina fut découverte.
1641-5397. Pratique. Celle-ci comporte trois divisions : l’Éthique, l’Économie et la Politique. Un roi doit apprendre la première afin de pouvoir se gouverner lui-même dans
Il y a trois points principaux de la Philosophie : Théorique, Rhétorique, Pratique.
61-1506. Théorique. Les parties du Théorique sont trois : la Théologie, la Physique et les Mathématiques. La première traite de Dieu et des choses spirituelles ; la seconde des choses corporelles, telles que l’homme, l’animal, l’herbe et la pierre ; et la troisième comporte quatre divisions : l’Arithmétique, la Musique, la Géométrie et l’Astronomie. (61-202.)
Aristote enseigna à ce jeune roi les quatre éléments et les quatre constitutions humaines, les principales divisions de la terre, ainsi que le cinquième élément, l’Orbis, qui contient le tout. (203-632.)
Pour parler ensuite de l’Astronomie, cet Orbis est ce que nous appelons le firmament, et en lui se trouvent d’abord les sept Planètes, puis les douze Signes du Zodiaque, sur chacun desquels Alexandre fut instruit tour à tour. (633-1280.)
Nectanabus, en lui enseignant la magie naturelle, le mit au courant des Quinze Étoiles et de la pierre ou de l’herbe appropriées à chacune, grâce auxquelles on peut accomplir des miracles. (1281-1438.)
Les auteurs qui enseignèrent cette science de l’Astronomie furent d’abord Noé, puis Nembrot, et après eux beaucoup d’autres, mais principalement Ptolémée, qui écrivit le livre de l’Almageste, et Hermès. (1439-1492.)
Ainsi ces Philosophes enseignèrent à Alexandre ce qu’on appelle le Théorique. (1493-1506.)
1507-1640. Rhétorique. Le langage est donné uniquement à l’homme, et il doit veiller à ne pas l’utiliser à mauvais escient. Il y a de la vertu dans les pierres et dans les herbes, mais le mot possède une vertu supérieure à celle de toute chose terrestre. Mais le mot ne doit pas être en désaccord avec la pensée, comme lorsque Uluxès, par son éloquence, persuada Anténor de lui livrer la ville de Troie. Les mots sont à la fois mauvais et bons : ils font de l’ennemi un ami et de l’ami un ennemi. Pour un véritable exemple de Rhétorique, lisez comment Jules et le consul Cithère plaidèrent l’un contre l’autre lorsque la trahison de Catilina fut découverte.
1641-5397. Pratique. Celle-ci comporte trois divisions : l’Éthique, l’Économie et la Politique. Un roi doit apprendre la première afin de pouvoir se gouverner lui-même dans
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une manière de bien vivre, le deuxième lui apprend à organiser sa maison, et le troisième à gouverner son royaume. (1641-1710.)
1711-1984. Le premier principe de la Politique est la Vérité, qui doit avant tout se trouver en un roi ; et cela est en partie symbolisé par les joyaux de sa couronne.
Pour te montrer que la Vérité est la vertu souveraine de tous, je vais te raconter une histoire. (1711-1782.)
Le roi, le vin, la femme et la Vérité. Daires, sultan de Perse, avait trois hommes sages dans sa chambre : Arpaghes, Manachaz et Zorobabel. Il leur posa la question : lequel est le plus puissant, le vin, la femme ou un roi ? Ils débattirent tour à tour, et Arpaghes dit : « Le roi est le plus puissant, car il a pouvoir sur les hommes et peut les élever ou les abattre ; de plus, seul il est exempt de la loi. » Manachaz dit : « Le vin est le plus puissant, car il ôte la raison aux sages et fait paraître les sots savants, il transforme la lâcheté en courage et l’avarice en générosité. » Zorobabel dit : « Les femmes sont les plus puissantes, car le roi et tous les autres hommes viennent des femmes et se soumettent à l’amour des femmes », et il raconta comment il avait vu Cyrus, sur son trône, vaincu par l’amour d’Apemen, fille de Besazis, si bien qu’elle faisait de lui ce qu’elle voulait. Les femmes font aussi désirer l’honneur aux hommes, et la femme est, après Dieu, le plus grand soutien de l’homme, comme Alceste, épouse d’Ametus, qui donna sa vie pour sauver son mari. Ainsi Zorobabel exprima son avis, mais il ajouta néanmoins que, par-dessus tout cela, la plus puissante de toutes les choses terrestres est la Vérité : ainsi se termina la discussion, et Zorobabel fut hautement loué pour son jugement. (1783-1984.)
1985-2694. La générosité est le deuxième principe de la Politique. Un roi doit être exempt des vices tant de l’avarice que de la prodigalité. Comme l’a enseigné Aristote à partir du mauvais exemple du roi de Chaldée, il doit dépenser ses propres ressources et non celles de son peuple, il doit rendre justice avant de faire des dons, et ses dons doivent être destinés à ceux qui les méritent. (1985-2060.)
Jules et le pauvre chevalier. Un chevalier vint plaider sa cause à Rome, où se trouvait l’empereur Jules ; mais il ne put trouver d’avocat, car il était pauvre. Il pria l’empereur de lui rendre justice, et Jules lui assigna un avocat. Le chevalier se fâcha et dit : « Quand j’étais avec toi en Afrique, je me battais moi-même et je n’ai mis personne à ma place : et donc toi…
1711-1984. Le premier principe de la Politique est la Vérité, qui doit avant tout se trouver en un roi ; et cela est en partie symbolisé par les joyaux de sa couronne.
Pour te montrer que la Vérité est la vertu souveraine de tous, je vais te raconter une histoire. (1711-1782.)
Le roi, le vin, la femme et la Vérité. Daires, sultan de Perse, avait trois hommes sages dans sa chambre : Arpaghes, Manachaz et Zorobabel. Il leur posa la question : lequel est le plus puissant, le vin, la femme ou un roi ? Ils débattirent tour à tour, et Arpaghes dit : « Le roi est le plus puissant, car il a pouvoir sur les hommes et peut les élever ou les abattre ; de plus, seul il est exempt de la loi. » Manachaz dit : « Le vin est le plus puissant, car il ôte la raison aux sages et fait paraître les sots savants, il transforme la lâcheté en courage et l’avarice en générosité. » Zorobabel dit : « Les femmes sont les plus puissantes, car le roi et tous les autres hommes viennent des femmes et se soumettent à l’amour des femmes », et il raconta comment il avait vu Cyrus, sur son trône, vaincu par l’amour d’Apemen, fille de Besazis, si bien qu’elle faisait de lui ce qu’elle voulait. Les femmes font aussi désirer l’honneur aux hommes, et la femme est, après Dieu, le plus grand soutien de l’homme, comme Alceste, épouse d’Ametus, qui donna sa vie pour sauver son mari. Ainsi Zorobabel exprima son avis, mais il ajouta néanmoins que, par-dessus tout cela, la plus puissante de toutes les choses terrestres est la Vérité : ainsi se termina la discussion, et Zorobabel fut hautement loué pour son jugement. (1783-1984.)
1985-2694. La générosité est le deuxième principe de la Politique. Un roi doit être exempt des vices tant de l’avarice que de la prodigalité. Comme l’a enseigné Aristote à partir du mauvais exemple du roi de Chaldée, il doit dépenser ses propres ressources et non celles de son peuple, il doit rendre justice avant de faire des dons, et ses dons doivent être destinés à ceux qui les méritent. (1985-2060.)
Jules et le pauvre chevalier. Un chevalier vint plaider sa cause à Rome, où se trouvait l’empereur Jules ; mais il ne put trouver d’avocat, car il était pauvre. Il pria l’empereur de lui rendre justice, et Jules lui assigna un avocat. Le chevalier se fâcha et dit : « Quand j’étais avec toi en Afrique, je me battais moi-même et je n’ai mis personne à ma place : et donc toi…
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Ici, tu devrais parler en ma faveur toi-même. Jules prit sa cause en main ; et c’est ainsi que tout roi digne de ce nom doit aider ses serviteurs lorsqu’ils sont dans le besoin. (2061-2114.)
Antigone et Cynicus. Un roi doit savoir combien donner. Un chevalier pauvre demanda au roi Antigone une somme énorme ; celui-ci répondit : « C’est trop pour que tu le demandes ». Lorsque le chevalier demanda alors un cadeau très modeste, le roi dit : « C’est trop peu pour que je le donne ». Les rois ne doivent pas dépasser la mesure appropriée dans leurs dons, et surtout ils ne doivent pas donner aux flatteurs, qui offensent Dieu, le prince et le peuple. Pourtant, la flatterie se trouve toujours dans les cours des rois. (2115-2216.)
Diogène et Aristippe. Deux philosophes partirent de Carthage pour Athènes afin d’y apprendre, puis revinrent. L’un d’eux, Diogène, se contentait de vivre reclus et d’étudier ; l’autre, Aristippe, alla à la cour et obtint honneur et richesse par la flatterie. Diogène était en train de cueillir des herbes dans son jardin et de les laver dans la rivière, lorsque Aristippe passa par là avec un groupe de personnes et dit : « Si tu avais su comment te rendre agréable à ton prince, tu n’aurais pas eu besoin de cueillir des herbes ». L’autre répondit : « Si tu avais su comment cueillir des herbes, tu n’aurais pas eu besoin de te rendre agréable par tes flatteries ». (2217-2317.)
Mais c’est surtout l’exemple d’Aristippe qui est suivi ; c’est la flatterie qui fait que les hommes deviennent aimés. [Le poète Dante dit un jour à un flatteur : « Tu as bien plus de serviteurs que moi, car un poète ne sait pas comment se nourrir et s’habiller, tandis qu’un flatteur peut gouverner et diriger un roi et tout son royaume ».]
Il existait chez les Romains une coutume destinée à lutter contre la flatterie, comme suit. (2318-2354.)
Triomphe romain. Lorsqu’un empereur remportait une victoire et organisait un triomphe, il partait dans toute sa splendeur, accompagné de quatre chevaux blancs et des nobles du pays, devant et derrière lui. Mais quelqu’un était assis avec lui dans son chariot, et disait constamment : « Connais-toi toi-même, et souviens-toi que la bonne fortune n’est que temporaire ». De plus, lui et tous les autres pouvaient dire à l’empereur toute vérité qu’ils connaissaient, qu’elle soit bonne ou mauvaise. (2355-2411.)
L’empereur et ses maçons. De même, lorsqu’un empereur montait sur le trône, ses maçons venaient lui demander comment il souhaitait que soit construite sa tombe. Il n’y avait alors aucune flatterie, afin de ne pas tromper les princes. (2412-2448.)
Antigone et Cynicus. Un roi doit savoir combien donner. Un chevalier pauvre demanda au roi Antigone une somme énorme ; celui-ci répondit : « C’est trop pour que tu le demandes ». Lorsque le chevalier demanda alors un cadeau très modeste, le roi dit : « C’est trop peu pour que je le donne ». Les rois ne doivent pas dépasser la mesure appropriée dans leurs dons, et surtout ils ne doivent pas donner aux flatteurs, qui offensent Dieu, le prince et le peuple. Pourtant, la flatterie se trouve toujours dans les cours des rois. (2115-2216.)
Diogène et Aristippe. Deux philosophes partirent de Carthage pour Athènes afin d’y apprendre, puis revinrent. L’un d’eux, Diogène, se contentait de vivre reclus et d’étudier ; l’autre, Aristippe, alla à la cour et obtint honneur et richesse par la flatterie. Diogène était en train de cueillir des herbes dans son jardin et de les laver dans la rivière, lorsque Aristippe passa par là avec un groupe de personnes et dit : « Si tu avais su comment te rendre agréable à ton prince, tu n’aurais pas eu besoin de cueillir des herbes ». L’autre répondit : « Si tu avais su comment cueillir des herbes, tu n’aurais pas eu besoin de te rendre agréable par tes flatteries ». (2217-2317.)
Mais c’est surtout l’exemple d’Aristippe qui est suivi ; c’est la flatterie qui fait que les hommes deviennent aimés. [Le poète Dante dit un jour à un flatteur : « Tu as bien plus de serviteurs que moi, car un poète ne sait pas comment se nourrir et s’habiller, tandis qu’un flatteur peut gouverner et diriger un roi et tout son royaume ».]
Il existait chez les Romains une coutume destinée à lutter contre la flatterie, comme suit. (2318-2354.)
Triomphe romain. Lorsqu’un empereur remportait une victoire et organisait un triomphe, il partait dans toute sa splendeur, accompagné de quatre chevaux blancs et des nobles du pays, devant et derrière lui. Mais quelqu’un était assis avec lui dans son chariot, et disait constamment : « Connais-toi toi-même, et souviens-toi que la bonne fortune n’est que temporaire ». De plus, lui et tous les autres pouvaient dire à l’empereur toute vérité qu’ils connaissaient, qu’elle soit bonne ou mauvaise. (2355-2411.)
L’empereur et ses maçons. De même, lorsqu’un empereur montait sur le trône, ses maçons venaient lui demander comment il souhaitait que soit construite sa tombe. Il n’y avait alors aucune flatterie, afin de ne pas tromper les princes. (2412-2448.)
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La réponse de César. Quelqu’un vint et salua César comme s’il était un dieu ; puis il s’assit à ses côtés en tant qu’égal. « Si tu es un dieu », dit-il, « j’ai bien fait de te vénérer ; mais si tu es un homme, alors j’ai mal agi en m’asseyant à tes côtés ». César répondit qu’il était fou et qu’il avait mal agi dans l’une de ces deux choses : soit en s’asseyant à côté de son dieu, soit en vénérant un simple homme. Ceux qui entendirent cela en tirèrent une leçon contre la flatterie. (2449-2490.)
Le roi qui donne ses biens aux flatteurs nuit à lui-même et à son pays. Il y a un exemple dans la Bible. (2491-2526.)
Achab et Michée. 1 Rois XXII. (2527-2694.)
2695-3102. La justice est le troisième pilier de la politique. Un pays ne vaut rien sans hommes, et les hommes ne peuvent vivre sans loi. Il revient au roi, plus que quiconque, de guider la loi ; et bien qu’il soit au-dessus de la loi, il ne doit pas commettre d’actes contraires à elle. Il doit d’abord régler sa propre vie selon les exigences de Dieu, puis s’efforcer de gouverner son peuple correctement ; il doit également veiller à ce que ses juges soient à la fois sages et intègres. (2695-2764.)
Maximin, lorsqu’il nommait un juge, s’assurait soigneusement qu’il fût vertueux ou non. Ainsi, le cours de la justice n’était pas entravé par la cupidité. (2765-2782.)
Gaïus Fabricius, consul de Rome, lorsque les Samnites lui apportèrent de l’or, le goûta et le sentit, puis dit qu’il ne savait pas à quoi il pourrait servir. Il valait mieux, dit-il, gouverner ceux qui possédaient de l’or que de posséder de l’or tout en perdant la liberté d’être juste. (2783-2817.)
À cette époque, personne n’était choisi pour être juge s’il n’était pas un défenseur du droit commun. (2818-2832.)
Conrad organisa les choses de telle manière que, de son temps, personne n’osât ignorer la loi pour de l’or. (2833-2844.)
Carmidore, le consul, se tua plutôt que de permettre que sa propre loi soit enfreinte, après être arrivé par inadvertance armé au Sénat. (2845-2888.)
Cambyse fit écorcher un juge corrompu et cloua sa peau sur le siège où son fils devait juger à sa place. (2889-2904.)
Ligurgius, prince d’Athènes, ayant établi de bonnes lois dans sa ville, fit prêter serment aux citoyens de ne rien changer pendant son règne.
Le roi qui donne ses biens aux flatteurs nuit à lui-même et à son pays. Il y a un exemple dans la Bible. (2491-2526.)
Achab et Michée. 1 Rois XXII. (2527-2694.)
2695-3102. La justice est le troisième pilier de la politique. Un pays ne vaut rien sans hommes, et les hommes ne peuvent vivre sans loi. Il revient au roi, plus que quiconque, de guider la loi ; et bien qu’il soit au-dessus de la loi, il ne doit pas commettre d’actes contraires à elle. Il doit d’abord régler sa propre vie selon les exigences de Dieu, puis s’efforcer de gouverner son peuple correctement ; il doit également veiller à ce que ses juges soient à la fois sages et intègres. (2695-2764.)
Maximin, lorsqu’il nommait un juge, s’assurait soigneusement qu’il fût vertueux ou non. Ainsi, le cours de la justice n’était pas entravé par la cupidité. (2765-2782.)
Gaïus Fabricius, consul de Rome, lorsque les Samnites lui apportèrent de l’or, le goûta et le sentit, puis dit qu’il ne savait pas à quoi il pourrait servir. Il valait mieux, dit-il, gouverner ceux qui possédaient de l’or que de posséder de l’or tout en perdant la liberté d’être juste. (2783-2817.)
À cette époque, personne n’était choisi pour être juge s’il n’était pas un défenseur du droit commun. (2818-2832.)
Conrad organisa les choses de telle manière que, de son temps, personne n’osât ignorer la loi pour de l’or. (2833-2844.)
Carmidore, le consul, se tua plutôt que de permettre que sa propre loi soit enfreinte, après être arrivé par inadvertance armé au Sénat. (2845-2888.)
Cambyse fit écorcher un juge corrompu et cloua sa peau sur le siège où son fils devait juger à sa place. (2889-2904.)
Ligurgius, prince d’Athènes, ayant établi de bonnes lois dans sa ville, fit prêter serment aux citoyens de ne rien changer pendant son règne.
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Absence ; et c’est ainsi qu’il partit, pour ne jamais revenir, souhaitant que Athènes puisse encore jouir de bonnes lois. (2917-3028.)
Les premiers législateurs. Les noms de ceux qui ont établi les lois pour la première fois doivent être transmis à la postérité. Ce sont Moïse, Mercure, Numa Pompilius, Ligurge, Foroneus, Romulus. Les rois doivent être guidés par la loi, et il est un scandale pour un roi si la loi n’est pas appliquée. (3029-3102.)
3103-4214. Le quatrième principe de la politique est la pitié. C’est la vertu qui a motivé le Roi des rois lorsqu’il a envoyé son Fils sur cette terre. Chaque sujet doit craindre son roi, et chaque roi doit avoir pitié de son peuple. [L’apôtre Jacques dit que celui qui ne montre aucune pitié n’en recevra aucune en retour. Cassiodore affirme que le royaume est en sécurité là où réside la pitié. Tullius dit que le roi qui est dominé par la pitié possède un bouclier de victoire. On lit comment un chevalier a fait appel à la pitié d’Alexandre pour échapper à sa colère et obtenir ainsi sa grâce. (3149*-3179*.)] Constantin a dit : « Celui qui est esclave de la pitié mérite de régner sur tout le reste. » Troian a dit qu’il souhaitait que son peuple l’obéisse plutôt par amour que par crainte. (3103-3162.)
[Le païen et le Juif. Deux voyageurs traversèrent ensemble le désert, et chacun demanda à l’autre quelle était sa religion. L’un dit : « Je suis païen, et selon ma foi, je dois aimer tous les hommes de la même manière et leur faire ce que je voudrais qu’on me fasse. » L’autre répondit : « Je suis Juif, et selon ma foi, je ne dois être fidèle à personne, sauf à un autre Juif comme moi. » Il faisait chaud ce jour-là ; le païen chevauchait un âne avec ses bagages, tandis que le Juif marchait à pied. Le Juif demanda au païen de le laisser monter sur l’âne pour se reposer, et l’autre accepta. Ils continuèrent leur route, mais lorsque le païen voulut récupérer son âne, le Juif continua à chevaucher, affirmant ainsi qu’il remplissait son devoir selon sa loi. Le païen pria Dieu de juger leur dispute ; en continuant son chemin, il trouva le Juif tué par un lion, et l’âne avec les bagages à côté de lui. Ainsi, on peut comprendre que celui qui montre de la pitié mérite elle-même de la pitié, et que le manque de pitié est la cause du mal. (3207*-3360*.)]
Codrus, roi d’Athènes, étant en guerre, apprit d’Apollon qu’il devait soit périr au combat, soit voir son peuple vaincu. Il eut pitié de son peuple et donna sa vie pour eux. Où trouver aujourd’hui de tels rois ? (3163-3214.)
Pompée était en guerre contre le roi d’Arménie ; après l’avoir capturé, il lui rendit sa couronne et le restitua à son royaume.
Les premiers législateurs. Les noms de ceux qui ont établi les lois pour la première fois doivent être transmis à la postérité. Ce sont Moïse, Mercure, Numa Pompilius, Ligurge, Foroneus, Romulus. Les rois doivent être guidés par la loi, et il est un scandale pour un roi si la loi n’est pas appliquée. (3029-3102.)
3103-4214. Le quatrième principe de la politique est la pitié. C’est la vertu qui a motivé le Roi des rois lorsqu’il a envoyé son Fils sur cette terre. Chaque sujet doit craindre son roi, et chaque roi doit avoir pitié de son peuple. [L’apôtre Jacques dit que celui qui ne montre aucune pitié n’en recevra aucune en retour. Cassiodore affirme que le royaume est en sécurité là où réside la pitié. Tullius dit que le roi qui est dominé par la pitié possède un bouclier de victoire. On lit comment un chevalier a fait appel à la pitié d’Alexandre pour échapper à sa colère et obtenir ainsi sa grâce. (3149*-3179*.)] Constantin a dit : « Celui qui est esclave de la pitié mérite de régner sur tout le reste. » Troian a dit qu’il souhaitait que son peuple l’obéisse plutôt par amour que par crainte. (3103-3162.)
[Le païen et le Juif. Deux voyageurs traversèrent ensemble le désert, et chacun demanda à l’autre quelle était sa religion. L’un dit : « Je suis païen, et selon ma foi, je dois aimer tous les hommes de la même manière et leur faire ce que je voudrais qu’on me fasse. » L’autre répondit : « Je suis Juif, et selon ma foi, je ne dois être fidèle à personne, sauf à un autre Juif comme moi. » Il faisait chaud ce jour-là ; le païen chevauchait un âne avec ses bagages, tandis que le Juif marchait à pied. Le Juif demanda au païen de le laisser monter sur l’âne pour se reposer, et l’autre accepta. Ils continuèrent leur route, mais lorsque le païen voulut récupérer son âne, le Juif continua à chevaucher, affirmant ainsi qu’il remplissait son devoir selon sa loi. Le païen pria Dieu de juger leur dispute ; en continuant son chemin, il trouva le Juif tué par un lion, et l’âne avec les bagages à côté de lui. Ainsi, on peut comprendre que celui qui montre de la pitié mérite elle-même de la pitié, et que le manque de pitié est la cause du mal. (3207*-3360*.)]
Codrus, roi d’Athènes, étant en guerre, apprit d’Apollon qu’il devait soit périr au combat, soit voir son peuple vaincu. Il eut pitié de son peuple et donna sa vie pour eux. Où trouver aujourd’hui de tels rois ? (3163-3214.)
Pompée était en guerre contre le roi d’Arménie ; après l’avoir capturé, il lui rendit sa couronne et le restitua à son royaume.
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(3215-3248.)
La cruauté est l’opposé de la pitié. (3249-3266.)
Le tyran Léonce coupa cruellement le nez et les lèvres du miséricordieux Justinien : c’est ainsi que Tibère se vengea de lui, et Justinien fut restitué à l’empire. (3267-3294.)
Le roi cruel Siculus fit fabriquer par Berillus un taureau en bronze dans lequel les gens devaient être brûlés vifs. Berillus fut lui-même le premier à subir cette torture. (3295-3332.)
Dionys nourrissait ses chevaux de chair humaine et fut tué par Héraclès. (3341-3354.)
Lychaon dévora les corps de ses invités et se transforma en loup. (3355-3369.)
La tyrannie ne peut durer. Le lion ne tuera pas celui qui tombe à ses pieds pour implorer sa pitié ; comment donc un prince pourrait-il détruire celui qui demande sa miséricorde ? Pourtant, certains tyrans ont été si cruels que la pitié ne peut les émouvoir. (3370-3416.)
Spertachus, guerrier et homme cruel, fit la guerre à la reine Thameris ; ayant fait prisonnier son fils, il le tua sans pitié. La reine rassembla des troupes et tendit une embuscade au tyran. Elle remplit alors un récipient du sang de ses princes et le jeta dedans, lui ordonnant de boire à satiété ce sang. (3417-3513.)
Cependant, un roi ne doit pas hésiter à tuer au nom de la justice ; il doit être le défenseur de son peuple, sans aucune pitié faible. S’il craint sans raison, il est comme ceux de la fable qui avaient peur lorsque la montagne était en travail, et qui finirent par voir naître un simple souris.
Il y a un temps pour la paix, il y a aussi un temps pour la guerre ; ici encore, la vertu se situe entre deux extrêmes : la pitié stupide et la cruauté imprudente.
On trouve dans la Bible des exemples d’hommes qui ont mené la guerre pour une cause juste ; je te raconterai en voici un. (3514-3626.)
La cruauté est l’opposé de la pitié. (3249-3266.)
Le tyran Léonce coupa cruellement le nez et les lèvres du miséricordieux Justinien : c’est ainsi que Tibère se vengea de lui, et Justinien fut restitué à l’empire. (3267-3294.)
Le roi cruel Siculus fit fabriquer par Berillus un taureau en bronze dans lequel les gens devaient être brûlés vifs. Berillus fut lui-même le premier à subir cette torture. (3295-3332.)
Dionys nourrissait ses chevaux de chair humaine et fut tué par Héraclès. (3341-3354.)
Lychaon dévora les corps de ses invités et se transforma en loup. (3355-3369.)
La tyrannie ne peut durer. Le lion ne tuera pas celui qui tombe à ses pieds pour implorer sa pitié ; comment donc un prince pourrait-il détruire celui qui demande sa miséricorde ? Pourtant, certains tyrans ont été si cruels que la pitié ne peut les émouvoir. (3370-3416.)
Spertachus, guerrier et homme cruel, fit la guerre à la reine Thameris ; ayant fait prisonnier son fils, il le tua sans pitié. La reine rassembla des troupes et tendit une embuscade au tyran. Elle remplit alors un récipient du sang de ses princes et le jeta dedans, lui ordonnant de boire à satiété ce sang. (3417-3513.)
Cependant, un roi ne doit pas hésiter à tuer au nom de la justice ; il doit être le défenseur de son peuple, sans aucune pitié faible. S’il craint sans raison, il est comme ceux de la fable qui avaient peur lorsque la montagne était en travail, et qui finirent par voir naître un simple souris.
Il y a un temps pour la paix, il y a aussi un temps pour la guerre ; ici encore, la vertu se situe entre deux extrêmes : la pitié stupide et la cruauté imprudente.
On trouve dans la Bible des exemples d’hommes qui ont mené la guerre pour une cause juste ; je te raconterai en voici un. (3514-3626.)
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Histoire de Gédéon. Juges VII (3627-3806).
Saül et Agag. Saül ne respecta pas l’ordre de Dieu de tuer Agag, montrant à tort de la pitié ; c’est pourquoi il perdit la vie et son royaume (3807-3845).
D’un autre côté, Salomon obéit à l’ordre de son père David de tuer Joab, mais il fit preuve de miséricorde durant son règne et ne commit aucune tyrannie. Il était également sage et entouré d’hommes dignes ; rien n’est meilleur pour un souverain que la sagesse. Salomon demanda ce don à Dieu, et c’est là ce dont un roi a surtout besoin pour maintenir l’équilibre entre justice et pitié (3846-3944).
Courtisans et fou. Lucius, roi de Rome, demanda à son intendant et à son chambellan ce que les gens disaient de lui. L’intendant se contenta de le flatter dans sa réponse, mais le chambellan répondit que les gens pensaient qu’il serait un roi digne s’il avait de bons conseillers. Le fou, qui jouait avec son jouet près du feu, se moqua des deux et dit : « Si le roi était sage, le conseil ne serait pas mauvais. » Ainsi, le roi fut instruit et éloigna ses mauvais conseillers (3945-4010).
Folie de Roboam. 1 Rois XII, 1-20 (4027-4129).
Les conseils des jeunes mènent ainsi à la ruine. On se demande si il vaut mieux que le roi soit sage ou que son conseil le soit. La réponse est qu’il vaut mieux avoir de bons conseillers (4130-4180).
L’empereur Antonin dit qu’il préférait voir l’un de ses sujets sauvé plutôt que mille de ses ennemis tués. La miséricorde associée à la justice est le fondement du règne de tout roi. J’ai donc parlé de quatre points : la vérité, la générosité, la pitié et la justice. Il en existe encore un cinquième (4181-4214).
4215-5397. La chasteté, le cinquième point de la politique. L’homme est fait pour la femme, mais on ne doit pas en désirer beaucoup. Un homme doit tenir sa promesse de mariage, d’autant plus dans la haute et sainte fonction de roi.
Aristote conseilla Alexandre de fréquenter la compagnie de femmes belles, mais de ne pas se laisser tromper par elles. Car ce ne sont pas elles qui trompent les hommes, mais bien les hommes eux-mêmes. On ne peut blâmer l’eau si un homme se noie dedans, ni l’or si les hommes le convoitent. C’est par nature que l’homme aime.
Saül et Agag. Saül ne respecta pas l’ordre de Dieu de tuer Agag, montrant à tort de la pitié ; c’est pourquoi il perdit la vie et son royaume (3807-3845).
D’un autre côté, Salomon obéit à l’ordre de son père David de tuer Joab, mais il fit preuve de miséricorde durant son règne et ne commit aucune tyrannie. Il était également sage et entouré d’hommes dignes ; rien n’est meilleur pour un souverain que la sagesse. Salomon demanda ce don à Dieu, et c’est là ce dont un roi a surtout besoin pour maintenir l’équilibre entre justice et pitié (3846-3944).
Courtisans et fou. Lucius, roi de Rome, demanda à son intendant et à son chambellan ce que les gens disaient de lui. L’intendant se contenta de le flatter dans sa réponse, mais le chambellan répondit que les gens pensaient qu’il serait un roi digne s’il avait de bons conseillers. Le fou, qui jouait avec son jouet près du feu, se moqua des deux et dit : « Si le roi était sage, le conseil ne serait pas mauvais. » Ainsi, le roi fut instruit et éloigna ses mauvais conseillers (3945-4010).
Folie de Roboam. 1 Rois XII, 1-20 (4027-4129).
Les conseils des jeunes mènent ainsi à la ruine. On se demande si il vaut mieux que le roi soit sage ou que son conseil le soit. La réponse est qu’il vaut mieux avoir de bons conseillers (4130-4180).
L’empereur Antonin dit qu’il préférait voir l’un de ses sujets sauvé plutôt que mille de ses ennemis tués. La miséricorde associée à la justice est le fondement du règne de tout roi. J’ai donc parlé de quatre points : la vérité, la générosité, la pitié et la justice. Il en existe encore un cinquième (4181-4214).
4215-5397. La chasteté, le cinquième point de la politique. L’homme est fait pour la femme, mais on ne doit pas en désirer beaucoup. Un homme doit tenir sa promesse de mariage, d’autant plus dans la haute et sainte fonction de roi.
Aristote conseilla Alexandre de fréquenter la compagnie de femmes belles, mais de ne pas se laisser tromper par elles. Car ce ne sont pas elles qui trompent les hommes, mais bien les hommes eux-mêmes. On ne peut blâmer l’eau si un homme se noie dedans, ni l’or si les hommes le convoitent. C’est par nature que l’homme aime.
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Mais ce n’est pas par nature qu’il perd la raison : c’est comme la gelée en juillet ou des chaussettes portées sur les chaussures. Pourtant, de grands princes ont été ainsi trompés. (4215-4312.)
Sardanapale perdit son royaume et son honneur, car il devint efféminé dans ses désirs. (4313-4343.)
David, cependant, bien qu’il aimât de nombreuses femmes, conserva l’honneur de la chevalerie. (4344-4360.)
Cyrus eut une guerre avec les Lydiens et ne put les conquérir. Alors, feignant, il fit avec eux une paix perpétuelle ; ils tombèrent dans l’oisiveté et les désirs charnels, si bien qu’il put les soumettre facilement. (4361-4405.)
Balaam conseilla au roi Amalek d’envoyer des femmes belles parmi les Hébreux ; celles-ci les poussèrent à la luxure, de sorte qu’ils furent vaincus au combat, jusqu’à ce que Phinées les fasse corriger leur conduite. (4406-4445.)
Cette vertu de chasteté appartient surtout à un roi.
Salomon prit des épouses de divers peuples et pratiqua l’idolâtrie par folie. C’est pourquoi, après sa mort, son royaume fut divisé.
Antonin, fils de Sévère, donna un mauvais exemple de luxure ; et l’histoire qui suit montrera quel est le sort de la tyrannie et de la débauche. (4446-4592.)
Tarquin le tyran eut de nombreux fils, parmi lesquels Arron. Il eut une guerre avec les Gabiens ; Arron se rendit dans leur ville, montrant des blessures qu’il disait avoir reçues de son père et de ses frères. Ils le prirent pour chef ; sur conseil de son père, il trancha la tête de leurs chefs, et ainsi les Romains conquirent la ville. Ils firent un sacrifice solennel dans le temple de Phébus ; une serpente vint dévorer les offrandes et éteindre les feux. Phébus dit que c’était à cause du péché et de l’orgueil de Tarquin et de son fils, et que celui qui embrasserait d’abord sa mère pourrait venger l’injustice. Brutus tomba à terre et embrassa sa mère Terre. (4593-4753.)
Tarquin eut ensuite une guerre avec Ardea ; le siège dura longtemps. Un différend surgit entre Arron et Collatin au sujet de la vertu de leurs épouses ; ils se rendirent à Rome pour voir comment elles s’y comportaient. Au palais, ils trouvèrent l’épouse d’Arron pleine de gaieté et ne pensant guère à son mari ; chez Collatin, Lucrèce travaillait avec ses
Sardanapale perdit son royaume et son honneur, car il devint efféminé dans ses désirs. (4313-4343.)
David, cependant, bien qu’il aimât de nombreuses femmes, conserva l’honneur de la chevalerie. (4344-4360.)
Cyrus eut une guerre avec les Lydiens et ne put les conquérir. Alors, feignant, il fit avec eux une paix perpétuelle ; ils tombèrent dans l’oisiveté et les désirs charnels, si bien qu’il put les soumettre facilement. (4361-4405.)
Balaam conseilla au roi Amalek d’envoyer des femmes belles parmi les Hébreux ; celles-ci les poussèrent à la luxure, de sorte qu’ils furent vaincus au combat, jusqu’à ce que Phinées les fasse corriger leur conduite. (4406-4445.)
Cette vertu de chasteté appartient surtout à un roi.
Salomon prit des épouses de divers peuples et pratiqua l’idolâtrie par folie. C’est pourquoi, après sa mort, son royaume fut divisé.
Antonin, fils de Sévère, donna un mauvais exemple de luxure ; et l’histoire qui suit montrera quel est le sort de la tyrannie et de la débauche. (4446-4592.)
Tarquin le tyran eut de nombreux fils, parmi lesquels Arron. Il eut une guerre avec les Gabiens ; Arron se rendit dans leur ville, montrant des blessures qu’il disait avoir reçues de son père et de ses frères. Ils le prirent pour chef ; sur conseil de son père, il trancha la tête de leurs chefs, et ainsi les Romains conquirent la ville. Ils firent un sacrifice solennel dans le temple de Phébus ; une serpente vint dévorer les offrandes et éteindre les feux. Phébus dit que c’était à cause du péché et de l’orgueil de Tarquin et de son fils, et que celui qui embrasserait d’abord sa mère pourrait venger l’injustice. Brutus tomba à terre et embrassa sa mère Terre. (4593-4753.)
Tarquin eut ensuite une guerre avec Ardea ; le siège dura longtemps. Un différend surgit entre Arron et Collatin au sujet de la vertu de leurs épouses ; ils se rendirent à Rome pour voir comment elles s’y comportaient. Au palais, ils trouvèrent l’épouse d’Arron pleine de gaieté et ne pensant guère à son mari ; chez Collatin, Lucrèce travaillait avec ses
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Les femmes priaient pour le retour de leur mari. Arrons en fut éperdument amoureux ; il revint le lendemain et la viola. Le jour suivant, elle appela son mari et son père, accompagnés de Brutus, et leur raconta son histoire. Refusant leur pardon, elle se suicida, et ils emmenèrent son corps sur la place du marché, où Brutus raconta l’affaire au peuple. Celui-ci se souvint également des méfaits passés de Tarquin et de son fils, et les exila tous deux. (4754-5130.)
Virginia. Lorsque Appius Claudius était gouverneur de Rome, il eut des vues sur une jeune fille douce, fille de Livius Virginius, et il fit en sorte que son frère Marcus la revendique illégalement comme esclave. Son père se trouvait avec l’armée, mais il se hâta de retourner à Rome ; et lorsque Appius la donna à son frère en violation de la loi, ne voyant aucun autre moyen de la sauver de l’humiliation, il la transperça de son épée puis retourna auprès de l’armée. Ainsi, la tyrannie parvint aux oreilles des gens, et le roi injuste fut déposé par consensus général. (5131-5306.)
Comme exemple de chasteté dans le mariage, on lit l’histoire de Sara, fille de Raguel. Sept hommes qui l’épousèrent furent étranglés par le démon Asmodée, car ils ne la voulaient que pour leur désir ; mais Tobie, instruit par Raphaël, obtint ce qu’il voulait tout en respectant la loi du mariage. Dieu n’a lié les bêtes que par la loi de la nature, mais les hommes doivent aussi suivre la loi de la raison et éviter toute débauche. C’est ainsi que le philosophe enseigna à Alexandre. (5307-5397.)
Je vous remercie, père. Ces histoires résonnent à mes oreilles, mais mon cœur est ailleurs ; car rien ne peut me faire oublier mon amour. Laissons donc tout le reste de côté et retournons à notre tâche.
Oui, mon fils, il y a encore un point, et c’est le dernier. (5398-5438.)
Livre VIII.
1-198. Lois du mariage. Dieu créa Adam et Ève pour compenser la perte de Lucifer et de ses anges, et Il leur ordonna de se multiplier. Dans la première génération, selon la loi de Dieu, frères et sœurs se mariaient entre eux, puis ensuite cousins épousaient cousins, comme à l’époque d’Abraham et de Jacob. Finalement, sous la loi chrétienne, le mariage fut interdit même au troisième degré de parenté. Pourtant, certains hommes ne tiennent pas compte ni des liens de famille ni de la religion, et agissent comme un coq parmi
Virginia. Lorsque Appius Claudius était gouverneur de Rome, il eut des vues sur une jeune fille douce, fille de Livius Virginius, et il fit en sorte que son frère Marcus la revendique illégalement comme esclave. Son père se trouvait avec l’armée, mais il se hâta de retourner à Rome ; et lorsque Appius la donna à son frère en violation de la loi, ne voyant aucun autre moyen de la sauver de l’humiliation, il la transperça de son épée puis retourna auprès de l’armée. Ainsi, la tyrannie parvint aux oreilles des gens, et le roi injuste fut déposé par consensus général. (5131-5306.)
Comme exemple de chasteté dans le mariage, on lit l’histoire de Sara, fille de Raguel. Sept hommes qui l’épousèrent furent étranglés par le démon Asmodée, car ils ne la voulaient que pour leur désir ; mais Tobie, instruit par Raphaël, obtint ce qu’il voulait tout en respectant la loi du mariage. Dieu n’a lié les bêtes que par la loi de la nature, mais les hommes doivent aussi suivre la loi de la raison et éviter toute débauche. C’est ainsi que le philosophe enseigna à Alexandre. (5307-5397.)
Je vous remercie, père. Ces histoires résonnent à mes oreilles, mais mon cœur est ailleurs ; car rien ne peut me faire oublier mon amour. Laissons donc tout le reste de côté et retournons à notre tâche.
Oui, mon fils, il y a encore un point, et c’est le dernier. (5398-5438.)
Livre VIII.
1-198. Lois du mariage. Dieu créa Adam et Ève pour compenser la perte de Lucifer et de ses anges, et Il leur ordonna de se multiplier. Dans la première génération, selon la loi de Dieu, frères et sœurs se mariaient entre eux, puis ensuite cousins épousaient cousins, comme à l’époque d’Abraham et de Jacob. Finalement, sous la loi chrétienne, le mariage fut interdit même au troisième degré de parenté. Pourtant, certains hommes ne tiennent pas compte ni des liens de famille ni de la religion, et agissent comme un coq parmi
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Les poules, et un étalon parmi les juments. Un tel amour peut être doux au début, mais il devient amère ensuite.
199-2008. Exemples d’inceste. Caligula, l’empereur romain, priva ses trois sœurs de leur virginité ; c’est pourquoi Dieu le priva de sa vie et de son empire.
Amon coucha avec sa sœur Thamar, et Absolon, son frère, se vengea de lui.
Lot coucha avec ses filles, et les descendants qu’elles eurent ne furent pas bons.
Ainsi, si un homme dirige ainsi son amour, il le regrettera amèrement par la suite ; et à ce sujet, je pense raconter une histoire longue à entendre. (199-270.)
Apollonius de Tyr. Dans une chronique intitulée Panthéon, j’ai lu comment le roi Antiochus viola sa propre fille et vécut avec elle dans le péché. Pour empêcher son mariage, il posa un problème à ceux qui cherchaient à gagner son cœur ; si un homme échouait à le résoudre, il devait perdre la tête. Finalement, le prince Apollinus de Tyr arriva, et le roi lui posa la question. Il comprit trop bien ce que signifiait l’énigme ; craignant la honte, Antiochus reporta sa réponse de trente jours. (271-439.)
Le prince, craignant sa vengeance, s’enfuit chez lui à Tyr, d’où il partit secrètement à bord d’un navire chargé de blé. Antiochus envoya aussitôt Taliart à Tyr, avec pour ordre de tuer le prince par empoisonnement. Ayant constaté qu’Apollinus avait fui, il revint.
Pendant ce temps, le prince arriva à Tharsis et prit logement chez Strangulio et sa femme Dionise. La ville souffrait de la faim ; Apollinus leur donna son blé en cadeau, en échange de quoi ils érigèrent une statue en son honneur dans la place publique. (440-570.)
Un homme vint le trouver de Tyr et lui rapporta que le roi Antiochus voulait le tuer. Il eut peur et s’enfuit à nouveau par bateau. Une tempête survint, et le navire sombra : seul Apollinus parvint à atteindre la terre ferme. Un pêcheur l’aida et le dirigea vers la ville de Pentapolim, où il trouva les gens rassemblés pour assister à des jeux, ainsi que le roi et la reine du pays. (571-695.)
199-2008. Exemples d’inceste. Caligula, l’empereur romain, priva ses trois sœurs de leur virginité ; c’est pourquoi Dieu le priva de sa vie et de son empire.
Amon coucha avec sa sœur Thamar, et Absolon, son frère, se vengea de lui.
Lot coucha avec ses filles, et les descendants qu’elles eurent ne furent pas bons.
Ainsi, si un homme dirige ainsi son amour, il le regrettera amèrement par la suite ; et à ce sujet, je pense raconter une histoire longue à entendre. (199-270.)
Apollonius de Tyr. Dans une chronique intitulée Panthéon, j’ai lu comment le roi Antiochus viola sa propre fille et vécut avec elle dans le péché. Pour empêcher son mariage, il posa un problème à ceux qui cherchaient à gagner son cœur ; si un homme échouait à le résoudre, il devait perdre la tête. Finalement, le prince Apollinus de Tyr arriva, et le roi lui posa la question. Il comprit trop bien ce que signifiait l’énigme ; craignant la honte, Antiochus reporta sa réponse de trente jours. (271-439.)
Le prince, craignant sa vengeance, s’enfuit chez lui à Tyr, d’où il partit secrètement à bord d’un navire chargé de blé. Antiochus envoya aussitôt Taliart à Tyr, avec pour ordre de tuer le prince par empoisonnement. Ayant constaté qu’Apollinus avait fui, il revint.
Pendant ce temps, le prince arriva à Tharsis et prit logement chez Strangulio et sa femme Dionise. La ville souffrait de la faim ; Apollinus leur donna son blé en cadeau, en échange de quoi ils érigèrent une statue en son honneur dans la place publique. (440-570.)
Un homme vint le trouver de Tyr et lui rapporta que le roi Antiochus voulait le tuer. Il eut peur et s’enfuit à nouveau par bateau. Une tempête survint, et le navire sombra : seul Apollinus parvint à atteindre la terre ferme. Un pêcheur l’aida et le dirigea vers la ville de Pentapolim, où il trouva les gens rassemblés pour assister à des jeux, ainsi que le roi et la reine du pays. (571-695.)
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Il surpassa tous les autres dans les jeux, et le roi l’appela au dîner dans sa salle. Au dîner, il était triste et ne mangea rien ; le roi envoya alors sa fille pour le consoler. Il lui dit son nom et son pays, puis laissa les larmes couler sur ses joues. Elle prit une harpe et chanta, et il la prit des mains de celle-ci, jouant et chantant avec divinité. Tous virent qu’il était de sang noble. (696-799.)
La fille du roi demanda à son père de devenir son enseignant, et avec le temps, elle se mit à l’aimer de tout son cœur. Elle perdit tellement l’appétit pour la nourriture, la boisson et le sommeil qu’elle fut en danger de mort.
Trois fils de princes demandèrent sa main en mariage, et par lettre, elle informa son père de la situation : si elle ne pouvait avoir Apollinus, elle n’en voudrait aucun autre. (800-911.)
Le roi fit venir Apollinus et lui montra la lettre de sa fille. Il accepta volontiers, et le mariage eut lieu dans une grande fête. Peu après, des hommes vinrent de Tyr pour annoncer qu’Antiochus et sa fille étaient morts, frappés tous deux par la foudre, et ils le supplièrent de retourner auprès de son peuple. Tous furent heureux d’apprendre que la fille du roi avait épousé un prince si digne. (912-1019.)
Apollinus partit en mer avec sa femme, qui était enceinte. Une tempête éclata, et elle commença à accoucher. Dans l’angoisse, elle donna naissance à une fille, mais elle-même mourut. (1020-1058.)
Apollinus fut affligé comme aucun homme ne l’avait jamais été, mais le capitaine du navire exigea que le corps soit jeté à la mer, car la mer ne peut retenir aucune créature morte, et le navire serait poussé vers le rivage si le corps restait à bord. Ils fabriquèrent donc un coffre solidement fermé avec du fer et recouvert de poix, dans lequel ils placèrent le cadavre, ainsi que de l’or et des bijoux, accompagnés d’une lettre priant pour qu’elle reçoive des funérailles ; puis ils le jetèrent à la mer. Pendant ce temps, Apollinus navigua d’abord vers Tharsis. (1059-1150.)
Le coffre fut rejeté sur les rivages d’Éphèse et trouvé par Cerymon, un grand médecin. Grâce à son art, il ramena le corps apparent à la vie, et elle prit en charge la direction de la religion, vivant avec d’autres femmes dans le temple de Diane. (1151-1271.)
La fille du roi demanda à son père de devenir son enseignant, et avec le temps, elle se mit à l’aimer de tout son cœur. Elle perdit tellement l’appétit pour la nourriture, la boisson et le sommeil qu’elle fut en danger de mort.
Trois fils de princes demandèrent sa main en mariage, et par lettre, elle informa son père de la situation : si elle ne pouvait avoir Apollinus, elle n’en voudrait aucun autre. (800-911.)
Le roi fit venir Apollinus et lui montra la lettre de sa fille. Il accepta volontiers, et le mariage eut lieu dans une grande fête. Peu après, des hommes vinrent de Tyr pour annoncer qu’Antiochus et sa fille étaient morts, frappés tous deux par la foudre, et ils le supplièrent de retourner auprès de son peuple. Tous furent heureux d’apprendre que la fille du roi avait épousé un prince si digne. (912-1019.)
Apollinus partit en mer avec sa femme, qui était enceinte. Une tempête éclata, et elle commença à accoucher. Dans l’angoisse, elle donna naissance à une fille, mais elle-même mourut. (1020-1058.)
Apollinus fut affligé comme aucun homme ne l’avait jamais été, mais le capitaine du navire exigea que le corps soit jeté à la mer, car la mer ne peut retenir aucune créature morte, et le navire serait poussé vers le rivage si le corps restait à bord. Ils fabriquèrent donc un coffre solidement fermé avec du fer et recouvert de poix, dans lequel ils placèrent le cadavre, ainsi que de l’or et des bijoux, accompagnés d’une lettre priant pour qu’elle reçoive des funérailles ; puis ils le jetèrent à la mer. Pendant ce temps, Apollinus navigua d’abord vers Tharsis. (1059-1150.)
Le coffre fut rejeté sur les rivages d’Éphèse et trouvé par Cerymon, un grand médecin. Grâce à son art, il ramena le corps apparent à la vie, et elle prit en charge la direction de la religion, vivant avec d’autres femmes dans le temple de Diane. (1151-1271.)
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Apollinus, en se rendant à Tharse, confia sa fille nourrisson Thaise aux soins de Strangulio et de Dionise, puis il partit pour Tyr. Cette fille grandit, jusqu’à l’âge de quatorze ans, avec la fille de Strangulio ; mais partout où elles allaient, c’était Thaise qui était préférée, ce qui mettait Dionise en colère. Elle ordonna à son esclave Théophile d’emmener Thaise sur le rivage et de la tuer là-bas. Il l’y conduisit, mais ses cris attirèrent des pirates de leurs cachettes ; ceux-ci l’emmenèrent avec eux à Mitilène et la vendirent à Léonin, propriétaire d’un bordel. (1272-1423.)
Les jeunes hommes qui vinrent la voir furent émus de pitié et ne lui firent aucun mal ; c’est pourquoi Léonin envoya son propre serviteur auprès d’elle. Elle supplia qu’on lui permette de gagner de l’argent pour lui d’une autre manière. Ayant été sortie du bordel et placée en sécurité, elle enseigna ce que les dames de bonne famille désirent apprendre, et son nom se répandit dans tout le pays. (1424-1497.)
Théophile rapporta qu’il avait tué Thaise. Dionise, feignant qu’elle fût morte subitement, organisa de grandes funérailles et fit ériger un tombeau avec une épitaphe. Par la suite, Apollinus vint chercher sa fille à Tharse ; apprenant qu’elle était morte, il repartit en mer, accablé de tristesse. Il resta seul, pleurant dans l’obscurité de la cale du navire, jusqu’à ce que, sous l’effet d’une tempête, ils arrivent à Mitilène. (1498-1617.)
Apprenant sa douleur, le seigneur de la ville, Athénagore, envoya Thaise pour le consoler. Au début, il rejeta tous ses efforts de consolation, mais découvrit ensuite, à sa grande joie, qu’elle était bien la fille dont il pleurait la perte. Athénagore demanda sa main et l’épousa. (1618-1776.)
Ils partirent tous ensemble dans l’intention de venger la trahison commise à Tharse, mais Apollinus reçut en rêve l’avertissement d’aller à Éphésos. Là, dans le temple de Diane, il retrouva l’épouse qu’il croyait morte. De là, ils naviguèrent vers Tyr, où ils furent accueillis avec joie. Athénagore et Thaise y furent couronnés roi et reine, tandis qu’Apollinus partit pour se venger comme il se devait de Strangulio et de Dionise. (1777-1962.)
Une fois cela fait, une lettre lui parvint de Pentapolis, le priant de venir prendre possession de ce royaume, car le roi était mort. Ils eurent un bon voyage jusqu’à là-bas ; lui et sa femme y furent couronnés et menèrent une vie heureuse. (1963-2008.)
Les jeunes hommes qui vinrent la voir furent émus de pitié et ne lui firent aucun mal ; c’est pourquoi Léonin envoya son propre serviteur auprès d’elle. Elle supplia qu’on lui permette de gagner de l’argent pour lui d’une autre manière. Ayant été sortie du bordel et placée en sécurité, elle enseigna ce que les dames de bonne famille désirent apprendre, et son nom se répandit dans tout le pays. (1424-1497.)
Théophile rapporta qu’il avait tué Thaise. Dionise, feignant qu’elle fût morte subitement, organisa de grandes funérailles et fit ériger un tombeau avec une épitaphe. Par la suite, Apollinus vint chercher sa fille à Tharse ; apprenant qu’elle était morte, il repartit en mer, accablé de tristesse. Il resta seul, pleurant dans l’obscurité de la cale du navire, jusqu’à ce que, sous l’effet d’une tempête, ils arrivent à Mitilène. (1498-1617.)
Apprenant sa douleur, le seigneur de la ville, Athénagore, envoya Thaise pour le consoler. Au début, il rejeta tous ses efforts de consolation, mais découvrit ensuite, à sa grande joie, qu’elle était bien la fille dont il pleurait la perte. Athénagore demanda sa main et l’épousa. (1618-1776.)
Ils partirent tous ensemble dans l’intention de venger la trahison commise à Tharse, mais Apollinus reçut en rêve l’avertissement d’aller à Éphésos. Là, dans le temple de Diane, il retrouva l’épouse qu’il croyait morte. De là, ils naviguèrent vers Tyr, où ils furent accueillis avec joie. Athénagore et Thaise y furent couronnés roi et reine, tandis qu’Apollinus partit pour se venger comme il se devait de Strangulio et de Dionise. (1777-1962.)
Une fois cela fait, une lettre lui parvint de Pentapolis, le priant de venir prendre possession de ce royaume, car le roi était mort. Ils eurent un bon voyage jusqu’à là-bas ; lui et sa femme y furent couronnés et menèrent une vie heureuse. (1963-2008.)
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Ainsi, mon fils, tu peux voir comment se comportent ceux qui aiment de manière noble, mais ce n’est pas de l’amour lorsque les hommes assouvissent leurs désirs comme des bêtes.
2029-3172. Conclusion. Père, je puis m’en sortir dans cette affaire, mais j’implore votre conseil quant à la voie que je dois suivre dans mon amour.
Je te conseille, mon fils, de ne plus te donner de peine pour des choses qui ne t’apportent aucun profit. La fin de tout plaisir est la douleur. L’amour est aveugle, et il rend tous ses serviteurs aveugles : tu peux encore te retirer et te soumettre à la loi de la raison.
C’est facile à dire, père. Ma douleur n’est pour vous qu’un jeu, vous ne ressentez rien de ce que je ressens. Le cerf libre ne connaît pas les souffrances du bœuf sous le joug. Mais je vous implore de présenter une supplique à Vénus et à Cupidon, et de m’apporter une bonne réponse. (2009-2188.)
Alors naquit un grand débat entre mon prêtre et moi : ma raison le comprenait bien, mais ma volonté était contre lui. Finalement, il accepta de remettre ma supplique, et, avec des larmes à la place de l’encre, j’écrivis la lettre ainsi : « La douloureuse peine de la maladie d’amour », etc. (2189-2300.)
Le prêtre partit présenter ma requête, et je restai. Soudain, Vénus se tint près de moi ; je m’agenouillai et la priai de m’accorder sa grâce.
« Quel est ton nom ? » demanda-t-elle, comme en plaisantant. « John Gower », répondis-je. « J’ai lu ta supplique », dit-elle, « dans laquelle tu te plains à la Nature et à moi. La Nature est maîtresse où elle veut, et je te pardonne de suivre sa loi ; mais quant à ce que tu dis, que je suis tenue de te soulager, parce que tu as servi à ma Cour, je te donnerai un remède qui guérira ton cœur, mais peut-être ne sera-t-il pas celui que tu désires. » (2301-2376.)
Avec mépris, elle parla de mon âge et de mes cheveux blancs, et me conseilla de me retirer dans un « beau retrait », tant qu’il en était encore temps ; car même si j’obtenais ce que je désirais, je ne pourrais pas tenir correctement mon serment d’amour.
Soudain, je fus saisi de froid à cause de la douleur de mon cœur, et je m’effondrai, évanoui, sur le sol. Alors, il me sembla voir Cupidon, son arc tendu, accompagné d’une grande foule, ces gens tendres qui furent autrefois amoureux, vêtus de diverses couleurs. (2377-2459.)
La jeunesse était le chef d’un groupe ; ceux-ci portaient des guirlandes, faites de feuilles pour certains, de fleurs pour d’autres. Ils avançaient en jouant de la flûte et en chantant…
2029-3172. Conclusion. Père, je puis m’en sortir dans cette affaire, mais j’implore votre conseil quant à la voie que je dois suivre dans mon amour.
Je te conseille, mon fils, de ne plus te donner de peine pour des choses qui ne t’apportent aucun profit. La fin de tout plaisir est la douleur. L’amour est aveugle, et il rend tous ses serviteurs aveugles : tu peux encore te retirer et te soumettre à la loi de la raison.
C’est facile à dire, père. Ma douleur n’est pour vous qu’un jeu, vous ne ressentez rien de ce que je ressens. Le cerf libre ne connaît pas les souffrances du bœuf sous le joug. Mais je vous implore de présenter une supplique à Vénus et à Cupidon, et de m’apporter une bonne réponse. (2009-2188.)
Alors naquit un grand débat entre mon prêtre et moi : ma raison le comprenait bien, mais ma volonté était contre lui. Finalement, il accepta de remettre ma supplique, et, avec des larmes à la place de l’encre, j’écrivis la lettre ainsi : « La douloureuse peine de la maladie d’amour », etc. (2189-2300.)
Le prêtre partit présenter ma requête, et je restai. Soudain, Vénus se tint près de moi ; je m’agenouillai et la priai de m’accorder sa grâce.
« Quel est ton nom ? » demanda-t-elle, comme en plaisantant. « John Gower », répondis-je. « J’ai lu ta supplique », dit-elle, « dans laquelle tu te plains à la Nature et à moi. La Nature est maîtresse où elle veut, et je te pardonne de suivre sa loi ; mais quant à ce que tu dis, que je suis tenue de te soulager, parce que tu as servi à ma Cour, je te donnerai un remède qui guérira ton cœur, mais peut-être ne sera-t-il pas celui que tu désires. » (2301-2376.)
Avec mépris, elle parla de mon âge et de mes cheveux blancs, et me conseilla de me retirer dans un « beau retrait », tant qu’il en était encore temps ; car même si j’obtenais ce que je désirais, je ne pourrais pas tenir correctement mon serment d’amour.
Soudain, je fus saisi de froid à cause de la douleur de mon cœur, et je m’effondrai, évanoui, sur le sol. Alors, il me sembla voir Cupidon, son arc tendu, accompagné d’une grande foule, ces gens tendres qui furent autrefois amoureux, vêtus de diverses couleurs. (2377-2459.)
La jeunesse était le chef d’un groupe ; ceux-ci portaient des guirlandes, faites de feuilles pour certains, de fleurs pour d’autres. Ils avançaient en jouant de la flûte et en chantant…
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Le bruit résonnait de tous côtés : ils riaient, dansaient, jouaient, et parlaient de chevalerie et de l’amour des femmes. Il y avait Tristram avec Ysolde, Lancelot avec Gunnore, Jason avec Créuse, Hercule avec Éole, Troïlus avec Criseyde ; mais malgré sa joie, il était encore accablé de tristesse à cause de Diomède. J’ai également vu ceux qui sont morts d’amour, comme Narcisse, Pyramus, Achille ; et les femmes abandonnées, Didon, Phyllis, Adrienne, Déianire et Médée. J’en ai vu beaucoup d’autres aussi, mais surtout quatre femmes qui étaient particulièrement louées en exemple de mariage : Pénélope, Lucrèce, Alceste et Alcione. La jeunesse, qui menait ce groupe, ne fit aucune attention à moi. (2460-2665.)
Puis vint Eld, menant un groupe moins nombreux. Leur musique était douce et leur danse légère : ils souriaient, mais ne riaient pas à haute voix. Il y avait David avec Batsheba, et Salomon avec ses épouses et concubines, Samson avec Dalila, et Aristote avec la reine de Grèce ; Virgile aussi, Platon et l’auteur d’Ovide. (2665-2725.)
Lorsque ce groupe arriva à l’endroit où je gisais, ils implorèrent Vénus en ma faveur, et même certains des plus jeunes dirent que c’était une grande pitié. Cupidon vint avec Vénus vers moi alors que j’étais allongé, et tous les amoureux se pressèrent pour voir. Certains disaient que l’amour était folie dans le passé, d’autres que nulle âge ne pouvait être libre, et que tant qu’il y avait encore de l’huile dans la lampe, elle pouvait toujours être allumée. Cupidon me chercha jusqu’à ce qu’il me trouve, puis il tira cette lance enflammée qu’il avait auparavant plantée dans mon cœur ; Vénus oignit ma blessure d’un onguent apaisant et me donna un miroir afin que je puisse me voir. Je vis mon visage ridé et mes yeux ternes, et je me comparai à cette période de l’année où l’hiver a dépouillé la terre. Alors la raison revint à moi et je devins sobre et sain d’esprit. (2726-2869.)
Vénus me regarda, et en riant, elle me demanda ce qu’était l’Amour. Je répondis, confus, que je ne le connaissais pas, et je priai pour être exempté de participer à sa cour. Quant à ma confession, je demandai aussi l’absolution, que le prêtre m’accorda volontiers. Puis la reine me remit une paire de perles à porter autour du cou, sur lesquelles était écrit « Por reposer » en lettres d’or. « Ainsi, dit-elle, j’ai pris soin de ton confort ; mon souhait est que tu pries pour la paix. Ne reste plus à ma cour, mais va là où réside la vertu morale, là où se trouvent ces livres que l’on dit que tu as écrits : toi et moi ne devons plus jamais nous rencontrer. Adieu, car je dois te quitter. » Et ainsi, enveloppée dans un nuage étoilé, Vénus fut emmenée à son lieu céleste, et son prêtre partit également en même temps. Je restai debout un
Puis vint Eld, menant un groupe moins nombreux. Leur musique était douce et leur danse légère : ils souriaient, mais ne riaient pas à haute voix. Il y avait David avec Batsheba, et Salomon avec ses épouses et concubines, Samson avec Dalila, et Aristote avec la reine de Grèce ; Virgile aussi, Platon et l’auteur d’Ovide. (2665-2725.)
Lorsque ce groupe arriva à l’endroit où je gisais, ils implorèrent Vénus en ma faveur, et même certains des plus jeunes dirent que c’était une grande pitié. Cupidon vint avec Vénus vers moi alors que j’étais allongé, et tous les amoureux se pressèrent pour voir. Certains disaient que l’amour était folie dans le passé, d’autres que nulle âge ne pouvait être libre, et que tant qu’il y avait encore de l’huile dans la lampe, elle pouvait toujours être allumée. Cupidon me chercha jusqu’à ce qu’il me trouve, puis il tira cette lance enflammée qu’il avait auparavant plantée dans mon cœur ; Vénus oignit ma blessure d’un onguent apaisant et me donna un miroir afin que je puisse me voir. Je vis mon visage ridé et mes yeux ternes, et je me comparai à cette période de l’année où l’hiver a dépouillé la terre. Alors la raison revint à moi et je devins sobre et sain d’esprit. (2726-2869.)
Vénus me regarda, et en riant, elle me demanda ce qu’était l’Amour. Je répondis, confus, que je ne le connaissais pas, et je priai pour être exempté de participer à sa cour. Quant à ma confession, je demandai aussi l’absolution, que le prêtre m’accorda volontiers. Puis la reine me remit une paire de perles à porter autour du cou, sur lesquelles était écrit « Por reposer » en lettres d’or. « Ainsi, dit-elle, j’ai pris soin de ton confort ; mon souhait est que tu pries pour la paix. Ne reste plus à ma cour, mais va là où réside la vertu morale, là où se trouvent ces livres que l’on dit que tu as écrits : toi et moi ne devons plus jamais nous rencontrer. Adieu, car je dois te quitter. » Et ainsi, enveloppée dans un nuage étoilé, Vénus fut emmenée à son lieu céleste, et son prêtre partit également en même temps. Je restai debout un
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tandis que j’étais émerveillé ; puis je souris, en pensant aux perles qu’elle m’avait données et aux prières que je devais dire. Ainsi, je pris le chemin du retour, doucement. (2870-2970.)
À Dieu, Créateur de toutes choses, je prie pour le bien-être de cette terre, afin qu’elle connaisse paix et unité, que tous les ordres sociaux désirent. Je prie pour que le clergé agisse selon la règle de la charité, que l’ordre des chevaliers fasse cesser les extorsions et défende les droits de l’Église, que les marchands pratiquent l’honnêteté, et surtout que le roi garde lui-même et tous les autres ordres du royaume sur le bon chemin. Le roi qui suit humblement la loi de Dieu sera béni, et son nom sera rappelé à jamais. (2971-3105.)
J’avais promis de composer en anglais un livre entre le jeu et le sérieux, et maintenant je demande à être excusé pour mon manque de compétence particulière. J’ai écrit en mots simples et grossiers, car la maladie et l’âge m’y ont contraint ; et je prie mes seigneurs de me conserver leur grâce, car je désire plaire à ceux sous la domination desquels je suis. (3106-3137.)
Et maintenant ma Muse m’ordonne de me reposer et de ne plus écrire sur l’amour, qui éloigne le cœur de la raison. De cet amour, donc, je prends congé définitivement. Mais cet amour qui est confirmé par la charité, qui peut sauver le corps et corriger l’âme, que Dieu nous envoie, afin que, au ciel, notre joie soit sans fin. (3138-3172.)
iv. Orthographe et phonologie.—Dans les remarques suivantes sur la langue de Gower, il n’y a pas de complétude systématique. L’attention est portée sur les points qui semblent importants ou intéressants, en faisant notamment référence à la langue de Chaucer, telle qu’elle est traitée dans B. ten Brink’s Chaucers Sprache und Verskunst (deuxième édition, 1899). Il est peut-être nécessaire de souligner ici une différence de méthode qui distingue cette étude de celles dont l’objet est le texte de Chaucer ou d’autres auteurs dont l’œuvre nous est parvenue sous forme de manuscrits qui ne proviennent pas de l’auteur lui-même. Dans de tels cas, nous devons d’abord déterminer ce que l’auteur a réellement écrit, avant de pouvoir tirer des conclusions valables sur les lois de sa langue. Il peut même être nécessaire de limiter la discussion aux formes attestées par la rime ; mais lorsque nous sommes contraints de le faire, nous devons nous rappeler que nous
À Dieu, Créateur de toutes choses, je prie pour le bien-être de cette terre, afin qu’elle connaisse paix et unité, que tous les ordres sociaux désirent. Je prie pour que le clergé agisse selon la règle de la charité, que l’ordre des chevaliers fasse cesser les extorsions et défende les droits de l’Église, que les marchands pratiquent l’honnêteté, et surtout que le roi garde lui-même et tous les autres ordres du royaume sur le bon chemin. Le roi qui suit humblement la loi de Dieu sera béni, et son nom sera rappelé à jamais. (2971-3105.)
J’avais promis de composer en anglais un livre entre le jeu et le sérieux, et maintenant je demande à être excusé pour mon manque de compétence particulière. J’ai écrit en mots simples et grossiers, car la maladie et l’âge m’y ont contraint ; et je prie mes seigneurs de me conserver leur grâce, car je désire plaire à ceux sous la domination desquels je suis. (3106-3137.)
Et maintenant ma Muse m’ordonne de me reposer et de ne plus écrire sur l’amour, qui éloigne le cœur de la raison. De cet amour, donc, je prends congé définitivement. Mais cet amour qui est confirmé par la charité, qui peut sauver le corps et corriger l’âme, que Dieu nous envoie, afin que, au ciel, notre joie soit sans fin. (3138-3172.)
iv. Orthographe et phonologie.—Dans les remarques suivantes sur la langue de Gower, il n’y a pas de complétude systématique. L’attention est portée sur les points qui semblent importants ou intéressants, en faisant notamment référence à la langue de Chaucer, telle qu’elle est traitée dans B. ten Brink’s Chaucers Sprache und Verskunst (deuxième édition, 1899). Il est peut-être nécessaire de souligner ici une différence de méthode qui distingue cette étude de celles dont l’objet est le texte de Chaucer ou d’autres auteurs dont l’œuvre nous est parvenue sous forme de manuscrits qui ne proviennent pas de l’auteur lui-même. Dans de tels cas, nous devons d’abord déterminer ce que l’auteur a réellement écrit, avant de pouvoir tirer des conclusions valables sur les lois de sa langue. Il peut même être nécessaire de limiter la discussion aux formes attestées par la rime ; mais lorsque nous sommes contraints de le faire, nous devons nous rappeler que nous
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On accepte ainsi une limitation plutôt dangereuse. Les conclusions tirées des mots en rime d’un auteur du moyen anglais ne seront probablement pas applicables de manière précise à sa langue dans son ensemble. Le champ de nos recherches sera celui où l’on trouve le plus facilement ce qui est licencieux et exceptionnel. S’il a tendance à emprunter à d’autres dialectes que le sien ou à utiliser des formes irrégulières, cette tendance se manifestera surtout dans ses rimes, car ce sont probablement les exigences de la rime qui suggéreront ces variations. Chaucer utilise fréquemment « here », au sens du « her » moderne, pour rimer avec des mots tels que « bere », « spere », mais nous ne serions certainement pas en droit de conclure que c’était là, et non « hire », la forme normale de sa langue. De même, dans le cas de Gower, en examinant uniquement ses rimes, nous pourrions parvenir à de nombreux résultats très douteux. Par exemple, on pourrait croire qu’il utilisait presque toujours la forme « sinne » plutôt que « senne », « wile » (verbe) et non « wole » ou « wol », « axe » et non « aske », « sek » (adjectif) et jamais « sik », « hond » et jamais « hand », « couthe » et jamais « coude », « sente » (prétérit) plutôt que « sende », ainsi que l’adverbe se terminant en « -ly » plutôt qu’en « -liche » ou « -lich ». Dans ces cas et dans beaucoup d’autres, nous pourrions facilement nous tromper, car les formes de ces mots utilisées en rime sont déterminées principalement par la fréquence relative des différentes syllabes en rime. La plupart des conclusions mentionnées ci-dessus, ainsi que d’autres similaires, ont en fait été formulées dans un article de K. Fahrenberg, publié dans l’Archiv für die neueren Sprachen, vol. 89. L’auteur de cet article, n’ayant à sa disposition que le texte de Pauli, se limite très justement à l’examen des rimes, et dans ces limites, la plupart de ses résultats sont suffisamment solides ; mais il serait très risqué de les considérer comme généralement applicables à la langue de Gower. Dans notre cas, il faut comprendre que le manuscrit Fairfax est considéré (pour des raisons qui seront exposées plus tard) comme une reproduction pratiquement exacte du texte original de l’auteur, et par conséquent, l’apparition d’une forme particulière en rime n’est pas nécessairement considérée comme ayant une signification particulière.
Orthographe — Sur cette base, nous allons d’abord noter certains points nécessitant une attention particulière en matière d’orthographe du texte. En décrivant le manuscrit du British Museum Harl. 3869, Pauli prend l’occasion de remarquer : « Cette copie est très remarquable en raison de son orthographe, qui a été respectée presque rigoureusement selon des principes simples et raisonnables. » Il semble attribuer ce système au copiste de
Orthographe — Sur cette base, nous allons d’abord noter certains points nécessitant une attention particulière en matière d’orthographe du texte. En décrivant le manuscrit du British Museum Harl. 3869, Pauli prend l’occasion de remarquer : « Cette copie est très remarquable en raison de son orthographe, qui a été respectée presque rigoureusement selon des principes simples et raisonnables. » Il semble attribuer ce système au copiste de
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Le manuscrit en question est en réalité celui de l’auteur, le texte étant copié avec une grande fidélité à partir du manuscrit Fairfax lui-même. Il semble que Pauli ait été rebuté par l’apparence extérieure de ce « petit in-folio épais », avec son écriture plutôt désordonnée. Il ne prit pas la peine d’examiner les copies d’Oxford ; mais il semblerait qu’il ait perçu que son orthographe était identique à celle du manuscrit Stafford, ce qui aurait dû l’éclairer. En fait, s’il avait simplement imprimé le texte du volume Harleian au lieu de se baser sur Berthelette, il n’y aurait guère eu besoin d’une autre édition.
L’orthographe du texte de Fairfax, confirmée de première main par celle du manuscrit Stafford dans presque tous les détails, et soutenue également par le témoignage d’autres manuscrits, en particulier le MS Bodley 902, peut être considérée comme celle de l’auteur ; elle mérite assurément notre attention, car il considérait manifestement l’exactitude et la cohérence dans l’orthographe comme une question importante.
Nous pouvons observer tout d’abord que ce n’était pas la pratique de Gower de marquer la longueur des voyelles en les doublant. Naturellement, on trouve occasionnellement cela dans certains manuscrits ; en particulier, la troisième version de A présente fréquemment des formes telles que caas, paas, glaade, maade, saake, waas, bee, breeþ, soo, aroos, moore, schoon, ooþer, toold, etc., tandis que de très nombreux manuscrits contiennent des formes comme book, look, took, oon, heere, mateere, ainsi que d’autres formes similaires ; mais cela ne correspond pas à la règle de l’auteur.
Dans le manuscrit Fairfax, les cas de voyelle doublée sont seulement occasionnels, sauf pour le mot good, qui est ainsi régulièrement distingué de god. Pour oo, il y a très peu de cas, à part good. On trouve oon environ trois fois à la place de on, ainsi que blood, brood, cooste, do (=doe), foode, hool, schoo, too (=toe), woot, dans des cas isolés. Le doublement de e est plus fréquent : beere, cheeke, cleene, dee (pl. dees), degree, eem, eer, fee, feede, feer, feere, feet, greene, meene, meete, pees, queene, scheete, see (subst.), seene, slee, spreede, thee, tree, weer, weere, wreeche, ȝee, ȝeer, et quelques autres encore. Cependant, la plupart des mots mentionnés ci-dessus, et en général tous les autres, sont généralement écrits avec une seule voyelle ; on trouve assez régulièrement, par exemple, ded, dede, drem, ek, fend, fre, gret, hed, her (=hair), lef, red, slep, bok, bon, brod, fol, gon, hot, lok, non, schon, sone (soon), tok, wok, etc. Lorsqu’il y a une variation d’orthographe à cet égard, on ne la considère pas comme relevant de la rime ; on trouve en effet weer : pouer, pees : reles, sene : meene, there : feere, good : stod, fode : goode, do : schoo, etc., bien que parfois l’orthographe des mots rimants soit manifestement harmonisée, comme meene : Almeene, ii. 2465 f., beere : weere, iv. 1323 f., brood : good, v. 4375 f., goode : foode, vii. 519 f. Dans quelques cas cependant, une distinction phonétique semble être visée, comme lorsque l’on trouve eet comme prétérit de ete, et beere (également bere) comme prétérit pluriel de beren.
L’orthographe du texte de Fairfax, confirmée de première main par celle du manuscrit Stafford dans presque tous les détails, et soutenue également par le témoignage d’autres manuscrits, en particulier le MS Bodley 902, peut être considérée comme celle de l’auteur ; elle mérite assurément notre attention, car il considérait manifestement l’exactitude et la cohérence dans l’orthographe comme une question importante.
Nous pouvons observer tout d’abord que ce n’était pas la pratique de Gower de marquer la longueur des voyelles en les doublant. Naturellement, on trouve occasionnellement cela dans certains manuscrits ; en particulier, la troisième version de A présente fréquemment des formes telles que caas, paas, glaade, maade, saake, waas, bee, breeþ, soo, aroos, moore, schoon, ooþer, toold, etc., tandis que de très nombreux manuscrits contiennent des formes comme book, look, took, oon, heere, mateere, ainsi que d’autres formes similaires ; mais cela ne correspond pas à la règle de l’auteur.
Dans le manuscrit Fairfax, les cas de voyelle doublée sont seulement occasionnels, sauf pour le mot good, qui est ainsi régulièrement distingué de god. Pour oo, il y a très peu de cas, à part good. On trouve oon environ trois fois à la place de on, ainsi que blood, brood, cooste, do (=doe), foode, hool, schoo, too (=toe), woot, dans des cas isolés. Le doublement de e est plus fréquent : beere, cheeke, cleene, dee (pl. dees), degree, eem, eer, fee, feede, feer, feere, feet, greene, meene, meete, pees, queene, scheete, see (subst.), seene, slee, spreede, thee, tree, weer, weere, wreeche, ȝee, ȝeer, et quelques autres encore. Cependant, la plupart des mots mentionnés ci-dessus, et en général tous les autres, sont généralement écrits avec une seule voyelle ; on trouve assez régulièrement, par exemple, ded, dede, drem, ek, fend, fre, gret, hed, her (=hair), lef, red, slep, bok, bon, brod, fol, gon, hot, lok, non, schon, sone (soon), tok, wok, etc. Lorsqu’il y a une variation d’orthographe à cet égard, on ne la considère pas comme relevant de la rime ; on trouve en effet weer : pouer, pees : reles, sene : meene, there : feere, good : stod, fode : goode, do : schoo, etc., bien que parfois l’orthographe des mots rimants soit manifestement harmonisée, comme meene : Almeene, ii. 2465 f., beere : weere, iv. 1323 f., brood : good, v. 4375 f., goode : foode, vii. 519 f. Dans quelques cas cependant, une distinction phonétique semble être visée, comme lorsque l’on trouve eet comme prétérit de ete, et beere (également bere) comme prétérit pluriel de beren.
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Le mois de Maii s’écrit généralement avec « ii », mais il rime avec « mai », « gay », etc.
La double consonne finale, apparemment pour indiquer la brièveté de la voyelle, est plus fréquente, comme dans « all », « bladd », « charr », « hadd », « happ », « madd », « bedd », « fedd », « fett », « spedd », « bitt », « bridd », « chidd », « godd », « rodd », ainsi que dans « al », « char », « had », « hap », « mad », « bed », « fet », etc. La double « s » dans une syllabe finale ne semble pas avoir cette signification, comme dans « Achilles : press », iv. 2161 f., mais « Ulixes : pres », iv. 147 f., ou encore « natheles : encress », « pes : encress » ; dans tous ces cas, la voyelle doit être longue.
L’un des points les plus remarquables de l’orthographe est l’usage fréquent de « ie » dans les syllabes toniques pour représenter la voyelle close « ē ». On le trouve dans des mots français tels que « achieve », « appiere », « chief », « chiere », « clier », « grieve », « matiere », « messagier », « pier », etc. (on le trouve aussi dans de nombreux cas avec « e », comme « chere », « cler », « matere »), mais il est très couramment utilisé également dans des mots d’origine anglaise et semble toujours être associé au son fermé de la voyelle. Ainsi, on a « hiede », « spriede », « lief » (mais « levere »), « sieke », « diel », « stiel », « whiel », « dieme », « sieme », « diere », « fiere » (= compagnie), « hiere » (adv.), « hiere » (verbe), « liere », « stiere », etc. Dans la plupart des cas, il existe une forme alternative avec « e », comme « hede », « sprede », « seke », « del », « stel », « whel », « deme », « seme », etc., mais dans tous ces cas, la voyelle a un son fermé. Il est impossible ici de discuter de la question de savoir dans quelle mesure cette habitude d’orthographe a pu être introduite par analogie avec des mots français ayant un son vocalique similaire, et dans quelle mesure elle a pu découler de l’usage kentish de « ie », « ye » pour l’ancien anglais « ēo », « ē », « īe ». On peut se référer aux remarques dans l’introduction au volume des Œuvres françaises de Gower, p. xxi, où il est suggéré que « ie », ayant perdu sa valeur de diphtongue à l’époque anglo-normande, est devenu un symbole traditionnel dans de nombreux cas pour la voyelle close « ē », d’où des formes telles que « clier », « clief », « pier », « prophiete », etc. Quant à l’usage de « ie » dans le dialecte kentish, on trouve une explication utile dans l’article de W. Heuser, « Zum Kentischen Dialect im Mittelenglischen », publié dans Anglia, XVII, 78 ss. Quoi qu’il en soit, il est assez clair que cette variation était limitée par Gower aux mots où il donnait à la voyelle un son fermé ; elle constitue donc un indice utile pour distinguer ces mots, bien que peu de mots présentent uniquement cette forme d’orthographe. Tant dans les racines des mots que dans leurs terminaisons, « i » est globalement préféré à « y », ce qui explique l’existence de mots tels que « crie », « hide », « lif », « like », « mile », « ride », etc.
La double consonne finale, apparemment pour indiquer la brièveté de la voyelle, est plus fréquente, comme dans « all », « bladd », « charr », « hadd », « happ », « madd », « bedd », « fedd », « fett », « spedd », « bitt », « bridd », « chidd », « godd », « rodd », ainsi que dans « al », « char », « had », « hap », « mad », « bed », « fet », etc. La double « s » dans une syllabe finale ne semble pas avoir cette signification, comme dans « Achilles : press », iv. 2161 f., mais « Ulixes : pres », iv. 147 f., ou encore « natheles : encress », « pes : encress » ; dans tous ces cas, la voyelle doit être longue.
L’un des points les plus remarquables de l’orthographe est l’usage fréquent de « ie » dans les syllabes toniques pour représenter la voyelle close « ē ». On le trouve dans des mots français tels que « achieve », « appiere », « chief », « chiere », « clier », « grieve », « matiere », « messagier », « pier », etc. (on le trouve aussi dans de nombreux cas avec « e », comme « chere », « cler », « matere »), mais il est très couramment utilisé également dans des mots d’origine anglaise et semble toujours être associé au son fermé de la voyelle. Ainsi, on a « hiede », « spriede », « lief » (mais « levere »), « sieke », « diel », « stiel », « whiel », « dieme », « sieme », « diere », « fiere » (= compagnie), « hiere » (adv.), « hiere » (verbe), « liere », « stiere », etc. Dans la plupart des cas, il existe une forme alternative avec « e », comme « hede », « sprede », « seke », « del », « stel », « whel », « deme », « seme », etc., mais dans tous ces cas, la voyelle a un son fermé. Il est impossible ici de discuter de la question de savoir dans quelle mesure cette habitude d’orthographe a pu être introduite par analogie avec des mots français ayant un son vocalique similaire, et dans quelle mesure elle a pu découler de l’usage kentish de « ie », « ye » pour l’ancien anglais « ēo », « ē », « īe ». On peut se référer aux remarques dans l’introduction au volume des Œuvres françaises de Gower, p. xxi, où il est suggéré que « ie », ayant perdu sa valeur de diphtongue à l’époque anglo-normande, est devenu un symbole traditionnel dans de nombreux cas pour la voyelle close « ē », d’où des formes telles que « clier », « clief », « pier », « prophiete », etc. Quant à l’usage de « ie » dans le dialecte kentish, on trouve une explication utile dans l’article de W. Heuser, « Zum Kentischen Dialect im Mittelenglischen », publié dans Anglia, XVII, 78 ss. Quoi qu’il en soit, il est assez clair que cette variation était limitée par Gower aux mots où il donnait à la voyelle un son fermé ; elle constitue donc un indice utile pour distinguer ces mots, bien que peu de mots présentent uniquement cette forme d’orthographe. Tant dans les racines des mots que dans leurs terminaisons, « i » est globalement préféré à « y », ce qui explique l’existence de mots tels que « crie », « hide », « lif », « like », « mile », « ride », etc.
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Généralement plutôt que crye, hyde, etc. (mais peut-être plus souvent après m, n, comme knyht, myhte, nyht), ainsi que arrai, mai, dai, hardi, ladi, worþi, mi, thi, plus fréquemment en général que array, may, etc., mais -ly en adverbes plus souvent que -li. Dans quelques rares cas, il semble qu’une distinction soit faite de manière assez constante, comme entre wryte (infinitif) et write (participe passé), et peut-être entre wite (savoir) et wyte (blâmer). Avant gh suivi de t, on trouve presque régulièrement a, o à la place de au, ou. Ainsi, on a aghte, straghte, taghte, boghte, broghte, doghter, noght, oghte, oght, soghte, wroghte, etc., mais occasionnellement broughte, doughter, ought, etc. À côté de certains de ces mots, il existe des formes où au (aw), ou (ow) sont écrits, mais suivis d’un simple h, comme strawhte, tawhte, douhter (dowhter). Il n’y a pas de différence entre -oun et -on en tant que terminaisons de mots français tels que divisioun, complexioun, etc., mais -oun est de loin la forme la plus courante. Lorsqu’ils se trouvent en rime, les mots rimés sont généralement assimilés l’un à l’autre par leur orthographe, mais parfois -oun et -on riment ensemble, comme division : doun, ii. 1743 f., toun : condicion, v. 2551, constellacioun : relacion, vi. 2253 f. Dans le cas d’an suivi d’une consonne dans une syllabe tonique, la variation vers aun semble être simplement une question d’orthographe ; on a ainsi des rimes comme chaunce : remembrance, ii. 893 f., demande : comaunde, iv. 2794, supplanted : enchaunted, ii. 2491, covenant : supplaunt, ii. 2367. Pour les terminaisons françaises -ance, -ant, la forme simple est clairement préférée (mais governaunce : porveaunce, Prol. 187 f., graunt : amblaunt, ii. 1505 f.), et il en va de même pour de nombreux autres mots, comme change, strange, comande, demande, supplante (ainsi que comaunde, supplaunt). Dans d’autres cas, au est soit la forme habituelle, soit la seule, comme daunce, daunte, enchaunte, haunte, sclaundre.
En ce qui concerne les consonnes, il convient de noter que Gower écrivait systématiquement sch pour sh en position initiale, de sorte que l’on trouve régulièrement schal, schape, sche, schewe, schip, schrifte, ainsi que lordschipe, worschipe, etc. Pour Q, on trouve généralement ssh ailleurs, comme bisshop (également bisschop), buissh, fissh, fleissh (également fleisch), freissh, reisshe, wisshe. L’usage presque régulier de h pour gh dans des mots tels que hih, nyh, sih, kniht, liht, miht, niht, heihte, sleihte, etc., sera abordé plus tard. Gower ne utilisait pas ȝ pour h ou gh. Des formes comme miȝte, riȝt, uȝte, wrouȝt sont pratiquement inconnues dans les meilleurs manuscrits (F ne contient que nouȝt une fois). D’un autre côté, en position initiale dans des mots tels que ȝe, ȝer, ȝive (pourȝive), ȝong, etc., ȝ est utilisé régulièrement. Seuls des manuscrits tardifs et de moindre qualité contiennent y. En ce qui concerne cette lettre, l’usage de Gower est exactement l’inverse de celui que l’on trouve dans l’Ayenbite.
En ce qui concerne les consonnes, il convient de noter que Gower écrivait systématiquement sch pour sh en position initiale, de sorte que l’on trouve régulièrement schal, schape, sche, schewe, schip, schrifte, ainsi que lordschipe, worschipe, etc. Pour Q, on trouve généralement ssh ailleurs, comme bisshop (également bisschop), buissh, fissh, fleissh (également fleisch), freissh, reisshe, wisshe. L’usage presque régulier de h pour gh dans des mots tels que hih, nyh, sih, kniht, liht, miht, niht, heihte, sleihte, etc., sera abordé plus tard. Gower ne utilisait pas ȝ pour h ou gh. Des formes comme miȝte, riȝt, uȝte, wrouȝt sont pratiquement inconnues dans les meilleurs manuscrits (F ne contient que nouȝt une fois). D’un autre côté, en position initiale dans des mots tels que ȝe, ȝer, ȝive (pourȝive), ȝong, etc., ȝ est utilisé régulièrement. Seuls des manuscrits tardifs et de moindre qualité contiennent y. En ce qui concerne cette lettre, l’usage de Gower est exactement l’inverse de celui que l’on trouve dans l’Ayenbite.
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de Inwyt. Nous avons þ pour th de manière régulière, sauf lorsque l’on a besoin d’une lettre majuscule, comme au début d’une ligne, ou en relation avec certains mots et noms étrangers tels que thalemans, thevangile, rethorique, Athemas, Anthenor, Thebith. Les cas où th remplace þ dans des mots anglais ordinaires sont très rares dans le F (mais à i. 2890, v. 2319, vii. 4203). Dans certains mots, on observe un échange entre c et s, comme decerte, pourchace pourchase, service servise, rancoun, suffice suffise, sufficant, etc., et la terminaison française -esse s’écrit également -esce, comme largesse largesce, simplesce simplesse ; de même encresce, redresce, etc. À ces égards, l’orthographe des mots romans est généralement conforme à celle que l’on trouve dans les écrits français de l’auteur, dans lesquels on trouve aussi des formes étymologiques telles que deceipte, doubte.
Avant de quitter ce sujet général, nous devrions noter certains mots fréquemment utilisés qui ne s’écrivent pas tout à fait de la manière habituelle. L’auteur écrit régulièrement bot pour but, be pour by lorsqu’il sert de préposition et sans emphase, ous pour us (pronom personnel), noght pour not (et non pour ne wot). Certaines formes de noms propres, comme Habraham, Irahel, sont caractéristiques. À ces égards, comme à bien d’autres, l’auteur a manifestement suivi un système défini, et malgré les variations constatées, l’orthographe des manuscrits Fairfax et Stafford transmet assurément au lecteur l’impression générale de régularité et de cohérence.
Phonologie. (1) Voyelles et diphtongues brèves de l’anglais ancien.
a, æ, ea de l’anglais ancien. Dans le cas de un (o) devant une combinaison nasale allongée, ld, nd, mb, ng, etc., on peut noter que, bien que hond, honde, hondes soient préférés, comme chez Chaucer, hand, handes apparaissent assez fréquemment, comme à i. 2, 1807, 2994, ii. 574, iii. 116, v. 1505, etc. (ainsi que handle, iii. 1956, v. 1949), et ce sans aucune nécessité de rime. En fait, hand semble plutôt être préféré, sauf en rime. Contrairement à ce qui semble être l’usage de Chaucer, on trouve thonk, thonke comme formes régulières chez Gower, et seulement occasionnellement thank, comme à ii. 60, 2012. Cela peut être dû à la tendance kentienne à allonger avant nk, qui était peut-être prononcé presque comme ng (voir Morsbach, Mittelengl. Gramm., p. 128) ; à ce propos, on peut noter que le manuscrit Fairfax contient deux fois þong pour þonk. D’un autre côté, il n’y a aucune trace claire du principe découvert dans certains textes kentiens, selon lequel on allonge avant ces combinaisons lorsqu’une voyelle suit, tandis que l’on conserve la forme a lorsque le groupe consonantique termine le mot.
Avant de quitter ce sujet général, nous devrions noter certains mots fréquemment utilisés qui ne s’écrivent pas tout à fait de la manière habituelle. L’auteur écrit régulièrement bot pour but, be pour by lorsqu’il sert de préposition et sans emphase, ous pour us (pronom personnel), noght pour not (et non pour ne wot). Certaines formes de noms propres, comme Habraham, Irahel, sont caractéristiques. À ces égards, comme à bien d’autres, l’auteur a manifestement suivi un système défini, et malgré les variations constatées, l’orthographe des manuscrits Fairfax et Stafford transmet assurément au lecteur l’impression générale de régularité et de cohérence.
Phonologie. (1) Voyelles et diphtongues brèves de l’anglais ancien.
a, æ, ea de l’anglais ancien. Dans le cas de un (o) devant une combinaison nasale allongée, ld, nd, mb, ng, etc., on peut noter que, bien que hond, honde, hondes soient préférés, comme chez Chaucer, hand, handes apparaissent assez fréquemment, comme à i. 2, 1807, 2994, ii. 574, iii. 116, v. 1505, etc. (ainsi que handle, iii. 1956, v. 1949), et ce sans aucune nécessité de rime. En fait, hand semble plutôt être préféré, sauf en rime. Contrairement à ce qui semble être l’usage de Chaucer, on trouve thonk, thonke comme formes régulières chez Gower, et seulement occasionnellement thank, comme à ii. 60, 2012. Cela peut être dû à la tendance kentienne à allonger avant nk, qui était peut-être prononcé presque comme ng (voir Morsbach, Mittelengl. Gramm., p. 128) ; à ce propos, on peut noter que le manuscrit Fairfax contient deux fois þong pour þonk. D’un autre côté, il n’y a aucune trace claire du principe découvert dans certains textes kentiens, selon lequel on allonge avant ces combinaisons lorsqu’une voyelle suit, tandis que l’on conserve la forme a lorsque le groupe consonantique termine le mot.
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honde, stonde, þonke, etc., mais hand, stand, þankR. Gower utilise aussi bien handes que hand, et il interchange hange et honge, sang et song, selon ce qui est plus pratique.
Notez que cela rime librement avec on (= one), anon, gon, etc., mais la prétendue rime on (ăn) : mone, i. 2179, mentionnée par Fahrenberg, est en réalité one (ān) : mone. Dans certains cas où l’original ǣ a été raccourci en æ, Gower préfère e à a, comme eny, seulement occasionnellement any, eddre à côté d’addre, mais lesse, ledde uniquement pour des raisons de rime.
ea devant h devient ī dans sih (de seah, sæh, prétérit de sēon), qui chez Gower est la forme habituelle du mot ; æg forme ai (ay), comme dans dai, lay, mai, fain, slain, ainsi que d’autres formes ai qui ne sont pas interchangeables avec ei (mais prononcées avec la forme variant seid sous l’influence de seie).
O. E. e. Lorsqu’on traite d’un rimeur aussi méticuleux que Gower, il n’est guère nécessaire de souligner la distinction absolue faite entre ę̄ dérivé de l’O. E. ĕ et ẹ̄, quelle que soit son origine. Le cas skiereþ : hiereþ, cité par Fahrenberg comme exemple du contraire, ne peut être considéré comme une véritable exception, étant donné l’origine incertaine de skiere. Ses autres exemples de prétendus ę : ẹ sont ceux du prétérit pluriel spieke (speke), issu de sprǣcon, comme spieke : beseke, ii. 959, sieke : spieke, ii. 1455. Un cas est douteux, à savoir seke : mispeke, ii. 2007, où mispeke pourrait être le prétérit subjonctif ; en outre, undergete : flete, ii. 1133 f. est irrégulier.
Il existe cependant également une distinction bien marquée entre l’ę̄ nouvellement allongé dans des mots tels que trede, stede, bere, spere, etc., forȝete, gete, begete (infinitif et participe), mete (substantif), etc., et l’ę̄ provenant de ǣ ou ēa ; cette distinction est probablement due à un allongement incomplet. À la première catégorie appartiennent aussi les mots dans lesquels e provient de l’O. E. y dans des syllabes ouvertes, comme lere (perte) de l’O. E. lyre, stere (agiter) de styrian, dede (prétérit) de dyde, ainsi que e dans answere.
Ainsi, nous trouvons les groupes de rimes suivants, clairement distincts : bede, forbede (participes passés), bede (substantif), dede (prétérit = did), stede (stead), trede, formant une même catégorie et riment entre eux, tandis qu’ils sont complètement séparés de threde, drede, dede (= mort), rede, adjectif pluriel (= rouge), qui possèdent un ę̄ issu de ēa ou ǣ. D’un autre côté, bede, prétérit pluriel de bidde (de bǣdon), rime avec dede (mort), par ex. i. 2047. De même, answere, bere (substantif), bere (infinitif verbe), forbere, dere (détruire), lere (perte), stere (agiter), bestere, swere (verbe), tere (verbe), were (usurer), were (défendre) forment une catégorie de mots qui riment entre eux, par opposition à ere, fere (peur), there, were (de wǣron), etc. Mais eere (verbe) de erian rime avec there, v. 819 f., et scheres avec teres, v. 5691.
Notez que cela rime librement avec on (= one), anon, gon, etc., mais la prétendue rime on (ăn) : mone, i. 2179, mentionnée par Fahrenberg, est en réalité one (ān) : mone. Dans certains cas où l’original ǣ a été raccourci en æ, Gower préfère e à a, comme eny, seulement occasionnellement any, eddre à côté d’addre, mais lesse, ledde uniquement pour des raisons de rime.
ea devant h devient ī dans sih (de seah, sæh, prétérit de sēon), qui chez Gower est la forme habituelle du mot ; æg forme ai (ay), comme dans dai, lay, mai, fain, slain, ainsi que d’autres formes ai qui ne sont pas interchangeables avec ei (mais prononcées avec la forme variant seid sous l’influence de seie).
O. E. e. Lorsqu’on traite d’un rimeur aussi méticuleux que Gower, il n’est guère nécessaire de souligner la distinction absolue faite entre ę̄ dérivé de l’O. E. ĕ et ẹ̄, quelle que soit son origine. Le cas skiereþ : hiereþ, cité par Fahrenberg comme exemple du contraire, ne peut être considéré comme une véritable exception, étant donné l’origine incertaine de skiere. Ses autres exemples de prétendus ę : ẹ sont ceux du prétérit pluriel spieke (speke), issu de sprǣcon, comme spieke : beseke, ii. 959, sieke : spieke, ii. 1455. Un cas est douteux, à savoir seke : mispeke, ii. 2007, où mispeke pourrait être le prétérit subjonctif ; en outre, undergete : flete, ii. 1133 f. est irrégulier.
Il existe cependant également une distinction bien marquée entre l’ę̄ nouvellement allongé dans des mots tels que trede, stede, bere, spere, etc., forȝete, gete, begete (infinitif et participe), mete (substantif), etc., et l’ę̄ provenant de ǣ ou ēa ; cette distinction est probablement due à un allongement incomplet. À la première catégorie appartiennent aussi les mots dans lesquels e provient de l’O. E. y dans des syllabes ouvertes, comme lere (perte) de l’O. E. lyre, stere (agiter) de styrian, dede (prétérit) de dyde, ainsi que e dans answere.
Ainsi, nous trouvons les groupes de rimes suivants, clairement distincts : bede, forbede (participes passés), bede (substantif), dede (prétérit = did), stede (stead), trede, formant une même catégorie et riment entre eux, tandis qu’ils sont complètement séparés de threde, drede, dede (= mort), rede, adjectif pluriel (= rouge), qui possèdent un ę̄ issu de ēa ou ǣ. D’un autre côté, bede, prétérit pluriel de bidde (de bǣdon), rime avec dede (mort), par ex. i. 2047. De même, answere, bere (substantif), bere (infinitif verbe), forbere, dere (détruire), lere (perte), stere (agiter), bestere, swere (verbe), tere (verbe), were (usurer), were (défendre) forment une catégorie de mots qui riment entre eux, par opposition à ere, fere (peur), there, were (de wǣron), etc. Mais eere (verbe) de erian rime avec there, v. 819 f., et scheres avec teres, v. 5691.
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Le cas de bere qui rime avec were (de wǣron), p. 2795 et suiv., vii. 1795 et suiv., n’est pas une exception à la règle, car il s’agit du prétérit pluriel, dérivé de bǣron.
Un autre groupe est composé de chele, fele (beaucoup), hele (couvrir), stele, wele, par opposition à hele (guérir), dele, etc. : mais on trouve également hele (hǣlo), hele (helan), p. 3.2755 et suiv.
On trouve encore ete, gete (infinitif et participe), begete, forȝete, mete (viande), sete (participe passé), séparés de grete (grand), bete (battu), strete, tete, lete (lǣtan), swete (verbe, = suer), threte, whete, etc. Il convient de noter que beȝete (substantif) appartient à la même catégorie que grete, bete, etc.
Il y a toutes les raisons de penser que cette distinction existe également pour d’autres terminaisons, pour lesquelles aucun test de rime suffisant n’existe, comme breke, speke (infinitif), wreke (infinitif et participe passé), qui ne possèdent aucune autre parole se terminant en ę̄ avec laquelle ils pourraient rimer ; de même pour eke, seke, meke, etc., tous se terminant en ẹ̄.
Dans l’ensemble, on peut dire que cette distinction est très soigneusement respectée dans les rimes de Gower, et qu’elle indique certainement une différence de prononciation.
L’adverbe wel, également écrit wiel, possède un double son, comme chez Chaucer : soit ę̄, soit ẹ̄ ; il rime avec del (diel), stiel, whiel, etc., ainsi qu’avec naturel, Daniel, et le substantif wel pour wele.
Le grec forme ei, qui est souvent interchangeable avec ai, comme seie, leie, weie, aȝein.
En langue anglo-saxonne ancienne, il n’y a rien dans les rimes de Gower pour étayer la théorie selon laquelle le i proviendrait du ĭ de la langue anglo-saxonne ancienne dans les syllabes ouvertes (c’est-à-dire avant une seule consonne suivie d’une voyelle), comme dans les participes passés write, drive, schrive, ainsi que dans les infinitifs ȝive, wite ; cette théorie est douteuse. Le participe passé et le prétérit pluriel write contiennent un ĭ et riment avec wite (savoir), tandis que l’infinitif wryte rime avec wyte (blâmer), verbe et substantif. Les infinitifs live, ȝive, forȝive et les participes drive, ȝive, schrive, etc. riment entre eux et non avec schryve (infinitif), alyve, fyve. Les mots à voyelle brève wile (verbe), skile, bile sont séparés de wyle (substantif), whyle, ile, etc. Cela ne mériterait pas d’être mentionné si ce n’était pour l’argument de Ten Brink (Chaucers Sprache, §§ 35, 325), basé sur les preuves les plus minimes.
hire (hir) est utilisé régulièrement pour le pronom personnel et possessif de la troisième personne du singulier féminin (= elle), et jamais ici, contrairement à l’usage de Chaucer dans ses rimes.
cherche est la forme régulière de Gower issue de cirice, mais chirche est courante dans l’orthographe du Praise of Peace, par ex. 197, 210, 225, etc., en plus de…
Un autre groupe est composé de chele, fele (beaucoup), hele (couvrir), stele, wele, par opposition à hele (guérir), dele, etc. : mais on trouve également hele (hǣlo), hele (helan), p. 3.2755 et suiv.
On trouve encore ete, gete (infinitif et participe), begete, forȝete, mete (viande), sete (participe passé), séparés de grete (grand), bete (battu), strete, tete, lete (lǣtan), swete (verbe, = suer), threte, whete, etc. Il convient de noter que beȝete (substantif) appartient à la même catégorie que grete, bete, etc.
Il y a toutes les raisons de penser que cette distinction existe également pour d’autres terminaisons, pour lesquelles aucun test de rime suffisant n’existe, comme breke, speke (infinitif), wreke (infinitif et participe passé), qui ne possèdent aucune autre parole se terminant en ę̄ avec laquelle ils pourraient rimer ; de même pour eke, seke, meke, etc., tous se terminant en ẹ̄.
Dans l’ensemble, on peut dire que cette distinction est très soigneusement respectée dans les rimes de Gower, et qu’elle indique certainement une différence de prononciation.
L’adverbe wel, également écrit wiel, possède un double son, comme chez Chaucer : soit ę̄, soit ẹ̄ ; il rime avec del (diel), stiel, whiel, etc., ainsi qu’avec naturel, Daniel, et le substantif wel pour wele.
Le grec forme ei, qui est souvent interchangeable avec ai, comme seie, leie, weie, aȝein.
En langue anglo-saxonne ancienne, il n’y a rien dans les rimes de Gower pour étayer la théorie selon laquelle le i proviendrait du ĭ de la langue anglo-saxonne ancienne dans les syllabes ouvertes (c’est-à-dire avant une seule consonne suivie d’une voyelle), comme dans les participes passés write, drive, schrive, ainsi que dans les infinitifs ȝive, wite ; cette théorie est douteuse. Le participe passé et le prétérit pluriel write contiennent un ĭ et riment avec wite (savoir), tandis que l’infinitif wryte rime avec wyte (blâmer), verbe et substantif. Les infinitifs live, ȝive, forȝive et les participes drive, ȝive, schrive, etc. riment entre eux et non avec schryve (infinitif), alyve, fyve. Les mots à voyelle brève wile (verbe), skile, bile sont séparés de wyle (substantif), whyle, ile, etc. Cela ne mériterait pas d’être mentionné si ce n’était pour l’argument de Ten Brink (Chaucers Sprache, §§ 35, 325), basé sur les preuves les plus minimes.
hire (hir) est utilisé régulièrement pour le pronom personnel et possessif de la troisième personne du singulier féminin (= elle), et jamais ici, contrairement à l’usage de Chaucer dans ses rimes.
cherche est la forme régulière de Gower issue de cirice, mais chirche est courante dans l’orthographe du Praise of Peace, par ex. 197, 210, 225, etc., en plus de…
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cherche, 232, 254.
En vieil anglais, o, e, o, wolde, scholde, golde, molde riment avec tolde, holde, colde, etc., mais dans les syllabes ouvertes on observe une distinction (comme pour le e) entre le ǭ nouvellement allongé et le ǭ issu de l’ā du vieil anglais ; ainsi tofore, before, therefore, score ainsi que les participes bore, forbore, lore, schore, swore restent séparés en rime de mots tels que hore, more, lore (substantif), ore, rore, sore, auquel groupe devrait être ajouté More (Moor) ainsi que le verbe romane restoreS. Cette distinction semble être reconnue par Chaucer, cf. Troilus, v. 22-26, mais avec de nombreuses exceptions, comme dans La Légende des bonnes femmes, 452 et suiv., 550 et suiv., 1516 et suiv., Cant. Tales, A 1541 et suiv., 3237 et suiv., principalement, mais pas exclusivement, dans le cas de more. Gower est beaucoup plus strict et ne permet que très peu d’exceptions (overmore : tofore, i. 3361 et suiv., nomore : therefore, vii. 3279* et suiv., more : therefore, vii. 3869 et suiv., more : fore, viii. 991 et suiv.), qui doivent être considérées comme des rimes imparfaites. Compte tenu de la fréquence à laquelle les mots de ces deux catégories apparaissent en rime, il est remarquable que cette distinction soit si bien respectée.
On peut noter que bowe (substantif), issu de boga, rime avec des mots tels que knowe, où ow provient de āw.
En vieil anglais, u. Dans certains mots, o et u s’inversent, comme begonne/begunne, conne/cunne, coppe/cuppe, dronkeschipe/drunkeschipe, further/forther, ronne/overrunne, sonne/sunne, thurgh/thorgh(soght), tonge/tunge, tonne/tunne, etc., mais on trouve sans variation bole, hunger, note (nut), some, under, wonder, etc. La rime régulière under : wonder montre suffisamment que le son était le même.
love, above riment entre eux et non avec aucun autre mot. (Pour la rime au v. 7047 et suiv., voir sous ō.)
sone (issu de sunu), wone (coutume), astone ne riment qu’entre eux : dans la rime wones : ones, qui apparaît iv. 2217 et suiv., viii. 611 et suiv., il s’agit bien sûr d’un mot différent.
dore (porte) rime avec spore et dore (subjonctif de dar), bole avec wole (verbe).
En vieil anglais, o, e, o, wolde, scholde, golde, molde riment avec tolde, holde, colde, etc., mais dans les syllabes ouvertes on observe une distinction (comme pour le e) entre le ǭ nouvellement allongé et le ǭ issu de l’ā du vieil anglais ; ainsi tofore, before, therefore, score ainsi que les participes bore, forbore, lore, schore, swore restent séparés en rime de mots tels que hore, more, lore (substantif), ore, rore, sore, auquel groupe devrait être ajouté More (Moor) ainsi que le verbe romane restoreS. Cette distinction semble être reconnue par Chaucer, cf. Troilus, v. 22-26, mais avec de nombreuses exceptions, comme dans La Légende des bonnes femmes, 452 et suiv., 550 et suiv., 1516 et suiv., Cant. Tales, A 1541 et suiv., 3237 et suiv., principalement, mais pas exclusivement, dans le cas de more. Gower est beaucoup plus strict et ne permet que très peu d’exceptions (overmore : tofore, i. 3361 et suiv., nomore : therefore, vii. 3279* et suiv., more : therefore, vii. 3869 et suiv., more : fore, viii. 991 et suiv.), qui doivent être considérées comme des rimes imparfaites. Compte tenu de la fréquence à laquelle les mots de ces deux catégories apparaissent en rime, il est remarquable que cette distinction soit si bien respectée.
On peut noter que bowe (substantif), issu de boga, rime avec des mots tels que knowe, où ow provient de āw.
En vieil anglais, u. Dans certains mots, o et u s’inversent, comme begonne/begunne, conne/cunne, coppe/cuppe, dronkeschipe/drunkeschipe, further/forther, ronne/overrunne, sonne/sunne, thurgh/thorgh(soght), tonge/tunge, tonne/tunne, etc., mais on trouve sans variation bole, hunger, note (nut), some, under, wonder, etc. La rime régulière under : wonder montre suffisamment que le son était le même.
love, above riment entre eux et non avec aucun autre mot. (Pour la rime au v. 7047 et suiv., voir sous ō.)
sone (issu de sunu), wone (coutume), astone ne riment qu’entre eux : dans la rime wones : ones, qui apparaît iv. 2217 et suiv., viii. 611 et suiv., il s’agit bien sûr d’un mot différent.
dore (porte) rime avec spore et dore (subjonctif de dar), bole avec wole (verbe).
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O. E. y. Cela est généralement représenté par e (sauf avant h, gh), par ex. :
abegge, berie, berthe, besy, bregge, dede (did), evel, felle (également fille), felthe,
ferst, fest, hell (également hill, hull), ken (également kin), kende (généralement kinde), kesse
(egalement kisse), knette, krepel, lere, lest (écouter), lest (= plaire, également list), mende
(egalement minde), merie, merthe, pet (également pitt, put), scherte, schetten, senne
(egalement sinne), stere (agiter), thenke (de þyncan), werche (également worche), werse
(egalement worse) : à ceux-ci il faut ajouter hedde, hed, prétérit et participe passé de
hyde, dans lequel l’original ȳ a été raccourci (également hidde, hid). D’un autre côté, on trouve gilt (également gult), gultif, lifte (ciel), stinten (pas stenten), thinne (pas thenne), thurste, wierdes. Gower n’utilise pas les formes birthe, bisy, dide (did), mirie, mirthe, stire.
Les résultats obtenus pour certains mots à partir des rimes par FahrenbergT sont plutôt trompeurs. Par exemple, il en conclut que fille (substantif) et fulfille ne s’utilisent qu’avec i, mais sur les dix-neuf exemples qu’il cite, tous sauf deux riment avec wille, une combinaison naturelle (du moins pour fulfille) et qui a déterminé la forme dans la plupart des cas. En outre, on trouve aussi bien felle (substantif) que fulfelle (felle en rime, iii. 2609).
De même, senne est beaucoup plus courant que ce que l’on pourrait penser d’après les rimes. Fahrenberg ne peut citer qu’un seul exemple en rime, contre vingt-neuf pour sinne, mais cela est certainement dû à la plus grande fréquence des mots (tels que beginne, winne, etc.), qui donnent des rimes à sinne. Le mot apparaît sept fois dans le Prologue, une fois en rime, Sinne : inne, et sur les six autres occurrences, cinq sont de senne et une seulement de sinne. D’un autre côté, hell (de hyll) apparaît seule en rime, mais hill ou hull sont des formes plus courantes.
Les erreurs indiquent les deux directions, mais dans l’ensemble, la conclusion selon laquelle i serait beaucoup plus courant que e dans ces mots est gravement incorrecte.
Pour l’usage en rime des mots de cette catégorie ayant une syllabe à ton ouvert, comme stere, lere (de lyre), voir sous e.
(2) O. E. voyelles longues et diphtongues.
O. E. ā. Le ǭ des rimes homophones, comme chez Chaucer, avec le ọ̄ des prétérits com, nom, ainsi que fom avec nom, v. 4007. Ceux-ci doivent être considérés comme des rimes imparfaites, en raison du manque de mots de rime strictement corrects. Gower
abegge, berie, berthe, besy, bregge, dede (did), evel, felle (également fille), felthe,
ferst, fest, hell (également hill, hull), ken (également kin), kende (généralement kinde), kesse
(egalement kisse), knette, krepel, lere, lest (écouter), lest (= plaire, également list), mende
(egalement minde), merie, merthe, pet (également pitt, put), scherte, schetten, senne
(egalement sinne), stere (agiter), thenke (de þyncan), werche (également worche), werse
(egalement worse) : à ceux-ci il faut ajouter hedde, hed, prétérit et participe passé de
hyde, dans lequel l’original ȳ a été raccourci (également hidde, hid). D’un autre côté, on trouve gilt (également gult), gultif, lifte (ciel), stinten (pas stenten), thinne (pas thenne), thurste, wierdes. Gower n’utilise pas les formes birthe, bisy, dide (did), mirie, mirthe, stire.
Les résultats obtenus pour certains mots à partir des rimes par FahrenbergT sont plutôt trompeurs. Par exemple, il en conclut que fille (substantif) et fulfille ne s’utilisent qu’avec i, mais sur les dix-neuf exemples qu’il cite, tous sauf deux riment avec wille, une combinaison naturelle (du moins pour fulfille) et qui a déterminé la forme dans la plupart des cas. En outre, on trouve aussi bien felle (substantif) que fulfelle (felle en rime, iii. 2609).
De même, senne est beaucoup plus courant que ce que l’on pourrait penser d’après les rimes. Fahrenberg ne peut citer qu’un seul exemple en rime, contre vingt-neuf pour sinne, mais cela est certainement dû à la plus grande fréquence des mots (tels que beginne, winne, etc.), qui donnent des rimes à sinne. Le mot apparaît sept fois dans le Prologue, une fois en rime, Sinne : inne, et sur les six autres occurrences, cinq sont de senne et une seulement de sinne. D’un autre côté, hell (de hyll) apparaît seule en rime, mais hill ou hull sont des formes plus courantes.
Les erreurs indiquent les deux directions, mais dans l’ensemble, la conclusion selon laquelle i serait beaucoup plus courant que e dans ces mots est gravement incorrecte.
Pour l’usage en rime des mots de cette catégorie ayant une syllabe à ton ouvert, comme stere, lere (de lyre), voir sous e.
(2) O. E. voyelles longues et diphtongues.
O. E. ā. Le ǭ des rimes homophones, comme chez Chaucer, avec le ọ̄ des prétérits com, nom, ainsi que fom avec nom, v. 4007. Ceux-ci doivent être considérés comme des rimes imparfaites, en raison du manque de mots de rime strictement corrects. Gower
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a régulièrement le plus souvent « māst » et seulement une fois en rime « mest » ;
« lest » : « althermest », i. 3101 f. ; on trouve aussi régulièrement « oght », « noght » et « oghte » (verbe), mais
« tawht » : « awht », i. 2770, et « aghte » : « betaghte », viii. 747.
O. E. ǣ. Ce son, qui représentait l’ā germanique occidental et l’ē gothique, apparaissait sous la forme « ē » dans les dialectes old-anglais et kentish ; on pouvait donc naturellement s’attendre à ce qu’il devienne parfois un « e » proche dans la langue de Chaucer et de Gower. Il est bien connu que Chaucer utilise de nombreux mots comportant cette voyelle de manière variable.
Il en va de même, dans une certaine mesure, pour les mots où l’original ǣ correspond à l’ai germanique, et dans lesquels on trouve « ē » old-kentish. Parmi ceux-ci, « leden », « clene », « menen », « leeren » apparaissent parfois chez Chaucer avec « ẹ̄ » (et « evere », « nevere » toujours). Pour ces cas et quelques autres, voir Ten Brink, Chaucers Sprache, § 25.
Lorsque nous comparons l’usage de Chaucer à celui que l’on trouve chez notre auteur, nous constatons ce à quoi notre expérience antérieure nous avait préparés : une plus grande rigueur et régularité dans l’usage chez Gower. Les exemples de fluctuations entre ces deux sons sont relativement rares.
En prenant d’abord les mots où « ē » provient de ǣ correspondant à l’ā germanique occidental, on trouve les suivants avec « ę̄ » :
« bede » (prétérit pluriel), dérivé de « bǣdon » ; (« dede » : « bede », i. 2047 f.).
« breth » (= « deth », i. 119, 2127, etc.).
« fere », « peur », (= « ere », i. 462, ii. 46).
« her », « cheveux », (« heres » : « teres », i. 2999).
« lete », dérivé de « lǣtan », (= « grete », i. 3365, etc.).
« lewed » (= « thewed », i. 274, « beschrewed », iii. 479).
« sete », prétérit pluriel, (« sete » : « grete », iv. 1309), mais aussi « siete » (sans rime), v. 3339.
« strete » (= « grete », i. 938, « bete », i. 1156).
« there » (= « ere », i. 499, 558, etc.), mais aussi « there » : « swere » (cou), iv. 859, et « hiere » (adv.) : « there », Praise of Peace, 178.
« were », dérivé de « wǣron », (= « ere », Prol. 235, i. 2808, etc.), mais aussi « ẹ̄ » dans quelques cas, comme « hiere » (verbe) : « were », i. 2741 f., « hiere » (adv.) : « were », v. 747 f.
« where » (par ex. « elleswhere » : « eere », Prol. 9), mais « here » (adv.) : « elleswhere », v. 361 f.
Les noms et verbes « red », « rede » riment de manière égale avec « ẹ̄ » et « ę̄ » ; les derniers cas se trouvent presque tous avec « ded », « dede » (« dead », singulier et pluriel), comme en i. 1446, iv. 1940, 1960.
« lest » : « althermest », i. 3101 f. ; on trouve aussi régulièrement « oght », « noght » et « oghte » (verbe), mais
« tawht » : « awht », i. 2770, et « aghte » : « betaghte », viii. 747.
O. E. ǣ. Ce son, qui représentait l’ā germanique occidental et l’ē gothique, apparaissait sous la forme « ē » dans les dialectes old-anglais et kentish ; on pouvait donc naturellement s’attendre à ce qu’il devienne parfois un « e » proche dans la langue de Chaucer et de Gower. Il est bien connu que Chaucer utilise de nombreux mots comportant cette voyelle de manière variable.
Il en va de même, dans une certaine mesure, pour les mots où l’original ǣ correspond à l’ai germanique, et dans lesquels on trouve « ē » old-kentish. Parmi ceux-ci, « leden », « clene », « menen », « leeren » apparaissent parfois chez Chaucer avec « ẹ̄ » (et « evere », « nevere » toujours). Pour ces cas et quelques autres, voir Ten Brink, Chaucers Sprache, § 25.
Lorsque nous comparons l’usage de Chaucer à celui que l’on trouve chez notre auteur, nous constatons ce à quoi notre expérience antérieure nous avait préparés : une plus grande rigueur et régularité dans l’usage chez Gower. Les exemples de fluctuations entre ces deux sons sont relativement rares.
En prenant d’abord les mots où « ē » provient de ǣ correspondant à l’ā germanique occidental, on trouve les suivants avec « ę̄ » :
« bede » (prétérit pluriel), dérivé de « bǣdon » ; (« dede » : « bede », i. 2047 f.).
« breth » (= « deth », i. 119, 2127, etc.).
« fere », « peur », (= « ere », i. 462, ii. 46).
« her », « cheveux », (« heres » : « teres », i. 2999).
« lete », dérivé de « lǣtan », (= « grete », i. 3365, etc.).
« lewed » (= « thewed », i. 274, « beschrewed », iii. 479).
« sete », prétérit pluriel, (« sete » : « grete », iv. 1309), mais aussi « siete » (sans rime), v. 3339.
« strete » (= « grete », i. 938, « bete », i. 1156).
« there » (= « ere », i. 499, 558, etc.), mais aussi « there » : « swere » (cou), iv. 859, et « hiere » (adv.) : « there », Praise of Peace, 178.
« were », dérivé de « wǣron », (= « ere », Prol. 235, i. 2808, etc.), mais aussi « ẹ̄ » dans quelques cas, comme « hiere » (verbe) : « were », i. 2741 f., « hiere » (adv.) : « were », v. 747 f.
« where » (par ex. « elleswhere » : « eere », Prol. 9), mais « here » (adv.) : « elleswhere », v. 361 f.
Les noms et verbes « red », « rede » riment de manière égale avec « ẹ̄ » et « ę̄ » ; les derniers cas se trouvent presque tous avec « ded », « dede » (« dead », singulier et pluriel), comme en i. 1446, iv. 1940, 1960.
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&c. D’un autre côté, rede : hiede, i. 447 f., rede : spede, i. 1293 f., ii. 103 f., &c.,
red : sped, iii. 1991 f.
Les mots suivants de cette classe ont en règle générale ẹ̄ :
cheke (chieke) (: mieke, v. 2471, eke, v. 3019).
dede, « acte », (: fede, Prol. 465, mede, i. 1553, &c., spede, i. 2653, &c., ȝede, ii.
855, forbiede, iii. 1122), mais dede (mort) : dede, i. 1037 f.
drede (: nede, i. 1987, 2240U, : spede, iv. 629, : hiede, iv. 1448, &c.), mais dede
(mort) : drede, ii. 3405 f., drede : rede (de rēad), iv. 185 f.
leche (: seche, ii. 3220, beseche, iii. 413).
meete, « rêve », (: meete, de mētan, iii. 51).
mete (unmete), adj. (: mete, de mētan, ii. 458, iii. 1100).
slep, slepe, substantif et verbe, (kepe : slepe, Prol. 309 f., 475 f., slep : kep, i. 155,
&c.), mais slep : hep (hēap), iv. 3007 f.
speche (spieche) (: seche, Prol. 174, beseche, i. 1986).
spieke (speke), de sprǣcon, prétérit pluriel (: beseke, ii. 959, sieke, ii. 1456).
thred (: sped, i. 1419).
ȝer, ȝere, (ȝere : stiere, ii. 2379, ȝer : hier, iii. 129, ȝeeres : pleiefieres, iv. 481),
sans exemples apparents de ę̄.
Si nous prenons maintenant les mots dans lesquels ē provient de ǣ correspondant à l’ai germanique, nous obtenons les résultats suivants.
Avec ę̄ :
er (: ner, ii. 2285).
geth (: deth, ii. 1804, 2616, &c.).
lene, « prêter », (: bene, v. 4407).
levé, « rester », (: bereve, Prol. 412).
se (voir), « mer », (: stree, iii. 86, iv. 1715, sle, iv. 1664), mais be : se, iv. 1625 f.,
me : voir, viii. 1723 f.
ȝe (ȝee), « oui », (: slee, iii. 262, 2068, stree, iii. 668).
(stre, slee n’ont pas de rimes en ẹ̄, donc nous n’avons aucune raison de supposer, comme dans le cas de Chaucer, que l’ē final ait un son fermé.)
Avec ẹ̄ :
areche, de ārǣcan, (: beseche, ii. 666).
clene (: sene, ii. 3461).
del (diel), somdiel, &c. (: whiel, Prol. 137, stiel, Prol. 612, 828).
evere, nevere, (: levere, Prol. 38, ii. 5, ii. 2417, &c.).
-hede (-hiede) en tant que suffixe : hiede : godhiede, Prol. 497 f., cf. i. 1211 f., 1719 f., v.
595 f., viii. 95 f., mede : wommanhiede, iii. 1607 f., wommanhiede : fiede, vi. 695 f.,
red : sped, iii. 1991 f.
Les mots suivants de cette classe ont en règle générale ẹ̄ :
cheke (chieke) (: mieke, v. 2471, eke, v. 3019).
dede, « acte », (: fede, Prol. 465, mede, i. 1553, &c., spede, i. 2653, &c., ȝede, ii.
855, forbiede, iii. 1122), mais dede (mort) : dede, i. 1037 f.
drede (: nede, i. 1987, 2240U, : spede, iv. 629, : hiede, iv. 1448, &c.), mais dede
(mort) : drede, ii. 3405 f., drede : rede (de rēad), iv. 185 f.
leche (: seche, ii. 3220, beseche, iii. 413).
meete, « rêve », (: meete, de mētan, iii. 51).
mete (unmete), adj. (: mete, de mētan, ii. 458, iii. 1100).
slep, slepe, substantif et verbe, (kepe : slepe, Prol. 309 f., 475 f., slep : kep, i. 155,
&c.), mais slep : hep (hēap), iv. 3007 f.
speche (spieche) (: seche, Prol. 174, beseche, i. 1986).
spieke (speke), de sprǣcon, prétérit pluriel (: beseke, ii. 959, sieke, ii. 1456).
thred (: sped, i. 1419).
ȝer, ȝere, (ȝere : stiere, ii. 2379, ȝer : hier, iii. 129, ȝeeres : pleiefieres, iv. 481),
sans exemples apparents de ę̄.
Si nous prenons maintenant les mots dans lesquels ē provient de ǣ correspondant à l’ai germanique, nous obtenons les résultats suivants.
Avec ę̄ :
er (: ner, ii. 2285).
geth (: deth, ii. 1804, 2616, &c.).
lene, « prêter », (: bene, v. 4407).
levé, « rester », (: bereve, Prol. 412).
se (voir), « mer », (: stree, iii. 86, iv. 1715, sle, iv. 1664), mais be : se, iv. 1625 f.,
me : voir, viii. 1723 f.
ȝe (ȝee), « oui », (: slee, iii. 262, 2068, stree, iii. 668).
(stre, slee n’ont pas de rimes en ẹ̄, donc nous n’avons aucune raison de supposer, comme dans le cas de Chaucer, que l’ē final ait un son fermé.)
Avec ẹ̄ :
areche, de ārǣcan, (: beseche, ii. 666).
clene (: sene, ii. 3461).
del (diel), somdiel, &c. (: whiel, Prol. 137, stiel, Prol. 612, 828).
evere, nevere, (: levere, Prol. 38, ii. 5, ii. 2417, &c.).
-hede (-hiede) en tant que suffixe : hiede : godhiede, Prol. 497 f., cf. i. 1211 f., 1719 f., v.
595 f., viii. 95 f., mede : wommanhiede, iii. 1607 f., wommanhiede : fiede, vi. 695 f.,
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Maidenhede : spede, vii. 5145 f., viii. 1419 f., etc., mais une fois ę̄ ;
Maidenhede : rede (de rēad), v. 5987.
Hete, substantif et verbe, « chaleur » (comme swete, « doux », ii. 2740, vi. 249), mais hete : tobete, iii. 121 f. ; hete : bete, viii. 1195 f.
Lede (comme hiede, v. 156 ; comme fede, vii. 2336*), mais dede (mort) : lede, ii. 2779 f.
Lere (liere), de lǣran (comme hiere, verbe, i. 454, iii. 2204, v. 2029 ; diere, viii. 1462 ; hiere (adv.), viii. 1497 ; unliered : stiered, Prol. 233 f.).
Mene (meene), verbe (comme sene, ii. 2830, iv. 1645 ; wene, i. 1937, etc. ; grene, i. 777, etc. ; tene, iii. 771 ; queene, iv. 786).
Sprede (spriede) (comme fede, i. 2824 ; spede, ii. 504 ; spredeth : nedeth, v. 7679 f. ; feedeth, vi. 895 f.), mais sprede : hede (tête), vii. 845 f.
Teche (comme beseche, i. 590, 2260 ; iii. 132).
Ce sont là les résultats obtenus par l’examen des rimes avec des voyelles d’une qualité indubitable, c’est-à-dire ę̄ provenant du vieil anglais ēa, et ẹ̄ provenant du vieil anglais ē, ēo, īe. En outre, une étude a été menée sur la rime entre ces mots entre eux ainsi qu’avec des mots d’origine romane, au cours de laquelle certains mots supplémentaires contenant ē issu de ǣ, tels que dele, hele, swete (« sueur »), wete, ont été pris en compte. Cela ne peut être présenté ici dans son intégralité, mais on peut dire qu’en presque tous les cas cela confirme les résultats obtenus ci-dessus. Cependant, quelques mots auxquels une voyelle ouverte est attribuée ci-dessus riment avec d’autres mots issus de ǣ qui possèdent presque certainement ẹ̄, et doivent donc être considérés comme ayant une prononciation instable. Ainsi, malgré la rime mentionnée ci-dessus lene (lend) : bene, on trouve lene : mene (à la fois verbe et substantif) ainsi que lene : clene ; et bien que fere rime plus d’une fois avec ere, on a lered : afered et unlered : afered, ce qui suggère que le son fermé était possible.
Dans l’ensemble, nous pouvons établir comme résultats de notre examen ce qui suit :
Avec voyelle ouverte : de la classe ǣ (ē), bede, prétérit pluriel ; breth, her (pl. heres) ; lete, lewed, strete ; de la classe ā = ai, er, geth, leve (rester), ȝee (oui).
Avec voyelle fermée : de la première classe, leche, meete (rêve), mete (convenir), slepe, speche, speke, prétérit pluriel, thred, wete, wreche, ȝer ; avec une seule exception dans chaque cas, dede, slep ; de la seconde classe, areche, clene, del, evere, lere, mene, nevere, teche ; avec une seule exception dans chaque cas, -hede (-hiede), lede, sprede.
Maidenhede : rede (de rēad), v. 5987.
Hete, substantif et verbe, « chaleur » (comme swete, « doux », ii. 2740, vi. 249), mais hete : tobete, iii. 121 f. ; hete : bete, viii. 1195 f.
Lede (comme hiede, v. 156 ; comme fede, vii. 2336*), mais dede (mort) : lede, ii. 2779 f.
Lere (liere), de lǣran (comme hiere, verbe, i. 454, iii. 2204, v. 2029 ; diere, viii. 1462 ; hiere (adv.), viii. 1497 ; unliered : stiered, Prol. 233 f.).
Mene (meene), verbe (comme sene, ii. 2830, iv. 1645 ; wene, i. 1937, etc. ; grene, i. 777, etc. ; tene, iii. 771 ; queene, iv. 786).
Sprede (spriede) (comme fede, i. 2824 ; spede, ii. 504 ; spredeth : nedeth, v. 7679 f. ; feedeth, vi. 895 f.), mais sprede : hede (tête), vii. 845 f.
Teche (comme beseche, i. 590, 2260 ; iii. 132).
Ce sont là les résultats obtenus par l’examen des rimes avec des voyelles d’une qualité indubitable, c’est-à-dire ę̄ provenant du vieil anglais ēa, et ẹ̄ provenant du vieil anglais ē, ēo, īe. En outre, une étude a été menée sur la rime entre ces mots entre eux ainsi qu’avec des mots d’origine romane, au cours de laquelle certains mots supplémentaires contenant ē issu de ǣ, tels que dele, hele, swete (« sueur »), wete, ont été pris en compte. Cela ne peut être présenté ici dans son intégralité, mais on peut dire qu’en presque tous les cas cela confirme les résultats obtenus ci-dessus. Cependant, quelques mots auxquels une voyelle ouverte est attribuée ci-dessus riment avec d’autres mots issus de ǣ qui possèdent presque certainement ẹ̄, et doivent donc être considérés comme ayant une prononciation instable. Ainsi, malgré la rime mentionnée ci-dessus lene (lend) : bene, on trouve lene : mene (à la fois verbe et substantif) ainsi que lene : clene ; et bien que fere rime plus d’une fois avec ere, on a lered : afered et unlered : afered, ce qui suggère que le son fermé était possible.
Dans l’ensemble, nous pouvons établir comme résultats de notre examen ce qui suit :
Avec voyelle ouverte : de la classe ǣ (ē), bede, prétérit pluriel ; breth, her (pl. heres) ; lete, lewed, strete ; de la classe ā = ai, er, geth, leve (rester), ȝee (oui).
Avec voyelle fermée : de la première classe, leche, meete (rêve), mete (convenir), slepe, speche, speke, prétérit pluriel, thred, wete, wreche, ȝer ; avec une seule exception dans chaque cas, dede, slep ; de la seconde classe, areche, clene, del, evere, lere, mene, nevere, teche ; avec une seule exception dans chaque cas, -hede (-hiede), lede, sprede.
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Avec voyelle instable : à partir de ǣ (ē), on trouve drede, eve, fere (peur), red (substantif), rede, there, were, where ; à partir de ǣ = ai, on trouve hete, lene, see (mer). Les conclusions auxquelles nous parvenons sont, premièrement, que dans l’usage de Gower, il y a moins d’instabilité du son vocalique dans ces mots que chez Chaucer : le nombre de mots ayant une voyelle instable est plus faible et les variations, même dans leur cas, sont encore plus exceptionnelles ; deuxièmement, que le langage de Gower présente une tendance fortement marquée vers ẹ̄ ; enfin, que cette tendance est tout aussi visible dans les mots de la catégorie ǣ = ai que dans les autres.
En vieil anglais, ēa. Le substantif believe possède ẹ̄ sous l’influence du verbe. Il ne semble pas qu’on utilise nę̄de à partir de nēad ou ȝę̄r à partir de gēar, et ek, eke semblent invariablement avoir ẹ̄. À partir de ēage, flēah, hēah, nēah, on obtient yhe, flyh, hih, nyh. Il ne semble pas y avoir de raison de supposer que stre, sle avaient ẹ̄, comme cela a été conclu pour le langage de Chaucer en raison de rimes telles que sle : he, stre : she, stree : we, voir Ten Brink, Chaucers Sprache, §23. Il a déjà été montré que see (mer), que nous avons supposé avoir une qualité vocale instable, rime très rarement avec des mots ayant ẹ̄, malgré les occasions fréquentes de telles rimes, et ȝee, « oui », jamais. On peut se demander si la règle établie par Ten Brink pour Chaucer est valable, et si la pratique de Chaucer ne dépend pas simplement du grand nombre de rimes en ẹ̄, telles que he, she, me, thee, be, se (verbe), tre, three, etc. Il est au moins possible que la différence entre Gower et Chaucer provienne du fait que ce dernier était moins strict dans ses rimes ; de plus, les développements ultérieurs de sle, see, stre, ȝee ne confirment pas l’idée qu’ils avaient régulièrement ẹ̄ dans le langage de Chaucer.
En vieil anglais, ēo. À côté de sek (siek), on trouve occasionnellement sik. Les formes fil, fille pour fell, felle, prétérit singulier et pluriel de falle, ne sont pas utilisées par Gower. Il rime fell (fēoll) : hell (hyll) et felle, prétérit pluriel : felle (fyllan).
En vieil anglais, ēa. Le substantif believe possède ẹ̄ sous l’influence du verbe. Il ne semble pas qu’on utilise nę̄de à partir de nēad ou ȝę̄r à partir de gēar, et ek, eke semblent invariablement avoir ẹ̄. À partir de ēage, flēah, hēah, nēah, on obtient yhe, flyh, hih, nyh. Il ne semble pas y avoir de raison de supposer que stre, sle avaient ẹ̄, comme cela a été conclu pour le langage de Chaucer en raison de rimes telles que sle : he, stre : she, stree : we, voir Ten Brink, Chaucers Sprache, §23. Il a déjà été montré que see (mer), que nous avons supposé avoir une qualité vocale instable, rime très rarement avec des mots ayant ẹ̄, malgré les occasions fréquentes de telles rimes, et ȝee, « oui », jamais. On peut se demander si la règle établie par Ten Brink pour Chaucer est valable, et si la pratique de Chaucer ne dépend pas simplement du grand nombre de rimes en ẹ̄, telles que he, she, me, thee, be, se (verbe), tre, three, etc. Il est au moins possible que la différence entre Gower et Chaucer provienne du fait que ce dernier était moins strict dans ses rimes ; de plus, les développements ultérieurs de sle, see, stre, ȝee ne confirment pas l’idée qu’ils avaient régulièrement ẹ̄ dans le langage de Chaucer.
En vieil anglais, ēo. À côté de sek (siek), on trouve occasionnellement sik. Les formes fil, fille pour fell, felle, prétérit singulier et pluriel de falle, ne sont pas utilisées par Gower. Il rime fell (fēoll) : hell (hyll) et felle, prétérit pluriel : felle (fyllan).
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Le pronom personnel ȝow (ȝou), dérivé de ēow, rime avec thou, now, etc.
Les exemples de ī donnés par O. E. ī. Fahrenberg : ē, p. 177 et suiv., ainsi que iii. 413 et suiv., reposent tous deux sur des erreurs.
O. E. ū. Le pronom personnel dérivé de O. E. ūs s’écrit toujours ous, mais il rime dans certains cas avec -us dans les noms latins, par ex. Tricolonius : ous, Tereüs : ous.
būtan est abrégé en bot, et non en but. Il apparaît également sous forme dissyllabique sous la forme bote.
O. E. ȳ. Le seul exemple de ȳ utilisé à la place de ē est fer, dérivé de fȳr ; ce mot rime avec ȝer, iii. 694 (ailleurs on trouve fyr). Chez Chaucer, on trouve fere (accusatif), qui rime avec here (adv.), dans Troilus, iii. 978 ; on trouve aussi afere, qui rime avec stere, signifiant « agiter », dans Troilus, i. 229.
Les formes hedde, hed, prétérit et participe passé (dérivés de hȳdan) illustrent le fait que le ȳ abrégé devienne naturellement un e ; de même, fest provient de fȳst, felthe de fȳlþe, threste de þrȳsta.
À partir de ȳg dans drȳge, on obtient dreie, mais aussi drye.
O. E. ō. Comme Chaucer, Gower fait rimer le mot do (misdo, undo, etc.) – et parfois to dans therto – avec des mots contenant ǭ, dérivé de ā ; il s’agit non seulement de so, also, two, wo, mais aussi de tho (adv.) (i. 2609, iii. 683, v. 5331, etc.), go, ago (ii. 2483, 3513, iv. 1161, 3465, v. 5173, etc.), overmo (i. 2385), no (v. 4776), fo (iv. 3407). Ces mots riment également avec des noms propres tels que Juno, Lichao, Babio. Les autres formes de do, comme doth, don, riment presque toujours avec ọ̄ ; on trouve cependant doth dans goth, v. 3967 et suiv., et don dans anon, v. 3627 et suiv. La rime soth : goth apparaît également, v. 1579 et suiv. Cette dernière catégorie de rimes, telle que don : anon, don : gon, sothe : bothe, soth : wroth, se rencontre fréquemment dans les œuvres précoces de Chaucer, comme Le Livre de la Duchesse, mais beaucoup moins dans ses œuvres ultérieures.
Les exemples de ī donnés par O. E. ī. Fahrenberg : ē, p. 177 et suiv., ainsi que iii. 413 et suiv., reposent tous deux sur des erreurs.
O. E. ū. Le pronom personnel dérivé de O. E. ūs s’écrit toujours ous, mais il rime dans certains cas avec -us dans les noms latins, par ex. Tricolonius : ous, Tereüs : ous.
būtan est abrégé en bot, et non en but. Il apparaît également sous forme dissyllabique sous la forme bote.
O. E. ȳ. Le seul exemple de ȳ utilisé à la place de ē est fer, dérivé de fȳr ; ce mot rime avec ȝer, iii. 694 (ailleurs on trouve fyr). Chez Chaucer, on trouve fere (accusatif), qui rime avec here (adv.), dans Troilus, iii. 978 ; on trouve aussi afere, qui rime avec stere, signifiant « agiter », dans Troilus, i. 229.
Les formes hedde, hed, prétérit et participe passé (dérivés de hȳdan) illustrent le fait que le ȳ abrégé devienne naturellement un e ; de même, fest provient de fȳst, felthe de fȳlþe, threste de þrȳsta.
À partir de ȳg dans drȳge, on obtient dreie, mais aussi drye.
O. E. ō. Comme Chaucer, Gower fait rimer le mot do (misdo, undo, etc.) – et parfois to dans therto – avec des mots contenant ǭ, dérivé de ā ; il s’agit non seulement de so, also, two, wo, mais aussi de tho (adv.) (i. 2609, iii. 683, v. 5331, etc.), go, ago (ii. 2483, 3513, iv. 1161, 3465, v. 5173, etc.), overmo (i. 2385), no (v. 4776), fo (iv. 3407). Ces mots riment également avec des noms propres tels que Juno, Lichao, Babio. Les autres formes de do, comme doth, don, riment presque toujours avec ọ̄ ; on trouve cependant doth dans goth, v. 3967 et suiv., et don dans anon, v. 3627 et suiv. La rime soth : goth apparaît également, v. 1579 et suiv. Cette dernière catégorie de rimes, telle que don : anon, don : gon, sothe : bothe, soth : wroth, se rencontre fréquemment dans les œuvres précoces de Chaucer, comme Le Livre de la Duchesse, mais beaucoup moins dans ses œuvres ultérieures.
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Ces rimes, comme celles de hom avec com, etc., mentionnées ci-dessus sous ā, s’expliquent par le manque de mots rimant de manière exacte. La seule rime exacte pour do et to est en fait schoo, que l’on trouve dans le Prologue 356, mais qui ne pouvait évidemment pas apparaître fréquemment. L’explication donnée par Ten Brink, dans Chaucers Sprache, § 31, et reprise mécaniquement par d’autres, est que certains mots qui possèdent ǭ à la place de ā, comme wo, two, so (swā), peuvent également présenter ọ̄ parfois sous l’influence de w. Cela s’avère faux tant du fait que les rimes en question ne se limitent nullement à ces mots, que nous avons vu, que du fait de l’absence de toute autre preuve montrant que wo et so aient jamais eu une tendance à utiliser ọ̄. Le fait que la rime do : so soit de loin la plus courante est simplement dû à la fréquence d’utilisation de ces mots. Dans la rime glove : love, v. 7047 f., il s’agit de ọ̄, et il ne peut y avoir ici aucune question concernant love issu de lufian. Le sens et la rime indiquent un verbe love correspondant au nom lof ou love, forme moderne luff, et signifiant l’action de diriger la proue du navire plus près du vent. Les autres rimes utilisées avec glove sont behove, Prologue 357, prove, iii. 2153. On peut noter que wowe, issu de wōgian, rime avec bowe (būgan), ce qui ne correspond pas à la théorie très discutable de Ten Brink sur l’évolution de ou (ow), dans Chaucers Sprache, § 46, Anm.
(3) Voyelles romanes. Seules quelques remarques seront ajoutées ici à ce qui a déjà été dit dans l’Introduction aux œuvres françaises de Gower. Les mots se terminant par -oun (-on), comme condicioun (-on), opinioun (-on), etc., ne riment qu’entre eux ou avec toun, doun, etc. Il n’existe pas de rimes comme celle de Chaucer, proporcion : upon, et il convient de noter en particulier que la rime des noms propres se terminant par -on, tels que Salamon, Acteon, etc., avec cette catégorie de mots, très fréquente chez Chaucer, n’apparaît pas dans l’anglais de Gower, bien que nous la trouvions occasionnellement dans son français. En même temps, on ne peut nier la possibilité de telles rimes, car nous avons toun : Ylioun, v. 7235 f., et Lamedon : Jasoun, v. 7197 f. Les adjectifs se terminant par -ous ne riment pas avec -us, comme chez Chaucer : Aurelius : amorous, Theseüs : desirous.
(3) Voyelles romanes. Seules quelques remarques seront ajoutées ici à ce qui a déjà été dit dans l’Introduction aux œuvres françaises de Gower. Les mots se terminant par -oun (-on), comme condicioun (-on), opinioun (-on), etc., ne riment qu’entre eux ou avec toun, doun, etc. Il n’existe pas de rimes comme celle de Chaucer, proporcion : upon, et il convient de noter en particulier que la rime des noms propres se terminant par -on, tels que Salamon, Acteon, etc., avec cette catégorie de mots, très fréquente chez Chaucer, n’apparaît pas dans l’anglais de Gower, bien que nous la trouvions occasionnellement dans son français. En même temps, on ne peut nier la possibilité de telles rimes, car nous avons toun : Ylioun, v. 7235 f., et Lamedon : Jasoun, v. 7197 f. Les adjectifs se terminant par -ous ne riment pas avec -us, comme chez Chaucer : Aurelius : amorous, Theseüs : desirous.
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Les terminaisons -arie, -orie ne sont pas du tout utilisées ; à leur place, on trouve en français les formes -aire, -oire, comme adversaire, contraire, nécessaire, gloire, histoire, mémoire, purgatoire, victoire. Les noms propres latins se terminant par o riment avec ǭ, comme Cithero (aussi), Leo (aussi), Phito (bien que), Juno (ainsi, bien que), etc., mais aussi dans plusieurs cas avec do. Il ne semble pas y avoir de raison suffisante de supposer, comme le fait Ten Brink, qu’ils avaient régulièrement ọ̄.
(4) Consonnes. La terminaison -liche (-lich) dans les adjectifs et adverbes, que Fahrenberg, en se basant sur les rimes, considère comme très rare par rapport à -ly, est de loin la plus courante des deux. Il est vrai que -ly apparaît plus fréquemment dans les rimes, mais cela est dû principalement à l’abondance plus grande de mots rimant avec lui, par exemple forthi, by, cri, merci, enemy ; nous avons cependant redely : properly, Prol. 947 f. La règle générale d’usage est la suivante : -ly est généralement utilisé dans les rimes (mais besiliche : swiche, iv. 1235 f.), et avant une consonne lorsque le mètre exige une seule syllabe, comme dans i. 2069, « Al prively behinde his bak » (mais frendlich, viii. 2173) ; -liche ou -lich avant une voyelle, comme dans i. 373, « That ronne besiliche aboute », cf. ii. 1695, v. 1247, et bien sûr -liche lorsque deux syllabes sont nécessaires, comme dans i. 1035, « Was thanne al openliche schewed », ainsi que dans ii. 918, iv. 57, et comparez également iii. 2065 f. :
« Unkindely for thou hast wroght,
Unkindeliche it schal be boght. »
Mais dans Prol. 719, on ne trouve cette forme que devant une voyelle :
« Noght al only of thorient, »
bien que onliche apparaisse dans une position similaire, dans i. 1948, et onlich, dans iii. 42. De même, dans 911 :
« And sodeinly, er sche it wiste, »
mais dans Prol. 503,
(4) Consonnes. La terminaison -liche (-lich) dans les adjectifs et adverbes, que Fahrenberg, en se basant sur les rimes, considère comme très rare par rapport à -ly, est de loin la plus courante des deux. Il est vrai que -ly apparaît plus fréquemment dans les rimes, mais cela est dû principalement à l’abondance plus grande de mots rimant avec lui, par exemple forthi, by, cri, merci, enemy ; nous avons cependant redely : properly, Prol. 947 f. La règle générale d’usage est la suivante : -ly est généralement utilisé dans les rimes (mais besiliche : swiche, iv. 1235 f.), et avant une consonne lorsque le mètre exige une seule syllabe, comme dans i. 2069, « Al prively behinde his bak » (mais frendlich, viii. 2173) ; -liche ou -lich avant une voyelle, comme dans i. 373, « That ronne besiliche aboute », cf. ii. 1695, v. 1247, et bien sûr -liche lorsque deux syllabes sont nécessaires, comme dans i. 1035, « Was thanne al openliche schewed », ainsi que dans ii. 918, iv. 57, et comparez également iii. 2065 f. :
« Unkindely for thou hast wroght,
Unkindeliche it schal be boght. »
Mais dans Prol. 719, on ne trouve cette forme que devant une voyelle :
« Noght al only of thorient, »
bien que onliche apparaisse dans une position similaire, dans i. 1948, et onlich, dans iii. 42. De même, dans 911 :
« And sodeinly, er sche it wiste, »
mais dans Prol. 503,
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« Al sodeinliche, er it be wist »,
cf. iv. 921, par rapport à i. 1336.
Le traitement du spirant h de l’O.E. (= χ) mérite une certaine attention. Celui-ci, apparaissant avant t, est reconnu dans le M.E. comme ayant un son palatal ou guttural, selon la nature de la voyelle qui le précède, mais les textes de notre période l’indiquent généralement comme gh dans les deux cas. Gower, cependant, fait une distinction, écrivant presque systématiquement alihte, briht, dihte, fihte, flihte, kniht, liht, miht, mihte, niht, riht, sihte, wiht, heihte, sleihte, etc., mais aghte, caghte, straghte, boghte, broghte, noght, oght, oghte, soghte. Cependant, occasionnellement, dans la première catégorie, on trouve g, plus rarement bryghte, lighte, plus fréquemment heighte, sleighte, et assez régulièrement eighte ; et il existe plusieurs mots dans la seconde catégorie qui possèdent des variantes avec h, mais dans ces cas, w(u) est inséré, comme cawhte, strawhte, dowhter (douhter), owhte : sinon u est généralement absent, comme nous l’avons déjà vu. La forme en question est plus courante avec la voyelle a que avec o.
Il est à peine nécessaire de répéter ici que plit est un mot d’origine romane, et qu’il rime correctement avec delit, appetit, et non avec liht, niht, etc., étant distinct d’un point de vue étymologique du pliht de l’O.E.
Du fait qu’il n’y ait pas de rime entre -iht et -it, ni chez Gower ni chez Chaucer, on peut certainement déduire que ces sons étaient quelque peu différents ; mais le fait que Gower n’écrive généralement pas gh après i indique sans doute que, dans ce cas, le son du spirant était moins marqué que lorsqu’il était précédé de voyelles plus larges.
Lorsque l’h de l’O.E. est une aspiration finale, g n’est généralement pas écrit, comme sih, hih, nih, bowh, lowh, plowh, slowh, ynowh, sauf dans le cas de thogh, mais très occasionnellement on trouve des formes telles que drogh, plogh. Dans les mots qui contiennent w(u), h est souvent omis, comme dans bowes, low, slow (prétérits), ynow.
v. Inflection.—(1) Substantifs. Dans un certain nombre de mots, on observe une variation concernant la lettre e finale : ainsi avons-nous drink drinke, felawe felawh (fela), flyht flyhte, half halve, help helpe, kep kepe, lack lacke, lyf lyve, myn myne, queene queen, sor sore, wel wele, will wille, wyndou wyndowe, to
cf. iv. 921, par rapport à i. 1336.
Le traitement du spirant h de l’O.E. (= χ) mérite une certaine attention. Celui-ci, apparaissant avant t, est reconnu dans le M.E. comme ayant un son palatal ou guttural, selon la nature de la voyelle qui le précède, mais les textes de notre période l’indiquent généralement comme gh dans les deux cas. Gower, cependant, fait une distinction, écrivant presque systématiquement alihte, briht, dihte, fihte, flihte, kniht, liht, miht, mihte, niht, riht, sihte, wiht, heihte, sleihte, etc., mais aghte, caghte, straghte, boghte, broghte, noght, oght, oghte, soghte. Cependant, occasionnellement, dans la première catégorie, on trouve g, plus rarement bryghte, lighte, plus fréquemment heighte, sleighte, et assez régulièrement eighte ; et il existe plusieurs mots dans la seconde catégorie qui possèdent des variantes avec h, mais dans ces cas, w(u) est inséré, comme cawhte, strawhte, dowhter (douhter), owhte : sinon u est généralement absent, comme nous l’avons déjà vu. La forme en question est plus courante avec la voyelle a que avec o.
Il est à peine nécessaire de répéter ici que plit est un mot d’origine romane, et qu’il rime correctement avec delit, appetit, et non avec liht, niht, etc., étant distinct d’un point de vue étymologique du pliht de l’O.E.
Du fait qu’il n’y ait pas de rime entre -iht et -it, ni chez Gower ni chez Chaucer, on peut certainement déduire que ces sons étaient quelque peu différents ; mais le fait que Gower n’écrive généralement pas gh après i indique sans doute que, dans ce cas, le son du spirant était moins marqué que lorsqu’il était précédé de voyelles plus larges.
Lorsque l’h de l’O.E. est une aspiration finale, g n’est généralement pas écrit, comme sih, hih, nih, bowh, lowh, plowh, slowh, ynowh, sauf dans le cas de thogh, mais très occasionnellement on trouve des formes telles que drogh, plogh. Dans les mots qui contiennent w(u), h est souvent omis, comme dans bowes, low, slow (prétérits), ynow.
v. Inflection.—(1) Substantifs. Dans un certain nombre de mots, on observe une variation concernant la lettre e finale : ainsi avons-nous drink drinke, felawe felawh (fela), flyht flyhte, half halve, help helpe, kep kepe, lack lacke, lyf lyve, myn myne, queene queen, sor sore, wel wele, will wille, wyndou wyndowe, to
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auxquels il faut ajouter de nombreux mots avec les suffixes -hede, -hode, -schipe, ainsi que la terminaison -inge, par exemple : falshed(e), knyhthod(e), manhed(e), felaschip(e), hunting(e), knowleching(e), teching(e), wenyng(e). Dans ces derniers cas, la présence de la finale e ne dépend pas entièrement de l’accent, car on trouve huntíng, p. 350, mais aussi húntynge, p. 2429 ; techyng et techinge riment également, p. 1592, v. 611 ; gládschipe, p. 3128 ; knithód, v. 2057 ; felaschíp, p. 1217. Cependant, l’accent a une certaine influence, et il est difficile d’imaginer que la finale e compte dans le mètre, sauf lorsque l’accent tombe sur la syllabe précédente ; ainsi, lorsque l’accent est reporté en arrière, on constate que le mot est régulièrement suivi d’une voyelle. Dans le cas de la terminaison anglaise -ere, la finale e s’écrit généralement : ce sont des mots tels que beggere, forthdrawere, hindrere, ledere, lovere, makere, repere, spekere, writere. Cette -e, cependant, est soit élidée, soit omise dans le mètre (comme pour janglere, v. 526), à moins qu’un accent ne tombe sur cette terminaison, auquel cas elle peut être prononcée, comme dans vii. 2348 : « The Sothseiere tho was lief. » Les formes game et gamen apparaissent côte à côte, tant au singulier qu’au pluriel, comme en p. 347, vi. 1849, viii. 680.
En ce qui concerne les cas obliques, on note les formes génitives suivantes : cherche, herte (aussi hertes), hevene, ladi, soule, sterre (pl.), wode (aussi wodes) ; à cela s’ajoutent dowhter (aussi dowhtres), fader (aussi fadres), moder. Dans les expressions horse side, horse heved, etc., horse est au génitif singulier.
La terminaison -e du datif apparaît dans de nombreuses phrases prépositionnelles : to (in) bedde, in boke, to borwe, be (to) bote, with (of) childe, unto the chinne (mais unto the chin, p. 1682), be daie, to (fro) dethe (aussi fro deth), of dome, on (under) fote (mais upon the fot, at his fot), on fyre, to (upon) grounde, fro (unto) the grounde (aussi fro the ground), on hede, at (fro) home (aussi at hom), in (on, upon) honde, to (into) honde (mais « bar on hond », be the hond), on horse, to horse, to (in, of) house (mais in myn hous), to (into) londe, be (in, over) londe, of (out of) londe, fro the londe (mais of his lond, etc.), be lyhte, to lyve, to manne, to mowthe, be mowthe, be nyhte (aussi be nyht, et régulièrement at nyht, on nyht, a nyht, to nyht), to rede, be (to, into, out of) schipe (aussi to schip), to scorne, to slepe (aussi to slep), to toune, to wedde, to wyve, to ȝere, be ȝere.
Au pluriel, on a hors, schep inchangés, ainsi que avec les numéraux : mile, monthe, pound, ȝer (à côté de ȝeres), wynter. Le pluriel de thing est
En ce qui concerne les cas obliques, on note les formes génitives suivantes : cherche, herte (aussi hertes), hevene, ladi, soule, sterre (pl.), wode (aussi wodes) ; à cela s’ajoutent dowhter (aussi dowhtres), fader (aussi fadres), moder. Dans les expressions horse side, horse heved, etc., horse est au génitif singulier.
La terminaison -e du datif apparaît dans de nombreuses phrases prépositionnelles : to (in) bedde, in boke, to borwe, be (to) bote, with (of) childe, unto the chinne (mais unto the chin, p. 1682), be daie, to (fro) dethe (aussi fro deth), of dome, on (under) fote (mais upon the fot, at his fot), on fyre, to (upon) grounde, fro (unto) the grounde (aussi fro the ground), on hede, at (fro) home (aussi at hom), in (on, upon) honde, to (into) honde (mais « bar on hond », be the hond), on horse, to horse, to (in, of) house (mais in myn hous), to (into) londe, be (in, over) londe, of (out of) londe, fro the londe (mais of his lond, etc.), be lyhte, to lyve, to manne, to mowthe, be mowthe, be nyhte (aussi be nyht, et régulièrement at nyht, on nyht, a nyht, to nyht), to rede, be (to, into, out of) schipe (aussi to schip), to scorne, to slepe (aussi to slep), to toune, to wedde, to wyve, to ȝere, be ȝere.
Au pluriel, on a hors, schep inchangés, ainsi que avec les numéraux : mile, monthe, pound, ȝer (à côté de ȝeres), wynter. Le pluriel de thing est
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Choses, parfois chose, pas chose. Mutations des pluriels : pieds, hommes, dents, femmes. Pluriels en -en : frères, enfants, bœufs (également boeufs), ton, yhen. Les formes en -ere ont pour pluriels -ers, comme janglers, kepers, lovers. À partir de maiden, on trouve non seulement maidens mais aussi maidenes (trois syllabes), iv. 255, ce qui est peut-être la lecture correcte chez Chaucer, Leg. of G. Women, 722. À partir d’angel, on a le pluriel anglis, iii. 2256, ainsi que angles, et Nimphis, v. 6932, mais il y a peu d’exemples de pluriels en -is.
En ce qui concerne les substantifs romans, Gower semble plus strict que Chaucer quant à la préservation de leur forme. Il nous donne régulièrement beste « bête », feste, requeste, tempeste. On trouve cependant très occasionnellement baner (également banere), host, maner, matier (en plus de manere, matiere), press (en plus de presse), travaile, conseile (substantifs) à la place de travail, conseil.
Plusieurs formes distinctement féminines sont utilisées, comme capiteine, chamberere, citezeine, cousine, enemie.
Dans certains cas, l’inflection latine est introduite, comme Tantaly, Apollinis, Centauri, in Cancro, Achillem, Esionam, Phebum ; les deux derniers semblent avoir été ajoutés après la première révision.
(2) Adjectifs et adverbes. Quelques adjectifs varient en ce qui concerne la finale e dans la forme non inflexionnée, par exemple ech eche, lich liche, low lowe, many manye, moist moiste, old olde, other othre, such suche (?), trewe trew, wommanyssh wommannysshe.
Dans les formes comparatives, -e est souvent omis, comme fairer, further, longer, rather, ȝonger, mais plus souvent écrit, comme furthere, deppere, ferre, gladdere, grettere, lengere, rathere. Cet -e est cependant soit élidé, soit omis dans le mètre (comme à ii. 503, iv. 1459, vi. 1490, 1525, 2010). Lorsqu’il y a syncope du pénultième, comme après v(u) dans levere, la finale e compte régulièrement comme une syllabe ; donc, en cas d’élision, le mot se réduit à un monosyllabe, ce qui ne se produit jamais avec rathere, furthere, etc.
Lorsque des adjectifs ou adverbes se terminant par une e faible sont combinés à un suffixe ou à un autre mot, -e est souvent omis ; ainsi on a everemore, furthermore, joieful joiful, hevenely hevenly, trewely trewly (ainsi que trewman), etc. Dans de tels cas, un pénultième précédemment syncopé cesse de l’être suite à la perte de la e suivante.
En ce qui concerne les substantifs romans, Gower semble plus strict que Chaucer quant à la préservation de leur forme. Il nous donne régulièrement beste « bête », feste, requeste, tempeste. On trouve cependant très occasionnellement baner (également banere), host, maner, matier (en plus de manere, matiere), press (en plus de presse), travaile, conseile (substantifs) à la place de travail, conseil.
Plusieurs formes distinctement féminines sont utilisées, comme capiteine, chamberere, citezeine, cousine, enemie.
Dans certains cas, l’inflection latine est introduite, comme Tantaly, Apollinis, Centauri, in Cancro, Achillem, Esionam, Phebum ; les deux derniers semblent avoir été ajoutés après la première révision.
(2) Adjectifs et adverbes. Quelques adjectifs varient en ce qui concerne la finale e dans la forme non inflexionnée, par exemple ech eche, lich liche, low lowe, many manye, moist moiste, old olde, other othre, such suche (?), trewe trew, wommanyssh wommannysshe.
Dans les formes comparatives, -e est souvent omis, comme fairer, further, longer, rather, ȝonger, mais plus souvent écrit, comme furthere, deppere, ferre, gladdere, grettere, lengere, rathere. Cet -e est cependant soit élidé, soit omis dans le mètre (comme à ii. 503, iv. 1459, vi. 1490, 1525, 2010). Lorsqu’il y a syncope du pénultième, comme après v(u) dans levere, la finale e compte régulièrement comme une syllabe ; donc, en cas d’élision, le mot se réduit à un monosyllabe, ce qui ne se produit jamais avec rathere, furthere, etc.
Lorsque des adjectifs ou adverbes se terminant par une e faible sont combinés à un suffixe ou à un autre mot, -e est souvent omis ; ainsi on a everemore, furthermore, joieful joiful, hevenely hevenly, trewely trewly (ainsi que trewman), etc. Dans de tels cas, un pénultième précédemment syncopé cesse de l’être suite à la perte de la e suivante.
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On rencontre quelques cas où -id remplace -ed dans les terminaisons des adjectifs, comme nakid (également naked), wickid wikkid (généralement wicked), ainsi que hundrid (généralement hundred). La forme définie est utilisée assez régulièrement pour les adjectifs monosyllabiques anglais, et généralement aussi pour les monosyllabes d’origine française. Cette règle s’applique : (1) aux adjectifs employés après l’article défini, un pronom démonstratif ou un adjectif possessif ; (2) à ceux utilisés comme vocatifs dans l’adresse ; (3) aux adjectifs en combinaison avec des noms propres ou des mots utilisés comme noms propres. Ainsi, on trouve régulièrement : (1) « the grete hert », « the stronge coffre », « The qwike body with the dede », « this proude vice », « this ȝonge lord », « my longe wo », « his lose tunge », « thi fulle mynde », « whos rihte name », etc. ; (2) « O derke ypocrisie », « O goode fader », « lieve Sone », etc. ; (3) « grete Rome », « Blinde Avarice », « proude Envie » (mais « proud Envie », Prol. 712), « faire Eole », « stronge Sampson », « wise Tolomeüs », etc. Il faut également noter les flexions dans les expressions suivantes : « so hihe a love », ii. 2425 (mais hih, vii. 2413), « so grete a wo », v. 5737, « so grete a lust », v. 6452, « so schorte a time », vii. 5201. Avec les adjectifs romans, on trouve « his false tunge », « the pleine cas », « false Nessus », etc., et cela se produit généralement pour les monosyllabes. Pour les monosyllabes anglais, les exceptions sont rares : « His full answere », i. 1629, « hire good astat », i. 2764, « here wrong condicion », ii. 295, « his slyh compas », ii. 2341 (mais « his slyhe cast », ii. 2374), « the ferst of hem », iii. 27, v. 2863, cf. 5944 (généralement « the ferste », comme i. 580, etc.), « my riht hond », iii. 300, « the trew man », iii. 2346, « his hih lignage », iv. 2064 (peut-être dû à l’expression habituelle « of hih lignage »), « the hih prouesse », v. 6428*, « hire hih astat », v. 6597, « the gret oultrage », vii. 3413, « hire freissh aray », vii. 5000, « hire hol entente », viii. 1222, cf. viii. 1710, 2968 (mais « ȝoure hole conseil »). Parmi les adjectifs romans, l’absence de flexion est plus fréquente en proportion du nombre total d’exemples, par exemple : « the vein honour », Prol. 221, « the fals emperour », Prol. 739, « Hire clos Envie », ii. 684, etc. Pour les adjectifs de plus d’une syllabe, qu’ils soient anglais ou français, la forme définie est exceptionnelle. Le cas le plus courant est celui des superlatifs, où la forme définie -este est utilisée régulièrement lorsque l’accent tombe sur la terminaison, que ce soit en rime ou non, comme faireste, i. 767, v. 7427, slyheste, i. 1442, wiseste, myhtieste, i. 1097 f., wofulleste, vii.
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5017. Même lorsque l’accent est reporté en arrière, l’inflection définitive apparaît le plus souvent que non, comme dans faireste, i. 1804, hoteste, i. 2492, treweste, ii. 1282, povereste, iv. 2238, heyeste, vii. 935 ; mais parfois elle est omise, comme dans « la plus pure Eir », Prol. 921, « le plus long d’entre eux », i. 3133, « le plus bas d’entre tous », vii. 224. Dans tous les cas cependant où l’accent est reporté en arrière, l’adjectif est suivi d’un mot commençant par une voyelle, de sorte que le mètre n’est pas affecté.
D’autres adjectifs dont la terminaison peut porter l’accent peuvent également recevoir l’inflection définitive, lorsque l’accent se trouve sur cette terminaison, comme dans « la flatterie avide », « cette fierté lubrique », « ce chevalier tyrannique » ; mais d’un autre côté, on a « son faux visage pitoyable », « le pieux Justinien », « le Romain orgueilleux et tyrannique », ainsi que des cas où l’adjectif est utilisé comme nom, comme « l’avide », « Cet envieux », « Le craintif », etc. On trouve « le remède parfait », iv. 2624 (mais « l’Élixir parfait », iv. 2522, avec l’accent reporté en arrière), et « Ô toi, douce Vénus », viii. 2294 ; mais peut-être faut-il considérer parfite et gentile comme des formes féminines, tout comme devolte, i. 636, avec quasi-certitude.
Lorsque la syllabe finale de l’adjectif ne peut pas porter d’accent, il n’y a généralement pas de place pour une inflection définitive, sauf en cas de syncope après v (u), comme dans evele. De tels mots sont : croked, wicked, cruel, litel, middel, biter, dedly, lusti, sinful(l), wilful, woful(l), wrongful. On note que les comparatifs en -ere et les adjectifs en -liche (avec l’accent reporté en arrière) apparaissent parfois sous une forme abrégée, même lorsque leur position suggère une terminaison définitive, par exemple : « sa sœur plus grande », v. 5395, « sa belle personne », ii. 2026, « Ha, toi, hypocrite méchant », v. 6293, « sa personne cruelle », vii. 5089 (le suffixe -lich dans ces derniers cas permet d’éviter l’hiatus de « hypocrite méchant », etc.). À titre exceptionnel, on observe la forme nakede, « son bras nu », iv. 421, telle qu’elle est donnée tant par F que par S.
La formation des pluriels des adjectifs et des participes utilisés attributivement obéit aux mêmes principes. On a « des pierres précieuses », iv. 1354, mais « les plus importantes » (pluriel), v. 1115. Dans l’expression « les fleuves principaux », v. 1112, chief doit être considéré peut-être comme un nom, à l’instar de hed dans « la planète hed ». Naturellement, des mots comme wicked, woful, lusti, etc., ne prennent pas d’inflection plurielle ; mais on trouve manye (manie) à côté de many, apparemment sous forme plurielle, bien que manye apparaisse aussi au singulier, et enye une fois comme pluriel de eny. Dans l’expression « some men », som n’a pas d’inflection plurielle, par exemple Prol. 529, iii. 2113 ; mais « some clerkes », Prol. 355, « some thinges », i. 1265.
D’autres adjectifs dont la terminaison peut porter l’accent peuvent également recevoir l’inflection définitive, lorsque l’accent se trouve sur cette terminaison, comme dans « la flatterie avide », « cette fierté lubrique », « ce chevalier tyrannique » ; mais d’un autre côté, on a « son faux visage pitoyable », « le pieux Justinien », « le Romain orgueilleux et tyrannique », ainsi que des cas où l’adjectif est utilisé comme nom, comme « l’avide », « Cet envieux », « Le craintif », etc. On trouve « le remède parfait », iv. 2624 (mais « l’Élixir parfait », iv. 2522, avec l’accent reporté en arrière), et « Ô toi, douce Vénus », viii. 2294 ; mais peut-être faut-il considérer parfite et gentile comme des formes féminines, tout comme devolte, i. 636, avec quasi-certitude.
Lorsque la syllabe finale de l’adjectif ne peut pas porter d’accent, il n’y a généralement pas de place pour une inflection définitive, sauf en cas de syncope après v (u), comme dans evele. De tels mots sont : croked, wicked, cruel, litel, middel, biter, dedly, lusti, sinful(l), wilful, woful(l), wrongful. On note que les comparatifs en -ere et les adjectifs en -liche (avec l’accent reporté en arrière) apparaissent parfois sous une forme abrégée, même lorsque leur position suggère une terminaison définitive, par exemple : « sa sœur plus grande », v. 5395, « sa belle personne », ii. 2026, « Ha, toi, hypocrite méchant », v. 6293, « sa personne cruelle », vii. 5089 (le suffixe -lich dans ces derniers cas permet d’éviter l’hiatus de « hypocrite méchant », etc.). À titre exceptionnel, on observe la forme nakede, « son bras nu », iv. 421, telle qu’elle est donnée tant par F que par S.
La formation des pluriels des adjectifs et des participes utilisés attributivement obéit aux mêmes principes. On a « des pierres précieuses », iv. 1354, mais « les plus importantes » (pluriel), v. 1115. Dans l’expression « les fleuves principaux », v. 1112, chief doit être considéré peut-être comme un nom, à l’instar de hed dans « la planète hed ». Naturellement, des mots comme wicked, woful, lusti, etc., ne prennent pas d’inflection plurielle ; mais on trouve manye (manie) à côté de many, apparemment sous forme plurielle, bien que manye apparaisse aussi au singulier, et enye une fois comme pluriel de eny. Dans l’expression « some men », som n’a pas d’inflection plurielle, par exemple Prol. 529, iii. 2113 ; mais « some clerkes », Prol. 355, « some thinges », i. 1265.
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Les adjectifs utilisés comme prédicats ou en apposition sont, dans une certaine mesure, traités en fonction de la convenance du mètre ou de la rime, mais dans le cas des monosyllabes, on préfère nettement l’inflection. Voici quelques exemples : « Whan we ben dede », Prol. 2, « hem that weren goode », 42, « my wittes ben to smale », 81, « Ther ben of suche manie glade », 299, « become grete », 303, « ben with mannes senne wrothe », 920, so blinde, i. 774, smale, 1145, glade, 1151, hyhe, smale, i. 1678 f., hore and whyte, i. 2045, stronge, iii. 1112, dulle, iv. 947, whyte, fatte, grete, iv. 1310, etc. On trouve aussi « hise thoghtes feinte », iv. 118, « thinges ... veine », i. 2689, « hise bedes most devoute », i. 669, « in wordes so coverte », iv. 1606, wher the men ben coveitouse, v. 4800.
D’un autre côté, « Of hem that ben so derk withinne », i. 1077, « Hire chekes ben with teres wet », i. 1680, « Thei wexen doumb », iv. 345, « Here bodies weren long and smal », iv. 1320, « Thei were gracious and wys », vii. 1447, « they were glad », viii. 881, et très fréquemment.
Le participe utilisé comme prédicat est généralement invariable, mais il existe quelques exemples d’une forme plurielle adoptée pour la rime, comme made, Prol. 300, ansuerde, i. 3246, iv. 2343, hidde, v. 6789.
L’usage de al, alle en tant qu’adjectif est à certains égards particulier, mais assez cohérent. Au singulier, avant un article, un pronom démonstratif ou un adjectif possessif, on utilise la forme invariable al (parfois all), comme « al the baronie », « al the world », « al his welthe », « all his proude fare », « al a mannes strengthe » (aussi « the Cite all », ii. 3473), mais avant un nom, on utilise la forme alle (disyllabique), comme « alle grace », « alle thing », « alle untrouthe », « alle vertu », « in alle wise », « in alle haste », « alle wel », « alle charite », mais parfois avant des voyelles, al, comme « al honour », i. 879, « al Erthe », i. 2825, « al Envie », ii. 168, « al untrowthe », ii. 1684. Au pluriel, « al the », « all these », « alle the », etc. (« alle » étant considéré comme une monosyllabe), et sans article, « alle » (mais « al othre », iv. 1532).
Notez également l’expression adverbiale « in none wise », cf. « othre wise ». Lorsque l’on combine un adjectif français avec un nom féminin de même origine, l’adjectif prend parfois la forme féminine française. Les exemples sont les suivants : « devolte apparantie », i. 636, « veine gloire », i. 2677 ff., « vertu sovereine », ii. 3507, « seinte charite », iv. 964, « herbe sovereine », vii. 1392, « joie sovereine », viii. 2530, et même en tant que prédicat.
D’un autre côté, « Of hem that ben so derk withinne », i. 1077, « Hire chekes ben with teres wet », i. 1680, « Thei wexen doumb », iv. 345, « Here bodies weren long and smal », iv. 1320, « Thei were gracious and wys », vii. 1447, « they were glad », viii. 881, et très fréquemment.
Le participe utilisé comme prédicat est généralement invariable, mais il existe quelques exemples d’une forme plurielle adoptée pour la rime, comme made, Prol. 300, ansuerde, i. 3246, iv. 2343, hidde, v. 6789.
L’usage de al, alle en tant qu’adjectif est à certains égards particulier, mais assez cohérent. Au singulier, avant un article, un pronom démonstratif ou un adjectif possessif, on utilise la forme invariable al (parfois all), comme « al the baronie », « al the world », « al his welthe », « all his proude fare », « al a mannes strengthe » (aussi « the Cite all », ii. 3473), mais avant un nom, on utilise la forme alle (disyllabique), comme « alle grace », « alle thing », « alle untrouthe », « alle vertu », « in alle wise », « in alle haste », « alle wel », « alle charite », mais parfois avant des voyelles, al, comme « al honour », i. 879, « al Erthe », i. 2825, « al Envie », ii. 168, « al untrowthe », ii. 1684. Au pluriel, « al the », « all these », « alle the », etc. (« alle » étant considéré comme une monosyllabe), et sans article, « alle » (mais « al othre », iv. 1532).
Notez également l’expression adverbiale « in none wise », cf. « othre wise ». Lorsque l’on combine un adjectif français avec un nom féminin de même origine, l’adjectif prend parfois la forme féminine française. Les exemples sont les suivants : « devolte apparantie », i. 636, « veine gloire », i. 2677 ff., « vertu sovereine », ii. 3507, « seinte charite », iv. 964, « herbe sovereine », vii. 1392, « joie sovereine », viii. 2530, et même en tant que prédicat.
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« Dame Avarice est encore solaire », v. 1971. Il est possible également que « Ô toi, divine providence », ii. 3243, « le remède parfait », iv. 2624, « une dame… », v. 2713, et « Ô toi, douce Vénus », viii. 2294, soient des exemples de la même utilisation.
Il existe un seul exemple d’adjectif pluriel français en -s, Prol. 738, introduit manifestement pour la rime.
(3) Pronoms. Le pronom personnel de la première personne est régulièrement I, et non ich. Il est généralement écrit y par le copiste des dernières 235 lignes du manuscrit Fairfax et dans le Praise of Peace.
La troisième personne du singulier féminin est sche (jamais écrite she), parfois scheo ; le cas oblique est hire, hir (jamais here), et hire, bien qu’en général équivalent à un mot monosyllabique, comporte parfois la voyelle -e pleinement prononcée, comme en i. 367, iv. 766, v. 1178.
La troisième personne du singulier neutre est it, rarement hit.
Au pluriel de la première personne, le cas oblique est ous, sans abréviation en us dans l’orthographe.
Les adjectifs possessifs de la première et deuxième personne du singulier, min, thin, n’ont pas de déclinaison au pluriel, mais la forme disjonctive thyne pl. apparaît, en i. 168. D’un autre côté, his, à l’origine une forme non déclinée, prend généralement la forme plurielle hise, mais parfois his. La forme hise n’est jamais dissyllabique.
L’adjectif possessif féminin à la troisième personne est hire ou hir, librement interchangeables et équivalents sur le plan métrique. Il n’y a ici aucune question de déclinaison au pluriel ; on trouve « Hire Nase », « hire browes », « hir lockes », « Hire Necke », utilisés de manière tout à fait indifférenciée, en i. 1678 et suiv. La forme disjonctive est hire, v. 6581, et hires, v. 6857. Les formes oure, ȝoure sont courantes pour les adjectifs possessifs de la première et deuxième personne du pluriel, et elles sont généralement utilisées comme mots monosyllabiques, par ex. en i. 2062, 2768, et interchangeables avec our, ȝour ; mais elles peuvent aussi être considérées comme dissyllabiques, par ex. Prol. 5, iii. 1087. Ici encore, il n’y a pas de déclinaison au pluriel (« ȝour wordes », iii. 627). La forme disjonctive ȝoures apparaît en i. 1852.
L’adjectif possessif de la troisième personne du pluriel est here, her, qui n’est pratiquement jamais confondu dans les bons manuscrits avec hire, hir de la forme féminine du singulier. Nous avons toutes les raisons de supposer que pour Gower cette distinction était absolue.
Il existe un seul exemple d’adjectif pluriel français en -s, Prol. 738, introduit manifestement pour la rime.
(3) Pronoms. Le pronom personnel de la première personne est régulièrement I, et non ich. Il est généralement écrit y par le copiste des dernières 235 lignes du manuscrit Fairfax et dans le Praise of Peace.
La troisième personne du singulier féminin est sche (jamais écrite she), parfois scheo ; le cas oblique est hire, hir (jamais here), et hire, bien qu’en général équivalent à un mot monosyllabique, comporte parfois la voyelle -e pleinement prononcée, comme en i. 367, iv. 766, v. 1178.
La troisième personne du singulier neutre est it, rarement hit.
Au pluriel de la première personne, le cas oblique est ous, sans abréviation en us dans l’orthographe.
Les adjectifs possessifs de la première et deuxième personne du singulier, min, thin, n’ont pas de déclinaison au pluriel, mais la forme disjonctive thyne pl. apparaît, en i. 168. D’un autre côté, his, à l’origine une forme non déclinée, prend généralement la forme plurielle hise, mais parfois his. La forme hise n’est jamais dissyllabique.
L’adjectif possessif féminin à la troisième personne est hire ou hir, librement interchangeables et équivalents sur le plan métrique. Il n’y a ici aucune question de déclinaison au pluriel ; on trouve « Hire Nase », « hire browes », « hir lockes », « Hire Necke », utilisés de manière tout à fait indifférenciée, en i. 1678 et suiv. La forme disjonctive est hire, v. 6581, et hires, v. 6857. Les formes oure, ȝoure sont courantes pour les adjectifs possessifs de la première et deuxième personne du pluriel, et elles sont généralement utilisées comme mots monosyllabiques, par ex. en i. 2062, 2768, et interchangeables avec our, ȝour ; mais elles peuvent aussi être considérées comme dissyllabiques, par ex. Prol. 5, iii. 1087. Ici encore, il n’y a pas de déclinaison au pluriel (« ȝour wordes », iii. 627). La forme disjonctive ȝoures apparaît en i. 1852.
L’adjectif possessif de la troisième personne du pluriel est here, her, qui n’est pratiquement jamais confondu dans les bons manuscrits avec hire, hir de la forme féminine du singulier. Nous avons toutes les raisons de supposer que pour Gower cette distinction était absolue.
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Les pronoms relatifs ordinaires sont « which » et « that » ; « who » est peu utilisé comme pronom relatif, sauf au cas génitif, sous la forme « whos ». Le pluriel « whiche » se prononce généralement comme un monosyllabe, comme à ii. 604, iv. 1496, v. 1320, et perd souvent le -e à l’écrit, comme à Prol. 1016, iv. 1367, 1872, v. 4041, mais il est parfois aussi considéré comme un dissyllabe, p. ex. à i. 404, vii. 1256.
En combinaison avec l’article défini, la forme singulière est « the which », et non « the whiche », comme à Prol. 71, 975.
(4) Verbes. À l’infinitif et au gérondif, à part les cas de « do », « go », « se », « sle », etc., on trouve peu d’exemples de perte du -e final. Le verbe « sein » (sain) a les formes « seie » et aussi « say » ; en plus de l’infinitif régulier « pute », on trouve également « put » dans plusieurs cas, lorsque le mot suivant commence par une voyelle ou par un h muet. Les exemples sont les suivants : « And thoghte put hire in an Ile », i. 1578, « To put his lif », etc., i. 3213, « put eny lette », ii. 93, ainsi que ii. 1021, iii. 1166, iv. 756, 2615, v. 273, viii. 892 ; mais aussi : « It oghte pute a man in fere », i. 462, « To puten Rome in full espeir », ii. 1551, « Theucer pute out of his regne », iii. 2648, etc. En plus de ceux-ci, on trouve quelques exemples similaires avec d’autres verbes, comme « get hire a thank », ii. 60, « It schal noght wel mow be forsake », ii. 1670, « flitt his herte aside », iv. 214, « let it passe », viii. 2056. (À vi. 202, « If that sche wolde ȝif me leve », on devrait peut-être lire « ȝive » avec un S : cf. i. 1648.)
Le gérondif « to done » est courant, mais on ne trouve ni « to sene » ni « to seine ».
Temps présent. À la 1re personne du singulier, du présent, à part des formes telles que « do », « go », etc., ainsi que « prai » à côté de « preie praie », on observe quelques cas d’apocope, comme à l’infinitif : « Than cast I », iv. 560, « let it passe », iv. 363, « I put me therof in your grace », i. 732, « I put it al », v. 2951, « I red thee leve », vi. 1359, « Nou thenk I », vii. 4212. Dans deux de ces cas, on remarque que le mot suivant commence par une consonne.
À la 3e personne du singulier, les formes syncopées et contractées sont très fréquentes chez Gower. Il emploie régulièrement « bit », « ett », « get », « put », « schet », « set », « sit » (2e personne : « sist »), « smit », « writ » ; « arist », « bint », « fint », « holt » (« halt »), « lest », « went », « wext » ; « berth », « brekth », « bringth », « crith », « drawth », « drinkth », « falth », « farth », « forsakth », « leith », « lyth », « preith », « spekth », « takth » (ou « tath »), « thenkth », « ȝifth », et seulement occasionnellement « draweth », « drinketh », « fareth », « kepeth », « sitteth », « waxeth », etc. À vi. 59, les meilleurs manuscrits concordent pour donner « sterte » à la place de « stert », et à viii. 2428, la plupart ont « sitte » à la place de « sit », mais ce sont…
En combinaison avec l’article défini, la forme singulière est « the which », et non « the whiche », comme à Prol. 71, 975.
(4) Verbes. À l’infinitif et au gérondif, à part les cas de « do », « go », « se », « sle », etc., on trouve peu d’exemples de perte du -e final. Le verbe « sein » (sain) a les formes « seie » et aussi « say » ; en plus de l’infinitif régulier « pute », on trouve également « put » dans plusieurs cas, lorsque le mot suivant commence par une voyelle ou par un h muet. Les exemples sont les suivants : « And thoghte put hire in an Ile », i. 1578, « To put his lif », etc., i. 3213, « put eny lette », ii. 93, ainsi que ii. 1021, iii. 1166, iv. 756, 2615, v. 273, viii. 892 ; mais aussi : « It oghte pute a man in fere », i. 462, « To puten Rome in full espeir », ii. 1551, « Theucer pute out of his regne », iii. 2648, etc. En plus de ceux-ci, on trouve quelques exemples similaires avec d’autres verbes, comme « get hire a thank », ii. 60, « It schal noght wel mow be forsake », ii. 1670, « flitt his herte aside », iv. 214, « let it passe », viii. 2056. (À vi. 202, « If that sche wolde ȝif me leve », on devrait peut-être lire « ȝive » avec un S : cf. i. 1648.)
Le gérondif « to done » est courant, mais on ne trouve ni « to sene » ni « to seine ».
Temps présent. À la 1re personne du singulier, du présent, à part des formes telles que « do », « go », etc., ainsi que « prai » à côté de « preie praie », on observe quelques cas d’apocope, comme à l’infinitif : « Than cast I », iv. 560, « let it passe », iv. 363, « I put me therof in your grace », i. 732, « I put it al », v. 2951, « I red thee leve », vi. 1359, « Nou thenk I », vii. 4212. Dans deux de ces cas, on remarque que le mot suivant commence par une consonne.
À la 3e personne du singulier, les formes syncopées et contractées sont très fréquentes chez Gower. Il emploie régulièrement « bit », « ett », « get », « put », « schet », « set », « sit » (2e personne : « sist »), « smit », « writ » ; « arist », « bint », « fint », « holt » (« halt »), « lest », « went », « wext » ; « berth », « brekth », « bringth », « crith », « drawth », « drinkth », « falth », « farth », « forsakth », « leith », « lyth », « preith », « spekth », « takth » (ou « tath »), « thenkth », « ȝifth », et seulement occasionnellement « draweth », « drinketh », « fareth », « kepeth », « sitteth », « waxeth », etc. À vi. 59, les meilleurs manuscrits concordent pour donner « sterte » à la place de « stert », et à viii. 2428, la plupart ont « sitte » à la place de « sit », mais ce sont…
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probablement des variations accidentelles. Pour la 3e personne du pluriel, Fahrenberg (p. 404) cite plusieurs cas présumés de terminaison en th. La plupart de ceux-ci sont des expressions comme « men seith », où « men » est utilisé à l’indéfini singulier. Une seule est valable, à savoir vii. 1107, « Diverse sterres to him longeth » ; cf. vii. 536.
Prétérit. Concernant la formation du temps des verbes forts, on peut se référer au Glossaire, où toutes les formes caractéristiques sont consignées. Nous nous limitons ici à quelques remarques.
On peut noter les exemples suivants de gradation entre le singulier et le pluriel du prétérit : began, pl. begunne begonne, gan, pl. gonnen, ran, pl. runne, wan, pl. wonne, bond, pl. bounden, fond, pl. founden, song (sang), pl. songe sunge, sprong, pl. spronge sprungen, drank (dronk), pl. drunke, bar, pl. bere (beere), brak, pl. brieken, spak, pl. spieke, sat, pl. sete(n) siete(n) seete, bad, pl. bede, lay (lih), pl. lihe leie(n), wax, pl. woxen, wrot, pl. write(n), rod, pl. riden, ches, pl. chose, et parmi les prétérits-présents : can, pl. conne, mai, pl. mowe, schal, pl. schulle schull schol, wot, pl. wite.
Il existe quelques rares exemples dans F de prétérits forts avec une terminaison irrégulière en -e à la 1re ou 3e personne du singulier, mais en aucun cas cela n’est confirmé par la métrique ou la rime. Voici des exemples où F et S coïncident : « schope a wile », v. 4278, « he bare him », v. 5236, « which sihe his Soster », v. 5810, « lete come », vi. 1186, « he tho toke hire in his arm », viii. 1732. Ce sont peut-être des erreurs, et elles ont parfois été corrigées dans le texte sur la base d’autres manuscrits.
La 2e personne du singulier possède la terminaison en -e, comme sihe (syhe), iii. 2629, iv. 599, were, iv. 600, knewe, vi. 2313, come, viii. 2076, mais tok, i. 2421. La 2e personne du singulier du prétérit-présent mai est régulièrement miht (myht), jamais « mayest ». Occasionnellement, les meilleurs manuscrits l’écrivent mihte, p. ex. i. 2457, vii. 2637, 3819, mais il n’y a aucune confirmation métrique pour cette forme. Le prétérit pluriel est très rarement trouvé sans -e, comme en v. 3300, 7534, vii. 3574.
Parmi les verbes faibles, ceux qui possèdent la forme courte ou syncopée conservent presque régulièrement la terminaison en -e. De tels prétérits sont, par exemple : aspide, cride, deide, leide, obeide, payde, preide, seide, teide, hade, made, brende, sende, answerde, ferde, herde, solde, spilde, tolde, wende, betidde, dradde, fedde, fledde, hedde, gradde, ladde, radde, spedde, spradde, crepte, duelte, felte, hente, kepte, kiste, lefte, lepte, loste, mente, slepte, wente.
Prétérit. Concernant la formation du temps des verbes forts, on peut se référer au Glossaire, où toutes les formes caractéristiques sont consignées. Nous nous limitons ici à quelques remarques.
On peut noter les exemples suivants de gradation entre le singulier et le pluriel du prétérit : began, pl. begunne begonne, gan, pl. gonnen, ran, pl. runne, wan, pl. wonne, bond, pl. bounden, fond, pl. founden, song (sang), pl. songe sunge, sprong, pl. spronge sprungen, drank (dronk), pl. drunke, bar, pl. bere (beere), brak, pl. brieken, spak, pl. spieke, sat, pl. sete(n) siete(n) seete, bad, pl. bede, lay (lih), pl. lihe leie(n), wax, pl. woxen, wrot, pl. write(n), rod, pl. riden, ches, pl. chose, et parmi les prétérits-présents : can, pl. conne, mai, pl. mowe, schal, pl. schulle schull schol, wot, pl. wite.
Il existe quelques rares exemples dans F de prétérits forts avec une terminaison irrégulière en -e à la 1re ou 3e personne du singulier, mais en aucun cas cela n’est confirmé par la métrique ou la rime. Voici des exemples où F et S coïncident : « schope a wile », v. 4278, « he bare him », v. 5236, « which sihe his Soster », v. 5810, « lete come », vi. 1186, « he tho toke hire in his arm », viii. 1732. Ce sont peut-être des erreurs, et elles ont parfois été corrigées dans le texte sur la base d’autres manuscrits.
La 2e personne du singulier possède la terminaison en -e, comme sihe (syhe), iii. 2629, iv. 599, were, iv. 600, knewe, vi. 2313, come, viii. 2076, mais tok, i. 2421. La 2e personne du singulier du prétérit-présent mai est régulièrement miht (myht), jamais « mayest ». Occasionnellement, les meilleurs manuscrits l’écrivent mihte, p. ex. i. 2457, vii. 2637, 3819, mais il n’y a aucune confirmation métrique pour cette forme. Le prétérit pluriel est très rarement trouvé sans -e, comme en v. 3300, 7534, vii. 3574.
Parmi les verbes faibles, ceux qui possèdent la forme courte ou syncopée conservent presque régulièrement la terminaison en -e. De tels prétérits sont, par exemple : aspide, cride, deide, leide, obeide, payde, preide, seide, teide, hade, made, brende, sende, answerde, ferde, herde, solde, spilde, tolde, wende, betidde, dradde, fedde, fledde, hedde, gradde, ladde, radde, spedde, spradde, crepte, duelte, felte, hente, kepte, kiste, lefte, lepte, loste, mente, slepte, wente.
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pleura, aida, jeta, dit, craignit, tissa, couvrit, chargea, lista, mit, servit,
plaça, visa, posa, empila, fut triste, éleva, apporta, cria, vit, corrigea,
écrivit, chercha, éclaira, blanchit, pensa, écrivit, couvrit, eut soif, put,
doit, devait, savait, voulait.
Il convient en même temps de noter (comme pour l’infinitif) que
dans certains de ces forms il existe une tendance occasionnelle à omettre le -e
avant une voyelle au début du mot suivant (c’est-à-dire là où aurait lieu une élision), et
la concordance des meilleurs manuscrits, en particulier F et S, montre clairement que
l’auteur le faisait parfois. Il est impossible de déceler un système quelconque, mais
le nombre de verbes concernés n’est pas grand, et dans presque tous les cas, les
exemples de ce type d’élision-apocope sont largement surpassés en nombre par
les exemples d’inflection normale pour le même verbe.
Voici une liste assez complète des références à ces formes du prétérit,
données par ordre alphabétique : « Beraft hire », v. 5647, « it betidd upon the cas », vii.
4381, « Sche cast on me », i. 152, « cast up hire lok », v. 5436, « he cast his lok », vi. 1035,
« dorst he », ii. 1633, « drad him », viii. 1368, « And felt it » (subjonctif), viii. 2165,
« so ferd I », viii. 2445, « had herd hem », v. 5865, « Hir bodi hent up », v. 5702,
« herd he noght sein », iii. 2082, « And kept hire », ii. 181, « Sche kept al doun », v. 1495,
« he kest him », vi. 1746, « And kist him », v. 3777, 5592, « and knet it », v. 6866,
« he kut it », vii. 4525, « what him list he tok », iii. 2446, « Sche lost al », ii. 2290, cf. v. 3465,
« That mad hem », ii. 310, ainsi que v. 986, 3393, 3822, « ne myht I », i. 1280,
« miht eschuie », iii. 1356, ainsi que iii. 1440, vii. 4285, « Put under », Prol. 683,
« Wan and put under », Prol. 718, « He put hem into », i. 1013, « Sche put hire hand », i. 1807,
ainsi que ii. 3267, v. 3045, 4088, 5326, 6409, vi. 2062, vii. 4402, viii. 2702,
« thei putt hem », v. 7417, « Of ous, that schold ous », Prol. 543 (ainsi dans SF),
« schold every wys man », ii. 578, « And seid hir », i. 3188,
« Seid ek », v. 4309, « And set hire », ii. 2220, « He set him », v. 3691,
« he set an essamplaire », vii. 4262, « And tawht hem so » (« tawhte » dans S), iii. 176,
« told him », i. 3187, ii. 803, 2865 (« tolde » dans S), vii. 4688, « told hem », v. 3883,
viii. 1555, « he told out », ii. 884, « every man went on his syde », v. 7403,
« And went hem out » (pluriel), v. 7533, « sche wist it », ii. 2010,
« then wold I », i. 183, « and wold have », v. 4217, « I wold stele », v. 7137,
« wold I », viii. 2298, auxquels on peut ajouter « myht obeie » et « behight him » tirés
du Praise of Peace, 39, 41.
Parmi ces exemples, il faut d’abord se rappeler qu’en un seul cas, « I wold stele », v. 7137,
cette apocope a lieu avant une consonne, bien qu’un autre exemple, v. 5865, présente
un mot suivant commençant par un h aspiré ; et deuxièmement, que pour tous ces
verbes, sauf peut-être put, la forme complète du prétérit est celle qui apparaît
généralement avant une voyelle comme ailleurs. Même pour put, on trouve fréquemment
la forme putte lorsqu’elle est sujette à élision, comme dans Prol. 1069, « And putte awey
malencolie », ainsi que dans ii. 713, 2684, iv. 399, 1368, etc., ainsi que régulièrement
avant une consonne, comme dans « With strengthe he putte kinges under », i. 2797.
La forme putt apparaît dans v. 7417, et dans ce cas le verbe est au pluriel. Les
seuls autres exemples de pluriel dans la liste sont Prol. 543 et v. 7533.
plaça, visa, posa, empila, fut triste, éleva, apporta, cria, vit, corrigea,
écrivit, chercha, éclaira, blanchit, pensa, écrivit, couvrit, eut soif, put,
doit, devait, savait, voulait.
Il convient en même temps de noter (comme pour l’infinitif) que
dans certains de ces forms il existe une tendance occasionnelle à omettre le -e
avant une voyelle au début du mot suivant (c’est-à-dire là où aurait lieu une élision), et
la concordance des meilleurs manuscrits, en particulier F et S, montre clairement que
l’auteur le faisait parfois. Il est impossible de déceler un système quelconque, mais
le nombre de verbes concernés n’est pas grand, et dans presque tous les cas, les
exemples de ce type d’élision-apocope sont largement surpassés en nombre par
les exemples d’inflection normale pour le même verbe.
Voici une liste assez complète des références à ces formes du prétérit,
données par ordre alphabétique : « Beraft hire », v. 5647, « it betidd upon the cas », vii.
4381, « Sche cast on me », i. 152, « cast up hire lok », v. 5436, « he cast his lok », vi. 1035,
« dorst he », ii. 1633, « drad him », viii. 1368, « And felt it » (subjonctif), viii. 2165,
« so ferd I », viii. 2445, « had herd hem », v. 5865, « Hir bodi hent up », v. 5702,
« herd he noght sein », iii. 2082, « And kept hire », ii. 181, « Sche kept al doun », v. 1495,
« he kest him », vi. 1746, « And kist him », v. 3777, 5592, « and knet it », v. 6866,
« he kut it », vii. 4525, « what him list he tok », iii. 2446, « Sche lost al », ii. 2290, cf. v. 3465,
« That mad hem », ii. 310, ainsi que v. 986, 3393, 3822, « ne myht I », i. 1280,
« miht eschuie », iii. 1356, ainsi que iii. 1440, vii. 4285, « Put under », Prol. 683,
« Wan and put under », Prol. 718, « He put hem into », i. 1013, « Sche put hire hand », i. 1807,
ainsi que ii. 3267, v. 3045, 4088, 5326, 6409, vi. 2062, vii. 4402, viii. 2702,
« thei putt hem », v. 7417, « Of ous, that schold ous », Prol. 543 (ainsi dans SF),
« schold every wys man », ii. 578, « And seid hir », i. 3188,
« Seid ek », v. 4309, « And set hire », ii. 2220, « He set him », v. 3691,
« he set an essamplaire », vii. 4262, « And tawht hem so » (« tawhte » dans S), iii. 176,
« told him », i. 3187, ii. 803, 2865 (« tolde » dans S), vii. 4688, « told hem », v. 3883,
viii. 1555, « he told out », ii. 884, « every man went on his syde », v. 7403,
« And went hem out » (pluriel), v. 7533, « sche wist it », ii. 2010,
« then wold I », i. 183, « and wold have », v. 4217, « I wold stele », v. 7137,
« wold I », viii. 2298, auxquels on peut ajouter « myht obeie » et « behight him » tirés
du Praise of Peace, 39, 41.
Parmi ces exemples, il faut d’abord se rappeler qu’en un seul cas, « I wold stele », v. 7137,
cette apocope a lieu avant une consonne, bien qu’un autre exemple, v. 5865, présente
un mot suivant commençant par un h aspiré ; et deuxièmement, que pour tous ces
verbes, sauf peut-être put, la forme complète du prétérit est celle qui apparaît
généralement avant une voyelle comme ailleurs. Même pour put, on trouve fréquemment
la forme putte lorsqu’elle est sujette à élision, comme dans Prol. 1069, « And putte awey
malencolie », ainsi que dans ii. 713, 2684, iv. 399, 1368, etc., ainsi que régulièrement
avant une consonne, comme dans « With strengthe he putte kinges under », i. 2797.
La forme putt apparaît dans v. 7417, et dans ce cas le verbe est au pluriel. Les
seuls autres exemples de pluriel dans la liste sont Prol. 543 et v. 7533.
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En ce qui concerne les verbes faibles qui forment des prétérits se terminant par -ede, la perte du e final est quelque peu plus fréquente, mais ce e est généralement conservé, et parfois il compte comme une syllabe dans le vers. Lorsque ce n’est pas le cas, il est soit élidé de la manière habituelle, soit, s’il est omis à l’écrit, ce n’est que dans les conditions applicables aux verbes mentionnés ci-dessus, à savoir avant une voyelle au début du mot suivant. Il convient cependant de noter que l’usage de ces formes, qu’elles se terminent en -ede ou en -ed, est décidément rare, et notre auteur les évitait même dans les cas où le -e aurait dû être élidé. Il est évident qu’il était toujours conscient de cette terminaison, même s’il ne l’écrivait pas toujours ; néanmoins, il estimait que les deux syllabes faibles ne devaient pas avoir une valeur pleine dans le mètre. En conséquence, il évitait généralement d’utiliser cette forme, pour autant que cela fût raisonnablement possible. Le nombre total de ces prétérits en -ede, -ed que l’on trouve dans la Confessio Amantis est surprenamment faible, tant en termes absolus qu’en termes relatifs, c’est-à-dire compte tenu de l’ampleur avec laquelle les verbes en question sont employés dans leurs autres temps. La méthode adoptée consiste principalement à substituer dans le récit le présent, ou le parfait formé avec « hath », à la troisième personne du singulier du prétérit : « Conforteth » pour « Confortede », « Hath axed » pour « axede », « feigneth » pour « feignede » ; et cela apparemment par habitude, même lorsque suit une voyelle. Sans aucun doute, l’usage du présent dans le récit est tout à fait courant en dehors de cela, mais la combinaison extrêmement fréquente de prétérits forts ou syncopés avec les temps présents des verbes de cette classe me semble indiquer clairement la situation. Voici quelques exemples de cela : « For sche tok thanne chiere on honde And clepeth him », l. 1767 f. ; « The king comandeth ben in pes, And ... caste », 3240 f. ; « Comendeth, and seide overmore », 3361 ; « he him bethoghte,... And torneth to the banke ayein », II, 167 sq. ; « for hem sente And axeth hem », 613 f. ; « lay ... clepeth oute ... sterte », 848 sq. ; « Sche loketh and hire yhen caste », 1066 ; « This child he loveth kindely ... Bot wel he sih ... axeth ... seide », 1381 sq. ; « Sche preide him and conseileth bothe », 1457 ; « Which semeth outward profitable And was », 2201 f. ; « And he himself that ilke throwe Abod, and hoveth there stille », III, 1232 f., etc. Ces exemples serviront à illustrer une tendance que tout lecteur remarquera une fois que son attention y aura été attirée. Il existe en effet de nombreux passages narratifs dans lesquels presque tous les verbes forts ou syncopés sont utilisés au prétérit, tandis que tous les autres le sont au présent, et il est évident que cela ne peut être fortuit.
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Il existe cependant un certain nombre d’exemples d’utilisation des prétérits faibles, à l’indicatif ou au subjonctif, ainsi que quelques cas où le e final (ou -en) est prononcé dans le mètre. Voici des exemples de prétérits en -ede (dans un cas en -ide) : « I wisshide after deth », v. 120, « he passede ate laste », 142, « he hem stoppede alle faste », 522, « And warnede alle his officiers », 2506, « Mi ladi lovede, and I it wiste », II, 502, « he axede hem anon », 1248, « he rounede in thin Ere », 1944, « Bot he hire lovede, er he wente », 2027, « Thogh that he lovede ten or tolve », 2063, « Supplantede the worthi knyht », 2453, « Sche pourede oute », III, 679 ; de même III, 1631, 2556, IV, 468, 825, 842, 934, 1340, 1345, 1444, « Lo, thus sche deiede a wofull Maide », IV, 1593, « it likede ek to wende », 2150, « Controeveden be sondri wise », 2454, « Translateden. And otherwise », 2660, « And foundeden the grete Rome », V, 904, « He feignede him », 928, « And clepede him », 951, « He percede the harde roche », 1678, « Thei faileden, whan Crist was borne », 1697, « Thei passeden the toun », 2182, « Alle othre passede of his hond », 3258, « Welcomede him », 3373, « walkede up and doun » (pl.), 3833, « axede him », 5129 ; de même 5774, 6132, 6791, 6887, « opressede al the nacion » (pl.), VI, 568, « That loveden longe er I was borne », 882, « he usede ay », 1207, « exilede out of londe », 2348, « Enformeden », VII, 1495, « Devoureden », 3346, « Ensamplede him » (pl.), 4441, « Restorede him », 4445 ; de même 4632, 4986, 4992, 4998, etc., « Eschuieden to make assay », VIII, 373, « With love wrastlede and was overcome », 2240.
Cette liste d’exemples, assez complète jusqu’à la version 1970, montrera suffisamment la manière dont les prétérits en -ede sont utilisés. Dans plus des trois quarts des cas cités, le -e est sujette à élision ; parmi ceux qui restent, neuf sont des exemples du pluriel avec la terminaison -eden, et seulement trois avec la terminaison -ede, à savoir ii. 2063, « Thogh that he lovede ten or tolve », ii. 2453, « Supplantede the worthi knyht », et v. 1678, « He percede the harde roche » ; le premier étant en réalité un cas de syncope, « lov’de », tout comme ii. 502 (cf. vi. 882) et iv. 1593, tandis que dans ii. 2027, « lovede » apparaît sans syncope mais avec l’-e élidé. On notera que, au pluriel, la forme -eden est utilisée régulièrement lorsque les syllabes doivent être prononcées pleinement, bien que -ede puisse être employé dans le but d’élision.
La forme -ed du prétérit est moins fréquente que l’autre ; je ne connais aucun exemple clair de son utilisation devant une consonne ou en rime. Nous avons, par exemple, « And used it », i. 342, « Sche cleped him », i. 1535 (« humbled him », i. 2065, est probablement un participe, « avoir humilié lui-même »), « pryded I me », i. 2372, « ne feigned I », ii. 2061, « the goddes ... Comanded him », iii. 2140 sq., « Thei cleped him », v. 876, cf. 1057, etc. Dans iii. 1759, « The Gregois torned fro the siege », il s’agit très probablement d’un participe, « were torned ». On peut observer que la forme -ed se rencontre également au pluriel.
Cette liste d’exemples, assez complète jusqu’à la version 1970, montrera suffisamment la manière dont les prétérits en -ede sont utilisés. Dans plus des trois quarts des cas cités, le -e est sujette à élision ; parmi ceux qui restent, neuf sont des exemples du pluriel avec la terminaison -eden, et seulement trois avec la terminaison -ede, à savoir ii. 2063, « Thogh that he lovede ten or tolve », ii. 2453, « Supplantede the worthi knyht », et v. 1678, « He percede the harde roche » ; le premier étant en réalité un cas de syncope, « lov’de », tout comme ii. 502 (cf. vi. 882) et iv. 1593, tandis que dans ii. 2027, « lovede » apparaît sans syncope mais avec l’-e élidé. On notera que, au pluriel, la forme -eden est utilisée régulièrement lorsque les syllabes doivent être prononcées pleinement, bien que -ede puisse être employé dans le but d’élision.
La forme -ed du prétérit est moins fréquente que l’autre ; je ne connais aucun exemple clair de son utilisation devant une consonne ou en rime. Nous avons, par exemple, « And used it », i. 342, « Sche cleped him », i. 1535 (« humbled him », i. 2065, est probablement un participe, « avoir humilié lui-même »), « pryded I me », i. 2372, « ne feigned I », ii. 2061, « the goddes ... Comanded him », iii. 2140 sq., « Thei cleped him », v. 876, cf. 1057, etc. Dans iii. 1759, « The Gregois torned fro the siege », il s’agit très probablement d’un participe, « were torned ». On peut observer que la forme -ed se rencontre également au pluriel.
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Parmi les prétérits faibles issus de verbes à l’origine forts, on peut citer : abreide, crepte (mais participe passé crope), foghte, fledde, schotte, slepte (ainsi que slep, avec participe passé slepe), smette (en plus de smot), wepte. Le prétérit satte dans vii. 2282, « He satte him thenne doun », semble résulter d’une confusion entre sat et sette.
Impératif. La Confessio Amantis est particulièrement riche en impératifs. Outre les formes régulières de l’impératif singulier, comme ared, besech, behold, ches, com, do, forsak, griet, help, hier, hyd, kep, lef, ly, lei, lest, lep, prei, put, say, schrif, spek, tak, tell, thenk, understond, ȝif, etc., les manuscrits nous donnent également hyde, iii. 1502, seie, vii. 4084, speke, vii. 5422, take, iv. 2674, v. 6429, thenke, iii. 1083, mais pas à des endroits qui affectent le mètre. Les formes axe, herkne, loke, wite sont régulières, mais lok apparaît aussi (i. 1703, v. 1220).
Dans certains cas, la forme courte de l’impératif semble être utilisée comme 3e personne, par exemple : « Hold clos the ston », v. 3573, pour « Let him hold », « Tak in his minde », viii. 1128, pour « Let him take », cf. viii. 1420. Les formes singulière et plurielle sont souvent utilisées sans distinction, comme dans v. 2333 et suiv., « Ches ... and witeth ... ches and tak ... goth ... taketh », v. 3986, « So help me now, I you beseche », avec « Helpeth » juste au-dessus, plusieurs personnes étant adressées, ainsi que « Taketh hiede And kep conseil », viii. 1509 et suiv., à une seule personne. Dans l’échange de paroles entre le Confesseur et l’Amant, bien que la distinction soit parfois conservée — le Confesseur disant tak, tell, understond, et l’Amant telleth, axeth (par ex. i. 1395, 1875) —, à d’autres moments c’est l’Amant qui dit lest, say, tell, lef, etc. (i. 1942, 1972, ii. 2074, iii. 841, etc.).
Participe présent. La forme du participe présent est la partie la plus caractéristique de l’inflection verbale de Gower, comparée, par exemple, à celle de Chaucer. Chaucer semble avoir régulièrement utilisé la forme en -inge (souvent avec apocope -ing) ; Gower utilise généralement la forme -ende, avec l’accent mis sur la terminaison, comme dans i. 204, « To me spekende thus began », 236, « Whos Prest I am touchende of love », 428, « Stondende as Stones hiere and there », 633, « So that semende of liht thei werke », 1379 et suiv., « That for I se no sped comende, ... compleignende », 1682, « Hangende doun unto the chin ».
Parfois, la même forme est utilisée avec l’accent sur la syllabe précédente, et dans ce cas le -e est systématiquement élidé, par ex. Prol. 11, « In tyme comende after this », 259, « Belongende unto the presthode », i. 296, « As ».
Impératif. La Confessio Amantis est particulièrement riche en impératifs. Outre les formes régulières de l’impératif singulier, comme ared, besech, behold, ches, com, do, forsak, griet, help, hier, hyd, kep, lef, ly, lei, lest, lep, prei, put, say, schrif, spek, tak, tell, thenk, understond, ȝif, etc., les manuscrits nous donnent également hyde, iii. 1502, seie, vii. 4084, speke, vii. 5422, take, iv. 2674, v. 6429, thenke, iii. 1083, mais pas à des endroits qui affectent le mètre. Les formes axe, herkne, loke, wite sont régulières, mais lok apparaît aussi (i. 1703, v. 1220).
Dans certains cas, la forme courte de l’impératif semble être utilisée comme 3e personne, par exemple : « Hold clos the ston », v. 3573, pour « Let him hold », « Tak in his minde », viii. 1128, pour « Let him take », cf. viii. 1420. Les formes singulière et plurielle sont souvent utilisées sans distinction, comme dans v. 2333 et suiv., « Ches ... and witeth ... ches and tak ... goth ... taketh », v. 3986, « So help me now, I you beseche », avec « Helpeth » juste au-dessus, plusieurs personnes étant adressées, ainsi que « Taketh hiede And kep conseil », viii. 1509 et suiv., à une seule personne. Dans l’échange de paroles entre le Confesseur et l’Amant, bien que la distinction soit parfois conservée — le Confesseur disant tak, tell, understond, et l’Amant telleth, axeth (par ex. i. 1395, 1875) —, à d’autres moments c’est l’Amant qui dit lest, say, tell, lef, etc. (i. 1942, 1972, ii. 2074, iii. 841, etc.).
Participe présent. La forme du participe présent est la partie la plus caractéristique de l’inflection verbale de Gower, comparée, par exemple, à celle de Chaucer. Chaucer semble avoir régulièrement utilisé la forme en -inge (souvent avec apocope -ing) ; Gower utilise généralement la forme -ende, avec l’accent mis sur la terminaison, comme dans i. 204, « To me spekende thus began », 236, « Whos Prest I am touchende of love », 428, « Stondende as Stones hiere and there », 633, « So that semende of liht thei werke », 1379 et suiv., « That for I se no sped comende, ... compleignende », 1682, « Hangende doun unto the chin ».
Parfois, la même forme est utilisée avec l’accent sur la syllabe précédente, et dans ce cas le -e est systématiquement élidé, par ex. Prol. 11, « In tyme comende after this », 259, « Belongende unto the presthode », i. 296, « As ».
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touchende of my wittes fyve’ (cf. 334, 742), 3025, « Et pleurant dans son meilleur état. »
Dans un nombre relativement faible d’exemples, la forme -inge apparaît soit en rime, comme à l’inst. 524, « Alors quand ils sortirent, seilinge », en rime avec « singe », ou à l’inst. 1710, « Et vit, comme on dit, en mourant », en rime avec « likynge » (substantif), soit avec l’accent renversé, comme à l’inst. 115, « Wisshinge and wepinge al myn one », v. 518, « Abidinge in hir compaignie », vi. 717, « I mai go fastinge everemo » ; rarement hors de rime et avec accent, comme à l’inst. 2721, « Mi fader, as touchinge of al. »
La finale e n’est jamais perdue à l’écrit, mais lorsqu’il y a accent renversé, elle est toujours élidée.
Participe passé. La terminaison -id des participes passés faibles est très rarement trouvée dans le manuscrit Fairfax, sauf dans le passage final, qui est copié d’une main différente du reste. Elle apparaît fréquemment dans le Praise of Peace. Des exemples trouvés ailleurs dans F sont weddid, iv. 650, medlid, iv. 1475.
À partir de setten, en plus du participe passé régulier set, on trouve deux fois la forme sete en rime, vii. 2864, forȝete : sete, et viii. 244, misgete (participe passé) : upsete. Cela semble être formé par analogie avec gete. D’un autre côté, on a ferd, i. 445, etc., mais aussi fare(n), iii. 2692, v. 3797, etc.
Le participe passé de se est sen, sein, seie, mais le plus souvent sene. Dans quelques cas, les manuscrits ajoutent une finale e pour les participes passés faibles, par ex. herde pour herd, v. 4231, schope pour schop, v. 4278, sette pour set, vi. 10, wiste pour wist, viii. 37.
Les cas de participes passés faibles avec flexion plurielle (par ex. Prol. 300, i. 3246, iv. 2343, v. 6789) ont déjà été mentionnés dans la discussion des adjectifs.
Il n’y a presque aucun usage du préfixe y- (i-), mais on trouve ybore, ii. 499.
vi. Dialecte. Le langage de Gower est sans aucun doute principalement l’anglais de la Cour, et non un dialecte provincial. En tenant compte des influences de la culture littéraire ainsi que d’un conservatisme assez marqué en matière d’orthographe et de flexions grammaticales, on peut constater qu’il correspond dans l’ensemble au parler londonien de l’époque, comme en témoignent…
Dans un nombre relativement faible d’exemples, la forme -inge apparaît soit en rime, comme à l’inst. 524, « Alors quand ils sortirent, seilinge », en rime avec « singe », ou à l’inst. 1710, « Et vit, comme on dit, en mourant », en rime avec « likynge » (substantif), soit avec l’accent renversé, comme à l’inst. 115, « Wisshinge and wepinge al myn one », v. 518, « Abidinge in hir compaignie », vi. 717, « I mai go fastinge everemo » ; rarement hors de rime et avec accent, comme à l’inst. 2721, « Mi fader, as touchinge of al. »
La finale e n’est jamais perdue à l’écrit, mais lorsqu’il y a accent renversé, elle est toujours élidée.
Participe passé. La terminaison -id des participes passés faibles est très rarement trouvée dans le manuscrit Fairfax, sauf dans le passage final, qui est copié d’une main différente du reste. Elle apparaît fréquemment dans le Praise of Peace. Des exemples trouvés ailleurs dans F sont weddid, iv. 650, medlid, iv. 1475.
À partir de setten, en plus du participe passé régulier set, on trouve deux fois la forme sete en rime, vii. 2864, forȝete : sete, et viii. 244, misgete (participe passé) : upsete. Cela semble être formé par analogie avec gete. D’un autre côté, on a ferd, i. 445, etc., mais aussi fare(n), iii. 2692, v. 3797, etc.
Le participe passé de se est sen, sein, seie, mais le plus souvent sene. Dans quelques cas, les manuscrits ajoutent une finale e pour les participes passés faibles, par ex. herde pour herd, v. 4231, schope pour schop, v. 4278, sette pour set, vi. 10, wiste pour wist, viii. 37.
Les cas de participes passés faibles avec flexion plurielle (par ex. Prol. 300, i. 3246, iv. 2343, v. 6789) ont déjà été mentionnés dans la discussion des adjectifs.
Il n’y a presque aucun usage du préfixe y- (i-), mais on trouve ybore, ii. 499.
vi. Dialecte. Le langage de Gower est sans aucun doute principalement l’anglais de la Cour, et non un dialecte provincial. En tenant compte des influences de la culture littéraire ainsi que d’un conservatisme assez marqué en matière d’orthographe et de flexions grammaticales, on peut constater qu’il correspond dans l’ensemble au parler londonien de l’époque, comme en témoignent…
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documents contemporains mentionnés par le professeur Morsbach. En même temps, ses tendances sont plutôt méridionales que centrales, et il semble avoir utilisé les formes kentishies avec beaucoup plus de liberté que Chaucer. Cela se voit surtout : (1) dans l’usage plus fréquent des formes où e remplace le y̆ de l’anglais ancien, comme senne, kesse, pet, hell, etc. ; (2) dans l’emploi répété de ie, tant dans les mots français que ceux en anglais, pour représenter ẹ̄, une pratique qui ne peut guère être sans lien avec les formes kentishies cliene, diepe, diere, hier, hield, niede, etc. ; (3) dans l’usage de -ende comme terminaison normale du participe présent. (L’Ayenbite utilise régulièrement -inde.) La préférence manifestée par Gower pour le son proche de ē, issu de l’ǣ de l’anglais ancien, peut également, dans une certaine mesure, être due à l’influence kentishie. D’autres points de ressemblance entre la langue de Gower et celle de l’Ayenbite (par exemple) sont l’usage libre de formes syncopées à la 3e personne du singulier des verbes et l’emploi régulier de ous pour us.
vii. Mètre, etc. La fluidité et la régularité du mètre de Gower ont été reconnues dans une certaine mesure. Le Dr Schipper, dans Englische Metrik, vol. I, p. 279, souligne l’habileté avec laquelle l’auteur, tout en respectant la règle syllabique, fait en sorte que son vers coule toujours de manière fluide, sans nuire à l’accentuation naturelle des mots, donnant ainsi tout au long l’effet d’un vers à accent, et non d’un vers formé par le comptage des syllabes. À en juger par les extraits publiés dans les Specimens de Morris et Skeat (qui sont tirés du manuscrit Harl. 3869 et donnent donc pratiquement le texte de Fairfax 3), il observe que les cinq principales licences qu’il a relevées dans la poésie anglaise de cette période sont presque entièrement absentes des octosyllabes de Gower, et en particulier que celui-ci n’omet ni la première syllabe non accentuée, comme le fait si souvent Chaucer (par ex. « Be it rouned, red or songe », Hous of Fame, ii. 214, « Any lettres for to rede », iii. 51, « Of this hill that northward lay », iii. 62), ni ne déplace l’accent naturel (comme dans « Of Decembre the tenthe day », Hous of Fame, i. 111, « Jupiter considereth wel this », ii. 134, « Rounede everych in otheres ere », iii. 954), ni ne traite les syllabes de manière indistincte. Dire que Gower ne recourt jamais à aucune de ces licences serait une exagération. Une légère déplacement de l’accent naturel peut parfois se rencontrer, même en dehors du cas de ces mots français dont l’accent était incertain, mais il est présent à un degré très faible, et le rythme ainsi produit ne ressemble en rien à celui des vers cités ci-dessus provenant de
vii. Mètre, etc. La fluidité et la régularité du mètre de Gower ont été reconnues dans une certaine mesure. Le Dr Schipper, dans Englische Metrik, vol. I, p. 279, souligne l’habileté avec laquelle l’auteur, tout en respectant la règle syllabique, fait en sorte que son vers coule toujours de manière fluide, sans nuire à l’accentuation naturelle des mots, donnant ainsi tout au long l’effet d’un vers à accent, et non d’un vers formé par le comptage des syllabes. À en juger par les extraits publiés dans les Specimens de Morris et Skeat (qui sont tirés du manuscrit Harl. 3869 et donnent donc pratiquement le texte de Fairfax 3), il observe que les cinq principales licences qu’il a relevées dans la poésie anglaise de cette période sont presque entièrement absentes des octosyllabes de Gower, et en particulier que celui-ci n’omet ni la première syllabe non accentuée, comme le fait si souvent Chaucer (par ex. « Be it rouned, red or songe », Hous of Fame, ii. 214, « Any lettres for to rede », iii. 51, « Of this hill that northward lay », iii. 62), ni ne déplace l’accent naturel (comme dans « Of Decembre the tenthe day », Hous of Fame, i. 111, « Jupiter considereth wel this », ii. 134, « Rounede everych in otheres ere », iii. 954), ni ne traite les syllabes de manière indistincte. Dire que Gower ne recourt jamais à aucune de ces licences serait une exagération. Une légère déplacement de l’accent naturel peut parfois se rencontrer, même en dehors du cas de ces mots français dont l’accent était incertain, mais il est présent à un degré très faible, et le rythme ainsi produit ne ressemble en rien à celui des vers cités ci-dessus provenant de
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Chaucer : par ex. i. 2296, « Wher that he wolde make his chace », 2348, « Under the grene thei begrave », 2551, « “Drink with thi fader, Dame,” he seide ».
Ainsi, cette liberté est presque limitée au premier pied du vers, et ce n’est pas tant un déplacement de l’accent naturel des mots qu’un début trochaïque, selon la méthode qui s’est imposée comme une variante admise dans l’iambique anglais. Cependant, on peut lire de longs passages de la Confessio Amantis sans trouver de ligne où l’accent soit déplacé à ce point.
De même, en ce qui concerne le mélange des syllabes, cela se produit sans doute, mais selon des principes réguliers et uniquement avec certains mots ou combinaisons. Il n’y a guère plus de trois ou quatre lignes dans toute la Confessio Amantis où une syllabe superflue apparaît sans explication dans le corps du vers, comme par exemple :
iv. 1131, « Som time in chambre, som time in halle »,
v. 447, « Of Jelousie, bot what it is »,
v. 2914, « And thus ful ofte aboute the hals »,
v. 5011, « It was fantosme, bot yit he herde ».
L’auteur ne semble avoir besoin d’aucune liberté poétique. Le récit s’écoule dans un langage naturel, avec des phrases et des périodes qui ne semblent pas beaucoup influencées par les exigences du mètre ou de la rime, et pourtant le vers reste toujours fluide et la rime est toujours correcte. Si ce n’est pas la preuve d’un style artistique suprême, cela montre au moins un talent considérable.
Dans la ligne à cinq accents de Gower, telle qu’on la trouve dans la Supplication, v. 2217-2300, ainsi que dans le poème In Praise of Peace, Schipper constate une moindre fluidité du mètre, « peut-être en raison de la plus grande étrangeté et de la difficulté de la strophe et du vers » (Englische Metrik, i. 483 ss.). Cependant, ses exemples ne sont pas concluants sur ce point. Certaines des lignes citées doivent leur irrégularité à des corruption du texte, tandis que d’autres respectent parfaitement les principes métriques habituels de Gower.
Par exemple, dans v. 2220, le texte authentique est :
« That wher so that I reste or I travaile ».
Ainsi, cette liberté est presque limitée au premier pied du vers, et ce n’est pas tant un déplacement de l’accent naturel des mots qu’un début trochaïque, selon la méthode qui s’est imposée comme une variante admise dans l’iambique anglais. Cependant, on peut lire de longs passages de la Confessio Amantis sans trouver de ligne où l’accent soit déplacé à ce point.
De même, en ce qui concerne le mélange des syllabes, cela se produit sans doute, mais selon des principes réguliers et uniquement avec certains mots ou combinaisons. Il n’y a guère plus de trois ou quatre lignes dans toute la Confessio Amantis où une syllabe superflue apparaît sans explication dans le corps du vers, comme par exemple :
iv. 1131, « Som time in chambre, som time in halle »,
v. 447, « Of Jelousie, bot what it is »,
v. 2914, « And thus ful ofte aboute the hals »,
v. 5011, « It was fantosme, bot yit he herde ».
L’auteur ne semble avoir besoin d’aucune liberté poétique. Le récit s’écoule dans un langage naturel, avec des phrases et des périodes qui ne semblent pas beaucoup influencées par les exigences du mètre ou de la rime, et pourtant le vers reste toujours fluide et la rime est toujours correcte. Si ce n’est pas la preuve d’un style artistique suprême, cela montre au moins un talent considérable.
Dans la ligne à cinq accents de Gower, telle qu’on la trouve dans la Supplication, v. 2217-2300, ainsi que dans le poème In Praise of Peace, Schipper constate une moindre fluidité du mètre, « peut-être en raison de la plus grande étrangeté et de la difficulté de la strophe et du vers » (Englische Metrik, i. 483 ss.). Cependant, ses exemples ne sont pas concluants sur ce point. Certaines des lignes citées doivent leur irrégularité à des corruption du texte, tandis que d’autres respectent parfaitement les principes métriques habituels de Gower.
Par exemple, dans v. 2220, le texte authentique est :
« That wher so that I reste or I travaile ».
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qui est une ligne métriquement parfaite. De nouveau, dans Le Louange de la Paix, verset 79 :
« Et vers le ciel elle mène aussi la voie »,
il est impossible, selon l’usage de Gower, que « ciel » soit considéré comme une dissyllabe. Il écrivait toujours « cielne », et la pénultième syllabe était syncopée. Il en va de même pour « leve » au verset 340, « eve » au verset 376. Par conséquent, il n’y a pas de « césure épique » dans aucun de ces cas. De même, au verset 164, « Crist est le ciel », « ciel » ne peut pas être pris comme une dissyllabe dans le vers : il est toujours métriquement équivalent à « hed ». Le seul exemple valable de syllabe superflue à la césure se trouve au verset 66 :
« Car du combat la fin dernière est paix. »
Il semble que le trochée apparaisse plus fréquemment ici que dans la ligne courte. Des exemples tels que ceux cités par Schipper, situés au début de la ligne :
« Axe de ce dieu, ainsi tu ne seras point effrayé »,
« Paix est la principale de tous les biens du monde »,
ont le même caractère que ceux que l’on trouve dans les octosyllabes. Cependant, une différence pourrait résulter de la fréquence plus élevée de cette même licence dans d’autres parties du vers, comme :
« Ainsi qu’au-dessous de son épée tout puisse obéir », 39.
La rime sur des mots tels que « manhode », « axinge », etc., est conforme à l’usage général du poète. Dans l’ensemble, la combinaison du système syllabique et accentuel s’effectue dans la ligne à cinq accents de ces strophes presque aussi complètement que dans le couplet court ; et par sa maîtrise de la mesure, par la variété de ses césures, ainsi que par la facilité avec laquelle il passe sans pause d’une ligne à l’autre et termine la strophe par son sujet, l’auteur montre qu’il est tout aussi
« Et vers le ciel elle mène aussi la voie »,
il est impossible, selon l’usage de Gower, que « ciel » soit considéré comme une dissyllabe. Il écrivait toujours « cielne », et la pénultième syllabe était syncopée. Il en va de même pour « leve » au verset 340, « eve » au verset 376. Par conséquent, il n’y a pas de « césure épique » dans aucun de ces cas. De même, au verset 164, « Crist est le ciel », « ciel » ne peut pas être pris comme une dissyllabe dans le vers : il est toujours métriquement équivalent à « hed ». Le seul exemple valable de syllabe superflue à la césure se trouve au verset 66 :
« Car du combat la fin dernière est paix. »
Il semble que le trochée apparaisse plus fréquemment ici que dans la ligne courte. Des exemples tels que ceux cités par Schipper, situés au début de la ligne :
« Axe de ce dieu, ainsi tu ne seras point effrayé »,
« Paix est la principale de tous les biens du monde »,
ont le même caractère que ceux que l’on trouve dans les octosyllabes. Cependant, une différence pourrait résulter de la fréquence plus élevée de cette même licence dans d’autres parties du vers, comme :
« Ainsi qu’au-dessous de son épée tout puisse obéir », 39.
La rime sur des mots tels que « manhode », « axinge », etc., est conforme à l’usage général du poète. Dans l’ensemble, la combinaison du système syllabique et accentuel s’effectue dans la ligne à cinq accents de ces strophes presque aussi complètement que dans le couplet court ; et par sa maîtrise de la mesure, par la variété de ses césures, ainsi que par la facilité avec laquelle il passe sans pause d’une ligne à l’autre et termine la strophe par son sujet, l’auteur montre qu’il est tout aussi
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Maître absolu de son art en la matière, tout comme dans la mesure plus familière de la Confessio Amantis.
En ce qui concerne le traitement des syllabes faibles dans le mètre, la pratique de Gower, conformément au système syllabique strict qu’il a adopté, diffère beaucoup de celle de Chaucer. Les règles établies par ten Brink, dans Chaucers Sprache, § 260, concernant les cas où la finale faible « e » n’est jamais comptée comme une syllabe dans le vers, sauf en rime, nécessitent certaines qualifications même lorsqu’elles sont appliquées à Chaucer (par exemple, « sone » est certainement une dissyllabe dans Cant. Tales, A 1963, Hous of Fame, i. 218), et elles sont presque entièrement inapplicables à Gower, comme nous le verrons en les examinant. (α) Gower emploie les formes hire, oure, ȝoure, toutes occasionnellement comme dissyllabes, sauf en cas d’accentuation particulière ou de rime. (β) celles-ci, certaines, sont toutes parfois dissyllabes. (γ) Les participes forts à radical court, tels que come, drive, write, ont en règle générale la finale « e » prononcée. (δ) La « -e » de la 2e personne du singulier du prétérit fort peut être prononcée, p. ex. iii. 2629 (mais « Were thou », iv. 600). (ε) La forme made, tant au singulier qu’au pluriel, a régulièrement la « -e » prononcée ; were (prétérit) généralement, et wite parfois. (ζ) sone, wone, schipe (datif), ainsi que les mots français en -ie (ye), etc., ont la « -e » régulièrement comptée dans le mètre : de même beste, entente, tempeste. (η) before, tofore, there sont utilisés des deux manières.
L’usage de Gower à cet égard est le suivant :
Les pronoms personnels et possessifs hire, oure, ȝoure, here et hise (comme pluriel de his), écrits aussi hir, our, etc., sont en règle générale traités comme des monosyllabes. Nous avons cependant « Fro hire, which was naked al », i. 367, « And thenke untoward hire drawe », iv. 559, ainsi que v. 1178, 2757, vii. 1899, etc., « In oure tyme among ous hiere », Prol. 5 (mais « Oure king hath do this thing amis », i. 2062), « As ȝe be ȝoure bokes knowe », iii. 1087, cf. v. 2951 (mais « Bot, fader, of ȝoure lores wise », i. 2768). Ajoutons à cela alle (pluriel) avant l’article défini.
Dans les mots suivants également, la finale « e » est parfois supprimée pour le vers :
these (aussi thes), Prol. 900, 1037, i. 435, ii. 237, etc. (mais thesë, v. 813, 1127, vii. 1005, etc.) : whiche (pluriel, aussi which), ii. 604, iv. 1496, etc. (mais whichë, i. 404, v. 1269, vii. 822, 1256, etc.) : eche (aussi ech), v. 6883, selon F, cf. Prol. 516 :
there (généralement ther), viii. 2311, 2689 (mais therë, iii. 1233, etc., et souvent en rime) : were prétérit indicatif ou subjonctif (aussi wer), iii. 1600, iv. 600, 1657, 1689 (mais plus souvent werë, comme Prol. 1072, iii. 762, v. 2569, vii. 4458) : where (généralement wher), v. 4355 (mais wherë, v. 2720) : more (aussi mor), ii. 26, v. 2239, 6207, vii. 3237 (mais morë, Prol. 55*, 640, iv. 2446, vii. 3287, etc.) : before, tofore (aussi befor, tofor), i. 2054, 2864, iii. 2052 (mais beforë, Prol. 848, et souvent en rime) : foure, vii. 2371 (mais fourë, ii. 1037, iv. 2464) : fare (wel), iii. 305, iv. 1378 (mais farëwel, v. 4218) : sire, i. 2878, ii. 2995 (mais sirë, v. 3547, 5593) : wite, ii. 455 (mais witë, v. 3150, 3445) : wole (aussi wol), v. 2891, 2911, etc. : bothe, ii. 1966, 2154, iv. 2138, etc. (mais bothë, Prol. 1068, i. 851, etc.) : wolde (aussi wold), v. 4413 (généralement woldë) : come, ii. 789, iv. 2826 (mais comë, participe passé iv. 1283, vi. 1493, vii. 4840, infinitif viii. 1362) : some, nom pluriel, iii. 2112, v. 2252 (mais somë,
En ce qui concerne le traitement des syllabes faibles dans le mètre, la pratique de Gower, conformément au système syllabique strict qu’il a adopté, diffère beaucoup de celle de Chaucer. Les règles établies par ten Brink, dans Chaucers Sprache, § 260, concernant les cas où la finale faible « e » n’est jamais comptée comme une syllabe dans le vers, sauf en rime, nécessitent certaines qualifications même lorsqu’elles sont appliquées à Chaucer (par exemple, « sone » est certainement une dissyllabe dans Cant. Tales, A 1963, Hous of Fame, i. 218), et elles sont presque entièrement inapplicables à Gower, comme nous le verrons en les examinant. (α) Gower emploie les formes hire, oure, ȝoure, toutes occasionnellement comme dissyllabes, sauf en cas d’accentuation particulière ou de rime. (β) celles-ci, certaines, sont toutes parfois dissyllabes. (γ) Les participes forts à radical court, tels que come, drive, write, ont en règle générale la finale « e » prononcée. (δ) La « -e » de la 2e personne du singulier du prétérit fort peut être prononcée, p. ex. iii. 2629 (mais « Were thou », iv. 600). (ε) La forme made, tant au singulier qu’au pluriel, a régulièrement la « -e » prononcée ; were (prétérit) généralement, et wite parfois. (ζ) sone, wone, schipe (datif), ainsi que les mots français en -ie (ye), etc., ont la « -e » régulièrement comptée dans le mètre : de même beste, entente, tempeste. (η) before, tofore, there sont utilisés des deux manières.
L’usage de Gower à cet égard est le suivant :
Les pronoms personnels et possessifs hire, oure, ȝoure, here et hise (comme pluriel de his), écrits aussi hir, our, etc., sont en règle générale traités comme des monosyllabes. Nous avons cependant « Fro hire, which was naked al », i. 367, « And thenke untoward hire drawe », iv. 559, ainsi que v. 1178, 2757, vii. 1899, etc., « In oure tyme among ous hiere », Prol. 5 (mais « Oure king hath do this thing amis », i. 2062), « As ȝe be ȝoure bokes knowe », iii. 1087, cf. v. 2951 (mais « Bot, fader, of ȝoure lores wise », i. 2768). Ajoutons à cela alle (pluriel) avant l’article défini.
Dans les mots suivants également, la finale « e » est parfois supprimée pour le vers :
these (aussi thes), Prol. 900, 1037, i. 435, ii. 237, etc. (mais thesë, v. 813, 1127, vii. 1005, etc.) : whiche (pluriel, aussi which), ii. 604, iv. 1496, etc. (mais whichë, i. 404, v. 1269, vii. 822, 1256, etc.) : eche (aussi ech), v. 6883, selon F, cf. Prol. 516 :
there (généralement ther), viii. 2311, 2689 (mais therë, iii. 1233, etc., et souvent en rime) : were prétérit indicatif ou subjonctif (aussi wer), iii. 1600, iv. 600, 1657, 1689 (mais plus souvent werë, comme Prol. 1072, iii. 762, v. 2569, vii. 4458) : where (généralement wher), v. 4355 (mais wherë, v. 2720) : more (aussi mor), ii. 26, v. 2239, 6207, vii. 3237 (mais morë, Prol. 55*, 640, iv. 2446, vii. 3287, etc.) : before, tofore (aussi befor, tofor), i. 2054, 2864, iii. 2052 (mais beforë, Prol. 848, et souvent en rime) : foure, vii. 2371 (mais fourë, ii. 1037, iv. 2464) : fare (wel), iii. 305, iv. 1378 (mais farëwel, v. 4218) : sire, i. 2878, ii. 2995 (mais sirë, v. 3547, 5593) : wite, ii. 455 (mais witë, v. 3150, 3445) : wole (aussi wol), v. 2891, 2911, etc. : bothe, ii. 1966, 2154, iv. 2138, etc. (mais bothë, Prol. 1068, i. 851, etc.) : wolde (aussi wold), v. 4413 (généralement woldë) : come, ii. 789, iv. 2826 (mais comë, participe passé iv. 1283, vi. 1493, vii. 4840, infinitif viii. 1362) : some, nom pluriel, iii. 2112, v. 2252 (mais somë,
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i. 2034 et suiv.) : have, Prol. 708, i. 169, 2724, ii. 550, iv. 1600 (mais havë, ii. 332, iv. 1598) :
love, subst. iv. 930, vi. 1261 (mais lovë bien plus souvent, par ex. i. 103, 251, 760, etc.) :
tuelve (également tuelf), iv. 1983 (mais tuelvë, vii. 1005) : trewe (également trew), v. 2877 (mais
trewë, pl., Prol. 184, déf., iii. 2228) : mowe, inf. (également mow), iv. 38 : seie, inf. et 1re pers.
prés. iii. 1737, iv. 672, v. 2616, 6428, etc. (mais seië souvent) : preie, 1re pers. prés. (également
prai), v. 4531 (mais preië, v. 3230) : furthere, forthere (également further, forther), iii. 81,
885 : lengere (également lenger), i. 1516, ii. 2602 : rathere (également rather), ii. 503, vii. 4161,
viii. 2141 : janglere, v. 526 : ainsi que quelques cas isolés, comme aboute, v. 2914, Take, v. 7169,
Minotaure, v. 5327 (mais Minotaurë, 5291, etc.), Theophile, viii. 1500.
Dans iv. 1131, v. 447, 5011, que nous avons cités ci-dessus, la syllabe superflue dans
chaque cas peut être liée à la pause dans la phrase, comme dans Mirour de l’omme,
10623, « L’un ad franchise, l’autre ad servage. »
La syncope (du point de vue du mètre) a régulièrement lieu dans les
suivants : covere (discovere, etc.), delivere (mais pas deliverance, i. 1584, v.
1657), evene, evere, fievere, havene, hevene, levere, nevere, povere, sevene
(également sefne), swevene (également swefne), ainsi que quelques autres mots de nature similaire,
auxquels s’ajoutent heved, evel, devel. Dans ces cas, une finale e est toujours
prononcée sauf en cas d’élision, et en cas d’élision un mot comme hevene, nevere
se réduit à un monosyllabe, comme
« This world which evere is in balance. »
Les termes suivants sont également parfois syncopés : lovede, loveden, ii. 502, vi. 882, mais sans syncope à ii. 2027 ; beloved, i. 1928 ; belovëd, i. 1920 et suiv. ; behovely, behovelich, iii. 1330, v. 4012, vii. 1949 (mais unbehovëly, viii. 2884) ; leveful, v. 7053 ; Averil, vii. 1029 ; soverein, vii. 1776 (mais généralement trois syllabes, comme dans Prol. 186, i. 1609, et sovereinete, cinq syllabes, i. 1847) ; amorous, iii. 745 (mais généralement trois syllabes, comme dans i. 1414) ; fader, ii. 2387, cf. fadre, ii. 2519 (mais habituellement dissyllabique) ; unkendeli, ii. 3124 (mais unkindëly, iii. 2065) ; comelieste, comelihiede, v. 3048, 6734 (mais comëly, ii. 441) ; namely, viii. 3041, ainsi que namly, ii. 47 (mais généralement trois syllabes, comme dans Prol. 144, iii. 63) ; Termegis, iv. 2408. On peut toutefois noter que ce type de syncope est moins utilisé par Gower que par Chaucer, et que des termes tels que chivalerie, chivalerous, foreward, foretokne, loveday, pilegrin, surquiderie, etc., sont prononcés pleinement.
Un i non accentué avant une e faible, qu’elle soit finale ou dans les flexions, a la valeur d’une semi-voyelle et ne forme pas de syllabe à part entière : ainsi studie, carie, tarie, chirie, merie, manye, etc., équivalent à des dissyllabes et, par élision, se réduisent au niveau de monosyllabes, comme dans Prol. 323, « To studie upon the worldes lore », i. 452, « To tarie with a mannes thoght », i. 3238, « And manye it hielden for folie », ii. 2648, « Thei carie til thei ».
love, subst. iv. 930, vi. 1261 (mais lovë bien plus souvent, par ex. i. 103, 251, 760, etc.) :
tuelve (également tuelf), iv. 1983 (mais tuelvë, vii. 1005) : trewe (également trew), v. 2877 (mais
trewë, pl., Prol. 184, déf., iii. 2228) : mowe, inf. (également mow), iv. 38 : seie, inf. et 1re pers.
prés. iii. 1737, iv. 672, v. 2616, 6428, etc. (mais seië souvent) : preie, 1re pers. prés. (également
prai), v. 4531 (mais preië, v. 3230) : furthere, forthere (également further, forther), iii. 81,
885 : lengere (également lenger), i. 1516, ii. 2602 : rathere (également rather), ii. 503, vii. 4161,
viii. 2141 : janglere, v. 526 : ainsi que quelques cas isolés, comme aboute, v. 2914, Take, v. 7169,
Minotaure, v. 5327 (mais Minotaurë, 5291, etc.), Theophile, viii. 1500.
Dans iv. 1131, v. 447, 5011, que nous avons cités ci-dessus, la syllabe superflue dans
chaque cas peut être liée à la pause dans la phrase, comme dans Mirour de l’omme,
10623, « L’un ad franchise, l’autre ad servage. »
La syncope (du point de vue du mètre) a régulièrement lieu dans les
suivants : covere (discovere, etc.), delivere (mais pas deliverance, i. 1584, v.
1657), evene, evere, fievere, havene, hevene, levere, nevere, povere, sevene
(également sefne), swevene (également swefne), ainsi que quelques autres mots de nature similaire,
auxquels s’ajoutent heved, evel, devel. Dans ces cas, une finale e est toujours
prononcée sauf en cas d’élision, et en cas d’élision un mot comme hevene, nevere
se réduit à un monosyllabe, comme
« This world which evere is in balance. »
Les termes suivants sont également parfois syncopés : lovede, loveden, ii. 502, vi. 882, mais sans syncope à ii. 2027 ; beloved, i. 1928 ; belovëd, i. 1920 et suiv. ; behovely, behovelich, iii. 1330, v. 4012, vii. 1949 (mais unbehovëly, viii. 2884) ; leveful, v. 7053 ; Averil, vii. 1029 ; soverein, vii. 1776 (mais généralement trois syllabes, comme dans Prol. 186, i. 1609, et sovereinete, cinq syllabes, i. 1847) ; amorous, iii. 745 (mais généralement trois syllabes, comme dans i. 1414) ; fader, ii. 2387, cf. fadre, ii. 2519 (mais habituellement dissyllabique) ; unkendeli, ii. 3124 (mais unkindëly, iii. 2065) ; comelieste, comelihiede, v. 3048, 6734 (mais comëly, ii. 441) ; namely, viii. 3041, ainsi que namly, ii. 47 (mais généralement trois syllabes, comme dans Prol. 144, iii. 63) ; Termegis, iv. 2408. On peut toutefois noter que ce type de syncope est moins utilisé par Gower que par Chaucer, et que des termes tels que chivalerie, chivalerous, foreward, foretokne, loveday, pilegrin, surquiderie, etc., sont prononcés pleinement.
Un i non accentué avant une e faible, qu’elle soit finale ou dans les flexions, a la valeur d’une semi-voyelle et ne forme pas de syllabe à part entière : ainsi studie, carie, tarie, chirie, merie, manye, etc., équivalent à des dissyllabes et, par élision, se réduisent au niveau de monosyllabes, comme dans Prol. 323, « To studie upon the worldes lore », i. 452, « To tarie with a mannes thoght », i. 3238, « And manye it hielden for folie », ii. 2648, « Thei carie til thei ».
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vient à Kaire’ ; et de même dans les autres parties des mêmes mots, par ex. i. 1645, « Et ainsi il tarde longtemps », et au pluriel comme bodies, iv. 2463. De même, Mercurie est transformé en dissyllabe par élision, « Et aussi le dieu Mercurie », i. 422. Une approche similaire se retrouve avec la combinaison fréquente many a, many an, comptée pour deux syllabes (ainsi « ful many untrewe », v. 2886), mais many on, manion pour trois. Nous pouvons également noter le cas de statue, Prol. 891, « Comme je l’ai dit à propos de la Statue ci-dessus », qui est réduit par élision à un monosyllabe.
L’élision du e final faible a lieu régulièrement avant une voyelle ou un h non aspiré. Il convient de noter que plusieurs noms propres classiques se terminant à l’origine par ē, tels qu’Alceone, Daphne, Progne, Phebe, possèdent un e faible et sont soumis à l’élision ; à ce titre, on peut remarquer que Canace rime avec place, tandis que Chaucer (en se référant à l’histoire de Gower) donne le nom sous la forme Canacee, en rime avec he. De même, les combinaisons byme, tome, tothe, etc., comportent un -e faible et sont élidées avant une voyelle.
Un h aspiré empêche l’élision tout aussi efficacement que n’importe quelle autre consonne. On trouve ainsi « min holë herte », « gretë hornes », « Cadmë hyhte », « Mi Sonë, herkne », « proprë hous », « fastë holde » (et même « othrë herbes », iv. 3008) ; mais il existe certains mots dans lesquels le h est seulement aspiré lorsqu’ils sont emphatiques par leur sens ou leur position, comme have, hath, he, him, hire, how, etc. En effet, l’élision a généralement lieu avant have, he, how, mais pas systématiquement lorsque ces mots sont utilisés en rime ou avec une emphase particulière, par exemple i. 2542, « Of such werk as it scholde have », ii. 2479, cf. v. 7766, « Wenende that it were he », iv. 3604, « And al the cause hou it wente ». D’un autre côté, le prétérit hadde semble présenter un h aspiré même dans une position non emphatique, comme dans ii. 589, « The Sceptre hadde forto rihte » ; comparez vii. 2364, « Victoire hade upon his fo », avec vii. 2392, « Thogh thou victoire have nou on honde ». L’élision a également lieu avant hierafter, mais pas avant hiere.
Il existe un seul cas de hiatus, à viii. 110, « That he his Sone Isaäc », et on peut noter que la même chose se produit avec le même nom dans le Mirour, 12241, « De Isaak auci je lis ».
L’article the fusionne régulièrement avec le mot qui le suit et qui commence par une voyelle ou un h muet, comme thaffeccioun, thalemans, thamende, thapostel, thastat, theffect, themperour, thenvious, therbage, therthe, thexperience, thonour, thother, thunsemlieste, thyle, etc. Les exceptions, très rares, concernent des cas d’emphase particulière, comme dans i. 3251, « The Erthe it is ». De même, la particule négative ne fusionne avec le verbe qui suit et qui commence par une voyelle, comme dans nam, naproche, nis (mais ne have), et occasionnellement avec certains mots commençant par w, formant ainsi nere, nost, not, nyle, nyste, etc. Dans quelques rares cas, to fusionne avec le gérondif, comme dans tacompte, teschuie.
L’élision du e final faible a lieu régulièrement avant une voyelle ou un h non aspiré. Il convient de noter que plusieurs noms propres classiques se terminant à l’origine par ē, tels qu’Alceone, Daphne, Progne, Phebe, possèdent un e faible et sont soumis à l’élision ; à ce titre, on peut remarquer que Canace rime avec place, tandis que Chaucer (en se référant à l’histoire de Gower) donne le nom sous la forme Canacee, en rime avec he. De même, les combinaisons byme, tome, tothe, etc., comportent un -e faible et sont élidées avant une voyelle.
Un h aspiré empêche l’élision tout aussi efficacement que n’importe quelle autre consonne. On trouve ainsi « min holë herte », « gretë hornes », « Cadmë hyhte », « Mi Sonë, herkne », « proprë hous », « fastë holde » (et même « othrë herbes », iv. 3008) ; mais il existe certains mots dans lesquels le h est seulement aspiré lorsqu’ils sont emphatiques par leur sens ou leur position, comme have, hath, he, him, hire, how, etc. En effet, l’élision a généralement lieu avant have, he, how, mais pas systématiquement lorsque ces mots sont utilisés en rime ou avec une emphase particulière, par exemple i. 2542, « Of such werk as it scholde have », ii. 2479, cf. v. 7766, « Wenende that it were he », iv. 3604, « And al the cause hou it wente ». D’un autre côté, le prétérit hadde semble présenter un h aspiré même dans une position non emphatique, comme dans ii. 589, « The Sceptre hadde forto rihte » ; comparez vii. 2364, « Victoire hade upon his fo », avec vii. 2392, « Thogh thou victoire have nou on honde ». L’élision a également lieu avant hierafter, mais pas avant hiere.
Il existe un seul cas de hiatus, à viii. 110, « That he his Sone Isaäc », et on peut noter que la même chose se produit avec le même nom dans le Mirour, 12241, « De Isaak auci je lis ».
L’article the fusionne régulièrement avec le mot qui le suit et qui commence par une voyelle ou un h muet, comme thaffeccioun, thalemans, thamende, thapostel, thastat, theffect, themperour, thenvious, therbage, therthe, thexperience, thonour, thother, thunsemlieste, thyle, etc. Les exceptions, très rares, concernent des cas d’emphase particulière, comme dans i. 3251, « The Erthe it is ». De même, la particule négative ne fusionne avec le verbe qui suit et qui commence par une voyelle, comme dans nam, naproche, nis (mais ne have), et occasionnellement avec certains mots commençant par w, formant ainsi nere, nost, not, nyle, nyste, etc. Dans quelques rares cas, to fusionne avec le gérondif, comme dans tacompte, teschuie.
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La diérèse apparaît régulièrement dans de tels noms propres tels que Theseüs, Peleüs, Tereüs, ainsi que dans Saül, Isaäc. On trouve généralement Moïses, mais aussi Moises (dissyllabique), iv. 648 ; Thaise est généralement utilisé, mais Thaïsis dans l’épitaphe, viii. 1536. Un exemple concerne la terminaison -ee, à savoir Caldeë, v. 781 (généralement dissyllabique) ; de même Judeë, Galileë dans Mirour, 20067, 29239. Il s’agit d’un cas essentiellement différent de celui de degreës, que l’on trouve chez Chaucer. La terminaison -ius est généralement dissyllabique, mais vii. 2967 : « Le dieu Mercure et aucun homme ». Les terminaisons -ioun, -ious, -ien, etc., sont toujours prononcées pleinement.
En ce qui concerne l’accent, il a déjà été observé que l’accent naturel des mots est conservé bien mieux dans le vers de Gower que dans celui de Chaucer. Il existe cependant un certain nombre de mots d’origine française dont l’accent n’était pas fixé, ainsi que quelques exemples de mots anglais dans lesquels une syllabe secondaire pouvait recevoir l’accent principal, soit en cas de composition, comme dans kingdom, knihthode, treweliche, soit avec une terminaison formative, comme celle du superlatif, fairéste, etc., ou du participe présent, comme wepénde. Dans de tels cas, l’accent était souvent déterminé par le mètre. De nombreux mots romans sont traités de manière assez libre en matière d’accent, comme par exemple folie, fortune, mercy, mirour, nature, parfit, preiere, resoun, science, sentence, tempeste. Les terminaisons -hode, -hede, -inge, -liche, -ly, -nesse, -schipe peuvent toutes porter un accent, tout comme les syllabes pénultièmes d’answere et felawe.
Presque tout ce qui est important concernant la rime a déjà été mentionné sous la rubrique Phonologie. Nous pouvons ici souligner certains cas où la forme des mots s’adapte à la rime ; il s’agit parfois de cas où des variantes sont fournies par des dialectes voisins. Ainsi, on trouve aise pour ese, ar pour er, hair pour heir, naght une fois pour noght, fer une fois pour fyr, hade, avec la voyelle longue originale, pour hade, geth (la forme initialement correcte) pour goth, fore pour for ; et des alternatives telles que moneie monoie, aweie awey away, seide saide, soverein soverain sont utilisées en fonction de la rime, bien qu’il soit difficile de dire avec certitude dans tous les cas s’il y avait une différence de son. Ainsi, alors que nous avons away comme rime pour day, awey se trouve rimer avec ey, i. 2545 ; said, saide riment avec paid, Maide, tandis que seide rime avec alleide, obeide ; on trouve soverein : aȝein, mais brayn : soberain. La forme yhe varie souvent en ÿe lorsqu’elle est en rime avec une terminaison en -ie, comme clergie : ÿe, Prol. 329 f., ÿe : agonie, i. 967 f. (mais aussi yhe :
En ce qui concerne l’accent, il a déjà été observé que l’accent naturel des mots est conservé bien mieux dans le vers de Gower que dans celui de Chaucer. Il existe cependant un certain nombre de mots d’origine française dont l’accent n’était pas fixé, ainsi que quelques exemples de mots anglais dans lesquels une syllabe secondaire pouvait recevoir l’accent principal, soit en cas de composition, comme dans kingdom, knihthode, treweliche, soit avec une terminaison formative, comme celle du superlatif, fairéste, etc., ou du participe présent, comme wepénde. Dans de tels cas, l’accent était souvent déterminé par le mètre. De nombreux mots romans sont traités de manière assez libre en matière d’accent, comme par exemple folie, fortune, mercy, mirour, nature, parfit, preiere, resoun, science, sentence, tempeste. Les terminaisons -hode, -hede, -inge, -liche, -ly, -nesse, -schipe peuvent toutes porter un accent, tout comme les syllabes pénultièmes d’answere et felawe.
Presque tout ce qui est important concernant la rime a déjà été mentionné sous la rubrique Phonologie. Nous pouvons ici souligner certains cas où la forme des mots s’adapte à la rime ; il s’agit parfois de cas où des variantes sont fournies par des dialectes voisins. Ainsi, on trouve aise pour ese, ar pour er, hair pour heir, naght une fois pour noght, fer une fois pour fyr, hade, avec la voyelle longue originale, pour hade, geth (la forme initialement correcte) pour goth, fore pour for ; et des alternatives telles que moneie monoie, aweie awey away, seide saide, soverein soverain sont utilisées en fonction de la rime, bien qu’il soit difficile de dire avec certitude dans tous les cas s’il y avait une différence de son. Ainsi, alors que nous avons away comme rime pour day, awey se trouve rimer avec ey, i. 2545 ; said, saide riment avec paid, Maide, tandis que seide rime avec alleide, obeide ; on trouve soverein : aȝein, mais brayn : soberain. La forme yhe varie souvent en ÿe lorsqu’elle est en rime avec une terminaison en -ie, comme clergie : ÿe, Prol. 329 f., ÿe : agonie, i. 967 f. (mais aussi yhe :
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pourpartie, i. 405 f., yhe : specefie, i. 571 f.). Cependant, parfois l’autre mot en rime est modifié pour y correspondre, comme pryhe : yhe, v. 469 f., et il n’y avait probablement aucune différence perceptible de prononciation dans ce cas. De même, le prétérit lowh est écrit low lorsqu’il est en rime avec now, Prol. 1071, et de même thou : ynou, vii. 2099 f. (mais bowe : ynowhe, ii. 3225 f.). Nous avons déjà vu que l’usage de telles formes alternatives comme sinne senne, wile wole, lasse lesse, hedde hidde, -ende -inge est parfois déterminé par la rime. L’allitération est utilisée par Gower d’une manière qui est particulièrement caractéristique du nouveau style artistique de la poésie. Elle est suffisamment fréquente, tant dans des combinaisons formelles telles que « cares colde », « lusty lif », « park and plowh », « swerd or spere », « lief and loth », « wel or wo », « dike and delve », « slepe softe », « spille ... spede », qu’en tant qu’élément de la versification :
i. 886 f. « For so, thei seide, al stille and softe
God Anubus hire wolde awake.»
iv. 2590 « The lost is had, the lucre is lore.»
iv. 3384 f. « Which many a man hath mad to falle,
Wher that he mihte nevere arise.»
v. 3670 f. « And thanne he gan to sighe sore,
And sodeinliche abreide of slep.»
vii. 3468 f. « Sche hath hir oghne bodi feigned,
For feere as thogh sche wolde flee.»
Mais elle n’est pas introduite selon des règles fixes, et elle aide souvent le flux du vers sans attirer le moins du monde l’attention du lecteur. Nous ne trouvons aucun exemple du style populaire plutôt exagéré que Chaucer adopte parfois dans des passages d’action violente, p. ex. Cant. Tales, A 2604 ff. Tout le sujet de l’allitération chez Gower a été traité avec soin par P. Höfer dans sa thèse, Alliteration bei Gower, 1890, où un très grand nombre d’exemples sont cités et classés ; on peut renvoyer le lecteur à cet ouvrage.
viii. Texte et manuscrits. Environ quarante copies manuscrites de la Confessio Amantis sont connues, conservées dans des bibliothèques publiques ou privées ou dans les
i. 886 f. « For so, thei seide, al stille and softe
God Anubus hire wolde awake.»
iv. 2590 « The lost is had, the lucre is lore.»
iv. 3384 f. « Which many a man hath mad to falle,
Wher that he mihte nevere arise.»
v. 3670 f. « And thanne he gan to sighe sore,
And sodeinliche abreide of slep.»
vii. 3468 f. « Sche hath hir oghne bodi feigned,
For feere as thogh sche wolde flee.»
Mais elle n’est pas introduite selon des règles fixes, et elle aide souvent le flux du vers sans attirer le moins du monde l’attention du lecteur. Nous ne trouvons aucun exemple du style populaire plutôt exagéré que Chaucer adopte parfois dans des passages d’action violente, p. ex. Cant. Tales, A 2604 ff. Tout le sujet de l’allitération chez Gower a été traité avec soin par P. Höfer dans sa thèse, Alliteration bei Gower, 1890, où un très grand nombre d’exemples sont cités et classés ; on peut renvoyer le lecteur à cet ouvrage.
viii. Texte et manuscrits. Environ quarante copies manuscrites de la Confessio Amantis sont connues, conservées dans des bibliothèques publiques ou privées ou dans les
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Entre les mains des libraires, et il y en a probablement quelques-unes de plus en possession privée, dont l’existence n’a pas encore été enregistrée. Comme les grandes lignes de leur classification sont nécessairement déterminées par le fait que le livre a été publié par l’auteur sous plusieurs formes différentes, il est nécessaire, avant de poursuivre, de dire quelque chose à ce sujet. Le fait que le poème existe au moins sous deux formes distinctes, caractérisées par des différences évidentes au début et à la fin, est de notoriété publique. Même dans l’édition de Berthelette de 1532, la différence au début était signalée, et bien que l’imprimeur n’ait pas osé s’éloigner de la forme de texte établie par Caxton, il a néanmoins donné, dans sa préface, le début du poème tel qu’il le trouvait dans son manuscrit. Le Dr Pauli a donc procédé en partant du principe qu’il existait deux formes normales : l’une comportant une dédicace à Richard II au début et une conclusion faisant mention de Chaucer, et l’autre avec une dédicace à Henri de Lancastre et une conclusion où Chaucer n’est pas mentionné. Les copies qui ne correspondent pas à ces normes sont pour lui simplement irrégulières. Il est conscient des passages supplémentaires dans l’édition de Berthelette et dans le manuscrit de Stafford, et à un endroit il parle de trois catégories de manuscrits, mais il ignore l’existence de toute autre copie écrite, à part le manuscrit de Stafford, qui contient ces passages supplémentaires. S’il avait eu connaissance personnelle des manuscrits d’Oxford et de Cambridge, au lieu de se contenter de rassembler des bribes d’informations sur les premiers auprès du bibliothécaire de Bodley et sur les seconds auprès de Todd, il aurait trouvé les passages en question également dans le manuscrit Bodley 294 à Oxford ainsi que dans les manuscrits Trinity et Sidney à Cambridge. Il existe donc au moins ces trois catégories de manuscrits à reconnaître, même pour un observateur superficiel, et nous constaterons que les différences les plus évidentes mentionnées s’accompagnent d’un certain nombre d’autres, moins importantes. La première révision, selon notre classification, est celle dans laquelle la conclusion du poème contient des éloges de Richard II en tant que souverain juste et bienfaisant, ainsi qu’une présentation du livre à sa considération AB. La deuxième comprend les passages supplémentaires des cinquième et septième livres, avec un réarrangement du sixième livre qui n’avait jusqu’alors pas été remarqué, tandis que la conclusion du poème a été réécrite afin d’exclure les éloges du roi ; dans certaines copies, on trouve également une nouvelle préface dédiée à Henri de Lancastre. La troisième présente un
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Il revient à la forme du premier quant aux passages supplémentaires, mais possède un préface et un épilogue réécrits. Face à cette simple division en trois parties, on pourrait légitimement soulever des objections. On pourrait faire valoir que la soi-disant deuxième recension comprend au moins deux formes distinctes, et qu’en examinant plus en détail, nous trouvons des raisons de diviser les manuscrits de notre première recension en deux groupes principaux : l’un présentant un texte plus ancien et l’autre un texte plus récent, ce dernier étant généralement plus conforme à celui que nous appelons la deuxième et la troisième recension qu’à la forme antérieure du premier. Cependant, à des fins pratiques, la division établie ci-dessus peut être adoptée sans problème. Quant à l’ordre chronologique, d’après la tendance politique des différences entre elles, il est clair que ce que nous appelons la première recension précède logiquement la troisième. La position intermédiaire de la deuxième est principalement due au fait qu’un des sept manuscrits existants présente la forme antérieure du préface ; il se peut également que cela ait été le cas pour deux autres, qui sont endommagés au début. Toutefois, comme cela a été dit, ce nom est utilisé par commodité pour désigner une catégorie de copies dont le texte, du point de vue de son caractère, n’appartient pas toutes à la même période ; il faut donc les considérer plutôt comme représentant une variante contemporaine de la première ou de la troisième recension qu’un type nettement intermédiaire sur le plan chronologique. En même temps, les petites variations de texte observées chez ces sept manuscrits, comparées à celles de tous les autres, montrent qu’ils forment véritablement une famille à part, plus étroitement liés les uns aux autres que ceux qui se trouvent en dehors du groupe. Par souci de clarté, les manuscrits sont dans cette édition régulièrement regroupés selon cette classification, et dans les notes critiques chaque catégorie est citée séparément. Il ne faut cependant pas supposer que les manuscrits de chaque recension se trouvent nécessairement isolés les uns des autres, et qu’aucun lien ne puisse être établi entre une catégorie et une autre. Au contraire, nous constaterons que de nombreux erreurs présentes dans le texte de la première recension apparaissent également dans certaines copies de la deuxième, voire de la troisième. Le processus par lequel cela s’est produit devient plus clair grâce à l’existence d’un manuscrit qui est passé d’un groupe à un autre, en partie par effacement et en partie par substitution de feuillets, apparemment effectuée sous la direction de l’auteur. Il s’agit du manuscrit Fairfax 3, qui constitue la base de notre texte ; l’écriture de certaines des pages substituées peut être reconnue comme appartenant au « scriptorium » du poète.
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Cet exemple est suggestif et sert à expliquer plusieurs choses. Il permet, par exemple, de comprendre comment les ajouts introduits dans la deuxième révision ont fini par être omis dans la troisième. Dans ce cas, l’auteur disposait d’une copie de sa première édition très complètement révisée et corrigée ; en la réécrivant en partie, en effaçant des passages et en remplaçant des feuillets au début et à la fin du poème, il en fit une copie de ce que nous appelons la troisième révision, que ses scribes purent immédiatement utiliser comme modèle officiel. L’ajout de passages supplémentaires dans les cinquième et septième livres n’aurait pas pu être effectué sans recopier l’ensemble du livre, ce qui aurait exigé beaucoup plus de travail de la part de l’auteur, sous forme de relecture, afin d’en assurer la correction. Ce raisonnement s’applique à un livre destiné à rester entre les mains de l’auteur, ou plutôt de ses scribes qu’il employait, et à servir d’archétype à partir duquel des copies devaient être faites. Si un nouveau livre devait être préparé spécialement pour une présentation, la situation serait différente, et il pourrait alors être judicieux d’intégrer les passages supplémentaires avec le texte entièrement révisé et retravaillé, comme cela a été fait dans le cas du soi-disant manuscrit de Stafford. Un autre phénomène qui peut manifestement être expliqué de la même manière est la réapparition, dans certaines copies de la deuxième révision, d’erreurs appartenant à la première. Pour créer les originaux de tels manuscrits, des copies partiellement révisées de la première révision ont dû servir de base, et les erreurs qui n’avaient pas encore été corrigées apparaissent dans la nouvelle édition. L’hypothèse selon laquelle un certain nombre d’erreurs sont originelles, c’est-à-dire qu’elles remontent soit à l’autographe de l’auteur lui-même, soit à la transcription réalisée à partir de celui-ci, est en soi plausible : nous savons en effet que certaines erreurs, présentes sans exception dans toutes les copies des première et deuxième révisions, sont finalement corrigées par effacement dans le Fairfax 3. D’après ce que nous pouvons juger, le texte de la Confessio Amantis a montré, durant ses premières années, une tendance constante à se débarrasser des erreurs, et on peut difficilement dire que le processus de corruption au sens habituel ait commencé avant la mort de l’auteur. Il existe un grand nombre de variantes textuelles pour lesquelles on trouve, d’une part, la grande majorité des manuscrits de la première révision, et d’autre part, un petit nombre de ces mêmes variantes ainsi que pratiquement tous les manuscrits de la deuxième et troisième révision, comme par exemple AF :
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i. 2836 à H₁XERCLB₂ : AJMG, SAdBΔΛ, FWH₃
2847 : omis. H₁XGERCLB₂ inséré : AJM, SAdBΔ, FWH₃
2953 : wele H ... B₂, weie AJM, SAd BΔ, FWH₃
3027 : preieth H₁ ... B₂, W braieth, AJM, S ... ΔΛ, FH₃
3374 : an Erl ici H₁ ... B₂, Λ devient un Pier, AJM, SAdBΔ, FW (H₃ défectueux)
3381 : place H₁ ... B₂, BΛ devient, AJM, SAdΔ, FW (H₃ défectueux)
ii. 833 : that diere H₁ ... B₂, B that other AJ(M), SAdΔΛ, FWH₃
iii. 12 : euermore H₁ ... B₂, ennemi AJM, SAdBTΔ, FWH₃
354 : Je peux H₁ ... B₂, il peut AJM, SAdBTΔ, FWH₃
iv. 109 : jour H₁ ... B₂, H₃ repose, AJM, SBTΔ, FW (Ad défectueux)
v. 316 : thanne (than) H₁ ... B₂, Δ hom AJM, SAdBTΔ, FWH₃
368 : Et pour aucune crainte maintenant, je voudrais savoir H₁ ... B₂, Λ En enfer tu seras
understonde AJM, S ... Δ, FWH₃ ; cf. 394, 424, 786, etc.
2694 : Quand cette femme fut âgée, pour le bien ERCLB₂, uniquement pour cet avantage du bien AJMH₁XG, S ... ΔΛ, FWH₃
2771 : nyh omis. ERCLB₂ inséré : AJMH₁XG, S ... Δ, FWH₃
3110 : brûlé comme de l’argent, ERCLB₂ brûla comme de l’argent, AJMH₁XG, S ... ΔΛ, FWH₃ ; cf. 3032, 3246, etc.
Nous voyons dans ces exemples, choisis comme assez typiques, que certaines variantes ont manifestement le caractère d’erreurs, tandis que dans d’autres cas la différence de lecture est due à une version alternative. Cependant, les circonstances de ces deux cas ne sont pas distinguables ; les erreurs sont soutenues par autant d’autorité que les autres, et il faut supposer qu’elles ont toutes deux la même origine. Si donc nous admettons que des variations telles que celles que l’on trouve (par exemple) en i. 3396, 3416, v. 30, 47, 82, 368, 2694, etc., sont dues à l’auteur, comme c’est presque certain, il ne peut y avoir aucun doute que la forme de texte donnée par le groupe AJM en combinaison avec les deuxième et troisième recensions est la plus récente des deux. Et si le groupe H₁ ... B₂ représente un type plus ancien en ce qui concerne cette catégorie de variations, il doit certainement l’être également en ce qui concerne les erreurs, lesquelles, comme nous l’avons vu, reposent sur les mêmes bases en termes d’autorité manuscrite. Comme nous ne pouvons nous empêcher de croire que l’auteur a écrit à l’origine « To holde hir whil my lif may laste », v. 82, et « The more he hath the more he greedeth », v. 394, nous pouvons raisonnablement supposer que des erreurs telles que « it » pour « hid », i. 1755, « that diere » pour « that other », ii. 833, « what » pour « war », iii. 1065, existaient dans le manuscrit qui a servi d’exemplaire initial.
2847 : omis. H₁XGERCLB₂ inséré : AJM, SAdBΔ, FWH₃
2953 : wele H ... B₂, weie AJM, SAd BΔ, FWH₃
3027 : preieth H₁ ... B₂, W braieth, AJM, S ... ΔΛ, FH₃
3374 : an Erl ici H₁ ... B₂, Λ devient un Pier, AJM, SAdBΔ, FW (H₃ défectueux)
3381 : place H₁ ... B₂, BΛ devient, AJM, SAdΔ, FW (H₃ défectueux)
ii. 833 : that diere H₁ ... B₂, B that other AJ(M), SAdΔΛ, FWH₃
iii. 12 : euermore H₁ ... B₂, ennemi AJM, SAdBTΔ, FWH₃
354 : Je peux H₁ ... B₂, il peut AJM, SAdBTΔ, FWH₃
iv. 109 : jour H₁ ... B₂, H₃ repose, AJM, SBTΔ, FW (Ad défectueux)
v. 316 : thanne (than) H₁ ... B₂, Δ hom AJM, SAdBTΔ, FWH₃
368 : Et pour aucune crainte maintenant, je voudrais savoir H₁ ... B₂, Λ En enfer tu seras
understonde AJM, S ... Δ, FWH₃ ; cf. 394, 424, 786, etc.
2694 : Quand cette femme fut âgée, pour le bien ERCLB₂, uniquement pour cet avantage du bien AJMH₁XG, S ... ΔΛ, FWH₃
2771 : nyh omis. ERCLB₂ inséré : AJMH₁XG, S ... Δ, FWH₃
3110 : brûlé comme de l’argent, ERCLB₂ brûla comme de l’argent, AJMH₁XG, S ... ΔΛ, FWH₃ ; cf. 3032, 3246, etc.
Nous voyons dans ces exemples, choisis comme assez typiques, que certaines variantes ont manifestement le caractère d’erreurs, tandis que dans d’autres cas la différence de lecture est due à une version alternative. Cependant, les circonstances de ces deux cas ne sont pas distinguables ; les erreurs sont soutenues par autant d’autorité que les autres, et il faut supposer qu’elles ont toutes deux la même origine. Si donc nous admettons que des variations telles que celles que l’on trouve (par exemple) en i. 3396, 3416, v. 30, 47, 82, 368, 2694, etc., sont dues à l’auteur, comme c’est presque certain, il ne peut y avoir aucun doute que la forme de texte donnée par le groupe AJM en combinaison avec les deuxième et troisième recensions est la plus récente des deux. Et si le groupe H₁ ... B₂ représente un type plus ancien en ce qui concerne cette catégorie de variations, il doit certainement l’être également en ce qui concerne les erreurs, lesquelles, comme nous l’avons vu, reposent sur les mêmes bases en termes d’autorité manuscrite. Comme nous ne pouvons nous empêcher de croire que l’auteur a écrit à l’origine « To holde hir whil my lif may laste », v. 82, et « The more he hath the more he greedeth », v. 394, nous pouvons raisonnablement supposer que des erreurs telles que « it » pour « hid », i. 1755, « that diere » pour « that other », ii. 833, « what » pour « war », iii. 1065, existaient dans le manuscrit qui a servi d’exemplaire initial.
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On peut observer ici que, dans les cas où une révision semble avoir eu lieu, on trouve fréquemment une raison précise du changement : soit le mètre devient plus fluide, comme aux lignes 1770, 2622, 3374 ; 2, 671, 751, 1763 ; 3, 765, 2042, 2556 ; 4, 234 ; 5, 368, 1678, etc., soit un nom est modifié pour prendre une forme plus correcte, comme lorsque « Element » est changé en « Clemenee » à la ligne 4, 985, avec une modification correspondante de la rime, soit encore l’expression et le rythme de la phrase sont améliorés, comme aux lignes 1, 368, 3416 ; 5, 30, 1906, 6756, etc. En particulier, on note une tendance à une plus grande fluidité du mètre, qui se manifeste dans le traitement des terminaisons en « e » faibles.
Il convient de supposer, selon les principes énoncés, que le groupe ERCLB₂ et les autres manuscrits qui leur correspondent représentent, avec plus ou moins de précision, la première forme du texte de l’auteur ; que H₁YXG et quelques autres forment une catégorie dans laquelle des corrections et des révisions ont eu lieu dans une certaine mesure, mais de manière partielle et non systématique ; et que AJM, etc., nous donnent le texte de la première recension sous une forme beaucoup plus complètement révisée et corrigée.
Il a déjà été dit que F était à l’origine un manuscrit de la première recension. Nous constaterons cependant qu’il ne correspondait pas exactement à aucun manuscrit de la première recension existant. En mettant de côté le petit nombre d’erreurs individuelles qu’on y trouve, il y a peut-être une soixantaine de cas (beaucoup de nature très mineure) où son texte différait apparemment à l’origine de celui de n’importe quel autre exemplaire de la première recension que nous possédons, et dans environ la moitié de ces cas, le texte de F coïncide avec celui de la deuxième recension.
Le manuscrit qui se rapproche le plus de F à bien des égards est J (St. John’s Coll., Camb.) ; il existe un nombre considérable de cas où ce manuscrit est le seul parmi les exemplaires de la première recension à concorder avec le texte de Fairfax. Par exemple, dans le sixième livre, si l’on met de côté J, il y a au moins vingt-trois passages où F propose une lecture apparemment authentique, non soutenue par la première recension ; mais dans seize de ces cas, J est en accord avec F. Il convient cependant de noter que cette situation n’est pas observée de la même manière dans la partie antérieure du poème, et ne devient vraiment marquée qu’à partir du cinquième livre.
En plus des variations de lecture, le manuscrit de Fairfax contient quelques ajouts au texte qui ne se trouvent dans aucun exemplaire de la première recension. Il s’agit de Prol. 495-498, 579-584 et 1, 1403-1406 – deux passages de quatre vers chacun et un de six vers – ainsi que de quelques ajouts aux notes en latin.
Il convient de supposer, selon les principes énoncés, que le groupe ERCLB₂ et les autres manuscrits qui leur correspondent représentent, avec plus ou moins de précision, la première forme du texte de l’auteur ; que H₁YXG et quelques autres forment une catégorie dans laquelle des corrections et des révisions ont eu lieu dans une certaine mesure, mais de manière partielle et non systématique ; et que AJM, etc., nous donnent le texte de la première recension sous une forme beaucoup plus complètement révisée et corrigée.
Il a déjà été dit que F était à l’origine un manuscrit de la première recension. Nous constaterons cependant qu’il ne correspondait pas exactement à aucun manuscrit de la première recension existant. En mettant de côté le petit nombre d’erreurs individuelles qu’on y trouve, il y a peut-être une soixantaine de cas (beaucoup de nature très mineure) où son texte différait apparemment à l’origine de celui de n’importe quel autre exemplaire de la première recension que nous possédons, et dans environ la moitié de ces cas, le texte de F coïncide avec celui de la deuxième recension.
Le manuscrit qui se rapproche le plus de F à bien des égards est J (St. John’s Coll., Camb.) ; il existe un nombre considérable de cas où ce manuscrit est le seul parmi les exemplaires de la première recension à concorder avec le texte de Fairfax. Par exemple, dans le sixième livre, si l’on met de côté J, il y a au moins vingt-trois passages où F propose une lecture apparemment authentique, non soutenue par la première recension ; mais dans seize de ces cas, J est en accord avec F. Il convient cependant de noter que cette situation n’est pas observée de la même manière dans la partie antérieure du poème, et ne devient vraiment marquée qu’à partir du cinquième livre.
En plus des variations de lecture, le manuscrit de Fairfax contient quelques ajouts au texte qui ne se trouvent dans aucun exemplaire de la première recension. Il s’agit de Prol. 495-498, 579-584 et 1, 1403-1406 – deux passages de quatre vers chacun et un de six vers – ainsi que de quelques ajouts aux notes en latin.
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marge (à Prol. 195, i. 2705 et v. 7725), dont les deux premières furent manifestement ajoutées plus tard que le texte qui les accompagne. Enfin, il y a trois autres ajouts au texte que l’on trouve dans une seule copie de la première recension, le manuscrit Harl. 3490 (H₁). Il s’agit de i. 2267-2274, où quatre lignes ont été étendues à huit, de i. 2343-2358, un ajout intéressant de seize lignes à l’histoire de Narcisse, et de i. 2369-2372. Ainsi, en ce qui concerne les ajouts au texte, H₁ est plus proche de F que d’AJM et des autres, et dans quelques autres passages également on le trouve seul dans sa recension aux côtés de F, par exemple i. 2043, 2398, ii. 2247. Ce manuscrit ne appartient pas au groupe des « versions entièrement révisées », mais il présente plus fréquemment les lectures révisées, peut-être plus que tout autre manuscrit en dehors de ce groupe.
Ainsi, malgré les différences entre les copies de la première recension, telles que nous les possédons, et le manuscrit Fairfax dans sa forme originale, nous n’aurons aucune difficulté à considérer ce dernier comme ayant été à l’origine une copie révisée et corrigée de cette recension, présentant un texte auquel se rapprochent assez bien A, J et H₁, chacun à sa manière, bien qu’aucune copie correspondant exactement à celui-ci ne soit connue.
En passant à la deuxième recension, nous devons d’abord répéter ce qui a déjà été dit : elle n’a pas remplacé la première, mais a existé et s’est développée à ses côtés, son origine remontant probablement à la même année, ou au plus tard à l’année suivante. Son caractère distinctif réside dans la présence d’ajouts considérables dans les cinquième et septième livres, ainsi que dans un réarrangement d’une partie du sixième. Sept manuscrits me sont connus, dont trois sont défectueux au début. Tous ceux-ci (à l’exception d’un qui est également défectueux à la fin) possèdent l’épilogue réécrit, l’un en combinaison avec les vers de Chaucer et les autres sans eux. Parmi les quatre qui sont complets au début, l’un, à savoir B, présente la forme antérieure du préface, tandis que les trois autres, ΛP₂ et S, en présentent la forme ultérieure. Quant aux autres, il est probable, mais loin d’être certain, que T soit conforme à B à cet égard, et il est pratiquement certain que Δ soit conforme à S. Une distinction plus satisfaisante, qui divise les manuscrits de cette catégorie en deux groupes, est donnée par le caractère général du texte qu’ils présentent, ainsi que par l’insertion ou l’omission de certains des passages supplémentaires dont nous avons parlé. Alors que certains passages, à savoir v. 6395*-6438*, 7086*-7210*, vii. 3207*-3360*, sont communs à toutes les copies, tout comme la transposition de vi. 665-964 et (sauf dans le cas de Λ) l’omission de v. 7701-7746, trois d’entre eux ne se trouvent que dans AdBTΛP₂.
Ainsi, malgré les différences entre les copies de la première recension, telles que nous les possédons, et le manuscrit Fairfax dans sa forme originale, nous n’aurons aucune difficulté à considérer ce dernier comme ayant été à l’origine une copie révisée et corrigée de cette recension, présentant un texte auquel se rapprochent assez bien A, J et H₁, chacun à sa manière, bien qu’aucune copie correspondant exactement à celui-ci ne soit connue.
En passant à la deuxième recension, nous devons d’abord répéter ce qui a déjà été dit : elle n’a pas remplacé la première, mais a existé et s’est développée à ses côtés, son origine remontant probablement à la même année, ou au plus tard à l’année suivante. Son caractère distinctif réside dans la présence d’ajouts considérables dans les cinquième et septième livres, ainsi que dans un réarrangement d’une partie du sixième. Sept manuscrits me sont connus, dont trois sont défectueux au début. Tous ceux-ci (à l’exception d’un qui est également défectueux à la fin) possèdent l’épilogue réécrit, l’un en combinaison avec les vers de Chaucer et les autres sans eux. Parmi les quatre qui sont complets au début, l’un, à savoir B, présente la forme antérieure du préface, tandis que les trois autres, ΛP₂ et S, en présentent la forme ultérieure. Quant aux autres, il est probable, mais loin d’être certain, que T soit conforme à B à cet égard, et il est pratiquement certain que Δ soit conforme à S. Une distinction plus satisfaisante, qui divise les manuscrits de cette catégorie en deux groupes, est donnée par le caractère général du texte qu’ils présentent, ainsi que par l’insertion ou l’omission de certains des passages supplémentaires dont nous avons parlé. Alors que certains passages, à savoir v. 6395*-6438*, 7086*-7210*, vii. 3207*-3360*, sont communs à toutes les copies, tout comme la transposition de vi. 665-964 et (sauf dans le cas de Λ) l’omission de v. 7701-7746, trois d’entre eux ne se trouvent que dans AdBTΛP₂.
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et sont omis dans SΔAG, à savoir v. 7015*-7036*, vii. 2329*-2340* et 3149*-3180*. Ensuite, pour ce qui est du texte en général, les cinq manuscrits mentionnés en premier ont tous divers liens avec la forme non révisée de la première recension, tandis que les deux derniers représentent un type qui, sauf en ce qui concerne des variantes particulièrement caractéristiques de la seconde recension — dont il peut y en avoir environ soixante au total — correspond presque entièrement à celui du manuscrit Fairfax AH. Les relations entre le groupe AdBTΛP₂ et la première recension, ainsi qu’entre eux-mêmes, sont difficiles à élucider de manière satisfaisante. De manière générale, on peut dire que, parmi ceux-ci, B représente un type plus ancien que les autres en ce qui concerne les corrections, tandis que Λ l’est en ce qui concerne la révision : en d’autres termes, B conserve un grand nombre d’erreurs de la première recension qui ne se trouvent pas dans les autres (partageant cependant certaines avec Λ), tandis que, dans les cas où une ligne a été réécrite, B présente presque systématiquement la forme modifiée, bien qu’il y ait quelques exceptions dans les deux premiers livres. D’un autre côté, bien qu’il arrive souvent que Λ soit dépourvu des erreurs originales présentes dans B, il existe de nombreux endroits où B présente la forme révisée du texte, tandis que Λ nous donne la forme originale, conformément au type antérieur de la première recension ; ailleurs, Λ coïncide avec B en présentant la lecture révisée. De plus, il ne fait aucun doute quant au lien étroit entre B et T, mais leur accord n’a généralement pas lieu sur les points où B suit la première recension dans ses erreurs. On dirait qu’ils ont été tirés du même archétype, mais T (ou un manuscrit d’où T a été copié) en provient à un stade ultérieur que l’original de B, au moment où de nombreuses erreurs relevées dans la première recension avaient déjà été corrigées, tandis que le texte du livre était globalement laissé tel quel AI. Enfin, le texte d’Ad s’approche très près d’un type entièrement révisé et corrigé. Il reproduit très occasionnellement la forme antérieure de la première recension, comme par hasard, mais semble jamais donner délibérément une lecture « non révisée ». Il convient de noter qu’à partir d’un certain point vers la fin du cinquième livre (vers v. 6280), AdBT constitue un groupe qui se retrouve très fréquemment en accord particulier, tandis qu’avant ce point on trouve généralement BT (ou BTΛ) avec Ad de l’autre côté. Passons maintenant à la troisième recension, qui comporte le préface et l’épilogue comme dans Λ et S, mais exclut les passages supplémentaires ; elle est représentée par huit manuscrits, avec Fairfax 3 en tête. Nous avons déjà vu que ce manuscrit faisait à l’origine partie de la première recension, et fut
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Modifié par l’auteur afin de substituer un nouvel épilogue et une nouvelle préface. En plus de ces changements, de nouvelles lignes ont été écrites en plusieurs endroits par-dessus des effacements, comme aux lignes 2713 et suivantes, 1321 et suivantes, 1361 et suivantes, etc. La date marginale est effacée à Prol. 331, et des ajouts ont été faits aux notes marginales. Tous ces modifications, ainsi que les points déjà mentionnés, par lesquels F différait à l’origine des autres copies de la première révision, se retrouvent dans les autres manuscrits de la troisième révision.
Parmi ces manuscrits restants, l’un est copié directement à partir de F, et un autre semble certainement provenir de la même source, bien que peut-être pas directement. Dans le cas de H₃ (MS. Harl. 7184), la question de l’origine n’est pas tout à fait aussi simple. Son texte semble généralement indiquer une dépendance ultime vis-à-vis de F, mais il présente de grandes disparités en termes de précision ; dans une partie, il suit régulièrement les leçons de la première révision et semble appartenir à ce moment-là au groupe ERCLB₂. De plus, il contient une note marginale en latin au début du prologue, qui fait défaut dans F. Le problème pourrait être résolu grâce au manuscrit de Keswick. Celui-ci est écrit par plusieurs mains, avec des niveaux de précision très variables, et précisément là où H₃ semble suivre une copie de la première révision, le manuscrit de Keswick est endommagé, ayant perdu plusieurs feuillets. Il contient également la note marginale mentionnée ci-dessus, et à l’examen, on constate qu’une série entière de corruption est commune aux deux manuscrits. Il ne semble y avoir guère de doute que K est la source de H₃ : l’inégalité de ce dernier manuscrit correspond en grande partie aux changements de mains dans K, et la variation de H₃ dans une partie du troisième livre vers un type de texte différent coïncide exactement avec le manque de feuillets dans K, un manque qui doit apparemment s’être produit au cours des quarante ou cinquante premières années de son existence. Quant au texte de K lui-même, dans les parties écrites avec le plus de soin, il reprend celui de F avec une précision scrupuleuse, en respectant tous les détails d’orthographe et de ponctuation, et dans l’ensemble il le suit même pour ses petites erreurs. Il est impossible, pour celui qui place ces manuscrits côte à côte, comme j’ai pu le faire, de ne pas être convaincu que, du moins dans certaines parties, l’exemplaire utilisé pour K était le manuscrit Fairfax lui-même. D’un autre côté, la note marginale en latin au début provient d’une autre copie, et en mettant de côté les nombreux erreurs, qui sont peut-être dues simplement à une négligence de la part de certains scribes, le manuscrit de Keswick contient sans aucun doute certaines leçons qui semblent provenir d’une source différente. En termes de forme de texte, il correspond généralement parfaitement à F, en reproduisant toutes les additions et corrections apportées par
Parmi ces manuscrits restants, l’un est copié directement à partir de F, et un autre semble certainement provenir de la même source, bien que peut-être pas directement. Dans le cas de H₃ (MS. Harl. 7184), la question de l’origine n’est pas tout à fait aussi simple. Son texte semble généralement indiquer une dépendance ultime vis-à-vis de F, mais il présente de grandes disparités en termes de précision ; dans une partie, il suit régulièrement les leçons de la première révision et semble appartenir à ce moment-là au groupe ERCLB₂. De plus, il contient une note marginale en latin au début du prologue, qui fait défaut dans F. Le problème pourrait être résolu grâce au manuscrit de Keswick. Celui-ci est écrit par plusieurs mains, avec des niveaux de précision très variables, et précisément là où H₃ semble suivre une copie de la première révision, le manuscrit de Keswick est endommagé, ayant perdu plusieurs feuillets. Il contient également la note marginale mentionnée ci-dessus, et à l’examen, on constate qu’une série entière de corruption est commune aux deux manuscrits. Il ne semble y avoir guère de doute que K est la source de H₃ : l’inégalité de ce dernier manuscrit correspond en grande partie aux changements de mains dans K, et la variation de H₃ dans une partie du troisième livre vers un type de texte différent coïncide exactement avec le manque de feuillets dans K, un manque qui doit apparemment s’être produit au cours des quarante ou cinquante premières années de son existence. Quant au texte de K lui-même, dans les parties écrites avec le plus de soin, il reprend celui de F avec une précision scrupuleuse, en respectant tous les détails d’orthographe et de ponctuation, et dans l’ensemble il le suit même pour ses petites erreurs. Il est impossible, pour celui qui place ces manuscrits côte à côte, comme j’ai pu le faire, de ne pas être convaincu que, du moins dans certaines parties, l’exemplaire utilisé pour K était le manuscrit Fairfax lui-même. D’un autre côté, la note marginale en latin au début provient d’une autre copie, et en mettant de côté les nombreux erreurs, qui sont peut-être dues simplement à une négligence de la part de certains scribes, le manuscrit de Keswick contient sans aucun doute certaines leçons qui semblent provenir d’une source différente. En termes de forme de texte, il correspond généralement parfaitement à F, en reproduisant toutes les additions et corrections apportées par
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effacement ou autre, et contenant les mêmes passages en latin et en français dans le même ordre à la fin, du moins autant que possible. Le manuscrit du Magdalen College doit provenir en dernière analyse de la même source que H₃, et il présente la même lacune entre la troisième révision et la première, coïncidant avec l’absence dans le livre de Keswick. D’un autre côté, W, bien qu’il corresponde par sa forme de texte à ceux-ci ainsi qu’à F, est complètement indépendant du groupe mentionné ci-dessus, et probablement aussi du manuscrit Fairfax. Il est tardif et plein de corruption, mais dans plusieurs cas il aide à corriger des erreurs présentes dans F, et il semble être basé sur une copie qui conservait certaines des variantes du texte antérieur encore non corrigées.
Quant au manuscrit restant, qui faisait autrefois partie de la collection Phillips mais se trouve maintenant entre les mains d’un libraire, j’ai eu si peu d’occasions de l’examiner que je ne devrais pas tenter de le classer.
En examinant l’ensemble des sources, nous pouvons facilement reconnaître deux manuscrits comme étant les plus importants en tant que témoins du texte final de l’auteur, à savoir S et F, les manuscrits de Stafford et de Fairfax. Ceux-ci sont pratiquement identiques en orthographe, et, à part les différences caractéristiques qui garantissent suffisamment leur indépendance, ils présentent essentiellement le même texte, et un texte portant les marques les plus fortes d’authenticité. Tous deux sont contemporains de l’auteur, et il est peut-être difficile de dire lequel représente le mieux son jugement final concernant la forme de son œuvre.
Le manuscrit de Stafford semble être le plus ancien, c’est-à-dire qu’il précède probablement la version finale de la copie Fairfax. Il a manifestement été écrit pour être présenté à un membre de la maison de Lancastre, peut-être à Henri lui-même avant son accession au trône. C’est sans doute pour une telle copie de présentation que le préface a été réécrit en 1392-1393, avec l’introduction d’une dédicace à Henri dans le texte anglais, tandis que la plupart des autres copies émises sous le règne de Richard ont probablement conservé leur forme originale. Si nous supposons que les nouvelles formes de préface et d’épilogue étaient initialement destinées uniquement à une diffusion privée, nous pouvons expliquer la très grande prédominance de la première révision en termes du nombre de copies qui la représentent, ainsi que laisser suffisamment de temps pour le développement progressif du texte, d’abord vers le type que l’on trouve dans A ou J, puis vers celui de F tel qu’il était à l’origine ; un processus qui est difficile à comprendre satisfaisamment si l’on suppose que, à partir de 1393, la dédicace lancastrienne figurait dans toutes les copies publiées par l’auteur.
Quant au manuscrit restant, qui faisait autrefois partie de la collection Phillips mais se trouve maintenant entre les mains d’un libraire, j’ai eu si peu d’occasions de l’examiner que je ne devrais pas tenter de le classer.
En examinant l’ensemble des sources, nous pouvons facilement reconnaître deux manuscrits comme étant les plus importants en tant que témoins du texte final de l’auteur, à savoir S et F, les manuscrits de Stafford et de Fairfax. Ceux-ci sont pratiquement identiques en orthographe, et, à part les différences caractéristiques qui garantissent suffisamment leur indépendance, ils présentent essentiellement le même texte, et un texte portant les marques les plus fortes d’authenticité. Tous deux sont contemporains de l’auteur, et il est peut-être difficile de dire lequel représente le mieux son jugement final concernant la forme de son œuvre.
Le manuscrit de Stafford semble être le plus ancien, c’est-à-dire qu’il précède probablement la version finale de la copie Fairfax. Il a manifestement été écrit pour être présenté à un membre de la maison de Lancastre, peut-être à Henri lui-même avant son accession au trône. C’est sans doute pour une telle copie de présentation que le préface a été réécrit en 1392-1393, avec l’introduction d’une dédicace à Henri dans le texte anglais, tandis que la plupart des autres copies émises sous le règne de Richard ont probablement conservé leur forme originale. Si nous supposons que les nouvelles formes de préface et d’épilogue étaient initialement destinées uniquement à une diffusion privée, nous pouvons expliquer la très grande prédominance de la première révision en termes du nombre de copies qui la représentent, ainsi que laisser suffisamment de temps pour le développement progressif du texte, d’abord vers le type que l’on trouve dans A ou J, puis vers celui de F tel qu’il était à l’origine ; un processus qui est difficile à comprendre satisfaisamment si l’on suppose que, à partir de 1393, la dédicace lancastrienne figurait dans toutes les copies publiées par l’auteur.
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Il semble dans l’ensemble probable, pour des raisons qui seront exposées plus tard, que la conversion finale de F (c’est-à-dire en ce qui concerne le préface) n’a eu lieu qu’après la déposition de Richard, et il est tout à fait raisonnable de supposer que des copies étaient généralement émises sous leur forme originale, jusqu’à ce que cet événement se produise.
Manuscrits. La description suivante des manuscrits est donnée de ma propre initiative, dans tous ses détails. J’ai pu les voir tous, et je souhaite ici exprimer ma gratitude aux détenteurs de ceux-ci, ainsi qu’aux bibliothécaires qui en ont la charge, pour la disponibilité avec laquelle ils m’en ont permis l’usage. Je suis particulièrement redevable aux conseils du Trinity College et du St. John’s College à Cambridge, ainsi qu’au Corpus Christi, au Wadham, au Magdalen et au New College à Oxford, d’avoir autorisé l’envoi de leurs manuscrits à la Bibliothèque Bodléienne pour mon usage, et de les y laisser pendant de longues périodes. À l’exception d’un ou deux manuscrits auxquels j’ai eu un accès limité, j’en ai examiné chaque un avec soin, de sorte que je puisse dire (par exemple) dans quelle mesure, si jamais, ils sont imparfaits. Ils sont classés autant que possible selon les catégories et groupes auxquels ils appartiennent, comme suit :
1re révision (a) AJMP₁ChN₂E₂ (b) H₁YXGOAd₂CathQ (c) ECRLB₂SnDArHdAsh
2e révision (a) SΔ (b) AdTBΛP₂
3e révision FH₂NKH₃MagdWP₃ Hn
1re révision.
(a) Révisée.
A. Bodley 902, Bibliothèque Bodléienne (anciennement Arch. D. 33, non figurant dans le catalogue de Bernard, 1697). Contient la Confessio Amantis suivie de « Explicit iste liber » (quatre lignes), de « Quam cinxere freta » et de « Quia vnusquisque ». Parchemin, 184 feuillets, mesurant 13⅜ × 9⅛ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés. Bien écrit en double colonne de 46 lignes, dans trois écritures différentes datant du début du XVe siècle : la première s’étend jusqu’à la fin du deuxième cahier (feuilles 2-16), la seconde de là jusqu’à la fin du dixième cahier (feuilles 17-80), et la troisième de la feuille 81 jusqu’à la fin. Les colonnes correspondent presque entièrement à celles du manuscrit Fairfax jusqu’à la feuille 81 ; après cette date, on tente de gagner de l’espace en écrivant les vers latins en marge.
Manuscrits. La description suivante des manuscrits est donnée de ma propre initiative, dans tous ses détails. J’ai pu les voir tous, et je souhaite ici exprimer ma gratitude aux détenteurs de ceux-ci, ainsi qu’aux bibliothécaires qui en ont la charge, pour la disponibilité avec laquelle ils m’en ont permis l’usage. Je suis particulièrement redevable aux conseils du Trinity College et du St. John’s College à Cambridge, ainsi qu’au Corpus Christi, au Wadham, au Magdalen et au New College à Oxford, d’avoir autorisé l’envoi de leurs manuscrits à la Bibliothèque Bodléienne pour mon usage, et de les y laisser pendant de longues périodes. À l’exception d’un ou deux manuscrits auxquels j’ai eu un accès limité, j’en ai examiné chaque un avec soin, de sorte que je puisse dire (par exemple) dans quelle mesure, si jamais, ils sont imparfaits. Ils sont classés autant que possible selon les catégories et groupes auxquels ils appartiennent, comme suit :
1re révision (a) AJMP₁ChN₂E₂ (b) H₁YXGOAd₂CathQ (c) ECRLB₂SnDArHdAsh
2e révision (a) SΔ (b) AdTBΛP₂
3e révision FH₂NKH₃MagdWP₃ Hn
1re révision.
(a) Révisée.
A. Bodley 902, Bibliothèque Bodléienne (anciennement Arch. D. 33, non figurant dans le catalogue de Bernard, 1697). Contient la Confessio Amantis suivie de « Explicit iste liber » (quatre lignes), de « Quam cinxere freta » et de « Quia vnusquisque ». Parchemin, 184 feuillets, mesurant 13⅜ × 9⅛ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés. Bien écrit en double colonne de 46 lignes, dans trois écritures différentes datant du début du XVe siècle : la première s’étend jusqu’à la fin du deuxième cahier (feuilles 2-16), la seconde de là jusqu’à la fin du dixième cahier (feuilles 17-80), et la troisième de la feuille 81 jusqu’à la fin. Les colonnes correspondent presque entièrement à celles du manuscrit Fairfax jusqu’à la feuille 81 ; après cette date, on tente de gagner de l’espace en écrivant les vers latins en marge.
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Résumés en latin en marge, sauf très occasionnellement, comme aux ff. 10 et 11.
Encadrement fleuri de style plutôt bon au début de chaque livre, à l’exception du cinquième, ainsi qu’une miniature au f. 8 du Confessionnaire, remarquable du fait que la figure de l’Amant est manifestement destinée à être un portrait de l’auteur, étant celle d’un vieil homme présentant certaines ressemblances de traits avec l’effigie sur le tombeau de Gower. Le Confesseur porte une stole rouge, qu’il pose de sa main droite sur la tête du pénitent, tout comme dans les miniatures que nous avons en C et L. La note concernant le miniaturiste se trouve toujours en marge : « Hic fiat confessor sedens et confessus coram se genuflectendo ».
La première feuille du livre est perdue ; elle a été remplacée au XVIe siècle à partir de la deuxième édition de Berthelette. Il convient de noter que ce n’est pas la forme de début propre au manuscrit original, mais plutôt celle de la troisième révision, reprise par Berthelette à partir de Caxton. La première ligne du f. 2 correspond à Prol. 144.
Quant aux anciens possesseurs, on lit sur la dernière feuille « Anniballis Admiralis dominicalis », au f. 80 « Be me Anne Russell » (?), et au f. 115 « Elyzebeth Gardnar my trust ys in god » ; tout cela semble dater du XVIe siècle. Le prénom correspond manifestement à celui de Claude d’Annebaut (également appelé d’Hannybal), qui fut amiral de France et mourut en 1552. Il se trouvait en Angleterre vers l’an 1547. Le livre est arrivé à la Bodléienne de la part de Gilbert Dolben, Esq., de Finedon, dans le Northamptonshire, en 1697 ; n’étant pas mentionné dans le catalogue de 1697, il a été en partie ignoré.
Le texte est un très bon exemplaire du type révisé. Il convient cependant de noter que, alors que dans les livres antérieurs AJM etc. apparaissent très fréquemment ensemble du côté de F, contrairement au reste de la première révision, dans les livres ultérieurs, et surtout dans les septième et huitième, AM etc. ont tendance de plus en plus à figurer avec la première révision, laissant J seul pour soutenir le texte corrigé. Dans les livres antérieurs, A apparaît parfois seul de cette manière, comme aux i. 1960, ii. 961, 1356.
L’orthographe (en particulier celle de la seconde main) est presque identique à celle de F. Quant à la lettre finale e, on a plutôt tendance à l’insérer à tort qu’à l’omettre. La ponctuation correspond généralement à celle de F.
J. St. John’s Coll., Camb. B 12. Contient le même contenu que A. Parchemin, ff. 214, 12 × 9½ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés : colonne double de 39 lignes, écrite d’une main très soignée du premier quart du XVe siècle. Les résumés en latin sont généralement omis, mais la plupart ont été insérés jusqu’au f. 5 (Prol. 606), ainsi que quelques-uns ici et là dans les cinquième et septième livres.
Encadrement fleuri de style plutôt bon au début de chaque livre, à l’exception du cinquième, ainsi qu’une miniature au f. 8 du Confessionnaire, remarquable du fait que la figure de l’Amant est manifestement destinée à être un portrait de l’auteur, étant celle d’un vieil homme présentant certaines ressemblances de traits avec l’effigie sur le tombeau de Gower. Le Confesseur porte une stole rouge, qu’il pose de sa main droite sur la tête du pénitent, tout comme dans les miniatures que nous avons en C et L. La note concernant le miniaturiste se trouve toujours en marge : « Hic fiat confessor sedens et confessus coram se genuflectendo ».
La première feuille du livre est perdue ; elle a été remplacée au XVIe siècle à partir de la deuxième édition de Berthelette. Il convient de noter que ce n’est pas la forme de début propre au manuscrit original, mais plutôt celle de la troisième révision, reprise par Berthelette à partir de Caxton. La première ligne du f. 2 correspond à Prol. 144.
Quant aux anciens possesseurs, on lit sur la dernière feuille « Anniballis Admiralis dominicalis », au f. 80 « Be me Anne Russell » (?), et au f. 115 « Elyzebeth Gardnar my trust ys in god » ; tout cela semble dater du XVIe siècle. Le prénom correspond manifestement à celui de Claude d’Annebaut (également appelé d’Hannybal), qui fut amiral de France et mourut en 1552. Il se trouvait en Angleterre vers l’an 1547. Le livre est arrivé à la Bodléienne de la part de Gilbert Dolben, Esq., de Finedon, dans le Northamptonshire, en 1697 ; n’étant pas mentionné dans le catalogue de 1697, il a été en partie ignoré.
Le texte est un très bon exemplaire du type révisé. Il convient cependant de noter que, alors que dans les livres antérieurs AJM etc. apparaissent très fréquemment ensemble du côté de F, contrairement au reste de la première révision, dans les livres ultérieurs, et surtout dans les septième et huitième, AM etc. ont tendance de plus en plus à figurer avec la première révision, laissant J seul pour soutenir le texte corrigé. Dans les livres antérieurs, A apparaît parfois seul de cette manière, comme aux i. 1960, ii. 961, 1356.
L’orthographe (en particulier celle de la seconde main) est presque identique à celle de F. Quant à la lettre finale e, on a plutôt tendance à l’insérer à tort qu’à l’omettre. La ponctuation correspond généralement à celle de F.
J. St. John’s Coll., Camb. B 12. Contient le même contenu que A. Parchemin, ff. 214, 12 × 9½ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés : colonne double de 39 lignes, écrite d’une main très soignée du premier quart du XVe siècle. Les résumés en latin sont généralement omis, mais la plupart ont été insérés jusqu’au f. 5 (Prol. 606), ainsi que quelques-uns ici et là dans les cinquième et septième livres.
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La première page possède un bord complet, mais il n’y a pas d’autres décorations que des majuscules rouges et bleues. Reliure en bois ancien. La septième feuille du cahier 12 (v. 57-213) et la première du cahier 14 (v. 1615-1770) ont été coupées, et un passage de 184 lignes est omis dans le premier livre (i. 631-814) sans perte de feuille, ce qui montre que le manuscrit d’où il a été copié, et qui a dû perdre une feuille ici, avait le nombre normal de 46 lignes par colonne. Divers noms, tels que Thomas Browne, Nicolas Helifax, J. Baynorde, sont écrits dans le livre, ainsi que « John Nicholas oweth this book », avec la date 1576. Au début, on trouve « Tho. C. S. », qui signifie « Thomas Comes Southampton ». Le livre a en fait été acheté avec d’autres par Thomas Wriothesley, comte de Southampton, à William Crashaw, membre du St. John’s College, et lui a été offert par lui à la bibliothèque du Collège en l’an 1635. Ce manuscrit présente un texte plus proche du type F que celui de toute autre copie de la première révision. Surtout dans les livres ultérieurs, il semble souvent se distinguer de sa catégorie par son accord avec F, comme aux vers 649, 1112, 1339, 1578, 3340, 4351, 4643, 5242, 6059, 6461, 6771, vi. 162, 442, 784, 973, 2089, vii. 445, 1027, 1666, 2424, 3235, 4336, 5348, viii. 13, 239, 747, 845, 1076, 1415, 1456 et suiv., 2195, 2220, 2228, 2442, 2670 et suiv. Il convient de noter que c’est la seule copie de la première révision qui comporte l’omission accidentelle de « eorum disciplina—materia » dans le récit latin de l’auteur sur le Conf. Amantis à la fin. En ce qui concerne la justesse individuelle, elle est plutôt inégale : en certains endroits, il y a de nombreux erreurs, comme aux vers vi. 1509 et suiv., tandis qu’en d’autres, il est très exact. L’orthographe est dans la plupart des cas similaire à celle de F et est généralement bonne en ce qui concerne les terminaisons ; mais le scribe a ses propres particularités, qu’il introduit plus ou moins librement, comme « ho » pour « who », « heo » pour « sche » ( assez régulièrement ), « heor » pour « her », « whech » pour « which ». Il doit aussi s’agir d’une fantaisie personnelle qui le pousse régulièrement à substituer « som tyme » à « whilom » chaque fois que cela apparaît. La ponctuation correspond généralement à celle de F.
M. Camb. Univ. Mm. 2.21 (Bern. Cat. ii. 9648). Contient uniquement le Conf. Amantis, sans « Explicit », etc. (la dernière feuille étant perdue). Parchemin, 183 feuillets, 14 × 9½ pouces. Cahiers de huit feuillets chacun avec mots-clés et signatures : colonnes doubles de 46 lignes ; résumés en latin généralement en marge, mais parfois dans le texte, comme dans A. Plusieurs mains, comme suit : (1) ff. 1-32, 41-64, 73-88, 97-136, 145-152, 161-176 ; (2) ff. 33-40, 89-96, 137-144 ; (3) ff. 65-72 ; (4) ff. 153-160 ; (5) ff. 177-183. Enfin, une autre main, différente de toutes les précédentes, ajoute parfois une note en marge qui a été omise, comme aux ff. 4, 32 vo, 65, 72 vo.
M. Camb. Univ. Mm. 2.21 (Bern. Cat. ii. 9648). Contient uniquement le Conf. Amantis, sans « Explicit », etc. (la dernière feuille étant perdue). Parchemin, 183 feuillets, 14 × 9½ pouces. Cahiers de huit feuillets chacun avec mots-clés et signatures : colonnes doubles de 46 lignes ; résumés en latin généralement en marge, mais parfois dans le texte, comme dans A. Plusieurs mains, comme suit : (1) ff. 1-32, 41-64, 73-88, 97-136, 145-152, 161-176 ; (2) ff. 33-40, 89-96, 137-144 ; (3) ff. 65-72 ; (4) ff. 153-160 ; (5) ff. 177-183. Enfin, une autre main, différente de toutes les précédentes, ajoute parfois une note en marge qui a été omise, comme aux ff. 4, 32 vo, 65, 72 vo.
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La première partie, dans laquelle plus des deux tiers du livre est écrit, est assez nette : la troisième partie est bien plus grossière que les autres et également moins précise. Une bordure décorée de fleurs, dans un style plutôt bon, se trouve au début de chaque livre, à l’exception du troisième, du cinquième et du septième ; il y a aussi deux miniatures peintes de manière plutôt grossière, à savoir à la f. 4 verso, le rêve de Nabuchodonosor (le roi au lit, couronné), et à la f. 8, la Confession, une petite image curieuse dans la marge. Le prêtre pose sa stola sur la tête du pénitent, dont les traits semblent visiblement destinés à former un portrait. Il diffère cependant complètement de celui que nous avons dans A. Sous cette image, on trouve la note : « Hic fiat Garnimentum ». La dernière feuille est perdue ; elle contenait sans doute les expressions « Explicit », « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque », comme dans A. Les noms Stanhope et Yelverton sont écrits à la f. 39 (XVIe siècle), et « Margareta Straunge » sur la première feuille (XVIIe siècle). Plus tard, le livre appartint à l’évêque Moore de Norwich (n° 462 dans sa bibliothèque) et, avec le reste de ses livres, il passa à l’université de Cambridge en 1715, en tant que cadeau du roi. M est très étroitement lié à A, comme le montrent de très nombreux exemples de concordances particulières ; certaines considérations suggèrent même qu’il pourrait en réalité dériver de lui, par exemple l’écriture des vers latins dans la marge après la f. 80, qui, dans A, semble être liée à un changement de main, tandis que dans M elle commence au même endroit sans raison apparente. D’un autre côté, M présente de nombreuses leçons clairement indépendantes, soit pour corriger des erreurs et des omissions dans A, comme à Prol. 195, marge, 937, l. 673, marge, 924, 1336, 3445, l. 951, l. 2529, l. 620, soit pour proposer une leçon antérieure là où A en a une postérieure, par ex. Prol. 869, l. 1118, 1755, l. 961, 3516, l. 1939, l. 3914, 5524, etc. En ce qui concerne la correction du texte et de l’orthographe, M est bien inférieur à A, surtout en ce qui concerne la lettre finale « e » : par exemple, à la f. 53 verso :
Came neuer ȝit to mannes ere Cam A
Tiding | ne to mannes siȝt Tidinge ... sihte A
Merueil whiche so sore aflihte Merueile which A
Amannes herte as it þe dede þo A
To hym whoche in þe same stede him which A
P₁, anciennement Phillipps 2298, acheté en juin 1899 par M. B. Quaritch, qui m’a gentiment permis de le consulter. Parchemin, feuille mesurant environ 9 × 6½ pouces, double colonne de 39 lignes, écriture assez nette et continue, avec de nombreuses
Came neuer ȝit to mannes ere Cam A
Tiding | ne to mannes siȝt Tidinge ... sihte A
Merueil whiche so sore aflihte Merueile which A
Amannes herte as it þe dede þo A
To hym whoche in þe same stede him which A
P₁, anciennement Phillipps 2298, acheté en juin 1899 par M. B. Quaritch, qui m’a gentiment permis de le consulter. Parchemin, feuille mesurant environ 9 × 6½ pouces, double colonne de 39 lignes, écriture assez nette et continue, avec de nombreuses
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Contraction due à la petite taille de la feuille. Résumés en latin omis.
Aucune décoration. Le texte correspond au groupe AJM, pour autant que je l’aie examiné.
Bibliothèque de Ch. Chetham, Manchester, A. 6. 11 (Catalogue de Berne ii. 7151).
Contient Conf. Amantis avec « Explicit » (4 lignes) et « Quam cinxere. »
Parchemin, 126 feuillets, environ 15¼ × 10¾ pouces, cahiers généralement de 12 ou 14 feuilles.
Écrit de manière plutôt irrégulière en deux colonnes de 47-61 lignes, fin du XVe siècle. Aucun ornement. Les notes latines en marge sont presque entièrement omises, mais quelques notes anglaises en guise de résumé apparaissent occasionnellement en marge, peut-être d’une main postérieure.
Le premier feuillet est perdu ; le manuscrit commence à Prol. 193. Deux feuilles manquent également dans le deuxième cahier (i. 1092-1491) et une dans le dixième (viii. 2111-2343) ; mais en plus de ces défauts, il y a de nombreuses omissions, apparemment parce que le copiste s’est lassé de son travail, par ex. ii. 3155-3184, iii. 41-126, 817-842, 877-930, 1119-1196, iv. 17-72, 261-370, 569-704, 710-722, 915-968, 1117-1236, v. 72-112. Il y a aussi beaucoup d’omissions et de confusions dans v. 6101-7082. À la fin, sur un rouleau, on lit « Notehurste », ce qui indique probablement que le livre a été copié pour l’un des Chetham de Nuthurst, peut-être Thomas Chetham, mort en 1504. Le mot « Notehurst » apparaît également à la fin du manuscrit de Glasgow de la « Destruction de Troie », qui mentionne ailleurs les noms de John et Thomas Chetham de « Notehurst » comme propriétaires.
Dans le texte, il appartient au groupe AJM, et parfois, comme iv. 208, il se trouve seul avec J. Cependant, il y a de nombreuses corruption et l’orthographe est tardive et mauvaise.
N₂. New College, Oxford, 326. Contient uniquement Conf. Amantis (pas d’« Explicit »). Parchemin, 207 feuillets + 4 vierges, environ 13¾ × 9½ pouces, en cahiers de 8 avec mots-clés ; écrit proprement en deux colonnes de 40 lignes (ou 39). Pas de résumés ni de vers en latin. L’écriture change après f. 62 (à iii. 2164) et devient plutôt plus grande et plus ornée.
Deux feuilles manquent après f. 35, contenant ii. 1066-1377, et certaines des feuilles du manuscrit d’où il a été copié ont été déplacées, de sorte que iv. 2501-2684 vient après 2864, suivi de 3049-3232, puis de 2865-3048, et après ceux-ci de 3233 ff. (deux feuilles déplacées dans l’original). Les lignes omises laissent parfois des espaces vides, comme à i. 1044, 2527.
Aucune décoration. Le texte correspond au groupe AJM, pour autant que je l’aie examiné.
Bibliothèque de Ch. Chetham, Manchester, A. 6. 11 (Catalogue de Berne ii. 7151).
Contient Conf. Amantis avec « Explicit » (4 lignes) et « Quam cinxere. »
Parchemin, 126 feuillets, environ 15¼ × 10¾ pouces, cahiers généralement de 12 ou 14 feuilles.
Écrit de manière plutôt irrégulière en deux colonnes de 47-61 lignes, fin du XVe siècle. Aucun ornement. Les notes latines en marge sont presque entièrement omises, mais quelques notes anglaises en guise de résumé apparaissent occasionnellement en marge, peut-être d’une main postérieure.
Le premier feuillet est perdu ; le manuscrit commence à Prol. 193. Deux feuilles manquent également dans le deuxième cahier (i. 1092-1491) et une dans le dixième (viii. 2111-2343) ; mais en plus de ces défauts, il y a de nombreuses omissions, apparemment parce que le copiste s’est lassé de son travail, par ex. ii. 3155-3184, iii. 41-126, 817-842, 877-930, 1119-1196, iv. 17-72, 261-370, 569-704, 710-722, 915-968, 1117-1236, v. 72-112. Il y a aussi beaucoup d’omissions et de confusions dans v. 6101-7082. À la fin, sur un rouleau, on lit « Notehurste », ce qui indique probablement que le livre a été copié pour l’un des Chetham de Nuthurst, peut-être Thomas Chetham, mort en 1504. Le mot « Notehurst » apparaît également à la fin du manuscrit de Glasgow de la « Destruction de Troie », qui mentionne ailleurs les noms de John et Thomas Chetham de « Notehurst » comme propriétaires.
Dans le texte, il appartient au groupe AJM, et parfois, comme iv. 208, il se trouve seul avec J. Cependant, il y a de nombreuses corruption et l’orthographe est tardive et mauvaise.
N₂. New College, Oxford, 326. Contient uniquement Conf. Amantis (pas d’« Explicit »). Parchemin, 207 feuillets + 4 vierges, environ 13¾ × 9½ pouces, en cahiers de 8 avec mots-clés ; écrit proprement en deux colonnes de 40 lignes (ou 39). Pas de résumés ni de vers en latin. L’écriture change après f. 62 (à iii. 2164) et devient plutôt plus grande et plus ornée.
Deux feuilles manquent après f. 35, contenant ii. 1066-1377, et certaines des feuilles du manuscrit d’où il a été copié ont été déplacées, de sorte que iv. 2501-2684 vient après 2864, suivi de 3049-3232, puis de 2865-3048, et après ceux-ci de 3233 ff. (deux feuilles déplacées dans l’original). Les lignes omises laissent parfois des espaces vides, comme à i. 1044, 2527.
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D’après les armoiries qu’il contient, le livre semble avoir été écrit pour Thomas Mompesson de Bathampton, shérif du Wiltshire en 1478 (K. Meyer, John Gower’s Beziehungen, etc.). Il fut donné à John Mompesson par Sir Giles Mompesson en 1650, et au New College par Thomas Mompesson, membre de l’institution, en 1705.
Le texte est une combinaison de deux types : il comporte la dédicace de Lancaster au début, mais la conclusion appartient à la première révision. À l’examen, il s’avère que le scribe qui a écrit les huit premiers cahiers a suivi un manuscrit non pas de la classe F, mais de la classe SΔ (coïncidant par exemple avec S aux lignes 1881 f., 2017 ff., 2e partie, ligne 2387, 3e partie, lignes 168, 1241, et différant de F pour les lignes 2267 ff., 2343 ff., etc.), tandis que le copiste du reste a suivi l’une des versions révisées de la première révision. L’orthographe est médiocre.
E₂. Bibl. Egerton 913, British Museum. Un fragment contenant Conf. Amantis, du début jusqu’à la ligne 1701. Papier, 47 feuillets, 11½ × 8 pouces, en cahiers de 16 feuillets avec mots-clés ; une seule colonne, 30–37 lignes par page ; résumés en latin dans la marge. Trois mains : (1) folios 1–26, 31–36 ; (2) 27–30 ; (3) 37–47. Au verso du folio 26, il y a une omission des lignes 387–570 (un feuillet de 184 lignes perdu lors de la copie) ; cela est compensé par l’insertion de quatre feuillets après le folio 26, contenant les lignes 375–580. Le texte appartient au groupe révisé, comme le montrent les références Prol. 6, 7, 115, 659, 869, ligne 162, 278, 368, 1262, etc.
(b) Intermédiaire.
H₁. Harleian 3490, British Museum. Contient, aux folios 1–6, le St Edmund’s Speculum Religiosorum, et aux folios 8–215, la Confessio Amantis, inachevée au verso du folio 215. Parchemin, 215 feuillets, 14½ × 10 pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés ; double colonne de 34–51 lignes ; écriture petite et nette du milieu du XVe siècle, avec quelques corrections, peut-être de la même main. Résumés en latin dans le texte, soulignés en rouge. Un feuillet blanc a été retiré après le folio 6, et le folio 7 est laissé vide, de sorte que Gower commence sur le premier feuillet du deuxième cahier. Le texte est inachevé à la ligne 3062* du huitième livre, une partie de la dernière page restant blanche. Pages décorées au début des livres ainsi qu’au folio 11, avec diverses armoiries peintes.
Le texte est une combinaison de deux types : il comporte la dédicace de Lancaster au début, mais la conclusion appartient à la première révision. À l’examen, il s’avère que le scribe qui a écrit les huit premiers cahiers a suivi un manuscrit non pas de la classe F, mais de la classe SΔ (coïncidant par exemple avec S aux lignes 1881 f., 2017 ff., 2e partie, ligne 2387, 3e partie, lignes 168, 1241, et différant de F pour les lignes 2267 ff., 2343 ff., etc.), tandis que le copiste du reste a suivi l’une des versions révisées de la première révision. L’orthographe est médiocre.
E₂. Bibl. Egerton 913, British Museum. Un fragment contenant Conf. Amantis, du début jusqu’à la ligne 1701. Papier, 47 feuillets, 11½ × 8 pouces, en cahiers de 16 feuillets avec mots-clés ; une seule colonne, 30–37 lignes par page ; résumés en latin dans la marge. Trois mains : (1) folios 1–26, 31–36 ; (2) 27–30 ; (3) 37–47. Au verso du folio 26, il y a une omission des lignes 387–570 (un feuillet de 184 lignes perdu lors de la copie) ; cela est compensé par l’insertion de quatre feuillets après le folio 26, contenant les lignes 375–580. Le texte appartient au groupe révisé, comme le montrent les références Prol. 6, 7, 115, 659, 869, ligne 162, 278, 368, 1262, etc.
(b) Intermédiaire.
H₁. Harleian 3490, British Museum. Contient, aux folios 1–6, le St Edmund’s Speculum Religiosorum, et aux folios 8–215, la Confessio Amantis, inachevée au verso du folio 215. Parchemin, 215 feuillets, 14½ × 10 pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés ; double colonne de 34–51 lignes ; écriture petite et nette du milieu du XVe siècle, avec quelques corrections, peut-être de la même main. Résumés en latin dans le texte, soulignés en rouge. Un feuillet blanc a été retiré après le folio 6, et le folio 7 est laissé vide, de sorte que Gower commence sur le premier feuillet du deuxième cahier. Le texte est inachevé à la ligne 3062* du huitième livre, une partie de la dernière page restant blanche. Pages décorées au début des livres ainsi qu’au folio 11, avec diverses armoiries peintes.
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Le texte fourni par ce manuscrit est de type intermédiaire. Parfois, on y trouve des concordances avec AJM et autres plutôt qu’avec ERC et autres, comme dans Prol. 6, 7, i. 162, 630, 1755, 1768 et suiv., 1934, etc., et dans une grande partie du cinquième livre il passe définitivement, en compagnie de XG et autres, dans la catégorie révisée ; cependant il ne contient pas les leçons caractéristiques de XG. Parfois, il reste isolé de la première révision, en compagnie de F et autres, comme à iv. 2414, vii. 1749, viii. 2098, et surtout pour les trois passages i. 2267 et suiv., 2343 et suiv., 2369 et suiv. En termes de correction individuelle du texte et de l’orthographe, le manuscrit n’est pas de très haute qualité ; il est particulièrement mauvais en ce qui concerne l’insertion ou l’omission de la lettre finale « e », comme dans « Wherof him ouht welle to drede », « Ayenste the poyntes of the beleue », « Of whome that he taketh eny hede ». Il utilise régulièrement « þ » à la place de « þ » et « y » à la place de « ȝ ».
Y. En possession du marquis de Bute, grâce à sa bienveillance j’ai pu l’examiner. Il contient la Confessio Amantis, incomplète au début et à la fin. Parchemin, 15½ × 10¾ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec des mots-clés sur des rouleaux. Très bien écrit en double colonne de 50 lignes, début du XVe siècle. Résumés en latin dans le texte (en rouge). Pages fleuries finement illustrées au début de chaque livre, avec de belles peintures d’initiales grandes, certaines comportant des figures d’animaux, dans un style qui semble antérieur au XVe siècle. Espace laissé au f. 2, apparemment pour deux miniatures, avant et après les lignes latines suivant le f. 202.
Commence par le dernier résumé latin du Prologue, « Arion nuper citharista », suivi du Prol. 1053, « Bot wolde god », etc., ayant perdu six feuillets. De nouveau, après le f. 819, neuf feuillets sont manquants, jusqu’au f. 2490, ainsi qu’un feuillet contenant les vers 2367 à 88 : le livre se termine au f. 2799, deux ou trois feuillets étant également perdus ici. Le livre appartenait au premier marquis de Bute, qui avait sa bibliothèque à Luton. Actuellement il se trouve à St. John’s Lodge, Regent’s Park.
C’est un bon manuscrit, soigneusement écrit et finement décoré. Il y a très peu de contractions, et en particulier la terminaison -oun est généralement écrite complètement, comme « confessioun » au f. 202, « resoun » au f. 1111, « devocioun », « contemplacioun » au f. 7125 et suiv., et cela est écrit régulièrement pour þ. En ce qui concerne l’exactitude et l’orthographe individuelles, il est assez correct, mais le scribe ajoute très librement -e à la fin des mots. Le type de texte représenté est évidemment intermédiaire dans une certaine mesure, mais je n’ai pas pu l’examiner suffisamment pour déterminer son caractère exact. Il soutient le groupe révisé dans un certain nombre de passages, par exemple aux f. 264, 630, 3374, 3396, 3416, 2, 31, 1328, 1758, etc., parfois en compagnie de H₁ et parfois non. En particulier, on peut noter le passage du f. 3374 et suiv., où dans certaines lignes il est révisé comme mentionné ci-dessus, et dans d’autres, comme aux f. 3381, 3414, 3443, il conserve le texte antérieur. Parfois, Y semble avoir tendance à se regrouper avec B, comme aux f. 208, 604, et à d’autres endroits on trouve YE ou YEC formant un groupe en accord avec B, comme aux f. 161, 633, 1946, 3879.
Y. En possession du marquis de Bute, grâce à sa bienveillance j’ai pu l’examiner. Il contient la Confessio Amantis, incomplète au début et à la fin. Parchemin, 15½ × 10¾ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec des mots-clés sur des rouleaux. Très bien écrit en double colonne de 50 lignes, début du XVe siècle. Résumés en latin dans le texte (en rouge). Pages fleuries finement illustrées au début de chaque livre, avec de belles peintures d’initiales grandes, certaines comportant des figures d’animaux, dans un style qui semble antérieur au XVe siècle. Espace laissé au f. 2, apparemment pour deux miniatures, avant et après les lignes latines suivant le f. 202.
Commence par le dernier résumé latin du Prologue, « Arion nuper citharista », suivi du Prol. 1053, « Bot wolde god », etc., ayant perdu six feuillets. De nouveau, après le f. 819, neuf feuillets sont manquants, jusqu’au f. 2490, ainsi qu’un feuillet contenant les vers 2367 à 88 : le livre se termine au f. 2799, deux ou trois feuillets étant également perdus ici. Le livre appartenait au premier marquis de Bute, qui avait sa bibliothèque à Luton. Actuellement il se trouve à St. John’s Lodge, Regent’s Park.
C’est un bon manuscrit, soigneusement écrit et finement décoré. Il y a très peu de contractions, et en particulier la terminaison -oun est généralement écrite complètement, comme « confessioun » au f. 202, « resoun » au f. 1111, « devocioun », « contemplacioun » au f. 7125 et suiv., et cela est écrit régulièrement pour þ. En ce qui concerne l’exactitude et l’orthographe individuelles, il est assez correct, mais le scribe ajoute très librement -e à la fin des mots. Le type de texte représenté est évidemment intermédiaire dans une certaine mesure, mais je n’ai pas pu l’examiner suffisamment pour déterminer son caractère exact. Il soutient le groupe révisé dans un certain nombre de passages, par exemple aux f. 264, 630, 3374, 3396, 3416, 2, 31, 1328, 1758, etc., parfois en compagnie de H₁ et parfois non. En particulier, on peut noter le passage du f. 3374 et suiv., où dans certaines lignes il est révisé comme mentionné ci-dessus, et dans d’autres, comme aux f. 3381, 3414, 3443, il conserve le texte antérieur. Parfois, Y semble avoir tendance à se regrouper avec B, comme aux f. 208, 604, et à d’autres endroits on trouve YE ou YEC formant un groupe en accord avec B, comme aux f. 161, 633, 1946, 3879.
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X. Society of Antiquaries, 134. Contient, aux ff. 1-30, la Vie de la Vierge de Lydgate (imparfaite au début) ; le f. 1 commence au chapitre XIII. « Therefore quod pees », aux ff. 30-249, la Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque », aux ff. 250-283, le Regement of Princes de Hoccleve, avec « Explicit Thomas Occlef », et enfin, aux ff. 283 verso, une version métrique de Boèce [de John Walton d’Osney], dont les dernières pages sont manquantes ; elle se termine par « Amonges hem þat dwellen nyȝe present ». Parchemin, ff. 297, environ 15 × 11 pouces, en cahiers de 8 feuillets sans mots-clés, écriture bonne et régulière. La Confessio Amantis est présentée en double colonne de 41 lignes. Résumés en latin dans le texte (en rouge). Bordures décoratives au début de chaque livre, ainsi que place pour une miniature du Rêve de Nabuchodonosor au f. 34 verso. Un feuillet manquant entre les ff. 134 et 135, contenant les vers 1159-1318. Le livre appartenait autrefois au révérend Charles Lyttelton, LL.D., qui note qu’il provenait à l’origine de l’abbaye de Hales Owen. Je remercie le bibliothécaire de la Society of Antiquaries d’avoir eu la courtoisie de me permettre d’accéder au manuscrit. Le texte appartient au type intermédiaire : il passe, dans une partie du cinquième livre, avec H₁ etc., au groupe révisé, mais ne soutient pas beaucoup les lectures révisées ailleurs. Il forme cependant un sous-groupe distinct avec GOAd₂, ces manuscrits présentant des lectures apparemment propres à eux-mêmes dans plusieurs passages, par ex. vers 3688 et après le vers 6848. L’orthographe n’est pas très bonne ; en particulier, la finale « e » est ajoutée très librement sans justification. On trouve également de nombreuses terminaisons en -is, -id, -ir, comme « servantis », « goodis », « nedis », « ellis », « crokid », « clepid », « vsid », « chambir », « aftir », et ȝ utilisé généralement pour gh (h), comme « hyȝe », « nyȝe », « ouȝt », « lawȝe », « sleyȝtis », etc. Le texte est cependant correct, et son utilisation par Halliwell dans son Dictionnaire l’a préservé de certains erreurs des éditions imprimées. Le scribe avait tendance à omettre occasionnellement des lignes pour les insérer en bas de la colonne ; certaines, comme la ligne 2343, sont simplement omises sans être remplacées.
G. Glasgow, Hunterian Museum, S. i. 7. Contient la Confessio Amantis, imparfaite à la fin. Parchemin, ff. 181 (numérotés 179 par doublage de 94 et 106), avec deux espaces vides au début, 16½ × 10¾ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés ; écriture claire et régulière en double colonne de 46 lignes, début du XVe siècle. Résumés en latin dans le texte (en rouge). Page fleurie au début de chaque livre, pour autant qu’elles subsistent, ainsi que majuscules illustrées. De nombreux mots-clés manquent à cause du découpage des marges : il s’agissait sans doute autrefois d’un livre très volumineux.
G. Glasgow, Hunterian Museum, S. i. 7. Contient la Confessio Amantis, imparfaite à la fin. Parchemin, ff. 181 (numérotés 179 par doublage de 94 et 106), avec deux espaces vides au début, 16½ × 10¾ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés ; écriture claire et régulière en double colonne de 46 lignes, début du XVe siècle. Résumés en latin dans le texte (en rouge). Page fleurie au début de chaque livre, pour autant qu’elles subsistent, ainsi que majuscules illustrées. De nombreux mots-clés manquent à cause du découpage des marges : il s’agissait sans doute autrefois d’un livre très volumineux.
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Le manuscrit a perdu une dizaine de feuillets à la fin, et huit ailleurs. Cependant, sauf dans un cas, l’endroit du feuillet manquant est comblé par un nouveau feuillet inséré ; l’un d’eux contient la partie du texte manquante copiée d’une édition antérieure, tandis que les autres sont vierges. Les feuillets perdus sont pour la plupart ceux qui auraient probablement comporté des miniatures ou des illustrations, y compris le début des premiers livres, deuxième, sixième, septième et huitième. Les pertes sont les suivantes : f. 4 (contenant le Prologue 504-657, probablement avec une miniature) ; le texte a été ajouté plus tard par une autre main ; f. 7 (Prologue 984–i. 30) ; f. 9 (i. 199-336, probablement avec une miniature) ; f. 28 (i. 3402–ii. 108) ; f. 129 (131) (v. 7718–vi. 40) ; f. 143 (145) (vi. 2343–vii. 60) ; un feuillet après f. 175 (177) (vii. 5399–viii. 126) ; f. 177 (179) (viii. 271–441) ; et tous les feuillets après f. 179 (181), c’est-à-dire de viii. 783 jusqu’à la fin. Un ancien propriétaire (XVIIe siècle) affirme : « Ce livre, comme me l’a dit le gentilhomme qui me l’a offert, appartenait à l’origine à l’abbaye de Bury, dans le Suffolk. » Si c’est vrai, la Confessio Amantis a probablement été lue dans cette copie par Lydgate. Je suis profondément redevable au Dr Young, bibliothécaire du Hunterian Museum, pour les efforts qu’il a déployés afin de me permettre d’accéder à ce manuscrit exceptionnel. Le manuscrit de Glasgow est particulièrement lié à X (iv. 2773, v. 1486, 3582, 3688, 4110, 6848 et suiv., vi. 101, vii. 769, etc.) et appartient plus généralement au groupe H₁X, etc., lequel passe presque entièrement à la version révisée dans une grande partie du cinquième livre. Le texte est cependant, dans l’ensemble, bien meilleur que celui de X, étant à la fois plus correct individuellement et se trouvant plus fréquemment du côté des lectures corrigées, par exemple i. 2836, ii. 1441, 1867, v. 781, 1203, 2996, 4425, 5966, 6839, 7223, 7630, vi. 86, 746 (corrigé), 1437, vii. 510, 1361, 1574, 2337, 3902, viii. 568. À au moins un endroit, vii. 1574, il est unique par rapport à la première révision, tandis qu’à d’autres, comme v. 4425, 5966, 7630, vi. 746, 1437, etc., il n’est accompagné que de J. D’un autre côté, dans certains passages, comme v. 5802, 6019, 6257, vii. 1172 (marge), etc., G présente une lecture antérieure tandis que X en a une postérieure ; il existe également toute une série de passages où G, parfois en compagnie de X, semble présenter une sorte de lien particulier avec B (BT), comme ii. 1925, iii. 733, iv. 2295, 2508, v. 4, 536, 2508, 3964, 4072, 7048, vi. 1267, 1733, vii. 3748, 4123, etc. Le livre est écrit avec soin et corrigé de la même main, par exemple v. 3145, 5011, vi. 430, 746, vii. 4233. L’orthographe est assez bonne ; en particulier, elle contraste avec celle de X en ce qui concerne la lettre finale e. Cette lettre est rarement insérée à tort, et lorsqu’elle est omise, c’est généralement en des endroits où le mètre n’en est pas affecté. La ponctuation se trouve souvent au cours de la ligne, mais pas à sa fin.
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O. Stowe 950, British Museum. Confessio Amantis, incomplète au début et à la fin. Parchemin, 175 feuillets (177 si l’on compte les feuillets d’un autre livre collés sur la reliure), 14¼ × 10 pouces, en huit cahiers avec mots-clés et signatures, colonne double de 44-46 lignes ; écriture petite et nette. Résumés en latin dans le texte (en rouge). Aucune page décorée. A perdu sept feuillets du premier cahier, jusqu’au f. 165 (inclus), ainsi qu’un feuillet après le f. 16 (f. 2641-2991), un feuillet après le f. 35 (f. 2486-2645), deux feuillets après le f. 44 (f. 673-998), un feuillet après le f. 97 (f. 3714-3898), deux feuillets après le f. 108 (f. 5832-6184), deux feuillets après le f. 136 (f. 771-1111), et au moins quatre feuillets à la fin (après f. 2549). Appartenait autrefois à Lord Ashburnham. Dans le texte, il appartient au groupe XG, étant en accord avec lui, par exemple aux f. 3688, 6848, et en général avec H₁XG, où ils se trouvent ensemble (dans la mesure où j’ai examiné le livre), par exemple dans les vers latins après le f. 2858 (« Ultra testes falsos », « penitus ») et dans les variantes des f. 1893, 1906, 2694, 3110, etc. L’écriture ressemble quelque peu à celle de H₁ : l’orthographe est parfois assez bonne, mais irrégulière ; particulièrement mauvaise au début. Le mètre est généralement bon.
Ad₂. 22139 supplémentaire, British Museum. Confessio Amantis, incomplète, avec le récit de l’auteur sur ses livres, « Quia vnusquisque », à la fin, suivi des poèmes de Chaucer, « To you my purse », « The firste stok », « Some time this worlde », « Fle fro the pres ». Parchemin, 138 feuillets, 13¾ × 10¼ pouces, en huit cahiers avec mots-clés : écriture régulière et dense en colonne double de 53 lignes, réalisée par deux mains, la première (f. 1-71) assez pointue, la seconde plus ronde et plus petite. Date de 1432 indiquée sur un blason au f. 1. Résumés en latin dans le texte (en rouge). Bords illustrés au début des livres (sauf le huitième) et de nombreuses majuscules dorées : une miniature découpée au f. 4 (avant le Prologue 595). Les premiers feuillets sont fortement endommagés : le f. 1 ne contient plus que deux lignes (le f. 2 commence le Prologue 177), le f. 3 a perdu le Prologue 455-478 et 505-527, etc. ; le f. 4 présente une miniature découpée, avec le Prologue 716-726 de l’autre côté ; le f. 6 a perdu le Prologue 979-1061. Après le f. 7, dix-sept feuillets manquent (f. 199 du premier cahier au f. 56 du deuxième) ; après le f. 31 (à l’origine 48), deux cahiers (seize feuillets) sont perdus et le f. 32 est endommagé (f. 1150 du troisième cahier au f. 1517 du quatrième) ; après le f. 81, un feuillet manque (f. 7807 du cinquième cahier au f. 154 du sixième). Acquis par le British Museum auprès de Thos. Kerslake de Bristol en 1857.
Ad₂. 22139 supplémentaire, British Museum. Confessio Amantis, incomplète, avec le récit de l’auteur sur ses livres, « Quia vnusquisque », à la fin, suivi des poèmes de Chaucer, « To you my purse », « The firste stok », « Some time this worlde », « Fle fro the pres ». Parchemin, 138 feuillets, 13¾ × 10¼ pouces, en huit cahiers avec mots-clés : écriture régulière et dense en colonne double de 53 lignes, réalisée par deux mains, la première (f. 1-71) assez pointue, la seconde plus ronde et plus petite. Date de 1432 indiquée sur un blason au f. 1. Résumés en latin dans le texte (en rouge). Bords illustrés au début des livres (sauf le huitième) et de nombreuses majuscules dorées : une miniature découpée au f. 4 (avant le Prologue 595). Les premiers feuillets sont fortement endommagés : le f. 1 ne contient plus que deux lignes (le f. 2 commence le Prologue 177), le f. 3 a perdu le Prologue 455-478 et 505-527, etc. ; le f. 4 présente une miniature découpée, avec le Prologue 716-726 de l’autre côté ; le f. 6 a perdu le Prologue 979-1061. Après le f. 7, dix-sept feuillets manquent (f. 199 du premier cahier au f. 56 du deuxième) ; après le f. 31 (à l’origine 48), deux cahiers (seize feuillets) sont perdus et le f. 32 est endommagé (f. 1150 du troisième cahier au f. 1517 du quatrième) ; après le f. 81, un feuillet manque (f. 7807 du cinquième cahier au f. 154 du sixième). Acquis par le British Museum auprès de Thos. Kerslake de Bristol en 1857.
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Le texte est étroitement lié à celui de X, mais il n’a pas été copié directement à partir de ce manuscrit lui-même (voir ii. 1711, vii. 92, viii. 2650). On y trouve çà et là des corrections d’une main quelque peu postérieure, par exemple à ii. 671, 1045, 1457, iii. 1052, iv. 2922 ; certaines de ces corrections consistent en l’ajout de lignes qui avaient été omises. À v. 3688, la leçon habituelle a sans doute été substituée à celle de X, et dans certains cas les modifications sont erronées, comme à vii. 2639, viii. 51. Le manuscrit présente de nombreux erreurs individuelles et l’orthographe est plutôt mauvaise.
Cath. St. Catharine’s Coll., Camb. Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque ». Parchemin, ff. 188, 17¾ × 12¼ pouces, en quires de 8 feuilles portant des mots-clés ; bien écrit en double colonne de 47 lignes, puis 40, avant le milieu du XVe siècle. Résumés latins dans le texte (en rouge). Bord entièrement fleuri au début de chaque livre : miniature sur f. 4 verso du Rêve de Nabuchodonosor, et sur f. 8 verso de la Confession (prêtre sur un tabouret à gauche de l’image, posant sa main mais non son étole sur la tête du pénitent), assez bien peinte. Des feuillets manquent, ceux qui contenaient i. 3089-3276, ii. 3331-3518, v. 1182-1363, 6225-6388, vi. 107-460, vii. 984-1155, et viii. 2941-3114* ; le dernier feuillet contenant « Explicit », etc., est maintenant placé au début du volume. Il y a une confusion dans le texte du troisième livre : iii. 236-329 est répété après 678 et 679-766 ont été omis ; il y a également une omission considérable dans le quatrième (iv. 2033-3148) sans perte de feuillets dans ce manuscrit (l’affirmation selon laquelle sept feuillets seraient perdus ici est une erreur). Dans le passage vii. 1486-2678, plusieurs feuillets ont été déplacés au sein du quire. Donné au collège en 1740 par Wm. Bohun de Beccles (Suffolk), à qui son arrière-grand-père, Baxter Bohun, l’avait donné en 1652 par l’intermédiaire de sa « grand-mère Lany ». Le texte est de type plutôt irrégulier, mais correspond souvent au groupe XGO. Il comporte de nombreuses erreurs et l’orthographe est mauvaise.
Q. Appartenait au défunt M. B. Quaritch, qui m’a gentiment permis de l’examiner brièvement. Parchemin, feuillets mesurant environ 14 × 8¾ pouces, en double colonne de 49 lignes, bien écrit, début du XVe siècle. Se termine par la liste des livres de l’auteur, « Quia vnusquisque ». Pages fleuries au début des livres et une belle miniature de la Confession sur f. 3, de type plutôt inhabituel : le prêtre assis à gauche de l’image et le pénitent à une petite distance. Résumés latins dans le texte (en rouge). Commence par une Prologue.
Cath. St. Catharine’s Coll., Camb. Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque ». Parchemin, ff. 188, 17¾ × 12¼ pouces, en quires de 8 feuilles portant des mots-clés ; bien écrit en double colonne de 47 lignes, puis 40, avant le milieu du XVe siècle. Résumés latins dans le texte (en rouge). Bord entièrement fleuri au début de chaque livre : miniature sur f. 4 verso du Rêve de Nabuchodonosor, et sur f. 8 verso de la Confession (prêtre sur un tabouret à gauche de l’image, posant sa main mais non son étole sur la tête du pénitent), assez bien peinte. Des feuillets manquent, ceux qui contenaient i. 3089-3276, ii. 3331-3518, v. 1182-1363, 6225-6388, vi. 107-460, vii. 984-1155, et viii. 2941-3114* ; le dernier feuillet contenant « Explicit », etc., est maintenant placé au début du volume. Il y a une confusion dans le texte du troisième livre : iii. 236-329 est répété après 678 et 679-766 ont été omis ; il y a également une omission considérable dans le quatrième (iv. 2033-3148) sans perte de feuillets dans ce manuscrit (l’affirmation selon laquelle sept feuillets seraient perdus ici est une erreur). Dans le passage vii. 1486-2678, plusieurs feuillets ont été déplacés au sein du quire. Donné au collège en 1740 par Wm. Bohun de Beccles (Suffolk), à qui son arrière-grand-père, Baxter Bohun, l’avait donné en 1652 par l’intermédiaire de sa « grand-mère Lany ». Le texte est de type plutôt irrégulier, mais correspond souvent au groupe XGO. Il comporte de nombreuses erreurs et l’orthographe est mauvaise.
Q. Appartenait au défunt M. B. Quaritch, qui m’a gentiment permis de l’examiner brièvement. Parchemin, feuillets mesurant environ 14 × 8¾ pouces, en double colonne de 49 lignes, bien écrit, début du XVe siècle. Se termine par la liste des livres de l’auteur, « Quia vnusquisque ». Pages fleuries au début des livres et une belle miniature de la Confession sur f. 3, de type plutôt inhabituel : le prêtre assis à gauche de l’image et le pénitent à une petite distance. Résumés latins dans le texte (en rouge). Commence par une Prologue.
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342, ayant perdu deux feuillets ici, et ayant également perdu les pages Prol. 529-688, Prol. 842-85, et peut-être davantage.
Le livre appartenait autrefois à un marquis de Hastings.
C’est un bon manuscrit, et l’orthographe est assez correcte. Je le place provisoirement ici, car ses leçons semblent montrer une tendance vers le groupe XG.
(c) Non révisé.
E. Egerton 1991, British Museum. Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes), « Quam cinxere », et « Quia vnusquisque », suivi de « Deo Gracias. And þanne ho no more ». Parchemin, ff. 214, 15¼ × 10 pouces, en quires de 8, avec mots-clés : écrit régulièrement d’une très belle main grande, en double colonne de 42 lignes, début du XVe siècle. Résumés en latin dans le texte (en rouge).
Pages fleuronnées au début des livres, et une miniature finement peinte de la Confession sur f. 7 verso.
Deux feuillets perdus, à l’origine les ff. 1 et 3, contenant les pages Prol. 1-134 et 454-594. Le livre a également souffert de l’humidité, et certaines parties des premiers et derniers feuillets sont tellement décolorées qu’elles sont illisibles.
Une note du XVIIe siècle sur f. 1 verso nous indique que le livre a été donné, le 5 avril 1609, « au château de Skarborough » à Lady Eliz. Dymoke par sa tante, Lady Catherine Burghe, fille de Lord Clynton, qui devint plus tard comte de Lincoln et amiral en chef ; il lui parvint par sa mère, Lady Eliz. Talboys. Sur f. 2 se trouve le registre de naissance de Master Harry Clinton, fils et héritier de Lord Clinton, né à Canterbury le 6 juin 1542. Le nom Willoughby apparaît également dans le livre (XVIe siècle), et sur une page intercalée au début on trouve « John Brograve, 1682 », avec des lignes en latin sous forme d’acrostiche sur sa famille, signées « Thomas Tragiscus, Bohemus ». Acheté par le British Museum le 6 août 1865, lors de la vente de Lord Charlemont.
Le texte de ce beau manuscrit appartient clairement au groupe non révisé. En même temps, son original devait comporter quelques corrections, et certaines apparaissent également sur ce manuscrit. Il se distingue, parmi les premières versions, par des concordances avec S et F dans quelques passages, comme au v. 5438, vi. 1954, vii. 4318 en marge, ainsi qu’avec J en ii. 2576, iii. 176, v. 4989 et suiv., 7327, vii. 3484. Il présente aussi certains liens avec B (BTΛ), étant soit en accord avec C (ou YC), comme en iii. 633, v. 3688, 3814, 5667, 6318, soit de manière indépendante, comme en Prol. 169, i. 2122, ii. 1353, iv. 3401, v. 3992, 6336, vii. 323, 978, viii. 1761, 2706.
Le livre appartenait autrefois à un marquis de Hastings.
C’est un bon manuscrit, et l’orthographe est assez correcte. Je le place provisoirement ici, car ses leçons semblent montrer une tendance vers le groupe XG.
(c) Non révisé.
E. Egerton 1991, British Museum. Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes), « Quam cinxere », et « Quia vnusquisque », suivi de « Deo Gracias. And þanne ho no more ». Parchemin, ff. 214, 15¼ × 10 pouces, en quires de 8, avec mots-clés : écrit régulièrement d’une très belle main grande, en double colonne de 42 lignes, début du XVe siècle. Résumés en latin dans le texte (en rouge).
Pages fleuronnées au début des livres, et une miniature finement peinte de la Confession sur f. 7 verso.
Deux feuillets perdus, à l’origine les ff. 1 et 3, contenant les pages Prol. 1-134 et 454-594. Le livre a également souffert de l’humidité, et certaines parties des premiers et derniers feuillets sont tellement décolorées qu’elles sont illisibles.
Une note du XVIIe siècle sur f. 1 verso nous indique que le livre a été donné, le 5 avril 1609, « au château de Skarborough » à Lady Eliz. Dymoke par sa tante, Lady Catherine Burghe, fille de Lord Clynton, qui devint plus tard comte de Lincoln et amiral en chef ; il lui parvint par sa mère, Lady Eliz. Talboys. Sur f. 2 se trouve le registre de naissance de Master Harry Clinton, fils et héritier de Lord Clinton, né à Canterbury le 6 juin 1542. Le nom Willoughby apparaît également dans le livre (XVIe siècle), et sur une page intercalée au début on trouve « John Brograve, 1682 », avec des lignes en latin sous forme d’acrostiche sur sa famille, signées « Thomas Tragiscus, Bohemus ». Acheté par le British Museum le 6 août 1865, lors de la vente de Lord Charlemont.
Le texte de ce beau manuscrit appartient clairement au groupe non révisé. En même temps, son original devait comporter quelques corrections, et certaines apparaissent également sur ce manuscrit. Il se distingue, parmi les premières versions, par des concordances avec S et F dans quelques passages, comme au v. 5438, vi. 1954, vii. 4318 en marge, ainsi qu’avec J en ii. 2576, iii. 176, v. 4989 et suiv., 7327, vii. 3484. Il présente aussi certains liens avec B (BTΛ), étant soit en accord avec C (ou YC), comme en iii. 633, v. 3688, 3814, 5667, 6318, soit de manière indépendante, comme en Prol. 169, i. 2122, ii. 1353, iv. 3401, v. 3992, 6336, vii. 323, 978, viii. 1761, 2706.
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Le scribe semblait avoir un bon sens du mètre, et il se trompe rarement en ce qui concerne l’orthographe qui affecte les vers, bien qu’il ait tendance à omettre la finale e en cas d’élision. Parfois cependant, il supprime des mots, comme « swerd », v. 433, « so », v. 122, « chaste », v. 6277. Dans l’ensemble, le texte E est probablement le meilleur de sa catégorie.
C. Corpus Christi Coll., Oxf. 67 (Bern. Cat. i. 2. 1534). Confessio Amantis avec « Explicit » (quatre lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque », suivis de « Deo Gracias ». Parchemin, grand format in-folio, 209 feuillets, dont trois vierges, en quires de 8 avec mots-clés : écrit en double colonne d’une belle main du premier quart du XVe siècle. Résumés latins dans le texte (en rouge). Pages avec bordures complètes au début des livres (sauf le Livre I), et deux miniatures très belles : f. 4 verso, l’Image de Nabuchodonosor ; f. 9 verso, la Confession (prêtre posant la stola sur la tête du jeune pénitent). Le livre a perdu quatre feuillets : le deuxième du premier quire (Prol. 144-301), le dernier du 22e et le premier du 23e (vii. 3137-3416), ainsi que le premier du 26e (viii. 1569-1727). On trouve sur le dernier feuillet, d’une main peut-être datant du XVe siècle, « Liber partinet Thomam Crispe Ciuem et Mercerium Londiniarum » ; sur la page de garde en début de livre, un motif portant le même nom, ainsi que A. Crispe, F. Crispe, W. Rawson, Anne Rawson. « Augusten Crispe me Iure tenet » est écrit sur le premier feuillet du texte, ainsi que « Liber Willelmi Rawson Ao. Dni 1580 ». Enfin, « Liber C. C. C. Oxon. 1676 ». Le motif mentionné ci-dessus apparaît également dans la décoration du livre, tant au début qu’à la fin, mais le manuscrit a dû être écrit bien avant l’époque de Thomas Crispe. Il s’agit d’une bonne copie du groupe non révisé, ayant, comme nous l’avons vu, une certaine relation avec E, mais une orthographe moins bonne, surtout en ce qui concerne la finale e. Pour une relation particulière avec B, voir i. 2234, iv. 359, etc. CL semblent être particulièrement liés en certains endroits, comme Prol. 937 f., i. 94, 161, 165, 433, 916, mais pas partout. Il y a quelques corrections par effacement de la finale e, et une ligne ajoutée par une autre main, vi. 1028. Pas de ponctuation.
R. Reg. 18. C. xxii, British Museum. Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque ». Parchemin, 206 feuillets, 14¼ × 3¾ pouces, en quires de 8 avec mots-clés : double colonne de 44 lignes, bien écrite, premier quart du XVe siècle. Texte latin dans le texte (en rouge). Bordure fleurie de la première page avec une miniature de la Confession dans la lettre initiale O ; également une miniature.
C. Corpus Christi Coll., Oxf. 67 (Bern. Cat. i. 2. 1534). Confessio Amantis avec « Explicit » (quatre lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque », suivis de « Deo Gracias ». Parchemin, grand format in-folio, 209 feuillets, dont trois vierges, en quires de 8 avec mots-clés : écrit en double colonne d’une belle main du premier quart du XVe siècle. Résumés latins dans le texte (en rouge). Pages avec bordures complètes au début des livres (sauf le Livre I), et deux miniatures très belles : f. 4 verso, l’Image de Nabuchodonosor ; f. 9 verso, la Confession (prêtre posant la stola sur la tête du jeune pénitent). Le livre a perdu quatre feuillets : le deuxième du premier quire (Prol. 144-301), le dernier du 22e et le premier du 23e (vii. 3137-3416), ainsi que le premier du 26e (viii. 1569-1727). On trouve sur le dernier feuillet, d’une main peut-être datant du XVe siècle, « Liber partinet Thomam Crispe Ciuem et Mercerium Londiniarum » ; sur la page de garde en début de livre, un motif portant le même nom, ainsi que A. Crispe, F. Crispe, W. Rawson, Anne Rawson. « Augusten Crispe me Iure tenet » est écrit sur le premier feuillet du texte, ainsi que « Liber Willelmi Rawson Ao. Dni 1580 ». Enfin, « Liber C. C. C. Oxon. 1676 ». Le motif mentionné ci-dessus apparaît également dans la décoration du livre, tant au début qu’à la fin, mais le manuscrit a dû être écrit bien avant l’époque de Thomas Crispe. Il s’agit d’une bonne copie du groupe non révisé, ayant, comme nous l’avons vu, une certaine relation avec E, mais une orthographe moins bonne, surtout en ce qui concerne la finale e. Pour une relation particulière avec B, voir i. 2234, iv. 359, etc. CL semblent être particulièrement liés en certains endroits, comme Prol. 937 f., i. 94, 161, 165, 433, 916, mais pas partout. Il y a quelques corrections par effacement de la finale e, et une ligne ajoutée par une autre main, vi. 1028. Pas de ponctuation.
R. Reg. 18. C. xxii, British Museum. Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque ». Parchemin, 206 feuillets, 14¼ × 3¾ pouces, en quires de 8 avec mots-clés : double colonne de 44 lignes, bien écrite, premier quart du XVe siècle. Texte latin dans le texte (en rouge). Bordure fleurie de la première page avec une miniature de la Confession dans la lettre initiale O ; également une miniature.
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f. 4 verso de l’Image du rêve de Nabuchodonosor (colline avec pierre à gauche de l’image), et demi-bordures au début des livres, sauf pour le Livre I. Deux espaces vides coupés à la fin, sur l’un desquels est inscrit « This boke appertayneth vnto the Right Honorable the Ladie Margaret Strange » (probablement la même que celle dont le nom apparaît dans M). La reliure indique « Lady Mary Strainge ». Un manuscrit très bon de sa catégorie et presque entièrement typique, mais présentant des lectures nettement révisées dans quelques passages, comme à ii. 925, iv. 1342, v. 3145, viii. 1621. Omet vii. 2889-2916 ainsi que certains résumés en latin. Les mots « pape » et « papacie » sont régulièrement effacés, voir notamment f. 47. Orthographe et mètre assez bons : pas de ponctuation.
L. Laud 609, Bibliothèque Bodléienne (Bern. Cat. 754). Confessio Amantis avec « Explicit » (quatre lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque ». Parchemin, 170 feuillets, 16 × 10¾ pouces, en quires de 8 avec mots-clés : colonne double, d’abord 40 lignes, puis environ 44, et après f. 16, 51 lignes : bien écrit, premier quart du XVe siècle. Texte en latin (en rouge). Bordure fleurie de la première page et demi-bordures au début des livres, bien exécutées. Deux miniatures, sur f. 5 verso l’Image du rêve, et sur f. 10 la Confession, toutes deux très similaires à celles de C et B₂, mais endommagées. Après f. 109, un feuillet est perdu (v. 5550-5739), un autre après f. 111 (v. 6140-6325), et huit (quaire 16) après f. 118 (v. 7676-v. 1373). Les noms Symon et Thomas Elrington (XVIe siècle) apparaissent dans le livre, aux f. 89, 170, ainsi que « Liber Guilielmi Laud Archiepiscopi Cantuar. et Cancellarii Vniuersitatis Oxon. 1633 » sur f. 1. En termes de correction du texte et d’orthographe, ce manuscrit est nettement inférieur aux précédents. On peut noter des lectures apparemment bonnes dans les passages suivants : Prol. 159, i. 3023, v. 1072, vii. 374, 3040, 3639, viii. 358, 483.
B₂. Bodley 693, Bibliothèque Bodléienne (Bern. Cat. 2875). Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque ». Parchemin (bords dorés), 196 feuillets, 15 × 10 pouces, en quires de 8 avec mots-clés. Bien écrit, premier quart du XVe siècle, en colonne double de 46 lignes. Texte en latin (en rouge). Bordure fleurie de la première page et demi-bordures au début des livres (également sur f. 8 verso), bien exécutées : deux petites miniatures, f. 4 verso…
L. Laud 609, Bibliothèque Bodléienne (Bern. Cat. 754). Confessio Amantis avec « Explicit » (quatre lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque ». Parchemin, 170 feuillets, 16 × 10¾ pouces, en quires de 8 avec mots-clés : colonne double, d’abord 40 lignes, puis environ 44, et après f. 16, 51 lignes : bien écrit, premier quart du XVe siècle. Texte en latin (en rouge). Bordure fleurie de la première page et demi-bordures au début des livres, bien exécutées. Deux miniatures, sur f. 5 verso l’Image du rêve, et sur f. 10 la Confession, toutes deux très similaires à celles de C et B₂, mais endommagées. Après f. 109, un feuillet est perdu (v. 5550-5739), un autre après f. 111 (v. 6140-6325), et huit (quaire 16) après f. 118 (v. 7676-v. 1373). Les noms Symon et Thomas Elrington (XVIe siècle) apparaissent dans le livre, aux f. 89, 170, ainsi que « Liber Guilielmi Laud Archiepiscopi Cantuar. et Cancellarii Vniuersitatis Oxon. 1633 » sur f. 1. En termes de correction du texte et d’orthographe, ce manuscrit est nettement inférieur aux précédents. On peut noter des lectures apparemment bonnes dans les passages suivants : Prol. 159, i. 3023, v. 1072, vii. 374, 3040, 3639, viii. 358, 483.
B₂. Bodley 693, Bibliothèque Bodléienne (Bern. Cat. 2875). Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque ». Parchemin (bords dorés), 196 feuillets, 15 × 10 pouces, en quires de 8 avec mots-clés. Bien écrit, premier quart du XVe siècle, en colonne double de 46 lignes. Texte en latin (en rouge). Bordure fleurie de la première page et demi-bordures au début des livres (également sur f. 8 verso), bien exécutées : deux petites miniatures, f. 4 verso…
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Image du rêve, f. 8 vo (dans une initiale T) : la Confession, comme dans C et L, mais en plus petit format. À la fin, on trouve « ffrauncois Halle Ao mvcvi » (c’est-à-dire 1506), « Garde le ffine ». Dans l’initiale de la f. 1, un blason est peint, entouré du Garter et de son devise. Il s’agit du blason de Charles Brandon, duc de Suffolk (Brandon avec les quartiers de Bruyn et Rokeley, voir Doyle, Official Baronage, iii. 443) ; sur la même page est également peint le blason des Brandon (tête de lion effacée, couronnée en champ gules et arg., langue az.). Ceux-ci ont dû être peints après la date de rédaction du manuscrit. La reliure porte en creux, en couleurs, les armoiries de Grande-Bretagne et d’Irlande, ainsi que les lettres I. R., indiquant que le livre appartenait à Jacques Ier. Il a été offert à la Bodléienne par le Dr John King, qui fut doyen de Chichester de 1605 à 1611. On peut supposer que Jacques Ier le donna au Dr King. La finesse du vélin et le style général du livre semblent indiquer qu’il a été écrit pour une personne distinguée. Le texte est très typique de sa catégorie. En termes de correction et d’orthographe, il est inférieur à celui de L : l’accent final sur le e est souvent omis, et moins de soin est apporté au mètre.
Sn. Arch. Seld. B. II, Bibliothèque Bodléienne (Bern. Cat. 3357). Confessio Amantis, avec « Explicit » (quatre lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque ». Papier (avec quelques feuillets de parchemin), 169 feuillets, dimensions 14½ × 10¾ pouces. Les cahiers contiennent un nombre variable de feuillets, généralement 12 ou 16 ; présence de signatures et de mots-clés. (Aucun feuillet écrit perdu, mais des espaces blancs ont été coupés dans les cahiers neuf et dix.) Texte écrit en deux colonnes de 44 à 65 lignes (sans lignes guides), en écriture petite, milieu du XVe siècle ; texte en latin. Initiales rouges et bleues, mais pas d’autre décoration. Le livre porte le nom d’« Edwarde Smythe » (XVIe siècle) comme propriétaire. Il est arrivé à la Bodléienne parmi les livres de John Selden. Le texte est de mauvaise qualité, avec de nombreuses erreurs, dès la première ligne du Prologue (« To hem » au lieu de « Of hem ») ; beaucoup de ces erreurs sont absurdes, comme « who thoghte » pour « we the while » (v. 6752), « homicides » pour « houndes » (vii. 5256), ainsi que d’autres dues à la confusion entre þ, ȝ et y. Ainsi, le scribe (qui utilise généralement th pour þ et y pour ȝ) est capable d’écrire « aþen » ou « athen » pour « aȝein », « yer of » pour « ðer of », « yeff » pour « ðef », « biþete » pour « biȝete ». De nombreuses erreurs se trouvent également dans les initiales colorées, par ex. ii. 2501, iii. 2033, 2439. Certaines formes du nord, comme « gude », iii. 1073, « Qwhat », iii. 2439. On note des concordances avec B en certains endroits, comme i. 365, 1479, iii. 1222, v. 2417, 6296, et quelques autres encore.
Sn. Arch. Seld. B. II, Bibliothèque Bodléienne (Bern. Cat. 3357). Confessio Amantis, avec « Explicit » (quatre lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque ». Papier (avec quelques feuillets de parchemin), 169 feuillets, dimensions 14½ × 10¾ pouces. Les cahiers contiennent un nombre variable de feuillets, généralement 12 ou 16 ; présence de signatures et de mots-clés. (Aucun feuillet écrit perdu, mais des espaces blancs ont été coupés dans les cahiers neuf et dix.) Texte écrit en deux colonnes de 44 à 65 lignes (sans lignes guides), en écriture petite, milieu du XVe siècle ; texte en latin. Initiales rouges et bleues, mais pas d’autre décoration. Le livre porte le nom d’« Edwarde Smythe » (XVIe siècle) comme propriétaire. Il est arrivé à la Bodléienne parmi les livres de John Selden. Le texte est de mauvaise qualité, avec de nombreuses erreurs, dès la première ligne du Prologue (« To hem » au lieu de « Of hem ») ; beaucoup de ces erreurs sont absurdes, comme « who thoghte » pour « we the while » (v. 6752), « homicides » pour « houndes » (vii. 5256), ainsi que d’autres dues à la confusion entre þ, ȝ et y. Ainsi, le scribe (qui utilise généralement th pour þ et y pour ȝ) est capable d’écrire « aþen » ou « athen » pour « aȝein », « yer of » pour « ðer of », « yeff » pour « ðef », « biþete » pour « biȝete ». De nombreuses erreurs se trouvent également dans les initiales colorées, par ex. ii. 2501, iii. 2033, 2439. Certaines formes du nord, comme « gude », iii. 1073, « Qwhat », iii. 2439. On note des concordances avec B en certains endroits, comme i. 365, 1479, iii. 1222, v. 2417, 6296, et quelques autres encore.
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D. Camb. Univ. Dd. viii. 19 (Bern. Cat. ii. 9653). Confessio Amantis (imparfait). Parchemin, 127 feuillets, cahiers de 8 avec mots-clés : colonne double de 48 (parfois 50) lignes, écrites régulièrement d’une main utilisant des traits très épais. Texte en latin (en rouge). Espace laissé pour des miniatures, f. 4 verso, f. 8 verso (ce dernier marqué « hic Imago »), et peut-être aussi f. 1. Beaucoup d’espace laissé pour des capitales illustrées. Après f. 83 suit un cahier de six feuillets, dont 5 verso vides (après la fin du Livre IV) et 6 perdus ; puis un cahier de huit feuillets, dont 5 et 6 (également faisant partie du 4) vides, et 7, 8 perdus ; ensuite, à f. 94, « Incipit liber Sextus ». Ainsi, du Livre V, nous ne possédons que quelques feuillets (V. 1444-2149). Les feuillets numérotés 16, 17, 15 devraient figurer en dernier (dans cet ordre), et le texte se termine (à f. 15) au verset vii. 3683, la ligne étant inachevée et le reste de la page vide. Propriétaires successifs au XVIe siècle : Magister Asshe, Thom. Carson (ou Cursson), Ambr. Belson, J. Barton. C’était l’un des livres de l’évêque Moore (n° 467), et il est arrivé à l’université en 1715. À ma connaissance, le texte ne montre aucune tendance vers le groupe révisé. Peut-être quelque peu similaire aux manuscrits qui le précèdent et le suivent : voir Prol. 331 marge, i. 110, 370.
Ar. Arundel 45, College of Arms (Bern. Cat. ii. 5547). Confessio Amantis (imparfait). Papier, 168 feuillets (numérotés 167, mais un manquant dans la numérotation après f. 42) + deux feuillets de parchemin vides au début, 11½ × 8¼ pouces. Cahiers de 8 (généralement), avec mots-clés, colonne double de 46-51 lignes, écriture petite et nette, milieu du XVe siècle. Texte en latin (en rouge) : pas d’illustrations, mais espace laissé pour des initiales. Un feuillet perdu après f. 7 (i. 63-216), deux après f. 116 (V. 5229-5594), et tous après viii. 1102 (environ douze feuillets manquants à la fin). Anciens propriétaires : « Thomas Goodenston, Gerdeler de Londres », et (avant lui probablement) « Jhon Barthylmewe, Gerdyllarr et Marchant ».
Hd. Au château de Castle Howard, propriété de l’Earl of Carlisle, qui me l’a très gentiment envoyé pour mon usage. Confessio Amantis avec « Explicit » (quatre lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque ». Parchemin, 111 feuillets (numérotés 110), 14 × 11 pouces, en cahiers de 8 (généralement), marqués iiii, v, vi, etc. En double
Ar. Arundel 45, College of Arms (Bern. Cat. ii. 5547). Confessio Amantis (imparfait). Papier, 168 feuillets (numérotés 167, mais un manquant dans la numérotation après f. 42) + deux feuillets de parchemin vides au début, 11½ × 8¼ pouces. Cahiers de 8 (généralement), avec mots-clés, colonne double de 46-51 lignes, écriture petite et nette, milieu du XVe siècle. Texte en latin (en rouge) : pas d’illustrations, mais espace laissé pour des initiales. Un feuillet perdu après f. 7 (i. 63-216), deux après f. 116 (V. 5229-5594), et tous après viii. 1102 (environ douze feuillets manquants à la fin). Anciens propriétaires : « Thomas Goodenston, Gerdeler de Londres », et (avant lui probablement) « Jhon Barthylmewe, Gerdyllarr et Marchant ».
Hd. Au château de Castle Howard, propriété de l’Earl of Carlisle, qui me l’a très gentiment envoyé pour mon usage. Confessio Amantis avec « Explicit » (quatre lignes), « Quam cinxere » et « Quia vnusquisque ». Parchemin, 111 feuillets (numérotés 110), 14 × 11 pouces, en cahiers de 8 (généralement), marqués iiii, v, vi, etc. En double
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Colonne de 60 à 74 lignes, écrite de manière plutôt irrégulière d’une petite écriture assez lisible ; texte en latin du XVe siècle. Quelques initiales rouges et bleues ; aucune autre décoration. Dix-sept feuillets manquants au début ; le f. 1 commence à i. 3305, et le f. 8 est le premier feuillet du quire iii : après le f. 73, quatre feuillets manquants, contenant vi. 264–1306, et dans le dernier quire, un feuillet contenant viii. 2566–2833. Les feuillets de la seconde moitié du livre, à partir du f. 66, sont fortement désordonnés dans la reliure. Le nom « Tho. Martin » est écrit au début, de la main du célèbre Thomas Martin de Palgrave. Il ne s’agit bien sûr pas du livre mentionné dans le Bern. Cat. ii. 611 parmi les livres rassemblés par Lord William Howard au château de Naworth. Il ne semble pas y avoir actuellement de manuscrit de Gower à Naworth. Certaines leçons semblent montrer une relation entre Hd et L, comme à iii. 1885, 2763, « Now herkne and I þe þo », iv. 1341, 3086, 3449, 3535, mais il n’en est pas dérivé. Noter également les leçons de ii. 1577 « Ne », 2825 « by », iii. 1173 « Iupartie », v. 3306 « Oute ». Le texte présente de nombreuses corruption ainsi que quelques modifications délibérées, comme le remplacement régulier de « cleped » par « called », et des mots sont souvent omis ou ajoutés au détriment du mètre.
Ash. Ashmole 35, Bibliothèque Bodléienne (Bern. Cat. 6916). Confessio Amantis (incomplète). Papier, 182 feuillets, 13½ × 9½ pouces. Quires de 12 (généralement), avec mots-clés ; colonne double de 42 à 48 lignes, écrite assez bien : pas de vers ou de résumés en latin, mais des résumés en anglais écrits dans le texte (en rouge), pour la plupart omis dans les trente derniers feuillets. Quelques initiales en rouge, espaces réservés pour des majuscules plus grandes. Commence par le Prol. 170, ayant perdu deux feuillets (un vide) au début. Après le f. 2, un feuillet manque (Prol. 541–725), un après le f. 4 (i. 1–169), un après le f. 32 (ii. 1749–1927), un après le f. 91 (v. 2199–2366), trois après le f. 181 (viii. 2505–2893), un après le f. 182, qui se termine à viii. 3082*. La moitié du f. 182 est arrachée, mais le début des vers de Chaucer reste, ainsi qu’une colonne entière de la forme initiale de la conclusion, malgré l’indication du catalogue Ashmole. Même si la conclusion était vraiment absente, il n’y aurait aucune difficulté à classer ce manuscrit dans sa catégorie appropriée.
Ash. Ashmole 35, Bibliothèque Bodléienne (Bern. Cat. 6916). Confessio Amantis (incomplète). Papier, 182 feuillets, 13½ × 9½ pouces. Quires de 12 (généralement), avec mots-clés ; colonne double de 42 à 48 lignes, écrite assez bien : pas de vers ou de résumés en latin, mais des résumés en anglais écrits dans le texte (en rouge), pour la plupart omis dans les trente derniers feuillets. Quelques initiales en rouge, espaces réservés pour des majuscules plus grandes. Commence par le Prol. 170, ayant perdu deux feuillets (un vide) au début. Après le f. 2, un feuillet manque (Prol. 541–725), un après le f. 4 (i. 1–169), un après le f. 32 (ii. 1749–1927), un après le f. 91 (v. 2199–2366), trois après le f. 181 (viii. 2505–2893), un après le f. 182, qui se termine à viii. 3082*. La moitié du f. 182 est arrachée, mais le début des vers de Chaucer reste, ainsi qu’une colonne entière de la forme initiale de la conclusion, malgré l’indication du catalogue Ashmole. Même si la conclusion était vraiment absente, il n’y aurait aucune difficulté à classer ce manuscrit dans sa catégorie appropriée.
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Deuxième recension.
(a) Le manuscrit de Stafford, actuellement en possession de l’Earl d’Ellesmere, dont j’ai eu la gentille autorisation de l’utiliser. Il contient la Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes) et « Quam cinxere ». Parchemin, 172 feuillets (les trois derniers vides), 14 × 9¾ pouces, cahiers de 8 feuillets avec mots-clés et signatures (24 au total, la dernière sur cinq feuilles) : écrit en double colonne de 46 lignes, d’une belle écriture carrée du tardif XIVe siècle. Résumés en latin dans la marge. La première page présente un bord bien exécuté à motif géométrique et une miniature assez grossièrement peinte du rêve de Nabuchodonosor, dans un style semblable à celui de F. Cette page comporte également trois boucliers héraldiques et un blason, dont il sera question plus loin. Bords fleuris au début des livres et capitales illustrées partout, bien exécutées et avec une quantité inhabituelle d’or. Au f. 56, une figure grotesque bien peinte d’un homme aux jambes et à la queue d’un animal, portant un heaume pointu et armé d’une hache. Cela fait partie de la décoration initiale du Livre IV.
Le livre a malheureusement perdu dix-sept feuilles au total, comme suit : une après le f. 1 (Prologue 147-320), une après le f. 7 (Prologue 1055-i. 106), trois après le f. 46 (iii. 573-1112), une après le f. 68 (iv. 2351-2530), deux après le f. 69 (iv. 2711-3078), une après le f. 70 (iv. 3262-3442), deux après le f. 71 (iv. 3627-v. 274), une après le f. 107 (v. 6821-7000), une après le f. 125 (vi. 2357-vii. 88), deux après le f. 139 (vii. 2641-3004), deux après le f. 153 (vii. 5417-viii. 336). En outre, un feuillet, le f. 50 (iii. 1665-1848), est écrit d’une main différente et probablement plus récente, et semble avoir été inséré pour remplacer un feuillet perdu très tôt.
La question des anciens propriétaires de ce magnifique manuscrit est intéressante. Quant aux armoiries de la première page, le premier bouclier (à l’intérieur de la initiale O) est sable et gules par pale, un cygne argent, le deuxième (dans la marge inférieure) sable, trois plumes d’autruche (argent ?) insérées dans trois rouleaux ou, tandis que dans la marge droite se trouve un blason de lion, colleté avec une étiquette de trois points, debout sur un chapeau, et en dessous est suspendu un bouclier quarté az. et gules, sans armoirie. Le blason est évidemment destiné à celui de Jean de Gand, bien qu’il ne soit pas tout à fait exact, et les trois plumes d’autruche (en réalité hermine) étaient utilisées par lui comme marque distinctive (voir Sandford’s Genealogical Hist. p. 249), tandis que le cygne est l’insigne bien connu d’Henri, son fils, que l’on voit suspendu au collet même de Gower.
(a) Le manuscrit de Stafford, actuellement en possession de l’Earl d’Ellesmere, dont j’ai eu la gentille autorisation de l’utiliser. Il contient la Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes) et « Quam cinxere ». Parchemin, 172 feuillets (les trois derniers vides), 14 × 9¾ pouces, cahiers de 8 feuillets avec mots-clés et signatures (24 au total, la dernière sur cinq feuilles) : écrit en double colonne de 46 lignes, d’une belle écriture carrée du tardif XIVe siècle. Résumés en latin dans la marge. La première page présente un bord bien exécuté à motif géométrique et une miniature assez grossièrement peinte du rêve de Nabuchodonosor, dans un style semblable à celui de F. Cette page comporte également trois boucliers héraldiques et un blason, dont il sera question plus loin. Bords fleuris au début des livres et capitales illustrées partout, bien exécutées et avec une quantité inhabituelle d’or. Au f. 56, une figure grotesque bien peinte d’un homme aux jambes et à la queue d’un animal, portant un heaume pointu et armé d’une hache. Cela fait partie de la décoration initiale du Livre IV.
Le livre a malheureusement perdu dix-sept feuilles au total, comme suit : une après le f. 1 (Prologue 147-320), une après le f. 7 (Prologue 1055-i. 106), trois après le f. 46 (iii. 573-1112), une après le f. 68 (iv. 2351-2530), deux après le f. 69 (iv. 2711-3078), une après le f. 70 (iv. 3262-3442), deux après le f. 71 (iv. 3627-v. 274), une après le f. 107 (v. 6821-7000), une après le f. 125 (vi. 2357-vii. 88), deux après le f. 139 (vii. 2641-3004), deux après le f. 153 (vii. 5417-viii. 336). En outre, un feuillet, le f. 50 (iii. 1665-1848), est écrit d’une main différente et probablement plus récente, et semble avoir été inséré pour remplacer un feuillet perdu très tôt.
La question des anciens propriétaires de ce magnifique manuscrit est intéressante. Quant aux armoiries de la première page, le premier bouclier (à l’intérieur de la initiale O) est sable et gules par pale, un cygne argent, le deuxième (dans la marge inférieure) sable, trois plumes d’autruche (argent ?) insérées dans trois rouleaux ou, tandis que dans la marge droite se trouve un blason de lion, colleté avec une étiquette de trois points, debout sur un chapeau, et en dessous est suspendu un bouclier quarté az. et gules, sans armoirie. Le blason est évidemment destiné à celui de Jean de Gand, bien qu’il ne soit pas tout à fait exact, et les trois plumes d’autruche (en réalité hermine) étaient utilisées par lui comme marque distinctive (voir Sandford’s Genealogical Hist. p. 249), tandis que le cygne est l’insigne bien connu d’Henri, son fils, que l’on voit suspendu au collet même de Gower.
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SS sur sa tombe et dans la miniature du manuscrit Fairfax. Il semble donc probable que le livre ait été préparé pour être présenté à un membre de la maison de Lancastre, probablement soit Jean de Gand, soit Henri. Si l’on tient compte du fait que l’emblème du cygne n’a été adopté par Henri qu’en 1397, ce ne pourrait pas être la copie réelle envoyée à cette occasion lors de la dédicace en 1392-93. D’un autre côté, l’absence de tous les emblèmes royaux indique que le livre a été préparé avant l’accession d’Henri au trône.
Au XVIe siècle (sous le règne de la reine Élisabeth), le livre appartenait à un certain William Downes, dont le nom est écrit plus d’une fois à la f. 170. Les lettres décoratives W. D. à la f. 21 sont probablement ses initiales, et à la f. 76 on trouve Phillipp Downes, d’une écriture du XVe siècle. À la f. 171 verso, on trouve une note concernant « les paroisses de Gwend... et Stythians dans le comté de Cornewell, parcelles des possessions de l’ancien monastère de Rewley », ainsi que celle concernant « la personne de Croppreadin dans le comté d’Oxford », concédée pour XXI ans par Édouard VI et rapportant 56 livres par an. « T. P. Goodwyn » est un autre nom (XVIIe siècle). Lorsque Todd a vu le manuscrit au début de ce siècle, il appartenait au marquis de Stafford.
S présente la dédicace de Lancastre et l’épilogue réécrit, ainsi que trois passages supplémentaires : v. 6395*-6438*, 7086*-7210*, vii. 3207*-3360*, en omettant v. 7701-7746 et en transposant vi. 665-964. En termes de précision, il n’est inférieur qu’à F, et ces deux manuscrits se distinguent nettement de tous les autres en tant qu’autorités primaires. Leur indépendance mutuelle est certaine, et leur concordance générale du texte leur confère la plus haute garantie d’authenticité. L’orthographe est pratiquement identique, comme on peut le voir dans les passages imprimés à partir de S dans cette édition, par exemple vii. 3207*-3360* ; en effet, dans la plupart des endroits, les deux textes sont absolument identiques, lettre pour lettre. Quant à la f. 50, qui est écrite d’une autre main, il convient de noter non seulement qu’elle est bien moins correcte que le reste, mais aussi qu’elle a été copiée à partir d’un original différent, un manuscrit de la première version non révisée, dont des lectures distinctives sont données à iii. 1686, 1763, 1800, 1806, tandis qu’aucune trace de telles lectures n’apparaît dans aucune autre partie de S.
Δ. Sidney Sussex Coll., Camb. Δ. 4. 1 (Bern. Cat. i. 3. 726). Contient la Confessio Amantis, avec « Explicit » (six lignes) et « Quam cinxere » (ff. 2-202 verso), ainsi qu’une version anglaise des Disticha de Cato. Papier, 211 feuillets (dont quatre vierges), dimensions 11½ × 8½ pouces, en cahiers de 12 feuillets avec mots-clés et signatures. Écrit en double colonne de 41-48 lignes, d’une écriture assez bonne, milieu du XVe siècle, avec de nombreuses abréviations. Résumés en latin généralement dans le texte, parfois en marge. Aucune décoration. La première feuille est perdue ; elle contenait le Prologue 1-140.
Au XVIe siècle (sous le règne de la reine Élisabeth), le livre appartenait à un certain William Downes, dont le nom est écrit plus d’une fois à la f. 170. Les lettres décoratives W. D. à la f. 21 sont probablement ses initiales, et à la f. 76 on trouve Phillipp Downes, d’une écriture du XVe siècle. À la f. 171 verso, on trouve une note concernant « les paroisses de Gwend... et Stythians dans le comté de Cornewell, parcelles des possessions de l’ancien monastère de Rewley », ainsi que celle concernant « la personne de Croppreadin dans le comté d’Oxford », concédée pour XXI ans par Édouard VI et rapportant 56 livres par an. « T. P. Goodwyn » est un autre nom (XVIIe siècle). Lorsque Todd a vu le manuscrit au début de ce siècle, il appartenait au marquis de Stafford.
S présente la dédicace de Lancastre et l’épilogue réécrit, ainsi que trois passages supplémentaires : v. 6395*-6438*, 7086*-7210*, vii. 3207*-3360*, en omettant v. 7701-7746 et en transposant vi. 665-964. En termes de précision, il n’est inférieur qu’à F, et ces deux manuscrits se distinguent nettement de tous les autres en tant qu’autorités primaires. Leur indépendance mutuelle est certaine, et leur concordance générale du texte leur confère la plus haute garantie d’authenticité. L’orthographe est pratiquement identique, comme on peut le voir dans les passages imprimés à partir de S dans cette édition, par exemple vii. 3207*-3360* ; en effet, dans la plupart des endroits, les deux textes sont absolument identiques, lettre pour lettre. Quant à la f. 50, qui est écrite d’une autre main, il convient de noter non seulement qu’elle est bien moins correcte que le reste, mais aussi qu’elle a été copiée à partir d’un original différent, un manuscrit de la première version non révisée, dont des lectures distinctives sont données à iii. 1686, 1763, 1800, 1806, tandis qu’aucune trace de telles lectures n’apparaît dans aucune autre partie de S.
Δ. Sidney Sussex Coll., Camb. Δ. 4. 1 (Bern. Cat. i. 3. 726). Contient la Confessio Amantis, avec « Explicit » (six lignes) et « Quam cinxere » (ff. 2-202 verso), ainsi qu’une version anglaise des Disticha de Cato. Papier, 211 feuillets (dont quatre vierges), dimensions 11½ × 8½ pouces, en cahiers de 12 feuillets avec mots-clés et signatures. Écrit en double colonne de 41-48 lignes, d’une écriture assez bonne, milieu du XVe siècle, avec de nombreuses abréviations. Résumés en latin généralement dans le texte, parfois en marge. Aucune décoration. La première feuille est perdue ; elle contenait le Prologue 1-140.
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Le livre a été légué au Collège par Samuel Ward, son directeur, en 1643. L’une des feuilles blanches porte l’inscription « temsdytton » (c’est-à-dire Thames Dytton) d’une écriture ancienne.
Quant à la forme du texte, ce manuscrit est en tout point conforme à S, et il a sans doute possédé la préface de Lancaster. Il est remarquable car il contient les lignes supplémentaires imprimées par Caxton à la fin du Prologue (qui pouvaient également se trouver dans S), et il présente onze hexamètres latins substituant les résumés en prose aux pages 591 et 617 du Prologue, commençant par :
« Dormitans statuam sublimem rex babilonis, »
ainsi que quatre autres après le texte en prose latin à la page 2891, commençant par :
« Sede sedens ista iudex inflexibilis sta. »
Le texte comporte de nombreuses altérations et l’orthographe n’est pas très bonne. Δ ne donne pas les leçons de la première version sur la page 50 de S, ce qui est en soi une preuve suffisante qu’il ne provient pas de ce manuscrit, car l’insertion de cette feuille doit remonter bien avant la date de Δ.
(b) Ad. Additional 12043, British Museum. Confessio Amantis, incomplet au début et à la fin. Parchemin, 156 feuillets (la dernière feuille est blanche), 13 × 9¼ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés ; bien écrit en colonne double de 45 à 50 lignes, début du XVe siècle. Résumés en latin dans la marge jusqu’à la page 16 (ii. 382), après quoi ils sont omis. Pages décorées de manière élégante au début de chaque livre.
Plus de vingt feuillets sont perdus, à savoir dix au début, jusqu’à et y compris la page 786, un après la page 45 (iv. 1-190), deux après la page 47 (iv. 559-932), deux après la page 86 (v. 4605-4983), un après la page 131 (vii. 3071-3269*), un après la page 151 (viii. 1440-1632), et cinq ou plus à la fin, après la page 2403. La section iii. 1665-1848 est également omise sans perte de feuillet, sans doute en raison de la perte d’un feuillet dans la copie : voir ci-dessous.
« Elizabeth Vernon » (XVe siècle ?) sur une feuille blanche à la fin. Au cours du siècle actuel, le livre appartenait au évêque Butler de Lichfield.
Ce manuscrit fait partie du groupe AdBTΛ, étant plus proche du type entièrement révisé que n’importe quel autre, et ne présentant que de très rares traces des leçons antérieures (mais iii. 254, 941, v. 6418, vii. 3298, viii. 856, 1076, etc.). Il concorde avec les autres, par opposition à SΔ, pour les passages v. 7015*-7034*, vii. 2329*-2340*, et 3149*-3180*, mais ne semble rejoindre pleinement le groupe qu’à la fin du cinquième livre. À cet égard…
Quant à la forme du texte, ce manuscrit est en tout point conforme à S, et il a sans doute possédé la préface de Lancaster. Il est remarquable car il contient les lignes supplémentaires imprimées par Caxton à la fin du Prologue (qui pouvaient également se trouver dans S), et il présente onze hexamètres latins substituant les résumés en prose aux pages 591 et 617 du Prologue, commençant par :
« Dormitans statuam sublimem rex babilonis, »
ainsi que quatre autres après le texte en prose latin à la page 2891, commençant par :
« Sede sedens ista iudex inflexibilis sta. »
Le texte comporte de nombreuses altérations et l’orthographe n’est pas très bonne. Δ ne donne pas les leçons de la première version sur la page 50 de S, ce qui est en soi une preuve suffisante qu’il ne provient pas de ce manuscrit, car l’insertion de cette feuille doit remonter bien avant la date de Δ.
(b) Ad. Additional 12043, British Museum. Confessio Amantis, incomplet au début et à la fin. Parchemin, 156 feuillets (la dernière feuille est blanche), 13 × 9¼ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés ; bien écrit en colonne double de 45 à 50 lignes, début du XVe siècle. Résumés en latin dans la marge jusqu’à la page 16 (ii. 382), après quoi ils sont omis. Pages décorées de manière élégante au début de chaque livre.
Plus de vingt feuillets sont perdus, à savoir dix au début, jusqu’à et y compris la page 786, un après la page 45 (iv. 1-190), deux après la page 47 (iv. 559-932), deux après la page 86 (v. 4605-4983), un après la page 131 (vii. 3071-3269*), un après la page 151 (viii. 1440-1632), et cinq ou plus à la fin, après la page 2403. La section iii. 1665-1848 est également omise sans perte de feuillet, sans doute en raison de la perte d’un feuillet dans la copie : voir ci-dessous.
« Elizabeth Vernon » (XVe siècle ?) sur une feuille blanche à la fin. Au cours du siècle actuel, le livre appartenait au évêque Butler de Lichfield.
Ce manuscrit fait partie du groupe AdBTΛ, étant plus proche du type entièrement révisé que n’importe quel autre, et ne présentant que de très rares traces des leçons antérieures (mais iii. 254, 941, v. 6418, vii. 3298, viii. 856, 1076, etc.). Il concorde avec les autres, par opposition à SΔ, pour les passages v. 7015*-7034*, vii. 2329*-2340*, et 3149*-3180*, mais ne semble rejoindre pleinement le groupe qu’à la fin du cinquième livre. À cet égard…
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On peut noter le fait curieux que le passage omis, iii. 1665-1848, est précisément celui contenu au f. 50 de S, qui a apparemment été ajouté à la place d’une feuille perdue. En termes de correction et d’orthographe, le manuscrit est très correct, mais pas parfait en ce qui concerne la lettre « e » finale. La ponctuation apparaît souvent là où il y a une pause dans la ligne.
T. Trin. Coll., Camb. R. iii. 2 (Bern. Cat. i. 3. 335). Contient, aux ff. 1-147, la Confessio Amantis, incomplète au début, avec « Explicit » (six lignes) et « Quam cinxere », aux ff. 148-152 le Traité en français, ainsi que les passages latins « Quis sit vel qualis », « Est amor in glosa » et « Lex docet » ; au f. 152, « Quia vnusquisque » ; aux ff. 152 verso-154 verso, le poème latin Carmen super multiplici viciorum pestilencia, se terminant par les dix lignes « Hoc ego bis deno ». Parchemin, ff. 154, 14¾ × 10 pouces, cahiers de 8 feuillets chacun avec mots-clés, colonne double de 46 lignes. Résumés en latin en marge, mais omis en certains endroits. Bien écrit par plusieurs mains, début du XVe siècle : la première a écrit les ff. 1-8, 50-57, 74-81, 84 verso-89, 98-113 recto ; la deuxième, les ff. 9-32 ; la troisième, les ff. 33-49, 58-65, 82, 83, 84 recto, 90-97 ; la quatrième, les ff. 66-73, 113-154. Aucune décoration, à l’exception de capitales colorées ou dorées. Le livre a perdu cinq cahiers entiers au début et commence actuellement au ii. 2687. De plus, la deuxième colonne du f. 84 recto est laissée vide, avec omission des vers 7499-7544. Une grande partie du f. 33 est vide, mais il n’y a pas d’omission. Offert au Collège par Thomas Nevile, Maître. Un bon manuscrit, dont la forme du texte en v, vi, vii correspond à celle d’AdB, et qui présente manifestement une relation particulière avec B par ses leçons ; cependant, T est d’un type plus soigneusement corrigé que B, et il reste douteux si le préambule du poème dans T est de la forme ancienne ou de la forme tardive. En tout cas, l’original des deux, s’ils avaient bien un original commun (comme il semble), ne peut avoir été rédigé avant 1397, car la ressemblance entre les manuscrits s’étend aux poèmes français et latins qui suivent la Confessio Amantis, et le dernier d’entre eux est daté de la 20e année du règne du roi Richard. Les troisième et quatrième mains sont plus nettes et de meilleure qualité que les deux autres. La première est plutôt moins correcte et moins bonne en orthographe que les autres, et elle omet également les notes marginales en latin. Les parties écrites par cette main sont ii. 2687-iii. 608, v. 1415-2874, 5805-7082, v. 7545-vi. 1040, vi. 2201-vii. 2532. En ce qui concerne les relations au sein du groupe AdBTΛ, on peut attirer l’attention en particulier sur le v. 659, où Ad présente la leçon habituelle, T omet cette ligne, laissant un espace vide, tandis que B et Λ fournissent des lignes approximatives pour combler le vide ; sur le v. 4020, où Ad a de nouveau le texte habituel, TΛ l’omettent et B propose une ligne inventée ; et sur le v. 7303, où AdBT omettent deux lignes nécessaires au sens, que Λ insère. On peut noter également la modification par effacement dans T du v. 5936, apparemment due à la lecture du texte non révisé.
T. Trin. Coll., Camb. R. iii. 2 (Bern. Cat. i. 3. 335). Contient, aux ff. 1-147, la Confessio Amantis, incomplète au début, avec « Explicit » (six lignes) et « Quam cinxere », aux ff. 148-152 le Traité en français, ainsi que les passages latins « Quis sit vel qualis », « Est amor in glosa » et « Lex docet » ; au f. 152, « Quia vnusquisque » ; aux ff. 152 verso-154 verso, le poème latin Carmen super multiplici viciorum pestilencia, se terminant par les dix lignes « Hoc ego bis deno ». Parchemin, ff. 154, 14¾ × 10 pouces, cahiers de 8 feuillets chacun avec mots-clés, colonne double de 46 lignes. Résumés en latin en marge, mais omis en certains endroits. Bien écrit par plusieurs mains, début du XVe siècle : la première a écrit les ff. 1-8, 50-57, 74-81, 84 verso-89, 98-113 recto ; la deuxième, les ff. 9-32 ; la troisième, les ff. 33-49, 58-65, 82, 83, 84 recto, 90-97 ; la quatrième, les ff. 66-73, 113-154. Aucune décoration, à l’exception de capitales colorées ou dorées. Le livre a perdu cinq cahiers entiers au début et commence actuellement au ii. 2687. De plus, la deuxième colonne du f. 84 recto est laissée vide, avec omission des vers 7499-7544. Une grande partie du f. 33 est vide, mais il n’y a pas d’omission. Offert au Collège par Thomas Nevile, Maître. Un bon manuscrit, dont la forme du texte en v, vi, vii correspond à celle d’AdB, et qui présente manifestement une relation particulière avec B par ses leçons ; cependant, T est d’un type plus soigneusement corrigé que B, et il reste douteux si le préambule du poème dans T est de la forme ancienne ou de la forme tardive. En tout cas, l’original des deux, s’ils avaient bien un original commun (comme il semble), ne peut avoir été rédigé avant 1397, car la ressemblance entre les manuscrits s’étend aux poèmes français et latins qui suivent la Confessio Amantis, et le dernier d’entre eux est daté de la 20e année du règne du roi Richard. Les troisième et quatrième mains sont plus nettes et de meilleure qualité que les deux autres. La première est plutôt moins correcte et moins bonne en orthographe que les autres, et elle omet également les notes marginales en latin. Les parties écrites par cette main sont ii. 2687-iii. 608, v. 1415-2874, 5805-7082, v. 7545-vi. 1040, vi. 2201-vii. 2532. En ce qui concerne les relations au sein du groupe AdBTΛ, on peut attirer l’attention en particulier sur le v. 659, où Ad présente la leçon habituelle, T omet cette ligne, laissant un espace vide, tandis que B et Λ fournissent des lignes approximatives pour combler le vide ; sur le v. 4020, où Ad a de nouveau le texte habituel, TΛ l’omettent et B propose une ligne inventée ; et sur le v. 7303, où AdBT omettent deux lignes nécessaires au sens, que Λ insère. On peut noter également la modification par effacement dans T du v. 5936, apparemment due à la lecture du texte non révisé.
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B. Bodley 294, Bibliothèque Bodléienne (Bern. Cat. 2449). Table des matières, comme dans T : ff. 1-197 Conf. Amantis, etc., ff. 197-199 verso Traité, f. 199 verso « Quia vnusquisque », ff. 199 verso-201 Carmen super multiplici, etc., se terminant par les lignes « Hoc ego bis deno ». Parchemin, ff. 201, 15½ × 10¾ pouces, cahiers de 8 feuillets avec mots-clés. Bien écrit en double colonne de 42-47 lignes, premier quart du XVe siècle. Résumés latins dans le texte (en rouge) : « Confessor », « Amans », généralement omis. Bord complet de la première page et au début de chaque livre, sauf i et ii, peint dans un bon style. Deux miniatures, f. 4 verso le rêve de Nabuchodonosor (le roi au lit couronné), f. 9 la Confession, presque comme dans E. Aucun feuillet perdu. Le nom « Edwarde Fletewoode » apparaît à f. 1, et le livre a probablement été donné par lui à l’université en 1601. La forme du texte en v, vi, vii est identique à celle d’AdT. Nous avons dans ce manuscrit une combinaison du préambule initial avec la conclusion réécrite, une forme que l’on pourrait raisonnablement s’attendre à trouver, et qui était peut-être celle de T, comme c’était certainement le cas pour le manuscrit utilisé par Berthelette. On a déjà dit quelque chose sur le texte de ce manuscrit, et pour le reste, des informations suffisantes se trouvent dans l’appareil critique. L’orthographe de B est illustrée dans les extraits imprimés à partir de lui : Prol. 24*-92*, v. 7015*-7036*, vii. 2329*-2340*, 3149*-3180*. Comme dans le cas d’E, le copiste fait attention au mètre ; bien qu’il omette librement la finale e avant une voyelle, il le fait rarement lorsque cela affecte le mètre, et ajoute rarement inutilement un -e. Il y a à peine de la ponctuation.
Λ. Wollaton Hall, en possession de Lord Middleton, qui m’a gentiment permis de l’examiner. Contenu : parchemin, 197 feuillets, dimensions 15¼ × 10½ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés et signatures. Écriture claire et régulière en deux colonnes de 46 lignes, début du XVe siècle. Résumés en latin dans le texte (en rouge) en règle générale, parfois en marge. Espace laissé au début pour des miniatures, et des initiales un peu partout, non peintes. Aucun feuillet perdu.
Le texte de ce manuscrit est intéressant à bien des égards. Il comporte une dédicace de Lancaster, mais dans le texte il semble souvent appartenir à la première version non révisée ; car bien que de nombreuses erreurs de ce groupe soient corrigées dans Λ, même dans les cas où B les conserve, comme en Prol. 7, 219, versets latins après 584, 812, 844, 937 f., i. 8, 54, 264, 278, etc., ii. 671, 833, etc., et bien qu’il y ait également de nombreuses leçons révisées, comme i. 368, ii. 1758 ff. (où B reste non révisé), iv. 517, 766, 985 f., 2954, 3153, v. 30, 47 f., 82, 2694 f., 3110, etc., il existe encore en de nombreux autres endroits les leçons originales dans Λ, comme i. 3374 ff., iv. 2407, 2556, v. 274, 316, 394, 1893, 1906 f., etc., où BT sont révisés.
Les leçons caractéristiques de la deuxième version sont presque systématiquement données par Λ, qui concorde avec AdBT contre SΔ pour les passages insérés ; mais il existe quelques différences importantes entre ce manuscrit et tous les autres de sa catégorie, à savoir : (1) après v.
Λ. Wollaton Hall, en possession de Lord Middleton, qui m’a gentiment permis de l’examiner. Contenu : parchemin, 197 feuillets, dimensions 15¼ × 10½ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés et signatures. Écriture claire et régulière en deux colonnes de 46 lignes, début du XVe siècle. Résumés en latin dans le texte (en rouge) en règle générale, parfois en marge. Espace laissé au début pour des miniatures, et des initiales un peu partout, non peintes. Aucun feuillet perdu.
Le texte de ce manuscrit est intéressant à bien des égards. Il comporte une dédicace de Lancaster, mais dans le texte il semble souvent appartenir à la première version non révisée ; car bien que de nombreuses erreurs de ce groupe soient corrigées dans Λ, même dans les cas où B les conserve, comme en Prol. 7, 219, versets latins après 584, 812, 844, 937 f., i. 8, 54, 264, 278, etc., ii. 671, 833, etc., et bien qu’il y ait également de nombreuses leçons révisées, comme i. 368, ii. 1758 ff. (où B reste non révisé), iv. 517, 766, 985 f., 2954, 3153, v. 30, 47 f., 82, 2694 f., 3110, etc., il existe encore en de nombreux autres endroits les leçons originales dans Λ, comme i. 3374 ff., iv. 2407, 2556, v. 274, 316, 394, 1893, 1906 f., etc., où BT sont révisés.
Les leçons caractéristiques de la deuxième version sont presque systématiquement données par Λ, qui concorde avec AdBT contre SΔ pour les passages insérés ; mais il existe quelques différences importantes entre ce manuscrit et tous les autres de sa catégorie, à savoir : (1) après v.
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6430* : il combine la première et la deuxième révision. (2) Les vers 7701-7746 sont insérés comme dans la première et la troisième révision. (3) Les vers 2941-2959 sont insérés comme dans la première révision (avec la curieuse corruption « Cuther » pour « Chaucer ») ; l’épilogue réécrit commence à la ligne « Enclosed in a sterred skye ». On remarquera que les variantes BTΛ forment souvent un groupe distinct, comme (pour ne citer que quelques exemples) les vers 1567, 1996, 2034, 3132, 3138 du chapitre IV, les vers 654 et suivants, 4138, etc. On peut toutefois noter les vers 7303 et suivants, qui sont insérés par Λ mais omis dans AdBT, ainsi que la lecture « she » au vers 2973 du chapitre IV.
P₂. Phillipps 8192, à Thirlestaine House, Cheltenham. Même contenu que BTΛ. Parchemin, 193 feuillets, grand format in-folio. Bien écrit en colonnes doubles de 46 lignes, début du XVe siècle. Résumés en latin en marge. Illustrations à la première page et au début des livres, sauf pour le Ier et le IIIe. Sur la première page, une miniature de l’Image de Nabuchodonosor, avec une petite figure dans le cadre, ainsi qu’une figure peinte dans la lettre initiale O. Deux feuillets manquants, remplacés par des pages blanches après le feuillet 1 (Prologue 154-509), et un autre plus tard (vers 3199-3382 du VIIe livre). Au verso du feuillet 1 : « Joh: Finch Comitis Winchilsea filius 1700 ». Un beau manuscrit de type ancien. Il contient la dédicace de Lancaster dans le Prologue et la forme ultérieure de l’épilogue ; quant aux passages supplémentaires, il coïncide avec AdBTΛ. En termes de texte, P₂ est étroitement lié à Λ, mais il ne comprend pas les vers 7701-7746 ni les vers 2941-2960 du VIIIe livre, et il ne correspond pas non plus à Λ pour les vers 6431* et suivants. Comme exemples de leur concordance, on peut citer le Prologue 14, « It dwelleth oft in », 115, « vneuened », 127, « ben nought diuided », etc. Dans la note en marge du Prologue 22, P₂ indique « sextodecimo », mais les trois premières lettres se trouvent au-dessus d’une effacement.
Troisième révision.
F. Fairfax 3, Bibliothèque Bodléienne (Bern. Cat. 3883). Contient, aux feuillets 2-186, la Confessio Amantis, avec « Explicit » et « Quam cinxere », aux feuillets 186 verso-190 verso le Traité, etc., aux feuillets 190 verso-194 le Carmen de multiplici viciorum pestilencia, se terminant par les vers « Hoc ego bis deno », etc. ; au feuillet 194 : « Quia vnusquisque », et au verso du même feuillet, seize lignes en latin écrites par « un certain philosophe » à la louange de l’auteur, commençant par « Eneidos Bucolis que Georgica ». Au feuillet 195, un feuillet d’un traité moral en latin provenant de l’ancienne reliure. Parchemin, 195 feuillets (y compris une page blanche en tête et une autre d’un autre livre à la fin), dimensions 13½ × 9¼ pouces, en quires de 8 feuillets chacun avec mots-clés ; le premier quire commence au feuillet 2, le vingt-quatrième quire compte six feuillets et le vingt-cinquième (dernier) trois. Les feuillets du septième quire sont désordonnés et doivent être lus dans l’ordre suivant : 50, 52, 53, 51, 56, 54, 55, 57. La Confessio Amantis est écrite en double
P₂. Phillipps 8192, à Thirlestaine House, Cheltenham. Même contenu que BTΛ. Parchemin, 193 feuillets, grand format in-folio. Bien écrit en colonnes doubles de 46 lignes, début du XVe siècle. Résumés en latin en marge. Illustrations à la première page et au début des livres, sauf pour le Ier et le IIIe. Sur la première page, une miniature de l’Image de Nabuchodonosor, avec une petite figure dans le cadre, ainsi qu’une figure peinte dans la lettre initiale O. Deux feuillets manquants, remplacés par des pages blanches après le feuillet 1 (Prologue 154-509), et un autre plus tard (vers 3199-3382 du VIIe livre). Au verso du feuillet 1 : « Joh: Finch Comitis Winchilsea filius 1700 ». Un beau manuscrit de type ancien. Il contient la dédicace de Lancaster dans le Prologue et la forme ultérieure de l’épilogue ; quant aux passages supplémentaires, il coïncide avec AdBTΛ. En termes de texte, P₂ est étroitement lié à Λ, mais il ne comprend pas les vers 7701-7746 ni les vers 2941-2960 du VIIIe livre, et il ne correspond pas non plus à Λ pour les vers 6431* et suivants. Comme exemples de leur concordance, on peut citer le Prologue 14, « It dwelleth oft in », 115, « vneuened », 127, « ben nought diuided », etc. Dans la note en marge du Prologue 22, P₂ indique « sextodecimo », mais les trois premières lettres se trouvent au-dessus d’une effacement.
Troisième révision.
F. Fairfax 3, Bibliothèque Bodléienne (Bern. Cat. 3883). Contient, aux feuillets 2-186, la Confessio Amantis, avec « Explicit » et « Quam cinxere », aux feuillets 186 verso-190 verso le Traité, etc., aux feuillets 190 verso-194 le Carmen de multiplici viciorum pestilencia, se terminant par les vers « Hoc ego bis deno », etc. ; au feuillet 194 : « Quia vnusquisque », et au verso du même feuillet, seize lignes en latin écrites par « un certain philosophe » à la louange de l’auteur, commençant par « Eneidos Bucolis que Georgica ». Au feuillet 195, un feuillet d’un traité moral en latin provenant de l’ancienne reliure. Parchemin, 195 feuillets (y compris une page blanche en tête et une autre d’un autre livre à la fin), dimensions 13½ × 9¼ pouces, en quires de 8 feuillets chacun avec mots-clés ; le premier quire commence au feuillet 2, le vingt-quatrième quire compte six feuillets et le vingt-cinquième (dernier) trois. Les feuillets du septième quire sont désordonnés et doivent être lus dans l’ordre suivant : 50, 52, 53, 51, 56, 54, 55, 57. La Confessio Amantis est écrite en double
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Colonne de 46 lignes, d’une très belle écriture de la fin du XIVe siècle. Résumés en latin dans les marges. Bords partiellement ornés, certains avec des figures d’animaux, au début de chaque livre, ainsi que deux miniatures : l’une au début, plutôt grande, représentant le rêve de Nabuchodonosor, et l’autre à la f. 8 de la Confession, où le prêtre est vêtu de vert et porte une couronne de roses sur la tête, tandis que le pénitent, dont les traits sont endommagés, porte un capuchon et un col de SS avec un insigne, probablement un cygne, suspendu à celui-ci. Il s’agissait sans doute d’un portrait de l’auteur : le col et l’insigne ont l’air d’avoir été ajoutés après la réalisation de la peinture originale. La taille des capitales illustrées indique précisément la nature des différentes divisions de l’ouvrage.
À la f. 2, on lit : « The Ladie Isabell Fairfax daughter and hare of Thwats hir bouk », à la f. 8 : « This boke belongeth to my lady farfax off Steton », et à la f. 1 : « Sr Thomas fayrfax of Denton Knighte true owner of this booke, 1588 ». Cette Lady Isabell Fairfax était la petite-fille et héritière de John Thwaites de Denton, mort en 1511, et elle était mariée à Sir William Fairfax de Steeton. Sir Thomas Fairfax de Denton, dont le nom figure dans le livre, était son petit-fils. Le livre provenait sans doute de la famille Thwaites, ce qui nous permet de le retracer jusqu’à John Thwaites de Denton, mort à un âge avancé, un peu plus d’un siècle après la mort de l’auteur. Il fut légué avec d’autres manuscrits à l’Université d’Oxford par Sir Thomas Fairfax, général parlementaire, petit-fils du Sir Thomas Fairfax de Denton mentionné ci-dessus, et placé à la Bodléienne en 1675.
La première feuille du texte, jusqu’à Prol. 146, est écrite d’une seconde main qui a également écrit les f. 186-194, y compris les dernières lignes de la Conf. Amantis à partir de viii. 3147. Une troisième main (avec une orthographe très différente) a écrit viii. 2938-3146, soit les 29 dernières lignes de la f. 41 vo (par-dessus une effacement) et toute la f. 185, qui est une feuille insérée à la place d’une autre retirée (la dernière du quire 23). À viii. 2938, on voit une note, « now haue, etc. », destinée à guider le scribe après l’effacement. Du fait que deux mains ont été utilisées pour transformer le manuscrit au début et à la fin, il semble probable que les modifications aient été apportées à deux moments distincts (comme nous le savons aussi d’après les dates, l’épilogue réécrit précédait le préface réécrit), et que ce que j’ai appelé la troisième main était en réalité la deuxième en ordre chronologique, ayant servi à remplacer l’épilogue antérieur par un épilogue ultérieur, tandis que l’autre main, ayant probablement travaillé après l’avènement d’Henri IV, a remplacé la première feuille par une autre contenant la dédicace des Lancaster, qui existait depuis 1392-3, mais peut-être seulement en circulation privée, et a également ajouté le Traité et les poèmes latins, ainsi que le compte rendu des livres de l’auteur, « Quia vnusquisque », sous sa forme révisée. Je dis après l’avènement d’Henri IV, car la référence dans la troisième
À la f. 2, on lit : « The Ladie Isabell Fairfax daughter and hare of Thwats hir bouk », à la f. 8 : « This boke belongeth to my lady farfax off Steton », et à la f. 1 : « Sr Thomas fayrfax of Denton Knighte true owner of this booke, 1588 ». Cette Lady Isabell Fairfax était la petite-fille et héritière de John Thwaites de Denton, mort en 1511, et elle était mariée à Sir William Fairfax de Steeton. Sir Thomas Fairfax de Denton, dont le nom figure dans le livre, était son petit-fils. Le livre provenait sans doute de la famille Thwaites, ce qui nous permet de le retracer jusqu’à John Thwaites de Denton, mort à un âge avancé, un peu plus d’un siècle après la mort de l’auteur. Il fut légué avec d’autres manuscrits à l’Université d’Oxford par Sir Thomas Fairfax, général parlementaire, petit-fils du Sir Thomas Fairfax de Denton mentionné ci-dessus, et placé à la Bodléienne en 1675.
La première feuille du texte, jusqu’à Prol. 146, est écrite d’une seconde main qui a également écrit les f. 186-194, y compris les dernières lignes de la Conf. Amantis à partir de viii. 3147. Une troisième main (avec une orthographe très différente) a écrit viii. 2938-3146, soit les 29 dernières lignes de la f. 41 vo (par-dessus une effacement) et toute la f. 185, qui est une feuille insérée à la place d’une autre retirée (la dernière du quire 23). À viii. 2938, on voit une note, « now haue, etc. », destinée à guider le scribe après l’effacement. Du fait que deux mains ont été utilisées pour transformer le manuscrit au début et à la fin, il semble probable que les modifications aient été apportées à deux moments distincts (comme nous le savons aussi d’après les dates, l’épilogue réécrit précédait le préface réécrit), et que ce que j’ai appelé la troisième main était en réalité la deuxième en ordre chronologique, ayant servi à remplacer l’épilogue antérieur par un épilogue ultérieur, tandis que l’autre main, ayant probablement travaillé après l’avènement d’Henri IV, a remplacé la première feuille par une autre contenant la dédicace des Lancaster, qui existait depuis 1392-3, mais peut-être seulement en circulation privée, et a également ajouté le Traité et les poèmes latins, ainsi que le compte rendu des livres de l’auteur, « Quia vnusquisque », sous sa forme révisée. Je dis après l’avènement d’Henri IV, car la référence dans la troisième
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La description de la chute de Richard dans le texte de la première révision, « ab alto corruens in foueam quam fecit finaliter proiectus est », semble exiger une date aussi tardive que celle-ci. Il convient de noter que cette écriture est identique à celle qui a apporté des ajouts quelque peu similaires aux manuscrits All Souls et Glasgow du Vox Clamantis. D’autres exemples de modification des leçons de la première révision par effacement se trouvent en marge de Prol. 331, 336, i. 2713 f., iv. 1321 f., 1361 f., ainsi que dans les vers latins après vii. 1640 et vii. 1984.
Comme cette édition imprime le texte du manuscrit Fairfax et que ses relations ont déjà été discutées, il n’est guère nécessaire d’en dire davantage ici, sauf concernant la manière dont le texte est traité lors de l’impression. Il faut donc noter que i et j, u et v sont utilisés conformément à la pratique moderne, qu’aucune distinction n’est faite entre les deux formes de s, que th remplace þ, et que y remplace ȝ dans ȝe, ȝit, ȝiue, aȝein, beȝete, etc. (ce dernier point va plutôt à l’encontre de mon jugement, car aucun bon manuscrit ne l’utilise). Il convient également de remarquer que le scribe de Fairfax utilise fréquemment v pour u à la fin d’un mot, comme dans « nov », « hov » (souvent « hou »), « Þov » (généralement « þou »), « ȝov » (également « ȝou »), « auov », « windov », « blev », « knev », etc., et parfois en d’autres positions, soit pour se distinguer de n, soit simplement pour ornementation, comme dans « comvne », « retenve », « rvnne », « þvrgh », « havk », « fowl », « hovndes », « movþ », « rovnede », « slovh », « trovþe », « ynovh », etc., en plus de « comune », « runne », « þurgh », « hauk », « foul », etc. Dans tous ces cas, v est indiqué dans le texte comme u. La terminaison « -o̅ n̅ » est régulièrement imprimée sous la forme « -oun ». Les mots français ayant cette terminaison apparaissent dans F avec -o̅ u̅ ou -o̅ n̅, généralement ce dernier (mais « resoun » complètement, Prol. 151), et parfois on trouve « to̅ n̅ » pour « toun », comme à vii. 5313, viii. 2523. De même, on a « sto̅ n̅ de: wounde », i. 1425 f., « gro̅ n̅ de » pour « grounde », i. 2051, « expo̅ n̅ de: founde », i. 2867 f., « bra̅ n̅ che: staunche », i. 2837 f., « cha̅ n̅ ce », i. 3203, « gra̅ n̅ teþ », ii. 1463, « suppla̅ n̅ te », ii. 2369, « skla̅ n̅ dre », v. 5536 (« sclaundre », v. 712), « coma̅ n̅ de: launde », vii. 2159.
La contraction ꝑ, considérée comme un mot à part entière, est dans cette édition presque toujours donnée sous la forme « per ». Elle est rarement écrite complètement dans F, mais on trouve « Per aunter », v. 3351, « Per chaunce », v. 7816, et J écrit régulièrement « per chance », « per cas », etc., sans contraction. D’autres manuscrits, comme A et B, privilégient plutôt « par ». F contient « perceive », « aperceive », mais pas « parfit ».
En ce qui concerne l’usage des majuscules, cette édition suit globalement le manuscrit. Cependant, certaines lettres, comme k, v, w, y, ne présentent pratiquement aucune différence de forme, tandis que d’autres sont utilisées assez rarement en majuscules ; pour certaines, en particulier s, la forme majuscule est employée avec une liberté excessive. Il a donc semblé souhaitable d’introduire un degré plus élevé de cohérence, tout en préservant l’usage général du manuscrit. Les noms propres sont régulièrement écrits en majuscules dans cette édition (généralement ainsi dans le manuscrit, mais pas toujours), et les phrases commencent par une lettre majuscule après un point. D’un autre côté, la lettre I (ou J), souvent utilisée en début de mot, a fréquemment été omise, et occasionnellement cela a été fait pour d’autres lettres également. On peut cependant observer que, dans l’ensemble, les majuscules sont utilisées de manière très systématique dans le manuscrit, et d’autres bons manuscrits, en particulier S, suivent globalement les principes de F. Certains substantifs tels que « Ere », « Erthe », « Schip », « Sone », « Ston » sont presque toujours écrits en majuscules, de même que les noms d’animaux comme « Cat », « Hare », « Hound », « Leoun », « Mous », « Oxe », « Pie », « Ro », « Schep », « Tigre », ainsi que ceux de certaines parties du corps comme « Arm », « Hiele », « Lippes », « Nase », « Pappes », « Skulle », et de nombreux autres substantifs concrets, sont souvent écrits en majuscules, parfois apparemment afin de leur conférer plus d’importance. Les majuscules sont rarement utilisées de cette façon, sauf pour les substantifs et certains numéraux, comme « Nine », « Seconde », « Sexte », « Tenthe », et dans de nombreux cas, il est évident qu’une distinction est visée, par exemple entre « Sone » et « sone » (adv.), « Se » (= mer) et « se » (verbe), « Dore » et « dore » (verbe), voir iv. 2825 f., « More » et « more », « Pype » et « pipe » (verbe), iv. 3342.
Comme cette édition imprime le texte du manuscrit Fairfax et que ses relations ont déjà été discutées, il n’est guère nécessaire d’en dire davantage ici, sauf concernant la manière dont le texte est traité lors de l’impression. Il faut donc noter que i et j, u et v sont utilisés conformément à la pratique moderne, qu’aucune distinction n’est faite entre les deux formes de s, que th remplace þ, et que y remplace ȝ dans ȝe, ȝit, ȝiue, aȝein, beȝete, etc. (ce dernier point va plutôt à l’encontre de mon jugement, car aucun bon manuscrit ne l’utilise). Il convient également de remarquer que le scribe de Fairfax utilise fréquemment v pour u à la fin d’un mot, comme dans « nov », « hov » (souvent « hou »), « Þov » (généralement « þou »), « ȝov » (également « ȝou »), « auov », « windov », « blev », « knev », etc., et parfois en d’autres positions, soit pour se distinguer de n, soit simplement pour ornementation, comme dans « comvne », « retenve », « rvnne », « þvrgh », « havk », « fowl », « hovndes », « movþ », « rovnede », « slovh », « trovþe », « ynovh », etc., en plus de « comune », « runne », « þurgh », « hauk », « foul », etc. Dans tous ces cas, v est indiqué dans le texte comme u. La terminaison « -o̅ n̅ » est régulièrement imprimée sous la forme « -oun ». Les mots français ayant cette terminaison apparaissent dans F avec -o̅ u̅ ou -o̅ n̅, généralement ce dernier (mais « resoun » complètement, Prol. 151), et parfois on trouve « to̅ n̅ » pour « toun », comme à vii. 5313, viii. 2523. De même, on a « sto̅ n̅ de: wounde », i. 1425 f., « gro̅ n̅ de » pour « grounde », i. 2051, « expo̅ n̅ de: founde », i. 2867 f., « bra̅ n̅ che: staunche », i. 2837 f., « cha̅ n̅ ce », i. 3203, « gra̅ n̅ teþ », ii. 1463, « suppla̅ n̅ te », ii. 2369, « skla̅ n̅ dre », v. 5536 (« sclaundre », v. 712), « coma̅ n̅ de: launde », vii. 2159.
La contraction ꝑ, considérée comme un mot à part entière, est dans cette édition presque toujours donnée sous la forme « per ». Elle est rarement écrite complètement dans F, mais on trouve « Per aunter », v. 3351, « Per chaunce », v. 7816, et J écrit régulièrement « per chance », « per cas », etc., sans contraction. D’autres manuscrits, comme A et B, privilégient plutôt « par ». F contient « perceive », « aperceive », mais pas « parfit ».
En ce qui concerne l’usage des majuscules, cette édition suit globalement le manuscrit. Cependant, certaines lettres, comme k, v, w, y, ne présentent pratiquement aucune différence de forme, tandis que d’autres sont utilisées assez rarement en majuscules ; pour certaines, en particulier s, la forme majuscule est employée avec une liberté excessive. Il a donc semblé souhaitable d’introduire un degré plus élevé de cohérence, tout en préservant l’usage général du manuscrit. Les noms propres sont régulièrement écrits en majuscules dans cette édition (généralement ainsi dans le manuscrit, mais pas toujours), et les phrases commencent par une lettre majuscule après un point. D’un autre côté, la lettre I (ou J), souvent utilisée en début de mot, a fréquemment été omise, et occasionnellement cela a été fait pour d’autres lettres également. On peut cependant observer que, dans l’ensemble, les majuscules sont utilisées de manière très systématique dans le manuscrit, et d’autres bons manuscrits, en particulier S, suivent globalement les principes de F. Certains substantifs tels que « Ere », « Erthe », « Schip », « Sone », « Ston » sont presque toujours écrits en majuscules, de même que les noms d’animaux comme « Cat », « Hare », « Hound », « Leoun », « Mous », « Oxe », « Pie », « Ro », « Schep », « Tigre », ainsi que ceux de certaines parties du corps comme « Arm », « Hiele », « Lippes », « Nase », « Pappes », « Skulle », et de nombreux autres substantifs concrets, sont souvent écrits en majuscules, parfois apparemment afin de leur conférer plus d’importance. Les majuscules sont rarement utilisées de cette façon, sauf pour les substantifs et certains numéraux, comme « Nine », « Seconde », « Sexte », « Tenthe », et dans de nombreux cas, il est évident qu’une distinction est visée, par exemple entre « Sone » et « sone » (adv.), « Se » (= mer) et « se » (verbe), « Dore » et « dore » (verbe), voir iv. 2825 f., « More » et « more », « Pype » et « pipe » (verbe), iv. 3342.
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f., « Myn » et « myn » (pronoms possessifs), « Mone » et « mone » (verbe), mais voir v. 5804, 5808,
« In » et « in », vii. 4921 f., viii. 1169 f., 1285 f. Le fait qu’une certaine importance ait été accordée à cette question est montré par les cas où des modifications minutieuses de lettres minuscules en majuscules ont été apportées dans le manuscrit, comme en Prol. 949, i. 1687, v. 1435, 3206, 4019, vii. 2785, etc.
De nombreuses corrections ont été faites de la main même de l’auteur, et certaines d’entre elles méritent d’être notées, en particulier les cas où une finale e semble avoir été délibérément effacée pour des raisons de mètre ou avant une voyelle, comme en i. 60 « get » pour « gete », iii. 2346 « trew » pour « trewe », vi. 1359 « I red » pour « I rede », vii. 1706 « ffyf » pour « ffyue », ou encore ceux où une e a été ajoutée par la suite, comme en ii. 3399 « deþe », iii. 449 « bowe », v. 1269, 3726, 5265, « whiche ».
Il ne reste plus qu’à parler de la ponctuation du manuscrit, qui a manifestement été réalisée avec soin. Les arrêts fréquents à la fin des lignes sont pour la plupart sans signification, mais ceux situés ailleurs sont importants et peuvent généralement servir de guide pour comprendre le sens. Ils sont parfois certainement erronés (par ex. i. 1102 Togedre· 1284 will· 2965 fro·
ii. 1104 wille· 1397 name· 2354 astat· iii. 2638 be· iv. 497 grace· 1751 besinesse·
1985 hardi· 2502 alle· 3354 Slep· 3635 lif· v. 4 good· 231 herte· 444 wynd· 1342
See· 1630 only· 2318 bord· etc.), mais la proportion d’erreurs est faible, et la ponctuation de F doit généralement être prise au sérieux. Il y a généralement un arrêt là où il y a une pause marquée dans la ligne, et cette ponctuation apparaît en moyenne une fois toutes les dix lignes. Le tableau suivant concernant la ponctuation de iv. 1301-1600 servira d’illustration de sa nature et de son ampleur : 1303 loue· 1307 ladis· 1316 cloþed·
1369 seide· 1374 seiþ· 1376 loue· 1388 slow· 1409 wepe· 1412 Dame· 1415 loue·
1439 hirself· 1457 is· 1459 peine· 1461 haltres· 1466 told· 1470 paramours· 1471
lawe· 1474 ianglinge· 1489 take· 1490 loue· 1491 herte· 1492 mariage· 1496
children· 1497 mai· 1499 tarie· 1501 let· 1512 god· seide· 1532 oþre· 1534 ferste·
1535 dovhter· 1536 cloþes· 1547 Tohewe· 1560 seiþ· 1561 point· 1566 maidenhod·
1567 had· 1591 come· 1592 deþ·
H₂. Harleian 3869, British Museum. Il contient la même chose que F, avec quelques poèmes religieux rédigés d’une écriture différente dans des espaces vides au début et à la fin. Papier, à l’exception des feuillets extérieurs de chaque cahier : 368 feuillets (y compris quatre feuillets au début et deux à la fin contenant les poèmes religieux mentionnés ci-dessus). Dimensions : 11¼ × 7½ pouces. Les cahiers sont composés de 16 feuillets en général ; ils portent des signatures. Le premier cahier commence au feuillet 5 et compte 14 feuillets. Le texte est écrit en une seule colonne, avec 38 à 50 lignes par page, de manière plutôt irrégulière. Des résumés en latin se trouvent dans la marge (en rouge). Au feuillet 5, au début du texte « Confessio Amantis », on trouve une grande illustration du rêve de Nabuchodonosor, similaire à celle de F ; au feuillet 8, une illustration mal peinte représentant la confession. Au feuillet 1, on lit : « London, 28 janvier 1628, George Cogiluy » ; au feuillet 2 : « 22 janvier 1721, Oxford » (c’est-à-dire Harley). Sur la même page figure la date : « 1445, 23 mai ». Ce manuscrit semble avoir été copié directement à partir de F ; il offre un texte excellent, reproduisant avec une grande précision celui du manuscrit Fairfax, tout en reprenant pour l’essentiel ses erreurs et particularités, comme indiqué dans Prol. 80 officie, 249, wich, 419 com.
« In » et « in », vii. 4921 f., viii. 1169 f., 1285 f. Le fait qu’une certaine importance ait été accordée à cette question est montré par les cas où des modifications minutieuses de lettres minuscules en majuscules ont été apportées dans le manuscrit, comme en Prol. 949, i. 1687, v. 1435, 3206, 4019, vii. 2785, etc.
De nombreuses corrections ont été faites de la main même de l’auteur, et certaines d’entre elles méritent d’être notées, en particulier les cas où une finale e semble avoir été délibérément effacée pour des raisons de mètre ou avant une voyelle, comme en i. 60 « get » pour « gete », iii. 2346 « trew » pour « trewe », vi. 1359 « I red » pour « I rede », vii. 1706 « ffyf » pour « ffyue », ou encore ceux où une e a été ajoutée par la suite, comme en ii. 3399 « deþe », iii. 449 « bowe », v. 1269, 3726, 5265, « whiche ».
Il ne reste plus qu’à parler de la ponctuation du manuscrit, qui a manifestement été réalisée avec soin. Les arrêts fréquents à la fin des lignes sont pour la plupart sans signification, mais ceux situés ailleurs sont importants et peuvent généralement servir de guide pour comprendre le sens. Ils sont parfois certainement erronés (par ex. i. 1102 Togedre· 1284 will· 2965 fro·
ii. 1104 wille· 1397 name· 2354 astat· iii. 2638 be· iv. 497 grace· 1751 besinesse·
1985 hardi· 2502 alle· 3354 Slep· 3635 lif· v. 4 good· 231 herte· 444 wynd· 1342
See· 1630 only· 2318 bord· etc.), mais la proportion d’erreurs est faible, et la ponctuation de F doit généralement être prise au sérieux. Il y a généralement un arrêt là où il y a une pause marquée dans la ligne, et cette ponctuation apparaît en moyenne une fois toutes les dix lignes. Le tableau suivant concernant la ponctuation de iv. 1301-1600 servira d’illustration de sa nature et de son ampleur : 1303 loue· 1307 ladis· 1316 cloþed·
1369 seide· 1374 seiþ· 1376 loue· 1388 slow· 1409 wepe· 1412 Dame· 1415 loue·
1439 hirself· 1457 is· 1459 peine· 1461 haltres· 1466 told· 1470 paramours· 1471
lawe· 1474 ianglinge· 1489 take· 1490 loue· 1491 herte· 1492 mariage· 1496
children· 1497 mai· 1499 tarie· 1501 let· 1512 god· seide· 1532 oþre· 1534 ferste·
1535 dovhter· 1536 cloþes· 1547 Tohewe· 1560 seiþ· 1561 point· 1566 maidenhod·
1567 had· 1591 come· 1592 deþ·
H₂. Harleian 3869, British Museum. Il contient la même chose que F, avec quelques poèmes religieux rédigés d’une écriture différente dans des espaces vides au début et à la fin. Papier, à l’exception des feuillets extérieurs de chaque cahier : 368 feuillets (y compris quatre feuillets au début et deux à la fin contenant les poèmes religieux mentionnés ci-dessus). Dimensions : 11¼ × 7½ pouces. Les cahiers sont composés de 16 feuillets en général ; ils portent des signatures. Le premier cahier commence au feuillet 5 et compte 14 feuillets. Le texte est écrit en une seule colonne, avec 38 à 50 lignes par page, de manière plutôt irrégulière. Des résumés en latin se trouvent dans la marge (en rouge). Au feuillet 5, au début du texte « Confessio Amantis », on trouve une grande illustration du rêve de Nabuchodonosor, similaire à celle de F ; au feuillet 8, une illustration mal peinte représentant la confession. Au feuillet 1, on lit : « London, 28 janvier 1628, George Cogiluy » ; au feuillet 2 : « 22 janvier 1721, Oxford » (c’est-à-dire Harley). Sur la même page figure la date : « 1445, 23 mai ». Ce manuscrit semble avoir été copié directement à partir de F ; il offre un texte excellent, reproduisant avec une grande précision celui du manuscrit Fairfax, tout en reprenant pour l’essentiel ses erreurs et particularités, comme indiqué dans Prol. 80 officie, 249, wich, 419 com.
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588 sende, 592 befalle, 668 marg. diminuent, 723 chiualrie, 1078 waxed, i. 120
wisshide, 160 scheo, 227 beleft, 234 sone sone, 335 whilon, 1626 vnsemylieste, 2511
Embroudred, ii. 352 Ennvie, Lat. après 382 infamen, 710 hiere, 949 þong, 1169 non,
1441 keste, 1539 om. le, et ainsi de suite. Cependant, certaines erreurs évidentes sont corrigées,
comme en Prol. 370, i. 1257, 2105, 3357, ii. 117.
N. New College, Oxf. 266 (Bern. Cat. i. 2. 1230). Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes) et « Quam cinxere ». Parchemin, ff. 183 (à l’origine 187), 13¼ × 9 pouces, cahiers de 8 feuillets (un de 10 et le dernier de 9) avec mots-clés. Bien écrit en double colonne de 46 lignes en général, parfois plus, premier quart du XVe siècle. Résumés en latin en marge. De nombreuses pages fleuronnées (bordures partielles) et capitales illustrées, bien exécutées. De même, un grand nombre de miniatures, dont certaines ont été découpées et d’autres fortement endommagées.
Les deux premiers feuillets sont endommagés, et quatre feuillets ont été découpés, à savoir le feuillet original 7 (Prol. 1066-i. 106), f. 35 (ii. 1521-1704), f. 74 (iv. 2229-2397) et f. 113 (v. 5505-5662), ainsi que la moitié externe du f. 171 (viii. 271-318) et plusieurs miniatures avec du texte au dos.
Le nom de John Cutt de Schenley, dans le Hertfordshire, apparaît dans le livre (fin du XVe siècle), et sur le premier feuillet « Thomæ Martin Liber », peut-être Thomas Martin qui fut membre du New College de 1538 à 1553 et mourut en 1584. La reliure en vieux cuir noir porte les lettres W. D., avec un aigle bicéphale couronné.
Ce livre semble dériver de F, bien que peut-être pas directement. L’orthographe est similaire à celle de F, mais diffère sur certains points, comme « shall », « she », etc., pour « schal », « sche », « noht » pour « noght », en plus d’une grande incertitude quant à la lettre finale e, souvent au détriment du mètre. Comme exemples de correspondances particulières avec F, on peut citer Prol. 370 argumeten, 588 send, 592 befalle, 723 chiualrie, 957 mistormeth, i. 120 wisshide, 227 beleft, 234 sone sone, 1036 be shrewed, 3357 seled, ii. 318 ff. fela, felaw, felawh (variant selon F), après 382 infamen, etc., mais parfois F est corrigé sur de petits points, comme Prol. 201 erthly, 249 which, 280 pacience, i. 110 to fare, etc.
La particularité du livre réside dans la série de miniatures qui l’illustrent tout au long. À cet égard, il est unique, à ma connaissance ; bien qu’il ait dû exister autrefois d’autres exemplaires également illustrés. Voici une liste complète des sujets (feuilles citées par leur numéro d’origine) : f. 15 (i. 1417) Florent et la vieille femme, f. 18 (i. 2021) homme soufflant dans une trompette, seigneur, épouse et cinq enfants regardant depuis un château, f. 23 (i. 2785) découpée, f. 34 (i. 3067) découpée puis recousue, fortement endommagée, f. 30 (ii. 587) découpée, f. 44 (ii. 3187) mères apportant des bébés à Constantin, f. 56 (iii. 1885) Clytemnestre déchirée par des chevaux, deux personnes couronnées conversant en premier plan, f. 59 (iii. 2363) Pirate amené devant Alexandre, f. 61 (iv. 1) Dido se suicidant, Énée s’enfuyant, f. 68 (iv. 1245) dame avec des rênes et une bride rouge interrogée par Rosiphelee, f. 71 (iv. 1815).
wisshide, 160 scheo, 227 beleft, 234 sone sone, 335 whilon, 1626 vnsemylieste, 2511
Embroudred, ii. 352 Ennvie, Lat. après 382 infamen, 710 hiere, 949 þong, 1169 non,
1441 keste, 1539 om. le, et ainsi de suite. Cependant, certaines erreurs évidentes sont corrigées,
comme en Prol. 370, i. 1257, 2105, 3357, ii. 117.
N. New College, Oxf. 266 (Bern. Cat. i. 2. 1230). Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes) et « Quam cinxere ». Parchemin, ff. 183 (à l’origine 187), 13¼ × 9 pouces, cahiers de 8 feuillets (un de 10 et le dernier de 9) avec mots-clés. Bien écrit en double colonne de 46 lignes en général, parfois plus, premier quart du XVe siècle. Résumés en latin en marge. De nombreuses pages fleuronnées (bordures partielles) et capitales illustrées, bien exécutées. De même, un grand nombre de miniatures, dont certaines ont été découpées et d’autres fortement endommagées.
Les deux premiers feuillets sont endommagés, et quatre feuillets ont été découpés, à savoir le feuillet original 7 (Prol. 1066-i. 106), f. 35 (ii. 1521-1704), f. 74 (iv. 2229-2397) et f. 113 (v. 5505-5662), ainsi que la moitié externe du f. 171 (viii. 271-318) et plusieurs miniatures avec du texte au dos.
Le nom de John Cutt de Schenley, dans le Hertfordshire, apparaît dans le livre (fin du XVe siècle), et sur le premier feuillet « Thomæ Martin Liber », peut-être Thomas Martin qui fut membre du New College de 1538 à 1553 et mourut en 1584. La reliure en vieux cuir noir porte les lettres W. D., avec un aigle bicéphale couronné.
Ce livre semble dériver de F, bien que peut-être pas directement. L’orthographe est similaire à celle de F, mais diffère sur certains points, comme « shall », « she », etc., pour « schal », « sche », « noht » pour « noght », en plus d’une grande incertitude quant à la lettre finale e, souvent au détriment du mètre. Comme exemples de correspondances particulières avec F, on peut citer Prol. 370 argumeten, 588 send, 592 befalle, 723 chiualrie, 957 mistormeth, i. 120 wisshide, 227 beleft, 234 sone sone, 1036 be shrewed, 3357 seled, ii. 318 ff. fela, felaw, felawh (variant selon F), après 382 infamen, etc., mais parfois F est corrigé sur de petits points, comme Prol. 201 erthly, 249 which, 280 pacience, i. 110 to fare, etc.
La particularité du livre réside dans la série de miniatures qui l’illustrent tout au long. À cet égard, il est unique, à ma connaissance ; bien qu’il ait dû exister autrefois d’autres exemplaires également illustrés. Voici une liste complète des sujets (feuilles citées par leur numéro d’origine) : f. 15 (i. 1417) Florent et la vieille femme, f. 18 (i. 2021) homme soufflant dans une trompette, seigneur, épouse et cinq enfants regardant depuis un château, f. 23 (i. 2785) découpée, f. 34 (i. 3067) découpée puis recousue, fortement endommagée, f. 30 (ii. 587) découpée, f. 44 (ii. 3187) mères apportant des bébés à Constantin, f. 56 (iii. 1885) Clytemnestre déchirée par des chevaux, deux personnes couronnées conversant en premier plan, f. 59 (iii. 2363) Pirate amené devant Alexandre, f. 61 (iv. 1) Dido se suicidant, Énée s’enfuyant, f. 68 (iv. 1245) dame avec des rênes et une bride rouge interrogée par Rosiphelee, f. 71 (iv. 1815).
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Supprimé, f. 72 (iv. 2045) Combat entre Héraclès et Achélos, f. 77 (iv. 2927) Alcéone endormie dans son lit, corps du roi dans l’eau, f. 83 (v. 141) Midas à table, f. 93 (v. 2031) Crassus ayant de l’or versé dans sa gorge, f. 94 (v. 2273) Le roi ouvrant les trésors, f. 95 (v. 2391) Supprimé, f. 96 (v. 2643) Supprimé, f. 98 (v. 2961) Presque abîmé, f. 100 (v. 3247) Supprimé, f. 109 (v. 4937) Bardus tirant Adrien hors du puits, f. 111 (v. 5231) Ariane laissée endormie, le navire qui s’éloigne, f. 117 (v. 6225) Une procession de nymphes nues pour se baigner, f. 120 (v. 6807) Supprimé, f. 133 (vi. 1391) Télégonos soutenant la tête de son père, les gardes gisant morts, f. 136 (vi. 1789) Supprimé, f. 150 (vii. 1783) Supprimé, f. 158 (vii. 3417) Supprimé, f. 159 (vii. 3627) Gédéon et ses hommes soufflant dans des trompettes, etc., ennemi endormi dans une tente, f. 165 (vii. 4593) Supprimé, f. 171 (viii. 271 et suiv.) La moitié de la page a été coupée, avec probablement trois miniatures, car seules 52 lignes ont disparu, alors que l’espace permettait 92.
K. Keswick Hall, près de Norwich, en possession de J. H. Gurney, Esq., qui l’a très gentiment envoyé à Oxford pour que je puisse l’utiliser. Il contient la même chose que F, mais est légèrement imparfait à la fin. Parchemin, 189 feuillets, 13 × 9¾ pouces, cahiers de 8 feuillets avec mots-clés. Bien écrit en double colonne de 46 lignes (la colonne correspondante étant celle de F tout au long), apparemment par six mains différentes : la première a écrit les cahiers 1, 2, 6, 8-11, 21 ; la deuxième, 3 et peut-être 7 ; la troisième, 4, 5, 16, 17 ; la quatrième, 12-15, 19 ; la cinquième, 18 ; et la sixième, 20, 22-24. Résumés en latin dans la marge (parfois omis). Trois feuillets manquent dans le septième cahier (iii. 1087-1632) et un à la fin, contenant les treize dernières lignes du Carmen de multiplici, etc., ainsi probablement le catalogue des livres et le passage « Eneidos, Bucolis ». Une initiale fleurie pour chaque livre, et de l’espace réservé pour des miniatures aux feuillets 1 et 7. Reliure en cuir ancien avec sceau. Anciens possesseurs : Thomas Stone « de Bromsberrowe dans le comté de Gloucester », Henry Harman, William Mallowes (sous le règne d’Élisabeth Ier ?), John Feynton. Les différentes mains diffèrent beaucoup les unes des autres en termes de précision. La première et la quatrième donnent un texte si proche de celui de F qu’il est presque impossible de ne pas croire qu’il a été copié sur celui-ci. Dans le cas de certaines autres mains, cette correspondance exacte en ce qui concerne l’orthographe et la ponctuation disparaît, et un texte bien moins correct est fourni, mais cela semble principalement dû à la négligence (la troisième main, par exemple, est évidemment inexacte et néglige grandement le mètre). Il convient également de noter que K possède la note marginale au début du Prologue, absente de F : « Hic in principio », etc., et il existe quelques leçons qui semblent provenir d’une autre source, comme aux iii. 778, 906, 921, 1732, 1832 (toutes dans le septième cahier), où elles coïncident avec AM. Dans l’ensemble, la question de la dépendance de K par rapport à F doit rester incertaine. On peut retracer jusqu’à ce manuscrit de nombreux des erreurs qui apparaissent dans H₃ et le manuscrit de Magdalen, et qui ont parfois ainsi trouvé leur chemin dans les éditions imprimées, par ex. le Prologue.
K. Keswick Hall, près de Norwich, en possession de J. H. Gurney, Esq., qui l’a très gentiment envoyé à Oxford pour que je puisse l’utiliser. Il contient la même chose que F, mais est légèrement imparfait à la fin. Parchemin, 189 feuillets, 13 × 9¾ pouces, cahiers de 8 feuillets avec mots-clés. Bien écrit en double colonne de 46 lignes (la colonne correspondante étant celle de F tout au long), apparemment par six mains différentes : la première a écrit les cahiers 1, 2, 6, 8-11, 21 ; la deuxième, 3 et peut-être 7 ; la troisième, 4, 5, 16, 17 ; la quatrième, 12-15, 19 ; la cinquième, 18 ; et la sixième, 20, 22-24. Résumés en latin dans la marge (parfois omis). Trois feuillets manquent dans le septième cahier (iii. 1087-1632) et un à la fin, contenant les treize dernières lignes du Carmen de multiplici, etc., ainsi probablement le catalogue des livres et le passage « Eneidos, Bucolis ». Une initiale fleurie pour chaque livre, et de l’espace réservé pour des miniatures aux feuillets 1 et 7. Reliure en cuir ancien avec sceau. Anciens possesseurs : Thomas Stone « de Bromsberrowe dans le comté de Gloucester », Henry Harman, William Mallowes (sous le règne d’Élisabeth Ier ?), John Feynton. Les différentes mains diffèrent beaucoup les unes des autres en termes de précision. La première et la quatrième donnent un texte si proche de celui de F qu’il est presque impossible de ne pas croire qu’il a été copié sur celui-ci. Dans le cas de certaines autres mains, cette correspondance exacte en ce qui concerne l’orthographe et la ponctuation disparaît, et un texte bien moins correct est fourni, mais cela semble principalement dû à la négligence (la troisième main, par exemple, est évidemment inexacte et néglige grandement le mètre). Il convient également de noter que K possède la note marginale au début du Prologue, absente de F : « Hic in principio », etc., et il existe quelques leçons qui semblent provenir d’une autre source, comme aux iii. 778, 906, 921, 1732, 1832 (toutes dans le septième cahier), où elles coïncident avec AM. Dans l’ensemble, la question de la dépendance de K par rapport à F doit rester incertaine. On peut retracer jusqu’à ce manuscrit de nombreux des erreurs qui apparaissent dans H₃ et le manuscrit de Magdalen, et qui ont parfois ainsi trouvé leur chemin dans les éditions imprimées, par ex. le Prologue.
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160 bothe, 260 pour faire manhode, c’est-à-dire 3170 om. his, ii. 78 fader, 101 hem wolde, 103 tout
sa cause, 126 il, 135 pore, 138 lequel, 162 In (à l’origine The). La cause de la grande
augmentation des erreurs concernant le début du deuxième livre est l’apparition sur
scène de la troisième main négligente, qui, à la f. 40 (par exemple), dans ses dix dernières lignes
présente au moins vingt variations d’orthographe, etc., par rapport au texte de F, tandis que
la première main qui reprend le texte n’en comporte aucune dans ses dix-huit premières lignes.
En effet, on peut trouver des colonnes entières dans les parties copiées par la première ou la quatrième
main qui ne diffèrent pas de F le moins du monde, ni en orthographe ni en ponctuation.
H₃. Harleian 7184, British Museum. Confessio Amantis, inachevé.
Parchemin, 134 feuillets, 21½ × 14½ pouces, en cahiers de 12 feuillets avec mots-clés ; écrit régulièrement en double colonne de 49 lignes, d’une grande écriture pointue du milieu du XVe siècle. Résumés latins dans le texte (en rouge). Majuscules grandes finement illustrées et marges des pages ornées au début des livres (la première page est particulièrement richement décorée, mais endommagée) ; titres également illustrés, « Liber Primus », etc., en tête de chaque page. Le livre a perdu plus de cinquante feuillets, à savoir un feuillet après chacun des suivants : f. 25 (i. 3322–ii. 46), f. 55 (iii. 1908–2103), f. 61 (iv. 400–576), f. 78 (iv. 3701–v. 161), f. 110 (v. 6183–6360) et f. 118 (vi. Vers latins i. 4–182) ; douze feuillets après f. 126 (vi. 1571–vii. 1405), quatre après f. 131 (vii. 2354–3088) et trente ou plus après f. 134, de vii. 3594 jusqu’à la fin du livre.
Sur la première page : « Oxford B. H. »
Il s’agit d’un volume très grand et magnifique, écrit sur du beau parchemin, sans doute destiné à une personne distinguée. Le texte, cependant, est tardif et de mauvaise qualité. Il est presque certain qu’il provient en dernier ressort du manuscrit de Keswick. Les preuves en sont les suivantes : (1) Les erreurs présentes dans ce manuscrit se retrouvent presque systématiquement dans H₃. Certains exemples ont été mentionnés dans la description de K : on peut ajouter ici que là où K omet les résumés latins dans une partie du septième livre, par exemple vii. 1641–1884, 1917–2765, H₃ fait de même ; et là où apparaissent des variantes apparentées au groupe AM dans K, comme à iii. 778, 906, 921, 1732, on les trouve également dans H₃. (2) L’inégalité observée dans le texte de H₃, certains passages étant beaucoup moins corrects que d’autres, correspond globalement aux différences d’écriture dans K. Ainsi, on constate que de nombreux erreurs apparaissent dans H₃ à partir du point où commence la troisième écriture de K, la partie précédente du texte étant plutôt correcte, et dans une certaine mesure ailleurs aussi. Par exemple, dans v. 917–1017 (une partie écrite dans K par la première écriture), il y a environ huit erreurs métriques sur cent lignes, tandis que dans vi. 183–283 (écrite dans K par la troisième écriture), il y en a au moins vingt-cinq. (3) Dans une certaine partie du troisième livre, H₃ cesse soudainement de suivre le texte de la troisième révision et donne presque systématiquement les leçons du groupe ERCLB₂. Cela apparaît d’abord à iii. 1088 et cesse après iii. 1686, correspondant ainsi remarquablement à l’interruption causée dans K par la perte de
sa cause, 126 il, 135 pore, 138 lequel, 162 In (à l’origine The). La cause de la grande
augmentation des erreurs concernant le début du deuxième livre est l’apparition sur
scène de la troisième main négligente, qui, à la f. 40 (par exemple), dans ses dix dernières lignes
présente au moins vingt variations d’orthographe, etc., par rapport au texte de F, tandis que
la première main qui reprend le texte n’en comporte aucune dans ses dix-huit premières lignes.
En effet, on peut trouver des colonnes entières dans les parties copiées par la première ou la quatrième
main qui ne diffèrent pas de F le moins du monde, ni en orthographe ni en ponctuation.
H₃. Harleian 7184, British Museum. Confessio Amantis, inachevé.
Parchemin, 134 feuillets, 21½ × 14½ pouces, en cahiers de 12 feuillets avec mots-clés ; écrit régulièrement en double colonne de 49 lignes, d’une grande écriture pointue du milieu du XVe siècle. Résumés latins dans le texte (en rouge). Majuscules grandes finement illustrées et marges des pages ornées au début des livres (la première page est particulièrement richement décorée, mais endommagée) ; titres également illustrés, « Liber Primus », etc., en tête de chaque page. Le livre a perdu plus de cinquante feuillets, à savoir un feuillet après chacun des suivants : f. 25 (i. 3322–ii. 46), f. 55 (iii. 1908–2103), f. 61 (iv. 400–576), f. 78 (iv. 3701–v. 161), f. 110 (v. 6183–6360) et f. 118 (vi. Vers latins i. 4–182) ; douze feuillets après f. 126 (vi. 1571–vii. 1405), quatre après f. 131 (vii. 2354–3088) et trente ou plus après f. 134, de vii. 3594 jusqu’à la fin du livre.
Sur la première page : « Oxford B. H. »
Il s’agit d’un volume très grand et magnifique, écrit sur du beau parchemin, sans doute destiné à une personne distinguée. Le texte, cependant, est tardif et de mauvaise qualité. Il est presque certain qu’il provient en dernier ressort du manuscrit de Keswick. Les preuves en sont les suivantes : (1) Les erreurs présentes dans ce manuscrit se retrouvent presque systématiquement dans H₃. Certains exemples ont été mentionnés dans la description de K : on peut ajouter ici que là où K omet les résumés latins dans une partie du septième livre, par exemple vii. 1641–1884, 1917–2765, H₃ fait de même ; et là où apparaissent des variantes apparentées au groupe AM dans K, comme à iii. 778, 906, 921, 1732, on les trouve également dans H₃. (2) L’inégalité observée dans le texte de H₃, certains passages étant beaucoup moins corrects que d’autres, correspond globalement aux différences d’écriture dans K. Ainsi, on constate que de nombreux erreurs apparaissent dans H₃ à partir du point où commence la troisième écriture de K, la partie précédente du texte étant plutôt correcte, et dans une certaine mesure ailleurs aussi. Par exemple, dans v. 917–1017 (une partie écrite dans K par la première écriture), il y a environ huit erreurs métriques sur cent lignes, tandis que dans vi. 183–283 (écrite dans K par la troisième écriture), il y en a au moins vingt-cinq. (3) Dans une certaine partie du troisième livre, H₃ cesse soudainement de suivre le texte de la troisième révision et donne presque systématiquement les leçons du groupe ERCLB₂. Cela apparaît d’abord à iii. 1088 et cesse après iii. 1686, correspondant ainsi remarquablement à l’interruption causée dans K par la perte de
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Trois feuillets après iii. 1086. Il est difficile de ne pas croire que ce changement si marqué a été causé par la suivance d’un autre manuscrit à l’endroit où K était défectueux. L’orthographe de H₃ est plutôt tardive : on n’y trouve pas d’usage du þ, et le y est utilisé pour ȝ dans « ye », « yiue », etc.
Magd. Magdalen College, Oxf. 213 (Bern. Cat. i. 2. 2354). Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes) et table des matières en anglais (sur deux feuillets intercalaires au début et un à la fin). Parchemin, 180 + 3 feuillets (comme ci-dessus), 18¾ × 13¼ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés : écrit en double colonne de 48 lignes, d’une grande écriture du milieu du XVe siècle, quelque peu semblable à celle de H₃. La table des matières et les colonnes 2, 3, 4 du f. 2 sont d’une écriture différente. Résumés en latin dans le texte (en rouge). Lettres colorées fines avec des bordures fleuries au début de chaque livre, ainsi que quelques dessins soignés liés aux rouleaux des mots-clés. Le livre a perdu un feuillet après le f. 22 (ii. 409-586) et huit après le f. 88 (v. 701-2163). Au f. 155 verso, le manuscrit omet vii. 2519-2695 sans perte de feuillet ni de page blanche. Offert au collège par Marchadin Hunnis en 1620. Une note du bibliothécaire actuel indique qu’il fut élu membre du collège en 1606, nommé deuxième directeur de l’école grammaticale du collège en 1610, et démis de cette fonction en décembre 1611 pour « insuffisance ». Le livre est signalé comme manquant dans le catalogue de Coxe. Ce manuscrit ressemble à bien des égards à H₃ quant à son texte, et doit certainement avoir la même origine, tous deux étant peut-être dérivés d’un manuscrit dépendant de K. Il reproduit la plupart des corruption que l’on trouve dans H₃, en ajoutant beaucoup d’autres propres à lui, et il présente les mêmes lectures dans le troisième livre que nous avons déjà notées dans H₃. Un point intéressant concernant ce manuscrit est sa liaison apparente avec l’édition de Caxton. Il semble évident que parmi les manuscrits sur lesquels Caxton a travaillé (et il en avait au moins trois) se trouvait soit ce manuscrit même, soit un autre si similaire qu’il était pratiquement indiscernable. Nous en dirons plus lorsque nous parlerons de l’édition de Caxton.
W. Wadham Coll., Oxf. 13. Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes) et « Quam cinxere », puis le Traité, légèrement incomplet à la fin, se terminant par « un amie soulain », xvii. 9. Papier, 450 feuillets, y compris deux pages blanches originales au début, 11½ × 8¼ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés : écrit en colonne de 30-48 lignes (sans lignes guides) en deux écritures différentes, dont la première a écrit jusqu’à iv. 2132, et l’autre à partir de là jusqu’à la fin. Latin
Magd. Magdalen College, Oxf. 213 (Bern. Cat. i. 2. 2354). Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes) et table des matières en anglais (sur deux feuillets intercalaires au début et un à la fin). Parchemin, 180 + 3 feuillets (comme ci-dessus), 18¾ × 13¼ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés : écrit en double colonne de 48 lignes, d’une grande écriture du milieu du XVe siècle, quelque peu semblable à celle de H₃. La table des matières et les colonnes 2, 3, 4 du f. 2 sont d’une écriture différente. Résumés en latin dans le texte (en rouge). Lettres colorées fines avec des bordures fleuries au début de chaque livre, ainsi que quelques dessins soignés liés aux rouleaux des mots-clés. Le livre a perdu un feuillet après le f. 22 (ii. 409-586) et huit après le f. 88 (v. 701-2163). Au f. 155 verso, le manuscrit omet vii. 2519-2695 sans perte de feuillet ni de page blanche. Offert au collège par Marchadin Hunnis en 1620. Une note du bibliothécaire actuel indique qu’il fut élu membre du collège en 1606, nommé deuxième directeur de l’école grammaticale du collège en 1610, et démis de cette fonction en décembre 1611 pour « insuffisance ». Le livre est signalé comme manquant dans le catalogue de Coxe. Ce manuscrit ressemble à bien des égards à H₃ quant à son texte, et doit certainement avoir la même origine, tous deux étant peut-être dérivés d’un manuscrit dépendant de K. Il reproduit la plupart des corruption que l’on trouve dans H₃, en ajoutant beaucoup d’autres propres à lui, et il présente les mêmes lectures dans le troisième livre que nous avons déjà notées dans H₃. Un point intéressant concernant ce manuscrit est sa liaison apparente avec l’édition de Caxton. Il semble évident que parmi les manuscrits sur lesquels Caxton a travaillé (et il en avait au moins trois) se trouvait soit ce manuscrit même, soit un autre si similaire qu’il était pratiquement indiscernable. Nous en dirons plus lorsque nous parlerons de l’édition de Caxton.
W. Wadham Coll., Oxf. 13. Confessio Amantis avec « Explicit » (six lignes) et « Quam cinxere », puis le Traité, légèrement incomplet à la fin, se terminant par « un amie soulain », xvii. 9. Papier, 450 feuillets, y compris deux pages blanches originales au début, 11½ × 8¼ pouces, en cahiers de 8 feuillets avec mots-clés : écrit en colonne de 30-48 lignes (sans lignes guides) en deux écritures différentes, dont la première a écrit jusqu’à iv. 2132, et l’autre à partir de là jusqu’à la fin. Latin
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Résumés en marge, mais parfois omis ou abrégés. Quelques décorations de la première page du texte en noir et rouge ; les majuscules, les titres, etc., en rouge. Trois feuillets sont manquants dans le Conf. Amantis, contenant le Prol. 728-794, iv. 2386-2473, et v. 1-78, ainsi que plusieurs autres à la fin du volume. Il y a une grande confusion dans le texte du Prologue, qui se présente comme suit : 1-92, 499-860 (avec les pertes mentionnées ci-dessus), 93-144, 861-1044, 145-498, puis 1045 et suivantes. Cela n’est dû à aucune désorganisation des feuillets dans le manuscrit actuel, mais à un déplacement considérable des cahiers à une étape ultérieure du volume, sept cahiers des quatrième et cinquième livres ayant été retirés de leur place appropriée et reliés entre vi. 2132 et 2133. Ce livre a manifestement été écrit pour un certain John Dedwood, car son nom et son emblème, un morceau du tronc d’un arbre mort, figurent parmi les décorations de la première page. Les deux espaces vides au début ont été remplacés par une liste de maires et de shérifs pour une série d’années, qui se révèlent être celles de la ville de Chester de l’année 1469 à 1499 (voir Ormerod’s Hist. of Cheshire, i. 211 sq.). Le nom de John Dedwood apparaît parmi eux en tant que shérif en 1481 et maire en 1483 (mais l’inscription dans le manuscrit est endommagée à cet endroit). Il avait également été maire en 1468. Nous pouvons donc supposer que le manuscrit date d’environ 1470. Le nom de Troutbecke apparaît plusieurs fois (avec d’autres noms) dans le livre, et plus tard (en 1765), il appartenait à Rich. Warner de Woodford Row, Essex. La première écriture de ce manuscrit est serrée et peu soignée, avec une grande variabilité de taille, tandis que la seconde est nette et uniforme. Le texte est tardif et plein d’erreurs, et l’orthographe est mauvaise ; des formes telles que « loves », « beres », « gos » sont très fréquentes à la place de « loveth », etc., et souvent –et ou –ut sert de terminaison de participe, « despeyret », « resignet », « weddut », « cleput », etc. Cependant, le manuscrit présente un certain intérêt du fait qu’il semble clairement indépendant à la fois de F et du groupe KH₃. Bien qu’il concorde complètement avec F quant à la forme du texte et le soutienne également en règle générale contre les erreurs de KH₃, il comporte un nombre considérable de leçons appartenant au type non corrigé de la première recension, et dans d’autres cas il correspond particulièrement à B. Des exemples du premier type se trouvent dans le Prol. 159, i. 8, 1839, 2423, 2801, 3027, ii. 961, 1200, 1441, 3306, 3516, iii. 68, 626, 2056, v. 1698, 2500, 3376, vi. 543, 1151, 1631, vii. 1490, vers latins après 1640 et 1984, 5104, viii. 510, 2342, 2925, etc. Ces derniers, ainsi que d’autres de nature similaire disséminés dans tout le livre, semblent être le résultat de survivances accidentelles, une copie de la première recension (l’ancêtre lointain de W) ayant été modifiée par comparaison avec une version similaire à F. W concorde avec les erreurs apparentes de F et du reste de la troisième recension dans certains passages, comme iii. 446, iv. 2867, 2973, vii. 5135, viii. 1069, 1999, mais il soutient ce qui semble être la lecture correcte contre elles dans le Prol. 1078, i. 1068, ii. 2299, 2537, iii. 1605, v. 2906, etc. Dans la plupart de ces derniers cas, W reste simplement en accord avec la première recension, là où F, etc., s’en écartent ; par conséquent, son témoignage peut avoir un caractère accidentel.
Page 189
La liste des maires et shérifs de Chester figurant sur les premières pages présente peut-être un certain intérêt local, car elle est contemporaine et a probablement été établie par une personne compétente. En la comparant à celle donnée dans l’Hist. of Cheshire d’Ormerod, on constate plusieurs différences : « Ric. Sadler » à la place de « Rich. Smith » pour l’un des shérifs en 1475, « John Monkesfelde, Rob. Pleche » comme shérifs en 1478, « Mathewe Hewse » à la place de « Mathew Johnson » en 1479, « Rychard Kir e » à la place de « Rich. Barker » en 1492. Ces mêmes pages contiennent également quelques notes sur des événements historiques récents, comme (sous l’année 1469) : « Cette année-là, le seigneur Wellybe et son fils furent exécutés en raison de la grande rébellion et du soulèvement des Comyn du comté de Lincoln. De même, cette même année, notre souverain et très noble prince roi Édouard monta sur le trône », etc. Sous l’année 1470, on trouve une note sur les batailles de Barnet et de Tewkesbury, et en 1476, le récit d’une visite à Chester de « notre souverain prince », qui y resta de Noël à Pâques.
P₃. Auparavant Phillips 8942, acheté en mars 1895 par Messrs. H. S. Nichols & Co., puis en possession de Messrs. Maggs, libraires. Confessio Amantis, incomplète, se terminant au vIII, 3119, « Comme l’a écrit Tullius jadis ». Parchemin, écrit assez grossièrement, milieu du XVe siècle. De la collection Towneley.
Hn. Hatton 51, Bibliothèque Bodléienne (Bern. Cat. 4099). Confessio Amantis, incomplète. Parchemin, 206 feuillets, 12 × 9 pouces, en cahiers d’abord de 6 puis généralement de 8 (numérotés) ; colonne double de 42 à 48 lignes, écriture négligée. Il manque les feuillets k 4 (III, 1314-1475), n 2 (IV, 2118-2268), s 2 (V, 5169-5333), t 2 (V, 6774-6914), ainsi que cinq ou six vers la fin (après VIII, 2408). Copié d’après l’édition de Caxton, y compris le sommaire et la confusion dans la numérotation des feuillets.
En plus de ceux-ci, il existe plusieurs manuscrits contenant des extraits de la Confessio Amantis, tels que
Harl. 7333, British Museum, qui, outre les Canterbury Tales et d’autres textes, comprend sept histoires tirées de la Conf. Amantis, à savoir : f. 120 Téreus (V, 5551 et suiv.), f. 122 Constance (II, 587 et suiv.), f. 126 Les Trois Questions (I, 3067 et suiv.), f. 127 verso Les Voyageurs et l’Ange (II, 291 et suiv.), f. 127 verso Le Miroir de Virgile, f. 128 verso Les Deux Coffres, f. 129 Les Mendiants et les Pâtisseries, etc. (V, 2031-2498). Parchemin, grand format in-folio, colonne de 66 lignes, sans texte latin. Ces histoires sont écrites de la même main que les Canterbury Tales qui les précèdent, et…
P₃. Auparavant Phillips 8942, acheté en mars 1895 par Messrs. H. S. Nichols & Co., puis en possession de Messrs. Maggs, libraires. Confessio Amantis, incomplète, se terminant au vIII, 3119, « Comme l’a écrit Tullius jadis ». Parchemin, écrit assez grossièrement, milieu du XVe siècle. De la collection Towneley.
Hn. Hatton 51, Bibliothèque Bodléienne (Bern. Cat. 4099). Confessio Amantis, incomplète. Parchemin, 206 feuillets, 12 × 9 pouces, en cahiers d’abord de 6 puis généralement de 8 (numérotés) ; colonne double de 42 à 48 lignes, écriture négligée. Il manque les feuillets k 4 (III, 1314-1475), n 2 (IV, 2118-2268), s 2 (V, 5169-5333), t 2 (V, 6774-6914), ainsi que cinq ou six vers la fin (après VIII, 2408). Copié d’après l’édition de Caxton, y compris le sommaire et la confusion dans la numérotation des feuillets.
En plus de ceux-ci, il existe plusieurs manuscrits contenant des extraits de la Confessio Amantis, tels que
Harl. 7333, British Museum, qui, outre les Canterbury Tales et d’autres textes, comprend sept histoires tirées de la Conf. Amantis, à savoir : f. 120 Téreus (V, 5551 et suiv.), f. 122 Constance (II, 587 et suiv.), f. 126 Les Trois Questions (I, 3067 et suiv.), f. 127 verso Les Voyageurs et l’Ange (II, 291 et suiv.), f. 127 verso Le Miroir de Virgile, f. 128 verso Les Deux Coffres, f. 129 Les Mendiants et les Pâtisseries, etc. (V, 2031-2498). Parchemin, grand format in-folio, colonne de 66 lignes, sans texte latin. Ces histoires sont écrites de la même main que les Canterbury Tales qui les précèdent, et…
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Parlement des foules, qui suit. Le texte est celui de la première recension, non révisée ; une copie très médiocre.
Camb. Univ. Ee. ii. 15. Papier, ff. 95, fin du XVe ou début du XVIe siècle, fortement endommagé. Contient les ff. 30-32, un fragment des Trois Questions (i. 3124-3315), et les ff. 33-35, un fragment du Trompette de la mort (i. 2083 et suiv.).
Camb. Univ. Ff. i. 6. Papier, ff. 159, 8½ × 6 in., écrit en diverses mains. Contient, aux ff. 3-5, une partie de l’histoire de Téreus (v. 5920-6052), aux ff. 5-10, iv. 1114-1466 y compris l’histoire de Rosiphelee, aux ff. 45-51, les Trois Questions (i. 3067-3425), aux ff. 81-84, iv. 2746-2926, aux ff. 84 verso-95, viii. 271-846. Le texte de iv. 1321 correspond à celui de la deuxième recension.
Ball. Coll., Oxf. 354. Papier, ff. 253, 11½ × 4¼ in. Contient une collection variée de vers et de prose, avec des notes, etc., tout ou presque tout apparemment écrit de la main du propriétaire du livre, Richard Hill de Langley, dans le Hertfordshire, qui a inscrit au f. 21 (25) la naissance de ses sept enfants, de l’année 1518 à 1526, et a tenu un bref journal des événements publics se terminant en 1536. Parmi les extraits figurent plusieurs histoires tirées de la Confessio Amantis, écrites soigneusement, environ 54-60 lignes par page, sans texte latin. Elles couvrent environ 46 feuillets du livre et sont les suivantes (feuilles selon la numérotation ancienne) : ff. 55-70 verso, Histoire d’Appollon ; viii. 271-2028 ; ff. 70 verso-81 verso, Histoires de Constance et de Persée ; ii. 587-1865 ; ff. 81 verso-83 verso, Adrien et Bardus ; v. 4937-5162 ; ff. 83 verso-84 verso, vi. 485-595 ; ff. 84 verso-86 verso, Le Riche et Lazare, etc. ; vi. 975-1238 ; ff. 86 verso-89 verso, Constantin ; ii. 3187-3507 ; ff. 89 verso-91 verso, Nabuchodonosor ; i. 2785-3066 ; ff. 91 verso-94 verso, Histoires de Diogène et de Pyrame ; iii. 1201-1502 et 1655-1672 ; ff. 94 verso-96, Midas (inachevé), v. 141-312, ff. 171 verso-175 ; les Trois Questions, i. 3067-3402. Le texte n’a pas été copié à partir de l’édition de Caxton mais d’un manuscrit de la première recension (b) ou (c). Il n’est pas très exact, et de courts passages ou couplets sont omis çà et là, comme i. 3051-3054, viii. 1763-1766, 1945 et suiv.
Camb. Univ. Ee. ii. 15. Papier, ff. 95, fin du XVe ou début du XVIe siècle, fortement endommagé. Contient les ff. 30-32, un fragment des Trois Questions (i. 3124-3315), et les ff. 33-35, un fragment du Trompette de la mort (i. 2083 et suiv.).
Camb. Univ. Ff. i. 6. Papier, ff. 159, 8½ × 6 in., écrit en diverses mains. Contient, aux ff. 3-5, une partie de l’histoire de Téreus (v. 5920-6052), aux ff. 5-10, iv. 1114-1466 y compris l’histoire de Rosiphelee, aux ff. 45-51, les Trois Questions (i. 3067-3425), aux ff. 81-84, iv. 2746-2926, aux ff. 84 verso-95, viii. 271-846. Le texte de iv. 1321 correspond à celui de la deuxième recension.
Ball. Coll., Oxf. 354. Papier, ff. 253, 11½ × 4¼ in. Contient une collection variée de vers et de prose, avec des notes, etc., tout ou presque tout apparemment écrit de la main du propriétaire du livre, Richard Hill de Langley, dans le Hertfordshire, qui a inscrit au f. 21 (25) la naissance de ses sept enfants, de l’année 1518 à 1526, et a tenu un bref journal des événements publics se terminant en 1536. Parmi les extraits figurent plusieurs histoires tirées de la Confessio Amantis, écrites soigneusement, environ 54-60 lignes par page, sans texte latin. Elles couvrent environ 46 feuillets du livre et sont les suivantes (feuilles selon la numérotation ancienne) : ff. 55-70 verso, Histoire d’Appollon ; viii. 271-2028 ; ff. 70 verso-81 verso, Histoires de Constance et de Persée ; ii. 587-1865 ; ff. 81 verso-83 verso, Adrien et Bardus ; v. 4937-5162 ; ff. 83 verso-84 verso, vi. 485-595 ; ff. 84 verso-86 verso, Le Riche et Lazare, etc. ; vi. 975-1238 ; ff. 86 verso-89 verso, Constantin ; ii. 3187-3507 ; ff. 89 verso-91 verso, Nabuchodonosor ; i. 2785-3066 ; ff. 91 verso-94 verso, Histoires de Diogène et de Pyrame ; iii. 1201-1502 et 1655-1672 ; ff. 94 verso-96, Midas (inachevé), v. 141-312, ff. 171 verso-175 ; les Trois Questions, i. 3067-3402. Le texte n’a pas été copié à partir de l’édition de Caxton mais d’un manuscrit de la première recension (b) ou (c). Il n’est pas très exact, et de courts passages ou couplets sont omis çà et là, comme i. 3051-3054, viii. 1763-1766, 1945 et suiv.
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Rawlinson D. 82, Bibliothèque Bodléienne. Contient aux ff. 25-33 le Confessio Amantis, viii. 2377-2970. Papier, écrit en une seule colonne de 33 lignes, sans texte latin. Copié d’un manuscrit semblable à B, mais apparemment ni de B lui-même ni du manuscrit de Berthelette.
Phillipps 22914 est indiqué comme un fragment (quatre feuillets) contenant le Confessio Amantis, v. 775-1542.
Neuf belles miniatures découpées dans un manuscrit du Confessio Amantis se trouvent en possession de M. A. H. Frere, qui m’a gentiment permis de les voir. Elles sont les suivantes : (1) Téros, (2) Codrus, (3) Socrate et sa femme, (4) Le riche et Lazare, (5) Triomphe romain, (6) Ulysse et Télégonos, (7) Les Trois Questions, (8) Lycurgue faisant prêter serment aux Athéniens (?), (9) Un roi sur un quai avec des balles et des vases en or, apparemment débarqués d’un navire voisin, peut-être Apollonius débarquant à Tarse. Plusieurs de ces illustrations représentent plusieurs scènes de l’histoire, comme celle de Téros, où l’on voit le roi recevoir de la viande accompagnée de la tête de son fils, tandis que trois oiseaux se trouvent en arrière-plan ; et aussi celle de l’agression contre Philomène à gauche ; de même pour (4), où le riche homme et sa femme sont assis à table et refusent de nourrir le mendiant, tandis qu’en arrière-plan, à droite, un ange reçoit l’âme du Lazare mourant.
On suppose que ces miniatures appartenaient à Sir John Fenn, éditeur des Lettres de Paston. Le manuscrit d’où elles ont été découpées semble dater du milieu du XVe siècle.
Une autre preuve de l’existence d’un grand manuscrit bien écrit du Confessio Amantis nous est fournie par un fragment de parchemin conservé à la bibliothèque de l’école de Shrewsbury, dont une photographie m’a été aimablement envoyée par le Dr Calvert de Shrewsbury. Il contient environ 70 lignes du prologue, à savoir 189-195 (avec le texte latin), 224-244, 274-294, 323-343. Le feuillet auquel il appartenait devait mesurer au moins 15½ × 11½ pouces, et était écrit en double colonne de 50 lignes.
Trois autres manuscrits sont mentionnés dans le catalogue de 1697 (vol. II, partie 1), à savoir 611 « Poèmes en vieux anglais de John Gower » avec le « Speculum Religiosorum » de S. Anselm, au château de Naworth, que je soupçonne fortement d’être identique à…
Phillipps 22914 est indiqué comme un fragment (quatre feuillets) contenant le Confessio Amantis, v. 775-1542.
Neuf belles miniatures découpées dans un manuscrit du Confessio Amantis se trouvent en possession de M. A. H. Frere, qui m’a gentiment permis de les voir. Elles sont les suivantes : (1) Téros, (2) Codrus, (3) Socrate et sa femme, (4) Le riche et Lazare, (5) Triomphe romain, (6) Ulysse et Télégonos, (7) Les Trois Questions, (8) Lycurgue faisant prêter serment aux Athéniens (?), (9) Un roi sur un quai avec des balles et des vases en or, apparemment débarqués d’un navire voisin, peut-être Apollonius débarquant à Tarse. Plusieurs de ces illustrations représentent plusieurs scènes de l’histoire, comme celle de Téros, où l’on voit le roi recevoir de la viande accompagnée de la tête de son fils, tandis que trois oiseaux se trouvent en arrière-plan ; et aussi celle de l’agression contre Philomène à gauche ; de même pour (4), où le riche homme et sa femme sont assis à table et refusent de nourrir le mendiant, tandis qu’en arrière-plan, à droite, un ange reçoit l’âme du Lazare mourant.
On suppose que ces miniatures appartenaient à Sir John Fenn, éditeur des Lettres de Paston. Le manuscrit d’où elles ont été découpées semble dater du milieu du XVe siècle.
Une autre preuve de l’existence d’un grand manuscrit bien écrit du Confessio Amantis nous est fournie par un fragment de parchemin conservé à la bibliothèque de l’école de Shrewsbury, dont une photographie m’a été aimablement envoyée par le Dr Calvert de Shrewsbury. Il contient environ 70 lignes du prologue, à savoir 189-195 (avec le texte latin), 224-244, 274-294, 323-343. Le feuillet auquel il appartenait devait mesurer au moins 15½ × 11½ pouces, et était écrit en double colonne de 50 lignes.
Trois autres manuscrits sont mentionnés dans le catalogue de 1697 (vol. II, partie 1), à savoir 611 « Poèmes en vieux anglais de John Gower » avec le « Speculum Religiosorum » de S. Anselm, au château de Naworth, que je soupçonne fortement d’être identique à…
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Harl. 3490 (H₁), 4035, « Goweri Confessio Amantis, Fol. magn. », appartenant à Ric. Brideoake, Esq., de Ledwell, Oxon., et 6974, « Jo. Gower’s Poems, fol. », appartenant à Sir Henry Langley du comté de Salop (c’est-à-dire d’Abbey, Shrewsbury).
L’excellence moyenne des manuscrits de Gower est élevée, et on y trouve une proportion surprenamment grande de copies bien écrites et finement décorées, atteignant un niveau de correction plus que respectable.
Des manuscrits tels que L ou B₂, qui occupent le troisième rang parmi les copies de la Confessio Amantis, occuperait une place très différente parmi les sources pour les œuvres de Chaucer : ils seraient seulement inférieurs au manuscrit d’Ellesmere s’il s’agissait des Canterbury Tales, et occuperaient facilement la première place s’il s’agissait de la Legend of Good Women ou de la House of Fame. Il est évident non seulement que Gower prenait soin du texte de ses écrits, mais aussi qu’il existait un système organisé de reproduction, ce qui manquait dans le cas de Chaucer.
Version. Il reste à dire quelque chose de la version en prose espagnole de la Confessio Amantis, qui existe sous forme manuscrite à la Bibliothèque de l’Escurial (g. ii. 19). Des informations à ce sujet m’ont été fournies pour la première fois par M. J. Fitzmaurice-Kelly, puis par le savant bibliothécaire de l’Escurial, Fr. Guillermo Antolin, O.S.A., qui m’a très aimablement envoyé un compte rendu de ce manuscrit. Le catalogue (1858) décrit ainsi le livre : « Confession del amante, livre ainsi intitulé composé par Juan Goer natif du Royaume d’Angleterre, et traduit en langue portugaise par Roberto Payn ou Payna, canonique de la ville de Lisbonne, puis mis en langue castillane par Juan de Cuenca, natif de Huete. Codex écrit sur papier en l’an 1400, format petit in-folio, reliure en toile. » L’information concernant l’auteur et les traducteurs est tirée du début même de la traduction. Il semble plutôt implicite que la version castillane réalisée par Juan de Cuenca était basée sur la version portugaise de Robert Payn, sans doute un Anglais. Le bibliothécaire actuel ajoute qu’il s’agit d’un livre de 411 feuillets, datant de la fin du XIVe ou du début du XVe siècle.
La traduction a été faite à partir d’une copie de la première révision. D’après les extraits que le bibliothécaire m’a fournis, il s’agit d’une version assez fidèle. Par exemple, Prol. 22 et suiv. : « e por que pocos escriven »
L’excellence moyenne des manuscrits de Gower est élevée, et on y trouve une proportion surprenamment grande de copies bien écrites et finement décorées, atteignant un niveau de correction plus que respectable.
Des manuscrits tels que L ou B₂, qui occupent le troisième rang parmi les copies de la Confessio Amantis, occuperait une place très différente parmi les sources pour les œuvres de Chaucer : ils seraient seulement inférieurs au manuscrit d’Ellesmere s’il s’agissait des Canterbury Tales, et occuperaient facilement la première place s’il s’agissait de la Legend of Good Women ou de la House of Fame. Il est évident non seulement que Gower prenait soin du texte de ses écrits, mais aussi qu’il existait un système organisé de reproduction, ce qui manquait dans le cas de Chaucer.
Version. Il reste à dire quelque chose de la version en prose espagnole de la Confessio Amantis, qui existe sous forme manuscrite à la Bibliothèque de l’Escurial (g. ii. 19). Des informations à ce sujet m’ont été fournies pour la première fois par M. J. Fitzmaurice-Kelly, puis par le savant bibliothécaire de l’Escurial, Fr. Guillermo Antolin, O.S.A., qui m’a très aimablement envoyé un compte rendu de ce manuscrit. Le catalogue (1858) décrit ainsi le livre : « Confession del amante, livre ainsi intitulé composé par Juan Goer natif du Royaume d’Angleterre, et traduit en langue portugaise par Roberto Payn ou Payna, canonique de la ville de Lisbonne, puis mis en langue castillane par Juan de Cuenca, natif de Huete. Codex écrit sur papier en l’an 1400, format petit in-folio, reliure en toile. » L’information concernant l’auteur et les traducteurs est tirée du début même de la traduction. Il semble plutôt implicite que la version castillane réalisée par Juan de Cuenca était basée sur la version portugaise de Robert Payn, sans doute un Anglais. Le bibliothécaire actuel ajoute qu’il s’agit d’un livre de 411 feuillets, datant de la fin du XIVe ou du début du XVe siècle.
La traduction a été faite à partir d’une copie de la première révision. D’après les extraits que le bibliothécaire m’a fournis, il s’agit d’une version assez fidèle. Par exemple, Prol. 22 et suiv. : « e por que pocos escriven »
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En langue anglaise, je sais composer un livre à l’honneur du roi Richard, dont je suis sujet avec une obéissance totale de mon cœur, car un sujet doit et peut obéir à son seigneur… Ainsi, il arriva un jour que, me trouvant sur une barque à rames sur la rivière d’Athènes qui mène à la ville de Nouvelle Troie… j’eus par hasard l’occasion de rencontrer ce seigneur ; aussitôt qu’il me vit, il ordonna que je monte dans le bateau où il se trouvait, et parmi les autres choses qu’il me dit, etc. Voir aussi VIII, 2941 et suiv. (la salutation de Chaucer) : « Salue de ma part Chaucer, mon disciple et mon poète, lorsque tu le rencontreras ; c’est lui qui, pour moi, a consacré tout son zèle à composer et à écrire des désirs et des chants de diverses sortes, dont le monde entier est rempli. C’est pourquoi je le tiens en très haute estime, plus que n’importe qui d’autre. Dis-lui donc que je lui souhaite, à l’approche de sa vieillesse, de mettre fin à toutes ses œuvres en s’efforçant de rédiger son testament d’amour, comme tu l’as fait toi-même dans ta confession. »
Éditions. La Confessio Amantis a déjà été imprimée six fois, à savoir par Caxton, par Berthelette (deux fois), dans les English Poets de Chalmers, par Pauli, et par le professeur Henry Morley. Toutes les éditions ultérieures dépendent, directement ou indirectement, de Berthelette.
Caxton a imprimé la Conf. Amantis en 1483. Son texte est un texte composite, tiré d’au moins trois manuscrits. Au début, il suit une copie de la troisième version, soit le manuscrit de Magdalen lui-même, soit un manuscrit très similaire, et il continue ainsi pendant plus de la moitié du livre, jusqu’à environ vers 4500. Puis, pendant un certain temps, il semble suivre une deuxième version, soit seule, soit en combinaison avec l’autre ; mais de vers 6400 jusqu’à la fin, il imprime d’après un manuscrit de la première version non révisée, insérant cependant les passages supplémentaires du septième livre et la conclusion (après la salutation de Chaucer) d’après un autre de ses manuscrits. La description des livres « Quia vnusquisque » à la fin provient d’un manuscrit de la première version. Le principe était sans doute d’inclure autant que possible, mais deux des passages supplémentaires, vers 7015*-7036* et 7086*-7210*, ont été omis, probablement par inadvertance, alors que l’on suivait encore une copie de la première version. La forme ultérieure de l’épilogue a peut-être été imprimée plutôt que l’autre parce qu’elle est plus longue. Caxton imprime les lignes à la fin du Prologue, qui ne sont données que par
Éditions. La Confessio Amantis a déjà été imprimée six fois, à savoir par Caxton, par Berthelette (deux fois), dans les English Poets de Chalmers, par Pauli, et par le professeur Henry Morley. Toutes les éditions ultérieures dépendent, directement ou indirectement, de Berthelette.
Caxton a imprimé la Conf. Amantis en 1483. Son texte est un texte composite, tiré d’au moins trois manuscrits. Au début, il suit une copie de la troisième version, soit le manuscrit de Magdalen lui-même, soit un manuscrit très similaire, et il continue ainsi pendant plus de la moitié du livre, jusqu’à environ vers 4500. Puis, pendant un certain temps, il semble suivre une deuxième version, soit seule, soit en combinaison avec l’autre ; mais de vers 6400 jusqu’à la fin, il imprime d’après un manuscrit de la première version non révisée, insérant cependant les passages supplémentaires du septième livre et la conclusion (après la salutation de Chaucer) d’après un autre de ses manuscrits. La description des livres « Quia vnusquisque » à la fin provient d’un manuscrit de la première version. Le principe était sans doute d’inclure autant que possible, mais deux des passages supplémentaires, vers 7015*-7036* et 7086*-7210*, ont été omis, probablement par inadvertance, alors que l’on suivait encore une copie de la première version. La forme ultérieure de l’épilogue a peut-être été imprimée plutôt que l’autre parce qu’elle est plus longue. Caxton imprime les lignes à la fin du Prologue, qui ne sont données que par
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Δ, et il existe d’autres indications montrant qu’il possédait un manuscrit de ce type ; mais il avait également un manuscrit du groupe AdBT, qui contient uniquement les passages vii. 2329*-2340* et 3149*-3180*.
Sur la feuille cxvi verso, Caxton est presque toujours en accord avec Magd., par exemple au vers 4450 : « And myn hap » 4454 n’est pas « trouble » 4465 ; mais pour « that » 4467, il s’agit de « ne shall yeue and lene » 4484, puis « doo » 4503 – un bon mot. En revanche, sur la feuille cxvii, il diffère à plusieurs reprises, par exemple aux vers 4528, 4532, 4543, 4555, 4560, 4572, et il ne semble plus jamais être en totale concordance par la suite. Il est clair qu’il suit une première version du texte après environ le vers 6400, d’après la série continue de leçons appartenant à cette catégorie qu’il présente. Le texte est généralement très mauvais et le mètre extrêmement déficient.
Berthelette, en 1532, a imprimé le Conf. Amantis à partir d’un manuscrit très similaire à B. Cependant, il n’a pas osé remplacer le préface qu’il trouvait dans son manuscrit par celui que Caxton avait utilisé ; il s’est simplement étonné que les éditions imprimées s’écartent autant des manuscrits, et a imprimé séparément ce que son manuscrit contenait. Il a également repris de Caxton les lignes à la fin du Prologue, ainsi que les passages supplémentaires de la troisième version : Prol. 495-498, 579-584, i. 1403-1406, 2267-2274, 2343-2358, 2369-2372AK, ainsi que la salutation de Chaucer, viii. 2941-2960* ; mais il a omis les vers 7701-7746. Il a bien sûr inséré tous les passages supplémentaires des vers i et vii, tels qu’il les trouvait dans son manuscrit, protestant vivement contre Caxton pour avoir omis « lynes and columnes, ye and sometyme holle padges ».
Le texte de Berthelette est meilleur que celui de Caxton, mais son manuscrit devait être nettement moins correct que B.
La deuxième édition, de 1554, est une réimpression de la première, ligne par ligne, mais avec un autre type de caractères. Quelques erreurs ont été corrigées, et l’orthographe a été quelque peu modifiée, notamment par la substitution de « y » par « i » dans de nombreux cas.
Chalmers a publié le Conf. Amantis dans le volume ii de la collection des Poètes britanniques, en 1810, en prenant le texte de l’édition de Berthelette de 1554.
Pauli a affirmé suivre la première édition de Berthelette, en effectuant une collation systématique à partir des manuscrits Harl. 7184 et 3869, ainsi que des références occasionnelles aux manuscrits Harl. 3490 et au manuscrit de Stafford. Il est presque impossible que cette collation complète puisse…
Sur la feuille cxvi verso, Caxton est presque toujours en accord avec Magd., par exemple au vers 4450 : « And myn hap » 4454 n’est pas « trouble » 4465 ; mais pour « that » 4467, il s’agit de « ne shall yeue and lene » 4484, puis « doo » 4503 – un bon mot. En revanche, sur la feuille cxvii, il diffère à plusieurs reprises, par exemple aux vers 4528, 4532, 4543, 4555, 4560, 4572, et il ne semble plus jamais être en totale concordance par la suite. Il est clair qu’il suit une première version du texte après environ le vers 6400, d’après la série continue de leçons appartenant à cette catégorie qu’il présente. Le texte est généralement très mauvais et le mètre extrêmement déficient.
Berthelette, en 1532, a imprimé le Conf. Amantis à partir d’un manuscrit très similaire à B. Cependant, il n’a pas osé remplacer le préface qu’il trouvait dans son manuscrit par celui que Caxton avait utilisé ; il s’est simplement étonné que les éditions imprimées s’écartent autant des manuscrits, et a imprimé séparément ce que son manuscrit contenait. Il a également repris de Caxton les lignes à la fin du Prologue, ainsi que les passages supplémentaires de la troisième version : Prol. 495-498, 579-584, i. 1403-1406, 2267-2274, 2343-2358, 2369-2372AK, ainsi que la salutation de Chaucer, viii. 2941-2960* ; mais il a omis les vers 7701-7746. Il a bien sûr inséré tous les passages supplémentaires des vers i et vii, tels qu’il les trouvait dans son manuscrit, protestant vivement contre Caxton pour avoir omis « lynes and columnes, ye and sometyme holle padges ».
Le texte de Berthelette est meilleur que celui de Caxton, mais son manuscrit devait être nettement moins correct que B.
La deuxième édition, de 1554, est une réimpression de la première, ligne par ligne, mais avec un autre type de caractères. Quelques erreurs ont été corrigées, et l’orthographe a été quelque peu modifiée, notamment par la substitution de « y » par « i » dans de nombreux cas.
Chalmers a publié le Conf. Amantis dans le volume ii de la collection des Poètes britanniques, en 1810, en prenant le texte de l’édition de Berthelette de 1554.
Pauli a affirmé suivre la première édition de Berthelette, en effectuant une collation systématique à partir des manuscrits Harl. 7184 et 3869, ainsi que des références occasionnelles aux manuscrits Harl. 3490 et au manuscrit de Stafford. Il est presque impossible que cette collation complète puisse…
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Ils ont vraiment été réalisés, car grâce à eux presque tous les erreurs de Berthelette auraient pu être corrigées, alors qu’en réalité on les trouve sur chaque page de l’édition de Pauli. Quant au jugement critique de l’éditeur, il suffit de dire qu’il considérait Harl. 7184 comme une source plus fiable pour le texte et l’orthographe que ni Harl. 3869 ni le manuscrit de Stafford (apparemment attiré par la splendeur extérieure du volume), et qu’il a même affirmé qu’il datait du XIVe siècle. Sa diligence peut se mesurer au fait que, puisque Harl. 3490 s’arrête à viii. 3062* (au milieu d’une phrase), laissé inachevé par le scribe, l’édition de Pauli omet le reste de cette conclusion, 3063*-3114*AL, bien qu’il eût à sa disposition le manuscrit à la Bibliothèque Royale (R), grâce auquel il aurait pu compléter sa copie. Il est également très inexact dans les affirmations qu’il fait au sujet du manuscrit de Stafford concernant les passages supplémentaires. Un certain nombre d’erreurs de l’édition de Berthelette ont été corrigées, mais beaucoup restent, et dans certains cas des altérations supplémentaires ont été introduites par l’éditeur, soit à partir de Harl. 7184, soit d’autres sources. L’orthographe a été « restaurée », mais à peine avec succès.
Morley (1889) a suivi le texte de Pauli, en y apportant ses propres modifications conjecturales ainsi que quelques corrections tirées de Berthelette, comme pour i. 773. Souvent, ces changements sont complètement erronés, par exemple à Prol. 82, 608, i. 777, 1675 f., 2957 f., le plus extraordinaire étant peut-être iv. 2408 f. L’éditeur prétend omettre iii. 142-338 ainsi que quelques lignes çà et là ailleurs. Cependant, les omissions sont bien plus importantes que cela ne le laisse supposer. Rien que dans le quatrième livre, elles sont les suivantes : 401-408, 428-436, 443-506, 516-523, 1467-1475, 1490-1594, 2131-2182, 2754-2770, 2858-2862, 2883-2888, 3181-3302, et dans certains cas il est même impossible de deviner selon quel principe elles ont été effectuées.
L’édition actuelle. Le texte suit le manuscrit Fairfax de la Bodléienne, et toute déviation par rapport à celui-ci est notée. L’appareil critique est construit selon les principes suivants. Trois manuscrits ont été comparés en permanence avec le texte de F, à savoir Bodley 902 (A), Corpus Christi Coll. 67 (C) et Bodley 294 (B). Ceux-ci ont été choisis pour représenter respectivement la première révision revue, la première
Morley (1889) a suivi le texte de Pauli, en y apportant ses propres modifications conjecturales ainsi que quelques corrections tirées de Berthelette, comme pour i. 773. Souvent, ces changements sont complètement erronés, par exemple à Prol. 82, 608, i. 777, 1675 f., 2957 f., le plus extraordinaire étant peut-être iv. 2408 f. L’éditeur prétend omettre iii. 142-338 ainsi que quelques lignes çà et là ailleurs. Cependant, les omissions sont bien plus importantes que cela ne le laisse supposer. Rien que dans le quatrième livre, elles sont les suivantes : 401-408, 428-436, 443-506, 516-523, 1467-1475, 1490-1594, 2131-2182, 2754-2770, 2858-2862, 2883-2888, 3181-3302, et dans certains cas il est même impossible de deviner selon quel principe elles ont été effectuées.
L’édition actuelle. Le texte suit le manuscrit Fairfax de la Bodléienne, et toute déviation par rapport à celui-ci est notée. L’appareil critique est construit selon les principes suivants. Trois manuscrits ont été comparés en permanence avec le texte de F, à savoir Bodley 902 (A), Corpus Christi Coll. 67 (C) et Bodley 294 (B). Ceux-ci ont été choisis pour représenter respectivement la première révision revue, la première
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La première édition n’a pas été révisée, ainsi que les textes de la deuxième édition. A est une copie excellente, la meilleure de sa catégorie ; C est un manuscrit soigneusement écrit, le meilleur du groupe auquel il appartient, à l’exception d’Egerton 1991 ; quant à B, en plus d’être une bonne copie et presque le seul manuscrit de la deuxième édition qui ne soit pas imparfait, il mérite peut-être une attention particulière, car son texte est du type suivi par toutes les éditions à l’exception de celle de Caxton. Dans tous les cas où des variations ont été trouvées, sauf lorsqu’il s’agit simplement de questions de forme ou d’orthographe, ou de variations très mineures et accidentelles, les leçons d’au moins quatorze autres copies sélectionnées ont été déterminées ; grâce à cette méthode, les variations purement individuelles ont pu être distinguées de celles partagées par une catégorie ou un groupe. Les résultats sont donnés dans les notes critiques, où toutes les variations de A et B y sont citées, à l’exception de celles qui sont très mineures ; les leçons de C ne sont généralement indiquées que lorsqu’elles sont partagées par un autre manuscrit.
Il est important de savoir quels manuscrits ont été ainsi mentionnés et comment leurs témoignages sont cités. Ils sont toujours classés selon leur édition : première, deuxième ou troisième, et ils sont cités dans un ordre constant, comme suit : AJMH₁X(G)ERCLB₂, SAdBTΔ, FWH₃ (ou K) ; ainsi, A…B₂ désigne toute la série de la première catégorie, et S…Δ celle de la deuxième, tandis que H₁…B₂ correspond à H₁X(G)ERCLB₂, et E…B₂ à ERCLB₂. Ces dix-neuf (ou dix-huit) manuscrits figurent constamment comme témoins, qu’ils soient nommés ou non ; car lorsque les manuscrits qui présentent une variation sont nommés, on peut supposer que les autres ont la leçon du texte. Ainsi, la note « 1295 wisdom] wordes H₁…B₂, H₃ » doit être interprétée comme signifiant que « wisdom » est la leçon de AJM, SAdBTΔ, FW, et que « wordes » est celle de H₁XGERCLB₂, H₃. « 1296 gostly B » signifie que la leçon du texte, « goodly », est donnée par chacun des dix-neuf manuscrits, à l’exception de B. « 1318 How þer(e) H₁G…B₂ » signifie que la leçon du texte est celle de AJMX, SAdBTΔ, FWH₃, tandis que la leçon indiquée dans la note appartient à H₁GERCLB₂.
Il est important de savoir quels manuscrits ont été ainsi mentionnés et comment leurs témoignages sont cités. Ils sont toujours classés selon leur édition : première, deuxième ou troisième, et ils sont cités dans un ordre constant, comme suit : AJMH₁X(G)ERCLB₂, SAdBTΔ, FWH₃ (ou K) ; ainsi, A…B₂ désigne toute la série de la première catégorie, et S…Δ celle de la deuxième, tandis que H₁…B₂ correspond à H₁X(G)ERCLB₂, et E…B₂ à ERCLB₂. Ces dix-neuf (ou dix-huit) manuscrits figurent constamment comme témoins, qu’ils soient nommés ou non ; car lorsque les manuscrits qui présentent une variation sont nommés, on peut supposer que les autres ont la leçon du texte. Ainsi, la note « 1295 wisdom] wordes H₁…B₂, H₃ » doit être interprétée comme signifiant que « wisdom » est la leçon de AJM, SAdBTΔ, FW, et que « wordes » est celle de H₁XGERCLB₂, H₃. « 1296 gostly B » signifie que la leçon du texte, « goodly », est donnée par chacun des dix-neuf manuscrits, à l’exception de B. « 1318 How þer(e) H₁G…B₂ » signifie que la leçon du texte est celle de AJMX, SAdBTΔ, FWH₃, tandis que la leçon indiquée dans la note appartient à H₁GERCLB₂.
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« 1330 pour to] þat þou SAdBTΔ » indique une lecture propre uniquement à la deuxième recension ;
« 3340 tho] þe AM ... B₂ » signifie que toutes les copies de la première recension, à l’exception de J, diffèrent de F, tandis que les autres sont concordantes. Parfois, des lectures d’autres manuscrits que ceux mentionnés ci-dessus sont citées, comme Y, Λ ou Magd., mais l’absence de telles citations ne doit en aucun cas être interprétée comme significative.
Il convient cependant de noter que, dans certains cas, une référence plus limitée semblait souhaitable, surtout en ce qui concerne la forme et l’orthographe, des points sur lesquels il serait vain de produire autre preuve que celle de quelques copies. Lorsqu’un tel choix est fait, les manuscrits des deux camps sont cités : ainsi, des notes telles que « 3691 set AJ, S, F sette C, B », « 4307 all S, F alle AJ, B » ne doivent pas être interprétées comme indiquant la lecture d’un autre manuscrit que ceux mentionnés.
Dans quelques cas, cette forme est utilisée pour éviter tout malentendu dans des passages où le relevé des lectures est, pour une raison ou une autre, incomplet, comme à i. 2300, viii. 566, 1713, 1927.
Lorsqu’une variation est citée selon une classe ou un groupe de manuscrits, aucune tentative n’est faite de donner l’orthographe de chacun d’eux séparément. La forme citée est celle donnée soit par la majorité, soit par un manuscrit de référence, avec parfois des variations ajoutées entre parenthèses.
Il convient également de prêter attention aux points suivants : (1) Il n’a pas été possible de compléter la collation du manuscrit de Glasgow (G) avant l’impression du texte ; par conséquent, ses lectures ne doivent pas être considérées comme implicites, lorsqu’elles ne sont pas mentionnées, au-delà du v. 1970. La collation a depuis été achevée et certains résultats y sont indiqués dans la description du manuscrit. (2) K remplace H₃ de vi. 1671 à vii. 1405, ainsi que de vii. 3594 jusqu’à la fin, là où H₃ est défectueux. (3) Avant de retenir comme preuve le contenu d’un manuscrit ex silentio, il est nécessaire que le lecteur s’assure qu’il n’est pas défectueux dans la partie concernée. Les moyens de le faire sont pleinement fournis par les descriptions des différents manuscrits, où leurs imperfections sont notées ; il faut aussi se rappeler que J et Ad sont pour la plupart défectueux en ce qui concerne les résumés en latin, et que c’est également le cas pour T dans certaines parties. Les lectures de S sur f. 50 sont pour la plupart ignorées, car elles n’appartenaient pas à l’origine à ce manuscrit. (4) Quelques termes latins abrégés sont utilisés dans les notes critiques, comme ras. pour indiquer que le texte est écrit par-dessus une effacement, ou p. m. pour désigner la lecture de la main originale.
« 3340 tho] þe AM ... B₂ » signifie que toutes les copies de la première recension, à l’exception de J, diffèrent de F, tandis que les autres sont concordantes. Parfois, des lectures d’autres manuscrits que ceux mentionnés ci-dessus sont citées, comme Y, Λ ou Magd., mais l’absence de telles citations ne doit en aucun cas être interprétée comme significative.
Il convient cependant de noter que, dans certains cas, une référence plus limitée semblait souhaitable, surtout en ce qui concerne la forme et l’orthographe, des points sur lesquels il serait vain de produire autre preuve que celle de quelques copies. Lorsqu’un tel choix est fait, les manuscrits des deux camps sont cités : ainsi, des notes telles que « 3691 set AJ, S, F sette C, B », « 4307 all S, F alle AJ, B » ne doivent pas être interprétées comme indiquant la lecture d’un autre manuscrit que ceux mentionnés.
Dans quelques cas, cette forme est utilisée pour éviter tout malentendu dans des passages où le relevé des lectures est, pour une raison ou une autre, incomplet, comme à i. 2300, viii. 566, 1713, 1927.
Lorsqu’une variation est citée selon une classe ou un groupe de manuscrits, aucune tentative n’est faite de donner l’orthographe de chacun d’eux séparément. La forme citée est celle donnée soit par la majorité, soit par un manuscrit de référence, avec parfois des variations ajoutées entre parenthèses.
Il convient également de prêter attention aux points suivants : (1) Il n’a pas été possible de compléter la collation du manuscrit de Glasgow (G) avant l’impression du texte ; par conséquent, ses lectures ne doivent pas être considérées comme implicites, lorsqu’elles ne sont pas mentionnées, au-delà du v. 1970. La collation a depuis été achevée et certains résultats y sont indiqués dans la description du manuscrit. (2) K remplace H₃ de vi. 1671 à vii. 1405, ainsi que de vii. 3594 jusqu’à la fin, là où H₃ est défectueux. (3) Avant de retenir comme preuve le contenu d’un manuscrit ex silentio, il est nécessaire que le lecteur s’assure qu’il n’est pas défectueux dans la partie concernée. Les moyens de le faire sont pleinement fournis par les descriptions des différents manuscrits, où leurs imperfections sont notées ; il faut aussi se rappeler que J et Ad sont pour la plupart défectueux en ce qui concerne les résumés en latin, et que c’est également le cas pour T dans certaines parties. Les lectures de S sur f. 50 sont pour la plupart ignorées, car elles n’appartenaient pas à l’origine à ce manuscrit. (4) Quelques termes latins abrégés sont utilisés dans les notes critiques, comme ras. pour indiquer que le texte est écrit par-dessus une effacement, ou p. m. pour désigner la lecture de la main originale.
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Les lignes sont numérotées dans chaque livre (pour la première fois), et les numéros accompagnés d’un astérisque correspondent aux lignes des autres versions autres que celle du texte. Il convient en outre de noter que, comme presque toutes les références à Gower au cours des quarante dernières années ont été faites à partir de l’édition de Pauli, il a paru judicieux de placer en marge de ce texte des indications sur les volumes et les pages de cette édition : ainsi P. 1. 153 signifie « Pauli, vol. i, p. 153 ».
En mettant de côté les questions d’orthographe, de ponctuation et de forme grammaticale, on peut constater que le nombre de différences de lecture entre le texte de cette édition et celui de Pauli est d’environ deux mille.
Autres œuvres en anglais. Concernant le texte du poème « En louange de la paix », tout ce qu’il y a à dire se trouve dans les notes qui y sont consacrées. Le manuscrit de Trentham, qui le contient, a déjà été décrit en détail dans le volume consacré aux « Œuvres françaises ».
Un poème en cinq strophes de sept vers, commençant par « Passe forthe þou pilgryme and bridel wele þy beste », se trouve dans le manuscrit Ashmole 59 de Shirley, f. 17 vo (Bodl. Libr.), sous le titre « Balade moral of gode counseyle made by Gower ». La même version, sans la dernière strophe (en raison de la perte d’une feuille), se trouve dans le manuscrit Rawlinson C. 86, mais sans titre ni indication d’auteur ; ces deux textes ont été imprimés (pas tout à fait correctement) par le Dr Karl Meyer dans son ouvrage John Gower’s Beziehungen, etc., en 1889. En plus de ces copies, il en existe une au British Museum, dans le manuscrit Addit. 29729, qui a été publiée par le Dr Max Förster dans l’Archiv für das Studium der neueren Sprachen, vol. 102, p. 50. Dans ce manuscrit, l’œuvre est attribuée à Benedict Burgh et porte le titre « A leson to kepe well the tonge ».
Il est presque impossible que ces vers aient été écrits par Gower, mais par respect pour l’autorité de Shirley (qui n’est cependant pas très fiable) et afin que le lecteur puisse juger, ils sont imprimés ici, toutes les déviations par rapport au texte d’Ashmole étant indiquées, à l’exception du remplacement de « ð » par « th », ainsi que de certaines leçons de la copie de Rawlinson (R) ajoutées entre parenthèses.
Balade moral of gode counseyle made by Gower.
En mettant de côté les questions d’orthographe, de ponctuation et de forme grammaticale, on peut constater que le nombre de différences de lecture entre le texte de cette édition et celui de Pauli est d’environ deux mille.
Autres œuvres en anglais. Concernant le texte du poème « En louange de la paix », tout ce qu’il y a à dire se trouve dans les notes qui y sont consacrées. Le manuscrit de Trentham, qui le contient, a déjà été décrit en détail dans le volume consacré aux « Œuvres françaises ».
Un poème en cinq strophes de sept vers, commençant par « Passe forthe þou pilgryme and bridel wele þy beste », se trouve dans le manuscrit Ashmole 59 de Shirley, f. 17 vo (Bodl. Libr.), sous le titre « Balade moral of gode counseyle made by Gower ». La même version, sans la dernière strophe (en raison de la perte d’une feuille), se trouve dans le manuscrit Rawlinson C. 86, mais sans titre ni indication d’auteur ; ces deux textes ont été imprimés (pas tout à fait correctement) par le Dr Karl Meyer dans son ouvrage John Gower’s Beziehungen, etc., en 1889. En plus de ces copies, il en existe une au British Museum, dans le manuscrit Addit. 29729, qui a été publiée par le Dr Max Förster dans l’Archiv für das Studium der neueren Sprachen, vol. 102, p. 50. Dans ce manuscrit, l’œuvre est attribuée à Benedict Burgh et porte le titre « A leson to kepe well the tonge ».
Il est presque impossible que ces vers aient été écrits par Gower, mais par respect pour l’autorité de Shirley (qui n’est cependant pas très fiable) et afin que le lecteur puisse juger, ils sont imprimés ici, toutes les déviations par rapport au texte d’Ashmole étant indiquées, à l’exception du remplacement de « ð » par « th », ainsi que de certaines leçons de la copie de Rawlinson (R) ajoutées entre parenthèses.
Balade moral of gode counseyle made by Gower.
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Partez, vous pèlerin, et préparez bien vos bêtes ;
Ne regardez pas en arrière pour ce qui pourrait signifier quelque chose ;
Pensez ce que vous voulez, mais parlez le moins possible ;
Faites attention à celui qui se tient à vos côtés ;
Que votre cœur ne soit pas contrarié par votre langue ;
Ne comptez pas trop sur une belle apparence,
Car une joie feinte finit par devenir amère.
Gardez-vous, ou alors laissez les autres le faire ;
Ne soyez pas heureux lorsque d’autres échouent ;
Ne dites jamais tout ce que les autres voudraient entendre,
Vous ne savez pas quel est votre destin :
Car il n’y a personne sur terre qui sache avec certitude,
C’est pourquoi je conseille la prudence,
Et de faire attention aux pièges qui peuvent survenir.
Ne parlez pas trop des autres ;
Fuyez la mauvaise réputation ;
Car l’homme mourra sous la loi de Dieu,
Qui juge le nom de chacun.
Faites donc bien attention, sinon vous subirez les conséquences ;
Cherchez toujours à ne rien regretter plus tard ;
Un bon nom vaut toujours beaucoup.
Ne jouez pas avec le bétail ni avec le mal ;
Ne les touchez jamais, si vous voulez me suivre ;
La main qui porte le joug est blessée ;
Le mal agit comme l’abeille :
Elle a un miel doux, plein de suavité,
Mais regardez derrière vous et méfiez-vous de sa force ;
Vous serez blessé si vous jouez trop longtemps avec elle.
Ne méprisez personne, sauf si vous pouvez vraiment le dominer ;
Ne dominez personne, sauf si vous pouvez le humilier :
Maîtrisez vos paroles et utilisez-les avec modération.
Ne regardez pas en arrière pour ce qui pourrait signifier quelque chose ;
Pensez ce que vous voulez, mais parlez le moins possible ;
Faites attention à celui qui se tient à vos côtés ;
Que votre cœur ne soit pas contrarié par votre langue ;
Ne comptez pas trop sur une belle apparence,
Car une joie feinte finit par devenir amère.
Gardez-vous, ou alors laissez les autres le faire ;
Ne soyez pas heureux lorsque d’autres échouent ;
Ne dites jamais tout ce que les autres voudraient entendre,
Vous ne savez pas quel est votre destin :
Car il n’y a personne sur terre qui sache avec certitude,
C’est pourquoi je conseille la prudence,
Et de faire attention aux pièges qui peuvent survenir.
Ne parlez pas trop des autres ;
Fuyez la mauvaise réputation ;
Car l’homme mourra sous la loi de Dieu,
Qui juge le nom de chacun.
Faites donc bien attention, sinon vous subirez les conséquences ;
Cherchez toujours à ne rien regretter plus tard ;
Un bon nom vaut toujours beaucoup.
Ne jouez pas avec le bétail ni avec le mal ;
Ne les touchez jamais, si vous voulez me suivre ;
La main qui porte le joug est blessée ;
Le mal agit comme l’abeille :
Elle a un miel doux, plein de suavité,
Mais regardez derrière vous et méfiez-vous de sa force ;
Vous serez blessé si vous jouez trop longtemps avec elle.
Ne méprisez personne, sauf si vous pouvez vraiment le dominer ;
Ne dominez personne, sauf si vous pouvez le humilier :
Maîtrisez vos paroles et utilisez-les avec modération.
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Souviens-toi que le coupable peut, par grâce, se corriger,
Et même le bon peut commettre une faute :
Souviens-toi aussi que ce que l’homme fait de mal,
Toi aussi tu es ou peux être comme lui.
Ceci est plein de vers que Gower n’aurait pas écrits, avec des syllabes superflues dans le mètre, comme aux vers 1, 5, 10, 17, 29, 33, 35 (en omettant celles qui pourraient passer avec une orthographe corrigée), un accent sur des syllabes faibles, comme aux vers 20, 25, 26, 31, une rime défectueuse, comme « besyde » : « bewryde » (participe), et « feere » (compagnon) : « bere », ou encore la suppression d’une syllabe au début, comme au vers 12. La forme « mayst » (maist) pour « miht » ne se trouve dans aucun manuscrit respectable de Gower. De plus, le style n’est pas celui de Gower, mais est manifestement imité du poème de Chaucer « Fle from the pres ».
NOTES DE LIGNE :
1 1 forþe wele
2 2 ageine
3 4 weele stondeþe
4 7 shapeþe (efft] her R)
5 9 gladde (glad R) amysse
6 10 þee
7 11 wit (witte R)
8 12 ewysse
9 13 stondeþe
10 15 mens (mennys R)
11 16 adradde
12 18 enpeyreþe mans (mannes R)
13 19 wele þowe
14 20 ageyne
15 21 gode (good R) certaine
16 22 (Playe not pecus R)
17 24 hurte bourdeþe (a brere R)
18 25 fareþe doþe
19 26 right ful (full R)
20 27 frome
21 28 þowe shalt kache hareme to pley wt þeos beestis longe (Thow
shalt haue hurt yf þou play with her longe R)
22 34 Remembre doþe amisse
23 35 haste arte
Et même le bon peut commettre une faute :
Souviens-toi aussi que ce que l’homme fait de mal,
Toi aussi tu es ou peux être comme lui.
Ceci est plein de vers que Gower n’aurait pas écrits, avec des syllabes superflues dans le mètre, comme aux vers 1, 5, 10, 17, 29, 33, 35 (en omettant celles qui pourraient passer avec une orthographe corrigée), un accent sur des syllabes faibles, comme aux vers 20, 25, 26, 31, une rime défectueuse, comme « besyde » : « bewryde » (participe), et « feere » (compagnon) : « bere », ou encore la suppression d’une syllabe au début, comme au vers 12. La forme « mayst » (maist) pour « miht » ne se trouve dans aucun manuscrit respectable de Gower. De plus, le style n’est pas celui de Gower, mais est manifestement imité du poème de Chaucer « Fle from the pres ».
NOTES DE LIGNE :
1 1 forþe wele
2 2 ageine
3 4 weele stondeþe
4 7 shapeþe (efft] her R)
5 9 gladde (glad R) amysse
6 10 þee
7 11 wit (witte R)
8 12 ewysse
9 13 stondeþe
10 15 mens (mennys R)
11 16 adradde
12 18 enpeyreþe mans (mannes R)
13 19 wele þowe
14 20 ageyne
15 21 gode (good R) certaine
16 22 (Playe not pecus R)
17 24 hurte bourdeþe (a brere R)
18 25 fareþe doþe
19 26 right ful (full R)
20 27 frome
21 28 þowe shalt kache hareme to pley wt þeos beestis longe (Thow
shalt haue hurt yf þou play with her longe R)
22 34 Remembre doþe amisse
23 35 haste arte
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CORRIGENDA ET ADDENDA
p. 2, note sur 24-92, au lieu de Λ, lire ΛP₂, et pour Of these H₃ Magd., lire
Of these Magd. a
p. 13, note sur 331, au lieu de RSnDAr, lire RSnDAr, Δ
p. 14, l. 349, au lieu de new, lire newe
p. 19, note sur 543, lire scholde A, B, K ; schold S, F
p. 23, note sur 668, au lieu de hol] hole AC, lire hol B, F ; hole AC ; note sur 683, au lieu de
A, lire AM
p. 25, l. 747, au lieu de for, lire forto
p. 29, l. 871, au lieu de form, lire forme
p. 33, l. 1024, au lieu de wist, lire wiste
p. 57, l. 782, au lieu de There, lire Ther
p. 60, l. 914, au lieu de She, lire Sche ; de même p. 244, l. 679
p. 64, l. 1052, au lieu de righte, lire rihte
p. 70, l. 1275, au lieu de Commandeth, lire Comandeth
p. 72, note sur 1338, au lieu de SΔ, lire SAdΔ, H₃
p. 88, l. 1946, au lieu de wenyinge, lire wenynge
p. 96, l. 2248, au lieu de well, lire wel
p. 100, l. 2365, au lieu de myght, lire myht ; de même p. 117, l. 2990
p. 107, l. 2630, au lieu de discoevered, lire descoevered
p. 109, l. 2710, au lieu de all, lire al ; de même p. 156, l. 966, p. 238, l. 447, p. 346, l. 1668
p. 112, l. 2822, au lieu de bare, lire bar
p. 113, l. 2838, au lieu de But, lire Bot
p. 2, note sur 24-92, au lieu de Λ, lire ΛP₂, et pour Of these H₃ Magd., lire
Of these Magd. a
p. 13, note sur 331, au lieu de RSnDAr, lire RSnDAr, Δ
p. 14, l. 349, au lieu de new, lire newe
p. 19, note sur 543, lire scholde A, B, K ; schold S, F
p. 23, note sur 668, au lieu de hol] hole AC, lire hol B, F ; hole AC ; note sur 683, au lieu de
A, lire AM
p. 25, l. 747, au lieu de for, lire forto
p. 29, l. 871, au lieu de form, lire forme
p. 33, l. 1024, au lieu de wist, lire wiste
p. 57, l. 782, au lieu de There, lire Ther
p. 60, l. 914, au lieu de She, lire Sche ; de même p. 244, l. 679
p. 64, l. 1052, au lieu de righte, lire rihte
p. 70, l. 1275, au lieu de Commandeth, lire Comandeth
p. 72, note sur 1338, au lieu de SΔ, lire SAdΔ, H₃
p. 88, l. 1946, au lieu de wenyinge, lire wenynge
p. 96, l. 2248, au lieu de well, lire wel
p. 100, l. 2365, au lieu de myght, lire myht ; de même p. 117, l. 2990
p. 107, l. 2630, au lieu de discoevered, lire descoevered
p. 109, l. 2710, au lieu de all, lire al ; de même p. 156, l. 966, p. 238, l. 447, p. 346, l. 1668
p. 112, l. 2822, au lieu de bare, lire bar
p. 113, l. 2838, au lieu de But, lire Bot
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p. 133, en dessous de la l. 96, un petit espace doit être laissé
p. 138, l. 274, au lieu de greveth lire grieveth
p. 150, l. 750, au lieu de her lire hire
p. 170, l. 1498, au lieu de Till lire Til
p. 182, note sur 1916, au lieu de RCLB₂, H₃ lire RCLB₂, Δ, H₃
p. 200, note sur 2592, au lieu de AdB lire SAdBΔ
p. 234, note sur 313, au lieu de H₁ ... B₂ lire H₁ ... B₂, Δ
p. 252, note sur 983, ajouter pater Δ
p. 257, note sur 1164, au lieu de XRCLB₂ lire H₁XRCLB₂
p. 260, note sur 1258, au lieu de AdT lire AdTΔ
p. 262, note sur 1336 (marge), ajouter om. Δ
p. 265, note sur 1448, au lieu de X ... B₂, WH₃ lire X ... B₂, Δ, WH₃
p. 266, note sur 1473, au lieu de AdBT lire SAdBTΔ
p. 269, note sur 1605, au lieu de SBΛ lire BΛ et au lieu de AdTΔ lire SAdTΔ
p. 280, note sur 2023, au lieu de Phoreus T lire Phoreus TΔ
p. 282, l. 2077, au lieu de hounde lire hound
p. 284, note sur 2166, au lieu de W lire Δ, W
p. 289, l. 2357, au lieu de pouere lire povere
p. 292, note sur 2444, au lieu de H₁ ... B₂ lire H₁ ... B₂, SΔ
p. 307, l. 225, au lieu de distruid lire destruid
p. 314, l. 498, au lieu de accordant lire acordant
p. 334, l. 1224 (marge), ajouter Confessor
p. 346, l. 1653, au lieu de accompte lire acompte
p. 351, note sur 1872, au lieu de AC lire AC, S
p. 387, l. 3188, au lieu de By lire Be
p. 396, l. 3507, au lieu de thinge lire thing
p. 138, l. 274, au lieu de greveth lire grieveth
p. 150, l. 750, au lieu de her lire hire
p. 170, l. 1498, au lieu de Till lire Til
p. 182, note sur 1916, au lieu de RCLB₂, H₃ lire RCLB₂, Δ, H₃
p. 200, note sur 2592, au lieu de AdB lire SAdBΔ
p. 234, note sur 313, au lieu de H₁ ... B₂ lire H₁ ... B₂, Δ
p. 252, note sur 983, ajouter pater Δ
p. 257, note sur 1164, au lieu de XRCLB₂ lire H₁XRCLB₂
p. 260, note sur 1258, au lieu de AdT lire AdTΔ
p. 262, note sur 1336 (marge), ajouter om. Δ
p. 265, note sur 1448, au lieu de X ... B₂, WH₃ lire X ... B₂, Δ, WH₃
p. 266, note sur 1473, au lieu de AdBT lire SAdBTΔ
p. 269, note sur 1605, au lieu de SBΛ lire BΛ et au lieu de AdTΔ lire SAdTΔ
p. 280, note sur 2023, au lieu de Phoreus T lire Phoreus TΔ
p. 282, l. 2077, au lieu de hounde lire hound
p. 284, note sur 2166, au lieu de W lire Δ, W
p. 289, l. 2357, au lieu de pouere lire povere
p. 292, note sur 2444, au lieu de H₁ ... B₂ lire H₁ ... B₂, SΔ
p. 307, l. 225, au lieu de distruid lire destruid
p. 314, l. 498, au lieu de accordant lire acordant
p. 334, l. 1224 (marge), ajouter Confessor
p. 346, l. 1653, au lieu de accompte lire acompte
p. 351, note sur 1872, au lieu de AC lire AC, S
p. 387, l. 3188, au lieu de By lire Be
p. 396, l. 3507, au lieu de thinge lire thing
Page 203
p. 421, l. 716, au lieu de harme, lire harm
p. 464, note sur 745 et suiv., ajouter L’auteurité citée ici est le Trésor de Brunetto Latini, p. 84-88 (éd. 1863).
p. 468, note sur 463 et suiv., ajouter L’auteurité pour cela est peut-être le Trésor, p. 191.
p. 473, l. 11, au lieu de 7101), Spertachus pour Cyrus (vii. 3418), etc., lire 7101).
p. 489, note sur 2459 et suiv., au lieu de Je ne peux pas [dire où Gower a trouvé cette version de l’histoire. Le nom Geta est presque inconnu dans sa forme classique], lire Le nom Geta a été emprunté par Gower à Geta de Vitalis Blesensis, une pièce dramatique en élégies latines inspirée de Plaute, dans laquelle Geta remplace Sosia : voir Wright’s Early Mysteries, etc., p. 79-90.
p. 509, note sur 2606, au lieu de sur le ferst, lire sur le ferste.
p. 464, note sur 745 et suiv., ajouter L’auteurité citée ici est le Trésor de Brunetto Latini, p. 84-88 (éd. 1863).
p. 468, note sur 463 et suiv., ajouter L’auteurité pour cela est peut-être le Trésor, p. 191.
p. 473, l. 11, au lieu de 7101), Spertachus pour Cyrus (vii. 3418), etc., lire 7101).
p. 489, note sur 2459 et suiv., au lieu de Je ne peux pas [dire où Gower a trouvé cette version de l’histoire. Le nom Geta est presque inconnu dans sa forme classique], lire Le nom Geta a été emprunté par Gower à Geta de Vitalis Blesensis, une pièce dramatique en élégies latines inspirée de Plaute, dans laquelle Geta remplace Sosia : voir Wright’s Early Mysteries, etc., p. 79-90.
p. 509, note sur 2606, au lieu de sur le ferst, lire sur le ferste.
Page 204
UN MANUSCRIT SUPPLÉMENTAIRE DE LA « CONFESSIO AMANTIS »
Le 12 juin 1902, un manuscrit très précieux de la Confessio Amantis, qui n’avait pas encore été décrit jusqu’alors, fut mis en vente par Messieurs Sotheby. Grâce à l’aide aimable du Dr Furnivall, à qui les marchands d’art permirent d’examiner le livre avant la vente, je peux en donner la description suivante.
Le manuscrit Fountaine contient la Confessio Amantis avec l’« Explicit » (six lignes), le « Quam cinxere » et le « Quia vnusquisque », suivis de « Deo gracias ». Ensuite, à la fin, un index alphabétique des contenus du poème. Papier parcheminé, 213 feuillets à l’origine, dimensions 17½ × 12¼ pouces ; écriture nette en deux colonnes de 46 lignes par colonne, résumés en latin dans le texte, en rouge ; milieu du XVe siècle. Illustré partout de miniatures bien peintes, au nombre de 108 à l’origine, y compris des représentations des signes du Zodiaque et des positions des principales étoiles. Neuf de ces miniatures manquent dans le livre, mais elles ont été identifiées comme étant la série des neuf miniatures en possession de M. A. H. Frere, décrites à la page clxvi de mon Introduction. À la fin du texte (f. 203), on lit : « Andw. Fountaine, 1791. Æ. 20. »
Il s’agit d’un grand format in-folio, offrant une version fidèle de la première révision du texte. Son intérêt réside dans les miniatures. En décrivant le manuscrit illustré New College MS. 266, j’avais mentionné qu’il devait exister autrefois d’autres exemplaires similaires. En disant cela, je faisais référence aux miniatures de Frere, et il est pour moi assez intéressant d’avoir pu les identifier aux neuf qui manquent dans le manuscrit Fountaine. Les sujets des miniatures de Frere correspondent bien aux passages d’où les images ont été découpées, et les mots qui, dans certains cas, ont été supprimés avec les images s’accordent avec ceux qui restent dans le manuscrit. Par exemple, sur f. 26, une miniature a été coupée avant i. 3067 (l’histoire des Trois Questions) ; le texte du résumé en latin au-dessus de l’image manquante s’arrête après les mots « tocius perdicionis ». La miniature de Frere relative à cette histoire continue la phrase en ajoutant les mots « causam sua culpa ministrat » ; il en va de même pour certaines autres. À certains égards, nous pouvons maintenant corriger notre description des miniatures de Frere. Les sujets de sept d’entre elles sont correctement indiqués dans la description, mais les deux dernières représentent, comme nous pouvons le voir maintenant, (8) Alexandre et le pirate, iii. 2363 et suiv., (9) Lycurgue quittant Athènes avec ses biens, vii. 2917 et suiv. Le livre a été acheté par M. Quaritch pour 1550 livres sterling, ce qui est sans aucun doute le prix le plus élevé jamais payé pour un manuscrit de Gower.
Le 12 juin 1902, un manuscrit très précieux de la Confessio Amantis, qui n’avait pas encore été décrit jusqu’alors, fut mis en vente par Messieurs Sotheby. Grâce à l’aide aimable du Dr Furnivall, à qui les marchands d’art permirent d’examiner le livre avant la vente, je peux en donner la description suivante.
Le manuscrit Fountaine contient la Confessio Amantis avec l’« Explicit » (six lignes), le « Quam cinxere » et le « Quia vnusquisque », suivis de « Deo gracias ». Ensuite, à la fin, un index alphabétique des contenus du poème. Papier parcheminé, 213 feuillets à l’origine, dimensions 17½ × 12¼ pouces ; écriture nette en deux colonnes de 46 lignes par colonne, résumés en latin dans le texte, en rouge ; milieu du XVe siècle. Illustré partout de miniatures bien peintes, au nombre de 108 à l’origine, y compris des représentations des signes du Zodiaque et des positions des principales étoiles. Neuf de ces miniatures manquent dans le livre, mais elles ont été identifiées comme étant la série des neuf miniatures en possession de M. A. H. Frere, décrites à la page clxvi de mon Introduction. À la fin du texte (f. 203), on lit : « Andw. Fountaine, 1791. Æ. 20. »
Il s’agit d’un grand format in-folio, offrant une version fidèle de la première révision du texte. Son intérêt réside dans les miniatures. En décrivant le manuscrit illustré New College MS. 266, j’avais mentionné qu’il devait exister autrefois d’autres exemplaires similaires. En disant cela, je faisais référence aux miniatures de Frere, et il est pour moi assez intéressant d’avoir pu les identifier aux neuf qui manquent dans le manuscrit Fountaine. Les sujets des miniatures de Frere correspondent bien aux passages d’où les images ont été découpées, et les mots qui, dans certains cas, ont été supprimés avec les images s’accordent avec ceux qui restent dans le manuscrit. Par exemple, sur f. 26, une miniature a été coupée avant i. 3067 (l’histoire des Trois Questions) ; le texte du résumé en latin au-dessus de l’image manquante s’arrête après les mots « tocius perdicionis ». La miniature de Frere relative à cette histoire continue la phrase en ajoutant les mots « causam sua culpa ministrat » ; il en va de même pour certaines autres. À certains égards, nous pouvons maintenant corriger notre description des miniatures de Frere. Les sujets de sept d’entre elles sont correctement indiqués dans la description, mais les deux dernières représentent, comme nous pouvons le voir maintenant, (8) Alexandre et le pirate, iii. 2363 et suiv., (9) Lycurgue quittant Athènes avec ses biens, vii. 2917 et suiv. Le livre a été acheté par M. Quaritch pour 1550 livres sterling, ce qui est sans aucun doute le prix le plus élevé jamais payé pour un manuscrit de Gower.
Page 205
G. C. M.
Page 206
CONFESSIO AMANTIS[24a]
i. Engourdissement, sens émoussé, petite école, labeur modeste, P. i. 1
Et le plus modeste…
C’est ce qui fait que je chante des choses encore plus modestes :
Pourtant, l’île de Brut chantée en langue anglaise
Parlera grâce aux vers de la poésie anglaise.
Que celui qui est dépourvu d’ossements, et qui brise les os, reste à distance ;
Que nul mauvais interprète ne se trouve près de moi.
Début du Prologue
De celui qui nous a écrit auparavant
Les deux livres, et nous donc
Savons bien ce qui y était écrit :
Car il est bon que nous aussi,
À notre époque, ici parmi nous,
Écrivions sur de nouveaux sujets,
En suivant l’exemple de ces anciens sages,
Afin que cela puisse se faire de cette manière.
Lorsque nous serons partis et ailleurs, [Description du livre.]
10 Que cela soit connu du monde entier
À une époque future après celle-ci.
Mais comme les hommes le disent, et c’est ainsi,
Celui qui a tout écrit sur la sagesse
Ennuie souvent l’esprit de celui qui doit toujours le lire, P. i. 2
Pour cette raison, si vous lisez,
Je voudrais prendre un chemin intermédiaire
Et écrire un livre entre les deux,
Un peu sur le désir, un peu sur la connaissance,
20 Un peu plus de l’un, un peu plus de l’autre.
i. Engourdissement, sens émoussé, petite école, labeur modeste, P. i. 1
Et le plus modeste…
C’est ce qui fait que je chante des choses encore plus modestes :
Pourtant, l’île de Brut chantée en langue anglaise
Parlera grâce aux vers de la poésie anglaise.
Que celui qui est dépourvu d’ossements, et qui brise les os, reste à distance ;
Que nul mauvais interprète ne se trouve près de moi.
Début du Prologue
De celui qui nous a écrit auparavant
Les deux livres, et nous donc
Savons bien ce qui y était écrit :
Car il est bon que nous aussi,
À notre époque, ici parmi nous,
Écrivions sur de nouveaux sujets,
En suivant l’exemple de ces anciens sages,
Afin que cela puisse se faire de cette manière.
Lorsque nous serons partis et ailleurs, [Description du livre.]
10 Que cela soit connu du monde entier
À une époque future après celle-ci.
Mais comme les hommes le disent, et c’est ainsi,
Celui qui a tout écrit sur la sagesse
Ennuie souvent l’esprit de celui qui doit toujours le lire, P. i. 2
Pour cette raison, si vous lisez,
Je voudrais prendre un chemin intermédiaire
Et écrire un livre entre les deux,
Un peu sur le désir, un peu sur la connaissance,
20 Un peu plus de l’un, un peu plus de l’autre.
Page 207
Comme on peut l’imaginer, j’écris ceci :
Et pour ces quelques hommes qui ont écrit en notre langue anglaise, je pense donc commencer ici par expliquer comment, dans *Un livre pour le bien d’Angleterre*, en l’an du règne du roi Richard, le seizième jour du sixième mois, Jean… Ce qui adviendra par la suite, Dieu seul le sait ; pour l’instant, il a composé ce petit livre. On voit que le monde est entièrement parcouru de toutes parts, et de manière si variée, avec tant de complexité, qu’il semble complètement inversé, à son seigneur, Henri de Lancastre. Pour parler du passé, à cette époque, c’était le comte de Derby qui causait tous ces changements ; il n’est pas nécessaire de le préciser, car avec toute révérence, cette chose est si évidente que tout homme peut la voir : il l’a destinée ainsi.
Et certes, il y avait autrefois des temps où les livres étaient rares, p. 1, 3.
L’écriture était toujours appréciée, p. 1, 4, par ceux qui étaient vertueux ; car ici-bas, parmi nous, si personne ne note ce qui s’est passé, alors la mémoire de ceux qui furent bons serait, comme on dit, en grande partie perdue. Ainsi, pour glorifier les princes dignes qui existèrent, on a conservé des livres çà et là, dont le monde tire son exemple ; et même ceux qui furent tués par la tyrannie et la cruauté, p. 1, 5, 50, selon leur rang, l’écriture de leurs œuvres a été conservée également. Ainsi, moi, qui suis un simple clerc, j’ai l’intention d’écrire un livre sur le monde qui, autrefois, a duré longtemps dans les temps anciens ; mais comme les gens en ont maintenant assez…
Et pour ces quelques hommes qui ont écrit en notre langue anglaise, je pense donc commencer ici par expliquer comment, dans *Un livre pour le bien d’Angleterre*, en l’an du règne du roi Richard, le seizième jour du sixième mois, Jean… Ce qui adviendra par la suite, Dieu seul le sait ; pour l’instant, il a composé ce petit livre. On voit que le monde est entièrement parcouru de toutes parts, et de manière si variée, avec tant de complexité, qu’il semble complètement inversé, à son seigneur, Henri de Lancastre. Pour parler du passé, à cette époque, c’était le comte de Derby qui causait tous ces changements ; il n’est pas nécessaire de le préciser, car avec toute révérence, cette chose est si évidente que tout homme peut la voir : il l’a destinée ainsi.
Et certes, il y avait autrefois des temps où les livres étaient rares, p. 1, 3.
L’écriture était toujours appréciée, p. 1, 4, par ceux qui étaient vertueux ; car ici-bas, parmi nous, si personne ne note ce qui s’est passé, alors la mémoire de ceux qui furent bons serait, comme on dit, en grande partie perdue. Ainsi, pour glorifier les princes dignes qui existèrent, on a conservé des livres çà et là, dont le monde tire son exemple ; et même ceux qui furent tués par la tyrannie et la cruauté, p. 1, 5, 50, selon leur rang, l’écriture de leurs œuvres a été conservée également. Ainsi, moi, qui suis un simple clerc, j’ai l’intention d’écrire un livre sur le monde qui, autrefois, a duré longtemps dans les temps anciens ; mais comme les gens en ont maintenant assez…
Page 208
Même s’il est dans une situation pire qu’auparavant,
je pense devoir toucher aussi
le monde qui change chaque jour,
autant que je le peux, autant que je le dois.
Bien que j’aie de l’expérience et que je l’aie eue depuis longtemps,
je veux néanmoins écrire et m’occuper de mes affaires,
afin que, d’une certaine manière, comme je le dis,
l’homme sage puisse être conseillé.
Car ce prologue est si bien fondé
qu’il appartient entièrement à la sagesse :
tout homme sage qui le comprendra
se souviendra
du destin aléatoire de ce monde,
que personne en propre ne peut connaître,
si ce n’est Dieu seul.
Lorsque ce prologue sera ainsi terminé,
ce livre sera ensuite achevé
sur l’amour, qui accomplit tant de miracles
et a mis tant d’hommes sages sous son emprise.
Et c’est ainsi que je pense m’adresser
à ceux qui sont aujourd’hui importants,
entre la vertu et le vice,
ceux qui aspirent à cette fonction.
Mais ma sagesse étant trop limitée [Dédicace],
pour raconter l’histoire de chacun,
ce livre, après des modifications,
sera à leur disposition,
avec ceux dont mon cœur est en accord ;
je l’envoie à mon seigneur,
nommé Henri de Lancastre :
le Dieu tout-puissant l’a proclamé
plein de savoir et de toute grâce.
Ainsi, je veux maintenant entreprendre cette œuvre
avec une foi pure et une confiance totale ;
que Dieu me permette de l’accomplir bien.
je pense devoir toucher aussi
le monde qui change chaque jour,
autant que je le peux, autant que je le dois.
Bien que j’aie de l’expérience et que je l’aie eue depuis longtemps,
je veux néanmoins écrire et m’occuper de mes affaires,
afin que, d’une certaine manière, comme je le dis,
l’homme sage puisse être conseillé.
Car ce prologue est si bien fondé
qu’il appartient entièrement à la sagesse :
tout homme sage qui le comprendra
se souviendra
du destin aléatoire de ce monde,
que personne en propre ne peut connaître,
si ce n’est Dieu seul.
Lorsque ce prologue sera ainsi terminé,
ce livre sera ensuite achevé
sur l’amour, qui accomplit tant de miracles
et a mis tant d’hommes sages sous son emprise.
Et c’est ainsi que je pense m’adresser
à ceux qui sont aujourd’hui importants,
entre la vertu et le vice,
ceux qui aspirent à cette fonction.
Mais ma sagesse étant trop limitée [Dédicace],
pour raconter l’histoire de chacun,
ce livre, après des modifications,
sera à leur disposition,
avec ceux dont mon cœur est en accord ;
je l’envoie à mon seigneur,
nommé Henri de Lancastre :
le Dieu tout-puissant l’a proclamé
plein de savoir et de toute grâce.
Ainsi, je veux maintenant entreprendre cette œuvre
avec une foi pure et une confiance totale ;
que Dieu me permette de l’accomplir bien.
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*48A Pour l’amour du roi Richard,49
À qui appartient ma fidélité50
Avec toute l’obéissance de mon cœur
En tout ce qu’un vassal51
Peut ou doit faire envers son roi :
Ainsi je me recommande52
30* À celui qui peut tout m’ordonner,
Sous le règne élevé53
Qui fait que chaque roi règne,
Afin que sa couronne dure longtemps.
Je pense et j’ai compris que ceci déclare avant tout comment,
Comme cela s’est produit à une certaine époque, la révérence
Doit être montrée —54 au très illustre
Sous la ville de la nouvelle Troie, prince et seigneur,
Roi d’Angleterre
Qui tira de Brut sa première joie,56 Richard II55
Sur la Tamise, alors qu’elle coulait57, moi, humblement,
Jean Gower,
40* Comme je suis un messager en route,58 bien que gravement affaibli
Selon les caprices du destin, depuis longtemps malade,
Mon seigneur m’a invité par hasard ; multiplement
Fatigué, de cela,
Et ainsi il en fut,60 quand je suis arrivé,61 les travaux de ce petit ouvrage
Sortis de mon sac, quand il m’a vu, il n’a pas refusé de les entreprendre, il m’a dit59
De venir dans sa barque. Comme un bienfait venu
Et quand j’étais avec lui, parmi diverses choses,63 il a rappelé
Ce livret présent,
Il m’a confié cette tâche,64 à partir de diverses chroniques,
Et m’a demandé de consacrer mes efforts65 aux histoires,62
Des poètes.
50* Afin que, pour sa haute dignité et celle des philosophes,
Je devais écrire quelque chose de nouveau,66 selon leurs paroles, autant que sa maladie le permettait,
Afin qu’il puisse lui-même le lire67 avec grand intérêt
Selon le style de mon écriture.68 Il l’a donc compilé sur son ordre.
Et ainsi, sur son commandement,
Mon cœur est d’autant plus heureux69
De écrire comme il me l’a demandé.
À qui appartient ma fidélité50
Avec toute l’obéissance de mon cœur
En tout ce qu’un vassal51
Peut ou doit faire envers son roi :
Ainsi je me recommande52
30* À celui qui peut tout m’ordonner,
Sous le règne élevé53
Qui fait que chaque roi règne,
Afin que sa couronne dure longtemps.
Je pense et j’ai compris que ceci déclare avant tout comment,
Comme cela s’est produit à une certaine époque, la révérence
Doit être montrée —54 au très illustre
Sous la ville de la nouvelle Troie, prince et seigneur,
Roi d’Angleterre
Qui tira de Brut sa première joie,56 Richard II55
Sur la Tamise, alors qu’elle coulait57, moi, humblement,
Jean Gower,
40* Comme je suis un messager en route,58 bien que gravement affaibli
Selon les caprices du destin, depuis longtemps malade,
Mon seigneur m’a invité par hasard ; multiplement
Fatigué, de cela,
Et ainsi il en fut,60 quand je suis arrivé,61 les travaux de ce petit ouvrage
Sortis de mon sac, quand il m’a vu, il n’a pas refusé de les entreprendre, il m’a dit59
De venir dans sa barque. Comme un bienfait venu
Et quand j’étais avec lui, parmi diverses choses,63 il a rappelé
Ce livret présent,
Il m’a confié cette tâche,64 à partir de diverses chroniques,
Et m’a demandé de consacrer mes efforts65 aux histoires,62
Des poètes.
50* Afin que, pour sa haute dignité et celle des philosophes,
Je devais écrire quelque chose de nouveau,66 selon leurs paroles, autant que sa maladie le permettait,
Afin qu’il puisse lui-même le lire67 avec grand intérêt
Selon le style de mon écriture.68 Il l’a donc compilé sur son ordre.
Et ainsi, sur son commandement,
Mon cœur est d’autant plus heureux69
De écrire comme il me l’a demandé.
Page 210
Et certes, mon ami est bien le dernier
Qui, sans raison valable,
Ne jalouse pas ceux qui écrivent.
Un cœur noble garde le silence,
De sorte qu’il ne distille aucune méchanceté,
Mais loue ce qui mérite d’être loué ;
Mais celui dont les paroles sont sans mesure
Et qui traite tout de manière injuste,
Je prie le roi du ciel
De me protéger contre de tels discours.
Et assurément, ce monde est sauvage
De tant de bruits et de troubles.
Mon roi ne subira aucun dommage,
Car, dans l’espoir de mériter
Sa faveur, je ne violerai pas sa volonté ;
Sinon, je ne pourrais être excusé,
Car on ne peut refuser ce que le roi lui-même ordonne.
Ainsi, la simplicité de mon esprit
Peut, je pense, m’aider
À servir fidèlement :
Bien que je n’aie pas beaucoup de savoir,
J’ai néanmoins fait de mon mieux
Pour écrire un livre selon ses désirs,
Et l’écrire d’une manière sage,
Telle que cela puisse être utile aux sages
Et agréable à ceux qui aiment s’amuser.
Mais j’ai entendu dire, selon le proverbe,
Que celui qui commence bien son travail
Obtient plus facilement un bon résultat ;
Ainsi, le prologue de mon livre
suit le monde d’autrefois,
Et aussi, en partie, le monde nouveau.
Qui, sans raison valable,
Ne jalouse pas ceux qui écrivent.
Un cœur noble garde le silence,
De sorte qu’il ne distille aucune méchanceté,
Mais loue ce qui mérite d’être loué ;
Mais celui dont les paroles sont sans mesure
Et qui traite tout de manière injuste,
Je prie le roi du ciel
De me protéger contre de tels discours.
Et assurément, ce monde est sauvage
De tant de bruits et de troubles.
Mon roi ne subira aucun dommage,
Car, dans l’espoir de mériter
Sa faveur, je ne violerai pas sa volonté ;
Sinon, je ne pourrais être excusé,
Car on ne peut refuser ce que le roi lui-même ordonne.
Ainsi, la simplicité de mon esprit
Peut, je pense, m’aider
À servir fidèlement :
Bien que je n’aie pas beaucoup de savoir,
J’ai néanmoins fait de mon mieux
Pour écrire un livre selon ses désirs,
Et l’écrire d’une manière sage,
Telle que cela puisse être utile aux sages
Et agréable à ceux qui aiment s’amuser.
Mais j’ai entendu dire, selon le proverbe,
Que celui qui commence bien son travail
Obtient plus facilement un bon résultat ;
Ainsi, le prologue de mon livre
suit le monde d’autrefois,
Et aussi, en partie, le monde nouveau.
Page 211
Je voudrais commencer par le nouveau.85
ii. Temps passé, présent de la fortune [Le temps passé
est meilleur que celui-ci.]
Heureux…
Il dit, et il change les anciennes voies dans le monde.86
L’amour ancien a engendré la paix,
Pendant que le visage de l’homme était le reflet de l’esprit :
À cette époque, l’air était unifié par des lois,
Et la justice était alors la voie à suivre.87
Aujourd’hui, la haine cachée déforme l’apparence de l’amour,
Et la paix, sous un faux semblant, cache les armes ;88
Comme le chameau, changeant constamment,
La loi varie, et les royaumes ont de nouvelles lois :
Les régions qui étaient autrefois très solides [Régents temporels]
sont ainsi dispersées dans le monde,
Sans avoir de centre de tranquillité.
Si je me remémore le temps passé,
Alors je comprends l’état des royaumes,
Comme on le dit, selon
la situation du monde à cette époque : les choses temporelles.
La vie de l’homme était alors saine, c’est-à-dire en bonne santé ;
Il y avait abondance, richesse, sous le règne du roi Richard
deuxième, en la seizième année de son règne.89
Il y avait alors une méthode pour écrire,
Dont la renommée se répandit dans le monde entier ;
La justice était respectée, P. i. 7
Le privilège royal était préservé, et tous les barons
obéissaient à son autorité ;
Les citoyens ne connaissaient aucune contestation,
Le peuple vivait dans l’obéissance
Sous le règne de la gouvernance,
Et la paix, soutenue par la justice,90
110 régnait avec amour.
ii. Temps passé, présent de la fortune [Le temps passé
est meilleur que celui-ci.]
Heureux…
Il dit, et il change les anciennes voies dans le monde.86
L’amour ancien a engendré la paix,
Pendant que le visage de l’homme était le reflet de l’esprit :
À cette époque, l’air était unifié par des lois,
Et la justice était alors la voie à suivre.87
Aujourd’hui, la haine cachée déforme l’apparence de l’amour,
Et la paix, sous un faux semblant, cache les armes ;88
Comme le chameau, changeant constamment,
La loi varie, et les royaumes ont de nouvelles lois :
Les régions qui étaient autrefois très solides [Régents temporels]
sont ainsi dispersées dans le monde,
Sans avoir de centre de tranquillité.
Si je me remémore le temps passé,
Alors je comprends l’état des royaumes,
Comme on le dit, selon
la situation du monde à cette époque : les choses temporelles.
La vie de l’homme était alors saine, c’est-à-dire en bonne santé ;
Il y avait abondance, richesse, sous le règne du roi Richard
deuxième, en la seizième année de son règne.89
Il y avait alors une méthode pour écrire,
Dont la renommée se répandit dans le monde entier ;
La justice était respectée, P. i. 7
Le privilège royal était préservé, et tous les barons
obéissaient à son autorité ;
Les citoyens ne connaissaient aucune contestation,
Le peuple vivait dans l’obéissance
Sous le règne de la gouvernance,
Et la paix, soutenue par la justice,90
110 régnait avec amour.
Page 212
Du cœur des hommes, le courage
Se montrait sur le visage ;
Les paroles étaient sincères,
Sans trace de tromperie :
Il y avait là un amour non enviable,
La vertu était placée au-dessus,
Et le vice mis au pied.
Maintenant, la situation a changé partout dans le monde ;
Et surtout, l’amour est tombé dans la discorde.
Je note cela pour chaque pays,
Selon ce que voient tous, ce qui ne peut mentir ;
Partout, c’est ainsi que les hommes agissent aujourd’hui,
Et les royaumes sont divisés ;
À la place de l’amour, c’est la haine qui règne,
La paix ne peut être achetée,
Et la loi a pris un visage double,
Ainsi la justice disparaît,
Emportée avec elle par l’injustice.
Ainsi, en regardant chaque situation,
On voit partout la souffrance,
Qui a gagné le monde entier.
Il n’y a pas de royaume à l’abri de cela,
Car chaque région a son jour funeste,
Après le tourbillon du destin aveugle ;
Personne ne connaît avec certitude ce qui arrivera :
Le ciel sait ce qu’il convient de faire,
Mais nous, qui vivons sous ce soleil,
Dans ce monde, sous ce climat,
Surtout les pauvres,
Celles et ceux qui guident le monde
Avec de bons conseils de toutes parts.
Se montrait sur le visage ;
Les paroles étaient sincères,
Sans trace de tromperie :
Il y avait là un amour non enviable,
La vertu était placée au-dessus,
Et le vice mis au pied.
Maintenant, la situation a changé partout dans le monde ;
Et surtout, l’amour est tombé dans la discorde.
Je note cela pour chaque pays,
Selon ce que voient tous, ce qui ne peut mentir ;
Partout, c’est ainsi que les hommes agissent aujourd’hui,
Et les royaumes sont divisés ;
À la place de l’amour, c’est la haine qui règne,
La paix ne peut être achetée,
Et la loi a pris un visage double,
Ainsi la justice disparaît,
Emportée avec elle par l’injustice.
Ainsi, en regardant chaque situation,
On voit partout la souffrance,
Qui a gagné le monde entier.
Il n’y a pas de royaume à l’abri de cela,
Car chaque région a son jour funeste,
Après le tourbillon du destin aveugle ;
Personne ne connaît avec certitude ce qui arrivera :
Le ciel sait ce qu’il convient de faire,
Mais nous, qui vivons sous ce soleil,
Dans ce monde, sous ce climat,
Surtout les pauvres,
Celles et ceux qui guident le monde
Avec de bons conseils de toutes parts.
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Qu’il soit maintenu droit de cette manière,
Afin que la haine ne brise pas cette nuit
D’amour, qui est la chose principale
Pour préserver un royaume du malheur.
Car pour toutes raisons il convient que celui à qui l’on confie la charge d’apôtre honore le roi.
Les membres puissants doivent s’incliner,
Et lui doit aussi leur accorder sa confiance,
De tout son cœur et les chérir,
Car un bon conseil est utile pour gouverner. Salomon : Fais tout avec prudence.
Même si un homme est sage en lui-même,
La sagesse supérieure vient de Dieu ;
Et s’ils agissaient tous deux ensemble,
On pourrait espérer bientôt
Que Dieu enverrait sa grâce
Pour mettre fin à ce mal, qui grandit chaque jour :
C’est vraiment regrettable,
Surtout au nom du Christ,
Qui aurait volontiers abandonné sa vie parmi les hommes pour les sauver.
Mais maintenant les gens disent n’importe quoi,
Que l’amour a quitté le monde,
Ainsi les choses sont déséquilibrées
Avec ceux qui vivent encore aujourd’hui.
Mais si l’on examine bien toutes les tentations,
Pour celui qui cherche la vérité
Au-delà des paroles du monde commun,
C’est étonnant de voir ce mal,
Où personne ne sait qui en est responsable ;
Car chacun se trompe lui-même
Et reçoit sa part de malheur,
Pourtant personne n’est protégé.
Mais ce Seigneur qui peut tout protéger,
À qui aucun conseil ne peut être caché,
Sur ce monde qui est destiné…
Afin que la haine ne brise pas cette nuit
D’amour, qui est la chose principale
Pour préserver un royaume du malheur.
Car pour toutes raisons il convient que celui à qui l’on confie la charge d’apôtre honore le roi.
Les membres puissants doivent s’incliner,
Et lui doit aussi leur accorder sa confiance,
De tout son cœur et les chérir,
Car un bon conseil est utile pour gouverner. Salomon : Fais tout avec prudence.
Même si un homme est sage en lui-même,
La sagesse supérieure vient de Dieu ;
Et s’ils agissaient tous deux ensemble,
On pourrait espérer bientôt
Que Dieu enverrait sa grâce
Pour mettre fin à ce mal, qui grandit chaque jour :
C’est vraiment regrettable,
Surtout au nom du Christ,
Qui aurait volontiers abandonné sa vie parmi les hommes pour les sauver.
Mais maintenant les gens disent n’importe quoi,
Que l’amour a quitté le monde,
Ainsi les choses sont déséquilibrées
Avec ceux qui vivent encore aujourd’hui.
Mais si l’on examine bien toutes les tentations,
Pour celui qui cherche la vérité
Au-delà des paroles du monde commun,
C’est étonnant de voir ce mal,
Où personne ne sait qui en est responsable ;
Car chacun se trompe lui-même
Et reçoit sa part de malheur,
Pourtant personne n’est protégé.
Mais ce Seigneur qui peut tout protéger,
À qui aucun conseil ne peut être caché,
Sur ce monde qui est destiné…
Page 214
Corrigez cela, dont les hommes se plaignent,
Avec des cœurs sincères et pleins,
Et réconciliez l’amour lui-même,
Comme celui qui est roi souverain
Du gouvernement de tous les mondes,
Et par sa haute providence
Établit la paix entre les nations,
190 Et prend leur cause en ses mains,
Afin que le monde puisse rester en paix
Et que sa bonté soit également comblée. P. i. 10
iii. Que Moïse ancien ou nouveau a vénérée [l’Église],
Lui-même Jean,
Les lois d’hier sont à peine respectées de nos jours.
Ainsi, autrefois l’Église, polie par une double vertu,
Maintenant, chacun de ses chemins devient encore plus sauvage.
En saisissant la gaine pacifique de Pierre par son extrémité,
Il frémit aux paroles du Christ sur le chemin du sang ;
Pourtant maintenant, l’avarice brandit sans cesse une épée teintée de sang,
Alors que la loi sacrée s’affaiblit.103
Ainsi, le loup est berger, le père est ennemi, la mort est miséricordieuse,
(10) Et le prédicateur est généreux, la paix et la crainte dans le monde.104
Pour penser aux jours anciens,
Pour observer la vie des clercs, sur le statut du clergé, comme on dit,
Voici comment ils étaient spirituels, c’est-à-dire
Modèles et règles de tout temps sous Robert,
Qui cherchait la vertu dans la sagesse. Gibbonensis, qui
Obtint pour eux le nom de Clément
En le demandant à Dieu, comme fondement de leur École, alors antipape.105
200 Afin qu’ils ne doivent pas appliquer leur intelligence à aucune œuvre terrestre,106
Ce qui relevait du statut des clercs,
Et afin qu’ils puissent fuir le vice
Que Simon a dans sa fonction,
Car il prend de l’or dans ses mains.107
À cette époque, j’ai compris
Avec des cœurs sincères et pleins,
Et réconciliez l’amour lui-même,
Comme celui qui est roi souverain
Du gouvernement de tous les mondes,
Et par sa haute providence
Établit la paix entre les nations,
190 Et prend leur cause en ses mains,
Afin que le monde puisse rester en paix
Et que sa bonté soit également comblée. P. i. 10
iii. Que Moïse ancien ou nouveau a vénérée [l’Église],
Lui-même Jean,
Les lois d’hier sont à peine respectées de nos jours.
Ainsi, autrefois l’Église, polie par une double vertu,
Maintenant, chacun de ses chemins devient encore plus sauvage.
En saisissant la gaine pacifique de Pierre par son extrémité,
Il frémit aux paroles du Christ sur le chemin du sang ;
Pourtant maintenant, l’avarice brandit sans cesse une épée teintée de sang,
Alors que la loi sacrée s’affaiblit.103
Ainsi, le loup est berger, le père est ennemi, la mort est miséricordieuse,
(10) Et le prédicateur est généreux, la paix et la crainte dans le monde.104
Pour penser aux jours anciens,
Pour observer la vie des clercs, sur le statut du clergé, comme on dit,
Voici comment ils étaient spirituels, c’est-à-dire
Modèles et règles de tout temps sous Robert,
Qui cherchait la vertu dans la sagesse. Gibbonensis, qui
Obtint pour eux le nom de Clément
En le demandant à Dieu, comme fondement de leur École, alors antipape.105
200 Afin qu’ils ne doivent pas appliquer leur intelligence à aucune œuvre terrestre,106
Ce qui relevait du statut des clercs,
Et afin qu’ils puissent fuir le vice
Que Simon a dans sa fonction,
Car il prend de l’or dans ses mains.107
À cette époque, j’ai compris
Page 215
Les Lombards ne faisaient pas d’échanges ;
les richesses épiscopales n’étaient pas mises en jeu,
ni même une lettre à envoyer,
ni pour la dignité ni pour la provision,
que ce soit avec remède ou sans remède.
La quête sacrée, dans l’aventure
des armes et des combats,
ne tenait compte que du combat ; P. i. 11
Pour combattre ou pour faire des prises,
cela leur semblait moins honorable ;
mais par simplicité et patience,
ils ne trouvaient aucune défense :
la cour des royaumes terrestres
n’était pour eux aucun protecteur ;
l’honneur véritable n’était pas désiré,
car le cœur orgueilleux brûlait ;
l’humilité était rejetée,
et l’orgueil devenait un vice.
Quant à la générosité de la quête sacrée,
elle donnait alors de grandes aumônes
aux pauvres qui en avaient besoin :
ils étaient chastes en parole et en acte,
et le peuple en tirait exemple ;
230 Leur désir portait uniquement sur les livres,
soit pour prêcher, soit pour prier,
afin d’indiquer aux hommes le bon chemin
à ceux qui vivaient dans la foi sincère.
Voilà donc comment le navire de Pierre fut poussé
par ceux qui étaient de ce temps-là,
et ainsi il arriva avant les hommes
la foi du Christ et tout le bien,
par ceux qui étaient bons,
modestes, chastes, généreux et sages.
240 Mais maintenant les gens sont différents ;
Simon a pris les rênes ;
l’épée du monde est entre les mains des chiens ;
et c’est là chose étonnante.
les richesses épiscopales n’étaient pas mises en jeu,
ni même une lettre à envoyer,
ni pour la dignité ni pour la provision,
que ce soit avec remède ou sans remède.
La quête sacrée, dans l’aventure
des armes et des combats,
ne tenait compte que du combat ; P. i. 11
Pour combattre ou pour faire des prises,
cela leur semblait moins honorable ;
mais par simplicité et patience,
ils ne trouvaient aucune défense :
la cour des royaumes terrestres
n’était pour eux aucun protecteur ;
l’honneur véritable n’était pas désiré,
car le cœur orgueilleux brûlait ;
l’humilité était rejetée,
et l’orgueil devenait un vice.
Quant à la générosité de la quête sacrée,
elle donnait alors de grandes aumônes
aux pauvres qui en avaient besoin :
ils étaient chastes en parole et en acte,
et le peuple en tirait exemple ;
230 Leur désir portait uniquement sur les livres,
soit pour prêcher, soit pour prier,
afin d’indiquer aux hommes le bon chemin
à ceux qui vivaient dans la foi sincère.
Voilà donc comment le navire de Pierre fut poussé
par ceux qui étaient de ce temps-là,
et ainsi il arriva avant les hommes
la foi du Christ et tout le bien,
par ceux qui étaient bons,
modestes, chastes, généreux et sages.
240 Mais maintenant les gens sont différents ;
Simon a pris les rênes ;
l’épée du monde est entre les mains des chiens ;
et c’est là chose étonnante.
Page 216
Lorsque le Christ lui-même a prescrit des lois
Et les a inscrites dans son testament, P. i. 12
Comment maintenant que cette loi sacrée a disparu,
Cette loi positive établie ici
A-t-elle provoqué guerre et conflit
Pour le bien du monde, qui ne peut durer.112
250 Dieu seul connaît la cause ultime
De tout bien et de tout mal ;
Mais tant que la loi est gouvernée ainsi
Que les clercs cherchent le malheur,
Je ne vois pas comment ils pourraient améliorer
Le monde misérable en d’autres domaines,
Pour instaurer l’ordre entre les rois
Selon la loi de l’amour,
Qui est le devoir propre
Appartenant au clergé.
260 Mais selon ce que pense l’esprit humain,113
Le ciel est froid, le monde est mauvais,
Et toute gloire est également trompeuse,
Car la convoitise les retient,
Si bien qu’ils ne voient rien d’autre
Que ce qu’ils peuvent gagner.
Ainsi commencent leurs maux,
Dont la loi sacrée est la cause,114
Car dès qu’elle est invoquée,
Le malheur se précipite dans la bataille,
270 Comme si le Christ ne pouvait plus
Les corriger par d’autres moyens.
La clé de la loi est déchirée,
La prière sacrée devient malédiction,
Et chaque principe P. i. 13
Qui aurait dû reposer sur la foi
Et servir à cette fin,
Est stupéfait par ce désordre.
Ce qui aurait dû être le salut du monde
Est maintenant, dit-on, la peste
280 Qui a chassé la patience115
Et les a inscrites dans son testament, P. i. 12
Comment maintenant que cette loi sacrée a disparu,
Cette loi positive établie ici
A-t-elle provoqué guerre et conflit
Pour le bien du monde, qui ne peut durer.112
250 Dieu seul connaît la cause ultime
De tout bien et de tout mal ;
Mais tant que la loi est gouvernée ainsi
Que les clercs cherchent le malheur,
Je ne vois pas comment ils pourraient améliorer
Le monde misérable en d’autres domaines,
Pour instaurer l’ordre entre les rois
Selon la loi de l’amour,
Qui est le devoir propre
Appartenant au clergé.
260 Mais selon ce que pense l’esprit humain,113
Le ciel est froid, le monde est mauvais,
Et toute gloire est également trompeuse,
Car la convoitise les retient,
Si bien qu’ils ne voient rien d’autre
Que ce qu’ils peuvent gagner.
Ainsi commencent leurs maux,
Dont la loi sacrée est la cause,114
Car dès qu’elle est invoquée,
Le malheur se précipite dans la bataille,
270 Comme si le Christ ne pouvait plus
Les corriger par d’autres moyens.
La clé de la loi est déchirée,
La prière sacrée devient malédiction,
Et chaque principe P. i. 13
Qui aurait dû reposer sur la foi
Et servir à cette fin,
Est stupéfait par ce désordre.
Ce qui aurait dû être le salut du monde
Est maintenant, dit-on, la peste
280 Qui a chassé la patience115
Page 217
Pour le clergé en particulier :
Et cela se voit partout,
Dans toute chose lorsqu’ils sont affligés.
Mais si l’on croit Grégoire,
Comme il est écrit dans les livres,
Il vous explique clairement
La raison de cette prélature,
Où Dieu n’est pas en compagnie :
Car tout travail, tel qu’il est fondé,
Doit rester ou être détruit ;
Celui qui, uniquement pour le Christ,
Désire obtenir une guérison,
Et non par orgueil pour acquérir un nom de prélat,
Obtiendra certainement du bénéfice
Dans la quête sainte selon sa conscience ;
Mais dans le monde, on vénère Grégoire.
Assoiffés de profits terrestres,
Il y a tant de gens qui recherchent les honneurs de la prélature,
Lorsqu’ils en deviennent dignes, ils se réjouissent,
Non pas pour le mérite de leur charge, mais
Parce qu’ils veulent eux-mêmes se charger de l’épiscopat
Pour devenir riches ; c’est ce qu’ils désirent.
Ainsi, pour Pompée et pour les autres,
Le scribe et même le pharisien, comme dans Moïse sur le trône,
Sont placés dans la joie ;
Mais la foi qu’ils doivent garder est souvent négligée.
Toujours pour le Christ, ils dorment,
Mais ils ne pensent pas au monde ;
Car heureux est celui qui peut maintenant obtenir
Un poste à la cour pour être honoré.
Le coffre solide a tout englouti,
Sous la clé de l’avarice,
Le trésor des bénéfices,
Dont les pauvres ont besoin pour se vêtir.
Et cela se voit partout,
Dans toute chose lorsqu’ils sont affligés.
Mais si l’on croit Grégoire,
Comme il est écrit dans les livres,
Il vous explique clairement
La raison de cette prélature,
Où Dieu n’est pas en compagnie :
Car tout travail, tel qu’il est fondé,
Doit rester ou être détruit ;
Celui qui, uniquement pour le Christ,
Désire obtenir une guérison,
Et non par orgueil pour acquérir un nom de prélat,
Obtiendra certainement du bénéfice
Dans la quête sainte selon sa conscience ;
Mais dans le monde, on vénère Grégoire.
Assoiffés de profits terrestres,
Il y a tant de gens qui recherchent les honneurs de la prélature,
Lorsqu’ils en deviennent dignes, ils se réjouissent,
Non pas pour le mérite de leur charge, mais
Parce qu’ils veulent eux-mêmes se charger de l’épiscopat
Pour devenir riches ; c’est ce qu’ils désirent.
Ainsi, pour Pompée et pour les autres,
Le scribe et même le pharisien, comme dans Moïse sur le trône,
Sont placés dans la joie ;
Mais la foi qu’ils doivent garder est souvent négligée.
Toujours pour le Christ, ils dorment,
Mais ils ne pensent pas au monde ;
Car heureux est celui qui peut maintenant obtenir
Un poste à la cour pour être honoré.
Le coffre solide a tout englouti,
Sous la clé de l’avarice,
Le trésor des bénéfices,
Dont les pauvres ont besoin pour se vêtir.
Page 218
Et manger et boire et avoir une maison ;
La charité disparaît complètement,
320 Car ils n’ont pas la moindre trace de pitié :
Et la paresse retient le lecteur
Qui aspire au Saint-Sacrement ;
Étudier les connaissances du monde
Est désormais suffisant, sans plus ;
Sa douce délicatesse
L’a tellement nourri qu’il renonce
À toute abstention.
Et pour regarder cela de plus près,
Si Ethna brûle au sein du clergé,
330 Cela apparaît ouvertement aux hommes
À Avignon, par cette expérience,
Vous en avez la preuve,
Que les gens les voient ainsi divisés.
Et pourtant la cause n’est pas encore décidée ; P. i. 15
Mais on dit et on dira toujours
Qu’entre ces deux Épiscopats réside l’erreur,
Lorsque les hommes cherchent le meilleur siège :
Dans la sainte quête d’une telle distinction
Il faut revenir à nous tous ;
340 Que Dieu veuille que cela arrive bien
À celui qui a la foi.121
Mais souvent on voit que beaucoup de lenteur,
Lorsque les hommes sont ivres de la coupe,
Cause beaucoup de mal, quand le feu est allumé,
Sauf si quelqu’un éteint la flamme ;
Ainsi, parlant de ce sujet,
Que l’orgueilleuse Envie a poussé à surgir,122
Le Schisme entraîne l’apparition
De cette nouvelle secte des Lollards,
350 Et aussi de nombreuses hérésies
Parmi les clercs eux-mêmes.
Il vaudrait mieux creuser et fouiller
Et rester sur la vraie foi.
La charité disparaît complètement,
320 Car ils n’ont pas la moindre trace de pitié :
Et la paresse retient le lecteur
Qui aspire au Saint-Sacrement ;
Étudier les connaissances du monde
Est désormais suffisant, sans plus ;
Sa douce délicatesse
L’a tellement nourri qu’il renonce
À toute abstention.
Et pour regarder cela de plus près,
Si Ethna brûle au sein du clergé,
330 Cela apparaît ouvertement aux hommes
À Avignon, par cette expérience,
Vous en avez la preuve,
Que les gens les voient ainsi divisés.
Et pourtant la cause n’est pas encore décidée ; P. i. 15
Mais on dit et on dira toujours
Qu’entre ces deux Épiscopats réside l’erreur,
Lorsque les hommes cherchent le meilleur siège :
Dans la sainte quête d’une telle distinction
Il faut revenir à nous tous ;
340 Que Dieu veuille que cela arrive bien
À celui qui a la foi.121
Mais souvent on voit que beaucoup de lenteur,
Lorsque les hommes sont ivres de la coupe,
Cause beaucoup de mal, quand le feu est allumé,
Sauf si quelqu’un éteint la flamme ;
Ainsi, parlant de ce sujet,
Que l’orgueilleuse Envie a poussé à surgir,122
Le Schisme entraîne l’apparition
De cette nouvelle secte des Lollards,
350 Et aussi de nombreuses hérésies
Parmi les clercs eux-mêmes.
Il vaudrait mieux creuser et fouiller
Et rester sur la vraie foi.
Page 219
Sachez donc tout ce que la Bible dit,
Et évitez les erreurs commises par certains clercs.
Sur le sol se trouvait une école,
Et sur le sol était posée une gantelet.
Cela ne convient pas aux hommes raisonnables.
360 Si les gens observaient les vertus
Que Christ a prônées sur terre,
Ils ne se comporteraient pas de cette manière,
Parmi ceux qu’on considère comme sages.
Le papat se déguise ainsi, P. i. 16.
À travers diverses élections,
Qui ont lieu après l’assemblée
De différentes villes alentour :
Mais quand Dieu le voudra, cela prendra fin,
Car la vérité ne peut durer éternellement.
370 Pourtant, leurs arguments restent ancrés
Dans le pape et ses partisans,
Ce qui les plonge dans de grands débats ;
Un clerc dit oui, un autre non,
Et ainsi ils passent leurs journées,
Chacun cherchant à améliorer le bien du monde,
Sans comprendre ce qui profite à tous.
Ils pensent que Dieu est omnipotent,
Et qu’il peut ordonner ce qu’il veut.
380 Ils ne voient donc aucun autre moyen
Pour protéger la foi ;
Chaque clerc garde son propre intérêt,
Sans se soucier de la cause commune
Qui relève de la quête sacrée.
Ceux qui ne comprennent pas cela
Ne cherchent pas à résister.
Ainsi, la justice n’a aucune défense ;
Là où je suis, c’est là que je reste.
390 Voilà comment le royaume du Christ est détruit.
Et évitez les erreurs commises par certains clercs.
Sur le sol se trouvait une école,
Et sur le sol était posée une gantelet.
Cela ne convient pas aux hommes raisonnables.
360 Si les gens observaient les vertus
Que Christ a prônées sur terre,
Ils ne se comporteraient pas de cette manière,
Parmi ceux qu’on considère comme sages.
Le papat se déguise ainsi, P. i. 16.
À travers diverses élections,
Qui ont lieu après l’assemblée
De différentes villes alentour :
Mais quand Dieu le voudra, cela prendra fin,
Car la vérité ne peut durer éternellement.
370 Pourtant, leurs arguments restent ancrés
Dans le pape et ses partisans,
Ce qui les plonge dans de grands débats ;
Un clerc dit oui, un autre non,
Et ainsi ils passent leurs journées,
Chacun cherchant à améliorer le bien du monde,
Sans comprendre ce qui profite à tous.
Ils pensent que Dieu est omnipotent,
Et qu’il peut ordonner ce qu’il veut.
380 Ils ne voient donc aucun autre moyen
Pour protéger la foi ;
Chaque clerc garde son propre intérêt,
Sans se soucier de la cause commune
Qui relève de la quête sacrée.
Ceux qui ne comprennent pas cela
Ne cherchent pas à résister.
Ainsi, la justice n’a aucune défense ;
Là où je suis, c’est là que je reste.
390 Voilà comment le royaume du Christ est détruit.
Page 220
Du troupeau sans berger,
On le dévore de tous côtés,
Faute de ceux qui sont insouciants,
Des bergers dont l’intelligence devrait veiller, P. i. 17
Dans l’autre moitié du monde.
La piqûre aiguë à la place du baume,
C’est ce qu’ils utilisent maintenant, alors que tout leur corps
Est blessé par ce qu’ils auraient dû protéger ;
Et le mouton plein de volonté,
400 sur son dos, ils le tirent et le poussent,
Tant qu’il y a quelque chose à piller :
Et bien qu’il n’y ait pas d’autre compétence
Que celle qu’ils voudraient pour obtenir du vin,
Ils ne cessent pas, dès qu’ils commencent,
À agir ainsi, ce qui n’est pas le comportement d’un bon berger.
Et c’est aussi pour cela que les gens disent
Que, à cause du mal qui est abondant,
Ils forcent leurs brebis127
410 dans les épines, car ils veulent les traire128
Avec une telle cruauté, et les priver
Ainsi qu’elles restent sur les épines
De la volonté que la brebis avait ;
Le mouton en est alors complètement détruit
Par le mal causé par ces bergers.
Vois comme ils font semblant de donner du fromage au lieu du vrai fromage,
Car, bien qu’ils parlent et enseignent bien,
Ils ne se rendent aucun service eux-mêmes :
Car si le loup entre dans le champ,129
420 leur bâton sacré n’est plus là,
Alors qu’ils devraient défendre leur troupeau ;130
Mais si le pauvre mouton commet une faute,
Même petite, ils sont aussitôt prêts à frapper ; P. i. 18
Et ainsi, peu importe ce qu’ils disent,
Les coups tombent sur le plus faible.
On le dévore de tous côtés,
Faute de ceux qui sont insouciants,
Des bergers dont l’intelligence devrait veiller, P. i. 17
Dans l’autre moitié du monde.
La piqûre aiguë à la place du baume,
C’est ce qu’ils utilisent maintenant, alors que tout leur corps
Est blessé par ce qu’ils auraient dû protéger ;
Et le mouton plein de volonté,
400 sur son dos, ils le tirent et le poussent,
Tant qu’il y a quelque chose à piller :
Et bien qu’il n’y ait pas d’autre compétence
Que celle qu’ils voudraient pour obtenir du vin,
Ils ne cessent pas, dès qu’ils commencent,
À agir ainsi, ce qui n’est pas le comportement d’un bon berger.
Et c’est aussi pour cela que les gens disent
Que, à cause du mal qui est abondant,
Ils forcent leurs brebis127
410 dans les épines, car ils veulent les traire128
Avec une telle cruauté, et les priver
Ainsi qu’elles restent sur les épines
De la volonté que la brebis avait ;
Le mouton en est alors complètement détruit
Par le mal causé par ces bergers.
Vois comme ils font semblant de donner du fromage au lieu du vrai fromage,
Car, bien qu’ils parlent et enseignent bien,
Ils ne se rendent aucun service eux-mêmes :
Car si le loup entre dans le champ,129
420 leur bâton sacré n’est plus là,
Alors qu’ils devraient défendre leur troupeau ;130
Mais si le pauvre mouton commet une faute,
Même petite, ils sont aussitôt prêts à frapper ; P. i. 18
Et ainsi, peu importe ce qu’ils disent,
Les coups tombent sur le plus faible.
Page 221
Et chez ceux qui sont grands,
Il leur manque le cœur pour agir bien.
Ainsi, sous la loi des clercs,
Les hommes laissent le Merel dans l’erreur.
Je ne veux pas en parler en général,
Car il y a certains en particulier
En qui toute vertu lutte ;
Et bien que, comme le dit l’apôtre,
Il y ait celui qui est appelé par Dieu
Comme Aaron.
Ce dieu, dans son choix,
L’a conduit à la perfection
De la même manière qu’Aaron :
Ils ne ressemblent en rien à Simon,
Qui a laissé la porte du troupeau
Ouverte et entre par une autre porte,
Alors que eux suivent le bon chemin.
Il y a aussi, comme on le dit,
Certains qui ont suivi Simon dans ses erreurs ;
Leur chariot avance sur les roues
De la convoitise et de l’orgueil mondain,
Tandis que la quête sainte va à côté,
Montrant en apparence un visage
Qui n’est pas réel dans le cœur.
Car si l’on regarde dans la quête sainte,
Entre les paroles et ce qu’ils font,
Il y a une grande différence :
Ils nous prêchent en public
Que personne ne doit perdre son âme,
Car tout n’est qu’une fête éphémère
Des biens de ce monde, comme ils le disent ;
Ils affirment aussi qu’il y a un enfer,
Dû aux péchés des hommes,
Et ils nous demandent donc d’éviter
Le mal et de faire le bien.
Celui qui comprend ces paroles
Pense qu’il ferait de même ;
Mais entre la sincérité et la feinte,
Cela se passe souvent différemment.
Il leur manque le cœur pour agir bien.
Ainsi, sous la loi des clercs,
Les hommes laissent le Merel dans l’erreur.
Je ne veux pas en parler en général,
Car il y a certains en particulier
En qui toute vertu lutte ;
Et bien que, comme le dit l’apôtre,
Il y ait celui qui est appelé par Dieu
Comme Aaron.
Ce dieu, dans son choix,
L’a conduit à la perfection
De la même manière qu’Aaron :
Ils ne ressemblent en rien à Simon,
Qui a laissé la porte du troupeau
Ouverte et entre par une autre porte,
Alors que eux suivent le bon chemin.
Il y a aussi, comme on le dit,
Certains qui ont suivi Simon dans ses erreurs ;
Leur chariot avance sur les roues
De la convoitise et de l’orgueil mondain,
Tandis que la quête sainte va à côté,
Montrant en apparence un visage
Qui n’est pas réel dans le cœur.
Car si l’on regarde dans la quête sainte,
Entre les paroles et ce qu’ils font,
Il y a une grande différence :
Ils nous prêchent en public
Que personne ne doit perdre son âme,
Car tout n’est qu’une fête éphémère
Des biens de ce monde, comme ils le disent ;
Ils affirment aussi qu’il y a un enfer,
Dû aux péchés des hommes,
Et ils nous demandent donc d’éviter
Le mal et de faire le bien.
Celui qui comprend ces paroles
Pense qu’il ferait de même ;
Mais entre la sincérité et la feinte,
Cela se passe souvent différemment.
Page 222
Avec des récits sacrés, ils inventent
Comme c’est méritoire un tel acte
De charité, de vêtir et de nourrir
Le peuple pauvre et, en grande partie,
Le bien du monde ; mais eux, partis,
Ne pensent plus à ce qu’ils ont donné.
470 De même, ils disent qu’il est bon de se sauver
Par la pénitence et l’abstinence,
Par la chasteté et la continence ;
Mais pour parler pleinement de cela,
Je ne sais pas comment un corps gras,
Que l’on maintient avec de fines mesures
Et que l’on garde doucement endormi,
Lorsqu’il a déjà tout son désir,
Pourra rester immobile par la chasteté :
Et naturellement je ne peux rien dire,
480 Ni même si j’ai tort.
Quant à cela, quoi qu’il en soit,
Je ne comprends pas ici, car je n’ai rien fait à ce sujet :
Mais celui qui a créé d’abord la Monnaie, P. i. 20
Le Dieu suprême, par sa bonté,
S’il y a une raison, il la corrige.134
Mais quoi que quiconque accuse,135
Cela peut servir d’excuse à la foi ;
Le vice de ceux qui sont mauvais
490 N’est pas une reproche pour les bons :
Car chacun portera ses propres œuvres,
Et ainsi, comme pour les clercs,
Les bons hommes doivent être loués,
Et tous les autres, Dieu les corrige :
Car ils sont pour le monde ýe136
Le miroir de l’exemplarité,
Pour guider et montrer le chemin
Entre les hommes et la divinité.
iv. Vulgaris populus regali lege subactus [Le peuple.]
Comme c’est méritoire un tel acte
De charité, de vêtir et de nourrir
Le peuple pauvre et, en grande partie,
Le bien du monde ; mais eux, partis,
Ne pensent plus à ce qu’ils ont donné.
470 De même, ils disent qu’il est bon de se sauver
Par la pénitence et l’abstinence,
Par la chasteté et la continence ;
Mais pour parler pleinement de cela,
Je ne sais pas comment un corps gras,
Que l’on maintient avec de fines mesures
Et que l’on garde doucement endormi,
Lorsqu’il a déjà tout son désir,
Pourra rester immobile par la chasteté :
Et naturellement je ne peux rien dire,
480 Ni même si j’ai tort.
Quant à cela, quoi qu’il en soit,
Je ne comprends pas ici, car je n’ai rien fait à ce sujet :
Mais celui qui a créé d’abord la Monnaie, P. i. 20
Le Dieu suprême, par sa bonté,
S’il y a une raison, il la corrige.134
Mais quoi que quiconque accuse,135
Cela peut servir d’excuse à la foi ;
Le vice de ceux qui sont mauvais
490 N’est pas une reproche pour les bons :
Car chacun portera ses propres œuvres,
Et ainsi, comme pour les clercs,
Les bons hommes doivent être loués,
Et tous les autres, Dieu les corrige :
Car ils sont pour le monde ýe136
Le miroir de l’exemplarité,
Pour guider et montrer le chemin
Entre les hommes et la divinité.
iv. Vulgaris populus regali lege subactus [Le peuple.]
Page 223
Pendant qu’il repose, comme un agneau doux, il supportera le fardeau.
S’il élève la tête et relâche les rênes de sa loi,
Comme s’il se commandait de le vouloir, il devient semblable au Tigre.
Le feu et l’eau, maîtres de tout, sont dépourvus de piété ;
Cependant, la colère du peuple est encore plus violente.
Maintenant parlons du commun,
C’est de cette fortune qu’il s’agit,
Qui est advenue dans diverses villes : De l’état du peuple, comme on dit, selon
Souvent, à cause du manque de lois, les événements
Sont changeants, comme on le sait.
Une vague, lorsqu’elle est ainsi,
Se brise et se répand partout,
Alors qu’elle n’aurait pas dû sortir ;
Et même une petite pierre
Sur un banc, quand les gens se battent,
Est jetée dans le courant, ce qui demande beaucoup d’efforts
Pour que quelqu’un puisse jamais la retenir.
Là où manquent les lois, l’erreur grandit ;
Celui qui ne le croit pas n’est pas sage,
Car cela s’est souvent prouvé ;
Ainsi, le cri du peuple retentit
Dans toutes les villes où vivent des gens,
Et chacun, dans son propre langage, raconte
Comment le monde est entièrement déréglé,
Et alors, selon son jugement,
Chacun voit les choses différemment.
Mais celui qui veut se conseiller lui-même,
Ne pas abuser de sa conscience,
Peut bien d’abord excuser
Son Dieu, qui est toujours présent :
En Lui, il n’y a pas de défaut ;
Donc, la cause du mal doit résider en nous-mêmes.
Non seulement en dix ou douze personnes,
Mais pleinement en nous tous,
Car c’est l’homme qui est la cause de cette chute.
Et pourtant, certains écrivent…
S’il élève la tête et relâche les rênes de sa loi,
Comme s’il se commandait de le vouloir, il devient semblable au Tigre.
Le feu et l’eau, maîtres de tout, sont dépourvus de piété ;
Cependant, la colère du peuple est encore plus violente.
Maintenant parlons du commun,
C’est de cette fortune qu’il s’agit,
Qui est advenue dans diverses villes : De l’état du peuple, comme on dit, selon
Souvent, à cause du manque de lois, les événements
Sont changeants, comme on le sait.
Une vague, lorsqu’elle est ainsi,
Se brise et se répand partout,
Alors qu’elle n’aurait pas dû sortir ;
Et même une petite pierre
Sur un banc, quand les gens se battent,
Est jetée dans le courant, ce qui demande beaucoup d’efforts
Pour que quelqu’un puisse jamais la retenir.
Là où manquent les lois, l’erreur grandit ;
Celui qui ne le croit pas n’est pas sage,
Car cela s’est souvent prouvé ;
Ainsi, le cri du peuple retentit
Dans toutes les villes où vivent des gens,
Et chacun, dans son propre langage, raconte
Comment le monde est entièrement déréglé,
Et alors, selon son jugement,
Chacun voit les choses différemment.
Mais celui qui veut se conseiller lui-même,
Ne pas abuser de sa conscience,
Peut bien d’abord excuser
Son Dieu, qui est toujours présent :
En Lui, il n’y a pas de défaut ;
Donc, la cause du mal doit résider en nous-mêmes.
Non seulement en dix ou douze personnes,
Mais pleinement en nous tous,
Car c’est l’homme qui est la cause de cette chute.
Et pourtant, certains écrivent…
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530 Et croire que la fortune est une force aveugle, c’est une erreur. Certains pensent que c’est les constellations, leurs influences, qui provoquent tout ce que fait l’homme ; ils attribuent cela aux planètes. Mais, comme on le dit, Dieu seul sait ce qui est vrai concernant les événements du monde. Le monde, par sa nature même, est toujours imprévisible, comme le sont les choses aléatoires. Il vaudrait mieux dire que celui qui blâme les succès et les échecs, ou qui loue ce qui ne mérite pas d’être loué, commet une erreur. Dans ce monde, nous appelons ainsi les choses selon leur valeur réelle. Ainsi, lorsque l’on juge les mérites et les démérites, il y a de l’erreur dans ce jugement ; tout dépend du jugement humain. Toutes les différences proviennent donc de ce jugement.
540 Il aurait fallu que nous soyons plus prudents. Car après que nous tombons ou que nous nous relevons, le monde continue de tourner, de manière chaotique. L’homme est donc à l’origine de tout bien et de tout mal. Nous accusons la fortune, mais en réalité, elle provient de l’homme lui-même. Ceux qui pensent autrement, regardez le peuple d’Israël : tant qu’ils agissaient bien, la fortune était favorable envers eux ; mais quand ils agissaient mal, la fortune devenait contraire. Cela montre bien pourquoi le monde est si incertain, et pourquoi il ne peut jamais rester stable, même s’il semble ordonné. Car tout dans le monde est changeant ; tout tourne sans cesse, et l’homme reste toujours dans le doute. La fortune ne reste jamais immobile ; donc personne n’a vraiment le contrôle sur rien. Comme on peut le savoir, rien ne dure plus qu’un instant.
540 Il aurait fallu que nous soyons plus prudents. Car après que nous tombons ou que nous nous relevons, le monde continue de tourner, de manière chaotique. L’homme est donc à l’origine de tout bien et de tout mal. Nous accusons la fortune, mais en réalité, elle provient de l’homme lui-même. Ceux qui pensent autrement, regardez le peuple d’Israël : tant qu’ils agissaient bien, la fortune était favorable envers eux ; mais quand ils agissaient mal, la fortune devenait contraire. Cela montre bien pourquoi le monde est si incertain, et pourquoi il ne peut jamais rester stable, même s’il semble ordonné. Car tout dans le monde est changeant ; tout tourne sans cesse, et l’homme reste toujours dans le doute. La fortune ne reste jamais immobile ; donc personne n’a vraiment le contrôle sur rien. Comme on peut le savoir, rien ne dure plus qu’un instant.
Page 225
Le monde repose toujours sur le débat, Boicius. Ô quelle douceur humaine ! Il est certain qu’il n’y a pas de vie éternelle ; la vie est pleine d’amertume, tantôt ici, tantôt là, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Ce monde va ainsi, c’est ainsi !
570 Et il a toujours été ainsi, et il le sera toujours : P. i. 23
J’ai trouvé, à ce sujet, un récit écrit dans la Bible, qui doit absolument être cru ; et en conclusion, on y dit que, par division, rien au monde ne peut durer, jusqu’à ce qu’il soit poussé jusqu’au bout.
Depuis le premier règne de tous les temps, jusqu’à nos jours, il en va ainsi : les règnes sont changeants, et l’homme lui-même en est responsable, car c’est lui qui, par sa propre gouvernance, décide du destin du monde entier.
v. Prosper et adversus obliquo tramite [Le rêve de Nabuchodonosor.]
vers
Un monde impur trompe toutes les créatures.
Le monde est soumis au hasard, comme un dé jeté au jeu ; la main avide le lance rapidement dans les jeux.
Comme l’image d’un homme, les temps du monde changent ; rien n’est stable, si ce n’est l’amour de Dieu.
La haute providence divine, en qui toute chose existe depuis toujours dans sa mémoire éternelle, a envoyé ses prophètes, afin que vous puissiez comprendre cela ici, à Daniel, à ce sujet : ce monde finira par disparaître, comme le raconte le récit que j’ai vu en songe, rapporté par Nabuchodonosor.
570 Et il a toujours été ainsi, et il le sera toujours : P. i. 23
J’ai trouvé, à ce sujet, un récit écrit dans la Bible, qui doit absolument être cru ; et en conclusion, on y dit que, par division, rien au monde ne peut durer, jusqu’à ce qu’il soit poussé jusqu’au bout.
Depuis le premier règne de tous les temps, jusqu’à nos jours, il en va ainsi : les règnes sont changeants, et l’homme lui-même en est responsable, car c’est lui qui, par sa propre gouvernance, décide du destin du monde entier.
v. Prosper et adversus obliquo tramite [Le rêve de Nabuchodonosor.]
vers
Un monde impur trompe toutes les créatures.
Le monde est soumis au hasard, comme un dé jeté au jeu ; la main avide le lance rapidement dans les jeux.
Comme l’image d’un homme, les temps du monde changent ; rien n’est stable, si ce n’est l’amour de Dieu.
La haute providence divine, en qui toute chose existe depuis toujours dans sa mémoire éternelle, a envoyé ses prophètes, afin que vous puissiez comprendre cela ici, à Daniel, à ce sujet : ce monde finira par disparaître, comme le raconte le récit que j’ai vu en songe, rapporté par Nabuchodonosor.
Page 226
Dans lequel il est décrit celui dont la tête est en or,
le thorax en argent ;
comme Nabuchodonosor dormait, son ventre était en bronze, ses tibias
furent faits en fer, que celui-ci garda ainsi ; quant à ses pieds,
jusqu’au matin où il se leva, une partie était en fer,
une autre en métal blanc.
Car il en était très mécontent. On voyait sous cela
ce que Daniel lui révéla au sujet des membres
et il le pressa de vouloir interpréter
selon Daniel ce que cela signifiait ; l’explication de ceci
et il dit : « Là où je me trouvais allongé, se représentait la diversité du monde.
Je me crus sur une scène
où se tenait une image étrange et merveilleuse. Sa tête, ainsi que tout son cou,
étaient tous deux en or pur ;
son thorax, ses épaules et ses bras
étaient tous en argent, sauf les bras,
l’abdomen et tout jusqu’aux genoux,
étaient en bronze ;
les jambes étaient entièrement en fer,
de même que ses pieds dans une certaine mesure,
et une partie d’eux était faite
de terre comme on en utilise pour les poteries ;
l’esprit faible était mêlé au fort. » Il raconte encore
à propos d’une certaine pierre
que cela put durer encore longtemps.
Or, argent, terre, fer et bronze,
tout fut réduit en poussière,
et ainsi détruit complètement. »
C’était ce que celui-ci avait,
que Daniel interpréta aussitôt,
et lui dit que cette figure étrange représentait
comment le monde changerait, selon l’interprétation du rêve,
et deviendrait de moins en moins précieux, dit-il,
le thorax en argent ;
comme Nabuchodonosor dormait, son ventre était en bronze, ses tibias
furent faits en fer, que celui-ci garda ainsi ; quant à ses pieds,
jusqu’au matin où il se leva, une partie était en fer,
une autre en métal blanc.
Car il en était très mécontent. On voyait sous cela
ce que Daniel lui révéla au sujet des membres
et il le pressa de vouloir interpréter
selon Daniel ce que cela signifiait ; l’explication de ceci
et il dit : « Là où je me trouvais allongé, se représentait la diversité du monde.
Je me crus sur une scène
où se tenait une image étrange et merveilleuse. Sa tête, ainsi que tout son cou,
étaient tous deux en or pur ;
son thorax, ses épaules et ses bras
étaient tous en argent, sauf les bras,
l’abdomen et tout jusqu’aux genoux,
étaient en bronze ;
les jambes étaient entièrement en fer,
de même que ses pieds dans une certaine mesure,
et une partie d’eux était faite
de terre comme on en utilise pour les poteries ;
l’esprit faible était mêlé au fort. » Il raconte encore
à propos d’une certaine pierre
que cela put durer encore longtemps.
Or, argent, terre, fer et bronze,
tout fut réduit en poussière,
et ainsi détruit complètement. »
C’était ce que celui-ci avait,
que Daniel interpréta aussitôt,
et lui dit que cette figure étrange représentait
comment le monde changerait, selon l’interprétation du rêve,
et deviendrait de moins en moins précieux, dit-il,
Page 227
630 Jusqu’à ce que la nuit ne soit entièrement passée. Signification : du chef d’or. Le cou et la tête, qui étaient en or, indiquaient qu’il s’agissait d’un monde précieux, noble et riche ; après cela, il n’y aurait plus rien de semblable. Quant à celui qui était au-dessus, sur la poitrine en argent, c’était un monde de peu de valeur ; et après cela, le ventre en bronze indiquait un monde mauvais. Ensuite, il vit les jambes en fer. 640 Un monde encore plus difficile à supporter… Mais c’était le pire de tous. Les pieds, faits de deux matériaux différents – la terre et le fer – indiquaient que le monde était divisé en deux parties discordantes. Lorsque le monde est divisé, il doit nécessairement disparaître, car la terre et le fer ne peuvent pas coexister longtemps ensemble. 650 Ainsi, tout doit disparaître rapidement. La pierre, qui tombait de la statue en train de se briser, symbolisait cela. Elle fut réduite en poussière ; Daniel a interprété cela comme étant le pouvoir divin : lorsque les hommes atteignent leur apogée, Dieu les assombrit. C’est la fin de ce monde ; ensuite, un nouveau monde commencera, dont personne ne pourra jamais sortir. Ce monde durera éternellement. Ainsi, Daniel explique comment les sept rois de ce siècle régneront à Babylone, par diverses transformations. Le plus sage des Chaldéens, selon cette statue…
Page 228
On ne sait pas ce que cela signifie ; on peut l’imaginer, selon Bot, qui a expliqué toute cette affaire, au fil des temps, comme cela arrive parfois. Les distinctions entre les différents règnes s’estompent progressivement. Le premier règne d’or, jusqu’à présent, a eu lieu à l’époque de ce roi. Puis, pendant de nombreux jours encore, durant le siècle d’or, la monarchie qui était alors au pouvoir dans cette région fut soumise à Babylone ; Nabuchodonosor, roi des Chaldéens, maintint la situation telle quelle jusqu’à ce que le monde commence à changer : c’était sous le règne de Cyrus, roi des Perses. Cyrus, avec son fils Cambyse, conquit tout l’empire de Babylone, comme ils le souhaitaient, et le plaça sous leur domination ; le roi Baltazar fut tué, perdant ainsi son royaume et tous ses biens. Ainsi, une fois cela accompli, commença le monde d’argent, celui qui est désigné comme étant dans la poitrine… Et le monde d’or prit fin. Ainsi se déroulèrent les choses durant son règne, jusqu’au règne de Darius, puis de Cyrus, jusqu’au règne d’Alexandre. Ensuite, le pouvoir passa aux Perses, sous le règne du roi de Macédoine. Alexandre les soumit, accomplissant de nombreux exploits militaires ; ainsi, la monarchie disparut, remplacée par les Grecs, tandis que les Perses tombèrent sous leur domination. Et ainsi en alla-t-il pour le monde de bronze, celui qui est désigné comme étant dans l’abdomen… Mais ce monde prit fin également. Toutefois, pendant un certain temps, il continua d’exister, jusqu’à ce que vienne le jour d’Alexandre, puis celui de Jules.
Page 229
Avec la force de la mort, il fut vaincu. Empereur des Romains.
Et bien qu’il fût déjà mort,162
il divisa ses royaumes
entre les chevaliers qui l’avaient servi,
et ensuite ils reçurent
les conquêtes qu’il désirait ;
710 De là naquit une grande guerre
parmi ceux qui possédaient les royaumes,
à cause de l’orgueilleuse jalousie qui les animait,
jusqu’à ce qu’il arrivât ceci :
le noble César Jules,
qui, bien qu’il fût roi de Rome depuis longtemps,
par de grandes batailles et avec une armée puissante,
conquit toute la Grèce, la Perse et même la Chaldée,
au point que163
non seulement l’Orient,
720 mais aussi toute la région de l’Occident164
furent gouvernés sous son empire,
comme s’il était le seigneur et maître suprême,
et, grâce à sa chevalerie165,
il détint la monarchie sur tout ce monde,166
et fut le premier à porter le titre d’Empereur.
Alors Rome voulut attaquer, durant l’âge de fer,
déterminé par le destin,
où rien ne pouvait s’opposer à elle,
sauf que chaque opposition devait obéir : du temps de Jules jusqu’à
730, puis vint le règne de Charlemagne,
et apparut alors le monde de Saint Louis, grand roi
des Francs.168m
Et il domina sur tous les autres.168
Comme le fer est le plus dur de tous les métaux,
ainsi Rome fut la plus puissante,
et demeura ainsi pendant longtemps parmi les Romains,
jusqu’à ce qu’ils deviennent si vils,
que l’empereur imposteur Léon169
Et bien qu’il fût déjà mort,162
il divisa ses royaumes
entre les chevaliers qui l’avaient servi,
et ensuite ils reçurent
les conquêtes qu’il désirait ;
710 De là naquit une grande guerre
parmi ceux qui possédaient les royaumes,
à cause de l’orgueilleuse jalousie qui les animait,
jusqu’à ce qu’il arrivât ceci :
le noble César Jules,
qui, bien qu’il fût roi de Rome depuis longtemps,
par de grandes batailles et avec une armée puissante,
conquit toute la Grèce, la Perse et même la Chaldée,
au point que163
non seulement l’Orient,
720 mais aussi toute la région de l’Occident164
furent gouvernés sous son empire,
comme s’il était le seigneur et maître suprême,
et, grâce à sa chevalerie165,
il détint la monarchie sur tout ce monde,166
et fut le premier à porter le titre d’Empereur.
Alors Rome voulut attaquer, durant l’âge de fer,
déterminé par le destin,
où rien ne pouvait s’opposer à elle,
sauf que chaque opposition devait obéir : du temps de Jules jusqu’à
730, puis vint le règne de Charlemagne,
et apparut alors le monde de Saint Louis, grand roi
des Francs.168m
Et il domina sur tous les autres.168
Comme le fer est le plus dur de tous les métaux,
ainsi Rome fut la plus puissante,
et demeura ainsi pendant longtemps parmi les Romains,
jusqu’à ce qu’ils deviennent si vils,
que l’empereur imposteur Léon169
Page 230
740 Avec Constantin, son fils aussi
Le patrimoine et la richesse,
Que Constantin avait laissés à Silvestre
Dans une messe pure,
Les chercheurs saints les ont reçus.
Mais Adrien, qui était pape,
P. i. 29
Voyant le malheur de cette affaire,
Les Goths se plaignirent en France,
Et prièrent le grand Charlemagne
Afin, pour l’amour du Christ et du salut des âmes,
750 Qu’il prenne en charge la cause
Des chercheurs saints pour les défendre.
Et Charlemagne, par respect pour Dieu,
Prit cette cause à cœur,
Et avec son armée traversa
Les montagnes de Lombardie ;
Il conquit Rome et toute la tyrannie
Avec son épée sanglante,
Et soumit la ville par la force ;
Ainsi, il fit en sorte
760 Que les chercheurs saints soient enfin libres,
Et il restaura
Les papes perdus, et en donna davantage ;
Ainsi, après avoir servi son Dieu,
Il reçut, comme il le méritait,
La couronne et fut couronné.
L’Empire de Rome fut ainsi abandonné,
Empire qui n’était jamais tombé
Entre les mains d’un Romain ;
Mais pendant longtemps il resta tranquille
770 Sous la volonté des rois français,
Jusqu’à ce que le destin le change,
De sorte qu’il revint aux Lombards,
Non pas par l’épée, mais par la patience
De celui qui était roi de France,
Que l’on appelait Charles le Chauve.
Le patrimoine et la richesse,
Que Constantin avait laissés à Silvestre
Dans une messe pure,
Les chercheurs saints les ont reçus.
Mais Adrien, qui était pape,
P. i. 29
Voyant le malheur de cette affaire,
Les Goths se plaignirent en France,
Et prièrent le grand Charlemagne
Afin, pour l’amour du Christ et du salut des âmes,
750 Qu’il prenne en charge la cause
Des chercheurs saints pour les défendre.
Et Charlemagne, par respect pour Dieu,
Prit cette cause à cœur,
Et avec son armée traversa
Les montagnes de Lombardie ;
Il conquit Rome et toute la tyrannie
Avec son épée sanglante,
Et soumit la ville par la force ;
Ainsi, il fit en sorte
760 Que les chercheurs saints soient enfin libres,
Et il restaura
Les papes perdus, et en donna davantage ;
Ainsi, après avoir servi son Dieu,
Il reçut, comme il le méritait,
La couronne et fut couronné.
L’Empire de Rome fut ainsi abandonné,
Empire qui n’était jamais tombé
Entre les mains d’un Romain ;
Mais pendant longtemps il resta tranquille
770 Sous la volonté des rois français,
Jusqu’à ce que le destin le change,
De sorte qu’il revint aux Lombards,
Non pas par l’épée, mais par la patience
De celui qui était roi de France,
Que l’on appelait Charles le Chauve.
Page 231
Et il démissionne dans ce cas
De l’Empire romain au profit de Louis P., chapitre 30
Son cousin, qui est un Lombard.
Ainsi, vers la fin de cette année du siècle
déjà les plus récentes
780, sous Albert et Berengar ; à cette époque
Mais ensuite, à cause de désaccords et de similitudes
entre eux, méchants, et par une division des partis
ils tombèrent dans la discorde
Et entre eux-mêmes, grands, divisés, si bien que
ils perdirent la suprématie suite à la mort de celui-ci
à cause de conflits et de troubles. De Charles, lorsque
l’empire
devint, selon le proverbe, un fardeau pour les Romains
Il est rare que ce monde puisse supporter son propre poids en paix ; cela arriva aux Lombards,175
Et cela fut sous le règne des Lombards, à l’époque d’Albert et
790 Une telle lutte commune commença entre Berengar :
Par cupidité et par jalousie, car à cause de leur
division, il arriva
que chacun défende sa propre cause, comme Almanni
qui pouvait mener n’importe quel chemin, ayant obtenu l’empire
À l’intérieur de la ville et à l’extérieur : telle est la majesté. Sur son trône
le droit commun n’a pas de protecteur, il faut un prince
Ainsi, l’administration du droit théocratique
fut perdue, et par nécessité, sous le nom d’Otton
il fallut d’abord la restaurer
C’est ainsi qu’ils en vinrent à un tel état. Et depuis
seulement par division, dès que ce royaume commença
800, ils se retrouvèrent enfermés dans une division à travers
tout le monde,
avec l’aide d’autres pays étrangers. Ils créèrent ainsi leurs descendants,
Et ainsi, eux-mêmes se divisant, nous en sommes venus à
et ils se trouvèrent hors de toute règle, chacun divisé
de ce siècle
Pour la conclusion des sept princes d’Allemagne176
Ils choisirent cette condition, déjà dans les derniers temps
nous l’attendons.
Que sur ce choix
l’Empire romain devrait subsister. Chapitre 31
Et ainsi ils l’abandonnèrent, faute de grâce, et il fut perdu,
810 De sorte que les Allemands prirent sa place :
Et pour confirmer cela,
ce qu’ils trouvèrent dans le débat177
De l’Empire romain au profit de Louis P., chapitre 30
Son cousin, qui est un Lombard.
Ainsi, vers la fin de cette année du siècle
déjà les plus récentes
780, sous Albert et Berengar ; à cette époque
Mais ensuite, à cause de désaccords et de similitudes
entre eux, méchants, et par une division des partis
ils tombèrent dans la discorde
Et entre eux-mêmes, grands, divisés, si bien que
ils perdirent la suprématie suite à la mort de celui-ci
à cause de conflits et de troubles. De Charles, lorsque
l’empire
devint, selon le proverbe, un fardeau pour les Romains
Il est rare que ce monde puisse supporter son propre poids en paix ; cela arriva aux Lombards,175
Et cela fut sous le règne des Lombards, à l’époque d’Albert et
790 Une telle lutte commune commença entre Berengar :
Par cupidité et par jalousie, car à cause de leur
division, il arriva
que chacun défende sa propre cause, comme Almanni
qui pouvait mener n’importe quel chemin, ayant obtenu l’empire
À l’intérieur de la ville et à l’extérieur : telle est la majesté. Sur son trône
le droit commun n’a pas de protecteur, il faut un prince
Ainsi, l’administration du droit théocratique
fut perdue, et par nécessité, sous le nom d’Otton
il fallut d’abord la restaurer
C’est ainsi qu’ils en vinrent à un tel état. Et depuis
seulement par division, dès que ce royaume commença
800, ils se retrouvèrent enfermés dans une division à travers
tout le monde,
avec l’aide d’autres pays étrangers. Ils créèrent ainsi leurs descendants,
Et ainsi, eux-mêmes se divisant, nous en sommes venus à
et ils se trouvèrent hors de toute règle, chacun divisé
de ce siècle
Pour la conclusion des sept princes d’Allemagne176
Ils choisirent cette condition, déjà dans les derniers temps
nous l’attendons.
Que sur ce choix
l’Empire romain devrait subsister. Chapitre 31
Et ainsi ils l’abandonnèrent, faute de grâce, et il fut perdu,
810 De sorte que les Allemands prirent sa place :
Et pour confirmer cela,
ce qu’ils trouvèrent dans le débat177
Page 232
Leur jeton de possession
Après la composition
Parmi eux-mêmes, et aussitôt
Ils firent un empereur en un instant,
Dont le nom, comme le raconte la Chronique,
Était Othes ; et ainsi de suite,
Depuis ce jour jusqu’à aujourd’hui
L’Empire de Rome a été et est
Aux Thémanes. Et de cette manière,178 [Le temps présent.]
Comme vous avez entendu précédemment,
Daniel le Septième l’explique179
À propos de cette image, sur laquelle il trouve
Le monde qui devait ensuite tomber ;
Voici le dernier signe de tous ;
Sur les pieds de la Terre et du Ciel
Ce monde se tient ainsi chaque jour,
Déjà parti ; il a commencé justement
Lorsque Rome fut divisée ainsi :
Et c’est là chose bien triste,
Car de plus en plus
L’empire du monde grandit chaque jour.
La preuve en peut être vue
D’abord à Rome, si nous commençons :
Le mur et toute la cité à l’intérieur180 P. i. 32
Sont en ruines et en décadence,181
Le champ est là où se trouvait le palais,182
La ville est déserte ; et par-dessus cela,
840 Si nous regardons ce qui était autrefois
Des Romains, des chevaliers et des citoyens,
Pour comparer maintenant avec ce qui existait avant,
Le foin remplace le grain,183
Comme pour parler de la gloire de Rome :184
Les monuments se dressent encore debout
De malheur ou de bien du monde,
Comme ils se tenaient autrefois.
Après la composition
Parmi eux-mêmes, et aussitôt
Ils firent un empereur en un instant,
Dont le nom, comme le raconte la Chronique,
Était Othes ; et ainsi de suite,
Depuis ce jour jusqu’à aujourd’hui
L’Empire de Rome a été et est
Aux Thémanes. Et de cette manière,178 [Le temps présent.]
Comme vous avez entendu précédemment,
Daniel le Septième l’explique179
À propos de cette image, sur laquelle il trouve
Le monde qui devait ensuite tomber ;
Voici le dernier signe de tous ;
Sur les pieds de la Terre et du Ciel
Ce monde se tient ainsi chaque jour,
Déjà parti ; il a commencé justement
Lorsque Rome fut divisée ainsi :
Et c’est là chose bien triste,
Car de plus en plus
L’empire du monde grandit chaque jour.
La preuve en peut être vue
D’abord à Rome, si nous commençons :
Le mur et toute la cité à l’intérieur180 P. i. 32
Sont en ruines et en décadence,181
Le champ est là où se trouvait le palais,182
La ville est déserte ; et par-dessus cela,
840 Si nous regardons ce qui était autrefois
Des Romains, des chevaliers et des citoyens,
Pour comparer maintenant avec ce qui existait avant,
Le foin remplace le grain,183
Comme pour parler de la gloire de Rome :184
Les monuments se dressent encore debout
De malheur ou de bien du monde,
Comme ils se tenaient autrefois.
Page 233
Et pourquoi le mal existe-t-il ?
850 Si un homme sage le dit,
la cause en est la division – la division est la cause du mal.
Cette source de confusion se trouve partout,
non seulement dans le domaine temporel,
mais aussi dans le domaine spirituel.
L’expérience le prouve, et cela dure depuis de nombreux jours,
à cause du venin qui s’est mêlé à ce qui est sacré dans les choses terrestres :
860 Car le Christ lui-même fait savoir que personne ne peut servir à la fois Dieu et le monde, à moins de s’éloigner de Lui et de rester instable ; et la parole du Christ ne peut être une fable.
Cela est si évident pour nous,
P. i. 33
Il n’est pas nécessaire d’en dire plus à ce sujet ;
mais de cette manière, on peut comprendre que le monde est en déclin,
870 comme l’a expliqué Daniel dans ses écrits, comme il a été dit précédemment.
Le monde passe par des étapes faites de bronze, d’argent et d’or,
et maintenant, sur son ancienne base, il repose sur la terre brute et la pierre,
qui ne changent jamais. Ainsi, il doit nécessairement s’éloigner,
880 comme quelque chose que l’on voit se diviser.
L’apôtre nous écrit à tous : « Ceci, selon l’apôtre, signifie que nous sommes tombés sous le joug du monde ; ainsi, nous pouvons savoir que les fins du siècle sont arrivées. » Cette image représente donc ce monde.
850 Si un homme sage le dit,
la cause en est la division – la division est la cause du mal.
Cette source de confusion se trouve partout,
non seulement dans le domaine temporel,
mais aussi dans le domaine spirituel.
L’expérience le prouve, et cela dure depuis de nombreux jours,
à cause du venin qui s’est mêlé à ce qui est sacré dans les choses terrestres :
860 Car le Christ lui-même fait savoir que personne ne peut servir à la fois Dieu et le monde, à moins de s’éloigner de Lui et de rester instable ; et la parole du Christ ne peut être une fable.
Cela est si évident pour nous,
P. i. 33
Il n’est pas nécessaire d’en dire plus à ce sujet ;
mais de cette manière, on peut comprendre que le monde est en déclin,
870 comme l’a expliqué Daniel dans ses écrits, comme il a été dit précédemment.
Le monde passe par des étapes faites de bronze, d’argent et d’or,
et maintenant, sur son ancienne base, il repose sur la terre brute et la pierre,
qui ne changent jamais. Ainsi, il doit nécessairement s’éloigner,
880 comme quelque chose que l’on voit se diviser.
L’apôtre nous écrit à tous : « Ceci, selon l’apôtre, signifie que nous sommes tombés sous le joug du monde ; ainsi, nous pouvons savoir que les fins du siècle sont arrivées. » Cette image représente donc ce monde.
Page 234
Ce qui fut jadis si magnifique,
Est maintenant vieux, faible et méprisable,
Rempli de malheurs et de périls,
Et également divisé en morceaux,
Comme je l’ai dit à propos de la statue ci-dessus.
Et ces hommes, par manque d’amour,
Voyant le monde divisé,
Ne peuvent en aucun cas s’entendre :
Et maintenant, en regardant autour de soi,
On peut voir le monde divisé, P. i. 34
Les guerres sont si répandues
Parmi les chrétiens partout,
Que chacun voit désormais le malheur,
Et pourtant ces prêtres prêchent sans cesse
Et disent que de bonnes actions ne peuvent exister
Si elles ne reposent pas sur la charité :
Je ne crois pas que la charité puisse subsister,
Lorsque le mal règne partout.
Mais tout ce mal est causé par l’homme,
Qui possède la raison et la sagesse,
Et qui, par ses paroles et ses actes,
Crée une image semblable à celle de l’homme,
Et à nulle autre créature.
Car d’abord, pour servir l’homme,
Toutes les créatures furent créées,
Mais ensuite elles furent restreintes :191
Lorsqu’il tomba, elles tombèrent aussi,
Lorsqu’il devint mauvais, elles devinrent mauvaises ;
Car, de même que l’homme connaît la méchanceté,
Ainsi les autres créatures en souffrent.
Voici, d’abord les figures célestes, Il écrit que, à cause de la passion de la division,
Le Fils et la Mère sont tous deux éclipsés, chaque créature
920 Et, avec la colère des hommes, elles subissent du dommage ;
La plus pure des sphères célestes, corrompue par la colère,
Doit endurer ce préjudice.
Elle était pure, mais elle est maintenant pleine de corruption.
Est maintenant vieux, faible et méprisable,
Rempli de malheurs et de périls,
Et également divisé en morceaux,
Comme je l’ai dit à propos de la statue ci-dessus.
Et ces hommes, par manque d’amour,
Voyant le monde divisé,
Ne peuvent en aucun cas s’entendre :
Et maintenant, en regardant autour de soi,
On peut voir le monde divisé, P. i. 34
Les guerres sont si répandues
Parmi les chrétiens partout,
Que chacun voit désormais le malheur,
Et pourtant ces prêtres prêchent sans cesse
Et disent que de bonnes actions ne peuvent exister
Si elles ne reposent pas sur la charité :
Je ne crois pas que la charité puisse subsister,
Lorsque le mal règne partout.
Mais tout ce mal est causé par l’homme,
Qui possède la raison et la sagesse,
Et qui, par ses paroles et ses actes,
Crée une image semblable à celle de l’homme,
Et à nulle autre créature.
Car d’abord, pour servir l’homme,
Toutes les créatures furent créées,
Mais ensuite elles furent restreintes :191
Lorsqu’il tomba, elles tombèrent aussi,
Lorsqu’il devint mauvais, elles devinrent mauvaises ;
Car, de même que l’homme connaît la méchanceté,
Ainsi les autres créatures en souffrent.
Voici, d’abord les figures célestes, Il écrit que, à cause de la passion de la division,
Le Fils et la Mère sont tous deux éclipsés, chaque créature
920 Et, avec la colère des hommes, elles subissent du dommage ;
La plus pure des sphères célestes, corrompue par la colère,
Doit endurer ce préjudice.
Elle était pure, mais elle est maintenant pleine de corruption.
Page 235
En ce moment, les vents d’hiver soufflent,192
Et bientôt, après qu’ils se soient calmés,
Il fait tantôt nuageux, tantôt clair :
Ainsi en soit-il vraiment, P. i. 35
La sagesse humaine vaut la haine,
Car elle pousse les gens au débat.
Et pour connaître la nature
930 de chaque chose à son degré,
Parmi nous ici, chacun se tient
Sur cette question :
La mer reflue tantôt, tantôt monte ;
Les champs se flétrissent tantôt, tantôt prospèrent,193
Tantôt les arbres sont couverts de jeunes feuilles,
Tantôt ils sont nus et ne montrent rien ;
Tantôt il y a des fleurs printanières joyeuses,194
Tantôt des tempêtes hivernales ;
Tantôt il y a des jours, tantôt des nuits,195
940 Ainsi rien n’est constant ;
Tantôt il fait jour, tantôt nuit ;
Et ainsi tout ce qui existe dans le monde
Suivant la disposition
De l’homme et de sa condition.
C’est pourquoi Grégoire, dans sa Morale,
Dit que l’homme, en particulier,
Est proprement le dernier des mondes :
Et il le prouve raisonnablement ;
Car l’homme doté d’une âme raisonnable
950 ressemble à un ange,197
Et beaucoup à ses créatures inférieures,
Et beaucoup aux arbres qui poussent ;
Les pierres sont immobiles, et lui aussi :
Ainsi, selon sa propre qualité,
L’homme, comme le disent les clercs,
Est comme un monde en son sein, P. i. 36
Et quand ce petit monde est bouleversé,198
Le grand monde est entièrement bouleversé.
Et bientôt, après qu’ils se soient calmés,
Il fait tantôt nuageux, tantôt clair :
Ainsi en soit-il vraiment, P. i. 35
La sagesse humaine vaut la haine,
Car elle pousse les gens au débat.
Et pour connaître la nature
930 de chaque chose à son degré,
Parmi nous ici, chacun se tient
Sur cette question :
La mer reflue tantôt, tantôt monte ;
Les champs se flétrissent tantôt, tantôt prospèrent,193
Tantôt les arbres sont couverts de jeunes feuilles,
Tantôt ils sont nus et ne montrent rien ;
Tantôt il y a des fleurs printanières joyeuses,194
Tantôt des tempêtes hivernales ;
Tantôt il y a des jours, tantôt des nuits,195
940 Ainsi rien n’est constant ;
Tantôt il fait jour, tantôt nuit ;
Et ainsi tout ce qui existe dans le monde
Suivant la disposition
De l’homme et de sa condition.
C’est pourquoi Grégoire, dans sa Morale,
Dit que l’homme, en particulier,
Est proprement le dernier des mondes :
Et il le prouve raisonnablement ;
Car l’homme doté d’une âme raisonnable
950 ressemble à un ange,197
Et beaucoup à ses créatures inférieures,
Et beaucoup aux arbres qui poussent ;
Les pierres sont immobiles, et lui aussi :
Ainsi, selon sa propre qualité,
L’homme, comme le disent les clercs,
Est comme un monde en son sein, P. i. 36
Et quand ce petit monde est bouleversé,198
Le grand monde est entièrement bouleversé.
Page 236
Le Lond, la Mer, le firmament,
960 Leurs axes portent tous le jugement
Sur l’homme et le font errer :
Tandis que lui-même reste en dehors,
Le reste ne peut être uni :199
Et de cette manière, comme je m’en souviens,
L’homme est la cause de tout mal,
C’est pourquoi ce monde est ainsi divisé.200
La division, dit l’Évangile,201 Il dit selon
l’évangile, que
Chaque maison repose sur une autre, chaque royaume en lui-même
Jusqu’à ce que le Royaume tout entier soit renversé : divisum desolabitur.
970 Ainsi, chacun peut bien savoir,
La division, par-dessus tout,
Est ce qui fait tomber le monde,
Et cela a toujours été ainsi depuis le début.
On peut l’observer chez un homme ; Car de sa
constitution
La matière de sa constitution étant divisée,
L’homme mortel est tourmenté par la division
Entre le froid, le chaud, l’humide et le sec, existat.202
Il ne peut être vraiment heureux :
Car l’opposé de son état
980 Reste toujours dans un tel conflit,
Jusqu’à ce qu’une partie soit vaincue,
Alors on ne peut fixer de décision définitive.203
Mais autrement, si un homme était
Entièrement composé d’une seule matière
Sans interruption,
Aucune corruption ne pourrait naître de cette unité :
Mais parce qu’il y a diversité
En lui-même, il ne peut persister,
990 Il meurt finalement.
Or, chez l’homme, il y a encore plus de cette division : car l’homme est composé
De corps et d’âme,
Dans une condition très divisée,
Ce qui le maintient constamment en conflit, tant pour le salut
Tant que dure sa vie, que pour la damnation
Du corps et aussi de l’âme.
960 Leurs axes portent tous le jugement
Sur l’homme et le font errer :
Tandis que lui-même reste en dehors,
Le reste ne peut être uni :199
Et de cette manière, comme je m’en souviens,
L’homme est la cause de tout mal,
C’est pourquoi ce monde est ainsi divisé.200
La division, dit l’Évangile,201 Il dit selon
l’évangile, que
Chaque maison repose sur une autre, chaque royaume en lui-même
Jusqu’à ce que le Royaume tout entier soit renversé : divisum desolabitur.
970 Ainsi, chacun peut bien savoir,
La division, par-dessus tout,
Est ce qui fait tomber le monde,
Et cela a toujours été ainsi depuis le début.
On peut l’observer chez un homme ; Car de sa
constitution
La matière de sa constitution étant divisée,
L’homme mortel est tourmenté par la division
Entre le froid, le chaud, l’humide et le sec, existat.202
Il ne peut être vraiment heureux :
Car l’opposé de son état
980 Reste toujours dans un tel conflit,
Jusqu’à ce qu’une partie soit vaincue,
Alors on ne peut fixer de décision définitive.203
Mais autrement, si un homme était
Entièrement composé d’une seule matière
Sans interruption,
Aucune corruption ne pourrait naître de cette unité :
Mais parce qu’il y a diversité
En lui-même, il ne peut persister,
990 Il meurt finalement.
Or, chez l’homme, il y a encore plus de cette division : car l’homme est composé
De corps et d’âme,
Dans une condition très divisée,
Ce qui le maintient constamment en conflit, tant pour le salut
Tant que dure sa vie, que pour la damnation
Du corps et aussi de l’âme.
Page 237
Parmi eux, divisés de la sorte, l’aptitude entre en jeu.
Ce que le corps hait, l’âme l’aime et le désire ;
Mais la nature est pleine de trouble,
1000 De guerre qui règne entre eux.
Le faible a remporté la victoire.
Et celui qui se rappelle comment Adam, dans son état d’innocence,
A vu ce qui s’est passé dans le passé et le présent, après avoir été chassé du paradis,
Peut bien regretter amèrement cette guerre, cette volupté sur terre
Qui a commencé au paradis : le pécheur, jeté dans le travail.
Car il fut prouvé ce qu’il en était,
Et ce qui y fut écrit ;
Car cette guerre, une fois provoquée,
Engendra le vice de tous les péchés mortels,
1010 Par cette division apparurent
Parmi les hommes sur terre, comment les peuples, à travers le monde entier, furent divisés,
Et ce fut la cause et le sujet de la séparation des dieux ;
C’est pourquoi Dieu envoya de grands fleuves, Noé avec son équipage,
Pour détruire le monde entier, à l’exception de quelques-uns, par le déluge ;
Mais Noé et son équipage furent sauvés.
Seuls ils furent sauvés sur le navire.
Et à cause de cela, selon la Sagesse, chapitre 38,
Nimbrot entreprit une telle entreprise :
Lorsqu’il construisit la tour de Babel,
Pour la faire atteindre les cieux, comme pour défier la puissance des dieux,
Nimbrot la construisit ; aussitôt, la langue unique se divisa en diverses langues,
La langue devint si confuse que personne ne comprenait plus rien,
Si bien qu’ils ne pouvaient plus communiquer.
Ainsi en va-t-il de tout mal :
Lorsque la Sagesse prend la cause en main,
Elle ne peut pas durer longtemps ;
Car la Sagesse, par sa nature même,
1030 Est modératrice dans la division,
Et elle intervient lorsque le monde est sur le point de périr.
Ainsi parle Christ sans erreur.
Ce que le corps hait, l’âme l’aime et le désire ;
Mais la nature est pleine de trouble,
1000 De guerre qui règne entre eux.
Le faible a remporté la victoire.
Et celui qui se rappelle comment Adam, dans son état d’innocence,
A vu ce qui s’est passé dans le passé et le présent, après avoir été chassé du paradis,
Peut bien regretter amèrement cette guerre, cette volupté sur terre
Qui a commencé au paradis : le pécheur, jeté dans le travail.
Car il fut prouvé ce qu’il en était,
Et ce qui y fut écrit ;
Car cette guerre, une fois provoquée,
Engendra le vice de tous les péchés mortels,
1010 Par cette division apparurent
Parmi les hommes sur terre, comment les peuples, à travers le monde entier, furent divisés,
Et ce fut la cause et le sujet de la séparation des dieux ;
C’est pourquoi Dieu envoya de grands fleuves, Noé avec son équipage,
Pour détruire le monde entier, à l’exception de quelques-uns, par le déluge ;
Mais Noé et son équipage furent sauvés.
Seuls ils furent sauvés sur le navire.
Et à cause de cela, selon la Sagesse, chapitre 38,
Nimbrot entreprit une telle entreprise :
Lorsqu’il construisit la tour de Babel,
Pour la faire atteindre les cieux, comme pour défier la puissance des dieux,
Nimbrot la construisit ; aussitôt, la langue unique se divisa en diverses langues,
La langue devint si confuse que personne ne comprenait plus rien,
Si bien qu’ils ne pouvaient plus communiquer.
Ainsi en va-t-il de tout mal :
Lorsque la Sagesse prend la cause en main,
Elle ne peut pas durer longtemps ;
Car la Sagesse, par sa nature même,
1030 Est modératrice dans la division,
Et elle intervient lorsque le monde est sur le point de périr.
Ainsi parle Christ sans erreur.
Page 238
À la fin du monde, lors de cette division presque quotidienne qui a lieu en ce moment,
la paix et l’harmonie seront constamment perturbées ; toute charité disparaîtra, sous les coups, sous les pierres ; la haine grandira parmi les hommes ; cela viendra de la part divine.
Lorsque ces signes se produiront, le pouvoir atteindra son comble ; alors la pierre tombera, et tout sera détruit, comme Daniel l’a su : la chair sera soudainement anéantie.
Tout cela renversera ce monde ; chaque homme devra alors choisir entre la joie ou le châtiment, selon que lui-même demeurera pour toujours au ciel ou en enfer.
Au ciel, il y a paix et harmonie ; mais en enfer, il règne une telle discorde qu’il ne peut y avoir de jour d’amour. Car c’est bien, tant qu’un homme le peut, de mettre ses pas en harmonie avec ceux des autres et d’aimer son prochain comme son propre frère ; ainsi il peut gagner les richesses du monde, puis la santé de son âme.
Mais Dieu voudrait que maintenant… Il raconte ici l’exemple d’Arion, qui, grâce à l’harmonie et à l’unité, possédait une harpe dont les sons pouvaient apaiser les hommes ; il dit comment quelqu’un a chanté, faisant en sorte que les meilleurs éléments deviennent doux et dociles : un cithariste a fait en sorte que l’éléphant marche aux côtés du lion, que le chant et la mélodie soient en harmonie ; le loup marchait aux côtés du bœuf, avec une telle force ; le lièvre marchait aux côtés du chien. Arion, à cette époque, faisait marcher ensemble le lion avec la biche, le maître avec le berger, le loup avec l’agneau, le chien avec le lièvre ; il les mettait tous en bonne harmonie ; en les entendant, les gens étaient unis sans aucune discorde, et le maître aussi était uni avec eux, sans aucune hostilité. Il mettait ainsi l’amour et la paix entre eux. Et il chassait toute mélancolie.
la paix et l’harmonie seront constamment perturbées ; toute charité disparaîtra, sous les coups, sous les pierres ; la haine grandira parmi les hommes ; cela viendra de la part divine.
Lorsque ces signes se produiront, le pouvoir atteindra son comble ; alors la pierre tombera, et tout sera détruit, comme Daniel l’a su : la chair sera soudainement anéantie.
Tout cela renversera ce monde ; chaque homme devra alors choisir entre la joie ou le châtiment, selon que lui-même demeurera pour toujours au ciel ou en enfer.
Au ciel, il y a paix et harmonie ; mais en enfer, il règne une telle discorde qu’il ne peut y avoir de jour d’amour. Car c’est bien, tant qu’un homme le peut, de mettre ses pas en harmonie avec ceux des autres et d’aimer son prochain comme son propre frère ; ainsi il peut gagner les richesses du monde, puis la santé de son âme.
Mais Dieu voudrait que maintenant… Il raconte ici l’exemple d’Arion, qui, grâce à l’harmonie et à l’unité, possédait une harpe dont les sons pouvaient apaiser les hommes ; il dit comment quelqu’un a chanté, faisant en sorte que les meilleurs éléments deviennent doux et dociles : un cithariste a fait en sorte que l’éléphant marche aux côtés du lion, que le chant et la mélodie soient en harmonie ; le loup marchait aux côtés du bœuf, avec une telle force ; le lièvre marchait aux côtés du chien. Arion, à cette époque, faisait marcher ensemble le lion avec la biche, le maître avec le berger, le loup avec l’agneau, le chien avec le lièvre ; il les mettait tous en bonne harmonie ; en les entendant, les gens étaient unis sans aucune discorde, et le maître aussi était uni avec eux, sans aucune hostilité. Il mettait ainsi l’amour et la paix entre eux. Et il chassait toute mélancolie.
Page 239
1070 C’était une mélodie joyeuse,
Où chacun chantait avec les autres ;
Et s’il en existait encore de tels,
Qui jouent de la harpe comme il le faisait,
Ils pourraient servir en bien des endroits
À apaiser là où règne la haine ;
Car lorsque les hommes veulent débattre, P. i. 40
Je ne sais quelle autre chose soit bonne.
Mais là où la sagesse se transforme en fureur,
1080 Et où la raison se change en colère,
Ainsi que la mesure est remplacée par l’outrage,
Son monde devient misérable ;
Car cela entraîne une misère générale,
Qui frappe chaque homme :
Mais lorsque la pointe de l’éperon
Blesse le flanc du cheval, cela cause souvent douleur. Et maintenant, plus rien,
Quant à parler de ce sujet,
Ce n’est pas seulement Dieu qui peut le juger.212
Prologue explicite
Notes de bas de page :
[24a] Le texte est celui de F (Fairfax 3). Les manuscrits le plus souvent cités sont les suivants :—
De la première révision, A (Bodley 902), J (St. John’s Coll.
Camb. B 12), M (Camb. Univ. Mm. 2. 21), E₂ (Egerton 913), H₁
(Harleian 3490), Y (du Marquis de Bute), X (Soc. of Antiquaries
134), G (Glasgow, Hunterian Mus. S i. 7), E (Egerton 1991), R
(Reg. 18 C xxii.), C (Corpus Christi Coll. Oxf. 67), L (Laud
609), B₂ (Bodley 693).
De la deuxième, S (Stafford), Ad. (Brit. Mus. Addit. 12043), B
(Bodley 294), T (Trin. Coll. Camb. R 3. 2), Δ (Sidney Coll.
Camb. Δ 4. 1).
De la troisième, F (Fairfax 3), W (Wadham Coll. 13), K
(Keswick Hall), H₃ (Harl. 7184), Magd. (Magdalen Coll. Oxf.
213).
24 5 ff. temps, écrire, sage, etc., S
Où chacun chantait avec les autres ;
Et s’il en existait encore de tels,
Qui jouent de la harpe comme il le faisait,
Ils pourraient servir en bien des endroits
À apaiser là où règne la haine ;
Car lorsque les hommes veulent débattre, P. i. 40
Je ne sais quelle autre chose soit bonne.
Mais là où la sagesse se transforme en fureur,
1080 Et où la raison se change en colère,
Ainsi que la mesure est remplacée par l’outrage,
Son monde devient misérable ;
Car cela entraîne une misère générale,
Qui frappe chaque homme :
Mais lorsque la pointe de l’éperon
Blesse le flanc du cheval, cela cause souvent douleur. Et maintenant, plus rien,
Quant à parler de ce sujet,
Ce n’est pas seulement Dieu qui peut le juger.212
Prologue explicite
Notes de bas de page :
[24a] Le texte est celui de F (Fairfax 3). Les manuscrits le plus souvent cités sont les suivants :—
De la première révision, A (Bodley 902), J (St. John’s Coll.
Camb. B 12), M (Camb. Univ. Mm. 2. 21), E₂ (Egerton 913), H₁
(Harleian 3490), Y (du Marquis de Bute), X (Soc. of Antiquaries
134), G (Glasgow, Hunterian Mus. S i. 7), E (Egerton 1991), R
(Reg. 18 C xxii.), C (Corpus Christi Coll. Oxf. 67), L (Laud
609), B₂ (Bodley 693).
De la deuxième, S (Stafford), Ad. (Brit. Mus. Addit. 12043), B
(Bodley 294), T (Trin. Coll. Camb. R 3. 2), Δ (Sidney Coll.
Camb. Δ 4. 1).
De la troisième, F (Fairfax 3), W (Wadham Coll. 13), K
(Keswick Hall), H₃ (Harl. 7184), Magd. (Magdalen Coll. Oxf.
213).
24 5 ff. temps, écrire, sage, etc., S
Page 240
25 6 Do ME₂H₁, SΛ, FWKH₃ So JXGRB₂, B To CL
26 7 Essampled (Ensampled) JME₂H₁, SΛ, FWKH₃ Ensamples X ...
B₂ &c., B
27 8 awyse F a wise S
28 15 rede om B
29 23 Englisch S
30 24-92 Ces lignes se trouvent dans des copies de la troisième révision
(FH₂NKH₃Magd.W &c.) ainsi que dans SΛP₂. Le reste porte
24*-92*. La note marginale, « Hic in principio—destinauit », se trouve uniquement dans Λ, KH₃Magd. Parmi celles-ci, Magd. a « in principio libri » pour « in principio », et Λ donne « quarto » pour « sexto ».
31 28 on] in S
32 29, 30 Deux lignes omises dans S
33 33 nouȝt S, F
34 38 Writing ... belouyd S
35 41 no man S
36 46 schiewe S
37 47 essampled S
38 49 tirantie S
39 51 is þe writing S
40 52 bural S
41 63 Tho write S
42 68 wise man S
43 71 no man S
44 72 allone S
45 75 awonder F
46 76 awys man F a wise man S
47 80 officie F
48 24*-92* Toutes les variations par rapport à B sont notées.
49 24* book B
50 25* bilongeþ B
51 27* euer B
52 29* f. recomaunde ... comaunde B
53 31* Prayend B
54 36* bityde B
55 37* margin Regis Anglie Ricardi secundi effacé dans B, laissant le champ vide
56 38* took B
57 39* Themese G Themse R
58 40* by B
59 42* margin sed B
60 43* bifel B
61 43* f. neigh ... seigh B
62 45* margin Cronicarum historiis XG
63 47* seyde B
64 48* leyde B
65 49* busynesse B
66 51* booke B
67 52* mighte looke B
68 53* f. writyng ... comaundyng B
26 7 Essampled (Ensampled) JME₂H₁, SΛ, FWKH₃ Ensamples X ...
B₂ &c., B
27 8 awyse F a wise S
28 15 rede om B
29 23 Englisch S
30 24-92 Ces lignes se trouvent dans des copies de la troisième révision
(FH₂NKH₃Magd.W &c.) ainsi que dans SΛP₂. Le reste porte
24*-92*. La note marginale, « Hic in principio—destinauit », se trouve uniquement dans Λ, KH₃Magd. Parmi celles-ci, Magd. a « in principio libri » pour « in principio », et Λ donne « quarto » pour « sexto ».
31 28 on] in S
32 29, 30 Deux lignes omises dans S
33 33 nouȝt S, F
34 38 Writing ... belouyd S
35 41 no man S
36 46 schiewe S
37 47 essampled S
38 49 tirantie S
39 51 is þe writing S
40 52 bural S
41 63 Tho write S
42 68 wise man S
43 71 no man S
44 72 allone S
45 75 awonder F
46 76 awys man F a wise man S
47 80 officie F
48 24*-92* Toutes les variations par rapport à B sont notées.
49 24* book B
50 25* bilongeþ B
51 27* euer B
52 29* f. recomaunde ... comaunde B
53 31* Prayend B
54 36* bityde B
55 37* margin Regis Anglie Ricardi secundi effacé dans B, laissant le champ vide
56 38* took B
57 39* Themese G Themse R
58 40* by B
59 42* margin sed B
60 43* bifel B
61 43* f. neigh ... seigh B
62 45* margin Cronicarum historiis XG
63 47* seyde B
64 48* leyde B
65 49* busynesse B
66 51* booke B
67 52* mighte looke B
68 53* f. writyng ... comaundyng B
Page 241
69 55* hert B
70 59* Sans B
71 62* midi B
72 65* handeleþ B onkrong chaque H₁ outkrong chaque JME₂XGRCL
outkroud chaque B₂ outtrong chaque Ar outkrong n’importe quel B out wronge
ony Cath.
73 66* prier B heuene GR heuen B
74 69* bifalle B
75 75* Lequel JME₂XGCL Quel H₁RB₂, B par B
76 76* pour toi B
77 77* cela pourrait (it myht) JME₂CL cela peut GRB₂, B Je peux H₁ Sn cela
XCath.
78 78* faire du travail G
79 80* long B
80 81* byheste B
81 82* livre B
82 87* bygynneþ B
83 89* f. livre ... pris B
84 92* bygynne B
85 92* pour le nouveau JME₂H₁XGR, B pour le nouveau D Ar. pour
schewe CLB₂
86 Vers latins ii. 2 antūnas ... vrbe S
87 6 et suiv. tunc que ... Nunc que ... Pace que ... sic que F
88 8 subficta S
89 96 marge videlicet—sexto decimo inséré uniquement dans les manuscrits de la
troisième révision, FWKH₃ etc. S a à la place (après un espace
d’une ligne) : Nota quod tempore creacionis huius libri fuerunt
guerre et opiniones guerrarum tant dans l’église sainte du Christ que
dans les différents royaumes du monde, comme répandus universellement.
C’est pourquoi, dans ce prologue présent, l’auteur déplore particulièrement
ces événements si graves étape par étape. So Λ sans espace
et avec dei pour Cristi
90 109 lequel JME₂CL, FKH₃ avec H₁XGRB₂, SBΛ, W
91 113 mot JME₂B₂, Λ, FWK etc. monde H₁XGRCL etc., SB
92 115 vnenuied JME₂, S, FWK etc. vneuened Λ midi enuyed (non
enuied) H₁ ... B₂, B
93 124 commun GC, S comune B, F
94 127 the] þat H₁RB₂, B
95 143 a weer S a wer B aweer F
96 144 A commence ici
97 147 S a perdu une feuille, ll. 147-320
98 149 lequel A, B whiche F
99 155 son om. B
100 157 aman F
101 159 stoden AJME₂L, Δ, FKH₃ stonden H₁ ... RB₂ etc., BΛ, W
102 169 loue AJME₂XL, FWKH₃ it E, B om. H₁RB₂Sn
103 Vers latins iii. 8 tepente JE₂, ΔΛ, FWKH₃ repente AMH₁ ... B₂
B, Magd.
104 10 Predo que F
70 59* Sans B
71 62* midi B
72 65* handeleþ B onkrong chaque H₁ outkrong chaque JME₂XGRCL
outkroud chaque B₂ outtrong chaque Ar outkrong n’importe quel B out wronge
ony Cath.
73 66* prier B heuene GR heuen B
74 69* bifalle B
75 75* Lequel JME₂XGCL Quel H₁RB₂, B par B
76 76* pour toi B
77 77* cela pourrait (it myht) JME₂CL cela peut GRB₂, B Je peux H₁ Sn cela
XCath.
78 78* faire du travail G
79 80* long B
80 81* byheste B
81 82* livre B
82 87* bygynneþ B
83 89* f. livre ... pris B
84 92* bygynne B
85 92* pour le nouveau JME₂H₁XGR, B pour le nouveau D Ar. pour
schewe CLB₂
86 Vers latins ii. 2 antūnas ... vrbe S
87 6 et suiv. tunc que ... Nunc que ... Pace que ... sic que F
88 8 subficta S
89 96 marge videlicet—sexto decimo inséré uniquement dans les manuscrits de la
troisième révision, FWKH₃ etc. S a à la place (après un espace
d’une ligne) : Nota quod tempore creacionis huius libri fuerunt
guerre et opiniones guerrarum tant dans l’église sainte du Christ que
dans les différents royaumes du monde, comme répandus universellement.
C’est pourquoi, dans ce prologue présent, l’auteur déplore particulièrement
ces événements si graves étape par étape. So Λ sans espace
et avec dei pour Cristi
90 109 lequel JME₂CL, FKH₃ avec H₁XGRB₂, SBΛ, W
91 113 mot JME₂B₂, Λ, FWK etc. monde H₁XGRCL etc., SB
92 115 vnenuied JME₂, S, FWK etc. vneuened Λ midi enuyed (non
enuied) H₁ ... B₂, B
93 124 commun GC, S comune B, F
94 127 the] þat H₁RB₂, B
95 143 a weer S a wer B aweer F
96 144 A commence ici
97 147 S a perdu une feuille, ll. 147-320
98 149 lequel A, B whiche F
99 155 son om. B
100 157 aman F
101 159 stoden AJME₂L, Δ, FKH₃ stonden H₁ ... RB₂ etc., BΛ, W
102 169 loue AJME₂XL, FWKH₃ it E, B om. H₁RB₂Sn
103 Vers latins iii. 8 tepente JE₂, ΔΛ, FWKH₃ repente AMH₁ ... B₂
B, Magd.
104 10 Predo que F
Page 242
105 194 et suiv. marge De statu—antipape om. AE₂ c’est-à-dire—antipape
inséré seulement dans la troisième révision (main différente dans F)
106 201 ertly F
107 205 an honde R, B anhonde H₁B₂
108 210 prebende A, Λ
109 215 for om. XGLB₂, WH₃
110 219 worþy(-i) H₁ERLB₂, B worlde W
111 234 Petrus H₁E ... B₂, W Petris XG
112 249 wich F
113 260 to þe manhod(e) AJME₂, ΔΛ, FW to m. H₁ ... B₂, B to make
m. KH₃
114 267 þe FKH₃Magd. þat A ... B₂ &c., BΔΛ om. W
115 280 paciencie F
116 317 povere] pore þei (þai) CL, W (pouere þey)
117 321 S reprend
118 331 Les copies de la première et deuxième révisions ont ici en marge
Anno domini Millesimo CCCo Nonagesimo. S donne cela avec
l’ajout quia tunc erat ecclesia diuisa et de même RSnDAr,
Δ F présente une effacement en marge.
119 336 lyþ F (en ras.) KH₃Magd. est A ... B₂ &c., SBΔΛ
120 338 flitte AXGCL
121 341 whiche F
122 347 proud A, SB proude C, F
123 354 that] what EB₂, B
124 370 argumeten F
125 373 This ... þat AJM, SΛ, F &c. This ... þis E₂X ... B₂, B The ...
this H₁
126 396 pricke om. A
127 409 forcacche AME₂, SΔΛ, FWKH₃ forþ cacche H₁ ... B₂, B for
tacche (?) J
128 410 Her Orf] Herof (Here of) RCSn, Δ Wheorof H₁ Therof Λ
129 419 com FK
130 421 folk EC, W
131 450 thei] men B
132 453 apeyre AM
133 457 vnto mannes soule is AME₂ is to mannes synne B
134 486 he om. AM
135 487 as AJME₂, SΔ, FKH₃ þat H₁ ... B₂, B is W
136 495-498 Quatre lignes trouvées seulement dans les copies de la troisième révision
FWKH₃ &c.
137 501 marge mutabilia accidencium H₁RB₂, B accidencia
mutabilia X
138 510 euere (euer) AME₂X, SΔΛ, FKH₃ euery JH₁RB₂, W eny
CL, B
139 518 argument B
140 543 scholde A, B, K schold S, F
141 551 Irael JM, S, FH₂N : le reste Israel
142 565 aman F
143 579-584 Six lignes trouvées seulement dans la troisième révision : cf. 495
144 Versets latins v. 3 vesatur vt H₁RB₂, B vesatur et CL
inséré seulement dans la troisième révision (main différente dans F)
106 201 ertly F
107 205 an honde R, B anhonde H₁B₂
108 210 prebende A, Λ
109 215 for om. XGLB₂, WH₃
110 219 worþy(-i) H₁ERLB₂, B worlde W
111 234 Petrus H₁E ... B₂, W Petris XG
112 249 wich F
113 260 to þe manhod(e) AJME₂, ΔΛ, FW to m. H₁ ... B₂, B to make
m. KH₃
114 267 þe FKH₃Magd. þat A ... B₂ &c., BΔΛ om. W
115 280 paciencie F
116 317 povere] pore þei (þai) CL, W (pouere þey)
117 321 S reprend
118 331 Les copies de la première et deuxième révisions ont ici en marge
Anno domini Millesimo CCCo Nonagesimo. S donne cela avec
l’ajout quia tunc erat ecclesia diuisa et de même RSnDAr,
Δ F présente une effacement en marge.
119 336 lyþ F (en ras.) KH₃Magd. est A ... B₂ &c., SBΔΛ
120 338 flitte AXGCL
121 341 whiche F
122 347 proud A, SB proude C, F
123 354 that] what EB₂, B
124 370 argumeten F
125 373 This ... þat AJM, SΛ, F &c. This ... þis E₂X ... B₂, B The ...
this H₁
126 396 pricke om. A
127 409 forcacche AME₂, SΔΛ, FWKH₃ forþ cacche H₁ ... B₂, B for
tacche (?) J
128 410 Her Orf] Herof (Here of) RCSn, Δ Wheorof H₁ Therof Λ
129 419 com FK
130 421 folk EC, W
131 450 thei] men B
132 453 apeyre AM
133 457 vnto mannes soule is AME₂ is to mannes synne B
134 486 he om. AM
135 487 as AJME₂, SΔ, FKH₃ þat H₁ ... B₂, B is W
136 495-498 Quatre lignes trouvées seulement dans les copies de la troisième révision
FWKH₃ &c.
137 501 marge mutabilia accidencium H₁RB₂, B accidencia
mutabilia X
138 510 euere (euer) AME₂X, SΔΛ, FKH₃ euery JH₁RB₂, W eny
CL, B
139 518 argument B
140 543 scholde A, B, K schold S, F
141 551 Irael JM, S, FH₂N : le reste Israel
142 565 aman F
143 579-584 Six lignes trouvées seulement dans la troisième révision : cf. 495
144 Versets latins v. 3 vesatur vt H₁RB₂, B vesatur et CL
Page 243
145 4 ictat H₁R, B
146 6 ligne omise H₁RB₂Sn, B
147 588 envoyer F
148 592 frapper F
149 608 the tharmes] þe armes M, Δ tharmes B₂, H₃Magd.
150 610 étaient sur AX
151 611 fait tous AMH₁
152 618 marge grandi] gracia dei (grā dī) RB₂Sn
153 616 rien bien KH₃ rien (omis bien) AM, W (non)
154 618 sur] an B
155 627 marge dicit omis B
156 659 devra être nouveau H₁ ... B₂, B
157 663 explique S, FK autrement expoundeþ
158 668 tous omis H₁RB₂, B entier B, F vide AC
158m 668 marge diminuentur F
159 681 tous] de AMERB₂, B omis H₁
160 683 dans omis AM
161 698 nedes] souffre (suffre) ME, B
162 705 ou B
163 718 mettre A
164 720 de l’Occident XE, B
165 723 chevalerie F
166 724 ce] þe H₁XGCL, W
167 730 marge jusqu’à H₁ ... B₂, B
168 732 restent H₁ ... B₂, B
168m 732 marge France H₁ ... B₂, B
169 739 le faux Empereur AJMXGCL, SΔ, FKH₃ le faux Empereur
H₁ERB₂ l’empereur B
170 745 Bot] Bon (Dieu) GCL et H₁
171 750 voulait MH₁XGCL, Δ
172 754 a pris B a déjà pris Δ
173 764 comme il a bien ERB₂, SBΔΛ bien comme il a H₁
174 768 le omis B
175 785 marge il est arrivé H₁ ... RLB₂, B il est arrivé C
176 804 Allemagne A
177 812 ont trouvé AJME₂, SΔΛ, FWH₃ se tenaient X ... R, B se tenaient
H₁CLB₂
178 821 Aux Allemands X ... B₂, BΔ Aux Allemans H₁
179 823 explique S, FKH₃ autrement expoundeþ
180 836 tous les Cit S, F tous les cite (citee) A ... B₂, BΔΛ, KH₃ la cite
W Magd. toute la ville H₁
181 837 f. deces ... était ECL, B devait ... était H₁Sn devait ... était
RB₂
182 838 où] þer AME₂H₁
183 844 depuis (from) H₁ERB₂, B, W Magd.
184 845 Et pour à Λ, Magd. Et ainsi à H₁EB₂, B Et ainsi R Comme à L
185 850 donc XGSn, FWKH₃ donc devra AJMH₁ERCLB₂, SBΔΛ
186 865 ligne omise B
187 869 ce monde MH₁ ... B₂, B
188 873 Explique S, FK
146 6 ligne omise H₁RB₂Sn, B
147 588 envoyer F
148 592 frapper F
149 608 the tharmes] þe armes M, Δ tharmes B₂, H₃Magd.
150 610 étaient sur AX
151 611 fait tous AMH₁
152 618 marge grandi] gracia dei (grā dī) RB₂Sn
153 616 rien bien KH₃ rien (omis bien) AM, W (non)
154 618 sur] an B
155 627 marge dicit omis B
156 659 devra être nouveau H₁ ... B₂, B
157 663 explique S, FK autrement expoundeþ
158 668 tous omis H₁RB₂, B entier B, F vide AC
158m 668 marge diminuentur F
159 681 tous] de AMERB₂, B omis H₁
160 683 dans omis AM
161 698 nedes] souffre (suffre) ME, B
162 705 ou B
163 718 mettre A
164 720 de l’Occident XE, B
165 723 chevalerie F
166 724 ce] þe H₁XGCL, W
167 730 marge jusqu’à H₁ ... B₂, B
168 732 restent H₁ ... B₂, B
168m 732 marge France H₁ ... B₂, B
169 739 le faux Empereur AJMXGCL, SΔ, FKH₃ le faux Empereur
H₁ERB₂ l’empereur B
170 745 Bot] Bon (Dieu) GCL et H₁
171 750 voulait MH₁XGCL, Δ
172 754 a pris B a déjà pris Δ
173 764 comme il a bien ERB₂, SBΔΛ bien comme il a H₁
174 768 le omis B
175 785 marge il est arrivé H₁ ... RLB₂, B il est arrivé C
176 804 Allemagne A
177 812 ont trouvé AJME₂, SΔΛ, FWH₃ se tenaient X ... R, B se tenaient
H₁CLB₂
178 821 Aux Allemands X ... B₂, BΔ Aux Allemans H₁
179 823 explique S, FKH₃ autrement expoundeþ
180 836 tous les Cit S, F tous les cite (citee) A ... B₂, BΔΛ, KH₃ la cite
W Magd. toute la ville H₁
181 837 f. deces ... était ECL, B devait ... était H₁Sn devait ... était
RB₂
182 838 où] þer AME₂H₁
183 844 depuis (from) H₁ERB₂, B, W Magd.
184 845 Et pour à Λ, Magd. Et ainsi à H₁EB₂, B Et ainsi R Comme à L
185 850 donc XGSn, FWKH₃ donc devra AJMH₁ERCLB₂, SBΔΛ
186 865 ligne omise B
187 869 ce monde MH₁ ... B₂, B
188 873 Explique S, FK
Page 244
189 892 this] þus AMH₁X, H₃
190 900 these] þis AM ... E, B, W
191 912 Bot] ffor H₁ERB₂, B
192 923 hyhe] while H₁ERB₂, B
193 934 welweþ AJM, W (weloweth)
194 937 f. the ... the] þei ... þei (þay ... þay) AH₁ERB₂, B þer ... þer
CL þese ... þey X þe ... þey G
195 939 þei (þay) daies H₁ ... R, B now the nyhtes] now be þe n.
MCB₂, Δ now be þey (thei) n. H₁XG
196 946 aman F
197 950 Is to an] It is an H₁ERB₂, B
198 957 mistormeþ FKH₃
199 963 stant out of acord(e) H₁ERB₂, B
200 966 Why] Wiþ RCLB₂
201 967 as þe g. s. AG, W
202 976 margin existit A
203 982 be nome] benome FKH₃
204 1018 suche prise H₁ERB₂, B
205 1019 he om. RLB₂, B, W that H₁
206 1029 condicion F
207 1033 margin vexat H₁ERB₂, B
208 1038 And A
209 1055 S a perdu une feuille (1055—i. 106)
210 1078 waxed FK
211 1087 As] And YERSn, B om. B₂
212 1088 god only may H₁ER, B god may only B₂
190 900 these] þis AM ... E, B, W
191 912 Bot] ffor H₁ERB₂, B
192 923 hyhe] while H₁ERB₂, B
193 934 welweþ AJM, W (weloweth)
194 937 f. the ... the] þei ... þei (þay ... þay) AH₁ERB₂, B þer ... þer
CL þese ... þey X þe ... þey G
195 939 þei (þay) daies H₁ ... R, B now the nyhtes] now be þe n.
MCB₂, Δ now be þey (thei) n. H₁XG
196 946 aman F
197 950 Is to an] It is an H₁ERB₂, B
198 957 mistormeþ FKH₃
199 963 stant out of acord(e) H₁ERB₂, B
200 966 Why] Wiþ RCLB₂
201 967 as þe g. s. AG, W
202 976 margin existit A
203 982 be nome] benome FKH₃
204 1018 suche prise H₁ERB₂, B
205 1019 he om. RLB₂, B, W that H₁
206 1029 condicion F
207 1033 margin vexat H₁ERB₂, B
208 1038 And A
209 1055 S a perdu une feuille (1055—i. 106)
210 1078 waxed FK
211 1087 As] And YERSn, B om. B₂
212 1088 god only may H₁ER, B god may only B₂
Page 245
Incipit du Livre Premier
Page 246
i. L’amour, né de la nature, règne par ses lois sur le monde.
Il soumet et rassemble tous les êtres sauvages :
P. i. 41
En effet, le prince de ce monde semble être l’amour ;
le riche, le pauvre et tous ceux qui ont besoin d’aide en ont besoin.
Dans la lutte, l’amour et la fortune sont égaux ; tous deux, aveugles,
font tourner les roues des pièges du peuple.
L’amour est un remède amer, un repos troublé, une erreur pieuse,
une paix guerrière, une blessure douce, un mal suave.
Je ne peux pas étendre ma main jusqu’au ciel,
ni la poser sur ce monde, qui est toujours en équilibre :
ma capacité ne suffit pas à comprendre de telles choses,
car je crains qu’il ne dépasse mes limites et ne touche à d’autres domaines.
C’est pourquoi, à partir d’aujourd’hui, je décide de changer le style de mes écrits,
après avoir traité, dans le prologue, de sujets qui n’existent pas encore.
Il s’agit d’une division étrange de la condition humaine,
relativement à l’amour, sur laquelle repose le monde ;
l’amour a commencé ainsi, puis a progressé,
et tant qu’il y aura des hommes, l’auteur se consacrera à son sujet actuel,
c’est-à-dire l’amour, dont je traite dans ce petit livre, intitulé Confession.
Nul ne peut le juger, celui qui est appelé Amant ;
car la loi de l’amour est en dehors des lois ordinaires.
Il est difficile de parler de l’amour, que ce soit pour l’accroître ou pour le diminuer ;
tout le genre humain, mais aussi tous les êtres vivants de ce monde,
ne peuvent naturellement modérer l’amour.
Et comme certains amants, comme cela arrive souvent, vont au-delà de ce qui est raisonnable,
ni l’intelligence ni la force ne peuvent aider face au désir.
Il soumet et rassemble tous les êtres sauvages :
P. i. 41
En effet, le prince de ce monde semble être l’amour ;
le riche, le pauvre et tous ceux qui ont besoin d’aide en ont besoin.
Dans la lutte, l’amour et la fortune sont égaux ; tous deux, aveugles,
font tourner les roues des pièges du peuple.
L’amour est un remède amer, un repos troublé, une erreur pieuse,
une paix guerrière, une blessure douce, un mal suave.
Je ne peux pas étendre ma main jusqu’au ciel,
ni la poser sur ce monde, qui est toujours en équilibre :
ma capacité ne suffit pas à comprendre de telles choses,
car je crains qu’il ne dépasse mes limites et ne touche à d’autres domaines.
C’est pourquoi, à partir d’aujourd’hui, je décide de changer le style de mes écrits,
après avoir traité, dans le prologue, de sujets qui n’existent pas encore.
Il s’agit d’une division étrange de la condition humaine,
relativement à l’amour, sur laquelle repose le monde ;
l’amour a commencé ainsi, puis a progressé,
et tant qu’il y aura des hommes, l’auteur se consacrera à son sujet actuel,
c’est-à-dire l’amour, dont je traite dans ce petit livre, intitulé Confession.
Nul ne peut le juger, celui qui est appelé Amant ;
car la loi de l’amour est en dehors des lois ordinaires.
Il est difficile de parler de l’amour, que ce soit pour l’accroître ou pour le diminuer ;
tout le genre humain, mais aussi tous les êtres vivants de ce monde,
ne peuvent naturellement modérer l’amour.
Et comme certains amants, comme cela arrive souvent, vont au-delà de ce qui est raisonnable,
ni l’intelligence ni la force ne peuvent aider face au désir.
Page 247
Et celui qu’elles veulent aider par leurs passions
est souvent jeté aux pieds des autres ; on le stimule, mais on ne peut rien y faire. Dans tous les livres, il n’a jamais été question d’une telle complicité, encore moins spécifiquement pour ce genre de cas, afin de pouvoir prescrire un remède.
Dieu, dans la loi de la nature, a fixé certaines règles, afin que personne ne puisse trouver le remède adéquat pour une telle maladie. Il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi : l’amour est maître là où il veut ; aucune autre force ne peut lui résister. Car partout où on tente de le contrôler, il n’y a aucune puissance capable de le maîtriser.
Mais ce qui arrivera en dernier, aucune sagesse ne peut le prévoir, si ce n’est au hasard. Car s’il existait jamais un équilibre régi par le destin, je crois, d’après ce que j’ai appris, que c’est l’amour qui détient cet équilibre, et que personne ne peut le comprendre vraiment.
L’amour est aveugle et ne voit pas ; on ne peut donc pas se fier à son jugement. Comme la roue tourne sans cesse, il accorde ses faveurs sans raison, et à celui qui le sert, il prend toujours sa récompense, comme celui qui plaît aux dieux. Ce qui arrivera ensuite, il ne le sait pas avant que le hasard ne décide s’il perdra ou gagnera.
Ainsi, les gens commencent à penser que, s’ils savaient ce que cela signifie, ils changeraient toute leur façon de voir les choses. Et en effet, ceux que l’amour lie font partie de ces personnes ; moi-même, je suis l’un d’eux, me faisant passer pour l’auteur.
est souvent jeté aux pieds des autres ; on le stimule, mais on ne peut rien y faire. Dans tous les livres, il n’a jamais été question d’une telle complicité, encore moins spécifiquement pour ce genre de cas, afin de pouvoir prescrire un remède.
Dieu, dans la loi de la nature, a fixé certaines règles, afin que personne ne puisse trouver le remède adéquat pour une telle maladie. Il en a toujours été ainsi et il en sera toujours ainsi : l’amour est maître là où il veut ; aucune autre force ne peut lui résister. Car partout où on tente de le contrôler, il n’y a aucune puissance capable de le maîtriser.
Mais ce qui arrivera en dernier, aucune sagesse ne peut le prévoir, si ce n’est au hasard. Car s’il existait jamais un équilibre régi par le destin, je crois, d’après ce que j’ai appris, que c’est l’amour qui détient cet équilibre, et que personne ne peut le comprendre vraiment.
L’amour est aveugle et ne voit pas ; on ne peut donc pas se fier à son jugement. Comme la roue tourne sans cesse, il accorde ses faveurs sans raison, et à celui qui le sert, il prend toujours sa récompense, comme celui qui plaît aux dieux. Ce qui arrivera ensuite, il ne le sait pas avant que le hasard ne décide s’il perdra ou gagnera.
Ainsi, les gens commencent à penser que, s’ils savaient ce que cela signifie, ils changeraient toute leur façon de voir les choses. Et en effet, ceux que l’amour lie font partie de ces personnes ; moi-même, je suis l’un d’eux, me faisant passer pour l’auteur.
Page 248
Je suis soumis à cette école. Être amant, c’est avoir diverses passions. Car il ne reste plus beaucoup de temps ; il convient donc de parler de ce sujet avec prudence. Je peux vous le dire, si vous le souhaitez, en décrivant chaque aspect en détail. Une chose étrange m’est arrivée, et je la raconte ici. C’était à la fois difficile et douloureux pour moi, car il s’agissait d’amour et de son destin. J’aime raconter cela clairement et en détail. À ceux qui sont amoureux, je vais expliquer tout en détail, et écrire de mes peines, de mes jours malheureux, de mes chances désastreuses. Ainsi, les gens pourront se souvenir de ce dont ils parleront plus tard. En toute bonne foi, je veux que chacun prenne exemple de la sagesse qui lui est propre, afin qu’il sache comment l’enseigner. Une telle sagesse mérite d’être louée. C’est pourquoi je veux écrire et montrer ouvertement comment l’amour et moi nous sommes rencontrés. Le monde pourra ainsi prendre exemple sur cela, lorsque je serai parti. Quant à ces gens malheureux, dont les règles sont éloignées de la raison, ils ne connaissent ni joie ni bonheur. Mais cela peut être compris, afin que les gens puissent le saisir.
II. Je ne vaincs pas les forces de Samson, ni les armes d’Hercule. Je suis vaincu par l’amour, tout comme eux. Afin que les autres apprennent, l’expérience montre quel chemin suivre dans les situations ambiguës. Les dangers auxquels est confronté le chef doivent être affrontés avec prudence.
II. Je ne vaincs pas les forces de Samson, ni les armes d’Hercule. Je suis vaincu par l’amour, tout comme eux. Afin que les autres apprennent, l’expérience montre quel chemin suivre dans les situations ambiguës. Les dangers auxquels est confronté le chef doivent être affrontés avec prudence.
Page 249
Instruit à l’arrière, afin qu’il ne tombe pas en même temps.
Moi, que Vénus et le destin ont ensorcelé en tant qu’amant,226
J’entends écrire ouvertement cela comme exemple pour le monde.
Au sujet de ce qui arrive
À l’amour, dans lequel je suis tombé,
Je pense raconter mon histoire :
Écoutez donc, ceux qui le souhaitent ici, P. i. 45,
Comment se déroule ma fortune.
Aujourd’hui, en exposant ce récit, il déclare
Le sujet, disant :
Pour marcher, comme je peux vous le dire — comment Cupidon
100 Et c’était au mois de mai, par un feu ardent,
Lorsque chaque amoureux a choisi l’arme de son cœur,
En gardant le souvenir de ce moment grave,
Et en pensant à ses mérites pour les mettre en pratique227,
Il a transpercé de sa flèche l’amour qu’il avait conquis ; mais Vénus
Moi non plus je n’étais pas soulagé, en le voyant, comme elle dit, presque dans
Car j’étais encore plus loin du seuil de la mort par amour
Que la terre n’est loin du ciel au-dessus, secoué de spasmes, pour
Confesser ma douleur
Comme on parle de toute espérance :228 Au génie du prêtre
Je savais que je ne pouvais m’en sortir autrement, à cause de l’amour,
Que comme un homme qui souffre229 ainsi, à moitié mort,
Spécialement
110 Je me rendis dans la forêt,230 pour y être confié.
Je ne chantai pas avec les oiseaux,
Car lorsque j’étais au milieu de la forêt,
Je trouvai une grande prairie verdoyante,
Et là je pleurai toutes mes larmes,
Souhaitant et pleurant sans cesse,
Car je ne fis rien d’autre.231
La douleur de cette flèche était si grande
Que souvent, renversé,
Je restais au sol, sans souffle ;
120 Et toujours je désirais la mort,232
Lorsque je sortais de ma douleur,
Et je lançais vers le ciel de nombreux regards pathétiques [Sa plainte à
Cupidon et Vénus.]
Et je disais ainsi :
« Ô toi, Cupidon, ô toi, Vénus, »
Moi, que Vénus et le destin ont ensorcelé en tant qu’amant,226
J’entends écrire ouvertement cela comme exemple pour le monde.
Au sujet de ce qui arrive
À l’amour, dans lequel je suis tombé,
Je pense raconter mon histoire :
Écoutez donc, ceux qui le souhaitent ici, P. i. 45,
Comment se déroule ma fortune.
Aujourd’hui, en exposant ce récit, il déclare
Le sujet, disant :
Pour marcher, comme je peux vous le dire — comment Cupidon
100 Et c’était au mois de mai, par un feu ardent,
Lorsque chaque amoureux a choisi l’arme de son cœur,
En gardant le souvenir de ce moment grave,
Et en pensant à ses mérites pour les mettre en pratique227,
Il a transpercé de sa flèche l’amour qu’il avait conquis ; mais Vénus
Moi non plus je n’étais pas soulagé, en le voyant, comme elle dit, presque dans
Car j’étais encore plus loin du seuil de la mort par amour
Que la terre n’est loin du ciel au-dessus, secoué de spasmes, pour
Confesser ma douleur
Comme on parle de toute espérance :228 Au génie du prêtre
Je savais que je ne pouvais m’en sortir autrement, à cause de l’amour,
Que comme un homme qui souffre229 ainsi, à moitié mort,
Spécialement
110 Je me rendis dans la forêt,230 pour y être confié.
Je ne chantai pas avec les oiseaux,
Car lorsque j’étais au milieu de la forêt,
Je trouvai une grande prairie verdoyante,
Et là je pleurai toutes mes larmes,
Souhaitant et pleurant sans cesse,
Car je ne fis rien d’autre.231
La douleur de cette flèche était si grande
Que souvent, renversé,
Je restais au sol, sans souffle ;
120 Et toujours je désirais la mort,232
Lorsque je sortais de ma douleur,
Et je lançais vers le ciel de nombreux regards pathétiques [Sa plainte à
Cupidon et Vénus.]
Et je disais ainsi :
« Ô toi, Cupidon, ô toi, Vénus, »
Page 250
Ô dieu de l’amour et ô déesse,
Où est la pitié ? Où est la douceur ? P. i. 46
Maintenant je vis pleinement ou je meurs,
Car assurément une telle maladie
Que j’ai maintenant et que j’ai eue depuis longtemps
Pourrait rendre fou même un sage,
Si elle devait durer longtemps.
Ô Vénus, reine des remèdes d’amour,
Toi qui donnes la vie, le désir, la guérison aux hommes,
Vois ma cause et ma plainte,
Et si tu peux m’accorder une partie de ta grâce,
Afin que je puisse savoir en ce lieu
Si tu es bienveillante ou non.
Et avec ces mots, je vis aussitôt
Le roi de l’amour et la reine tous deux ;
Mais ce roi, courroucé avec eux,
Rejeta son bien-aimé loin de moi,
Et il s’en alla enfin.
Mais aussitôt qu’il fut parti, [La Flèche de feu.]
Je crus qu’il avait envoyé une flèche de feu
Qui transperça mon cœur :
Je ne vis plus personne d’autre en lui,
Car je ne voulais plus le défier.
Mais c’est là la source et l’origine [Vénus, reine
de l’amour.]
Du bien ou du mal qui adviendra
À celui qui aime, à ce moment-là,
Mais pour le dire ici,
Il ne m’a pas envoyé de bien-aimé agréable :
Ainsi, sans rien dire, elle me demanda :
« Qui es-tu, fils ? » Et je répondis
Comme un homme sortant du sommeil,
Et elle en prit bonne note P. i. 47
Et ne me fit aucun mal :
Mais malgré tout, je n’étais pas heureux,
Car je ne voyais aucune raison.
Puis elle demanda qui j’étais :234
Je dis : « Un captif qui vit ici :235
Où est la pitié ? Où est la douceur ? P. i. 46
Maintenant je vis pleinement ou je meurs,
Car assurément une telle maladie
Que j’ai maintenant et que j’ai eue depuis longtemps
Pourrait rendre fou même un sage,
Si elle devait durer longtemps.
Ô Vénus, reine des remèdes d’amour,
Toi qui donnes la vie, le désir, la guérison aux hommes,
Vois ma cause et ma plainte,
Et si tu peux m’accorder une partie de ta grâce,
Afin que je puisse savoir en ce lieu
Si tu es bienveillante ou non.
Et avec ces mots, je vis aussitôt
Le roi de l’amour et la reine tous deux ;
Mais ce roi, courroucé avec eux,
Rejeta son bien-aimé loin de moi,
Et il s’en alla enfin.
Mais aussitôt qu’il fut parti, [La Flèche de feu.]
Je crus qu’il avait envoyé une flèche de feu
Qui transperça mon cœur :
Je ne vis plus personne d’autre en lui,
Car je ne voulais plus le défier.
Mais c’est là la source et l’origine [Vénus, reine
de l’amour.]
Du bien ou du mal qui adviendra
À celui qui aime, à ce moment-là,
Mais pour le dire ici,
Il ne m’a pas envoyé de bien-aimé agréable :
Ainsi, sans rien dire, elle me demanda :
« Qui es-tu, fils ? » Et je répondis
Comme un homme sortant du sommeil,
Et elle en prit bonne note P. i. 47
Et ne me fit aucun mal :
Mais malgré tout, je n’étais pas heureux,
Car je ne voyais aucune raison.
Puis elle demanda qui j’étais :234
Je dis : « Un captif qui vit ici :235
Page 251
Que voulez-vous, ma dame ?236
Dois-je guérir ou mourir ?’237
Elle dit : « Dis à cette maladie :238
Quelle est cette souffrance dont tu te plains ?239
Ne le cache pas, car si tu mens,
Je ne pourrai rien faire pour te soigner. »
« Ma dame, je suis un de vos serviteurs,
Qui ai longtemps servi à votre cour,
170 Et je demande ce que je mérite,
Quelque récompense après tant de peines. »
Alors elle se mit en colère et dit :
« Il y a beaucoup d’entre vous,
De faux serviteurs ; peut-être es-tu l’un d’eux,
Faisant semblant d’avoir besoin de mes services. »
Mais elle savait bien,
Que mon monde tournait sur un autre axe,
Sans aucune magie :
180 Pourtant, à cause de ma maladie,
Elle voulut que je lui raconte tout et que je lui fasse confiance.
« Ma dame, si vous voulez savoir, »
Dis-je, « alors je vous le dirai. »240
« Parle, » dit-elle, « et dis-moi comment ;
Montre-moi les signes chaque jour. »
« Ma dame, cela, je peux bien le faire,
P. i. 48
Pourvu que ma vie dure assez longtemps. »
Sur ce, elle posa son regard sur moi et dit :
« Si tu vis,
190 Mon premier désir sera que tu écrives ;
Et bien sûr, comment cela se passera,
Je le sais moi-même, mais pour tout cela,
Il faudra le dire à mon prêtre, qui viendra bientôt, [Le Génie, le Prêtre de l’Amour.]
Je veux que tu continues à le raconter,
Tous tes pensées et tous tes actes.
Ô Génie, mon humble clerc,
Viens et prends note des paroles de cet homme. »
Dois-je guérir ou mourir ?’237
Elle dit : « Dis à cette maladie :238
Quelle est cette souffrance dont tu te plains ?239
Ne le cache pas, car si tu mens,
Je ne pourrai rien faire pour te soigner. »
« Ma dame, je suis un de vos serviteurs,
Qui ai longtemps servi à votre cour,
170 Et je demande ce que je mérite,
Quelque récompense après tant de peines. »
Alors elle se mit en colère et dit :
« Il y a beaucoup d’entre vous,
De faux serviteurs ; peut-être es-tu l’un d’eux,
Faisant semblant d’avoir besoin de mes services. »
Mais elle savait bien,
Que mon monde tournait sur un autre axe,
Sans aucune magie :
180 Pourtant, à cause de ma maladie,
Elle voulut que je lui raconte tout et que je lui fasse confiance.
« Ma dame, si vous voulez savoir, »
Dis-je, « alors je vous le dirai. »240
« Parle, » dit-elle, « et dis-moi comment ;
Montre-moi les signes chaque jour. »
« Ma dame, cela, je peux bien le faire,
P. i. 48
Pourvu que ma vie dure assez longtemps. »
Sur ce, elle posa son regard sur moi et dit :
« Si tu vis,
190 Mon premier désir sera que tu écrives ;
Et bien sûr, comment cela se passera,
Je le sais moi-même, mais pour tout cela,
Il faudra le dire à mon prêtre, qui viendra bientôt, [Le Génie, le Prêtre de l’Amour.]
Je veux que tu continues à le raconter,
Tous tes pensées et tous tes actes.
Ô Génie, mon humble clerc,
Viens et prends note des paroles de cet homme. »
Page 252
Quod Venus tho ; et je me levai,
Je pris cela en main, et vis alors
Le même prêtre, qui, comme il se doit,
Était déjà là et le fit asseoir
Pour entendre ma confession.
iii. Confessus Genio si sit medicina salutis
Experiar morbis, quos tulit ipsa Venus.
Lesa quidem ferro medicantur membra saluti,
Raro tamen medicum vulnus amoris habet.
Ce prêtre digne, cet homme saint [Le Livre de l’Amant]
Me parla ainsi et commença :
« Bénissez,
Mon Fils, la félicité
De l’amour et aussi toute la douleur
Que vous devez décrire dans vos écrits.242
Ce que vous avez ressenti pour amour, dites-le ici clairement,
Comme vous l’avez éprouvé, sans rien omettre, au confesseur assis.
Dites tout tel que cela s’est passé. » L’Amant, ému,
Avec ces mots, je m’agenouillai pour confesser,
Les genoux pliés,
Avec dévotion243, et, bien que suppliant avec une grande contrition,
Je dis alors : « Seigneur, afin que mes sens
Soient informés
Par mon saint père, ce confesseur en
Afin que vous puissiez, par votre expérience, dire
Plus favorablement
À propos de l’amour, dont la révérence vous inspirerait.
Vous devez écrire à ce moment-là ;
Je vous en prie, ne me laissez pas manquer mon écrit, P. i. 49,
Mon livre, car je suis troublé
Dans tout mon cœur, et si agité,
Que je ne peux rassembler mes pensées ;
J’oublierai donc beaucoup de choses :244
Mais si vous vouliez comparer mon écrit
Point par point, alors je suppose
Qu’il ne restera rien.245
Mais maintenant, mes pensées sont si aveugles…
Je pris cela en main, et vis alors
Le même prêtre, qui, comme il se doit,
Était déjà là et le fit asseoir
Pour entendre ma confession.
iii. Confessus Genio si sit medicina salutis
Experiar morbis, quos tulit ipsa Venus.
Lesa quidem ferro medicantur membra saluti,
Raro tamen medicum vulnus amoris habet.
Ce prêtre digne, cet homme saint [Le Livre de l’Amant]
Me parla ainsi et commença :
« Bénissez,
Mon Fils, la félicité
De l’amour et aussi toute la douleur
Que vous devez décrire dans vos écrits.242
Ce que vous avez ressenti pour amour, dites-le ici clairement,
Comme vous l’avez éprouvé, sans rien omettre, au confesseur assis.
Dites tout tel que cela s’est passé. » L’Amant, ému,
Avec ces mots, je m’agenouillai pour confesser,
Les genoux pliés,
Avec dévotion243, et, bien que suppliant avec une grande contrition,
Je dis alors : « Seigneur, afin que mes sens
Soient informés
Par mon saint père, ce confesseur en
Afin que vous puissiez, par votre expérience, dire
Plus favorablement
À propos de l’amour, dont la révérence vous inspirerait.
Vous devez écrire à ce moment-là ;
Je vous en prie, ne me laissez pas manquer mon écrit, P. i. 49,
Mon livre, car je suis troublé
Dans tout mon cœur, et si agité,
Que je ne peux rassembler mes pensées ;
J’oublierai donc beaucoup de choses :244
Mais si vous vouliez comparer mon écrit
Point par point, alors je suppose
Qu’il ne restera rien.245
Mais maintenant, mes pensées sont si aveugles…
Page 253
« Je ne peux m’enseigner moi-même. »
230 Bien qu’il ait aussitôt commencé à prêcher,
Et par ses paroles douces et aimables,
Il dit d’une voix tendre et gracieuse :
« Ces écrits pour les contredire et les réfuter,
Mon Fils, j’ai ici la charge du Sermon Genii ;
C’est Vénus, la déesse suprême, le prêtre247 au-dessus,
Qui m’a chargé de cette confession.
Je suis prêtre de l’amour, Amantem.
Mais sans une véritable compétence,
Je ne saurais ni commencer ni continuer,
Ni seulement faire mes discours
240 sur l’amour, mais aussi sur d’autres sujets
qui touchent aux causes du vice.
Car cela relève de la fonction du prêtre, selon P. i. 50,
dont je porte l’ordre ;
Ainsi, je ne veux rien omettre,
afin de ne pas te montrer sans cesse
les vices ; tu pourras en tirer des preuves
pour juger selon ta conscience.
Mais pour conclure enfin,
250 je veux dire en particulier
à propos de l’amour, dont je suis le serviteur,
et c’est la raison de ma venue.
J’aimerais donc faire les deux choses :
D’abord, mon ordre m’oblige à décrire
ces vices tels qu’ils sont ;
Ensuite, par-dessus tout le reste,
je veux exposer les propriétés de l’amour,
montrant comment elles se situent selon les degrés
260 de la disposition de Vénus,
dont je dois suivre les règles, puisque c’est ainsi que je suis tenu.
Car je suis entièrement soumis à l’amour,
au point que je ne sais presque rien
des autres choses qui sont sages. »
230 Bien qu’il ait aussitôt commencé à prêcher,
Et par ses paroles douces et aimables,
Il dit d’une voix tendre et gracieuse :
« Ces écrits pour les contredire et les réfuter,
Mon Fils, j’ai ici la charge du Sermon Genii ;
C’est Vénus, la déesse suprême, le prêtre247 au-dessus,
Qui m’a chargé de cette confession.
Je suis prêtre de l’amour, Amantem.
Mais sans une véritable compétence,
Je ne saurais ni commencer ni continuer,
Ni seulement faire mes discours
240 sur l’amour, mais aussi sur d’autres sujets
qui touchent aux causes du vice.
Car cela relève de la fonction du prêtre, selon P. i. 50,
dont je porte l’ordre ;
Ainsi, je ne veux rien omettre,
afin de ne pas te montrer sans cesse
les vices ; tu pourras en tirer des preuves
pour juger selon ta conscience.
Mais pour conclure enfin,
250 je veux dire en particulier
à propos de l’amour, dont je suis le serviteur,
et c’est la raison de ma venue.
J’aimerais donc faire les deux choses :
D’abord, mon ordre m’oblige à décrire
ces vices tels qu’ils sont ;
Ensuite, par-dessus tout le reste,
je veux exposer les propriétés de l’amour,
montrant comment elles se situent selon les degrés
260 de la disposition de Vénus,
dont je dois suivre les règles, puisque c’est ainsi que je suis tenu.
Car je suis entièrement soumis à l’amour,
au point que je ne sais presque rien
des autres choses qui sont sages. »
Page 254
Je ne connais rien à de telles choses ;
Car ce n’est pas mon domaine
De parler des vices et des vertus,
Mais seulement de l’amour et de ses enseignements.
Vénus ne m’enseigne plus
Ni texte ni explication.
Mais autant que je le suppose (P. i. 51),
Il est bon d’être bien marié,
Et c’est honteux s’il reste célibataire.
Selon la forme de mon ordre,
Je veux que cet écrit soit si bien structuré
Que tu y trouves d’abord les vices,
Et sur ce sujet de l’amour,
Je les rappellerai si bien
Que tu sauras ce qu’ils signifient.
Car ce qu’un homme doit écrire ou dire
À propos de l’écriture doit être complet ;
Il n’est pas nécessaire de le rendre plus beau,
Car crois-moi, ces mots ne peuvent être embellis :
J’aimerais que mon fils écrive de manière si complète
Que tu comprennes et saisisses
Les principes de l’écriture et leur fonction.
iv. La vue et l’ouïe sont des portes fragiles
de l’esprit,
Que la main vicieuse ne peut fermer.
Il y a là un long chemin, par lequel le cœur atteint la caverne
de l’ennemi, et celui qui y entre emporte des trésors.
Mon génie confesseur me révèle ces débuts,
Tant que la vie est encore pleine de regrets pour les maux.
Cependant, pour autant que ma voix à moitié vivante le permette,
Je prononcerai ces mots avec timidité, issus d’une conscience lucide.
Entre la vie et la mort, j’ai entendu
ce récit du prêtre et j’y ai répondu,
puis je l’ai prié de continuer.
Car ce n’est pas mon domaine
De parler des vices et des vertus,
Mais seulement de l’amour et de ses enseignements.
Vénus ne m’enseigne plus
Ni texte ni explication.
Mais autant que je le suppose (P. i. 51),
Il est bon d’être bien marié,
Et c’est honteux s’il reste célibataire.
Selon la forme de mon ordre,
Je veux que cet écrit soit si bien structuré
Que tu y trouves d’abord les vices,
Et sur ce sujet de l’amour,
Je les rappellerai si bien
Que tu sauras ce qu’ils signifient.
Car ce qu’un homme doit écrire ou dire
À propos de l’écriture doit être complet ;
Il n’est pas nécessaire de le rendre plus beau,
Car crois-moi, ces mots ne peuvent être embellis :
J’aimerais que mon fils écrive de manière si complète
Que tu comprennes et saisisses
Les principes de l’écriture et leur fonction.
iv. La vue et l’ouïe sont des portes fragiles
de l’esprit,
Que la main vicieuse ne peut fermer.
Il y a là un long chemin, par lequel le cœur atteint la caverne
de l’ennemi, et celui qui y entre emporte des trésors.
Mon génie confesseur me révèle ces débuts,
Tant que la vie est encore pleine de regrets pour les maux.
Cependant, pour autant que ma voix à moitié vivante le permette,
Je prononcerai ces mots avec timidité, issus d’une conscience lucide.
Entre la vie et la mort, j’ai entendu
ce récit du prêtre et j’y ai répondu,
puis je l’ai prié de continuer.
Page 255
Sa volonté, et je voudrais l’obéir
Selon la manière qu’il a indiquée.254
Bien qu’il parlât d’une telle façon,255
Ici commence
la confession de l’Amant,
Et il m’a ordonné d’écrire256 à celui qui concerne les deux
aspects de mes cinq facultés, surtout les cinq
sens, c’est-à-dire concernant
le fait que je les avais mal utilisés en vue de la vue et de l’ouïe.257
Car bien que ce soient proprement les portes, elles s’opposent aux autres.
300 Par elles, tout parvient au cœur,
c’est-à-dire là où l’âme humaine peut agir.
Et maintenant que ce sujet est abordé,
Mon Fils, je pense d’abord commencer
à expliquer comment cela se passe,
ce qui, selon moi, [c’est] la perception,
la plus principale de toutes,
par elle que le péril peut survenir.
Et pour parler du domaine de l’amour,
310 On trouve bien des hommes tels,258
qui cherchent partout autour d’eux
à voir s’ils peuvent apercevoir
ce qui ne les touche pas,
mais seulement ce que le cœur désire
en raison de l’attirance pour un autre ;
Ainsi, de nombreux chevaliers dignes
et de nombreuses dames passionnées
sont ainsi pleinement tourmentés.259
Ainsi, celui qui aime agit comme un voleur
320 et cause de grands dommages ;
Et aussi, de son côté,
une telle flèche ardente
d’amour, qui brûle toujours,
le pousse vers le cœur :
Ainsi, l’homme, d’abord,
se cause lui-même le plus grand mal, P. i. 53
Et souvent, il le sait.
Selon la manière qu’il a indiquée.254
Bien qu’il parlât d’une telle façon,255
Ici commence
la confession de l’Amant,
Et il m’a ordonné d’écrire256 à celui qui concerne les deux
aspects de mes cinq facultés, surtout les cinq
sens, c’est-à-dire concernant
le fait que je les avais mal utilisés en vue de la vue et de l’ouïe.257
Car bien que ce soient proprement les portes, elles s’opposent aux autres.
300 Par elles, tout parvient au cœur,
c’est-à-dire là où l’âme humaine peut agir.
Et maintenant que ce sujet est abordé,
Mon Fils, je pense d’abord commencer
à expliquer comment cela se passe,
ce qui, selon moi, [c’est] la perception,
la plus principale de toutes,
par elle que le péril peut survenir.
Et pour parler du domaine de l’amour,
310 On trouve bien des hommes tels,258
qui cherchent partout autour d’eux
à voir s’ils peuvent apercevoir
ce qui ne les touche pas,
mais seulement ce que le cœur désire
en raison de l’attirance pour un autre ;
Ainsi, de nombreux chevaliers dignes
et de nombreuses dames passionnées
sont ainsi pleinement tourmentés.259
Ainsi, celui qui aime agit comme un voleur
320 et cause de grands dommages ;
Et aussi, de son côté,
une telle flèche ardente
d’amour, qui brûle toujours,
le pousse vers le cœur :
Ainsi, l’homme, d’abord,
se cause lui-même le plus grand mal, P. i. 53
Et souvent, il le sait.
Page 256
Vers ses yeux, le mal grandit.
Mon Fils, écoute maintenant
une histoire, afin que l’on puisse s’en servir pour la guerre ;
garde-la bien et protège-la,
afin qu’elle ne dépasse pas les limites de sa protection.
Ovide raconte cela dans son livre [L’Histoire d’Actée].
C’est un exemple émouvant de malheur ; il narre
un confesseur
et dit comment, jadis, il y eut un exemple
d’un noble seigneur qui fut attiré par des visions illicites ;
il était cousin du roi Cadmos, et il ne put se retenir, disant
comment Actée
alla à Thèbes, fondée par le roi Cadmos,
petit-fils de Cadmos.
Cet Actée, comme il le pouvait, alors qu’il était dans une forêt destinée à la chasse,
plus que toute autre race, il aimait ses chiens, et il les utilisait sans cesse ;
avec des chiens et de grands cors, il arriva qu’il se trouva près d’une source
au milieu des bois et des arbres épineux, pour y chasser :
la beauté
qui l’entourait partout lui sembla merveilleuse ;
il vit de la viande sur son chemin, là où Diane, nue,
avec sa canne, chassait et jouait avec ses nymphes
dans la rivière.
Ainsi lui arriva-t-il, un jour, alors qu’il se baignait ;
pendant sa chasse, alors qu’il chevauchait, regardant attentivement
dans une forêt où il était seul, ses yeux
ne purent se détourner de la nudité féminine ;
il voulait voir les belles fleurs fraîches éclore sur l’herbe verte.
Alors, indignée, Diane
le transforma en alouette parmi les rossignols ;
ainsi, il se retrouva transformé dans une vallée ;
ses propres chiens,
qui étaient là, près d’un petit étang,
le saisirent de tous côtés et, avec leurs dents mortelles,
le déchirèrent complètement.
Entouré de buissons verts et de cèdres hauts,
il jeta son corps à l’intérieur. Au milieu de l’étang, il vit une source,
si belle que personne ne pouvait la décrire ;
Diane y se tenait nue.
Mon Fils, écoute maintenant
une histoire, afin que l’on puisse s’en servir pour la guerre ;
garde-la bien et protège-la,
afin qu’elle ne dépasse pas les limites de sa protection.
Ovide raconte cela dans son livre [L’Histoire d’Actée].
C’est un exemple émouvant de malheur ; il narre
un confesseur
et dit comment, jadis, il y eut un exemple
d’un noble seigneur qui fut attiré par des visions illicites ;
il était cousin du roi Cadmos, et il ne put se retenir, disant
comment Actée
alla à Thèbes, fondée par le roi Cadmos,
petit-fils de Cadmos.
Cet Actée, comme il le pouvait, alors qu’il était dans une forêt destinée à la chasse,
plus que toute autre race, il aimait ses chiens, et il les utilisait sans cesse ;
avec des chiens et de grands cors, il arriva qu’il se trouva près d’une source
au milieu des bois et des arbres épineux, pour y chasser :
la beauté
qui l’entourait partout lui sembla merveilleuse ;
il vit de la viande sur son chemin, là où Diane, nue,
avec sa canne, chassait et jouait avec ses nymphes
dans la rivière.
Ainsi lui arriva-t-il, un jour, alors qu’il se baignait ;
pendant sa chasse, alors qu’il chevauchait, regardant attentivement
dans une forêt où il était seul, ses yeux
ne purent se détourner de la nudité féminine ;
il voulait voir les belles fleurs fraîches éclore sur l’herbe verte.
Alors, indignée, Diane
le transforma en alouette parmi les rossignols ;
ainsi, il se retrouva transformé dans une vallée ;
ses propres chiens,
qui étaient là, près d’un petit étang,
le saisirent de tous côtés et, avec leurs dents mortelles,
le déchirèrent complètement.
Entouré de buissons verts et de cèdres hauts,
il jeta son corps à l’intérieur. Au milieu de l’étang, il vit une source,
si belle que personne ne pouvait la décrire ;
Diane y se tenait nue.
Page 257
Pour se baigner et se divertir dans la rivière,
Avec de nombreuses nymphes qui le servent.267
Mais lui, il ne s’écarte jamais
De celles qui étaient entièrement nues,
Et elle était extrêmement en colère,268
Et lui, en tant que dieu,
370 fut aussitôt frappé, et par son aspect269
Elle le transforma en cerf,270
Qui se trouvait auparavant devant ses chiens,
Qui couraient partout
Avec de nombreux cors et de nombreuses cornes,271
Ce qui provoqua beaucoup de bruit et de cris :
Et finalement, malheureusement,
Ce cerf fut dévoré lentement par ses propres chiens272
Et lui, pour se venger, fut complètement détruit.
Vois maintenant, mon Fils, ce qu’est un Confesseur.380
Un homme qui doit jeter son regard sur ses amis,
Comme Actée l’a fait là-bas ;
Fuis donc cela et ne le fais pas.
Car souvent, celui qui regarde trop
Fait mieux de cligner des yeux que de regarder.
Et comme cela a été prouvé,
Ovide, le poète aussi, au livre I, vers 55,
Raconte une histoire qui concorde avec ce sujet,
Comme tu le verras ici.273
Dans les Métamorphoses, il raconte ainsi [l’histoire de Méduse.]
390 Comment un seigneur, que Poséidon plaça ailleurs
comme exemple différent,
avait trois filles.274 De même, il est dit
Que lors de sa naissance, un certain prince
du nom de Poséidon engendra trois filles
de race humaine,
Si malformées qu’on les appelait communément Gorgones,
qui, nées d’un seul accouchement à l’image de serpents,
avaient une telle laideur
Que leur père fut surnommé Stellibon, le monstre serpentin.
Avec de nombreuses nymphes qui le servent.267
Mais lui, il ne s’écarte jamais
De celles qui étaient entièrement nues,
Et elle était extrêmement en colère,268
Et lui, en tant que dieu,
370 fut aussitôt frappé, et par son aspect269
Elle le transforma en cerf,270
Qui se trouvait auparavant devant ses chiens,
Qui couraient partout
Avec de nombreux cors et de nombreuses cornes,271
Ce qui provoqua beaucoup de bruit et de cris :
Et finalement, malheureusement,
Ce cerf fut dévoré lentement par ses propres chiens272
Et lui, pour se venger, fut complètement détruit.
Vois maintenant, mon Fils, ce qu’est un Confesseur.380
Un homme qui doit jeter son regard sur ses amis,
Comme Actée l’a fait là-bas ;
Fuis donc cela et ne le fais pas.
Car souvent, celui qui regarde trop
Fait mieux de cligner des yeux que de regarder.
Et comme cela a été prouvé,
Ovide, le poète aussi, au livre I, vers 55,
Raconte une histoire qui concorde avec ce sujet,
Comme tu le verras ici.273
Dans les Métamorphoses, il raconte ainsi [l’histoire de Méduse.]
390 Comment un seigneur, que Poséidon plaça ailleurs
comme exemple différent,
avait trois filles.274 De même, il est dit
Que lors de sa naissance, un certain prince
du nom de Poséidon engendra trois filles
de race humaine,
Si malformées qu’on les appelait communément Gorgones,
qui, nées d’un seul accouchement à l’image de serpents,
avaient une telle laideur
Que leur père fut surnommé Stellibon, le monstre serpentin.
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Ces autres monstres, les Soriens, furent également obtenus ; à ceux-là, lorsqu’ils atteignirent l’âge de 400 ans, comme le raconte l’histoire, fut destinée une telle Méduse, ainsi que deux autres, portant tous le nom commun de Gorgones. Car quiconque les regardait, de quelque côté que ce fût, se transformait aussitôt en pierre, tel un monstre dont on craint l’existence. Les hommes les craignaient ; et bien des gens, en les regardant sans précaution, périrent après les avoir aperçus. Parmi eux se trouvait Persée, le guerrier, armé du bouclier de Pallas. Il les combattit avec son épée, offerte par Mercure. Après cela, il les mit en fuite, les chassant hors du mont Atlas, où ils vivaient ensemble. Il y avait là encore un spectacle étonnant, mais plus audacieux, sans aucun danger pour lui. Quelqu’un qui osait les regarder était lui aussi instantanément transformé en pierre. Ainsi, beaucoup furent trompés, croyant pouvoir les éviter là où ils ne devraient pas les trouver. Mais Persée, ce vaillant chevalier, aidé par Pallas dans sa grande force, qui lui donna un bouclier, et aussi par le dieu Mercure, qui lui prêta une épée, chercha ces monstres près du haut mont Atlas. Là, il trouva divers hommes de cette région, trompés par leur apparence, debout comme des pierres çà et là. Mais lui, doté de la sagesse et du courage du dieu et de la déesse, serra contre lui le bouclier de Pallas, avec lequel il protégea son visage, puis brandit l’épée de Mercure et les tua tous les trois.
Page 259
Écoute maintenant, mon Fils, conseil au Confesseur :
Que tu ne abuses pas de cette vue :
Ne la dirige jamais vers Méduse,
Sinon tu seras transformé en pierre :
440 Car jamais homme sage ne l’a fait,
S’il garde bien ses yeux
Et évite toute débauche,
Afin que la luxure ne le domine pas,
Grâce à la force de l’amour et qu’il puisse la surmonter.
De la mauvaise direction dont elle peut venir,
Comme je l’ai dit, tu l’as maintenant entendu, P. i. 57
Mon bon Fils, prends bonne garde.
Et encore, je te conseille [En écoutant] :
De te méfier de ces pensées,
450 Qui apportent au cœur
Les nouvelles de tant de vanités,
Pour s’attarder aux pensées humaines.
Et certes, il est bon d’écouter
Ce dont un homme peut apprendre
Ce qui est conforme à la vertu,
Et pour tout le reste,
Il vaut mieux tourner son esprit ailleurs ;
Car sinon, si un homme agit ainsi,
Il peut subir de grands malheurs.
460 Je donne un exemple parmi tous,
Pour savoir comment bien garder son esprit,
Ce qui pourrait mettre un homme en grand péril.
Un serpent, appelé Aspidis [La prudence du serpent],
A cela chez sa race :
Il raconte
Que le plus noble des pierres, que les hommes appellent carbuncle, est un exemple, afin que
L’on ne le place pas sur la tête au-dessus des oreilles.
Par une écoute insensée,
Quand un homme est trompé, son esprit, trompé,
Se tourne vers la pierre pour la gagner et se glorifier. Et il dit
470 Qu’avec son caractère il voulait ensorceler, comme ce serpent,
qui est appelé aspis282
Dès qu’il s’en rend compte, il appelle quelqu’un
Que tu ne abuses pas de cette vue :
Ne la dirige jamais vers Méduse,
Sinon tu seras transformé en pierre :
440 Car jamais homme sage ne l’a fait,
S’il garde bien ses yeux
Et évite toute débauche,
Afin que la luxure ne le domine pas,
Grâce à la force de l’amour et qu’il puisse la surmonter.
De la mauvaise direction dont elle peut venir,
Comme je l’ai dit, tu l’as maintenant entendu, P. i. 57
Mon bon Fils, prends bonne garde.
Et encore, je te conseille [En écoutant] :
De te méfier de ces pensées,
450 Qui apportent au cœur
Les nouvelles de tant de vanités,
Pour s’attarder aux pensées humaines.
Et certes, il est bon d’écouter
Ce dont un homme peut apprendre
Ce qui est conforme à la vertu,
Et pour tout le reste,
Il vaut mieux tourner son esprit ailleurs ;
Car sinon, si un homme agit ainsi,
Il peut subir de grands malheurs.
460 Je donne un exemple parmi tous,
Pour savoir comment bien garder son esprit,
Ce qui pourrait mettre un homme en grand péril.
Un serpent, appelé Aspidis [La prudence du serpent],
A cela chez sa race :
Il raconte
Que le plus noble des pierres, que les hommes appellent carbuncle, est un exemple, afin que
L’on ne le place pas sur la tête au-dessus des oreilles.
Par une écoute insensée,
Quand un homme est trompé, son esprit, trompé,
Se tourne vers la pierre pour la gagner et se glorifier. Et il dit
470 Qu’avec son caractère il voulait ensorceler, comme ce serpent,
qui est appelé aspis282
Dès qu’il s’en rend compte, il appelle quelqu’un
Page 260
Il le jette au sol, son « Ere » extrêmement précieux,
la pierre nommée
Carbuncule, et il la fixe solidement ;
et un autre encore, tout aussi fermement, au milieu du front.
Il l’arrête avec sa queue si fortement, en s’y appuyant,
contre les paroles de l’enchanteur,
au point que celui-ci oublie les mots ou presque,
et son oreille reste attachée à la terre
de son enchantement ; il l’écrase ainsi,
et de cette manière, il se propulse lui-même, avec une autre de ses queues
comme stimulant,
de sorte que les mots soient solidement tissés,
et par son « Ere » il ne soit pas trompé. Il le bloque.
Une autre chose, celle qui rapporte cela,
P. i. 58
correspond à cet exemple : [L’histoire des
Sirènes que je trouve dans l’histoire de Troie.]
Des Sirènes d’une espèce merveilleuse, un autre exemple
sur le même sujet,
des monstres, comme le disent les livres, comment le roi Vluxes
et dans la grande mer ils se battent : lors de la guerre de Troie
vers la Grèce,
tant par leur corps que par leur apparence, ils naviguaient,
et ressemblant à des femmes jeunes, près de ces monstres
sur le navire, elles se tenaient là, appelées Sirènes, angéliques.
Et en bas, comme on le voit souvent, de voix chantantes,
elles avaient l’apparence de poissons.
En raison des vents contraires, il fallait naviguer,
et pour cela, toutes,
avec une mélodie si douce, forçaient les oreilles des marins
à se boucher, semblable à la mélodie du ciel.
Ainsi,
elles chantaient d’une voix féminine, par une providence salvatrice,
avec des notes si semblables, sans mesure, sans musique,
et Vluxes fut sauvé du péril avec son équipage,
alors que leurs navires furent détruits.
Cela se passa au large des côtes.
Car lorsque les marins écoutent cette voix,
ils croient être au paradis,
qui devient ensuite pour eux un enfer.
Car personne ne peut rivaliser avec elles,
lorsqu’elles suscitent de telles passions ;
P. i. 59
ils ne peuvent plus diriger leurs navires,
si puissants sont les effets de ces notes.
la pierre nommée
Carbuncule, et il la fixe solidement ;
et un autre encore, tout aussi fermement, au milieu du front.
Il l’arrête avec sa queue si fortement, en s’y appuyant,
contre les paroles de l’enchanteur,
au point que celui-ci oublie les mots ou presque,
et son oreille reste attachée à la terre
de son enchantement ; il l’écrase ainsi,
et de cette manière, il se propulse lui-même, avec une autre de ses queues
comme stimulant,
de sorte que les mots soient solidement tissés,
et par son « Ere » il ne soit pas trompé. Il le bloque.
Une autre chose, celle qui rapporte cela,
P. i. 58
correspond à cet exemple : [L’histoire des
Sirènes que je trouve dans l’histoire de Troie.]
Des Sirènes d’une espèce merveilleuse, un autre exemple
sur le même sujet,
des monstres, comme le disent les livres, comment le roi Vluxes
et dans la grande mer ils se battent : lors de la guerre de Troie
vers la Grèce,
tant par leur corps que par leur apparence, ils naviguaient,
et ressemblant à des femmes jeunes, près de ces monstres
sur le navire, elles se tenaient là, appelées Sirènes, angéliques.
Et en bas, comme on le voit souvent, de voix chantantes,
elles avaient l’apparence de poissons.
En raison des vents contraires, il fallait naviguer,
et pour cela, toutes,
avec une mélodie si douce, forçaient les oreilles des marins
à se boucher, semblable à la mélodie du ciel.
Ainsi,
elles chantaient d’une voix féminine, par une providence salvatrice,
avec des notes si semblables, sans mesure, sans musique,
et Vluxes fut sauvé du péril avec son équipage,
alors que leurs navires furent détruits.
Cela se passa au large des côtes.
Car lorsque les marins écoutent cette voix,
ils croient être au paradis,
qui devient ensuite pour eux un enfer.
Car personne ne peut rivaliser avec elles,
lorsqu’elles suscitent de telles passions ;
P. i. 59
ils ne peuvent plus diriger leurs navires,
si puissants sont les effets de ces notes.
Page 261
Ils naviguaient ainsi, et de cette manière ils se comportaient,
De sorte qu’ils suivaient ici la bonne voie et le bon chemin,
510 Et obéissaient à leurs chefs,
Et veillaient à ce que cela se produise,
Afin qu’ils ne tombent pas dans le péril,
Où les navires seraient tirés vers l’intérieur,
Et où ils deviendraient esclaves des monstres.
Mais grâce à sa sagesse, le roi Uluxes
Échappa à ce péril et le surmonta ;
Car il organisa tout avec soin,
De sorte que personne parmi ses compagnons
520 N’eut le pouvoir de commettre une telle folie,
De trahir son chef par désir ;
Il les retint tous fermement,
De sorte que aucun d’eux ne puisse jamais le trahir.
Ainsi, lorsqu’ils sortirent pour combattre,
Il y avait une telle discipline parmi eux,
Que les monstres furent vaincus
Et qu’une grande partie d’entre eux fut tuée.
Ainsi, ce sage roi fut sauvé avec sa flotte,
Grâce à cette discipline.
À cela, mon fils, souviens-toi en te confessant.
530 Tu pourrais en tirer un exemple ici, [Les péchés de l’œil et de l’oreille.]
Comme je l’ai dit, et ce que tu vois ici
Est bien clair ; et si tu ne me crois pas,
Alors cherche davantage de preuves.
Car si tu voulais être prudent
Et garder prudemment ta vigilance, comme je l’ai dit,
Alors tu aurais protégé tes portes
Contre de telles folies qui viennent pour conquérir
540 La sagesse du cœur, qui est à l’intérieur,
Ce dont ton amour dépasse maintenant la mesure,
Et qui engendre de nombreuses souffrances.
Mais si tu restes discipliné,
Alors toi et les tiens serez sous contrôle.
De sorte qu’ils suivaient ici la bonne voie et le bon chemin,
510 Et obéissaient à leurs chefs,
Et veillaient à ce que cela se produise,
Afin qu’ils ne tombent pas dans le péril,
Où les navires seraient tirés vers l’intérieur,
Et où ils deviendraient esclaves des monstres.
Mais grâce à sa sagesse, le roi Uluxes
Échappa à ce péril et le surmonta ;
Car il organisa tout avec soin,
De sorte que personne parmi ses compagnons
520 N’eut le pouvoir de commettre une telle folie,
De trahir son chef par désir ;
Il les retint tous fermement,
De sorte que aucun d’eux ne puisse jamais le trahir.
Ainsi, lorsqu’ils sortirent pour combattre,
Il y avait une telle discipline parmi eux,
Que les monstres furent vaincus
Et qu’une grande partie d’entre eux fut tuée.
Ainsi, ce sage roi fut sauvé avec sa flotte,
Grâce à cette discipline.
À cela, mon fils, souviens-toi en te confessant.
530 Tu pourrais en tirer un exemple ici, [Les péchés de l’œil et de l’oreille.]
Comme je l’ai dit, et ce que tu vois ici
Est bien clair ; et si tu ne me crois pas,
Alors cherche davantage de preuves.
Car si tu voulais être prudent
Et garder prudemment ta vigilance, comme je l’ai dit,
Alors tu aurais protégé tes portes
Contre de telles folies qui viennent pour conquérir
540 La sagesse du cœur, qui est à l’intérieur,
Ce dont ton amour dépasse maintenant la mesure,
Et qui engendre de nombreuses souffrances.
Mais si tu restes discipliné,
Alors toi et les tiens serez sous contrôle.
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C’est pourquoi, à partir de ce cinquième point,
Je ne veux plus écrire,
Mais seulement parler de choses semblables.
Dis-moi donc, si c’est bien ainsi,
As-tu versé des larmes ?290
550 Mon père, oui, je le sais, Amans.
Je les ai jetées sur Méduse,
Et je ne peux m’en excuser :
Mon cœur s’est transformé en pierre,
Ainsi ma dame en souffre
D’un amour si profond,
Que je ne peux plus me sauver.
Que dis-tu, Fils, à ce sujet ? Opposé par le Confesseur.
Mon père, j’y suis coupable ; répond Amans.
Car quand je vois ma dame ici,
560 Mon esprit perd alors toute lucidité :
Je ne fais pas comme Ulysses,
Mais je tombe aussitôt à genoux,
Là où je vois ma dame debout ;
Et là, je comprends que
Je suis emporté par mes pensées,
Ainsi que rien d’autre ne vit, P. i. 61
Et je ne peux me défendre.
Mon bon Fils, Dieu te pardonne : Confesseur.
Car, d’après tes paroles,
570 Ton esprit est vraiment très perturbé.
Quant à ton passé et à ton présent,
Je ne veux plus en parler en détail,
Mais je voudrais plutôt savoir
Comment cela se passe pour d’autres choses.
v. Celsior est Aquila que Leone ferocior [Les Sept péchés capitaux. L’Orgueil.]
Ille,291
Quem tumor elati cordis ad alta mouet.
Sunt species quinque, quibus esse Superbia ductrix
Clamat, et in multis mundus adheret eis.
Laruando faciem ficto pallore subornat
Je ne veux plus écrire,
Mais seulement parler de choses semblables.
Dis-moi donc, si c’est bien ainsi,
As-tu versé des larmes ?290
550 Mon père, oui, je le sais, Amans.
Je les ai jetées sur Méduse,
Et je ne peux m’en excuser :
Mon cœur s’est transformé en pierre,
Ainsi ma dame en souffre
D’un amour si profond,
Que je ne peux plus me sauver.
Que dis-tu, Fils, à ce sujet ? Opposé par le Confesseur.
Mon père, j’y suis coupable ; répond Amans.
Car quand je vois ma dame ici,
560 Mon esprit perd alors toute lucidité :
Je ne fais pas comme Ulysses,
Mais je tombe aussitôt à genoux,
Là où je vois ma dame debout ;
Et là, je comprends que
Je suis emporté par mes pensées,
Ainsi que rien d’autre ne vit, P. i. 61
Et je ne peux me défendre.
Mon bon Fils, Dieu te pardonne : Confesseur.
Car, d’après tes paroles,
570 Ton esprit est vraiment très perturbé.
Quant à ton passé et à ton présent,
Je ne veux plus en parler en détail,
Mais je voudrais plutôt savoir
Comment cela se passe pour d’autres choses.
v. Celsior est Aquila que Leone ferocior [Les Sept péchés capitaux. L’Orgueil.]
Ille,291
Quem tumor elati cordis ad alta mouet.
Sunt species quinque, quibus esse Superbia ductrix
Clamat, et in multis mundus adheret eis.
Laruando faciem ficto pallore subornat
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Par les fraudes de l’hypocrisie, ses paroles sont douces comme du miel.
Ainsi, souvent, les âmes pieuses sont abattues par des paroles féminines, issues d’un mensonge caché.292
Mon Fils, comme je vais te l’expliquer, ici on dit que
il y a sept péchés mortels ; parmi eux,
sept vices particuliers, dont le principal est l’Orgueil.
Le cœur de celui qui est sujet à cet orgueil possède souvent diverses formes,
et parmi celles-ci,
la première est l’Hypocrisie.
On dit que c’est elle la première à croire en soi-même ; son propre défaut est l’Orgueil, qui est le principal.
Elle a avec elle, en tant que ministres, cinq personnes très différentes : le Confesseur, l’Amant, etc.
Je vais te les décrire une par une.293
La première est l’Hypocrisie. [Cinq ministres de l’Orgueil.]
Si tu fais partie de son groupe, c’est-à-dire de l’hypocrisie…
Dis-moi, mon Fils, ce que cela signifie.
Je ne sais pas encore, père, ce que vous voulez dire…
Mais je vous en prie, enseignez-moi un peu ce qu’est un hypocrite ;
et ensuite, si je comprends bien, je saurai à quoi m’en tenir.296
Mon Fils, un hypocrite, c’est quelqu’un qui feint d’avoir une conscience pure,
comme s’il était vraiment innocent, alors qu’en réalité ce n’est pas le cas.
Il fait cela pour satisfaire ses désirs.
Lorsqu’il arrive au but, il montre alors sa vraie nature : ce qui était une rose devient une épine ; celui qui était autrefois un homme bon devient alors un loup. Ainsi, la méchanceté se cache sous le masque de la justice. Comme le disent les gens…
Ainsi, souvent, les âmes pieuses sont abattues par des paroles féminines, issues d’un mensonge caché.292
Mon Fils, comme je vais te l’expliquer, ici on dit que
il y a sept péchés mortels ; parmi eux,
sept vices particuliers, dont le principal est l’Orgueil.
Le cœur de celui qui est sujet à cet orgueil possède souvent diverses formes,
et parmi celles-ci,
la première est l’Hypocrisie.
On dit que c’est elle la première à croire en soi-même ; son propre défaut est l’Orgueil, qui est le principal.
Elle a avec elle, en tant que ministres, cinq personnes très différentes : le Confesseur, l’Amant, etc.
Je vais te les décrire une par une.293
La première est l’Hypocrisie. [Cinq ministres de l’Orgueil.]
Si tu fais partie de son groupe, c’est-à-dire de l’hypocrisie…
Dis-moi, mon Fils, ce que cela signifie.
Je ne sais pas encore, père, ce que vous voulez dire…
Mais je vous en prie, enseignez-moi un peu ce qu’est un hypocrite ;
et ensuite, si je comprends bien, je saurai à quoi m’en tenir.296
Mon Fils, un hypocrite, c’est quelqu’un qui feint d’avoir une conscience pure,
comme s’il était vraiment innocent, alors qu’en réalité ce n’est pas le cas.
Il fait cela pour satisfaire ses désirs.
Lorsqu’il arrive au but, il montre alors sa vraie nature : ce qui était une rose devient une épine ; celui qui était autrefois un homme bon devient alors un loup. Ainsi, la méchanceté se cache sous le masque de la justice. Comme le disent les gens…
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Ces ordres indiquent où il duelle, l’Ipocrisie.
Comme celui qui donne ici des conseils, la Religieuse.298
610 Et ce monde qu’ils ont abandonné, il l’attire constamment à lui :
Il revêt la richesse, comme le font les hommes,
Sous l’apparence de la pauvreté,
Et fait aux gens de grande valeur
Des choses de peu de valeur en réalité :
Il parle ouvertement au péché,
Mais en secret il n’y a aucun vice
Qu’il ne pratique pas ;
Et toujours ses proches sont sobres et doux,
620 Et partout où il va, il bénit souvent, P. i. 63
Ce dont le monde aveugle profite.
Mais seul, il n’applique pas
Son règne à la religion ;
Plutôt, selon cette condition
Chez ceux qui le considèrent comme saint,
On voit comment il peut agir301, l’Ipocrisie ecclésiastique.300
Parmi ces gens aux vêtements luxueux,302
Pour obtenir les biens du monde.
Et eux-mêmes sont pareils,
630 Ceux qui ont le plus blâmé le monde,303
Mais, contrairement à leurs principes,
Il n’y a rien qu’ils n’aiment davantage ;
Ainsi, sous prétexte de lumière, ils commettent
Les actes les plus sombres.
Et ainsi, cette double ipocrisie,
Avec son apparence dévoyée,
Porte un masque sur son visage,
Avec lequel, face à la grâce de ce monde,
Il semble être parfaitement vertueux,
640 Mais son cœur est entièrement corrompu.
Cependant, on le croit sincère,
Et il atteint souvent son but
De mal faire et de jouir des biens du monde,
Et il prend cela, comme on dit, comme une tromperie.
Comme celui qui donne ici des conseils, la Religieuse.298
610 Et ce monde qu’ils ont abandonné, il l’attire constamment à lui :
Il revêt la richesse, comme le font les hommes,
Sous l’apparence de la pauvreté,
Et fait aux gens de grande valeur
Des choses de peu de valeur en réalité :
Il parle ouvertement au péché,
Mais en secret il n’y a aucun vice
Qu’il ne pratique pas ;
Et toujours ses proches sont sobres et doux,
620 Et partout où il va, il bénit souvent, P. i. 63
Ce dont le monde aveugle profite.
Mais seul, il n’applique pas
Son règne à la religion ;
Plutôt, selon cette condition
Chez ceux qui le considèrent comme saint,
On voit comment il peut agir301, l’Ipocrisie ecclésiastique.300
Parmi ces gens aux vêtements luxueux,302
Pour obtenir les biens du monde.
Et eux-mêmes sont pareils,
630 Ceux qui ont le plus blâmé le monde,303
Mais, contrairement à leurs principes,
Il n’y a rien qu’ils n’aiment davantage ;
Ainsi, sous prétexte de lumière, ils commettent
Les actes les plus sombres.
Et ainsi, cette double ipocrisie,
Avec son apparence dévoyée,
Porte un masque sur son visage,
Avec lequel, face à la grâce de ce monde,
Il semble être parfaitement vertueux,
640 Mais son cœur est entièrement corrompu.
Cependant, on le croit sincère,
Et il atteint souvent son but
De mal faire et de jouir des biens du monde,
Et il prend cela, comme on dit, comme une tromperie.
Page 265
Il cache ainsi sa chute.
Et de même, dans des cas similaires,
Ce vice a aussi ses agents
Parmi ces autres laïcs : l’ipocrisie séculière.
Chez les grands comme chez les petits,
650 Quant au compte qu’il doit rendre, il n’en donne aucun, P. i. 64.
Mais ceux qui dépassent la norme commune
Avec lui, semblables à la communauté,
Et là où il dit qu’il veut secourir le peuple, c’est là qu’il veut le dévorer ;
Car aujourd’hui, il y a beaucoup de gens
Qui parlent de Pierre et de Jean304
Et pensent à Judas dans leur cœur.
Aucun bien du monde ne peut arrêter son chien ; pourtant il fait des aumônes,
660 Jeûne souvent et célèbre la messe ici :
« Mea culpa », dit-il,
Puis, le cœur lourd, il pose son chien sur sa poitrine et lève les yeux vers le ciel,
Comme s’il voyait le visage du Christ ;
Ainsi, il semble qu’il sauve tous les autres par sa prière sainte.
Mais son cœur est ailleurs,
Parmi ces prières très pieuses,
670 Il pense aux affaires du monde,
À la façon dont il pourrait accroître sa fortune.
Et en comparaison [l’ipocrisie des amants.]
Il y a des amants de ce genre,
305
Qui feignent une humilité feinte ; ici, le confesseur traite
De cela avec eux,
Et tout n’est que hypocrisie, l’amant par-dessus tout,
Qui, par la tromperie et les flatteries surtout,
L’ipocrisie, sous prétexte d’amour,
A trompé de nombreuses femmes dignes.
Avec un visage frauduleux,
Dès qu’il a réussi à s’approcher d’elles,
Il les séduit par des paroles douces et des mensonges,
Les femmes crédules, trop souvent,
Sont trompées par ses faux discours pathétiques.
Et de même, dans des cas similaires,
Ce vice a aussi ses agents
Parmi ces autres laïcs : l’ipocrisie séculière.
Chez les grands comme chez les petits,
650 Quant au compte qu’il doit rendre, il n’en donne aucun, P. i. 64.
Mais ceux qui dépassent la norme commune
Avec lui, semblables à la communauté,
Et là où il dit qu’il veut secourir le peuple, c’est là qu’il veut le dévorer ;
Car aujourd’hui, il y a beaucoup de gens
Qui parlent de Pierre et de Jean304
Et pensent à Judas dans leur cœur.
Aucun bien du monde ne peut arrêter son chien ; pourtant il fait des aumônes,
660 Jeûne souvent et célèbre la messe ici :
« Mea culpa », dit-il,
Puis, le cœur lourd, il pose son chien sur sa poitrine et lève les yeux vers le ciel,
Comme s’il voyait le visage du Christ ;
Ainsi, il semble qu’il sauve tous les autres par sa prière sainte.
Mais son cœur est ailleurs,
Parmi ces prières très pieuses,
670 Il pense aux affaires du monde,
À la façon dont il pourrait accroître sa fortune.
Et en comparaison [l’ipocrisie des amants.]
Il y a des amants de ce genre,
305
Qui feignent une humilité feinte ; ici, le confesseur traite
De cela avec eux,
Et tout n’est que hypocrisie, l’amant par-dessus tout,
Qui, par la tromperie et les flatteries surtout,
L’ipocrisie, sous prétexte d’amour,
A trompé de nombreuses femmes dignes.
Avec un visage frauduleux,
Dès qu’il a réussi à s’approcher d’elles,
Il les séduit par des paroles douces et des mensonges,
Les femmes crédules, trop souvent,
Sont trompées par ses faux discours pathétiques.
Page 266
680 Il voulait faire croire à une femme
Qu’elle devait aller dans le beau vert, P. i. 65
Lorsque cette femme tombe dans le puits.
Car s’il peut obtenir son désir,
Comment en va-t-il pour les autres ?
Il ne tient pas sa parole de contrat ;
Mais dès qu’il se hâte,
Il n’y a plus de ruse à ce moment-là,
Que n’aurait pu inventer un amoureux,
690 Pour l’amener à agir comme il convient.
La couleur de l’or royal,
Avec de la poudre sur son visage,
Il l’applique, puis il demande grâce,
Comme celui qui feint d’être malade.
Lorsque son visage est ainsi déguisé,
Il lève les yeux vers elle et prend maint air,
Pour la faire croire
700 À ce qu’il veut accomplir,
Et pour cela il montre son teint pâle ;
Et pour sembler fidèle,
Il se fait malade alors qu’il est en bonne santé.
Mais quand il descend au plus bas,
Alors il est le plus prompt à tromper
La femme qui, en ce moment-là,
A confiance en lui.
Mon Fils, si ta conscience s’y oppose,
Confesseur,
Tu as été séduit de telle manière,
710 Dans l’écriture tu peux me conseiller, P. i. 66
Et dis-le-moi, si c’est bien le cas.
Mon saint Père, certainement non, répond Amans.
Pour feindre une telle maladie,
Ce n’est pas nécessaire, car j’ai la preuve
De Dieu que mon courage
A été plus malade que mon visage.
Et encore, je l’avoue clairement.
Qu’elle devait aller dans le beau vert, P. i. 65
Lorsque cette femme tombe dans le puits.
Car s’il peut obtenir son désir,
Comment en va-t-il pour les autres ?
Il ne tient pas sa parole de contrat ;
Mais dès qu’il se hâte,
Il n’y a plus de ruse à ce moment-là,
Que n’aurait pu inventer un amoureux,
690 Pour l’amener à agir comme il convient.
La couleur de l’or royal,
Avec de la poudre sur son visage,
Il l’applique, puis il demande grâce,
Comme celui qui feint d’être malade.
Lorsque son visage est ainsi déguisé,
Il lève les yeux vers elle et prend maint air,
Pour la faire croire
700 À ce qu’il veut accomplir,
Et pour cela il montre son teint pâle ;
Et pour sembler fidèle,
Il se fait malade alors qu’il est en bonne santé.
Mais quand il descend au plus bas,
Alors il est le plus prompt à tromper
La femme qui, en ce moment-là,
A confiance en lui.
Mon Fils, si ta conscience s’y oppose,
Confesseur,
Tu as été séduit de telle manière,
710 Dans l’écriture tu peux me conseiller, P. i. 66
Et dis-le-moi, si c’est bien le cas.
Mon saint Père, certainement non, répond Amans.
Pour feindre une telle maladie,
Ce n’est pas nécessaire, car j’ai la preuve
De Dieu que mon courage
A été plus malade que mon visage.
Et encore, je l’avoue clairement.
Page 267
Aussi bas que je sois, je ne m’incline jamais
Pour feindre l’humilité sans raison,
720 De peur que cela ne me fasse paraître pire
Avec toutes les pensées de mon cœur ;
Car cette chose ne me fera jamais reculer,
Je parle comme à ma dame bien-aimée,
Pour inspirer une fausse tendresse.
Dieu sait bien que je ne mens pas,
Ma bien-aimée est telle que je la pense ;
Car en bonne foi, elle aime vraiment,
Mon désir vaudrait mille fois
Plus qu’aucune autre que je connaisse.
730 Mais, Seigneur, si j’ai en mon cœur
Autre chose ailleurs,
Je m’en remets à votre grâce :
Pour cette excuse, je ne dirai pas
Que j’aie ailleurs quelque chose
À aimer et dont la compagnie
Me comble sans hypocrisie ;
Mais il y a celui que je sers,
Même si je ne mérite rien,
À qui, jusqu’à ce jour,
740 Je n’ai jamais dit que oui ou non, P. i. 67
Sauf si c’était dans mon intention.
Quant aux autres, je ne dis pas
Que j’aie pris quoi que ce soit pour excuse
Du fait que vous m’accusez d’hypocrisie.
Mon Fils, il convient à tout confesseur
De tenir sa parole avec sincérité
Envers l’amour, en toute circonstance.
Car celui qui veut bien le conseiller
Sur ce qui s’est passé en cette affaire,
750 Ne doit pas, par une fausse tendresse,
Faire illusion à l’Amour en aucune manière.
Aimer est le droit de tout cœur,
Mais en tromperie, si tu feins
Et que ton désir en résulte,
Pour feindre l’humilité sans raison,
720 De peur que cela ne me fasse paraître pire
Avec toutes les pensées de mon cœur ;
Car cette chose ne me fera jamais reculer,
Je parle comme à ma dame bien-aimée,
Pour inspirer une fausse tendresse.
Dieu sait bien que je ne mens pas,
Ma bien-aimée est telle que je la pense ;
Car en bonne foi, elle aime vraiment,
Mon désir vaudrait mille fois
Plus qu’aucune autre que je connaisse.
730 Mais, Seigneur, si j’ai en mon cœur
Autre chose ailleurs,
Je m’en remets à votre grâce :
Pour cette excuse, je ne dirai pas
Que j’aie ailleurs quelque chose
À aimer et dont la compagnie
Me comble sans hypocrisie ;
Mais il y a celui que je sers,
Même si je ne mérite rien,
À qui, jusqu’à ce jour,
740 Je n’ai jamais dit que oui ou non, P. i. 67
Sauf si c’était dans mon intention.
Quant aux autres, je ne dis pas
Que j’aie pris quoi que ce soit pour excuse
Du fait que vous m’accusez d’hypocrisie.
Mon Fils, il convient à tout confesseur
De tenir sa parole avec sincérité
Envers l’amour, en toute circonstance.
Car celui qui veut bien le conseiller
Sur ce qui s’est passé en cette affaire,
750 Ne doit pas, par une fausse tendresse,
Faire illusion à l’Amour en aucune manière.
Aimer est le droit de tout cœur,
Mais en tromperie, si tu feins
Et que ton désir en résulte,
Page 268
Tu as gagné par cette ruse,
Même si cela te semble pour un moment,
Tu le regretteras par la suite.
Et pour prouver mon propos,
Je trouve un exemple dans une Chronique
De ceux qui aiment ainsi avec passion.
C’était ainsi dans les temps anciens, [L’histoire de Mundus
et Pauline.]
Pendant que l’empereur Tibère
Dirigeait la monarchie de Rome, périlleuse en amour,
Il y avait un Romain vertueux qui raconta l’exemple
D’une femme, nommée Pauline, qui, sous le règne
De l’empereur Tibère,
Avait pour époux un certain soldat
De toute la cité le plus beau, nommé Mundus,
Et, comme on le disait, le meilleur des Romains.
Il commandait alors l’armée des Romains,
Comme il l’a toujours fait jusqu’à présent ; il était le maître
D’une femme dont l’intelligence était si forte que nul homme ne pouvait la surpasser, Pauline,
Si belle et si pure
Qu’on ne pouvait trouver personne de plus belle,
Et très renommée pour sa chasteté
Parmi ces gens de basse condition, à cause de deux
Faux prêtres dans le temple d’Isis, dieu
Où jamais aucune vérité n’était révélée : ils feignaient d’y être.
Ainsi, la fortune, sous le voile de cette fausse sainteté,
Présidait à cette hypocrisie nocturne.
Cette histoire, que je voulais raconter, fut déformée avec le temps.
Cette femme, pleine de désirs ardents,
Jolie, fraîche et jeune, fut condamnée à mort par les prêtres
À cause du crime de celui qui voulut la séduire.
Il y avait aussi un homme, appelé Mundus, image de la déesse Isis,
Qui possédait un temple dans sa région,
Pour guider toute la chevalerie,
À l’appel du peuple de Rome ; c’était un chevalier vertueux. Dans le fleuve Tibériade,
Il n’était pas encore capable de résister à la force de l’amour,
Il fut submergé.
Il ne put donc être sauvé,
Malgré lui-même,
Il aimait tant cette jeune femme.
Même si cela te semble pour un moment,
Tu le regretteras par la suite.
Et pour prouver mon propos,
Je trouve un exemple dans une Chronique
De ceux qui aiment ainsi avec passion.
C’était ainsi dans les temps anciens, [L’histoire de Mundus
et Pauline.]
Pendant que l’empereur Tibère
Dirigeait la monarchie de Rome, périlleuse en amour,
Il y avait un Romain vertueux qui raconta l’exemple
D’une femme, nommée Pauline, qui, sous le règne
De l’empereur Tibère,
Avait pour époux un certain soldat
De toute la cité le plus beau, nommé Mundus,
Et, comme on le disait, le meilleur des Romains.
Il commandait alors l’armée des Romains,
Comme il l’a toujours fait jusqu’à présent ; il était le maître
D’une femme dont l’intelligence était si forte que nul homme ne pouvait la surpasser, Pauline,
Si belle et si pure
Qu’on ne pouvait trouver personne de plus belle,
Et très renommée pour sa chasteté
Parmi ces gens de basse condition, à cause de deux
Faux prêtres dans le temple d’Isis, dieu
Où jamais aucune vérité n’était révélée : ils feignaient d’y être.
Ainsi, la fortune, sous le voile de cette fausse sainteté,
Présidait à cette hypocrisie nocturne.
Cette histoire, que je voulais raconter, fut déformée avec le temps.
Cette femme, pleine de désirs ardents,
Jolie, fraîche et jeune, fut condamnée à mort par les prêtres
À cause du crime de celui qui voulut la séduire.
Il y avait aussi un homme, appelé Mundus, image de la déesse Isis,
Qui possédait un temple dans sa région,
Pour guider toute la chevalerie,
À l’appel du peuple de Rome ; c’était un chevalier vertueux. Dans le fleuve Tibériade,
Il n’était pas encore capable de résister à la force de l’amour,
Il fut submergé.
Il ne put donc être sauvé,
Malgré lui-même,
Il aimait tant cette jeune femme.
Page 269
Qu’il a mis tout son effort
À obtenir ce qu’il ne peut
Obtenir par aucun moyen,
Ni en cadeau d’or ni par prière.
Et quand il voit que cela ne suffit
Pour avancer dans son amour,
Il feint plus sincèrement qu’il ne l’est ;
Alors il lui raconte
Qu’il y avait dans la ville
Un temple de telle autorité, P. i. 69
Où, avec grande dévotion,
Les nobles femmes de la cité
Faisaient très souvent un pèlerinage
Pour prier cette image
Qui est la déesse de l’enfantement,
Et dont le nom était Isis :
Et dans ce temple se trouvaient,
Pour y régner et y servir
Selon la loi qui y régnait,
810 Plus que tous les autres prêtres.
Ce seigneur, qui croyait pouvoir gagner son amour,
Un jour les invita à une fête
Et ils vinrent aussitôt ;
Là, on organisa une grande fête,
Et après la fête, en un endroit privé,
Ce seigneur, qui voulait réaliser son dessein,
Donna à chacun d’eux un cadeau,
Et parla de telle manière,
En invoquant les écritures,
Qu’il les attira dans son piège,
820 Pour les aider et les guider afin qu’il puisse, à la manière de Paul,
Les tromper selon son désir.
Et eux, tous deux, crurent sincèrement
Qu’ils n’avaient pas besoin d’entrer dans le temple,
Et qu’il y obtiendrait toute sa volonté :
Ainsi, d’accord, ils partirent.
Maintenant, pour éviter que cette hypocrisie…
À obtenir ce qu’il ne peut
Obtenir par aucun moyen,
Ni en cadeau d’or ni par prière.
Et quand il voit que cela ne suffit
Pour avancer dans son amour,
Il feint plus sincèrement qu’il ne l’est ;
Alors il lui raconte
Qu’il y avait dans la ville
Un temple de telle autorité, P. i. 69
Où, avec grande dévotion,
Les nobles femmes de la cité
Faisaient très souvent un pèlerinage
Pour prier cette image
Qui est la déesse de l’enfantement,
Et dont le nom était Isis :
Et dans ce temple se trouvaient,
Pour y régner et y servir
Selon la loi qui y régnait,
810 Plus que tous les autres prêtres.
Ce seigneur, qui croyait pouvoir gagner son amour,
Un jour les invita à une fête
Et ils vinrent aussitôt ;
Là, on organisa une grande fête,
Et après la fête, en un endroit privé,
Ce seigneur, qui voulait réaliser son dessein,
Donna à chacun d’eux un cadeau,
Et parla de telle manière,
En invoquant les écritures,
Qu’il les attira dans son piège,
820 Pour les aider et les guider afin qu’il puisse, à la manière de Paul,
Les tromper selon son désir.
Et eux, tous deux, crurent sincèrement
Qu’ils n’avaient pas besoin d’entrer dans le temple,
Et qu’il y obtiendrait toute sa volonté :
Ainsi, d’accord, ils partirent.
Maintenant, pour éviter que cette hypocrisie…
Page 270
La tromperie fut ourdie,
Dont cette jeune fille fut dupée.
830 Ces prêtres avaient bien conçu,
Comme il est dit au chapitre 70,
Qu’elle était d’une grande pureté ;
Et, sous un faux air de simplicité,
Cachant un cœur perfide,
Faisant semblant d’apporter un message céleste,
Ils vinrent et lui dirent ainsi :
« Pauline, le dieu Anubis
Nous a envoyés tous deux ici,
Et il dit qu’il veut te paraître
Seul, la nuit venue,
840 Parce qu’il a de l’amour pour toi ;
Il nous a donc demandé
De préparer pour toi, dans le temple d’Isis,
Un lieu convenable,
Où, la nuit, comme nous te l’avons dit,
Tu pourras le rencontrer.
Car, à cette condition,
Qui est chasteté et foi sincère,
Il promet, comme il nous l’a dit,
De rester avec toi ;
850 Et, pour en garder trace,
Il nous envoie tous deux ici. »
Son innocence se réjouit
En entendant de tels mots ;
Avec humilité et tendresse, elle répondit
Que, selon la volonté des dieux,
Elle était prête à tout exécuter ;
Selon les règles de sa maison,
Elle voulait passer la nuit
Dans le temple d’Isis,
Par grâce divine,
860 Pour le servir pendant la nuit.
Les prêtres s’en allèrent alors,
Et elle alla voir son souverain ;
Selon la volonté des dieux,
Elle lui raconta toute l’histoire.
Dont cette jeune fille fut dupée.
830 Ces prêtres avaient bien conçu,
Comme il est dit au chapitre 70,
Qu’elle était d’une grande pureté ;
Et, sous un faux air de simplicité,
Cachant un cœur perfide,
Faisant semblant d’apporter un message céleste,
Ils vinrent et lui dirent ainsi :
« Pauline, le dieu Anubis
Nous a envoyés tous deux ici,
Et il dit qu’il veut te paraître
Seul, la nuit venue,
840 Parce qu’il a de l’amour pour toi ;
Il nous a donc demandé
De préparer pour toi, dans le temple d’Isis,
Un lieu convenable,
Où, la nuit, comme nous te l’avons dit,
Tu pourras le rencontrer.
Car, à cette condition,
Qui est chasteté et foi sincère,
Il promet, comme il nous l’a dit,
De rester avec toi ;
850 Et, pour en garder trace,
Il nous envoie tous deux ici. »
Son innocence se réjouit
En entendant de tels mots ;
Avec humilité et tendresse, elle répondit
Que, selon la volonté des dieux,
Elle était prête à tout exécuter ;
Selon les règles de sa maison,
Elle voulait passer la nuit
Dans le temple d’Isis,
Par grâce divine,
860 Pour le servir pendant la nuit.
Les prêtres s’en allèrent alors,
Et elle alla voir son souverain ;
Selon la volonté des dieux,
Elle lui raconta toute l’histoire.
Page 271
Duquel il fut également trompé,
Et il advint que cette femme dût payer
Tout entièrement aux divinités.
Ainsi, elle, qui était tout à fait honnête
Envers Dieu selon son engagement,
Alla de nuit au temple,
Où se trouvaient les faux prêtres ;
Et ils reçurent leur paiement là-bas
Avec une telle apparence de sainteté,
Comme s’ils voyaient une déesse.
À l’intérieur, en un endroit privé,
Ils avaient préparé un lit moelleux et spacieux,
Où elle fut ensuite conduite.
Mais elle, qui accordait toute importance à l’honneur,
S’opposa aux faux prêtres
Et demanda quelle pratique
Elle pourrait suivre pour plaire
Au dieu qui règne la nuit :
Ils lui ordonnèrent alors de dormir
Allongée sur ce lit élevé,
Car, disaient-ils, ainsi, dans le silence et la douceur,
Le dieu Anubis voudrait la réveiller.
Ayant suivi ce conseil,
Les prêtres quittèrent cette dame ;
Et elle, ne connaissant pas la ruse,
Fut amenée à dormir sur le lit,
Dans l’espoir d’obtenir
Ce qui reposait sur la foi,
Empli de toute sainteté.
Mais elle échoua, comme je le dis,
Car dans un cabinet voisin
Le canard était caché si discrètement
Qu’elle ne pouvait le percevoir de nuit ;
Et lui, qui pensait tromper…
Et il advint que cette femme dût payer
Tout entièrement aux divinités.
Ainsi, elle, qui était tout à fait honnête
Envers Dieu selon son engagement,
Alla de nuit au temple,
Où se trouvaient les faux prêtres ;
Et ils reçurent leur paiement là-bas
Avec une telle apparence de sainteté,
Comme s’ils voyaient une déesse.
À l’intérieur, en un endroit privé,
Ils avaient préparé un lit moelleux et spacieux,
Où elle fut ensuite conduite.
Mais elle, qui accordait toute importance à l’honneur,
S’opposa aux faux prêtres
Et demanda quelle pratique
Elle pourrait suivre pour plaire
Au dieu qui règne la nuit :
Ils lui ordonnèrent alors de dormir
Allongée sur ce lit élevé,
Car, disaient-ils, ainsi, dans le silence et la douceur,
Le dieu Anubis voudrait la réveiller.
Ayant suivi ce conseil,
Les prêtres quittèrent cette dame ;
Et elle, ne connaissant pas la ruse,
Fut amenée à dormir sur le lit,
Dans l’espoir d’obtenir
Ce qui reposait sur la foi,
Empli de toute sainteté.
Mais elle échoua, comme je le dis,
Car dans un cabinet voisin
Le canard était caché si discrètement
Qu’elle ne pouvait le percevoir de nuit ;
Et lui, qui pensait tromper…
Page 272
Il avait sur lui un tel charme,
Que lorsque lui voulait la rejoindre,
Il devait semer en elle son sperme,
Comme si c’était vraiment
le dieu Anubis ; et de cette manière,
Cet hypocrite, dans sa folie,
Attendait toujours qu’elle s’endormît.
Puis, sortant de sa cachette, il se glissait
Si discrètement qu’elle ne s’en apercevait pas,
Et s’approchant du lit, il agissait ;
Et soudain, avant même qu’elle ne s’en rendît compte,
Il l’enlaçait dans ses bras :
Face à cette terreur féminine,
Elle se réveillait, ne sachant que dire ;
Mais lui, par des paroles douces et tendres,
La consolait et disait qu’il voulait d’elle avoir un enfant
De telle sorte que le monde entier se souviendrait
Du malfait de ce genre de fils ;
Car il vivrait avec les dieux, P. i. 73,
Et deviendrait lui-même un dieu.
Avec de telles paroles et encore d’autres,
Qu’il feignait dans ses discours,
Cette dame, pleine de sagesse, était complètement ébranlée,
Comme celle qui croit tout ;
Mais lui, qui méprise tous les hommes,
Lui racontait des histoires absurdes,
Afin d’avoir entièrement sa volonté.
Et quand il jugea que le moment était venu,
Un jour, il disparut si secrètement qu’elle ne sut
Où il était allé, mais, comme il le souhaitait,
Il quitta le temple pour aller de son côté.
Elle commença alors à prier et à supplier,
Agenouillée sur le sol nu,
Puis fit des offrandes et donna de grandes sommes aux prêtres.
Que lorsque lui voulait la rejoindre,
Il devait semer en elle son sperme,
Comme si c’était vraiment
le dieu Anubis ; et de cette manière,
Cet hypocrite, dans sa folie,
Attendait toujours qu’elle s’endormît.
Puis, sortant de sa cachette, il se glissait
Si discrètement qu’elle ne s’en apercevait pas,
Et s’approchant du lit, il agissait ;
Et soudain, avant même qu’elle ne s’en rendît compte,
Il l’enlaçait dans ses bras :
Face à cette terreur féminine,
Elle se réveillait, ne sachant que dire ;
Mais lui, par des paroles douces et tendres,
La consolait et disait qu’il voulait d’elle avoir un enfant
De telle sorte que le monde entier se souviendrait
Du malfait de ce genre de fils ;
Car il vivrait avec les dieux, P. i. 73,
Et deviendrait lui-même un dieu.
Avec de telles paroles et encore d’autres,
Qu’il feignait dans ses discours,
Cette dame, pleine de sagesse, était complètement ébranlée,
Comme celle qui croit tout ;
Mais lui, qui méprise tous les hommes,
Lui racontait des histoires absurdes,
Afin d’avoir entièrement sa volonté.
Et quand il jugea que le moment était venu,
Un jour, il disparut si secrètement qu’elle ne sut
Où il était allé, mais, comme il le souhaitait,
Il quitta le temple pour aller de son côté.
Elle commença alors à prier et à supplier,
Agenouillée sur le sol nu,
Puis fit des offrandes et donna de grandes sommes aux prêtres.
Page 273
Hélas, et le chemin menait vers la maison.
La servante écouta et dit ainsi :
940 « Le dieu mystérieux que l’on nomme Anubis,
qu’il te sauve, Pauline,
car tu es de sa discipline
si sainte, que nul homme ne peut
faire ce qu’il a fait à personne
de tout ce que tu as toujours évité.
Mais j’ai tant recherché sa grâce,
que je suis devenue folle, sa lieutenante :
Ainsi donc, par contrat,
à partir d’aujourd’hui je suis toute seule,
950 et si tu veux être mienne, P. i. 74,
c’est sur une volonté bien fragile. »
Elle écouta son récit et le garda pour elle,
puis rentra chez elle, comme il se devait,
dans sa chambre, où elle s’allongea
sur son lit pour pleurer et crier,
et dit : « Ô vile hypocrisie,
à cause de ta dissimulation
et de ta fausse imagination,
je suis ainsi cruellement trompée !
960 Mais puisque je l’ai compris,
je prie toutes les déesses ;
car même si cela devait arriver,
ce ne sera jamais tant que je vivrai,
et je le jure aux dieux. »
Et en pleurant ainsi, elle se lamentait,
son beau visage entièrement déformé
par de profondes larmes,
si bien que, voyant son état,
sa maîtresse entra,
970 et, voyant à quel point elle était accablée de chagrin,
elle demanda ce qui la tourmentait.
Alors elle se plaignit encore plus
que auparavant, et dit : « Hélas, quelle tristesse ! »
La servante écouta et dit ainsi :
940 « Le dieu mystérieux que l’on nomme Anubis,
qu’il te sauve, Pauline,
car tu es de sa discipline
si sainte, que nul homme ne peut
faire ce qu’il a fait à personne
de tout ce que tu as toujours évité.
Mais j’ai tant recherché sa grâce,
que je suis devenue folle, sa lieutenante :
Ainsi donc, par contrat,
à partir d’aujourd’hui je suis toute seule,
950 et si tu veux être mienne, P. i. 74,
c’est sur une volonté bien fragile. »
Elle écouta son récit et le garda pour elle,
puis rentra chez elle, comme il se devait,
dans sa chambre, où elle s’allongea
sur son lit pour pleurer et crier,
et dit : « Ô vile hypocrisie,
à cause de ta dissimulation
et de ta fausse imagination,
je suis ainsi cruellement trompée !
960 Mais puisque je l’ai compris,
je prie toutes les déesses ;
car même si cela devait arriver,
ce ne sera jamais tant que je vivrai,
et je le jure aux dieux. »
Et en pleurant ainsi, elle se lamentait,
son beau visage entièrement déformé
par de profondes larmes,
si bien que, voyant son état,
sa maîtresse entra,
970 et, voyant à quel point elle était accablée de chagrin,
elle demanda ce qui la tourmentait.
Alors elle se plaignit encore plus
que auparavant, et dit : « Hélas, quelle tristesse ! »
Page 274
En moi, qui jadis étais honnête,
Je ne suis rien d’autre qu’un scélérat ;
Maintenant je suis souillé par toi.
Et comme elle voulait parler,
Honteuse, avec une tristesse profonde,
Elle raconta à son serviteur toute la vérité de cette affaire ;
Dans ses paroles, pâle et tremblante,
Elle jura jusqu’au bout.
Il la serra fermement dans ses bras,
Jura encore et encore
Qu’il n’était pas en colère contre elle,
Car il savait bien ce qu’elle pouvait endurer :
Mais en son for intérieur,
Son cœur était plein de tristesse ;
Il dit qu’il voulait se venger de cette insulte,
D’une manière ou d’une autre,
Et envoya des messagers à tous ses amis.
Lorsqu’ils arrivèrent,
Il leur parla de cette affaire
Et leur demanda ce qu’il fallait faire ;
Ils furent prompts à conseiller
Que le mieux serait de mettre d’abord sa femme en sécurité,
Puis de porter plainte au roi
À propos de cette affaire.
Cette malheureuse femme fut consolée
De toutes les manières possibles,
Jusqu’à ce qu’elle se remette un peu ;
Ainsi, un jour ou deux s’écoulèrent ;
Le troisième jour, elle alla porter plainte
Avec de nombreux citoyens dignes,
Et lui aussi avec de nombreux citoyens.
Lorsque l’empereur apprit cela
Et connut la fausseté de ce crime,
Il dit qu’il voulait rendre justice ;
Il fit d’abord arrêter les prêtres.
Je ne suis rien d’autre qu’un scélérat ;
Maintenant je suis souillé par toi.
Et comme elle voulait parler,
Honteuse, avec une tristesse profonde,
Elle raconta à son serviteur toute la vérité de cette affaire ;
Dans ses paroles, pâle et tremblante,
Elle jura jusqu’au bout.
Il la serra fermement dans ses bras,
Jura encore et encore
Qu’il n’était pas en colère contre elle,
Car il savait bien ce qu’elle pouvait endurer :
Mais en son for intérieur,
Son cœur était plein de tristesse ;
Il dit qu’il voulait se venger de cette insulte,
D’une manière ou d’une autre,
Et envoya des messagers à tous ses amis.
Lorsqu’ils arrivèrent,
Il leur parla de cette affaire
Et leur demanda ce qu’il fallait faire ;
Ils furent prompts à conseiller
Que le mieux serait de mettre d’abord sa femme en sécurité,
Puis de porter plainte au roi
À propos de cette affaire.
Cette malheureuse femme fut consolée
De toutes les manières possibles,
Jusqu’à ce qu’elle se remette un peu ;
Ainsi, un jour ou deux s’écoulèrent ;
Le troisième jour, elle alla porter plainte
Avec de nombreux citoyens dignes,
Et lui aussi avec de nombreux citoyens.
Lorsque l’empereur apprit cela
Et connut la fausseté de ce crime,
Il dit qu’il voulait rendre justice ;
Il fit d’abord arrêter les prêtres.
Page 275
Et comme ils ne devaient pas l’abandonner,
Il le mit en question ;
Mais eux, face à cette suggestion,
Ne purent refuser un mot,
Car ils voulaient s’excuser eux-mêmes,
Et ils imputèrent la faute au Canard.
Mais le conseil déclara alors
Qu’ils ne pouvaient être excusés ainsi,
1020 Car lui est supérieur et eux sont inférieurs,
Et les inférieurs ont moins de sagesse que les supérieurs,
Ainsi, une telle excuse était impossible.
Et il leur fut également dit
Que lorsque l’on cherche la vertu,
On doit la trouver chez les prêtres ;
Ici, la règle est telle qu’ils sont les maîtres du monde :
1030 Ainsi, si quelqu’un cherche par leur intermédiaire,
Ils ne peuvent être excusés.
Et c’est là une loi raisonnable
Parmi les sages juges qui étaient là,
Les prêtres furent tous condamnés,
De sorte que la tromperie secrète
Cachée sous une fausse hypocrisie
Fut montrée plus ouvertement encore,
Au point que beaucoup les ont dénoncés.
1040 Et quand les prêtres furent morts,
Le temple de ce crime horrible
Ils pensèrent le purifier, ainsi que cette image,
Qui était la cause du pèlerinage, P. i. 77,
Ils la noyèrent et la jetèrent aussitôt
Dans le Tibre, où la rivière la rejeta :
Ainsi, le temple fut purifié
De ce péché horrible
Qui existait alors en son sein.
Sur ce point, telle fut la décision des juges.
Il le mit en question ;
Mais eux, face à cette suggestion,
Ne purent refuser un mot,
Car ils voulaient s’excuser eux-mêmes,
Et ils imputèrent la faute au Canard.
Mais le conseil déclara alors
Qu’ils ne pouvaient être excusés ainsi,
1020 Car lui est supérieur et eux sont inférieurs,
Et les inférieurs ont moins de sagesse que les supérieurs,
Ainsi, une telle excuse était impossible.
Et il leur fut également dit
Que lorsque l’on cherche la vertu,
On doit la trouver chez les prêtres ;
Ici, la règle est telle qu’ils sont les maîtres du monde :
1030 Ainsi, si quelqu’un cherche par leur intermédiaire,
Ils ne peuvent être excusés.
Et c’est là une loi raisonnable
Parmi les sages juges qui étaient là,
Les prêtres furent tous condamnés,
De sorte que la tromperie secrète
Cachée sous une fausse hypocrisie
Fut montrée plus ouvertement encore,
Au point que beaucoup les ont dénoncés.
1040 Et quand les prêtres furent morts,
Le temple de ce crime horrible
Ils pensèrent le purifier, ainsi que cette image,
Qui était la cause du pèlerinage, P. i. 77,
Ils la noyèrent et la jetèrent aussitôt
Dans le Tibre, où la rivière la rejeta :
Ainsi, le temple fut purifié
De ce péché horrible
Qui existait alors en son sein.
Sur ce point, telle fut la décision des juges.
Page 276
Le Bot of the Duck était différent :
Car il était animé d’amour,
1050 Son destin n’était pas si cruel ;
Car l’Amour inspire la crainte
Et ne permet pas de voir le vrai chemin.
C’est pour cette raison qu’il fut épargné,
Ainsi la mort lui fut épargnée,
Même s’il fut exilé,
Car il a tant trompé son amour,
Qu’il ne reviendra jamais :
Car celui qui trahit sans scrupule
Ne peut échapper à la vengeance.330
1060 Et pour se souvenir
De ce que l’hypocrisie a causé
De l’autre côté, les hommes ne devraient pas
Aimer trop facilement tout ce qu’ils voient ici,
Mais plutôt un sage devrait tenir ferme
Le navire, lorsque de tels vents soufflent :
Car bien que tout commence doucement,
À la fin, cela devient insupportable,331
Jusqu’à ce que mât et câbles soient brisés,332
Ainsi le navire, sous une telle tempête,
1070 Est subitement détruit, avant même que l’on s’y attende ; P. i. 78
Comme on peut le voir aujourd’hui :
Et depuis les temps anciens, j’ai constaté
Une grande expérience, dont il est bon de tirer des preuves,
Et aussi de se méfier du péril qui guette celui qui est malheureux.
Quant à ceux qui sont si sombres à l’intérieur, [le Cheval de Troie.]
À Troie aussi, si l’on commence,
L’hypocrisie y a trahi :333
1080 Car lorsque les Grecs ont attaqué,
Et constaté qu’il n’y avait pas de bataille,
Ici Ulterius donne un exemple de cela :
Même le siège ne pouvait servir, car l’hypocrisie,
Pour conquérir la ville par la force, entre hommes334
Car il était animé d’amour,
1050 Son destin n’était pas si cruel ;
Car l’Amour inspire la crainte
Et ne permet pas de voir le vrai chemin.
C’est pour cette raison qu’il fut épargné,
Ainsi la mort lui fut épargnée,
Même s’il fut exilé,
Car il a tant trompé son amour,
Qu’il ne reviendra jamais :
Car celui qui trahit sans scrupule
Ne peut échapper à la vengeance.330
1060 Et pour se souvenir
De ce que l’hypocrisie a causé
De l’autre côté, les hommes ne devraient pas
Aimer trop facilement tout ce qu’ils voient ici,
Mais plutôt un sage devrait tenir ferme
Le navire, lorsque de tels vents soufflent :
Car bien que tout commence doucement,
À la fin, cela devient insupportable,331
Jusqu’à ce que mât et câbles soient brisés,332
Ainsi le navire, sous une telle tempête,
1070 Est subitement détruit, avant même que l’on s’y attende ; P. i. 78
Comme on peut le voir aujourd’hui :
Et depuis les temps anciens, j’ai constaté
Une grande expérience, dont il est bon de tirer des preuves,
Et aussi de se méfier du péril qui guette celui qui est malheureux.
Quant à ceux qui sont si sombres à l’intérieur, [le Cheval de Troie.]
À Troie aussi, si l’on commence,
L’hypocrisie y a trahi :333
1080 Car lorsque les Grecs ont attaqué,
Et constaté qu’il n’y avait pas de bataille,
Ici Ulterius donne un exemple de cela :
Même le siège ne pouvait servir, car l’hypocrisie,
Pour conquérir la ville par la force, entre hommes334
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Ce vice, feignant la simplicité et trompant l’homme, est des plus dangereux. Il réside dans les ruses d’Calcas et de Crise. On raconte qu’il s’agissait d’un homme très sage ; on explique comment les Grecs, lors du siège de la cité de Troie, firent fabriquer un cheval en bois pour y cacher leurs soldats, afin de pouvoir s’emparer de la ville par la force. Jamais, dans ce monde, aucun homme n’a entrepris une telle entreprise. Avec une intention trompeuse, ils agirent ainsi avec les Troyens. Le rusé Epius fit alors naître ce qu’on appelle la paix, et ainsi, les Grecs purent continuer leur stratagème. Ils pensaient tromper encore davantage le roi de Troie. Pendant ce temps, Anthénor et Énée fabriquèrent un cheval en bois, destiné à être offert en sacrifice au temple de Minerve. Parmi les conseillers, les plus sages décidèrent de procéder ainsi. Les plus riches et les plus puissants participèrent également à cette opération, dans un lieu sacré appelé hypocrisie. Ils entrèrent dans la cité, accompagnés de présents magnifiques et de richesses en or, qu’ils avaient eux-mêmes fabriquées. Lorsqu’ils furent bien installés, ils utilisèrent l’épée et le feu pour détruire la cité. Ils prétendaient vouloir fabriquer un cheval, mais en réalité ils cherchaient à détruire tout. Ils réussirent ainsi à détruire à la fois le roi et la ville. Ainsi, le faux cheval fut pris par les Grecs, qui entreprirent alors de trouver un moyen pour que la force ne puisse rien contre eux. Ils firent donc un cheval dont la couleur correspondait à celle du vrai cheval. Ils dirent qu’ils étaient heureux d’être d’accord sur ce point. Pour cela, ils déclarèrent au roi grec que c’était un sacrifice d’amour, comme il seyait pour celui qui voulait mériter sa faveur.
Page 278
Pour maintenir de bonnes relations,
Ils devaient offrir ce qu’ils possédaient.
Le roi conseilla dans ce cas
Qu’Anthenor et Énée le fassent ;
Ils y donnèrent leur consentement :340
Ainsi la vraie foi fut mêlée
À une hypocrite simulation
De ce qu’ils devaient sacrifier.
Les Grecs, sous prétexte de sainteté,
1130 Aussitôt avec toute solennité P. i. 80
Là, ils firent faire parler le cheval,
Ce qui devait être un spectacle merveilleux ;
Car il était fait de lui-même,
Et avait douze petites roues,
Sur lesquelles on pouvait maintenant
Avec habileté le diriger vers la ville,
Et il brillait au soleil.
Alors commença la joie,
Car Troie, dans une grande dévotion,
1140 Vint aussi en procession
Pour ce noble sacrifice
Avec grande honneur, et de cette manière
Ils l’amenèrent jusqu’aux portes.
Mais lorsqu’ils tentèrent d’y entrer,
Les portes étaient trop étroites ;341
Et il y eut alors de nombreuses histoires,
Tout cela à cause de la malveillance de Minerve,
À qui ils venaient rendre hommage,
Les habitants de la ville, qui comprirent
1150 Que tout cela était fait pour le bien,
Pour le cheval, dont ils se réjouissaient,
Les portes que Neptune avait faites
Mille hivers auparavant,
Ils les brisèrent aussitôt ;
Ils abattirent les puissantes murailles,
Ainsi que dans la grande rue
Ce cheval, avec grande solennité
Ils devaient offrir ce qu’ils possédaient.
Le roi conseilla dans ce cas
Qu’Anthenor et Énée le fassent ;
Ils y donnèrent leur consentement :340
Ainsi la vraie foi fut mêlée
À une hypocrite simulation
De ce qu’ils devaient sacrifier.
Les Grecs, sous prétexte de sainteté,
1130 Aussitôt avec toute solennité P. i. 80
Là, ils firent faire parler le cheval,
Ce qui devait être un spectacle merveilleux ;
Car il était fait de lui-même,
Et avait douze petites roues,
Sur lesquelles on pouvait maintenant
Avec habileté le diriger vers la ville,
Et il brillait au soleil.
Alors commença la joie,
Car Troie, dans une grande dévotion,
1140 Vint aussi en procession
Pour ce noble sacrifice
Avec grande honneur, et de cette manière
Ils l’amenèrent jusqu’aux portes.
Mais lorsqu’ils tentèrent d’y entrer,
Les portes étaient trop étroites ;341
Et il y eut alors de nombreuses histoires,
Tout cela à cause de la malveillance de Minerve,
À qui ils venaient rendre hommage,
Les habitants de la ville, qui comprirent
1150 Que tout cela était fait pour le bien,
Pour le cheval, dont ils se réjouissaient,
Les portes que Neptune avait faites
Mille hivers auparavant,
Ils les brisèrent aussitôt ;
Ils abattirent les puissantes murailles,
Ainsi que dans la grande rue
Ce cheval, avec grande solennité
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Ce qui fut apporté dans la Cité,
Et offert avec grande révérence,
1160 Ce qui fut pour Troie une preuve P. i. 81
D’amour et de fidélité à jamais.
Le symbole grec fut emporté,
Avec toute la troupe entière,
Et ils montèrent sur des navires,
Traversèrent la mer et se mirent en route,
Comme s’ils voulaient partir aussitôt :
Mais quand la nuit noire d’hiver,
Sans lumière de lune ni d’étoile,
Éclaira les rives de l’eau,
1170 Ils descendirent tous à terre,
Entièrement armés, hors des navires.
Sinon, ceux qui étaient ici, à Troie,
Comme cela avait été convenu,
Dès que le moment fut venu,
Ils prirent le contrôle de la place,
Et entrèrent comme ils le voulaient,
Là où la porte était brisée.
Leur dessein fut pleinement accompli :
Chacun pouvait prendre ce qu’il voulait,
1180 Tant que la Cité dormait ;
Ils emportèrent tout ce qui s’y trouvait,
Et prirent ce qu’ils pouvaient obtenir
De biens suffisants,
Et brûlèrent le reste.
Ainsi apparut la tromperie,
Qui était cachée sous une fausse hypocrisie,
Et ceux qui commirent ces actes
Ne trouvèrent aucune pitié
Pour cette épée qui tout dévore.
Ainsi finit cette douce source, P. i. 82
1190 Lorsque cela est connu par celui qui goûte : [L’hypocrisie
Il prononce de nombreux mots en vain, par amour.]
C’est ainsi qu’il traitera un tel peuple ;
Car lorsqu’il vient au plus fort de sa force…
Et offert avec grande révérence,
1160 Ce qui fut pour Troie une preuve P. i. 81
D’amour et de fidélité à jamais.
Le symbole grec fut emporté,
Avec toute la troupe entière,
Et ils montèrent sur des navires,
Traversèrent la mer et se mirent en route,
Comme s’ils voulaient partir aussitôt :
Mais quand la nuit noire d’hiver,
Sans lumière de lune ni d’étoile,
Éclaira les rives de l’eau,
1170 Ils descendirent tous à terre,
Entièrement armés, hors des navires.
Sinon, ceux qui étaient ici, à Troie,
Comme cela avait été convenu,
Dès que le moment fut venu,
Ils prirent le contrôle de la place,
Et entrèrent comme ils le voulaient,
Là où la porte était brisée.
Leur dessein fut pleinement accompli :
Chacun pouvait prendre ce qu’il voulait,
1180 Tant que la Cité dormait ;
Ils emportèrent tout ce qui s’y trouvait,
Et prirent ce qu’ils pouvaient obtenir
De biens suffisants,
Et brûlèrent le reste.
Ainsi apparut la tromperie,
Qui était cachée sous une fausse hypocrisie,
Et ceux qui commirent ces actes
Ne trouvèrent aucune pitié
Pour cette épée qui tout dévore.
Ainsi finit cette douce source, P. i. 82
1190 Lorsque cela est connu par celui qui goûte : [L’hypocrisie
Il prononce de nombreux mots en vain, par amour.]
C’est ainsi qu’il traitera un tel peuple ;
Car lorsqu’il vient au plus fort de sa force…
Page 280
Alors, c’est celui qui est le plus à craindre.
Et de même, si une femme choisit
Selon les paroles qu’il prononce ici,
Quelqu’un, lorsqu’il semble le plus fidèle,
Alors il est le plus éloigné de la vérité :
1200 Mais en réalité, ce sont ceux qui sont les plus infidèles
Qui aiment chaque jour une nouvelle personne,
Dont l’amour disparaît ensuite,
Et l’amour a alors raison d’être en colère.
Mais celui qui désire ardemment l’amour,
Et comploter avec des paroles mensongères pour tromper,
Il ne manquera pas de recevoir
Sa punition, comme on l’a souvent vu.
1210 C’est pourquoi, mon Fils, comme je te l’enseigne, Confesseur.
Il vaut mieux éviter cette hypocrisie et ses apparences,
Ne pas tromper,
Pour faire croire à une femme
Des choses qui ne sont pas vraies :
Car dans une telle hypocrisie
L’amour n’est que tromperie,
À cause de laquelle l’amour est souvent trompé ;
1220 Car les apparences feintes sont si douces, P. i. 83
Que l’amour peut être détruit.
C’est pourquoi, mon Fils, comme je le souhaite,
Je te charge d’éviter ce vice,
Qui a rendu folles tant de femmes ;
Mais ne te laisse pas séduire pour autant.
J’en suis sûr, père, je ne le ferai pas. Amans.
Maintenant, Fils, garde ce que tu as juré : Confesseur.
Car ce que tu as entendu auparavant
Est considéré comme le premier point de l’Orgueil :
1230 Et ensuite, de l’autre côté,
Il y a l’écriture et le discours à ce sujet.
Et de même, si une femme choisit
Selon les paroles qu’il prononce ici,
Quelqu’un, lorsqu’il semble le plus fidèle,
Alors il est le plus éloigné de la vérité :
1200 Mais en réalité, ce sont ceux qui sont les plus infidèles
Qui aiment chaque jour une nouvelle personne,
Dont l’amour disparaît ensuite,
Et l’amour a alors raison d’être en colère.
Mais celui qui désire ardemment l’amour,
Et comploter avec des paroles mensongères pour tromper,
Il ne manquera pas de recevoir
Sa punition, comme on l’a souvent vu.
1210 C’est pourquoi, mon Fils, comme je te l’enseigne, Confesseur.
Il vaut mieux éviter cette hypocrisie et ses apparences,
Ne pas tromper,
Pour faire croire à une femme
Des choses qui ne sont pas vraies :
Car dans une telle hypocrisie
L’amour n’est que tromperie,
À cause de laquelle l’amour est souvent trompé ;
1220 Car les apparences feintes sont si douces, P. i. 83
Que l’amour peut être détruit.
C’est pourquoi, mon Fils, comme je le souhaite,
Je te charge d’éviter ce vice,
Qui a rendu folles tant de femmes ;
Mais ne te laisse pas séduire pour autant.
J’en suis sûr, père, je ne le ferai pas. Amans.
Maintenant, Fils, garde ce que tu as juré : Confesseur.
Car ce que tu as entendu auparavant
Est considéré comme le premier point de l’Orgueil :
1230 Et ensuite, de l’autre côté,
Il y a l’écriture et le discours à ce sujet.
Page 281
Tantôt par la pudeur, tantôt par l’orgueil, il en est ainsi.
Le deuxième point, je te le dois,
C’est l’insoumission.
vi. Il vaut mieux se plier que se briser [ii. Insoumission.]
On le considère ainsi, et toute
Arme factice ne peut rien contre le combat.
Celui que ni la loi des hommes, ni la loi divine ne peuvent
Faire plier, l’amour y réfléchit mille fois dans son cœur.348
Celui que l’amour ne fait pas plier ne doit être contraint par personne,
Mais sa rigueur est plus forte que celle de l’éléphant.
L’amour méprise ceux qu’il sait rebelles,
Et accorde aux grossiers le sort de grossiers ;
Mais celui qui se soumet volontairement à l’amour du cœur,
(10) Le pieux brise tous les destins adverses.
Ce vice d’insoumission
Contre la règle de la conscience
Il rejette tout ce qui est humble,
Celui qui ne s’incline pas devant son dieu
Selon les lois de sa chair.
1240 Ni comme homme, ni comme bête, ici il parle
De la seconde espèce
Qui suit ses désirs sauvages : l’orgueil,
Ainsi agit ce vice orgueilleux et impudique, l’insoumission,
Car il méprise toute loi : on dit d’abord
La nature de ce vice,
Il explique simplement ce qui doit être obéi,
Et il ne peut servir par orgueil ; et il traite
Ainsi il est mauvais de tous côtés, particulièrement au sujet
De cela même dont parlent les hommes, l’insoumission,
Dans laquelle il ne veut pas s’incliner, mais plutôt briser. Cour de Cupidon
Je ne sais si l’amour pourrait le plier, à cause de l’injustice de l’amour
De sa propre faiblesse,
Son cœur, je ne sais ce qui pourrait y faire. Très souvent, il retarde.
C’est pourquoi, mon Fils, à propos d’une telle affaire,
Le confesseur de l’Amant
Si ce cœur est disposé, il s’y oppose davantage.
1250 Révèle-le et ne le cache pas :
Car si tu es timide, P. i. 84
Le deuxième point, je te le dois,
C’est l’insoumission.
vi. Il vaut mieux se plier que se briser [ii. Insoumission.]
On le considère ainsi, et toute
Arme factice ne peut rien contre le combat.
Celui que ni la loi des hommes, ni la loi divine ne peuvent
Faire plier, l’amour y réfléchit mille fois dans son cœur.348
Celui que l’amour ne fait pas plier ne doit être contraint par personne,
Mais sa rigueur est plus forte que celle de l’éléphant.
L’amour méprise ceux qu’il sait rebelles,
Et accorde aux grossiers le sort de grossiers ;
Mais celui qui se soumet volontairement à l’amour du cœur,
(10) Le pieux brise tous les destins adverses.
Ce vice d’insoumission
Contre la règle de la conscience
Il rejette tout ce qui est humble,
Celui qui ne s’incline pas devant son dieu
Selon les lois de sa chair.
1240 Ni comme homme, ni comme bête, ici il parle
De la seconde espèce
Qui suit ses désirs sauvages : l’orgueil,
Ainsi agit ce vice orgueilleux et impudique, l’insoumission,
Car il méprise toute loi : on dit d’abord
La nature de ce vice,
Il explique simplement ce qui doit être obéi,
Et il ne peut servir par orgueil ; et il traite
Ainsi il est mauvais de tous côtés, particulièrement au sujet
De cela même dont parlent les hommes, l’insoumission,
Dans laquelle il ne veut pas s’incliner, mais plutôt briser. Cour de Cupidon
Je ne sais si l’amour pourrait le plier, à cause de l’injustice de l’amour
De sa propre faiblesse,
Son cœur, je ne sais ce qui pourrait y faire. Très souvent, il retarde.
C’est pourquoi, mon Fils, à propos d’une telle affaire,
Le confesseur de l’Amant
Si ce cœur est disposé, il s’y oppose davantage.
1250 Révèle-le et ne le cache pas :
Car si tu es timide, P. i. 84
Page 282
Aimer, je ne sais à quel degré, Confesseur.349
Tu atteindras ce bon monde.350
Mon père, tu dois bien croire, Amant.
Le jeune chiot qui est attaché
1260 n’a jamais attendu son maître avec plus d’impatience,
Pour se coucher, quand il entend « Descends »,
Que moi, dès que je saurai
Ce que veut ma dame, je ne m’inclinerai plus.351
Mais parfois je souffre beaucoup
À cause de certaines choses qu’elle fait,
Et j’aimerais en parler :
Car à cause de tes exigences,
Même si je le voulais, je ne pourrais pas
Obéir aussitôt à ma dame ;
1270 mais je peux faire cela,
Sauf pour ces choses-là,
Je n’en suis plus privé. P. i. 85
Quelles sont donc ces choses ? Parle, dit-il. Le Confesseur s’y oppose.
Mon père, c’est que, répond-elle,
Ma bouche m’ordonne de me taire, Amant.352
Et que je ne devrais pas lui résister
En amour, dont je prêche souvent,
Mais plutôt me préparer pleinement à de telles paroles
Et les endurer patiemment.
1280 Mais je ne pouvais absolument pas
Obéir à tout cela dans ce monde ;
Car quand je suis là où elle est,
Même si elle n’écoute pas mes paroles,
Je dois néanmoins obéir à sa volonté,
Pour voir si j’obtiens la grâce :
Mais je ne peux pas embrasser cette chose354
Avec rien de ce que je peux dire ou faire ;
Et pourtant je parle ainsi,
Si bien qu’elle se fâche et dit : « Tais-toi. »
1290 Si je satisfais cela aussitôt
Et suis obéissant,
Alors ma cause sera entièrement réglée.
Tu atteindras ce bon monde.350
Mon père, tu dois bien croire, Amant.
Le jeune chiot qui est attaché
1260 n’a jamais attendu son maître avec plus d’impatience,
Pour se coucher, quand il entend « Descends »,
Que moi, dès que je saurai
Ce que veut ma dame, je ne m’inclinerai plus.351
Mais parfois je souffre beaucoup
À cause de certaines choses qu’elle fait,
Et j’aimerais en parler :
Car à cause de tes exigences,
Même si je le voulais, je ne pourrais pas
Obéir aussitôt à ma dame ;
1270 mais je peux faire cela,
Sauf pour ces choses-là,
Je n’en suis plus privé. P. i. 85
Quelles sont donc ces choses ? Parle, dit-il. Le Confesseur s’y oppose.
Mon père, c’est que, répond-elle,
Ma bouche m’ordonne de me taire, Amant.352
Et que je ne devrais pas lui résister
En amour, dont je prêche souvent,
Mais plutôt me préparer pleinement à de telles paroles
Et les endurer patiemment.
1280 Mais je ne pouvais absolument pas
Obéir à tout cela dans ce monde ;
Car quand je suis là où elle est,
Même si elle n’écoute pas mes paroles,
Je dois néanmoins obéir à sa volonté,
Pour voir si j’obtiens la grâce :
Mais je ne peux pas embrasser cette chose354
Avec rien de ce que je peux dire ou faire ;
Et pourtant je parle ainsi,
Si bien qu’elle se fâche et dit : « Tais-toi. »
1290 Si je satisfais cela aussitôt
Et suis obéissant,
Alors ma cause sera entièrement réglée.
Page 283
Car les paroles ne peuvent rien accomplir.
Ainsi, je ne sais pas quoi dire ;
Mais certainement je ne peux obéir
À ne pas dire du tout
Quelque chose de ce que je voudrais exprimer ;
Car c’est toujours la même chose,
Ce grand amour que j’ai,
1300 Duquel je ne peux sauver ni
Mes paroles ni cette obéissance :
Et ainsi mon silence est complet. P. i. 86
Je romps, et c’est le premier point
Dont je suis sorti dans cette affaire ;
Et ce n’est pas de l’orgueil.
Maintenant, de l’autre côté,
Pour parler de ma désobéissance,
Cela me cause une grande douleur
Et ne peut pénétrer dans mon esprit ;
1310 Car souvent il me vient à l’esprit
De chercher un autre amour,
Et je me dis : si je savais vraiment
À quel point je suis éloigné de sa grâce,
Je devrais aimer ailleurs.
Mais je refuse d’obéir à cela ;
Car on pourrait aussi bien me dire :
« Va prendre l’argent là où il est »,
Que de l’introduire dans mon esprit :
Car il n’y a jamais eu d’arbre enraciné
1320 Qui soit resté si fermement dans son sol,
Que je ne reste pas encore plus fermement
Dans cet amour, et je ne peux pas non plus
Jeter mon cœur ailleurs, même si je le voulais.
Car Dieu sait que, bien que je ne doive jamais
La revoir après ce jour,
Il en est ainsi que je ne peux pas
Enlever cet amour de ma poitrine.
C’est une retenue merveilleuse,
Que, qu’elle le veuille ou non…
Ainsi, je ne sais pas quoi dire ;
Mais certainement je ne peux obéir
À ne pas dire du tout
Quelque chose de ce que je voudrais exprimer ;
Car c’est toujours la même chose,
Ce grand amour que j’ai,
1300 Duquel je ne peux sauver ni
Mes paroles ni cette obéissance :
Et ainsi mon silence est complet. P. i. 86
Je romps, et c’est le premier point
Dont je suis sorti dans cette affaire ;
Et ce n’est pas de l’orgueil.
Maintenant, de l’autre côté,
Pour parler de ma désobéissance,
Cela me cause une grande douleur
Et ne peut pénétrer dans mon esprit ;
1310 Car souvent il me vient à l’esprit
De chercher un autre amour,
Et je me dis : si je savais vraiment
À quel point je suis éloigné de sa grâce,
Je devrais aimer ailleurs.
Mais je refuse d’obéir à cela ;
Car on pourrait aussi bien me dire :
« Va prendre l’argent là où il est »,
Que de l’introduire dans mon esprit :
Car il n’y a jamais eu d’arbre enraciné
1320 Qui soit resté si fermement dans son sol,
Que je ne reste pas encore plus fermement
Dans cet amour, et je ne peux pas non plus
Jeter mon cœur ailleurs, même si je le voulais.
Car Dieu sait que, bien que je ne doive jamais
La revoir après ce jour,
Il en est ainsi que je ne peux pas
Enlever cet amour de ma poitrine.
C’est une retenue merveilleuse,
Que, qu’elle le veuille ou non…
Page 284
1330 Mon cœur est toujours attaché à elle,
Ainsi je ne peux penser à rien d’autre,
Que j’gagne ou que j’perde, P. i. 87
Je dois louer l’amour jusqu’à ma mort ;
Et ainsi je suis comme ceux qui louent
Les chevaux et leurs conducteurs,
Mais en rien d’autre avec fidélité.359
Car, mon père, qu’y a-t-il de plus
Touchant dans ce genre de chose360
Je vous en supplie, selon la manière
1340 Dont vous voudriez bien m’instruire,
Afin que je puisse gouverner mon cœur
Pour l’amour, selon les règles.
vii. Le murmure dans l’adversité naît ainsi chez celui-ci [Murmure et
Plainte.]
l’orgueilleux,
Peiné de voir sa destinée osciller entre deux sortes.
La fortune l’opprime tandis que l’espoir résiste dans l’amour,
L’amant gémit sans cesse avec un murmure intérieur.361
Concernant ce vice dont nous parlons, ici il est question du
Murmure et
Il existe deux formes de cela : la plainte, qui se manifeste
Ici sous le nom de Murmure, et toutes les autres
Formes : l’insoumission
Plus secrètes, telles
Qu’on ne peut les décrire ici ; leurs serviteurs
Pour maintenir une apparence joyeuse, les abandonnent.363
Car même si la fortune les fait gagner,
Ils se plaignent encore, et s’ils perdent,
1350 Il n’y a aucun remède à cela,
Qui puisse les consoler.
Ainsi ils sont généralement abattus ;
Ni la richesse ni la pauvreté
Ne peuvent les pousser vers la décision
De la constance n’est pas sage :
Car souvent ils méprisent
La bonne fortune autant que la mauvaise,
Comme s’ils n’avaient aucune raison, P. i. 88
Ainsi je ne peux penser à rien d’autre,
Que j’gagne ou que j’perde, P. i. 87
Je dois louer l’amour jusqu’à ma mort ;
Et ainsi je suis comme ceux qui louent
Les chevaux et leurs conducteurs,
Mais en rien d’autre avec fidélité.359
Car, mon père, qu’y a-t-il de plus
Touchant dans ce genre de chose360
Je vous en supplie, selon la manière
1340 Dont vous voudriez bien m’instruire,
Afin que je puisse gouverner mon cœur
Pour l’amour, selon les règles.
vii. Le murmure dans l’adversité naît ainsi chez celui-ci [Murmure et
Plainte.]
l’orgueilleux,
Peiné de voir sa destinée osciller entre deux sortes.
La fortune l’opprime tandis que l’espoir résiste dans l’amour,
L’amant gémit sans cesse avec un murmure intérieur.361
Concernant ce vice dont nous parlons, ici il est question du
Murmure et
Il existe deux formes de cela : la plainte, qui se manifeste
Ici sous le nom de Murmure, et toutes les autres
Formes : l’insoumission
Plus secrètes, telles
Qu’on ne peut les décrire ici ; leurs serviteurs
Pour maintenir une apparence joyeuse, les abandonnent.363
Car même si la fortune les fait gagner,
Ils se plaignent encore, et s’ils perdent,
1350 Il n’y a aucun remède à cela,
Qui puisse les consoler.
Ainsi ils sont généralement abattus ;
Ni la richesse ni la pauvreté
Ne peuvent les pousser vers la décision
De la constance n’est pas sage :
Car souvent ils méprisent
La bonne fortune autant que la mauvaise,
Comme s’ils n’avaient aucune raison, P. i. 88
Page 285
Par orgueil, dont ils sont aveugles.
1360 Et il en est de ce genre d’homme
que des amants, bien qu’ils aient
de l’amour tout ce qu’ils pourraient désirer,
veulent néanmoins que la fortune soit un peu contraire,
afin de ne pas obéir en aimant
selon la foi, comme ils le devraient ;
et s’il leur manque ce qu’ils voudraient,
aussitôt ils tombent dans une telle peine
qu’ils se plaignent sans cesse à la fortune, la maudissent et crient,
1370 ne voulant pas plier leur cœur
à souffrir jusqu’à ce que les choses s’améliorent.
Car si, parmi tous,
tu as eu cette condition,
Mon Fils, dans ta Confession
dis-moi maintenant clairement qui tu es.
Mon père, je connais en partie, Amans.364
Comme vous l’avez dit plus haut
au sujet du murmure et des plaintes d’amour,365
puisque je ne vois aucun progrès venir,
1380 je suis moi-même celui qui se plaint toujours de la fortune ;
et même en temps de joie,
quand j’entends ici ou là
des paroles douces ou des mots tendres
de ma dame, je suis aussitôt contrarié ;
mais je ne peux prononcer de paroles,
de peur qu’on ne me méprise,
car dans mon cœur je suis déçu :
avec tant de murmures, Dieu le sait, P. i. 89
1390 Ainsi je bois dans mes larmes amères,
et bien que je ne montre rien,
mon cœur est entièrement rebelle ;
et c’est ainsi que je me confesse
de ce que vous appelez pusillanimité.
Dis-moi maintenant quel est ton conseil.
1360 Et il en est de ce genre d’homme
que des amants, bien qu’ils aient
de l’amour tout ce qu’ils pourraient désirer,
veulent néanmoins que la fortune soit un peu contraire,
afin de ne pas obéir en aimant
selon la foi, comme ils le devraient ;
et s’il leur manque ce qu’ils voudraient,
aussitôt ils tombent dans une telle peine
qu’ils se plaignent sans cesse à la fortune, la maudissent et crient,
1370 ne voulant pas plier leur cœur
à souffrir jusqu’à ce que les choses s’améliorent.
Car si, parmi tous,
tu as eu cette condition,
Mon Fils, dans ta Confession
dis-moi maintenant clairement qui tu es.
Mon père, je connais en partie, Amans.364
Comme vous l’avez dit plus haut
au sujet du murmure et des plaintes d’amour,365
puisque je ne vois aucun progrès venir,
1380 je suis moi-même celui qui se plaint toujours de la fortune ;
et même en temps de joie,
quand j’entends ici ou là
des paroles douces ou des mots tendres
de ma dame, je suis aussitôt contrarié ;
mais je ne peux prononcer de paroles,
de peur qu’on ne me méprise,
car dans mon cœur je suis déçu :
avec tant de murmures, Dieu le sait, P. i. 89
1390 Ainsi je bois dans mes larmes amères,
et bien que je ne montre rien,
mon cœur est entièrement rebelle ;
et c’est ainsi que je me confesse
de ce que vous appelez pusillanimité.
Dis-moi maintenant quel est ton conseil.
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Mon Fils, et c’est à toi que je dis ceci, Confesseur.
Que se passe-t-il donc avec les autres hommes,
Que tu obéis à l’amour
Aussi vite que tu le peux ?
Car souvent, en de telles circonstances,
L’obéissance en amour est utile,
Là où toute force humaine échoue ;
Et si l’on veut connaître cela,
Comme il est écrit dans une Chronique,
On trouverait un grand exemple,
Qui m’est maintenant venu à l’esprit.
Il y avait jadis, aux temps anciens [L’Histoire de Florent].
Un chevalier valeureux, et comme on le disait,
Il était rebelle à l’amour.
Il était recommandé par l’empereur,
Et de sa cour, un courtisan : il était obéissant envers ses femmes ; on l’appelait Florent, Confesseur sur ce même exemple.
C’était un homme qui savait beaucoup de choses ; il était désireux de guerre, car, lorsque la fille du roi de Sicile…
Chevaleresque et amoureux, dans sa jeunesse,
Et pour la renommée du monde, il entreprenait des aventures extraordinaires, parmi les plus belles…
Il parcourut les marches alentour, sous l’effet d’incantations.
Un jour, alors qu’il était dehors, la fortune, qui peut transformer n’importe qui en la créature la plus vile,
Se transforma, et des hommes armés l’attaquèrent. Florent, alors, petit garçon, comme ce chevalier errait dans un passage, neveu de l’empereur Claude, soldat…
Il fut pris de force, très fort en armes,
Et on l’emmena dans un château, soumis à des lois strictes,
Où il avait peu d’amis.
Par obéissance, il endura une blessure grave,
Mais il tua ses ennemis et retrouva sa beauté originelle.
Branchus, que le capitaine admira grandement,
Reforma miraculeusement.
Il était fils et héritier, ce qui mit en colère
À la fois son père et sa mère. P. i. 90
Ce chevalier Branchus était de sa race.
Que se passe-t-il donc avec les autres hommes,
Que tu obéis à l’amour
Aussi vite que tu le peux ?
Car souvent, en de telles circonstances,
L’obéissance en amour est utile,
Là où toute force humaine échoue ;
Et si l’on veut connaître cela,
Comme il est écrit dans une Chronique,
On trouverait un grand exemple,
Qui m’est maintenant venu à l’esprit.
Il y avait jadis, aux temps anciens [L’Histoire de Florent].
Un chevalier valeureux, et comme on le disait,
Il était rebelle à l’amour.
Il était recommandé par l’empereur,
Et de sa cour, un courtisan : il était obéissant envers ses femmes ; on l’appelait Florent, Confesseur sur ce même exemple.
C’était un homme qui savait beaucoup de choses ; il était désireux de guerre, car, lorsque la fille du roi de Sicile…
Chevaleresque et amoureux, dans sa jeunesse,
Et pour la renommée du monde, il entreprenait des aventures extraordinaires, parmi les plus belles…
Il parcourut les marches alentour, sous l’effet d’incantations.
Un jour, alors qu’il était dehors, la fortune, qui peut transformer n’importe qui en la créature la plus vile,
Se transforma, et des hommes armés l’attaquèrent. Florent, alors, petit garçon, comme ce chevalier errait dans un passage, neveu de l’empereur Claude, soldat…
Il fut pris de force, très fort en armes,
Et on l’emmena dans un château, soumis à des lois strictes,
Où il avait peu d’amis.
Par obéissance, il endura une blessure grave,
Mais il tua ses ennemis et retrouva sa beauté originelle.
Branchus, que le capitaine admira grandement,
Reforma miraculeusement.
Il était fils et héritier, ce qui mit en colère
À la fois son père et sa mère. P. i. 90
Ce chevalier Branchus était de sa race.
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Le plus digne de tous ses pairs,
Et ils auraient volontiers pris leur revanche
Sur Florent, mais le souvenir
Du fait qu’ils avaient reconnu sa valeur
En tant que chevalier et noble,
Et de son lien de parenté
Avec l’empereur, les fit reculer,
Et ils n’osèrent pas encore le tuer :
1440 Dans de grandes disputes, ils étaient
Entre eux pour savoir qui était le meilleur.
Il y avait une dame, la plus rusée
De toutes celles que l’on connaissait,
Si âgée qu’elle pouvait accomplir n’importe quoi,
Et elle était dame de la mort :
Elle commença alors à parler,
Et dit comment elle pourrait le faire entrer,
Que lui seul pourrait gagner la mort,
1450 Par la force d’un pacte solennel,
Sans reproche de personne.
Bientôt, elle envoya chercher ce chevalier,
Et par l’aide de son fils, elle décida
De sa mort, et lui dit ainsi :
« Florent, puisque tu es au courant
De la mort de Branchus, on différera
Pour l’instant de prendre sa revanche ;
Sois donc soumis à un jugement
Sous certaines conditions,
1460 C’est-à-dire que tu devras répondre
À une question que je te poserai ;
Et sur cela, tu devras jurer
Que si tu mens, rien d’autre ne servira,
Que tu ne recevras pas la mort.
Et pour que l’on ne te trompe pas,
Afin que tu puisses être averti,
Tu auras du temps et de l’occasion. »
Et ils auraient volontiers pris leur revanche
Sur Florent, mais le souvenir
Du fait qu’ils avaient reconnu sa valeur
En tant que chevalier et noble,
Et de son lien de parenté
Avec l’empereur, les fit reculer,
Et ils n’osèrent pas encore le tuer :
1440 Dans de grandes disputes, ils étaient
Entre eux pour savoir qui était le meilleur.
Il y avait une dame, la plus rusée
De toutes celles que l’on connaissait,
Si âgée qu’elle pouvait accomplir n’importe quoi,
Et elle était dame de la mort :
Elle commença alors à parler,
Et dit comment elle pourrait le faire entrer,
Que lui seul pourrait gagner la mort,
1450 Par la force d’un pacte solennel,
Sans reproche de personne.
Bientôt, elle envoya chercher ce chevalier,
Et par l’aide de son fils, elle décida
De sa mort, et lui dit ainsi :
« Florent, puisque tu es au courant
De la mort de Branchus, on différera
Pour l’instant de prendre sa revanche ;
Sois donc soumis à un jugement
Sous certaines conditions,
1460 C’est-à-dire que tu devras répondre
À une question que je te poserai ;
Et sur cela, tu devras jurer
Que si tu mens, rien d’autre ne servira,
Que tu ne recevras pas la mort.
Et pour que l’on ne te trompe pas,
Afin que tu puisses être averti,
Tu auras du temps et de l’occasion. »
Page 288
Et pars en toute sécurité pour ton voyage,
1470 Afin que, à la fin de ces jours,
Tu reviennes avec de bons conseils.
Ce chevalier, qui était digne et sage,
Cette dame prie qu’il sache ce qu’il convient de faire,
Et qu’il le fasse inscrire sous sceau :
Quelle question devrait être posée,
Pourquoi il devrait, dans cette situation,
Consacrer une partie de sa vie à cela.
Avec cela, elle feint de former une compagnie, P. i. 92
Et elle dit : « Florent, par amour, je te demande
1480 Tout ce qui est nécessaire pour mon dessein :
Ce que toutes les femmes désirent le plus,
C’est ce que je veux savoir ; et dans l’empire
Où tu possèdes le plus de connaissances,
Donne-moi des conseils sur ce sujet. »
Florent a accepté cette tâche ;
Le jour fut fixé, le moment venu,
Il écrivit ses paroles sous son sceau,
Puis il partit vers sa cour ;
1490 Il raconta à son seigneur toute son aventure,
Tout ce qui lui était arrivé.
Alors tous ceux qui étaient les plus sages du royaume
Se mirent d’accord,
Mais certains ne purent pas s’entendre,
Chacun disant une chose différente.
Selon les lois de la nature,
À certaines femmes cela plaît,
1500 Alors que pour d’autres c’est une source de tristesse ;
Mais il existe quelque chose de particulier,
Qui, pour eux tous en général,
Est le plus agréable, le plus désiré,
Plus que tout le reste.
1470 Afin que, à la fin de ces jours,
Tu reviennes avec de bons conseils.
Ce chevalier, qui était digne et sage,
Cette dame prie qu’il sache ce qu’il convient de faire,
Et qu’il le fasse inscrire sous sceau :
Quelle question devrait être posée,
Pourquoi il devrait, dans cette situation,
Consacrer une partie de sa vie à cela.
Avec cela, elle feint de former une compagnie, P. i. 92
Et elle dit : « Florent, par amour, je te demande
1480 Tout ce qui est nécessaire pour mon dessein :
Ce que toutes les femmes désirent le plus,
C’est ce que je veux savoir ; et dans l’empire
Où tu possèdes le plus de connaissances,
Donne-moi des conseils sur ce sujet. »
Florent a accepté cette tâche ;
Le jour fut fixé, le moment venu,
Il écrivit ses paroles sous son sceau,
Puis il partit vers sa cour ;
1490 Il raconta à son seigneur toute son aventure,
Tout ce qui lui était arrivé.
Alors tous ceux qui étaient les plus sages du royaume
Se mirent d’accord,
Mais certains ne purent pas s’entendre,
Chacun disant une chose différente.
Selon les lois de la nature,
À certaines femmes cela plaît,
1500 Alors que pour d’autres c’est une source de tristesse ;
Mais il existe quelque chose de particulier,
Qui, pour eux tous en général,
Est le plus agréable, le plus désiré,
Plus que tout le reste.
Page 289
Une telle chose, ils ne pourront jamais la trouver380
Ce n’est ni une constellation ni une créature :
Ainsi Florent, sans se soucier de rien,
S’engagea aussitôt dans son aventure, P. i. 93
Et il est entièrement soumis à la loi,381
1510 Comme en l’absence de réponse de sa part.
Ce chevalier préfère mourir
Plutôt que de trahir sa parole et rester
Là où il avait juré de demeurer,
Et c’est pourquoi il reste là.
Quand le moment vint, il prit sa décision,
Il ne voulait plus croire davantage,
Et il pria son seigneur de ne pas être fâché,
Car c’est une question de son honneur ;
Il dit que personne ne pourrait le punir,
1520 Même si plus tard les gens disent qu’il a feint sa mort dans une aventure.
Ainsi il partit seul, en tant que chevalier aventureux,
Et dans ses pensées il était curieux
De savoir ce qu’il fallait faire :
Alors qu’il avançait ainsi,
Et arriva là où il voulait aller,
Dans une forêt, sous un arbre,
Il vit assise une créature,
1530 Une silhouette féminine misérable,
Si laide, tant en chair qu’en os,
Qu’il n’en avait jamais vu de pareille.
Ce chevalier l’observa attentivement,
Et alors qu’il voulait passer outre,
Elle l’appela et lui ordonna de rester ;
Il fit dévier son cheval,
Même s’il était blessé, et s’y arrêta,
Pour voir ce qu’elle voulait.
1540 Et elle commença à lui parler,
Et dit : « Ton nom est Florent, »
Ce n’est ni une constellation ni une créature :
Ainsi Florent, sans se soucier de rien,
S’engagea aussitôt dans son aventure, P. i. 93
Et il est entièrement soumis à la loi,381
1510 Comme en l’absence de réponse de sa part.
Ce chevalier préfère mourir
Plutôt que de trahir sa parole et rester
Là où il avait juré de demeurer,
Et c’est pourquoi il reste là.
Quand le moment vint, il prit sa décision,
Il ne voulait plus croire davantage,
Et il pria son seigneur de ne pas être fâché,
Car c’est une question de son honneur ;
Il dit que personne ne pourrait le punir,
1520 Même si plus tard les gens disent qu’il a feint sa mort dans une aventure.
Ainsi il partit seul, en tant que chevalier aventureux,
Et dans ses pensées il était curieux
De savoir ce qu’il fallait faire :
Alors qu’il avançait ainsi,
Et arriva là où il voulait aller,
Dans une forêt, sous un arbre,
Il vit assise une créature,
1530 Une silhouette féminine misérable,
Si laide, tant en chair qu’en os,
Qu’il n’en avait jamais vu de pareille.
Ce chevalier l’observa attentivement,
Et alors qu’il voulait passer outre,
Elle l’appela et lui ordonna de rester ;
Il fit dévier son cheval,
Même s’il était blessé, et s’y arrêta,
Pour voir ce qu’elle voulait.
1540 Et elle commença à lui parler,
Et dit : « Ton nom est Florent, »
Page 290
Tu as un tel jeu avec les chiens,
Que, même si tu es plus avisé,
c’est une mort inévitable,
que personne au monde ne peut éviter,
sauf si tu suis mon conseil.
Florent, lorsqu’il entendit cette histoire,
répondit à cette vieille femme
et rejeta son conseil.
1550 Elle lui dit alors ceci :
« Florent, si je fais tout cela
afin que tu puisses échapper à cette mort
et assumer la responsabilité de ton acte,
que recevrai-je en retour ? »
« Quoi donc », demanda-t-il, « voudrais-tu ? »
« Je ne demande pas de meilleure récompense », dit-elle,
« mais avant que tu partes,
tu dois me donner une telle promesse
que je veuille que tu sois mon serviteur. »
« Non », dit Florent, « cela ne peut être. »
« Alors pars sur-le-champ », dit-elle,
« et si tu sors sans argent,
tu seras certainement tué. »
Florent envisagea ses biens : terres, revenus, parcs, champs,
mais elle ne tenait compte de rien de tout cela.
Bien que ce chevalier fût plongé dans de profondes réflexions, P. i. 95
il allait et venait sans cesse,
1570 ne sachant pas quoi faire de mieux,
et, tandis qu’il allait et venait,
il pensa qu’il devait choisir l’une de ces trois options :
soit donner de l’argent à sa femme,
soit prendre un loyer pour elle,
soit risquer sa vie.
Alors il prit en compte le fait qu’elle était d’un âge si avancé
qu’elle ne vivrait plus longtemps,
et il décida de placer de l’argent sur une île.
Que, même si tu es plus avisé,
c’est une mort inévitable,
que personne au monde ne peut éviter,
sauf si tu suis mon conseil.
Florent, lorsqu’il entendit cette histoire,
répondit à cette vieille femme
et rejeta son conseil.
1550 Elle lui dit alors ceci :
« Florent, si je fais tout cela
afin que tu puisses échapper à cette mort
et assumer la responsabilité de ton acte,
que recevrai-je en retour ? »
« Quoi donc », demanda-t-il, « voudrais-tu ? »
« Je ne demande pas de meilleure récompense », dit-elle,
« mais avant que tu partes,
tu dois me donner une telle promesse
que je veuille que tu sois mon serviteur. »
« Non », dit Florent, « cela ne peut être. »
« Alors pars sur-le-champ », dit-elle,
« et si tu sors sans argent,
tu seras certainement tué. »
Florent envisagea ses biens : terres, revenus, parcs, champs,
mais elle ne tenait compte de rien de tout cela.
Bien que ce chevalier fût plongé dans de profondes réflexions, P. i. 95
il allait et venait sans cesse,
1570 ne sachant pas quoi faire de mieux,
et, tandis qu’il allait et venait,
il pensa qu’il devait choisir l’une de ces trois options :
soit donner de l’argent à sa femme,
soit prendre un loyer pour elle,
soit risquer sa vie.
Alors il prit en compte le fait qu’elle était d’un âge si avancé
qu’elle ne vivrait plus longtemps,
et il décida de placer de l’argent sur une île.
Page 291
Là où ce chevalier sans nom devait savoir,
1580 Jusqu’à ce qu’il fût renversé par la mort.
Ainsi, ce jeune chevalier vaillant
S’adressa à cette vieille femme laide,
Et lui dit : « Si aucune autre chance
Ne peut me sauver,
Si ce n’est bien ces mêmes paroles
Que, comme tu le dis, tu dois m’apprendre,
Tiens mon chien ici, je t’épouserai. »
Et ainsi il offrit sa foi en mariage.
Alors elle fronça les sourcils :
1590 « Je consentirai à cet engagement »,
dit-elle ; « mais si quelque autre chose,
Outre ce que tu apprendras de moi,
Peut épargner ton corps à la mort,
Je te libérerai de ta promesse ;
Sinon, il n’y a pas d’autre solution.
Écoute maintenant ce que je vais dire.
Lorsque tu arriveras au lieu
Où ils préparent maintenant une grande embuscade,
1600 Dès ton arrivée,
Ils chercheront aussitôt, par des réponses vaines,
À t’opposer.
Je sais que tu ne veux rien préparer
Pour ne pas être le meilleur ;
Et si tu peux trouver un moyen de te sauver,
C’est bien, car alors il n’y a plus rien d’autre.
Sinon, voici ma leçon :
Tu diras, sur ce modèle,
Que toutes les femmes qui veulent être aimées au plus haut point
Veulent dominer l’amour des hommes :
1610 Car quelle femme est si supérieure,
Elle a, comme on dit, tous les désirs ;
Et pourtant elle ne peut pas toujours obtenir
Ce qu’elle désire le plus.
Avec cette réponse, tu te sauveras,
Sinon, tu ne pourras pas t’en sortir.
1580 Jusqu’à ce qu’il fût renversé par la mort.
Ainsi, ce jeune chevalier vaillant
S’adressa à cette vieille femme laide,
Et lui dit : « Si aucune autre chance
Ne peut me sauver,
Si ce n’est bien ces mêmes paroles
Que, comme tu le dis, tu dois m’apprendre,
Tiens mon chien ici, je t’épouserai. »
Et ainsi il offrit sa foi en mariage.
Alors elle fronça les sourcils :
1590 « Je consentirai à cet engagement »,
dit-elle ; « mais si quelque autre chose,
Outre ce que tu apprendras de moi,
Peut épargner ton corps à la mort,
Je te libérerai de ta promesse ;
Sinon, il n’y a pas d’autre solution.
Écoute maintenant ce que je vais dire.
Lorsque tu arriveras au lieu
Où ils préparent maintenant une grande embuscade,
1600 Dès ton arrivée,
Ils chercheront aussitôt, par des réponses vaines,
À t’opposer.
Je sais que tu ne veux rien préparer
Pour ne pas être le meilleur ;
Et si tu peux trouver un moyen de te sauver,
C’est bien, car alors il n’y a plus rien d’autre.
Sinon, voici ma leçon :
Tu diras, sur ce modèle,
Que toutes les femmes qui veulent être aimées au plus haut point
Veulent dominer l’amour des hommes :
1610 Car quelle femme est si supérieure,
Elle a, comme on dit, tous les désirs ;
Et pourtant elle ne peut pas toujours obtenir
Ce qu’elle désire le plus.
Avec cette réponse, tu te sauveras,
Sinon, tu ne pourras pas t’en sortir.
Page 292
Et quand tu auras fini d’écrire,
Viens ici demain, tu me trouveras,
Et n’oublie rien de ce que tu as en tête.
Il le renvoie avec une grande affection,
Comme celui qui ne sait pas comment
Il peut atteindre les joies de ce monde :
Car s’il meurt, il subira une peine ;
Et s’il vit, il doit rester lié
À celle qui, de toutes les femmes, lui convient le mieux :
Ainsi, il ne sait pas encore ce qui est le mieux :
Que ce soit par amour ou par contrainte,
Il se rend au château pour y donner sa réponse définitive,
Soit pour mourir, soit pour vivre.
Le seigneur vient avec ses conseils ;
Les choses furent consignées par écrit ;
Il fait venir le fils de la dame,
Et voici que paraît cette vieille femme.
En présence de tous,
La force de tous les engagements fut rappelée ouvertement ;
On ordonna à Florent de donner son avis,
Comme celui qui sait quel est le prix à payer.
Florent dit tout ce qu’il pouvait,
Mais aucune parole ne put être prononcée
Pour qu’il puisse, par quelque moyen que ce soit,
Éviter sa mort.
Ainsi, il hésita longtemps,
Jusqu’à ce que la dame exige
Qu’il donne enfin sa réponse définitive
Concernant ce à quoi il s’était d’abord opposé ;
Alors il comprit bien qu’il ne pouvait obtenir aucun secours,
Sauf si des paroles pouvaient l’aider.
Viens ici demain, tu me trouveras,
Et n’oublie rien de ce que tu as en tête.
Il le renvoie avec une grande affection,
Comme celui qui ne sait pas comment
Il peut atteindre les joies de ce monde :
Car s’il meurt, il subira une peine ;
Et s’il vit, il doit rester lié
À celle qui, de toutes les femmes, lui convient le mieux :
Ainsi, il ne sait pas encore ce qui est le mieux :
Que ce soit par amour ou par contrainte,
Il se rend au château pour y donner sa réponse définitive,
Soit pour mourir, soit pour vivre.
Le seigneur vient avec ses conseils ;
Les choses furent consignées par écrit ;
Il fait venir le fils de la dame,
Et voici que paraît cette vieille femme.
En présence de tous,
La force de tous les engagements fut rappelée ouvertement ;
On ordonna à Florent de donner son avis,
Comme celui qui sait quel est le prix à payer.
Florent dit tout ce qu’il pouvait,
Mais aucune parole ne put être prononcée
Pour qu’il puisse, par quelque moyen que ce soit,
Éviter sa mort.
Ainsi, il hésita longtemps,
Jusqu’à ce que la dame exige
Qu’il donne enfin sa réponse définitive
Concernant ce à quoi il s’était d’abord opposé ;
Alors il comprit bien qu’il ne pouvait obtenir aucun secours,
Sauf si des paroles pouvaient l’aider.
Page 293
Comme la femme le lui a dit ;
De quoi il a une espérance certaine
Qu’il sera ainsi excusé,
Et pourra exprimer pleinement sa volonté.
Et quand cette matrone entendit
La manière dont ce chevalier répondit, P. i. 98
Elle dit : « Hé, traître, où es-tu,
1660 Qui as ainsi révélé le secret,
Que toutes les femmes désirent le plus !
Je voudrais que tu brûles. »
Mais en pareille situation
Florent est exempté de sa réponse :
Et bien qu’il commençât alors une nouvelle peine,
Car il ne pouvait partir, ou était infidèle,
Pour obtenir ce en quoi il avait confiance.
Mais lui, qui fuyait toute honte,
Partit à la place de son pénitence,
1670 Et prit le sort de sa chance,
Comme celui qui était engagé par la confiance.
Cette vieille femme l’attendait
À l’endroit où il avait laissé sa monture :
Florent souleva sa tête lourde
Et vit cette nuit-là où elle était assise,
Ce qui fut le plus misérable aspect
Que jamais homme ait vu :
Nez épaté, sourcils hauts,
Yeux petits et profondément enfoncés,
1680 Joues mouillées de larmes,
Et ridées comme une peau vide
Pendante jusqu’au menton,
Lèvres rétrécies par l’âge,
Il n’y avait aucune grâce sur son visage,
Son front était bas, ses cheveux épais,
Elle regardait en avant comme une Mauresque,
Son cou était court, ses épaules voûtées,
Qui auraient pu troubler le désir d’un homme, P. i. 99
Son corps grand et rien de petit.
De quoi il a une espérance certaine
Qu’il sera ainsi excusé,
Et pourra exprimer pleinement sa volonté.
Et quand cette matrone entendit
La manière dont ce chevalier répondit, P. i. 98
Elle dit : « Hé, traître, où es-tu,
1660 Qui as ainsi révélé le secret,
Que toutes les femmes désirent le plus !
Je voudrais que tu brûles. »
Mais en pareille situation
Florent est exempté de sa réponse :
Et bien qu’il commençât alors une nouvelle peine,
Car il ne pouvait partir, ou était infidèle,
Pour obtenir ce en quoi il avait confiance.
Mais lui, qui fuyait toute honte,
Partit à la place de son pénitence,
1670 Et prit le sort de sa chance,
Comme celui qui était engagé par la confiance.
Cette vieille femme l’attendait
À l’endroit où il avait laissé sa monture :
Florent souleva sa tête lourde
Et vit cette nuit-là où elle était assise,
Ce qui fut le plus misérable aspect
Que jamais homme ait vu :
Nez épaté, sourcils hauts,
Yeux petits et profondément enfoncés,
1680 Joues mouillées de larmes,
Et ridées comme une peau vide
Pendante jusqu’au menton,
Lèvres rétrécies par l’âge,
Il n’y avait aucune grâce sur son visage,
Son front était bas, ses cheveux épais,
Elle regardait en avant comme une Mauresque,
Son cou était court, ses épaules voûtées,
Qui auraient pu troubler le désir d’un homme, P. i. 99
Son corps grand et rien de petit.
Page 294
1690 Et pour décrire brièvement tout cela,
Elle n’a rien sans lac ;
Mais jusqu’au sac de laine,
Elle offre son aide à ce chevalier,389
Et lui ordonne, comme il se doit,
Comme elle en a fait la promesse,
Qu’il respecte son engagement,
Et devienne la fiancée qu’elle lui destine.
Mais Dieu sait comment ces paroles le plaisent :
1700 Son cœur se brise de tristesse,
À cause du chagrin qu’il ne peut fuir,
Même s’il voulait être infidèle.
Vois comment un homme, pour son propre bien,
Prend le baume avec le cannelle,390
Et avec la myrrhe, le sucre ;
De cette manière, Florent gagne de l’argent,
Comme dans ce récit :
Il boit l’amère avec le doux,
Il mêle la tristesse au plaisir,
1710 Et vit, comme on dit, en mourant ;
Sa jeunesse sera jetée au loin
Sur ceux dont la vie est vieille et misérable partout.
Mais il n’a pas besoin de cela :
Il veut garder sa foi,
Comme tout chevalier doit le faire,
Quoi qu’il lui arrive :
Même s’il est le plus vil de tous, P. i.
100
Pourtant, par honneur envers la féminité,
1720 Il pensa qu’il devait la prendre avec lui ;
Ainsi, par pure noblesse,
Comme il pouvait le mieux le faire,
Vêtu de haillons, comme elle l’était,
Il la mit sur son cheval devant lui
Et emmena sa bien-aimée avec douceur ;
Pas étonnant qu’il souffre souvent.
Elle n’a rien sans lac ;
Mais jusqu’au sac de laine,
Elle offre son aide à ce chevalier,389
Et lui ordonne, comme il se doit,
Comme elle en a fait la promesse,
Qu’il respecte son engagement,
Et devienne la fiancée qu’elle lui destine.
Mais Dieu sait comment ces paroles le plaisent :
1700 Son cœur se brise de tristesse,
À cause du chagrin qu’il ne peut fuir,
Même s’il voulait être infidèle.
Vois comment un homme, pour son propre bien,
Prend le baume avec le cannelle,390
Et avec la myrrhe, le sucre ;
De cette manière, Florent gagne de l’argent,
Comme dans ce récit :
Il boit l’amère avec le doux,
Il mêle la tristesse au plaisir,
1710 Et vit, comme on dit, en mourant ;
Sa jeunesse sera jetée au loin
Sur ceux dont la vie est vieille et misérable partout.
Mais il n’a pas besoin de cela :
Il veut garder sa foi,
Comme tout chevalier doit le faire,
Quoi qu’il lui arrive :
Même s’il est le plus vil de tous, P. i.
100
Pourtant, par honneur envers la féminité,
1720 Il pensa qu’il devait la prendre avec lui ;
Ainsi, par pure noblesse,
Comme il pouvait le mieux le faire,
Vêtu de haillons, comme elle l’était,
Il la mit sur son cheval devant lui
Et emmena sa bien-aimée avec douceur ;
Pas étonnant qu’il souffre souvent.
Page 295
Le chevalier, tel un oiseau prisonnier, restait la nuit
Parmi toutes les autres femmes,
Comme ce chevalier, jour après jour,
1730 Il le gardait près de lui, et montait son cheval
En temps de nuit, jusqu’au moment
Où il arriverait là où il voulait demeurer ;
Et en secret, sans bruit,
Il apportait cette femme infâme
Dans son château, de telle manière
Que personne ne pouvait deviner quoi que ce fût,
Jusqu’à ce qu’elle entre dans la chambre :
Là, il consulta ses conseillers les plus fidèles,
1740 Et leur dit qu’il avait absolument besoin
De cette femme pour épouser sa femme,
Sinon il perdrait la vie.
Les femmes de confiance acceptèrent,
Qu’elles agissent avec son accord :
Elles lui firent aussitôt ôter ses vêtements,
Et, conformément à la loi de l’époque,
Elle prit un bain, se reposa,
Et fut préparée pour le mariage. P. i.
101
Mais sans aucun artifice de coiffure,
1750 Ils ne purent arranger ses cheveux,
Et elle ne voulut pas être coiffée
Malgré tous les conseils ; alors eux,
Avec la ruse habituelle,
Décidèrent que cela était excusable,
Et cachèrent tout si habilement
Que personne ne put voir ce qui se passait.
Mais quand elle fut complètement prête
Et que toute la cérémonie fut terminée,
Elle paraissait encore plus laide :
1760 Pourtant, il n’y avait pas d’autre solution,
Ils se marièrent dans la nuit ;
Jamais chevalier ne commença un mariage
Aussi malheureusement que lui.
Parmi toutes les autres femmes,
Comme ce chevalier, jour après jour,
1730 Il le gardait près de lui, et montait son cheval
En temps de nuit, jusqu’au moment
Où il arriverait là où il voulait demeurer ;
Et en secret, sans bruit,
Il apportait cette femme infâme
Dans son château, de telle manière
Que personne ne pouvait deviner quoi que ce fût,
Jusqu’à ce qu’elle entre dans la chambre :
Là, il consulta ses conseillers les plus fidèles,
1740 Et leur dit qu’il avait absolument besoin
De cette femme pour épouser sa femme,
Sinon il perdrait la vie.
Les femmes de confiance acceptèrent,
Qu’elles agissent avec son accord :
Elles lui firent aussitôt ôter ses vêtements,
Et, conformément à la loi de l’époque,
Elle prit un bain, se reposa,
Et fut préparée pour le mariage. P. i.
101
Mais sans aucun artifice de coiffure,
1750 Ils ne purent arranger ses cheveux,
Et elle ne voulut pas être coiffée
Malgré tous les conseils ; alors eux,
Avec la ruse habituelle,
Décidèrent que cela était excusable,
Et cachèrent tout si habilement
Que personne ne put voir ce qui se passait.
Mais quand elle fut complètement prête
Et que toute la cérémonie fut terminée,
Elle paraissait encore plus laide :
1760 Pourtant, il n’y avait pas d’autre solution,
Ils se marièrent dans la nuit ;
Jamais chevalier ne commença un mariage
Aussi malheureusement que lui.
Page 296
Et elle commença à pleurer et à se fâcher,
Comme celle qui dit : « Je ne sais plus rien ; »
Mais il ne s’en soucia point,
Car elle prit alors un chien sur ses genoux
Et le traita comme son serviteur,
Et dit : « Mon seigneur, allons nous coucher,
Car j’ai fait ce serment,
Que tu serais le bonheur de mon monde : »
Et elle l’obligea à l’embrasser,
Comme une dame passionnée.
Son corps était bien là,
Mais, par la pensée et le souvenir,
Son cœur était au purgatoire.
Cependant, par la force du mariage,
Il pouvait faire en sorte que rien ne l’oblige
À aller se coucher avec elle :
Et quand ils furent couchés nus,
Sans sommeil, il resta éveillé ;
Il se tourna de l’autre côté,
Car il voulait se cacher
Pour éviter de voir cette femme impure.
La chambre était pleine de lumière,
Les rideaux étaient fins en cendal,
Ce jeune couple qui se trouvait là-dedans,
Bien que ce fût la nuit, restait éveillé ;
Elle revêtit ses armes devant son seigneur,
Et, tandis qu’il était tourné vers l’autre côté,
Elle voulut le ramener vers elle ;
« Car maintenant, » dit-elle, « nous sommes ensemble. »
Et il resta immobile comme une pierre,
Mais elle parlait sans cesse et le pressait,
Et lui rappelait ce qu’elle avait dit
Lorsqu’elle avait pris le chien.
Il entendit et comprit le serment,
Comment il était condamné à sa pénitence,
Comme un homme en transe.
Comme celle qui dit : « Je ne sais plus rien ; »
Mais il ne s’en soucia point,
Car elle prit alors un chien sur ses genoux
Et le traita comme son serviteur,
Et dit : « Mon seigneur, allons nous coucher,
Car j’ai fait ce serment,
Que tu serais le bonheur de mon monde : »
Et elle l’obligea à l’embrasser,
Comme une dame passionnée.
Son corps était bien là,
Mais, par la pensée et le souvenir,
Son cœur était au purgatoire.
Cependant, par la force du mariage,
Il pouvait faire en sorte que rien ne l’oblige
À aller se coucher avec elle :
Et quand ils furent couchés nus,
Sans sommeil, il resta éveillé ;
Il se tourna de l’autre côté,
Car il voulait se cacher
Pour éviter de voir cette femme impure.
La chambre était pleine de lumière,
Les rideaux étaient fins en cendal,
Ce jeune couple qui se trouvait là-dedans,
Bien que ce fût la nuit, restait éveillé ;
Elle revêtit ses armes devant son seigneur,
Et, tandis qu’il était tourné vers l’autre côté,
Elle voulut le ramener vers elle ;
« Car maintenant, » dit-elle, « nous sommes ensemble. »
Et il resta immobile comme une pierre,
Mais elle parlait sans cesse et le pressait,
Et lui rappelait ce qu’elle avait dit
Lorsqu’elle avait pris le chien.
Il entendit et comprit le serment,
Comment il était condamné à sa pénitence,
Comme un homme en transe.
Page 297
Il le déchira complètement,
Et voici qu’une dame le recueillit
D’une beauté d’âge dix ans,
La plus belle de visage
Que jamais il eut vue en ce monde :
Et comme il voulait la prendre pour épouse,
Elle posa sa main et devint sa compagne,
Le conjurant de rester avec elle, P. i.
103
Et elle dit que pour gagner ou perdre,
1810 Il devait choisir l’une des deux choses :
Soit il l’aurait ainsi une nuit,
Soit il l’aurait en plein jour,
Car il ne pourrait avoir les deux.
Alors il commença à souffrir,
En réfléchissant de mille manières,
Mais malgré tout ce qu’il trouvait,
Il ne pouvait décider quoi était le mieux.
Et elle, voulant apaiser son cœur,
Le pria de choisir définitivement,
1820 Jusqu’à ce qu’enfin, après longtemps,
Il dise : « Ô toi, mon âme bien-aimée,
Dis ce que tu veux dans ma détresse,
Je ne sais quelle réponse je donnerai :
Mais tant que je vivrai,
Je veux que tu sois ma maîtresse,
Car je ne peux pas moi-même décider
Ce qui est le meilleur pour mon choix.
Ainsi je te donne toute ma voix,
Choisis pour nous deux, je t’en supplie ;
1830 Et quoi que tu dises,
Comme tu le voudras, je le ferai. »
« Mon seigneur », dit-elle, « accorde-moi grâce,
Pour ces paroles que tu viens de dire,
En faisant de moi ta souveraine,
Mon destin a été dépassé,
Car désormais ma beauté,
Que j’ai maintenant, ne sera plus jamais diminuée. »
Et voici qu’une dame le recueillit
D’une beauté d’âge dix ans,
La plus belle de visage
Que jamais il eut vue en ce monde :
Et comme il voulait la prendre pour épouse,
Elle posa sa main et devint sa compagne,
Le conjurant de rester avec elle, P. i.
103
Et elle dit que pour gagner ou perdre,
1810 Il devait choisir l’une des deux choses :
Soit il l’aurait ainsi une nuit,
Soit il l’aurait en plein jour,
Car il ne pourrait avoir les deux.
Alors il commença à souffrir,
En réfléchissant de mille manières,
Mais malgré tout ce qu’il trouvait,
Il ne pouvait décider quoi était le mieux.
Et elle, voulant apaiser son cœur,
Le pria de choisir définitivement,
1820 Jusqu’à ce qu’enfin, après longtemps,
Il dise : « Ô toi, mon âme bien-aimée,
Dis ce que tu veux dans ma détresse,
Je ne sais quelle réponse je donnerai :
Mais tant que je vivrai,
Je veux que tu sois ma maîtresse,
Car je ne peux pas moi-même décider
Ce qui est le meilleur pour mon choix.
Ainsi je te donne toute ma voix,
Choisis pour nous deux, je t’en supplie ;
1830 Et quoi que tu dises,
Comme tu le voudras, je le ferai. »
« Mon seigneur », dit-elle, « accorde-moi grâce,
Pour ces paroles que tu viens de dire,
En faisant de moi ta souveraine,
Mon destin a été dépassé,
Car désormais ma beauté,
Que j’ai maintenant, ne sera plus jamais diminuée. »
Page 298
Jusqu’à ce que je sois emporté dans ma tombe ;
Nuit et jour, comme je le suis maintenant.
104
1840 Je serai toujours ainsi envers vous.
Je suis la fille du roi de Cizile,
Et je suis tombée il y a quelque temps,
Comme lorsque j’étais avec mon père autrefois ;
Ma belle-mère, par une haine
Qu’elle a commencée à ressentir envers moi,
M’a persécutée, jusqu’à ce que j’aie gagné
L’amour et la souveraineté
Du chevalier qui, dans son rang,
Surpasse tous les autres par sa bonne réputation :
1850 Et, comme on le dit, vous êtes pareil,
Les faits le prouvent ;
Ainsi, je serai à jamais vôtre.
Il y eut alors joie et plaisir,
Avec d’autres festins et réjouissances ;
Ils vécurent longtemps et heureux, eux et leurs chevaux,
Et les clercs qui ont rapporté cet événement
L’ont écrit en témoignage,
Pour montrer comment l’obéissance
Peut bien faire aimer un homme par la fortune
1860 Et le placer au-dessus de ses désirs,
Comme cela arriva à ce chevalier.
C’est pourquoi, mon Fils, si tu agis droitement,
Confesseur, tu obéiras à cet amour
Et suivras sa volonté en tout.
Mon saint Père, c’est ce que je veux : Amans.
Car vous m’avez raconté une telle histoire
À propos de cet exemple,
Que je garderai à jamais cette pratique :
1870 Aimer et lui obéir davantage ;
Et quant à l’orgueil, s’il en existe d’autre,
De quoi il s’agit précisément,
Je l’écrirai.
Nuit et jour, comme je le suis maintenant.
104
1840 Je serai toujours ainsi envers vous.
Je suis la fille du roi de Cizile,
Et je suis tombée il y a quelque temps,
Comme lorsque j’étais avec mon père autrefois ;
Ma belle-mère, par une haine
Qu’elle a commencée à ressentir envers moi,
M’a persécutée, jusqu’à ce que j’aie gagné
L’amour et la souveraineté
Du chevalier qui, dans son rang,
Surpasse tous les autres par sa bonne réputation :
1850 Et, comme on le dit, vous êtes pareil,
Les faits le prouvent ;
Ainsi, je serai à jamais vôtre.
Il y eut alors joie et plaisir,
Avec d’autres festins et réjouissances ;
Ils vécurent longtemps et heureux, eux et leurs chevaux,
Et les clercs qui ont rapporté cet événement
L’ont écrit en témoignage,
Pour montrer comment l’obéissance
Peut bien faire aimer un homme par la fortune
1860 Et le placer au-dessus de ses désirs,
Comme cela arriva à ce chevalier.
C’est pourquoi, mon Fils, si tu agis droitement,
Confesseur, tu obéiras à cet amour
Et suivras sa volonté en tout.
Mon saint Père, c’est ce que je veux : Amans.
Car vous m’avez raconté une telle histoire
À propos de cet exemple,
Que je garderai à jamais cette pratique :
1870 Aimer et lui obéir davantage ;
Et quant à l’orgueil, s’il en existe d’autre,
De quoi il s’agit précisément,
Je l’écrirai.
Page 299
Mon père, je vous en prie, je vous implore.
Maintenant, mon Fils, et moi, nous dirons : Confesseur.
Car il y a de la supercherie,
Qui se tient avec l’orgueil de la compagnie ;
De quoi tu sauras bientôt ici,
Pour savoir si tu as tort ou raison
Selon la forme que tu suivras ici :
Comprends bien maintenant la matière.
Maintenant, mon Fils, et moi, nous dirons : Confesseur.
Car il y a de la supercherie,
Qui se tient avec l’orgueil de la compagnie ;
De quoi tu sauras bientôt ici,
Pour savoir si tu as tort ou raison
Selon la forme que tu suivras ici :
Comprends bien maintenant la matière.
Page 300
viii. Il croit tout savoir, mais il ignore lui-même [iii. Ou Prétention.]
La prétention ne connaît rien,
Et elle ne pense pas qu’il y ait quelqu’un de semblable à elle qui soit son égal.
Celui qui se croit plus rusé et capable de vaincre la guerre,
Tombe plus facilement dans les pièges de Vénus.
Souvent, Cupidon trompe l’homme qui prétend l’aimer,
Et ses espoirs se révèlent vains.
C’est là encore un exemple de cette sorte
De fierté, qui occupe la troisième place
Dans sa cour, et qui ne veut pas reconnaître
La vérité avant qu’elle ne le renverse.
Sur sa fortune et sa grâce, il parle ici de
la troisième espèce : « Si seulement j’avais su… » ; c’est la fierté,
car il fait tout selon son propre gré ; on l’appelle prétention,
et elle annule toute certitude. Sa nature
est telle que, selon le premier et le second principe,
aucun autre conseil ne lui semble bon ; le confesseur
l’explique simplement tel qu’il se le représente.
Car, de la manière dont il agit,
son intelligence surpasse toutes les autres ; il est tellement empli de fierté
qu’il méprise tous les autres,
et se croit si beau, si digne, si sage,
qu’il voudrait être supérieur à tous les autres.
Il ne demande donc pas la miséricorde de Dieu,
qui accorde toute grâce ; il consacre donc toute son intelligence
à lui-même, comme s’il n’y avait pas de dieu capable de l’aider.
Il compte uniquement sur sa propre intelligence,
jusqu’à ce qu’il tombe dans un piège si profond
qu’il ne puisse plus se relever.
Et c’est exactement de la même manière.
La prétention ne connaît rien,
Et elle ne pense pas qu’il y ait quelqu’un de semblable à elle qui soit son égal.
Celui qui se croit plus rusé et capable de vaincre la guerre,
Tombe plus facilement dans les pièges de Vénus.
Souvent, Cupidon trompe l’homme qui prétend l’aimer,
Et ses espoirs se révèlent vains.
C’est là encore un exemple de cette sorte
De fierté, qui occupe la troisième place
Dans sa cour, et qui ne veut pas reconnaître
La vérité avant qu’elle ne le renverse.
Sur sa fortune et sa grâce, il parle ici de
la troisième espèce : « Si seulement j’avais su… » ; c’est la fierté,
car il fait tout selon son propre gré ; on l’appelle prétention,
et elle annule toute certitude. Sa nature
est telle que, selon le premier et le second principe,
aucun autre conseil ne lui semble bon ; le confesseur
l’explique simplement tel qu’il se le représente.
Car, de la manière dont il agit,
son intelligence surpasse toutes les autres ; il est tellement empli de fierté
qu’il méprise tous les autres,
et se croit si beau, si digne, si sage,
qu’il voudrait être supérieur à tous les autres.
Il ne demande donc pas la miséricorde de Dieu,
qui accorde toute grâce ; il consacre donc toute son intelligence
à lui-même, comme s’il n’y avait pas de dieu capable de l’aider.
Il compte uniquement sur sa propre intelligence,
jusqu’à ce qu’il tombe dans un piège si profond
qu’il ne puisse plus se relever.
Et c’est exactement de la même manière.
Page 301
1910 Ce vice dans la cause de l’amour – ce traité du Confesseur avec l’Amant, qui place si fièrement le cœur au-dessus de tout ; et il croit vraiment, du moins, qu’il est digne d’aimer n’importe quelle femme, par sa propre prétention, dont l’orgueil lui donne valeur et suffisance ; beaucoup de fous, ainsi, sans réflexion, amants, puisqu’il élève son espoir dans l’amour à un niveau si élevé, espèrent obtenir ce qu’ils désirent ; et souvent, lorsqu’il obtient cela, ils se retrouvent dans l’imprévu.
1920 Là où il n’est pas aimé, ils sont privés de tout. Il vaut mieux être aimé. Maintenant, Fils, dis-moi ce que tu penses de ce que je t’ai dit ici. Ah, Père, ne soyez pas en colère : je crois qu’il n’y a personne, de quelque manière que ce soit, plus digne que moi d’être aimé ; et c’est pourquoi je ne cherche pas d’excuse pour moi-même.
1930 Pour tous, l’amour est gratuit. Et certainement, personne ne peut être blâmé, car l’amour est en soi si humble qu’il habite dans le cœur d’un homme ; mais personne ne doit m’empêcher de croire que je suis digne d’être aimé, seulement par sa miséricorde. Mais, Seigneur, si vous voulez dire que je devrais croire que je suis moins digne d’être aimé que je ne le suis en réalité, alors je suis conscient de cela.
1940 Mon bon Fils, dis-moi comment. Confesseur. Eh bien, je vais vous le dire, Amant. Mon bon Père, comment cela se passe-t-il ? Peut-être que cela arrive à cause d’un espoir qui n’était pas certain ; alors, mon cœur est poussé à désirer des choses qui ne m’aident en rien.
1920 Là où il n’est pas aimé, ils sont privés de tout. Il vaut mieux être aimé. Maintenant, Fils, dis-moi ce que tu penses de ce que je t’ai dit ici. Ah, Père, ne soyez pas en colère : je crois qu’il n’y a personne, de quelque manière que ce soit, plus digne que moi d’être aimé ; et c’est pourquoi je ne cherche pas d’excuse pour moi-même.
1930 Pour tous, l’amour est gratuit. Et certainement, personne ne peut être blâmé, car l’amour est en soi si humble qu’il habite dans le cœur d’un homme ; mais personne ne doit m’empêcher de croire que je suis digne d’être aimé, seulement par sa miséricorde. Mais, Seigneur, si vous voulez dire que je devrais croire que je suis moins digne d’être aimé que je ne le suis en réalité, alors je suis conscient de cela.
1940 Mon bon Fils, dis-moi comment. Confesseur. Eh bien, je vais vous le dire, Amant. Mon bon Père, comment cela se passe-t-il ? Peut-être que cela arrive à cause d’un espoir qui n’était pas certain ; alors, mon cœur est poussé à désirer des choses qui ne m’aident en rien.
Page 302
Mon propre ou mon propre esprit.
Car il semble que la beauté,
1950 Comme le disent les hommes,
Réponde ; ainsi aussi, sans aucun doute,
À vous, mon père, je l’avoue,
Mon intelligence est déconcertée,
Ainsi que ce qui me serait le plus bénéfique, P. i.
108
Bien des fois je le croyais ainsi,
Mais finalement je ne l’ai jamais vu.
Ainsi puis-je raconter, autant que je peux,
Car le destin trompe bien des hommes ;407
C’est ce qui m’est arrivé, je le sais bien :
1960 Car si quelqu’un veut dans un destin408
Qui n’a pas de ligne inférieure,
Il doit nécessairement tout renverser.
Ainsi le destin m’a traité :
Car quand je pensais avoir encore une chance,
Comme mon destin le voulait,
Alors j’étais le plus éloigné, le dernier,409
Et comme un fou, j’ai relâché mon arc,
Quand tout espoir de réussite avait disparu.
Ainsi, mon père, à cause de cela,
1970 Que mon destin s’est détourné
Vers la folie,
Si je meurs sans avoir fait pénitence.
Mais si vous voulez, sous quelque forme,
Une histoire sur ce sujet,
Qui mettrait fin à ce vice,
Je pourrais faire mieux.
Mon Fils, de toutes les manières possibles [Histoire de
Capaneus.]
La folie doit être méprisée,
Ainsi le dit le Confesseur
D’où je trouve écrit ceci. exemple contre
1980 Le fier chevalier Capaneüs, celui-là, qui de ses
Il était tellement plein de folie, avec des forces prétentieuses
Sur ceux qui sont plus faibles
Que sa chevalerie les rend puissants. Et il raconte
À son sujet une histoire très triste, comment il…
Car il semble que la beauté,
1950 Comme le disent les hommes,
Réponde ; ainsi aussi, sans aucun doute,
À vous, mon père, je l’avoue,
Mon intelligence est déconcertée,
Ainsi que ce qui me serait le plus bénéfique, P. i.
108
Bien des fois je le croyais ainsi,
Mais finalement je ne l’ai jamais vu.
Ainsi puis-je raconter, autant que je peux,
Car le destin trompe bien des hommes ;407
C’est ce qui m’est arrivé, je le sais bien :
1960 Car si quelqu’un veut dans un destin408
Qui n’a pas de ligne inférieure,
Il doit nécessairement tout renverser.
Ainsi le destin m’a traité :
Car quand je pensais avoir encore une chance,
Comme mon destin le voulait,
Alors j’étais le plus éloigné, le dernier,409
Et comme un fou, j’ai relâché mon arc,
Quand tout espoir de réussite avait disparu.
Ainsi, mon père, à cause de cela,
1970 Que mon destin s’est détourné
Vers la folie,
Si je meurs sans avoir fait pénitence.
Mais si vous voulez, sous quelque forme,
Une histoire sur ce sujet,
Qui mettrait fin à ce vice,
Je pourrais faire mieux.
Mon Fils, de toutes les manières possibles [Histoire de
Capaneus.]
La folie doit être méprisée,
Ainsi le dit le Confesseur
D’où je trouve écrit ceci. exemple contre
1980 Le fier chevalier Capaneüs, celui-là, qui de ses
Il était tellement plein de folie, avec des forces prétentieuses
Sur ceux qui sont plus faibles
Que sa chevalerie les rend puissants. Et il raconte
À son sujet une histoire très triste, comment il…
Page 303
Cet homme, nommé Capaneus, soldat armé, ne cherchait à provoquer aucune querelle ; c’était un homme très probe. On disait que ses paroles étaient vaines, fruit de son arrogance. Cette arrogance provenait d’une pure audace, d’un manque de courage, et d’une invocation aux dieux sans raison valable. Par manque de courage et sans nécessité réelle, il nourrissait de telles prétentions. Il gardait cette opinion orgueilleuse, uniquement par vanité, et non pour une autre raison. Jusqu’au jour où il affirma que cela s’était vraiment produit. À propos de Thèbes, où il se trouvait, alors que la ville était assiégée, ce chevalier, comme le rapportent les chroniques, se présenta devant ses hommes, prêt à combattre les ennemis. Alors qu’il était au sommet de sa force, il demanda du feu. Il pensait que rien ne pouvait l’arrêter soudainement, mais un feu vint l’atteindre, le consumant entièrement, lui et son bouclier, sous les cendres. Alors qu’il voulait attaquer la ville, Dieu prit lui-même le combat en main. Face à son orgueil, un tonnerre de feu descendit du ciel, le réduisant en poussière. Ainsi, cet orgueil, alors qu’il était au plus fort de sa puissance, fut brûlé et disparut complètement. Cela montre bien que la force de l’homme est peu de chose, à moins qu’il ne sache bien la maîtriser. De plus, on peut apprendre de cela que c’est toujours dommageable lorsqu’un homme croit en lui-même au point de penser qu’il peut surpasser tous les autres, tout en ignorant ses propres défauts. Je vais te raconter l’histoire d’un homme qui se croyait très sage, afin que tu puisses en tirer une leçon.
Page 304
2020 Afin que tu n’entreprends pas une telle chose.
Je trouve dans Surquiderie
Que jadis en Hongrie,
Autrefois, il y avait un roi
Sage et honnête en toutes choses :
Et il arriva un jour,
C’était au mois de mai,413
Comme c’était l’usage à cette époque, [La Trompette
De la Mort.]
Ce roi, avec une noble prévoyance,
A fait préparer pour lui sa charrette,
2030 Dans laquelle il voulait partir joyeusement. Voici ce que dit
Le confesseur contre
En sortant de la ville pour aller plaider, ceux qui de leur propre
Avec des seigneurs et de grands nobles, connaissant
Les gens vaillants qui étaient jeunes : prétentieux
Des conditions des autres
Certains plaidaient et certains chantaient, jugant
D’autres allaient et d’autres chevauchaient, indiscrets
Et certains piquaient ici les chevaux de côté en les réprimandant. Et
Il raconte un exemple de
Et il les bridait tantôt dedans, tantôt dehors. Un certain prince
Le roi fit faire le tour autour de lui, du Roi de Hongrie
Jusqu’à ce qu’il soit finalement vaincu par son frère allemand, qui avec
Son frère
2040 Et voici qu’il s’approcha de sa charrette auprès des pauvres dans
Deux pèlerins d’un âge si avancé,414 en public il les vit
Humiliés, lui-même
Qui jusqu’à une image sombre les réprimandait en
Ils étaient pâles et décolorés,415 leur enseignant le contraire
Et comme un arbre qui vient de pousser, il se montrait prétentieux : mais le Roi,
Avec toute sagesse
Ici il y avait des herbes vertes et blanches ; le surpassant
Il n’y avait pas la moindre trace de leur espèce, si imprudent
Qu’ils ne donnaient même pas de semence. Le prétentieux fut
Conduit à l’humilité
Ils vinrent au roi et demandèrent avec terreur
Qu’il leur montre un peu de sa bonne grâce par charité ;416 avec prudence il les punit légèrement.
Et lui, avec grande humilité,
2050 Il les fit descendre de sa charrette, P. i. 111
Et il les garda sous ses deux bras
Et il les protégea de haut en bas
Devant les seigneurs de son royaume,417
Et il leur donna alors de ses biens.
Je trouve dans Surquiderie
Que jadis en Hongrie,
Autrefois, il y avait un roi
Sage et honnête en toutes choses :
Et il arriva un jour,
C’était au mois de mai,413
Comme c’était l’usage à cette époque, [La Trompette
De la Mort.]
Ce roi, avec une noble prévoyance,
A fait préparer pour lui sa charrette,
2030 Dans laquelle il voulait partir joyeusement. Voici ce que dit
Le confesseur contre
En sortant de la ville pour aller plaider, ceux qui de leur propre
Avec des seigneurs et de grands nobles, connaissant
Les gens vaillants qui étaient jeunes : prétentieux
Des conditions des autres
Certains plaidaient et certains chantaient, jugant
D’autres allaient et d’autres chevauchaient, indiscrets
Et certains piquaient ici les chevaux de côté en les réprimandant. Et
Il raconte un exemple de
Et il les bridait tantôt dedans, tantôt dehors. Un certain prince
Le roi fit faire le tour autour de lui, du Roi de Hongrie
Jusqu’à ce qu’il soit finalement vaincu par son frère allemand, qui avec
Son frère
2040 Et voici qu’il s’approcha de sa charrette auprès des pauvres dans
Deux pèlerins d’un âge si avancé,414 en public il les vit
Humiliés, lui-même
Qui jusqu’à une image sombre les réprimandait en
Ils étaient pâles et décolorés,415 leur enseignant le contraire
Et comme un arbre qui vient de pousser, il se montrait prétentieux : mais le Roi,
Avec toute sagesse
Ici il y avait des herbes vertes et blanches ; le surpassant
Il n’y avait pas la moindre trace de leur espèce, si imprudent
Qu’ils ne donnaient même pas de semence. Le prétentieux fut
Conduit à l’humilité
Ils vinrent au roi et demandèrent avec terreur
Qu’il leur montre un peu de sa bonne grâce par charité ;416 avec prudence il les punit légèrement.
Et lui, avec grande humilité,
2050 Il les fit descendre de sa charrette, P. i. 111
Et il les garda sous ses deux bras
Et il les protégea de haut en bas
Devant les seigneurs de son royaume,417
Et il leur donna alors de ses biens.
Page 305
Et quand il eut accompli cet acte,
Il entra dans sa chambre.
Il y avait murmures, il y avait ressentiment,
Il était entouré de tous côtés,
2060 Ils disaient, sans orgueil,
L’un après l’autre : « Qu’est-ce donc ?
Notre roi a fait cela exprès,
Afin de dénigrer sa propre dignité,
Pour que chacun puisse le voir,
Et de l’humilier ainsi
Devant ceux qui n’avaient aucune autorité. »
Ainsi parlaient-ils les uns aux autres,
Ceux qui étaient avec lui,
En privé, derrière son dos ;
2070 Mais personne ne lui parlait.
Le frère du roi était présent à ce moment-là,
Et il en conçut une grande offense ;
Il fut le premier à le blâmer le plus,
Et dit aux seigneurs :
Dès qu’il en trouverait l’occasion,
Rien ne resterait derrière,
Il parlerait au roi.
2080 Afin d’éviter ce qui pourrait arriver.
C’était un jour beau et agréable,
Tout le monde discutait et riait,
Et ils se mirent à raconter de nouvelles histoires :
Comment les fleurs fraîches poussaient,
Comment les jeunes pousses verdoyaient,
Comment l’amour parmi les jeunes
Éveillait les cœurs,
Et comment chaque jeune fille avait choisi son époux :
2090 Ainsi passèrent-ils la journée de mai,
Chacun retournant chez soi.
Le roi n’était pas encore revenu ;
Quand il eut pris sa chambre…
Il entra dans sa chambre.
Il y avait murmures, il y avait ressentiment,
Il était entouré de tous côtés,
2060 Ils disaient, sans orgueil,
L’un après l’autre : « Qu’est-ce donc ?
Notre roi a fait cela exprès,
Afin de dénigrer sa propre dignité,
Pour que chacun puisse le voir,
Et de l’humilier ainsi
Devant ceux qui n’avaient aucune autorité. »
Ainsi parlaient-ils les uns aux autres,
Ceux qui étaient avec lui,
En privé, derrière son dos ;
2070 Mais personne ne lui parlait.
Le frère du roi était présent à ce moment-là,
Et il en conçut une grande offense ;
Il fut le premier à le blâmer le plus,
Et dit aux seigneurs :
Dès qu’il en trouverait l’occasion,
Rien ne resterait derrière,
Il parlerait au roi.
2080 Afin d’éviter ce qui pourrait arriver.
C’était un jour beau et agréable,
Tout le monde discutait et riait,
Et ils se mirent à raconter de nouvelles histoires :
Comment les fleurs fraîches poussaient,
Comment les jeunes pousses verdoyaient,
Comment l’amour parmi les jeunes
Éveillait les cœurs,
Et comment chaque jeune fille avait choisi son époux :
2090 Ainsi passèrent-ils la journée de mai,
Chacun retournant chez soi.
Le roi n’était pas encore revenu ;
Quand il eut pris sa chambre…
Page 306
Son frère n’était pas là,
Et il rapporta à son seigneur
L’histoire de la honte qu’il avait causée
En entravant le bon nom de son frère,
Alors que lui-même voulait tant boire,
Qu’il daigna montrer une telle simplicité
À un pauvre misérable,
Montrant ainsi sa noblesse :
Il dit qu’il n’utiliserait plus cela,
Et qu’il ne devait s’excuser
Devant aucun de ses seigneurs.
Le roi resta immobile comme une pierre, P. i. 113
Et après avoir entendu son récit,
Il réfléchit plus qu’il ne parla ;
Mais quoi qu’il ait entendu,
Le roi répondit avec courtoisie,
Et dit que cela devait être corrigé.
2110 Et quand son récit fut terminé,
La table et les nappes étaient prêtes ;
Le roi se rendit à son souper
Parmi les seigneurs dans la salle ;
Et quand ils eurent tous soupé,
Ils prirent congé et partirent.
Le roi se demanda alors
Comment il pourrait punir son frère,
Car par son arrogance
Il méprisait l’humilité, qui est pourtant une vertu,
Et il donna ainsi un conseil
À son roi qui n’était pas sage ;
Pour mieux l’instruire,
Il décida de le faire punir.
Il arriva donc que ce jour-là
On édicta une loi :
Une trompe au souffle puissant,
Qui était appelée la Trompe de la mort ;
Et à la cour où se trouvait le roi
Et il rapporta à son seigneur
L’histoire de la honte qu’il avait causée
En entravant le bon nom de son frère,
Alors que lui-même voulait tant boire,
Qu’il daigna montrer une telle simplicité
À un pauvre misérable,
Montrant ainsi sa noblesse :
Il dit qu’il n’utiliserait plus cela,
Et qu’il ne devait s’excuser
Devant aucun de ses seigneurs.
Le roi resta immobile comme une pierre, P. i. 113
Et après avoir entendu son récit,
Il réfléchit plus qu’il ne parla ;
Mais quoi qu’il ait entendu,
Le roi répondit avec courtoisie,
Et dit que cela devait être corrigé.
2110 Et quand son récit fut terminé,
La table et les nappes étaient prêtes ;
Le roi se rendit à son souper
Parmi les seigneurs dans la salle ;
Et quand ils eurent tous soupé,
Ils prirent congé et partirent.
Le roi se demanda alors
Comment il pourrait punir son frère,
Car par son arrogance
Il méprisait l’humilité, qui est pourtant une vertu,
Et il donna ainsi un conseil
À son roi qui n’était pas sage ;
Pour mieux l’instruire,
Il décida de le faire punir.
Il arriva donc que ce jour-là
On édicta une loi :
Une trompe au souffle puissant,
Qui était appelée la Trompe de la mort ;
Et à la cour où se trouvait le roi
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2130 Un certain homme, qui possède cette trompe en bronze, s’en sert pour annoncer que, lorsque un seigneur mérite la mort, il doit souffler dans cette effrayante trompe devant sa porte, afin que tous sachent que le jugement de mort est déjà prononcé et qu’il ne pourra être évité.
La nuit venue, le roi ordonna aussitôt à cet homme d’aller sonner à la porte de son frère ; celui-ci partit donc et exécuta l’ordre du roi.
Le seigneur, averti de cette tempête de sons qui retentissait devant sa porte, sachant bien que c’était la loi et qu’il allait certainement mourir, ne sachant à qui demander de l’aide, envoya chercher tous ses amis et leur raconta ce qui s’était passé.
Ils lui demandèrent pourquoi ; mais il ne put leur donner de réponse, ce qui provoqua beaucoup de tristesse, car il était clair que cette trompe annonçait un jugement sans appel, et qu’il ne pouvait opposer aucune résistance ; il devait donc mourir, à moins de chercher à obtenir la grâce de son seigneur.
Alors ils délibérèrent ensemble et prirent une décision définitive.
Ce seigneur avait une femme vertueuse, qui elle aussi avait donné naissance à cinq enfants ; entre eux deux, ils avaient encore des enfants en vie, jeunes et tendres, tant par leur âge que par leur apparence.
La nuit venue, le roi ordonna aussitôt à cet homme d’aller sonner à la porte de son frère ; celui-ci partit donc et exécuta l’ordre du roi.
Le seigneur, averti de cette tempête de sons qui retentissait devant sa porte, sachant bien que c’était la loi et qu’il allait certainement mourir, ne sachant à qui demander de l’aide, envoya chercher tous ses amis et leur raconta ce qui s’était passé.
Ils lui demandèrent pourquoi ; mais il ne put leur donner de réponse, ce qui provoqua beaucoup de tristesse, car il était clair que cette trompe annonçait un jugement sans appel, et qu’il ne pouvait opposer aucune résistance ; il devait donc mourir, à moins de chercher à obtenir la grâce de son seigneur.
Alors ils délibérèrent ensemble et prirent une décision définitive.
Ce seigneur avait une femme vertueuse, qui elle aussi avait donné naissance à cinq enfants ; entre eux deux, ils avaient encore des enfants en vie, jeunes et tendres, tant par leur âge que par leur apparence.
Page 308
Ils agissent avec force et ardeur.
Il les chasse, lui et elle,
Avec leurs enfants, le matin venu,
Comme ceux qui étaient pleins de tristesse,
Entièrement nus, sans vêtements ni protection,
Pour soigner le cœur du roi,
Sa grâce devait aller vers eux
Et ils imploraient le pardon pour leur mort.
Ainsi passent-ils cette nuit misérable,
Et tôt, dès qu’ils voient la lumière,
Ils partent de cette manière
Comme tu l’as déjà entendu dire,
Entièrement nus, sans même un short.
Ils pleuraient et faisaient beaucoup de bruit,
Les cordes pendues autour d’eux ;
Avec des sanglots et des lamentations,
Ce seigneur partit alors humblement,
Alors qu’autrefois il était fier et noble ;
La ville en fut profondément affligée,
Celle qui voyait une telle scène :
Et naturellement, ouvertement,
Avec de tels pleurs et de tels cris,
Avec ses enfants et sa femme,
Il partit prier pour sa vie.
Lorsqu’ils arrivèrent à la cour,
Et que les gens y annoncèrent son nom,
Personne, s’il le voyait,
Ne pouvait retenir ses larmes à cause de la tristesse qu’ils causaient.
Le roi apprit cette nouvelle,
Et fit semblant de ne rien savoir ;
Mais naturellement, lorsqu’il se leva,
On lui raconta ce qui s’était passé :
Et quand il entendit cette étrange histoire,
Il se hâta de entrer dans la salle,
Et tous ensemble ils tombèrent.
Il les chasse, lui et elle,
Avec leurs enfants, le matin venu,
Comme ceux qui étaient pleins de tristesse,
Entièrement nus, sans vêtements ni protection,
Pour soigner le cœur du roi,
Sa grâce devait aller vers eux
Et ils imploraient le pardon pour leur mort.
Ainsi passent-ils cette nuit misérable,
Et tôt, dès qu’ils voient la lumière,
Ils partent de cette manière
Comme tu l’as déjà entendu dire,
Entièrement nus, sans même un short.
Ils pleuraient et faisaient beaucoup de bruit,
Les cordes pendues autour d’eux ;
Avec des sanglots et des lamentations,
Ce seigneur partit alors humblement,
Alors qu’autrefois il était fier et noble ;
La ville en fut profondément affligée,
Celle qui voyait une telle scène :
Et naturellement, ouvertement,
Avec de tels pleurs et de tels cris,
Avec ses enfants et sa femme,
Il partit prier pour sa vie.
Lorsqu’ils arrivèrent à la cour,
Et que les gens y annoncèrent son nom,
Personne, s’il le voyait,
Ne pouvait retenir ses larmes à cause de la tristesse qu’ils causaient.
Le roi apprit cette nouvelle,
Et fit semblant de ne rien savoir ;
Mais naturellement, lorsqu’il se leva,
On lui raconta ce qui s’était passé :
Et quand il entendit cette étrange histoire,
Il se hâta de entrer dans la salle,
Et tous ensemble ils tombèrent.
Page 309
Si quelque pitié peut être trouvée.
Le roi, qui les a envoyés à la mort,
leur a demandé ce qui s’était passé,
pourquoi ils étaient ainsi dépouillés là.
Son frère dit : « Ô seigneur, pitié !
Je ne connais aucune autre raison,
si ce n’est que, très tard dans la nuit,
la trompette de la mort était à ma porte,
signe que je devais mourir ;
Ainsi nous sommes venus comme proies,
demandez-moi un sursis dans ce monde. »
« Ô fou, combien tu es stupide, »
dit le roi à son frère,
« tu as si peu de foi,
que, pour le seul son d’une trompette,
tu es parti, toi et ta femme,
avec vos enfants ici présents,
aux yeux de tous autour de vous,
parce que tu crois être en doute
face à la mort, qui obéit à la loi
de l’homme, et que l’homme peut lui échapper,
de sorte qu’elle puisse manquer par hasard.
Maintenant, ne te plains plus
que je ne fasse rien pour mon Char,
quand j’ai vu devant mes yeux
ceux qui étaient d’un âge si avancé,
ma mort sous cette forme,
que Dieu a établie comme loi pour les hommes,
et dont je ne peux trouver de remède :
car je sais bien que, tels qu’ils sont,
je suis pareil à eux dans mon rang,
de chair et de sang, et je mourrai aussi.
Et ainsi, bien que j’obéisse à cette loi
sous laquelle les rois sont soumis,
il vaudrait mieux que tu ne te plaignes pas,
toi qui n’as aucune raison. »
Le roi, qui les a envoyés à la mort,
leur a demandé ce qui s’était passé,
pourquoi ils étaient ainsi dépouillés là.
Son frère dit : « Ô seigneur, pitié !
Je ne connais aucune autre raison,
si ce n’est que, très tard dans la nuit,
la trompette de la mort était à ma porte,
signe que je devais mourir ;
Ainsi nous sommes venus comme proies,
demandez-moi un sursis dans ce monde. »
« Ô fou, combien tu es stupide, »
dit le roi à son frère,
« tu as si peu de foi,
que, pour le seul son d’une trompette,
tu es parti, toi et ta femme,
avec vos enfants ici présents,
aux yeux de tous autour de vous,
parce que tu crois être en doute
face à la mort, qui obéit à la loi
de l’homme, et que l’homme peut lui échapper,
de sorte qu’elle puisse manquer par hasard.
Maintenant, ne te plains plus
que je ne fasse rien pour mon Char,
quand j’ai vu devant mes yeux
ceux qui étaient d’un âge si avancé,
ma mort sous cette forme,
que Dieu a établie comme loi pour les hommes,
et dont je ne peux trouver de remède :
car je sais bien que, tels qu’ils sont,
je suis pareil à eux dans mon rang,
de chair et de sang, et je mourrai aussi.
Et ainsi, bien que j’obéisse à cette loi
sous laquelle les rois sont soumis,
il vaudrait mieux que tu ne te plaignes pas,
toi qui n’as aucune raison. »
Page 310
2240 Car la loi du monde est si cruelle,
Qu’elle n’est qu’une moquerie,
Comme quelque chose que l’on pourrait ignorer.
Ainsi, mon frère, après cela,
Je dis que tu peux faire souffrir un homme à ce point,
Mais crains Dieu de tout ton cœur :
Car tout doit périr et tout doit passer,
Que ce soit un lion ou un âne,
Un mendiant ou un seigneur,
2250 Tous seront confrontés à la mort.
C’est ainsi que le roi, par ses paroles sages,
A apaisé son frère et lui a pardonné.
Mon fils, si tu veux vivre dans la vertu,
Tu dois éviter le vice, Confesseur.
Humilie-toi avec un cœur humble,
Afin de ne pas être orgueilleux.
Mon père, je suis amoureux, Amans.
J’aimerais vous demander
2260 de m’enseigner un exemple,
Qui puisse m’aider en matière d’amour.
Mon fils, tu dois comprendre, Confesseur :
En amour comme en toutes autres choses,
Si l’orgueil s’installe,
Ce n’est pas bon pour celui qui utilise ce vice,
Car il détruit la sagesse et la constance
À cause de vaines imaginations.
2270 Et pour que tu puisses éviter ce vice,
Comme je te l’explique, je vais te raconter une histoire,
Qui s’est produite jadis,
Comme l’a rapporté le clerc Ovide.
Il était autrefois le fils d’un seigneur,
Qu’elle n’est qu’une moquerie,
Comme quelque chose que l’on pourrait ignorer.
Ainsi, mon frère, après cela,
Je dis que tu peux faire souffrir un homme à ce point,
Mais crains Dieu de tout ton cœur :
Car tout doit périr et tout doit passer,
Que ce soit un lion ou un âne,
Un mendiant ou un seigneur,
2250 Tous seront confrontés à la mort.
C’est ainsi que le roi, par ses paroles sages,
A apaisé son frère et lui a pardonné.
Mon fils, si tu veux vivre dans la vertu,
Tu dois éviter le vice, Confesseur.
Humilie-toi avec un cœur humble,
Afin de ne pas être orgueilleux.
Mon père, je suis amoureux, Amans.
J’aimerais vous demander
2260 de m’enseigner un exemple,
Qui puisse m’aider en matière d’amour.
Mon fils, tu dois comprendre, Confesseur :
En amour comme en toutes autres choses,
Si l’orgueil s’installe,
Ce n’est pas bon pour celui qui utilise ce vice,
Car il détruit la sagesse et la constance
À cause de vaines imaginations.
2270 Et pour que tu puisses éviter ce vice,
Comme je te l’explique, je vais te raconter une histoire,
Qui s’est produite jadis,
Comme l’a rapporté le clerc Ovide.
Il était autrefois le fils d’un seigneur,
Page 311
Lequel de ses prétendants, selon le « Conte de Narcisse », a cru que, malgré toute la richesse du monde, il n’y avait pas de femme digne d’être aimée ? Dans un traité spécial, le Confesseur raconte comment ce jeune seigneur, Narcisse, se croyait supérieur à tous ceux qui, par leur beauté ou leur statut social, prétendaient mépriser toutes les femmes. Aucune force d’amour envers une femme ne pouvait rivaliser avec celle qu’il ressentait pour lui-même. Ce jeune prince, nommé Narcisse, fut finalement trompé : en été, alors qu’il était parti chasser seul avec ses chiens, il tomba par hasard dans une forêt, où il fut saisi d’une grande soif. Les chiens étaient un peu plus loin, et il fut contraint de chasser et de s’amuser là-bas. Lorsqu’il arriva à l’endroit où il voulait boire, près d’une source, il se pencha pour boire ; ses chiens étaient à proximité. Alors qu’il buvait, il crut voir, devant ses yeux, une nymphe dans la rivière. Il se hâta de monter sur son cheval pour la rejoindre, afin que tous les autres restent en arrière. Mais il ne put atteindre la rive, tant il était épuisé. Il mena donc son cheval vers un arbre, car il était trop faible pour continuer.
Page 312
Sa douleur : et tandis qu’il jetait ses pierres précieuses là même, à côté de sa tête, dans le puits, il vit alors l’image de son propre visage ; son cerveau se répandit. Et s’il y avait là une image d’une telle beauté, telle que celle d’une nymphe pareille, dont l’amour rendait son cœur trop audacieux, celui-ci commença, comme après des années, à se perdre dans sa propre beauté. Sa folie le fit croire qu’il s’agissait d’une femme qu’il voyait. Plus il s’approchait du puits, plus cette image lui apparaissait clairement ; il ne savait donc jamais quoi faire : car quand il pleurait, il voyait qu’elle pleurait aussi ; et quand il criait, elle criait également. Ainsi commença cette nouvelle souffrance, qui lui était auparavant si étrangère ; cela le fit aimer un objet inaccessible, afin de consacrer son cœur à quelque chose qu’il ne pourrait jamais obtenir. Il continuait sans cesse à supplier, priant pour qu’elle vienne à lui ; parfois il allait chercher un fer, parfois il tirait vers elle, mais il la cherchait toujours au même endroit. Il pleurait, criait, demandait grâce, là où il ne pouvait rien obtenir. Ainsi, tel un rocher de pierre, ne connaissant aucune autre couleur, il se frappait jusqu’à en mourir. Les nymphes des sources, ainsi que d’autres créatures qui vivaient dans ces eaux, enterrèrent son corps, par pure pitié, sous les arbres. Et puis, hors de sa tombe…
Page 313
2350 Soudain, par hasard, il apparut
Des fleurs d’une beauté si merveilleuse,
Que l’on pouvait prendre pour un mythe
Ce qu’il avait créé,
Comme si on le voyait en ce lieu ;
Car en hiver, clair et beau,
Les fleurs apparaissent, ce qui est contraire
À la nature, et ainsi fut la folie
Qui naquit de sa Surquiderie.
Ainsi celui qui avait de l’amour pour le Confesseur
Se montra dédaigneux.
2360 Le pire de tous les autres vices était là : [L’arrogance des amants.]
Et plus il élevait son orgueil,
Moins il valait en amour
Et plus on se moquait de son intelligence :
On se souvient encore de cela,
Afin que tu puisses en tirer exemple,
Et tous les autres aussi à cause de lui.
Mon père, concernant moi, Amant,
Je pense fuir ce vice,
Qui dépasse toute mesure ;
2370 Et plus particulièrement ce qui naît
Dans l’amour, que ce soit pour le bien ou pour le mal,
Je ne me suis jamais autant vanté.
Mais que Dieu envoie sa grâce,
Pour que ma dame se tourne vers moi
Comme je m’efforce de le faire !
Mon amour devrait être ainsi,
Sans place pour l’orgueil.
Mais je suis loin de cette grâce,
Comme on ne peut parler de cela maintenant ;
2380 Ainsi je dois souffrir, et je vous implore
De vouloir regarder du côté opposé
S’il y a quelque trace d’orgueil,
Dont il serait nécessaire de parler.
Mon Fils, que Dieu te pardonne, Confesseur.
Si tu as commis quelque erreur…
Des fleurs d’une beauté si merveilleuse,
Que l’on pouvait prendre pour un mythe
Ce qu’il avait créé,
Comme si on le voyait en ce lieu ;
Car en hiver, clair et beau,
Les fleurs apparaissent, ce qui est contraire
À la nature, et ainsi fut la folie
Qui naquit de sa Surquiderie.
Ainsi celui qui avait de l’amour pour le Confesseur
Se montra dédaigneux.
2360 Le pire de tous les autres vices était là : [L’arrogance des amants.]
Et plus il élevait son orgueil,
Moins il valait en amour
Et plus on se moquait de son intelligence :
On se souvient encore de cela,
Afin que tu puisses en tirer exemple,
Et tous les autres aussi à cause de lui.
Mon père, concernant moi, Amant,
Je pense fuir ce vice,
Qui dépasse toute mesure ;
2370 Et plus particulièrement ce qui naît
Dans l’amour, que ce soit pour le bien ou pour le mal,
Je ne me suis jamais autant vanté.
Mais que Dieu envoie sa grâce,
Pour que ma dame se tourne vers moi
Comme je m’efforce de le faire !
Mon amour devrait être ainsi,
Sans place pour l’orgueil.
Mais je suis loin de cette grâce,
Comme on ne peut parler de cela maintenant ;
2380 Ainsi je dois souffrir, et je vous implore
De vouloir regarder du côté opposé
S’il y a quelque trace d’orgueil,
Dont il serait nécessaire de parler.
Mon Fils, que Dieu te pardonne, Confesseur.
Si tu as commis quelque erreur…
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Touchant cela, mais aussi overmo447 : il existe une autre forme de fierté, celle qui ne cache jamais ses paroles, car elle ne veut pas se cacher elle-même ; rien ne peut intimider sa langue, elle s’exprime comme une belle femme. Si tu veux que je te l’explique, il convient de le faire ici, afin que tu puisses maîtriser ta langue, te tenir dans la grâce – ce qui fait souvent défaut à celui qui ne sait pas rester calme, alors qu’il devrait avoir toute sa volonté sous contrôle.449
ix. Magniloquence diminue ce qui est propre à soi [iv. Prétention ou vantardise.]
La vantardise de la langue renforce la réputation, mais celle-ci reste stable grâce à l’honneur discret. Lui-même ne perçoit pas la valeur de ses propres louanges, c’est pourquoi il se vante ouvertement de lui-même dans le monde. La faute de cet homme réside dans sa vantardise, qui fait rougir les joues des femmes.
Ce vice, appelé prétention,2400 est lié à la fierté ; il fait en sorte que l’homme oublie ses limites, au point de devenir lui-même son propre héraut. Il valait mieux agir correctement plutôt que mal ; il valait mieux être reconnaissant plutôt que blâmable. Ici, on parle de la quatrième espèce de ce vice. Ainsi, le nom de ce vice est « Superbie », qui provient de la fierté et de la vantardise ; il transforme tout en méchanceté. Sa nature fait en sorte que l’homme… Je vais expliquer comment ce vice orgueilleux a cette influence sur lui-même,450, à travers les témoignages qu’il donne, affirmant les mérites de ses qualités. Il détruit ainsi la réputation des hommes, transformant leurs louanges en reproches, alors que celles-ci auraient dû rester des signes de vertu.
ix. Magniloquence diminue ce qui est propre à soi [iv. Prétention ou vantardise.]
La vantardise de la langue renforce la réputation, mais celle-ci reste stable grâce à l’honneur discret. Lui-même ne perçoit pas la valeur de ses propres louanges, c’est pourquoi il se vante ouvertement de lui-même dans le monde. La faute de cet homme réside dans sa vantardise, qui fait rougir les joues des femmes.
Ce vice, appelé prétention,2400 est lié à la fierté ; il fait en sorte que l’homme oublie ses limites, au point de devenir lui-même son propre héraut. Il valait mieux agir correctement plutôt que mal ; il valait mieux être reconnaissant plutôt que blâmable. Ici, on parle de la quatrième espèce de ce vice. Ainsi, le nom de ce vice est « Superbie », qui provient de la fierté et de la vantardise ; il transforme tout en méchanceté. Sa nature fait en sorte que l’homme… Je vais expliquer comment ce vice orgueilleux a cette influence sur lui-même,450, à travers les témoignages qu’il donne, affirmant les mérites de ses qualités. Il détruit ainsi la réputation des hommes, transformant leurs louanges en reproches, alors que celles-ci auraient dû rester des signes de vertu.
Page 315
Dans la connaissance du monde, il voulait lui-même élever sa renommée,
Mais il échoue lamentablement. De sa propre bouche,
Il détruit ainsi la connaissance elle-même. Il y a aussi
Des amants : donc, si Vénus, pour des raisons d’amour,
Est l’une des causes de ce vice,
Dis-nous comment. Elle souille ceux qui ont reçu quelque chose
De la Cour, par-dessus tous les autres ; elle chasse ceux qui haïssent
Ces cadeaux d’amour, ou des bijoux, des anneaux, etc.,
Et ceux qui les ont acceptés à cause de leur bavardage excessif
Sont méprisés. Ainsi, que ce soit un cadeau aimable, une bague ou une lettre,
Le confesseur de l’amant, dont le cœur était meilleur, oppose des objections
À ces présents, ou bien il explique plus en détail pourquoi ils sont envoyés.
As-tu, par orgueil, agi de la sorte ?
Je voudrais, père, que vous sachiez, ô amants…
Ma conscience ne me reproche rien pour l’instant :
Jamais je n’ai eu de tels problèmes,
Aucun dont mon cœur aurait pu se repentir.
Jamais on ne m’a dit : « Dis-lui bonjour »…
Et puisqu’il n’y a pas de jour où je puisse me racheter,
Il est logique que je ne fasse jamais, je le jure,
Aucune vantardise à propos de l’amour.
Je ne sais pas ce que je devrais faire,
Si j’avais autant de chance que beaucoup d’autres ici ;
Mais je n’ai jamais eu de raison valable pour cela.
Seulement la peur, qui me retient, m’empêche d’en parler maintenant,
Et aucune autre vantardise.
Ainsi, je n’ai pas besoin de me repentir.
Demandez-moi encore des choses sur ma vie, car je ne suis pas coupable pour cela.
Mon fils, je suis bien récompensé, ô confesseur.
Car je le sais très bien, en particulier.
Mais il échoue lamentablement. De sa propre bouche,
Il détruit ainsi la connaissance elle-même. Il y a aussi
Des amants : donc, si Vénus, pour des raisons d’amour,
Est l’une des causes de ce vice,
Dis-nous comment. Elle souille ceux qui ont reçu quelque chose
De la Cour, par-dessus tous les autres ; elle chasse ceux qui haïssent
Ces cadeaux d’amour, ou des bijoux, des anneaux, etc.,
Et ceux qui les ont acceptés à cause de leur bavardage excessif
Sont méprisés. Ainsi, que ce soit un cadeau aimable, une bague ou une lettre,
Le confesseur de l’amant, dont le cœur était meilleur, oppose des objections
À ces présents, ou bien il explique plus en détail pourquoi ils sont envoyés.
As-tu, par orgueil, agi de la sorte ?
Je voudrais, père, que vous sachiez, ô amants…
Ma conscience ne me reproche rien pour l’instant :
Jamais je n’ai eu de tels problèmes,
Aucun dont mon cœur aurait pu se repentir.
Jamais on ne m’a dit : « Dis-lui bonjour »…
Et puisqu’il n’y a pas de jour où je puisse me racheter,
Il est logique que je ne fasse jamais, je le jure,
Aucune vantardise à propos de l’amour.
Je ne sais pas ce que je devrais faire,
Si j’avais autant de chance que beaucoup d’autres ici ;
Mais je n’ai jamais eu de raison valable pour cela.
Seulement la peur, qui me retient, m’empêche d’en parler maintenant,
Et aucune autre vantardise.
Ainsi, je n’ai pas besoin de me repentir.
Demandez-moi encore des choses sur ma vie, car je ne suis pas coupable pour cela.
Mon fils, je suis bien récompensé, ô confesseur.
Car je le sais très bien, en particulier.
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Cet amour de la véritable justice
L’emporte sur tous les autres dans ce vice ;
Il le combat constamment, de tout son cœur, et le déteste profondément.
Et en toute manière, il vaut mieux le mépriser,
Comme tu peux le voir à cet exemple que je trouve écrit dans les livres.
De celui que nous, Lombards, appelons aujourd’hui [L’Histoire d’Albinus et de Rosemund.]
Albinus fut le premier de tous
À porter la couronne de Lombardie.
Il était d’une grande chevalerie,
Dans les guerres contre divers rois. Le Confesseur rapporte, parmi d’autres choses, un exemple contraire :
Celui qui menait alors la guerre possédait ceux qui, soit par leur loyauté au combat,
Avec Gurmund, que les Goths avaient capturé, soit par leur amour…
Il était aussi un très grand roi ; mais, par désir, il en arriva là, se vantant de sa puissance.
Et il raconte comment Albinus le vainquit sur le champ de bataille ; Albinus, premier roi des Lombards,
Ne l’aida ni avec une épée ni avec des insultes,
Lorsqu’il tua un autre roi, dont il prit la tête,
Et dit qu’il voulait faire de Gurmund, mort au combat,
Une coupe en souvenir de sa victoire, afin de conserver et de rappeler le témoignage
De sa bataille victorieuse. Ayant ainsi gagné le champ de bataille, il en tira des pierres précieuses et de l’or,
Et fit aussitôt entourer la ville de ces trésors,
Puis s’assit dans son palais pour y ériger un monument à sa victoire.
Là, il prit pour épouse la fille de Gurmund, qu’on appelait Rosemund,
Fille de Gurmund lui-même.
Il enleva Rosemund aux yeux de tous, pour en faire sa femme,
Une belle, une fraîche, une charmante jeune femme. Son cœur tomba aussitôt amoureux d’elle, et il l’unissait à lui.
Ainsi, un tel amour naquit entre eux ; plus tard, Albinus lui-même,
Devant son royaume,
La maria enfin à un noble de son royaume.
L’emporte sur tous les autres dans ce vice ;
Il le combat constamment, de tout son cœur, et le déteste profondément.
Et en toute manière, il vaut mieux le mépriser,
Comme tu peux le voir à cet exemple que je trouve écrit dans les livres.
De celui que nous, Lombards, appelons aujourd’hui [L’Histoire d’Albinus et de Rosemund.]
Albinus fut le premier de tous
À porter la couronne de Lombardie.
Il était d’une grande chevalerie,
Dans les guerres contre divers rois. Le Confesseur rapporte, parmi d’autres choses, un exemple contraire :
Celui qui menait alors la guerre possédait ceux qui, soit par leur loyauté au combat,
Avec Gurmund, que les Goths avaient capturé, soit par leur amour…
Il était aussi un très grand roi ; mais, par désir, il en arriva là, se vantant de sa puissance.
Et il raconte comment Albinus le vainquit sur le champ de bataille ; Albinus, premier roi des Lombards,
Ne l’aida ni avec une épée ni avec des insultes,
Lorsqu’il tua un autre roi, dont il prit la tête,
Et dit qu’il voulait faire de Gurmund, mort au combat,
Une coupe en souvenir de sa victoire, afin de conserver et de rappeler le témoignage
De sa bataille victorieuse. Ayant ainsi gagné le champ de bataille, il en tira des pierres précieuses et de l’or,
Et fit aussitôt entourer la ville de ces trésors,
Puis s’assit dans son palais pour y ériger un monument à sa victoire.
Là, il prit pour épouse la fille de Gurmund, qu’on appelait Rosemund,
Fille de Gurmund lui-même.
Il enleva Rosemund aux yeux de tous, pour en faire sa femme,
Une belle, une fraîche, une charmante jeune femme. Son cœur tomba aussitôt amoureux d’elle, et il l’unissait à lui.
Ainsi, un tel amour naquit entre eux ; plus tard, Albinus lui-même,
Devant son royaume,
La maria enfin à un noble de son royaume.
Page 317
Et après ce long temps de repos royal, il convoqua ses gens assis. Il engagea un duel à prix, et le meilleur des hommes de Gurmund reçut la victoire. Ils s’aimaient l’un l’autre avec une grande tendresse. Du vin fut apporté pour eux pendant les banquets. Celui qui tenait la bague aveugle reçut cet ordre ; Vénus, alors qu’ils étaient au sommet de leur amour, offrit cette bague à sa femme, disant : « Bois avec elle, tandis que la bague tourne, et ainsi tu honoreras ton père. » Ce roi, qui ignorait tout de ce qui se passait dans son royaume, fit ainsi. Le roi, quant à lui, en termes de richesse, de pouvoir et de santé, surpassait tous les autres. Il ne montra aucune tristesse, car, grâce à ses actions antérieures, il était déjà considéré comme celui qui avait atteint le sommet de son monde par tous ceux qui l’écoutaient. Bien qu’il voulût organiser une fête, chaque chose se déroula comme prévu. Cela était pour le bien de ses épouses. La reine, ayant entendu parler de cela, garda le secret, car elle savait que les seigneurs festoyaient. Elle décida donc d’obéir à ses ordres, détestant toute forme d’arrogance. Plus tard, elle prit des dispositions pour que tout soit bien organisé. Les grands seigneurs furent rassemblés pour des joutes et des tournois. Avec le temps, beaucoup d’entre eux furent tués. De nombreux bijoux en perles furent également perdus. Les seigneurs se préparèrent comme il se doit, et plus tard, ils revendiquèrent leur droit de participer aux joutes. Pendant ce temps, ils continuaient leurs tournois, mais le malheur les frappait sans cesse. Ainsi, ils abandonnèrent leur arrogance et leur orgueil. Ensuite, tu comprendras comment ils entrèrent dans la salle du roi. Ils arrivèrent, comme on le leur avait ordonné. Une fois qu’ils furent installés et servis, il arriva ce qui devait arriver aux chevaliers dignes de ce nom.
Page 318
Ainsi, tandis qu’ils étaient assis çà et là,
Le prix fut annoncé à haute voix
Parmi les hérauts tout autour.
Et ainsi, en bas comme en haut,
Tout était d’armes et d’amour ;
Autour des bords,
2530 les hommes prononçaient de nombreuses paroles étranges,
Au sujet du mérite qu’ils avaient acquis.
Le roi lui-même commença à se réjouir
Dans son cœur et ressentit de la fierté ;
Il regarda la coupe posée à part,
Faite de la tête de Gurmound,
Comme vous l’avez entendu, lorsqu’il fut tué,
Et ornée d’or et de pierres précieuses,
Entourée et fermée pour la protection,
Et posée sur un pied en or fondu,
2540 avec une grande splendeur,
Fabriquée avec grand art,
Comme il se devait,
Et si bien polie
Que nul signe de la tête n’était visible,
Si ce n’est comme un œil de colère.
Le roi fit apporter sa coupe,
Qui se trouvait devant lui sur le bord,
Et fit placer cela ainsi. Sur son ordre,
Cette tête fut placée et du vin y fut versé,
2550 et il demanda à sa femme de commencer :
« Bois avec ton père, dame », dit-il.
Elle obéit à son commandement,
Prit la tête et but ce qu’on lui offrait,
Sans savoir quelle coupe c’était ; puis, devant toute l’assemblée,
le roi déclara que c’était la tête de son père,
Afin que les seigneurs connaissent la tête
De sa bataille par un tel témoignage,
2560 et montrèrent ainsi leur bravoure.
Le prix fut annoncé à haute voix
Parmi les hérauts tout autour.
Et ainsi, en bas comme en haut,
Tout était d’armes et d’amour ;
Autour des bords,
2530 les hommes prononçaient de nombreuses paroles étranges,
Au sujet du mérite qu’ils avaient acquis.
Le roi lui-même commença à se réjouir
Dans son cœur et ressentit de la fierté ;
Il regarda la coupe posée à part,
Faite de la tête de Gurmound,
Comme vous l’avez entendu, lorsqu’il fut tué,
Et ornée d’or et de pierres précieuses,
Entourée et fermée pour la protection,
Et posée sur un pied en or fondu,
2540 avec une grande splendeur,
Fabriquée avec grand art,
Comme il se devait,
Et si bien polie
Que nul signe de la tête n’était visible,
Si ce n’est comme un œil de colère.
Le roi fit apporter sa coupe,
Qui se trouvait devant lui sur le bord,
Et fit placer cela ainsi. Sur son ordre,
Cette tête fut placée et du vin y fut versé,
2550 et il demanda à sa femme de commencer :
« Bois avec ton père, dame », dit-il.
Elle obéit à son commandement,
Prit la tête et but ce qu’on lui offrait,
Sans savoir quelle coupe c’était ; puis, devant toute l’assemblée,
le roi déclara que c’était la tête de son père,
Afin que les seigneurs connaissent la tête
De sa bataille par un tel témoignage,
2560 et montrèrent ainsi leur bravoure.
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Il a gagné l’amour de ses femmes,
Ce que Skulle avait commencé.
Bien qu’il y eût beaucoup d’orgueil en lui,
Elles parlaient toutes, et elle était douce,
Pensant à cet orgueil insensé,
De ce seigneur loué mais si méprisé,
Qui le devançait alors qu’il avait tué
Et transpercé le crâne de son père,
Et fait de Skulle une coupe.463
2570 Elle souffre jusqu’à ce qu’ils soient partis,
Et bien qu’elle ait feint la sagesse,
Elle va dans sa chambre et se plaint
À une jeune fille qui est triste,
Ainsi que nul autre ne le sait.
Cette jeune fille, Glodeside, est chérie,
À qui cette dame a confié
Toute sa tendresse, afin de se venger
De cet homme qui lui a donné à boire
2580 Parmi eux tous par dépit, pour elle et pour son père ;
Comme elle en était furieuse,
Elle dit qu’elle ne serait pas heureuse
Jusqu’à ce qu’elle le voie puni
Afin qu’il ne puisse plus agir ainsi.
Et ainsi elles firent un pacte,
Qu’elles convinrent de mettre en œuvre,
Avec tant de ruses qu’elles inventèrent
Pour obtenir, grâce à cet accord,
2590 Un chevalier habile pour tuer ce seigneur :
Et avec ce meurtre, elles commencèrent
À réfléchir à la façon de vaincre Helmege,
Qui était le garde du roi,
Un jeune homme fier et audacieux,
Et Glodeside, il l’aimait passionnément.
Et pour le rendre encore plus attaché,
Elle lui accorde son amour, et devient sa nuit.
Ce que Skulle avait commencé.
Bien qu’il y eût beaucoup d’orgueil en lui,
Elles parlaient toutes, et elle était douce,
Pensant à cet orgueil insensé,
De ce seigneur loué mais si méprisé,
Qui le devançait alors qu’il avait tué
Et transpercé le crâne de son père,
Et fait de Skulle une coupe.463
2570 Elle souffre jusqu’à ce qu’ils soient partis,
Et bien qu’elle ait feint la sagesse,
Elle va dans sa chambre et se plaint
À une jeune fille qui est triste,
Ainsi que nul autre ne le sait.
Cette jeune fille, Glodeside, est chérie,
À qui cette dame a confié
Toute sa tendresse, afin de se venger
De cet homme qui lui a donné à boire
2580 Parmi eux tous par dépit, pour elle et pour son père ;
Comme elle en était furieuse,
Elle dit qu’elle ne serait pas heureuse
Jusqu’à ce qu’elle le voie puni
Afin qu’il ne puisse plus agir ainsi.
Et ainsi elles firent un pacte,
Qu’elles convinrent de mettre en œuvre,
Avec tant de ruses qu’elles inventèrent
Pour obtenir, grâce à cet accord,
2590 Un chevalier habile pour tuer ce seigneur :
Et avec ce meurtre, elles commencèrent
À réfléchir à la façon de vaincre Helmege,
Qui était le garde du roi,
Un jeune homme fier et audacieux,
Et Glodeside, il l’aimait passionnément.
Et pour le rendre encore plus attaché,
Elle lui accorde son amour, et devient sa nuit.
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Ils cherchèrent comment ils pourraient agir ensemble.
Abedde dit : « C’était cette même nuit ; et dans ce cas,
la reine elle-même, la seconde nuit,
vint à sa place, et y trouva
une chambre sombre sans lumière,
et alla se coucher auprès de ce chevalier.
Lui, pour respecter son serment,
aima et obéit,
même si c’était à Glodeside ;
ensuite il mit cela de côté,
et lui demanda ce qu’il avait fait.
On lui dit qui elle était, P. i. 130.
Elle dit : “Helmege, je suis cette reine ;
maintenant ton amour sera bien mis à l’épreuve
à cause de ce que tu as décidé :
ou cela tournera très mal,
ou tu feras ce que je te dirai.
Et si tu veux être sage,
fais-moi plaisir et reste calme,
car pour toujours je serai à ta volonté,
moi et toute ma succession.”
Bientôt, la passion sauvage de l’amour,
que personne ne peut maîtriser,
le rendit tel qu’il ne pouvait plus réfléchir,
et il accepta entièrement sa décision :
ainsi tout alla de travers,
comme le veut le destin ;
car, peu après, ils trouvèrent entre eux un tel accord,
que le roi fut tué peu de temps après.
Ainsi, les choses tournèrent si bien
qu’ils ne furent pas découverts,
au point qu’ils pensèrent qu’il valait mieux fuir, car il n’y avait plus d’autre issue :
et ainsi le trésor du roi
fut emporté, ainsi que beaucoup d’autres choses.
Abedde dit : « C’était cette même nuit ; et dans ce cas,
la reine elle-même, la seconde nuit,
vint à sa place, et y trouva
une chambre sombre sans lumière,
et alla se coucher auprès de ce chevalier.
Lui, pour respecter son serment,
aima et obéit,
même si c’était à Glodeside ;
ensuite il mit cela de côté,
et lui demanda ce qu’il avait fait.
On lui dit qui elle était, P. i. 130.
Elle dit : “Helmege, je suis cette reine ;
maintenant ton amour sera bien mis à l’épreuve
à cause de ce que tu as décidé :
ou cela tournera très mal,
ou tu feras ce que je te dirai.
Et si tu veux être sage,
fais-moi plaisir et reste calme,
car pour toujours je serai à ta volonté,
moi et toute ma succession.”
Bientôt, la passion sauvage de l’amour,
que personne ne peut maîtriser,
le rendit tel qu’il ne pouvait plus réfléchir,
et il accepta entièrement sa décision :
ainsi tout alla de travers,
comme le veut le destin ;
car, peu après, ils trouvèrent entre eux un tel accord,
que le roi fut tué peu de temps après.
Ainsi, les choses tournèrent si bien
qu’ils ne furent pas découverts,
au point qu’ils pensèrent qu’il valait mieux fuir, car il n’y avait plus d’autre issue :
et ainsi le trésor du roi
fut emporté, ainsi que beaucoup d’autres choses.
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Et avec une certaine ruse,
Ils s’enfuirent et partirent par bateau,
Et suivirent alors la bonne route,
Jusqu’à ce qu’ils arrivent à Ravenne,
Où ils cherchèrent l’aide des ducs.
2640 Et lui, comme ils le lui demandèrent,
Il leur accorda un lieu pour un duel ;
Mais plus tard, lorsqu’il apprit comment ils s’y étaient pris,
Ce duc fit en sorte que, à cause du poison qu’ils burent,
Ils moururent.
Tout cela fut causé par l’orgueil :
Il est donc bon pour un homme de cacher ses qualités, car s’il parle,
2650 il risque facilement de trahir ses pensées.
En matière de guerre, on ne doit pas avoir d’avantage sur celui qui pense à faire connaître son nom et à être célèbre pour ses exploits ;
De même, celui qui cherche à se précipiter dans l’amour ne peut pas non plus avoir d’avantage ;
Car celui qui est tourmenté par un tel vice verra ses projets échouer.
Celui qui veut travailler dans les armes ou obtenir la grâce de l’amour ne doit pas retenir sa langue,
Car c’est elle qui est la clé de son honneur.
C’est pourquoi, mon Fils, en toutes choses, sois confesseur.
Prends bien garde à cette question.
Je vous en prie, mon père bien-aimé, Amans.
Cette leçon fait partie d’une sagesse noble ;
Et s’il y a encore autre chose concernant l’orgueil que je dois éviter,
Dites-le-moi maintenant, et je ferai ce que vous voudrez que je fasse.
P. i.
Mon Fils, sous une autre forme, il existe un vice lié à l’orgueil.
Ils s’enfuirent et partirent par bateau,
Et suivirent alors la bonne route,
Jusqu’à ce qu’ils arrivent à Ravenne,
Où ils cherchèrent l’aide des ducs.
2640 Et lui, comme ils le lui demandèrent,
Il leur accorda un lieu pour un duel ;
Mais plus tard, lorsqu’il apprit comment ils s’y étaient pris,
Ce duc fit en sorte que, à cause du poison qu’ils burent,
Ils moururent.
Tout cela fut causé par l’orgueil :
Il est donc bon pour un homme de cacher ses qualités, car s’il parle,
2650 il risque facilement de trahir ses pensées.
En matière de guerre, on ne doit pas avoir d’avantage sur celui qui pense à faire connaître son nom et à être célèbre pour ses exploits ;
De même, celui qui cherche à se précipiter dans l’amour ne peut pas non plus avoir d’avantage ;
Car celui qui est tourmenté par un tel vice verra ses projets échouer.
Celui qui veut travailler dans les armes ou obtenir la grâce de l’amour ne doit pas retenir sa langue,
Car c’est elle qui est la clé de son honneur.
C’est pourquoi, mon Fils, en toutes choses, sois confesseur.
Prends bien garde à cette question.
Je vous en prie, mon père bien-aimé, Amans.
Cette leçon fait partie d’une sagesse noble ;
Et s’il y a encore autre chose concernant l’orgueil que je dois éviter,
Dites-le-moi maintenant, et je ferai ce que vous voudrez que je fasse.
P. i.
Mon Fils, sous une autre forme, il existe un vice lié à l’orgueil.
Page 322
2670 Quel liche est-ce qui veut du mal quand il le souhaite, Confesseur ?
Il s’enivre dans ses délices
Après avoir satisfait ses vices,
Et ne veut pas que quiconque connaisse sa véritable nature,
Jusqu’à ce qu’il tombe et soit renversé.
Ce vice, cette vanité de gloire, est dangereuse ;
C’est pourquoi, mon Fils, je te conseille
De parler et d’agir avec sagesse,
2680 Afin que tu puisses me donner de meilleurs conseils.
x. Gloria perpetuos pregnat mundana [v. Vanité de la gloire.]
Dolores…
Qui tamen est vanus, gaudia vana cupit.
Eius amiciciam, quem gloria tollit inanis,
Non sine blandiciis planus habebit homo :
Verbis compositis qui scit strigilare fauellum,
Scandere sellata iura valebit eques.
Ainsi, en amour, celui qui utilise des paroles flatteuses
A un avantage sur celui qui ne le fait pas.
Et pourtant, l’amour préfère les chants embellis et variés,
Et il réjouit les cœurs par ses lois.
La vanité de la gloire, ce vice orgueilleux…
Ici, il est question de la cinquième espèce.
On se souvient du purgatoire, de l’orgueil…
Les joies de ce monde sont appelées gloire ;
On pense alors au ciel comme à quelque chose de meilleur.
La nature de ce même vice…
Pompe est entièrement dominé par cela ; il décrit ainsi…
Il continuera ainsi, toujours dans l’amour…
Et pour cela, il ne cherche qu’un peu de réconfort, Confesseur.
Pour l’amant, tous ses désirs consistent à se délecter continuellement
De nouvelles choses ; l’orgueil et la vanité s’y opposent.
2690 Autant qu’il peut y parvenir.
Je crois que, s’il pouvait transformer son corps, il prendrait une nouvelle forme et abandonnerait son ancienne :
Car tout ce qu’il voit, qui nous est étranger…
Il s’enivre dans ses délices
Après avoir satisfait ses vices,
Et ne veut pas que quiconque connaisse sa véritable nature,
Jusqu’à ce qu’il tombe et soit renversé.
Ce vice, cette vanité de gloire, est dangereuse ;
C’est pourquoi, mon Fils, je te conseille
De parler et d’agir avec sagesse,
2680 Afin que tu puisses me donner de meilleurs conseils.
x. Gloria perpetuos pregnat mundana [v. Vanité de la gloire.]
Dolores…
Qui tamen est vanus, gaudia vana cupit.
Eius amiciciam, quem gloria tollit inanis,
Non sine blandiciis planus habebit homo :
Verbis compositis qui scit strigilare fauellum,
Scandere sellata iura valebit eques.
Ainsi, en amour, celui qui utilise des paroles flatteuses
A un avantage sur celui qui ne le fait pas.
Et pourtant, l’amour préfère les chants embellis et variés,
Et il réjouit les cœurs par ses lois.
La vanité de la gloire, ce vice orgueilleux…
Ici, il est question de la cinquième espèce.
On se souvient du purgatoire, de l’orgueil…
Les joies de ce monde sont appelées gloire ;
On pense alors au ciel comme à quelque chose de meilleur.
La nature de ce même vice…
Pompe est entièrement dominé par cela ; il décrit ainsi…
Il continuera ainsi, toujours dans l’amour…
Et pour cela, il ne cherche qu’un peu de réconfort, Confesseur.
Pour l’amant, tous ses désirs consistent à se délecter continuellement
De nouvelles choses ; l’orgueil et la vanité s’y opposent.
2690 Autant qu’il peut y parvenir.
Je crois que, s’il pouvait transformer son corps, il prendrait une nouvelle forme et abandonnerait son ancienne :
Car tout ce qu’il voit, qui nous est étranger…
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Il change aussitôt de son ancienne apparence ;
Il le veut et y parvient,
Devenant semblable au Caméléon,
Qui, à chaque instant,
2700 là où il se trouve, change de couleur.
Ainsi, sans que personne ne s’en aperçoive,
il reste longtemps déguisé.
Plus joyeux que l’oiseau en mai,
il le rend toujours frais et gai,
et transforme entièrement sa tenue, Salomon.
Son nouvel aspect annonce donc qui il est vraiment.
Tous les autres sont surpassés par lui ;
de plus, il sait composer des chansons :
rondeaux, ballades et virelais.
2710 Et avec tout cela, s’il peut tirer avantage de l’amour,
son courage grandit tellement qu’il pense alors
qu’aucune mort ne peut l’atteindre :
car il a toujours, en amour, une telle fierté,
qu’il croit que sa joie est éternelle.
Écris maintenant, mon Fils, aux pieds de Dieu, Confesseur.
Et raconte-moi en détail
2720 si cette gloire était bien réelle.
Mon père, quant à toute cette gloire,
je ne peux ni ne dois m’excuser
d’avoir été amoureux.
[Le Confesseur
du Amant.]
J’ai aussi souvent composé
des rondeaux, des ballades et des virelais
pour ceux dont le cœur m’appartient,
afin de les exprimer,
2730 ainsi que des chansons avec mes mots chantés,
pour atteindre mes objectifs ;
c’est ainsi que je les ai chantés sans cesse.
Il le veut et y parvient,
Devenant semblable au Caméléon,
Qui, à chaque instant,
2700 là où il se trouve, change de couleur.
Ainsi, sans que personne ne s’en aperçoive,
il reste longtemps déguisé.
Plus joyeux que l’oiseau en mai,
il le rend toujours frais et gai,
et transforme entièrement sa tenue, Salomon.
Son nouvel aspect annonce donc qui il est vraiment.
Tous les autres sont surpassés par lui ;
de plus, il sait composer des chansons :
rondeaux, ballades et virelais.
2710 Et avec tout cela, s’il peut tirer avantage de l’amour,
son courage grandit tellement qu’il pense alors
qu’aucune mort ne peut l’atteindre :
car il a toujours, en amour, une telle fierté,
qu’il croit que sa joie est éternelle.
Écris maintenant, mon Fils, aux pieds de Dieu, Confesseur.
Et raconte-moi en détail
2720 si cette gloire était bien réelle.
Mon père, quant à toute cette gloire,
je ne peux ni ne dois m’excuser
d’avoir été amoureux.
[Le Confesseur
du Amant.]
J’ai aussi souvent composé
des rondeaux, des ballades et des virelais
pour ceux dont le cœur m’appartient,
afin de les exprimer,
2730 ainsi que des chansons avec mes mots chantés,
pour atteindre mes objectifs ;
c’est ainsi que je les ai chantés sans cesse.
Page 324
Dans la salle et dans une chambre voisine,
Et je faisais la fête parmi les gens,
Mais aucune femme ne m’apportait plus de bonheur.
Ainsi ma gloire était entourée
De toute la joie que je créais ;
Car quand je voulais me réjouir avec des chansons d’amour,
Elle disait que ce n’était pas pour elle,
Et elle ne voulait pas entendre mes chansons ici,
Ne sachant même pas quelles en étaient les paroles.
Ainsi, parlant de mon amour,
Je ne pourrais jamais être si joyeux
Ni composer une chanson d’amour aussi bien,
Grâce à laquelle je pourrais être heureux ;
Mais plutôt, je suis souvent triste
À cause du refus qu’elle m’oppose.
Et naturellement, je ne veux pas dire
Que j’ai trouvé le bonheur ailleurs ;
Car la renommée, qui ne peut rien cacher,
Apporte toujours à mon oreille
Ce que les gens disent çà et là :
Comment ma dame est belle, comment elle est sage,
Comment elle est pleine de tendresse ;
De tout cela, quand je l’entends ici,
Quel miracle y a-t-il à ce que je sois heureux ?
Et aussi, quand j’apprends ici
Des nouvelles de ma dame,
Même si je ne peux pas être avec elle,
Je suis néanmoins très heureux ;
Car quand je sais qu’elle va bien,
Je puis jurer que nulle autre tristesse ne m’atteint,
C’est ainsi que je suis joyeux.
Mais, père, vous qui connaissez bien les lois de l’amour,
Auxquelles vous êtes parfaitement familier…
Et je faisais la fête parmi les gens,
Mais aucune femme ne m’apportait plus de bonheur.
Ainsi ma gloire était entourée
De toute la joie que je créais ;
Car quand je voulais me réjouir avec des chansons d’amour,
Elle disait que ce n’était pas pour elle,
Et elle ne voulait pas entendre mes chansons ici,
Ne sachant même pas quelles en étaient les paroles.
Ainsi, parlant de mon amour,
Je ne pourrais jamais être si joyeux
Ni composer une chanson d’amour aussi bien,
Grâce à laquelle je pourrais être heureux ;
Mais plutôt, je suis souvent triste
À cause du refus qu’elle m’oppose.
Et naturellement, je ne veux pas dire
Que j’ai trouvé le bonheur ailleurs ;
Car la renommée, qui ne peut rien cacher,
Apporte toujours à mon oreille
Ce que les gens disent çà et là :
Comment ma dame est belle, comment elle est sage,
Comment elle est pleine de tendresse ;
De tout cela, quand je l’entends ici,
Quel miracle y a-t-il à ce que je sois heureux ?
Et aussi, quand j’apprends ici
Des nouvelles de ma dame,
Même si je ne peux pas être avec elle,
Je suis néanmoins très heureux ;
Car quand je sais qu’elle va bien,
Je puis jurer que nulle autre tristesse ne m’atteint,
C’est ainsi que je suis joyeux.
Mais, père, vous qui connaissez bien les lois de l’amour,
Auxquelles vous êtes parfaitement familier…
Page 325
2770 Dis-moi maintenant si tu penses à cela,
Que j’en suis entièrement conscient.
À ce sujet, je te déclare innocent, Confesseur.
« Mon fils », dit-il, « et pour ton bien,
Je veux que tu comprennes :
Car je pense à ce sujet
Pour raconter une histoire, comme tu le verras ici,
Comment même face à cette fière vice,
Le grand dieu de sa justice
Est courroucé et prend une grande vengeance. »
2780 Écoute donc une histoire vraie :
Bien qu’elle ne soit pas d’amour,
Tu y trouveras un grand exemple.
Cette gloire éphémère, si pleine de vanité…
xi. Lorsque la gloire du genre humain est plus grande,
Souvent suit bientôt une douleur proche :
L’esprit élevé subit souvent de lourdes descentes,
L’esprit humble, au contraire, stabilise et adoucit son chemin.
La fortune tourne sans cesse dans le monde par d’innombrables mouvements ;
Plus tu vises haut, plus tu crains ce qui est inférieur.
Il y avait un roi très puissant,
Que l’on appelait Nabuchodonosor,
De qui j’ai parlé ici auparavant. Le Confesseur en donne un exemple contre
Ce vice vain,
En racontant pour tout le monde en Orient
2790 comment, sous son commandement, tout obéissait : comment Nabuchodonosor,
En tant que roi des rois, Roi des Chaldéens,
N’était ni aussi puissant ni aussi riche ; car lui-même, dans tout son empire et selon ses lois,
Avait une gloire encore plus grande,
Comme on le dit, que celle de tous les autres ; ses sujets lui obéissaient et lui payaient des tributs, voulant punir son arrogance
En le traitant comme s’il était le dieu de la Terre,
En le plaçant sous une forme humaine
Avec force, il soumettait les rois, comme une bête sauvage.
Que j’en suis entièrement conscient.
À ce sujet, je te déclare innocent, Confesseur.
« Mon fils », dit-il, « et pour ton bien,
Je veux que tu comprennes :
Car je pense à ce sujet
Pour raconter une histoire, comme tu le verras ici,
Comment même face à cette fière vice,
Le grand dieu de sa justice
Est courroucé et prend une grande vengeance. »
2780 Écoute donc une histoire vraie :
Bien qu’elle ne soit pas d’amour,
Tu y trouveras un grand exemple.
Cette gloire éphémère, si pleine de vanité…
xi. Lorsque la gloire du genre humain est plus grande,
Souvent suit bientôt une douleur proche :
L’esprit élevé subit souvent de lourdes descentes,
L’esprit humble, au contraire, stabilise et adoucit son chemin.
La fortune tourne sans cesse dans le monde par d’innombrables mouvements ;
Plus tu vises haut, plus tu crains ce qui est inférieur.
Il y avait un roi très puissant,
Que l’on appelait Nabuchodonosor,
De qui j’ai parlé ici auparavant. Le Confesseur en donne un exemple contre
Ce vice vain,
En racontant pour tout le monde en Orient
2790 comment, sous son commandement, tout obéissait : comment Nabuchodonosor,
En tant que roi des rois, Roi des Chaldéens,
N’était ni aussi puissant ni aussi riche ; car lui-même, dans tout son empire et selon ses lois,
Avait une gloire encore plus grande,
Comme on le dit, que celle de tous les autres ; ses sujets lui obéissaient et lui payaient des tributs, voulant punir son arrogance
En le traitant comme s’il était le dieu de la Terre,
En le plaçant sous une forme humaine
Avec force, il soumettait les rois, comme une bête sauvage.
Page 326
Et il écrivit sur la Prérogative de nombreuses merveilles ; il la transforma en comédie.475 Il était tellement rempli d’une gloire orgueilleuse, pendant sept ans entiers,2800 qu’il n’avait plus aucun souvenir de pénitence, puisqu’il reconnaissait en lui-même qu’aucun bien n’était plus puissant que lui, et, miséricordieux envers sa propre prospérité, Dieu le ramena à une santé restaurée,2810 afin que ce grand roi des rois, trône du règne qui voit et connaît toutes choses, fût amendé. Celui-là même dont rien ne pouvait détourner l’attention — plus gracieux encore — plaça les secrets du cœur humain en lui. Ils parlent et résonnent dans son être,2820 comme s’ils étaient de légères brises. Il prit vengeance de cette prétention. Mais comme il voulait rester un moment pour voir s’il le ferait repentir, il lui envoya un messager,477 pendant qu’il dormait la nuit. Ce roi orgueilleux eut une vision merveilleuse dans son sommeil : là où il reposait, il crut voir, en plein jour, en contemplant le monde autour de lui, un arbre parfaitement grandi, qui se dressait au milieu du monde,2830 dont la hauteur atteignait le ciel ; ses branches étaient belles et larges, chargées de fruits mûrs à point, si bien que tous les hommes auraient pu s’en nourrir. Il vit aussi des oiseaux s’élever au-dessus de toute la terre, parmi lesquels se trouvaient toutes sortes d’oiseaux ; il crut également voir toutes sortes d’animaux se déplacer autour de cet arbre2830 et se nourrir au sol. Alors qu’il contemplait cette merveille, il crut entendre une voix au-dessus de lui qui criait, disant : « Abattez cet arbre et laissez-le tomber. »
Page 327
Les vents laissent éclater leur fureur en hâte478
Et détruisent les fruits et les récoltes,479
Et brisent chaque branche,
Mais le Rouge doit rester immobile. P. i.
138
Lorsque toute sa fierté sera jetée à terre,480
Le Rouge sera fermement lié,
Et ne pourra troubler le cœur d’aucun homme,
Mais il devra refréner tout désir
Envers l’homme ; comme un bœuf, il cherchera de l’herbe à manger,
Jusqu’à ce que les eaux du ciel
L’aient lavé sept fois,
Afin qu’il comprenne enfin481
Quelle est la puissance céleste,
Et devienne profondément humble devant
La volonté de Celui qui peut tout sauver ou détruire.
Ce roi sortit de son sommeil,
Et le lendemain, il dit aux prêtres qu’il avait :
Mais aucun d’eux ne trouva la vérité,
Sa fierté ne fut pas apaisée.
Et ainsi en resta-t-il : ce roi avait sous son autorité
la Judée, et par affection
plus que tous les autres, il aimait Daniel,
2860 car il comprenait bien les choses divines, que personne d’autre ne comprenait ;
Pour lui, toutes choses étaient divines,
comme il le tenait de la grâce divine.482
Il se présenta devant le roi,
et reçut l’ordre de
dévoiler sur-le-champ le destin de ses sept,
comme cela devait être découvert par la suite. P. i.
139
Lorsque Daniel entendit parler de ces sept,483
2870 il resta longtemps avant de répondre.
Et détruisent les fruits et les récoltes,479
Et brisent chaque branche,
Mais le Rouge doit rester immobile. P. i.
138
Lorsque toute sa fierté sera jetée à terre,480
Le Rouge sera fermement lié,
Et ne pourra troubler le cœur d’aucun homme,
Mais il devra refréner tout désir
Envers l’homme ; comme un bœuf, il cherchera de l’herbe à manger,
Jusqu’à ce que les eaux du ciel
L’aient lavé sept fois,
Afin qu’il comprenne enfin481
Quelle est la puissance céleste,
Et devienne profondément humble devant
La volonté de Celui qui peut tout sauver ou détruire.
Ce roi sortit de son sommeil,
Et le lendemain, il dit aux prêtres qu’il avait :
Mais aucun d’eux ne trouva la vérité,
Sa fierté ne fut pas apaisée.
Et ainsi en resta-t-il : ce roi avait sous son autorité
la Judée, et par affection
plus que tous les autres, il aimait Daniel,
2860 car il comprenait bien les choses divines, que personne d’autre ne comprenait ;
Pour lui, toutes choses étaient divines,
comme il le tenait de la grâce divine.482
Il se présenta devant le roi,
et reçut l’ordre de
dévoiler sur-le-champ le destin de ses sept,
comme cela devait être découvert par la suite. P. i.
139
Lorsque Daniel entendit parler de ces sept,483
2870 il resta longtemps avant de répondre.
Page 328
Et il fit naître une merveilleuse créature.
Le roi prit conseil de ses hommes,
Et leur ordonna de lui dire ce qu’ils savaient,
Comme à celui à qui il tenait beaucoup,
Et dit qu’il ne voulait pas être en colère.
Mais Daniel était fort réticent,
Et dit : « Sur cette affaire,
Sire roi, ces sept personnes périront ;
Et quant à cela,
Je veux vous raconter comment les choses se passeront,
Et quel sera votre destin :
Dieu sait si vous pourrez y échapper.
L’arbre haut, que vous avez vu,
Avec des feuilles et des fruits si beaux,
Qui se trouvait au milieu du monde,
De sorte que les meilleurs et les plus nobles
Étaient gouvernés par lui seul,
Sire roi, cela représente cette personne
Qui est au-dessus de toutes choses terrestres.
Ainsi règnent sous les rois,
Et tous les peuples te sont soumis,
Et tout le monde te craint,
De sorte que, par une fausse gloire,
Tu as usurpé le respect dû
À Celui qui est ton roi suprême,
Au point que, par peur plutôt que par amour,
Tu ne veux rien savoir de ce dieu ;
Celui qui maintenant, pour toi, a fait un bâton,
Ta fausse gloire et ta folie,
Pour te punir avec de grandes souffrances.
Et quant à la voix que vous avez entendue,
Qui a ordonné que les arcs se brisent
Et que l’arbre soit abattu,
Cette parole te concerne ;
Ton règne sera renversé,
Et tu seras dépouillé d’un seul coup. »
Le roi prit conseil de ses hommes,
Et leur ordonna de lui dire ce qu’ils savaient,
Comme à celui à qui il tenait beaucoup,
Et dit qu’il ne voulait pas être en colère.
Mais Daniel était fort réticent,
Et dit : « Sur cette affaire,
Sire roi, ces sept personnes périront ;
Et quant à cela,
Je veux vous raconter comment les choses se passeront,
Et quel sera votre destin :
Dieu sait si vous pourrez y échapper.
L’arbre haut, que vous avez vu,
Avec des feuilles et des fruits si beaux,
Qui se trouvait au milieu du monde,
De sorte que les meilleurs et les plus nobles
Étaient gouvernés par lui seul,
Sire roi, cela représente cette personne
Qui est au-dessus de toutes choses terrestres.
Ainsi règnent sous les rois,
Et tous les peuples te sont soumis,
Et tout le monde te craint,
De sorte que, par une fausse gloire,
Tu as usurpé le respect dû
À Celui qui est ton roi suprême,
Au point que, par peur plutôt que par amour,
Tu ne veux rien savoir de ce dieu ;
Celui qui maintenant, pour toi, a fait un bâton,
Ta fausse gloire et ta folie,
Pour te punir avec de grandes souffrances.
Et quant à la voix que vous avez entendue,
Qui a ordonné que les arcs se brisent
Et que l’arbre soit abattu,
Cette parole te concerne ;
Ton règne sera renversé,
Et tu seras dépouillé d’un seul coup. »
Page 329
Le robot qui se tenait là,
Pour que tu comprennes bien,
Il y aura un temps dans ton règne
2910 où tu devras régner.
Et l’une des choses que tu as entendues dire,
C’est de prendre le cœur d’un homme
Et d’y placer une bête sauvage,
Ainsi qu’il paître comme un bœuf,
Et qu’il soit bridé
Pendant des temps longs et pénibles,
Jusqu’à ce qu’il connaisse les pouvoirs de son dieu ;
Alors il devra se tenir toujours droit.—
Tout cela est prédit à l’avance,
2920 Et maintenant c’est en débat avec Dieu :
La forme humaine sera affaiblie,
Jusqu’à ce que sept ans soient écoulés,
Et sous l’apparence d’une bête,
Ce sera ta véritable fête ;
Le temps régnera sur toi.
Et comprends que toute cette souffrance,
Que tu endureras en ce temps-là,
N’est que pour ton orgueil, pour ta gloire vaniteuse,
2930 et pour le péché
Dans lequel tu es resté longtemps.
Ainsi, selon cette condition,
Tes sept années ont été annoncées.
Mais si cela devait arriver en réalité,
Je te conseillerais de te repentir :
Si tu quittes cette misère,
Fais preuve de miséricorde avec justice,
Implore et prie la haute grâce,
Afin que tu puisses fuir tes peines
Avec Dieu, et vivre en bonne harmonie.’
2940 Mais l’Orgueil refuse de quitter son maître,
Et ne veut pas non plus subir l’humilité
Pour rester avec lui à aucun niveau ;
Et quand un navire perd son taureau,
Pour que tu comprennes bien,
Il y aura un temps dans ton règne
2910 où tu devras régner.
Et l’une des choses que tu as entendues dire,
C’est de prendre le cœur d’un homme
Et d’y placer une bête sauvage,
Ainsi qu’il paître comme un bœuf,
Et qu’il soit bridé
Pendant des temps longs et pénibles,
Jusqu’à ce qu’il connaisse les pouvoirs de son dieu ;
Alors il devra se tenir toujours droit.—
Tout cela est prédit à l’avance,
2920 Et maintenant c’est en débat avec Dieu :
La forme humaine sera affaiblie,
Jusqu’à ce que sept ans soient écoulés,
Et sous l’apparence d’une bête,
Ce sera ta véritable fête ;
Le temps régnera sur toi.
Et comprends que toute cette souffrance,
Que tu endureras en ce temps-là,
N’est que pour ton orgueil, pour ta gloire vaniteuse,
2930 et pour le péché
Dans lequel tu es resté longtemps.
Ainsi, selon cette condition,
Tes sept années ont été annoncées.
Mais si cela devait arriver en réalité,
Je te conseillerais de te repentir :
Si tu quittes cette misère,
Fais preuve de miséricorde avec justice,
Implore et prie la haute grâce,
Afin que tu puisses fuir tes peines
Avec Dieu, et vivre en bonne harmonie.’
2940 Mais l’Orgueil refuse de quitter son maître,
Et ne veut pas non plus subir l’humilité
Pour rester avec lui à aucun niveau ;
Et quand un navire perd son taureau,
Page 330
Je ne sais pas comment ce taureau
A mis les mers en fureur.
Ce roi orgueilleux, dans son courage,
A perdu toute humilité,
Au point qu’il ne prêtait attention à personne,
Même pas à tout ce que Daniel
Lui conseillait sans cesse ;
Il laissait cela de côté, par orgueil,
Comme un aveugle, sans se soucier de rien.
Et bientôt, alors qu’il était à Babylone,
L’orgueil le poussa à l’erreur ;
Son cœur fut envahi par l’orgueil,
Si bien qu’il oublia sa royauté et ses privilèges,
À cause de paroles arrogantes.
Et quand il fut poussé au plus loin,
Par cet orgueil qui l’aveuglait,
Comme celui qui voit trois choses,
Là où il se trouvait dans son palais,
On l’éloigna des yeux des hommes :
Personne n’était assez fort pour savoir
Où il était parti.
Ainsi, il fut chassé de son royaume
Vers la forêt sauvage,
Où la loi des dieux puissants,
Par sa faiblesse, le transforma
D’homme en bête ;
Et tel un bœuf sous le joug,
Il devait travailler sans cesse
Pour se procurer sa nourriture.
Bien que l’herbe fraîche lui semblât bonne,
Alors qu’autrefois il mangeait des épices délicieuses,
Il fut ainsi privé de tous ses plaisirs :
Le vin qu’il avait l’habitude de boire,
Il devait maintenant le puiser aux sources.
A mis les mers en fureur.
Ce roi orgueilleux, dans son courage,
A perdu toute humilité,
Au point qu’il ne prêtait attention à personne,
Même pas à tout ce que Daniel
Lui conseillait sans cesse ;
Il laissait cela de côté, par orgueil,
Comme un aveugle, sans se soucier de rien.
Et bientôt, alors qu’il était à Babylone,
L’orgueil le poussa à l’erreur ;
Son cœur fut envahi par l’orgueil,
Si bien qu’il oublia sa royauté et ses privilèges,
À cause de paroles arrogantes.
Et quand il fut poussé au plus loin,
Par cet orgueil qui l’aveuglait,
Comme celui qui voit trois choses,
Là où il se trouvait dans son palais,
On l’éloigna des yeux des hommes :
Personne n’était assez fort pour savoir
Où il était parti.
Ainsi, il fut chassé de son royaume
Vers la forêt sauvage,
Où la loi des dieux puissants,
Par sa faiblesse, le transforma
D’homme en bête ;
Et tel un bœuf sous le joug,
Il devait travailler sans cesse
Pour se procurer sa nourriture.
Bien que l’herbe fraîche lui semblât bonne,
Alors qu’autrefois il mangeait des épices délicieuses,
Il fut ainsi privé de tous ses plaisirs :
Le vin qu’il avait l’habitude de boire,
Il devait maintenant le puiser aux sources.
Page 331
Ou du chien ou du âne,
Il le trouva alors bien misérable :
Au lieu de chambres bien aménagées,
Il était dans un buisson bien payé,
Le sol dur sur lequel il gisait,
Car il n’avait pas d’autre couche ;
Les tempêtes et les pluies tombaient,
Les vents soufflaient sur lui sans cesse,491 P. i.
143
Il était tourmenté jour et nuit,
2990 Telle était la grande puissance des dieux,492
Jusqu’à ce que sept ans s’écoulent.
Sur lui-même il regardait ;
Au lieu d’herbe fraîche et de verdure,
Au lieu de mains longues et fines,
Au lieu d’un homme semblable à un être humain,
Il voyait une bête ;
Alors il commença à désirer
Du tissu d’or et des pierres précieuses,493
Qui avaient coutume de l’enchanter.
Lorsqu’il vit son pays en ruines,
3000 Il pleura et, avec des larmes abondantes494,
Il envoya ses prières jusqu’au ciel,
Pleurant, et pensa de cette manière ;
Bien qu’il ne pût prononcer de mots,
Son cœur disait ainsi et parlait en lui-même :
« Ô grand dieu, qui as tout créé
Et peux tout ramener du jour à la nuit,
Maintenant je sais bien, grâce à toi,
Que ce monde n’a point de prospérité :
Dans ton regard tous sont misérables,
3010 Le pauvre comme le riche,495
Sans toi, personne ne peut exister,496
Et tu es plus puissant que tous les autres.
Ô grand seigneur, envers ma faute,
Accorde-moi miséricorde avec justice ;
Et je veux faire un pacte,
Pour le reste de ma vie. »
Il le trouva alors bien misérable :
Au lieu de chambres bien aménagées,
Il était dans un buisson bien payé,
Le sol dur sur lequel il gisait,
Car il n’avait pas d’autre couche ;
Les tempêtes et les pluies tombaient,
Les vents soufflaient sur lui sans cesse,491 P. i.
143
Il était tourmenté jour et nuit,
2990 Telle était la grande puissance des dieux,492
Jusqu’à ce que sept ans s’écoulent.
Sur lui-même il regardait ;
Au lieu d’herbe fraîche et de verdure,
Au lieu de mains longues et fines,
Au lieu d’un homme semblable à un être humain,
Il voyait une bête ;
Alors il commença à désirer
Du tissu d’or et des pierres précieuses,493
Qui avaient coutume de l’enchanter.
Lorsqu’il vit son pays en ruines,
3000 Il pleura et, avec des larmes abondantes494,
Il envoya ses prières jusqu’au ciel,
Pleurant, et pensa de cette manière ;
Bien qu’il ne pût prononcer de mots,
Son cœur disait ainsi et parlait en lui-même :
« Ô grand dieu, qui as tout créé
Et peux tout ramener du jour à la nuit,
Maintenant je sais bien, grâce à toi,
Que ce monde n’a point de prospérité :
Dans ton regard tous sont misérables,
3010 Le pauvre comme le riche,495
Sans toi, personne ne peut exister,496
Et tu es plus puissant que tous les autres.
Ô grand seigneur, envers ma faute,
Accorde-moi miséricorde avec justice ;
Et je veux faire un pacte,
Pour le reste de ma vie. »
Page 332
Je veux que cette grâce me corrige,
Et que selon ta loi cela soit ainsi décidé, P. i.
144
Que cette gloire éphémère je subisse,
3020 Et m’incline devant ton cheval et ta poussière,
Avec humilité, et c’est ce que je jure.
Ainsi, en y pensant, il se mit à genoux,
Et bien qu’il lui manquât la voix et la parole,497
Il se releva les pieds nus,
Et, pleurant dans sa plus grande douleur,
Il adressa sa prière au ciel.
Il s’agenouilla avec sagesse et courage,498
Pour obtenir miséricorde et supplier
Son dieu, qui ne trouva rien d’étrange en lui,
3030 Lorsqu’il vit sa fierté disparaître.
Dès qu’il devint humble et docile,
Il éprouva pour son dieu la même affection,
Et en un clin d’œil il reprit sa forme humaine,
Et fut ramené au royaume
Où il avait coutume de régner ;
Ainsi, la fierté de cette gloire éphémère
Disparut à jamais de sa mémoire.
Ainsi est montré
3040 Ce qui advient de la fierté sans frein
Devant la haute loi divine,
À qui personne ne peut échapper.
C’est pourquoi, mon Fils, écoute bien le confesseur.
Conduis donc ta vie de manière telle
Que tu ne sois plus semblable à un animal.
Mais si ta vie doit être honnête,
Tu dois adopter l’humilité sincèrement,
Car alors tu pourras atteindre la certitude : P. i.
145
Et pour dire les choses autrement,
3050 Un homme fier ne peut aimer véritablement ;
Même si une femme voulait le plaire,
Sa fierté ne le permet pas.
Personne ne peut blâmer davantage [l’humilité].
Et que selon ta loi cela soit ainsi décidé, P. i.
144
Que cette gloire éphémère je subisse,
3020 Et m’incline devant ton cheval et ta poussière,
Avec humilité, et c’est ce que je jure.
Ainsi, en y pensant, il se mit à genoux,
Et bien qu’il lui manquât la voix et la parole,497
Il se releva les pieds nus,
Et, pleurant dans sa plus grande douleur,
Il adressa sa prière au ciel.
Il s’agenouilla avec sagesse et courage,498
Pour obtenir miséricorde et supplier
Son dieu, qui ne trouva rien d’étrange en lui,
3030 Lorsqu’il vit sa fierté disparaître.
Dès qu’il devint humble et docile,
Il éprouva pour son dieu la même affection,
Et en un clin d’œil il reprit sa forme humaine,
Et fut ramené au royaume
Où il avait coutume de régner ;
Ainsi, la fierté de cette gloire éphémère
Disparut à jamais de sa mémoire.
Ainsi est montré
3040 Ce qui advient de la fierté sans frein
Devant la haute loi divine,
À qui personne ne peut échapper.
C’est pourquoi, mon Fils, écoute bien le confesseur.
Conduis donc ta vie de manière telle
Que tu ne sois plus semblable à un animal.
Mais si ta vie doit être honnête,
Tu dois adopter l’humilité sincèrement,
Car alors tu pourras atteindre la certitude : P. i.
145
Et pour dire les choses autrement,
3050 Un homme fier ne peut aimer véritablement ;
Même si une femme voulait le plaire,
Sa fierté ne le permet pas.
Personne ne peut blâmer davantage [l’humilité].
Page 333
Un vice qui mérite blâme ;
Car l’homme ne doit rien cacher
Ce qui pourrait tomber sous le reproche de la Prérogative,
Qui est le pire des vices de tous :
À son sujet, comme cela s’est produit,
Je pense raconter une chronique
3060 pour te l’expliquer, si cela te convient,
Afin que tu puisses t’humilier
Et éviter également le vice de la Prérogative,
Dont la gloire est fausse et vaine ;
Dieu lui-même la méprise,
Car, bien qu’elle monte un instant,
Elle doit retomber et être renversée.
xii. La vertu est humble, par elle Dieu le Très-Haut s’est abaissé jusqu’à nous
Et il a les entrailles de la chair.
Ainsi l’humilité triomphe, et tout amour lui est soumis,
Et le fier n’a aucun secours possible :
La terre le hait, le ciel le rejette,499
Il demeure dans les demeures de l’enfer.
Il était autrefois un roi jeune et sage, [L’histoire des Trois
Questions.]
Qui attachait une grande valeur à son intelligence.
Il raconte ici de grandes imaginations
Le Confesseur
3070 ainsi que des interprétations étranges, des exemples
De problèmes et de demandes aussi, simplement opposés
À sa sagesse ; il s’agissait de trouver et de chercher la Prérogative ; et il dit
qu’un jour, un certain
Que le roi célèbre voulait, par une sagesse étonnante,
Confronter ceux qui étaient sages en prudence ;
Mais aucun d’eux ne put vaincre son soldat sur
Trois questions,
En donnant une réponse selon ses paroles, afin d’obtenir ainsi une certitude,
C’était un chevalier ; toute chose lui semblait si simple, sous peine de sentence capitale,
Qu’il répondit aussitôt dès qu’il les entendit. Premièrement,
Il répondit aux paroles du roi : quelle est la chose la moins importante
Que le roi puisse lui demander, concernant le besoin des habitants500
Du monde entier ? Il en donna aussitôt la vérité.
Car l’homme ne doit rien cacher
Ce qui pourrait tomber sous le reproche de la Prérogative,
Qui est le pire des vices de tous :
À son sujet, comme cela s’est produit,
Je pense raconter une chronique
3060 pour te l’expliquer, si cela te convient,
Afin que tu puisses t’humilier
Et éviter également le vice de la Prérogative,
Dont la gloire est fausse et vaine ;
Dieu lui-même la méprise,
Car, bien qu’elle monte un instant,
Elle doit retomber et être renversée.
xii. La vertu est humble, par elle Dieu le Très-Haut s’est abaissé jusqu’à nous
Et il a les entrailles de la chair.
Ainsi l’humilité triomphe, et tout amour lui est soumis,
Et le fier n’a aucun secours possible :
La terre le hait, le ciel le rejette,499
Il demeure dans les demeures de l’enfer.
Il était autrefois un roi jeune et sage, [L’histoire des Trois
Questions.]
Qui attachait une grande valeur à son intelligence.
Il raconte ici de grandes imaginations
Le Confesseur
3070 ainsi que des interprétations étranges, des exemples
De problèmes et de demandes aussi, simplement opposés
À sa sagesse ; il s’agissait de trouver et de chercher la Prérogative ; et il dit
qu’un jour, un certain
Que le roi célèbre voulait, par une sagesse étonnante,
Confronter ceux qui étaient sages en prudence ;
Mais aucun d’eux ne put vaincre son soldat sur
Trois questions,
En donnant une réponse selon ses paroles, afin d’obtenir ainsi une certitude,
C’était un chevalier ; toute chose lui semblait si simple, sous peine de sentence capitale,
Qu’il répondit aussitôt dès qu’il les entendit. Premièrement,
Il répondit aux paroles du roi : quelle est la chose la moins importante
Que le roi puisse lui demander, concernant le besoin des habitants500
Du monde entier ? Il en donna aussitôt la vérité.
Page 334
Le roi Somdiel avait un désir : obtenir davantage.
Deuxièmement, quoi…
Et il pensa qu’il voulait que son intelligence atteigne une force encore plus grande, afin de parvenir à une conclusion qui contienne la confusion du moindre coût, à ce chevalier, de sorte que son nom soit discrédité. Troisièmement, quoi…
Quant à la sagesse, sa grande renommée lui permettait de gagner tous les biens pour lui-même, sans rien diminuer de ses propres qualités ; ainsi, toute son intelligence était entièrement sous son contrôle.
Ce roi commença à étudier et à réfléchir. Quelles étranges questions pouvait-il utiliser pour confondre l’intelligence des chevaliers ? La fille très sage trouva enfin la réponse, au nom de son père. Elle envoya aussitôt une solution au chevalier, de manière à ce qu’il puisse dire ce qu’il pensait. Le roi répondit.
La question portait sur trois points. Le premier était : « De toutes les choses que les hommes cherchent à obtenir dans leur vie, laquelle est la plus nécessaire ? » La réponse fut : l’humilité.
Le deuxième point était : « Parmi toutes les vertus, laquelle a la plus grande valeur, et pourtant n’est-elle pas la moins coûteuse à acquérir ? » La réponse fut : l’humilité.
Le troisième point était : « Laquelle des dépenses est la plus coûteuse, et pourtant la moins utile ? » La réponse fut : l’orgueil.
Le roi posa ces trois questions au chevalier, en disant que l’orgueil détruit tous les biens, tant ceux du corps que ceux de l’âme. Il lui ordonna de venir après trois semaines et de lui indiquer précisément le montant de chaque dépense. S’il se trompait, cela entraînerait sa perte totale. Aucune autre chose ne pourrait alors le sauver, car il aurait ainsi avoué sa propre faute.
Le roi dit que le chevalier serait puni, et que ses biens et sa tête seraient perdues. Le chevalier était triste à cause de cela, et voulait le défendre auprès du roi. Mais personne ne voulut l’aider.
Deuxièmement, quoi…
Et il pensa qu’il voulait que son intelligence atteigne une force encore plus grande, afin de parvenir à une conclusion qui contienne la confusion du moindre coût, à ce chevalier, de sorte que son nom soit discrédité. Troisièmement, quoi…
Quant à la sagesse, sa grande renommée lui permettait de gagner tous les biens pour lui-même, sans rien diminuer de ses propres qualités ; ainsi, toute son intelligence était entièrement sous son contrôle.
Ce roi commença à étudier et à réfléchir. Quelles étranges questions pouvait-il utiliser pour confondre l’intelligence des chevaliers ? La fille très sage trouva enfin la réponse, au nom de son père. Elle envoya aussitôt une solution au chevalier, de manière à ce qu’il puisse dire ce qu’il pensait. Le roi répondit.
La question portait sur trois points. Le premier était : « De toutes les choses que les hommes cherchent à obtenir dans leur vie, laquelle est la plus nécessaire ? » La réponse fut : l’humilité.
Le deuxième point était : « Parmi toutes les vertus, laquelle a la plus grande valeur, et pourtant n’est-elle pas la moins coûteuse à acquérir ? » La réponse fut : l’humilité.
Le troisième point était : « Laquelle des dépenses est la plus coûteuse, et pourtant la moins utile ? » La réponse fut : l’orgueil.
Le roi posa ces trois questions au chevalier, en disant que l’orgueil détruit tous les biens, tant ceux du corps que ceux de l’âme. Il lui ordonna de venir après trois semaines et de lui indiquer précisément le montant de chaque dépense. S’il se trompait, cela entraînerait sa perte totale. Aucune autre chose ne pourrait alors le sauver, car il aurait ainsi avoué sa propre faute.
Le roi dit que le chevalier serait puni, et que ses biens et sa tête seraient perdues. Le chevalier était triste à cause de cela, et voulait le défendre auprès du roi. Mais personne ne voulut l’aider.
Page 335
Et ainsi le chevalier de sa réponse503
P. i.
Que le Goth prenne garde : 147
Mais selon son entendement
Plus il use de son intelligence pour résoudre la question,
3110 plus il reste dans le doute. iiiia question.
3120 Bien qu’il connût bien le cœur du roi,
Qu’il ne devait pas provoquer la mort,504
Et que cette tristesse lui causât tant de peine
Qu’il abandonna toute joie.
Il pensa d’abord à sa vie,
3130 puis à sa femme,
Et aussi à ses enfants,
Qui avaient des filles ; P. i.
148
Le plus jeune d’eux avait quatorze ans, et pour son visage
Elle était très belle, et pour sa taille
Proche d’une silhouette céleste,
Et pour son comportement et sa belle parole,
Même si l’on cherchait partout à Londres,
On n’aurait jamais trouvé quelqu’un comme elle.
3140 Elle vit la tristesse de son père et semblable,
Et ne connaissait pas la raison ;
Alors elle vint à lui en privé,
Et c’est là qu’il lui parla seul dans un jardin ;
Sur ses genoux elle s’agenouilla
Avec un cœur humble et l’appela,
Et dit : « Ô bon père, pourquoi faites-vous une telle peine,
Et je ne sais rien de ce qui se passe ?
3150 Et vous savez bien, père, cela,
Quel danger vous avez couru,
Vous pourriez me le dire en sécurité,
Car j’ai souvent entendu dire que vous aviez tant confiance en moi,
Plus que dans ma sœur ou mon frère,505
Dans ce monde entier, ni dans personne d’autre. »
P. i.
Que le Goth prenne garde : 147
Mais selon son entendement
Plus il use de son intelligence pour résoudre la question,
3110 plus il reste dans le doute. iiiia question.
3120 Bien qu’il connût bien le cœur du roi,
Qu’il ne devait pas provoquer la mort,504
Et que cette tristesse lui causât tant de peine
Qu’il abandonna toute joie.
Il pensa d’abord à sa vie,
3130 puis à sa femme,
Et aussi à ses enfants,
Qui avaient des filles ; P. i.
148
Le plus jeune d’eux avait quatorze ans, et pour son visage
Elle était très belle, et pour sa taille
Proche d’une silhouette céleste,
Et pour son comportement et sa belle parole,
Même si l’on cherchait partout à Londres,
On n’aurait jamais trouvé quelqu’un comme elle.
3140 Elle vit la tristesse de son père et semblable,
Et ne connaissait pas la raison ;
Alors elle vint à lui en privé,
Et c’est là qu’il lui parla seul dans un jardin ;
Sur ses genoux elle s’agenouilla
Avec un cœur humble et l’appela,
Et dit : « Ô bon père, pourquoi faites-vous une telle peine,
Et je ne sais rien de ce qui se passe ?
3150 Et vous savez bien, père, cela,
Quel danger vous avez couru,
Vous pourriez me le dire en sécurité,
Car j’ai souvent entendu dire que vous aviez tant confiance en moi,
Plus que dans ma sœur ou mon frère,505
Dans ce monde entier, ni dans personne d’autre. »
Page 336
Tu oses parler en privé
Aussi bien à mon père qu’à moi.
Car, mon père, je vous implore,
Ne jetez plus ce cœur dans l’effroi,
Car je suis celle qui veut préserver
Votre honneur. » Et sur ces mots, elle pleura.
Que cette nuit ne soit pas interrompue,
Elle désire être sans interruption,
Car son père la méprise tant
Qu’il refuse de lui dire ce qu’il sait :
Et toujours, dans sa miséricorde, elle supplie
Qu’il ne cache pas ses conseils
À celle qui le veut tant de bien
Et qui est pourtant sa chair et son sang.
Ainsi, en pleurant, il jeta enfin
Son amour sur son enfant,
Et tristement, à elle, il raconta
Son histoire en disant :
« La douleur, ma fille, que je ressens
N’est pas seulement pour moi,
Mais aussi pour toi et pour tous :
Car une telle épreuve m’attend,
Que ce troisième jour
Je perdrai tout ce que j’ai jamais eu,
Ma vie et tous mes biens :
C’est pourquoi je suis si affligé. »
« Quelle en est la cause, hélas ! » demanda-t-elle.
« Mon père, pourquoi devez-vous être
Détruit de cette manière ? »
Et il commença à expliquer les raisons,
Comme le roi le lui avait dit,
Et lui assura clairement qu’il ne pouvait
Répondre à aucune de ces questions.
Alors elle, comprenant la situation,
Donna son avis et dit :
« Mon père, puisque c’est ainsi,
Vous ne voyez donc d’autre solution… »
Aussi bien à mon père qu’à moi.
Car, mon père, je vous implore,
Ne jetez plus ce cœur dans l’effroi,
Car je suis celle qui veut préserver
Votre honneur. » Et sur ces mots, elle pleura.
Que cette nuit ne soit pas interrompue,
Elle désire être sans interruption,
Car son père la méprise tant
Qu’il refuse de lui dire ce qu’il sait :
Et toujours, dans sa miséricorde, elle supplie
Qu’il ne cache pas ses conseils
À celle qui le veut tant de bien
Et qui est pourtant sa chair et son sang.
Ainsi, en pleurant, il jeta enfin
Son amour sur son enfant,
Et tristement, à elle, il raconta
Son histoire en disant :
« La douleur, ma fille, que je ressens
N’est pas seulement pour moi,
Mais aussi pour toi et pour tous :
Car une telle épreuve m’attend,
Que ce troisième jour
Je perdrai tout ce que j’ai jamais eu,
Ma vie et tous mes biens :
C’est pourquoi je suis si affligé. »
« Quelle en est la cause, hélas ! » demanda-t-elle.
« Mon père, pourquoi devez-vous être
Détruit de cette manière ? »
Et il commença à expliquer les raisons,
Comme le roi le lui avait dit,
Et lui assura clairement qu’il ne pouvait
Répondre à aucune de ces questions.
Alors elle, comprenant la situation,
Donna son avis et dit :
« Mon père, puisque c’est ainsi,
Vous ne voyez donc d’autre solution… »
Page 337
Bot que vous devez absolument tuer,
Je voudrais vous demander une chose :510
Laissez-moi partir avec vous auprès du roi,
Et vous devrez lui faire comprendre
Comment vous, mes sages conseillers,
Avez reporté votre réponse sur moi ;
3200 Et dites-lui que, dans cette situation,
Sur ma parole vous êtes prêts à rester511
Pour vivre ou mourir, quoi qu’il arrive.
Car il se peut que je puisse, par de bonnes paroles,
Gagner la grâce du roi,
Pour sauver votre vie et aussi vos biens ;
Car souvent une femme aura
Quelque chose que l’homme ne peut obtenir.’
Le père écouta les paroles de sa fille,
Et pensa qu’il y avait du sens là-dedans,512
3210 Et pour gagner la vie de sa fille,
Il ne trouva aucun autre remède ;
Alors il jugea préférable, dans une aventure,
De risquer sa vie et tous ses biens,
Plutôt que de laisser sa vie être certainement perdue
Comme c’était le cas.
Ainsi pensant, il décida de suivre
Le conseil de cette jeune fille,
Et adopta la résolution qu’elle avait proposée.
Le jour arriva et ils partirent,
3220 Ils arrivèrent bientôt à la cour,
Où le roi était en train de juger
Et ce chevalier donnait son accord. P. i.
151
Présentée de la meilleure manière,
Cette jeune fille avec des paroles habiles,
Son père la conduisit là-bas,
Dans le lieu où il voulait,
Auprès du roi avec ceux qu’il désirait,
Et, agenouillée devant le roi, elle raconta
Comme elle l’avait expliqué auparavant,
3230 Et supplia le roi de le faire donc
Je voudrais vous demander une chose :510
Laissez-moi partir avec vous auprès du roi,
Et vous devrez lui faire comprendre
Comment vous, mes sages conseillers,
Avez reporté votre réponse sur moi ;
3200 Et dites-lui que, dans cette situation,
Sur ma parole vous êtes prêts à rester511
Pour vivre ou mourir, quoi qu’il arrive.
Car il se peut que je puisse, par de bonnes paroles,
Gagner la grâce du roi,
Pour sauver votre vie et aussi vos biens ;
Car souvent une femme aura
Quelque chose que l’homme ne peut obtenir.’
Le père écouta les paroles de sa fille,
Et pensa qu’il y avait du sens là-dedans,512
3210 Et pour gagner la vie de sa fille,
Il ne trouva aucun autre remède ;
Alors il jugea préférable, dans une aventure,
De risquer sa vie et tous ses biens,
Plutôt que de laisser sa vie être certainement perdue
Comme c’était le cas.
Ainsi pensant, il décida de suivre
Le conseil de cette jeune fille,
Et adopta la résolution qu’elle avait proposée.
Le jour arriva et ils partirent,
3220 Ils arrivèrent bientôt à la cour,
Où le roi était en train de juger
Et ce chevalier donnait son accord. P. i.
151
Présentée de la meilleure manière,
Cette jeune fille avec des paroles habiles,
Son père la conduisit là-bas,
Dans le lieu où il voulait,
Auprès du roi avec ceux qu’il désirait,
Et, agenouillée devant le roi, elle raconta
Comme elle l’avait expliqué auparavant,
3230 Et supplia le roi de le faire donc
Page 338
Il voulait prendre ses paroles pour parole d’honneur,
Et dit qu’il était prêt à s’engager
Sur parole d’honneur, sans délai.
Il y eut là une grande surprise,
Que lui, si sage chevalier,
Voulût risquer sa vie pour une jeune fille,
Et beaucoup le tinrent pour fou :
Mais la nuit suivante,
Le roi donna l’ordre,
Et il confia son cœur à cette jeune fille,
Disant qu’il voulait engager une histoire ici ;
Il fit parler la jeune fille, et elle commença :
« Mon seigneur, autant que je le peux, »
dit-elle, « les points que j’ai entendus
Doivent recevoir une réponse appropriée.
Le premier que j’ai compris, c’est ceci :
Quelle est, de tout ce qui existe au monde,
La chose dont les hommes ont le plus besoin et qui en a le moins ?
Mon seigneur, voici ma réponse :
C’est la Terre, qui toujours
Dépend du travail des hommes ;
Tant en hiver qu’en mai,
L’homme fait tout ce qu’il peut
Pour l’aider et la rendre fertile,
Et c’est pourquoi on la creuse et on la laboure
Avec force,
Alors qu’elle ne possède rien en elle-même,
Ainsi son besoin est le moindre.
Car chaque homme, chaque bête, chaque plante,
Chaque grain, chaque herbe, chaque écorce,
Et toute chose de quelque sorte que ce soit
Finira par périr, et redeviendra Terre ;
Comme elle est sortie de la Terre,
Elle y retournera toujours :
Ainsi je puis affirmer
Que la Terre est celle qui a le plus besoin. »
Et dit qu’il était prêt à s’engager
Sur parole d’honneur, sans délai.
Il y eut là une grande surprise,
Que lui, si sage chevalier,
Voulût risquer sa vie pour une jeune fille,
Et beaucoup le tinrent pour fou :
Mais la nuit suivante,
Le roi donna l’ordre,
Et il confia son cœur à cette jeune fille,
Disant qu’il voulait engager une histoire ici ;
Il fit parler la jeune fille, et elle commença :
« Mon seigneur, autant que je le peux, »
dit-elle, « les points que j’ai entendus
Doivent recevoir une réponse appropriée.
Le premier que j’ai compris, c’est ceci :
Quelle est, de tout ce qui existe au monde,
La chose dont les hommes ont le plus besoin et qui en a le moins ?
Mon seigneur, voici ma réponse :
C’est la Terre, qui toujours
Dépend du travail des hommes ;
Tant en hiver qu’en mai,
L’homme fait tout ce qu’il peut
Pour l’aider et la rendre fertile,
Et c’est pourquoi on la creuse et on la laboure
Avec force,
Alors qu’elle ne possède rien en elle-même,
Ainsi son besoin est le moindre.
Car chaque homme, chaque bête, chaque plante,
Chaque grain, chaque herbe, chaque écorce,
Et toute chose de quelque sorte que ce soit
Finira par périr, et redeviendra Terre ;
Comme elle est sortie de la Terre,
Elle y retournera toujours :
Ainsi je puis affirmer
Que la Terre est celle qui a le plus besoin. »
Page 339
Et la plupart des hommes l’aident naturellement.
Ainsi, mon seigneur, en ce qui concerne cela,
3270 j’ai répondu que c’est bien ainsi.
L’autre point, je l’ai compris :
celui qui vaut le plus et est le meilleur,
et qui coûte le moins à un homme de le conserver.
Mon seigneur, si vous voulez le conserver,
je dis que c’est l’Humilité,
par laquelle la haute Trinité,
en tant que preuve d’un amour pur
envers Marie venue du ciel,
connaissant sa humble obéissance,
3280 envoya son Fils unique,
au-dessus de tous les autres, pour cette vertu qui apporte la paix : P. i. 153
Ainsi, on peut dire que l’Humilité est la plus précieuse de toutes.
Et comme elle ne coûte rien à entretenir,
comme on le voit dans le monde entier ;
car celui qui a l’humilité au cœur
n’amène aucune calamité sur terre,
car il désire pour le mieux
3290 mettre chacun en paix.
Avec toute votre haute révérence,
je pense donc que cette preuve
est suffisante à ce sujet.
Quant au reste,
qui est le troisième de vos questions,
celui qui vaut le moins de toutes choses,
mais coûte le plus, je le dis : l’Orgueil ;
celui-ci ne peut demeurer au ciel,
car Lucifer, avec ceux qui étaient méchants,
3300 entraîna l’Orgueil avec eux en enfer.
Il y eut de l’Orgueil dont le prix fut trop élevé,
quand, à cause de l’Orgueil, il perdit le ciel ;
et ensuite, au Paradis, Adam perdit son paradis à cause de l’Orgueil.
Ainsi, mon seigneur, en ce qui concerne cela,
3270 j’ai répondu que c’est bien ainsi.
L’autre point, je l’ai compris :
celui qui vaut le plus et est le meilleur,
et qui coûte le moins à un homme de le conserver.
Mon seigneur, si vous voulez le conserver,
je dis que c’est l’Humilité,
par laquelle la haute Trinité,
en tant que preuve d’un amour pur
envers Marie venue du ciel,
connaissant sa humble obéissance,
3280 envoya son Fils unique,
au-dessus de tous les autres, pour cette vertu qui apporte la paix : P. i. 153
Ainsi, on peut dire que l’Humilité est la plus précieuse de toutes.
Et comme elle ne coûte rien à entretenir,
comme on le voit dans le monde entier ;
car celui qui a l’humilité au cœur
n’amène aucune calamité sur terre,
car il désire pour le mieux
3290 mettre chacun en paix.
Avec toute votre haute révérence,
je pense donc que cette preuve
est suffisante à ce sujet.
Quant au reste,
qui est le troisième de vos questions,
celui qui vaut le moins de toutes choses,
mais coûte le plus, je le dis : l’Orgueil ;
celui-ci ne peut demeurer au ciel,
car Lucifer, avec ceux qui étaient méchants,
3300 entraîna l’Orgueil avec eux en enfer.
Il y eut de l’Orgueil dont le prix fut trop élevé,
quand, à cause de l’Orgueil, il perdit le ciel ;
et ensuite, au Paradis, Adam perdit son paradis à cause de l’Orgueil.
Page 340
À Midelerthe et aussi ailleurs,
L’orgueil est la cause de tous les maux ;
Le monde entier ne suffit pas
Pour étancher l’ardeur de l’orgueil.
L’orgueil est la source de tous les péchés,
Il détruit tout et ne peut jamais être vaincu.
L’orgueil est la cause de chaque malheur ;
C’est le pire de tous les vices.
Il coûte le plus cher et vaut le moins
Là où il règne.
Ainsi j’ai dit ce que je veux dire
Comme réponse, et je vous implore,
Mon seigneur, par votre autorité,
De m’accorder cette grâce et cette justice
Pour mon père ici présent,
Afin qu’à l’avenir, lorsque les gens en parleront,
Le monde puisse en dire du bien.
Le roi, qui comprit parfaitement
Et entendit tout ce qu’elle avait dit,
Fut très heureux et si satisfait
Que toute sa colère disparut.
Il commença alors à regarder ce visage de jeune fille,
Dans lequel il vit tant de grâce,
Qu’il oublia toute sa rancune.
En audience, il dit ainsi :
« Ma belle jeune fille, que Dieu te bénisse !
J’aime bien ta réponse, ainsi que toi-même.
Ton père sera pardonné.
Et si tu étais d’une telle famille,
Que tu puisses m’être égale,
Et que ton père fût un prince,
Comme il est maintenant un bachelier,
Alors, certainement, tu deviendrais ma femme.
Mais cela, je ne le dis pas. »
L’orgueil est la cause de tous les maux ;
Le monde entier ne suffit pas
Pour étancher l’ardeur de l’orgueil.
L’orgueil est la source de tous les péchés,
Il détruit tout et ne peut jamais être vaincu.
L’orgueil est la cause de chaque malheur ;
C’est le pire de tous les vices.
Il coûte le plus cher et vaut le moins
Là où il règne.
Ainsi j’ai dit ce que je veux dire
Comme réponse, et je vous implore,
Mon seigneur, par votre autorité,
De m’accorder cette grâce et cette justice
Pour mon père ici présent,
Afin qu’à l’avenir, lorsque les gens en parleront,
Le monde puisse en dire du bien.
Le roi, qui comprit parfaitement
Et entendit tout ce qu’elle avait dit,
Fut très heureux et si satisfait
Que toute sa colère disparut.
Il commença alors à regarder ce visage de jeune fille,
Dans lequel il vit tant de grâce,
Qu’il oublia toute sa rancune.
En audience, il dit ainsi :
« Ma belle jeune fille, que Dieu te bénisse !
J’aime bien ta réponse, ainsi que toi-même.
Ton père sera pardonné.
Et si tu étais d’une telle famille,
Que tu puisses m’être égale,
Et que ton père fût un prince,
Comme il est maintenant un bachelier,
Alors, certainement, tu deviendrais ma femme.
Mais cela, je ne le dis pas. »
Page 341
Que je veuille créer de fines herbes ;
Quel bien dans ce monde voudrais-tu demander, P. i.
155
« La moitié de mon royaume, et tu l’auras. »
Et le roi, par des paroles sages,
Se mit à genoux et pensa ainsi :
« Mon seigneur, que Dieu vous bénisse !
Mon père n’avait qu’une petite part
De héritage, et tout aurait été perdu ;
Mais maintenant, grâce à votre noble grâce, il peut être sauvé. »
Alors le roi, sur son trône,
Donna aussitôt, en cette chaleur ardente,
Un duché, qui auparavant
Était tombé entre ses mains,
À ce chevalier, avec revenus et terres,
Et lui conféra des lettres de propriété ;
Ainsi toute cette agitation prit fin.
Cette jeune fille, qui était assise aux genoux du roi,
Recommanda ces dons et ajouta :
« Mon seigneur, vous avez dit, comme il est écrit,
Que si mon père avait été un seigneur,
Comme les autres grands seigneurs,
Vous n’auriez pas permis que je devienne votre épouse ;
Et tout homme de valeur sait bien
Que la parole d’un roi doit être respectée.
3370 C’est pourquoi, mon seigneur, si vous voulez
Accorder une telle grâce,
Dieu sait que c’est aussi mon souhait : P. i.
156
Car celui qui était étudiant,
Mon père, est maintenant devenu un grand seigneur ;
Ainsi, depuis que je suis venue ici,
Je suis désormais la fille d’un duc. »
Ce jeune roi, qui avait tout entendu,
Quel bien dans ce monde voudrais-tu demander, P. i.
155
« La moitié de mon royaume, et tu l’auras. »
Et le roi, par des paroles sages,
Se mit à genoux et pensa ainsi :
« Mon seigneur, que Dieu vous bénisse !
Mon père n’avait qu’une petite part
De héritage, et tout aurait été perdu ;
Mais maintenant, grâce à votre noble grâce, il peut être sauvé. »
Alors le roi, sur son trône,
Donna aussitôt, en cette chaleur ardente,
Un duché, qui auparavant
Était tombé entre ses mains,
À ce chevalier, avec revenus et terres,
Et lui conféra des lettres de propriété ;
Ainsi toute cette agitation prit fin.
Cette jeune fille, qui était assise aux genoux du roi,
Recommanda ces dons et ajouta :
« Mon seigneur, vous avez dit, comme il est écrit,
Que si mon père avait été un seigneur,
Comme les autres grands seigneurs,
Vous n’auriez pas permis que je devienne votre épouse ;
Et tout homme de valeur sait bien
Que la parole d’un roi doit être respectée.
3370 C’est pourquoi, mon seigneur, si vous voulez
Accorder une telle grâce,
Dieu sait que c’est aussi mon souhait : P. i.
156
Car celui qui était étudiant,
Mon père, est maintenant devenu un grand seigneur ;
Ainsi, depuis que je suis venue ici,
Je suis désormais la fille d’un duc. »
Ce jeune roi, qui avait tout entendu,
Page 342
Embauche la beauté et aussi son esprit,
Comme celui qui fut attiré par l’amour,526
3380 Il y consentit aussitôt.
Il ne pouvait chasser la jeune fille,527
Car elle n’était pas la dame de son cœur ;
Ainsi il prit une épouse,
Pour avoir compagnie tant qu’il vivrait :
Et ainsi le roi accorde à son chevalier
Ce qui lui revient de droit.
Et il convient de savoir davantage à ce sujet,
Comme il est écrit dans la Chronique,
Ce noble roi dont je parlais,
3390 Qui, jadis en Espagne,
Gouvernait le royaume,
Et comme le livre le rapporte,
Son nom était Alphonse :
Le chevalier aussi, si je dois le nommer,
S’appelait Danz Petro, et, d’après ce que l’on dit,
Sa fille sage, Peronelle528,
Était appelée ainsi, pleine de grâce :
Elle vécut en ce lieu-là,529
Où son père, dès son plus jeune âge,
3400 L’y amena et en fit une reine,
Et elle expliqua très bien
Les raisons pour lesquelles elle fut opposée. P. i.
157
Vois maintenant, mon Fils, comme tu peux
[Humilité.]
Ici,530
Confesseur.
De toute cette affaire, je retiens une chose,
C’est l’Orgueil,
À qui aucune grâce ne peut arriver :
Au ciel, il tomba de sa place,
Et le Paradis lui fut interdit,
Les bons hommes sur Terre le haïssent,
3410 Ainsi il dut se rendre en enfer,
Où toute vertu sera séparée
Et tout vice accueilli.531
Comme celui qui fut attiré par l’amour,526
3380 Il y consentit aussitôt.
Il ne pouvait chasser la jeune fille,527
Car elle n’était pas la dame de son cœur ;
Ainsi il prit une épouse,
Pour avoir compagnie tant qu’il vivrait :
Et ainsi le roi accorde à son chevalier
Ce qui lui revient de droit.
Et il convient de savoir davantage à ce sujet,
Comme il est écrit dans la Chronique,
Ce noble roi dont je parlais,
3390 Qui, jadis en Espagne,
Gouvernait le royaume,
Et comme le livre le rapporte,
Son nom était Alphonse :
Le chevalier aussi, si je dois le nommer,
S’appelait Danz Petro, et, d’après ce que l’on dit,
Sa fille sage, Peronelle528,
Était appelée ainsi, pleine de grâce :
Elle vécut en ce lieu-là,529
Où son père, dès son plus jeune âge,
3400 L’y amena et en fit une reine,
Et elle expliqua très bien
Les raisons pour lesquelles elle fut opposée. P. i.
157
Vois maintenant, mon Fils, comme tu peux
[Humilité.]
Ici,530
Confesseur.
De toute cette affaire, je retiens une chose,
C’est l’Orgueil,
À qui aucune grâce ne peut arriver :
Au ciel, il tomba de sa place,
Et le Paradis lui fut interdit,
Les bons hommes sur Terre le haïssent,
3410 Ainsi il dut se rendre en enfer,
Où toute vertu sera séparée
Et tout vice accueilli.531
Page 343
L’humilité est tout autre chose :
C’est ce qui vaut le plus, sans retour possible.
Elle est douce, tendre et belle ;
Si quelque chose s’y oppose,
On la corrige par des paroles humbles.
Ainsi fut bénie cette jeune fille
De cui je parlais tout à l’heure :
Elle obtint ainsi la vie éternelle
Et gagna l’amour de tous les rois.
Ainsi, mon Fils, si tu veux aimer,
Il te convient de renoncer à l’orgueil
Et d’adopter l’humilité ;
Plus tu auras de grâce.
Mon Père, je ne veux pas oublier
Ce que vous m’avez raconté ici ;
Et si jamais un tel homme
Qui sait aimer avec humilité apparaît,
J’essaierai alors.
Mais pour l’instant, je vous supplie
De lire davantage de mes écrits.
Mon bon Fils, cela sera fait :
Écoute maintenant et lis encore un peu ; Confesseur.
Quant à l’orgueil,
Comme je peux l’expliquer,
En raison du vice, en raison de l’amour,
Tu l’as déjà bien compris,
Ainsi qu’il n’y a plus rien à dire à ce sujet.
Mais j’ai envie de parler de l’envie,
Qui possède une sorte d’enfer propre,
Sans raison de mal faire
Soit envers soi-même, soit envers autrui.
Plus tard, comme il sera expliqué,
Tu connaîtras les exemples correspondants.
C’est ce qui vaut le plus, sans retour possible.
Elle est douce, tendre et belle ;
Si quelque chose s’y oppose,
On la corrige par des paroles humbles.
Ainsi fut bénie cette jeune fille
De cui je parlais tout à l’heure :
Elle obtint ainsi la vie éternelle
Et gagna l’amour de tous les rois.
Ainsi, mon Fils, si tu veux aimer,
Il te convient de renoncer à l’orgueil
Et d’adopter l’humilité ;
Plus tu auras de grâce.
Mon Père, je ne veux pas oublier
Ce que vous m’avez raconté ici ;
Et si jamais un tel homme
Qui sait aimer avec humilité apparaît,
J’essaierai alors.
Mais pour l’instant, je vous supplie
De lire davantage de mes écrits.
Mon bon Fils, cela sera fait :
Écoute maintenant et lis encore un peu ; Confesseur.
Quant à l’orgueil,
Comme je peux l’expliquer,
En raison du vice, en raison de l’amour,
Tu l’as déjà bien compris,
Ainsi qu’il n’y a plus rien à dire à ce sujet.
Mais j’ai envie de parler de l’envie,
Qui possède une sorte d’enfer propre,
Sans raison de mal faire
Soit envers soi-même, soit envers autrui.
Plus tard, comme il sera expliqué,
Tu connaîtras les exemples correspondants.
Page 344
Livre Premier explicite
NOTES DE LIGATURE :
213 1 strecchen vp to h. EC, Δ strecche vp to h. XB₂ (vt)
214 8 fforþi (ffor þy) AJME₂E, ΔΛ, FKH₃ ffor H₁YXR ... B₂, B, W
215 10 thing is] þinges E₂H₁Y ... B₂, B noght so] more YX
216 13 margin intendit] intendit eciam ERCL intendit et H₁B₂
217 23 margin crebre H₁E ... B₂
218 26 margin diffundetur B
219 37 evere him lest] himself lest (list) H₁YERB₂, B (lust)
220 50 aboute is went ACL is aboute went Δ
221 51 grace H₁XGERB₂, BΔ
222 54 And H₁YERB₂, B
223 76 now B.
224 80 is him AG
225 Vers latins ii. 5 Deuius AJME₂, ΔΛ, FKH₃ Denuus (?) H₁Y
Demum XGEC, B Deinque L Deui B₂Sn Veni R
226 7 Me] Aere H₁Yp.m.ERB₂, B
227 102 take CL, B
228 107 S reprend
229 109 forsake B
230 110 Vnto ... I gan tofare F And to ... forth is he fare CL And to
... gan I to fare Y To ... I gan fare R To ... I made me ȝare B₂
Vnto ... my way gan take B ligne om. SnD
231 116 oþere A
232 120 wisshide FK wisschide S wisshid H₃ al. wissched
233 130 wismam FK
234 160 scheo FK al. sche
235 161 Ma dame I sayde Iohn Gowere E, B And I answerde wiþ
drery chiere C And I answerd wiþ ful myld chere L ligne om.
RB₂SnD
236 162 What wolde ȝe wiþ me my l. d. ERLB₂ What wolde ȝe wiþ
me l. d. XGC, B
237 163 or elles] or schal I C or L
238 164 tell (telle) me H₁YE ... B₂, BΛ, W
239 165 of which] which þat CL where of W
240 183 þan wolde C þan wold A, B þanne wold S, FK
241 200 Prest om. B
242 208 thee] be Y, B, Magd.
243 213 and with] wiþ good B wið XC as wið Λ
244 224 schal] þat A
245 227 beleft FK
246 232 tome F al. to me
247 234 sone sone F am om. B
248 264 I ne conne] I now can (conne) ECLB₂, B I ne now can XR
ne can nowe H₁
249 266 awise FK
NOTES DE LIGATURE :
213 1 strecchen vp to h. EC, Δ strecche vp to h. XB₂ (vt)
214 8 fforþi (ffor þy) AJME₂E, ΔΛ, FKH₃ ffor H₁YXR ... B₂, B, W
215 10 thing is] þinges E₂H₁Y ... B₂, B noght so] more YX
216 13 margin intendit] intendit eciam ERCL intendit et H₁B₂
217 23 margin crebre H₁E ... B₂
218 26 margin diffundetur B
219 37 evere him lest] himself lest (list) H₁YERB₂, B (lust)
220 50 aboute is went ACL is aboute went Δ
221 51 grace H₁XGERB₂, BΔ
222 54 And H₁YERB₂, B
223 76 now B.
224 80 is him AG
225 Vers latins ii. 5 Deuius AJME₂, ΔΛ, FKH₃ Denuus (?) H₁Y
Demum XGEC, B Deinque L Deui B₂Sn Veni R
226 7 Me] Aere H₁Yp.m.ERB₂, B
227 102 take CL, B
228 107 S reprend
229 109 forsake B
230 110 Vnto ... I gan tofare F And to ... forth is he fare CL And to
... gan I to fare Y To ... I gan fare R To ... I made me ȝare B₂
Vnto ... my way gan take B ligne om. SnD
231 116 oþere A
232 120 wisshide FK wisschide S wisshid H₃ al. wissched
233 130 wismam FK
234 160 scheo FK al. sche
235 161 Ma dame I sayde Iohn Gowere E, B And I answerde wiþ
drery chiere C And I answerd wiþ ful myld chere L ligne om.
RB₂SnD
236 162 What wolde ȝe wiþ me my l. d. ERLB₂ What wolde ȝe wiþ
me l. d. XGC, B
237 163 or elles] or schal I C or L
238 164 tell (telle) me H₁YE ... B₂, BΛ, W
239 165 of which] which þat CL where of W
240 183 þan wolde C þan wold A, B þanne wold S, FK
241 200 Prest om. B
242 208 thee] be Y, B, Magd.
243 213 and with] wiþ good B wið XC as wið Λ
244 224 schal] þat A
245 227 beleft FK
246 232 tome F al. to me
247 234 sone sone F am om. B
248 264 I ne conne] I now can (conne) ECLB₂, B I ne now can XR
ne can nowe H₁
249 266 awise FK
Page 345
250 277 laste (last) JYRCL, BΔΛ
251 278 vice H₁ ... B₂, B
252 281 aman F
253 288 The] þo B
254 293 the] þer F
255 294 tome FK al. to me awise F wise AEC, B
256 295 scholde (schuld) me H₁ ... B₂, B
257 298 mispended XR, FWKH₃ so myspended B₂
258 310 manye suche S manye such F many suche AC
259 318 Haþ M ... RLB₂, B
260 334 margin exemplum om. AM
261 335 whilon FK
262 339 Vp sette S, F Vpsette AC, B
262m 339 margin spaciaret B
263 349 atide FK
264 353 floures freische H₁ ... B₂, B
265 355 Trostle FK
266 357 wher was] in to (into) H₁ ... B₂, B
267 365 many nimphes Sn, B many Nimphe YEC many simphe
RLB₂ mani a maiden Δ
268 368 for anger þerof swal(l) H₁EXG, B for anger þerfor swal YR
for anger þerof schall CLB₂ therefore for anger schall DAr
269 370 and the] in to CL in þe B₂
270 371 taken] in fourme L om. B₂
271 374 aroute F
272 377 hondes FK
273 388 and seiþ RCLB₂ and says W
274 391 and hade CLB₂, W
275 397 bore] boþe FWKH₃Magd.
276 423 he, as it fell] as it befel (om. he) C as it fel L, W
277 425 These] þis A
278 430 Haþ B, W
279 441 wel AJE₂C, S, FKH₃ wil (wille) YXGERLB₂, BΔ, W
wol(e) MH₁, Magd.
280 447 and om. B.
281 454, 458 aman FK
282 470 margin aspidis B
283 476 margin firmissimo H₁GRCLB₂
284 481 oþre SB, F rest oþer
285 488 womman A a womman MXGCLB₂
286 491 bereþ XRCLB₂, B
287 505 tho] þe JE₂H₁ ... B₂, B, W H₃Magd. so ΔΛ
288 522 atte (at) laste XEC, B
289 531 myht S might AC, B myhte F
290 549 yhe B
291 Latin Verses v. 1 Aquilaque F
292 8 sub latitante J, S, F sublatitante AC, B
293 582 margin primitus declarat A ... B₂, S ... Δ
294 580 ferste C, S ferst A, F first B
295 584 I om. FKH₃
251 278 vice H₁ ... B₂, B
252 281 aman F
253 288 The] þo B
254 293 the] þer F
255 294 tome FK al. to me awise F wise AEC, B
256 295 scholde (schuld) me H₁ ... B₂, B
257 298 mispended XR, FWKH₃ so myspended B₂
258 310 manye suche S manye such F many suche AC
259 318 Haþ M ... RLB₂, B
260 334 margin exemplum om. AM
261 335 whilon FK
262 339 Vp sette S, F Vpsette AC, B
262m 339 margin spaciaret B
263 349 atide FK
264 353 floures freische H₁ ... B₂, B
265 355 Trostle FK
266 357 wher was] in to (into) H₁ ... B₂, B
267 365 many nimphes Sn, B many Nimphe YEC many simphe
RLB₂ mani a maiden Δ
268 368 for anger þerof swal(l) H₁EXG, B for anger þerfor swal YR
for anger þerof schall CLB₂ therefore for anger schall DAr
269 370 and the] in to CL in þe B₂
270 371 taken] in fourme L om. B₂
271 374 aroute F
272 377 hondes FK
273 388 and seiþ RCLB₂ and says W
274 391 and hade CLB₂, W
275 397 bore] boþe FWKH₃Magd.
276 423 he, as it fell] as it befel (om. he) C as it fel L, W
277 425 These] þis A
278 430 Haþ B, W
279 441 wel AJE₂C, S, FKH₃ wil (wille) YXGERLB₂, BΔ, W
wol(e) MH₁, Magd.
280 447 and om. B.
281 454, 458 aman FK
282 470 margin aspidis B
283 476 margin firmissimo H₁GRCLB₂
284 481 oþre SB, F rest oþer
285 488 womman A a womman MXGCLB₂
286 491 bereþ XRCLB₂, B
287 505 tho] þe JE₂H₁ ... B₂, B, W H₃Magd. so ΔΛ
288 522 atte (at) laste XEC, B
289 531 myht S might AC, B myhte F
290 549 yhe B
291 Latin Verses v. 1 Aquilaque F
292 8 sub latitante J, S, F sublatitante AC, B
293 582 margin primitus declarat A ... B₂, S ... Δ
294 580 ferste C, S ferst A, F first B
295 584 I om. FKH₃
Page 346
296 593 connu FK
297 604 toforn Y, B, W
298 608 marge Ipocrisis Relig. om. AM, B
299 610 mot L, B
300 610 marge Ipocr. eccles. om. A
301 626 gan AM schal R
302 627 þe JE₂H₁ ... B₂, B, W
303 630 That] þay (þai) X ... B₂, B
304 656 and of] and AM and seynt H₁
305 674 marge Hic tractat—innocentes om. A.
306 704 bereþ (berþ) lowest seil AH₁ ... B₂, B, Magd.
307 723 tomy F
308 732 mettre A, SB, F putte C
309 756 the hit like W it be like H₁L it be liking C
310 773 marge domini se esse fingens ME₂ domini se esse fingentes A
311 775 Ther(e) AM
312 776 stonde RCLB₂ stant H₁GE
313 782 Duck A, F Duk (duk) SB Duke C
314 820 he] the B, W that H₁
315 834 ffeigned AMH₁XLB₂, W (ffeignet) þey feigned C
316 837 seyt vs B p.m. Prestes] présent B
317 876 lofte H₁ ... B₂
318 884 biddeþ B
319 886 al om. B
320 893 wolde AM
321 896 hath] þat B
322 903 à H₁ ... L vers B₂
323 924 al to] pour to A
324 975 me om. B
325 1013 mettre SB, F putte AC
326 1015 a] o C, B
327 1023 seid A, S seyd B seide F
328 1027 diustres A
329 1036 haþ hem AME₂H₁L, W (has hem) be schrewed FK
330 1059 veniance XRCLB₂
331 1067 menable AJYXG, SAdΔ, F meuable (moeuable) ELB₂, B, WH₃ doubtful MH₁RC, Magd.
332 1068 al tobroken (al to broke &c.) AMERCB₂, Ad, FH₃Magd. alto brosten E₂L
333 1079 it] hem H₁ ... ECLB₂, B he R
334 1083 marge inter virum et virum] inter virum H₁E ... B₂ inter viros XG
335 1090 marge hoc om. AM
336 1093 marge in templo om. H₁ ... B₂
337 1099 marge deuastarunt] demonstrarunt A
338 1115 stood in a cord B
339 1118 þus M ... R, BAd, WH₃Magd.
340 1125 ȝiuen A
341 1145 tosmale F
297 604 toforn Y, B, W
298 608 marge Ipocrisis Relig. om. AM, B
299 610 mot L, B
300 610 marge Ipocr. eccles. om. A
301 626 gan AM schal R
302 627 þe JE₂H₁ ... B₂, B, W
303 630 That] þay (þai) X ... B₂, B
304 656 and of] and AM and seynt H₁
305 674 marge Hic tractat—innocentes om. A.
306 704 bereþ (berþ) lowest seil AH₁ ... B₂, B, Magd.
307 723 tomy F
308 732 mettre A, SB, F putte C
309 756 the hit like W it be like H₁L it be liking C
310 773 marge domini se esse fingens ME₂ domini se esse fingentes A
311 775 Ther(e) AM
312 776 stonde RCLB₂ stant H₁GE
313 782 Duck A, F Duk (duk) SB Duke C
314 820 he] the B, W that H₁
315 834 ffeigned AMH₁XLB₂, W (ffeignet) þey feigned C
316 837 seyt vs B p.m. Prestes] présent B
317 876 lofte H₁ ... B₂
318 884 biddeþ B
319 886 al om. B
320 893 wolde AM
321 896 hath] þat B
322 903 à H₁ ... L vers B₂
323 924 al to] pour to A
324 975 me om. B
325 1013 mettre SB, F putte AC
326 1015 a] o C, B
327 1023 seid A, S seyd B seide F
328 1027 diustres A
329 1036 haþ hem AME₂H₁L, W (has hem) be schrewed FK
330 1059 veniance XRCLB₂
331 1067 menable AJYXG, SAdΔ, F meuable (moeuable) ELB₂, B, WH₃ doubtful MH₁RC, Magd.
332 1068 al tobroken (al to broke &c.) AMERCB₂, Ad, FH₃Magd. alto brosten E₂L
333 1079 it] hem H₁ ... ECLB₂, B he R
334 1083 marge inter virum et virum] inter virum H₁E ... B₂ inter viros XG
335 1090 marge hoc om. AM
336 1093 marge in templo om. H₁ ... B₂
337 1099 marge deuastarunt] demonstrarunt A
338 1115 stood in a cord B
339 1118 þus M ... R, BAd, WH₃Magd.
340 1125 ȝiuen A
341 1145 tosmale F
Page 347
342 1162 token] toke(n) her(e) CLB₂
343 1165 trossen ECL trussen H₁R tuossen B₂
344 1172 Symon H₁CLB₂, FWH₃Magd. mad om. AM
345 1197 the wordes that] þe which B
346 1210 margin Confessor om. A
347 1216 thi] þe XR, B
348 Versets latins vi. 4 reflectat H₁ ... CB₂ ne flectat L
349 1252 margin Confessor om. S, F
350 1257 schat F
351 1263 ne] me H₁ ... B₂, BΛ (l. 1263 om. Ad)
352 1273 f. margin Opp. Conf. Resp. Am. om. A
353 1280 myhte A myht S, F
354 1286 pourchace A
355 1303 is] þis AME₂, þis is Δ, W
356 1304 point] ioint GCLB₂, W
357 1310 For ofte] fful ofte (ffulofte) H₁ ... B₂, B
358 1314 other] anoþer (an oþer) H₁XRLB₂, BΔ
359 1336 treweliche in oþre A
360 1338 Touchend vnto H₁ ... B₂, B Touchende of (Touchand of) SAdΔ,H₃
361 Versets latins vii. 4 munere B
362 1345 compleingte F
363 1347 margin deseruiunt A, SB deseruiant FK
364 1376 margin Amans om. A
365 1378 Compleingte F
366 1384 Of ... of YXE ... L, B Of ... or GB₂ ... and (om. Or) H₁
367 1396 margin Confessor om. A
368 1396 and] as B
369 1403-6 Ces quatre lignes seulement dans la troisième révision : les autres en ont deux, présentées ainsi dans A,
Et en exemple de cette matière
Une histoire je trouve, comme tu le verras ici.
En dessous, dans A : Exemplum super eodem.
370 1408 knyht om. A
371 1416 for to] wold he B
372 1417 margin amoris que A ... B₂, Λ
373 1420 margin transformauit A
374 1440 despitesoun A
375 1464 ligne om. B
376 1479 in loue Sn, B of loue W
377 1483 Wher as] þer as AME₂XG
378 1492 thei om. AM
379 1500 an oþre S, F
380 1505 Such o þing ME₂, S, FH₃ Suiche one þing Δ Such a þing
AJH₁ ... B₂, BAd, W
381 1509 in to E ... B₂, B to H₃
382 1555 That AM
383 1573 haue A
343 1165 trossen ECL trussen H₁R tuossen B₂
344 1172 Symon H₁CLB₂, FWH₃Magd. mad om. AM
345 1197 the wordes that] þe which B
346 1210 margin Confessor om. A
347 1216 thi] þe XR, B
348 Versets latins vi. 4 reflectat H₁ ... CB₂ ne flectat L
349 1252 margin Confessor om. S, F
350 1257 schat F
351 1263 ne] me H₁ ... B₂, BΛ (l. 1263 om. Ad)
352 1273 f. margin Opp. Conf. Resp. Am. om. A
353 1280 myhte A myht S, F
354 1286 pourchace A
355 1303 is] þis AME₂, þis is Δ, W
356 1304 point] ioint GCLB₂, W
357 1310 For ofte] fful ofte (ffulofte) H₁ ... B₂, B
358 1314 other] anoþer (an oþer) H₁XRLB₂, BΔ
359 1336 treweliche in oþre A
360 1338 Touchend vnto H₁ ... B₂, B Touchende of (Touchand of) SAdΔ,H₃
361 Versets latins vii. 4 munere B
362 1345 compleingte F
363 1347 margin deseruiunt A, SB deseruiant FK
364 1376 margin Amans om. A
365 1378 Compleingte F
366 1384 Of ... of YXE ... L, B Of ... or GB₂ ... and (om. Or) H₁
367 1396 margin Confessor om. A
368 1396 and] as B
369 1403-6 Ces quatre lignes seulement dans la troisième révision : les autres en ont deux, présentées ainsi dans A,
Et en exemple de cette matière
Une histoire je trouve, comme tu le verras ici.
En dessous, dans A : Exemplum super eodem.
370 1408 knyht om. A
371 1416 for to] wold he B
372 1417 margin amoris que A ... B₂, Λ
373 1420 margin transformauit A
374 1440 despitesoun A
375 1464 ligne om. B
376 1479 in loue Sn, B of loue W
377 1483 Wher as] þer as AME₂XG
378 1492 thei om. AM
379 1500 an oþre S, F
380 1505 Such o þing ME₂, S, FH₃ Suiche one þing Δ Such a þing
AJH₁ ... B₂, BAd, W
381 1509 in to E ... B₂, B to H₃
382 1555 That AM
383 1573 haue A
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384 1578 mettre SB, F mettre AC
385 1626 þunsemylieste FK þunsemelieste B
386 1632 accord B
387 1648 Ȝiue AC, B Ȝif F
388 1652 þe AMH₁, Ad, H₃
389 1693 proferþ H₁, Ad, F profurt W reste profreþ, profereþ
390 1704 Canele] þe Canele YG ... B₂, B
391 1755 caché] il MYX ... CB₂, B diȝt L
392 1768 volé X ... B₂, B cleput W
393 1770 entente þe mariage X ... CB₂, BΛ entente était mariage I, Δ, W
394 1785 sur] de X ... B₂, BΛ seul F
395 1793 bien] être RCLB₂ avec AM
396 1809 dit (a dit) pour à X ... B₂, B a dit cela pour à W
397 1822 ȝe désire AM tu sais H₁ tu sais Δ ȝe veut Sn, W (vouloir)
398 1839 Vide] Vide H₁ ... B₂, BΔΛ, W
399 1881 f. om. SAdΔΛ
400 1889 tous les choses B, W toutes ces choses M
401 1891 lui] il AM
402 1895 recherche S recherche F
403 1906 bon YXERCB₂, H₃
404 1931 personne] pas de femme YXGERB₂, B
405 1934 pas moi] pas (nouȝt) moi X ... B₂, BΔ
406 1940 ce cas B
407 1958 a om. MGERCB₂, B
408 1960 Au lieu de] Mais B voudrait JX ... B₂, B
409 1966 Alors F Ensuite AC, B
410 2005 force] triste (confiance) X ... B₂, B
411 2009 volonté B
412 2017-20 Pour ces quatre lignes SAdΔ en ont deux,—
De quoi tu pourrais apprendre ceci,
Je pense le dire, comme tu le verras ici.
413 2026 lune XGR, B
414 2041 pèlerins AJMXRLB₂ peregrins B pèlerins H₁
415 2043 Ils] Ceux H₁, FWKH₃Magd.
416 2049 uniquement par charité MX ... B₂, BΔ, W
417 2054 ses seigneurs XGECB₂, B
418 2078 laissé FK laissé A
419 2088 son] son H₁ ... B₂, B, W
420 2105 Un F
421 2122 qui était E, B qui est G et était L
422 2159 Son FK
423 2171 Chemise F
424 2173 aller demander B
425 2179 chemises courtes M, FK reste chemises (chemises etc.)
426 2181 pendu AMH₁, Δ, W (pendu)
427 2191 devenu FK
428 2208 pas] non AM
385 1626 þunsemylieste FK þunsemelieste B
386 1632 accord B
387 1648 Ȝiue AC, B Ȝif F
388 1652 þe AMH₁, Ad, H₃
389 1693 proferþ H₁, Ad, F profurt W reste profreþ, profereþ
390 1704 Canele] þe Canele YG ... B₂, B
391 1755 caché] il MYX ... CB₂, B diȝt L
392 1768 volé X ... B₂, B cleput W
393 1770 entente þe mariage X ... CB₂, BΛ entente était mariage I, Δ, W
394 1785 sur] de X ... B₂, BΛ seul F
395 1793 bien] être RCLB₂ avec AM
396 1809 dit (a dit) pour à X ... B₂, B a dit cela pour à W
397 1822 ȝe désire AM tu sais H₁ tu sais Δ ȝe veut Sn, W (vouloir)
398 1839 Vide] Vide H₁ ... B₂, BΔΛ, W
399 1881 f. om. SAdΔΛ
400 1889 tous les choses B, W toutes ces choses M
401 1891 lui] il AM
402 1895 recherche S recherche F
403 1906 bon YXERCB₂, H₃
404 1931 personne] pas de femme YXGERB₂, B
405 1934 pas moi] pas (nouȝt) moi X ... B₂, BΔ
406 1940 ce cas B
407 1958 a om. MGERCB₂, B
408 1960 Au lieu de] Mais B voudrait JX ... B₂, B
409 1966 Alors F Ensuite AC, B
410 2005 force] triste (confiance) X ... B₂, B
411 2009 volonté B
412 2017-20 Pour ces quatre lignes SAdΔ en ont deux,—
De quoi tu pourrais apprendre ceci,
Je pense le dire, comme tu le verras ici.
413 2026 lune XGR, B
414 2041 pèlerins AJMXRLB₂ peregrins B pèlerins H₁
415 2043 Ils] Ceux H₁, FWKH₃Magd.
416 2049 uniquement par charité MX ... B₂, BΔ, W
417 2054 ses seigneurs XGECB₂, B
418 2078 laissé FK laissé A
419 2088 son] son H₁ ... B₂, B, W
420 2105 Un F
421 2122 qui était E, B qui est G et était L
422 2159 Son FK
423 2171 Chemise F
424 2173 aller demander B
425 2179 chemises courtes M, FK reste chemises (chemises etc.)
426 2181 pendu AMH₁, Δ, W (pendu)
427 2191 devenu FK
428 2208 pas] non AM
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429 2224 mai] haþ B
430 2234 am I] un homme C, B
431 2251 Et] comme B
432 2260 à titre d’exemple] par quelque moyen B
433 2261 dans om. XE ... B₂
434 2265 f.
À l’homme, de quelque manière que ce soit
Il ne peut guère demeurer nulle part R
À l’homme, de quelque manière que ce soit
Cela ne lui réussira probablement pas B₂
CL combine ce qui précède avec la lecture du texte.
435 2267-74 Huit lignes trouvées ainsi dans les copies de la troisième révision,
FWKH₃ etc., et aussi dans H₁. Le reste en compte quatre, présentées comme suit
par S,
fforþi eschuie it I þe rede
ffor in Ouide a tale I rede
Comment un homme fut rattrapé
Dont tu pourrais tirer un exemple.
436 2293 marge pronus] proulis XE ... B₂
437 2294 à om. B, W
438 2299 Le grand] A grand AM, W
439 2300 sur AJ, Ad, FH₃ sur þe XERC, B sur the H₁
440 2302 marge poterat B
441 2332 neuer mighte B
442 2335 un fer J, SB, F aferr A
443 2343-58 Seize lignes trouvées uniquement dans les copies de la troisième révision,
FWKH₃ etc., et dans H₁
444 2369-72 seulement la troisième révision et H₁
445 2379 Et X ... B₂, B
446 2380 et prier] I prie (prayer) XGECLB₂, B I dis R
447 2386 euermo JMH₁XGRLB₂, BΔ, W
448 2396 aplace AM
449 2398 tout om. H₁, FH₃
450 2410 vent] chasse H₁YX ... L, B repaire B₂
451 2416 marge verecundia M ... B₂, Ad vecundia W
452 2421 prit (took) J, B, F toke AC
453 2423 De JX ... B₂, B, W
454 2457 pouvait (might) JC, B myhte A, S, F
455 2460 premier S ferst A, B, F
456 2473 marge testum H₁ ... B₂ (E corr. testam)
457 2488 demeura JMEB₂, Δ, W (dwellet) duelleþ XGRCL
458 2489 marge statim] statum G statutum XE ... B₂
459 2497 offensé B
460 2501 mangea] de þe B
461 2511 Enchevêtré F le reste Enchevêtré (Enchevillé etc.)
462 2544 est] était H₁ ... B₂, B
430 2234 am I] un homme C, B
431 2251 Et] comme B
432 2260 à titre d’exemple] par quelque moyen B
433 2261 dans om. XE ... B₂
434 2265 f.
À l’homme, de quelque manière que ce soit
Il ne peut guère demeurer nulle part R
À l’homme, de quelque manière que ce soit
Cela ne lui réussira probablement pas B₂
CL combine ce qui précède avec la lecture du texte.
435 2267-74 Huit lignes trouvées ainsi dans les copies de la troisième révision,
FWKH₃ etc., et aussi dans H₁. Le reste en compte quatre, présentées comme suit
par S,
fforþi eschuie it I þe rede
ffor in Ouide a tale I rede
Comment un homme fut rattrapé
Dont tu pourrais tirer un exemple.
436 2293 marge pronus] proulis XE ... B₂
437 2294 à om. B, W
438 2299 Le grand] A grand AM, W
439 2300 sur AJ, Ad, FH₃ sur þe XERC, B sur the H₁
440 2302 marge poterat B
441 2332 neuer mighte B
442 2335 un fer J, SB, F aferr A
443 2343-58 Seize lignes trouvées uniquement dans les copies de la troisième révision,
FWKH₃ etc., et dans H₁
444 2369-72 seulement la troisième révision et H₁
445 2379 Et X ... B₂, B
446 2380 et prier] I prie (prayer) XGECLB₂, B I dis R
447 2386 euermo JMH₁XGRLB₂, BΔ, W
448 2396 aplace AM
449 2398 tout om. H₁, FH₃
450 2410 vent] chasse H₁YX ... L, B repaire B₂
451 2416 marge verecundia M ... B₂, Ad vecundia W
452 2421 prit (took) J, B, F toke AC
453 2423 De JX ... B₂, B, W
454 2457 pouvait (might) JC, B myhte A, S, F
455 2460 premier S ferst A, B, F
456 2473 marge testum H₁ ... B₂ (E corr. testam)
457 2488 demeura JMEB₂, Δ, W (dwellet) duelleþ XGRCL
458 2489 marge statim] statum G statutum XE ... B₂
459 2497 offensé B
460 2501 mangea] de þe B
461 2511 Enchevêtré F le reste Enchevêtré (Enchevillé etc.)
462 2544 est] était H₁ ... B₂, B
Page 350
463 2569 avait C, SB, F avait A haþ J
464 2611 thi] þe JH₁ ... B₂, BΛ
465 2622 Hath mad] Made H₁ ... B₂, B
466 2658 he] qui AM
467 2669 ȝe me wole] ȝe wol (wil) me L, Δ ȝe wol(e) AM me wol
H₃
468 2687 þerfor AM, W þer on Ad alite A, SB, F, etc.
469 2705 marge Salomon. Amictus—seulement dans la troisième révision.
470 2713 f. Ce texte seulement dans les copies de la troisième révision, F(in
ras.)WKH₃ etc. Les autres ont,
Si joyeux que le purgatoire
Ne pouvait abréger cette gloire si grande
471 2751 nam] am H₁ ... B₂, W on] an AJ
472 2770 þou þenkeþ (þenkþ) AXRCLB₂ þou þenke M ȝe þenke
(þinke) H₁Sn, Δ ȝe thenketh (ye þinketh) Ad, W
473 Versets latins xi. 5 immunis H₁XGECLB₂, B
474 2789 dans l’Orient Δ, WH₃
475 2796 marge subito transmutauit A ... B₂, S ... Δ
476 2801 bon FKH₃ godd (god) A ... B₂, S ... Δ, W
477 2812 un présage K un signe avant-coureur W avant-coureur S, F signe avant-coureur R
un signe avant-coureur (token) JXEC, H₃ signe avant-coureur (-en) AMH₁GLB₂,
BAdΔ
478 2835 defoule] faire foule X ... B₂ donner tomber H₁
479 2836 do] à H₁XE ... B₂
480 2839 his Pride] þis pride H₁ ... CB₂ þis tre L
481 2847 être omis. H₁ ... B₂, H₃ connaître par expérience A, F connaître par expérience J, SB
482 2863 cela omis. H₁XERCB₂ que L, W
483 2869 his B þe MX
484 2874 As] Et H₁ ... L
485 2885 bois B
486 2891 tout] de H₁ ... B₂ (souvent R)
487 2898 une perche AJ, B perche S, FK
488 2903 tomber H₁ ... B₂, W
489 2905 Le A
490 2953 bien] bien H₁ ... B₂
491 2988 soufflé(e) M, B
492 2990 Tel] Qui H₁ ... B₂
493 2997 pour] þe H₁ ... B₂ de KH₃ omis. W
494 3000 parfait A, F parfait J, B
495 3010 le riche omis. B
496 3011 homme B, F homme AJ, S
497 3023 et parler JH₁L, FWH₃ de parler AM ... CB₂, S ... Δ
498 3027 prière] prieþ (prayeþ) H₁ ... B₂, W
499 Versets latins xii. 5 eum] enim B
500 3078 marge habitantibus H₁ ... B₂, BΛ
501 3080 marge valeur mérite] mérites H₁ ... B₂, BΛ
502 3108 il omis. KH₃
503 3120 his] þis X ... B₂
504 3126 schal AM
464 2611 thi] þe JH₁ ... B₂, BΛ
465 2622 Hath mad] Made H₁ ... B₂, B
466 2658 he] qui AM
467 2669 ȝe me wole] ȝe wol (wil) me L, Δ ȝe wol(e) AM me wol
H₃
468 2687 þerfor AM, W þer on Ad alite A, SB, F, etc.
469 2705 marge Salomon. Amictus—seulement dans la troisième révision.
470 2713 f. Ce texte seulement dans les copies de la troisième révision, F(in
ras.)WKH₃ etc. Les autres ont,
Si joyeux que le purgatoire
Ne pouvait abréger cette gloire si grande
471 2751 nam] am H₁ ... B₂, W on] an AJ
472 2770 þou þenkeþ (þenkþ) AXRCLB₂ þou þenke M ȝe þenke
(þinke) H₁Sn, Δ ȝe thenketh (ye þinketh) Ad, W
473 Versets latins xi. 5 immunis H₁XGECLB₂, B
474 2789 dans l’Orient Δ, WH₃
475 2796 marge subito transmutauit A ... B₂, S ... Δ
476 2801 bon FKH₃ godd (god) A ... B₂, S ... Δ, W
477 2812 un présage K un signe avant-coureur W avant-coureur S, F signe avant-coureur R
un signe avant-coureur (token) JXEC, H₃ signe avant-coureur (-en) AMH₁GLB₂,
BAdΔ
478 2835 defoule] faire foule X ... B₂ donner tomber H₁
479 2836 do] à H₁XE ... B₂
480 2839 his Pride] þis pride H₁ ... CB₂ þis tre L
481 2847 être omis. H₁ ... B₂, H₃ connaître par expérience A, F connaître par expérience J, SB
482 2863 cela omis. H₁XERCB₂ que L, W
483 2869 his B þe MX
484 2874 As] Et H₁ ... L
485 2885 bois B
486 2891 tout] de H₁ ... B₂ (souvent R)
487 2898 une perche AJ, B perche S, FK
488 2903 tomber H₁ ... B₂, W
489 2905 Le A
490 2953 bien] bien H₁ ... B₂
491 2988 soufflé(e) M, B
492 2990 Tel] Qui H₁ ... B₂
493 2997 pour] þe H₁ ... B₂ de KH₃ omis. W
494 3000 parfait A, F parfait J, B
495 3010 le riche omis. B
496 3011 homme B, F homme AJ, S
497 3023 et parler JH₁L, FWH₃ de parler AM ... CB₂, S ... Δ
498 3027 prière] prieþ (prayeþ) H₁ ... B₂, W
499 Versets latins xii. 5 eum] enim B
500 3078 marge habitantibus H₁ ... B₂, BΛ
501 3080 marge valeur mérite] mérites H₁ ... B₂, BΛ
502 3108 il omis. KH₃
503 3120 his] þis X ... B₂
504 3126 schal AM
Page 351
505 3155 ne my] ne to my GRB₂, AdΔΛ, W (ni to my) et mon H₁
506 3183 hélas A, S, F A las J allas B &c.
507 3185 a om. E, B
508 3187 dit SB, F a dit AJ
509 3188 seid (seyd) B, F a dit AJ il ne cowþe H₁XGRCLB₂
510 3195 priez vous de BΔ ou þing B
511 3201 Je voulais XERCB₂
512 3209 je pensais qu’il y avait XGRCLB₂
513 3245 points (pointz) qui(e) H₁ ... B₂, B, WKH₃ (points
qui comme L)
514 3249 a le moins besoin] a le plus besoin R a le plus besoin XEC a
le moins besoin B₂
515 3261 Et] De H₁ ... B₂, B
516 3264 de la terre AMB₂, Δ
517 3285 à] dans AM
518 3300 dans] à AM
519 3301 grand coût MH₁G, B
520 3313 coûte H₁XLB₂, BΔ, H₃ coûte W
521 3357 vendu F
522 3361 encore MX ... B₂, B, W
523 3363 comme] et H₁ ... B₂, B
524 3369 cela ne doit pas être] ne doit pas être H₁ ... B₂, BΛ
525 3374 fait un Pier] un Erl(e) ici H₁ ... B₂, Λ
526 3379 que] qui H₁ ... B₂, B
527 3381 a créé] lieu H₁ ... B₂, BΛ
528 3396 Son nom de fille est Peronelle H₁ ... B₂, Λ
529 3398 vu (vues) A, B vue S, F vue (omis était) J
530 3403 peut] peut H₁ ... B₂
531 3412 sera] sera H₁ ... B₂
532 3414 digne et sans valeur X ... CB₂ digne et sans valeur H₁ digne
et sans valeur LSn, Λ digne et sans récompense W
533 3416 Et c’est toujours débonnaire H₁ ... B₂, Λ resté J, S, F resté
A, B
534 3443 faire du mal] faire du mal à þing H₁ ... CB₂ ne rien faire de mal L
535 3445 comme] comme moi AJL, Λ, W
506 3183 hélas A, S, F A las J allas B &c.
507 3185 a om. E, B
508 3187 dit SB, F a dit AJ
509 3188 seid (seyd) B, F a dit AJ il ne cowþe H₁XGRCLB₂
510 3195 priez vous de BΔ ou þing B
511 3201 Je voulais XERCB₂
512 3209 je pensais qu’il y avait XGRCLB₂
513 3245 points (pointz) qui(e) H₁ ... B₂, B, WKH₃ (points
qui comme L)
514 3249 a le moins besoin] a le plus besoin R a le plus besoin XEC a
le moins besoin B₂
515 3261 Et] De H₁ ... B₂, B
516 3264 de la terre AMB₂, Δ
517 3285 à] dans AM
518 3300 dans] à AM
519 3301 grand coût MH₁G, B
520 3313 coûte H₁XLB₂, BΔ, H₃ coûte W
521 3357 vendu F
522 3361 encore MX ... B₂, B, W
523 3363 comme] et H₁ ... B₂, B
524 3369 cela ne doit pas être] ne doit pas être H₁ ... B₂, BΛ
525 3374 fait un Pier] un Erl(e) ici H₁ ... B₂, Λ
526 3379 que] qui H₁ ... B₂, B
527 3381 a créé] lieu H₁ ... B₂, BΛ
528 3396 Son nom de fille est Peronelle H₁ ... B₂, Λ
529 3398 vu (vues) A, B vue S, F vue (omis était) J
530 3403 peut] peut H₁ ... B₂
531 3412 sera] sera H₁ ... B₂
532 3414 digne et sans valeur X ... CB₂ digne et sans valeur H₁ digne
et sans valeur LSn, Λ digne et sans récompense W
533 3416 Et c’est toujours débonnaire H₁ ... B₂, Λ resté J, S, F resté
A, B
534 3443 faire du mal] faire du mal à þing H₁ ... CB₂ ne rien faire de mal L
535 3445 comme] comme moi AJL, Λ, W
Page 352
P. i. 159
Incipit Liber Secundus.
Incipit Liber Secundus.
Page 353
i. L’envie est un défaut encore plus douloureux que la tristesse, [Envie.]
Car son esprit ne reste jamais heureux :
Là où les autres se réjouissent, lui souffre, et il n’a pas un seul ami
À qui il puisse confier le désir de plaisirs purs.
L’honneur de la proximité effraie son cœur, et toute joie
Lui est étrangère, tout comme toute douleur.
En effet, ce défaut s’oppose souvent à l’amant,
Non pas à lui-même, mais aux autres, tant que Vénus elle-même favorise les choses.
L’amour est, par sa propre nature, fantasque ; et ce que
d’autres apportent en joie, il croit que cela lui manque.
Après l’orgueil vient le deuxième défaut,
qui cause bien des malheurs
envers les autres. Dans ce second livre,
il traite de l’envie
à l’intérieur de soi-même et aussi à l’extérieur ; de ses formes,
car dans ses pensées il brûle constamment ; la douleur que cela provoque
lorsqu’il apprend qu’un autre jouit d’une joie supérieure
est appelée la première forme ;
ou bien si cet autre est plus vertueux que lui, dont la condition
le dépasse dans son rang ; la deuxième forme
de ce défaut est celle dont il souffre : le Confesseur, en le décrivant d’abord,
à l’amant,
dit que ce défaut s’appelle l’envie ardente,
dans la mesure où l’amour
en résulte. Mon fils, si c’est bien le cas, tu es ou as été l’un d’eux,
et donc, comme on le dit dans les affaires d’amour, cela s’oppose à toi.
Y a-t-il jamais eu dans ton cœur de la tristesse
pour la joie d’un autre homme ? La joie d’un autre homme.
Que Dieu accède à ma plainte !
Mon père, vous, mille fois :
P. i.
Lorsque j’ai vu un autre heureux
d’amour, et que j’avais une belle bien-aimée,
Ethna, qui brûle là-bas,
elle n’était pas aussi ardente que moi
de cette tristesse qui brûle secrètement
les pensées de mon cœur.
Le navire qui court sur les vagues,
et qui est assailli par la tempête et emporté par le vent…
Car son esprit ne reste jamais heureux :
Là où les autres se réjouissent, lui souffre, et il n’a pas un seul ami
À qui il puisse confier le désir de plaisirs purs.
L’honneur de la proximité effraie son cœur, et toute joie
Lui est étrangère, tout comme toute douleur.
En effet, ce défaut s’oppose souvent à l’amant,
Non pas à lui-même, mais aux autres, tant que Vénus elle-même favorise les choses.
L’amour est, par sa propre nature, fantasque ; et ce que
d’autres apportent en joie, il croit que cela lui manque.
Après l’orgueil vient le deuxième défaut,
qui cause bien des malheurs
envers les autres. Dans ce second livre,
il traite de l’envie
à l’intérieur de soi-même et aussi à l’extérieur ; de ses formes,
car dans ses pensées il brûle constamment ; la douleur que cela provoque
lorsqu’il apprend qu’un autre jouit d’une joie supérieure
est appelée la première forme ;
ou bien si cet autre est plus vertueux que lui, dont la condition
le dépasse dans son rang ; la deuxième forme
de ce défaut est celle dont il souffre : le Confesseur, en le décrivant d’abord,
à l’amant,
dit que ce défaut s’appelle l’envie ardente,
dans la mesure où l’amour
en résulte. Mon fils, si c’est bien le cas, tu es ou as été l’un d’eux,
et donc, comme on le dit dans les affaires d’amour, cela s’oppose à toi.
Y a-t-il jamais eu dans ton cœur de la tristesse
pour la joie d’un autre homme ? La joie d’un autre homme.
Que Dieu accède à ma plainte !
Mon père, vous, mille fois :
P. i.
Lorsque j’ai vu un autre heureux
d’amour, et que j’avais une belle bien-aimée,
Ethna, qui brûle là-bas,
elle n’était pas aussi ardente que moi
de cette tristesse qui brûle secrètement
les pensées de mon cœur.
Le navire qui court sur les vagues,
et qui est assailli par la tempête et emporté par le vent…
Page 354
Il n’y a pas de peine plus grande pour un amoureux
Que celle que je ressens, lorsque je vois
Quelqu’un d’autre qui me dépasse
En ce domaine du bonheur amoureux.
Mais, Seigneur, ceci je l’écris,
Cela n’existe nulle part ailleurs ;
Car celui qui trouve grâce
Ailleurs ne peut être affligé :
Mais ceci, vous pouvez bien le croire,
Envers ma dame que je sers,
Bien que je sache devoir mourir,
Mon cœur est rempli d’une telle douleur
Que moi-même je ne puis m’apaiser.
Lorsque je vois la cour de Cupidon
S’approcher près de ma dame,
De ceux qui sont ardents et libres —
Même s’ils ne lui apportent aucun avantage,
Mais seulement par leurs paroles —
Ma tristesse devient insupportable :
Mais quand ils tournent autour d’elle,
Alors ma douleur augmente encore davantage.
Et surtout lorsqu’ils parlent longtemps ;
Ma tristesse devient si forte
Que, bien que je les voie clairement,
Je ne peux exprimer ma détresse.
Mais, Seigneur, quant à ma dame elle-même,
Même si elle avait dix ou douze amants,
Parce que je n’ai aucune méfiance envers eux,
Elle ne souffre pas ; car, en vérité, Seigneur,
Je crois qu’en tout ce monde, il n’y a pas de femme
Qui, par ses actes et ses paroles,
Sache mieux conseiller ce qu’elle doit faire,
Ni mieux, pour dire la vérité,
Préserver son honneur en toutes circonstances,
Et même obtenir une gratitude en retour.
Mais malheureusement, je sais bien
Que lorsque je vois n’importe quel amoureux…
Que celle que je ressens, lorsque je vois
Quelqu’un d’autre qui me dépasse
En ce domaine du bonheur amoureux.
Mais, Seigneur, ceci je l’écris,
Cela n’existe nulle part ailleurs ;
Car celui qui trouve grâce
Ailleurs ne peut être affligé :
Mais ceci, vous pouvez bien le croire,
Envers ma dame que je sers,
Bien que je sache devoir mourir,
Mon cœur est rempli d’une telle douleur
Que moi-même je ne puis m’apaiser.
Lorsque je vois la cour de Cupidon
S’approcher près de ma dame,
De ceux qui sont ardents et libres —
Même s’ils ne lui apportent aucun avantage,
Mais seulement par leurs paroles —
Ma tristesse devient insupportable :
Mais quand ils tournent autour d’elle,
Alors ma douleur augmente encore davantage.
Et surtout lorsqu’ils parlent longtemps ;
Ma tristesse devient si forte
Que, bien que je les voie clairement,
Je ne peux exprimer ma détresse.
Mais, Seigneur, quant à ma dame elle-même,
Même si elle avait dix ou douze amants,
Parce que je n’ai aucune méfiance envers eux,
Elle ne souffre pas ; car, en vérité, Seigneur,
Je crois qu’en tout ce monde, il n’y a pas de femme
Qui, par ses actes et ses paroles,
Sache mieux conseiller ce qu’elle doit faire,
Ni mieux, pour dire la vérité,
Préserver son honneur en toutes circonstances,
Et même obtenir une gratitude en retour.
Mais malheureusement, je sais bien
Que lorsque je vois n’importe quel amoureux…
Page 355
Ou bien, si je devais le faire ici,
Cela rendrait n’importe quel homme un bon ami,
Bien que je n’aie rien fait à ce sujet,
J’ai pensé à l’amuser un peu.
Car, bien que je sois moi-même étranger,
L’envie fait changer mon cœur,
Au point que je suis profondément affligé
De voir un autre heureux grâce à elle ; mais parmi tous les autres,
Quant à ce qui peut arriver en amour,
Que ce soit qu’il échoue ou qu’il réussisse,
J’y prête peu d’attention.
Maintenant, j’ai dit, mon père, tout
À propos de ce point en particulier, P. i.
162
Autant que je le sais.
Demandez maintenant ce que vous voulez savoir.
Mon Fils, ou bien je demande encore quelque chose, Confesseur.
80 Je pense à quelque chose concernant cette leçon,
Un exemple de ce sujet
Relatif à l’envie, comme vous le verrez ici.
Écrivez dans le Livre Civil ce que j’ai trouvé :
Bien que ce ne soit pas la nature des chiens
De manger des os, ils pourraient néanmoins attaquer
Un bœuf qui vient au pâturage,
Pour en prendre un morceau.
Ainsi, celui qui comprend cela,
Voit que l’amour se manifeste en de nombreux endroits :
Celui qui est hors de la grâce de l’amour
Et ne peut rien pour lui-même,
Voudrait que l’autre échoue ;
Et s’il peut causer du tort à quelqu’un,
Il fait tout ce qu’il peut pour nuire.
À ce sujet, comme vous le saurez, [L’histoire d’Acis et
Galatée.]
Écrivez une histoire à cette fin.
543
Il y a plus de douze personnes de ce genre,
Qui ne sont pas capables de s’en sortir seules.
Cela rendrait n’importe quel homme un bon ami,
Bien que je n’aie rien fait à ce sujet,
J’ai pensé à l’amuser un peu.
Car, bien que je sois moi-même étranger,
L’envie fait changer mon cœur,
Au point que je suis profondément affligé
De voir un autre heureux grâce à elle ; mais parmi tous les autres,
Quant à ce qui peut arriver en amour,
Que ce soit qu’il échoue ou qu’il réussisse,
J’y prête peu d’attention.
Maintenant, j’ai dit, mon père, tout
À propos de ce point en particulier, P. i.
162
Autant que je le sais.
Demandez maintenant ce que vous voulez savoir.
Mon Fils, ou bien je demande encore quelque chose, Confesseur.
80 Je pense à quelque chose concernant cette leçon,
Un exemple de ce sujet
Relatif à l’envie, comme vous le verrez ici.
Écrivez dans le Livre Civil ce que j’ai trouvé :
Bien que ce ne soit pas la nature des chiens
De manger des os, ils pourraient néanmoins attaquer
Un bœuf qui vient au pâturage,
Pour en prendre un morceau.
Ainsi, celui qui comprend cela,
Voit que l’amour se manifeste en de nombreux endroits :
Celui qui est hors de la grâce de l’amour
Et ne peut rien pour lui-même,
Voudrait que l’autre échoue ;
Et s’il peut causer du tort à quelqu’un,
Il fait tout ce qu’il peut pour nuire.
À ce sujet, comme vous le saurez, [L’histoire d’Acis et
Galatée.]
Écrivez une histoire à cette fin.
543
Il y a plus de douze personnes de ce genre,
Qui ne sont pas capables de s’en sortir seules.
Page 356
Pour obtenir l’amour, et par envie,
100 sur tous les autres serpents ;
Et pour eux qui manquent de ce qu’ils désirent, le Confesseur donne
au moins un exemple :
Qu’ils observent cela, afin que personne d’autre ne nuise à ceux qui, dans la quête de l’amour, avancent rapidement : pour l’amour,
dont je raconte un grand exemple, profitant aux joies des autres,
ce qui concorde avec ce sujet, mais nullement par là
Comme Ovide le rapporte dans son livre, ils ne profitent qu’à eux-mêmes.
Comment Polymphès autrefois agit, et il raconte comment
un certain jeune homme,
lorsqu’il courtisa Galatée, soldat du nom d’Acis,
pour l’amour qu’il ne pouvait pas obtenir, Galatée
le fit attendre et veiller longtemps, cette nymphe très belle,
toute la nuit, jusqu’à ce qu’enfin il apprenne et sache qu’elle était avec lui sous
une autre roche près
du rivage de la mer,
où il pouvait aimer comme il le voulait, en conversation
comme on parle librement : ainsi ils ne virent personne d’autre,
Polymphès le Géant
attendait toujours sur cette roche ébranlée,
jusqu’à ce qu’une grande pierre tombe de là
sur sa tête,
ce qui aurait pu affliger son amour ; Acis fut précipité du haut,
ce qu’il ne pouvait lui-même jamais accomplir. Le poète dit que Galatée, par envie, le tua.
Et comme lui, parmi tous les autres, était incomparable en beauté, que personne ne connaissait mieux que lui,
Galatée,
et qu’il avait un amour ardent et fidèle, voulut la ravir,
Nptune, le Géant de son rang, s’interposa pour la protéger,
comme il convenait, inviolable,
sur qui elle avait posé son cœur, il la garda sous sa protection.
Ainsi, même les dieux miséricordieux ne purent permettre
que, pour ce motif ou pour aucun autre, le corps d’Acis,
mort, soit jeté dans la source
où elle n’était pas du tout présente. Cette eau très douce
cette jeune chevalier Acis l’aimait, et aussitôt
ses sentiments intérieurs se transformèrent de la même manière.
110 Seul aime et ne nomme pas.
120 P. i.
De cela, Polymphès fut affligé 163
130 Par pure envie, et par tous les serpents.
100 sur tous les autres serpents ;
Et pour eux qui manquent de ce qu’ils désirent, le Confesseur donne
au moins un exemple :
Qu’ils observent cela, afin que personne d’autre ne nuise à ceux qui, dans la quête de l’amour, avancent rapidement : pour l’amour,
dont je raconte un grand exemple, profitant aux joies des autres,
ce qui concorde avec ce sujet, mais nullement par là
Comme Ovide le rapporte dans son livre, ils ne profitent qu’à eux-mêmes.
Comment Polymphès autrefois agit, et il raconte comment
un certain jeune homme,
lorsqu’il courtisa Galatée, soldat du nom d’Acis,
pour l’amour qu’il ne pouvait pas obtenir, Galatée
le fit attendre et veiller longtemps, cette nymphe très belle,
toute la nuit, jusqu’à ce qu’enfin il apprenne et sache qu’elle était avec lui sous
une autre roche près
du rivage de la mer,
où il pouvait aimer comme il le voulait, en conversation
comme on parle librement : ainsi ils ne virent personne d’autre,
Polymphès le Géant
attendait toujours sur cette roche ébranlée,
jusqu’à ce qu’une grande pierre tombe de là
sur sa tête,
ce qui aurait pu affliger son amour ; Acis fut précipité du haut,
ce qu’il ne pouvait lui-même jamais accomplir. Le poète dit que Galatée, par envie, le tua.
Et comme lui, parmi tous les autres, était incomparable en beauté, que personne ne connaissait mieux que lui,
Galatée,
et qu’il avait un amour ardent et fidèle, voulut la ravir,
Nptune, le Géant de son rang, s’interposa pour la protéger,
comme il convenait, inviolable,
sur qui elle avait posé son cœur, il la garda sous sa protection.
Ainsi, même les dieux miséricordieux ne purent permettre
que, pour ce motif ou pour aucun autre, le corps d’Acis,
mort, soit jeté dans la source
où elle n’était pas du tout présente. Cette eau très douce
cette jeune chevalier Acis l’aimait, et aussitôt
ses sentiments intérieurs se transformèrent de la même manière.
110 Seul aime et ne nomme pas.
120 P. i.
De cela, Polymphès fut affligé 163
130 Par pure envie, et par tous les serpents.
Page 357
Et il attend de tous côtés,549
P. i.
Lorsqu’il vit ce jeune Acis avec Galatée.
Il attend ainsi, allant et venant,
140 Jusqu’à ce qu’enfin il les voie ensemble,
En un endroit secret où ils se tenaient
Pour parler et échanger de douces paroles.
L’endroit où il les aperçut
Était sous un banc, près du grand lac ; lui, en hauteur,
Observait cet amour ardent
Que chacun d’eux portait pour l’autre,
Avec de belles caresses et des mots tendres,
Ce qui enflamma tout son cœur550
De pure jalousie : et comme un feu551
Qui jaillit d’un arc magique,
Il s’enfuit aussitôt, tel celui qui est consumé par l’amour,
Lorsqu’il vit à quel point leur amour était fort.
Ce Polymphée était un géant ;
Et lorsqu’il comprit la vérité,
Comment Galatée l’avait abandonné
Pour donner son amour à Acis,
Son cœur ne put le supporter,
160 Et il devint fou comme un berserker552 ;
Comme une bête sauvage
Que rien ne pouvait retenir553,
Il courut autour de l’Etna, en enfer,
Où jamais le feu ne s’éteignait,
Rempli de tristesse et de grande douleur,
Car il voyait Acis heureux avec elle. P. i.
165
Jusqu’à ce qu’enfin il le rattrape,
Tel celui qui est entièrement dominé par la jalousie,
Et il se précipita vers le banc,
170 Où il avait vu Galatée avec Acis,
Acis, qu’il pensait être malheureux.
P. i.
Lorsqu’il vit ce jeune Acis avec Galatée.
Il attend ainsi, allant et venant,
140 Jusqu’à ce qu’enfin il les voie ensemble,
En un endroit secret où ils se tenaient
Pour parler et échanger de douces paroles.
L’endroit où il les aperçut
Était sous un banc, près du grand lac ; lui, en hauteur,
Observait cet amour ardent
Que chacun d’eux portait pour l’autre,
Avec de belles caresses et des mots tendres,
Ce qui enflamma tout son cœur550
De pure jalousie : et comme un feu551
Qui jaillit d’un arc magique,
Il s’enfuit aussitôt, tel celui qui est consumé par l’amour,
Lorsqu’il vit à quel point leur amour était fort.
Ce Polymphée était un géant ;
Et lorsqu’il comprit la vérité,
Comment Galatée l’avait abandonné
Pour donner son amour à Acis,
Son cœur ne put le supporter,
160 Et il devint fou comme un berserker552 ;
Comme une bête sauvage
Que rien ne pouvait retenir553,
Il courut autour de l’Etna, en enfer,
Où jamais le feu ne s’éteignait,
Rempli de tristesse et de grande douleur,
Car il voyait Acis heureux avec elle. P. i.
165
Jusqu’à ce qu’enfin il le rattrape,
Tel celui qui est entièrement dominé par la jalousie,
Et il se précipita vers le banc,
170 Où il avait vu Galatée avec Acis,
Acis, qu’il pensait être malheureux.
Page 358
Bien qu’il ne puisse lui-même être soulagé.
Ce géant, avec sa force brutale,
A fait tomber une partie du rocher,
Qui est même tombée sur Acis ;
Ainsi, avec la chute de ce rocher,
Ce Polypème a ralenti Acis,
Ce qui lui cause maintenant de la douleur.
Et tandis qu’elle fuyait loin de là,
Néptune l’a prise sous sa protection
Et l’a gardée en un lieu sûr,
À l’abri de Polypème et de ses hommes,
Ainsi que de toute jalousie malveillante,
Afin qu’il ne puisse atteindre son groupe.
Cette Galatée dont je parle,
Qui ne peut se venger elle-même,
Sans aucune apparence feinte,
A exprimé son amour pour lui,
Et par sa douleur et son chagrin,
Elle a ému les dieux,
Qui, par pitié et par grâce,
Ont placé Acis au même endroit,
Là où il était resté, dans un puits,
Transformé, comme le racontent les livres,
En eaux fraîches et claires,
Comme autrefois, avec des amours joyeuses,
Son amour y était resté frais.
Et ce cruel Polypème,
À cause de sa jalousie et de sa haine,
Était en colère contre eux.
Ainsi donc, Confesseur,
Mon fils, tu peux comprendre
Que si tu veux rester dans la grâce,
Avec de l’amour, tu dois éviter la jalousie ;
Et si tu veux te tourner vers cet amour,
Alors tu dois accepter que quelqu’un d’autre soit heureux,
Quoi qu’il arrive par hasard.
Ce géant, avec sa force brutale,
A fait tomber une partie du rocher,
Qui est même tombée sur Acis ;
Ainsi, avec la chute de ce rocher,
Ce Polypème a ralenti Acis,
Ce qui lui cause maintenant de la douleur.
Et tandis qu’elle fuyait loin de là,
Néptune l’a prise sous sa protection
Et l’a gardée en un lieu sûr,
À l’abri de Polypème et de ses hommes,
Ainsi que de toute jalousie malveillante,
Afin qu’il ne puisse atteindre son groupe.
Cette Galatée dont je parle,
Qui ne peut se venger elle-même,
Sans aucune apparence feinte,
A exprimé son amour pour lui,
Et par sa douleur et son chagrin,
Elle a ému les dieux,
Qui, par pitié et par grâce,
Ont placé Acis au même endroit,
Là où il était resté, dans un puits,
Transformé, comme le racontent les livres,
En eaux fraîches et claires,
Comme autrefois, avec des amours joyeuses,
Son amour y était resté frais.
Et ce cruel Polypème,
À cause de sa jalousie et de sa haine,
Était en colère contre eux.
Ainsi donc, Confesseur,
Mon fils, tu peux comprendre
Que si tu veux rester dans la grâce,
Avec de l’amour, tu dois éviter la jalousie ;
Et si tu veux te tourner vers cet amour,
Alors tu dois accepter que quelqu’un d’autre soit heureux,
Quoi qu’il arrive par hasard.
Page 359
Car c’est une vengeance insensée,
Qui ne profite à aucun autre homme,
Et n’apporte que du chagrin à celui qui la pratique.
Mon père, cet exemple est bon ; les amants…
Mais aussi bien que cela ait pu exister
Avec l’amour de Polyphème, ainsi,
Cela ne pourra pas exister avec moi,
Pour commettre quelque crime
Par amour pour une telle jalousie.
Car s’il en existe d’autres,
Dites-moi maintenant à quel point,
Et je m’avouerai
Par écrit à votre sainteté.
[ii. Joie pour le malheur d’autrui.]
Lorsqu’il voit le malheur d’un autre,
Il ressent de la douleur.
Le jaloux retient aujourd’hui ses larmes,
Des larmes que son propre destin lui réserve demain.
Ainsi, dans l’amour, celui qui se moque subit le même sort,
Lorsqu’il voit ceux qui sont trompés ; ce jaloux, en quelque sorte…
Même s’il est dans le vide, il espère néanmoins un soulagement
Grâce au malheur d’autrui, tombant lui-même en même temps.
Mon bon fils, il existe
Un revers à cela :
Le jaloux prend sa joie
Du malheur d’autrui. Ici, le confesseur parle
Du malheur des autres hommes ; car leur bien-être, sous une autre forme,
C’est lorsqu’ils connaissent un autre souci. La jalousie,
Du fait qu’un autre ait un malheur, est appelée joie du malheur d’autrui,
Et il se croit alors supérieur. Telle est la joie de la jalousie,
En ce qui concerne les affaires du monde,
Et en partie la conscience de l’amant.
Qui ne profite à aucun autre homme,
Et n’apporte que du chagrin à celui qui la pratique.
Mon père, cet exemple est bon ; les amants…
Mais aussi bien que cela ait pu exister
Avec l’amour de Polyphème, ainsi,
Cela ne pourra pas exister avec moi,
Pour commettre quelque crime
Par amour pour une telle jalousie.
Car s’il en existe d’autres,
Dites-moi maintenant à quel point,
Et je m’avouerai
Par écrit à votre sainteté.
[ii. Joie pour le malheur d’autrui.]
Lorsqu’il voit le malheur d’un autre,
Il ressent de la douleur.
Le jaloux retient aujourd’hui ses larmes,
Des larmes que son propre destin lui réserve demain.
Ainsi, dans l’amour, celui qui se moque subit le même sort,
Lorsqu’il voit ceux qui sont trompés ; ce jaloux, en quelque sorte…
Même s’il est dans le vide, il espère néanmoins un soulagement
Grâce au malheur d’autrui, tombant lui-même en même temps.
Mon bon fils, il existe
Un revers à cela :
Le jaloux prend sa joie
Du malheur d’autrui. Ici, le confesseur parle
Du malheur des autres hommes ; car leur bien-être, sous une autre forme,
C’est lorsqu’ils connaissent un autre souci. La jalousie,
Du fait qu’un autre ait un malheur, est appelée joie du malheur d’autrui,
Et il se croit alors supérieur. Telle est la joie de la jalousie,
En ce qui concerne les affaires du monde,
Et en partie la conscience de l’amant.
Page 360
En amour, c’est ainsi que les choses se passent. Eodem vulterius investigat.
Si toi, mon Fils, as eu de la joie,
Lorsque tu vois un autre malheureux,
Écris-en.
Mon père, oui : Amans.
Je suis connu de vous pour cela.
De ces amants qui s’aiment ardemment,
Et pour ce qu’ils désirent,
Ils poursuivent leur quête année après année
Dans la cour de l’amour. Lorsque je peux voir
Comment ils grimpent vers le sommet,
Et quand ils pensent tout ira bien,
Ils sont précipités en bas. Alors, je me nourris de leur souffrance,
Et je suis heureux de les voir souffrir ;
Ainsi, de leur douleur amère,
Je bois du doux nectar, et je suis bien nourri
Par le fait de savoir qu’ils souffrent. P. i. 168
Mais ce que je vous raconte ici
N’est destiné qu’à ma dame bien-aimée ;
Car je ne connais personne d’autre
Qui puisse me renverser, ni personne qui soit sincèrement amoureux.
Que ce soit un chevalier ou un simple homme,
Celui qui poursuit ma dame,
Plus il s’efforce de la conquérir,
Plus je pense que je gagne,
Et plus je suis heureux intérieurement
De savoir qu’il endure de la douleur.
Car toujours, dans de telles aventures,
C’est une consolation, comme disent les hommes,
Pour celui qui est dans le malheur : Boicius. Consolatio miserorum est – C’est une consolation pour les malheureux, de voir un autre dans sa peine, d’avoir un compagnon dans sa douleur, afin qu’ils puissent se consoler mutuellement. Lorsque moi-même je ne peux rien faire pour soulager un autre homme dans ses souffrances, je suis vraiment heureux s’il peut être aidé.
Si toi, mon Fils, as eu de la joie,
Lorsque tu vois un autre malheureux,
Écris-en.
Mon père, oui : Amans.
Je suis connu de vous pour cela.
De ces amants qui s’aiment ardemment,
Et pour ce qu’ils désirent,
Ils poursuivent leur quête année après année
Dans la cour de l’amour. Lorsque je peux voir
Comment ils grimpent vers le sommet,
Et quand ils pensent tout ira bien,
Ils sont précipités en bas. Alors, je me nourris de leur souffrance,
Et je suis heureux de les voir souffrir ;
Ainsi, de leur douleur amère,
Je bois du doux nectar, et je suis bien nourri
Par le fait de savoir qu’ils souffrent. P. i. 168
Mais ce que je vous raconte ici
N’est destiné qu’à ma dame bien-aimée ;
Car je ne connais personne d’autre
Qui puisse me renverser, ni personne qui soit sincèrement amoureux.
Que ce soit un chevalier ou un simple homme,
Celui qui poursuit ma dame,
Plus il s’efforce de la conquérir,
Plus je pense que je gagne,
Et plus je suis heureux intérieurement
De savoir qu’il endure de la douleur.
Car toujours, dans de telles aventures,
C’est une consolation, comme disent les hommes,
Pour celui qui est dans le malheur : Boicius. Consolatio miserorum est – C’est une consolation pour les malheureux, de voir un autre dans sa peine, d’avoir un compagnon dans sa douleur, afin qu’ils puissent se consoler mutuellement. Lorsque moi-même je ne peux rien faire pour soulager un autre homme dans ses souffrances, je suis vraiment heureux s’il peut être aidé.
Page 361
Et bien que je ne gagne pas la mise,
Son chagrin n’est pour mon cœur qu’un jeu :
270 Lorsque je sais que c’est le même
Qui est attaché à ma dame,
Et que son amour n’a pas pris fin,
Je suis fort joyeux dans mes pensées.
Si une telle jalousie cause du tourment,
Comme je sais que je suis coupable,
Vous qui êtes sages et raisonnables,
Mon père, donnez-moi votre conseil.
Mon fils, la jalousie ne doit pas être prise au sérieux.
280 Je comprends qu’il ne puisse y avoir de raison valable pour un confesseur.
Car cette jalousie a une telle nature
Qu’elle pousse celui qui en est atteint à se placer derrière
Pour entraver par d’autres moyens,
Et à sacrifier volontiers sa propre vue
Afin que quelqu’un d’autre voie à sa place.
Pour savoir comment cela se passe,
Je pense raconter une histoire adaptée à ce sujet,
Si vous le souhaitez, afin de montrer clairement
290 Le vice de cette jalousie et sa méchanceté.
J’écris ici ce que j’ai appris sur Jupiter : [Les Voyageurs et l’Ange.]
Autrefois, il voulait établir un exemple
Parmi les hommes, montrant comment cela se produit, surtout contre
Ceux qui, de leur propre initiative, cherchent à se justifier, causant ainsi un préjudice
À autrui ; c’est pourquoi il fit subir une punition plus grande à celui-ci.
300 Un ange, qui était là, raconte que, lorsqu’il apprit la vérité, Jupiter envoya cet ange sous forme humaine
Pour explorer la situation sur terre.
Son chagrin n’est pour mon cœur qu’un jeu :
270 Lorsque je sais que c’est le même
Qui est attaché à ma dame,
Et que son amour n’a pas pris fin,
Je suis fort joyeux dans mes pensées.
Si une telle jalousie cause du tourment,
Comme je sais que je suis coupable,
Vous qui êtes sages et raisonnables,
Mon père, donnez-moi votre conseil.
Mon fils, la jalousie ne doit pas être prise au sérieux.
280 Je comprends qu’il ne puisse y avoir de raison valable pour un confesseur.
Car cette jalousie a une telle nature
Qu’elle pousse celui qui en est atteint à se placer derrière
Pour entraver par d’autres moyens,
Et à sacrifier volontiers sa propre vue
Afin que quelqu’un d’autre voie à sa place.
Pour savoir comment cela se passe,
Je pense raconter une histoire adaptée à ce sujet,
Si vous le souhaitez, afin de montrer clairement
290 Le vice de cette jalousie et sa méchanceté.
J’écris ici ce que j’ai appris sur Jupiter : [Les Voyageurs et l’Ange.]
Autrefois, il voulait établir un exemple
Parmi les hommes, montrant comment cela se produit, surtout contre
Ceux qui, de leur propre initiative, cherchent à se justifier, causant ainsi un préjudice
À autrui ; c’est pourquoi il fit subir une punition plus grande à celui-ci.
300 Un ange, qui était là, raconte que, lorsqu’il apprit la vérité, Jupiter envoya cet ange sous forme humaine
Pour explorer la situation sur terre.
Page 362
Celui qui était avide, celui-là, il arriva que l’ange lui-même envoya deux hommes, qu’il pensait être des humains, afin qu’ils l’accompagnent. L’un était avide, l’autre jaloux. Cet ange, par ses paroles, les guida avec sagesse ; il les accompagna tantôt de mots doux, tantôt de paroles tendres. Et lorsque le temps fut venu, cela les poussa à discuter souvent ; l’ange leur donna chacun une réponse. Ainsi, par des récits, il leur fit comprendre que tout ce qu’ils demanderaient, après un bon examen, s’ils le souhaitaient sincèrement, ils pourraient l’obtenir. Mais comme l’un d’eux était avide et l’autre jaloux, l’ange leur dit que celui qui était avide serait empêché par son avidité, et qu’il feindrait bientôt de partir, espérant obtenir des doubles récompenses. Mais il refusa de demander quoi que ce soit. Alors l’ange leur fit comprendre que, puisque le jaloux avait remarqué sa propre nature vicieuse, il ne pourrait pas recevoir de grâce ; il ordonna donc à l’un d’eux de devenir borgne, afin qu’il ne puisse pas voir ce qu’il désirait le plus, et que cet homme doive toujours demander en premier à l’ange, et il l’obtiendrait. Ainsi, à cause de la jalousie de l’un, l’autre fut souillé par l’avidité de l’autre. Le double de ce que son compagnon demandait, c’était là sa grâce. Celui qui était avide était très heureux, tandis que l’autre devait payer ; car il supposait que celui-ci voulait profiter des biens du monde. Mais il savait bien comment les choses se passaient en réalité.
Page 363
Qu’il soit lui-même doublement aveugle,
Il le deviendra ensuite, et ainsi sera perdu ;
Car il voulait gagner,
Il fit en sorte que son rival commence d’abord.
Cet envieux, bien que ce fût tard,
Lorsqu’il vit qu’il ne pouvait rien faire,
Pensa à lancer sa attaque en premier ;
S’il réussissait ou cherchait un avantage,
Cela doublerait sa colère :
C’est ce qu’il ne voulait à aucun prix.
Mais alors il montra ce qu’il avait été
Envers l’envie, et dans ce cas,
À cet ange il dit ainsi
Et pour son cadeau il se vantera,
Pour le rendre aveugle à ses propres yeux,
Afin que son rival ne voie rien.
À peine ces mots furent-ils prononcés,
Que son propre œil fut aussitôt aveugle,
Et son compagnon également
Devint aussitôt aveugle des deux yeux.
L’autre, lui, était maintenant joyeux,
Celui qui pleurait, et l’autre triste ;
Il mit son œil sans aucun coût,
Alors que les deux autres l’avaient perdu.
De cet exemple qui s’est produit ainsi,
Les hommes en parlent encore aujourd’hui abondamment ;
Le monde fonctionne ainsi en général :
Et pourtant on ignore la raison ; P. i.
172
Car cela ne convient à aucune espèce
De chercher et de trouver du mal à autrui ;
Cela ne pourrait jamais bien se terminer.
Que dis-tu, Fils, de cette folie ? Confesseur.
Mon père, mais je devrais mentir, Amans.
Sur le point que vous avez mentionné,
Mon cœur n’a jamais été tenté.
Il le deviendra ensuite, et ainsi sera perdu ;
Car il voulait gagner,
Il fit en sorte que son rival commence d’abord.
Cet envieux, bien que ce fût tard,
Lorsqu’il vit qu’il ne pouvait rien faire,
Pensa à lancer sa attaque en premier ;
S’il réussissait ou cherchait un avantage,
Cela doublerait sa colère :
C’est ce qu’il ne voulait à aucun prix.
Mais alors il montra ce qu’il avait été
Envers l’envie, et dans ce cas,
À cet ange il dit ainsi
Et pour son cadeau il se vantera,
Pour le rendre aveugle à ses propres yeux,
Afin que son rival ne voie rien.
À peine ces mots furent-ils prononcés,
Que son propre œil fut aussitôt aveugle,
Et son compagnon également
Devint aussitôt aveugle des deux yeux.
L’autre, lui, était maintenant joyeux,
Celui qui pleurait, et l’autre triste ;
Il mit son œil sans aucun coût,
Alors que les deux autres l’avaient perdu.
De cet exemple qui s’est produit ainsi,
Les hommes en parlent encore aujourd’hui abondamment ;
Le monde fonctionne ainsi en général :
Et pourtant on ignore la raison ; P. i.
172
Car cela ne convient à aucune espèce
De chercher et de trouver du mal à autrui ;
Cela ne pourrait jamais bien se terminer.
Que dis-tu, Fils, de cette folie ? Confesseur.
Mon père, mais je devrais mentir, Amans.
Sur le point que vous avez mentionné,
Mon cœur n’a jamais été tenté.
Page 364
Bot dans la sagesse, comme je te l’ai dit.567
Bot encore, si tu le souhaites568
Dis-le dans mon écrit
380 À propos de l’envie, je voudrais prier.
Mon Fils, cela sera bien fait : Confesseur.
Écoute maintenant et laisse tomber cela.
iii. L’envie est une partie de la pire calomnie, [iii. Calomnie.]
une calamité
Qui provoque une honte encore plus grande par les paroles.569
La langue frappe l’air avec des paroles empoisonnées,
Ainsi que la réputation vole dans le scandale d’autrui.
Par des morsures dans le dos, elle infecte les fidèles eux-mêmes,
Et souvent ceux qui sont blessés manquent de salut.
Mais un amour noble garde la langue, afin que son
Parole prononcée ne porte aucun mal.
À propos de la langue envieuse
Je ne connais rien de tout ce qui est bon ;
Mais malheureusement, tels qu’ils sont,
Il y en a, et c’est lui que traite
Le Confesseur dans la troisième partie,
Qui s’appelle Calomnie, sous l’espèce de l’envie, que
Et pour confirmer son action, on appelle cela Calomnie,
Il retient Malebouche, dont les morsures
provoquent des blessures semblables à celles du serpent
390 Dont la langue ne se courbe ni ne s’incline, souvent la réputation
s’enfuit, si bien qu’il déclare sa lamentation.
Une parole entièrement bonne, sans malice
Derrière le dos d’un homme. P. i.
173
Car bien qu’il loue, il est quelque peu hypocrite,
Ce dont son récit est la dernière preuve,
Et toute louange sera obscurcie :
Et bien qu’il n’y ait aucune raison,
Il veut pourtant continuer à parler ainsi,
Comme celui qui possède l’heraldique
400 De ceux qui mentent ouvertement.
Car comme la ortie qui pousse vers le haut570
Brûle les roses les plus fraîches.
Bot encore, si tu le souhaites568
Dis-le dans mon écrit
380 À propos de l’envie, je voudrais prier.
Mon Fils, cela sera bien fait : Confesseur.
Écoute maintenant et laisse tomber cela.
iii. L’envie est une partie de la pire calomnie, [iii. Calomnie.]
une calamité
Qui provoque une honte encore plus grande par les paroles.569
La langue frappe l’air avec des paroles empoisonnées,
Ainsi que la réputation vole dans le scandale d’autrui.
Par des morsures dans le dos, elle infecte les fidèles eux-mêmes,
Et souvent ceux qui sont blessés manquent de salut.
Mais un amour noble garde la langue, afin que son
Parole prononcée ne porte aucun mal.
À propos de la langue envieuse
Je ne connais rien de tout ce qui est bon ;
Mais malheureusement, tels qu’ils sont,
Il y en a, et c’est lui que traite
Le Confesseur dans la troisième partie,
Qui s’appelle Calomnie, sous l’espèce de l’envie, que
Et pour confirmer son action, on appelle cela Calomnie,
Il retient Malebouche, dont les morsures
provoquent des blessures semblables à celles du serpent
390 Dont la langue ne se courbe ni ne s’incline, souvent la réputation
s’enfuit, si bien qu’il déclare sa lamentation.
Une parole entièrement bonne, sans malice
Derrière le dos d’un homme. P. i.
173
Car bien qu’il loue, il est quelque peu hypocrite,
Ce dont son récit est la dernière preuve,
Et toute louange sera obscurcie :
Et bien qu’il n’y ait aucune raison,
Il veut pourtant continuer à parler ainsi,
Comme celui qui possède l’heraldique
400 De ceux qui mentent ouvertement.
Car comme la ortie qui pousse vers le haut570
Brûle les roses les plus fraîches.
Page 365
Et il le fait pâlir et s’affaiblir ici,
Tout comme ce faux envieux,
Partout où il engage un duel,
Avec de fausses paroles qu’il prononce,
Il transforme les louanges en blâmes
Et les bonnes actions en honte pour le monde.
De telles méchancetés qu’il commet,
410 ce n’est pas assez bon pour qu’il ne les garde pas
Entre ses dents pour les mordre,
Et les exprime par sa langue mensongère :
Comme la race des Scharnebudes,
Dont je trouve cette nature,
Qui, dans la chaleur du jour,
Lorsque vient la belle Mai,
Étend ses ailes et s’envole :
Et tout autour, il fait pousser
Les belles fleurs printanières,
420 mais il n’en a aucun plaisir ;
Mais là où il plante la pire des herbes,
C’est là qu’il célèbre sa fête, P. i.
174
Et il veut y rester seul,
Rien d’autre ne lui plaît.
Tout comme cet envieux sauvage,
Même s’il s’agit d’un homme vertueux
Et plein de bonnes qualités,
Il n’en fait aucune mention :
Mais sinon, même si c’est peu,
430 là où il peut trouver un défaut,
Il y court avec la bouche grande ouverte,
Derrière un homme et le dénigre.
Toute vertu qu’il possède,
Il veut la cacher à tous,
Et proclamer ouvertement le vice,
Comme celui qui vient de l’école de l’enfer,
Noirci et nourri par l’envie,
Envers la famille et les compagnons,
Là où il a sa propre fonction.
Tout comme ce faux envieux,
Partout où il engage un duel,
Avec de fausses paroles qu’il prononce,
Il transforme les louanges en blâmes
Et les bonnes actions en honte pour le monde.
De telles méchancetés qu’il commet,
410 ce n’est pas assez bon pour qu’il ne les garde pas
Entre ses dents pour les mordre,
Et les exprime par sa langue mensongère :
Comme la race des Scharnebudes,
Dont je trouve cette nature,
Qui, dans la chaleur du jour,
Lorsque vient la belle Mai,
Étend ses ailes et s’envole :
Et tout autour, il fait pousser
Les belles fleurs printanières,
420 mais il n’en a aucun plaisir ;
Mais là où il plante la pire des herbes,
C’est là qu’il célèbre sa fête, P. i.
174
Et il veut y rester seul,
Rien d’autre ne lui plaît.
Tout comme cet envieux sauvage,
Même s’il s’agit d’un homme vertueux
Et plein de bonnes qualités,
Il n’en fait aucune mention :
Mais sinon, même si c’est peu,
430 là où il peut trouver un défaut,
Il y court avec la bouche grande ouverte,
Derrière un homme et le dénigre.
Toute vertu qu’il possède,
Il veut la cacher à tous,
Et proclamer ouvertement le vice,
Comme celui qui vient de l’école de l’enfer,
Noirci et nourri par l’envie,
Envers la famille et les compagnons,
Là où il a sa propre fonction.
Page 366
440 Pour donner à chacun un vice.
Comment donc sa bouche peut-elle être agréable,
Si ses paroles sont toujours fausses
Et qu’il dit ce qu’il y a de pire ?
Ainsi, aujourd’hui encore, dans la cour de l’amour,
On trouve beaucoup de gens pleins de cette méchanceté ;
De nombreuses calomnies circulent,
Sans que l’on puisse y répondre ;
Pourtant, on les croit toutes.
450 De nombreux amours dignes en souffrent
À cause des calomnies de l’envie malveillante.
Si tu as entendu de telles sornettes dans la cour de l’amour, mon fils,
Écris-en.
Mon père, oui : C’est à cause de l’amour que naît ce vice ;
Mais savez-vous comment ? Pas ouvertement, pour mémoire seulement,
Mais en privé, avec l’aide d’un confesseur.
Quand je rencontre ma bien-aimée,
Je suis encore plus troublé…
Et je me demande pourquoi je ne peux pas résister.
Pour leur valeur,
460 Je vois aussi la vanité
De tous ces jeunes gens pleins de désir,
Qui les entourent constamment ;
Chacun attend son tour,
Chacun raconte ses histoires,
Tous pour tromper quelqu’un d’innocent,
Qui ne veut pas donner son consentement.
Et comme les gens ne savent rien,
Leurs cœurs restent prisonniers en eux-mêmes,
Si fermés qu’aucun son ne peut en sortir ;
Ils n’aiment plus rien de ce qu’ils avaient auparavant,
Et ainsi, ils se perdent eux-mêmes,
En se disant : « Si seulement j’avais su ! »
Mais malgré tout cela, mon cœur souffre,
Quand je vois ces amants ordinaires.
Comment donc sa bouche peut-elle être agréable,
Si ses paroles sont toujours fausses
Et qu’il dit ce qu’il y a de pire ?
Ainsi, aujourd’hui encore, dans la cour de l’amour,
On trouve beaucoup de gens pleins de cette méchanceté ;
De nombreuses calomnies circulent,
Sans que l’on puisse y répondre ;
Pourtant, on les croit toutes.
450 De nombreux amours dignes en souffrent
À cause des calomnies de l’envie malveillante.
Si tu as entendu de telles sornettes dans la cour de l’amour, mon fils,
Écris-en.
Mon père, oui : C’est à cause de l’amour que naît ce vice ;
Mais savez-vous comment ? Pas ouvertement, pour mémoire seulement,
Mais en privé, avec l’aide d’un confesseur.
Quand je rencontre ma bien-aimée,
Je suis encore plus troublé…
Et je me demande pourquoi je ne peux pas résister.
Pour leur valeur,
460 Je vois aussi la vanité
De tous ces jeunes gens pleins de désir,
Qui les entourent constamment ;
Chacun attend son tour,
Chacun raconte ses histoires,
Tous pour tromper quelqu’un d’innocent,
Qui ne veut pas donner son consentement.
Et comme les gens ne savent rien,
Leurs cœurs restent prisonniers en eux-mêmes,
Si fermés qu’aucun son ne peut en sortir ;
Ils n’aiment plus rien de ce qu’ils avaient auparavant,
Et ainsi, ils se perdent eux-mêmes,
En se disant : « Si seulement j’avais su ! »
Mais malgré tout cela, mon cœur souffre,
Quand je vois ces amants ordinaires.
Page 367
Cela ne pourrait pas le retenir longtemps,
Mais la bonté règne partout ;
Mon cœur est pourtant envieux,
Et je crains toujours la tromperie.
480 Si jamais, d’une manière ou d’une autre,
Ils parvenaient à ensorceler mon innocence…
Car souvent, je suis derrière lui, autant que je le peux,
Afin que ma dame ne soit pas en danger :
Je sais tout ce qui vient à ses lèvres,
Et j’aimerais encore pire, si je le pouvais ;
Car lorsque j’entends ses paroles,
Tout ce que je peux découvrir sur de telles tromperies, je le révèle,
490 Même les pires détails.
J’aimerais tant qu’elle sache
À quel point ils sont méchants,
Ce qu’ils veulent et ce qu’ils pensent,
Comme s’ils avaient des intentions doubles :
Ainsi, envers ces gens malveillants,
Mes paroles malveillantes ont toujours été nombreuses.
Et bien sûr, pour dire la vérité,
S’il arrivait que l’homme le plus infidèle existe,
Parmi mille autres, tous également méchants,
Ma dame bien-aimée, et je le savais,
Plutôt que qu’il s’en aille,
J’aurais voulu répandre de telles histoires
À ma dame, si j’avais pu,
Pour détruire tout son amour,
Et c’est ce que j’aurais fait avec peine.
Car certes, même si je devais feindre,
Et dire ce qui n’a jamais été pensé,
510 Pour tout cet univers, je ne pourrais jamais supporter qu’un autre gagne complètement,
Comme c’est déjà le cas depuis le début.
Mais la bonté règne partout ;
Mon cœur est pourtant envieux,
Et je crains toujours la tromperie.
480 Si jamais, d’une manière ou d’une autre,
Ils parvenaient à ensorceler mon innocence…
Car souvent, je suis derrière lui, autant que je le peux,
Afin que ma dame ne soit pas en danger :
Je sais tout ce qui vient à ses lèvres,
Et j’aimerais encore pire, si je le pouvais ;
Car lorsque j’entends ses paroles,
Tout ce que je peux découvrir sur de telles tromperies, je le révèle,
490 Même les pires détails.
J’aimerais tant qu’elle sache
À quel point ils sont méchants,
Ce qu’ils veulent et ce qu’ils pensent,
Comme s’ils avaient des intentions doubles :
Ainsi, envers ces gens malveillants,
Mes paroles malveillantes ont toujours été nombreuses.
Et bien sûr, pour dire la vérité,
S’il arrivait que l’homme le plus infidèle existe,
Parmi mille autres, tous également méchants,
Ma dame bien-aimée, et je le savais,
Plutôt que qu’il s’en aille,
J’aurais voulu répandre de telles histoires
À ma dame, si j’avais pu,
Pour détruire tout son amour,
Et c’est ce que j’aurais fait avec peine.
Car certes, même si je devais feindre,
Et dire ce qui n’a jamais été pensé,
510 Pour tout cet univers, je ne pourrais jamais supporter qu’un autre gagne complètement,
Comme c’est déjà le cas depuis le début.
Page 368
Qu’ils soient bons ou mauvais, 177
Je ne voudrais pas que ma dame en ait ;
Et cela me rend fou de jalousie,
Et m’amène à utiliser des paroles d’envie,
Afin de lui trouver des reproches.574
C’est la même chose pour ceux qui s’approchent de ma dame :
Je rumine sans cesse contre eux et les entrave autant que je le peux ;
En somme, je ne veux le dire qu’à ma dame elle-même :
Je n’en parlerai à personne, je prendrai bien garde,
De ne rien dire ni faire qui puisse toucher au nom de ma dame,
Que, sérieusement ou en plaisantant,
Je voudrais protéger jusqu’à ma mort ;
530
Mieux vaudrait pour moi manquer d’air que de parler du nom de celle que j’aime.
Maintenant, vous avez entendu parler de cela, mon père, dans ma confession :
Et donc, concernant la calomnie en amour, de ce dont j’ai parlé à tort,
Dites comment vous voulez que cela soit réparé.
Je suis prêt à subir ma punition, ainsi qu’à éviter tout ce que vous ne permettez pas ;
540
Car celui qui est lié doit se soumettre.
Ainsi, je m’incline devant votre volonté,
Car je veux que rien ne vous soit caché,
Mais que tout soit dit tel quel ;
Sinon, ma conscience sera tranquille,
Je ne trouverai aucune trace d’envie,
Aucun malentendu,
Dont l’amour pourrait être lésé.
Je ne voudrais pas que ma dame en ait ;
Et cela me rend fou de jalousie,
Et m’amène à utiliser des paroles d’envie,
Afin de lui trouver des reproches.574
C’est la même chose pour ceux qui s’approchent de ma dame :
Je rumine sans cesse contre eux et les entrave autant que je le peux ;
En somme, je ne veux le dire qu’à ma dame elle-même :
Je n’en parlerai à personne, je prendrai bien garde,
De ne rien dire ni faire qui puisse toucher au nom de ma dame,
Que, sérieusement ou en plaisantant,
Je voudrais protéger jusqu’à ma mort ;
530
Mieux vaudrait pour moi manquer d’air que de parler du nom de celle que j’aime.
Maintenant, vous avez entendu parler de cela, mon père, dans ma confession :
Et donc, concernant la calomnie en amour, de ce dont j’ai parlé à tort,
Dites comment vous voulez que cela soit réparé.
Je suis prêt à subir ma punition, ainsi qu’à éviter tout ce que vous ne permettez pas ;
540
Car celui qui est lié doit se soumettre.
Ainsi, je m’incline devant votre volonté,
Car je veux que rien ne vous soit caché,
Mais que tout soit dit tel quel ;
Sinon, ma conscience sera tranquille,
Je ne trouverai aucune trace d’envie,
Aucun malentendu,
Dont l’amour pourrait être lésé.
Page 369
550 Maintenant, vous avez parlé, et j’ai dit :
Que voulez-vous, père, que je fasse ?
Mon Fils, ne faites plus ainsi, Confesseur.
Gardez toujours votre langue tranquille,
Vous aurez alors davantage de cette volonté.575
Car, comme vous le dites ici même,
Cette jeune fille est de cette sorte,
Si sage, si prudente en toutes choses,
Elle n’a nul besoin de vous mépriser :
560 Car quand elle connaît toutes les façons,
Comme vous êtes envieux,
Vous ne serez pas aussi bienveillant
Que vous le devriez autrement.
Personne ne boira de ces sources
Qu’il sait être empoisonnées ;
Et souvent, ceux qui commencent
À l’égard des autres, trouvent
Que cela les met souvent en arrière,
Alors qu’ils croyaient être en avant.
570 Mon bon Fils, et donc
Faites attention et évitez ces paroles malveillantes,576
P. i.
De quoi la ruine est-elle souvent tombée
Sur tant d’hommes avant ce temps ?
Car ceux qui veulent salir leurs mains,
Sont le plus souvent encore plus impurs ;
Car on verra bien des poussières
Qui ne voudraient pas rester là ;
Et cela, tout homme sage doit le craindre :577
Car celui qui veut blâmer autrui,
580 Voit souvent honte dans ses propres yeux,
Qui pourraient rester tranquilles.
C’est pourquoi, si c’est votre volonté
De persévérer dans la correction,
Je pense raconter une histoire pleine de sagesse
À votre intention, dont vous pourrez tirer un exemple.
Que voulez-vous, père, que je fasse ?
Mon Fils, ne faites plus ainsi, Confesseur.
Gardez toujours votre langue tranquille,
Vous aurez alors davantage de cette volonté.575
Car, comme vous le dites ici même,
Cette jeune fille est de cette sorte,
Si sage, si prudente en toutes choses,
Elle n’a nul besoin de vous mépriser :
560 Car quand elle connaît toutes les façons,
Comme vous êtes envieux,
Vous ne serez pas aussi bienveillant
Que vous le devriez autrement.
Personne ne boira de ces sources
Qu’il sait être empoisonnées ;
Et souvent, ceux qui commencent
À l’égard des autres, trouvent
Que cela les met souvent en arrière,
Alors qu’ils croyaient être en avant.
570 Mon bon Fils, et donc
Faites attention et évitez ces paroles malveillantes,576
P. i.
De quoi la ruine est-elle souvent tombée
Sur tant d’hommes avant ce temps ?
Car ceux qui veulent salir leurs mains,
Sont le plus souvent encore plus impurs ;
Car on verra bien des poussières
Qui ne voudraient pas rester là ;
Et cela, tout homme sage doit le craindre :577
Car celui qui veut blâmer autrui,
580 Voit souvent honte dans ses propres yeux,
Qui pourraient rester tranquilles.
C’est pourquoi, si c’est votre volonté
De persévérer dans la correction,
Je pense raconter une histoire pleine de sagesse
À votre intention, dont vous pourrez tirer un exemple.
Page 370
Un livre digne sur la loi du Christ [L’Histoire de Constance.]
De la grande Rome, comme on le sait,
Le sceptre appartenait de droit ; ici parle
Un confesseur contre
590 Tibère, nommé Constantin, qui, pour des raisons d’amour,
Ayant pour épouse une femme appelée Italie,
Les priva de descendance, car tous deux, par leurs calomnies,
Troublaient leur vie. Et il raconte
Comment Dieu, dans Sa sagesse, donna cet exemple :
La renommée de Constance, fille de l’empereur romain Tibère,
Se répandit dans tout le monde,
Parce qu’elle protégeait la bonne réputation de son père.
Constance, comme le disent les chroniques, était pleine de vertus,
Si pleine de foi qu’elle devint très célèbre ;
C’est pour son amour
Que le plus grand des Barbares, le sultan de l’époque,
Parmi ceux qui pratiquaient le commerce, celui de Perse, afin de pouvoir l’épouser,
Promit un jour à Rome de se convertir au christianisme ;
Pour montrer ce qu’il apportait, après avoir reçu ce qu’il jugeait digne,
Avec l’aide de Pelage, alors pape,
Et avec l’avis de deux cardinaux
Très versés dans la foi du Christ, ainsi que d’autres notables de Rome,
Ils furent tous convaincus, et ils reçurent le baptême
Afin de se marier en Perse,
Et de renoncer à toutes ces divinités fausses.
Lorsqu’ils furent certains de leur foi, cela fut décidé avec honneur :
578 Cependant, ils partirent pour la Barbarie, en raison des calomnies
Et des diffamations que le sultan envoya ensuite contre eux,
Et il les pressa de diverses manières de renier leur foi,
Comme ils l’avaient déjà fait ici. Cela est expliqué plus bas, sans leur faute.
Et eux, qui avaient entrepris de maintenir la vraie foi, subirent de multiples épreuves.
Toute l’histoire est ainsi racontée,
Avec tous les détails.
P. i.
620 Et lorsque le sultan demanda à Constance,
Au moment où elle devait répondre,
À propos de sa beauté et de sa grâce,
Comme celle qui allait être épousée…
De la grande Rome, comme on le sait,
Le sceptre appartenait de droit ; ici parle
Un confesseur contre
590 Tibère, nommé Constantin, qui, pour des raisons d’amour,
Ayant pour épouse une femme appelée Italie,
Les priva de descendance, car tous deux, par leurs calomnies,
Troublaient leur vie. Et il raconte
Comment Dieu, dans Sa sagesse, donna cet exemple :
La renommée de Constance, fille de l’empereur romain Tibère,
Se répandit dans tout le monde,
Parce qu’elle protégeait la bonne réputation de son père.
Constance, comme le disent les chroniques, était pleine de vertus,
Si pleine de foi qu’elle devint très célèbre ;
C’est pour son amour
Que le plus grand des Barbares, le sultan de l’époque,
Parmi ceux qui pratiquaient le commerce, celui de Perse, afin de pouvoir l’épouser,
Promit un jour à Rome de se convertir au christianisme ;
Pour montrer ce qu’il apportait, après avoir reçu ce qu’il jugeait digne,
Avec l’aide de Pelage, alors pape,
Et avec l’avis de deux cardinaux
Très versés dans la foi du Christ, ainsi que d’autres notables de Rome,
Ils furent tous convaincus, et ils reçurent le baptême
Afin de se marier en Perse,
Et de renoncer à toutes ces divinités fausses.
Lorsqu’ils furent certains de leur foi, cela fut décidé avec honneur :
578 Cependant, ils partirent pour la Barbarie, en raison des calomnies
Et des diffamations que le sultan envoya ensuite contre eux,
Et il les pressa de diverses manières de renier leur foi,
Comme ils l’avaient déjà fait ici. Cela est expliqué plus bas, sans leur faute.
Et eux, qui avaient entrepris de maintenir la vraie foi, subirent de multiples épreuves.
Toute l’histoire est ainsi racontée,
Avec tous les détails.
P. i.
620 Et lorsque le sultan demanda à Constance,
Au moment où elle devait répondre,
À propos de sa beauté et de sa grâce,
Comme celle qui allait être épousée…
Page 371
À toute hâte, il fit avancer les préparatifs du mariage. De plus, avec beaucoup de courage, il déclara qu’il était prêt à croire en Christ, celui qui était venu dans ce monde pour le sauver. Ainsi, ils tombèrent d’accord des deux côtés, et le sultan envoya alors des otages à Rome, parmi les fils des princes. Le père en fut ravi et, après en avoir parlé avec le pape, il rassembla ses cardinaux ainsi que de nombreux autres seigneurs, afin qu’ils aillent avec sa fille pour voir si le sultan se convertirait. Mais ce que l’on n’avait jamais envisagé arriva : la jalousie commença à semer le trouble dans ces fiançailles. Constance, de manière si discrète que personne ne s’en aperçut, fit en sorte que cela ne devienne pas une guerre. La mère du sultan, cette femme cruelle, voulant troubler ces noces, prit son propre fils et lui dit : « Si c’est vraiment le cas, marie-le à cette femme ; alors j’aurai perdu tous mes plaisirs ici. » Elle invita donc les cardinaux et les autres Romains à une réunion, dans l’intention de tromper son propre fils pendant le repas. Bientôt, le sultan se retrouva entre eux, tandis que tous les autres étaient présents, à l’exception de Constance. Elle prononça alors des paroles trompeuses devant eux, afin de protéger les Romains des embuscades. Elle dit : « Mon fils, je suis victime d’une double trahison. » Avec tout mon cœur, je suis joyeuse et heureuse, et c’est pour cela que j’ai souvent désiré que tu acceptes, comme on le dit, une nouvelle foi, offerte depuis les hauteurs.
Page 372
Qui sera éliminé de cette vie : les vents violents qui la secouent…
Et une épouse si vertueuse, envoyée en exil…
La fille d’un empereur, elle fut la seule choisie.
Se marier avec elle serait un grand honneur.
C’est pourquoi, mon fils, je t’en supplie, P. i.
182
Que je puisse obtenir une telle grâce,
Lorsque ma fille arrivera,
Afin que je puisse, comme il convient,
Être celui qui organisera les festivités en son honneur.
Le sultan accorda ces festivités,
Et elle en fut très heureuse.
Car bientôt, par des paroles mensongères,
Elle complota sa perte dans son dos.
Alors elle organisa les festivités de telle manière que, lorsque Constance arriva avec les Romains,
680, parmi les clercs et les citoyens,
Elle leur fit de riches festivités.
Mais surtout, alors qu’ils étaient joyeux,
Par ses complots secrets, elle sema l’envie parmi eux.
Tous ceux qui avaient, en public ou en privé,
Des conseils pour gérer la situation,
Furent pris dans une colère terrible,
Tout au long du banquet,
690, au point que rien ne put être fait.
Son fils ne fut pas épargné non plus, mais il subit le même sort. P. i.
183
Mais ce que le dieu tout-puissant veut épargner,
Ne subira aucun malheur.
Cette noble jeune femme, qui était là,
Resta, comme on dit, à observer les festivités.
Et une épouse si vertueuse, envoyée en exil…
La fille d’un empereur, elle fut la seule choisie.
Se marier avec elle serait un grand honneur.
C’est pourquoi, mon fils, je t’en supplie, P. i.
182
Que je puisse obtenir une telle grâce,
Lorsque ma fille arrivera,
Afin que je puisse, comme il convient,
Être celui qui organisera les festivités en son honneur.
Le sultan accorda ces festivités,
Et elle en fut très heureuse.
Car bientôt, par des paroles mensongères,
Elle complota sa perte dans son dos.
Alors elle organisa les festivités de telle manière que, lorsque Constance arriva avec les Romains,
680, parmi les clercs et les citoyens,
Elle leur fit de riches festivités.
Mais surtout, alors qu’ils étaient joyeux,
Par ses complots secrets, elle sema l’envie parmi eux.
Tous ceux qui avaient, en public ou en privé,
Des conseils pour gérer la situation,
Furent pris dans une colère terrible,
Tout au long du banquet,
690, au point que rien ne put être fait.
Son fils ne fut pas épargné non plus, mais il subit le même sort. P. i.
183
Mais ce que le dieu tout-puissant veut épargner,
Ne subira aucun malheur.
Cette noble jeune femme, qui était là,
Resta, comme on dit, à observer les festivités.
Page 373
Tout fut déchiré en sang :
Elle jeta aussitôt la coupe et tout le reste ;
Leur sang coula partout ;
On les voyait de tous côtés ;
Pas étonnant qu’elle pleurât et criât,
Créant ainsi de nombreuses lamentations.
Lorsque tous furent tués, il ne resta qu’elle seule,
Cette vieille femme, cette Saracène ;
Elle prit alors Constantin
Avec tout le bien qu’elle avait apporté,
Et ordonna, comme elle le pensait,
Un navire nu, sans mât,
Dans lequel les bons et les fidèles,
Furent approvisionnés pour cinq ans,
Là où le vent voudrait le pousser,
Elle le lança sur les vagues sauvages.
Mais celui qui peut protéger toutes choses,
Pendant trois ans, jusqu’à ce qu’elle arrive en terre,
Comment le navire avec
Constancia à bord, emporté par le vent,
Arriva en Angleterre,
Et atteignit Northumberland ; là, païenne,
Elle subit ce qu’elle avait enduré, près de l’Humber,
Sous un château au bord de la rivière, sous un certain
Château du roi, qui
Se trouvait alors sur la rive de l’Humber, appelé aussi l’œil du roi ;
Après cela, ce lieu fut nommé ainsi, pendant trois ans,
Jusqu’à ce qu’un soldat
Saxon, un chevalier valeureux, nommé Elda, dit
Mais il ne croit en rien de vrai. gardien du château à l’époque,
Du navire, la châtelaine prit soin de sa femme
Elda, la dame d’honneur du roi, Hermynghelde,
Selon sa loi, en tant que chevalier ; elle assura
Une garde honorable
Et quand elle le confia aux vagues.
Le navire avançant ainsi seul,
Il ordonna aussitôt à des hommes d’aller voir
Ce qui allait advenir.
C’était un jour d’été,
Le navire fut repéré et elle le trouva ;
Elda à l’intérieur, en un instant.
Elle jeta aussitôt la coupe et tout le reste ;
Leur sang coula partout ;
On les voyait de tous côtés ;
Pas étonnant qu’elle pleurât et criât,
Créant ainsi de nombreuses lamentations.
Lorsque tous furent tués, il ne resta qu’elle seule,
Cette vieille femme, cette Saracène ;
Elle prit alors Constantin
Avec tout le bien qu’elle avait apporté,
Et ordonna, comme elle le pensait,
Un navire nu, sans mât,
Dans lequel les bons et les fidèles,
Furent approvisionnés pour cinq ans,
Là où le vent voudrait le pousser,
Elle le lança sur les vagues sauvages.
Mais celui qui peut protéger toutes choses,
Pendant trois ans, jusqu’à ce qu’elle arrive en terre,
Comment le navire avec
Constancia à bord, emporté par le vent,
Arriva en Angleterre,
Et atteignit Northumberland ; là, païenne,
Elle subit ce qu’elle avait enduré, près de l’Humber,
Sous un château au bord de la rivière, sous un certain
Château du roi, qui
Se trouvait alors sur la rive de l’Humber, appelé aussi l’œil du roi ;
Après cela, ce lieu fut nommé ainsi, pendant trois ans,
Jusqu’à ce qu’un soldat
Saxon, un chevalier valeureux, nommé Elda, dit
Mais il ne croit en rien de vrai. gardien du château à l’époque,
Du navire, la châtelaine prit soin de sa femme
Elda, la dame d’honneur du roi, Hermynghelde,
Selon sa loi, en tant que chevalier ; elle assura
Une garde honorable
Et quand elle le confia aux vagues.
Le navire avançant ainsi seul,
Il ordonna aussitôt à des hommes d’aller voir
Ce qui allait advenir.
C’était un jour d’été,
Le navire fut repéré et elle le trouva ;
Elda à l’intérieur, en un instant.
Page 374
Elle voulut partir, avec son mari peu après, vers cette jeune fille, où ils trouvèrent une grande richesse ; mais elle ne voulait rien avouer, quand on lui demandait ce que c’était.
740 Et naturellement, à cause de cela, ils la tirèrent du navire avec beaucoup de violence et la firent prisonnière, comme ceux qui n’étaient pas de son peuple ; mais elle ne montra aucune joie, seulement une grande tristesse, car elle aimait profondément ; il n’y avait pas de chrétiens dans cette contrée ; mais elle avait toute sa volonté, et ainsi elle les affrontait en silence.
Dame Hermyngheld, qui était l’épouse d’Elda, aime constamment Constance sans vie ; et ainsi, parlant tous les jours entre elles deux, Constance, par la grâce divine, fit que cette jeune fille, Hermynghelda, qui était si parfaite envers cette épouse, se convertit à la foi, alors qu’auparavant il n’y avait pas de chrétiens, en présence de ses proches, un jour de jeûne, par un miracle de Christ.
Alors qu’elles se promenaient sur le rivage, un aveugle, qui était venu là, s’adressa à cette épouse en levant ses deux mains vers elle et dit : « Ô Hermyngheld, toi qui as reçu la foi du Christ, telle que la décrit Constance, rends-moi la vue. »
À ces mots, son cœur fut affligé, réfléchissant à ce qu’il fallait faire ; mais néanmoins elle prit ses os et dit : « Par la loi du Christ, qui a été crucifiée et souffrante, homme misérable, regarde et vois. »
740 Et naturellement, à cause de cela, ils la tirèrent du navire avec beaucoup de violence et la firent prisonnière, comme ceux qui n’étaient pas de son peuple ; mais elle ne montra aucune joie, seulement une grande tristesse, car elle aimait profondément ; il n’y avait pas de chrétiens dans cette contrée ; mais elle avait toute sa volonté, et ainsi elle les affrontait en silence.
Dame Hermyngheld, qui était l’épouse d’Elda, aime constamment Constance sans vie ; et ainsi, parlant tous les jours entre elles deux, Constance, par la grâce divine, fit que cette jeune fille, Hermynghelda, qui était si parfaite envers cette épouse, se convertit à la foi, alors qu’auparavant il n’y avait pas de chrétiens, en présence de ses proches, un jour de jeûne, par un miracle de Christ.
Alors qu’elles se promenaient sur le rivage, un aveugle, qui était venu là, s’adressa à cette épouse en levant ses deux mains vers elle et dit : « Ô Hermyngheld, toi qui as reçu la foi du Christ, telle que la décrit Constance, rends-moi la vue. »
À ces mots, son cœur fut affligé, réfléchissant à ce qu’il fallait faire ; mais néanmoins elle prit ses os et dit : « Par la loi du Christ, qui a été crucifiée et souffrante, homme misérable, regarde et vois. »
Page 375
Avec cela, il se mit à genoux devant Dieu.
Ensuite, il prit aussitôt son épée ; tous en furent étonnés,
mais Elda le fut plus que tous :
ce qui venait de se produire le rendait si lourdement accablé
qu’il ne pouvait plus obéir à sa foi.
Pour éviter ce qui pourrait arriver à cause de cela,
Elda alla trouver le roi et lui raconta comment un jeune chevalier,
un matin, avait pris son épée et son bâton, animé d’un amour ardent pour Constance et Hermynghelde,
et était parti avec elle. Mais Elda, qui voulait plaire à son roi, refusa d’y consentir ;
elle le condamna à mort. Comme il était encore célibataire, Hermynghelde fut tuée de nuit par lui,
à cause de paroles calomnieuses.
Le roi fut heureux et dit qu’il voulait l’accuser.
Alors, un ange du Seigneur vint à son secours,
afin qu’il puisse donner des conseils au calomniateur,
au moment opportun. Soudain, Elda, profondément attristée,
non seulement pour le mensonge,
mais aussi parce qu’elle avait élevé depuis l’enfance ce chevalier en homme,
le frappa d’un coup mortel. Ensuite, elle lui révéla tout ce qu’elle savait,
et sa confession le fit périr complètement.
Après cela, on pensa à lui ;
à cette époque, il ordonna à son épouse de partir
pour tout arranger avant l’arrivée du roi.
Il dit qu’il viendrait lui-même plus tard, et demanda donc
qu’on le retienne, en lui indiquant quand.
Ce chevalier prit alors son épée ;
et depuis longtemps, il avait tout planifié dans son esprit
pour gagner le cœur de Constance ;
mais il ne vit pas que cela ne mènerait à rien.
Ensuite, il prit aussitôt son épée ; tous en furent étonnés,
mais Elda le fut plus que tous :
ce qui venait de se produire le rendait si lourdement accablé
qu’il ne pouvait plus obéir à sa foi.
Pour éviter ce qui pourrait arriver à cause de cela,
Elda alla trouver le roi et lui raconta comment un jeune chevalier,
un matin, avait pris son épée et son bâton, animé d’un amour ardent pour Constance et Hermynghelde,
et était parti avec elle. Mais Elda, qui voulait plaire à son roi, refusa d’y consentir ;
elle le condamna à mort. Comme il était encore célibataire, Hermynghelde fut tuée de nuit par lui,
à cause de paroles calomnieuses.
Le roi fut heureux et dit qu’il voulait l’accuser.
Alors, un ange du Seigneur vint à son secours,
afin qu’il puisse donner des conseils au calomniateur,
au moment opportun. Soudain, Elda, profondément attristée,
non seulement pour le mensonge,
mais aussi parce qu’elle avait élevé depuis l’enfance ce chevalier en homme,
le frappa d’un coup mortel. Ensuite, elle lui révéla tout ce qu’elle savait,
et sa confession le fit périr complètement.
Après cela, on pensa à lui ;
à cette époque, il ordonna à son épouse de partir
pour tout arranger avant l’arrivée du roi.
Il dit qu’il viendrait lui-même plus tard, et demanda donc
qu’on le retienne, en lui indiquant quand.
Ce chevalier prit alors son épée ;
et depuis longtemps, il avait tout planifié dans son esprit
pour gagner le cœur de Constance ;
mais il ne vit pas que cela ne mènerait à rien.
Page 376
De là commença sa convoitise,
810 Et ce fut de l’amour, non de la haine ;
Il enviait son honneur,
Ainsi qu’il sema dans son cœur une ruse.
Jusqu’à ce qu’il rentre chez lui, il attendit patiemment,
Et fit comprendre à sa dame le message de son serviteur :
Alors, après de longues heures,
Ils arrangèrent tout comme il se devait,
820 Chaque chose à sa place ;
Et quand vint la nuit,
Cette femme dut se coucher, tandis que cette jeune fille dormait à côté d’elle.
Ce faux chevalier attendit jusqu’à ce qu’ils soient endormis,
Comme celui qui veut gagner du temps pour accomplir ses crimes ;
Puis il s’approcha silencieusement du lit,
Là où il savait que se trouvait la femme,
830 Avec un rasoir dans sa main,
Il la tua, puis cacha le couteau
Sous l’autre côté du lit,
Là où Constance dormait.
Elda rentra cette même nuit,
Et, à la lumière discrète d’une lampe,
Comme celui qui ne veut pas réveiller sa femme,
Il entra dans la chambre ; là, il vit
840 Sa femme ensanglantée, tandis que Constance, endormie à côté d’elle, était morte ; aussitôt, il poussa un cri et la réveilla,
Puis il jeta un coup d’œil et vit cette jeune fille en train de saigner.
810 Et ce fut de l’amour, non de la haine ;
Il enviait son honneur,
Ainsi qu’il sema dans son cœur une ruse.
Jusqu’à ce qu’il rentre chez lui, il attendit patiemment,
Et fit comprendre à sa dame le message de son serviteur :
Alors, après de longues heures,
Ils arrangèrent tout comme il se devait,
820 Chaque chose à sa place ;
Et quand vint la nuit,
Cette femme dut se coucher, tandis que cette jeune fille dormait à côté d’elle.
Ce faux chevalier attendit jusqu’à ce qu’ils soient endormis,
Comme celui qui veut gagner du temps pour accomplir ses crimes ;
Puis il s’approcha silencieusement du lit,
Là où il savait que se trouvait la femme,
830 Avec un rasoir dans sa main,
Il la tua, puis cacha le couteau
Sous l’autre côté du lit,
Là où Constance dormait.
Elda rentra cette même nuit,
Et, à la lumière discrète d’une lampe,
Comme celui qui ne veut pas réveiller sa femme,
Il entra dans la chambre ; là, il vit
840 Sa femme ensanglantée, tandis que Constance, endormie à côté d’elle, était morte ; aussitôt, il poussa un cri et la réveilla,
Puis il jeta un coup d’œil et vit cette jeune fille en train de saigner.
Page 377
De là, elle mourut presque aussitôt,
Silencieuse comme une pierre.
Elle gisait là, et Elda, sur-le-champ,
Pénétra dans le château.
850 Tous les hommes se levèrent alors,
Entrèrent dans la chambre puis en sortirent.
Mais lui, dont l’esprit était plein de méfiance,
Ce faux chevalier, parmi eux tous,
À propos de ce qui venait de se passer,
Affirma que Constance avait commis ce meurtre ;
Et il se rendit au lit avec elle,
Après avoir menti,
Et il la fit sécher là-bas,
Prit le couteau qu’il avait laissé,
860 Puis il cria et dit :
« Vois, le couteau est tout sanglant ici !
Que faut-il de plus en cette affaire
Pour le couper ? » Ainsi, il détruisit l’innocence
De celle-ci en public,
Avec des paroles fausses qu’il inventait.
Mais malgré tout ce qu’il affirmait,
Elda ne lui accorda aucune crédibilité :
Et il arriva qu’il y avait un livre,
Sur lequel, lorsqu’il le vit,
870 Ce chevalier avait juré et déclaré
Que tous pourraient le savoir :
« Ce livre, qui est écrit ici, prouve
Que Constance est coupable, je le sais bien. »
Alors le châtiment du ciel le frappa
Comme punition pour son mensonge ;
On lui arracha la langue sur-le-champ,
Et ainsi ils furent découverts.
On entendit un cri, quand ils tombèrent,
880 Qui disait : « Ô homme maudit, va en enfer !
Vois, c’est ainsi que Dieu punit le menteur
Qui a parlé ainsi de Constance. »
Silencieuse comme une pierre.
Elle gisait là, et Elda, sur-le-champ,
Pénétra dans le château.
850 Tous les hommes se levèrent alors,
Entrèrent dans la chambre puis en sortirent.
Mais lui, dont l’esprit était plein de méfiance,
Ce faux chevalier, parmi eux tous,
À propos de ce qui venait de se passer,
Affirma que Constance avait commis ce meurtre ;
Et il se rendit au lit avec elle,
Après avoir menti,
Et il la fit sécher là-bas,
Prit le couteau qu’il avait laissé,
860 Puis il cria et dit :
« Vois, le couteau est tout sanglant ici !
Que faut-il de plus en cette affaire
Pour le couper ? » Ainsi, il détruisit l’innocence
De celle-ci en public,
Avec des paroles fausses qu’il inventait.
Mais malgré tout ce qu’il affirmait,
Elda ne lui accorda aucune crédibilité :
Et il arriva qu’il y avait un livre,
Sur lequel, lorsqu’il le vit,
870 Ce chevalier avait juré et déclaré
Que tous pourraient le savoir :
« Ce livre, qui est écrit ici, prouve
Que Constance est coupable, je le sais bien. »
Alors le châtiment du ciel le frappa
Comme punition pour son mensonge ;
On lui arracha la langue sur-le-champ,
Et ainsi ils furent découverts.
On entendit un cri, quand ils tombèrent,
880 Qui disait : « Ô homme maudit, va en enfer !
Vois, c’est ainsi que Dieu punit le menteur
Qui a parlé ainsi de Constance. »
Page 378
Sache donc celui que tu vas teindre.
Et il révéla son crime,
Et commença aussitôt son récit.
Dans la terre, où tous vont,
Cette dame fut enterrée :
Elda, qui pensait sauver son honneur,
Tout ce qu’il pouvait pour contenir sa douleur.
Le lendemain matin,
Le roi vint, comme ils en avaient convenu ;
Comment le roi Allea
se tourna vers la foi du Christ.
Et quand on lui rapporta ce qui s’était passé lors de ce baptême,
il prit cela à cœur et s’y engagea ;
Et il pensa plus qu’il ne dit.
Car de tout son cœur, il laissa paraître ou cacha quelque chose
à propos de Constance, et dit qu’il devait y répondre.
Et par amour pour elle, si elle le voulait, peu après
elle aurait reçu le baptême et la foi du Christ,
Il croyait en cela, et lui-même disait qu’il voulait l’épouser, et qu’il fallait combattre cela avec
d’autres aussi. Il partit vers les Écossais,
et là-bas,
Pour inventer des histoires, il y eut des guerres pendant un certain temps.
Un évêque vint du Pays de Galles et y resta.
De Bangor, il appela Lucie,
Qui, par la grâce de Dieu tout-puissant,
Le roi, avec beaucoup d’autres encore,
Les a baptisés, et entre eux il a accompli le mariage.
Mais ni par désir ni par colère,
Elle ne leur dit jamais qui elle était ;
Et bien sûr, à cause de cela,
Le roi était content, car il savait bien
qu’elle était une créature noble.
Le créateur de la nature
l’a visitée par hasard,
Ainsi que tout le monde le savait clairement.
Et il révéla son crime,
Et commença aussitôt son récit.
Dans la terre, où tous vont,
Cette dame fut enterrée :
Elda, qui pensait sauver son honneur,
Tout ce qu’il pouvait pour contenir sa douleur.
Le lendemain matin,
Le roi vint, comme ils en avaient convenu ;
Comment le roi Allea
se tourna vers la foi du Christ.
Et quand on lui rapporta ce qui s’était passé lors de ce baptême,
il prit cela à cœur et s’y engagea ;
Et il pensa plus qu’il ne dit.
Car de tout son cœur, il laissa paraître ou cacha quelque chose
à propos de Constance, et dit qu’il devait y répondre.
Et par amour pour elle, si elle le voulait, peu après
elle aurait reçu le baptême et la foi du Christ,
Il croyait en cela, et lui-même disait qu’il voulait l’épouser, et qu’il fallait combattre cela avec
d’autres aussi. Il partit vers les Écossais,
et là-bas,
Pour inventer des histoires, il y eut des guerres pendant un certain temps.
Un évêque vint du Pays de Galles et y resta.
De Bangor, il appela Lucie,
Qui, par la grâce de Dieu tout-puissant,
Le roi, avec beaucoup d’autres encore,
Les a baptisés, et entre eux il a accompli le mariage.
Mais ni par désir ni par colère,
Elle ne leur dit jamais qui elle était ;
Et bien sûr, à cause de cela,
Le roi était content, car il savait bien
qu’elle était une créature noble.
Le créateur de la nature
l’a visitée par hasard,
Ainsi que tout le monde le savait clairement.
Page 379
Le roi était avec son fils,
920 et par-dessus tout autre chose,
il pensait à Dieu et en était très joyeux.
À ce moment-là, il était engagé
dans une guerre et devait beaucoup voyager ;
et pendant qu’il devait rester là,
il laissa chez lui pour garder sa femme
telle qu’il la connaissait dans sa vie sainte,
Elda, ainsi que l’évêque ;
et lui, avec peu de gens, partit à la recherche
des Scots afin de trouver
930 la guerre qu’il avait entreprise.
Le temps fixé pour la naissance est venu,
cette dame a une chambre réservée, P. i.
191
Et elle enfanta un fils,
ce qui rendit le roi très heureux.
Comme le fait la reine
Constance,
elle accoucha saine et sauve d’un enfant.
L’évêque, comme il se doit, le baptisa,
et l’appela Maurice ;
puis, comme c’est l’usage, il le fit sortir
en l’absence du roi,
avec des lettres écrites à titre officiel.
La mère du roi, jalouse,
940 envoya vers son seigneur souverain, Domilda, concernant
ce qui se passait avec la reine : elle exprima sa compassion.
Celui qui devait aller entre eux rapporta au roi,
par des lettres mensongères,
que sa femme,
qu’il devait traverser, était démoniaque et non
du genre humain.
Le roi était alors alité, atteint d’une maladie
monstrueuse ;
son vrai nom était Domilde, un fantôme qui, après toutes ces causes,
provoqua la naissance de cet enfant ;
car celui qui pensait mériter cela
950 alla trouver cette dame et lui raconta toutes les calomnies
contre Constance.
Elle les accepta avec une joie feinte,
et lui donna généreusement des cadeaux,
afin qu’il monte sur un navire,
mais pendant la nuit, comme auparavant,
elle le renvoya en exil.
Elle prit les lettres qu’il avait, ainsi que son enfant.
920 et par-dessus tout autre chose,
il pensait à Dieu et en était très joyeux.
À ce moment-là, il était engagé
dans une guerre et devait beaucoup voyager ;
et pendant qu’il devait rester là,
il laissa chez lui pour garder sa femme
telle qu’il la connaissait dans sa vie sainte,
Elda, ainsi que l’évêque ;
et lui, avec peu de gens, partit à la recherche
des Scots afin de trouver
930 la guerre qu’il avait entreprise.
Le temps fixé pour la naissance est venu,
cette dame a une chambre réservée, P. i.
191
Et elle enfanta un fils,
ce qui rendit le roi très heureux.
Comme le fait la reine
Constance,
elle accoucha saine et sauve d’un enfant.
L’évêque, comme il se doit, le baptisa,
et l’appela Maurice ;
puis, comme c’est l’usage, il le fit sortir
en l’absence du roi,
avec des lettres écrites à titre officiel.
La mère du roi, jalouse,
940 envoya vers son seigneur souverain, Domilda, concernant
ce qui se passait avec la reine : elle exprima sa compassion.
Celui qui devait aller entre eux rapporta au roi,
par des lettres mensongères,
que sa femme,
qu’il devait traverser, était démoniaque et non
du genre humain.
Le roi était alors alité, atteint d’une maladie
monstrueuse ;
son vrai nom était Domilde, un fantôme qui, après toutes ces causes,
provoqua la naissance de cet enfant ;
car celui qui pensait mériter cela
950 alla trouver cette dame et lui raconta toutes les calomnies
contre Constance.
Elle les accepta avec une joie feinte,
et lui donna généreusement des cadeaux,
afin qu’il monte sur un navire,
mais pendant la nuit, comme auparavant,
elle le renvoya en exil.
Elle prit les lettres qu’il avait, ainsi que son enfant.
Page 380
De point en point et de manière frauduleuse, tout était falsifié.
Comme si cela provenait de la trahison,
on écrivit une autre lettre à sa place, et ainsi ils dirent :
« Ô notre seigneur, nous vous supplions, par cette première lettre en recommandation,
que vous ne soyez plus en colère contre nous.
Constance, bien que nous fassions ce qui vous déplaît,
Évêque du Roi, par notre foi et notre certitude…
Votre épouse, qui est d’une nature féerique, a falsifié les faits.
Un enfant de ce genre a été donné naissance à des parents étrangers : P. i. 192
Mais il ne fallait pas que cela soit connu ;
nous l’avons gardé caché, par crainte de la honte du monde pur.
Un pauvre enfant, au nom de ceux qui sont nés de manière illégale,
nous l’avons pris, et nous jurons que non seulement vous et nous,
mais personne d’autre ne connaîtra ce secret.
On aurait cru qu’il était né de la reine,
et issu de son corps.
Mais il ne faut pas que cela reste ignoré :
envoyez-nous aussitôt des nouvelles de votre volonté. »
Cette lettre, comme vous l’avez entendu, fut falsifiée de telle manière
qu’aucun ne pouvait s’en apercevoir.
Et celui qui pensait tromper laissa croire que c’était l’autre qui l’avait écrite.
Ce messager, lorsqu’il se réveilla, ne sachant rien de ce qui s’était passé,
partit rapidement et apporta cette lettre au roi.
Lorsqu’il vit cette chose étrange,
il ne traita pas le messager avec respect,
mais le traita de manière cruelle.
Comme si cela provenait de la trahison,
on écrivit une autre lettre à sa place, et ainsi ils dirent :
« Ô notre seigneur, nous vous supplions, par cette première lettre en recommandation,
que vous ne soyez plus en colère contre nous.
Constance, bien que nous fassions ce qui vous déplaît,
Évêque du Roi, par notre foi et notre certitude…
Votre épouse, qui est d’une nature féerique, a falsifié les faits.
Un enfant de ce genre a été donné naissance à des parents étrangers : P. i. 192
Mais il ne fallait pas que cela soit connu ;
nous l’avons gardé caché, par crainte de la honte du monde pur.
Un pauvre enfant, au nom de ceux qui sont nés de manière illégale,
nous l’avons pris, et nous jurons que non seulement vous et nous,
mais personne d’autre ne connaîtra ce secret.
On aurait cru qu’il était né de la reine,
et issu de son corps.
Mais il ne faut pas que cela reste ignoré :
envoyez-nous aussitôt des nouvelles de votre volonté. »
Cette lettre, comme vous l’avez entendu, fut falsifiée de telle manière
qu’aucun ne pouvait s’en apercevoir.
Et celui qui pensait tromper laissa croire que c’était l’autre qui l’avait écrite.
Ce messager, lorsqu’il se réveilla, ne sachant rien de ce qui s’était passé,
partit rapidement et apporta cette lettre au roi.
Lorsqu’il vit cette chose étrange,
il ne traita pas le messager avec respect,
mais le traita de manière cruelle.
Page 381
Il écrivit une lettre, et leur ordonna604
P. i.
Que personne ne soit laissé en liberté193
Sa femme devait partir, mais rester silencieuse,
Jusqu’à ce qu’ils aient appris davantage de sa volonté.
Ce messager était fidèle,
Mais avec cette lettre il n’était pas fiable,
Que cela lui plaise ou non,
1000 Il partit aussitôt
Pour Knaresburgh, et en chemin,
Il rapporta au roi
Ce qu’il ressentait pour lui ;
Et elle, à cause de cela,
Dit qu’il devait rester toute la nuit
Et le traita avec gentillesse et affection,
Faisant semblant de le considérer comme précieux.
Mais lui, à cause du vin fort qu’il but
Pour oublier les peines de la journée605,
1010 fut ivre, endormi ; pendant qu’il reposait,
Elle examina ses lettres
Et les rédigea d’une autre manière.
Une nouvelle lettre fut écrite,
Qui disait : « Je vous écris pour la deuxième fois, par l’intermédiaire du roi et de l’évêque,
Que, sur conseil des vôtres, Domilda a été pardonnée,
Mais je suis sur le point de tout annuler, encore une fois, falsifié.
Comme celui qui est déchu du trône.
Tout le monde pense
Que ma femme Constance est innocente ;
1020 Et s’il m’arrive, disent-ils, de retarder606
De la faire sortir de leur compagnie607,
P. i.
La ruine de mon royaume est certaine194 ;
Et à cause de cela, ils disent
Que son enfant ne pourra jamais rivaliser parmi eux
Pour obtenir un héritage.
Ainsi, je ne vois aucun avantage,
Tout est perdu si elle reste :
Il faut donc regarder autour de soi
Vers le malheur qui se profile.
P. i.
Que personne ne soit laissé en liberté193
Sa femme devait partir, mais rester silencieuse,
Jusqu’à ce qu’ils aient appris davantage de sa volonté.
Ce messager était fidèle,
Mais avec cette lettre il n’était pas fiable,
Que cela lui plaise ou non,
1000 Il partit aussitôt
Pour Knaresburgh, et en chemin,
Il rapporta au roi
Ce qu’il ressentait pour lui ;
Et elle, à cause de cela,
Dit qu’il devait rester toute la nuit
Et le traita avec gentillesse et affection,
Faisant semblant de le considérer comme précieux.
Mais lui, à cause du vin fort qu’il but
Pour oublier les peines de la journée605,
1010 fut ivre, endormi ; pendant qu’il reposait,
Elle examina ses lettres
Et les rédigea d’une autre manière.
Une nouvelle lettre fut écrite,
Qui disait : « Je vous écris pour la deuxième fois, par l’intermédiaire du roi et de l’évêque,
Que, sur conseil des vôtres, Domilda a été pardonnée,
Mais je suis sur le point de tout annuler, encore une fois, falsifié.
Comme celui qui est déchu du trône.
Tout le monde pense
Que ma femme Constance est innocente ;
1020 Et s’il m’arrive, disent-ils, de retarder606
De la faire sortir de leur compagnie607,
P. i.
La ruine de mon royaume est certaine194 ;
Et à cause de cela, ils disent
Que son enfant ne pourra jamais rivaliser parmi eux
Pour obtenir un héritage.
Ainsi, je ne vois aucun avantage,
Tout est perdu si elle reste :
Il faut donc regarder autour de soi
Vers le malheur qui se profile.
Page 382
1030 Je vous charge et vous ordonne ceci :
Que vous preniez ce même navire, celui par lequel elle est arrivée,
Y mettiez tous deux, elle-même ainsi que son enfant,
Et ainsi les ameniez au rivage,
Puis confiiez-les à l’évêque pour qu’il les garde.
Je fixe un délai de quatre jours,
Afin que vous ne retardiez plus cette affaire,
De peur que votre vie ne soit perdue.
1040 Et ainsi cette lettre falsifiée
Fut remise au messager, qui était sans armure,
Sur le trône royal,
Là où il devait la déposer.
Mais quand ils l’eurent prise
Et lurent ce qui y était écrit,
Une si grande tristesse s’empara d’eux,
Comme on n’en avait jamais vu ici,
Brûlant comme du feu devant eux :
Il y eut des pleurs et de la douleur.
1050 Mais finalement, l’affaire fut accomplie.
Ils amenèrent la femme à l’évêque,
Mais elle ne connaissait pas la raison.
1060 Et ainsi, sur le fleuve, ils partirent,
Cette femme avec son jeune fils ;
Alors elle leva les mains vers le ciel,
Pria avec une voix douce,
Génuflexée sur ses genoux nus,
Elle dit : « Ô haute majesté,
Qui es le sommet de toute foi,
Prends pitié de cette pauvre femme
Et de cet enfant que je dois garder. »
À ces mots, elle se mit à pleurer,
Jurant fidélité, puis elle resta là ;
Mais Celui qui peut tout
La consola, et enfin
Il la prit et la sauva.
Que vous preniez ce même navire, celui par lequel elle est arrivée,
Y mettiez tous deux, elle-même ainsi que son enfant,
Et ainsi les ameniez au rivage,
Puis confiiez-les à l’évêque pour qu’il les garde.
Je fixe un délai de quatre jours,
Afin que vous ne retardiez plus cette affaire,
De peur que votre vie ne soit perdue.
1040 Et ainsi cette lettre falsifiée
Fut remise au messager, qui était sans armure,
Sur le trône royal,
Là où il devait la déposer.
Mais quand ils l’eurent prise
Et lurent ce qui y était écrit,
Une si grande tristesse s’empara d’eux,
Comme on n’en avait jamais vu ici,
Brûlant comme du feu devant eux :
Il y eut des pleurs et de la douleur.
1050 Mais finalement, l’affaire fut accomplie.
Ils amenèrent la femme à l’évêque,
Mais elle ne connaissait pas la raison.
1060 Et ainsi, sur le fleuve, ils partirent,
Cette femme avec son jeune fils ;
Alors elle leva les mains vers le ciel,
Pria avec une voix douce,
Génuflexée sur ses genoux nus,
Elle dit : « Ô haute majesté,
Qui es le sommet de toute foi,
Prends pitié de cette pauvre femme
Et de cet enfant que je dois garder. »
À ces mots, elle se mit à pleurer,
Jurant fidélité, puis elle resta là ;
Mais Celui qui peut tout
La consola, et enfin
Il la prit et la sauva.
Page 383
Lorsqu’elle prit l’enfant en charge, elle dit ceci :
« De moi, nul ne doit rien exiger ;
La peine que je souffre n’est pas à cause de toi.
1070 Cela me semble une grande pitié,
Car si je meurs, tu mourras aussi ;
Ainsi, je ne dois pas être si lourde
Pour la modération et la tendresse,
Avec toute ma détresse.
Accorde-moi donc cette tâche,
Comme celle qui sera ta nourrice. »
Ainsi fut-elle encouragée à tenir bon ;
Et bien qu’elle prît l’enfant dans ses bras,
Qu’elle le berçât, pleurant sans cesse,
1080 tout en chantant pour endormir l’enfant :
Et ainsi, cet enfant fut confié à sa garde.
Elle le mit sous la protection des dieux.
Puis survint un événement :
Un jour, ce navire, mené par Constantia,
Fut emporté par les vents violents envoyés par le dieu de l’Espagne supérieure, au milieu des Sarazènes,
1090 et poussé vers l’ouest en Espagne, où il se retrouva solidement attaché sous les murs d’un château. Mais Dieu lui-même le sauva,
Grâce à un amiral très généreux,
Qui en était le seigneur, et qui avait un intendant.
Thélous, qui était un homme méchant,
Un faux chevalier et un renégat,
Alla voir où le navire était arrivé, et là il aperçut
Cette dame, seule avec son enfant dans ses bras.
Il observa attentivement sa personne,
Vit qu’elle était noble,
1100 et pensa qu’il voudrait, pendant la nuit,
Lui prendre l’enfant de force,
Et la laisser là, seule.
« De moi, nul ne doit rien exiger ;
La peine que je souffre n’est pas à cause de toi.
1070 Cela me semble une grande pitié,
Car si je meurs, tu mourras aussi ;
Ainsi, je ne dois pas être si lourde
Pour la modération et la tendresse,
Avec toute ma détresse.
Accorde-moi donc cette tâche,
Comme celle qui sera ta nourrice. »
Ainsi fut-elle encouragée à tenir bon ;
Et bien qu’elle prît l’enfant dans ses bras,
Qu’elle le berçât, pleurant sans cesse,
1080 tout en chantant pour endormir l’enfant :
Et ainsi, cet enfant fut confié à sa garde.
Elle le mit sous la protection des dieux.
Puis survint un événement :
Un jour, ce navire, mené par Constantia,
Fut emporté par les vents violents envoyés par le dieu de l’Espagne supérieure, au milieu des Sarazènes,
1090 et poussé vers l’ouest en Espagne, où il se retrouva solidement attaché sous les murs d’un château. Mais Dieu lui-même le sauva,
Grâce à un amiral très généreux,
Qui en était le seigneur, et qui avait un intendant.
Thélous, qui était un homme méchant,
Un faux chevalier et un renégat,
Alla voir où le navire était arrivé, et là il aperçut
Cette dame, seule avec son enfant dans ses bras.
Il observa attentivement sa personne,
Vit qu’elle était noble,
1100 et pensa qu’il voudrait, pendant la nuit,
Lui prendre l’enfant de force,
Et la laisser là, seule.
Page 384
À cette heure-là, elle ne savait pas encore ce qui allait arriver.
Par la volonté des dieux, elle resta là,
sans savoir quel sort l’attendait ;
Et comme c’était la nuit,
ce chevalier, sans compagnie,
prit un bateau et se rendit à Schip,
et pensa à s’emparer d’elle par désir,
1110 et jura que, si elle lui causait du danger,
elle mourrait certainement.
Elle sentit qu’il n’y avait pas d’autre issue, P. i.
197
Et dit qu’il devait la rassurer bien,
afin qu’il regarde d’abord hors de la porte,
pour s’assurer qu’il n’y avait personne dans les environs
qui puisse savoir ce qu’ils faisaient,
puis il pourrait faire ce qu’il voulait.
Il fut très content qu’elle dise cela,
et aussitôt se rendit à la porte :
1120 Elle remercia Dieu, et il la protégea,
et bientôt il fut jeté dehors,
et il pleuvait, et un vent violent soufflait depuis la mer,
et ainsi le chien des dieux
la protégea et la défendit.
Et quand trois jours furent entièrement écoulés,
son bateau fut poussé vers le jour,
comme un petit navire
nommé Constancie,
où se trouvait une grande flotte au milieu de la mer,
tous ces navires ensemble : errants619 entre
1130 Et comme Dieu le voulut, vers neuf heures,
une flotte nombreuse
s’approcha de son bateau, une multitude
qui se dispersa, dont
Et pendant la nuit, il advint que621 Arcennus
fit couler le navire,622
le consul des Romains, le chef et
Celui qui était maître de toute la flotte, le capitaine même
le bateau y demeura ancré,
emportant avec lui jusqu’à Rome ; là
Le Seigneur apparut, et quand il vit un égal à sa femme
que l’autre navire amarré près d’elle, Hélène
restait là.
Par la volonté des dieux, elle resta là,
sans savoir quel sort l’attendait ;
Et comme c’était la nuit,
ce chevalier, sans compagnie,
prit un bateau et se rendit à Schip,
et pensa à s’emparer d’elle par désir,
1110 et jura que, si elle lui causait du danger,
elle mourrait certainement.
Elle sentit qu’il n’y avait pas d’autre issue, P. i.
197
Et dit qu’il devait la rassurer bien,
afin qu’il regarde d’abord hors de la porte,
pour s’assurer qu’il n’y avait personne dans les environs
qui puisse savoir ce qu’ils faisaient,
puis il pourrait faire ce qu’il voulait.
Il fut très content qu’elle dise cela,
et aussitôt se rendit à la porte :
1120 Elle remercia Dieu, et il la protégea,
et bientôt il fut jeté dehors,
et il pleuvait, et un vent violent soufflait depuis la mer,
et ainsi le chien des dieux
la protégea et la défendit.
Et quand trois jours furent entièrement écoulés,
son bateau fut poussé vers le jour,
comme un petit navire
nommé Constancie,
où se trouvait une grande flotte au milieu de la mer,
tous ces navires ensemble : errants619 entre
1130 Et comme Dieu le voulut, vers neuf heures,
une flotte nombreuse
s’approcha de son bateau, une multitude
qui se dispersa, dont
Et pendant la nuit, il advint que621 Arcennus
fit couler le navire,622
le consul des Romains, le chef et
Celui qui était maître de toute la flotte, le capitaine même
le bateau y demeura ancré,
emportant avec lui jusqu’à Rome ; là
Le Seigneur apparut, et quand il vit un égal à sa femme
que l’autre navire amarré près d’elle, Hélène
restait là.
Page 385
Il s’interrogeait sur ce que cela pouvait être, respectueusement, associé, ainsi que
1140 Et les méchants hommes pour entrer et voir. 623 et son fils
Cette femme, quant à elle, était écartée, Mauricius dans toute abondance, comme
Comme si elle voulait cacher elle-même, proprement
Car elle ne savait pas qui ils étaient : elle les éduqua. 620
Ils cherchèrent autour d’elle et la trouvèrent là
Et ils élevèrent son enfant et le sien ; P. i.
Alors ce seigneur, avec enthousiasme 198
Commença, depuis quand elle était arrivée,
Et ce qu’elle était. Elle dit : « Je suis
Une femme très malheureuse.
1150 J’avais un seigneur, et il fut si méchant,
Que je dus m’enfuir avec mon petit fils 624
Sur les flots, mais je ne sais pas pourquoi :
Mais Celui qui sait tout,
Je pense qu’Il, par Sa puissance,
A protégé mon enfant et moi,
Afin que nous soyons tous deux sauvés. »
Ce seigneur lui demanda encore 625
Comment elle croyait, et elle répondit :
1160 « J’aime et je crois dans la foi du Christ,
Qui est mort sur la croix. »
« Quel est ton nom ? » demanda-t-il.
« Mon nom est Couste », lui dit-elle :
Mais pour ne pas en dire davantage cette nuit-là,
Elle ne voulut rien lui révéler d’autre
Que son nom, qu’elle feignait ;
Elle refusa de dire quoi que ce soit d’autre,
Ne voulant prononcer un mot de plus. 626
1170 Ce seigneur lui demanda alors si elle voulait
Vivre avec lui, et il dit qu’il venait de Barbarie P. i.
199
Vers Rome, et il repartit chez lui.
Elle devinait ce qu’il pensait,
Et dit qu’elle voulait partir avec lui.
1140 Et les méchants hommes pour entrer et voir. 623 et son fils
Cette femme, quant à elle, était écartée, Mauricius dans toute abondance, comme
Comme si elle voulait cacher elle-même, proprement
Car elle ne savait pas qui ils étaient : elle les éduqua. 620
Ils cherchèrent autour d’elle et la trouvèrent là
Et ils élevèrent son enfant et le sien ; P. i.
Alors ce seigneur, avec enthousiasme 198
Commença, depuis quand elle était arrivée,
Et ce qu’elle était. Elle dit : « Je suis
Une femme très malheureuse.
1150 J’avais un seigneur, et il fut si méchant,
Que je dus m’enfuir avec mon petit fils 624
Sur les flots, mais je ne sais pas pourquoi :
Mais Celui qui sait tout,
Je pense qu’Il, par Sa puissance,
A protégé mon enfant et moi,
Afin que nous soyons tous deux sauvés. »
Ce seigneur lui demanda encore 625
Comment elle croyait, et elle répondit :
1160 « J’aime et je crois dans la foi du Christ,
Qui est mort sur la croix. »
« Quel est ton nom ? » demanda-t-il.
« Mon nom est Couste », lui dit-elle :
Mais pour ne pas en dire davantage cette nuit-là,
Elle ne voulut rien lui révéler d’autre
Que son nom, qu’elle feignait ;
Elle refusa de dire quoi que ce soit d’autre,
Ne voulant prononcer un mot de plus. 626
1170 Ce seigneur lui demanda alors si elle voulait
Vivre avec lui, et il dit qu’il venait de Barbarie P. i.
199
Vers Rome, et il repartit chez lui.
Elle devinait ce qu’il pensait,
Et dit qu’elle voulait partir avec lui.
Page 386
Et il engagea un duel pour leur vie,
Que cela soit selon son bon plaisir.
Ainsi, lors de cette rencontre,
Il leur raconta tout en détail,
1180 comment le sang noble
Avait été trahi en Barbarie,
Et alors il entreprit
De faire la guerre et de prendre vengeance,
Ainsi que nul membre de cette alliance,
Parmi ceux qui étaient concernés,
Ne put échapper au glaive ;
Mais à Constance, il advint
Qu’il ne sut rien de ce qui s’était passé,
Comme il l’a dit.
1190 Elle obéit à sa parole,
Mais ne fit plus aucun enfant.
Et naturellement, en cette affaire,
C’est ainsi que les choses se passèrent :
Ce seigneur, avec qui elle devait partir,
Était sénateur de Rome,
Et le frère de son père était empereur ;
Sa sœur devait épouser cet homme,
Qui avait également un père vivant,
Et on l’appelait Saluste ;
1200 Cette femme s’appelait Hélène aussi,
À qui Constance était cousine.
Ainsi, par une telle disposition,
Dieu, dans sa grâce, a ordonné
Que, sur-le-champ, au même endroit,
Ce sénateur prît cet engagement,
Pour toujours, tant qu’il vivrait,
De protéger cette jeune femme,
Afin que Dieu veuille préserver sa santé,
Cette fille que le destin lui avait envoyée.
1210 Et ainsi, le navire partit,
Et il emmena elle et son enfant à Rome.
Que cela soit selon son bon plaisir.
Ainsi, lors de cette rencontre,
Il leur raconta tout en détail,
1180 comment le sang noble
Avait été trahi en Barbarie,
Et alors il entreprit
De faire la guerre et de prendre vengeance,
Ainsi que nul membre de cette alliance,
Parmi ceux qui étaient concernés,
Ne put échapper au glaive ;
Mais à Constance, il advint
Qu’il ne sut rien de ce qui s’était passé,
Comme il l’a dit.
1190 Elle obéit à sa parole,
Mais ne fit plus aucun enfant.
Et naturellement, en cette affaire,
C’est ainsi que les choses se passèrent :
Ce seigneur, avec qui elle devait partir,
Était sénateur de Rome,
Et le frère de son père était empereur ;
Sa sœur devait épouser cet homme,
Qui avait également un père vivant,
Et on l’appelait Saluste ;
1200 Cette femme s’appelait Hélène aussi,
À qui Constance était cousine.
Ainsi, par une telle disposition,
Dieu, dans sa grâce, a ordonné
Que, sur-le-champ, au même endroit,
Ce sénateur prît cet engagement,
Pour toujours, tant qu’il vivrait,
De protéger cette jeune femme,
Afin que Dieu veuille préserver sa santé,
Cette fille que le destin lui avait envoyée.
1210 Et ainsi, le navire partit,
Et il emmena elle et son enfant à Rome.
Page 387
Et à sa femme, bien qu’il la pressât
De prendre une servante à son service :
Et elle, qui possédait toute la courtoisie
Qu’une bonne épouse devrait avoir,
Fut très heureuse d’avoir obtenu
La compagnie d’une personne si bonne.
Jusqu’à ce que douze ans s’écoulent,
Cette fille de l’empereur, Custe,
Avec la fille de Saluste,
Fut gardée ; mais personne ne savait vraiment
Qui elle était, et donc ils pensaient qu’elle avait été
Engagée en lieu et place de sa condition,
Car tout le monde aime bien les servantes.
Maintenant, écoutez comment ce tourbillon instable,
Qui ne cesse de tourner, agissait. Comment le roi Allee
Entama la paix avec
Le roi Allee, tandis qu’il était absent, contre les Scots en guerre ;
Comme vous l’avez déjà entendu, revenant sans être
Déçu par sa mère : il apprit de sa femme
La raison de son exil.
Mais lorsqu’il revint chez lui, plus attentivement,
Il interrogea ses serviteurs, ainsi que
L’évêque, et aussi sa mère, Domildam,
Là où ils avaient mis la reine, la jugeant coupable.
Ils répondirent qu’il aurait dû, s’il l’avait su, la mettre en
Prison, et il fit brûler cette lettre au feu.
Il les fit venir pour obtenir des garanties,
Et leur raconta tout en détail.
Et il dit qu’il lui semblait très triste
De voir une personne si digne,
Avec un enfant pareil,
Être ainsi perdue.
Il leur demanda quel était cet enfant ;
Ils lui dirent que jamais, dans le monde entier, même si l’on cherchait,
Aucune femme n’avait donné naissance
À un enfant plus beau que celui-là.
Puis il leur demanda aussitôt…
De prendre une servante à son service :
Et elle, qui possédait toute la courtoisie
Qu’une bonne épouse devrait avoir,
Fut très heureuse d’avoir obtenu
La compagnie d’une personne si bonne.
Jusqu’à ce que douze ans s’écoulent,
Cette fille de l’empereur, Custe,
Avec la fille de Saluste,
Fut gardée ; mais personne ne savait vraiment
Qui elle était, et donc ils pensaient qu’elle avait été
Engagée en lieu et place de sa condition,
Car tout le monde aime bien les servantes.
Maintenant, écoutez comment ce tourbillon instable,
Qui ne cesse de tourner, agissait. Comment le roi Allee
Entama la paix avec
Le roi Allee, tandis qu’il était absent, contre les Scots en guerre ;
Comme vous l’avez déjà entendu, revenant sans être
Déçu par sa mère : il apprit de sa femme
La raison de son exil.
Mais lorsqu’il revint chez lui, plus attentivement,
Il interrogea ses serviteurs, ainsi que
L’évêque, et aussi sa mère, Domildam,
Là où ils avaient mis la reine, la jugeant coupable.
Ils répondirent qu’il aurait dû, s’il l’avait su, la mettre en
Prison, et il fit brûler cette lettre au feu.
Il les fit venir pour obtenir des garanties,
Et leur raconta tout en détail.
Et il dit qu’il lui semblait très triste
De voir une personne si digne,
Avec un enfant pareil,
Être ainsi perdue.
Il leur demanda quel était cet enfant ;
Ils lui dirent que jamais, dans le monde entier, même si l’on cherchait,
Aucune femme n’avait donné naissance
À un enfant plus beau que celui-là.
Puis il leur demanda aussitôt…
Page 388
Voici ce qu’ils avaient écrit :
1250 Ils dirent ce qu’ils avaient fait.
Il dit : « Non. » Ils dirent : « Oui. »
La lettre montrait clairement
Que c’était eux qui l’avaient abandonnée pour toujours.
On comprenait bien cependant
Qu’il y avait trahison dans cette affaire :
Le messager, devant le roi,
Fut amené et confronté directement ;
Et celui qui n’avait rien supposé
Sauf le pire, commença à dire
1260 Qu’il marchait sur la route,
Mais seulement en apparence ;
Et la raison pour laquelle il agissait ainsi,
C’était parce que, en allant et venant,
À Knaresburgh, la veille au soir, P. i.
202
La mère du roi le fit combattre en duel.
Et quand le roi apprit cela,
Dans son cœur il sut aussitôt
La trahison commise par sa mère ;
Et il pensa qu’il ne voulait pas rester,
1270 Mais aussitôt, au même moment,
Il prit son cheval et son bâton.
De nombreux hommes le suivirent,
Vers Knaresburgh, et ils partirent ;
Comme le feu déchaîné par la foudre,
Avec une telle colère, comme le dit le livre,
Il saisit sa mère sans ménagement
Et lui dit en ces termes :
« Ô pire des créatures de l’enfer, par quel crime
As-tu mérité de mourir,
1280 En ayant si trompeusement, par trahison,
Éloigné de moi la plus fidèle
Des femmes et la plus honnête ?
Mais je vais réparer cela,
Je me vengerai avant de partir. »638
1250 Ils dirent ce qu’ils avaient fait.
Il dit : « Non. » Ils dirent : « Oui. »
La lettre montrait clairement
Que c’était eux qui l’avaient abandonnée pour toujours.
On comprenait bien cependant
Qu’il y avait trahison dans cette affaire :
Le messager, devant le roi,
Fut amené et confronté directement ;
Et celui qui n’avait rien supposé
Sauf le pire, commença à dire
1260 Qu’il marchait sur la route,
Mais seulement en apparence ;
Et la raison pour laquelle il agissait ainsi,
C’était parce que, en allant et venant,
À Knaresburgh, la veille au soir, P. i.
202
La mère du roi le fit combattre en duel.
Et quand le roi apprit cela,
Dans son cœur il sut aussitôt
La trahison commise par sa mère ;
Et il pensa qu’il ne voulait pas rester,
1270 Mais aussitôt, au même moment,
Il prit son cheval et son bâton.
De nombreux hommes le suivirent,
Vers Knaresburgh, et ils partirent ;
Comme le feu déchaîné par la foudre,
Avec une telle colère, comme le dit le livre,
Il saisit sa mère sans ménagement
Et lui dit en ces termes :
« Ô pire des créatures de l’enfer, par quel crime
As-tu mérité de mourir,
1280 En ayant si trompeusement, par trahison,
Éloigné de moi la plus fidèle
Des femmes et la plus honnête ?
Mais je vais réparer cela,
Je me vengerai avant de partir. »638
Page 389
Et qu’un prêtre le fasse donc,
Et que des hommes méchants soient chargés de l’exécuter :
Mais d’abord il lui fit avouer tous ses péchés,
Et le fit reconnaître tout entièrement coupable.
1290 Il lui fit écrire les lettres,
Point par point, telles qu’elles avaient été écrites.
Et bien qu’il fût destiné à mourir
Et brûlé devant les fils du roi :
Quant aux autres, comme on le voit en P. i. 203,
Ils observèrent comment l’affaire se déroulait,
Voyant que le jugement était juste,
Puisque son fils avait si bien servi ;
Car il le méritait bien,
À cause de la trahison de sa langue perfide,
1300 Qui, par ses paroles audacieuses après le chant,
Faisait pleurer Constance et tous les autres.
Mais lui, que nous appelons tous malheureux,
Ce roi affligé, était dans un tel état,
Qu’il ne serait jamais heureux,
Il dit qu’il devrait se remarier,
Jusqu’à ce qu’il sache ce qu’était devenue
Sa première épouse :
Ainsi, il mène sa jeune vie sans joie
Autant qu’il le peut.
1310 Jusqu’au jour où, ayant accompli ses devoirs,
Qualiter post lapsum xii.,
Il pensa vouloir être soulagé,
Rex Allee,
De toute souillure de l’âme, pour obtenir l’absolution
Qu’il avait demandée ; alors il dit qu’il partirait pour Rome
Avec sa femme,
Pour aller à Rome dans son pèlerinage, avec Constance,
Où le pape était Pelage, avec leur fils,
Pour obtenir son absolution. La Providence divine
Ibidem letus
Et sous cette condition, il trouva une solution.
Il fit d’Edwyn son lieutenant,
1320 Qui semblait être son héritier,
Afin qu’il gouvernât le royaume en son absence : ainsi agit la Providence.
Et que des hommes méchants soient chargés de l’exécuter :
Mais d’abord il lui fit avouer tous ses péchés,
Et le fit reconnaître tout entièrement coupable.
1290 Il lui fit écrire les lettres,
Point par point, telles qu’elles avaient été écrites.
Et bien qu’il fût destiné à mourir
Et brûlé devant les fils du roi :
Quant aux autres, comme on le voit en P. i. 203,
Ils observèrent comment l’affaire se déroulait,
Voyant que le jugement était juste,
Puisque son fils avait si bien servi ;
Car il le méritait bien,
À cause de la trahison de sa langue perfide,
1300 Qui, par ses paroles audacieuses après le chant,
Faisait pleurer Constance et tous les autres.
Mais lui, que nous appelons tous malheureux,
Ce roi affligé, était dans un tel état,
Qu’il ne serait jamais heureux,
Il dit qu’il devrait se remarier,
Jusqu’à ce qu’il sache ce qu’était devenue
Sa première épouse :
Ainsi, il mène sa jeune vie sans joie
Autant qu’il le peut.
1310 Jusqu’au jour où, ayant accompli ses devoirs,
Qualiter post lapsum xii.,
Il pensa vouloir être soulagé,
Rex Allee,
De toute souillure de l’âme, pour obtenir l’absolution
Qu’il avait demandée ; alors il dit qu’il partirait pour Rome
Avec sa femme,
Pour aller à Rome dans son pèlerinage, avec Constance,
Où le pape était Pelage, avec leur fils,
Pour obtenir son absolution. La Providence divine
Ibidem letus
Et sous cette condition, il trouva une solution.
Il fit d’Edwyn son lieutenant,
1320 Qui semblait être son héritier,
Afin qu’il gouvernât le royaume en son absence : ainsi agit la Providence.
Page 390
Tout commença bien.
Il prit son départ et s’en alla. P. i.
204
Elda, qui était avec lui là-bas,
Lorsqu’ils furent tous à Rome,
Fut envoyée en avant pour tout préparer ;
Et lui, son guide sur le chemin,
Pour l’aider à trouver un logement,
1330 demanda qui était le sénateur,
Afin de connaître son nom.
De Cappadoce, il dit qu’il s’appelait Arcenne
Et qu’il était un chevalier digne.
Elda se rendit alors droit vers lui
Et lui raconta les nouvelles concernant son seigneur,
Et promit que, pour son arrivée,
On lui trouverait un logement ;
Et il accepta avec grande générosité.
Lorsque tout fut prêt,
1340 le roi lui-même vint peu après.
Ce sénateur, lorsqu’il arriva,
Raconta à Couste et à sa femme chez eux
Comment un tel roi, Allee,
Avec une grande suite, était venu dans la ville,
Et Couste, en entendant cela,
Avec le cœur serré et le visage pâle,
S’effondra, étonné de ce qui se passait,
Il se releva, et quand il parla,
1350 il le fit d’un air pitoyable
Et feignit la souffrance due au siège ;
Mais c’était pour le roi Allee,
À cause de la joie qui envahissait son esprit,
P. i.
Que Dieu l’avait ramené ici. 205
Ce roi a parlé avec le pape
Et lui a raconté tout ce qui le tourmentait dans sa conscience ;
Puis, par respect pour son passé, il partit.
Il prit son départ et s’en alla. P. i.
204
Elda, qui était avec lui là-bas,
Lorsqu’ils furent tous à Rome,
Fut envoyée en avant pour tout préparer ;
Et lui, son guide sur le chemin,
Pour l’aider à trouver un logement,
1330 demanda qui était le sénateur,
Afin de connaître son nom.
De Cappadoce, il dit qu’il s’appelait Arcenne
Et qu’il était un chevalier digne.
Elda se rendit alors droit vers lui
Et lui raconta les nouvelles concernant son seigneur,
Et promit que, pour son arrivée,
On lui trouverait un logement ;
Et il accepta avec grande générosité.
Lorsque tout fut prêt,
1340 le roi lui-même vint peu après.
Ce sénateur, lorsqu’il arriva,
Raconta à Couste et à sa femme chez eux
Comment un tel roi, Allee,
Avec une grande suite, était venu dans la ville,
Et Couste, en entendant cela,
Avec le cœur serré et le visage pâle,
S’effondra, étonné de ce qui se passait,
Il se releva, et quand il parla,
1350 il le fit d’un air pitoyable
Et feignit la souffrance due au siège ;
Mais c’était pour le roi Allee,
À cause de la joie qui envahissait son esprit,
P. i.
Que Dieu l’avait ramené ici. 205
Ce roi a parlé avec le pape
Et lui a raconté tout ce qui le tourmentait dans sa conscience ;
Puis, par respect pour son passé, il partit.
Page 391
1360 Pour organiser une fête, il envoya donc un message au sénateur pour qu’il vienne le lendemain, ainsi que d’autres personnes, afin de s’asseoir avec lui à ce banquet. Cette histoire n’a pas encore été oubliée ; on l’a racontée au fils de Maurice, en lui disant qu’il devait, le lendemain, être présent, de toutes les manières possibles, devant le roi, afin que celui-ci puisse souvent le voir.
1370 Le matin, Maurice se tint debout devant le roi, là où celui-ci était assis. Le roi posa alors son regard sur lui, et en le regardant bien, il crut voir Constance dans ses yeux ; car la nature, par leur ressemblance physique, les fait paraître si semblables qu’on pourrait croire qu’ils font partie du même couple. Le roi fut ému en y pensant, sans savoir pourquoi. Il aimait beaucoup cet enfant, sans pour autant connaître la raison. Mais il vit clairement que l’enfant avait des traits ressemblant à ceux d’Arcenne ; il lui demanda aussitôt s’il était bien son fils. L’autre répondit : « Oui, c’est ainsi que je l’appelle ; j’aurais voulu que ce soit vrai, mais ce n’est pas le cas. »
1390 Alors il commença à réfléchir à la manière dont la mère de l’enfant, aimée de tous, avait pu fuir de chaque ville, à bord d’un navire ; et comment cette femme avait réussi à sauver son enfant. Le roi comprit alors ses intentions.
1370 Le matin, Maurice se tint debout devant le roi, là où celui-ci était assis. Le roi posa alors son regard sur lui, et en le regardant bien, il crut voir Constance dans ses yeux ; car la nature, par leur ressemblance physique, les fait paraître si semblables qu’on pourrait croire qu’ils font partie du même couple. Le roi fut ému en y pensant, sans savoir pourquoi. Il aimait beaucoup cet enfant, sans pour autant connaître la raison. Mais il vit clairement que l’enfant avait des traits ressemblant à ceux d’Arcenne ; il lui demanda aussitôt s’il était bien son fils. L’autre répondit : « Oui, c’est ainsi que je l’appelle ; j’aurais voulu que ce soit vrai, mais ce n’est pas le cas. »
1390 Alors il commença à réfléchir à la manière dont la mère de l’enfant, aimée de tous, avait pu fuir de chaque ville, à bord d’un navire ; et comment cette femme avait réussi à sauver son enfant. Le roi comprit alors ses intentions.
Page 392
On demanda le nom de l’enfant et aussi celui de sa mère, afin qu’il puisse leur dire ce qu’il savait.
« Ce garçon s’appelle Moris », dit-il, « sa mère s’appelle Couste ; quant au nom de cet enfant, je ne le connais pas. »
Mais Allee savait très bien de qui il s’agissait ; il sourit légèrement. En effet, en Saxe, Couste signifie Constance, selon la langue romaine.
Mais savoir précisément ce qui lui venait à l’esprit, comment son esprit courait après l’amour dont il brûlait, cela aurait été un miracle ici : car il n’était ni là-bas ni ici, mais complètement perdu en lui-même, au point de ne pas savoir quoi penser ou dire. Il aurait tant voulu que cela cesse.
C’est alors que son cœur commença à osciller entre oui et non, dans un équilibre si précaire qu’il perdit son sang-froid, jusqu’à ce qu’il puisse connaître la vérité. Mais dans sa mémoire, l’homme qui est en purgatoire ne désire pas davantage le ciel, car il ne souffre pas autant de ne pas savoir ce qui lui arrivera.
Lorsque les gens se furent éloignés et que chacun se leva, le roi examina toute la situation, et avec le sénateur, il parla longuement de cette affaire, afin de découvrir où se trouvait cette Couste, avec qui il devait se battre, comme il le disait. Le sénateur était fort satisfait.
« Ce garçon s’appelle Moris », dit-il, « sa mère s’appelle Couste ; quant au nom de cet enfant, je ne le connais pas. »
Mais Allee savait très bien de qui il s’agissait ; il sourit légèrement. En effet, en Saxe, Couste signifie Constance, selon la langue romaine.
Mais savoir précisément ce qui lui venait à l’esprit, comment son esprit courait après l’amour dont il brûlait, cela aurait été un miracle ici : car il n’était ni là-bas ni ici, mais complètement perdu en lui-même, au point de ne pas savoir quoi penser ou dire. Il aurait tant voulu que cela cesse.
C’est alors que son cœur commença à osciller entre oui et non, dans un équilibre si précaire qu’il perdit son sang-froid, jusqu’à ce qu’il puisse connaître la vérité. Mais dans sa mémoire, l’homme qui est en purgatoire ne désire pas davantage le ciel, car il ne souffre pas autant de ne pas savoir ce qui lui arrivera.
Lorsque les gens se furent éloignés et que chacun se leva, le roi examina toute la situation, et avec le sénateur, il parla longuement de cette affaire, afin de découvrir où se trouvait cette Couste, avec qui il devait se battre, comme il le disait. Le sénateur était fort satisfait.
Page 393
Cet événement n’est plus différé, 647
Pour voir ce que ce roi allait faire ;
Et on l’avait averti de cela,
Et avec Hélène il partit
Vers le roi, et celui-ci, bien accueilli,
Lorsqu’il vit sa femme,
1440 aussitôt de tout son cœur
Il la prit dans ses bras et dans son étreinte. 648
Jamais personne n’a vu un homme
Provoquer autant de joie,
Tous étaient ravis. P. i. 208
Ceux qui ont entendu parler de cet événement. 649
Ce roi, avec sa femme Constance,
Qui avait une grande part de son cœur, 650
Réside quelque temps tranquillement à Rome
Et s’y sent bien :
1450 Mais malgré cela, il ne parvint jamais à plaire
À sa femme, qui voulait qu’il reste
Loin d’elle, à cause de ce qu’elle endurait,
Ni de ce qu’elle était, et c’est pourquoi
Avec toute son intelligence il devint malade.
Ainsi, tandis qu’ils vivaient ensemble et parlaient,
Elle le consolait et lui donnait des conseils,
Pour leur bien à tous deux, 651
Comme elle le jugeait honnête, 652
1460 Il voulait organiser une fête honorable
Avant de partir, dans la ville,
Où serait présent l’empereur lui-même :
Il accepta tout ce qu’elle lui proposait.
Mais comme disaient les gens de l’époque,
Cet empereur, depuis le jour où sa fille partit,
Ne fut plus jamais heureux ;
Même si quelqu’un lui demandait 654
De la grâce pour sa fille,
Pour voir ce que ce roi allait faire ;
Et on l’avait averti de cela,
Et avec Hélène il partit
Vers le roi, et celui-ci, bien accueilli,
Lorsqu’il vit sa femme,
1440 aussitôt de tout son cœur
Il la prit dans ses bras et dans son étreinte. 648
Jamais personne n’a vu un homme
Provoquer autant de joie,
Tous étaient ravis. P. i. 208
Ceux qui ont entendu parler de cet événement. 649
Ce roi, avec sa femme Constance,
Qui avait une grande part de son cœur, 650
Réside quelque temps tranquillement à Rome
Et s’y sent bien :
1450 Mais malgré cela, il ne parvint jamais à plaire
À sa femme, qui voulait qu’il reste
Loin d’elle, à cause de ce qu’elle endurait,
Ni de ce qu’elle était, et c’est pourquoi
Avec toute son intelligence il devint malade.
Ainsi, tandis qu’ils vivaient ensemble et parlaient,
Elle le consolait et lui donnait des conseils,
Pour leur bien à tous deux, 651
Comme elle le jugeait honnête, 652
1460 Il voulait organiser une fête honorable
Avant de partir, dans la ville,
Où serait présent l’empereur lui-même :
Il accepta tout ce qu’elle lui proposait.
Mais comme disaient les gens de l’époque,
Cet empereur, depuis le jour où sa fille partit,
Ne fut plus jamais heureux ;
Même si quelqu’un lui demandait 654
De la grâce pour sa fille,
Page 394
1470 Cette grâce, il ne voulait point l’abandonner ;
Et ainsi il fit une très grande aumône,
Pour laquelle elle lui adressa de nombreuses prières.655
Cet empereur, hors de la ville,
Dans un rayon de dix miles autour, P. i.
209
Là où il jugeait cela le mieux,
Possédait divers endroits pour se reposer ; Comme
Constance, qui
Et comme le destin le voulait, tout au long
De son exil, il était en lutte contre l’un ou l’autre. penes omnes
Le roi Allee sortit avec consentement656, restant inconnu,
1480 Sa femme Couste l’avait fait cacher ailleurs ; alors seulement
Moris, son fils, alors qu’il était encore jeune, se montra à son père, l’empereur,
Lui-même par tous les moyens
Il se présenta à l’empereur, qui partit aussitôt : quod
Et son père, à moitié convaincu,657 lorsque le roi Allee
Apprit cela, avec
Comme celui qui cherchait sa souveraineté,658 universellement
Que, par sa haute dignité parmi les Romains,
Il voulait faire une si grande générosité, avec une multitude
D’une joie inestimable,
Toutes les villes vinrent pour le voir, admiratives,
Et passèrent un moment dans la cité, louant le tout-puissant.
Ainsi son père put lui obtenir
1490 Qu’il veuille passer l’hiver avec lui.
Ce seigneur accéda à sa demande ;
Et quand arriva le jour de la fête,
En l’honneur de cet empereur,
Le roi et aussi le sénateur
Sortirent tous deux avec leurs épouses,659
Avec de nombreux seigneurs et dames,
À cheval, pour aller à sa rencontre ;
Jusqu’à ce qu’ils le voient arriver sur une plaine.
1500 Aussitôt, Constance, avec empressement,
Parla à son seigneur pour qu’il attende,
Afin qu’elle puisse partir en avant,
Être la première à le saluer à son arrivée ; P. i.
210
Et ainsi, après l’accord de ses seigneurs…
Et ainsi il fit une très grande aumône,
Pour laquelle elle lui adressa de nombreuses prières.655
Cet empereur, hors de la ville,
Dans un rayon de dix miles autour, P. i.
209
Là où il jugeait cela le mieux,
Possédait divers endroits pour se reposer ; Comme
Constance, qui
Et comme le destin le voulait, tout au long
De son exil, il était en lutte contre l’un ou l’autre. penes omnes
Le roi Allee sortit avec consentement656, restant inconnu,
1480 Sa femme Couste l’avait fait cacher ailleurs ; alors seulement
Moris, son fils, alors qu’il était encore jeune, se montra à son père, l’empereur,
Lui-même par tous les moyens
Il se présenta à l’empereur, qui partit aussitôt : quod
Et son père, à moitié convaincu,657 lorsque le roi Allee
Apprit cela, avec
Comme celui qui cherchait sa souveraineté,658 universellement
Que, par sa haute dignité parmi les Romains,
Il voulait faire une si grande générosité, avec une multitude
D’une joie inestimable,
Toutes les villes vinrent pour le voir, admiratives,
Et passèrent un moment dans la cité, louant le tout-puissant.
Ainsi son père put lui obtenir
1490 Qu’il veuille passer l’hiver avec lui.
Ce seigneur accéda à sa demande ;
Et quand arriva le jour de la fête,
En l’honneur de cet empereur,
Le roi et aussi le sénateur
Sortirent tous deux avec leurs épouses,659
Avec de nombreux seigneurs et dames,
À cheval, pour aller à sa rencontre ;
Jusqu’à ce qu’ils le voient arriver sur une plaine.
1500 Aussitôt, Constance, avec empressement,
Parla à son seigneur pour qu’il attende,
Afin qu’elle puisse partir en avant,
Être la première à le saluer à son arrivée ; P. i.
210
Et ainsi, après l’accord de ses seigneurs…
Page 395
Sur une mule qui avançait lentement,
Cette reine partit avec quelques serviteurs.
Ils se demandaient où elle voulait aller,
Et la suivirent à un pas doux ;
1510 Mais quand cette jeune femme arriva auprès de l’empereur, en sa présence,
Elle parla librement en audience :
« Mon seigneur, mon père, que vous soyez en bonne santé !
Et en ce moment où je vois
Votre honneur et votre bien-être,
Qui est le secours à ma détresse,
Je rends grâce aux dieux puissants. »
De joie, son cœur fut ému
Par ce qu’elle disait pour lui rappeler ;
1520 Et quand il sut que c’était Constance,
Aucun père n’a jamais été aussi heureux.
En pleurant, il lui demanda de s’asseoir,
Son cœur était complètement submergé ;
Car même si sa mère était revenue
De la mort pour vivre hors du tombeau,
Il n’aurait pas été plus étonné
Que lorsqu’il la vit ainsi.
Avec cette demande, sans autre seigneur, elle vint
Et obéit à l’empereur ;
1530 Mais quand le destin changea,
Quand on apprit comment Constance était arrivée,
Son cœur devint si dur
Qu’il ne pleura même pas de pitié.
Arcennus, qui l’aimait et la protégeait,
Fut alors ravi de ce qui s’était passé,
Ainsi, dans la joie, tous ensemble,
Ils entrèrent par la porte de Rome.
Cet empereur ne comprit tout cela que trop tard,
Jusqu’à ce que le pape arrive,
1540 Et que certains seigneurs soient envoyés
Pour le prier de se hâter :
Alors il sortit en toute hâte.
Cette reine partit avec quelques serviteurs.
Ils se demandaient où elle voulait aller,
Et la suivirent à un pas doux ;
1510 Mais quand cette jeune femme arriva auprès de l’empereur, en sa présence,
Elle parla librement en audience :
« Mon seigneur, mon père, que vous soyez en bonne santé !
Et en ce moment où je vois
Votre honneur et votre bien-être,
Qui est le secours à ma détresse,
Je rends grâce aux dieux puissants. »
De joie, son cœur fut ému
Par ce qu’elle disait pour lui rappeler ;
1520 Et quand il sut que c’était Constance,
Aucun père n’a jamais été aussi heureux.
En pleurant, il lui demanda de s’asseoir,
Son cœur était complètement submergé ;
Car même si sa mère était revenue
De la mort pour vivre hors du tombeau,
Il n’aurait pas été plus étonné
Que lorsqu’il la vit ainsi.
Avec cette demande, sans autre seigneur, elle vint
Et obéit à l’empereur ;
1530 Mais quand le destin changea,
Quand on apprit comment Constance était arrivée,
Son cœur devint si dur
Qu’il ne pleura même pas de pitié.
Arcennus, qui l’aimait et la protégeait,
Fut alors ravi de ce qui s’était passé,
Ainsi, dans la joie, tous ensemble,
Ils entrèrent par la porte de Rome.
Cet empereur ne comprit tout cela que trop tard,
Jusqu’à ce que le pape arrive,
1540 Et que certains seigneurs soient envoyés
Pour le prier de se hâter :
Alors il sortit en toute hâte.
Page 396
Et quand il entendit l’histoire,
Comme cette chance était étonnante,
Il pensa au dieu de ce miracle,
À qui rien ne pouvait faire obstacle :
Le roi organisa pour eux une noble fête,
Et ainsi ils furent tous joyeux.
Lors d’une assemblée qu’ils tenirent,
Ils convinrent de cette décision :
Faire en sorte que Rome ait pleine confiance
Que Maurice était l’héritier légitime
Et devait rester auprès d’eux en paix,
Car telle était la volonté de tous les peuples.
Quand tout fut entièrement discuté,
La tristesse et le chagrin régnaient partout ;
Comment Maurice, avec l’Empereur,
Prit congé du roi, héritier de l’Empire,
Et, emportant avec lui de nombreuses richesses, resta là, tandis que le roi
Qui lui avait donné cet honneur, partit avec
Constance.
Il mena alors une vie heureuse ;
Il retourna en Angleterre,
Car Constance était à ses côtés.
Cela fut un réconfort pour son peuple.
Car lorsqu’il revint chez lui,
Il n’y avait pas de mots pour exprimer
La joie qu’il ressentit en retrouvant sa reine,
Qui avait été envoyée par le fils de Dieu,
Lorsqu’elle fut jetée sur les flots ;
Grâce à elle, l’incrédulité du péché
Disparaît, et la foi en Christ vient
Aux anciens aveugles.
Mais celui qui s’oppose à tout genre
De bienfait et qui ne peut être acheté par de l’or,
Comment le roi, après deux ans,
Face à la mort qui approchait,
Prit-il congé de l’Angleterre ?
Avec ce roi, il eut une telle résolution,
Une telle volonté de renoncer au monde,
Qu’il, malgré toute sa force, obéit à la nature
Et paya sa dette, sans pouvoir défendre sa vie ;
Après sa mort,
Il quitta donc sa femme, Constance,
Avec son père, pour se rendre à Rome,
Ce qui provoqua alors beaucoup de tristesse.
Comme cette chance était étonnante,
Il pensa au dieu de ce miracle,
À qui rien ne pouvait faire obstacle :
Le roi organisa pour eux une noble fête,
Et ainsi ils furent tous joyeux.
Lors d’une assemblée qu’ils tenirent,
Ils convinrent de cette décision :
Faire en sorte que Rome ait pleine confiance
Que Maurice était l’héritier légitime
Et devait rester auprès d’eux en paix,
Car telle était la volonté de tous les peuples.
Quand tout fut entièrement discuté,
La tristesse et le chagrin régnaient partout ;
Comment Maurice, avec l’Empereur,
Prit congé du roi, héritier de l’Empire,
Et, emportant avec lui de nombreuses richesses, resta là, tandis que le roi
Qui lui avait donné cet honneur, partit avec
Constance.
Il mena alors une vie heureuse ;
Il retourna en Angleterre,
Car Constance était à ses côtés.
Cela fut un réconfort pour son peuple.
Car lorsqu’il revint chez lui,
Il n’y avait pas de mots pour exprimer
La joie qu’il ressentit en retrouvant sa reine,
Qui avait été envoyée par le fils de Dieu,
Lorsqu’elle fut jetée sur les flots ;
Grâce à elle, l’incrédulité du péché
Disparaît, et la foi en Christ vient
Aux anciens aveugles.
Mais celui qui s’oppose à tout genre
De bienfait et qui ne peut être acheté par de l’or,
Comment le roi, après deux ans,
Face à la mort qui approchait,
Prit-il congé de l’Angleterre ?
Avec ce roi, il eut une telle résolution,
Une telle volonté de renoncer au monde,
Qu’il, malgré toute sa force, obéit à la nature
Et paya sa dette, sans pouvoir défendre sa vie ;
Après sa mort,
Il quitta donc sa femme, Constance,
Avec son père, pour se rendre à Rome,
Ce qui provoqua alors beaucoup de tristesse.
Page 397
1580 Et alors elle loua un navire pour prolonger son séjour.
Pour vivre en Angleterre à jamais,
Et partir là où le destin l’appelait,
À Rome, lorsque ce navire arriva :
Ainsi, de toutes les terres, elle prit congé
Et partit pour Rome.
Après cela, selon les écrits,
Elle n’y resta pas longtemps,
Quand la malédiction des siens renversa
Son père digne, que l’on appelait « De morte Imperatoris ».
Il mourut entre ses bras.
Ensuite, la colère divine mit fin à sa vie, « De morte Constantiae ».
Et du monde des vivants,
Elle fut emmenée dans l’autre monde.
P. i.
Le fils de Maurice fut couronné,
Qui, dès lors, abandonna toute ambition
Pour la foi du Christ, si bien qu’on l’appela Maurice, le plus chrétien de tous. Dans les Chroniques, on le nomme Maurice.
Ainsi, l’esprit bienveillant de l’amour
Éleva cet empereur au sommet ; le plus chrétien de tous.
Comme tu l’as entendu précédemment, il reçut ce nom.
Les langues mensongères n’existaient pas,
Celles qui cherchent à tromper par amour.
Car, face à cette jalousie
Qui aspire à nuire aux autres,
Ne commets pas non plus de méfaits
En entravant autrui :
Et si tu veux être juste,
Sache quel mal causent les calomnies.
1610 Voici maintenant une histoire
Qui correspond à ce vice.
Pour vivre en Angleterre à jamais,
Et partir là où le destin l’appelait,
À Rome, lorsque ce navire arriva :
Ainsi, de toutes les terres, elle prit congé
Et partit pour Rome.
Après cela, selon les écrits,
Elle n’y resta pas longtemps,
Quand la malédiction des siens renversa
Son père digne, que l’on appelait « De morte Imperatoris ».
Il mourut entre ses bras.
Ensuite, la colère divine mit fin à sa vie, « De morte Constantiae ».
Et du monde des vivants,
Elle fut emmenée dans l’autre monde.
P. i.
Le fils de Maurice fut couronné,
Qui, dès lors, abandonna toute ambition
Pour la foi du Christ, si bien qu’on l’appela Maurice, le plus chrétien de tous. Dans les Chroniques, on le nomme Maurice.
Ainsi, l’esprit bienveillant de l’amour
Éleva cet empereur au sommet ; le plus chrétien de tous.
Comme tu l’as entendu précédemment, il reçut ce nom.
Les langues mensongères n’existaient pas,
Celles qui cherchent à tromper par amour.
Car, face à cette jalousie
Qui aspire à nuire aux autres,
Ne commets pas non plus de méfaits
En entravant autrui :
Et si tu veux être juste,
Sache quel mal causent les calomnies.
1610 Voici maintenant une histoire
Qui correspond à ce vice.
Page 398
Dans une Chronique, comme tu le sauras, [Démétrios et Persée.]
Je trouve un grand exemple écrit,
le Confesseur le rapporte ici,
que je raconterai à ce sujet : un exemple contre
Philippe, roi de Macédoine, ces calomniateurs.
Sa femme eut deux fils, qui, pour dénigrer l’autre,
dont la renommée est encore aujourd’hui détruite en Grèce par des mensonges,
Démétrios, le frère aîné, inventa ces calomnies,
et Persée, l’autre, les propagea.
Et il raconte comment Démétrios dit que Persée,
meilleur chevalier, fils du roi Philippe de Macédoine,
à qui revenait légitimement le royaume,
car il semblait être l’héritier en raison de sa probité,
envieux de son frère, ourdit cette calomnie ;
mais rien au monde ne peut éteindre ce mensonge,
il brûle même auprès de leur père, et il l’accusa mortellement,
disant que cela brûlait dans le cœur de son frère, car lui-même…
L’orgueilleuse jalousie de celui-ci le poussa à ne considérer que son père
et toute la Macédoine ;
son frère devait monter sur son trône, le livrer aux Romains,
et il ne lui devait aucune obéissance : il l’a trahisonnellement vendu à des ennemis ;
il n’y a pas de raison qu’il supporte cela.
Il n’osa rien avancer de solide ; il fit appel à des juges,
produisant des témoins ; mais les juges étant soudoyés en or,
bien que les choses se soient passées ainsi, il condamna à mort son père,
qui avait causé de grands troubles ; après sa mort,
il entra en guerre avec Rome, et son père aussi ;
peu de temps après, par la force de ses hommes, il mourut,
comme celui qui n’a aucune valeur.
Ainsi, Persée lui succéda,
et souvent il le fit beaucoup souffrir,
pendant que Dieu régnait ;
mais les troubles continuèrent, de cette manière,
comme il était prévu par la calomnie ;
haïssant la jalousie chez les Grecs, il arriva par hasard
que Démétrios, qui riait souvent parmi sa multitude de guerriers,
fût alors debout au bord du fleuve Danube ;
ainsi, pendant son absence, ce Persée, à Émilien…
Je trouve un grand exemple écrit,
le Confesseur le rapporte ici,
que je raconterai à ce sujet : un exemple contre
Philippe, roi de Macédoine, ces calomniateurs.
Sa femme eut deux fils, qui, pour dénigrer l’autre,
dont la renommée est encore aujourd’hui détruite en Grèce par des mensonges,
Démétrios, le frère aîné, inventa ces calomnies,
et Persée, l’autre, les propagea.
Et il raconte comment Démétrios dit que Persée,
meilleur chevalier, fils du roi Philippe de Macédoine,
à qui revenait légitimement le royaume,
car il semblait être l’héritier en raison de sa probité,
envieux de son frère, ourdit cette calomnie ;
mais rien au monde ne peut éteindre ce mensonge,
il brûle même auprès de leur père, et il l’accusa mortellement,
disant que cela brûlait dans le cœur de son frère, car lui-même…
L’orgueilleuse jalousie de celui-ci le poussa à ne considérer que son père
et toute la Macédoine ;
son frère devait monter sur son trône, le livrer aux Romains,
et il ne lui devait aucune obéissance : il l’a trahisonnellement vendu à des ennemis ;
il n’y a pas de raison qu’il supporte cela.
Il n’osa rien avancer de solide ; il fit appel à des juges,
produisant des témoins ; mais les juges étant soudoyés en or,
bien que les choses se soient passées ainsi, il condamna à mort son père,
qui avait causé de grands troubles ; après sa mort,
il entra en guerre avec Rome, et son père aussi ;
peu de temps après, par la force de ses hommes, il mourut,
comme celui qui n’a aucune valeur.
Ainsi, Persée lui succéda,
et souvent il le fit beaucoup souffrir,
pendant que Dieu régnait ;
mais les troubles continuèrent, de cette manière,
comme il était prévu par la calomnie ;
haïssant la jalousie chez les Grecs, il arriva par hasard
que Démétrios, qui riait souvent parmi sa multitude de guerriers,
fût alors debout au bord du fleuve Danube ;
ainsi, pendant son absence, ce Persée, à Émilien…
Page 399
Quel barreau de peste, des Romains,
Consul par hasard,
Avec de faux mots qu’il feint de dire en temps de guerre,
Il accuse son propre frère de malheur. Ainsi donc,
En secret, derrière son dos, à partir de ce jour-là,
Le pouvoir de Macédoine…
Et à son père il dit ceci : « Tout est complètement détruit. »
« Mon père, je suis lié à l’Empire romain ;
Nous sommes de la même famille, comme il se doit, soumis…
J’ai abandonné tout cela, et rien ne pourra me faire revenir en arrière.
Il avait comploté contre moi, pour se venger de vous.
C’est pourquoi ma loyauté envers vous reste intacte, pour toujours. »
Car il est bon que vous gardiez à l’esprit ce qui m’a été dit.
Mon frère vous a tous vendus aux Romains, et vous aussi ;
C’est pourquoi ils le traitent ainsi, afin qu’il règne avec eux.
Ainsi, il a décidé que vous deviez partir cette nuit même ;
Et pour prouver cela, on apportera des preuves.
Je pense donc que cela ne pourra pas être ignoré.
Le roi, en entendant cela, répondit :
Si ce qu’il dit est vrai, et si cela peut être prouvé,
Ce ne sera pas dans son intérêt, car c’est lui-même qui sera le premier à être tué, si je le peux.
Plus tard, un jour, lorsque Démétrios arriva,
Son père le convoqua immédiatement, et ordonna à son frère Persée de raconter à nouveau son histoire, celle de cette trahison.
Lui, qui ne voulait croire à rien…
Consul par hasard,
Avec de faux mots qu’il feint de dire en temps de guerre,
Il accuse son propre frère de malheur. Ainsi donc,
En secret, derrière son dos, à partir de ce jour-là,
Le pouvoir de Macédoine…
Et à son père il dit ceci : « Tout est complètement détruit. »
« Mon père, je suis lié à l’Empire romain ;
Nous sommes de la même famille, comme il se doit, soumis…
J’ai abandonné tout cela, et rien ne pourra me faire revenir en arrière.
Il avait comploté contre moi, pour se venger de vous.
C’est pourquoi ma loyauté envers vous reste intacte, pour toujours. »
Car il est bon que vous gardiez à l’esprit ce qui m’a été dit.
Mon frère vous a tous vendus aux Romains, et vous aussi ;
C’est pourquoi ils le traitent ainsi, afin qu’il règne avec eux.
Ainsi, il a décidé que vous deviez partir cette nuit même ;
Et pour prouver cela, on apportera des preuves.
Je pense donc que cela ne pourra pas être ignoré.
Le roi, en entendant cela, répondit :
Si ce qu’il dit est vrai, et si cela peut être prouvé,
Ce ne sera pas dans son intérêt, car c’est lui-même qui sera le premier à être tué, si je le peux.
Plus tard, un jour, lorsque Démétrios arriva,
Son père le convoqua immédiatement, et ordonna à son frère Persée de raconter à nouveau son histoire, celle de cette trahison.
Lui, qui ne voulait croire à rien…
Page 400
Il conseille que, dans un tel cas, on traite la chose le plus rapidement possible, p. i. 216, en un lieu public de jugement. Le roi y donna son accord ; Démosthène fut enfermé, et c’est là que Persée eut le courage d’agir. Ainsi, la vérité resta sous contrôle, tandis que le mensonge circulait librement. Grâce à cela, il parvint à vaincre certains des plus grands seigneurs, qui, par privilège, agissaient en témoins officiels. Le juge était délibérément partial ; ainsi, la loi devenait trompeuse. La vérité ne pouvait être sauvée, et ainsi le peuple, avec le roi, fut trompé. Les coupables furent condamnés sur base d’accusations ; mais un tel complot, même s’il restait secret, Dieu ne voulait pas qu’il reste inconnu ; et cela fut par la suite bien prouvé chez celui qui contesta la mort. Quant au fait que son frère ait été tué de cette manière, Persée en fut très affligé, car il espérait hériter du trône. Il devint si orgueilleux et arrogant qu’il traita son père avec mépris, p. i. 217, comme s’il pouvait le surpasser. Alors qu’auparavant il était généreux, il devint rebelle et opposé ; il ne fut ni héritier ni roi, mais il prit sur lui toute la malice et la tyrannie.
Page 401
Par mépris pour les droits royaux,
il vit son père, et commit ainsi des actes tels
que, lorsque son père le gronda
et lui montra de quel côté il devait se tourner,
il comprit aussitôt comment Persée, à cause de sa langue perfide,
avait causé tant de malheurs,
au point d’avoir tué son propre frère.
1730 Ne sachant alors à qui en vouloir d’autre,
il accusa le juge,
qui était corrompu et siégeait sur le trône ;
ce dernier le pressa tellement
qu’il avoua tout ce qui avait été dit et fait.
Le roi fut plus affligé que jamais,
car jamais homme sur cette terre
n’avait connu une telle douleur,
et il était convaincu qu’il vengerait cette injustice.
1740 Mais l’autre camp était si puissant
que, selon les lois de nul État,
aucune justice ne pouvait être rendue ;
et à cause de cette division,
la ville fut complètement détruite.
Son cœur en fut si bouleversé
qu’à cause de sa profonde tristesse,
il contracta la maladie dont la nature
est commune à toute créature.
Et lorsque ce roi mourut ainsi,
1750 ce Persée à la langue perfide
prit le pouvoir.
Mais rien ne peut durer longtemps
qui ne soit fondé sur la vérité ;
car Dieu, qui a tout ordonné
et a percé à jour ses tromperies,
l’a laissé régner un court moment
sur un royaume détruit ;
car dès qu’il apparut…
il vit son père, et commit ainsi des actes tels
que, lorsque son père le gronda
et lui montra de quel côté il devait se tourner,
il comprit aussitôt comment Persée, à cause de sa langue perfide,
avait causé tant de malheurs,
au point d’avoir tué son propre frère.
1730 Ne sachant alors à qui en vouloir d’autre,
il accusa le juge,
qui était corrompu et siégeait sur le trône ;
ce dernier le pressa tellement
qu’il avoua tout ce qui avait été dit et fait.
Le roi fut plus affligé que jamais,
car jamais homme sur cette terre
n’avait connu une telle douleur,
et il était convaincu qu’il vengerait cette injustice.
1740 Mais l’autre camp était si puissant
que, selon les lois de nul État,
aucune justice ne pouvait être rendue ;
et à cause de cette division,
la ville fut complètement détruite.
Son cœur en fut si bouleversé
qu’à cause de sa profonde tristesse,
il contracta la maladie dont la nature
est commune à toute créature.
Et lorsque ce roi mourut ainsi,
1750 ce Persée à la langue perfide
prit le pouvoir.
Mais rien ne peut durer longtemps
qui ne soit fondé sur la vérité ;
car Dieu, qui a tout ordonné
et a percé à jour ses tromperies,
l’a laissé régner un court moment
sur un royaume détruit ;
car dès qu’il apparut…
Page 402
Ainsi tomba-t-il de cette manière.
En l’an 1760, il arriva ce qui suit :
Ce nouveau roi, plein de nouvelle fierté,
Le poussa avec force à partir,
Et dit qu’il voulait détruire Rome ;
Il se hâta donc beaucoup,
Et rassembla une armée
Avec tout ce qu’il put trouver :
Tout homme capable de porter les armes,
Il ne voulut en laisser aucun de côté ;
Au point que l’on ne pouvait même pas en compter le nombre.
Les gens qui furent alors assiégés
Par lui, Dieu voulut les renverser.
Bientôt, à Rome, on apprit
La puissance que ce Perse possédait ;
Et les Romains avaient à ce moment-là un consul,
Nommé Paul Émilien,
Un homme noble et très valeureux ;
Et lui, qui était le chef de tous,
Prit sur lui cette tâche difficile.
Lorsqu’il devait prendre congé
D’une jeune fille qui lui appartenait,
Elle pleura, et il demanda la raison ;
Elle lui répondit que Perse était mort ;
Il l’entendit et se demanda ce qu’elle voulait dire ;
Alors elle lui expliqua, en termes simples,
Que Perse, son petit chien, était mort.
Sur-le-champ, il releva la tête
Et prit un air joyeux,
Disant que c’était un présage
Relatif à l’autre Perse,
Que le destin lui serait contraire ;
Il ajouta que, pour un tel présage,
Un chien lui convenait mieux que tout autre.
En l’an 1760, il arriva ce qui suit :
Ce nouveau roi, plein de nouvelle fierté,
Le poussa avec force à partir,
Et dit qu’il voulait détruire Rome ;
Il se hâta donc beaucoup,
Et rassembla une armée
Avec tout ce qu’il put trouver :
Tout homme capable de porter les armes,
Il ne voulut en laisser aucun de côté ;
Au point que l’on ne pouvait même pas en compter le nombre.
Les gens qui furent alors assiégés
Par lui, Dieu voulut les renverser.
Bientôt, à Rome, on apprit
La puissance que ce Perse possédait ;
Et les Romains avaient à ce moment-là un consul,
Nommé Paul Émilien,
Un homme noble et très valeureux ;
Et lui, qui était le chef de tous,
Prit sur lui cette tâche difficile.
Lorsqu’il devait prendre congé
D’une jeune fille qui lui appartenait,
Elle pleura, et il demanda la raison ;
Elle lui répondit que Perse était mort ;
Il l’entendit et se demanda ce qu’elle voulait dire ;
Alors elle lui expliqua, en termes simples,
Que Perse, son petit chien, était mort.
Sur-le-champ, il releva la tête
Et prit un air joyeux,
Disant que c’était un présage
Relatif à l’autre Perse,
Que le destin lui serait contraire ;
Il ajouta que, pour un tel présage,
Un chien lui convenait mieux que tout autre.
Page 403
Car c’est une race de chiens
Qui attaquent un homme par-derrière ;
De même, il est resté derrière son frère
Avec des paroles fausses qu’il prononçait ;
Il a ainsi tué, et c’est méprisable.
1800 Mais celui qui hait toute trahison,
Le dieu suprême, le réparera ;
Car ma fille prophétesse
Avec ses petits chiens le détruit686.
P. i.
Elle l’a prédit. » Ainsi, rassuré par cette preuve,
Il s’appuie sur les Romains pour sa défense
Contre les Grecs qui étaient venus.
Ce Persée, ne voyant pas encore
Le malheur qui allait lui arriver689,
1810 Avec toute sa troupe, il était fier
De ce qu’il était devenu roi
Et de la manière dont il avait obtenu son royaume ;
Mais il a perdu tout droit
Qui convient à un souverain.
Par ordre des dieux,
Il arriva, pendant la saison froide,
Qu’il dût traverser avec son armée
Le Danube, ce fleuve,
1820 Qui était alors si gelé
Que cela rendait difficile le passage ; mais la roue aveugle,
Qui souvent entraîne les hommes dans la guerre,
C’est celle que les cavaliers ont affrontée
À Tobrak, si bien qu’une grande partie
De la chevalerie fut anéantie ;
Les survivants furent terrifiés,
Aucun d’eux ne put atteindre la terre ferme.
Paulus, le vaillant chevalier romain691,
1830 Gardait son étendard près de lui.
Qui attaquent un homme par-derrière ;
De même, il est resté derrière son frère
Avec des paroles fausses qu’il prononçait ;
Il a ainsi tué, et c’est méprisable.
1800 Mais celui qui hait toute trahison,
Le dieu suprême, le réparera ;
Car ma fille prophétesse
Avec ses petits chiens le détruit686.
P. i.
Elle l’a prédit. » Ainsi, rassuré par cette preuve,
Il s’appuie sur les Romains pour sa défense
Contre les Grecs qui étaient venus.
Ce Persée, ne voyant pas encore
Le malheur qui allait lui arriver689,
1810 Avec toute sa troupe, il était fier
De ce qu’il était devenu roi
Et de la manière dont il avait obtenu son royaume ;
Mais il a perdu tout droit
Qui convient à un souverain.
Par ordre des dieux,
Il arriva, pendant la saison froide,
Qu’il dût traverser avec son armée
Le Danube, ce fleuve,
1820 Qui était alors si gelé
Que cela rendait difficile le passage ; mais la roue aveugle,
Qui souvent entraîne les hommes dans la guerre,
C’est celle que les cavaliers ont affrontée
À Tobrak, si bien qu’une grande partie
De la chevalerie fut anéantie ;
Les survivants furent terrifiés,
Aucun d’eux ne put atteindre la terre ferme.
Paulus, le vaillant chevalier romain691,
1830 Gardait son étendard près de lui.
Page 404
Et il le presse autant qu’il peut,
Afin que, ce jour-là,
Il vienne là où il vit cette armée,
Et c’était dans une grande plaine, P. i.
221
Où les bannières étaient déployées.
Il rassemble aussitôt ses hommes,
Et, une fois en ordre de bataille,
Il attaque la plaine,
Et peu à peu il prend tout ce qu’il désire ;
1840 Dont la ville macédonienne,
Qui avait été honorée par le roi Alexandre,
Resta longtemps debout, mais fut finalement détruite.
La Perse et tout ce qui lui appartenait subirent ce malheur,
Si bien que tous les habitants de cette ville furent exilés ;
Et lui, désespéré, se déguisa en pauvre mendiant
Et se rendit à Rome, où, par nécessité,
Il apprit l’art qui était en usage à cette époque,
1850 C’est-à-dire travailler le laiton et le bronze,
Pour gagner sa vie.
Telle fut la destinée du fils,
Et il est dit de son père
Qu’il fut enfermé dans une forte prison
À Albano, où il mourut
De faim et de manque de nourriture.692
Le chien fut pris et prédit
Que tel chien devrait mourir,
Ce qui correspondait bien à sa condition,
1860 Lorsqu’il aboya contre son frère derrière lui.
Vois, quel profit un homme peut-il trouver, Confesseur ?
Celui qui veut nuire à autrui.
Car, avec toute ma force, P. i.
222
Mon Fils, évite de telles vices.
Mon Père, j’étais ignorant : Amans.
Puisque vous en avez parlé si bien,693
Afin que, ce jour-là,
Il vienne là où il vit cette armée,
Et c’était dans une grande plaine, P. i.
221
Où les bannières étaient déployées.
Il rassemble aussitôt ses hommes,
Et, une fois en ordre de bataille,
Il attaque la plaine,
Et peu à peu il prend tout ce qu’il désire ;
1840 Dont la ville macédonienne,
Qui avait été honorée par le roi Alexandre,
Resta longtemps debout, mais fut finalement détruite.
La Perse et tout ce qui lui appartenait subirent ce malheur,
Si bien que tous les habitants de cette ville furent exilés ;
Et lui, désespéré, se déguisa en pauvre mendiant
Et se rendit à Rome, où, par nécessité,
Il apprit l’art qui était en usage à cette époque,
1850 C’est-à-dire travailler le laiton et le bronze,
Pour gagner sa vie.
Telle fut la destinée du fils,
Et il est dit de son père
Qu’il fut enfermé dans une forte prison
À Albano, où il mourut
De faim et de manque de nourriture.692
Le chien fut pris et prédit
Que tel chien devrait mourir,
Ce qui correspondait bien à sa condition,
1860 Lorsqu’il aboya contre son frère derrière lui.
Vois, quel profit un homme peut-il trouver, Confesseur ?
Celui qui veut nuire à autrui.
Car, avec toute ma force, P. i.
222
Mon Fils, évite de telles vices.
Mon Père, j’étais ignorant : Amans.
Puisque vous en avez parlé si bien,693
Page 405
Cela se trouve dans mon cœur, à jamais : mais l’Envie y règne.
1870 S’il y a davantage en son domaine en faveur de l’amour, dis-moi quoi.
Mon Fils, comme la ruse sous le chapeau du Confesseur,
Avec les artifices d’un traître,
L’Envie, de telles couleurs,
Possède une tromperie redoutable,
Qu’on appelle le Faux-Apparence ;
De quoi la matière et la forme
Sont maintenant connues, et je te les exposerai.
iv. Nil bilinguis aget, nisi duplo concinat [iv. Faux-Apparence.]
Pendant que le jour parle, la nuit cache ses vœux.
Le visage a la lumière, l’esprit les ténèbres, la parole le salut,
Mais les actes causent une maladie grave.
La paix qu’il te promet n’est qu’un avant-goût de guerre ;
S’il t’a donné des commodités, apprends qu’il y a tromperie.
Ce qui semble être de la fidélité n’est en réalité qu’une fraude,
Car celui qui a fixé le principe du pacte nie qu’il y ait une fin.
Ô combien une telle condition déforme l’amant,
Celui qui, dans l’amour, apparaît plus encore comme rien.
À propos du Faux-Apparence, si je dois en parler,
1880 Au-dessus de tout le reste, c’est la source
D’où proviennent toutes les tromperies.
Il n’y a personne assez sage pour connaître
Cette rivière qui est la marée,
Ni comment il devrait se guider lui-même pour emprunter un passage sûr en ce lieu.
Et voici le vent pour les hommes : l’Envie,
Qui est douce, et semble, selon les apparences, dissimulation ;
Plus son visage paraît clair autour de lui, plus grande est l’amitié,
Mais en réalité ce n’est pas le cas.
Le Faux-Apparence a toujours montré, autant que possible,
Des ruses plus subtiles,
Dans ses conseils en compagnie, des tromperies…
1870 S’il y a davantage en son domaine en faveur de l’amour, dis-moi quoi.
Mon Fils, comme la ruse sous le chapeau du Confesseur,
Avec les artifices d’un traître,
L’Envie, de telles couleurs,
Possède une tromperie redoutable,
Qu’on appelle le Faux-Apparence ;
De quoi la matière et la forme
Sont maintenant connues, et je te les exposerai.
iv. Nil bilinguis aget, nisi duplo concinat [iv. Faux-Apparence.]
Pendant que le jour parle, la nuit cache ses vœux.
Le visage a la lumière, l’esprit les ténèbres, la parole le salut,
Mais les actes causent une maladie grave.
La paix qu’il te promet n’est qu’un avant-goût de guerre ;
S’il t’a donné des commodités, apprends qu’il y a tromperie.
Ce qui semble être de la fidélité n’est en réalité qu’une fraude,
Car celui qui a fixé le principe du pacte nie qu’il y ait une fin.
Ô combien une telle condition déforme l’amant,
Celui qui, dans l’amour, apparaît plus encore comme rien.
À propos du Faux-Apparence, si je dois en parler,
1880 Au-dessus de tout le reste, c’est la source
D’où proviennent toutes les tromperies.
Il n’y a personne assez sage pour connaître
Cette rivière qui est la marée,
Ni comment il devrait se guider lui-même pour emprunter un passage sûr en ce lieu.
Et voici le vent pour les hommes : l’Envie,
Qui est douce, et semble, selon les apparences, dissimulation ;
Plus son visage paraît clair autour de lui, plus grande est l’amitié,
Mais en réalité ce n’est pas le cas.
Le Faux-Apparence a toujours montré, autant que possible,
Des ruses plus subtiles,
Dans ses conseils en compagnie, des tromperies…
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La duplicité perfide de l’hypocrisie, qui trompe l’esprit,
est ainsi imaginée.
Celui dont les paroles diffèrent de ses pensées :
1890
Car ils furent amenés ensemble, P. i.
Du même clan, de la même famille,695 223
Comme cela sera raconté plus tard.696
Il n’est pas nécessaire de parler d’anciens exemples pour décrire l’hypocrisie ;
car chaque jour, dans l’expérience,
1900 on peut voir de telles preuves de paroles fausses ;
Mais l’envie, cette barque, les retient toujours loin du rivage,
où l’hypocrisie, avec son poids, les entraîne, ne voulant pas qu’ils arrivent,
mais les laissant dériver sur les vagues, dans une grande tempête et un grand tumulte,698
où cet amour et son contraire dominent. C’est pourquoi je dis,
1910 Mon fils, que tu fuies et craignes
ce vice, ainsi que tous les autres,
et que ton apparence soit sincère et véritable.
Car l’hypocrisie est un vice
qui n’a jamais été sans utilité :
lorsque l’envie cherche à tromper,
P. i.
il devient alors, pendant un certain temps,699 224
messager de conseils secrets.
Car lorsque son apparence est la plus claire,
c’est alors qu’il est le plus sombre dans ses pensées,
1920 bien que les gens le voient, ils ne le connaissent pas ;
comme dans un miroir apparaît quelque chose qui n’y était jamais,
ainsi apparaît sur son visage ce qui n’a jamais existé dans son cœur :
c’est ainsi qu’il agit en secret dans toutes ses affaires.700
Maintenant, laisse ta conscience en paix ; ici, pour des raisons d’amour,
confesseur suprême,
mon bon fils, écris ceci.
est ainsi imaginée.
Celui dont les paroles diffèrent de ses pensées :
1890
Car ils furent amenés ensemble, P. i.
Du même clan, de la même famille,695 223
Comme cela sera raconté plus tard.696
Il n’est pas nécessaire de parler d’anciens exemples pour décrire l’hypocrisie ;
car chaque jour, dans l’expérience,
1900 on peut voir de telles preuves de paroles fausses ;
Mais l’envie, cette barque, les retient toujours loin du rivage,
où l’hypocrisie, avec son poids, les entraîne, ne voulant pas qu’ils arrivent,
mais les laissant dériver sur les vagues, dans une grande tempête et un grand tumulte,698
où cet amour et son contraire dominent. C’est pourquoi je dis,
1910 Mon fils, que tu fuies et craignes
ce vice, ainsi que tous les autres,
et que ton apparence soit sincère et véritable.
Car l’hypocrisie est un vice
qui n’a jamais été sans utilité :
lorsque l’envie cherche à tromper,
P. i.
il devient alors, pendant un certain temps,699 224
messager de conseils secrets.
Car lorsque son apparence est la plus claire,
c’est alors qu’il est le plus sombre dans ses pensées,
1920 bien que les gens le voient, ils ne le connaissent pas ;
comme dans un miroir apparaît quelque chose qui n’y était jamais,
ainsi apparaît sur son visage ce qui n’a jamais existé dans son cœur :
c’est ainsi qu’il agit en secret dans toutes ses affaires.700
Maintenant, laisse ta conscience en paix ; ici, pour des raisons d’amour,
confesseur suprême,
mon bon fils, écris ceci.
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Si tu étais jamais un client de ce vice, l’Amant s’y oppose.
Contre la feinte, en toute manière.
1930 Pour autant que je puisse m’en souvenir, Confession de l’Amant.
Mon bon père, certainement non.
Si j’ai dû le faire par amour,
Maintenant je vous demande :
Car je ne sais jamais comment
J’ai été trompé par la feinte.
Mon Fils, et puisque tu veux être confesseur,
Je ne dirai rien, mais dis-moi si jamais il t’est venu à l’esprit
De feindre et de te cacher
1940 pour savoir des nouvelles de quelque créature,
Comment elle était avec l’Amant ;
S’il était triste ou joyeux,
Lorsque tu savais comment les choses se passaient,
Tout ce qu’il faisait autour de lui,
Tu le révélais ailleurs,
Pour le priver de la grâce de l’amour.
P. i. 225
De quelle femme tu tiens le plus à l’aise,
Là, personne ne connaissait ses conseils
Sauf toi, celui qu’il a trompé
1950 par l’amour, et éloigné de ses projets ;
Et tu pensais que son trouble
Devait survenir sans raison,
Comme celui qui dit : « Je suis si célèbre,
Que personne ne peut être aidé
Même pas à moitié aussi bien que moi. »
Es-tu, mon Fils, de cette nature ?
Continue.
Mon bon père, non, Amant.
Pour la plupart, je dis cela ;
Mais pour certaines choses, on me connaît,
1960 Je peux me tenir dans cette catégorie
Parmi ceux qui utilisent ces artifices.
Je ne veux pas m’excuser pour cela,
Que je ne cache pas mes intentions sous de tels prétextes.
Contre la feinte, en toute manière.
1930 Pour autant que je puisse m’en souvenir, Confession de l’Amant.
Mon bon père, certainement non.
Si j’ai dû le faire par amour,
Maintenant je vous demande :
Car je ne sais jamais comment
J’ai été trompé par la feinte.
Mon Fils, et puisque tu veux être confesseur,
Je ne dirai rien, mais dis-moi si jamais il t’est venu à l’esprit
De feindre et de te cacher
1940 pour savoir des nouvelles de quelque créature,
Comment elle était avec l’Amant ;
S’il était triste ou joyeux,
Lorsque tu savais comment les choses se passaient,
Tout ce qu’il faisait autour de lui,
Tu le révélais ailleurs,
Pour le priver de la grâce de l’amour.
P. i. 225
De quelle femme tu tiens le plus à l’aise,
Là, personne ne connaissait ses conseils
Sauf toi, celui qu’il a trompé
1950 par l’amour, et éloigné de ses projets ;
Et tu pensais que son trouble
Devait survenir sans raison,
Comme celui qui dit : « Je suis si célèbre,
Que personne ne peut être aidé
Même pas à moitié aussi bien que moi. »
Es-tu, mon Fils, de cette nature ?
Continue.
Mon bon père, non, Amant.
Pour la plupart, je dis cela ;
Mais pour certaines choses, on me connaît,
1960 Je peux me tenir dans cette catégorie
Parmi ceux qui utilisent ces artifices.
Je ne veux pas m’excuser pour cela,
Que je ne cache pas mes intentions sous de tels prétextes.
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Lorsque je feins mon plus beau visage
Envers mon compagnon, jusqu’à ce que je connaisse
Tous ses conseils, tant les froids que les ardents :
C’est pour cette raison que je le flatte,
Jusqu’à ce que j’aie sa confiance et son amour ;
Et si mon cœur aspire
À ce que ma dame soit touchée
Par l’amour qu’il veut me dire,
Je cours aussitôt à la source
Et j’y verse de l’eau dans le feu,
Afin que sa lettre, au milieu des myrtes,
Même si j’ai connu ses conseils,
Soit complètement détruite.
Lorsqu’il vient au moment opportun.
Mais voici ce que je veux que vous compreniez :
Si un homme aime ailleurs,
De sorte que ma dame ne soit pas là,
Et qu’il me le dise, je le cacherais ;
Aucun mot ne doit s’échapper,
Car par aucun mensonge ou feinte
Je ne briserai aucun pacte avec lui ;
Je n’aime pas non plus, en aucun autre lieu,
Laisser quelqu’un connaître sa grâce,
Ni être trop curieux
Pour savoir la vie d’un autre homme :
Que cet homme aime ou non,
Ça ne concerne en rien mes pensées ;
Tout cela passe à travers mon esprit
Comme si cela n’avait jamais existé,
Et disparaît sans laisser de trace.
Mais si cela touche, d’une manière ou d’une autre,
Ma dame, comme je l’ai déjà dit,
Mon esprit n’est alors que fermeté ;
Car en vérité, lorsque cela arrive,
Ma volonté, mon cœur et toute ma sagesse
Sont entièrement tournés vers elle,
Pour écouter et comprendre
Ce que tout homme veut dire à son sujet.
Envers mon compagnon, jusqu’à ce que je connaisse
Tous ses conseils, tant les froids que les ardents :
C’est pour cette raison que je le flatte,
Jusqu’à ce que j’aie sa confiance et son amour ;
Et si mon cœur aspire
À ce que ma dame soit touchée
Par l’amour qu’il veut me dire,
Je cours aussitôt à la source
Et j’y verse de l’eau dans le feu,
Afin que sa lettre, au milieu des myrtes,
Même si j’ai connu ses conseils,
Soit complètement détruite.
Lorsqu’il vient au moment opportun.
Mais voici ce que je veux que vous compreniez :
Si un homme aime ailleurs,
De sorte que ma dame ne soit pas là,
Et qu’il me le dise, je le cacherais ;
Aucun mot ne doit s’échapper,
Car par aucun mensonge ou feinte
Je ne briserai aucun pacte avec lui ;
Je n’aime pas non plus, en aucun autre lieu,
Laisser quelqu’un connaître sa grâce,
Ni être trop curieux
Pour savoir la vie d’un autre homme :
Que cet homme aime ou non,
Ça ne concerne en rien mes pensées ;
Tout cela passe à travers mon esprit
Comme si cela n’avait jamais existé,
Et disparaît sans laisser de trace.
Mais si cela touche, d’une manière ou d’une autre,
Ma dame, comme je l’ai déjà dit,
Mon esprit n’est alors que fermeté ;
Car en vérité, lorsque cela arrive,
Ma volonté, mon cœur et toute ma sagesse
Sont entièrement tournés vers elle,
Pour écouter et comprendre
Ce que tout homme veut dire à son sujet.
Page 409
Ainsi ai-je feint une compagnie,
Faussement, car je voulais savoir
Quelle chose est capable de faire
Une dame digne de moi :
Et c’est pour tes raisons que je fais cela ;
La première raison est que — P. i.
227
Si je pouvais entendre et savoir
Que quelque homme à gages la méprise,
Je voudrais l’excuser pleinement,
2010 afin que, lorsqu’elle le saurait vraiment,
Mon espoir soit d’autant plus grand
D’obtenir sa gratitude pour toujours.
L’autre raison, je te l’assure,
C’est que, pour avoir un prétexte,
J’ai souvent feint une apparence
Pour ceux qui passent chaque jour près de moi
Et qui sont amoureux d’elle autant que moi ;
Pour cela, je crois sincèrement
Que parmi eux il n’y en a aucun
Qui aime réellement ma dame : car celui qui m’aime
Et ose le dire, n’est pas assez sage
Pour le cacher, s’il avait du désir dans son cœur ;
Alors pourquoi verrait-il ma dame,
Son visage et sa beauté,
S’il ne l’aimait pas, avant de partir ?
Et puisque telle est mon intention,
C’est la raison de ma curiosité,
2030 c’est pourquoi je feins une compagnie
Et crée des amis partout ;
Car j’aimerais volontiers tout savoir
Et rester toujours caché,
Afin de ne pouvoir te répondre ni oui ni non
De quelque manière que ce soit,
Mais feindre une apparence comme le font les sages, P. i.
228
Et écouter des histoires, jusqu’à ce que je sache.
Faussement, car je voulais savoir
Quelle chose est capable de faire
Une dame digne de moi :
Et c’est pour tes raisons que je fais cela ;
La première raison est que — P. i.
227
Si je pouvais entendre et savoir
Que quelque homme à gages la méprise,
Je voudrais l’excuser pleinement,
2010 afin que, lorsqu’elle le saurait vraiment,
Mon espoir soit d’autant plus grand
D’obtenir sa gratitude pour toujours.
L’autre raison, je te l’assure,
C’est que, pour avoir un prétexte,
J’ai souvent feint une apparence
Pour ceux qui passent chaque jour près de moi
Et qui sont amoureux d’elle autant que moi ;
Pour cela, je crois sincèrement
Que parmi eux il n’y en a aucun
Qui aime réellement ma dame : car celui qui m’aime
Et ose le dire, n’est pas assez sage
Pour le cacher, s’il avait du désir dans son cœur ;
Alors pourquoi verrait-il ma dame,
Son visage et sa beauté,
S’il ne l’aimait pas, avant de partir ?
Et puisque telle est mon intention,
C’est la raison de ma curiosité,
2030 c’est pourquoi je feins une compagnie
Et crée des amis partout ;
Car j’aimerais volontiers tout savoir
Et rester toujours caché,
Afin de ne pouvoir te répondre ni oui ni non
De quelque manière que ce soit,
Mais feindre une apparence comme le font les sages, P. i.
228
Et écouter des histoires, jusqu’à ce que je sache.
Page 410
Mes amoureux sont partis.
Et quand j’entends comment ils ont écrit,
2040 je fais comme si je ne l’avais pas entendu,
Et comme si je n’avais rien compris ;
Mais cela n’a aucune importance ici :
Car en vérité, voici la chose :
Quand je sais tout ce qui s’est passé,
Je veux leur donner un peu de lumière,
Mais du pire que je puisse dire,
Je le raconte à ma bien-aimée clairement,
Du fond de mes yeux, aussitôt,
Et je les empêche autant que je le peux.
2050 Mais malgré tout ce que je dis,
Je ne trouve aucun remède pour moi-même,
Bien que mon cœur désire ardemment,
Par la force de l’amour, révéler à ma bien-aimée tout ce que j’entends :
Car en bonne foi, je n’ai pas le pouvoir
De garder pour moi cette douceur,
Si elle touche quoi que ce soit d’elle.
Mais le roi du ciel le sait bien,
Depuis que ce monde a commencé,
2060 à aucun autre homme étranger
Je n’ai feint ni apparence ni amour,
Pour savoir ou demander des nouvelles de son affaire,
Même s’il aimait dix ou douze personnes,
Pendant que c’était encore ma propre bien-aimée :
Mais s’il voulait raconter quelque histoire
Entièrement issue de ses propres yeux,
Comment il aimait avec un autre amour,
Ses récits, avant même que je les entende,
2070 n’ont jamais atteint mon cœur
Ni ne se sont enfoncés plus profondément dans mes pensées,
J’ai gardé le silence, comme on me l’a demandé,
Et je ne les ai jamais racontés ailleurs,
Je les ai laissés passer tels qu’ils venaient.
Maintenant, père, dis-moi quelle est cette loi.
Et quand j’entends comment ils ont écrit,
2040 je fais comme si je ne l’avais pas entendu,
Et comme si je n’avais rien compris ;
Mais cela n’a aucune importance ici :
Car en vérité, voici la chose :
Quand je sais tout ce qui s’est passé,
Je veux leur donner un peu de lumière,
Mais du pire que je puisse dire,
Je le raconte à ma bien-aimée clairement,
Du fond de mes yeux, aussitôt,
Et je les empêche autant que je le peux.
2050 Mais malgré tout ce que je dis,
Je ne trouve aucun remède pour moi-même,
Bien que mon cœur désire ardemment,
Par la force de l’amour, révéler à ma bien-aimée tout ce que j’entends :
Car en bonne foi, je n’ai pas le pouvoir
De garder pour moi cette douceur,
Si elle touche quoi que ce soit d’elle.
Mais le roi du ciel le sait bien,
Depuis que ce monde a commencé,
2060 à aucun autre homme étranger
Je n’ai feint ni apparence ni amour,
Pour savoir ou demander des nouvelles de son affaire,
Même s’il aimait dix ou douze personnes,
Pendant que c’était encore ma propre bien-aimée :
Mais s’il voulait raconter quelque histoire
Entièrement issue de ses propres yeux,
Comment il aimait avec un autre amour,
Ses récits, avant même que je les entende,
2070 n’ont jamais atteint mon cœur
Ni ne se sont enfoncés plus profondément dans mes pensées,
J’ai gardé le silence, comme on me l’a demandé,
Et je ne les ai jamais racontés ailleurs,
Je les ai laissés passer tels qu’ils venaient.
Maintenant, père, dis-moi quelle est cette loi.
Page 411
Et comment voudrais-tu que je sois puni
Pour une apparence que j’ai feinte ?
Mon Fils, si la justice est bien exercée, Confesseur,
Aucune vertu ne doit rester sans récompense,
Ni le vice sans châtiment.
2080 Ainsi, Mon Fils, si tu es sage,
Ne montre aucune expression sur ton visage,
Car cela pourrait attirer les regards des autres :
En effet, si tu le fais, en peu de temps,
Les autres le sauront,
Et tu risques fort de tomber en disgrâce
Et de nuire grandement à ta réputation.
Et bien sûr, à ce stade,
Tu pourras voir de tels hommes qui, aujourd’hui même,
2090 Présentent ce vice comme une vertu :
Je parle ainsi, non pour blâmer qui que ce soit,
Mais pour te mettre en garde.
Mon Fils, partout où je parle,
Je ne sais pas si c’est vrai ou non,
Mais il y a déjà beaucoup de jours
Que j’entends dire que les hypocrites sont très répandus
Parmi ceux qui se battent entre nous ici,
Ces gens que nous, Lombards, appelons ainsi.
Car ce sont les plus rusés de tous,
Au point que les gens dans les villes disent
Qu’ils feignent et montrent des choses différentes de ce qu’ils sont vraiment :
Ainsi, ils gagnent souvent, alors qu’ils devraient être punis ;
Ils sont les derniers, et pourtant ils dominent,
Alors que nous sommes les premiers, mais nous restons en arrière,
2110 Et nous continuons ainsi, sans pouvoir obtenir aucun avantage de nos efforts.
Pour une apparence que j’ai feinte ?
Mon Fils, si la justice est bien exercée, Confesseur,
Aucune vertu ne doit rester sans récompense,
Ni le vice sans châtiment.
2080 Ainsi, Mon Fils, si tu es sage,
Ne montre aucune expression sur ton visage,
Car cela pourrait attirer les regards des autres :
En effet, si tu le fais, en peu de temps,
Les autres le sauront,
Et tu risques fort de tomber en disgrâce
Et de nuire grandement à ta réputation.
Et bien sûr, à ce stade,
Tu pourras voir de tels hommes qui, aujourd’hui même,
2090 Présentent ce vice comme une vertu :
Je parle ainsi, non pour blâmer qui que ce soit,
Mais pour te mettre en garde.
Mon Fils, partout où je parle,
Je ne sais pas si c’est vrai ou non,
Mais il y a déjà beaucoup de jours
Que j’entends dire que les hypocrites sont très répandus
Parmi ceux qui se battent entre nous ici,
Ces gens que nous, Lombards, appelons ainsi.
Car ce sont les plus rusés de tous,
Au point que les gens dans les villes disent
Qu’ils feignent et montrent des choses différentes de ce qu’ils sont vraiment :
Ainsi, ils gagnent souvent, alors qu’ils devraient être punis ;
Ils sont les derniers, et pourtant ils dominent,
Alors que nous sommes les premiers, mais nous restons en arrière,
2110 Et nous continuons ainsi, sans pouvoir obtenir aucun avantage de nos efforts.
Page 412
Ainsi, ils agissent sans contrainte,
Pour tirer tout le profit possible,
Et d’autres hommes assument toutes les charges.
Parmi les Lombards de cette alliance,
Qui contrôlent toutes les villes,
Le Faux-semblant est particulièrement redoutable,
Car partout où ils décident de se battre entre eux,
Comme ils le disent, ils apprennent d’abord
Un art appelé Fa crere :
Car lorsque Fa crere est utilisé,
Alors plus aucun doute ne subsiste
Pour dérober avec ruse
Les meilleures richesses de la ville.
Là où Fa crere s’en va,
Il ne laisse aucune trace ;
Ainsi, personne ne peut prévoir
Où il compte s’introduire.
Ainsi, Fa crere connaît tous les secrets,
Qu’il transporte dans des lieux étrangers,
Là où il sait causer le plus de dommage.
Ainsi, Fa crere fait croire à n’importe quoi,
Ainsi il trompe complètement,
Sans jamais être découvert.
C’est ainsi que ce vice prospère ;
Car celui qui lit ces anciens livres,
Contenant de tels exemples,
Doit se méfier encore plus
De tous ceux qui feignent l’amour,
Et tu en entendras ici une histoire.
Du Faux-semblant qui est cru [Déianire et Nésus.]
Beaucoup de personnes vertueuses en souffrent,
Et cela depuis longtemps avant notre époque.
Pour tirer tout le profit possible,
Et d’autres hommes assument toutes les charges.
Parmi les Lombards de cette alliance,
Qui contrôlent toutes les villes,
Le Faux-semblant est particulièrement redoutable,
Car partout où ils décident de se battre entre eux,
Comme ils le disent, ils apprennent d’abord
Un art appelé Fa crere :
Car lorsque Fa crere est utilisé,
Alors plus aucun doute ne subsiste
Pour dérober avec ruse
Les meilleures richesses de la ville.
Là où Fa crere s’en va,
Il ne laisse aucune trace ;
Ainsi, personne ne peut prévoir
Où il compte s’introduire.
Ainsi, Fa crere connaît tous les secrets,
Qu’il transporte dans des lieux étrangers,
Là où il sait causer le plus de dommage.
Ainsi, Fa crere fait croire à n’importe quoi,
Ainsi il trompe complètement,
Sans jamais être découvert.
C’est ainsi que ce vice prospère ;
Car celui qui lit ces anciens livres,
Contenant de tels exemples,
Doit se méfier encore plus
De tous ceux qui feignent l’amour,
Et tu en entendras ici une histoire.
Du Faux-semblant qui est cru [Déianire et Nésus.]
Beaucoup de personnes vertueuses en souffrent,
Et cela depuis longtemps avant notre époque.
Page 413
À toi, mon Fils, je veux donc ici placer un exemple du Confesseur contre de tels imposteurs, ceux qui, sous prétexte de fidélité, brisent de nombreux pactes, sont dissimulés et commettent de nombreuses fraudes par de faux conseils et de fausses bienveillances ; ils pendent ainsi à leur propre piège, trompant les autres dans l’amour. Il raconte également comment Déjanire et Hercule, Hercule lui-même, se trouvaient près d’une rivière dont il ne connaissait pas les courants, lorsque Déjanire proposa de traverser la rivière sans bateau. Alors, son cœur fut attiré vers cette belle Déjanire ; Nessus le Géant, par désir pour l’amitié d’Hercule, dit-il, fit tomber Déjanire dans la rivière. Hercule, sans bateau, la prit dans ses bras et la conduisit saine et sauve de l’autre côté. Aussitôt, son amour l’emporta, mais il était effrayé en arrivant sur la rive, car il ne connaissait pas bien les dangers. Il courut aussi vite qu’il put vers elle. Il y avait là un géant plus grand que personne, que Nessus appela à son secours ; quand il vit que cela portait préjudice à Hercule et Déjanire, il tenta de s’enfuir pour emmener Déjanire avec lui. Dans son cœur, il ourdit alors un complot, afin non seulement de causer la mort d’Hercule par sa ruse, mais aussi, par grande jalousie envers le destin qui lui avait été favorable, il garda ce projet dans son cœur, pensant qu’il finirait par le réaliser. Mais il n’osa rien faire. Oui, ce digne Hercule tomba dans un piège tendu par le destin ; pourtant, il feignit la plus grande amitié et toute bonté, vint là où ils se trouvaient tous deux, leur montra tout l’amour qu’il pouvait, et dit qu’il était prêt à faire n’importe quoi pour eux ; et c’est ce qui arriva.
Page 414
Qu’ils le vissent avec un air triste,
Et lui demandent s’il savait ce qu’il fallait faire,
Afin qu’ils puissent, lui et elle,
Traverser les eaux en sécurité.
2190 Et quand Nésus, le devin,
Apprit ce que son cœur pensait,
Comme celui qui était plein de ruse,
Il prit un air tout joyeux ;
Et quand il entendit parler du passage
De lui et d’elle, il songea à la tromperie,
Et feignit un instant de vouloir les aider,
Mais il pensait tout autrement.
Ce Nésus, par ses paroles rusées,
2200 Donna alors ce conseil qui semblait avantageux en apparence
Mais était en réalité trompeur.
Il leur conseilla de rester sur les rives,
De se battre et de défendre leur territoire,
Ainsi ils ne connaîtraient pas le chemin ;
Mais pour les aider dans une telle situation,
Il dit qu’à cause de cela,
S’il le pouvait, il voudrait traverser les eaux,
2210 Et pour cette jeune fille, il s’engageait à la conduire de l’autre côté,
Et à la mettre en sécurité ailleurs,
Ainsi Héraclès pourrait aussi
Connaître le chemin à suivre :
2220 Et tous acceptèrent cette proposition.
Mais ce qui arrivera ensuite…
P. i. 234
Héraclès fut bien récompensé pour cela,
Et ce géant aussi était content,
Il prit la jeune fille dans ses bras
2220 Et la posa délicatement sur ses épaules.
Et lui demandent s’il savait ce qu’il fallait faire,
Afin qu’ils puissent, lui et elle,
Traverser les eaux en sécurité.
2190 Et quand Nésus, le devin,
Apprit ce que son cœur pensait,
Comme celui qui était plein de ruse,
Il prit un air tout joyeux ;
Et quand il entendit parler du passage
De lui et d’elle, il songea à la tromperie,
Et feignit un instant de vouloir les aider,
Mais il pensait tout autrement.
Ce Nésus, par ses paroles rusées,
2200 Donna alors ce conseil qui semblait avantageux en apparence
Mais était en réalité trompeur.
Il leur conseilla de rester sur les rives,
De se battre et de défendre leur territoire,
Ainsi ils ne connaîtraient pas le chemin ;
Mais pour les aider dans une telle situation,
Il dit qu’à cause de cela,
S’il le pouvait, il voudrait traverser les eaux,
2210 Et pour cette jeune fille, il s’engageait à la conduire de l’autre côté,
Et à la mettre en sécurité ailleurs,
Ainsi Héraclès pourrait aussi
Connaître le chemin à suivre :
2220 Et tous acceptèrent cette proposition.
Mais ce qui arrivera ensuite…
P. i. 234
Héraclès fut bien récompensé pour cela,
Et ce géant aussi était content,
Il prit la jeune fille dans ses bras
2220 Et la posa délicatement sur ses épaules.
Page 415
Et dans la rivière il commença à marcher à gué,
Comme celui qui ne faisait aucun bruit,
Et traversa sain et sauf.
Mais quand il se trouva sur terrain solide
Et qu’Hercule était tout près derrière,
Il chassa complètement ce souci de son esprit,
Que cela plaise ou non à quelqu’un,
Et partit avec Déianire,
Comme s’il voulait se séparer d’eux pour toujours.
Lorsque Hercule s’en aperçut,
Autant qu’il put rapidement, il le poursuivit ;
Et par hasard il avait un arc,
Qu’il banda en toute hâte,
Comme s’il voulait lancer une flèche,
Qu’il avait auparavant empoisonnée.
Il ajusta si bien sa flèche
Qu’il la fit pénétrer dans son corps,
Et ainsi il laissa partir ce faux scélérat.
Mais pour éviter une telle infamie :
Lorsque Nésus sut qu’il allait mourir,
Il prit de Déianire son amulette,
Qui était trempée dans le sang de son cœur
Et couverte de sang partout,
Et lui expliqua comment elle pourrait conserver
Tout secrètement cet accord,
À savoir que si son maître avait le cœur
De tomber amoureux ailleurs,
L’amulette, disait-il, possédait un tel pouvoir,
Que si elle pouvait le pousser suffisamment
À porter l’amulette sur lui,
Il oublierait toutes les autres et
Reviendrait toujours à son amour.
Qui n’était pas heureuse, sinon Déianire ?
Elle pensait que son cœur était sauvé.
Comme celui qui ne faisait aucun bruit,
Et traversa sain et sauf.
Mais quand il se trouva sur terrain solide
Et qu’Hercule était tout près derrière,
Il chassa complètement ce souci de son esprit,
Que cela plaise ou non à quelqu’un,
Et partit avec Déianire,
Comme s’il voulait se séparer d’eux pour toujours.
Lorsque Hercule s’en aperçut,
Autant qu’il put rapidement, il le poursuivit ;
Et par hasard il avait un arc,
Qu’il banda en toute hâte,
Comme s’il voulait lancer une flèche,
Qu’il avait auparavant empoisonnée.
Il ajusta si bien sa flèche
Qu’il la fit pénétrer dans son corps,
Et ainsi il laissa partir ce faux scélérat.
Mais pour éviter une telle infamie :
Lorsque Nésus sut qu’il allait mourir,
Il prit de Déianire son amulette,
Qui était trempée dans le sang de son cœur
Et couverte de sang partout,
Et lui expliqua comment elle pourrait conserver
Tout secrètement cet accord,
À savoir que si son maître avait le cœur
De tomber amoureux ailleurs,
L’amulette, disait-il, possédait un tel pouvoir,
Que si elle pouvait le pousser suffisamment
À porter l’amulette sur lui,
Il oublierait toutes les autres et
Reviendrait toujours à son amour.
Qui n’était pas heureuse, sinon Déianire ?
Elle pensait que son cœur était sauvé.
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Jusqu’à ce qu’il soit enfermé dans un coffre scellé,
Afin que nul mot à son sujet ne soit prononcé.
Les jours passent, les années s’écoulent ;
Les cœurs deviennent de plus en plus faibles
Pour ceux qui sont infidèles en amour.
Ce Hercule, avec un cœur neuf,
A mis son amour sur Éole,
Et tous en parlent.
Cette Éole, cette belle jeune fille,
Était, comme on le disait à cette époque,
La fille du roi Eurice ;
Elle fit tant aimer Hercule
Par son amour et par ses charmes,
Que celui-ci la revêtit de vêtements précieux,
Et elle, à son tour, portait souvent ses vêtements ;
Ainsi, la faiblesse fut mise de côté,
Et la force fut reléguée au second plan,
De sorte que personne ne pouvait plus rien y faire.
Lorsque Déianire entendit ces paroles,
Il ne restait plus de tristesse à exprimer :
Elle ne connaissait aucune autre solution,
Alors elle se rendit aussitôt au coffre scellé ;
Avec des larmes et un cœur affligé,
Elle sortit ce bijou maléfique,
Comme elle le savait faire,
Et fit en sorte qu’Hercule porte ce bijou,
Selon l’accord que Nésus lui avait demandé,
Comme je l’ai déjà dit.
Mais cela ne servit à rien,
Car le destin ne peut être changé ;
Elle fut trompée par la ruse,
Et alors qu’elle pensait avoir gagné,
Elle perdit tout ce qu’elle avait commencé.
À cause de ce bijou, son corps fut brûlé sur-le-champ,
Et il fut détruit, de telle manière qu’il ne put plus jamais renaître.
Afin que nul mot à son sujet ne soit prononcé.
Les jours passent, les années s’écoulent ;
Les cœurs deviennent de plus en plus faibles
Pour ceux qui sont infidèles en amour.
Ce Hercule, avec un cœur neuf,
A mis son amour sur Éole,
Et tous en parlent.
Cette Éole, cette belle jeune fille,
Était, comme on le disait à cette époque,
La fille du roi Eurice ;
Elle fit tant aimer Hercule
Par son amour et par ses charmes,
Que celui-ci la revêtit de vêtements précieux,
Et elle, à son tour, portait souvent ses vêtements ;
Ainsi, la faiblesse fut mise de côté,
Et la force fut reléguée au second plan,
De sorte que personne ne pouvait plus rien y faire.
Lorsque Déianire entendit ces paroles,
Il ne restait plus de tristesse à exprimer :
Elle ne connaissait aucune autre solution,
Alors elle se rendit aussitôt au coffre scellé ;
Avec des larmes et un cœur affligé,
Elle sortit ce bijou maléfique,
Comme elle le savait faire,
Et fit en sorte qu’Hercule porte ce bijou,
Selon l’accord que Nésus lui avait demandé,
Comme je l’ai déjà dit.
Mais cela ne servit à rien,
Car le destin ne peut être changé ;
Elle fut trompée par la ruse,
Et alors qu’elle pensait avoir gagné,
Elle perdit tout ce qu’elle avait commencé.
À cause de ce bijou, son corps fut brûlé sur-le-champ,
Et il fut détruit, de telle manière qu’il ne put plus jamais renaître.
Page 417
À cause du venin qui s’y trouvait.
Alors, comme un homme sauvage,
il courut vers la forêt profonde,
et, comme le raconte le clerc Ovide,
il jeta l’énorme trésor au sol
avec toute la force de ses yeux,
2300 et il alluma un feu immense,
y sauta dedans d’un seul coup
et brûla à la fois sa chair et ses os.
Cela arriva à cause de Falssemblant,
ce faux Nessus le Géant
qui l’a trompé, lui et sa femme ;
c’est pour cela qu’il a perdu la vie, P. i.
237
Et elle est désolée pour toujours.
Ainsi, mon Fils, sois prudent, Confesseur.
Je te dis : sois bien sur tes gardes ;
2310 car quand un homme si grand fut trompé,
il fallait qu’une grande leçon soit tirée
pour avertir tous les autres de de telles tromperies.
Accorde-moi ta miséricorde, Père, je suis un amoureux.
Ainsi, je ne veux plus
prendre connaissance de Falssemblant ;
plutôt, je veux faire pénitence
d’avoir feint de l’aimer.
Maintenant, dis-moi ce qui concerne
mon écrit.
2320 Mon Fils, voici le quinzième Confesseur.
Il est né de l’envie,
on l’appelle le Supplantateur,
par son artifice et sa ruse
beaucoup d’hommes ont perdu leur temps
en amour comme en d’autres domaines,
comme je le dirai plus tard.
v. Invidus alterius est Supplantator [v. Supplantation.]
de l’honneur,
2335
Et il retourne tes sommets vers le bas.
Alors, comme un homme sauvage,
il courut vers la forêt profonde,
et, comme le raconte le clerc Ovide,
il jeta l’énorme trésor au sol
avec toute la force de ses yeux,
2300 et il alluma un feu immense,
y sauta dedans d’un seul coup
et brûla à la fois sa chair et ses os.
Cela arriva à cause de Falssemblant,
ce faux Nessus le Géant
qui l’a trompé, lui et sa femme ;
c’est pour cela qu’il a perdu la vie, P. i.
237
Et elle est désolée pour toujours.
Ainsi, mon Fils, sois prudent, Confesseur.
Je te dis : sois bien sur tes gardes ;
2310 car quand un homme si grand fut trompé,
il fallait qu’une grande leçon soit tirée
pour avertir tous les autres de de telles tromperies.
Accorde-moi ta miséricorde, Père, je suis un amoureux.
Ainsi, je ne veux plus
prendre connaissance de Falssemblant ;
plutôt, je veux faire pénitence
d’avoir feint de l’aimer.
Maintenant, dis-moi ce qui concerne
mon écrit.
2320 Mon Fils, voici le quinzième Confesseur.
Il est né de l’envie,
on l’appelle le Supplantateur,
par son artifice et sa ruse
beaucoup d’hommes ont perdu leur temps
en amour comme en d’autres domaines,
comme je le dirai plus tard.
v. Invidus alterius est Supplantator [v. Supplantation.]
de l’honneur,
2335
Et il retourne tes sommets vers le bas.
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C’est une action secrète, comme si un serpent se cachait dans l’herbe ;736 ce qu’il fait est soudain, et il devient ainsi un danger subit. Ainsi, l’amant subtil remplace l’autre amant, et il agit en secret, ce qu’il ne peut pas faire ouvertement ; souvent, l’amour qui cherche à remplacer l’autre plante ses racines dans les biens de cet autre, qu’il croit posséder lui-même.737
Le vice du remplacement
Avec de nombreuses ruses trompeuses,738 ce confesseur traite ici du cinquième vice, qu’il met en œuvre sans que personne ne s’en aperçoive, sous l’apparence de l’envie. On dit que cette envie a souvent causé la ruine de celui qui la pratique, c’est-à-dire celui dont les actions malveillantes entraînent la perte des biens d’un autre homme. Celui-ci, avant même que sa véritable nature ne soit découverte, s’empare par des moyens sournois de la dignité, des honneurs et des fonctions d’autrui, devenant ainsi, bien souvent, un intrus dans leurs affaires. Il ne se soucie pas du mal qu’il cause ; en réalité, tout son cœur est tourné vers ces hautes fonctions et ces honneurs. Ainsi, il agit avec ruse pour empêcher un autre d’accéder à ces positions, et il se place à sa place. Il ne se soucie pas du tort causé à l’autre homme ; il change simplement les choses à peu de frais, de sorte que l’autre perd et lui en profite. Car son but est de tromper et de changer les choses à son avantage, au détriment des autres. L’autre homme subit alors les conséquences de ses actions, tandis que lui en retire les bénéfices.
Le vice du remplacement
Avec de nombreuses ruses trompeuses,738 ce confesseur traite ici du cinquième vice, qu’il met en œuvre sans que personne ne s’en aperçoive, sous l’apparence de l’envie. On dit que cette envie a souvent causé la ruine de celui qui la pratique, c’est-à-dire celui dont les actions malveillantes entraînent la perte des biens d’un autre homme. Celui-ci, avant même que sa véritable nature ne soit découverte, s’empare par des moyens sournois de la dignité, des honneurs et des fonctions d’autrui, devenant ainsi, bien souvent, un intrus dans leurs affaires. Il ne se soucie pas du mal qu’il cause ; en réalité, tout son cœur est tourné vers ces hautes fonctions et ces honneurs. Ainsi, il agit avec ruse pour empêcher un autre d’accéder à ces positions, et il se place à sa place. Il ne se soucie pas du tort causé à l’autre homme ; il change simplement les choses à peu de frais, de sorte que l’autre perd et lui en profite. Car son but est de tromper et de changer les choses à son avantage, au détriment des autres. L’autre homme subit alors les conséquences de ses actions, tandis que lui en retire les bénéfices.
Page 419
Mon Fils, et de même,
Il y a des amants qui ont une telle prétention,
Qu’ils cherchent à être soulagés
Là où il est faux de l’obtenir : P. i.
239
Car c’est le droit d’un autre homme,
Que celui-ci a pris jour et nuit
Pour le garder pour son propre profit,
Pour lui-même à jamais,
Et sa propre loi est la règle,
Ce qui ne cause aucun tort,
Si l’amour respecte son pacte.
Mais ceux qui agissent de la sorte,
On voudrait qu’un homme les remplace,741
2370
Et qu’il prenne une part de ce qu’il s’est réservé :
Ainsi tout devient confus,
Quand quelqu’un agit de manière juste.742
Car par ruse et tromperie,
On arrive souvent à s’emparer
De ce que un autre a semé,
Et on partage la propriété
Par la ruse et la subtilité,
Comme on peut le voir d’un endroit à l’autre.
2380
Ainsi il s’empare du bien d’autrui,
Qui appartient à un autre maître.
C’est pourquoi, mon Fils, si tu es dans cette situation en raison de l’amour,
et que le Confesseur s’y oppose,
Tu dois avouer ta confession : eodem.743
As-tu remplacé quelqu’un ?
Car je peux te le dire, Confession de l’Amant.
Mon saint Père, quant aux fautes744
Je suis sans aucune crainte,
Entièrement innocent ; mais quant à mes pensées,
2390
Je ne peux pas excuser ma conscience. P. i.
240
Car que ce soit mal ou bien,
Rien ne m’empêche de le faire,745
Je ne veux pas rester plus longtemps ainsi.
Il y a des amants qui ont une telle prétention,
Qu’ils cherchent à être soulagés
Là où il est faux de l’obtenir : P. i.
239
Car c’est le droit d’un autre homme,
Que celui-ci a pris jour et nuit
Pour le garder pour son propre profit,
Pour lui-même à jamais,
Et sa propre loi est la règle,
Ce qui ne cause aucun tort,
Si l’amour respecte son pacte.
Mais ceux qui agissent de la sorte,
On voudrait qu’un homme les remplace,741
2370
Et qu’il prenne une part de ce qu’il s’est réservé :
Ainsi tout devient confus,
Quand quelqu’un agit de manière juste.742
Car par ruse et tromperie,
On arrive souvent à s’emparer
De ce que un autre a semé,
Et on partage la propriété
Par la ruse et la subtilité,
Comme on peut le voir d’un endroit à l’autre.
2380
Ainsi il s’empare du bien d’autrui,
Qui appartient à un autre maître.
C’est pourquoi, mon Fils, si tu es dans cette situation en raison de l’amour,
et que le Confesseur s’y oppose,
Tu dois avouer ta confession : eodem.743
As-tu remplacé quelqu’un ?
Car je peux te le dire, Confession de l’Amant.
Mon saint Père, quant aux fautes744
Je suis sans aucune crainte,
Entièrement innocent ; mais quant à mes pensées,
2390
Je ne peux pas excuser ma conscience. P. i.
240
Car que ce soit mal ou bien,
Rien ne m’empêche de le faire,745
Je ne veux pas rester plus longtemps ainsi.
Page 420
De l’amour d’un autre homme, je crains
La substitution.
Ils font une appropriation abusive
Et prétendent que je n’ai jamais aimé,
Bien que ce soit un autre homme qui ait aimé.
Et tout cela, je le dis pour lui,
2400 pour qui j’abandonne tous les autres ;
Mais je ne peux pas le surpasser,
Je dois toujours le dépasser,
Mon droit doit être suprême,
Afin que je puisse, d’une manière ou d’une autre,
Faire en sorte que mon amie m’obéisse,
Que son cœur s’éloigne de lui
Sans aucune trace d’amour.
Car les dieux sont tous au-dessus,
746 je voudrais que cela m’arrive,
2410 afin que je doive le remplacer entièrement
Et le posséder à ma volonté.
Et je ne peux pas accomplir cela,
Sauf si je deviens plus fort ;
Et je n’ose pas entreprendre cela,
747 même si j’étais comme Alexandre,
Car cela pourrait provoquer des catastrophes ;
Et certainement, je ne le ferai jamais,
Car en bonne foi, j’aurais préféré
Mourir dans ma simplicité,
2420 plutôt que de commettre une telle substitution. P. i.
241
Sinon, je ne veux rien dire de plus,
Si je trouvais un moyen sûr,
Je chercherais, par conclusion,
À agir selon la substitution,
Afin de gagner un tel amour.
Maintenant, père, si c’est un péché,
Je suis prêt à réparer
La faute que j’avoue.
Mon bon Fils, comme confesseur de la substitution.
2430 Tu n’as rien à craindre, ni en quantité ni en qualité.
La substitution.
Ils font une appropriation abusive
Et prétendent que je n’ai jamais aimé,
Bien que ce soit un autre homme qui ait aimé.
Et tout cela, je le dis pour lui,
2400 pour qui j’abandonne tous les autres ;
Mais je ne peux pas le surpasser,
Je dois toujours le dépasser,
Mon droit doit être suprême,
Afin que je puisse, d’une manière ou d’une autre,
Faire en sorte que mon amie m’obéisse,
Que son cœur s’éloigne de lui
Sans aucune trace d’amour.
Car les dieux sont tous au-dessus,
746 je voudrais que cela m’arrive,
2410 afin que je doive le remplacer entièrement
Et le posséder à ma volonté.
Et je ne peux pas accomplir cela,
Sauf si je deviens plus fort ;
Et je n’ose pas entreprendre cela,
747 même si j’étais comme Alexandre,
Car cela pourrait provoquer des catastrophes ;
Et certainement, je ne le ferai jamais,
Car en bonne foi, j’aurais préféré
Mourir dans ma simplicité,
2420 plutôt que de commettre une telle substitution. P. i.
241
Sinon, je ne veux rien dire de plus,
Si je trouvais un moyen sûr,
Je chercherais, par conclusion,
À agir selon la substitution,
Afin de gagner un tel amour.
Maintenant, père, si c’est un péché,
Je suis prêt à réparer
La faute que j’avoue.
Mon bon Fils, comme confesseur de la substitution.
2430 Tu n’as rien à craindre, ni en quantité ni en qualité.
Page 421
Quant à tout ce que j’ai entendu,
Ce n’est que tu as commis une erreur,
Et cela ne me plaît point,
Car Dieu garde les pensées d’un homme.750
Et si tu comprenais, en matière d’amour,
Ce qu’il en est,
Qu’un homme puisse être un traître,
Tu préférerais, pour un peu d’honneur,
Assumer un double fardeau :
D’abord, pour toi-même, afin d’être suffisamment protégé
Pour ne pas être trahi,
Et aussi, par respect pour ton nom,
Faire de même envers les autres,
Et laisser chacun avoir le sien.
Mais il en fut ainsi, et il en est toujours ainsi,
Que, malgré tous les efforts,
Dans nos jours, l’amour fait que
L’amant le plus fidèle abandonne celui qu’il aime
2450 pour un autre ; et c’est ainsi depuis toujours. P. i.
242
J’en trouve un exemple :
À Troie, comment Agamemnon, par amour pour Briseïs,
A trahi le noble guerrier Achille,
Et Achille, par amour pour cette belle femme, Briseïs,
A trahi Diomède ; Criseïde a trahi Troïlus.
De même, Criseïde, que Troïlus aimait tant,
A été trahie par Diomède.
Quant à Gétas et Amphitryon,
2460 qui étaient autrefois amis et compagnons,
Comme je l’ai raconté, Amphitryon a trahi son ami
Par amour, comme cela devait arriver, en séduisant l’un des deux, Gétas. À cause de cela, Gétas, que j’ai en tête, a péri, ayant pris sa place
Au lieu de l’autre, à qui le désir ardent et prudent
Avait promis un amour sincère.
Ce n’est que tu as commis une erreur,
Et cela ne me plaît point,
Car Dieu garde les pensées d’un homme.750
Et si tu comprenais, en matière d’amour,
Ce qu’il en est,
Qu’un homme puisse être un traître,
Tu préférerais, pour un peu d’honneur,
Assumer un double fardeau :
D’abord, pour toi-même, afin d’être suffisamment protégé
Pour ne pas être trahi,
Et aussi, par respect pour ton nom,
Faire de même envers les autres,
Et laisser chacun avoir le sien.
Mais il en fut ainsi, et il en est toujours ainsi,
Que, malgré tous les efforts,
Dans nos jours, l’amour fait que
L’amant le plus fidèle abandonne celui qu’il aime
2450 pour un autre ; et c’est ainsi depuis toujours. P. i.
242
J’en trouve un exemple :
À Troie, comment Agamemnon, par amour pour Briseïs,
A trahi le noble guerrier Achille,
Et Achille, par amour pour cette belle femme, Briseïs,
A trahi Diomède ; Criseïde a trahi Troïlus.
De même, Criseïde, que Troïlus aimait tant,
A été trahie par Diomède.
Quant à Gétas et Amphitryon,
2460 qui étaient autrefois amis et compagnons,
Comme je l’ai raconté, Amphitryon a trahi son ami
Par amour, comme cela devait arriver, en séduisant l’un des deux, Gétas. À cause de cela, Gétas, que j’ai en tête, a péri, ayant pris sa place
Au lieu de l’autre, à qui le désir ardent et prudent
Avait promis un amour sincère.
Page 422
Lorsqu’il fut le mieux placé pour éviter toute substitution,
il fut remplacé.
Et la preuve en est claire :
2470 Cupidon, qui en était la cause,
faisant en sorte qu’alors qu’il était absent,
Amphitryon prit sa place dans l’amour,
et il écrivit ainsi.
753
Il se rendit de nuit dans la chambre où elle se trouvait,
et, après un moment,
il imita si bien la voix de Gète
754
que cela fit se lever celle-ci, croyant que c’était lui,
2480 et elle le laissa entrer ; puis ils se mirent au lit,
enlacés étroitement.
Alors ce Gète vint en dernier à la porte et dit : « Ouvre. »
Elle répondit et lui demanda de partir,
disant que son bien-aimé était là, nu, dans ses bras,
et qu’elle croyait vraiment que c’était lui.
Vois quelle supercherie de l’amour !
Ce Gète partit, moqué,
2490 sans savoir ce qui se passait ;
Amphitryon l’avait remplacé
par ruse d’amour et par enchantement ;
ainsi chacun écarta l’autre,
et le navire de l’amour perdit son pilote,
si bien qu’il ne pouvait plus avancer.
Pour parler davantage de ce sujet
relatif à l’amour et à sa supercherie,
755 une histoire qui correspond
à ce que je pense alors.
2500 Écoutez, car telle est la forme.
De cette cité, la plus importante de toutes [L’histoire du faux
Célibataire.]
que les nobles Romains appellent,
avant qu’elle ne soit consacrée à la foi du Christ.
il fut remplacé.
Et la preuve en est claire :
2470 Cupidon, qui en était la cause,
faisant en sorte qu’alors qu’il était absent,
Amphitryon prit sa place dans l’amour,
et il écrivit ainsi.
753
Il se rendit de nuit dans la chambre où elle se trouvait,
et, après un moment,
il imita si bien la voix de Gète
754
que cela fit se lever celle-ci, croyant que c’était lui,
2480 et elle le laissa entrer ; puis ils se mirent au lit,
enlacés étroitement.
Alors ce Gète vint en dernier à la porte et dit : « Ouvre. »
Elle répondit et lui demanda de partir,
disant que son bien-aimé était là, nu, dans ses bras,
et qu’elle croyait vraiment que c’était lui.
Vois quelle supercherie de l’amour !
Ce Gète partit, moqué,
2490 sans savoir ce qui se passait ;
Amphitryon l’avait remplacé
par ruse d’amour et par enchantement ;
ainsi chacun écarta l’autre,
et le navire de l’amour perdit son pilote,
si bien qu’il ne pouvait plus avancer.
Pour parler davantage de ce sujet
relatif à l’amour et à sa supercherie,
755 une histoire qui correspond
à ce que je pense alors.
2500 Écoutez, car telle est la forme.
De cette cité, la plus importante de toutes [L’histoire du faux
Célibataire.]
que les nobles Romains appellent,
avant qu’elle ne soit consacrée à la foi du Christ.
Page 423
Comme le rapporte la Chronique, il y eut ici, pour cause d’amour, contre la fraude, un Empereur, que l’on accuse de délation, afin qu’il ne commette aucune erreur ; le Confesseur affirma qu’il n’y avait là aucun exemple de désobéissance. Et elle raconte l’histoire d’un certain homme qui appartenait à Rome, fils de l’Empereur romain, dont tout fut détruit. Certains pensaient qu’il valait mieux exercer par-dessus tout les armes, tandis que d’autres jugeaient cela inutile, agissant sans en être conscients. Et cela ne concernait que le père, au-delà de la mer, dans les régions de Perse, dont le cœur était fixé sur la piété : il fallait l’abandonner. Mais la plupart de ses hommes restèrent auprès du Sultan, contre le digne fils de l’Empereur, menant des guerres avec un seul soldat, comme s’il voulait être un guerrier, inconnu de son compagnon, tel un chevalier. Et, désireux de gloire mondiale et de la renommée de son propre armée, plus grande que celle des autres là-bas, son père commença à le supplier de mettre fin aux guerres. Il arriva donc qu’en une certaine bataille, il dût partir combattre dans des contrées étrangères contre le Calife. Son père lui dit de rester, au début de l’Égypte, et ne voulut pas lui accorder de permission. Une flèche du Sultan le blessa mortellement. Mais lui, qui ne voulait pas le croire, avant de mourir, confia à l’un de ses chevaliers, tristement, un anneau de sa fille, lui révélant son secret le plus intime : il projetait un voyage. Il le remit à un noble Romain, en disant que, si la fortune était de son côté, comment sa fille pourrait-elle, sous le sceau d’une bénédiction solennelle, traverser la Grande Mer et y demeurer un certain temps, jusqu’à ce que quelqu’un lui apporte l’anneau mentionné, afin qu’elle puisse y épouser sans faille son époux. Ce chevalier, ayant entendu parler de son seigneur, promit de tout entreprendre pour y parvenir. Il jura et tint sa parole. Après la mort du Sultan, comme ils étaient tous deux jeunes, ils décidèrent de partir ensemble vers la cité du Caire. On dit qu’ils partirent en secret. Ce Romain le fit savoir à son compagnon.
Page 424
Et alors, pour percer ce mystère,
il révéla son secret ;
Un trésor, avec eux, leur symbole, ceux qui, de nuit,
s’emparaient du sac de leur maître
en volant un anneau sur une galère,
ce qui fut rapporté
par Romelond ici même à ses propres fins,
et loin, de l’autre côté, la plus fausse
des rumeurs se répandit, telle une marée de substitution.
Ainsi,
celui qui subit ce sort a diverses destinées : un serviteur pour son maître.
Le grand sultan de Perse prit pour épouse
la fille d’un sultan,
et le calife d’Égypte fut couronné en Perse,
une guerre éclata, et celui-là régna.
2510 Il avait une marche frontalière.
2520 Et lui, qui était un poursuivant…
244
2530 Il cherchait des moyens militaires pour y parvenir,
2540 ce Romain, qu’il ordonne aussitôt,
afin qu’il soit prêt en tout temps.
2550 245
Et quand il fut bien préparé
pour tout ce qui lui appartenait,
il se dirigea droit vers Le Caire,
où se trouvait le sultan bien-aimé,
2560 et demanda qu’à l’intérieur de son royaume
on puisse le servir pour cette guerre,
comme celui qui méritait sa faveur.
Le sultan fut très heureux de tout cela,
d’autant plus lorsqu’il apprit qu’il était Romain ;
mais ce qui était certain, c’est qu’il ne pouvait rien savoir de précis.
Ainsi, le chevalier dont je parle
resta auprès du sultan,
2570 et dans les marches, toujours,
246
là où sévissaient les guerres cruelles,
il se montra si valeureux
que tous parlaient bien de lui.
Et ainsi les choses restèrent,
ce sultan pourrait avoir pour épouse
une fille, qui en cette vie…
il révéla son secret ;
Un trésor, avec eux, leur symbole, ceux qui, de nuit,
s’emparaient du sac de leur maître
en volant un anneau sur une galère,
ce qui fut rapporté
par Romelond ici même à ses propres fins,
et loin, de l’autre côté, la plus fausse
des rumeurs se répandit, telle une marée de substitution.
Ainsi,
celui qui subit ce sort a diverses destinées : un serviteur pour son maître.
Le grand sultan de Perse prit pour épouse
la fille d’un sultan,
et le calife d’Égypte fut couronné en Perse,
une guerre éclata, et celui-là régna.
2510 Il avait une marche frontalière.
2520 Et lui, qui était un poursuivant…
244
2530 Il cherchait des moyens militaires pour y parvenir,
2540 ce Romain, qu’il ordonne aussitôt,
afin qu’il soit prêt en tout temps.
2550 245
Et quand il fut bien préparé
pour tout ce qui lui appartenait,
il se dirigea droit vers Le Caire,
où se trouvait le sultan bien-aimé,
2560 et demanda qu’à l’intérieur de son royaume
on puisse le servir pour cette guerre,
comme celui qui méritait sa faveur.
Le sultan fut très heureux de tout cela,
d’autant plus lorsqu’il apprit qu’il était Romain ;
mais ce qui était certain, c’est qu’il ne pouvait rien savoir de précis.
Ainsi, le chevalier dont je parle
resta auprès du sultan,
2570 et dans les marches, toujours,
246
là où sévissaient les guerres cruelles,
il se montra si valeureux
que tous parlaient bien de lui.
Et ainsi les choses restèrent,
ce sultan pourrait avoir pour épouse
une fille, qui en cette vie…
Page 425
On disait qu’elle n’était pas si belle.
Elle aurait dû être la fille de son père,
Et était maintenant à l’âge convenable :
2580 Sa beauté fit chavirer bien des cœurs,
Qui se prosternèrent devant cette loi,
De laquelle on ne peut jamais se retirer,
Et c’est l’amour, dont la nature
Mette la vie et la mort en péril
Pour ceux qui entreprennent ce serment.
Cette douleur ardente a saisi
Le cœur de ce Romain si durement,
Que, de plus en plus,
Il montre son courage pour prêter serment.
2590 Comme le lion dans sa fureur,
Devant qui tous les meilleurs fuient,
Tel était le chevalier dans son ardeur :
Là où il était armé sur le champ de bataille,
Nul n’osait lui résister ;
Il remportait de grandes victoires.
Mais celle qui portait tous les risques,
La fortune, arrangea ainsi les choses,
Que, par la volonté des deux,
Le Soudan et le Calife aussi,
2600 cherchèrent à se battre un jour.
Cela fut organisé de telle manière
Qu’on ne pouvait plus retarder cela.
Ils le rendirent fort de tous côtés,
Et quand vint l’heure du combat,
Le Soudan, dans une grande solennité,
Prit une bague en or de sa fille,
Et le fit jurer sur un livre
Et aussi sur toutes les divinités,
2610 que s’il devait mourir au combat par la fortune,
Elle obéirait à cet homme
Et le prendrait comme époux.
Elle aurait dû être la fille de son père,
Et était maintenant à l’âge convenable :
2580 Sa beauté fit chavirer bien des cœurs,
Qui se prosternèrent devant cette loi,
De laquelle on ne peut jamais se retirer,
Et c’est l’amour, dont la nature
Mette la vie et la mort en péril
Pour ceux qui entreprennent ce serment.
Cette douleur ardente a saisi
Le cœur de ce Romain si durement,
Que, de plus en plus,
Il montre son courage pour prêter serment.
2590 Comme le lion dans sa fureur,
Devant qui tous les meilleurs fuient,
Tel était le chevalier dans son ardeur :
Là où il était armé sur le champ de bataille,
Nul n’osait lui résister ;
Il remportait de grandes victoires.
Mais celle qui portait tous les risques,
La fortune, arrangea ainsi les choses,
Que, par la volonté des deux,
Le Soudan et le Calife aussi,
2600 cherchèrent à se battre un jour.
Cela fut organisé de telle manière
Qu’on ne pouvait plus retarder cela.
Ils le rendirent fort de tous côtés,
Et quand vint l’heure du combat,
Le Soudan, dans une grande solennité,
Prit une bague en or de sa fille,
Et le fit jurer sur un livre
Et aussi sur toutes les divinités,
2610 que s’il devait mourir au combat par la fortune,
Elle obéirait à cet homme
Et le prendrait comme époux.
Page 426
Quel même anneau pour chien
L’homme devait apporter après sa mort.
Cela, il l’a juré, et ainsi il part
Avec toute la richesse de son pays
Vers la Marche, où il trouva
Son ennemi entièrement campé.
2620 Le Soudan a attaqué le champ de bataille :
Ceux qui étaient vaillants se sont rassemblés,
Si bien que les cœurs les plus forts tremblaient :
Certains moururent, d’autres périrent,
Mais par-dessus tous, ce chevalier romain méritait
Sa capture ; là où il se tenait,
Son épée redoutable ne laissait personne en vie,
Aucune défense n’était possible ;
L’Égypte s’enfuit en sa présence,
Et ceux de Perse poursuivaient leur course
2630 : mais je ne sais quelle grâce fut accordée,
Un arc lança une flèche
Qui frappa aussitôt le Soudan, et il y resta :
La poursuite fut interrompue pour ce jour-là,
Et son corps fut porté dans une tente.
Le Soudan vit comment les choses s’étaient passées,
Et qu’il allait mourir sans aucun doute ;
Alors, à ce chevalier romain,
Comme à celui qu’il aimait le plus,
2640 il donna son anneau de fille, dont il ignorait l’existence,
Il lui raconta toute l’histoire,
Sur qui cette femme devait devenir sa femme.
Lorsque cela fut dit, le cœur de ce Soudan quitta bientôt son corps ;
Et aussitôt, comme il se devait,
Le corps mort fut transporté avec soin
Jusqu’à ce qu’ils arrivent au Caire,
Où il fut enterré dignement.770
2650 Les seigneurs, qui voulaient le sauver
L’homme devait apporter après sa mort.
Cela, il l’a juré, et ainsi il part
Avec toute la richesse de son pays
Vers la Marche, où il trouva
Son ennemi entièrement campé.
2620 Le Soudan a attaqué le champ de bataille :
Ceux qui étaient vaillants se sont rassemblés,
Si bien que les cœurs les plus forts tremblaient :
Certains moururent, d’autres périrent,
Mais par-dessus tous, ce chevalier romain méritait
Sa capture ; là où il se tenait,
Son épée redoutable ne laissait personne en vie,
Aucune défense n’était possible ;
L’Égypte s’enfuit en sa présence,
Et ceux de Perse poursuivaient leur course
2630 : mais je ne sais quelle grâce fut accordée,
Un arc lança une flèche
Qui frappa aussitôt le Soudan, et il y resta :
La poursuite fut interrompue pour ce jour-là,
Et son corps fut porté dans une tente.
Le Soudan vit comment les choses s’étaient passées,
Et qu’il allait mourir sans aucun doute ;
Alors, à ce chevalier romain,
Comme à celui qu’il aimait le plus,
2640 il donna son anneau de fille, dont il ignorait l’existence,
Il lui raconta toute l’histoire,
Sur qui cette femme devait devenir sa femme.
Lorsque cela fut dit, le cœur de ce Soudan quitta bientôt son corps ;
Et aussitôt, comme il se devait,
Le corps mort fut transporté avec soin
Jusqu’à ce qu’ils arrivent au Caire,
Où il fut enterré dignement.770
2650 Les seigneurs, qui voulaient le sauver
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Le royaume qui était en ruines,
Pour le remettre en bon état,
Ils convoquèrent aussitôt un parlement.
Écoutez maintenant ce qui s’est passé :
Ce jeune seigneur, ce chevalier valeureux
De Rome, la même nuit où ils devaient partir,
Confia à son page son conseil et la bague avec tout le reste.
Il lui montra celle par laquelle il pourrait, dit-il, épouser la fille du roi,
Car c’était pour cela que la bague avait été donnée en gage de mariage.
Il lui dit qu’elle devrait l’épouser, quel que soit l’homme qu’elle choisirait comme mari.
Et cela, dit-il, doit être consigné par écrit,
Mais personne ne sait qui possède cette bague.
Ce page, face à cette situation,
Utilisa son intelligence et son astuce,
Et réfléchit plus qu’il ne le dit ;
Il feignit d’être heureux, mais son cœur était tourné vers autre chose.
Ces anciens philosophes sages
Ont écrit à ce sujet
Que l’on peut le mieux tromper celui en qui l’on a le plus confiance ;
Et cela s’est avéré vrai
À l’égard de ce jeune seigneur de Rome.
Son page, qui avait pris la bague,
Lorsque son seigneur dormait,
Prit la bague que son maître gardait,
La retira de son écrin,
Et en mit une autre à la place.
Amorwe, lorsque la cour fut prête,
La jeune femme fut présentée,
À qui les seigneurs rendaient hommage.
Pour le remettre en bon état,
Ils convoquèrent aussitôt un parlement.
Écoutez maintenant ce qui s’est passé :
Ce jeune seigneur, ce chevalier valeureux
De Rome, la même nuit où ils devaient partir,
Confia à son page son conseil et la bague avec tout le reste.
Il lui montra celle par laquelle il pourrait, dit-il, épouser la fille du roi,
Car c’était pour cela que la bague avait été donnée en gage de mariage.
Il lui dit qu’elle devrait l’épouser, quel que soit l’homme qu’elle choisirait comme mari.
Et cela, dit-il, doit être consigné par écrit,
Mais personne ne sait qui possède cette bague.
Ce page, face à cette situation,
Utilisa son intelligence et son astuce,
Et réfléchit plus qu’il ne le dit ;
Il feignit d’être heureux, mais son cœur était tourné vers autre chose.
Ces anciens philosophes sages
Ont écrit à ce sujet
Que l’on peut le mieux tromper celui en qui l’on a le plus confiance ;
Et cela s’est avéré vrai
À l’égard de ce jeune seigneur de Rome.
Son page, qui avait pris la bague,
Lorsque son seigneur dormait,
Prit la bague que son maître gardait,
La retira de son écrin,
Et en mit une autre à la place.
Amorwe, lorsque la cour fut prête,
La jeune femme fut présentée,
À qui les seigneurs rendaient hommage.
Page 428
Et après cela, du Mariage
Leurs volontés et leurs décisions.
2690 Mais lui, qui voulait accomplir ce que P. i. avait ordonné…
250
Son père avait donné des instructions à ce sujet ;
Il dit ouvertement que l’on pouvait y parvenir,
Selon les directives de son père.
Ce seigneur de Rome en fut heureux
Et se hâta vers ses sujets ;
Mais pour l’instant, c’était encore incertain :
Son chevalier avait déjà agi,
Et invoquait la loi pour qu’il tienne sa promesse.
2700 La promesse était si solide
Qu’elle ne pouvait être rompue ;
De plus, son seigneur avait pris position
Contre cet homme ;
Mais en vain, il ne pouvait rien faire,
Il ne pouvait pas être protégé,
Ainsi sa requête restait sans réponse,
Et il échoua dans son dessein.
Ce chevalier fut alors consacré
Et marié ; ainsi, de cet empire,
2710 Il devint seigneur et souverain,
Et tout le pays le reçut ;
Quant à son seigneur, trompé,
Il mourut de tristesse, deux ou trois jours plus tard ;
Alors qu’il gisait sur son lit de mort,
Tandis que sa voix et son souffle s’éteignaient,
Il fit venir le plus digne
De tout le pays, ainsi que le meilleur,
Et lui raconta toute la vérité :
2720 Qu’il était fils et héritier également de l’empereur de grande Rome,
Et comment eux deux étaient venus ensemble,
Ce chevalier et lui ; il lui raconta toute l’histoire en détail.
Leurs volontés et leurs décisions.
2690 Mais lui, qui voulait accomplir ce que P. i. avait ordonné…
250
Son père avait donné des instructions à ce sujet ;
Il dit ouvertement que l’on pouvait y parvenir,
Selon les directives de son père.
Ce seigneur de Rome en fut heureux
Et se hâta vers ses sujets ;
Mais pour l’instant, c’était encore incertain :
Son chevalier avait déjà agi,
Et invoquait la loi pour qu’il tienne sa promesse.
2700 La promesse était si solide
Qu’elle ne pouvait être rompue ;
De plus, son seigneur avait pris position
Contre cet homme ;
Mais en vain, il ne pouvait rien faire,
Il ne pouvait pas être protégé,
Ainsi sa requête restait sans réponse,
Et il échoua dans son dessein.
Ce chevalier fut alors consacré
Et marié ; ainsi, de cet empire,
2710 Il devint seigneur et souverain,
Et tout le pays le reçut ;
Quant à son seigneur, trompé,
Il mourut de tristesse, deux ou trois jours plus tard ;
Alors qu’il gisait sur son lit de mort,
Tandis que sa voix et son souffle s’éteignaient,
Il fit venir le plus digne
De tout le pays, ainsi que le meilleur,
Et lui raconta toute la vérité :
2720 Qu’il était fils et héritier également de l’empereur de grande Rome,
Et comment eux deux étaient venus ensemble,
Ce chevalier et lui ; il lui raconta toute l’histoire en détail.
Page 429
Et pour cela, il dit à son conseiller :
« L’autre a tout ce qu’il désire,
et lui, il est resté sans part.
Quant au bien qu’il recevait, il n’en a plus trace ;
il dit que c’était seulement par amour,
2730 cet amour dont il prétendait avoir été comblé.
Alors il écrivit une lettre
pour informer son père de toute cette affaire telle qu’elle était ;
puis, avec un cœur sincère,
il supplia les seigneurs
de dire à sa dame combien il souffrait
à cause de cet amour qui rendait un autre heureux ;
et sur ces mots, il tomba à genoux
et dit : “Par Dieu, ma douce dame.”
2740 La vie lui avait ôté toute chaleur ;
il gisait mort comme une pierre ;
beaucoup en furent affligés,
mais pas autant qu’elle.
Ce faux chevalier fut arrêté et emprisonné :
car dès que l’on apprit le vol qui s’était produit,
tous dans la ville disaient :
si c’est bien ce que l’on suppose,
2750 ses yeux le trahiront. »
P. i.
252
Pour obtenir des preuves,
avec honneur et grande révérence,
afin de pouvoir connaître la vérité,
ils envoyèrent aussitôt au empereur
la lettre écrite par son fils.
Lorsqu’il apprit la vérité,
sa douleur devint infinie ;
mais, dans la hâte, sans tarder,
selon ce qu’il avait entendu,
2760 il envoya son intendant en Perse,
accompagné de nombreux Romains dignes de confiance.
« L’autre a tout ce qu’il désire,
et lui, il est resté sans part.
Quant au bien qu’il recevait, il n’en a plus trace ;
il dit que c’était seulement par amour,
2730 cet amour dont il prétendait avoir été comblé.
Alors il écrivit une lettre
pour informer son père de toute cette affaire telle qu’elle était ;
puis, avec un cœur sincère,
il supplia les seigneurs
de dire à sa dame combien il souffrait
à cause de cet amour qui rendait un autre heureux ;
et sur ces mots, il tomba à genoux
et dit : “Par Dieu, ma douce dame.”
2740 La vie lui avait ôté toute chaleur ;
il gisait mort comme une pierre ;
beaucoup en furent affligés,
mais pas autant qu’elle.
Ce faux chevalier fut arrêté et emprisonné :
car dès que l’on apprit le vol qui s’était produit,
tous dans la ville disaient :
si c’est bien ce que l’on suppose,
2750 ses yeux le trahiront. »
P. i.
252
Pour obtenir des preuves,
avec honneur et grande révérence,
afin de pouvoir connaître la vérité,
ils envoyèrent aussitôt au empereur
la lettre écrite par son fils.
Lorsqu’il apprit la vérité,
sa douleur devint infinie ;
mais, dans la hâte, sans tarder,
selon ce qu’il avait entendu,
2760 il envoya son intendant en Perse,
accompagné de nombreux Romains dignes de confiance.
Page 430
Son seigneur revint pour le chercher ;
Et quand ils arrivèrent,
Ce chevalier lui avoua là
Comme il l’avait trompé faussement,
Ce dont son noble seigneur était au courant.
Bien que certains disent qu’il devrait mourir,
Ils trouvèrent cependant une telle raison
Qu’il ne sera pas exécuté en Perse ;
2770 Et ainsi les lois sont diverses.
Comme il avait été couronné,
Et que le pays lui avait été abandonné,
Même s’il s’agissait d’une injustice,
Il n’y a pas de punition pour lui ;
Mais jusqu’à ce point et à cette fin,
Ils accordèrent bien qu’il parte
Avec les Romains vers Rome.
Et ainsi, par un accord complet et définitif,
Le corps rapide, avec la mort,
2780 Furent emportés sans difficulté, P. i.
253
Là où le Usurpateur a sa justice.
À cela tu pourrais te conseiller,
D’après ces informations
Concernant l’Usurpation,
Afin que toi, mon Fils, ne fasses pas de même :
Et pour savoir aussi
Ce que fait l’Usurpateur dans l’autre moitié du monde,
Nul ne peut trouver un remède
Pour guérir entièrement une telle maladie ;
2790 Cela existe et existera toujours,
Lorsque l’Orgueil est uni à l’Envie,
Il ne laisse personne en bonne situation,
Là où il peut abandonner son honneur.
Et si je dois donner un exemple,
Dans une recherche sacrée je trouve
Que l’Usurpation n’est pas en retard ;
Dieu sait s’il en est ainsi maintenant :
Car dans les Chroniques d’autrefois
Et quand ils arrivèrent,
Ce chevalier lui avoua là
Comme il l’avait trompé faussement,
Ce dont son noble seigneur était au courant.
Bien que certains disent qu’il devrait mourir,
Ils trouvèrent cependant une telle raison
Qu’il ne sera pas exécuté en Perse ;
2770 Et ainsi les lois sont diverses.
Comme il avait été couronné,
Et que le pays lui avait été abandonné,
Même s’il s’agissait d’une injustice,
Il n’y a pas de punition pour lui ;
Mais jusqu’à ce point et à cette fin,
Ils accordèrent bien qu’il parte
Avec les Romains vers Rome.
Et ainsi, par un accord complet et définitif,
Le corps rapide, avec la mort,
2780 Furent emportés sans difficulté, P. i.
253
Là où le Usurpateur a sa justice.
À cela tu pourrais te conseiller,
D’après ces informations
Concernant l’Usurpation,
Afin que toi, mon Fils, ne fasses pas de même :
Et pour savoir aussi
Ce que fait l’Usurpateur dans l’autre moitié du monde,
Nul ne peut trouver un remède
Pour guérir entièrement une telle maladie ;
2790 Cela existe et existera toujours,
Lorsque l’Orgueil est uni à l’Envie,
Il ne laisse personne en bonne situation,
Là où il peut abandonner son honneur.
Et si je dois donner un exemple,
Dans une recherche sacrée je trouve
Que l’Usurpation n’est pas en retard ;
Dieu sait s’il en est ainsi maintenant :
Car dans les Chroniques d’autrefois
Page 431
Je trouve cette histoire plausible.
2800 Une affaire de substitution, qui n’est pas une fable,
de la manière dont je vais la raconter,
telle qu’elle s’est produite jadis.
À Rome, comme cela arrive souvent, [le pape Boniface]
le vicaire général de tous
ceux qui suivent la foi du bien-aimé Christ, nomme ici un confesseur
en exemple contre
son dernier jour, qu’il ne nie pas ;
ces usurpateurs, pour obtenir la dignité
dont je citerai le nom, furent nommés
par lui pape Nicolas. Il raconte comment le pape
et ainsi, lorsqu’il mourut, Boniface
les cardinaux qui voulaient sauver leur prédécesseur
selon la loi, dans son conclave célestin
jetèrent hors du pontificat
et élurent un nouveau pape par ruse ;
puis ils l’usurpèrent frauduleusement.
L’un d’eux exprima son intention : celui qui, étant puissant,
dépose celui qui est au pouvoir avec leur consentement, de cette manière
sur un clerc saint et retiré, commet une fraude d’usurpation
que celui-ci, plein de vertus chrétiennes, supporte ;
sa patience et sa simplicité le firent monter à une haute noblesse,
puis il fut jeté dans des prisons profondes.
Ainsi fut-il canonisé pape,785 chassé de sa misère,
avec grande honneur et intronisé,786 réputé783 partout,
et par hasard, comme cela arrive, il fut crucifié, ainsi que
privé de cette vie ;
on appela son nom Célestin, source de douleurs joyeuses,
ce qui fut consigné dans la bulle787 par une conclusion finale
autorisée pour le saint et pour tous.
2810 Il fut glorifié dans toutes les villes.
2820 Mais toute gloire est enviée, etc.
Et c’était à cette époque : 254
2830 Car lorsque ce pape dont je parle
fut choisi, et d’autres mis de côté,
un cardinal de cette époque
désirait depuis longtemps le pontificat
et complota beaucoup pour l’obtenir ;
mais quand la fortune lui fit défaut…
2800 Une affaire de substitution, qui n’est pas une fable,
de la manière dont je vais la raconter,
telle qu’elle s’est produite jadis.
À Rome, comme cela arrive souvent, [le pape Boniface]
le vicaire général de tous
ceux qui suivent la foi du bien-aimé Christ, nomme ici un confesseur
en exemple contre
son dernier jour, qu’il ne nie pas ;
ces usurpateurs, pour obtenir la dignité
dont je citerai le nom, furent nommés
par lui pape Nicolas. Il raconte comment le pape
et ainsi, lorsqu’il mourut, Boniface
les cardinaux qui voulaient sauver leur prédécesseur
selon la loi, dans son conclave célestin
jetèrent hors du pontificat
et élurent un nouveau pape par ruse ;
puis ils l’usurpèrent frauduleusement.
L’un d’eux exprima son intention : celui qui, étant puissant,
dépose celui qui est au pouvoir avec leur consentement, de cette manière
sur un clerc saint et retiré, commet une fraude d’usurpation
que celui-ci, plein de vertus chrétiennes, supporte ;
sa patience et sa simplicité le firent monter à une haute noblesse,
puis il fut jeté dans des prisons profondes.
Ainsi fut-il canonisé pape,785 chassé de sa misère,
avec grande honneur et intronisé,786 réputé783 partout,
et par hasard, comme cela arrive, il fut crucifié, ainsi que
privé de cette vie ;
on appela son nom Célestin, source de douleurs joyeuses,
ce qui fut consigné dans la bulle787 par une conclusion finale
autorisée pour le saint et pour tous.
2810 Il fut glorifié dans toutes les villes.
2820 Mais toute gloire est enviée, etc.
Et c’était à cette époque : 254
2830 Car lorsque ce pape dont je parle
fut choisi, et d’autres mis de côté,
un cardinal de cette époque
désirait depuis longtemps le pontificat
et complota beaucoup pour l’obtenir ;
mais quand la fortune lui fit défaut…
Page 432
Pendant longtemps il a travaillé,
Ainsi que le feu qui brûle à l’Ethna,
Cela coule à travers son cœur misérable,
Ce qui ressemble à l’envie ;
De là naissent la supplantation et la tromperie ; naturellement,
Il feint l’amour, il feint la piété,
En apparence il montre le respect,
Mais en son for intérieur, par de fausses imaginations,
Il pense à la supplantation.
Et alors, avec une grande ruse,
Il agit : car à ce moment-là,
Il se trouva que, de sa descendance,
Il avait un jeune prêtre,
Qu’il fit venir dans sa chambre.
Ce cardinal attendit son heure,
Et par des paroles habiles et subtils,
Qu’il exprima avec intelligence,
Il poussa ce clerc dont je parle
À affronter le pape en duel,
Ainsi qu’il laissa quelque chose dans sa chambre,
Et devint un intermédiaire privilégié
Auprès du pape pendant la nuit.
Personne ne peut échapper à ce qui doit arriver.
Ce cardinal, plein de ruse,
Un jour, quand il eut l’occasion,
Il fit venir ce jeune clerc auprès de lui,
Le fit jurer sur un livre,
Et lui exposa ses intentions.
Puis aussitôt, il lui fit prendre une trompette en bronze
Et lui ordonna ceci :
« Tu dois », dit-il, « attendre le bon moment,
Et bien veiller,
Lorsque le pape sera profondément endormi,
Et qu’il n’y aura personne d’autre ;
Alors tu seras assez rusé.»
Ainsi que le feu qui brûle à l’Ethna,
Cela coule à travers son cœur misérable,
Ce qui ressemble à l’envie ;
De là naissent la supplantation et la tromperie ; naturellement,
Il feint l’amour, il feint la piété,
En apparence il montre le respect,
Mais en son for intérieur, par de fausses imaginations,
Il pense à la supplantation.
Et alors, avec une grande ruse,
Il agit : car à ce moment-là,
Il se trouva que, de sa descendance,
Il avait un jeune prêtre,
Qu’il fit venir dans sa chambre.
Ce cardinal attendit son heure,
Et par des paroles habiles et subtils,
Qu’il exprima avec intelligence,
Il poussa ce clerc dont je parle
À affronter le pape en duel,
Ainsi qu’il laissa quelque chose dans sa chambre,
Et devint un intermédiaire privilégié
Auprès du pape pendant la nuit.
Personne ne peut échapper à ce qui doit arriver.
Ce cardinal, plein de ruse,
Un jour, quand il eut l’occasion,
Il fit venir ce jeune clerc auprès de lui,
Le fit jurer sur un livre,
Et lui exposa ses intentions.
Puis aussitôt, il lui fit prendre une trompette en bronze
Et lui ordonna ceci :
« Tu dois », dit-il, « attendre le bon moment,
Et bien veiller,
Lorsque le pape sera profondément endormi,
Et qu’il n’y aura personne d’autre ;
Alors tu seras assez rusé.»
Page 433
À travers la trompette dans son Ére,
Comme s’il était au ciel,
Pour entendre un tel bruit,
Afin qu’il puisse méditer
Sur cela et le comprendre,
Comme s’il s’agissait d’une parole divine.
Et de cette manière tu diras
Qu’il fait ainsi par respect pour le Pape,
En qui il tient une grande estime ;
Ainsi son âme sera sauvée
De ces maux éternels au ciel,
Qui dureront à jamais.
Ce clerc, ayant entendu comment il fallait représenter le Pape,
Prit le cardinal avec lui,
Et le ramena chez lui, jusqu’au soir,
Et garda secrète la trompette qu’il avait,
Jusqu’à ce que le Pape se fût endormi.
À minuit, quand il sut
Que le Pape dormait, alors il souffla
À l’intérieur de la trompette à travers le mur,
Et dit comment il devrait
Abandonner sa papauté et la quitter aussitôt : ainsi, ce saint Pape fut réveillé trois fois,
Ce qui fit naître en son cœur diverses fantaisies
Au sujet de sa grande sainteté.
Le Pape, plein d’innocence,
Concevait dans sa conscience
Que c’était la volonté divine qu’il cesse ;
Mais comment il pourrait abandonner sa haute fonction, il ne le savait pas.
Ainsi, préoccupé en lui-même,
Il garda cela silencieusement en mémoire,
Jusqu’à ce qu’il arrive au consistoire ;
Et là, en présence de tous.
Comme s’il était au ciel,
Pour entendre un tel bruit,
Afin qu’il puisse méditer
Sur cela et le comprendre,
Comme s’il s’agissait d’une parole divine.
Et de cette manière tu diras
Qu’il fait ainsi par respect pour le Pape,
En qui il tient une grande estime ;
Ainsi son âme sera sauvée
De ces maux éternels au ciel,
Qui dureront à jamais.
Ce clerc, ayant entendu comment il fallait représenter le Pape,
Prit le cardinal avec lui,
Et le ramena chez lui, jusqu’au soir,
Et garda secrète la trompette qu’il avait,
Jusqu’à ce que le Pape se fût endormi.
À minuit, quand il sut
Que le Pape dormait, alors il souffla
À l’intérieur de la trompette à travers le mur,
Et dit comment il devrait
Abandonner sa papauté et la quitter aussitôt : ainsi, ce saint Pape fut réveillé trois fois,
Ce qui fit naître en son cœur diverses fantaisies
Au sujet de sa grande sainteté.
Le Pape, plein d’innocence,
Concevait dans sa conscience
Que c’était la volonté divine qu’il cesse ;
Mais comment il pourrait abandonner sa haute fonction, il ne le savait pas.
Ainsi, préoccupé en lui-même,
Il garda cela silencieusement en mémoire,
Jusqu’à ce qu’il arrive au consistoire ;
Et là, en présence de tous.
Page 434
2910 Il demande s’il adviendrait
Que quelque pape voulût cesser,
Comment la loi le permettrait.
Tous restèrent silencieux et attentifs,
Personne ne répondit à la question,
Car personne ne connaissait son intention,
Seul celui qui connaissait la ruse.
Ce cardinal, en même temps,
Par des paroles ouvertes et claires,
2920 Dit que si le pape voulait ordonner
Qu’une telle loi fût écrite,
Alors il pourrait cesser, mais pas les autres.
Et aussitôt qu’il parla, cela arriva ;
Le pape, sur la base de son autorité pontificale,
Établit et promulgua le décret :
Et lorsque cette loi fut confirmée
De la manière appropriée et définitivement,
Cet innocent, qui avait été trompé,
2930 Renonça aussitôt à sa papauté,
La renia et la quitta également.
L’autre n’avait rien à craindre,
Mais sous ce prétexte, il s’assura ainsi
Un avantage pour lui-même,
Ainsi que bon lui semblait,
La mitre avec le diadème,
Il les obtint par substitution :
Et dans sa confirmation,
Grâce à la faveur de sa grâce,
2940 On le nomma Visage-de-Bois.
Sous le voile de l’envie,
Voilà comment fut cachée la tromperie,
Qui a trompé beaucoup de gens.
Mais de tel conseil ne peut exister,
Quand il est ourdi avec trahison,
Car jamais l’étincelle ne s’enflamme.
Que quelque pape voulût cesser,
Comment la loi le permettrait.
Tous restèrent silencieux et attentifs,
Personne ne répondit à la question,
Car personne ne connaissait son intention,
Seul celui qui connaissait la ruse.
Ce cardinal, en même temps,
Par des paroles ouvertes et claires,
2920 Dit que si le pape voulait ordonner
Qu’une telle loi fût écrite,
Alors il pourrait cesser, mais pas les autres.
Et aussitôt qu’il parla, cela arriva ;
Le pape, sur la base de son autorité pontificale,
Établit et promulgua le décret :
Et lorsque cette loi fut confirmée
De la manière appropriée et définitivement,
Cet innocent, qui avait été trompé,
2930 Renonça aussitôt à sa papauté,
La renia et la quitta également.
L’autre n’avait rien à craindre,
Mais sous ce prétexte, il s’assura ainsi
Un avantage pour lui-même,
Ainsi que bon lui semblait,
La mitre avec le diadème,
Il les obtint par substitution :
Et dans sa confirmation,
Grâce à la faveur de sa grâce,
2940 On le nomma Visage-de-Bois.
Sous le voile de l’envie,
Voilà comment fut cachée la tromperie,
Qui a trompé beaucoup de gens.
Mais de tel conseil ne peut exister,
Quand il est ourdi avec trahison,
Car jamais l’étincelle ne s’enflamme.
Page 435
Là-haut, dans le Rof, qui pour un instant
Se cachait, jusqu’à ce que les vents soufflent
Et le disperse de tous côtés.
2950 Ce Bonefas, qui ne peut cacher
La tromperie de son usurpation,
A ouvertement révélé son plan
Pour s’emparer du papauté.
Mais tout ce qui commence par l’injustice
Ne finit jamais bien ;
Là où l’orgueil courbe la lance,
Il est complètement chassé du droit chemin :
Ainsi le pape dont je parle,
Lorsqu’il se tenait au sommet du pouvoir,
2960 Ne pouvait se supporter lui-même.
L’envie, qui est dépourvue d’amour,
Et l’orgueil, qui est sans loi,
Avec une telle tempête l’ont égaré,
Au point que la charité en a disparu :
Ainsi, à cause de cette mauvaise gouvernance,
Le roi de France, Loys,
A contesté son arrogance,
Et a dit qu’il devait rendre hommage
Au corps même du pape.
2970 Mais lui, qui ne savait pas pourquoi
Il devait rendre un tel service
Au monde entier de cette manière,
A résisté à cette exigence injuste ;
Car le pape ne peut commander,
Et le roi ne doit pas obéir au pape.
Ce pape, bien qu’il soit tout-puissant,
Et qu’il puisse user de violence,
A envoyé sa bulle de condamnation,
Avec des malédictions et des interdits.
2980 Le roi, face à cette injustice,
Pour préserver son royaume de l’esclavage,
A été conseillé par ses barons
De résister de toutes ses forces.
Se cachait, jusqu’à ce que les vents soufflent
Et le disperse de tous côtés.
2950 Ce Bonefas, qui ne peut cacher
La tromperie de son usurpation,
A ouvertement révélé son plan
Pour s’emparer du papauté.
Mais tout ce qui commence par l’injustice
Ne finit jamais bien ;
Là où l’orgueil courbe la lance,
Il est complètement chassé du droit chemin :
Ainsi le pape dont je parle,
Lorsqu’il se tenait au sommet du pouvoir,
2960 Ne pouvait se supporter lui-même.
L’envie, qui est dépourvue d’amour,
Et l’orgueil, qui est sans loi,
Avec une telle tempête l’ont égaré,
Au point que la charité en a disparu :
Ainsi, à cause de cette mauvaise gouvernance,
Le roi de France, Loys,
A contesté son arrogance,
Et a dit qu’il devait rendre hommage
Au corps même du pape.
2970 Mais lui, qui ne savait pas pourquoi
Il devait rendre un tel service
Au monde entier de cette manière,
A résisté à cette exigence injuste ;
Car le pape ne peut commander,
Et le roi ne doit pas obéir au pape.
Ce pape, bien qu’il soit tout-puissant,
Et qu’il puisse user de violence,
A envoyé sa bulle de condamnation,
Avec des malédictions et des interdits.
2980 Le roi, face à cette injustice,
Pour préserver son royaume de l’esclavage,
A été conseillé par ses barons
De résister de toutes ses forces.
Page 436
Ainsi la cause fut portée devant le pape,
Et l’on dit que le pape voulait leur accorder honneur et grandeur
En tout ce qui est spirituel ;
Mais cette fierté temporelle
De Boneface en sa personne,
Oui, cette injustice envers tous…
Ils voulaient entrer en débat :
Ainsi l’homme, mais pas l’État,
Les échevins français purent le contrarier.
Il y avait un chevalier,
Sire Guillaume de Langharet,
Qui fut chargé de cette affaire ;
Alors il rassembla des hommes d’armes et partit,
Si loin et sur une telle distance,
Qu’un jour, alors que le pape était à Avignon,
Il dut quitter la ville pour se rendre à Pontsorge,
Qui est un château en Provence appartenant au pape.
Sur le chemin, tandis qu’il avançait,
Ce chevalier, qui était embusqué derrière son cheval,
L’attaqua soudainement,
Le fit tomber de son cheval,
Et dit : « Ô toi, qui as offensé
La cour de France par ton crime,
Maintenant tu chanteras une autre chanson :
Tu seras puni, sans aucune conscience,
Et tu tomberas dans le malheur.
Nous ne plaidons pas contre le pape,
Car ce nom est honorable ;
Mais toi, qui es trompeur et perfide dans toutes tes actions,
Toi, Boneface, toi, orgueilleux clerc ! »
Et l’on dit que le pape voulait leur accorder honneur et grandeur
En tout ce qui est spirituel ;
Mais cette fierté temporelle
De Boneface en sa personne,
Oui, cette injustice envers tous…
Ils voulaient entrer en débat :
Ainsi l’homme, mais pas l’État,
Les échevins français purent le contrarier.
Il y avait un chevalier,
Sire Guillaume de Langharet,
Qui fut chargé de cette affaire ;
Alors il rassembla des hommes d’armes et partit,
Si loin et sur une telle distance,
Qu’un jour, alors que le pape était à Avignon,
Il dut quitter la ville pour se rendre à Pontsorge,
Qui est un château en Provence appartenant au pape.
Sur le chemin, tandis qu’il avançait,
Ce chevalier, qui était embusqué derrière son cheval,
L’attaqua soudainement,
Le fit tomber de son cheval,
Et dit : « Ô toi, qui as offensé
La cour de France par ton crime,
Maintenant tu chanteras une autre chanson :
Tu seras puni, sans aucune conscience,
Et tu tomberas dans le malheur.
Nous ne plaidons pas contre le pape,
Car ce nom est honorable ;
Mais toi, qui es trompeur et perfide dans toutes tes actions,
Toi, Boneface, toi, orgueilleux clerc ! »
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3020 Misledere of the Papacie, 801
P. i.
Ce faux corps devra disparaître 261
Et subira ce qu’il a mérité.
Voilà ainsi que le usurpateur fut traité ;
On le transporta en France
Et on le fit pénitencer
Dans une tour, sous de sévères chaînes,
Où, de faim, il donnait à manger à ses chiens
Et les tuait, Dieu sait comment :
3030 Les écrits à son sujet sont encore aujourd’hui
Enregistrés, comme un homme peut le voir ici,
Qui parle et dit en ces termes :
« En vérité, le renard était rusé », Cronica Bonefacii.
Tu es entré comme un renard,
Tu as régné avec orgueil comme un lion,
Et tu as été comme le lion dans sa fureur ; tu es mort comme un chien.
Mais à la fin, ta mort fut semblable à celle des chiens.
Telle est la teneur de sa chronique
Proclamée à la Cour de Rome,
3040 Dont l’exemple sage est connu.
Et maintenant, autant que je le peux,
Je conseille à tous les autres hommes de faire attention
À ce que personne ne détourne
La vraie recherche, en aucune manière,
Par ruse ou tromperie :
Car cet honneur que Aaron a reçu
Ne sera pas accordé, comme le dit le livre,
Mais il sera appelé tel qu’il était.
3050 Que dois-je penser dans ce cas, P. i. ?
262
De ce que je vois aujourd’hui,
Je ne le sais pas ; mais celui qui peut et doit,
Qui est à la fois raison et nature,
L’aide pour guérir chaque homme,
Il protège Simon du peuple. 802
Car Joachim, cet abbé, a dit : Nota de prophecia
Ioachim Abbatis.
Comment de tels jours devaient arriver.
P. i.
Ce faux corps devra disparaître 261
Et subira ce qu’il a mérité.
Voilà ainsi que le usurpateur fut traité ;
On le transporta en France
Et on le fit pénitencer
Dans une tour, sous de sévères chaînes,
Où, de faim, il donnait à manger à ses chiens
Et les tuait, Dieu sait comment :
3030 Les écrits à son sujet sont encore aujourd’hui
Enregistrés, comme un homme peut le voir ici,
Qui parle et dit en ces termes :
« En vérité, le renard était rusé », Cronica Bonefacii.
Tu es entré comme un renard,
Tu as régné avec orgueil comme un lion,
Et tu as été comme le lion dans sa fureur ; tu es mort comme un chien.
Mais à la fin, ta mort fut semblable à celle des chiens.
Telle est la teneur de sa chronique
Proclamée à la Cour de Rome,
3040 Dont l’exemple sage est connu.
Et maintenant, autant que je le peux,
Je conseille à tous les autres hommes de faire attention
À ce que personne ne détourne
La vraie recherche, en aucune manière,
Par ruse ou tromperie :
Car cet honneur que Aaron a reçu
Ne sera pas accordé, comme le dit le livre,
Mais il sera appelé tel qu’il était.
3050 Que dois-je penser dans ce cas, P. i. ?
262
De ce que je vois aujourd’hui,
Je ne le sais pas ; mais celui qui peut et doit,
Qui est à la fois raison et nature,
L’aide pour guérir chaque homme,
Il protège Simon du peuple. 802
Car Joachim, cet abbé, a dit : Nota de prophecia
Ioachim Abbatis.
Comment de tels jours devaient arriver.
Page 438
Que dans tous les lieux où se trouvent des marchands, il y aura autant de mercenaires que possible dans l’église. Les marchands de ces marchandises racontent des histoires trompeuses et mensongères à mes oreilles. Tant de dettes doivent être payées… Je ne veux pas en entendre parler. Afin qu’il ne puisse, par honte, parler d’une telle méchanceté chez les hommes. Mais Dieu a interdit que cela arrive en notre temps, comme Il le dit : car si le clerc garde sa foi en tant que marchand lors d’un tel marché, alors il ne restera plus rien de tout ce qui appartient au monde. Car lorsque le prêtre commet une erreur, je ne sais pas quelle autre chose pourrait être juste. De plus, chez les hommes, l’envie est si présente que la conscience est complètement altérée ; personne ne regarde vers le vice, qui est la source de toute méchanceté. C’est cette envie fausse qui provoque tant de tromperies. Car dès qu’il voit quelqu’un d’autre qui est plus gracieux que lui, cela ne peut pas rester sans conséquence. Cette vice est maintenant très répandu partout. L’envie est vraiment un fléau terrible. [Joab. Ahitophel.] Lorsque Joab fut trompé, comment Joab, chef de l’armée, Abner, par peur, devint envieux envers David. Abner fut tué à cause de l’envie. De même, Ahitophel, à cause de ses conseils, ne put rien accomplir. Il vit que Absalom était préféré à lui, alors, poussé par l’envie, il se pendit.
Page 439
Sénèque témoigne ouvertement [De la nature de l’envie.]
Comment l’envie, en réalité,
Est comme la servante commune à la cour,
Et comme la serveuse dans une auberge miteuse
Qui sert une boisson qui brûle le cœur,
3100 Et fait tourner la raison en rond ;
Elle cherche par tous les moyens
À surpasser tous les autres,
Comme celui qui, par méchanceté,
Envie toute forme de bonheur ;
Ainsi tu peux bien savoir et voir
Qu’il n’y a pas de vice pareil à lui,
D’abord abominable envers Dieu,
Et inutile pour l’humanité :
Et ce ne sont là que quelques mots ;
3110 Je vais le prouver et le montrer clairement. P. i.
294
VI. L’envie, stimulée sans cause, mène à l’échec,
Car sans tentateur, le crime existe déjà.
Il n’est pas nécessaire d’essayer de bander l’arc de Cupidon,
Puisque la flamme éthnique de Vénus dévore déjà.
Sans rougeur au visage, une pâleur sombre le recouvre ;
Les autres membres, de nature froide, en témoignent.
L’envie, si je dois la décrire,
N’est pas digne d’être épouse
Sur cette terre, parmi les femmes ;
Ici, le confesseur décrit sa nature,
Car il n’y a en lui aucune matière
D’envie suffisante pour lui procurer du plaisir.
Par sa forte réserve, conformément
À la nature même de ce vice,
Il semble toujours malheureux, en bref.
Il n’est pas capable d’aimer ;
Et il brûle tant à l’intérieur,
3120 Que ce genre de personne ne peut tirer aucun profit
De ce dont elle devrait se réjouir dans l’amour :
Car ce sang qui devrait circuler
Dans les veines les plus tendres…
Comment l’envie, en réalité,
Est comme la servante commune à la cour,
Et comme la serveuse dans une auberge miteuse
Qui sert une boisson qui brûle le cœur,
3100 Et fait tourner la raison en rond ;
Elle cherche par tous les moyens
À surpasser tous les autres,
Comme celui qui, par méchanceté,
Envie toute forme de bonheur ;
Ainsi tu peux bien savoir et voir
Qu’il n’y a pas de vice pareil à lui,
D’abord abominable envers Dieu,
Et inutile pour l’humanité :
Et ce ne sont là que quelques mots ;
3110 Je vais le prouver et le montrer clairement. P. i.
294
VI. L’envie, stimulée sans cause, mène à l’échec,
Car sans tentateur, le crime existe déjà.
Il n’est pas nécessaire d’essayer de bander l’arc de Cupidon,
Puisque la flamme éthnique de Vénus dévore déjà.
Sans rougeur au visage, une pâleur sombre le recouvre ;
Les autres membres, de nature froide, en témoignent.
L’envie, si je dois la décrire,
N’est pas digne d’être épouse
Sur cette terre, parmi les femmes ;
Ici, le confesseur décrit sa nature,
Car il n’y a en lui aucune matière
D’envie suffisante pour lui procurer du plaisir.
Par sa forte réserve, conformément
À la nature même de ce vice,
Il semble toujours malheureux, en bref.
Il n’est pas capable d’aimer ;
Et il brûle tant à l’intérieur,
3120 Que ce genre de personne ne peut tirer aucun profit
De ce dont elle devrait se réjouir dans l’amour :
Car ce sang qui devrait circuler
Dans les veines les plus tendres…
Page 440
C’est là une souffrance de cette sorte d’incertitude,
Par laquelle l’Envie est enflammée.
Et ainsi je pourrai prouver clairement
Que l’Envie n’a rien à voir avec l’amour ;
Sinon, si elle existe bel et bien,
Quelle que soit la direction où elle se tourne,
c’est le pire des vices de tous,
Celui qui contient en lui-même le plus de méchanceté.
Car comprenez que chaque vice
a une cause, à partir de laquelle il naît,
Mais personne ne connaît la cause de l’Envie,
Depuis quand elle est sortie de l’enfer.
Car c’est ce que disent les sages clercs, P. i. 265 :
Aucun esprit, même celui plein de méchanceté,
n’est tenté par un vice sans qu’il y ait une raison ;
Et tel est le cas de l’Envie : elle a engendré la peur
et la méchanceté en est sa source,
à partir de laquelle elle crée ses ruses.
Et elle est elle-même consumée par cela.
Ainsi, il ne peut y avoir de joie véritable ;
Car plus il envie, plus il se pervertit lui-même.
Ainsi, l’Envie aspire ardemment
à devenir l’héritier du diable,
comme celui qui lui est le plus proche,
et le plus éloigné du ciel,
car là-bas, il ne pourra jamais entrer.
C’est pourquoi, mon bon fils, Confesseur,
si tu veux trouver un moyen sûr
d’aimer, chasse l’Envie.
Mon saint Père, pourquoi donc, ô Amans,
devrais-je éviter ce vice ?
Mais pour renforcer mon courage,
si vous voulez y mettre un remède,
ce serait un grand désir.
Par laquelle l’Envie est enflammée.
Et ainsi je pourrai prouver clairement
Que l’Envie n’a rien à voir avec l’amour ;
Sinon, si elle existe bel et bien,
Quelle que soit la direction où elle se tourne,
c’est le pire des vices de tous,
Celui qui contient en lui-même le plus de méchanceté.
Car comprenez que chaque vice
a une cause, à partir de laquelle il naît,
Mais personne ne connaît la cause de l’Envie,
Depuis quand elle est sortie de l’enfer.
Car c’est ce que disent les sages clercs, P. i. 265 :
Aucun esprit, même celui plein de méchanceté,
n’est tenté par un vice sans qu’il y ait une raison ;
Et tel est le cas de l’Envie : elle a engendré la peur
et la méchanceté en est sa source,
à partir de laquelle elle crée ses ruses.
Et elle est elle-même consumée par cela.
Ainsi, il ne peut y avoir de joie véritable ;
Car plus il envie, plus il se pervertit lui-même.
Ainsi, l’Envie aspire ardemment
à devenir l’héritier du diable,
comme celui qui lui est le plus proche,
et le plus éloigné du ciel,
car là-bas, il ne pourra jamais entrer.
C’est pourquoi, mon bon fils, Confesseur,
si tu veux trouver un moyen sûr
d’aimer, chasse l’Envie.
Mon saint Père, pourquoi donc, ô Amans,
devrais-je éviter ce vice ?
Mais pour renforcer mon courage,
si vous voulez y mettre un remède,
ce serait un grand désir.
Page 441
Que je puisse fuir ce vice.
Comprends bien, mon Fils, et écoute, Confesseur.
Il y a une remède pour ceux qui cherchent,
Et des vertus aussi pour les vices.
Celui qui veut éviter les vices
Doit être plus sage que les vices eux-mêmes.
P. i. 266
Les vertus ; car par leur force
Il peut dompter les vices,
Car ensemble ils ne peuvent plus lutter :
3170 Car comme l’eau d’une source
Éteint le feu, ainsi la vertu élimine le vice.
Même l’envie est de l’amour,
Qui est la mesure de la pitié,
Elle rend le cœur d’un homme tendre,
Afin qu’il ne puisse engendrer aucune méchanceté [l’amour et
la pitié.]
En celui qui y est enclin.809
Car son cœur est si tempéré,
Que, bien qu’il puisse se soulager lui-même,
3180 il ne veut pas affliger un autre,
Mais plutôt, pour plaire à autrui,
Il endure la peine lui-même,
Aussi désire-t-il soulager l’autre.
Pour cela, mon Fils, à cause de cette compassion,
Écoute maintenant une histoire que je raconte,
Et comprends-la bien, je te le dis.
Parmi les livres en latin [L’histoire de
Constantin et
Je trouve écrit sur Constantin Silvestre.]
Le digne Empereur de Rome, Hic ponit Confesseur
3190 décrivit de telles misères qui lui arrivèrent, exemple de
Quand il était dans sa jeunesse, par la vertu de l’amour
contre l’envie. Et
Il raconte comment la lèpre s’empara de son visage,
Et ainsi de suite partout, Constantin Helene
Si bien qu’il ne pouvait plus sortir à cheval : à son fils, qui avec
l’Empire romain
Il abandonna tant son bouclier que son épée, sa dignité
Comme celui qui ne pouvait plus le guérir, atteint d’une maladie
Et il le garda enfermé dans sa chambre, infecté de lèpre.
Comprends bien, mon Fils, et écoute, Confesseur.
Il y a une remède pour ceux qui cherchent,
Et des vertus aussi pour les vices.
Celui qui veut éviter les vices
Doit être plus sage que les vices eux-mêmes.
P. i. 266
Les vertus ; car par leur force
Il peut dompter les vices,
Car ensemble ils ne peuvent plus lutter :
3170 Car comme l’eau d’une source
Éteint le feu, ainsi la vertu élimine le vice.
Même l’envie est de l’amour,
Qui est la mesure de la pitié,
Elle rend le cœur d’un homme tendre,
Afin qu’il ne puisse engendrer aucune méchanceté [l’amour et
la pitié.]
En celui qui y est enclin.809
Car son cœur est si tempéré,
Que, bien qu’il puisse se soulager lui-même,
3180 il ne veut pas affliger un autre,
Mais plutôt, pour plaire à autrui,
Il endure la peine lui-même,
Aussi désire-t-il soulager l’autre.
Pour cela, mon Fils, à cause de cette compassion,
Écoute maintenant une histoire que je raconte,
Et comprends-la bien, je te le dis.
Parmi les livres en latin [L’histoire de
Constantin et
Je trouve écrit sur Constantin Silvestre.]
Le digne Empereur de Rome, Hic ponit Confesseur
3190 décrivit de telles misères qui lui arrivèrent, exemple de
Quand il était dans sa jeunesse, par la vertu de l’amour
contre l’envie. Et
Il raconte comment la lèpre s’empara de son visage,
Et ainsi de suite partout, Constantin Helene
Si bien qu’il ne pouvait plus sortir à cheval : à son fils, qui avec
l’Empire romain
Il abandonna tant son bouclier que son épée, sa dignité
Comme celui qui ne pouvait plus le guérir, atteint d’une maladie
Et il le garda enfermé dans sa chambre, infecté de lèpre.
Page 442
Dans tout le monde, sa renommée s’est répandue ; les médecins, pour lui rendre la santé,
Les grands serviteurs étaient d’accord avec ce traitement au sang,
Et sur son ordre, des garçons vinrent
Pour traiter ce seigneur par des bains. Ils décidèrent de le laver ainsi,
En utilisant ce remède avec une multitude innombrable de femmes,
De les employer à ses côtés, et de décider avec leurs fils
Que, comme cela avait été fait auparavant avec ce genre de remède,
Ils voulaient le laver dans le sang des enfants, autour du palais,
Dans un délai de sept hivers : L’empereur,
Car, selon eux, cela devait apaiser leurs gémissements et
La lèpre ainsi que toute violence, tous les cris,
Par charité – car ils connaissaient les mouvements causés par l’accident –
Et aucune espèce n’était épargnée. Ainsi dit-il : « Ô vraiment, lui-même… »
Et alors tous s’accordèrent, car c’était le seigneur qui
Se faisait serviteur par piété. Quant à la conclusion finale, c’était par piété.
Et ils exposèrent ici leur opinion au empereur ; il prit aussitôt conseil du Tout-Puissant,
Et, confiant cette tâche à ceux-ci, avec des lettres et des sceaux, il envoya hors du palais leur maladie,
Pour éviter la mort des enfants,
Les jeunes enfants mouraient de soif ; le bienveillant choisit autre chose.
Leur sang, dirent-ils, deviendrait du lait. Ainsi, celui qui
Avant était païen et lépreux,
Il n’y eut plus personne pour pleurer ou crier parmi les femmes, lorsqu’elles reçurent le baptême,
Car cette cause fut portée avec dignité ; né de nouveau, à la fois corps et âme,
Ainsi les femmes eurent maintenant une âme, par miracle divin,
Avec des enfants posés sur la tête.
Il y eut beaucoup de joies et de salut.
Mais qu’ils fussent aimés ou haïs,
Les femmes et les enfants furent tous amenés dans le palais.
Avec de nombreux cœurs tristes, ceux qui avaient porté ces enfants dans leur corps les perdirent.
Les grands serviteurs étaient d’accord avec ce traitement au sang,
Et sur son ordre, des garçons vinrent
Pour traiter ce seigneur par des bains. Ils décidèrent de le laver ainsi,
En utilisant ce remède avec une multitude innombrable de femmes,
De les employer à ses côtés, et de décider avec leurs fils
Que, comme cela avait été fait auparavant avec ce genre de remède,
Ils voulaient le laver dans le sang des enfants, autour du palais,
Dans un délai de sept hivers : L’empereur,
Car, selon eux, cela devait apaiser leurs gémissements et
La lèpre ainsi que toute violence, tous les cris,
Par charité – car ils connaissaient les mouvements causés par l’accident –
Et aucune espèce n’était épargnée. Ainsi dit-il : « Ô vraiment, lui-même… »
Et alors tous s’accordèrent, car c’était le seigneur qui
Se faisait serviteur par piété. Quant à la conclusion finale, c’était par piété.
Et ils exposèrent ici leur opinion au empereur ; il prit aussitôt conseil du Tout-Puissant,
Et, confiant cette tâche à ceux-ci, avec des lettres et des sceaux, il envoya hors du palais leur maladie,
Pour éviter la mort des enfants,
Les jeunes enfants mouraient de soif ; le bienveillant choisit autre chose.
Leur sang, dirent-ils, deviendrait du lait. Ainsi, celui qui
Avant était païen et lépreux,
Il n’y eut plus personne pour pleurer ou crier parmi les femmes, lorsqu’elles reçurent le baptême,
Car cette cause fut portée avec dignité ; né de nouveau, à la fois corps et âme,
Ainsi les femmes eurent maintenant une âme, par miracle divin,
Avec des enfants posés sur la tête.
Il y eut beaucoup de joies et de salut.
Mais qu’ils fussent aimés ou haïs,
Les femmes et les enfants furent tous amenés dans le palais.
Avec de nombreux cœurs tristes, ceux qui avaient porté ces enfants dans leur corps les perdirent.
Page 443
Bientôt ils devraient être punis.
Les pleurs des pauvres résonnaient ici,
Et beaucoup d’entre eux tombèrent endormis,
Les jeunes enfants criaient tous :
Ce bruit parvint aux oreilles du seigneur,
Il regarda dehors et vit ce qui se passait.
Comme on le raconte, il sortit de son sommeil et dit ainsi :
« Ô toi, providence divine,
Qui as fait en chacun, selon sa nature,
Que le pauvre soit né comme le riche,
Et meure de la même manière,
Sous le même ciel, dans les mêmes souffrances et misères ;
Ne laisse pas cette fortune
Que la loi naturelle a fixée pour chaque être ;
La force et la beauté sont données à chacun également,
Afin que nul ne soit privilégié
Selon la disposition de son corps physique.
De même, l’enfant pauvre est né capable
De vertu, tout comme le fils des rois ;
Car chacun, selon ses désirs,
Peut choisir le vice ou la vertu.
Ainsi, tous étaient égaux au départ,
Mais bientôt ils furent divisés :
Certains reçurent le malheur et la richesse,
D’autres la pauvreté et la détresse ;
Certains dominent, d’autres servent ;
Mais en fin de compte, chacun reçoit ce qu’il mérite
Dans ce monde, comme il le mérite ici-bas.
Cependant, il existe certainement de bonnes raisons
Pour être dans une bonne condition. »
Les pleurs des pauvres résonnaient ici,
Et beaucoup d’entre eux tombèrent endormis,
Les jeunes enfants criaient tous :
Ce bruit parvint aux oreilles du seigneur,
Il regarda dehors et vit ce qui se passait.
Comme on le raconte, il sortit de son sommeil et dit ainsi :
« Ô toi, providence divine,
Qui as fait en chacun, selon sa nature,
Que le pauvre soit né comme le riche,
Et meure de la même manière,
Sous le même ciel, dans les mêmes souffrances et misères ;
Ne laisse pas cette fortune
Que la loi naturelle a fixée pour chaque être ;
La force et la beauté sont données à chacun également,
Afin que nul ne soit privilégié
Selon la disposition de son corps physique.
De même, l’enfant pauvre est né capable
De vertu, tout comme le fils des rois ;
Car chacun, selon ses désirs,
Peut choisir le vice ou la vertu.
Ainsi, tous étaient égaux au départ,
Mais bientôt ils furent divisés :
Certains reçurent le malheur et la richesse,
D’autres la pauvreté et la détresse ;
Certains dominent, d’autres servent ;
Mais en fin de compte, chacun reçoit ce qu’il mérite
Dans ce monde, comme il le mérite ici-bas.
Cependant, il existe certainement de bonnes raisons
Pour être dans une bonne condition. »
Page 444
Qui a sous sa domination
Les hommes qui lui ressemblent.
Et il se souvint aussi
Comment celui qui établit les lois voulait
Lier tous les hommes à la loi,
Et ordonna qu’un homme, tel qu’il le voulait,
Envers lui-même devait agir
De même envers un autre.
3280 Ainsi ce noble seigneur, comme s’il
Mettait ses propres intérêts en balance
Et débattait avec lui-même,
Pensa qu’il n’était pas bon
Que tant de sang d’hommes soit versé
Pour sa seule raison.
P. i.
Il vit aussi la grande misère,
Due au chagrin des mères,
Et aux souffrances causées aux enfants,
Ce qui émut profondément son cœur,
3290 et suscita en lui tant de pitié,
Qu’il préféra sacrifier son propre corps
Plutôt que de voir une telle cruauté
Sur du sang qui ne peut rien faire.
Ainsi, par pitié, il abandonna
Tous les autres désirs,
Et confia tout à la providence divine ;
Et dit : « Celui qui veut être maître
3300 doit être serviteur de la pitié. »
Ainsi, il fut submergé par la charité,
Au point d’abandonner ses conseillers et ses fonctionnaires,
Et ordonna à ses trésoriers
De distribuer tous ses trésors
Aux pauvres femmes et enfants,
Afin qu’ils puissent les nourrir et les vêtir.
Les hommes qui lui ressemblent.
Et il se souvint aussi
Comment celui qui établit les lois voulait
Lier tous les hommes à la loi,
Et ordonna qu’un homme, tel qu’il le voulait,
Envers lui-même devait agir
De même envers un autre.
3280 Ainsi ce noble seigneur, comme s’il
Mettait ses propres intérêts en balance
Et débattait avec lui-même,
Pensa qu’il n’était pas bon
Que tant de sang d’hommes soit versé
Pour sa seule raison.
P. i.
Il vit aussi la grande misère,
Due au chagrin des mères,
Et aux souffrances causées aux enfants,
Ce qui émut profondément son cœur,
3290 et suscita en lui tant de pitié,
Qu’il préféra sacrifier son propre corps
Plutôt que de voir une telle cruauté
Sur du sang qui ne peut rien faire.
Ainsi, par pitié, il abandonna
Tous les autres désirs,
Et confia tout à la providence divine ;
Et dit : « Celui qui veut être maître
3300 doit être serviteur de la pitié. »
Ainsi, il fut submergé par la charité,
Au point d’abandonner ses conseillers et ses fonctionnaires,
Et ordonna à ses trésoriers
De distribuer tous ses trésors
Aux pauvres femmes et enfants,
Afin qu’ils puissent les nourrir et les vêtir.
Page 445
Et sans perte de cheveu ni de poil.
3310 Sans perdre un seul cheveu.
Par la charité, il dépense ainsi
Son bien, afin d’améliorer
Le sort des pauvres gens, et d’atténuer
Le mal qui les afflige tant :823
Ainsi, la tristesse des nuits sombres
Se transforme en joie au matin ; P. i.
271
Toutes les pensées, tous les bénédictions,
Qui étaient auparavant larmes et malédictions,
Ces femmes vont maintenant joyeuses,
3320 Déjà pleines de joie pour les autres misérables,
Et elles louent ce seigneur généreux,
Qui a mis fin aux plaintes,
Et a renoncé à sa propre volonté
Par charité, pour l’amour de Dieu.
Mais désormais tu verras ici
Ce que Dieu a fait en cette affaire,
Comme celui qui agit toujours avec équité.
Celui qui a créé la charité
Était lui-même charitable,
3330 Et il avait pitié de ceux qui souffraient :
Car on n’a jamais su
Que la charité puisse être injuste.
La nuit où il fut conduit au sommeil,
Le dieu suprême, qui voulait le protéger,
Envoya saint Pierre et saint Paul vers lui,
Afin qu’ils guérissent sa lèpre.
Ils apparurent à lui endormi
Au nom de Dieu, et dirent en ces termes :
« Ô Constantin, puisque tu as servi
3340 La pitié, tu as mérité la pitié :
Ainsi tu recevras une telle pitié
Que Dieu, par pitié, voudra te sauver.
Ainsi tu trouveras un double salut,
D’abord pour ton corps,
Et aussi pour ton âme misérable. »
3310 Sans perdre un seul cheveu.
Par la charité, il dépense ainsi
Son bien, afin d’améliorer
Le sort des pauvres gens, et d’atténuer
Le mal qui les afflige tant :823
Ainsi, la tristesse des nuits sombres
Se transforme en joie au matin ; P. i.
271
Toutes les pensées, tous les bénédictions,
Qui étaient auparavant larmes et malédictions,
Ces femmes vont maintenant joyeuses,
3320 Déjà pleines de joie pour les autres misérables,
Et elles louent ce seigneur généreux,
Qui a mis fin aux plaintes,
Et a renoncé à sa propre volonté
Par charité, pour l’amour de Dieu.
Mais désormais tu verras ici
Ce que Dieu a fait en cette affaire,
Comme celui qui agit toujours avec équité.
Celui qui a créé la charité
Était lui-même charitable,
3330 Et il avait pitié de ceux qui souffraient :
Car on n’a jamais su
Que la charité puisse être injuste.
La nuit où il fut conduit au sommeil,
Le dieu suprême, qui voulait le protéger,
Envoya saint Pierre et saint Paul vers lui,
Afin qu’ils guérissent sa lèpre.
Ils apparurent à lui endormi
Au nom de Dieu, et dirent en ces termes :
« Ô Constantin, puisque tu as servi
3340 La pitié, tu as mérité la pitié :
Ainsi tu recevras une telle pitié
Que Dieu, par pitié, voudra te sauver.
Ainsi tu trouveras un double salut,
D’abord pour ton corps,
Et aussi pour ton âme misérable. »
Page 446
Tu seras sauvé, toi et tous les tiens.
Et afin que tu ne te désespères point, P. i.
272
La lèpre ne persistera plus
Jusqu’à ce que tu y envoies
3350 Quelqu’un sur le mont Célion,
Où Silvestre et son clergé
Se battent ensemble pour toi,
Car depuis de nombreux jours
Tu es resté un fardeau pour le Christ,
Et tu as causé une grande honte
Aux prêches de son nom sacré.
Mais maintenant, tu as quelque peu apaisé
Ton Dieu, et tu l’as satisfait par de bonnes actions,
En ayant épargné la vie à ceux que tu avais condamnés.
Pour ta salut,
Tu recevras des instructions,
Comme Silvestre te les enseignera :
« La fin de toute autre maladie. »
Cet empereur, qui entendit tout cela,
« Accordez-moi votre grâce, seigneurs », répondit-il,
« Je ferai ce que vous me dites.
Mais il y a une chose pour laquelle je voudrais prier :
Que dois-je dire à Silvestre,
3370 De votre nom ou de votre identité ? »
Ils lui révélèrent ce qu’ils savaient,
Et aussitôt, hors de sa vue,
Ils s’envolèrent vers le ciel.
Il sortit de son sommeil, appela, et des hommes arrivèrent aussitôt :
Il leur raconta son rêve, et ils cherchèrent sans tarder
3380 Le mont où Silvestre se trouvait,
Le trouvèrent, l’amenèrent auprès de l’empereur,
Qui lui rapporta son rêve ainsi que tout ce qu’il voulait savoir.
Et afin que tu ne te désespères point, P. i.
272
La lèpre ne persistera plus
Jusqu’à ce que tu y envoies
3350 Quelqu’un sur le mont Célion,
Où Silvestre et son clergé
Se battent ensemble pour toi,
Car depuis de nombreux jours
Tu es resté un fardeau pour le Christ,
Et tu as causé une grande honte
Aux prêches de son nom sacré.
Mais maintenant, tu as quelque peu apaisé
Ton Dieu, et tu l’as satisfait par de bonnes actions,
En ayant épargné la vie à ceux que tu avais condamnés.
Pour ta salut,
Tu recevras des instructions,
Comme Silvestre te les enseignera :
« La fin de toute autre maladie. »
Cet empereur, qui entendit tout cela,
« Accordez-moi votre grâce, seigneurs », répondit-il,
« Je ferai ce que vous me dites.
Mais il y a une chose pour laquelle je voudrais prier :
Que dois-je dire à Silvestre,
3370 De votre nom ou de votre identité ? »
Ils lui révélèrent ce qu’ils savaient,
Et aussitôt, hors de sa vue,
Ils s’envolèrent vers le ciel.
Il sortit de son sommeil, appela, et des hommes arrivèrent aussitôt :
Il leur raconta son rêve, et ils cherchèrent sans tarder
3380 Le mont où Silvestre se trouvait,
Le trouvèrent, l’amenèrent auprès de l’empereur,
Qui lui rapporta son rêve ainsi que tout ce qu’il voulait savoir.
Page 447
Et quand Silvestre eut raconté au roi,
Il fut très joyeux de cela,
Et il commença, avec toute son intelligence,
À lui enseigner les Écritures sacrées :
D’abord comment l’humanité fut perdue,
Et comment le Dieu tout-puissant envoya alors
Son Fils du ciel,
Qui naquit par amour pour les hommes,
Et après avoir choisi ses disciples,
Il prit sa mort sur la croix ;
Et comment il fut mis dans le tombeau,
Et comment il brisa les chaînes de l’enfer,
Et fit sortir ceux qui lui étaient chers ;
Et pour nous faire croire pleinement
Qu’il était vraiment le Fils de Dieu,
Même issu de la race humaine,
Il ressuscita au troisième jour,
Et quand il le voulut, comme il le pouvait,
Il monta auprès de son Père, en chair et en sang, vers le ciel ;
Et de même, sous la même forme,
En chair et en sang, il se reformera,
Lorsque viendra le temps, dans ce jour terrible,
Où chacun recevra son sort,
Que ce soit le maître ou le simple serviteur.
Les rois puissants ne pourront
Faire durer ce jour sans valeur
Avec toute leur force pour le défendre ;
Car chacun devra compter uniquement sur ses propres efforts
Et négliger tous les autres besoins des hommes.
Ce jour-là, aucun conseil ne sera utile,
Ni les prières ni les supplications ne serviront à rien,
Le jugement de ce jour-là
Ne pourra être différé ;
Là, aucune richesse ne pourra fléchir le Juge.
Il fut très joyeux de cela,
Et il commença, avec toute son intelligence,
À lui enseigner les Écritures sacrées :
D’abord comment l’humanité fut perdue,
Et comment le Dieu tout-puissant envoya alors
Son Fils du ciel,
Qui naquit par amour pour les hommes,
Et après avoir choisi ses disciples,
Il prit sa mort sur la croix ;
Et comment il fut mis dans le tombeau,
Et comment il brisa les chaînes de l’enfer,
Et fit sortir ceux qui lui étaient chers ;
Et pour nous faire croire pleinement
Qu’il était vraiment le Fils de Dieu,
Même issu de la race humaine,
Il ressuscita au troisième jour,
Et quand il le voulut, comme il le pouvait,
Il monta auprès de son Père, en chair et en sang, vers le ciel ;
Et de même, sous la même forme,
En chair et en sang, il se reformera,
Lorsque viendra le temps, dans ce jour terrible,
Où chacun recevra son sort,
Que ce soit le maître ou le simple serviteur.
Les rois puissants ne pourront
Faire durer ce jour sans valeur
Avec toute leur force pour le défendre ;
Car chacun devra compter uniquement sur ses propres efforts
Et négliger tous les autres besoins des hommes.
Ce jour-là, aucun conseil ne sera utile,
Ni les prières ni les supplications ne serviront à rien,
Le jugement de ce jour-là
Ne pourra être différé ;
Là, aucune richesse ne pourra fléchir le Juge.
Page 448
3420 Afin qu’il ne puisse pas juger injustement
Et mettre chacun à sa place,
Que ce soit le paysan ou le chevalier :
Le pauvre homme, le haut fonctionnaire
Doit rester fidèle à son devoir,
Et tel qu’on le trouve, tel il restera pour toujours.
Là, aucune peine ne sera relâchée,
Là, aucune joie ne sera accrue,
Mais éternellement, comme ils l’ont fait,
3430 Il recevra l’une des deux punitions.
Ainsi Silvestre, avec sa scie,
Prêche avec grande dévotion les fondements de toute la nouvelle loi,
En expliquant point par point au souverain empereur ;
Et il dit que le Créateur suprême, dans sa bonté,
A créé tant de misères lorsqu’il a donné naissance aux enfants.
3440 Lorsque ce seigneur eut compris tout cela,
Il répondit à Silvestre de tout son cœur, disant
Qu’il était prêt à embrasser la foi.
Alors, le récipient qui contenait du sang,
Silvestre le remplit rapidement d’eau pure tirée du puits,
Et y plaça Constantin, complètement nu jusqu’au menton.
Et pendant que cela se faisait,
Une lumière, semblable à celle du soleil,
Vint du ciel vers l’endroit où il recevait le baptême ;
Et parmi toutes les histoires sacrées,
C’était comme si des écailles de poisson y étaient présentes.
Et mettre chacun à sa place,
Que ce soit le paysan ou le chevalier :
Le pauvre homme, le haut fonctionnaire
Doit rester fidèle à son devoir,
Et tel qu’on le trouve, tel il restera pour toujours.
Là, aucune peine ne sera relâchée,
Là, aucune joie ne sera accrue,
Mais éternellement, comme ils l’ont fait,
3430 Il recevra l’une des deux punitions.
Ainsi Silvestre, avec sa scie,
Prêche avec grande dévotion les fondements de toute la nouvelle loi,
En expliquant point par point au souverain empereur ;
Et il dit que le Créateur suprême, dans sa bonté,
A créé tant de misères lorsqu’il a donné naissance aux enfants.
3440 Lorsque ce seigneur eut compris tout cela,
Il répondit à Silvestre de tout son cœur, disant
Qu’il était prêt à embrasser la foi.
Alors, le récipient qui contenait du sang,
Silvestre le remplit rapidement d’eau pure tirée du puits,
Et y plaça Constantin, complètement nu jusqu’au menton.
Et pendant que cela se faisait,
Une lumière, semblable à celle du soleil,
Vint du ciel vers l’endroit où il recevait le baptême ;
Et parmi toutes les histoires sacrées,
C’était comme si des écailles de poisson y étaient présentes.
Page 449
Elles tombèrent de lui alors et ensuite,
Jusqu’à ce qu’il ne reste rien
De toute sa grande maladie.
3460 Car celui qui voulait le purifier,
Le dieu suprême l’a rendu pur,
Ainsi qu’il ne restât plus rien ;
Il l’a purifié en entier,
Le corps et aussi l’âme.
Ce même empereur, dans sa mort,
Savait que la foi du Christ était très puissante, P. i.
276
Et il envoya aussitôt ses lettres partout,
Et ordonna que l’on crie dans toutes les régions,
Sous peine de mort, que personne ne reçoive
3470 le baptême :830
Après sa mère, la reine Hélène,
Il envoya quelqu’un, et entre eux deux,
Ils agirent de telle sorte que toute la ville
Fut baptisée, et tout devint chrétien.
Cet empereur, que Dieu a trouvé,
F fit aussitôt construire à Rome831
Des lieux de culte, qu’il fit créer
Pour Pierre et pour Paul, à leur sujet il avait eu une vision ;832
3480 Et ainsi il obtint la possession
Du pouvoir et des biens du monde.
Mais bien que sa volonté fût bonne
Envers le pape et ses fidèles,
Les faits ont montré le contraire,
À voir les actions de cet empereur :
Car dans les chroniques, j’ai lu ceci ;833
Dès qu’il eut fait cela,
On entendit un bruit étrange,
Qui effraya toute Rome,
3490 Et on dit : « Aujourd’hui, le poison nuit
Dans le saint lieu temporel,
Celui qui s’immisce dans le spirituel. »835
Jusqu’à ce qu’il ne reste rien
De toute sa grande maladie.
3460 Car celui qui voulait le purifier,
Le dieu suprême l’a rendu pur,
Ainsi qu’il ne restât plus rien ;
Il l’a purifié en entier,
Le corps et aussi l’âme.
Ce même empereur, dans sa mort,
Savait que la foi du Christ était très puissante, P. i.
276
Et il envoya aussitôt ses lettres partout,
Et ordonna que l’on crie dans toutes les régions,
Sous peine de mort, que personne ne reçoive
3470 le baptême :830
Après sa mère, la reine Hélène,
Il envoya quelqu’un, et entre eux deux,
Ils agirent de telle sorte que toute la ville
Fut baptisée, et tout devint chrétien.
Cet empereur, que Dieu a trouvé,
F fit aussitôt construire à Rome831
Des lieux de culte, qu’il fit créer
Pour Pierre et pour Paul, à leur sujet il avait eu une vision ;832
3480 Et ainsi il obtint la possession
Du pouvoir et des biens du monde.
Mais bien que sa volonté fût bonne
Envers le pape et ses fidèles,
Les faits ont montré le contraire,
À voir les actions de cet empereur :
Car dans les chroniques, j’ai lu ceci ;833
Dès qu’il eut fait cela,
On entendit un bruit étrange,
Qui effraya toute Rome,
3490 Et on dit : « Aujourd’hui, le poison nuit
Dans le saint lieu temporel,
Celui qui s’immisce dans le spirituel. »835
Page 450
Et qu’il reste à ce degré
Il y a un homme qui voit la vérité :
Dieu peut le corriger, quand Il le veut ;
Je n’ai là aucune autre compétence. P. i.
277
Mais pour aller là-bas, j’ai commencé :
Comme l’amour peut aider un homme confesseur.
Aux deux mondes, j’ai dit :
3500 Et si tu as une erreur,
Mon Fils, tu pourrais comprendre,
Si l’amour est pris en main,
Alors suivent de nombreuses grâces.
Ainsi, si tu veux savoir
Comment fuir l’envie,
Arme-toi d’amour,
Qui est la vertu souveraine.
Mon père, je ferai mes efforts : Amans.
Pour cet exemple que vous avez donné,
3510 De tout mon cœur je l’ai retenu,
Afin que je fuie toujours davantage
L’envie ; et pour avoir commis cette faute,
Si ma pénitence m’y oblige.
Et à propos de mon sujet
De l’écriture, pourquoi nous sommes ici,
En privé entre nous deux,
Maintenant demande ce qu’il y a, je prie.
Mon bon Fils, et pour toi, confesseur.
3520 Je veux te dire ce qui est plus important,
Afin que tu connaisses les vices :
Car quand ils te seront bien connus,
Tu pourras les fuir encore mieux.
C’est pourquoi je pense aussitôt
À la forme comme au contenu,
Comme maintenant tu vas le voir ici P. i.
278
Quel vice vient après celui-ci ?
Et quand tu sauras comment c’est,
Comme tu vas me le décrire ici.
Il y a un homme qui voit la vérité :
Dieu peut le corriger, quand Il le veut ;
Je n’ai là aucune autre compétence. P. i.
277
Mais pour aller là-bas, j’ai commencé :
Comme l’amour peut aider un homme confesseur.
Aux deux mondes, j’ai dit :
3500 Et si tu as une erreur,
Mon Fils, tu pourrais comprendre,
Si l’amour est pris en main,
Alors suivent de nombreuses grâces.
Ainsi, si tu veux savoir
Comment fuir l’envie,
Arme-toi d’amour,
Qui est la vertu souveraine.
Mon père, je ferai mes efforts : Amans.
Pour cet exemple que vous avez donné,
3510 De tout mon cœur je l’ai retenu,
Afin que je fuie toujours davantage
L’envie ; et pour avoir commis cette faute,
Si ma pénitence m’y oblige.
Et à propos de mon sujet
De l’écriture, pourquoi nous sommes ici,
En privé entre nous deux,
Maintenant demande ce qu’il y a, je prie.
Mon bon Fils, et pour toi, confesseur.
3520 Je veux te dire ce qui est plus important,
Afin que tu connaisses les vices :
Car quand ils te seront bien connus,
Tu pourras les fuir encore mieux.
C’est pourquoi je pense aussitôt
À la forme comme au contenu,
Comme maintenant tu vas le voir ici P. i.
278
Quel vice vient après celui-ci ?
Et quand tu sauras comment c’est,
Comme tu vas me le décrire ici.
Page 451
3530 Peut-être pourrais-je me donner moi-même de meilleurs conseils.
Page 452
Livre Second explicite.
NOTES DE LIGATURE :
536 Vers latins i. 10 chez d’autres H₁ ... B₂, BΛ, W
537 31 nowher] now heer (ici) MX ... B₂
538 59 ate A, S, F chez J, B
539 60 get J, S, F gete AC, B
540 71 oþer (othir) MH₁, AdΔ, H₃ oþre AJEC, SB, F
541 78 further] fader KH₃
542 92 wolde] þought(e) XEC þough H₁RLB₂
543 96 write] Je écrit AM
544 116 en marge capere H₁ ... B₂, B
545 117 Bot] Bo F
546 119 en marge et omis par B
547 123 that men thanne knewe] þat men þat (omis knewe) A þat men þat knew M that than men knewe Ad of men that knewe H₃
548 129 no omis par AM
549 136 tyde B
550 149 set J, SB sette A, F
551 150 vyre (vire) H₁ ... L, B, W
552 160 lich] as B, KH₃
553 162 The whom AX, SAd, F Tho whome M To whom JH₁G ... B₂, Λ In whom K dans la ras. H₃ The which B, W Hom (omis The) Δ areste] haue reste J
554 176 þe helle AM (hille)
555 181 kept J, SB, F kepte A
556 193 Wher SAdBΔ
557 Vers latins ii. 1 Orta] Vita H₁ ... B₂, B
558 5 sorte] forte H₁XGRCLB₂
559 228 He] Him E, KH₃
560 298 which omis par B
561 310 mad S, F made AJ, B
562 315 en marge igitur (gi) diuicias carpere XER, B sibi diuicias capere MH₁, W igitur diuicias capere CL
563 346 What þat B What Ad
564 352 Ennvie F
565 354 thus] þis A et thus W
566 365-72 Huit lignes omises par SAdBΔΛ
567 377 the wise] þis wise B
568 378 euermore AJMG ... B₂, Magd forthermore W
569 Vers latins iii. 2 infamen F
570 401 the omis par AM
571 409 suche F
572 467 vnknowen vnkost R vnknowen gest AM
573 473 hade I wist] hade (had) wist XRC haddy wist(e) H₁ELB₂ haddiwist M, H₃ haddy I wist Ad
574 517 Al] And H₁ ... B₂, H₃
NOTES DE LIGATURE :
536 Vers latins i. 10 chez d’autres H₁ ... B₂, BΛ, W
537 31 nowher] now heer (ici) MX ... B₂
538 59 ate A, S, F chez J, B
539 60 get J, S, F gete AC, B
540 71 oþer (othir) MH₁, AdΔ, H₃ oþre AJEC, SB, F
541 78 further] fader KH₃
542 92 wolde] þought(e) XEC þough H₁RLB₂
543 96 write] Je écrit AM
544 116 en marge capere H₁ ... B₂, B
545 117 Bot] Bo F
546 119 en marge et omis par B
547 123 that men thanne knewe] þat men þat (omis knewe) A þat men þat knew M that than men knewe Ad of men that knewe H₃
548 129 no omis par AM
549 136 tyde B
550 149 set J, SB sette A, F
551 150 vyre (vire) H₁ ... L, B, W
552 160 lich] as B, KH₃
553 162 The whom AX, SAd, F Tho whome M To whom JH₁G ... B₂, Λ In whom K dans la ras. H₃ The which B, W Hom (omis The) Δ areste] haue reste J
554 176 þe helle AM (hille)
555 181 kept J, SB, F kepte A
556 193 Wher SAdBΔ
557 Vers latins ii. 1 Orta] Vita H₁ ... B₂, B
558 5 sorte] forte H₁XGRCLB₂
559 228 He] Him E, KH₃
560 298 which omis par B
561 310 mad S, F made AJ, B
562 315 en marge igitur (gi) diuicias carpere XER, B sibi diuicias capere MH₁, W igitur diuicias capere CL
563 346 What þat B What Ad
564 352 Ennvie F
565 354 thus] þis A et thus W
566 365-72 Huit lignes omises par SAdBΔΛ
567 377 the wise] þis wise B
568 378 euermore AJMG ... B₂, Magd forthermore W
569 Vers latins iii. 2 infamen F
570 401 the omis par AM
571 409 suche F
572 467 vnknowen vnkost R vnknowen gest AM
573 473 hade I wist] hade (had) wist XRC haddy wist(e) H₁ELB₂ haddiwist M, H₃ haddy I wist Ad
574 517 Al] And H₁ ... B₂, H₃
Page 453
575 554 de om. J ... B₂, B, W
576 571 Bewar F Be war AJ, B
577 578 schold BS, F scholde AJ
578 606 margin fuit] fiunt XERCL, B fuerit B₂
579 649 be so AM sone be X
580 658 margin in exilium] et in exilium X, B et exilium H₁ERLB₂
581 671 welcominge] comyng(e) H₁ ... B₂, B
582 710 hiere F
583 716 margin ad partes H₁ ... RLB₂, B
584 751 and] and it H₁ ... B₂, B
585 751 margin Elda H₁G ... B₂, B
586 782 margin ipsa sibi A ... B₂, BΔ
587 803 told A, SB, F tolde C
588 815 his l. to vnderstonde AJMH₁X GRLB₂, BΔ þis l.
tunderstonde Ad þis l. to vnderstonde C, H₃ his l. vunderstonde E,
W
589 833 that other] þe oþer M þat dier(e) H₁ ... B₂, B
590 844 caste AC, S cast J, B, F
591 860 thanne ... thanne] þanne ... þus LB₂, B, W
592 882 hast] has C, Δ haþ RLB₂, AdB, W
593 884 told J, SB, F tolde AC
594 912 the] þis H₁ ... B₂, B, H₃
595 925 He] And H₁YXGECLB₂, B
596 938 margin quod] quia H₁ ... B₂, B
597 939 margin non om. B
598 947 margin desolabitur YRCL, B, W
599 949 þong F
600 951 his] þis AB₂
601 957 As] And C, H₃
602 961 ne om. J ... B₂, B, W
603 962 as] þat ERCB₂
604 993 him H₁ ... CB₂, B
605 1009 ffor wiþ RLB₂
606 1020 I, thei sein, delaie] I seie (se) eny delaie H₁ ... B₂, B thei
seine d. (om. I) H₃
607 1021 put AJ, S, F putte C, B
608 1045 that writen is] þe writen is AM þat writen was B₂ B, W þat
wryten (om. is) X
609 1048 tofore B, W
610 1063 Sownend(e) A, B
611 1066 yhe A ... B₂, SAdB
612 1070 þenkeþ it is gret E, B, H₃
613 1071 schalt] most B
614 1085 ff. margin Qualiter—liberauit om. AM(p.m.)
615 1101 at] as AM
616 1103 mo men sih sche] AM (sighe), SAdΔ (saw), F no men seih
(sigh) sche G ... B₂, B, H₃ no man s. she H₁X, W no men sie hire
J noght om. W
617 1120 preide] preide to L preieþ to C praieth Δ preith H₃
576 571 Bewar F Be war AJ, B
577 578 schold BS, F scholde AJ
578 606 margin fuit] fiunt XERCL, B fuerit B₂
579 649 be so AM sone be X
580 658 margin in exilium] et in exilium X, B et exilium H₁ERLB₂
581 671 welcominge] comyng(e) H₁ ... B₂, B
582 710 hiere F
583 716 margin ad partes H₁ ... RLB₂, B
584 751 and] and it H₁ ... B₂, B
585 751 margin Elda H₁G ... B₂, B
586 782 margin ipsa sibi A ... B₂, BΔ
587 803 told A, SB, F tolde C
588 815 his l. to vnderstonde AJMH₁X GRLB₂, BΔ þis l.
tunderstonde Ad þis l. to vnderstonde C, H₃ his l. vunderstonde E,
W
589 833 that other] þe oþer M þat dier(e) H₁ ... B₂, B
590 844 caste AC, S cast J, B, F
591 860 thanne ... thanne] þanne ... þus LB₂, B, W
592 882 hast] has C, Δ haþ RLB₂, AdB, W
593 884 told J, SB, F tolde AC
594 912 the] þis H₁ ... B₂, B, H₃
595 925 He] And H₁YXGECLB₂, B
596 938 margin quod] quia H₁ ... B₂, B
597 939 margin non om. B
598 947 margin desolabitur YRCL, B, W
599 949 þong F
600 951 his] þis AB₂
601 957 As] And C, H₃
602 961 ne om. J ... B₂, B, W
603 962 as] þat ERCB₂
604 993 him H₁ ... CB₂, B
605 1009 ffor wiþ RLB₂
606 1020 I, thei sein, delaie] I seie (se) eny delaie H₁ ... B₂, B thei
seine d. (om. I) H₃
607 1021 put AJ, S, F putte C, B
608 1045 that writen is] þe writen is AM þat writen was B₂ B, W þat
wryten (om. is) X
609 1048 tofore B, W
610 1063 Sownend(e) A, B
611 1066 yhe A ... B₂, SAdB
612 1070 þenkeþ it is gret E, B, H₃
613 1071 schalt] most B
614 1085 ff. margin Qualiter—liberauit om. AM(p.m.)
615 1101 at] as AM
616 1103 mo men sih sche] AM (sighe), SAdΔ (saw), F no men seih
(sigh) sche G ... B₂, B, H₃ no man s. she H₁X, W no men sie hire
J noght om. W
617 1120 preide] preide to L preieþ to C praieth Δ preith H₃
Page 454
618 1123 menable M, Δ, F meuable GRCLB₂, B douteux
AJH₁YXE, SAd, H₃ meveable W
619 1129 margin vagans] nauigans B
620 1127 ff. margin Qualiter—educauit om. AM(p.m.)
621 1132 be falle J, S, F befalle AC, B
622 1133 the] þat A ... B₂, SAdBΔ
623 1140 to go in] go in AM, Δ to gon L to go doun G gone (to se)
W
624 1151 forþ wiþ J, SB forþwið A, F
625 1158 euermo H₁ ... CB₂, W
626 1169 o word H₁ECB₂, B ne] no F
627 1178 hire (hir) JMX ... B₂, AdB hys W
628 1184 al om. H₁Sn, H₃
629 1189 becam GEC, AdB, W be cam (bi cam &c.) A ... XRLB₂, F
630 1191 forther] for þat H₁ ... B₂, B
631 1193 happed H₁ ... RLB₂, B
632 1200 This] His H₁ ... B₂, B, W
633 1217: felaschip J, S, F felaschipe A
634 1226: herkne SAdΔ herkene X, H₃ herken B₂, W
635 1237: he om. B
636 1245 it] him YX ... B₂, B om. H₁Sn
637 1258 And he which noþing haþ supposed AJM, SAdΔ As he
wh. n. haþ supposed FWKH₃ And he noþing haþ ȝit supposed H₁
... B₂, B
638 1285 I schal FWKH₃ It schal A ... B₂, SAdBΔ
639 1303 so] þo AM wo Ad
640 1328 his guide] is guide H₁XGECLB₂, B
641 1343 how] how þat AM
642 1353 fell] was E, B is G om. XRCLB₂ (that she hade in here
thouht H₁)
643 1356 agrope A, SAd, F grope J ... B₂, BΔ, WH₃
644 1363 at þe J, S, F atte A, B
645 1378 a suite] o suite AM
646 1412 nouther] nowher LSn neuer H₃ (now þer now here X)
647 1434 is] was G, B
648 1441 armes H₁XRCLB₂, AdΔ, W kiste] keste F
649 1445 this] his AM the W
650 1447 agret F
651 1457 preiþ him AM preith (om. him) H₁
652 1458 worshipe F
653 1461 the] þat B
654 1468 eny] euery H₁ ... L, B euer eny B₂
655 1472 he H₁, B
656 1479 forþ wiþ AJ, SB forþwið F
657 1483 fader half J, B, F faderhalf A, S
658 1484 Wiþ due reuerence as he oughte H₁ ... B₂
659 1495 fforþ wiþ J, SB fforþwið A, F
660 1539 the om. F
661 1543 the] þis H₁ ... B₂, B
662 1568 Stro̅ n̅ de F
AJH₁YXE, SAd, H₃ meveable W
619 1129 margin vagans] nauigans B
620 1127 ff. margin Qualiter—educauit om. AM(p.m.)
621 1132 be falle J, S, F befalle AC, B
622 1133 the] þat A ... B₂, SAdBΔ
623 1140 to go in] go in AM, Δ to gon L to go doun G gone (to se)
W
624 1151 forþ wiþ J, SB forþwið A, F
625 1158 euermo H₁ ... CB₂, W
626 1169 o word H₁ECB₂, B ne] no F
627 1178 hire (hir) JMX ... B₂, AdB hys W
628 1184 al om. H₁Sn, H₃
629 1189 becam GEC, AdB, W be cam (bi cam &c.) A ... XRLB₂, F
630 1191 forther] for þat H₁ ... B₂, B
631 1193 happed H₁ ... RLB₂, B
632 1200 This] His H₁ ... B₂, B, W
633 1217: felaschip J, S, F felaschipe A
634 1226: herkne SAdΔ herkene X, H₃ herken B₂, W
635 1237: he om. B
636 1245 it] him YX ... B₂, B om. H₁Sn
637 1258 And he which noþing haþ supposed AJM, SAdΔ As he
wh. n. haþ supposed FWKH₃ And he noþing haþ ȝit supposed H₁
... B₂, B
638 1285 I schal FWKH₃ It schal A ... B₂, SAdBΔ
639 1303 so] þo AM wo Ad
640 1328 his guide] is guide H₁XGECLB₂, B
641 1343 how] how þat AM
642 1353 fell] was E, B is G om. XRCLB₂ (that she hade in here
thouht H₁)
643 1356 agrope A, SAd, F grope J ... B₂, BΔ, WH₃
644 1363 at þe J, S, F atte A, B
645 1378 a suite] o suite AM
646 1412 nouther] nowher LSn neuer H₃ (now þer now here X)
647 1434 is] was G, B
648 1441 armes H₁XRCLB₂, AdΔ, W kiste] keste F
649 1445 this] his AM the W
650 1447 agret F
651 1457 preiþ him AM preith (om. him) H₁
652 1458 worshipe F
653 1461 the] þat B
654 1468 eny] euery H₁ ... L, B euer eny B₂
655 1472 he H₁, B
656 1479 forþ wiþ AJ, SB forþwið F
657 1483 fader half J, B, F faderhalf A, S
658 1484 Wiþ due reuerence as he oughte H₁ ... B₂
659 1495 fforþ wiþ J, SB fforþwið A, F
660 1539 the om. F
661 1543 the] þis H₁ ... B₂, B
662 1568 Stro̅ n̅ de F
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663 1574 he] it B
664 1577 Ne] He YX ... B₂, B om. H₁
665 1582 wher that] where (wher) H₁ ... B₂, BΔ, W
666 1599 wel meninge (meuinge) AMRLB₂, SAd, F welle menyng
H₁X whele meneng Δ whel meuynge J whele mevinge W whiel
(whele) moeuyng YGEC, B, H₃
667 1618 ȝit is in G. rif H₁XGRCLB₂ ȝit in G. is rif E, B, H₃
668 1623 attendant B
669 1631 þanne mot(e) AM þan mot W
670 1640 hath ynowh] haþ Inowh of LB₂ inow had of Δ knihthode J
knithode (knythode) A, F
671 1644 ꝑ chance A, B, F perchaunce J
672 1669 Soferforþ F
673 1675 Which so haþ YGER, SAdΔΛ Which so as AJMH₁XCB₂,
B, F Whych so has W Which so L Which tho as H₃
674 1678 adai F
675 1706 it were noght AM
676 1707 that] þus H₁ ... L, B þis B₂
677 1711 that tho was] which þo was SAdΔ þat was heir H₁YG ...
B₂, B which heyr was X
678 1728 belles B
679 1743 diuision J, F diuisioun A, B
680 1758 as he aros] right as he ros (aros) H₁ ... B₂, B
681 1763 wold(e) to Rome faste H₁ ... B₂, B
682 1770 after were B was efter H₃ afterward was Δ
683 1778 As he FWH₃
684 1780 whanne om. AM
685 1788 is hed F
686 1803 fforþ wiþ A, SB fforwiþ F
687 1804 goþ B
688 1808 sende AJ
689 1809 This] The A ... B₂, S ... Δ
690 1811 the] þis X ... B₂, B, W
691 1829 the] þis H₁, B
692 1856 hunger G, SB hungre AJE, F
693 1867 þerfor(e) H₁XE ... B₂, B
694 1869 of] if (ȝif) X ... B₂ om. W
695 1895 a couine H₁XRCLB₂
696 1896 be told J, B betold A, S, F
697 1902 Envie] of Enuie LB₂, H₃
698 1907 and] and in AM in H₁
699 1916 be for] before RCLB₂, Δ, H₃
700 1925 with] by (be) XG, B
701 1944 rowneth B rownet L
702 1960 in] on B
703 1971 to me telle B
704 1990 to] of AM
705 2003 eny] euery H₁ ... B₂
706 2010 wist SB, F wiste AJ
707 2040 it om. B
664 1577 Ne] He YX ... B₂, B om. H₁
665 1582 wher that] where (wher) H₁ ... B₂, BΔ, W
666 1599 wel meninge (meuinge) AMRLB₂, SAd, F welle menyng
H₁X whele meneng Δ whel meuynge J whele mevinge W whiel
(whele) moeuyng YGEC, B, H₃
667 1618 ȝit is in G. rif H₁XGRCLB₂ ȝit in G. is rif E, B, H₃
668 1623 attendant B
669 1631 þanne mot(e) AM þan mot W
670 1640 hath ynowh] haþ Inowh of LB₂ inow had of Δ knihthode J
knithode (knythode) A, F
671 1644 ꝑ chance A, B, F perchaunce J
672 1669 Soferforþ F
673 1675 Which so haþ YGER, SAdΔΛ Which so as AJMH₁XCB₂,
B, F Whych so has W Which so L Which tho as H₃
674 1678 adai F
675 1706 it were noght AM
676 1707 that] þus H₁ ... L, B þis B₂
677 1711 that tho was] which þo was SAdΔ þat was heir H₁YG ...
B₂, B which heyr was X
678 1728 belles B
679 1743 diuision J, F diuisioun A, B
680 1758 as he aros] right as he ros (aros) H₁ ... B₂, B
681 1763 wold(e) to Rome faste H₁ ... B₂, B
682 1770 after were B was efter H₃ afterward was Δ
683 1778 As he FWH₃
684 1780 whanne om. AM
685 1788 is hed F
686 1803 fforþ wiþ A, SB fforwiþ F
687 1804 goþ B
688 1808 sende AJ
689 1809 This] The A ... B₂, S ... Δ
690 1811 the] þis X ... B₂, B, W
691 1829 the] þis H₁, B
692 1856 hunger G, SB hungre AJE, F
693 1867 þerfor(e) H₁XE ... B₂, B
694 1869 of] if (ȝif) X ... B₂ om. W
695 1895 a couine H₁XRCLB₂
696 1896 be told J, B betold A, S, F
697 1902 Envie] of Enuie LB₂, H₃
698 1907 and] and in AM in H₁
699 1916 be for] before RCLB₂, Δ, H₃
700 1925 with] by (be) XG, B
701 1944 rowneth B rownet L
702 1960 in] on B
703 1971 to me telle B
704 1990 to] of AM
705 2003 eny] euery H₁ ... B₂
706 2010 wist SB, F wiste AJ
707 2040 it om. B
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708 2043 le sothe] et soþ B
709 2045 alite A, B, F, etc.
710 2072 tolde AJ, S told B, F
711 2090 a dire M, SAd, FH₃ dire AJ essai(e) H₁ ... B₂, B, W
712 2111 Le profit] Pour profiter XE ... B₂
713 2122 ffa créer AJ, S, F etc. ffacrere
714 2128 biforn (être fourni) B₂, B
715 2139 le vice H₁ ... B₂ son v. H₃
716 2150 marge speculo om. AM (p.m.)
717 2170 conspirer] monter XGRCLB₂ pour monter (espérer) H₁, Ad
718 2178 al] comme H₁ ... B₂
719 2191 louer A
720 2198 ligne om. B sur l’autre JCLB₂, W
721 2207 seigh (seih) EC sih(e) LB₂
722 2214 Thei F
723 2218 également heureux H₁ ... B₂
724 2220 mettre A, S, F mettre JC, B
725 2221 commencer] il a commencé GCL
726 2228 et] alors H₁XE ... B₂ om. YG, H₃
727 2247 Al] Et H₁, FWH₃
728 2248 son seigneur] seigneurs H₁ ... B₂, Ad
729 2251 mykel (mekyl etc.) H₁G ... B₂, W
730 2270 il om. B sche H₁
731 2271 vêtu pleinement B
732 2272 le plus faible MX ... C le plus faible LB₂ le plus faible H₁ les faibles
Δ
733 2299 de tout FH₃ de R, Magd
734 2316 voulait X ... B₂
735 Versets latins v. 1 Supplantacio AM supplantare H₃
736 3 langues AM feu H₁
737 8 Quam B
738 2328 beaucoup A, S, F
739 2337 cela AMG ... L, W le H₁, Δ
740 2354 vp il est sain Δ, FWH₃Magd il est vp sain (vphaleþ) A ... B₂,
SAdB
741 2369 eux] tels A ... B₂, SAdBΔ ligne om. WMagd
742 2373 hommes H₁ ... B₂
743 2382 marge Ici dans l’amour ... même] Confesseur B
744 2387 comme de dede SAdBΔ
745 2392 manquant(e) (lacké) X ... L manquant W bote J, S, F le reste bot
ou mais
746 2408 le] alors B
747 2414 Je donne A, FWH₃ donner je J ... B₂, SAdBΔ
748 2425 haut AC, S, F haut GE, B
749 2427 al om. B
750 2434 dieu om. AM
751 2447 un moment (attendre) J, S, F attendre (attendre) AC, B
752 2461 marge socrum H₁ ... B₂
753 2473 dans cette forme il] dans cette forme W ce malheur YGEC dans
ce bonheur H₁XRLB₂
709 2045 alite A, B, F, etc.
710 2072 tolde AJ, S told B, F
711 2090 a dire M, SAd, FH₃ dire AJ essai(e) H₁ ... B₂, B, W
712 2111 Le profit] Pour profiter XE ... B₂
713 2122 ffa créer AJ, S, F etc. ffacrere
714 2128 biforn (être fourni) B₂, B
715 2139 le vice H₁ ... B₂ son v. H₃
716 2150 marge speculo om. AM (p.m.)
717 2170 conspirer] monter XGRCLB₂ pour monter (espérer) H₁, Ad
718 2178 al] comme H₁ ... B₂
719 2191 louer A
720 2198 ligne om. B sur l’autre JCLB₂, W
721 2207 seigh (seih) EC sih(e) LB₂
722 2214 Thei F
723 2218 également heureux H₁ ... B₂
724 2220 mettre A, S, F mettre JC, B
725 2221 commencer] il a commencé GCL
726 2228 et] alors H₁XE ... B₂ om. YG, H₃
727 2247 Al] Et H₁, FWH₃
728 2248 son seigneur] seigneurs H₁ ... B₂, Ad
729 2251 mykel (mekyl etc.) H₁G ... B₂, W
730 2270 il om. B sche H₁
731 2271 vêtu pleinement B
732 2272 le plus faible MX ... C le plus faible LB₂ le plus faible H₁ les faibles
Δ
733 2299 de tout FH₃ de R, Magd
734 2316 voulait X ... B₂
735 Versets latins v. 1 Supplantacio AM supplantare H₃
736 3 langues AM feu H₁
737 8 Quam B
738 2328 beaucoup A, S, F
739 2337 cela AMG ... L, W le H₁, Δ
740 2354 vp il est sain Δ, FWH₃Magd il est vp sain (vphaleþ) A ... B₂,
SAdB
741 2369 eux] tels A ... B₂, SAdBΔ ligne om. WMagd
742 2373 hommes H₁ ... B₂
743 2382 marge Ici dans l’amour ... même] Confesseur B
744 2387 comme de dede SAdBΔ
745 2392 manquant(e) (lacké) X ... L manquant W bote J, S, F le reste bot
ou mais
746 2408 le] alors B
747 2414 Je donne A, FWH₃ donner je J ... B₂, SAdBΔ
748 2425 haut AC, S, F haut GE, B
749 2427 al om. B
750 2434 dieu om. AM
751 2447 un moment (attendre) J, S, F attendre (attendre) AC, B
752 2461 marge socrum H₁ ... B₂
753 2473 dans cette forme il] dans cette forme W ce malheur YGEC dans
ce bonheur H₁XRLB₂
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754 2477 un sage J, SB un sage A, F
755 2497 ceci AM
756 2510 il pensa à lui pour B
757 2519 pour sécher X ... B₂
758 2520 alors les erreurs G ... B₂
759 2523 lui B
760 2530 comment que] comment H₁ que B
761 2537 Comme H₁, W Et AJMYX ... B₂, SAdBΔΛ, FH₃Magd
762 2559 il om. AM
763 2562 long F
764 2573 Cela] Et B
765 2576 celui-ci] son AMXR ... B₂, H₃W loue G ici H₁
766 2581 de ce genre] de tel genre AM
767 2586 Ainsi AM
768 2592 eux H₁ ... B₂, FWH₃ ceci AJM, SAdBΔ
769 2632 de ce genre] avec un B
770 2649 Où] Là B
771 2654 herkneþ XE ... B₂
772 2661 rois] soldans X ... B₂ Souldan H₁
773 2678 ainsi AM
774 2680 prenons AJYGECB₂, SAdBΔΛ, FWKH₃ puis L vient
MH₁XR
775 2698 là-dessus J, SB dessus A, F
776 2708 alors c’était H₁ ... B₂ était ainsi H₃ a ainsi T
777 2733 celui-ci] eux A ... B₂, SAdBTΔ
778 2741 donna] tranquillement B
779 2752 et grand] et avec grand LB₂, W
780 2775 le point H₁ ... B₂
781 2806 marge causa] casu H₁ ... B₂
782 2810 marge coniecta A ... B₂, B
783 2817 marge fameque F
784 2814 agrope J, SAdT, FH₃ grope AM ... B₂, BΔ, W
785 2821 il] eux ERL, BTΛ
786 2822 Avec F
787 2825 être] eux X ... B₂
788 2852 cette fois B
789 2865 dit A, B, F dit J
790 2870 pendant le sommeil H₁XGRCL ... B₂, Ad, W
791 2875 Le fils AM
792 2881 dont M, B dont E (p. m.)
793 2903 est om. F
794 2906 préoccupé] il pensa H₁ ... B₂, B, W
795 2959 sur la haute tandis que LB₂ contre la roue W
796 2964 hors de ce lieu AM hors du cœur J
797 2993 brebis H₁ ... B₂, BTΛ
798 2999 une attente F une patience J loin AC, B
799 3003 Poursorge H₁ ... B₂, B
800 3012 un autre] un nouveau H₁, B
801 3021 le] ceux H₁ ... B₂, B, Magd
802 3055 Il garde] Il aide H₁ ... B₂, B Il garda T Pour garder SAdΔ
755 2497 ceci AM
756 2510 il pensa à lui pour B
757 2519 pour sécher X ... B₂
758 2520 alors les erreurs G ... B₂
759 2523 lui B
760 2530 comment que] comment H₁ que B
761 2537 Comme H₁, W Et AJMYX ... B₂, SAdBΔΛ, FH₃Magd
762 2559 il om. AM
763 2562 long F
764 2573 Cela] Et B
765 2576 celui-ci] son AMXR ... B₂, H₃W loue G ici H₁
766 2581 de ce genre] de tel genre AM
767 2586 Ainsi AM
768 2592 eux H₁ ... B₂, FWH₃ ceci AJM, SAdBΔ
769 2632 de ce genre] avec un B
770 2649 Où] Là B
771 2654 herkneþ XE ... B₂
772 2661 rois] soldans X ... B₂ Souldan H₁
773 2678 ainsi AM
774 2680 prenons AJYGECB₂, SAdBΔΛ, FWKH₃ puis L vient
MH₁XR
775 2698 là-dessus J, SB dessus A, F
776 2708 alors c’était H₁ ... B₂ était ainsi H₃ a ainsi T
777 2733 celui-ci] eux A ... B₂, SAdBTΔ
778 2741 donna] tranquillement B
779 2752 et grand] et avec grand LB₂, W
780 2775 le point H₁ ... B₂
781 2806 marge causa] casu H₁ ... B₂
782 2810 marge coniecta A ... B₂, B
783 2817 marge fameque F
784 2814 agrope J, SAdT, FH₃ grope AM ... B₂, BΔ, W
785 2821 il] eux ERL, BTΛ
786 2822 Avec F
787 2825 être] eux X ... B₂
788 2852 cette fois B
789 2865 dit A, B, F dit J
790 2870 pendant le sommeil H₁XGRCL ... B₂, Ad, W
791 2875 Le fils AM
792 2881 dont M, B dont E (p. m.)
793 2903 est om. F
794 2906 préoccupé] il pensa H₁ ... B₂, B, W
795 2959 sur la haute tandis que LB₂ contre la roue W
796 2964 hors de ce lieu AM hors du cœur J
797 2993 brebis H₁ ... B₂, BTΛ
798 2999 une attente F une patience J loin AC, B
799 3003 Poursorge H₁ ... B₂, B
800 3012 un autre] un nouveau H₁, B
801 3021 le] ceux H₁ ... B₂, B, Magd
802 3055 Il garde] Il aide H₁ ... B₂, B Il garda T Pour garder SAdΔ
Page 458
803 3058 en marge Quanti ... nolo SΔ, FH₃Magd om. A ... B₂, B (S
a qui dit ainsi : Quanti Mercenarii tunc erunt &c.)
804 3085 indrowh AJ, F en drowh (en drough) C, SB
805 3112 schapli noght AM
806 3119 An F
807 3160 tome A, F to me JC, SB
808 3170 þe welle H₁ ... B₂, B
809 3177 enclynd (enclined) H₁ ... B₂, BT, W inclinand Δ
810 3204 en marge est ipse A ... B₂, SBΔ
811 3207 en marge medele] supprimer H₁ ... B₂, B
812 3209 en marge benignius A, SBΔ
813 3214 en marge ex vnda baptismatis om. H₁ ... B₂, BΔ
814 3199 ben] were B
815 3220 scholde AM, TΔ, W
816 3231 be] he AM
817 3237 on swowne H₁ ... B₂, B
818 3265 en marge Nota AJ, F om. C, B
819 3283 hou that] how ML, Δ, W
820 3285 for] by (be) H₁ ... B₂, H₃
821 3290 gendreþ AM, W
822 3306 that] þe M ... B₂, SAdBΔ, W
823 3314 so om. H₁ ... B₂
824 3395 were hem B
825 3402 into heuene AMR, Δ, W
826 3406 On H₁ ... B₂ And H₃ (That ilke W)
827 3430 He schal] Thei schul (schal) H₁ ... B₂
828 3431 And þis H₁ERC, W And þus þis L
829 3458 Til that ... beleft] Til ... him beleft (be lefte &c.) H₁ ... B₂
830 3470 ne om. AM
831 3476 he let(e) founde AM
832 3479 Of hem B
833 3486 For] ffro F
834 3487 so as AM
835 3492 Wich F
836 3516 why] whil(e) M ... B₂, W
a qui dit ainsi : Quanti Mercenarii tunc erunt &c.)
804 3085 indrowh AJ, F en drowh (en drough) C, SB
805 3112 schapli noght AM
806 3119 An F
807 3160 tome A, F to me JC, SB
808 3170 þe welle H₁ ... B₂, B
809 3177 enclynd (enclined) H₁ ... B₂, BT, W inclinand Δ
810 3204 en marge est ipse A ... B₂, SBΔ
811 3207 en marge medele] supprimer H₁ ... B₂, B
812 3209 en marge benignius A, SBΔ
813 3214 en marge ex vnda baptismatis om. H₁ ... B₂, BΔ
814 3199 ben] were B
815 3220 scholde AM, TΔ, W
816 3231 be] he AM
817 3237 on swowne H₁ ... B₂, B
818 3265 en marge Nota AJ, F om. C, B
819 3283 hou that] how ML, Δ, W
820 3285 for] by (be) H₁ ... B₂, H₃
821 3290 gendreþ AM, W
822 3306 that] þe M ... B₂, SAdBΔ, W
823 3314 so om. H₁ ... B₂
824 3395 were hem B
825 3402 into heuene AMR, Δ, W
826 3406 On H₁ ... B₂ And H₃ (That ilke W)
827 3430 He schal] Thei schul (schal) H₁ ... B₂
828 3431 And þis H₁ERC, W And þus þis L
829 3458 Til that ... beleft] Til ... him beleft (be lefte &c.) H₁ ... B₂
830 3470 ne om. AM
831 3476 he let(e) founde AM
832 3479 Of hem B
833 3486 For] ffro F
834 3487 so as AM
835 3492 Wich F
836 3516 why] whil(e) M ... B₂, W
Page 459
Incipit Liber Tercius.
i. La colère est semblable à ses pairs par sa fureur [Colère ou Wrath.]
De l’Achéron,
Où la fureur, pendant un temps, ne connaît aucune piété. P. i.
279
La colère perturbe les âmes mélancoliques, comme un cheval
Qui ne supporte pas le poids de sa propre charge.
Dans tous les cas, la colère pèse lourdement ; mais chez les amants,
Elle cause encore plus de souffrance :
C’est là que l’homme raisonnable résiste légèrement à l’amour,
Et souvent, à la place du jeu, les larmes viennent aux yeux.
Si tu veux connaître les vices,
Mon Fils, il n’a jamais été possible de ne pas les connaître,
Depuis que les hommes ont affûté les épées,
Il n’y a rien sur cette terre… Dans ce troisième livre,
il est traité d’un vice étranger à la loi, en cinq espèces ;
Parmi celles-ci, la colère est un grand mal, dont la première
Est causée par des circonstances fortuites ; on l’appelle mélancolie,
dont le vice
Ne procure aucun plaisir à personne. Le Confesseur, d’abord837,
En parle, mais c’est surtout en décrivant les intentions de l’amant
Qu’il montre combien ce vice est préjudiciable ; en conséquence,
Comme celui qui s’oppose par conscience,
Il est ennemi de la patience :839
Et c’est l’un des Sept,
Qui ont souvent rendu ce monde déséquilibré ;
On l’appelle la colère cruelle,
Dont le cœur est toujours en feu. P. i.
280
Parler mal et agir mal,
Car ses serviteurs sont toujours en colère.
Mon bon père, dis-moi cela :
Qu’est-ce que la colère ?
Fils, c’est…
i. La colère est semblable à ses pairs par sa fureur [Colère ou Wrath.]
De l’Achéron,
Où la fureur, pendant un temps, ne connaît aucune piété. P. i.
279
La colère perturbe les âmes mélancoliques, comme un cheval
Qui ne supporte pas le poids de sa propre charge.
Dans tous les cas, la colère pèse lourdement ; mais chez les amants,
Elle cause encore plus de souffrance :
C’est là que l’homme raisonnable résiste légèrement à l’amour,
Et souvent, à la place du jeu, les larmes viennent aux yeux.
Si tu veux connaître les vices,
Mon Fils, il n’a jamais été possible de ne pas les connaître,
Depuis que les hommes ont affûté les épées,
Il n’y a rien sur cette terre… Dans ce troisième livre,
il est traité d’un vice étranger à la loi, en cinq espèces ;
Parmi celles-ci, la colère est un grand mal, dont la première
Est causée par des circonstances fortuites ; on l’appelle mélancolie,
dont le vice
Ne procure aucun plaisir à personne. Le Confesseur, d’abord837,
En parle, mais c’est surtout en décrivant les intentions de l’amant
Qu’il montre combien ce vice est préjudiciable ; en conséquence,
Comme celui qui s’oppose par conscience,
Il est ennemi de la patience :839
Et c’est l’un des Sept,
Qui ont souvent rendu ce monde déséquilibré ;
On l’appelle la colère cruelle,
Dont le cœur est toujours en feu. P. i.
280
Parler mal et agir mal,
Car ses serviteurs sont toujours en colère.
Mon bon père, dis-moi cela :
Qu’est-ce que la colère ?
Fils, c’est…
Page 460
En notre langue anglaise, Wrathe est furieux ;
Il a des paroles si violentes
Que toute patience humaine
Est enflammée par sa violence.
Car il a toujours avec lui cinq serviteurs
Qui l’aident à lutter :
Le premier d’entre eux s’appelle Malencolie,
qui, en sa compagnie,
Cent fois en une heure
Grommelle comme un animal en colère,
Et personne ne connaît la raison.
Mon fils, écris donc ceci :
Es-tu Malencolie ?
Oui, père, je suis saint Julien, *Confession d’un amant*.
Mais si j’ai employé des mots infidèles,
Je ne peux m’en excuser :
Et je sais bien que c’est l’amour qui fait tout,
Amour dont mon cœur est constamment en feu,
Au point que je brûle comme une flamme
Pour Wrathe que je ne peux atteindre.
Ainsi, jour après nuit,
Hormis les pensées de mes yeux,
Je suis si en colère contre moi-même
Que, peu importe comment se déroulent les jeux
Avec les autres hommes, je ne suis pas joyeux ;
Au contraire, je suis d’autant plus malheureux.
Car ce sont les jeux des autres hommes,
Et cela me plonge dans une rage pure.
Ainsi, je suis opprimé par mes propres pensées,
Que, éveillé, je vis comme en rêve,
Croyant rencontrer quelqu’un
Et priant pour obtenir une bonne réponse :
Mais elle ne veut pas jurer volontiers,
Elle me dit non sans autre raison ;
Et ainsi grandit ma colère intérieure,
Alors qu’à l’extérieur je suis complètement effrayé.
Il a des paroles si violentes
Que toute patience humaine
Est enflammée par sa violence.
Car il a toujours avec lui cinq serviteurs
Qui l’aident à lutter :
Le premier d’entre eux s’appelle Malencolie,
qui, en sa compagnie,
Cent fois en une heure
Grommelle comme un animal en colère,
Et personne ne connaît la raison.
Mon fils, écris donc ceci :
Es-tu Malencolie ?
Oui, père, je suis saint Julien, *Confession d’un amant*.
Mais si j’ai employé des mots infidèles,
Je ne peux m’en excuser :
Et je sais bien que c’est l’amour qui fait tout,
Amour dont mon cœur est constamment en feu,
Au point que je brûle comme une flamme
Pour Wrathe que je ne peux atteindre.
Ainsi, jour après nuit,
Hormis les pensées de mes yeux,
Je suis si en colère contre moi-même
Que, peu importe comment se déroulent les jeux
Avec les autres hommes, je ne suis pas joyeux ;
Au contraire, je suis d’autant plus malheureux.
Car ce sont les jeux des autres hommes,
Et cela me plonge dans une rage pure.
Ainsi, je suis opprimé par mes propres pensées,
Que, éveillé, je vis comme en rêve,
Croyant rencontrer quelqu’un
Et priant pour obtenir une bonne réponse :
Mais elle ne veut pas jurer volontiers,
Elle me dit non sans autre raison ;
Et ainsi grandit ma colère intérieure,
Alors qu’à l’extérieur je suis complètement effrayé.
Page 461
Et ainsi méprisé et désespéré.
Mille fois par jour
Résonne dans mes oreilles,
Ce qui m’a déjà été dit :
Ainsi seront mes pensées, perdues ;
Et plus particulièrement lorsque je commence
À compter en moi-même
Combien d’années se sont écoulées,
Puisque j’ai véritablement aimé
Et n’ai jamais regardé une autre,
Et toujours cherché à la rejoindre ;
Plus je suis épris d’elle,
70 Plus mon bonheur et toute ma joie
Me semblent s’éloigner de plus en plus,
Ce qui ôte ma félicité,
Et mes pensées en souffrent,
Et moi, comme on le voit, je suis complètement désespéré.
Car finalement, quand je réfléchis
Et que je pense à la façon dont elle me refuse,
P. i. 282
Je suis tellement en colère
Que pour tout ce monde je pourrais être heureux :
Mais tant qu’il dure,
80 Toute ma joie est anéantie,
Et plus je suis loin d’elle,
Quand je ne peux voir ma bien-aimée,
Plus je suis prêt à la colère,
Au point que pour un simple contact
Ou un simple regard,
Je deviendrais comme le lion sauvage,
844
Et je suis si mélancolique
Que pas un serviteur dans ma maison
Ni aucun de ceux qui m’entourent
Ne doute un instant
Que je doive délirer
De colère parce qu’ils me voient ainsi ;
Et ainsi ils s’étonnent de plus en plus.
Mille fois par jour
Résonne dans mes oreilles,
Ce qui m’a déjà été dit :
Ainsi seront mes pensées, perdues ;
Et plus particulièrement lorsque je commence
À compter en moi-même
Combien d’années se sont écoulées,
Puisque j’ai véritablement aimé
Et n’ai jamais regardé une autre,
Et toujours cherché à la rejoindre ;
Plus je suis épris d’elle,
70 Plus mon bonheur et toute ma joie
Me semblent s’éloigner de plus en plus,
Ce qui ôte ma félicité,
Et mes pensées en souffrent,
Et moi, comme on le voit, je suis complètement désespéré.
Car finalement, quand je réfléchis
Et que je pense à la façon dont elle me refuse,
P. i. 282
Je suis tellement en colère
Que pour tout ce monde je pourrais être heureux :
Mais tant qu’il dure,
80 Toute ma joie est anéantie,
Et plus je suis loin d’elle,
Quand je ne peux voir ma bien-aimée,
Plus je suis prêt à la colère,
Au point que pour un simple contact
Ou un simple regard,
Je deviendrais comme le lion sauvage,
844
Et je suis si mélancolique
Que pas un serviteur dans ma maison
Ni aucun de ceux qui m’entourent
Ne doute un instant
Que je doive délirer
De colère parce qu’ils me voient ainsi ;
Et ainsi ils s’étonnent de plus en plus.
Page 462
Jusqu’à ce qu’ils voient que cela dépasse les limites.
Ô père, si jamais cela devait arriver,
Que je m’approche à n’importe quel moment
Du lieu où se trouve ma bien-aimée,
Alors, comme vous le savez,
Je dirai des mots doux à son intention ;
Car pour tout l’or qui est à Rome,
Je ne pourrais plus être en colère après cela,
Toute ma colère disparaîtrait.
Je suis tellement heureux de sa présence
Que j’oublie toute offense,
Comme si elle n’avait jamais existé ;
Mon esprit est tellement éclairé. P. i.
283
Et bien sûr, pour dire la vérité,
Si jamais il arrivait que, à ce moment-là,
Je voie celle qui m’a mal traité,
Ou celle qui refuse de me regarder,
Et que je reçoive une mauvaise réponse,
Immédiatement je retourne chez moi,
Très en colère, à chaque fois.
Ainsi, ma main est constamment blessée par les piqûres,
Et cela dure depuis de nombreux jours ;
Je continue ainsi, mordant mes lèvres,
Et je me fais un fouet avec mes mains,
Avec lequel je frappe mon cœur douloureux,
Si fort que toute ma raison s’évanouit ;
Je suis en colère, sans savoir pourquoi ;
C’est toujours de la mélancolie,
Née de l’idée d’amour, qui ne veut pas me quitter :
Ainsi, je montre souvent une mine furieuse,
De nombreuses fois par an.
Mais, ô père, maintenant vous êtes assis ici.
Ô père, si jamais cela devait arriver,
Que je m’approche à n’importe quel moment
Du lieu où se trouve ma bien-aimée,
Alors, comme vous le savez,
Je dirai des mots doux à son intention ;
Car pour tout l’or qui est à Rome,
Je ne pourrais plus être en colère après cela,
Toute ma colère disparaîtrait.
Je suis tellement heureux de sa présence
Que j’oublie toute offense,
Comme si elle n’avait jamais existé ;
Mon esprit est tellement éclairé. P. i.
283
Et bien sûr, pour dire la vérité,
Si jamais il arrivait que, à ce moment-là,
Je voie celle qui m’a mal traité,
Ou celle qui refuse de me regarder,
Et que je reçoive une mauvaise réponse,
Immédiatement je retourne chez moi,
Très en colère, à chaque fois.
Ainsi, ma main est constamment blessée par les piqûres,
Et cela dure depuis de nombreux jours ;
Je continue ainsi, mordant mes lèvres,
Et je me fais un fouet avec mes mains,
Avec lequel je frappe mon cœur douloureux,
Si fort que toute ma raison s’évanouit ;
Je suis en colère, sans savoir pourquoi ;
C’est toujours de la mélancolie,
Née de l’idée d’amour, qui ne veut pas me quitter :
Ainsi, je montre souvent une mine furieuse,
De nombreuses fois par an.
Mais, ô père, maintenant vous êtes assis ici.
Page 463
À la place de l’amour, je vous implore,
Que quelqu’un me donne un exemple,
À quoi je puisse m’accrocher.
Mon Fils, pour les cœurs faibles, sois Confesseur.
Je répondrai à cette prière,
Afin que tu puisses apprendre ce qui est meilleur. P. i. 284
Quel malheur provoque cette vice,
Qui, dans sa colère, ne prévoit rien,
Et dont on se souvient ensuite,
Lorsqu’il est sobre et qu’il réfléchit
À la folie de ses actes ;
Et à ce sujet, je vais raconter une histoire.
Il y avait un roi nommé Éolus [Histoire de Canace
et Machaire.]
Il était veuf, et il lui arriva ceci :
Il avait deux enfants magnifiques. Le fils s’appelait Machaire, et la fille, Canace. Ceux-là, qui, par leur force
d’amour, ne sont pas capables
de résister ni de jour ni de nuit, furent véritablement éprouvés,
contre les autres,
Pendant qu’ils étaient jeunes, amants ordinaires,
Ils vivaient ensemble dans une chambre, mélancoliques.
Et comme ils devaient souvent se disputer, avec sévérité,
Jusqu’à ce qu’ils grandissent, ils étaient provoqués par la colère.
Arrivés à l’âge de la luxure, le roi raconte comment
l’amour s’empare du cœur d’Éolus, son fils
nommé Machaire,
Et le soumet à son pouvoir ; il avait aussi une fille nommée Canace.
Mais il enfreignit les lois de la nature : ceux qui, depuis l’enfance
jusqu’à la puberté,
Ont été élevés ainsi,
Comme s’ils étaient eux-mêmes aveugles,
Faisaient également de leurs proches des aveugles.
Enfin, Cupidon, avec sa flèche enflammée,
Pénétra ainsi les cœurs des deux amants,
De sorte que, tout au long de la journée, ils luttaient l’un contre l’autre, animés de désirs amoureux.
Ce frère ne pouvait repousser cet amour, si bien que
la nature de Canace
Le poussa à porter son amour sur sa sœur ; elle fut enceinte de lui.
Et ainsi, finalement, elle accoucha ; le père, face à cela, insupportable...
Que quelqu’un me donne un exemple,
À quoi je puisse m’accrocher.
Mon Fils, pour les cœurs faibles, sois Confesseur.
Je répondrai à cette prière,
Afin que tu puisses apprendre ce qui est meilleur. P. i. 284
Quel malheur provoque cette vice,
Qui, dans sa colère, ne prévoit rien,
Et dont on se souvient ensuite,
Lorsqu’il est sobre et qu’il réfléchit
À la folie de ses actes ;
Et à ce sujet, je vais raconter une histoire.
Il y avait un roi nommé Éolus [Histoire de Canace
et Machaire.]
Il était veuf, et il lui arriva ceci :
Il avait deux enfants magnifiques. Le fils s’appelait Machaire, et la fille, Canace. Ceux-là, qui, par leur force
d’amour, ne sont pas capables
de résister ni de jour ni de nuit, furent véritablement éprouvés,
contre les autres,
Pendant qu’ils étaient jeunes, amants ordinaires,
Ils vivaient ensemble dans une chambre, mélancoliques.
Et comme ils devaient souvent se disputer, avec sévérité,
Jusqu’à ce qu’ils grandissent, ils étaient provoqués par la colère.
Arrivés à l’âge de la luxure, le roi raconte comment
l’amour s’empare du cœur d’Éolus, son fils
nommé Machaire,
Et le soumet à son pouvoir ; il avait aussi une fille nommée Canace.
Mais il enfreignit les lois de la nature : ceux qui, depuis l’enfance
jusqu’à la puberté,
Ont été élevés ainsi,
Comme s’ils étaient eux-mêmes aveugles,
Faisaient également de leurs proches des aveugles.
Enfin, Cupidon, avec sa flèche enflammée,
Pénétra ainsi les cœurs des deux amants,
De sorte que, tout au long de la journée, ils luttaient l’un contre l’autre, animés de désirs amoureux.
Ce frère ne pouvait repousser cet amour, si bien que
la nature de Canace
Le poussa à porter son amour sur sa sœur ; elle fut enceinte de lui.
Et ainsi, finalement, elle accoucha ; le père, face à cela, insupportable...
Page 464
Ce Machaire, avec Canace, la jeunesse,
la convoitise847
Lorsqu’ils se trouvaient en un lieu privé,848 ignorant et trop
avide, la mélancolie de la fureur les poussa à agir,
Et après cela, la maîtresse, ayant pris ses précautions, ordonna
que cette fille, en couches,
soit, dans une situation extrêmement douloureuse, tuée sans loi positive.
170 Elle ne prit aucune responsabilité pour cela,
mais maintint ses lois en vigueur, P. i.
285
La Nature les mit dans l’ignorance
et les fit si confus849
qu’elle les terrifia à tel point ;
ils étaient, comme on dit, ensorcelés.
Et comme le aveugle est guidé par un autre
180 et ne craint rien tant qu’il ne tombe,
ainsi eux n’avaient aucune conscience ;850
mais comme la brebis qui veut quelque chose
et pose le piège jour et nuit,
qui est tendu pour le tromper,
ces jeunes gens ne voyaient aucun danger,
sauf celui qui était semblable à eux ici,851
de sorte qu’ils tombèrent par hasard
là où la sagesse conserve sa mémoire.
Tant qu’ils restèrent réunis ainsi,
190 l’utérus se contracta, et elle commença à trembler,
et la garda enfermée dans sa chambre
de peur que cela ne soit découvert
et ne parvienne à son père ;
le Fils en avait également peur,
et inventa une raison pour partir ;
car il n’osait pas rester longtemps, P. i.
286
Si quelqu’un voulait dire
qu’il avait abandonné sa sœur :
car elle ne savait pas encore
200 qui était l’enfant né de cette union.852
Machaire partit, Canace resta,
elle qui n’avait pas encore accouché.
la convoitise847
Lorsqu’ils se trouvaient en un lieu privé,848 ignorant et trop
avide, la mélancolie de la fureur les poussa à agir,
Et après cela, la maîtresse, ayant pris ses précautions, ordonna
que cette fille, en couches,
soit, dans une situation extrêmement douloureuse, tuée sans loi positive.
170 Elle ne prit aucune responsabilité pour cela,
mais maintint ses lois en vigueur, P. i.
285
La Nature les mit dans l’ignorance
et les fit si confus849
qu’elle les terrifia à tel point ;
ils étaient, comme on dit, ensorcelés.
Et comme le aveugle est guidé par un autre
180 et ne craint rien tant qu’il ne tombe,
ainsi eux n’avaient aucune conscience ;850
mais comme la brebis qui veut quelque chose
et pose le piège jour et nuit,
qui est tendu pour le tromper,
ces jeunes gens ne voyaient aucun danger,
sauf celui qui était semblable à eux ici,851
de sorte qu’ils tombèrent par hasard
là où la sagesse conserve sa mémoire.
Tant qu’ils restèrent réunis ainsi,
190 l’utérus se contracta, et elle commença à trembler,
et la garda enfermée dans sa chambre
de peur que cela ne soit découvert
et ne parvienne à son père ;
le Fils en avait également peur,
et inventa une raison pour partir ;
car il n’osait pas rester longtemps, P. i.
286
Si quelqu’un voulait dire
qu’il avait abandonné sa sœur :
car elle ne savait pas encore
200 qui était l’enfant né de cette union.852
Machaire partit, Canace resta,
elle qui n’avait pas encore accouché.
Page 465
Le roi apprit cela peu après.
Maintenant, écoutons une histoire affreuse.
La vérité, qui ne pouvait rester cachée,
Fut finalement connue et révélée
Au roi, pour qu’il sache ce qui s’était passé.
Et quand il l’apprit,
Il tomba aussitôt dans la mélancolie,
Comme s’il était pris de folie ;
Il fut saisi, car rien ne peut résister
À la puissance de l’amour dans la jeunesse :
Et comme il aimait étrangement,
Il ne voulut pas changer son cœur
Pour devenir bienveillant et favorable
Envers l’amour, mais plutôt impitoyable,
Entre les vagues de douleur et de colère.
Il entra dans sa chambre sombre,
Et vit que l’enfant était née tardivement ;
Il fit jurer aux autres
Que cette enfant subirait un grand châtiment.
Elle commença à supplier avec miséricorde,
Sur ses genoux nus et en pleurant,
Et dit ainsi à son père :
« Aie pitié ! Père, je t’en supplie,
Je suis ton enfant, de ton sang je viens.
C’est à cause de moi que tu as souffert,
Et je t’ai entraîné dans les eaux mauvaises,
Où je ne voyais aucun danger ;
Mais maintenant, c’est arrivé ainsi,
Pitié, mon père, ne fais pas de mal ! »
Avec ces mots, elle perdit la parole
Et tomba évanouie à ses pieds,
Car elle ne pouvait plus parler de tristesse.
Mais sa cruauté effroyable
Ne pouvait être adoucie par aucune pitié :
Il sortit de sa chambre,
Complètement plein de colère,
Et prit une décision dans son cœur.
Maintenant, écoutons une histoire affreuse.
La vérité, qui ne pouvait rester cachée,
Fut finalement connue et révélée
Au roi, pour qu’il sache ce qui s’était passé.
Et quand il l’apprit,
Il tomba aussitôt dans la mélancolie,
Comme s’il était pris de folie ;
Il fut saisi, car rien ne peut résister
À la puissance de l’amour dans la jeunesse :
Et comme il aimait étrangement,
Il ne voulut pas changer son cœur
Pour devenir bienveillant et favorable
Envers l’amour, mais plutôt impitoyable,
Entre les vagues de douleur et de colère.
Il entra dans sa chambre sombre,
Et vit que l’enfant était née tardivement ;
Il fit jurer aux autres
Que cette enfant subirait un grand châtiment.
Elle commença à supplier avec miséricorde,
Sur ses genoux nus et en pleurant,
Et dit ainsi à son père :
« Aie pitié ! Père, je t’en supplie,
Je suis ton enfant, de ton sang je viens.
C’est à cause de moi que tu as souffert,
Et je t’ai entraîné dans les eaux mauvaises,
Où je ne voyais aucun danger ;
Mais maintenant, c’est arrivé ainsi,
Pitié, mon père, ne fais pas de mal ! »
Avec ces mots, elle perdit la parole
Et tomba évanouie à ses pieds,
Car elle ne pouvait plus parler de tristesse.
Mais sa cruauté effroyable
Ne pouvait être adoucie par aucune pitié :
Il sortit de sa chambre,
Complètement plein de colère,
Et prit une décision dans son cœur.
Page 466
240 Elle ne recevra pas cette épée mortelle,
Comme celui qui est plein de mélancolie
Et n’a aucune patience,
Ainsi sa colère ne peut être maîtrisée.
Et dans cette forêt sauvage,
Où tous ses sens étaient déchaînés,
Un chevalier vint à elle ;
Il prit une épée nue comme symbole de péché
Et lui dit qu’elle devait partir
250 Et raconter à sa fille tout ce qu’il lui avait ordonné,
Comment cette lame tranchante devait être reçue
Et utilisée de telle manière
Qu’elle sache à quoi elle servirait.
Ce chevalier partit donc porter ce message
À cette jeune femme malheureuse.
288
Elle prit cette épée pour la louer ;
Tout le monde savait bien ce que cela signifiait,
260 Car il était évident qu’elle devrait mourir ainsi.
Elle dit au chevalier : « Maintenant que je connais la volonté de mon père,
Que je dois mourir de cette façon,
Je veux obéir à ses ordres,
Et tout sera fait comme il le souhaite.
Mais pour l’instant, je voudrais écrire une lettre à mon frère,
Afin que ma main faible puisse l’écrire,
270 Avec tout mon cœur affligé. »
Elle prit donc un stylo et écrivit,
De la première à la dernière lettre,
Comme elle le pouvait,
À son fidèle ami,
Et lui raconta comment la grâce de son père
Pouvait lui être accordée gratuitement.
Comme celui qui est plein de mélancolie
Et n’a aucune patience,
Ainsi sa colère ne peut être maîtrisée.
Et dans cette forêt sauvage,
Où tous ses sens étaient déchaînés,
Un chevalier vint à elle ;
Il prit une épée nue comme symbole de péché
Et lui dit qu’elle devait partir
250 Et raconter à sa fille tout ce qu’il lui avait ordonné,
Comment cette lame tranchante devait être reçue
Et utilisée de telle manière
Qu’elle sache à quoi elle servirait.
Ce chevalier partit donc porter ce message
À cette jeune femme malheureuse.
288
Elle prit cette épée pour la louer ;
Tout le monde savait bien ce que cela signifiait,
260 Car il était évident qu’elle devrait mourir ainsi.
Elle dit au chevalier : « Maintenant que je connais la volonté de mon père,
Que je dois mourir de cette façon,
Je veux obéir à ses ordres,
Et tout sera fait comme il le souhaite.
Mais pour l’instant, je voudrais écrire une lettre à mon frère,
Afin que ma main faible puisse l’écrire,
270 Avec tout mon cœur affligé. »
Elle prit donc un stylo et écrivit,
De la première à la dernière lettre,
Comme elle le pouvait,
À son fidèle ami,
Et lui raconta comment la grâce de son père
Pouvait lui être accordée gratuitement.
Page 467
Et par-dessus tout cela, comme tu le verras ici,
Elle écrivit et dit en ces termes :
« Ô toi, ma douleur et ma joie,
280 Ô toi, mon salut et ma souffrance,
Ô mon désespoir et toute ma confiance,
Ô mes désirs et tous mes appétits,
Ô toi, mon bien, ô toi, ma peine,
Ô toi, mon ami, ô toi, mon ennemi,
Ô toi, mon amour, ô toi, ma haine,
Pour toi je veux mourir sans regret.854 P. i.
289
Jusqu’à la fin, je ne pourrai pas cesser,
Et avec tout mon cœur,
Tant que je respirerai encore,
290 Je veux emporter cet amour dans ma mort.855
Mais une seule chose je te demande :
Si mon petit fils meurt,
Qu’on l’enterre dans ma tombe
À côté de moi, afin que tu aies
Un souvenir de nous deux.
Car telle est ma volonté ;
Maintenant, comme tu le sauras,
Avec des larmes et de la tristesse,
J’écris cette lettre dans l’angoisse :
300 Dans ma main droite je tiens ma plume,
Et dans ma main gauche je garde l’épée,
Et sur mon sein, là, il y a des larmes
Pour cet enfant qui pleure sans cesse.
Maintenant, j’arrive à ma fin :
Adieu, car je vais bientôt mourir,
Et remercie-moi de t’avoir tant aimée. »
Elle posa la garde de l’épée au sol,
Et d’un coup de pointe elle se blessa
Le cœur, aussitôt ;
310 Puis, pâle et affaiblie,
Elle tomba là où elle se tenait.
L’enfant gisait, trempé dans son sang,
Étendu loin du sein maternel.856
Elle écrivit et dit en ces termes :
« Ô toi, ma douleur et ma joie,
280 Ô toi, mon salut et ma souffrance,
Ô mon désespoir et toute ma confiance,
Ô mes désirs et tous mes appétits,
Ô toi, mon bien, ô toi, ma peine,
Ô toi, mon ami, ô toi, mon ennemi,
Ô toi, mon amour, ô toi, ma haine,
Pour toi je veux mourir sans regret.854 P. i.
289
Jusqu’à la fin, je ne pourrai pas cesser,
Et avec tout mon cœur,
Tant que je respirerai encore,
290 Je veux emporter cet amour dans ma mort.855
Mais une seule chose je te demande :
Si mon petit fils meurt,
Qu’on l’enterre dans ma tombe
À côté de moi, afin que tu aies
Un souvenir de nous deux.
Car telle est ma volonté ;
Maintenant, comme tu le sauras,
Avec des larmes et de la tristesse,
J’écris cette lettre dans l’angoisse :
300 Dans ma main droite je tiens ma plume,
Et dans ma main gauche je garde l’épée,
Et sur mon sein, là, il y a des larmes
Pour cet enfant qui pleure sans cesse.
Maintenant, j’arrive à ma fin :
Adieu, car je vais bientôt mourir,
Et remercie-moi de t’avoir tant aimée. »
Elle posa la garde de l’épée au sol,
Et d’un coup de pointe elle se blessa
Le cœur, aussitôt ;
310 Puis, pâle et affaiblie,
Elle tomba là où elle se tenait.
L’enfant gisait, trempé dans son sang,
Étendu loin du sein maternel.856
Page 468
Et comme le sang était chaud et tiède,
Il le chauffait autour de lui.857
P. i.
Il n’y avait aucun remède pour le sauver, 290
Car celui qui ne connaît pas la pitié,
Le roi arriva au même moment,
Et vit comment sa fille mourait
320 Et comment ce bébé criait de douleur ;
Mais rien de tout cela ne put l’arrêter,
Il décida donc de faire justice
Envers l’enfant, de l’emporter,
Et de le laisser sécher dans la forêt,
En un endroit sauvage, n’importe où,
Pour le jeter là-bas,
Afin que quelque bête féroce le dévore,
Où personne ne viendrait à son secours.
Tout ce qu’il avait prévu fut mis en œuvre :
330 Hé, qui a jamais entendu parler
D’une telle chose ?858
Mais celui qui a ainsi laissé libre sa colère
Ne connaît pas du tout l’amour ;
Même s’il savait ce qu’il faisait,
C’est à cause de sa profonde mélancolie
Qu’il commit un tel crime.
Donc, mon Fils, explique-moi comment cela s’est passé, Confesseur.
Si tu pouvais comprendre cette affaire,
Que si un jour, par amour,
340 Tu te trouves dans une telle situation, et que tu es assez puissant
Pour la maîtriser à ta guise,
Laisse jamais ta colère ruiner
Ce que tous devraient préserver.
Car il revient à chacun de recevoir
La récompense pour son amour et ses efforts,
Même ceux dont la force est sans limites : P. i.
291
Et quand un cœur est ainsi contraint,
La colère doit aussi être maîtrisée
Par celui qui ne peut aller plus loin,
350 Lorsqu’il doit obéir à la nature.
Il le chauffait autour de lui.857
P. i.
Il n’y avait aucun remède pour le sauver, 290
Car celui qui ne connaît pas la pitié,
Le roi arriva au même moment,
Et vit comment sa fille mourait
320 Et comment ce bébé criait de douleur ;
Mais rien de tout cela ne put l’arrêter,
Il décida donc de faire justice
Envers l’enfant, de l’emporter,
Et de le laisser sécher dans la forêt,
En un endroit sauvage, n’importe où,
Pour le jeter là-bas,
Afin que quelque bête féroce le dévore,
Où personne ne viendrait à son secours.
Tout ce qu’il avait prévu fut mis en œuvre :
330 Hé, qui a jamais entendu parler
D’une telle chose ?858
Mais celui qui a ainsi laissé libre sa colère
Ne connaît pas du tout l’amour ;
Même s’il savait ce qu’il faisait,
C’est à cause de sa profonde mélancolie
Qu’il commit un tel crime.
Donc, mon Fils, explique-moi comment cela s’est passé, Confesseur.
Si tu pouvais comprendre cette affaire,
Que si un jour, par amour,
340 Tu te trouves dans une telle situation, et que tu es assez puissant
Pour la maîtriser à ta guise,
Laisse jamais ta colère ruiner
Ce que tous devraient préserver.
Car il revient à chacun de recevoir
La récompense pour son amour et ses efforts,
Même ceux dont la force est sans limites : P. i.
291
Et quand un cœur est ainsi contraint,
La colère doit aussi être maîtrisée
Par celui qui ne peut aller plus loin,
350 Lorsqu’il doit obéir à la nature.
Page 469
Car il est dit partout que rien ne peut être ôté de ce dont la vie dépend selon sa nature, et l’on ne peut en trouver de remède. Ce que la nature a établi dans ses lois, nul homme ne peut y déroger ; et celui qui agit contre ces lois subit tôt ou tard une grande vengeance, dont je trouve encore le souvenir.
Ovide, après avoir raconté l’histoire de Tiresias et des serpents, donne un exemple en disant que jadis Tiresias, tout en marchant par hasard sur une haute montagne, vit deux serpents réunis là, comme la nature les avait rassemblés. Il les frappa alors avec son bâton. Il pensa alors punir les dieux irrités pour cela, mais cela alla à l’encontre de la nature ; les dieux s’irritèrent donc contre lui, et comme il avait perturbé la forme masculine de la nature, ils le transformèrent en femme. Il fut transformé de manière cruelle : celui qui était auparavant un homme devint une femme. Cela fut pour lui une cruelle moquerie ; mais parce qu’il s’était mis en colère, il attira sur lui une colère encore plus grande. Voilà, mon fils, ce que rapporte Ovide, le Confesseur. Tu pourrais en tirer une leçon : l’homme est bien plus que tel animal ; il ne serait donc jamais honnête de mettre un homme en colère à cause de ce qu’un autre fait.
Ovide, après avoir raconté l’histoire de Tiresias et des serpents, donne un exemple en disant que jadis Tiresias, tout en marchant par hasard sur une haute montagne, vit deux serpents réunis là, comme la nature les avait rassemblés. Il les frappa alors avec son bâton. Il pensa alors punir les dieux irrités pour cela, mais cela alla à l’encontre de la nature ; les dieux s’irritèrent donc contre lui, et comme il avait perturbé la forme masculine de la nature, ils le transformèrent en femme. Il fut transformé de manière cruelle : celui qui était auparavant un homme devint une femme. Cela fut pour lui une cruelle moquerie ; mais parce qu’il s’était mis en colère, il attira sur lui une colère encore plus grande. Voilà, mon fils, ce que rapporte Ovide, le Confesseur. Tu pourrais en tirer une leçon : l’homme est bien plus que tel animal ; il ne serait donc jamais honnête de mettre un homme en colère à cause de ce qu’un autre fait.
Page 470
De la gentillesse, en laquelle il n’y a point de méchanceté,
Seulement c’est un vice :
Et bien qu’un homme soit raisonnable,
390 Il reste, par sa nature, capable d’aimer,
Que ce soit ou non à son gré.
Pense donc à cela, mon Fils,
Et fuis la mélancolie ;
Car l’amour a toujours son désir à satisfaire,
Comme celui qui ne veut pas voir sa vie affligée.
Mon père, pour que je puisse aimer bien ; Amans.
Tout ce que vous dites est sage :
Que chacun aime comme il le veut,
Qu’il en soit ainsi, ce n’est pas mon affaire,
400 Car je ne serai pas fâché pour cela.
Mais si je me mets en colère et deviens ennemi,
Cela vient uniquement de moi-même, [Mélancolie.]
C’est que, avec amour et gentillesse,
Je suis si accablé que je ne trouve
Aucun moyen de m’en délivrer :
Cela pèse sur mon cœur,
Et ne touche à aucune autre vie,
Sauf à cette douce épouse863
Pour qui, même si cela pouvait être changé,
410 Mes jours heureux auraient été gaspillés ;
Je ne pourrai donc pas éviter
La colère que je ressens maintenant,
Car il n’y a pas d’autre remède.
Maintenant, dis-moi, je t’en prie,
S’il existe d’autres formes de colère,
À propos desquelles on pourrait écrire.
Fils, oui.
ii. La colère suscite le litige, que la langue retient [ii. Cheste.]
Elle décide
De laisser partout des chemins par des moyens infâmes.
Cette nourrice des querelles élève ceux qui sont bavards,
Vénus les laisse alors errer de son côté.
Seulement c’est un vice :
Et bien qu’un homme soit raisonnable,
390 Il reste, par sa nature, capable d’aimer,
Que ce soit ou non à son gré.
Pense donc à cela, mon Fils,
Et fuis la mélancolie ;
Car l’amour a toujours son désir à satisfaire,
Comme celui qui ne veut pas voir sa vie affligée.
Mon père, pour que je puisse aimer bien ; Amans.
Tout ce que vous dites est sage :
Que chacun aime comme il le veut,
Qu’il en soit ainsi, ce n’est pas mon affaire,
400 Car je ne serai pas fâché pour cela.
Mais si je me mets en colère et deviens ennemi,
Cela vient uniquement de moi-même, [Mélancolie.]
C’est que, avec amour et gentillesse,
Je suis si accablé que je ne trouve
Aucun moyen de m’en délivrer :
Cela pèse sur mon cœur,
Et ne touche à aucune autre vie,
Sauf à cette douce épouse863
Pour qui, même si cela pouvait être changé,
410 Mes jours heureux auraient été gaspillés ;
Je ne pourrai donc pas éviter
La colère que je ressens maintenant,
Car il n’y a pas d’autre remède.
Maintenant, dis-moi, je t’en prie,
S’il existe d’autres formes de colère,
À propos desquelles on pourrait écrire.
Fils, oui.
ii. La colère suscite le litige, que la langue retient [ii. Cheste.]
Elle décide
De laisser partout des chemins par des moyens infâmes.
Cette nourrice des querelles élève ceux qui sont bavards,
Vénus les laisse alors errer de son côté.
Page 471
Fais du patient un agent taciturne qui garde le silence,
Il triomphe, et emprunte le chemin désiré de l’amour.864
De la colère, la deuxième est Cheste,
Qui possède les vents de tempête
Pour les retenir, et elle souffle de nombreux coups violents,
420 Ce qui effraie ceux qui cherchent repos et tranquillité. Celui-ci est traité par le confesseur :
C’est cette espèce de colère la plus malveillante,
Qui a mêlé de nombreux amours passionnés ; on l’appelle Lis,
Car il garde toujours sa bouche fermée, dont les insultes
Sont innombrables ;
Ainsi, ses lèvres deviennent source de douleurs,
Et son cœur est complètement brisé, tant à cause de l’amour,
Que tout ce qu’il peut dire surgit de diverses manières,
Comme une source, souvent jaillissante,
Qui ne cesse jamais de couler, mais jaillit de tous côtés.
430 Ainsi, les mauvaises nouvelles se multiplient
Au point que Cheste connaît bien ses semblables : P. i. 294
Car, de même qu’un tonneau retient l’ale,
Aussi Cheste peut-il garder un secret ;
Tout ce qu’il sait, il le révèle,
Et parle devant n’importe qui.
Comme une ville sans murailles,
Où les gens peuvent aller partout
Sans aucune résistance,
440 De même, avec son éloquence tortueuse,
Il dit tout ce qu’il sait ;
Les gens y perdent plus qu’ils n’y gagnent,
Car souvent, lors de ses reproches,
Il apporte des nouvelles
Qui font que la guerre envahit le lit.865
Il est la source de tous les maux,866
Qui provoque tous les problèmes autour de lui :
On pourrait facilement douter de lui,
Car son arc est toujours prêt à tirer,
450 Et celui qu’il frappe, je vous dis qu’il est ruiné.
Il triomphe, et emprunte le chemin désiré de l’amour.864
De la colère, la deuxième est Cheste,
Qui possède les vents de tempête
Pour les retenir, et elle souffle de nombreux coups violents,
420 Ce qui effraie ceux qui cherchent repos et tranquillité. Celui-ci est traité par le confesseur :
C’est cette espèce de colère la plus malveillante,
Qui a mêlé de nombreux amours passionnés ; on l’appelle Lis,
Car il garde toujours sa bouche fermée, dont les insultes
Sont innombrables ;
Ainsi, ses lèvres deviennent source de douleurs,
Et son cœur est complètement brisé, tant à cause de l’amour,
Que tout ce qu’il peut dire surgit de diverses manières,
Comme une source, souvent jaillissante,
Qui ne cesse jamais de couler, mais jaillit de tous côtés.
430 Ainsi, les mauvaises nouvelles se multiplient
Au point que Cheste connaît bien ses semblables : P. i. 294
Car, de même qu’un tonneau retient l’ale,
Aussi Cheste peut-il garder un secret ;
Tout ce qu’il sait, il le révèle,
Et parle devant n’importe qui.
Comme une ville sans murailles,
Où les gens peuvent aller partout
Sans aucune résistance,
440 De même, avec son éloquence tortueuse,
Il dit tout ce qu’il sait ;
Les gens y perdent plus qu’ils n’y gagnent,
Car souvent, lors de ses reproches,
Il apporte des nouvelles
Qui font que la guerre envahit le lit.865
Il est la source de tous les maux,866
Qui provoque tous les problèmes autour de lui :
On pourrait facilement douter de lui,
Car son arc est toujours prêt à tirer,
450 Et celui qu’il frappe, je vous dis qu’il est ruiné.
Page 472
S’il parvient à l’atteindre avec sa langue.
Et si bas il abaisse sa belle,
Que du bruit et du son
Les hommes le craignent dans toute la ville
Mieux que le tonnerre lui-même.
Car c’est là une raison de plus d’étonnement ;
Car avec les vents qu’il souffle,
Il renverse entièrement
Les villes et leurs habitants.
J’ai entendu le peuple crier,
Et chacun disait dans son désespoir :
« Ô langue perfide, où es-tu ! »
Car on dit que le bois dur,
Même s’il n’a pas de langue,
Peut le briser en mille morceaux.
Il a tant de sortes différentes
De vices, que je ne peux même pas
Le décrire en mille mots :
Mais quand il tombe sur Chèste,
Beaucoup de choses étonnantes se produisent,
Car il ne peut rien empêcher.
Maintenant, dis-moi, mon fils, réponds,
Opposant le Confesseur.
A-t-il jamais été prédit
Que tu aies un jour eu des pensées
Envers ton amour ?
Père, non ; Confession de l’Amant.
Une telle pensée envers Chèste,
Jusqu’à ce jour,
Je ne l’ai jamais eue, Dieu m’en préserve :
Car avant même d’avoir une telle pensée,
J’aurais préféré mourir ;
Car alors j’aurais été complètement maudit
Et digne d’être jeté en bas
Avec toute la douleur que nul homme ne pourrait supporter.
Mais je n’ai jamais prononcé de mots
Qui pourraient toucher Chèste,
Et je n’oserais jamais le jurer.
Et si bas il abaisse sa belle,
Que du bruit et du son
Les hommes le craignent dans toute la ville
Mieux que le tonnerre lui-même.
Car c’est là une raison de plus d’étonnement ;
Car avec les vents qu’il souffle,
Il renverse entièrement
Les villes et leurs habitants.
J’ai entendu le peuple crier,
Et chacun disait dans son désespoir :
« Ô langue perfide, où es-tu ! »
Car on dit que le bois dur,
Même s’il n’a pas de langue,
Peut le briser en mille morceaux.
Il a tant de sortes différentes
De vices, que je ne peux même pas
Le décrire en mille mots :
Mais quand il tombe sur Chèste,
Beaucoup de choses étonnantes se produisent,
Car il ne peut rien empêcher.
Maintenant, dis-moi, mon fils, réponds,
Opposant le Confesseur.
A-t-il jamais été prédit
Que tu aies un jour eu des pensées
Envers ton amour ?
Père, non ; Confession de l’Amant.
Une telle pensée envers Chèste,
Jusqu’à ce jour,
Je ne l’ai jamais eue, Dieu m’en préserve :
Car avant même d’avoir une telle pensée,
J’aurais préféré mourir ;
Car alors j’aurais été complètement maudit
Et digne d’être jeté en bas
Avec toute la douleur que nul homme ne pourrait supporter.
Mais je n’ai jamais prononcé de mots
Qui pourraient toucher Chèste,
Et je n’oserais jamais le jurer.
Page 473
En me servant de moi-même comme témoin ;
Car je sais, par sa noblesse,
Qu’elle voudrait bien m’excuser,
De ne pas employer de telles paroles.870
Et s’il devait arriver
Que je sois le plus réprimandé, P. i.
296
Cela ne nuirait pas à mon amour :
Car jamais je n’ai été au-dessus de cela,
Pour gagner tout ce vaste monde,
Je n’osais commencer la moindre parole,
Ce qui aurait pu l’offenser
Et me faire aussi être réprimandé par Cheste.
Mais plutôt, si cela lui convenait,
500 Je choisirais les meilleures paroles
Que je cultive dans mon cœur,
Et je les lui offrirais à la place du fromage,
Car c’est utile pour apaiser la colère ;
Ainsi, j’adapterais mes paroles,871
Afin qu’elles puissent apaiser la colère et Cheste
En racontant mon histoire douce.
Ainsi, je fais une préface,
Pour que jamais, envers ma bien-aimée,
Je n’aie parlé de cette manière,
510 De sorte que Cheste puisse s’indigner.
Je ne dis pas pour autant que, lorsque je parlais le plus doucement,
J’aie dit plus que maintenant ;
Mais personne ne peut tenir constamment la charrue
Sans qu’elle trébuche de temps en temps,
Ni personne ne peut maîtriser complètement sa langue,
Ainsi qu’un mot mal choisi puisse parfois lui échapper,
Et il ne pense alors plus à Cheste.872
520 Mais je suis connu pour avoir toujours parlé avec sincérité envers elle ;
Et vous savez quelle est ma volonté : P. i.
297
Car quand mon heure viendra…
Car je sais, par sa noblesse,
Qu’elle voudrait bien m’excuser,
De ne pas employer de telles paroles.870
Et s’il devait arriver
Que je sois le plus réprimandé, P. i.
296
Cela ne nuirait pas à mon amour :
Car jamais je n’ai été au-dessus de cela,
Pour gagner tout ce vaste monde,
Je n’osais commencer la moindre parole,
Ce qui aurait pu l’offenser
Et me faire aussi être réprimandé par Cheste.
Mais plutôt, si cela lui convenait,
500 Je choisirais les meilleures paroles
Que je cultive dans mon cœur,
Et je les lui offrirais à la place du fromage,
Car c’est utile pour apaiser la colère ;
Ainsi, j’adapterais mes paroles,871
Afin qu’elles puissent apaiser la colère et Cheste
En racontant mon histoire douce.
Ainsi, je fais une préface,
Pour que jamais, envers ma bien-aimée,
Je n’aie parlé de cette manière,
510 De sorte que Cheste puisse s’indigner.
Je ne dis pas pour autant que, lorsque je parlais le plus doucement,
J’aie dit plus que maintenant ;
Mais personne ne peut tenir constamment la charrue
Sans qu’elle trébuche de temps en temps,
Ni personne ne peut maîtriser complètement sa langue,
Ainsi qu’un mot mal choisi puisse parfois lui échapper,
Et il ne pense alors plus à Cheste.872
520 Mais je suis connu pour avoir toujours parlé avec sincérité envers elle ;
Et vous savez quelle est ma volonté : P. i.
297
Car quand mon heure viendra…
Page 474
Que je puis parler et dire tout haut
Mon long amour, dont elle sait
Que toujours, en toute circonstance,
Il me cause plus de douleur que toutes mes peines.
Je le dis, et bien qu’elle en soit contrariée,
Je le prononce sans cesse :
530 Et bien que cela lui déplaise,
J’espère et crois sincèrement
Que je ne fais jamais rien de mal ;
Car bien que je lui dise tous mes pensées,
Elle sait bien que je ne mens pas.
On peut prier le dieu suprême,
Et il voudra entendre les paroles d’un homme
Sans s’irriter de ce qu’il entend ;
Ainsi, cela me donne encore plus de courage
Pour oser dire,
540 Que je peux bien adresser la meilleure prière
À ma dame, qui est une femme.
Car bien que je lui dise ceci ou cela
Sur cet amour qui me cause tant de douleur,
Elle ne doit pas s’irriter davantage,
Car, sans bruit ni cri,
Je présente humblement ma plainte
Afin qu’elle chasse toute colère.
Ainsi, jusqu’à ce jour,
Que ce soit sérieusement ou en plaisantant,
550 Ma dame ne me reprochera rien.
Mais souvent il s’est produit
Que j’ai grondé moi-même,
Personne ne pouvant mieux gronder :
Et cela s’est produit à chaque fois
Quand je me retrouvais seul ;
Car alors je devenais un juge privé,
Et chaque histoire, peu à peu,
Tout en la racontant à ma dame,
Je la réfléchissais et la pesais dans mon esprit
560 Et la gardais en mémoire.
Mon long amour, dont elle sait
Que toujours, en toute circonstance,
Il me cause plus de douleur que toutes mes peines.
Je le dis, et bien qu’elle en soit contrariée,
Je le prononce sans cesse :
530 Et bien que cela lui déplaise,
J’espère et crois sincèrement
Que je ne fais jamais rien de mal ;
Car bien que je lui dise tous mes pensées,
Elle sait bien que je ne mens pas.
On peut prier le dieu suprême,
Et il voudra entendre les paroles d’un homme
Sans s’irriter de ce qu’il entend ;
Ainsi, cela me donne encore plus de courage
Pour oser dire,
540 Que je peux bien adresser la meilleure prière
À ma dame, qui est une femme.
Car bien que je lui dise ceci ou cela
Sur cet amour qui me cause tant de douleur,
Elle ne doit pas s’irriter davantage,
Car, sans bruit ni cri,
Je présente humblement ma plainte
Afin qu’elle chasse toute colère.
Ainsi, jusqu’à ce jour,
Que ce soit sérieusement ou en plaisantant,
550 Ma dame ne me reprochera rien.
Mais souvent il s’est produit
Que j’ai grondé moi-même,
Personne ne pouvant mieux gronder :
Et cela s’est produit à chaque fois
Quand je me retrouvais seul ;
Car alors je devenais un juge privé,
Et chaque histoire, peu à peu,
Tout en la racontant à ma dame,
Je la réfléchissais et la pesais dans mon esprit
560 Et la gardais en mémoire.
Page 475
Et alors, si je trouve une erreur
Dans un mot que j’ai mal prononcé,
Qui était défectueux d’une manière ou d’une autre,
Je méprise aussitôt mon intelligence
Et je me fais des reproches dans mon cœur,
Pour ce mot que j’aurais dû retenir.
Et ainsi de suite, après avoir commencé,
Je cherche s’il y avait d’autres mots
À dire, et je ne les dis pas encore :
Et puis, si je peux examiner et découvrir
Qu’un mot reste en arrière,
Que j’aurais dû dire davantage,
Je m’en voudrais à moi-même,
Et je me gronderais à ce point
Que toute ma raison s’évanouit.
Car personne ne peut rattraper son temps perdu,
Et c’est pourquoi je suis si agité dans toutes mes pensées,
Que je me gronde sans cesse :
Ainsi, trop ou trop peu,
Je me blâme moi-même.
Mais tout ce qui ne peut m’aider,
Avec peine je m’y efforce :
Mais toujours obstacle sur obstacle ;
Plus un homme se salit,
Plus les gens savent bien qui a tort ;
Et donc rien ne vaut rien pour moi,
Sauf ce qui me tourmente constamment,
Même si, jusqu’à ma mort,
Je continuerais à me gronder ainsi
Pour cet amour que je vous porte.
Mais, père, maintenant vous avez entendu
Comment j’ai vécu entre peine et désaccord ;
Accordez-moi votre absolution.
Mon Fils, si tu savais tout, Confesseur.
Dans un mot que j’ai mal prononcé,
Qui était défectueux d’une manière ou d’une autre,
Je méprise aussitôt mon intelligence
Et je me fais des reproches dans mon cœur,
Pour ce mot que j’aurais dû retenir.
Et ainsi de suite, après avoir commencé,
Je cherche s’il y avait d’autres mots
À dire, et je ne les dis pas encore :
Et puis, si je peux examiner et découvrir
Qu’un mot reste en arrière,
Que j’aurais dû dire davantage,
Je m’en voudrais à moi-même,
Et je me gronderais à ce point
Que toute ma raison s’évanouit.
Car personne ne peut rattraper son temps perdu,
Et c’est pourquoi je suis si agité dans toutes mes pensées,
Que je me gronde sans cesse :
Ainsi, trop ou trop peu,
Je me blâme moi-même.
Mais tout ce qui ne peut m’aider,
Avec peine je m’y efforce :
Mais toujours obstacle sur obstacle ;
Plus un homme se salit,
Plus les gens savent bien qui a tort ;
Et donc rien ne vaut rien pour moi,
Sauf ce qui me tourmente constamment,
Même si, jusqu’à ma mort,
Je continuerais à me gronder ainsi
Pour cet amour que je vous porte.
Mais, père, maintenant vous avez entendu
Comment j’ai vécu entre peine et désaccord ;
Accordez-moi votre absolution.
Mon Fils, si tu savais tout, Confesseur.
Page 476
Ce que Cheste fait en particulier,
C’est aimer et être bienveillant ;
600 Tu voudrais connaître ses enseignements
Et apprendre à être généreux.
Car celui qui sait le mieux parler avec grâce
Est le plus apte à l’amour :
La parole agréable a souvent permis
À bien des hommes de s’élever,
Alors qu’ils auraient dû rester humblement bas
Et manquer grandement de volonté.
Garde donc ta langue tranquille
Et laisse ta sagesse maîtriser ta volonté,
610 Afin de ne pas tomber dans Cheste,
Qui est la source de la grande perte.
P. i.
Et garde-toi de oublier
Que si tu peux acquérir la patience,
Elle est le remède à tous les torts,
Comme nous l’ont dit ces anciens sages :
Car jamais la patience ne suffit à Sénèque. Paciencia est vindicta : sois fort ou sage, contre toutes les injustices.
La patience surpasse tout
Et finit par triompher ;
620 Mais celui qui ne peut jamais persévérer longtemps,
Celui qui refuse de se soumettre ou de céder,
Écoute bien, mon fils, ce dont je parle.
Mon père, pour vos paroles aimables,
Et pour la sagesse que vous m’enseignez,
Je vous remercie de tout mon cœur :
Car ce monde ne pourra jamais me faire oublier
Que je dois suivre vos paroles,
Sur la patience, comme vous me l’avez dit,
Tant que mon cœur le permettra ;
630 Et il me rappellera aussi ma colère.
Mais, père, si vous pouviez encore
Me donner un bon exemple en particulier,
Me raconter quelque histoire de chroniques…
C’est aimer et être bienveillant ;
600 Tu voudrais connaître ses enseignements
Et apprendre à être généreux.
Car celui qui sait le mieux parler avec grâce
Est le plus apte à l’amour :
La parole agréable a souvent permis
À bien des hommes de s’élever,
Alors qu’ils auraient dû rester humblement bas
Et manquer grandement de volonté.
Garde donc ta langue tranquille
Et laisse ta sagesse maîtriser ta volonté,
610 Afin de ne pas tomber dans Cheste,
Qui est la source de la grande perte.
P. i.
Et garde-toi de oublier
Que si tu peux acquérir la patience,
Elle est le remède à tous les torts,
Comme nous l’ont dit ces anciens sages :
Car jamais la patience ne suffit à Sénèque. Paciencia est vindicta : sois fort ou sage, contre toutes les injustices.
La patience surpasse tout
Et finit par triompher ;
620 Mais celui qui ne peut jamais persévérer longtemps,
Celui qui refuse de se soumettre ou de céder,
Écoute bien, mon fils, ce dont je parle.
Mon père, pour vos paroles aimables,
Et pour la sagesse que vous m’enseignez,
Je vous remercie de tout mon cœur :
Car ce monde ne pourra jamais me faire oublier
Que je dois suivre vos paroles,
Sur la patience, comme vous me l’avez dit,
Tant que mon cœur le permettra ;
630 Et il me rappellera aussi ma colère.
Mais, père, si vous pouviez encore
Me donner un bon exemple en particulier,
Me raconter quelque histoire de chroniques…
Page 477
Il faudrait que mon cœur ait de la patience ici, afin que je puisse, dans mes affaires, obéir davantage à mon amour et mettre de côté mes désirs.
Mon Fils, il convient à un homme d’avoir la patience de Socrate. Il faut souffrir comme Socrate l’a montré, comme il est écrit : « Et pour que tu connaisses la vérité… » De cet exemple, bien que le temps soit maintenant court, le Confesseur donne un exemple parmi les hommes qui font preuve de patience en amour ; il était lui-même patient face aux conflits. Il raconte qu’il essaya lui-même de savoir comment sa femme, qui pouvait lui causer beaucoup de peine, désirait quelque chose ; un jour, il épousa une femme méchante, avec qui il eut de nombreux conflits. Mais lui, sans jamais se mettre en colère, répondait toujours doucement et gentiment à toutes les insultes, avec patience. Jusqu’au jour où, comme on le raconte, sa femme, indignée, en hiver, lorsque le temps est froid, prit une cruche d’eau qu’elle tenait à la main, la renversa sur la tête de son mari en disant : « Vois donc comment cette épouse se comporte ! » L’homme resta silencieux et la laissa parler.
Mon Fils, il convient à un homme d’avoir la patience de Socrate. Il faut souffrir comme Socrate l’a montré, comme il est écrit : « Et pour que tu connaisses la vérité… » De cet exemple, bien que le temps soit maintenant court, le Confesseur donne un exemple parmi les hommes qui font preuve de patience en amour ; il était lui-même patient face aux conflits. Il raconte qu’il essaya lui-même de savoir comment sa femme, qui pouvait lui causer beaucoup de peine, désirait quelque chose ; un jour, il épousa une femme méchante, avec qui il eut de nombreux conflits. Mais lui, sans jamais se mettre en colère, répondait toujours doucement et gentiment à toutes les insultes, avec patience. Jusqu’au jour où, comme on le raconte, sa femme, indignée, en hiver, lorsque le temps est froid, prit une cruche d’eau qu’elle tenait à la main, la renversa sur la tête de son mari en disant : « Vois donc comment cette épouse se comporte ! » L’homme resta silencieux et la laissa parler.
Page 478
670 Et elle, qui ne pouvait pas se cacher elle-même,
commença à gonfler à l’intérieur ;
et cela amena de l’eau du puits, P. i.
302
Elle souleva la cruche d’eau
et lui ordonna de parler, mais il resta silencieux
et ne répondit pas un mot ;
elle fut furieuse qu’il se comporte ainsi,
et lui demanda s’il était mort ;
puis elle versa toute l’eau sur sa tête
et le força à se réveiller.886
680 Mais lui, qui ne voulait pas abandonner
sa patience, parla alors,
et dit qu’il n’avait aucune rancune
pour rien de ce qu’elle avait fait :
car c’était la saison d’hiver,
et l’hiver, comme on le sait,
est une saison orageuse ;
d’abord les vents se mettent à souffler,
puis, après cela, il pleut à l’intérieur
et les vannes s’ouvrent ;
« Ainsi ma femme, qui est très sensée,
m’a fait subir à la fois vent et pluie
selon la saison de l’année. »
Puis il le plaça près du feu,
et pendant qu’il séchait ses vêtements,
il ne dit plus un mot ;
ce qui lui procura un certain réconfort,
car il pensait que c’était le mieux.
Je ne sais pas si un tel exemple convient au Confesseur.
700 Il correspond à la sagesse d’un homme,
de souffrir comme le fit Socrate :
et si, quelque part, P. i.
303
un homme doit endurer tant de malheurs,
il devrait être considéré parmi les femmes887
dans la cour de l’amour
comme celui qui possède la patience.
commença à gonfler à l’intérieur ;
et cela amena de l’eau du puits, P. i.
302
Elle souleva la cruche d’eau
et lui ordonna de parler, mais il resta silencieux
et ne répondit pas un mot ;
elle fut furieuse qu’il se comporte ainsi,
et lui demanda s’il était mort ;
puis elle versa toute l’eau sur sa tête
et le força à se réveiller.886
680 Mais lui, qui ne voulait pas abandonner
sa patience, parla alors,
et dit qu’il n’avait aucune rancune
pour rien de ce qu’elle avait fait :
car c’était la saison d’hiver,
et l’hiver, comme on le sait,
est une saison orageuse ;
d’abord les vents se mettent à souffler,
puis, après cela, il pleut à l’intérieur
et les vannes s’ouvrent ;
« Ainsi ma femme, qui est très sensée,
m’a fait subir à la fois vent et pluie
selon la saison de l’année. »
Puis il le plaça près du feu,
et pendant qu’il séchait ses vêtements,
il ne dit plus un mot ;
ce qui lui procura un certain réconfort,
car il pensait que c’était le mieux.
Je ne sais pas si un tel exemple convient au Confesseur.
700 Il correspond à la sagesse d’un homme,
de souffrir comme le fit Socrate :
et si, quelque part, P. i.
303
un homme doit endurer tant de malheurs,
il devrait être considéré parmi les femmes887
dans la cour de l’amour
comme celui qui possède la patience.
Page 479
Pour donner un exemple de la bonne patience, de la manière dont elle persiste, afin que d’autres hommes puissent le savoir.
710 Et, Fils, si à quelque moment tu es tenté de manquer de patience, réfère-toi à cet exemple ; il empêchera peut-être que tu ne souffres par la suite.
Mon père, à ce que je crois, Amanus, il n’y aura pas besoin de cela, car je prendrai tant de précautions que, même si je tombe dans une telle situation, j’essaierai de l’éviter, si je le peux.
Mais s’il existe d’autres choses dont je pourrais tirer des enseignements, je vous en prie, autant que je le puis, dites-moi maintenant une autre histoire sur ce sujet.
Fils, il est toujours bon d’apprendre, Confesseur, afin que tu puisses te maîtriser et éviter toute peine. Car celui qui ne sait pas donner de conseil ne peut éviter les malheurs qui surviennent, comme on le lit dans les livres.
Il n’y a jamais de bien à se disputer, tout au long de la vie d’un homme :888 P. i. 304
Même si cela commence par une simple querelle,889
[Jupiter, Junon et Tiresias en font une affaire grave.]
Et cela cause du chagrin d’un côté ou de l’autre. Le Confesseur donne ici l’exemple donné par le grand érudit Ovide, concernant un différend entre deux personnes, selon la loi établie par Jupiter et Junon. Et Macrobe raconte dans ses livres comment Jupiter et Junon se disputèrent à propos d’une certaine question, comme s’il s’agissait d’un différend, dès leurs premiers mots, à savoir lequel des deux…
710 Et, Fils, si à quelque moment tu es tenté de manquer de patience, réfère-toi à cet exemple ; il empêchera peut-être que tu ne souffres par la suite.
Mon père, à ce que je crois, Amanus, il n’y aura pas besoin de cela, car je prendrai tant de précautions que, même si je tombe dans une telle situation, j’essaierai de l’éviter, si je le peux.
Mais s’il existe d’autres choses dont je pourrais tirer des enseignements, je vous en prie, autant que je le puis, dites-moi maintenant une autre histoire sur ce sujet.
Fils, il est toujours bon d’apprendre, Confesseur, afin que tu puisses te maîtriser et éviter toute peine. Car celui qui ne sait pas donner de conseil ne peut éviter les malheurs qui surviennent, comme on le lit dans les livres.
Il n’y a jamais de bien à se disputer, tout au long de la vie d’un homme :888 P. i. 304
Même si cela commence par une simple querelle,889
[Jupiter, Junon et Tiresias en font une affaire grave.]
Et cela cause du chagrin d’un côté ou de l’autre. Le Confesseur donne ici l’exemple donné par le grand érudit Ovide, concernant un différend entre deux personnes, selon la loi établie par Jupiter et Junon. Et Macrobe raconte dans ses livres comment Jupiter et Junon se disputèrent à propos d’une certaine question, comme s’il s’agissait d’un différend, dès leurs premiers mots, à savoir lequel des deux…
Page 480
Entre eux en privé : une femme, emplie de convoitise amoureuse.
Et son ardeur était à ce point grande que nul n’était plus amoureux qu’elle, ni homme ni femme. C’est sur cette base qu’ils désignaient un juge.
Ils ne pouvaient pas s’accorder, car l’un était contre l’autre.
Alors ils choisirent Junon comme juge dans cette affaire ; c’est elle qui fut appelée Tiresias, pour rendre son jugement.
Elle lui ordonna de trancher l’affaire ; la déesse, furieuse, décida ainsi.
Sans préavis, elle lui ôta la vue des deux yeux, privant ce dieu de la clarté visuelle.
Junon était en colère et ne voulait pas pardonner ; elle lui prit pour toujours la lumière des deux yeux.
Lorsque Jupiter vit ce malheur, il lui accorda une autre faveur, une grâce telle que, parce qu’il avait su dire la vérité, il devint pour toujours prophète.
Mais l’autre avait eu plus de pouvoir : il avait eu la vision de ses yeux plutôt que la prophétie de ses paroles.
Ainsi, la vérité s’est réalisée, mais la colère fut la cause de la grande souffrance physique qu’il endura.
Mon fils, sois là, confesseur.
Et garde ta langue bien close : [Chest.]
Car celui qui révèle ses paroles ou montre ce qu’il pense est complètement perdu, et souvent privé de grâce, s’il veut poursuivre ses pensées.
À propos de cela, mon fils, si tu peux ici, en privé, connaître ce que les autres ont fait, réfléchis-y et ne le révèle pas.
Et son ardeur était à ce point grande que nul n’était plus amoureux qu’elle, ni homme ni femme. C’est sur cette base qu’ils désignaient un juge.
Ils ne pouvaient pas s’accorder, car l’un était contre l’autre.
Alors ils choisirent Junon comme juge dans cette affaire ; c’est elle qui fut appelée Tiresias, pour rendre son jugement.
Elle lui ordonna de trancher l’affaire ; la déesse, furieuse, décida ainsi.
Sans préavis, elle lui ôta la vue des deux yeux, privant ce dieu de la clarté visuelle.
Junon était en colère et ne voulait pas pardonner ; elle lui prit pour toujours la lumière des deux yeux.
Lorsque Jupiter vit ce malheur, il lui accorda une autre faveur, une grâce telle que, parce qu’il avait su dire la vérité, il devint pour toujours prophète.
Mais l’autre avait eu plus de pouvoir : il avait eu la vision de ses yeux plutôt que la prophétie de ses paroles.
Ainsi, la vérité s’est réalisée, mais la colère fut la cause de la grande souffrance physique qu’il endura.
Mon fils, sois là, confesseur.
Et garde ta langue bien close : [Chest.]
Car celui qui révèle ses paroles ou montre ce qu’il pense est complètement perdu, et souvent privé de grâce, s’il veut poursuivre ses pensées.
À propos de cela, mon fils, si tu peux ici, en privé, connaître ce que les autres ont fait, réfléchis-y et ne le révèle pas.
Page 481
Car pour Cheste, on ne peut donner de conseil,
780 Que ce soit mal ou que ce soit bien :
Et prenez une histoire à l’esprit,
Que j’ai trouvée dans d’anciens exemples.
Phébus, qui rend les jours lumineux, [Phébus et
Cornide.]
Il avait un amour pour elle, très grand,
Pour Cornide, qu’il préférait à toutes les autres ;
Mais ce qui doit arriver, personne ne peut l’empêcher.
De cet amour, nul ne connaît le secret, le Confesseur
899
Ne le sait que selon ce que le destin décide.
Exemple contre ceux qui sont dans l’amour.
Ainsi, par hasard, à cause d’un autre,
790 Un jeune chevalier prit la décision de révéler son amour
Et obtint d’elle tout ce qu’il voulait : ils étaient présomptueux.
Mais une fausse épouse, qui le trompait, raconta comment
Une certaine pie, alors,
Était gardée dans une chambre de pure blancheur, d’un blanc éclatant,
Et révélait tout ce qu’il cachait.
Corbeau, conseiller de sa maîtresse Cornide,
Le nom de cette épouse était comme si Phébus l’avait dénudée ;
Corbeau, qui se trouvait là aussi, ne fut pas plus blanc qu’un cygne, mais tua uniquement
Cornide elle-même.
Et celui qui rapporta tout ce qu’il put, dit à Phébus ; auparavant, il était blanc comme de la neige,
900
Mais de colère, il tira son épée, qui devint noire.
Avec cela, Cornide fut aussitôt tuée.
Pour toujours,
Après lui, il ne fut plus jamais blanc.
800 Et il eut un grand repentir,
Duquel, en témoignage et en mémoire, P. i.
306
Parle de ceux qui utilisent des paroles trompeuses ;
Sur cette épouse, il subit ce châtiment :
Avant, il était blanc comme de la neige,902
Après, il devint noir pour toujours903.
Il fut transformé, comme on le voit,
810
Et beaucoup de gens l’ont décrit ainsi,
Et jusqu’à aujourd’hui on le considère
Comme un corbeau, dont on peut tirer des preuves,
Quand il crie, car cela signifie qu’un malheur est survenu.
780 Que ce soit mal ou que ce soit bien :
Et prenez une histoire à l’esprit,
Que j’ai trouvée dans d’anciens exemples.
Phébus, qui rend les jours lumineux, [Phébus et
Cornide.]
Il avait un amour pour elle, très grand,
Pour Cornide, qu’il préférait à toutes les autres ;
Mais ce qui doit arriver, personne ne peut l’empêcher.
De cet amour, nul ne connaît le secret, le Confesseur
899
Ne le sait que selon ce que le destin décide.
Exemple contre ceux qui sont dans l’amour.
Ainsi, par hasard, à cause d’un autre,
790 Un jeune chevalier prit la décision de révéler son amour
Et obtint d’elle tout ce qu’il voulait : ils étaient présomptueux.
Mais une fausse épouse, qui le trompait, raconta comment
Une certaine pie, alors,
Était gardée dans une chambre de pure blancheur, d’un blanc éclatant,
Et révélait tout ce qu’il cachait.
Corbeau, conseiller de sa maîtresse Cornide,
Le nom de cette épouse était comme si Phébus l’avait dénudée ;
Corbeau, qui se trouvait là aussi, ne fut pas plus blanc qu’un cygne, mais tua uniquement
Cornide elle-même.
Et celui qui rapporta tout ce qu’il put, dit à Phébus ; auparavant, il était blanc comme de la neige,
900
Mais de colère, il tira son épée, qui devint noire.
Avec cela, Cornide fut aussitôt tuée.
Pour toujours,
Après lui, il ne fut plus jamais blanc.
800 Et il eut un grand repentir,
Duquel, en témoignage et en mémoire, P. i.
306
Parle de ceux qui utilisent des paroles trompeuses ;
Sur cette épouse, il subit ce châtiment :
Avant, il était blanc comme de la neige,902
Après, il devint noir pour toujours903.
Il fut transformé, comme on le voit,
810
Et beaucoup de gens l’ont décrit ainsi,
Et jusqu’à aujourd’hui on le considère
Comme un corbeau, dont on peut tirer des preuves,
Quand il crie, car cela signifie qu’un malheur est survenu.
Page 482
Sois donc courageux et sois le meilleur,
Si tu veux rester toi-même en paix,
Mon bon Fils, comme je te l’ai dit.904
Car en un autre endroit j’ai parlé905 [de Jupiter et de Laar.]
De cette Nymphe que Laar nommait : Hic loquitur super
eodem: Et narrat
820 Car la honte est une nuit noire ; comment Laar
raconte comment Jupiter était avec Juturne, la Nymphe, au sujet de ce qu’il avait dit, Dieu fit qu’elle revienne :906 Jupiter a adultéré avec Juturne, il a coupé sa langue à Junon,
et il l’a envoyée pour toujours dans l’enfer, en duel secret,906m
comme il a révélé ce qui n’était pas digne d’être divulgué ici.
C’est pourquoi Jupiter,
en colère à cause de l’amour, a fait couper d’abord la langue de Laar,
et depuis ce jour-là sa langue a été coupée,
ensuite dans la cour de l’amour, comme on le dit, profondément,
afin que sa langue ne puisse plus parler. Il l’a condamnée à l’exil perpétuel
dans l’Achéron.
Mon Fils, ne sois pas comme lui,907 il l’a asservi.
830 À raconter des histoires ainsi,
et surtout à ne jamais mentir, P. i.
Car la honte ne peut cacher aucun secret,
car la colère ne dit jamais rien de bon.
Mon père, c’est là le sort de tout amant.
Apprenez-moi, et je suivrai
la règle à laquelle je suis soumis,
à fuir la honte, comme vous me l’ordonnez,
840 Car celui qui ne ment jamais est heureux.
Dites-moi maintenant s’il y a autre chose
relatif à la science de la colère.
iii. Le Démon a une haine semblable à celle d’un scribe, à qui [iii. La haine.]
la Colère donnera
la matière écrite du cœur pour ses entrailles.
L’amour ne relâchera pas la haine que les freins retiennent,
ni ne permettra d’accéder aux secrets de son propre droit.
Il y a encore une autre forme de colère,
qui est son frère jumeau, la honte.
Si tu veux rester toi-même en paix,
Mon bon Fils, comme je te l’ai dit.904
Car en un autre endroit j’ai parlé905 [de Jupiter et de Laar.]
De cette Nymphe que Laar nommait : Hic loquitur super
eodem: Et narrat
820 Car la honte est une nuit noire ; comment Laar
raconte comment Jupiter était avec Juturne, la Nymphe, au sujet de ce qu’il avait dit, Dieu fit qu’elle revienne :906 Jupiter a adultéré avec Juturne, il a coupé sa langue à Junon,
et il l’a envoyée pour toujours dans l’enfer, en duel secret,906m
comme il a révélé ce qui n’était pas digne d’être divulgué ici.
C’est pourquoi Jupiter,
en colère à cause de l’amour, a fait couper d’abord la langue de Laar,
et depuis ce jour-là sa langue a été coupée,
ensuite dans la cour de l’amour, comme on le dit, profondément,
afin que sa langue ne puisse plus parler. Il l’a condamnée à l’exil perpétuel
dans l’Achéron.
Mon Fils, ne sois pas comme lui,907 il l’a asservi.
830 À raconter des histoires ainsi,
et surtout à ne jamais mentir, P. i.
Car la honte ne peut cacher aucun secret,
car la colère ne dit jamais rien de bon.
Mon père, c’est là le sort de tout amant.
Apprenez-moi, et je suivrai
la règle à laquelle je suis soumis,
à fuir la honte, comme vous me l’ordonnez,
840 Car celui qui ne ment jamais est heureux.
Dites-moi maintenant s’il y a autre chose
relatif à la science de la colère.
iii. Le Démon a une haine semblable à celle d’un scribe, à qui [iii. La haine.]
la Colère donnera
la matière écrite du cœur pour ses entrailles.
L’amour ne relâchera pas la haine que les freins retiennent,
ni ne permettra d’accéder aux secrets de son propre droit.
Il y a encore une autre forme de colère,
qui est son frère jumeau, la honte.
Page 483
Et son nom est appelé Haine ; ce traité traite du Confesseur de la troisième heure, celui qui souffre en son sein l’apparence de la Colère, de sorte qu’il n’y a ni amour ni pitié ; on l’appelle Odium, car il ne veut faire aucune grâce à celui dont la nature est pleine d’inimitiés et de colères. Il ramène l’esprit à la raison. Maintenant, dis-moi, si tu fais partie de ceux-là, jusqu’à quel point as-tu été emporté par ce vice ? Jusqu’au temps 908 de la vengeance. Comme vous me l’avez dit, tel un scribe du démon dans le cœur… Mon père, je ne sais pas ce que c’est. De bonne foi, mon Fils, je crois que c’est cela. Mon père, non, mais apprenez-le-moi. Afin que, mon Fils, tu ne restes pas ici. La haine est une colère qui ne se montre pas, mais qui s’accumule depuis longtemps, et elle lutte dans le cœur fermé, jusqu’à ce qu’elle voie le moment de se venger ; alors elle manifeste sa tempête, plus féroce que la bête sauvage, qui ne connaît rien à la miséricorde. Mon Fils, sais-tu quelque chose à ce sujet ? Mon bon père, comme je le pensais, Confession de l’Amant. Maintenant, je comprends un peu ce que vous voulez dire ; mais je n’ose pas affirmer autre chose. Ma dame ne m’a jamais aimé. Je ne veux jurer par rien que je sois coupable de haine ; car lorsque je m’adresse à ma dame jour après jour en demandant miséricorde, et qu’elle ne me montre aucune pitié, mais ne me dit que des mots secs, bien que j’aime profondément ma dame, pourtant je dois haïr ces mots ; et j’aimerais qu’ils soient tous anéantis, ou qu’ils disparaissent du monde, afin que je ne doive plus jamais les voir ici. Et pourtant, j’aime toujours ma dame. Ainsi, voilà la haine, comme vous pouvez le voir.
Page 484
Entre mes paroles et moi ;
Les paroles que je hais et celles que j’aime,
Voilà ce qui m’arrivera à cause de l’amour.
Mais pour l’instant, je veux écrire ceci :
J’ai haï toute ma vie
Ces flatteurs, qui, par envie,
Sont toujours prêts à mentir ;
Car avec leur fausse compassion,
Ils m’ont rendu malheureux
Et m’ont retardé longtemps,
Alors qu’ils ne connaissaient aucune raison,
Seulement par pure méchanceté :
Ainsi, j’ai toujours détesté
Le mensonge, et je n’ai bu aucune goutte de vin.
J’aurais voulu que mon sort soit semblable au leur :
Car maintenant que j’écris cela,
Je ne pourrai jamais leur pardonner,
Jusqu’à ce que je les voie en duel
Avec l’amour, et alors seulement
Ils pourraient être libres,
Et voir à quel point il est douloureux
D’empêcher un homme qui aime profondément.
Ainsi, je les hais de plus en plus,
Jusqu’à ce que l’amour fasse son œuvre sur eux :
Pour cela, je prierai toujours
Le puissant Cupidon,
Qu’il fasse de même, puisqu’il est un dieu de l’amour,
De les frapper de la même baguette
Par laquelle je suis frappé par l’amour ;
Ainsi, ils pourraient savoir et comprendre
À quel point entraver celui qui veut aimer est une grande souffrance.
Ainsi, je les attends et j’espère sans cesse,
Jusqu’à ce que je puisse les voir s’enfuir,
Et continuer sur le même chemin
Que je suis maintenant : car demain…
Les paroles que je hais et celles que j’aime,
Voilà ce qui m’arrivera à cause de l’amour.
Mais pour l’instant, je veux écrire ceci :
J’ai haï toute ma vie
Ces flatteurs, qui, par envie,
Sont toujours prêts à mentir ;
Car avec leur fausse compassion,
Ils m’ont rendu malheureux
Et m’ont retardé longtemps,
Alors qu’ils ne connaissaient aucune raison,
Seulement par pure méchanceté :
Ainsi, j’ai toujours détesté
Le mensonge, et je n’ai bu aucune goutte de vin.
J’aurais voulu que mon sort soit semblable au leur :
Car maintenant que j’écris cela,
Je ne pourrai jamais leur pardonner,
Jusqu’à ce que je les voie en duel
Avec l’amour, et alors seulement
Ils pourraient être libres,
Et voir à quel point il est douloureux
D’empêcher un homme qui aime profondément.
Ainsi, je les hais de plus en plus,
Jusqu’à ce que l’amour fasse son œuvre sur eux :
Pour cela, je prierai toujours
Le puissant Cupidon,
Qu’il fasse de même, puisqu’il est un dieu de l’amour,
De les frapper de la même baguette
Par laquelle je suis frappé par l’amour ;
Ainsi, ils pourraient savoir et comprendre
À quel point entraver celui qui veut aimer est une grande souffrance.
Ainsi, je les attends et j’espère sans cesse,
Jusqu’à ce que je puisse les voir s’enfuir,
Et continuer sur le même chemin
Que je suis maintenant : car demain…
Page 485
Je voudrais alors accomplir ma volonté.
920 Ainsi brillaient ici les lumières,
Aussi qu’ils ne trouvent aucune raison
Pour ce qu’ils voulaient, mais seulement
Je voudrais l’éloigner de cet endroit
Par amour, tout comme ils l’ont fait
En parlant de moi à haute voix.
Ainsi voudrais-je agir, si je le pouvais ;
Lui, et cela, que Dieu me sauve,
C’est toute la haine que j’ai
Envers ces importuns chaque jour ;
930 Je voudrais bien traiter tous les autres chevaux.
Ainsi, père, j’ai exprimé ma volonté ;
Dites maintenant, car je suis silencieux.
Mon Fils, à propos de ce que tu m’as dit, confesseur…
Je ne me sens pas encore entièrement satisfait :
Que tu haïsses n’importe quel homme,
À cela je ne peux consentir,
Même s’il t’a causé du tort auparavant.
Mais ceci je te dis donc, P. i. 311 :
Tu pourrais, grâce à ma bénédiction,
940 Haïr profondément la condition
De ces importuns, comme tu me l’as dit,916
Mais en outre, si tu voulais
L’entraver d’une autre manière,
Une telle haine doit toujours être méprisée.
C’est pourquoi, mon Fils, je te conseille
De recourir à l’amitié,
Afin de ne plus pouvoir haïr ;
Ainsi tu pourras obtenir l’amour en abondance
Et te mettre, mon Fils, en repos,
950 Car tu trouveras que c’est le mieux.
Et par-dessus tout, autant que je le puis,
Je te conseille de te garder à l’écart de la haine des autres hommes,
Ce que tout sage devrait éviter :
Car la haine est toujours source de malheur.
920 Ainsi brillaient ici les lumières,
Aussi qu’ils ne trouvent aucune raison
Pour ce qu’ils voulaient, mais seulement
Je voudrais l’éloigner de cet endroit
Par amour, tout comme ils l’ont fait
En parlant de moi à haute voix.
Ainsi voudrais-je agir, si je le pouvais ;
Lui, et cela, que Dieu me sauve,
C’est toute la haine que j’ai
Envers ces importuns chaque jour ;
930 Je voudrais bien traiter tous les autres chevaux.
Ainsi, père, j’ai exprimé ma volonté ;
Dites maintenant, car je suis silencieux.
Mon Fils, à propos de ce que tu m’as dit, confesseur…
Je ne me sens pas encore entièrement satisfait :
Que tu haïsses n’importe quel homme,
À cela je ne peux consentir,
Même s’il t’a causé du tort auparavant.
Mais ceci je te dis donc, P. i. 311 :
Tu pourrais, grâce à ma bénédiction,
940 Haïr profondément la condition
De ces importuns, comme tu me l’as dit,916
Mais en outre, si tu voulais
L’entraver d’une autre manière,
Une telle haine doit toujours être méprisée.
C’est pourquoi, mon Fils, je te conseille
De recourir à l’amitié,
Afin de ne plus pouvoir haïr ;
Ainsi tu pourras obtenir l’amour en abondance
Et te mettre, mon Fils, en repos,
950 Car tu trouveras que c’est le mieux.
Et par-dessus tout, autant que je le puis,
Je te conseille de te garder à l’écart de la haine des autres hommes,
Ce que tout sage devrait éviter :
Car la haine est toujours source de malheur.
Page 486
Et comme le pêcheur sur son appât
Gît, lorsqu’il a bien attaché les poissons,
Ainsi, lorsqu’il a fixé le temps à sa fin,
Pour qu’il puisse travailler un autre jour,
Nul ne pourra le déloger de là ;
Que la Haine ne puisse accomplir sa félonie
Ni feindre de l’accompagner ;
Car en vain, sous un faux semblant,
Le pacte lui est tenu ;
Ainsi, sous les deux,
La colère secrète peut l’envelopper,
De sorte qu’il semblera avoir une grande foi.
Mais garde-toi bien de croire tout ce que tu as entendu auparavant,
Comme le disait jadis Grégoire :
Le livre de Troie qui parle ainsi,
On y trouve un exemple de vertu.
Puis, après la destruction, [le roi Namplius et les Grecs.]
Lorsque Troie fut entièrement détruite
Et que le roi Priam fut tué, le Confesseur donne ici un exemple contre les Grecs, ceux-là mêmes qui, poussés par une colère légitime, ont ouvert leur haine envers autrui ; nul ne peut partager leur sort ; ils ne peuvent se venger, car tout cela a été vu et ressenti par la dissimulation ;
Les temps difficiles suivent les temps doux : la vengeance sournoise se manifeste lorsque, en partant, ils poursuivent leurs ennemis. Une tempête violente s’abat sur eux ; on raconte que, lorsque Palamade, le chef des Grecs, fit plier Junon de leur côté, le ciel s’assombrit, le vent se mit à souffler, l’assiègement de Troie par certains des leurs, les flammes tonnèrent, par des rivaux traîtres, comme si le monde devait entièrement être détruit ; il fut tué, ainsi que son père, sortis des portes des eaux du ciel ; la tempête royale s’abattit alors sur le roi Namplius dans sa patrie, et tout devint chaotique, au point que nul ne pouvait se protéger ; on entendait alors les marins crier, avec certitude.
Gît, lorsqu’il a bien attaché les poissons,
Ainsi, lorsqu’il a fixé le temps à sa fin,
Pour qu’il puisse travailler un autre jour,
Nul ne pourra le déloger de là ;
Que la Haine ne puisse accomplir sa félonie
Ni feindre de l’accompagner ;
Car en vain, sous un faux semblant,
Le pacte lui est tenu ;
Ainsi, sous les deux,
La colère secrète peut l’envelopper,
De sorte qu’il semblera avoir une grande foi.
Mais garde-toi bien de croire tout ce que tu as entendu auparavant,
Comme le disait jadis Grégoire :
Le livre de Troie qui parle ainsi,
On y trouve un exemple de vertu.
Puis, après la destruction, [le roi Namplius et les Grecs.]
Lorsque Troie fut entièrement détruite
Et que le roi Priam fut tué, le Confesseur donne ici un exemple contre les Grecs, ceux-là mêmes qui, poussés par une colère légitime, ont ouvert leur haine envers autrui ; nul ne peut partager leur sort ; ils ne peuvent se venger, car tout cela a été vu et ressenti par la dissimulation ;
Les temps difficiles suivent les temps doux : la vengeance sournoise se manifeste lorsque, en partant, ils poursuivent leurs ennemis. Une tempête violente s’abat sur eux ; on raconte que, lorsque Palamade, le chef des Grecs, fit plier Junon de leur côté, le ciel s’assombrit, le vent se mit à souffler, l’assiègement de Troie par certains des leurs, les flammes tonnèrent, par des rivaux traîtres, comme si le monde devait entièrement être détruit ; il fut tué, ainsi que son père, sortis des portes des eaux du ciel ; la tempête royale s’abattit alors sur le roi Namplius dans sa patrie, et tout devint chaotique, au point que nul ne pouvait se protéger ; on entendait alors les marins crier, avec certitude.
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Celui-ci resta là pour mourir : s’il avait su, les Grecs, dans la haine de leur cœur…
Celui qui était assis derrière, sur le taureau, par-dessus tout…
Jamais plus il ne vit la forêt ; il se retira. Ainsi, le navire voguait au milieu des vagues ; il arriva que, lorsque les Grecs eurent conquis Troie…
Le navigateur perdit ses lois, à travers la mer profonde…
La mer l’entourait de tous côtés ; en direction de la Grèce…
Ils ne savaient quelle fortune les attendait, naviguant dans l’obscurité de la nuit…
Mais ils le livrèrent entièrement à la volonté des dieux, en temps de tempêtes violentes…
924
Où il voulait le sauver ou le perdre.
Et il arriva ainsi à ce moment-là : ils étaient jetés çà et là, le roi…
Il y avait un roi, nommé Namplus, qui habitait en terre, et il avait un fils, près des côtes de la mer, où se dressaient de très grands rochers…
Comme le prince le plus fou de tous, face aux périls, au sommet des montagnes…
Son nom était Palamades. La nuit, il alluma des feux secrets ; les Grecs, en les voyant, pensèrent trouver un refuge sûr…
Certains d’entre eux furent tués là même. Son père, lorsqu’il apprit cela, jura que, s’il devait un jour mourir, il vengerait son fils, s’il le pouvait, une grande partie des Grecs…
925
Et ainsi, ce roi, par une haine secrète, fit en sorte que…
Namplus, par sa force, ne pouvant pas se venger ouvertement à cause de cette haine cachée, utilisa la ruse pour se venger…
La rumeur se répandit partout, et la tromperie fut découverte.
1000
Sachez comment les Grecs, avec toute leur flotte, quittèrent Troie par la mer. 313
1020
Namplus, lorsqu’il comprit cela, connaissant les marées et sachant que le vent soufflait vers la terre, ourdit aussitôt un grand stratagème, par haine secrète, comme je vais vous le raconter ici. 926
Celui qui était assis derrière, sur le taureau, par-dessus tout…
Jamais plus il ne vit la forêt ; il se retira. Ainsi, le navire voguait au milieu des vagues ; il arriva que, lorsque les Grecs eurent conquis Troie…
Le navigateur perdit ses lois, à travers la mer profonde…
La mer l’entourait de tous côtés ; en direction de la Grèce…
Ils ne savaient quelle fortune les attendait, naviguant dans l’obscurité de la nuit…
Mais ils le livrèrent entièrement à la volonté des dieux, en temps de tempêtes violentes…
924
Où il voulait le sauver ou le perdre.
Et il arriva ainsi à ce moment-là : ils étaient jetés çà et là, le roi…
Il y avait un roi, nommé Namplus, qui habitait en terre, et il avait un fils, près des côtes de la mer, où se dressaient de très grands rochers…
Comme le prince le plus fou de tous, face aux périls, au sommet des montagnes…
Son nom était Palamades. La nuit, il alluma des feux secrets ; les Grecs, en les voyant, pensèrent trouver un refuge sûr…
Certains d’entre eux furent tués là même. Son père, lorsqu’il apprit cela, jura que, s’il devait un jour mourir, il vengerait son fils, s’il le pouvait, une grande partie des Grecs…
925
Et ainsi, ce roi, par une haine secrète, fit en sorte que…
Namplus, par sa force, ne pouvant pas se venger ouvertement à cause de cette haine cachée, utilisa la ruse pour se venger…
La rumeur se répandit partout, et la tromperie fut découverte.
1000
Sachez comment les Grecs, avec toute leur flotte, quittèrent Troie par la mer. 313
1020
Namplus, lorsqu’il comprit cela, connaissant les marées et sachant que le vent soufflait vers la terre, ourdit aussitôt un grand stratagème, par haine secrète, comme je vais vous le raconter ici. 926
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Ce roi ne put rien conserver,927
P. i.
1030 Et il savait bien que leurs navires seraient pris 314
Ici s’achève leur route, tout droit,928
Et, dans la nuit noire,
Avec de grands pieux et de gros blocs,
Ils construisirent quelque chose au-dessus des grandes roches,
Pour montrer sa hauteur en enfer,
Afin que la flotte de Grèce puisse le voir.
Et cela se passa exactement comme il l’avait pensé :
Cette flotte, qui cherchait un abri,
Vit les feux brillants comme du fer,
1040 Et ils furent entraînés de plus en plus bas,
Et comprirent bien que tous ces feux servaient à indiquer où les hommes devaient arriver,
Et ils se hâtèrent de retourner en arrière.929
La ruse, dit-on, est une tromperie,
Et cela fut prouvé en ce moment-là ;
Le navire qui tenta de s’échapper vers le haut930
Se brisa en mille morceaux sur les rochers,
Et ainsi dix ou douze personnes périrent ;
1050 Personne ne put se sauver lui-même,
Car là, ils cherchaient à s’échapper,
Sans aide, la mort était inévitable.
Ainsi, ceux qui arrivèrent les premiers sur les rochers furent perdus,
À cause du bruit et des cris ;
Les autres étaient tous là, en combat ;
Et quand le jour commença à poindre,
Même s’ils pouvaient deviner la vérité, P. i.
315
Qu’ils trouveraient des amis là où ils allaient,
1060 Ils ne trouvèrent que des navires ennemis derrière eux.931
La mer était alors très agitée,
Là où ils avaient été trompés,
Et ils furent emmenés vers la mer profonde ;
Là, ils dirent tous ensemble :
P. i.
1030 Et il savait bien que leurs navires seraient pris 314
Ici s’achève leur route, tout droit,928
Et, dans la nuit noire,
Avec de grands pieux et de gros blocs,
Ils construisirent quelque chose au-dessus des grandes roches,
Pour montrer sa hauteur en enfer,
Afin que la flotte de Grèce puisse le voir.
Et cela se passa exactement comme il l’avait pensé :
Cette flotte, qui cherchait un abri,
Vit les feux brillants comme du fer,
1040 Et ils furent entraînés de plus en plus bas,
Et comprirent bien que tous ces feux servaient à indiquer où les hommes devaient arriver,
Et ils se hâtèrent de retourner en arrière.929
La ruse, dit-on, est une tromperie,
Et cela fut prouvé en ce moment-là ;
Le navire qui tenta de s’échapper vers le haut930
Se brisa en mille morceaux sur les rochers,
Et ainsi dix ou douze personnes périrent ;
1050 Personne ne put se sauver lui-même,
Car là, ils cherchaient à s’échapper,
Sans aide, la mort était inévitable.
Ainsi, ceux qui arrivèrent les premiers sur les rochers furent perdus,
À cause du bruit et des cris ;
Les autres étaient tous là, en combat ;
Et quand le jour commença à poindre,
Même s’ils pouvaient deviner la vérité, P. i.
315
Qu’ils trouveraient des amis là où ils allaient,
1060 Ils ne trouvèrent que des navires ennemis derrière eux.931
La mer était alors très agitée,
Là où ils avaient été trompés,
Et ils furent emmenés vers la mer profonde ;
Là, ils dirent tous ensemble :
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Fro que cela éclate et qu’ils combattent là-bas932
De ce qu’ils avaient attaqué là.
Mon Fils, à ce sujet tu pourrais conseiller le Confesseur.
Comme la ruse existe de bien des manières
Parmi ceux qui pensent à la tromperie ;
1070 Il n’y a aucun Écrivain avec son encre
Qui puisse décrire la moitié des fraudes
Qui existent de telle manière chez un homme :
Car les sages ne demandent pas
Les choses après qu’elles se soient produites,
Mais après qu’ils les connaissent et les ont découvertes.
Le Miroir montre dans sa nature
Comme s’il avait tout le monde en lui,
Et pourtant il n’y a rien en lui ;
Et ainsi loin, la Haine à un jet de pierre :
1080 Jusqu’à ce qu’un homme soit renversé,
Nul ne saura ce qui est précieux pour lui,
Ni ce qui l’est encore.
C’est pourquoi, Mon Fils, réfléchis à ceci.
Mon père, c’est ce que je souhaite savoir ; Amans.
Et s’il y a davantage de Colère,
Demande maintenant par charité,
Comme tu le sais dans tes livres,
Et moi je connaîtrai la vérité. P. i.
316
iv. Celui qui ne peut retenir sa main, et qu’il soit [iv. v. Contek et
Homicide.]
son esprit933
Aux narines, celui-ci sera souvent redoutable pour le peuple.
Vénus transfère souvent sa tristesse et ses joies,
Lorsque de tel ami est présent dans ses appartements.
L’amour doit être attiré par des étreintes, non par des coups,
La main impétueuse brise les amitiés.
Mon Fils, tu comprendras
1090 Que maintenant, face à la Colère,
Sont présents d’autres vices mortels pour toi :
Et donc dis ici leurs noms ainsi,
De ce qu’ils avaient attaqué là.
Mon Fils, à ce sujet tu pourrais conseiller le Confesseur.
Comme la ruse existe de bien des manières
Parmi ceux qui pensent à la tromperie ;
1070 Il n’y a aucun Écrivain avec son encre
Qui puisse décrire la moitié des fraudes
Qui existent de telle manière chez un homme :
Car les sages ne demandent pas
Les choses après qu’elles se soient produites,
Mais après qu’ils les connaissent et les ont découvertes.
Le Miroir montre dans sa nature
Comme s’il avait tout le monde en lui,
Et pourtant il n’y a rien en lui ;
Et ainsi loin, la Haine à un jet de pierre :
1080 Jusqu’à ce qu’un homme soit renversé,
Nul ne saura ce qui est précieux pour lui,
Ni ce qui l’est encore.
C’est pourquoi, Mon Fils, réfléchis à ceci.
Mon père, c’est ce que je souhaite savoir ; Amans.
Et s’il y a davantage de Colère,
Demande maintenant par charité,
Comme tu le sais dans tes livres,
Et moi je connaîtrai la vérité. P. i.
316
iv. Celui qui ne peut retenir sa main, et qu’il soit [iv. v. Contek et
Homicide.]
son esprit933
Aux narines, celui-ci sera souvent redoutable pour le peuple.
Vénus transfère souvent sa tristesse et ses joies,
Lorsque de tel ami est présent dans ses appartements.
L’amour doit être attiré par des étreintes, non par des coups,
La main impétueuse brise les amitiés.
Mon Fils, tu comprendras
1090 Que maintenant, face à la Colère,
Sont présents d’autres vices mortels pour toi :
Et donc dis ici leurs noms ainsi,
Page 490
C’est le Contek et l’Homicide,
Qui règnent partout. Ce traité
Du Confesseur sur le Contek, comme le disent les livres, quatrième et cinquième,
A été donné à son petit serviteur, sous forme de colère,
Qui est le conseil de l’impétuosité sans réflexion et de l’homicide.
La patience est la plus méprisée, dit-on. Mais d’abord,
Il faut traiter convenablement l’homicide avec eux, concernant l’impétuosité.
1100 Il entend traiter particulièrement de leur miséricorde, qui est tout à fait inappropriée, celle de ceux
Qui tombent dans la colère, en gonflant les narines,
Toutes les mouvements de colère,
Dans les actes comme dans les pensées : prêts à se venger.
Pour eux, la colère vient ici même pendant la nuit, la patience…
Mais s’il y a menace de sang, ils ne respectent rien du tout.
Ainsi, comme des bêtes sauvages,
Ils ne connaissent pas le dieu de la vie.
S’ils ont épée ou couteau,
Ici, ils se vengent avec une colère mortelle ;
1110 De pitié, il ne faut pas parler d’eux ;
Ils ne trouvent aucune autre raison,
Que le fait d’être très forts.
Mais ils conviennent mieux ailleurs,
P. i.
Où chacun a besoin de grâce, 317,
Mais là, je crois qu’ils échoueront,
Pour ceux à qui aucune miséricorde ne peut être utile,
Qui sont accablés de malheur,
De telle sorte que ni pitié ni force ne peuvent les soumettre.
Maintenant, dis-moi, mon Fils. Le Confesseur s’oppose.
Père, quoi ?
1120 Si tu es coupable de cela.
Mon père, non, Christ me l’a interdit : Confession de l’Amant.
Je parle seulement du mal,
Duquel je n’ai jamais été coupable
Sans raison valable.
Mais ce n’est pas mon sujet
Dans cet écrit, pour lequel nous sommes ici ;
Car nous sommes chargés d’écrire sur l’amour, [Contek à l’intérieur du
Qui règnent partout. Ce traité
Du Confesseur sur le Contek, comme le disent les livres, quatrième et cinquième,
A été donné à son petit serviteur, sous forme de colère,
Qui est le conseil de l’impétuosité sans réflexion et de l’homicide.
La patience est la plus méprisée, dit-on. Mais d’abord,
Il faut traiter convenablement l’homicide avec eux, concernant l’impétuosité.
1100 Il entend traiter particulièrement de leur miséricorde, qui est tout à fait inappropriée, celle de ceux
Qui tombent dans la colère, en gonflant les narines,
Toutes les mouvements de colère,
Dans les actes comme dans les pensées : prêts à se venger.
Pour eux, la colère vient ici même pendant la nuit, la patience…
Mais s’il y a menace de sang, ils ne respectent rien du tout.
Ainsi, comme des bêtes sauvages,
Ils ne connaissent pas le dieu de la vie.
S’ils ont épée ou couteau,
Ici, ils se vengent avec une colère mortelle ;
1110 De pitié, il ne faut pas parler d’eux ;
Ils ne trouvent aucune autre raison,
Que le fait d’être très forts.
Mais ils conviennent mieux ailleurs,
P. i.
Où chacun a besoin de grâce, 317,
Mais là, je crois qu’ils échoueront,
Pour ceux à qui aucune miséricorde ne peut être utile,
Qui sont accablés de malheur,
De telle sorte que ni pitié ni force ne peuvent les soumettre.
Maintenant, dis-moi, mon Fils. Le Confesseur s’oppose.
Père, quoi ?
1120 Si tu es coupable de cela.
Mon père, non, Christ me l’a interdit : Confession de l’Amant.
Je parle seulement du mal,
Duquel je n’ai jamais été coupable
Sans raison valable.
Mais ce n’est pas mon sujet
Dans cet écrit, pour lequel nous sommes ici ;
Car nous sommes chargés d’écrire sur l’amour, [Contek à l’intérieur du
Page 491
Comme nous l’avons dit au début : le cœur.
Et bien sûr, je sais
1130 que, lorsque l’amour s’empare de moi,
quand je perds la raison,
mon cœur ne connaît pas de repos,
mais reste constamment en conflit
à cause du grand désir pour mon passé,
pendant toute la durée de ce désir.
Car quand ma fortune s’assombrit,
devient si étrangère à moi,
et que je vois qu’elle ne changera pas,
alors j’abandonne tout dans le monde,
1140 et je pense avoir gaspillé tout mon temps,
à la maison comme à l’extérieur,
sans savoir comment m’améliorer,
mais plutôt devenant de plus en plus désespéré,
comme celui qui est complètement désespéré : P. i.
318
Car je ne mérite plus rien,
je continue d’aimer et de servir,
et je reste toujours un idiot.
Ainsi, étant dans une telle situation,
je suis, comme on dit, hors de moi ;
1150 et ainsi, sur moi-même, je provoque le malheur,
en écartant toutes les issues,
au point que, dans une telle situation,
je suis vraiment perdu pour le reste de ma vie.
Ainsi, concernant le conflit et la lutte,
je suis au courant et j’y ai répondu,
comme vous l’avez entendu maintenant, mon père.
Mon cœur est étrangement rempli
de conseils, dont la sagesse domine,
ce qui crée des discordes parmi les gens ;
1160 même ceux qui restent fidèles
veulent ce qu’ils espèrent obtenir,
et ainsi ils provoquent des dissensions.
La sagesse et la raison conseillent souvent
que je devrais adoucir mon cœur.
Et bien sûr, je sais
1130 que, lorsque l’amour s’empare de moi,
quand je perds la raison,
mon cœur ne connaît pas de repos,
mais reste constamment en conflit
à cause du grand désir pour mon passé,
pendant toute la durée de ce désir.
Car quand ma fortune s’assombrit,
devient si étrangère à moi,
et que je vois qu’elle ne changera pas,
alors j’abandonne tout dans le monde,
1140 et je pense avoir gaspillé tout mon temps,
à la maison comme à l’extérieur,
sans savoir comment m’améliorer,
mais plutôt devenant de plus en plus désespéré,
comme celui qui est complètement désespéré : P. i.
318
Car je ne mérite plus rien,
je continue d’aimer et de servir,
et je reste toujours un idiot.
Ainsi, étant dans une telle situation,
je suis, comme on dit, hors de moi ;
1150 et ainsi, sur moi-même, je provoque le malheur,
en écartant toutes les issues,
au point que, dans une telle situation,
je suis vraiment perdu pour le reste de ma vie.
Ainsi, concernant le conflit et la lutte,
je suis au courant et j’y ai répondu,
comme vous l’avez entendu maintenant, mon père.
Mon cœur est étrangement rempli
de conseils, dont la sagesse domine,
ce qui crée des discordes parmi les gens ;
1160 même ceux qui restent fidèles
veulent ce qu’ils espèrent obtenir,
et ainsi ils provoquent des dissensions.
La sagesse et la raison conseillent souvent
que je devrais adoucir mon cœur.
Page 492
Et que je dois m’en débarrasser
Et le mettre hors de ma garde,944
Sinon ils le tiendront sous leur emprise :
Car, comme ils disent, s’il peut
Fixer son regard sur les chiens,
1170 alors aucune sagesse ne pourra être comprise.
Ils disent aussi ceci au sujet de l’espoir,945
Que, où qu’il soit,
Il remplit le cœur de désordre946
Avec des rêveries et des fantaisies,947 319
Et il n’est pas fidèle à ce qu’il dit,
Ainsi, en lui, il n’y a pas de foi :
Ainsi, avec raison et sagesse,
La volonté et l’espoir sont toujours méprisés.
La raison dit que je devrais vivre948
1180 pour aimer, là où il n’y a pas de place
Pour agir ; la volonté dit qu’un tel cœur est méprisable,
Qui ne sait ni aimer, ni agir ;
Laissons l’espoir servir en pareille nécessité :
Elle dit encore que, lorsque le cœur est entièrement gouverné par la raison,
Il perd ce désir de vivre.949
Ainsi, mon cœur est entièrement dominé
Par un tel état qu’ils décrivent :
1190 Mais pour l’instant, je ne peux pas renoncer,950
À ce qu’il reste le maître de mes pensées,
Que j’agisse ou non.
Tu as raison, mon Fils, Confesseur.
Mais l’amour a une telle puissance,
Que personne ne peut refuser sa loi ;
Donc trouve-toi une meilleure excuse.
Et tu apprendras aussi
Que la volonté doit toujours être guidée951
Plus par la raison que par les sentiments,
À ce sujet, j’ai trouvé une histoire.
Et le mettre hors de ma garde,944
Sinon ils le tiendront sous leur emprise :
Car, comme ils disent, s’il peut
Fixer son regard sur les chiens,
1170 alors aucune sagesse ne pourra être comprise.
Ils disent aussi ceci au sujet de l’espoir,945
Que, où qu’il soit,
Il remplit le cœur de désordre946
Avec des rêveries et des fantaisies,947 319
Et il n’est pas fidèle à ce qu’il dit,
Ainsi, en lui, il n’y a pas de foi :
Ainsi, avec raison et sagesse,
La volonté et l’espoir sont toujours méprisés.
La raison dit que je devrais vivre948
1180 pour aimer, là où il n’y a pas de place
Pour agir ; la volonté dit qu’un tel cœur est méprisable,
Qui ne sait ni aimer, ni agir ;
Laissons l’espoir servir en pareille nécessité :
Elle dit encore que, lorsque le cœur est entièrement gouverné par la raison,
Il perd ce désir de vivre.949
Ainsi, mon cœur est entièrement dominé
Par un tel état qu’ils décrivent :
1190 Mais pour l’instant, je ne peux pas renoncer,950
À ce qu’il reste le maître de mes pensées,
Que j’agisse ou non.
Tu as raison, mon Fils, Confesseur.
Mais l’amour a une telle puissance,
Que personne ne peut refuser sa loi ;
Donc trouve-toi une meilleure excuse.
Et tu apprendras aussi
Que la volonté doit toujours être guidée951
Plus par la raison que par les sentiments,
À ce sujet, j’ai trouvé une histoire.
Page 493
Une philosophie dont on parlait
Il y eut jadis, dans les temps anciens, [L’histoire de Diogène
et d’Alexandre.]
Et Diogène alors fut appelé.
Il était si vieux qu’il ne pouvait plus…
Le monde le tourmentait, et pour trouver le meilleur repos,
Il le chassa afin de prendre du répit.
Ici, le Confesseur rapporte
qu’il se battit contre lui avec tant de sagesse qu’aucune force humaine impétueuse
ne put troubler sa volonté.
Il maintint constamment une grande discrétion
pour mettre cette masse à un tel degré de modération
qu’il pût la faire tourner ; il savait la gouverner.
Et il raconte comment,
après avoir été retiré de là, Diogène,
car il devait y rester pour soumettre les mouvements de son âme
à la raison,
put se retourner comme il le voulait, face au roi Alexandre,
pour montrer ainsi le ciel à cause de cet acte,
et il décrivit plus en détail les sept planètes, ses adversaires.
Comme celui qui cueille des mûres.
Ainsi, assis là,
il méditait sur sa philosophie
seul, sans compagnie :
Ainsi, un matin,
comme cela devait arriver,
alors qu’il était là, prêt à contempler le soleil,
et qu’il observait ses propriétés,
voici que le roi Alexandre arriva à cheval ;
et en jetant un coup d’œil autour de lui,
il vit cette masse et comprit ce qu’elle signifiait.
Il envoya alors un chevalier afin qu’il l’examine,
et lui-même resta là, immobile.
Ce chevalier, selon la volonté du roi,
fit avancer son cheval au galop
et arriva bientôt près de la masse,
où il trouva un homme âgé.
Il y eut jadis, dans les temps anciens, [L’histoire de Diogène
et d’Alexandre.]
Et Diogène alors fut appelé.
Il était si vieux qu’il ne pouvait plus…
Le monde le tourmentait, et pour trouver le meilleur repos,
Il le chassa afin de prendre du répit.
Ici, le Confesseur rapporte
qu’il se battit contre lui avec tant de sagesse qu’aucune force humaine impétueuse
ne put troubler sa volonté.
Il maintint constamment une grande discrétion
pour mettre cette masse à un tel degré de modération
qu’il pût la faire tourner ; il savait la gouverner.
Et il raconte comment,
après avoir été retiré de là, Diogène,
car il devait y rester pour soumettre les mouvements de son âme
à la raison,
put se retourner comme il le voulait, face au roi Alexandre,
pour montrer ainsi le ciel à cause de cet acte,
et il décrivit plus en détail les sept planètes, ses adversaires.
Comme celui qui cueille des mûres.
Ainsi, assis là,
il méditait sur sa philosophie
seul, sans compagnie :
Ainsi, un matin,
comme cela devait arriver,
alors qu’il était là, prêt à contempler le soleil,
et qu’il observait ses propriétés,
voici que le roi Alexandre arriva à cheval ;
et en jetant un coup d’œil autour de lui,
il vit cette masse et comprit ce qu’elle signifiait.
Il envoya alors un chevalier afin qu’il l’examine,
et lui-même resta là, immobile.
Ce chevalier, selon la volonté du roi,
fit avancer son cheval au galop
et arriva bientôt près de la masse,
où il trouva un homme âgé.
Page 494
Et il lui transmit le message,
Comme le roi le lui avait ordonné,
1240 Et demanda pourquoi en cet endroit
La Tour se trouvait, et ce qu’elle était.956
Lui, qui comprenait la situation,
Resta silencieux et ne dit pas un mot.
Le chevalier lui dit : « Misérable,
Tu dois me le dire avant que je parte ;
C’est le roi qui pose ces questions. »
« Mon roi », répondit-il, « ce serait injuste. »
« Qui est-ce alors ? » demanda le chevalier,
« Est-ce cet homme ? » « Je ne le sais pas », dit-il,
1250 « Mais ceci, je le sais bien :
L’homme de mes hommes sait qui il est. »
« Tu mens, faux scélérat, sans doute », dit le chevalier, fort en colère,957
Et il alla directement au roi
Pour lui raconter comment cet homme avait répondu.
Le roi, lorsqu’il entendit cette histoire,
Ordonna qu’on les laisse tous partir,
Car lui-même voulait y aller lui-même.958
Et quand il arriva devant la tour,
1260 Il commença son discours ainsi :
« Salut », dit-il, « qui es-tu ? »
Il répondit : « Celui que tu vois maintenant. »
Le roi, qui était sage dans ses paroles,
Ne voulut pas mépriser son âge, P. i.
322
Mais il dit : « Mon père, je t’en prie,
Dis-moi la raison,
Comment je suis l’homme de mes hommes. »
« Sire roi », répondit-il, « je peux le faire,
Si vous le souhaitez. » « Oui », dit le roi.
1270 Il ajouta : « Voici la vérité :
Dès que j’ai compris les choses,
J’ai su ce qui est bien et ce qui est mal,
La volonté qui mue mon corps,
Ceux dont les actes sont blâmés par Dieu. »
Comme le roi le lui avait ordonné,
1240 Et demanda pourquoi en cet endroit
La Tour se trouvait, et ce qu’elle était.956
Lui, qui comprenait la situation,
Resta silencieux et ne dit pas un mot.
Le chevalier lui dit : « Misérable,
Tu dois me le dire avant que je parte ;
C’est le roi qui pose ces questions. »
« Mon roi », répondit-il, « ce serait injuste. »
« Qui est-ce alors ? » demanda le chevalier,
« Est-ce cet homme ? » « Je ne le sais pas », dit-il,
1250 « Mais ceci, je le sais bien :
L’homme de mes hommes sait qui il est. »
« Tu mens, faux scélérat, sans doute », dit le chevalier, fort en colère,957
Et il alla directement au roi
Pour lui raconter comment cet homme avait répondu.
Le roi, lorsqu’il entendit cette histoire,
Ordonna qu’on les laisse tous partir,
Car lui-même voulait y aller lui-même.958
Et quand il arriva devant la tour,
1260 Il commença son discours ainsi :
« Salut », dit-il, « qui es-tu ? »
Il répondit : « Celui que tu vois maintenant. »
Le roi, qui était sage dans ses paroles,
Ne voulut pas mépriser son âge, P. i.
322
Mais il dit : « Mon père, je t’en prie,
Dis-moi la raison,
Comment je suis l’homme de mes hommes. »
« Sire roi », répondit-il, « je peux le faire,
Si vous le souhaitez. » « Oui », dit le roi.
1270 Il ajouta : « Voici la vérité :
Dès que j’ai compris les choses,
J’ai su ce qui est bien et ce qui est mal,
La volonté qui mue mon corps,
Ceux dont les actes sont blâmés par Dieu. »
Page 495
J’ai encore plus restreint ma volonté,
Comme celui qui se tient sous la loi de la raison,
Qui sait ce qu’il est,
Afin qu’il ne puisse jamais faire de mal :
Et ainsi, par un pacte solide,
Ma volonté est mon homme et mon serviteur,
Elle l’a toujours été et le sera toujours.
Cette volonté est la principale,
Elle a la suprématie sur toute intelligence,
Ainsi tu n’as jamais à te soucier
De reprendre le reste de ton travail ;
Mais pour devenir un conquérant
Des biens du monde, qui ne durent pas,
Tu dois toujours jeûner,
Lorsque tu n’as aucune raison de gagner :
Ainsi, cette volonté est la cause du péché,
Elle est ton maître, à qui tu serves,
Et tu mérites à peine de penser à elle.
Le roi, en entendant cela, ne fut nullement fâché,
Mais quand il entendit la grande sagesse qu’il exprimait,
Il le loua par de belles paroles,
Disant qu’il voulait lui révéler son nom.
« Je suis », dit-il, « celui-là même
Que les hommes appellent Diogène. »
Le roi fut très heureux,
Car il avait souvent entendu parler de cet homme,
Ainsi il dit : « Ô sage Diogène,
Maintenant ta grande sagesse sera mise à l’épreuve ;
Car tu recevras de moi tout ce que tu désireras dans ce monde. »
Celui-ci répondit : « Alors, sors mon fils de là,
Et laisse-le briller dans ma tombe ;
Car tu me fais ce cadeau,
Qui ne peut être changé par ta lumière :
Je n’ai besoin d’aucun autre bien de ta part. »
Comme celui qui se tient sous la loi de la raison,
Qui sait ce qu’il est,
Afin qu’il ne puisse jamais faire de mal :
Et ainsi, par un pacte solide,
Ma volonté est mon homme et mon serviteur,
Elle l’a toujours été et le sera toujours.
Cette volonté est la principale,
Elle a la suprématie sur toute intelligence,
Ainsi tu n’as jamais à te soucier
De reprendre le reste de ton travail ;
Mais pour devenir un conquérant
Des biens du monde, qui ne durent pas,
Tu dois toujours jeûner,
Lorsque tu n’as aucune raison de gagner :
Ainsi, cette volonté est la cause du péché,
Elle est ton maître, à qui tu serves,
Et tu mérites à peine de penser à elle.
Le roi, en entendant cela, ne fut nullement fâché,
Mais quand il entendit la grande sagesse qu’il exprimait,
Il le loua par de belles paroles,
Disant qu’il voulait lui révéler son nom.
« Je suis », dit-il, « celui-là même
Que les hommes appellent Diogène. »
Le roi fut très heureux,
Car il avait souvent entendu parler de cet homme,
Ainsi il dit : « Ô sage Diogène,
Maintenant ta grande sagesse sera mise à l’épreuve ;
Car tu recevras de moi tout ce que tu désireras dans ce monde. »
Celui-ci répondit : « Alors, sors mon fils de là,
Et laisse-le briller dans ma tombe ;
Car tu me fais ce cadeau,
Qui ne peut être changé par ta lumière :
Je n’ai besoin d’aucun autre bien de ta part. »
Page 496
Ce roi, que tous craignent,
Voici comment on l’a informé :
À cela, mon Fils, tu pourrais apprendre
Comment ton désir ne sera pas cru,
Là où la raison n’est point éclairée. [Contek.]
Et toi-même as dit ceci :
Que ton maître est ainsi ;
Par lui, les pensées du cœur intérieur
Sont toujours issues de Contek,
Ainsi qu’il est grandement à craindre
Qu’elles ne provoquent pas de meurtre.
Car l’amour est d’une nature merveilleuse,
Et ses esprits sont souvent aveugles, P. i.
324
Si bien qu’ils échappent au jugement des hommes ;
Mais quand cela arrive,
Le courage est alors poussé,
C’est pour l’amour qu’il faut craindre :
J’en trouve un exemple écrit,
1330 Qui convient à être connu.965
Je raconte une histoire, et je dis ceci :966 [Pyramus et Thisbe.]
La ville que Semiramis967
A entourée de murs,
Ici, pour des raisons d’amour,
On y plaça des Confesseurs
Parmi le peuple vertueux, avec de nombreux exemples contraires ;
Il y avait aussi ceux qui, parmi eux,
Commettaient trop de délits,
Plus nobles et plus grands que tous les autres, par leur impétuosité,
Vivant dans cette ville, ils s’offensaient souvent les uns les autres, comme on l’a vu. Et il raconte
Comment Pyramus,
1340 Il n’y avait rien entre eux,
Lui-même968 et Thisbe
Étaient l’un contre l’autre, mur contre mur. Il avait une amie en un lieu particulier parmi eux,
À un moment donné,
Un fils, un jeune homme passionné, arriva ;
Dans toute la ville, personne n’était comme lui : prompt à agir,
L’autre avait aussi une fille ; avec un esprit impétueux,
Il se mit à la chercher partout dans la ville,
Extrait de douleur,
Personne ne savait agir mieux que lui,
Avec une épée mortelle.
Voici comment on l’a informé :
À cela, mon Fils, tu pourrais apprendre
Comment ton désir ne sera pas cru,
Là où la raison n’est point éclairée. [Contek.]
Et toi-même as dit ceci :
Que ton maître est ainsi ;
Par lui, les pensées du cœur intérieur
Sont toujours issues de Contek,
Ainsi qu’il est grandement à craindre
Qu’elles ne provoquent pas de meurtre.
Car l’amour est d’une nature merveilleuse,
Et ses esprits sont souvent aveugles, P. i.
324
Si bien qu’ils échappent au jugement des hommes ;
Mais quand cela arrive,
Le courage est alors poussé,
C’est pour l’amour qu’il faut craindre :
J’en trouve un exemple écrit,
1330 Qui convient à être connu.965
Je raconte une histoire, et je dis ceci :966 [Pyramus et Thisbe.]
La ville que Semiramis967
A entourée de murs,
Ici, pour des raisons d’amour,
On y plaça des Confesseurs
Parmi le peuple vertueux, avec de nombreux exemples contraires ;
Il y avait aussi ceux qui, parmi eux,
Commettaient trop de délits,
Plus nobles et plus grands que tous les autres, par leur impétuosité,
Vivant dans cette ville, ils s’offensaient souvent les uns les autres, comme on l’a vu. Et il raconte
Comment Pyramus,
1340 Il n’y avait rien entre eux,
Lui-même968 et Thisbe
Étaient l’un contre l’autre, mur contre mur. Il avait une amie en un lieu particulier parmi eux,
À un moment donné,
Un fils, un jeune homme passionné, arriva ;
Dans toute la ville, personne n’était comme lui : prompt à agir,
L’autre avait aussi une fille ; avec un esprit impétueux,
Il se mit à la chercher partout dans la ville,
Extrait de douleur,
Personne ne savait agir mieux que lui,
Avec une épée mortelle.
Page 497
Et il tomba ainsi, comme il se devait, transpercé : que
plus tard, bientôt après,
Cette belle fille ou ce fils venu avec lui
1350 Comme ils étaient ensemble, ainsi mort
La cupidité a arrangé les choses de cette manière, ayant trouvé cela, même elle dans son propre
Ainsi qu’ils ne puissent échapper à sa main, la mort s’abattit brusquement
Pour qu’il jette son feu sur eux : se hâtant vers eux
Dont son cœur fut obscurci par la pointe de son épée
À travers les profondeurs du cœur
Pour accomplir cette œuvre, il pénétra au milieu.
Ce que nul homme ne peut jamais éviter ;
Et c’était l’amour, comme il arrive, P. i.
325
Qui a ainsi pris ces cœurs au piège,
Ainsi qu’ils soient complètement desséchés
1360 Comment ils pourraient trouver un moyen de parler,
Ici, une grande peine les empêche.
Celui qui aime vraiment ne peut jamais échouer,
Surtout quand il y a accord entre eux, peu importe comment les choses se passent,
À moins qu’ils ne trouvent un moyen ;
Car l’amour est toujours de cette nature
Et traite bien ses proches,
Ainsi que l’on s’y attend,
Nul ne peut y échapper :
1370 Et ainsi, entre eux, ils firent
Un trou dans un mur pour communiquer,
Par lequel ils pouvaient obtenir des conseils
À tout moment, quand ils le voulaient.
Cette belle jeune fille s’appelait Tisbé,
Et celui qu’elle aimait s’appelait Piramus.
Ainsi, ils se rappelèrent longtemps cette histoire,
Jusqu’à ce que finalement ils décident
De partir pendant la nuit
1380 Tous hors de la ville, là où il y avait un puits sous un arbre ;
Et celui qui arriverait en premier, qu’elle ou lui,
Devrait rester là tranquillement.
C’est ainsi que cela se passa pendant la nuit.
plus tard, bientôt après,
Cette belle fille ou ce fils venu avec lui
1350 Comme ils étaient ensemble, ainsi mort
La cupidité a arrangé les choses de cette manière, ayant trouvé cela, même elle dans son propre
Ainsi qu’ils ne puissent échapper à sa main, la mort s’abattit brusquement
Pour qu’il jette son feu sur eux : se hâtant vers eux
Dont son cœur fut obscurci par la pointe de son épée
À travers les profondeurs du cœur
Pour accomplir cette œuvre, il pénétra au milieu.
Ce que nul homme ne peut jamais éviter ;
Et c’était l’amour, comme il arrive, P. i.
325
Qui a ainsi pris ces cœurs au piège,
Ainsi qu’ils soient complètement desséchés
1360 Comment ils pourraient trouver un moyen de parler,
Ici, une grande peine les empêche.
Celui qui aime vraiment ne peut jamais échouer,
Surtout quand il y a accord entre eux, peu importe comment les choses se passent,
À moins qu’ils ne trouvent un moyen ;
Car l’amour est toujours de cette nature
Et traite bien ses proches,
Ainsi que l’on s’y attend,
Nul ne peut y échapper :
1370 Et ainsi, entre eux, ils firent
Un trou dans un mur pour communiquer,
Par lequel ils pouvaient obtenir des conseils
À tout moment, quand ils le voulaient.
Cette belle jeune fille s’appelait Tisbé,
Et celui qu’elle aimait s’appelait Piramus.
Ainsi, ils se rappelèrent longtemps cette histoire,
Jusqu’à ce que finalement ils décident
De partir pendant la nuit
1380 Tous hors de la ville, là où il y avait un puits sous un arbre ;
Et celui qui arriverait en premier, qu’elle ou lui,
Devrait rester là tranquillement.
C’est ainsi que cela se passa pendant la nuit.
Page 498
Cette jeune fille, qui était déguisée,
Se faufila secrètement à travers la grande ville,
Jusqu’à ce qu’elle arrive à portée de main
D’un endroit où elle pouvait engager un duel,
En cet endroit malheureux et sauvage,
Qui était aussi une forêt.
Là, elle vit un lion
Qui sortait dans les champs pour chasser sa proie ;
Elle s’enfuit précipitamment,
Comme le destin l’exigeait,
Car elle craignait que son drapeau ne tombe
Dans l’eau, sur l’herbe.
Ce lion, dans sa fureur sauvage,
Tua un animal qu’il avait repéré,
Et, après avoir mangé ce qu’il voulait,
Pour boire cette eau froide,
Il se rendit à la source, où il trouva
Le drapeau tombé de la main de celle-ci ; il le ramassa,
Taché de sang et complètement abîmé ;
Puis il le força à boire
À la surface de cette eau sauvage,
Et après cela, il retourna dans la forêt.
Et Tisbee n’osa pas bouger,
Comme une brebis enfermée dans un buisson,
Si silencieuse qu’elle ne fit aucun bruit ;
Elle se lamentait pour elle-même.
Pendant qu’elle restait là,
Piramus arriva peu après
À la source, et, voyant le drapeau ensanglanté,
Il ne revint jamais auprès des hommes, ni ne fut vu par eux.
Se faufila secrètement à travers la grande ville,
Jusqu’à ce qu’elle arrive à portée de main
D’un endroit où elle pouvait engager un duel,
En cet endroit malheureux et sauvage,
Qui était aussi une forêt.
Là, elle vit un lion
Qui sortait dans les champs pour chasser sa proie ;
Elle s’enfuit précipitamment,
Comme le destin l’exigeait,
Car elle craignait que son drapeau ne tombe
Dans l’eau, sur l’herbe.
Ce lion, dans sa fureur sauvage,
Tua un animal qu’il avait repéré,
Et, après avoir mangé ce qu’il voulait,
Pour boire cette eau froide,
Il se rendit à la source, où il trouva
Le drapeau tombé de la main de celle-ci ; il le ramassa,
Taché de sang et complètement abîmé ;
Puis il le força à boire
À la surface de cette eau sauvage,
Et après cela, il retourna dans la forêt.
Et Tisbee n’osa pas bouger,
Comme une brebis enfermée dans un buisson,
Si silencieuse qu’elle ne fit aucun bruit ;
Elle se lamentait pour elle-même.
Pendant qu’elle restait là,
Piramus arriva peu après
À la source, et, voyant le drapeau ensanglanté,
Il ne revint jamais auprès des hommes, ni ne fut vu par eux.
Page 499
Merveile, qui affligeait tant le cœur d’un homme, comme il l’a fait pour celui qui, au même endroit, avec de nombreuses plaintes, commença à se tordre les mains, certain que sa fin était proche ; et aussitôt, il sortit son épée nue dans sa précipitation, et dit ainsi : « Je suis la cause de ce crime ; il est juste que je meure, puisqu’elle est morte à cause de moi. » Et sur ces mots, il tomba à genoux, et appela les dieux jusqu’au ciel, priant afin de pouvoir conserver son amour, comme il le faisait dans ce monde, afin d’obtenir leur grâce en un autre lieu ; car il ne voulait pas rester ici. Il dit : mais comme cela devait arriver, il posa la pointe de son épée au sol et se fit une blessure dans le cœur. Ainsi, il se détruisit lui-même par sa précipitation et sa mort ; car elle arriva bientôt, et il mourut sur son épée. Jamais la vie ne fut aussi misérable que celle de Tisbee, lorsqu’elle le vit : elle ne put prononcer un mot, car son cœur se brisa ; elle ne mit aucune valeur à sa vie, mais tomba en mourant, jusqu’à ce qu’enfin elle se réveille de son évanouissement.
Page 500
Avec tant de regards pleins de douleur et de tristesse,
Elle serra son amant dans ses bras,
Sans crainte de la mort, et le poursuivit ainsi :
Maintenant je sais bien que vous êtes aveugles,
À ce malheur que je vis entre mon amour et moi.
Ce Pyramus, que je vois ici, en sang,
Qu’a-t-il donc mérité ?
Car il vous a toujours servis avec dévouement,
Et nous étions tous deux jeunes :
Hélas, pourquoi agissez-vous ainsi envers nous ?
Vous avez mis nos cœurs en flammes,
Et nous avez donné envie de choses
Que nous ne savons pas comment obtenir ;
Ainsi, notre désir ardent se consume sans joie,
Et cela ne pourra jamais être corrigé :
Car, pour ma part, je dis ceci :
Il vaut mieux mourir que vivre après cette journée affreuse.
Avec ces mots, alors qu’elle était allongée là,
Elle serra son amant dans ses bras,
Sans crainte de la mort, et le poursuivit ainsi :
Maintenant elle pleurait, puis se taisait,
Jusqu’à ce qu’enfin, elle comprît
À quel point une telle tristesse pouvait frapper quelqu’un,
Au-delà de toute raison.
Comme si elle ne pouvait plus supporter cela,
Les lames furent dirigées vers son cœur,
Elle les plaça là, et tomba aussitôt,
Et ainsi tous deux, en sang, moururent.
Elle serra son amant dans ses bras,
Sans crainte de la mort, et le poursuivit ainsi :
Maintenant je sais bien que vous êtes aveugles,
À ce malheur que je vis entre mon amour et moi.
Ce Pyramus, que je vois ici, en sang,
Qu’a-t-il donc mérité ?
Car il vous a toujours servis avec dévouement,
Et nous étions tous deux jeunes :
Hélas, pourquoi agissez-vous ainsi envers nous ?
Vous avez mis nos cœurs en flammes,
Et nous avez donné envie de choses
Que nous ne savons pas comment obtenir ;
Ainsi, notre désir ardent se consume sans joie,
Et cela ne pourra jamais être corrigé :
Car, pour ma part, je dis ceci :
Il vaut mieux mourir que vivre après cette journée affreuse.
Avec ces mots, alors qu’elle était allongée là,
Elle serra son amant dans ses bras,
Sans crainte de la mort, et le poursuivit ainsi :
Maintenant elle pleurait, puis se taisait,
Jusqu’à ce qu’enfin, elle comprît
À quel point une telle tristesse pouvait frapper quelqu’un,
Au-delà de toute raison.
Comme si elle ne pouvait plus supporter cela,
Les lames furent dirigées vers son cœur,
Elle les plaça là, et tomba aussitôt,
Et ainsi tous deux, en sang, moururent.
Page 501
Ils furent trouvés gisants.
Maintenant, toi, mon Fils, ayant entendu cette histoire, Confesseur,
Fais attention aux pièges tendus par les yeux étroits ;
Ne sois pas la cause de ta propre perte,
Et garde-toi de gaspiller ton intelligence
En pensées d’aventure,
Dont le résultat pourrait être la mort : et si tu as de telles pensées,
Dis-les et cache-les.
Mon père, du côté de l’amour [La confession de l’Amant.]
Ma conscience, je ne veux rien cacher, Danger.
Comment, par amour pour une parole pure,
J’ai souvent été ainsi ému, P. i.
Que, si je le pouvais par ma volonté,
Mille fois, je te le jure, Confessio Amantis.
Je serais mort en un jour ;
1510 Et j’en pourrais témoigner,
Bien que l’amour ne m’ait pas retenu,
Ma volonté de mourir était grande,985
Ainsi suis-je coupable de ma propre volonté :
Et pourtant il n’y a pas de pitié,
Qui puisse me donner vie et salut.
Mais que son dessein ne s’attarde pas avec moi,
Je sais qui est celui qui le conseille,
Et je voudrais depuis longtemps le détruire,
Et maintenant je le veux, et toujours le ferai,
1520 Le tuer et le détruire entièrement.
L’or des royaumes actuels
Ne devrait pas le sauver de mes chiens,
Même s’il était dans ma pauvreté ;
Mais pour l’instant, il ne peut pas s’éloigner de moi
Pendant tout le temps où je peux le menacer.
Il est l’obstacle à ma grâce,
Tant qu’il n’est pas mort, je ne peux pas avancer ;
Ainsi je dois partir en secret
Et trouver un moyen de le faire disparaître,
1530 Si je peux en trouver un.
Maintenant, toi, mon Fils, ayant entendu cette histoire, Confesseur,
Fais attention aux pièges tendus par les yeux étroits ;
Ne sois pas la cause de ta propre perte,
Et garde-toi de gaspiller ton intelligence
En pensées d’aventure,
Dont le résultat pourrait être la mort : et si tu as de telles pensées,
Dis-les et cache-les.
Mon père, du côté de l’amour [La confession de l’Amant.]
Ma conscience, je ne veux rien cacher, Danger.
Comment, par amour pour une parole pure,
J’ai souvent été ainsi ému, P. i.
Que, si je le pouvais par ma volonté,
Mille fois, je te le jure, Confessio Amantis.
Je serais mort en un jour ;
1510 Et j’en pourrais témoigner,
Bien que l’amour ne m’ait pas retenu,
Ma volonté de mourir était grande,985
Ainsi suis-je coupable de ma propre volonté :
Et pourtant il n’y a pas de pitié,
Qui puisse me donner vie et salut.
Mais que son dessein ne s’attarde pas avec moi,
Je sais qui est celui qui le conseille,
Et je voudrais depuis longtemps le détruire,
Et maintenant je le veux, et toujours le ferai,
1520 Le tuer et le détruire entièrement.
L’or des royaumes actuels
Ne devrait pas le sauver de mes chiens,
Même s’il était dans ma pauvreté ;
Mais pour l’instant, il ne peut pas s’éloigner de moi
Pendant tout le temps où je peux le menacer.
Il est l’obstacle à ma grâce,
Tant qu’il n’est pas mort, je ne peux pas avancer ;
Ainsi je dois partir en secret
Et trouver un moyen de le faire disparaître,
1530 Si je peux en trouver un.
Page 502
Ô mon fils, dis-moi donc, Confesseur :
Quel est cet ennemi mortel
Que tu crains tant ?
Mon père, c’est un tel danger,
P. i. 331
Que, où que j’aille, il est là,
Et il fait en sorte que mes projets échouent. Confession d’un amant.
Quel est son nom ?
C’est Danger,
Qui est le conseiller de ma dame :
Car je n’ai jamais été si rusé
Pour arriver dans un endroit, de nuit ou de jour,
Où Danger ne serait pas présent ;
Sans lui, ni par parole ni par conseil,
Je ne pourrais jamais avancer dans mon amour ;
Car toujours, tout ce que ma dame dit ou fait,
Danger met fin à tout,
Et cela bouleverse tout mon monde ;
Et toujours je demande son aide, mais lui
Peut-être sera-t-il épargné sans pitié ;
Car plus je m’incline devant lui,
Moins il veut entendre mon histoire.
Il a tellement ensorcelé ma dame
Qu’elle ne veut pas qu’il soit éloigné ;
Car il reste constamment auprès d’elle,
Et est si privé de bon sens
Que, chaque fois que j’ai une requête,
Je trouve Danger à sa place,
Et j’obtiens de lui une réponse ;
Mais pour aucune pitié que je demande,
Je n’ai jamais reçu la moindre miséricorde.
Sa réponse est si mauvaise,
Qu’elle ne pourrait être pire :
Ainsi, entre Danger et moi,
P. i. 332
Il y a toujours du malheur jusqu’à sa mort.
Mais peut-être pourrais-je être assez habile…
Quel est cet ennemi mortel
Que tu crains tant ?
Mon père, c’est un tel danger,
P. i. 331
Que, où que j’aille, il est là,
Et il fait en sorte que mes projets échouent. Confession d’un amant.
Quel est son nom ?
C’est Danger,
Qui est le conseiller de ma dame :
Car je n’ai jamais été si rusé
Pour arriver dans un endroit, de nuit ou de jour,
Où Danger ne serait pas présent ;
Sans lui, ni par parole ni par conseil,
Je ne pourrais jamais avancer dans mon amour ;
Car toujours, tout ce que ma dame dit ou fait,
Danger met fin à tout,
Et cela bouleverse tout mon monde ;
Et toujours je demande son aide, mais lui
Peut-être sera-t-il épargné sans pitié ;
Car plus je m’incline devant lui,
Moins il veut entendre mon histoire.
Il a tellement ensorcelé ma dame
Qu’elle ne veut pas qu’il soit éloigné ;
Car il reste constamment auprès d’elle,
Et est si privé de bon sens
Que, chaque fois que j’ai une requête,
Je trouve Danger à sa place,
Et j’obtiens de lui une réponse ;
Mais pour aucune pitié que je demande,
Je n’ai jamais reçu la moindre miséricorde.
Sa réponse est si mauvaise,
Qu’elle ne pourrait être pire :
Ainsi, entre Danger et moi,
P. i. 332
Il y a toujours du malheur jusqu’à sa mort.
Mais peut-être pourrais-je être assez habile…
Page 503
Que j’aie surmonté le danger,
C’est là que toute ma joie est venue.
Ainsi, je voudrais souffrir sans péché,
1570 Même pas pour gagner ce monde entier ;
Si seulement je pouvais trouver un héros,
Pour lui confier tout mon destin,
Je le séparerais de la Cour,
Afin qu’il n’y revienne jamais.
C’est pourquoi je souhaite ardemment
Qu’il soit tué d’une manière ou d’une autre ;
Car tant qu’il reste en ce lieu,
Je ne peux obtenir la grâce de ma dame.
Ainsi, je hais profondément ce vice,
1580 Et je voudrais qu’il reste hors de sa fonction
Là où se trouve ma dame ;
Car si cela arrive, je sais bien ceci :
Soit il mourra, soit moi,
Dans peu de temps ; et alors,
Je ne pourrai plus penser à ma dame,
À la façon dont elle pourrait se justifier,
Si je devais mourir dans une telle situation.
Alors, je pense qu’elle ne pourrait pas être blâmée
D’avoir commis un meurtre :
1590 Et si cela devait arriver,
Comme Dieu l’a interdit,
Cela serait d’autant plus tragique.
Car moi, qui ai consacré toute ma volonté et toute mon intelligence
À l’amour et au service envers elle,
Je devrais, en récompense de mes services,
Être traité de cette manière ; et de plus, pour dire la vérité,
Elle, qui a toujours été louée,
1600 Mériterait plutôt d’être louée
Que blâmée, puisqu’un mot de sa part aurait pu sauver un homme,
Et pourtant elle le laisse mourir ainsi.
C’est là que toute ma joie est venue.
Ainsi, je voudrais souffrir sans péché,
1570 Même pas pour gagner ce monde entier ;
Si seulement je pouvais trouver un héros,
Pour lui confier tout mon destin,
Je le séparerais de la Cour,
Afin qu’il n’y revienne jamais.
C’est pourquoi je souhaite ardemment
Qu’il soit tué d’une manière ou d’une autre ;
Car tant qu’il reste en ce lieu,
Je ne peux obtenir la grâce de ma dame.
Ainsi, je hais profondément ce vice,
1580 Et je voudrais qu’il reste hors de sa fonction
Là où se trouve ma dame ;
Car si cela arrive, je sais bien ceci :
Soit il mourra, soit moi,
Dans peu de temps ; et alors,
Je ne pourrai plus penser à ma dame,
À la façon dont elle pourrait se justifier,
Si je devais mourir dans une telle situation.
Alors, je pense qu’elle ne pourrait pas être blâmée
D’avoir commis un meurtre :
1590 Et si cela devait arriver,
Comme Dieu l’a interdit,
Cela serait d’autant plus tragique.
Car moi, qui ai consacré toute ma volonté et toute mon intelligence
À l’amour et au service envers elle,
Je devrais, en récompense de mes services,
Être traité de cette manière ; et de plus, pour dire la vérité,
Elle, qui a toujours été louée,
1600 Mériterait plutôt d’être louée
Que blâmée, puisqu’un mot de sa part aurait pu sauver un homme,
Et pourtant elle le laisse mourir ainsi.
Page 504
Ha, qui a jamais vu une telle douleur ?
Ha, qui a jamais vu une telle détresse ?
Sans pitié ni bonté,
Sans miséricorde ni humanité,
Qui veut ainsi rendre à un homme ce qu’il mérite,
Celui qui a toujours été fidèle en amour.
Mon bon père, si vous écoutez
Mon récit, dites-le-moi maintenant,
Et je veux vous écouter avec attention.
Mon Fils, tempère ton courage, Confesseur.
Éloigne la colère, et laisse ton cœur se calmer :
Car celui qui le cherche trop ardemment
Ne pourra pas longtemps conserver sa grâce.
Plus on se hâte, pire c’est.
S’il est accueilli par l’amour,
Même si cela est difficile,
Beaucoup de choses peuvent arriver,
1620 Qui pourraient faire tomber un homme
De l’amour, de sorte qu’il n’ose plus jamais
Regarder dans cette direction.
Avec des moyens violents, les hommes deviennent doux,
Et souvent on leur conseille de monter en haut.
Les gens voient tous les jours que le viol est puni ;
Et celui qui boit de l’alcool mal préparé,
Il vaudrait mieux qu’il boive quelque chose de mauvais :
Mieux vaut pleurer que de pécher ;
Mieux vaut être sur le seuil du mariage
1630 Que de tomber et d’être piégé dans les épines :
Mieux vaut verser de l’eau sur le feu
Que de laisser toute la maison brûler :
L’homme qui est malveillant et obstiné,
Il vaut mieux qu’il tombe, car rarement l’amour l’appelle.
Mieux vaut donc supporter une souffrance
Que de devenir fou et de tout détruire ;
La patience est toujours la meilleure
1640 Pour celui qui cherche le repos.
Ha, qui a jamais vu une telle détresse ?
Sans pitié ni bonté,
Sans miséricorde ni humanité,
Qui veut ainsi rendre à un homme ce qu’il mérite,
Celui qui a toujours été fidèle en amour.
Mon bon père, si vous écoutez
Mon récit, dites-le-moi maintenant,
Et je veux vous écouter avec attention.
Mon Fils, tempère ton courage, Confesseur.
Éloigne la colère, et laisse ton cœur se calmer :
Car celui qui le cherche trop ardemment
Ne pourra pas longtemps conserver sa grâce.
Plus on se hâte, pire c’est.
S’il est accueilli par l’amour,
Même si cela est difficile,
Beaucoup de choses peuvent arriver,
1620 Qui pourraient faire tomber un homme
De l’amour, de sorte qu’il n’ose plus jamais
Regarder dans cette direction.
Avec des moyens violents, les hommes deviennent doux,
Et souvent on leur conseille de monter en haut.
Les gens voient tous les jours que le viol est puni ;
Et celui qui boit de l’alcool mal préparé,
Il vaudrait mieux qu’il boive quelque chose de mauvais :
Mieux vaut pleurer que de pécher ;
Mieux vaut être sur le seuil du mariage
1630 Que de tomber et d’être piégé dans les épines :
Mieux vaut verser de l’eau sur le feu
Que de laisser toute la maison brûler :
L’homme qui est malveillant et obstiné,
Il vaut mieux qu’il tombe, car rarement l’amour l’appelle.
Mieux vaut donc supporter une souffrance
Que de devenir fou et de tout détruire ;
La patience est toujours la meilleure
1640 Pour celui qui cherche le repos.
Page 505
Et ainsi, si tu veux amour et hâte,
Mon Fils, souffre, comme je le conseille.
Qu’a donc le Rat sur le Chat ?
C’est pour cette raison que j’exige
Que celui qui veut faire de l’amour une guerre
Ne soit pas lui-même la guerre.
L’amour exige peine et toujours souffrance,
Et celui qui lutte le plus ardemment
Perdra au final son entreprise :
C’est pourquoi on dit que les sages
Savent qu’il vaut mieux lutter et subir le pire ;
Se hâter ne vaut pas un sou ;
Ce qu’un homme ne peut accomplir,
On ne peut pas non plus bien le faire ce soir-là,
Il faut attendre jusqu’au matin.
Ne te hâte pas sans douleur, Mon Fils,
Et retiens bien ceci :
Celui qui n’a rien perdu de bon
N’a rien à craindre.
Vois comment cela s’est passé :
Tu peux prendre l’exemple de Pyramus,
Lorsqu’en hâte il tira son épée
Et se blessa lui-même par amour pour Thisbe,
Car il tua son propre frère par amour ;
Il aurait dû agir avec prudence,
Car elle était là, tout près de lui :
Mais comme il ne voulut pas attendre,
Ce malheur arriva. C’est ainsi, Mon Fils,
Comme je te l’avertis,
Ne fais rien dans de telles circonstances,
Car la patience est la meilleure des vertus.
Même si tu poursuis la cour de l’amour,
Il vaut mieux éviter de te hâter,
Car tu pourrais gaspiller ton temps ;
Mais si par hasard cela t’arrive…
Mon Fils, souffre, comme je le conseille.
Qu’a donc le Rat sur le Chat ?
C’est pour cette raison que j’exige
Que celui qui veut faire de l’amour une guerre
Ne soit pas lui-même la guerre.
L’amour exige peine et toujours souffrance,
Et celui qui lutte le plus ardemment
Perdra au final son entreprise :
C’est pourquoi on dit que les sages
Savent qu’il vaut mieux lutter et subir le pire ;
Se hâter ne vaut pas un sou ;
Ce qu’un homme ne peut accomplir,
On ne peut pas non plus bien le faire ce soir-là,
Il faut attendre jusqu’au matin.
Ne te hâte pas sans douleur, Mon Fils,
Et retiens bien ceci :
Celui qui n’a rien perdu de bon
N’a rien à craindre.
Vois comment cela s’est passé :
Tu peux prendre l’exemple de Pyramus,
Lorsqu’en hâte il tira son épée
Et se blessa lui-même par amour pour Thisbe,
Car il tua son propre frère par amour ;
Il aurait dû agir avec prudence,
Car elle était là, tout près de lui :
Mais comme il ne voulut pas attendre,
Ce malheur arriva. C’est ainsi, Mon Fils,
Comme je te l’avertis,
Ne fais rien dans de telles circonstances,
Car la patience est la meilleure des vertus.
Même si tu poursuis la cour de l’amour,
Il vaut mieux éviter de te hâter,
Car tu pourrais gaspiller ton temps ;
Mais si par hasard cela t’arrive…
Page 506
Il ne peut servir à rien de forcer par la violence.
Ainsi, tempère ce courage ;
1680 La précipitation n’apporte aucun avantage,
Elle pousse souvent un homme en arrière
À cause de l’amour, et je trouve
Que c’est un vieux exemple, comme tu le verras ici,
Concernant l’amour dans cette affaire. P. i.
336
Il était autrefois une jeune fille, [L’histoire de Phébus
et Daphné.]
Qu’on appelait Daphné, et elle était
non995
Plus belle que l’on ne le disait.
Phébus a voulu s’emparer de son amour ;
Ici, le Confesseur donne un exemple contre
Cela, et il chercha alors ceux qui, dans leur précipitation amoureuse,
1690 S’y abandonnaient trop, à cause d’un désir excessif,
Si bien qu’elle n’avait plus de repos avec lui ;
Par précipitation et convoitise,
Il poursuivait sans cesse cet amour précipité, mais il agissait trop lentement.
Et elle lui disait toujours non. Et il raconte comment
Cela arriva un jour, parce que Phébus,
Avide, ayant sous sa domination la plus belle des occasions
D’amour, nommée Daphné,
Phébus se hâta tellement vers elle : par une précipitation excessive
D’amour,
Et comme il devait se hâter encore plus, il la poursuivit, furieux.
Et il ne se pressa pas assez vite ; Cupidon lança dans le cœur de Phébus
1700 Une flèche à travers son cœur, une flèche dorée enflammée,
Plus ardente,
Faite d’or et de feu, qui le blessa : et cela fit naître en lui un désir multiple envers le cœur de Daphné,
Plus grand encore que celui qu’il avait auparavant. Avec une certaine flèche
De plomb, qui
Pour Daphné fut, en même temps, extrêmement froide,
Il lança une flèche de plomb qui la perça, plus modérée.
Ainsi, plus Phébus brûlait d’amour pour Daphné,
1710 Plus elle devenait froide envers lui.
Mais dès le début, il avait déjà la convoitise,
Elle fuyait loin de lui de tout son cœur,
Si bien qu’il ne put jamais réaliser son amour. Elle le méprisait.
Ainsi, tempère ce courage ;
1680 La précipitation n’apporte aucun avantage,
Elle pousse souvent un homme en arrière
À cause de l’amour, et je trouve
Que c’est un vieux exemple, comme tu le verras ici,
Concernant l’amour dans cette affaire. P. i.
336
Il était autrefois une jeune fille, [L’histoire de Phébus
et Daphné.]
Qu’on appelait Daphné, et elle était
non995
Plus belle que l’on ne le disait.
Phébus a voulu s’emparer de son amour ;
Ici, le Confesseur donne un exemple contre
Cela, et il chercha alors ceux qui, dans leur précipitation amoureuse,
1690 S’y abandonnaient trop, à cause d’un désir excessif,
Si bien qu’elle n’avait plus de repos avec lui ;
Par précipitation et convoitise,
Il poursuivait sans cesse cet amour précipité, mais il agissait trop lentement.
Et elle lui disait toujours non. Et il raconte comment
Cela arriva un jour, parce que Phébus,
Avide, ayant sous sa domination la plus belle des occasions
D’amour, nommée Daphné,
Phébus se hâta tellement vers elle : par une précipitation excessive
D’amour,
Et comme il devait se hâter encore plus, il la poursuivit, furieux.
Et il ne se pressa pas assez vite ; Cupidon lança dans le cœur de Phébus
1700 Une flèche à travers son cœur, une flèche dorée enflammée,
Plus ardente,
Faite d’or et de feu, qui le blessa : et cela fit naître en lui un désir multiple envers le cœur de Daphné,
Plus grand encore que celui qu’il avait auparavant. Avec une certaine flèche
De plomb, qui
Pour Daphné fut, en même temps, extrêmement froide,
Il lança une flèche de plomb qui la perça, plus modérée.
Ainsi, plus Phébus brûlait d’amour pour Daphné,
1710 Plus elle devenait froide envers lui.
Mais dès le début, il avait déjà la convoitise,
Elle fuyait loin de lui de tout son cœur,
Si bien qu’il ne put jamais réaliser son amour. Elle le méprisait.
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Et pour le faire croire pleinement
Que nul Folhaste ne pouvait atteindre P. i.
337
Pour obtenir l’amour à un tel degré,
Cette Daphné fut transformée en arbre,
Qui reste toujours vert,
Comme on peut encore le voir,
Elle devra donc combattre en silence une jeune fille,
1720 Et Phébus échouera dans son dessein.
Vois ces exemples, tels qu’ils se sont produits ;
Mon Fils, tu pourrais comprendre
Que hâter l’amour est chose vaine,
Lorsque la fortune n’est pas de son côté.
Prendre ce que l’homme a déjà,
C’est bien ; sinon, il ne doit rien prendre ;
Car lorsque la chance d’un homme échoue,
Aucune hâte ne peut alors être utile.
Mon Père, accorde-moi ta grâce, Amans.
1730 Mais tant que je vois ma demoiselle être [téméraire],
Pas d’arbre, mais seulement un espoir sans forme,
Nul ne peut m’aider ainsi,
Peu importe où la fortune mène,
Jusqu’à la fin de ma vie,
Je ne veux servir personne pour toujours.
Mon Fils, puisque c’est ainsi, Confesseur.
Je ne dis rien ; mais dans ce cas,
Garde-toi de reproduire ce qui est arrivé à Phébus.
Non seulement par hasard de l’amour,
1740 Mais aussi par toute décision
Qui revient aux hommes,
Le Folhaste doit toujours être évité,
Et qu’un homme prenne de bons conseils
Avant d’entreprendre quoi que ce soit, P. i.
338
Car les conseils doivent écarter le Folhaste.
Maintenant, bon Père, je t’en prie, Amans,
Apprends-moi davantage,
Donne-moi un bon exemple à ce sujet
Que tu pourrais me raconter de ce qui est écrit.
Que nul Folhaste ne pouvait atteindre P. i.
337
Pour obtenir l’amour à un tel degré,
Cette Daphné fut transformée en arbre,
Qui reste toujours vert,
Comme on peut encore le voir,
Elle devra donc combattre en silence une jeune fille,
1720 Et Phébus échouera dans son dessein.
Vois ces exemples, tels qu’ils se sont produits ;
Mon Fils, tu pourrais comprendre
Que hâter l’amour est chose vaine,
Lorsque la fortune n’est pas de son côté.
Prendre ce que l’homme a déjà,
C’est bien ; sinon, il ne doit rien prendre ;
Car lorsque la chance d’un homme échoue,
Aucune hâte ne peut alors être utile.
Mon Père, accorde-moi ta grâce, Amans.
1730 Mais tant que je vois ma demoiselle être [téméraire],
Pas d’arbre, mais seulement un espoir sans forme,
Nul ne peut m’aider ainsi,
Peu importe où la fortune mène,
Jusqu’à la fin de ma vie,
Je ne veux servir personne pour toujours.
Mon Fils, puisque c’est ainsi, Confesseur.
Je ne dis rien ; mais dans ce cas,
Garde-toi de reproduire ce qui est arrivé à Phébus.
Non seulement par hasard de l’amour,
1740 Mais aussi par toute décision
Qui revient aux hommes,
Le Folhaste doit toujours être évité,
Et qu’un homme prenne de bons conseils
Avant d’entreprendre quoi que ce soit, P. i.
338
Car les conseils doivent écarter le Folhaste.
Maintenant, bon Père, je t’en prie, Amans,
Apprends-moi davantage,
Donne-moi un bon exemple à ce sujet
Que tu pourrais me raconter de ce qui est écrit.
Page 508
1750 Afin que je puisse mieux savoir
Comment Folhaste devait subir cela,
Et la sagesse des conseils qui suivent.
Mon Fils, afin que tu puisses informer le Confesseur.
Ta patience, selon les exemples anciens, comme eux,
Comprends maintenant ce que je vais dire.
Lorsque la noble Troie fut assiégée [par Athamas et Demophon],
Et vaincue, et que les Grecs levèrent le siège,
Les rois trouvèrent ici, sans vassaux,
Le Confesseur donne ici un exemple contre
Ceux, comme on le dit, qui, emportés par une colère excessive,
Les abandonnèrent et leur désobéirent.
Parmi eux survint cet événement :
Ils cherchèrent à exercer une vengeance
Plus grande que ce qui convient
Sur Demophon et Athamas.
C’étaient tous deux tes rois,
Et il raconte comment
Ils furent tous deux traités ainsi : Athamas et
Demophon, rois,
Aucun vassal ne voulut les recevoir avec eux pour discuter de la guerre,
Pour qu’ils puissent retourner chez eux en paix
Et sécher leurs terres ailleurs, car ils n’y furent pas reçus ;
1770 Car là, ils ne trouvèrent aucune grâce.
Des combattants rassemblés d’ailleurs
Furent envoyés pour les affronter, avec des armées, des régions,
Et ils cherchèrent des amis, non seulement les leurs,
Chacun promettant à l’autre de l’aider à détruire par le feu
Tous ceux qui y habitaient, du plus humble au plus haut,
Pour se venger de tels outrages jusqu’à un degré encore plus grand
Et acquérir ici un héritage à jamais.
En mémoire de cette vengeance,
Ainsi, ils parcoururent les lieux, tuant de leur épée acérée
Pour obtenir de l’aide, et dans leur fureur extrême,
Ils décidèrent de ne laisser personne en vie.
Mais le roi Nestor,
Vieux et sage, fit alors un pacte
Selon lequel personne ne devait être épargné, ni prêtre, ni seigneur, ni serviteur, selon l’accord entre les rois et les leurs,
Ni femme, ni enfant, de ceux qu’ils trouveraient ;
Les royaumes commencèrent ainsi en paix
Et sous l’aspect de la concorde entre les hommes.
Comment Folhaste devait subir cela,
Et la sagesse des conseils qui suivent.
Mon Fils, afin que tu puisses informer le Confesseur.
Ta patience, selon les exemples anciens, comme eux,
Comprends maintenant ce que je vais dire.
Lorsque la noble Troie fut assiégée [par Athamas et Demophon],
Et vaincue, et que les Grecs levèrent le siège,
Les rois trouvèrent ici, sans vassaux,
Le Confesseur donne ici un exemple contre
Ceux, comme on le dit, qui, emportés par une colère excessive,
Les abandonnèrent et leur désobéirent.
Parmi eux survint cet événement :
Ils cherchèrent à exercer une vengeance
Plus grande que ce qui convient
Sur Demophon et Athamas.
C’étaient tous deux tes rois,
Et il raconte comment
Ils furent tous deux traités ainsi : Athamas et
Demophon, rois,
Aucun vassal ne voulut les recevoir avec eux pour discuter de la guerre,
Pour qu’ils puissent retourner chez eux en paix
Et sécher leurs terres ailleurs, car ils n’y furent pas reçus ;
1770 Car là, ils ne trouvèrent aucune grâce.
Des combattants rassemblés d’ailleurs
Furent envoyés pour les affronter, avec des armées, des régions,
Et ils cherchèrent des amis, non seulement les leurs,
Chacun promettant à l’autre de l’aider à détruire par le feu
Tous ceux qui y habitaient, du plus humble au plus haut,
Pour se venger de tels outrages jusqu’à un degré encore plus grand
Et acquérir ici un héritage à jamais.
En mémoire de cette vengeance,
Ainsi, ils parcoururent les lieux, tuant de leur épée acérée
Pour obtenir de l’aide, et dans leur fureur extrême,
Ils décidèrent de ne laisser personne en vie.
Mais le roi Nestor,
Vieux et sage, fit alors un pacte
Selon lequel personne ne devait être épargné, ni prêtre, ni seigneur, ni serviteur, selon l’accord entre les rois et les leurs,
Ni femme, ni enfant, de ceux qu’ils trouveraient ;
Les royaumes commencèrent ainsi en paix
Et sous l’aspect de la concorde entre les hommes.
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Afin que nul ne soit secouru, une telle impétuosité fut ainsi maîtrisée par le glaive mortel : micius999. Dans cette hâte, cet ordre apporta la paix.
1780 Ils cherchaient à se venger. Lorsque ce dessein fut connu, P. i. 339.
1790 Parmi cette foule, bien que beaucoup de paroles aient été échangées, les jeunes gens, enthousiastes à l’idée de cette histoire, ne se souciaient pas du travail des champs ; ceux qui étaient partisans de Folhast se préparèrent au combat, pensant qu’il n’était pas trop tard pour se venger de tels crimes. Ainsi parle la langue insensée des jeunes. 1800. Mais Nestor, vieux et sage, donna son avis, comme celui qui sait conseiller : aussitôt, son conseil fut suivi, P. i. 340. Un conseil privé fut convoqué. Les seigneurs se réunirent ensemble ; Demephon et Athemas exposèrent ce dessein tel quel. Tous restèrent silencieux, à l’exception de Nestor qui leur répondit. Il leur dit que, s’ils voulaient gagner, ils devaient d’abord conclure un accord solide, afin de ne pas regretter leurs décisions par la suite. Il leur posa alors cette question : à quelle conclusion finale voulaient-ils parvenir en devenant rois, s’il n’y avait plus de peuple dans le pays ? Il ajouta que ce serait étrange de voir un roi devenir berger, là où il n’y a que des bêtes.
1780 Ils cherchaient à se venger. Lorsque ce dessein fut connu, P. i. 339.
1790 Parmi cette foule, bien que beaucoup de paroles aient été échangées, les jeunes gens, enthousiastes à l’idée de cette histoire, ne se souciaient pas du travail des champs ; ceux qui étaient partisans de Folhast se préparèrent au combat, pensant qu’il n’était pas trop tard pour se venger de tels crimes. Ainsi parle la langue insensée des jeunes. 1800. Mais Nestor, vieux et sage, donna son avis, comme celui qui sait conseiller : aussitôt, son conseil fut suivi, P. i. 340. Un conseil privé fut convoqué. Les seigneurs se réunirent ensemble ; Demephon et Athemas exposèrent ce dessein tel quel. Tous restèrent silencieux, à l’exception de Nestor qui leur répondit. Il leur dit que, s’ils voulaient gagner, ils devaient d’abord conclure un accord solide, afin de ne pas regretter leurs décisions par la suite. Il leur posa alors cette question : à quelle conclusion finale voulaient-ils parvenir en devenant rois, s’il n’y avait plus de peuple dans le pays ? Il ajouta que ce serait étrange de voir un roi devenir berger, là où il n’y a que des bêtes.
Page 510
Sous la sujétion de son cheval ;
Car celui qui n’est pas roi parmi les hommes,
son existence n’a aucune valeur.
Il dit encore que si l’on a pour but
de soumettre le peuple comme on le souhaite,
lorsqu’on ne peut plus le restaurer,
toute la Grèce devrait être abandonnée,
afin que vivent les bêtes sauvages
où autrefois l’homme a combattu :
Et c’est pour cette raison qu’il leur ordonna de partir,
et il mit fin aux grandes menaces.
Mieux vaut gagner par des paroles justes,
dit-il, que recourir à une telle vengeance ;
car lorsque l’homme est au plus haut rang,
il a le plus besoin d’obtenir l’amour.
Note.
Lorsque Nestor eut terminé son récit,
personne ne lui adressa la parole ;
tout le monde pensait qu’il avait bien parlé :
Ainsi le destin transforma soudainement
la misère en prospérité.
Ils partirent aussitôt ;
et lorsque les chefs apprirent
que ces rois étaient surpassés
par des gens aussi pauvres qu’eux,
ils n’osèrent pas les attaquer,
et pour apaiser leur colère,
ils envoyèrent des messagers sur-le-champ,
de sorte que les rois furent rassurés,
et le cœur de chacun fut apaisé ;
tout fut oublié, sans qu’aucun souvenir ne reste.
Ainsi ils arrivèrent à un accord ;
les rois furent accueillis,
la colère s’apaisa,
et tout se fit grâce aux bons conseils
de celui qui comprenait bien les choses.
Que cet exemple te serve de leçon, mon fils, confesseur.
Aie un cœur humble et ne laisse aucune volonté te troubler.
Car celui qui n’est pas roi parmi les hommes,
son existence n’a aucune valeur.
Il dit encore que si l’on a pour but
de soumettre le peuple comme on le souhaite,
lorsqu’on ne peut plus le restaurer,
toute la Grèce devrait être abandonnée,
afin que vivent les bêtes sauvages
où autrefois l’homme a combattu :
Et c’est pour cette raison qu’il leur ordonna de partir,
et il mit fin aux grandes menaces.
Mieux vaut gagner par des paroles justes,
dit-il, que recourir à une telle vengeance ;
car lorsque l’homme est au plus haut rang,
il a le plus besoin d’obtenir l’amour.
Note.
Lorsque Nestor eut terminé son récit,
personne ne lui adressa la parole ;
tout le monde pensait qu’il avait bien parlé :
Ainsi le destin transforma soudainement
la misère en prospérité.
Ils partirent aussitôt ;
et lorsque les chefs apprirent
que ces rois étaient surpassés
par des gens aussi pauvres qu’eux,
ils n’osèrent pas les attaquer,
et pour apaiser leur colère,
ils envoyèrent des messagers sur-le-champ,
de sorte que les rois furent rassurés,
et le cœur de chacun fut apaisé ;
tout fut oublié, sans qu’aucun souvenir ne reste.
Ainsi ils arrivèrent à un accord ;
les rois furent accueillis,
la colère s’apaisa,
et tout se fit grâce aux bons conseils
de celui qui comprenait bien les choses.
Que cet exemple te serve de leçon, mon fils, confesseur.
Aie un cœur humble et ne laisse aucune volonté te troubler.
Page 511
La sagesse, et ne rien faire est mon conseil. Nota.1007
1860 Ce qui peut être fait, c’est aimer et agir correctement.
La colère est cause de beaucoup de maux ;
C’est pourquoi, mon Fils, ne fais pas ainsi.
Et quant au meurtre [Homicide],
Qui touche au domaine de l’amour,
S’il se produit sans que l’on s’en aperçoive… P. i.
342
Par la volonté, qui n’est pas bien guidée,1008
Lorsque la sagesse et le bon sens font défaut,
Et que la colère règne,
Alors grande vengeance s’ensuit.
1870 Souviens-toi donc d’aimer d’une manière sage,
Afin de ne mériter aucun châtiment :
Car je sais bien que tu ne pourras pas,
Que tu ne fixeras pas ton cœur sur l’amour, où que tu veuilles ou non ;
Mais si la sagesse est vaincue,
Au point de se transformer en malice,
Alors nul ne connaît le danger qui peut en résulter :
1880 Il existe une histoire à ce sujet,
Très triste à entendre,
Je pense donc la raconter ici,
Afin que tu puisses éviter un tel meurtre,
Une fois que tu auras compris cette histoire.
De Troie, dans cette ville noble, [L’histoire d’Oreste.]
Sa renommée perdure encore aujourd’hui1009
Et restera à jamais dans la mémoire des hommes. Ici, le Confesseur donne un exemple contre
Le siège prolongé là-bas, ceux qui, par leur convoitise,
Empêchaient les Grecs de gagner, tandis que Priam était roi là-bas ; désir de meurtre
De la part des Grecs qui vivaient alentour. Et il raconte
Comment Agamemnon ordonna tout cela. Comment Clytemnestre,
Épouse du roi Agamemnon, fit cela,
Même si maintenant je pense en particulier à la guerre de Troie elle-même.
1860 Ce qui peut être fait, c’est aimer et agir correctement.
La colère est cause de beaucoup de maux ;
C’est pourquoi, mon Fils, ne fais pas ainsi.
Et quant au meurtre [Homicide],
Qui touche au domaine de l’amour,
S’il se produit sans que l’on s’en aperçoive… P. i.
342
Par la volonté, qui n’est pas bien guidée,1008
Lorsque la sagesse et le bon sens font défaut,
Et que la colère règne,
Alors grande vengeance s’ensuit.
1870 Souviens-toi donc d’aimer d’une manière sage,
Afin de ne mériter aucun châtiment :
Car je sais bien que tu ne pourras pas,
Que tu ne fixeras pas ton cœur sur l’amour, où que tu veuilles ou non ;
Mais si la sagesse est vaincue,
Au point de se transformer en malice,
Alors nul ne connaît le danger qui peut en résulter :
1880 Il existe une histoire à ce sujet,
Très triste à entendre,
Je pense donc la raconter ici,
Afin que tu puisses éviter un tel meurtre,
Une fois que tu auras compris cette histoire.
De Troie, dans cette ville noble, [L’histoire d’Oreste.]
Sa renommée perdure encore aujourd’hui1009
Et restera à jamais dans la mémoire des hommes. Ici, le Confesseur donne un exemple contre
Le siège prolongé là-bas, ceux qui, par leur convoitise,
Empêchaient les Grecs de gagner, tandis que Priam était roi là-bas ; désir de meurtre
De la part des Grecs qui vivaient alentour. Et il raconte
Comment Agamemnon ordonna tout cela. Comment Clytemnestre,
Épouse du roi Agamemnon, fit cela,
Même si maintenant je pense en particulier à la guerre de Troie elle-même.
Page 512
Lorsque mon père fut revenu chez lui,
par conseil d’Égisthe,
de même qu’Agamemnon, trompé par une femme infidèle,
tua son époux endormi dans son lit,
sous le silence de la nuit.
Il existe un vieux proverbe : « Celui qui est rusé… »
Son fils Hérostès commença alors à agir avec cruauté ;
plus tard, averti par les dieux,
alors qu’Agamemnon se battait avec acharnement pour conquérir Troie,
Égisthe le tua.
Clymène était son nom ; elle en porta une grande culpabilité,
car l’amour ne pouvait y durer.
Mais le malheur finit par arriver :
lorsque ce noble chevalier revint de Troie, la première nuit où il passa chez lui,
avant même que le jour ne se lève, Égisthe, avec l’aide de Clymène, le tua dans son lit.
La mère, prise de panique, s’enfuit, et la ville fut remplie de chaos.
Agamemnon eut un fils de cette reine, plus tard ;
mais à l’époque, il n’était encore qu’un enfant, incapable de parler.
Comme Dieu l’a voulu, cela arriva.
Un brave chevalier nommé Talthabius prit cet enfant sous sa garde.
par conseil d’Égisthe,
de même qu’Agamemnon, trompé par une femme infidèle,
tua son époux endormi dans son lit,
sous le silence de la nuit.
Il existe un vieux proverbe : « Celui qui est rusé… »
Son fils Hérostès commença alors à agir avec cruauté ;
plus tard, averti par les dieux,
alors qu’Agamemnon se battait avec acharnement pour conquérir Troie,
Égisthe le tua.
Clymène était son nom ; elle en porta une grande culpabilité,
car l’amour ne pouvait y durer.
Mais le malheur finit par arriver :
lorsque ce noble chevalier revint de Troie, la première nuit où il passa chez lui,
avant même que le jour ne se lève, Égisthe, avec l’aide de Clymène, le tua dans son lit.
La mère, prise de panique, s’enfuit, et la ville fut remplie de chaos.
Agamemnon eut un fils de cette reine, plus tard ;
mais à l’époque, il n’était encore qu’un enfant, incapable de parler.
Comme Dieu l’a voulu, cela arriva.
Un brave chevalier nommé Talthabius prit cet enfant sous sa garde.
Page 513
1930 Et quand il apprit cette nouvelle,
De cette trahison, de ce crime,
Il fut saisi de terreur en lui-même,
De peur que cet faux Égisthe
Ne vienne à lui, comme il le craignait,
Pour enlever et tuer cet enfant,
Qu’il avait élevé :
Et pour cette raison, à toute hâte,
Il le fit sortir de la ville
Et se rendit auprès du roi de Crète.
1940 Il lui exposa cette affaire,
Le supplia au nom de son père
De prendre cet enfant sous sa garde
Et de le protéger jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge
Conforme à sa lignée ;
Et il lui raconta toute l’histoire,
Comment son père avait été tué,
Et comment Égisthe, comme on le disait,
Était devenu roi, à qui tout le pays obéissait.
Et quand Idoménée, le roi,
1950 eut compris ce que ce chevalier lui avait dit,
Il fut profondément affligé,
Prit l’enfant sous sa protection
Et dit qu’il le garderait et le protégerait
Jusqu’à ce qu’il devienne assez fort
Pour manier une épée et devenir chevalier,
Afin de venger son père de sa propre main.
Ainsi Hérostès combattit en silence,
Telle était le vrai nom de l’enfant,
1960 Qui, plus tard, causa beaucoup de honte
En vengeant la mort de son père.
Les années passèrent,
Jusqu’à ce qu’il devienne un homme de grande taille,
De sagesse, de courage et de force,
Une personne remarquable parmi tous.
Et il commença à crier et à appeler.
De cette trahison, de ce crime,
Il fut saisi de terreur en lui-même,
De peur que cet faux Égisthe
Ne vienne à lui, comme il le craignait,
Pour enlever et tuer cet enfant,
Qu’il avait élevé :
Et pour cette raison, à toute hâte,
Il le fit sortir de la ville
Et se rendit auprès du roi de Crète.
1940 Il lui exposa cette affaire,
Le supplia au nom de son père
De prendre cet enfant sous sa garde
Et de le protéger jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge
Conforme à sa lignée ;
Et il lui raconta toute l’histoire,
Comment son père avait été tué,
Et comment Égisthe, comme on le disait,
Était devenu roi, à qui tout le pays obéissait.
Et quand Idoménée, le roi,
1950 eut compris ce que ce chevalier lui avait dit,
Il fut profondément affligé,
Prit l’enfant sous sa protection
Et dit qu’il le garderait et le protégerait
Jusqu’à ce qu’il devienne assez fort
Pour manier une épée et devenir chevalier,
Afin de venger son père de sa propre main.
Ainsi Hérostès combattit en silence,
Telle était le vrai nom de l’enfant,
1960 Qui, plus tard, causa beaucoup de honte
En vengeant la mort de son père.
Les années passèrent,
Jusqu’à ce qu’il devienne un homme de grande taille,
De sagesse, de courage et de force,
Une personne remarquable parmi tous.
Et il commença à crier et à appeler.
Page 514
Comme celui qui était venu vers l’homme,
Vers le roi de Crète ensuite,
Il demanda qu’on le fît
Chevalier et qu’on lui donnât de riches biens,
Car il ne voulait pas croire davantage ;
Il dit que le roi devait partir
Pour reprendre son héritage
Et venger cet outrage
Qui avait été commis contre son père.
Le roi accepta volontiers,
L’honora grandement et le fit chevalier,
Lui donna de riches biens,
Et il partit pour entreprendre son voyage :
Ainsi Horestes prit enfin
Ce qu’il désirait et s’en alla.
Comme celui qui était plein de colère dans son cœur,
Sa première plainte fut adressée
À la cité d’Athènes.
Il s’y rendit et y fut accueilli ;
Là, il ne fut pas trompé.
Le duc et ceux qui étaient sages
Le placèrent à leur service ;
Et il les remercia pour cette faveur,
Et dit qu’il voulait offrir
Un sacrifice aux dieux pour sa réussite,
Comme tous les hommes le lui conseillaient.
Alors il se rendit au temple :
De dons très précieux
Il fit son sacrifice et ses offrandes ;
Et après avoir prié,
On lui répondit que s’il voulait
Reprendre son royaume, alors il devait
Se venger sur son oncle
D’une manière si cruelle que le souvenir
En resterait à jamais,
Comme s’il s’était agi d’un meurtre
Perpétré par un mercenaire sans maître, Moerdrice.
Vers le roi de Crète ensuite,
Il demanda qu’on le fît
Chevalier et qu’on lui donnât de riches biens,
Car il ne voulait pas croire davantage ;
Il dit que le roi devait partir
Pour reprendre son héritage
Et venger cet outrage
Qui avait été commis contre son père.
Le roi accepta volontiers,
L’honora grandement et le fit chevalier,
Lui donna de riches biens,
Et il partit pour entreprendre son voyage :
Ainsi Horestes prit enfin
Ce qu’il désirait et s’en alla.
Comme celui qui était plein de colère dans son cœur,
Sa première plainte fut adressée
À la cité d’Athènes.
Il s’y rendit et y fut accueilli ;
Là, il ne fut pas trompé.
Le duc et ceux qui étaient sages
Le placèrent à leur service ;
Et il les remercia pour cette faveur,
Et dit qu’il voulait offrir
Un sacrifice aux dieux pour sa réussite,
Comme tous les hommes le lui conseillaient.
Alors il se rendit au temple :
De dons très précieux
Il fit son sacrifice et ses offrandes ;
Et après avoir prié,
On lui répondit que s’il voulait
Reprendre son royaume, alors il devait
Se venger sur son oncle
D’une manière si cruelle que le souvenir
En resterait à jamais,
Comme s’il s’était agi d’un meurtre
Perpétré par un mercenaire sans maître, Moerdrice.
Page 515
Horestes, qui n’était pas du tout heureux dans cette fonction, se rendit alors auprès des dieux et leur dit qu’ils devaient décider comment il obtiendrait justice. Ils lui répondirent qu’il devait engager les chiens du pape, afin que ceux-ci dévorent ses os, à titre d’exemple pour tous les pays ; ainsi, les chiens mordraient ses os sans aucune sépulture. C’était une aventure affreuse. Lorsque Horestes apprit la réponse des dieux, il partit avec toute la force dont il disposait, accompagné du duc et de ses hommes, et ils se rendirent dans une ville nommée Cropheon, où Phoieus était seigneur et maître. Celui-ci lui offrit gratuitement son aide et tout ce qu’il pouvait faire, car il était très heureux de pouvoir affliger son ennemi mortel. Il lui expliqua également pourquoi : Egiste avait abandonné sa fille, déjà en âge de se marier, puis l’avait reniée après avoir pris Horestes pour époux. On dit : « La vieille sagesse connaît de nouvelles hontes » ; ainsi, la faute d’Egiste devint de plus en plus évidente de toutes parts. Horestes partit avec son armée, et Phoieus l’accompagna ; je pense qu’Egiste le regrettera. Ils se dirigèrent vers Mycènes, où se trouvait la reine Climestre.
Page 516
Celui dont Horestes est le fils : 1025
Et quand elle apprit cela, 1026
les portes furent fermées hermétiquement,
et on ne les laissa pas entrer. 1027 P. i.
348
Bientôt cette cité fut sans défense
et assiégée de tous côtés, 1028
et sans cesse on l’attaquait,
du jour à la nuit, avec tant d’efforts,
jusqu’à ce qu’enfin on la conquière ;
2050 Mais alors commença une grande tristesse.
Horestes fit venir sa mère
devant tous les seigneurs
ainsi que devant le peuple,
pour raconter son histoire,
et dit : « Ô cruels et méchants étrangers,
comment as-tu pu avoir un cœur si dur, 1029
sous l’empire de quelque désir amoureux,
au point de consentir au meurtre
de celui qui n’était ton seigneur ?
2060 Une telle trahison mérite un tel châtiment ;
tu ne pourras jamais abandonner tes actes ;
ainsi, pour mon père,
je veux venger sa mort,
comme on me l’a ordonné.
Tu as agi avec méchanceté,
et il en sera de même en retour :
le Fils tuera la Mère,
pour avoir autrefois dit ce
que tu n’aurais jamais dû dire. »
2070 Et aussitôt, il mena son chien
sur la poitrine de sa mère,
et, depuis les os nus,
il déchira les deux seins,
les jeta au loin
au milieu des champs blancs. P. i.
349
Puis il prit le corps mort
et le fit emporter par des chevaux.
Et quand elle apprit cela, 1026
les portes furent fermées hermétiquement,
et on ne les laissa pas entrer. 1027 P. i.
348
Bientôt cette cité fut sans défense
et assiégée de tous côtés, 1028
et sans cesse on l’attaquait,
du jour à la nuit, avec tant d’efforts,
jusqu’à ce qu’enfin on la conquière ;
2050 Mais alors commença une grande tristesse.
Horestes fit venir sa mère
devant tous les seigneurs
ainsi que devant le peuple,
pour raconter son histoire,
et dit : « Ô cruels et méchants étrangers,
comment as-tu pu avoir un cœur si dur, 1029
sous l’empire de quelque désir amoureux,
au point de consentir au meurtre
de celui qui n’était ton seigneur ?
2060 Une telle trahison mérite un tel châtiment ;
tu ne pourras jamais abandonner tes actes ;
ainsi, pour mon père,
je veux venger sa mort,
comme on me l’a ordonné.
Tu as agi avec méchanceté,
et il en sera de même en retour :
le Fils tuera la Mère,
pour avoir autrefois dit ce
que tu n’aurais jamais dû dire. »
2070 Et aussitôt, il mena son chien
sur la poitrine de sa mère,
et, depuis les os nus,
il déchira les deux seins,
les jeta au loin
au milieu des champs blancs. P. i.
349
Puis il prit le corps mort
et le fit emporter par des chevaux.
Page 517
Au chien et au corbeau ;1030
C’est ainsi qu’il fut gravé.
Égisthe, qui se trouvait ailleurs,
2080 apprit par des messagers ce qui arrivait à Mycènes,
Mais il ne sut pas grand-chose de plus ;1031
Avec une grande menace et beaucoup de bravade,
Il rassembla des gens pauvres et forma une armée
Pour venir au secours de la ville.
Mais tous les traîtres de sa cour
furent découverts par Héraclès,
Et une grande partie de ses hommes
fut contrainte de rester cachée,
2090 pour l’attendre au moment opportun
afin qu’il ne puisse s’échapper d’ici :
Et c’est ainsi que, comme il l’avait prévu,
Égisthe fut capturé, avant même qu’il ne s’en rende compte,
et fut amené ici, lié,
comme lorsqu’on trouve un traître.
Et bien que ceux qui étaient avec lui,
et qui avaient trahi,
soient tous condamnés ensemble,
2100 le faux Égisthe, par-dessus eux tous,1032
reçut une punition différente,
la pire que l’on puisse imaginer ou infliger,
et selon la loi,
il fut conduit à la potence, P. i. 350
où il pend, au-dessus de tous les autres criminels,
comme il convient à un traître.
Bien que la renommée, avec ses ailes rapides1033,
se répande partout pour annoncer les nouvelles,
et fasse connaître dans tous les pays
2110 comment Héraclès, avec ses chiens,
rattrapa lentement son frère Ménélas.
Certains disent qu’il le tua rapidement,
d’autres disent qu’il le tua plus tard.
C’est ainsi qu’il fut gravé.
Égisthe, qui se trouvait ailleurs,
2080 apprit par des messagers ce qui arrivait à Mycènes,
Mais il ne sut pas grand-chose de plus ;1031
Avec une grande menace et beaucoup de bravade,
Il rassembla des gens pauvres et forma une armée
Pour venir au secours de la ville.
Mais tous les traîtres de sa cour
furent découverts par Héraclès,
Et une grande partie de ses hommes
fut contrainte de rester cachée,
2090 pour l’attendre au moment opportun
afin qu’il ne puisse s’échapper d’ici :
Et c’est ainsi que, comme il l’avait prévu,
Égisthe fut capturé, avant même qu’il ne s’en rende compte,
et fut amené ici, lié,
comme lorsqu’on trouve un traître.
Et bien que ceux qui étaient avec lui,
et qui avaient trahi,
soient tous condamnés ensemble,
2100 le faux Égisthe, par-dessus eux tous,1032
reçut une punition différente,
la pire que l’on puisse imaginer ou infliger,
et selon la loi,
il fut conduit à la potence, P. i. 350
où il pend, au-dessus de tous les autres criminels,
comme il convient à un traître.
Bien que la renommée, avec ses ailes rapides1033,
se répande partout pour annoncer les nouvelles,
et fasse connaître dans tous les pays
2110 comment Héraclès, avec ses chiens,
rattrapa lentement son frère Ménélas.
Certains disent qu’il le tua rapidement,
d’autres disent qu’il le tua plus tard.
Page 518
Il existe diverses opinions :
Certains disent que c’est eux qui ont parlé tous,
Mais en réalité, on ignore ce qui s’est passé,
L’affaire est si peu connue
Que personne ne peut savoir
Sauf ceux qui y ont participé :
2120 Et en général, en toute situation,
Les pires paroles sont les plus entendues
Et appréciées, jusqu’à ce qu’on y réponde.
Les rois et les grands seigneurs
Commencèrent à menacer Hérostès
Pour le chasser de son royaume :
« Il n’est pas digne de régner,
Ce enfant qui a ainsi traité sa mère », dirent-ils ; et aussitôt aussi
Les seigneurs ordinaires furent d’accord.
2130 Ils fixèrent une date pour un parlement,
Et le roi et les seigneurs d’Athènes
Vinrent ensemble, d’un commun accord,
Pour savoir comment les choses en étaient :
Ainsi, Hérostès, dans cette affaire…
Ils envoyèrent quelqu’un le chercher, et il vint.
Le roi Ménélaos entendit ces paroles
Et l’interrogea à ce sujet :
Lui, qui savait tout cela,
Répondit et raconta longuement son histoire,
2140 Et comment les dieux, sous sa responsabilité,
L’avaient commandé de rendre justice.
Et avec ce récit apparut un prince,
Qui était un chevalier valeureux,
Son nom était Ménésteus,
Et il dit aux seigneurs ceci :
« Le mal que Hérostès a commis
Était la volonté des dieux,
Et non le fruit de sa cruauté ;
2150 Et s’il y avait quelqu’un de mon rang… »
Certains disent que c’est eux qui ont parlé tous,
Mais en réalité, on ignore ce qui s’est passé,
L’affaire est si peu connue
Que personne ne peut savoir
Sauf ceux qui y ont participé :
2120 Et en général, en toute situation,
Les pires paroles sont les plus entendues
Et appréciées, jusqu’à ce qu’on y réponde.
Les rois et les grands seigneurs
Commencèrent à menacer Hérostès
Pour le chasser de son royaume :
« Il n’est pas digne de régner,
Ce enfant qui a ainsi traité sa mère », dirent-ils ; et aussitôt aussi
Les seigneurs ordinaires furent d’accord.
2130 Ils fixèrent une date pour un parlement,
Et le roi et les seigneurs d’Athènes
Vinrent ensemble, d’un commun accord,
Pour savoir comment les choses en étaient :
Ainsi, Hérostès, dans cette affaire…
Ils envoyèrent quelqu’un le chercher, et il vint.
Le roi Ménélaos entendit ces paroles
Et l’interrogea à ce sujet :
Lui, qui savait tout cela,
Répondit et raconta longuement son histoire,
2140 Et comment les dieux, sous sa responsabilité,
L’avaient commandé de rendre justice.
Et avec ce récit apparut un prince,
Qui était un chevalier valeureux,
Son nom était Ménésteus,
Et il dit aux seigneurs ceci :
« Le mal que Hérostès a commis
Était la volonté des dieux,
Et non le fruit de sa cruauté ;
2150 Et s’il y avait quelqu’un de mon rang… »
Page 519
En ce lieu, un tel chevalier
Qui voulait que ce ne fût pas juste,
Je voudrais le prouver de mon corps.
Alors il jeta son gant,
Et ce noble duc, parmi tant d’autres talents, dit
Qu’il avait bien mérité vengeance,
D’abord pour l’adultère,
Et ensuite en agissant de telle manière
Que tout le monde en fut indigné,
Lorsqu’on vit qu’elle, pour un vice si abominable,
Avait été payée sans que personne ne la punisse.
Tous restèrent silencieux et écoutèrent,
Mais personne ne répondit.
Ils pensèrent tous qu’il disait vrai,
Personne ne pouvait le contredire ;
Alors, sur l’insistance des Muses,
Héroste trouva toutes les excuses possibles :
Ainsi, avec une grande solennité,
Il fut accueilli selon sa dignité
Et couronné roi.
Et il arriva quelque chose d’étonnant :
Égione, lorsqu’elle apprit cela,
Elle qui était la fille d’Égisthe
Et sœur du côté maternel
De cet Héroste, à ce moment-là,
Lorsqu’elle apprit comment son frère avait été traité,
À cause de la douleur pure qu’elle ressentait,
Car il n’avait pas été exilé,
Elle le trompa aussitôt, sans lui laisser la vie,
Et se suicida elle-même.
Cela a été et sera toujours ainsi :
Pour celui qui consent au meurtre,
Il ne peut jamais regretter :
C’était cette fausse Égione,
Qui, pour assassiner Agamemnon,
Lui avait obtenu l’accord et le consentement.
Qui voulait que ce ne fût pas juste,
Je voudrais le prouver de mon corps.
Alors il jeta son gant,
Et ce noble duc, parmi tant d’autres talents, dit
Qu’il avait bien mérité vengeance,
D’abord pour l’adultère,
Et ensuite en agissant de telle manière
Que tout le monde en fut indigné,
Lorsqu’on vit qu’elle, pour un vice si abominable,
Avait été payée sans que personne ne la punisse.
Tous restèrent silencieux et écoutèrent,
Mais personne ne répondit.
Ils pensèrent tous qu’il disait vrai,
Personne ne pouvait le contredire ;
Alors, sur l’insistance des Muses,
Héroste trouva toutes les excuses possibles :
Ainsi, avec une grande solennité,
Il fut accueilli selon sa dignité
Et couronné roi.
Et il arriva quelque chose d’étonnant :
Égione, lorsqu’elle apprit cela,
Elle qui était la fille d’Égisthe
Et sœur du côté maternel
De cet Héroste, à ce moment-là,
Lorsqu’elle apprit comment son frère avait été traité,
À cause de la douleur pure qu’elle ressentait,
Car il n’avait pas été exilé,
Elle le trompa aussitôt, sans lui laisser la vie,
Et se suicida elle-même.
Cela a été et sera toujours ainsi :
Pour celui qui consent au meurtre,
Il ne peut jamais regretter :
C’était cette fausse Égione,
Qui, pour assassiner Agamemnon,
Lui avait obtenu l’accord et le consentement.
Page 520
C’est là le jugement des dieux ;
Bien que nul autre homme ne le voulût,
2190 Elle prit sa vengeance comme elle le devait ;
Et comme elle avait fait du mal à un autre,
Elle chercha la vengeance sur elle-même,
Et eut, pour sa propre malédiction,
Une meurtrière qui se vengea d’une autre meurtrière. P. i.
353
Telle est la vengeance d’une meurtrière.
Ainsi, mon Fils, en mémoire de cet exemple,
Prends-en bonne garde :
Car celui qui trahit son amour par le meurtre,
Se couvrira de honte devant le monde,
2200 Lui-même et aussi son amour seront honteux.
Mon père, à propos de cette aventure,
Amants,
Que vous avez racontée, je vous assure
Que mon cœur est affligé pour eux,
Mais seulement parce que je veux savoir
Ce qu’il convient de faire et ce qu’il convient d’éviter.
Et maintenant, laissez-moi partir, 1038
Il demande
Que vous m’expliquiez, je vous en prie, pour quelles raisons
il est permis de tuer un homme1039
S’il existe une manière acceptable de le tuer.
Sans raison, on ne doit pas tuer un homme.1040
2210 Mon Fils, vous vous trompez, Confesseur.
Celui qui est accusé de trahison,
De meurtre ou d’autres actes de brigandage,
Le juge ne le laissera pas s’en tirer,
Mais il devra être puni pour son crime,
Et commettra une grande injustice s’il agissait autrement.
Car celui qui a la loi pour guide,
Et épargne de rendre justice [Homicide légal],
Par pitié, ne remplit pas son devoir,
En préservant ainsi sa miséricorde,
2220 Comme l’a écrit Sénèque. Le juge
Fait du tort à mille hommes bons : qui parcit1042
vlcisci, multos
Avec une telle pitié, celui qui croit cela rend les méchants dignes de compassion.
Pour plaire à Dieu, il se trompe,
Ou alors aucune raison valable n’existe.
Bien que nul autre homme ne le voulût,
2190 Elle prit sa vengeance comme elle le devait ;
Et comme elle avait fait du mal à un autre,
Elle chercha la vengeance sur elle-même,
Et eut, pour sa propre malédiction,
Une meurtrière qui se vengea d’une autre meurtrière. P. i.
353
Telle est la vengeance d’une meurtrière.
Ainsi, mon Fils, en mémoire de cet exemple,
Prends-en bonne garde :
Car celui qui trahit son amour par le meurtre,
Se couvrira de honte devant le monde,
2200 Lui-même et aussi son amour seront honteux.
Mon père, à propos de cette aventure,
Amants,
Que vous avez racontée, je vous assure
Que mon cœur est affligé pour eux,
Mais seulement parce que je veux savoir
Ce qu’il convient de faire et ce qu’il convient d’éviter.
Et maintenant, laissez-moi partir, 1038
Il demande
Que vous m’expliquiez, je vous en prie, pour quelles raisons
il est permis de tuer un homme1039
S’il existe une manière acceptable de le tuer.
Sans raison, on ne doit pas tuer un homme.1040
2210 Mon Fils, vous vous trompez, Confesseur.
Celui qui est accusé de trahison,
De meurtre ou d’autres actes de brigandage,
Le juge ne le laissera pas s’en tirer,
Mais il devra être puni pour son crime,
Et commettra une grande injustice s’il agissait autrement.
Car celui qui a la loi pour guide,
Et épargne de rendre justice [Homicide légal],
Par pitié, ne remplit pas son devoir,
En préservant ainsi sa miséricorde,
2220 Comme l’a écrit Sénèque. Le juge
Fait du tort à mille hommes bons : qui parcit1042
vlcisci, multos
Avec une telle pitié, celui qui croit cela rend les méchants dignes de compassion.
Pour plaire à Dieu, il se trompe,
Ou alors aucune raison valable n’existe.
Page 521
La loi était là où nous étions nés,
Comment l’épée d’un roi est portée, P. i.
354
En signe qu’il doit défendre
Son peuple fidèle et en finir avec ceux qui veulent le dévorer. Le juge porte une épée.1043
2230 Ainsi, mon Fils, pour aider
La loi et le droit commun à triompher,
Un homme ne doit pas être sans péché,
Et il doit en faire une grande aumône,
Afin de préserver la justice.
Et pour cela, en cas de combat, un homme doit se battre pour sa patrie.1044
Lui-même, sa maison et même son pays
Doivent être défendus par ses propres mains,
Et s’il ne peut faire mieux,
2240 Il doit suivre la loi établie.
Maintenant, père, je vous supplie,
Ô Amans,
Pour ceux qui causent des guerres cruelles
Dans le monde, et versent du sang,
Si un tel meurtre est permis.1045
Mon Fils, à cette question, le Confesseur répondra.
Selon ma conviction,
Telle que mon intelligence me le permet,
Et comme le droit complet l’enseigne,1046
Je veux te le dire clairement,
Afin que tu puisses en discuter avec ta conscience.
v. Ce que Dieu lui-même a créé, il le fait périr [Le mal de la guerre.]
L’assassin, créature de Dieu,
Le vainqueur verse du sang humain.
Le sang de l’homme est comme celui du mouton, hélas, versé à l’instant même, P. i.
355
La piété gît vaincue, et la fureur détruit tout.
L’ange a dit : « Paix sur la terre », et les derniers mots du Christ proclament la paix, que la guerre chasse aussitôt.
Le grand Dieu de sa justice
Comment l’épée d’un roi est portée, P. i.
354
En signe qu’il doit défendre
Son peuple fidèle et en finir avec ceux qui veulent le dévorer. Le juge porte une épée.1043
2230 Ainsi, mon Fils, pour aider
La loi et le droit commun à triompher,
Un homme ne doit pas être sans péché,
Et il doit en faire une grande aumône,
Afin de préserver la justice.
Et pour cela, en cas de combat, un homme doit se battre pour sa patrie.1044
Lui-même, sa maison et même son pays
Doivent être défendus par ses propres mains,
Et s’il ne peut faire mieux,
2240 Il doit suivre la loi établie.
Maintenant, père, je vous supplie,
Ô Amans,
Pour ceux qui causent des guerres cruelles
Dans le monde, et versent du sang,
Si un tel meurtre est permis.1045
Mon Fils, à cette question, le Confesseur répondra.
Selon ma conviction,
Telle que mon intelligence me le permet,
Et comme le droit complet l’enseigne,1046
Je veux te le dire clairement,
Afin que tu puisses en discuter avec ta conscience.
v. Ce que Dieu lui-même a créé, il le fait périr [Le mal de la guerre.]
L’assassin, créature de Dieu,
Le vainqueur verse du sang humain.
Le sang de l’homme est comme celui du mouton, hélas, versé à l’instant même, P. i.
355
La piété gît vaincue, et la fureur détruit tout.
L’ange a dit : « Paix sur la terre », et les derniers mots du Christ proclament la paix, que la guerre chasse aussitôt.
Le grand Dieu de sa justice
Page 522
Ce genre de vice horrible, Hic en parle contre ceux qui provoquent la guerre ; il a interdit l’homicide, non seulement comme l’avait ordonné Moïse, mais aussi lorsque le Fils de Dieu naquit : elle est la mère de la désolation du monde entier. C’est pourquoi il l’a envoyée chez les Anglais, et elle existe encore aujourd’hui. Les bergers la chassent, elle est une menace pour les hommes bienveillants sur cette terre parmi nous. Ainsi, il convient de parler de cette question selon la loi de l’amour : il ne doit y avoir aucune guerre cruelle. La nature elle-même l’a défendue et l’a recommandée dans ses lois, car c’est ce qui assure le bien-être de l’homme, sa vie et sa santé. Mais la guerre cruelle entraîne avec elle la peste, la famine, la pauvreté et toute sorte de malheurs. C’est pour cela que nous blâmons ce monde, qui est maintenant sous le joug de la guerre, jusqu’à ce que Dieu lui-même y mette fin. Car tout ce que Dieu a créé sur terre, la guerre le conduit à la ruine : les champs sont brûlés, les prêtres tués, les femmes et les filles séparées de leurs familles, la loi ignorée, Dieu négligé. Je ne sais pas quelles punitions il mérite pour avoir provoqué de telles guerres. S’il le fait pour gagner quelque chose, il devra d’abord payer le lourd prix de ses pertes, ainsi que pour ceux qu’il a perdus. Selon les règles du monde, il ne trouvera aucun avantage. Et s’il le fait dans l’espoir d’obtenir la grâce divine, je ne peux rien dire à ce sujet. Christ a commandé l’amour et la compassion.
Page 523
Et celui qui pratique le mal,
2290 je crois que son sort est bien différent.
Et puisque nous constatons
Que des maux de toutes sortes existent ici,
Sans aucun rapport avec Dieu,1050
Et qu’ils entraînent la pauvreté
En matière de biens du monde, c’est admirable
Parmi les hommes ce qu’ils peuvent faire,
Qu’ils ne sachent même pas où se mettre.
Je crois que la sagesse est la meilleure chose,
Et toute forme de sagesse, c’est la mort ; Apôtre.
Stipendium peccati
2300 Ainsi, je n’ai jamais su comment cela se produit :
c’est la mort.1051
Mais nous, qui croyons en nous-mêmes, j’aimerais
Que ce fût préférable à être doublement puni.
Je ne sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui,
Mais un homme peut comprendre
Celui qui lit ces anciens livres,
Que c’est la cupidité qui mène tout,
Et qui a introduit les maux en premier.
2310 En Grèce, si je dois commencer, P. i.
357
Là, on a prouvé comment cela se passait :
À Pélos, qui était plein de biens,
Ils ont semé le mal en particulier,
Et ainsi ils ont agi partout
Où il y avait une grande richesse dans le pays,
Aussi qu’ils n’aient rien laissé intact
Sans être corrompu, sauf l’Arcadie.
Car là, ils n’ont causé aucun mal,1052
Notez que les Grecs
toute la terre
Parce qu’elle était déserte et pauvre, fertile
2320 dont ils ne pouvaient pas se remettre ; ils la conquéraient, mais
Ainsi la pauvreté fut évitée, seulement en Arcadie,
parce que le pauvre
Celui qui n’a rien n’a de loi. et elle était stérile,
Mais c’est pourtant une chose étonnante, ils l’ont laissée en paix.
Lorsqu’un roi riche et vertueux,
Ou un autre seigneur, quel qu’il soit,
2290 je crois que son sort est bien différent.
Et puisque nous constatons
Que des maux de toutes sortes existent ici,
Sans aucun rapport avec Dieu,1050
Et qu’ils entraînent la pauvreté
En matière de biens du monde, c’est admirable
Parmi les hommes ce qu’ils peuvent faire,
Qu’ils ne sachent même pas où se mettre.
Je crois que la sagesse est la meilleure chose,
Et toute forme de sagesse, c’est la mort ; Apôtre.
Stipendium peccati
2300 Ainsi, je n’ai jamais su comment cela se produit :
c’est la mort.1051
Mais nous, qui croyons en nous-mêmes, j’aimerais
Que ce fût préférable à être doublement puni.
Je ne sais pas si c’est encore le cas aujourd’hui,
Mais un homme peut comprendre
Celui qui lit ces anciens livres,
Que c’est la cupidité qui mène tout,
Et qui a introduit les maux en premier.
2310 En Grèce, si je dois commencer, P. i.
357
Là, on a prouvé comment cela se passait :
À Pélos, qui était plein de biens,
Ils ont semé le mal en particulier,
Et ainsi ils ont agi partout
Où il y avait une grande richesse dans le pays,
Aussi qu’ils n’aient rien laissé intact
Sans être corrompu, sauf l’Arcadie.
Car là, ils n’ont causé aucun mal,1052
Notez que les Grecs
toute la terre
Parce qu’elle était déserte et pauvre, fertile
2320 dont ils ne pouvaient pas se remettre ; ils la conquéraient, mais
Ainsi la pauvreté fut évitée, seulement en Arcadie,
parce que le pauvre
Celui qui n’a rien n’a de loi. et elle était stérile,
Mais c’est pourtant une chose étonnante, ils l’ont laissée en paix.
Lorsqu’un roi riche et vertueux,
Ou un autre seigneur, quel qu’il soit,
Page 524
La hache et le couteau du méchant
Sont utilisés sur ce à quoi il n’a aucun droit,
Seulement par la force de sa grande puissance :
Car chacun sait bien que
Les lois et les coutumes y sont clairement énoncées.
Mais il doit quand même trouver un prétexte,
Même s’il n’y en a pas de raison réelle,
Pour justifier ses actes :
Car la raison, lorsqu’elle est opprimée par la volonté,
Lorsque la cupidité le domine et met toute raison de côté,
Il peut facilement trouver un moyen
De faire ce qui lui plaît,
Et ainsi tromper le monde, comme beaucoup le disent.
Mais il invente toujours une raison,
Et justifie son cœur malveillant en prétendant que tout est bien,
Afin de pouvoir obtenir ce qu’il veut.
Car, tout comme l’homme honnête ne pense qu’au profit,
Ainsi le méchant consacre son temps sans aucune conscience.
Et pour prouver ceux qui commettent de tels actes,
On peut prendre un grand exemple de la manière dont ils justifient leur tyrannie,
De la façon dont ils utilisent des moyens injustes,
Et comment ils s’allient entre eux,
Le pauvre contre le riche,
Par bravade, pour commettre des actes malveillants
Afin de gagner de l’argent, et rien d’autre :
J’ai une histoire à ce sujet, telle qu’elle s’est produite jadis.
Sont utilisés sur ce à quoi il n’a aucun droit,
Seulement par la force de sa grande puissance :
Car chacun sait bien que
Les lois et les coutumes y sont clairement énoncées.
Mais il doit quand même trouver un prétexte,
Même s’il n’y en a pas de raison réelle,
Pour justifier ses actes :
Car la raison, lorsqu’elle est opprimée par la volonté,
Lorsque la cupidité le domine et met toute raison de côté,
Il peut facilement trouver un moyen
De faire ce qui lui plaît,
Et ainsi tromper le monde, comme beaucoup le disent.
Mais il invente toujours une raison,
Et justifie son cœur malveillant en prétendant que tout est bien,
Afin de pouvoir obtenir ce qu’il veut.
Car, tout comme l’homme honnête ne pense qu’au profit,
Ainsi le méchant consacre son temps sans aucune conscience.
Et pour prouver ceux qui commettent de tels actes,
On peut prendre un grand exemple de la manière dont ils justifient leur tyrannie,
De la façon dont ils utilisent des moyens injustes,
Et comment ils s’allient entre eux,
Le pauvre contre le riche,
Par bravade, pour commettre des actes malveillants
Afin de gagner de l’argent, et rien d’autre :
J’ai une histoire à ce sujet, telle qu’elle s’est produite jadis.
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De celui que toute cette terre a produit, [Alexandre et le Pirate.]
Lorsqu’il a ainsi accablé le monde
Par la guerre, comme le destin l’a voulu,
Le roi Alexandre, voici ce que je dis ; Il déclare par exemple contre
Comment, dans une région où il séjournait, ces princes ou
Il arriva par hasard un jour que d’autres, quels qu’ils fussent
Un nommé Rovere de l’Église, menait illégalement la guerre. Et il raconte
Que beaucoup d’hommes furent vaincus par un certain pirate
Et tués, et qu’on s’empara là de nombreux biens : dans les régions maritimes
Ce Pilour, comme le disent les livres, très connu pour son pillage, qui, avec
Un homme célèbre fut capturé en un lieu étranger, et amené
Devant le roi Alexandre pour être jugé pour les actes qu’il avait commis.
Ce prisonnier fut présenté devant le roi Alexandre
Et accusé en audience de brigandage : accusé, il dit : « Ô
Et il ne justifia pas ses actes, Alexandre, vraiment
Car avec peu de gens
Mais il pria le roi de lui rendre justice, aux compagnons des butins
Et il dit : “Sire, si j’étais puissant, je n’aurais besoin que de navires
J’ai un cœur courageux ; je cherche, on m’appelle
Petit joueur ;
Car si les richesses étaient miennes, toi, puisque
Ma volonté est surtout, avec une multitude infinie
De guerriers
À piller et à s’emparer partout des biens du grand monde. Toute la terre
Mais comme je mène une vie pauvre en soumettant
Tu as pillé, ô Empereur
Et je suis, comme on dit, dans le malheur, tu diras. Ainsi
Le nom de Pilour et le statut de voleur, tu les portes
Je les porte ; et toi, dont la voie diffère de la mienne, adopte
Le même esprit
Mène ma vie et prends mes biens, la condition
Et fais ce que je ferais, nous avons la même situation.’
Ce nom n’est rien de spécial, mais Alexandre, face à son audace
Toi, tu es appelé Empereur. En réponse
Tes actes prouvent bien ta valeur, il le garda
Comme familier ; et ainsi
Ta richesse et ma pauvreté ont plu à ce guerrier belliqueux.
Même s’ils ne sont pas encore vraiment pris.
2370 Et naturellement, celui qui est riche
2380 Aujourd’hui, demain il peut être pauvre ; P. i.
Lorsqu’il a ainsi accablé le monde
Par la guerre, comme le destin l’a voulu,
Le roi Alexandre, voici ce que je dis ; Il déclare par exemple contre
Comment, dans une région où il séjournait, ces princes ou
Il arriva par hasard un jour que d’autres, quels qu’ils fussent
Un nommé Rovere de l’Église, menait illégalement la guerre. Et il raconte
Que beaucoup d’hommes furent vaincus par un certain pirate
Et tués, et qu’on s’empara là de nombreux biens : dans les régions maritimes
Ce Pilour, comme le disent les livres, très connu pour son pillage, qui, avec
Un homme célèbre fut capturé en un lieu étranger, et amené
Devant le roi Alexandre pour être jugé pour les actes qu’il avait commis.
Ce prisonnier fut présenté devant le roi Alexandre
Et accusé en audience de brigandage : accusé, il dit : « Ô
Et il ne justifia pas ses actes, Alexandre, vraiment
Car avec peu de gens
Mais il pria le roi de lui rendre justice, aux compagnons des butins
Et il dit : “Sire, si j’étais puissant, je n’aurais besoin que de navires
J’ai un cœur courageux ; je cherche, on m’appelle
Petit joueur ;
Car si les richesses étaient miennes, toi, puisque
Ma volonté est surtout, avec une multitude infinie
De guerriers
À piller et à s’emparer partout des biens du grand monde. Toute la terre
Mais comme je mène une vie pauvre en soumettant
Tu as pillé, ô Empereur
Et je suis, comme on dit, dans le malheur, tu diras. Ainsi
Le nom de Pilour et le statut de voleur, tu les portes
Je les porte ; et toi, dont la voie diffère de la mienne, adopte
Le même esprit
Mène ma vie et prends mes biens, la condition
Et fais ce que je ferais, nous avons la même situation.’
Ce nom n’est rien de spécial, mais Alexandre, face à son audace
Toi, tu es appelé Empereur. En réponse
Tes actes prouvent bien ta valeur, il le garda
Comme familier ; et ainsi
Ta richesse et ma pauvreté ont plu à ce guerrier belliqueux.
Même s’ils ne sont pas encore vraiment pris.
2370 Et naturellement, celui qui est riche
2380 Aujourd’hui, demain il peut être pauvre ; P. i.
Page 526
2390 Et au contraire, on recouvre aussi 359.
2400 Un pauvre homme pour une grande richesse
Les hommes disent : c’est pourquoi que la justice1057 P. i.
360
Doit être pesée même dans la balance.
Le roi garda son calme et maîtrisa ses paroles avec sagesse,
Et lui dit en ces termes :1058
« J’ai bien compris ta réponse ;
Mon désir est que tu restes
À mon service et que tu demeures tranquille. »
2410 Aussitôt, par cette même décision,
Il lui accorda une période de vie déterminée ;
Tant qu’il le voudrait,1059
Il le fit chevalier et lui donna des terres,
Qui plus tard devinrent de sa propriété
Un chevalier valeureux en bien des lieux,
Et il montra une grande bravoure au combat,
Comme le rapportent les Chroniques.
Et c’est ainsi qu’ils convinrent,
Ceux qui étaient destinés à la destruction :
Chaque capitaine, sa propre réserve.
Mais pour savoir quelle sera finalement l’issue
De cette affaire,
C’est un grand miracle que les hommes mettent leur cœur
Dans une telle injustice pour gagner,
Là où il n’y a aucun avantage possible,
Et cela nuit de tous côtés :
Mais quand la raison est mise de côté
Et que la volonté gouverne le courage,
2430 Le faucon qui vole haut P. i.
361
Et ne souffre rien en chemin,
Pour pouvoir capturer sa proie,
N’est pas plus exposé aux dangers
Que cet homme que son ambition1060
A placé dans une telle situation.
2400 Un pauvre homme pour une grande richesse
Les hommes disent : c’est pourquoi que la justice1057 P. i.
360
Doit être pesée même dans la balance.
Le roi garda son calme et maîtrisa ses paroles avec sagesse,
Et lui dit en ces termes :1058
« J’ai bien compris ta réponse ;
Mon désir est que tu restes
À mon service et que tu demeures tranquille. »
2410 Aussitôt, par cette même décision,
Il lui accorda une période de vie déterminée ;
Tant qu’il le voudrait,1059
Il le fit chevalier et lui donna des terres,
Qui plus tard devinrent de sa propriété
Un chevalier valeureux en bien des lieux,
Et il montra une grande bravoure au combat,
Comme le rapportent les Chroniques.
Et c’est ainsi qu’ils convinrent,
Ceux qui étaient destinés à la destruction :
Chaque capitaine, sa propre réserve.
Mais pour savoir quelle sera finalement l’issue
De cette affaire,
C’est un grand miracle que les hommes mettent leur cœur
Dans une telle injustice pour gagner,
Là où il n’y a aucun avantage possible,
Et cela nuit de tous côtés :
Mais quand la raison est mise de côté
Et que la volonté gouverne le courage,
2430 Le faucon qui vole haut P. i.
361
Et ne souffre rien en chemin,
Pour pouvoir capturer sa proie,
N’est pas plus exposé aux dangers
Que cet homme que son ambition1060
A placé dans une telle situation.
Page 527
Car tout le monde ne suffit jamais à réaliser un désir qui n’est pas raisonnable. Un exemple en est les guerres et la mort d’Alexandre. Jusqu’à ce point-là, Alexandre avait mis toute son énergie dans ses entreprises ; mais comme la fortune lui était favorable, il se livra à des guerres illégitimes, que la raison ne pouvait pas contrôler. Il était si obstiné dans sa volonté que, bien qu’il ait conquis tout le monde avec sa puissance, il finit par être vaincu par la mort. Ayant atteint tous ses objectifs, ce roi retourna en Macédoine pour y mourir. Lorsqu’il arriva à Babylone, il ne put y échapper. Il parcourut tout son empire, tel un seigneur puissant et respecté, mais il fut finalement trompé et empoisonné. Comme il avait mal jugé le monde, pas autant qu’il l’aurait dû avec sa sagesse… Ainsi fut-il tué ; celui qui autrefois était riche n’avait plus rien, ni aujourd’hui ni demain. De cette manière, il sema le chaos dans le monde ; il préféra cela à une fin heureuse, et il resta à jamais déçu. À quoi bon donc semer le chaos, par cupidité et orgueil, pour tromper les hommes du monde ?
Page 528
Les meilleurs qui empruntent cette voie.
Pour chaque vie qui peut résonner,
Sache bien qu’un homme ne devrait pas, par tyrannie,
Laisser mourir ces autres meilleurs,
Jusqu’à ce que des enfants veuillent le délivrer.
Je ne sais comment il pourrait se racheter,
Celui qui emporte pour toujours
La vie qu’il ne pourra jamais restituer.
C’est pourquoi, mon Fils, en toute circonstance, sois confesseur.
Sois bien avisé, je t’en prie,
De ne pas être coupable
Sans raison valable.
Mon père, j’ai compris ce que vous avez dit ; mais à ce sujet,
Je vous prie de me dire oui ou non : [Les Croisades sont-elles légales ?]
Traverser la grande mer
Pour combattre et tuer les Sarrasins, est-ce la loi ? P. i.
363
2490 Mon Fils,
Prêcher et souffrir pour la foi, confesseur.
C’est ce que j’ai entendu dire dans l’Évangile ;
Mais pour aller plus loin, je ne suis pas ici.
Christ, de son œil de mort, a tué
Tous les autres hommes et les a rendus libres,
En signe d’amour parfait ;
Et après cela, lorsqu’il fut mort, ces autres apôtres
Allèrent prêcher la sainte foi partout,
Où ils souffrirent la mort en divers endroits,
Et ainsi, par sa grâce,
La foi en Christ s’est répandue :
Mais s’ils avaient voulu, d’une autre manière,
Introduire la guerre dans la foi,
Note.1072
Elle serait encore en équilibre.
Pour chaque vie qui peut résonner,
Sache bien qu’un homme ne devrait pas, par tyrannie,
Laisser mourir ces autres meilleurs,
Jusqu’à ce que des enfants veuillent le délivrer.
Je ne sais comment il pourrait se racheter,
Celui qui emporte pour toujours
La vie qu’il ne pourra jamais restituer.
C’est pourquoi, mon Fils, en toute circonstance, sois confesseur.
Sois bien avisé, je t’en prie,
De ne pas être coupable
Sans raison valable.
Mon père, j’ai compris ce que vous avez dit ; mais à ce sujet,
Je vous prie de me dire oui ou non : [Les Croisades sont-elles légales ?]
Traverser la grande mer
Pour combattre et tuer les Sarrasins, est-ce la loi ? P. i.
363
2490 Mon Fils,
Prêcher et souffrir pour la foi, confesseur.
C’est ce que j’ai entendu dire dans l’Évangile ;
Mais pour aller plus loin, je ne suis pas ici.
Christ, de son œil de mort, a tué
Tous les autres hommes et les a rendus libres,
En signe d’amour parfait ;
Et après cela, lorsqu’il fut mort, ces autres apôtres
Allèrent prêcher la sainte foi partout,
Où ils souffrirent la mort en divers endroits,
Et ainsi, par sa grâce,
La foi en Christ s’est répandue :
Mais s’ils avaient voulu, d’une autre manière,
Introduire la guerre dans la foi,
Note.1072
Elle serait encore en équilibre.
Page 529
Et cela s’est prouvé dans les temps anciens ;
Car, comme le racontent les Chroniques,
Dès le début, ce saint homme a choisi
De prêcher, et il a reçu l’épée,
À cause de laquelle les guerres ont commencé.
Une grande partie de ces guerres a été gagnée,
Mais aujourd’hui, la foi en Christ est en péril.
Que Dieu y apporte des corrections,
Afin qu’il sache ce qui est le mieux.
Mais, mon fils, si tu veux vivre sans culpabilité
De meurtre, et avec une conscience tranquille,
Alors sois bien vigilant :
Car, comme nous l’enseignent les clercs,
L’homme doit, par-dessus toutes les autres actions,
Se consacrer à Dieu, et surtout à son âme.
Il est donc nécessaire de faire attention à tout,
Afin de ne pas commettre de meurtre.
Le meurtre est aujourd’hui si répandu,
Qu’il règne partout, tant chez les saints que chez les autres.
Mais tant que cela persiste,
Le monde ne pourra pas prospérer :
Car lorsque la bonté du cœur est souillée
Par la convoitise des biens du monde,
et par le désir de sang,
Les gens restants n’hésitent plus
À se faire du mal les uns aux autres.
Ainsi, toute charité n’a plus de valeur,
Celle dont nous prêchons…
Car nous ne faisons rien de ce que nous enseignons.
Et ainsi, la conscience aveugle perd cette lumière
Que Christ a apportée sur cette terre.
Car, comme le racontent les Chroniques,
Dès le début, ce saint homme a choisi
De prêcher, et il a reçu l’épée,
À cause de laquelle les guerres ont commencé.
Une grande partie de ces guerres a été gagnée,
Mais aujourd’hui, la foi en Christ est en péril.
Que Dieu y apporte des corrections,
Afin qu’il sache ce qui est le mieux.
Mais, mon fils, si tu veux vivre sans culpabilité
De meurtre, et avec une conscience tranquille,
Alors sois bien vigilant :
Car, comme nous l’enseignent les clercs,
L’homme doit, par-dessus toutes les autres actions,
Se consacrer à Dieu, et surtout à son âme.
Il est donc nécessaire de faire attention à tout,
Afin de ne pas commettre de meurtre.
Le meurtre est aujourd’hui si répandu,
Qu’il règne partout, tant chez les saints que chez les autres.
Mais tant que cela persiste,
Le monde ne pourra pas prospérer :
Car lorsque la bonté du cœur est souillée
Par la convoitise des biens du monde,
et par le désir de sang,
Les gens restants n’hésitent plus
À se faire du mal les uns aux autres.
Ainsi, toute charité n’a plus de valeur,
Celle dont nous prêchons…
Car nous ne faisons rien de ce que nous enseignons.
Et ainsi, la conscience aveugle perd cette lumière
Que Christ a apportée sur cette terre.
Page 530
Maintenant, on commet des meurtres et des assassinats1074.
Comme c’était dans les temps anciens,
Quand on payait et achetait des prêtres.
En Grèce, avant la foi du Christ, la facilité
Donnait l’occasion
De commettre des délits,
Comme le racontent les chroniques.
À ce sujet, en ce temps-là, Péléus P. i.
Avait pour frère Phocos ; mais comme il n’avait pas d’or
Pour vivre, son prêtre fut dispensé
En échange d’or, ce qui compensa la situation :
Achastus, qui était prêtre à Vénus, s’en mêla dans cette affaire1075,
Même s’il n’y avait pas de repentir.
Et comme le livre le rapporte, il parle aussi de Médée ;
Elle tua ses propres fils ;
Égée, dans la même affaire,
Paya également un prêtre pour qu’il pardonne.
Le fils d’Amphioras, dont le vrai nom était Alméeus,
Eut pour mère Ériphyle ;
Mais Achille, le prêtre, lui aussi,
Comme le rapportent les livres,
Paya une certaine somme d’or afin que cet acte horrible et pécheur
Soit pardonné. Ainsi, pour le bien du monde, il arrive souvent
Que l’homicide soit pardonné
Dans cette vie ; mais après cela1077,
On saura comment il en va pour ceux qui commettent de telles actions,
Et on verra aussi comment ces prêtres permettent à de tels criminels
De s’acquitter1078
Des crimes horribles qu’ils ont commis.
Comme c’était dans les temps anciens,
Quand on payait et achetait des prêtres.
En Grèce, avant la foi du Christ, la facilité
Donnait l’occasion
De commettre des délits,
Comme le racontent les chroniques.
À ce sujet, en ce temps-là, Péléus P. i.
Avait pour frère Phocos ; mais comme il n’avait pas d’or
Pour vivre, son prêtre fut dispensé
En échange d’or, ce qui compensa la situation :
Achastus, qui était prêtre à Vénus, s’en mêla dans cette affaire1075,
Même s’il n’y avait pas de repentir.
Et comme le livre le rapporte, il parle aussi de Médée ;
Elle tua ses propres fils ;
Égée, dans la même affaire,
Paya également un prêtre pour qu’il pardonne.
Le fils d’Amphioras, dont le vrai nom était Alméeus,
Eut pour mère Ériphyle ;
Mais Achille, le prêtre, lui aussi,
Comme le rapportent les livres,
Paya une certaine somme d’or afin que cet acte horrible et pécheur
Soit pardonné. Ainsi, pour le bien du monde, il arrive souvent
Que l’homicide soit pardonné
Dans cette vie ; mais après cela1077,
On saura comment il en va pour ceux qui commettent de telles actions,
Et on verra aussi comment ces prêtres permettent à de tels criminels
De s’acquitter1078
Des crimes horribles qu’ils ont commis.
Page 531
2580 Car pour celui qui voudrait en prendre un exemple,
la loi qui est naturelle… P. i.
366
Quiconque a de la raison voit bien
que l’homicide, en aucune circonstance,
qui est contraire à l’amour,
ne devrait jamais exister parmi les hommes.
Car, comme le disent les livres,
afin d’éliminer tous ces riches de ce monde,
on ne trouvera jamais sur leur cadavre
quelqu’un de meilleur pour lui prendre sa proie :
2590 Et puisque la raison a une telle importance,
il est étonnant qu’un homme,
qui possède de la raison, veuille
préférer ses propres intérêts à ceux de sa race,
et trahir ceux qui lui sont semblables.
Ainsi, un homme qui n’a ni raison ni sens des responsabilités n’est pas digne de respect ; il est même pire qu’un animal.
Parmi les livres que j’ai trouvés, il y en a un qui parle d’une espèce étrange…
2600 Solinus parle d’une espèce étrange ; selon lui, il existe des oiseaux meurtriers par nature,
qui ont un visage semblable à celui d’un homme.
S’ils tombent par hasard sur un homme,
comme c’est le cas pour les oiseaux prédateurs,
ils le tuent s’ils le peuvent. Mais ensuite, le même jour,
lorsqu’ils ont mangé toute leur proie, ils meurent de douleur.
Et cela se passe près d’un étang,
où, lorsqu’ils veulent boire, ils voient le visage de leur victime ; alors ils se souviennent de leurs actes, et cette tristesse est si grande qu’ils meurent avant même le lendemain.
la loi qui est naturelle… P. i.
366
Quiconque a de la raison voit bien
que l’homicide, en aucune circonstance,
qui est contraire à l’amour,
ne devrait jamais exister parmi les hommes.
Car, comme le disent les livres,
afin d’éliminer tous ces riches de ce monde,
on ne trouvera jamais sur leur cadavre
quelqu’un de meilleur pour lui prendre sa proie :
2590 Et puisque la raison a une telle importance,
il est étonnant qu’un homme,
qui possède de la raison, veuille
préférer ses propres intérêts à ceux de sa race,
et trahir ceux qui lui sont semblables.
Ainsi, un homme qui n’a ni raison ni sens des responsabilités n’est pas digne de respect ; il est même pire qu’un animal.
Parmi les livres que j’ai trouvés, il y en a un qui parle d’une espèce étrange…
2600 Solinus parle d’une espèce étrange ; selon lui, il existe des oiseaux meurtriers par nature,
qui ont un visage semblable à celui d’un homme.
S’ils tombent par hasard sur un homme,
comme c’est le cas pour les oiseaux prédateurs,
ils le tuent s’ils le peuvent. Mais ensuite, le même jour,
lorsqu’ils ont mangé toute leur proie, ils meurent de douleur.
Et cela se passe près d’un étang,
où, lorsqu’ils veulent boire, ils voient le visage de leur victime ; alors ils se souviennent de leurs actes, et cette tristesse est si grande qu’ils meurent avant même le lendemain.
Page 532
Que cet exemple serve bien de leçon :
Cet homme subira le meurtre,
Car il est bon d’accorder la miséricorde,
2620 mais si la loi l’abandonne,
Alors la justice n’existe plus.
J’ai souvent entendu dire parmi ceux qui ont commis des crimes
Qu’ils demandaient parfois miséricorde, alors qu’ils auraient pu tuer,
Ce qu’ils désiraient en réalité.
Et, mon fils, si tu voulais te souvenir de la vertu de la miséricorde,
Tu ne verrais jamais un endroit où elle fut utilisée sans grâce.
Car toute loi et tout genre de règle oblige les hommes à faire preuve de miséricorde ;
En particulier, les chevaliers dignes, lorsqu’ils sont les plus intègres
Et les plus capables de ressentir de la tristesse,
Ils doivent alors le plus aider celui qu’ils pourraient renverser,
Comme en témoigne cet exemple que chacun peut connaître.
Celui qui fait preuve de miséricorde ne manquera jamais sa récompense [L’histoire de Telaphus et Théucros].
C’est ce que j’affirme,
2640 comme je le trouve dans une chronique.
Lorsque Achille, avec Telaphus, son fils, se dirigeait vers Troie, le Confesseur rapporte
Qu’un exemple se produisit dès leur arrivée :
Théucros, roi de Messénie, fit preuve de piété face au meurtre,
Afin d’éviter la guerre et de se comporter honorablement.
Son peuple, comme ceux qui voulaient régner, raconte comment
Théucros fut chassé de son royaume. Achille, avec son fils Telaphos,
Attaqua ainsi leurs terres, contre le roi.
2650 Mais Théucros leur lança un défi ; Messénie, qui était alors appelée Théucros,
Les combattit de part et d’autre avec acharnement ; la guerre éclata.
Et ainsi, en fin de compte, Achille…
Cet homme subira le meurtre,
Car il est bon d’accorder la miséricorde,
2620 mais si la loi l’abandonne,
Alors la justice n’existe plus.
J’ai souvent entendu dire parmi ceux qui ont commis des crimes
Qu’ils demandaient parfois miséricorde, alors qu’ils auraient pu tuer,
Ce qu’ils désiraient en réalité.
Et, mon fils, si tu voulais te souvenir de la vertu de la miséricorde,
Tu ne verrais jamais un endroit où elle fut utilisée sans grâce.
Car toute loi et tout genre de règle oblige les hommes à faire preuve de miséricorde ;
En particulier, les chevaliers dignes, lorsqu’ils sont les plus intègres
Et les plus capables de ressentir de la tristesse,
Ils doivent alors le plus aider celui qu’ils pourraient renverser,
Comme en témoigne cet exemple que chacun peut connaître.
Celui qui fait preuve de miséricorde ne manquera jamais sa récompense [L’histoire de Telaphus et Théucros].
C’est ce que j’affirme,
2640 comme je le trouve dans une chronique.
Lorsque Achille, avec Telaphus, son fils, se dirigeait vers Troie, le Confesseur rapporte
Qu’un exemple se produisit dès leur arrivée :
Théucros, roi de Messénie, fit preuve de piété face au meurtre,
Afin d’éviter la guerre et de se comporter honorablement.
Son peuple, comme ceux qui voulaient régner, raconte comment
Théucros fut chassé de son royaume. Achille, avec son fils Telaphos,
Attaqua ainsi leurs terres, contre le roi.
2650 Mais Théucros leur lança un défi ; Messénie, qui était alors appelée Théucros,
Les combattit de part et d’autre avec acharnement ; la guerre éclata.
Et ainsi, en fin de compte, Achille…
Page 533
Ce Grec digne, cet Achille, dit du roi abattu dans la bataille
Le roi parmi tous les autres : il voulait le tuer,
Comme celui qui était cruel et méchant ; Thélaphus, par piété,
S’abattit sur lui avec son épée, l’aidant de son bouclier,
Et le frappa d’une blessure mortelle. Il demanda pardon pour le roi
À son père, afin que celui-ci ne soit pas mis à terre.
Achille se jeta sur lui ; ainsi, le roi, encore vivant,
Voulut aussitôt, autant qu’il le pouvait, tuer Thélaphus pour s’emparer du royaume ;
Il le désigna héritier de son plein gré.
Mais Thélaphus supplia son père de lui accorder sa grâce,
Par pitié, en priant qu’on le laisse vivre,
Et jeta son bouclier entre eux deux.
Achille lui demanda pourquoi,
Et Thélaphus expliqua sa raison, disant qu’il lui devait beaucoup,
Car autrefois Théucros lui avait accordé grande grâce et aide.
Il dit qu’il voulait le récompenser,
Et supplia son père de lui accorder un sursis.
Achille retira alors son épée ;
Mais toute la foule, voyant le roi ainsi capturé,
Fuit et abandonna le champ de bataille :
Les Grecs se mirent à la poursuite,
Et, pour la plupart, ils vainquirent les grands seigneurs ennemis,
Obtenant ainsi une grande victoire.
Peu après cette victoire, le roi, qui avait bonne mémoire,
Pensa à la grande grâce que Thélaphus lui avait montrée,
Et en présence de toute la foule,
Il lui pardonna et lui rendit son épée,
En disant ceci : « Mon fils, je ne dois pas multiplier outre mesure
L’amour et le désir que j’éprouve pour toi. »
Le roi parmi tous les autres : il voulait le tuer,
Comme celui qui était cruel et méchant ; Thélaphus, par piété,
S’abattit sur lui avec son épée, l’aidant de son bouclier,
Et le frappa d’une blessure mortelle. Il demanda pardon pour le roi
À son père, afin que celui-ci ne soit pas mis à terre.
Achille se jeta sur lui ; ainsi, le roi, encore vivant,
Voulut aussitôt, autant qu’il le pouvait, tuer Thélaphus pour s’emparer du royaume ;
Il le désigna héritier de son plein gré.
Mais Thélaphus supplia son père de lui accorder sa grâce,
Par pitié, en priant qu’on le laisse vivre,
Et jeta son bouclier entre eux deux.
Achille lui demanda pourquoi,
Et Thélaphus expliqua sa raison, disant qu’il lui devait beaucoup,
Car autrefois Théucros lui avait accordé grande grâce et aide.
Il dit qu’il voulait le récompenser,
Et supplia son père de lui accorder un sursis.
Achille retira alors son épée ;
Mais toute la foule, voyant le roi ainsi capturé,
Fuit et abandonna le champ de bataille :
Les Grecs se mirent à la poursuite,
Et, pour la plupart, ils vainquirent les grands seigneurs ennemis,
Obtenant ainsi une grande victoire.
Peu après cette victoire, le roi, qui avait bonne mémoire,
Pensa à la grande grâce que Thélaphus lui avait montrée,
Et en présence de toute la foule,
Il lui pardonna et lui rendit son épée,
En disant ceci : « Mon fils, je ne dois pas multiplier outre mesure
L’amour et le désir que j’éprouve pour toi. »
Page 534
2690 Ferst pour ce père Achille
Autrefois, pendant de nombreux jours,
Lorsque je devais avoir de bons amis,
Il m’a accordé son secours dans ma détresse
Et a préservé tout ce que j’avais en sécurité :
Comment donc se fait-il maintenant qu’il y ait distance
Entre nous ? Je me souviens encore
De la miséricorde qu’il m’a montrée
Alors ; et toi, à présent, en cette place
De noblesse et de liberté,
2700 Montre aussi la même miséricorde. P. i.
370
Ainsi, je ne veux pas qu’un seul instant
Soit perdu de celle que tu as eue envers moi ;
Car, bien que la fortune soit ainsi faite,
Ma confiance demeure au-dessus de tout,
À cause de la miséricorde que je trouve maintenant,
Que tu veuilles être bon après cela :
Et c’est là mon espoir,
Comme pour mon Fils et pour ma Fille,
Je te reçois, ainsi que tout mon royaume,
2710 Et je le confie entre tes mains.
Et c’est ainsi qu’ils s’accordèrent,
La raison en était la Miséricorde :
Les seigneurs lui montrèrent ici obéissance,
Et il fut élu de telle manière qu’il fut couronné :
Ainsi la miséricorde fut récompensée,
Qu’il avait montrée auparavant à Théucère.
Vois, cet exemple est donné pour cela, Confesseur,
Afin que tu te souviennes,
2720 Mon Fils ; et lorsque tu auras l’occasion,
De la souffrance d’autrui,
Montre pitié et compassion,
Et n’aime rien qui, pour un autre homme, soit douleur.
Et après cela, si tu désires
Éviter toujours le vice de la Colère,
Autrefois, pendant de nombreux jours,
Lorsque je devais avoir de bons amis,
Il m’a accordé son secours dans ma détresse
Et a préservé tout ce que j’avais en sécurité :
Comment donc se fait-il maintenant qu’il y ait distance
Entre nous ? Je me souviens encore
De la miséricorde qu’il m’a montrée
Alors ; et toi, à présent, en cette place
De noblesse et de liberté,
2700 Montre aussi la même miséricorde. P. i.
370
Ainsi, je ne veux pas qu’un seul instant
Soit perdu de celle que tu as eue envers moi ;
Car, bien que la fortune soit ainsi faite,
Ma confiance demeure au-dessus de tout,
À cause de la miséricorde que je trouve maintenant,
Que tu veuilles être bon après cela :
Et c’est là mon espoir,
Comme pour mon Fils et pour ma Fille,
Je te reçois, ainsi que tout mon royaume,
2710 Et je le confie entre tes mains.
Et c’est ainsi qu’ils s’accordèrent,
La raison en était la Miséricorde :
Les seigneurs lui montrèrent ici obéissance,
Et il fut élu de telle manière qu’il fut couronné :
Ainsi la miséricorde fut récompensée,
Qu’il avait montrée auparavant à Théucère.
Vois, cet exemple est donné pour cela, Confesseur,
Afin que tu te souviennes,
2720 Mon Fils ; et lorsque tu auras l’occasion,
De la souffrance d’autrui,
Montre pitié et compassion,
Et n’aime rien qui, pour un autre homme, soit douleur.
Et après cela, si tu désires
Éviter toujours le vice de la Colère,
Page 535
Conseille-toi avec patience,
Et prends en considération ta conscience
Pour être un bon gouverneur.
2730 Ainsi, tu ne conserveras aucune rancune, P. i.
371
Ton cœur ne devra pas être agité
Ni par le meurtre ni par la haine,
Ni pour la colère ni pour la mélancolie :
Tu dois être doux en compagnie,
Sans colère ni impatience :
Car autrement tu gaspillerais ton temps,
Alors que tu as la volonté d’aimer ; car on loue le calme
Et l’on blâme les tempêtes.
2740 Mon père, je veux faire ce que vous désirez, Amans.
Et à ce sujet, vous m’avez instruit,
Qu’il vaut mieux se comporter bien envers soi-même
Tant que l’on vit.
Mais puisque j’ai tant écrit sur la colère et toutes ses conséquences,
Si vous voulez connaître ma pénitence,
Et demandez-moi aussi concernant ma vie,
Si je suis coupable de quoi que ce soit lié au péché.
2750 Mon fils, partons ensemble, Confesseur.
Je ne laisserai rien derrière moi.
Mon bon père, soyez satisfait de moi, Amans.
Alors demandez ce que vous voulez,
Car j’ai en vous une telle confiance,
Vous qui êtes l’âme même de mon être,
Que vous ne voudrez rien me refuser,
Car je vous dirai la vérité.
Mon fils, es-tu coupable de lenteur, Confesseur ?
En quel domaine cela se manifeste-t-il ?
Mon père, c’est en ces domaines-là que je suis coupable, P. i. 372
Pour savoir exactement ce qu’ils entendent,
2760 Afin que je puisse écrire clairement. Amans.
Confesseur.
Et prends en considération ta conscience
Pour être un bon gouverneur.
2730 Ainsi, tu ne conserveras aucune rancune, P. i.
371
Ton cœur ne devra pas être agité
Ni par le meurtre ni par la haine,
Ni pour la colère ni pour la mélancolie :
Tu dois être doux en compagnie,
Sans colère ni impatience :
Car autrement tu gaspillerais ton temps,
Alors que tu as la volonté d’aimer ; car on loue le calme
Et l’on blâme les tempêtes.
2740 Mon père, je veux faire ce que vous désirez, Amans.
Et à ce sujet, vous m’avez instruit,
Qu’il vaut mieux se comporter bien envers soi-même
Tant que l’on vit.
Mais puisque j’ai tant écrit sur la colère et toutes ses conséquences,
Si vous voulez connaître ma pénitence,
Et demandez-moi aussi concernant ma vie,
Si je suis coupable de quoi que ce soit lié au péché.
2750 Mon fils, partons ensemble, Confesseur.
Je ne laisserai rien derrière moi.
Mon bon père, soyez satisfait de moi, Amans.
Alors demandez ce que vous voulez,
Car j’ai en vous une telle confiance,
Vous qui êtes l’âme même de mon être,
Que vous ne voudrez rien me refuser,
Car je vous dirai la vérité.
Mon fils, es-tu coupable de lenteur, Confesseur ?
En quel domaine cela se manifeste-t-il ?
Mon père, c’est en ces domaines-là que je suis coupable, P. i. 372
Pour savoir exactement ce qu’ils entendent,
2760 Afin que je puisse écrire clairement. Amans.
Confesseur.
Page 536
Écoute donc, je vais exposer les points essentiels ;1089
Et comprends bien mes paroles :1090
Car les écrits n’ont aucune valeur
Pour celui qui ne veut pas en tirer de vertu
Pour se détourner de la folie du vice :
Car les mots sont comme le vent, mais l’art véritable
Consiste à ce que l’homme se défende lui-même
Contre ce qui ne peut arriver,
Ce dont il y a peu aujourd’hui.
Et naturellement, afin que tu puisses t’en souvenir,
Tu connaîtras les points essentiels de Slowthe.
Et comprends bien mes paroles :1090
Car les écrits n’ont aucune valeur
Pour celui qui ne veut pas en tirer de vertu
Pour se détourner de la folie du vice :
Car les mots sont comme le vent, mais l’art véritable
Consiste à ce que l’homme se défende lui-même
Contre ce qui ne peut arriver,
Ce dont il y a peu aujourd’hui.
Et naturellement, afin que tu puisses t’en souvenir,
Tu connaîtras les points essentiels de Slowthe.
Page 537
Livre Troisième explicite.
NOTES DE MARGES :
837 7 margin primo] prima H₁XERCL primum B₂ om. G
838 9 f. he ... he] it ... it XRC. W it ... he H₁GELB₂
839 12 enemy] euermore (euer more) H₁ ... B₂
840 49 mi seluen A
841 51 walkend(e) H₁ ... CB₂, B wawende L
842 62 al forlore (alle for lore) H₁, B, H₃
843 68 fer AJ, STΔΛ, FH₃ for M ... B₂, AdB, W
844 86 wolde AM
845 109 þat þilke AM
846 148 margin malencolia H₁ ... B₂
847 162 margin concupiscencia H₁XR ... B₂
848 168 Whan ... in a] Whan þat ... in SAdBTΔ Whenne ... in W
849 176 tawht (taught) AJ, B, F tawhte S overmore] euermore
AMH₁XGRCLB₂, TΔ, W
850 181 in sihte (in siht) AJM
851 186 that] al B
852 200 drowe AM
853 254 it schal] sche schal H₁ ... B₂, Ad
854 286 For thee] ffor þi B
855 290 vnto H₁ ... B₂
856 313 modres (moderis, moders) H₁ ... B₂, Δ
857 315 baskleþ AMH₁Sn, SΔΛ basked C
858 331 that] þo AM, Ad, Magd hyt W
859 354 I may H₁ ... B₂
860 355 What þing nature haþ set in lawe A ... B₂, S ... Δ
861 390 menable H₁XG, AdΔ, F menabe J meuable (?) AMB₂, ST,
H₃ mevable R moeuable EC, B mouable (movable) L, W
862 402 Al one] Along(e) H₁G ... B₂ All longe X
863 408 Save] Saufly B
864 Vers latins ii. 6 Vincit] Viuat H₁ ... CB₂ Viuit L
865 445 makeþ ... at H₁ ... B₂, BΔ
866 446 He] His FWKH₃ It Magd
867 476 yit om. AM
868 478 synge (sing) H₁XECB₂, AdBΛ, H₃
869 480 be schrewed FK
870 490 no þinges suche H₁XGRCB₂ no thynge suche W
871 504 wolde I] wolde (om. I) FKH₃ wolle I W
872 519 meueþ(?) JMXELB₂, W moeueþ GC
873 532 the] hir (hire) H₁ ... B₂
874 536 hire B
875 573 S a perdu trois feuillets (l. 573-1112)
876 581 Thus] That B
877 611 destrance AM
878 612 vnto H₁ ... B₂
NOTES DE MARGES :
837 7 margin primo] prima H₁XERCL primum B₂ om. G
838 9 f. he ... he] it ... it XRC. W it ... he H₁GELB₂
839 12 enemy] euermore (euer more) H₁ ... B₂
840 49 mi seluen A
841 51 walkend(e) H₁ ... CB₂, B wawende L
842 62 al forlore (alle for lore) H₁, B, H₃
843 68 fer AJ, STΔΛ, FH₃ for M ... B₂, AdB, W
844 86 wolde AM
845 109 þat þilke AM
846 148 margin malencolia H₁ ... B₂
847 162 margin concupiscencia H₁XR ... B₂
848 168 Whan ... in a] Whan þat ... in SAdBTΔ Whenne ... in W
849 176 tawht (taught) AJ, B, F tawhte S overmore] euermore
AMH₁XGRCLB₂, TΔ, W
850 181 in sihte (in siht) AJM
851 186 that] al B
852 200 drowe AM
853 254 it schal] sche schal H₁ ... B₂, Ad
854 286 For thee] ffor þi B
855 290 vnto H₁ ... B₂
856 313 modres (moderis, moders) H₁ ... B₂, Δ
857 315 baskleþ AMH₁Sn, SΔΛ basked C
858 331 that] þo AM, Ad, Magd hyt W
859 354 I may H₁ ... B₂
860 355 What þing nature haþ set in lawe A ... B₂, S ... Δ
861 390 menable H₁XG, AdΔ, F menabe J meuable (?) AMB₂, ST,
H₃ mevable R moeuable EC, B mouable (movable) L, W
862 402 Al one] Along(e) H₁G ... B₂ All longe X
863 408 Save] Saufly B
864 Vers latins ii. 6 Vincit] Viuat H₁ ... CB₂ Viuit L
865 445 makeþ ... at H₁ ... B₂, BΔ
866 446 He] His FWKH₃ It Magd
867 476 yit om. AM
868 478 synge (sing) H₁XECB₂, AdBΛ, H₃
869 480 be schrewed FK
870 490 no þinges suche H₁XGRCB₂ no thynge suche W
871 504 wolde I] wolde (om. I) FKH₃ wolle I W
872 519 meueþ(?) JMXELB₂, W moeueþ GC
873 532 the] hir (hire) H₁ ... B₂
874 536 hire B
875 573 S a perdu trois feuillets (l. 573-1112)
876 581 Thus] That B
877 611 destrance AM
878 612 vnto H₁ ... B₂
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879 619 overcomth t] ouercomeþ C
880 624 wich F
881 626 world (worlde) AM, AdTΔ, FH₃ word JH₁ ... B₂, BΛ, W
882 633 teche YEC, B of] in AM, H₃
883 639 a man to] for to B
884 647 assaie om. A (p. m.) to assaie M, H₃ assayed X did assai Δ
885 663 axex F
886 679 bad] bad him AM, H₃
887 704 Him] He H₁ ... B₂
888 732 teche XERCB₂
889 733 on] in H₁XE ... B₂, AdΔ, W of G, B
890 741 aborde A, FK
891 743 margin constituebat H₁ ... B₂
892 750 the cas] þis cas BΛ, W
893 756 hise] her B
894 762 were him leuere H₁ ... B₂ hade leuer W
895 765 Bot] Lo H₁ ... B₂
896 773 many a time CL, B, W
897 778 it om. AJM, KH₃ hem Δ
898 784 margin Quia] Qualiter H₁ ... B₂
899 788 happe (hap) H₁ ... CB₂, W happeþ L
900 795 margin fuerit H₁XRCLB₂ fuerat GE
901 798 that] þe H₁ ... B₂, B
902 807 snow whyt J, B, F snowwhyt A
903 808 colblak A, F col blak J, B
904 817 the om. B
905 818 For] Lo H₁ ... B₂, B More W
906 822 god] and B
906m 822 margin secretam AMH₁XRCLB₂, H₃
907 831 margin Amans A
908 848 margin velud B, F
909 858 gadarende F
910 868 me] mo AM
911 900 thanne] þan wiþ H₁XGECLB₂, B þan in R
912 901 hire F
913 906 I schal AM, KH₃Magd
914 918 ouermor F eueremore (euer mor etc.) A ... B₂, AdBTΔ, WKH₃
915 921 finde] haue AM, KH₃Magd be put L
916 941 tho] þe H₁ ... B₂, AdB, W
917 970 þe whilom H₁XGCL
918 973 destruccioun AJ, B destruction F
919 979 margin assequentur A
920 982 margin proditorum H₁XRCLB₂
921 983 margin patroque X ... B₂ pater Δ
922 1005 margin Et sic quoque H₁ ... B₂
923 1007 margin latitantem B
924 1000 wolde hem AM, Δ, WH₃
925 1014 behihte] he hight(e) GCL, W
926 1028 this] my B
880 624 wich F
881 626 world (worlde) AM, AdTΔ, FH₃ word JH₁ ... B₂, BΛ, W
882 633 teche YEC, B of] in AM, H₃
883 639 a man to] for to B
884 647 assaie om. A (p. m.) to assaie M, H₃ assayed X did assai Δ
885 663 axex F
886 679 bad] bad him AM, H₃
887 704 Him] He H₁ ... B₂
888 732 teche XERCB₂
889 733 on] in H₁XE ... B₂, AdΔ, W of G, B
890 741 aborde A, FK
891 743 margin constituebat H₁ ... B₂
892 750 the cas] þis cas BΛ, W
893 756 hise] her B
894 762 were him leuere H₁ ... B₂ hade leuer W
895 765 Bot] Lo H₁ ... B₂
896 773 many a time CL, B, W
897 778 it om. AJM, KH₃ hem Δ
898 784 margin Quia] Qualiter H₁ ... B₂
899 788 happe (hap) H₁ ... CB₂, W happeþ L
900 795 margin fuerit H₁XRCLB₂ fuerat GE
901 798 that] þe H₁ ... B₂, B
902 807 snow whyt J, B, F snowwhyt A
903 808 colblak A, F col blak J, B
904 817 the om. B
905 818 For] Lo H₁ ... B₂, B More W
906 822 god] and B
906m 822 margin secretam AMH₁XRCLB₂, H₃
907 831 margin Amans A
908 848 margin velud B, F
909 858 gadarende F
910 868 me] mo AM
911 900 thanne] þan wiþ H₁XGECLB₂, B þan in R
912 901 hire F
913 906 I schal AM, KH₃Magd
914 918 ouermor F eueremore (euer mor etc.) A ... B₂, AdBTΔ, WKH₃
915 921 finde] haue AM, KH₃Magd be put L
916 941 tho] þe H₁ ... B₂, AdB, W
917 970 þe whilom H₁XGCL
918 973 destruccioun AJ, B destruction F
919 979 margin assequentur A
920 982 margin proditorum H₁XRCLB₂
921 983 margin patroque X ... B₂ pater Δ
922 1005 margin Et sic quoque H₁ ... B₂
923 1007 margin latitantem B
924 1000 wolde hem AM, Δ, WH₃
925 1014 behihte] he hight(e) GCL, W
926 1028 this] my B
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927 1029 Le roi B
928 1031 Ici] Son AM, H₃ Hir(e) J, T
929 1044 ensuite B
930 1047 Ce navire H₁ ... B₂, B
931 1060 navire français A, F navire français J navire ami B
932 1065 à ce moment H₁ ... B₂, B était] quoi X ... B₂, B quoi cela H₁
933 Vers latins iv. 1 soit] ainsi H₁ ... B₂, B, WH₃
934 1094 pour trois] avec trois B pour quatre H₁
935 1108 eux] þe F
936 1112 Mais cela] Mais (Bot) à H₁XCLB₂
937 1113 S reprend
938 1118 non om. MH₁L, Δ, WH₃
939 1119 mon] moi EL, W moi mon H₁
940 1122 en ce qui concerne] quant à M, Ad de L
941 1123 était nouveau H₁, Ad, WH₃
942 1145 langue J, F affaire BΛ, W
943 1164 Je om. H₁XRCLB₂, H₃
944 1166 mettre AJ, F mettrete C, B
945 1171 ils disent] dire B
946 1173 partage] partage H₁ ... B₂
947 1174 chanson AJ, F chantant (chantant) C, B
948 1179 Je] il AM
949 1187 cela] son H₁ ... B₂, WH₃
950 1190 voudra] bien H₁ ... B₂, WH₃
951 1198 jamais om. H₁ ... B₂, H₃
952 1208 Cela] Mais B
953 1211 marge opposée H₁ ... B₂, H₃
954 1212 De quoi] Où H₁XRCB₂, H₃
955 1222 donc] þo L, B
956 1241 il était SAdBTΔ
957 1253 roi B
958 1258 voudrait M ... CB₂, AdTΔ, WH₃
959 1276 Comme] De B Et W
960 1295 sagesse] paroles H₁ ... B₂, H₃
961 1296 magnifique B
962 1307 moi] þe A
963 1312 Cela] Le B
964 1318 Comment þer(e) H₁G ... B₂, H₃
965 1330 donc] que tu SAdBTΔ
966 1331 cela] ainsi H₁E ... B₂, H₃
967 1332 Semiranus E ... B₂, H₃
968 1336 marge eux-mêmes H₁ ... B₂, H₃ om. Δ
969 1358 donc om. AM
970 1384 le] par (être) H₁ ... B₂, H₃ un W
971 1394 fuir (fuir etc.) H₁G ... B₂, H₃ vola X
972 1406 tout retirer (tout retirer) H₁XRCB₂, H₃ complètement mordre L
973 1422 effrayer (effrayer etc.) H₁G ... B₂, H₃
974 1430 très vite (très hâte etc.) AMH₁XCLB₂, Ad, W grande hâte
Δ
975 1433 Comme] Et H₁ ... B₂, H₃
928 1031 Ici] Son AM, H₃ Hir(e) J, T
929 1044 ensuite B
930 1047 Ce navire H₁ ... B₂, B
931 1060 navire français A, F navire français J navire ami B
932 1065 à ce moment H₁ ... B₂, B était] quoi X ... B₂, B quoi cela H₁
933 Vers latins iv. 1 soit] ainsi H₁ ... B₂, B, WH₃
934 1094 pour trois] avec trois B pour quatre H₁
935 1108 eux] þe F
936 1112 Mais cela] Mais (Bot) à H₁XCLB₂
937 1113 S reprend
938 1118 non om. MH₁L, Δ, WH₃
939 1119 mon] moi EL, W moi mon H₁
940 1122 en ce qui concerne] quant à M, Ad de L
941 1123 était nouveau H₁, Ad, WH₃
942 1145 langue J, F affaire BΛ, W
943 1164 Je om. H₁XRCLB₂, H₃
944 1166 mettre AJ, F mettrete C, B
945 1171 ils disent] dire B
946 1173 partage] partage H₁ ... B₂
947 1174 chanson AJ, F chantant (chantant) C, B
948 1179 Je] il AM
949 1187 cela] son H₁ ... B₂, WH₃
950 1190 voudra] bien H₁ ... B₂, WH₃
951 1198 jamais om. H₁ ... B₂, H₃
952 1208 Cela] Mais B
953 1211 marge opposée H₁ ... B₂, H₃
954 1212 De quoi] Où H₁XRCB₂, H₃
955 1222 donc] þo L, B
956 1241 il était SAdBTΔ
957 1253 roi B
958 1258 voudrait M ... CB₂, AdTΔ, WH₃
959 1276 Comme] De B Et W
960 1295 sagesse] paroles H₁ ... B₂, H₃
961 1296 magnifique B
962 1307 moi] þe A
963 1312 Cela] Le B
964 1318 Comment þer(e) H₁G ... B₂, H₃
965 1330 donc] que tu SAdBTΔ
966 1331 cela] ainsi H₁E ... B₂, H₃
967 1332 Semiranus E ... B₂, H₃
968 1336 marge eux-mêmes H₁ ... B₂, H₃ om. Δ
969 1358 donc om. AM
970 1384 le] par (être) H₁ ... B₂, H₃ un W
971 1394 fuir (fuir etc.) H₁G ... B₂, H₃ vola X
972 1406 tout retirer (tout retirer) H₁XRCB₂, H₃ complètement mordre L
973 1422 effrayer (effrayer etc.) H₁G ... B₂, H₃
974 1430 très vite (très hâte etc.) AMH₁XCLB₂, Ad, W grande hâte
Δ
975 1433 Comme] Et H₁ ... B₂, H₃
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976 1440 miht (peut-être) J, B, F mihte A
977 1448 fforþ sche X ... B₂, Δ, WH₃ Et sche T
978 1462 art cleped L, AdBTΔ
979 1473 hertes H₁ ... B₂, SAdBTΔ, WH₃
980 1479 as for me H₁ ... B₂, H₃
981 1487 gret EC, SB grete AJ, F
982 1489 Et sche H₁ ... B₂, H₃
983 1496 that of] of þat H₁XE ... B₂
984 1503 loue F
985 1512 was] est BT
986 1562 Et ainsi mon destin fut mis en péril H₁ ... B₂, H₃ (chance pour le destin E)
987 1597 a om. H₁ ... B₂, BΔ, H₃
988 1603 so deie] to deie JH₁GE, BT, WH₃ forto deie L
989 1605 such (suche) YXGECLB₂, BΛ, W dans such AJM, SAdTΔ, F
such a H₁R, H₃Magd
990 1611 tell me] telle ȝe AM
991 1641 et om. H₁, B
992 1649 Schal best B Lest schal H₁ ... B₂, H₃
993 1661 outdrowh F out drowh (drough) AJ, B
994 1671 a res GEC, B ares AJ, S, F
995 1686 such was] þer was H₁ ... B₂, H₃
996 1704 marge prosecutus T, F persecutus AC, B, W
997 1732 me om. AML, KH₃Magd (no man so me W)
998 1777 marge ferourem AM
999 1783 marge micius] initius H₁GECL
1000 1763 þe cas H₁ ... B₂
1001 1767 liege B
1002 1800 weren þer(e) H₁XE ... B₂ weren þanne G
1003 1806 come] nome XCLB₂
1004 1830 a om. H₁GECL, B
1005 1832 the] þo AJM, SBTΔ, K om. R
1006 1835 marge Nota F om. A, B
1007 1859 marge Nota F om. A, B
1008 1866 Thourgh F
1009 1885 at thilke] þilke B, H₃ þat ilke W of þilke L
1010 1893 thing] king ERL, BT
1011 1899 marge crudelissima seueritate A ... B₂, BT &c.
1012 1908 hade B
1013 1913 worþi noble AM
1014 1914 ferste (firste) AJ, B ferst F
1015 1924 et om. BT
1016 1930 herde AJ, B herd F
1017 1935 et] a AM om. WMagd
1018 1939 Grece MH₁XGRCLB₂ Crece E
1019 1968 Unto] Vnto to F Grece M ... B₂ (sauf EC)
1020 1979 gan his journe] gan his money XGE gaue his money
H₁RCLB₂
1021 1989 he om. B
1022 2003 of] þus B
977 1448 fforþ sche X ... B₂, Δ, WH₃ Et sche T
978 1462 art cleped L, AdBTΔ
979 1473 hertes H₁ ... B₂, SAdBTΔ, WH₃
980 1479 as for me H₁ ... B₂, H₃
981 1487 gret EC, SB grete AJ, F
982 1489 Et sche H₁ ... B₂, H₃
983 1496 that of] of þat H₁XE ... B₂
984 1503 loue F
985 1512 was] est BT
986 1562 Et ainsi mon destin fut mis en péril H₁ ... B₂, H₃ (chance pour le destin E)
987 1597 a om. H₁ ... B₂, BΔ, H₃
988 1603 so deie] to deie JH₁GE, BT, WH₃ forto deie L
989 1605 such (suche) YXGECLB₂, BΛ, W dans such AJM, SAdTΔ, F
such a H₁R, H₃Magd
990 1611 tell me] telle ȝe AM
991 1641 et om. H₁, B
992 1649 Schal best B Lest schal H₁ ... B₂, H₃
993 1661 outdrowh F out drowh (drough) AJ, B
994 1671 a res GEC, B ares AJ, S, F
995 1686 such was] þer was H₁ ... B₂, H₃
996 1704 marge prosecutus T, F persecutus AC, B, W
997 1732 me om. AML, KH₃Magd (no man so me W)
998 1777 marge ferourem AM
999 1783 marge micius] initius H₁GECL
1000 1763 þe cas H₁ ... B₂
1001 1767 liege B
1002 1800 weren þer(e) H₁XE ... B₂ weren þanne G
1003 1806 come] nome XCLB₂
1004 1830 a om. H₁GECL, B
1005 1832 the] þo AJM, SBTΔ, K om. R
1006 1835 marge Nota F om. A, B
1007 1859 marge Nota F om. A, B
1008 1866 Thourgh F
1009 1885 at thilke] þilke B, H₃ þat ilke W of þilke L
1010 1893 thing] king ERL, BT
1011 1899 marge crudelissima seueritate A ... B₂, BT &c.
1012 1908 hade B
1013 1913 worþi noble AM
1014 1914 ferste (firste) AJ, B ferst F
1015 1924 et om. BT
1016 1930 herde AJ, B herd F
1017 1935 et] a AM om. WMagd
1018 1939 Grece MH₁XGRCLB₂ Crece E
1019 1968 Unto] Vnto to F Grece M ... B₂ (sauf EC)
1020 1979 gan his journe] gan his money XGE gaue his money
H₁RCLB₂
1021 1989 he om. B
1022 2003 of] þus B
Page 541
1023 2005 et alors (alors) GL, BT
1024 2023 Phogeus H₁ ... B₂ Phoreus TΔ Plorence W
1025 2041 est] était H₁ ... B₂
1026 2042 troupeau de ce genre H₁ ... B₂
1027 2044 entre] but H₁ ... B₂
1028 2046 gisait AM
1029 2056 toi ton (tes) AJM, SAdΛ, F toi dans ton (tes) H₁ ... B₂, BΔ,
W dans le tien T
1030 2077 et vers] jusqu’à BΔΛ
1031 2082 troupeau J, SB, F troupeau A
1032 2100 faux AJ, S, F faux C, B
1033 2107 Bien que AJM, ST, F Le H₁ ... B₂, AdBΔΛ, WH₃ louer] son C
le H₁ om. AM
1034 2139 en liberté H₁XGECL, B, W
1035 2166 certainement sa volonté X ... B₂ avec cette volonté H₁ avec selon
sa volonté Δ, W
1036 2168 eux tous X ... B₂
1037 2177 troupeau AJ, B troupeau F
1038 2206f. marge Ici on s’interroge—tuer om. B
1039 2207 marge homme FWH₃ à l’homme A ... B₂, STΔΛ
1040 2209 vers] peut B om. AM
1041 2220 marge Sénèque om. B
1042 2221 marge épargne] prépare H₁G ... B₂
1043 2225 marge Apôtre—porte om. H₁ ... B₂
1044 2235 marge Combat pour la patrie] Combat pour la patrie · il est permis
repousser par la force SBT Combat pour la patrie etc. Λ om. H₁
1045 2244 Un tel meurtre est-il bon H₁ ... B₂ (Au lieu de Is R)
1046 2248 enseigne FWH₃Magd enseigne A ... B₂, S ... ΔΛ
1047 2256 anglais C, F anges AJ anges B
1048 2259 être om. AM
1049 2287 et om. B
1050 2293 de] dans AM
1051 2299 marge Apôtre—la mort est om. B
1052 2318 guerre H₁ ... B₂, T
1053 2343 cœur] cause H₁ ... B₂ (ligne om. X)
1054 2346 fidélité S, F fidèle AJ, B
1055 2379 marge avec om. H₁ ... B₂, B
1056 2382 le] toi (tes) XL
1057 2402 justice F
1058 2406 à lui JH₁ ... B₂
1059 2412 doit (devrait) BT
1060 2434 est parent JMCLB₂, Ad
1061 2436 jamais] peut rien (pas etc.) A ... B₂, S ... Δ
1062 2437 À vouloir] À lui H₁ ... B₂
1063 2444 marge avait soumis H₁ ... B₂, SΔ
1064 2443 non] rien (pas) JMCB₂, B, W
1065 2449 volontaire F
1066 2460 c’était terminé (complètement etc.) H₁ ... B₂, TΔ c’était terminé W il
était acquitté M
1024 2023 Phogeus H₁ ... B₂ Phoreus TΔ Plorence W
1025 2041 est] était H₁ ... B₂
1026 2042 troupeau de ce genre H₁ ... B₂
1027 2044 entre] but H₁ ... B₂
1028 2046 gisait AM
1029 2056 toi ton (tes) AJM, SAdΛ, F toi dans ton (tes) H₁ ... B₂, BΔ,
W dans le tien T
1030 2077 et vers] jusqu’à BΔΛ
1031 2082 troupeau J, SB, F troupeau A
1032 2100 faux AJ, S, F faux C, B
1033 2107 Bien que AJM, ST, F Le H₁ ... B₂, AdBΔΛ, WH₃ louer] son C
le H₁ om. AM
1034 2139 en liberté H₁XGECL, B, W
1035 2166 certainement sa volonté X ... B₂ avec cette volonté H₁ avec selon
sa volonté Δ, W
1036 2168 eux tous X ... B₂
1037 2177 troupeau AJ, B troupeau F
1038 2206f. marge Ici on s’interroge—tuer om. B
1039 2207 marge homme FWH₃ à l’homme A ... B₂, STΔΛ
1040 2209 vers] peut B om. AM
1041 2220 marge Sénèque om. B
1042 2221 marge épargne] prépare H₁G ... B₂
1043 2225 marge Apôtre—porte om. H₁ ... B₂
1044 2235 marge Combat pour la patrie] Combat pour la patrie · il est permis
repousser par la force SBT Combat pour la patrie etc. Λ om. H₁
1045 2244 Un tel meurtre est-il bon H₁ ... B₂ (Au lieu de Is R)
1046 2248 enseigne FWH₃Magd enseigne A ... B₂, S ... ΔΛ
1047 2256 anglais C, F anges AJ anges B
1048 2259 être om. AM
1049 2287 et om. B
1050 2293 de] dans AM
1051 2299 marge Apôtre—la mort est om. B
1052 2318 guerre H₁ ... B₂, T
1053 2343 cœur] cause H₁ ... B₂ (ligne om. X)
1054 2346 fidélité S, F fidèle AJ, B
1055 2379 marge avec om. H₁ ... B₂, B
1056 2382 le] toi (tes) XL
1057 2402 justice F
1058 2406 à lui JH₁ ... B₂
1059 2412 doit (devrait) BT
1060 2434 est parent JMCLB₂, Ad
1061 2436 jamais] peut rien (pas etc.) A ... B₂, S ... Δ
1062 2437 À vouloir] À lui H₁ ... B₂
1063 2444 marge avait soumis H₁ ... B₂, SΔ
1064 2443 non] rien (pas) JMCB₂, B, W
1065 2449 volontaire F
1066 2460 c’était terminé (complètement etc.) H₁ ... B₂, TΔ c’était terminé W il
était acquitté M
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1067 2474 Oghþ SAdT, F Oght (Ought etc.) AMGC, Δ, W Oweþ
JH₁XERLB₂, B, H₃
1068 2476 othre] olde B
1069 2478 mihte (myght) FWH₃ mai (may) A ... B₂, S ... Δ
1070 2491 fei SΔ feie Ad
1071 2492 sei SΔ seie Ad
1072 2505 margin Nota AJ, F om. B
1073 2529 and] as AJX ... B₂, BT
1074 2544 manslawte F
1075 2556 assoiled him H₁XE ... B₂ assoileþ him G
1076 2568 For] Of A ... B₂
1077 2573 lif] world B
1078 2578 wold M, B
1079 2587 Paragraph here AJ, F
1080 2591 it is G ... B₂, Δ
1081 2624 That] But BT
1082 2638 And BT
1083 2642 Telaphus J, F Thelaphus A, SB
1084 2650 Bot] That H₁ ... B₂
1085 2671 wol B
1086 2684 Telaphus F Thelaphus AJ, SB
1087 2696 remembrance] in remembrance AM
1088 2723 belief FK
1089 2763 the] þo AJG ... B₂, SBTΔ
1090 2764 myn] þis B
JH₁XERLB₂, B, H₃
1068 2476 othre] olde B
1069 2478 mihte (myght) FWH₃ mai (may) A ... B₂, S ... Δ
1070 2491 fei SΔ feie Ad
1071 2492 sei SΔ seie Ad
1072 2505 margin Nota AJ, F om. B
1073 2529 and] as AJX ... B₂, BT
1074 2544 manslawte F
1075 2556 assoiled him H₁XE ... B₂ assoileþ him G
1076 2568 For] Of A ... B₂
1077 2573 lif] world B
1078 2578 wold M, B
1079 2587 Paragraph here AJ, F
1080 2591 it is G ... B₂, Δ
1081 2624 That] But BT
1082 2638 And BT
1083 2642 Telaphus J, F Thelaphus A, SB
1084 2650 Bot] That H₁ ... B₂
1085 2671 wol B
1086 2684 Telaphus F Thelaphus AJ, SB
1087 2696 remembrance] in remembrance AM
1088 2723 belief FK
1089 2763 the] þo AJG ... B₂, SBTΔ
1090 2764 myn] þis B
Page 543
Incipit Liber Quartus.
Page 544
i. On dit que la paresse est la mère des vices,
Elle engourdit et, en toutes choses, elle est lente et lourde pour le bien : P. ii. 1
Ce qui pourrait être fait aujourd’hui, le paresseux le reporte au lendemain,
Et, ayant d’abord volé, il ferme la porte au cheval.
À celui qui demande, Cupidon refuse lentement les récompenses,
Mais Vénus joue rapidement de l’amour dans le cœur de l’homme.1091
Pour parler des vices [c’est-à-dire de la paresse] :
Après avoir évoqué la cause des maux,
Je nomme le premier de ces vices la paresse,
Et c’est le principal de tous ; ici, dans le quatrième livre,
le Confesseur en parle
Et il a cette caractéristique particulière, parmi toutes les sortes,
De laisser tout en arrière. La paresse, dont
Il peut montrer ici en premier lieu
La lenteur,
Il la prolonge indéfiniment ; quant à sa condition,
Il dit toujours : « Demain » ; il traite ainsi l’Amant
10 Et ainsi il gaspille son temps, et par conséquent
Il espère ensuite : « Que Dieu me l’envoie », ce qu’il oppose.
Quand il veut atteindre une fin,1092
Alors il est le dernier à commencer. P. ii. 2
Ainsi, il provoque de nombreux maux
Sans le vouloir, jusqu’à ce qu’il lui arrive malheur,
Et alors il ne peut être soulagé.
Et il en va de même, autant pour l’amour que pour la paresse :
Parfois, il tarde toute une journée
20 Au point de ne jamais pouvoir rien obtenir par la suite.
Maintenant, Fils, à propos de ce genre de chose,
Si tu as quelque connaissance
Que tu aies eue en amour, raconte.
Mon bon père, oui. Confession de l’Amant.
Quant à la paresse, je sais
Que je peux rester immobile sur son chemin,
Comme celui qui est vêtu de ses habits.
Elle engourdit et, en toutes choses, elle est lente et lourde pour le bien : P. ii. 1
Ce qui pourrait être fait aujourd’hui, le paresseux le reporte au lendemain,
Et, ayant d’abord volé, il ferme la porte au cheval.
À celui qui demande, Cupidon refuse lentement les récompenses,
Mais Vénus joue rapidement de l’amour dans le cœur de l’homme.1091
Pour parler des vices [c’est-à-dire de la paresse] :
Après avoir évoqué la cause des maux,
Je nomme le premier de ces vices la paresse,
Et c’est le principal de tous ; ici, dans le quatrième livre,
le Confesseur en parle
Et il a cette caractéristique particulière, parmi toutes les sortes,
De laisser tout en arrière. La paresse, dont
Il peut montrer ici en premier lieu
La lenteur,
Il la prolonge indéfiniment ; quant à sa condition,
Il dit toujours : « Demain » ; il traite ainsi l’Amant
10 Et ainsi il gaspille son temps, et par conséquent
Il espère ensuite : « Que Dieu me l’envoie », ce qu’il oppose.
Quand il veut atteindre une fin,1092
Alors il est le dernier à commencer. P. ii. 2
Ainsi, il provoque de nombreux maux
Sans le vouloir, jusqu’à ce qu’il lui arrive malheur,
Et alors il ne peut être soulagé.
Et il en va de même, autant pour l’amour que pour la paresse :
Parfois, il tarde toute une journée
20 Au point de ne jamais pouvoir rien obtenir par la suite.
Maintenant, Fils, à propos de ce genre de chose,
Si tu as quelque connaissance
Que tu aies eue en amour, raconte.
Mon bon père, oui. Confession de l’Amant.
Quant à la paresse, je sais
Que je peux rester immobile sur son chemin,
Comme celui qui est vêtu de ses habits.
Page 545
Car lorsque je pensais à entreprendre ma quête,
et fixais un jour pour cela,
pour parler à la douce Mai, 1093,
la paresse persistait encore ;
il n’y avait ni intelligence ni moment propice pour parler ainsi.
Ainsi, avec ses histoires sans cesse,
il gâchait mon temps en paroles :
lorsqu’il y avait enfin un bon moment,
il disait : « Un autre moment sera mieux ;
tu pourras envoyer une lettre plus tard,
et peut-être écrire davantage
que tu n’oserais dire en personne. »
Ainsi, j’ai laissé le temps s’écouler
à cause de la paresse, et j’ai manqué mon heure, P. ii. 3.
Ainsi, la paresse, avec son vice,
a complètement obscurci mon esprit,
au point que ce que je pensais dire ou faire,
il me retenait toujours par des paroles,
jusqu’à ce que je ne veuille plus ni puisse.
Je ne savais pas ce qui se passait dans mes pensées,
si c’était de la peur ou de la honte ;
mais toujours, sérieusement ou en plaisantant,
je savais qu’un long temps s’était écoulé.
Cependant, l’amour pour ma dame n’a pas faibli ;
car bien que ma langue soit lente à exprimer
mes désirs, comme je l’ai toujours souhaité,
mon cœur reste constamment prêt
et implore ardemment sa grâce,
que je ne peux pour l’instant pas obtenir.
Et Dieu sait que c’est contre ma volonté ; 1096
car je sais très bien une chose :
ma grâce vient si rarement,
c’est la paresse dont je doute
plus que de tout le reste
qui appartient à l’amour.
et fixais un jour pour cela,
pour parler à la douce Mai, 1093,
la paresse persistait encore ;
il n’y avait ni intelligence ni moment propice pour parler ainsi.
Ainsi, avec ses histoires sans cesse,
il gâchait mon temps en paroles :
lorsqu’il y avait enfin un bon moment,
il disait : « Un autre moment sera mieux ;
tu pourras envoyer une lettre plus tard,
et peut-être écrire davantage
que tu n’oserais dire en personne. »
Ainsi, j’ai laissé le temps s’écouler
à cause de la paresse, et j’ai manqué mon heure, P. ii. 3.
Ainsi, la paresse, avec son vice,
a complètement obscurci mon esprit,
au point que ce que je pensais dire ou faire,
il me retenait toujours par des paroles,
jusqu’à ce que je ne veuille plus ni puisse.
Je ne savais pas ce qui se passait dans mes pensées,
si c’était de la peur ou de la honte ;
mais toujours, sérieusement ou en plaisantant,
je savais qu’un long temps s’était écoulé.
Cependant, l’amour pour ma dame n’a pas faibli ;
car bien que ma langue soit lente à exprimer
mes désirs, comme je l’ai toujours souhaité,
mon cœur reste constamment prêt
et implore ardemment sa grâce,
que je ne peux pour l’instant pas obtenir.
Et Dieu sait que c’est contre ma volonté ; 1096
car je sais très bien une chose :
ma grâce vient si rarement,
c’est la paresse dont je doute
plus que de tout le reste
qui appartient à l’amour.
Page 546
Et ainsi, concernant Lachésis,
Comme je l’ai dit, je m’avoue
À vous, mon père, et je vous supplie
De vouloir encore m’enseigner ;
Et s’il existe à ce sujet
Une belle histoire à raconter
Sur la manière dont je puis craindre Lachésis,
Je vous en prie, racontez-la-moi. P. ii. 4
Pour que tu saches, mon Fils, et que tu comprennes, Confesseur,
Parmi les histoires que je raconte,
Il y en a une ancienne à ce sujet
Écoute bien, et je vais la conter.
Oui, Lachésis dans les affaires d’amour [Énée et Didon].
J’apprends comment autrefois Énée,
Que Anchise avait eu pour fils,
Avec une grande flotte qu’il avait rassemblée
Depuis Troie, arriva à Carthage ; ceux-là qui, par retard dans leur séjour,
Manquaient à leurs devoirs. Et il est raconté comment Didon,
Qui était reine de Carthage,
Le sauva des incendies de la ville ;
Son nom reste encore aujourd’hui celui du fugitif de Troie
Qui tomba amoureux d’elle ; Didon l’accueillit avec chaleur : elle
L’aimait si ardemment que, plus tard, lorsqu’il partit
Vers l’Italie,
Sur ses paroles, Carthage
Décida de lui déclarer la guerre
Et lui donna tout ce qu’il voulait. Mais après cela, comme il se devait,
En retardant son retour,
Le temps de son départ vers l’Italie
S’allongea excessivement ;
Il arriva chez Didon bien après l’heure prévue,
Elle le prit et le chassa aussitôt. Elle ne pouvait plus supporter
La douleur insupportable causée par la passion amoureuse ;
Elle transperça de son propre cœur,
Avec un poignard mortel,
Sa poitrine, à quelques pas de là.
Elle écrivit une lettre à son chevalier,
Et le renvoya immédiatement,
Comme je l’ai dit, je m’avoue
À vous, mon père, et je vous supplie
De vouloir encore m’enseigner ;
Et s’il existe à ce sujet
Une belle histoire à raconter
Sur la manière dont je puis craindre Lachésis,
Je vous en prie, racontez-la-moi. P. ii. 4
Pour que tu saches, mon Fils, et que tu comprennes, Confesseur,
Parmi les histoires que je raconte,
Il y en a une ancienne à ce sujet
Écoute bien, et je vais la conter.
Oui, Lachésis dans les affaires d’amour [Énée et Didon].
J’apprends comment autrefois Énée,
Que Anchise avait eu pour fils,
Avec une grande flotte qu’il avait rassemblée
Depuis Troie, arriva à Carthage ; ceux-là qui, par retard dans leur séjour,
Manquaient à leurs devoirs. Et il est raconté comment Didon,
Qui était reine de Carthage,
Le sauva des incendies de la ville ;
Son nom reste encore aujourd’hui celui du fugitif de Troie
Qui tomba amoureux d’elle ; Didon l’accueillit avec chaleur : elle
L’aimait si ardemment que, plus tard, lorsqu’il partit
Vers l’Italie,
Sur ses paroles, Carthage
Décida de lui déclarer la guerre
Et lui donna tout ce qu’il voulait. Mais après cela, comme il se devait,
En retardant son retour,
Le temps de son départ vers l’Italie
S’allongea excessivement ;
Il arriva chez Didon bien après l’heure prévue,
Elle le prit et le chassa aussitôt. Elle ne pouvait plus supporter
La douleur insupportable causée par la passion amoureuse ;
Elle transperça de son propre cœur,
Avec un poignard mortel,
Sa poitrine, à quelques pas de là.
Elle écrivit une lettre à son chevalier,
Et le renvoya immédiatement,
Page 547
S’il tardait à verser les revenus qui lui étaient dus, P. ii. 5, elle ne pouvait ni le voir ni l’entendre ; elle devait rester dans un état semblable à celui d’un cygne autrefois, dont elle avait fait son amant ; car la tristesse s’insinua dans son esprit, et elle se tua elle-même ; comme le roi Ménandre l’a raconté dans une pièce : on trouva le corps de cette femme, couvert de ses deux ailes, car elle devait mourir par amour pour celui qu’elle avait choisi comme amant. « Et c’est ce que je ferai pour toi », dit cette reine, « je le sais bien ». Voici ce qu’elle écrivit à Énée, avec de nombreuses autres paroles de plainte : mais lui, qui feignait des sentiments d’amour et était plein de lenteur, laissa passer son temps, ce qui fut une erreur ; car celle qui l’aimait tant désirait toujours davantage, et quand elle le voyait tarder ainsi, son cœur était tellement rempli de douleur qu’elle se plaignait sans cesse, se parlant à elle-même en ces termes : « Ah, qui a jamais aimé autant la lenteur chez un chevalier digne ? Maintenant je sais bien que ma mort est proche, à cause de celui qui aurait dû être ma vie. » Mais pour mettre fin à toute cette souffrance, P. ii. 6, quand elle ne vit aucun autre moyen, elle planta aussitôt une épée nue droit dans son propre cœur, et ainsi elle se soulagea, en mémoire de toute cette lenteur.
Page 548
De quoi, mon Fils, tu pourrais être confesseur.
Sache comment, dans le besoin,
Pour des raisons d’amour, il est permis de trahir ;
Et c’est ce que Didon a profondément détesté,
Sa mort sera à jamais maudite.
De plus, si je dois ajouter encore quelque chose à ce sujet,
Dans une chronique, j’ai trouvé écrit
Une histoire qui vaut la peine d’être racontée.
À Troie, lorsque le roi Ulysse [Ulysse et Pénélope]
Était assiégé parmi ceux-là mêmes chevaliers valeureux,
Ils y restèrent longtemps en silence.
En ce temps-là, on pouvait voir un homme dire :
Comme Pénélope était bonne envers Ulysse,
Qui était sa fidèle épouse ; elle se plaignait de sa lenteur,
Du fait qu’il restait trop longtemps assiégé à Troie.
Alors, pour lui faire comprendre son erreur, on lui envoya une lettre de Troie, disant ainsi :
« Ô mon cher amour et seigneur, ta lettre me réprimande pour ton retard. »
C’est toujours ainsi : quand une femme est seule,
Cela rend l’homme plus audacieux à trahir,
Dans l’espoir qu’elle cédera à sa volonté,
Pendant que son seigneur est ailleurs.
Et moi-même, je raconte cela ; car cela s’est passé il y a bien longtemps,
Avant même que vous ne partiez de chez vous.
Chacun, pendant votre absence,
A fait ce qu’il a pu ; chacun, autour de moi,
Celui qui peut aimer, mon amour le voit,
Et me supplie avec de grandes prières.
Sache comment, dans le besoin,
Pour des raisons d’amour, il est permis de trahir ;
Et c’est ce que Didon a profondément détesté,
Sa mort sera à jamais maudite.
De plus, si je dois ajouter encore quelque chose à ce sujet,
Dans une chronique, j’ai trouvé écrit
Une histoire qui vaut la peine d’être racontée.
À Troie, lorsque le roi Ulysse [Ulysse et Pénélope]
Était assiégé parmi ceux-là mêmes chevaliers valeureux,
Ils y restèrent longtemps en silence.
En ce temps-là, on pouvait voir un homme dire :
Comme Pénélope était bonne envers Ulysse,
Qui était sa fidèle épouse ; elle se plaignait de sa lenteur,
Du fait qu’il restait trop longtemps assiégé à Troie.
Alors, pour lui faire comprendre son erreur, on lui envoya une lettre de Troie, disant ainsi :
« Ô mon cher amour et seigneur, ta lettre me réprimande pour ton retard. »
C’est toujours ainsi : quand une femme est seule,
Cela rend l’homme plus audacieux à trahir,
Dans l’espoir qu’elle cédera à sa volonté,
Pendant que son seigneur est ailleurs.
Et moi-même, je raconte cela ; car cela s’est passé il y a bien longtemps,
Avant même que vous ne partiez de chez vous.
Chacun, pendant votre absence,
A fait ce qu’il a pu ; chacun, autour de moi,
Celui qui peut aimer, mon amour le voit,
Et me supplie avec de grandes prières.
Page 549
Et certains font de terribles menaces,
Disant que s’ils pouvaient venir là où ils le voudraient,
Il ne me resterait plus qu’à les laisser faire ce qu’ils veulent ;
D’autres me racontent des histoires
Sur ce que vous avez fait, et d’autres affirment
Que vous êtes certainement décidé à aimer une autre et à m’abandonner.
Mais quoi qu’il en soit, je prie les dieux,
Comme il se doit en pareille situation.
Que personne ne parle en mon nom :
C’est inutile de craindre que Lachèse, sans cesse,
Ne m’offre une telle chance,
Que personne d’autre ne pourrait corriger.
Voici donc cette jeune femme qui, en se plaignant,
A écrit une lettre à son seigneur,
Le suppliant de bien vouloir répondre,
De considérer qu’elle lui appartient entièrement,
Et de ne pas tarder davantage,
Mais plutôt de manifester son amour,
En venant lui-même sans plus tarder,
Afin de ne pas gaspiller d’autres lettres ;
Ainsi, il pourrait conserver sa fidélité
Sans attendre aucune réponse.
À son seigneur et bien-aimé,
À Troie, où avait lieu le grand siège,
Cette lettre fut envoyée.
Lui, qui possède la sagesse
Pour tout ce qui convient,
La reçoit avec un cœur noble :
Et lorsqu’il l’a lue,
En partie il est vraiment heureux,
Et en partie il est affligé.
Disant que s’ils pouvaient venir là où ils le voudraient,
Il ne me resterait plus qu’à les laisser faire ce qu’ils veulent ;
D’autres me racontent des histoires
Sur ce que vous avez fait, et d’autres affirment
Que vous êtes certainement décidé à aimer une autre et à m’abandonner.
Mais quoi qu’il en soit, je prie les dieux,
Comme il se doit en pareille situation.
Que personne ne parle en mon nom :
C’est inutile de craindre que Lachèse, sans cesse,
Ne m’offre une telle chance,
Que personne d’autre ne pourrait corriger.
Voici donc cette jeune femme qui, en se plaignant,
A écrit une lettre à son seigneur,
Le suppliant de bien vouloir répondre,
De considérer qu’elle lui appartient entièrement,
Et de ne pas tarder davantage,
Mais plutôt de manifester son amour,
En venant lui-même sans plus tarder,
Afin de ne pas gaspiller d’autres lettres ;
Ainsi, il pourrait conserver sa fidélité
Sans attendre aucune réponse.
À son seigneur et bien-aimé,
À Troie, où avait lieu le grand siège,
Cette lettre fut envoyée.
Lui, qui possède la sagesse
Pour tout ce qui convient,
La reçoit avec un cœur noble :
Et lorsqu’il l’a lue,
En partie il est vraiment heureux,
Et en partie il est affligé.
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210 L’amant aime tant son cœur qu’il est tellement absorbé par des imaginations pures,
Qu’en l’absence d’une autre occupation à laquelle il pourrait se consacrer,
Il ne peut pas détourner son cœur de ce que sa femme lui a enseigné ;
Et il s’y conforme de tout son courage,
Afin de préparer et de entreprendre le voyage du retour, dès que possible :
220 Ainsi, un seul jour lui semble durer mille ans, jusqu’à ce qu’il puisse voir le visage de Pénélope, qu’il désire plus que tout.
Et quand le moment arrive où Troie est détruite et brûlée,
Il ne tarde pas, mais rentre chez lui au plus vite,
Où il retrouve sa chère épouse en bonne santé :
230 Ainsi prit fin le débat sur l’amour, et Slowthe fut excusé,
Car l’amour cause beaucoup de mal lorsqu’il est utilisé de cette manière,
Et il entrave de nombreuses causes honorables.
Car j’ai entendu parler du grand clerc Grossteste :
Il était très occupé avec un certain astrologue,
Qui devait créer une œuvre ingénieuse pour prédire les événements futurs.
Après sept ans de travail acharné,
240 à cause d’une légère retardation d’un demi-minute,
il perdit tout ce qu’il avait accompli. Il gâcha tout son travail.
Et il en va de même dans les affaires d’amour : celui qui est lent…
Qu’en l’absence d’une autre occupation à laquelle il pourrait se consacrer,
Il ne peut pas détourner son cœur de ce que sa femme lui a enseigné ;
Et il s’y conforme de tout son courage,
Afin de préparer et de entreprendre le voyage du retour, dès que possible :
220 Ainsi, un seul jour lui semble durer mille ans, jusqu’à ce qu’il puisse voir le visage de Pénélope, qu’il désire plus que tout.
Et quand le moment arrive où Troie est détruite et brûlée,
Il ne tarde pas, mais rentre chez lui au plus vite,
Où il retrouve sa chère épouse en bonne santé :
230 Ainsi prit fin le débat sur l’amour, et Slowthe fut excusé,
Car l’amour cause beaucoup de mal lorsqu’il est utilisé de cette manière,
Et il entrave de nombreuses causes honorables.
Car j’ai entendu parler du grand clerc Grossteste :
Il était très occupé avec un certain astrologue,
Qui devait créer une œuvre ingénieuse pour prédire les événements futurs.
Après sept ans de travail acharné,
240 à cause d’une légère retardation d’un demi-minute,
il perdit tout ce qu’il avait accompli. Il gâcha tout son travail.
Et il en va de même dans les affaires d’amour : celui qui est lent…
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Qu’il soit sans protection sous le « wow »,
Nuit et jour, seul et froid ;
S’il avait su respecter son temps,
Il aurait pu être à l’intérieur.
250 Mais Slowthe ne peut gagner aucun avantage, [Les vierges folles.]
Il ne peut chanter dans sa chanson
Comment Latewar est arrivé au Dole,
P. ii. 10
Où il ne pouvait recevoir aucun bienfait.
Note encore : cela a été bien prouvé par la tardiveté nocturne.
Autrefois, parmi les cinq jeunes filles, ces vierges folles,
qui firent trop de retard
Lorsque ce seigneur vint chercher une épouse : elles empêchèrent l’entrée,
Car ici l’huile était déjà réservée pour les noces,
Pour allumer les lampes pendant son voyage, alors qu’elles ne sont pas entrées elles-mêmes.
Ici, Slowthe a présenté les choses ainsi,
260 Pour expliquer pourquoi elles restèrent dehors.
À cause de cela, mon Fils, sois vigilant, Confesseur.
Comme je te l’ai dit.
L’amour doit être attendu avec impatience :
Et si tu n’es pas suffisamment engagé
Dans l’amour pour suivre Slowthe,
Mon Fils, dis-moi franchement :
Tu ne pourras probablement ni gagner l’amour ni le rendre stable,
Même si tu pouvais obtenir l’amour.
270 Mon père, que je puisse aimer vraiment. Confession d’un amant
On ne m’a jamais assigné de place
Où je puisse obtenir quelque grâce,
Ni on ne m’a fixé de moment ;
Car alors, je préférerais être privé
De tout ce que j’ai,
Si je devais garder et conserver
Ma heure et mon poste,
Si ma dame le demandait.
Mais elle a été informée autrement
280 Que de lui accorder un tel moment ;
Et naturellement, à cause de ma lâcheté…
Nuit et jour, seul et froid ;
S’il avait su respecter son temps,
Il aurait pu être à l’intérieur.
250 Mais Slowthe ne peut gagner aucun avantage, [Les vierges folles.]
Il ne peut chanter dans sa chanson
Comment Latewar est arrivé au Dole,
P. ii. 10
Où il ne pouvait recevoir aucun bienfait.
Note encore : cela a été bien prouvé par la tardiveté nocturne.
Autrefois, parmi les cinq jeunes filles, ces vierges folles,
qui firent trop de retard
Lorsque ce seigneur vint chercher une épouse : elles empêchèrent l’entrée,
Car ici l’huile était déjà réservée pour les noces,
Pour allumer les lampes pendant son voyage, alors qu’elles ne sont pas entrées elles-mêmes.
Ici, Slowthe a présenté les choses ainsi,
260 Pour expliquer pourquoi elles restèrent dehors.
À cause de cela, mon Fils, sois vigilant, Confesseur.
Comme je te l’ai dit.
L’amour doit être attendu avec impatience :
Et si tu n’es pas suffisamment engagé
Dans l’amour pour suivre Slowthe,
Mon Fils, dis-moi franchement :
Tu ne pourras probablement ni gagner l’amour ni le rendre stable,
Même si tu pouvais obtenir l’amour.
270 Mon père, que je puisse aimer vraiment. Confession d’un amant
On ne m’a jamais assigné de place
Où je puisse obtenir quelque grâce,
Ni on ne m’a fixé de moment ;
Car alors, je préférerais être privé
De tout ce que j’ai,
Si je devais garder et conserver
Ma heure et mon poste,
Si ma dame le demandait.
Mais elle a été informée autrement
280 Que de lui accorder un tel moment ;
Et naturellement, à cause de ma lâcheté…
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Je dis qu’il n’y a point de perte de temps, si seulement je le pouvais :1121 P. ii. 11
Mais ce désir ressemble à la nuit,
Sans aucun appât que je lance ; [Lachesse.]
Car plus je crie avec force,
Plus ce désir semble s’éloigner.
Ainsi, en parlant de cette affaire,
Je suis convaincu que je ne pourrai jamais trouver
Ce que je cherche ; je me hâte, mais je reste toujours en arrière,
Et je ne sais pas quel en sera le résultat.
Mais, père, selon mon jugement,
Que vous êtes chargé d’examiner
Selon les écrits et la discipline,
Dites-moi quel est votre meilleur conseil.
Mon fils, voici mon conseil :1122 Confesseur.
Quoi qu’il arrive avec le temps,1123
Agis de manière à ce qu’aucune lenteur ne soit constatée :
300 Car la lenteur peut troubler
Le résultat du travail de chacun.
En effet, comme le dit le clerc,
De nombreux vices dépendent de la lenteur
De ceux qui causent du mal aux autres ;
J’aurais pu en parler si j’en avais su davantage.
Et si tu veux connaître davantage
Les conséquences de la lenteur,
Surtout, il y a un vice particulièrement grave
Pour celui qui en est coupable,1124
Et qui est dépourvu de toute vertu,
Comme je le dirai plus tard. P. ii. 12
ii. Celui qui ne tente rien n’obtient rien, [ii. Lâcheté.]
De même, en silence,
Un homme obtient rarement le don de l’amitié.
Il existe une manière de s’exprimer par des mots, mais celui qui épargne l’amour1125
Ne souhaite pas exprimer ses paroles ; aucun amour ne le favorise.1126
Mais ce désir ressemble à la nuit,
Sans aucun appât que je lance ; [Lachesse.]
Car plus je crie avec force,
Plus ce désir semble s’éloigner.
Ainsi, en parlant de cette affaire,
Je suis convaincu que je ne pourrai jamais trouver
Ce que je cherche ; je me hâte, mais je reste toujours en arrière,
Et je ne sais pas quel en sera le résultat.
Mais, père, selon mon jugement,
Que vous êtes chargé d’examiner
Selon les écrits et la discipline,
Dites-moi quel est votre meilleur conseil.
Mon fils, voici mon conseil :1122 Confesseur.
Quoi qu’il arrive avec le temps,1123
Agis de manière à ce qu’aucune lenteur ne soit constatée :
300 Car la lenteur peut troubler
Le résultat du travail de chacun.
En effet, comme le dit le clerc,
De nombreux vices dépendent de la lenteur
De ceux qui causent du mal aux autres ;
J’aurais pu en parler si j’en avais su davantage.
Et si tu veux connaître davantage
Les conséquences de la lenteur,
Surtout, il y a un vice particulièrement grave
Pour celui qui en est coupable,1124
Et qui est dépourvu de toute vertu,
Comme je le dirai plus tard. P. ii. 12
ii. Celui qui ne tente rien n’obtient rien, [ii. Lâcheté.]
De même, en silence,
Un homme obtient rarement le don de l’amitié.
Il existe une manière de s’exprimer par des mots, mais celui qui épargne l’amour1125
Ne souhaite pas exprimer ses paroles ; aucun amour ne le favorise.1126
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Touchant ceux qui sont lents dans leurs actions, il y a encore les pusillanimes, c’est-à-dire, en ce langage, ceux qui ont peu de courage. Ils ne permettent à personne de commencer une tâche ; d’une certaine manière, ils ne peuvent rien accomplir. Cela s’appelle paresse ; pour ceux qui ne veulent rien entreprendre, on dit qu’ils sont pusillanimes, et ils ne tireront aucun profit de cela. Ils craignent tellement la nature même de ce vice qu’ils ne osent rien entreprendre, ni affronter les vertus ni fuir les vices. Ils manquent à la fois de parole et d’action ; ils n’osent pas agir. Ainsi, ils ne peuvent progresser dans aucune des deux formes de vie, tant active que contemplative. Ils ne veulent être compris par personne. Tout ce qu’ils voient, c’est du danger. Ils pensent alors qu’un loup rôde dans les environs, et ils trouvent des excuses pour justifier leur peur. Ils prétendent avoir peur pour de bonnes raisons, mais ils échouent toujours, jusqu’à ce que tout soit détruit par eux-mêmes. Ils souffrent de cette maladie dont personne ne peut guérir ; on l’appelle manque de courage. Même si toutes les grâces sont autour d’eux, ils ne veulent pas bouger. Ainsi, ils ne peuvent rien accomplir. Fils, si nous commençons à parler de l’amour et de son service, il y a des gens qui, bien qu’il serait préférable de parler d’amour, deviennent timides et ne peuvent rien dire, sans aucun son, comme le rossignol qui n’a pas de voix pour chanter. De même, ils restent sans parole, bien qu’ils aient un cœur.
Page 554
350 Par amour, et je ne demande rien en échange ;
Ainsi ils souffrent sans jamais gagner quoi que ce soit.
Car, mon Fils, si tu es coupable
D’avoir touché à cette passion,
Écris-moi à ce sujet et dis-moi la vérité.
Mon père, on sait bien que je suis amoureux.
Que j’ai fait partie de ces amants,
Comme on peut le voir dans les histoires d’amour.
Mon cœur est, et a toujours été,
Même si le monde devait entièrement s’effondrer,
Si ardent, que je n’ose parler
De l’intention qui m’anime,
Lorsque je me trouve près de ma bien-aimée,
Je préfère laisser passer le temps.
Mon Fils, ne fais plus cela : confesse-toi.
Car après que l’homme cherche l’amour,
La fortune lui sourit,
Et il a de grandes chances d’être heureux
Celui qui persiste dans ses prières d’amour et ses supplications ;
370 Comme exemple, je vais te l’enseigner.
Je sais qu’il y eut autrefois, [Pygmalion et
la Statue.]
Celui dont le nom était Pygmalion,
C’était un homme jeune et plein de désir :
Il sculpta une statue à son image,
Pour l’aimer comme une femme,
Plus que tous les autres hommes, car il était courageux.
Par la fortune, il arriva ce qui devait arriver : cet amant,
Comme celui qui est tourmenté par l’amour, par peur, ne se tait pas ;
Il continua à prier sans cesse pour que sa bien-aimée devienne réelle.
380 Jamais aucune statue n’a été aussi belle. Il continua ainsi.
Comme une créature vivante, dit le confesseur.
Voici donc un exemple clair de la manière dont Pygmalion,
À cause de ses prières incessantes, obtint ce qu’il désirait.
Ainsi ils souffrent sans jamais gagner quoi que ce soit.
Car, mon Fils, si tu es coupable
D’avoir touché à cette passion,
Écris-moi à ce sujet et dis-moi la vérité.
Mon père, on sait bien que je suis amoureux.
Que j’ai fait partie de ces amants,
Comme on peut le voir dans les histoires d’amour.
Mon cœur est, et a toujours été,
Même si le monde devait entièrement s’effondrer,
Si ardent, que je n’ose parler
De l’intention qui m’anime,
Lorsque je me trouve près de ma bien-aimée,
Je préfère laisser passer le temps.
Mon Fils, ne fais plus cela : confesse-toi.
Car après que l’homme cherche l’amour,
La fortune lui sourit,
Et il a de grandes chances d’être heureux
Celui qui persiste dans ses prières d’amour et ses supplications ;
370 Comme exemple, je vais te l’enseigner.
Je sais qu’il y eut autrefois, [Pygmalion et
la Statue.]
Celui dont le nom était Pygmalion,
C’était un homme jeune et plein de désir :
Il sculpta une statue à son image,
Pour l’aimer comme une femme,
Plus que tous les autres hommes, car il était courageux.
Par la fortune, il arriva ce qui devait arriver : cet amant,
Comme celui qui est tourmenté par l’amour, par peur, ne se tait pas ;
Il continua à prier sans cesse pour que sa bien-aimée devienne réelle.
380 Jamais aucune statue n’a été aussi belle. Il continua ainsi.
Comme une créature vivante, dit le confesseur.
Voici donc un exemple clair de la manière dont Pygmalion,
À cause de ses prières incessantes, obtint ce qu’il désirait.
Page 555
Et rouge sur ses lèvres également ; une certaine image d’ivoire, dont la beauté était telle qu’il se trompait lui-même à son sujet. Avec un beau sourire, la concupiscence le séduisait, de sorte qu’il fut ensorcelé par cette image pure, et son sang afflua vers sa chair et dans son imagination. Avec tout le cœur de son courage, il sentit son amour se transformer envers cette belle image. Il s’asseyait, et son amour le possédait ; mais il ne prononçait jamais de mots intérieurement. Tout au long de la journée, quoi qu’il fît, cette image restait toujours là, prête à être servie et adorée par lui. Il mettait la coupe à ses lèvres ; et lorsque le bord de la coupe était relevé, il la conduisait dans sa chambre. Plus tard, lorsque la nuit tombait, il la mettait nue dans son lit. Il pleurait, il veillait, il embrassait souvent ses lèvres froides, souhaitant qu’elles soient plus douces. Souvent, il tournait autour d’elle, et posait souvent son bras ici ou là, comme s’il voulait l’enlacer. Il demandait sans cesse grâce, comme si elle savait ce qu’il pensait. Ainsi, il se tourmentait lui-même avec de telles douleurs d’amour, que personne ne pouvait le tourmenter davantage. Mais, par sa pénitence, il persévérait ainsi, du jour à la nuit, priant si longtemps que ses prières devinrent inaudibles. Vénus accueillit sa grâce ; pendant la nuit, lorsqu’il souffrait le plus, tenant cette image nue dans ses bras, il sentait cette image froide devenir chaude.
Page 556
De chair et de beauté, pleine de vie.
Vois, c’est ainsi qu’il désirait une épouse docile,
Qui obéisse à sa volonté ;
Et s’il voulait qu’elle reste silencieuse
Et ne dise rien, il aurait échoué :
Mais comme il avait travaillé sa parole, P. ii. 16,
Et osait parler, il gagnait son amour,
Et obtenait tout ce qu’il voulait.
Car avant qu’ils ne partent tous deux,
Un enfant vint entre eux deux,
Qu’ils eurent, qui fut appelé plus tard
Paphus, dont on connaît encore aujourd’hui
Une certaine sorte, que les gens appellent Paphos,
Et dont le nom vient de lui.
Prends ceci comme exemple, ô Confesseur :
La parole peut surpasser la parenté.
Ainsi, mon Fils, si tu épargnes
De parler, tout est perdu,
Car la lenteur apporte tous les maux.
Et pour cela aussi, regarde :
Le dieu de l’amour est favorable
À ceux qui sont constants dans l’amour,
Et de nombreux miracles se sont produits :
Parmi tous, si tu veux y prêter attention,
Je te raconterai une seule histoire,
Que je raconterai en mémoire
Du genre des hasards de l’amour.
Le roi Ligdus, lors d’une querelle [Histoire d’Iphis.]
Parla à Thelacuse, sa femme,
Qui avait alors un grand enfant ;
Il jura qu’il ne fallait pas le permettre,
Que si elle donnait naissance à une fille,
Il mettait cet exemple,
Pour qu’elle ne soit pas perdue de la même manière que le roi
Et tué, ce dont elle était affligée. Ligdus à sa femme
Il arriva donc ce cas : Thelacuse étant enceinte,
Il menaçait, disant que si
Vois, c’est ainsi qu’il désirait une épouse docile,
Qui obéisse à sa volonté ;
Et s’il voulait qu’elle reste silencieuse
Et ne dise rien, il aurait échoué :
Mais comme il avait travaillé sa parole, P. ii. 16,
Et osait parler, il gagnait son amour,
Et obtenait tout ce qu’il voulait.
Car avant qu’ils ne partent tous deux,
Un enfant vint entre eux deux,
Qu’ils eurent, qui fut appelé plus tard
Paphus, dont on connaît encore aujourd’hui
Une certaine sorte, que les gens appellent Paphos,
Et dont le nom vient de lui.
Prends ceci comme exemple, ô Confesseur :
La parole peut surpasser la parenté.
Ainsi, mon Fils, si tu épargnes
De parler, tout est perdu,
Car la lenteur apporte tous les maux.
Et pour cela aussi, regarde :
Le dieu de l’amour est favorable
À ceux qui sont constants dans l’amour,
Et de nombreux miracles se sont produits :
Parmi tous, si tu veux y prêter attention,
Je te raconterai une seule histoire,
Que je raconterai en mémoire
Du genre des hasards de l’amour.
Le roi Ligdus, lors d’une querelle [Histoire d’Iphis.]
Parla à Thelacuse, sa femme,
Qui avait alors un grand enfant ;
Il jura qu’il ne fallait pas le permettre,
Que si elle donnait naissance à une fille,
Il mettait cet exemple,
Pour qu’elle ne soit pas perdue de la même manière que le roi
Et tué, ce dont elle était affligée. Ligdus à sa femme
Il arriva donc ce cas : Thelacuse étant enceinte,
Il menaçait, disant que si
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Lorsqu’elle devait donner naissance à un fils, l’enfant était tué :
Isis, cette nuit-là, en secret, mais plus tard…
La déesse, après avoir donné naissance à une fille,
Aida par chance dans ce désastre ; Isis, déesse des accouchements,
Était alors présente pour la fille.
Jusqu’à ce que cette jeune femme devienne adulte, on l’appela Yphim,
Et elle eut aussi une fille ; on l’appela ainsi,
Et la déesse ordonna qu’on l’éduque entièrement comme un garçon :
Elle leur dit de prétendre que le père avait un fils,
Qu’il s’agissait d’un fils ; croyant cela, ils le nommèrent ainsi,
Et lors de ce mariage avec la fille
D’un certain prince, le père devint fou de chagrin à l’âge habituel,
Et il la rejoignit dans la chambre. Mais Yphim ne put payer sa dette
Envers sa femme ; elle fut vêtue et parée comme un prince
Devait l’être, afin d’obtenir l’aide des dieux ;
Jusqu’à ce que, par hasard, la fortune veuille bien intervenir.
Lorsqu’elle eut dix ans, son sexe féminin fut changé en sexe masculin,
Et elle fut mariée à la fille d’un duc ; Yphim, par tous les moyens,
Fut contraint de changer constamment de sexe.
Ces enfants, l’un après l’autre,
À l’âge approprié,
Allongés dans le lit, une nuit,
La nature, qui agit toujours selon ses lois,
Les force à utiliser quelque chose qu’ils ne connaissaient pas ;
Cupidon, par pitié pour cet amour grandissant,
Permet alors que sept sortes de choses soient utilisées,
Afin que sa loi soit mieux respectée,
Et qu’eux soient excusés par leur désir.
Car l’amour n’a rien en horreur
Plus que ce qui s’oppose à sa loi.
Isis, cette nuit-là, en secret, mais plus tard…
La déesse, après avoir donné naissance à une fille,
Aida par chance dans ce désastre ; Isis, déesse des accouchements,
Était alors présente pour la fille.
Jusqu’à ce que cette jeune femme devienne adulte, on l’appela Yphim,
Et elle eut aussi une fille ; on l’appela ainsi,
Et la déesse ordonna qu’on l’éduque entièrement comme un garçon :
Elle leur dit de prétendre que le père avait un fils,
Qu’il s’agissait d’un fils ; croyant cela, ils le nommèrent ainsi,
Et lors de ce mariage avec la fille
D’un certain prince, le père devint fou de chagrin à l’âge habituel,
Et il la rejoignit dans la chambre. Mais Yphim ne put payer sa dette
Envers sa femme ; elle fut vêtue et parée comme un prince
Devait l’être, afin d’obtenir l’aide des dieux ;
Jusqu’à ce que, par hasard, la fortune veuille bien intervenir.
Lorsqu’elle eut dix ans, son sexe féminin fut changé en sexe masculin,
Et elle fut mariée à la fille d’un duc ; Yphim, par tous les moyens,
Fut contraint de changer constamment de sexe.
Ces enfants, l’un après l’autre,
À l’âge approprié,
Allongés dans le lit, une nuit,
La nature, qui agit toujours selon ses lois,
Les force à utiliser quelque chose qu’ils ne connaissaient pas ;
Cupidon, par pitié pour cet amour grandissant,
Permet alors que sept sortes de choses soient utilisées,
Afin que sa loi soit mieux respectée,
Et qu’eux soient excusés par leur désir.
Car l’amour n’a rien en horreur
Plus que ce qui s’oppose à sa loi.
Page 558
De cette nature-là, il l’a décidé :
Car Cupidon a si bien entouré
Sa grâce dans cette aventure,
Qu’il obéit à la nature,
Lorsqu’il voit le moment opportun,
Que chacun d’eux ait un autre choix ;
Il transforme Iphé en homme,
Dont il désire l’amour passionné
Du jeune Iante, son époux ;
Et bien qu’ils mènent une vie heureuse,
Ce qui ne choque pas la nature.
Ainsi, pour en avoir la preuve, Confesseur.
Il semble que l’amour soit bienveillant
Envers ceux qui, avec un cœur ardent, poursuivent
Ce qui est dû à l’amour.
À ce sujet, mon Fils, tu pourrais prendre ici un exemple,
Afin, par ta grande diligence,
Parvenir à la richesse
De l’amour, s’il n’y avait pas de lenteur.
Je peux bien dire, en toute sincérité, Amans.
Autant que ma raison peut le comprendre,
P. ii. 19
Mon père, quant au manque de mots,
Comme je l’ai déjà dit,
Il n’y a pas d’autre obstacle
Qui puisse empêcher l’amour de réaliser son miracle,
Que j’implore jour et nuit.
Mais, père, comme il convient
De le savoir par écrit,
Ce qui concerne la lenteur,
Je voudrais prier votre paternité,
S’il existe quelque moyen
Relatif à ce genre de vice.
Mon Fils, toi, en tant que Confesseur, occupe-toi de cela.
Car Cupidon a si bien entouré
Sa grâce dans cette aventure,
Qu’il obéit à la nature,
Lorsqu’il voit le moment opportun,
Que chacun d’eux ait un autre choix ;
Il transforme Iphé en homme,
Dont il désire l’amour passionné
Du jeune Iante, son époux ;
Et bien qu’ils mènent une vie heureuse,
Ce qui ne choque pas la nature.
Ainsi, pour en avoir la preuve, Confesseur.
Il semble que l’amour soit bienveillant
Envers ceux qui, avec un cœur ardent, poursuivent
Ce qui est dû à l’amour.
À ce sujet, mon Fils, tu pourrais prendre ici un exemple,
Afin, par ta grande diligence,
Parvenir à la richesse
De l’amour, s’il n’y avait pas de lenteur.
Je peux bien dire, en toute sincérité, Amans.
Autant que ma raison peut le comprendre,
P. ii. 19
Mon père, quant au manque de mots,
Comme je l’ai déjà dit,
Il n’y a pas d’autre obstacle
Qui puisse empêcher l’amour de réaliser son miracle,
Que j’implore jour et nuit.
Mais, père, comme il convient
De le savoir par écrit,
Ce qui concerne la lenteur,
Je voudrais prier votre paternité,
S’il existe quelque moyen
Relatif à ce genre de vice.
Mon Fils, toi, en tant que Confesseur, occupe-toi de cela.
Page 559
Celui qui sert l’Accidie dans sa fonction,
Il existe une autre vice que la Lenteur,
Qui s’appelle l’Oubli ;
Celui-ci ne laisse jamais aucune trace dans son cœur.
Le Confesseur traite ici du vice
De l’oubli, dont il oublie complètement les effets sur ses facultés intellectuelles. Sa cause est l’Accidie ;
Car, en racontant son histoire, il ne se souvient pas des mémoires de toutes les vertus, ni même
Du nom de celles-ci ; il n’a en mémoire que les aspects négatifs liés à l’amour, oubliant ainsi ce qu’il devrait garder en tête. Il ne sait même pas pourquoi.
P. ii. 20
Ainsi, son but n’est pas atteint,
Il oublie ce qu’il voulait demander,
Et à peine se souvient-il de ce qu’il avait prévu d’aimer.
Ainsi, beaucoup d’amoureux ont été trompés.
Dis-moi donc : as-tu connu quelqu’un
À qui la Lenteur a causé tant de mal ?
Oui, père, c’est souvent le cas, dit le Confesseur de l’Amant.
Quand je suis loin de ma bien-aimée,
Et que je subis des épreuves inattendues,
Alors j’établis de nouvelles règles.
Il existe une autre vice que la Lenteur,
Qui s’appelle l’Oubli ;
Celui-ci ne laisse jamais aucune trace dans son cœur.
Le Confesseur traite ici du vice
De l’oubli, dont il oublie complètement les effets sur ses facultés intellectuelles. Sa cause est l’Accidie ;
Car, en racontant son histoire, il ne se souvient pas des mémoires de toutes les vertus, ni même
Du nom de celles-ci ; il n’a en mémoire que les aspects négatifs liés à l’amour, oubliant ainsi ce qu’il devrait garder en tête. Il ne sait même pas pourquoi.
P. ii. 20
Ainsi, son but n’est pas atteint,
Il oublie ce qu’il voulait demander,
Et à peine se souvient-il de ce qu’il avait prévu d’aimer.
Ainsi, beaucoup d’amoureux ont été trompés.
Dis-moi donc : as-tu connu quelqu’un
À qui la Lenteur a causé tant de mal ?
Oui, père, c’est souvent le cas, dit le Confesseur de l’Amant.
Quand je suis loin de ma bien-aimée,
Et que je subis des épreuves inattendues,
Alors j’établis de nouvelles règles.
Page 560
Et tout le monde se retourne ainsi vers le bas,
Et c’est ainsi que je consigne ma leçon
Et j’écris dans mon mémoire
Ce que je dois raconter,
Tout le contenu de mon récit :
Mais rien ne vaut la peine d’être noté ;
Car lorsque j’arrive là-bas,
Je l’ai déjà complètement oublié ;
C’est pourquoi j’ai pensé à le dire :
570 Je ne peux écrire que des mots sans valeur,
Ce que j’ai pu trouver de mieux,
Car je suis si affligé par cette situation.
Comme un homme qui, soudain,
Voit un fantôme, c’est ainsi que je suis ;1155 P. ii. 21
Ainsi, par crainte, je ne peux pas retrouver
Ma sagesse, mais j’oublie moi-même,
Je ne sais jamais qui je suis,
Ni où je vais, ni quand je suis arrivé,
Mais je reste comme quelqu’un qui est stupéfait.
580 Comme dans le livre où les lettres sont écrites,
Et rien d’autre ne peut être lu,
Ainsi mon esprit est submergé,
Ce que je croyais avoir dit,
Cela a disparu de mon cœur,1156
Et je reste, pour ainsi dire, perplexe et confus,
Car rien ne vaut la peine d’être noté,
C’est pourquoi j’aurais dû le dire.
Enfin, je me ressaisis,1157
Je lève la tête et regarde autour de moi,
590 Comme un homme qui est dans l’incertitude
Et ne sait pas où il va se retrouver.
Ainsi, je suis souvent submergé,
Là où je devrais le mieux rester :
Mais ensuite, lorsque je comprends,
Et que je suis ailleurs, entièrement seul,
Je me fais beaucoup de mal,
Et je dis ainsi :
Et c’est ainsi que je consigne ma leçon
Et j’écris dans mon mémoire
Ce que je dois raconter,
Tout le contenu de mon récit :
Mais rien ne vaut la peine d’être noté ;
Car lorsque j’arrive là-bas,
Je l’ai déjà complètement oublié ;
C’est pourquoi j’ai pensé à le dire :
570 Je ne peux écrire que des mots sans valeur,
Ce que j’ai pu trouver de mieux,
Car je suis si affligé par cette situation.
Comme un homme qui, soudain,
Voit un fantôme, c’est ainsi que je suis ;1155 P. ii. 21
Ainsi, par crainte, je ne peux pas retrouver
Ma sagesse, mais j’oublie moi-même,
Je ne sais jamais qui je suis,
Ni où je vais, ni quand je suis arrivé,
Mais je reste comme quelqu’un qui est stupéfait.
580 Comme dans le livre où les lettres sont écrites,
Et rien d’autre ne peut être lu,
Ainsi mon esprit est submergé,
Ce que je croyais avoir dit,
Cela a disparu de mon cœur,1156
Et je reste, pour ainsi dire, perplexe et confus,
Car rien ne vaut la peine d’être noté,
C’est pourquoi j’aurais dû le dire.
Enfin, je me ressaisis,1157
Je lève la tête et regarde autour de moi,
590 Comme un homme qui est dans l’incertitude
Et ne sait pas où il va se retrouver.
Ainsi, je suis souvent submergé,
Là où je devrais le mieux rester :
Mais ensuite, lorsque je comprends,
Et que je suis ailleurs, entièrement seul,
Je me fais beaucoup de mal,
Et je dis ainsi :
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« Ô fou, où était ton cœur alors,
Lorsque tu voyais cette noble dame ?
600 Était-elle payée pour cela ?
Car il n’y a pas de honte dans une main rémunérée :
Je connais si bien sa féminité,
Que dans la rémunération il n’y a pas plus d’outrage
Que chez un enfant de trois ans. P. ii. 22
De quoi as-tu peur face à tant de bonté,
Dont toute vertu est la source,
Où il n’y a ni violence
Que bonté et innocence,
Sans la moindre tache de reproche ?
610 Ô cœur stupide, honte à toi !
Ô cœur lâche, ignorant de l’amour,
Pourquoi es-tu si effrayé,
Que tu supportes tant de mépris,
Et veux dénigrer ces paroles bonnes,
Lorsque tu as trouvé le temps et l’occasion ?
Comment pourrais-tu mériter la grâce,
Quand tu n’oses même pas agir,
Et que tu oublies aussitôt tout ? »1158
Ainsi je discute de la science de l’amour,
620 Mais je ne trouve plus aucun secours,
Je trébuche sur mes propres erreurs
Et fais de ma douleur un spectacle.
Car chaque fois que je pense à tout ce qui m’arrive,
Je dis : « Ô fou parmi tous les fous,
Tu es pire que celui qui, entre ses vêtements,
Voudrait s’asseoir puis tomber au sol.1160
On ne trouvera jamais rien,1161
Entre l’oubli et la honte,
630 Qui puisse pousser un homme à agir. »
Ainsi, mon cher père défunt,
Je me plains à moi-même, comme vous pouvez l’entendre,
De mon oubli ;
Mais toutes les autres misères, P. ii. 23
Lorsque tu voyais cette noble dame ?
600 Était-elle payée pour cela ?
Car il n’y a pas de honte dans une main rémunérée :
Je connais si bien sa féminité,
Que dans la rémunération il n’y a pas plus d’outrage
Que chez un enfant de trois ans. P. ii. 22
De quoi as-tu peur face à tant de bonté,
Dont toute vertu est la source,
Où il n’y a ni violence
Que bonté et innocence,
Sans la moindre tache de reproche ?
610 Ô cœur stupide, honte à toi !
Ô cœur lâche, ignorant de l’amour,
Pourquoi es-tu si effrayé,
Que tu supportes tant de mépris,
Et veux dénigrer ces paroles bonnes,
Lorsque tu as trouvé le temps et l’occasion ?
Comment pourrais-tu mériter la grâce,
Quand tu n’oses même pas agir,
Et que tu oublies aussitôt tout ? »1158
Ainsi je discute de la science de l’amour,
620 Mais je ne trouve plus aucun secours,
Je trébuche sur mes propres erreurs
Et fais de ma douleur un spectacle.
Car chaque fois que je pense à tout ce qui m’arrive,
Je dis : « Ô fou parmi tous les fous,
Tu es pire que celui qui, entre ses vêtements,
Voudrait s’asseoir puis tomber au sol.1160
On ne trouvera jamais rien,1161
Entre l’oubli et la honte,
630 Qui puisse pousser un homme à agir. »
Ainsi, mon cher père défunt,
Je me plains à moi-même, comme vous pouvez l’entendre,
De mon oubli ;
Mais toutes les autres misères, P. ii. 23
Page 562
On ne peut oublier les pensées des hommes ;
Mon cœur les garde, et y pense constamment
À cette bien-aimée, sans relâche, je te le jure.
Car quoi qu’il arrive, pour le meilleur ou pour le pire,
Je n’oublierai jamais ces pensées,
Que je sois joyeux ou triste :
Pas même la moitié d’une minute,
Je ne pourrais les chasser de mon esprit,
Si je pensais à elle.
Aucun oubli ne pourra me saisir,
Jusqu’à ce que la mort m’emporte de ce monde,
Même si j’avais un tel anneau,
Comme celui que Moïse, par son enchantement,
Créa un jour en Éthiopie,
Lorsqu’il épousa Tharbis.
Cet anneau, symbole de l’oubli,
Avait ce pouvoir : là où il se trouvait au doigt,
L’amour s’évanouissait aussitôt,
Comme s’il ne l’avait jamais connu :
Ainsi, lorsque Tharbis le portait,
Nul ne se souvenait plus de lui,
Tout disparaissait de la mémoire,
Comme on le raconte dans son histoire ;
Et il partit ainsi,
Sans jamais, après ce jour-là,
Penser qu’un tel être existait ;
Tout était oublié, effacé. P. ii. 24
Mais en bonne foi, je ne peux pas non plus oublier :
Car elle est toujours présente,
Si proche que mon cœur la touche,
Ainsi, quoi qu’en dise l’oubli,
Je ne peux l’oublier, que je le veuille ou non ;
Car partout où elle va,
Mon cœur la suit partout.
Mon cœur les garde, et y pense constamment
À cette bien-aimée, sans relâche, je te le jure.
Car quoi qu’il arrive, pour le meilleur ou pour le pire,
Je n’oublierai jamais ces pensées,
Que je sois joyeux ou triste :
Pas même la moitié d’une minute,
Je ne pourrais les chasser de mon esprit,
Si je pensais à elle.
Aucun oubli ne pourra me saisir,
Jusqu’à ce que la mort m’emporte de ce monde,
Même si j’avais un tel anneau,
Comme celui que Moïse, par son enchantement,
Créa un jour en Éthiopie,
Lorsqu’il épousa Tharbis.
Cet anneau, symbole de l’oubli,
Avait ce pouvoir : là où il se trouvait au doigt,
L’amour s’évanouissait aussitôt,
Comme s’il ne l’avait jamais connu :
Ainsi, lorsque Tharbis le portait,
Nul ne se souvenait plus de lui,
Tout disparaissait de la mémoire,
Comme on le raconte dans son histoire ;
Et il partit ainsi,
Sans jamais, après ce jour-là,
Penser qu’un tel être existait ;
Tout était oublié, effacé. P. ii. 24
Mais en bonne foi, je ne peux pas non plus oublier :
Car elle est toujours présente,
Si proche que mon cœur la touche,
Ainsi, quoi qu’en dise l’oubli,
Je ne peux l’oublier, que je le veuille ou non ;
Car partout où elle va,
Mon cœur la suit partout.
Page 563
Ainsi, je le dis sans aucun doute,1164
Pour le jour, pour la nuit, pour l’aube, pour le crépuscule,
Elle ne quitte jamais mes pensées ;
Mais quand je suis là où elle est,
Mon cœur, comme je vous l’ai dit auparavant,1165
Parfois est très affligé,
Et parfois il est extrêmement joyeux,
Entièrement hors de toute règle et hors de tout ordre.
680 Car quand je vois son beau visage
Et que je pense à sa haute valeur,
Comme si j’étais au paradis,
Je suis tellement émerveillé par cette vue
Que je ne peux pas lui parler1166
Même si je le voulais :
Car je ne peux pas rassembler mes esprits
Pour trouver les mots que je veux dire,
Tout est complètement effacé ;
Et même si je restais là une heure,
690 Tout disparaît pendant ce temps,
J’ai une langue mais pas de mots.
Ainsi je reste là, pensant constamment
À des choses qui peuvent aider la nuit ;
Mais ce que j’avais en tête avant, P. ii. 25
Pour le dire, quand j’arrive là-bas,
Cela est effacé, comme si la nuit n’avait jamais existé,
Et je reste stupéfait et confus,
Au point que de tout ce que j’avais noté1167
Je ne peux rien dire d’autre qu’une simple note,
700 Tout est hors de ma connaissance :
Ainsi, quelle joie, quelle peur,
Tout est complètement oublié.
Donc, mon père, à propos de ce Slowthe
Je vous ai dit toute la vérité ;
Vous pouvez en faire ce que vous voulez :
Car telle est ma misère
Et aussi ma faiblesse.
Pour le jour, pour la nuit, pour l’aube, pour le crépuscule,
Elle ne quitte jamais mes pensées ;
Mais quand je suis là où elle est,
Mon cœur, comme je vous l’ai dit auparavant,1165
Parfois est très affligé,
Et parfois il est extrêmement joyeux,
Entièrement hors de toute règle et hors de tout ordre.
680 Car quand je vois son beau visage
Et que je pense à sa haute valeur,
Comme si j’étais au paradis,
Je suis tellement émerveillé par cette vue
Que je ne peux pas lui parler1166
Même si je le voulais :
Car je ne peux pas rassembler mes esprits
Pour trouver les mots que je veux dire,
Tout est complètement effacé ;
Et même si je restais là une heure,
690 Tout disparaît pendant ce temps,
J’ai une langue mais pas de mots.
Ainsi je reste là, pensant constamment
À des choses qui peuvent aider la nuit ;
Mais ce que j’avais en tête avant, P. ii. 25
Pour le dire, quand j’arrive là-bas,
Cela est effacé, comme si la nuit n’avait jamais existé,
Et je reste stupéfait et confus,
Au point que de tout ce que j’avais noté1167
Je ne peux rien dire d’autre qu’une simple note,
700 Tout est hors de ma connaissance :
Ainsi, quelle joie, quelle peur,
Tout est complètement oublié.
Donc, mon père, à propos de ce Slowthe
Je vous ai dit toute la vérité ;
Vous pouvez en faire ce que vous voulez :
Car telle est ma misère
Et aussi ma faiblesse.
Page 564
Dis-moi maintenant ce que tu as à me dire,1168
Car je veux seulement être à toi.
710 Mon Fils, j’ai bien entendu dire que tu es Confesseur,
Et que tu te repens beaucoup :
Car par amour, sa grâce ne sera pas envoyée
À celui qui ne veut pas la recevoir.1169
Cela, nous le savons tous :
Les pensées d’un homme, sans paroles,
Dieu les connaît ; et même si les hommes supplient,
Sa volonté reste la même ; car sans prières,
Il accorde sa grâce en peu de cas :
Et quiconque s’oublie lui-même,
720 Parmi mille, n’est pas sauvé,
S’il ne se souvient pas de Lui,
Mais le laisse tomber et perdre sa chance.
Ainsi, arme ton cœur de dévotion,
Mon Fils, et que rien ne détienne
L’amour dans ta dévotion :
Car quant au contact de l’oubli,
Que tant d’amours ont connu,
J’ai trouvé une histoire d’un grand exemple,
Dont il est pénible de connaître
730 La manière dont elle est racontée.
Le roi Déméphon, lorsqu’il partit en navire [Déméphon et
Phyllis.]
Vers Troie, avec un bon équipage,
Naviguant sur son chemin, pour des raisons d’amour
Contre les ingrats,
Il arriva à Rhodope, comme l’a dit le Confesseur,
Comme Éole l’avait poussé, en exemple,
Vers la terre, et il s’y reposa un instant. Déméphon, en route
Pour la guerre de Troie,
Chuta ainsi, en voyageant vers Phyllis,
La fille de Ligurgius, reine de Rhodope,
Qui était reine de ce pays, non seulement en tant que
Hôtesse,
740 Mais aussi en amour,
Dans un château près de la mer, avec grande joie,
Où Déméphon monta sur la terre. Il fut alors pris par elle : qui
Plus tard, par Phyllis elle-même, fut renvoyé, et quittant Troie de jeune âge
Car je veux seulement être à toi.
710 Mon Fils, j’ai bien entendu dire que tu es Confesseur,
Et que tu te repens beaucoup :
Car par amour, sa grâce ne sera pas envoyée
À celui qui ne veut pas la recevoir.1169
Cela, nous le savons tous :
Les pensées d’un homme, sans paroles,
Dieu les connaît ; et même si les hommes supplient,
Sa volonté reste la même ; car sans prières,
Il accorde sa grâce en peu de cas :
Et quiconque s’oublie lui-même,
720 Parmi mille, n’est pas sauvé,
S’il ne se souvient pas de Lui,
Mais le laisse tomber et perdre sa chance.
Ainsi, arme ton cœur de dévotion,
Mon Fils, et que rien ne détienne
L’amour dans ta dévotion :
Car quant au contact de l’oubli,
Que tant d’amours ont connu,
J’ai trouvé une histoire d’un grand exemple,
Dont il est pénible de connaître
730 La manière dont elle est racontée.
Le roi Déméphon, lorsqu’il partit en navire [Déméphon et
Phyllis.]
Vers Troie, avec un bon équipage,
Naviguant sur son chemin, pour des raisons d’amour
Contre les ingrats,
Il arriva à Rhodope, comme l’a dit le Confesseur,
Comme Éole l’avait poussé, en exemple,
Vers la terre, et il s’y reposa un instant. Déméphon, en route
Pour la guerre de Troie,
Chuta ainsi, en voyageant vers Phyllis,
La fille de Ligurgius, reine de Rhodope,
Qui était reine de ce pays, non seulement en tant que
Hôtesse,
740 Mais aussi en amour,
Dans un château près de la mer, avec grande joie,
Où Déméphon monta sur la terre. Il fut alors pris par elle : qui
Plus tard, par Phyllis elle-même, fut renvoyé, et quittant Troie de jeune âge
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Et de stature et de visage, il reviendrait dans un certain temps.
Elle avait tout ce qui pouvait embellir son amour ; elle s’engagea avec la plus grande fidélité envers Demephon. Lorsqu’il arriva, on fixa la date de cette promesse. Celui qui, par la suite, oublia cet engagement – un chevalier insouciant – ne put effacer l’oubli de Phillis ; il ne mit pas son cœur dans cet amour pour Demephon. Ainsi, après un jour ou deux de pleurs, il finit par penser que, quoi qu’il arrive, il voulait tenter sa chance, attachant son cœur à cette jeune fille, et suspendre ses souffrances grâce à de belles paroles. Pour se libérer complètement de cet amour, il jura et prêta serment de rester à jamais sans amour. Et ainsi, il demeura tranquille, tandis que son navire était ancré ; il avait alors du temps et de l’espace pour parler d’amour et demander grâce. La jeune fille écouta tout ce qu’il disait, ainsi que ses serments et ses promesses, ce qui était comme une magie pour lui, qui était innocent ; c’était comme si c’étaient vérité et foi. Elle croyait à tout ce qu’il disait, et comme le destin l’exigeait, elle lui accordait tout ce qu’il voulait. Ainsi, il fut heureux pendant un certain temps, jusqu’à ce qu’il doive partir pour Troie. Mais bien qu’elle fût très triste, il garda son serment de revenir, s’il pouvait survivre, même en un mois. Alors ils se séparèrent : que ce fût par amour ou par haine.
Elle avait tout ce qui pouvait embellir son amour ; elle s’engagea avec la plus grande fidélité envers Demephon. Lorsqu’il arriva, on fixa la date de cette promesse. Celui qui, par la suite, oublia cet engagement – un chevalier insouciant – ne put effacer l’oubli de Phillis ; il ne mit pas son cœur dans cet amour pour Demephon. Ainsi, après un jour ou deux de pleurs, il finit par penser que, quoi qu’il arrive, il voulait tenter sa chance, attachant son cœur à cette jeune fille, et suspendre ses souffrances grâce à de belles paroles. Pour se libérer complètement de cet amour, il jura et prêta serment de rester à jamais sans amour. Et ainsi, il demeura tranquille, tandis que son navire était ancré ; il avait alors du temps et de l’espace pour parler d’amour et demander grâce. La jeune fille écouta tout ce qu’il disait, ainsi que ses serments et ses promesses, ce qui était comme une magie pour lui, qui était innocent ; c’était comme si c’étaient vérité et foi. Elle croyait à tout ce qu’il disait, et comme le destin l’exigeait, elle lui accordait tout ce qu’il voulait. Ainsi, il fut heureux pendant un certain temps, jusqu’à ce qu’il doive partir pour Troie. Mais bien qu’elle fût très triste, il garda son serment de revenir, s’il pouvait survivre, même en un mois. Alors ils se séparèrent : que ce fût par amour ou par haine.
Page 566
Vers Schipe il partit et s’en alla
780 Vers Troie, comme c’était son premier dessein.
Les jours passent, les mois s’écoulent,
Son amour grandit et elle le désire,
Pour lui elle abandonna sommeil et repos,
Et il a déjà perdu tout son temps ; P. ii. 28
Ainsi cette malheureuse jeune reine,
Qui ne sait pas encore ce que cela peut signifier,
Envoie une lettre et le prie de venir,
Et dit combien elle est submergée
Par la force de son amour à un tel point,
790 Qu’elle ne pourra bientôt plus
Vivre sans sa présence ;
Et elle charge sa conscience
De la foi qu’il a trahie,
Pour laquelle elle l’aime si ardemment,
Elle dit que s’il tarde encore
Plus longtemps au jour qu’elle lui a fixé,
Elle mourra dans son chagrin,
Ce qui serait une honte pour sa foi.
Cette lettre est partie par ses ordres,
800 Elle en tira quelque réconfort,
Car elle voulait rester
Et attendre ce moment
Qu’elle a écrit dans sa lettre.
Mais maintenant il est triste de savoir
Que, comme avant, il gaspille
Encore son temps et le passe en vain.
Mais elle, qui ne pouvait pas faire ainsi,
Voit le temps s’éloigner toujours,
Et le jette dans la mer :
810 Parfois non, parfois oui,
Parfois il vient, parfois non,
Ainsi elle se débat dans ses pensées
Et ne sait pas ce qu’elle doit faire ;
Mais en jeûnant toute la journée P. ii. 29
Elle se retrouve dans la nuit noire.
780 Vers Troie, comme c’était son premier dessein.
Les jours passent, les mois s’écoulent,
Son amour grandit et elle le désire,
Pour lui elle abandonna sommeil et repos,
Et il a déjà perdu tout son temps ; P. ii. 28
Ainsi cette malheureuse jeune reine,
Qui ne sait pas encore ce que cela peut signifier,
Envoie une lettre et le prie de venir,
Et dit combien elle est submergée
Par la force de son amour à un tel point,
790 Qu’elle ne pourra bientôt plus
Vivre sans sa présence ;
Et elle charge sa conscience
De la foi qu’il a trahie,
Pour laquelle elle l’aime si ardemment,
Elle dit que s’il tarde encore
Plus longtemps au jour qu’elle lui a fixé,
Elle mourra dans son chagrin,
Ce qui serait une honte pour sa foi.
Cette lettre est partie par ses ordres,
800 Elle en tira quelque réconfort,
Car elle voulait rester
Et attendre ce moment
Qu’elle a écrit dans sa lettre.
Mais maintenant il est triste de savoir
Que, comme avant, il gaspille
Encore son temps et le passe en vain.
Mais elle, qui ne pouvait pas faire ainsi,
Voit le temps s’éloigner toujours,
Et le jette dans la mer :
810 Parfois non, parfois oui,
Parfois il vient, parfois non,
Ainsi elle se débat dans ses pensées
Et ne sait pas ce qu’elle doit faire ;
Mais en jeûnant toute la journée P. ii. 29
Elle se retrouve dans la nuit noire.
Page 567
Et bien qu’elle eût allumé une lumière
Dans une lanterne, haut sur une tour,
Là où elle allait souvent,
Avec l’espoir que, à son arrivée,
820 il verrait la lumière brûler,
Et pourrait ainsi diriger ses pas
Pour venir où elle se trouvait la nuit.
Mais toute la nuit, elle fut déçue,
Car Vénus avait détruit cet espoir,
Et lui montra dans le ciel
Comme le jour approchait rapidement,
Si bien qu’à courte distance
Elle pouvait distinguer la lumière du jour.
Bien qu’elle surveillât la mer de loin ;
830 et quand elle vit qu’il n’y avait ni barque
Ni navire, rien que ce qu’elle pouvait discerner,
Elle descendit en courant de la tour
Vers une auberge toute seule,
Où elle fit de nombreux miracles effrayants,
Que personne ne comprit,
Comme celle qui manquait de tout bonheur,
Qui tantôt jurait, tantôt se plaignait,
Et couvrait tout son visage de larmes,
Qui, comme les vagues d’une source,
840 jaillissaient de ses yeux ;
Ainsi, elle pouvait sans cesse
Se lamenter sur Déméphon,
Et dire : « Hélas, toi, lent,
Y a-t-il jamais eu un tel chevalier,
P. ii. 30
Qui, par sa lenteur et son indifférence,
Ait brisé sa propre foi ? »
Et bien qu’elle levât les yeux vers le ciel
Et dît : « Ô toi, impitoyable,
850 C’est là que tu trouveras ta lenteur,
Si tu veux venir voir,
Une jeune fille morte d’amour pour toi. »
Dans une lanterne, haut sur une tour,
Là où elle allait souvent,
Avec l’espoir que, à son arrivée,
820 il verrait la lumière brûler,
Et pourrait ainsi diriger ses pas
Pour venir où elle se trouvait la nuit.
Mais toute la nuit, elle fut déçue,
Car Vénus avait détruit cet espoir,
Et lui montra dans le ciel
Comme le jour approchait rapidement,
Si bien qu’à courte distance
Elle pouvait distinguer la lumière du jour.
Bien qu’elle surveillât la mer de loin ;
830 et quand elle vit qu’il n’y avait ni barque
Ni navire, rien que ce qu’elle pouvait discerner,
Elle descendit en courant de la tour
Vers une auberge toute seule,
Où elle fit de nombreux miracles effrayants,
Que personne ne comprit,
Comme celle qui manquait de tout bonheur,
Qui tantôt jurait, tantôt se plaignait,
Et couvrait tout son visage de larmes,
Qui, comme les vagues d’une source,
840 jaillissaient de ses yeux ;
Ainsi, elle pouvait sans cesse
Se lamenter sur Déméphon,
Et dire : « Hélas, toi, lent,
Y a-t-il jamais eu un tel chevalier,
P. ii. 30
Qui, par sa lenteur et son indifférence,
Ait brisé sa propre foi ? »
Et bien qu’elle levât les yeux vers le ciel
Et dît : « Ô toi, impitoyable,
850 C’est là que tu trouveras ta lenteur,
Si tu veux venir voir,
Une jeune fille morte d’amour pour toi. »
Page 568
Ainsi, je vais me jeter moi-même dans le péril ;
Celui-là, si c’était ton souhait,
Tu pourrais maintenant bien le sauver.
Sur ce, avec un arc vert,
Un collier de zibeline qu’elle possédait,
Elle le noua, puis s’y attacha elle-même,
De sorte qu’autour d’elle se forma une boucle blanche,
Et elle s’y suspendit.
Les dieux en furent émus,
Et Déméphon fut si réprimandé,
Que de la providence des dieux
Il en résulta une telle preuve
Pour toujours par la suite,
Car Phyllis, dans le même geste,
Fut transformée en roseau,
Afin que tous puissent la voir,
Et après Phyllis, Phyllibert
Ce roseau fut planté dans la terre,
Et encore, pour la honte de Déméphon,
Ce nom demeura à jamais.
Cette funeste aventure, telle qu’elle se déroula,
Dès que Déméphon l’apprit, P. ii. 31
Et chacun en parlait,
Mais sa douleur ne pouvait être apaisée ;
Il tenta d’exiler son roseau,
Mais il était déjà trop tard.
Vois donc, mon Fils, tu pourrais savoir, Confesseur.
Ainsi est-il écrit à propos de ce vice ;
Car personne ne peut éviter les maux
Qui proviennent de la négligence,
Comme je te l’ai rapporté dans mes écrits.
Mais quant à la manière dont le roseau a été traité,
Je pense pouvoir l’expliquer autrement,
Si tu as raison, comme je le suppose.
iv. Tant qu’il est permis de planter, celui qui cultive [iv. Négligence]
n’ignore pas la plantation.
Celui-là, si c’était ton souhait,
Tu pourrais maintenant bien le sauver.
Sur ce, avec un arc vert,
Un collier de zibeline qu’elle possédait,
Elle le noua, puis s’y attacha elle-même,
De sorte qu’autour d’elle se forma une boucle blanche,
Et elle s’y suspendit.
Les dieux en furent émus,
Et Déméphon fut si réprimandé,
Que de la providence des dieux
Il en résulta une telle preuve
Pour toujours par la suite,
Car Phyllis, dans le même geste,
Fut transformée en roseau,
Afin que tous puissent la voir,
Et après Phyllis, Phyllibert
Ce roseau fut planté dans la terre,
Et encore, pour la honte de Déméphon,
Ce nom demeura à jamais.
Cette funeste aventure, telle qu’elle se déroula,
Dès que Déméphon l’apprit, P. ii. 31
Et chacun en parlait,
Mais sa douleur ne pouvait être apaisée ;
Il tenta d’exiler son roseau,
Mais il était déjà trop tard.
Vois donc, mon Fils, tu pourrais savoir, Confesseur.
Ainsi est-il écrit à propos de ce vice ;
Car personne ne peut éviter les maux
Qui proviennent de la négligence,
Comme je te l’ai rapporté dans mes écrits.
Mais quant à la manière dont le roseau a été traité,
Je pense pouvoir l’expliquer autrement,
Si tu as raison, comme je le suppose.
iv. Tant qu’il est permis de planter, celui qui cultive [iv. Négligence]
n’ignore pas la plantation.
Page 569
Si les fruits disparaissent, qu’il s’en accuse lui-même.
Ces jours heureux sont passés, et aucun autre ne vaut autant ;
Celui qui est lent dans son amour manque d’exemple.1175
Fulfild de Slowthes est un exemple :
Il a un secrétaire,
Et on l’appelle la Négligence :
Celui qui ne veut pas examiner ses actes…
Ici, le confesseur traite du vice
Qu’il a toujours connu auparavant ;
La Négligence, dont
Dès qu’il connaît sa cause, l’état devient l’Accident.
Alors il devient sage comme un chien : il embrasse toutes
Les arts et les sciences, tant que
Aucune aide humaine ne peut suffire en matière d’amour,
Alors il préfère rester en arrière ; il abandonne ce qui est honteux,
Car lorsqu’il ne peut plus rien corriger, il ne peut rien faire.
Alors il est vaincu, et dit en fin de compte qu’il n’y a pas de remède :
« Ah, si seulement j’avais su ! » Il néglige les devoirs de son ministère,
Et finit par être blâmé à posteriori.
Il part, car lorsque la grande occasion se présente, il tente de la saisir, puis il s’en va, prétentieux.
Et il ferme bien la porte de l’écurie :
P. ii. 32
Ainsi, il ne fait que répéter ce qu’il dira ou fera plus tard.
Il a aussi une manière de faire :
On ne peut pas apprendre à être sage avec lui,
Car il ne donne aucune valeur aux vertus,
Seulement selon ce qui lui convient pour le moment ;
Ainsi, il tombe dans la tromperie,
Lorsqu’il arrive au moment opportun.
Et ainsi, mon fils, tu peux bien comprendre :
Si tu es ainsi en amour,
Tu ne pourras jamais atteindre ce que tu désires vraiment.
Mon saint Père, comme je le crois, Confession d’un Amant.
Je peux, avec une conscience tranquille,
Me justifier de ma négligence
Envers l’amour, en tous points.
Ces jours heureux sont passés, et aucun autre ne vaut autant ;
Celui qui est lent dans son amour manque d’exemple.1175
Fulfild de Slowthes est un exemple :
Il a un secrétaire,
Et on l’appelle la Négligence :
Celui qui ne veut pas examiner ses actes…
Ici, le confesseur traite du vice
Qu’il a toujours connu auparavant ;
La Négligence, dont
Dès qu’il connaît sa cause, l’état devient l’Accident.
Alors il devient sage comme un chien : il embrasse toutes
Les arts et les sciences, tant que
Aucune aide humaine ne peut suffire en matière d’amour,
Alors il préfère rester en arrière ; il abandonne ce qui est honteux,
Car lorsqu’il ne peut plus rien corriger, il ne peut rien faire.
Alors il est vaincu, et dit en fin de compte qu’il n’y a pas de remède :
« Ah, si seulement j’avais su ! » Il néglige les devoirs de son ministère,
Et finit par être blâmé à posteriori.
Il part, car lorsque la grande occasion se présente, il tente de la saisir, puis il s’en va, prétentieux.
Et il ferme bien la porte de l’écurie :
P. ii. 32
Ainsi, il ne fait que répéter ce qu’il dira ou fera plus tard.
Il a aussi une manière de faire :
On ne peut pas apprendre à être sage avec lui,
Car il ne donne aucune valeur aux vertus,
Seulement selon ce qui lui convient pour le moment ;
Ainsi, il tombe dans la tromperie,
Lorsqu’il arrive au moment opportun.
Et ainsi, mon fils, tu peux bien comprendre :
Si tu es ainsi en amour,
Tu ne pourras jamais atteindre ce que tu désires vraiment.
Mon saint Père, comme je le crois, Confession d’un Amant.
Je peux, avec une conscience tranquille,
Me justifier de ma négligence
Envers l’amour, en tous points.
Page 570
920 Car bien que je ne sois pas des sages,
Je suis si véritablement amoureux
Que je suis toujours curieux
De ceux qui savent le mieux
Connaître et savoir toutes les manières
Par lesquelles l’amour peut réussir.
Mais je n’ai encore trouvé ni méthode,
Ni moyen qui pût mener à ce but ;
Car jamais je n’ai entendu dire
Quelle chose pourrait servir
930 À gagner l’amour sans échec. P. ii. 33
Ainsi, je cherche en vain
Un homme sensé ou raisonnable
Qui pût m’enseigner une telle art,
Afin que je n’échoue en rien ;
Et quant à ma propre intelligence,
Je ne parviens toujours pas
À trouver la moindre certitude
Qui pût accélérer ou ralentir
940 Mon amour : car on aime bien sans crainte,
S’il existait un tel moyen,
Si certain que je mourrai,
Je l’aurais appris depuis longtemps.
Mais je sais bien qu’il n’en est rien :
Et peut-être aussi,
Je suis si grossier dans mon état
Et mes connaissances si faibles,
Que je ne puis jamais atteindre pleinement
Une telle science.
950 Mais ceci je peux affirmer encore,
Bien que mon intelligence ne soit pas forte,
Ce n’est pas contre ma volonté,
Car il est nécessaire, jour et nuit,
D’apprendre tout ce qu’on peut apprendre,
Pour savoir comment gagner l’amour :
1177 Mais pour l’instant, je suis encore au début.
Je suis si véritablement amoureux
Que je suis toujours curieux
De ceux qui savent le mieux
Connaître et savoir toutes les manières
Par lesquelles l’amour peut réussir.
Mais je n’ai encore trouvé ni méthode,
Ni moyen qui pût mener à ce but ;
Car jamais je n’ai entendu dire
Quelle chose pourrait servir
930 À gagner l’amour sans échec. P. ii. 33
Ainsi, je cherche en vain
Un homme sensé ou raisonnable
Qui pût m’enseigner une telle art,
Afin que je n’échoue en rien ;
Et quant à ma propre intelligence,
Je ne parviens toujours pas
À trouver la moindre certitude
Qui pût accélérer ou ralentir
940 Mon amour : car on aime bien sans crainte,
S’il existait un tel moyen,
Si certain que je mourrai,
Je l’aurais appris depuis longtemps.
Mais je sais bien qu’il n’en est rien :
Et peut-être aussi,
Je suis si grossier dans mon état
Et mes connaissances si faibles,
Que je ne puis jamais atteindre pleinement
Une telle science.
950 Mais ceci je peux affirmer encore,
Bien que mon intelligence ne soit pas forte,
Ce n’est pas contre ma volonté,
Car il est nécessaire, jour et nuit,
D’apprendre tout ce qu’on peut apprendre,
Pour savoir comment gagner l’amour :
1177 Mais pour l’instant, je suis encore au début.
Page 571
J’en voudrais mettre fin,
Et comme je ne sais pas comment cela se passera,
C’est là ma plus grande tristesse.
960 Mais je prends Dieu à témoin, P. ii. 34
Selon mon entendement,
Je n’ai jamais été autrement négligent
Que ce que je vous dis :
Car par sainte charité,
Dites-moi, mon père, ce que vous pensez.
En bonne foi, Fils, dites-moi bien, Confesseur.
Que vous-même ayez ainsi agi
Face à ce vice, dans lequel aucune intelligence
Ne peut persister, car en une heure
Il perd tout ce pour quoi il a travaillé
Pendant longtemps, si bien que l’on dit
Que tout ce qu’il fait est en vain.
Car à cause de la lenteur de la négligence,
Il n’y eut jamais de science
Ni de vertu qui fût solide,
Qui ne fût détruite et perdue ainsi.
Comme c’est le cas,
Je le trouve aussi écrit dans un livre.
Phébus, qui est le fils du Soleil, [L’histoire de Phaéton.]
980 Celui qui brille sur la Terre et assure la santé de tous les êtres vivants,
avait un fils dans toute sa gloire. Contre ce vice,
il met en garde contre la négligence ;
ce fils s’appelait Phaéton, et il désirait, Confesseur,
avec son père, comploter ; il raconte
l’exemple de celui qui fut appelé Clément,
à savoir que Phaéton, fils du Soleil,
pour obtenir de l’aide et des conseils, afin qu’il puisse conduire
le char de son père à travers les airs,
fut averti par son père,
aux beaux jours lumineux,
de ne pas laisser les chevaux
s’échapper, et lui-même
voulait bien le faire, mais suivant néanmoins le conseil de son père.
Il y avait trois points où il fut particulièrement négligent.
Et comme je ne sais pas comment cela se passera,
C’est là ma plus grande tristesse.
960 Mais je prends Dieu à témoin, P. ii. 34
Selon mon entendement,
Je n’ai jamais été autrement négligent
Que ce que je vous dis :
Car par sainte charité,
Dites-moi, mon père, ce que vous pensez.
En bonne foi, Fils, dites-moi bien, Confesseur.
Que vous-même ayez ainsi agi
Face à ce vice, dans lequel aucune intelligence
Ne peut persister, car en une heure
Il perd tout ce pour quoi il a travaillé
Pendant longtemps, si bien que l’on dit
Que tout ce qu’il fait est en vain.
Car à cause de la lenteur de la négligence,
Il n’y eut jamais de science
Ni de vertu qui fût solide,
Qui ne fût détruite et perdue ainsi.
Comme c’est le cas,
Je le trouve aussi écrit dans un livre.
Phébus, qui est le fils du Soleil, [L’histoire de Phaéton.]
980 Celui qui brille sur la Terre et assure la santé de tous les êtres vivants,
avait un fils dans toute sa gloire. Contre ce vice,
il met en garde contre la négligence ;
ce fils s’appelait Phaéton, et il désirait, Confesseur,
avec son père, comploter ; il raconte
l’exemple de celui qui fut appelé Clément,
à savoir que Phaéton, fils du Soleil,
pour obtenir de l’aide et des conseils, afin qu’il puisse conduire
le char de son père à travers les airs,
fut averti par son père,
aux beaux jours lumineux,
de ne pas laisser les chevaux
s’échapper, et lui-même
voulait bien le faire, mais suivant néanmoins le conseil de son père.
Il y avait trois points où il fut particulièrement négligent.
Page 572
À son fils, en toutes circonstances, il interdit d’utiliser des chevaux avec un char trop lourd, afin que celui-ci ne commette pas d’erreurs fatales. Il lui permit cependant de le faire, mais à condition qu’il garde bien les rênes fermement en main, afin que le char ne tombe pas. De plus, il lui ordonna de ne pas traverser certains fleuves, car cela pourrait causer sa perte. Il fallait donc qu’il évite de se tromper de chemin. Il devait conduire son char avec prudence, afin d’éviter la catastrophe. 990 Il ne devait pas se tromper de route. 1000 Avec une grande prudence, il devait diriger son char vers le bas ou vers le haut, selon les besoins, afin de ne pas le faire tomber. C’est ainsi que Phébus confia à Phéton la responsabilité de conduire le char. 1010 Mais Phéton était tellement orgueilleux qu’il ne prêtait aucune attention aux conséquences de ses actes. Il ne surveillait pas son char, et c’est pourquoi il finit par le faire tomber. Il laissa donc les chevaux tirer le char sans contrôle, où bon leur semblait. Cela entraîna finalement sa perte. Il ne voulait pas comprendre les conséquences de ses actes. 1020 Il fit donc descendre le char vers le bas, ce qui provoqua un incendie dans le monde entier. Tout le monde était alors dans l’inquiétude et demandait de l’aide aux dieux pour se sortir de cette situation désastreuse. Phébus, voyant cette négligence, décida que Phéton devait tomber du char dans un fleuve.
Page 573
1030 Et trente. Vois maintenant comment cela s’est passé
Avec celui qui était si négligent,
Que, voulant monter vers le haut firmament,
Il fut aussitôt renversé en bas.
C’est là un vice1187 [L’histoire d’Icare.]
Vouloir monter en haut, et dans le service,
Il est pénible de vouloir monter vers le haut ; Exemple sur
le même sujet concernant Icare,
dont on trouve une histoire en poésie au sujet du fils de Dédale.
Je découvre que jadis Dédale, emprisonné avec le Minotaure,
avait un fils, Icare ; Dédale, afin qu’il puisse s’échapper,
lui donna des ailes, mais bien qu’il pensât le haïr, hélas,
tous deux étaient enfermés dans cette prison, solidement
avec le Minotaure, qui leur ordonna de ne pas monter trop haut à cause du soleil ;
ils ne pouvaient sortir nulle part ; la chaleur augmentait :
Alors ils commencèrent à chercher un moyen par lequel Icare pourrait
s’échapper de la prison, en négligeant leurs précautions.
Dédale, qui depuis sa jeunesse avait acquis de grandes compétences,
soudainement, tombant du ciel avec des plumes et d’autres objets,
expira.
Il avait fabriqué diverses ailes
pour lui-même et aussi pour son fils ; P. ii. 37
Il lui confia la responsabilité de veiller à ce que
ses ailes soient faites de cire, et si jamais il tentait de s’envoler vers le haut, elles fondraient certainement sous l’effet du soleil.
Ainsi, ils commencèrent leur fuite
de cette prison belle et douce ;
1060 Et quand ils furent tous deux en l’air,
Icare commença à monter,
sans suivre les conseils
donnés par son père, jusqu’à ce que le soleil fasse fondre ses ailes,
ce qui les fit tomber du haut, sans aucune aide.
Avec celui qui était si négligent,
Que, voulant monter vers le haut firmament,
Il fut aussitôt renversé en bas.
C’est là un vice1187 [L’histoire d’Icare.]
Vouloir monter en haut, et dans le service,
Il est pénible de vouloir monter vers le haut ; Exemple sur
le même sujet concernant Icare,
dont on trouve une histoire en poésie au sujet du fils de Dédale.
Je découvre que jadis Dédale, emprisonné avec le Minotaure,
avait un fils, Icare ; Dédale, afin qu’il puisse s’échapper,
lui donna des ailes, mais bien qu’il pensât le haïr, hélas,
tous deux étaient enfermés dans cette prison, solidement
avec le Minotaure, qui leur ordonna de ne pas monter trop haut à cause du soleil ;
ils ne pouvaient sortir nulle part ; la chaleur augmentait :
Alors ils commencèrent à chercher un moyen par lequel Icare pourrait
s’échapper de la prison, en négligeant leurs précautions.
Dédale, qui depuis sa jeunesse avait acquis de grandes compétences,
soudainement, tombant du ciel avec des plumes et d’autres objets,
expira.
Il avait fabriqué diverses ailes
pour lui-même et aussi pour son fils ; P. ii. 37
Il lui confia la responsabilité de veiller à ce que
ses ailes soient faites de cire, et si jamais il tentait de s’envoler vers le haut, elles fondraient certainement sous l’effet du soleil.
Ainsi, ils commencèrent leur fuite
de cette prison belle et douce ;
1060 Et quand ils furent tous deux en l’air,
Icare commença à monter,
sans suivre les conseils
donnés par son père, jusqu’à ce que le soleil fasse fondre ses ailes,
ce qui les fit tomber du haut, sans aucune aide.
Page 574
Il tomba dans sa propre destruction.
Et le liche, dans cet état,
Est tombé bien des fois, je le sais,
1070 À cause du manque de gouvernance, tant en amour qu’en autres domaines.
Maintenant, bon père, je vous en prie, ô Amans.
S’il y a davantage à dire sur Slowthe, que je puisse le mentionner ici.
Mon Fils, et pour ta diligence,
Confesseur : la conscience de chaque homme
Doit être régulée et maintenue par elle ;
Si tu veux vraiment la préserver,
Je veux te dire, par-dessus tout,
1080 Celui en qui aucune vertu ne peut exister, P. ii. 38.
Celui-là reste attaché aux vices,
Et c’est le plus lent de tous.
v. Absque labore vagus vir inutilis ocia [v. Oisiveté.]
plectens,
Nescio quid presens vita valebit ei.
Non amor in talibus miseris viget, immo valoris
Qui faciunt opera clamat habere suos.
Parmi ces autres membres de la famille de Slowthe,
Qui rejettent tout travail
Et haïssent toute occupation,
Il en est un encore, que l’Oisiveté1192 désigne ici.
Le Confesseur parle de lui : il s’appelle Accidie,
Qui, parmi tous les vices chez les hommes, est appelée Ocium,
Et qui procure mille facilités. Sa condition, dans
la culture des vertus,
1090 En hiver, il ne souffre pas du froid, en été jamais de la chaleur ; sans occupation,
Que ce soit par froid ou par chaleur, il n’admet aucune diligence,
Que ce soit dedans ou dehors,1193 avec n’importe qui,
Il préfère rester oisif partout, sans chercher de solution.
Mais s’il prie, Dieu l’entendra.1194
Car qui donc accepte jamais des récompenses ?
Et le liche, dans cet état,
Est tombé bien des fois, je le sais,
1070 À cause du manque de gouvernance, tant en amour qu’en autres domaines.
Maintenant, bon père, je vous en prie, ô Amans.
S’il y a davantage à dire sur Slowthe, que je puisse le mentionner ici.
Mon Fils, et pour ta diligence,
Confesseur : la conscience de chaque homme
Doit être régulée et maintenue par elle ;
Si tu veux vraiment la préserver,
Je veux te dire, par-dessus tout,
1080 Celui en qui aucune vertu ne peut exister, P. ii. 38.
Celui-là reste attaché aux vices,
Et c’est le plus lent de tous.
v. Absque labore vagus vir inutilis ocia [v. Oisiveté.]
plectens,
Nescio quid presens vita valebit ei.
Non amor in talibus miseris viget, immo valoris
Qui faciunt opera clamat habere suos.
Parmi ces autres membres de la famille de Slowthe,
Qui rejettent tout travail
Et haïssent toute occupation,
Il en est un encore, que l’Oisiveté1192 désigne ici.
Le Confesseur parle de lui : il s’appelle Accidie,
Qui, parmi tous les vices chez les hommes, est appelée Ocium,
Et qui procure mille facilités. Sa condition, dans
la culture des vertus,
1090 En hiver, il ne souffre pas du froid, en été jamais de la chaleur ; sans occupation,
Que ce soit par froid ou par chaleur, il n’admet aucune diligence,
Que ce soit dedans ou dehors,1193 avec n’importe qui,
Il préfère rester oisif partout, sans chercher de solution.
Mais s’il prie, Dieu l’entendra.1194
Car qui donc accepte jamais des récompenses ?
Page 575
Et puis il mérite le pire châtiment,
Il n’y a pas de seigneur qu’il veuille servir,
Quant au duel dans son service,
1100 Mais s’il en était ainsi,
Il suppose alors que c’est là une marque de noblesse et de protection,
Alors il reste d’autant plus tranquille,
Et utilise à sa guise sa paresse.
Car il ne veut prendre aucun travail
Pour chevaucher pour le bien de sa dame, P. ii. 39
Il vit entièrement selon ses caprices ;
Et comme un chat voudrait manger des poissons
Sans mouiller ses pattes,
1110 Ainsi voudrait-il faire, mais souvent
Il échoue à ce qu’il souhaite.
Mon Fils, si tu es un tel confesseur,
Tu es fou ; dis-moi donc tout ce qui est écrit.
Non, père, par Dieu, j’ai une promesse, Amans.
En ce qui concerne l’amour, autant que ma raison le permet,
Je n’ai jamais été paresseux, et je ne le serai jamais tant que je vivrai.
Maintenant, Fils, dis-moi donc, Confesseur :
Qu’as-tu fait pour servir l’amour
1120 Et pour servir la dame
Qui t’a engagé ?
Mon père, cette confession d’Amant existe toujours.
Partout, en tout lieu,
Quoi que ma dame me demande,
Avec tout mon cœur obéissant,
J’ai toujours été zélé.
Et si elle ne demande rien d’autre,
Tout ce qui me vient à l’esprit pour pouvoir la satisfaire,
1130 Je m’incline et offre mes services,
Parfois dans la chambre, parfois dans la salle,
Selon les occasions qui se présentent.
Et quand elle va à la messe ici,1195
Il n’y a pas de seigneur qu’il veuille servir,
Quant au duel dans son service,
1100 Mais s’il en était ainsi,
Il suppose alors que c’est là une marque de noblesse et de protection,
Alors il reste d’autant plus tranquille,
Et utilise à sa guise sa paresse.
Car il ne veut prendre aucun travail
Pour chevaucher pour le bien de sa dame, P. ii. 39
Il vit entièrement selon ses caprices ;
Et comme un chat voudrait manger des poissons
Sans mouiller ses pattes,
1110 Ainsi voudrait-il faire, mais souvent
Il échoue à ce qu’il souhaite.
Mon Fils, si tu es un tel confesseur,
Tu es fou ; dis-moi donc tout ce qui est écrit.
Non, père, par Dieu, j’ai une promesse, Amans.
En ce qui concerne l’amour, autant que ma raison le permet,
Je n’ai jamais été paresseux, et je ne le serai jamais tant que je vivrai.
Maintenant, Fils, dis-moi donc, Confesseur :
Qu’as-tu fait pour servir l’amour
1120 Et pour servir la dame
Qui t’a engagé ?
Mon père, cette confession d’Amant existe toujours.
Partout, en tout lieu,
Quoi que ma dame me demande,
Avec tout mon cœur obéissant,
J’ai toujours été zélé.
Et si elle ne demande rien d’autre,
Tout ce qui me vient à l’esprit pour pouvoir la satisfaire,
1130 Je m’incline et offre mes services,
Parfois dans la chambre, parfois dans la salle,
Selon les occasions qui se présentent.
Et quand elle va à la messe ici,1195
Page 576
Ce temps ne passera pas,
Car je m’approche de sa beauté,
Si seulement je pouvais la prendre dans mes bras, P. ii. 40
Vers la chapelle et plus loin encore.
Alors, tout n’est plus que rêve pour moi,
Je pourrais faire mieux,
1140 Si je pouvais la tenir sans vêtements,
La porter vêtue dans mes bras :
Mais ensuite cela me fait du mal,
À cause de cette pure imagination ;
Car souvent je me représente ainsi,
Et je dis : « Ô Seigneur, comme elle est douce,
Comme elle est ronde, comme elle est petite !
Ah, si seulement Dieu me la donnait entièrement,
Sans aucun danger pour moi ! »
1150 Alors je reste assis en silence,
Car je vois que mes pensées
Sont détruites en vain dans la nuit.
Mais malgré tout cela, quand vient un autre jour,
Je ne m’occupe pas de ma propre beauté.
Car j’y consacre mon intelligence
Pour observer les moments et attendre
Ce qu’il convient de faire et de laisser :
1160 Ainsi, quand le moment est venu, je la laisse tranquille,
Je fais ce qu’elle me demande,
Et où elle me dit d’aller, j’y vais,
1196 Et quand elle veut pleurer, je viens.
Ainsi, elle a complètement vaincu
Ma vanité jusqu’à ma mort,
De sorte que je n’ai plus besoin de la servir, P. ii. 41
Car, comme on dit, la nécessité n’a pas de loi.
Ainsi, je ne dois pas être tiré par la nécessité,
Je sers, je m’incline, je regarde, j’attends,
1170 Mon esprit la suit partout.
Car je m’approche de sa beauté,
Si seulement je pouvais la prendre dans mes bras, P. ii. 40
Vers la chapelle et plus loin encore.
Alors, tout n’est plus que rêve pour moi,
Je pourrais faire mieux,
1140 Si je pouvais la tenir sans vêtements,
La porter vêtue dans mes bras :
Mais ensuite cela me fait du mal,
À cause de cette pure imagination ;
Car souvent je me représente ainsi,
Et je dis : « Ô Seigneur, comme elle est douce,
Comme elle est ronde, comme elle est petite !
Ah, si seulement Dieu me la donnait entièrement,
Sans aucun danger pour moi ! »
1150 Alors je reste assis en silence,
Car je vois que mes pensées
Sont détruites en vain dans la nuit.
Mais malgré tout cela, quand vient un autre jour,
Je ne m’occupe pas de ma propre beauté.
Car j’y consacre mon intelligence
Pour observer les moments et attendre
Ce qu’il convient de faire et de laisser :
1160 Ainsi, quand le moment est venu, je la laisse tranquille,
Je fais ce qu’elle me demande,
Et où elle me dit d’aller, j’y vais,
1196 Et quand elle veut pleurer, je viens.
Ainsi, elle a complètement vaincu
Ma vanité jusqu’à ma mort,
De sorte que je n’ai plus besoin de la servir, P. ii. 41
Car, comme on dit, la nécessité n’a pas de loi.
Ainsi, je ne dois pas être tiré par la nécessité,
Je sers, je m’incline, je regarde, j’attends,
1170 Mon esprit la suit partout.
Page 577
Ce qu’elle veut, je le veux aussi,
Quand elle est assise, je m’agenouille près d’elle,
Et quand elle se tient debout, alors je veux me tenir debout :
Mais quand elle prend son ouvrage entre ses mains,
Que ce soit tisser ou broder,
Alors je ne peux que méditer et prier
Sur ses doigts longs et fins,
Et maintenant je pense, maintenant je parle,
Maintenant je chante, maintenant je pleure,
Et c’est ainsi que je passe mon temps.
Et si, parfois,
Elle ne veut pas rester avec moi,
Mais préfère s’occuper d’autres choses,
Alors je trouve d’autres distractions
Pour occuper ces longues journées,
Car je ne veux pas m’éloigner.
Et je suis si simple d’esprit,
Que pour simuler un peu de divertissement,
Je joue avec son petit chien
Tantôt sur le lit, tantôt par terre,
Tantôt avec ses brides dans la cage ;
Car il n’y a pas de page si jeune,
Ni de serviteur si simple,
Que je ne rende tous heureux,
Rien que pour qu’ils sachent bien parler :
Ainsi voyez comment je m’occupe constamment, P. ii. 42,
Afin de ne pas passer mon temps en vain.
Et si elle a envie de sortir
En pèlerinage ou ailleurs,
Je viens, même si je ne suis pas encore prêt,
Je la prends dans mes bras et la hisse
Sur sa selle douce,
Et ainsi je la conduis, car je ne veux pas être inutile.
Et si elle veut monter à cheval,
Alors je peux m’y opposer,
Mais je m’adapte aussitôt pour pouvoir monter aussi.
Quand elle est assise, je m’agenouille près d’elle,
Et quand elle se tient debout, alors je veux me tenir debout :
Mais quand elle prend son ouvrage entre ses mains,
Que ce soit tisser ou broder,
Alors je ne peux que méditer et prier
Sur ses doigts longs et fins,
Et maintenant je pense, maintenant je parle,
Maintenant je chante, maintenant je pleure,
Et c’est ainsi que je passe mon temps.
Et si, parfois,
Elle ne veut pas rester avec moi,
Mais préfère s’occuper d’autres choses,
Alors je trouve d’autres distractions
Pour occuper ces longues journées,
Car je ne veux pas m’éloigner.
Et je suis si simple d’esprit,
Que pour simuler un peu de divertissement,
Je joue avec son petit chien
Tantôt sur le lit, tantôt par terre,
Tantôt avec ses brides dans la cage ;
Car il n’y a pas de page si jeune,
Ni de serviteur si simple,
Que je ne rende tous heureux,
Rien que pour qu’ils sachent bien parler :
Ainsi voyez comment je m’occupe constamment, P. ii. 42,
Afin de ne pas passer mon temps en vain.
Et si elle a envie de sortir
En pèlerinage ou ailleurs,
Je viens, même si je ne suis pas encore prêt,
Je la prends dans mes bras et la hisse
Sur sa selle douce,
Et ainsi je la conduis, car je ne veux pas être inutile.
Et si elle veut monter à cheval,
Alors je peux m’y opposer,
Mais je m’adapte aussitôt pour pouvoir monter aussi.
Page 578
Je reste du côté de Charès ;
Et comme je le dis, je parle parmi eux,
1210 Et en même temps je chante une chanson,
Que Ovide a écrite dans ses livres,
Et il dit : « Ô quelle douce joie,1200
Ô quelle prospérité merveilleuse
Appartient à la nature
De l’amour, qui veut ainsi le servir !
Et pourtant personne ne peut s’en écarter,
Sans avoir à obéir à sa loi. »
Ainsi je poursuis mon chemin,
Et je suis partout entièrement dévoué,
1220 De tout mon cœur et de tout mon corps,
Comme je vous l’ai déjà dit.
Mon bon père, dites-moi donc,
Si j’ai péché par vanité.
Mon Fils, si tu veux le dire au Confesseur,
Alors tu n’auras pas à faire de pénitence ici. P. ii. 43
Et certes, on peut voir aujourd’hui
Combien il y a de cœurs lents,
1230 Qui ne veulent pas se donner la peine de comprendre
Ce qu’est l’amour, jusqu’à ce que, finalement,
Il les submerge de force,
Afin qu’ils obéissent malgré eux
Et abandonnent toute vanité,
Pour servir bien et fidèlement.
Mais, Mon Fils, tu n’es pas de ceux-là,
Car l’amour justifiera tes actes :
Sinon, si tu refuses
D’aimer, tu pourrais devenir
1240 Vain, comme autrefois
Une princesse royale insouciante,
Jusqu’à ce que Cupidon la punisse :
Tu entendras alors une histoire à ce sujet.
Et comme je le dis, je parle parmi eux,
1210 Et en même temps je chante une chanson,
Que Ovide a écrite dans ses livres,
Et il dit : « Ô quelle douce joie,1200
Ô quelle prospérité merveilleuse
Appartient à la nature
De l’amour, qui veut ainsi le servir !
Et pourtant personne ne peut s’en écarter,
Sans avoir à obéir à sa loi. »
Ainsi je poursuis mon chemin,
Et je suis partout entièrement dévoué,
1220 De tout mon cœur et de tout mon corps,
Comme je vous l’ai déjà dit.
Mon bon père, dites-moi donc,
Si j’ai péché par vanité.
Mon Fils, si tu veux le dire au Confesseur,
Alors tu n’auras pas à faire de pénitence ici. P. ii. 43
Et certes, on peut voir aujourd’hui
Combien il y a de cœurs lents,
1230 Qui ne veulent pas se donner la peine de comprendre
Ce qu’est l’amour, jusqu’à ce que, finalement,
Il les submerge de force,
Afin qu’ils obéissent malgré eux
Et abandonnent toute vanité,
Pour servir bien et fidèlement.
Mais, Mon Fils, tu n’es pas de ceux-là,
Car l’amour justifiera tes actes :
Sinon, si tu refuses
D’aimer, tu pourrais devenir
1240 Vain, comme autrefois
Une princesse royale insouciante,
Jusqu’à ce que Cupidon la punisse :
Tu entendras alors une histoire à ce sujet.
Page 579
De l’Arménie, je raconte ainsi, [L’Histoire de Rosiphelee.]
Il y avait un roi nommé Herupus, qui avait une fille belle et charmante. Comme on le dit, elle s’appelait Rosiphelee ; c’était une jeune femme de grande renommée, à la fois sage et belle, et elle devait hériter du trône de son père. Mais elle avait un défaut : la lenteur. On raconte son histoire d’amour, et c’était celle d’une princesse arménienne. Elle savait si bien se comporter qu’elle pouvait, dès le début de sa jeunesse, rester absorbée par les affaires de l’amour, sans aucune imagination ; mais plus tard, une vision merveilleuse la corrigea, afin qu’elle connaisse enfin les devoirs de l’amour. Ainsi, elle fut la plus lente de toutes, car tel est le destin des personnes qui manquent de zèle. Jusqu’au jour où Vénus, la déesse qui règne sur les affaires d’amour, l’aida à sortir de cette situation, avec Cupidon et ses flèches. Car c’est étonnant que quelqu’un d’aussi sage, même à l’âge de la passion, ne désire pas se marier ni l’amour d’un amant, ce qui est pourtant la coutume chez ceux qui sont passionnés. Ainsi en fut-il par la suite : celui qui abaisse les cœurs avec ses flèches, Cupidon, dieu de l’amour, en fit un outil pour chasser leur désir excessif. Ainsi, en peu de temps, elle fut poussée à agir, et tout son comportement changea, comparé à sa lenteur initiale.
Il y avait un roi nommé Herupus, qui avait une fille belle et charmante. Comme on le dit, elle s’appelait Rosiphelee ; c’était une jeune femme de grande renommée, à la fois sage et belle, et elle devait hériter du trône de son père. Mais elle avait un défaut : la lenteur. On raconte son histoire d’amour, et c’était celle d’une princesse arménienne. Elle savait si bien se comporter qu’elle pouvait, dès le début de sa jeunesse, rester absorbée par les affaires de l’amour, sans aucune imagination ; mais plus tard, une vision merveilleuse la corrigea, afin qu’elle connaisse enfin les devoirs de l’amour. Ainsi, elle fut la plus lente de toutes, car tel est le destin des personnes qui manquent de zèle. Jusqu’au jour où Vénus, la déesse qui règne sur les affaires d’amour, l’aida à sortir de cette situation, avec Cupidon et ses flèches. Car c’est étonnant que quelqu’un d’aussi sage, même à l’âge de la passion, ne désire pas se marier ni l’amour d’un amant, ce qui est pourtant la coutume chez ceux qui sont passionnés. Ainsi en fut-il par la suite : celui qui abaisse les cœurs avec ses flèches, Cupidon, dieu de l’amour, en fit un outil pour chasser leur désir excessif. Ainsi, en peu de temps, elle fut poussée à agir, et tout son comportement changea, comparé à sa lenteur initiale.
Page 580
Car c’est ainsi que les choses se passèrent, comme tu le verras ici.
Lorsque vint le mois de mai,
Elle voulut se promener un jour,
Et c’était alors le soleil Ariste ;
Peu de femmes en étaient au courant, P. ii. 45
Et elle partit secrètement
Vers le parc voisin,
Marchant doucement sur l’herbe,
1290 Jusqu’à ce qu’elle arrive dans la prairie,
Où coulait une grande rivière.
Cela lui parut beau, et elle dit : « Ici,
Je veux demeurer à l’abri des regards » :
Elle ordonna à ses femmes de s’éloigner,
Et elle resta là, toute seule,
À réfléchir à ce qu’elle désirait.
Elle vit les belles fleurs éclore,
Elle entendit les oiseaux chanter dans les bosquets,
Elle vit les plus beaux animaux de son espèce,
1300 Le cerf, le daim, le bœuf, la biche,
Les mâles accompagnant les femelles ;
Et alors commença un conflit
Entre l’amour et son cœur insensible,
Dont elle ne pouvait s’échapper.
Alors qu’elle regardait autour d’elle,
Elle vit une troupe
De jeunes filles, qui arrivaient à cheval
Le long du bord des bois :
Elles portaient de belles tenues,
1310 Toutes blanches, grasses et grandes,
Et chacune montait à côté d’une autre.
Les selles étaient si magnifiques,
Ornées de perles et d’or avec tant de soin,
Si riches qu’elle n’en avait jamais vu de pareilles ;
Vêtues de robes et de coiffures somptueuses,
Toutes pareilles, P. ii. 46,
D’un blanc éclatant ;
Avec toutes les parures qu’elle connaissait.
Lorsque vint le mois de mai,
Elle voulut se promener un jour,
Et c’était alors le soleil Ariste ;
Peu de femmes en étaient au courant, P. ii. 45
Et elle partit secrètement
Vers le parc voisin,
Marchant doucement sur l’herbe,
1290 Jusqu’à ce qu’elle arrive dans la prairie,
Où coulait une grande rivière.
Cela lui parut beau, et elle dit : « Ici,
Je veux demeurer à l’abri des regards » :
Elle ordonna à ses femmes de s’éloigner,
Et elle resta là, toute seule,
À réfléchir à ce qu’elle désirait.
Elle vit les belles fleurs éclore,
Elle entendit les oiseaux chanter dans les bosquets,
Elle vit les plus beaux animaux de son espèce,
1300 Le cerf, le daim, le bœuf, la biche,
Les mâles accompagnant les femelles ;
Et alors commença un conflit
Entre l’amour et son cœur insensible,
Dont elle ne pouvait s’échapper.
Alors qu’elle regardait autour d’elle,
Elle vit une troupe
De jeunes filles, qui arrivaient à cheval
Le long du bord des bois :
Elles portaient de belles tenues,
1310 Toutes blanches, grasses et grandes,
Et chacune montait à côté d’une autre.
Les selles étaient si magnifiques,
Ornées de perles et d’or avec tant de soin,
Si riches qu’elle n’en avait jamais vu de pareilles ;
Vêtues de robes et de coiffures somptueuses,
Toutes pareilles, P. ii. 46,
D’un blanc éclatant ;
Avec toutes les parures qu’elle connaissait.
Page 581
Ils étaient enveloppés partout.
1320 Ici, les corps étaient longs et minces,
La beauté sur son visage1209
N’était pas quelque chose de terrestre qui pût la défigurer ;
Des couronnes sur leur tête ils portaient,
Comme si chacun d’eux était une reine,
Aussi que tout l’or du palais de Crésus
Ne pouvait égaler la valeur de la moindre de ces couronnes :
Ainsi ils apparurent, montés à cheval.
La fille du roi, qui vit cela,
1330 Se pencha profondément en avant,
Et les tint serrés sous son arc,
Laischant passer eux silencieusement un instant ;
Car, dans son esprit, pour ceux d’une telle valeur,
Elle ne valait même pas qu’on la regarde là,
Peu importe quand ils arriveraient ou qui ils étaient :
Mais plus que tous les biens de ce monde,
Elle aurait voulu savoir comment cela se passait,
Et aurait retiré sa tête complètement ;
1340 Et tandis qu’elle regardait autour d’elle,
Elle vit venir sous le chêne1210
Une femme à cheval derrière.1211
Le cheval sur lequel elle était montée était noir,
Très maigre et couvert de plaies sur le dos,
Et s’arrêtait, comme s’il était prisonnier,
Ce qui expliquait la présence de la femme ; P. ii. 47
Ainsi le cheval était dans un état misérable,
Sauf pour une étoile blanche1212
Au milieu de son front.
1350 Sa selle aussi était terriblement mauvaise,
Dans laquelle cette pauvre femme était assise,
Et il n’y avait rien avec elle
Qu’une riche parure pour les yeux
En or et pierres précieuses.
Sa robe était quelque peu déchirée.
1320 Ici, les corps étaient longs et minces,
La beauté sur son visage1209
N’était pas quelque chose de terrestre qui pût la défigurer ;
Des couronnes sur leur tête ils portaient,
Comme si chacun d’eux était une reine,
Aussi que tout l’or du palais de Crésus
Ne pouvait égaler la valeur de la moindre de ces couronnes :
Ainsi ils apparurent, montés à cheval.
La fille du roi, qui vit cela,
1330 Se pencha profondément en avant,
Et les tint serrés sous son arc,
Laischant passer eux silencieusement un instant ;
Car, dans son esprit, pour ceux d’une telle valeur,
Elle ne valait même pas qu’on la regarde là,
Peu importe quand ils arriveraient ou qui ils étaient :
Mais plus que tous les biens de ce monde,
Elle aurait voulu savoir comment cela se passait,
Et aurait retiré sa tête complètement ;
1340 Et tandis qu’elle regardait autour d’elle,
Elle vit venir sous le chêne1210
Une femme à cheval derrière.1211
Le cheval sur lequel elle était montée était noir,
Très maigre et couvert de plaies sur le dos,
Et s’arrêtait, comme s’il était prisonnier,
Ce qui expliquait la présence de la femme ; P. ii. 47
Ainsi le cheval était dans un état misérable,
Sauf pour une étoile blanche1212
Au milieu de son front.
1350 Sa selle aussi était terriblement mauvaise,
Dans laquelle cette pauvre femme était assise,
Et il n’y avait rien avec elle
Qu’une riche parure pour les yeux
En or et pierres précieuses.
Sa robe était quelque peu déchirée.
Page 582
À propos de ce milieu des vingt ans…
De brides de cheval et de belles choses encore…
Il y avait du temps là-bas.
Ainsi, quand la jeune fille arriva,
1360 elle prit place ici et vit
Cette femme au visage beau,
Libre, joyeuse, jeune et d’un âge tendre ;
Et cette jeune fille, qui se tenait là,
La considéra bien et comprit
Que celle qui arrivait pouvait lui raconter
Des nouvelles de celles qu’elle avait vues auparavant,
1214 et la fit sortir pour l’interroger,
Disant : « Ha, sœur, laissez-moi savoir,
1370 qui sont celles qui viennent maintenant ici,
Et qui sont si richement habillées ? »
Cette femme, qui était venue ainsi,
Répondit d’une voix très douce,
Et dit : « Madame, je vais vous l’expliquer.
Ce sont celles qui furent autrefois
Servantes d’amour et de fidélité,
P. ii. 48
Là où elles avaient fixé leur cœur.
Adieu, car on ne me laisse pas rester :
Madame, je dois retourner à mes devoirs,
1380 il faut donc que je me hâte de toutes les manières ;
Car, madame, si vous me laissez partir,
Je ne pourrai pas rester longtemps avec vous. »
« Ha, bonne sœur, je vous en prie,
Dites-moi qui vous êtes et pourquoi vous êtes si triste,
Et elle commença ainsi avec ces brides. »
« Madame, j’étais autrefois auprès de
Celui qui était roi pour mon père ;
Mais j’étais lente, et pour aucune raison
Je n’ai su obéir à l’amour,
1390 et maintenant j’en ai grand regret.
Car, n’ayant jamais eu d’amour,
Mon cheval est maintenant si faible et mauvais. »
De brides de cheval et de belles choses encore…
Il y avait du temps là-bas.
Ainsi, quand la jeune fille arriva,
1360 elle prit place ici et vit
Cette femme au visage beau,
Libre, joyeuse, jeune et d’un âge tendre ;
Et cette jeune fille, qui se tenait là,
La considéra bien et comprit
Que celle qui arrivait pouvait lui raconter
Des nouvelles de celles qu’elle avait vues auparavant,
1214 et la fit sortir pour l’interroger,
Disant : « Ha, sœur, laissez-moi savoir,
1370 qui sont celles qui viennent maintenant ici,
Et qui sont si richement habillées ? »
Cette femme, qui était venue ainsi,
Répondit d’une voix très douce,
Et dit : « Madame, je vais vous l’expliquer.
Ce sont celles qui furent autrefois
Servantes d’amour et de fidélité,
P. ii. 48
Là où elles avaient fixé leur cœur.
Adieu, car on ne me laisse pas rester :
Madame, je dois retourner à mes devoirs,
1380 il faut donc que je me hâte de toutes les manières ;
Car, madame, si vous me laissez partir,
Je ne pourrai pas rester longtemps avec vous. »
« Ha, bonne sœur, je vous en prie,
Dites-moi qui vous êtes et pourquoi vous êtes si triste,
Et elle commença ainsi avec ces brides. »
« Madame, j’étais autrefois auprès de
Celui qui était roi pour mon père ;
Mais j’étais lente, et pour aucune raison
Je n’ai su obéir à l’amour,
1390 et maintenant j’en ai grand regret.
Car, n’ayant jamais eu d’amour,
Mon cheval est maintenant si faible et mauvais. »
Page 583
Et tout cela est mon destin,1215
Et chaque année, en ce frais mois de mai,
Ces jeunes filles joyeuses cavalent partout,
Et moi je dois suivre ce chemin
De cette manière que vous voyez maintenant,1216
Et porter ici des fardeaux avec moi,
Et je ne suis rien d’autre qu’un simple palefrenier.
1400 Je n’ai pas d’autre fonction ;
Alors je pense que je ne vaux plus rien,
Car j’étais lent à apprendre l’art de l’amour,
Quand j’en avais encore la possibilité,
Et je ne voulais pas écouter les récits de ceux
Qui savaient enseigner l’amour.
« Dites-moi donc, je vous en prie, P. ii. 49,
À qui sert cette riche fiancée ? »
Avec ces paroles tendres, elle se détourna,
Se mit à pleurer et dit ainsi :
1410 « Cette fiancée, que vous voyez là
Si richement assise sur mon cheval —
Ma Dame, avant même que je ne meure,
Quand j’étais dans ma vie joyeuse,
Un amour s’est insinué dans mon cœur,
Un amour qui m’a submergé,
Si bien que par la suite je n’ai plus pensé
Qu’à aimer un chevalier :
Cela a duré environ quarante jours,
Car il ne pouvait durer plus longtemps,1217
1420 Jusqu’à ce que ma vie soit entièrement consumée.
Mais maintenant, hélas, il est trop tard
Pour que je l’aie aimé :
La mort est venue si vite,
Que je n’ai eu aucun temps
Pour y parvenir.
Mais malgré tout, je suis soulagé,
Car ma volonté était bonne,
L’amour permet que ce soit ainsi,
Et je prendrai une autre fiancée. »
Et chaque année, en ce frais mois de mai,
Ces jeunes filles joyeuses cavalent partout,
Et moi je dois suivre ce chemin
De cette manière que vous voyez maintenant,1216
Et porter ici des fardeaux avec moi,
Et je ne suis rien d’autre qu’un simple palefrenier.
1400 Je n’ai pas d’autre fonction ;
Alors je pense que je ne vaux plus rien,
Car j’étais lent à apprendre l’art de l’amour,
Quand j’en avais encore la possibilité,
Et je ne voulais pas écouter les récits de ceux
Qui savaient enseigner l’amour.
« Dites-moi donc, je vous en prie, P. ii. 49,
À qui sert cette riche fiancée ? »
Avec ces paroles tendres, elle se détourna,
Se mit à pleurer et dit ainsi :
1410 « Cette fiancée, que vous voyez là
Si richement assise sur mon cheval —
Ma Dame, avant même que je ne meure,
Quand j’étais dans ma vie joyeuse,
Un amour s’est insinué dans mon cœur,
Un amour qui m’a submergé,
Si bien que par la suite je n’ai plus pensé
Qu’à aimer un chevalier :
Cela a duré environ quarante jours,
Car il ne pouvait durer plus longtemps,1217
1420 Jusqu’à ce que ma vie soit entièrement consumée.
Mais maintenant, hélas, il est trop tard
Pour que je l’aie aimé :
La mort est venue si vite,
Que je n’ai eu aucun temps
Pour y parvenir.
Mais malgré tout, je suis soulagé,
Car ma volonté était bonne,
L’amour permet que ce soit ainsi,
Et je prendrai une autre fiancée. »
Page 584
1430 Maintenant, écoutez toutes mes réponses :
À Dieu, ma Dame, je m’en remets,
Et j’avertis tous pour mon compte
Du danger de cet amour qui n’est pas vain,
Et je leur demande de prier pour ma fiancée.
Avec ces mots, il partit soudainement,
Comme un nuage, P. ii. 50,
Disparaissant complètement de la vue de cette jeune femme.
Bien que son cœur fût profondément affligé,
Elle se dit : « Hélas !
1440 Je suis dans la même situation.
Mais si je vis après ce jour,
Je le réparerai, si je le peux. »
Ainsi, cette dame rentra chez elle,
Changea complètement son attitude,
Jura dans son cœur de ne plus jamais aimer ainsi.
Vois, Fils, tu peux en tirer une leçon, Confesseur.
Comme c’est vain de craindre l’amour,
Comme je l’ai écrit.
1450 Car tu pourrais comprendre et savoir
Que, parmi les gens nobles,
L’amour est une occupation
Qui permet de maîtriser ses désirs ;
Chaque cœur noble devrait en avoir.
Non pas parce que c’est la vérité, mais
Comme cette jeune femme fut punie, ainsi aussi
Le chevalier doit être averti : celui qui aime est vain,
Et ne sait pas servir l’amour ;
Il mérite alors une punition plus grande encore
Que celle qu’a subie cette femme,
1460 Lorsqu’elle portait les rênes du cheval avec son enfant ;
C’est pourquoi il vaut mieux être prudent à ce sujet.
Mais surtout, gardez à l’esprit,
Ces jeunes filles, qu’il en soit ainsi : [Oisiveté en amour.]
Elles devraient prendre exemple sur ce que je viens de dire, car c’est bien vrai. P. ii. 51
À Dieu, ma Dame, je m’en remets,
Et j’avertis tous pour mon compte
Du danger de cet amour qui n’est pas vain,
Et je leur demande de prier pour ma fiancée.
Avec ces mots, il partit soudainement,
Comme un nuage, P. ii. 50,
Disparaissant complètement de la vue de cette jeune femme.
Bien que son cœur fût profondément affligé,
Elle se dit : « Hélas !
1440 Je suis dans la même situation.
Mais si je vis après ce jour,
Je le réparerai, si je le peux. »
Ainsi, cette dame rentra chez elle,
Changea complètement son attitude,
Jura dans son cœur de ne plus jamais aimer ainsi.
Vois, Fils, tu peux en tirer une leçon, Confesseur.
Comme c’est vain de craindre l’amour,
Comme je l’ai écrit.
1450 Car tu pourrais comprendre et savoir
Que, parmi les gens nobles,
L’amour est une occupation
Qui permet de maîtriser ses désirs ;
Chaque cœur noble devrait en avoir.
Non pas parce que c’est la vérité, mais
Comme cette jeune femme fut punie, ainsi aussi
Le chevalier doit être averti : celui qui aime est vain,
Et ne sait pas servir l’amour ;
Il mérite alors une punition plus grande encore
Que celle qu’a subie cette femme,
1460 Lorsqu’elle portait les rênes du cheval avec son enfant ;
C’est pourquoi il vaut mieux être prudent à ce sujet.
Mais surtout, gardez à l’esprit,
Ces jeunes filles, qu’il en soit ainsi : [Oisiveté en amour.]
Elles devraient prendre exemple sur ce que je viens de dire, car c’est bien vrai. P. ii. 51
Page 585
Ma chère Vénus, que je sers,
Quelle femme voudrait employer quelqu’un qui ne le mérite pas ?
Elle ne doit jamais subir un tel amour
De la part de ses amants, mais elle doit obéir
Aux lois de Cupidon ; et naturellement,
Les hommes mettent un tel amour en cage,
Ainsi qu’il est souvent vu,
Entre bruits et faux envieux,
Toujours empli de maladies :
Mais un tel amour est bon lorsqu’il est fondé sur le mariage ;
Car alors on peut montrer son visage
Où que l’on soit, ouvertement.
C’est vraiment étonnant que une jeune fille veuille laisser passer
Le temps qui lui est destiné pour se précipiter vers une telle fête,
Où l’amour est entièrement honnête.
On peut retrouver ce qui a été perdu,
Mais jamais un homme sage n’a réussi à retrouver le temps perdu :
Ainsi, une jeune fille devrait bien prendre exemple
Sur cette folie,
Et ne pas changer son cœur selon ses désirs passagers
Vers le mariage, comme on le voit.
Car ainsi, en un an, deux ans ou trois,
Elle risque de se marier,
Alors qu’elle pourrait encore assumer
La responsabilité des enfants, que le monde interdit…
Mais quelle jeune fille veut se marier rapidement,
Lorsqu’elle pourrait attendre ?
Elle risque alors, par hasard, d’être abandonnée
Le jour où son bien-aimé serait disponible.
Voici donc une histoire à son sujet,
Qui est coupable en cette affaire.
Quelle femme voudrait employer quelqu’un qui ne le mérite pas ?
Elle ne doit jamais subir un tel amour
De la part de ses amants, mais elle doit obéir
Aux lois de Cupidon ; et naturellement,
Les hommes mettent un tel amour en cage,
Ainsi qu’il est souvent vu,
Entre bruits et faux envieux,
Toujours empli de maladies :
Mais un tel amour est bon lorsqu’il est fondé sur le mariage ;
Car alors on peut montrer son visage
Où que l’on soit, ouvertement.
C’est vraiment étonnant que une jeune fille veuille laisser passer
Le temps qui lui est destiné pour se précipiter vers une telle fête,
Où l’amour est entièrement honnête.
On peut retrouver ce qui a été perdu,
Mais jamais un homme sage n’a réussi à retrouver le temps perdu :
Ainsi, une jeune fille devrait bien prendre exemple
Sur cette folie,
Et ne pas changer son cœur selon ses désirs passagers
Vers le mariage, comme on le voit.
Car ainsi, en un an, deux ans ou trois,
Elle risque de se marier,
Alors qu’elle pourrait encore assumer
La responsabilité des enfants, que le monde interdit…
Mais quelle jeune fille veut se marier rapidement,
Lorsqu’elle pourrait attendre ?
Elle risque alors, par hasard, d’être abandonnée
Le jour où son bien-aimé serait disponible.
Voici donc une histoire à son sujet,
Qui est coupable en cette affaire.
Page 586
Je pense alors à ce que j’ai lu.
Parmi les Juifs, comme on le raconte, il y avait autrefois une fille noble, que Jephté aimait. Et comme il devait partir en guerre contre le cruel roi Amon, il fit en son cœur le vœu, selon la promesse de son père, de l’offrir en holocauste à Dieu. Il dit : « Ô Seigneur, si tu veux accorder la victoire à cet homme, je m’offrirai moi-même en sacrifice en mémoire du fait que j’étais vierge, afin que, dès que je verrai naître un enfant, homme ou femme, du peuple de Dieu, je te l’offrirai, toi qui es Dieu souverain, avec mes compagnons, en ton nom et en sacrifice. » Ainsi, par chevalerie, il renonça à sa virginité, avant de mourir, en exemple pour les autres. Il demanda que personne ne perde ce qu’il avait gagné. Ce prince avait une fille belle et charmante, et la renommée, propagée par les paroles, parvint jusqu’à elle, lui apprenant ce que son père avait fait. Elle attendait son retour en dansant et en chantant, désirant être la première parmi toutes les autres ; c’est pourquoi elle fut la première à Masphat, à la porte de son père. Lorsqu’il arriva et vit sa fille, il déchira ses vêtements et, en pleurant, il dit : « Ô mon Dieu parmi nous, je ne sais vraiment pas comment… »
Parmi les Juifs, comme on le raconte, il y avait autrefois une fille noble, que Jephté aimait. Et comme il devait partir en guerre contre le cruel roi Amon, il fit en son cœur le vœu, selon la promesse de son père, de l’offrir en holocauste à Dieu. Il dit : « Ô Seigneur, si tu veux accorder la victoire à cet homme, je m’offrirai moi-même en sacrifice en mémoire du fait que j’étais vierge, afin que, dès que je verrai naître un enfant, homme ou femme, du peuple de Dieu, je te l’offrirai, toi qui es Dieu souverain, avec mes compagnons, en ton nom et en sacrifice. » Ainsi, par chevalerie, il renonça à sa virginité, avant de mourir, en exemple pour les autres. Il demanda que personne ne perde ce qu’il avait gagné. Ce prince avait une fille belle et charmante, et la renommée, propagée par les paroles, parvint jusqu’à elle, lui apprenant ce que son père avait fait. Elle attendait son retour en dansant et en chantant, désirant être la première parmi toutes les autres ; c’est pourquoi elle fut la première à Masphat, à la porte de son père. Lorsqu’il arriva et vit sa fille, il déchira ses vêtements et, en pleurant, il dit : « Ô mon Dieu parmi nous, je ne sais vraiment pas comment… »
Page 587
La joie de ce monde ne peut jamais être complète.
En 1540, j’avais tout ce que je pouvais désirer ;
Seul mon cœur était empli de cette grâce.
Lorsque je suis venu en ce lieu,
Il n’y avait personne plus joyeux que moi.
Mais maintenant, mon seigneur, soudainement,
Ma joie s’est transformée en tristesse,
Car ma fille doit demain
Être donnée et brûlée en offrande,
Pour prolonger ce sacrifice
Par l’intermédiaire de moi, comme il se doit.
La jeune fille, lorsqu’elle apprit cela,
Et vit la tristesse causée à son père,
Ne put le consoler par des mots ;
Elle lui demanda plutôt de respecter
Le pacte qu’il avait fait envers Dieu, comme il se devait.
Mais son cœur était accablé à l’idée de sa mort prochaine ;
Alors, agenouillée devant son père,
Elle dit qu’avant de mourir, elle voulait lui demander
Quarante jours de délai,
Afin de pouvoir pleurer encore
Sa virginité, qu’elle avait conservée
Jusqu’à présent sans jamais la perdre ;
C’est pourquoi elle n’avait eu aucun enfant
Par mariage, conformément à la loi,
De sorte que le peuple ne soit pas affligé.
Mais pour que cela puisse être accordé,
Elle voulait rester auprès de lui.
En 1540, j’avais tout ce que je pouvais désirer ;
Seul mon cœur était empli de cette grâce.
Lorsque je suis venu en ce lieu,
Il n’y avait personne plus joyeux que moi.
Mais maintenant, mon seigneur, soudainement,
Ma joie s’est transformée en tristesse,
Car ma fille doit demain
Être donnée et brûlée en offrande,
Pour prolonger ce sacrifice
Par l’intermédiaire de moi, comme il se doit.
La jeune fille, lorsqu’elle apprit cela,
Et vit la tristesse causée à son père,
Ne put le consoler par des mots ;
Elle lui demanda plutôt de respecter
Le pacte qu’il avait fait envers Dieu, comme il se devait.
Mais son cœur était accablé à l’idée de sa mort prochaine ;
Alors, agenouillée devant son père,
Elle dit qu’avant de mourir, elle voulait lui demander
Quarante jours de délai,
Afin de pouvoir pleurer encore
Sa virginité, qu’elle avait conservée
Jusqu’à présent sans jamais la perdre ;
C’est pourquoi elle n’avait eu aucun enfant
Par mariage, conformément à la loi,
De sorte que le peuple ne soit pas affligé.
Mais pour que cela puisse être accordé,
Elle voulait rester auprès de lui.
Page 588
Avec d’autres jeunes filles pour se lamenter,
Et ensuite, vers la souffrance
De la mort, elle voulait bien venir.
Le père vit sa fille ainsi,
Et aussitôt, d’un commun accord,
1580 Les jeunes filles acceptèrent
De partir avec cette jeune fille.
Ainsi parlèrent-elles à ce sujet :
Elles allèrent dans les vallées et les plaines
En pleurant et en racontant des histoires tristes ;
Chaque femme mariée se lamentait
Pour cette raison, P. ii. 55,
Car elle n’avait pas eu d’enfants,
Et c’est pour cela qu’elle connaissait la jeunesse,
Qu’elle ne pourrait jamais retrouver :
1590 Car était venue son dernière journée,
Dans laquelle elle devait affronter
Sa mort, qu’elle ne pouvait fuir.
Voilà comment elle mourut, une jeune fille malheureuse,
Pour la raison que j’ai mentionnée,
Comme tu l’as compris ci-dessus.
Mon fils, à propos des amoureux des jeunes filles,
Vous qui contez leurs histoires,
Vous avez ce défaut de lenteur ;
Expliquez-moi donc, je vous prie,
1600 Pourquoi vous n’avez épargné aucune femme
De celui qui est resté si en arrière.
Mais il me vient à l’esprit,
À propos des hommes dont vous parlez,
De celui qui ne voulait pas endurer tant de peines
À cause de l’amour :
En parlant de manière si voilée,
Je ne sais quelles peines vous avez en tête.
Mon fils, et aussi mon confesseur,
Je veux te dire ce que j’ai pensé :
1610 Autrefois, les hommes aimaient ici
À travers de grandes peines, dans des pays étrangers.
Et ensuite, vers la souffrance
De la mort, elle voulait bien venir.
Le père vit sa fille ainsi,
Et aussitôt, d’un commun accord,
1580 Les jeunes filles acceptèrent
De partir avec cette jeune fille.
Ainsi parlèrent-elles à ce sujet :
Elles allèrent dans les vallées et les plaines
En pleurant et en racontant des histoires tristes ;
Chaque femme mariée se lamentait
Pour cette raison, P. ii. 55,
Car elle n’avait pas eu d’enfants,
Et c’est pour cela qu’elle connaissait la jeunesse,
Qu’elle ne pourrait jamais retrouver :
1590 Car était venue son dernière journée,
Dans laquelle elle devait affronter
Sa mort, qu’elle ne pouvait fuir.
Voilà comment elle mourut, une jeune fille malheureuse,
Pour la raison que j’ai mentionnée,
Comme tu l’as compris ci-dessus.
Mon fils, à propos des amoureux des jeunes filles,
Vous qui contez leurs histoires,
Vous avez ce défaut de lenteur ;
Expliquez-moi donc, je vous prie,
1600 Pourquoi vous n’avez épargné aucune femme
De celui qui est resté si en arrière.
Mais il me vient à l’esprit,
À propos des hommes dont vous parlez,
De celui qui ne voulait pas endurer tant de peines
À cause de l’amour :
En parlant de manière si voilée,
Je ne sais quelles peines vous avez en tête.
Mon fils, et aussi mon confesseur,
Je veux te dire ce que j’ai pensé :
1610 Autrefois, les hommes aimaient ici
À travers de grandes peines, dans des pays étrangers.
Page 589
Là où ils ont écrit avec ces chiens
De nombreuses actions glorieuses,
En des lieux étranges, comme on peut le dire.
De nombreuses actions glorieuses,
En des lieux étranges, comme on peut le dire.
Page 590
vi. Ce que Vénus approuve, c’est celui dont la valeur au combat est prouvée ; et ce que P. ii. 56 condamne, c’est celui qui est paresseux. Les amants doivent se montrer dignes de l’amour ; car le paresseux tarde à entreprendre des actions courageuses.
Je constate bien que tout amour de pure nature est encouragé ; mais parfois, il en va autrement, si bien que cela rend l’homme encore plus digne d’éloges. Celui qui cherche la grâce de l’amour doit s’exercer sans relâche dans les exercices militaires, afin de ne pas devenir paresseux. S’il mérite ainsi d’être honoré, alors, comme ces hommes d’armes, il doit parfois se rendre en mer, parfois en Prusse, parfois en Tartarie. Ainsi, ces hérauts peuvent proclamer : « Vaillant, vaillant, voilà où il va ! » Ensuite, il leur donne de l’or et des vêtements, afin que sa renommée s’étende, et qu’il puisse rapporter à sa bien-aimée des nouvelles de sa bravoure. Ainsi, elle pourra connaître ses exploits, et les gens en garderont le souvenir, ce qui favorisera son amour et éloignera les dangers, puisque tous se souviennent du bien.
Je constate bien que tout amour de pure nature est encouragé ; mais parfois, il en va autrement, si bien que cela rend l’homme encore plus digne d’éloges. Celui qui cherche la grâce de l’amour doit s’exercer sans relâche dans les exercices militaires, afin de ne pas devenir paresseux. S’il mérite ainsi d’être honoré, alors, comme ces hommes d’armes, il doit parfois se rendre en mer, parfois en Prusse, parfois en Tartarie. Ainsi, ces hérauts peuvent proclamer : « Vaillant, vaillant, voilà où il va ! » Ensuite, il leur donne de l’or et des vêtements, afin que sa renommée s’étende, et qu’il puisse rapporter à sa bien-aimée des nouvelles de sa bravoure. Ainsi, elle pourra connaître ses exploits, et les gens en garderont le souvenir, ce qui favorisera son amour et éloignera les dangers, puisque tous se souviennent du bien.
Page 591
Et c’est bien ce qu’elle sait, pour son bien,
Que jamais il ne veut abandonner ce labeur. P. ii. 57
Mon Fils, par ce labeur je veux dire : le Confesseur.
Je ne t’écris pas cela, car il sera évident
Si tu es inutile en cette affaire.
Mon père, tu l’as toujours été : Confession d’un Amant.
Car, comme je le pense fidèlement [Arguments contraires.]
1650 Chacun fait plus que moi en cela,
Et si c’est ainsi,
Alors que j’ai fait tant pour cela,
C’est si peu de récompense,
Qu’on pourrait dire qu’il est impossible
De gagner l’amour de celle qu’on désire.
C’est pourquoi je te le dis par écrit :
Je préférerais gagner son amour
Que Jérusalem et tout ce qui s’y trouve ;
Et pour abandonner tout cela,
1660 je ne sais quel bien cela pourrait m’apporter,
Même si cela entraînait beaucoup de souffrances.
J’ai trouvé cela écrit : Christ a ordonné
Que personne d’autre ne le fasse.
Que pourrais-je gagner sur les autres,
Si je perdais ma bien-aimée chez moi ?
Mais ils ont quitté la mer,
À ceux que Christ a ordonné de prêcher
Au monde entier et d’enseigner sa foi ;
Mais maintenant ils reviennent dans ce nid
1670 et vivent comme ils l’entendent,
Dans toute la douceur des délices.
Ainsi, ils nous protègent des vices,
Et se placent eux-mêmes au milieu ;
Ils nous demandent de dormir et de combattre, P. ii. 58
Ceux qu’ils devraient, selon le livre,
Convertir à la foi de Christ.
Mais j’en suis très étonné :
Comment peuvent-ils me demander de travailler ?
Si je dors, je serai un Sarrasin.
Que jamais il ne veut abandonner ce labeur. P. ii. 57
Mon Fils, par ce labeur je veux dire : le Confesseur.
Je ne t’écris pas cela, car il sera évident
Si tu es inutile en cette affaire.
Mon père, tu l’as toujours été : Confession d’un Amant.
Car, comme je le pense fidèlement [Arguments contraires.]
1650 Chacun fait plus que moi en cela,
Et si c’est ainsi,
Alors que j’ai fait tant pour cela,
C’est si peu de récompense,
Qu’on pourrait dire qu’il est impossible
De gagner l’amour de celle qu’on désire.
C’est pourquoi je te le dis par écrit :
Je préférerais gagner son amour
Que Jérusalem et tout ce qui s’y trouve ;
Et pour abandonner tout cela,
1660 je ne sais quel bien cela pourrait m’apporter,
Même si cela entraînait beaucoup de souffrances.
J’ai trouvé cela écrit : Christ a ordonné
Que personne d’autre ne le fasse.
Que pourrais-je gagner sur les autres,
Si je perdais ma bien-aimée chez moi ?
Mais ils ont quitté la mer,
À ceux que Christ a ordonné de prêcher
Au monde entier et d’enseigner sa foi ;
Mais maintenant ils reviennent dans ce nid
1670 et vivent comme ils l’entendent,
Dans toute la douceur des délices.
Ainsi, ils nous protègent des vices,
Et se placent eux-mêmes au milieu ;
Ils nous demandent de dormir et de combattre, P. ii. 58
Ceux qu’ils devraient, selon le livre,
Convertir à la foi de Christ.
Mais j’en suis très étonné :
Comment peuvent-ils me demander de travailler ?
Si je dors, je serai un Sarrasin.
Page 592
1680 Je sors l’âme avec moi,
Et ce n’a jamais été la doctrine du Christ.
Mais maintenant, je ne dirai plus rien.
Cependant, je veux parler de mes écrits ;
Et à Cupidon je fais un cadeau :
Celui qui mérite toujours les armes,
Je veux le servir par amour ;
Et bien que je doive les conserver tous deux,
J’aimerais aussi les garder
Lorsque viendra le moment de rester,
1690 De travailler et de voyager :
Car, quoi qu’un homme fasse pour travailler,
Cupidon a fixé son heure.
Car j’ai aussi entendu dire,
Hic allegat Amans
en ses écrits,
qu’Achille a laissé là ses armes comme excuse,
à la fois pour lui-même et pour ses hommes, expliquant comment Achille
à Troie, pour Polixène, près de Troie,
à cause de l’amour,
a abandonné ses armes lorsqu’il est tombé,
Polixène, afin qu’elles ne soient pas prises par hasard pendant un certain temps
parmi les Grecs, ni en haut ni en bas.
1700 Il ne voulait jamais entrer dans la ville
armé, par amour pour elle.
Et ainsi je pense, cher Seigneur,
qu’un homme armé lui reste
parfois dans l’espoir du meilleur, P. ii. 59
S’il peut trouver une femme convenable.
Que devrais-je alors aller si loin,
dans des pays étrangers, sur de nombreuses miles,
pour voyager, tout en négligeant chez moi
mon amour ? Ce serait une perte inutile
1710 de gagner des soucis sans en retirer de bénéfice.
Mais si ma dame le demandait,
que je doive travailler pour l’amour,
je pense sincèrement
que je pourrais traverser le ciel,
et passer à travers la mer profonde.
Et ce n’a jamais été la doctrine du Christ.
Mais maintenant, je ne dirai plus rien.
Cependant, je veux parler de mes écrits ;
Et à Cupidon je fais un cadeau :
Celui qui mérite toujours les armes,
Je veux le servir par amour ;
Et bien que je doive les conserver tous deux,
J’aimerais aussi les garder
Lorsque viendra le moment de rester,
1690 De travailler et de voyager :
Car, quoi qu’un homme fasse pour travailler,
Cupidon a fixé son heure.
Car j’ai aussi entendu dire,
Hic allegat Amans
en ses écrits,
qu’Achille a laissé là ses armes comme excuse,
à la fois pour lui-même et pour ses hommes, expliquant comment Achille
à Troie, pour Polixène, près de Troie,
à cause de l’amour,
a abandonné ses armes lorsqu’il est tombé,
Polixène, afin qu’elles ne soient pas prises par hasard pendant un certain temps
parmi les Grecs, ni en haut ni en bas.
1700 Il ne voulait jamais entrer dans la ville
armé, par amour pour elle.
Et ainsi je pense, cher Seigneur,
qu’un homme armé lui reste
parfois dans l’espoir du meilleur, P. ii. 59
S’il peut trouver une femme convenable.
Que devrais-je alors aller si loin,
dans des pays étrangers, sur de nombreuses miles,
pour voyager, tout en négligeant chez moi
mon amour ? Ce serait une perte inutile
1710 de gagner des soucis sans en retirer de bénéfice.
Mais si ma dame le demandait,
que je doive travailler pour l’amour,
je pense sincèrement
que je pourrais traverser le ciel,
et passer à travers la mer profonde.
Page 593
Car je mets tout en péril.
Que pensais-je donc pouvoir obtenir ?
À quoi sert-il à un homme d’avoir de l’argent,
Lorsqu’il manque à boire sur le rivage ?
1720 À quoi sert la parole d’un homme
Pour dire combien je travaille dur,
Lorsque je manque même de nourriture,
Celle-là même pour laquelle je travaille ?
Ah, si seulement il était né à temps,
Pour pouvoir atteindre une telle mesure.
Mais certainement, si je pouvais m’échapper
D’une manière ou d’une autre des soucis du monde, alors, je pense,
On ne me chasserait pas de sa compagnie.
1730 Mais voici ce que je vois, de nos jours :
Le dieu aveugle, je ne sais pas qui c’est,
Cupidon, maître de l’amour,
Il a semé la discorde entre les choses, P. ii. 60.
Ainsi, ceux qui veulent aimer
Reçoivent pleinement toute sa grâce ; et ainsi je constate
Que celui qui devrait rester en arrière
Se retrouve souvent en tête :
1740 Je ne comprends donc pas bien pourquoi,
Sur quel rivage je dois aborder.
Je ne peux donc pas me conseiller moi-même,
Car je mets tout en jeu,
Et je suis, comme on dit, sans remède
Pour tout ce que je peux voir ou faire :
De plus en plus, je constate que
Plus j’ai de besoins,
Plus je m’agenouille et prie
Avec de bonnes paroles et avec douceur,
1750 Plus on me refuse souvent,
Même avec mes supplications, je n’obtiens rien.
Et en bonne foi, c’est là un grand péché.
Que pensais-je donc pouvoir obtenir ?
À quoi sert-il à un homme d’avoir de l’argent,
Lorsqu’il manque à boire sur le rivage ?
1720 À quoi sert la parole d’un homme
Pour dire combien je travaille dur,
Lorsque je manque même de nourriture,
Celle-là même pour laquelle je travaille ?
Ah, si seulement il était né à temps,
Pour pouvoir atteindre une telle mesure.
Mais certainement, si je pouvais m’échapper
D’une manière ou d’une autre des soucis du monde, alors, je pense,
On ne me chasserait pas de sa compagnie.
1730 Mais voici ce que je vois, de nos jours :
Le dieu aveugle, je ne sais pas qui c’est,
Cupidon, maître de l’amour,
Il a semé la discorde entre les choses, P. ii. 60.
Ainsi, ceux qui veulent aimer
Reçoivent pleinement toute sa grâce ; et ainsi je constate
Que celui qui devrait rester en arrière
Se retrouve souvent en tête :
1740 Je ne comprends donc pas bien pourquoi,
Sur quel rivage je dois aborder.
Je ne peux donc pas me conseiller moi-même,
Car je mets tout en jeu,
Et je suis, comme on dit, sans remède
Pour tout ce que je peux voir ou faire :
De plus en plus, je constate que
Plus j’ai de besoins,
Plus je m’agenouille et prie
Avec de bonnes paroles et avec douceur,
1750 Plus on me refuse souvent,
Même avec mes supplications, je n’obtiens rien.
Et en bonne foi, c’est là un grand péché.
Page 594
Car je ne puis dire, par effort et réflexion,
Que cet homme est inutile ;
Car autant que je suis négligé,
J’essaie toujours.
Mais bien que mon effort dure,
Tout n’est qu’un effort vain,
Car quand l’effet est vanité,
1760 je ne sais pas ce qu’est l’effort.
Dis, à quoi sert tout cet effort,
Qui ne sert en rien dans le besoin ?
Car le destin de toute renommée
Fera naître un nom à sa fin. P. ii. 61
Et c’est ainsi qu’il en va maintenant :
Je veux me qualifier d’homme inutile,
Selon ma propre compréhension :
Mais avec votre correction,
Mon saint père, comme il semble,1245 [Le Confesseur répond.]
1770 Ma raison et ma cause m’y obligent.
Mon Fils, j’ai entendu parler de cette affaire, Confesseur.
Tu as écrit cela ici :
Et pour parler de cette conduite vaine,
Il me semble que tu t’en moques,
Mais seulement que tu ne peux pas te hâter.
À ce sujet, Mon Fils, je veux te conseiller :
Attends, ne te presse pas de jeûner ;
Ces jours sont faits pour être jetés,
Tu ne sais pas quelle chance adviendra.
1780 Il vaut mieux attendre le moment opportun1246
Que de lutter contre les courants violents :
Car même si tu y penses longtemps,
Par hasard, la révolution
Du ciel et de cette condition
Ne sera peut-être plus en accord.
Mais je veux faire cette mention
À Vénus, à qui je suis prêtre,
Car depuis que je suis venu ici,
Comme il me semblait bon, cette vie…
Que cet homme est inutile ;
Car autant que je suis négligé,
J’essaie toujours.
Mais bien que mon effort dure,
Tout n’est qu’un effort vain,
Car quand l’effet est vanité,
1760 je ne sais pas ce qu’est l’effort.
Dis, à quoi sert tout cet effort,
Qui ne sert en rien dans le besoin ?
Car le destin de toute renommée
Fera naître un nom à sa fin. P. ii. 61
Et c’est ainsi qu’il en va maintenant :
Je veux me qualifier d’homme inutile,
Selon ma propre compréhension :
Mais avec votre correction,
Mon saint père, comme il semble,1245 [Le Confesseur répond.]
1770 Ma raison et ma cause m’y obligent.
Mon Fils, j’ai entendu parler de cette affaire, Confesseur.
Tu as écrit cela ici :
Et pour parler de cette conduite vaine,
Il me semble que tu t’en moques,
Mais seulement que tu ne peux pas te hâter.
À ce sujet, Mon Fils, je veux te conseiller :
Attends, ne te presse pas de jeûner ;
Ces jours sont faits pour être jetés,
Tu ne sais pas quelle chance adviendra.
1780 Il vaut mieux attendre le moment opportun1246
Que de lutter contre les courants violents :
Car même si tu y penses longtemps,
Par hasard, la révolution
Du ciel et de cette condition
Ne sera peut-être plus en accord.
Mais je veux faire cette mention
À Vénus, à qui je suis prêtre,
Car depuis que je suis venu ici,
Comme il me semblait bon, cette vie…
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1790 Si tu es donc coupable,
Tu pourrais excuser ta conscience
Pour la grande diligence
Que tu as consacrée à l’amour ;
Tu devrais être loué. P. ii. 62
Mais s’il y a une faille,
C’est dans ton retard à te battre
Lorsque tu es loin des armes,
Et parce que tu fais valoir
Ce que tu as dit plus haut,
1800 alors qu’Achille, par la force de l’amour,
A laissé ses armes de côté pour un instant,
Tu connaîtras une autre histoire,
Qui est contraire, comme tu le sauras.
Car on peut trouver écrit ceci :
Lorsque l’on devient chevalier,
La luxure ne doit pas être privilégiée ;
On ne doit pas abandonner le lit
Pour prendre bouclier et lance,
Ce qui le rendra malheureux
1810 lorsqu’il sera devenu un véritable chevalier.
À ce sujet, tu comprendras une histoire :
Comment un chevalier doit revêtir ses armes
Et, en attendant, protéger sa vie.
À propos de la chevalerie, je raconte ainsi [l’histoire de Nauplius
1248 et d’Ulysse.]
Autrefois, lorsque le roi Nauplius,
Père de Palamède, dit que
l’amour
A poussé Ulysse, avec les autres Grecs aussi, à différer
le moment de partir, afin qu’il puisse les accompagner à Troie et prendre ses armes :
Et il donne,
Là où le siège devait avoir lieu, l’exemple d’Ulysse,
Qui, bien qu’il fût avec Pénélope, sa femme qu’il aimait passionnément, à cause de son amour pour Pénélope, ne voulait pas rester chez lui.
Mais il aurait pu, pendant un temps merveilleux, rester, si Nauplius…
Tu pourrais excuser ta conscience
Pour la grande diligence
Que tu as consacrée à l’amour ;
Tu devrais être loué. P. ii. 62
Mais s’il y a une faille,
C’est dans ton retard à te battre
Lorsque tu es loin des armes,
Et parce que tu fais valoir
Ce que tu as dit plus haut,
1800 alors qu’Achille, par la force de l’amour,
A laissé ses armes de côté pour un instant,
Tu connaîtras une autre histoire,
Qui est contraire, comme tu le sauras.
Car on peut trouver écrit ceci :
Lorsque l’on devient chevalier,
La luxure ne doit pas être privilégiée ;
On ne doit pas abandonner le lit
Pour prendre bouclier et lance,
Ce qui le rendra malheureux
1810 lorsqu’il sera devenu un véritable chevalier.
À ce sujet, tu comprendras une histoire :
Comment un chevalier doit revêtir ses armes
Et, en attendant, protéger sa vie.
À propos de la chevalerie, je raconte ainsi [l’histoire de Nauplius
1248 et d’Ulysse.]
Autrefois, lorsque le roi Nauplius,
Père de Palamède, dit que
l’amour
A poussé Ulysse, avec les autres Grecs aussi, à différer
le moment de partir, afin qu’il puisse les accompagner à Troie et prendre ses armes :
Et il donne,
Là où le siège devait avoir lieu, l’exemple d’Ulysse,
Qui, bien qu’il fût avec Pénélope, sa femme qu’il aimait passionnément, à cause de son amour pour Pénélope, ne voulait pas rester chez lui.
Mais il aurait pu, pendant un temps merveilleux, rester, si Nauplius…
Page 596
Comment il devait le tromper au mieux, père Palamades,
lui qui était si puissant,
afin qu’il puisse le vaincre par de douces paroles,
à la maison et dans le monde, et cultiver son amour à sa guise : il lui parla, disant que
le lendemain matin, Ulysse sortit de son lit, où il reposait, et entreprit de s’armer.
Une fois levé, il partit avec les autres vers Troie,
pour aller sur le champ de bataille, regarder et observer ; il était magnanime.
1830 Comme celui qui feint d’être paysan :
il prit une charrue, là où elle se trouvait (P. ii. 63),
et aussitôt, à la place des bœufs,
il fit travailler de grands renards,
et il sema avec beaucoup de sel.
Mais Nauplius, qui connaissait la vérité,
devina même la ruse qu’il feignait,
1840 et bientôt il organisa une autre ruse.
À cette époque, Ulysse avait un fils, et Nauplius conseilla
comment on devait enlever ce fils,
et on le plaça près de la charrue,
là où son père tenait la charrue,
dans cette boue où il croyait le noyer.
Car il pensait ainsi : Ulysse devrait payer,
que ce soit en tant que paysan ou non.
1850 Les hommes envoyés pour cet enfant partirent ;
Thélamachos fut aussitôt attaché,
devant la charrue, juste là où son père devait labourer.
Mais quand il vit son enfant, il lâcha la charrue du sol,
et Nauplius commença alors à parler,
et cria à moitié en plaisantant :
« Ô Ulysse, tu es rusé !
Que veux-tu donc accomplir par tout cela ?
1860 Car il est maintenant clair que tu as feint toute cette affaire,
ce qui est une grande honte pour un roi. »
lui qui était si puissant,
afin qu’il puisse le vaincre par de douces paroles,
à la maison et dans le monde, et cultiver son amour à sa guise : il lui parla, disant que
le lendemain matin, Ulysse sortit de son lit, où il reposait, et entreprit de s’armer.
Une fois levé, il partit avec les autres vers Troie,
pour aller sur le champ de bataille, regarder et observer ; il était magnanime.
1830 Comme celui qui feint d’être paysan :
il prit une charrue, là où elle se trouvait (P. ii. 63),
et aussitôt, à la place des bœufs,
il fit travailler de grands renards,
et il sema avec beaucoup de sel.
Mais Nauplius, qui connaissait la vérité,
devina même la ruse qu’il feignait,
1840 et bientôt il organisa une autre ruse.
À cette époque, Ulysse avait un fils, et Nauplius conseilla
comment on devait enlever ce fils,
et on le plaça près de la charrue,
là où son père tenait la charrue,
dans cette boue où il croyait le noyer.
Car il pensait ainsi : Ulysse devrait payer,
que ce soit en tant que paysan ou non.
1850 Les hommes envoyés pour cet enfant partirent ;
Thélamachos fut aussitôt attaché,
devant la charrue, juste là où son père devait labourer.
Mais quand il vit son enfant, il lâcha la charrue du sol,
et Nauplius commença alors à parler,
et cria à moitié en plaisantant :
« Ô Ulysse, tu es rusé !
Que veux-tu donc accomplir par tout cela ?
1860 Car il est maintenant clair que tu as feint toute cette affaire,
ce qui est une grande honte pour un roi. »
Page 597
Lorsque, par désir pour une femme,
Tu voudrais, dans un conflit de foi,
Abandonner une telle gloire des armes
Et te battre en duel pour amour :
Car il vaudrait mieux gagner la gloire
Que l’amour, qui est chose éphémère.
Ainsi, tu te mets en danger pour la gloire,
Et alors tu comprendras
Tous ces autres rois dignes de Grèce,
Qui t’appellent à eux ;
Ils seront certainement très en colère contre toi,
Et cela te causera de la peine :
Ce sera une double honte,
D’autant plus que tu refuses ton nom,
Par désir pour un amour quelconque,
Tu places ainsi tes désirs au-dessus de tout
Et abandonnes l’art des armes,
Qui est le prix de la virilité
Et le premier à être désiré.
Mais lui, dont le cœur brûlait pour sa femme,
Lorsqu’il entendit cela,
Ne répondit pas un mot ;
Il retourna chez lui, honteux,
Et maîtrisa son cœur à tel point
Qu’il abandonna toute folie
D’amour pour la chevalerie ;
Que ce soit volontairement ou non,
Il partit avec eux vers Troie,
Pour ne pouvoir se justifier.
Ainsi en va-t-il : si un chevalier refuse
Le désir de se battre avec les armes,
Rien au monde ne peut l’aider,
Sauf s’il combat avec courage.
Et cela s’est montré partout ;
Car il est bon, en toutes circonstances,
Que un chevalier soit prêt à affronter tous les dangers.
Tu voudrais, dans un conflit de foi,
Abandonner une telle gloire des armes
Et te battre en duel pour amour :
Car il vaudrait mieux gagner la gloire
Que l’amour, qui est chose éphémère.
Ainsi, tu te mets en danger pour la gloire,
Et alors tu comprendras
Tous ces autres rois dignes de Grèce,
Qui t’appellent à eux ;
Ils seront certainement très en colère contre toi,
Et cela te causera de la peine :
Ce sera une double honte,
D’autant plus que tu refuses ton nom,
Par désir pour un amour quelconque,
Tu places ainsi tes désirs au-dessus de tout
Et abandonnes l’art des armes,
Qui est le prix de la virilité
Et le premier à être désiré.
Mais lui, dont le cœur brûlait pour sa femme,
Lorsqu’il entendit cela,
Ne répondit pas un mot ;
Il retourna chez lui, honteux,
Et maîtrisa son cœur à tel point
Qu’il abandonna toute folie
D’amour pour la chevalerie ;
Que ce soit volontairement ou non,
Il partit avec eux vers Troie,
Pour ne pouvoir se justifier.
Ainsi en va-t-il : si un chevalier refuse
Le désir de se battre avec les armes,
Rien au monde ne peut l’aider,
Sauf s’il combat avec courage.
Et cela s’est montré partout ;
Car il est bon, en toutes circonstances,
Que un chevalier soit prêt à affronter tous les dangers.
Page 598
1900 Car de cette manière, j’ai entendu dire
que le digne roi Prothésélai1256 [Exemples de
prouesse. Lors de son passage où gisait Prothésilas.]
s’apprêtait à assiéger Troie. Il raconte comment elle, qui était entièrement soumise à lui, de la même façon que Laodamie, sa femme passionnée, épouse du roi Prothésélai,
triste à cause de son amour, voulait le retenir avec elle pendant la guerre de Troie,
malgré le fait qu’il eût tout son cœur ailleurs. À cause d’une chose à propos de laquelle elle craignait pour sa vie une mort fatale,
elle lui envoya une lettre pour l’exhorter à se battre en duel dans le port de Troie.
1910 Depuis Troie, elle lui envoya un message disant : qu’il rassemble ses troupes,
car elle avait choisi la sagesse plutôt que l’inaction. En parlant de lui de cette manière, elle émut Troie au point que les gens comprirent qu’il fallait agir ; il partit alors vers son destin éternel.
Quant aux autres, leur destin fut ainsi déterminé par la chronique des louanges : il ne pourrait échapper à la mort1257 s’il arrivait à Troie. P. ii. 66
Car, pour le bonheur de ce monde,
avec tout son cœur, elle le pressait,
1920 et pour de nombreuses autres raisons encore,
pour qu’il reste chez lui.
Mais il jeta sa lettre de côté1258,
comme celui qui, sans tenir compte des craintes d’une femme,
partit aussitôt pour Troie, étant le premier à arriver là-bas.
Pour lui, il valait mieux mourir au combat1259,
dit-on, en tant que chevalier,
que de vivre toute sa vie dans la honte et d’être blâmé pour son nom.
Voilà donc comment, dans la renommée du monde,
le rôle de chevalier a toujours été réservé à ceux qui ne connaissent pas la lâcheté.
J’ai aussi trouvé des informations sur le roi Saül [Saul],
lorsque Samuel le choisit parmi sa famille.
que le digne roi Prothésélai1256 [Exemples de
prouesse. Lors de son passage où gisait Prothésilas.]
s’apprêtait à assiéger Troie. Il raconte comment elle, qui était entièrement soumise à lui, de la même façon que Laodamie, sa femme passionnée, épouse du roi Prothésélai,
triste à cause de son amour, voulait le retenir avec elle pendant la guerre de Troie,
malgré le fait qu’il eût tout son cœur ailleurs. À cause d’une chose à propos de laquelle elle craignait pour sa vie une mort fatale,
elle lui envoya une lettre pour l’exhorter à se battre en duel dans le port de Troie.
1910 Depuis Troie, elle lui envoya un message disant : qu’il rassemble ses troupes,
car elle avait choisi la sagesse plutôt que l’inaction. En parlant de lui de cette manière, elle émut Troie au point que les gens comprirent qu’il fallait agir ; il partit alors vers son destin éternel.
Quant aux autres, leur destin fut ainsi déterminé par la chronique des louanges : il ne pourrait échapper à la mort1257 s’il arrivait à Troie. P. ii. 66
Car, pour le bonheur de ce monde,
avec tout son cœur, elle le pressait,
1920 et pour de nombreuses autres raisons encore,
pour qu’il reste chez lui.
Mais il jeta sa lettre de côté1258,
comme celui qui, sans tenir compte des craintes d’une femme,
partit aussitôt pour Troie, étant le premier à arriver là-bas.
Pour lui, il valait mieux mourir au combat1259,
dit-on, en tant que chevalier,
que de vivre toute sa vie dans la honte et d’être blâmé pour son nom.
Voilà donc comment, dans la renommée du monde,
le rôle de chevalier a toujours été réservé à ceux qui ne connaissent pas la lâcheté.
J’ai aussi trouvé des informations sur le roi Saül [Saul],
lorsque Samuel le choisit parmi sa famille.
Page 599
On raconte que la Pythie a prédit qu’encore, sur le même lieu, de la même manière que le roi Saül fut brûlé en Samarie, bien longtemps après sa mort, par l’intermédiaire de Samuel, le roi Saül lui demanda s’il fallait partir au combat ou non. Samuel lui donna aussitôt la réponse : « Le premier jour de la bataille, il mourrait au combat ; tu seras tué sans aucun doute, ainsi que tes ennemis, et ton fils Jonathan aussi. » Cependant, attaquant ses propres troupes, ce vaillant chevalier, célèbre pour son courage durant toute sa vie, entreprit ce voyage, persuadé par des flatteries. Il ne voulut pas non plus abandonner son rôle de chevalier, car aucun péril ne pouvait l’en dissuader. Lui et son fils se retrouvèrent donc sur les monts du Gélboé face à leurs ennemis. Car le rôle de chevalier de cette sorte existait depuis très longtemps, à tel point qu’ils ne connaissaient rien d’autre. Ainsi, le père, par désir de gloire militaire, partit avec son fils vers la mort, comme on le lit dans la Bible ; leur tradition de chevalerie existe encore aujourd’hui et persistera jusqu’à la fin des temps. Pour en savoir davantage, [Éducation d’Achille.] On raconte toujours que l’excellence en matière de chevalerie repose sur le courage, qui est la base même du soldat capable d’affronter les dangers avec audace. Celui qui veut suivre cet exemple doit le faire. On narre comment Chiron, selon les lois de la chevalerie, éduqua Achille dès son enfance sur le mont Pylée, lui apprenant de nombreuses choses merveilleuses afin de le rendre audacieux.
Page 600
Ce Chiron, ce Centaure, lui apprit que, puisqu’il séjournait dans de vastes contrées sauvages, là où se trouvaient des lions et des tigres, ainsi que des léopards et d’autres animaux de ce genre, il devait, avec des cerfs, des biches et des daims, affronter ces bêtes en combat singulier, sans reculer ni fuir. Ainsi, Achille, encore jeune, animé par l’esprit de combat, fut formé par ce Chiron à la bravoure au sein de son armée très célèbre. Plus tard, lorsque Chiron eut atteint un certain âge, il adopta cet enfant pour lui enseigner encore davantage comment devenir plus courageux. Afin de renforcer son courage, il l’envoya chasser dans la forêt ; quand Achille voulait chasser, le Centaure lui interdisait de poursuivre les animaux qui s’enfuyaient de leur lieu, comme des biches, des daims ou des cerfs, avec lesquels il ne pouvait avoir de combat ; mais même si ceux-ci tentaient de l’attaquer, il devait utiliser sa flèche contre les chiens, les tigres et les lions pour les poursuivre et obtenir leur viande, comme cela convient à un chevalier. Alors, Chiron fit un pacte avec Achille : tous les jours, sans exception, il devait tuer ou blesser au moins une bête féroce, afin de pouvoir rapporter une goutte de sang en rentrant chez lui. Ainsi, grâce aux enseignements de Chiron, Achille acquit un tel courage qu’il ne craignait plus aucun lion, dès qu’il avait sa flèche à la main, même si le lion était aussi fort qu’un âne.
Page 601
2010 Et cela l’a poussé à agir1268
Plus que tous les autres chevaliers de son rang,
Lorsqu’il s’agissait de grandes épreuves1269,
Comme on le sait par la suite. [Héroïsme.]
Vois donc, mon Fils, tu pourras reconnaître un Confesseur.
Car le courage et la témérité1270
Sont les preuves de la chevalerie,
Ce qui est suffisant pour aimer
Plus que tout le reste
Que l’on recherche dans le domaine de l’amour.
2020 Mais celui qui ne veut pas éviter les peines1271,
Qui travaille jour et nuit en tant que chevalier,
Je ne sais quel amour pourrait lui être utile ;
Car tout effort exige une récompense,
Et j’en pourrais donner des exemples maintenant
De ceux qui, depuis longtemps, se consacrent à l’amour,
Comme ils le devraient.
Mon Père, c’est ce que je voulais dire ici. Amants.
Mon Fils, c’est tout à fait raisonnable, Confesseur.
2030 Dans un lieu honorable,
Si un homme y place son cœur,
Alors il ne doit laisser passer aucune occasion
De faire ce qui convient à sa condition de chevalier.
P. ii. 70
Car si tu lisais les livres1272
De Lancelot et des autres,
Tu verrais bien que c’était par les armes qu’ils parvenaient
À l’amour, car sans peine
On ne peut jamais l’obtenir par la paresse.1273
2040 Et j’en prends pour témoignage
Une ancienne chronique en particulier,
Qui a été écrite en mémoire,
À cause de son amour,
Pour montrer ce qu’un chevalier doit entreprendre.
Plus que tous les autres chevaliers de son rang,
Lorsqu’il s’agissait de grandes épreuves1269,
Comme on le sait par la suite. [Héroïsme.]
Vois donc, mon Fils, tu pourras reconnaître un Confesseur.
Car le courage et la témérité1270
Sont les preuves de la chevalerie,
Ce qui est suffisant pour aimer
Plus que tout le reste
Que l’on recherche dans le domaine de l’amour.
2020 Mais celui qui ne veut pas éviter les peines1271,
Qui travaille jour et nuit en tant que chevalier,
Je ne sais quel amour pourrait lui être utile ;
Car tout effort exige une récompense,
Et j’en pourrais donner des exemples maintenant
De ceux qui, depuis longtemps, se consacrent à l’amour,
Comme ils le devraient.
Mon Père, c’est ce que je voulais dire ici. Amants.
Mon Fils, c’est tout à fait raisonnable, Confesseur.
2030 Dans un lieu honorable,
Si un homme y place son cœur,
Alors il ne doit laisser passer aucune occasion
De faire ce qui convient à sa condition de chevalier.
P. ii. 70
Car si tu lisais les livres1272
De Lancelot et des autres,
Tu verrais bien que c’était par les armes qu’ils parvenaient
À l’amour, car sans peine
On ne peut jamais l’obtenir par la paresse.1273
2040 Et j’en prends pour témoignage
Une ancienne chronique en particulier,
Qui a été écrite en mémoire,
À cause de son amour,
Pour montrer ce qu’un chevalier doit entreprendre.
Page 602
Il y avait un roi nommé Oënes1274 [L’Histoire d’Hercule et d’Achélôn.] qui, sous son règne, tenait Calydon dans son empire. Il avait une fille nommée Déianire. À cette époque, on savait que l’amour pouvait rendre un homme digne de posséder une femme aussi belle qu’elle ; les événements guerriers devaient alors être gagnés par celui qui était capable de l’étreindre. Il y avait aussi un noble chevalier, fils de Mercure, dont il est question dans l’histoire d’Hercule et d’Achélôn. Ce chevalier était si courageux que personne ne pouvait le surpasser. Hercule engagea donc un duel avec lui pour conquérir Déianire. Hercule, grâce aux merveilles qu’il accomplissait, remporta la victoire. Ce Hercule chercha alors à gagner l’amour de Déianire, ainsi que celui de son père, le roi. Le roi, connaissant sa propre noblesse, refusa de donner sa fille en mariage à ce chevalier. Mais il lui promit cependant que, même s’il était vaincu par cet autre homme en combat, elle devrait quand même l’épouser, comme cela avait été convenu. Achélôn était un géant, un homme rusé et trompeur, qui utilisait la magie et la sorcellerie pour tromper le monde entier. Lorsqu’il entendit cette histoire, le roi répondit qu’il devait d’abord affronter Hercule.
Page 603
Il est triste la nuit sur son lit,
Seulement, quand vient le besoin,
Ce qui dissipe toute peur
Et éteint tout cœur noble,
C’est l’amour, que nulle vie ne peut préserver,
Pour sa dame qu’il désire ;
Avec audace, son cœur brûle,
Et on lui envoie sans retard
La nouvelle qu’il veut engager le combat.
Ils fixent un jour, choisissent un champ ;
Les chevaliers se couvrent de boucliers,
Arrivent tous ensemble à l’heure convenue,
Et chacun affronte l’autre. P. ii. 72
Ils se battent tous les deux avec acharnement ;
Il n’y avait ni pierre, ni racine
Qui pût leur montrer le chemin,
Tout était vide et effrayant.
Ils échangent quelques coups ;
Mais Hercule, qui voulait montrer
Sa grande force comme aux autres fois,
S’élance sur lui d’un seul coup
Et le saisit dans ses bras puissants.
Ce géant sut qu’il ne pourrait pas longtemps
Supporter de tels liens ;
Il pensa qu’il fallait sortir de ces griffes
Et s’échapper d’une manière ou d’une autre.
Et comme il savait se débrouiller,
À l’aide de ses mains, il glissa
Hors de ses griffes, et s’enfuit ;
Puis, comme celui qui veut se battre,
Il le déchira en morceaux,
Et fit un bruit tel
Que l’on aurait cru que le monde allait s’effondrer :
Il piétine le sol, il le transperce,
Il avance ses grandes cornes
Et le jette çà et là.
Mais celui qui ne doutait pas de lui…
Seulement, quand vient le besoin,
Ce qui dissipe toute peur
Et éteint tout cœur noble,
C’est l’amour, que nulle vie ne peut préserver,
Pour sa dame qu’il désire ;
Avec audace, son cœur brûle,
Et on lui envoie sans retard
La nouvelle qu’il veut engager le combat.
Ils fixent un jour, choisissent un champ ;
Les chevaliers se couvrent de boucliers,
Arrivent tous ensemble à l’heure convenue,
Et chacun affronte l’autre. P. ii. 72
Ils se battent tous les deux avec acharnement ;
Il n’y avait ni pierre, ni racine
Qui pût leur montrer le chemin,
Tout était vide et effrayant.
Ils échangent quelques coups ;
Mais Hercule, qui voulait montrer
Sa grande force comme aux autres fois,
S’élance sur lui d’un seul coup
Et le saisit dans ses bras puissants.
Ce géant sut qu’il ne pourrait pas longtemps
Supporter de tels liens ;
Il pensa qu’il fallait sortir de ces griffes
Et s’échapper d’une manière ou d’une autre.
Et comme il savait se débrouiller,
À l’aide de ses mains, il glissa
Hors de ses griffes, et s’enfuit ;
Puis, comme celui qui veut se battre,
Il le déchira en morceaux,
Et fit un bruit tel
Que l’on aurait cru que le monde allait s’effondrer :
Il piétine le sol, il le transperce,
Il avance ses grandes cornes
Et le jette çà et là.
Mais celui qui ne doutait pas de lui…
Page 604
Il attendit patiemment son arrivée ;
2120 On lui prit ses deux cornes,
Et tous ensemble ils le jetèrent au sol,
Le retenant fermement,
Afin qu’il ne pût, par aucun stratagème,
S’échapper de leurs mains pour monter en hauteur, P. ii. 73
Jusqu’à ce qu’il fût vaincu et terrassé,
Et qu’Hercule obtînt ce qu’il voulait.
Le roi lui accorda de réaliser
Sa demande selon sa propre volonté,
Et pour celui à qui il avait servi,
2130 Il pensa qu’il avait bien mérité sa récompense.
Ainsi, avec une grande assurance dans les armes,
Il le fit se coucher, armé,
Comme celui qui possède le pouvoir,
Car sinon il n’aurait pas pu le faire.
Et à ce sujet, si tu le souhaites, ici1280 [Penthésilée.]
À propos de cette affaire,1281 Note sur Penthésilée,
Reine des Amazones,
Où l’amour et les armes étaient liés ; Hector, par amour,
Un homme fut tant écrit et peint uni contre
Ainsi que Penthésilée, fils d’Achille, à Troie
2140 Qui était la reine des femmes, prit également les armes
Mais l’amour d’Hector ne la poussa pas personnellement à le faire
Et aussi par honneur des armes, elle refusa.
Elle vint à Troie avec lance et bouclier,
Et se jeta elle-même dans la bataille
Avec des jeunes filles armées en grand nombre
Pour défendre la ville assiégée par les Grecs.
De Paphagonie, comme on le dit, [Philémon.]
Qui se trouve aux confins du monde, Note comment
Philémon, parce que
2150 À cette époque il plut de donner une renommée militaire
À Philémon, qui était roi, aux confins de la terre,
Vers Troie, et vint pour défendre cette noble ville ; avec un royaume
Et tout cela était pour la gloire des Amazones1282
De leur bravoure et de leur renommée dans le monde, chaque année
2120 On lui prit ses deux cornes,
Et tous ensemble ils le jetèrent au sol,
Le retenant fermement,
Afin qu’il ne pût, par aucun stratagème,
S’échapper de leurs mains pour monter en hauteur, P. ii. 73
Jusqu’à ce qu’il fût vaincu et terrassé,
Et qu’Hercule obtînt ce qu’il voulait.
Le roi lui accorda de réaliser
Sa demande selon sa propre volonté,
Et pour celui à qui il avait servi,
2130 Il pensa qu’il avait bien mérité sa récompense.
Ainsi, avec une grande assurance dans les armes,
Il le fit se coucher, armé,
Comme celui qui possède le pouvoir,
Car sinon il n’aurait pas pu le faire.
Et à ce sujet, si tu le souhaites, ici1280 [Penthésilée.]
À propos de cette affaire,1281 Note sur Penthésilée,
Reine des Amazones,
Où l’amour et les armes étaient liés ; Hector, par amour,
Un homme fut tant écrit et peint uni contre
Ainsi que Penthésilée, fils d’Achille, à Troie
2140 Qui était la reine des femmes, prit également les armes
Mais l’amour d’Hector ne la poussa pas personnellement à le faire
Et aussi par honneur des armes, elle refusa.
Elle vint à Troie avec lance et bouclier,
Et se jeta elle-même dans la bataille
Avec des jeunes filles armées en grand nombre
Pour défendre la ville assiégée par les Grecs.
De Paphagonie, comme on le dit, [Philémon.]
Qui se trouve aux confins du monde, Note comment
Philémon, parce que
2150 À cette époque il plut de donner une renommée militaire
À Philémon, qui était roi, aux confins de la terre,
Vers Troie, et vint pour défendre cette noble ville ; avec un royaume
Et tout cela était pour la gloire des Amazones1282
De leur bravoure et de leur renommée dans le monde, chaque année
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Duquel il voulait donner un nom : percipiendas sibi et heredibus suis. Et ainsi il le donna, et aussitôt il leur accorda cela. Il désirait avoir, pour une raison particulière, un beau tribut à perpétuité. 2160 Car c’est ainsi que les choses se passèrent à cette époque ; P. ii. 74. Pyrrhus, fils d’Achille… Cette reine digne, au milieu de la foule, fut dégagée par son épée acérée, puis emmenée lentement par ses hommes. Le roi des Paphagoïnes, Pantasilea des Amazones – qui était reine là-bas – l’emmena avec elle, ainsi que les jeunes filles qui lui restaient, celles qui avaient survécu, 2170, sur son navire, jusqu’à ce qu’elles arrivent. Là, le corps fut enterré avec tous les honneurs, et les femmes furent sauvées. En récompense de cet acte généreux, on lui accorda une belle récompense : chaque année, en guise de compensation, il recevrait trois jeunes filles belles, pour lui et pour ses héritiers. C’est ainsi qu’il agit, selon le destin des armes ; 2180, par son labeur, il obtint ce qu’il désirait. Sinon, il aurait échoué, s’il n’avait pas travaillé. Énée, en Italie également, n’aurait pas gagné la bataille ni remporté si facilement la victoire sur son ennemi, le roi Turnus. Non seulement il le vainquit dans la guerre, mais il obtint aussi son amour, ainsi que le royaume d’Italie. 2190 Que ces exemples servent de modèle. Vois, mon fils, comme je te l’ai dit, tu as obtenu ce que tu désirais. Tu peux bien voir qui est courageux.
Page 606
Et par ce travail et cet effort
Pour la cause de l’amour, il sera saisi
Du chemin menant à la grâce de l’amour ;
Car, en un lieu digne,
Les femmes aiment la valeur
De l’homme et de sa noblesse.
Car les nobles sont les plus désirés.
Ici, il dit : « Mon fils, si j’étais inspiré de générosité dans la cause de l’amour,
À travers tes enseignements, je saurais quelles qualités sont préférables. »
Qu’est-ce que la noblesse ? À cela,
Mon Fils, cherche la vérité de cette question.
Sur cette définition, le Confesseur
Dissout, une par une, les règles du monde.
On a donné le nom de noblesse
À la fortune de la richesse
Qui, depuis longtemps, est en déclin.
Alors, un homme de haute naissance
Ressemble, en apparence, à celui-ci,
Mais pas du tout en réalité.
Car celui qui comprend bien cela
Sait que la richesse ne dure jamais.
P. ii. 76
Car c’est quelque chose qui disparaît souvent :
Celui qui est aujourd’hui au sommet
Et qui possède tout le monde,
Demain, il tombe complètement
De la richesse dans la pauvreté.
Ainsi, il n’y a aucune certitude
Quant à ce qui permet à la noblesse de persister.
Et si l’on regarde d’un autre côté,
On voit qu’Adam, qui existait avant tout,
Avec Ève, sa femme, comme toi,
Était également noble ;
Ainsi, de génération en génération,
Il n’y a plus de noblesse possible.
Pour la cause de l’amour, il sera saisi
Du chemin menant à la grâce de l’amour ;
Car, en un lieu digne,
Les femmes aiment la valeur
De l’homme et de sa noblesse.
Car les nobles sont les plus désirés.
Ici, il dit : « Mon fils, si j’étais inspiré de générosité dans la cause de l’amour,
À travers tes enseignements, je saurais quelles qualités sont préférables. »
Qu’est-ce que la noblesse ? À cela,
Mon Fils, cherche la vérité de cette question.
Sur cette définition, le Confesseur
Dissout, une par une, les règles du monde.
On a donné le nom de noblesse
À la fortune de la richesse
Qui, depuis longtemps, est en déclin.
Alors, un homme de haute naissance
Ressemble, en apparence, à celui-ci,
Mais pas du tout en réalité.
Car celui qui comprend bien cela
Sait que la richesse ne dure jamais.
P. ii. 76
Car c’est quelque chose qui disparaît souvent :
Celui qui est aujourd’hui au sommet
Et qui possède tout le monde,
Demain, il tombe complètement
De la richesse dans la pauvreté.
Ainsi, il n’y a aucune certitude
Quant à ce qui permet à la noblesse de persister.
Et si l’on regarde d’un autre côté,
On voit qu’Adam, qui existait avant tout,
Avec Ève, sa femme, comme toi,
Était également noble ;
Ainsi, de génération en génération,
Il n’y a plus de noblesse possible.
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2230 Car, si l’on considère la mesure de la vie humaine,
C’est quelque chose de si commun à la nature
Que cela revient à chacun,
Tant aux pauvres qu’aux riches ;1292
Car tous naissent nus,
Et le Seigneur ne donne pas plus de vêtements
À ceux qu’il jette ainsi
Que le plus pauvre des hommes.
Et quand ils doivent tous mourir,
2240 Ce n’est pas celui qui possède le moins
Des biens du monde qui est le plus chargé,
Mais plutôt celui qui en a reçu davantage,
Car Dieu lui demandera compte ici,
Pour avoir satisfait ses désirs sur terre. P. ii. 77
Quant au corps, qui doit mourir, tous certes
Bien que par des chemins différents,
Nous tendons vers un même but :
La mort ; mais à la fin, il n’y a qu’un seul destin.
Chacun doit y parvenir,
Que ce soit le mendiant ou le seigneur,
2250 Par la nature, par accord :
Comme notre ancêtre,1294
la Terre, qui reçoit et dévore aussi,
Et qui favorise tour à tour les uns et les autres.1295
Ainsi, je ne vois nulle part où l’on puisse trouver de noblesse.
Car sans vertu, il n’y a pas de grâce,
Et la richesse, en bien des cas,
Lorsque les gens s’y attendent le plus,1296
Disparaît aussitôt.
Mais la vertu, ancrée dans le cœur,
Nul monde ne peut la prendre ni la détruire,
Jusqu’à ce que le corps meure ;
Alors, il sera vraiment riche.
C’est quelque chose de si commun à la nature
Que cela revient à chacun,
Tant aux pauvres qu’aux riches ;1292
Car tous naissent nus,
Et le Seigneur ne donne pas plus de vêtements
À ceux qu’il jette ainsi
Que le plus pauvre des hommes.
Et quand ils doivent tous mourir,
2240 Ce n’est pas celui qui possède le moins
Des biens du monde qui est le plus chargé,
Mais plutôt celui qui en a reçu davantage,
Car Dieu lui demandera compte ici,
Pour avoir satisfait ses désirs sur terre. P. ii. 77
Quant au corps, qui doit mourir, tous certes
Bien que par des chemins différents,
Nous tendons vers un même but :
La mort ; mais à la fin, il n’y a qu’un seul destin.
Chacun doit y parvenir,
Que ce soit le mendiant ou le seigneur,
2250 Par la nature, par accord :
Comme notre ancêtre,1294
la Terre, qui reçoit et dévore aussi,
Et qui favorise tour à tour les uns et les autres.1295
Ainsi, je ne vois nulle part où l’on puisse trouver de noblesse.
Car sans vertu, il n’y a pas de grâce,
Et la richesse, en bien des cas,
Lorsque les gens s’y attendent le plus,1296
Disparaît aussitôt.
Mais la vertu, ancrée dans le cœur,
Nul monde ne peut la prendre ni la détruire,
Jusqu’à ce que le corps meure ;
Alors, il sera vraiment riche.
Page 608
Que cela ne puisse jamais échouer ;
C’est là véritable gentillesse,
Qui est une telle certitude.
Car, selon la condition
2270 D’une intention raisonnable,
Qui naît de l’âme
Et qui distingue le bien du mal,
Lorsque l’homme évite le mal,
Sans lenteur et en suivant la vertu, P. ii. 78
C’est là un véritable homme gentil,
Et rien d’autre qu’il ne puisse,
Ni ce qu’il a, ni ce qu’il pourra.
Mais pour tout ce qui existe aujourd’hui,
Dans la cour de l’amour où l’on est emporté,
2280 La pauvre vertu ne sera point vue,
Là où le riche vice règne ;
Car c’est ainsi que l’amour permet
À l’homme gentil d’exister sans vertu,
Même si sa condition est bonne.
Mais si un homme possède les deux,
Être riche et vertueux aussi,
Alors il vaut encore plus la peine
De se montrer tel,
Il doit donner ses biens,
2290 Car ni le bien ni la gentillesse
Ne peuvent aider celui qui est vain.
Mais celui qui, dans son rang,
Travaille comme il se doit,
Il arrive souvent qu’il oublie
À la fois le travail et la vertu.1298
Car il a toujours été ainsi :
L’amour honnête, de diverses manières,
Est bénéfique, car il repousse le mal,
Et, comme le disent les livres,
2300 Il rend les vils courtois,1299
Et donne du courage aux lâches,
Ainsi que de la vraie bravoure.
C’est là véritable gentillesse,
Qui est une telle certitude.
Car, selon la condition
2270 D’une intention raisonnable,
Qui naît de l’âme
Et qui distingue le bien du mal,
Lorsque l’homme évite le mal,
Sans lenteur et en suivant la vertu, P. ii. 78
C’est là un véritable homme gentil,
Et rien d’autre qu’il ne puisse,
Ni ce qu’il a, ni ce qu’il pourra.
Mais pour tout ce qui existe aujourd’hui,
Dans la cour de l’amour où l’on est emporté,
2280 La pauvre vertu ne sera point vue,
Là où le riche vice règne ;
Car c’est ainsi que l’amour permet
À l’homme gentil d’exister sans vertu,
Même si sa condition est bonne.
Mais si un homme possède les deux,
Être riche et vertueux aussi,
Alors il vaut encore plus la peine
De se montrer tel,
Il doit donner ses biens,
2290 Car ni le bien ni la gentillesse
Ne peuvent aider celui qui est vain.
Mais celui qui, dans son rang,
Travaille comme il se doit,
Il arrive souvent qu’il oublie
À la fois le travail et la vertu.1298
Car il a toujours été ainsi :
L’amour honnête, de diverses manières,
Est bénéfique, car il repousse le mal,
Et, comme le disent les livres,
2300 Il rend les vils courtois,1299
Et donne du courage aux lâches,
Ainsi que de la vraie bravoure.
Page 609
Cela est causé par la règle de l’amour,
Pour celui qui sait maîtriser cette règle ; P. ii. 79
Et aussi envers la féminité,
Celui qui veut s’y consacrer,
Car ils sont plus concernés par elle
En toute chose, comme on peut le voir.
Car l’amour a toujours ses désirs ardents
Chez les gens nobles, comme on le voit,
Et rien ne peut arrêter cela :1301
Je crois qu’il n’y a rien de mieux,
S’il doit être guidé par l’amour,
Que de ne pas le gâcher
Tant que cela dure.
Et ainsi je conclus enfin
Que ceux-là sont vains, à mon avis,
Ceux qui, face à ce que l’amour leur ordonne,
Retardent ce qu’ils devraient faire.
2320 Et de plus, mon Fils, également
Selon la vertu morale, ainsi que Nota de amore caritatis, où il est dit :
Pour parler de l’amour, si je dois chercher,
Qui non diligit,
Parmi les livres saints, le sage demeure dans la mort.
1302
J’ai lu ceci de cette manière :
« Celui qui n’aime pas est mort comme s’il était mort » ;1303
Car l’amour est au-dessus de tout le reste,
Il possède la vertu qui guide
Tout ce qui appartient aux hommes : car par la vanité [l’amour contraire à]
1304 La paresse.]
2330 Il hait toute méchanceté.
Car la paresse doit toujours être méprisée,
Elle rend tout vain,
Et cela ne convient pas à l’homme :
Car celui qui a intelligence et raison, P. ii. 80
Ferait bien de s’efforcer
De quelque chose qui puisse être utile,
Car la vanité n’est pas louable,
Mais toutes les lois la condamnent.
Pour celui qui sait maîtriser cette règle ; P. ii. 79
Et aussi envers la féminité,
Celui qui veut s’y consacrer,
Car ils sont plus concernés par elle
En toute chose, comme on peut le voir.
Car l’amour a toujours ses désirs ardents
Chez les gens nobles, comme on le voit,
Et rien ne peut arrêter cela :1301
Je crois qu’il n’y a rien de mieux,
S’il doit être guidé par l’amour,
Que de ne pas le gâcher
Tant que cela dure.
Et ainsi je conclus enfin
Que ceux-là sont vains, à mon avis,
Ceux qui, face à ce que l’amour leur ordonne,
Retardent ce qu’ils devraient faire.
2320 Et de plus, mon Fils, également
Selon la vertu morale, ainsi que Nota de amore caritatis, où il est dit :
Pour parler de l’amour, si je dois chercher,
Qui non diligit,
Parmi les livres saints, le sage demeure dans la mort.
1302
J’ai lu ceci de cette manière :
« Celui qui n’aime pas est mort comme s’il était mort » ;1303
Car l’amour est au-dessus de tout le reste,
Il possède la vertu qui guide
Tout ce qui appartient aux hommes : car par la vanité [l’amour contraire à]
1304 La paresse.]
2330 Il hait toute méchanceté.
Car la paresse doit toujours être méprisée,
Elle rend tout vain,
Et cela ne convient pas à l’homme :
Car celui qui a intelligence et raison, P. ii. 80
Ferait bien de s’efforcer
De quelque chose qui puisse être utile,
Car la vanité n’est pas louable,
Mais toutes les lois la condamnent.
Page 610
Et à titre d’exemple,
2340 le noble et sage Salomon,
qui connaissait tout en profondeur,
dit : « Comme les oiseaux sont faits pour voler,
ainsi l’homme est fait pour travailler »,
ce qui n’est pas interdit à celui qui pense à s’élever.
Car nous, qui vivons aujourd’hui,
devons, comme ceux qui vécurent autrefois,
tant à l’école qu’ailleurs, suivre l’exemple des Apôtres.
Tous les écrits que l’on peut prendre comme exemple chaque jour servent, pour nous,
2350 à former une doctrine ; ce sont eux qui furent découverts au début.
S’il fallait maintenant créer de nouveaux écrits pour enseigner, cela ne serait pas nécessaire.
Ici vivaient autrefois de grands sages, de puissants guerriers, des cœurs pleins de bonté ;
c’est de là que proviennent les vertus du monde,
tant dans le corps que dans le courage,
et elles restent toujours un avantage pour l’humanité.
Et pour rappeler ici les noms ainsi que les histoires,
tu pourrais, grâce à la valeur de leurs actions, écrire dans divers livres.
vii. Le travail est utile entre les mains de l’homme, afin que [Utilités du travail.]
1307
cotidianis
P. ii. 81
L’homme puisse vivre par ses actes et sa vie.
Mais celui qui consacre son esprit au travail pour la doctrine,
obtient la suprématie et prépare des mérites durables.
La perfection de toute sagesse
le Dieu élevé de son esprit
a donnée aux hommes sur cette Terre ; il parle ici contre
les oisifs,
sur la forme et la matière, à tous ceux qu’il veut rendre sages : surtout contre…
2340 le noble et sage Salomon,
qui connaissait tout en profondeur,
dit : « Comme les oiseaux sont faits pour voler,
ainsi l’homme est fait pour travailler »,
ce qui n’est pas interdit à celui qui pense à s’élever.
Car nous, qui vivons aujourd’hui,
devons, comme ceux qui vécurent autrefois,
tant à l’école qu’ailleurs, suivre l’exemple des Apôtres.
Tous les écrits que l’on peut prendre comme exemple chaque jour servent, pour nous,
2350 à former une doctrine ; ce sont eux qui furent découverts au début.
S’il fallait maintenant créer de nouveaux écrits pour enseigner, cela ne serait pas nécessaire.
Ici vivaient autrefois de grands sages, de puissants guerriers, des cœurs pleins de bonté ;
c’est de là que proviennent les vertus du monde,
tant dans le corps que dans le courage,
et elles restent toujours un avantage pour l’humanité.
Et pour rappeler ici les noms ainsi que les histoires,
tu pourrais, grâce à la valeur de leurs actions, écrire dans divers livres.
vii. Le travail est utile entre les mains de l’homme, afin que [Utilités du travail.]
1307
cotidianis
P. ii. 81
L’homme puisse vivre par ses actes et sa vie.
Mais celui qui consacre son esprit au travail pour la doctrine,
obtient la suprématie et prépare des mérites durables.
La perfection de toute sagesse
le Dieu élevé de son esprit
a donnée aux hommes sur cette Terre ; il parle ici contre
les oisifs,
sur la forme et la matière, à tous ceux qu’il veut rendre sages : surtout contre…
Page 611
Ainsi vinrent en premier ceux qui possédaient un esprit d’une prudence exceptionnelle, connaissant les livres et tout ce qui est bon, sans que ce qu’ils avaient autrefois compris des fruits des œuvres ne s’atrophie. La science qui leur avait été transmise perdait ainsi de son efficacité. Il donne un exemple de cela : ceux qui vivent aujourd’hui font preuve d’une grande diligence pour apprendre chaque jour de nouvelles choses, contrairement à leurs prédécesseurs, qui, à l’époque où les hommes semaient, œuvraient pour la doctrine de toute l’humanité ; malgré leurs efforts continus, il n’y avait pas de récolte dans aucun champ, faute de grâce divine. Ce n’est que plus tard que la sagesse apparut, grâce à ceux qui ont d’abord écrit les livres, découvrant ainsi les arts et les sciences.
Cela, tout homme sage peut bien le comprendre : il y eut là un grand effort. Ainsi, il ne fut pas vain que l’un s’adonne à la charrue avec le labeur que requiert ce travail, tandis qu’un autre se consacre à l’étude et à la réflexion, comme celui qui ne voulait refuser en rien le labeur de ces sages. Et c’est ainsi que se produit ce qui a commencé par leur effort : nous en bénéficions aujourd’hui. Ici, la nécessité est si évidente qu’il reste toujours quelque chose de vert ; même si le corps meurt, le nom de ces hommes ne disparaîtra jamais.
Dans les Chroniques, selon ce que j’ai trouvé, [Découvreurs et inventeurs.] Cham, dont le labeur est encore présent à l’esprit, fut celui qui inventa les lettres et écrivit en hébreu de sa propre main. En philosophie naturelle, il fut aussi le premier à fonder le clergé. Cadmos inventa les lettres grecques sur son propre choix. Thésée, prévoyant ce qui allait arriver, fut le premier augure de tous.
Cela, tout homme sage peut bien le comprendre : il y eut là un grand effort. Ainsi, il ne fut pas vain que l’un s’adonne à la charrue avec le labeur que requiert ce travail, tandis qu’un autre se consacre à l’étude et à la réflexion, comme celui qui ne voulait refuser en rien le labeur de ces sages. Et c’est ainsi que se produit ce qui a commencé par leur effort : nous en bénéficions aujourd’hui. Ici, la nécessité est si évidente qu’il reste toujours quelque chose de vert ; même si le corps meurt, le nom de ces hommes ne disparaîtra jamais.
Dans les Chroniques, selon ce que j’ai trouvé, [Découvreurs et inventeurs.] Cham, dont le labeur est encore présent à l’esprit, fut celui qui inventa les lettres et écrivit en hébreu de sa propre main. En philosophie naturelle, il fut aussi le premier à fonder le clergé. Cadmos inventa les lettres grecques sur son propre choix. Thésée, prévoyant ce qui allait arriver, fut le premier augure de tous.
Page 612
Et Philémon fut celui qui sut décrire avec justesse le courage.
Cladyns, Esdras et Sulpices, 1312
Termegis, Pandulf, Frigidilles,
Menandre, Ephiloquorus,
2410 Solins, Pandas et Josephus –
Les premiers étaient des chroniqueurs,
des auteurs anciens :
Et Hérodote, dans sa connaissance
du mètre, de la rime et de la cadence, 1313
fut le premier dont on ait gardé trace.
De la musique aussi, il connaissait les notes,
douces ou aiguës, que chérissait Jubal ;
et du harpe, le son pur, semblable à celui
2420 que produisait Poulins par sa virtuosité.
Zenzis fut le premier à créer les portraits,
et Prométhée, la sculpture ; P. ii. 83
Selon la forme qu’ils imaginaient,
ils créaient aussitôt une ressemblance.
Tubal, dans l’Iliade et l’Odyssée,
fut le premier à inventer le foyer et à bien le construire ;
et Jadahel, comme le dit le livre,
créa d’abord le filet et attrapa des poissons ;
il inventa aussi la chasse,
2430 qui est connue aujourd’hui en de nombreux endroits :
une tente en tissu, avec des cordes et des piquets,
il la construisit pour la première fois.
Verconius, dans le domaine de la céramique, 1314
créa les objets délicats.
Minerve inventa l’art de travailler la laine
et fabriqua des tissus sans aide humaine ;
Delbora le fit avec du lin :
les femmes étaient donc très ingénieuses.
Tout ce que nous mangeons et buvons,
2440 et ce qui permet au travailleur de survivre,
pour couvrir les sols et planter des vignes…
Cladyns, Esdras et Sulpices, 1312
Termegis, Pandulf, Frigidilles,
Menandre, Ephiloquorus,
2410 Solins, Pandas et Josephus –
Les premiers étaient des chroniqueurs,
des auteurs anciens :
Et Hérodote, dans sa connaissance
du mètre, de la rime et de la cadence, 1313
fut le premier dont on ait gardé trace.
De la musique aussi, il connaissait les notes,
douces ou aiguës, que chérissait Jubal ;
et du harpe, le son pur, semblable à celui
2420 que produisait Poulins par sa virtuosité.
Zenzis fut le premier à créer les portraits,
et Prométhée, la sculpture ; P. ii. 83
Selon la forme qu’ils imaginaient,
ils créaient aussitôt une ressemblance.
Tubal, dans l’Iliade et l’Odyssée,
fut le premier à inventer le foyer et à bien le construire ;
et Jadahel, comme le dit le livre,
créa d’abord le filet et attrapa des poissons ;
il inventa aussi la chasse,
2430 qui est connue aujourd’hui en de nombreux endroits :
une tente en tissu, avec des cordes et des piquets,
il la construisit pour la première fois.
Verconius, dans le domaine de la céramique, 1314
créa les objets délicats.
Minerve inventa l’art de travailler la laine
et fabriqua des tissus sans aide humaine ;
Delbora le fit avec du lin :
les femmes étaient donc très ingénieuses.
Tout ce que nous mangeons et buvons,
2440 et ce qui permet au travailleur de survivre,
pour couvrir les sols et planter des vignes…
Page 613
D’où proviennent les cornes et le vin,
Qui sont un soutien pour l’humanité ?
Dans les anciens livres, d’après ce que j’ai trouvé,
Saturne, par sa sagesse, les a découverts en premier,
Et encore davantage : il a aimé l’or,
Et aussi a su créer de l’argent
À partir de métaux divers, comme c’est le cas.
2450 Il fut donc le premier homme à faire cela.
Mais comment ce métal a-t-il pu exister ?
Grâce à la sagesse des hommes et à la grâce des dieux.
La voie des philosophes sages
A été contestée par d’autres sages ;
D’abord, ils ont cherché à l’extraire de la terre,
Puis à le purifier et à l’améliorer.
Avec une grande diligence, ils ont acquis cette connaissance,
Comme le dit le livre sur l’alchimie.
Cela s’appelle l’alchimie.
2460 Ainsi, ils ont multiplié l’argent,
Et aussi l’or.
Pour expliquer comment cela se fait,
Il existe sept corps principaux,
Avec quatre esprits qui s’y trouvent également ;
Ce sont eux qui constituent la substance de cette matière.
Les corps dont je parle ici proviennent des planètes :
L’or est associé au Soleil,
L’argent appartient à Saturne,
2470 Et l’iridium, qui se trouve sur Mars ;
Le plomb vient après Saturne ;
Jupiter donne le bronze ;
Le cuivre est associé à Vénus ;
Quant à Mercure, il possède l’argent vif,
Comme le dit le livre ;
Celui-ci est le premier de ces quatre esprits qui ont été mentionnés.
Qui sont un soutien pour l’humanité ?
Dans les anciens livres, d’après ce que j’ai trouvé,
Saturne, par sa sagesse, les a découverts en premier,
Et encore davantage : il a aimé l’or,
Et aussi a su créer de l’argent
À partir de métaux divers, comme c’est le cas.
2450 Il fut donc le premier homme à faire cela.
Mais comment ce métal a-t-il pu exister ?
Grâce à la sagesse des hommes et à la grâce des dieux.
La voie des philosophes sages
A été contestée par d’autres sages ;
D’abord, ils ont cherché à l’extraire de la terre,
Puis à le purifier et à l’améliorer.
Avec une grande diligence, ils ont acquis cette connaissance,
Comme le dit le livre sur l’alchimie.
Cela s’appelle l’alchimie.
2460 Ainsi, ils ont multiplié l’argent,
Et aussi l’or.
Pour expliquer comment cela se fait,
Il existe sept corps principaux,
Avec quatre esprits qui s’y trouvent également ;
Ce sont eux qui constituent la substance de cette matière.
Les corps dont je parle ici proviennent des planètes :
L’or est associé au Soleil,
L’argent appartient à Saturne,
2470 Et l’iridium, qui se trouve sur Mars ;
Le plomb vient après Saturne ;
Jupiter donne le bronze ;
Le cuivre est associé à Vénus ;
Quant à Mercure, il possède l’argent vif,
Comme le dit le livre ;
Celui-ci est le premier de ces quatre esprits qui ont été mentionnés.
Page 614
Et l’esprit qui est second
2480 se trouve dans le Sal Armoniak :
Le troisième esprit, c’est le Soufre ;
Le quatrième, selon P. ii. 85,
s’appelle Arcennicum.
Par des souffles et des flammes ardentes,
dans ces choses que je mentionne,
leur action s’exerce de diverses manières.
Car comme l’a dit le philosophe
à propos de l’or et de l’argent, ils sont purs,
ceux-là sont leurs extrémités principales,
2490 auxquelles tous les autres degrés
des métaux correspondent,
et par une ressemblance de nature,
on pourrait aisément prendre
la rouille, à cause de laquelle ils noircissent,
ainsi que leur odeur et leur dureté,
on devrait y voir la ressemblance
avec de l’or ou de l’argent parfait.
Mais en réalité, entre le corps et l’esprit,
2500 pour que le métal soit parfait,
il est mis sous sept formes ;
si l’on néglige l’une d’elles,
le reste ne sert plus à rien,
sinon il ne peut fonctionner correctement.
Car ceux pour qui cet art a été découvert
ont fixé à chaque étape une limite précise,
afin que l’on puisse constater
que cet art est réalisé selon une logique bien définie,
de sorte qu’il n’y ait aucune erreur.
2510 Mais celui qui entreprend ce travail
doit être vigilant à tout moment,
P. ii. 86,
afin que rien ne soit laissé de côté,
d’abord lors de la distillation,
puis lors de la congélation,
de la dissolution, de la descente…
2480 se trouve dans le Sal Armoniak :
Le troisième esprit, c’est le Soufre ;
Le quatrième, selon P. ii. 85,
s’appelle Arcennicum.
Par des souffles et des flammes ardentes,
dans ces choses que je mentionne,
leur action s’exerce de diverses manières.
Car comme l’a dit le philosophe
à propos de l’or et de l’argent, ils sont purs,
ceux-là sont leurs extrémités principales,
2490 auxquelles tous les autres degrés
des métaux correspondent,
et par une ressemblance de nature,
on pourrait aisément prendre
la rouille, à cause de laquelle ils noircissent,
ainsi que leur odeur et leur dureté,
on devrait y voir la ressemblance
avec de l’or ou de l’argent parfait.
Mais en réalité, entre le corps et l’esprit,
2500 pour que le métal soit parfait,
il est mis sous sept formes ;
si l’on néglige l’une d’elles,
le reste ne sert plus à rien,
sinon il ne peut fonctionner correctement.
Car ceux pour qui cet art a été découvert
ont fixé à chaque étape une limite précise,
afin que l’on puisse constater
que cet art est réalisé selon une logique bien définie,
de sorte qu’il n’y ait aucune erreur.
2510 Mais celui qui entreprend ce travail
doit être vigilant à tout moment,
P. ii. 86,
afin que rien ne soit laissé de côté,
d’abord lors de la distillation,
puis lors de la congélation,
de la dissolution, de la descente…
Page 615
Et qu’il garde en son intention
Le but de la sublimation,
Et puis, par calcination,
Une véritable approbation.
2520 Qu’il y ait fixation
Avec des feux modérés,
Jusqu’à ce qu’il obtienne l’Élixir parfait
De cette pierre philosophale,
De laquelle beaucoup de philosophes ont écrit jadis.
Et si tu veux connaître les noms
De ces pierres avec les autres,
Comme les clercs l’ont fait,
Comme les livres le rapportent,
2530 Je consignerai leur nature.
Ces anciens philosophes sages [Les Trois Pierres
de la
Nature, selon divers philosophes.]
Trois pierres créées par les clercs.
La première, si je dois la spécifier,
C’est la pierre végétale,
Des philosophes
Qui en ont composé la vertu propre ;
Le premier
Sert à protéger et à conserver
La vie humaine, on appelle cela la pierre
Végétale, qui
Préserve le corps de toutes les maladies et maintient la santé ;
Le second
2540 Jusqu’à la mort, on appelle cela la pierre
Animale, qui
Est la pierre animale, les membres
Et les facultés sensibles ;
Sa vertu est propre et fortifie ;
Le troisième
Pour les yeux, les oreilles, le nez et la bouche, on appelle cela la pierre
Minérale, qui
Purifie tous les métaux,
L’odorat et le goût à leur degré,
Et aide l’homme à atteindre la perfection naturelle : elle lui donne de la force.
Les cinq sens, il les comprend
P. ii. 87
2550 Pour les conserver, comme il convient.
La troisième pierre en particulier
Le but de la sublimation,
Et puis, par calcination,
Une véritable approbation.
2520 Qu’il y ait fixation
Avec des feux modérés,
Jusqu’à ce qu’il obtienne l’Élixir parfait
De cette pierre philosophale,
De laquelle beaucoup de philosophes ont écrit jadis.
Et si tu veux connaître les noms
De ces pierres avec les autres,
Comme les clercs l’ont fait,
Comme les livres le rapportent,
2530 Je consignerai leur nature.
Ces anciens philosophes sages [Les Trois Pierres
de la
Nature, selon divers philosophes.]
Trois pierres créées par les clercs.
La première, si je dois la spécifier,
C’est la pierre végétale,
Des philosophes
Qui en ont composé la vertu propre ;
Le premier
Sert à protéger et à conserver
La vie humaine, on appelle cela la pierre
Végétale, qui
Préserve le corps de toutes les maladies et maintient la santé ;
Le second
2540 Jusqu’à la mort, on appelle cela la pierre
Animale, qui
Est la pierre animale, les membres
Et les facultés sensibles ;
Sa vertu est propre et fortifie ;
Le troisième
Pour les yeux, les oreilles, le nez et la bouche, on appelle cela la pierre
Minérale, qui
Purifie tous les métaux,
L’odorat et le goût à leur degré,
Et aide l’homme à atteindre la perfection naturelle : elle lui donne de la force.
Les cinq sens, il les comprend
P. ii. 87
2550 Pour les conserver, comme il convient.
La troisième pierre en particulier
Page 616
Son nom est Minerall,
Qui tempère les métaux de chaque mine,
Jusqu’à ce qu’ils soient fins,
Et il les purifie à un tel point,
Que toutes les impuretés disparaissent :
La rouille, la mauvaise odeur et la dureté :
Et lorsqu’ils sont ainsi purs,
Ce Minerall, d’après ce que j’ai trouvé,
Transforme tous les types de fer
Et les rend capables de concevoir,
Par sa vertu, et de recevoir
Tant en substance qu’en forme
La nature de l’or et de l’argent.
Car ils atteignent alors l’état ultime,
Vers lequel, selon leurs propriétés,
Chaque métal aspire,
Avec l’aide et le soutien du feu,
Grâce à cette pierre, comme il est dit,
Qui mène au Soleil et à la Lune ;
Car pour le rouge et le blanc,
Cette pierre a le pouvoir de produire des effets bénéfiques. P. ii. 88
Elle provoque la multiplication
De l’or, et elle assure sa fixation,
Et par son action, elle rend parfait
Cet élixir que l’on nomme
Alchimie, comme cela arrive
À ceux qui furent autrefois sages.
Mais maintenant, tout est différent ;
Ils parlent beaucoup de cette pierre,
Mais personne ne sait comment la fabriquer,
Selon l’expérience réelle.
Et bien sûr, ils y consacrent beaucoup d’efforts,
Et dépensent plus qu’ils ne gagnent ;
Car ils trouvent toujours une faille.
Qui tempère les métaux de chaque mine,
Jusqu’à ce qu’ils soient fins,
Et il les purifie à un tel point,
Que toutes les impuretés disparaissent :
La rouille, la mauvaise odeur et la dureté :
Et lorsqu’ils sont ainsi purs,
Ce Minerall, d’après ce que j’ai trouvé,
Transforme tous les types de fer
Et les rend capables de concevoir,
Par sa vertu, et de recevoir
Tant en substance qu’en forme
La nature de l’or et de l’argent.
Car ils atteignent alors l’état ultime,
Vers lequel, selon leurs propriétés,
Chaque métal aspire,
Avec l’aide et le soutien du feu,
Grâce à cette pierre, comme il est dit,
Qui mène au Soleil et à la Lune ;
Car pour le rouge et le blanc,
Cette pierre a le pouvoir de produire des effets bénéfiques. P. ii. 88
Elle provoque la multiplication
De l’or, et elle assure sa fixation,
Et par son action, elle rend parfait
Cet élixir que l’on nomme
Alchimie, comme cela arrive
À ceux qui furent autrefois sages.
Mais maintenant, tout est différent ;
Ils parlent beaucoup de cette pierre,
Mais personne ne sait comment la fabriquer,
Selon l’expérience réelle.
Et bien sûr, ils y consacrent beaucoup d’efforts,
Et dépensent plus qu’ils ne gagnent ;
Car ils trouvent toujours une faille.
Page 617
Ce qui apporte la pauvreté et la dette
À celui qui était riche auparavant :
2590 Ce qui était perdu est retrouvé, le profit est perdu ;
Pour obtenir une livre, ils en dépensent cinq ;
Je ne crois pas qu’une telle méthode puisse réussir
De la manière dont elle est utilisée :
Il vaudrait mieux la refuser
Que de travailler par désespoir
Sur quelque chose qui n’a pas la valeur qu’ils prétendent.
Mais pourtant, ceux qui la connaissent bien
Savent que sa science est fidèle
À la forme telle qu’elle a été établie,
2600 D’où proviennent les noms de ceux
Qui l’ont découverte en premier ;
Et ainsi la renommée se répand parmi ceux
Qui cherchent la richesse
Par la vertu et la dignité.
Parmi eux, si je cite leurs noms,
Hermès fut le premier de tous, [le premier
des alchimistes.]
C’est à lui que cet art est le plus appliqué ;
Geber en fut grandement honoré,
Aussi Ortolan et Morien,
2610 Parmi lesquels se trouve Avicenne,
Qui a écrit une grande partie
Sur la pratique de l’alchimie ;
Ses livres, pleins de ce sujet,
Furent peu compris ;
Mais aujourd’hui, il y en a beaucoup
Qui ne savent guère ce qu’ils disent.
Il ne s’agit pas seulement de savoir et de souffrir ;
Ils l’abordent sous forme de mots,
2620 Mais ils échouent encore, car
Que ce soit par excès ou par défaut,
On trouve toujours une erreur,
Ainsi ils ne suivent pas la voie
Du remède parfait.
À celui qui était riche auparavant :
2590 Ce qui était perdu est retrouvé, le profit est perdu ;
Pour obtenir une livre, ils en dépensent cinq ;
Je ne crois pas qu’une telle méthode puisse réussir
De la manière dont elle est utilisée :
Il vaudrait mieux la refuser
Que de travailler par désespoir
Sur quelque chose qui n’a pas la valeur qu’ils prétendent.
Mais pourtant, ceux qui la connaissent bien
Savent que sa science est fidèle
À la forme telle qu’elle a été établie,
2600 D’où proviennent les noms de ceux
Qui l’ont découverte en premier ;
Et ainsi la renommée se répand parmi ceux
Qui cherchent la richesse
Par la vertu et la dignité.
Parmi eux, si je cite leurs noms,
Hermès fut le premier de tous, [le premier
des alchimistes.]
C’est à lui que cet art est le plus appliqué ;
Geber en fut grandement honoré,
Aussi Ortolan et Morien,
2610 Parmi lesquels se trouve Avicenne,
Qui a écrit une grande partie
Sur la pratique de l’alchimie ;
Ses livres, pleins de ce sujet,
Furent peu compris ;
Mais aujourd’hui, il y en a beaucoup
Qui ne savent guère ce qu’ils disent.
Il ne s’agit pas seulement de savoir et de souffrir ;
Ils l’abordent sous forme de mots,
2620 Mais ils échouent encore, car
Que ce soit par excès ou par défaut,
On trouve toujours une erreur,
Ainsi ils ne suivent pas la voie
Du remède parfait.
Page 618
Ce qui est fondé sur la nature.
Ceux qui ont écrit les Écritures,
de Grecs, d’Arabes et de Chaldéens,1335
étaient d’une telle autorité
qu’ils furent les premiers à découvrir la voie1336
de tout ce que tu m’as entendu dire ;
dont la Chronique de leur savoir
restera en valeur pour toujours. P. ii. 90
Mais vers nos frontières ici, [lettres]
et des Latins, si tu le souhaites ici, langue.
De ceux qui jadis étaient vertueux
et zélés pour cela,
Carmenta, à l’aide d’instruments loués,
créa les premières lettres du latin,
langue dont naquit le latin romain,
2640 dont Aristarque, avec Donat et Dindyme1337,
élabora les premières règles de l’école, ainsi :
comment le latin doit être composé
et de quelle manière il doit être prononcé,
afin que chaque mot, selon son rang,
soit conforme aux règles.
Et à cette époque, à Rome aussi,
il y avait Tullius avec Cicéron,
qui écrivirent sur la rhétorique,
2650 afin que l’on utilise les mots selon
la forme de l’éloquence,
ce qui, dit-on, est une grande prudence :
et par la suite, Jérôme, maîtrisant la langue hébraïque,
traduisit la Bible, dans laquelle se trouve la loi,
en latin ;
et de nombreux autres écrivains,
du chaldéen, de l’arabe et du grec,
avec beaucoup de peine, traduisirent les livres avec sagesse
2660. Et autrement.
Ceux qui ont écrit les Écritures,
de Grecs, d’Arabes et de Chaldéens,1335
étaient d’une telle autorité
qu’ils furent les premiers à découvrir la voie1336
de tout ce que tu m’as entendu dire ;
dont la Chronique de leur savoir
restera en valeur pour toujours. P. ii. 90
Mais vers nos frontières ici, [lettres]
et des Latins, si tu le souhaites ici, langue.
De ceux qui jadis étaient vertueux
et zélés pour cela,
Carmenta, à l’aide d’instruments loués,
créa les premières lettres du latin,
langue dont naquit le latin romain,
2640 dont Aristarque, avec Donat et Dindyme1337,
élabora les premières règles de l’école, ainsi :
comment le latin doit être composé
et de quelle manière il doit être prononcé,
afin que chaque mot, selon son rang,
soit conforme aux règles.
Et à cette époque, à Rome aussi,
il y avait Tullius avec Cicéron,
qui écrivirent sur la rhétorique,
2650 afin que l’on utilise les mots selon
la forme de l’éloquence,
ce qui, dit-on, est une grande prudence :
et par la suite, Jérôme, maîtrisant la langue hébraïque,
traduisit la Bible, dans laquelle se trouve la loi,
en latin ;
et de nombreux autres écrivains,
du chaldéen, de l’arabe et du grec,
avec beaucoup de peine, traduisirent les livres avec sagesse
2660. Et autrement.
Page 619
Les Latins eux-mêmes aussi
Y étudiaient à cette époque, 1340 P. ii. 91
Avec grand travail scolaire, ils composèrent
Des livres sous des formes variées,
Afin que nous puissions y trouver des preuves
Sur les connaissances des sciences,
Des arts et du clergé ;
Parmi ceux-ci, en poésie,
Ovide écrivit pour les amants
2670 Et expliqua, si l’amour est trop ardent,
De quelle manière il fallait le maîtriser.
Ainsi, mon fils, si tu deviens confesseur,
Et que l’amour te tourmente profondément,
Regarde Ovide et apprends sa doctrine. 1341
Mon père, si je pouvais lire les amants…
Mon amour, je voudrais lire ses livres ; 1342
Et s’ils enseignent à maîtriser
Mon amour, ce serait un effort vain
D’apprendre quelque chose qui ne peut jamais exister.
2680 Car tout comme l’arbre vert,
Si l’on arrache ses racines, 1343
Ainsi mon cœur doit mourir
Si mon amour m’est enlevé.
À cela, il ne reste qu’une seule solution :
Poursuivre mon amour et éviter la vanité.
Mon bon fils, dis donc, confesseur :
S’il existe un moyen sûr
D’aimer, tu as dit le meilleur :
2690 Car celui qui veut avoir tout le reste
Sans aucun effort,
Il n’y a aucune raison pour qu’il se hâte, P. ii. 92
Pour gagner l’amour ;
Car celui qui ne commence rien,
Je ne sais pas ce qu’il pourrait accomplir.
Mais crois ceci, afin que tu le saches bien.
Y étudiaient à cette époque, 1340 P. ii. 91
Avec grand travail scolaire, ils composèrent
Des livres sous des formes variées,
Afin que nous puissions y trouver des preuves
Sur les connaissances des sciences,
Des arts et du clergé ;
Parmi ceux-ci, en poésie,
Ovide écrivit pour les amants
2670 Et expliqua, si l’amour est trop ardent,
De quelle manière il fallait le maîtriser.
Ainsi, mon fils, si tu deviens confesseur,
Et que l’amour te tourmente profondément,
Regarde Ovide et apprends sa doctrine. 1341
Mon père, si je pouvais lire les amants…
Mon amour, je voudrais lire ses livres ; 1342
Et s’ils enseignent à maîtriser
Mon amour, ce serait un effort vain
D’apprendre quelque chose qui ne peut jamais exister.
2680 Car tout comme l’arbre vert,
Si l’on arrache ses racines, 1343
Ainsi mon cœur doit mourir
Si mon amour m’est enlevé.
À cela, il ne reste qu’une seule solution :
Poursuivre mon amour et éviter la vanité.
Mon bon fils, dis donc, confesseur :
S’il existe un moyen sûr
D’aimer, tu as dit le meilleur :
2690 Car celui qui veut avoir tout le reste
Sans aucun effort,
Il n’y a aucune raison pour qu’il se hâte, P. ii. 92
Pour gagner l’amour ;
Car celui qui ne commence rien,
Je ne sais pas ce qu’il pourrait accomplir.
Mais crois ceci, afin que tu le saches bien.
Page 620
Il existe d’autres vices lents,
Qui laissent beaucoup de place à l’amour,
2700 Si tu places ton cœur sur eux.
viii. L’homme perdu abandonne sa cause [vi. Somnolence.]
Les droits du sommeil,
Et c’est comme si la moitié de lui-même était déjà morte.
En amour, Vénus veille ; et ce qu’elle offre à celui qui veille,
Elle le donne à ceux qui restent éveillés dans leurs chambres.
Parmi les descendants de la paresse,
Il y en a un parmi eux,
Qu’on appelle Somnolence. Il parle de cette somnolence,
Qui montre de la révérence envers la paresse,
Accidie1344,
Comme celui qui est son serviteur ; on l’appelle Cameraria.
Beaucoup de fois, il dort alors qu’il devrait être éveillé. Il est à moitié mort pour certaines tâches qu’il devrait accomplir.
Il a pris des engagements envers l’amour, mais il refuse de les respecter :
S’il peut s’allonger et laisser son bile s’écouler, il refuse de se réveiller.
Ainsi, il fait tout ce qu’il veut ; en ce qui concerne l’amour,
Il va souvent se coucher sans avoir rempli ses obligations. Le confesseur de l’amant s’y oppose avec plus de zèle.
Et il dit qu’il ne veut pas abandonner sa paresse, même pour rien.
Car bien que personne ne le permette,
Dormir plutôt que de faire ce qu’on doit faire, c’est sa façon de faire. Ainsi, chaque nuit,
Lorsque les chevaliers joyeux se mettent à festoyer, là où se trouvent ces femmes,
2720 Il se cache comme un lièvre, va se coucher et dort profondément.
Il rêve souvent de sa paresse : comment il est pris au piège dans les broussailles, comment il est assis près du feu, griffant ses cuisses nues, comment il grimpe sur les bancs avant de tomber dans des abîmes profonds.
Qui laissent beaucoup de place à l’amour,
2700 Si tu places ton cœur sur eux.
viii. L’homme perdu abandonne sa cause [vi. Somnolence.]
Les droits du sommeil,
Et c’est comme si la moitié de lui-même était déjà morte.
En amour, Vénus veille ; et ce qu’elle offre à celui qui veille,
Elle le donne à ceux qui restent éveillés dans leurs chambres.
Parmi les descendants de la paresse,
Il y en a un parmi eux,
Qu’on appelle Somnolence. Il parle de cette somnolence,
Qui montre de la révérence envers la paresse,
Accidie1344,
Comme celui qui est son serviteur ; on l’appelle Cameraria.
Beaucoup de fois, il dort alors qu’il devrait être éveillé. Il est à moitié mort pour certaines tâches qu’il devrait accomplir.
Il a pris des engagements envers l’amour, mais il refuse de les respecter :
S’il peut s’allonger et laisser son bile s’écouler, il refuse de se réveiller.
Ainsi, il fait tout ce qu’il veut ; en ce qui concerne l’amour,
Il va souvent se coucher sans avoir rempli ses obligations. Le confesseur de l’amant s’y oppose avec plus de zèle.
Et il dit qu’il ne veut pas abandonner sa paresse, même pour rien.
Car bien que personne ne le permette,
Dormir plutôt que de faire ce qu’on doit faire, c’est sa façon de faire. Ainsi, chaque nuit,
Lorsque les chevaliers joyeux se mettent à festoyer, là où se trouvent ces femmes,
2720 Il se cache comme un lièvre, va se coucher et dort profondément.
Il rêve souvent de sa paresse : comment il est pris au piège dans les broussailles, comment il est assis près du feu, griffant ses cuisses nues, comment il grimpe sur les bancs avant de tomber dans des abîmes profonds.
Page 621
Mais celui qui dort ainsi profondément,
Lorsqu’il tombe dans un tel sommeil,
2730 Comme un navire au milieu du courant,
Il fait du bruit en dormant,
Et bouge comme une robe de moine,
Quand on le jette dans la mer.
Et parfois il rêve
D’un beau songe agréable,
Alors il se croit au paradis
Et que le monde lui appartient :
Puis il parle de ceci et de cela,
Et expose ses pensées
2740 Selon son désir,
Et de cette manière
Il s’adonne à tous ses services ;
Je ne sais pas quel prix il mérite.1348
Mais, mon fils, si tu veux servir avec amour,1349
Je te conseille de ne pas le faire.
Ah, bon père, certainement non. Confession d’un Amant.
J’aurais préféré rester fidèle à moi-même,
Plutôt que d’être réduit à un tel esclave P. ii. 94
Avec un nez endormi pareil,
2750 Avec les cheveux sortis de ma tête.
Car pour moi, il valait mieux passer toute la journée
Que d’avoir un tel nom de lâche, Dieu me protège ;
Car quand ma mère était enceinte,
Et que je reposais dans son ventre,
J’aurais préféré Atropos,
Qui est la déesse de toutes les morts,
Dès que j’aurais pris mon premier souffle,
Elle m’aurait arraché à ma mère.
2760 Mais maintenant, je n’ai plus peur,1350
Je pense à Dieu ; car Lachésis, [La Veille du Amant.]
Ni Clotô, qui est sa compagne,
Ne peuvent me réserver un tel destin,
Lorsqu’elles étaient présentes à ma naissance.
Lorsqu’il tombe dans un tel sommeil,
2730 Comme un navire au milieu du courant,
Il fait du bruit en dormant,
Et bouge comme une robe de moine,
Quand on le jette dans la mer.
Et parfois il rêve
D’un beau songe agréable,
Alors il se croit au paradis
Et que le monde lui appartient :
Puis il parle de ceci et de cela,
Et expose ses pensées
2740 Selon son désir,
Et de cette manière
Il s’adonne à tous ses services ;
Je ne sais pas quel prix il mérite.1348
Mais, mon fils, si tu veux servir avec amour,1349
Je te conseille de ne pas le faire.
Ah, bon père, certainement non. Confession d’un Amant.
J’aurais préféré rester fidèle à moi-même,
Plutôt que d’être réduit à un tel esclave P. ii. 94
Avec un nez endormi pareil,
2750 Avec les cheveux sortis de ma tête.
Car pour moi, il valait mieux passer toute la journée
Que d’avoir un tel nom de lâche, Dieu me protège ;
Car quand ma mère était enceinte,
Et que je reposais dans son ventre,
J’aurais préféré Atropos,
Qui est la déesse de toutes les morts,
Dès que j’aurais pris mon premier souffle,
Elle m’aurait arraché à ma mère.
2760 Mais maintenant, je n’ai plus peur,1350
Je pense à Dieu ; car Lachésis, [La Veille du Amant.]
Ni Clotô, qui est sa compagne,
Ne peuvent me réserver un tel destin,
Lorsqu’elles étaient présentes à ma naissance.
Page 622
Je fixe mes valeurs comme ils le veulent ;
Mais ils me poussent à devoir
Attendre ou dormir pendant que la vérité demeure cachée,
Ainsi j’espère qu’on pourra m’excuser
D’avoir manqué de vigilance.
Car en vérité, ô génie bienveillant,
C’est ainsi depuis toujours :
Chaque fois que cela arrive,
Je viens me battre à l’endroit où se trouve ma dame ;
Je ne suis ni lent ni endormi là-bas :
Car alors je peux affirmer
Que lorsque sa ruse la fait se réveiller la nuit,
Dans la chambre, pour chanter et danser,
Je pense alors pouvoir aller plus loin encore,
Si je peux atteindre son chien,
Mieux encore que si je gagnais un royaume.
Car lorsque je peux saisir sa main,
Avec tant de joie je danse et saute ;
Je pense alors ne pas toucher même une fleur ;
Le soleil, qui court sur l’horizon,
N’est pas aussi brillant que moi :
Ainsi vous comprenez bien
Que je hais le sommeil en ce moment.
Et quand les choses tournent autrement,
Ainsi qu’elle veut danser toute la nuit,
Jeter des sorts ou demander une épée d’amour,
Ou encore que sa ruse lui ordonne
De parler de Troïlus, comme elle le souhaite,
Je suis prêt à accepter.
Et si jamais j’ai l’occasion,
En temps opportun et dans de bonnes conditions,
Comme je le désire, je raconte une partie de l’histoire ; mais lorsque je prie…
Mais ils me poussent à devoir
Attendre ou dormir pendant que la vérité demeure cachée,
Ainsi j’espère qu’on pourra m’excuser
D’avoir manqué de vigilance.
Car en vérité, ô génie bienveillant,
C’est ainsi depuis toujours :
Chaque fois que cela arrive,
Je viens me battre à l’endroit où se trouve ma dame ;
Je ne suis ni lent ni endormi là-bas :
Car alors je peux affirmer
Que lorsque sa ruse la fait se réveiller la nuit,
Dans la chambre, pour chanter et danser,
Je pense alors pouvoir aller plus loin encore,
Si je peux atteindre son chien,
Mieux encore que si je gagnais un royaume.
Car lorsque je peux saisir sa main,
Avec tant de joie je danse et saute ;
Je pense alors ne pas toucher même une fleur ;
Le soleil, qui court sur l’horizon,
N’est pas aussi brillant que moi :
Ainsi vous comprenez bien
Que je hais le sommeil en ce moment.
Et quand les choses tournent autrement,
Ainsi qu’elle veut danser toute la nuit,
Jeter des sorts ou demander une épée d’amour,
Ou encore que sa ruse lui ordonne
De parler de Troïlus, comme elle le souhaite,
Je suis prêt à accepter.
Et si jamais j’ai l’occasion,
En temps opportun et dans de bonnes conditions,
Comme je le désire, je raconte une partie de l’histoire ; mais lorsque je prie…
Page 623
Elle me demande de partir, 1355
Et dit que la nuit est avancée ;
Mais je jure qu’il fait encore jour.
Mais à mesure que la nuit tombe,
Plus aucune joie au monde ne persiste,
Alors je dois cesser mon veille
Et mettre fin à ma surveillance : P. ii. 96
Et si elle vient alors ici,
2810 Je la regarde avec pitié,
Lorsque je dois prendre congé,
Je lui demande miséricorde pour apaiser
Ma peur, qui refuse toujours.
Mais il dit souvent : « Bonjour »,
Ce qui m’empêche de prendre congé :
Ainsi, tant que je peux y croire,
J’attends dans la nuit,
Car il reste encore du temps avant que je doive dormir,
2820 Jusqu’à ce que je doive enfin partir ;
Alors je prie Dieu,
Et, agenouillé, 1356
Je prends congé, et si possible,
Je l’embrasse, puis je m’en vais.
Et parfois, si j’ose,
Avant d’arriver à la porte, 1357
Je fais semblant de quelque chose,
Comme si j’avais perdu une bague
Ou autre chose, car je voudrais
2830 L’embrasser encore une fois, si je le pouvais,
Mais rarement j’agis ainsi.
Et quand je vois que je dois partir,
Je m’en vais, et alors 1358
De tout mon cœur je maudis et condamne
Le sommeil, qui est folie pour lui ;
Car, à mon avis, je pourrais rester éveillé sans dormir,
Ainsi je n’aurais pas à quitter P. ii. 97
Et dit que la nuit est avancée ;
Mais je jure qu’il fait encore jour.
Mais à mesure que la nuit tombe,
Plus aucune joie au monde ne persiste,
Alors je dois cesser mon veille
Et mettre fin à ma surveillance : P. ii. 96
Et si elle vient alors ici,
2810 Je la regarde avec pitié,
Lorsque je dois prendre congé,
Je lui demande miséricorde pour apaiser
Ma peur, qui refuse toujours.
Mais il dit souvent : « Bonjour »,
Ce qui m’empêche de prendre congé :
Ainsi, tant que je peux y croire,
J’attends dans la nuit,
Car il reste encore du temps avant que je doive dormir,
2820 Jusqu’à ce que je doive enfin partir ;
Alors je prie Dieu,
Et, agenouillé, 1356
Je prends congé, et si possible,
Je l’embrasse, puis je m’en vais.
Et parfois, si j’ose,
Avant d’arriver à la porte, 1357
Je fais semblant de quelque chose,
Comme si j’avais perdu une bague
Ou autre chose, car je voudrais
2830 L’embrasser encore une fois, si je le pouvais,
Mais rarement j’agis ainsi.
Et quand je vois que je dois partir,
Je m’en vais, et alors 1358
De tout mon cœur je maudis et condamne
Le sommeil, qui est folie pour lui ;
Car, à mon avis, je pourrais rester éveillé sans dormir,
Ainsi je n’aurais pas à quitter P. ii. 97
Page 624
Ô nuit noire, en qui réside toute ma lumière :
2840 Alors je maudis aussi la nuit,
De toute la force de mon courage,
Et je dis : « Ô toi, image noire,
Qui, de ton visage couvert de nuages,
Défigure toute la lumière du monde,
Et causes au sommeil une obscurité
Que je ne veux plus supporter
Dans la compagnie de ma bien-aimée.
Ô nuit endormie, je te défie,
Et je voudrais que tu restes prisonnière
2850 Avec Proserpine, la déesse,
Et avec Pluton, le roi de l’enfer :
Car tant que je ne verrai pas renaître les jours,
Je garderai la nuit à distance. »
Avec ces mots, je pleure et je souhaite,
Et je dis : « Ah, si seulement c’était le jour !
Car alors je pourrais voir ma bien-aimée,
Même si ce n’est plus possible. »
Puis je pense encore à celui qui supporte la nuit,
2860 Lorsqu’il a quelque chose qui peut le réjouir,
Et que les longues nuits sont à ses côtés,
Alors que moi, je suis impuissant et je m’éloigne.
Mais le sommeil, à quoi sert-il ?
Personne ne mérite son amour en aucun lieu ;
C’est plutôt un obstacle à sa grâce,
Et il le fait chuter comme s’il était jeté au sol,
P. ii. 98
Comme un arbre abattu.
Ainsi, mon père, de cette manière,
2870 Je méprise les nuits sombres,
Et constamment, au milieu de mon récit,
Je pense au rossignol,
Qui dort la nuit, par amour, comme je l’ai lu dans les livres.
Ainsi, enfin, je vais me coucher.
2840 Alors je maudis aussi la nuit,
De toute la force de mon courage,
Et je dis : « Ô toi, image noire,
Qui, de ton visage couvert de nuages,
Défigure toute la lumière du monde,
Et causes au sommeil une obscurité
Que je ne veux plus supporter
Dans la compagnie de ma bien-aimée.
Ô nuit endormie, je te défie,
Et je voudrais que tu restes prisonnière
2850 Avec Proserpine, la déesse,
Et avec Pluton, le roi de l’enfer :
Car tant que je ne verrai pas renaître les jours,
Je garderai la nuit à distance. »
Avec ces mots, je pleure et je souhaite,
Et je dis : « Ah, si seulement c’était le jour !
Car alors je pourrais voir ma bien-aimée,
Même si ce n’est plus possible. »
Puis je pense encore à celui qui supporte la nuit,
2860 Lorsqu’il a quelque chose qui peut le réjouir,
Et que les longues nuits sont à ses côtés,
Alors que moi, je suis impuissant et je m’éloigne.
Mais le sommeil, à quoi sert-il ?
Personne ne mérite son amour en aucun lieu ;
C’est plutôt un obstacle à sa grâce,
Et il le fait chuter comme s’il était jeté au sol,
P. ii. 98
Comme un arbre abattu.
Ainsi, mon père, de cette manière,
2870 Je méprise les nuits sombres,
Et constamment, au milieu de mon récit,
Je pense au rossignol,
Qui dort la nuit, par amour, comme je l’ai lu dans les livres.
Ainsi, enfin, je vais me coucher.
Page 625
Et mon cœur désire se marier
Avec elle, d’où je viens ;
Même si je pars, il ne le veut pas,
Il n’y a plus de verrou pour l’en empêcher,
Il ne peut plus aller dehors,
Celui qui perçoit ce mur impénétrable ;
Ainsi, il est entièrement à elle,
Que je l’aime ou que je la déteste,
Mon cœur va dans son lit,
Et doucement il la prend dans ses bras
Et sent combien elle est chaude,
Et souhaite que son corps soit
Là où il se trouve lui-même.
Et ainsi je me tourmente moi-même,
Jusqu’à ce que le sommeil m’emporte :
Mais même alors, il y a mille rêves.
Bien plus que avant,
Je suis tourmenté dans mon sommeil,
Car mes rêves ne sont pas agréables ;
Car je ne pense à rien d’autre,
Je suis submergé par cet amour
Que je dois conserver,
Maintenant je pleure et maintenant je ris,
Maintenant je gagne et maintenant je perds,
Maintenant j’achève et maintenant je commence.
Parfois je rêve et j’imagine
Que je suis tout un avec elle
Et que le danger est derrière nous ;
Alors, dans le sommeil, je trouve tant de joie
Que je ne souhaite jamais me réveiller.
Mais ensuite, quand je me lève,
Le matin venu,
Tout se transforme en tristesse,
Je me lève non pas pour une raison précise,
Mais parce que j’ai vécu de telle manière,
Et finalement je suis accablé
Parce que tout est vain et ne sert à rien.
Avec elle, d’où je viens ;
Même si je pars, il ne le veut pas,
Il n’y a plus de verrou pour l’en empêcher,
Il ne peut plus aller dehors,
Celui qui perçoit ce mur impénétrable ;
Ainsi, il est entièrement à elle,
Que je l’aime ou que je la déteste,
Mon cœur va dans son lit,
Et doucement il la prend dans ses bras
Et sent combien elle est chaude,
Et souhaite que son corps soit
Là où il se trouve lui-même.
Et ainsi je me tourmente moi-même,
Jusqu’à ce que le sommeil m’emporte :
Mais même alors, il y a mille rêves.
Bien plus que avant,
Je suis tourmenté dans mon sommeil,
Car mes rêves ne sont pas agréables ;
Car je ne pense à rien d’autre,
Je suis submergé par cet amour
Que je dois conserver,
Maintenant je pleure et maintenant je ris,
Maintenant je gagne et maintenant je perds,
Maintenant j’achève et maintenant je commence.
Parfois je rêve et j’imagine
Que je suis tout un avec elle
Et que le danger est derrière nous ;
Alors, dans le sommeil, je trouve tant de joie
Que je ne souhaite jamais me réveiller.
Mais ensuite, quand je me lève,
Le matin venu,
Tout se transforme en tristesse,
Je me lève non pas pour une raison précise,
Mais parce que j’ai vécu de telle manière,
Et finalement je suis accablé
Parce que tout est vain et ne sert à rien.
Page 626
Le destin ne suit pas ma volonté.
J’aurais voulu rester tranquille, dormir paisiblement,
Pour mesurer chaque instant de ce genre de rêve,
Car alors j’aurais eu un paradis de sommeil.
Mon Fils, et puisque tu le dis ainsi ; Confesseur.
On peut trouver, il y a longtemps,
Que de nombreux rêves se sont avérés vrais,
Même si certains pensent
Que les rêves ne méritent aucune crédibilité.
Mais pour montrer par des preuves
Qu’ils disaient bien la vérité,
Je pense, dans mes écrits,
Raconter une histoire à ce sujet,
Qui remonte aux temps anciens.
Ceci, je l’écris en poésie : [L’histoire de Ceix et d’Alceone.]
Ceix, roi de Trocinie,
Avait pour épouse Alceone, P. ii.
Elle l’aimait de tout son cœur ; et il avait aussi
Un frère, appelé l’exemple, comme Dedalion,
Et parfois, par des songes prophétiques,
La vérité devenait certaine
À travers des images semblables ; cela est décrit.
Et on raconte que le roi était très affligé, car, lorsque Ceix,
Roi de Trocinie,
Voulut, dans son cœur, réformer son frère,
Il partit en pèlerinage vers Dedalion,
Dans une région étrangère, transformé en oiseau,
Où il alla accomplir son dévouement en mer,
Pour offrir son sacrifice et prier, loin de sa patrie,
S’il pouvait être sauvé d’une manière ou d’une autre.
Juno envoya alors
Vers les dieux un messager pour obtenir leur grâce,
Afin que son frère soit retrouvé, afin qu’il puisse être ramené
À la maison des Songes,
Là où il avait été transformé. Elle ordonna donc que lui-même,
À cette fin, Alceone, l’épouse de ce roi,
Se mette en route pour cela.
J’aurais voulu rester tranquille, dormir paisiblement,
Pour mesurer chaque instant de ce genre de rêve,
Car alors j’aurais eu un paradis de sommeil.
Mon Fils, et puisque tu le dis ainsi ; Confesseur.
On peut trouver, il y a longtemps,
Que de nombreux rêves se sont avérés vrais,
Même si certains pensent
Que les rêves ne méritent aucune crédibilité.
Mais pour montrer par des preuves
Qu’ils disaient bien la vérité,
Je pense, dans mes écrits,
Raconter une histoire à ce sujet,
Qui remonte aux temps anciens.
Ceci, je l’écris en poésie : [L’histoire de Ceix et d’Alceone.]
Ceix, roi de Trocinie,
Avait pour épouse Alceone, P. ii.
Elle l’aimait de tout son cœur ; et il avait aussi
Un frère, appelé l’exemple, comme Dedalion,
Et parfois, par des songes prophétiques,
La vérité devenait certaine
À travers des images semblables ; cela est décrit.
Et on raconte que le roi était très affligé, car, lorsque Ceix,
Roi de Trocinie,
Voulut, dans son cœur, réformer son frère,
Il partit en pèlerinage vers Dedalion,
Dans une région étrangère, transformé en oiseau,
Où il alla accomplir son dévouement en mer,
Pour offrir son sacrifice et prier, loin de sa patrie,
S’il pouvait être sauvé d’une manière ou d’une autre.
Juno envoya alors
Vers les dieux un messager pour obtenir leur grâce,
Afin que son frère soit retrouvé, afin qu’il puisse être ramené
À la maison des Songes,
Là où il avait été transformé. Elle ordonna donc que lui-même,
À cette fin, Alceone, l’épouse de ce roi,
Se mette en route pour cela.
Page 627
Comme celui qui voulait devenir marin ; les songes en étaient la preuve. Ainsi, une fois qu’il eut obtenu son autorisation pour devenir marin, Alceone, sa femme, le conduisit près du rivage, l’interrogeant avec tout son cœur et le pressant de lui révéler le sort de son mari, qui, sur les vagues, était ballotté, et elle pensait qu’il allait mourir. Elle le trouva ; « À l’intérieur », dit-elle, « dans ton corps, accablé de douleur, je désire te serrer dans mes bras ». Et ainsi, dans toute hâte, elle le porta vers la mer profonde. Les dieux miséricordieux pleurèrent, et elle-même se lamenta, les corps des deux étant déchirés ; puis elle revint, transformée en oiseaux, que l’on appelle encore aujourd’hui Alcéonides. Mais il y a longtemps, ils se transformèrent soudainement. Elle n’eut aucune nouvelle de son retour. Il n’y avait aucun moyen de le savoir : les dieux furent implorés, et bien qu’elle essayât de toutes les manières possibles, elle offrit à Junon les sacrifices les plus importants, et supplia sa maîtresse de savoir où il se trouvait. Junon, la déesse, prit note de cela et aussitôt envoya Iris, sa messagère, chez Somnus, afin qu’elle découvre ce qui s’était passé. Iris, depuis son haut siège où elle exerce sa mission, revêtit une robe royale, magnifiquement ornée de couleurs variées, que personne ne pouvait reconnaître. Elle courba son corps céleste comme un arc, puis descendit lentement.
Page 628
Le dieu du Sommeil, là où il aime séjourner.
Et c’était en une étrange contrée,
Qui s’étend vers Chymérie :
Car là, comme le dit la Poésie, P. ii.
102
Le dieu du Sommeil a fait sa demeure,
2990 D’une architecture admirable.
Sous cet enfer se trouve une grotte,
Où le soleil ne peut jamais pénétrer,1369
Ainsi que personne ne sait rien
De la frontière entre le jour et la nuit :1370
Il n’y a ni feu, ni étincelle,
Ni porte qui puisse s’ouvrir,
Par laquelle on pourrait entrer,1371
De sorte qu’il n’y a pas de lumière à l’intérieur.
Et pour parler de ce qui se trouve à l’extérieur,
3000 Il n’y a là aucune grande forêt,
Où l’oiseau ou l’animal
Pût chanter ou crier :
Il n’y a pas de coq pour chanter le jour,
Ni aucun autre bruit qui puisse
Résonner dans l’enfer ; partout autour,
Sur le sol poussent des plantes
Qui provoquent le sommeil,
Avec d’autres herbes semblables.
Une eau tranquille, pour les nuits,
3010 Coule sur de petits cailloux,
Qu’on appelle le fleuve Léthé ;
Sous cet enfer, de telle manière,
Il y a là quelque chose qui suscite un grand désir
De dormir. Ainsi, plein de délices,
Le Sommeil a sa demeure ; et de son lit,
À l’intérieur de sa chambre, si je devais le décrire,
Les bords sont entourés par cet arbre du sommeil, P. ii.
103
Et parce qu’il doit dormir doucement,
3020 Sur un lit moelleux, haut placé,
Il est recouvert de nombreuses coussins en plumes.
Et c’était en une étrange contrée,
Qui s’étend vers Chymérie :
Car là, comme le dit la Poésie, P. ii.
102
Le dieu du Sommeil a fait sa demeure,
2990 D’une architecture admirable.
Sous cet enfer se trouve une grotte,
Où le soleil ne peut jamais pénétrer,1369
Ainsi que personne ne sait rien
De la frontière entre le jour et la nuit :1370
Il n’y a ni feu, ni étincelle,
Ni porte qui puisse s’ouvrir,
Par laquelle on pourrait entrer,1371
De sorte qu’il n’y a pas de lumière à l’intérieur.
Et pour parler de ce qui se trouve à l’extérieur,
3000 Il n’y a là aucune grande forêt,
Où l’oiseau ou l’animal
Pût chanter ou crier :
Il n’y a pas de coq pour chanter le jour,
Ni aucun autre bruit qui puisse
Résonner dans l’enfer ; partout autour,
Sur le sol poussent des plantes
Qui provoquent le sommeil,
Avec d’autres herbes semblables.
Une eau tranquille, pour les nuits,
3010 Coule sur de petits cailloux,
Qu’on appelle le fleuve Léthé ;
Sous cet enfer, de telle manière,
Il y a là quelque chose qui suscite un grand désir
De dormir. Ainsi, plein de délices,
Le Sommeil a sa demeure ; et de son lit,
À l’intérieur de sa chambre, si je devais le décrire,
Les bords sont entourés par cet arbre du sommeil, P. ii.
103
Et parce qu’il doit dormir doucement,
3020 Sur un lit moelleux, haut placé,
Il est recouvert de nombreuses coussins en plumes.
Page 629
La chambre est pleine de jeunes gens, en grand nombre. Ainsi entra Yris dans cette pièce ; elle se rendit au lit, qui était entièrement noir. Là, elle parla avec le Sommeil. Alors qu’elle était allongée sur ce lit, elle transmit le message de Junon. Elle répéta ses paroles à plusieurs reprises, jusqu’à ce que le sommeil quitte Eres. Enfin, il chassa les ombres qui l’entouraient et lui dit que tout serait fait comme elle le demandait. Parmi les milliers de personnes endormies dans sa maison, il choisit spécialement trois d’entre elles pour accomplir cette tâche : le premier, comme je l’ai déjà dit, était Morphée, dont la nature est de prendre l’apparence de toute personne qu’il désire, afin de tromper ainsi ceux qui dorment ; puis Ilithyie, qui possède l’ouïe de tous les sons, connaissant ainsi la nature et les conditions de chaque être vivant ; enfin, Panthasas, qui peut transformer toute chose en sa forme appropriée, la changeant en un autre genre. Sur ces trois-là, selon ce que j’ai appris, se trouvent toutes sortes de jeunes gens ; parfois ils sont réels, parfois ce n’est qu’une illusion. Mais en réalité, Morphée n’est pas seul.
Page 630
Il attendit jusqu’à Alceone1376,
À l’image de sa maîtresse.
3060 Nu, il gisait sur le rivage,
Et on le vit pleurer amèrement ;
Tous les autres virent cela aussi.
La tempête des nuages noirs,
La mer agitée, les vents violents,
Tout cela contribua à sa mort ;
Alors elle se mit à crier,
Elle dormait dans son lit,
Et à cause du bruit de cette scène,
Ses femmes se levèrent aussitôt,
3070 Parmi lesquelles certaines étaient inquiètes,
Et demandèrent ce qui s’était passé ;
Elle, dès qu’elle vit et comprit,
Raconta tout à ses femmes.
Elles prirent alors bonne garde1377
Et dirent que c’était un signe de bonheur ;
Mais tant qu’elle ne sut pas ce qui s’était réellement passé,
Son cœur ne trouva aucun réconfort.
Le lendemain, elle se leva tôt,
P. ii. 105
Et se rendit à la mer, là où il avait été retrouvé1378,
3080 Le corps gisait là, sans protection ;
Elle plongea, et lorsqu’elle remonta,
Épuisée, les bras tendus, elle vit1379
Son seigneur flottant sur les vagues.
Alors ses esprits s’égarèrent,
Et elle, incapable de supporter ce spectacle de mort,
Sauta aussitôt dans les profondeurs1380
Et voulut le saisir dans ses bras.
Ce malheur double,
Les dieux du ciel suprême l’observaient,
3090 Et en raison de la foi en l’amour
Qui existait en cette noble femme,
Ils firent que, sur les eaux salées,
Son seigneur mourut, ainsi qu’elle aussi.
À l’image de sa maîtresse.
3060 Nu, il gisait sur le rivage,
Et on le vit pleurer amèrement ;
Tous les autres virent cela aussi.
La tempête des nuages noirs,
La mer agitée, les vents violents,
Tout cela contribua à sa mort ;
Alors elle se mit à crier,
Elle dormait dans son lit,
Et à cause du bruit de cette scène,
Ses femmes se levèrent aussitôt,
3070 Parmi lesquelles certaines étaient inquiètes,
Et demandèrent ce qui s’était passé ;
Elle, dès qu’elle vit et comprit,
Raconta tout à ses femmes.
Elles prirent alors bonne garde1377
Et dirent que c’était un signe de bonheur ;
Mais tant qu’elle ne sut pas ce qui s’était réellement passé,
Son cœur ne trouva aucun réconfort.
Le lendemain, elle se leva tôt,
P. ii. 105
Et se rendit à la mer, là où il avait été retrouvé1378,
3080 Le corps gisait là, sans protection ;
Elle plongea, et lorsqu’elle remonta,
Épuisée, les bras tendus, elle vit1379
Son seigneur flottant sur les vagues.
Alors ses esprits s’égarèrent,
Et elle, incapable de supporter ce spectacle de mort,
Sauta aussitôt dans les profondeurs1380
Et voulut le saisir dans ses bras.
Ce malheur double,
Les dieux du ciel suprême l’observaient,
3090 Et en raison de la foi en l’amour
Qui existait en cette noble femme,
Ils firent que, sur les eaux salées,
Son seigneur mourut, ainsi qu’elle aussi.
Page 631
De la mort à la vie ainsi transformés,
Ils furent faits oiseaux en forme de cygnes
Nageant sur les vagues au milieu.
Et quand elle vit son seigneur vivant
En apparence de cygne nageant,
Et qu’elle était du même genre,
3100 De sorte qu’elle pût s’amuser,
Avec la joie qu’elle avait,
Elle envoya ses oiseaux devant elle,
Et lui, autant qu’elle le pouvait,
Dressa et protégea de telle manière,
Comme elle en avait l’habitude :
Pour ses armes, elle prit ses oiseaux,
Et pour ses lèvres tendres,
Sa bile amère, et tout aussi pleine. P. ii. 106
Elle s’incarna dans la forme de cygne,
3110 Si seulement elle pouvait se conformer
À être une épouse agréable,
Comme elle le faisait dans l’autre vie :
Car bien qu’elle eût peu de savoir,
Sa volonté demeura telle qu’auparavant,
Et elle le servit autant qu’elle le pouvait.
C’est pourquoi, en ce genre de jour,
Ils vivaient ensemble sur le lac,
Où de nombreuses filles et fils
Naissaient de leur descendance ;
3120 Et les hommes devraient garder à l’esprit
Cette Alcée, la reine fidèle,
Cygne aujourd’hui, comme on le voit,
Portant le nom d’Alcée.
Vois donc, mon Fils, cela peut te servir de confesseur.
Pour éviter les erreurs des jeunes gens,
Car souvent un homme endormi
Ne sait pas ce qui va arriver ensuite.
Car parfois il est bon pour un homme de dormir, comme il se doit,1381
3130 Mais cela ne retarde en rien la vie.
Ils furent faits oiseaux en forme de cygnes
Nageant sur les vagues au milieu.
Et quand elle vit son seigneur vivant
En apparence de cygne nageant,
Et qu’elle était du même genre,
3100 De sorte qu’elle pût s’amuser,
Avec la joie qu’elle avait,
Elle envoya ses oiseaux devant elle,
Et lui, autant qu’elle le pouvait,
Dressa et protégea de telle manière,
Comme elle en avait l’habitude :
Pour ses armes, elle prit ses oiseaux,
Et pour ses lèvres tendres,
Sa bile amère, et tout aussi pleine. P. ii. 106
Elle s’incarna dans la forme de cygne,
3110 Si seulement elle pouvait se conformer
À être une épouse agréable,
Comme elle le faisait dans l’autre vie :
Car bien qu’elle eût peu de savoir,
Sa volonté demeura telle qu’auparavant,
Et elle le servit autant qu’elle le pouvait.
C’est pourquoi, en ce genre de jour,
Ils vivaient ensemble sur le lac,
Où de nombreuses filles et fils
Naissaient de leur descendance ;
3120 Et les hommes devraient garder à l’esprit
Cette Alcée, la reine fidèle,
Cygne aujourd’hui, comme on le voit,
Portant le nom d’Alcée.
Vois donc, mon Fils, cela peut te servir de confesseur.
Pour éviter les erreurs des jeunes gens,
Car souvent un homme endormi
Ne sait pas ce qui va arriver ensuite.
Car parfois il est bon pour un homme de dormir, comme il se doit,1381
3130 Mais cela ne retarde en rien la vie.
Page 632
Ce qui est propre à l’amour.
Mon père, selon le pacte de la Confession de l’Amant.
Je ferai bien cette confession,
De toute ma vie jusqu’à présent,
Autant que je puis comprendre ;
Je n’ai jamais dormi sur un chien,
Lorsqu’il était temps de se réveiller ;
P. ii.
Car bien que mon corps veuille s’endormir,
Mon cœur reste toujours éveillé.
Mais il est difficile d’exprimer cela clairement,
[Le sommeil et l’éveil.]
Tout ce que je vous ai dit ici
Sur mon état d’éveil, comme vous pouvez le voir ici,
Cela concerne ma douce dame ;
Sinon, je vous assure,
Lorsque je vais en un lieu étranger,
Je ne veux pas me réveiller ainsi.
Car lorsque les femmes écoutent avec attention,
Et que je les vois dans l’obscurité,
De celles dont je devrais prendre soin,
Je ne veux pas rester longtemps éveillé,
Sauf par pure honte,
De peur de devoir subir des reproches,
Afin qu’elles n’aient aucune raison de dire :
« Ha, voyez, où va donc celui-là,
Qui a perdu son self-control ! »
Et ainsi, je chante et danse,
Faisant semblant d’avoir du désir là où il n’y en a pas.
Car souvent je tombe dans cette situation ;
À cause des pensées qui viennent à mon esprit,
Quand la nuit tombe, ma tête se trouble,
Et c’est parce que je vois l’obscurité,
Qui est le symbole de mes pensées :
Et ainsi, autant que possible,
Dès que le jour se lève,
Je m’éloigne de tout cela
Et je pars, et ils croient…
Mon père, selon le pacte de la Confession de l’Amant.
Je ferai bien cette confession,
De toute ma vie jusqu’à présent,
Autant que je puis comprendre ;
Je n’ai jamais dormi sur un chien,
Lorsqu’il était temps de se réveiller ;
P. ii.
Car bien que mon corps veuille s’endormir,
Mon cœur reste toujours éveillé.
Mais il est difficile d’exprimer cela clairement,
[Le sommeil et l’éveil.]
Tout ce que je vous ai dit ici
Sur mon état d’éveil, comme vous pouvez le voir ici,
Cela concerne ma douce dame ;
Sinon, je vous assure,
Lorsque je vais en un lieu étranger,
Je ne veux pas me réveiller ainsi.
Car lorsque les femmes écoutent avec attention,
Et que je les vois dans l’obscurité,
De celles dont je devrais prendre soin,
Je ne veux pas rester longtemps éveillé,
Sauf par pure honte,
De peur de devoir subir des reproches,
Afin qu’elles n’aient aucune raison de dire :
« Ha, voyez, où va donc celui-là,
Qui a perdu son self-control ! »
Et ainsi, je chante et danse,
Faisant semblant d’avoir du désir là où il n’y en a pas.
Car souvent je tombe dans cette situation ;
À cause des pensées qui viennent à mon esprit,
Quand la nuit tombe, ma tête se trouble,
Et c’est parce que je vois l’obscurité,
Qui est le symbole de mes pensées :
Et ainsi, autant que possible,
Dès que le jour se lève,
Je m’éloigne de tout cela
Et je pars, et ils croient…
Page 633
Ce sage ici aime là-bas ;
Et je m’en vais, comme si la nuit n’existait pas, P. ii. 108
Vers mon lit, afin que je puisse y rester allongé, pensif et triste,
Et souhaiter toute la longue nuit,
Jusqu’à ce que je voie la lumière du jour.
Je ne sais pas si c’est le sommeil,
Mais sur votre conscience,
Mon cher père, jetez-y un regard.
Mon Fils, je suis bien récompensée par toi, Confesseur.
Pour avoir échappé au sommeil, qui est paresse,
La nuit en compagnie de l’amour,
Et endurer cette peine
3180 Afin que cet amour reste plein pendant la nuit :
Car l’amour, éveillé par son désir,
Est toujours présent, et voudrait que ces longues nuits ne finissent jamais.
Pour prouver cela, je dois raconter une histoire :
Comment l’amour et le sommeil coexistent dans la nuit.
Et je m’en vais, comme si la nuit n’existait pas, P. ii. 108
Vers mon lit, afin que je puisse y rester allongé, pensif et triste,
Et souhaiter toute la longue nuit,
Jusqu’à ce que je voie la lumière du jour.
Je ne sais pas si c’est le sommeil,
Mais sur votre conscience,
Mon cher père, jetez-y un regard.
Mon Fils, je suis bien récompensée par toi, Confesseur.
Pour avoir échappé au sommeil, qui est paresse,
La nuit en compagnie de l’amour,
Et endurer cette peine
3180 Afin que cet amour reste plein pendant la nuit :
Car l’amour, éveillé par son désir,
Est toujours présent, et voudrait que ces longues nuits ne finissent jamais.
Pour prouver cela, je dois raconter une histoire :
Comment l’amour et le sommeil coexistent dans la nuit.
Page 634
Pour l’amour, que cette liste éveille [La Prière de Céphale.]
Sois nuit, afin que je prenne un exemple de Céphale, lorsqu’il reposait
3190 avec l’Aurore, cette douce… ici il dit que
la veille,
toute la nuit, en armes. Aux amants, et non
lorsque le jour s’incline vers la lumière, la somnolence
qui est louable dans son cœur. Et il donne l’exemple de
ce jour qui fut aimé pendant la nuit, Céphale, fils de Phébus,
bientôt il loua le Fils qui, de nuit,
par désir d’amour, ainsi parla-t-il : dans le silence, il enlaça l’Aurore,
sa bien-aimée :
« Ô Phébus, toi qui gouvernes les jours avec plus d’affection
jusqu’à ce que vienne la nuit, en embrassant le Soleil
et la Lune,
et tu saluais joyeusement toute créature,
selon la loi de cette nature — à savoir que le Soleil
n’a pas d’étoile plus éloignée en cercle à l’est
que celle qui, avec sa lumière,
se retire secrètement, et que
l’amour et son devoir, la Lune, sa compagne,
demande à la nuit d’être ouverte, parcourant le monde sur une très longue orbite
pendant la nuit,
mais dans le silence et dans l’ombre ; ainsi
elle désire être protégée : afin que
lui-même
Et ainsi, lorsque cette lumière s’estompe, Céphale,
enlacé par l’Aurore,
et le Crépuscule le montre s’éloigner, avant même
que la nuit ne soit longue et douce, ce jour-là
sous les nuages sombres et silencieux, il pouvait reposer dans ses délices ;
alors cette chose obtient la plupart de sa volonté,
permettre plus longtemps
afin que ces mythes s’élèvent, qu’ils daignent le faire.1394
3200 Comme toi, qui es le jour,
3210 sans conseil pour l’amour ni pour les mythes, P. ii.
109
En cette sombre nuit,
de tout mon cœur je t’en supplie
de me permettre de trouver du plaisir
avec celle qui repose dans mes bras.
3220 Retire le drapeau de tes armes,
et laisse ces lumières naître,1397
et sous le Signe du Capricorne.
Sois nuit, afin que je prenne un exemple de Céphale, lorsqu’il reposait
3190 avec l’Aurore, cette douce… ici il dit que
la veille,
toute la nuit, en armes. Aux amants, et non
lorsque le jour s’incline vers la lumière, la somnolence
qui est louable dans son cœur. Et il donne l’exemple de
ce jour qui fut aimé pendant la nuit, Céphale, fils de Phébus,
bientôt il loua le Fils qui, de nuit,
par désir d’amour, ainsi parla-t-il : dans le silence, il enlaça l’Aurore,
sa bien-aimée :
« Ô Phébus, toi qui gouvernes les jours avec plus d’affection
jusqu’à ce que vienne la nuit, en embrassant le Soleil
et la Lune,
et tu saluais joyeusement toute créature,
selon la loi de cette nature — à savoir que le Soleil
n’a pas d’étoile plus éloignée en cercle à l’est
que celle qui, avec sa lumière,
se retire secrètement, et que
l’amour et son devoir, la Lune, sa compagne,
demande à la nuit d’être ouverte, parcourant le monde sur une très longue orbite
pendant la nuit,
mais dans le silence et dans l’ombre ; ainsi
elle désire être protégée : afin que
lui-même
Et ainsi, lorsque cette lumière s’estompe, Céphale,
enlacé par l’Aurore,
et le Crépuscule le montre s’éloigner, avant même
que la nuit ne soit longue et douce, ce jour-là
sous les nuages sombres et silencieux, il pouvait reposer dans ses délices ;
alors cette chose obtient la plupart de sa volonté,
permettre plus longtemps
afin que ces mythes s’élèvent, qu’ils daignent le faire.1394
3200 Comme toi, qui es le jour,
3210 sans conseil pour l’amour ni pour les mythes, P. ii.
109
En cette sombre nuit,
de tout mon cœur je t’en supplie
de me permettre de trouver du plaisir
avec celle qui repose dans mes bras.
3220 Retire le drapeau de tes armes,
et laisse ces lumières naître,1397
et sous le Signe du Capricorne.
Page 635
La demeure appropriée à Satorne,
Je prie que tu veuilles y séjourner,
Là où les nuits sont sombres et longues :
Car mon bien-aimé est endormi,
Qui gît ici, nu, à mes côtés,
Comme celui qui voudrait être éveillé, P. ii.
110
Et moi, je ne puis dormir du tout.
3230 Il serait bon donc de tenir compte
De cette prière urgente mienne,
Et que l’on fasse de même pour
Ces quatre cartes, et qu’on les dispose ainsi,
Afin que ce cheval rapide soit retenu
Sous la Terre, en Occident,
Et que ceux-ci, tournés vers l’Orient,
Parcourent le long chemin en cercle.
Et aussi à toi, Diane, je prie,
Qui es issue de cette noblesse,
3240 La déesse de la nuit,
Que tu sois gracieuse envers moi :
Et dans le Cancer, cette petite maison
Voit Phébus en opposition,
Tout ce temps, et, dans la délicatesse,
Voit Vénus avec un visage joyeux.
Car alors, par l’astronomie
Des constellations appropriées,
Tu provoques la procréation,
Et fais naître des enfants :
3250 Si seulement je pouvais obtenir cette grâce,
De tout mon cœur, je servirais
La nuit et observerais cette veille.
Voilà donc ce confesseur ardent, Céphale.
Priez pour Phébé et pour Phébus
Afin que la nuit s’allonge,
Ainsi qu’il puisse observer la loi
En ce moment d’ardeur amoureuse,
Qui est appelé la fête de la nuit, P. ii.
Je prie que tu veuilles y séjourner,
Là où les nuits sont sombres et longues :
Car mon bien-aimé est endormi,
Qui gît ici, nu, à mes côtés,
Comme celui qui voudrait être éveillé, P. ii.
110
Et moi, je ne puis dormir du tout.
3230 Il serait bon donc de tenir compte
De cette prière urgente mienne,
Et que l’on fasse de même pour
Ces quatre cartes, et qu’on les dispose ainsi,
Afin que ce cheval rapide soit retenu
Sous la Terre, en Occident,
Et que ceux-ci, tournés vers l’Orient,
Parcourent le long chemin en cercle.
Et aussi à toi, Diane, je prie,
Qui es issue de cette noblesse,
3240 La déesse de la nuit,
Que tu sois gracieuse envers moi :
Et dans le Cancer, cette petite maison
Voit Phébus en opposition,
Tout ce temps, et, dans la délicatesse,
Voit Vénus avec un visage joyeux.
Car alors, par l’astronomie
Des constellations appropriées,
Tu provoques la procréation,
Et fais naître des enfants :
3250 Si seulement je pouvais obtenir cette grâce,
De tout mon cœur, je servirais
La nuit et observerais cette veille.
Voilà donc ce confesseur ardent, Céphale.
Priez pour Phébé et pour Phébus
Afin que la nuit s’allonge,
Ainsi qu’il puisse observer la loi
En ce moment d’ardeur amoureuse,
Qui est appelé la fête de la nuit, P. ii.
Page 636
Sans sommeil ni paresse ;1403 111
3260 Quelle Vénus, parmi toutes les autres,
A éloigné, de la même manière,
Celle qui brille dans tous les jeux
Et qui, dans la chambre, apporte tant de joie1404 ?
Elle se couche, lorsque cela arrive,
Alors que l’amour devrait être attendu.
Mais Slowthe, qui est extrêmement paresseux,
A fait de la somnolence sa règle :
Ce qui est dû à l’amour,
Il ne le paie pas de tout son dû :
3270 Il ne sait pas comment la nuit passe
Ni quand le jour arrive,
Il ne fait que dormir et traîner
Jusqu’à midi, pour ensuite se lever.
Mais Céphale a agi différemment,
Comme tu l’as entendu, mon Fils.
Mon père, celui dont l’amour est partagé,
Se couche nu à ses côtés,
Et préférerait plutôt cela à la somnolence ;
Je ne sais pas qui il est :
3280 Mais certainement, il m’a touchée,
Car il ne m’a jamais abandonnée jusqu’à présent.
D’un autre côté, lorsque je peux chasser la somnolence
En restant éveillée, alors je rêve de choses très douces pendant la journée ;
Et si par hasard je peux
Plaire à mes pensées avec de tels rêves,
Alors je pense que je suis un peu heureuse,1405 P. ii.
112
Car je n’ai aucun autre réconfort.
3290 Ainsi, la nuit tombe, et je dois demander
Le char du Soleil pour qu’il vienne vite,
Ni même la Lune, qui parcourt son chemin dans le ciel,
Car je ne suis plus du tout proche de l’amour.
3260 Quelle Vénus, parmi toutes les autres,
A éloigné, de la même manière,
Celle qui brille dans tous les jeux
Et qui, dans la chambre, apporte tant de joie1404 ?
Elle se couche, lorsque cela arrive,
Alors que l’amour devrait être attendu.
Mais Slowthe, qui est extrêmement paresseux,
A fait de la somnolence sa règle :
Ce qui est dû à l’amour,
Il ne le paie pas de tout son dû :
3270 Il ne sait pas comment la nuit passe
Ni quand le jour arrive,
Il ne fait que dormir et traîner
Jusqu’à midi, pour ensuite se lever.
Mais Céphale a agi différemment,
Comme tu l’as entendu, mon Fils.
Mon père, celui dont l’amour est partagé,
Se couche nu à ses côtés,
Et préférerait plutôt cela à la somnolence ;
Je ne sais pas qui il est :
3280 Mais certainement, il m’a touchée,
Car il ne m’a jamais abandonnée jusqu’à présent.
D’un autre côté, lorsque je peux chasser la somnolence
En restant éveillée, alors je rêve de choses très douces pendant la journée ;
Et si par hasard je peux
Plaire à mes pensées avec de tels rêves,
Alors je pense que je suis un peu heureuse,1405 P. ii.
112
Car je n’ai aucun autre réconfort.
3290 Ainsi, la nuit tombe, et je dois demander
Le char du Soleil pour qu’il vienne vite,
Ni même la Lune, qui parcourt son chemin dans le ciel,
Car je ne suis plus du tout proche de l’amour.
Page 637
Le sommeil m’envahit encore plus que je ne le vois ; quelque chose dans ce sommeil me plaît, mais par la suite mon cœur est troublé lorsque je découvre que ce n’est pas ainsi. Ainsi, je ne sais rien du service que le sommeil rend aux hommes. Mon Fils, certes tu dis vrai, Confesseur. Mais seulement il aide les gens, parfois, en médecine, comme je le constate, lorsqu’il est pris avec modération ; mais celui qui ne sait pas mesurer le sommeil selon les règles appropriées, souvent il tombe dans une telle malchance qui le afflige. Cependant, celui qui aime ces anciens livres, où il est écrit sur la somnolence, peut connaître la vérité, s’il veut prendre pour exemple ce qui est bon pour rester éveillé : j’envisage de raconter une histoire en poésie à ce sujet.
Ovide raconte dans ses fables [Argus et Mercure] comment Jupiter, un jour de grand âge, eut une jeune fille, nommée Io, dont Junon, sa femme, était jalouse ; la déesse, par amour, transforma Io en vache, afin que ceux qui souffrent de somnolence puissent paître dans les vastes champs environnants et y gagner leur vie ; mais cette reine perdit ainsi son statut. Il raconte aussi que, comme Io était rarement sujette au sommeil, Junon, sous forme de vache, confia sa garde à Argus, qui avait cent yeux et voyait tout parfaitement. Voici donc comment il fut trompé.
Ovide raconte dans ses fables [Argus et Mercure] comment Jupiter, un jour de grand âge, eut une jeune fille, nommée Io, dont Junon, sa femme, était jalouse ; la déesse, par amour, transforma Io en vache, afin que ceux qui souffrent de somnolence puissent paître dans les vastes champs environnants et y gagner leur vie ; mais cette reine perdit ainsi son statut. Il raconte aussi que, comme Io était rarement sujette au sommeil, Junon, sous forme de vache, confia sa garde à Argus, qui avait cent yeux et voyait tout parfaitement. Voici donc comment il fut trompé.
Page 638
Mercure, qui était lié à Mercure Argus, tua le dormeur.
Il se déguisa en vache pour s’approcher d’elle, et il avait une flûte bien conçue afin de voler la vache ; sur les notes de musique, il voulut l’emmener avec lui.
Avec cela, il put faire ce qu’il voulait.
De plus, il avait préparé des histoires amusantes et attendit son moment ; ainsi, il se rendit dans les champs, où il aperçut Argus accompagné de ses chiens.
Alors, il prit sa flûte et se mit à jouer de sa manière quelque chose qui était endormi là ; et en jouant, il chanta pour lui une chanson si amusante que celui-ci s’endormit aussitôt.
Personne ne pouvait retenir sa tête, que Mercure frappa ; aussitôt, il vola la vache que gardait Argus, et tout cela arriva parce qu’il dormait.
C’est là un exemple pour beaucoup : souvent, le sommeil cause du mal quand il est temps de se réveiller. Car si quelqu’un adopte cette mauvaise habitude, se complaisant dans la somnolence, on devrait écrire son épitaphe sur sa porte, comme sur sa tombe ; car celui qui gaspille sans sauver est perdu, comme s’il était déjà mort.
Ainsi, mon fils, garde la tête haute, confesseur. Et que le sommeil ne t’envoûte pas, sauf au moment opportun.
Mon père, à ce sujet, Amans… Comme je vous l’ai dit, souvent je me couchais alors que je devais rester debout.
Il se déguisa en vache pour s’approcher d’elle, et il avait une flûte bien conçue afin de voler la vache ; sur les notes de musique, il voulut l’emmener avec lui.
Avec cela, il put faire ce qu’il voulait.
De plus, il avait préparé des histoires amusantes et attendit son moment ; ainsi, il se rendit dans les champs, où il aperçut Argus accompagné de ses chiens.
Alors, il prit sa flûte et se mit à jouer de sa manière quelque chose qui était endormi là ; et en jouant, il chanta pour lui une chanson si amusante que celui-ci s’endormit aussitôt.
Personne ne pouvait retenir sa tête, que Mercure frappa ; aussitôt, il vola la vache que gardait Argus, et tout cela arriva parce qu’il dormait.
C’est là un exemple pour beaucoup : souvent, le sommeil cause du mal quand il est temps de se réveiller. Car si quelqu’un adopte cette mauvaise habitude, se complaisant dans la somnolence, on devrait écrire son épitaphe sur sa porte, comme sur sa tombe ; car celui qui gaspille sans sauver est perdu, comme s’il était déjà mort.
Ainsi, mon fils, garde la tête haute, confesseur. Et que le sommeil ne t’envoûte pas, sauf au moment opportun.
Mon père, à ce sujet, Amans… Comme je vous l’ai dit, souvent je me couchais alors que je devais rester debout.
Page 639
Je ne dors jamais, bien que je le voudrais ;
Car l’amour est toujours près de moi,
3370 Et ne connaît pas de limite dans le temps.1414
Car lorsque je veux fermer mes yeux,
Mon cœur refuse aussitôt de se soumettre
Et garde sa vigilance de telle manière,
Jusqu’au jour où je me lève,
Ce qui arrive rarement pendant mon sommeil.
Ainsi, je repousse la somnolence
Et garde ainsi mon cœur : et donc, s’il y a
D’autres maux à ce niveau, P. ii.
115
Parle maintenant.
Mon Fils, oui : Confesseur.
3380 Car la paresse, qui est comme une mère
Qui retient et nourrit
L’homme plein de nombreux vices funestes,
A encore un autre mal parmi tous,
Qui a fait tomber beaucoup d’hommes,
Au point qu’ils ne peuvent plus se relever ;
À cela, tu dois te préserver,
Avant de subir le même sort,
Car je vais déclarer quel vice c’est.
ix. La fortune n’est pas favorable là où règne le désespoir [vii. Tristesse ou
1415 Désespérance.]
Où le suc se dessèche, le sol ne reverdit pas.
L’amour magnanime, lui, place son espoir et en tire le salut,
Car il bénéficie de destins favorables.
Lorsque la paresse a fait tout ce qu’elle pouvait
3390 Pour retarder l’arrivée du jour, alors intervient cette dernière forme :
L’Accidie, qui
Ensuite s’installe sur le mal : la Tristesse ou
Elle attend que son moment soit venu ; on l’appelle le Désespoir,
dont l’obstination
Fait que l’homme conçoit en lui-même l’espoir de consolation,
Il devient triste, et se trompe ainsi lui-même, en renonçant à tout remède possible.
Car l’amour est toujours près de moi,
3370 Et ne connaît pas de limite dans le temps.1414
Car lorsque je veux fermer mes yeux,
Mon cœur refuse aussitôt de se soumettre
Et garde sa vigilance de telle manière,
Jusqu’au jour où je me lève,
Ce qui arrive rarement pendant mon sommeil.
Ainsi, je repousse la somnolence
Et garde ainsi mon cœur : et donc, s’il y a
D’autres maux à ce niveau, P. ii.
115
Parle maintenant.
Mon Fils, oui : Confesseur.
3380 Car la paresse, qui est comme une mère
Qui retient et nourrit
L’homme plein de nombreux vices funestes,
A encore un autre mal parmi tous,
Qui a fait tomber beaucoup d’hommes,
Au point qu’ils ne peuvent plus se relever ;
À cela, tu dois te préserver,
Avant de subir le même sort,
Car je vais déclarer quel vice c’est.
ix. La fortune n’est pas favorable là où règne le désespoir [vii. Tristesse ou
1415 Désespérance.]
Où le suc se dessèche, le sol ne reverdit pas.
L’amour magnanime, lui, place son espoir et en tire le salut,
Car il bénéficie de destins favorables.
Lorsque la paresse a fait tout ce qu’elle pouvait
3390 Pour retarder l’arrivée du jour, alors intervient cette dernière forme :
L’Accidie, qui
Ensuite s’installe sur le mal : la Tristesse ou
Elle attend que son moment soit venu ; on l’appelle le Désespoir,
dont l’obstination
Fait que l’homme conçoit en lui-même l’espoir de consolation,
Il devient triste, et se trompe ainsi lui-même, en renonçant à tout remède possible.
Page 640
Que le désespoir qu’il ressent lui fait croire qu’il ne pourra jamais être libéré,1416
qu’il ne pourra jamais obtenir de chance pour lui-même.
Là où il n’y a aucun réconfort pour commencer, il est impossible d’arriver à quelque chose.
Toute joie lui est refusée : c’est la crédulité.
3400 Ainsi, dans son cœur affligé,
mille fois, haletant,1417
il espère la mort, quand la fortune lui est contraire.
Car alors il voudrait que son destin change, P. ii. 116
comme si son monde était entièrement perdu,
et il dit : « Hélas, pourquoi suis-je né ?
Comment vivrai-je ? Que ferai-je ?
Puisque maintenant la fortune m’est ainsi hostile,
je sais bien que Dieu ne voudra pas m’aider. »
3410 À quoi bon alors compter sur les joies,
lorsqu’il n’y a aucun remède à mes soucis ?
Mon bien-être est tellement assombri
que je suis entièrement voué au malheur.
Hélas, que je sois sorti de cette vie,
avant d’être complètement submergé ! »
Et ainsi il augmente sa tristesse,
comme si Dieu ne pouvait pas l’aider :
mais il ne veut même pas se donner la peine
de s’aider dans une telle détresse,
3420 mais il reste paresseux face à une telle menace,
ce qui est gravé dans son cœur,
tout comme il ne peut pas fuir
les maux du monde dans lesquels il se trouve.
De même, lorsqu’il tombe dans le péché,
il pense alors qu’il est si coupable
que Dieu ne voudra pas être miséricordieux
pour pardonner un tel péché ;1418
et ainsi il reste prêt à être puni.
Et si quelqu’un, dans une telle situation,
3430 voulait le conseiller, il ne comprendrait pas
la vérité, même si quelqu’un la découvrait :
car la tristesse est de ce genre,
qu’elle fait croire à sa folie.
qu’il ne pourra jamais obtenir de chance pour lui-même.
Là où il n’y a aucun réconfort pour commencer, il est impossible d’arriver à quelque chose.
Toute joie lui est refusée : c’est la crédulité.
3400 Ainsi, dans son cœur affligé,
mille fois, haletant,1417
il espère la mort, quand la fortune lui est contraire.
Car alors il voudrait que son destin change, P. ii. 116
comme si son monde était entièrement perdu,
et il dit : « Hélas, pourquoi suis-je né ?
Comment vivrai-je ? Que ferai-je ?
Puisque maintenant la fortune m’est ainsi hostile,
je sais bien que Dieu ne voudra pas m’aider. »
3410 À quoi bon alors compter sur les joies,
lorsqu’il n’y a aucun remède à mes soucis ?
Mon bien-être est tellement assombri
que je suis entièrement voué au malheur.
Hélas, que je sois sorti de cette vie,
avant d’être complètement submergé ! »
Et ainsi il augmente sa tristesse,
comme si Dieu ne pouvait pas l’aider :
mais il ne veut même pas se donner la peine
de s’aider dans une telle détresse,
3420 mais il reste paresseux face à une telle menace,
ce qui est gravé dans son cœur,
tout comme il ne peut pas fuir
les maux du monde dans lesquels il se trouve.
De même, lorsqu’il tombe dans le péché,
il pense alors qu’il est si coupable
que Dieu ne voudra pas être miséricordieux
pour pardonner un tel péché ;1418
et ainsi il reste prêt à être puni.
Et si quelqu’un, dans une telle situation,
3430 voulait le conseiller, il ne comprendrait pas
la vérité, même si quelqu’un la découvrait :
car la tristesse est de ce genre,
qu’elle fait croire à sa folie.
Page 641
Il a avec lui l’obstination,
Qui réside en un tel esclave, P. ii.
117
Aussi abandonne-t-il toute foi ;
L’obstination, c’est cela,
Et il ne veut se soumettre à aucune raison ; contradiction.
De plus, il ne peut même pas admettre la vérité.
Ses yeux sont aveugles :
3440 Ainsi vit-il, jusqu’à ce qu’il meure,
Dans l’obscurité de ses propres yeux.
Car là où l’homme est obstiné,
Le désespoir le suit toujours,
Et ce dernier ne dure pas longtemps,
Jusqu’à ce que la servitude mette fin à tout.
Mais Dieu seul sait vers où il se tournera.
Mon Fils, et en vérité, confesse-toi ainsi.
Il y a des amoureux de tendres amours,
Qui souffrent plus que nécessaire,
3450 Lorsqu’ils sont lassés de cette course
Et ne peuvent plus se maîtriser eux-mêmes,
Mais gardent encore l’espoir de persévérer
Et s’efforcent d’approfondir leur amour ;
Ainsi, ils se tuent peu à peu,
Et le désir grandit dans leurs cœurs.
C’est pourquoi je voudrais savoir,
Si toi, mon Fils, fais partie d’eux.
Ah, bon père, c’est bien le cas, Confession d’un Amant.
Reconnaissez-le : je suis connu ;
3460 Sinon, je suis vaincu
En tout ce que vous avez dit.
Ma douleur augmente sans cesse,
Et envahit toutes mes veines ;
Mais face aux conseils de mes peines, P. ii.
118
Je ne peux rien y faire ;
Ainsi, sans espoir, j’avance,
Si bien que mon intelligence est perdue,
Et moi, comme on dit, je suis désespéré
De gagner l’amour de celle qui est si douce,
3470 Sans elle, je vous le dis.
Qui réside en un tel esclave, P. ii.
117
Aussi abandonne-t-il toute foi ;
L’obstination, c’est cela,
Et il ne veut se soumettre à aucune raison ; contradiction.
De plus, il ne peut même pas admettre la vérité.
Ses yeux sont aveugles :
3440 Ainsi vit-il, jusqu’à ce qu’il meure,
Dans l’obscurité de ses propres yeux.
Car là où l’homme est obstiné,
Le désespoir le suit toujours,
Et ce dernier ne dure pas longtemps,
Jusqu’à ce que la servitude mette fin à tout.
Mais Dieu seul sait vers où il se tournera.
Mon Fils, et en vérité, confesse-toi ainsi.
Il y a des amoureux de tendres amours,
Qui souffrent plus que nécessaire,
3450 Lorsqu’ils sont lassés de cette course
Et ne peuvent plus se maîtriser eux-mêmes,
Mais gardent encore l’espoir de persévérer
Et s’efforcent d’approfondir leur amour ;
Ainsi, ils se tuent peu à peu,
Et le désir grandit dans leurs cœurs.
C’est pourquoi je voudrais savoir,
Si toi, mon Fils, fais partie d’eux.
Ah, bon père, c’est bien le cas, Confession d’un Amant.
Reconnaissez-le : je suis connu ;
3460 Sinon, je suis vaincu
En tout ce que vous avez dit.
Ma douleur augmente sans cesse,
Et envahit toutes mes veines ;
Mais face aux conseils de mes peines, P. ii.
118
Je ne peux rien y faire ;
Ainsi, sans espoir, j’avance,
Si bien que mon intelligence est perdue,
Et moi, comme on dit, je suis désespéré
De gagner l’amour de celle qui est si douce,
3470 Sans elle, je vous le dis.
Page 642
Mon cœur, il est si accablé,
Jamais vraiment il ne pourra être joyeux.
Car, en vérité, je ne cesserai pas de pleurer,
De tristesse pure, que j’essuie ;
Car elle dit qu’elle ne veut plus de moi,
Avec les larmes de mes pensées.
Dans une telle désespérance je suis tombé,
Que je ne peux même pas appeler à l’aide,
Pour parler d’une quelconque grâce…
Ma dame, je vous implore de me pardonner.
Mais pour l’instant je ne dis rien de plus,
Car tout est en mon défaut ;
Car je n’ai jamais osé, au bon moment,
Formuler ma demande,
Et dire ce que je pouvais :
Mais jamais elle n’a voulu, car elle connaissait mes intentions,
Pour prononcer un mot aimable d’approbation.
Et naturellement, je dois dire ceci :
Si un pécheur priait Dieu pour son pardon
Avec une moitié seulement de la détresse
Que j’ai éprouvée pour ma dame,
Sans demander de pitié…
Il ne devrait jamais entrer en Enfer.
Ainsi, je ne peux vous dire que cela :
Je crie et je supplie,
Je suis plongé dans la tristesse,
Et rempli de désespoir.
Donnez-moi donc ma pénitence,
Mon saint Père, comme vous le souhaitez.
Mon Fils, ce cœur si faible cherche un confesseur.
Avec tristesse, tu ne pourras te corriger,
Jusqu’à ce que l’amour envoie sa grâce vers toi,
Car tu résistes sans raison,
Chaque fois que tu te désespères.
Je ne sais pas quoi d’autre puisse aider.
Jamais vraiment il ne pourra être joyeux.
Car, en vérité, je ne cesserai pas de pleurer,
De tristesse pure, que j’essuie ;
Car elle dit qu’elle ne veut plus de moi,
Avec les larmes de mes pensées.
Dans une telle désespérance je suis tombé,
Que je ne peux même pas appeler à l’aide,
Pour parler d’une quelconque grâce…
Ma dame, je vous implore de me pardonner.
Mais pour l’instant je ne dis rien de plus,
Car tout est en mon défaut ;
Car je n’ai jamais osé, au bon moment,
Formuler ma demande,
Et dire ce que je pouvais :
Mais jamais elle n’a voulu, car elle connaissait mes intentions,
Pour prononcer un mot aimable d’approbation.
Et naturellement, je dois dire ceci :
Si un pécheur priait Dieu pour son pardon
Avec une moitié seulement de la détresse
Que j’ai éprouvée pour ma dame,
Sans demander de pitié…
Il ne devrait jamais entrer en Enfer.
Ainsi, je ne peux vous dire que cela :
Je crie et je supplie,
Je suis plongé dans la tristesse,
Et rempli de désespoir.
Donnez-moi donc ma pénitence,
Mon saint Père, comme vous le souhaitez.
Mon Fils, ce cœur si faible cherche un confesseur.
Avec tristesse, tu ne pourras te corriger,
Jusqu’à ce que l’amour envoie sa grâce vers toi,
Car tu résistes sans raison,
Chaque fois que tu te désespères.
Je ne sais pas quoi d’autre puisse aider.
Page 643
De l’espoir quand le cœur faiblit,
Car une telle maladie est incurable,
3510 Et les dieux sont vengeurs :
Et qu’un homme puisse vraiment trouver la paix,
Ces anciens livres qui racontent ainsi
Ce qui s’est produit avant cela :
Voici maintenant un exemple de cela.
Autrefois, il y eut jadis [L’histoire d’Iphis et
Araxarathen.]
Le roi de Mésée s’appelait Théucros,
Qui avait un fils nommé Iphis :
Dompté par l’amour, celui-ci raconte comment
Iphis, fils du roi Théucros,
A mis tout son courage, par amour
3520 Pour une jeune fille de noble naissance,
Nommée Araxarathen, qu’il aimait ardemment.
Bien qu’il fût puissant et ne manquât ni présents
Ni biens du monde, il fut vaincu par ses prières
Et tomba dans un tel désespoir, au point de craindre
Son propre père,
Au point de dépasser toute mesure ;
Il se persuadait nuitamment qu’il ne pouvait pas ;
Plus il insistait, plus il hésitait. Alors les dieux,
Émus, firent en sorte que cet amour disparaisse.
La jeune fille fut transformée en pierre.
Il était contraint par un amour insensé, très dur,
Et elle par la raison : ils furent changés,
Le roi Théucros
Chercha à apaiser les désirs de son cœur, avec son fils,
Et elle, par honte, se cacha dans la cité,
Et comme il seyait, elle prit refuge dans le temple de Vénus pour
Sauver et préserver sa virginité, en mémoire éternelle.
Ainsi, la question resta en suspens :
3530 Il donnait, il envoyait, il parlait, mais
Pour cette nuit-là, il ne trouva aucun moyen
De parvenir à ses fins,
3540 Si bien qu’il jeta son espoir au loin,
Dans son cœur, et devint de plus en plus désespéré,
Jour après jour, jusqu’à ce qu’il perde tout plaisir.
Car une telle maladie est incurable,
3510 Et les dieux sont vengeurs :
Et qu’un homme puisse vraiment trouver la paix,
Ces anciens livres qui racontent ainsi
Ce qui s’est produit avant cela :
Voici maintenant un exemple de cela.
Autrefois, il y eut jadis [L’histoire d’Iphis et
Araxarathen.]
Le roi de Mésée s’appelait Théucros,
Qui avait un fils nommé Iphis :
Dompté par l’amour, celui-ci raconte comment
Iphis, fils du roi Théucros,
A mis tout son courage, par amour
3520 Pour une jeune fille de noble naissance,
Nommée Araxarathen, qu’il aimait ardemment.
Bien qu’il fût puissant et ne manquât ni présents
Ni biens du monde, il fut vaincu par ses prières
Et tomba dans un tel désespoir, au point de craindre
Son propre père,
Au point de dépasser toute mesure ;
Il se persuadait nuitamment qu’il ne pouvait pas ;
Plus il insistait, plus il hésitait. Alors les dieux,
Émus, firent en sorte que cet amour disparaisse.
La jeune fille fut transformée en pierre.
Il était contraint par un amour insensé, très dur,
Et elle par la raison : ils furent changés,
Le roi Théucros
Chercha à apaiser les désirs de son cœur, avec son fils,
Et elle, par honte, se cacha dans la cité,
Et comme il seyait, elle prit refuge dans le temple de Vénus pour
Sauver et préserver sa virginité, en mémoire éternelle.
Ainsi, la question resta en suspens :
3530 Il donnait, il envoyait, il parlait, mais
Pour cette nuit-là, il ne trouva aucun moyen
De parvenir à ses fins,
3540 Si bien qu’il jeta son espoir au loin,
Dans son cœur, et devint de plus en plus désespéré,
Jour après jour, jusqu’à ce qu’il perde tout plaisir.
Page 644
De la luxure, du sommeil, de l’appétit,
Il abandonne, par la force de l’amour,
Son bon sens, et sa raison est dépassée.
Comme celui qui, de son vivant, ne travailla point,
Il attira sur lui sa propre mort ;
Ainsi, dans la nuit, il prit son chemin,
Et nul ne sut où il était allé ;
La nuit était sombre, il n’y avait pas de lune ;
Bientôt il arriva aux portes,
Là où se trouvait cette jeune fille,
Et avec ces mots affligeants : « Hélas ! » P. ii. 121
Il commença ses plaintes douces
Si doucement que nul ne les entendit ;
Puis il dit ainsi :
« Ô toi, Cupidon, ô toi, Vénus,
Heureux celui dont le destin
Fait de l’amour le sort de chacun !
Vous connaissez tous les secrets du cœur ;
Je ne peux jamais fuir vos griffes ;
C’est à vous que je crie sans cesse,
Et pourtant vous daignez encore ne pas m’aider,
Vous ne vous inclinez même pas vers moi.
Ainsi, ne voyant aucun remède
Pour mettre fin à ma douleur,
Ma mort sera en lieu et place de la guérison.
Ah, toi, ma pauvre bien-aimée,
Qui te bats avec ton père ici
Et dors dans ce lit là-bas,
Tu ne sais rien de mes souffrances ;
Maintenant, toi et moi sommes séparés.
Ah, seigneur, quelle punition vas-tu infliger,
Quels rêves as-tu maintenant pour moi ?
Tu dors là-bas, et moi je reste ici.
Bien que je ne mérite pas la mort,
Ici je vais mourir pour ton amour,
Ici un fils de roi va périr
Pour l’amour, et non pour aucun crime. »
Il abandonne, par la force de l’amour,
Son bon sens, et sa raison est dépassée.
Comme celui qui, de son vivant, ne travailla point,
Il attira sur lui sa propre mort ;
Ainsi, dans la nuit, il prit son chemin,
Et nul ne sut où il était allé ;
La nuit était sombre, il n’y avait pas de lune ;
Bientôt il arriva aux portes,
Là où se trouvait cette jeune fille,
Et avec ces mots affligeants : « Hélas ! » P. ii. 121
Il commença ses plaintes douces
Si doucement que nul ne les entendit ;
Puis il dit ainsi :
« Ô toi, Cupidon, ô toi, Vénus,
Heureux celui dont le destin
Fait de l’amour le sort de chacun !
Vous connaissez tous les secrets du cœur ;
Je ne peux jamais fuir vos griffes ;
C’est à vous que je crie sans cesse,
Et pourtant vous daignez encore ne pas m’aider,
Vous ne vous inclinez même pas vers moi.
Ainsi, ne voyant aucun remède
Pour mettre fin à ma douleur,
Ma mort sera en lieu et place de la guérison.
Ah, toi, ma pauvre bien-aimée,
Qui te bats avec ton père ici
Et dors dans ce lit là-bas,
Tu ne sais rien de mes souffrances ;
Maintenant, toi et moi sommes séparés.
Ah, seigneur, quelle punition vas-tu infliger,
Quels rêves as-tu maintenant pour moi ?
Tu dors là-bas, et moi je reste ici.
Bien que je ne mérite pas la mort,
Ici je vais mourir pour ton amour,
Ici un fils de roi va périr
Pour l’amour, et non pour aucun crime. »
Page 645
Que tu aies joie ou tristesse à ce sujet,
Ici tu me verras mort demain.
Ô cœur dur par-dessus tous les autres,
Cette mort qui m’attend… P. ii. 122
Puisque tu ne veux pas me faire grâce,
Cela sera raconté en bien des lieux ;1432
Où je suis mort pour amour et fidélité1433
Dans cette détresse et dans cette souffrance :
Ce danger servira d’exemple à jamais,
Lorsqu’on racontera ma mort tragique.
Avec ces mots, il prit une corde,
Avec laquelle il se pendit au portail, ce qui fut pitoyable.
Le matin arriva, la nuit s’en alla ;
Les gens sortirent et virent bientôt1434
Où ce jeune seigneur était mort :
Il y avait une maison sans couleur,
Car personne ne connaissait la raison ;
Il y avait des pleurs et des cris.
Cette jeune fille, lorsqu’elle apprit cela,
Et vit combien cela le faisait souffrir,
Elle comprit aussitôt ce qui s’était passé,
Et raconta toute l’histoire au monde entier,
Et supplia ceux qui étaient autour d’elle
De prendre vengeance pour elle,
Car c’était elle la cause de tout cela,
Pourquoi le fils du roi était mort.
Elle prit sur elle cette responsabilité,
Et fut prête à subir la punition
Que n’importe qui pourrait lui imposer :1435
Et même si quelqu’un d’autre le voulait,
Elle disait qu’elle devait elle-même P. ii. 123
Commettre ce crime sans aide,
Dans le monde entier, dans chaque ville,
Afin que chacun en parle.
Ici tu me verras mort demain.
Ô cœur dur par-dessus tous les autres,
Cette mort qui m’attend… P. ii. 122
Puisque tu ne veux pas me faire grâce,
Cela sera raconté en bien des lieux ;1432
Où je suis mort pour amour et fidélité1433
Dans cette détresse et dans cette souffrance :
Ce danger servira d’exemple à jamais,
Lorsqu’on racontera ma mort tragique.
Avec ces mots, il prit une corde,
Avec laquelle il se pendit au portail, ce qui fut pitoyable.
Le matin arriva, la nuit s’en alla ;
Les gens sortirent et virent bientôt1434
Où ce jeune seigneur était mort :
Il y avait une maison sans couleur,
Car personne ne connaissait la raison ;
Il y avait des pleurs et des cris.
Cette jeune fille, lorsqu’elle apprit cela,
Et vit combien cela le faisait souffrir,
Elle comprit aussitôt ce qui s’était passé,
Et raconta toute l’histoire au monde entier,
Et supplia ceux qui étaient autour d’elle
De prendre vengeance pour elle,
Car c’était elle la cause de tout cela,
Pourquoi le fils du roi était mort.
Elle prit sur elle cette responsabilité,
Et fut prête à subir la punition
Que n’importe qui pourrait lui imposer :1435
Et même si quelqu’un d’autre le voulait,
Elle disait qu’elle devait elle-même P. ii. 123
Commettre ce crime sans aide,
Dans le monde entier, dans chaque ville,
Afin que chacun en parle.
Page 646
Elle pensa qu’elle devait se venger elle-même.
Elle pleurait, criait, gémissait souvent,
3620 Elle les lançait haut dans les airs
Et disait avec une grande douleur :
« Ô dieu, tu sais bien qui je suis,
Pour qui Iphis est ainsi maltraité :
Ordonne donc que l’on puisse vivre
Mille hivers après cela,
Si une telle jeune fille meurt,
Fais-moi subir le même sort qu’à elle :
Car je n’ai montré aucune pitié
Envers celui qui, par amour pour moi, souffre,
3630 Ne montre donc aucune pitié envers moi. »
À ces mots, elle s’effondra au sol,
Évanouie, et y resta un moment.
La déesse, qui écoutait sa plainte
Et voyait combien elle souffrait,
Prit aussitôt sa vie,
Et la modela dans une pierre
Selon l’apparence de son corps et de son visage.
3640 Étonnés par ce prodige,
Le roi, la reine et beaucoup d’autres vinrent sur place ;
Lorsqu’ils apprirent que c’était bien ainsi,
Comme je l’ai raconté plus haut,
Que Iphis était mort d’amour,
Ils considérèrent tous les hommes comme excusés
Et s’étonnèrent de cette vengeance.
Pour garder ce souvenir,
Ce beau corps de jeune fille
3650 Accompagné de nobles et de riches personnes,
Avec des torches et de grandes cérémonies,
Furent conduits à Salamine,
Et le corps mort fut emporté, afin qu’il soit…
Elle pleurait, criait, gémissait souvent,
3620 Elle les lançait haut dans les airs
Et disait avec une grande douleur :
« Ô dieu, tu sais bien qui je suis,
Pour qui Iphis est ainsi maltraité :
Ordonne donc que l’on puisse vivre
Mille hivers après cela,
Si une telle jeune fille meurt,
Fais-moi subir le même sort qu’à elle :
Car je n’ai montré aucune pitié
Envers celui qui, par amour pour moi, souffre,
3630 Ne montre donc aucune pitié envers moi. »
À ces mots, elle s’effondra au sol,
Évanouie, et y resta un moment.
La déesse, qui écoutait sa plainte
Et voyait combien elle souffrait,
Prit aussitôt sa vie,
Et la modela dans une pierre
Selon l’apparence de son corps et de son visage.
3640 Étonnés par ce prodige,
Le roi, la reine et beaucoup d’autres vinrent sur place ;
Lorsqu’ils apprirent que c’était bien ainsi,
Comme je l’ai raconté plus haut,
Que Iphis était mort d’amour,
Ils considérèrent tous les hommes comme excusés
Et s’étonnèrent de cette vengeance.
Pour garder ce souvenir,
Ce beau corps de jeune fille
3650 Accompagné de nobles et de riches personnes,
Avec des torches et de grandes cérémonies,
Furent conduits à Salamine,
Et le corps mort fut emporté, afin qu’il soit…
Page 647
À côté de cette image se trouve sa sépulture, où il fut enterré : 1440
Ce corps et cette image furent ainsi transportés dans la cité de Vénus,
Là où cette déesse possédait son temple,
3660 Et tous deux y furent déposés.
Cette image, comme miracle, fut placée sur un pinacle,
Afin que tous puissent la voir ;
Et en dessous, on fit une tombe somptueuse,
En marbre et en pierres de jaspe, 1441
Où Iphis fut enfermé, 1442
Afin que l’on en parle à jamais.
Et pour que les gens connaissent la vérité,
3670 On y écrivit une épitaphe,
Comme chose qui devait demeurer éternelle :
Les lettres étaient gravées sur une plaque de marbre et disaient ceci :
« Ici repose Iphis, lui-même, pour amour d’Araxarathen ;
Et à l’exemple des femmes 1443
Qui supportèrent que leurs hommes meurent ainsi,
Il prit lui aussi la forme d’un homme, 1444
Avec sa chair et ses os déchirés
3680 En la forme d’une pierre :
Il fut pour les nécessiteux et pour les forts.
Qu’il en soit ainsi désormais ; vous, hommes et femmes, prenez-en exemple. »
Vois donc, mon Fils, tel que je te le dis, Confesseur.
Il est douloureux, de diverses manières,
Que l’homme tombe dans le désespoir, 1445
Ce qui est la dernière étape de toute souffrance, comme tu l’as entendu dire.
C’est pourquoi tu dois te méfier toi-même.
Ce corps et cette image furent ainsi transportés dans la cité de Vénus,
Là où cette déesse possédait son temple,
3660 Et tous deux y furent déposés.
Cette image, comme miracle, fut placée sur un pinacle,
Afin que tous puissent la voir ;
Et en dessous, on fit une tombe somptueuse,
En marbre et en pierres de jaspe, 1441
Où Iphis fut enfermé, 1442
Afin que l’on en parle à jamais.
Et pour que les gens connaissent la vérité,
3670 On y écrivit une épitaphe,
Comme chose qui devait demeurer éternelle :
Les lettres étaient gravées sur une plaque de marbre et disaient ceci :
« Ici repose Iphis, lui-même, pour amour d’Araxarathen ;
Et à l’exemple des femmes 1443
Qui supportèrent que leurs hommes meurent ainsi,
Il prit lui aussi la forme d’un homme, 1444
Avec sa chair et ses os déchirés
3680 En la forme d’une pierre :
Il fut pour les nécessiteux et pour les forts.
Qu’il en soit ainsi désormais ; vous, hommes et femmes, prenez-en exemple. »
Vois donc, mon Fils, tel que je te le dis, Confesseur.
Il est douloureux, de diverses manières,
Que l’homme tombe dans le désespoir, 1445
Ce qui est la dernière étape de toute souffrance, comme tu l’as entendu dire.
C’est pourquoi tu dois te méfier toi-même.
Page 648
Il est bon, eh bien, que tu sois trompé,
Là où la grâce de l’espoir est tissée.
Mon père, faites que cela soit ainsi, Amans.
Maintenant j’ai pleinement compris
La nature de la cour des vices,
Qui, en touchant mon âme,
Me fera à jamais rester en guerre.
Mais par-dessus tout, autant que je le puis,
De tout mon cœur je vous implore,
3700 de bien vouloir m’informer et m’enseigner
Ce qu’il y a encore de plus à savoir
En amour comme en toute autre chose,
Afin que je puisse écrire avec justesse.
Mon Fils, puisque tu es vivant, P. ii.
126
Et que tu possèdes aussi toute ma pensée,
Parmi les vices que je découvre, Confesseur.
Il en est un parmi ces sept,
Qui rend ce monde entier déséquilibré
Et provoque de nombreuses erreurs,
3710 Là où sa cause reste cachée :
À son sujet, tu apprendras ici
À la fois la forme et la matière.
Là où la grâce de l’espoir est tissée.
Mon père, faites que cela soit ainsi, Amans.
Maintenant j’ai pleinement compris
La nature de la cour des vices,
Qui, en touchant mon âme,
Me fera à jamais rester en guerre.
Mais par-dessus tout, autant que je le puis,
De tout mon cœur je vous implore,
3700 de bien vouloir m’informer et m’enseigner
Ce qu’il y a encore de plus à savoir
En amour comme en toute autre chose,
Afin que je puisse écrire avec justesse.
Mon Fils, puisque tu es vivant, P. ii.
126
Et que tu possèdes aussi toute ma pensée,
Parmi les vices que je découvre, Confesseur.
Il en est un parmi ces sept,
Qui rend ce monde entier déséquilibré
Et provoque de nombreuses erreurs,
3710 Là où sa cause reste cachée :
À son sujet, tu apprendras ici
À la fois la forme et la matière.
Page 649
Livre Quatrième explicite.
NOTES DE LIGATURE :
1091 Vers latins i. 6 ludet H₁ ... B₂
1092 12 to haue H₁XGRCLB₂
1093 30 the] þat A ... B₂, S ... ΔΛ
1094 45 þought to speke BΛ, W
1095 46 hield me] hielde (held) AM
1096 59 As AM
1097 69 to this] to my B of this H₃
1098 70 liere] hiere (here &c.) H₁ ... B₂, BTΛ
1099 84 qweene] a queene BTΛ
1100 109 day H₁ ... B₂, H₃
1101 111 Spraulende (Sprawland) M, WKH₃
1102 138 miht (myht) J, S mihte A, F
1103 143 euermore AM, Δ, WH₃
1104 168 is went(e) ML, ΔΛ, WH₃
1105 170 Had AMJXGERLB₂, BΛ, FH₃
1106 184 foroght A, F
1107 189 after noman AM
1108 205 resoun to H₁ ... B₂
1109 208 In part he was inly glad AM In partie (party) he was inly glad H₁ ... B₂ In parti he was riht inly glad J In parti was inli riht glad Δ
1110 214 flitt AJ, S, F flitte B
1111 215 Fro] ffor L, BΛ, WH₃ hade him H₁ ... B₂
1112 226 no H₁ ... CB₂, BTΔ, W
1113 234 Lo of H₁ ... B₂ (of om. R)
1114 242 ffor ferst B
1115 254 that] it H₁ ... B₂
1116 255 the] þo H₁ ... L, SBTΔ no AM
1117 261 Ther of B, WH₃
1118 263 love] slouþe B
1119 276 If] And B
1120 277 houre] honour MH₁GEC, W
1121 283 if] in SAdBTΔ
1122 296 this om. AM
1123 297 go AJ, S, F ago B
1124 310 To] Of B
1125 Vers latins ii. 3 parcat H₁ ... B₂ parat H₃
1126 4 refert H₁ ... B₂
1127 328 the] his H₁ ... B₂, Ad
1128 342 tyrauntz (tirauntis &c.) YCB₂, B
1129 356 þo J, T, F þe AM ... B₂, SAdBΔ, WH₃
1130 359 Al þough C, B
1131 363 let AJ, S, F lete (lette) C, B
1132 372 Pymaleon AJ, S, F Pigmaleon EC, B, H₃
NOTES DE LIGATURE :
1091 Vers latins i. 6 ludet H₁ ... B₂
1092 12 to haue H₁XGRCLB₂
1093 30 the] þat A ... B₂, S ... ΔΛ
1094 45 þought to speke BΛ, W
1095 46 hield me] hielde (held) AM
1096 59 As AM
1097 69 to this] to my B of this H₃
1098 70 liere] hiere (here &c.) H₁ ... B₂, BTΛ
1099 84 qweene] a queene BTΛ
1100 109 day H₁ ... B₂, H₃
1101 111 Spraulende (Sprawland) M, WKH₃
1102 138 miht (myht) J, S mihte A, F
1103 143 euermore AM, Δ, WH₃
1104 168 is went(e) ML, ΔΛ, WH₃
1105 170 Had AMJXGERLB₂, BΛ, FH₃
1106 184 foroght A, F
1107 189 after noman AM
1108 205 resoun to H₁ ... B₂
1109 208 In part he was inly glad AM In partie (party) he was inly glad H₁ ... B₂ In parti he was riht inly glad J In parti was inli riht glad Δ
1110 214 flitt AJ, S, F flitte B
1111 215 Fro] ffor L, BΛ, WH₃ hade him H₁ ... B₂
1112 226 no H₁ ... CB₂, BTΔ, W
1113 234 Lo of H₁ ... B₂ (of om. R)
1114 242 ffor ferst B
1115 254 that] it H₁ ... B₂
1116 255 the] þo H₁ ... L, SBTΔ no AM
1117 261 Ther of B, WH₃
1118 263 love] slouþe B
1119 276 If] And B
1120 277 houre] honour MH₁GEC, W
1121 283 if] in SAdBTΔ
1122 296 this om. AM
1123 297 go AJ, S, F ago B
1124 310 To] Of B
1125 Vers latins ii. 3 parcat H₁ ... B₂ parat H₃
1126 4 refert H₁ ... B₂
1127 328 the] his H₁ ... B₂, Ad
1128 342 tyrauntz (tirauntis &c.) YCB₂, B
1129 356 þo J, T, F þe AM ... B₂, SAdBΔ, WH₃
1130 359 Al þough C, B
1131 363 let AJ, S, F lete (lette) C, B
1132 372 Pymaleon AJ, S, F Pigmaleon EC, B, H₃
Page 650
1133 384 louer] il B
1134 401 dans sa chambre H₁ ... B₂ (sauf E)
1135 403 Il] Et AM
1136 411 il] il H₁, B
1137 453 f. grete : lete AJ, S, F gret : let B
1138 458 marge Isus H₁GRCLB₂, T
1139 470 ligne omise B
1140 479 lui et sche H₁ ... B₂ sche et lui B
1141 481 un moment B
1142 497 Hir B
1143 498 il] être BT
1144 499 le] son AdB omis L
1145 514 myht (peut) J, B mihte A, S, F le] þi H₁ ... B₂ à T
1146 515 que omis B
1147 517 Aussi pour comme mon E ... B₂ As (Als) pour comme mon H₁XG
1148 521 mihte ben] peut être non H₁ ... B₂
1149 535 lui-même plein A ... B₂ (plein de M), W
1150 Vers latins iii. 3 morabatur AM
1151 546 marge se constitue B
1152 548 avec] cœur A ... B₂
1153 555 donc] forþer(e) BT
1154 560 jeter J, SB, F jette A
1155 574 être retenu R beholdeþ BT, W
1156 584 hors de F out of H₁ ... B₂, B
1157 588 étendu (abreide) A, F une largeur JEC, B
1158 618 Et B
1159 624 est] þis XCL
1160 627 Toi (þou) AM
1161 628 devra] il devra AJH₁ ... CB₂
1162 641 ou où (wheþer) I H₁G ... B₂ ou où donc je X ou sinon T ou
Δ
1163 642 une minute (minute) X, BΔ, W
1164 672 dise A, S, F dise (say) J, B
1165 676 erþis F
1166 684 Que] To FWKH₃
1167 698-700 omis B
1168 708 quoi F
1169 713 lequel] þat M, B, W omis T
1170 740 marge par elle-même H₁XE ... B₂
1171 760 Pendant ce temps] Le temps BT, W ce temps M Theke temps J
1172 766 tout innocent H₁ ... B₂ un innocent M
1173 790 pas du tout (rien) X ... B₂ pas du tout H₁
1174 797 voudrait(e) AM voudrait lui W
1175 Vers latins iv. 2 lui-même] être AM, W
1176 927 la lame (blade) M, BTΔ, WH₃
1177 955 peut] peut elle B peut T
1178 968 vice omis BT
1179 974 plus récent ȝit AM
1180 984 marge avec omis BT
1134 401 dans sa chambre H₁ ... B₂ (sauf E)
1135 403 Il] Et AM
1136 411 il] il H₁, B
1137 453 f. grete : lete AJ, S, F gret : let B
1138 458 marge Isus H₁GRCLB₂, T
1139 470 ligne omise B
1140 479 lui et sche H₁ ... B₂ sche et lui B
1141 481 un moment B
1142 497 Hir B
1143 498 il] être BT
1144 499 le] son AdB omis L
1145 514 myht (peut) J, B mihte A, S, F le] þi H₁ ... B₂ à T
1146 515 que omis B
1147 517 Aussi pour comme mon E ... B₂ As (Als) pour comme mon H₁XG
1148 521 mihte ben] peut être non H₁ ... B₂
1149 535 lui-même plein A ... B₂ (plein de M), W
1150 Vers latins iii. 3 morabatur AM
1151 546 marge se constitue B
1152 548 avec] cœur A ... B₂
1153 555 donc] forþer(e) BT
1154 560 jeter J, SB, F jette A
1155 574 être retenu R beholdeþ BT, W
1156 584 hors de F out of H₁ ... B₂, B
1157 588 étendu (abreide) A, F une largeur JEC, B
1158 618 Et B
1159 624 est] þis XCL
1160 627 Toi (þou) AM
1161 628 devra] il devra AJH₁ ... CB₂
1162 641 ou où (wheþer) I H₁G ... B₂ ou où donc je X ou sinon T ou
Δ
1163 642 une minute (minute) X, BΔ, W
1164 672 dise A, S, F dise (say) J, B
1165 676 erþis F
1166 684 Que] To FWKH₃
1167 698-700 omis B
1168 708 quoi F
1169 713 lequel] þat M, B, W omis T
1170 740 marge par elle-même H₁XE ... B₂
1171 760 Pendant ce temps] Le temps BT, W ce temps M Theke temps J
1172 766 tout innocent H₁ ... B₂ un innocent M
1173 790 pas du tout (rien) X ... B₂ pas du tout H₁
1174 797 voudrait(e) AM voudrait lui W
1175 Vers latins iv. 2 lui-même] être AM, W
1176 927 la lame (blade) M, BTΔ, WH₃
1177 955 peut] peut elle B peut T
1178 968 vice omis BT
1179 974 plus récent ȝit AM
1180 984 marge avec omis BT
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1181 985 Clemenee] Élément ERC Olement H₁XG Clement LB₂
Clemencee T Clemente M
1182 986 afin qu’il] que lui a envoyé H₁ ... B₂
1183 988 brihte] nyhte (niȝt) AM
1184 1002 up] vpon BT vp an Ad om. M
1185 1014 bien pas longtemps] rien de longtemps bien C pas longtemps W
1186 1029 la rivière (flood) E, B
1187 1035 Le paragraphe commence dans les manuscrits à la ligne 1039
1188 1073 cette matière B₂, BΛ
1189 1074 cela om. H₁, B
1190 1075 et] comme BT
1191 1082 lent AJM, F slouþe H₁ ... B₂, S ... ΔΛ, WH₃
1192 1086 encore, lequel] sur encore lequel A, W sur encore cela M sur lequel
cela H₁ ... B₂
1193 1093 être lui ... être lui C, BΔ, H₃ être ... être lui H₁
1194 1095 oght om. B
1195 1133 pour engager (hir) masse AMH₁, Ad pour huyre masse B vers
hir masse X ... B₂
1196 1162 demanda F (cf. l. 2802) petit J, SB demanda A
1197 1174 Et B
1198 1183 autre JGC, S, F autre AE, AdB, H₃ autre T
1199 1207 pour monter à cheval H₁ ... B₂
1200 1212 dit] dire B
1201 1224 mais] mais si H₁ ... B₂, Ad, W
1202 1249 marge amoris] dans amoris AC, H₃ dans Amoris causa W
1203 1251 marge attendrait H₁ ... B₂
1204 1257 marge plus de zèle om. B
1205 1266 comment] de B
1206 1272 écrivit A
1207 1275 Cupide AJ, F Cupido SBT
1208 1310 faire GEC, BΛ, H₃
1209 1321 f. Le texte est ainsi dans la troisième révision (mais faire WKH₃Magd pour
faye F et hir H₃ le W pour her) : faye—desface dans la rév. F
A a
La beauté de son visage déjà
Bien plus brillant que la pierre de cristal
comme les autres de la première révision, mais la plupart ont ici (her) pour
hire et beaucoup (comme H₁GRCLB₂) lisent faces
S a
La beauté de ce visage
Il n’y a rien de plus beau qui puisse être défiguré
comme AdBTΔΛ avec faire (joli) pour faye et certains (AdT) hir pour
here
1210 1341 un arbre L, BΛ
Clemencee T Clemente M
1182 986 afin qu’il] que lui a envoyé H₁ ... B₂
1183 988 brihte] nyhte (niȝt) AM
1184 1002 up] vpon BT vp an Ad om. M
1185 1014 bien pas longtemps] rien de longtemps bien C pas longtemps W
1186 1029 la rivière (flood) E, B
1187 1035 Le paragraphe commence dans les manuscrits à la ligne 1039
1188 1073 cette matière B₂, BΛ
1189 1074 cela om. H₁, B
1190 1075 et] comme BT
1191 1082 lent AJM, F slouþe H₁ ... B₂, S ... ΔΛ, WH₃
1192 1086 encore, lequel] sur encore lequel A, W sur encore cela M sur lequel
cela H₁ ... B₂
1193 1093 être lui ... être lui C, BΔ, H₃ être ... être lui H₁
1194 1095 oght om. B
1195 1133 pour engager (hir) masse AMH₁, Ad pour huyre masse B vers
hir masse X ... B₂
1196 1162 demanda F (cf. l. 2802) petit J, SB demanda A
1197 1174 Et B
1198 1183 autre JGC, S, F autre AE, AdB, H₃ autre T
1199 1207 pour monter à cheval H₁ ... B₂
1200 1212 dit] dire B
1201 1224 mais] mais si H₁ ... B₂, Ad, W
1202 1249 marge amoris] dans amoris AC, H₃ dans Amoris causa W
1203 1251 marge attendrait H₁ ... B₂
1204 1257 marge plus de zèle om. B
1205 1266 comment] de B
1206 1272 écrivit A
1207 1275 Cupide AJ, F Cupido SBT
1208 1310 faire GEC, BΛ, H₃
1209 1321 f. Le texte est ainsi dans la troisième révision (mais faire WKH₃Magd pour
faye F et hir H₃ le W pour her) : faye—desface dans la rév. F
A a
La beauté de son visage déjà
Bien plus brillant que la pierre de cristal
comme les autres de la première révision, mais la plupart ont ici (her) pour
hire et beaucoup (comme H₁GRCLB₂) lisent faces
S a
La beauté de ce visage
Il n’y a rien de plus beau qui puisse être défiguré
comme AdBTΔΛ avec faire (joli) pour faye et certains (AdT) hir pour
here
1210 1341 un arbre L, BΛ
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1211 1342 vpon hors XC, BΛ vpon an (a) hors H₁GLB₂, AdTΔ, W,
H₃ on an h. M
1212 1348 Et B
1213 1361 f. Ainsi, dans la troisième révision (et om. W), F présente les lignes écrites par-dessus une effacement, sauf « womman ».
A a :
La femme avait un visage vraiment beau,
Bien que lui manquât toute autre grâce.
Ainsi S et les autres copies des première et deuxième révisions.
1214 1367 Qui J, S, F ; Qui A, B
1215 1393 Et om. AM
1216 1397 maintenant] mow (mowe) J, AdB, W
1217 1419 non AJ
1218 1454 f. marge : Non quia — Amantum om. G, BΔ
1219 1501 que lui] þat sche H₁ ... B₂ hir ΔΛ it M
1220 1507 canard A, F ; duk J, SB
1221 1519 marge : aliorum A ... B₂, S ... ΔΛ, H₃
1222 1511 avouer (auov, avow) AJC, B, F ; a vou (a vowe) MH₁, S
1223 1521 où cela] ainsi que B
1224 1525 Duc F ; canard A ; duk J, SB
1225 1532 Tout AJ, S, F ; Alle C, BT
1226 1541 þi ... mon B
1227 1543 non AJC, F ; non SB
1228 1555 comme] et B
1229 1558 monde] univers BΛ
1230 1567 avait] gardé BTΛ ; om. Δ
1231 1622 marge : nultenus F
1232 1625 Où B
1233 1637 Quelquefois] Parfois (Som tyme) H₁XE ... B₂ ; Quelques nouvelles Λ
1234 1640 mieux B
1235 1670 lui ressembler H₁XRCLB₂, W ; lui être semblable M
1236 1690 Comme] Et B ; pour partir à cheval H₁ ... B₂
1237 1693 le garder] il le garde A, Δ ; le garder M
1238 1701 le om. AM
1239 1705 blanc] noir B
1240 1706 aller alors (þen) AM ; aller ensuite W
1241 1708 pendant que H₁XE ... B₂, W ; mon temps G ; ce temps M, Δ
1242 1738 que] qui AJH₁ ... B₂
1243 1740 Ainsi que je ne... H₁ ... B₂
1244 1752 que] il B
1245 1769 vous] ȝe A ... B₂ (sauf G)
1246 1780 Mieux B
1247 1805 méthode F
1248 1816 De plus T (et ainsi par la suite)
1249 1833 qui] þat M ... B₂ ; feint B₂, B
1250 1838 De plus J, BT
H₃ on an h. M
1212 1348 Et B
1213 1361 f. Ainsi, dans la troisième révision (et om. W), F présente les lignes écrites par-dessus une effacement, sauf « womman ».
A a :
La femme avait un visage vraiment beau,
Bien que lui manquât toute autre grâce.
Ainsi S et les autres copies des première et deuxième révisions.
1214 1367 Qui J, S, F ; Qui A, B
1215 1393 Et om. AM
1216 1397 maintenant] mow (mowe) J, AdB, W
1217 1419 non AJ
1218 1454 f. marge : Non quia — Amantum om. G, BΔ
1219 1501 que lui] þat sche H₁ ... B₂ hir ΔΛ it M
1220 1507 canard A, F ; duk J, SB
1221 1519 marge : aliorum A ... B₂, S ... ΔΛ, H₃
1222 1511 avouer (auov, avow) AJC, B, F ; a vou (a vowe) MH₁, S
1223 1521 où cela] ainsi que B
1224 1525 Duc F ; canard A ; duk J, SB
1225 1532 Tout AJ, S, F ; Alle C, BT
1226 1541 þi ... mon B
1227 1543 non AJC, F ; non SB
1228 1555 comme] et B
1229 1558 monde] univers BΛ
1230 1567 avait] gardé BTΛ ; om. Δ
1231 1622 marge : nultenus F
1232 1625 Où B
1233 1637 Quelquefois] Parfois (Som tyme) H₁XE ... B₂ ; Quelques nouvelles Λ
1234 1640 mieux B
1235 1670 lui ressembler H₁XRCLB₂, W ; lui être semblable M
1236 1690 Comme] Et B ; pour partir à cheval H₁ ... B₂
1237 1693 le garder] il le garde A, Δ ; le garder M
1238 1701 le om. AM
1239 1705 blanc] noir B
1240 1706 aller alors (þen) AM ; aller ensuite W
1241 1708 pendant que H₁XE ... B₂, W ; mon temps G ; ce temps M, Δ
1242 1738 que] qui AJH₁ ... B₂
1243 1740 Ainsi que je ne... H₁ ... B₂
1244 1752 que] il B
1245 1769 vous] ȝe A ... B₂ (sauf G)
1246 1780 Mieux B
1247 1805 méthode F
1248 1816 De plus T (et ainsi par la suite)
1249 1833 qui] þat M ... B₂ ; feint B₂, B
1250 1838 De plus J, BT
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1251 1850 Le] Ce AJH₁ ... B₂ Ces M pourþgon A, F pourþ gon JC,
SB
1252 1872 qui J, B, F quels AC, S
1253 1875 à A, F à JC, B etc.
1254 1892 roi C, B
1255 1893 désir AJ, SB désir F
1256 1901 Prothefelay H₁G ... B₂, B
1257 1916 la mort] ce jour X ... B₂
1258 1922 elle] il H₁ CB₂ cela L
1259 1928 le om. H₁XGE, B
1260 1940 avec lui H₁ ... B₂, W
1261 1944 blessé F
1262 1975 marge exagitaret SBΔΛ (latin om. AdT)
1263 marge optauit A
1264 1966 hardiesse AH₁XGECB₂ le plus hardi L
1265 1978 et om. MXGL, B, W
1266 1996 faire BTΛ
1267 2008 dans chien MX ... B₂, W
1268 2010 fou (maad) AJC, T fait B, F
1269 2012 à om. B
1270 2015 hardiesce AC, F hardinesse J, SB
1271 2020 Bot] Que H₁ ... B₂
1272 2034 le] ton (thi) H₁, BTΛ om. Ad
1273 2039 engendrer FH₃
1274 2045 Cenes L, BΛ suit M
1275 2052 marge propter om. H₁ ... B₂
1276 2055 marge armorum] amorum RCLB₂
1277 2073 da̅ n̅ teþ F daunteþ C, B danteþ AJ, S
1278 2088 hardiesse A, F hardinesse J, SB
1279 2118 lui SBT
1280 2135 au-dessus de A, F au-dessus de J, SB
1281 2136 de] dans A ... B₂
1282 2153 marge Amozonie H₁ ... B₂ (sauf G), B
1283 2165 le roi H₁ ... B₂
1284 2166 de Amozoine H₁ ... RLB₂ et Amozoine C
1285 2175 comme pour] pour lui BT
1286 2186 marge Lavine] fixe vinc A se uine M
1287 2189 Et obtenir] Il obtient (obtenir, obt) X ... B₂ Il obtient H₁ Et
obtient M, W
1288 2199 ff. marge Ici dit—dissout om. B
1289 2218 échec H₁GRCLB₂, Δ
1290 2224 celui qui tout était X ... B₂ celui qui était tout H₁
1291 2227 gouvernement AM
1292 2234 le om. H₁XECLB₂, Ad, WH₃ (à om. R)
1293 2241 comme de] ȝit de H₁ ... B₂ de W
1294 2251 Eldemoder (elde moder) AJH₁ etc., SAd, FH₃ eldirmodir
(eldermoder) L, Δ oldmoder M olde moder BT alder moder W
1295 2254 lui B
1296 2259 savoir le mieux à H₁ ... B₂, W savoir le mieux pour à M
1297 2278 un jour J, F un jour (a dai) AC, SB
SB
1252 1872 qui J, B, F quels AC, S
1253 1875 à A, F à JC, B etc.
1254 1892 roi C, B
1255 1893 désir AJ, SB désir F
1256 1901 Prothefelay H₁G ... B₂, B
1257 1916 la mort] ce jour X ... B₂
1258 1922 elle] il H₁ CB₂ cela L
1259 1928 le om. H₁XGE, B
1260 1940 avec lui H₁ ... B₂, W
1261 1944 blessé F
1262 1975 marge exagitaret SBΔΛ (latin om. AdT)
1263 marge optauit A
1264 1966 hardiesse AH₁XGECB₂ le plus hardi L
1265 1978 et om. MXGL, B, W
1266 1996 faire BTΛ
1267 2008 dans chien MX ... B₂, W
1268 2010 fou (maad) AJC, T fait B, F
1269 2012 à om. B
1270 2015 hardiesce AC, F hardinesse J, SB
1271 2020 Bot] Que H₁ ... B₂
1272 2034 le] ton (thi) H₁, BTΛ om. Ad
1273 2039 engendrer FH₃
1274 2045 Cenes L, BΛ suit M
1275 2052 marge propter om. H₁ ... B₂
1276 2055 marge armorum] amorum RCLB₂
1277 2073 da̅ n̅ teþ F daunteþ C, B danteþ AJ, S
1278 2088 hardiesse A, F hardinesse J, SB
1279 2118 lui SBT
1280 2135 au-dessus de A, F au-dessus de J, SB
1281 2136 de] dans A ... B₂
1282 2153 marge Amozonie H₁ ... B₂ (sauf G), B
1283 2165 le roi H₁ ... B₂
1284 2166 de Amozoine H₁ ... RLB₂ et Amozoine C
1285 2175 comme pour] pour lui BT
1286 2186 marge Lavine] fixe vinc A se uine M
1287 2189 Et obtenir] Il obtient (obtenir, obt) X ... B₂ Il obtient H₁ Et
obtient M, W
1288 2199 ff. marge Ici dit—dissout om. B
1289 2218 échec H₁GRCLB₂, Δ
1290 2224 celui qui tout était X ... B₂ celui qui était tout H₁
1291 2227 gouvernement AM
1292 2234 le om. H₁XECLB₂, Ad, WH₃ (à om. R)
1293 2241 comme de] ȝit de H₁ ... B₂ de W
1294 2251 Eldemoder (elde moder) AJH₁ etc., SAd, FH₃ eldirmodir
(eldermoder) L, Δ oldmoder M olde moder BT alder moder W
1295 2254 lui B
1296 2259 savoir le mieux à H₁ ... B₂, W savoir le mieux pour à M
1297 2278 un jour J, F un jour (a dai) AC, SB
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1298 2295 ese] eek (ek) XG, BTΛ
1299 2300 the om. H₁E, BTΛ
1300 2307 thei] þough BT
1301 2311 areste] haue reste AM
1302 2324 awise F
1303 2325 as hier is ded BT
1304 2330 all the] alle (al) A ... CB₂
1305 2348 ff. margin Apostolus—scripta sunt om. S ... Δ
1306 2351 S a perdu une feuille (l. 2351-2530)
1307 Versets latins vii. 1 in] de B
1308 2373 margin et laboribus AM
1309 2377 al F aƚƚ J alle A, B
1310 2391 so] to BTΔ
1311 2397 lettre BT
1312 2407 Eldras H₁ ... B₂, Λ
1313 2414 and rime AJMX ... B₂
1314 2433 Herconius H₁XGECLB₂, BΛ Hercenius R Berconius T,
H₃
1315 2477 Is] The B
1316 2501 as it is set H₁ ... B₂
1317 2512 lefte F
1318 2524 many on F
1319 2531 S reprend The BT
1320 2539 margin qui membra] que membra F sencibiles] sanabiles
H₁ ... B₂, Λ
1321 2534 ferste S ferst AJ, F
1322 2535 lapis] cleped BT
1323 2538 As] And H₁ ... B₂, Λ
1324 2555 aweie F
1325 2556 vice goth] filþe be H₁ ... B₂, Λ (ligne om. W)
1326 2562 to om. BT
1327 2565 thextremetes] extremites X ... B₂, B
1328 2569 ffor AM þe ston H₁ ... B₂
1329 2576 He] It S ... Δ
1330 2578 as] which A ... B₂
1331 2587 all weies (alweies) XGRCLB₂
1332 2609 Orcalan H₁ ... B₂
1333 2615 put AJ, S, F putte C, B
1334 2620 faile of þe beȝete H₁ ... B₂ fallen of b, T but þei faile ȝit
of b. Δ
1335 2627 of om. M, BT, H₃
1336 2629 out] out of AMH₁
1337 2641 ffor B
1338 2642 as SBTΔ is Ad and A ... B₂, Λ, FWH₃
1339 2650 schal the wordes] schal þe worde S shal wordes W
scholde þe wordes Ad scholde her wordes B
1340 2662 and þilke time so H₁ ... RLB₂ and þilke time also C at
thilke t. also W at þilke tyme þo M
1341 2674 take AJ, S, F tak C, BT
1342 2676 hise A
1299 2300 the om. H₁E, BTΛ
1300 2307 thei] þough BT
1301 2311 areste] haue reste AM
1302 2324 awise F
1303 2325 as hier is ded BT
1304 2330 all the] alle (al) A ... CB₂
1305 2348 ff. margin Apostolus—scripta sunt om. S ... Δ
1306 2351 S a perdu une feuille (l. 2351-2530)
1307 Versets latins vii. 1 in] de B
1308 2373 margin et laboribus AM
1309 2377 al F aƚƚ J alle A, B
1310 2391 so] to BTΔ
1311 2397 lettre BT
1312 2407 Eldras H₁ ... B₂, Λ
1313 2414 and rime AJMX ... B₂
1314 2433 Herconius H₁XGECLB₂, BΛ Hercenius R Berconius T,
H₃
1315 2477 Is] The B
1316 2501 as it is set H₁ ... B₂
1317 2512 lefte F
1318 2524 many on F
1319 2531 S reprend The BT
1320 2539 margin qui membra] que membra F sencibiles] sanabiles
H₁ ... B₂, Λ
1321 2534 ferste S ferst AJ, F
1322 2535 lapis] cleped BT
1323 2538 As] And H₁ ... B₂, Λ
1324 2555 aweie F
1325 2556 vice goth] filþe be H₁ ... B₂, Λ (ligne om. W)
1326 2562 to om. BT
1327 2565 thextremetes] extremites X ... B₂, B
1328 2569 ffor AM þe ston H₁ ... B₂
1329 2576 He] It S ... Δ
1330 2578 as] which A ... B₂
1331 2587 all weies (alweies) XGRCLB₂
1332 2609 Orcalan H₁ ... B₂
1333 2615 put AJ, S, F putte C, B
1334 2620 faile of þe beȝete H₁ ... B₂ fallen of b, T but þei faile ȝit
of b. Δ
1335 2627 of om. M, BT, H₃
1336 2629 out] out of AMH₁
1337 2641 ffor B
1338 2642 as SBTΔ is Ad and A ... B₂, Λ, FWH₃
1339 2650 schal the wordes] schal þe worde S shal wordes W
scholde þe wordes Ad scholde her wordes B
1340 2662 and þilke time so H₁ ... RLB₂ and þilke time also C at
thilke t. also W at þilke tyme þo M
1341 2674 take AJ, S, F tak C, BT
1342 2676 hise A
Page 655
1343 2681 prendre B
1344 2704 marge Accidia H₁E ... B₂, W
1345 2707 marge sopori fero MH₁ERL, Λ, WH₃ sopori sero
XGCB₂, B
1346 2710 a doun C, B, F adoun AJ, S
1347 2711 S a perdu deux feuillets (l. 2711-3078)
1348 2743 shal F
1349 2744 wolde A
1350 2760 Je suis maintenant H₁ ... B₂, Λ
1351 2773 fois BT
1352 2788 mow F mowe AJ, B
1353 2792 a chaunce H₁ ... RLB₂, BT his chaunce C
1354 2796 wole ou à peu près] wolde so BT
1355 2802 bidt A, F bit J bid C, B
1356 2822 doun om. AM
1357 2826 to the] atte M, B
1358 2833 Departen] Depart(e) et H₁ ... B₂, BΛ
1359 2846 aller maintenant (gon now) M ... B₂
1360 2860 mai] pourrait (miȝte) H₁ ... B₂ fait W
1361 2867 lui A ... B₂ hem AdBTΔ, FWH₃
1362 2937 marge demersus AM
1363 2942 marge Quo facto om. A ... B₂
1364 2945 marge mortuus om. A ... B₂
1365 2954 thoghte] wolde H₁ ... B₂ wol L thought to W
1366 2955 monþes H₁ ... B₂, H₃
1367 2973 elle Λ, Magd il A ... B₂, AdBTΔ, FWKH₃
1368 2984 ainsi om. AM
1369 2992 le om. AM
1370 2994 entre le] betwene A ... B₂, T (bitwen) betwen bothe H₃
1371 2997 Pourquoi(e) AJMG ... B₂
1372 3023 nombreux XGL, AdBTΔ, WH₃
1373 3027 le sage que M ... CB₂ ce sage comme BT, H₃
1374 3033 devrait BT, W
1375 3056 était AdBTΔ
1376 3058 vers JH₁ ... B₂, Δ, WH₃
1377 3074 faux AM
1378 3079 S reprend
1379 3082 elle BT
1380 3086 partir en avant] lepte forþ AM lepte L
1381 3129 Aman F
1382 3132 l’alliance BTΛ
1383 3138 Pour] Et BTΛ
1384 3140 cela] dans H₁ ... B₂
1385 3141 que om. AM
1386 3142 marchant H₁RCB₂ ligne om. T
1387 3153 non om. H₁ ... B₂
1388 3154 Ha om. A ... B₂
1389 3159 moi F mon AJ, B
1390 3165 tous S, F tous AJ, B
1391 3199 marge sua om. BT
1344 2704 marge Accidia H₁E ... B₂, W
1345 2707 marge sopori fero MH₁ERL, Λ, WH₃ sopori sero
XGCB₂, B
1346 2710 a doun C, B, F adoun AJ, S
1347 2711 S a perdu deux feuillets (l. 2711-3078)
1348 2743 shal F
1349 2744 wolde A
1350 2760 Je suis maintenant H₁ ... B₂, Λ
1351 2773 fois BT
1352 2788 mow F mowe AJ, B
1353 2792 a chaunce H₁ ... RLB₂, BT his chaunce C
1354 2796 wole ou à peu près] wolde so BT
1355 2802 bidt A, F bit J bid C, B
1356 2822 doun om. AM
1357 2826 to the] atte M, B
1358 2833 Departen] Depart(e) et H₁ ... B₂, BΛ
1359 2846 aller maintenant (gon now) M ... B₂
1360 2860 mai] pourrait (miȝte) H₁ ... B₂ fait W
1361 2867 lui A ... B₂ hem AdBTΔ, FWH₃
1362 2937 marge demersus AM
1363 2942 marge Quo facto om. A ... B₂
1364 2945 marge mortuus om. A ... B₂
1365 2954 thoghte] wolde H₁ ... B₂ wol L thought to W
1366 2955 monþes H₁ ... B₂, H₃
1367 2973 elle Λ, Magd il A ... B₂, AdBTΔ, FWKH₃
1368 2984 ainsi om. AM
1369 2992 le om. AM
1370 2994 entre le] betwene A ... B₂, T (bitwen) betwen bothe H₃
1371 2997 Pourquoi(e) AJMG ... B₂
1372 3023 nombreux XGL, AdBTΔ, WH₃
1373 3027 le sage que M ... CB₂ ce sage comme BT, H₃
1374 3033 devrait BT, W
1375 3056 était AdBTΔ
1376 3058 vers JH₁ ... B₂, Δ, WH₃
1377 3074 faux AM
1378 3079 S reprend
1379 3082 elle BT
1380 3086 partir en avant] lepte forþ AM lepte L
1381 3129 Aman F
1382 3132 l’alliance BTΛ
1383 3138 Pour] Et BTΛ
1384 3140 cela] dans H₁ ... B₂
1385 3141 que om. AM
1386 3142 marchant H₁RCB₂ ligne om. T
1387 3153 non om. H₁ ... B₂
1388 3154 Ha om. A ... B₂
1389 3159 moi F mon AJ, B
1390 3165 tous S, F tous AJ, B
1391 3199 marge sua om. BT
Page 656
1392 3202 marge ainsi que AM
1393 3204 marge celle-ci omis. SBTΔ (latin omis. Ad)
1394 3206 marge qu’il daignât A ... B₂, Λ
1395 3190 þe AM
1396 3206 silence S, F silence AJ, B
1397 3221 bien non né] être vp (vppe) AM
1398 3233 Thi (Thy) A ... B₂, S ... Δ This FWKH₃
1399 3244 tous] à S ... Δ
1400 3250 si que je] si je H₁ ... B₂
1401 3252 veille B
1402 3255 nyht (nuit) AC, B nyhte (nihte) J, S, F
1403 3259 de] ou X ... B₂, W
1404 3263 S a perdu une feuille (l. 3263-3442)
1405 3288 dans] à XGEC, BT
1406 3308 il] cela H₁ ... B₂
1407 3322 De þo turneþ (torneþ) M, Ad De hem þat turneþ X De hem þat turnen H₁G ... B₂
1408 3337 a haþ AdBTΔ
1409 3341 Avec þo lequel(e) E ... B₂, AdT Avec þo þe whiche B
1410 3349 le omis. H₁ ... B₂, AdTΔ, WH₃
1411 3355 Quand] ffor quand H₁E ... B₂
1412 3361 comme] et BT il] cela AM
1413 3366 dire H₁ ... B₂, W
1414 3370 non M, F le reste non (aucun)
1415 Vers latins ix. 1 Rien ne vaut la fortune (le reste de la ligne est vide) AM
1416 3397 marge poterit omis. BT
1417 3401 fois E, BT
1418 3427 grand JC, B grande A, F
1419 3437 non omis. AM
1420 3443 S reprend folweth] falleþ SAdBΔ faileth TΛ
1421 3449 plus que c’est B, H₃ plus que hit L
1422 3459 point BT, W
1423 3479 eny] mon AM
1424 3484 mon] moi H₁RCLB₂, W (moi je demande)
1425 3489 Je donne AM
1426 3502 si que H₁ ... B₂, W
1427 3529 marge Ciuitatem omis. BT
1428 3531 cœur sche BΛ sche (omis cœur) T
1429 3535 roi (kyng) JL, BT
1430 3560 âmes F
1431 3576 le plus endormi F
1432 3586 Ȝit schal ... de nombreux lieux J, S, FH₃ Ȝit schalt ... de nombreux lieux AM Ȝit schal ... de nombreux lieux Ad, W Ȝit schal it ... de nombreux lieux TΔ It (Hit) schal ... de nombreux lieux H₁XGRCLB₂ It schal ... de nombreux lieux E, B
1433 3587 et] de H₁ ... B₂, B
1434 3596 syhe (sihe) AJ, SB syh F
1435 3612 monde BT, W
1436 3622 Ô dieu tu savais que cela B Ô dieu tu savais cela TΛ (tu sais)
1437 3627 S a perdu deux feuilles (l. 3627—v. 274)
1393 3204 marge celle-ci omis. SBTΔ (latin omis. Ad)
1394 3206 marge qu’il daignât A ... B₂, Λ
1395 3190 þe AM
1396 3206 silence S, F silence AJ, B
1397 3221 bien non né] être vp (vppe) AM
1398 3233 Thi (Thy) A ... B₂, S ... Δ This FWKH₃
1399 3244 tous] à S ... Δ
1400 3250 si que je] si je H₁ ... B₂
1401 3252 veille B
1402 3255 nyht (nuit) AC, B nyhte (nihte) J, S, F
1403 3259 de] ou X ... B₂, W
1404 3263 S a perdu une feuille (l. 3263-3442)
1405 3288 dans] à XGEC, BT
1406 3308 il] cela H₁ ... B₂
1407 3322 De þo turneþ (torneþ) M, Ad De hem þat turneþ X De hem þat turnen H₁G ... B₂
1408 3337 a haþ AdBTΔ
1409 3341 Avec þo lequel(e) E ... B₂, AdT Avec þo þe whiche B
1410 3349 le omis. H₁ ... B₂, AdTΔ, WH₃
1411 3355 Quand] ffor quand H₁E ... B₂
1412 3361 comme] et BT il] cela AM
1413 3366 dire H₁ ... B₂, W
1414 3370 non M, F le reste non (aucun)
1415 Vers latins ix. 1 Rien ne vaut la fortune (le reste de la ligne est vide) AM
1416 3397 marge poterit omis. BT
1417 3401 fois E, BT
1418 3427 grand JC, B grande A, F
1419 3437 non omis. AM
1420 3443 S reprend folweth] falleþ SAdBΔ faileth TΛ
1421 3449 plus que c’est B, H₃ plus que hit L
1422 3459 point BT, W
1423 3479 eny] mon AM
1424 3484 mon] moi H₁RCLB₂, W (moi je demande)
1425 3489 Je donne AM
1426 3502 si que H₁ ... B₂, W
1427 3529 marge Ciuitatem omis. BT
1428 3531 cœur sche BΛ sche (omis cœur) T
1429 3535 roi (kyng) JL, BT
1430 3560 âmes F
1431 3576 le plus endormi F
1432 3586 Ȝit schal ... de nombreux lieux J, S, FH₃ Ȝit schalt ... de nombreux lieux AM Ȝit schal ... de nombreux lieux Ad, W Ȝit schal it ... de nombreux lieux TΔ It (Hit) schal ... de nombreux lieux H₁XGRCLB₂ It schal ... de nombreux lieux E, B
1433 3587 et] de H₁ ... B₂, B
1434 3596 syhe (sihe) AJ, SB syh F
1435 3612 monde BT, W
1436 3622 Ô dieu tu savais que cela B Ô dieu tu savais cela TΛ (tu sais)
1437 3627 S a perdu deux feuilles (l. 3627—v. 274)
Page 657
1438 3632 stupéfie AMR, T, W
1439 3638 et de] et encore de AM
1440 3656 Hir B soit enterré] enterre A, Δ soit enterré MH₁ERLB₂, W
1441 3666 un om. C, BTΛ
1442 3667 cela] cela AdBTΛ
1443 3676 bien que] celui JH₁ ... B₂, BΛ, W
1444 3678 aman F
1445 3687 désespère JMH₁XRLB₂, AdBTΔ, W désespère H₃
1439 3638 et de] et encore de AM
1440 3656 Hir B soit enterré] enterre A, Δ soit enterré MH₁ERLB₂, W
1441 3666 un om. C, BTΛ
1442 3667 cela] cela AdBTΛ
1443 3676 bien que] celui JH₁ ... B₂, BΛ, W
1444 3678 aman F
1445 3687 désespère JMH₁XRLB₂, AdBTΔ, W désespère H₃
Page 658
Incipit Liber Quintus.
i. L’avarice s’oppose aux lois de la nature, car ce que l’amour généreux exige, elle l’interdit plus strictement. P. ii. 127
Tout ce qui est excessivement vicieux est appelé or, [à cause de l’avarice.]
L’avaricieux garde ses richesses comme des brebis.
Il ne convient pas qu’il les garde pour lui seul, mais pour l’amour…
L’homme doit avoir sa propre richesse pour lui seul.
Lorsque le dieu Créateur commença à créer ce monde, et que les hommes n’étaient pas encore tombés dans de grands excès, bien que rien ne pressât pour le bien du monde, tout était destiné au bien commun.
Alors, on ne parlait ni de chance, ni de gains ou de pertes par hasard, jusqu’à ce que l’avarice y mette son grain de sel. Dans ce cinquième livre, le Confesseur a l’intention de traiter de l’avarice – de l’homme, du cheval, du bateau, du bœuf, qui sont tous, selon lui, à l’origine de tous les maux ; il parle également de l’argent, considéré comme la racine de tous les maux.
Puis, ce vice s’est répandu partout sous diverses formes ; mais l’amour écarte d’abord la nature même de l’avarice, ainsi que ce qu’elle fait de commun pour en faire quelque chose de propre, décrivant ainsi l’Amant : au lieu de la pelle et de la bêche, qui servent à cultiver l’amour, c’est l’épée tranchante qui est utilisée. Le Confesseur oppose donc cela de manière plus précise.
Et c’est ainsi que cela a abouti à Londres, où les hommes ont construit des tours très hautes, P. ii. 20, et de hautes murailles pour protéger l’or que l’avarice a enfermé. Mais tout cela ne suffit pas à lui, même s’il pouvait chasser le monde entier.
i. L’avarice s’oppose aux lois de la nature, car ce que l’amour généreux exige, elle l’interdit plus strictement. P. ii. 127
Tout ce qui est excessivement vicieux est appelé or, [à cause de l’avarice.]
L’avaricieux garde ses richesses comme des brebis.
Il ne convient pas qu’il les garde pour lui seul, mais pour l’amour…
L’homme doit avoir sa propre richesse pour lui seul.
Lorsque le dieu Créateur commença à créer ce monde, et que les hommes n’étaient pas encore tombés dans de grands excès, bien que rien ne pressât pour le bien du monde, tout était destiné au bien commun.
Alors, on ne parlait ni de chance, ni de gains ou de pertes par hasard, jusqu’à ce que l’avarice y mette son grain de sel. Dans ce cinquième livre, le Confesseur a l’intention de traiter de l’avarice – de l’homme, du cheval, du bateau, du bœuf, qui sont tous, selon lui, à l’origine de tous les maux ; il parle également de l’argent, considéré comme la racine de tous les maux.
Puis, ce vice s’est répandu partout sous diverses formes ; mais l’amour écarte d’abord la nature même de l’avarice, ainsi que ce qu’elle fait de commun pour en faire quelque chose de propre, décrivant ainsi l’Amant : au lieu de la pelle et de la bêche, qui servent à cultiver l’amour, c’est l’épée tranchante qui est utilisée. Le Confesseur oppose donc cela de manière plus précise.
Et c’est ainsi que cela a abouti à Londres, où les hommes ont construit des tours très hautes, P. ii. 20, et de hautes murailles pour protéger l’or que l’avarice a enfermé. Mais tout cela ne suffit pas à lui, même s’il pouvait chasser le monde entier.
Page 659
Pour toute chose qu’il puisse posséder – en or, en bijoux ou en argent – il ne la laisse jamais sortir de sa main, afin d’en obtenir davantage et de la conserver fermement, comme si le monde devait durer éternellement. Ainsi en va-t-il pour lui et pour l’enfer : car, comme le disent ces anciens livres, tout ce qui y entre, peu ou beaucoup, n’en sortira jamais. De même, une fois son trésor enfermé, il ne pourra plus jamais être ouvert ; mais quand il désire voir de l’or briller, afin de pouvoir le contempler et y réfléchir, sinon il ne peut pas en profiter pour prendre sa part, que ce soit peu ou beaucoup. Ainsi, il reste pauvre, et lui manque toujours ce qu’il a maintenant. C’est comme un bœuf qui tire un soc : il n’en retire aucun profit pour lui-même ; c’est comme un navire qui est dans le même champ : il y dépose sa laine, mais un jour, quelqu’un d’autre emporte les flots avec elle. Ainsi, celui qui n’a rien ne peut pas non plus en tirer profit. Dire que tel homme est heureux, celui qui comprend bien cela, c’est dire quelque chose d’inapproprié : car le bonheur le retient prisonnier, il ne peut donc pas être joyeux, et il reste esclave de son bonheur. Il sert ainsi, alors qu’il devrait être maître. Telle est la nature des avares. Mon fils, puisque tu es amoureux, confesseur, dis-moi si tu agis ainsi en amour. Confession d’un amant.
Page 660
60 Mon père, il semble que non ;
Je n’ai jamais été avare,
Comme vous l’avez affirmé :
Car, comme vous l’avez dit plus haut,
Je n’ai jamais été pleinement possédé par l’amour ;
C’est pourquoi je peux bien excuser mon acte.
Mais de ma propre volonté, sans crainte,
Si je pouvais obtenir ce trésor,
Il ne devrait jamais être perdu ;
Je voudrais le garder fermement,
Jusqu’à ce que le dieu de l’amour lui-même
Veuille que nous en partagions les fruits.1453
Car je l’aime vraiment tant,
Que même avec mes yeux fermés,
Si je pouvais avoir cette douce épouse P. ii.
130
Selon ma volonté, je la garderais pour toujours ;
Et de cette manière, je la conserverais,
80 Si je l’avais, je la garderais,
Et je ne jeûnerais plus jamais un vendredi,
Même si je la gardais et je jeûnais.1454
Par les sacs dans la boîte !
J’en aurais assez, si j’avais cette boîte.
Car assurément, si elle était à moi,
Je la préférerais à un trésor d’or ;
Car toute richesse de ce monde
Ne pourrait me rendre aussi riche qu’elle, qui est si purement bonne.
90 Je n’ai pas évoqué d’autres biens ;
Car si je pouvais obtenir une telle chose,
J’aurais un trésor pour un roi ;
Et même si je voulais le garder fermement,
Je serais alors bien protégé.
Mais je dois maintenant cesser de parler,
Et laisser les choses suivre leur cours.
Je n’ai jamais été avare,
Comme vous l’avez affirmé :
Car, comme vous l’avez dit plus haut,
Je n’ai jamais été pleinement possédé par l’amour ;
C’est pourquoi je peux bien excuser mon acte.
Mais de ma propre volonté, sans crainte,
Si je pouvais obtenir ce trésor,
Il ne devrait jamais être perdu ;
Je voudrais le garder fermement,
Jusqu’à ce que le dieu de l’amour lui-même
Veuille que nous en partagions les fruits.1453
Car je l’aime vraiment tant,
Que même avec mes yeux fermés,
Si je pouvais avoir cette douce épouse P. ii.
130
Selon ma volonté, je la garderais pour toujours ;
Et de cette manière, je la conserverais,
80 Si je l’avais, je la garderais,
Et je ne jeûnerais plus jamais un vendredi,
Même si je la gardais et je jeûnais.1454
Par les sacs dans la boîte !
J’en aurais assez, si j’avais cette boîte.
Car assurément, si elle était à moi,
Je la préférerais à un trésor d’or ;
Car toute richesse de ce monde
Ne pourrait me rendre aussi riche qu’elle, qui est si purement bonne.
90 Je n’ai pas évoqué d’autres biens ;
Car si je pouvais obtenir une telle chose,
J’aurais un trésor pour un roi ;
Et même si je voulais le garder fermement,
Je serais alors bien protégé.
Mais je dois maintenant cesser de parler,
Et laisser les choses suivre leur cours.
Page 661
Pas de nuit avec moi, car c’est ainsi que je le veux ;
Je serais avare, si je devais l’être.
Mais, père, je vous ai entendu dire
que celui qui est avare possède quelque chose de précieux,
dont il peut être heureux ; car il peut, quand il le veut, voir son trésor,
le chercher et le fouiller partout ;
mais moi, je suis complètement perdu là-bas,
là où se trouve mon précieux trésor.
Ma vie est semblable à cela, P. ii. 131
Comme vous me l’avez dit hier :
un bœuf porte sa charge pour quelque chose qui ne lui sert à rien ;
c’est ainsi que je m’efforce ;
car celui qui possède le bonheur,
je sais bien que c’est moi qui en ai la responsabilité,
car j’ai et je n’ai pas,
et je suis, comme on dit, un pauvre fou.
Ne jugez pas dans votre esprit
si c’est de l’avarice ou non.
Mon fils, je ne m’étonne pas de toi, Confesseur.
Bien que tu sois placé sous l’obligation de servir
avec amour, ce qui convient aux proches ;
mais, comme tout livre le rapporte,
ce n’est pas agréable pour les proches
que l’homme serve et se soumette à l’or au-delà de ses besoins,
car cela n’a aucune raison valable.
Mais l’avarice est sans limites :
s’il peut obtenir plus d’or, il veut le servir et le conserver,
car il ne veut rien garder d’autre,
seulement remplir ses sacs ;
et tout cela n’est pour lui qu’une charge,
car il ne partage rien,
le gardant comme un serviteur le ferait.
Je serais avare, si je devais l’être.
Mais, père, je vous ai entendu dire
que celui qui est avare possède quelque chose de précieux,
dont il peut être heureux ; car il peut, quand il le veut, voir son trésor,
le chercher et le fouiller partout ;
mais moi, je suis complètement perdu là-bas,
là où se trouve mon précieux trésor.
Ma vie est semblable à cela, P. ii. 131
Comme vous me l’avez dit hier :
un bœuf porte sa charge pour quelque chose qui ne lui sert à rien ;
c’est ainsi que je m’efforce ;
car celui qui possède le bonheur,
je sais bien que c’est moi qui en ai la responsabilité,
car j’ai et je n’ai pas,
et je suis, comme on dit, un pauvre fou.
Ne jugez pas dans votre esprit
si c’est de l’avarice ou non.
Mon fils, je ne m’étonne pas de toi, Confesseur.
Bien que tu sois placé sous l’obligation de servir
avec amour, ce qui convient aux proches ;
mais, comme tout livre le rapporte,
ce n’est pas agréable pour les proches
que l’homme serve et se soumette à l’or au-delà de ses besoins,
car cela n’a aucune raison valable.
Mais l’avarice est sans limites :
s’il peut obtenir plus d’or, il veut le servir et le conserver,
car il ne veut rien garder d’autre,
seulement remplir ses sacs ;
et tout cela n’est pour lui qu’une charge,
car il ne partage rien,
le gardant comme un serviteur le ferait.
Page 662
Et ainsi, bien qu’il multiplie son or, sans trésor, il reste tel, car l’homme ne change pas.
P. ii.
Avec de l’or, même s’il est dépensé pour les hommes ; j’en raconte une histoire, en tirant une bonne leçon, de ce qui arriva dans les temps anciens, comme vous le raconte le clerc Ovide.
Bachus, qui est le dieu du vin, [L’histoire de Midas.]
Conformément à sa nature divine, un prêtre, nommé Cillénus, parle contre ces avares. Il avait… et il arriva ce que la nuit raconte : comment Midas… Ce prêtre était ivre et perdu ; le roi de Phrygie, dont les gens étaient extrêmement avares, fit emmener Cillénus, prêtre de Bacchus, à Frigélond, où il se trouvait. Les paysans l’y lièrent avec des chaînes de fer ; mais finalement, un jeune homme vint le délier. Avec l’aide d’autres complices, il rentra dans son hospice. Alors, sous l’effet de son ivresse, ils le lièrent solidement, afin qu’il ne puisse s’échapper. Pour cela, Bacchus lui accorda tout ce qu’il désirait. Le roi exigea alors qu’on lui donne ce cadeau ; mais celui qui voulait cacher sa faute y consentit. Ainsi, ce roi avare prit ce cadeau, ordonna que l’on fasse transformer tout ce que cet homme touchait en or, et le fit enfermer dans une chambre, afin que cela reste ainsi. Il dormit ensuite tranquillement. Plus tard, bien que ce prêtre fût libre, il voulut transformer la nourriture qu’il mangeait en or. Il fut donc placé sur un lit, mais ne put manger. Lorsqu’il se réveilla, le roi vit l’or et lui dit qu’il ne pouvait pas, pour l’instant, le retirer. Il lui conseilla de se remettre, afin que l’or puisse être enlevé plus tard. Ainsi, ce prêtre vécut de cette manière, tant que la nourriture nécessaire lui était fournie.
P. ii.
Avec de l’or, même s’il est dépensé pour les hommes ; j’en raconte une histoire, en tirant une bonne leçon, de ce qui arriva dans les temps anciens, comme vous le raconte le clerc Ovide.
Bachus, qui est le dieu du vin, [L’histoire de Midas.]
Conformément à sa nature divine, un prêtre, nommé Cillénus, parle contre ces avares. Il avait… et il arriva ce que la nuit raconte : comment Midas… Ce prêtre était ivre et perdu ; le roi de Phrygie, dont les gens étaient extrêmement avares, fit emmener Cillénus, prêtre de Bacchus, à Frigélond, où il se trouvait. Les paysans l’y lièrent avec des chaînes de fer ; mais finalement, un jeune homme vint le délier. Avec l’aide d’autres complices, il rentra dans son hospice. Alors, sous l’effet de son ivresse, ils le lièrent solidement, afin qu’il ne puisse s’échapper. Pour cela, Bacchus lui accorda tout ce qu’il désirait. Le roi exigea alors qu’on lui donne ce cadeau ; mais celui qui voulait cacher sa faute y consentit. Ainsi, ce roi avare prit ce cadeau, ordonna que l’on fasse transformer tout ce que cet homme touchait en or, et le fit enfermer dans une chambre, afin que cela reste ainsi. Il dormit ensuite tranquillement. Plus tard, bien que ce prêtre fût libre, il voulut transformer la nourriture qu’il mangeait en or. Il fut donc placé sur un lit, mais ne put manger. Lorsqu’il se réveilla, le roi vit l’or et lui dit qu’il ne pouvait pas, pour l’instant, le retirer. Il lui conseilla de se remettre, afin que l’or puisse être enlevé plus tard. Ainsi, ce prêtre vécut de cette manière, tant que la nourriture nécessaire lui était fournie.
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Et tout cela il le raconte à Bacchus, par les prières d’un dieu très doux. Lorsqu’il vint à lui en personne, il fit sa demande. Et quand Bacchus entendit comment Midas avait montré sa générosité, P. ii. 133 170, il jugea que c’était une méchanceté de sa part, car il ne le récompensait pas pour ses vertus, comme il l’aurait dû en tant que dieu. Ce dieu apparut alors à ce roi et cria, et un autre dieu aussi : ce dieu trouva bon que Midas fût si généreux envers son prêtre, et lui dit : quoi qu’il désirât prier, il devrait l’obtenir, parmi tous les biens du monde. 180 Ce roi fut joyeux et resta silencieux, perplexe quant à sa décision ; il regarda autour de lui, cherchant ce qui serait le mieux pour son avenir, et resta en débat avec lui-même sur trois points, que je trouve être les plus importants pour l’humanité. Le premier d’entre eux est le plaisir ; le deuxième, le bienfait et le profit. 1471 Ensuite il pensa : « Si je demande du plaisir, même si j’en ai toujours, le plaisir passera dans ma vie ; ce n’est pas un avantage certain. Car toute joie physique finit en douleur ; donc je ne choisirai pas le plaisir. Et si c’est le bienfait ou la domination sur le monde, 1472 134, c’est une occupation de l’imagination orgueilleuse, qui crée des soucis dans le cœur ; il n’y a aucune certitude de gagner, car pour le seigneur comme pour le vaurien, tout est incertain. »
Page 664
Quand ils naissent et quand ils meurent.
Et si je voulais tirer profit,
Je ne saurais en aucune manière
Avoir la certitude des biens du monde ;
Car tout voleur qui cherche la richesse
Attend pour voler et dérober :
Un tel bien est cause de nombreux maux.
De plus, même si un homme possédait
Tout le monde dans ses propres domaines,
Il n’aurait que les besoins humains,
À mon avis, pour vêtements, nourriture et boisson ;
Au-delà, c’est vanité,
Et il n’y aurait pas de maître à son rang.
Ainsi, sur divers points,
Il réfléchit à ce qu’il considérait comme le meilleur ;
Mais pour parvenir pleinement au repos,
Il ne pouvait trouver de voie sûre.
Finalement, il tomba dans la cupidité
Pour l’or ; puis, d’une autre manière,
Il pensa, comme je l’ai dit précédemment,
Où se trouve le trésor le plus sûr.
Et il eut un désir extrême
De le retrouver, afin
De pouvoir mener à bien son projet
Pour obtenir de l’or sans échec.
Dans son cœur, il louait ainsi l’or,
Disant qu’il surpassait tous les autres métaux :
« L’or », disait-il, « peut mener une armée
Pour faire la guerre à un roi ;
L’or doit être placé au-dessus de toute chose, Salomon. Pecunie obediunt omnia.
Et il le plaça donc où il le souhaitait. »
Et si je voulais tirer profit,
Je ne saurais en aucune manière
Avoir la certitude des biens du monde ;
Car tout voleur qui cherche la richesse
Attend pour voler et dérober :
Un tel bien est cause de nombreux maux.
De plus, même si un homme possédait
Tout le monde dans ses propres domaines,
Il n’aurait que les besoins humains,
À mon avis, pour vêtements, nourriture et boisson ;
Au-delà, c’est vanité,
Et il n’y aurait pas de maître à son rang.
Ainsi, sur divers points,
Il réfléchit à ce qu’il considérait comme le meilleur ;
Mais pour parvenir pleinement au repos,
Il ne pouvait trouver de voie sûre.
Finalement, il tomba dans la cupidité
Pour l’or ; puis, d’une autre manière,
Il pensa, comme je l’ai dit précédemment,
Où se trouve le trésor le plus sûr.
Et il eut un désir extrême
De le retrouver, afin
De pouvoir mener à bien son projet
Pour obtenir de l’or sans échec.
Dans son cœur, il louait ainsi l’or,
Disant qu’il surpassait tous les autres métaux :
« L’or », disait-il, « peut mener une armée
Pour faire la guerre à un roi ;
L’or doit être placé au-dessus de toute chose, Salomon. Pecunie obediunt omnia.
Et il le plaça donc où il le souhaitait. »
Page 665
L’or peut transformer la haine en amour,
Et le mal en bien, et l’injustice en justice ;
Il peut allonger ce qui est court et raccourcir ce qui est long ;
Sans or, il ne peut y avoir de fête ;
L’or est le maître de l’homme et son meilleur ami,
Et il peut à la fois l’acheter et le vendre ;
Ainsi, on peut dire avec certitude
Que tout le monde obéit à l’or.
C’est pourquoi ce roi prie Bacchus
De lui accorder de l’or, mais il en demande plus
Que ce dont il a besoin.
On dit que la maladie
Qui s’appelle l’hydropisie
Ressemble beaucoup à cette vice,
Car elle relève également de l’avarice :
Plus l’homme souffre d’hydropisie,
Plus il a soif, car il pense
Qu’il ne pourra jamais étancher sa soif ;
Ainsi, rien ne peut satisfaire les désirs de son appétit ;
Et c’est ainsi que l’avarice persiste toujours ;
Plus il possède de biens du monde,
Plus il veut les conserver, et il désire de plus en plus.
Dans de telles conditions,
Sans bon sens,
Ce roi est frappé par l’avarice,
Au point que tout le monde le sait ;
Car il priait Bacchus,
Afin que tout ce qu’il touchait
Devienne aussitôt de l’or, et ce dieu lui accorda ce qu’il demandait.
Ce roi de Phrygie était heureux,
Et il mit cet or en grande abondance.
Et le mal en bien, et l’injustice en justice ;
Il peut allonger ce qui est court et raccourcir ce qui est long ;
Sans or, il ne peut y avoir de fête ;
L’or est le maître de l’homme et son meilleur ami,
Et il peut à la fois l’acheter et le vendre ;
Ainsi, on peut dire avec certitude
Que tout le monde obéit à l’or.
C’est pourquoi ce roi prie Bacchus
De lui accorder de l’or, mais il en demande plus
Que ce dont il a besoin.
On dit que la maladie
Qui s’appelle l’hydropisie
Ressemble beaucoup à cette vice,
Car elle relève également de l’avarice :
Plus l’homme souffre d’hydropisie,
Plus il a soif, car il pense
Qu’il ne pourra jamais étancher sa soif ;
Ainsi, rien ne peut satisfaire les désirs de son appétit ;
Et c’est ainsi que l’avarice persiste toujours ;
Plus il possède de biens du monde,
Plus il veut les conserver, et il désire de plus en plus.
Dans de telles conditions,
Sans bon sens,
Ce roi est frappé par l’avarice,
Au point que tout le monde le sait ;
Car il priait Bacchus,
Afin que tout ce qu’il touchait
Devienne aussitôt de l’or, et ce dieu lui accorda ce qu’il demandait.
Ce roi de Phrygie était heureux,
Et il mit cet or en grande abondance.
Page 666
Avec toute la hâte qu’il pouvait avoir,1484
il touche ceci, il touche cela ;
et en son sein tout était or :
la pierre, l’arbre, la feuille, l’herbe,
la farine, le fruit, tout était or.1485
Ainsi il touche, tant qu’il peut encore
aller, mais la faim finit par l’emporter,
si bien qu’il doit absolument1486
satisfaire sa faim d’une manière ou d’une autre.
Le vêtement était prêt, la table mise,
et tout était disposé devant lui :
son plat, sa coupe, sa boisson, son repas ;
mais dès qu’il voulait boire ou manger,
P. ii. 137
dès que cela arrivait à sa bouche,
c’était du or, et alors il vit1487
la folie de l’avarice.
290 Et il commença à crier,
et pria Bacchus de lui pardonner
son or, et de le laisser vivre
comme avant, afin qu’il ne soit pas perdu.
Ce dieu, ému par sa plainte,1488
accueillit ses regrets avec bienveillance,
et lui ordonna d’aller aussitôt
vers une rivière qui coulait non loin,
que Pacéeole appelait alors
300 ; dans cette rivière, aussi proprement que possible,
il devait se laver partout,1489
et on lui dit ensuite qu’il retrouverait
son apparence première dès le lendemain.
Ce roi, dès qu’il entendit cela,
alla dans la rivière depuis la ville,
se lava de la tête aux pieds,1490
et fit de même pour le reste de son corps,
comme cela avait été convenu.
Et alors il vit des merveilles étranges.
il touche ceci, il touche cela ;
et en son sein tout était or :
la pierre, l’arbre, la feuille, l’herbe,
la farine, le fruit, tout était or.1485
Ainsi il touche, tant qu’il peut encore
aller, mais la faim finit par l’emporter,
si bien qu’il doit absolument1486
satisfaire sa faim d’une manière ou d’une autre.
Le vêtement était prêt, la table mise,
et tout était disposé devant lui :
son plat, sa coupe, sa boisson, son repas ;
mais dès qu’il voulait boire ou manger,
P. ii. 137
dès que cela arrivait à sa bouche,
c’était du or, et alors il vit1487
la folie de l’avarice.
290 Et il commença à crier,
et pria Bacchus de lui pardonner
son or, et de le laisser vivre
comme avant, afin qu’il ne soit pas perdu.
Ce dieu, ému par sa plainte,1488
accueillit ses regrets avec bienveillance,
et lui ordonna d’aller aussitôt
vers une rivière qui coulait non loin,
que Pacéeole appelait alors
300 ; dans cette rivière, aussi proprement que possible,
il devait se laver partout,1489
et on lui dit ensuite qu’il retrouverait
son apparence première dès le lendemain.
Ce roi, dès qu’il entendit cela,
alla dans la rivière depuis la ville,
se lava de la tête aux pieds,1490
et fit de même pour le reste de son corps,
comme cela avait été convenu.
Et alors il vit des merveilles étranges.
Page 667
310 La couleur de l’eau changea,
Le gravier et les petits cailloux
Devinrent tous deux dorés en même temps ;
Il fut débarrassé de ce qu’il possédait,
Et c’est ainsi que le destin lui joua son tour.1491
Lorsqu’il vit que sa situation s’était améliorée,
P. ii.
Il retourna chez lui par le bon chemin1492 138
Et continua à vivre comme avant,
Mettant de côté toute avidité,
Et méprisant la richesse en or,
320 Disant que du pain et des vêtements suffisaient.
Ainsi, ce roi comprit
Comment les simples gens ne respectent pas
L’or, qui, de toutes les choses,
Vaut moins que l’écorce nécessaire
Pour nourrir les hommes ;
Alors il établit de bonnes lois
Et plaça tout sous contrôle :
Il fit en sorte que son peuple construise
Des maisons ici-bas et vive sous la loi,
330 Et qu’ils évitent également
De s’enrichir excessivement en or, car c’est là la source de tous les maux.1493
On peut lire à ce sujet que, à l’époque où l’or n’était pas encore frappé en monnaie,
et où l’on connaissait le florin,
il n’y avait presque personne de malhonnête ;
Il n’y avait ni boucliers, ni lances,
Ni armes solides à porter ;
La ville n’était entourée d’aucun mur,
340 Alors qu’aujourd’hui elle est entièrement close ;
Il n’y avait pas de marchands dans la ville,
Alors qu’aujourd’hui ils gèrent toutes les affaires ;
Ainsi, on peut savoir comment le florin
Était autrefois une source de bienfaits
Et un remède contre tous les maux,
Grâce auxquels ce monde a pu exister.
Le gravier et les petits cailloux
Devinrent tous deux dorés en même temps ;
Il fut débarrassé de ce qu’il possédait,
Et c’est ainsi que le destin lui joua son tour.1491
Lorsqu’il vit que sa situation s’était améliorée,
P. ii.
Il retourna chez lui par le bon chemin1492 138
Et continua à vivre comme avant,
Mettant de côté toute avidité,
Et méprisant la richesse en or,
320 Disant que du pain et des vêtements suffisaient.
Ainsi, ce roi comprit
Comment les simples gens ne respectent pas
L’or, qui, de toutes les choses,
Vaut moins que l’écorce nécessaire
Pour nourrir les hommes ;
Alors il établit de bonnes lois
Et plaça tout sous contrôle :
Il fit en sorte que son peuple construise
Des maisons ici-bas et vive sous la loi,
330 Et qu’ils évitent également
De s’enrichir excessivement en or, car c’est là la source de tous les maux.1493
On peut lire à ce sujet que, à l’époque où l’or n’était pas encore frappé en monnaie,
et où l’on connaissait le florin,
il n’y avait presque personne de malhonnête ;
Il n’y avait ni boucliers, ni lances,
Ni armes solides à porter ;
La ville n’était entourée d’aucun mur,
340 Alors qu’aujourd’hui elle est entièrement close ;
Il n’y avait pas de marchands dans la ville,
Alors qu’aujourd’hui ils gèrent toutes les affaires ;
Ainsi, on peut savoir comment le florin
Était autrefois une source de bienfaits
Et un remède contre tous les maux,
Grâce auxquels ce monde a pu exister.
Page 668
Par la conseillère de l’Avarice,
Qui, par son propre vice, est aussi merveilleuse que l’enfer ;
Car elle ne peut jamais être rassasiée :
Tout ce qui y entre ne peut jamais y rester.
Mais mon fils, ne fais pas ainsi ;
Laisse de côté toute avarice,
Et prends seulement ta part de ce que tu as.
Je ne te demande pas de faire autre chose,
Mais de faire preuve de générosité.
Et si tu vois quelqu’un qui, à cause de la pauvreté, est dans le besoin,
Fais-lui quelque bien ; car celui qui refuse de donner ici subira une punition ailleurs.
Il existe une punition parmi toutes les autres :
La punition de Tantale.
En enfer, il y a un fleuve de cette nature,
Qui sert uniquement à punir l’avarice :
Quiconque se tient là-dedans reste debout jusqu’au menton ;
Au-dessus de sa tête pend également un fruit,
Qui touche constamment sa lèvre supérieure.
Ainsi, la soif et la faim le tourmentent sans cesse,
De sorte que son appétit ne peut jamais être satisfait.
Mais quand il veut apaiser sa faim,
Le fruit s’éloigne de lui ;
Et même s’il a un lit sous lui, le fruit reste toujours hors de portée.
Qui, par son propre vice, est aussi merveilleuse que l’enfer ;
Car elle ne peut jamais être rassasiée :
Tout ce qui y entre ne peut jamais y rester.
Mais mon fils, ne fais pas ainsi ;
Laisse de côté toute avarice,
Et prends seulement ta part de ce que tu as.
Je ne te demande pas de faire autre chose,
Mais de faire preuve de générosité.
Et si tu vois quelqu’un qui, à cause de la pauvreté, est dans le besoin,
Fais-lui quelque bien ; car celui qui refuse de donner ici subira une punition ailleurs.
Il existe une punition parmi toutes les autres :
La punition de Tantale.
En enfer, il y a un fleuve de cette nature,
Qui sert uniquement à punir l’avarice :
Quiconque se tient là-dedans reste debout jusqu’au menton ;
Au-dessus de sa tête pend également un fruit,
Qui touche constamment sa lèvre supérieure.
Ainsi, la soif et la faim le tourmentent sans cesse,
De sorte que son appétit ne peut jamais être satisfait.
Mais quand il veut apaiser sa faim,
Le fruit s’éloigne de lui ;
Et même s’il a un lit sous lui, le fruit reste toujours hors de portée.
Page 669
Ainsi grandit sa faim encore :
Et aussi, bien que sa soif le tourmente,
Et qu’il se penche vers l’eau,
Le fleuve, dans un tel état,
L’engloutit, de sorte qu’il ne peut plus boire.
Vois quelle misère,
Que la nourriture et la boisson lui soient si refusées,
Et pourtant elles n’arrivent pas à sa bouche !
À côté des tourments de ce fleuve,
Se tient l’Avarice parmi les biens du monde :
Il n’a rien, et pourtant il en a besoin,
Car son égoïsme le l’empêche,
Et sa faim de plus en plus grandit,
Le tourmentant sans cesse.
C’est pourquoi, ô mon Fils, vois comment tu gaspilles ces biens, [l’Avarice.]
Tu pourrais te corriger,
Ici comme ailleurs.
Et aussi, si tu veux être aimé,
Tu dois faire preuve de générosité ;
car si tu refuses de vivre pour l’amour,
Il n’y a aucune raison que tu réclames l’amour.
Car, si tu veux obtenir de la grâce,
Sois généreux et fais preuve de largesse,
Évite l’Avarice et l’égoïsme
Par-dessus tout le reste,
Et prends exemple sur le roi Midas
Et aussi sur le fleuve de l’enfer,
Où règne toute souffrance.
Et même s’il n’y avait que ce que nous trouvons ici,
Les hommes devraient éviter l’Avarice ;
Car celui qui est sujet à un tel vice
Ne trouve que peu de repos.
Et aussi, bien que sa soif le tourmente,
Et qu’il se penche vers l’eau,
Le fleuve, dans un tel état,
L’engloutit, de sorte qu’il ne peut plus boire.
Vois quelle misère,
Que la nourriture et la boisson lui soient si refusées,
Et pourtant elles n’arrivent pas à sa bouche !
À côté des tourments de ce fleuve,
Se tient l’Avarice parmi les biens du monde :
Il n’a rien, et pourtant il en a besoin,
Car son égoïsme le l’empêche,
Et sa faim de plus en plus grandit,
Le tourmentant sans cesse.
C’est pourquoi, ô mon Fils, vois comment tu gaspilles ces biens, [l’Avarice.]
Tu pourrais te corriger,
Ici comme ailleurs.
Et aussi, si tu veux être aimé,
Tu dois faire preuve de générosité ;
car si tu refuses de vivre pour l’amour,
Il n’y a aucune raison que tu réclames l’amour.
Car, si tu veux obtenir de la grâce,
Sois généreux et fais preuve de largesse,
Évite l’Avarice et l’égoïsme
Par-dessus tout le reste,
Et prends exemple sur le roi Midas
Et aussi sur le fleuve de l’enfer,
Où règne toute souffrance.
Et même s’il n’y avait que ce que nous trouvons ici,
Les hommes devraient éviter l’Avarice ;
Car celui qui est sujet à un tel vice
Ne trouve que peu de repos.
Page 670
420 Car ainsi le corps reste en repos,
Le cœur travaille sans relâche,
Attaqué par de nombreuses nuits effrayantes ;
Car bien qu’il soit allongé nu dans son lit,
Son cœur reste constamment éveillé,
Et il rêve, alors qu’il prétend dormir,
À la manière dont il doit protéger
Son trésor, afin qu’aucun voleur ne le vole.
Ainsi, il jouit d’un bien misérable.
De même, de la même façon, [la jalousie des amants.]
430 Si tu voulais vraiment être conseillé,
Il existe aujourd’hui des amants
Qui ne voulaient se soumettre à aucune raison.
S’ils parviennent au sommet,
Lorsqu’ils deviennent les maîtres de cet amour,
Et qu’ils devraient être les plus heureux,
C’est justement l’amour qui les afflige le plus, P. ii.
142
Ils désirent tant le conserver pour eux seuls.
Le cœur est là, partout,
Et chacun croit que tout le monde est un voleur,
Prêt à voler ce qu’il aime ;
Ainsi, sans aucune imagination,
Ils tombent dans la jalousie.
Alors le navire rompt ses amarres,
Et devient instable avec chaque vent.
Mon père, puisque vous ne le dites pas,
Amants…
J’ai souvent entendu parler de la jalousie,
Mais je n’ai jamais vraiment compris ce que c’était :1503
C’est pourquoi je vous supplie,
450 De bien vouloir m’expliquer et m’enseigner
En quoi cela peut consister.
Mon fils, c’est difficile pour moi : Confesseur.
Mais, comme je l’ai entendu,
Écoute maintenant, et tu obtiendras une réponse.1504
Parmi les hommes dépourvus de courage
Le cœur travaille sans relâche,
Attaqué par de nombreuses nuits effrayantes ;
Car bien qu’il soit allongé nu dans son lit,
Son cœur reste constamment éveillé,
Et il rêve, alors qu’il prétend dormir,
À la manière dont il doit protéger
Son trésor, afin qu’aucun voleur ne le vole.
Ainsi, il jouit d’un bien misérable.
De même, de la même façon, [la jalousie des amants.]
430 Si tu voulais vraiment être conseillé,
Il existe aujourd’hui des amants
Qui ne voulaient se soumettre à aucune raison.
S’ils parviennent au sommet,
Lorsqu’ils deviennent les maîtres de cet amour,
Et qu’ils devraient être les plus heureux,
C’est justement l’amour qui les afflige le plus, P. ii.
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Ils désirent tant le conserver pour eux seuls.
Le cœur est là, partout,
Et chacun croit que tout le monde est un voleur,
Prêt à voler ce qu’il aime ;
Ainsi, sans aucune imagination,
Ils tombent dans la jalousie.
Alors le navire rompt ses amarres,
Et devient instable avec chaque vent.
Mon père, puisque vous ne le dites pas,
Amants…
J’ai souvent entendu parler de la jalousie,
Mais je n’ai jamais vraiment compris ce que c’était :1503
C’est pourquoi je vous supplie,
450 De bien vouloir m’expliquer et m’enseigner
En quoi cela peut consister.
Mon fils, c’est difficile pour moi : Confesseur.
Mais, comme je l’ai entendu,
Écoute maintenant, et tu obtiendras une réponse.1504
Parmi les hommes dépourvus de courage
Page 671
Dans le mariage avec une épouse
Il arrive qu’un homme se trompe lui-même,
sans se rendre compte que c’est là une maladie infâme : la jalousie.
C’est une suspicion fantaisiste,
que l’on appelle aussi jalousie ; c’est un amour qui, bien que le plus fidèle possible,
est souvent corrompu sans raison.
Ainsi, cette maladie agit sur l’homme.
C’est une fièvre quotidienne, qui survient chaque jour,
que l’homme soit chez lui ou à l’extérieur.
Si un homme veut vivre ainsi, cette fièvre est plus grave que celle d’une maladie ordinaire ;
car elle le rend anxieux et inquiet,
et il surveille constamment son amour.
Son esprit est partout ;
lorsqu’elle chante ou danse, il perd tout contrôle.
S’il la voit regarder un autre homme,
ou sortir avec lui à n’importe quel moment,
ou si elle rit ou pleure,
son esprit est là à chaque instant.
Et quand la nuit tombe,
s’il n’y a pas de lumière, alors tout est perdu ;
il décide alors de parler d’elle au moment de se coucher,
en disant : « Si je devais me marier maintenant,
je ne voudrais plus jamais avoir d’épouse. »
Ainsi, il détruit le désir d’amour,
et tout devient chaotique.
Si elle est belle et bien habillée…
Il arrive qu’un homme se trompe lui-même,
sans se rendre compte que c’est là une maladie infâme : la jalousie.
C’est une suspicion fantaisiste,
que l’on appelle aussi jalousie ; c’est un amour qui, bien que le plus fidèle possible,
est souvent corrompu sans raison.
Ainsi, cette maladie agit sur l’homme.
C’est une fièvre quotidienne, qui survient chaque jour,
que l’homme soit chez lui ou à l’extérieur.
Si un homme veut vivre ainsi, cette fièvre est plus grave que celle d’une maladie ordinaire ;
car elle le rend anxieux et inquiet,
et il surveille constamment son amour.
Son esprit est partout ;
lorsqu’elle chante ou danse, il perd tout contrôle.
S’il la voit regarder un autre homme,
ou sortir avec lui à n’importe quel moment,
ou si elle rit ou pleure,
son esprit est là à chaque instant.
Et quand la nuit tombe,
s’il n’y a pas de lumière, alors tout est perdu ;
il décide alors de parler d’elle au moment de se coucher,
en disant : « Si je devais me marier maintenant,
je ne voudrais plus jamais avoir d’épouse. »
Ainsi, il détruit le désir d’amour,
et tout devient chaotique.
Si elle est belle et bien habillée…
Page 672
Il dit que son étendard est affiché
Pour frapper des gestes depuis le dehors :1511
Et si elle n’est pas bien considérée,
Et que son sort ne soit pas heureux,
Il envoie un chien pour montrer qu’elle est folle, P. ii. 144
Et il n’aime pas ses serviteurs ;
Il dit qu’il a bien compris
Que si elle voulait sa compagnie,
Elle devrait alors, avant tout,
Montrer tout le plaisir qu’elle pouvait.
Ainsi, de jour comme de nuit,
Elle ne sait pas ce qui est le mieux,
Mais vit sans autre chose ;
Car quoi que son désir puisse être,1512
Elle ne prononce jamais un mot,
Mais pleure et serre les lèvres.
On peut bien écrire : « Sans repos »,
La femme qui est ainsi mariée.
De toutes les femmes, il est méfiant,
Car avec cette fièvre de jalousie1513
Son imagination constante
De soucis reste toujours vive,
Ainsi qu’aucun amour n’est vu,
Tant que son désir demeure à la maison.
Et quand il part en voyage,
Alors il prépare son espion
Pour rester dans sa compagnie,
Un rustre, un homme au langage cruel,
520 Qui ne permet à personne d’aller nulle part,
Ni de parler, ni de regarder,
De peur qu’il ne change d’avis
Et ne revienne selon son propre désir,
Même si elle n’a que de l’honneur en tête.
Quand le maître revient chez lui,
L’espion doit se taire un peu ; P. ii. 145
Ainsi, à l’extérieur comme à l’intérieur,
Cette fièvre ne cesse jamais de commencer.
Pour frapper des gestes depuis le dehors :1511
Et si elle n’est pas bien considérée,
Et que son sort ne soit pas heureux,
Il envoie un chien pour montrer qu’elle est folle, P. ii. 144
Et il n’aime pas ses serviteurs ;
Il dit qu’il a bien compris
Que si elle voulait sa compagnie,
Elle devrait alors, avant tout,
Montrer tout le plaisir qu’elle pouvait.
Ainsi, de jour comme de nuit,
Elle ne sait pas ce qui est le mieux,
Mais vit sans autre chose ;
Car quoi que son désir puisse être,1512
Elle ne prononce jamais un mot,
Mais pleure et serre les lèvres.
On peut bien écrire : « Sans repos »,
La femme qui est ainsi mariée.
De toutes les femmes, il est méfiant,
Car avec cette fièvre de jalousie1513
Son imagination constante
De soucis reste toujours vive,
Ainsi qu’aucun amour n’est vu,
Tant que son désir demeure à la maison.
Et quand il part en voyage,
Alors il prépare son espion
Pour rester dans sa compagnie,
Un rustre, un homme au langage cruel,
520 Qui ne permet à personne d’aller nulle part,
Ni de parler, ni de regarder,
De peur qu’il ne change d’avis
Et ne revienne selon son propre désir,
Même si elle n’a que de l’honneur en tête.
Quand le maître revient chez lui,
L’espion doit se taire un peu ; P. ii. 145
Ainsi, à l’extérieur comme à l’intérieur,
Cette fièvre ne cesse jamais de commencer.
Page 673
Car là où il va, il ne peut trouver de fin,
530 Jusqu’à ce que la mort mette un terme à son existence.
Même s’il n’est ici ni vu ni connu d’aucune manière,
Seul honneur et vertu demeurent en lui,
Mais la jalousie ne connaît pas cela ;
1514 Comme un homme qui aime une inconnue,
Il jette son bâton, comme le fait le aveugle,
1515 Et cherche en vain là où il n’y a rien ;
Comme celui qui rêve sur une pierre :
Il reste là, accablé, et souffre souvent,
540 Lorsqu’il s’allonge sur son lit moelleux.
Ainsi, il n’y a plus que lutte et douleur ;
Lorsque l’amour devrait célébrer sa fête,
C’est une grande chose s’il l’embrasse :
Ainsi, elle perd la joie de la nuit,
Car à de tels moments il gémit sans cesse,
1516 Et se tourne sur son autre côté ;
Elle est alors tirée à part,
Et elle pleure toute la nuit.
Ah, à quel prix elle est condamnée,
De voir dans son sein lié ainsi
Ce lien qui ne pourra jamais être rompu ! P. ii.
146
Je sais que ce temps est souvent maudit,
Celui où l’or restait inexploité,
Celui qui était gardé dans le coffre,
560 Alors qu’elle abandonnait tout le reste
Pour l’amour de lui ; mais trop tard,
Elle se plaint, car dès lors elle aurait dû se préparer et se soumettre à lui,
Même s’il ne voulait pas l’y autoriser.
Car l’homme est le maître de cette fête.
530 Jusqu’à ce que la mort mette un terme à son existence.
Même s’il n’est ici ni vu ni connu d’aucune manière,
Seul honneur et vertu demeurent en lui,
Mais la jalousie ne connaît pas cela ;
1514 Comme un homme qui aime une inconnue,
Il jette son bâton, comme le fait le aveugle,
1515 Et cherche en vain là où il n’y a rien ;
Comme celui qui rêve sur une pierre :
Il reste là, accablé, et souffre souvent,
540 Lorsqu’il s’allonge sur son lit moelleux.
Ainsi, il n’y a plus que lutte et douleur ;
Lorsque l’amour devrait célébrer sa fête,
C’est une grande chose s’il l’embrasse :
Ainsi, elle perd la joie de la nuit,
Car à de tels moments il gémit sans cesse,
1516 Et se tourne sur son autre côté ;
Elle est alors tirée à part,
Et elle pleure toute la nuit.
Ah, à quel prix elle est condamnée,
De voir dans son sein lié ainsi
Ce lien qui ne pourra jamais être rompu ! P. ii.
146
Je sais que ce temps est souvent maudit,
Celui où l’or restait inexploité,
Celui qui était gardé dans le coffre,
560 Alors qu’elle abandonnait tout le reste
Pour l’amour de lui ; mais trop tard,
Elle se plaint, car dès lors elle aurait dû se préparer et se soumettre à lui,
Même s’il ne voulait pas l’y autoriser.
Car l’homme est le maître de cette fête.
Page 674
Ainsi, que la femme supporte son empire,
Si elle parle toujours selon sa volonté ;
Et ainsi elle apaise sa peine en silence.
Mais si cette fièvre touche une femme,
570 Elle sera bien plus durement éprouvée ;
Car bien qu’elle soit ici et là,
Et qu’elle trouve matière à cela,
Elle doit se contenter d’elle-même,
Et ainsi elle souffre une double peine.
Vois donc, mon Fils, comme je l’ai écrit, Confesseur.
Tu pourrais connaître la jalousie
Par sa fièvre et sa condition,
Qui est pleine de soupçons.
Mais de quoi naît cette fièvre,
580 Celui qui croit en ces anciens livres,
Pourra y trouver la réponse :
Car ils enseignent et disent ceci :
Que cette fièvre de jalousie
Naît en partie de la folie
De l’amour, et en partie du manque de confiance.
Car comme un homme sage craint sa luxure, P. ii.
147
Et quand il ne peut en obtenir la satisfaction,
Il haït même ce qu’il possède,
De même cette maladie fiévreuse,
590 Qui provient de l’imagination,
Fait que le jaloux, dans une faible raison,
Diminue son appétit amoureux
Par des informations fictives
De son imagination.
Mais en fin de compte, on peut bien faire une comparaison
Entre celui qui est avare d’or et celui qui est jaloux
D’amour, car à un certain degré,
600 Ils se trouvent tous deux dans la même situation, à mon avis.
Celui-là veut garder ses sacs intacts,
Et ne pas partir contre sa volonté.
Si elle parle toujours selon sa volonté ;
Et ainsi elle apaise sa peine en silence.
Mais si cette fièvre touche une femme,
570 Elle sera bien plus durement éprouvée ;
Car bien qu’elle soit ici et là,
Et qu’elle trouve matière à cela,
Elle doit se contenter d’elle-même,
Et ainsi elle souffre une double peine.
Vois donc, mon Fils, comme je l’ai écrit, Confesseur.
Tu pourrais connaître la jalousie
Par sa fièvre et sa condition,
Qui est pleine de soupçons.
Mais de quoi naît cette fièvre,
580 Celui qui croit en ces anciens livres,
Pourra y trouver la réponse :
Car ils enseignent et disent ceci :
Que cette fièvre de jalousie
Naît en partie de la folie
De l’amour, et en partie du manque de confiance.
Car comme un homme sage craint sa luxure, P. ii.
147
Et quand il ne peut en obtenir la satisfaction,
Il haït même ce qu’il possède,
De même cette maladie fiévreuse,
590 Qui provient de l’imagination,
Fait que le jaloux, dans une faible raison,
Diminue son appétit amoureux
Par des informations fictives
De son imagination.
Mais en fin de compte, on peut bien faire une comparaison
Entre celui qui est avare d’or et celui qui est jaloux
D’amour, car à un certain degré,
600 Ils se trouvent tous deux dans la même situation, à mon avis.
Celui-là veut garder ses sacs intacts,
Et ne pas partir contre sa volonté.
Page 675
Et cette nuit-là, les voleurs dormaient ;
Aussi voulait-il bien garder son trésor ;
Afin que personne d’autre ne puisse être heureux,
Car il était toujours plus méfiant envers ces amants qui rôdaient autour de lui,
Surtout s’ils tentaient de le dépouiller.
Ainsi, tous deux avaient peu de joie,
Tant en amour qu’en argent.
Maintenant, mon Fils, grâce à mes enseignements sur la jalousie,
Tu connais ce sujet, afin de pouvoir comprendre
Quand il viendra et qui il est,
Et même à qui il ressemble.
Fais donc attention à ne pas être comme ceux dont j’ai parlé,
Car cela causerait du tort en soi.
Car l’amour n’a rien en horreur davantage,
Que ce que l’on peut apprendre des sages d’autrefois,
Qui parlaient avec beaucoup de sagesse.
Mon père, c’est bien ce que vous dites, Amans.
Mais regardez-y de près,
Avant que ce temps ne soit révolu,
Car il pourrait y avoir un exemple pour ceux qui sont jaloux,
Montrant à quel point c’est grave ;
J’aimerais vraiment en donner un exemple ici.
Mon bon Fils, à cette prière, le Confesseur.
Quant aux exemples que je trouve,
Dès qu’ils me viennent à l’esprit à ce sujet,
Je pense alors à les raconter.
Ovide a écrit sur de nombreuses choses, [L’histoire de Vulcain et Vénus.]
Parmi celles-ci, dans ses écrits,
Il a raconté une histoire en poésie,
Qui concerne la jalousie.
Aussi voulait-il bien garder son trésor ;
Afin que personne d’autre ne puisse être heureux,
Car il était toujours plus méfiant envers ces amants qui rôdaient autour de lui,
Surtout s’ils tentaient de le dépouiller.
Ainsi, tous deux avaient peu de joie,
Tant en amour qu’en argent.
Maintenant, mon Fils, grâce à mes enseignements sur la jalousie,
Tu connais ce sujet, afin de pouvoir comprendre
Quand il viendra et qui il est,
Et même à qui il ressemble.
Fais donc attention à ne pas être comme ceux dont j’ai parlé,
Car cela causerait du tort en soi.
Car l’amour n’a rien en horreur davantage,
Que ce que l’on peut apprendre des sages d’autrefois,
Qui parlaient avec beaucoup de sagesse.
Mon père, c’est bien ce que vous dites, Amans.
Mais regardez-y de près,
Avant que ce temps ne soit révolu,
Car il pourrait y avoir un exemple pour ceux qui sont jaloux,
Montrant à quel point c’est grave ;
J’aimerais vraiment en donner un exemple ici.
Mon bon Fils, à cette prière, le Confesseur.
Quant aux exemples que je trouve,
Dès qu’ils me viennent à l’esprit à ce sujet,
Je pense alors à les raconter.
Ovide a écrit sur de nombreuses choses, [L’histoire de Vulcain et Vénus.]
Parmi celles-ci, dans ses écrits,
Il a raconté une histoire en poésie,
Qui concerne la jalousie.
Page 676
À propos d’un certain cas d’amour.
640 Parmi toutes les déesses, au-dessus de toutes, il donne ici un exemple contre…
Cela arriva à cette époque : ces époux que…
Le dieu du feu, que Vulcain a souillé de jalousie.
Il est là, et possède un art ; il raconte comment…
Vulcain, à qui fut assignée pour épouse Vénus, la forgeronne, fille de Jupiter, et il conçut des soupçons quant à son apparence et à sa taille, envers elle-même et envers Mars.
Ses gestes étaient maladroits et peu gracieux, mais il explorait attentivement son intérieur. Ainsi, il arriva que, une fois, il trouva tous deux – la belle Vénus avec sa femme, et Mars, qui les tenait dans ses bras pendant qu’ils faisaient l’amour, nus dans le lit.
Le dieu, voyant cela, s’écria, comme un chevalier, avec toute sa foule… Il devint extrêmement amoureux, des dieux et des déesses, à ce point-là.
Et il trouva que c’était un spectacle bien triste de les voir ainsi enlacés, avec un tel poids sur eux ; néanmoins, plutôt que de rire, il souffrait jour et nuit sans remède, jusqu’à ce qu’il puisse gagner mon amour ; il fut suivi par une foule.
Et elle, qui avait une bonne intuition…
650
Insight… P. ii.
660 Envers un si noble chevalier, elle tomba amoureuse de lui.
Il ne manque ni le temps ni le lieu, afin qu’il soit certain de la grâce de son amour ; mais quand les cœurs s’aiment, jamais on n’a attendu si longtemps qu’ils ne se rencontrent pas ; ainsi, ce doux amour entre Vénus et Mars a souvent été partagé.
670 Mais cette méchante jalousie, qui oppose toujours le cœur, fait que Vulcain pense que ce n’est pas bien partout.
640 Parmi toutes les déesses, au-dessus de toutes, il donne ici un exemple contre…
Cela arriva à cette époque : ces époux que…
Le dieu du feu, que Vulcain a souillé de jalousie.
Il est là, et possède un art ; il raconte comment…
Vulcain, à qui fut assignée pour épouse Vénus, la forgeronne, fille de Jupiter, et il conçut des soupçons quant à son apparence et à sa taille, envers elle-même et envers Mars.
Ses gestes étaient maladroits et peu gracieux, mais il explorait attentivement son intérieur. Ainsi, il arriva que, une fois, il trouva tous deux – la belle Vénus avec sa femme, et Mars, qui les tenait dans ses bras pendant qu’ils faisaient l’amour, nus dans le lit.
Le dieu, voyant cela, s’écria, comme un chevalier, avec toute sa foule… Il devint extrêmement amoureux, des dieux et des déesses, à ce point-là.
Et il trouva que c’était un spectacle bien triste de les voir ainsi enlacés, avec un tel poids sur eux ; néanmoins, plutôt que de rire, il souffrait jour et nuit sans remède, jusqu’à ce qu’il puisse gagner mon amour ; il fut suivi par une foule.
Et elle, qui avait une bonne intuition…
650
Insight… P. ii.
660 Envers un si noble chevalier, elle tomba amoureuse de lui.
Il ne manque ni le temps ni le lieu, afin qu’il soit certain de la grâce de son amour ; mais quand les cœurs s’aiment, jamais on n’a attendu si longtemps qu’ils ne se rencontrent pas ; ainsi, ce doux amour entre Vénus et Mars a souvent été partagé.
670 Mais cette méchante jalousie, qui oppose toujours le cœur, fait que Vulcain pense que ce n’est pas bien partout.
Page 677
Et à lui-même il dit qu’il ferait
De son mieux, s’il le pouvait ;
Et ainsi vint un jour, P. ii.
150
Où il mena cette affaire avec ruse,
Il les fit tous deux coucher
L’un près de l’autre, tous deux nus.
680 Et avec habileté il prépara
Des forts liens pour les attacher,1526
Comme il les avait trouvés ensemble,
Et les laissa tous deux ainsi liés,
Puis alla crier et appeler
Aux dieux alentour ;
Et ceux-ci se rassemblèrent en groupe
Pour venir tous ensemble voir.
Mais il ne trouva aucun secours,
On le réprimanda çà et là
690 Par ceux qui aiment leurs amis ;
On dit qu’il était coupable,1527
Car s’il éprouvait de la honte,
C’était à cause de sa mauvaise gestion :
Ainsi il perdit son sang-froid,
Ce dieu, et sa cause échoua ;
Et tous le méprisèrent profondément,
Et firent sortir Mars de ses liens.
Ces esclaves terrestres1528
Doivent en tirer pour toujours un exemple,
700 Si une telle chance les frappe :
Car Vulcain, en blâmant sa femme,
Prend la faute sur lui-même,1529
Ce qui rend sa honte encore plus grande ;
Cela devrait servir de leçon
À tout homme qui vit ici,
Pour le guider en cette affaire. P. ii.
151
Même face à un tel malheur d’amour,
Il ne devrait pas tourner son cœur
Vers la jalousie envers celui qui a tort,
710 Mais feindre de ne rien savoir :
De son mieux, s’il le pouvait ;
Et ainsi vint un jour, P. ii.
150
Où il mena cette affaire avec ruse,
Il les fit tous deux coucher
L’un près de l’autre, tous deux nus.
680 Et avec habileté il prépara
Des forts liens pour les attacher,1526
Comme il les avait trouvés ensemble,
Et les laissa tous deux ainsi liés,
Puis alla crier et appeler
Aux dieux alentour ;
Et ceux-ci se rassemblèrent en groupe
Pour venir tous ensemble voir.
Mais il ne trouva aucun secours,
On le réprimanda çà et là
690 Par ceux qui aiment leurs amis ;
On dit qu’il était coupable,1527
Car s’il éprouvait de la honte,
C’était à cause de sa mauvaise gestion :
Ainsi il perdit son sang-froid,
Ce dieu, et sa cause échoua ;
Et tous le méprisèrent profondément,
Et firent sortir Mars de ses liens.
Ces esclaves terrestres1528
Doivent en tirer pour toujours un exemple,
700 Si une telle chance les frappe :
Car Vulcain, en blâmant sa femme,
Prend la faute sur lui-même,1529
Ce qui rend sa honte encore plus grande ;
Cela devrait servir de leçon
À tout homme qui vit ici,
Pour le guider en cette affaire. P. ii.
151
Même face à un tel malheur d’amour,
Il ne devrait pas tourner son cœur
Vers la jalousie envers celui qui a tort,
710 Mais feindre de ne rien savoir :
Page 678
Car si l’on le laisse aller trop loin,
le bruit sera assurément le dernier,
et lui encore plus en ce moment.
Tu peux bien comprendre ceci :
là où un homme doit subir du tort,
le moindre mal est à préférer.
Mais la jalousie envers son prochain
provoque bien des maux qui n’auraient pas dû survenir ;
720 Et si quelqu’un voulait l’avertir
de ce qui est arrivé à Vulcain,
il devrait alors réfléchir ainsi :
puisqu’un dieu en a été honteux,
un homme terrestre doit être blâmé
d’avoir adopté une telle vice.
C’est pourquoi, mon Fils, dans ta fonction de Confesseur,
fais en sorte de ne pas être jaloux,
car la jalousie a souvent détruit les maisons.
Mon père, cet exemple est difficile, Amans.
730 Que de telles choses puissent arriver au ciel parmi les dieux :
car il n’y a qu’un seul dieu parmi tous,
qui est le seigneur du ciel et de l’enfer.
Mais si vous voulez raconter
comment de tels dieux apparaissent,
vous pourriez beaucoup réfléchir, P. ii. 152
Car je serai bien informé à ce sujet.
Mon Fils, c’est ainsi partout, Confesseur.
Avec ceux qui étaient dans l’erreur,
740 on croyait en de tels dieux :
en d’autres lieux, selon d’autres manières,
parmi ceux qui sont insensés,
la crédulité s’empare d’eux ;
je vais expliquer clairement cette différence
comme elle est écrite.
le bruit sera assurément le dernier,
et lui encore plus en ce moment.
Tu peux bien comprendre ceci :
là où un homme doit subir du tort,
le moindre mal est à préférer.
Mais la jalousie envers son prochain
provoque bien des maux qui n’auraient pas dû survenir ;
720 Et si quelqu’un voulait l’avertir
de ce qui est arrivé à Vulcain,
il devrait alors réfléchir ainsi :
puisqu’un dieu en a été honteux,
un homme terrestre doit être blâmé
d’avoir adopté une telle vice.
C’est pourquoi, mon Fils, dans ta fonction de Confesseur,
fais en sorte de ne pas être jaloux,
car la jalousie a souvent détruit les maisons.
Mon père, cet exemple est difficile, Amans.
730 Que de telles choses puissent arriver au ciel parmi les dieux :
car il n’y a qu’un seul dieu parmi tous,
qui est le seigneur du ciel et de l’enfer.
Mais si vous voulez raconter
comment de tels dieux apparaissent,
vous pourriez beaucoup réfléchir, P. ii. 152
Car je serai bien informé à ce sujet.
Mon Fils, c’est ainsi partout, Confesseur.
Avec ceux qui étaient dans l’erreur,
740 on croyait en de tels dieux :
en d’autres lieux, selon d’autres manières,
parmi ceux qui sont insensés,
la crédulité s’empare d’eux ;
je vais expliquer clairement cette différence
comme elle est écrite.
Page 679
ii. Aux peuples trompés sont désignés les temples [Les dieux des nations.]
des dieux,1530
D’où une nation aveugle vénère des dieux aveugles.
Aucune raison ne fait croire au créateur qu’il existe une créature,
Alors que subsistent encore les lois païennes.1531
Et le Christ naquit parmi nous ici, [c’est-à-dire la croyance des Chaldéens.]
Parmi les croyances qui existaient
Sous quatre formes, c’était ainsi. Car selon
Les fables des poètes,
750 Les dieux chaldéens, comme dans les passages de ce livre,
Avaient eux-mêmes une croyance, plus nombreuse
Que celle fondée sur les signes, les noms et les gestes
Des faux dieux,
Qui étaient associés aux sept planètes, et dont
On disait qu’ils se trouvaient dans le ciel. Afin que l’injustice
De ces différentes constellations soit plus clairement
Reconnue chez les chrétiens, il est question
Ici de leur origine,
Avec diverses images et représentations selon les différentes
Formes qu’ils donnaient aux dieux. Les sectes païennes
Sont décrites
Dans les éléments et aussi par conséquent. Et
760 Ils avaient aussi une croyance, d’abord concernant la secte,
Et tout cela était irrationnel : il propose de traiter des Chaldéens.
Car les éléments sont utiles à l’homme, et souvent accidentels, P. ii.
Comme les hommes l’expérimentent souvent,1532 153
Ils sont corrompus de diverses manières ;
Ainsi personne ne peut raisonnablement dire
Qu’ils soient des dieux en quelque façon.
De plus, si l’on y réfléchit bien,
L’éclipse du soleil et de la lune,
770 Que ce soit par affection ou par aversion envers eux,
Ils en souffrent ; et tout ce qui est susceptible d’être enduré
Par un dieu est impossible.
Ces éléments sont des créatures, et note1533 que
De même, ces figures célestes, Nemrod le quatrième après
Noé, comme feu,
Ne peuvent justifier qu’ils soient des dieux en Chaldée :
Le premier fut destiné à être adoré,
Et celui qui décida de lui accorder honneur.
des dieux,1530
D’où une nation aveugle vénère des dieux aveugles.
Aucune raison ne fait croire au créateur qu’il existe une créature,
Alors que subsistent encore les lois païennes.1531
Et le Christ naquit parmi nous ici, [c’est-à-dire la croyance des Chaldéens.]
Parmi les croyances qui existaient
Sous quatre formes, c’était ainsi. Car selon
Les fables des poètes,
750 Les dieux chaldéens, comme dans les passages de ce livre,
Avaient eux-mêmes une croyance, plus nombreuse
Que celle fondée sur les signes, les noms et les gestes
Des faux dieux,
Qui étaient associés aux sept planètes, et dont
On disait qu’ils se trouvaient dans le ciel. Afin que l’injustice
De ces différentes constellations soit plus clairement
Reconnue chez les chrétiens, il est question
Ici de leur origine,
Avec diverses images et représentations selon les différentes
Formes qu’ils donnaient aux dieux. Les sectes païennes
Sont décrites
Dans les éléments et aussi par conséquent. Et
760 Ils avaient aussi une croyance, d’abord concernant la secte,
Et tout cela était irrationnel : il propose de traiter des Chaldéens.
Car les éléments sont utiles à l’homme, et souvent accidentels, P. ii.
Comme les hommes l’expérimentent souvent,1532 153
Ils sont corrompus de diverses manières ;
Ainsi personne ne peut raisonnablement dire
Qu’ils soient des dieux en quelque façon.
De plus, si l’on y réfléchit bien,
L’éclipse du soleil et de la lune,
770 Que ce soit par affection ou par aversion envers eux,
Ils en souffrent ; et tout ce qui est susceptible d’être enduré
Par un dieu est impossible.
Ces éléments sont des créatures, et note1533 que
De même, ces figures célestes, Nemrod le quatrième après
Noé, comme feu,
Ne peuvent justifier qu’ils soient des dieux en Chaldée :
Le premier fut destiné à être adoré,
Et celui qui décida de lui accorder honneur.
Page 680
Laquelle est due à la créature,
Et si elle est due à la créature,
780 Il commet ainsi une grande faute.
Des Chaldéens, selon les croyances1534
Sur cette foi, bien qu’elle soit faible,
Ils maintiennent leur conviction ;
Ainsi, pour le péché de l’enfer,
Comme ceux qui sont hors de la foi, [ii. La foi des Égyptiens.]
Ils doivent en subir les conséquences, comme nous le croyons.1535
Des Chaldéens, voici ce qu’il en est1537 De la secte des Égyptiens.1536
La foi est absente chez eux :
Mais en Égypte, pire que partout ailleurs,
790 La foi est fausse, c’est ainsi qu’elle se présente ;
Car ils honorent divers animaux là-bas
Comme s’ils étaient des dieux :1538 154
Et parmi eux, trois dieux en particulier
Qu’ils ont, avec une déesse,1539
En qui réside toute certitude.
Bien que ces dieux soient appelés ainsi,
Orus, Typhon et Isis :
Tous trois étaient frères,
800 Et la déesse, dans son rang,
S’appelait ici Soster et Isis,
Que Isis abandonna pendant la nuit
Et garda ensuite comme sa femme.
Ainsi, lors d’un conflit,
Typhon tua son frère Isis,
Qui eut un enfant, Orus,
Et il tua son père de ses propres mains,
De sorte qu’on ne pouvait plus empêcher
Qu’il ne devienne lui-même Typhon,
810 Lorsqu’il atteignit l’âge adulte.
Mais les Égyptiens croient encore1540
À toutes ces erreurs qu’ils connaissent,
Que ces frères étaient puissants.
Et si elle est due à la créature,
780 Il commet ainsi une grande faute.
Des Chaldéens, selon les croyances1534
Sur cette foi, bien qu’elle soit faible,
Ils maintiennent leur conviction ;
Ainsi, pour le péché de l’enfer,
Comme ceux qui sont hors de la foi, [ii. La foi des Égyptiens.]
Ils doivent en subir les conséquences, comme nous le croyons.1535
Des Chaldéens, voici ce qu’il en est1537 De la secte des Égyptiens.1536
La foi est absente chez eux :
Mais en Égypte, pire que partout ailleurs,
790 La foi est fausse, c’est ainsi qu’elle se présente ;
Car ils honorent divers animaux là-bas
Comme s’ils étaient des dieux :1538 154
Et parmi eux, trois dieux en particulier
Qu’ils ont, avec une déesse,1539
En qui réside toute certitude.
Bien que ces dieux soient appelés ainsi,
Orus, Typhon et Isis :
Tous trois étaient frères,
800 Et la déesse, dans son rang,
S’appelait ici Soster et Isis,
Que Isis abandonna pendant la nuit
Et garda ensuite comme sa femme.
Ainsi, lors d’un conflit,
Typhon tua son frère Isis,
Qui eut un enfant, Orus,
Et il tua son père de ses propres mains,
De sorte qu’on ne pouvait plus empêcher
Qu’il ne devienne lui-même Typhon,
810 Lorsqu’il atteignit l’âge adulte.
Mais les Égyptiens croient encore1540
À toutes ces erreurs qu’ils connaissent,
Que ces frères étaient puissants.
Page 681
Pour établir et maintenir l’Égypte dans la droiture,
Et la renverser, si cela leur semblait bon.
Mais Isis, comme le dit la Chronique,
Vint de Grèce en Égypte,
Et prit alors un chien
Pour leur apprendre à prier et à honorer,
Des rites que personne ne connaissait auparavant.
Et quand les Égyptiens virent
Les champs pleins devant eux,
Et que les arbres commencèrent à porter des fruits,
Alors qu’auparavant ils étaient nus —
Car là, selon la coutume,
Chacun remplissait son devoir —, j’ai découvert
Que cette déesse était appelée « Berthe »,
Ainsi que, dans le besoin,
Les femmes y allaient pour accoucher
Et y offraient leurs enfants, lorsqu’elles en avaient.
Vois, l’Égypte entière est plongée dans l’erreur
À cause du manque de connaissance, je crois.
Parmi les Grecs, en dehors de la vraie religion,
Il existait, comme le dit la Chronique,
Une autre croyance erronée,
Selon laquelle ils avaient des dieux et des déesses,
Comme ceux qui, selon eux, étaient tous des symboles
De personnes pleines de vice, auxquels ils faisaient des sacrifices.
Le grand dieu, selon eux,
À qui ils adressaient le plus de prières,
S’appelait Saturnus, roi de Crète.
On ne sait pas vraiment comment Saturnus était parmi les dieux ;
Mais on le considère comme le plus élevé de son peuple.
On disait qu’il était tombé dans la folie,
Et qu’il était tellement fou
Qu’il fit tuer ses propres enfants par sa femme, nommée Rhea.
Et la renverser, si cela leur semblait bon.
Mais Isis, comme le dit la Chronique,
Vint de Grèce en Égypte,
Et prit alors un chien
Pour leur apprendre à prier et à honorer,
Des rites que personne ne connaissait auparavant.
Et quand les Égyptiens virent
Les champs pleins devant eux,
Et que les arbres commencèrent à porter des fruits,
Alors qu’auparavant ils étaient nus —
Car là, selon la coutume,
Chacun remplissait son devoir —, j’ai découvert
Que cette déesse était appelée « Berthe »,
Ainsi que, dans le besoin,
Les femmes y allaient pour accoucher
Et y offraient leurs enfants, lorsqu’elles en avaient.
Vois, l’Égypte entière est plongée dans l’erreur
À cause du manque de connaissance, je crois.
Parmi les Grecs, en dehors de la vraie religion,
Il existait, comme le dit la Chronique,
Une autre croyance erronée,
Selon laquelle ils avaient des dieux et des déesses,
Comme ceux qui, selon eux, étaient tous des symboles
De personnes pleines de vice, auxquels ils faisaient des sacrifices.
Le grand dieu, selon eux,
À qui ils adressaient le plus de prières,
S’appelait Saturnus, roi de Crète.
On ne sait pas vraiment comment Saturnus était parmi les dieux ;
Mais on le considère comme le plus élevé de son peuple.
On disait qu’il était tombé dans la folie,
Et qu’il était tellement fou
Qu’il fit tuer ses propres enfants par sa femme, nommée Rhea.
Page 682
Et mangez-le ou son compagnon habituel.
Mais Jupiter, qui était son fils, P. ii.
156
Et à l’âge mûr, son père le lia
Et coupa ses parties génitales avec son propre couteau,
Qu’il jeta aussitôt dans la mer profonde ;
Les Grecs affirment et disent que, lorsqu’elles furent jetées,
Vénus apparut de la mer.
860 Et pour Saturne aussi, je trouve
Comment plus tard Jupiter le fit exiler dans un marais,
Où il demeura dans une grande détresse.
Voilà quel dieu ils firent chef !
Et puisque c’était celui qui occupait la plus haute place parmi les dieux,
Tu peux savoir que ces autres, qui étaient plus bas placés,
Ont peu de valeur, comme on le voit.
870 Car Jupiter était le second, Jupiter, dieu des délices.
Il fut pris par Junon pour épouse ;
Mais il fut un débauché toute sa vie,
Et il commit de nombreuses tromperies ;
Et parce qu’il était plein de vices,
On l’appela dieu des délices :
À son sujet, si tu veux en savoir davantage,
L’auteur Ovide en a écrit.
Mais ici, les deux étoiles,
Saturne et Jupiter aussi,
Bien qu’ils soient blâmables,
Ont droit à un nom ici. P. ii.
157
Mars était un autre dans cette catégorie,
Celui qui fut tiré de Dacie, Mars, dieu de la guerre.
À son sujet, l’érudit Végécius
Écrivit dans son livre et raconta ainsi
Comment il arriva en Italie.
Mais Jupiter, qui était son fils, P. ii.
156
Et à l’âge mûr, son père le lia
Et coupa ses parties génitales avec son propre couteau,
Qu’il jeta aussitôt dans la mer profonde ;
Les Grecs affirment et disent que, lorsqu’elles furent jetées,
Vénus apparut de la mer.
860 Et pour Saturne aussi, je trouve
Comment plus tard Jupiter le fit exiler dans un marais,
Où il demeura dans une grande détresse.
Voilà quel dieu ils firent chef !
Et puisque c’était celui qui occupait la plus haute place parmi les dieux,
Tu peux savoir que ces autres, qui étaient plus bas placés,
Ont peu de valeur, comme on le voit.
870 Car Jupiter était le second, Jupiter, dieu des délices.
Il fut pris par Junon pour épouse ;
Mais il fut un débauché toute sa vie,
Et il commit de nombreuses tromperies ;
Et parce qu’il était plein de vices,
On l’appela dieu des délices :
À son sujet, si tu veux en savoir davantage,
L’auteur Ovide en a écrit.
Mais ici, les deux étoiles,
Saturne et Jupiter aussi,
Bien qu’ils soient blâmables,
Ont droit à un nom ici. P. ii.
157
Mars était un autre dans cette catégorie,
Celui qui fut tiré de Dacie, Mars, dieu de la guerre.
À son sujet, l’érudit Végécius
Écrivit dans son livre et raconta ainsi
Comment il arriva en Italie.
Page 683
Et telle fut sa fortune là-bas,
Qu’il opprima une jeune fille,
890 Qui s’était consacrée au service religieux,
Comme celle qui était la prieure
Dans le temple de la déesse,
Elle était donc bien plus à blâmer.1548
On appelait cette jeune fille Dame Ylia ;
Elle était aussi la fille du roi,
Qui se nommait Mynitor.
Ainsi, selon les lois justes,
Mars punissait à cette époque ceux qui
900 Étaient nés de Remus et Romulus ;
Ces derniers, une fois adultes,1549
Par la force et par la domination,
Conquirent tout et fondèrent la grande Rome ;
Avec des armes et une telle puissance,
Ils étaient si grands que, pour ce miracle,
Le père Mars fut appelé dieu de la bataille.
Ils étaient tous deux ses enfants,
910 C’est par eux qu’il prit son nom,
Il n’y avait pas d’autre raison :
Et encore, une étoile dans le ciel porte
Son nom, car elle le symbolise.
Ils avaient aussi un autre dieu, Apollon,
À qui ils demandaient conseil, c’est-à-dire la Sagesse.1550
Il était le frère de Vénus ;
On l’appelait ainsi, Apollon.
Il était chasseur en Enfer,
920 Il n’avait aucune autre vertu,
Comme le racontent certains livres,
Sauf le fait qu’il savait jouer de la harpe ;
Lorsqu’il parcourait la terre,1551
Il jouait souvent de la harpe.
Qu’il opprima une jeune fille,
890 Qui s’était consacrée au service religieux,
Comme celle qui était la prieure
Dans le temple de la déesse,
Elle était donc bien plus à blâmer.1548
On appelait cette jeune fille Dame Ylia ;
Elle était aussi la fille du roi,
Qui se nommait Mynitor.
Ainsi, selon les lois justes,
Mars punissait à cette époque ceux qui
900 Étaient nés de Remus et Romulus ;
Ces derniers, une fois adultes,1549
Par la force et par la domination,
Conquirent tout et fondèrent la grande Rome ;
Avec des armes et une telle puissance,
Ils étaient si grands que, pour ce miracle,
Le père Mars fut appelé dieu de la bataille.
Ils étaient tous deux ses enfants,
910 C’est par eux qu’il prit son nom,
Il n’y avait pas d’autre raison :
Et encore, une étoile dans le ciel porte
Son nom, car elle le symbolise.
Ils avaient aussi un autre dieu, Apollon,
À qui ils demandaient conseil, c’est-à-dire la Sagesse.1550
Il était le frère de Vénus ;
On l’appelait ainsi, Apollon.
Il était chasseur en Enfer,
920 Il n’avait aucune autre vertu,
Comme le racontent certains livres,
Sauf le fait qu’il savait jouer de la harpe ;
Lorsqu’il parcourait la terre,1551
Il jouait souvent de la harpe.
Page 684
Pour l’obtenir avec sa subsistance,
Faute d’autre moyen de subsistance.
Et en même temps, par sa tromperie,
Il feignit de connaître à l’avance
Ce qui devait arriver par la suite ;
Parmi ses victimes, il a trompé tous les gens honnêtes,
Ainsi qu’on le recevait plus favorablement.
Vois maintenant, par quelle création
Il s’est fait diviniser,
Et on l’a appelé le dieu de l’intelligence
Pour ceux qui sont les plus sots.
Un autre dieu, vers qui ils se tournèrent : Mercure, dieu
Des marchands,
Appelé aussi Mercure, et lui, le dieu des vols.
Ce qu’il volait, et qui il volait…
En matière de sorcellerie, il était très habile ;
Quand il voulait se transformer,
À propos, il prenait l’apparence d’une femme et perdait son œil gauche ;
Ainsi, il commettait encore plus de vols.
C’était aussi un grand orateur en toutes choses,
Et un auteur de contes, dont personne ne connaissait
Un autre comme lui.
Et pourtant, ils firent de ce voleur
Un dieu, qu’ils aimaient,
Et ils l’appelèrent, dans leur foi,
Le dieu du commerce et des voleurs.
Mais il n’y a pas d’étoile dans le ciel
Parmi les sept planètes.
Quant à Vulcain, dont j’ai parlé, Vulcain, dieu
Du feu,
Il avait une courbe sur le dos,
Et c’est ainsi qu’il était reconnu :
Tu comprendras que, durant toute sa jeunesse,
Il fut un scribe.
Faute d’autre moyen de subsistance.
Et en même temps, par sa tromperie,
Il feignit de connaître à l’avance
Ce qui devait arriver par la suite ;
Parmi ses victimes, il a trompé tous les gens honnêtes,
Ainsi qu’on le recevait plus favorablement.
Vois maintenant, par quelle création
Il s’est fait diviniser,
Et on l’a appelé le dieu de l’intelligence
Pour ceux qui sont les plus sots.
Un autre dieu, vers qui ils se tournèrent : Mercure, dieu
Des marchands,
Appelé aussi Mercure, et lui, le dieu des vols.
Ce qu’il volait, et qui il volait…
En matière de sorcellerie, il était très habile ;
Quand il voulait se transformer,
À propos, il prenait l’apparence d’une femme et perdait son œil gauche ;
Ainsi, il commettait encore plus de vols.
C’était aussi un grand orateur en toutes choses,
Et un auteur de contes, dont personne ne connaissait
Un autre comme lui.
Et pourtant, ils firent de ce voleur
Un dieu, qu’ils aimaient,
Et ils l’appelèrent, dans leur foi,
Le dieu du commerce et des voleurs.
Mais il n’y a pas d’étoile dans le ciel
Parmi les sept planètes.
Quant à Vulcain, dont j’ai parlé, Vulcain, dieu
Du feu,
Il avait une courbe sur le dos,
Et c’est ainsi qu’il était reconnu :
Tu comprendras que, durant toute sa jeunesse,
Il fut un scribe.
Page 685
960 Et il ne possédait aucune autre vertu
De savoir-faire pour s’aider lui-même,
Si ce n’est qu’il était forgeron
Aux côtés de Jupiter, qui dans son atelier
Lui faisait forger divers objets ;
Ainsi, je ne sais pas pour quel désir
On l’appela le dieu du feu.
Le roi de Chypre, Épulite Éole, dieu,
Avait un fils, et Éole, dieu des vents.1558
Il demanda, et par la grâce de son père,
970 Il obtint le pouvoir de gouverner
Tous les types de vents
Qui soufflaient vers Chypre, P. ii.
160
Ceux qui venaient des terres étrangères
Ouvraient leurs voies aux vents puissants.
Et depuis ces îles vers la terre ferme,
Les vents soufflaient en direction du sud :
D’après son nom, on appela ces vents Éoliens,
Alors qu’il était le dieu des vents.1559
980 Voyez donc comme cette croyance est absurde !
Le roi de Crète, Jupiter,
Celui dont j’ai parlé précédemment, Neptune, dieu,
Envers son frère, Neptune, dieu de la mer.1560
Il voulut partager avec lui une partie de ses biens, afin que, par le biais des navires,
Il devienne maître absolu de toute la mer ;1561
Là où il exerçait sa tyrannie,
Et sur toutes les îles environnantes1563
990 Il voulait que chacun ait peur
À l’idée de partir en mer ;
Car il voulait aussitôt les attaquer1564
Et voler tout ce qu’ils transportaient,
Sans aucune protection si ce n’est celle qu’ils avaient eux-mêmes.
De là naquit la crainte générale.
De savoir-faire pour s’aider lui-même,
Si ce n’est qu’il était forgeron
Aux côtés de Jupiter, qui dans son atelier
Lui faisait forger divers objets ;
Ainsi, je ne sais pas pour quel désir
On l’appela le dieu du feu.
Le roi de Chypre, Épulite Éole, dieu,
Avait un fils, et Éole, dieu des vents.1558
Il demanda, et par la grâce de son père,
970 Il obtint le pouvoir de gouverner
Tous les types de vents
Qui soufflaient vers Chypre, P. ii.
160
Ceux qui venaient des terres étrangères
Ouvraient leurs voies aux vents puissants.
Et depuis ces îles vers la terre ferme,
Les vents soufflaient en direction du sud :
D’après son nom, on appela ces vents Éoliens,
Alors qu’il était le dieu des vents.1559
980 Voyez donc comme cette croyance est absurde !
Le roi de Crète, Jupiter,
Celui dont j’ai parlé précédemment, Neptune, dieu,
Envers son frère, Neptune, dieu de la mer.1560
Il voulut partager avec lui une partie de ses biens, afin que, par le biais des navires,
Il devienne maître absolu de toute la mer ;1561
Là où il exerçait sa tyrannie,
Et sur toutes les îles environnantes1563
990 Il voulait que chacun ait peur
À l’idée de partir en mer ;
Car il voulait aussitôt les attaquer1564
Et voler tout ce qu’ils transportaient,
Sans aucune protection si ce n’est celle qu’ils avaient eux-mêmes.
De là naquit la crainte générale.
Page 686
Dans chaque pays où régnait une telle perte,
Il enseignait, partout où cela en valait la peine,
Qu’il était proscrit par l’Église,
Au nom du dieu ; et il l’est encore,
Avec ceux qui croient ainsi.
Ce Neptune-là était également de ce genre :
C’était le premier berger de la noble Troie,
Et c’est pourquoi il fut d’autant plus respecté.
Le dieu des bergers, Pan, dieu de la nature.
Et parmi ceux qui vivaient dans les montagnes,
Il y avait Archas et le grand Pan :
Beaucoup ont parlé d’eux ;
Car dans la forêt de Nonarcigne,
Entourée de pins,
Et sur le mont Parasie,
Il possédait les meilleurs troupeaux,
Et aussi dans la vallée,
Où coulait cette rivière, que l’on appelle Ladon,
Il était le chef des gardiens
De ces bêtes qu’on domestique,
Et c’est de là que proviennent les fêtes
Dans la cité de Stinfalides.
De plus, il enseignait aux hommes
Comment élever des bêtes,
Comment créer des bovins et des chevaux,
Que l’on devait monter et domestiquer :
Quant aux oiseaux, comme nous le savons,
Il connaissait de nombreuses techniques subtiles,
Que personne ne connaissait auparavant.
On lui rendit donc hommage,
Car il fut le premier dans ce pays
À aimer la mélodie des chèvres,
Lorsqu’elles étaient mûres,
En jouant de deux flûtes à la fois.
Il enseignait, partout où cela en valait la peine,
Qu’il était proscrit par l’Église,
Au nom du dieu ; et il l’est encore,
Avec ceux qui croient ainsi.
Ce Neptune-là était également de ce genre :
C’était le premier berger de la noble Troie,
Et c’est pourquoi il fut d’autant plus respecté.
Le dieu des bergers, Pan, dieu de la nature.
Et parmi ceux qui vivaient dans les montagnes,
Il y avait Archas et le grand Pan :
Beaucoup ont parlé d’eux ;
Car dans la forêt de Nonarcigne,
Entourée de pins,
Et sur le mont Parasie,
Il possédait les meilleurs troupeaux,
Et aussi dans la vallée,
Où coulait cette rivière, que l’on appelle Ladon,
Il était le chef des gardiens
De ces bêtes qu’on domestique,
Et c’est de là que proviennent les fêtes
Dans la cité de Stinfalides.
De plus, il enseignait aux hommes
Comment élever des bêtes,
Comment créer des bovins et des chevaux,
Que l’on devait monter et domestiquer :
Quant aux oiseaux, comme nous le savons,
Il connaissait de nombreuses techniques subtiles,
Que personne ne connaissait auparavant.
On lui rendit donc hommage,
Car il fut le premier dans ce pays
À aimer la mélodie des chèvres,
Lorsqu’elles étaient mûres,
En jouant de deux flûtes à la fois.
Page 687
Ainsi, il eut la première loi,
Afin que plus tard les hommes puissent en savoir davantage. P. ii.
162
Pour chaque art qui aide les hommes,
Il avait une intelligence prompte à aider,
Grâce à une expérience naturelle :
Et ainsi, la nouvelle vénération
Des simples, lorsqu’il mourut,
1040 Le peuple le considéra comme dieu de la nature,
Car c’est ainsi qu’ils façonnèrent son image.
Un autre dieu, selon eux, Bacchus, dieu du vin.
Que Jupiter engendra sur Samos,
Dans sa débauche,
Et, pour cacher sa lubricité,
Afin que personne ne s’en aperçoive,
Il le garda dans une montagne,
Que Dion appelait Inde,
1050 Il l’envoya, d’après ce que j’ai trouvé dans des livres :1568
Et on l’appelait Bacchus ;
Plus tard, quand il put agir librement,
Il devint un ivrogne et dépensa tous ses revenus
En vin et dans des bordels.
Mais malgré tout, bien qu’il fût extrêmement mauvais,
Il avait un nom parmi les Grecs ;
Ils l’appelaient le dieu du vin,
Et ainsi un ivrogne devint divin.1569
Il y avait aussi Esculape, Esculape, dieu
1060 À cette époque, dans le domaine de la médecine.1570
Son art reposait sur la chirurgie,
Mais à cause de sa passion pour la débauche, P. ii.
163
Il séduisit la fille de Daire,
Alors Jupiter le punit lentement :
Et ainsi ils firent de lui un dieu, sans raison réelle.
À Rome aussi, il fut longtemps
Un dieu parmi les Romains ;
Car, comme on dit, grâce à sa présence
Afin que plus tard les hommes puissent en savoir davantage. P. ii.
162
Pour chaque art qui aide les hommes,
Il avait une intelligence prompte à aider,
Grâce à une expérience naturelle :
Et ainsi, la nouvelle vénération
Des simples, lorsqu’il mourut,
1040 Le peuple le considéra comme dieu de la nature,
Car c’est ainsi qu’ils façonnèrent son image.
Un autre dieu, selon eux, Bacchus, dieu du vin.
Que Jupiter engendra sur Samos,
Dans sa débauche,
Et, pour cacher sa lubricité,
Afin que personne ne s’en aperçoive,
Il le garda dans une montagne,
Que Dion appelait Inde,
1050 Il l’envoya, d’après ce que j’ai trouvé dans des livres :1568
Et on l’appelait Bacchus ;
Plus tard, quand il put agir librement,
Il devint un ivrogne et dépensa tous ses revenus
En vin et dans des bordels.
Mais malgré tout, bien qu’il fût extrêmement mauvais,
Il avait un nom parmi les Grecs ;
Ils l’appelaient le dieu du vin,
Et ainsi un ivrogne devint divin.1569
Il y avait aussi Esculape, Esculape, dieu
1060 À cette époque, dans le domaine de la médecine.1570
Son art reposait sur la chirurgie,
Mais à cause de sa passion pour la débauche, P. ii.
163
Il séduisit la fille de Daire,
Alors Jupiter le punit lentement :
Et ainsi ils firent de lui un dieu, sans raison réelle.
À Rome aussi, il fut longtemps
Un dieu parmi les Romains ;
Car, comme on dit, grâce à sa présence
Page 688
1070 Une peste fut détruite,
Lorsqu’ils se rendirent à Delphes,
Et qu’Apollon les accompagna,
En envoyant son fils Esculape,
Qui vécut parmi les Romains.
Là, il lutta un certain temps,
Jusqu’à ce qu’il retourne dans cette mer,
Depuis lors, il y resta,
Toute sa vie durant son séjour
Parmi les Grecs, jusqu’à sa mort.
1080 Ils lui donnèrent alors son nom,
Et celui de dieu de la médecine,
Il eut ainsi une lignée semblable.
Un autre dieu, Hercule, dieu de la force,
Ils le créèrent, symbole de la bravoure.
C’était un homme extrêmement fort,
Dans tout ce monde vaste et ancien,
Aucun n’était aussi puissant que lui.
Il accomplissait des miracles à son époque,
Comme on en voyait dans d’autres contrées,
1090 Il terrassait avec ses yeux
Des serpents et des monstres,
Tous horribles et abominables, P. ii.
164
Mais il les vainquit par sa force :
Il obtint tant de gloire qu’on l’appela
Entre tous le dieu de la force.
Pourtant, il n’y a là aucune raison,
Car c’était un homme plein de péchés,
Ce qui se révéla à la fin,
1100 Car dans une colère folle, il s’immola ;
Un homme si cruel ne ressemble en rien à un dieu.
Ils avaient encore un autre dieu, Pluton,
Qu’ils appelaient ainsi, frère d’Inferni.
De Jupiter, et il parlait de jeunesse
Avec chaque mot qui sortait de sa bouche.
Lorsqu’ils se rendirent à Delphes,
Et qu’Apollon les accompagna,
En envoyant son fils Esculape,
Qui vécut parmi les Romains.
Là, il lutta un certain temps,
Jusqu’à ce qu’il retourne dans cette mer,
Depuis lors, il y resta,
Toute sa vie durant son séjour
Parmi les Grecs, jusqu’à sa mort.
1080 Ils lui donnèrent alors son nom,
Et celui de dieu de la médecine,
Il eut ainsi une lignée semblable.
Un autre dieu, Hercule, dieu de la force,
Ils le créèrent, symbole de la bravoure.
C’était un homme extrêmement fort,
Dans tout ce monde vaste et ancien,
Aucun n’était aussi puissant que lui.
Il accomplissait des miracles à son époque,
Comme on en voyait dans d’autres contrées,
1090 Il terrassait avec ses yeux
Des serpents et des monstres,
Tous horribles et abominables, P. ii.
164
Mais il les vainquit par sa force :
Il obtint tant de gloire qu’on l’appela
Entre tous le dieu de la force.
Pourtant, il n’y a là aucune raison,
Car c’était un homme plein de péchés,
Ce qui se révéla à la fin,
1100 Car dans une colère folle, il s’immola ;
Un homme si cruel ne ressemble en rien à un dieu.
Ils avaient encore un autre dieu, Pluton,
Qu’ils appelaient ainsi, frère d’Inferni.
De Jupiter, et il parlait de jeunesse
Avec chaque mot qui sortait de sa bouche.
Page 689
De toute chose, lorsqu’il était en colère,1576
il voulait jurer par ses compagnons,
soit Léthé, soit Phlégethon,1577
soit Cocyte et Achéron,
qui, selon les livres,
sont les principaux fleuves de l’enfer :1578
il jurait aussi par Ségraine et Styx,
qui sont les abîmes les plus profonds
de l’enfer, les plus importants.
Pluton jurait par tous ces autres
selon sa coutume habituelle,
jusqu’au jour où, par hasard,
pour Jupiter1579
il dut offrir un sacrifice aux dieux ;
et pour ce geste,
l’un de ces abîmes lui fut accordé en récompense.
Ainsi, grâce à cette circonstance,
il reçut le nom de roi de l’enfer.
Vois, ces dieux existaient bien chez les Grecs,
et il y avait de nombreuses déesses,
1130 dont tu entendras bientôt les noms,
et comment elles trompent
ceux qui croient en elles ici.
De même que Saturne est le souverain des faux dieux, comme on le dit, Sibylle des Dieux1580,
mère et origine de tous,
de même Sibylle est-elle appelée la mère des déesses.
La Moder, que le peuple païen honore et sert,
comme ceux qui respectent leurs lois.1581
Mais pour savoir cela clairement,
1140 depuis quand elle est venue et ce qu’elle est,
il faut se tourner vers Bethynie,
où elle est apparue pour la première fois aux hommes.
il voulait jurer par ses compagnons,
soit Léthé, soit Phlégethon,1577
soit Cocyte et Achéron,
qui, selon les livres,
sont les principaux fleuves de l’enfer :1578
il jurait aussi par Ségraine et Styx,
qui sont les abîmes les plus profonds
de l’enfer, les plus importants.
Pluton jurait par tous ces autres
selon sa coutume habituelle,
jusqu’au jour où, par hasard,
pour Jupiter1579
il dut offrir un sacrifice aux dieux ;
et pour ce geste,
l’un de ces abîmes lui fut accordé en récompense.
Ainsi, grâce à cette circonstance,
il reçut le nom de roi de l’enfer.
Vois, ces dieux existaient bien chez les Grecs,
et il y avait de nombreuses déesses,
1130 dont tu entendras bientôt les noms,
et comment elles trompent
ceux qui croient en elles ici.
De même que Saturne est le souverain des faux dieux, comme on le dit, Sibylle des Dieux1580,
mère et origine de tous,
de même Sibylle est-elle appelée la mère des déesses.
La Moder, que le peuple païen honore et sert,
comme ceux qui respectent leurs lois.1581
Mais pour savoir cela clairement,
1140 depuis quand elle est venue et ce qu’elle est,
il faut se tourner vers Bethynie,
où elle est apparue pour la première fois aux hommes.
Page 690
Et après vint la femme de Saturne,
Dont naquirent trois enfants en vie conjugale :
Schebar, et ils furent nommés Junon, Neptune et Pluton,
Que, par une imagination nocturne,
le peuple voulut diviniser.
Et ces enfants étaient ainsi ; puis Sibylle aussi
devint une déesse, et on l’appela
la mère de toutes les déesses. P. ii.
166
Ainsi ce nom fut donné,
et pourtant sa raison n’a guère de valeur.
Junon, déesse des royaumes,
dit à Saturne que son fils unique devait
lui ravir son royaume ;
Et c’est pour cette raison qu’il subit un tel sort.
Sibylle, sa femme, commença alors à le haïr,
ainsi que ses descendants.
Ainsi, tandis qu’ils étaient en colère,
Philerem naquit un jour
dans sa maison, dont Jupiter eut un fils ;
Et cet enfant fut celui qui accomplit tout ce qui avait été prédit,
comme il a été précisé précédemment :
Ainsi, lorsque Jupiter fut roi de Crète,
on lui donna pour épouse
la fille de Sibylle,
et c’était Junon, selon le livre.
De sa divinisation,
selon l’opinion fausse
que j’ai racontée, telle qu’ils la pensent ;
Et pour cela Junon fut la reine
de Jupiter et aussi sa sœur,
les deux folles atteintes de la même maladie.
Dont naquirent trois enfants en vie conjugale :
Schebar, et ils furent nommés Junon, Neptune et Pluton,
Que, par une imagination nocturne,
le peuple voulut diviniser.
Et ces enfants étaient ainsi ; puis Sibylle aussi
devint une déesse, et on l’appela
la mère de toutes les déesses. P. ii.
166
Ainsi ce nom fut donné,
et pourtant sa raison n’a guère de valeur.
Junon, déesse des royaumes,
dit à Saturne que son fils unique devait
lui ravir son royaume ;
Et c’est pour cette raison qu’il subit un tel sort.
Sibylle, sa femme, commença alors à le haïr,
ainsi que ses descendants.
Ainsi, tandis qu’ils étaient en colère,
Philerem naquit un jour
dans sa maison, dont Jupiter eut un fils ;
Et cet enfant fut celui qui accomplit tout ce qui avait été prédit,
comme il a été précisé précédemment :
Ainsi, lorsque Jupiter fut roi de Crète,
on lui donna pour épouse
la fille de Sibylle,
et c’était Junon, selon le livre.
De sa divinisation,
selon l’opinion fausse
que j’ai racontée, telle qu’ils la pensent ;
Et pour cela Junon fut la reine
de Jupiter et aussi sa sœur,
les deux folles atteintes de la même maladie.
Page 691
Et je crois que c’est la déesse
1180 du royaume et de la richesse :
Et je crois aussi, comme ils l’entendaient,
Que les nymphes des eaux sont à ses ordres, P. ii.
167
Pour qu’elles travaillent sans chevaux ;
Et quand leur art provoque la tempête céleste,
L’arc-en-ciel est son messager.
Hélas, quelle erreur c’est là !
Que cette déesse soit du Ciel,
Je ne connais aucune autre raison.
Une autre déesse, c’est Minerve, Minerua Dea
sapienciarum.
1190 À qui les Grecs obéissent et servent :
Et ce n’était pas encore le grand lit
Où fut trouvé Triton, où elle gisait
Enfant abandonnée, mais ce qu’elle était,
Nul ne connaissait la véritable raison.
Mais en Afrique, elle fut emmenée
De la manière que j’ai dit,
Et transportée de cet endroit
Vers une île en Thrace,
Qui s’appelait Palene, plus haut,1588
1200 Où une nourrice la gardait et la nourrissait.
Et ensuite, parce qu’elle était si sage1589
Qu’elle inventa d’abord elle-même
La fabrication de tissus en laine et en lin,1590
On dit qu’elle était divine,
Et la déesse de la Sagesse,
On la nomma ainsi dans cette croyance.
Quant à la déesse que l’on appelle Pallas Pallas Dea
bellorum.1591, on dit que son père était Pallant,
1210 Qui, à son époque, était un géant,
Un homme cruel, guerrier :
D’autres disent qu’elle fut la cause de sa mort, dans sa maison, P. ii.
168
Et à propos de Pallas, certains disent
Qu’elle était l’épouse de Mars ; et ainsi
1180 du royaume et de la richesse :
Et je crois aussi, comme ils l’entendaient,
Que les nymphes des eaux sont à ses ordres, P. ii.
167
Pour qu’elles travaillent sans chevaux ;
Et quand leur art provoque la tempête céleste,
L’arc-en-ciel est son messager.
Hélas, quelle erreur c’est là !
Que cette déesse soit du Ciel,
Je ne connais aucune autre raison.
Une autre déesse, c’est Minerve, Minerua Dea
sapienciarum.
1190 À qui les Grecs obéissent et servent :
Et ce n’était pas encore le grand lit
Où fut trouvé Triton, où elle gisait
Enfant abandonnée, mais ce qu’elle était,
Nul ne connaissait la véritable raison.
Mais en Afrique, elle fut emmenée
De la manière que j’ai dit,
Et transportée de cet endroit
Vers une île en Thrace,
Qui s’appelait Palene, plus haut,1588
1200 Où une nourrice la gardait et la nourrissait.
Et ensuite, parce qu’elle était si sage1589
Qu’elle inventa d’abord elle-même
La fabrication de tissus en laine et en lin,1590
On dit qu’elle était divine,
Et la déesse de la Sagesse,
On la nomma ainsi dans cette croyance.
Quant à la déesse que l’on appelle Pallas Pallas Dea
bellorum.1591, on dit que son père était Pallant,
1210 Qui, à son époque, était un géant,
Un homme cruel, guerrier :
D’autres disent qu’elle fut la cause de sa mort, dans sa maison, P. ii.
168
Et à propos de Pallas, certains disent
Qu’elle était l’épouse de Mars ; et ainsi
Page 692
Parmi les hommes qui ne croyaient pas en la révolte,
la déesse des batailles était présente ;
elle portait ce nom.
1220 Voyez maintenant comment ils méritent d’être blâmés.
Saturne, après son exil, la déesse Cérès
vint de Crète, en grand péril pour les récoltes.
Elle entra dans les terres d’Italie,
et là, elle accomplit de grands miracles ;
c’est pour cela que son nom est encore connu aujourd’hui.
Car, par sa grande sagesse,
elle enseigna les premières techniques de labourage,
de semis de blé et de maïs,
ainsi que la manière de planter des vignes
1230 et de faire du vin à partir des raisins.
Tout cela, elle le savait ; et ainsi en fut-il.
Sa femme, qui était venue avec lui,
portait le nom de Cérès ;
c’est aussi pour elle que ce nom fut donné.
Elle était sa femme, comme le savaient tous les gens.
Ils firent de Cérès une déesse,
à qui ils demandent encore aujourd’hui de bénir leurs récoltes.
1595 On dit aussi que Tricolonius,
fils de cette déesse, est venu parmi nous
pour faire pousser de bonnes récoltes,
année après année.
P. ii. 169
Ainsi, cette femme est à l’origine du nom de cette déesse des récoltes.
Le roi Jupiter, dont l’épouse était la déesse Diane,
dominait tout par sa volonté.
Il avait un désir si fort pour Latone qu’il eut envie d’elle ;
1250 et c’est ainsi qu’il engendra sa fille Diane,
sans que sa femme Junon ne le sache.
Plus tard, elle l’apprit.
la déesse des batailles était présente ;
elle portait ce nom.
1220 Voyez maintenant comment ils méritent d’être blâmés.
Saturne, après son exil, la déesse Cérès
vint de Crète, en grand péril pour les récoltes.
Elle entra dans les terres d’Italie,
et là, elle accomplit de grands miracles ;
c’est pour cela que son nom est encore connu aujourd’hui.
Car, par sa grande sagesse,
elle enseigna les premières techniques de labourage,
de semis de blé et de maïs,
ainsi que la manière de planter des vignes
1230 et de faire du vin à partir des raisins.
Tout cela, elle le savait ; et ainsi en fut-il.
Sa femme, qui était venue avec lui,
portait le nom de Cérès ;
c’est aussi pour elle que ce nom fut donné.
Elle était sa femme, comme le savaient tous les gens.
Ils firent de Cérès une déesse,
à qui ils demandent encore aujourd’hui de bénir leurs récoltes.
1595 On dit aussi que Tricolonius,
fils de cette déesse, est venu parmi nous
pour faire pousser de bonnes récoltes,
année après année.
P. ii. 169
Ainsi, cette femme est à l’origine du nom de cette déesse des récoltes.
Le roi Jupiter, dont l’épouse était la déesse Diane,
dominait tout par sa volonté.
Il avait un désir si fort pour Latone qu’il eut envie d’elle ;
1250 et c’est ainsi qu’il engendra sa fille Diane,
sans que sa femme Junon ne le sache.
Plus tard, elle l’apprit.
Page 693
Latone, par crainte, s’enfuit en 1598 sur une île, où elle trouva une nourrice qui lui donna un enfant. Cette île s’appelait Delos ; c’est là que Diane naquit, et elle fut élevée de telle manière qu’elle ne manqua jamais de rien. Plus tard, lorsqu’elle eut atteint l’âge adulte, elle refusa de se marier ; loin de la compagnie des hommes, elle consacra toute son existence à la chasteté, dans les forêts et dans les lieux sauvages. Car là, elle avait constamment besoin de chasteté, de jour comme de nuit, avec des vêtements larges et un arc à la main. Elle prit alors tout ce que sa ruse pouvait lui procurer de meilleur parmi ce qui était désirable. La Chronique de cette fable dit que les païens, plus que tous les autres, vénèrent la chasteté et l’appellent ainsi, p. II, 170. Quant aux déesses des enfers, des arbres verts et des sources fraîches, ils vénèrent également la chasteté, car aucune autre chose ne peut atteindre ce niveau de perfection. Proserpine, fille de Cérès, connut le même sort : tandis qu’elle se trouvait en Sicile, sa mère, à ce moment-là, lui ordonna de devenir vertueuse, d’apprendre à tisser et à filer, de rester chez elle et de préserver sa chasteté. Mais elle rejeta toutes ces leçons ; lorsqu’elle sortait pour cueillir des fleurs dans un champ, sous la montagne…
Page 694
D’Ethna, il tomba à la même époque
1290 où Pluton vint en ce lourd char,
1604
Et soudain, comme il y avait la guerre,
Il l’emmena dans son char.
Et tandis qu’ils chevauchaient à travers les champs,
Il admira sa grande beauté,
Qui était si agréable à ses yeux,
Qu’il décida de rester avec elle,
Il l’épousa et la garda ainsi
1605 pour qu’elle soit sa femme à jamais.
Et comme tu as déjà entendu dire
1300 qu’il était appelé dieu de l’enfer,
Elle est aussi appelée déesse
à cause de lui, ni plus ni moins. P. ii.
171
Vois, ainsi, mon Fils, comme je te l’ai dit,
Les Grecs, jadis, dans les temps anciens, étaient des confesseurs.
Ainsi, les dieux avaient, selon diverses manières,
Et par la connaissance de ces dieux,
Les Romains firent de même.
Et en l’honneur de ces noms
1606 à chaque dieu en particulier,
1310 ils construisirent un temple pour chacun ;
Chacun d’eux avait son propre jour annuel ;
De nombreux temples furent ainsi conçus,
Et le peuple fut contraint
de venir y offrir des sacrifices ;
Les prêtres, dans leurs fonctions,
Célébraient solennellement ces fêtes.
Ainsi, les Grecs honorèrent autant que possible
les hommes à la place des dieux,
1320 qui ne pouvaient pas se secourir eux-mêmes,
Tant qu’ils vivaient ici.
Et par-dessus tout cela, comme tu le verras ici,
Les Grecs, pleins d’imagination…
Note : que les dieux des montagnes, les Satyres,
Sont aussi ceux que l’on nomme des enfers.
Les dieux, en particulier…
1290 où Pluton vint en ce lourd char,
1604
Et soudain, comme il y avait la guerre,
Il l’emmena dans son char.
Et tandis qu’ils chevauchaient à travers les champs,
Il admira sa grande beauté,
Qui était si agréable à ses yeux,
Qu’il décida de rester avec elle,
Il l’épousa et la garda ainsi
1605 pour qu’elle soit sa femme à jamais.
Et comme tu as déjà entendu dire
1300 qu’il était appelé dieu de l’enfer,
Elle est aussi appelée déesse
à cause de lui, ni plus ni moins. P. ii.
171
Vois, ainsi, mon Fils, comme je te l’ai dit,
Les Grecs, jadis, dans les temps anciens, étaient des confesseurs.
Ainsi, les dieux avaient, selon diverses manières,
Et par la connaissance de ces dieux,
Les Romains firent de même.
Et en l’honneur de ces noms
1606 à chaque dieu en particulier,
1310 ils construisirent un temple pour chacun ;
Chacun d’eux avait son propre jour annuel ;
De nombreux temples furent ainsi conçus,
Et le peuple fut contraint
de venir y offrir des sacrifices ;
Les prêtres, dans leurs fonctions,
Célébraient solennellement ces fêtes.
Ainsi, les Grecs honorèrent autant que possible
les hommes à la place des dieux,
1320 qui ne pouvaient pas se secourir eux-mêmes,
Tant qu’ils vivaient ici.
Et par-dessus tout cela, comme tu le verras ici,
Les Grecs, pleins d’imagination…
Note : que les dieux des montagnes, les Satyres,
Sont aussi ceux que l’on nomme des enfers.
Les dieux, en particulier…
Page 695
En général, on les appelle des nymphes.
Toutes étaient des Satyres.
Il y avait aussi des nymphes proprement dites, des Oreades, nymphes des montagnes.
Selon leur croyance :
1330 Les Oreades, disaient-ils, étaient liées aux montagnes ; 1608
P. ii.
Et pour les forêts, il y avait des Dryades ; 1609
Dryades des forêts.
Pour les sources fraîches, il y avait des Naiades ;
Naiades des sources.
Quant aux nymphes des mers,
j’ai trouvé une histoire à leur sujet : les Néréides.
Hou Dorus, autrefois roi de Grèce, avait… 1610
Il subit un grand malheur :
sa femme s’enfuit avec toutes ses suivantes, 1611
1340 Ainsi que le destin l’exigeait,
de nombreuses femmes nobles y pleuraient
dans la mer salée.
Les Grecs de l’époque les appelèrent ainsi,
et leur donnèrent ce nom : Néréides,
c’est-à-dire les nymphes qui, selon eux, régnaient sur les mers salées.
Voilà donc, si cette croyance est vraie !
Quant aux nymphes, comme on le raconte, 1612
1350 partout où elles se trouvaient,
elles étaient toujours obéissantes,
comme de jeunes demoiselles soumises
aux déesses, dont elles devaient servir les ordres 1613
en toute circonstance ;
c’est pourquoi les Grecs les vénéraient
comme des déesses elles-mêmes,
et leur accordaient une grande crédibilité.
Et pourtant, sans expérience, les dieux des morts ne sont que des illusions. 1614
Cela fut leur damnation,
tout comme pour les hommes qui étaient morts.
Toutes étaient des Satyres.
Il y avait aussi des nymphes proprement dites, des Oreades, nymphes des montagnes.
Selon leur croyance :
1330 Les Oreades, disaient-ils, étaient liées aux montagnes ; 1608
P. ii.
Et pour les forêts, il y avait des Dryades ; 1609
Dryades des forêts.
Pour les sources fraîches, il y avait des Naiades ;
Naiades des sources.
Quant aux nymphes des mers,
j’ai trouvé une histoire à leur sujet : les Néréides.
Hou Dorus, autrefois roi de Grèce, avait… 1610
Il subit un grand malheur :
sa femme s’enfuit avec toutes ses suivantes, 1611
1340 Ainsi que le destin l’exigeait,
de nombreuses femmes nobles y pleuraient
dans la mer salée.
Les Grecs de l’époque les appelèrent ainsi,
et leur donnèrent ce nom : Néréides,
c’est-à-dire les nymphes qui, selon eux, régnaient sur les mers salées.
Voilà donc, si cette croyance est vraie !
Quant aux nymphes, comme on le raconte, 1612
1350 partout où elles se trouvaient,
elles étaient toujours obéissantes,
comme de jeunes demoiselles soumises
aux déesses, dont elles devaient servir les ordres 1613
en toute circonstance ;
c’est pourquoi les Grecs les vénéraient
comme des déesses elles-mêmes,
et leur accordaient une grande crédibilité.
Et pourtant, sans expérience, les dieux des morts ne sont que des illusions. 1614
Cela fut leur damnation,
tout comme pour les hommes qui étaient morts.
Page 696
Ils avaient des dieux, comme je l’ai dit,
Et bien que leur nom fût Manès, P. ii.
173
Ils leur rendaient un grand honneur,
Comme le disent les lois des Grecs,
Qui étaient la vraie foi.
Ainsi j’ai raconté une grande partie ;
Mais toute la descendance
Des dieux à cette époque
1370 serait trop longue à décrire.
Cependant, de ce que tu as entendu,
De la manière dont la mécréance s’est répandue,
Il existe une grande diversité.
Mon père, pensez bien à moi, Amans.
Mais encore une chose je vous demande,
Qui se trouve dans tous les récits humains :
Les dieux et les déesses de l’amour,
De qui vous n’avez rien dit ici-haut,
Ni parlé de leur sort,
1380 afin que vous m’expliquiez maintenant
Comment ils ont reçu ce nom.1615
Mon Fils, je le laisse par honte,
Car je suis ici sans prêtre ;1616
Mais pour eux, il n’y a pas de secret ici1618 :
Comment Cupidon et Vénus, dieu et déesse,
Sont mentionnés dans les écrits sur ce sujet, l’amour,
Tu apprendras ici leur véritable nom : ainsi sont-ils appelés.1617
Et comprends bien maintenant la situation.
Vénus était la fille de Saturne,
Qui mettait tout en garde
1390 contre l’amour et attirait fortement vers le désir ;
Ainsi, en différents endroits,
Elle fit tomber divers hommes dans sa grâce, P. ii.
174
Et elle mena une vie pleine de désirs,
Avec tant d’enfants, tantôt de l’un, tantôt de l’autre.
D’elle naquit Mars,
Un enfant nommé Armène ;
D’elle aussi vint Andragène.
Et bien que leur nom fût Manès, P. ii.
173
Ils leur rendaient un grand honneur,
Comme le disent les lois des Grecs,
Qui étaient la vraie foi.
Ainsi j’ai raconté une grande partie ;
Mais toute la descendance
Des dieux à cette époque
1370 serait trop longue à décrire.
Cependant, de ce que tu as entendu,
De la manière dont la mécréance s’est répandue,
Il existe une grande diversité.
Mon père, pensez bien à moi, Amans.
Mais encore une chose je vous demande,
Qui se trouve dans tous les récits humains :
Les dieux et les déesses de l’amour,
De qui vous n’avez rien dit ici-haut,
Ni parlé de leur sort,
1380 afin que vous m’expliquiez maintenant
Comment ils ont reçu ce nom.1615
Mon Fils, je le laisse par honte,
Car je suis ici sans prêtre ;1616
Mais pour eux, il n’y a pas de secret ici1618 :
Comment Cupidon et Vénus, dieu et déesse,
Sont mentionnés dans les écrits sur ce sujet, l’amour,
Tu apprendras ici leur véritable nom : ainsi sont-ils appelés.1617
Et comprends bien maintenant la situation.
Vénus était la fille de Saturne,
Qui mettait tout en garde
1390 contre l’amour et attirait fortement vers le désir ;
Ainsi, en différents endroits,
Elle fit tomber divers hommes dans sa grâce, P. ii.
174
Et elle mena une vie pleine de désirs,
Avec tant d’enfants, tantôt de l’un, tantôt de l’autre.
D’elle naquit Mars,
Un enfant nommé Armène ;
D’elle aussi vint Andragène.
Page 697
À qui Mercure était père :
1400 Anchise engendra Énée,
ainsi que Érichon.
Biton engendra également des enfants ; et comme il n’y avait plus personne d’autre, Jupiter devint son frère. Elle conçut alors Cupidon.
1619 Ce fils, à un certain moment,
lorsqu’il atteignit l’âge adulte,
avait un visage merveilleusement beau.
Il aimait passionnément sa mère,
1410 mais il était aussi lubrique.
Ainsi, quand ils étaient seuls tous les deux,
comme celui qui n’avait personne pour l’écouter,
sa mère lui ouvrait son sein ;
et elle, ne sachant rien d’autre
que ce qui concerne la luxure,
l’aimait sans réserve.
Ainsi, il était aveugle, et elle insensée :
mais c’est pour cette raison que Cupidon est le dieu de l’amour,
1420 car il osa aimer sa propre mère.
Et elle, qui croyait que ses désirs étaient justes,
prit divers amants.
175
Mieux vaut donc que je vous le raconte ici :
1620 Et parce qu’elle voulait se libérer,
elle rendit ce comportement courant,
et établit une loi selon laquelle toute femme pouvait prendre
le mari qu’elle désirait, sans jamais devoir renoncer
à être aussi libre qu’elle le souhaitait.
1430 Elle fut aussi la première à dire
que les femmes devaient vendre leur corps ;
Semiramis, d’après ce que l’on raconte,
suivit cet exemple inspiré par Vénus,
et fit de même avec la belle Nabole de Rome.
1400 Anchise engendra Énée,
ainsi que Érichon.
Biton engendra également des enfants ; et comme il n’y avait plus personne d’autre, Jupiter devint son frère. Elle conçut alors Cupidon.
1619 Ce fils, à un certain moment,
lorsqu’il atteignit l’âge adulte,
avait un visage merveilleusement beau.
Il aimait passionnément sa mère,
1410 mais il était aussi lubrique.
Ainsi, quand ils étaient seuls tous les deux,
comme celui qui n’avait personne pour l’écouter,
sa mère lui ouvrait son sein ;
et elle, ne sachant rien d’autre
que ce qui concerne la luxure,
l’aimait sans réserve.
Ainsi, il était aveugle, et elle insensée :
mais c’est pour cette raison que Cupidon est le dieu de l’amour,
1420 car il osa aimer sa propre mère.
Et elle, qui croyait que ses désirs étaient justes,
prit divers amants.
175
Mieux vaut donc que je vous le raconte ici :
1620 Et parce qu’elle voulait se libérer,
elle rendit ce comportement courant,
et établit une loi selon laquelle toute femme pouvait prendre
le mari qu’elle désirait, sans jamais devoir renoncer
à être aussi libre qu’elle le souhaitait.
1430 Elle fut aussi la première à dire
que les femmes devaient vendre leur corps ;
Semiramis, d’après ce que l’on raconte,
suivit cet exemple inspiré par Vénus,
et fit de même avec la belle Nabole de Rome.
Page 698
Quelle liste des corps à louer pour rire ;
C’était pour chaque homme un compagnon,
Et il satisfaisait le désir de cette loi,1622
Que Vénus elle-même avait instituée ;
1440 De là vient ce nom,
Pourquoi les hommes louent la déesse
De l’amour et aussi de la gentillesse,
Du désir du monde et du plaisir.
Vois donc la grande superstition
Des Grecs à cette époque,
Lorsque Vénus prit ce nom.
Il n’y avait aucune raison sous la Lune1623
Pourquoi ils auraient dû agir ainsi,
Que ce soit pour le bien ou pour le mal,
1450 Ils ne cherchaient en ce cas
Ni dieu pour aider ni déesse.
À titre de témoignage, P. ii.
176
Le roi des Brahmanes, Dindimus1624,
Écrivit à Alexandre en ces termes : Le roi Dindimus,
En blâmant la foi des Grecs chez les Brahmanes
Et leur incrédulité, dit à Alexandre le Grand
Directement, où il raconte
Comment pour chaque membre ils avaient un dieu grec, à qui ils confiaient les membres du corps,
Ici les armes, et demandaient son aide pour leur conservation.
1460 Pour la tête, ils cherchaient Minerve, des dieux différents
Car elle était sage, et en particulier pour l’esprit et la raison qu’un homme peut posséder.
Elle est dans les cellules du cerveau,
C’est pourquoi ils en firent la souveraine.
Mercure, qui dans son enfance
Était un grand inventeur de lois fausses,
C’est à lui qu’ils confiaient la garde de la langue,
Lorsqu’ils parlaient ou mentaient.
Car Bacchus était aussi un ivrogne,
1470 C’est à lui qu’ils demandaient de garder la gorge,
Afin qu’il la purifie souvent
Avec des boissons fortes et douces.
C’était pour chaque homme un compagnon,
Et il satisfaisait le désir de cette loi,1622
Que Vénus elle-même avait instituée ;
1440 De là vient ce nom,
Pourquoi les hommes louent la déesse
De l’amour et aussi de la gentillesse,
Du désir du monde et du plaisir.
Vois donc la grande superstition
Des Grecs à cette époque,
Lorsque Vénus prit ce nom.
Il n’y avait aucune raison sous la Lune1623
Pourquoi ils auraient dû agir ainsi,
Que ce soit pour le bien ou pour le mal,
1450 Ils ne cherchaient en ce cas
Ni dieu pour aider ni déesse.
À titre de témoignage, P. ii.
176
Le roi des Brahmanes, Dindimus1624,
Écrivit à Alexandre en ces termes : Le roi Dindimus,
En blâmant la foi des Grecs chez les Brahmanes
Et leur incrédulité, dit à Alexandre le Grand
Directement, où il raconte
Comment pour chaque membre ils avaient un dieu grec, à qui ils confiaient les membres du corps,
Ici les armes, et demandaient son aide pour leur conservation.
1460 Pour la tête, ils cherchaient Minerve, des dieux différents
Car elle était sage, et en particulier pour l’esprit et la raison qu’un homme peut posséder.
Elle est dans les cellules du cerveau,
C’est pourquoi ils en firent la souveraine.
Mercure, qui dans son enfance
Était un grand inventeur de lois fausses,
C’est à lui qu’ils confiaient la garde de la langue,
Lorsqu’ils parlaient ou mentaient.
Car Bacchus était aussi un ivrogne,
1470 C’est à lui qu’ils demandaient de garder la gorge,
Afin qu’il la purifie souvent
Avec des boissons fortes et douces.
Page 699
Le dieu des armes et du combat était Héraclès ; car c’était lui, armé, le plus redoutable au combat, à qui ils vouaient un culte. Le dieu que l’on appelait Mars avait pour rôle de protéger le cœur, afin que celui-ci reste fort ; dans son image, on lui adressait des prières pour obtenir du courage. Quant à la déesse de la colère, pleine de fureur et prompte à provoquer la tristesse, on la considérait comme Junon. Cupidon, que le feu brûlant tenait prisonnier dans sa main, était le père de l’Appétit, qui ne cesse jamais de croître ; les désirs en sont les effets. À la déesse Cérès, qui faisait pousser des épis de blé là où il n’y en avait pas, on confiait la guérison des ventres. Quant à Vénus, associée à la luxure, elle gérait tout ce qui concernait ces fonctions. Ainsi, le culte des idoles s’est répandu de diverses manières. La superstition, à mon avis, naquit de nombreuses images complexes, issues de mythes que les gens ne comprenaient pas vraiment. Les premières idoles furent créées par des artistes talentueux, tels que Cirophanès ; certains disent même que c’est lui qui a donné naissance à ce culte.
Page 700
C’était aujourd’hui un arbre maigre et décharné ;
Demain, devant sa majesté,
Il se tiendra dans le temple, en bon état.
Comment peut la voix d’un homme avoir de l’effet ? P. ii. 178
Un tel symbole peut-il aider ou affliger ?
Ceux qui croient en de tels dieux
Et les invoquent, subiront ce qui leur est destiné,
Et échoueront complètement. 1632
Mais si tu veux en savoir plus,
Et connaître les détails concernant cette première statue,
Pétornius en a écrit, ainsi que Nigargorus ;
Ils affirment et écrivent que Prométhée fut le premier
À aimer cet art, et que Cirophanès, selon eux,
Sur conseil donné en enfer, 1634
Afin de commémorer son ascendance, 1635
Fit ériger la première statue.
Le livre dit de Cirophanès qu’il, à cause de la tristesse causée par la mort de son fils,
Ne connaissait aucun autre moyen de se consoler,
Que de faire créer une belle statue à son image
Et de l’exposer sur la place publique, 1636
Afin qu’elle reste visible devant lui tous les jours, pour lui apporter du réconfort.
Ceux qui voulaient plaire au père devaient obéir à cela,
Lorsqu’ils venaient en ce lieu.
Quant au roi Ninus d’Assyrie, j’ai entendu dire que, dans son empire, P. ii. 179
Il fut le second après ceux qui ont créé les premières statues. La deuxième statue fut celle qu’il…
Demain, devant sa majesté,
Il se tiendra dans le temple, en bon état.
Comment peut la voix d’un homme avoir de l’effet ? P. ii. 178
Un tel symbole peut-il aider ou affliger ?
Ceux qui croient en de tels dieux
Et les invoquent, subiront ce qui leur est destiné,
Et échoueront complètement. 1632
Mais si tu veux en savoir plus,
Et connaître les détails concernant cette première statue,
Pétornius en a écrit, ainsi que Nigargorus ;
Ils affirment et écrivent que Prométhée fut le premier
À aimer cet art, et que Cirophanès, selon eux,
Sur conseil donné en enfer, 1634
Afin de commémorer son ascendance, 1635
Fit ériger la première statue.
Le livre dit de Cirophanès qu’il, à cause de la tristesse causée par la mort de son fils,
Ne connaissait aucun autre moyen de se consoler,
Que de faire créer une belle statue à son image
Et de l’exposer sur la place publique, 1636
Afin qu’elle reste visible devant lui tous les jours, pour lui apporter du réconfort.
Ceux qui voulaient plaire au père devaient obéir à cela,
Lorsqu’ils venaient en ce lieu.
Quant au roi Ninus d’Assyrie, j’ai entendu dire que, dans son empire, P. ii. 179
Il fut le second après ceux qui ont créé les premières statues. La deuxième statue fut celle qu’il…
Page 701
Car dans des cas semblables, on pratiquait le culte du père Belus ; le roi Ninus décida donc qu’on vénérerait Belus, comme son père l’avait fait. De même, par la lignée de Nembroth, on créa plus tard, en or et en pierres précieuses, des idoles de Bel et de Belzébuth, des images riches et précieuses.
1550 Après son père également ; et il établit une loi selon laquelle tout homme de bonne foi devait honorer ces idoles par des sacrifices et des offrandes. Ainsi, avec le temps, le nom de Belus devint Bel, et celui de Bel devint Belzébuth ; ainsi se répandit la superstition.
La troisième image, après celle-ci, fut celle-ci : lorsqu’au royaume de Grèce on rendait hommage à Apis, on fit une statue du roi des Grecs, ressemblant à sa taille. On lui donna ensuite le nom de Serapis ; c’est ainsi que Serapis prit ce nom, comme s’il s’agissait d’un dieu que les païens vénéraient depuis longtemps.
Ils avaient une grande croyance en cette superstition, et ils lui témoignaient du respect par des sacrifices et des offrandes. Comme on le raconte,
1570 parmi les miracles qui se produisirent, lorsque Alexandre revint de Candace, il trouva une grotte dans un endroit sauvage ; Candalus, qui vivait dans cette région et était le fils de Candace, lui dit que les dieux habitaient dans cette grotte. Lui, voulant vérifier s’il en était bien ainsi, monta sur son cheval et entra à l’intérieur pour chercher.
1550 Après son père également ; et il établit une loi selon laquelle tout homme de bonne foi devait honorer ces idoles par des sacrifices et des offrandes. Ainsi, avec le temps, le nom de Belus devint Bel, et celui de Bel devint Belzébuth ; ainsi se répandit la superstition.
La troisième image, après celle-ci, fut celle-ci : lorsqu’au royaume de Grèce on rendait hommage à Apis, on fit une statue du roi des Grecs, ressemblant à sa taille. On lui donna ensuite le nom de Serapis ; c’est ainsi que Serapis prit ce nom, comme s’il s’agissait d’un dieu que les païens vénéraient depuis longtemps.
Ils avaient une grande croyance en cette superstition, et ils lui témoignaient du respect par des sacrifices et des offrandes. Comme on le raconte,
1570 parmi les miracles qui se produisirent, lorsque Alexandre revint de Candace, il trouva une grotte dans un endroit sauvage ; Candalus, qui vivait dans cette région et était le fils de Candace, lui dit que les dieux habitaient dans cette grotte. Lui, voulant vérifier s’il en était bien ainsi, monta sur son cheval et entra à l’intérieur pour chercher.
Page 702
Car à travers les ténèbres il lui vint à l’esprit,
Parmi d’autres dieux aussi
Que Sérapis lui parlait,
Lui qu’il voyait là dans une grande splendeur.
Ainsi, jour après jour,
Le mal de l’idolâtrie
S’étendit dans l’imagination
De ceux qui n’étaient pas aveugles
Et ne pouvaient trouver la vérité.
Ainsi as-tu entendu à quel degré
En Grèce, en Égypte et en Chaldée
Les incroyants se tenaient autrefois ;
Et tu sais ainsi qu’ils ne sont ni bons
Ni fidèles, même s’ils sont nés,
Dont le vaste monde autour
A pris sa part d’incroyance.
Jusqu’à ce que, comme le dit le livre,
Un dieu choisisse pour Lui-même
Un peuple parmi les races diverses,
Duquel la vérité, comme il est écrit dans la Genèse, chapitre II.
181
Je pense donc raconter cela de telle manière
Qu’il en soit clairement informé.
Après le déluge, grâce auquel Noé fut sauvé,
Le monde, dans son état,
Des Hébreux ou
Était fou, comme on le dit, à jamais, la secte des Juifs,
Des plantes, des fruits, des herbes, des graines, dont la synagogue,
Des animaux, des oiseaux et des hommes, l’église du Christ à venir,
1610
Tous ceux-là furent ingrats envers Dieu : ils péchèrent.
Car, ne résistant à rien de tout cela,
Ce monde était si fou et vide
Et ensuite il fut restauré,
Parmi les hommes il ne resta rien
Vers un dieu de vie bonne,
Mais tout fut déchiré selon la chair, de sorte que disparut
Celui qui leur avait donné vie et mesure.
Parmi d’autres dieux aussi
Que Sérapis lui parlait,
Lui qu’il voyait là dans une grande splendeur.
Ainsi, jour après jour,
Le mal de l’idolâtrie
S’étendit dans l’imagination
De ceux qui n’étaient pas aveugles
Et ne pouvaient trouver la vérité.
Ainsi as-tu entendu à quel degré
En Grèce, en Égypte et en Chaldée
Les incroyants se tenaient autrefois ;
Et tu sais ainsi qu’ils ne sont ni bons
Ni fidèles, même s’ils sont nés,
Dont le vaste monde autour
A pris sa part d’incroyance.
Jusqu’à ce que, comme le dit le livre,
Un dieu choisisse pour Lui-même
Un peuple parmi les races diverses,
Duquel la vérité, comme il est écrit dans la Genèse, chapitre II.
181
Je pense donc raconter cela de telle manière
Qu’il en soit clairement informé.
Après le déluge, grâce auquel Noé fut sauvé,
Le monde, dans son état,
Des Hébreux ou
Était fou, comme on le dit, à jamais, la secte des Juifs,
Des plantes, des fruits, des herbes, des graines, dont la synagogue,
Des animaux, des oiseaux et des hommes, l’église du Christ à venir,
1610
Tous ceux-là furent ingrats envers Dieu : ils péchèrent.
Car, ne résistant à rien de tout cela,
Ce monde était si fou et vide
Et ensuite il fut restauré,
Parmi les hommes il ne resta rien
Vers un dieu de vie bonne,
Mais tout fut déchiré selon la chair, de sorte que disparut
Celui qui leur avait donné vie et mesure.
Page 703
Créature du ciel et de la terre.
1620 Et c’est ainsi que naquit la grande erreur :
Que les hommes ne connaissaient pas le dieu suprême,
Mais créèrent de nouveaux dieux,
Comme tu m’as entendu dire auparavant :
À cette époque, il n’y avait personne
Qui, après son choix,
Ne eût un dieu à qui il adressait ses prières.
De là vint l’incrédulité
À l’époque d’Abraham :
Mais il trouva le bon chemin,
1630 À savoir que les hommes devaient obéir
Au dieu suprême, qui tout unit,
Et qui a toujours existé et existera toujours, P. ii.
182
Au ciel, sur la terre et même en enfer ;
Il n’y a pas de langue capable de décrire sa puissance.
Ce patriarche interdit à sa descendance
D’incliner d’une quelconque manière vers des images,
Mais de faire des offrandes et des sacrifices
Avec tout l’amour de leur cœur
1640 Au dieu puissant au-dessus d’eux,
Et rien d’autre :
Et c’est ainsi qu’à cette époque
Naquit sur cette terre cette secte,
Qui était fondée sur la foi.
Elle fut conçue dans la justice,
Et devait donc être acceptée
Par celui qui est toute justice en lui,
1645 Le dieu suprême, qui voulait gagner
Un peuple à sa foi.
1650 Il posa ses fondements sur Abraham,
Et le fit multiplier
En une si grande postérité,
Qu’ils envahirent tout l’Égypte.
Mais Pharaon les traita injustement.
1620 Et c’est ainsi que naquit la grande erreur :
Que les hommes ne connaissaient pas le dieu suprême,
Mais créèrent de nouveaux dieux,
Comme tu m’as entendu dire auparavant :
À cette époque, il n’y avait personne
Qui, après son choix,
Ne eût un dieu à qui il adressait ses prières.
De là vint l’incrédulité
À l’époque d’Abraham :
Mais il trouva le bon chemin,
1630 À savoir que les hommes devaient obéir
Au dieu suprême, qui tout unit,
Et qui a toujours existé et existera toujours, P. ii.
182
Au ciel, sur la terre et même en enfer ;
Il n’y a pas de langue capable de décrire sa puissance.
Ce patriarche interdit à sa descendance
D’incliner d’une quelconque manière vers des images,
Mais de faire des offrandes et des sacrifices
Avec tout l’amour de leur cœur
1640 Au dieu puissant au-dessus d’eux,
Et rien d’autre :
Et c’est ainsi qu’à cette époque
Naquit sur cette terre cette secte,
Qui était fondée sur la foi.
Elle fut conçue dans la justice,
Et devait donc être acceptée
Par celui qui est toute justice en lui,
1645 Le dieu suprême, qui voulait gagner
Un peuple à sa foi.
1650 Il posa ses fondements sur Abraham,
Et le fit multiplier
En une si grande postérité,
Qu’ils envahirent tout l’Égypte.
Mais Pharaon les traita injustement.
Page 704
Sous le joug de l’esclavage, ils étaient prisonniers,
Jusqu’à ce que Dieu envoie Moïse
Pour leur assurer la libération ;
Et pour son peuple, une grande vengeance,
Il fit ce qui est vraiment merveilleux.
1660 Le roi fut tué, le pays soumis ;
Dieu fit que les eaux se divisent,
Ce qui permit aux gens de traverser sur leurs pieds1647 P. ii.
183
Et Il donna à son peuple un chemin,
Afin qu’ils puissent le parcourir à pied1648
Et ainsi entrer dans le désert :
Là, pour les protéger du soleil brûlant1649,
Un grand nuage les couvrit,
Et pour les protéger de la nuit,
1670 Une colonne de feu les éclaira.
Et quand ils se plaignaient de faim,
Le dieu miséricordieux commença à faire descendre
Du ciel du manne sur la terre ;
Chacun d’eux en trouva suffisamment
Pour se nourrir, autant qu’il le souhaitait ;
Et comme ils devaient porter ce fardeau lourd,
Comme s’ils portaient une tonne,
Il perça la roche dure1650,
Et de l’eau jaillit à volonté,
1680 Ainsi que les hommes et les animaux purent boire à satiété :
Ensuite, Il donna la loi à Moïse,
Afin qu’il les guide
Loin de ce qu’Il avait interdit.
Et c’est ainsi qu’ils vécurent,
Jusqu’à ce qu’ils prennent possession1651
Des terres promises,
Où Caleb et Josué
Prolongèrent leur marche, selon la descendance
1690 De chacun d’eux, en héritage.
Jusqu’à ce que Dieu envoie Moïse
Pour leur assurer la libération ;
Et pour son peuple, une grande vengeance,
Il fit ce qui est vraiment merveilleux.
1660 Le roi fut tué, le pays soumis ;
Dieu fit que les eaux se divisent,
Ce qui permit aux gens de traverser sur leurs pieds1647 P. ii.
183
Et Il donna à son peuple un chemin,
Afin qu’ils puissent le parcourir à pied1648
Et ainsi entrer dans le désert :
Là, pour les protéger du soleil brûlant1649,
Un grand nuage les couvrit,
Et pour les protéger de la nuit,
1670 Une colonne de feu les éclaira.
Et quand ils se plaignaient de faim,
Le dieu miséricordieux commença à faire descendre
Du ciel du manne sur la terre ;
Chacun d’eux en trouva suffisamment
Pour se nourrir, autant qu’il le souhaitait ;
Et comme ils devaient porter ce fardeau lourd,
Comme s’ils portaient une tonne,
Il perça la roche dure1650,
Et de l’eau jaillit à volonté,
1680 Ainsi que les hommes et les animaux purent boire à satiété :
Ensuite, Il donna la loi à Moïse,
Afin qu’il les guide
Loin de ce qu’Il avait interdit.
Et c’est ainsi qu’ils vécurent,
Jusqu’à ce qu’ils prennent possession1651
Des terres promises,
Où Caleb et Josué
Prolongèrent leur marche, selon la descendance
1690 De chacun d’eux, en héritage.
Page 705
De son côté, il a manqué de foi.
Et ainsi cette croyance a duré longtemps, P. ii.
184
Quels prophètes étaient guidés ;
Et ils avaient appris au peuple
La grande gloire qui devait leur échoir ;
Mais le plus nécessiteux de tous
Échoua, lorsque Christ naquit.
Mais puisqu’ils ont gardé ici leur foi,1652
Il n’est pas nécessaire d’en dire davantage,
1700 La matière est si générale :
Lorsque Lucifer était le meilleur au ciel
Et devait occuper la plus haute place,
Il engagea un débat avec Dieu ;
Et parce qu’il était obstiné,
Et ne voulait pas se soumettre,
Il tomba à jamais dans la ruine :
Et Adam aussi, au paradis,
Lorsqu’il occupait la plus haute position
Après l’innocence,
1710 Même Dieu brisa sa défense
Et il chuta de sa place.
Et il en va de même pour ces Juifs dans leur meilleure situation,1653
Lorsqu’ils auraient dû être les plus parfaits
En restant fidèles à la prophétie,1654
Pourtant ils tombèrent dans la plus grande folie,
Et celui qui était venu du ciel,
Qui a tiré son corps d’une vierge,
Et qui fut né et élevé parmi eux,
1720 Comme des hommes qui ne voulaient pas reconnaître
Le Fils de Dieu, avec arrogance
Ils se sont pendus et sont morts sur la croix. P. ii.
185
C’est pourquoi la partie la plus parfaite de cette loi
Fut retirée d’eux dès lors,
Ainsi qu’ils ne possédaient plus aucun mérite,
Mais restaient dans le deuil, comme le peuple le dit,
Sans aucune dignité.
Et ainsi cette croyance a duré longtemps, P. ii.
184
Quels prophètes étaient guidés ;
Et ils avaient appris au peuple
La grande gloire qui devait leur échoir ;
Mais le plus nécessiteux de tous
Échoua, lorsque Christ naquit.
Mais puisqu’ils ont gardé ici leur foi,1652
Il n’est pas nécessaire d’en dire davantage,
1700 La matière est si générale :
Lorsque Lucifer était le meilleur au ciel
Et devait occuper la plus haute place,
Il engagea un débat avec Dieu ;
Et parce qu’il était obstiné,
Et ne voulait pas se soumettre,
Il tomba à jamais dans la ruine :
Et Adam aussi, au paradis,
Lorsqu’il occupait la plus haute position
Après l’innocence,
1710 Même Dieu brisa sa défense
Et il chuta de sa place.
Et il en va de même pour ces Juifs dans leur meilleure situation,1653
Lorsqu’ils auraient dû être les plus parfaits
En restant fidèles à la prophétie,1654
Pourtant ils tombèrent dans la plus grande folie,
Et celui qui était venu du ciel,
Qui a tiré son corps d’une vierge,
Et qui fut né et élevé parmi eux,
1720 Comme des hommes qui ne voulaient pas reconnaître
Le Fils de Dieu, avec arrogance
Ils se sont pendus et sont morts sur la croix. P. ii.
185
C’est pourquoi la partie la plus parfaite de cette loi
Fut retirée d’eux dès lors,
Ainsi qu’ils ne possédaient plus aucun mérite,
Mais restaient dans le deuil, comme le peuple le dit,
Sans aucune dignité.
Page 706
Ils vivent par la grâce de Dieu,
Disséminés dans toutes les villes.
1730 Et c’est ainsi que la foi est apparue,
Celle qui existait autrefois chez les Juifs,
Mais qui n’est pas un bien parfait.
Pour parler comme il convient aujourd’hui,
Il existe une foi au-dessus de toutes,
Dans laquelle la foi elle-même est contenue,
Grâce à laquelle nous sommes tous transformés.
La haute majesté toute-puissante, [la Foi chrétienne.]
De justice et de miséricorde,
La foi chrétienne, face au péché commis par Adam, complément de la loi parfaite,
1740 Lorsqu’il vit le moment venu, il envoya son Fils du ciel, symbole du plus grand mystère, le sacrement,
Afin de restaurer l’âme des hommes,
La nôtre qui était alors si profondément tombée, fondement du salut,
Sur ce point précis, de manière infaillible,
Afin qu’elle ne puisse se relever seule.
Comme le dit Grégoire dans ses écrits, nous croyons en cela.
Ce n’est d’aucune aide pour l’homme d’être né,
Si le Fils de Dieu n’était pas né ;
Car alors, à cause du premier péché,
1750 Que Adam a commis, tous les hommes seraient perdus ;
Mais le Christ restaure ceux qui sont perdus, chapitre II.
186
Et il l’a fait par sa chair et son sang.
Et si nous réfléchissons à la vengeance qu’il a payée,
Comme l’a écrit et dit saint Grégoire : Ô nécessité ! Tout était nécessaire pour l’homme : le péché !
Ô malheur ! Car c’est à cause de cela que ses souffrances ont commencé, cette faute heureuse, qui fut la cause de tout son malheur ; tellement grande,
1760 Que celui qui est la source de tout bien méritait vraiment d’avoir un rédempteur !
Le Créateur suprême, face à une telle détresse, voulut ainsi agir pour sa créature.
Disséminés dans toutes les villes.
1730 Et c’est ainsi que la foi est apparue,
Celle qui existait autrefois chez les Juifs,
Mais qui n’est pas un bien parfait.
Pour parler comme il convient aujourd’hui,
Il existe une foi au-dessus de toutes,
Dans laquelle la foi elle-même est contenue,
Grâce à laquelle nous sommes tous transformés.
La haute majesté toute-puissante, [la Foi chrétienne.]
De justice et de miséricorde,
La foi chrétienne, face au péché commis par Adam, complément de la loi parfaite,
1740 Lorsqu’il vit le moment venu, il envoya son Fils du ciel, symbole du plus grand mystère, le sacrement,
Afin de restaurer l’âme des hommes,
La nôtre qui était alors si profondément tombée, fondement du salut,
Sur ce point précis, de manière infaillible,
Afin qu’elle ne puisse se relever seule.
Comme le dit Grégoire dans ses écrits, nous croyons en cela.
Ce n’est d’aucune aide pour l’homme d’être né,
Si le Fils de Dieu n’était pas né ;
Car alors, à cause du premier péché,
1750 Que Adam a commis, tous les hommes seraient perdus ;
Mais le Christ restaure ceux qui sont perdus, chapitre II.
186
Et il l’a fait par sa chair et son sang.
Et si nous réfléchissons à la vengeance qu’il a payée,
Comme l’a écrit et dit saint Grégoire : Ô nécessité ! Tout était nécessaire pour l’homme : le péché !
Ô malheur ! Car c’est à cause de cela que ses souffrances ont commencé, cette faute heureuse, qui fut la cause de tout son malheur ; tellement grande,
1760 Que celui qui est la source de tout bien méritait vraiment d’avoir un rédempteur !
Le Créateur suprême, face à une telle détresse, voulut ainsi agir pour sa créature.
Page 707
Prenez sur vous la défaite
Et souffrez pour le bien des hommes.
Ainsi, jamais il ne faut abandonner
Ce sage originel
Qui n’a pas été la cause particulière
Du malheur des hommes à la fin,
1770 Lequel durera sans fin.
Car c’est pour cette raison que la divinité
S’est réunie à l’humanité
Dans la Vierge, où Il prit
Notre chair et devint véritablement homme
Par la fraternité du corps ;
Grâce à cela, l’homme, dans son degré actuel,
Vaut bien plus, comme je l’ai dit,
Que ce qu’il valait auparavant,
Par le baptême de la nouvelle loi,
1780 Dont le Christ est Seigneur et compagnon.
Ainsi, la grande puissance divine,
P. ii.
Qui était uniquement dans la Vierge,
A réconcilié l’âme des hommes,
Qui avait longtemps été exilée.
Ainsi repose la foi sur la croyance,
Sans laquelle on ne peut jamais atteindre
Le paradis pour toujours :
Mais cette foi est si certaine,
Si pleine de grâce et de vertu,
1790 Que celui qui s’accroche à Jésus
En menant une vie pure accomplit aussitôt de bonnes œuvres,
Il ne peut manquer du ciel non plus,
Celui qui a la vraie foi ;
Car sinon, comme le dit l’Évangile,
Il ne peut y avoir de salut.
Et pour prêcher cela,
Le Christ l’a ordonné à tous ses Apôtres,
Lesquels, aujourd’hui encore,
Sont tombés sur nous, ceux qui cherchons la sainteté,
Si nous accomplissons de bonnes œuvres ;1666
Et souffrez pour le bien des hommes.
Ainsi, jamais il ne faut abandonner
Ce sage originel
Qui n’a pas été la cause particulière
Du malheur des hommes à la fin,
1770 Lequel durera sans fin.
Car c’est pour cette raison que la divinité
S’est réunie à l’humanité
Dans la Vierge, où Il prit
Notre chair et devint véritablement homme
Par la fraternité du corps ;
Grâce à cela, l’homme, dans son degré actuel,
Vaut bien plus, comme je l’ai dit,
Que ce qu’il valait auparavant,
Par le baptême de la nouvelle loi,
1780 Dont le Christ est Seigneur et compagnon.
Ainsi, la grande puissance divine,
P. ii.
Qui était uniquement dans la Vierge,
A réconcilié l’âme des hommes,
Qui avait longtemps été exilée.
Ainsi repose la foi sur la croyance,
Sans laquelle on ne peut jamais atteindre
Le paradis pour toujours :
Mais cette foi est si certaine,
Si pleine de grâce et de vertu,
1790 Que celui qui s’accroche à Jésus
En menant une vie pure accomplit aussitôt de bonnes œuvres,
Il ne peut manquer du ciel non plus,
Celui qui a la vraie foi ;
Car sinon, comme le dit l’Évangile,
Il ne peut y avoir de salut.
Et pour prêcher cela,
Le Christ l’a ordonné à tous ses Apôtres,
Lesquels, aujourd’hui encore,
Sont tombés sur nous, ceux qui cherchons la sainteté,
Si nous accomplissons de bonnes œuvres ;1666
Page 708
1800 Car la foi seule ne suffit pas,1667 Jacobus. La foi sans œuvres est morte.
Même les bonnes œuvres peuvent être mauvaises.1665
Il serait bon que toi, Confesseur,
Qui par le baptême as véritablement professé la foi en Christ,
Tu ne sois pas opprimé par le lolardisme de l’Antichrist. Note ici contre ceux qui déjà,
Comme l’ont prédit les Juifs1669, sont appelés lolards,
Établis par Dieu pour nuire.1668
1810 De même, ce nouveau courant de lolardisme se répand
Pour mettre en doute la foi en Christ. P. ii.
188
Les saints qui étaient avant nous,
Ceux pour qui la foi fut d’abord établie,
Ceux dont la sainte cause fut défendue,
Ils méritent plus d’être crus
Que ces gens que l’on connaît comme impies,
Bien qu’ils feignent et proclament ici le lolardisme parmi les hommes.
1820 Mais si tu veux vivre à l’écart de telles nouvelles doctrines, je te conseille de les éviter,
Et de suivre droit le bien et le vrai,
Comme l’ont fait tes ancêtres autrefois :
Ainsi tu ne croiras pas en vain.
Christ a écrit d’abord, puis il a commencé à agir et à enseigner.
Ainsi ses paroles ont été mises en pratique ;1670
Il a donné un exemple en sa personne,
Et nous n’avons que des paroles,
Comme un arbre aux feuilles vertes,
1830 Sur lequel on ne voit aucun fruit.
Le prêtre Thoas, qui appartenait à Minerve. Note que, lorsque
Anthenor avait le Palladium
Pour servir le temple, Troie, un temple
Et le Palladium de Troie, Minerve le prit,
Le gardant sous clé, pour de l’argent. Thoas, là-bas,
Grand prêtre d’Anthenor dont il portait le nom,1671, corrompu par l’or,
Laissa Athenor venir, détourna les yeux, et ainsi
Il permit que le Palladium soit volé, comme s’il ne s’agissait pas d’un mal.
Même les bonnes œuvres peuvent être mauvaises.1665
Il serait bon que toi, Confesseur,
Qui par le baptême as véritablement professé la foi en Christ,
Tu ne sois pas opprimé par le lolardisme de l’Antichrist. Note ici contre ceux qui déjà,
Comme l’ont prédit les Juifs1669, sont appelés lolards,
Établis par Dieu pour nuire.1668
1810 De même, ce nouveau courant de lolardisme se répand
Pour mettre en doute la foi en Christ. P. ii.
188
Les saints qui étaient avant nous,
Ceux pour qui la foi fut d’abord établie,
Ceux dont la sainte cause fut défendue,
Ils méritent plus d’être crus
Que ces gens que l’on connaît comme impies,
Bien qu’ils feignent et proclament ici le lolardisme parmi les hommes.
1820 Mais si tu veux vivre à l’écart de telles nouvelles doctrines, je te conseille de les éviter,
Et de suivre droit le bien et le vrai,
Comme l’ont fait tes ancêtres autrefois :
Ainsi tu ne croiras pas en vain.
Christ a écrit d’abord, puis il a commencé à agir et à enseigner.
Ainsi ses paroles ont été mises en pratique ;1670
Il a donné un exemple en sa personne,
Et nous n’avons que des paroles,
Comme un arbre aux feuilles vertes,
1830 Sur lequel on ne voit aucun fruit.
Le prêtre Thoas, qui appartenait à Minerve. Note que, lorsque
Anthenor avait le Palladium
Pour servir le temple, Troie, un temple
Et le Palladium de Troie, Minerve le prit,
Le gardant sous clé, pour de l’argent. Thoas, là-bas,
Grand prêtre d’Anthenor dont il portait le nom,1671, corrompu par l’or,
Laissa Athenor venir, détourna les yeux, et ainsi
Il permit que le Palladium soit volé, comme s’il ne s’agissait pas d’un mal.
Page 709
De quoi la corruption et le mal furent sciemment permis.
Les Troyens furent renversés.
1840 Bot Thoas, au même moment,
Lorsque Anthenor prit ce jouet,
En secouant, il rejeta ses cheveux en arrière, P. ii.
189
Par ruse et pour un temps :
Comme celui qui devait se tromper lui-même,
Il cacha son visage aux regards,
Et sut bien comment ainsi
Justifier sa mauvaise conscience.
Je ne sais pas si de telles preuves
Existent encore à cette époque.
1850 Peut-être que le prélat pourrait s’excuser,
Sachant que la foi diminue
Et que toute vertu morale disparaît ;
C’est pourquoi ils ont pris les clés,
Mais ils ne veulent pas encore affirmer
Ici publiquement leur foi dans l’adversité ;
Ils ne veulent entreprendre aucun effort
Pour conserver ce qui leur appartient.
Christ s’est donné lui-même pour la foi,
1860 Mais maintenant notre vénérable prélat dit : « La vie est douce », et il la garde,
Ainsi la foi dort sans protection,
Et eux, ici, comprennent cela
Et veulent y consacrer leur vie,
Chacun faisant ce qu’il veut.
Ainsi ce monde est plein de brume,
Si bien que personne ne voit le bon chemin :
Les gardiens de la clé sacrée
Sont corrompus par leur mauvaise gestion,
1870 Les flots du monde ont bien ébranlé
Le navire que Pierre doit conduire ;
La forme est conservée, mais la matière, P. ii.
190
Est transformée d’une autre manière.
Mais s’ils étaient vraiment sages…
Les Troyens furent renversés.
1840 Bot Thoas, au même moment,
Lorsque Anthenor prit ce jouet,
En secouant, il rejeta ses cheveux en arrière, P. ii.
189
Par ruse et pour un temps :
Comme celui qui devait se tromper lui-même,
Il cacha son visage aux regards,
Et sut bien comment ainsi
Justifier sa mauvaise conscience.
Je ne sais pas si de telles preuves
Existent encore à cette époque.
1850 Peut-être que le prélat pourrait s’excuser,
Sachant que la foi diminue
Et que toute vertu morale disparaît ;
C’est pourquoi ils ont pris les clés,
Mais ils ne veulent pas encore affirmer
Ici publiquement leur foi dans l’adversité ;
Ils ne veulent entreprendre aucun effort
Pour conserver ce qui leur appartient.
Christ s’est donné lui-même pour la foi,
1860 Mais maintenant notre vénérable prélat dit : « La vie est douce », et il la garde,
Ainsi la foi dort sans protection,
Et eux, ici, comprennent cela
Et veulent y consacrer leur vie,
Chacun faisant ce qu’il veut.
Ainsi ce monde est plein de brume,
Si bien que personne ne voit le bon chemin :
Les gardiens de la clé sacrée
Sont corrompus par leur mauvaise gestion,
1870 Les flots du monde ont bien ébranlé
Le navire que Pierre doit conduire ;
La forme est conservée, mais la matière, P. ii.
190
Est transformée d’une autre manière.
Mais s’ils étaient vraiment sages…
Page 710
Et que le prélat était bon,
Comme cela était dans les temps anciens,
Il y avait alors peu de besoin
Parmi les hommes de prendre garde
À ce que disent ces faux prophètes,1674
1880 Qui maintenant viennent pour dueller,
Pour semer des coqs avec du blé,
Afin que la terre ne soit plus abandonnée,
Celle que Christ a d’abord bénie de ses yeux.1675
Maintenant, le coq est dans le champ,
Où se trouvait autrefois le bon grain,
Pour le prélat, comme on dit,
Car ils auraient dû en prendre soin.
Et je crois que c’est là l’artifice :
Lorsqu’il y a un manque chez ceux qui sont au pouvoir,
1890 le peuple s’éloigne de l’amour
De la vérité, à cause de l’ignorance ;
Car là où il n’y a pas de lumière,
Les hommes errent dans les ténèbres.1676
Mais si le prélat voulait agir
Selon la foi qu’il prêche,
On n’aurait plus besoin ici de lumière,
Comme c’est l’usage aujourd’hui :
On voit constamment refuser la charge
Que la sainte Église a assumée.1900
Mais celui qui voudrait donner un exemple, c’est Grégoire. Quand
Pierre avec la Judée,
Grégoire dans son homélie, André avec
Le serviteur de la préfecture en Achaea, Thomas
Le complète, et ainsi il dit : avec la Judée, et
Paul avec le peuple
« Lorsque Pierre, père de la foi, viendra, que
Apporterons-nous avec lui le dimanche, disons-nous, nous
1677 modernes, dont
La Judée, par son enseignement
A perdu un talent,
Et André avec l’Achaea pour rien
Viendront-ils payer leur dette ? Comment sera-t-il compté ?
Et Thomas aussi avec ses compagnons
1910 De l’Inde, et Paul les grands chemins, P. ii.
191
Comme cela était dans les temps anciens,
Il y avait alors peu de besoin
Parmi les hommes de prendre garde
À ce que disent ces faux prophètes,1674
1880 Qui maintenant viennent pour dueller,
Pour semer des coqs avec du blé,
Afin que la terre ne soit plus abandonnée,
Celle que Christ a d’abord bénie de ses yeux.1675
Maintenant, le coq est dans le champ,
Où se trouvait autrefois le bon grain,
Pour le prélat, comme on dit,
Car ils auraient dû en prendre soin.
Et je crois que c’est là l’artifice :
Lorsqu’il y a un manque chez ceux qui sont au pouvoir,
1890 le peuple s’éloigne de l’amour
De la vérité, à cause de l’ignorance ;
Car là où il n’y a pas de lumière,
Les hommes errent dans les ténèbres.1676
Mais si le prélat voulait agir
Selon la foi qu’il prêche,
On n’aurait plus besoin ici de lumière,
Comme c’est l’usage aujourd’hui :
On voit constamment refuser la charge
Que la sainte Église a assumée.1900
Mais celui qui voudrait donner un exemple, c’est Grégoire. Quand
Pierre avec la Judée,
Grégoire dans son homélie, André avec
Le serviteur de la préfecture en Achaea, Thomas
Le complète, et ainsi il dit : avec la Judée, et
Paul avec le peuple
« Lorsque Pierre, père de la foi, viendra, que
Apporterons-nous avec lui le dimanche, disons-nous, nous
1677 modernes, dont
La Judée, par son enseignement
A perdu un talent,
Et André avec l’Achaea pour rien
Viendront-ils payer leur dette ? Comment sera-t-il compté ?
Et Thomas aussi avec ses compagnons
1910 De l’Inde, et Paul les grands chemins, P. ii.
191
Page 711
De Sondri Londres, il sera présent, 1678
Et nous serons dépourvus de Londres et de rente,
Ce que nous possédions en ce monde ici,
Avec des mains vides, la dette apparaîtra,
Touchant notre soin spirituel,
Qui est notre charge en particulier ;
Je ne sais quelle chose cela peut être
À ce sujet de notre compte,
Où le Christ lui-même est le Comptable,
1920 Qui ne cherche point d’honneur vain.
Le service de la Chancellerie
Ou de la Trésorerie du roi
Ni par écrit ni par impôt1679
Ne pourra plus garantir quoi que ce soit ;
Le monde, que nous connaissons si bien maintenant,1680
Nous rendra encore moins qu’avant :
Ainsi passons-nous sans répit,
De telle sorte que nous ne nous hâtons pas autrement,
Que comme il s’est hâté lui-même,
1930 Celui que ses seigneurs bénirent
Et qui n’en obtint pas davantage.
Mais en ce moment, rien, P. ii.
192
Quel autre homme mérite ses pensées,
Le monde est si désireux de le servir,
Que nous sommes tous d’accord avec lui,
Et cela est connu et bien consigné
Dans tout ce monde, dans toutes les villes ;
Que les chevaliers gagnent avec leurs mains,
Car notre langue restera silencieuse
1940 Et se tiendra selon la volonté des corps.
Ce serait un travail difficile de prêcher
La foi du Christ, tout comme d’enseigner
Aux peuples païens, cela ne sera pas possible ;
Mais chaque prélat garde son siège
Avec toute sorte de délices qu’il peut obtenir
De boissons agréables et de festins délicieux,1681
Dont le corps devient gras et plein.
Et nous serons dépourvus de Londres et de rente,
Ce que nous possédions en ce monde ici,
Avec des mains vides, la dette apparaîtra,
Touchant notre soin spirituel,
Qui est notre charge en particulier ;
Je ne sais quelle chose cela peut être
À ce sujet de notre compte,
Où le Christ lui-même est le Comptable,
1920 Qui ne cherche point d’honneur vain.
Le service de la Chancellerie
Ou de la Trésorerie du roi
Ni par écrit ni par impôt1679
Ne pourra plus garantir quoi que ce soit ;
Le monde, que nous connaissons si bien maintenant,1680
Nous rendra encore moins qu’avant :
Ainsi passons-nous sans répit,
De telle sorte que nous ne nous hâtons pas autrement,
Que comme il s’est hâté lui-même,
1930 Celui que ses seigneurs bénirent
Et qui n’en obtint pas davantage.
Mais en ce moment, rien, P. ii.
192
Quel autre homme mérite ses pensées,
Le monde est si désireux de le servir,
Que nous sommes tous d’accord avec lui,
Et cela est connu et bien consigné
Dans tout ce monde, dans toutes les villes ;
Que les chevaliers gagnent avec leurs mains,
Car notre langue restera silencieuse
1940 Et se tiendra selon la volonté des corps.
Ce serait un travail difficile de prêcher
La foi du Christ, tout comme d’enseigner
Aux peuples païens, cela ne sera pas possible ;
Mais chaque prélat garde son siège
Avec toute sorte de délices qu’il peut obtenir
De boissons agréables et de festins délicieux,1681
Dont le corps devient gras et plein.
Page 712
Le travail est ennuyeux pour les âmes tendres,
Et lent à manier de tels outils.
1950 Mais maintenant nous sommes bien plus rapides
Vers l’avidité du monde ;
Et cela est comme un sacrifice,1682
Qui, selon ce que dit l’apôtre,1683
Est ouvertement contraire à la foi
Aux jeunes gens et leur est interdit :
Mais aujourd’hui cela n’est plus ainsi,
La vertu s’est transformée en vice,
Ainsi que la générosité en avidité,
Sur le sujet duquel nous traitons maintenant.
1960 Mon père, cette matière convient mieux aux amants.
Ainsi, tant que je vivrai,
Je donnerai la meilleure part à moi-même, P. ii.
193
À moi-même il y a beaucoup de biens :
Mais sur ce point je ne voudrais pas prier
Pour savoir quels sont les branches1684
De l’avidité, et comment elles se comportent
Tant dans l’amour que dans d’autres circonstances.
Mon Fils, je te désignerai un confesseur.
D’une manière telle qu’ils se tiennent,1685
1970 Afin que tu puisses les comprendre.1686
(Libri Quinti §§ iii—xiii se trouvent dans le volume suivant)
Et lent à manier de tels outils.
1950 Mais maintenant nous sommes bien plus rapides
Vers l’avidité du monde ;
Et cela est comme un sacrifice,1682
Qui, selon ce que dit l’apôtre,1683
Est ouvertement contraire à la foi
Aux jeunes gens et leur est interdit :
Mais aujourd’hui cela n’est plus ainsi,
La vertu s’est transformée en vice,
Ainsi que la générosité en avidité,
Sur le sujet duquel nous traitons maintenant.
1960 Mon père, cette matière convient mieux aux amants.
Ainsi, tant que je vivrai,
Je donnerai la meilleure part à moi-même, P. ii.
193
À moi-même il y a beaucoup de biens :
Mais sur ce point je ne voudrais pas prier
Pour savoir quels sont les branches1684
De l’avidité, et comment elles se comportent
Tant dans l’amour que dans d’autres circonstances.
Mon Fils, je te désignerai un confesseur.
D’une manière telle qu’ils se tiennent,1685
1970 Afin que tu puisses les comprendre.1686
(Libri Quinti §§ iii—xiii se trouvent dans le volume suivant)
Page 713
NOTES DE LIGATURE :
1446 Vers latins i. 5 dicet AM ... B₂
1447 4 þer was G, AdB
1448 30 Wher in it moste nedes dwelle H₁ ... B₂
1449 35 asyhte F
1450 40 ouermore, B
1451 47 that he] þat þat A
47 f. ffor he þer of his part ne taþ
Bot kepeþ to anoþer þat he haþ
Donc H₁ ... B₂ avec quelques variations (þat pour Bot C it hath pour he
haþ H₁)
1452 59 farst F fare A ... B₂, Ad ... Δ
1453 73 departe AMH₁ om. Ad
1454 82 To holde hir whil my lif may laste H₁ ... B₂ ligne om. T
1455 103 fiele] seche A ... B₂
1456 104 fulofte I A ... B₂ ofte I H₁
1457 110 wise] þing A ... B₂
1458 120 acordeþ XE ... B₂
1459 129 fulle AM
1460 133 that he] he to H₁ ... B₂
1461 135 He is] He as H₁ ... B₂
1462 141 the om. AMB₂, T
1463 142 his] þis A ... B₂
1464 160 margin tunc] tantum BT om. G, Δ
1465 143 the] is AM
1466 146 payed CB₂, AdB
1467 159 tho] þus BT
1468 168 that om. B
1469 173 þe king A ... B₂
1470 185 þe poyntes whiche H₁, BT, W
1471 188 Tho XGERCB₂, B They H₁
1472 196 the world] worldes A ... B₂, Λ
1473 201 is al AM
1474 210 þis world H₁ ... B₂
1475 211 myhte om. H₁ ... B₂ (hadde pour have H₁)
1476 212 a mannes H₁ ... B₂, Ad, W
1477 217 the] þo GEC þese (þeis) AdBTΔ
1478 235 þe king BT
1479 242 the om. AMH₁XRLB₂
1480 249 telleþ AM
1481 253 dropesie (dropseie) AM
1482 268 þer vpon B
1483 273 put AJ, F putte C, BT
1484 274 He touched (toucheþ) al þat by him lay H₁ ... B₂, Λ
(toucheþ H₁GC touchit B₂ touche X)
1446 Vers latins i. 5 dicet AM ... B₂
1447 4 þer was G, AdB
1448 30 Wher in it moste nedes dwelle H₁ ... B₂
1449 35 asyhte F
1450 40 ouermore, B
1451 47 that he] þat þat A
47 f. ffor he þer of his part ne taþ
Bot kepeþ to anoþer þat he haþ
Donc H₁ ... B₂ avec quelques variations (þat pour Bot C it hath pour he
haþ H₁)
1452 59 farst F fare A ... B₂, Ad ... Δ
1453 73 departe AMH₁ om. Ad
1454 82 To holde hir whil my lif may laste H₁ ... B₂ ligne om. T
1455 103 fiele] seche A ... B₂
1456 104 fulofte I A ... B₂ ofte I H₁
1457 110 wise] þing A ... B₂
1458 120 acordeþ XE ... B₂
1459 129 fulle AM
1460 133 that he] he to H₁ ... B₂
1461 135 He is] He as H₁ ... B₂
1462 141 the om. AMB₂, T
1463 142 his] þis A ... B₂
1464 160 margin tunc] tantum BT om. G, Δ
1465 143 the] is AM
1466 146 payed CB₂, AdB
1467 159 tho] þus BT
1468 168 that om. B
1469 173 þe king A ... B₂
1470 185 þe poyntes whiche H₁, BT, W
1471 188 Tho XGERCB₂, B They H₁
1472 196 the world] worldes A ... B₂, Λ
1473 201 is al AM
1474 210 þis world H₁ ... B₂
1475 211 myhte om. H₁ ... B₂ (hadde pour have H₁)
1476 212 a mannes H₁ ... B₂, Ad, W
1477 217 the] þo GEC þese (þeis) AdBTΔ
1478 235 þe king BT
1479 242 the om. AMH₁XRLB₂
1480 249 telleþ AM
1481 253 dropesie (dropseie) AM
1482 268 þer vpon B
1483 273 put AJ, F putte C, BT
1484 274 He touched (toucheþ) al þat by him lay H₁ ... B₂, Λ
(toucheþ H₁GC touchit B₂ touche X)
Page 714
1485 278 al] comme AM
1486 281 lui le plus(e) AJMG ... B₂
1487 288 al] comme AMXERLB₂
1488 295 ceci SBT
1489 301 laver F waisschen B wasshen (laver) AJ, S
1490 306 savoir (connaître) SB wisshe AJ, F
1491 314 changer AM
1492 316 alors] þanne (þan) H₁ ... B₂, Λ
1493 332 briser AM
1494 350 remplir F
1495 364 Benethe] Grieueþ C &c.
1496 368 Et pour aucune crainte maintenant je veux souffrir H₁ ... B₂, Λ
1497 371 pour quel homme se tenait B pour quel homme qui se tenait T
1498 372 vers] à H₁ ... B₂, BTΔ, W vp à Λ
1499 385 en bas J, F adoun A, B
1500 394 interdit J, S, F forbedeþ A, B Plus il a, plus
il désire H₁ ... B₂, Λ (dredeþ pour greedeþ R)
1501 412 prendre SB take AJ, F
1502 424 encore plus] dépasser AM ... B₂, Λ
1503 448 comprendre (compris) AJ, B vunderstode S, F er cela] ceci
AM ... L Je sais B₂
1504 454 Maintenant om. A ... B₂
1505 458 marge de om. AMXRCLB₂, Δ
1506 459 chaque] þilke AM
1507 463 sur] dans H₁ ... B₂
1508 471 comme om. H₁ ... B₂, Δ
1509 486 Je] il AM
1510 487 jamais plus] neuer B neuermore more T
1511 493 depuis] par (être) H₁ ... B₂, B
1512 505 envie] désir pour B
1513 511 son H₁ ... B₂, W
1514 534 Où de H₁G ... B₂ Où que X
1515 536 comme fait] et comme G, B
1516 545 à om. AM
1517 551 son] celui B
1518 601 sac BT
1519 606 votre plus AJ, F eueremore SB
1520 611 à] de B
1521 649 Tout AM ... B₂
1522 654 précieux BTΛ
1523 659 Et alors elle pensa comment elle pourrait B C’était grand
et très il vit Λ ligne om. T
1524 660 Comme elle BTΛ
1525 671 opposer AM, W
1526 681 lui AMECLB₂
1527 691 cela] comment cela H₁XRCLB₂ comment GE
1528 698 le BT
1529 702 il mena] est mené H₁ ... B₂ fut mené W
1530 Vers latins ii. 1 Mentibus H₁ ... B₂, BTΛ, W
1531 4 Équiperans A Equipans J, B, F
1486 281 lui le plus(e) AJMG ... B₂
1487 288 al] comme AMXERLB₂
1488 295 ceci SBT
1489 301 laver F waisschen B wasshen (laver) AJ, S
1490 306 savoir (connaître) SB wisshe AJ, F
1491 314 changer AM
1492 316 alors] þanne (þan) H₁ ... B₂, Λ
1493 332 briser AM
1494 350 remplir F
1495 364 Benethe] Grieueþ C &c.
1496 368 Et pour aucune crainte maintenant je veux souffrir H₁ ... B₂, Λ
1497 371 pour quel homme se tenait B pour quel homme qui se tenait T
1498 372 vers] à H₁ ... B₂, BTΔ, W vp à Λ
1499 385 en bas J, F adoun A, B
1500 394 interdit J, S, F forbedeþ A, B Plus il a, plus
il désire H₁ ... B₂, Λ (dredeþ pour greedeþ R)
1501 412 prendre SB take AJ, F
1502 424 encore plus] dépasser AM ... B₂, Λ
1503 448 comprendre (compris) AJ, B vunderstode S, F er cela] ceci
AM ... L Je sais B₂
1504 454 Maintenant om. A ... B₂
1505 458 marge de om. AMXRCLB₂, Δ
1506 459 chaque] þilke AM
1507 463 sur] dans H₁ ... B₂
1508 471 comme om. H₁ ... B₂, Δ
1509 486 Je] il AM
1510 487 jamais plus] neuer B neuermore more T
1511 493 depuis] par (être) H₁ ... B₂, B
1512 505 envie] désir pour B
1513 511 son H₁ ... B₂, W
1514 534 Où de H₁G ... B₂ Où que X
1515 536 comme fait] et comme G, B
1516 545 à om. AM
1517 551 son] celui B
1518 601 sac BT
1519 606 votre plus AJ, F eueremore SB
1520 611 à] de B
1521 649 Tout AM ... B₂
1522 654 précieux BTΛ
1523 659 Et alors elle pensa comment elle pourrait B C’était grand
et très il vit Λ ligne om. T
1524 660 Comme elle BTΛ
1525 671 opposer AM, W
1526 681 lui AMECLB₂
1527 691 cela] comment cela H₁XRCLB₂ comment GE
1528 698 le BT
1529 702 il mena] est mené H₁ ... B₂ fut mené W
1530 Vers latins ii. 1 Mentibus H₁ ... B₂, BTΛ, W
1531 4 Équiperans A Equipans J, B, F
Page 715
1532 764 expérience H₁ ... B₂, Δ
1533 773 et note—diminué om. BT
1534 781 de] comme E ... B₂ ou X
1535 786 Et volontiers (volontairement) autrement pas H₁ ... B₂ (au lieu de
volontiers R)
1536 787 marge De Secta Egipciorum om. B
1537 787 lo] donc B om. ME
1538 792 bien que om. AMH₁B₂, Δ
1539 795 en avant] feiþ L seþ C seintis B₂
1540 811 les Égyptiens (les Egipcienes) YGEC, BΔ les Egipcianis X
les Egipciens (les Egipciens) AJMH₁RB₂, SAdT, FWH₃ egipcens L
1541 821 comme à 811 mais Egipcienes Y les Egipciens L
1542 833 De] De A ... B₂
1543 835 marge De Secta Grecorum] De secta egipciorum B om. E
1544 836 que om. XRCLB₂
1545 850 il pour prier (toplighte etc.) J, SAdBTΔ, FWH₃ tout pour prier
(alto plight etc.) AM ... B₂
1546 862 donna-lui H₁ ... B₂, Δ, W
1547 866 haut A, S, F haut BT
1548 893 il BT
1549 901 Lequel A, S Lequel J, B, F
1550 915 marge Science A
1551 923 quand F
1552 928 feigneþ B
1553 936 être le] être cinq le AMXE ... B₂ là-bas il y a H₁ bien (om. le) J,
Δ, W
1554 937 f. marge Mercure—des voleurs om. X ... CB₂, H₃
Mercure dieu des voleurs L Mercure dieu H₁
1555 939 volé] donné (donné) H₁ ... B₂
1556 948 sur F
1557 951 bien que] le X ... B₂, Ad
1558 967 marge Éole dieu des vents om. B
1559 979 Bien que] Ils (ceux etc.) H₁ ... B₂, B
1560 981 marge Neptune dieu de la mer om. X ... B₂ Jovite dieu
des délices H₁
1561 986 fou J, S, F fait AC, B
1562 987 bien que] le H₁ ... B₂
1563 989 tout om. BT
1564 992 voudrait-le H₁ ... B₂, Δ il voudrait-le M
1565 1006 bien om. AM
1566 1009 Nonarigne (Nouarigne, Nonareigne etc.) H₁ ... B₂, B
Nonartigne (Nonartyne) M, WH₃
1567 1013 en dessous dans] en dessous (par en dessous, en dessous etc.) H₁ ... B₂, BT
en dessous A
1568 1050 envoyer] dire B ligne om. T
1569 1058 un muet] le muet B
1570 1059 marge Esculape dieu de la médecine om. B
1571 1065 eux om. AMXRCLB₂
1572 1072 lui AM ... CB₂, BT, WH₃
1573 1083 marge Hercule etc. om. B.
1533 773 et note—diminué om. BT
1534 781 de] comme E ... B₂ ou X
1535 786 Et volontiers (volontairement) autrement pas H₁ ... B₂ (au lieu de
volontiers R)
1536 787 marge De Secta Egipciorum om. B
1537 787 lo] donc B om. ME
1538 792 bien que om. AMH₁B₂, Δ
1539 795 en avant] feiþ L seþ C seintis B₂
1540 811 les Égyptiens (les Egipcienes) YGEC, BΔ les Egipcianis X
les Egipciens (les Egipciens) AJMH₁RB₂, SAdT, FWH₃ egipcens L
1541 821 comme à 811 mais Egipcienes Y les Egipciens L
1542 833 De] De A ... B₂
1543 835 marge De Secta Grecorum] De secta egipciorum B om. E
1544 836 que om. XRCLB₂
1545 850 il pour prier (toplighte etc.) J, SAdBTΔ, FWH₃ tout pour prier
(alto plight etc.) AM ... B₂
1546 862 donna-lui H₁ ... B₂, Δ, W
1547 866 haut A, S, F haut BT
1548 893 il BT
1549 901 Lequel A, S Lequel J, B, F
1550 915 marge Science A
1551 923 quand F
1552 928 feigneþ B
1553 936 être le] être cinq le AMXE ... B₂ là-bas il y a H₁ bien (om. le) J,
Δ, W
1554 937 f. marge Mercure—des voleurs om. X ... CB₂, H₃
Mercure dieu des voleurs L Mercure dieu H₁
1555 939 volé] donné (donné) H₁ ... B₂
1556 948 sur F
1557 951 bien que] le X ... B₂, Ad
1558 967 marge Éole dieu des vents om. B
1559 979 Bien que] Ils (ceux etc.) H₁ ... B₂, B
1560 981 marge Neptune dieu de la mer om. X ... B₂ Jovite dieu
des délices H₁
1561 986 fou J, S, F fait AC, B
1562 987 bien que] le H₁ ... B₂
1563 989 tout om. BT
1564 992 voudrait-le H₁ ... B₂, Δ il voudrait-le M
1565 1006 bien om. AM
1566 1009 Nonarigne (Nouarigne, Nonareigne etc.) H₁ ... B₂, B
Nonartigne (Nonartyne) M, WH₃
1567 1013 en dessous dans] en dessous (par en dessous, en dessous etc.) H₁ ... B₂, BT
en dessous A
1568 1050 envoyer] dire B ligne om. T
1569 1058 un muet] le muet B
1570 1059 marge Esculape dieu de la médecine om. B
1571 1065 eux om. AMXRCLB₂
1572 1072 lui AM ... CB₂, BT, WH₃
1573 1083 marge Hercule etc. om. B.
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1574 1103 marge Pluton etc. omis. AH₁XE ... B₂ (inscrit plus tard M), B
1575 1105 fro] au lieu de H₁, BT de W
1576 1107 chaque H₁ ... B₂
1577 1109 fflagetoun AMH₁, W fflogetoun GECLB₂, B
1578 1112 du helle] du helle AM ... B₂, AdBΔΛ, W
1579 1119 Iupiteres (Iubiteres etc.) MYXGERC, SB Iupiters
(Iubiters) AJLB₂, FH₃ Iupiter (Iubiter) H₁, AdTΔ, W
1580 1134 marge dearum JY, S ... Δ, FH₃ deorum AM ... B₂, W
1581 1138 le omis. H₁ ... B₂, Δ, W lois H₁ ... B₂
1582 1149 ici (elle) B, W lui C
1583 1155 f. marge Junon etc. omis. AM ... B₂ et diuiciarum omis. BT
1584 1156 lui omis. B
1585 1165 Iupiter il SAdΔ
1586 1172 était omis. H₁ ... B₂ comme seiþ H₁ ... B₂
1587 1176 Et omis. BT
1588 1199 Palon(e) H₁ ... B₂
1589 1201 après þat au lieu de sche était w. AM ... B₂
1590 1203 Le] À H₁E ... B₂
1591 1207 marge Pallas etc. omis. C, BT
1592 1221 marge Cérès déesse des fruits omis. JH₁ ... B₂ Saturne déesse
des fruits B
1593 1230 raisin AM ... B₂, Δ
1594 1232 le omis. AM, W
1595 1238 elle tilþes B
1596 1245 marge et Siluarum omis. AM
1597 1252 Et] Bot (Mais) SAdBTΔΛ
1598 1253 mena BT
1599 1256 était appelé BTΛ
1600 1262 tout à] vers B
1601 1279 Tant qu’elle était] Ce qui était H₁ ... B₂
1602 1286 elle omis. H₁ ... B₂
1603 1287 À gedre ARCLB₂ À gedres M
1604 1290 Alors BTΛ le blanc H₁E ... B₂
1605 1297 tenait] prit(e) H₁ ... B₂
1606 1308 dans omis. AM au lieu de H₁ ... B₂
1607 1318 pour les meilleurs ER, BTΔ, W
1608 1331 Habillé AMXRB₂
1609 1333 mais] là H₁ ... B₂
1610 1336 marge Néréides de Mars omis. B
1611 1339 en avant omis. AM ... B₂
1612 1349 le omis. AM ... B₂
1613 1353 déesses BΛ, W déesse AM ... B₂
1614 1358 marge Manes etc. omis. B
1615 1381 venir d’abord AM est venu en premier W
1616 1383 ici] leur (elle) JL, Ad, W ȝour(e) X ... CB₂
1617 1383 ff. marge Comment etc. omis. H₁ ... B₂
1618 1384 le sein A ... B₂, Ad, H₃
1619 1405 poser] haþ AM
1620 1423 telle X, B, W
1621 1429 un commun AM tous communs X
1575 1105 fro] au lieu de H₁, BT de W
1576 1107 chaque H₁ ... B₂
1577 1109 fflagetoun AMH₁, W fflogetoun GECLB₂, B
1578 1112 du helle] du helle AM ... B₂, AdBΔΛ, W
1579 1119 Iupiteres (Iubiteres etc.) MYXGERC, SB Iupiters
(Iubiters) AJLB₂, FH₃ Iupiter (Iubiter) H₁, AdTΔ, W
1580 1134 marge dearum JY, S ... Δ, FH₃ deorum AM ... B₂, W
1581 1138 le omis. H₁ ... B₂, Δ, W lois H₁ ... B₂
1582 1149 ici (elle) B, W lui C
1583 1155 f. marge Junon etc. omis. AM ... B₂ et diuiciarum omis. BT
1584 1156 lui omis. B
1585 1165 Iupiter il SAdΔ
1586 1172 était omis. H₁ ... B₂ comme seiþ H₁ ... B₂
1587 1176 Et omis. BT
1588 1199 Palon(e) H₁ ... B₂
1589 1201 après þat au lieu de sche était w. AM ... B₂
1590 1203 Le] À H₁E ... B₂
1591 1207 marge Pallas etc. omis. C, BT
1592 1221 marge Cérès déesse des fruits omis. JH₁ ... B₂ Saturne déesse
des fruits B
1593 1230 raisin AM ... B₂, Δ
1594 1232 le omis. AM, W
1595 1238 elle tilþes B
1596 1245 marge et Siluarum omis. AM
1597 1252 Et] Bot (Mais) SAdBTΔΛ
1598 1253 mena BT
1599 1256 était appelé BTΛ
1600 1262 tout à] vers B
1601 1279 Tant qu’elle était] Ce qui était H₁ ... B₂
1602 1286 elle omis. H₁ ... B₂
1603 1287 À gedre ARCLB₂ À gedres M
1604 1290 Alors BTΛ le blanc H₁E ... B₂
1605 1297 tenait] prit(e) H₁ ... B₂
1606 1308 dans omis. AM au lieu de H₁ ... B₂
1607 1318 pour les meilleurs ER, BTΔ, W
1608 1331 Habillé AMXRB₂
1609 1333 mais] là H₁ ... B₂
1610 1336 marge Néréides de Mars omis. B
1611 1339 en avant omis. AM ... B₂
1612 1349 le omis. AM ... B₂
1613 1353 déesses BΛ, W déesse AM ... B₂
1614 1358 marge Manes etc. omis. B
1615 1381 venir d’abord AM est venu en premier W
1616 1383 ici] leur (elle) JL, Ad, W ȝour(e) X ... CB₂
1617 1383 ff. marge Comment etc. omis. H₁ ... B₂
1618 1384 le sein A ... B₂, Ad, H₃
1619 1405 poser] haþ AM
1620 1423 telle X, B, W
1621 1429 un commun AM tous communs X
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1622 1438 hild J, F hield SB huld A
1623 1447 no] þe AM ... B₂
1624 1453 Bragmas AM ... B₂, H₃
1625 1476 tho] þe H₁XGCLB₂, AdB, W
1626 1477 whom that] þe whom B whom H₁B₂, TΔ, W
1627 1482 hastifesse J, S, F hastifnesse A hastiuesse B
1628 1485 of fire H₁E ... B₂, Δ, WH₃
1629 1486 Bar] Bereþ (Berþ) XG But AME ... B₂
1630 1489 To] Lo AMH₁XG
1631 1495 kept J, B, F kepte A
1632 1517 ate] at here (atte her) AM ... B₂ at hor W
1633 1520 Petornius A, S, F Petronius J, B
1634 1526 which om. E ... B₂ þat W to helle E ... B₂
1635 1527 hir(e) E ... B₂ (her R)
1636 1535 sette SB set AJ, F
1637 1573 Vndur A, F Vnder J, S, B
1638 1578 And he] He AM ... B₂
1639 1593 mysbelieue H₁E ... B₂
1640 1624 bore] bifore BT
1641 1628 habraham F rest Abraham (J defective here) so also l.
1650
1642 1633 and erþe E ... B₂, Ad
1643 1643 the Secte] þat secte S ... Δ this secte W to sette AMH₁X
this] þe AM ... B₂
1644 1646 And alle mysbelieue weyued E ... B₂, Λ (misbelieues RLB₂)
1645 1647 is] was E ... B₂
1646 1653 al om. XE ... B₂
1647 1662 on] in BT
1648 1664 on fote (foote) passen ECLB₂, B on fete p. R on fote
myght p. W in fote it p. X
1649 1667 The daies] Be (By) daies S ... Δ A dayes W
1650 1678 perced(e) þo þe RCLB₂, Λ, W
1651 1685 toke (tooke) C, SB tok (took) A, F
1652 1698 lore MH₁XGLB₂, AdBT, W (hath lore H₁L, W)
1653 1713 Iwes F Iewes A, SB
1654 1715 stonde AC, B stond F
1655 1743 margin ineffabiliter ... creditur B
1656 1742 Which mannes soule haþ set in euene S ... Δ
1657 1743
Et il a réconcilié sa grâce
à cause de quoi cet homme fut d’abord exilé
Et en lui-même il tomba si gravement
Ainsi S ... Δ (insérant un couplet entre 1742 et 1743)
1658 1745 auise E ... B₂
1659 1746 margin Gregorius. Nichil nobis nasci profuit, nisi redimi
profuisset SBΔ (proficit pour profuit B)
1623 1447 no] þe AM ... B₂
1624 1453 Bragmas AM ... B₂, H₃
1625 1476 tho] þe H₁XGCLB₂, AdB, W
1626 1477 whom that] þe whom B whom H₁B₂, TΔ, W
1627 1482 hastifesse J, S, F hastifnesse A hastiuesse B
1628 1485 of fire H₁E ... B₂, Δ, WH₃
1629 1486 Bar] Bereþ (Berþ) XG But AME ... B₂
1630 1489 To] Lo AMH₁XG
1631 1495 kept J, B, F kepte A
1632 1517 ate] at here (atte her) AM ... B₂ at hor W
1633 1520 Petornius A, S, F Petronius J, B
1634 1526 which om. E ... B₂ þat W to helle E ... B₂
1635 1527 hir(e) E ... B₂ (her R)
1636 1535 sette SB set AJ, F
1637 1573 Vndur A, F Vnder J, S, B
1638 1578 And he] He AM ... B₂
1639 1593 mysbelieue H₁E ... B₂
1640 1624 bore] bifore BT
1641 1628 habraham F rest Abraham (J defective here) so also l.
1650
1642 1633 and erþe E ... B₂, Ad
1643 1643 the Secte] þat secte S ... Δ this secte W to sette AMH₁X
this] þe AM ... B₂
1644 1646 And alle mysbelieue weyued E ... B₂, Λ (misbelieues RLB₂)
1645 1647 is] was E ... B₂
1646 1653 al om. XE ... B₂
1647 1662 on] in BT
1648 1664 on fote (foote) passen ECLB₂, B on fete p. R on fote
myght p. W in fote it p. X
1649 1667 The daies] Be (By) daies S ... Δ A dayes W
1650 1678 perced(e) þo þe RCLB₂, Λ, W
1651 1685 toke (tooke) C, SB tok (took) A, F
1652 1698 lore MH₁XGLB₂, AdBT, W (hath lore H₁L, W)
1653 1713 Iwes F Iewes A, SB
1654 1715 stonde AC, B stond F
1655 1743 margin ineffabiliter ... creditur B
1656 1742 Which mannes soule haþ set in euene S ... Δ
1657 1743
Et il a réconcilié sa grâce
à cause de quoi cet homme fut d’abord exilé
Et en lui-même il tomba si gravement
Ainsi S ... Δ (insérant un couplet entre 1742 et 1743)
1658 1745 auise E ... B₂
1659 1746 margin Gregorius. Nichil nobis nasci profuit, nisi redimi
profuisset SBΔ (proficit pour profuit B)
Page 718
1660 1756 et suiv. marge O certe necessarium Ade peccatum etcetera B
O felix—redemptorem om. SBΔ(AdT) La note se trouve à la l. 1746
dans H₃
1661 1763 wolde he AdB
1662 1772 to] wiþ BT
1663 1781-1793
Par la vertu de sa haute puissance
Qui en Marie était pure
Pour demander aux âmes des hommes
Et cette foi est si certaine
Si pleine de grâce et de vertu
Que celui qui s’accroche à Jésus
Dans une vie pure ainsi que par de bonnes œuvres
1790*
Il ne peut manquer du ciel non plus
Ainsi cela dépend de la foi
Que tout homme peut bien obtenir
Ce qu’il a pris etc. SAdBTΔ
1664 1791 forþwið F forþ wið AJ, B
1665 1800 f. marge Iacobus etc. om. S ... Δ
1666 1800 þe goode dede JE ... B₂ (þo C) the goodenesse (þe
goodnesse) H₁X goode dedes G
1667 1801 f.
ffor feiþ . mais s’il y a de bonnes œuvres
Thapostel seiþ n’a aucune valeur SAdBTΔ
1668 1807 f. marge Nota hic—dicuntur om. BΔ(AdT), W Nota
contra istos qui lollardi dicuntur S Nota contra lollardos C
1669 1808 Iwes F Iewes AJ, SB
1670 1826 his dede þe BT his dede his Λ, W
1671 1835 Anthenor AJ, SB Antenor F
1672 1849 estatz F estates J astatz (astates) A, SB
1673 1855 goodly (goodlich) BT
1674 1879 Pseudo telle] Pheudo telle E Pfeudo t. C hem telle Λ om.
T
1675 1883 sew A, S, F siew B
1676 1893 erren] crepen E ... B₂, Λ
1677 1906 f.
Celui qui a converti par son prêche
Et quand cela Andrew E ... B₂, Λ
(conuerted ... teching L conuer E)
1678 1911 schal] to B
1679 1923 no writ ... þe taile A no writ ... no t. YE ... B₂ to write ...
to taile B
1680 1925 which now we see and trowe E ... B₂, Λ
1681 1946 and] of YEC, BT
O felix—redemptorem om. SBΔ(AdT) La note se trouve à la l. 1746
dans H₃
1661 1763 wolde he AdB
1662 1772 to] wiþ BT
1663 1781-1793
Par la vertu de sa haute puissance
Qui en Marie était pure
Pour demander aux âmes des hommes
Et cette foi est si certaine
Si pleine de grâce et de vertu
Que celui qui s’accroche à Jésus
Dans une vie pure ainsi que par de bonnes œuvres
1790*
Il ne peut manquer du ciel non plus
Ainsi cela dépend de la foi
Que tout homme peut bien obtenir
Ce qu’il a pris etc. SAdBTΔ
1664 1791 forþwið F forþ wið AJ, B
1665 1800 f. marge Iacobus etc. om. S ... Δ
1666 1800 þe goode dede JE ... B₂ (þo C) the goodenesse (þe
goodnesse) H₁X goode dedes G
1667 1801 f.
ffor feiþ . mais s’il y a de bonnes œuvres
Thapostel seiþ n’a aucune valeur SAdBTΔ
1668 1807 f. marge Nota hic—dicuntur om. BΔ(AdT), W Nota
contra istos qui lollardi dicuntur S Nota contra lollardos C
1669 1808 Iwes F Iewes AJ, SB
1670 1826 his dede þe BT his dede his Λ, W
1671 1835 Anthenor AJ, SB Antenor F
1672 1849 estatz F estates J astatz (astates) A, SB
1673 1855 goodly (goodlich) BT
1674 1879 Pseudo telle] Pheudo telle E Pfeudo t. C hem telle Λ om.
T
1675 1883 sew A, S, F siew B
1676 1893 erren] crepen E ... B₂, Λ
1677 1906 f.
Celui qui a converti par son prêche
Et quand cela Andrew E ... B₂, Λ
(conuerted ... teching L conuer E)
1678 1911 schal] to B
1679 1923 no writ ... þe taile A no writ ... no t. YE ... B₂ to write ...
to taile B
1680 1925 which now we see and trowe E ... B₂, Λ
1681 1946 and] of YEC, BT
Page 719
1682 1952 en tant que sacrifice] un bon s. E ... B₂
1683 1953 cela après E ... B₃
1684 1965 le] donc E ... L
1685 1969 un om. BT, W
1686 1970 lui om. BT bien Ad
1683 1953 cela après E ... B₃
1684 1965 le] donc E ... L
1685 1969 un om. BT, W
1686 1970 lui om. BT bien Ad
Page 720
NOTES
PROLOGUE
Vers latins. i. 1 f. L’auteur reconnaît son incapacité à aborder des thèmes plus élevés, comme au début du premier livre. Le sujet de cet ouvrage est moins élevé que celui des œuvres qui le précèdent.
3 f. Qua tamen &c. Ce couplet peut être traduit ainsi : « Cependant, dans cette langue d’Hengist dont chante l’île de Brut, je prononcerai des vers en anglais avec l’aide de Carmentis. »
5 f. Ossibus ergo carens &c. C’est-à-dire : « Que la langue malveillante reste loin. » La référence est à Prov. xxv. 15 : « Une langue douce brise les os », prise ici dans un sens négatif ; cf. iii. 463 et suiv.
7. « Ému par l’exemple de ces sages anciens. » Pour cette utilisation de « ensampled », cf. Traité, xv. l. 4 : « Pour servir d’exemple aux autres aujourd’hui. »
13. Who that al &c. « Si l’on écrit seulement sur la sagesse » : expression courante tant dans le français que dans l’anglais de Gower ; voir la note sur Mirour, 1244. En anglais, on trouve « who that », « who so (that) » ou « what man (that) », parfois à l’indicatif et parfois au subjonctif : cf. Prologue, 460, 550, i. 383, 481, ii. 88, iii. 971, 2508, etc. Voir aussi la note sur l. 460.
writ, temps présent, forme syncopée.
16. if that ye rede, « si vous me conseillez ainsi », c’est-à-dire si vous approuvez, équivalent à « si bon vous semblerait » dans Mirour, l. 33.
24. La note en marge manque dans les versions F et S ; elle a peut-être été ajoutée après l’an 1397, lorsque Henri devint duc d’Hereford ; cf.
PROLOGUE
Vers latins. i. 1 f. L’auteur reconnaît son incapacité à aborder des thèmes plus élevés, comme au début du premier livre. Le sujet de cet ouvrage est moins élevé que celui des œuvres qui le précèdent.
3 f. Qua tamen &c. Ce couplet peut être traduit ainsi : « Cependant, dans cette langue d’Hengist dont chante l’île de Brut, je prononcerai des vers en anglais avec l’aide de Carmentis. »
5 f. Ossibus ergo carens &c. C’est-à-dire : « Que la langue malveillante reste loin. » La référence est à Prov. xxv. 15 : « Une langue douce brise les os », prise ici dans un sens négatif ; cf. iii. 463 et suiv.
7. « Ému par l’exemple de ces sages anciens. » Pour cette utilisation de « ensampled », cf. Traité, xv. l. 4 : « Pour servir d’exemple aux autres aujourd’hui. »
13. Who that al &c. « Si l’on écrit seulement sur la sagesse » : expression courante tant dans le français que dans l’anglais de Gower ; voir la note sur Mirour, 1244. En anglais, on trouve « who that », « who so (that) » ou « what man (that) », parfois à l’indicatif et parfois au subjonctif : cf. Prologue, 460, 550, i. 383, 481, ii. 88, iii. 971, 2508, etc. Voir aussi la note sur l. 460.
writ, temps présent, forme syncopée.
16. if that ye rede, « si vous me conseillez ainsi », c’est-à-dire si vous approuvez, équivalent à « si bon vous semblerait » dans Mirour, l. 33.
24. La note en marge manque dans les versions F et S ; elle a peut-être été ajoutée après l’an 1397, lorsque Henri devint duc d’Hereford ; cf.
Page 721
« tunc Derbie comiti », ou même plus tard, car dans la Cron. Tripertita, Gower l’appelle Comte de Derby au moment de son exil, en utilisant la même expression que ici : « tunc Derbie comiti ». Caxton, suivi par Berthelet, donne ce qui suit : « Hic in primis declarat Ioannes Gower quam ob causam presentem libellum composuit et finaliter complevit, An. regni regis Ric. secundi 16. »
31. C’est-à-dire, comparé à ce qu’il était autrefois : cf. l. 133.
41. écrire... stode : subjonctif. Pour le subjonctif dans la question indirecte, cf. ii. 1243, 1943, iii. 708, 771, etc.
43. comme on dit, c’est-à-dire « comme on peut le dire », une qualification de ce qui suit ; « a gret partie » : cette expression est courante, par ex. i. 1381, « comme on dit, everemo », 2794, ii. 696, « comme on dit, ded for feere », etc.
46. schewen, utilisé absolument, « exposer leurs histoires ».
52. un clerc de burel, « un homme de savoir limité », en particulier « un laïc » ; cf. Chaucer, Cant. Tales, B 3145, D 1872 : « burel » était un tissu grossier.
54. tok, « a eu lieu », « a existé » : cf. Chaucer, Troilus, iv. 1562.
« Et si jamais cela devait arriver par la suite. »
Ainsi « prendre » en français, par ex. Mir. 831 :
« Le mariage devait avoir lieu. »
72. le dieu, ainsi 198, ii. 594 ; cf. « la vertu », 116, « la manhode », 260, « l’homme », 546, 582, « La charité », 319, etc.
74. s’est terminé, « a continué jusqu’à la fin ».
77 et suiv. Apparemment une référence au traité sur les devoirs d’un souverain contenu dans le septième livre : « Je ferai également un discours concernant ceux qui sont au pouvoir, en marquant la distinction entre les vertus et les vices qui appartiennent à leur fonction. »
81 et suiv. « Mais comme mon intelligence est trop faible pour corriger les défauts de chacun, j’envoie ce livre à mon propre seigneur Henri de Lancastre... afin qu’il soit amendé. »
31. C’est-à-dire, comparé à ce qu’il était autrefois : cf. l. 133.
41. écrire... stode : subjonctif. Pour le subjonctif dans la question indirecte, cf. ii. 1243, 1943, iii. 708, 771, etc.
43. comme on dit, c’est-à-dire « comme on peut le dire », une qualification de ce qui suit ; « a gret partie » : cette expression est courante, par ex. i. 1381, « comme on dit, everemo », 2794, ii. 696, « comme on dit, ded for feere », etc.
46. schewen, utilisé absolument, « exposer leurs histoires ».
52. un clerc de burel, « un homme de savoir limité », en particulier « un laïc » ; cf. Chaucer, Cant. Tales, B 3145, D 1872 : « burel » était un tissu grossier.
54. tok, « a eu lieu », « a existé » : cf. Chaucer, Troilus, iv. 1562.
« Et si jamais cela devait arriver par la suite. »
Ainsi « prendre » en français, par ex. Mir. 831 :
« Le mariage devait avoir lieu. »
72. le dieu, ainsi 198, ii. 594 ; cf. « la vertu », 116, « la manhode », 260, « l’homme », 546, 582, « La charité », 319, etc.
74. s’est terminé, « a continué jusqu’à la fin ».
77 et suiv. Apparemment une référence au traité sur les devoirs d’un souverain contenu dans le septième livre : « Je ferai également un discours concernant ceux qui sont au pouvoir, en marquant la distinction entre les vertus et les vices qui appartiennent à leur fonction. »
81 et suiv. « Mais comme mon intelligence est trop faible pour corriger les défauts de chacun, j’envoie ce livre à mon propre seigneur Henri de Lancastre... afin qu’il soit amendé. »
Page 722
« sur son ordre ». Pour « upon amendement to stonde », cf. ii. 583. La suggestion d’amendement de la part du mécène de l’auteur n’est bien sûr qu’un simple compliment, comme celui que Chaucer adresse à Gower à la fin de Troilus, mais elle donne une apparence modeste à la critique générale. Il est peu probable que l’expression « upon amendement » fasse référence au changement apporté dans cette partie du texte, à quoi l’auteur n’aurait guère attiré l’attention de cette manière. De plus, à moins de l’interpréter comme indiqué ci-dessus, le sens semblerait être : « Comme mon intelligence est trop limitée pour admonester chacun, j’envoie mon œuvre, telle qu’elle a été révisée, à mon propre seigneur Henri de Lancastre », ce qui constituerait une application bien trop directe des admonestations à venir. Il est inutile d’ajouter que « to tellen every man his tale » ne fait pas référence aux Canterbury Tales, comme certains l’ont supposé.
24*-92*. Pour cette variation, voir l’Introduction. Le texte de B, qui est suivi ici, est aussi bon que n’importe quel autre, mais aucune des copies contenant ce passage n’est parfaitement correcte en matière d’orthographe ; le texte a donc été légèrement normalisé à cet égard. A et E sont défectueux ici, et J, qui est le meilleur manuscrit disponible, présente des particularités orthographiques (« Richardus », « wyche », « hyt », « hys », « aftur », « resonabul », « ȝef », « be heste », « be ginne », etc.), ce qui le rend plutôt peu adapté comme base pour le texte. On constatera cependant que J et B se corrigent mutuellement dans une large mesure, et nous disposons également de MGRCL comme témoins supplémentaires de bonne qualité. Ainsi, concernant certaines des variations orthographiques par rapport à B, on a ce qui suit :—
24* bok J
25 belongeþ MC
27* euere JML
31* Preiende G Preiend MCL
36* betyde (betide) GCL
40* be JML
43* f. nyh: syh (sih) JL
47* f. seid: leyd J
49* besinesse J
51* boke JM
24*-92*. Pour cette variation, voir l’Introduction. Le texte de B, qui est suivi ici, est aussi bon que n’importe quel autre, mais aucune des copies contenant ce passage n’est parfaitement correcte en matière d’orthographe ; le texte a donc été légèrement normalisé à cet égard. A et E sont défectueux ici, et J, qui est le meilleur manuscrit disponible, présente des particularités orthographiques (« Richardus », « wyche », « hyt », « hys », « aftur », « resonabul », « ȝef », « be heste », « be ginne », etc.), ce qui le rend plutôt peu adapté comme base pour le texte. On constatera cependant que J et B se corrigent mutuellement dans une large mesure, et nous disposons également de MGRCL comme témoins supplémentaires de bonne qualité. Ainsi, concernant certaines des variations orthographiques par rapport à B, on a ce qui suit :—
24* bok J
25 belongeþ MC
27* euere JML
31* Preiende G Preiend MCL
36* betyde (betide) GCL
40* be JML
43* f. nyh: syh (sih) JL
47* f. seid: leyd J
49* besinesse J
51* boke JM
Page 723
52* myhte loke J
53* f. wrytinge : comandinge J
55* herte JMGCL
59* wiþoute GC
62* non JGC
65* handleþ JMGL
66* preye (preie) JMGCL heuene JMG
69* befalle J
75* bit JMCL
80 longe JML
82* bok J
87* begynneþ (beginneþ) ML
89* f. bok : tok J
92* begynne MCL.
34* ff. Une phrase très mal construite. Elle signifie apparemment : « Je réfléchis à ce qui s’est produit, comme étant quelque chose destiné à se produire alors, à savoir que, en remontant la Tamise en bateau, etc., j’ai eu la chance de rencontrer mon seigneur. » Le désordre dans lequel les propositions sont assemblées est une caractéristique que nous remarquerons ailleurs dans le style de l’auteur. « La ville de la nouvelle Troie » est bien sûr Londres, censée avoir été fondée par Brut de Troie, d’où provient « Grande-Bretagne », l’« insula Bruti » des vers initiaux.
52*. loke, « examiner » : cf. ii. 733, vi. 1959.
65*. Il y a ici une corruption qui affecte toutes les copies existantes. Les différentes lectures sont indiquées dans les notes critiques, et manifestement « outkrong » est celle qui bénéficie du plus grand soutien. Je suppose que l’auteur a écrit « onwrong », c’est-à-dire « awrong », mot inhabituel qui a subi une corruption de la part du premier copiste, le « w » ayant été confondu, comme cela pouvait facilement arriver, avec « tk » : cf. Chaucer, H. of Fame, ii. 403, où « tokne » est apparemment une corruption de « towne ».
66*. the hevene king, « le roi du ciel ». Gower écrit régulièrement la dernière « e » dans « hevene », « evene », « evere », « nevere », etc. La syllabe précédente est bien sûr syncopée à l’oral.
69*. what befalle, « tout ce qui peut arriver » : cf. iii. 325, « what it were ».
75*. bit, c’est-à-dire « biddeth ».
53* f. wrytinge : comandinge J
55* herte JMGCL
59* wiþoute GC
62* non JGC
65* handleþ JMGL
66* preye (preie) JMGCL heuene JMG
69* befalle J
75* bit JMCL
80 longe JML
82* bok J
87* begynneþ (beginneþ) ML
89* f. bok : tok J
92* begynne MCL.
34* ff. Une phrase très mal construite. Elle signifie apparemment : « Je réfléchis à ce qui s’est produit, comme étant quelque chose destiné à se produire alors, à savoir que, en remontant la Tamise en bateau, etc., j’ai eu la chance de rencontrer mon seigneur. » Le désordre dans lequel les propositions sont assemblées est une caractéristique que nous remarquerons ailleurs dans le style de l’auteur. « La ville de la nouvelle Troie » est bien sûr Londres, censée avoir été fondée par Brut de Troie, d’où provient « Grande-Bretagne », l’« insula Bruti » des vers initiaux.
52*. loke, « examiner » : cf. ii. 733, vi. 1959.
65*. Il y a ici une corruption qui affecte toutes les copies existantes. Les différentes lectures sont indiquées dans les notes critiques, et manifestement « outkrong » est celle qui bénéficie du plus grand soutien. Je suppose que l’auteur a écrit « onwrong », c’est-à-dire « awrong », mot inhabituel qui a subi une corruption de la part du premier copiste, le « w » ayant été confondu, comme cela pouvait facilement arriver, avec « tk » : cf. Chaucer, H. of Fame, ii. 403, où « tokne » est apparemment une corruption de « towne ».
66*. the hevene king, « le roi du ciel ». Gower écrit régulièrement la dernière « e » dans « hevene », « evene », « evere », « nevere », etc. La syllabe précédente est bien sûr syncopée à l’oral.
69*. what befalle, « tout ce qui peut arriver » : cf. iii. 325, « what it were ».
75*. bit, c’est-à-dire « biddeth ».
Page 724
85*. La lecture correcte est probablement « listen pleie », ce qui est préférable tant du point de vue de la forme que de la construction : cf. iv. 3147, « whan the wommen listen pleie ». Les lectures sont les suivantes : « listen pleye » J, « lusten pleie » M, « luste pley » B₂ ; pour le reste, en général « lust to pleye ». Le verbe semble généralement être suivi d’une préposition lorsqu’il est utilisé de manière impersonnelle, comme à i. 147, 1403, et plus généralement non, comme à i. 2741, iv. 3147, mais il existe des exceptions dans les deux cas, par ex. iv. 907 et iii. 111, iv. 3187.
90*. Cf. 54 ss.
92*. Pour to newe. C’est la lecture des meilleurs manuscrits, et « schewe » est probablement la correction d’un copiste qui ne l’a pas compris. Le mot « newe » signifie ici « produire », mais à l. 59 « neweth » est intransitif et signifie « naître ».
Vers latins, ii. 2. vertit in orbe, « tourne rond », comme sur sa roue.
4. Cf. 111 f.
11. « Et ainsi ces régions qui furent autrefois les plus fortes tombent en décadence dans le monde entier, et n’ont plus de centre de repos. » (Le premier « que » est relatif, pour « quae ».) Il est cependant possible que « per orbem » se réfère encore à la roue de la Fortune, cf. 138 ss., où le sens de ce couplet semble être exprimé, et dans ce cas le sens est : « tombent en décadence tandis qu’elles tournent sur la roue. »
116. le vertu : pour cette utilisation française de l’article, souvent rencontrée chez Gower, voir la note à l. 72.
122 ss. « Et en témoignage de cela, j’emprunte la voix commune de chaque pays, qui ne peut mentir. » Ce recours à la voix commune, le « commune dictum », est caractéristique de notre auteur, qui répète le proverbe « Vox populi vox dei » à plusieurs reprises sous différentes formes, par ex. Mirour, 12725. Pour l’usage de « that » dans de telles expressions, cf. l. 907, et iv. 2040.
133. to loke &c., « lorsque nous regardons autour de nous » : cf. 31, i. 1060, 2278, etc.
139. blinde fortune. « Fortune » doit ici être pris comme un nom propre, et donc la forme définie de l’adjectif : cf. i. 3396, « wyse Peronelle », ii. 588.
90*. Cf. 54 ss.
92*. Pour to newe. C’est la lecture des meilleurs manuscrits, et « schewe » est probablement la correction d’un copiste qui ne l’a pas compris. Le mot « newe » signifie ici « produire », mais à l. 59 « neweth » est intransitif et signifie « naître ».
Vers latins, ii. 2. vertit in orbe, « tourne rond », comme sur sa roue.
4. Cf. 111 f.
11. « Et ainsi ces régions qui furent autrefois les plus fortes tombent en décadence dans le monde entier, et n’ont plus de centre de repos. » (Le premier « que » est relatif, pour « quae ».) Il est cependant possible que « per orbem » se réfère encore à la roue de la Fortune, cf. 138 ss., où le sens de ce couplet semble être exprimé, et dans ce cas le sens est : « tombent en décadence tandis qu’elles tournent sur la roue. »
116. le vertu : pour cette utilisation française de l’article, souvent rencontrée chez Gower, voir la note à l. 72.
122 ss. « Et en témoignage de cela, j’emprunte la voix commune de chaque pays, qui ne peut mentir. » Ce recours à la voix commune, le « commune dictum », est caractéristique de notre auteur, qui répète le proverbe « Vox populi vox dei » à plusieurs reprises sous différentes formes, par ex. Mirour, 12725. Pour l’usage de « that » dans de telles expressions, cf. l. 907, et iv. 2040.
133. to loke &c., « lorsque nous regardons autour de nous » : cf. 31, i. 1060, 2278, etc.
139. blinde fortune. « Fortune » doit ici être pris comme un nom propre, et donc la forme définie de l’adjectif : cf. i. 3396, « wyse Peronelle », ii. 588.
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2721, « de la grande Rome », ii. 2304, « faux Nessus », iii. 2100, « faux Égisthe », etc.
143. upon a weer, c’est-à-dire dans le doute ou l’angoisse : cf. iii. 1148, et Chaucer,
House of Fame, 979,
« Tho gan I wexen in a wer. »
144 sq. « Et surtout si le pouvoir des dirigeants du monde n’est pas
maintenu droit par de bons conseils de telle manière que » etc.
152. heved, toujours un mot monosyllabique dans le mètre : ce mot apparaît aussi
sous la forme « hefd » i. 199, et fréquemment sous la forme « hed ».
154. her trowthe allowe, « approuver leur loyauté », c’est-à-dire l’accepter.
155. « Et les accueillir de tout son cœur. » Pour la position de la
conjonction, cf. 521, 756, 759, 1014, i. 854, 863, etc., et note sur Mirour,
415. M. Liddell m’indique que cette même utilisation se rencontre fréquemment
dans le ME. Palladius.
156 (marge). La citation est tirée d’Ecclésiaste xxxii. 24, « Fili, sine
consilio nihil facias. » Ce livre est souvent cité comme étant Salomon dans le Mirour.
162. Une trêve avec la France et l’Écosse fut conclue pour trois ans en
1389, mais la paix ne fut finalement établie qu’en 1396.
166 sq. Cf. Praise of Peace, 190.
172. at alle assaies, « de toutes les manières » : cf. ii. 2447.
Vers latins. iii. 1. Iohannes : saint Jean l’Évangéliste, qui est mentionné
soit comme le maître de l’amour fraternel, soit parce que son Évangile contient les exhortations adressées à saint Pierre, « Paîs mes brebis », « Paîs mes agneaux ».
2. ista, « cela ».
3. bina virtute, peut-être la charité et la chasteté, cf. 464 sq.
4. inculta, au nominatif malgré le mètre, donc auvaricia à la ligne 8.
8. tepente, « être tiède », c’est-à-dire être traité de manière tiède.
143. upon a weer, c’est-à-dire dans le doute ou l’angoisse : cf. iii. 1148, et Chaucer,
House of Fame, 979,
« Tho gan I wexen in a wer. »
144 sq. « Et surtout si le pouvoir des dirigeants du monde n’est pas
maintenu droit par de bons conseils de telle manière que » etc.
152. heved, toujours un mot monosyllabique dans le mètre : ce mot apparaît aussi
sous la forme « hefd » i. 199, et fréquemment sous la forme « hed ».
154. her trowthe allowe, « approuver leur loyauté », c’est-à-dire l’accepter.
155. « Et les accueillir de tout son cœur. » Pour la position de la
conjonction, cf. 521, 756, 759, 1014, i. 854, 863, etc., et note sur Mirour,
415. M. Liddell m’indique que cette même utilisation se rencontre fréquemment
dans le ME. Palladius.
156 (marge). La citation est tirée d’Ecclésiaste xxxii. 24, « Fili, sine
consilio nihil facias. » Ce livre est souvent cité comme étant Salomon dans le Mirour.
162. Une trêve avec la France et l’Écosse fut conclue pour trois ans en
1389, mais la paix ne fut finalement établie qu’en 1396.
166 sq. Cf. Praise of Peace, 190.
172. at alle assaies, « de toutes les manières » : cf. ii. 2447.
Vers latins. iii. 1. Iohannes : saint Jean l’Évangéliste, qui est mentionné
soit comme le maître de l’amour fraternel, soit parce que son Évangile contient les exhortations adressées à saint Pierre, « Paîs mes brebis », « Paîs mes agneaux ».
2. ista, « cela ».
3. bina virtute, peut-être la charité et la chasteté, cf. 464 sq.
4. inculta, au nominatif malgré le mètre, donc auvaricia à la ligne 8.
8. tepente, « être tiède », c’est-à-dire être traité de manière tiède.
Page 726
196 (marge). Roberti Gibbonensis, Robert de Genève, élu pape en opposition à Urbain VI, sous le titre de Clément VII.
198. Le dieu, voir la note au vers 72.
204. Simon, c’est-à-dire Simon le Magicien, d’où vient le nom de la simonie : cf. 442 sq., Mirour, 18451 sq., et Vox Clamantis, iii. 249, 1217, etc.
207 sq. Il s’agit des banquiers lombards employés comme intermédiaires pour obtenir des faveurs ecclésiastiques. La « lettre » mentionnée est la disposition pontificale, ou peut-être la lettre de demande adressée au pape en faveur d’une personne particulière : cf. Vox Clam. iii. 1375 sq.,
« Littera dum Regis papales supplicat aures,
Simon et est medius, vngat vt ipse manus. »
210. Provende, équivalent de prébende ; en fait, « prébende » est ici une lecture variant. Littré cite Wace :
« Cil me dona et Diez li rende
À Baiex une provende »,
et Rutebeuf :
« Qui argent porte a Rome, assés tot provende a. »
212. « L’autorité de l’Église » (symbolisée par la clé) « n’était alors pas à la merci de bandes armées ni dépendante du résultat des batailles ». Pour « brigantaille », signifiant des troupes irrégulières, cf. Mir. 18675.
218. Défense, « interdiction » : cf. iv. 1026, v. 1710, et Chaucer, Troil. iii. 138, « if that I breke your defence ».
220. « N’était alors pas de leur ressort », c’est-à-dire ne relevait pas de leur autorité : « baillie » signifie la charge ou le gouvernement d’une chose, comme dans Trait. xi. 19, « Le duc q’ot lors Ravenne en sa baillie », donc une chose confiée à la garde d’une personne.
198. Le dieu, voir la note au vers 72.
204. Simon, c’est-à-dire Simon le Magicien, d’où vient le nom de la simonie : cf. 442 sq., Mirour, 18451 sq., et Vox Clamantis, iii. 249, 1217, etc.
207 sq. Il s’agit des banquiers lombards employés comme intermédiaires pour obtenir des faveurs ecclésiastiques. La « lettre » mentionnée est la disposition pontificale, ou peut-être la lettre de demande adressée au pape en faveur d’une personne particulière : cf. Vox Clam. iii. 1375 sq.,
« Littera dum Regis papales supplicat aures,
Simon et est medius, vngat vt ipse manus. »
210. Provende, équivalent de prébende ; en fait, « prébende » est ici une lecture variant. Littré cite Wace :
« Cil me dona et Diez li rende
À Baiex une provende »,
et Rutebeuf :
« Qui argent porte a Rome, assés tot provende a. »
212. « L’autorité de l’Église » (symbolisée par la clé) « n’était alors pas à la merci de bandes armées ni dépendante du résultat des batailles ». Pour « brigantaille », signifiant des troupes irrégulières, cf. Mir. 18675.
218. Défense, « interdiction » : cf. iv. 1026, v. 1710, et Chaucer, Troil. iii. 138, « if that I breke your defence ».
220. « N’était alors pas de leur ressort », c’est-à-dire ne relevait pas de leur autorité : « baillie » signifie la charge ou le gouvernement d’une chose, comme dans Trait. xi. 19, « Le duc q’ot lors Ravenne en sa baillie », donc une chose confiée à la garde d’une personne.
Page 727
221. La forme définie « veine honour » est utilisée par Gower avec moins de régularité pour les adjectifs empruntés au français que pour les autres, par ex. iii. 889, « For with here fals compassement » ; mais d’un autre côté, i. 864, « the pleine cas », ii. 412, « And thurgh his false tunge endited », et 824, « This false knyht upon delay ».
246. is went : cf. iii. 878 et Chaucer, Cant. Tales, E 1013, F 567.
247. here lawe positif : la « lex positiva » est ce qui n’est pas moralement contraignant en soi, mais seulement parce qu’il est imposé par une autorité (ecclésiastique) : cf. Vox Clam. iii. 227 sq. C’est naturellement le domaine dans lequel s’exercent toutes sortes de dispenses ecclésiastiques.
248. Hath set. Apparemment « set » est intransitif, « Since their positive law hath set itself to make », etc. Il n’existe aucune autorité fiable pour interpréter cela comme « hire ».
252. On ne trouve guère un autre exemple de « but » à la place de « bot » en F, et la forme « right » à la place de « riht » dans la ligne précédente est très inhabituelle.
260. the manhode, c’est-à-dire la nature humaine : voir la note sur l. 72. Pour « thenkth », voir la note sur 461.
263. withholde, « conservé comme son serviteur ».
268. in the point &c., c’est-à-dire dès qu’il est collecté. L’allusion concerne les circonstances de la campagne du évêque de Norwich en 1385 ; cf. Vox Clam. iii. 373 (marge), et voir Froissart (éd. Lettenhove), vol. x, p. 207.
278. That scholde be &c., c’est-à-dire le papauté, qui, en raison du schisme, est devenue une cause de guerre et de conflits.
289. Grégoire. Il s’agit de passages tels que la Regula Pastoralis, i, chap. 8, 9. La citation en marge à l. 298 est tirée librement des Homélies sur l’Évangile (Migne, Patrol. vol. 76, p. 1128) : « Mercenarius quippe est qui locum quidem pastoris tenet, sed lucra animarum non quaerit : terrenis commodis inhiat, honore praelationis gaudet, temporalibus lucris pascitur, impensa sibi ab hominibus reverentia laetatur. » L’idée exprimée par « non vt prosint sed vt presint » apparaît souvent dans les écrits de Grégoire, par ex. Reg. Past. ii, chap. 6 : « nec praeesse se hominibus gaudent sed prodesse. »
299. manie : la dernière « e » compte comme une syllabe et la voyelle précédente est absorbée ; voir la note sur 323 : mais « many » est également utilisé comme pluriel.
246. is went : cf. iii. 878 et Chaucer, Cant. Tales, E 1013, F 567.
247. here lawe positif : la « lex positiva » est ce qui n’est pas moralement contraignant en soi, mais seulement parce qu’il est imposé par une autorité (ecclésiastique) : cf. Vox Clam. iii. 227 sq. C’est naturellement le domaine dans lequel s’exercent toutes sortes de dispenses ecclésiastiques.
248. Hath set. Apparemment « set » est intransitif, « Since their positive law hath set itself to make », etc. Il n’existe aucune autorité fiable pour interpréter cela comme « hire ».
252. On ne trouve guère un autre exemple de « but » à la place de « bot » en F, et la forme « right » à la place de « riht » dans la ligne précédente est très inhabituelle.
260. the manhode, c’est-à-dire la nature humaine : voir la note sur l. 72. Pour « thenkth », voir la note sur 461.
263. withholde, « conservé comme son serviteur ».
268. in the point &c., c’est-à-dire dès qu’il est collecté. L’allusion concerne les circonstances de la campagne du évêque de Norwich en 1385 ; cf. Vox Clam. iii. 373 (marge), et voir Froissart (éd. Lettenhove), vol. x, p. 207.
278. That scholde be &c., c’est-à-dire le papauté, qui, en raison du schisme, est devenue une cause de guerre et de conflits.
289. Grégoire. Il s’agit de passages tels que la Regula Pastoralis, i, chap. 8, 9. La citation en marge à l. 298 est tirée librement des Homélies sur l’Évangile (Migne, Patrol. vol. 76, p. 1128) : « Mercenarius quippe est qui locum quidem pastoris tenet, sed lucra animarum non quaerit : terrenis commodis inhiat, honore praelationis gaudet, temporalibus lucris pascitur, impensa sibi ab hominibus reverentia laetatur. » L’idée exprimée par « non vt prosint sed vt presint » apparaît souvent dans les écrits de Grégoire, par ex. Reg. Past. ii, chap. 6 : « nec praeesse se hominibus gaudent sed prodesse. »
299. manie : la dernière « e » compte comme une syllabe et la voyelle précédente est absorbée ; voir la note sur 323 : mais « many » est également utilisé comme pluriel.
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305. Cf. Vox Clam. iii. 1271, « In cathedram Moysi nunc ascendunt Pharisei », et voir Rom. de la Rose, 11809 sq. (éd. Méon), version anglaise, 6889 sq.
311. is noght foryete, usage impersonnel, « il n’y a pas d’oubli » : cf. 338.
323. Ici, « studie » est réduit par élision à la valeur d’un mot monosyllabique : voir la note sur Mirour, 296. La règle s’applique aux substantifs tels que « accidie », « Mercurie », « chirie », aux adjectifs tels que « manie » (l. 299), ainsi qu’aux verbes tels que « studie », « carie », « tarie ».
329. Si Ethna brenne, etc. Il s’agit du feu de l’Envie, souvent comparé à celui de l’Etna, ii. 20, 2337, etc.
338 sq. Le verbe est utilisé de manière impersonnelle, « il y a raison pour nous tous d’être tristes ».
348. « Cela fait que cette nouvelle secte est introduite. » Le sujet doit être déduit de la phrase précédente.
366 sq. C’est-à-dire que les différents prétendants au pontificat sont soutenus dans divers pays par des préférences ou des intérêts nationaux.
380 sq. « Ils ne font preuve d’aucun autre raisonnement quant au péril de la religion. »
383. Son monde, c’est-à-dire sa fortune, cf. 1081, i. 178, etc.
388 sq. C’est-à-dire que la juste cause n’a de défense que dans la règle de l’inclination et de l’intérêt personnels, principe exprimé par « Où j’aime, là je tiens ».
407 sq. Il s’agit d’une accusation contre ceux qui occupent des fonctions dans l’Église pour avoir délibérément semé la tentation auprès de leur peuple, afin de tirer profit des amendes imposées pour des violations de la morale et de la discipline. Le sens est pleinement illustré par des passages similaires dans le Mirour de l’omme, 20161 sq., et le Vox Clamantis, iii. 195 ; cf. Chaucer, Pers. Tale, 721. La phrase est ici un peu désordonnée et donc obscure : « On dit qu’ils chassent leur troupeau des prairies douces vers les broussailles, parce qu’ils veulent saisir et, par de tels mauvais traitements, emporter la laine qui restera sur les épines, arrachée par les broussailles », etc. Il s’agit principalement du tribunal de l’archidiacre.
311. is noght foryete, usage impersonnel, « il n’y a pas d’oubli » : cf. 338.
323. Ici, « studie » est réduit par élision à la valeur d’un mot monosyllabique : voir la note sur Mirour, 296. La règle s’applique aux substantifs tels que « accidie », « Mercurie », « chirie », aux adjectifs tels que « manie » (l. 299), ainsi qu’aux verbes tels que « studie », « carie », « tarie ».
329. Si Ethna brenne, etc. Il s’agit du feu de l’Envie, souvent comparé à celui de l’Etna, ii. 20, 2337, etc.
338 sq. Le verbe est utilisé de manière impersonnelle, « il y a raison pour nous tous d’être tristes ».
348. « Cela fait que cette nouvelle secte est introduite. » Le sujet doit être déduit de la phrase précédente.
366 sq. C’est-à-dire que les différents prétendants au pontificat sont soutenus dans divers pays par des préférences ou des intérêts nationaux.
380 sq. « Ils ne font preuve d’aucun autre raisonnement quant au péril de la religion. »
383. Son monde, c’est-à-dire sa fortune, cf. 1081, i. 178, etc.
388 sq. C’est-à-dire que la juste cause n’a de défense que dans la règle de l’inclination et de l’intérêt personnels, principe exprimé par « Où j’aime, là je tiens ».
407 sq. Il s’agit d’une accusation contre ceux qui occupent des fonctions dans l’Église pour avoir délibérément semé la tentation auprès de leur peuple, afin de tirer profit des amendes imposées pour des violations de la morale et de la discipline. Le sens est pleinement illustré par des passages similaires dans le Mirour de l’omme, 20161 sq., et le Vox Clamantis, iii. 195 ; cf. Chaucer, Pers. Tale, 721. La phrase est ici un peu désordonnée et donc obscure : « On dit qu’ils chassent leur troupeau des prairies douces vers les broussailles, parce qu’ils veulent saisir et, par de tels mauvais traitements, emporter la laine qui restera sur les épines, arrachée par les broussailles », etc. Il s’agit principalement du tribunal de l’archidiacre.
Page 729
416. craie pour fromage, cf. ii. 2346 : c’est une expression proverbiale encore en usage.
430. « Nous voyons le sort tiré de travers » : pour « merel », cf. Mir. 23496.
434. Hébreux, v. 4.
452. en audience, « en assemblée publique » : cf. ii. 2556.
454. une fête charmante, prise comme emblème de plaisirs éphémères : cf. vi. 890 et suiv.,
« Et ce qui dure pas plus qu’un jet,
Comme si c’était une fête charmante. »
460. understode, subjonctif passé avec sens indéfini : cf. i. 383, ii. 88, iii. 971, iv. 2597, 2728, vi. 1474. « Celui qui comprit leurs paroles, il lui semble probable », etc., au lieu de « il lui semblerait probable » ; cf. l. 520.
461. La distinction entre « thinke » et « thenke » est complètement perdue dans l’usage de Gower : « thenke » est la forme régulière pour les deux, mais « thinke » est également admis pour les deux en rime, comme aux vers 213, 254.
480. « De peur que (Au cas où) je dise quelque chose de faux. » Le sujet est délicat et l’auteur fait preuve d’une prudence similaire lorsqu’il aborde ce sujet dans le Mirour.
492. as of, « en ce qui concerne » : cf. i. 557, iii. 1479, etc.
Vers latins. iv. 4. velle, utilisé comme nom, « volonté » : ainsi « de puro velle » dans les vers au début du deuxième livre.
509 et suiv. « Ce que l’homme aura grand-peine à retenir, s’il parvient jamais à le retenir. »
521. Pour la position de « and », voir la note sur 155.
525. stonde upon : cf. 214.
529. som men : « som » est invariable dans cette expression ; d’un autre côté, on trouve « somme clerkes », l. 355.
430. « Nous voyons le sort tiré de travers » : pour « merel », cf. Mir. 23496.
434. Hébreux, v. 4.
452. en audience, « en assemblée publique » : cf. ii. 2556.
454. une fête charmante, prise comme emblème de plaisirs éphémères : cf. vi. 890 et suiv.,
« Et ce qui dure pas plus qu’un jet,
Comme si c’était une fête charmante. »
460. understode, subjonctif passé avec sens indéfini : cf. i. 383, ii. 88, iii. 971, iv. 2597, 2728, vi. 1474. « Celui qui comprit leurs paroles, il lui semble probable », etc., au lieu de « il lui semblerait probable » ; cf. l. 520.
461. La distinction entre « thinke » et « thenke » est complètement perdue dans l’usage de Gower : « thenke » est la forme régulière pour les deux, mais « thinke » est également admis pour les deux en rime, comme aux vers 213, 254.
480. « De peur que (Au cas où) je dise quelque chose de faux. » Le sujet est délicat et l’auteur fait preuve d’une prudence similaire lorsqu’il aborde ce sujet dans le Mirour.
492. as of, « en ce qui concerne » : cf. i. 557, iii. 1479, etc.
Vers latins. iv. 4. velle, utilisé comme nom, « volonté » : ainsi « de puro velle » dans les vers au début du deuxième livre.
509 et suiv. « Ce que l’homme aura grand-peine à retenir, s’il parvient jamais à le retenir. »
521. Pour la position de « and », voir la note sur 155.
525. stonde upon : cf. 214.
529. som men : « som » est invariable dans cette expression ; d’un autre côté, on trouve « somme clerkes », l. 355.
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546. L’homme, donc 582 : voir la note sur 72.
550 sq. « Si quelqu’un pense le contraire, regardez le peuple d’Israël » :
« Behold » est l’impératif du deuxième singulier. La forme inhabituelle « Irael » se trouve dans les meilleurs manuscrits ici et ailleurs, et nous devons supposer qu’elle provient de l’auteur.
558. stonde full : peut-être une référence à 503 sq., ou une métaphore tirée des marées.
567 (marge). La citation est tirée de Cons. Phil. ii. Pr. 4 : « Quam multis amaritudinibus humanae felicitatis dulcedo respersa est. » Les références constantes à la Fortune et à sa roue sont probablement suggérées par Boèce, par ex. ii. Pr. 1.
578. C’est-à-dire jusqu’à la fin de toutes choses.
585 sq. Cette vision de Nabuchodonosor, que notre auteur prend pour guide de l’histoire universelle, est mise en exemple dans ces manuscrits qui possèdent des miniatures au début ou près du début de la Confessio Amantis.
618. Fel doun : cf. iii. 2492, « That have I herd the gospell seith. »
668. hol : voir la note sur 683.
676. « Et il resta dans cet état, sans être perturbé », le sujet étant donné par le vers 671, « Was in that kinges time tho. » Pour l’omission du pronom, cf. Prol. 348, i. 1895, 2083, 2462, etc. Cependant, la chute de l’Empire eut lieu non sous le règne de Nabuchodonosor mais sous celui de Belsazar (voir vers 685).
683. Ici et en 693, les meilleurs manuscrits ont « put » pour « putte », et cette suppression complète de la syllabe inflexionnelle, lorsque celle-ci disparaît à cause de l’élision dans le mètre, est suffisamment attestée pour justifier qu’on la considère comme une pratique occasionnelle de l’auteur, tant pour les verbes que pour les adjectifs ; cf. 668, 739, etc. Elle est particulièrement fréquente avec ce verbe en particulier, par ex. i. 1578, 1807, 3213, ii. 93, 1021, etc., où « put » est utilisé pour l’infinitif ainsi que pour le prétérit. Beaucoup plus rarement dans les cas où il n’y a pas d’élision, comme en i. 732. D’un autre côté, on trouve « putte » au prétérit avant une élision, vers 1069, i. 2797, « pute » à l’infinitif, i. 462, iv. 1641.
702. Dans le résumé marginal ici, F donne « Imparatoris », et parfois ailleurs où le mot est écrit intégralement, comme en i. 1417, ii.
550 sq. « Si quelqu’un pense le contraire, regardez le peuple d’Israël » :
« Behold » est l’impératif du deuxième singulier. La forme inhabituelle « Irael » se trouve dans les meilleurs manuscrits ici et ailleurs, et nous devons supposer qu’elle provient de l’auteur.
558. stonde full : peut-être une référence à 503 sq., ou une métaphore tirée des marées.
567 (marge). La citation est tirée de Cons. Phil. ii. Pr. 4 : « Quam multis amaritudinibus humanae felicitatis dulcedo respersa est. » Les références constantes à la Fortune et à sa roue sont probablement suggérées par Boèce, par ex. ii. Pr. 1.
578. C’est-à-dire jusqu’à la fin de toutes choses.
585 sq. Cette vision de Nabuchodonosor, que notre auteur prend pour guide de l’histoire universelle, est mise en exemple dans ces manuscrits qui possèdent des miniatures au début ou près du début de la Confessio Amantis.
618. Fel doun : cf. iii. 2492, « That have I herd the gospell seith. »
668. hol : voir la note sur 683.
676. « Et il resta dans cet état, sans être perturbé », le sujet étant donné par le vers 671, « Was in that kinges time tho. » Pour l’omission du pronom, cf. Prol. 348, i. 1895, 2083, 2462, etc. Cependant, la chute de l’Empire eut lieu non sous le règne de Nabuchodonosor mais sous celui de Belsazar (voir vers 685).
683. Ici et en 693, les meilleurs manuscrits ont « put » pour « putte », et cette suppression complète de la syllabe inflexionnelle, lorsque celle-ci disparaît à cause de l’élision dans le mètre, est suffisamment attestée pour justifier qu’on la considère comme une pratique occasionnelle de l’auteur, tant pour les verbes que pour les adjectifs ; cf. 668, 739, etc. Elle est particulièrement fréquente avec ce verbe en particulier, par ex. i. 1578, 1807, 3213, ii. 93, 1021, etc., où « put » est utilisé pour l’infinitif ainsi que pour le prétérit. Beaucoup plus rarement dans les cas où il n’y a pas d’élision, comme en i. 732. D’un autre côté, on trouve « putte » au prétérit avant une élision, vers 1069, i. 2797, « pute » à l’infinitif, i. 462, iv. 1641.
702. Dans le résumé marginal ici, F donne « Imparatoris », et parfois ailleurs où le mot est écrit intégralement, comme en i. 1417, ii.
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593, 2506, 3201. Cependant, « Imperator » se trouve également en divers endroits du même manuscrit, comme à vii. 2416, et la forme abrégée « Imꝑator » a été écrite ainsi dans cette édition.
725. De cet honneur que tok, c’est-à-dire « d’un tel honneur qu’il a reçu ».
738. si vileins : cas clair du pluriel français de l’adjectif, utilisé ici pour la rime.
739. fals : voir les notes sur 221, 683.
745 et suiv. Il est presque inutile de souligner que l’histoire donnée par notre auteur est ici incorrecte. Charlemagne ne fut pas appelé contre l’empereur Léon, qui mourut l’année avant sa naissance, mais contre les Lombards par Adrien Ier, puis contre les citoyens révoltés de Rome par Léon III, lors de cette dernière occasion il reçut la couronne impériale. La source citée ici est le Trésor de Brunetto Latini, p. 84-88 (éd. 1863).
756. De Rome et : cf. les vers 759, 766, et la note sur 155.
761. doth restore, c’est-à-dire « fait restaurer ».
772 et suiv. Ici encore, l’histoire est historiquement inexacte, mais il n’est pas utile de la corriger.
786 et suiv. Le sens semble être : « Mais c’est après tout ce à quoi nous pouvons nous attendre, car la prospérité (disent-ils) dure rarement ».
795. hath no felawe « n’a ni soutien ni champion » : cf. Praise of Peace, 266, « Et de cette manière, la charité n’a pas de frère ».
809. La ponctuation suit F.
823. expondeth. Cette forme apparaît également aux vers 663, 873, comme lecture de F.
Les terminaisons françaises « -on », « -oun » avaient le même son et rimaient entre elles, de même que « -ance », « -aunce ». Probablement sur le même principe, « expondeth » peut remplacer « expoundeth » et rimer avec « foundeth » : cf. viii. 235 et suiv. D’un autre côté, en i. 2867, on trouve expounde, founde. Il convient de noter que « exponde » est la forme utilisée dans les œuvres françaises, par exemple Mir. 22192, Trait. xi. 20, où elle rime avec Rosemonde, responde, immonde. En règle générale, dans le Mirour, cette catégorie de mots est donnée sans « u », mais dans un distique on trouve « responde », « monde », « blounde » qui riment entre eux, 8681 et suiv.
725. De cet honneur que tok, c’est-à-dire « d’un tel honneur qu’il a reçu ».
738. si vileins : cas clair du pluriel français de l’adjectif, utilisé ici pour la rime.
739. fals : voir les notes sur 221, 683.
745 et suiv. Il est presque inutile de souligner que l’histoire donnée par notre auteur est ici incorrecte. Charlemagne ne fut pas appelé contre l’empereur Léon, qui mourut l’année avant sa naissance, mais contre les Lombards par Adrien Ier, puis contre les citoyens révoltés de Rome par Léon III, lors de cette dernière occasion il reçut la couronne impériale. La source citée ici est le Trésor de Brunetto Latini, p. 84-88 (éd. 1863).
756. De Rome et : cf. les vers 759, 766, et la note sur 155.
761. doth restore, c’est-à-dire « fait restaurer ».
772 et suiv. Ici encore, l’histoire est historiquement inexacte, mais il n’est pas utile de la corriger.
786 et suiv. Le sens semble être : « Mais c’est après tout ce à quoi nous pouvons nous attendre, car la prospérité (disent-ils) dure rarement ».
795. hath no felawe « n’a ni soutien ni champion » : cf. Praise of Peace, 266, « Et de cette manière, la charité n’a pas de frère ».
809. La ponctuation suit F.
823. expondeth. Cette forme apparaît également aux vers 663, 873, comme lecture de F.
Les terminaisons françaises « -on », « -oun » avaient le même son et rimaient entre elles, de même que « -ance », « -aunce ». Probablement sur le même principe, « expondeth » peut remplacer « expoundeth » et rimer avec « foundeth » : cf. viii. 235 et suiv. D’un autre côté, en i. 2867, on trouve expounde, founde. Il convient de noter que « exponde » est la forme utilisée dans les œuvres françaises, par exemple Mir. 22192, Trait. xi. 20, où elle rime avec Rosemonde, responde, immonde. En règle générale, dans le Mirour, cette catégorie de mots est donnée sans « u », mais dans un distique on trouve « responde », « monde », « blounde » qui riment entre eux, 8681 et suiv.
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836. Cit : c’est la vraie leçon ; ce mot apparaît également dans Mir. 7197.
843. Maintenant, avec cela précédemment, « le présent avec le passé », où « maintenant » est utilisé comme nom.
850. the sothe seie : c’est la leçon de la troisième révision ; les autres ont « the soth schal seie ». L’une ou l’autre version est acceptable, car « soth » est employé comme nom, mais « the sothe » est généralement préféré, comme à la ligne 834 et en i. 981, iii. 765.
858. Cf. ii. 3490.
881. writ : présent syncopé, « writeth ». La référence est à 1 Cor. x. 11.
891. Statue : un dissyllabe chez Gower et Chaucer (équivalent à « statwe »), et ici réduit à une syllabe par élision : cf. Cant. Tales, A. 975. La forme plus longue « stature » apparaît à vi. 1524.
900. ces clerkes : démonstratif pour article défini, comme en français ; cf. i. 608, et voir la note sur Mir. 301.
905. Voir la ligne 965. Peut-être ici « cause of » signifie-t-il « parce que », comme « whos cause » pour « parce que dont » à 1040 ; mais je soupçonne plutôt une inversion de l’ordre, pour « L’homme est cause de toute cette misère ».
907. that in tokne, cf. 122.
910 et suiv. Cette question de la corruption de toute création à cause de la chute de l’homme est abordée en détail tant dans le Mirour, 26605 et suiv., que dans le Vox Clamantis, vii. 509 et suiv.
945 et suiv. C’est l’une des citations préférées de Gower : elle apparaît également dans Mir. 26869, Vox Clam. vii. 639. Elle est citée ici d’après les Moralia, vi. 16 (Migne, Patr. vol. 75, p. 740) : « Homo itaque, quia habet commune esse cum lapidibus, vivere cum arboribus, sentire cum animalibus, discernere cum angelis, recte nomine universitatis exprimitur. » Dans le Mirour, elle est attribuée aux Homélies ; voir Hom. in Ev. xxix. 2. Le passage est également cité dans le Roman de la Rose, 19246 et suiv. (éd. Méon) :
« Il a son estre avec les pierres,
Et vit avec les herbes drues,
Et sent avec les bestes mues », etc.
843. Maintenant, avec cela précédemment, « le présent avec le passé », où « maintenant » est utilisé comme nom.
850. the sothe seie : c’est la leçon de la troisième révision ; les autres ont « the soth schal seie ». L’une ou l’autre version est acceptable, car « soth » est employé comme nom, mais « the sothe » est généralement préféré, comme à la ligne 834 et en i. 981, iii. 765.
858. Cf. ii. 3490.
881. writ : présent syncopé, « writeth ». La référence est à 1 Cor. x. 11.
891. Statue : un dissyllabe chez Gower et Chaucer (équivalent à « statwe »), et ici réduit à une syllabe par élision : cf. Cant. Tales, A. 975. La forme plus longue « stature » apparaît à vi. 1524.
900. ces clerkes : démonstratif pour article défini, comme en français ; cf. i. 608, et voir la note sur Mir. 301.
905. Voir la ligne 965. Peut-être ici « cause of » signifie-t-il « parce que », comme « whos cause » pour « parce que dont » à 1040 ; mais je soupçonne plutôt une inversion de l’ordre, pour « L’homme est cause de toute cette misère ».
907. that in tokne, cf. 122.
910 et suiv. Cette question de la corruption de toute création à cause de la chute de l’homme est abordée en détail tant dans le Mirour, 26605 et suiv., que dans le Vox Clamantis, vii. 509 et suiv.
945 et suiv. C’est l’une des citations préférées de Gower : elle apparaît également dans Mir. 26869, Vox Clam. vii. 639. Elle est citée ici d’après les Moralia, vi. 16 (Migne, Patr. vol. 75, p. 740) : « Homo itaque, quia habet commune esse cum lapidibus, vivere cum arboribus, sentire cum animalibus, discernere cum angelis, recte nomine universitatis exprimitur. » Dans le Mirour, elle est attribuée aux Homélies ; voir Hom. in Ev. xxix. 2. Le passage est également cité dans le Roman de la Rose, 19246 et suiv. (éd. Méon) :
« Il a son estre avec les pierres,
Et vit avec les herbes drues,
Et sent avec les bestes mues », etc.
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947. Le monde inférieur, c’est-à-dire un microcosme : cf. Vox Clam. vii. 645,
« Ainsi le monde humain est petit, celui qui porte tout seul chaque chose. »
Cette phrase est attribuée à Aristote dans Mirour, 26929.
953. C’est-à-dire que les pierres ont une existence, et lui aussi en a une ; c’est le seul point commun.
955. Comme le disent les clercs, « comme l’enseignement nous l’apprend ».
975. Ce qui est repris par « Il » en 978 : pour, c’est-à-dire « puisque ».
979. C’est-à-dire que les éléments opposés dans sa constitution (« complexioun ») sont en grande contradiction les uns avec les autres.
985. « Sans séparation des parties. »
995. De plus, répétition de « yit over this », 991.
1013. sende, prétérit ; cf. i. 851, 992, 1452, etc. (mais « sente » en rime, i. 3095, ii. 613, v. 1072) ; ainsi « bende » ii. 2235.
1047. C’est-à-dire qu’il ne peut y avoir de conciliation entre les discordes.
1055 et suiv. Cf. Ovide, Fasti, ii. 83 et suiv.
1066. commun : cette forme, ainsi que « commune », apparaît dans le Mirour.
1085. Le côté du cheval : cf. i. 1536, 2301, etc.
Après 1088, le Sidney Coll. MS. (Δ) contient les lignes suivantes :
« Si seulement, en ce moment,
tout homme de son côté
bénissait et priait pour les pieds,
qui sont la cause de toute croissance
des créatures et du bien-être du monde,
du repos du cœur et de la santé de l’âme ;
sans pieds, rien de bon ne subsiste.
C’est pourquoi, à Christ qui a versé son sang,
pour les pieds, tous les hommes prient. »
« Ainsi le monde humain est petit, celui qui porte tout seul chaque chose. »
Cette phrase est attribuée à Aristote dans Mirour, 26929.
953. C’est-à-dire que les pierres ont une existence, et lui aussi en a une ; c’est le seul point commun.
955. Comme le disent les clercs, « comme l’enseignement nous l’apprend ».
975. Ce qui est repris par « Il » en 978 : pour, c’est-à-dire « puisque ».
979. C’est-à-dire que les éléments opposés dans sa constitution (« complexioun ») sont en grande contradiction les uns avec les autres.
985. « Sans séparation des parties. »
995. De plus, répétition de « yit over this », 991.
1013. sende, prétérit ; cf. i. 851, 992, 1452, etc. (mais « sente » en rime, i. 3095, ii. 613, v. 1072) ; ainsi « bende » ii. 2235.
1047. C’est-à-dire qu’il ne peut y avoir de conciliation entre les discordes.
1055 et suiv. Cf. Ovide, Fasti, ii. 83 et suiv.
1066. commun : cette forme, ainsi que « commune », apparaît dans le Mirour.
1085. Le côté du cheval : cf. i. 1536, 2301, etc.
Après 1088, le Sidney Coll. MS. (Δ) contient les lignes suivantes :
« Si seulement, en ce moment,
tout homme de son côté
bénissait et priait pour les pieds,
qui sont la cause de toute croissance
des créatures et du bien-être du monde,
du repos du cœur et de la santé de l’âme ;
sans pieds, rien de bon ne subsiste.
C’est pourquoi, à Christ qui a versé son sang,
pour les pieds, tous les hommes prient. »
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Amen amen amen amen.
Ces vers furent imprimés par Caxton, puis par Berthelet, avec quelques légères variations d’orthographe, et la lecture « and soules helthe » à la place de « of soule helþe ». À ma connaissance, aucun autre manuscrit ne les contient, à l’exception de Hatton 51, qui est une copie de l’édition de Caxton. Si l’on lit « So were it good as at þis tide » et que l’on corrige l’orthographe partout, les vers ressembleront à ceux que Gower aurait pu écrire ; je soupçonne même qu’ils auraient pu figurer dans le manuscrit de Stafford (S), auquel Δ est très proche. S a perdu ici une feuille, sur laquelle on aurait pu trouver suffisamment de place pour ces vers : le nombre de lignes manquantes est de seulement 156, alors que celui d’une feuille complète est de 184. L’autorité de S serait alors décisive en leur faveur.
LIB. I.
Après avoir exposé dans le Prologue les maux de l’état actuel de la société et les avoir pour l’essentiel attribués au manque d’amour et de concorde entre les hommes, l’auteur renonce délibérément à la tâche de rétablir l’équilibre du monde – une entreprise qu’il n’avait pas reculée à entreprendre par le passé, mais qu’il considère désormais comme trop difficile pour ses forces. Il propose de changer le style de ses écrits et de traiter d’un sujet que tous peuvent comprendre, à savoir cette émotion d’amour que la Nature a insufflée tant dans l’homme que dans l’animal, émotion que personne ne peut maîtriser ni contenir, et qui semble être soumise au hasard aveugle, tout comme les dons de la fortune.
Vers latins. i. 7 f. Cf. les vers « Est amor in glosa pax bellica, lis pietosa », etc., qui suivent le Traité.
10. « of thing is », c’est-à-dire « de la chose qui est » : cf. ii. 1393, « Withinne a Schip was stiereles », ainsi que iii. 219, v. 298, etc., et Mirour, 16956.
21. « natheles » : comme dans le Prol. 36, cela semble signifier ici « de plus », ou peut-être « en vérité », plutôt que « néanmoins ».
Ces vers furent imprimés par Caxton, puis par Berthelet, avec quelques légères variations d’orthographe, et la lecture « and soules helthe » à la place de « of soule helþe ». À ma connaissance, aucun autre manuscrit ne les contient, à l’exception de Hatton 51, qui est une copie de l’édition de Caxton. Si l’on lit « So were it good as at þis tide » et que l’on corrige l’orthographe partout, les vers ressembleront à ceux que Gower aurait pu écrire ; je soupçonne même qu’ils auraient pu figurer dans le manuscrit de Stafford (S), auquel Δ est très proche. S a perdu ici une feuille, sur laquelle on aurait pu trouver suffisamment de place pour ces vers : le nombre de lignes manquantes est de seulement 156, alors que celui d’une feuille complète est de 184. L’autorité de S serait alors décisive en leur faveur.
LIB. I.
Après avoir exposé dans le Prologue les maux de l’état actuel de la société et les avoir pour l’essentiel attribués au manque d’amour et de concorde entre les hommes, l’auteur renonce délibérément à la tâche de rétablir l’équilibre du monde – une entreprise qu’il n’avait pas reculée à entreprendre par le passé, mais qu’il considère désormais comme trop difficile pour ses forces. Il propose de changer le style de ses écrits et de traiter d’un sujet que tous peuvent comprendre, à savoir cette émotion d’amour que la Nature a insufflée tant dans l’homme que dans l’animal, émotion que personne ne peut maîtriser ni contenir, et qui semble être soumise au hasard aveugle, tout comme les dons de la fortune.
Vers latins. i. 7 f. Cf. les vers « Est amor in glosa pax bellica, lis pietosa », etc., qui suivent le Traité.
10. « of thing is », c’est-à-dire « de la chose qui est » : cf. ii. 1393, « Withinne a Schip was stiereles », ainsi que iii. 219, v. 298, etc., et Mirour, 16956.
21. « natheles » : comme dans le Prol. 36, cela semble signifier ici « de plus », ou peut-être « en vérité », plutôt que « néanmoins ».
Page 735
37. C’est-à-dire : « Partout où il lui plaît de se placer », « lui » ayant une fonction double.
50. went : temps présent, « va ».
62. I am miselven etc. Notez cependant que l’auteur se protège dans la marge en écrivant : « quasi in persona aliorum, quos amor alligat, fingens se auctor esse Amantem ».
88. jolif wo, cf. « le jolif mal sanz cure », Bal. xiii. 24.
98 et suiv. La construction est interrompue, puis reprise sous une nouvelle forme : cf. i. 2948, iii. 1595, 2610, iv. 3201, v. 1043, 1339, etc.
116. other : il faut le considérer comme une forme plurielle légitime à côté de « othre » : cf. iv. 1183, et voir Morsbach, Schriftsprache, p. 23. D’un autre côté, « othre » est parfois utilisé au singulier, par ex. l. 481, ii. 283.
178. Mi world, c’est-à-dire « ma fortune » : cf. Prol. 383.
196. L’idée de « Genius » est tirée du Roman de la Rose, où Genius est le prêtre de la Nature, « Qui célébroit en sa chapelle », et elle lui avoue ses fautes, 16487 et suiv. (éd. Méon).
205. Benedicite : début habituel de l’adresse d’un confesseur à son penitent.
213. Cf. Rom. de la Rose, 16927 et suiv. (la Nature qui avoue à Genius) :
« Qui dit par grand dévouement / En pleurant sa confession ».
225. my schrifte propose : « Interrogez-moi au sujet de ma confession », cf. l’usage de « opponere » dans la marge ici ainsi qu’à 299, 708, etc.
232. tome. C’est la forme habituelle de Gower pour cette combinaison, l’accent étant mis sur la préposition. On trouve aussi « byme », ii. 2016, etc., « tome », l. 294, ii. 3160, etc., « untome », iii. 99, « tothe », iv. 1875. Dans de tels cas, comme on le voit ci-dessous, l. 294, la syllabe finale devient faible et sujette à élision.
279. remene, « ramener », du fr. « remener » : cf. « demenen ».
50. went : temps présent, « va ».
62. I am miselven etc. Notez cependant que l’auteur se protège dans la marge en écrivant : « quasi in persona aliorum, quos amor alligat, fingens se auctor esse Amantem ».
88. jolif wo, cf. « le jolif mal sanz cure », Bal. xiii. 24.
98 et suiv. La construction est interrompue, puis reprise sous une nouvelle forme : cf. i. 2948, iii. 1595, 2610, iv. 3201, v. 1043, 1339, etc.
116. other : il faut le considérer comme une forme plurielle légitime à côté de « othre » : cf. iv. 1183, et voir Morsbach, Schriftsprache, p. 23. D’un autre côté, « othre » est parfois utilisé au singulier, par ex. l. 481, ii. 283.
178. Mi world, c’est-à-dire « ma fortune » : cf. Prol. 383.
196. L’idée de « Genius » est tirée du Roman de la Rose, où Genius est le prêtre de la Nature, « Qui célébroit en sa chapelle », et elle lui avoue ses fautes, 16487 et suiv. (éd. Méon).
205. Benedicite : début habituel de l’adresse d’un confesseur à son penitent.
213. Cf. Rom. de la Rose, 16927 et suiv. (la Nature qui avoue à Genius) :
« Qui dit par grand dévouement / En pleurant sa confession ».
225. my schrifte propose : « Interrogez-moi au sujet de ma confession », cf. l’usage de « opponere » dans la marge ici ainsi qu’à 299, 708, etc.
232. tome. C’est la forme habituelle de Gower pour cette combinaison, l’accent étant mis sur la préposition. On trouve aussi « byme », ii. 2016, etc., « tome », l. 294, ii. 3160, etc., « untome », iii. 99, « tothe », iv. 1875. Dans de tels cas, comme on le voit ci-dessous, l. 294, la syllabe finale devient faible et sujette à élision.
279. remene, « ramener », du fr. « remener » : cf. « demenen ».
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299 et suiv. Voir la note sur Mir. 16597.
320. La ponctuation est ici déterminée par celle de F, qui comporte une pause après « love ». Sinon, le sens pourrait être : « Et il cause un grand mal à l’amour », la conjonction étant transposée, comme c’est souvent le cas.
333 et suiv. L’histoire provient d’Ovide, Métamorphoses, III, 138 et suiv.
350. cam ride. Pour cette utilisation de l’infinitif, voir le New Engl. Dict., entrée « come », B.
i. 3. f. : ainsi « thei comen ryde », iv. 1307.
367. Pour l’usage de « hire » en tant que dissyllabe dans le vers, cf. 872, 1667 ; d’un autre côté, 884, 887, 939, 1673, etc.
383. C’est-à-dire, si un homme prêtait attention à la question, il verrait que c’était bien le cas, etc. : cf. Prol. 460.
389. Ovide, Métamorphoses, IV, 772 et suiv. Cependant, ce n’est pas là la seule source d’inspiration de Gower, car il mentionne des détails, tels que les noms des sœurs de Méduse, qui ne sont pas donnés par Ovide. La confusion que l’on trouve ici entre les Graeae et les Gorgones apparaît chez Boccace, De Gen. Deorum, X, 10, que notre auteur a peut-être lu ; mais je soupçonne qu’il avait une autre source. Les noms que Gower donne, Stellibon et Suriale, sont en réalité Sténos (Stennio chez Boccace) et Euryale.
422. Mercure : voir la note sur Prol. 323. L’épée de Mercure n’est mentionnée ni par Ovide ni par Boccace.
431. gan enbrace, « placé sur son bras » ; voir les citations dans le New Engl. Dict. sous « embrace v. 1 », p. ex. K. Alis. 6651, « His scheld enbraceth Antiocus ».
452. To tarie with, « avec quoi tourmenter » : cf. i. 2172, ii. 283, 1081, v. 925, etc., et Cant. Tales, F 471, « To hele with youre hurtes hastily ».
463 et suiv. Cf. Mirour, 15253. La légende est fondée sur le Psaume LVIII, 4 et suiv. (Vulgate LVII, 5 et suiv.) : « Furor illis secundum similitudinem serpentis ; sicut aspidis surdae et obturantis aures suas, quae non exaudiet vocem incantantium », etc. (D’où la forme génitivale « Aspidis » chez notre auteur.) L’application morale est liée au précepte évangélique : « Soyez sages comme des serpents », auquel il est fait référence dans le Mirour. La méthode du serpent pour se boucher les oreilles a peut-être été suggérée pour la première fois par Augustin, In Ps. LVII, qui est…
320. La ponctuation est ici déterminée par celle de F, qui comporte une pause après « love ». Sinon, le sens pourrait être : « Et il cause un grand mal à l’amour », la conjonction étant transposée, comme c’est souvent le cas.
333 et suiv. L’histoire provient d’Ovide, Métamorphoses, III, 138 et suiv.
350. cam ride. Pour cette utilisation de l’infinitif, voir le New Engl. Dict., entrée « come », B.
i. 3. f. : ainsi « thei comen ryde », iv. 1307.
367. Pour l’usage de « hire » en tant que dissyllabe dans le vers, cf. 872, 1667 ; d’un autre côté, 884, 887, 939, 1673, etc.
383. C’est-à-dire, si un homme prêtait attention à la question, il verrait que c’était bien le cas, etc. : cf. Prol. 460.
389. Ovide, Métamorphoses, IV, 772 et suiv. Cependant, ce n’est pas là la seule source d’inspiration de Gower, car il mentionne des détails, tels que les noms des sœurs de Méduse, qui ne sont pas donnés par Ovide. La confusion que l’on trouve ici entre les Graeae et les Gorgones apparaît chez Boccace, De Gen. Deorum, X, 10, que notre auteur a peut-être lu ; mais je soupçonne qu’il avait une autre source. Les noms que Gower donne, Stellibon et Suriale, sont en réalité Sténos (Stennio chez Boccace) et Euryale.
422. Mercure : voir la note sur Prol. 323. L’épée de Mercure n’est mentionnée ni par Ovide ni par Boccace.
431. gan enbrace, « placé sur son bras » ; voir les citations dans le New Engl. Dict. sous « embrace v. 1 », p. ex. K. Alis. 6651, « His scheld enbraceth Antiocus ».
452. To tarie with, « avec quoi tourmenter » : cf. i. 2172, ii. 283, 1081, v. 925, etc., et Cant. Tales, F 471, « To hele with youre hurtes hastily ».
463 et suiv. Cf. Mirour, 15253. La légende est fondée sur le Psaume LVIII, 4 et suiv. (Vulgate LVII, 5 et suiv.) : « Furor illis secundum similitudinem serpentis ; sicut aspidis surdae et obturantis aures suas, quae non exaudiet vocem incantantium », etc. (D’où la forme génitivale « Aspidis » chez notre auteur.) L’application morale est liée au précepte évangélique : « Soyez sages comme des serpents », auquel il est fait référence dans le Mirour. La méthode du serpent pour se boucher les oreilles a peut-être été suggérée pour la première fois par Augustin, In Ps. LVII, qui est…
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suivi par Isid. Etym. xii. 4, mais il n’y a rien dans ces sources au sujet du carbuncule. La source pour cela est peut-être le Trésor, p. 191.
481. une autre chose : pour « autre », cf. i. 1496, ii. 511.
celui qui le rapporte, « si un homme s’en souvient » : voir la note sur Prol. 13.
483. histoire de Troie, c’est-à-dire Guido di Colonna, Hist. Troiana, lib. 32 (o2, éd. Argent. 1494), qui est suivi ici. Benoît mentionne les Sirènes, mais ne décrit pas leur apparence ni ne dit qu’Ulysse boucha les oreilles de ses hommes.
492 et suiv. Cette manière d’accumuler des propositions successives se retrouve dans le style français de l’auteur, et l’usage de mots relatifs tels que « wherof », « which » (l. 771) pour les introduire est similaire à celui de « Dont », « Par quoy », etc. en français : par ex. Mir. 219 et suiv.,
« Et tant luy fist plesant desport,
Dont il futist tant enamouré,
Que sur sa fille », etc.
Cf. Mir. 681.
527. « plus quam mille ex eis interfecimus », Guido, Hist. Troi., lib. 32.
532. hiere, subjonctif : cf. ii. 252, iii. 665, etc.
574. autre chose : pluriel sans doute, mais on trouve aussi « autres choses », i. 2464, iv. 1183.
Vers latins. v. i. que Leone. Cette position de « que » est très courante dans les écrits latins de notre auteur : voir les vers après le Praise of Peace, ll. 10, 49, 50, etc.
8. sub latitante, « caché en dessous », « sub » étant un adverbe. Les meilleures copies ont ces mots séparés.
577. appliqué, « attribué » ; cf. iv. 2607, v. 913, vii. 1100.
585. seid, « nommé ».
481. une autre chose : pour « autre », cf. i. 1496, ii. 511.
celui qui le rapporte, « si un homme s’en souvient » : voir la note sur Prol. 13.
483. histoire de Troie, c’est-à-dire Guido di Colonna, Hist. Troiana, lib. 32 (o2, éd. Argent. 1494), qui est suivi ici. Benoît mentionne les Sirènes, mais ne décrit pas leur apparence ni ne dit qu’Ulysse boucha les oreilles de ses hommes.
492 et suiv. Cette manière d’accumuler des propositions successives se retrouve dans le style français de l’auteur, et l’usage de mots relatifs tels que « wherof », « which » (l. 771) pour les introduire est similaire à celui de « Dont », « Par quoy », etc. en français : par ex. Mir. 219 et suiv.,
« Et tant luy fist plesant desport,
Dont il futist tant enamouré,
Que sur sa fille », etc.
Cf. Mir. 681.
527. « plus quam mille ex eis interfecimus », Guido, Hist. Troi., lib. 32.
532. hiere, subjonctif : cf. ii. 252, iii. 665, etc.
574. autre chose : pluriel sans doute, mais on trouve aussi « autres choses », i. 2464, iv. 1183.
Vers latins. v. i. que Leone. Cette position de « que » est très courante dans les écrits latins de notre auteur : voir les vers après le Praise of Peace, ll. 10, 49, 50, etc.
8. sub latitante, « caché en dessous », « sub » étant un adverbe. Les meilleures copies ont ces mots séparés.
577. appliqué, « attribué » ; cf. iv. 2607, v. 913, vii. 1100.
585. seid, « nommé ».
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595. Feint la conscience, c’est-à-dire prétend à propos de ses sentiments ou de son état d’esprit (« Comme s’il était entièrement innocent ») : cf. iii. 1504, « Ma conscience, je ne veux pas la cacher ». L’explication donnée dans le New Engl. Dict., selon laquelle « conscience » signifierait « conscience morale » ou « conduite juste », ne convient guère, et ce mot ne semble pas être utilisé dans ce sens dès les débuts.
599. La veine astat : voir la note sur Prol. 221.
608. Ces ordres, c’est-à-dire « les ordres » (religieux) ; de même « ces clercs », Prol.
900. Là où il duelle, c’est-à-dire l’hypocrite, désignant l’hypocrisie en général.
623. Religion, les membres des ordres religieux, distingués du reste du clergé.
626. Il scheweth, « cela apparaît » : cf. Prol. 834.
636. Devolte apparantie : les mots sont purement français, et la forme féminine française est tout aussi naturellement employée pour l’adjectif, comme dans « seinte apparantie » de Mir. 1124. Nous ne pouvons appliquer la règle anglaise de l’adjectif défini à de telles combinaisons : cf. la note sur Prol. 221. Cependant, « devoute » au vers 669 semble être la forme plurielle.
637. Set, temps présent : ainsi aux vers 650, 707, etc.
648. Ces autres séculiers, « les hommes du monde également ».
650. « Il ne tient aucun compte dans son calcul ».
695. As he which, etc. ; c’est simplement « feignant d’être malade », ainsi qu’à iv. 1833, « As he who feigneth to be wod » ; cf. vii. 3955. L’expression « as he which », « as sche which » est très fréquemment utilisée par Gower dans ce sens ; cf. i. 925, 1640, etc., et Mir. 27942, « Comme cil q’est tout puissant », « étant tout-puissant ».
698. Cf. iv. 1180, « Et ainsi ma retenue je dissimule ». Cela signifie « il fait de nombreuses prétentions ».
709. Entamed, « blessé » : utilisé dans un sens moral similaire dans Mir. 25161, « Car Covoitise les entame ».
599. La veine astat : voir la note sur Prol. 221.
608. Ces ordres, c’est-à-dire « les ordres » (religieux) ; de même « ces clercs », Prol.
900. Là où il duelle, c’est-à-dire l’hypocrite, désignant l’hypocrisie en général.
623. Religion, les membres des ordres religieux, distingués du reste du clergé.
626. Il scheweth, « cela apparaît » : cf. Prol. 834.
636. Devolte apparantie : les mots sont purement français, et la forme féminine française est tout aussi naturellement employée pour l’adjectif, comme dans « seinte apparantie » de Mir. 1124. Nous ne pouvons appliquer la règle anglaise de l’adjectif défini à de telles combinaisons : cf. la note sur Prol. 221. Cependant, « devoute » au vers 669 semble être la forme plurielle.
637. Set, temps présent : ainsi aux vers 650, 707, etc.
648. Ces autres séculiers, « les hommes du monde également ».
650. « Il ne tient aucun compte dans son calcul ».
695. As he which, etc. ; c’est simplement « feignant d’être malade », ainsi qu’à iv. 1833, « As he who feigneth to be wod » ; cf. vii. 3955. L’expression « as he which », « as sche which » est très fréquemment utilisée par Gower dans ce sens ; cf. i. 925, 1640, etc., et Mir. 27942, « Comme cil q’est tout puissant », « étant tout-puissant ».
698. Cf. iv. 1180, « Et ainsi ma retenue je dissimule ». Cela signifie « il fait de nombreuses prétentions ».
709. Entamed, « blessé » : utilisé dans un sens moral similaire dans Mir. 25161, « Car Covoitise les entame ».
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713. « As forto feigne », c’est-à-dire « en ce qui concerne la feinte » : ainsi au vers 723, « as to my ladi diere ».
718 et suiv. Quant à la forme de phrase, qui est une préférence de notre auteur dans ses trois langues, mais peut-être surtout en latin, cf. Mirour, 18589 et suiv. :
« Unques le corps du sainte Heleine / Serchant la croix tant ne se peine, / Que nous ovesque nostre Court, / Assetz n’y mettons plus du peine », etc.
Vox Clam. i. 263 et suiv. :
« In Colchos tauri, quos vicit dextra Iasonis, / Non ita sulphureis ignibus ora fremunt, / Quin magis igne boues isti », etc.
De même dans Bal. vii. 23, xviii. 8, xxx. 10 ; Vox Clam. i. 355, 449, 499, etc. ; cf. Am. i. 1259, 1319, etc.
733. « For I shall not declare this in my defence, that » etc. ; usage quelque peu différent du mot que l’on trouve dans les citations du New Engl. Dict., « Excuse v. » i. 1. d.
761 et suiv. L’histoire de Mundus et Paulina est historique, rapportée par Josephus, Ant. xviii. 66 et suiv., puis par Hegesippus, ii. 4, d’où elle a été reprise par Vincent de Beauvais, Spec. Hist. vii. 4, et sans doute aussi, directement ou indirectement, par Gower. Elle est racontée en vers par Godfrey de Viterbe, Pantheon, xv, mais il est certain que ce n’était pas la source de Gower.
771. « Which » : pour cet usage du pronom relatif dans une proposition subordonnée, très courant dans le style de notre auteur, voir la note sur 492, et cf. 801.
773. « thilke bore frele kinde ». La nature humaine est décrite comme fragile dès la naissance, et c’est à cause de sa faiblesse que le cœur devient aveugle.
776 et suiv. « And such were the fortunes of this tale of which I would speak », c’est-à-dire que telle était la passion qui a déterminé son déroulement.
718 et suiv. Quant à la forme de phrase, qui est une préférence de notre auteur dans ses trois langues, mais peut-être surtout en latin, cf. Mirour, 18589 et suiv. :
« Unques le corps du sainte Heleine / Serchant la croix tant ne se peine, / Que nous ovesque nostre Court, / Assetz n’y mettons plus du peine », etc.
Vox Clam. i. 263 et suiv. :
« In Colchos tauri, quos vicit dextra Iasonis, / Non ita sulphureis ignibus ora fremunt, / Quin magis igne boues isti », etc.
De même dans Bal. vii. 23, xviii. 8, xxx. 10 ; Vox Clam. i. 355, 449, 499, etc. ; cf. Am. i. 1259, 1319, etc.
733. « For I shall not declare this in my defence, that » etc. ; usage quelque peu différent du mot que l’on trouve dans les citations du New Engl. Dict., « Excuse v. » i. 1. d.
761 et suiv. L’histoire de Mundus et Paulina est historique, rapportée par Josephus, Ant. xviii. 66 et suiv., puis par Hegesippus, ii. 4, d’où elle a été reprise par Vincent de Beauvais, Spec. Hist. vii. 4, et sans doute aussi, directement ou indirectement, par Gower. Elle est racontée en vers par Godfrey de Viterbe, Pantheon, xv, mais il est certain que ce n’était pas la source de Gower.
771. « Which » : pour cet usage du pronom relatif dans une proposition subordonnée, très courant dans le style de notre auteur, voir la note sur 492, et cf. 801.
773. « thilke bore frele kinde ». La nature humaine est décrite comme fragile dès la naissance, et c’est à cause de sa faiblesse que le cœur devient aveugle.
776 et suiv. « And such were the fortunes of this tale of which I would speak », c’est-à-dire que telle était la passion qui a déterminé son déroulement.
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816. son thonk poursuit, « gagner leur gratitude envers lui-même ».
833. « Dans lequel un cœur faux était caché », exemple d’ordre inversé ; cf. ii. 565 :
« Whiche as he wot is puyson inne ».
872. hire, cf. 367.
894. which stod thanne upon believe, « qui alors était considéré comme possible ».
938. homward, c’est-à-dire « va vers la maison » ; cf. iii. 1021, 2451.
940 et suiv. Chez Hégésippe, l’adresse est la suivante : « Beata Paulina concubitu dei. Magnus deus Anubis cuius tu accepisti mysteria. Sed disce te sicut diis ita et hominibus non negare, quibus dii tribuant quod tu negaveras : quia nec formas suas dare nobis nec nomina dedignantur. Ecce ad sacra sua deus Anubis vocavit et Mundum, ut tibi iungeret. Quid tibi profuit duritia tua, nisi ut te xx milium quae obtuleram defraudaret compendio ? Imitare deos indulgentiores, qui nobis sine pretio tribuunt quod abs te magno pretio impetrari nequitum est. Quod si te humana offendunt vocabula, Anubem me vocari placuit, et nominis huius gratia effectum iuvit. » Il faut admettre que notre auteur a amélioré cette prolixité offensante.
987. sche may ther noght, « elle n’a aucun pouvoir dans cette affaire » ; cf. 725 : « there I lye noght ».
1006. Citezeine. Gower utilise plusieurs de ces formes féminines de substantifs. Outre « citezeine », on trouve cousine, ii. 1201, capiteine, v. 1972, enemie, v. 6753, anemie, viii. 1355 (toutes présentes également dans le Mirour), ainsi que parfois des adjectifs, tels que « veine » (gloire), i. 2677 et suiv., (vertu) « souveraine », ii. 3507, « seinte » (charité), iv. 964, « soleine », v. 1971, et probablement « divine », ii. 3243, « gentile », viii. 2294.
1013 et suiv. « questioni subicit, confessos necat. » Notre auteur développe ici son texte original.
1040. Whos cause, « pour le bien de quoi ».
833. « Dans lequel un cœur faux était caché », exemple d’ordre inversé ; cf. ii. 565 :
« Whiche as he wot is puyson inne ».
872. hire, cf. 367.
894. which stod thanne upon believe, « qui alors était considéré comme possible ».
938. homward, c’est-à-dire « va vers la maison » ; cf. iii. 1021, 2451.
940 et suiv. Chez Hégésippe, l’adresse est la suivante : « Beata Paulina concubitu dei. Magnus deus Anubis cuius tu accepisti mysteria. Sed disce te sicut diis ita et hominibus non negare, quibus dii tribuant quod tu negaveras : quia nec formas suas dare nobis nec nomina dedignantur. Ecce ad sacra sua deus Anubis vocavit et Mundum, ut tibi iungeret. Quid tibi profuit duritia tua, nisi ut te xx milium quae obtuleram defraudaret compendio ? Imitare deos indulgentiores, qui nobis sine pretio tribuunt quod abs te magno pretio impetrari nequitum est. Quod si te humana offendunt vocabula, Anubem me vocari placuit, et nominis huius gratia effectum iuvit. » Il faut admettre que notre auteur a amélioré cette prolixité offensante.
987. sche may ther noght, « elle n’a aucun pouvoir dans cette affaire » ; cf. 725 : « there I lye noght ».
1006. Citezeine. Gower utilise plusieurs de ces formes féminines de substantifs. Outre « citezeine », on trouve cousine, ii. 1201, capiteine, v. 1972, enemie, v. 6753, anemie, viii. 1355 (toutes présentes également dans le Mirour), ainsi que parfois des adjectifs, tels que « veine » (gloire), i. 2677 et suiv., (vertu) « souveraine », ii. 3507, « seinte » (charité), iv. 964, « soleine », v. 1971, et probablement « divine », ii. 3243, « gentile », viii. 2294.
1013 et suiv. « questioni subicit, confessos necat. » Notre auteur développe ici son texte original.
1040. Whos cause, « pour le bien de quoi ».
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1051. put, temps présent, « putteth ».
1067. menable, « propre à guider », le navire ; cf. ii. 1123, « A wynd menable fro the londe ». Ce mot apparaît plusieurs fois dans le français de notre auteur, comme dans Mirour, 3676, 11882, 17392. Le sens en anglais n’est pas toujours le même : ce mot, comme d’autres de cette forme, est parfois actif et parfois passif ; cf. « deceivable » (ii. 1698, 2202). Ici et dans le passage cité, le sens est « qui guide », « propre à guider » ; ailleurs, il signifie « facilement guidé », « apte à être guidé », comme dans iii. 390 et dans les exemples en français.
1068. « tobreken » est la leçon de JH₁XGL, SBΔ, W, et elle est manifestement exigée par le sens.
1077 et suiv. Ici, Gower suit principalement Benoît de Sainte-More (Roman de Troie, 25620 et suiv.), mais il était bien sûr également familier avec Guido (Historia Troiana, liv. 27 : m 5, éd. Argent. 1494). Le nom Epius vient de Benoît, car Guido écrit « Apius » ; d’un autre côté, c’est Guido et non Benoît qui décrit le cheval comme étant fait de bronze. En parlant du débat concernant la destruction d’une partie des murs, ainsi que des murs eux-mêmes construits par Neptune, 1146, 1152 et suiv., notre auteur s’inspire certainement de Benoît. Certains points de l’histoire et de nombreux détails sont originaux.
Of hem that &c., « Quant à ceux qui ont une telle ruse dans leur cœur », c’est-à-dire les hypocrites ; cf. 956, « O derke ypocrisie ».
1102. Le manuscrit ne peut guère être correct quant à la ponctuation après « Togedre ».
1129 et suiv. Ainsi Lydgate, peut-être en ayant ce passage à l’esprit :
« Makynge a colour of devocion / Through holynesse under ypocrisie ».
Tale of Troye, livre IV.
1133. trapped. « In quo construentur quedam clausure sic artificiose composite, quod » etc. Hist. Troiana, m 4 vo. Gower ne dit pas que des hommes y étaient enfermés, bien que cela soit indiqué par ses sources : Benoît place Sinon à l’intérieur du cheval, tandis que Guido y voit de la place pour mille hommes armés. Les « douze » roues semblent être l’idée de Gower, tout comme l’expression pittoresque : « And goth glistrende ayein the Sunne ».
1067. menable, « propre à guider », le navire ; cf. ii. 1123, « A wynd menable fro the londe ». Ce mot apparaît plusieurs fois dans le français de notre auteur, comme dans Mirour, 3676, 11882, 17392. Le sens en anglais n’est pas toujours le même : ce mot, comme d’autres de cette forme, est parfois actif et parfois passif ; cf. « deceivable » (ii. 1698, 2202). Ici et dans le passage cité, le sens est « qui guide », « propre à guider » ; ailleurs, il signifie « facilement guidé », « apte à être guidé », comme dans iii. 390 et dans les exemples en français.
1068. « tobreken » est la leçon de JH₁XGL, SBΔ, W, et elle est manifestement exigée par le sens.
1077 et suiv. Ici, Gower suit principalement Benoît de Sainte-More (Roman de Troie, 25620 et suiv.), mais il était bien sûr également familier avec Guido (Historia Troiana, liv. 27 : m 5, éd. Argent. 1494). Le nom Epius vient de Benoît, car Guido écrit « Apius » ; d’un autre côté, c’est Guido et non Benoît qui décrit le cheval comme étant fait de bronze. En parlant du débat concernant la destruction d’une partie des murs, ainsi que des murs eux-mêmes construits par Neptune, 1146, 1152 et suiv., notre auteur s’inspire certainement de Benoît. Certains points de l’histoire et de nombreux détails sont originaux.
Of hem that &c., « Quant à ceux qui ont une telle ruse dans leur cœur », c’est-à-dire les hypocrites ; cf. 956, « O derke ypocrisie ».
1102. Le manuscrit ne peut guère être correct quant à la ponctuation après « Togedre ».
1129 et suiv. Ainsi Lydgate, peut-être en ayant ce passage à l’esprit :
« Makynge a colour of devocion / Through holynesse under ypocrisie ».
Tale of Troye, livre IV.
1133. trapped. « In quo construentur quedam clausure sic artificiose composite, quod » etc. Hist. Troiana, m 4 vo. Gower ne dit pas que des hommes y étaient enfermés, bien que cela soit indiqué par ses sources : Benoît place Sinon à l’intérieur du cheval, tandis que Guido y voit de la place pour mille hommes armés. Les « douze » roues semblent être l’idée de Gower, tout comme l’expression pittoresque : « And goth glistrende ayein the Sunne ».
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1146 et suiv. Cf. Roman de Troie, 25814 et suiv. (éd. Joly) :
« Et quand les Troyens virent cela,
Ils décidèrent de détruire par terre
Les grands murs, les tours hautes,
Que Neptune avait faites, que Mars avait encore
Accomplies, et que Apollon avait consacrées. »
1165. crossen seil, « ils hissèrent leurs voiles au-dessus du mât. »
1172. Synon. La lecture de F pourrait être correcte, car « Simon » est la forme du nom donnée dans de nombreuses copies de Guido. Cependant, ici toute la deuxième révision ainsi que les meilleures copies de la première indiquent « Synon » ; une modification faite par un copiste tendrait plutôt vers le nom plus familier.
1225. lok. À la ligne 1703, on trouve « loke » à la place de l’impératif, ce qui doit être considéré comme strictement plus correct.
Vers latins. vi. 1 f. olle Fictilis ad cacabum, proverbe tiré d’Ecclésiaste XIII, 3 : « Quid communicabit cacabus ad ollam ? Quando enim se colliserint, confringetur. »
6. On croyait que l’éléphant n’avait pas de jointures.
1262 f. Que je... ne m’incline plus. Pour la forme d’expression, voir la note sur 718. Pauli rend le texte ici complètement incompréhensible en reproduisant une erreur de l’édition de Berthelet et y ajoutant une autre de sa propre fabrication.
1293. Expression proverbiale comme celle de vi. 447 : « Car rarement un homme pauvre obtient de l’or. »
1328. retenue, « engagement de service » : cf. Bal. viii. 17 :
« Pour vous servir, j’ai fait mon engagement. »
« Et quand les Troyens virent cela,
Ils décidèrent de détruire par terre
Les grands murs, les tours hautes,
Que Neptune avait faites, que Mars avait encore
Accomplies, et que Apollon avait consacrées. »
1165. crossen seil, « ils hissèrent leurs voiles au-dessus du mât. »
1172. Synon. La lecture de F pourrait être correcte, car « Simon » est la forme du nom donnée dans de nombreuses copies de Guido. Cependant, ici toute la deuxième révision ainsi que les meilleures copies de la première indiquent « Synon » ; une modification faite par un copiste tendrait plutôt vers le nom plus familier.
1225. lok. À la ligne 1703, on trouve « loke » à la place de l’impératif, ce qui doit être considéré comme strictement plus correct.
Vers latins. vi. 1 f. olle Fictilis ad cacabum, proverbe tiré d’Ecclésiaste XIII, 3 : « Quid communicabit cacabus ad ollam ? Quando enim se colliserint, confringetur. »
6. On croyait que l’éléphant n’avait pas de jointures.
1262 f. Que je... ne m’incline plus. Pour la forme d’expression, voir la note sur 718. Pauli rend le texte ici complètement incompréhensible en reproduisant une erreur de l’édition de Berthelet et y ajoutant une autre de sa propre fabrication.
1293. Expression proverbiale comme celle de vi. 447 : « Car rarement un homme pauvre obtient de l’or. »
1328. retenue, « engagement de service » : cf. Bal. viii. 17 :
« Pour vous servir, j’ai fait mon engagement. »
Page 743
1354. Le « decerte Of buxomnesse », c’est-à-dire « le service de l’obéissance ». Pour la graphie et la signification de « decerte », cf. Mir. 10194 :
« Qe ja ne quiert ou gaign ou perte / Du siecle avoir pour sa decerte. »
1407 et suiv. Le « Conte de Florent » est essentiellement identique au « Conte de l’épouse de Bath » de Chaucer, mais les détails diffèrent à bien des égards. Selon Chaucer, le héros de cette aventure est un chevalier de la cour d’Arthur, et la cause de ses ennuis est bien moins louable que dans le cas de Florent. Dans le conte de Chaucer, le chevalier voit une danse de dames fées dans la forêt avant de rencontrer sa sauveuse répugnante ; celle-ci obtient de lui la promesse qu’il exaucera sa prochaine demande s’il en a la capacité, la demande en mariage étant reportée jusqu’à ce que le problème soit résolu grâce à son aide. Les leçons plutôt hors de saison sur la gentillesse, la pauvreté et la vieillesse ne sont pas introduites par Gower. D’un autre côté, l’alternative proposée par Chaucer – « Voulez-vous une épouse vieille et laide mais fidèle, ou jeune et belle avec les risques qui en découlent ? » – est plus percutante et satisfaisante que l’équivalent dans le conte de Gower. Enfin, Chaucer ne mentionne pas le sortilège par lequel la dame avait été transformée. Il est assez certain que ni l’un ni l’autre n’a emprunté l’histoire à l’autre, bien qu’il y ait quelques similitudes mineures qui pourraient suggérer que l’un connaissait la version de l’autre : voir les vers 1587 et 1727. Nous ne pouvons pas indiquer l’origine exacte de l’une ou l’autre version ; mais une histoire très similaire se trouve dans *The Weddynge of Sir Gawene and Dame Ragnell*, publiée dans la collection de poèmes relatifs à Gawain éditée par Sir F. Madden (Bannatyne Club, 1839) et contenue dans le manuscrit Rawlinson C. 86. Dans cette ballade, la vie d’Arthur est sauvée par un chevalier étrange qu’il rencontre sans armes dans la forêt, à condition de répondre à sa question : « Que les femmes aiment-elles le plus ? » au bout de douze mois. Il est secondé par Dame Ragnell, qui exige en retour d’épouser Sir Gawain. Sir Gawain accepte la proposition par loyauté envers son seigneur, et le reste est presque identique à la version de Gower. Il convient de noter que l’alternative jour ou nuit apparaît dans la ballade et faisait partie de l’histoire originale, que Chaucer a modifiée.
« Qe ja ne quiert ou gaign ou perte / Du siecle avoir pour sa decerte. »
1407 et suiv. Le « Conte de Florent » est essentiellement identique au « Conte de l’épouse de Bath » de Chaucer, mais les détails diffèrent à bien des égards. Selon Chaucer, le héros de cette aventure est un chevalier de la cour d’Arthur, et la cause de ses ennuis est bien moins louable que dans le cas de Florent. Dans le conte de Chaucer, le chevalier voit une danse de dames fées dans la forêt avant de rencontrer sa sauveuse répugnante ; celle-ci obtient de lui la promesse qu’il exaucera sa prochaine demande s’il en a la capacité, la demande en mariage étant reportée jusqu’à ce que le problème soit résolu grâce à son aide. Les leçons plutôt hors de saison sur la gentillesse, la pauvreté et la vieillesse ne sont pas introduites par Gower. D’un autre côté, l’alternative proposée par Chaucer – « Voulez-vous une épouse vieille et laide mais fidèle, ou jeune et belle avec les risques qui en découlent ? » – est plus percutante et satisfaisante que l’équivalent dans le conte de Gower. Enfin, Chaucer ne mentionne pas le sortilège par lequel la dame avait été transformée. Il est assez certain que ni l’un ni l’autre n’a emprunté l’histoire à l’autre, bien qu’il y ait quelques similitudes mineures qui pourraient suggérer que l’un connaissait la version de l’autre : voir les vers 1587 et 1727. Nous ne pouvons pas indiquer l’origine exacte de l’une ou l’autre version ; mais une histoire très similaire se trouve dans *The Weddynge of Sir Gawene and Dame Ragnell*, publiée dans la collection de poèmes relatifs à Gawain éditée par Sir F. Madden (Bannatyne Club, 1839) et contenue dans le manuscrit Rawlinson C. 86. Dans cette ballade, la vie d’Arthur est sauvée par un chevalier étrange qu’il rencontre sans armes dans la forêt, à condition de répondre à sa question : « Que les femmes aiment-elles le plus ? » au bout de douze mois. Il est secondé par Dame Ragnell, qui exige en retour d’épouser Sir Gawain. Sir Gawain accepte la proposition par loyauté envers son seigneur, et le reste est presque identique à la version de Gower. Il convient de noter que l’alternative jour ou nuit apparaît dans la ballade et faisait partie de l’histoire originale, que Chaucer a modifiée.
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Le fragment de Percy sur Le Mariage de Sir Gawain, également publié dans le volume de Sir F. Madden, raconte la même histoire que celle que nous trouvons dans l’autre ballade. Les noms de Florent et de l’empereur Claude sont probablement l’œuvre de Gower, qui a tendance à ajouter à ses histoires des noms de son choix : cf. Lucius et Dionys (Conf. Am. v. 7124*, Mir. 7101). Shakespeare fait référence à l’histoire de Gower dans cette phrase :
« Qu’elle soit aussi laide que l’amour de Florentius. »
Tam. of the Shr. i. 2. 69.
1427. his oghne hondes : cf. iii. 2011, 2142 ; v. 1884, 5455 (« seide his oghne mouth »).
1509. schape unto the lere, « préparé pour la perte » (O. E. lyre).
1521. par aventure, ou « per aventure » selon J. La première de ces deux formes est, comme d’habitude, abrégée en F.
1536. his horse heved, « la tête de son cheval » : cf. Prol. 1085, iv. 1357, etc. Le mot « heved », écrit également « hefd », « hed », est monosyllabique du point de vue du mètre.
1541. Florent be thi name : cf. Chaucer, Cant. Tales, B 3982, « dan Piers be youre name ».
1556. « Je ne demande rien de mieux (à me voir imposer) en tant que tâche. »
1587. Have hier myn hond : c’est ainsi chez Chaucer, « Have heer my trouthe », D 1013.
1662. C’est l’un des parallèles les plus étroits avec la ballade :
« Et celle qui a raconté l’histoire, sire Arthur,
Je prie Dieu de pouvoir la voir brûler sur un feu. »
Weddynge of Syr Gawene, 475.
1676. what : cf. l’usage de « quoy » en français, par ex. Mir. 1781.
1677. caste on his yhe, « jeter son regard sur ».
« Qu’elle soit aussi laide que l’amour de Florentius. »
Tam. of the Shr. i. 2. 69.
1427. his oghne hondes : cf. iii. 2011, 2142 ; v. 1884, 5455 (« seide his oghne mouth »).
1509. schape unto the lere, « préparé pour la perte » (O. E. lyre).
1521. par aventure, ou « per aventure » selon J. La première de ces deux formes est, comme d’habitude, abrégée en F.
1536. his horse heved, « la tête de son cheval » : cf. Prol. 1085, iv. 1357, etc. Le mot « heved », écrit également « hefd », « hed », est monosyllabique du point de vue du mètre.
1541. Florent be thi name : cf. Chaucer, Cant. Tales, B 3982, « dan Piers be youre name ».
1556. « Je ne demande rien de mieux (à me voir imposer) en tant que tâche. »
1587. Have hier myn hond : c’est ainsi chez Chaucer, « Have heer my trouthe », D 1013.
1662. C’est l’un des parallèles les plus étroits avec la ballade :
« Et celle qui a raconté l’histoire, sire Arthur,
Je prie Dieu de pouvoir la voir brûler sur un feu. »
Weddynge of Syr Gawene, 475.
1676. what : cf. l’usage de « quoy » en français, par ex. Mir. 1781.
1677. caste on his yhe, « jeter son regard sur ».
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1714. « Il le doit, celui que le destin contraint. » Les mots « schal », « scholde » sont régulièrement utilisés par Gower pour exprimer l’idée du destin, p. ex. iii. 1348, iv. 92, 377.
1722. « La plaçant de la meilleure façon possible. »
1727. Bot comme un hibou, etc. Ainsi chez Chaucer :
« Et tout le jour suivant, il le cacha comme un hibou ;
Comme il était malheureux, sa femme avait l’air si laide. »
D 1081 f.
1767. tok thanne chiere on honde, « commença à être joyeux. »
1771. Et profreth him ... to kisse, c’est-à-dire qu’il offre de l’embrasser : cf. v. 6923,
« Bientôt il lui offre son amour. »
1886. til it overthrowe, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il tombe dans la calamité ; « overthrowe » est intransitif, comme en 1962.
1888. Hadde I wist : cf. ii. 473, iv. 305.
1895. And is, c’est-à-dire « Et il est » ; le pronom est souvent omis : cf.
Prol. 348, 676, i. 2083, 2462, ii. 258, 624, 2071, 2985, iii. 1063, etc.
1917 f. Une expression proverbiale : cf. Lydgate, Secrees of the Philosophres, 459,
« Yit wer me loth ovir myn hed to hewe. »
1934. ne schal me noght asterte, « ne m’échappera pas », au sens de permettre qu’une faute soit commise par négligence à la réprimer : cf. i. 722.
1967. unbende, 1er sing. prétérit, « J’ai détendu (mon arc). » Pour la forme, cf.
« sende », Prol. 1013.
1980 ff. L’exemple de Capaneus provient probablement de Statius. Les romans médiévaux (p. ex. le français Roman de Thèbes) ne représentent pas Capaneus tué par la foudre. Le discours impie mentionné ici, « Primus in orbe deos fecit timor ! », est de Statius, Theb. iii. 661, et la mort de Capaneus, Theb. x. 827 ff.
2007. it proeveth, c’est-à-dire « cela apparaît » : cf. Prol. 926.
1722. « La plaçant de la meilleure façon possible. »
1727. Bot comme un hibou, etc. Ainsi chez Chaucer :
« Et tout le jour suivant, il le cacha comme un hibou ;
Comme il était malheureux, sa femme avait l’air si laide. »
D 1081 f.
1767. tok thanne chiere on honde, « commença à être joyeux. »
1771. Et profreth him ... to kisse, c’est-à-dire qu’il offre de l’embrasser : cf. v. 6923,
« Bientôt il lui offre son amour. »
1886. til it overthrowe, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il tombe dans la calamité ; « overthrowe » est intransitif, comme en 1962.
1888. Hadde I wist : cf. ii. 473, iv. 305.
1895. And is, c’est-à-dire « Et il est » ; le pronom est souvent omis : cf.
Prol. 348, 676, i. 2083, 2462, ii. 258, 624, 2071, 2985, iii. 1063, etc.
1917 f. Une expression proverbiale : cf. Lydgate, Secrees of the Philosophres, 459,
« Yit wer me loth ovir myn hed to hewe. »
1934. ne schal me noght asterte, « ne m’échappera pas », au sens de permettre qu’une faute soit commise par négligence à la réprimer : cf. i. 722.
1967. unbende, 1er sing. prétérit, « J’ai détendu (mon arc). » Pour la forme, cf.
« sende », Prol. 1013.
1980 ff. L’exemple de Capaneus provient probablement de Statius. Les romans médiévaux (p. ex. le français Roman de Thèbes) ne représentent pas Capaneus tué par la foudre. Le discours impie mentionné ici, « Primus in orbe deos fecit timor ! », est de Statius, Theb. iii. 661, et la mort de Capaneus, Theb. x. 827 ff.
2007. it proeveth, c’est-à-dire « cela apparaît » : cf. Prol. 926.
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2021 et suiv. Cette histoire a probablement été tirée par Gower de la Vita Barlaam et Josaphat, chap. vi (Migne, Patrol. vol. 74, p. 462 sq.). Les événements sont les mêmes, mais amplifiés par des détails par Gower, qui a également inventé le nom du roi. Dans l’original, il n’est que « magnus quidam et illustris rex ». L’histoire se trouve dans plusieurs recueils, comme les Gesta Romanorum, 143, Holkot, 70 ; voir les Gesta Romanorum, éd. Oesterley.
2030. ride amaied : cf. Chaucer, Cant. Tales, C 406, et la note de Skeat.
2049. par charite. Plutôt peut-être « per charite », suivant J. F ; A emploie également la forme contractée. On trouve aussi « per chance », « per chaunce » aux lignes 2225, 2290, 3203, et « per aventure » à la ligne 2350.
2073. était le même... ce qui, cf. viii. 3062*.
2078. Cette ligne, qui suivrait plus naturellement la suivante, semble être ajoutée ici de manière parenthétique.
2106. De même pour ii. 895, 2670.
2172. to tendre with, « afin d’adoucir » : cf. i. 452, « To tarie with a mannes thoght », et ii. 283.
2176. sihe : le mélange des temps passé et présent est courant chez Gower.
2214 et suiv. « Ô stulte ac demens, si fratris tui, cum quo idem tibi genus et par honos est, in quem nullius omnino sceleris tibi conscius es, praeconem ita extimuisti, quonam modo mihi reprehensionis notam idcirco inussisti, quod Dei mei praecones, qui mortem, ac Domini, in quem me multa et gravia scelerera perpetrasse scio, pertimescendum adventum mihi quavis tuba vocalius altiusque denuntiant, humiliter ac demisse salutarim ? » Barl. et Jos., chap. vi.
2225. Voir la note sur 2049.
2236. obeie, « rendre hommage à » : cf. v. 1539.
2275 et suiv. L’histoire de Narcisse provient sans doute d’Ovide, Métamorphoses, iii. 402 et suiv., mais le récit de sa mort diffère de celui que l’on y trouve. Ovide raconte qu’il dépérit progressivement, et que son corps ne fut pas retrouvé, mais qu’à sa place il y eut une fleur.
2290. par chance : voir la note sur 2049.
2030. ride amaied : cf. Chaucer, Cant. Tales, C 406, et la note de Skeat.
2049. par charite. Plutôt peut-être « per charite », suivant J. F ; A emploie également la forme contractée. On trouve aussi « per chance », « per chaunce » aux lignes 2225, 2290, 3203, et « per aventure » à la ligne 2350.
2073. était le même... ce qui, cf. viii. 3062*.
2078. Cette ligne, qui suivrait plus naturellement la suivante, semble être ajoutée ici de manière parenthétique.
2106. De même pour ii. 895, 2670.
2172. to tendre with, « afin d’adoucir » : cf. i. 452, « To tarie with a mannes thoght », et ii. 283.
2176. sihe : le mélange des temps passé et présent est courant chez Gower.
2214 et suiv. « Ô stulte ac demens, si fratris tui, cum quo idem tibi genus et par honos est, in quem nullius omnino sceleris tibi conscius es, praeconem ita extimuisti, quonam modo mihi reprehensionis notam idcirco inussisti, quod Dei mei praecones, qui mortem, ac Domini, in quem me multa et gravia scelerera perpetrasse scio, pertimescendum adventum mihi quavis tuba vocalius altiusque denuntiant, humiliter ac demisse salutarim ? » Barl. et Jos., chap. vi.
2225. Voir la note sur 2049.
2236. obeie, « rendre hommage à » : cf. v. 1539.
2275 et suiv. L’histoire de Narcisse provient sans doute d’Ovide, Métamorphoses, iii. 402 et suiv., mais le récit de sa mort diffère de celui que l’on y trouve. Ovide raconte qu’il dépérit progressivement, et que son corps ne fut pas retrouvé, mais qu’à sa place il y eut une fleur.
2290. par chance : voir la note sur 2049.
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2316 f. Cf. Bocc. Gen. Deorum, vii. 59, « existimans fontis Nympham ».
En marge, on trouve que la nymphe visée ici est Écho, qui est représentée par Ovide comme ayant maigri d’amour pour Narcisse et comme répondant désormais à ses cris.
2317. as tho was faie : « comme alors elle était douée de pouvoir (magique) », « faie » étant un adjectif, comme en ii. 1019, v. 3769.
2320. of his sotie : à comprendre avec ce qui suit.
2340 ff. Je ne connais aucune source attestant de cette manière de sa mort.
2343-2358. Ce beau passage est une addition tardive, qui n’apparaît que dans les manuscrits de la troisième recension et dans un autre exemplaire, pour autant que je sache. Selon Ovide, les nymphes des sources et des bois pleuraient sur Narcisse :
« Planxere sorores
Naides, et sectos fratri posuere capillos ;
Planxerunt Dryades, plangentibus assonat Echo »,
mais lorsqu’elles voulurent célébrer ses funérailles, elles ne trouvèrent là rien d’autre qu’une fleur.
2350. par aventure : voir la note sur 2049.
2355 ff. Cette interprétation de l’histoire, fondée sur le fait que le narcisse fleurit au début du printemps, semble être l’œuvre de notre auteur : cf. ii. 196, iii. 1717.
2377. a place, équivalent à « aplace », que l’on trouve à l. 1888, c’est-à-dire « en place », « à sa place ». On pourrait aussi lire « aplace » ici, car bien que les mots aient été initialement écrits séparément dans F, il semble y avoir eu l’intention de les joindre par la suite. Cependant, de telles séparations se rencontrent souvent ailleurs, comme « a doun », iv. 2710, v. 385 ; « a ferr » ; i. 2335 ; « a game », viii. 2319 ; et la plupart des manuscrits ont « a place » ici.
2398. La leçon de F, « Which elles scholde haue his wille », est possible, mais la conservation de la « e » finale avant « have », utilisé de manière non emphatique comme ici, serait plutôt inhabituelle. Des exemples tels que l. 2465, « a werre hade », ne sont pas pertinents, et à l. 2542, où il y a une meilleure…
En marge, on trouve que la nymphe visée ici est Écho, qui est représentée par Ovide comme ayant maigri d’amour pour Narcisse et comme répondant désormais à ses cris.
2317. as tho was faie : « comme alors elle était douée de pouvoir (magique) », « faie » étant un adjectif, comme en ii. 1019, v. 3769.
2320. of his sotie : à comprendre avec ce qui suit.
2340 ff. Je ne connais aucune source attestant de cette manière de sa mort.
2343-2358. Ce beau passage est une addition tardive, qui n’apparaît que dans les manuscrits de la troisième recension et dans un autre exemplaire, pour autant que je sache. Selon Ovide, les nymphes des sources et des bois pleuraient sur Narcisse :
« Planxere sorores
Naides, et sectos fratri posuere capillos ;
Planxerunt Dryades, plangentibus assonat Echo »,
mais lorsqu’elles voulurent célébrer ses funérailles, elles ne trouvèrent là rien d’autre qu’une fleur.
2350. par aventure : voir la note sur 2049.
2355 ff. Cette interprétation de l’histoire, fondée sur le fait que le narcisse fleurit au début du printemps, semble être l’œuvre de notre auteur : cf. ii. 196, iii. 1717.
2377. a place, équivalent à « aplace », que l’on trouve à l. 1888, c’est-à-dire « en place », « à sa place ». On pourrait aussi lire « aplace » ici, car bien que les mots aient été initialement écrits séparément dans F, il semble y avoir eu l’intention de les joindre par la suite. Cependant, de telles séparations se rencontrent souvent ailleurs, comme « a doun », iv. 2710, v. 385 ; « a ferr » ; i. 2335 ; « a game », viii. 2319 ; et la plupart des manuscrits ont « a place » ici.
2398. La leçon de F, « Which elles scholde haue his wille », est possible, mais la conservation de la « e » finale avant « have », utilisé de manière non emphatique comme ici, serait plutôt inhabituelle. Des exemples tels que l. 2465, « a werre hade », ne sont pas pertinents, et à l. 2542, où il y a une meilleure…
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Par exemple, dans « Of such werk as it scholde have », le mot « have » est rendu plus emphatique en étant en rime.
Vers latins. ix. 2. cilens. De telles formes d’orthographe ne sont pas rares dans le latin de Gower : cf. « cenatore », v. 4944 (marge).
2410. wynd. La corruption curieuse « hunt », qui apparaît sous une forme ou une autre dans toutes les copies de la première révision non révisée, doit être l’une des erreurs du copiste original. La note critique ici devrait être : « hunt(e) H₁YX ... C hante L haunt B₂ », et la lecture réelle dans L est : « Haþ þilke errour hante in his office », ce qui semble dû à une note marginale ayant été intégrée au texte.
2411. Which, pour « that » dans un sens consécutif, correspondant à « thilke », voir la note sur l. 492. Dans ce cas, il ne sert même pas de sujet au verbe, car nous avons « he overthroweth ».
2421. tok. Il s’agit de la deuxième personne du singulier ; on pourrait plutôt s’attendre à « toke », qui est en fait la lecture de certaines bonnes copies : cf. ii. 234, iii. 2629, viii. 2076.
2443. daunger. Voir la note sur Balades, xii. 8. Ce nom représente les influences défavorables à la demande en mariage du amant, ainsi que principalement les sentiments de la dame elle-même qui tendent vers la prudence ou la poussent au dédain. La personnification dans le Roman de la Rose est bien connue : là, Danger est le gardien principal du rosier, et ses aides sont Malebouche, qui répand des rumeurs défavorables sur l’amant, ainsi que Honte et Paour, qui représentent les sentiments de la dame qui la poussent à résister à ses avances : voir Roman de la Rose, 2837 sq., Chaucer, Leg. of G. Women, B 160, Troilus, ii. 1376. Cependant, Danger peut aussi désigner, sans personnification, le dédain ou la réticence en amour ; c’est pourquoi l’adjectif « dangereus » apparaît dans le Roman de la Rose, 479 (en anglais « dangerous », Cant. Tales, D 1090 : « Is every knight of his so dangerous ? »). Dans la Confessio Amantis, les passages principaux concernant Danger en tant que personnage se trouvent à iii. 1537 sq. et v. 6613 sq. De telles expressions apparaissent également fréquemment sous les formes « hire daunger », iv. 2813 ; « thi Daunger », iv. 3589 ; « make daunger », ii. 1110 ; « without danger », iv. 1149 : cf. Chaucer, Troilus, ii. 384.
Vers latins. ix. 2. cilens. De telles formes d’orthographe ne sont pas rares dans le latin de Gower : cf. « cenatore », v. 4944 (marge).
2410. wynd. La corruption curieuse « hunt », qui apparaît sous une forme ou une autre dans toutes les copies de la première révision non révisée, doit être l’une des erreurs du copiste original. La note critique ici devrait être : « hunt(e) H₁YX ... C hante L haunt B₂ », et la lecture réelle dans L est : « Haþ þilke errour hante in his office », ce qui semble dû à une note marginale ayant été intégrée au texte.
2411. Which, pour « that » dans un sens consécutif, correspondant à « thilke », voir la note sur l. 492. Dans ce cas, il ne sert même pas de sujet au verbe, car nous avons « he overthroweth ».
2421. tok. Il s’agit de la deuxième personne du singulier ; on pourrait plutôt s’attendre à « toke », qui est en fait la lecture de certaines bonnes copies : cf. ii. 234, iii. 2629, viii. 2076.
2443. daunger. Voir la note sur Balades, xii. 8. Ce nom représente les influences défavorables à la demande en mariage du amant, ainsi que principalement les sentiments de la dame elle-même qui tendent vers la prudence ou la poussent au dédain. La personnification dans le Roman de la Rose est bien connue : là, Danger est le gardien principal du rosier, et ses aides sont Malebouche, qui répand des rumeurs défavorables sur l’amant, ainsi que Honte et Paour, qui représentent les sentiments de la dame qui la poussent à résister à ses avances : voir Roman de la Rose, 2837 sq., Chaucer, Leg. of G. Women, B 160, Troilus, ii. 1376. Cependant, Danger peut aussi désigner, sans personnification, le dédain ou la réticence en amour ; c’est pourquoi l’adjectif « dangereus » apparaît dans le Roman de la Rose, 479 (en anglais « dangerous », Cant. Tales, D 1090 : « Is every knight of his so dangerous ? »). Dans la Confessio Amantis, les passages principaux concernant Danger en tant que personnage se trouvent à iii. 1537 sq. et v. 6613 sq. De telles expressions apparaissent également fréquemment sous les formes « hire daunger », iv. 2813 ; « thi Daunger », iv. 3589 ; « make daunger », ii. 1110 ; « without danger », iv. 1149 : cf. Chaucer, Troilus, ii. 384.
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Pour les références à Danger dans Lydgate, voir la note du Dr Schick sur Temple of Glas, 156 (E. E. T. S.). 2459 et suiv. L’histoire d’Alboin et de Rosemund est racontée par Paulus Diaconus, dans Gest. Langob. ii. 28, puis par de nombreux autres auteurs. Cet historien affirme avoir lui-même vu la coupe faite d’un crâne à partir duquel la reine fut invitée à boire. Selon lui, Helmichis, frère adoptif du roi et garde du corps, complota avec Rosemunda contre le roi et la poussa à obtenir l’appui d’un certain Peredeus en se faisant passer pour sa servante. Dans certaines versions de l’histoire, ce Peredeus est omis. Par exemple, dans le Pantheon de Godfrey de Viterbe (xvii), où l’histoire est d’abord racontée en prose puis en vers, il n’est mentionné que brièvement dans le récit en prose et pas du tout dans celui en vers ; Helmegis le remplace dans les deux cas en tant qu’objet de la ruse de la reine. Il semble probable que Gower ait suivi cet auteur, dont il était connaisseur, comme en témoigne son œuvre (viii. 271). Le nom de la servante, Glodeside, semble avoir été ajouté par notre auteur, qui l’a sans doute tiré de « Glodosinda », le nom de l’ancienne épouse d’Alboin. Helmege, le « boteler » du roi, correspond au « Helmegis pincerna regis » du Pantheon, et certaines expressions sont très similaires, comme 2474 (marge) : « ciphum ex ea gemmis et auro circumligatum ... fabricari constituit », avec la phrase « Arte scyphum fieri statuens auroque ligari ». L’histoire est bien racontée par Gower, mais il modifie la catastrophe finale afin de ne pas alourdir inutilement le récit et de détourner l’attention de son objectif principal, qui concerne le châtiment d’Alboin pour son arrogance, et non le sort du couple adultère. Il est responsable de la plupart des détails : dans le Pantheon, l’histoire ne occupe que soixante lignes en vers latins et est plutôt sommaire dans son style. Comparez, par exemple, ce passage avec le récit donné par Gower concernant le banquet, l’arrogance cruelle d’Alboin et les sentiments de la reine (2495-2569) :
« Ipse caput soceri, quem fecerat ense necari,
Arte scyphum fieri statuens auroque ligari,
Vina suae sponsae praecipit inde dare.
Femina nescisset quod testa paterna fuisset,
Vina nec hausisset, nisi diceret impius ipse,
“Testa tui patris est, cum patre, nata, bibe.” »
« Ipse caput soceri, quem fecerat ense necari,
Arte scyphum fieri statuens auroque ligari,
Vina suae sponsae praecipit inde dare.
Femina nescisset quod testa paterna fuisset,
Vina nec hausisset, nisi diceret impius ipse,
“Testa tui patris est, cum patre, nata, bibe.” »
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Pendant que Rosimunda, en pleurant, boit du vin impur qui lui a été donné,
son cœur est accablé de douleur, les larmes inondent son visage ;
et la mort de son père devient alors vraiment amère.
2485 (marge) : « Bois avec ton père » : ce sont les mots exacts du récit en prose dans le Panthéon.
2504 : Il y a une pause après « ordeine » dans le manuscrit F ; par conséquent, « sende » doit être considéré comme un verbe à l’indicatif passé et non comme un infinitif dépendant de « let ».
2533 : « Et il prit de la fierté dans son cœur. »
2548 : La ponctuation correspond à celle des manuscrits.
2569 : « had mad ». L’usage de « had » à la place de « hadde » dans une telle position, où il est suivi d’une consonne (ou de « hadde » ayant la valeur d’un mot monosyllabique dans une telle position), est très inhabituel dans les vers de Gower. S’il y avait davantage de preuves à l’appui, on pourrait lire « hath », comme le propose J ; cf. iv. 170, où de nombreuses versions les plus fiables lisent « Had mad » au lieu de « Hath mad ». Il est possible que l’auteur ait voulu dire ici « hath had mad » (« had » étant le participe passé), mais je ne peux citer aucun exemple clair de cette forme de langue à une époque aussi ancienne.
2642 et suivantes : Ici, Gower s’éloigne des sources traditionnelles et termine brusquement l’histoire. Selon l’histoire originale, Longinus, préfet de Ravenne, complota avec Rosemunda pour empoisonner Helmichis ; après avoir bu dans sa main et se sentant empoisonné, il la força à boire également dans la même coupe.
2677 : « veine gloire ». L’adjectif prend ici sa forme féminine en français, comme on le voit dans cette même combinaison dans le Mirour, par ex. l. 1219. D’un autre côté, lorsque les mots sont séparés, comme à l. 2720, on utilise la forme non inflexionnée. Voir la note sur l. 1006.
Vers en latin. x. 5. strigilare fauellum, « se curer la peau ».
2684 : « Le ciel ne lui semble être aucun avantage. » Les formes « þinken » et « þenken » sont regroupées par Gower sous « þenken » ; mais « þinke » est parfois utilisé en rime, et les deux formes peuvent être employées indifféremment, par ex. v. 213, 254.
son cœur est accablé de douleur, les larmes inondent son visage ;
et la mort de son père devient alors vraiment amère.
2485 (marge) : « Bois avec ton père » : ce sont les mots exacts du récit en prose dans le Panthéon.
2504 : Il y a une pause après « ordeine » dans le manuscrit F ; par conséquent, « sende » doit être considéré comme un verbe à l’indicatif passé et non comme un infinitif dépendant de « let ».
2533 : « Et il prit de la fierté dans son cœur. »
2548 : La ponctuation correspond à celle des manuscrits.
2569 : « had mad ». L’usage de « had » à la place de « hadde » dans une telle position, où il est suivi d’une consonne (ou de « hadde » ayant la valeur d’un mot monosyllabique dans une telle position), est très inhabituel dans les vers de Gower. S’il y avait davantage de preuves à l’appui, on pourrait lire « hath », comme le propose J ; cf. iv. 170, où de nombreuses versions les plus fiables lisent « Had mad » au lieu de « Hath mad ». Il est possible que l’auteur ait voulu dire ici « hath had mad » (« had » étant le participe passé), mais je ne peux citer aucun exemple clair de cette forme de langue à une époque aussi ancienne.
2642 et suivantes : Ici, Gower s’éloigne des sources traditionnelles et termine brusquement l’histoire. Selon l’histoire originale, Longinus, préfet de Ravenne, complota avec Rosemunda pour empoisonner Helmichis ; après avoir bu dans sa main et se sentant empoisonné, il la força à boire également dans la même coupe.
2677 : « veine gloire ». L’adjectif prend ici sa forme féminine en français, comme on le voit dans cette même combinaison dans le Mirour, par ex. l. 1219. D’un autre côté, lorsque les mots sont séparés, comme à l. 2720, on utilise la forme non inflexionnée. Voir la note sur l. 1006.
Vers en latin. x. 5. strigilare fauellum, « se curer la peau ».
2684 : « Le ciel ne lui semble être aucun avantage. » Les formes « þinken » et « þenken » sont regroupées par Gower sous « þenken » ; mais « þinke » est parfois utilisé en rime, et les deux formes peuvent être employées indifféremment, par ex. v. 213, 254.
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2701. unavised, adv., « d’une manière insensée ».
2703 et suiv. Cf. Mir. 27337 et suiv., où l’auteur avoue ces crimes, tout comme le fait le amant ci-dessous.
2705 (marge). Ecclus. xix. 27, « Amictus corporis et risus dentium et ingressus hominis enunciant de illo ».
2706 f. La nouvelle mode des gens lubriques, c’est-à-dire la dernière tendance chez les hommes de plaisir.
2713 f. C’est l’un des cas où la lecture de la troisième révision a été introduite dans le texte de F à la place de l’effacement : cf. Prol. 336, iv. 1321, 1361, vii. Vers latins après ll. 1640 et 1984. Les vers originaux sont donnés en note de bas de page conformément à S. Ils ont peut-être été modifiés pour éviter la répétition de 2681 f.
2745. songe, ainsi ici dans F et A, ailleurs « chanson ».
2746. Wherof : cf. l. 498.
2764. hire good astat. Pour la perte d’inflexion, cf. ii. 2341, « his slyh compas ».
2769. whiche : souvent traité comme un monosyllabe dans le vers, comme en ii. 604, iv. 1498, etc., mais cf. l. 2825.
2787. Prol. 585 et suiv.
2795. bere : prétérit, comme le montrent à la fois le sens et la rime.
2801. good. La lecture originale était « godd », ce qui pourrait peut-être être préférable, mais la modification a pu avoir été faite par l’auteur pour éviter la répétition du même mot qu’il avait utilisé en l. 2796. Le sens est : « Il ne se souvenait pas qu’il y eût autre chose de précieux que lui-même. »
2830. And fedden hem, c’est-à-dire « Et qu’ils se nourrissaient eux-mêmes », etc. ; cf. 2833, « and seide ».
2883. sein : ainsi en ii. 170, iii. 757, toujours en rime.
2890. Dans F, il est écrit « vnder the þe kinges », comme pour faire une distinction, mais « ðee » à la ligne suivante.
2703 et suiv. Cf. Mir. 27337 et suiv., où l’auteur avoue ces crimes, tout comme le fait le amant ci-dessous.
2705 (marge). Ecclus. xix. 27, « Amictus corporis et risus dentium et ingressus hominis enunciant de illo ».
2706 f. La nouvelle mode des gens lubriques, c’est-à-dire la dernière tendance chez les hommes de plaisir.
2713 f. C’est l’un des cas où la lecture de la troisième révision a été introduite dans le texte de F à la place de l’effacement : cf. Prol. 336, iv. 1321, 1361, vii. Vers latins après ll. 1640 et 1984. Les vers originaux sont donnés en note de bas de page conformément à S. Ils ont peut-être été modifiés pour éviter la répétition de 2681 f.
2745. songe, ainsi ici dans F et A, ailleurs « chanson ».
2746. Wherof : cf. l. 498.
2764. hire good astat. Pour la perte d’inflexion, cf. ii. 2341, « his slyh compas ».
2769. whiche : souvent traité comme un monosyllabe dans le vers, comme en ii. 604, iv. 1498, etc., mais cf. l. 2825.
2787. Prol. 585 et suiv.
2795. bere : prétérit, comme le montrent à la fois le sens et la rime.
2801. good. La lecture originale était « godd », ce qui pourrait peut-être être préférable, mais la modification a pu avoir été faite par l’auteur pour éviter la répétition du même mot qu’il avait utilisé en l. 2796. Le sens est : « Il ne se souvenait pas qu’il y eût autre chose de précieux que lui-même. »
2830. And fedden hem, c’est-à-dire « Et qu’ils se nourrissaient eux-mêmes », etc. ; cf. 2833, « and seide ».
2883. sein : ainsi en ii. 170, iii. 757, toujours en rime.
2890. Dans F, il est écrit « vnder the þe kinges », comme pour faire une distinction, mais « ðee » à la ligne suivante.
Page 752
2939. La ponctuation après « godd » est fondée sur F : sinon il serait préférable de considérer ensemble « with godd and stonde in good acord ».
2951. Il laissa passer, etc. La phrase précédente est interrompue, et une nouvelle commence qui ne tient pas compte du négatif : voir la note à i. 98.
Cela semble préférable à faire référence par « it » à son orgueil, car « mynde » ne peut guère signifier ici autre chose que mémoire.
3032. « Il trouva la même douceur dans son Dieu. »
3050. ne peut fixer d’amour, « ne peut adapter d’amour à ses goûts. »
3067 et suiv. L’histoire des Trois Questions est l’une dont je ne peux retracer l’origine, malgré les détails de nom et de lieu donnés à la fin, à savoir que le roi était d’Espagne et s’appelait Alphonse, que le chevalier s’appelait Pedro et sa fille Petronilla. Une référence aux deuxième et troisième questions se trouve dans le Mirour de l’omme, 12601 et suiv.
3153. herd you seid : ainsi en v. 1623, 7609, « herd me told ». Cette forme d’expression, pour « herd you seie », « herd me telle », pourrait provenir d’un tel usage du participe que nous avons en v. 3376, « Sche hade herd spoken of his name » ; cf. l’usage du participe pour l’infinitif avec « do » en ii. 1799 et chez Chaucer, Cant. Tales, A 1913, « Hath Theseüs doon wroght », E 1098, « Hath doon yow kept ».
3203. par chaunce : voir la note à 2049.
3246. ansuerde. Il s’agit apparemment d’une forme plurielle du participe, utilisée ici pour la rime : ainsi en iv. 1810, v. 6789.
3296. leste : ailleurs « lest » ; cf. 3106, 3313. Ici nous avons « leste » en A, F, « lest » en JC, B. La forme « moste » est sans aucun doute utilisée pour « most » (adv.) en i. 307.
3308. reprise, « trouble », comme nous avons « paine et reprise » dans le Mirour, 3968.
3365 et suiv. lete That I ne scholde be : cf. iv. 454. Dans les deux cas, « lete » est le participe passé de « leten » (lǣtan), et non de « letten », qui signifie « empêcher ». Dans ces expressions, « lete » signifie « laissé » au sens d’« omis » (comme « lete Of wrong to don », vii. 2726), et dans cet usage il est naturellement suivi d’un négatif : cf. v. 4465, « I wol noght lete, What so befalle of mi beyete, That I ne schal hire yive and lene ». La même expression apparaît avec le participe passé « let » (signifiant « empêché ») en ii. 128, et le sens est presque identique.
2951. Il laissa passer, etc. La phrase précédente est interrompue, et une nouvelle commence qui ne tient pas compte du négatif : voir la note à i. 98.
Cela semble préférable à faire référence par « it » à son orgueil, car « mynde » ne peut guère signifier ici autre chose que mémoire.
3032. « Il trouva la même douceur dans son Dieu. »
3050. ne peut fixer d’amour, « ne peut adapter d’amour à ses goûts. »
3067 et suiv. L’histoire des Trois Questions est l’une dont je ne peux retracer l’origine, malgré les détails de nom et de lieu donnés à la fin, à savoir que le roi était d’Espagne et s’appelait Alphonse, que le chevalier s’appelait Pedro et sa fille Petronilla. Une référence aux deuxième et troisième questions se trouve dans le Mirour de l’omme, 12601 et suiv.
3153. herd you seid : ainsi en v. 1623, 7609, « herd me told ». Cette forme d’expression, pour « herd you seie », « herd me telle », pourrait provenir d’un tel usage du participe que nous avons en v. 3376, « Sche hade herd spoken of his name » ; cf. l’usage du participe pour l’infinitif avec « do » en ii. 1799 et chez Chaucer, Cant. Tales, A 1913, « Hath Theseüs doon wroght », E 1098, « Hath doon yow kept ».
3203. par chaunce : voir la note à 2049.
3246. ansuerde. Il s’agit apparemment d’une forme plurielle du participe, utilisée ici pour la rime : ainsi en iv. 1810, v. 6789.
3296. leste : ailleurs « lest » ; cf. 3106, 3313. Ici nous avons « leste » en A, F, « lest » en JC, B. La forme « moste » est sans aucun doute utilisée pour « most » (adv.) en i. 307.
3308. reprise, « trouble », comme nous avons « paine et reprise » dans le Mirour, 3968.
3365 et suiv. lete That I ne scholde be : cf. iv. 454. Dans les deux cas, « lete » est le participe passé de « leten » (lǣtan), et non de « letten », qui signifie « empêcher ». Dans ces expressions, « lete » signifie « laissé » au sens d’« omis » (comme « lete Of wrong to don », vii. 2726), et dans cet usage il est naturellement suivi d’un négatif : cf. v. 4465, « I wol noght lete, What so befalle of mi beyete, That I ne schal hire yive and lene ». La même expression apparaît avec le participe passé « let » (signifiant « empêché ») en ii. 128, et le sens est presque identique.
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3369 et suiv. L’auteur a apporté plusieurs corrections dans ce passage, soit pour rendre le vers plus fluide, comme à la ligne 3369 où l’on trouve « it mot ben holde » au lieu de « mot nede be holde », à la ligne 3374 où l’on a « mad a Pier » au lieu de « an Erl hier », à la ligne 3412 où l’on lit « vice be received » au lieu de « vice schal be received », soit pour améliorer le sens et l’expression, comme à la ligne 3381 où l’on utilise « maide » au lieu de « place », à la ligne 3396 où l’on a « wyse Peronelle » au lieu de « name Peronelle », à la ligne 3414 où l’on écrit « worth, and no reprise » au lieu de « worthy, and no prise », et à la ligne 3416 où l’on trouve « If eny thing stond in contraire » au lieu de l’expression maladroite « And it is alway debonaire ». Il convient de noter que Λ (la copie de Wollaton de la deuxième révision) suit ici la première révision non révisée, tandis que B correspond à la forme révisée, sauf aux lignes 3369 et 3381.
3381. the maide asterte : « échapper à l’influence de la jeune fille. »
3442 et suiv. La nature infernale de l’Envie consiste dans le fait qu’elle nuit à la fois à elle-même et aux autres sans raison, c’est-à-dire sans avoir d’autre objectif à atteindre. Elle se réjouit du mal pour le mal lui-même, et non pour un avantage quelconque qui pourrait en résulter. Cf. ii. 3132 et suiv.
LIB. II.
11. if it be so : équivalent à « est-ce bien ainsi ? », issu de la formulation « I ask if it be so. »
20. Ethna : cf. Mirour, 3805 et suiv.
« Ly mons Ethna, quele art toutdiz,
Nulle autre chose du paiis
Forsque soy mesmes poet ardoir ;
Ensi q’ Envie tient ou pis
En sentira deinz soy le pis. »
L’idée est que l’Envie, tout comme le mont Étna, brûle en elle-même continuellement, mais n’est jamais consumée : cf. Ovide, Métamorphoses XIII, 867 (dans l’histoire d’Acis et Galatée qui suit) :
« Uror enim, laesusque exaestuat acrius ignis,
Cumque suis videor translatam viribus Aetnam »
3381. the maide asterte : « échapper à l’influence de la jeune fille. »
3442 et suiv. La nature infernale de l’Envie consiste dans le fait qu’elle nuit à la fois à elle-même et aux autres sans raison, c’est-à-dire sans avoir d’autre objectif à atteindre. Elle se réjouit du mal pour le mal lui-même, et non pour un avantage quelconque qui pourrait en résulter. Cf. ii. 3132 et suiv.
LIB. II.
11. if it be so : équivalent à « est-ce bien ainsi ? », issu de la formulation « I ask if it be so. »
20. Ethna : cf. Mirour, 3805 et suiv.
« Ly mons Ethna, quele art toutdiz,
Nulle autre chose du paiis
Forsque soy mesmes poet ardoir ;
Ensi q’ Envie tient ou pis
En sentira deinz soy le pis. »
L’idée est que l’Envie, tout comme le mont Étna, brûle en elle-même continuellement, mais n’est jamais consumée : cf. Ovide, Métamorphoses XIII, 867 (dans l’histoire d’Acis et Galatée qui suit) :
« Uror enim, laesusque exaestuat acrius ignis,
Cumque suis videor translatam viribus Aetnam »
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« Dans ma poitrine. »
83. Écrire en « Civile ». « Civile » désigne certainement le droit civil, car c’est ainsi que nous le trouvons dans le Mirour, 15217, 16092, etc., et aussi personnifié dans Piers Plowman. La référence ici m’a plutôt dérouté, mais ce qui suit, je crois, en est l’explication, aussi étrange qu’elle puisse paraître au premier abord. Dans les Institutions de Justinien, i. 7, « De lege Furia Caninia sublata », on lit que cette loi, qui restreignait le pouvoir des propriétaires d’esclaves de les affranchir par volonté, fut abrogée « quasi libertatibus impedientem et quodammodo invidam ». Il semble que les commentateurs médiévaux, lisant « canina » à la place de Caninia dans le titre de la loi, aient expliqué cet épithète présumé en se référant à l’adjectif « invidam » utilisé pour la décrire, et aient conçu que la loi avait été appelée « canina » parce qu’elle obligeait les hommes à imiter le chien dans la mangeoire en refusant la liberté à ceux dont ils n’avaient plus besoin en tant qu’esclaves. Dans la Summa Predicantium de Bromyard, on trouve ce qui suit sous le titre d’« Invidia » : « Omnes isti sunt de professione legis Fusie canine. Ille enim Fusius inventor fuit legis cuius exemplum seu casus est iste. Quidam habet fontem quo non potest proprium ortum irrigare ... posset tamen alteri valere sine illius nocumento;ipse tamen impedit ne alteri prosit quod sibi prodesse non potest, ad modum canis, sicut predictum est: a cuius condicione lex canina vocata est inter leges duodecim tabularum, que quia iniqua fuit, in aliis legibus correcta est, sicut patet Institut. lib. i. de lege Fusia canina tollenda. » Il semble donc probable que Gower ait tiré cette fable d’un commentaire de ce passage des Institutions.
88. qui that understode, « si un homme comprenait », subjonctif : voir les notes sur Prol. 13, 460.
104 sqq. D’Ovide, Métamorphoses, XIII, 750 sqq., où il est raconté plus en détail. Cependant, le fait que Polyphème tourne autour de l’Etna en rugissant de colère et de jalousie avant de tuer Acis est ajouté par Gower, probablement à cause d’une mauvaise interprétation du v. 872. C’est certainement une amélioration.
128. it myhte noght be let, etc. Voir la note sur i. 3365.
196. as he whilom, etc. Cette suggestion vient de notre auteur : cf. i. 2355 sqq.
83. Écrire en « Civile ». « Civile » désigne certainement le droit civil, car c’est ainsi que nous le trouvons dans le Mirour, 15217, 16092, etc., et aussi personnifié dans Piers Plowman. La référence ici m’a plutôt dérouté, mais ce qui suit, je crois, en est l’explication, aussi étrange qu’elle puisse paraître au premier abord. Dans les Institutions de Justinien, i. 7, « De lege Furia Caninia sublata », on lit que cette loi, qui restreignait le pouvoir des propriétaires d’esclaves de les affranchir par volonté, fut abrogée « quasi libertatibus impedientem et quodammodo invidam ». Il semble que les commentateurs médiévaux, lisant « canina » à la place de Caninia dans le titre de la loi, aient expliqué cet épithète présumé en se référant à l’adjectif « invidam » utilisé pour la décrire, et aient conçu que la loi avait été appelée « canina » parce qu’elle obligeait les hommes à imiter le chien dans la mangeoire en refusant la liberté à ceux dont ils n’avaient plus besoin en tant qu’esclaves. Dans la Summa Predicantium de Bromyard, on trouve ce qui suit sous le titre d’« Invidia » : « Omnes isti sunt de professione legis Fusie canine. Ille enim Fusius inventor fuit legis cuius exemplum seu casus est iste. Quidam habet fontem quo non potest proprium ortum irrigare ... posset tamen alteri valere sine illius nocumento;ipse tamen impedit ne alteri prosit quod sibi prodesse non potest, ad modum canis, sicut predictum est: a cuius condicione lex canina vocata est inter leges duodecim tabularum, que quia iniqua fuit, in aliis legibus correcta est, sicut patet Institut. lib. i. de lege Fusia canina tollenda. » Il semble donc probable que Gower ait tiré cette fable d’un commentaire de ce passage des Institutions.
88. qui that understode, « si un homme comprenait », subjonctif : voir les notes sur Prol. 13, 460.
104 sqq. D’Ovide, Métamorphoses, XIII, 750 sqq., où il est raconté plus en détail. Cependant, le fait que Polyphème tourne autour de l’Etna en rugissant de colère et de jalousie avant de tuer Acis est ajouté par Gower, probablement à cause d’une mauvaise interprétation du v. 872. C’est certainement une amélioration.
128. it myhte noght be let, etc. Voir la note sur i. 3365.
196. as he whilom, etc. Cette suggestion vient de notre auteur : cf. i. 2355 sqq.
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252. Ceux qui renversent, non ceux qui restent debout. Les verbes sont probablement au singulier et à l’indicatif subjonctif : cf. iii. 665.
258. Et je suis : cf. note sur i. 1895.
261. Cf. Chaucer, Cant. Tales, G 746 ss., où le manuscrit d’Ellesmere porte en marge « Solacium miseriorum », etc. La citation ne semble pas vraiment provenir de Boèce.
265 sq. « Lorsque je vois un autre homme travailler là où je ne peux réussir. » Pour cette utilisation de « to », cf. Prol. 133, etc.
283. Empêcher avec, « par quoi empêcher » : cf. i. 452, 2172.
291 sq. Cette histoire, comme le souligne le professeur Morley, se trouve parmi les fables d’Avien, qui étaient largement connues. Gower l’a considérablement développée. La fable est la suivante :
xxii. « Jupitér, afin de pénétrer les esprits ambigus des hommes, envoya Phoebus sur terre depuis la citadelle du ciel. Alors deux divinités formulèrent des vœux différents, car l’un était avide, l’autre envieux ; le Titan sage examina alors chacun d’eux et dit : “Jupitér exauce facilement les prières ; car ce que l’un espère, l’autre l’obtiendra aussitôt.” Mais celui dont l’âme était trop grande ne put satisfaire sa convoitise ; il retardait les prières qu’il adressait, comptant sur le fait que le vœu de l’autre grandirait, pensant qu’ils étaient seuls à pouvoir recevoir des dons. Lorsqu’il vit son compagnon convoiter ses récompenses, il souhaita pour lui-même le châtiment de son propre corps ; car il voulait vivre seul, sans lumière, tandis que l’autre vivrait dans le double de ce qu’il avait, sans rien avoir lui-même. Alors Apollon rit de la sagesse humaine et rendit à Jupiter le mal de l’envie, car celle-ci, tandis qu’elle se réjouit des biens des autres, est plus heureuse que le malheureux qui désire ses propres maux. »
258. Et je suis : cf. note sur i. 1895.
261. Cf. Chaucer, Cant. Tales, G 746 ss., où le manuscrit d’Ellesmere porte en marge « Solacium miseriorum », etc. La citation ne semble pas vraiment provenir de Boèce.
265 sq. « Lorsque je vois un autre homme travailler là où je ne peux réussir. » Pour cette utilisation de « to », cf. Prol. 133, etc.
283. Empêcher avec, « par quoi empêcher » : cf. i. 452, 2172.
291 sq. Cette histoire, comme le souligne le professeur Morley, se trouve parmi les fables d’Avien, qui étaient largement connues. Gower l’a considérablement développée. La fable est la suivante :
xxii. « Jupitér, afin de pénétrer les esprits ambigus des hommes, envoya Phoebus sur terre depuis la citadelle du ciel. Alors deux divinités formulèrent des vœux différents, car l’un était avide, l’autre envieux ; le Titan sage examina alors chacun d’eux et dit : “Jupitér exauce facilement les prières ; car ce que l’un espère, l’autre l’obtiendra aussitôt.” Mais celui dont l’âme était trop grande ne put satisfaire sa convoitise ; il retardait les prières qu’il adressait, comptant sur le fait que le vœu de l’autre grandirait, pensant qu’ils étaient seuls à pouvoir recevoir des dons. Lorsqu’il vit son compagnon convoiter ses récompenses, il souhaita pour lui-même le châtiment de son propre corps ; car il voulait vivre seul, sans lumière, tandis que l’autre vivrait dans le double de ce qu’il avait, sans rien avoir lui-même. Alors Apollon rit de la sagesse humaine et rendit à Jupiter le mal de l’envie, car celle-ci, tandis qu’elle se réjouit des biens des autres, est plus heureuse que le malheureux qui désire ses propres maux. »
Page 756
l. 6. Jupitér aecus Lachmann, comme le demandent les manuscrits.
309. Maintenant des mots forts, etc., c’est-à-dire maintenant avec des mots puissants, etc. ; cf. vii.
170.
317. That on, « Celui-là ».
323 (marge). maculauit. Du Cange donne : « Maculare, Vulnerare, vel vulnerando deformare ».
389. Malebouche, cf. Roman de la Rose, 2847 sq., Mirour de l’omme, 2677 sq.
390. pyl ne crouche, « ni pile ni face », la pile et la face étant les deux faces d’une pièce de monnaie, tête et queue.
399 sq. Le sens de « heraldie » est ici plutôt incertain. Il s’agit probablement du « poste d’héraut », et le passage signifie : « Occupant le poste d’héraut à la cour des menteurs » ; mais le New Engl. Dict. semble l’interpréter au sens de « livrée », en comparant le français « heraudie », une chasuble, et un exemple en anglais du XVIIIe siècle. Dans ce cas, il faut comprendre ces lignes comme signifiant : « portant la livrée de ceux qui mentent », c’est-à-dire servant dans leur service.
401 sq. Cf. Mirour, 3721 sq.
404. fals, voir la note sur Prol. 221. Juste en dessous (l. 412), on trouve « sa langue fausse ».
413 sq. Cf. Mirour, 2893 sq.,
« La hupe toutdis fait son ny,
Et l’escarbud converse auci,
Entour l’ordure et la merdaille ;
Mais de ces champs qui sont flori
N’ont garde : et par semblance ensi
Malvoise langue d’enviaille », etc.
447. « Que tant de récits envieux soient étouffés », « tant » étant un mot monosyllabique pour le mètre avant la voyelle, comme c’est fréquent dans l’expression « many a ».
309. Maintenant des mots forts, etc., c’est-à-dire maintenant avec des mots puissants, etc. ; cf. vii.
170.
317. That on, « Celui-là ».
323 (marge). maculauit. Du Cange donne : « Maculare, Vulnerare, vel vulnerando deformare ».
389. Malebouche, cf. Roman de la Rose, 2847 sq., Mirour de l’omme, 2677 sq.
390. pyl ne crouche, « ni pile ni face », la pile et la face étant les deux faces d’une pièce de monnaie, tête et queue.
399 sq. Le sens de « heraldie » est ici plutôt incertain. Il s’agit probablement du « poste d’héraut », et le passage signifie : « Occupant le poste d’héraut à la cour des menteurs » ; mais le New Engl. Dict. semble l’interpréter au sens de « livrée », en comparant le français « heraudie », une chasuble, et un exemple en anglais du XVIIIe siècle. Dans ce cas, il faut comprendre ces lignes comme signifiant : « portant la livrée de ceux qui mentent », c’est-à-dire servant dans leur service.
401 sq. Cf. Mirour, 3721 sq.
404. fals, voir la note sur Prol. 221. Juste en dessous (l. 412), on trouve « sa langue fausse ».
413 sq. Cf. Mirour, 2893 sq.,
« La hupe toutdis fait son ny,
Et l’escarbud converse auci,
Entour l’ordure et la merdaille ;
Mais de ces champs qui sont flori
N’ont garde : et par semblance ensi
Malvoise langue d’enviaille », etc.
447. « Que tant de récits envieux soient étouffés », « tant » étant un mot monosyllabique pour le mètre avant la voyelle, comme c’est fréquent dans l’expression « many a ».
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et « envious » avec l’accent sur la pénultième syllabe. Pour l’usage de « many »
seul à l’indicatif singulier, cf. ii. 89, iv. 1619, etc.
473. C’est-à-dire qu’elle est sur ses gardes pour ne pas faire ce dont elle pourrait
par la suite regretter. Pour « hadde I wist », cf. i. 1888.
510 f. I myhte noght To soffre, etc. Une construction très inhabituelle.
547 ff. « Je ne vois pas que j’aie dit quoi que ce soit de répréhensible par
jalousie », etc.
565. « Dans lequel il sait qu’il y a du poison » : pour l’agencement des mots,
cf. i. 833.
583. « À corriger » : cf. Prol. 83.
587 ff. L’histoire de Constance est le « Man of Law’s Tale » de Chaucer, et
les deux auteurs ont tiré leur récit de la même source, la chronique
anglo-normande de Nicholas Trivet. Le récit tel que le rapporte celui-ci a été
imprimé pour la Chaucer Society d’après le manuscrit Arundel 56, avec
collation d’une copie de Stockholm (Originals and Analogues, 1872). Les
citations dans ces Notes proviennent cependant du manuscrit de la
Bodléienne, Rawlinson B. 178.
Gower a suivi l’original plus fidèlement que Chaucer, mais il s’en écarte
à de nombreux égards, comme on le verra dans la liste suivante :
(1) Gower ne dit rien de la compétence de Constance en sciences et
langues, sur lesquelles Trivet insiste beaucoup. (2) Il abrège les
négociations de mariage avec le Soudan (620 ff.). (3) Il ne mentionne pas
les sept cents Saracènes avec qui la mère du Soudan complotait. (4) Il fait
atterrir Constance en Northumberland en été plutôt que le jour de Noël
(732). (5) Il omet la conversation entre Constance et Hermyngeld qui conduit
à la conversion de ce dernier (cf. 752 ff.). (6) Selon Trivet, l’homme
aveugle qui recouvra la vue était l’un des chrétiens britanniques qui
avaient survécu à la conquête saxonne, et il se rendit au Pays de Galles
pour amener l’évêque Lucius. (7) Le chevalier qui sollicita Constance avait,
selon Trivet, été chargé de la surveillance en l’absence d’Elda, et il
prépara son accusation contre elle de peur qu’elle ne rapporte son
comportement à Elda à son retour (cf. 792 ff.). (8) Les paroles
dites lorsque le chevalier coupable fut frappé ne sont pas les mêmes. De
plus, Gower le fait avouer son crime avant de le faire mourir, tandis que
dans la version française
seul à l’indicatif singulier, cf. ii. 89, iv. 1619, etc.
473. C’est-à-dire qu’elle est sur ses gardes pour ne pas faire ce dont elle pourrait
par la suite regretter. Pour « hadde I wist », cf. i. 1888.
510 f. I myhte noght To soffre, etc. Une construction très inhabituelle.
547 ff. « Je ne vois pas que j’aie dit quoi que ce soit de répréhensible par
jalousie », etc.
565. « Dans lequel il sait qu’il y a du poison » : pour l’agencement des mots,
cf. i. 833.
583. « À corriger » : cf. Prol. 83.
587 ff. L’histoire de Constance est le « Man of Law’s Tale » de Chaucer, et
les deux auteurs ont tiré leur récit de la même source, la chronique
anglo-normande de Nicholas Trivet. Le récit tel que le rapporte celui-ci a été
imprimé pour la Chaucer Society d’après le manuscrit Arundel 56, avec
collation d’une copie de Stockholm (Originals and Analogues, 1872). Les
citations dans ces Notes proviennent cependant du manuscrit de la
Bodléienne, Rawlinson B. 178.
Gower a suivi l’original plus fidèlement que Chaucer, mais il s’en écarte
à de nombreux égards, comme on le verra dans la liste suivante :
(1) Gower ne dit rien de la compétence de Constance en sciences et
langues, sur lesquelles Trivet insiste beaucoup. (2) Il abrège les
négociations de mariage avec le Soudan (620 ff.). (3) Il ne mentionne pas
les sept cents Saracènes avec qui la mère du Soudan complotait. (4) Il fait
atterrir Constance en Northumberland en été plutôt que le jour de Noël
(732). (5) Il omet la conversation entre Constance et Hermyngeld qui conduit
à la conversion de ce dernier (cf. 752 ff.). (6) Selon Trivet, l’homme
aveugle qui recouvra la vue était l’un des chrétiens britanniques qui
avaient survécu à la conquête saxonne, et il se rendit au Pays de Galles
pour amener l’évêque Lucius. (7) Le chevalier qui sollicita Constance avait,
selon Trivet, été chargé de la surveillance en l’absence d’Elda, et il
prépara son accusation contre elle de peur qu’elle ne rapporte son
comportement à Elda à son retour (cf. 792 ff.). (8) Les paroles
dites lorsque le chevalier coupable fut frappé ne sont pas les mêmes. De
plus, Gower le fait avouer son crime avant de le faire mourir, tandis que
dans la version française
Page 758
Dans le livre, il est mis à mort par le roi (cf. 879 et suiv.). (9) Les raisons de la haine de Domilde envers Constance sont omises par Gower. Trivet affirme que Domilde donnait au messager une potion droguée à chaque fois (cf. 952 et suiv., 1008 et suiv.). (11) La communication à Constance de la prétendue lettre du roi, ainsi que son acceptation de son destin, sont omises par Gower. (12) Les prières de Constance pour elle-même et son enfant en mer, ainsi que l’allaitement de l’enfant, sont des ajouts faits par Gower (1055-1083). (13) Selon Trivet, Constance débarqua au château de l’amiral païen où elle fut reçue, puis retourna sur son navire pour la nuit. Puis, pendant la nuit, Thelous vint la trouver ; prétendant se repentir d’avoir renié sa foi, il pria pour pouvoir partir avec elle et retourner dans un pays chrétien. Ils mirent donc le cap vers la mer, et lui, poussé par le diable, tenta de la corrompre. Elle le convainquit de chercher une terre, en promettant de céder à ses désirs une fois arrivés sur le rivage ; tandis qu’il était absorbé par cette tâche, elle le poussa par-dessus bord (cf. 1084-1125). (14) La vengeance du roi Alle contre sa mère est racontée par Trivet juste après cet épisode, et plus tard par Gower. Selon Trivet, il la fit tailler en pièces (cf. 1226-1301). Dans la ballade d’Emaré, la mère est condamnée au bûcher, mais sa peine est changée en exil. (15) Gower omet l’entrée du roi Alle à Rome ainsi que l’épisode où Constance le voit en passant dans les rues. (16) Trivet dit que lorsque Morice apporta le message à l’Empereur, ce dernier fut frappé par sa ressemblance avec sa fille perdue. (17) Gower ajoute l’épisode où Constance part à la rencontre de son père (1500 et suiv.). (18) Selon Trivet, Constance retourna à Rome à cause de la maladie de son père (cf. 1580 et suiv.). Ces différences, ainsi que d’autres détails, montrent que Gower a traité l’histoire avec une certaine liberté. Avant que Trivet ne soit connu comme source commune pour Chaucer et Gower, Tyrrwhitt avait suggéré que le récit de Chaucer était tiré de Gower. En réalité, Chaucer critique et rejette un élément du récit présent dans la version de Gower, à savoir l’envoi de « l’enfant Maurice » pour inviter l’Empereur. Cet épisode provient cependant de Trivet, et c’est probablement à lui que Chaucer fait référence. Cependant, on a avancé récemment, sur la base de certaines ressemblances minutieuses dans les détails et les formes d’expression entre le récit de Chaucer et celui de Gower, que Chaucer connaissait la version de Gower de l’histoire.
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ainsi que chez Trivet (E. Lücke dans Anglia, vol. XIV) ; et cette même logique a été utilisée par d’autres, par exemple le Dr Skeat dans son édition de Chaucer, pour prouver que Gower s’était en partie inspiré de Chaucer. Il semble probable que le récit de Constance de Chaucer ait été écrit avant celui de Gower, et il est tout à fait possible que Gower ait connu l’œuvre de son ami et y ait emprunté certaines expressions pour les intégrer dans la sienne. Lücke cite vingt-sept exemples, dont plus de la moitié sont triviaux ou peu convaincants, mais qui, dans l’ensemble, constituent une preuve assez solide que l’un des deux poètes connaissait l’histoire de l’autre. Les parallèles les plus convaincants sont les suivants : Gower, « Let take anon this Constantine » 706, Chaucer, « And Custance have they take anon » Cant. Tales, B 438 ; Gower, « lich hir oghne lif Constance loveth » 750, Chaucer, « loved hire right as hir lif » B 535 ; Gower, « yif me my sihte » 765, Chaucer, « yif me my sighte again » B 560, Trivet, « qe tu me facetz le signe de la croiz sur mes eux enveugles » f. 34 ; Gower, « The king with many another mo Hath christned » 907, Chaucer, « The kyng and many another in that place converted was » B 685 ; Gower, « to kepe his wif » 925, Chaucer, « his wyf to kepe » B 717 ; Gower, « goth to seke Ayein the Scottes for to fonde The werre » 928 ff. ; Chaucer, « whan he is gon To Scotlondward, his fomen for to seke » B 717 f. ; Gower, « The time set of kinde is come, This lady hath hir chambre nomme » 931 f. Chaucer, « She halt hire chambre abiding Cristes wille. The tyme is come » B 721 f. Ces similitudes de formulation sont celles que l’on pourrait attendre si Gower avait lu le récit de Chaucer avant d’écrire le sien. Dans l’ensemble, il reste indépendant, et il n’est certainement pas nécessaire de supposer, comme le fait le Dr Skeat, qu’une querelle entre eux ait été causée par une telle affaire.
590. Tibère Constantin fut empereur (à Constantinople) seulement pendant quatre ans, de 578 à 582 ; le nom de sa femme était Anastasie. Il choisit Maurice de Cappadoce pour lui succéder et lui donna sa fille en mariage. Le roman raconté par Trivet ne semble avoir aucune base historique, mais c’est sous le règne de Maurice que la mission partit de Rome pour convertir les Anglais, ce qui pourrait avoir un rapport avec l’idée selon laquelle Maurice était lui-même en partie d’origine anglaise. Trivet mentionne lui-même la version historique du récit, mais prétend trouver un récit différent dans les anciennes chroniques saxones, « les aunciens croniques des Sessouns », ou « l’estoire de Sessons ».
590. Tibère Constantin fut empereur (à Constantinople) seulement pendant quatre ans, de 578 à 582 ; le nom de sa femme était Anastasie. Il choisit Maurice de Cappadoce pour lui succéder et lui donna sa fille en mariage. Le roman raconté par Trivet ne semble avoir aucune base historique, mais c’est sous le règne de Maurice que la mission partit de Rome pour convertir les Anglais, ce qui pourrait avoir un rapport avec l’idée selon laquelle Maurice était lui-même en partie d’origine anglaise. Trivet mentionne lui-même la version historique du récit, mais prétend trouver un récit différent dans les anciennes chroniques saxones, « les aunciens croniques des Sessouns », ou « l’estoire de Sessons ».
Page 760
594. le dieu : cf. Prol. 72. On trouve à la fois « god » et « godd » comme formes d’orthographe, de même que « rod » et « rodd », « bed » et « bedd ». Ici, « godd » a été modifié dans F par effacement.
613. Tant Chaucer que Gower font en sorte que le Soudan fasse venir les marchands, tandis que dans Trivet ils sont amenés devant lui sur accusation ; mais en réalité, ici Gower est essentiellement d’accord avec Trivet, tandis que Chaucer invente une occasion complètement différente pour cet entretien.
653. Betwen hem two, « seuls tous les deux » : cf. 752, 3517, iii. 1466.
684. Hire clos Envie : voir la note sur Prol. 221. La métaphore ici peut provenir du déploiement d’un filet, ou bien elle signifie simplement qu’elle a montré sa jalousie secrète.
693 sq. Comparer le développement de cette idée chez Chaucer avec des exemples, Cant. Tales, B 470 sq.
709. withoute stiere : Chaucer dit « a ship al steereles », tandis que Trivet écrit « sansigle et sans naviroun », ou « sans viron » (MS. Rawl.) ; mais soit « viron », soit « naviron » peut désigner la rame avec laquelle le navire était dirigé.
709 sq. Noter la transposition libre des phrases au profit des rimes. L’ordre logique serait 709, 711, 710, 713, 712.
711. for yeres fyve. Trivet dit « pur treis aunz », mais il la garde néanmoins en mer pendant près de cinq ans.
736. gon, au pluriel, « il et sa femme partent » : cf. 1152.
749 sq. Dans les manuscrits, le paragraphe commence par « Constance loveth », l. 751.
752. « They speaking every day together alone », usage absolu : cf. 1723. Pour « betwen hem two », cf. 653.
762. Ponctué après « hire » dans F.
771. Thou bysne man. Le mot « bysne » provient de l’histoire originale. Trivet dit qu’elle parla en langue saxonne et dit : « Bisne man, en Ihesu name in rode yslawe haue þi siht » (MS. Rawl. f. 34).
785. As he that. La référence est au roi, de sorte qu’on s’attendrait plutôt à « As him that », mais cette expression est stéréotypée et ne…
613. Tant Chaucer que Gower font en sorte que le Soudan fasse venir les marchands, tandis que dans Trivet ils sont amenés devant lui sur accusation ; mais en réalité, ici Gower est essentiellement d’accord avec Trivet, tandis que Chaucer invente une occasion complètement différente pour cet entretien.
653. Betwen hem two, « seuls tous les deux » : cf. 752, 3517, iii. 1466.
684. Hire clos Envie : voir la note sur Prol. 221. La métaphore ici peut provenir du déploiement d’un filet, ou bien elle signifie simplement qu’elle a montré sa jalousie secrète.
693 sq. Comparer le développement de cette idée chez Chaucer avec des exemples, Cant. Tales, B 470 sq.
709. withoute stiere : Chaucer dit « a ship al steereles », tandis que Trivet écrit « sansigle et sans naviroun », ou « sans viron » (MS. Rawl.) ; mais soit « viron », soit « naviron » peut désigner la rame avec laquelle le navire était dirigé.
709 sq. Noter la transposition libre des phrases au profit des rimes. L’ordre logique serait 709, 711, 710, 713, 712.
711. for yeres fyve. Trivet dit « pur treis aunz », mais il la garde néanmoins en mer pendant près de cinq ans.
736. gon, au pluriel, « il et sa femme partent » : cf. 1152.
749 sq. Dans les manuscrits, le paragraphe commence par « Constance loveth », l. 751.
752. « They speaking every day together alone », usage absolu : cf. 1723. Pour « betwen hem two », cf. 653.
762. Ponctué après « hire » dans F.
771. Thou bysne man. Le mot « bysne » provient de l’histoire originale. Trivet dit qu’elle parla en langue saxonne et dit : « Bisne man, en Ihesu name in rode yslawe haue þi siht » (MS. Rawl. f. 34).
785. As he that. La référence est au roi, de sorte qu’on s’attendrait plutôt à « As him that », mais cette expression est stéréotypée et ne…
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varient toujours en fonction de la construction grammaticale : cf. 1623. On trouve cependant aussi « As him which », iii. 1276.
791. « The time being appointed moreover » : usage absolu du participe.
831. « trencha la gowle Hermigild » : par conséquent, le fait que Gower et Chaucer s’accordent pour dire qu’il lui a tranché la gorge n’a pas de signification particulière.
833. La lecture « that dier », ou « that diere », était apparemment une erreur du copiste original. Elle apparaît dans toutes les copies non révisées de la première recension ainsi que dans B. Λ, mais Λ présente la lecture corrigée.
857. Après, « In accordance with ».
880 et suiv. Ici, Chaucer suit plus fidèlement l’original que Gower, comme également juste au-dessus, « him smoot upon the nekke boon ». Les paroles de la voix miraculeuse sont données en latin par Trivet : « Aduersus filiam matris ecclesie ponebas scandalum: hoc fecisti et tacui » (« et non tacui » Rawl. Stockh.). Chaucer écrit (B 674 et suiv.) :
« And seyde, “Thou hast desclaundred gilteles
The doughter of holy chirche in heigh presence:
Thus hastou doon and yet holde I my pees.”»
895. Cette ligne apparaît plusieurs fois, par ex. i. 2106, ii. 2670.
905. Lucie, qui doit apparemment se prononcer « Lucíe ». De tels noms apparaissent généralement soit sous les formes latines « Lucius », « Tiberius », « Claudius », « Virginius », soit avec un accent sur la syllabe antépénultième : « Tibérie », « Mercúrie », le « i » ne comptant pas comme une syllabe.
947. Nous ne pouvons guère affirmer avec certitude quel est le vrai nom. Le texte imprimé de la version française donne « Domulde » ou « Domilde », le manuscrit de Rawlinson porte « Downilde », tandis que Chaucer l’appelle « Donegild ».
964. which is of faierie. Dans le livre français, le texte indique que, depuis le départ du roi, la reine a été transformée en une autre créature et qu’elle est un esprit malin sous forme féminine.
791. « The time being appointed moreover » : usage absolu du participe.
831. « trencha la gowle Hermigild » : par conséquent, le fait que Gower et Chaucer s’accordent pour dire qu’il lui a tranché la gorge n’a pas de signification particulière.
833. La lecture « that dier », ou « that diere », était apparemment une erreur du copiste original. Elle apparaît dans toutes les copies non révisées de la première recension ainsi que dans B. Λ, mais Λ présente la lecture corrigée.
857. Après, « In accordance with ».
880 et suiv. Ici, Chaucer suit plus fidèlement l’original que Gower, comme également juste au-dessus, « him smoot upon the nekke boon ». Les paroles de la voix miraculeuse sont données en latin par Trivet : « Aduersus filiam matris ecclesie ponebas scandalum: hoc fecisti et tacui » (« et non tacui » Rawl. Stockh.). Chaucer écrit (B 674 et suiv.) :
« And seyde, “Thou hast desclaundred gilteles
The doughter of holy chirche in heigh presence:
Thus hastou doon and yet holde I my pees.”»
895. Cette ligne apparaît plusieurs fois, par ex. i. 2106, ii. 2670.
905. Lucie, qui doit apparemment se prononcer « Lucíe ». De tels noms apparaissent généralement soit sous les formes latines « Lucius », « Tiberius », « Claudius », « Virginius », soit avec un accent sur la syllabe antépénultième : « Tibérie », « Mercúrie », le « i » ne comptant pas comme une syllabe.
947. Nous ne pouvons guère affirmer avec certitude quel est le vrai nom. Le texte imprimé de la version française donne « Domulde » ou « Domilde », le manuscrit de Rawlinson porte « Downilde », tandis que Chaucer l’appelle « Donegild ».
964. which is of faierie. Dans le livre français, le texte indique que, depuis le départ du roi, la reine a été transformée en une autre créature et qu’elle est un esprit malin sous forme féminine.
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994 f. « comaunda qe sanz nul countredit feissent sa femme sauvement garder » f. 34 vo.
1001. J’intercale une ponctuation après « Knaresburgh » d’après F.
1010. Le manuscrit comporte une pause après « drunke », ce qui semble le mieux.
1020. Il s’agit apparemment d’une des altérations originales du texte de l’auteur.
1046 ff. L’original ne contient que « grant duel et grant dolour demeneient ».
1081. To rocke with : cf. i. 452.
1110. if sche him daunger make, « si elle résiste à son désir » : voir la note sur i. 2443.
1123. menable : voir la note sur i. 1067.
1132. er it be falle And hath &c. ; c’est-à-dire « jusqu’à ce que cela arrive, qu’il l’ait, etc. ».
1152. scholden : notez le verbe au pluriel après « I forth with my litel Sone » : cf. 736.
1163. Trivet ajoute « qar issit l’apelerent les Sessoneis » f. 35 vo.
1164. for noght he preide &c. , « car aucune de ses prières n’était entendue », etc.
1173. La pause après « Romeward » est d’après F, avec lequel A est d’accord. On peut dire soit « Il venait de Barbarie vers Rome et rentrait chez lui », soit « Il venait de Barbarie et rentrait chez lui en direction de Rome » ; mais la seconde version est peut-être plus naturelle.
1191. made sche no chiere. Cela doit signifier ici « elle ne montra aucun signe extérieur de ses pensées ». Généralement, « to make cheer » signifie être joyeux.
1243. what child that were, subjonctif dans une question indirecte : cf. 1943, iii. 708, 771, etc. Voir la note sur Prol. 41.
1259. alle well : « wel » semble être un nom.
1275. as seith the bok. Le « livre » ne dit que « ia tut enflammé de ire ».
1285. I schal be venged : cf. v. 6766. Les première et deuxième versions ont « It schal ».
1001. J’intercale une ponctuation après « Knaresburgh » d’après F.
1010. Le manuscrit comporte une pause après « drunke », ce qui semble le mieux.
1020. Il s’agit apparemment d’une des altérations originales du texte de l’auteur.
1046 ff. L’original ne contient que « grant duel et grant dolour demeneient ».
1081. To rocke with : cf. i. 452.
1110. if sche him daunger make, « si elle résiste à son désir » : voir la note sur i. 2443.
1123. menable : voir la note sur i. 1067.
1132. er it be falle And hath &c. ; c’est-à-dire « jusqu’à ce que cela arrive, qu’il l’ait, etc. ».
1152. scholden : notez le verbe au pluriel après « I forth with my litel Sone » : cf. 736.
1163. Trivet ajoute « qar issit l’apelerent les Sessoneis » f. 35 vo.
1164. for noght he preide &c. , « car aucune de ses prières n’était entendue », etc.
1173. La pause après « Romeward » est d’après F, avec lequel A est d’accord. On peut dire soit « Il venait de Barbarie vers Rome et rentrait chez lui », soit « Il venait de Barbarie et rentrait chez lui en direction de Rome » ; mais la seconde version est peut-être plus naturelle.
1191. made sche no chiere. Cela doit signifier ici « elle ne montra aucun signe extérieur de ses pensées ». Généralement, « to make cheer » signifie être joyeux.
1243. what child that were, subjonctif dans une question indirecte : cf. 1943, iii. 708, 771, etc. Voir la note sur Prol. 41.
1259. alle well : « wel » semble être un nom.
1275. as seith the bok. Le « livre » ne dit que « ia tut enflammé de ire ».
1285. I schal be venged : cf. v. 6766. Les première et deuxième versions ont « It schal ».
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1300. était après le coucher du soleil. Le livre français ne le dit pas. Il semble probable que Gower fût familier avec des ballades sur ce sujet, comme celle d’Emaré, imprimée dans les Metrical Romances de Ritson, ii. 204 et suiv. Il convient de noter qu’Emaré est tirée d’une chanson bretonne :
« C’est là une chanson de Bretagne,
Qui était utilisée jadis
Par ceux qu’on appelait les joueurs de harpe. »
1317. Selon Trivet, il est venu surtout pour obtenir l’absolution d’avoir tué sa mère, et Chaucer le suit ici.
1329. Pour aider à loger son hôte. Cela semble signifier que la question fut posée dans le but d’aider à trouver un logement pour le roi. L’expression est cependant assez obscure.
1351. faiblesse de la See. Cela est absurde ici, mais pas dans l’histoire originale. Constance attribue sa faiblesse aux effets produits par ses longs voyages en mer : « se acundut par feblesce de sa cervele que lui avint en la mere », f. 36.
1369. sihe, subjonctif, « afin que le roi puisse le voir. »
1381 et suiv. Cf. viii. 1702 et suiv.
1393. « un navire qui existait », cf. i. 10.
1405 et suiv. Voir la note sur 1163. Trivet ne parle ici que du nom de Moris.
1423 et suiv. La forme plus habituelle chez Gower serait : « Ne désire-t-il pas tant le ciel qu’il ne souffre plus », comme à i. 718, etc.
1464 et suiv. Le lien de cette remarque est plus clair dans l’histoire originale, où il est dit que Constance conseilla à son mari, si l’Empereur refusait sa prière, de demander « pur l’amour qu’il avoit pour l’âme de sa fille Constance » ; car elle savait qu’il ne refusait personne qui priait de cette manière.
1586 et suiv. Après cela, « selon que » : cf. Prol. 544, iii. 1074. Le livre affirme en effet, avec une précision apparemment grande, qu’Alla mourut neuf mois après son retour, que Constance revint à Rome six mois plus tard, « pur la nouvelle qu’elle eut de la maladie de son père », et que le treizième jour après son arrivée…
« C’est là une chanson de Bretagne,
Qui était utilisée jadis
Par ceux qu’on appelait les joueurs de harpe. »
1317. Selon Trivet, il est venu surtout pour obtenir l’absolution d’avoir tué sa mère, et Chaucer le suit ici.
1329. Pour aider à loger son hôte. Cela semble signifier que la question fut posée dans le but d’aider à trouver un logement pour le roi. L’expression est cependant assez obscure.
1351. faiblesse de la See. Cela est absurde ici, mais pas dans l’histoire originale. Constance attribue sa faiblesse aux effets produits par ses longs voyages en mer : « se acundut par feblesce de sa cervele que lui avint en la mere », f. 36.
1369. sihe, subjonctif, « afin que le roi puisse le voir. »
1381 et suiv. Cf. viii. 1702 et suiv.
1393. « un navire qui existait », cf. i. 10.
1405 et suiv. Voir la note sur 1163. Trivet ne parle ici que du nom de Moris.
1423 et suiv. La forme plus habituelle chez Gower serait : « Ne désire-t-il pas tant le ciel qu’il ne souffre plus », comme à i. 718, etc.
1464 et suiv. Le lien de cette remarque est plus clair dans l’histoire originale, où il est dit que Constance conseilla à son mari, si l’Empereur refusait sa prière, de demander « pur l’amour qu’il avoit pour l’âme de sa fille Constance » ; car elle savait qu’il ne refusait personne qui priait de cette manière.
1586 et suiv. Après cela, « selon que » : cf. Prol. 544, iii. 1074. Le livre affirme en effet, avec une précision apparemment grande, qu’Alla mourut neuf mois après son retour, que Constance revint à Rome six mois plus tard, « pur la nouvelle qu’elle eut de la maladie de son père », et que le treizième jour après son arrivée…
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L’empereur mourut dans les bras de sa fille, qui le suivit un an plus tard, le jour de saint Clément en l’an 585. Il est également indiqué qu’Elda, qui avait accompagné Constance à Rome, mourut à Tours sur le chemin du retour en Angleterre.
1599. Le « wel meninge of love ». Malgré les variations, il n’y a guère de doute quant à la lecture correcte ici. Le mot est clairement « meninge » tant dans F que dans S ; le changement en « wel » a sans doute été suggéré par la mauvaise lecture de « meuinge ». Pour cette expression, cf. iii. 599 : « To love and to his welwillinge. »
1613 et suiv. Gower a apparemment assemblé cette histoire de Démétrius et Persée à partir de plusieurs sources, car elle ne semble pas se trouver dans une seule source exactement telle qu’il la rapporte. La première partie, qui concerne l’accusation fausse portée contre Démétrius et ses conséquences, correspond au récit donné par Justin, dans son Epitome, liv. xxxii. L’histoire de la fille de Paulus Emilius et de son petit chien est racontée par Valerius Maximus, Mem. i. 5. 3. Enfin, les détails de la défaite de Persée semblent être tirés du récit d’une catastrophe qui eut lieu à peu près à la même époque chez les Basternae, une tribu thrace alliée à Persée ; selon Orose (iv. 20), ceux-ci, en traversant le Danube en hiver avec de nombreux hommes et chevaux, furent presque anéantis par la rupture de la glace. Le même auteur mentionne que, après la défaite et la capture de Persée, son fils exerça le métier de bronzier à Rome.
Il est bien sûr possible que Gower ait eu sous les yeux un récit unique dans lequel ces éléments étaient déjà combinés. Chez Vincent de Beauvais, dans le Speculum Hist. v. 65 et suiv., on trouve d’abord la catastrophe des Basternae, tirée d’Orose, puis la guerre macédonienne, d’après Justin et Orose, avec l’incident du chien ajouté d’après Valerius.
1631 (marge) : testibus que iudicibus, « témoins et juges », usage courant de cette conjonction dans le latin de Gower ; cf. « Celsior est Aquila que Leone ferocior », vers latins après i. 574.
1633 : dorst ; c’est ainsi dans les meilleurs manuscrits pour « dorste ».
1711 : apparant, au lieu de « heir apparant », qui était la lecture originale de la première révision ; cf. Mirour, 5580.
1599. Le « wel meninge of love ». Malgré les variations, il n’y a guère de doute quant à la lecture correcte ici. Le mot est clairement « meninge » tant dans F que dans S ; le changement en « wel » a sans doute été suggéré par la mauvaise lecture de « meuinge ». Pour cette expression, cf. iii. 599 : « To love and to his welwillinge. »
1613 et suiv. Gower a apparemment assemblé cette histoire de Démétrius et Persée à partir de plusieurs sources, car elle ne semble pas se trouver dans une seule source exactement telle qu’il la rapporte. La première partie, qui concerne l’accusation fausse portée contre Démétrius et ses conséquences, correspond au récit donné par Justin, dans son Epitome, liv. xxxii. L’histoire de la fille de Paulus Emilius et de son petit chien est racontée par Valerius Maximus, Mem. i. 5. 3. Enfin, les détails de la défaite de Persée semblent être tirés du récit d’une catastrophe qui eut lieu à peu près à la même époque chez les Basternae, une tribu thrace alliée à Persée ; selon Orose (iv. 20), ceux-ci, en traversant le Danube en hiver avec de nombreux hommes et chevaux, furent presque anéantis par la rupture de la glace. Le même auteur mentionne que, après la défaite et la capture de Persée, son fils exerça le métier de bronzier à Rome.
Il est bien sûr possible que Gower ait eu sous les yeux un récit unique dans lequel ces éléments étaient déjà combinés. Chez Vincent de Beauvais, dans le Speculum Hist. v. 65 et suiv., on trouve d’abord la catastrophe des Basternae, tirée d’Orose, puis la guerre macédonienne, d’après Justin et Orose, avec l’incident du chien ajouté d’après Valerius.
1631 (marge) : testibus que iudicibus, « témoins et juges », usage courant de cette conjonction dans le latin de Gower ; cf. « Celsior est Aquila que Leone ferocior », vers latins après i. 574.
1633 : dorst ; c’est ainsi dans les meilleurs manuscrits pour « dorste ».
1711 : apparant, au lieu de « heir apparant », qui était la lecture originale de la première révision ; cf. Mirour, 5580.
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« Car d’autre bien n’est apparant. »
1723. vivant avec son père : pour cette utilisation absolue, cf. 752.
1757. après nomination, c’est-à-dire après que son pouvoir lui ait été conféré en tant que charge temporaire. Voir les exemples dans le New Engl. Dict.
1778. Et lui. « As he » est une erreur qui s’est glissée dans la troisième révision. L’échange de « As » et de « And » dans les manuscrits de Gower est très courant.
1793 f. « Car un tel présage concernant un chien lui ressemblait beaucoup », les mots ayant été transposés pour des raisons de mètre.
1799. do slain. Il s’agit apparemment d’un participe passé par attraction à l’infinitif : cf. i. 3153, iv. 249, 816.
1817 ff. Cet épisode n’est rapporté dans aucune histoire concernant l’armée de Persée, à ma connaissance : voir la note sur 1613.
Vers latins. iv. 7 f. Comme ponctué dans F, le couplet se lit :
« Quod patet esse fides in eo, fraus est que politi
Principium pacti, finis habere negat. »
Cela ne semble pas avoir de sens. Le texte peut être traduit ainsi :
« Ce qui semble être de la foi en lui n’est en fait qu’une fraude, et la fin du pacte solide nie son commencement » (litt. « nie qu’il ait un commencement »).
1921. it scheweth, « il apparaît » : cf. iii. 809.
1943. how it were : subjonctif de question indirecte ; cf. 1243.
1950. of love, and. La ponctuation est celle de F.
2016. byme : voir la note sur i. 232.
2018. For this I weene, « la autre raison est parce que je pense », etc.
2025. Forwhy and, « à condition que » : la même phrase réapparaît en v. 2563. Comparer l’usage de « for why that » dans Le Morte Arth. 389 (Roxb.), « Thou shalt haue yiftis good, For why þat thou wilte dwelle wyth me », cité dans le New Engl. Dict.
1723. vivant avec son père : pour cette utilisation absolue, cf. 752.
1757. après nomination, c’est-à-dire après que son pouvoir lui ait été conféré en tant que charge temporaire. Voir les exemples dans le New Engl. Dict.
1778. Et lui. « As he » est une erreur qui s’est glissée dans la troisième révision. L’échange de « As » et de « And » dans les manuscrits de Gower est très courant.
1793 f. « Car un tel présage concernant un chien lui ressemblait beaucoup », les mots ayant été transposés pour des raisons de mètre.
1799. do slain. Il s’agit apparemment d’un participe passé par attraction à l’infinitif : cf. i. 3153, iv. 249, 816.
1817 ff. Cet épisode n’est rapporté dans aucune histoire concernant l’armée de Persée, à ma connaissance : voir la note sur 1613.
Vers latins. iv. 7 f. Comme ponctué dans F, le couplet se lit :
« Quod patet esse fides in eo, fraus est que politi
Principium pacti, finis habere negat. »
Cela ne semble pas avoir de sens. Le texte peut être traduit ainsi :
« Ce qui semble être de la foi en lui n’est en fait qu’une fraude, et la fin du pacte solide nie son commencement » (litt. « nie qu’il ait un commencement »).
1921. it scheweth, « il apparaît » : cf. iii. 809.
1943. how it were : subjonctif de question indirecte ; cf. 1243.
1950. of love, and. La ponctuation est celle de F.
2016. byme : voir la note sur i. 232.
2018. For this I weene, « la autre raison est parce que je pense », etc.
2025. Forwhy and, « à condition que » : la même phrase réapparaît en v. 2563. Comparer l’usage de « for why that » dans Le Morte Arth. 389 (Roxb.), « Thou shalt haue yiftis good, For why þat thou wilte dwelle wyth me », cité dans le New Engl. Dict.
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2066. of his oghne hed. On peut se demander si « hed » ne provient pas ici d’un ancien anglais « *hǣd », forme collatérale de « hád », tout comme la terminaison « -hed » pour « -hod ». Voir le New Engl. Dict., « hede ». Dans ce cas, « of his oghne hed » signifierait « au sujet de sa propre condition ». La rime avec « red » ne nous est d’aucune aide.
2071. Bot hield, c’est-à-dire « Mais je tenais » ; voir la note sur l. 1895.
2098 et suiv. Pour cette attaque contre les Lombards, comparer Mirour de l’omme, 25429 et suiv. Il s’agit de la jalousie populaire habituelle envers des rivaux étrangers dans le commerce.
2122. Fa crere, « faire semblant », l’art par lequel ils acquéraient du crédit dans les affaires. La forme « crere » est utilisée dans le français de Gower, par ex. Mirour, 4474.
2124. hem stant no doute, « ils n’ont aucune peur », « ils sont certains » : cf. iii. 1524, v. 7244. Au v. 2118, « which stant of him no doute », on trouve une forme quelque peu différente de cette expression : cf. iii. 2536.
2157 et suiv. L’histoire est principalement tirée d’Ovide, Métamorphoses, IX, 101 et suiv., mais Gower connaissait probablement aussi l’épître Deianira Herculi ; il a donc (tout naturellement) supposé que ce qui y est dit à propos d’Hercule et d’Omphale, l’échange de vêtements, etc., se rapportait aux relations d’Hercule et d’Iole : voir 2268 et suiv. « The kinges dowhter of Eurice » provient sans doute de l’expression « Eurytidosque Ioles » : cf. Traité, vii. 2. Le récit d’Ovide sur la mort d’Hercule est considérablement abrégé par notre auteur, et ce, pour de bonnes raisons.
2160. C’est-à-dire « il lui arriva de désirer », etc.
2297. Ovide, Métamorphoses, IX, 229 et suiv.
2299. al of : telle est généralement la formulation dans les premières et deuxièmes versions, ainsi que chez W. Le sens semble l’exiger, plutôt que « of al », donné par FH₃.
2341. his slyh compas : exemple clair de perte de flexion chez l’adjectif, bien qu’il s’agisse d’une racine anglaise originelle. Le même mot apparaît sous sa forme définie à l. 2374 : « with his slyhe cast ».
2346. chalk for chese : cf. Prol. 416.
2366. axeth no felawe, « n’exige personne pour le partager ».
2392. Le mètre exige la forme « bote », qui est étymologiquement correcte, et c’est celle qui figure dans les meilleurs manuscrits.
2071. Bot hield, c’est-à-dire « Mais je tenais » ; voir la note sur l. 1895.
2098 et suiv. Pour cette attaque contre les Lombards, comparer Mirour de l’omme, 25429 et suiv. Il s’agit de la jalousie populaire habituelle envers des rivaux étrangers dans le commerce.
2122. Fa crere, « faire semblant », l’art par lequel ils acquéraient du crédit dans les affaires. La forme « crere » est utilisée dans le français de Gower, par ex. Mirour, 4474.
2124. hem stant no doute, « ils n’ont aucune peur », « ils sont certains » : cf. iii. 1524, v. 7244. Au v. 2118, « which stant of him no doute », on trouve une forme quelque peu différente de cette expression : cf. iii. 2536.
2157 et suiv. L’histoire est principalement tirée d’Ovide, Métamorphoses, IX, 101 et suiv., mais Gower connaissait probablement aussi l’épître Deianira Herculi ; il a donc (tout naturellement) supposé que ce qui y est dit à propos d’Hercule et d’Omphale, l’échange de vêtements, etc., se rapportait aux relations d’Hercule et d’Iole : voir 2268 et suiv. « The kinges dowhter of Eurice » provient sans doute de l’expression « Eurytidosque Ioles » : cf. Traité, vii. 2. Le récit d’Ovide sur la mort d’Hercule est considérablement abrégé par notre auteur, et ce, pour de bonnes raisons.
2160. C’est-à-dire « il lui arriva de désirer », etc.
2297. Ovide, Métamorphoses, IX, 229 et suiv.
2299. al of : telle est généralement la formulation dans les premières et deuxièmes versions, ainsi que chez W. Le sens semble l’exiger, plutôt que « of al », donné par FH₃.
2341. his slyh compas : exemple clair de perte de flexion chez l’adjectif, bien qu’il s’agisse d’une racine anglaise originelle. Le même mot apparaît sous sa forme définie à l. 2374 : « with his slyhe cast ».
2346. chalk for chese : cf. Prol. 416.
2366. axeth no felawe, « n’exige personne pour le partager ».
2392. Le mètre exige la forme « bote », qui est étymologiquement correcte, et c’est celle qui figure dans les meilleurs manuscrits.
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2403. Me roghte noght : prétérit subjonctif, « Je ne m’en soucierais pas. »
2423. I wolde : cf. iii. 78. On pourrait s’attendre à la forme négative « I nolde », comme dans
i. 2750 f. :
« I wol noght say / That I nam glad on other side. »
La proposition conditionnelle ajoutée a interrompu le fil de la phrase.
2430. tant ne quant : ainsi dans Mirour de l’omme, 3654, 23358.
2437. A man to ben : cf. vi. 57.
2447. in a wayt : telle que donnée par les meilleures copies, cf. 2999, mais « upon await »
iii. 955, 1016.
2451 et suiv. Dans les manuscrits, ce paragraphe est indiqué comme commençant par la ligne suivante, « At Troie how that », la ligne précédente étant insignifiante. Quant à la première histoire mentionnée dans le texte, Gower l’a peut-être connue via Hyginus (Fab. cvi) ou Ovide, Her. Ep. iii. L’exemple de Diomède et Troïlus avait été popularisé par Chaucer, qui tenait le nom « Criseide » de Boccace dans « Griseida ». Chez Benoît et Guido, le nom est « Briseida », mais Boccace savait que Briseïs était une personne différente (Gen. Deorum, xii. 52).
2459 et suiv. Le nom Geta a été emprunté par Gower au Geta de Vitalis Blesensis, une pièce dramatique en élégies latines inspirée de Plaute, dans laquelle Geta remplace Sosia : voir Wright’s Early Mysteries, etc., p. 79-90.
On peut supposer que l’auteur lui-même a modifié l’histoire afin de la rendre plus adaptée à son dessein, en substituant un ami mortel à Jupiter. On note également qu’il a inversé le rôle d’Amphitryon.
2501 et suiv. Je ne peux indiquer la source de cette histoire.
2537. As thei. Le sens semble exiger cette lecture, qui ne se trouve cependant, pour autant que je sache, que dans deux manuscrits, et ceux-ci ne sont pas les meilleurs. Elle apparaît comme une correction dans la deuxième édition de Berthelet.
2423. I wolde : cf. iii. 78. On pourrait s’attendre à la forme négative « I nolde », comme dans
i. 2750 f. :
« I wol noght say / That I nam glad on other side. »
La proposition conditionnelle ajoutée a interrompu le fil de la phrase.
2430. tant ne quant : ainsi dans Mirour de l’omme, 3654, 23358.
2437. A man to ben : cf. vi. 57.
2447. in a wayt : telle que donnée par les meilleures copies, cf. 2999, mais « upon await »
iii. 955, 1016.
2451 et suiv. Dans les manuscrits, ce paragraphe est indiqué comme commençant par la ligne suivante, « At Troie how that », la ligne précédente étant insignifiante. Quant à la première histoire mentionnée dans le texte, Gower l’a peut-être connue via Hyginus (Fab. cvi) ou Ovide, Her. Ep. iii. L’exemple de Diomède et Troïlus avait été popularisé par Chaucer, qui tenait le nom « Criseide » de Boccace dans « Griseida ». Chez Benoît et Guido, le nom est « Briseida », mais Boccace savait que Briseïs était une personne différente (Gen. Deorum, xii. 52).
2459 et suiv. Le nom Geta a été emprunté par Gower au Geta de Vitalis Blesensis, une pièce dramatique en élégies latines inspirée de Plaute, dans laquelle Geta remplace Sosia : voir Wright’s Early Mysteries, etc., p. 79-90.
On peut supposer que l’auteur lui-même a modifié l’histoire afin de la rendre plus adaptée à son dessein, en substituant un ami mortel à Jupiter. On note également qu’il a inversé le rôle d’Amphitryon.
2501 et suiv. Je ne peux indiquer la source de cette histoire.
2537. As thei. Le sens semble exiger cette lecture, qui ne se trouve cependant, pour autant que je sache, que dans deux manuscrits, et ceux-ci ne sont pas les meilleurs. Elle apparaît comme une correction dans la deuxième édition de Berthelet.
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2550. qui que lui fût circonscrit. Cela peut signifier « qui l’entourait », c’est-à-dire qui pressait ses frontières, en référence au calife d’Égypte, ou « qui entourait son territoire », en référence à ce qui suit, « dans une marche côtière ». Dans ce dernier cas, on aurait une inversion très audacieuse des propositions pour des raisons de rime, mais pas plus que dans 709 et suivants.
2558. vers Le Caire. Il est évident que l’auteur considère cela comme la capitale non pas de l’Égypte mais de Perse : cf. 2648.
2578. cheveux. La forme du mot est adaptée à la rime : ainsi iv. 1252.
2642. Sur bail, etc., ordre inversé, « comment c’était un signe qu’elle devait être sa femme selon son serment », c’est-à-dire conformément à son serment.
2670. La même ligne apparaît également en i. 2106, ii. 895.
2680. tome, c’est-à-dire « loisir », « occasion », tiré de l’adjectif « tom », vide. La lecture « venir » provient probablement d’une mauvaise interprétation d’un mot plutôt inhabituel, mais la rime « Rome : venir » (participe passé) n’est pas acceptable (cf. K. Fahrenburg dans Archiv für neuere Sprachen, vol. 89, p. 406, qui bien sûr n’est pas au courant de cette corruption).
2803. Le récit de Boniface VIII le plus répandu en Angleterre est celui que l’on trouve dans la Chronique de Rishanger et repris par Higden et Walsingham. Il est présenté ainsi, sous l’année 1294 :—
Le pape abdique.
« Coelestin, sentant qu’il était insuffisant pour gouverner l’Église, sur le conseil de Benoît Gaietanus, abdiqua la papauté, après avoir publié auparavant une constitution concernant l’abdication des papes romains.»
Remplacement du pape.
« À la veille de Noël, près de Naples, Benoît Gaietanus est élu pape... Son prédécesseur Coelestin, homme de vie monastique, ayant subtilement incité ce dernier à abdiquer la papauté, l’a prédit en ces termes, selon ce qui se rapporte : “Tu es monté comme un renard, tu régneras comme un lion, tu mourras comme un chien.” Et c’est bien ce qui arriva ; car il fit publier une constitution afin que le pape lui-même puisse abdiquer et que tout pape puisse abdiquer ; cette constitution fut ensuite elle-même révoquée par le pape lui-même. Ensuite, il gouverna avec rigueur certains hommes nobles.»
2558. vers Le Caire. Il est évident que l’auteur considère cela comme la capitale non pas de l’Égypte mais de Perse : cf. 2648.
2578. cheveux. La forme du mot est adaptée à la rime : ainsi iv. 1252.
2642. Sur bail, etc., ordre inversé, « comment c’était un signe qu’elle devait être sa femme selon son serment », c’est-à-dire conformément à son serment.
2670. La même ligne apparaît également en i. 2106, ii. 895.
2680. tome, c’est-à-dire « loisir », « occasion », tiré de l’adjectif « tom », vide. La lecture « venir » provient probablement d’une mauvaise interprétation d’un mot plutôt inhabituel, mais la rime « Rome : venir » (participe passé) n’est pas acceptable (cf. K. Fahrenburg dans Archiv für neuere Sprachen, vol. 89, p. 406, qui bien sûr n’est pas au courant de cette corruption).
2803. Le récit de Boniface VIII le plus répandu en Angleterre est celui que l’on trouve dans la Chronique de Rishanger et repris par Higden et Walsingham. Il est présenté ainsi, sous l’année 1294 :—
Le pape abdique.
« Coelestin, sentant qu’il était insuffisant pour gouverner l’Église, sur le conseil de Benoît Gaietanus, abdiqua la papauté, après avoir publié auparavant une constitution concernant l’abdication des papes romains.»
Remplacement du pape.
« À la veille de Noël, près de Naples, Benoît Gaietanus est élu pape... Son prédécesseur Coelestin, homme de vie monastique, ayant subtilement incité ce dernier à abdiquer la papauté, l’a prédit en ces termes, selon ce qui se rapporte : “Tu es monté comme un renard, tu régneras comme un lion, tu mourras comme un chien.” Et c’est bien ce qui arriva ; car il fit publier une constitution afin que le pape lui-même puisse abdiquer et que tout pape puisse abdiquer ; cette constitution fut ensuite elle-même révoquée par le pape lui-même. Ensuite, il gouverna avec rigueur certains hommes nobles.»
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il déposa les cardinaux de Columpna ; il s’opposa au roi des Francs dans de nombreuses affaires, non seulement, mais il osa encore le faire déposer de toutes ses forces. Ainsi, le sénéchal de France, Guillaume de Longareto, homme en effet très prudent dans ses actions, ainsi que les frères de Columpna susmentionnés, saisirent Boniface, le pape, à l’aide des troupes alliées et le mirent sur un cheval sauvage, la tête tournée vers la queue, sans bride ; ils le forcèrent ainsi à courir jusqu’à son dernier souffle, et finalement le tuèrent de faim.
Il reste à se demander où Gower a trouvé l’histoire de la trompette parlante par laquelle Célestin fut poussé à abdiquer, pourquoi il supposa que la capture de Boniface eut lieu près d’Avignon, et d’où vinrent de tels détails supplémentaires que nous trouvons au l. 3028.
Quant au premier point, c’était certainement une histoire répandue, car nous la trouvons rapportée par des auteurs ultérieurs, comme Paulus Langius, dans sa Chron. Citiz., ann. 1294 : « Par une trompe aussi, plus fréquemment, la nuit, envoyée à travers le mur depuis son lit, comme si c’était une voix céleste, on lui parlait : “Célestin, Célestin, renonce au pontificat, car tu ne pourras être sauvé autrement, car cela dépasse tes forces.” »
Quant à la mort de Boniface, on rapportait généralement qu’il avait été affamé en prison ; en effet, après son enlèvement, il refusa de manger, et on observa qu’il se mordait les mains comme symptôme d’une extrême angoisse : « souvent il heurtait sa tête contre le mur et se mordait les doigts », « pendant plusieurs jours, furieux de colère, on le voyait se ronger les mains », etc. Ciacon. Vita Pont. p. 655.
2837 f. cf. Prol. 329.
2875. une telle introduction, avec une note si longue.
2889. hedde : cf. v. 1254.
2966. Lowyz. Ceci est bien sûr une erreur historique.
2985. Et seiden. Pour l’omission du pronom, cf. i. 1895.
2995. de Langharet. Nous trouvons cette forme du nom, ou quelque chose d’équivalent, dans les chroniques anglaises citées, ainsi que chez Villani. Le vrai nom était apparemment « de Nogaret ».
3001. à Avinoun. Cela est tout à fait ahistorique, et la mention précise de « Pontsorge » (ou, comme l’a d’abord écrit notre auteur, « Poursorge ») semble indiquer…
Il reste à se demander où Gower a trouvé l’histoire de la trompette parlante par laquelle Célestin fut poussé à abdiquer, pourquoi il supposa que la capture de Boniface eut lieu près d’Avignon, et d’où vinrent de tels détails supplémentaires que nous trouvons au l. 3028.
Quant au premier point, c’était certainement une histoire répandue, car nous la trouvons rapportée par des auteurs ultérieurs, comme Paulus Langius, dans sa Chron. Citiz., ann. 1294 : « Par une trompe aussi, plus fréquemment, la nuit, envoyée à travers le mur depuis son lit, comme si c’était une voix céleste, on lui parlait : “Célestin, Célestin, renonce au pontificat, car tu ne pourras être sauvé autrement, car cela dépasse tes forces.” »
Quant à la mort de Boniface, on rapportait généralement qu’il avait été affamé en prison ; en effet, après son enlèvement, il refusa de manger, et on observa qu’il se mordait les mains comme symptôme d’une extrême angoisse : « souvent il heurtait sa tête contre le mur et se mordait les doigts », « pendant plusieurs jours, furieux de colère, on le voyait se ronger les mains », etc. Ciacon. Vita Pont. p. 655.
2837 f. cf. Prol. 329.
2875. une telle introduction, avec une note si longue.
2889. hedde : cf. v. 1254.
2966. Lowyz. Ceci est bien sûr une erreur historique.
2985. Et seiden. Pour l’omission du pronom, cf. i. 1895.
2995. de Langharet. Nous trouvons cette forme du nom, ou quelque chose d’équivalent, dans les chroniques anglaises citées, ainsi que chez Villani. Le vrai nom était apparemment « de Nogaret ».
3001. à Avinoun. Cela est tout à fait ahistorique, et la mention précise de « Pontsorge » (ou, comme l’a d’abord écrit notre auteur, « Poursorge ») semble indiquer…
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l’utilisation d’une forme particulière du récit, qui ne peut pour l’instant être indiquée.
3033 et suiv. Cette parole est parfois donnée sous la forme d’une prophétie, et attribuée au prédécesseur de Boniface, dont on dit qu’il aurait provoqué la démission : voir le passage cité à la l. 2803.
3037. « to the houndes like », « à la ressemblance du chien » : cf. i. 2791, « to his liche ». La forme « like » serait difficilement admissible ici comme adjectif pour « lik ».
3056. Cette prophétie était sans doute en circulation parmi les nombreuses attribuées à l’abbé Joachim, mais je ne la trouve pas exactement sous la forme donnée ici. La citation en marge de F est d’une écriture différente de celle du texte et du titre « Nota de prophecia », etc. L’omission complète du latin dans certains manuscrits, tels qu’AdT, W, n’a pas de signification particulière pour ce passage.
3081 et suiv. « Il ne pourra s’abstenir de l’entraver. »
3095. Cette parole, qui est ici attribuée à Sénèque, et qui apparaît également dans le Mirour de l’omme sous une forme légèrement différente, 3831 et suiv., pourrait en réalité reposer sur le passage bien connu de Dante, Inf. xiii. 64.
Vers latins. vi. 4. Dumque, pour « Dum », comme parfois dans la Vox Clamantis.
ethnica flamma : voir la note à la l. 20.
3122 et suiv. Cf. Mirour, 3819 et suiv.
3160. Voir la note à i. 232.
3187. Les livres latins mentionnés sont les vies actuelles de saint Silvestre, dont le contenu est reproduit dans la Legenda Aurea. Gower raconte l’histoire dans un style nettement meilleur que celui que nous y trouvons, avec des ajouts de sa propre plume, notamment concernant les réflexions de Constantin, 3243 et suiv., et la prédication de Silvestre à l’empereur, 3383 et suiv. Il existe quelques variations de détail par rapport au récit courant, qui peuvent ou non indiquer une source particulière. Par exemple, dans la Vie de Silvestre, on nous dit que le
3033 et suiv. Cette parole est parfois donnée sous la forme d’une prophétie, et attribuée au prédécesseur de Boniface, dont on dit qu’il aurait provoqué la démission : voir le passage cité à la l. 2803.
3037. « to the houndes like », « à la ressemblance du chien » : cf. i. 2791, « to his liche ». La forme « like » serait difficilement admissible ici comme adjectif pour « lik ».
3056. Cette prophétie était sans doute en circulation parmi les nombreuses attribuées à l’abbé Joachim, mais je ne la trouve pas exactement sous la forme donnée ici. La citation en marge de F est d’une écriture différente de celle du texte et du titre « Nota de prophecia », etc. L’omission complète du latin dans certains manuscrits, tels qu’AdT, W, n’a pas de signification particulière pour ce passage.
3081 et suiv. « Il ne pourra s’abstenir de l’entraver. »
3095. Cette parole, qui est ici attribuée à Sénèque, et qui apparaît également dans le Mirour de l’omme sous une forme légèrement différente, 3831 et suiv., pourrait en réalité reposer sur le passage bien connu de Dante, Inf. xiii. 64.
Vers latins. vi. 4. Dumque, pour « Dum », comme parfois dans la Vox Clamantis.
ethnica flamma : voir la note à la l. 20.
3122 et suiv. Cf. Mirour, 3819 et suiv.
3160. Voir la note à i. 232.
3187. Les livres latins mentionnés sont les vies actuelles de saint Silvestre, dont le contenu est reproduit dans la Legenda Aurea. Gower raconte l’histoire dans un style nettement meilleur que celui que nous y trouvons, avec des ajouts de sa propre plume, notamment concernant les réflexions de Constantin, 3243 et suiv., et la prédication de Silvestre à l’empereur, 3383 et suiv. Il existe quelques variations de détail par rapport au récit courant, qui peuvent ou non indiquer une source particulière. Par exemple, dans la Vie de Silvestre, on nous dit que le
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L’empereur rencontra les mères en deuil alors qu’il se rendait au Capitole pour y prendre son bain de sang ; et dans toutes les versions de la légende que j’ai vues, la montagne où Silvestre se cachait était le Soracte (ou Saraptis), et non le Celion. Ce nom a cependant pu être modifié par Gower pour des raisons métriques, comme c’était parfois son habitude ; voir la note à i. 1407 (fin).
3210. d’Accidence. « Accidentia », au sens médical, est expliqué comme « affectus praeter naturam » : cf. v. 763.
3243 et suiv. Ces réflexions, qui se poursuivent jusqu’à l. 3300, constituent une forme développée et améliorée de la série plutôt peu élégante de maximes présentes dans la légende ; la plus percutante d’entre elles est celle avec laquelle notre auteur conclut : « Omnium se esse dominum comprobat, qui servum se monstraverit pietatis. »
3260. his oghne wone. Cela semble signifier « selon ses propres habitudes », à l’instar de « his oghne hondes » (i. 1427), « his oghne mouth » (v. 5455), pour « de ses propres mains », etc.
3507. vertu sovereine : un cas clair de l’inflection féminine en français, qui devait constituer une variation tout à fait naturelle dans de telles expressions ; cf. i. 2677. En français comme en anglais, notre auteur pouvait librement adapter la forme en fonction de la rime ou du mètre : ainsi avons-nous « sa joye soverein » Mir. 4810, mais « ma sovereine joie » Bal. ix. 7.
3517. betwen ous tweie, c’est-à-dire « ensemble » ; cf. l. 653.
LIB. III.
4. ther nis on. Notez la répétition du négatif provenant de la phrase précédente.
71. the leng the ferre, c’est-à-dire « le lengere the ferre ».
78. mihte I, pour « ne mihte I » : cf. ii. 2423.
83. redy to wraththe : cf. ii. 3444, « redi to the feith ».
143 et suiv. L’histoire provient d’Ovide, Her. Ep. xi. C’est celle dont parle Chaucer, Cant. Tales, B 77.
3210. d’Accidence. « Accidentia », au sens médical, est expliqué comme « affectus praeter naturam » : cf. v. 763.
3243 et suiv. Ces réflexions, qui se poursuivent jusqu’à l. 3300, constituent une forme développée et améliorée de la série plutôt peu élégante de maximes présentes dans la légende ; la plus percutante d’entre elles est celle avec laquelle notre auteur conclut : « Omnium se esse dominum comprobat, qui servum se monstraverit pietatis. »
3260. his oghne wone. Cela semble signifier « selon ses propres habitudes », à l’instar de « his oghne hondes » (i. 1427), « his oghne mouth » (v. 5455), pour « de ses propres mains », etc.
3507. vertu sovereine : un cas clair de l’inflection féminine en français, qui devait constituer une variation tout à fait naturelle dans de telles expressions ; cf. i. 2677. En français comme en anglais, notre auteur pouvait librement adapter la forme en fonction de la rime ou du mètre : ainsi avons-nous « sa joye soverein » Mir. 4810, mais « ma sovereine joie » Bal. ix. 7.
3517. betwen ous tweie, c’est-à-dire « ensemble » ; cf. l. 653.
LIB. III.
4. ther nis on. Notez la répétition du négatif provenant de la phrase précédente.
71. the leng the ferre, c’est-à-dire « le lengere the ferre ».
78. mihte I, pour « ne mihte I » : cf. ii. 2423.
83. redy to wraththe : cf. ii. 3444, « redi to the feith ».
143 et suiv. L’histoire provient d’Ovide, Her. Ep. xi. C’est celle dont parle Chaucer, Cant. Tales, B 77.
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« Mais certainement, il n’écrivit pas un mot à propos de cet exemple tragique de Canacee, qui aimait son propre frère comme une sœur. »
(Notez que le nom « Canace » est utilisé par Gower afin de rimer avec « place ».)
Malgré la nature du sujet, il faut admettre que Gower raconte l’histoire d’une manière très émouvante ; il fait preuve de bon goût en omettant certains détails d’Ovide, tels ceux des épîtres 39 à 44. La manière dont Gower décrit l’appel de Canace à son père est originale, tout comme la lettre qu’elle adresse à son frère, ainsi que la scène pittoresque et pathétique de sa mort. Dans l’ensemble, on peut considérer que notre auteur a grandement amélioré le texte original. Lydgate avait manifestement sous les yeux l’histoire de Gower lorsqu’il a introduit ce récit (inutilement) dans son ouvrage La Chute des princes. On peut noter que chez Ovide également, la catastrophe est présentée comme conséquence d’une colère incontrôlée :
« Imperat, heu ! ventis, tumidae non imperat irae. »
172. Droit positif : voir la note sur Prol. 247. Selon Gower, il n’y a rien de naturellement immoral dans un mariage incestueux, mais c’est la « lex positiva » de l’Église qui le rend illégal. Il précise cette position au début du huitième livre, en montrant que, dans les premiers âges du monde, de tels mariages devaient être sanctionnés par l’autorité divine ; que l’idée du lien de parenté comme obstacle au mariage s’est développée progressivement – les cousins pouvaient se marier chez les Juifs, tandis que frères et sœurs ne le pouvaient pas – et que finalement l’Église a ordonné :
« That non schal wedden of his ken / Ne the seconde ne the thridde. » VIII. 147 sq.
S’il était attaqué par Chaucer au sujet de cette histoire, il se défendrait sans doute en arguant que le vice qu’elle décrivait n’était pas contraire à la nature, et que le frère et la sœur coupables étaient en réalité bien plus…
(Notez que le nom « Canace » est utilisé par Gower afin de rimer avec « place ».)
Malgré la nature du sujet, il faut admettre que Gower raconte l’histoire d’une manière très émouvante ; il fait preuve de bon goût en omettant certains détails d’Ovide, tels ceux des épîtres 39 à 44. La manière dont Gower décrit l’appel de Canace à son père est originale, tout comme la lettre qu’elle adresse à son frère, ainsi que la scène pittoresque et pathétique de sa mort. Dans l’ensemble, on peut considérer que notre auteur a grandement amélioré le texte original. Lydgate avait manifestement sous les yeux l’histoire de Gower lorsqu’il a introduit ce récit (inutilement) dans son ouvrage La Chute des princes. On peut noter que chez Ovide également, la catastrophe est présentée comme conséquence d’une colère incontrôlée :
« Imperat, heu ! ventis, tumidae non imperat irae. »
172. Droit positif : voir la note sur Prol. 247. Selon Gower, il n’y a rien de naturellement immoral dans un mariage incestueux, mais c’est la « lex positiva » de l’Église qui le rend illégal. Il précise cette position au début du huitième livre, en montrant que, dans les premiers âges du monde, de tels mariages devaient être sanctionnés par l’autorité divine ; que l’idée du lien de parenté comme obstacle au mariage s’est développée progressivement – les cousins pouvaient se marier chez les Juifs, tandis que frères et sœurs ne le pouvaient pas – et que finalement l’Église a ordonné :
« That non schal wedden of his ken / Ne the seconde ne the thridde. » VIII. 147 sq.
S’il était attaqué par Chaucer au sujet de cette histoire, il se défendrait sans doute en arguant que le vice qu’elle décrivait n’était pas contraire à la nature, et que le frère et la sœur coupables étaient en réalité bien plus…
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digne de pitié plus que le père qui a pris une telle vengeance cruelle.
Malgré sa rigueur générale en matière de morale, Gower était
une sorte de fataliste, cf. les phrases récurrentes de 1222, 1348, 1677, iv.
1524, etc., et il souligne à plusieurs reprises le caractère irrésistible
des impulsions de la nature en amour ; cf. i. 17 ss., 1051 ss., 2621, vi. 1261 ss., et ici
l. 161 (marge), « intollerabilem iuuentutis concupiscenciam. »
219. « l’enfant qui était », cf. i. 10.
253 sq. Ovide, Her. Ep. xi. 96,
« Et iubet ex merito scire quid iste velit. »
279 sq. Cette lettre est en grande partie originale. Ce que nous avons chez Ovide est principalement narratif.
292. Si cela, etc. Le sens de ce passage chez Ovide dépend du fait que son enfant a déjà été abandonné et, comme elle le pense, déchiré par des bêtes sauvages, et elle implore son frère, si possible, de rassembler ses restes et de les placer près d’elle — une demande très naturelle et pathétique. Gower a choisi, pour un effet pittoresque dans cette scène, de faire en sorte que l’abandon de l’enfant ait lieu après la mort de la mère, et il aurait donc peut-être dû omettre la référence à l’enterrement de l’enfant.
300 sq. Ovide, Her. Ep. xi. 3, 4,
« Dextra tenet calamum, strictum tenet altera ferrum,
Et iacet in gremio charta soluta meo. »
315. Le mot « baskleth » est peut-être une lecture alternative authentique.
331. « D’une chose pareille qui a été faite. » Nous ne devons pas être tentés par la correction « tho » pour « that. »
352. Une maxime fataliste souvent répétée, par ex. i. 1714, « nede he mot that nede schal. »
355. La révision de cette ligne pour la troisième version peut indiquer une préférence pour le placement de l’accent sur « nature » à la manière anglaise : ainsi ii. 1376, mais « natúre » aux l. 175, 350.
Malgré sa rigueur générale en matière de morale, Gower était
une sorte de fataliste, cf. les phrases récurrentes de 1222, 1348, 1677, iv.
1524, etc., et il souligne à plusieurs reprises le caractère irrésistible
des impulsions de la nature en amour ; cf. i. 17 ss., 1051 ss., 2621, vi. 1261 ss., et ici
l. 161 (marge), « intollerabilem iuuentutis concupiscenciam. »
219. « l’enfant qui était », cf. i. 10.
253 sq. Ovide, Her. Ep. xi. 96,
« Et iubet ex merito scire quid iste velit. »
279 sq. Cette lettre est en grande partie originale. Ce que nous avons chez Ovide est principalement narratif.
292. Si cela, etc. Le sens de ce passage chez Ovide dépend du fait que son enfant a déjà été abandonné et, comme elle le pense, déchiré par des bêtes sauvages, et elle implore son frère, si possible, de rassembler ses restes et de les placer près d’elle — une demande très naturelle et pathétique. Gower a choisi, pour un effet pittoresque dans cette scène, de faire en sorte que l’abandon de l’enfant ait lieu après la mort de la mère, et il aurait donc peut-être dû omettre la référence à l’enterrement de l’enfant.
300 sq. Ovide, Her. Ep. xi. 3, 4,
« Dextra tenet calamum, strictum tenet altera ferrum,
Et iacet in gremio charta soluta meo. »
315. Le mot « baskleth » est peut-être une lecture alternative authentique.
331. « D’une chose pareille qui a été faite. » Nous ne devons pas être tentés par la correction « tho » pour « that. »
352. Une maxime fataliste souvent répétée, par ex. i. 1714, « nede he mot that nede schal. »
355. La révision de cette ligne pour la troisième version peut indiquer une préférence pour le placement de l’accent sur « nature » à la manière anglaise : ainsi ii. 1376, mais « natúre » aux l. 175, 350.
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361 et suiv. Cela provient d’Ovide, Métamorphoses, III, 324 et suiv. Gower a choisi d’omettre la suite de l’histoire, à savoir qu’après sept ans, Tirésias vit à nouveau les mêmes serpents et, en les frappant une seconde fois, retrouva son sexe originel. Comme c’est le cas, il est contraint de raconter séparément (736 et suiv.) le conflit entre Jupiter et Junon, ce qui a donné à Ovide l’occasion de mentionner l’épisode des serpents.
382. « Wherof », « À ce sujet. »
390. « menable », « susceptible d’être guidé » ; voir la note sur i. 1067. Pour les variantes de lecture, cf. ii. 1599, ainsi que plus bas, 519.
417. « Cheste » est cette forme de querelle qui s’exprime par des paroles colériques. Gower semble l’avoir considérée comme liée au verbe « chide », voir 443, 492, 534, 552 et suiv.
431. Cf. Mirour, 4146 et suiv. :
« ly sage auci
Ce dist, que deinz le cuer de luy
Folie buylle tresparmy,
Comme du fontaine la liquour.»
La référence est à Proverbes XV, 2 : « os fatuorum ebullit stultitiam. »
436. « Oppose », « enquêter. »
463 et suiv. Voir la note sur les vers latins au début du Prologue, 5 et suiv.
479. C’est-à-dire que, plutôt que de chanter un tel credo, je préférerais être inculte et ne connaître aucun credo du tout.
487. « Upon hirself », c’est-à-dire sur son autorité propre.
515. « Balketh ». Un « balk » est une crête laissée non labourée, et « to balk » en labourant signifie laisser une crête soit entre deux sillons, soit dans le sillon lui-même, permettant à la charrue de passer sur une partie de terrain sans la briser. Ici, cela désigne un défaut résultant soit du fait de ne pas labourer droit, soit de ne pas maintenir régulièrement la charrue à la bonne hauteur.
382. « Wherof », « À ce sujet. »
390. « menable », « susceptible d’être guidé » ; voir la note sur i. 1067. Pour les variantes de lecture, cf. ii. 1599, ainsi que plus bas, 519.
417. « Cheste » est cette forme de querelle qui s’exprime par des paroles colériques. Gower semble l’avoir considérée comme liée au verbe « chide », voir 443, 492, 534, 552 et suiv.
431. Cf. Mirour, 4146 et suiv. :
« ly sage auci
Ce dist, que deinz le cuer de luy
Folie buylle tresparmy,
Comme du fontaine la liquour.»
La référence est à Proverbes XV, 2 : « os fatuorum ebullit stultitiam. »
436. « Oppose », « enquêter. »
463 et suiv. Voir la note sur les vers latins au début du Prologue, 5 et suiv.
479. C’est-à-dire que, plutôt que de chanter un tel credo, je préférerais être inculte et ne connaître aucun credo du tout.
487. « Upon hirself », c’est-à-dire sur son autorité propre.
515. « Balketh ». Un « balk » est une crête laissée non labourée, et « to balk » en labourant signifie laisser une crête soit entre deux sillons, soit dans le sillon lui-même, permettant à la charrue de passer sur une partie de terrain sans la briser. Ici, cela désigne un défaut résultant soit du fait de ne pas labourer droit, soit de ne pas maintenir régulièrement la charrue à la bonne hauteur.
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profondeur. De cette idée d’exclure quelque chose proviennent la plupart des autres significations du verbe : voir New Engl. Dict. 544. Hire oghte noght be. Pour cette utilisation impersonnelle avec l’infinitif simple, cf. 704. 545. For I, c’est-à-dire « For that I » : cf. 820, etc. 585. Cette expression, que Pauli qualifie pour une raison quelconque de « proverbe obscène », semble être presque équivalente au dicton sur l’oiseau qui salit son propre nid (cf. Mirour, 23413), et fait apparemment référence aux reproches mutuels entre le hibou et le perchoir sur lequel il se tient, au sujet de la propreté. L’application concerne le cas de l’homme qui se dispute avec ses propres performances et qui, naturellement, en subit les pires conséquences. 626. « World » semble être la bonne lecture ici, bien que « word » figurât dans la version antérieure du texte. Le sens est « cet état de choses ne sera jamais permis par moi ». L’usage de « world » est similaire à celui que l’on trouve en i. 178, où « mi world » signifie « ma condition » : cf. Prol. 383, 1081. Le verbe « asterte » est utilisé au sens d’échapper à l’attention et donc de pouvoir passer ou se produire : cf. i. 1934, « Bot that ne schal me noght asterte, To wene forto be worthi », etc. Cf. i. 722. L’expression « that word schal me nevere asterte » est plus courante (et donc plus susceptible d’avoir été introduite par un copiste), mais elle n’a ici aucun sens satisfaisant. 641 et suiv. C’était une histoire banale, qui apparaît en de nombreux endroits. Elle est brièvement racontée par Jérôme, Adv. Jovin. i. 48. 665. what labour that sche toke. Le verbe est à l’indicatif subjonctif, soit parce que le mode d’expression est indirect, cf. 708, soit parce que l’expression est indéfinie. 699. Cf. Mirour, 4185 et suiv., où, après avoir raconté la même histoire, l’auteur déclare catégoriquement qu’il ne suivra pas cet exemple.
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704. Him oghte ... bere : cf. 544, 1666.
708. how that it stode : subjonctif du discours indirect, sous influence de la rime ; cf. ii. 1243 et l. 771 ci-dessous, ainsi que la note sur Prol. 41.
736. Métamorphoses, iii. 316 et suiv. Nous avons ici le reste de l’histoire mentionnée plus haut, à partir de 361. Le point central de cet épisode, tel que raconté par Ovide, est (peut-être intentionnellement) ignoré par Gower, qui ne mentionne pas la raison pour laquelle Tiresias fut choisi comme juge.
737. C’est-à-dire, selon la croyance religieuse qui prévalait alors.
762. « Et pourtant l’autre état lui aurait plu davantage, s’il l’avait eu », etc.
771. what he mene : pour le subjonctif, cf. 708.
782. of olde ensample : pour « olde » dans cette expression, cf. 1683 ; mais « of old time », i. 1072, « an old ensample », iv. 75.
783. Ceci provient d’Ovide, Métamorphoses, ii. 542 et suiv. La Corinthe de l’histoire de Gower est Coronis. L’histoire est racontée plus en détail par Chaucer dans le Conte du Mancipule.
818 et suiv. D’Ovide, Fastes, ii. 585 et suiv.
889. fals : voir la note sur Prol. 221.
918. Seul le manuscrit F donne « overmor », mais c’est probablement ce que l’auteur avait en tête, bien que ses premières éditions contiennent la variante courante « evermor ». Le manuscrit S est ici incomplet.
957. sleth, « frappe ».
971. who so rede : subjonctif parce que l’expression est indéfinie ; cf. 2508 et la note sur Prol. 460.
973 et suiv. Cette histoire se trouve dans le Roman de Troie de Benoît, 27551 et suiv., ainsi que chez Guido, liv. 32 (n° 3 vo, éd. Argent.). Il convient toutefois de noter que, pour le Nauplius classique, on trouve chez Gower « Namplus », tandis que chez Benoît et Guido c’est « Naulus » : il semble donc que notre auteur ait eu sous les yeux une autre version de l’histoire, où il trouvait le nom « Nauplius » ou « Nauplus », qu’il lisait « Nanplus » ou « Namplus ». Peut-être s’agissait-il d’Hyginus, Fab. cxvi. Ailleurs, Gower suit généralement
708. how that it stode : subjonctif du discours indirect, sous influence de la rime ; cf. ii. 1243 et l. 771 ci-dessous, ainsi que la note sur Prol. 41.
736. Métamorphoses, iii. 316 et suiv. Nous avons ici le reste de l’histoire mentionnée plus haut, à partir de 361. Le point central de cet épisode, tel que raconté par Ovide, est (peut-être intentionnellement) ignoré par Gower, qui ne mentionne pas la raison pour laquelle Tiresias fut choisi comme juge.
737. C’est-à-dire, selon la croyance religieuse qui prévalait alors.
762. « Et pourtant l’autre état lui aurait plu davantage, s’il l’avait eu », etc.
771. what he mene : pour le subjonctif, cf. 708.
782. of olde ensample : pour « olde » dans cette expression, cf. 1683 ; mais « of old time », i. 1072, « an old ensample », iv. 75.
783. Ceci provient d’Ovide, Métamorphoses, ii. 542 et suiv. La Corinthe de l’histoire de Gower est Coronis. L’histoire est racontée plus en détail par Chaucer dans le Conte du Mancipule.
818 et suiv. D’Ovide, Fastes, ii. 585 et suiv.
889. fals : voir la note sur Prol. 221.
918. Seul le manuscrit F donne « overmor », mais c’est probablement ce que l’auteur avait en tête, bien que ses premières éditions contiennent la variante courante « evermor ». Le manuscrit S est ici incomplet.
957. sleth, « frappe ».
971. who so rede : subjonctif parce que l’expression est indéfinie ; cf. 2508 et la note sur Prol. 460.
973 et suiv. Cette histoire se trouve dans le Roman de Troie de Benoît, 27551 et suiv., ainsi que chez Guido, liv. 32 (n° 3 vo, éd. Argent.). Il convient toutefois de noter que, pour le Nauplius classique, on trouve chez Gower « Namplus », tandis que chez Benoît et Guido c’est « Naulus » : il semble donc que notre auteur ait eu sous les yeux une autre version de l’histoire, où il trouvait le nom « Nauplius » ou « Nauplus », qu’il lisait « Nanplus » ou « Namplus ». Peut-être s’agissait-il d’Hyginus, Fab. cxvi. Ailleurs, Gower suit généralement
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Benoît plutôt que Guido, mais ici plusieurs expressions apparaissent qui semblent être suggérées par la version de Guido de l’histoire : voir les notes sur 1030 et 1063. De plus, Gower ne dit rien de l’épisode où des rochers sont jetés sur les Grecs (Rom. de Troie, 27795 sq.), ce qui est également omis par Guido.
1002. Le nom qui apparaît ici et dans la marge latine sous la forme « Namplus », sans variation importante de lecture, est clairement « Nauplus » à iv. 1816 sq.
1021. Homward, c’est-à-dire aller vers la maison : cf. 2451.
1030 sq. Hist. Troiana, n° 4, « qui necesse habebant per confinia regni sui transire ».
1036. it sihe, « pouvaient le voir ».
1049. Dix ou douze. Guido dit deux cents. Benoît ne précise pas le nombre de navires, mais affirme que dix mille hommes ont péri. Gower a judicieusement réduit ce chiffre.
1063. Cf. Hist. Troiana, n° 4 v°, « fugiunt et se immittunt in pelagus spaciosum ».
1065. « what » pour « war », qui figure dans la version non révisée de la première recension, doit être une erreur du scribe original ; d’un autre côté, « tyme » pour « dai » provient sans doute à l’origine de l’auteur et a été modifié afin que le vers soit plus fluide.
Vers latins. iv. 1. et sit spiritus eius Naribus : référence à Isaïe II, 22, « Quiescite ergo ab homine, cuius spiritus in naribus eius est ». Ce même passage est cité dans Mirour, 4754, et il est évident qu’y, le « souffle dans les narines » était interprété par notre auteur comme symbolisant la fureur de la colère.
1113. war hem wel, « qu’ils fassent attention ».
1158. Le conflit au sein du cœur entre la Sagesse et la Raison d’une part, et la Volonté et l’Espoir d’autre part, est tout à fait dans le style du Roman de la Rose, où la Raison et l’Amant entretiennent une controverse sans fin (2983 sq.). Bien que ces entités soient clairement personnifiées ici, l’auteur n’a pas donné de majuscules à leurs noms.
1002. Le nom qui apparaît ici et dans la marge latine sous la forme « Namplus », sans variation importante de lecture, est clairement « Nauplus » à iv. 1816 sq.
1021. Homward, c’est-à-dire aller vers la maison : cf. 2451.
1030 sq. Hist. Troiana, n° 4, « qui necesse habebant per confinia regni sui transire ».
1036. it sihe, « pouvaient le voir ».
1049. Dix ou douze. Guido dit deux cents. Benoît ne précise pas le nombre de navires, mais affirme que dix mille hommes ont péri. Gower a judicieusement réduit ce chiffre.
1063. Cf. Hist. Troiana, n° 4 v°, « fugiunt et se immittunt in pelagus spaciosum ».
1065. « what » pour « war », qui figure dans la version non révisée de la première recension, doit être une erreur du scribe original ; d’un autre côté, « tyme » pour « dai » provient sans doute à l’origine de l’auteur et a été modifié afin que le vers soit plus fluide.
Vers latins. iv. 1. et sit spiritus eius Naribus : référence à Isaïe II, 22, « Quiescite ergo ab homine, cuius spiritus in naribus eius est ». Ce même passage est cité dans Mirour, 4754, et il est évident qu’y, le « souffle dans les narines » était interprété par notre auteur comme symbolisant la fureur de la colère.
1113. war hem wel, « qu’ils fassent attention ».
1158. Le conflit au sein du cœur entre la Sagesse et la Raison d’une part, et la Volonté et l’Espoir d’autre part, est tout à fait dans le style du Roman de la Rose, où la Raison et l’Amant entretiennent une controverse sans fin (2983 sq.). Bien que ces entités soient clairement personnifiées ici, l’auteur n’a pas donné de majuscules à leurs noms.
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1166. out of retenue, « hors de mon service ».
1173. jeupartie, « discorde », une partie opposée à l’autre. La première lecture était « champartie », ce qui pourrait provenir de l’auteur. Il est clair que ce mot fut utilisé par Lydgate au sens de « rivalité » ou « contestation » dans l’expression « holde champartie » ; cela pourrait provenir soit de l’idée de partenariat, impliquant une division du pouvoir et donc une rivalité, comme chez Chaucer, Cant. Tales, A 1949, soit du sens juridique, que Gower et Lydgate connaissaient sans doute, signifiant un partenariat à des fins litigieuses. Il ne semble pas y avoir de raison suffisante de supposer (selon le New Engl. Dict.) que l’usage de Lydgate reposait sur une mauvaise interprétation de Chaucer.
1183. et til. Caxton et Berthelet ont tous deux « tyl that » pour « et til », et on est tenté de penser que « et til » devait signifier « jusqu’à ».
1201 et suiv. L’histoire de la visite d’Alexandre à Diogène était assez courante, et il ne vaut guère la peine d’en rechercher la source pour Gower. Il a probablement combiné divers matériaux en une seule narration, car la forme habituelle de l’histoire telle que donnée par Vincent de Beauvais, Spec. Hist. iii. 68 et suiv., ainsi que dans les Gesta Romanorum, ne comprend pas la conversation sur la Raison et la Volonté. Cela pourrait provenir de Walter Burley, De Vita Philosophorum, chap. 1 : « Dum Alexander rex coram Diogene transiret, Diogenes tanquam illum spernens non respexit ; cui dixit Alexander, “Quid est Diogenes quod me non respicis, quasi mei non indigeas ?” Cui ille, “Ad quid necesse habeo servi servorum meorum ?” Et Alexander, “Numquid servorum tuorum servus sum ?” Ait, “Ego prevaleo cupiditatibus meis refrenans illas et subiciens mihi illas ut serviant : tibi autem cupiditates prevalent, et servus earum efficeris, earum obtemperans iussioni : servus igitur es servorum meorum.” » Burley présente l’autre partie de la conversation séparément.
L’épisode du messager envoyé pour enquêter et de la réponse qu’il rapporta provient sans aucun doute de Gower, tout comme l’idée du « tun » monté sur un axe et adapté aux observations astronomiques.
1212. Le « dolium » était bien sûr populairement considéré comme un tonneau en bois.
1222. « Comme le destin l’a voulu » : voir la note sur 172 (fin), et cf. 1442.
1173. jeupartie, « discorde », une partie opposée à l’autre. La première lecture était « champartie », ce qui pourrait provenir de l’auteur. Il est clair que ce mot fut utilisé par Lydgate au sens de « rivalité » ou « contestation » dans l’expression « holde champartie » ; cela pourrait provenir soit de l’idée de partenariat, impliquant une division du pouvoir et donc une rivalité, comme chez Chaucer, Cant. Tales, A 1949, soit du sens juridique, que Gower et Lydgate connaissaient sans doute, signifiant un partenariat à des fins litigieuses. Il ne semble pas y avoir de raison suffisante de supposer (selon le New Engl. Dict.) que l’usage de Lydgate reposait sur une mauvaise interprétation de Chaucer.
1183. et til. Caxton et Berthelet ont tous deux « tyl that » pour « et til », et on est tenté de penser que « et til » devait signifier « jusqu’à ».
1201 et suiv. L’histoire de la visite d’Alexandre à Diogène était assez courante, et il ne vaut guère la peine d’en rechercher la source pour Gower. Il a probablement combiné divers matériaux en une seule narration, car la forme habituelle de l’histoire telle que donnée par Vincent de Beauvais, Spec. Hist. iii. 68 et suiv., ainsi que dans les Gesta Romanorum, ne comprend pas la conversation sur la Raison et la Volonté. Cela pourrait provenir de Walter Burley, De Vita Philosophorum, chap. 1 : « Dum Alexander rex coram Diogene transiret, Diogenes tanquam illum spernens non respexit ; cui dixit Alexander, “Quid est Diogenes quod me non respicis, quasi mei non indigeas ?” Cui ille, “Ad quid necesse habeo servi servorum meorum ?” Et Alexander, “Numquid servorum tuorum servus sum ?” Ait, “Ego prevaleo cupiditatibus meis refrenans illas et subiciens mihi illas ut serviant : tibi autem cupiditates prevalent, et servus earum efficeris, earum obtemperans iussioni : servus igitur es servorum meorum.” » Burley présente l’autre partie de la conversation séparément.
L’épisode du messager envoyé pour enquêter et de la réponse qu’il rapporta provient sans aucun doute de Gower, tout comme l’idée du « tun » monté sur un axe et adapté aux observations astronomiques.
1212. Le « dolium » était bien sûr populairement considéré comme un tonneau en bois.
1222. « Comme le destin l’a voulu » : voir la note sur 172 (fin), et cf. 1442.
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1224. le Sonne ariste, c’est-à-dire le lever du soleil : ainsi au v. 1285, « et c’était là le Sonne Ariste ».
1310. to schifte, « disposer de ». Chez Burley, « rogo ne auferas quod dare non potes ».
1331 et suiv. L’histoire de Pyramus et Thisbe est tirée d’Ovide, Métamorphoses, IV, 55-166. Chaucer l’a prise dans la même source dans la Légende des bonnes femmes.
Lorsque nous comparons les résultats, nous constatons que, dans ce cas, c’est Chaucer qui suit étroitement son autorité, tandis que Gower donne une paraphrase dans sa propre langue avec plusieurs variations de détails. Il dit, par exemple, que ce sont les amants eux-mêmes qui ont fait le trou dans le mur à travers lequel ils se parlaient ; il omet le tombeau de Ninus ; il parle d’un lion, et non d’une lionne ; il affirme que Thisbe s’est cachée dans un buisson (et non dans une grotte), et que ensuite le lion a tué et dévoré une bête avant de boire à la source ; il abrège le discours de Pyramus avant qu’il ne se suicide ; il représente Pyramus comme ayant été tué sur-le-champ plutôt que de vivre jusqu’à l’arrivée de Thisbe ; il invente un discours entièrement nouveau pour Thisbe ; et il omet judicieusement, tout comme Chaucer, la mention du mûrier et de sa transformation.
En bref, Gower écrit apparemment d’après un souvenir général de l’histoire, tandis que Chaucer a manifestement Ovide devant lui et s’efforce de traduire presque chaque phrase, montrant ainsi son bon goût, car Ovide raconte bien l’histoire.
Les points suivants chez Ovide (parmi d’autres) sont reproduits par Chaucer et non par Gower : l. 56, « quas Oriens habuit » ; 58, « Coctilibus muris » ; 59, « Notitiam primosque gradus vicinia fecit » (que Chaucer interprète cependant mal) ; 62, « Ex aequo captis », etc. ; 64, « Quoque magis tegitur, tectus magis aestuat ignis » ; 65, « Fissus erat tenui rima », etc. ; 68, « Quid non sentit amor ? » ; 73-77, les discours des amants adressés au mur ; 81 et suiv., « Postera nocturnos aurora », etc. ; 85, « Fallere custodes » ; 87, « Neve sit errandum », etc. ; 94, « adopertaque vultum » ; 97, « leaena » ; 99, « ad lunae radios » ; 100, « in antrum » ; 105, « vestigia vidit in alto Pulvere », etc. ; 108, « Una duos nox, inquit, perdet amantes », et le reste de ce discours ; 117 et suiv., « Utque dedit notae lacrimas », etc. ; 122, « Non aliter quam cum vitiato fistula plumbo Scinditur » ; 130, « Quantaque vitarit narrare pericula gestit » ; 133, « tremebunda videt pulsare cruentum Membra solum » ; 134 et suiv., « oraque buxo ».
1310. to schifte, « disposer de ». Chez Burley, « rogo ne auferas quod dare non potes ».
1331 et suiv. L’histoire de Pyramus et Thisbe est tirée d’Ovide, Métamorphoses, IV, 55-166. Chaucer l’a prise dans la même source dans la Légende des bonnes femmes.
Lorsque nous comparons les résultats, nous constatons que, dans ce cas, c’est Chaucer qui suit étroitement son autorité, tandis que Gower donne une paraphrase dans sa propre langue avec plusieurs variations de détails. Il dit, par exemple, que ce sont les amants eux-mêmes qui ont fait le trou dans le mur à travers lequel ils se parlaient ; il omet le tombeau de Ninus ; il parle d’un lion, et non d’une lionne ; il affirme que Thisbe s’est cachée dans un buisson (et non dans une grotte), et que ensuite le lion a tué et dévoré une bête avant de boire à la source ; il abrège le discours de Pyramus avant qu’il ne se suicide ; il représente Pyramus comme ayant été tué sur-le-champ plutôt que de vivre jusqu’à l’arrivée de Thisbe ; il invente un discours entièrement nouveau pour Thisbe ; et il omet judicieusement, tout comme Chaucer, la mention du mûrier et de sa transformation.
En bref, Gower écrit apparemment d’après un souvenir général de l’histoire, tandis que Chaucer a manifestement Ovide devant lui et s’efforce de traduire presque chaque phrase, montrant ainsi son bon goût, car Ovide raconte bien l’histoire.
Les points suivants chez Ovide (parmi d’autres) sont reproduits par Chaucer et non par Gower : l. 56, « quas Oriens habuit » ; 58, « Coctilibus muris » ; 59, « Notitiam primosque gradus vicinia fecit » (que Chaucer interprète cependant mal) ; 62, « Ex aequo captis », etc. ; 64, « Quoque magis tegitur, tectus magis aestuat ignis » ; 65, « Fissus erat tenui rima », etc. ; 68, « Quid non sentit amor ? » ; 73-77, les discours des amants adressés au mur ; 81 et suiv., « Postera nocturnos aurora », etc. ; 85, « Fallere custodes » ; 87, « Neve sit errandum », etc. ; 94, « adopertaque vultum » ; 97, « leaena » ; 99, « ad lunae radios » ; 100, « in antrum » ; 105, « vestigia vidit in alto Pulvere », etc. ; 108, « Una duos nox, inquit, perdet amantes », et le reste de ce discours ; 117 et suiv., « Utque dedit notae lacrimas », etc. ; 122, « Non aliter quam cum vitiato fistula plumbo Scinditur » ; 130, « Quantaque vitarit narrare pericula gestit » ; 133, « tremebunda videt pulsare cruentum Membra solum » ; 134 et suiv., « oraque buxo ».
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&c. ; 140, « Vulnera supplevit » &c. ; 145, « oculos iam morte gravatos » ; 148 et suiv., le discours de Thisbe, à l’exception de la référence au mûrier.
La version de Gower de l’histoire est inférieure à celle de Chaucer, comme on pouvait s’y attendre, mais elle reste néanmoins simple et pathétique. Elle présente même certains avantages, comme à 1386 et suiv., le passage de Thisbe à travers la ville pendant la nuit ; 1400, « with his blodi snoute » ; 1411, la terreur de Thisbe lorsqu’elle se cache dans les buissons ; et enfin 1486 et suiv., où, au lieu de décider délibérément de mourir et d’agir avec calme, elle est représentée de manière plus naturelle comme dominée par un impulsif soudain au milieu de son deuil, se tuant presque sans conscience de ce qu’elle fait.
1348. as it scholde be : cf. 1222, « As thing which scholde so betyde. »
1356. Toutes les meilleures copies ont ici « miht » ou « might » : cf. 1440. Cependant, la distinction entre « miht » (= mayest) et « mihte » est généralement bien conservée par notre auteur.
1394. In haste and : ainsi aux lignes 1396, 1415. D’un autre côté, en 1430 nous avons une pause après « folhaste » (dans F), tandis que 1447 reste incertain.
1442. as it schal betide, cf. 1222.
1448. Pour sche, il s’agit d’une référence au « folhaste » de la ligne précédente. C’est sa hâte qui l’a détruit, car s’il avait attendu un peu, il l’aurait vue arriver.
1466 et suiv. « If it be only by this mishap which has befallen my love and me together. » Pour l’usage de « betwen », voir la note sur ii. 653. La position de « Only » est influencée par des exigences métriques : voir la note sur ii. 709.
1473. oure herte bothe, « les cœurs de nous deux. » Le singulier « herte » apparaît dans les meilleures copies de chaque recension.
1496. Bewar : écrit ainsi plusieurs fois dans F, par ex. 1738. Ici, A contient également « Bewar ».
1524. him stant of me no fere : cf. ii. 2124.
1537. Daunger : voir la note sur i. 2443.
1593 et suiv. La structure de la phrase est interrompue, mais le sens est clair : « Car si moi, qui ai consacré toute ma volonté et toute mon intelligence à son service, devais en
La version de Gower de l’histoire est inférieure à celle de Chaucer, comme on pouvait s’y attendre, mais elle reste néanmoins simple et pathétique. Elle présente même certains avantages, comme à 1386 et suiv., le passage de Thisbe à travers la ville pendant la nuit ; 1400, « with his blodi snoute » ; 1411, la terreur de Thisbe lorsqu’elle se cache dans les buissons ; et enfin 1486 et suiv., où, au lieu de décider délibérément de mourir et d’agir avec calme, elle est représentée de manière plus naturelle comme dominée par un impulsif soudain au milieu de son deuil, se tuant presque sans conscience de ce qu’elle fait.
1348. as it scholde be : cf. 1222, « As thing which scholde so betyde. »
1356. Toutes les meilleures copies ont ici « miht » ou « might » : cf. 1440. Cependant, la distinction entre « miht » (= mayest) et « mihte » est généralement bien conservée par notre auteur.
1394. In haste and : ainsi aux lignes 1396, 1415. D’un autre côté, en 1430 nous avons une pause après « folhaste » (dans F), tandis que 1447 reste incertain.
1442. as it schal betide, cf. 1222.
1448. Pour sche, il s’agit d’une référence au « folhaste » de la ligne précédente. C’est sa hâte qui l’a détruit, car s’il avait attendu un peu, il l’aurait vue arriver.
1466 et suiv. « If it be only by this mishap which has befallen my love and me together. » Pour l’usage de « betwen », voir la note sur ii. 653. La position de « Only » est influencée par des exigences métriques : voir la note sur ii. 709.
1473. oure herte bothe, « les cœurs de nous deux. » Le singulier « herte » apparaît dans les meilleures copies de chaque recension.
1496. Bewar : écrit ainsi plusieurs fois dans F, par ex. 1738. Ici, A contient également « Bewar ».
1524. him stant of me no fere : cf. ii. 2124.
1537. Daunger : voir la note sur i. 2443.
1593 et suiv. La structure de la phrase est interrompue, mais le sens est clair : « Car si moi, qui ai consacré toute ma volonté et toute mon intelligence à son service, devais en
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Il serait dommage que celui qui en est récompensé doive mourir. Pour ce genre d’irrégularité, cf. i. 98, 2948, etc.
1605. La lecture « in such », bien que donnée par S et F, doit être erronée.
1630. overthrewe. Le verbe est sans doute intransitif, comme souvent, par ex. i. 1886, 1962, et plus bas, l. 1638.
1666. him oghte have be : cf. 704.
1685 et suiv. Ovide, Métamorphoses, i. 453-567. Gower abrège l’histoire.
1701. Ovide, Métamorphoses, i. 470.
1605. La lecture « in such », bien que donnée par S et F, doit être erronée.
1630. overthrewe. Le verbe est sans doute intransitif, comme souvent, par ex. i. 1886, 1962, et plus bas, l. 1638.
1666. him oghte have be : cf. 704.
1685 et suiv. Ovide, Métamorphoses, i. 453-567. Gower abrège l’histoire.
1701. Ovide, Métamorphoses, i. 470.
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« Ce qui est doré est brillant, et sa pointe est acérée. »
(Merkel change « auratum » en « hamatum », mais c’est certainement faux.)
1704. Notez que la syllabe finale de « Daphne » est sujette à élision ici ainsi qu’en 1716 : donc « Progne » v. 5574, etc.
1718 et suiv. La suggestion vient de Gower lui-même, comme dans d’autres cas similaires, par ex. l. 2355.
1743. « Et il est souhaitable qu’un homme… », etc.
1757 et suiv. Cette histoire provient principalement de Benoît, Roman de Troie, 28025 et suiv.
Guido omet de nombreux détails donnés par Gower. Notez que, à l’l. 28025, où l’édition de Joly donne « Samas », Guido et Gower ont tous deux « Athemas ».
Notre auteur a traité ses matériaux librement et raconte l’histoire de manière plus détaillée. Le discours qu’il attribue à Nestor est pour l’essentiel original.
1885 et suiv. L’histoire d’Oreste provient de Benoît de Sainte-More, Rom. de Troie, 27925-27990, 28155-28283 et 28339-28402. Guido omet la visite d’Oreste à Athènes pour obtenir de l’aide pour son expédition, la partie de l’oracle qui lui ordonne de déchirer les seins de sa mère, ainsi que le nom de Menetius (ou Menesteus), qui défendit Oreste ; de plus, les détails de Gower sont en général plus conformes à ceux de Benoît. On peut cependant trouver quelques exceptions. Par exemple, Gower affirme qu’Agamemnon fut assassiné alors qu’il était au lit (1915) ; Guido, « dum suo soporatus dormiret in lecto » ; mais seul Benoît dit : « L’ont la première nuit ocis ». De même, Guido qualifie Idoménée de « consanguineum eius », tandis que Gower dit : « So as he was of his lignage », ce dont Benoît ne parle pas. Sans doute Gower connaissait-il les deux versions et préférait celle en français, car il la jugeait meilleure.
1911. « Pour placer son amour là où il ne peut être en sécurité. »
2022 et suiv. Cropheon... Phoieus. Les noms sont donnés comme « Trofion » et « Florentes » par Benoît (texte de Joly), « Troiesem » (manuscrit « Croeze ») et « Forensis » par Guido. Ils proviennent à l’origine d’une mauvaise interprétation d’un passage dans Dictys, Bell. Troi. vi. 3 : « armatus cum praedicta manu ad Strophium venit : is namque Phocensis, cuius filia », etc.
2055 et suiv. Ce discours est introduit par Gower.
(Merkel change « auratum » en « hamatum », mais c’est certainement faux.)
1704. Notez que la syllabe finale de « Daphne » est sujette à élision ici ainsi qu’en 1716 : donc « Progne » v. 5574, etc.
1718 et suiv. La suggestion vient de Gower lui-même, comme dans d’autres cas similaires, par ex. l. 2355.
1743. « Et il est souhaitable qu’un homme… », etc.
1757 et suiv. Cette histoire provient principalement de Benoît, Roman de Troie, 28025 et suiv.
Guido omet de nombreux détails donnés par Gower. Notez que, à l’l. 28025, où l’édition de Joly donne « Samas », Guido et Gower ont tous deux « Athemas ».
Notre auteur a traité ses matériaux librement et raconte l’histoire de manière plus détaillée. Le discours qu’il attribue à Nestor est pour l’essentiel original.
1885 et suiv. L’histoire d’Oreste provient de Benoît de Sainte-More, Rom. de Troie, 27925-27990, 28155-28283 et 28339-28402. Guido omet la visite d’Oreste à Athènes pour obtenir de l’aide pour son expédition, la partie de l’oracle qui lui ordonne de déchirer les seins de sa mère, ainsi que le nom de Menetius (ou Menesteus), qui défendit Oreste ; de plus, les détails de Gower sont en général plus conformes à ceux de Benoît. On peut cependant trouver quelques exceptions. Par exemple, Gower affirme qu’Agamemnon fut assassiné alors qu’il était au lit (1915) ; Guido, « dum suo soporatus dormiret in lecto » ; mais seul Benoît dit : « L’ont la première nuit ocis ». De même, Guido qualifie Idoménée de « consanguineum eius », tandis que Gower dit : « So as he was of his lignage », ce dont Benoît ne parle pas. Sans doute Gower connaissait-il les deux versions et préférait celle en français, car il la jugeait meilleure.
1911. « Pour placer son amour là où il ne peut être en sécurité. »
2022 et suiv. Cropheon... Phoieus. Les noms sont donnés comme « Trofion » et « Florentes » par Benoît (texte de Joly), « Troiesem » (manuscrit « Croeze ») et « Forensis » par Guido. Ils proviennent à l’origine d’une mauvaise interprétation d’un passage dans Dictys, Bell. Troi. vi. 3 : « armatus cum praedicta manu ad Strophium venit : is namque Phocensis, cuius filia », etc.
2055 et suiv. Ce discours est introduit par Gower.
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2112 f.
« L’un dit qu’il a agi droitement,
et l’autre qu’il ne l’a pas fait. »
Rom. de Troie, 28275.
2145. Menesteüs. C’est une forme plus correcte du nom que « Menetius », que nous trouvons dans le texte de Joly sur Benoît.
2148. de la bonté divine. Ici, il s’agit peut-être de Guido plutôt que de Benoît.
2173. Egiona. Le nom est en réalité Erigona, c’est ainsi que Benoît le donne. La moralisation concernant son destin, à partir de 2183, est l’œuvre de notre auteur ; elle est plutôt déplacée, compte tenu des circonstances de l’histoire.
2346. l’homme fidèle. Dans F, on trouve « trew », apparemment une modification de « trewe », qui est la forme habituelle et plus correcte : « l’homme fidèle au soc » désigne le travailleur qui sert véritablement le soc.
2358. Il s’agit simplement d’une répétition de 2355 : « ils se tenaient d’accord ». « En ce qui concerne le courage » signifie en ce qui regarde leurs sentiments ou inclinations ; pour cette utilisation de « en ce qui concerne », cf. Prol. 492, i. 557, etc.
2363 ff. Une histoire très courante, mentionnée brièvement chez Augustin, Civ. Dei, iv. 4, et reprise dans les Gesta Romanorum ainsi que dans de nombreux autres ouvrages. Gower l’a développée à sa manière.
2424 f. « Que les gens se mettent à chercher à tirer profit de telles actions malhonnêtes. »
2451. homward, c’est-à-dire « en rentrant chez soi ». Ce mot avait une certaine connotation verbale, comme on le voit à i. 938, iii. 1021 ; de même pour « toward » à l. 2643.
2458. le monde géré de travers. Le verbe « mistime » signifie proprement « se passer mal », avec l’idée que c’est par la faute de la personne concernée. Gower l’utilise ici de manière transitive pour signifier « gérer de travers » ; tandis que dans vi. 4, « was mystymed » signifie « se passer mal ».
2508. what man ... rede : pour le subjonctif, voir la note sur Prol. 460.
2536. « Ils n’ont presque aucune peur » : voir la note sur ii. 2124.
« L’un dit qu’il a agi droitement,
et l’autre qu’il ne l’a pas fait. »
Rom. de Troie, 28275.
2145. Menesteüs. C’est une forme plus correcte du nom que « Menetius », que nous trouvons dans le texte de Joly sur Benoît.
2148. de la bonté divine. Ici, il s’agit peut-être de Guido plutôt que de Benoît.
2173. Egiona. Le nom est en réalité Erigona, c’est ainsi que Benoît le donne. La moralisation concernant son destin, à partir de 2183, est l’œuvre de notre auteur ; elle est plutôt déplacée, compte tenu des circonstances de l’histoire.
2346. l’homme fidèle. Dans F, on trouve « trew », apparemment une modification de « trewe », qui est la forme habituelle et plus correcte : « l’homme fidèle au soc » désigne le travailleur qui sert véritablement le soc.
2358. Il s’agit simplement d’une répétition de 2355 : « ils se tenaient d’accord ». « En ce qui concerne le courage » signifie en ce qui regarde leurs sentiments ou inclinations ; pour cette utilisation de « en ce qui concerne », cf. Prol. 492, i. 557, etc.
2363 ff. Une histoire très courante, mentionnée brièvement chez Augustin, Civ. Dei, iv. 4, et reprise dans les Gesta Romanorum ainsi que dans de nombreux autres ouvrages. Gower l’a développée à sa manière.
2424 f. « Que les gens se mettent à chercher à tirer profit de telles actions malhonnêtes. »
2451. homward, c’est-à-dire « en rentrant chez soi ». Ce mot avait une certaine connotation verbale, comme on le voit à i. 938, iii. 1021 ; de même pour « toward » à l. 2643.
2458. le monde géré de travers. Le verbe « mistime » signifie proprement « se passer mal », avec l’idée que c’est par la faute de la personne concernée. Gower l’utilise ici de manière transitive pour signifier « gérer de travers » ; tandis que dans vi. 4, « was mystymed » signifie « se passer mal ».
2508. what man ... rede : pour le subjonctif, voir la note sur Prol. 460.
2536. « Ils n’ont presque aucune peur » : voir la note sur ii. 2124.
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2555. Acaste était roi d’Iolcos. Il purifia Pélée, selon certains à cause du meurtre d’Eurytion, mais selon d’autres à cause de celui de Phocos : cf. Bocc. Gen. Deorum, xii. 50, « ad Magnetas abiit, ubi ab Achasto fraterna caede purgatus est. »
2563 f. Alcméon, fils d’Amphiaros, fut purifié par Achélos, que notre auteur prend ici pour un prêtre.
2599 ff. Cette anecdote est également racontée dans le Mirour, 5029-5040, et là aussi elle est attribuée à Solin. Cependant, je ne la trouve pas dans son livre.
2608 ff. Pour l’irrégularité de cette phrase, cf. 1593 ff.
2639 ff. L’histoire est tirée de Benoît (Rom. de Troie, 6497-6590), comme on peut le voir immédiatement au nom de « Théucère », que Guido donne plutôt correctement sous la forme de « Théutran ». De même, les vers 2674-2680 du Roman de Troie, 6545-6553, n’ont rien de correspondant chez Guido. Guido se réfère sans doute ici à une copie du soi-disant Dares, où ce nom apparaît sous sa forme classique « Théuthras ». Il s’intéresse particulièrement à cette histoire pour des raisons locales, souhaitant montrer que la « Messe » qu’il a trouvée chez Benoît pourrait être liée au nom de son lieu de résidence, Messine, et que les événements décrits se sont réellement déroulés en Sicile. Ainsi, il parle de certaines colonnes communément appelées « colonnes d’Hercule », qui existaient de son temps en Sicile, « ex parte Barbarorum », c’est-à-dire sur la côte sud, et les considère comme une preuve du lien d’Hercule avec l’île, et donc de la probabilité que cette histoire (qui, dans l’original, concerne Hercule, bien que Gower l’en ait exclu) se soit déroulée en Sicile. Dares, admet-il, ne dit rien à ce sujet, et sa référence à Dares est ici formulée de manière plus précise que d’habitude, « in suo codice » selon le manuscrit de Bodléian, bien que les éditions imprimées donnent « in suo opere » (MS. Add. A. 365, f. 50 vo). Il dit au sujet du lieu où se trouvent ces colonnes : « qui locus dicitur adhuc columpnarum », et ajoute que l’empereur Frédéric II y a fondé une ville, et que ce lieu s’appelle aujourd’hui « terra nova ». Il s’agit évidemment de la moderne Terranova, fondée par Frédéric II près du site de l’ancienne Géla. Il semble probable que Guido ait lui-même été originaire de cet endroit ou de ses environs immédiats, et qu’il ait choisi de s’appeler d’après son ancien nom, « Columpna » ou « Columpnae ».
2563 f. Alcméon, fils d’Amphiaros, fut purifié par Achélos, que notre auteur prend ici pour un prêtre.
2599 ff. Cette anecdote est également racontée dans le Mirour, 5029-5040, et là aussi elle est attribuée à Solin. Cependant, je ne la trouve pas dans son livre.
2608 ff. Pour l’irrégularité de cette phrase, cf. 1593 ff.
2639 ff. L’histoire est tirée de Benoît (Rom. de Troie, 6497-6590), comme on peut le voir immédiatement au nom de « Théucère », que Guido donne plutôt correctement sous la forme de « Théutran ». De même, les vers 2674-2680 du Roman de Troie, 6545-6553, n’ont rien de correspondant chez Guido. Guido se réfère sans doute ici à une copie du soi-disant Dares, où ce nom apparaît sous sa forme classique « Théuthras ». Il s’intéresse particulièrement à cette histoire pour des raisons locales, souhaitant montrer que la « Messe » qu’il a trouvée chez Benoît pourrait être liée au nom de son lieu de résidence, Messine, et que les événements décrits se sont réellement déroulés en Sicile. Ainsi, il parle de certaines colonnes communément appelées « colonnes d’Hercule », qui existaient de son temps en Sicile, « ex parte Barbarorum », c’est-à-dire sur la côte sud, et les considère comme une preuve du lien d’Hercule avec l’île, et donc de la probabilité que cette histoire (qui, dans l’original, concerne Hercule, bien que Gower l’en ait exclu) se soit déroulée en Sicile. Dares, admet-il, ne dit rien à ce sujet, et sa référence à Dares est ici formulée de manière plus précise que d’habitude, « in suo codice » selon le manuscrit de Bodléian, bien que les éditions imprimées donnent « in suo opere » (MS. Add. A. 365, f. 50 vo). Il dit au sujet du lieu où se trouvent ces colonnes : « qui locus dicitur adhuc columpnarum », et ajoute que l’empereur Frédéric II y a fondé une ville, et que ce lieu s’appelle aujourd’hui « terra nova ». Il s’agit évidemment de la moderne Terranova, fondée par Frédéric II près du site de l’ancienne Géla. Il semble probable que Guido ait lui-même été originaire de cet endroit ou de ses environs immédiats, et qu’il ait choisi de s’appeler d’après son ancien nom, « Columpna » ou « Columpnae ».
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plutôt que par le nouveau nom qui était en usage de son vivant AN.
2643. Son fils. C’est une erreur de la part de Gower. Bien que Benoît et Guido affirment clairement que Téléphus était le fils d’Hercule, c’est à Hercule que revenait l’obligation mentionnée aux lignes 2690 et suivantes. Peut-être que la copie du Roman de Troie utilisée par Gower portait « Thelefus fu filz Achilles » à la place de « Thelefus fu filz Hercules », à la ligne 6506.
2756. On aurait plutôt dû s’attendre à « Que je ne veux rien de vous. »
LIB. IV.
9. Cf. Mirour, 5606 :
« Lachesce dist, Demein, Demein. »
38. Tu diras maintenant : cf. ii. 1670, où l’on trouve « mow » à la place de « mowe ».
60. a fin. C’est une expression française, qui apparaît à plusieurs reprises dans le Mirour sous la forme « au fin ».
77 et suiv. La seule indication précise des sources ici est la référence (telle qu’elle est) à Ovide, Her. Ep. vii., contenue aux lignes 104-115.
92. comme il se doit, cf. iii. 1348.
104 et suiv. Ce tableau semble être en partie construit à partir d’une mauvaise interprétation ou d’une incompréhension d’Ovide, Her. Ep. vii. 1 et suiv. :
« Sic ubi fata vocant, udis abiectus in herbis
Ad vada Maeandri concinit albus olor. »
Il est difficile de savoir comment notre auteur a traduit ces vers, mais le résultat, qui doit principalement tenir à son imagination, est plutôt louable de sa part. Chaucer donne le sens véritable dans la Legend of Good Women, 1355 et suiv.
2643. Son fils. C’est une erreur de la part de Gower. Bien que Benoît et Guido affirment clairement que Téléphus était le fils d’Hercule, c’est à Hercule que revenait l’obligation mentionnée aux lignes 2690 et suivantes. Peut-être que la copie du Roman de Troie utilisée par Gower portait « Thelefus fu filz Achilles » à la place de « Thelefus fu filz Hercules », à la ligne 6506.
2756. On aurait plutôt dû s’attendre à « Que je ne veux rien de vous. »
LIB. IV.
9. Cf. Mirour, 5606 :
« Lachesce dist, Demein, Demein. »
38. Tu diras maintenant : cf. ii. 1670, où l’on trouve « mow » à la place de « mowe ».
60. a fin. C’est une expression française, qui apparaît à plusieurs reprises dans le Mirour sous la forme « au fin ».
77 et suiv. La seule indication précise des sources ici est la référence (telle qu’elle est) à Ovide, Her. Ep. vii., contenue aux lignes 104-115.
92. comme il se doit, cf. iii. 1348.
104 et suiv. Ce tableau semble être en partie construit à partir d’une mauvaise interprétation ou d’une incompréhension d’Ovide, Her. Ep. vii. 1 et suiv. :
« Sic ubi fata vocant, udis abiectus in herbis
Ad vada Maeandri concinit albus olor. »
Il est difficile de savoir comment notre auteur a traduit ces vers, mais le résultat, qui doit principalement tenir à son imagination, est plutôt louable de sa part. Chaucer donne le sens véritable dans la Legend of Good Women, 1355 et suiv.
Page 786
« C’est bien ainsi », dit-elle, « car le cygne blanc,
Contre sa mort, commence à chanter.
C’est bien ainsi que je termine mes paroles. »
128. Une telle paresse, « une telle faute de paresse ».
137. C’est-à-dire, rappeler à tous les paresseux leur devoir.
147 et suiv. L’idée générale provient de la lettre de Pénélope à Ulysse, Ovide, Her. Ep. i, mais elle n’est pas suivie de près en détail ; on remarquera que Gower présente la lettre comme envoyée pendant que le siège de Troie se poursuivait encore, et il ne semble rien savoir de la longue période de vagabondage qui a suivi : cf. 226 et suiv.
170. La lecture « Had » pour « Hath » est donnée par de nombreux manuscrits, y compris F. On trouve « Hath » dans les suivants : H₁C, SAdTΔ, W, et c’est certainement la lecture correcte.
196 et suiv. Ovide, Her. Ep. i. 2 : « Nil mihi rescribas, attamen ipse veni. »
234. La réputation de Robert Grosteste en matière de sciences lui valut, comme à son contemporain Roger Bacon, le statut d’étudiant en magie. Dans la vie métrique de Grosteste écrite par Robert de Bardney (Wharton, Anglia Sacra, i. 333), un chapitre s’intitule « De aeneo capite quod Oxoniae fecit Grosthede ad dubia quaeque determinanda ». Cet auteur affirme seulement qu’un accident fit tomber et briser la tête, et que son inventeur abandonna alors l’étude des sciences interdites.
Naudé, dans son Apologie pour les grands hommes soupçonnés de Magie, classe « Robert de Lincoln » et Albertus Magnus ensemble comme prétendus créateurs d’images parlantes, mais le premier uniquement sur la base de Gower, que Selden lui avait fait connaître.
242 et suiv. C’est-à-dire, il perdit tout ce qu’il avait accompli depuis le début de ses travaux ; inversion des propositions à cause de la rime : cf. ii. 709 et suiv.
249. kept : plus correctement « kepe », mais l’infinitif est intégré à la forme du participe « wold », tout comme le participe de l’auxiliaire modal en allemand moderne prend la forme de l’infinitif : voir la note sur ii. 1799.
Contre sa mort, commence à chanter.
C’est bien ainsi que je termine mes paroles. »
128. Une telle paresse, « une telle faute de paresse ».
137. C’est-à-dire, rappeler à tous les paresseux leur devoir.
147 et suiv. L’idée générale provient de la lettre de Pénélope à Ulysse, Ovide, Her. Ep. i, mais elle n’est pas suivie de près en détail ; on remarquera que Gower présente la lettre comme envoyée pendant que le siège de Troie se poursuivait encore, et il ne semble rien savoir de la longue période de vagabondage qui a suivi : cf. 226 et suiv.
170. La lecture « Had » pour « Hath » est donnée par de nombreux manuscrits, y compris F. On trouve « Hath » dans les suivants : H₁C, SAdTΔ, W, et c’est certainement la lecture correcte.
196 et suiv. Ovide, Her. Ep. i. 2 : « Nil mihi rescribas, attamen ipse veni. »
234. La réputation de Robert Grosteste en matière de sciences lui valut, comme à son contemporain Roger Bacon, le statut d’étudiant en magie. Dans la vie métrique de Grosteste écrite par Robert de Bardney (Wharton, Anglia Sacra, i. 333), un chapitre s’intitule « De aeneo capite quod Oxoniae fecit Grosthede ad dubia quaeque determinanda ». Cet auteur affirme seulement qu’un accident fit tomber et briser la tête, et que son inventeur abandonna alors l’étude des sciences interdites.
Naudé, dans son Apologie pour les grands hommes soupçonnés de Magie, classe « Robert de Lincoln » et Albertus Magnus ensemble comme prétendus créateurs d’images parlantes, mais le premier uniquement sur la base de Gower, que Selden lui avait fait connaître.
242 et suiv. C’est-à-dire, il perdit tout ce qu’il avait accompli depuis le début de ses travaux ; inversion des propositions à cause de la rime : cf. ii. 709 et suiv.
249. kept : plus correctement « kepe », mais l’infinitif est intégré à la forme du participe « wold », tout comme le participe de l’auxiliaire modal en allemand moderne prend la forme de l’infinitif : voir la note sur ii. 1799.
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305. Si j’avais su, cf. i. 1888, ii. 473. C’est l’exclamation de ceux qui tombent dans le mal par négligence des précautions nécessaires. Le même sentiment est exprimé plus pleinement à la ligne 899 :
« Ha, si seulement Dieu m’avait fait savoir ! »
345. dar. Cette forme est au pluriel ici ainsi qu’à la ligne 350.
371 et suiv. L’histoire de Pygmalion est tirée d’Ovide, Métamorphoses, x. 243-297.
377. « Destinés aux peines de l’amour » ; cf. la note sur iii. 143 (fin).
415. Comment cela se serait-il passé, c’est-à-dire « comment aurait-il pu en être autrement » : cf. la ligne 1848.
448. a solein tale, « une histoire étrange ». Ce mot « solein » (ou « soulein »), que les étymologistes anglais cherchant l’origine de « sullen » affirment être rarement trouvé en français, apparaît à plusieurs reprises dans le Mirour de l’omme avec le sens de « seul », « solitaire ». Pour le sens donné ici, on peut comparer l’usage moderne du mot « singular », qui dans le français de Gower signifiait « solitaire ». Il n’y a aucune preuve pour la lecture de Pauli, « solempne », qui ne donne ni sens ni rythme.
451 et suiv. L’histoire d’Iphis est tirée d’Ovide, Métamorphoses, ix. 666-797, abrégée et modifiée de manière avantageuse.
453 et suiv. Les manuscrits penchent fortement en faveur de « grete : lete » dans ces lignes, et cette lecture est certainement correcte. Il faut considérer « lete » comme le participe passé du verbe fort « leten » (de « lǣtan »), signifiant « laisser », « omettre », et « grete » comme adapté à la rime. La construction négative qui suit suggère plutôt « let », signifiant « empêché », comme à ii. 128 et suiv., mais la rime « let : gret » serait impossible. Voir la note sur i. 3365 et cf. la ligne 1153.
585. Et stonde, c’est-à-dire « Et moi, je restai » : cf. i. 1895, etc., et plus bas, la ligne 697.
624. on miself along, ainsi plus bas à la ligne 952, « Ce n’est pas par ma volonté que cela se passe », et Chaucer, Troilus, ii. 1001 :
« Rien ne dépend de moi dans ton mauvais destin. »
« Ha, si seulement Dieu m’avait fait savoir ! »
345. dar. Cette forme est au pluriel ici ainsi qu’à la ligne 350.
371 et suiv. L’histoire de Pygmalion est tirée d’Ovide, Métamorphoses, x. 243-297.
377. « Destinés aux peines de l’amour » ; cf. la note sur iii. 143 (fin).
415. Comment cela se serait-il passé, c’est-à-dire « comment aurait-il pu en être autrement » : cf. la ligne 1848.
448. a solein tale, « une histoire étrange ». Ce mot « solein » (ou « soulein »), que les étymologistes anglais cherchant l’origine de « sullen » affirment être rarement trouvé en français, apparaît à plusieurs reprises dans le Mirour de l’omme avec le sens de « seul », « solitaire ». Pour le sens donné ici, on peut comparer l’usage moderne du mot « singular », qui dans le français de Gower signifiait « solitaire ». Il n’y a aucune preuve pour la lecture de Pauli, « solempne », qui ne donne ni sens ni rythme.
451 et suiv. L’histoire d’Iphis est tirée d’Ovide, Métamorphoses, ix. 666-797, abrégée et modifiée de manière avantageuse.
453 et suiv. Les manuscrits penchent fortement en faveur de « grete : lete » dans ces lignes, et cette lecture est certainement correcte. Il faut considérer « lete » comme le participe passé du verbe fort « leten » (de « lǣtan »), signifiant « laisser », « omettre », et « grete » comme adapté à la rime. La construction négative qui suit suggère plutôt « let », signifiant « empêché », comme à ii. 128 et suiv., mais la rime « let : gret » serait impossible. Voir la note sur i. 3365 et cf. la ligne 1153.
585. Et stonde, c’est-à-dire « Et moi, je restai » : cf. i. 1895, etc., et plus bas, la ligne 697.
624. on miself along, ainsi plus bas à la ligne 952, « Ce n’est pas par ma volonté que cela se passe », et Chaucer, Troilus, ii. 1001 :
« Rien ne dépend de moi dans ton mauvais destin. »
Page 788
L’usage de « on » à la place de « de » dans cette phrase est encore connu dans certains dialectes.
647 et suiv. Pour l’Anneau de l’Oubli dont il est question ici, voir Petrus Comestor, Exodus vi., où il est raconté que Moïse, commandant les Égyptiens, s’empara de la principale ville des Éthiopiens avec l’aide de Tarbis, fille de leur roi, et l’épousa en récompense de ses services. Puis, souhaitant retourner en Égypte mais retenu par sa femme, « tanquam vir peritus astrorum duas imagines sculpsit in gemmis huius efficaciae, ut altera memoriam, altera oblivionem conferret. Cumque paribus anulis eas inseruisset, alterum, scilicet oblivionis anulum, uxori praebuit, alterum ipse tulit; ut sic pari amore sic paribus anulis insignirentur. Coepit ergo mulier amoris viri oblivisci, et tandem libere in Aegyptum regressus est » (Migne, Patrol. vol. 198, p. 1144). Cf. Godfr. Viterb., Pantheon, v. (p. 115).
731 et suiv. En partie d’après Ovide, Her. Ep. ii. et Rem. Am. 591-604 ; mais il y avait probablement une autre source, car notre auteur ne trouverait rien chez Ovide au sujet de la transformation en arbre. De nombreux détails semblent être de son propre invention, et il est probablement responsable de la variation qui fait que la visite de Demophon en Thrace a lieu en route pour Troie plutôt qu’à son retour. La version de Chaucer de l’histoire dans La Légende des bonnes femmes est tout à fait différente.
733. Ici, F est suivi en matière de ponctuation.
776. Un jour de Monthe : Ovide, Her. Ep. ii. 3 et suiv.,
« Cornua cum lunae pleno semel orbe coissent,
Litoribus nostris ancora pacta tua est. »
782. Cf. Ovide, Ars Am. ii. 354,
« Exarsit velis acrius illa datis. »
787 et suiv. À part l’idée d’un courrier envoyé, Gower emprunte peu ici à Ovide.
816 et suiv. Ce passage semble être en grande partie l’invention de Gower, peut-être en partie sur la base de l’histoire d’Héro et Léandre chez Ovide, Her. Ep. xix. 33 et suiv. Voir Bech in Anglia, v. 347.
647 et suiv. Pour l’Anneau de l’Oubli dont il est question ici, voir Petrus Comestor, Exodus vi., où il est raconté que Moïse, commandant les Égyptiens, s’empara de la principale ville des Éthiopiens avec l’aide de Tarbis, fille de leur roi, et l’épousa en récompense de ses services. Puis, souhaitant retourner en Égypte mais retenu par sa femme, « tanquam vir peritus astrorum duas imagines sculpsit in gemmis huius efficaciae, ut altera memoriam, altera oblivionem conferret. Cumque paribus anulis eas inseruisset, alterum, scilicet oblivionis anulum, uxori praebuit, alterum ipse tulit; ut sic pari amore sic paribus anulis insignirentur. Coepit ergo mulier amoris viri oblivisci, et tandem libere in Aegyptum regressus est » (Migne, Patrol. vol. 198, p. 1144). Cf. Godfr. Viterb., Pantheon, v. (p. 115).
731 et suiv. En partie d’après Ovide, Her. Ep. ii. et Rem. Am. 591-604 ; mais il y avait probablement une autre source, car notre auteur ne trouverait rien chez Ovide au sujet de la transformation en arbre. De nombreux détails semblent être de son propre invention, et il est probablement responsable de la variation qui fait que la visite de Demophon en Thrace a lieu en route pour Troie plutôt qu’à son retour. La version de Chaucer de l’histoire dans La Légende des bonnes femmes est tout à fait différente.
733. Ici, F est suivi en matière de ponctuation.
776. Un jour de Monthe : Ovide, Her. Ep. ii. 3 et suiv.,
« Cornua cum lunae pleno semel orbe coissent,
Litoribus nostris ancora pacta tua est. »
782. Cf. Ovide, Ars Am. ii. 354,
« Exarsit velis acrius illa datis. »
787 et suiv. À part l’idée d’un courrier envoyé, Gower emprunte peu ici à Ovide.
816 et suiv. Ce passage semble être en grande partie l’invention de Gower, peut-être en partie sur la base de l’histoire d’Héro et Léandre chez Ovide, Her. Ep. xix. 33 et suiv. Voir Bech in Anglia, v. 347.
Page 789
à mettre en place. Apparemment, « set » est le participe, cf. ii. 1799.
833. embaucher quelqu’un. Cette idée est soulignée par Ovide, Rem. Am. 591 sq.
869. Ce fragment d’étymologie est peut-être l’œuvre de notre auteur, qui ajoute généralement quelque chose de personnel aux récits de transformation qu’il rapporte ; voir la note sur i. 2355. Lydgate affirme que Phyllis s’est pendue à un noyer, mais il a probablement tiré cette idée de Gower :
« Upon the walles depeint men myght se
Hou she was honged upon a filbert tre. »
Temple of Glas, 88.
Voir la note dans l’édition du Dr Schick, E.E.T.S. 1891.
893. Cf. Mirour, 5436,
« Lors est il sage apres la mein, »
dont cette ligne est une reproduction exacte.
904. pleith an aftercast. Cela ressemble à une métaphore tirée du jeu de dés, mais il est difficile d’en voir l’application précise. Ici, cela signifie bien sûr qu’il est toujours trop tard pour ce qu’il dit et fait.
914. come at thin above, c’est-à-dire atteindre le succès : cf. Mirour, 25350,
« Car lors est Triche a son dessus. »
964. Voir la note sur i. 2677.
979 sq. L’histoire provient probablement d’Ovide, Métamorphoses ii. 1-324, mais si c’est le cas, elle est fortement abrégée.
qui est le Sonne hote, « qui est appelé le Soleil » ; cf. ii. 131 sq.
Il est possible cependant que « hote » soit l’adjectif, avec une terminaison définie pour des raisons de rime. Il n’y aurait aucune objection à rimer avec lui l’adverbe de même forme.
833. embaucher quelqu’un. Cette idée est soulignée par Ovide, Rem. Am. 591 sq.
869. Ce fragment d’étymologie est peut-être l’œuvre de notre auteur, qui ajoute généralement quelque chose de personnel aux récits de transformation qu’il rapporte ; voir la note sur i. 2355. Lydgate affirme que Phyllis s’est pendue à un noyer, mais il a probablement tiré cette idée de Gower :
« Upon the walles depeint men myght se
Hou she was honged upon a filbert tre. »
Temple of Glas, 88.
Voir la note dans l’édition du Dr Schick, E.E.T.S. 1891.
893. Cf. Mirour, 5436,
« Lors est il sage apres la mein, »
dont cette ligne est une reproduction exacte.
904. pleith an aftercast. Cela ressemble à une métaphore tirée du jeu de dés, mais il est difficile d’en voir l’application précise. Ici, cela signifie bien sûr qu’il est toujours trop tard pour ce qu’il dit et fait.
914. come at thin above, c’est-à-dire atteindre le succès : cf. Mirour, 25350,
« Car lors est Triche a son dessus. »
964. Voir la note sur i. 2677.
979 sq. L’histoire provient probablement d’Ovide, Métamorphoses ii. 1-324, mais si c’est le cas, elle est fortement abrégée.
qui est le Sonne hote, « qui est appelé le Soleil » ; cf. ii. 131 sq.
Il est possible cependant que « hote » soit l’adjectif, avec une terminaison définie pour des raisons de rime. Il n’y aurait aucune objection à rimer avec lui l’adverbe de même forme.
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1030 et suiv. La morale que tire Gower de l’histoire de Phaéton est contre le fait de descendre trop bas, c’est-à-dire d’abandonner les préoccupations plus élevées de l’amour en raison d’une négligence paresseuse. L’histoire suivante est contre le fait de viser trop haut et de négliger les devoirs inhérents au service.
1035 et suiv. Ovide, Métamorphoses, VIII, 183-235.
1090 et suiv. Cf. Mirour, 5389 et suiv.
1096. « who as evere take » : ainsi, « what man » est très souvent utilisé avec le subjonctif, iii, 2508 et suiv. ; mais l’incertitude de cette construction est montrée par « And thinkth » dans la ligne suivante. Voir les notes sur Prol. 13, 460.
1108 et suiv. Cf. Mirour, 5395 et suiv.
1131. Une syllabe superflue, comme celle que l’on trouve à l’arrêt dans cette ligne, est très inhabituelle dans les vers de Gower ; mais cf. v. 447.
1153. « lete I ne mai », « Je ne dois pas négliger » : voir la note sur i. 3365.
1180. Cf. i. 698, « And many a contenance he piketh ». Cela signifie ici peut-être « Ainsi je maintiens une façade (pour rester) ».
1245 et suiv. Une histoire quelque peu similaire se trouve chez Andreas Capellanus, De Amore, dont j’ai été attiré l’attention pour la première fois par M. Archer. Ce livre (écrit vers 1220) présente des dialogues imaginaires entre différents types de personnes, afin d’illustrer les modes de cour, « Plebeius loquitur plebeiae », « Plebeius nobili », « Nobilis plebeiae », « Nobilis nobili ». Dans ce dernier, il y a l’histoire d’un écuyer qui voit le dieu de l’amour conduire un grand groupe de dames en trois groupes : le premier bien monté et bien accompagné, le second bien monté mais accompagné par tant de gens que cela constitue plutôt un obstacle qu’une aide, et le troisième dans un état misérable, avec des chevaux boiteux et sans accompagnement. Le sens de cette vision lui est expliqué par l’une de ces dernières, et il est emmené pour voir les récompenses et punitions appropriées à chaque groupe. Il raconte ce qu’il a vu à sa maîtresse afin de la rendre plus disposée à accepter sa demande (pp. 91-108, éd. Trojel, 1892).
Il y a quelques expressions qui ressemblent à celles utilisées par Gower, comme « quarum quaelibet in equo pinguissimo et formoso et suavissime ambulante sedebat » (p. 92), cf. 1309 et suiv.
« On faire amblende hors thei sete »
1035 et suiv. Ovide, Métamorphoses, VIII, 183-235.
1090 et suiv. Cf. Mirour, 5389 et suiv.
1096. « who as evere take » : ainsi, « what man » est très souvent utilisé avec le subjonctif, iii, 2508 et suiv. ; mais l’incertitude de cette construction est montrée par « And thinkth » dans la ligne suivante. Voir les notes sur Prol. 13, 460.
1108 et suiv. Cf. Mirour, 5395 et suiv.
1131. Une syllabe superflue, comme celle que l’on trouve à l’arrêt dans cette ligne, est très inhabituelle dans les vers de Gower ; mais cf. v. 447.
1153. « lete I ne mai », « Je ne dois pas négliger » : voir la note sur i. 3365.
1180. Cf. i. 698, « And many a contenance he piketh ». Cela signifie ici peut-être « Ainsi je maintiens une façade (pour rester) ».
1245 et suiv. Une histoire quelque peu similaire se trouve chez Andreas Capellanus, De Amore, dont j’ai été attiré l’attention pour la première fois par M. Archer. Ce livre (écrit vers 1220) présente des dialogues imaginaires entre différents types de personnes, afin d’illustrer les modes de cour, « Plebeius loquitur plebeiae », « Plebeius nobili », « Nobilis plebeiae », « Nobilis nobili ». Dans ce dernier, il y a l’histoire d’un écuyer qui voit le dieu de l’amour conduire un grand groupe de dames en trois groupes : le premier bien monté et bien accompagné, le second bien monté mais accompagné par tant de gens que cela constitue plutôt un obstacle qu’une aide, et le troisième dans un état misérable, avec des chevaux boiteux et sans accompagnement. Le sens de cette vision lui est expliqué par l’une de ces dernières, et il est emmené pour voir les récompenses et punitions appropriées à chaque groupe. Il raconte ce qu’il a vu à sa maîtresse afin de la rendre plus disposée à accepter sa demande (pp. 91-108, éd. Trojel, 1892).
Il y a quelques expressions qui ressemblent à celles utilisées par Gower, comme « quarum quaelibet in equo pinguissimo et formoso et suavissime ambulante sedebat » (p. 92), cf. 1309 et suiv.
« On faire amblende hors thei sete »
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C’étaient tous blancs, gros et grands.
Et encore : « domina quaedam ... habens equum macerrimum et turpem et tribus pedibus claudicantem », cf. 1343 et suiv. Cependant, l’histoire diffère à bien des égards de celle de Gower. Pour d’autres histoires similaires, voir l’article paru dans Romania en janvier 1900 sur le « Purgatoire des belles cruelles » de W. A. Neilson.
L’histoire de Rosiphelee est bien racontée par Gower, et en plus d’un passage, elle porte les marques d’avoir été soigneusement révisée par l’auteur. La modification de 1321 et suiv. est particulièrement heureuse, et nous offre l’un des meilleurs couplets de la Confessio Amantis.
1285. Le Soleil Aristé : cf. iii. 1224. La majuscule était peut-être destinée à marquer « Aristé » comme un nom.
1307. comen ryde : cf. i. 350.
1309. « hors » est manifestement au pluriel ici : ainsi à i. 2036 et souvent.
1320. long and smal, c’est-à-dire grand et mince. Les adjectifs utilisés de manière prédicative avec un sujet pluriel prennent ou non l’inflection du pluriel selon ce qui convient. Ainsi, dans Prol. 81, on trouve « Bot for my wittes ben to smale » en rime avec « tale ».
1323. beere. C’est le prétérit pluriel, comme à 1376 : la même forme pour le prétérit subjonctif.
2749.
1330. Pour pure abaissht : cf. Chaucer, Troilus, ii. 656, « And with that thought for pure ashamed she Gan in hir hed to pulle ». Ce parallèle, sur lequel j’ai été attiré par le professeur McCormick, suggère que « abaissht » est un participe plutôt qu’un nom, et l’usage du participe passé avec « for » de cette manière apparaît plusieurs fois chez Lydgate, par ex. « for unkowne », « meaning from ignorance », Temple of Glas, 632, « for astonied », 934, 1366, ainsi qu’avec un adjectif, « for pure wood » dans l’English Rom. of the Rose, 276. Voir la note du Dr Schick sur Lydgate, Temple of Glas, 632.
1422. That I ne hade, « I would that I had » : cf. v. 3747.
« Ha lord, that he ne were alonde ! »
Et encore : « domina quaedam ... habens equum macerrimum et turpem et tribus pedibus claudicantem », cf. 1343 et suiv. Cependant, l’histoire diffère à bien des égards de celle de Gower. Pour d’autres histoires similaires, voir l’article paru dans Romania en janvier 1900 sur le « Purgatoire des belles cruelles » de W. A. Neilson.
L’histoire de Rosiphelee est bien racontée par Gower, et en plus d’un passage, elle porte les marques d’avoir été soigneusement révisée par l’auteur. La modification de 1321 et suiv. est particulièrement heureuse, et nous offre l’un des meilleurs couplets de la Confessio Amantis.
1285. Le Soleil Aristé : cf. iii. 1224. La majuscule était peut-être destinée à marquer « Aristé » comme un nom.
1307. comen ryde : cf. i. 350.
1309. « hors » est manifestement au pluriel ici : ainsi à i. 2036 et souvent.
1320. long and smal, c’est-à-dire grand et mince. Les adjectifs utilisés de manière prédicative avec un sujet pluriel prennent ou non l’inflection du pluriel selon ce qui convient. Ainsi, dans Prol. 81, on trouve « Bot for my wittes ben to smale » en rime avec « tale ».
1323. beere. C’est le prétérit pluriel, comme à 1376 : la même forme pour le prétérit subjonctif.
2749.
1330. Pour pure abaissht : cf. Chaucer, Troilus, ii. 656, « And with that thought for pure ashamed she Gan in hir hed to pulle ». Ce parallèle, sur lequel j’ai été attiré par le professeur McCormick, suggère que « abaissht » est un participe plutôt qu’un nom, et l’usage du participe passé avec « for » de cette manière apparaît plusieurs fois chez Lydgate, par ex. « for unkowne », « meaning from ignorance », Temple of Glas, 632, « for astonied », 934, 1366, ainsi qu’avec un adjectif, « for pure wood » dans l’English Rom. of the Rose, 276. Voir la note du Dr Schick sur Lydgate, Temple of Glas, 632.
1422. That I ne hade, « I would that I had » : cf. v. 3747.
« Ha lord, that he ne were alonde ! »
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« to late war » est en quelque sorte en apposition lâche au sujet.
1429. swiche. Plutôt peut-être « swich », comme à ii. 566 f., v. 377. La plupart des manuscrits ont « such ».
1432 et suiv. warneth ... bidd. Le singulier de l’impératif semble être librement interchangeable avec le pluriel dans cette forme d’adresse.
1454 (marge). L’auteur se dissocie personnellement des doctrines extrêmes énoncées dans le texte, car il prend d’abord soin de rappeler à ses lecteurs que le rôle de l’amant n’était pour lui qu’un rôle pris. (i. 63 et suiv., marge.)
1490. and longe er that sche changeth etc. C’est une phrase énigmatique, et la ponctuation des manuscrits ne nous aide pas, ceux-ci ayant pour la plupart une pause après « herte ». Je ne peux supposer que cela signifie que « c’est long avant qu’elle ne change d’avis concernant le mariage durant sa jeunesse ». Il est difficile de considérer « longe » comme un verbe, ou « and may be eager until she changes », en raison des lignes qui suivent.
1505 et suiv. Juges xi. Notre auteur a développé l’histoire en ce qui concerne le deuil de la virginité de la fille de Jephté, car c’est là le point qui l’intéressait particulièrement ici.
1516. « Whether it be of man or woman. »
1537 et suiv. Dans l’original, c’est différent : « Heu me, filia mea, decepisti me et ipsa decepta es : aperui enim os meum ad Dominum, et aliud facere non potero. » Gower traite librement ici, comme ailleurs, le récit, surtout en ce qui concerne les discours.
1563. forty daies : dans l’original, « duobus mensibus. »
1632 et suiv. Cf. Mirour, 11694.
1649. as me thenketh ... Cela équivaut à « me thinketh ... That », « as » ou « That » étant redondants.
1659. Les meilleurs manuscrits donnent « heþen » ici, et non « heþene. »
1693 et suiv. Roman de Troie, 18385 et suiv. Dans le conte médiéval de Troie, c’est l’amour pour Polyxène qui sert de motif au retrait d’Achille de la guerre.
1429. swiche. Plutôt peut-être « swich », comme à ii. 566 f., v. 377. La plupart des manuscrits ont « such ».
1432 et suiv. warneth ... bidd. Le singulier de l’impératif semble être librement interchangeable avec le pluriel dans cette forme d’adresse.
1454 (marge). L’auteur se dissocie personnellement des doctrines extrêmes énoncées dans le texte, car il prend d’abord soin de rappeler à ses lecteurs que le rôle de l’amant n’était pour lui qu’un rôle pris. (i. 63 et suiv., marge.)
1490. and longe er that sche changeth etc. C’est une phrase énigmatique, et la ponctuation des manuscrits ne nous aide pas, ceux-ci ayant pour la plupart une pause après « herte ». Je ne peux supposer que cela signifie que « c’est long avant qu’elle ne change d’avis concernant le mariage durant sa jeunesse ». Il est difficile de considérer « longe » comme un verbe, ou « and may be eager until she changes », en raison des lignes qui suivent.
1505 et suiv. Juges xi. Notre auteur a développé l’histoire en ce qui concerne le deuil de la virginité de la fille de Jephté, car c’est là le point qui l’intéressait particulièrement ici.
1516. « Whether it be of man or woman. »
1537 et suiv. Dans l’original, c’est différent : « Heu me, filia mea, decepisti me et ipsa decepta es : aperui enim os meum ad Dominum, et aliud facere non potero. » Gower traite librement ici, comme ailleurs, le récit, surtout en ce qui concerne les discours.
1563. forty daies : dans l’original, « duobus mensibus. »
1632 et suiv. Cf. Mirour, 11694.
1649. as me thenketh ... Cela équivaut à « me thinketh ... That », « as » ou « That » étant redondants.
1659. Les meilleurs manuscrits donnent « heþen » ici, et non « heþene. »
1693 et suiv. Roman de Troie, 18385 et suiv. Dans le conte médiéval de Troie, c’est l’amour pour Polyxène qui sert de motif au retrait d’Achille de la guerre.
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1723. que je travaille à présent. Nous avons ici un exemple assez remarquable d’accentuation portée sur la préposition, avec une modification de forme au profit de la rime : cf. ii. 565.
1741. Sur le fait de savoir « bord », c’est-à-dire « de quel côté » : des termes techniques de la mer apparaissent plusieurs fois dans la Confessio Amantis, par ex. v. 3119, 7048, viii. 1983.
1810. fait : cf. Prol. 300.
1815 et suiv. Gower semble avoir traité cette histoire plutôt librement. La version habituelle présente Palamède, et non Nauplius, comme celui qui est venu chercher Ulysse, et fait d’Ulysse celui qui attelle un cheval et un bœuf ensemble à un soc comme signe de folie : voir Hyginus, Fab. xcv. Quant au nom de Nauplius, voir les notes sur iii. 973, 1002.
1833. C’est-à-dire « feignant d’être fou », et non « comme quelqu’un qui feint d’être fou » : voir la note sur i. 695.
1847 et suiv. « Il pensa essayer de voir s’il était fou ou non, peu importe ce qui plairait à Ulysse », c’est-à-dire que cela lui plaise ou non. « Hou » semble être pour « How so evere » : cf. l. 415.
1875. tothe, écrit ainsi lorsque l’accent porte sur la préposition, voir la note sur i. 232.
1901 et suiv. Ovide, Her. Ep. xiii.
1927. F comporte une pause après « londeth », ce qui place la phrase « and was the ferste there Which londeth » dans des parenthèses.
1935 et suiv. 1 Sam. xxviii., où la sorcière est appelée « mulier pythonem habens ».
1968 et suiv. L’histoire de l’éducation d’Achille par Chiron, telle que nous la trouvons ici, semble avoir été tirée, directement ou indirectement, de Statius, Achill. ii. 121 (407) et suiv. :
« Nunquam ille imbelles Ossaea per avia damas
Sectari, aut timidas passus me cuspide lyncas
Sternere, sed tristes turbare cubilibus ursos
Fulmineosque sues, et sicubi maxima tigris
Aut seducta iugis fetae spelunca leaenae. »
1741. Sur le fait de savoir « bord », c’est-à-dire « de quel côté » : des termes techniques de la mer apparaissent plusieurs fois dans la Confessio Amantis, par ex. v. 3119, 7048, viii. 1983.
1810. fait : cf. Prol. 300.
1815 et suiv. Gower semble avoir traité cette histoire plutôt librement. La version habituelle présente Palamède, et non Nauplius, comme celui qui est venu chercher Ulysse, et fait d’Ulysse celui qui attelle un cheval et un bœuf ensemble à un soc comme signe de folie : voir Hyginus, Fab. xcv. Quant au nom de Nauplius, voir les notes sur iii. 973, 1002.
1833. C’est-à-dire « feignant d’être fou », et non « comme quelqu’un qui feint d’être fou » : voir la note sur i. 695.
1847 et suiv. « Il pensa essayer de voir s’il était fou ou non, peu importe ce qui plairait à Ulysse », c’est-à-dire que cela lui plaise ou non. « Hou » semble être pour « How so evere » : cf. l. 415.
1875. tothe, écrit ainsi lorsque l’accent porte sur la préposition, voir la note sur i. 232.
1901 et suiv. Ovide, Her. Ep. xiii.
1927. F comporte une pause après « londeth », ce qui place la phrase « and was the ferste there Which londeth » dans des parenthèses.
1935 et suiv. 1 Sam. xxviii., où la sorcière est appelée « mulier pythonem habens ».
1968 et suiv. L’histoire de l’éducation d’Achille par Chiron, telle que nous la trouvons ici, semble avoir été tirée, directement ou indirectement, de Statius, Achill. ii. 121 (407) et suiv. :
« Nunquam ille imbelles Ossaea per avia damas
Sectari, aut timidas passus me cuspide lyncas
Sternere, sed tristes turbare cubilibus ursos
Fulmineosque sues, et sicubi maxima tigris
Aut seducta iugis fetae spelunca leaenae. »
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Lui-même, assis dans une grotte devenue vaste, attendait ce qui allait se passer ;
S’il était couvert de sang en grande abondance ; et il ne m’a admis à ses baisers qu’après m’avoir examiné sous les armes.
2014 et suiv. L’argument est que le Courage, reconnu comme la vertu opposée à la Paresse (voir Mirour, 10136 et suiv.), doit se manifester en partie par l’esprit de témérité guerrière, « le courage de l’audace », ce qui conduit à des entreprises telles que celles dont le Amant avait contesté la nécessité.
2040. Et cela, c’est-à-dire « Quant à cela » : cf. Prol. 122.
2045 et suiv. Le combat entre Héraclès et Achéloos est raconté en détail par Ovide, Métamorphoses IX, 31-88. Certaines parties semblent être reproduites par Gower, mais les détails ne sont pas copiés avec grande précision. Pour l’histoire en général, il disposait d’une autre source, d’où il tira par exemple les noms « Oënès » et « Calidonée ».
Il convient de noter que Gower écrit « Achelons » au lieu d’Achéloos, comme il le fait également dans la Traité, VII, 5, où l’histoire est racontée brièvement de la même manière qu’ici, et là nous trouvons « Achelontis » en marge comme cas génitif. Il aurait dû être épargné à cette erreur par la présence du nom dans les vers d’Ovide.
2054. Pour ces deux piliers, cf. Chaucer, Cant. Tales, B 3307 et suiv., mais Gower suppose qu’ils furent tous deux érigés dans le « désert de l’Inde », « El grand desert d’Ynde superiour », comme il le dit dans la Traité, VII, 1, tandis que selon Chaucer l’un fut érigé à l’Est et l’autre à l’Ouest, pour marquer les limites extrêmes du monde.
2123 et suiv. Des formes d’orthographe telles que « sleighte », « heighte » sont inhabituelles chez notre auteur, mais cf. VII, 1121, 1227 et suiv.
2135. Pour les histoires de « Pantasilee » et de Philémon, on peut se référer au Roman de Troie, 23283 et suiv. ainsi qu’à 25663-25704.
2200 et suiv. De cette question naît la discussion inévitable sur la nature de la « gentillesse » et sur la mesure dans laquelle elle dépend de la naissance, des richesses ou du mérite personnel. Gower n’accepte que cette dernière qualification, et il en défend l’idée à la manière de John Ball, bien qu’il ne fût ni lollard ni révolutionnaire social : cf.
S’il était couvert de sang en grande abondance ; et il ne m’a admis à ses baisers qu’après m’avoir examiné sous les armes.
2014 et suiv. L’argument est que le Courage, reconnu comme la vertu opposée à la Paresse (voir Mirour, 10136 et suiv.), doit se manifester en partie par l’esprit de témérité guerrière, « le courage de l’audace », ce qui conduit à des entreprises telles que celles dont le Amant avait contesté la nécessité.
2040. Et cela, c’est-à-dire « Quant à cela » : cf. Prol. 122.
2045 et suiv. Le combat entre Héraclès et Achéloos est raconté en détail par Ovide, Métamorphoses IX, 31-88. Certaines parties semblent être reproduites par Gower, mais les détails ne sont pas copiés avec grande précision. Pour l’histoire en général, il disposait d’une autre source, d’où il tira par exemple les noms « Oënès » et « Calidonée ».
Il convient de noter que Gower écrit « Achelons » au lieu d’Achéloos, comme il le fait également dans la Traité, VII, 5, où l’histoire est racontée brièvement de la même manière qu’ici, et là nous trouvons « Achelontis » en marge comme cas génitif. Il aurait dû être épargné à cette erreur par la présence du nom dans les vers d’Ovide.
2054. Pour ces deux piliers, cf. Chaucer, Cant. Tales, B 3307 et suiv., mais Gower suppose qu’ils furent tous deux érigés dans le « désert de l’Inde », « El grand desert d’Ynde superiour », comme il le dit dans la Traité, VII, 1, tandis que selon Chaucer l’un fut érigé à l’Est et l’autre à l’Ouest, pour marquer les limites extrêmes du monde.
2123 et suiv. Des formes d’orthographe telles que « sleighte », « heighte » sont inhabituelles chez notre auteur, mais cf. VII, 1121, 1227 et suiv.
2135. Pour les histoires de « Pantasilee » et de Philémon, on peut se référer au Roman de Troie, 23283 et suiv. ainsi qu’à 25663-25704.
2200 et suiv. De cette question naît la discussion inévitable sur la nature de la « gentillesse » et sur la mesure dans laquelle elle dépend de la naissance, des richesses ou du mérite personnel. Gower n’accepte que cette dernière qualification, et il en défend l’idée à la manière de John Ball, bien qu’il ne fût ni lollard ni révolutionnaire social : cf.
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Mirour, 23389 et suiv. Pour le sujet général, cf. Dante, Convito, iv. 10, Roman de la Rose, 18807 et suiv. (éd. Méon), Chaucer, Cant. Tales, D 1109, et suiv.
À Gower, il faut reconnaître le mérite de la clarté et de la concision dans la manière dont il aborde ce thème bien connu.
2208 et suiv. Cf. Dante, Convito, iv. 3.
2305 et suiv. « Et l’amour est également utile en ce qui concerne les femmes, afin qu’elles puissent être mieux “traitées”. »
2314. « Make it queinte », c’est-à-dire « se comporter doucement » ; cf. « make it tough », Chaucer, Troilus, v. 101. Pour la signification de « queinte », voir les citations dans le Dictionnaire de Godefroy sous « cointe ».
2325. 1 Jean iii. 14.
2342. Cela provient de Job v. 7.
2396 et suiv. Beaucoup de ces noms m’échappent, et les conjectures de Warton à ce sujet sont très fantaisistes ; cependant certains points peuvent être éclaircis grâce à Godfrey de Viterbe. Par exemple, concernant le premier, on trouve :
« Septem quas legimus Cham primus scripserat artes. »
Pantheon, iii. (p. 88).
2401. Godf. Vit., Pantheon, vi. (p. 133) : « Tunc Cadmus Graecas literas sedecim fecit. »
2410. Termegis. Ce mot est dissyllabique pour respecter le mètre. Probablement ce nom désigne Termegistus (c’est-à-dire Trismégistus) ; dans ce cas, l’accent doit être mis sur la syllabe finale, tandis que la syllabe précédente est ignorée.
2418 et suiv. Je soupçonne que « Poulins » signifie Apollon ou Apollinis ; cf. Pantheon, vi. (p. 133) : « Apollo etiam citharam condidit et artem medicinalem invenit. »
2421. Zenzis, c’est-à-dire Zeuxis, qui est mentionné dans le Roman de la Rose (par exemple) comme le chef des peintres, 16387 et suiv. (éd. Méon).
2422. Cf. Godf. Vit, Panth. v. (p. 121).
À Gower, il faut reconnaître le mérite de la clarté et de la concision dans la manière dont il aborde ce thème bien connu.
2208 et suiv. Cf. Dante, Convito, iv. 3.
2305 et suiv. « Et l’amour est également utile en ce qui concerne les femmes, afin qu’elles puissent être mieux “traitées”. »
2314. « Make it queinte », c’est-à-dire « se comporter doucement » ; cf. « make it tough », Chaucer, Troilus, v. 101. Pour la signification de « queinte », voir les citations dans le Dictionnaire de Godefroy sous « cointe ».
2325. 1 Jean iii. 14.
2342. Cela provient de Job v. 7.
2396 et suiv. Beaucoup de ces noms m’échappent, et les conjectures de Warton à ce sujet sont très fantaisistes ; cependant certains points peuvent être éclaircis grâce à Godfrey de Viterbe. Par exemple, concernant le premier, on trouve :
« Septem quas legimus Cham primus scripserat artes. »
Pantheon, iii. (p. 88).
2401. Godf. Vit., Pantheon, vi. (p. 133) : « Tunc Cadmus Graecas literas sedecim fecit. »
2410. Termegis. Ce mot est dissyllabique pour respecter le mètre. Probablement ce nom désigne Termegistus (c’est-à-dire Trismégistus) ; dans ce cas, l’accent doit être mis sur la syllabe finale, tandis que la syllabe précédente est ignorée.
2418 et suiv. Je soupçonne que « Poulins » signifie Apollon ou Apollinis ; cf. Pantheon, vi. (p. 133) : « Apollo etiam citharam condidit et artem medicinalem invenit. »
2421. Zenzis, c’est-à-dire Zeuxis, qui est mentionné dans le Roman de la Rose (par exemple) comme le chef des peintres, 16387 et suiv. (éd. Méon).
2422. Cf. Godf. Vit, Panth. v. (p. 121).
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« Alors aussi Prométhée, qui est le fils d’Atlantis,
Fait des statues humaines modelées à la manière des hommes. »
2427. « Jadahel » est le Jabal (ou Jebal) de la Bible (Genèse IV, 20). Godfrey de Viterbe l’appelle par le même nom et fait la même description de sa chasse et de sa pêche :
« Dans le monde, Jadahel fut le premier à établir des tentes,
Il fut le premier chasseur, sauvage dans sa férocité,
Le premier aussi à jeter des filets dans les eaux. »
Panth. II (p. 77).
2439 et suiv. Godf. Vit., Panth. IV (p. 98) :
« Saturne fit en sorte que des voiles se meuvent sur les mers,
Il mit en place des deniers pour que le commerce puisse se faire correctement.
...
Tout en construisant Sutrium, il y règne de son vivant,
Il est le premier à semer du blé dans la ville. »
2462 et suiv. Pour les sept corps et les quatre esprits de l’Alchimie, cf. Chaucer, Cant. Tales, G 818 et suiv. On remarquera que Mercure est considéré à la fois comme un corps et comme un esprit, mais certains auteurs le considèrent uniquement comme un esprit et comptent six corps métalliques.
2476. Après ce que dit le livre, « selon ce que dit le livre ».
2488 et suiv. Cf. 2565 et suiv.
2501. Les sept formes sont celles énumérées en 2513 et suiv., à savoir : distillation, congélation, dissolution, descente, sublimation, calcination, fixation.
2522. Cf. Chaucer, Cant. Tales, G 862 et suiv.
2533. Les Trois Pierres. Selon certains auteurs, comme Hortulanus (MS. Ashmole 1478, IV), il n’y avait qu’une seule pierre, l’Élixir, qui possédait
Fait des statues humaines modelées à la manière des hommes. »
2427. « Jadahel » est le Jabal (ou Jebal) de la Bible (Genèse IV, 20). Godfrey de Viterbe l’appelle par le même nom et fait la même description de sa chasse et de sa pêche :
« Dans le monde, Jadahel fut le premier à établir des tentes,
Il fut le premier chasseur, sauvage dans sa férocité,
Le premier aussi à jeter des filets dans les eaux. »
Panth. II (p. 77).
2439 et suiv. Godf. Vit., Panth. IV (p. 98) :
« Saturne fit en sorte que des voiles se meuvent sur les mers,
Il mit en place des deniers pour que le commerce puisse se faire correctement.
...
Tout en construisant Sutrium, il y règne de son vivant,
Il est le premier à semer du blé dans la ville. »
2462 et suiv. Pour les sept corps et les quatre esprits de l’Alchimie, cf. Chaucer, Cant. Tales, G 818 et suiv. On remarquera que Mercure est considéré à la fois comme un corps et comme un esprit, mais certains auteurs le considèrent uniquement comme un esprit et comptent six corps métalliques.
2476. Après ce que dit le livre, « selon ce que dit le livre ».
2488 et suiv. Cf. 2565 et suiv.
2501. Les sept formes sont celles énumérées en 2513 et suiv., à savoir : distillation, congélation, dissolution, descente, sublimation, calcination, fixation.
2522. Cf. Chaucer, Cant. Tales, G 862 et suiv.
2533. Les Trois Pierres. Selon certains auteurs, comme Hortulanus (MS. Ashmole 1478, IV), il n’y avait qu’une seule pierre, l’Élixir, qui possédait
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Qualités ou fonctions végétales, animales et minérales ; mais chez Lydgate, dans les Secrees of the Philosophres, l. 530 (E.E.T.S.), on lit :
« Et des pierres, en particulier de trois sortes : l’une minérale, une autre végétale », etc. ;
l’éditeur cite également le Rosarium Philosophorum : « Tres sunt lapides et tres sales sunt, ex quibus totum magisterium consistit, scilicet mineralis, plantalis et animalis. » Cependant, dans les Secreta Secretorum, il semble qu’il n’y ait qu’une seule pierre, voir le chapitre « De lapide animali vegetabili ».
2597. Celui qui le savait : cf. ii. 88, et voir la note sur Prol. 460.
2606. Hermès, c’est-à-dire Hermès Trismégiste, à qui l’invention de cette science est attribuée.
« On the ferste », « le tout premier » : cf. vi. 1481. On peut se demander cependant si la théorie avancée par C. Stoffel dans les Englische Studien, xxvii. 253 ss., constitue l’explication correcte de cette expression, qui a survécu jusqu’à l’époque elisabéthaine (Shaksp., Cymb. i. 6. 165, « he is one the truest mannered »). Il interprète « on » au sens du latin « unus » dans « iustissimus unus », c’est-à-dire « seul », « avant tout ». Il est peut-être plus probable que l’explication habituelle, selon laquelle il s’agit d’une expression elliptique signifiant « celui qui fut le premier », soit la bonne, surtout compte tenu d’expressions telles que « deux les premiers », « trois les plus nobles », etc., qui apparaissent également au XIVe siècle. L’usage de « on » (« oon ») pour désigner une personne est assez courant, comme dans les expressions « so good on », « so worthi on », ii. 1217, 1240, et « Oon Theloüs », ii. 1092. On trouve une expression similaire dans le français de Gower, par exemple dans Mirour, 2462.
2608. Une œuvre de Geber, intitulée Super Arte Alchymiae, en six livres, traduite de l’arabe en latin, se trouve dans le manuscrit Ashmole 1384. Elle semble traiter de manière pratique et systématique de la méthode de transmutation des métaux en or.
2609. « Ortolan » est l’Anglais John Garland, surnommé Hortulanus ; pour ce nom, voir la note dans le manuscrit Ashmole 1471 iv., placée en tête d’une traduction anglaise de son « Commentaire sur la Table émeraude d’Hermès ». On dit que Morien était un ermite dans les montagnes près de Jérusalem. Les deux « livres de Morien », sous forme de dialogues entre lui et Kalid…
« Et des pierres, en particulier de trois sortes : l’une minérale, une autre végétale », etc. ;
l’éditeur cite également le Rosarium Philosophorum : « Tres sunt lapides et tres sales sunt, ex quibus totum magisterium consistit, scilicet mineralis, plantalis et animalis. » Cependant, dans les Secreta Secretorum, il semble qu’il n’y ait qu’une seule pierre, voir le chapitre « De lapide animali vegetabili ».
2597. Celui qui le savait : cf. ii. 88, et voir la note sur Prol. 460.
2606. Hermès, c’est-à-dire Hermès Trismégiste, à qui l’invention de cette science est attribuée.
« On the ferste », « le tout premier » : cf. vi. 1481. On peut se demander cependant si la théorie avancée par C. Stoffel dans les Englische Studien, xxvii. 253 ss., constitue l’explication correcte de cette expression, qui a survécu jusqu’à l’époque elisabéthaine (Shaksp., Cymb. i. 6. 165, « he is one the truest mannered »). Il interprète « on » au sens du latin « unus » dans « iustissimus unus », c’est-à-dire « seul », « avant tout ». Il est peut-être plus probable que l’explication habituelle, selon laquelle il s’agit d’une expression elliptique signifiant « celui qui fut le premier », soit la bonne, surtout compte tenu d’expressions telles que « deux les premiers », « trois les plus nobles », etc., qui apparaissent également au XIVe siècle. L’usage de « on » (« oon ») pour désigner une personne est assez courant, comme dans les expressions « so good on », « so worthi on », ii. 1217, 1240, et « Oon Theloüs », ii. 1092. On trouve une expression similaire dans le français de Gower, par exemple dans Mirour, 2462.
2608. Une œuvre de Geber, intitulée Super Arte Alchymiae, en six livres, traduite de l’arabe en latin, se trouve dans le manuscrit Ashmole 1384. Elle semble traiter de manière pratique et systématique de la méthode de transmutation des métaux en or.
2609. « Ortolan » est l’Anglais John Garland, surnommé Hortulanus ; pour ce nom, voir la note dans le manuscrit Ashmole 1471 iv., placée en tête d’une traduction anglaise de son « Commentaire sur la Table émeraude d’Hermès ». On dit que Morien était un ermite dans les montagnes près de Jérusalem. Les deux « livres de Morien », sous forme de dialogues entre lui et Kalid…
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Le fils de Gesid peut être lu en latin (traduit de l’arabe) dans le manuscrit.
Digby 162.
2610. Un court traité d’Avicenne sur l’alchimie se trouve dans le manuscrit.
Ashm. 1420.
2624. Le remède parfait. L’inflexion est peut-être imitée de la forme définie de l’adjectif anglais, comme à vii. 2168, 4994, tandis qu’à l. 2522, où l’accent est reporté en arrière, on a « le parfit Elixir ». Il est cependant possible que ce soit un cas de la forme féminine française, telle que nous la trouvons à i. 2677, ii. 3507, iv. 964, cf. i. 636. Ainsi peut-être ii. 3243, « Ô toi, divine providence », et viii. 23, « Ô toi, noble Vénus ».
2637. Carmente : cf. Godf. Vit., Panth. vi. (p. 135).
2641. Dindymus désigne ici le grammairien Didyme, disciple de l’école d’Aristarque et auteur très volumineux sur la langue et la littérature grecques. Notre auteur classe ici Aristarque et Didyme avec Donat, et suppose qu’ils s’intéressent tous à la langue latine.
2648. Tullius avec Cithero. Il ressort de ce passage, qui a été donné différemment sans aucune autorité dans les éditions imprimées, que Gower considérait Tullius et Cicéron comme deux personnes distinctes. On aurait eu des raisons de le soupçonner d’après le passage du septième livre, où il fait référence au débat sur la peine de mort des conspirateurs de Catilina, parlant de Tullius comme source des règles de rhétorique y exposées, et de « Cithero » comme le consul, sans aucun indice qu’il s’agisse de la même personne (vii. 1588 sq.). Dans les œuvres françaises de Gower, seul le nom Tullius (Tulles) est utilisé. La forme Cithero (ou Scithero) est également employée par Chaucer, Cant. Tales, F 722.
2738 sq. Cf. Mirour, 5185 sq.
2749. beere, subjonctif du passé, cf. 1323.
2756 sq. Gower semble être exceptionnellement bien informé sur le sujet des Fates et de leurs fonctions respectives.
2792. Ce jet de dés n’était pas destiné aux jeux ordinaires, mais à la divination des caractères et à la prédiction du sort en matière d’amour. Chaque combinaison produite par les trois dés lancés avait une signification déterminée à l’avance, comme nous le voyons dans le texte intitulé The
Digby 162.
2610. Un court traité d’Avicenne sur l’alchimie se trouve dans le manuscrit.
Ashm. 1420.
2624. Le remède parfait. L’inflexion est peut-être imitée de la forme définie de l’adjectif anglais, comme à vii. 2168, 4994, tandis qu’à l. 2522, où l’accent est reporté en arrière, on a « le parfit Elixir ». Il est cependant possible que ce soit un cas de la forme féminine française, telle que nous la trouvons à i. 2677, ii. 3507, iv. 964, cf. i. 636. Ainsi peut-être ii. 3243, « Ô toi, divine providence », et viii. 23, « Ô toi, noble Vénus ».
2637. Carmente : cf. Godf. Vit., Panth. vi. (p. 135).
2641. Dindymus désigne ici le grammairien Didyme, disciple de l’école d’Aristarque et auteur très volumineux sur la langue et la littérature grecques. Notre auteur classe ici Aristarque et Didyme avec Donat, et suppose qu’ils s’intéressent tous à la langue latine.
2648. Tullius avec Cithero. Il ressort de ce passage, qui a été donné différemment sans aucune autorité dans les éditions imprimées, que Gower considérait Tullius et Cicéron comme deux personnes distinctes. On aurait eu des raisons de le soupçonner d’après le passage du septième livre, où il fait référence au débat sur la peine de mort des conspirateurs de Catilina, parlant de Tullius comme source des règles de rhétorique y exposées, et de « Cithero » comme le consul, sans aucun indice qu’il s’agisse de la même personne (vii. 1588 sq.). Dans les œuvres françaises de Gower, seul le nom Tullius (Tulles) est utilisé. La forme Cithero (ou Scithero) est également employée par Chaucer, Cant. Tales, F 722.
2738 sq. Cf. Mirour, 5185 sq.
2749. beere, subjonctif du passé, cf. 1323.
2756 sq. Gower semble être exceptionnellement bien informé sur le sujet des Fates et de leurs fonctions respectives.
2792. Ce jet de dés n’était pas destiné aux jeux ordinaires, mais à la divination des caractères et à la prédiction du sort en matière d’amour. Chaque combinaison produite par les trois dés lancés avait une signification déterminée à l’avance, comme nous le voyons dans le texte intitulé The
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Les jeux de dés dans les manuscrits de la Bodléienne Fairfax 16 et Bodl. 638. Par exemple, le tir de six, quatre et as y est expliqué par le verset suivant :
« Ô douceur de la vertu principale,
Qui se trouve en toute créature !
En cette personne de connaissance ordinaire
Est pleinement rassemblée, je vous l’assure,
Le seigneur de la vertu et guérisseur de tous les vices,
Belle perfection sans envie,
Confiance assurée sans jalousie. »
Et de même, il existe un verset, flatteur ou non, pour chaque tir possible.
2813. Hire daunger : voir la note sur i. 2443.
2855. whi ne were it, « would it were » : cf. l’expression « that he ne were », vii. 3747, etc.
2895 f. Apparemment, il veut dire que ses rêves n’étaient pas de choses inoffensives comme des moutons et leur laine, ou peut-être pas non plus de questions d’affaires, faisant allusion à la laine comme produit phare du commerce anglais.
2901 ff. Cf. Roman de la Rose, 2449-2479.
2905. I ne bede nevere awake : cf. Romaunt of the Rose, 791, « Ne bode I never thennes go ». Cela signifie apparemment « Je souhaiterais ne jamais me réveiller » (« Je ne prierais jamais pour me réveiller »).
2924. in my wrytinges. L’auteur oublie ici qu’il parle au nom du Confesseur.
2927 ff. Cela provient d’Ovide, Métamorphoses xi. 266-748, où l’histoire est racontée en grande détail. Gower suit très fidèlement certaines parties, comme la description de la Maison du Sommeil et de ses environs. Chaucer raconte l’histoire dans Le Livre de la Duchesse, mais il n’a pas été aussi réussi dans sa reproduction que Gower. Elle est présentée ici uniquement comme une illustration de la vérité des rêves, mais avec sa description de la Maison du
« Ô douceur de la vertu principale,
Qui se trouve en toute créature !
En cette personne de connaissance ordinaire
Est pleinement rassemblée, je vous l’assure,
Le seigneur de la vertu et guérisseur de tous les vices,
Belle perfection sans envie,
Confiance assurée sans jalousie. »
Et de même, il existe un verset, flatteur ou non, pour chaque tir possible.
2813. Hire daunger : voir la note sur i. 2443.
2855. whi ne were it, « would it were » : cf. l’expression « that he ne were », vii. 3747, etc.
2895 f. Apparemment, il veut dire que ses rêves n’étaient pas de choses inoffensives comme des moutons et leur laine, ou peut-être pas non plus de questions d’affaires, faisant allusion à la laine comme produit phare du commerce anglais.
2901 ff. Cf. Roman de la Rose, 2449-2479.
2905. I ne bede nevere awake : cf. Romaunt of the Rose, 791, « Ne bode I never thennes go ». Cela signifie apparemment « Je souhaiterais ne jamais me réveiller » (« Je ne prierais jamais pour me réveiller »).
2924. in my wrytinges. L’auteur oublie ici qu’il parle au nom du Confesseur.
2927 ff. Cela provient d’Ovide, Métamorphoses xi. 266-748, où l’histoire est racontée en grande détail. Gower suit très fidèlement certaines parties, comme la description de la Maison du Sommeil et de ses environs. Chaucer raconte l’histoire dans Le Livre de la Duchesse, mais il n’a pas été aussi réussi dans sa reproduction que Gower. Elle est présentée ici uniquement comme une illustration de la vérité des rêves, mais avec sa description de la Maison du
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Le sommeil est également très approprié, à d’autres égards, au sujet de la somnolence qui est à l’étude.
2928. Trocinie, dérivé de l’adjectif « Trachinia », dans des expressions telles que « Trachinia tellus », Métamorphoses XI, 269.
2973. La lecture de tous les meilleurs manuscrits pour cette ligne est « il » : (S est cependant défectueux). Nous ne pouvons douter que l’auteur ait voulu écrire « sche », car par la suite il désigne régulièrement Iris comme féminine ; mais cette erreur lui a apparemment échappé, et nous devons considérer la lecture « elle » dans les deux exemplaires où je l’ai trouvée comme une correction non autorisée. Chaucer fait du messager un homme, mais ne le nomme pas.
2977–3055. Ce passage suit très heureusement Ovide, Métamorphoses XI, 589–645. Notre auteur donne toutes les caractéristiques essentielles, mais les réorganise librement et y ajoute des détails de son cru.
2996. Métamorphoses XI, 608 :
« Ianua, ne verso stridores cardine reddat,
Nulla domo tota. »
3009 et suiv. Métamorphoses XI, 602 et suiv. :
« saxo tamen exit ab imo
Rivus aquae Lethes, per quem cum murmure labens
Invitat somnos crepitantibus unda lapillis. »
3015 et suiv. Métamorphoses XI, 610 et suiv. :
« At medio torus est ebeno sublimis in antro,
Plumeus, unicolor, pullo velamine tectus,
Quo cubat ipse deus membris languore solutis.
Hunc circa passim varias imitantia formas
Somnia vana iacent », etc.
2928. Trocinie, dérivé de l’adjectif « Trachinia », dans des expressions telles que « Trachinia tellus », Métamorphoses XI, 269.
2973. La lecture de tous les meilleurs manuscrits pour cette ligne est « il » : (S est cependant défectueux). Nous ne pouvons douter que l’auteur ait voulu écrire « sche », car par la suite il désigne régulièrement Iris comme féminine ; mais cette erreur lui a apparemment échappé, et nous devons considérer la lecture « elle » dans les deux exemplaires où je l’ai trouvée comme une correction non autorisée. Chaucer fait du messager un homme, mais ne le nomme pas.
2977–3055. Ce passage suit très heureusement Ovide, Métamorphoses XI, 589–645. Notre auteur donne toutes les caractéristiques essentielles, mais les réorganise librement et y ajoute des détails de son cru.
2996. Métamorphoses XI, 608 :
« Ianua, ne verso stridores cardine reddat,
Nulla domo tota. »
3009 et suiv. Métamorphoses XI, 602 et suiv. :
« saxo tamen exit ab imo
Rivus aquae Lethes, per quem cum murmure labens
Invitat somnos crepitantibus unda lapillis. »
3015 et suiv. Métamorphoses XI, 610 et suiv. :
« At medio torus est ebeno sublimis in antro,
Plumeus, unicolor, pullo velamine tectus,
Quo cubat ipse deus membris languore solutis.
Hunc circa passim varias imitantia formas
Somnia vana iacent », etc.
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3044. « Ithecus » est une mauvaise interprétation de « Icelos », tout comme « Panthasas » au vers 3049 de « Phantasos ».
3061 et suiv. Ici, Gower apporte une véritable amélioration à l’histoire en utilisant les deux autres ministres du Sommeil, dont les fonctions ont été décrites, pour représenter la scène de la tempête et du naufrage, tandis que Morphée joue le rôle de Ceyx dans cette même scène. Ovide introduit les personnages d’Icelos et de Phantasos, mais ne les utilise pas, envoyant Morphée seul pour raconter ce qui s’est passé, au lieu de le représenter en action, comme cela apparaîtrait plus naturellement dans un rêve.
3159. mi herte : on trouve généralement « min herte » comme à 3139, et donc habituellement avant « h », qu’il soit aspiré ou non, par exemple à 3561 ; mais « for mi housebondes were », vii. 4813 (avec « myn housebonde » plus bas, 4829).
3187 et suiv. Cela semble pour l’essentiel être original. Une indication a pu être donnée par les vers d’Ovide, où il est suggéré qu’Aurora aurait pu utiliser une prière quelque peu similaire :
« At si quem manibus Cephalum complexa teneres,
Clamares, Lente currite, noctis equi.»
Amor. i. 13, 39.
3222. Le soleil entre dans le Capricorne le 21 décembre.
3273. that he arise : ainsi à 3374, « Til it be dai that I arise », et au vers 3422, « Til dai cam that sche moste arise ».
Le verbe semble ici être entraîné dans le subjonctif par le sens indéfini de « Til ». Dans les autres passages, le mode est incertain.
3317 et suiv. Ovide, Métamorphoses i. 588-723, très abrégé. Cependant, c’est Jupiter qui a transformé Io en vache.
3386. for thou thee schalt avise, « afin que tu puisses réfléchir ».
3414. that I nere of this lif, « j’aimerais être hors de cette vie ». Pour « that I nere », cf. la note sur 1422. Pour « of this lif », cf. vii. 2883, « whan he were of dawe ».
3061 et suiv. Ici, Gower apporte une véritable amélioration à l’histoire en utilisant les deux autres ministres du Sommeil, dont les fonctions ont été décrites, pour représenter la scène de la tempête et du naufrage, tandis que Morphée joue le rôle de Ceyx dans cette même scène. Ovide introduit les personnages d’Icelos et de Phantasos, mais ne les utilise pas, envoyant Morphée seul pour raconter ce qui s’est passé, au lieu de le représenter en action, comme cela apparaîtrait plus naturellement dans un rêve.
3159. mi herte : on trouve généralement « min herte » comme à 3139, et donc habituellement avant « h », qu’il soit aspiré ou non, par exemple à 3561 ; mais « for mi housebondes were », vii. 4813 (avec « myn housebonde » plus bas, 4829).
3187 et suiv. Cela semble pour l’essentiel être original. Une indication a pu être donnée par les vers d’Ovide, où il est suggéré qu’Aurora aurait pu utiliser une prière quelque peu similaire :
« At si quem manibus Cephalum complexa teneres,
Clamares, Lente currite, noctis equi.»
Amor. i. 13, 39.
3222. Le soleil entre dans le Capricorne le 21 décembre.
3273. that he arise : ainsi à 3374, « Til it be dai that I arise », et au vers 3422, « Til dai cam that sche moste arise ».
Le verbe semble ici être entraîné dans le subjonctif par le sens indéfini de « Til ». Dans les autres passages, le mode est incertain.
3317 et suiv. Ovide, Métamorphoses i. 588-723, très abrégé. Cependant, c’est Jupiter qui a transformé Io en vache.
3386. for thou thee schalt avise, « afin que tu puisses réfléchir ».
3414. that I nere of this lif, « j’aimerais être hors de cette vie ». Pour « that I nere », cf. la note sur 1422. Pour « of this lif », cf. vii. 2883, « whan he were of dawe ».
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3438 f. « Et pourtant, il (l’Obstination) ne peut soutenir sa propre cause par aucun argument, sinon par une têterie obstinée. »
Pour l’expression « of hed », on peut comparer l’expression latine citée par Du Cange, « de testa esse », expliquée par « esse obstinatum » (en italien : « essere di testa »), ainsi que l’adjectif français « testu », « Car fol estoient et testu », etc.
Froissart dit du pape Urbain VI qu’après son élection, « il s’en outrecuida et enorguilli, et volt user de poissance et de teste », ce qui est traduit par Berners par : « Il devint orgueilleux et agit entièrement sur un coup de tête. » On trouve également l’adjectif latin « capitosus » utilisé par Gower en marge au début de la Cronica Tripertita, ainsi que l’adverbe « capitose », signifiant « d’une manière têtue », dans l’Hist. Anglica de Walsingham, par exemple : « Regem contra regni consuetudinem Cancellarium deposuisse capitose », vol. II, p. 70 (Rolls Series).
La façon habituelle de lire cette phrase consiste à ponctuer après « skile » et à rattacher « bot of hed » à la ligne suivante, « mais il se détruit dans sa condition » (« hed » provenant d’un supposé « hǣd », apparenté au suffixe « -hed » ou « -hede »). Ce mot apparaît peut-être dans Conf. Am. ii. 2066, mais il n’aurait pas beaucoup de sens ici, et il est douteux qu’il rime avec « ded ». Le suffixe « -hed » ou « -hede » comporte apparemment un « ẹ » dans les rimes de Gower. De plus, si une rupture au milieu de la ligne était visée, le manuscrit Fairfax aurait presque certainement comporté un signe indiquant cela, comme dans 3423, 3431, 3458, 3459, 3484, 3485, pour ne citer que des exemples de la même page du manuscrit.
Pour l’usage de « avowe » dans ce sens, cf. v. 124.
3515 ff. L’histoire est basée sur Ovide, Métamorphoses, XIV, 698-761. Cependant, notre auteur a inversé la position du amant et de sa maîtresse. Chez Ovide, Anaxarete est une jeune femme de haute naissance, issue de la race de Teucros, tandis qu’Iphis est « humili de stirpe creatus ». De plus, Gower développe considérablement l’histoire : c’est lui qui a écrit les paroles d’Iphis, tout le récit de la douleur et de la auto-condamnation d’Araxarathen, les détails des funérailles et du tombeau, ainsi que l’épitaphe très réussie. Ovide dit qu’elle vit depuis une fenêtre le corps d’Iphis être emporté pour être enterré, et fut aussitôt transformée en…
Pour l’expression « of hed », on peut comparer l’expression latine citée par Du Cange, « de testa esse », expliquée par « esse obstinatum » (en italien : « essere di testa »), ainsi que l’adjectif français « testu », « Car fol estoient et testu », etc.
Froissart dit du pape Urbain VI qu’après son élection, « il s’en outrecuida et enorguilli, et volt user de poissance et de teste », ce qui est traduit par Berners par : « Il devint orgueilleux et agit entièrement sur un coup de tête. » On trouve également l’adjectif latin « capitosus » utilisé par Gower en marge au début de la Cronica Tripertita, ainsi que l’adverbe « capitose », signifiant « d’une manière têtue », dans l’Hist. Anglica de Walsingham, par exemple : « Regem contra regni consuetudinem Cancellarium deposuisse capitose », vol. II, p. 70 (Rolls Series).
La façon habituelle de lire cette phrase consiste à ponctuer après « skile » et à rattacher « bot of hed » à la ligne suivante, « mais il se détruit dans sa condition » (« hed » provenant d’un supposé « hǣd », apparenté au suffixe « -hed » ou « -hede »). Ce mot apparaît peut-être dans Conf. Am. ii. 2066, mais il n’aurait pas beaucoup de sens ici, et il est douteux qu’il rime avec « ded ». Le suffixe « -hed » ou « -hede » comporte apparemment un « ẹ » dans les rimes de Gower. De plus, si une rupture au milieu de la ligne était visée, le manuscrit Fairfax aurait presque certainement comporté un signe indiquant cela, comme dans 3423, 3431, 3458, 3459, 3484, 3485, pour ne citer que des exemples de la même page du manuscrit.
Pour l’usage de « avowe » dans ce sens, cf. v. 124.
3515 ff. L’histoire est basée sur Ovide, Métamorphoses, XIV, 698-761. Cependant, notre auteur a inversé la position du amant et de sa maîtresse. Chez Ovide, Anaxarete est une jeune femme de haute naissance, issue de la race de Teucros, tandis qu’Iphis est « humili de stirpe creatus ». De plus, Gower développe considérablement l’histoire : c’est lui qui a écrit les paroles d’Iphis, tout le récit de la douleur et de la auto-condamnation d’Araxarathen, les détails des funérailles et du tombeau, ainsi que l’épitaphe très réussie. Ovide dit qu’elle vit depuis une fenêtre le corps d’Iphis être emporté pour être enterré, et fut aussitôt transformée en…
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pierre, et qu’en témoignage de la vérité de son récit, on peut encore voir une statue à Salamine. Rien n’est dit au sujet du remords de sa part ; au contraire, c’est l’inverse qui est suggéré.
3516. Notre auteur suppose que c’est la même personne que celle mentionnée en iii. 2645 et suiv. (qui est en réalité Teuthras, roi de Mysie). C’est Teucros, fils de Telamon, fondateur de Salamine à Chypre.
3520 et suiv. Ces vers sont déplacés pour des raisons de rime. Cela signifie « une jeune fille de basse condition par rapport à lui » : cf. ii. 709, et plus bas, l. 3616.
3542. Ponctué conformément à F.
3589. Thi Daunger, « ton refus d’aimer » : voir la note sur i. 2443.
3658 et suiv. Naturellement, l’expression d’Ovide,
« Veneris quoque nomine templum
Prospicientis habet », n’a pas été comprise.
LIB. V.
18. il cam to londe, wherof, « l’occasion survint, d’où », etc.
22. him supposeth : le verbe est utilisé de manière impersonnelle, comme « him thenketh ». Probablement la confusion entre « thinke » et « thenke » a donné naissance à cette expression.
29 et suiv. De même plus bas, 348 et suiv. : cf. Mirour, 7585 et suiv.
47 et suiv. Il semble, dans sa forme actuelle, qu’il s’agisse d’une application de ces exemples au cas de l’homme avare : « Ainsi possède-t-il sa richesse de telle sorte qu’en réalité il ne possède rien » (« that » pour « so that »). Cependant, le couplet original, tel que lu dans tous les manuscrits non révisés, s’applique au cas de la brebis, et nous pouvons l’interpréter de la même manière dans sa version révisée (« Thus » étant remplacé par « that »).
49 et suiv. Cf. Mirour, 7645 et suiv.
3516. Notre auteur suppose que c’est la même personne que celle mentionnée en iii. 2645 et suiv. (qui est en réalité Teuthras, roi de Mysie). C’est Teucros, fils de Telamon, fondateur de Salamine à Chypre.
3520 et suiv. Ces vers sont déplacés pour des raisons de rime. Cela signifie « une jeune fille de basse condition par rapport à lui » : cf. ii. 709, et plus bas, l. 3616.
3542. Ponctué conformément à F.
3589. Thi Daunger, « ton refus d’aimer » : voir la note sur i. 2443.
3658 et suiv. Naturellement, l’expression d’Ovide,
« Veneris quoque nomine templum
Prospicientis habet », n’a pas été comprise.
LIB. V.
18. il cam to londe, wherof, « l’occasion survint, d’où », etc.
22. him supposeth : le verbe est utilisé de manière impersonnelle, comme « him thenketh ». Probablement la confusion entre « thinke » et « thenke » a donné naissance à cette expression.
29 et suiv. De même plus bas, 348 et suiv. : cf. Mirour, 7585 et suiv.
47 et suiv. Il semble, dans sa forme actuelle, qu’il s’agisse d’une application de ces exemples au cas de l’homme avare : « Ainsi possède-t-il sa richesse de telle sorte qu’en réalité il ne possède rien » (« that » pour « so that »). Cependant, le couplet original, tel que lu dans tous les manuscrits non révisés, s’applique au cas de la brebis, et nous pouvons l’interpréter de la même manière dans sa version révisée (« Thus » étant remplacé par « that »).
49 et suiv. Cf. Mirour, 7645 et suiv.
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« Il le dit, mais c’est inapproprié,
Qu’il ait beaucoup d’argent ;
Mais il est évident que l’argent lui appartient :
On le prend ainsi en esclavage », etc.
65. jamais hier. Notez qu’il n’y a pas d’élision avant « hier ».
81 f. « Et pourtant, bien que je la retienne fermement (comme un avare garde son trésor), ma vie serait une fête perpétuelle, même les vendredis. » S’il possédait ce trésor, son avidité ne lui permettrait pas de s’en défaire, et pourtant il ne le garderait pas inutilisé, comme un avare garde son or. Ainsi, plus loin, à 93 : « Même si je le retenais fermement, je ferais ce que je suis obligé de faire. »
95. pipe, « être satisfait » : peut-être d’après l’idée d’un chasseur d’oiseaux qui siffle ou joue de la flûte pour attirer les oiseaux, sans parvenir à les capturer.
127-136. Notez la répétition du mot « or » en position emphatique.
141 ff. Ovide, Métamorphoses XI, 85-147, traité librement comme d’habitude. Le débat de Midas quant à savoir ce qu’il devrait préférer parmi trois choses (vers 180-245) est entièrement l’œuvre de notre auteur. Chez Ovide, il choisit sans hésiter.
143. Cillenus, c’est-à-dire Silène.
154 f. Gower attribue l’action du roi à la pure courtoisie, Ovide au fait que Midas reconnaît en Silène un compagnon mystique.
249 ff. Cf. Mirour, 7603 ff.
272 ff. Ovide, Métamorphoses XI, 106,
« Laetus abit gaudetque malo Berecyntius heros :
Pollicitique fidem tangendo singula tentat.
Ilice detraxit virgam, virga aurea facta est :
Tollit humo saxum, saxum quoque palluit auro », etc.
298. Voir la note sur le vers 10.
315-332. Il s’agit d’une expansion de Métamorphoses XI, 146 f.
Qu’il ait beaucoup d’argent ;
Mais il est évident que l’argent lui appartient :
On le prend ainsi en esclavage », etc.
65. jamais hier. Notez qu’il n’y a pas d’élision avant « hier ».
81 f. « Et pourtant, bien que je la retienne fermement (comme un avare garde son trésor), ma vie serait une fête perpétuelle, même les vendredis. » S’il possédait ce trésor, son avidité ne lui permettrait pas de s’en défaire, et pourtant il ne le garderait pas inutilisé, comme un avare garde son or. Ainsi, plus loin, à 93 : « Même si je le retenais fermement, je ferais ce que je suis obligé de faire. »
95. pipe, « être satisfait » : peut-être d’après l’idée d’un chasseur d’oiseaux qui siffle ou joue de la flûte pour attirer les oiseaux, sans parvenir à les capturer.
127-136. Notez la répétition du mot « or » en position emphatique.
141 ff. Ovide, Métamorphoses XI, 85-147, traité librement comme d’habitude. Le débat de Midas quant à savoir ce qu’il devrait préférer parmi trois choses (vers 180-245) est entièrement l’œuvre de notre auteur. Chez Ovide, il choisit sans hésiter.
143. Cillenus, c’est-à-dire Silène.
154 f. Gower attribue l’action du roi à la pure courtoisie, Ovide au fait que Midas reconnaît en Silène un compagnon mystique.
249 ff. Cf. Mirour, 7603 ff.
272 ff. Ovide, Métamorphoses XI, 106,
« Laetus abit gaudetque malo Berecyntius heros :
Pollicitique fidem tangendo singula tentat.
Ilice detraxit virgam, virga aurea facta est :
Tollit humo saxum, saxum quoque palluit auro », etc.
298. Voir la note sur le vers 10.
315-332. Il s’agit d’une expansion de Métamorphoses XI, 146 f.
Page 805
« Ille perosus opes silvas et rura colebat,
Panaque montanis habitantem semper in antris. »
363 et suiv. La punition mentionnée convient certainement mieux à l’avarice qu’au crime commis par Tantale : cf. Hor. Sat. i. 1. 68. L’histoire de Tantale est évoquée à plusieurs reprises chez Ovide, en Metam. iv. 458, et racontée par Hyginus, Fab. lxxxii. Peut-être notre auteur a-t-il plutôt suivi Fulgentius, Mythol. ii. 18, qui cite Petronius :
« Divitis haec magni facies erit, omnia late
Qui tenet, et sicco concoquit ore famem. »
Cf. Mirour, 7621 et suiv. :
« Dame Avarice est dite auci
Semblable au paine Tantali », etc.
370. Cela semble signifier que cela sert de punition pour les avares ; mais d’après ce qui suit aux lignes 391 et suiv., nous comprenons que les tourments de l’avarice en cette vie doivent également être comparés à cette douleur particulière de l’enfer ; c’est pourquoi cette application est faite dans le Mirour, 7621-7632.
388. which a wreche, « quelle punition ! »
418. suie : cf. Prol. 460.
447. Pour la syllabe superflue à l’endroit de la pause au milieu de cette ligne, cf. iv. 1131.
496. berth an hond : équivalent à « berth on hond », l. 546.
519. Comptez « evel » comme un mot monosyllabique pour le vers ; c’est ainsi régulièrement, par ex. iii. 1272, vii. 2773.
526. janglere. Le « -e » final n’est pas prononcé ici.
558 et suiv. L’or... Celui qui était posé sur le livre. L’or en question est celui qui est déposé sur le livre de culte en paiement des frais de mariage.
Panaque montanis habitantem semper in antris. »
363 et suiv. La punition mentionnée convient certainement mieux à l’avarice qu’au crime commis par Tantale : cf. Hor. Sat. i. 1. 68. L’histoire de Tantale est évoquée à plusieurs reprises chez Ovide, en Metam. iv. 458, et racontée par Hyginus, Fab. lxxxii. Peut-être notre auteur a-t-il plutôt suivi Fulgentius, Mythol. ii. 18, qui cite Petronius :
« Divitis haec magni facies erit, omnia late
Qui tenet, et sicco concoquit ore famem. »
Cf. Mirour, 7621 et suiv. :
« Dame Avarice est dite auci
Semblable au paine Tantali », etc.
370. Cela semble signifier que cela sert de punition pour les avares ; mais d’après ce qui suit aux lignes 391 et suiv., nous comprenons que les tourments de l’avarice en cette vie doivent également être comparés à cette douleur particulière de l’enfer ; c’est pourquoi cette application est faite dans le Mirour, 7621-7632.
388. which a wreche, « quelle punition ! »
418. suie : cf. Prol. 460.
447. Pour la syllabe superflue à l’endroit de la pause au milieu de cette ligne, cf. iv. 1131.
496. berth an hond : équivalent à « berth on hond », l. 546.
519. Comptez « evel » comme un mot monosyllabique pour le vers ; c’est ainsi régulièrement, par ex. iii. 1272, vii. 2773.
526. janglere. Le « -e » final n’est pas prononcé ici.
558 et suiv. L’or... Celui qui était posé sur le livre. L’or en question est celui qui est déposé sur le livre de culte en paiement des frais de mariage.
Page 806
« Et l’Homme donnera à la Femme une Bague, la plaçant sur le livre, avec la dîme habituelle destinée au Prêtre et au Clerc. » Cérémonie de mariage.
564. « bien qu’il ne le loue pas », c’est-à-dire qu’il ne lui accorde aucun mérite pour cela : cf. Prol. 154.
635 sq. Ovide, Ars Am. ii. 561-592, mais l’original n’est pas suivi très fidèlement.
665. Cf. iii. 1362 sq.
729 sq. De là provient la digression fort malavisée des vers 747-1970 sur les diverses formes de religion. Il n’y a aucune raison pour que cela figure ici plutôt qu’ailleurs ; en fait, si la question des dieux faux devait être abordée, elle aurait dû apparaître comme une explication de l’apparition de Vénus et de Cupidon dans le premier livre. De nombreuses histoires ont été racontées, par exemple celles d’Actéon, des Gorgones, de Tirésias, de Phébus et de Daphné, de Phaéton, de Céyx, d’Argus et de Midas, qui exigeaient autant d’explications que celle-ci, et l’inconvénient de tout placer dans la bouche du prêtre de Vénus est impardonnable.
L’autorité principale suivie dans ce récit des religions de Chaldée, d’Égypte et de Grèce est la Vita Barlaam et Josaphat, chap. xxvii (Migne, Patrol. vol. 73, p. 548 sq.), mais Gower y ajoute beaucoup, surtout en ce qui concerne les dieux et déesses de Grèce.
763. d’accident : cf. ii. 3210.
774. céleste : ainsi dans Prol. 918, mais « céleste » aux vers 834, 3136, où la deuxième syllabe est syncopée, comme c’est régulièrement le cas pour « céleste ». Il en va de même pour « éternellement » et « éternemment » par rapport à « éternel ».
782. les, c’est-à-dire « mensonge ».
798. Isirus, c’est-à-dire Osiris.
811. les Égyptiens. C’est là la lecture correcte pour respecter le mètre, tant ici qu’au vers 821, bien que les meilleures copies ne la donnent pas. Un cas similaire se rencontre au vers 1119, mais là l’autorité de « Jupiteres » est considérablement renforcée par l’intervention de S.
897. Mynitor, c’est-à-dire Numitor.
564. « bien qu’il ne le loue pas », c’est-à-dire qu’il ne lui accorde aucun mérite pour cela : cf. Prol. 154.
635 sq. Ovide, Ars Am. ii. 561-592, mais l’original n’est pas suivi très fidèlement.
665. Cf. iii. 1362 sq.
729 sq. De là provient la digression fort malavisée des vers 747-1970 sur les diverses formes de religion. Il n’y a aucune raison pour que cela figure ici plutôt qu’ailleurs ; en fait, si la question des dieux faux devait être abordée, elle aurait dû apparaître comme une explication de l’apparition de Vénus et de Cupidon dans le premier livre. De nombreuses histoires ont été racontées, par exemple celles d’Actéon, des Gorgones, de Tirésias, de Phébus et de Daphné, de Phaéton, de Céyx, d’Argus et de Midas, qui exigeaient autant d’explications que celle-ci, et l’inconvénient de tout placer dans la bouche du prêtre de Vénus est impardonnable.
L’autorité principale suivie dans ce récit des religions de Chaldée, d’Égypte et de Grèce est la Vita Barlaam et Josaphat, chap. xxvii (Migne, Patrol. vol. 73, p. 548 sq.), mais Gower y ajoute beaucoup, surtout en ce qui concerne les dieux et déesses de Grèce.
763. d’accident : cf. ii. 3210.
774. céleste : ainsi dans Prol. 918, mais « céleste » aux vers 834, 3136, où la deuxième syllabe est syncopée, comme c’est régulièrement le cas pour « céleste ». Il en va de même pour « éternellement » et « éternemment » par rapport à « éternel ».
782. les, c’est-à-dire « mensonge ».
798. Isirus, c’est-à-dire Osiris.
811. les Égyptiens. C’est là la lecture correcte pour respecter le mètre, tant ici qu’au vers 821, bien que les meilleures copies ne la donnent pas. Un cas similaire se rencontre au vers 1119, mais là l’autorité de « Jupiteres » est considérablement renforcée par l’intervention de S.
897. Mynitor, c’est-à-dire Numitor.
Page 807
899 f. que Rémus et Romulus. Pour la position de « that », cf. 1166, 1249.
925. Pour l’expression « To gete him with », cf. i. 452.
1004. « wel the more lete by », c’est-à-dire « beaucoup plus estimé » : cf. Piers Plowman, A vi. 105, « to lete wel by thyselve », et xi. 29 ; également avec « of », v. 5840 ; cf. Piers Plowm. iv. 160, « Love let of hire lighte and lewte yit lasse », Orm. 7523, « uss birrth ... lætenn wel off othre menn ».
1009. Nonarcigne. Ce nom provient sans doute de l’adjectif « Nonacrinus » (de Nonacris), utilisé comme chez Ovide, Métamorphoses i. 690, dans l’histoire de Pan et Syrinx, racontée par Mercure pour endormir Argus : cf. Conf. Am. iv. 3345 sq.
1040. Cf. Prol. 118.
1043 sq. La phrase est interrompue puis reprise à la ligne 1051 : voir la note sur i. 98.
1063. « That he », c’est-à-dire « En ce qu’il… ». Gower a ici confondu sa source, qui dit : « post autem eum propter Tyndarei Lacedaemonii filium a Jove fulmine percussum interiisse narrant. » Vita Barl. et Jos. xxvii.
1071. Delphes et Délos sont très naturellement confondus dans le récit médiéval de Troie et ailleurs ; mais Délos est mentionné correctement plus bas, à 1256.
1097. « no reason inne » : cf. i. 3209.
1163. Philerem, probablement Philyra, mais il n’existe aucune source pour la présenter comme la mère de Jupiter.
1249. « that » : cf. 899. Apparemment, cela signifie « cette Diane dont je vais parler ». Les exigences de la rime expliquent ces formes de formulation.
1276. « Qui ne peut atteindre la raison. »
1323. Dans les manuscrits, ce paragraphe commence ici par ce qui, stricto sensu, en est la deuxième ligne, car elle est marquée par un nom propre indiquant son sujet ; la première ligne n’est qu’une introduction formelle. Il en va de même plus bas, à 1453 : cf. ii. 2451.
925. Pour l’expression « To gete him with », cf. i. 452.
1004. « wel the more lete by », c’est-à-dire « beaucoup plus estimé » : cf. Piers Plowman, A vi. 105, « to lete wel by thyselve », et xi. 29 ; également avec « of », v. 5840 ; cf. Piers Plowm. iv. 160, « Love let of hire lighte and lewte yit lasse », Orm. 7523, « uss birrth ... lætenn wel off othre menn ».
1009. Nonarcigne. Ce nom provient sans doute de l’adjectif « Nonacrinus » (de Nonacris), utilisé comme chez Ovide, Métamorphoses i. 690, dans l’histoire de Pan et Syrinx, racontée par Mercure pour endormir Argus : cf. Conf. Am. iv. 3345 sq.
1040. Cf. Prol. 118.
1043 sq. La phrase est interrompue puis reprise à la ligne 1051 : voir la note sur i. 98.
1063. « That he », c’est-à-dire « En ce qu’il… ». Gower a ici confondu sa source, qui dit : « post autem eum propter Tyndarei Lacedaemonii filium a Jove fulmine percussum interiisse narrant. » Vita Barl. et Jos. xxvii.
1071. Delphes et Délos sont très naturellement confondus dans le récit médiéval de Troie et ailleurs ; mais Délos est mentionné correctement plus bas, à 1256.
1097. « no reason inne » : cf. i. 3209.
1163. Philerem, probablement Philyra, mais il n’existe aucune source pour la présenter comme la mère de Jupiter.
1249. « that » : cf. 899. Apparemment, cela signifie « cette Diane dont je vais parler ». Les exigences de la rime expliquent ces formes de formulation.
1276. « Qui ne peut atteindre la raison. »
1323. Dans les manuscrits, ce paragraphe commence ici par ce qui, stricto sensu, en est la deuxième ligne, car elle est marquée par un nom propre indiquant son sujet ; la première ligne n’est qu’une introduction formelle. Il en va de même plus bas, à 1453 : cf. ii. 2451.
Page 808
1337. Le nom « Dorus » semble avoir été suggéré par celui de Doris, mère des Néréides.
1389. tout danger, c’est-à-dire toute réticence ou timidité.
1397. Armene, c’est-à-dire Harmonia.
1398. Andragene Androgynus ou Hermaphroditus.
1428. ne pas renoncer à être, c’est-à-dire « ne pas refuser d’être ».
1449. « que ce fût pour le bien ou pour le mal » ; « wher » pour « whether ».
1453. Voir la note sur 1323.
Quant aux lettres qui auraient été échangées entre Alexandre et le roi des Bragmans (ou Brahmanes), on les trouve en détail dans l’Historia Alexandri Magni de Preliis, qui fut la source de la plupart des récits actuels sur Alexandre. Le passage en question est le suivant : « Tu adores autant de dieux que tu as de membres dans ton corps. En effet, on dit que l’homme est un petit monde, et comme le corps humain a de nombreux membres, on dit aussi qu’il existe de nombreux dieux au ciel. Tu crois que Junon est le dieu du cœur, parce qu’elle était sujette à une colère excessive. Tu dis que Mars est le dieu de la poitrine, car il fut le chef des batailles. Tu appelles Mercure le dieu de la langue, parce qu’il parlait beaucoup. Tu crois qu’Hercule est le dieu des bras, car il a exercé douze vertus au combat. Tu penses que Bacchus est le dieu de la gorge, parce qu’il fut le premier à découvrir l’ivresse. Tu dis que Cupidon est une déesse, parce qu’elle était une débauchée ; tu dis qu’elle tient un flambeau ardent, avec lequel elle excite et enflamme la luxure, et tu la considères aussi comme la déesse de l’intestin. Tu dis que Cérès est la déesse de l’abdomen, et que Vénus, étant la mère de la luxure, est la déesse des organes génitaux » (e 2, éd. Argent. 1489).
Cf. les vers allitératifs anglais Wars of Alexander, E.E.T.S., 1886, ll. 4494 et suiv. Minerve n’y est pas mentionnée dans aucun de ces textes.
1520 et suiv. Selon le récit habituel, Ninus aurait créé le premier idole : voir ci-dessous, 1541. Ce que nous avons ici semble être tiré de Fulgentius, Mythol. ii. 9, où sont cités les auteurs mentionnés ici, Nicagoras et Petronius. Le passage est apparemment corrompu, et notre auteur ne l’a manifestement pas bien compris : « Et bien que Nicagoras, dans le livre qu’il a écrit intitulé Disthemithea, affirme que c’est lui qui a d’abord façonné cet idole, et qu’il lui donnait la rate du vautour pour y peindre une image de la jaunisse : d’où aussi Petronius Arbiter dit… »
1389. tout danger, c’est-à-dire toute réticence ou timidité.
1397. Armene, c’est-à-dire Harmonia.
1398. Andragene Androgynus ou Hermaphroditus.
1428. ne pas renoncer à être, c’est-à-dire « ne pas refuser d’être ».
1449. « que ce fût pour le bien ou pour le mal » ; « wher » pour « whether ».
1453. Voir la note sur 1323.
Quant aux lettres qui auraient été échangées entre Alexandre et le roi des Bragmans (ou Brahmanes), on les trouve en détail dans l’Historia Alexandri Magni de Preliis, qui fut la source de la plupart des récits actuels sur Alexandre. Le passage en question est le suivant : « Tu adores autant de dieux que tu as de membres dans ton corps. En effet, on dit que l’homme est un petit monde, et comme le corps humain a de nombreux membres, on dit aussi qu’il existe de nombreux dieux au ciel. Tu crois que Junon est le dieu du cœur, parce qu’elle était sujette à une colère excessive. Tu dis que Mars est le dieu de la poitrine, car il fut le chef des batailles. Tu appelles Mercure le dieu de la langue, parce qu’il parlait beaucoup. Tu crois qu’Hercule est le dieu des bras, car il a exercé douze vertus au combat. Tu penses que Bacchus est le dieu de la gorge, parce qu’il fut le premier à découvrir l’ivresse. Tu dis que Cupidon est une déesse, parce qu’elle était une débauchée ; tu dis qu’elle tient un flambeau ardent, avec lequel elle excite et enflamme la luxure, et tu la considères aussi comme la déesse de l’intestin. Tu dis que Cérès est la déesse de l’abdomen, et que Vénus, étant la mère de la luxure, est la déesse des organes génitaux » (e 2, éd. Argent. 1489).
Cf. les vers allitératifs anglais Wars of Alexander, E.E.T.S., 1886, ll. 4494 et suiv. Minerve n’y est pas mentionnée dans aucun de ces textes.
1520 et suiv. Selon le récit habituel, Ninus aurait créé le premier idole : voir ci-dessous, 1541. Ce que nous avons ici semble être tiré de Fulgentius, Mythol. ii. 9, où sont cités les auteurs mentionnés ici, Nicagoras et Petronius. Le passage est apparemment corrompu, et notre auteur ne l’a manifestement pas bien compris : « Et bien que Nicagoras, dans le livre qu’il a écrit intitulé Disthemithea, affirme que c’est lui qui a d’abord façonné cet idole, et qu’il lui donnait la rate du vautour pour y peindre une image de la jaunisse : d’où aussi Petronius Arbiter dit… »
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« Qui vultur iecor intimum pererrat », etc.
Du même auteur, Mythol. i. 1, il tire l’histoire de Syrophanès, qui fit ériger une statue de son fils mort, à laquelle étaient offertes des sacrifices par ceux qui voulaient gagner sa faveur.
1541. Cf. Godfr. Vit., Panth. iv. (p. 102), dont le récit correspond très étroitement à ce que nous avons ici, bien qu’il présente cette statue comme le premier exemple d’un idole, sous le titre : « Quare primum idolum in mundo et quo tempore fuit ». Cf. Guido, Hist. Troiana, lib. x (e 5, éd. Argent. 1494).
1559. Godf. Vit., Panth. iv. (p. 112) : « His temporibus apud Egyptios constructum est idolum magnum in honorem Apis, Regis Argivorum ; quidam tamen dicunt in honorem Ioseph, qui liberavit eos a fame ; quod idolum Serapis vocabatur, quasi idolum Apis. »
1571 sqq. Hist. Alexandri, f 1 vo, éd. Argent. 1489 : « Exiens inde Alexander cum Candeolo profecti sunt iter diei unius, et venerunt ad quamdam speluncam magnam et hospitati sunt ibi. Dixitque Candeolus : “Omnes dii concilium in ista spelunca concelebrant.” Cum hoc audisset Alexander, statim fecit victimas diis suis, et ingressus in speluncam solus vidit ibi caligines maximasque nubes stellasque lucientes, et inter ipsas stellas quendam deum maximum », etc.
Cf. les Wars of Alexander en vers allitératifs anglais, ll. 5387 sqq.
1624. herd me seid : voir la note sur i. 3153.
1636. Il y a une pause après « Forbad » dans F. Le sens est qu’il a donné une interdiction leur ordonnant de ne pas s’incliner devant une statue.
1677. Riht as who sette : le verbe est apparemment au subjonctif.
1746 sqq. Ce qui prétend être le passage original est cité en marge de la deuxième révision.
1747. Pour la forme d’expression, cf. vi. 56 sqq. :
« Ô quelle tristesse,
C’est un homme qui est en détresse ! »
Du même auteur, Mythol. i. 1, il tire l’histoire de Syrophanès, qui fit ériger une statue de son fils mort, à laquelle étaient offertes des sacrifices par ceux qui voulaient gagner sa faveur.
1541. Cf. Godfr. Vit., Panth. iv. (p. 102), dont le récit correspond très étroitement à ce que nous avons ici, bien qu’il présente cette statue comme le premier exemple d’un idole, sous le titre : « Quare primum idolum in mundo et quo tempore fuit ». Cf. Guido, Hist. Troiana, lib. x (e 5, éd. Argent. 1494).
1559. Godf. Vit., Panth. iv. (p. 112) : « His temporibus apud Egyptios constructum est idolum magnum in honorem Apis, Regis Argivorum ; quidam tamen dicunt in honorem Ioseph, qui liberavit eos a fame ; quod idolum Serapis vocabatur, quasi idolum Apis. »
1571 sqq. Hist. Alexandri, f 1 vo, éd. Argent. 1489 : « Exiens inde Alexander cum Candeolo profecti sunt iter diei unius, et venerunt ad quamdam speluncam magnam et hospitati sunt ibi. Dixitque Candeolus : “Omnes dii concilium in ista spelunca concelebrant.” Cum hoc audisset Alexander, statim fecit victimas diis suis, et ingressus in speluncam solus vidit ibi caligines maximasque nubes stellasque lucientes, et inter ipsas stellas quendam deum maximum », etc.
Cf. les Wars of Alexander en vers allitératifs anglais, ll. 5387 sqq.
1624. herd me seid : voir la note sur i. 3153.
1636. Il y a une pause après « Forbad » dans F. Le sens est qu’il a donné une interdiction leur ordonnant de ne pas s’incliner devant une statue.
1677. Riht as who sette : le verbe est apparemment au subjonctif.
1746 sqq. Ce qui prétend être le passage original est cité en marge de la deuxième révision.
1747. Pour la forme d’expression, cf. vi. 56 sqq. :
« Ô quelle tristesse,
C’est un homme qui est en détresse ! »
Page 810
1756 et suiv. Le contenu de ce texte se trouve chez Grégoire, In i. Reg. viii.
7f. (Migne, Patrol. vol. 79, p. 222) : « En effet, si Adam n’avait pas péché, notre Rédempteur n’aurait pas eu besoin d’assumer notre chair... Si donc Il est venu pour les pécheurs, s’il n’y avait pas de péchés, Il n’aurait pas eu besoin de venir... Car les maux que nous subissons en raison du mérite du premier péché sont grands ; mais qui, parmi les élus, ne voudrait pas endurer des maux pires que celui de ne pas avoir de Rédempteur ? »
1781 et suiv. Notez que dans la deuxième révision, douze lignes y sont remplacées par dix, l’un des couplets (ou son contenu) ayant été inséré précédemment, après la ligne 1742.
1826. « Ainsi, sa parole expliquait son acte » : « arawhte » vient de « arechen » (āreccan).
1831 et suiv. Roman de Troie, 25504-25559.
1848-1959. Comparer avec Prol. 193-498.
1865. « Et chacun fait ce qu’il lui plaît », le verbe étant au pluriel.
1879. Pseudo : cf. Mirour, 21625 et suiv.
« Il estoit dit grant temps y a
Qu’un fals prophete a nous vendra,
Qu’ad noun Pseudo le decevant ;
Sicomme aignel se vestira,
Et cuer du loup il portera.
O comme les freres maintenant
A Pseudo sont bien resemblant ! »
De même, Vox Clam. iv. 787 f. :
« Nomine sunt plures, pauci tamen ordine fratres ;
Vt dicunt aliqui, Pseudo prophetat ibi. »
Il semble que le mot « pseudoprophète », utilisé en Rev. xix. 20 et ailleurs, ait été lu « Pseudo propheta », et que « Pseudo » ait été considéré comme un nom propre. Cela a été associé à l’idée du loup dans la peau d’un agneau.
7f. (Migne, Patrol. vol. 79, p. 222) : « En effet, si Adam n’avait pas péché, notre Rédempteur n’aurait pas eu besoin d’assumer notre chair... Si donc Il est venu pour les pécheurs, s’il n’y avait pas de péchés, Il n’aurait pas eu besoin de venir... Car les maux que nous subissons en raison du mérite du premier péché sont grands ; mais qui, parmi les élus, ne voudrait pas endurer des maux pires que celui de ne pas avoir de Rédempteur ? »
1781 et suiv. Notez que dans la deuxième révision, douze lignes y sont remplacées par dix, l’un des couplets (ou son contenu) ayant été inséré précédemment, après la ligne 1742.
1826. « Ainsi, sa parole expliquait son acte » : « arawhte » vient de « arechen » (āreccan).
1831 et suiv. Roman de Troie, 25504-25559.
1848-1959. Comparer avec Prol. 193-498.
1865. « Et chacun fait ce qu’il lui plaît », le verbe étant au pluriel.
1879. Pseudo : cf. Mirour, 21625 et suiv.
« Il estoit dit grant temps y a
Qu’un fals prophete a nous vendra,
Qu’ad noun Pseudo le decevant ;
Sicomme aignel se vestira,
Et cuer du loup il portera.
O comme les freres maintenant
A Pseudo sont bien resemblant ! »
De même, Vox Clam. iv. 787 f. :
« Nomine sunt plures, pauci tamen ordine fratres ;
Vt dicunt aliqui, Pseudo prophetat ibi. »
Il semble que le mot « pseudoprophète », utilisé en Rev. xix. 20 et ailleurs, ait été lu « Pseudo propheta », et que « Pseudo » ait été considéré comme un nom propre. Cela a été associé à l’idée du loup dans la peau d’un agneau.
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Suggéré par Matthieu VII, 15 : « Fuyez les faux prophètes », etc., et cette application était faite en particulier aux frères.
1888. « Et c’est là ce en quoi je suis amené à croire, du fait que lorsque ceux qui sont au pouvoir négligent leur devoir, le peuple ignore la vérité (comme c’est le cas aujourd’hui). »
1900 et suiv. Cf. Mirour, 20065 et suiv., ainsi que Vox Clamantis, III, 903. La référence est à Grégoire, Hom. in Evang. XVII (Migne, Patrol. vol. 76, p. 1148) : « Là, Pierre fera face à la Judée qu’il a entraînée avec lui ; là, Paul, pour ainsi dire, mènera le monde converti. Là, André conduira l’Acachie derrière lui, là, Jean l’Asie, Thomas l’Inde, toutes converties devant leur roi... Puisque donc tant de pasteurs, avec leurs troupeaux, se présenteront devant les yeux du berger éternel, que pourrons-nous dire, nous pauvres gens, qui retournons vers notre Seigneur une fois nos affaires terminées ? »
1919. Cf. Mirour, 16662 : « U q’il ert mesmes auditour. » La métaphore tirée des comptes rendus au Trésor public est particulièrement appropriée ici pour les prélats.
1930. his lordes besant hedde : Matthieu XXV, 18.
1944. every Prelat holde, « que chaque prélat le garde. »
1952 et suiv. Colossiens III, 5 : « l’avarice, qui est la servitude des idoles. »
FIN DU VOL. II
1888. « Et c’est là ce en quoi je suis amené à croire, du fait que lorsque ceux qui sont au pouvoir négligent leur devoir, le peuple ignore la vérité (comme c’est le cas aujourd’hui). »
1900 et suiv. Cf. Mirour, 20065 et suiv., ainsi que Vox Clamantis, III, 903. La référence est à Grégoire, Hom. in Evang. XVII (Migne, Patrol. vol. 76, p. 1148) : « Là, Pierre fera face à la Judée qu’il a entraînée avec lui ; là, Paul, pour ainsi dire, mènera le monde converti. Là, André conduira l’Acachie derrière lui, là, Jean l’Asie, Thomas l’Inde, toutes converties devant leur roi... Puisque donc tant de pasteurs, avec leurs troupeaux, se présenteront devant les yeux du berger éternel, que pourrons-nous dire, nous pauvres gens, qui retournons vers notre Seigneur une fois nos affaires terminées ? »
1919. Cf. Mirour, 16662 : « U q’il ert mesmes auditour. » La métaphore tirée des comptes rendus au Trésor public est particulièrement appropriée ici pour les prélats.
1930. his lordes besant hedde : Matthieu XXV, 18.
1944. every Prelat holde, « que chaque prélat le garde. »
1952 et suiv. Colossiens III, 5 : « l’avarice, qui est la servitude des idoles. »
FIN DU VOL. II
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OXFORD
IMPRIMÉ À LA CLARENDON PRESS
PAR HORACE HART, M.A.
IMPRIMEUR DE L’UNIVERSITÉ
IMPRIMÉ À LA CLARENDON PRESS
PAR HORACE HART, M.A.
IMPRIMEUR DE L’UNIVERSITÉ
Page 813
NOTES DE PIÈCE :
A Dans certains articles inédits que Mlle Bateson a eu la gentillesse de me communiquer.
B Froissart, Chron., éd. K. de Lettenhove, vol. XV, p. 167.
C B. ten Brink, Geschichte der Engl. Litt. II, p. 141.
D Cette date a jusqu’à présent été omise dans le texte des éditions imprimées.
E Les deux dernières lignes, qui mentionnent le comte de Derby, sont omises dans certains manuscrits de la première révision ; cela pourrait indiquer que l’auteur a fait circuler certaines copies sans elles. Un compte rendu complet des différentes révisions du poème est donné plus loin, sous la rubrique « Texte ».
F Le terme « épilogue » est utilisé par commodité pour désigner la conclusion du poème après VIII, 2940, mais l’auteur n’utilise pas une telle désignation ; de même, « préface » signifie ici le passage d’ouverture du Prologue (vers 1-92).
G « Minoris etatis causa inde excusabilem pronuncians. »
H Le Dr Karl Meyer, dans sa thèse John Gower’s Beziehungen zu Chaucer und König Richard II (1889), prend en compte ces diverses indications temporelles, après s’être dans une certaine mesure familiarisé avec les manuscrits, mais ses conclusions me semblent insoutenables.
I C’est là aussi la démarche du professeur Hales, qui cherche à situer la composition de la première révision à une période extrêmement ancienne, et celle du Dr Karl Meyer, qui souhaite reporter la forme finale du livre à une époque postérieure à la déposition de Richard II. La théorie de ce dernier, selon laquelle la seizième année du règne du roi Richard serait la date de l’achèvement initial du poème et non celle de la préface révisée, est suffisamment réfutée par la date « quatorzième année » associée à l’épilogue réécrit.
J Pour la relation entre ce texte et la Confessio Amantis, voir L. Bech dans Anglia, v. 313 et suiv.
K Lydgate ne semble pas avoir pris très au sérieux la censure de Chaucer, car il a introduit inutilement l’histoire de Canace dans ses Falls of Princes, en suivant la version de Gower.
L Voir par exemple la description de Nabuchodonosor transformé en bœuf, « Tho thoghte him colde grases goode », etc. (I, 2976 et suiv.), le récit du mari jaloux qui, après avoir accusé son épouse de manière tout à fait irrationnelle de souhaiter avoir quelqu’un d’autre à sa place, se tourne vers elle dans le lit et la laisse pleurer toute la nuit pendant qu’il dort (v. 545 et suiv.), ainsi que la description de l’homme qui accueille joyeusement son épouse à son retour à la maison en lui racontant les bons moments qu’il a eus, mais évite soigneusement tout renvoi à l’événement qui l’intéresserait le plus (v. 6119 et suiv.).
M La lecture, dans la note latine au début de « quarto <decimo> », de « sexto decimo » est probablement due à une erreur, car
A Dans certains articles inédits que Mlle Bateson a eu la gentillesse de me communiquer.
B Froissart, Chron., éd. K. de Lettenhove, vol. XV, p. 167.
C B. ten Brink, Geschichte der Engl. Litt. II, p. 141.
D Cette date a jusqu’à présent été omise dans le texte des éditions imprimées.
E Les deux dernières lignes, qui mentionnent le comte de Derby, sont omises dans certains manuscrits de la première révision ; cela pourrait indiquer que l’auteur a fait circuler certaines copies sans elles. Un compte rendu complet des différentes révisions du poème est donné plus loin, sous la rubrique « Texte ».
F Le terme « épilogue » est utilisé par commodité pour désigner la conclusion du poème après VIII, 2940, mais l’auteur n’utilise pas une telle désignation ; de même, « préface » signifie ici le passage d’ouverture du Prologue (vers 1-92).
G « Minoris etatis causa inde excusabilem pronuncians. »
H Le Dr Karl Meyer, dans sa thèse John Gower’s Beziehungen zu Chaucer und König Richard II (1889), prend en compte ces diverses indications temporelles, après s’être dans une certaine mesure familiarisé avec les manuscrits, mais ses conclusions me semblent insoutenables.
I C’est là aussi la démarche du professeur Hales, qui cherche à situer la composition de la première révision à une période extrêmement ancienne, et celle du Dr Karl Meyer, qui souhaite reporter la forme finale du livre à une époque postérieure à la déposition de Richard II. La théorie de ce dernier, selon laquelle la seizième année du règne du roi Richard serait la date de l’achèvement initial du poème et non celle de la préface révisée, est suffisamment réfutée par la date « quatorzième année » associée à l’épilogue réécrit.
J Pour la relation entre ce texte et la Confessio Amantis, voir L. Bech dans Anglia, v. 313 et suiv.
K Lydgate ne semble pas avoir pris très au sérieux la censure de Chaucer, car il a introduit inutilement l’histoire de Canace dans ses Falls of Princes, en suivant la version de Gower.
L Voir par exemple la description de Nabuchodonosor transformé en bœuf, « Tho thoghte him colde grases goode », etc. (I, 2976 et suiv.), le récit du mari jaloux qui, après avoir accusé son épouse de manière tout à fait irrationnelle de souhaiter avoir quelqu’un d’autre à sa place, se tourne vers elle dans le lit et la laisse pleurer toute la nuit pendant qu’il dort (v. 545 et suiv.), ainsi que la description de l’homme qui accueille joyeusement son épouse à son retour à la maison en lui racontant les bons moments qu’il a eus, mais évite soigneusement tout renvoi à l’événement qui l’intéresserait le plus (v. 6119 et suiv.).
M La lecture, dans la note latine au début de « quarto <decimo> », de « sexto decimo » est probablement due à une erreur, car
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On trouve « sextenthe » dans le texte de la ligne 25. Il convient de noter que le manuscrit mentionné par Pauli comme contenant le préface réécrit ainsi que les vers de Chaucer (New Coll. 326) est un hybride, copié à partir de deux manuscrits différents.
Pour le roi Richard, à qui appartient ma loyauté et pour qui je prie. Il arriva que, tandis que je ramais en barque sur la Tamise, sous la ville de New Troy, je rencontrai mon seigneur ; il me fit descendre de ma barque dans sa barque, et là il m’imposa la tâche d’écrire quelque chose de nouveau qu’il pourrait lui-même lire. C’est pourquoi je suis d’autant plus heureux d’écrire, et j’ai moins peur des reproches envieux. Un cœur doux loue sans malveillance, mais le monde est plein de langues méchantes ; néanmoins, l’ordre de mon roi sera exécuté. Bien que je sois depuis longtemps malade, j’essaierai d’écrire un livre qui puisse être source de sagesse pour les sages et de divertissement pour ceux qui désirent s’amuser. Mais le proverbe dit qu’un bon début assure une bonne fin : c’est pourquoi je commencerai ici le prologue de mon livre, en parlant en partie de l’état antérieur du monde et en partie de l’état actuel.
Adieu, car je dois te quitter. Salut aussi à Chaucer, mon disciple et mon poète, qui a rempli la terre des chants qu’il a composés pour moi. Dis-lui, à son âge avancé, de faire son testament d’amour, comme tu as fait ton propre testament.
Ainsi, enveloppée dans un nuage étoilé, Vénus fut emmenée à sa place au-dessus, et je retournai chez moi, les perles à la main.
(2940*-2970*.)
À Dieu, Créateur de toutes choses, je prie pour mon digne roi Richard II, en qui on a toujours trouvé justice mêlée à pitié. À travers sa personne, on peut voir ce qu’un roi devrait être, surtout parce qu’il ne cherchait pas la vengeance par la cruauté. Bien que le mal soit venu sur la terre, son royaume fut protégé par le Dieu suprême, tout comme le soleil reste toujours lumineux en lui-même, même lorsque l’air est troublé. Il cherchait l’amour, la paix et l’harmonie, non seulement chez lui, mais aussi à l’étranger, suivant la voie du Christ ; c’est pourquoi nous sommes tenus de le servir, et son nom sera toujours rappelé.
(2971*-3035*.)
Moi, son sujet, impuissant à cause de la vieillesse et de la maladie, je désire lui faire plaisir ; c’est pourquoi je lui offre ce pauvre livre, écrit tant pour profit que pour divertissement. Je demande à être excusé pour le manque de compétences particulières. J’ai écrit, du mieux que j’ai pu, en mots simples et rudimentaires.
Et maintenant que je suis faible et vieux, ma Muse me conseille de me reposer et de ne plus écrire sur l’amour. Celui qui a atteint ce qu’il désirait peut dignement servir l’amour par des chants et des paroles ; mais si un homme échoue, c’est différent : c’est pourquoi je prends maintenant congé définitivement de l’amour. Mais cet amour qui est confirmé par la charité, qui ne provoque aucun repentir et ne charge pas la conscience, que Dieu nous l’envoie, afin que notre joie au ciel soit sans fin.
(3036*-3114.*)
Pour le roi Richard, à qui appartient ma loyauté et pour qui je prie. Il arriva que, tandis que je ramais en barque sur la Tamise, sous la ville de New Troy, je rencontrai mon seigneur ; il me fit descendre de ma barque dans sa barque, et là il m’imposa la tâche d’écrire quelque chose de nouveau qu’il pourrait lui-même lire. C’est pourquoi je suis d’autant plus heureux d’écrire, et j’ai moins peur des reproches envieux. Un cœur doux loue sans malveillance, mais le monde est plein de langues méchantes ; néanmoins, l’ordre de mon roi sera exécuté. Bien que je sois depuis longtemps malade, j’essaierai d’écrire un livre qui puisse être source de sagesse pour les sages et de divertissement pour ceux qui désirent s’amuser. Mais le proverbe dit qu’un bon début assure une bonne fin : c’est pourquoi je commencerai ici le prologue de mon livre, en parlant en partie de l’état antérieur du monde et en partie de l’état actuel.
Adieu, car je dois te quitter. Salut aussi à Chaucer, mon disciple et mon poète, qui a rempli la terre des chants qu’il a composés pour moi. Dis-lui, à son âge avancé, de faire son testament d’amour, comme tu as fait ton propre testament.
Ainsi, enveloppée dans un nuage étoilé, Vénus fut emmenée à sa place au-dessus, et je retournai chez moi, les perles à la main.
(2940*-2970*.)
À Dieu, Créateur de toutes choses, je prie pour mon digne roi Richard II, en qui on a toujours trouvé justice mêlée à pitié. À travers sa personne, on peut voir ce qu’un roi devrait être, surtout parce qu’il ne cherchait pas la vengeance par la cruauté. Bien que le mal soit venu sur la terre, son royaume fut protégé par le Dieu suprême, tout comme le soleil reste toujours lumineux en lui-même, même lorsque l’air est troublé. Il cherchait l’amour, la paix et l’harmonie, non seulement chez lui, mais aussi à l’étranger, suivant la voie du Christ ; c’est pourquoi nous sommes tenus de le servir, et son nom sera toujours rappelé.
(2971*-3035*.)
Moi, son sujet, impuissant à cause de la vieillesse et de la maladie, je désire lui faire plaisir ; c’est pourquoi je lui offre ce pauvre livre, écrit tant pour profit que pour divertissement. Je demande à être excusé pour le manque de compétences particulières. J’ai écrit, du mieux que j’ai pu, en mots simples et rudimentaires.
Et maintenant que je suis faible et vieux, ma Muse me conseille de me reposer et de ne plus écrire sur l’amour. Celui qui a atteint ce qu’il désirait peut dignement servir l’amour par des chants et des paroles ; mais si un homme échoue, c’est différent : c’est pourquoi je prends maintenant congé définitivement de l’amour. Mais cet amour qui est confirmé par la charité, qui ne provoque aucun repentir et ne charge pas la conscience, que Dieu nous l’envoie, afin que notre joie au ciel soit sans fin.
(3036*-3114.*)
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P La différence dans les manuscrits consiste généralement uniquement dans la ligne tracée au-dessus du « on » final. Il en va de même souvent pour les mots abordés ci-dessous : chaunce, daunce, enchaunte, etc.
Q Très rarement, on trouve un « sh » dans le manuscrit F, comme à Prol. 938, i. 2171, i. 1458.
R M. Konrath, dans Archiv für die neueren Sprachen, 89, p. 153 et suiv.
S Dans d’autres cas, comme pour les groupes broke, loke, spoke, wroke (participes passés) et ȝoke (substantif), il n’existe pas de mots rimes avec ǭ issus de ā qui permettent d’établir une distinction.
T Archiv für n. Sprachen, 89, p. 392. Comme j’ai parfois l’occasion de critiquer les affirmations contenues dans cet article, je saisis ici l’occasion d’en reconnaître la valeur, en tant que seule étude approfondie récemment entreprise sur la langue de Gower.
U Selon Ten Brink, « nede » devrait être considéré comme une rime incertaine en raison de l’expression o.e. « nēades » parallèle à « nīedes », mais Gower ne le rime jamais avec un « ē » ouvert.
V Cette dernière règle explique l’usage par Chaucer des formes déclinées « faire », « fresshe », etc., dans des expressions telles que « fresshe Beaute », « gode, faire White », « fresshe May », etc.
W C’est également un usage régulier chez Chaucer, par exemple dans les Cant. Tales, E 1749 :
« Fulfild of alle beautee and plesaunce, »
mais cela n’a pas toujours été clairement reconnu.
X Cependant, dans le Praise of Peace, le manuscrit indique ici « hire » aux lignes 108, 329, cf. 254. Le manuscrit F indique accidentellement « hire » pour « here » une fois, à iii. 901.
Y Dans quelques cas, comme à Prol. 543, i. 183, 1280, v. 3393, vi. 2062, la forme grammaticalement correcte a été imprimée dans le texte à partir de manuscrits de moindre qualité, contre l’autorité conjointe des manuscrits F et S. Après avoir examiné l’ensemble du sujet, cela ne me semble plus satisfaisant.
Z La critique du professeur Lounsbury sur la rime de vii. 5103 et suiv., telle qu’elle figure dans l’édition de Pauli, est tout à fait solide ; la défense de cette rime par le professeur Skeat ne tient pas. Gower ne rime jamais un participe passé en -ed avec un prétérit faible, bien qu’il omette parfois le « -e » du prétérit avant une voyelle. Cette rime était cependant suffisamment bonne pour Chaucer, comme en témoignent abondamment les exemples du professeur Lounsbury.
AA À l’exception de ces formes impératives, la deuxième personne du pluriel est utilisée de manière très constante par le Amant dans ses écrits, tandis que la deuxième personne du singulier est employée par le Confesseur en réponse.
AB Les exemplaires qui présentent cette conclusion contiennent également le préambule dans lequel Richard est mentionné comme ayant motivé l’entreprise de l’auteur ; ce préambule se trouve aussi en combinaison avec l’autre conclusion.
AC Berthelette a utilisé un manuscrit (déjà disparu) qui, à cet égard comme à bien d’autres, ressemblait à B.
AD On peut noter que les quatre manuscrits de la deuxième recension qui contiennent la note latine de l’auteur sur ses livres (« Quia vnusquisque », etc.), à savoir BTΛP₂, présentent une version qui diffère à la fois de celle donnée par les exemplaires de la première recension et de celle que l’on trouve dans F, et qui est clairement intermédiaire entre…
Q Très rarement, on trouve un « sh » dans le manuscrit F, comme à Prol. 938, i. 2171, i. 1458.
R M. Konrath, dans Archiv für die neueren Sprachen, 89, p. 153 et suiv.
S Dans d’autres cas, comme pour les groupes broke, loke, spoke, wroke (participes passés) et ȝoke (substantif), il n’existe pas de mots rimes avec ǭ issus de ā qui permettent d’établir une distinction.
T Archiv für n. Sprachen, 89, p. 392. Comme j’ai parfois l’occasion de critiquer les affirmations contenues dans cet article, je saisis ici l’occasion d’en reconnaître la valeur, en tant que seule étude approfondie récemment entreprise sur la langue de Gower.
U Selon Ten Brink, « nede » devrait être considéré comme une rime incertaine en raison de l’expression o.e. « nēades » parallèle à « nīedes », mais Gower ne le rime jamais avec un « ē » ouvert.
V Cette dernière règle explique l’usage par Chaucer des formes déclinées « faire », « fresshe », etc., dans des expressions telles que « fresshe Beaute », « gode, faire White », « fresshe May », etc.
W C’est également un usage régulier chez Chaucer, par exemple dans les Cant. Tales, E 1749 :
« Fulfild of alle beautee and plesaunce, »
mais cela n’a pas toujours été clairement reconnu.
X Cependant, dans le Praise of Peace, le manuscrit indique ici « hire » aux lignes 108, 329, cf. 254. Le manuscrit F indique accidentellement « hire » pour « here » une fois, à iii. 901.
Y Dans quelques cas, comme à Prol. 543, i. 183, 1280, v. 3393, vi. 2062, la forme grammaticalement correcte a été imprimée dans le texte à partir de manuscrits de moindre qualité, contre l’autorité conjointe des manuscrits F et S. Après avoir examiné l’ensemble du sujet, cela ne me semble plus satisfaisant.
Z La critique du professeur Lounsbury sur la rime de vii. 5103 et suiv., telle qu’elle figure dans l’édition de Pauli, est tout à fait solide ; la défense de cette rime par le professeur Skeat ne tient pas. Gower ne rime jamais un participe passé en -ed avec un prétérit faible, bien qu’il omette parfois le « -e » du prétérit avant une voyelle. Cette rime était cependant suffisamment bonne pour Chaucer, comme en témoignent abondamment les exemples du professeur Lounsbury.
AA À l’exception de ces formes impératives, la deuxième personne du pluriel est utilisée de manière très constante par le Amant dans ses écrits, tandis que la deuxième personne du singulier est employée par le Confesseur en réponse.
AB Les exemplaires qui présentent cette conclusion contiennent également le préambule dans lequel Richard est mentionné comme ayant motivé l’entreprise de l’auteur ; ce préambule se trouve aussi en combinaison avec l’autre conclusion.
AC Berthelette a utilisé un manuscrit (déjà disparu) qui, à cet égard comme à bien d’autres, ressemblait à B.
AD On peut noter que les quatre manuscrits de la deuxième recension qui contiennent la note latine de l’auteur sur ses livres (« Quia vnusquisque », etc.), à savoir BTΛP₂, présentent une version qui diffère à la fois de celle donnée par les exemplaires de la première recension et de celle que l’on trouve dans F, et qui est clairement intermédiaire entre…
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Les deux autres versions : la première excuse complètement Richard II pour les troubles de son règne, tandis que la troisième le condamne entièrement ; celle-ci ne fait aucune mention de ses mérites ou défauts, mais prie simplement pour l’état du royaume. On remarque que la deuxième version remplace définitivement Richard par Henri en tant que protecteur de la Confessio Amantis, bien que dans au moins l’un des manuscrits auxquels elle est associée, cette substitution ne soit pas faite dans le texte du poème.
AE, par ex. ii. 193, 365 ss., iii. 168, 1241, iv. 283, 1321, v. 1252, etc.
AF Pour une explication de l’usage des lettres pour désigner les manuscrits, on renvoie au catalogue des manuscrits donné plus loin. Il convient de noter que AJM et FWH₃ représentent dans chaque cas un groupe d’environ sept manuscrits, tandis que H₁...B₂ en représente un groupe de près de vingt. On observe, dans les exemples donnés, que B et A se trouvent parfois séparément ou ensemble du côté du groupe H₁...B₂, et il en va de même occasionnellement pour W ; d’un autre côté, certains manuscrits du groupe H₁...B₂ ont tendance à passer de l’autre côté dans une certaine partie du texte et à soutenir ce que nous appelons la lecture révisée.
AG S présente une lacune à l’un de ces endroits et Ad à un autre, mais un décompte des lignes contenues dans les feuillets manquants prouve que les faits sont tels qu’indiqués.
AH Ils ne contiennent cependant pas les ajouts mentionnés ci-dessus, aux pages Prol. 495, 579, i. 1403, 2267, etc.
AI Il est cependant douteux que la relation particulière entre B et T s’étende sur l’ensemble du livre. Elle semble plutôt commencer vers iii. 1500. La question de la position relative de ces deux manuscrits serait plus facile à résoudre si T n’était pas défectueux jusqu’à ii. 2687, c’est-à-dire pour la partie où la relation de B avec la première version est la plus évidente. En réalité, jusqu’au milieu du troisième livre, B se trouve généralement en accord avec le groupe ERCLB₂ ; et bien qu’il présente parfois, dans ces premiers livres, la lecture caractéristique de la deuxième version, comme à ii. 193, 365 ss., iii. 168, il s’en écarte aussi parfois, comme à i. 1881, 2017.
AJ K appartient au début du XVe siècle, tandis que H₃ en appartient au milieu.
AK Dans la plupart de ces passages, le texte montre qu’ils sont tirés de l’édition de Caxton. Ainsi, à Prol. 497, les deux éditions omettent « to » ; à Prol. 583, elles omettent toutes deux « propre » ; à i. 2248, toutes deux ont « Vunder graue » à la place de « Vunder the grene » ; à 2354, « other » à la place de « thilke », et à 2372, « in me » à la place de « I me ».
AL Ces lignes n’ont jamais été imprimées dans aucune édition avant la présente, bien qu’elles aient été publiées séparément par K. Meyer dans son ouvrage John Gower’s Beziehungen, etc., 1889, ainsi que par le professeur Easton de l’Université de Pennsylvanie dans son ouvrage Readings in Gower, 1895. Un grand nombre de corrections basées sur les manuscrits du British Museum sont proposées dans ce dernier ouvrage, mais l’auteur n’avait pas de notion claire des principes selon lesquels le texte devrait être construit.
AE, par ex. ii. 193, 365 ss., iii. 168, 1241, iv. 283, 1321, v. 1252, etc.
AF Pour une explication de l’usage des lettres pour désigner les manuscrits, on renvoie au catalogue des manuscrits donné plus loin. Il convient de noter que AJM et FWH₃ représentent dans chaque cas un groupe d’environ sept manuscrits, tandis que H₁...B₂ en représente un groupe de près de vingt. On observe, dans les exemples donnés, que B et A se trouvent parfois séparément ou ensemble du côté du groupe H₁...B₂, et il en va de même occasionnellement pour W ; d’un autre côté, certains manuscrits du groupe H₁...B₂ ont tendance à passer de l’autre côté dans une certaine partie du texte et à soutenir ce que nous appelons la lecture révisée.
AG S présente une lacune à l’un de ces endroits et Ad à un autre, mais un décompte des lignes contenues dans les feuillets manquants prouve que les faits sont tels qu’indiqués.
AH Ils ne contiennent cependant pas les ajouts mentionnés ci-dessus, aux pages Prol. 495, 579, i. 1403, 2267, etc.
AI Il est cependant douteux que la relation particulière entre B et T s’étende sur l’ensemble du livre. Elle semble plutôt commencer vers iii. 1500. La question de la position relative de ces deux manuscrits serait plus facile à résoudre si T n’était pas défectueux jusqu’à ii. 2687, c’est-à-dire pour la partie où la relation de B avec la première version est la plus évidente. En réalité, jusqu’au milieu du troisième livre, B se trouve généralement en accord avec le groupe ERCLB₂ ; et bien qu’il présente parfois, dans ces premiers livres, la lecture caractéristique de la deuxième version, comme à ii. 193, 365 ss., iii. 168, il s’en écarte aussi parfois, comme à i. 1881, 2017.
AJ K appartient au début du XVe siècle, tandis que H₃ en appartient au milieu.
AK Dans la plupart de ces passages, le texte montre qu’ils sont tirés de l’édition de Caxton. Ainsi, à Prol. 497, les deux éditions omettent « to » ; à Prol. 583, elles omettent toutes deux « propre » ; à i. 2248, toutes deux ont « Vunder graue » à la place de « Vunder the grene » ; à 2354, « other » à la place de « thilke », et à 2372, « in me » à la place de « I me ».
AL Ces lignes n’ont jamais été imprimées dans aucune édition avant la présente, bien qu’elles aient été publiées séparément par K. Meyer dans son ouvrage John Gower’s Beziehungen, etc., 1889, ainsi que par le professeur Easton de l’Université de Pennsylvanie dans son ouvrage Readings in Gower, 1895. Un grand nombre de corrections basées sur les manuscrits du British Museum sont proposées dans ce dernier ouvrage, mais l’auteur n’avait pas de notion claire des principes selon lesquels le texte devrait être construit.
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AM Ce qui suit servira d’exemples de ceux qui ont été omis :
iii. 367 tawh B
422 vngood lieste A
618 is (for it) A
652 softe softe B
658 sely sely B
739 marg. litigabant B
864 artow B
923 he (for hem) B
iv. 635 f. betake ... þurghsott A
650 wedde A
1105 no wol no B
1229 herte B
1239 þo (for þou) A, etc.
AN Après avoir fait des recherches sur place, j’ai appris que Terranova, qui a toujours eu une colonne pour son emblème, prétend que Guido en est originaire :
voir Memorie Gelesi par Sign. S. D. Navarra, Terranova 1896, p. 72 et suiv.
iii. 367 tawh B
422 vngood lieste A
618 is (for it) A
652 softe softe B
658 sely sely B
739 marg. litigabant B
864 artow B
923 he (for hem) B
iv. 635 f. betake ... þurghsott A
650 wedde A
1105 no wol no B
1229 herte B
1239 þo (for þou) A, etc.
AN Après avoir fait des recherches sur place, j’ai appris que Terranova, qui a toujours eu une colonne pour son emblème, prétend que Guido en est originaire :
voir Memorie Gelesi par Sign. S. D. Navarra, Terranova 1896, p. 72 et suiv.
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*** FIN DU LIVRE ÉLECTRONIQUE PROJECT GUTENBERG – LES ŒUVRES COMPLÈTES DE JOHN GOWER, VOLUME 2 ***
Des éditions mises à jour remplaceront les précédentes — les anciennes éditions seront renommées.
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Afin de protéger la mission de Project Gutenberg™, qui vise à promouvoir la distribution gratuite d’œuvres électroniques, en utilisant ou en distribuant cette œuvre (ou toute autre œuvre associée d’une manière ou d’une autre au terme « Project Gutenberg »), vous acceptez de respecter l’ensemble des conditions de la Licence complète de Project Gutenberg disponible avec ce fichier ou en ligne sur www.gutenberg.org/license.
Section 1. Conditions générales d’utilisation et de redistribution des œuvres électroniques de Project Gutenberg
1.A. En lisant ou en utilisant une partie quelconque de cette œuvre électronique de Project Gutenberg, vous indiquez que vous avez lu, compris, accepté et approuvé l’ensemble des conditions de cette licence ainsi que les dispositions relatives à la propriété intellectuelle (marque déposée/droit d’auteur). Si vous n’acceptez pas de vous conformer à toutes les conditions de cet accord, vous devez cesser d’utiliser et retourner ou détruire toutes les copies des œuvres électroniques de Project Gutenberg que vous possédez. Si vous avez payé un frais pour obtenir une copie ou un accès à une œuvre électronique de Project Gutenberg et que vous n’acceptez pas d’être lié par les conditions de cet accord, vous pouvez obtenir un remboursement de la personne ou de l’entité à qui vous avez versé le frais, comme indiqué au paragraphe 1.E.8.
1.B. « Project Gutenberg » est une marque déposée. Elle ne peut être utilisée sur ou associée d’une manière ou d’une autre à une œuvre électronique que par des personnes qui acceptent d’être liées par les conditions de cet accord. Il existe quelques choses que vous pouvez faire avec la plupart des œuvres électroniques de Project Gutenberg même sans respecter l’intégralité des conditions de cet accord. Voir le paragraphe 1.C ci-dessous. Il y a beaucoup de choses que vous pouvez faire avec les œuvres électroniques de Project Gutenberg si vous suivez les conditions de cet accord et contribuez ainsi à préserver un accès gratuit à ces œuvres à l’avenir. Voir le paragraphe 1.E ci-dessous.
1.C. La Project Gutenberg Literary Archive Foundation (« la Fondation » ou PGLAF) détient le droit d’auteur sur la compilation
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Collection d’œuvres électroniques de Project Gutenberg. Presque toutes les œuvres individuelles de cette collection sont dans le domaine public aux États-Unis. Si une œuvre n’est pas protégée par la loi sur le droit d’auteur aux États-Unis et que vous vous trouvez aux États-Unis, nous ne revendiquons aucun droit pour vous empêcher de copier, de distribuer, de présenter ou de créer des œuvres dérivées à partir de cette œuvre, à condition que toutes les références à Project Gutenberg soient supprimées. Bien sûr, nous espérons que vous soutiendrez la mission de Project Gutenberg visant à promouvoir un accès gratuit aux œuvres électroniques en partageant librement ces œuvres conformément aux termes de la présente convention, afin de maintenir le nom Project Gutenberg associé à ces œuvres. Vous pouvez facilement respecter les termes de cette convention en conservant cette œuvre dans le même format, avec sa licence complète de Project Gutenberg jointe, lorsque vous la partagez gratuitement avec d’autres personnes.
1.D. Les lois sur le droit d’auteur du pays où vous vous trouvez régissent également ce que vous pouvez faire avec cette œuvre. Les lois sur le droit d’auteur dans la plupart des pays sont en perpétuel changement. Si vous êtes hors des États-Unis, vérifiez les lois de votre pays en plus des termes de la présente convention avant de télécharger, de copier, de présenter, de jouer, de distribuer ou de créer des œuvres dérivées à partir de cette œuvre ou de toute autre œuvre de Project Gutenberg. La Fondation ne fait aucune déclaration concernant le statut du droit d’auteur d’une œuvre dans un pays autre que les États-Unis.
1.E. Sauf si vous avez supprimé toutes les références à Project Gutenberg :
1.E.1. La phrase suivante, accompagnée de liens actifs vers ou d’un accès direct à la licence complète de Project Gutenberg, doit apparaître en évidence chaque fois qu’une copie d’une œuvre de Project Gutenberg (toute œuvre sur laquelle figure l’expression « Project Gutenberg » ou avec laquelle elle est associée) est consultée, présentée, jouée, vue, copiée ou distribuée :
Cet eBook est destiné à être utilisé par qui que ce soit, où que ce soit aux États-Unis et dans la plupart des autres parties du monde, gratuitement et sans presque aucune restriction. Vous pouvez le copier, le donner ou le réutiliser conformément aux termes de la licence Project Gutenberg™ incluse avec
1.D. Les lois sur le droit d’auteur du pays où vous vous trouvez régissent également ce que vous pouvez faire avec cette œuvre. Les lois sur le droit d’auteur dans la plupart des pays sont en perpétuel changement. Si vous êtes hors des États-Unis, vérifiez les lois de votre pays en plus des termes de la présente convention avant de télécharger, de copier, de présenter, de jouer, de distribuer ou de créer des œuvres dérivées à partir de cette œuvre ou de toute autre œuvre de Project Gutenberg. La Fondation ne fait aucune déclaration concernant le statut du droit d’auteur d’une œuvre dans un pays autre que les États-Unis.
1.E. Sauf si vous avez supprimé toutes les références à Project Gutenberg :
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Cet eBook est destiné à être utilisé par qui que ce soit, où que ce soit aux États-Unis et dans la plupart des autres parties du monde, gratuitement et sans presque aucune restriction. Vous pouvez le copier, le donner ou le réutiliser conformément aux termes de la licence Project Gutenberg™ incluse avec
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1.E.2. Si une œuvre électronique de Project Gutenberg provient de textes non protégés par la loi américaine sur le droit d’auteur (et ne contient pas d’indication indiquant qu’elle a été publiée avec l’autorisation du détenteur du droit d’auteur), cette œuvre peut être copiée et distribuée à qui que ce soit aux États-Unis sans avoir à payer de frais ou de redevances. Si vous redistribuez ou mettez à disposition un travail accompagné de l’expression « Project Gutenberg » ou apparaissant sur ce travail, vous devez respecter soit les exigences des paragraphes 1.E.1 à 1.E.7, soit obtenir l’autorisation d’utiliser ce travail ainsi que la marque commerciale Project Gutenberg, comme indiqué dans les paragraphes 1.E.8 ou 1.E.9.
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1.E.4. Ne supprimez pas, ne séparez pas ni ne retirez les conditions complètes de la Licence Project Gutenberg de cette œuvre, ni de tout fichier contenant une partie de cette œuvre ou toute autre œuvre associée à Project Gutenberg.
1.E.5. Ne copiez, n’affichez, n’exécutez, ne distribuez ni ne redistribuez cette œuvre électronique, ni aucune partie de celle-ci, sans afficher de manière visible la phrase indiquée au paragraphe 1.E.1, avec des liens actifs ou un accès immédiat aux conditions complètes de la Licence Project Gutenberg.
1.E.6. Vous pouvez convertir cette œuvre et la distribuer sous n’importe quelle forme binaire, compressée, marquée, non propriétaire ou propriétaire, y compris sous n’importe quelle forme de traitement de texte ou d’hypertexte. Cependant, si vous mettez à disposition ou distribuez des copies d’une œuvre Project Gutenberg sous un format autre que « Plain Vanilla ASCII » ou un autre format utilisé officiellement
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1.E.3. Si une œuvre électronique de Project Gutenberg a été publiée avec l’autorisation du détenteur du droit d’auteur, votre utilisation et votre distribution doivent respecter à la fois les paragraphes 1.E.1 à 1.E.7 ainsi que tout terme supplémentaire imposé par le détenteur du droit d’auteur. Ces termes supplémentaires seront liés à la Licence Project Gutenberg pour toutes les œuvres publiées avec l’autorisation du détenteur du droit d’auteur, et se trouveront au début de cette œuvre.
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1.E.5. Ne copiez, n’affichez, n’exécutez, ne distribuez ni ne redistribuez cette œuvre électronique, ni aucune partie de celle-ci, sans afficher de manière visible la phrase indiquée au paragraphe 1.E.1, avec des liens actifs ou un accès immédiat aux conditions complètes de la Licence Project Gutenberg.
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Version publiée sur le site officiel de Project Gutenberg (www.gutenberg.org) : vous devez, sans aucun coût supplémentaire, frais ou dépense pour l’utilisateur, fournir une copie, un moyen d’exporter une copie, ou un moyen d’obtenir une copie sur demande, de l’œuvre dans sa forme originale « Plain Vanilla ASCII » ou une autre forme. Tout format alternatif doit inclure la licence complète de Project Gutenberg telle que spécifiée au paragraphe 1.E.1.
1.E.7. Ne percevez aucun frais d’accès, de visionnage, d’affichage, de représentation, de copie ou de distribution des œuvres de Project Gutenberg, à moins que vous ne respectiez les paragraphes 1.E.8 ou 1.E.9.
1.E.8. Vous pouvez percevoir un frais raisonnable pour des copies ou pour fournir un accès ou distribuer des œuvres électroniques de Project Gutenberg, à condition que :
• Vous versiez une redevance de 20 % des bénéfices bruts que vous tirez de l’utilisation des œuvres de Project Gutenberg, calculée selon la méthode que vous utilisez déjà pour calculer vos impôts applicables. Cette redevance est due au propriétaire de la marque Project Gutenberg, mais celui-ci a accepté de donner ces redevances, au titre de ce paragraphe, à la Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Les paiements de redevances doivent être effectués dans un délai de 60 jours suivant chaque date à laquelle vous préparez (ou êtes légalement tenu de préparer) vos déclarations fiscales périodiques. Ces paiements doivent être clairement identifiés comme tels et envoyés à la Project Gutenberg Literary Archive Foundation à l’adresse indiquée à la section 4, « Informations sur les dons à la Project Gutenberg Literary Archive Foundation ».
• Vous remboursiez intégralement tout montant payé par un utilisateur qui vous en informe par écrit (ou par e-mail) dans un délai de 30 jours suivant la réception de l’œuvre, s’il ne consent pas aux conditions de la licence complète Project Gutenberg™. Vous devez exiger de cet utilisateur qu’il retourne ou détruise toutes les copies des œuvres conservées sur support physique et qu’il cesse toute utilisation et tout accès aux autres copies des œuvres Project Gutenberg™.
• Vous remboursez intégralement tout montant payé pour une œuvre ou une copie de remplacement, si un défaut dans l’œuvre électronique est découvert et signalé à vous dans un délai de 90 jours suivant la réception de l’œuvre, conformément au paragraphe 1.F.3.
1.E.7. Ne percevez aucun frais d’accès, de visionnage, d’affichage, de représentation, de copie ou de distribution des œuvres de Project Gutenberg, à moins que vous ne respectiez les paragraphes 1.E.8 ou 1.E.9.
1.E.8. Vous pouvez percevoir un frais raisonnable pour des copies ou pour fournir un accès ou distribuer des œuvres électroniques de Project Gutenberg, à condition que :
• Vous versiez une redevance de 20 % des bénéfices bruts que vous tirez de l’utilisation des œuvres de Project Gutenberg, calculée selon la méthode que vous utilisez déjà pour calculer vos impôts applicables. Cette redevance est due au propriétaire de la marque Project Gutenberg, mais celui-ci a accepté de donner ces redevances, au titre de ce paragraphe, à la Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Les paiements de redevances doivent être effectués dans un délai de 60 jours suivant chaque date à laquelle vous préparez (ou êtes légalement tenu de préparer) vos déclarations fiscales périodiques. Ces paiements doivent être clairement identifiés comme tels et envoyés à la Project Gutenberg Literary Archive Foundation à l’adresse indiquée à la section 4, « Informations sur les dons à la Project Gutenberg Literary Archive Foundation ».
• Vous remboursiez intégralement tout montant payé par un utilisateur qui vous en informe par écrit (ou par e-mail) dans un délai de 30 jours suivant la réception de l’œuvre, s’il ne consent pas aux conditions de la licence complète Project Gutenberg™. Vous devez exiger de cet utilisateur qu’il retourne ou détruise toutes les copies des œuvres conservées sur support physique et qu’il cesse toute utilisation et tout accès aux autres copies des œuvres Project Gutenberg™.
• Vous remboursez intégralement tout montant payé pour une œuvre ou une copie de remplacement, si un défaut dans l’œuvre électronique est découvert et signalé à vous dans un délai de 90 jours suivant la réception de l’œuvre, conformément au paragraphe 1.F.3.
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• Vous respectez toutes les autres conditions de ce contrat relatif à la distribution gratuite des œuvres Project Gutenberg™.
1.E.9. Si vous souhaitez facturer un montant ou distribuer une œuvre électronique Project Gutenberg™ ou un ensemble d’œuvres selon des conditions différentes de celles prévues dans ce contrat, vous devez obtenir une autorisation écrite de la Project Gutenberg Literary Archive Foundation, gestionnaire de la marque Project Gutenberg™. Contactez la Fondation comme indiqué à la section 3 ci-dessous.
1.F.
1.F.1. Les bénévoles et les employés de Project Gutenberg déploient des efforts considérables pour identifier, effectuer des recherches sur les droits d’auteur, transcrire et corriger les œuvres non protégées par la loi américaine sur les droits d’auteur, afin de créer la collection Project Gutenberg™. Malgré ces efforts, les œuvres électroniques Project Gutenberg™, ainsi que le support sur lequel elles peuvent être stockées, peuvent contenir des « défauts », tels que, mais sans s’y limiter, des données incomplètes, inexactes ou corrompues, des erreurs de transcription, une violation des droits d’auteur ou d’autres droits de propriété intellectuelle, un disque ou autre support défectueux ou endommagé, un virus informatique, ou des codes informatiques qui endommagent ou ne peuvent pas être lus par votre équipement.
1.F.2. GARANTIE LIMITÉE, RENONCIATION AUX DOMMAGES ET INTÉRÊTS –
À l’exception du « droit de remplacement ou de remboursement » décrit au paragraphe 1.F.3, la Project Gutenberg Literary Archive Foundation, propriétaire de la marque Project Gutenberg™, ainsi que tout autre partenaire distribuant une œuvre électronique Project Gutenberg™ en vertu de ce contrat, renoncent à toute responsabilité à votre égard en ce qui concerne les dommages, les coûts et les dépenses, y compris les frais juridiques. VOUS CONVENEZ QUE VOUS N’AVEZ AUCUN RECOURS EN CAS DE NÉGLIGENCE, DE RESPONSABILITÉ STRICTE, DE VIOLATION DE LA GARANTIE OU DE VIOLATION DU CONTRAT, À L’EXCEPTION DE CEUX PRÉVUS AU PARAGRAPHE 1.F.3. VOUS CONVENEZ QUE LA FONDATION, LE PROPRIÉTAIRE DE LA MARQUE ET TOUT DISTRIBUTEUR CONFORMÉMENT À CE CONTRAT NE SERONT PAS TENUS RESPONSABLES ENVERS VOUS POUR DES DOMMAGES ACTUELS, DIRECTS, INDIRECTS, CONSÉQUENTIELS, PUNITIFS OU ACCIDENTELS.
1.E.9. Si vous souhaitez facturer un montant ou distribuer une œuvre électronique Project Gutenberg™ ou un ensemble d’œuvres selon des conditions différentes de celles prévues dans ce contrat, vous devez obtenir une autorisation écrite de la Project Gutenberg Literary Archive Foundation, gestionnaire de la marque Project Gutenberg™. Contactez la Fondation comme indiqué à la section 3 ci-dessous.
1.F.
1.F.1. Les bénévoles et les employés de Project Gutenberg déploient des efforts considérables pour identifier, effectuer des recherches sur les droits d’auteur, transcrire et corriger les œuvres non protégées par la loi américaine sur les droits d’auteur, afin de créer la collection Project Gutenberg™. Malgré ces efforts, les œuvres électroniques Project Gutenberg™, ainsi que le support sur lequel elles peuvent être stockées, peuvent contenir des « défauts », tels que, mais sans s’y limiter, des données incomplètes, inexactes ou corrompues, des erreurs de transcription, une violation des droits d’auteur ou d’autres droits de propriété intellectuelle, un disque ou autre support défectueux ou endommagé, un virus informatique, ou des codes informatiques qui endommagent ou ne peuvent pas être lus par votre équipement.
1.F.2. GARANTIE LIMITÉE, RENONCIATION AUX DOMMAGES ET INTÉRÊTS –
À l’exception du « droit de remplacement ou de remboursement » décrit au paragraphe 1.F.3, la Project Gutenberg Literary Archive Foundation, propriétaire de la marque Project Gutenberg™, ainsi que tout autre partenaire distribuant une œuvre électronique Project Gutenberg™ en vertu de ce contrat, renoncent à toute responsabilité à votre égard en ce qui concerne les dommages, les coûts et les dépenses, y compris les frais juridiques. VOUS CONVENEZ QUE VOUS N’AVEZ AUCUN RECOURS EN CAS DE NÉGLIGENCE, DE RESPONSABILITÉ STRICTE, DE VIOLATION DE LA GARANTIE OU DE VIOLATION DU CONTRAT, À L’EXCEPTION DE CEUX PRÉVUS AU PARAGRAPHE 1.F.3. VOUS CONVENEZ QUE LA FONDATION, LE PROPRIÉTAIRE DE LA MARQUE ET TOUT DISTRIBUTEUR CONFORMÉMENT À CE CONTRAT NE SERONT PAS TENUS RESPONSABLES ENVERS VOUS POUR DES DOMMAGES ACTUELS, DIRECTS, INDIRECTS, CONSÉQUENTIELS, PUNITIFS OU ACCIDENTELS.
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MÊME SI VOUS COMMUNIQUEZ LA POSSIBILITÉ DE TELS DOMMAGES.
1.F.3. DROIT LIMITÉ DE REMPLACEMENT OU DE RÉEMBOLSEMENT – Si vous découvrez un défaut dans cette œuvre électronique dans les 90 jours suivant sa réception, vous pouvez obtenir le remboursement de l’argent (le cas échéant) que vous avez payé en envoyant une explication écrite à la personne auprès de qui vous l’avez reçue. Si vous avez reçu l’œuvre sur un support physique, vous devez retourner ce support accompagné de votre explication écrite. La personne ou l’entité qui vous a fourni l’œuvre défectueuse peut choisir de vous fournir une copie de remplacement au lieu d’un remboursement. Si vous avez reçu l’œuvre électroniquement, la personne ou l’entité qui vous la fournit peut choisir de vous donner une deuxième opportunité de la recevoir électroniquement au lieu d’un remboursement. Si la deuxième copie est également défectueuse, vous pouvez demander un remboursement par écrit sans autre possibilité de résoudre le problème.
1.F.4. Sauf le droit limité de remplacement ou de remboursement prévu au paragraphe 1.F.3, cette œuvre vous est fournie « TELLE QUEELLE », SANS AUCUNE AUTRE GARANTIE DE NATURE QUOI QUE CE SOIT, EXPRESSE OU IMPLICITE, Y COMPRIS, MAIS NON SEULEMENT, LES GARANTIES DE COMMERCIABILITÉ OU D’ADÉQUATION POUR UN BUT DONNÉ.
1.F.5. Certains États ne permettent pas la renonciation à certaines garanties implicites ni l’exclusion ou la limitation de certains types de dommages. Si toute renonciation ou limitation prévue dans le présent accord viole la loi de l’État applicable à cet accord, l’accord sera interprété de manière à respecter la plus large mesure de renonciation ou de limitation autorisée par la loi de cet État. L’invalidité ou l’inapplicabilité de toute disposition du présent accord n’annulera pas les dispositions restantes.
1.F.6. INDEMNISATION – Vous acceptez d’indemniser et de tenir à l’écart de toute responsabilité, de tout coût et de toute dépense, y compris les frais juridiques, la Fondation, le titulaire de la marque déposée, tout agent ou employé de la Fondation, toute personne fournissant des copies des œuvres électroniques Project Gutenberg™ conformément à cet accord, ainsi que tous les bénévoles associés à la production, à la promotion et à la distribution des œuvres électroniques Project Gutenberg™, pour tout dommage résultant directement ou indirectement de l’une des actions que vous entreprenez ou que vous provoquez : (a)
1.F.3. DROIT LIMITÉ DE REMPLACEMENT OU DE RÉEMBOLSEMENT – Si vous découvrez un défaut dans cette œuvre électronique dans les 90 jours suivant sa réception, vous pouvez obtenir le remboursement de l’argent (le cas échéant) que vous avez payé en envoyant une explication écrite à la personne auprès de qui vous l’avez reçue. Si vous avez reçu l’œuvre sur un support physique, vous devez retourner ce support accompagné de votre explication écrite. La personne ou l’entité qui vous a fourni l’œuvre défectueuse peut choisir de vous fournir une copie de remplacement au lieu d’un remboursement. Si vous avez reçu l’œuvre électroniquement, la personne ou l’entité qui vous la fournit peut choisir de vous donner une deuxième opportunité de la recevoir électroniquement au lieu d’un remboursement. Si la deuxième copie est également défectueuse, vous pouvez demander un remboursement par écrit sans autre possibilité de résoudre le problème.
1.F.4. Sauf le droit limité de remplacement ou de remboursement prévu au paragraphe 1.F.3, cette œuvre vous est fournie « TELLE QUEELLE », SANS AUCUNE AUTRE GARANTIE DE NATURE QUOI QUE CE SOIT, EXPRESSE OU IMPLICITE, Y COMPRIS, MAIS NON SEULEMENT, LES GARANTIES DE COMMERCIABILITÉ OU D’ADÉQUATION POUR UN BUT DONNÉ.
1.F.5. Certains États ne permettent pas la renonciation à certaines garanties implicites ni l’exclusion ou la limitation de certains types de dommages. Si toute renonciation ou limitation prévue dans le présent accord viole la loi de l’État applicable à cet accord, l’accord sera interprété de manière à respecter la plus large mesure de renonciation ou de limitation autorisée par la loi de cet État. L’invalidité ou l’inapplicabilité de toute disposition du présent accord n’annulera pas les dispositions restantes.
1.F.6. INDEMNISATION – Vous acceptez d’indemniser et de tenir à l’écart de toute responsabilité, de tout coût et de toute dépense, y compris les frais juridiques, la Fondation, le titulaire de la marque déposée, tout agent ou employé de la Fondation, toute personne fournissant des copies des œuvres électroniques Project Gutenberg™ conformément à cet accord, ainsi que tous les bénévoles associés à la production, à la promotion et à la distribution des œuvres électroniques Project Gutenberg™, pour tout dommage résultant directement ou indirectement de l’une des actions que vous entreprenez ou que vous provoquez : (a)
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Distribution de cette œuvre ou de toute autre œuvre de Project Gutenberg, (b) altération, modification, ajout ou suppression de toute œuvre de Project Gutenberg, et (c) tout défaut que vous pourriez causer.
Section 2. Informations sur la mission de Project Gutenberg
Project Gutenberg est synonyme de distribution gratuite d’œuvres électroniques dans des formats lus par la plus grande variété d’ordinateurs, y compris les ordinateurs obsolètes, anciens, moyennement récents et nouveaux. Il existe grâce aux efforts de centaines de bénévoles et aux dons de personnes issus de tous les milieux.
Les bénévoles et le soutien financier, qui permettent de fournir aux bénévoles l’aide dont ils ont besoin, sont essentiels pour atteindre les objectifs de Project Gutenberg et garantir que la collection de Project Gutenberg restera librement accessible pour les générations futures. En 2001, la Project Gutenberg Literary Archive Foundation a été créée afin d’assurer un avenir sûr et permanent à Project Gutenberg et aux générations futures. Pour en savoir plus sur la Project Gutenberg Literary Archive Foundation et sur la manière dont vos efforts et vos dons peuvent aider, consultez les sections 3 et 4 ainsi que la page d’information sur la Fondation à l’adresse www.gutenberg.org.
Section 3. Informations sur la Project Gutenberg Literary Archive Foundation
La Project Gutenberg Literary Archive Foundation est une organisation éducative à but non lucratif de type 501(c)(3), organisée conformément aux lois de l’État du Mississippi et ayant reçu le statut d’exonération fiscale du Service des revenus intérieurs. Le numéro d’identification fiscale fédéral de la Fondation est 64-6221541. Les contributions à la Project Gutenberg Literary Archive Foundation sont déductibles d’impôts dans toute la mesure permise par les lois fédérales américaines et les lois de votre État.
Le bureau administratif de la Fondation se trouve au 41 Watchung Plaza #516, Montclair NJ 07042, États-Unis, +1 (862) 621-9288. Contact par e-mail
Section 2. Informations sur la mission de Project Gutenberg
Project Gutenberg est synonyme de distribution gratuite d’œuvres électroniques dans des formats lus par la plus grande variété d’ordinateurs, y compris les ordinateurs obsolètes, anciens, moyennement récents et nouveaux. Il existe grâce aux efforts de centaines de bénévoles et aux dons de personnes issus de tous les milieux.
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La Project Gutenberg Literary Archive Foundation est une organisation éducative à but non lucratif de type 501(c)(3), organisée conformément aux lois de l’État du Mississippi et ayant reçu le statut d’exonération fiscale du Service des revenus intérieurs. Le numéro d’identification fiscale fédéral de la Fondation est 64-6221541. Les contributions à la Project Gutenberg Literary Archive Foundation sont déductibles d’impôts dans toute la mesure permise par les lois fédérales américaines et les lois de votre État.
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Des liens ainsi que des informations de contact à jour se trouvent sur le site Internet de la Fondation et sur sa page officielle à l’adresse www.gutenberg.org/contact.
Section 4. Informations sur les dons au projet
Fondation de l’Archivage Littéraire Gutenberg
Le projet Gutenberg™ dépend d’un soutien public et de dons largement répandus pour pouvoir mener à bien sa mission consistant à augmenter le nombre d’œuvres en domaine public ou licenciées qui peuvent être distribuées librement sous une forme lisible par ordinateur, accessible par la plus grande variété d’équipements, y compris ceux obsolètes. De nombreux petits dons (de 1 à 5 000 dollars) sont particulièrement importants pour maintenir le statut d’exemption fiscale auprès du IRS.
La Fondation s’engage à respecter les lois régissant les œuvres de bienfaisance et les dons caritatifs dans les 50 États des États-Unis. Les exigences en matière de conformité ne sont pas uniformes, et il faut un effort considérable, beaucoup de paperasse et de frais pour y répondre et rester en conformité. Nous ne sollicitons pas de dons dans les régions où nous n’avons pas reçu de confirmation écrite de conformité. Pour FAIRE UN DON ou connaître le statut de conformité dans un État donné, veuillez visiter www.gutenberg.org/donate.
Bien que nous ne puissions pas et ne sollicitions pas de contributions des États où nous n’avons pas satisfait aux exigences de sollicitation, nous ne connaissons aucune interdiction d’accepter des dons non sollicités de donateurs provenant de tels États qui nous contactent pour offrir un don.
Les dons internationaux sont acceptés avec gratitude, mais nous ne pouvons pas faire de déclarations concernant le traitement fiscal des dons reçus en dehors des États-Unis. Seules les lois américaines déjà représentent une charge énorme pour notre petit personnel.
Veuillez consulter les pages Web de Project Gutenberg pour connaître les méthodes et adresses de don actuelles. Les dons peuvent également être faits par divers moyens, notamment par chèque, paiement en ligne ou carte de crédit. Pour faire un don, veuillez visiter : www.gutenberg.org/donate.
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Fondation de l’Archivage Littéraire Gutenberg
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Section 5. Informations générales sur Project Gutenberg
Œuvres électroniques
Le professeur Michael S. Hart est à l’origine du concept de Project Gutenberg : une bibliothèque d’œuvres électroniques qui peuvent être partagées librement avec n’importe qui. Pendant quarante ans, il a produit et distribué des eBooks de Project Gutenberg, avec le soutien uniquement d’un réseau restreint de bénévoles.
Les eBooks de Project Gutenberg sont souvent créés à partir de plusieurs éditions imprimées, toutes confirmées comme ne pas être protégées par le droit d’auteur aux États-Unis, sauf si une mention relative au droit d’auteur y figure. Par conséquent, nous n’assurons pas nécessairement que les eBooks respectent les mêmes spécifications que telle ou telle édition imprimée.
La plupart des gens commencent par notre site web, qui dispose de la principale fonction de recherche de PG : www.gutenberg.org.
Ce site inclut des informations sur Project Gutenberg, notamment sur la manière de faire des dons à la Project Gutenberg Literary Archive Foundation, de contribuer à la création de nos nouveaux eBooks, ainsi que sur la façon de s’abonner à notre newsletter par e-mail pour être informé des nouveaux eBooks.
Œuvres électroniques
Le professeur Michael S. Hart est à l’origine du concept de Project Gutenberg : une bibliothèque d’œuvres électroniques qui peuvent être partagées librement avec n’importe qui. Pendant quarante ans, il a produit et distribué des eBooks de Project Gutenberg, avec le soutien uniquement d’un réseau restreint de bénévoles.
Les eBooks de Project Gutenberg sont souvent créés à partir de plusieurs éditions imprimées, toutes confirmées comme ne pas être protégées par le droit d’auteur aux États-Unis, sauf si une mention relative au droit d’auteur y figure. Par conséquent, nous n’assurons pas nécessairement que les eBooks respectent les mêmes spécifications que telle ou telle édition imprimée.
La plupart des gens commencent par notre site web, qui dispose de la principale fonction de recherche de PG : www.gutenberg.org.
Ce site inclut des informations sur Project Gutenberg, notamment sur la manière de faire des dons à la Project Gutenberg Literary Archive Foundation, de contribuer à la création de nos nouveaux eBooks, ainsi que sur la façon de s’abonner à notre newsletter par e-mail pour être informé des nouveaux eBooks.