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L’eBook de Project Gutenberg des Œuvres de Chaucer, Volume 2
— Boèce et Troïlus

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Titre : Œuvres de Chaucer, Volume 2 — Boèce et Troïlus

Auteur : Geoffrey Chaucer

Éditeur : Walter W. Skeat

Date de publication : 5 février 2014 [eBook n° 44833]
Dernière mise à jour : 24 octobre 2024

Langue : anglais

Autres informations et formats : www.gutenberg.org/ebooks/44833

Crédits : Produit par Jonathan Ingram, Keith Edkins et l’équipe de correction distribuée en ligne sur http://www.pgdp.net

*** Début de l’eBook de Project Gutenberg : ŒUVRES DE CHAUCER, VOLUME 2 — BOÈCE ET TROÏLUS ***

Glossaire du transcripteur incluant des mots des deux textes ; ce volume fait partie du Volume VI de Skeat, disponible sur Project Gutenberg ici.

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MS. Corp. Chr. Coll., Cambridge. Troil. iv. 575-588
Frontispice**

LES ŒUVRES COMPLÈTES

DE

GEOFFREY CHAUCER

ÉDITÉES, À PARTIR DE DEUXIÈME MANUSCRITS

PAR

Le rév. Walter W. Skeat, M.A.
Litt.D., LL.D., D.C.L., Ph.D.

Professeur Elrington et Bosworth d’anglo-saxon
et membre du Christ’s College, Cambridge

Page 5

**

BOÈCE ET TROILE

« Adam, s’il t’arrivait un jour
de composer de nouvelles œuvres, que ce soit Boèce ou Troile,
tu auras certainement les moyens de le faire,
mais après mon exemple, écris avec fidélité. »
Paroles de Chaucer à Adam.

DEUXIÈME ÉDITION

Oxford
CHEZ CLARENDON PRESS
M DCCCC

Oxford
IMPRIMÉ CHEZ CLARENDON PRESS
PAR HORACE HART, M.A.
IMPRIMEUR DE L’UNIVERSITÉ

CONTENU.

PAGE
Introduction à Boèce. vii
—§ 1. Date de l’œuvre. § 2. Boèce. §

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3. La Consolation de la philosophie ; et le sort de son auteur. § 4. Jean de Meun. § 5. Références de Boèce aux événements contemporains. § 6. Cassiodore. § 7. Forme du traité. § 8. Aperçu succinct de son contenu général. § 9. Traductions anciennes. § 10. Traduction par Ælfred. § 11. Copie manuscrite, avec des gloses en ancien anglais. § 12. Mention de la traduction de Chaucer. § 13. Traduction en vers de Walton. § 14. Exemple de celle-ci. § 15. Sa traduction du Livre II, métaphore 5. § 16. Traduction en prose de M. E. ; et autres. § 17. La traduction de Chaucer et Le Roman de la Rose. § 18. Les connaissances savantes de Chaucer. § 19. La prose de Chaucer. § 20. Quelques-uns de ses erreurs. § 21. Autres variantes examinées. § 22. Imitations de Boèce dans les œuvres de Chaucer. § 23. Comparaison avec « Boece » dans d’autres œuvres de Chaucer. § 24. Chronologie de

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Les œuvres de Chaucer, tels que
illustrés par ‘Boèce.’ §
25. Les manuscrits. §
26. Les éditions imprimées. §
27. L’édition actuelle

Introduction à Troilus.—§ xlix
1. Date de l’œuvre. §
2. Sources de l’œuvre ;
Filostrato de Boccace.
§§ 3, 4. Autres sources.
§ 5. La part de Chaucer
dans cette œuvre. § 6. Flou des références aux sources. §
7. Carnets médiévaux. § 8. Lollius. § 9.
Guido delle Colonne. §
10. ‘Trophee.’ §§ 11, 12.
Suite du même. §§
13-17. Extraits de Guido. §§ 18, 19.
Dares, Dictys et
Benôit de Ste-More. §
20. Les noms ; Troilus, etc. § 21. Roman de la
Rose. § 22. Gest
Historiale. § 23.
Le Siège de Troie de Lydgate. § 24.
Le Testament de Criseyde d’Henrysoun. § 25. Les
MS. § 26. Les éditions. § 27. L’édition actuelle. § 28.
Lignes manquantes. § 29.
Proverbes. § 30.

Page 8

Traduction latine de Kinaston. § 31.
Traduction de Sidnam

Boèce, De la consolation de la philosophie
Philosophie 1
Livre I. 1
Livre II. 23
Livre III. 51
Livre IV. 92
Livre V. 126

Troïlus et Criseyde 153
Livre I. 153
Livre II. 189
Livre III. 244
Livre IV. 302
Livre V. 357

Notes sur Boèce 419

Notes sur Troïlus 461

INTRODUCTION À BOÈCE.

§ 1. Date de l’œuvre.

Dans mes remarques introductives à La Légende des bonnes femmes, je fais référence au lien étroit qui existe clairement entre la traduction de Boèce par Chaucer et son Troïlus et Criseyde. Tous les critiques semblent aujourd’hui s’accorder pour placer ces deux œuvres en étroite relation, et pour considérer que l’œuvre en prose est quelque peu la plus ancienne des deux ; bien qu’il ne soit pas du tout improbable que, pendant une courte période, les deux œuvres aient été travaillées en même temps. Il est également évident qu’elles furent achevées avant que l’auteur ne commence La Maison de la renommée, dont la date de

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ce qui correspond, presque certainement, à la période 1383-1384. Le Dr Koch, dans son Essai sur la chronologie des écrits de Chaucer, propose de dater « Boèce » vers 1377-1378, et « Troïlus » vers 1380-1381. Il suffit de pouvoir en déduire, comme nous le pouvons avec une certitude raisonnable, que ces deux œuvres appartiennent à la période comprise entre 1377 et 1383. Nous pouvons également être certains que les vers bien connus adressés à Adam, commençant par :

« Adam, écris, si jamais il t’arrive
de composer de nouveaux ouvrages, que ce soit Boèce ou Troïlus » —

furent composés au moment où la belle version de Troïlus venait juste d’être achevée, et peuvent être datés, sans risque d’erreur, de 1381-1383. Il est peu probable que nous puissions déterminer ces dates avec plus de précision ; il n’est d’ailleurs pas du tout nécessaire de le faire. Quelques remarques supplémentaires sur ce sujet sont données ci-dessous.

§ 2. Boèce.

Avant de commenter la traduction de Boèce par Chaucer, ou (comme il l’appelle) Boèce, il est nécessaire de dire quelques mots sur l’œuvre originale et son auteur.

Anicius Manlius Torquatus Severinus Boèce, le philosophe le plus érudit de son temps, naquit à Rome vers l’an 480 de notre ère et fut exécuté en l’an 524. Dans sa jeunesse, il bénéficia d’une formation solide et jouit du privilège rare de pouvoir lire les philosophes grecs dans leur langue originale. Dans le traité qui nous intéresse ici, ses citations en grec proviennent principalement de Platon, avec quelques références à Aristote, Homère et à l’Andromaque d’Euripide. Ses œuvres conservées montrent qu’il était bien informé en géométrie, en mécanique, en astronomie et en musique, ainsi qu’en logique et en théologie ; il est intéressant de noter qu’une description de la manière dont les ondes sonores se propagent dans l’air, introduite par Chaucer dans sa Maison de la Fama, vers 788-822, provient presque certainement du traité de Boèce De Musica, comme indiqué dans la note relative à ce passage. En tout cas, il existe un

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Référence évidente au « felinge » de Boèce dans « In Musica », dans le Nonnes Preestes Tale, B 4484.

§ 3. La partie la plus importante de sa vie politique s’est déroulée au service du célèbre Théodoric le Goth, qui, après la défaite et la mort d’Odoacre en l’an 493, s’était fait maître incontesté de l’Italie et avait établi son gouvernement à Ravenne. L’affirmation selon laquelle Boèce aurait été marié deux fois est aujourd’hui discréditée, car il n’existe aucune preuve claire concernant Elpis, le nom donné à sa prétendue première épouse ; mais il est certain qu’il a épousé Rusticiana, fille du patricien Symmaque, homme d’une grande influence et de grande intégrité, très respecté, qui avait été consul sous Odoacre en 485. Boèce eut la singulière chance de voir ses deux fils, Boèthius et Symmaque, accéder à la dignité consulaire le même jour, en 522. Après de nombreuses années passées à des études acharnées et à un travail utile pour la société, il tomba sous les soupçons de Théodoric ; et, malgré ses dénégations indignées quant à ses prétendus crimes, il fut emmené précipitamment à Pavie, où il fut enfermé dans une tour, privé des moyens de justifier son comportement. Le reste doit être raconté avec les mots éloquents de Gibbon[1].

« Alors que Boèce, accablé par des chaînes, attendait à chaque instant le jugement ou le coup de mort, il composa dans la tour de Pavie la “Consolation de la philosophie” ; un ouvrage précieux, digne du loisir de Platon ou de Tullius, mais qui mérite un mérite incomparable compte tenu de la barbarie de l’époque et de la situation de l’auteur. Le guide céleste[2], qu’il avait invoqué si longtemps à Rome et à Athènes, daigna alors éclairer sa prison, raviver son courage et verser sur ses blessures son baume salutaire. Elle lui apprit à comparer sa prospérité passée et ses souffrances récentes, et à trouver de nouvelles espérances dans l’inconstance du destin[3]. La raison lui avait montré la nature précaire de ces dons ; l’expérience lui avait prouvé leur véritable valeur[4] ; il les avait jouis sans faute ; il pouvait s’en dessaisir sans soupirer, et mépriser calmement la malveillance impuissante de ses ennemis, qui lui avaient enlevé le bonheur, puisqu’ils lui avaient enlevé la vertu[5]. Depuis la terre, Boèce monta au ciel à la recherche du BIEN SUPRÊME[6], explora le labyrinthe métaphysique du hasard et du destin[7], de la prescience et du libre arbitre, du temps et de l’éternité, et tenta généreusement de… »

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réconcilier les attributs parfaits de la Divinité avec les troubles apparents de son gouvernement moral et physique[8]. De tels sujets de consolation, si évidents, si vagues ou si abstraits, sont inefficaces pour apaiser les sentiments de la nature humaine. Pourtant, le sentiment de malheur peut être détourné par l’effort de la pensée ; et le sage qui saurait combiner avec art, dans une même œuvre, les diverses richesses de la philosophie, de la poésie et de l’éloquence, doit déjà posséder ce calme intrépide qu’il prétendait chercher. L’incertitude, le pire des maux, fut finalement résolue par les ministres de la mort, qui exécutèrent, et peut-être dépassèrent, le mandat inhumain de Théodoric. Une corde solide fut attachée autour de la tête de Boèce, et serrée violemment jusqu’à ce que ses yeux sortent presque de leurs orbites ; on peut trouver une certaine pitié dans la torture moins cruelle consistant à le frapper avec des bâtons jusqu’à sa mort. Mais son génie survécut pour répandre un rayon de connaissance sur les âges les plus sombres du monde latin ; les écrits du philosophe furent traduits par le plus glorieux des rois anglais, et le troisième empereur du nom d’Othon transféra dans un tombeau plus honorable les ossements d’un saint catholique, qui, face à ses persécuteurs ariens, avait acquis les honneurs du martyre et la renommée des miracles. Dans ses dernières heures, Boèce trouva quelque consolation dans la sécurité de ses deux fils, de sa femme et de son beau-père, le vénérable Symmaque. Mais le chagrin de Symmaque était indiscret, et peut-être irrespectueux ; il avait osé pleurer, il oserait peut-être se venger de la mort d’un ami blessé. Il fut traîné en chaînes de Rome au palais de Ravenne ; et les soupçons de Théodoric ne purent être apaisés que par le sang d’un sénateur innocent et âgé.

Cet acte d’injustice ne rapporta que peu de bénéfices à son auteur ; car nous apprenons que la mort de Théodoric eut lieu peu après ; et que, sur son lit de mort, « il exprima en murmures brisés à son médecin Elpidius son profond repentir pour les meurtres de Boèce et de Symmaque ».

§ 4. Pour plus de détails, je prie de permettre au lecteur de se référer à l’essai sur « Boèce » d’H. F. Stewart, publié par W. Blackwood and Sons, Édimbourg et Londres, en 1891. Nous nous intéressons ici principalement à la « Consolation de la philosophie », une œuvre qui jouit d’une grande popularité au Moyen Âge, et qui influença d’abord Chaucer indirectement, par l’utilisation qu’en fit Jean de Meun dans le poème intitulé Le Roman de la Rose, ainsi que directement, à une période ultérieure, par sa propre traduction. En effet, j’ai

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Il ne fait guère de doute que l’attention de Chaucer y fut attirée lorsqu, assez tôt dans sa vie, il examina avec diligence ce poème remarquable ; et c’est probablement à partir du passage suivant qu’il en déduisit qu’il serait bon pour lui de traduire l’œuvre entière :—

« Ce puet l’en bien des clers enquerre
Qui Boëce de Confort lisent,
Et les sentences qui là gisent,
Dont grans biens as gens laiz feroit
Qui bien le lor translateroit » (l. 5052-6).

En anglais moderne : « Cela peut être facilement établi à partir des hommes savants qui lisent Boèce sur la Consolation de la philosophie, et des opinions qui s’y trouvent ; car quiconque voudrait bien les traduire en ferait grand bien aux gens ignorants » — une indication assez forte[9] !

§ 5. Les principaux événements de la vie de Boèce mentionnés dans le présent traité sont indiqués comme il se doit dans les notes ; et il convient de garder à l’esprit que, pour certains d’entre eux, rien de plus n’est connu que ce que l’auteur lui-même nous rapporte. La plupart des références personnelles se trouvent au Livre I, Prose 4, au Livre II, Prose 3, et au Livre III, Prose 4. Dans le premier de ces passages, Boèce raconte comment il a résisté à un certain Conigastus, qui opprimait les pauvres (l. 40), et comment il a vaincu les injustices de Triguilla, « préposé » de la maison royale (l. 43). Il se réclame du mérite d’avoir défendu le peuple de Campanie contre une mesure fiscale particulièrement odieuse instaurée par Théodoric, appelée « coemption » (coemptio) ; (l. 59.) M. Stewart la décrit comme « une mesure fiscale qui permettait à l’État d’acheter des vivres pour l’armée à un prix inférieur au prix du marché — ce qui menaçait de ruiner la province ». Il nous dit qu’il a sauvé Decius Paulinus, qui avait été consul en 498, de la rapacité des fonctionnaires du palais royal (l. 68) ; et qu, afin de sauver Decius Albinus, qui avait été consul en 493, d’une punition injuste, il a pris le risque d’attirer la haine du dénonciateur Cyprien (l. 75). De cette manière, il s’était rendu odieux aux partisans de la cour, qui

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Il avait refusé de corrompre (l. 79). Ses accusateurs étaient Basilius, qui avait été expulsé du service du roi et était poussé à l’accuser sous la pression de dettes (l. 81) ; ainsi que Opilio et Gaudentius, qui avaient été condamnés à l’exil par décret royal pour leurs innombrables fraudes et crimes, mais qui avaient échappé à cette peine en cherchant asile. « Et quand », comme il nous le raconte, « le roi découvrit cette évasion, il donna l’ordre que, s’ils ne quittaient pas Ravenne avant une date fixée, ils seraient marqués au front avec un fer brûlant et chassés de la ville. Néanmoins, ce même jour, les accusations portées contre moi par ces hommes furent acceptées » (l. 89-94). Il fait ensuite allusion à quelques lettres falsifiées (l. 123), au moyen desquelles il avait été accusé d’« espérer la liberté de Rome » (ce qui était bien sûr interprété comme signifiant qu’il souhaitait libérer Rome de la tyrannie de Théodoric). Il déclare alors hardiment que s’il avait eu l’occasion de faire face à ses accusateurs, il aurait répondu avec les mots de Canius, lorsqu’il fut accusé par Caligula d’être au courant d’une conspiration contre lui — « Si je l’avais su, tu ne l’aurais jamais su » (l. 126-135). C’était, d’ailleurs, une expression plutôt imprudente, et elle joua probablement en sa défaveur lorsque son cas fut examiné par Théodoric.

Il mentionne également un incident survenu à Vérone (l. 153), où le roi, désireux de massacrer tous ses ennemis, tenta d’étendre à tout le Sénat l’accusation de trahison dont Albinus avait été accusé ; à cette occasion, au péril de sa vie, Boèce défendit le Sénat contre une accusation aussi sévère.

Dans le Livre II, Prose 3, il évoque son ancien état de bonheur et de prospérité (l. 26), lorsqu’il était comblé d’un beau-père et d’une belle-mère riches et influents, d’une épouse aimée, et de deux fils nobles ; en particulier (l. 35), il parle avec une fierté justifiée du jour où ses deux fils furent élus consuls ensemble, et où, assis entre eux dans le Cirque, il reçut des éloges unanimes pour son esprit et son éloquence.

Dans le Livre III, Prose 4, il dénonce Decoratus, avec qui il refusa de partager un poste en raison de son caractère infâme.

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§ 6. La principale source d’informations supplémentaires sur ces circonstances est une collection de lettres (Variæ Epistolæ) de Cassiodore, un homme d’État qui jouissait de la pleine confiance de Théodoric et qui rassembla divers documents officiels sous sa direction. Ces lettres nous indiquent, dans une certaine mesure, ce que l’on peut dire de l’autre côté. Ici, Cyprien et son frère Opilio sont mentionnés avec respect et honneur ; le seul Decoratus dont le nom apparaît est décrit comme un jeune homme plein de promesses, qui avait gagné la sincère estime du roi. Mais, une fois tout dit, le lecteur sera très probablement enclin à penser qu, en cas de témoignages contradictoires, il préférerait croire les paroles du noble Boèce plutôt que celles de ses adversaires.

§ 7. Le traité « De Consolatione Philosophiæ » est écrit sous la forme d’un dialogue entre lui-même et la personnification de la Philosophie, qui lui apparaît en prison et tente de le consoler durant son épreuve. Il est divisé (comme dans ce volume) en cinq Livres ; chaque Livre est à son tour subdivisé en chapitres, intitulés Mètres et Proses, car, dans l’original, les chapitres alternatifs sont rédigés sous forme métrique, les mètres employés étant de divers types. Ainsi, le Mètre 1 du Livre I est écrit en hexamètres et pentamètres alternés ; tandis que le Mètre 7 se compose de lignes très courtes, chacune ne contenant qu’un seul dactyle et un spondée. Les Proses contiennent les arguments principaux ; les Mètres servent à l’embellissement et au divertissement.

Dans certains manuscrits de la traduction de Chaucer, quelques mots de l’original sont cités au début de chaque Prose et de chaque Mètre, et ils sont imprimés dans cette édition sous une forme corrigée.

§ 8. Un bref aperçu du contenu général du volume peut être utile.

Livre I. Boèce déplore ses malheurs (mét. 1). La Philosophie lui apparaît sous une forme féminine (pr. 2) et le console par des chants (mét. 2) ; ensuite, elle s’adresse à lui, lui disant qu’elle est prête à partager ses malheurs (pr. 3). Boèce exprime ses plaintes et défend son comportement passé (pr. 4). La Philosophie lui rappelle qu’il cherche un pays céleste (pr. 5). Le monde n’est pas gouverné par le hasard (pr. 6). Le livre se termine par un chant d’espoir (mét. 7).

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Livre II. La philosophie développe les ruses du Destin (pr. 1) et s’adresse à lui au nom du Destin, affirmant que sa mutabilité est naturelle et attendue (pr. 2). L’adversité est éphémère (pr. 3), et Boèce a encore beaucoup à remercier (pr. 4). Les richesses ne font qu’apporter des angoisses et ne peuvent conférer le bonheur (pr. 5) ; elles étaient inconnues à l’Âge d’Or (mét. 5). Le bonheur ne réside pas non plus dans les honneurs et le pouvoir (pr. 6). Le pouvoir de Néron ne lui a appris que la cruauté (mét. 6). La renommée n’est qu’une vanité (pr. 7), et elle prend fin avec la mort (mét. 7). L’adversité est bénéfique (pr. 8). Toutes choses sont liées par la chaîne de l’Amour (mét. 8).

Livre III. Boèce commence à recevoir du réconfort (pr. 1). La philosophie traite de la recherche du Bien suprême (summum bonum ; pr. 2). Les lois de la nature sont immuables (mét. 2). Tous les hommes sont engagés dans la quête du bonheur (pr. 3). Les dignités appartiennent véritablement à la vertu (pr. 4). Le pouvoir ne peut chasser les soucis (pr. 5). La gloire est trompeuse, et la seule vraie noblesse est celle du caractère (pr. 6). Le bonheur ne réside pas dans les plaisirs corporels (pr. 7) ; ni dans la force ou la beauté physique (pr. 8). Le bonheur terrestre est insuffisant et faux ; et pour chercher la véritable félicité, nous devons invoquer l’aide de Dieu (pr. 9). Boèce chante un hymne au Créateur (mét. 9) et reconnaît que seul Dieu est le Bien suprême (p. 10). L’unité de l’âme et du corps est nécessaire à l’existence, et l’amour de la vie est instinctif (pr. 11). L’erreur est dissipée par la lumière de la Vérité (mét. 11). Dieu gouverne le monde et est tout-puissant, tandis que le mal n’a aucune existence réelle (pr. 12). Le livre se termine par l’histoire d’Orphée (mét. 12).

Livre IV. Ce livre commence par une discussion sur l’existence du mal et le système de récompenses et de punitions (pr. 1). Boèce décrit la fuite de l’Imagination à travers les sphères planétaires jusqu’à ce qu’elle atteigne le ciel même (mét. 1). Les bons sont forts, mais les méchants sont impuissants, n’ayant aucune existence réelle (pr. 2). Les tyrans sont châtiés par leurs propres passions (mét. 2). La vertu assure une récompense ; mais les méchants perdent même leur nature humaine et deviennent comme de simples bêtes (pr. 3). Considérez les enchantements de Circé, bien que ceux-ci n’aient affecté que la forme extérieure (mét. 4). Les méchants sont triplement misérables : ils veulent faire le mal, ils peuvent le faire, et ils le font effectivement. La vertu est sa propre récompense, afin que les méchants suscitent notre pitié (pr. 4). Suit ensuite un poème sur la folie

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de la guerre (métaph. 4). Boèce se demande pourquoi les bons souffrent (pr. 5).
La philosophie lui rappelle que les mouvements des étoiles sont inexplicables
pour celui qui ne comprend pas l’astronomie (métaph. 5). Elle explique
la différence entre Providence et Destin (pr. 6). Dans toute la nature, nous voyons
concordance, grâce à l’amour qui la gouverne (métaph. 6). Tout ce qui arrive est bon ; car le châtiment est bénéfique (pr. 7). Les travaux d’Hercule nous offrent un exemple de persévérance (métaph. 7).

Livre V. Boèce pose des questions concernant le Hasard (pr. 1). Un exemple tiré des cours des fleuves Tigre et Euphrate (métaph. 1).
Boèce pose des questions concernant le Libre arbitre (pr. 2). Dieu, qui voit toutes choses, est le vrai Soleil (métaph. 2). Boèce est perplexe face à la question de la Prédestination divine et du Libre arbitre humain (pr. 3). Les hommes sont trop avides d’enquêter sur l’inconnu (métaph. 3). La philosophie répond à Boèce sur les sujets de la Prédestination, de la Nécessité et de la nature de la vraie Connaissance (pr. 4) ; sur les impressions reçues par l’esprit (métaph. 4) ; et sur les pouvoirs du Sens et de l’Imagination (pr. 5). Les bêtes regardent vers le bas, vers la terre, mais l’homme est droit et regarde vers le ciel (métaph. 5). Ce monde n’est pas éternel, mais seul Dieu l’est ; sa prescience n’est soumise à aucune nécessité, ni modifiée par les intentions humaines. Il soutient les bons et condamne les méchants ; donc sois constant dans l’évitement du vice, et consacre tous tes efforts à l’amour de la vertu (pr. 6).

§ 9. Il n’est pas nécessaire d’insister ici sur l’importance de ce traité et son influence sur la littérature médiévale. M. Stewart, dans l’ouvrage déjà mentionné, a un excellent chapitre intitulé « Sur certaines traductions anciennes » de celui-ci. Le nombre de traductions qui existent encore, en diverses langues, témoigne suffisamment de sa popularité extraordinaire au Moyen Âge. On en trouve, par exemple, en vieux haut-allemand chez Notker, et en allemand ultérieur chez Peter de Kastl ; en anglo-français chez Simun de Fraisne ; en français continental chez Jean de Meun[10], Pierre de Paris, Jehan de Cis, Frère Renaut de Louhans, ainsi que chez deux auteurs anonymes ; en italien, chez Alberto della Piagentina et plusieurs autres ; en grec, chez Maximus Planudes ; et en espagnol, chez Fra Antonio Ginebreda ; sans parler des diverses versions apparues plus tard. Mais celles qui nous intéressent le plus sont les traductions en anglais, qui sont assez nombreuses et méritent une attention particulière. Je m’en tiendrai ici, comme

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Probablement improbable et inutile, une suggestion parfois avancée selon laquelle Chaucer aurait pu consulter une version française dans l’espoir d’en tirer de l’aide ; il n’existe aucune trace certaine de ce genre de chose, et les éléments internes, à mon avis, sont définitivement contre cette hypothèse.

§ 10. La première traduction anglaise est celle réalisée par le roi Ælfred, qui est particulièrement intéressante du fait que l’auteur royal s’écarte fréquemment de l’original et y introduit diverses notes, explications et allusions de sa propre initiative. Le chapitre d’ouverture, par exemple, est en réalité une préface donnant un bref récit de Théodoric et des circonstances qui ont conduit à l’emprisonnement de Boèce. Cette œuvre ne existe que dans deux manuscrits, aucun des deux n’étant ancien : le MS. Cotton, Otho A VI, et le MS. Bodley NE. C. 3.

11. Elle a été éditée trois fois : par Rawlinson en 1698, par J. S. Cardale en 1829, et par S. Fox en 1864. La dernière édition comprend une traduction anglaise moderne et fait partie des volumes de la Bibliothèque antiquaire de Bohn ; il s’agit donc d’une œuvre abordable et bon marché. De plus, elle contient une traduction en vers allitératifs de la plupart des mètres présents dans l’œuvre de Boèce (à l’exception des proses), traduction également attribuée à Ælfred dans une brève préface en vers ; mais savoir si cette attribution est fiable ou non est une question difficile, qui n’a pas encore été tranchée. Un résumé des arguments en faveur et à l’encontre de l’attribution à Ælfred se trouve dans le Grundriss zur Geschichte der angelsächsischen Litteratur de Wülker, p. 421-435.

§ 11. Je peux mentionner ici qu’il existe une copie manuscrite de cette œuvre de Boèce, en latin original, au Corpus Christi College de Cambridge, sous le numéro 214, qui contient un nombre considérable de gloses anglo-saxonnes. Une description de ce manuscrit, rédigée par le professeur J. W. Bright et moi-même, est publiée dans l’American Journal of Philology, vol. V, n° 4.

§ 12. La suivante, en termes de date, est la traduction de Chaucer ; j’aurai plus à dire à son sujet ci-dessous.

§ 13. En l’an 1410, on trouve une traduction en vers de l’ensemble du traité, attribuée par Warton (Hist. E. Poetry, § 20, éd. 1871, iii. 39) à John Walton, chapelain, ou John le Chapelain, chanoine d’Oseney. « Au British Museum », dit Warton, « il existe un manuscrit correct sur parchemin[11] de Walton… »

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traduction de Boèce ; et la marge est entièrement remplie du texte latin, écrit par le susmentionné Chaundler [c’est-à-dire Thomas Chaundler, entre autres fonctions doyen de la chapelle royale et de la cathédrale d’Hereford, chancelier de Wells, et successivement gardien des deux collèges de Wykeham à Winchester et à Oxford.] Il existe un autre manuscrit moins élégant dans la même collection[12]. Mais à la fin se trouve cette note :—« Explicit liber Boecij de Consolatione Philosophie de Latino in Anglicum translatus A.D. 1410, per Capellanum Ioannem. » C’est le début du prologue :—« In suffisaunce of cunnyng and witte[13]. » Et au sujet de la traduction :—« Alas, I wrecch, that whilom was in welth. » J’ai vu une troisième copie dans la bibliothèque de la cathédrale de Lincoln[14], et une quatrième au collège Baliol[15]. C’est la traduction de Boèce imprimée au monastère de Tavistock en 1525[16], et en strophes octosyllabiques. Cette traduction a été réalisée à la demande d’Elizabeth Berkeley.

Todd, dans ses Illustrations of Gower and Chaucer, p. xxxi, mentionne un autre manuscrit « en possession de M. G. Nicol, libraire de Sa Majesté », dans lequel la traduction ci-dessus est attribuée différemment dans le colophon, qui se termine ainsi : « translatus anno domini millesimo ccccxo. per Capellanum Iohannem Tebaud, alius Watyrbeche. » Ceci ne peut guère être exact[17].

Je peux noter ici que cette traduction en vers comporte deux prologues distincts. Un prologue donne un bref compte rendu de Boèce et de son époque, et il se trouve dans le manuscrit Gg. iv. 18 de la bibliothèque de l’université de Cambridge. Un extrait de l’autre est cité ci-dessous. Le manuscrit E Museo 53, de la bibliothèque Bodléienne, contient les deux.

§ 14. Quant à l’œuvre elle-même, le Mètre 1 du Livre I et le Mètre 5 du même sont imprimés en intégralité dans l’Altenglisches Lesebuch de Wülker, ii. 56-9. Dans l’un des prologues métriques de l’ensemble de l’œuvre se trouve le passage suivant, que je copie du manuscrit Royal 18 A xiii :—

« I have herd spek and sumwhat haue
y-seyne,

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De divers hommes[18], qui étonnent
subtilement,
En vers mesurés, et en prose
pleine,
Ce livre traduit a[19]
suffisamment
en langue anglaise, mot pour
mot, certes non[21] ;
Mais j’utiliserai autant d’ingéniosité que
j’en ai ;
Bien que je ne puisse pas le faire encore, pourtant –
grâce à Dieu, la phrase
je la sauverai.

À Chaucer, qui est la fleur de
la rhétorique
en langue anglaise, et poète excellent,
Ceci je le sais bien : rien je ne peux faire
de semblable,
Bien que j’essaie de créer quelque chose
de complet :
Et Gower, qui traite si habilement
comme dans son livre sur la morale,
Bien que je sois imparfait dans leur création,
Je ferai de mon mieux pour le montrer, c’est-à-dire en
moi.’

Il s’agit d’un hommage précoce à l’excellence de Chaucer et Gower en tant que poètes.

§ 15. Lorsque nous examinons plus attentivement la traduction de Walton, il devient rapidement évident qu’il s’est largement inspiré de la traduction en prose de Chaucer, qu’il gardait manifestement devant lui comme modèle de langue. Car

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Par exemple, dans le Livre II, Mètre V, ligne 16, Chaucer emploie l’expression : « tho weren the cruel clariouns ful hust and ful stille ». Celle-ci réapparaît dans l’une des lignes de Walton sous la forme : « Tho was ful huscht the cruel clarioun ». Il s’agit sans doute de poésie simplifiée.

Afin de montrer cela un peu plus en détail, je transcris ici toute la traduction de Walton de ce mètre, qui peut être comparée à la version de Chaucer aux pages 40 et 41 ci-dessous. J’indique en italique tous les mots communs aux deux versions, afin de mettre en évidence ce résultat curieux : Walton était ici plus redevable à Chaucer qu’Chaucer, lorsqu’il écrivait son poème « The Former Age », ne l’était à lui-même. Le manuscrit consulté est le manuscrit royal mentionné plus haut (page xvi).

Boèce : Livre II : Mètre V.

Traduction en vers par John Walton.

Quelle merveilleuse félicité il y avait
dans cette ère ancienne,
Lorsque les hommes mortels pouvaient se consacrer entièrement
à nourrir eux-mêmes[23]
sans aucune aide extérieure,
Avec les ressources que fournissent les champs fidèles[24] ;
Leurs faims étaient apaisées par des glands,
Et ainsi ils pouvaient utiliser leurs propres talents ;
Ils n’avaient pas encore essayé
de quelconque artifice ingénieux,
Comme celui de produire de l’or sans effort[25].

Pour obtenir du pourpre, ils ne pouvaient même pas penser
à utiliser la laine blanche teinte au poison tyrien ;

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Le fleuve rapide les a abreuvés de boissons,
Et un sommeil profond s’est emparé d’eux
sur l’herbe verte.
Les pins, si pleins de branches,
Étaient leur demeure, pour se protéger
des dommages.
On ne voyait là aucun navire sur la mer ;
Il n’y avait personne qui fît du commerce.

Ils n’aimaient pas naviguer vers le haut ni vers le bas,
Mais restaient là où ils étaient nés ;
Cependant, le vent cruel soufflait fort,
Car il n’y avait point de haine ni de sang versé,
Ni même d’armure tachée de sang ;
Car à cette époque, personne n’osait subir
de si terribles blessures qu’il ne pût les guérir,
Sans récompense, pour verser son sang.

J’aimerais que mon temps puisse certainement changer,
Et que des hommes sages demeurent toujours avec nous ;
Mais l’amour ardent pour la maison brûle intensément.

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Plus féroce que le vrai feu
de l’enfer.
Hélas ! qui était cet homme qui voulait
le séduire
avec de l’or et des pierres précieuses ainsi ornées[30],
qui fut le premier à s’en emparer ? Je ne peux le dire,
mais il aimait une perle[31] précieuse.

§ 16. Le manuscrit Auct. F. 3. 5, conservé à la Bibliothèque Bodléienne, contient une traduction en prose, différente de celle de Chaucer. Après celle-ci, la traduction suivante semble être celle de George Colvile ; Lowndes donne ainsi ce titre : « Boèce, De la consolation de la philosophie, traduit par George Colvile, alias Coldewel. Londres : chez John Cawoode ; 1556. 4°. » Cette œuvre fut dédiée à la reine Marie, réimprimée en 1561, puis encore, sans date.

Il existe une traduction non publiée, en hexamètres et autres mètres, au British Museum (MS. Addit. 11401), de Bracegirdle, sous le règne d’Élisabeth. Voir Warton, éd. Hazlitt, iii. 39, note 6.

Lowndes mentionne ensuite une traduction de J. T., imprimée à Londres en 1609, en 12°.

Une traduction « Anglo-latină, exprimée par S. E. M. » fut imprimée à Londres en quarto, en 1654, selon le Handbook to Popular Literature de Hazlitt.

Ensuite, une traduction en vers anglais par H. Conningesbye, en 1664, en 12°.

La suivante est décrite ainsi : « De la consolation de la philosophie, traduite en anglais et illustrée de notes par Son Honneur Richard (Graham), lord vicomte Preston. Londres ; 1695, 8°. Deuxième édition, corrigée ; Londres ; 1712, 8°. »

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Une traduction de W. Causton a été imprimée à Londres en 1730, en format 8vo.

Une traduction du révérend Philip Ridpath, imprimée à Londres en 1785, en format 8vo, est décrite par Lowndes comme « une excellente traduction accompagnée de notes très utiles, ainsi que d’une biographie de Boèce rédigée avec une grande précision et fidélité ».

Une traduction de R. Duncan a été imprimée à Édimbourg en 1789, en format 8vo ; et une traduction anonyme, qualifiée par Lowndes de « piètre réalisation », a été imprimée à Londres en 1792, en format 8vo.

Dans une liste d’œuvres que la Early English Text Society compte bientôt publier, on nous indique que « Mlle Pemberton a envoyé à l’impression son édition des fragments des traductions anglaises de la reine Élisabeth (conservés aux Archives nationales) tirés de Boèce, de Plutarque, etc. »

§ 17. Je reviens maintenant à l’examen de la traduction de Chaucer, telle qu’elle figure dans le présent volume.

Je ne pense pas que la question de la date probable de sa composition doive nous retenir longtemps. Elle est si manifestement liée à « Troilus » et au « House of Fame », auxquels elle n’a probablement pas précédé de longtemps, que nous ne pouvons guère nous tromper en la datant, comme indiqué ci-dessus, vers 1377-1380 ; ou, en chiffres ronds, vers 1380 ou un peu plus tôt. Je suis entièrement d’accord avec M. Stewart (Essai, p. 226) lorsqu’il affirme que « il est certainement très raisonnable de relier sa composition à ces poèmes qui contiennent le plus grand nombre de références et d’imitations de son original » ; et je ne vois aucune raison, contrairement au professeur Morley (English Writers, vol. 144), de l’attribuer à la jeunesse de Chaucer. Même M. Stewart est assez imprudent pour suggérer que la connaissance de Chaucer des œuvres du philosophe romain… remonterait à environ l’an 1369, date à laquelle il a écrit Le Deth of Blaunche. Lorsque nous demandons des preuves concrètes de cette affirmation, on nous renvoie simplement aux passages suivants de ce poème, à savoir : la mention de « Tityus (588) ; de Fortune la bienveillante (623) ; de Fortune la monstrueuse (627) ; de la capriciosité de Fortune et de sa roue tournante (634, 642) ; de Tantale (708) ; de l’esprit comparé à un parchemin vierge (778) ; et d’Alcibiade (1055-6) » ; voir l’Essai, p. 267. Dans chacun de ces cas, je considère que l’inférence est erronée, et que Chaucer a tiré tout cela

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Illustrations, d’occasion, tirées du Le Roman de la Rose. En fait, on les trouve toutes là-bas ; et je constate, après vérification, que dans la plupart des cas j’ai déjà donné les passages correspondants dans mes notes. Cependant, pour clarifier les choses, je les répète ici.

Livre Duch. 588. Cf. Comment li juisier Ticius
S’efforcent ostoir de mangier ;
Rom. Rose, 19506.
Si cum tu fez, las Sisifus, &c. ;
R. R. 19499.

Livre Duch. 623. La dispitouse debonaire,
Qui scorneth many a creature.

Je ne peux pas donner la référence exacte, car la description par Jean de Meun des diverses humeurs de la Fortune s’étend sur une longueur considérable. Chaucer reproduit l’impression générale que laisse la lecture du poème dans l’esprit. Cependant, voyez les vers 4860-62 du Le Roman :—

Que miex vaut asses et profite
Fortune perverse et contraire
Que la mole et la debonnaire.

Assurément « debonaire » chez Chaucer est plutôt français que latin. Voir aussi « debonaire » dans la version anglaise du Romaunt, vers 5412.

Livre Duch. 627. Elle est le monstres heed y-wryen,
Comme filth over y-strawed with floures.

Si di, par ma parole ovrir,
Qui vodrait un femier covrir
De dras de soie ou de floretes ; R. R. 8995.

Comme le deuxième des vers cités ci-dessus du Livre de la Duchesse est manifestement tiré du Le Roman, il est probable que le premier le soit également ; mais c’est

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C’est une tâche difficile de découvrir le mot précis « monstre » dans ce vaste poème. Cependant, je le trouve au vers 4917, en référence à la Fortune ; et sa roue se trouve non loin, six lignes plus haut.

B. D. 634, 642. La capriciosité de la Fortune est traitée par Jean de Meun sur une longueur intolérable, aux vers 4863-8492 ; et ailleurs également. Quant à sa roue, elle tourne constamment à travers ses vers ; voir les vers 4911, 5366, 5870, 5925, 6172, 6434, 6648, 6880, etc.

B. D. 708. Cf. Et de fain avec Tentalus ; R. R. 19482.

B. D. 778. Ce n’est pas tiré de Le Roman, ni de Boèce, mais du Remède de Fortune de Machaut, comme l’a indiqué il y a longtemps M. Sandras ; voir ma note.

B. D. 1055-6. Cf. Car le cors Alcipiades
Qui de biauté avoit adés...
Ainsi le raconte Boèce ; R. R. 8981.

Voir ma note sur ce vers ; et notez l’orthographe d’Alcipiades avec un p, comme dans les manuscrits anglais.

Nous voyons donc que tous ces passages (à l’exception du vers 778) sont en réalité tirés de Le Roman, sans parler de beaucoup d’autres déjà signalés par le Dr Köppel (Anglia, xiv. 238). Et, étant donné cela, nous pouvons conclure avec certitude qu’ils ne proviennent pas directement de Boèce. Nous pouvons donc en déduire que, très probablement, en 1369, Chaucer n’était pas très familier avec l’original latin de Boèce. Cela explique d’emblée le fait qu’il cite rarement Boèce directement, voire jamais, dans ses poèmes antérieurs tels que la Complainte à Pite, la Complainte de Mars, ou encore Anelida et Arcite, ou la Vie de sainte Cécile. Je ne vois aucune raison de penser qu’il ait étudié attentivement Boèce avant (disons) 1375 ; bien qu’il soit extrêmement probable, comme on l’a dit plus haut, que Jean de Meun l’ait inspiré à le lire, pour voir s’il valait vraiment la peine d’être traduit, comme le disait le poète français.

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§ 18. Lorsque nous examinons le style et la manière dont Chaucer a accompli sa tâche imposée à lui-même, nous devons d’abord tenir compte de la différence entre les méthodes d’étude de son époque et celles de la nôtre. Une grande différence est évidente, bien que souvent négligée : à cette époque, l’enseignement était presque entièrement oral, et l’étudiant devait compter sur sa mémoire dans une mesure qui serait aujourd’hui considérée par beaucoup comme extrêmement inconfortable. Supposons que, en lisant Boèce, Chaucer tombe sur la phrase « ueluti quidam clauus atque gubernaculum » (Livre III, proposition 12, note au vers 55) et ne se souvienne pas du sens de « clauus » ; que faire ? Il est certain, encore une fois souvent oublié, qu’il n’avait pas accès à un dictionnaire latin pratique et bien organisé, mais seulement à de tels glossaires imparfaits qui étaient en usage à l’époque. La seule ressource, à moins qu’il n’ait à portée de main un ami plus savant que lui, était de deviner. Il devine donc ; et, interprétant « clauus » comme signifiant à peu près la même chose que « clauis », il écrit dans sa traduction : « et il est comme une clé et un gouvernail ». De telles erreurs étaient presque inévitables ; et il ne doit pas nous surprendre outre mesure d’apprendre que l’« imprécision et l’inadéquation » de la traduction de Chaucer « ne sont pas celles d’un étudiant en latin inexpérimenté, mais plutôt celles de quelqu’un qui n’était pas du tout étudiant en latin », comme le dit M. Stewart dans son Essai, p. 226. Il est utile de garder cela à l’esprit, car un manque similaire de précision caractérise également les autres œuvres de Chaucer ; et nous ne devons pas toujours en déduire qu’une correction est nécessaire lorsque nous trouvons dans son texte une erreur curieuse.

§ 19. Le passage suivant de l’Essai de M. Stewart exprime si bien la situation que je n’hésite pas à le citer en détail. « Supposons (dit-il) un homme qui maîtrise suffisamment une langue pour la lire couramment sans prêter trop d’attention à la valeur précise des participes et des prépositions, qui possède l’esprit et la sagacité nécessaires pour saisir le sens de son auteur, mais qui ne dispose pas de la connaissance approfondie de son style et de sa manière d’écrire indispensable pour une appréciation juste de l’un ou de l’autre – et surtout s’il s’attaque à écrire dans une forme étrangère et peu familière – il produira assurément un résultat identique à celui obtenu par Chaucer.

« Nous devons maintenant jeter un coup d’œil (ajoute-t-il) au style littéraire de la traduction. Comme l’a observé Ten Brink, nous pouvons ici voir aussi clairement que dans n’importe quelle œuvre du Moyen Âge à quel point une culture riche est requise pour produire une bonne prose. »

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La versification, et non la prose, est le véhicule naturel pour l’expression de toute langue à ses débuts, et ce n’est certainement pas en prose que le génie de Chaucer se manifeste au mieux. Les contraintes du mètre lui étaient en effet comme des chaînes de soie, tandis que la liberté de la prose ne faisait qu’embarrasser ; tout comme un oiseau né et élevé en captivité, dont les habitudes sont toutes domestiques, se retrouve complètement désorienté lorsqu’il s’échappe de sa cage et doit compter sur ses propres ressources pour survivre. En lisant « Boèce », nous avons souvent l’impression de devoir nous arrêter et observer Chaucer livrer un combat désespéré contre une phrase difficile ; mais bien qu’il puisse sembler vaincu, avec son adversaire penché sur lui, il se relève aussitôt, niant sa défaite par une remarque qui nous fait douter que son adversaire ait vraiment eu le dessus. Mais un tel effort acharné, même lorsqu’il est couronné de succès, est étrange chez un écrivain dont l’un des principaux charmes est cette aisance délicieuse, cette absence totale d’effort avec laquelle il exprime ses meilleures idées. Il suffit de comparer les passages de Boèce dans la version en prose avec ceux qui réapparaissent dans les poèmes pour réaliser à quel point ils sont plus beaux dans leur forme versifiée. Que le lecteur prenne le soliloque de Troile sur la liberté de volonté et la prédestination (Livre IV, vers 958-1078) et le lise côte à côte avec le passage correspondant dans « Boèce » (Livre V, proses 2 et 3) : il ne pourra manquer de ressentir la supériorité du premier sur le second. Avec quelle clarté et quelle précision s’élucide l’argumentation, quelles sont la rigueur et la vigueur, tout en restant élégante, de la langue ! Il est regrettable que Chaucer n’ait pas fait pour tous les mètres de la « Consolation » ce qu’il a fait pour le cinquième du deuxième livre. Une perle isolée comme « L’Ère ancienne » nous fait désirer toute une série[32]. Parfois, que ce soit inconsciemment ou intentionnellement, il est difficile de le dire, sa prose glisse vers la versification :—

Il me plaît de montrer, par une chanson subtile,
Avec un son doux et délicat de cordes (Livre III, mètre 2, vers 1).

Quand la Fortune, de sa main droite fière (Livre II, mètre 1, vers 1)[33].

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Le lecteur devrait également consulter l’Histoire de la littérature anglaise de Ten Brink, livre IV, section 7. Je donne ici un extrait utile.

« Cette version est complète et fidèle sur tous les points essentiels. Chaucer n’avait d’autre but que de révéler, si possible entièrement, le sens de cette œuvre fameuse à ses contemporains ; et malgré de nombreux erreurs sur certains points, il a plutôt bien réussi à restituer le sens de l’original. Pour ce faire, il emploie souvent des tournures périphrastiques, ainsi que, pour expliquer les passages difficiles, des figures poétiques, des allusions mythologiques et historiques ; il incorpore même un certain nombre de notes dans son texte. Sa version devient ainsi quelque peu diffuse, et, dans l’état peu développé de la prose caractéristique de cette époque, souvent assez lourde à suivre. Mais elle ne manque ni de chaleur, ni même d’une certaine couleur... »

« Le langage de la traduction présente de nombreuses particularités : à savoir de nombreux latinismes, et même des idiomes romains en matière de synthèse, d’inflection ou de syntaxe, qui sont soit totalement absents, soit du moins très rares dans les poèmes de Chaucer. Le travail de cette traduction s’est avéré être une école pour le poète, grâce à laquelle ses capacités d’expression sont devenues non seulement plus élégantes, mais aussi plus autonomes ; et surtout, il a acquis une plus grande aptitude à exprimer des pensées de nature plus profonde. »

§ 20. La plupart des cas où la traduction de Chaucer est imprecise, maladroite ou insuffisante sont indiqués dans les notes. Je rassemble ici quelques exemples, dont beaucoup ont déjà été mentionnés par le Dr Morris et M. Stewart.

i. mét. 1. 3. « rendinge Muses » : « lacerae Camenae ».
« 20. unagreable dwellinges[34] » : « ingratas moras ».

i. pr. 1. 49. « til it be at the laste » : « usque in exitium » ; (voir cependant la note).

i. pr. 3. 2. « I took hevene » : « hausi caelum ».

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i. met. 4. 5. hete : « aestum » ; (voir la note). Ainsi encore, en met. 7. 3.

i. pr. 4. 83. pour nede of foreine moneye : « alienae aeris necessitate ».

i. pr. 4. 93. lykned : « astrui » ; (voir la note).

i. met. 5. 9. cometh eft ayein hir used cours : « Solitas iterum mutet habenas » ;
(voir la note).

ii. pr. 1. 22. entree : « adyto » ; (voir la note).

ii. pr. 1. 45. use hir maneres : « utere moribus ».

ii. pr. 5. 10. to hem that despenden it : « effundendo ».

« 11. to thilke folk that mokeren it : « coaceruando ».

« 90. subgit : « sepositis » ; (voir la note).

ii. met. 6. 21. la glose est fausse ; (voir la note).

ii. met. 7. 20. cruel day : « sera dies » ; (voir la note).

iii. pr. 2. 57. birefte awey : « adferre ». Ici le manuscrit C porte afferre, et Chaucer semble avoir transformé cela en ab-ferre.

iii. pr. 3. 48. foreyne : « forenses ».

iii. pr. 4. 42. many maner dignitees of consules : « multiplici consulatu ».

iii. pr. 4. 64. of usaunces : « utentium ».

iii. pr. 8. 11. anoyously : « obnoxius » ; (voir la note).

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29. d’une bête semblable au lynx : « Lynceis » ; (voir la note).

iii. pr. 9. 16. Es-tu celui qui a besoin de puissance, à qui rien n’est
manquant ? « An tu arbitraris quod nihilo indigeat egere potentia ? » À ce sujet, M. Stewart remarque que « il est facile de voir que indigeat et egere ont changé de place ». Pour moi, ce n’est pas tout à fait évident ; car les sens de m.e. nede et lakken sont très flous. Supposons que nous fassions changer leurs places, et lisons : — « Es-tu celui qui a manque de puissance, à qui rien n’est nécessaire ? » Cela peut être mieux, mais ce n’est pas entièrement satisfaisant.

iii. pr. 9. 39-41. que lui... s’il a besoin = s’il a besoin de quelque chose. Un passage très maladroit ; voir le latin cité dans la note.

iii. pr. 10. 165. le sommet suprême et la cause : « summa, cardo, atque caussa. »

iii. pr. 12. 55, 67. une clé : « clauus » ; et encore, « clauo. »

74. un joug de erreurs : « detrectantium iugum. »

75. le salut des choses obéissantes : « obtemperantium salus. »

iii. pr. 12. 136. ceux qui prouvent, en se référant à eux-mêmes, leur foi et leur accord, chacun par rapport à l’autre : « altero ex altero fidem trahente... probationibus. » (Pas bien exprimé.)

iii. met. 12. 5. les forêts, mobiles, pour courir ; et qui auraient formé les rivières, etc. : « Siluas currere, mobiles Amnes », etc.

iii. met. 17-19. Obscur et compliqué.

iv. pr. 1. 22. des méchants criminels : « facinorum. »

iv. pr. 2. 97. Jugement : « indicium » (lu à tort comme iudicium).

iv. met. 7. 15. vide : « immani » ; (lu à tort comme inani).

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v. pr. 1. 3. plein de dignité par autorité : « auctoritate dignissima. »

« 34. prince : « principio. »

« 57. l’abrégé des causes fortuites : « fortuiti caussae compendii. »

v. pr. 4. 30. par la grâce de la position (ou possession) : « positionis gratia. »

v. pr. 4. 56. comme nous le croyons : « quasi uero credamus. »

v. met. 5. 6. par un vol liquide : « liquido uolatu. »

§ 21. Dans le cas de quelques erreurs supposées, comme l’a souligné M. Stewart, il reste encore quelque chose à dire de l’autre côté. Je note les exemples suivants.

i. pr. 6. 28. Lat. « uelut hiante ualli robore. » Ici, M. Stewart cite la lecture du manuscrit A, à savoir « de telle sorte que la force de la palissade semble ouverte. » Mais le texte anglais dans ce manuscrit est corrompu. La lecture correcte est « palis chyning » ; où palis signifie palissade et traduit ualli ; et chyning est open signifie être grand ouvert, et se traduit par hiante.

ii. pr. 5. 16. Lat. « largiendi usu. » La traduction donne : « par l’usage de celui qui l’a accordé en grande abondance. » Je ne vois pas grand-chose d’anormal ; car le sens habituel de large en moyen anglais est généreux, prodigue, luxuriant. Bien sûr, nous ne devons pas substituer le sens moderne sans justification.

ii. pr. 5. 35. « de la dernière beauté » traduit le latin « postremae pulcritudinis ». À ce sujet, voir ma note à la page 431.

ii. pr. 7. 38. Lat. « tum commercii insolentia. » Chaucer écrit : « à cause du défaut d’usage et de commerce des marchandises. » Il n’y a pas grand-chose d’anormal ; mais le manuscrit A omet ce mot après unusage, ce qui rend bien sûr le passage absurde.

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ii. mét. 8. 6. Lat. « Ut fluctus auidum mare Certo fine coerceat. » Chaucer écrit :
« that the see, greedy to flowen, constreyned with a certein ende hise
floodes. » M. Stewart interprète « greedy to flowen » comme se référant à
« fluctus auidum ». Il me semble que ce n’était là que la première idée de
Chaucer pour ce passage, et qu’il a ensuite voulu traduire « fluctus » par
« hise floodes », mais a oublié de supprimer « to flowen ». Je ne défends pas cette traduction.

iii. pr. 11. 86. Lat. « sede ; » Eng. « sete. » C’est tout à fait correct. M. Stewart cite
la version anglaise comme contenant « feete », mais il s’agit là d’une lecture
corrompue, bien que présente dans le meilleur manuscrit. Quiconque connaît les
manuscrits médiévaux anglais devine facilement que « feete » est simplement une
copie erronée de « ſeete », avec un s long ; en effet, « sete » est la lecture des
éditions en caractères noirs. Il y a bien une erreur ici, mais elle n’est pas de l’auteur,
elle provient plutôt des copistes.

iv. pr. 6. 176. Lat. « quidam me quoque excellentior : » Eng. « a philosophre, the
more excellent by me. » L’usage du mot « by » en moyen anglais est ambigu ; il signifie
fréquemment « en comparaison avec ».

v. mét. 5. 14. Lat. « male dissipis : » Eng. « wexest yvel out of thy wit. » Dans ce cas,
« wexest out of thy wit » traduit « dissipis » ; et « yvel », qui est ici un adverbe,
traduit « male ».

Bien sûr, nous devons également tenir compte des variations du manuscrit latin de
Chaucer par rapport au texte habituellement reçu. Ici, nous sommes grandement aidés
par le manuscrit C, qui, comme expliqué ci-dessous, semble contenir une copie du
texte même qu’il a consulté, et aide à résoudre plusieurs points douteux.
Prenons deux exemples. Dans le Livre II, mét. 5. 17, Chaucer écrit « ne hade nat deyed yit
armures », tandis que le texte latin habituel dit « tinxerat arua ». Mais de nombreux
manuscrits portent « arma » ; et parmi ceux-ci, le manuscrit C en fait partie.

Encore une fois, dans le Livre II, mét. 2. 11, Chaucer écrit « sheweth other gapinges »,
alors que le texte latin habituel dit « Altos pandit hiatus ». Mais certains manuscrits
portent « Alios » ; et parmi ceux-ci, le manuscrit C en fait partie.

§ 22. Après tout, le principal intérêt de la traduction de Boèce par Chaucer réside
dans l’influence que ce travail a exercée sur ses œuvres ultérieures.

Page 33

en raison de la grande familiarité avec le texte qu’il acquit ainsi. J’ai montré que nous ne devons pas nous attendre à trouver une telle influence dans ses écrits les plus anciens ; et que, dans le cas du Livre de la Duchesse, elle l’a affecté par voie indirecte, par l’intermédiaire de Jean de Meun. Mais dans d’autres poèmes, à savoir Troilus, La Maison de la Fama, La Légende des bonnes femmes, certaines balades, ainsi que dans les Contes de Cantorbéry, l’influence de Boèce est fréquemment observable ; et nous pouvons généralement supposer que cette influence était directe et immédiate ; néanmoins, nous devrions toujours garder un œil sur Le Roman de la Rose, car Jean de Meun fut, de même, influencé dans une mesure non négligeable par cette même œuvre. J’ai souvent saisi l’occasion, dans mes Notes sur Chaucer, de souligner des passages de ce genre ; et je constate que M. Stewart, avec une diligence louable, s’est efforcé de fournir (dans l’Appendice B, après son Essai, p. 260) « Un index des passages chez Chaucer qui semblent avoir été suggérés par le De Consolatione Philosophiae ». Très utile, à cet égard, est la liste des passages dans lesquels Chaucer semble devoir quelque chose à Le Roman de la Rose, telle que fournie par le Dr E. Köppel dans Anglia, vol. xiv, p. 238-265. Une autre aide très utile est la comparaison entre Troilus et le Filostrato de Boccace, réalisée par M. W. M. Rossetti ; celle-ci prouve parfois, sans aucun doute, qu’un passage qui pourrait sembler être dû à Boèce est en réalité tiré du poète italien. Comme il semble être le lieu approprié pour présenter les résultats ainsi obtenus, j’en viens maintenant à les exposer, et je remercie chaleureusement les auteurs mentionnés ci-dessus pour l’opportunité ainsi offerte.

§ 23. Comparaison avec « Boèce » dans d’autres œuvres de Chaucer.

Troilus et Criseyde : Livre I.

365.[35] un miroir.—Cf. B. v. met. 4. 8.

638. douceur, etc.—B. iii. met. 1. 4.

730. Quoi ? sommeil profond comme dans un état de léthargie ?—Voir B. i. pr. 2. 14.

731. une flèche pour la harpe.—B. i. pr. 4. 2.

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786. Ticius.—B. iii. met. 12. 29.

837. La fortune est mon maître.—B. i. pr. 4. 8.

838-9. Que sa roue cruelle apporte aussitôt le malheur.—B. ii. pr. 1. 80-82.

840. Elle joue.—B. ii. met. 1. 10 ; pr. 2. 36.

841. Alors, blâmez la Fortune.—B. ii. pr. 2. 14.

846-7. Comme ses joies passent, ainsi ses peines doivent aussi passer.—B. ii. pr. 3. 52-4.

848-9. Car si sa roue laisse quelque chose en arrière, alors la Fortune cesserait d’exister.—B. ii. pr. 1. 82-4.

850. Maintenant, puisque sa roue ne peut en aucun cas s’arrêter, etc.—B. ii. pr. 2. 59.

857. Car celui qui veut obtenir de l’aide doit demander à son père.—B. i. pr. 4. 3.

1065-71. Car tout homme qui a une maison à fonder.—B. iv. pr. 6. 57-60.

Troïlus : Livre II.

*42.[36] On dit que chaque pays a ses lois.—B. ii. pr. 7. 49-51.
(Cette affirmation est douteuse. La phrase de Chaucer — on dit — montre qu’il cite un proverbe courant. « Ase fele thedes, as fele thewes », dit Hendyng. « Tant de gens, tant de coutumes. » — Ray. Autant de pays, autant de coutumes. — Hazlitt.)

526. Ô Dieu, qui, selon ta volonté, diriges par une juste disposition la vie de chaque homme.—B. iv. pr. 6. 149-151.

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766-7. Et qu’un nuage est poussé par le vent au vol,
Qui voile le soleil pendant un instant.
B. i. met. 3. 8-10.

Troïlus : Livre III.

617.[37] Mais ô, Fortune, exécutrice des destins,
Ô influences de ces cieux ici !
En vérité, sous Dieu, vous êtes nos gardiennes.
B. iv. pr. 6. 60-71.

624. La lune pâle avec ses cornes.—B. i. met. 5. 6.

813. Ô Dieu — quelle vanité si mondaine...
Elle est mêlée à tant d’amertume.—B. ii. pr. 4. 86, 87.

816. Plus serpentine que cela, Dieu sait — quelle condition
De prospérité trompeuse.
B. ii. pr. 4. 56.

820-833.—B. ii. pr. 4. 109-117.

*836. Il n’y a pas de véritable bonheur en ce monde-ci.
B. ii. pr. 4. 130.

1219. Et maintenant la douceur semble encore plus douce.—B. iii. met. 1. 4.

1261. Amour bienveillant, toi lien sacré des choses.—B. ii. met. 8. 9-11.

1625-8. À cause des adversités cruelles de la Fortune, etc.—B. ii. pr. 4. 4-7.

1691-2. Félicité.—B. iii. pr. 2. 55.

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1744-68. L’amour, celui de la terre et du ciel, a son pouvoir, etc.
B. ii. mét. 8. 9-11 ; 15, 16 ; 3-8 ; 11-14 ; 17, 18.

Troïlus : Livre IV.

*1-7. (Les changements de la Fortune, sa roue et son mépris). — B. ii. pr. 1. 12 ; mét. 1. 1, 5-10 ; pr. ii. 37. (Mais notez que les vers 1-3 sont en réalité tirés de Philostrate, Livre iii, stance 94 ; et les vers 6, 7 sont copiés du Roman de la Rose, 8076-9).

200. Nuage d’erreur. — B. iii. mét. 11. 7.

391. Ne faites confiance à personne pour trouver dans la Fortune
Une propriété particulière ; ses biens sont communs.
B. ii. pr. 2. 7-9 ; 61-2.

*481-2. (Répété du Livre III, 1625-8. Mais cette fois, il est copié de
Philostrate, Livre iv, stance 56).

503. Car assurément, c’est ainsi que va la mort, si l’on veut le dire :
Souvent appelée, elle apporte et termine la douleur.
B. i. mét. 1. 12-14.

*835. Et tout bonheur terrestre, à mon avis,
Est suivi à la fin par une tristesse qui le remplace.
B. ii. pr. 4. 90.

(Un exemple très douteux ; car le vers 836 est exactement identique à Prov. xiv. 13.
Le mot « remplace » est décisif ; voir ma note sur Cant. Ta. B 421).

958 ; 963-6. (Prédestination). — B. v. pr. 2. 30-34.

974-1078. (Nécessité et libre arbitre). — B. v. pr. 3. 7-19 ; 21-71.

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*1587. … C’est donc ce seigneur qui est celle de la Fortune, celle qui ne veut rien de sa richesse ; et elle n’intimide personne, si ce n’est les pauvres.
B. ii. pr. 4. 98-101.

(Notez cependant que le vers 1589 traduit en réalité deux lignes du Filostrato, Livre IV, stance 154.)

Troïlus : Livre V.

278. Et Phébus avec son char rose. — B. ii. met. 3. 1, 2.

763. Heureuse soit ma suffisance ! — B. iii. pr. 2. 6-8.

*1541-4. La Fortune, qui provoque cette permutation des choses, comme il lui est confié par l’action et la disposition du grand Jupiter.
B. iv. pr. 6. 75-77.

*1809. (L’allusion ici à la « septième sphère » n’a qu’un rapport lointain avec Boèce (IV, mét. 1, 16-19) ; car ce verset 259 est traduit de la Téside de Boccace, Livre XI, stance 1.)

Il semble donc que, pour ce poème, Chaucer ait utilisé B. i. mét. 1, pr. 2, mét. 3, pr. 4, mét. 5 ; ii. pr. 1, mét. 1, pr. 2, pr. 3, mét. 3, pr. 4, pr. 7, mét. 8 ; iii. mét. 1, pr. 2, mét. 2, pr. 3, mét. 11, 12 ; iv. pr. 6 ; v. pr. 2, pr. 3.

La Maison de la Renommée.

*535 (Livre II, 27). Tonnerre. (Cette allusion au coup de tonnerre est copiée de Machaut, comme indiqué dans ma note ; mais Machaut l’a probablement tirée de Boèce, I, mét. 4, 8 ; et il est curieux que Chaucer emploie « tour », et non « toun ».)

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730-746 (Livre II, 222-238). — Comparer B. III, prélude 11 ; en particulier 98-111. (Voir aussi Le Roman de la Rose, 16957-69 ; Dante, Purgatoire XVIII, 28).

972-8 (Livre II, 464-70). — B. IV, métaphore 1, 1-5.

1368-1375 (Livre III, 278-285). — Comparer B. I, prélude 1, 8-12.

*1545-8 (Livre III, 455-8). — Comparer B. I, prélude 5, 43, 44. (La ressemblance est très faible).

1920 (Livre III, 830). Une maison, que l’on appelle domus Dedali, que Laborintus a nommée ainsi. — B. III, prélude 12, 118.

Légende des bonnes femmes.

195 (p. 78). tonne. — B. II, prélude 2, 53-5.

*2228-30. (Philomèle, 1-3). — B. III, métaphore 9, 8-10. (Douteux ; car le même récit se trouve dans Le Roman de la Rose, 16931-6, qui est tiré de Boèce. Et Köppel note que le mot « Eternally » ne correspond à rien dans le texte latin, tandis qu’il correspond au français « Tous jours en pardurableté »).

POÈMES MINORS.

III. Livre de la Duchesse.

Toutes les citations de Boèce sont tirées de sources secondaires. Voir ci-dessus, p. xx, xxi.

V. Parlement des foules.

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*380. Ce hululement, froid, lourd, léger, [et] humide et sec, etc.—B. iii. pr. 11.
98-103.

(En pratique, une ressemblance fortuite ; ces vers proviennent en réalité d’Alanus, De Planctu Naturæ ; voir la note).

599. ... comme des oiseaux là-bas à la lumière ;
Le jour les aveugle, mais bien ils voient la nuit.
B. iv. pr. 4. 132-3.

IX. L’Âge ancien.

En partie tiré de B. ii. met. 5 ; voir les notes.

X. La Fortune.

1-4. Comparer B. ii. met. 1. 5-7.

10-12. Comparer B. ii. pr. 8. 22-25.

13. Comparer B. ii. pr. 4. 98-101.

*17. Socrate.—B. i. pr. 3. 20. (Mais en réalité tiré du Roman de la Rose,
5871-4).

25. Nul n’est misérable, si ce n’est lui-même.—B. ii. pr. 4. 79, 80 ; cf. pr. 2.
1-10.

29-30. Cf. B. ii. pr. 2. 17, 18.

31. Cf. B. ii. pr. 2. 59, 60.

33, 34. Cf. B. ii. pr. 8. 25-28.

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38. Yit halt thyn ancre.—B. ii. pr. 4. 40.

43, 44. Cf. B. ii. pr. 1. 69-72, et 78-80.

45, 46. Cf. B. ii. pr. 2. 60-62 ; et 37.

50-52. Cf. B. ii. pr. 8. 25-28.

57-64. Cf. B. ii. pr. 2. 11-18.

65-68. Cf. B. iv. pr. 6. 42-46.

68. Ye blinde bestes.—B. iii. pr. 3. 1.

71. Thy laste day.—B. ii. pr. 3. 60, 61.

XIII. Vérité.

2. Cf. B. ii. pr. 5. 56, 57.

3. Car hord a de la haine.—B. ii. pr. 5. 11.

3. et l’ascension de la tikelnesse.—B. iii. pr. 8. 10, 11.

7. Et la vérité délivrera. Cf. B. iii. met. 11. 7-9 ; 15-20.

8. Tempête-toi la nuit.—B. ii. pr. 4. 50.

9. celle qui tourne comme un bal.—B. ii. pr. 2. 37.

15. Celui qui est envoyé, reçois-le dans la buxumnesse.—B. ii. pr. 1. 66-68.

17, 19. Her nis non hoom. Cf. B. i. pr. 5. 11-15.

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18. Ensuite, le meilleur. — B. iii. pr. 3. 1.

19. Connais ton pays, regarde bien. — B. v. met. 5. 14, 15.

XIV. Gentillesse.

Pour une idée générale, voir B. iii. pr. 6. 24-38 ; met. 6. 2, et 6-10. Avec le vers 5, comparer B. iii. pr. 4. 25.

XV. Manque de constance.

Pour une idée générale, cf. B. ii. met. 8.

Canterbury Tales : Groupe A.

Prologue. 337-8. Pleyn delyt, etc. — B. iii. pr. 2. 55.

741-2. Les paroles doivent correspondre aux actes. — B. iii. pr. 12. 152.

Le Conte du Chevalier. 925. Que soit remerciée la Fortune, et sa roue trompeuse. — B. ii. pr. 2. 37-39.

1164. À qui donneras-tu des lois pour un amant ? — B. iii, met. 12. 37.

*1251-4. Cf. B. iv. pr. 6. 147-151.

1255, 1256. Cf. B. iii. pr. 2. 19 ; ii. pr. 5. 122.

1262. Un homme ivre, etc. — B. iii. pr. 2. 61.

1266. Nous cherchons ardemment le bonheur,
Mais nous nous trompons très souvent, en vérité.
B. iii. pr. 2. 59, 60 ; met. 8. 1.

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1303-12. Ô déesse cruelle, qui gouvernes, etc. — B. i. mét. 5. 22-26 ; iv. pr. 1.
19-26.

*1946. Le riche Crésus. Cf. B. ii. pr. 2. 44. (Mais cf. Monkes Ta. B. 3917,
et les notes.)

2987-2993[38]. Le premier mouvement, etc. — B. ii. mét. 8. 6-11. (Mais voir aussi
la Théside, Livre ix, stance 51.)

2994-9, 3003-4. — B. iv. pr. 6. 29-35.

3005-3010. — B. iii. pr. 10. 18-22.

3011-5. — B. iv. pr. 6.

Groupe B.

L’Histoire de l’homme de loi. 295-299. Ô premier mouvement, cruel firmament. Cf. B. i.
mét. 5. 1-3 ; iii. pr. 8. 22 ; pr. 12. 145-147 ; iv. mét. 1. 6.

481-3. Faites en sorte que cela aboutisse à un résultat certain. — B. iv. pr. 6. 114-117,
et 152-154.

813-6. Ô dieu puissant, si telle est ta volonté. — B. i. mét. 5. 22-30 ; iv. pr. 1.
19-26.

N.B. Les stances 421-7 et 925-931 ne sont pas de Boèce, mais du pape Innocent ; voir les notes.

L’Histoire de Mélibée. Il n’y a que trois parallèles suggérés entre cette histoire et celle de Boèce ; le premier est qualifié de douteux par M. Stewart, le troisième suit mot pour mot Albertano de Brescia ; et le deuxième est une affirmation trop générale. Il vaut mieux dire qu’on ne peut citer aucun exemple concret[39].

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Le Prologue du Moine. 3163. Tragédie.—B. ii. pr. 2. 51.

L’Histoire du Moine : Héraclès. 3285-3300.—B. iv. met. 7. 20-42. (Voir cependant
Sources des récits, § 48 ; vol. iii. p. 430.)

*3329. Grandement sage est celui qui sait se connaître lui-même. Cf. B. ii. pr. 4. 98-101.

3434. Car pour l’homme qui a des amis grâce au destin,
Le malheur fera de eux des ennemis, je le pense.
B. iii. pr. 5. 48-50.

3537. Mais oui, le destin a son doux venin.—B. ii. pr. 4. 86-7.

3587. Ainsi le destin peut gouverner et faire tourner sa roue.—B. ii. pr. 2. 37-39.

*3636. À ta roue trompeuse je dois toute ma peine.—B. ii. pr. 1. 7-10.

3653. Néron. Voir B. ii. met. 6 ; en particulier 5-16.

3914. Jules César. Personne ne doit compter longtemps sur sa faveur. B. ii. pr. 1. 48-
53.

3921. Crésus.—B. ii. pr. 2. 44-46.

3951. Tragédie.—B. ii. pr. 2. 51-2. (Voir 3163 ci-dessus.)

3956. Et voiler son visage brillant d’un nuage.—B. ii. pr. 1. 42.

L’Histoire du Prêtre. 4190. Celui qui nous gouverne tous comme en commun.—B. ii.
pr. 2. 61.

4424. Mais ce que Dieu a décrété ne doit pas être changé.—B. v. pr. 3. 7-10.

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4433. Si cette attente est digne des dieux, etc. — B. v. pr. 3. 5-15 ; 27-39 ; pr. 4. 25-34 ; etc.

Groupe D.

*100. La femme de Bath. Il n’a pas tous ses récipients en or. — B. iv. pr. 1. 30-33. (Mais cf. 2 Tim. ii. 20.)

170. Une autre tonne. — B. ii. pr. 2. 53.

1109-1116. « Gentillesse ». — B. iii. pr. 6. 24-38 ; mét. 6. 6, 7.

1140. Caucase. — B. ii. pr. 7. 43.

1142. Que le feu brûle et luit plus clairement. — B. iii. pr. 4. 47.

1170. Celui qui agit avec gentillesse est un homme gentil. — B. iii. mét. 6. 7-10.

1187. Celui qui vole est un pauvre misérable. — B. iii. pr. 5. 20-32.

1203. La pauvreté est un spectacle, à mon avis. — B. ii. pr. 8. 23-25, 31-33.

L’Histoire des frères. 1483. Pendant un certain temps, nous étions des instruments divins. — B. iv. pr. 6. 62-71.

L’Histoire du sommeil. 1968. Voici, toute chose qui existe en soi-même, etc. — B. iii. pr. 11. 37-40.

Groupe E.

L’Histoire des clercs. M. Stewart renvoie les vers 810-2 à Boèce, mais ces vers traduisent la phrase de Pétrarque — « Nulla homini perpetua sors est ». De même pour les vers 1155-1158, 1161 ; mais ces vers traduisent également la phrase de Pétrarque — « Probat ».

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Cependant, il nous permet aussi souvent d’être soumis à de nombreux et graves châtiments, non pas pour qu’il connaisse notre âme, qu’il connaissait déjà avant que nous soyons créés... J’attribuerais donc amplement à des hommes constants, quel qu’il soit celui qui supporte sans se plaindre pour son Dieu. Je ne trouve aucun indice montrant que Chaucer a été directement influencé par Boèce en écrivant cette histoire.

L’Histoire du Marchand. M. Stewart fait référence aux vers 1311-4 à Boèce, mais ils proviennent plus probablement d’Albertanus Brixiensis, Liber de Amore dei, fol. 30 a (comme l’a montré le Dr Köppel) : « Et merito uxor est diligenda, qui donum est Dei », suivi d’une citation de Proverbes xix, 14.

1582. a mirour—B. v. met. 4. 8.

1784. O famulier foo.—B. iii. pr. 5. 50.

1849. The slakke skin.—B. i. met. 1. 12.

1967-9. Were it by destinee or aventure, &c.—B. iv. pr. 6. 62-71.

2021. felicitee Stant in delyt.—B. iii. pr. 2. 55.

2062. O monstre, &c.—B. ii. pr. 1. 10-14.

Groupe F.

L’Histoire du Chevalier. *258. As sore wondren somme on cause of thonder. Cf. B. iv. met. 5. 6. (Un peu douteux.)

608. Alle thing, repeiring to his kinde.—B. iii. met. 2. 27-29.

611. As briddes doon that men in cages fede.—B. iii. met. 2. 15-22.

L’Histoire des Frankeleins. 865. Eterne god, that thurgh thy purveyaunce, &c.—B. i. met. 5. 22, 23 ; iii. met. 9. 1 ; cf. iii. pr. 9. 147, 148.

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879. Quel genre fait partie intégrante de ton œuvre ? — B. i. met. 5. 38.

886. Tout est pour le meilleur. — B. iv. pr. 6. 194-196.

1031. Dieu et gouverneur, etc. — B. i. met. 6. 10-14.

Groupe G.

La Première Histoire des Nonnes. Je pense qu’il est certain que cette ancienne histoire est complètement indépendante de Boèce. Le vers 114, cité par M. Stewart, provient de « Ysidorus » ; voir ma note.

La Histoire des Canons Yemannes. *958. Nous parlons de ce que nous aurions voulu avoir. — B. iii. pr. 9. 89-91. (Très douteux.)

Groupe H.

La Histoire des Maîtres. 160.

Nul ne peut embrasser
Ce qui, par la nature,
A été naturellement donné à une créature. — B.
iii. met. 2. 1-5.

163. Prends n’importe quel pont, etc. — B. iii. met. 2. 15-22.

Groupe I.

La Histoire des Personnes. *212. Une ombre a les traits de la chose dont elle est l’ombre, mais l’ombre n’est pas la même chose que celle dont elle est l’ombre. — B. v.
pr. 4. 45, 46. (Douteux.)

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*471. Celui qui se vante des bienfaits de la fortune est un véritable fou ;
car il arrive qu’un homme soit un grand seigneur le matin, mais qu’il devienne un esclave et un pauvre diable la nuit. — B. ii. met. 3. 16-18. (Je pense que c’est douteux ; marquez-le comme tel.)

472. Il arrive que les plaisirs d’un homme soient la cause de la grave maladie à cause de laquelle il meurt. — B. iii. pr. 7. 3-5.

§ 24. Il vaut la peine de voir quelle lumière est jetée sur la chronologie des Contes de Cantorbéry par une comparaison avec Boèce.

Tout d’abord, on peut remarquer que, parmi les contes mentionnés ci-dessus, rien ne montre que Le Conte des deux nonnes, Le Conte des clercs ou même Le Conte de Melibée fassent réellement référence à des passages de Boèce. Ils ont en fait pu être écrits avant que cette traduction ne soit réalisée. C’était certainement le cas pour Le Conte des deux nonnes ; et il n’est pas improbable que cela soit vrai pour les autres également.

Mais les contes suivants (dans leur version révisée) semblent être postérieurs à Boèce, à savoir Le Conte du chevalier, Le Conte du juriste et Le Conte des moines ; tandis qu’il est tout à fait certain que les contes suivants furent parmi les derniers écrits, à savoir Le Conte des prêtres nonnes, les trois contes du groupe D (la femme, le frère, le sommeil), Le Conte du marchand, Le Conte du page, Le Conte des Francs, Le Conte des chanoines jumeaux et Le Conte des maçons ; tous ces contes sont en vers héroïques et datent de après 1385.

Le cas du Conte du chevalier est particulièrement intéressant ; car les nombreuses références qu’il contient à Boèce, ainsi que les similitudes verbales entre lui et Troïlus, montrent que soit l’original Palamone et Arcite a été écrit juste après ces œuvres, soit (ce qui est plus probable) il a été révisé et est devenu Le Conte du chevalier à peu près à cette époque. Le lien entre Palamone et Arcite, Anélida et le Parlement des oiseaux, ainsi que l’introduction de trois strophes tirées de la Thébaïde vers la fin de Troïlus, rendent la première hypothèse peu probable ; tandis que, en même temps, nous sommes confirmés dans l’idée que le (révisé) Conte du chevalier a suivi Boèce et Troïlus à un intervalle très court, et qu’il fut en fait le premier des Contes de Cantorbéry à être…

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écrit expressément dans le but d’y être inséré, c’est-à-dire vers 1385-6.

§ 25. Les manuscrits.

Je dois maintenant expliquer les sources de la présente édition.

1. MS. C. = MS. Camb. II. 3. 21. Ce manuscrit, conservé à la bibliothèque de l’Université de Cambridge, est sans aucun doute le meilleur ; il a donc été pris comme base du texte. La partie en anglais a été imprimée par le Dr Furnivall pour la Chaucer Society en 1886 ; j’ai généralement fait appel à cette édition très utile[40]. Il s’agit d’un beau manuscrit in-folio, entièrement consacré à Boèce (De Consolatione Philosophiae) et à des commentaires sur celui-ci.

Il est divisé en deux parties distinctes, qui ont été reliées ensemble. La seconde partie comprend un long commentaire sur Boèce, au terme duquel on trouve le titre, à savoir : « Exposicio preclara quam Iohannes Theutonicus prescripsit et finiuit Anno domini MCCCIVJ viij ydus Iunii » ; c’est-à-dire un excellent commentaire, écrit par Johannes Teutonicus et achevé le 6 juin 1306. Ce vaste commentaire occupe 118 feuillets, en colonnes doubles.

La première partie du volume nous concerne davantage. Je la considère, à tous égards pratiques, comme la copie authentique. En effet, elle présente les particularités suivantes : elle contient l’intégralité du texte latin ainsi que la version anglaise de Chaucer ; et il est surprenant de constater que celles-ci sont écrites en chapitres alternés. Ainsi, le volume commence par le texte latin du Mètre 1, au terme duquel suit immédiatement, sur la même page, la traduction de Chaucer du Mètre 1. Viennent ensuite le Prose 1 en latin, suivi du Prose 1 en anglais ; et ainsi de suite.

De plus, si l’on examine le texte latin, il semble y avoir des raisons de penser qu’il représente fidèlement la version même que Chaucer a utilisée. Il abonde en notes marginales et en gloses, toutes en latin ; et ces gloses correspondent à celles de

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La version de Chaucer. Ainsi, pour prendre un exemple, les lignes suivantes se trouvent vers la fin du Livre III, chant 11 :—

« Nam cur rogati sponte recte[41]
censetis
Ni mersus alto uiueret fomes corde. »

Au-dessus de « rogati » est écrit le glosse « i. interrogato ».

Au-dessus de « censetis » est écrit « i. iudicatis ».

Au-dessus de « Ni » se trouve « i. nisi » ; au-dessus de « mersus alto », « i. latenter conditos » ; au-dessus de « uiueret », « i. vigeret » ; et au-dessus de « fomes », « i. radix veritatis ».

En plus de ces gloses, on trouve ici la note suivante :—« Nisi radix veritatis latenter conditus vigeret in abscondito mentis, homo non iudicaret recta quacunque ordinata interrogata. »

Lorsque nous passons à la version de Chaucer, nous constatons qu’il donne d’abord une traduction des deux vers, ainsi :—

« For wherefore elles demen ye of your owne wil the rightes, whan ye ben axed, but-yif so were that the norisshinge of resoun ne livede y-plounged in the depthe of your herte? »

Après cela, il ajoute, en guise de commentaire :—« This is to seyn, how sholden men demen the sooth of anything that were axed, yif ther nere a rote of soothfastnesse that were y-plounged and hid in naturel principles, the whiche soothfastnesse lived with-in the deepnesse of the thought. »

Il est évident qu’il a ici reproduit le sens général de la note latine citée ci-dessus. Ce qui manque principalement en latin, c’est l’expression « in naturel principles ». Mais il suffit de se référer à un passage un peu plus haut, et nous y trouvons la ligne—

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« Suis retrusum possidere thesauris. »

Au-dessus du mot retrusum est écrit i. absconditum ; et au-dessus de thesauris, i. naturalibus policiis et principiis naturaliter inditis. Il ne nous reste donc qu’à retenir les mots absconditum naturalibus ... principiis, et nous obtenons aussitôt la phrase manquante — « caché dans les principes naturels ». »

Ou bien, pour prendre un autre exemple frappant. Le livre IV, mètre 7 commence, dans le manuscrit, par ces lignes :

« Bella bis quinis operatus annis
Vltor attrides frigie ruinis,
Fratris amissos thalamos piauit. »

Au début, juste au-dessus, se trouve une note : « Istad metrum est de tribus exemplis : de Agamenone (sic) ; secundum de Vlixe ; tertium, de Hercule. »

Les gloses sont les suivantes : au-dessus de quinis, i. decim ; au-dessus d’attrides, Agamenon (sic) ; au-dessus de Fratris, s. Menelai ; et au-dessus de piauit, i. Vlixsendo (sic) purgauit : Troia enim erat metropolis Frigie. »

Si l’on se tourne vers la version de Chaucer, dans laquelle j’imprime les ajouts au texte en italique, on constate qu’elle se présente ainsi :—

« Le destructeur Attrides, c’est-à-dire Agamenon, qui a mené et poursuivi les batailles pendant dix ans, a récupéré et purifié, par la destruction de Troie, les chambres nuptiales perdues de son frère ; c’est-à-dire qu’il, Agamenon, a épousé Éléna, qui était l’épouse de son frère Menelaeus. »

On voit ainsi comment cela a été composé. Les orthographes Attrides et Agamenon[42] sont assez curieuses, puisqu’elles apparaissent à la fois dans la partie latine de ce manuscrit et dans la version de Chaucer. De même, Chaucer utilise le chiffre dix, correspondant à la glose decim, et non à la phrase textuelle bis quinis. Son explication de piauit est…

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La restauration et la purification dans le récit sont clairement dues à la glose « ulciscendo ». Sa substitution de « Troye » par « Frigie » est due à la glose : « troia enim erat metropolis Frigie ». Même le nom de son frère Menelaus correspond à « Fratris », c’est-à-dire « menelai ». Tout ce qui reste, comme étant entièrement de sa propre création, ce sont les mots « continuede », « recovered » et « wan ayein Eleyne ». Nous découvrons bientôt qu’en cent occasions, il traduit un seul verbe ou nom latin par deux verbes ou noms anglais, afin de rendre le sens plus clair ; c’est ce qui explique l’introduction des verbes « continuede » et « recovered ». Cette considération réduit la contribution supplémentaire de Chaucer à une simple mention du nom d’Eleyne, qui lui était bien sûr extrêmement familier.

De même, nous trouvons dans ce manuscrit l’original des gloses expliquant « coempcioun » (p. 11) ; celle de la « Glose » à la p. 15 ; celle de la « Glosa » à la p. 26 ; ainsi que la plupart des notes qui, à première vue, semblent être des ajouts faits par Chaucer lui-même[43].

En conséquence, face à toutes les difficultés, la première source à consulter est le texte latin de ce manuscrit particulier ; car on peut facilement en déduire qu’il a été conçu intentionnellement pour préserver à la fois la traduction de Chaucer et le texte original. Cela ne signifie pas pour autant qu’il soit toujours parfait, car il ne peut être qu’une copie du texte latin, et le scribe peut se tromper. En écrivant « recte » au lieu de « recta » (voir note à la p. xxxviii), il a certainement commis une erreur par inadvertance. La même erreur a été observée dans un autre manuscrit, à savoir le Codex Gothanus I.

Le seul inconvénient est le suivant : le manuscrit est tellement rempli de gloses et de notes marginales, dont beaucoup sont écrites en petits caractères serrés, qu’il est presque impossible de les consulter toutes. J’ai donc limité mes recherches à ces éléments uniquement dans les passages difficiles. Pour des commentaires supplémentaires sur ce sujet, je dois renvoyer le lecteur aux Notes.

Enfin, je peux observer que l’intention de conserver dans ce manuscrit tout l’apparat relatif au Boèce de Chaucer apparaît d’autant plus clairement grâce au fait curieux que, dans ce seul manuscrit, les deux poèmes de Chaucer étroitement liés à Boèce, à savoir « The Former Age » et « Fortune », y figurent réellement.

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inséré dans le corps même du texte, immédiatement après le Livre II, métrique 5. Ce lieu a bien sûr été choisi parce que L’Âge ancien est, dans une certaine mesure, une traduction en vers de cette métrique ; et Fortune y a été ajoutée parce qu’, étant fondé sur des extraits de plusieurs chapitres, il ne pouvait prétendre à une place précise qui lui serait propre.

Dans ce manuscrit, le texte anglais, tout comme le texte latin, présente quelques imperfections. Une telle imperfection apparaît dans certaines particularités orthographiques. Le scribe semblait avoir des habitudes de prononciation indiquant une plus grande familiarité avec l’anglo-français que avec l’anglais. La position difficile du son guttural gh dans neighebour semblait être trop difficile pour lui ; c’est pourquoi il a substitué ssh (= sh-sh) à gh, donnant ainsi l’orthographe neysshebour (Livre II, proposition 3, 24, note de bas de page ; proposition 7, 57, note de bas de page). Néanmoins, c’est le meilleur manuscrit et celui qui a le plus de valeur. Pour des remarques supplémentaires, voir la description de l’édition actuelle aux pages xlvi-xlviii.

2. Manuscrit Camb. Ii. 1. 38. Ce manuscrit appartient également à la bibliothèque de l’Université de Cambridge et a été écrit au début du XVe siècle. Il contient 8 cahiers complets de 8 feuillets chacun, ainsi qu’un cahier incomplet de 6 feuillets, soit au total 70 feuillets. La version anglaise y figure seule et occupe 68 feuillets, ainsi qu’une partie du recto du feuillet 69 ; le verso du feuillet 69 et le feuillet 70 sont vierges. Les derniers mots sont : « þe eyen of þe Iuge þat seeth and demeth alle thinges. Explicit liber boecij, &c. » D’autres traités, en latin, y sont joints, mais ils ne sont pas liés au texte principal. Les leçons de ce manuscrit coïncident très étroitement avec celles de II. 3. 21 et avec notre texte. Ainsi, en Mét. I, l. 9, on y trouve la leçon wyerdes, avec le glossaire s. fata, comme en II. 3. 21. (Le scribe a d’abord écrit wyerldes, mais le l est marqué pour être supprimé.) À la ligne 12, on y trouve emptid, tandis que le manuscrit Addit. porte emty ; et à la ligne 16, on y trouve nayteth, alors que le manuscrit Addit. indique à tort naieth. En raison de sa grande concordance avec le texte, je l’ai peu utilisé.

Il convient de noter que ce manuscrit (comme Harl. 2421) présente fréquemment des leçons correctes dans des cas où même le manuscrit décrit ci-dessus comporte des erreurs. Quelques exemples de ce genre sont donnés dans les notes. Par exemple, il contient la leçon wrythith au Livre I, métrique 4, 7, tandis que le manuscrit C porte le mot absurde writith, et le manuscrit A, wircheth. Dans la ligne suivante, on y trouve thonder-leit.

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Et il est très probable que « leit » soit le mot véritable, tandis que « light » n’est qu’une substitution ignorante ; car « leit » (correspondant à l’anglais ancien *lēget*, *līget*) est le mot médiéval anglais correct pour « éclair » ; voir les exemples dans Stratmann. Ainsi, encore une fois, au livre II, métre 3, verset 13, on lit « ouer-whelueth », comme dans les éditions en caractères noirs ; tandis que le manuscrit C transforme « whelueth » en « welueeth », et le manuscrit A donne l’orthographe « whelweth ». Au livre II, prose 6, verset 63, il conserve correctement le « I » après « may », bien que les manuscrits C et A l’omettent tous deux. Au livre II, prose 8, verset 17, on y trouve « wyndy », et non « wyndynge » ; et j’indique (dans la note à la page 434) que « windy » est finalement la lecture correcte, puisque le texte latin contient « uentosam ». Au livre III, métre 3, verset 1, il ressemble aux éditions imprimées par l’inclusion des mots « or a goter » après « river ». Au livre IV, prose 3, versets 47 et 48, il conserve les mots manquants : « peyne, he ne douteth nat þat he nys entecchid and defouled with ». Au livre IV, métre 6, verset 24, il présente la lecture correcte, à savoir « brethith ». Enfin, il conserve généralement le mot « whylom » là où le manuscrit décrit ci-après substitue le mot « somtyme ». Si des difficultés dans le texte suscitent des discussions futures, il est clair que ce manuscrit doit être consulté.

3. Le manuscrit A = manuscrit Addit. 10340, au British Museum. C’est le manuscrit qui a été publié en détail par le Dr Morris pour la Early English Text Society, et désigné par la lettre « A » dans mes notes de bas de page. Comme il est très accessible, je n’ai guère besoin d’en dire davantage. Il est moins correct que le manuscrit II, 3, 21 dans de nombreuses lectures, et son orthographe, dans l’ensemble, n’est pas aussi bonne. Ses omissions sont également plus nombreuses, mais il conserve parfois un passage que le manuscrit de Cambridge omet. Il est également imparfait, car il omet la prose 8 et le mètre 8 du livre II, ainsi que la prose 1 du livre III. Il a été collationné dans son intégralité, bien que j’aie généralement évité de citer de lui des lectures manifestement inférieures ou erronées. Je note une particularité en particulier : il substitue presque toujours le mot « somtyme » à « whylom » que l’on trouve dans d’autres copies ; or « whylom », dans ce traité, est un mot assez courant. La description du manuscrit donnée par le Dr Morris est reproduite ici.

« Le manuscrit supplémentaire a été écrit par un scribe qui ne connaissait pas la fonction du -e final. Ainsi, il l’ajoute aux prétérits des verbes forts qui ne l’exigent pas ; il l’omet dans les prétérits des verbes faibles où il est nécessaire, et l’attache aux participes passifs des verbes faibles, où il est superflu. Le scribe du manuscrit de Cambridge prend soin de conserver le -e final là où il est un signe (1) de la déclinaison définie de l’adjectif ; (2) de l’adjectif pluriel ; (3) du mode infinitif ; (4) du prétérit de

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Verbes faibles ; (5) de participes présents ; (6) de la 2e personne du prétérit indicatif des verbes forts ; (7) d’adverbes ; (8) d’une terminaison vocalique plus ancienne.

Le manuscrit Addit. contient fréquemment thilk (au singulier et au pluriel) et -nes (dans wrechednes, etc.), tandis que le manuscrit Camb. contient thilke (comme c’est habituel dans les Canterbury Tales) et -nesse.

La copie de Boèce se trouve aux folios 3-40. Au recto du folio 41 se trouve une copie de Truth de Chaucer, ainsi que la description de la « Personne », extraite du prologue des Canterbury Tales. L’autre face du feuillet est vierge. C’est en fait le manuscrit que j’indique par « At. », comme décrit dans l’introduction aux « Poèmes mineurs », volume I, p. 57.

4. Manuscrit Addit. 16165, au British Museum. C’est l’un des manuscrits de Shirley, celui que j’indique par « Ad. » et que j’ai décrit dans l’introduction aux « Poèmes mineurs », volume I, p. 56. Je pense que ce manuscrit a moins de valeur que le manuscrit A. (ci-dessus), et je ne l’ai donc pas collationné ; car même A. n’est pas une source très fiable.

5. Manuscrit Harl. 2421. Le catalogue Harleian le décrit ainsi : « Torq. Sever. Boèce : ses 5 Livres du Consolateur de la philosophie. Traduits en anglais. Sur vélin, 152 feuillets. XVe siècle. »

Un petit manuscrit in-quarto datant du milieu du XVe siècle. La première prose du livre I commence (comme le manuscrit A.) par les mots : « In þe mene while þat y stil recorded þese þinges ; » etc. C’est de là que proviennent les lectures marquées « H. » dans l’édition de Morris, pages 62-64. On y lit correctement writheth, wyndy, bretheth (voir page xlii).

6. Le célèbre manuscrit Hengwrt des Canterbury Tales (indiqué par « Hn. » dans les notes de bas de page de ce poème) contient une partie du Boèce de Chaucer. Voir le deuxième rapport de la Commission des manuscrits historiques, page 106.

7. Il existe également une copie dans un manuscrit appartenant à la bibliothèque de la cathédrale de Salisbury. Elle a été découverte par le Dr Wülker en 1875 ; voir l’Académie pour

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5 octobre 1875. Le livre I, strophe 1 a été imprimé, d’après ce manuscrit, par le Dr Wülker à Anglia, p. 273. Il ressemble au manuscrit A.

8. Dans la collection Phillips, le manuscrit n° 9472 est décrit comme « Le Livre de consolation de Boèce » et serait du XVe siècle. Je ne connais pas son contenu réel.

§ 26. Les éditions imprimées.

Caxton. Le Boèce de Chaucer a été imprimé pour la première fois par Caxton, sans date ; mais probablement avant 1479. Voir la description dans The Biography and Typography of W. Caxton, par W. Blades ; deuxième édition, 1882 ; p. 213. Une collation complète de ce texte avec le manuscrit A, telle qu’imprimée par Morris, a été publiée par L. Kellner, de Vienne, dans Englische Studien, vol. XIV, p. 1-53 ; j’en ai profité avec plaisir. Le texte correspond très étroitement à celui imprimé par Thynne en 1532, et ressemble davantage au manuscrit C qu’au manuscrit A.

Il convient peut-être de noter que les leçons du manuscrit C, telles qu’elles figurent dans la collation de Kellner, sont parfois incorrectes, car le manuscrit C n’avait pas encore été imprimé à cette époque, et ses leçons n’étaient connues de lui que grâce aux notes en bas de page de l’édition de Morris, qui ne sont pas exhaustives, mais ne mentionnent que les variations les plus importantes. On trouve, par exemple, une erreur curieuse mais naturelle dans sa note concernant la ligne 1002 de l’édition de Morris (Livre II, strophe 3, vers 14, p. 32, ligne 1), où le manuscrit C porte ȝeelde (= zeelde). Ce mot manque dans le manuscrit A, mais Morris l’a ajouté d’après C pour compléter le texte. C’est pourquoi la note indique : « [ȝeelde] — d’après C. », ce qui signifie que A omet ȝeelde, lequel est ajouté d’après C. Kellner a cru que cela voulait dire qu’A contient ȝeelde, tandis que C contient from. Cependant, les leçons d’A et celles de Caxton ont été données avec le plus grand soin et la plus grande précision ; et maintenant que C est également imprimé, les légères erreurs inévitables peuvent être facilement corrigées. Cette excellente œuvre m’a épargné beaucoup de tracas.

Il s’avère que le texte de Caxton est d’une grande valeur. Il a suivi un manuscrit (désormais perdu) qui, en certains endroits, est même plus exact que le manuscrit C. Ce qui suit

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Les lectures sont d’une grande importance, car elles corrigent les manuscrits C et A. (J’indique l’édition de Caxton par le symbole Cx.)

Livre I, strophe 4, vers 7 : Cx. writheth. (Cf. p. xlii ci-dessus, ligne 6.)

Livre I, strophe 4, vers 8 : Cx. thonder leyte[44].

Livre I, strophe 5, vers 26 : Cx. punisheth.

Livre I, strophe 5, vers 28 : Cx. on the nekkes.

Livre I, verset 6, vers 54 : Cx. funden (mais lire founden).

Livre I, verset 6, vers 65 : Cx. norissing. (Peut-être préférable à norisshinges, comme dans les manuscrits ; car le texte latin possède la forme au singulier fomitem.) Cf. Livre III, strophe 11, vers 27.

Livre II, verset 3, vers 59 : Cx. seeld (meilleur que selde). Il est clair que yelde dans le manuscrit A provient d’une lecture ȝelde, qui signifiait en réalité zelde, la forme méridionale de selde. Voir ci-dessous.

Livre II, strophe 3, vers 14 : Cx. selde (correctement). De même dans le Livre II, verset 6, vers 15.

Livre II, verset 6, vers 63 : Cx. may I most. (Les manuscrits C et A omettent I.)

Livre II, verset 8, vers 17 : Cx. wyndy (ce qui est correct ; voir la note, p. 434).

Livre III, verset 1, vers 26 : Cx. thyne (meilleur que thyn, comme dans Thynne).

Livre III, verset 10, vers 10 : Cx. denyed (ou lire deneyed).

Livre III, verset 10, vers 51 : Cx. that the fader. (Les manuscrits : that this prince.) La traduction de Caxton est plus proche ; le texte latin : patrem.

Livre III, verset 11, vers 116 : Cx. slepen.

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Bk. iii. pr. 11. 152. Cx. maistow (Thynne a « mayst thou ») ; le manuscrit C omet « thou » ; et le manuscrit A est défectueux.

Bk. iii. pr. 12. 143. Cx. Parménide.

Bk. iv. pr. 6. 52. Cx. être appelé.

Bk. iv. pr. 6. 188, 189. Cx. et certains estiment qu’ils ne peuvent pas y être mentionnés ici (faute d’impression pour « bere ») ; les manuscrits C et A omettent cette clause.

Bk. v. pr. 1. 9, 10. Cx. souiller ce qui appartient à autrui (où le premier « the » = « thee »).

Bk. v. pr. 3. 142. Cx. impetren.

En quelques endroits, le texte de Caxton est quelque peu plus complet que celui des manuscrits. Ainsi, dans le Bk. ii. pr. 3. 8, Cx. donne : « thei ben herd and sowne in eeres thei », etc. Or, le texte latin se contente de dire : « cum audiuntur ». De même, seulement 9 lignes plus bas (l. 17), Cx. insère « and ajuste » après « moeve » ; mais le texte latin ne contient que « admouebo ». Dans certains cas, il est plus proche du texte latin ; par exemple, dans le Bk. i. met. 3. 9, où Cx. a « kaue » (latin : antro), tandis que les manuscrits C et A ont la forme plurielle « kaues ». Dans le Bk. i. pr. 3. 41, où C. a la forme anglaise « Sorans », Cx. conserve la forme latine « Soranos ».

Il apparaît donc qu’une comparaison avec le texte de Caxton est très utile.

Thynne. L’édition de Chaucer de Thynne, imprimée en 1532, contient Boèce. Je soupçonne que Thynne a simplement réimprimé le texte de Caxton, sans consulter aucune autre source ; car il est difficile de détecter une quelconque différence, à part le fait que ses orthographe est un peu moins archaïque. Par conséquent, ce texte, par un heureux hasard, est extrêmement bon, et je me suis constamment référé à lui dans tous les cas difficiles. Les leçons tirées de cette édition sont indiquées dans les notes de bas de page par le symbole « Ed. ».

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Les versions ultérieures en caractères noirs ne sont que des réimpressions du texte de Thynne ; chacune d’elles est, comme d’habitude, un peu moins bonne que sa prédécesseure, en raison l’apparition d’erreurs d’impression et de formes ultérieures. J’ai consulté les éditions de 1550 (sans date) et de 1561. Peut-être l’édition la plus lisible est-elle celle de Chalmers, dans le volume I de ses British Poets, car elle est imprimée en caractères romains. Elle ressemble beaucoup à l’édition de 1561 et n’est donc pas très exacte.

§ 27. L’édition actuelle.

L’édition actuelle est, en pratique, la première dans laquelle la préparation du texte a fait l’objet d’une attention suffisante. L’édition de Caxton repose probablement sur un seul manuscrit, bien que très bon ; et toutes les éditions en caractères noirs ne font que reproduire le même texte, avec diverses erreurs nouvelles. L’édition du Dr Morris était malheureusement basée sur un manuscrit inférieur, comme il l’a découvert avant que l’impression ne soit achevée. Le texte du Dr Furnivall reproduit le remarquable manuscrit C, mais on s’est abstenue à juste titre de procéder à une collation, car son objectif était de présenter les orthographes exactes du manuscrit à l’intention des étudiants. Par conséquent, il existe plusieurs passages, dans ces deux éditions, qui ne donnent pas le meilleur sens ; en quelques endroits, ils sont moins exacts que les éditions en caractères noirs. Il constitue également un sérieux inconvénient pour le lecteur le fait qu’elles reproduisent, bien sûr intentionnellement et intégralement, les signes de ponctuation problématiques et obscurs des manuscrits.

Ayant ainsi clarifié la situation, j’ai saisi l’occasion d’introduire les améliorations suivantes. Le texte est basé sur le manuscrit C, certainement la meilleure source existante, qu’il suit dans l’ensemble de manière très fidèle. En même temps, il a été soigneusement collationné dans son intégralité avec le texte du manuscrit A, et (ce qui est encore plus important) avec les textes imprimés par Caxton et Thynne ainsi qu’avec le texte latin original (1) tel qu’il figure dans l’édition d’Obbarius (Iéna, 1843)[45] et (2) tel qu’il se trouve dans le manuscrit C. Ce dernier donne généralement les lectures exactes du manuscrit utilisé par Chaucer lui-même. En prenant ces précautions, j’ai apporté un nombre considérable de corrections nécessaires, de sorte que nous possédons désormais une approximation très proche du texte original tel qu’il est sorti des mains de Chaucer. Dans tous les cas où des amendements sont apportés, les différentes lectures sont indiquées dans les notes de bas de page, où ‘C.’ et ‘A.’ désignent les deux principaux manuscrits, et ‘Ed.’ désigne la première édition de Thynne (1532). Mais j’ai

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J’ai délibérément évité de remplir ces notes de bas de page de lectures inférieures qui sont certainement fausses. Certaines lectures tirées du remarquable manuscrit Ii. 1. 38 sont données dans les Notes ; j’aurais maintenant aimé pouvoir les comparer dans leur intégralité. J’ai introduit une ponctuation moderne. Comme je suis entièrement responsable ici, le lecteur est libre de la modifier, à condition d’en avoir la justification dans le texte latin.

Là où Chaucer a ajouté des mots et des expressions explicatives qui ne figurent pas dans le texte latin, je les ai imprimés en italique ; comme aux lignes 6, 7 et 18 de la page 1. Cependant, ces mots et expressions sont rarement originaux ; ils sont généralement traduits ou adaptés à partir de quelques-unes des gloses et notes latines abondantes dans le manuscrit C., comme expliqué plus haut, à la p. xxxviii.

J’ai également adopté un système de numérotation entièrement nouveau. Dans l’édition du Dr Morris, chaque ligne du texte imprimé est numérotée successivement, de 1 à 5219, qui est la dernière ligne du traité. Dans l’édition du Dr Furnivall du manuscrit C., une nouvelle numérotation commence à chaque page, de 1 à 32, 33, 34 ou 35. Ces deux méthodes sont complètement inutiles pour une référence générale. La bonne méthode de référence est celle de Tyrwhitt, à savoir traiter chaque chapitre séparément. Ainsi, une référence à « Bk. 1. met. 2 » s’applique à toutes les éditions ; mais j’ai en outre pris soin de numéroter les lignes de chaque chapitre pour plus de commodité. Ainsi, le mot acountinge apparaît dans Bk. i. met. 2. 10 : et même en faisant référence à une édition en caractères noirs, le numéro 10 est utile, car il montre que ce mot se trouve presque au milieu du mètre. La méthode habituelle de référence aux éditions par page est une solution extrêmement médiocre et inconfortable ; il est vraiment temps que les éditeurs apprennent cette leçon élémentaire. Malheureusement, certaines difficultés persisteront toujours quant à la numérotation des lignes des œuvres en prose, car la longueur de chaque ligne est indéterminée. Le chapitre le plus long, Bk. iv. pr. 6, compte ici 258 lignes ; le plus court, Bk. iii. met. 3, en a moins de 7.

J’ai également corrigé l’orthographe du manuscrit C. en de nombreux endroits, mais dans des limites très étroites. L’usage de la finale e dans ce manuscrit est extrêmement correct, et il a presque toujours été suivi, sauf indication contraire dans les notes. Mes corrections se limitent principalement au remplacement de yn par in, et de y court par i, dans des mots tels que bygynnen, pour

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que j’écris en majuscules ; la substitution de y pour le i long, comme dans whylom, alors que le manuscrit porte whilom ; l’usage de v pour le symbole u du manuscrit (lorsque c’est nécessaire) ; la substitution de sch ou ssh pour ss, lorsque le son visé est un double sh ; et la substitution de e et o pour ee et oo lorsque les voyelles sont manifestement longues en raison de leur position dans le mot. J’ai également substitué -eth et -ed au -eth ou -ith variable, ainsi qu’aux -ed, -id ou -yd du manuscrit. De telles modifications rendent le texte plus uniformément phonétique et beaucoup plus lisible, sans vraiment interférer avec les données textuelles. Les changements de nature plus importante sont dûment indiqués.

L’introduction de ces légères améliorations ne posera guère de problème au lecteur. Le problème venait plutôt de l’éditeur ; car j’ai constaté que le seul moyen satisfaisant de produire un texte vraiment bon était de le réécrire entièrement. Il semblait utile de disposer d’une édition critique utile de « Boèce » à des fins de référence générale, étant donné l’usage considérable que Chaucer lui-même fit de sa traduction en écrivant nombre de ses poèmes ultérieurs.

Toutes les notes sont nouvelles, au sens où aucune édition annotée du texte de Chaucer n’a paru jusqu’à présent. Mais beaucoup d’entre elles sont, nécessairement, copiées ou adaptées des notes relatives au texte latin dans les éditions de Vallinus et Valpy.

INTRODUCTION À TROILUS.

§ 1. Date de l’œuvre. La date probable est vers 1380-1382, et elle ne peut guère être antérieure à 1379 ni postérieure à 1383. Sans aucun doute, l’œuvre fut travaillée pendant une période considérable. Elle suivit certainement de près la traduction de Boèce ; voir p. vii ci-dessus.

§ 2. Sources de l’œuvre. La principale source suivie par Chaucer est le poème de Boccace intitulé Il Filostrato, en 9 parties ou livres de longueurs très variables, composé en ottava rima, c’est-à-dire en strophes contenant chacune huit lignes. J’ai utilisé la copie contenue dans les Opere Volgari di G. Boccaccio ; Florence, 1832.

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Grâce aux efforts assidus de M. W. M. Rossetti, qui a comparé ligne par ligne le Filostrato et le Troilus, et a publié les résultats de son travail pour la Chaucer Society en 1875, nous pouvons déterminer avec précision dans quelle mesure Chaucer doit son œuvre à Boccace pour cette histoire. Le Filostrato compte 5704 lignes ; le Troilus, quant à lui, 8239 lignes[46], si l’on ne tient pas compte des 12 lignes en latin imprimées plus bas, à la page 404. Nous obtenons donc le résultat suivant :

Total des lignes dans le Troilus : 8239
Adaptées du Filostrato : 2730 lignes, réduites à 2583
Part restante due à Chaucer : 5656

En d’autres termes, la dette de Chaucer envers Boccace représente moins d’un tiers du poème dans son ensemble ; plus des deux tiers doivent donc être attribués à d’autres sources. Mais même après avoir déduit tous les passages empruntés à d’autres auteurs, près de deux tiers restent pour lesquels Chaucer est seul responsable. Comme dans le cas du Knightes Tale, une étude approfondie montre que Chaucer est, en fin de compte, moins redevable à Boccace qu’il n’y paraîtrait à première vue lors d’une comparaison hâtive.

Comme il s’est avéré impossible de présenter intégralement les résultats de M. Rossetti, j’ai établi, de manière assez sommaire, des listes de passages parallèles, qui se trouvent dans les Notes, au début de chaque Livre ; voir les pages 461, 467, 474, 484, 494. Ces listes sont suffisamment précises pour permettre au lecteur, en général, de repérer les passages qui ne proviennent en aucun cas du Filostrato.

§ 3. J’ai également profité de l’occasion pour noter d’autres passages pour lesquels Chaucer doit son inspiration à d’autres auteurs. Parmi ceux-ci, on peut citer notamment les suivants. Au Livre I, les lignes 400-420 sont traduites du 88e sonnet de Pétrarque, qui est cité en détail à la page 464. Au Livre III, les lignes 813-833, 1625-9 et 1744-1768 proviennent toutes du deuxième livre de Boèce (Prose 4, 86-120 et 4-10, ainsi que Metre 8). Au Livre IV, les lignes 974-1078 sont tirées du Livre V de Boèce. Au Livre V, les lignes 1-14 et 1807-27 proviennent de diverses parties de la Teseide de Boccace ; et une partie du dernier strophe est

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d’après Dante. En raison de telles emprunts, nous pouvons soustraire encore environ 220 lignes au « solde » de Chaucer ; ce qui lui laisse encore près de 5436 lignes.

§ 4. Il va de soi qu’on comprendra facilement que, dans le cas de ces 5436 lignes, on trouve de nombreuses citations courtes et allusions, dont la plupart sont indiquées dans les notes. Ainsi, au Livre II, les lignes 402-3 proviennent d’Ovide, Art. Amat. ii. 118 ; les lignes 716-8 proviennent du Roman de la Rose[47] ; et ainsi de suite. Il n’est pas nécessaire de prêter une attention particulière à cela, car des indications similaires sont utilisées dans d’autres poèmes de Chaucer ; et, en fait, chez tous les autres poètes. Mais il existe un cas particulier d’emprunt, d’une importance considérable, qui sera examiné plus loin, au § 9 (p. liii).

§ 5. Il est cependant nécessaire de noter ici que, en prenant son histoire chez Boccace, Chaucer l’a si modifiée et adaptée qu’elle est devenue proprement la sienne ; exactement comme il l’a fait pour le Conte du Chevalier. Parfois, il traduit de manière très fidèle et même élégante, et parfois il ne retient qu’une simple indication tirée d’un long passage. Il développe ou condense son matériau selon son bon plaisir ; et même, dans certains cas, il change l’ordre des événements. Il est tout à fait clair qu’il s’est donné toute liberté.

Le point le plus important est qu’il n’a pas accepté les personnages des trois acteurs principaux, Troïlus, Criseyde et Pandare, tels que les a dépeints Boccace ; il n’a même pas accepté tous les événements qui expliquent leur comportement. Pandare n’est plus le cousin de Criseyde, un jeune et charmant chevalier, mais son oncle d’âge mûr, aux perceptions peu aiguisées quant à ce qui est moral et noble. En fait, le Pandare de Chaucer est une étude approfondie et parfaite du caractère, réalisée avec une maîtrise dramatique non inférieure à celle de Shakespeare, et digne de l’auteur du Préambule immortel des Contes de Canterbury. Je dois laisser à d’autres l’examen plus complet de ces points ; il n’est guère nécessaire de répéter en détail les remarques préliminaires de M. Rossetti, tandis que, si je commençais à les citer, je ne saurais guère où m’arrêter. Voir également Ten Brink’s English Literature, et Morley’s English Writers, vol. v.

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§ 6. On a observé que, bien que Chaucer ait lu avec soin deux des œuvres de Boccace, à savoir Il Filostrato et Il Teseide, et qu’il en ait fait un très bon usage, il ne mentionne jamais Boccace par son nom ; ce qui a suscité quelque surprise. Mais nous ne devons pas appliquer des idées modernes pour expliquer des faits médiévaux, comme on le fait si souvent. Lorsque l’on considère à quel point les manuscrits d’œuvres d’auteurs connus ne portent pas toujours le nom de l’auteur, il devient probable que Chaucer ait obtenu des copies manuscrites de ces œuvres sans indication du nom de l’auteur ; et bien qu’il en ait sans doute été conscient, il n’y avait aucune raison convaincante pour qu’il déclare sa dette envers quelqu’un qui ne suscitait encore aucun intérêt chez les Anglais. Même lorsqu’il fait référence à Pétrarque dans le Prologue du Clerc (E 27-35), il doit expliquer qui il était et informer les lecteurs de sa mort récente. À cette époque, il y avait beaucoup de laxité dans la manière de citer les auteurs.

§ 7. Cela nous aidera à comprendre les choses plus clairement si nous observons davantage la manière aléatoire dont les citations étaient souvent faites. Nous savons, par exemple, qu’aucun livre n’était plus accessible que la version vulgate de la Bible ; pourtant, il est très courant de trouver dans les références à celle-ci les erreurs les plus curieuses. L’auteur de Piers Plowman (texte B, iii. 93-95) attribue à Salomon un passage qu’il cite de Job, et (B. vii. 123) à saint Luc un passage de saint Matthieu ; et encore (B. vi. 240) à saint Matthieu un passage de saint Luc. Chaucer commet de nombreuses erreurs de ce genre ; je ne citerai ici que sa référence à Salomon (Cant. Tales, A 4330), en tant qu’auteur d’un passage de l’Ecclésiaste. Même dans les dictionnaires modernes, on trouve des passages cités de « Dryden » ou de « Bacon » sans autre commentaire, comme si la vérification d’une référence n’avait que peu d’importance. Cela peut nous aider à expliquer l’étrange allusion selon laquelle Zanzis serait l’auteur d’un passage que Chaucer devait savoir provenir de son Ovide préféré (voir note à Troil. iv. 414), alors qu’il était en même temps pleinement conscient que Zanzis n’était pas poète, mais peintre (Cant. Tales, C 16) ; cependant, dans ce cas, il s’agit probablement d’une plaisanterie délicieuse de notre auteur, puisqu’il ajoute que Pandarus parlait « pour le moment ».

Il y a un autre point concernant les citations médiévales qui ne doit en aucun cas être négligé. Elles étaient fréquemment tirées non pas des auteurs eux-mêmes, mais de cahiers de notes manuscrits contenant des centaines de passages choisis, provenant de toutes sortes d’auteurs, rassemblés par des compilateurs assidus. Ainsi

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J’ai fortement le soupçon que c’est Albertano de Brescia qui a permis à Chaucer de recopier d’aussi grandes quantités de citations, celles qu’il a tirées de lui dans son Conte de Melibeus. C’est ainsi que ceux qui empruntaient de tels livres de citations comptaient souvent sur leur mémoire solide pour se rappeler les mots d’une citation, mais oubliaient ou confondaient le nom de l’auteur ; ce qui était facile lorsque une douzaine de noms de ce genre figuraient sur chaque page. Un manuscrit de ce type est actuellement devant moi. Il contient de nombreux sujets classés par ordre alphabétique. Sous le titre Fortitudo, on trouve 17 citations qui y sont plus ou moins relatives, tirées d’Ambroise, Grégoire, Chrysostome et d’autres, toutes rassemblées en moins d’une page. C’est sans doute ainsi que Chaucer a pris connaissance des trois extraits d’Horace que j’examinerai bientôt. Il est évident que Chaucer n’a jamais vu les œuvres complètes d’Horace ; s’il l’avait fait, il aurait trouvé un écrivain à son goût et il l’aurait cité encore plus librement qu’Ovide. « Chaucer sur Horace » aurait été vraiment délicieux ; mais cet ouvrage lui a été refusé, tout comme à nous.

§ 8. Les premier et deuxième extraits d’Horace sont des citations usées. « Multa renascentur » se trouve dans Troil. ii. 22 (voir note, p. 468) ; et « Humano capiti » dans Troil. ii. 1041 (note, p. 472). Dans le troisième cas (p. 464), il n’y a aucune raison de hésiter à accepter la théorie, suggérée indépendamment par le Dr G. Latham (Athenæum, 3 octobre 1868) et par le professeur Ten Brink, selon laquelle la célèbre phrase (Epist. I, 2. 1) —

« Troiani belli scriptorem, maxime Lolli, »

a été mal interprétée par Chaucer (ou par quelqu’un d’autre qui l’a induit en erreur) comme signifiant que Lollius était le nom d’un écrivain sur la guerre de Troie. Ceux qui connaissent le mieux les pratiques de la littérature médiévale hésiteront le moins à adopter ce point de vue. Il est bien connu que les premières lignes d’un poème sont fréquemment citées hors de leur contexte, et répétées comme si elles étaient complètes ; et, aussi surprenant que cela puisse paraître aujourd’hui, il n’y a en réalité rien de très extraordinaire là-dedans.

Nous devrions également noter que Lollius n’était pour Chaucer qu’un simple nom, qu’il utilisait, à sa manière habituelle, comme une sorte d’ornement pratique ; car il est

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incohérent dans son utilisation de ce terme. Dans le Livre I, 394, « myn autour called Lollius » signifie en réalité Pétrarque ; tandis que dans le Livre V, 1653, bien que la référence soit faite au Filostrato, Livre VIII, stance 8, Chaucer voulait probablement simplement dire que Lollius était un auteur que le poète italien aurait pu suivre[48]. Voir ma note sur La Maison de la Fama, 1468, où ce nom apparaît pour la troisième fois. On peut également remarquer que, dans le Livre III, 1325, Chaucer témoigne de l’« excellence » de son « auctor ». L’affirmation, dans le Livre II, 14, selon laquelle il aurait tiré l’histoire « du latin » est moins utile qu’il n’y paraît ; car « latin » peut désigner soit le latin, soit l’italien.

§ 9. J’ai parlé (§ 4) d’un « cas particulier d’emprunt », que je propose maintenant d’examiner plus en détail. La découverte que Chaucer tirait principalement ses matériaux de Boccace semble avoir satisfait la plupart des chercheurs ; c’est pourquoi l’une des sources de Chaucer a été peu prise en compte, bien qu’elle soit en réalité assez importante. Je fais allusion à l’Historia Troiana de Guido delle Colonne[49], ou, comme Chaucer l’appelle correctement, Guido de Columpnis, c’est-à-dire Columnis (La Maison de la Fama, 1469). Les dettes de Chaucer envers cet auteur n’ont pas été suffisamment étudiées.

Lorsque, en 1889, j’ai publié La Légende des bonnes femmes avec une précision jamais atteinte auparavant, j’ai restitué la leçon manuscrite Guido à la place de Ouyde dans le vers 1396 de toutes les éditions antérieures, ce qui a fourni un indice concernant une nouvelle source pour certaines œuvres de Chaucer. Il est ainsi devenu clair que La Légende d’Hypsipyle et de Médée provenait principalement de cette source ; de plus, c’est de Guido que Chaucer tenait l’usage de Ilioun pour désigner la citadelle de Troie (La Légende des bonnes femmes, 936, et note). Dans Le Conte des prêtres, B 4331, comme l’a souligné Tyrwhitt il y a longtemps, le rêve d’Andromaque est tiré de Guido. Et je trouve dans les Études sur Chaucer de Lounsbury, ii. 315, la remarque significative mais insuffisante selon laquelle « c’est dans l’œuvre de Guido da (sic) Colonna que Chaucer a trouvé les exploits guerriers de Troïlus racontés en détail, le massacre qu’il a commis et la terreur qu’il a inspirée. » Nous en venons donc naturellement à la question : quels épisodes de Troïlus sont expressément dus à Guido ?

§ 10. Avant de répondre à cette question, il sera préférable d’examiner la célèbre difficulté relative au sens du mot Trophee.

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Lorsque Lydgate parle du Troilus de son maître, c’est-à-dire dans son prologue aux Chutes des princes, strophe 3, il dit que Chaucer

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« J’ai fait une traduction d’un livre intitulé Trophee, en langue lombarde, etc. »

Aucun livre ni aucun auteur ne sont aujourd’hui connus sous ce nom ; et, comme Chaucer devait beaucoup à Boccace dans ce cas, les critiques ont conclu que Trophee désignait soit Boccace, soit Filostrato ; cette conclusion a été étayée par des arguments si peu convaincants qu’il n’est pas nécessaire de les répéter. Mais il est très probable que Lydgate, qui ne semblait pas connaître d’italien[50], ait parlé de manière assez approximative ; et, comme Chaucer devait aussi en partie son inspiration à Guido, il est possible qu’il ait voulu parler de Guido.

Jusqu’à présent, je n’ai fait que formuler une supposition qui est en soi possible ; mais j’allais maintenant présenter ce que je considère comme une preuve raisonnable et solide à l’appui de cette hypothèse.

Nous trouvons encore une mention de Trophee, à savoir chez Chaucer lui-même ! Dans le Monkes Tale, B 3307, il dit à propos d’Hercule :

« Aux deux extrémités du monde, selon Trophee, à la place des frontières, il a érigé des piliers. »

D’où provient donc cette information ? Ma réponse est : de Guido.

§ 11. Si nous examinons les sources de l’histoire d’Hercule dans le Monkes Tale, nous constatons que tous les faits supposés, à l’exception de celui mentionné dans les deux lignes citées ci-dessus, sont tirés de Boèce et d’Ovide (voir les notes). La source d’information la plus évidente ensuite était l’œuvre de Guido, puisque le premier livre contient de nombreuses informations sur Hercule, et la légende d’Hypsipyle montre clairement que Chaucer en avait connaissance. Et bien que ni Ovide (dans la Métamorphoses, IX) ni Boèce ne fassent aucune allusion aux Piliers d’Hercule, ceux-ci y sont expressément mentionnés par Guido. Dans la traduction anglaise intitulée Gest Historiale of the Destruction of Troy, éditée par Panton et Donaldson (que j’appelle, pour simplifier, le livre allitératif sur Troie), au vers 308, on lit :

« Mais les merveilles qu’il a accomplies en ce monde sont ici bien connues dans tout le Christendom. Il a érigé deux piliers en un lieu bas, sur les terres de Gades, qu’il avait conquises. »

Et encore, plus loin, le texte latin indique : « Locus ille, in quo predicte Herculis columnae sunt affixe, dicitur in lingua Saracenica Saphy. » À cela s’ajoute que…

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Alexandre vint ensuite au même endroit.

Lorsque Lydgate, en traduisant Guido, arrive à ce passage, il dit :—

« Et des piliers qu’il érigea à Gades,
Ceux que Alexandre, roi de Macédoine,
Qui fut si digne ici dans sa vie,
Dans ses conquêtes, comme le veut Guido,
Avec toute son armée, alla visiter avec fierté...
Et ces frontières sont nommées d’après Héraclès, car c’est lui-même qui les a établies
Comme ses marques, pour que tous les autres puissent passer,
Comme le pense Guido » ;
etc.
Siège de Troie, éd. 1555, fol. B6.

Nous pouvons maintenant facilement voir que, lorsque Lydgate parle du livre « qui s’appelle Trophe en langue lombarde », il ne fait que copier le titre du livre de Chaucer, bien qu’il semble également avoir entendu quelque rumeur selon laquelle il serait ainsi nommé en Italie.

§ 12. Nous n’avons aucun moyen de savoir pourquoi ce livre en particulier a été ainsi nommé[51] ; mais cela ne remet pas en question le fait indiqué ici. Bien sûr, la note latine dans certains manuscrits du Monkes Tale, qui explique que « Trophee » fait référence à « illle vates Chaldeorum Tropheus », doit être due à une erreur, même si elle provient (comme c’est possible) de Chaucer lui-même. Il est probable que, lorsqu’on a écrit la première partie du Monkes Tale, Chaucer ne savait pas grand-chose de l’œuvre de Guido ; car le récit d’Héraclès apparaît dès le premier chapitre. Peut-être a-t-il confondu le nom de Tropheus avec celui de Trogus, c’est-à-dire Pompée Trogus, l’historien, dont l’œuvre est l’une des sources pour l’histoire de la monarchie assyrienne.

§ 13. Il me reste à souligner certains passages dans Troilus qui sont clairement dus à Guido et qui ne se trouvent pas du tout chez Boccace.

Livre I, 145-7 :—

« Mais les gestes des Troyens, tels qu’ils se sont déroulés,
Dans Homère, ou dans Dares, ou dans Dictée,
Celui qui le peut peut les raconter tels qu’ils
sont écrits. »

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La référence ici est simplement celle de l’histoire de Guido, d’où, et non de première main, Chaucer et ses lecteurs pouvaient facilement obtenir les informations nécessaires. Guido fait constamment référence à ces auteurs ; et, bien qu’il parle avec mépris d’Homère[52], il affirme avoir une grande confiance en Dares et Dytes, dont il cite fréquemment les noms comme étant ceux de ses meilleures sources[53].

Concernant la description de Troïlus aux vers 1072-1085, il est intéressant de comparer les mots de Guido dans le Livre VIII : « Troïlus vero, licet multum fuit corpore magnus, magis fuit tamen corde magnanimus ; animosus multum, set multam habuit in sua animositate temperiem ; dilectus plurimum a puellis cum ipse aliqualem seruando modestiam delectaretur in illis. In viribus et strenuitate bellandi uel fuit alius Hector uel secundus ab ipso. In toto eciam regno Troie iuvenis nullus fuit tantis viribus nec tanta audacia gloriosus[54]. » La seconde partie de cette description doit être comparée au Livre II, vers 157-161, où l’on trouve exactement l’expression « Hector le second » ; voir aussi les vers 181-189.

§ 14. Livre II, vers 618 : « Le navire... de Dardanos. » Les six portes de Troie sont nommées chez Guido, dans le Livre IV : « Quarum una Dardanides, secunda Tymbrea, tercia Helyas, quarta Chetas, quinta Troiana, vltima Anthenorides vocabantur. »

« Le premier et le plus beau des monts était Dardan. » Allit. Troy-book, l. 1557.

Lydgate conserve la forme « Dardanydes » ; chap. xi, fol. F 5.

§ 15. Livre IV, vers 204 : « Car il était ensuite allé dans la ville. » La trahison d’Antenor est racontée par Guido en détail ; voir le « Boke xxviii » du livre allitératif sur Troie, p. 364 ; Lydgate, Siege of Troye, Y 6, verso. Cf. Dictys Cretensis, liv. iv, ch. 22.

Livre IV, vers 1397, etc. : « Car Apollon et ses lois serviles, etc. » Guido donne plutôt un long récit de la manière dont Criseyde réprimanda son père Chalcas lors de leur rencontre. Chaucer ne dit rien à ce sujet dans le Livre V, vers 193, mais il y introduit ici un récit du même discours, nous indiquant que Criseyde avait l’intention de le prononcer ! Je cite du Livre XIX : « Sane deceperunt te Apollinis friuola responsa, a quo dicis te suscepisse mandatum vt tu paternas Lares desereres, et tuos in tanta acerbitate Penates[55] sic tuis specialiter hostibus adhereres. Sane non fuit ille deus Apollo, set, puto, fuit comitiua infernalium Furiarum a quibus responsa talia recepisti. » Cf. le livre allitératif sur Troie, 8103-40 ; et notez que Lydgate, dans son Siege of Troye, R 3, verso, omet le discours de Criseyde à son père, au motif qu’il est donné chez Chaucer. Pourtant de telles

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ce n’est pas le cas, à moins que nous ne permettions à ce passage actuel de le représenter. Au Livre V, 194, Chaucer (suivant Boccace) dit expressément qu’elle était muette !

Livre IV, 1695-1701. Cette dernière strophe n’est pas dans Boccace ; mais son sens général se trouve chez Guido, Livre XIX, où l’entretien se termine ainsi : « Set diei Aurora quasi superueniente uicina, Troilus a Brisaida in multis anxietatibus et doloribus discessit; et ea relicta ad sui palacii menia properauit. » À ce point, Lydgate nous renvoie à Chaucer ; Siege of Troye, fol. R 2, verso. Le Troy-book allitératif fait de même ; l. 8054.

§ 16. Livre V, 92-189. Ces quatorze strophes ne se trouvent pas dans Boccace. Le passage correspondant chez Guido (Livre XIX) est le suivant :

« Troilus et Troiani redeunt, Grecis eam recipientibus in suo commeatu. Inter quos dum esset Diomedes, et illam Diomedes inspexit, statim in ardore veneris exarsit et eam vehementi desiderio concupiuit, qui collateralis associando Brisaidam cum insimul equitarent, sui ardoris flammam continere non valens Brisaide reuelat sui estuantis cordis amorem; quam in multis affectuosis verbis et blandiciis necnon et promissionibus reuera magnificis allicere satis humiliter est rogatus. Set Brisaida in primis monitis, vt mulierum moris est, suum prestare recusauit assensum; nec tamen passa est quin post multa Diomedis verba, ipsum nolens a spera sua deicere verbis similibus dixit ei: “Amoris tui oblations ad presens nec repudio nec admitto, cum cor meum non sit ad presens ita dispositum quod tibi possim aliter respondere.” »

Livre V, 799-805[56]. La description de Diomède chez Boccace (Fil. VI, 33) est simplement la suivante :

« Il était grand et beau de figure,
Jeune, frais et très agréable,
Fort et féroce, comme on le dit,
Éloquent comme aucun autre Grec,
Et sa nature était inclinée à l’amour. »

Le récit chez Guido (Livre VIII) est le suivant : « Diomedes vero multa fuit proceritate, distensus amplo pectore, robustis scapulis, aspectu ferox; in promissis fallax; in armis strenuus; victorie cupidus; timendus a multis, cum multum esset iniuriosus; sermonibus sibi nimis impaciens, cum molestus seruientibus nimis esset; libidinosus quidem multum, et qui multas traxit angustias ob feruorem amoris. » Cf. Troy-book allitératif, ll. 3794-3803 ; Lydgate, Siege of Troye, fol. K 1, verso.

Livre V, 810. To gon y-tressed, etc. Peut-être suggéré par la remarque dans Guido (Livre XIX) selon laquelle les cheveux de Cressida étaient dénoués au moment de sa plus profonde tristesse : « aureos crines »

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il sépare ceux qui sont liés par la loi du lien par la peau de la tête de leur mère. Cf. IV. 736.

Livre V. 827-840. Boccace ne décrit pas Troïlus. La description que en donne Guido a déjà été citée ci-dessus ; voir les remarques sur le Livre I. 1072 ; p. lvi, lvii.

Livre V. 1002-4. Le passage correspondant chez Guido a déjà été cité, à savoir : « Tes offrandres d’amour, pour l’instant, je ne les refuse ni ne les accepte. » Voir les remarques sur l. 92 ; p. lviii.

Livre V. 1013. Évidemment tiré de Guido ; ce passage suit peu après celui qui a été cité précédemment. « Diomède l’accompagna jusqu’au moment où Briséis devait entrer dans les tentes de son père. Lorsqu’elle y arriva, il alla aussitôt à sa rencontre alors qu’elle descendait de cheval, et, sans que celle-ci s’en aperçoive, il lui subtilisa l’une des bourses[57] qu’elle portait à la main. Mais comme elle était seule présente, il dissimula ce vol en prétendant être un amoureux. »

Pour cet épisode concernant la gant, cf. allit. Troy-book, l. 8092.

Livre V. 1023-1099. Ce passage n’existe pas chez Boccace. Plusieurs indications semblent avoir été tirées de Guido, Livre XIX, d’où je cite ce qui suit.

« Ces heures du soir n’étaient pas encore arrivées, lorsque Briséis avait déjà échangé avec lui ses dernières volontés, » etc. « Et déjà l’amour noble de Troïlus commençait à s’affaiblir dans son esprit, et ainsi, soudainement devenu changeant, il variait en tout. Qu’y a-t-il donc dans ce qui est dit de la constance des femmes, » etc.

« Alors Diomède arriva sur-le-champ... qui se jeta soudain sur Troïlus, le fit tomber de son cheval, lui prenant son propre cheval, qu’il avait destiné par son messager spécial à Briséis pour une course[58], ordonnant à ce messager de dire à Briséis que c’était le cheval de son bien-aimé... Briséis, quant à elle, accepta joyeusement le cheval de Troïlus, et adressa ces mots au messager : « Dis à ton maître que je ne peux haïr celui qui m’a touchée avec une telle pureté de cœur... » [Diomède] s’approcha de Briséis et, la suppliant, l’incita à lui accorder sa faveur au milieu de nombreuses larmes. Mais elle, qui possédait une grande ruse, chercha à faire attendre Diomède par des stratagèmes habiles, afin de le tourmenter davantage avec le feu de l’amour et d’accroître encore l’intensité de son amour. Ainsi, Diomède ne nie pas son amour, mais il ne le promet pas non plus. »

À l. 1039, lire il, c’est-à-dire Diomède ; voir ma note sur cette ligne, p. 499.

À l. 1037, l’histoire désigne la Historia Troiana ; et à l. 1044, dans les autres histoires, elles-mêmes signifie « ailleurs dans la même Histoire ». Le passage (dans le Livre XXV) est le suivant :

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Suit :—

« Troilus, quant à lui, insulte alors l’amour de Brisaida pour Diomède par des paroles infâmes ; mais les Grecs éloignèrent Diomède... »

« Pendant ce temps, Brisaida, contre la volonté de son père, s’approche fréquemment du lit où gît Diomède, blessé par lui-même, afin de le voir ; et bien qu’elle sût qu’il avait été ainsi blessé par Troilus, son amant depuis longtemps, elle médita beaucoup dans son esprit ; et tandis qu’elle réfléchissait attentivement au fait qu’il ne lui restait aucune chance de se lier à Troilus, tout son cœur, tel que c’est propre aux femmes, changeant et instable, se tourna vers l’amour pour Diomède. »

Cf. Troy-book, ll. 9942-59 ; Lydgate, Siege of Troye, fol. U 4.

Livre V. 1558-60. Le meurtre perfide d’Hector par Achille se trouve chez Guido, vers la fin du Livre XXV. Voir ma note à l. 1558, p. 503.

Livre V. 1771. « Lire Dares. » Cela signifie simplement que Guido cite Dares comme source pour les exploits de Troilus. Au Livre XXV, on trouve :—« Scripsit enim Dares, quod illo die mille milites interfecit [Troilus] ex Grecis » ; cf. l. 1802 ci-dessous. Ainsi, dans l’allitératif Troy-book, ll. 9877-9 :—

« Comme Dares l’a bien rapporté,
Il tua, au milieu de la foule de chevaliers,
Ce jour-là, avec ses armes, les vaillants
Grecs. »

Ainsi Lydgate, Siege of Troye, fol. U 3, verso :—

« Et, comme l’écrit spécifiquement Dares,
Ce champion troyen tua ce jour-là mille chevaliers,
En allant et venant,
Comme l’indique mon auteur Guido ;
À part cela, je ne peux rien écrire de plus. »

C’est-à-dire qu’il ne connaissait Dares que par l’intermédiaire de Guido. En réalité, Dares (chap. 29, 31, 32) parle de « multos », et non de « mille ».

Livre V. 1849-1855. L’introduction de ce strophe est complètement irrelevante, à moins de se rappeler que, chez Guido, l’histoire de Troie est entièrement mélangée à des invectives contre l’idolâtrie. Au Livre X, on trouve un récit détaillé des dieux païens, les

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Un culte auquel on attribue l’instigation des démons. Voir le long récit dans le livre allitératif sur Troie, vers 4257-4531, qui se termine par la révélation par Apollon à Calcas de la chute imminente de Troie. Cf. Lydgate, Siege of Troye, fol. K 6. Bien sûr, cette idée de l’intervention des dieux dans les affaires des Grecs et des Troyens est en fin de compte due à Homère.

§ 17. Quant à l’affirmation de Guido selon laquelle Achille aurait tué Hector par traîtrise, il faut se rappeler à quel point cette thèse est importante pour lui. Son but était de glorifier les Troyens, prétendus ancêtres de la race romaine, et de dénigrer les Grecs. Le passage suivant tiré du Livre XXV de Guido est trop caractéristique pour être omis : « Ô Homère, qui dans tes livres as exalté Achille par tant de louanges et d’éloges, quelle raison plausible t’a poussé à te réjouir des mérites ou des titres d’une telle intégrité chez Achille ? » Telle était l’opinion générale à l’égard d’Homère aux XIIIe et XIVe siècles.

§ 18. Ce n’est pas ici le lieu d’examiner en détail la question relative aux sources d’information dont Boccace et Guido ont respectivement tiré leurs récits. Il n’est pas non plus utile de chercher dans les œuvres présumées de Dares et de Dictys les passages auxquels Chaucer semble faire référence ; car il ne connaissait ces auteurs que de nom, en raison des fréquentes citations de Guido à leur sujet. Néanmoins, il est intéressant de constater que Guido, tout comme Chaucer et Lydgate, ignorait au début tout savoir direct sur Dares et Dictys. Il acquit sa grande renommée de la manière la plus simple qui soit, en volant intégralement son « Histoire » à un roman français de Benoît de Sainte-More intitulé Le Roman de Troie, qui a été bien édité et discuté par M. A. Joly. M. Joly a montré que Le Roman de Troie est apparu pour la première fois entre les années 1175 et 1185 ; et que l’Historia Troiana de Guido n’est guère qu’une adaptation de celui-ci, achevée en l’an 1287, sans aucune mention de sa véritable source.

Benoît cite fréquemment Dares (ou Daires), et à la fin de son poème, vers 30095-6, il dit :—

« Ce que dist Daires et Dithis,
Nous l’avons ainsi retrouvé et mis. »

Dans son Hist. of Eng. Literature (édition E, ii. 113), Ten Brink remarque que, bien que Chaucer préfère suivre Guido plutôt que Benoît dans sa Legend of Good Women, il fait « exactement le contraire de ce qu’il a fait dans Troilus ». Je ne trouve que peu de preuves pour cette affirmation. Il est difficile de trouver dans le long roman de Benoît quelque chose qu’il n’aurait pas pu, beaucoup plus facilement, emprunter à Guido. Il existe cependant quelques points de ce genre dans le Livre V, vers 1037-1078. Ainsi, au vers 1038, Criseyde donne à Diomède le cheval de Troïlus ; cf. Benoît, vers 15046 — « lo cheval Vos presterai ». Le vers 1043 provient du même texte, vers 15102-4 :—

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« La main droite de son bras
Saine et fraîche, sans cicatrices
Elle fut placée à la place d’un drapeau. »

Les vers 1051-7 répondent au même texte, à partir du vers 20233 ; et le vers 1074 provient du même texte, au vers 20308 : — « Dex donge bien à Troylus ! » Je doute qu’il y ait beaucoup plus.

Pour en savoir davantage sur les œuvres attribuées à Dares Phrygius et à Dictys Cretensis, toutes deux éditées dans la série « Delphin Classics », je dois renvoyer le lecteur au Classical Dictionary de Smith.

§ 19. Toute la question des divers romans anciens relatifs à Troie est bien abordée dans une œuvre intitulée « Testi Inediti di Storia Trojana, preceduti da uno studio sulla Leggenda Trojana in Italia, par Egidio Gorra ; Turin, 1887 » ; on y cite diverses sources et on y donne des extraits de plusieurs textes. À la page 136 figurent les mêmes vers du Roman de Benoît (vers 795-6), où Guido trouve une référence aux colonnes d’Hercule : —

« Et les bonnes îles furent plantées
Là où Alexandre les trouva. »

Il a quelque peu développé cette idée, probablement parce qu’il portait un intérêt personnel aux « colonnes », en raison de leur lien avec son propre nom — « delle Colonne ». Je pense que l’idée selon laquelle Alexandre aurait trouvé les colonnes d’Hercule provient d’une grave erreur géographique. Hercule avait érigé ses colonnes « au bout du monde », c’est-à-dire au détroit de Gibraltar, tandis qu’Alexandre en avait érigé d’autres « à l’autre bout du monde », c’est-à-dire au point le plus éloigné de l’Inde qu’il réussit à atteindre. C’est ce que dit son roman ; voir Alexander and Dindimus, éd. Skeat, vers 1137 ; Wars of Alexander, vers 5063. L’installation de colonnes comme bornes frontalières semblait être une pratique courante ; cf. Virgile, Énéide, XI, 262. Parmi les points soulignés par Gorra, je peux citer les suivants : —

1. Un bref compte rendu (page 7) de l’Ephemeris Belli Troiani de Dictys Cretensis, qui, prétendument, accompagna Idoménée à la guerre de Troie. Achille y est décrit en couleurs sombres ; il est perfide envers Agamemnon, tombe amoureux de la princesse troyenne Polyxène et tue Hector par ruse. Il s’agissait apparemment d’une œuvre de fiction, ne reposant sur aucun texte grec original.

2. Un bref compte rendu (page 17) de l’Historia de Excidio Troiae de Dares Phrygius, œuvre qui (prétendument) aurait été découverte par Cornelius Nepos. Selon la plupart des critiques, il s’agissait également d’une œuvre originale. À la page 115, on trouve une comparaison des

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listes des chefs grecs et du nombre de leurs navires (cf. Homère, Ill. II) telles que données par Dares, Benoît et Guido.

3. À la p. 123, on trouve une énumération des points où Guido diffère de Benoît.

4. À la p. 152, il est question de certaines versions en prose italiennes de l’histoire de Troie. On y trouve : La Istorietta Trojana, avec des extraits à la p. 371 ; un roman de Binduccio dello Scelto, avec des extraits relatifs à « Troïlos et Briséis » à la p. 404 ; une version de Guido par Mazzeo Bellebuoni, avec des extraits relatifs à « Pâris et Hélène » à la p. 443 ; une version anonyme, avec des extraits relatifs à « Jason et Médée » à la p. 458 ; une version en dialecte vénitien, avec des extraits relatifs à « Hector et Hercule » à la p. 481 ; une autre version anonyme, avec des extraits à la p. 493 ; et La « Fiorita » d’Armannino, Giudice da Bologne, avec des extraits à la p. 532.

5. À la p. 265, il est question des versions poétiques italiennes, à savoir Enfances Hector, Poema d’Achille, Il Trojano de Domenico da Montechiello, Il Trojano a stampa (c’est-à-dire une édition imprimée d’Il Trojano), et L’Intelligenza. À la p. 336, on discute de Filostrato de Boccace, suivi d’une brève notice sur un poème anonyme, également en ottava rima, intitulé Il cantare di Insidoria. Il semble que Boccace se soit inspiré d’une certaine révision du texte français de Benoît, mais une grande partie de l’œuvre est son propre invention. En particulier, il a créé le personnage de Pandare, qui ressemble à un courtisan napolitain de son époque.

Les extraits les plus intéressants fournis par Gorra sont ceux tirés de Binduccio dello Scelto ; à la p. 411, on trouve l’épisode où Diomède s’empare de la gantière de Briséis, suivi de l’entretien entre Briséis et son père Calcas. À la p. 413, Diomède renverse Troïlos, lui prend son cheval et le envoie à Briséis, qui le reçoit gracieusement ; et à la p. 417, Briséis offre à Diomède sa manche en signe d’amour, après quoi a lieu un « tournoi » entre Diomède et Troïlos, au cours duquel le premier est gravement blessé.

Pour des remarques supplémentaires, on se référera en particulier à Dictys-Septimius de H. Dunger : über die ursprüngliche Abfassung und die Quellen der Ephemeris belli Troiani ; Dresde, 1878 (Programm des Vitzthumschen Gymnasiums) ; à un autre essai du même auteur sur Die Sage vom trojanischen Kriege, Leipzig, 1869 ; à Dictys und Dares de Koerting, etc., Halle, 1874 ; à Benoît de Sainte-More et le Roman de Troie d’A. Joly, Paris, 1871 ; ainsi qu’à un article de C. Wagener sur Dares Phrygius, dans Philologus, vol. xxxviii. L’étudiant peut également consulter Die Auffassung der Antike bei Jacques Millet, Guido de Columna, und Benoît de Ste-More d’E. Meybrinck, publié dans Ausgaben und Abhandlungen aus dem Gebiete für Romanischen Philologie, Marbourg, 1886.

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où l’auteur conclut que Millet fut l’originateur de l’histoire en France. Voir aussi W. Greif, Die mittelalterlichen Bearbeitungen der Trojanersage ; Marbourg, 1886.

§ 20. Quelques mots peuvent être dit au sujet des noms des personnages. Troïlus n’est mentionné qu’une seule fois chez Homère, où il est dit être l’un des fils de Priam, tués au combat, Iliade, XXIV, 257 ; donc son histoire est une invention médiévale, sauf pour le fait que son meurtrier est Achille, comme le rapporte Virgile, Énéide, I, 474, 475 ; cf. Horace, Carmina, II, 9, 16. Pandare apparaît comme le nom de deux personnages distincts : (1) un archer lycien qui a blessé Ménélas ; voir Homère, Iliade, IV, 88, Virgile, Énéide, V, 496 ; et (2) un compagnon d’Énée, tué par Turnus ; voir Virgile, Énéide, IX, 672, XI, 396. Diomède est un héros bien connu dans l’Iliade, mais son histoire d’amour est une invention récente. L’héroïne du poème de Benoît est Briséis, à propos de qui Dares (vers 13) ne donne que le bref récit suivant : « Briseidam formosam, alta statura, candidam, capillo flauo et molli, superciliis junctis [59], oculis venustis, corpore aequali, blandam, affabilem, verecundam, animo simplici, piam » ; mais il ne rapporte rien de plus à son sujet. Le nom est simplement copié de Βρισηΐδα d’Homère, Iliade, I, 184, l’accusatif étant pris (comme souvent) pour un nouveau cas nominatif ; cette Briséis était la captive assignée à Achille. Mais Boccace substitue à cela la forme Griseida, tirée de l’accusatif de Chryseïs d’Homère, mentionnée deux lignes plus haut, Iliade, I, 182. Pour cette forme italienne, Chaucer substitua Criseyde, une forme trisyllabique, avec le « ey » prononcé comme dans « prey ». Il a probablement été conduit à cette correction en observant la forme Chryseïs chez son auteur préféré, Ovide ; voir Remed. Amoris, 469. Calcas, dans l’Iliade, I, 69, est un prêtre grec ; mais dans l’histoire ultérieure, il devient un devin troyen qui, prévoyant la destruction de Troie, passe du côté des Grecs et est considéré comme un traître. Cf. Virgile, Énéide, II, 176 ; Ovide, Ars amandi, II, 737.

§ 21. Dans Anglia, XIV, 241, on trouve une comparaison utile, réalisée par le Dr E. Köppel, entre les passages parallèles dans Troïlus et le roman français La Rose, éd. Méon, Paris, 1814, que j’appellerai « R. ». Ceux-ci sont pour la plupart indiqués dans les Notes. La liste de Köppel est la suivante :—

Troïlus. I, 635 (cf. III, 328). — Rom. Rose, 8041, 637. — R. 21819, 747. — R. 7595, 810. — R. 21145, 969 — R. 12964.

II, 167. — R. 5684, 193. — R. 8757, 716. — R. 5765, 754. — R. 6676, 784 (cf. III, 1035). — R. 12844, 1564. — R. 18498.

III, 294. — R. 7085, 328 ; voir I, 635, 1035 ; voir II, 784, 1634. — R. 8301.

IV, 7. — R. 8076, 519. — R. 6406, 1398. — R. 6941.

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V. 365.—R. 18709.

Certaines ressemblances sont seulement légères ; mais d’autres sont évidentes. Les numéros font référence au début d’un passage ; parfois, les lignes vraiment identiques se trouvent un peu plus loin.

Les passages parallèles communs à Troilus et à Boèce sont indiqués ci-dessus, aux pages xxviii–xxx.

Un traité excellent et exhaustif sur la langue de Troilus de Chaucer, rédigé par le professeur Kitteredge, est actuellement (1893) imprimé pour la Chaucer Society. Un index des rimes du même ouvrage, compilé par moi-même, a été publié pour cette même société en 1891.

§ 22. J’ai fréquemment fait allusion ci-dessus au « Troy-book » ou « Gest Historiale », en allitération, édité pour la Early English Text Society, entre 1869 et 1874, par Panton et Donaldson. Cet ouvrage est utile comme référence, car il s’agit d’une traduction assez fidèle de Guido, bien que légèrement imparfaite en raison de la perte de quelques feuillets et de quelques omissions mineures (probablement) de la part du scribe. Il est divisé en 36 livres, qui correspondent presque entièrement aux livres dans lesquels le texte original est divisé. Les passages les plus importants pour une comparaison avec Troilus sont les lignes 3922–34 (description de Troilus) ; 3794–3803 (Diomède) ; 7268–89 (combat entre Troilus et Diomède) ; 7886–7905 (Briseïs et son renvoi de Troie) ; 8026–8181 (tristesse de Troilus et de Briseïs, son départ, ainsi que les entretiens entre Briseïs et Diomède, et entre elle et Calchas, son père) ; 8296–8317 (Diomède capture le cheval de Troilus et le présente à Briseïs) ; 8643–60 (mort d’Hector) ; 9671–7, 9864–82, 9926–9 (actes de Troilus) ; 9942–59 (Briseïs rend visite au Diomède blessé) ; 10055–85, 10252–10311 (actes de Troilus et sa mort) ; 10312–62 (réprimande adressée à Homère pour ses affirmations fausses).

À la ligne 8053, on trouve cette remarquable allusion : parlant de Briseïs et de Troilus, le traducteur dit :—

« Qui voudrait en savoir davantage sur leur douleur,
Qu’il se tourne vers Troilus, et qu’il y trouve suffisamment ! »

C’est-à-dire que quiconque souhaite en savoir plus sur leur peine doit se tourner vers Troilus, où il trouvera tout ce qu’il lui faut. Il s’agit d’une allusion claire à l’œuvre de Chaucer par son nom, et cela permet de dater la traduction après 1380 ou 1382. De plus, comme le traducteur ne fait aucune allusion à la traduction de Guido par Lydgate, dont la date est 1412–20, on constate qu’il

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probablement écrit entre 1382 et 1420[61] ; de sorte que la date « vers 1400 », adoptée dans le New Eng. Dictionary (s. v. Bercelet, etc.), ne peut pas être très erronée[62].

§ 23. Un autre livre utile, souvent mentionné ci-dessus, est le Siège de Troie de Lydgate[61], dont je possède un exemplaire imprimé en 1555. Celui-ci contient plusieurs allusions au Troilus de Chaucer, ainsi que plus d’un passage louant les capacités poétiques de Chaucer, deux desquels sont cités dans les remarques de M. Rossetti sur le MS. Harl. 3943 (Chaucer Soc. 1875), p. x, xi. Ces passages ne sont pas très utiles, bien qu’il soit curieux de noter qu’il parle de Chaucer non seulement comme « mon maître Chaucer », mais aussi comme « noble Galfride, chef poète de Bretagne », et « mon maître Galfride ». Les passages les plus notables se trouvent au chap. XV, fol. K 2 ; au chap. XXV, fol. R 2, verso ; et vers la fin, fol. Ee 2. La traduction de Lydgate est beaucoup plus libre que celle précédente, et il intercale fréquemment de longs passages, en empruntant en outre un grand nombre d’expressions poétiques à son « maître ».

§ 24. Enfin, je ne dois pas omettre de mentionner le poème remarquable de Robert Henrysoun, intitulé Le Testament et la Complainte de Criseyde, qui constitue une suite à l’histoire de Chaucer. Thynne l’a effectivement imprimé, dans son édition de 1532, comme l’un des poèmes de Chaucer, immédiatement après Troilus ; et toutes les éditions en caractères gothiques ont suivi cet exemple. Pourtant, les 9e et 10e strophes contiennent ces mots, selon l’édition de 1532 :—

« De sa détresse je n’ai nul besoin de parler ;
Car le digne Chaucer, dans ce même livre,
En termes magnifiques et en vers purs,
A consigné ses soucis, pour qui voudra les lire.
Pour troubler mon sommeil, j’ai pris un autre livre,
Dans lequel j’ai trouvé le destin funeste
De la belle Criseyde, qui a connu une fin misérable.

Qui sait si tout ce que Chaucer a écrit était vrai ?
Moi non plus je ne sais pas si ce récit
Est authentique, ou inventé par un nouveau
Poète, afin de rapporter
Le lament et la triste fin de cette belle Criseyde,
Et les souffrances qu’elle a endurées avant de mourir. »

§ 25. Les manuscrits.

1. MS. Cl.—Le manuscrit Campsall, sur parchemin, écrit avant 1413 ; préparé pour Henri, prince de Galles, puis Henri V, comme l’indiquent ses armoiries sur la feuille 2. Le poème

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Le manuscrit compte de 2 à 120 feuillets ; chaque page contient généralement cinq strophes. Deux pages ont été reproduites par le procédé d’autotype pour la Chaucer Society : à savoir le feuillet 1, recto, contenant les strophes 1 à 5, et le feuillet 42, verso, contenant les strophes 249 à 251 du Livre II, ainsi que la strophe 1 du Livre III. Il s’agit d’un manuscrit magnifiquement écrit, l’un des meilleurs ; mais il est décevant de constater qu’il aurait pu être bien meilleur. Le scribe avait sous les yeux une copie encore meilleure, qu’il a fréquemment traitée avec une négligence extrême ; mais il y a un certain réconfort à voir que ses erreurs sont si évidentes qu’elles peuvent être facilement corrigées. Ainsi, dans le Livre I, ligne 27, il écrit « dorst » au lieu de « dorste », ce qui gâche à la fois la grammaire et le mètre ; à la ligne 31, il écrit effectivement « hym » au lieu de « hem », ce qui détruit le sens ; à la ligne 69, il écrit « high (!) » au lieu de « highte », et ainsi de suite. Il faut donc un contrôle rigoureux. En particulier, le scribe donne de nombreux exemples de l’erreur d’« anticipation », c’est-à-dire l’erreur par laquelle l’esprit, plus rapide que la plume, l’a poussé à écrire des lettres appartenant à une syllabe ou un mot ultérieur, ou à omettre une ou plusieurs lettres. Ainsi, dans le Livre I, ligne 80, il omet le « u » dans « pryuely », écrivant « pryely » ; à la ligne 126, il omet « and » avant « hoom » ; à la ligne 198, il omet « lewede » ; à la ligne 275, il omet « gan », etc. Mais les erreurs d’« anticipation » apparaissent de la manière la plus frappante sous des formes telles que « addermost » au lieu de « aldermost », I, 248, où le premier « d » provient de celui qui suit ; « assent » au lieu de « absent », IV, 1642, pour une raison similaire ; « estal » au lieu de « estat », parce que le mot suivant est « royal », I, 432 ; « þyn » au lieu de « þyng », parce que le mot suivant est « myn », I, 683 ; « nat » au lieu de « nas », parce que le mot suivant est « not », I, 738 ; « seynt » au lieu de « seyn », parce que le mot suivant est « that », V, 369 ; « shad » au lieu de « shal », parce que le mot suivant est « drede », V, 385 ; « liten » au lieu de « litel », parce que « weten » suit, IV, 198 ; « make » au lieu de « may », parce que la ligne se termine par « wake », III, 341 ; « fleld » au lieu de « feld », II, 195. Parfois, cependant, l’esprit du scribe revient à quelque chose déjà écrit, de sorte que l’on trouve « Delphebus » au lieu de « Delphicus », parce que « Phebus » précède, I, 70 ; « bothen » au lieu de « bothe », parce que « deden » précède, I, 82 ; « falles » au lieu de « fallen », après « unhappes », II, 456 ; « daunder » au lieu de « daunger », III, 1321 ; « tolle » au lieu de « tolde », III, 802, etc. Les erreurs flagrantes ne sont pas rares : comme « incocent » au lieu de « innocent » (où encore le premier « c » provient du second), II, 1723 ; « agarst » au lieu de « agast », III, 737 ; « right » au lieu de « rit », V, 60. On trouve même des variations surprenantes dans la lecture, comme à III, 1408 : —

« Reson wil not that I speke of shep,
For it accordeth nought to my matere. »

Certes, « shep » (mouton) est suffisamment irrelevante ; cependant, Chaucer fait référence au sommeil. De même, la ligne de II, 1554, qui devrait lire :

« As for to bidde a wood man for to renne »

apparaît sous la forme surprenante :

« As for to bydde a womman for to renne. »

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Comme toutes les variantes de ‘Cl.’ par rapport au texte correct sont indiquées dans les notes de bas de page, il n’est pas nécessaire d’en dire davantage sur ces particularités. Je dois cependant ajouter que, comme chez Boèce, j’ai silencieusement corrigé yn en in dans des mots tels que thing ; en outre, j’ai changé ee et oo en e et o dans les syllabes ouvertes, écrit v pour u, etc. Voir ci-dessus.

Le manuscrit Campsall, actuellement en possession de M. Bacon Frank, a été imprimé intégralement, tel qu’il était écrit, pour la Chaucer Society ; et je me suis appuyé sur l’exactitude de cette édition soigneusement préparée.

2. MS. Cp.—Manuscrit n° 61 du Corpus Christi College, à Cambridge, décrit dans le catalogue de Nasmith, p. 40, comme « un livre en parchemin in-folio, soigneusement écrit et orné d’un frontispice richement illustré, contenant le Troilus de Chaucer, en quatre [erreur pour cinq] livres ». Il s’agit d’un beau manuscrit in-folio, de 12 pouces sur 8½. Ce manuscrit, mentionné par Warton, n’a pas encore été imprimé, bien que la Chaucer Society se soit engagée à le publier sur ma recommandation. Il contient de nombreuses pages laissées entièrement ou partiellement blanches, manifestement destinées à être remplies d’illustrations ; ce qui montre qu’il a été écrit pour une personne fortunée. Sur la marge gauche, près de la 83e strophe du Livre IV, on trouve une note d’appartenance, écrite d’une main du XVe siècle — « neuer foryeteth : Anne neuyll ». Cela fait probablement référence à Anne Neville, épouse d’Humphrey, duc de Buckingham (tué à Northampton en 1460), et fille de Ralph Neville, comte de Westmoreland, et de Jeanne Beaufort, fille de Jean de Gand. En d’autres termes, elle était la petite-fille de Jean de Gand ; et il semble raisonnable de supposer que le manuscrit a été réellement écrit pour un membre de la famille de Jean de Gand. Cette probabilité est très intéressante, si l’on considère à quel point Chaucer devait sa faveur et sa protection à Jean de Gand.

Le manuscrit présente quelques lacunes, dues à l’omission de quelques strophes ; mais il ne manque pas grand-chose. Il appartient à un type très similaire au précédent et fournit d’excellentes leçons. J’ai donc saisi l’occasion de fonder le texte sur une collation approfondie de Cl. et Cp., en prenant Cl. comme base, mais en le corrigeant à l’aide de Cp. partout, sans indiquer autre chose que la leçon rejetée de Cl. dans les passages où ces manuscrits diffèrent. De cette manière, les nombreux absurdes de Cl. (comme indiqué ci-dessus) ont pu être facilement corrigés, et le texte résultant constitue une amélioration considérable par rapport à tous ceux qui ont paru jusqu’à présent. En quelques endroits, comme le montrent les notes de bas de page, les leçons d’autres manuscrits ont été privilégiées.

3. MS. H.—MS. Harl. 2280, au British Museum. Un manuscrit excellent, très étroitement apparenté aux deux précédents. Il a été publié intégralement pour la Chaucer Society et a été collationné dans son intégralité dans la présente édition. Il a servi de base au texte de l’édition Aldine de Morris, qui ressemble en de nombreux passages au texte actuel. C’est certainement le troisième meilleur manuscrit. Une feuille manque (Livre V, 1345-1428 ; douze strophes).

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4. MS. Cm.—MS. Gg. 4. 27, à la Bibliothèque de l’Université de Cambridge ; c’est le même manuscrit que celui désigné par « Cm. » dans les notes de bas de page des Canterbury Tales, et par « C. » dans les notes de bas de page de la Legend of Good Women. Un manuscrit remarquable, publié intégralement pour la Chaucer Society. Il présente un type de texte différent de celui trouvé dans Cl., Cp. et H. Les différences les plus notables sont les suivantes. Au livre II, verset 734, 5, ce manuscrit contient un couplet entièrement différent, à savoir :

Men louyn women þour al þis toun aboute ;
Be þey þe wers? whi, nay, with-outyn doute.

Le livre II, verset 792, se lit ainsi :—

How ofte tyme may men rede and se.

Les versets 45 du livre IV, 309-15, se lisent ainsi :—

What shulde ye don but, for myn disconfort,
Stondyn for nought, and wepyn out youre ye ?
Syn sche is queynt that wont was yow
disport[63],
In vayn from this forth have I seyn twye ;
For[64] medycyn youre vertu is a-weye ;
O crewel eyen, sythyn that youre dispyt
Was al to sen Crisseydes eyen bryght.

Le verset 638 du livre IV se lit ainsi :—

Pandare answerde, of that be as be may.

Après le verset 735 du livre IV, le manuscrit Cm. introduit le strophe suivante, qui, dans le texte actuel, apparaît un peu plus tard (versets 750-6) sous une forme légèrement modifiée.

The salte teris from hyre eyȝyn tweyn
Out ran, as schour of aprille, ful swythe ;
Hyre white brest sche bet, and for the peyne,
Aftyr the deth cryede a thousend sithe,
Syn he that wonyt was hir wo for to lythe,
Sche mot forgon; for which disauenture
Sche held hire-selue a for-lost creature.

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Le livre IV, versets 806-33 (quatre strophes) sont omis ; de même que les 18 strophes relatives au libre arbitre, c’est-à-dire le livre IV, versets 953-1078. Le livre V, verset 230-1 se lit ainsi :—

À qui, pour toujours, mon cœur est fidèle :
Et ainsi il parla, et en outre il
dit encore.

Nous ne pouvons croire que le livre IV, versets 309-15, tel qu’il est présenté ici, puisse être authentique[65] ; mais il semble possible que certaines autres versions le soient. La strophe du livre IV, versets 750-6, telle qu’elle est donnée ici, semble représenter la première ébauche de ces vers, qui furent ensuite modifiés pour prendre la forme dans laquelle ils apparaissent dans le texte, tandis que la strophe était en même temps déplacée plus bas. Cependant, il s’agit là de simples spéculations ; et il faut avouer que, en de nombreux endroits, ce manuscrit est étrangement corrompu. Plusieurs strophes n’ont que six lignes au lieu de sept, et on y trouve des lectures qui défient toute notion de rime. Ainsi, à I. 1260, « paste » (qui rime avec « caste ») apparaît sous la forme « passede » ; à I. 1253, « ryde » (qui rime avec « aspyde ») apparaît sous la forme « rydende » ; à III. 351, « hayes » (qui rime avec « May is ») apparaît sous la forme « halis » ; etc.

Néanmoins, ce manuscrit vaut la peine d’être comparé, car il fournit parfois de très bonnes lectures. Par exemple, au livre I, verset 143, il conserve le mot « here », que d’autres manuscrits omettent à tort ; et, dans la ligne suivante, il indique correctement « to longe dwelle », et non « to longe to dwelle ».

Le manuscrit a été, à un moment donné, honteusement maltraité par quelqu’un qui a coupé plusieurs feuillets, sans doute à cause de leurs initiales illustrées. C’est pourquoi les passages suivants ne figurent pas : I. 1-70 ; I. 1037—II. 84 ; III. 1-56 ; III. 1807—IV. 112 ; IV. 1667 —V. 35 ; V. 1702—fin (ainsi qu’un fragment au début des Canterbury Tales).

5. Manuscrit H2.—Manuscrit Harleian 3943, au British Museum. Il a été publié intégralement pour la Chaucer Society en 1875, accompagné d’une comparaison ligne par ligne très précieuse avec le Filostrato de Boccace, réalisée par Wm. Michael Rossetti. Il est mentionné dans les Studies in Chaucer du professeur Lounsbury, tome I, page 398, comme « loin le pire qui ait été imprimé », dans le but de diminuer son autorité. Pourtant, il mérite une étude approfondie, et il convient de garder à l’esprit qu’il se compose de deux parties, écrites à des dates différentes et ayant une valeur différente. Dans le livre Bell’s Chaucer, on lit à son sujet : « Malheureusement, il est incomplet. Les premiers feuillets, ainsi que toute la seconde partie du poème, semblent avoir été détruits, et le manque a été comblé par un copiste ultérieur. » La main postérieure apparaît dans I. 1-70, 498-567, III. 1429-1638, IV. 197—fin, et dans le livre V ; elle occupe donc une grande partie du manuscrit. De plus, deux feuillets manquent après le feuillet 59, correspondant à III. 1289-1428 ; ceux-ci sont reproduits dans l’édition du Dr Furnivall, tirée de Harl. 1239, ce qui explique…

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le désordre extraordinaire dans lequel ces strophes sont disposées. Le manuscrit omet également III, 1744-1771, ainsi que quelques autres strophes de temps en temps.

C’est l’un de ces manuscrits curieux qui, bien qu’ils présentent d’innombrables lectures corrompues (la pire étant Commodious pour Commeveden en III. 17), ont néanmoins certains points de contact avec une source excellente. Tous les éditeurs ont dû observer quelques cas de ce genre. Ainsi, en II. 615, il restitue heureusement la bonne lecture latis, là où la lecture ordinaire gates est ridiculement fausse. En III. 49, il fournit le mot manquant gladnes. En V. 8, on y trouve « The Auricomus tressed Phebus hie on lofte », au lieu de « The golden tressed » ; et cette lecture, bien qu’erronée, nous permet de percer le secret de l’origine de cet épithète, à savoir qu’il traduit le latin auricomus ; voir la note à la ligne. Dans la ligne suivante, V. 9, il conserve la bonne lecture bemes shene[66], qui rime avec grene, quene, tandis que d’autres manuscrits ont bemes clere, en souvenir de la première ligne du Livre III. J’ai donc soigneusement collationné ce manuscrit, et toutes les lectures intéressantes sont données dans les Notes. Voir, par ex., III. 28, 49, 136, 551, 1268, 1703, etc.

6. Manuscrit Harl. 1239 (B. M.). « C’est un folio oblong, écrit dès le début en caractères petits et nets, qui s’arrête à un endroit antérieur [III. 231] que le changement ne se produit pas dans le manuscrit 3943 [IV. 197], ce qui rend le reste relativement inutilisable comme source. » — Bell. Dr. Furnivall a imprimé les passages de III. 1289-1428 et III. 1744-1771 tirés de ce manuscrit pour combler les lacunes dans H 2 (voir ci-dessus) ; on voit ainsi qu’il transpose plusieurs strophes et n’est qu’une source médiocre.

7. Manuscrit Harl. 2392 (B. M.). Un manuscrit tardif sur papier, pas très exact ; autrefois la propriété de Sir H. Spelman. Comme exemple d’une lecture étrange, on note « O mortal Gower », en V. 1856. Néanmoins, il contient la bonne lecture sheene en V. 9 ; et en III. 49, il fournit la lecture rare gladnesse, nécessaire au sens.

Ce manuscrit comporte un grand nombre de notes et de gloses. Certaines sont peu intéressantes, mais d’autres sont précieuses et proviennent sans doute de l’auteur lui-même, car elles fournissent des références et des explications utiles. Je mentionne ici les meilleures d’entre elles.

II. 8. « Cleo : domina eloquencie. » Cette vision de Clio explique le contexte.

II. 784. Note en marge : « nota mendacium. » Un commentaire remarquable.

II. 1238-9. « Leuis impressio, leuis recessio. » Il s’agit clairement d’un proverbe.

III. 933. « Dulcarnon : c’est-à-dire fuga miserorum. » Cela prouve que Chaucer a confondu la 47e proposition d’Euclide avec la 5e ; voir la note.

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III. 1177. « Beati misericordes » ; tiré de Matthieu, v. 7.

III. 1183. « Petite et accipi[e]tis » ; un commentaire remarquable.

III. 1415. « Gallus vulgaris astrologus ; Alanus, de Planctu Nature » ; voir la note.

III. 1417. « Lucifera : Stella matutina. »

III. 1466. « Aurora : amica solis » ; montrant la confusion entre Tithon et Titan.

IV. 22. « Herine (sic), furie infernales ; unde Lucanus, me pronuba duxit Herinis. » Cela prouve que Chaucer a vraiment emprunté ce nom à Lucain, Pharsale, VIII, 90, cf. ce passage.

IV. 32. « Sol in Leone » ; c’est-à-dire que le soleil était dans le Lion ; voir la note.

IV. 600. « Audaces fortuna iuuat » ; erreur pour « Audentes » ; voir la note.

IV. 790. « Umbra subit terras », etc. ; Ovide, Métamorphoses, XI, 61.

IV. 836. « Extrema gaudii luctus » ; voir la note.

IV. 1138. « Flet tamen, et tepide », etc. ; Ovide, Métamorphoses, X, 500.

IV. 1504. « Non est bonum perdere substantiam propter accidens. »

IV. 1540. « Styx, puteus infernalis. » Erreur de Chaucer.

V. 8. « The gold-tressed Phebus », interprété comme « Auricomus Sol » ; cela vient de Valerius Flaccus ; voir la note.

V. 319. Référence aux Métamorphoses d’Ovide ; voir la note.

V. 655. « Latona, c’est-à-dire la lune » ; montrant que « Latona » est une faute d’écriture pour « Lucina ». Cf. IV. 1591.

V. 664. Référence à Ovide, Métamorphoses, II. Voir la note.

V. 1039. À la place de « elle », le manuscrit indique « il », ce qui est correct (voir la note) ; note en marge : « Nota, de donis c. d. », c’est-à-dire ceux de Criseyde à Diomède.

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V. 1107. « Laurigerus » ; voir note.

V. 1110. « Nisus », glosé « rex » ; « douhter », glosé « alauda » ; voir note.

V. 1548. « Parodye : duracio » ; voir note.

V. 1550. « Vnbodye : decorporare. »

Il existe de nombreuses autres gloses de ce type, d’intérêt moindre.

8. MS. Harl. 4912 (B. M.). Sur parchemin ; pages plutôt grandes, avec de larges marges ; cinq strophes par page. Imparfait ; se termine au vers IV. 686. Copie médiocre. Au vers III. 49, elle conserve la lecture rare « gladnes », mais l’a mal écrite en « glanes ».

9. MS. Addit. 12044 (B. M.). Sur parchemin ; cinq strophes par page. La dernière feuille manque ; se termine au vers V. 1820. Pas une bonne copie. Au vers III. 17, on y trouve « Comeued hem », erreur évidente pour « Comeueden », qui est la lecture correcte. Au vers V. 8, on y lit « golden dressed », erreur pour « golden tressed ». Notez cette forme correcte « golden » ; car elle est mal écrite en « gold » ou « golde » dans presque toutes les autres copies.

Les quatre suivants se trouvent à la Bibliothèque Bodléienne, à Oxford.

10. Arch. Seld. B. 24 est le manuscrit écossais, daté de 1472, décrit dans l’Introduction aux Poèmes mineurs, où il est désigné par « Ar. », et entièrement collationné dans la Légende des bonnes femmes, où il apparaît dans les notes de bas de page sous la lettre « A ». Il semble être le meilleur des manuscrits d’Oxford et contient quelques lectures intéressantes. Au vers III. 17, on y trouve « Commeued tham » pour « Commeueden », ce qui est suffisamment proche pour un manuscrit qui omet si librement les inflexions ; et la ligne se termine par « and amoreux tham made ». Au vers III. 49, il conserve correctement « gladness ».

11. MS. Rawlinson, Poet. 163. Pas une très bonne copie. Il omet le Prologue du Livre III. À la fin se trouve le colophon :—

Heer endith the book of
‘Tregentyll Chaucer.’
Troylus and of Cresseyde

Je pense que « Tregentyll » est le nom du scribe[67]. Outre le « Troilus », le manuscrit contient, sur une feuille intercalaire, la seule copie de la Ballade à Rosemounde, sous laquelle est écrit (comme dans le cas précédent) « tregentil » à gauche de la page, et « chaucer » à droite.

Page 86

Connectées par une fine ligne. Voir mes « Douze fac-similés de manuscrits en vieux anglais » ; Plaque XII.

12. MS. Arch. Seld. supra 56. Petit quarto, 8 pouces sur 5½, sur papier ; reliure en velin ;
écriture lisible. Une copie médiocre. La grammaire montre un dialecte du Nord.

13. MS. Digby 181. Incomplet ; près de la moitié est perdue. Il se termine à III. 532 — « A certayn
houre in which she come sholde ». Une copie médiocre, très proche de la précédente. Ainsi, en
III. 17, les deux ont plusux pour amoreux ; en III. 2, les deux ont Adornes ; en III. 6, les deux
ont absurdemment Off (Of) pour O ; et ainsi de suite.

14. MS. L. 1, au St. John’s College, Cambridge. Un bon manuscrit, peut-être antérieur à 1450.
Joint à Troilus se trouve une copie du XVIᵉ siècle du Testament de Créside.
Quarto ; sur velin ; 10 pouces sur 6½ ; en 10 feuillets de 12 feuilles chacun. Le feuillet g 12 est
découpé, et g 11 est vierge, mais rien ne semble être perdu. Il coïncide fréquemment avec Cp., comme en
I. 5, fro ye ; 21, be this ; 36, desespeyred ; 45, fair ladys so ; 70, Delphicus ; 308, kan
thus. En I. 272, il contient correctement : percede ; en 337, nouncerteyne. En II. 734, il coïncide
avec H. ; 735 dit — « And whan hem list no lenger, lat hem leue » ; une bonne phrase. En II.
894, il a « mosten axe », qui est exactement la leçon que je donne ; et en II. 968, stalkes.

15. MS. Phillipps 8252 ; le même manuscrit que celui décrit dans ma préface au texte C. de
Piers the Plowman, p. xix, où il est numéroté XXVIII.

16. Un manuscrit à la Bibliothèque de la cathédrale de Durham, marqué V. ii. 13. Une seule strophe
de Troilus, à savoir I. 631-7, se trouve dans le MS. R. 3. 20, à la bibliothèque du Trinity
College, Cambridge ; et trois strophes, à savoir III. 302-322, dans le MS. Ff. 1. 6, feuillet 150,
à la bibliothèque de l’Université de Cambridge ; toutes imprimées dans Odd Texts of Chaucer’s
Minor Poems, éd. F. J. Furnivall, Chaucer Society, 1880, p. x-xii. En 1887, le Dr. Stephens
a trouvé deux bandes de velin dans la couverture d’un livre, contenant des fragments d’un
manuscrit de Troilus (Livre V. 1443-1498) ; voir l’Appendice au rapport de la Cambridge
Antiquarian Society, 24 mai 1887 ; p. 331-5.

Pour autant que je puisse le dire, les manuscrits se répartissent en deux familles principales. La
plus grande famille est celle qui ressemble à Cl., Cp. et H. Parmi la plus petite, on peut prendre
Cm. comme type. La description de Cm. montre certaines des principales variations. On remarquera
que de nombreux manuscrits omettent I. 890-6 ; dans le manuscrit de John, il a été inséré
par une main beaucoup plus tardive. La strophe est manifestement authentique.

§ 26. Les éditions. « Troilus » a été imprimé pour la première fois par Caxton, vers 1484 ;
mais sans nom d’imprimeur, lieu ni date. Voir la description dans Blades’ Life of Caxton, p. 297.
Il n’y a pas de page de titre. Chaque page contient cinq strophes. Deux exemplaires se trouvent à la British

Page 87

Musée ; un au St. John’s College, à Oxford ; et un (jusqu’à récemment) se trouvait à Althorp. La deuxième édition est de Wynkyn de Worde, en 1517. La troisième, de Pynson, en 1526. Ces trois éditions présentent Troilus comme une œuvre distincte. Par la suite, elle fut incluse dans l’édition de Thynne de 1532, ainsi que dans toutes les éditions ultérieures des Œuvres de Chaucer.

Parmi celles-ci, les seules éditions accessibles pour moi ont été celle de Thynne (1532), dont il existe un exemplaire à la Bibliothèque de l’Université de Cambridge ; ainsi que les éditions de 1550 (ou aux alentours) et de 1561, dont je possède également des exemplaires.

L’édition de Thynne a été imprimée d’après un manuscrit si bon qu’elle constitue une source excellente. À quelques endroits, je crains qu’il n’ait modifié le texte à son détriment, et ses erreurs ont été soigneusement suivies et conservées par les éditeurs ultérieurs. Ainsi, il est responsable de la transformation de « io » (= « jo ») en « go », au vers 33 du livre III ; de la création du mot curieux « gofysshe », au vers 584 du même livre ; ainsi que de quelques autres particularités similaires. Mais j’ai jugé utile de la comparer dans son intégralité ; les leçons tirées de cette édition sont marquées par « Ed. ». Les copies ultérieures en caractères noirs ne sont que des reproductions de celle-ci.

§ 27. L’édition actuelle. L’édition actuelle présente l’avantage majeur d’être fondée sur Cl. et Cp., qui n’avaient jamais été utilisés auparavant, bien qu’ils soient les deux meilleures sources. Le texte de Bell est basé sur les manuscrits Harleian numérotés 1239, 2280 et 3943, sous forme de fragments séparés ; par conséquent, le texte n’est ni uniforme ni très bon. Le texte de Morris est bien meilleur, car il s’appuie sur H. (étroitement lié à Cl. et Cp.), avec quelques corrections tirées d’autres sources non nommées.

Grâce aux impressions fournies par la Chaucer Society, j’ai pu produire un texte qui, j’espère, ne laisse guère rien à désirer. J’indique certains passages qui apparaissent maintenant pour la première fois sous une forme correcte, ce qui peut être constaté en comparaison avec les éditions de Morris et Bell, que je désigne par M. et B.

I. 136 ; « derre », « dearer » ; M. B. : « dere » (sans rime). 285. « meninge », c’est-à-dire intention ; et de même au vers 289 ; M. B. : « mevynge ». 388. M. B. insèrent un point-virgule après « arten ». 465. « fownes » (voir note) ; M. B. : « fantasye » (ligne trop longue). 470. « felle », « fell », adjectif au pluriel ; M. B. : « fille », c’est-à-dire « fell » (verbe). 590. « no comfort » ; M. : « comfort » ; B. : « eny comfort ». 786. « Ticius » (voir note) ; M. : « Syciphus » ; B. : « Siciphus ». 896. « Thee oughte » ; M. : « To oght » (sans sens) ; B. : « The oght » (impossible à interpréter). 1026. Voir note ; formulé comme une question chez M. et B. ; B. ajoute même « not before to done ». 1050. « me asterte » ; M. : « may sterte » ; B. : « me stert » (meilleur).

II. 41. « seyde », c’est-à-dire « si que they seyde » ; M. B. : « seyinge » (impossible à interpréter). 138. « were » (« would there be ») ; M. B. : « is ». 180. « wight » ; M. B. : « knyght » (mais voir vers 177). 808. « looth » ; M. B. : « leve ». 834. « Ye » ; M. B. : « The ». 1596. « For for » ; M. B. : « For ».

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III. 17. Comeveden (voir note) ; M. Comeneden ; B. Commodious. lui ; M. B. hem. 33.
io (= jo) ; M. B. go. 49. M. B. omet gladnes. 572. Yow thurfte ; M. Thow thruste ; B. Yow durst. 584. goosish ; M. goofish ; B. gofisshe. 674. M. Thei voide [présent], dronke [passé], et traveres drawe [présent] aussitôt ; B. They voyded, et drunk, et travars drew anone. En réalité, dronke et drawe sont tous deux des participes passés ; voir note. 725. Cipris ; M. Cyphes ; B. Ciphis. 1231. Bitrent et wryth, c’est‑à‑dire qui tourne autour et s’enroule autour de soi ; M. Bytrent et writhe est ; B. Bitrent et writhen est. Wryth est l’abréviation de writheth ; ce n’est pas un participe passé. 1453. bore, c’est‑à‑dire trou ; M. boure ; B. bowre. 1764. to-hepe, c’est‑à‑dire ensemble ; M. B. to kepe.

IV. 538. kyth ; M. B. right (sans sens). 696. thing is ; M. B. thynges is. 818. martyre ; M. B. matere (ni sens ni rime).

V. 49. helpen ; M. B. holpen. 469. howve ; M. B. howen. 583. in my ; M. B. omet my. 927. wight ; M. B. with. 1208. trustinge ; M. B. trusten (contre la grammaire). 1266. bet ; M. B. beste. 1335, 6. wyte The teres, c’est‑à‑dire blâmer les larmes ; M. B. wite With teres. 1386. Comeve ; M. Com in to ; B. Can meven. 1467. She ; M. B. So. 1791. pace ; M. B. space (voir note).

Il est curieux de constater que des mots aussi remarquables que commeveden, io, voidee, goosish, to-hepe ne figurent dans aucun glossaire chaucesrien ; on ne les trouve que dans les manuscrits, étant ignorés dans les éditions.

Un grand nombre de lignes sont maintenant, pour la première fois, orthographiées selon des formes conformes à la grammaire, ce qui permet de les lire facilement. Par exemple, M. et B. donnent effectivement wente et wonte en V. 546, au lieu de went et wont ; knotles pour knotteles en V. 769, etc.

J’ai également, pour la première fois, numéroté correctement les lignes et les strophes. Dans M., les livres III et IV sont tous deux mal numérotés, ce qui pose de gros problèmes pour les références. L’édition du manuscrit Campsall par le Dr Furnivall omet les lignes I. 890-6 ; et son édition du manuscrit Harl. 3943 compte les lignes latines imprimées ici à la page 404.

§ 28. Il convient de noter que Troilus contient environ cinquante lignes dans lesquelles le premier pied se compose d’une seule syllabe. Exemples dans le Livre I :—

That | the hot-e fyr of lov' him brende: 490.
Lov' | ayeins the which who-so defendeth: 603.
Twen | ty winter that his lady wiste: 811.
Wer' | it for my suster, al thy sorwe: 860.

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Suivant | la foule dense, rude et épaisse : 948.
Maintenant | Pandar’, je ne peux plus voir : 1051.
Tout d’abord son dessein de gagner : 1069.

De même II. 369, 677, 934, 1034, 1623 (et probablement 1687) ; III. 412, 526, 662, 855
(peut-être 1552), 1570 ; IV. 176, 601, 716, 842, 1328, 1676 ; V. 67 (peut-être 311), 334,
402, 802, 823, 825, 831, 880, 887, 949, 950, 1083, 1094, 1151, 1379, 1446, 1454,
1468, 1524.

Il semble donc que les vers manquants de ce type ne soient nullement limités aux poèmes en « vers héroïques », mais apparaissent également dans des strophes. Voir le Parlement of Foules, 445, 569.

§ 29. Proverbes. Troilus contient un nombre considérable de proverbes et de phrases ou comparaisons proverbiales. Voir, p. ex., I. 257, 300, 631, 638, 694, 708, 731, 740, 946-952, 960,
964, 1002, 1024 ; II. 343, 398, 403, 585, 784, 804, 807, 861, 867, 1022, 1030, 1041,
1238, 1245, 1332, 1335, 1380, 1387, 1553, 1745 ; III. 35, 198, 294, 308, 329, 405,
526, 711, 764, 775, 859, 861, 931, 1625, 1633 ; IV. 184, 415, 421, 460, 588, 595, 622,
728, 836, 1098, 1105, 1374, 1456, 1584 ; V. 484, 505, 784, 899, 971, 1174, 1265,
1433.

§ 30. Une traduction des deux premiers livres de Troilus en vers latins, par Sir Francis Kinaston, fut imprimée à Oxford en 1635. Le volume contient également quelques notes, mais je n’y trouve rien de valeur. L’auteur tente de reproduire la strophe anglaise, ainsi :—

‘Dolorem Troili duplicem narrare,
Qui Priami Regis Trojae fuit gnatus,
Ut primùm illi contigit amare,
Ut miser, felix, et infortunatus
Erat, decessum ante sum conatus.
Tisiphone, fer opem recensere
Hos versus, qui, dum scribo, visi flere.’

Pour ma part, je préfère la version anglaise.

§ 31. Le Handbook to Popular Literature de Hazlitt mentionne le titre suivant :—‘A Paraphrase vpon the 3 first bookes of Chaucer’s Troilus and Cressida. Translated into modern English ... by J[onathan] S[idnam]. About 1630. Folio; 70 leaves; in 7-line stanzas.’

Page 90

ERRATA ET ADDENDA.

I. BOËTHIEU.

P. 8, Livre I, métr. 4, l. 8. Au lieu de thonder-light, une meilleure leçon est thonder-leit ; voir p. xliii et la note (p. 422).

P. 10 ; notes en bas de page, l. 10. Lire : C. vnplitable ; A. inplitable.

P. 26, Livre II, métr. 1, l. 11. Au lieu de proeueth, lire proeveth.

P. 29, Livre II, pr. 3, l. 3. Supprimer la virgule après wherwith.

P. 48, Livre II, pr. 7, l. 86. Au lieu de thas, lire that.

P. 50, Livre II, pr. 8, l. 17. Au lieu de windinge, lire windy. Voir pp. xlii, 434.

P. 58, Livre III, pr. 3, l. 68. Au lieu de all, lire al.

P. 62, l. 4. Comptée comme l. 10 ; c’est en réalité l. 9.

P. 63, Livre III, pr. 5, l. 41. Au lieu de of, lire of (en italique).

P. 74, Livre III, pr. 10, l. 6. Au lieu de has, lire hast.

P. 111. Le numéro de page 215 est d’une ligne trop haut.

P. 122, Livre IV, métr. 6, l. 24. Supprimer les crochets ; voir pp. xlii, xliii.

P. 124, Livre IV, pr. 7, l. 61. Le manuscrit C porte confirme ; et le manuscrit A porte conferme. Mais la leçon correcte doit être conforme ; car le texte latin contient conformandae.

II. TROILUS.

P. 159, Livre I, 204. Au lieu de cast, lire caste.

P. 160, Livre I, 217. La leçon alternative est meilleure ; voir la note, p. 463.

Page 91

P. 160, Livre I, 239. Lisez plutôt yit (pour la rime).

P. 162, Livre I, 284. Remplacez neuer par never.

P. 163, Livre I, 309. Remplacez Troylus par Troilus.

P. 163, Livre I, 310. Remplacez thyng par thing.

P. 165, Livre I, 401. Alter ! par quoi ?

P. 166, Livre I, 406. Remplacez thurst par thurste.

P. 166, Livre I, 420. Remplacez deye par dye (pour la rime).

P. 171, Livre I, 570. Remplacez euery par every.

P. 172, Livre I, 621. Remplacez Troylus par Troilus (comme ailleurs).

P. 173, Livre I, 626. Supprimez la virgule après « fare ».

P. 174, Livre I, 656. Remplacez y par I.

P. 174, Livre I, 657. Insérez « » au début.

P. 181, Livre I, 879. Remplacez the par thee.

P. 192, Livre II, 113. Supprimez « » à la fin.

P. 194, Livre II, 170. Insérez « » au début.

P. 205, Livre II, 529. Remplacez penaunc par penaunce.

P. 208, Livre II, 628. Remplacez swych par swich.

P. 229, Livre II, 1294. Insérez « » au début.

P. 234, Livre II, 1461. Remplacez streyt par streght, comme dans le manuscrit H.

Page 92

P. 260, Livre III, 522. Supprimer la virgule après laft.

P. 260, Livre III, 535. Au lieu de made, lire mad ou maad.

P. 261, Livre III, 558. Au lieu de lengere, lire lenger.

P. 264, Livre III, 662. Au lieu de thondre, lire thonder.

P. 271, Livre III, 885. Au lieu de ringe, lire ring.

P. 282, Livre III, 1219. Au lieu de sweet, lire swete.

P. 312, Livre IV, 318. Au lieu de to the peyne, lire to my peyne.

P. 390, Livre V, 1039. Au lieu de she, lire he. Cf. note, p. 499 ; et p. lx, l. 3.

P. 431, note à Prose 5, 35 ; l. 3. Supprimer pour which I find no authority. (En fait, postremo est la leçon donnée par Peiper, d’après un seul manuscrit ; la plupart des manuscrits ont postremae, la leçon donnée par Obbarius, qui ne reconnaît pas la leçon postremo).

P. 463. Note à I, 217. Ajouter — De même dans le Bruce de Barbour, i. 582 : « Bot oft failyeis the fulis thocht. »

P. 479, dernière ligne ; et p. 480, première ligne. Au lieu de represents the Pers. and Arab. dū’lkarnayn, littéralement deux-cornu ; du persan dū, deux, et karn, corne — lire represents the Arab, zū’lkarnayn, littéralement deux-cornu ; de l’arabe zū, seigneur de, donc possédant, et la forme duale de karn, corne.

Notes à I. 948, 951 ; II. 36, 1335 ; III. 1219. Le Dr Köppel a montré (dans Archiv für das Studium der neueren Sprachen, xc. 150) que Chaucer cite ici Alanus de Insulis, Liber Parabolarum (tel qu’imprimé dans Migne, Cursus Patrologicus, vol. ccx). Les passages sont :—

Fragrantes uicina rosas urtica perurit (col. 582).

Post noctem sperare diem, post nubila solem ;
Post lacrimas risus laetitiamque potes (583).

Page 93

Mille chemins mènent les hommes à travers les siècles
vers Rome (591).

De la noix naît le noyer, du gland naît le chêne
robuste (583).

Le miel reste plus doux sur le palais humain,
Si la pomme le mord avant même son goût
(592).

P. 498, Note à V, 806. Ajouter — La ligne 813 est due à Dares ; voir p. lxiv, note.

P. 499, Note à V, 1039, l. 6. Pour le reste, qui est une addition de Chaucer, lire que
c’est elle qui le donna à Diomède est dû à Benoît ; voir p. lxii. De même, juste en dessous, lire Les
incidents de la « broche » et du « pinceau » sont également dus au même auteur ; voir p. lxii.

BOËTHIUS, DE LA CONSOLATION PHILOSOPHIQUE.

Page 94

LIVRE I.
Mètre I.

Poèmes que j’ai composés jadis dans une ardente passion pour l’étude.

Hélas ! En pleurant, je suis contraint de commencer des vers de tristesse,
qui, autrefois, dans une étude florissante, produisaient des vers délicieux.
Car voici ! Les Muses poétiques m’imposent des sujets à écrire ;
et des vers de misère mouillent mon visage de vraies larmes.
Enfin, aucune crainte ne pouvait vaincre ces Muses, qui ne furent pas
inactives, et suivirent mon chemin, c’est-à-dire, lorsque j’étais en exil ;
elles, qui étaient la gloire de ma jeunesse, alors heureuse et vigoureuse,
consolent maintenant les tristes destins de moi, vieillard. Car la vieillesse est venue
prématurément sur moi, accélérée par les maux que j’ai subis, et la tristesse a fait
de cette vieillesse une réalité en moi. Voici, l’ombre s’est abattue
excessivement sur ma tête, et ma peau flasque tremble sur mon corps épuisé.
Telle est la mort des hommes : elle ne vient pas dans des années douces,
mais arrive dans la misère, souvent appelée ainsi.

Hélas ! Hélas ! Avec quelle douleur cruelle la mort arrache
loin de la misère, et vient fermer les yeux en larmes ! Tant que la Fortune,
infidèle, me favorisait de biens temporaires, l’heure funeste,
c’est-à-dire la mort, avait presque épuisé mes forces. Mais maintenant,
puisque la Fortune a changé son amour trompeur envers moi,
ma vie misérable prolonge en moi des demeures désagréables.
Ô vous, mes amis, pourquoi m’avez-vous abandonné pour que je sois malheureux ?
Car celui qui est tombé ne reste pas au même niveau.

C. = MS. Ii. 3. 21, Cambridge ; A. = MS. Addit. 10340 (Brit. Mus.). Le texte suit principalement C.
Ed. = Édition imprimée (1532), citée occasionnellement.

1, 2. Imparfait chez C. 6. C. folweden ; A. folweden. 8. C. sorful ; A. sorouful. // C.
wierdes, expliqué par fata ; A. werdes. 11. C. arn ; A. ben. 12. C. of ; A. upon. // C. emptyd ;
A. emty. 16. C. nayteth ; A. Ed. naieth. 17. A. explique lighte par sc. temporels. // C.
sorwful ; A. sorouful. 19. C. deceyuable ; A. disceyuable. 20. C. vnpietous ; A.
vnpitouse. 22. C. stidefast ; A. stedfast.

Page 95

Prose I.

Pendant que je réfléchissais en silence à ces choses avec moi-même, et que je notais mes pleurs tristes avec soin, je vis, debout au-dessus de la hauteur de ma tête, une femme d’une grande dignité d’apparence, dont les yeux brûlaient et brillaient au-delà de la force ordinaire des hommes ; elle avait une peau lumineuse, ainsi qu’une telle vigueur et force qu’on ne pouvait la croire vide ; bien qu’elle fût d’un âge si avancé que personne ne voudrait croire, en aucune façon, qu’elle fût de notre époque. Sa taille était difficile à juger : parfois elle se réduisait à la taille ordinaire des hommes, et parfois il semblait qu’elle touchait le ciel de la hauteur de sa tête ; et quand elle levait sa tête ainsi, elle perçait même le ciel lui-même, de sorte que le regard des hommes était vainement dirigé vers elle. Ses vêtements étaient faits de fils choisis et d’une fabrication délicate, en matière durable ; ces vêtements, elle les avait tissés de ses propres mains, comme je le sus plus tard, car elle me les montra et m’en expliqua la beauté ; ces vêtements avaient été assombris et ternis par une servante d’un âge abandonné et méprisé, comme on a l’habitude de ternir les images fumées.

Au bord inférieur de ces vêtements, on voyait brodé un P grec, qui signifie la vie active ; et au-dessus de cette lettre, dans le bord le plus haut, un T grec, qui signifie la vie contemplative. Entre ces deux lettres se trouvaient des degrés, noblement écrits sous forme d’échelles, par lesquels on pouvait monter de la lettre inférieure à la lettre supérieure. Naturellement, des mains d’hommes avaient déchiré ce tissu par la force et la violence ; et chacun d’eux avait emporté autant de morceaux qu’il pouvait en prendre. En effet, cette femme mentionnée tenait de petits livres dans sa main droite, et dans sa main gauche, un sceptre.

Et quand elle dit que les Muses poétiques s’approchaient près de mon lit, mettant fin à mes pleurs, elle fut légèrement émue et brilla de yeux cruels. « Qui », dit-elle, « a permis que ces trompettes ordinaires viennent jusqu’à cet homme malade, en un lieu que l’on appelle le théâtre ? Ceux-là non seulement ne soulagent pas sa douleur par aucun remède, mais ils…»

Page 96

ils l’auraient nourri et enduit de doux poison. En vérité, ce sont là ces épines et ces piquants des talents ou des affections, qui ne produisent rien de fruitif ni d’utile, et qui détruisent le blé abondant en fruits de raison ; car ils occupent les cœurs des hommes, mais ils ne les délivrent pas de la maladie. Mais si vous, Muses, aviez éloigné de moi, par vos flatteries, quelque homme naïf et inutile, comme on en trouve communément parmi le peuple, je crois que j’aurais souffert beaucoup moins ; car, avec un tel homme inutile, mes facultés intellectuelles n’auraient été en rien endommagées. Mais vous m’avez enlevé cet homme, qui n’a été formé ni dans les études ni dans les écoles éléatiques ou académiques en Grèce. Allez plutôt maintenant, vous jeunes filles, qui êtes douces jusqu’au bout, et laissez cet homme être guéri et soigné par mes Muses, c’est-à-dire par les sciences utiles.

Et ainsi, ce groupe de Muses, indignées, jetèrent avec colère ma bien-aimée à terre ; et, montrant par leur pâleur leur honte, elles traversèrent tristement la aire de battage.

Et moi, dont la vue, plongée dans l’obscurité, était si obscure que je ne pouvais pas reconnaître cette femme, à une autorité si impériale, je devins tout abattu et stupéfait, je baissai les yeux vers terre et restai immobile pour voir ce qu’elle allait faire ensuite. Elle s’approcha alors et s’assit au coin le plus éloigné de mon lit ; et elle, tenant ma bien-aimée, qui était jetée à terre, lourde et accablée de pleurs, exprima, par ces mots que je vais rapporter, l’agitation de mes pensées.

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hem. 39. C. fructefiynge ; A. frutefiyng. 40. C. corn ; A. cornes (lat. segetem). 41. C. om. the. // C. om. ne. 42. C. maledye ; A. maladye. 44. C. poeple ; A. peple. 45. C. greuosly ; A. greuously (et souvent os pour ous dans C.). 48. C. schooles ; A. scoles. 53. C. downward ; A. adounward. // C. om. and. // C. rednesse ; A. redenesse. 54. C. sorwfully. // C. thresshfold ; A. threschefolde. 55. C. dyrked ; A. derked. 57. C. wax ; A. wex. // C. cast ; A. caste. 58. C. down to ; A. adoune in-to. 59. C. ner ; A. nere. 61. C. compleyde ; A. compleinede. 63. C. thowht ; A. thouȝt.

Mètre II.

Heu quam precipiti mersa profundo.

« Hélas ! comment la pensée de l’homme, plongée dans une profondeur dévastatrice, s’assombrit et abandonne sa propre clarté, cherchant à pénétrer dans des ténèbres étrangères, chaque fois que ses affaires ennuyeuses croissent sans mesure, et qu’il est poussé de tous côtés par les vents mondains ! Cet homme, qui jadis était libre, à qui le ciel était ouvert et connu, et qui avait l’habitude de suivre des chemins célestes, de voir la lumière du fils de la parole, et de voir les étoiles du froid mois, et dont l’étoile au ciel utilise des voies errantes, volant à travers diverses sphères — cet homme, vainqueur, avait compris tout cela par le nombre des calculs en astronomie. De plus, il avait l’habitude de rechercher les causes lorsque les vents du sud soufflent et agitent les eaux calmes de la mer ; et quel esprit déchire le ciel stable ; et pourquoi l’étoile se lève de l’est de la parole pour tomber dans les vagues occidentales ; et ce qui fait disparaître les heures vigoureuses du premier été, qui élève et fait apparaître la terre avec des fleurs roses ; et qui fait que cet automne abondant, en années pleines, porte de lourds raisins. Et aussi, cet homme avait l’habitude de raconter les diverses causes de la nature qui n’étaient pas cachées. Hélas ! maintenant il gît, privé de la lumière de sa pensée ; et son cou est pressé par de lourdes chaînes ; et il porte son bien-aimé enlacé sous ce grand poids, et est contraint de regarder cette terre stupide ! »

Me. II. 3. C. dyrk- ; A. derk-. 4. C. wordely ; A. worldly (lat. terrenis). 5. C. Ed. whilom ; A. sumtyme. 7. C. lythnesse ; A. lyȝtnesse. 10. C. comprendyd ; A. Ed. comprehendid. 11. C. seken ; A. seche. 14. C. est ; A. eest. 15. C. fyrst ; A. fyrste. 17. A. that ; C. the. // C. autompne ; A. autumpne. 19. C. I-hydde ; A. yhidde. // C. lith ; A. lieth. 20. A. emptid ; C. emted. 22. C. the fool ; Ed. the fole ; A. foule (lat. stolidam).

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Prose II.

« Il est temps de donner du médicament », dit-elle.

« Mais c’est maintenant le moment », répondit-elle, « de médicament plutôt que de plaintes. » En effet, elle, en me regardant de tous ses yeux, dit : — « Es-tu celui-là », demanda-t-elle, « qui fut nourri de mon lait et élevé avec mes provisions, qui s’échappa et devint un homme accompli ? Certes, je t’ai donné de telles armures que, si tu ne les avais pas d’abord jetées loin, elles t’auraient protégé avec une sécurité invincible. Ne me reconnais-tu pas ? Pourquoi restes-tu silencieux ? Est-ce par honte ou par étonnement ? Il vaudrait mieux que ce soit par honte ; mais il me semble que c’est l’étonnement qui t’a saisi. » Et comme elle voyait que je restais non seulement silencieux, mais sans bouger ni parler, elle posa doucement sa main sur ma poitrine et dit : « Il n’y a aucun péril ici », dit-elle ; « il est tombé dans une léthargie, ce qui est une maladie commune aux cœurs trompés. Il a un peu perdu conscience de lui-même, mais certainement il se souviendra facilement s’il m’a reconnue jusqu’à présent ; et pour qu’il puisse le faire, j’ouvrirai légèrement ses yeux, qui sont obscurcis par le nuage des choses mortelles. »

Ces mots dits, elle essuya mes yeux, pleins des larmes de mes pleurs, avec le bord de sa robe plié en mouchoir.

Pr. II. 4. C. Ed. whilom ; A. sumtyme. // C. noryssed ; A. I-norschide. 5. C. escaped ; A. ascaped. 8. C. Knowestow ; A. Knowest thou. 9. C. artow ; A. art thou. // C. it is ; A. Ed. is it. // C. asthonynge (mais astonynge ci-dessous). 14. C. litarge ; A. litargie. // C. sykenesse ; A. sekenes. 15. C. desseyued ; A. desceiued. 16. C. remenbren ; A. remembren.

Mètre III.

Alors, les ténèbres de la nuit m’entourèrent.

Ainsi, lorsque cette nuit s’écarta et s’en alla, les ténèbres m’abandonnèrent, et mes yeux retrouvèrent toute leur force. Et, tout comme le soleil disparaît lorsque les étoiles sont couvertes de nuages par un vent rapide qui soulève le chœur, ainsi...

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que le firmament est obscurci par de lourdes nuages sombres, et
que les étoiles ne paraissent pas dans le ciel, de sorte que la nuit
semble s’étendre sur la terre : alors le vent Borée,
qui souffle des grottes de la région de Thrace, chasse cette nuit
(c’est-à-dire la repousse), et découvre le jour voilé : alors Phébus brille,
éclairé d’une telle lumière, et frappe de ses rayons des yeux émerveillés.

Prose III.

Pas autrement, à travers des nuages de tristesse dissipés.

Exactement ainsi, et de nulle autre manière, les nuages de chagrin se dissipèrent
et s’éloignèrent ; je levai les yeux vers le ciel et pris la résolution de connaître
le visage de mon philosophe ; je fixai donc mes yeux sur lui et y portai un regard attentif. Je vis ma noble Philosophie, dans les demeures de qui j’avais vécu et séjourné depuis ma jeunesse ; et je dis ceci : 5
« Ô toi, maîtresse de toutes les vertus, descendue du trône suprême, pourquoi es-tu venue en ce lieu solitaire de mon exil ? Es-tu venue parce que tu es rendue coupable avec moi de fausses accusations ? »

« Ô », répondit-elle, « ma chère, devrais-je te abandonner maintenant, et 10
ne pas partager avec toi, par un effort commun, le fardeau que tu as supporté à cause de l’envie pour mon nom ? Assurément, il n’y a rien de léger ni de facile pour une Philosophie de laisser seul celui qui est innocent. Devrais-je donc craindre ma propre culpabilité et m’irriter comme si quelque chose de nouveau était arrivé ? Comme si l’on disait : non. Car crois-tu vraiment que la Philosophie soit aujourd’hui la première à être attaquée par des gens de mauvaises mœurs ? N’ai-je pas lutté avec acharnement, jadis, avant l’époque de mon Platon, contre la folie des insensés ? Et même, ce même Platon, de son vivant, son maître Socrate obtint la victoire contre une mort injuste en ma présence. L’héritage de Socrate – cet héritage, c’est la doctrine dont Socrate parlait dans sa conception du bonheur, que j’appelle félicité – lorsque les Épicuriens, les Stoïciens et bien d’autres le forcèrent à pousser chacun à suivre sa propre voie – c’est-à-dire, 25

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que chacun d’eux voulait, pour défendre son opinion, invoquer les paroles de Socrate — eux, comme faisant partie de leur prière, cherchaient à m’engloutir, criant et débattant entre eux, et déchiraient et détruisaient mes vêtements que j’avais tissés de mes propres mains ; et avec ces vêtements qu’ils avaient arrachés aux miens, ils s’en allaient, pensant que j’étais parti avec eux.

Parmi ces Épicuriens et Stoïciens, puisqu’ils voyaient quelques traces ou vestiges de mon habit, la folie des hommes, pensant que ces Épicuriens et Stoïciens étaient mes disciples, persécuta certains à cause de l’erreur de la multitude méchante ou ignorante. C’est-à-dire que, parce qu’ils étaient considérés comme des philosophes, ils furent poursuivis jusqu’à la mort et tués. Ainsi, si tu n’as pas connu l’exil d’Anaxagore, ni l’empoisonnement de Socrate, ni les tourments de Zénon, parce qu’ils étaient étrangers, tu aurais pu connaître les Sénéciens, les Caniens et les Soraens, dont la renommée n’est ni trop ancienne ni peu solennelle. Ces hommes ne furent conduits à la mort que parce qu’ils étaient informés de mes manières et semblaient très différents des études des gens méchants. Et c’est pourquoi tu ne dois pas t’étonner que moi, dans la vue amère de cette vie, sois poussé par des tempêtes qui soufflent autour de moi, dans lesquelles ma principale intention est, c’est-à-dire, de détester les gens méchants. Parmi ces misérables, aussi grands que soient leurs bruits, il faut les détester ; car ils ne sont gouvernés par aucune raison, mais sont seulement emportés par une folle et légère erreur. Et s’ils, parfois, faisant du bruit devant nous, nous attaquent plus violemment, notre chef rassemble ses richesses autour de lui, et ils se préoccupent de sacs ou de bourses inutiles à prendre. Mais nous, qui sommes là-haut, à l’abri de tout tumulte et de tout bruit sauvage, protégés et enfermés derrière une telle palissade, à travers laquelle ce bavardage ou cette folle nuisance ne peut atteindre, nous méprisons de tels ravisseurs et voleurs de choses les plus sales.

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C. oost, glossé i. acies. 50. C. rauyssed ; A. rauysched. // C. folyly, i. sine consilio. 52.
A. hys rycchesse. 53. C. sarpuleris ; A. sarpulers. 55. C. tumolte ; A. tumulte. // A.
stored. 56. C. palis ; A. palays (Lat. uallo). // C. om. that. // C. anoyenge ; A. anoying.
57 C. atayne ; A. attayne. // C. schorne ; A. scorne.

Mètre IV.

Quisquis composito serenus euo.

Qui que ce soit qui soit pur de vertu, calme et bien ordonné dans sa vie, qui a mis au pied les orgueilleuses vanités et regarde droit devant lui quelle que soit la fortune, il peut conserver son bonheur intact. Ni la fureur ni les menaces du pouvoir, les poussant ou les poursuivant depuis le bas, ne pourront ébranler cet homme ; ni la montagne instable du Vésuve, qui se tord à travers ses cheminées brisées en crachant des flammes ; ni le chemin des éclairs, qui a l’habitude de frapper les tours, ne pourront ébranler cet homme. Alors, ô malheureux, pourquoi craignez-vous ces tyrans cruels et criminels sans aucune force ? N’ayez aucun espoir, n’ayez pas peur ; ainsi vous désarmerez la colère de tels tyrans impuissants. Mais celui qui, tremblant, craint ou désire quelque chose qui n’est pas stable dans son droit, cet homme a jeté son bouclier au loin, s’est éloigné de sa place et est pris dans les chaînes avec lesquelles on peut le tirer.

Mét. IV. 2. C. leuynge ; A. lyuyng. // Both wierdes ; C. a le gloss fata. 3. C. may his
cheere holde vndescounfited ; A. may holde hys chiere vndiscomfited. 4. C. manesses ;
A. manace (Lat. minae). 5. hete (Lat. aestum). 6. C. hihte ; A. hyȝt. 7. Ed. writheth ; C.
writith ; A. wircheth (Lat. torquet). // A. chemineys. 9. C. Whar- ; A. Wher-. 10. C.
felonos ; A. felownes. 11. C. deseruien ; A. desarmen ; Ed. disarmen. 14. C. remwed ; A.
remoeued. 15. A. om. the before which.

Prose IV.

Sentisne, inquit, hec.

« Felestow », dit-elle, « ces choses, entrent-elles en ton cœur ? Es-tu comme un âne devant l’harpe ? Pourquoi pleures-tu ? »

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Pourquoi joues-tu ainsi, Teres ? Si tu te laves après avoir utilisé ton lait, que ta blessure soit révélée.

Moi, qui avais rassemblé de la force dans mon courage, répondis 5
et dis : « N’a-t-il pas encore besoin, dis-je, d’exercice ou d’avertissement ; et ne montre-t-il pas suffisamment par lui-même la rudesse du Destin, qui grandit sans cesse contre moi ? Ne te faut-il pas voir le visage ou l’aspect de cet endroit (c’est-à-dire la prison) ? Est-ce là la bibliothèque que tu avais choisie comme un lieu approprié pour toi dans ma maison, alors que tu discutais souvent avec moi des sciences relatives à la divinité et à l’humanité ? Était-ce alors ma demeure telle qu’elle est maintenant ? Était-ce mon visage ou mon apparence tels qu’ils sont aujourd’hui (comme s’il disait : non), lorsque je cherchais avec toi les secrets de la nature, lorsque tu modelais 15 mes manières et le cours de toute ma vie selon l’ordre du ciel ? N’est-ce pas là la récompense dont je te parle, à qui j’ai été obéissant ? Certes, tu as confirmé, par la voix de Platon, cette sentence, à savoir que les choses ou communautés communes étaient heureuses, si celles qui avaient étudié pleinement la sagesse gouvernaient ces choses, ou bien si les dirigeants des communautés s’efforçaient d’acquérir la sagesse.

Tu as aussi dit, par la voix du même Platon, que c’était une nécessité que des hommes sages prennent et désirent la direction 25 des affaires communes, car les gouvernements des cités, laissés entre les mains de bourreaux criminels, ne devraient pas apporter peste et destruction au peuple bon. C’est pourquoi, suivant cette autorité (c’est-à-dire celle de Platon), j’ai voulu mettre en pratique et en action l’administration commune de ces choses que j’avais apprises de toi durant mes moments de repos secrets. Toi, et Dieu qui t’a mis dans les pensées des hommes sages, vous savez avec moi que rien ne m’a conduit à la maîtrise ou à la dignité, sinon l’étude commune de toute bonté. C’est pour cela qu’il y a eu entre les gens méchants et moi de graves dissensions, qui ne pouvaient être apaisées par des prières ; car cette liberté a celle de la conscience, et l’arrogance des gens plus puissants a toujours été méprisée par moi pour la sauvegarde du droit.

Combien de fois ai-je résisté et combattu cet homme nommé Conigaste, qui attaquait constamment les fortunes prospères des pauvres gens faibles ? Combien de fois l’ai-je chassé ou écarté ?

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Trigwille, prévôt de la maison du roi, responsable des torts qu’il avait commencés à commettre et qu’il n’a pas entièrement réparés ? Combien de fois ai-je couvert et défendu par mon autorité, même au péril de celle-ci, le pauvre peuple, tourmenté sans cesse par l’avidité des étrangers qui le faisaient souffrir par d’innombrables maux et charges ? Jamais personne ne m’a fait passer du bien au mal. Lorsque je dis que les biens et les richesses du peuple des provinces sont lésés ou détournés, que ce soit par des prélèvements privés ou par des tributs ou taxes communautaires, j’en suis aussi affligé que ceux qui subissent ces dommages.

Glossa. Lorsque Théodoric, roi des Goths, eut un jour ses greniers pleins de blé, et ordonna que personne ne puisse acheter de blé tant que le sien n’était pas vendu, à un prix exorbitant, Boèce s’opposa à cet ordre et le fit annuler, le roi lui-même étant au courant de tout cela.

Textus. En cette période de grande famine, une loi sévère et injuste fut établie, selon laquelle on disait qu’elle devait gravement tourmenter et détruire toute la province de Campanie ; je m’opposai moi-même au prévôt du prétoire pour le bien commun. Et comme le roi en était informé, je fis annuler cette loi, de sorte qu’elle ne fut ni imposée ni appliquée.

[Glossa.] Loi, c’est-à-dire achat ou acquisition collective, imposée au peuple de cette manière, de sorte que quiconque achetait un sac de blé devait en donner la quinzième partie au roi.

[Textus.] Paulin, conseiller de Rome, dont les richesses étaient vouées à être dévorées par les chiens du palais, c’est-à-dire les fonctionnaires, par avidité et convoitise, je le sauvai des gueules béantes qui les attendaient. Et comme la peine prévue par l’accusation ne devait pas être infligée ni punir injustement Albin, conseiller de Rome, je m’exposai moi-même aux haines et à l’indignation de l’accusateur Cyprien. N’est-il pas suffisant de dire que j’ai moi-même provoqué de grandes dissensions ? Mais je devrais être encore plus assuré vis-à-vis de tous les autres (c’est-à-dire des Romains), car par amour pour la justice, je n’ai jamais rien réservé pour moi-même contre les fonctionnaires du roi, ce qui me rendait plus sûr. Mais à cause des mêmes accusateurs, je suis condamné. Parmi ces accusateurs, il y a Basile.

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C’est pourquoi Wyllom, chassé du service du roi, est maintenant contraint d’accuser en mon nom, par besoin d’argent étranger. De même, Opilion et Gaudencius m’ont accusé, bien que la justice royale ait déjà condamné tous deux à l’exil pour leurs trahisons et fraudes innombrables. Ils ne purent obéir à ce jugement, mais se réfugièrent dans les sanctuaires sacrés ; et lorsque le roi s’en aperçut, il ordonna que, s’ils ne quittaient pas la cité de Ravenne avant une date fixée, 90 hommes devraient les poursuivre avec des cris perçants et les chasser de la ville. Que peut-on comparer, à ton avis, à une telle cruauté ? Car, en effet, le même jour, les mêmes accusateurs reçurent des accusations contre moi. Que dire de plus ? (comme s’il disait : rien). Ma perspicacité et mon intelligence méritaient-elles cela ? Ou bien ma malédiction précédente les a-t-elle rendus des accusateurs légitimes, que ce soit ou non ? (comme s’il disait : non). La Fortune n’a-t-elle pas eu honte de cela ? Certes, même si la Fortune n’avait pas eu honte que l’innocence fût accusée, elle aurait dû avoir honte de la méchanceté de mes accusateurs. 100

Mais, dis-moi en somme, de quoi suis-je accusé ? On dit que je voudrais sauver le groupe des sénateurs. Veux-tu savoir comment ? Je suis accusé d’avoir tenté de dissuader l’accusateur de faire parvenir des lettres, par lesquelles il aurait pu rendre les sénateurs coupables devant la majesté royale. Ô maîtresse, que dois-je faire à ce sujet ? Dois-je abandonner cette accusation afin de ne pas être une honte pour toi ? (comme s’il disait : non). Certes, je l’aurais voulu, c’est-à-dire le salut du sénat ; mais je ne le permettrai jamais, et j’avoue et je reconnais cela ; mais l’intention de l’accusateur de me dissuader cessera. Car dois-je qualifier cela de crime ou de péché, alors que j’ai souhaité le salut de l’ordre du sénat ? (comme s’il disait : j’hésite). Et certes, ce même sénat m’a déjà puni, par ses décrets et ses jugements, comme s’il s’agissait d’un péché ou d’un crime ; c’est-à-dire en voulant son salut (du sénat). Mais la folie, qui ment toujours à elle-même, ne peut changer la valeur des choses. Je ne crois pas, selon le jugement de Socrate, qu’il soit léger pour moi de cacher la vérité ou d’accepter des injustices. Mais en tout cas, je laisse cela au jugement de toi et des gens sages. De toute cette affaire, toute la vérité et toute la justice, autant que ceux qui viendront après nous le sauront, je les ai exposées.

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Dans les Écritures et dans les souvenirs. Quant aux lettres falsifiées, par lesquelles on m’accuse d’avoir espéré la liberté de Rome, qu’ai-je à en dire ? Parmi ces 125 lettres, la fraude était manifestement évidente ; si j’avais eu la liberté de les utiliser et de m’exprimer lors de l’audition de mes accusateurs, ce qui est absolument nécessaire. Car quelle autre liberté peut-on espérer ? Certes, j’aurais voulu que l’on puisse espérer une autre liberté. J’aurais alors répondu avec les mots d’un homme nommé Canius : lorsqu’il fut accusé par Caius César, fils de Germanicus, d’être au courant et d’approuver une conspiration ourdie contre lui-même, ce Canius répondit ainsi : « Si je le savais, tu ne le saurais pas. » À ce sujet, la tristesse n’a pas affaibli mon esprit au point que je prétende que seuls les gens rusés inventent des crimes contre la vertu ; mais je m’étonne grandement de voir comment ils peuvent accomplir ce qu’ils espéraient faire. En effet, la ruse provient peut-être de notre faiblesse ; mais c’est comme un monstre, un prodige, que de voir, en présence même de Dieu, des choses pareilles être accomplies, telles que chaque criminel les a conçues dans son esprit contre des innocents. C’est pourquoi l’un de tes proches demanda judicieusement : « S’il y a un dieu, quand surviennent les mauvaises choses ? Et s’il n’y a pas de dieu, quand surviennent les bonnes choses ? » 145 Mais même si ces criminels, qui désirent maintenant le sang et la mort de tous les hommes bons ainsi que de tout le Sénat, voulaient me détruire, moi qui ai toujours combattu et défendu les hommes bons ainsi que tout le Sénat, je n’aurais pas mérité que les ancêtres, c’est-à-dire les sénateurs, veuillent ma destruction.

Tu te souviens bien, comme je le dis, que lorsque je voulais faire ou dire quelque chose, toi-même, toujours présent, m’aidais. À Vérone, lorsque le roi, craignant un massacre général, ordonna que tout l’or de sa majesté soit transféré, et que Albin fût accusé à cause de cet or, c’est avec quelle grande détermination pour ma sécurité que j’ai défendu tout le Sénat ! Tu sais bien que je dis la vérité, et je ne me suis jamais vanté de mes exploits. Car toujours, quand quelqu’un reçoit une haute réputation en se vantant de ses actions, il trahit le secret de sa conscience. Mais maintenant tu peux bien voir pourquoi je suis venu pour prouver mon innocence : je subis la punition d’un faux crime en récompense d’une véritable vertu. Et quelle injustice…

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J’ai toujours vu des juges si cruels dans leurs condamnations pour crimes graves ; en d’autres termes, comme l’affirment mes accusateurs, soit par erreur humaine, soit à cause des caprices du destin – choses incertaines pour tous les mortels – certains d’entre eux refusaient de montrer de la pitié ou de la compassion envers moi. Car bien que j’aie été accusé de vouloir brûler des lieux saints et étrangler des prêtres avec une épée cruelle, ou encore de vouloir nuire à tous les hommes bons, la sentence aurait dû me punir, que je sois coupable ou non. Mais maintenant, j’ai été chassé de la cité de Rome à près de cinq cent mille pas ; je suis sans défense, condamné à la proscription et à la mort, à cause des efforts et des services que j’ai rendus au Sénat. Hélas, ils sont vraiment dignes de récompense (comme on dit, non !) : jamais aucun d’eux ne pourrait être reconnu coupable d’une telle faute que la mienne ! Quant à ces transgressions, mes accusateurs décrivent bien leur gravité ; mais pour les dissimuler en invoquant quelque crime, ils m’accusent à tort d’avoir souillé ma conscience par le sacrilège, par cupidité de pouvoir. Et certes, toi-même, qui es en moi, as chassé de mon cœur toute convoitise pour les choses mortelles ; le sacrilège n’aurait jamais eu sa place en moi avant ton regard. Car tu insufflais chaque jour dans mes pensées ce commandement de Pythagore : les hommes doivent servir Dieu, et non les dieux. Il n’était ni convenable ni nécessaire de recourir aux esprits les plus impurs ; moi, tu m’as placé dans une telle excellence que tu m’as fait ressembler à Dieu. De plus, la chambre pure et sainte de ma maison, c’est-à-dire ma femme, ainsi que l’entourage de mes amis honnêtes et le père de ma femme, tous aussi saints qu’dignes d’être vénérés pour leurs vertus, me protègent de toute suspicion de ce genre. Mais ô méchanceté ! Ceux qui m’accusent s’appuient sur toi, Philosophie, pour accuser quelqu’un d’une telle faute ! Ils pensent que j’ai des liens avec le mal ou la sorcellerie, parce que je suis rempli de tes enseignements et influencé par tes méthodes. Ainsi, non seulement ta réputation ne m’aide pas, mais en plus, toi, de ton plein gré, te salis par mes offenses. Mais certes, aux maux que je subis s’ajoute encore cet autre mal : l’opinion et le jugement de beaucoup de gens ne tiennent pas compte des véritables fautes, mais seulement au hasard du destin ; ils pensent que seules les choses qui procurent le bonheur temporel sont désirables, et donc voulu par Dieu.

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Glose. Ainsi : si quelqu’un connaît la prospérité, c’est qu’il est un bon homme et digne de cette prospérité ; et celui qui subit des épreuves est un méchant homme, Dieu l’a abandonné, et il est digne de ces épreuves. Telle est l’opinion de certains gens.

C’est pourquoi la bonne opinion, avant tout, renonce aux méchancetés : en vérité, il m’est pénible de penser maintenant aux diverses paroles que les gens prononcent à mon sujet. Et j’ai bien vu que la dernière accusation liée au destin contraire est celle-ci : lorsque l’on reproche quelque chose à un coupable, on pense qu’il a mérité de souffrir. Moi, qui suis éloigné des hommes bons, dépouillé de mes dignités et dont le nom est sali par les calomnies, j’ai enduré des tourments pour mes bonnes actions. En vérité, il me semble voir les complots criminels des méchants hommes prospérer dans la joie et la gaieté. Je vois que chaque méchant cherche de nouvelles ruses pour accuser les hommes bons. Je vois que les hommes bons sont renversés par crainte de mon danger ; chaque bourreau luxueux laisse toutes les crimes impunis, poussé par la cupidité ; et les innocents ne sont pas seulement privés de sécurité, mais aussi de défense ; c’est pourquoi je veux crier à Dieu de cette manière :—

Pr. IV. 1. C. Felistow ; A. Felest thou. 2. A. Art thou. // C. wepistow ; A. wepest thou.
3. A. spillest thou. 9. C. sen ; A. seen. 11. A. sege (pour sete). 12. Ainsi A. ; C. deuynyte. //
C. omet le deuxième touchinge. 13. C. omet « it is ». 14. C. omet « quasi ... non ». 17. Après cela, C. a
« nonne » ; A. a « ironice ». // C. gerdouns ; A. gerdoun (lat. praemia). 18. C. conformedest
(lat. sanxisti) ; voir note. 19. C. Mowht ; A. mouthe. 20. A. communabletes. 22. A.
étudiés dans de grandes sagesse. 25. C. whise ; A. wyse. 26. A. des cités communes (lat.
urbium). 27. C. citesenes ; A. citizenis. 29. A. folowynge. // C. autorite ; A. auctoritee.
30. C. excussioun(!) ; A. execusioun. 32. C. whise ; A. wise. 33. A. knowen ; C. a la
glose concij (= conscii). 34. C. dignete ; A. dignite. // C. omet « the ». 36. Ainsi A. ; C.
descordes. // Au-dessus de preyeres, C. a « i. est inexorabiles ». 37. A. omet le deuxième « the ». 38. C.
sauacioun ; A. saluacioun. 40. C. recisted. // C. hyhte ; A. hyȝt. 41. C. Ed. prospere ; A.
propre. 42. A. poure. // C. fookk ; A. folke. 45. C. deffended ; A. defended. // C.
autorite ; A. auctorite. 47. C. vnpunyssed ; A. -nysched. 49. C. ne drowh ; A. drowe. 50.
A. rychesse. // C. omet le deuxième « the ». 51. A. eyther (pour outher). // C. pryuey ; A. priue. // C.
Raueynes ; A. rauynes. 54. C. yer ; A. yere. 55. C. A. solde. 58. C. sowre ; A. soure (lat.
acerbae famis tempore). 59. A. establissed ; C. estabelissed. // C. vnplitable ; A.
inplitable (lat. inexplicabilis). 61. Éd. Campayne ; C. A. Compaygne. 64. La glose
(Coempcioun ... part) est mal placée dans les deux manuscrits, précédant ainsi Whan it was (58).
65. C. estabelissed. // A. omet « the ». 66. C. imposiscioun. // C. bossel ; A. busshel. 68. Ainsi

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A. ; C. consoler (!). // A. rapidité. 69. C. palysse ; A. palays. 70. C. drowh ; A. drowe.
71. sc. faucibus à partir de A. 73. C. punir ; A. punir. // C. conseiller. 75. A. yseyne.
77. A. assuré. 78. Après rien, C. ajoute i. affinité. 79. C. omet le deuxième the. 81. A. omet le deuxième the. 82, 85. C. autrefois ; A. quelquefois. 84. C. caudencius (à tort). 88. C. sentuarye ; A. seyntuaries. 89. C. omet was. 90. C. assigné ; A. assigned. 91. C. moi (= hommes) ; A. hommes. // C. marquer ; A. merken. 92. A. omet le the. // C. omet thee. 93. C. crwelte.
94. C. réassigné. 98. C. embarrassé ; A. embarrassé. 99. C. était. 101. A. penses-tu. 102. C. désire. 104. C. troublé ; A. distourbé. 106. C. maîtresse ; A. meistresse. A. penses-tu. 109. C. omet that. 109. C. Je suis ; A. Éd. omet I. 110. C. troublé. 111. A. une félonie que. 114. C. et (pour ou). 119. C. A. mettre. 120. C. sage. 122. C. shellen ; A. schollen (meilleur : shullen). 123. A. omet le deuxième in. C. thowchinge. 125. C. omet De quels lettres. 129. C. omet what. // C. espérer. 133. C. omet Canius. 136. C. tristesse. 137. C. félonies ; A. folies (lat. scelerata). // A. vertus (à tort). 138. C. avait ; A. avait (meilleur : hadde). 139. C. omet to. 148. C. aller et ; A. Éd. omet et. 151. C. volontaire ; A. wilne.
153. C. rwledest. 154. C. omet le premier the. 155. C. transporter(!). C. vp ; A. vp sur. 157. C. défendu. 158. A. omet le deuxième ne. 159. C. réassigne ; A. resceiueth. 162. C. réassigne ; A. receiue. 163. A. dans (pour pour). // Les deux gerdoun ; Éd. gwerdone. 164. C. crwelte. 171. C. puni ; A. punysched. 172. A. convaincu ; C. convaincu. // De même A. ; C. remwed. 173. C. paas. 176. C. mérite ; A. merci ; (glose dans C. ironiquement ; O méritos). 179. C. dirken. 180. C. un ; A. sur. 181. C. sacrilège ; glosé sorcellerie. 183. C. tous ; A. al. 185. C. omet le deuxième in.
187. en marge de C. ; Homo debet seruire deo et non diis. // C. omet was. // A. pas convenable (lat. Nec conueniebat). 188. A. esprits ; C. esprit (lat. spirituum). 189. C. et ; A. ou. 190. C. chaumbyr ; A. chaumbre. 191. C. compagnie ; A. compaignie. 193. C. défendre. // C. de ; A. de. 195. C. le philosophe ; A. la philosophie (lat. te).
196. A. enchantements. 198. C. théories. 207. A. Glosa. 208. C. qui ; A. qui ainsi.
217. C. desservi. 218. C. de (1) ; A. de. 223. C. bien ; A. ben. 225. C. impuni ; A. vnpunissed. 227. C. sage ; A. rester ; Éd. maner.

Mètre V.

Ô créateur étoilé du monde.

Ô toi, créateur de la roue qui porte les étoiles, toi qui es fermement attaché à ton char éternel, et qui déchires le ciel d’un souffle enivrant, forçant les étoiles à subir ta loi ; de sorte que la lune, parfois brillant de ses cornes pleines, rivalisant avec tous les rayons de son frère le soleil, éclaire les étoiles qui sont moins lumineuses ; et parfois, lorsque la lune, pâle de ses cornes sombres, s’approche du soleil, elle affaiblit sa lumière ; et que l’étoile du soir, Hespérus, celle qui, au début de la nuit, apporte ses aurores froides, vient toujours ensuite.

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Il a utilisé ce cours, et il devient pâle au matin, à l’aube du soleil ; on l’appelle alors Lucifer. Tu restreins la journée en la faisant durer moins longtemps, pendant les froids hivers qui font tomber les feuilles. Tu divises les moments rapides de la nuit, lorsque vient l’été chaud. Ta puissance fait varier les saisons de l’année ; ainsi Zéphyr, le vent doux, apporte toujours, au début de l’été, les feuilles que le vent violent Borée avait retenues en automne, c’est-à-dire à la fin de l’été ; et les herbes que l’étoile Arcturus voyait deviennent hautes cornes lorsque l’étoile Sirius les balaie. Rien n’échappe à sa loi ancienne, ni les œuvres de son propre ordre.

Ô toi, gouverneur qui règnes sur toutes choses selon une fin déterminée, pourquoi refuses-tu seulement de régir les actions des hommes de la même manière ? Pourquoi permets-tu que cette fortune trompeuse crée tant de contradictions, de sorte que des souffrances qui devraient punir véritablement les méchants punissent les innocents ? Et les gens de mœurs vicieuses occupent de hautes places, tandis que des gens méchants marchent, et injustement, sur le cou des hommes saints ? La vertu, naturellement lumineuse, reste cachée dans les ténèbres, et l’homme juste porte la faute et le châtiment du méchant. Ni la fraude, dissimulée sous un faux semblant, ni les sorcières ne sont épargnées ; ces dernières, lorsqu’elles veulent utiliser leur force, se réjouissent de soumettre sous elles les rois souverains que ce peuple innombrable redoute.

Ô toi, quel que tu sois, celui qui lie tous les liens des choses, regarde cette terre misérable ; nous, hommes qui ne formons pas un groupe mauvais, mais un groupe vertueux chargé d’une grande tâche, nous sommes tourmentés dans cet océan de fortune. Ô gouverneur, retire et restreins les flots dévastateurs, et fixe fermement cette terre avec ce même lien par lequel tu gouvernes le ciel si vaste.

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23. C. refowsestow ; A. refusest thou. // C. dwwe ; A. dewe. 24. C. suffres. // C. so ; A. to. // A. vtter ; (pour entre-). 25. C. dwwelly ; A. duelly. 26. C. punysshe ; A. punissitȝ. 27. C. heere ; A. heiȝe (lat. celsos). // C. chayres ; A. chaiers. 28. C. oon (lire on) ; A. in. 29. A. clere and shynyng (lat. clara). 30. A. Ne the forsweryng. 32. C. weche (pour which). // C. wan (pour whan). 34. C. weche. // C. nowmbyr ; A. noumbre. 38. C. om. a bef. werk. 39. C. this ; A. the. // C. withdrawh. 40. C. restryne ; A. restreyne. // C. thei (pour the). // C. rauesynge ; A. rauyssinge. 41. C. by whiche ; A. with whiche (meilleur ?)

Prose V.

Hic ubi continuato dolore delatraui.

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Lorsque, dans une tristesse continue, je sanglotais ou exprimais ces choses, elle, avec sa douce compassion et sans être troublée par mes plaintes, dit ceci : « Lorsque je te vois », dit-elle, « triste et en larmes, j’ai aussitôt su que tu étais un exilé ; mais je ne savais pas à quel point ton exil était grand, si ta parole ne me l’avait montré. Mais assurément, bien que tu sois loin de ton pays, tu n’en es pas pour autant exclu ; c’est plutôt ton propre regard qui t’a abandonné et tu es devenu un étranger. Et si tu crains d’être exclu de ton pays, c’est plutôt toi-même que tu as exclu, et non un autre. Car personne d’autre que toi-même n’aurait pu te faire cela. Car si tu te souviens du pays où tu es né, il n’est pas gouverné par des empereurs ni par une autorité collective, comme les pays d’Athènes ; mais par un seigneur, un roi, et c’est Dieu, le seigneur de ton pays, qui décide du lieu de résidence de ses citoyens et ne les exile pas ; et il appartient à ce seigneur de leur accorder une liberté souveraine de se soumettre à sa loi et à sa justice. As-tu oublié cette ancienne loi de ton pays, selon laquelle il est ordonné et établi que quiconque y a trouvé sa demeure ou sa maison ne peut être expulsé légitimement de cet endroit ? Car celui qui se trouve à l’intérieur des remparts et des limites de cette cité ne mérite aucune peine d’exil. Mais celui qui laisse son désir habiter là-bas renonce aussi au droit d’être citoyen de cette cité. Ainsi, je dis que l’apparence de ce lieu ne m’émeut pas autant que ton propre visage. Je préfère aussi les murs de ta bibliothèque, ornés d’ivoire et de verre, à la structure de tes pensées. Dans celle-ci, je ne mets pas seulement des livres, mais ce qui rend les livres dignes d’éloge ou précieux, c’est-à-dire les jugements sur mes livres. Et certainement, concernant tes vertus, partagées au profit du bien commun, tu as dit vrai, mais après avoir énuméré tant de tes bonnes actions, tu en as mentionné peu ; quant à l’honnêteté ou à la fausseté des choses qui t’ont été présentées, tu as rappelé des choses connues de tous. Quant aux crimes et aux fraudes de tes accusateurs, il semble que tu en aies parlé justement et brièvement, bien que ces mêmes choses aient pu être exposées mieux et plus abondamment par la bouche de ceux qui connaissent tout cela.

Tu as vivement blâmé et plaint l’action injuste du sénat. Tu as pleuré à cause de ma faute, et tu…

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Tu as ouvert la voie aux dommages de ta réputation, déjà causés ; et ta dernière douleur a encore affaibli le destin, et tu constates que ces récompenses ne sont pas des moyens naturels pour atteindre les déserts du peuple. Et vers la fin de ton arbre, Muse, tu as souhaité que ce pouvoir qui gouverne le ciel gouvernât aussi la terre. Mais comme de nombreuses tribulations d’affections t’ont attaquée, et que tristesse, colère et pleurs t’ont tirée dans diverses directions ; puisque tu es maintenant faible d’esprit, des remèdes plus puissants ne pourront plus t’aider, c’est pourquoi nous utiliserons des remèdes plus légers : afin que ces passions, devenues dures par des troubles qui envahissent tes pensées, deviennent plus faciles et plus douces, pour recevoir la force d’un remède encore plus puissant, par un contact plus facile.

Pr. V. 1. C. om. a. // C. borken (= écorcé) ; A. broken (lat. delatraui). 2. A. peisible. 4. C. soruful ; A. sorweful. // C. wrechche ; A. wrecche. 6. C. nadde ; A. ne hade. // A. to me ; C. om. to. 8. C. wey ; A. weye. 11. C. remenbre ; A. remembre. 13. C. om. hem of. 16. C. cytesenis ; A. citezenis. C. put ; A. putte. 17. C. brydul ; A. bridel. 18. C. hasthow ; A. hast thou. 19. C. weche. 20. C. whyht ; A. wyȝt. 21. C. wer ; A. where. 22. C. contyned ; A. contened. // C. palys ; A. paleis (lat. uallo). 23. C. desserue. 25. C. cytesein ; A. Citezein. // C. face, glossé i. manere (lat. facies). 26. C. moueth ; A. amoeueth. 27. A. Ne I ne axe. // C. wrowht ; A. wrouȝt. 29. C. put ; A. putte (deux fois). // C. whilom ; A. somtyme. 30. C. presyous. 32. C. seyde ; A. seid. 33. A. vnhonestee (à tort). 34. A. Ed. opposé. // C. remenbryd. 36. C. Acusours. // C. I-twoched (au lieu de I-towched) ; A. I-touched. 38. C. mowhth ; A. mouthe. 42. A. wepen. 43. C. A. gerdouns ; Ed. guerdons. 44. C. om. nat. 45. C. latere ; A. lattre. // C. glossé wode par s. suivant. 52. A. perturbacioun folowyng (à tort).

Mètre VI.

Cum Phebi radiis graue
Cancri sidus inestuat.

Lorsque la lourde étoile du Cancer est éclairée par les rayons de Phébus, c’est-à-dire lorsque Phébus, le soleil, se trouve dans le signe du Cancer, celui qui alors accorde généreusement ses faveurs aux champs qui refusent de les recevoir, laisse-le partir, plein de confiance en ses récoltes, vers des chênes à glands. Si tu veux cueillir des violettes, ne va pas dans la forêt pourpre lorsque les champs, grelottant, se froidissent sous la violence du vent du nord. Si tu désires ou veux utiliser des raisins, ne cherche pas.

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avec un chien glouton, pour tirer et presser les tiges de la vigne au premier été ; car Bacchus, le dieu du vin, préfère plutôt faire ses récoltes à l’automne, à la fin de l’été.

Dieu fixe et assigne les temps, leur permettant d’accomplir leurs fonctions respectives ; il ne tolère pas que les moments qu’il a lui-même déterminés et fixés soient mélangés entre eux. Ainsi, celui qui enfreint un certain ordre en perturbant le cours des choses n’a ni issue heureuse ni fin satisfaisante pour ses œuvres.

Prose VI.

Donc, permets-moi d’abord, par quelques questions, d’examiner l’état de tes pensées, afin que je comprenne quelle est la nature de ta sollicitude.

« Demande-moi », dis-je, « selon ta volonté ce que tu veux, et je répondrai. »

Elle dit alors : « Penses-tu donc que ce monde soit gouverné par le hasard et la fortune, ou bien y a-t-il en lui une quelconque gouvernance fondée sur la raison ? »

« Certes », répondis-je, « je ne crois en aucune manière que des choses aussi certaines soient muees par la fortune ; mais je sais bien que Dieu, créateur et maître, est le gouverneur de ses œuvres. Jamais aucun jour ne pourra me faire sortir de la vérité de cette affirmation. »

« C’est vrai », dit-elle ; « c’est pourquoi chante un petit chant herboricole, et répète-le sans cesse, afin que seuls les hommes ne soient pas privés de la guérison divine. Car pour toutes les autres choses, tu n’as jamais douté qu’elles fussent gouvernées par la raison. Mais hélas ! (ô pape !) Je m’étonne vraiment, certes, pourquoi tu es si malade, péché…

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Que tu sois condamné à une si grave peine. Mais cherchons plus profondément ; je suppose qu’il manque quelque chose, sans que je sache quoi. Dis-moi ceci : puisque tu ne doutes pas que ce monde soit gouverné par Dieu, en tenant compte de cette gouvernance, pourquoi crois-tu qu’il est gouverné ?

« En vérité », dis-je, « je connais la réponse à ta question ; c’est pourquoi je ne peux pas pour l’instant répondre à tes demandes. »

« Je ne peux être trompée », dit-elle, « il doit y avoir quelque chose qui a permis à la maladie de ta perturbation de s’infiltrer dans ton esprit, comme si la force des barrières était brisée. Mais dis-moi ceci : te souviens-tu quel est le but des choses, et vers où tend la finalité de toute chose ? »

« J’ai entendu dire cela autrefois », dis-je ; « mais la fatigue a affaibli ma mémoire. »

« Certes », dit-elle, « tu savais bien alors que toutes choses ont un commencement et une fin ? »

« Je le sais bien », dis-je, en répondant que « Dieu est le commencement de tout. »

« Comment se fait-il », dit-elle, « que, puisque tu connais le commencement des choses, tu ne saches pas quel est leur but ? C’est là la nature des perturbations : elles ont le pouvoir de déplacer un homme de sa place, c’est-à-dire de l’éloigner de la stabilité et de la perfection de sa connaissance ; mais, certes, elles ne peuvent pas l’empêcher complètement ni l’éloigner entièrement. Cependant, je voudrais que tu répondes à ceci : te souviens-tu que tu es un homme ? »

« Pourquoi ne m’en souviendrais-je pas ? » dis-je.

« Alors dis-moi », dit-elle, « qu’est-ce qu’un homme ? »

« Ne me demande pas », dis-je, « si je suis un être mortel raisonnable ? Je le sais bien, et j’avoue que c’est le cas. »

« As-tu jamais su que tu étais autre chose ? » demanda-t-elle.

« Non », dis-je.

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« Eh bien, moi, dit-elle, voici une autre cause de ta maladie, et une très grande. Tu as oublié de te connaître toi-même, de savoir qui tu es ; c’est par là que j’ai complètement découvert la cause de ta maladie, ou plutôt le moyen de te guérir entièrement. Car tu es confus à cause de l’oubli de toi-même, car tu crains d’être exilé de tes propres biens. Et parce que tu ne sais pas quelle est la fin des choses, tu penses que ces hommes criminels et méchants sont puissants et heureux. Et parce que tu as oublié par quels gouvernements le monde est gouverné, tu crois que ces changements de fortune surviennent sans gouverneur. Ce sont là de grandes causes non seulement de maladie, mais assurément de mort. Mais je remercie l’auteur et le créateur de la santé, car la nature ne t’a pas tout à fait abandonné. J’ai de grands espoirs pour ta guérison, à savoir la juste loi du gouvernement du monde : croire que son gouvernement n’est pas soumis à la folie de ces hasards aléatoires, mais à la raison de Dieu. Ne doute donc de rien ; car de cette petite étincelle, ta chaleur de vie brillera. »

Mais comme il n’est pas encore temps de recours plus rapides, et que la nature des pensées est trompeuse, car chaque fois qu’elles rejettent les opinions justes, elles les revêtent d’opinions fausses, dont naît une obscurité trouble qui confond la véritable perspicacité ; et j’essaierai de dissiper cette obscurité par des remèdes lumineux et raisonnés, afin que, lorsque cette obscurité des désirs trompeurs aura été chassée, tu puisses voir briller la vraie lumière.

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connu. 56. C. confwendyd. 57. C. sorwistow ; A. sorwest thou. 58. C. domesthow ; A. demest. 59. A. om. And. 60. C. ast foryeeten. // C. gouvernement ; A. gouvernementz (Lat. gubernaculis). 61. A. wenest thou. 63. C. thi deth ; A. (correctement) om. thi. 64. C. alle ; A. al. 65. A. ins. et avant que j’aie. 67. A. subgit. // C. -putte ; A. -put. 68. C. Auentros ; A. auenturouses ; Éd. auenturous. // C. om. to. 69. C. lytul ; A. litel. 70. A. heet. 71. C. meche (= moche). 72. C. desseyued ; A. disseiued. 74. C. dirkenesse ; A. derknesse. // C. perturba (!). // C. wexit. 78. C. A. desseyuynge.

Mètre VII.

Nubibus atris.

Les étoiles, couvertes de nuages noirs, ne peuvent encore
émettre aucune lumière. Si le vent turbulent qui souffle du sud, tournoyant
et agitant la mer, trouble la chaleur, c’est-à-dire
la vapeur qui monte du fond ; les vagues, autrefois claires comme du verre
et semblables aux beaux jours ensoleillés, résistent bientôt
à la vue des hommes à cause de la saleté et de l’impureté qui s’y forme.
Et le courant rapide, qui descend diversement depuis les montagnes,
est souvent arrêté et contrarié par la rencontre
d’une pierre détachée et tombée d’une roche.

Et pour toi, si tu veux regarder et demander la vérité avec une lumière claire,
et suivre le chemin droit, alors tu auras la joie,
chasse loin de toi la peur, chasse ton espoir, et ne laisse aucune tristesse s’approcher ;
c’est-à-dire, ne laisse aucune de ces quatre épreuves t’atteindre ou te troubler. Car tel est le caractère de ces pensées, nuageuses et sombres, et liées par des rênes, tandis que ces choses pleuvent.’ 15

M. VII. 1. C. Éd. yeten ; A. geten. 2. C. A. wynde. 4. C. Éd. whilom ; A. somtyme. 5. C. lyk ; A. lyke. // C. beaux jours ensoleillés et brillants ; A. jours lumineux. // C. résister ; A. withstant. 7. C. hy ; A. heyȝe. 9. C. fram. 14. C. A. dirke. 15. C. were (au lieu de where). // C. pleuvoir ; A. regnen.

Fin du Livre Premier.

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LIVRE II.
Prose I.

Puis elle se tut un instant.

Après cela, elle resta silencieuse un petit moment ; et, après avoir attiré
par une tranquillité constante mon attention, elle dit ceci : (Comme si l’on pouvait dire ainsi : Après ces choses, elle resta silencieuse un petit moment ; et lorsqu’elle vit par cette tranquillité constante que j’étais attentif à l’écouter, elle commença à parler de la sorte) : « Si j’ai, dit-elle, parfaitement compris et connu les causes et la nature de ta maladie, tu souffres et es abattu à cause du désir et du destin de ta fortune. C’est elle, cette Fortune seule, qui, comme tu le penses, s’est tournée vers toi, et qui a altéré la pureté et l’état de ton courage. J’ai compris les couleurs trompeuses et les ruses de ce monstre merveilleux qu’est la Fortune, et comment elle use d’une familiarité flatteuse envers ceux qu’elle force à obéir, jusqu’à ce qu’elle les plonge dans une douleur insupportable, les laissant désespérés sans secours. Et si tu te souviens bien de la nature, des manières et des agissements de cette Fortune, tu sauras bien que, grâce à elle, tu n’as jamais eu ni perdu rien de beau. Mais, je crois, je n’aurai pas beaucoup de peine à te rappeler ces choses. Car tu avais l’habitude de la blesser et de la mépriser par des paroles viriles, lorsqu’elle était présente, et tu la harcelais de sentences tirées de mes paroles, c’est-à-dire de mes informations. Mais aucune telle transformation ne se produit sans un changement dans le courage ; c’est pourquoi tu t’es un peu éloigné des voies de ta pensée.

Mais maintenant, il est temps que tu boives et que tu goûtes quelque chose de doux et de délicieux ; afin que, une fois cela entré en toi, cela puisse préparer le chemin pour des boissons plus fortes, des médicaments. Viens donc maintenant la douceur de la rhétorique, qui suit toujours le bon chemin, sans jamais abandonner mes principes. Et avec la rhétorique vient la musique, une demoiselle de notre maison, qui chante tantôt des mélodies légères ou des prologues, tantôt des mélodies plus graves. Que t’arrive-t-il, homme ? Qu’est-ce qui t’a jeté dans la tristesse et les larmes ? Je crois que tu as vu… »

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Quelque chose de nouveau et de grossier. Tu crois que la Fortune a changé en ta faveur ; mais tu te trompes si tu le penses ainsi. Ses manières ont toujours été les mêmes : elle a plutôt conservé, à ton égard, sa propre constance dans ses transformations. Elle était tout à fait telle lorsqu’elle te flattait et te trompait avec de vaines promesses de bonheur. Tu as maintenant reconnu et découvert le visage double et incertain de cette déesse aveugle qu’est la Fortune. Elle, qui se cache et se dissimule aux autres, t’a montré son vrai visage. Si tu l’acceptes et tiens qu’elle est bonne, utilise ses manières et laisse-toi servir par elle. Mais si tu condamnes sa trahison mensongère, méprise-la et rejette celle qui agit de manière si nuisible ; car elle, qui est aujourd’hui cause de tant de chagrins pour toi, devrait être source pour toi de joie et de bonheur. Elle t’a abandonné, en vérité ; et nul homme ne peut être certain qu’elle ne l’abandonnera pas.

Glose. Cependant, certains livres présentent le texte ainsi : En vérité, elle t’a abandonné, et nul homme ne peut être certain qu’elle ne t’ait pas abandonné.

Préfères-tu donc ce bonheur précieux qui passera ? Et la Fortune actuelle vaut-elle vraiment la peine pour toi, puisqu’elle n’est pas fidèle pour rester ; et, lorsqu’elle s’en va, apporte-t-elle seulement du chagrin ? Puisqu’on ne peut la retenir contre la volonté d’un homme, elle le rend misérable lorsqu’elle le quitte. Qu’est-ce, sinon le changement de la Fortune, qu’une manifestation de la misère à venir ? Il ne suffit pas de se contenter de regarder ce qui est présent devant les yeux d’un homme. Mais la sagesse regarde et mesure la fin des choses ; et ce même changement d’une situation à une autre, c’est-à-dire du malheur au bonheur, fait que les menaces de la Fortune ne doivent pas être redoutées, ni ses flatteries désirées. Ainsi, en fin de compte, il convient de supporter avec patience et résignation tout ce qui arrive sous l’influence de la Fortune, c’est-à-dire dans ce monde, à moins que tu n’aies mis ton cou sous son joug. Car si tu veux établir une loi concernant le comportement et la relation avec la Fortune, que tu as librement choisie comme ta maîtresse, tu ne fais rien de mal, et tu ne rendras pas la Fortune furieuse ou hostile par ton impatience, alors que tu ne peux de toute façon pas la changer.

Si tu hisses tes voiles au vent, tu

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elle sera poussée, non là où tu le voudrais, mais là où le vent te pousse. Si tu jettes tes sièges dans les champs, tu dois garder à l’esprit que les années sont tantôt abondantes et tantôt stériles. Tu t’es soumis au gouvernement de la Fortune, et il te convient donc d’obéir aux caprices de ta maîtresse. Veux-tu vraiment retenir ou empêcher la rapidité et la force de ses transformations ? Ô toi, fou parmi tous les fous mortels, si la Fortune commençait à demeurer stable, elle cesserait alors d’être la Fortune !

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la modeste compassion de celle qui est déconcertée. Elle ne montre ni ici ni là des larmes de malheur ; et elle est si dure qu’elle rit et méprise les larmes d’eux, qu’elle a fait pleurer de son plein gré. Ainsi elle joue, 10
et ainsi elle met à l’épreuve sa force ; et elle montre un grand miracle à tous ses serviteurs, si un homme est dit heureux, puis renversé en une heure.

Me. I. 3. C. A. Eurippe (deux fois) ; Éd. Eurype. 5. C. le ; A. que. 6. C. autrefois ; A.
parfois. // C. embellit ; A. ennoblit. 7. C. humble ; A. modeste. // C. déconcertée ;
A. troublée. // C. Non ; A. et. 9. C. rit ; A. rie ; Éd. rit (lat. ridet.)
11. A. met à l’épreuve. // A. force (lat. uires). // C. A. grand. 12. C. quoi ; A. pourquoi.

Prose II.

Vellem autem pauca tecum.

Certes, je voudrais te dire quelques choses, en utilisant les paroles du Destin ; écoute bien maintenant, si elle demande juste. « Ô toi, homme, pourquoi me rends-tu coupable par tes jeux quotidiens ? Quel tort t’ai-je causé ? Quels biens t’ai-je pris qui n’étaient pas à toi ? Choisis ou décide 5
avec moi, selon ce que tu veux, entre la possession de richesses ou de dignités. Et si tu peux me montrer qu’un mortel ait jamais reçu l’une de ces choses pour en être propriétaire, alors j’accorderai volontiers que toutes ces choses soient tiennes, celles que tu demandes. Lorsque la nature 10
t’a fait sortir du sein de ta mère, je t’ai reçu nu et dépourvu de tout, et je t’ai nourri de mes richesses, prête et disposée par ma faveur à te soutenir ; et cela te rend maintenant impatient envers moi ; et je t’entoure de toute l’abondance et de tout l’éclat 15
de tous les biens qui sont à moi. Maintenant, il me plaît de retirer ma main ; tu as eu la grâce d’avoir utilisé des biens étrangers : tu n’as pas le droit de te plaindre, comme si tu avais complètement perdu tous tes biens. Pourquoi te plains-tu donc ? Je ne t’ai causé aucun tort. Richesses, 20
honneurs et autres choses semblables appartiennent à moi. Mes serviteurs me connaissent comme leur dame ; ils viennent avec moi, et partent quand je m’en vais. J’ose affirmer hardiment que, si les choses dont tu te plains et que tu prétends avoir perdues avaient été tiennes,

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Tu ne l’aurais pas perdu. Dois-je donc être seulement défendu pour pouvoir exercer mon droit ?

Certes, il est facile pour le ciel de faire des jours clairs, puis de couvrir ces mêmes jours de nuits sombres. L’année a aussi le droit de parer le visage de la terre, tantôt de fleurs, tantôt de fruits, et de le troubler parfois de neiges et de froids. La mer a elle aussi son droit d’être parfois calme et bleutée avec des eaux paisibles, et parfois effrayante avec des vagues et des tempêtes. Mais la cupidité des hommes, qui ne peut être étanchée, doit-elle m’obliger à rester constant, alors que cette constance est contraire à mes manières ? Telle est ma force, et c’est ce jeu que je joue sans cesse. Je fais tourner la roue tournante avec le cercle rotatif ; je suis heureux de changer le plus bas en le plus haut, et le plus haut en le plus bas. Sois prêt, si tu le veux, selon cette loi : tu ne dois pas croire que je te fais du tort, même si tu descends, lorsque le cours de mon jeu l’exige.

Ne savais-tu pas comment Crésus, roi des Lydiens, dont le roi Cyrus était fort irrité peu de temps auparavant, fut capturé par Cyrus et conduit au feu pour y être brûlé, mais qu’un rayon descendit du ciel pour le sauver ? Et as-tu oublié comment Paulus, consul de Rome, lorsqu’il eut capturé le roi des Perses, pleura amèrement pour le prisonnier de ce même roi ? Quoi d’autre les cris des tragédies, sinon uniquement les morts de la Fortune, qui, d’un coup imprévu, renverse des royaumes de grande noblesse ? Explication : une tragédie, c’est l’histoire d’une prospérité temporaire, qui se termine par le malheur.

N’as-tu pas appris en grec, quand tu étais jeune, qu’à l’entrée ou dans la vitesse de Jupiter, il y a deux tonneaux ; l’un est plein de bien, l’autre plein de mal ? Quel droit as-tu de te plaindre, si tu as tiré plus abondamment du côté du bien, c’est-à-dire de mes richesses et de ma prospérité ; et qu’importe si je ne m’éloigne pas complètement de toi ? Qu’importe si ma variabilité te donne une raison légitime d’espérer obtenir des choses meilleures ? Ne te laisse pas décourager dans tes pensées ; et toi, qui es placé dans le royaume commun de tous, n’aspire pas à vivre uniquement selon ton propre droit.

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Pr. II. 3. C. fait ; A. fais. 4. A. injustices (lat. iniuriam). 5. C. tisse ; A. tisse
(lat. contende). 8. C. réservé. // C. bien que ; A. ces. 9. C. semblable ; A. tel. 11. C.
brûlé ; A. brût. // C. réservé. 12. A. toute chose. // C. encore ; A. encore. 13.
C. faveur ; A. faveur. 19. A. complètement perdu. 20. C. pleins. 25. C. Je ferai ; A. Ferais-je. // C.
défendu. 28. C. couvrir ; A. couvrir (mieux couvrir). // C. poignard ; A. épée. 29. C.
préparer ; A. appareiller. 30. C. fruit ; A. fruit. 32. C. calme ; A. calme. // C.
rougissement ; A. rougissement. 33. C. om. deuxième avec. 35. C. constant ; A. constant. Ainsi
constance. 41. C. descendant. // A. en bas. // A. om. le. 42. C. savais-tu ; A. Savais-tu (lat. Nesciebas). // A. om. le. 44. C. causé ; A. provoqué. 45. C. descendit ; A. descendit. 48. C. captivité ; A. captivité. // C. chose ; A. choses. 49. C. criant ; A. criant. 50. A. les royaumes ; C. om. le. // C. noblement ; A. noblement. 54. A. choisir. // C. couché ; A. couché (lat. iacere). 56. C. comment. 57. A. richesse. 58. A. om. être et tout. 59. C. vie ; A. vie. 60. A. désespérer. 61. A. om. le.

Mètre II.

Si quantas rapidis flatibus incitus.

Bien que Plentée, déesse des richesses, retienne
avec son cor plein, et ne retire pas sa main, autant de richesses
que la mer soulève de sables lorsqu’elle est agitée par
des vents violents, ou autant de richesses que les étoiles brillantes
apparaissent dans le ciel pendant les nuits étoilées ; pourtant, malgré tout cela,
l’humanité ne cesse de pleurer, pleine de misère.
Et même si Dieu accueille volontiers ses prières, et leur donne
beaucoup d’or (comme à des fous), et honore les hommes avides
de titres nobles ou ecclésiastiques : il leur semble pourtant n’avoir rien obtenu,
car toujours sa cruelle avidité dévore tout ce qu’ils ont acquis,
montrant d’autres désirs, c’est-à-dire désirant encore plus de richesses.
Quels freins pourraient, à terme, arrêter l’avidité désordonnée des hommes,
d’autant plus qu’elle souffle en grandes vagues, et que plus elle brûle en eux
le désir de posséder ? Certes, celui qui, tremblant et effrayé, se sent pauvre,
n’aura jamais plus de richesses.”

Me. II. 1. A. riche. // Tous deux retinrent ; Éd. retint. 2. A. riches (!). 4. C. avidité. // A. riches. 5. A. jamais (lat. noctibus). 6. C. pleins ; A. pleins. 7. C. réservé. // C. prières ; A. prières. 8. C. A. vie. // A. plein (au lieu de fou). 9. A. peuple (au lieu d’hommes). 10. C. chose ; A. chose. // C. cruel. 12. A. richesse. 15. A. désir. 16. C. vit ; A. vit. // A. -mo.

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Prose III.

Si donc la Fortune parlait avec toi en son propre nom…

Si donc la Fortune te parlait en son propre nom de cette manière, alors tu n’aurais rien à répondre. Et si tu as quelque chose par quoi tu peux légitimement défendre ta cause, il te convient de le montrer ; et je te donnerai même le temps de le dire.

« Certes », dis-je alors, « ce sont là de belles choses, empreintes de la douceur sucrée de la rhétorique et de la musique ; et tant qu’on les entend, elles sont délicieuses. Mais pour les misérables, c’est un mal encore plus profond : cela signifie que les misérables ressentent les maux qu’ils subissent bien plus gravement que les remèdes ou les joies que ces mots peuvent leur apporter pour les réjouir ou les consoler ; de sorte que, lorsque ces mots cessent de résonner, la tristesse qui s’installe devient encore plus pesante. »

« C’est exact », dit-elle. « Car il n’y a là aucun remède à ta maladie ; ce ne sont que des moyens de dissimuler ta tristesse, voire une résistance à ta guérison. Car quand ce moment viendra, je ferai en sorte que des choses encore plus profondes les atteignent. Mais, puisque tu ne veux pas te laisser abattre, as-tu oublié le nombre et la nature de tes biens ? Je sais que les hommes les plus importants de la cité se sont chargés de ton éducation et de ta protection, lorsque tu étais orphelin de père et de mère, et qu’ils t’ont choisi comme parent des princes de la cité ; et tu as préféré vivre seul plutôt que d’être voisin ; ce qui est le type de relation familiale ou d’alliance le plus précieux qui existe. Qui n’a pas dit que tu étais vraiment heureux, avec une famille maternelle si noble, avec la chasteté de ta femme, et avec l’éducation et la noblesse de tes fils ? Et par-dessus tout cela — pour passer sur les choses ordinaires — tu as eu dans ta jeunesse des fonctions qui étaient réservées aux hommes âgés. Mais j’hésite à aborder maintenant les détails précis de ta fortune. Si un fruit des choses mortelles peut avoir une quelconque valeur ou importance pour le bonheur, pourrais-tu jamais oublier, face à tout malheur qui pourrait survenir, le souvenir de ce jour où tes deux fils furent nommés conseillers, et partirent de ta maison en présence d’une telle assemblée… »

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Sénateurs et sous la bonté du peuple ; et quand tu dis qu’ils sont assis dans la cour, parmi les dignitaires ? Toi, rhéteur ou orateur des louanges des rois, tu méritais la gloire de l’esprit et de l’éloquence, quand, assis entre tes deux fils et tes conseillers, à l’endroit appelé le Cirque, tu remplissais l’assemblée du peuple qui t’entourait de si grandes louanges et éloges, comme on chante lors des victoires. Tu avais des mots pour Fortune, je crois, c’est-à-dire que tu flattais Fortune avec des paroles brillantes et la trompais, alors qu’elle t’accueillait et te chérissait comme son propre trésor. Tu as pris à Fortune un cadeau, c’est-à-dire une récompense qu’elle ne veut jamais priver un homme. Veux-tu donc régler des comptes avec Fortune ? Elle t’a déjà jeté un regard malicieux. Si tu considères le nombre et la nature de tes bonheurs et de tes peines, tu ne peux nier que tu sois encore heureux. Car, même si tu te sens malheureux à cause de choses qui semblaient joyeuses mais qui sont passées, il n’y a aucune raison de te croire pauvre ; car des choses qui semblent maintenant tristes passeront aussi.

Es-tu maintenant entré, pour ainsi dire, dans l’ombre ou le tabernacle de cette vie ; ou penses-tu qu’il y ait quelque stabilité dans les affaires humaines, alors qu’une heure rapide dissout souvent cet homme, c’est-à-dire lorsque l’âme quitte le corps ? Car, bien qu’on croie que les choses heureuses veuillent y demeurer, il est évident que le dernier jour de la vie d’un homme est une sorte de mort pour Fortune, ainsi que pour celui qui y a vécu. Alors, que feras-tu, viendras-tu là-bas riche, si tu l’abandonnes en mourant, ou bien elle, Fortune, t’abandonnera-t-elle en s’enfuyant ?

Pr. III. 2. A. om. nat. 4. A. tellen (au lieu de defenden). 6. C. bet (au lieu de beth) ; A. ben. 8. C. delysyos ; A. deliciouse. 15. C. maledye. // C. noryssynges ; A. norissinges. // C. sorwes ; A. sorwe (lat. doloris). 17. C. swych ; A. swiche. 20. C. souerane ; A. souerayn. 23. C. begunne ; A. bygunne. 24. C. neysshebour ; A. neyȝbour. // C. presyous. 26. A. om. tho that. // A. nere (au lieu de were). // C. fadyris. 27. C. castete ; A. chastite. 29. C. lyste ; A. lyst. // C. the ; A. of. 30. A. thought (au lieu de youthe) ; Éd. youthe. 32. C. wel- ; A. wele-. // C. frute ; A. fruyt. 36. C. A semble ; A. Éd. assemble. 37. C. peeple ; A. poeple. 39. C. des- ; A. de-. 40. C. bitwyen ; A. bytwix ; Éd. bytwene. 41. C. hihte ; A. hyȝt. // C. A. Éd. tous insérés avant fulfuldest ; je l’omets, car cela obscurcit le sens. 42. A. om. the et so. 44. C. to ; A. of. 45. Ainsi Éd. ; C. A. desseiuedest. 46. C. noryssede ; A. norsshed ; Éd. norisshed. // A. hast had (au lieu de bere away). // C. bar. 47. C. A. gerdoun ; Éd. guerdon. 48. C. lye ; A. leye ; Éd. laye (lat. ponere). 49. C. om. a. 50. C. blysse (à tort) ; A. Éd. blisses. 51. C. art ; A. Éd. nart. //

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C. blysse-; A. blys-. 53. C. the; A. tho (Lat. tunc). 57. C. dyssoluede; A. Ed. dissolueth. 59. C. al that thowgh; A. Ed. although that. // Ed. selde; C. ȝelde (= zelde); A. yelde (= ȝelde); Lat. rara. // C. fortune; A. Ed. fortunous. 62: C. weenestow; A. wenest thou. // C. dar; A. thar. // Je te pourvois. // C. recke; A. recche.

Mètre III.

Cum polo Phebus roseis quadrigis.

Lorsque Phébus, le fils du soleil, commence à répandre sa clarté
avec des chars roses, alors l’étoile, assombrie, pâlit ses
belles lumières, sous les flammes du soleil qui surpasse la lumière
de l’étoile. Cela signifie que, lorsque le soleil se lève, l’étoile du jour
devient pâle et diminue sa lumière en raison de la grande clarté du 5
soleil.

Lorsque la forêt se couvre de fleurs roses, au premier printemps,
grâce à la brise chaude de Zéphyr, si le vent nuageux Auster souffle favorablement, alors disparaît la beauté des épines. 10

Souvent la mer est claire et calme, sans vagues mouvantes ; et souvent le terrible vent Aquilon provoque des tempêtes violentes et submerge la mer.

Si la forme de ce monde est si rarement stable, et si elle change à cause de tant d’alternances, voudrais-tu alors compter sur les fortunes changeantes des hommes ? Voudrais-tu compter sur des biens éphémères ? Il est certain et établi par une loi perpétuelle que rien de ce qui est engendré n’est immuable ni stable.

Me. III. 1. C. hyr; A. Ed. his. 2. C. palyt. 3. A. flamus. 7. C. rosyn; A. rosene. 9. C. A. wynde. 10. C. thornesse. 11. C. floedes. 13. Ed. -whelueth; C. -welueeth; A. -whelweth. 14. Ed. selde; C. ȝeelde (= zeelde); A. om. (Lat. rara). 15. C. wolthow; A. Ed. wilt thou. 16. C. towmblynge; Ed. tomblyng; A. trublynge (Lat. caducis). // C. wolthow; A. Ed. wilt thou. // C. Ed. on; A. in. // C. flettynge; A. flittyng. 17. C. is it; A. It is. // C. A. establyssed; Ed. establysshed. // C. thinge; A. thing. 18. C. estable; A. stable.

Prose IV.

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Alors moi, en vérité, je te le rappelle.

Elle dit alors : « Ô source de toutes les vertus, tu dis la vérité ; ni moi ni toi ne pouvons abandonner le juste cours rapide de notre prospérité ; c’est-à-dire que cette prospérité est venue à nous avec une rapidité admirable. Mais c’est quelque chose qui me fait grand mal lorsque je m’en souviens. Car, parmi toutes les adversités du destin, la pire sorte de malheur, c’est d’être heureux. »

« Mais puisque, » dit-elle, « tu échappes ainsi à la torture de ton opinion fausse, tu ne peux légitimement blâmer ni t’en prendre aux choses : car on dit que tu possèdes déjà de nombreuses abondances de biens. »

Même si le nom vain de prospérité aventureuse te motive maintenant, il est important que tu comptes avec moi combien de grandes choses tu as déjà en abondance. Et donc, si cette chose que tu considères comme la plus précieuse dans toute ta richesse de fortune te restait encore, par la grâce de Dieu, intacte et sans tache, pourrais-tu alors te plaindre justement du malheur du Destin, puisque tu possèdes déjà tes meilleures choses ? Certes, vit encore en bonne santé cet honneur précieux de l’humanité : Symac, le père de ta femme, homme entièrement fait de sagesse et de vertu ; cet homme que tu voudrais bien échanger contre la valeur de ta propre vie. Il supporte les injustices que les hommes te font, non pour lui-même, car il vit dans la certitude de n’être jamais condamné. Et vit encore ta femme, modèle de sagacité, surpassant toutes les autres femmes en pureté de chasteté ; et pour abréger ses qualités, elle ressemble à son père. Je te le dis bien : elle vit presque sans jouir de cette vie, ne te gardant que son affection ; elle est entièrement dominée par les larmes et la tristesse à cause de son désir pour toi, et c’est là seulement que je dois admettre que ta prospérité est diminuée. Que dirai-je de tes deux fils, conseillers, chez qui, en tant qu’enfants de leur âge, on voit déjà les traces de la sagesse de leur père ou de leur grand-père ? Et puisque le but suprême de tous les mortels est de sauver leur propre vie, ô combien es-tu heureux si tu connais tes biens ! Car il y a là des choses qui te sont chères, dont personne ne doute qu’elles soient plus précieuses pour toi que ta propre vie. Et donc, essuie tes larmes, car il n’y a pas de destin entièrement odieux pour toi. »

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Aucune tempête n’est encore tombée sur toi, tant que tes ancres sont solidement ancrées ; elles ne veulent ni supporter le confort de ce moment présent, ni l’espoir d’un temps à venir pour passer ou échouer.

« Et je prie », dis-je, « qu’elles restent fermement ancrées ; car tant qu’elles le restent, quoi qu’il arrive, je pourrai bien m’échapper ; mais tu peux bien voir quelle grande perte et quel manque il y a pour moi, qui m’a été enlevé. »

« Je t’ai quelque peu consolé et aidé », dit-elle, « si tu ne te plains pas ni ne penses trop à toute ta fortune : car on peut dire que je t’ai un peu réconforté, afin que tu ne te lamentes pas ainsi à cause de toute ta fortune, puisque tu as encore tes meilleures choses. Mais je ne peux pas supporter tes douleurs, si pleines de larmes et d’angoisse, car il manque quelque chose à ton bonheur. Car quel homme est-il si triste ou si incomplètement heureux qu’il ne s’efforce pas de parfaire, d’une manière ou d’une autre, la qualité de son état ? Car la condition des biens humains est bien douloureuse : soit ils ne viennent pas tous ensemble à une personne, soit ils ne durent pas éternellement. Certains hommes ont de grandes richesses, mais ils ont honte de leur origine humble ; d’autres sont renommés pour leur noblesse de famille, mais ils sont accablés par une telle angoisse de manque de choses qu’ils préféreraient être inconnus. D’autres encore possèdent à la fois richesse et noblesse, mais ils se lamentent de leur vie chaste, car ils n’ont pas de femme. D’autres sont bien mariés et heureux, mais ils n’ont pas d’enfants et ne peuvent montrer leurs richesses aux yeux des étrangers. D’autres encore sont comblés d’enfants, mais ils pleurent amèrement à cause des fautes de leur fils ou de leur fille. C’est pourquoi personne ne prend à la légère la condition de sa fortune ; car à chaque homme il manque toujours quelque chose, qu’il ne connaît pas, ou bien il craint de l’avoir déjà connu. Ajoute à cela que tout homme heureux a un cœur très délicat ; de sorte que, si toutes les choses ne se passent pas selon sa volonté — parce qu’il est impatient ou n’est pas habitué à affronter les adversités —, il est aussitôt renversé par le moindre obstacle. Et de très petits obstacles suffisent à retirer une partie ou la perfection du bonheur à celui qui est le plus chanceux. Combien d’hommes, crois-tu, voudraient se trouver presque au paradis, s’ils pouvaient obtenir ne serait-ce qu’une infime partie de ta fortune ? Ce même lieu que tu considères comme un exil… »

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Contrairement à lui, ce seigneur habitant, et en vérité rien n’est misérable si ce n’est quand tu le deviens toi-même : comme celui qui dit, toi-même, et nul autre, il n’y a de misérable que celui qui se fait misérable par la réputation de son courage. Et en réalité, toute fortune est heureuse pour un homme selon la douceur ou l’égalité de celui qui la subit.

Quel homme est-il donc, si heureux qu’il ne veuille pas changer son état lorsqu’il a perdu patience ? La douceur du bonheur humain est mêlée de nombreuses amertumes ; ce bonheur, bien qu’il semble doux et joyeux pour celui qui l’utilise, on ne peut empêcher qu’il ne s’en aille quand il le veut. Il est donc bien clair combien le bonheur des choses mortelles est misérable, puisqu’il ne dure pas éternellement pour ceux qui reçoivent chaque fortune avec douceur ou égalité, ni ne demeure jamais auprès de ceux qui souffrent. Ô vous, mortels, que cherchez-vous donc comme bonheur en vous-mêmes, alors que celui-ci est déjà en vous ? L’erreur et la folie vous confondent.

Je te montrerai brièvement le point du bonheur suprême. Y a-t-il quelque chose de plus précieux pour toi que toi-même ? Tu répondras : « Non ». Alors, si c’est vrai que tu es puissant sur toi-même, c’est-à-dire par la tranquillité de ton âme, tu as alors en ta puissance quelque chose que tu ne voudras jamais perdre, ni la Fortune ne pourra t’en priver. Et afin que tu saches que ce bonheur ne peut résider dans des choses fortuites et temporelles, comprends maintenant et rassemble cela ainsi : si le bonheur est le bien suprême de la nature qui vit par la raison, une telle chose n’est pas un bien suprême qui puisse être enlevé d’une manière quelconque (car il y a des choses plus dignes et plus méritantes qui ne peuvent être enlevées) ; cela montre bien que l’instabilité de la fortune ne peut permettre d’obtenir un véritable bonheur. De plus : tout homme que mène ce bonheur changeant sait soit qu’il est changeable, soit qu’il ne le sait pas. Et s’il ne le sait pas, quel bonheur peut-il y avoir dans l’ignorance aveugle ? Et s’il sait qu’il est changeable, il doit toujours être sur ses gardes pour ne pas perdre ce dont il est certain de pouvoir se défaire ; comme celui qui dit qu’il doit toujours être en alerte, de peur de perdre ce qu’il sait pertinemment pouvoir perdre. Pour cette raison, son angoisse constante ne lui permet pas d’être heureux. Ou s’il le perd, il finit par être méprisé et abandonné. Certes, c’est là un bien bien faible.

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naît avec un cœur égal lorsqu’il est perdu ; c’est-à-dire que les hommes ne souffrent pas plus pour ce qui est perdu que pour ce qu’ils possèdent. Et puisque tu es toi-même celui à qui il a été montré et prouvé par de nombreuses démonstrations, comme je le sais bien, que les âmes des hommes ne peuvent en aucune façon mourir ; et puisque il est clair et certain que le bonheur fortuneux prend fin avec la mort du corps, on ne peut douter que, si cette mort emporte le bonheur, alors tous les êtres mortels tombent dans le malheur à la fin de leur vie. Et puisque nous savons bien que beaucoup d’hommes ont cherché le fruit du bonheur non seulement en supportant la mort, mais aussi en endurant des douleurs et des tourments ; comment donc cette vie présente pourrait-elle rendre les hommes heureux, puisque, lorsque cette même vie prend fin, elle ne fait pas les gens malheureux ?

Mètre IV.

Quisquis uolet perennem Cautus ponere sedem.

Quel genre d’homme, stable et sage, voudrait se fonder une demeure durable, sans vouloir être renversé par le bruit

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Les rafales du vent Eurus ; et il vaudrait mieux mépriser la mer, agitée par les vagues ; qu’il évite de s’installer au sommet des montagnes ou dans les sables humides. Car le vent cruel Auster tourmente le sommet des montagnes de toutes ses forces ; et les sables meurtriers refusent de porter un poids élevé.

De plus, si tu veux fuir cette aventure périlleuse, c’est-à-dire celle du monde, pense bien à construire ta maison en un endroit agréable, sur une colline basse. Car, bien que le vent, troublant la mer, gronde par des tempêtes, toi qui es protégé par la solidité de tes remparts, vivras une vie paisible, méprisant les forêts et les fureurs de l’océan.

Prose V.

Que la raison s’installe en toi.

Mais puisque les premières lueurs de ma raison descendent maintenant en toi, je crois qu’il est temps d’utiliser des remèdes un peu plus forts. Comprends donc, mon seigneur : même si les caprices du destin n’étaient ni brutaux ni éphémères, qu’y a-t-il en eux qui puisse t’appartenir à tout moment, ou plutôt, qu’est-ce qui n’est pas mauvais, s’il est examiné et considéré avec soin ? Les richesses, sont-elles précieuses par leur nature même, ou par la tienne ? Qu’y a-t-il de plus précieux que les richesses ? N’est-ce pas l’or ou la puissance de l’argent accumulé ? Certes, cet or et cet argent brillent et apportent une meilleure réputation à ceux qui les dépensent qu’à ceux qui les amassent ; car l’avarice fait toujours que ceux qui possèdent beaucoup deviennent haïs, tandis que la générosité rend les gens honorés. En effet, une chose transférée d’un homme à un autre ne peut rester sans propriétaire ; donc, cet argent est précieux lorsqu’il est donné aux autres et utilisé grâce aux largesses de celui qui le donne. De plus, si tout l’argent existant dans le monde était rassemblé pour un seul homme, cela rendrait tous les autres hommes aussi pauvres que lui. Et certes, un discours entièrement vide, c’est-à-dire sans intérêt, satisfait l’oreille de beaucoup de gens ; mais assurément, tes richesses ne peuvent pas être distribuées à beaucoup de gens sans…

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amenusinge. Et quand ils sont passés, il leur faut en faire un trou pour que s’échappent les richesses.

Ô ! Je maudis et je déteste cette richesse, car beaucoup de gens ne peuvent pas en posséder toute, et elle ne peut pas non plus revenir à un homme sans la pauvreté de tous les autres ! Et l’éclat des gemmes, que j’appelle pierres précieuses, attire le regard des gens vers elles, c’est-à-dire pour leur beauté ? Mais assurément, s’il y avait de la beauté ou de la valeur dans l’éclat des pierres, cette clarté viendrait des pierres elles-mêmes et non des hommes ; c’est pourquoi je m’étonne grandement que les hommes s’émerveillent de telles choses. Car enfin, quelle est cette chose qui, même privée de mouvement et de union entre âme et corps, pourrait légitimement engendrer une créature belle pour celui qui a une âme raisonnable ? Même si les gemmes attirent vers elles une petite partie de la dernière beauté du monde, par l’intelligence de leur créateur et par leur propre distinction, néanmoins, puisqu’elles sont placées sous votre excellence, elles ne méritent en aucune façon que vous vous émerveilliez d’elles. Et la beauté des champs, ne vous ravit-elle pas un peu ?

Boèce. « Pourquoi ne nous ravirait-elle pas, puisqu’elle fait partie de ces belles œuvres, c’est-à-dire de ce monde ? Et en effet, nous sommes parfois réjouis par la surface de la mer lorsqu’elle est claire ; et nous nous émerveillons aussi du ciel, des étoiles, du soleil et de la lune. »

Philosophie. « Est-ce que quelque chose de tout cela t’appartient ? Pourquoi te glorifies-tu de l’éclat de telles choses ? Es-tu distingué et embelli par les fleurs printanières du premier été, ou ta plénitude vient-elle des fruits de l’été ? Pourquoi es-tu enivré de joies vaines ? Pourquoi embrasses-tu des biens étrangers comme s’ils étaient les tiens ? La fortune ne fera jamais que de telles choses deviennent tiennes, alors que la nature les a rendues étrangères à toi. En vérité, sans aucun doute, les fruits de la terre doivent appartenir aux animaux. Et si tu veux satisfaire tes besoins selon ce que la nature exige, alors il n’y a pas besoin que tu cherches les excès de la fortune. Car avec très peu de choses, la nature reste satisfaite ; et si tu veux compléter la satisfaction de la nature par des excès, assurément, ces choses que tu voudrais imposer ou ajouter à la nature te seront source de tristesse ou d’ennui. Ne vois-tu pas qu’il est beau de briller avec des vêtements variés ? De quels vêtements s’agit-il ? »

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La beauté est agréable à contempler ; je m’étonnerais de la nature du matériau utilisé pour fabriquer de tels vêtements, ou bien du travailleur qui les a confectionnés. Mais une grande abondance de biens rend-elle vraiment un homme heureux ? Les serviteurs, s’ils sont de mauvaise condition, constituent un fardeau énorme et une source de destruction pour la maison, ainsi qu’un grand ennemi pour le maître lui-même. Et s’ils sont de bons hommes, comment une bonté étrangère pourrait-elle être comptée au nombre de tes richesses ? Ainsi, par tous ces éléments, il est clairement montré que rien de tout ce que tu considères comme tes biens n’est véritablement ton bien. Dans ces cas, s’il n’y a aucune beauté à désirer, pourquoi te soucierais-tu de les perdre, ou pourquoi te réjouirais-tu de les posséder ? Car même s’ils sont beaux en leur propre genre, qu’est-ce que cela a à voir avec toi ? Ils seraient tout aussi beaux sans tes richesses. Ils ne seraient ni beaux ni précieux simplement parce qu’ils font partie de tes biens ; mais c’est parce qu’ils semblent beaux et précieux que tu as tendance à les compter parmi tes richesses.

Mais que désires-tu de la Fortune avec tant de bruit et de dépenses ? Je crois que tu cherches à combler ton besoin par l’abondance de choses ; mais en réalité, cela te rapporte le contraire. En effet, il faut de nombreux moyens pour entretenir toutes ces choses précieuses. Il est vrai que beaucoup de choses nécessitent beaucoup d’efforts pour être conservées ; et en réalité, peu ont vraiment besoin de choses supplémentaires, selon les besoins de chaque chose, et non selon l’excès de la cupidité. Est-ce donc que vous, les hommes, n’avez aucun bien véritable en vous, au point de devoir chercher vos biens à l’extérieur, dans des choses étrangères et inférieures ? La situation est donc complètement inversée : un homme, qui est par sa raison un être divin, pense qu’il n’est ni beau ni noble, mais seulement grâce à la possession de biens dépourvus d’âme. En effet, toutes les autres choses ont leur propre beauté ; mais vous, les hommes, qui êtes semblables à Dieu par votre pensée rationnelle, désirez orner votre noble nature avec les choses les plus basses ; vous ne comprenez même pas à quel point vous faites tort à votre Créateur. Car Il voulait que l’humanité soit la plus digne et la plus noble de toutes les créatures terrestres ; tandis que vous rabaissez votre dignité au niveau des choses les plus inférieures. Car si tout le bien de toute chose est plus précieux que cette chose-là…

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Le bien, c’est que vous considériez les choses les plus viles comme étant bonnes ; alors soumettez-vous et mettez-vous en dessous des choses les plus viles selon votre propre jugement. En vérité, cela ne peut se faire sans votre propre perte. Car telle est la condition de toute espèce humaine : seulement lorsqu’elle a conscience d’elle-même, elle dépasse toutes les autres choses par sa noblesse ; mais lorsqu’elle abandonne cette connaissance d’elle-même, elle est réduite au niveau des bêtes. Pourquoi les autres animaux vivants ont-ils la capacité de se connaître eux-mêmes ? Mais lorsque l’homme abandonne cette connaissance de lui-même, cela devient pour lui une source de vice. Comme il est grand l’erreur et la folie de vos hommes, qui pensent qu’on puisse orner quelque chose avec des ornements étranges ! Or cela ne peut pas se faire. Car si un homme est fier des choses qui lui sont données, alors ces choses mêmes sont louées et admirées ; mais en réalité, ce qui est caché et enveloppé sous elles demeure dans sa propre saleté.

Et je nie que ce qui dérange celui qui le possède soit bon. Est-ce là ce que je dis ? Vous répondrez « non ». En vérité, les richesses ont souvent dérangé ceux qui les possèdent ; car chaque homme avide (et à cause de son avidité, il désire encore plus les richesses des autres, où qu’elles se trouvent, qu’il s’agisse d’or ou de pierres précieuses), pense que seul celui qui les possède est vraiment digne d’elles. Toi donc, qui te hâtes tantôt avec l’épée, tantôt avec la lance, si tu avais suivi le chemin de cette vie en tant que simple pèlerin, tu oserais chanter devant les voleurs ; car on dit qu’un pauvre homme, qui ne possède rien, peut chanter hardiment devant les voleurs, puisqu’il n’a rien à leur voler. Ô combien précieuse et claire est la félicité des richesses mortelles : dès que vous les obtenez, vous perdez votre sécurité !

Pr. V. 1. C. A. noryssinges ; Ed. norisshynges. // C. dess-; A. desc-. 6. A. Richesse. 8. A. worthi. // A. rycchesse. // C. om. it. 15. C. stenteth; A. stynteth. 19. A. al hool; Ed. al hole; C. om.; (Lat. tota). 21. A. rycchesse. 24. A. thise rycchesses. 25. A. om. 1st ne. 27. A. in-to. 28. C. beautes; A. Ed. beaute. // C. But; A. For. 29. A. om. the. 31. C. gretely; A. gretly. 32. C. Ioyngture; A. ioynture. 33. C. myht; A. myȝt. 35. C. last; A. laste. 36. C. om. and. 38. C. A. desserued. // A. shullen. 41. C. ryhte; A ryȝt. 46. C. darsthow; A. darst thou. 47. C. Arthow; A. Art thou. 49. A. om. the. // C. fructes; A. fruytes. // C. arthow. // C. rauyssed; A. rauyshed. 52. A. om. hath. // A. Syche (!). 53. A. on (for 2nd to). 59. C. shollen; A. shullen. 60. C. anoyos; A. anoies; Ed. anoyous.

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64. C. wrowht ; A. wrouȝt. 70. oon] A. none. 71. A. accoumptedest. 75. A. as (pour aussi). 77, 78, 80. A. rycchesse. 90. A. outwardes. 98. A. ne ye ne, etc. 100. A. Ed. erthely ; C. wordly. 103. C. tho ; A. the. // C. A. foulest. 104. A. summytten. // C. the ; A. tho. 106. A. desert. 110. A. om. livinge. // C. hym- ; A. hem-. 111. C. om. that. 119. So A. ; C. felthe. 122. A. rycchesse (trois fois). // C. tho ; A. the. 125. C. A. Ed. and weneth ; mais « and » et « must » doivent être omis (voir texte latin). // C. hat. 126. A. om. 2nd now. 128. A. wayfaryng. 132. A. rycchesse.

Mètre V.

Felix nimium prior etas.

Heureuse était la première ère des hommes ! Ils les tenaient satisfaits
avec les récoltes que les champs fidèles produisaient. Ils ne détruisaient ni ne trompaient personne par des actes odieux. Ils n’avaient pas l’habitude de calmer facilement leur faim le soir avec des glands d’aulnes. Ils ne pouvaient pas non plus mélanger le nectar de Bacchus au miel pur ; c’est-à-dire qu’ils ne pouvaient faire ni piment ni élixir ; ils ne pouvaient pas non plus mélanger les belles laines du pays de Seriens avec le venin de Tyr ; c’est-à-dire qu’ils ne pouvaient pas teindre en blanc les laines du pays de Seriens avec le sang d’un animal sauvage que l’on trouve à Tyr, avec lequel on teint le pourpre. Ils dormaient paisiblement sur l’herbe, rassasiés par les eaux courantes, et se reposaient à l’ombre des grands chênes. Aucun navire ni aucun bateau ne venait troubler la mer ; ils n’avaient encore vu aucune nouvelle terre pour y transporter des marchandises dans divers pays. Même les cruels pirates étaient très calmes et silencieux, et le sang versé par la haine n’avait pas encore fait naître d’armures. Car vers où ou dans quel bois des ennemis voudraient-ils d’abord lever des armes, lorsqu’ils voient des blessures cruelles, alors qu’il n’y a pas de remède issu du sang ?

Je voudrais que nos temps reviennent aux anciennes coutumes ! Mais l’amour ardent de posséder brûle dans les gens plus cruellement que le feu de la montagne Étna, qui brûle sans cesse. Hélas ! qui fut le premier à descendre dans les mines ou sous les poids d’or cachés sous terre, ainsi que les pierres précieuses qui auraient pu rester cachées ? Il descendit dans de grands périls. C’est-à-dire que celui qui les descendit le premier entra dans un grand péril ; car à cause de la valeur de ces choses, beaucoup d’hommes ont été mis en danger.

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Moi. V. 2. Éd. Feldes ; C. Feldes ; A. Erthes. 3. C. Desseyuyd ; A. Desceyued. 4. C. accornes ; A. acornes. 6. C. nor ; Éd. or ; A. of. 7. C. fleezes ; A. flies ; Éd. fleces. 8. A. siriens (lat. Serum). 9. C. flezes ; A. flies ; Éd. fleces. // C. syryen ; A. sirien ; Éd. Syrien. 10. C. shylle- ; A. Éd. shel-. 13. A. om. 3e ne. // C. karue ; A. karf ; Éd. carfe. 16. C. crwel (et ainsi encore ci-dessous). // C. Éd. hust ; A. whist. 17. A. y-shed. // A. armuriers (!). 18. C. wer to. 19. C. say ; A. seien. 22. C. angwissos ; A. anguissous. 23. C. om. 2e the. // A. Éd. of Ethna ; C. om. of. // A. euer (pour ay). 27. C. om. 2e he. 28. A. om. thinge. // A. ben ; C. be.

Prose VI.

Quid autem de dignitatibus.

Mais que dois-je dire des dignités et des pouvoirs, que vous, hommes qui ne connaissez ni véritable dignité ni véritable pouvoir, leur attribuez comme s’ils étaient le ciel ? Ces dignités et ces pouvoirs, s’ils tombent entre de mauvaises mains, causent autant de dommages et de destructions que la lave du mont 5 Ethna lorsqu’elle jaillit ; aucune inondation ne cause de torts aussi cruels. Certes, vous vous souvenez bien, je pense, que cette dignité qu’on appelait l’empire des consuls, qui était à l’origine de la liberté, vos ancêtres convoitaient de l’en priver, pour l’honneur des 10 consuls. Et justement pour cet même honneur, vos ancêtres, avant ce temps-là, avaient banni de la cité de Rome le nom de roi ; c’est-à-dire qu’ils ne voulaient plus avoir de roi. Mais maintenant, si les dignités et les pouvoirs sont même bons pour les gens vertueux, ce qui est très rare, quelle chose agréable y a-t-il dans ces dignités ou pouvoirs, sinon seulement la bonté des peuples qui les utilisent ? C’est pourquoi l’honneur ne vient pas naturellement à la vertu en raison de la dignité, mais plutôt l’honneur intérieur vient à la dignité en raison de la vertu. Mais quelle est donc cette puissance si évidente et si nécessaire ? Ô animaux terrestres, 20 réfléchissez bien à la chose pour laquelle il semble que vous ayez du pouvoir. Si vous dites qu’un rat parmi les autres rongeurs revendique pour lui-même le droit et le pouvoir sur tous les autres rongeurs, quel mépris éprouveriez-vous pour lui ! Glosa. Il en va de même chez les hommes : le corps a du pouvoir sur le corps. Car si vous observez bien 25 le corps d’un être humain, quelle chose trouverez-vous plus libre que l’humanité, qui est souvent tuée par la morsure de petites mouches ou par l’intrusion de vers.

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Des vers dans les parties intimes du corps humain ? Mais où un homme pourra-t-il trouver quelqu’un qui puisse exercer ou revendiquer un droit sur un autre homme, sinon seulement sur son corps, ou bien sur des choses qui sont en dessous du corps, que j’appelle des possessions chanceuses ? Peux-tu jamais avoir quelque autorité sur un homme libre et courageux ? Peux-tu chasser de l’esprit de cet homme une pensée qui s’y attache par une raison constante ? De même qu’un tyran cherche à confondre un homme libre et courageux, et à le forcer par la torture à révéler et à accuser ceux qui connaissaient une conspiration, que j’appelle une confédération, ourdie contre ce tyran ; mais cet homme libre utilise sa propre langue pour la jeter au visage de ce tyran cruel ; ainsi, les tortures que ce tyran utilisait pour infliger de la cruauté, cet homme sage en fit une preuve de vertu.

Mais quelle chose peut un homme faire à un autre homme, afin que celui-ci ne puisse pas subir la même chose de la part d’autres gens ? Ou plutôt, quelle chose peut un homme faire aux gens, afin que ces gens ne puissent pas lui faire la même chose ? J’ai entendu parler de Busiris, qui avait l’habitude de voler les biens de ceux qui vivaient dans sa maison ; et il fut lui-même volé par Hercule, qui était son propre bien. Régulus captura au combat de nombreux hommes en Afrique et les jeta en prison ; mais peu après, il dut lui-même se lier les mains avec les chaînes de ceux qu’il avait autrefois vaincus. Ne vois-tu donc pas qu’il est puissant, s’il n’a pas le pouvoir de faire quelque chose que d’autres ne puissent pas lui faire ? De plus, si ces dignités ou pouvoirs possédaient une bonté propre ou naturelle en eux-mêmes, ils ne pourraient jamais devenir sources de mal. Car les choses contraires ne sont pas naturellement faites pour être associées ensemble. La nature refuse que des choses contraires soient unies. Ainsi, comme je suis certain que les gens justes possèdent souvent des dignités, cela montre bien que les dignités et les pouvoirs ne sont pas naturellement bons en eux-mêmes ; car ils les poussent à se diviser ou à s’unir au mal. Et certes, c’est de toutes les faveurs de la fortune qui tombent le plus abondamment sur le mal que je peux juger et dire avec le plus de dignité ; quant à ces faveurs, je pense qu’il convient de considérer que personne ne doute que celui qu’il voit fort soit vraiment fort ; et celui qui est rapide est vraiment rapide. De même, la musique fait des musiciens, la physique fait des physiciens, et la rhétorique fait des rhéteurs. Car la nature de chaque chose fait…

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sa propriété, elle n’est pas mêlée aux effets des 70 choses contraires ; et, par la volonté, elle chasse les choses qui lui sont contraires. Mais assurément, la richesse ne peut retenir l’avarice débridée ; ni le pouvoir ne fait d’un homme un maître de lui-même, tant que ces désirs viciés le tiennent enchaîné par des chaînes qui ne peuvent être déliées. Et les dignités, même accordées à des gens astucieux, non seulement ne les rendent pas dignes, mais montrent plutôt ouvertement qu’ils sont indignes et indignes. Et pourquoi en est-il ainsi ? Assurément, c’est parce qu’on a plaisir à donner aux choses des noms faux qui les font paraître tout le contraire ; ces noms sont souvent démentis par l’effet même de ces choses ; de sorte que de telles richesses ne devraient pas, à juste titre, être appelées richesses ; ni de tel pouvoir ne devrait être appelé pouvoir ; ni de telle dignité ne devrait être appelée dignité.

Et enfin, je peux conclure la même chose à propos de tous les dons du Destin, dans lesquels il n’y a rien à désirer, ni rien qui possède en soi une bonté naturelle, comme on le sait très bien. Car ni eux ni ceux qui les reçoivent ne sont toujours attachés aux bons hommes, ni ils ne rendent toujours bons ceux à qui ils sont donnés.

Pr. VI. 1. A. seyne. 2. A. om. ye. 5. C. flawmbe; A. flamme (deux fois). 6. A. ins. wit (!)
bef. walweth. 7. C. crwel. // C. remenbryth. 8. A. thilke; C. thikke. // A. emperie; C. Imperiye. 11. A. conseilers. 13. A. kyng; C. kynge. 15. Ed. selde; C. A. zelde. // C. A. Ed. thinges; lire thing (lat. quid placet). 19. A. om. thilke. 22. C. musȝ; A. myse; Ed. myce. 23. C. mysȝ; A. myse; Ed. myce. 26. C. shalthow. 27. A. mannes kynde. // A. qui sont souvent tués. 29. A. mennes bodyes. 33. C. Maysthow. 34. C. Maysthow remwen. 35. A. cleuyng. // C. stidefast; A. stedfast. 40. Ed. caste; C. A. cast. 42. C. crwelte. 45. C. resseyuen; A. receyue. 48. A. herburghden. 52. C. om. he. // C. whylom; A. somtyme. // C. weenesthow. 53. C. thinge; A. thing. 54. A. om. 1er in. // A. to (au lieu de 2e in). 63. Ed. I (après may); C. A. omis. 67. C. om. it. 68. Ainsi A.; C. musuciens, phisissiens. 70. A. effectis; C. effect. // A. om. the. 72. C. A. to it ben. 73. A. om. 2e ne. 81, 82. A. rycchesse (deux fois). 82, 83. A. whiche (au lieu de swich; deux fois). 87. C. I-seene; A. sene.

Mètre VI.

Nouimus quantas dederit ruinas.

Nous savons bien combien de grands maux et de destructions

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Il fut gouverné par l’empereur Néron. Il fit brûler la ville de Rome et fit tuer les sénateurs. Et lui, cruel, tua même son frère ; il se souilla du sang de sa mère, c’est-à-dire qu’il fit couper et déchirer le corps de sa mère pour voir où elle avait été conçue ; il examina chaque partie de son corps froid, sans que son visage ne devînt ni sec ni humide, car il était si dur de cœur qu’il aurait pu être juge de la beauté de son cadavre. Et naturellement, Néron gouverna par le sceptre tous les peuples que Phébus, le fils du soleil, peut voir, depuis ses extrêmes horizons jusqu’à ce qu’il cache ses rayons sous les nuages ; c’est-à-dire qu’il gouverna tous les peuples par le sceptre impérial que le soleil parcourt d’est en ouest. De même, Néron gouverna par le sceptre tous les peuples qui se trouvent sous les étoiles froides appelées « septem triones » ; c’est-à-dire qu’il gouverna tous les peuples situés dans la région du nord. De même encore, Néron gouverna tous les peuples que le vent violent Nothus brûle, en faisant sécher le sable par sa chaleur ardente ; c’est-à-dire tous les peuples du sud. Mais même toute sa grande puissance ne put transformer la sauvagerie de ce méchant Néron. Hélas ! c’est un sort affreux, quand une épée cruelle est associée à un poison cruel ; c’est-à-dire une cruauté empoisonnée associée à la domination.

Prose VII.

Alors moi, tu sais, je dis.

Puis je dis ainsi : « Tu sais bien que la convoitise des choses mortelles n’a jamais eu de pouvoir sur moi ; mais j’ai toujours désiré avoir des occupations, comme celui qui dit : je désire avoir des responsabilités de gouvernement sur des communautés, pour la vertu, en restant calme, afin de ne pas vieillir ; » c’est-à-dire qu’il craignait que, en vieillissant, sa vertu, qui était alors complètement tranquille, ne disparaisse jamais.

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Il est inexpérimenté dans la gouvernance de la commune ; à cause de quoi on pourrait parler ou écrire de sa bonne gouvernance.

Philosophie. « En effet », dit-elle, « et c’est là quelque chose qui peut attirer à la gouvernance des cœurs dignes et nobles par nature ; mais bien sûr, il ne peut ni attirer ni retenir des cœurs déjà parfaits en vertu, c’est-à-dire ceux qui convoitent la gloire et la renommée pour avoir bien administré les affaires communes ou accompli de bonnes actions au profit de la commune. Car regardez maintenant et considérez combien cette gloire est petite et dépourvue de toute valeur. Il est certain, comme vous l’avez appris par les démonstrations de l’astronomie, que tout ce qui entoure la terre ne représente qu’une infime partie de la grandeur du ciel ; en d’autres termes, si l’on comparait la terre à la grandeur du ciel, on jugerait partout que la terre ne prend pas de place. De cette petite région du monde, la partie la plus éloignée abrite les meilleures créatures vivantes que nous connaissons, comme vous l’avez appris vous-même grâce à Ptolémée qui le prouve. Et si vous retiriez de cette région éloignée autant d’espace que contiennent les mers et les océans, ainsi que l’espace occupé par les régions arides, c’est-à-dire les sables et les déserts, il ne resterait guère de place pour l’habitation humaine. Et vous alors, qui êtes entourés et confinés dans la plus petite partie de cet espace, pensez-vous pouvoir faire connaître votre renommée et répandre votre nom ? Mais votre gloire, si étroite et si comprimée dans de si petits limites, combien de générosité et de grandes actions peut-elle contenir ? Ajoutez à cela ceci : de nombreuses nations, différentes par leur langue, leurs coutumes et leur mode de vie, habitent à l’intérieur de cette petite demeure ; pour ces nations, en raison des difficultés de communication, de la diversité des langues et du manque d’échanges commerciaux, non seulement les noms des individus ne peuvent être connus, mais même la renommée des villes ne peut s’y propager. Enfin, certes, à l’époque de Marc Tullius, comme il l’a écrit lui-même dans son livre, la renommée de la cité de Rome n’avait pas encore dépassé ni gravi la montagne du Caucase ; et pourtant, à cette époque, Rome était déjà puissante et très crainte par les Parthes ainsi que par d’autres peuples vivant aux alentours. Voyez donc combien cette gloire est étroite et compressée, que vous vous efforcez de montrer et de multiplier. Peut-elle alors… »

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La gloire d’un Romain particulier ne peut-elle pas rivaliser avec la renommée de Rome elle-même ? Et voyez bien : les coutumes des différents peuples, ainsi que leurs lois, sont en désaccord entre eux ; de sorte que ce que certains jugent digne d’éloge, d’autres le considèrent comme digne de châtiment. C’est pourquoi, même si quelqu’un s’efforce de faire connaître sa renommée, il ne peut en aucun cas la faire connaître à de nombreux peuples. Chacun devrait donc se contenter de sa gloire au sein de son propre peuple ; cette noble renommée restera donc confinée aux limites de ce peuple. Mais combien d’hommes, autrefois très nobles, ont été oubliés à cause des écrits malveillants des écrivains ! Certes, de tels écrits ne servent à peu de chose ; ils perdurent longtemps, mais cela nuit autant à ceux qui les écrivent qu’à leurs lecteurs. Mais vous, hommes, vous cherchez à obtenir une immortalité, en pensant que votre renommée durera à jamais. Mais en réalité, si l’on compare cela aux espaces infinis de l’éternité, quelle est la chose qui puisse vous réjouir quant à la durée de votre nom ? Car si l’on comparait la durée d’un instant à celle de dix mille hivers, puisque ces deux durées ont une fin, l’instant représente néanmoins une partie de cette durée, bien que petite. Mais bien sûr, ce nombre d’années, même multiplié par tant d’autres années, ne peut en aucun cas être comparé à l’immortalité infinie ; car on peut comparer des choses qui ont une fin, mais on ne peut pas comparer des choses sans fin à des choses qui en ont une. C’est pourquoi, même si l’on considérait la renommée sur une période aussi longue que l’on veut, par rapport à l’éternité, qui est infinie et sans fin, cela ne donnerait que peu de valeur, voire aucune valeur du tout. Mais vous, hommes, vous ne faites rien correctement, sauf pour plaire au public et pour des rumeurs vaines ; vous abandonnez la grande valeur de la conscience et de la vertu, et vous cherchez votre salut dans les mots insignifiants de gens étrangers.

Comprenez donc, à la lumière de cette fierté et de cette gloire trompeuse, comment un homme méprise ces vanités festives et frivoles. Il y avait autrefois un homme qui tentait, par des paroles flatteuses, de séduire un autre homme, qui, non pas par véritable vertu, mais par fière gloire, s’était mis en tête…

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Faussement le nom d’un philosophe. Cet homme-là, dont je parlais, voulait essayer de savoir s’il était ou non un philosophe ; c’est-à-dire s’il supporterait patiemment les injustices qui lui étaient faites. Ce faux philosophe patienta un moment ; et, lorsqu’il reçut des paroles insultantes, il dit enfin, comme s’il se réjouissait de lui-même : « Ne comprends-tu pas que je suis un philosophe ? » L’autre homme répondit avec véhémence : « J’aurais bien compris, si tu avais tenu ta langue. » Mais qu’importe cela à ces hommes nobles et dignes (car c’est assurément de tels gens que je parle), qui cherchaient la gloire par la vertu ? Qu’importe ? demanda-t-elle ; quel intérêt y a-t-il pour de tels hommes à être célèbres, lorsque leur corps est finalement détruit par la mort ? Car si les hommes meurent dans leur intégralité, c’est-à-dire corps et âme – ce que notre raison nous conseille de préserver – alors il n’y a aucune gloire possible. Car quelle gloire pourrait-il y avoir, quand celui dont on dit qu’il possède cette gloire n’est en réalité rien du tout ? Et si l’âme, qui possède en elle-même la science des bonnes actions, libérée de la prison de la terre, se dirige librement vers le ciel, elle méprise alors toute occupation terrestre ; et, une fois au ciel, elle se réjouit d’être exempte de toutes choses terrestres. Comme on dit, alors l’âme ne désire plus aucune gloire ni renommée de ce monde.

Pr. VII. 4. A. désiré. 5. Je lui fournis (pour que cela ait du sens). // Éd. leste ; C. A. list. 6. A. cire ; C. wax. 7. C. perise ; A. perisshe. // Éd. vnexercysed ; C. A. vnexcercised. 17. A. om. le premier the. // C. om. de. 21. A. que erthe helde. 26. A. et mareys. // C. espaces (à la place de
espace). 28. C. vel ; A. wel. 32. C. narwh ; A. narwe. 36. A. cloos. 37. C. deficulte ; A.
difficulte. // C. deficulte (répété) ; A. Éd. diuersite. 38. A. om. et après vnusage. 39.
Éd. synguler ; C. A. syngler. // A. om. nat (avant le 1er strecchen). 41. C. marchus ; A.
Marcus. // Éd. Tullius ; C. A. Tulius. // C. écrit ; A. écriteth. 43. C. om. yit. // A. hyȝt. 44.
C. thikke ; A. thilk. // A. wexen. 45. C. sestow ; A. Sest thou. 48. Éd. synguler ; C.
singler ; A. singlere. // A. strecchen ; C. strechchen. 49. C. seysthow ; A. sest thou ; Éd.
seest thou. 51. C. thinge ; A. thing. 56. A. paied. // Éd. publysshed ; C. publyssed ; A.
puplissed. 57. A. neyȝbores ; Éd. neyghbours ; C. nesshebours. 59. A. nedy et
wrecched. 63. A. autours ; Éd. auctours ; C. actorros (!). // A. Éd. ye men semen ; C.
yow men semeth. 64. A. thenke ; C. thinken. // A. comyng (om. to-). 65. A. espace (lat. spatia). 69. C. A. Éd. inséré à la place de yit précédent (à tort). 70. A. it a litel. 73. C. -durablyte ; A.
-durablete. // A. eenles (au lieu de endeles). 74, 75. A. om. mais de ... comparisoun. 77. A. par
(au lieu de 2nd to). 82. C. A. gerdouns ; Éd. guerdones. 84. A. whiche (au lieu de swich). 89. A.
speke. 90. C. weere he ; A. where he ; Éd. wheder he. 91. A. om. que. 94. C. resseyuyd ;
A. receiued. 95. C. vunderstondow. 97. A. om. it. 98. C. explique par s. fama. 102. A.

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om. it. 103. C. défend ; A. défend. 105. A. pour (pour quand). 107. C. glose erthe par i. corporis. 108. C. glose it par i. anima. 110, 111. A. om. Comme celui qui... ce monde.

Mètre VII.

Quicunque solam mente praecipiti petit.

Celui qui, par une pensée déréglée, ne cherche que la gloire de la renommée et pense qu’elle est un bien suprême : qu’on lui montre les contrées du ciel au-dessus de la mer, et le vaste pays de cette terre ; il aura honte des exploits de son nom, qui ne peuvent remplir même le petit espace de la terre. Ô ! quelle folie chez les gens orgueilleux de lever leur cou en vain dans l’obscurité de ce monde ? Car, bien que cette renommée se répande auprès des peuples lointains, transmise par diverses langues ; et bien que de grandes maisons ou des familles brillent de titres honorables ; néanmoins, la mort méprise toute gloire terrestre : et la mort enveloppe ensemble les grands et les petits, rendant égaux même les plus hauts aux plus bas. Où sont maintenant les os du fidèle Fabricius ? Que sont devenus Brutus ou le sévère Caton ? La faible renommée, encore persistante, de leurs noms vains est marquée de quelques lettres ; mais, bien que nous connaissions les belles paroles de leur renommée, il n’est pas possible de connaître ceux qui ont disparu et été consumés. Reste donc silencieux, tout à fait inconnu ; ni la renommée ne te permet de savoir. Et si tu veux vivre plus longtemps pour la gloire de ton nom mortel, quand ce jour cruel viendra te ravir, alors la seconde mort t’attend.’ Glose. La première mort, il l’appelle ici le départ du corps et de l’âme ; et la seconde mort, il l’appelle, comme ici, l’extinction de la renommée.

3. C. cyte (au lieu de site) ; A. sete (erreur pour site ; lat. situm). 6. A. lever sur son cou en vain et stupidement. 7. A. om. que. 9. A. om. que. // C. cler ; A. clere. 13. A. stiern ; Éd. stern. 17. A. Éd. consumpt. 18. A. totalement. 21. Éd. to (au lieu de un-to) ; A. in. // A. Éd. le ; C. om. (après ici).

Prose VIII.

Ne me mets pas inexorable contre le destin.

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« Mais autant que tu ne le sauras jamais », dit-elle, « je mène une lutte incessante contre la fortune ; pourtant il arrive parfois que celle-ci, trompeuse, mérite une juste reconnaissance de la part des hommes ; et c’est lorsque elle se révèle elle-même, lorsqu’elle montre son vrai visage et révèle ses manières. Peut-être comprends-tu maintenant ce que je vais dire. C’est un miracle que je désire raconter, et ainsi je pourrai exprimer ma pensée par des mots ; car je crois que la fortune contraire profite davantage aux hommes que la fortune bienveillante. En effet, quand la fortune semble bienveillante, elle ment en promettant le bonheur ; mais la fortune contraire est toujours fidèle, lorsqu’elle montre son instabilité à travers ses changements. La fortune aimable trompe les gens ; la fortune contraire enseigne. La fortune aimable lie les cœurs de ceux qui l’utilisent avec la beauté de biens faux ; la fortune contraire les libère en leur faisant connaître le véritable bonheur. Tu peux toujours voir la fortune aimable s’enrouler et couler, sans jamais se connaître elle-même ; la fortune contraire est toujours stable et maîtrisée, et sage grâce à l’exercice de ses adversités. Enfin, la fortune aimable, par ses flatteries, éloigne les hommes égarés du bien suprême ; la fortune contraire conduit souvent les gens vers des biens sincères, les attirant vers eux comme avec un crochet. Ne vois-tu pas alors que tu devrais laisser de côté cette petite chose, puisque cette fortune dure et horrible t’a révélé les pensées de tes vrais amis ? Car c’est cette sorte de fortune qui est partie et t’a révélé à la fois les visages certains et les visages incertains de tes compagnons. Lorsqu’elle est partie loin de toi, elle a emporté ses amis avec elle, te laissant tes propres amis. Maintenant, alors que tu étais riche et heureux, comme tu le semblais, combien voudrais-tu donner pour connaître pleinement cela, c’est-à-dire connaître tes vrais amis ? Ne te plains donc plus de la perte de la richesse, puisque tu as trouvé le genre de richesse le plus précieux, à savoir tes vrais amis. »

Pr. VIII. A. omet jusqu’à la fin du livre III, pr. 1. 3. C. désirable. // C. mérite. 7. Ainsi C. ; Éd. non exprimé. 13. C. désire. 17. C. tu peux. 30. C. combien voudrais-tu.

Mètre VIII.

Quod mundus stabili fide.

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Que le monde, grâce à une foi stable, subit des changements appropriés ;
que les qualités opposées des éléments, réunies entre elles, forment une alliance durable ; que Phébus, le soleil, avec sa charrette dorée, fait naître la journée rose ; que la lune a autorité sur les nuits, que Hespère, l’étoile du soir, a apportées ; que la mer, désireuse de couler, contraint ses flots d’une manière déterminée, de sorte qu’il n’est pas possible pour elle d’étendre ses limites sur la terre, c’est-à-dire de couvrir toute la terre : toute cette harmonie des choses est liée par l’Amour, qui gouverne la terre et la mer, et qui a également autorité sur les cieux. Et si cet Amour cessait d’exister, toutes les choses qui maintenant s’aiment mutuellement entreraient en lutte perpétuelle, cherchant à détruire la beauté de ce monde, que elles vivent actuellement dans une harmonie grâce à des mouvements harmonieux.
Cet Amour unit les peuples par un lien sacré, et tisse les sacrements des mariages d’amours chastes ; et l’Amour établit des lois pour les compagnons fidèles. Ô ! que l’humanité serait heureuse, si cet Amour qui gouverne les cieux gouvernait aussi vos cœurs !

Me. VIII. 6. C. hat. 7. C. lueful ; Ed. leful. 8. erthes ; Lat. terris.

Fin du Livre second.

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LIVRE III.
Prose I.

Elle avait déjà terminé son chant.

Ainsi avait-elle mis fin à son chant, lorsque la douceur de ses paroles avait pénétré jusqu’au fond de moi, moi qui désirais ardemment les comprendre ; et j’étais tellement stupéfait que j’avais aussitôt dressé mes oreilles, c’est-à-dire que je voulais entendre clairement ce qu’elle voulait dire ; si bien que peu après je dis ainsi : « Ô toi, qui es le réconfort suprême des cœurs affligés, tu m’as soulagé du poids de tes paroles et de la beauté de ton chant ; de sorte que je crois maintenant ne plus être inférieur aux coups du destin : car je puis désormais supporter tous les assauts du destin et me défendre efficacement contre lui. Et bien que les remèdes que tu as mentionnés ne soient pas très efficaces, non seulement je ne suis pas découragé par eux pour l’instant, mais, désireux d’apprendre, je souhaite ardemment connaître ces remèdes. »

Alors elle dit ainsi : « Je l’ai bien senti », dit-elle, « quand tu, attentif et silencieux, as saisi mes paroles ; et j’ai attendu que tu prennes envers tes pensées l’attitude que tu as maintenant ; ou sinon que je te fasse moi-même prendre cette même attitude, ce qui serait encore mieux. En vérité, les choses qui restent à dire sont de celles qui, au début, lorsqu’on les goûte, sont amères, mais une fois reçues dans l’âme, elles deviennent douces. Mais puisque tu dis être si désireux de les comprendre, avec quelle grande ardeur brûlerais-tu, si tu savais où je veux t’emmener ! »

« Où est-ce ? » demandai-je.

« Vers cette véritable félicité », dit-elle, « dont ton cœur rêve ; mais comme ta vue est occupée et troublée par des imaginations terrestres, tu ne peux pas encore voir cette félicité. »

« Fais-le », dis-je, « et montre-moi quelle est cette véritable félicité, je t’en prie, sans tarder. »

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« Je le ferai volontiers », dit-elle, « pour ton bien ;
mais je veux d’abord te mettre en garde par des mots et m’efforcer de t’exposer cette fausse cause de félicité que tu connais mieux ; afin que, lorsque tu auras pleinement saisi ces faux biens et tourné ton regard vers l’autre côté, tu puisses reconnaître la pureté de la véritable félicité. »

Prose I.

Qui veut semer un champ fertile,
qu’il le débarrasse d’abord des épines, et sépare avec son crochet les buissons et les fougères, afin que le grain puisse pousser abondamment en épis et en feuilles. Le miel est d’autant plus doux si les bouches ont d’abord goûté des saveurs âpres. Les étoiles brillent plus agréablement lorsque le vent du nord laisse passer ses rafales ; et après que Lucifer, l’étoile du jour, a chassé la nuit sombre, le jour fait sortir le cheval rose du soleil. De même, toi, en te tenant d’abord aux faux biens, commence à retirer ton cou de l’étreinte des passions terrestres ; alors les vrais biens pourront entrer dans ton cœur.

Prose II.

Alors elle fixa un peu son regard.
Elle retint légèrement la vue de ses yeux, et se plongea comme il se doit dans la profondeur de ses pensées ; et commença

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Pour parler ainsi : « Tous les remèdes », dit-elle, « pour les mortels,
qui les font rechercher par de nombreuses études, mènent assurément par des voies diverses, mais tous les poussent néanmoins à aboutir uniquement au but du bonheur. Et le bonheur est une telle bonté que celui qui l’a obtenue ne peut désirer rien de plus. Et cette chose est assurément le bien suprême qui contient en lui-même toutes sortes de biens ; si quelque chose manquait à ce bien, on ne pourrait pas l’appeler bien suprême : car alors il y aurait un autre bien, issu de ce bien suprême, que l’on pourrait désirer. Il est donc clair et certain que le bonheur est un état parfait par l’assemblée de tous les biens ; ce bonheur, comme je l’ai dit, tous les mortels s’efforcent d’obtenir par des voies diverses. En effet, la convoitise du vrai bien est naturellement présente dans le cœur des hommes ; mais l’erreur les égare vers de faux biens. Parmi eux, certains pensent que le bien suprême consiste à vivre sans besoin de rien, et s’efforcent d’être riches en biens matériels. D’autres croient que le bien suprême, c’est être digne du respect ; ils s’efforcent donc d’être honorés parmi leurs voisins grâce aux honneurs qu’ils ont acquis. Il y a aussi ceux qui estiment que le pouvoir absolu est le bien suprême, et s’efforcent de régner ou de se lier à ceux qui règnent. D’autres encore pensent que la noblesse de renom est le bien suprême ; ils se hâtent d’acquérir une gloire éclatante par les arts de la guerre et de la paix. Beaucoup considèrent que le bien suprême, c’est la joie et la félicité, et pensent qu’il est très heureux de s’abandonner aux délices sensuels. Il y a aussi des gens qui examinent les causes et les fins de ces biens mentionnés, comme ceux qui désirent la richesse pour avoir du pouvoir et des plaisirs ; ou bien ils désirent le pouvoir pour avoir de l’argent, ou pour la renommée. En ces choses, et en d’autres semblables, se trouve concentrée toute l’intention des désirs et des actions des hommes ; ainsi : la noblesse et la faveur du peuple, qui donnent aux hommes, selon eux, une sorte de renom clair ; et la femme et les enfants, que l’on désire pour le plaisir et la descendance. Mais assurément, amis, on ne devrait pas compter parmi les dieux de la fortune, mais plutôt parmi ceux de la vertu ; car c’est une chose pleine de sainteté. Toutes ces autres choses, assurément, sont prises comme moyen pour obtenir du pouvoir ou pour le plaisir. »

Certes, maintenant je suis prêt à rattacher les biens du corps à ces choses mentionnées ci-dessus ; car il semble que la force et…

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la grandeur du corps, même le pouvoir et la dignité, ainsi que la beauté et la vitesse, même les noblesses et la gloire de la renommée ; et la santé du corps semble être du plaisir. En toutes ces choses, il semble seulement que l’on désire le bonheur. Car pourquoi ce que tout homme désire le plus par-dessus tout, est-il considéré comme le bien suprême ? J’ai défini que le bonheur est le bien suprême ; c’est pour cela que chacun pense que cet état qu’il désire par-dessus tout, c’est le bonheur.

As-tu donc devant tes yeux toute la forme envisagée du bien-être de l’humanité, à savoir : richesses, honneurs, pouvoir, gloire et plaisirs. Ce plaisir, seul Épicure l’a considéré, jugeant et établissant que le plaisir est le bien suprême ; car, selon lui, toutes les autres choses ne font que produire joie et douceur dans le cœur. Mais je reviens aux recherches des hommes, dont le courage cherche toujours le bien suprême, même si c’est avec une mémoire obscurcie ; mais ils ne savent pas par quel chemin y parvenir, tout comme un homme ivre ne sait pas par quel chemin retourner chez lui. Ne semble-t-il pas alors que ceux qui agissent follement et se trompent imposent aux autres le besoin de rien ? Certes, il n’y a rien d’autre qui puisse assurer aussi bien le bonheur qu’un état abondant en tous biens, qui n’a besoin de rien d’autre, étant suffisant en soi-même. Et ces gens folles pensent-ils que ce qui est vraiment bon mérite vraiment honneur et respect ? Certes, non. Car cette chose n’est ni vile ni digne d’être méprisée, au point que presque tous les mortels s’efforcent de l’obtenir. Et le pouvoir ne devrait-il pas être compté parmi les biens ? Pourquoi ? Car on ne peut pas imaginer que cette chose, la plus digne de tout, soit faible et sans force. Et la clarté de la renommée, devrait-elle être méprisée ? Certes, aucun homme ne peut abandonner l’idée que tout ce qui est véritablement excellent et noble doit être également clair et renommé. Car il est évident que le bonheur ne doit pas être plein de souffrances ni de tristesse, ni soumis à des fardeaux ou à des chagrins, puisque les gens cherchent déjà dans de petites choses à obtenir et à utiliser ce qui peut leur procurer du plaisir. Certes, ce sont là les choses que les hommes veulent et désirent obtenir. C’est pour cela qu’ils désirent richesses, dignités, royaumes, gloire et plaisirs. Car ils pensent ainsi obtenir suffisance, honneur, pouvoir, renommée et joie. Il est donc bon que les hommes cherchent ainsi par tant de voies différentes. Dans ce désir, il peut facilement être montré comment

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La force est la puissance de la nature ; car, bien que les hommes aient des opinions diverses et des désaccords, tous s’accordent finalement à aimer le bien.

Pr. II. 2. C. cyte ; A. sete ; Lat. sedem. 5. C. enforsen ; A. enforced ; Ed. enforcen. 6. A. om. Et félicité. 10. A. om. cleped. 14. C. enforsen ; A. enforcen. 18. A. is (au lieu de be). 20. C. ben ; A. be. 22. C. nesshebors ; A. neyghbours. 23. A. halden. // C. heyh ; A. heyȝe ; Ed. hye. 24 : A. to b (au lieu de be). 28. C. by (au lieu de be) ; A. Ed. be. 29. A. om. thing. 32. A. rycchesse. 35. A. om. 1er de. // C. fauor ; A. fauour. 36. A. om. to men and hem. 38. A. shollen. 39. A. Ed. the ; C. tho. 45. C. sweft- ; A. swifte-. 49. C. deffyned ; A. Ed. diffined. 52. A. om. thy eyen ; C. thy (au lieu de thyn) ; Ed. thyn. // A. almost. 55. A. om. et bef. jugé. // C. A. establyssed ; Ed. establysshed. 59. A. ins. après le bien (incorrectement). 60. C. dirkyd ; A. derke ; Ed. dyrked. // A. om. mais il ... chemin. // C. paath (deux fois). 62. C. foleyen ; A. folyen. 65. C. A. ins. il bef. est ; Ed. om. 66. C. A. foleyen ; Ed. folyen. 69. C. wel neyh ; Ed. wel nygh ; A. om. // C. alle ; A. Ed. al. 77. J’ajoute nat. // C. angwyssos. // C. subgyd ; A. subgit. 81. A. rycches. 86. C. allegates ; A. algates. // A. lyuynge (!).

Mètre II.

Quantas rerum flectat habenas.

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Il me plaît de montrer, par une chanson subtile, au son doux et délicieux des cordes, comment la Nature, puissante, incline et fait varier les régimes des choses, et selon quels lois elle, capable de tout, maintient le grand monde ; et comment elle, en liant, restreint toutes choses par un lien qui ne peut être délié. Même si les lions de la contrée de Pène portent de belles chaînes, et reçoivent des portions des mains de ceux qui les nourrissent, et servent leurs maîtres puissants auxquels ils sont habitués à obéir : si leurs bouches horribles sont ensanglantées, c’est-à-dire que les bêtes ont été dévorées, leur courage est passé, il a été vain et s’est reposé, et ils gémissent amèrement, se souvenant de leur nature, et détachent leurs cous de leurs chaînes ; et leur maître, d’abord déchiré par des dents sanglantes, tente de maîtriser leur fureur sauvage ; c’est-à-dire qu’ils attaquent leur maître. Et l’oiseau qui chante sur les branches hautes, c’est-à-dire dans la forêt, puis enfermé dans une cage étroite : bien que les occupations joyeuses des hommes lui offrent des boissons sucrées et de grandes portions avec un travail agréable, néanmoins, si cet oiseau, sautant hors de sa cage étroite, voit les ombres agréables de la forêt, il salit de ses pieds ses portions, et ne cherche que la forêt ; et il chante, désirant la forêt, de sa voix douce. La terre d’un arbre, tirée vers le bas par une force puissante, incline facilement la branche vers le bas : mais si la main de celui qui l’a penchée la relâche, aussitôt la branche se redresse vers le ciel. Le soleil Phébus, qui tombe au crépuscule dans les vagues occidentales, revient chaque soir sur son char, par un chemin secret, là où il a coutume de se lever. Toutes choses retournent chacune à leur cours propre, et toutes se réjouissent de leur retour à leur nature. Il n’y a aucune disposition imposée aux choses, si ce n’est celle qui a joint la fin au début, et a rendu leur cours stable, afin qu’elles ne changent pas de leur propre espèce.

Prose III.

Vous aussi, ô animaux terrestres.

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Certes, même vous, qui êtes des créatures terrestres, rêvez toujours de votre commencement, bien que ce soit avec une imagination faible ; et par une sorte de pensée, même si elle n’est ni claire ni parfaite, vous aspirez vers cette véritable finesse de bonheur ; et c’est pourquoi la tendance naturelle vous conduit vers ce vrai bien, mais de nombreuses erreurs vous en éloignent. Considérez maintenant si, par ces choses par lesquelles un homme cherche à obtenir le bonheur, il peut atteindre cet objectif auquel il aspire par nature. Car si l’argent, les honneurs ou ces autres choses extérieures apportent aux hommes quelque chose qui ne leur cause aucun mal ni ne semble en causer, certes je reconnaîtrais alors qu’ils deviennent heureux grâce à ces choses qu’ils ont obtenues. Mais s’il arrive que ces choses ne puissent pas accomplir ce qu’on attend d’elles, et qu’il y ait manque de nombreux biens, n’en résulte-t-il pas clairement que cette fausse beauté du bonheur est reconnue et décelée dans ces choses ? D’abord, toi-même, qui aurais des abondances de richesses sans longue souffrance, dis-moi : dans l’abondance de toutes ces richesses, serais-tu jamais tourmenté ou triste dans ton cœur à cause d’un tort ou d’une injustice qui te frapperait d’un côté ou de l’autre ?

« Certes », répondis-je, « je ne me souviens pas avoir jamais été à ce point libre de mes pensées que je ne fusse constamment tourmenté par quelque chose. »

« Et n’était-ce pas », dit-elle, « parce que tu manquais de quelque chose que tu ne voulais pas manquer, ou bien que tu avais quelque chose que tu ne voulais pas avoir ? »

« C’est exactement cela », dis-je.

« Alors désires-tu la présence de celui-ci et l’absence de celui-là ? »

« Je le reconnais bien », dis-je.

« Assurément », dit-elle, « il y a donc quelque chose que tout homme désire ? »

« Oui, il y a cela », dis-je.

« Certes », dit-elle, « et celui qui manque ou a besoin de quelque chose n’est-il pas en tout point suffisant pour lui-même ? »

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« Non », dis-je.

« Et toi », dit-elle, « avec toute l’abondance de tes richesses, avais-tu tant de manque de suffisance ? »

« Quoi donc ? » dis-je.

« Alors les richesses ne peuvent pas faire en sorte qu’un homme ne manque de rien, ni qu’il soit suffisant pour lui-même ; et c’est bien cela qu’ils exaltent, semble-t-il. Et je crois assurément que c’est chose à considérer sérieusement : l’argent n’a en lui-même rien qui ne puisse être pris par celui qui le possède, contre lui ? »

« Je le sais bien », dis-je.

« Comment ne le saurais-tu pas », dit-elle, « puisque chaque jour les plus forts le prennent aux plus faibles, contre eux ? Car d’où viennent toutes ces plaintes étrangères ou réclamations de restitution, sinon du fait que les hommes exigent toujours de l’argent qui leur a été pris par la force ou par la ruse, toujours contre eux ? »

« C’est bien vrai », dis-je.

« Alors », dit-elle, « un homme a-t-il besoin de chercher une aide extérieure pour défendre son argent ? »

« Qui peut dire non ? » dis-je.

« Assurément », dit-elle ; « et il aurait besoin d’aide s’il n’avait pas d’argent à risquer ? »

« C’est indubitable », dis-je.

« Alors cette affaire est renversée », dit-elle. « Car les richesses, que l’on pense devoir procurer la suffisance, font plutôt qu’un homme ait besoin d’aide extérieure ! Quel est donc le moyen ou le procédé, dit-elle, par lequel la richesse peut chasser complètement le besoin ? Les riches, ne connaissent-ils ni faim ni soif ? Ces hommes riches, ne ressentent-ils pas le froid sur leurs membres en hiver ? Mais tu voudrais répondre que les riches ont maintenant des moyens de calmer leur faim, de satisfaire leur soif et de se protéger du froid. De cette manière, le besoin peut être apaisé par la richesse ; mais assurément, le besoin ne peut pas être entièrement éliminé. Car bien que ce besoin,

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cela est toujours avide et cupide, rassasié de richesses, et coupe
tout ce qui existe en dehors d’un besoin qui puisse être satisfait. Je me tais,
et je ne dis pas comment cette petite chose suffit à la nature ; mais assurément,
à la cupidité, rien ne suffit jamais. Car si les richesses ne peuvent jamais
complètement satisfaire un besoin, mais que les richesses créent des besoins,
que peut-il bien y avoir qui vous fasse croire que les richesses
peuvent même vous donner la suffisance ? 75

Pr. III. 2. A. om. youre biginninge. 15. C. ataynt; A. a-teint. 24. A. that (pour And). // A.
om. nat that ... pour. // A. thou lakkedest; Ed. the lacked. 34. A. a wyȝt (pour aught). 35.
C. suffysaunte; A. suffisaunt. 37, 40. A. rycchesse. 46. C. sholdesthow. 47. A.
bynymen. // C. febelere; A. febler. 50. C. om. hem. 54. C. deffende. 56. A. nedith. 60.
A. rycchesse. 63. A. threst. 64. C. the; A. thei. 65. A. y-nouȝ. 66. A. threst. 68. C. om.
nat. // C. vtrely; A. outerly. 69, 70. C. fulfyd; A. fulfilled (deux fois). 72. C. aueryce; A.
auarice. 73. C. rychesse (une seule fois) ; A. rychesse (deux fois). // C. alwey; A. awey.

Mètre III.

Quamvis fluente diues auri gurgite.

Même si un homme riche et avide avait une rivière coulant
toute en or, cela ne pourrait jamais étancher sa cupidité ; et bien qu’il eût son cou
chargé de pierres précieuses de toutes les couleurs, et bien qu’il rendît ses champs
abondants avec cent bœufs, sa soif de richesses ne le laisserait jamais en paix
pendant sa vie, ni les riches biens ne lui tiendraient compagnie lorsqu’il serait mort.

Me. III. 1. A. om. 2e a. 2. A. couetise. 4. A. erye. // C. feeldes. 6. C. leuith; A. lyueth.
// C. shol; A. shal. // C. A. compaignie.

Prose IV.

Set dignitates.

Mais les dignités, à ceux qui les ont reçues, les rendent-elles
honorables et respectés ? N’ont-elles pas une telle force qu’elles puissent
insuffler les vertus dans le cœur de ceux qui exercent leur autorité ? Ou bien ne font-elles
que changer de forme ? Assurément, elles ne sont pas faites pour toujours
produire du mal, mais elles sont faites pour 5

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plutôt pour montrer la méchanceté. C’est pourquoi j’ai une très grande aversion pour le fait que les dignités soient souvent accordées à des hommes méchants ; c’est pour cela que Catulle a surnommé un consul de Rome, nommé Nonius, « postum » ou « boch » ; car, dit-il, il l’a surnommé ainsi en raison d’une assemblée de vices dans sa poitrine, puisque un postum est plein de corruption, même si ce Nonius était assis sur un trône de dignité. Ne vois-tu pas alors à quel point les dignités sont néfastes pour les hommes méchants ? Certes, la médiocrité des hommes méchants devrait être la moins remarquée, s’ils n’étaient pas honorés par qui que ce soit. En vérité, toi-même tu ne pourrais pas supporter autant de dangers que tu le ferais pour accepter une charge officielle avec Decorat ; c’est-à-dire que, face à aucun danger qui pourrait t’arriver à cause de l’offense de la reine Theodorike, tu ne voudrais pas partager le gouvernement avec Decorat ; puisque tu dis qu’il avait un courage méchant, celui d’un fouineur et d’un calomniateur. Moi non plus, pour de tels honneurs, je ne peux le juger digne de respect, et je le tiens indigne de recevoir de tels honneurs. Or, si tu dis qu’un homme est plein de sagesse, certes, tu ne peux pas le juger indigne de cet honneur, ni de la sagesse dont il est rempli. — « Non », dis-je. — « Certes, les dignités », dit-elle, « appartiennent proprement à la vertu ; et la vertu transfère aussitôt la dignité à l’homme à qui elle-même est confiée. Et puisque les honneurs du peuple ne peuvent pas rendre les gens dignes d’honneur, il est clair qu’ils n’ont aucune beauté propre à la dignité. Et pourtant, on devrait y prêter plus d’attention. Car si un homme méchant est tellement impur et rejeté qu’il est méprisé par la plupart des gens, alors la dignité ne peut pas rendre les femmes dignes de respect, ces femmes auxquelles la dignité montre tant de considération, plutôt que de les rendre encore plus méprisées qu’admirées ; et certainement pas impunies : c’est-à-dire que les femmes se vengent envers les dignitaires ; car elles leur rendent un grand service en ridiculisant et en souillant les dignités avec leur méchanceté. Et puisque tu sais bien que ce véritable respect ne peut venir de ces dignités éphémères et illusoires, comprends ceci : si un homme avait exercé de nombreuses fonctions de consul et se trouvait par hasard parmi des peuples étrangers, ces honneurs le rendraient-ils digne d’être vénéré et craint par ces peuples étrangers ? Certes, si l’honneur du peuple était une qualité inhérente aux dignités, il ne cesserait jamais, chez aucun peuple, de remplir ses fonctions, tout comme dans chaque pays on ne cesse pas de chercher à…

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Eh bien, certes. Mais autant il est faux de dire que les honneurs ou la révérence proviennent de la force naturelle des gens, autant il est faux aussi de penser que ce sont ces honneurs qui rendent les gens dignes d’honneur ; car dès que ces dignités apparaissent, comme les gens ne connaissent pas ces dignités, leurs honneurs disparaissent aussitôt. Mais cela concerne les peuples étrangers ; chez ceux-là, même s’ils naissent dans de telles conditions, ces dignités ne durent pas toujours. En effet, la dignité du poste de prévôt de Rome était autrefois un grand pouvoir ; aujourd’hui, ce n’est plus qu’un nom vide, et les revenus liés au sénat représentent une lourde charge. Et si autrefois quelqu’un avait pour fonction de s’occuper des besoins essentiels du peuple, comme le blé et autres choses, il était tenu en haute estime ; mais quoi de plus méprisé aujourd’hui que ce poste de prévôt ? Comme je l’ai déjà dit, ce qui n’a pas de beauté en soi reçoit parfois de l’estime et de l’éclat, et parfois cet éclat diminue à cause de l’opinion des hommes. Or, puisque ces dignités ne peuvent pas rendre les gens dignes de révérence, puisqu’elles deviennent impures à cause de la méchanceté des hommes, puisqu’elles perdent leur éclat avec le changement des temps, et puisqu’elles deviennent méprisables selon l’opinion du peuple : quelle beauté possèdent-elles en elles-mêmes qui vaille la peine d’être désirée ? Personne ne dirait que oui ; donc elles ne possèdent aucune beauté en tant que dignités.

Pr. IV. 2. C. honorable, expliqué par ironie. 3. C. lordshippys ; A. lordshipes. 5. A. om. ne.
// A. wikkednesses (deux fois) ; Lat. nequitiam. 6. C. om. to bef. shewen. 7. C. desdaign ; A. desprez. 9. C. nomyus ; A. nonius. // Éd. postome. 11. C. nomyus. // C. om. a. // C. Sesthow. 12. C. fylonye ; A. vylenye ; Éd. vylonies ; Lat. dedecus. 16. C. Éd. the ; A. thi.
// A. magistrat ; C. magestrat. 17. A. by the offence ; C. by offense ; Éd. by offence. 19. Éd. saw. // C. lykoros ; A. likerous. 22. Éd. sawe. 25. A. Éd. quod she ; C. om. 29. C. they, expliqué, s. honours. 30. A. more ; C. mor. // C. om. it. 30-5. A. Car si c’est le cas que celui qui est le plus rejeté soit le plus méprisé par les gens, ou comme la dignité ne peut rendre les femmes indignes de respect, cela fait que les femmes dotées de dignité sont plus méprisées que louées, ces femmes montrant leur dignité à trop de gens et assurément pas impunies ; Éd. Car si un homme est à ce point rejeté qu’il est méprisé par la plupart des gens, au point que la dignité ne peut pas rendre les femmes indignes de respect, cela fait que les femmes dotées de dignité sont plutôt méprisées que louées, ces femmes montrant leur dignité à trop de gens et assurément pas impunies. 38. C. A. gerdoun ; Éd. gerdons. // C. by-spetten ; A. byspotten ; Lat. commaculant. 40. C. thyse shadwye ; A. the shadewy. 41. A. this (pour ainsi dire). 47. A. enchaufen. 50. C. om. that bef. wenen. 53. C. vanesshen ; A. vanissen. 54. C. maysthow. // A. mais ; C. Éd. ne. 56, 58. C. whylom ; A. som-tyme (deux fois). 57. C. om. the bef. senatorie. 59. A. et quel autre ; Éd. et de

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autre. 62. C. resseyueth ; A. resceyueth. 66. C. felthe ; A. filthe. // C. om. that après yif (seulement la 3e fois). 70. C. dignete.

Mètre IV.

Quamvis se, Tyrio superbus ostro.

Même si le fier Néron, avec toutes ses luxures effrénées,
le revêtait et l’ornait de belles pourpres de Tyr,
et de perles blanches, des agates, il restait haï de tous les peuples :
c’est-à-dire qu’il était détesté par tous. Pourtant ce méchant Néron avait un grand pouvoir, et il accordait aux sénateurs respectables des titres indignes de dignité. Il les appelle indignes ici, car Néron, bien que si méchant, accordait néanmoins des dignités. Qui donc pourrait raisonnablement penser que le bonheur réside dans de tels honneurs, même s’ils viennent de femmes vicieuses ? 10

Me. IV. 2. A. kembed ; apparailed. 5. C. lorshippe ; A. lordship. // C. Ed. whylom ; A. quelquefois. 6. C. reuerentz ; Ed. reuerent ; A. dredeful ; Lat. uerendis. 8. A. tho ; C. Ed. the. // A. om. so. 10. C. vysios ; A. vicious.

Prose V.

An vero regna regumque familiaritas.

Mais les royaumes et les relations entre rois peuvent-ils rendre un homme puissant ? Comment, puisque leur bonheur dure éternellement ? Mais assurément, l’ancienne époque est passée, et même l’époque actuelle est pleine d’exemples montrant comment les rois sont tombés dans la méchanceté à partir de leur bien-être. Ô ! Quelle chose noble et claire est le pouvoir, qui ne trouve pas sa force en lui-même pour se maintenir ! Et si ce pouvoir sur les royaumes est cause et créateur du bonheur, si ce pouvoir fait défaut d’un côté, ne disparaît-il pas ce bonheur et ne provoque-t-il pas la méchanceté ? Mais même si les royaumes de l’humanité s’étendent largement, il doit y avoir beaucoup de gens sur qui aucun roi n’a ni autorité ni pouvoir. Et assurément, là où ce pouvoir qui rend les gens heureux fait défaut, c’est précisément de ce côté que le pouvoir manque.

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Sous ce joug, qui les rend misérables ; de cette manière, plus de quinze rois ont une part de misère plus grande que de bonheur. Un tyran qui fut roi de Sicile, ayant éprouvé le péril de sa situation, montra par une analogie les dangers des royaumes à travers la menace d’une épée suspendue au-dessus de la tête de ses proches. Qu’est-ce donc, cette puissance, qui ne peut ni éviter les coups des affaires, ni se soustraire aux menaces de danger ? Certes, ils voudraient vivre en sécurité, mais ils ne le peuvent pas ; et pourtant, ils glorifient cette puissance. Penses-tu vraiment que cet homme soit puissant, alors que tu vois bien qu’il veut faire ce qu’il ne peut pas ? Et penses-tu vraiment qu’il soit un homme puissant, s’il s’est entouré d’hommes armés ou de serviteurs, et si ceux-ci le menacent davantage qu’il ne les menace lui-même, et s’il est livré entre les mains de ses serviteurs parce qu’il prétend être puissant ? Mais que te dirais-je des proches ou des serviteurs des rois, puisque je t’ai déjà montré que ces royaumes eux-mêmes sont pleins de grandes faiblesses ? Ces proches, en effet, la puissance royale, tant dans son apogée que lorsqu’elle diminue, les renverse souvent. Néron força Sénèque, son proche et son maître, à choisir de quelle mort il voulait mourir. Antoine ordonna aux chevaliers armés d’égorger son proche Papinien, qui avait longtemps été très puissant parmi eux à la cour. Certes, tous deux auraient voulu renoncer à leur pouvoir ; c’est pourquoi Sénèque le poussa à remettre ses richesses à Néron et à aller en exil solitaire. Mais lorsque le grand poids, c’est-à-dire celui du pouvoir des seigneurs ou de la fortune, les pousse vers la chute, aucun d’eux ne peut faire ce qu’il veut. Qu’est-ce donc, cette puissance, qui, même quand on la possède, fait peur ; et quand on veut la posséder, on n’en est pas sûr ; et si on veut s’en défaire, on ne peut pas l’éviter ? Mais ces hommes sont-ils des amis en temps de besoin, comme le conseille la fortune et non la vertu ? Certes, la bonne fortune fait des amis de telles personnes, tandis que la mauvaise fortune en fait des ennemis. Et quelle calamité est plus redoutable pour troubler un homme qu’un ennemi proche ?

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C. hyr famyler (sic) ; A. his familier. 37. C. famyler ; A. familier. // C. that hade ; A. om. that. 41. C. solutarie ; A. solitarie. 42. C. sholen ; Ed. shullen ; A. sholden ; Lat. ruituros. 44. C. yit ; Ed. yet ; A. that. 47. C. wheyther.

Mètre V.

Qui se veut être puissant.

Celui qui veut être puissant doit maîtriser son cœur cruel,
et ne pas laisser sa nuque être vaincue sous les sales règnes
de la débauche. Car même si ton pouvoir s’étend si loin
que le pays de l’Inde tremble à tes ordres ou à tes lois,
et que l’île la plus éloignée dans la mer, cette haute île, 5
soit esclave de toi, pourtant, si tu ne peux pas chasser tes désirs sales
et éloigner de toi ces plaintes malveillantes,
alors, en vérité, tu n’as aucun pouvoir. 8

Mètre V. 1. C. wole ; Ed. wol ; A. wolde. 4. C. thath (!) // A. contre Inde. // A. commandement. 5. A. leest (au lieu de last) ; Lat. ultima.

Prose VI.

Mais la gloire, combien est-elle trompeuse et souvent vile !

Car à cause de cela, un tragédien, c’est-à-dire celui qui crée des pièces
qui magnifient les tragédies, s’écrie sans hésiter : « Ô gloire, gloire ! »,
disant que pour des milliers de gens, elle n’est rien d’autre qu’un grand gonflement d’orgueil ! Car beaucoup ont acquis une grande renommée grâce à l’opinion fausse du peuple, et quelle chose peut être plus vile que de telles flatteries ? Car ces gens-là, flattés à tort, n’ont pas honte de leurs flatteries. Et si ces gens ont obtenu leur réputation ou leurs flatteries à cause de leurs mérites, quelle influence cela a-t-il eue sur la conscience des gens sages, qui évaluent le bien non pas selon les rumeurs du peuple, mais selon la sincérité de la conscience ? Et si il semble bon pour un homme d’améliorer et de répandre son nom, il suit donc que c’est considéré comme une chose vile s’il n’est pas ainsi répandu et glorifié. Mais, 15

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Comme je l’ai dit, il existe une petite herbe qui, sans nécessiter beaucoup de gens, auxquels le nom d’un homme ne peut jamais parvenir, fait que celui que tu croyais glorieux et célèbre semble, dans une autre partie du monde, être dépourvu de gloire et de renom. 20

Et certes, parmi toutes ces choses, je ne pense pas que la louange et la grâce du peuple soient indignes d’être mémorisées, ni qu’elles proviennent d’un jugement sage, ni qu’elles soient fermement durables. Mais maintenant, au sujet de ce nom de noblesse, quel homme ne voit pas à quel point c’est chose vaine et éphémère ? Car si le nom de noblesse se réfère au renom et à la pureté de la lignée, alors le nom de noble n’est qu’une chose extérieure, c’est-à-dire destinée à ceux qui se glorifient de leur ascendance. Il semble en effet que la noblesse soit une sorte de louange provenant du désert des ancêtres. Et si la louange crée la noblesse, alors ceux qui sont loués doivent nécessairement être nobles. De là il s’ensuit que, si tu n’as pas de noblesse en toi-même, c’est-à-dire de louange issue de ton propre passé, aucune noblesse extérieure ne te rendra noble. Mais certes, s’il y a quelque bien dans la noblesse, je pense que c’est seulement cela : il semble qu’une sorte de devoir soit imposé aux hommes nobles, afin qu’ils ne dépassent pas ou ne négligent pas les vertus de leur noble famille.

Mètre VI.

Omne hominum genus in terris.

Toute la lignée des hommes qui sont sur terre est issue d’une même naissance. Un seul est le père de toutes choses. Un seul sert à toutes choses. Il donne au fils ses mains ; il donne à la fille ses cornes. Il donne les hommes à la terre ; il donne les étoiles au ciel. Il enveloppe de membres les âmes issues de sa semence. Alors viennent tous les mortels de noble origine ; pourquoi donc vous plaindre ou vous lamenter sur vos aïeux ? Car

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Si tu regardes ton commencement, et que Dieu soit ton auteur et ton créateur, alors il n’y a personne qui survive, sauf s’il renforce son courage à l’extrême et abandonne son propre fardeau. 10

Me. VI. 4. A. Éd. ses cornes ; C. ces cornes. 5. C. membres. 8. Éd. tu regardes ; Lat. spectes. // A. ton (au lieu de 1er votre) ; Lat. uestra.

Prose VII.

Mais que dire des délices du corps ? De ces délices, ceux qui les désirent sont pleins de tourments, et ceux qui les éprouvent sont pleins de châtiments. Quelle grande douleur, quelle grande souffrance insupportable, véritable fruit du mal, ces délices ont coutume d’apporter aux corps de ceux qui les utilisent ! À propos de ces délices, je ne sais quelle joie on puisse en tirer. Mais je sais bien ceci : quiconque veut se souvenir de ces luxures comprendra que les conséquences des délices sont douloureuses et tristes. Et si de telles délices peuvent rendre les gens heureux, alors pour la même raison, ces êtres suprêmes doivent être considérés comme heureux ; tous les désirs se hâtent de satisfaire leurs plaisirs corporels. La joie de l’épouse et des enfants est une chose honorable, mais on dit qu’elle est souvent excessive ; les enfants se sont révélés être des tourmenteurs pour leurs pères, je ne sais combien : chez ces enfants, chaque comportement est mordant, il n’est pas nécessaire de te le dire, toi qui as déjà essayé et es maintenant tourmenté. À cela, j’approuve le jugement de mon disciple Euripide, qui a dit : « Celui qui n’a pas d’enfants est heureux en dépit de son infortune. »

Pr. VII. 12. A. om. an. 15. A. Éd. chaque ; C. chaque. 18. Éd. Euripide ; C. Eurydyppys ; A. Euridippus ; Lat. Euripidis (gén.).

Mètre VII.

Chaque délice a cela : il les tourmente par des piqûres.

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qui l’utilisent. Il ressemble à ces mouches volantes que nous avons vues, qui, après avoir recueilli leur miel délicieux, s’envolent et piquent les cœurs de ceux qu’elles ont atteints, avec une piqûre trop longue. 5

Me. VII. 1. C. A. anguisseth. 3. C. om. 2nd that. // A. the bee (for he).

Prose VIII.

Il n’y a donc aucun doute.

Il n’est donc pas douteux que ces yeux ne soient pas un moyen de tromperie vers le bonheur, ni qu’ils ne puissent plus guider les gens comme ils le faisaient auparavant. Mais je te montrerai bientôt quel grand mal ces yeux trompeurs entraînent. Car si tu t’efforces de rassembler de l’argent, 5 tu dois rendre l’argent à celui qui le possède. Et si tu veux briller par des dignités, tu dois supplier et implorer ceux qui détiennent ces dignités. Et si tu cherches à surpasser les autres par l’honneur, tu te souilleras par l’humilité de la supplication. Si tu désires le pouvoir, 10 tu seras jeté dans de nombreux périls par les ruses de tes subordonnés. Cherches-tu la gloire ? Tu seras tellement détruit par des choses cruelles que tu abandonneras la sécurité. Et si tu veux vivre dans les délices, tout le monde te méprisera et t’abandonnera, car tu es esclave de ce qui est vraiment vil et impur ; c’est-à-dire, esclave de ton corps. Il est donc clair maintenant à quel point la possession qu’ils recherchent est insignifiante et vile, puisqu’ils placent les biens du corps au-dessus de leur propre raison. Car peux-tu surpasser ces éléphants en taille ou en poids ? Peux-tu être plus fort que l’arbre ? 20 Peux-tu être plus rapide que le tigre ? Contemple les espaces, la stabilité et le mouvement rapide du ciel, et prends-toi un moment pour t’émerveiller des choses viles ; ce ciel, assurément, vaut mieux être admiré pour ces choses que pour la raison qui le gouverne. Mais l’éclat de ta forme, c’est-à-dire la beauté de ton corps, combien il est éphémère et passager ; assurément, il est encore plus fugace que la métamorphose des fleurs en été. Car Aristote dit que si les hommes avaient les yeux d’un animal appelé lynx, afin que le regard des gens puisse percer à travers… 30

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Choses qui résistaient à cela, ceux qui regardaient alors dans les entrailles du corps d’Alcibiade, qui était tout beau en surface, semblaient bien sales. Et donc, si tu te trouves beau, c’est ta nature qui le fait, mais c’est la tromperie de la faiblesse de l’œil qui regarde. Mais profite autant que tu le peux des biens du corps ; afin que tu saches bien que, quoi qu’il en soit, c’est-à-dire des biens de ton corps que tu convoites, ils peuvent être détruits ou dissous par la chaleur d’une fièvre de trois jours. De toutes ces choses mentionnées, je peux en résumer brièvement l’essentiel : ces biens mondains, que personne ne peut même dire qu’ils existent, et qui ne sont pas complets par l’assemblée de tous les biens ; ils ne sont ni chemins ni voies qui mènent les hommes au bonheur, ni qui font que les hommes soient heureux.

Pr. VIII. 9. C. shal. 10. A. by (pour thorugh). 11. C. be (pour by). // A. vndir many; C. Ed. vndyr by many; Lat. periculis subiacebis. 12. C. A. destrat; Ed. distracte. 16. C. brwtel (pour brotel; première fois). 19. A. mayst thou; C. maysthow. 20. C. weyhty (!). 32. C. in superfyce (om. the). 34. A. desceiuaunce of the; Ed. disceyuaunce of; C. deceyuable or (!). 37. A. the goodes of thi; Ed. the goodes of the; C. godes of the. 40. A. Ed. a somme; C. om. a. // C. wordly. 42. C. ne ne ben. // A. Ed. by the; C. om. the. 43. C. man (pour men; première fois).

Mètre VIII.

Eheu ! quae miseros tramite deviunt.

Hélas ! quelle folie et quelle ignorance égarent les pauvres errants du chemin du vrai bien !

Certes, vous ne cherchez pas d’or dans les arbres verts, ni vous ne ramassez pas de pierres précieuses dans les vignes, ni vous ne cachez pas votre vin dans les hautes montagnes pour attraper des poissons avec lesquels vous pourriez faire de riches festins. Et si vous aimez chasser les oiseaux, vous n’allez pas aux rives de l’eau près de Tyr. De plus, les gens connaissent bien les ruisseaux et les grottes cachées dans les fleuves, et savent quelles eaux sont les plus riches en perles blanches, et savent quelles eaux abondent le plus en coquillages pourpres, c’est-à-dire un type de poisson dont on tire la couleur pourpre ; et savent quels rivages abondent le plus en poissons tendres ou en poissons acérés.

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qui élevent les épines. Mais les gens se laissent aller à être si aveugles,
qu’ils ne savent même pas où se trouvent ces biens 15
qu’ils convoitent ; ils les enfouissent dans la terre
et y cherchent ce bien qui surpasse le ciel qui porte les étoiles. Quelle prière puis-je faire qui soit digne
des pensées nobles des hommes ? Mais je prie qu’ils convoitent la richesse et les honneurs, afin que, lorsqu’ils auront obtenu ces biens faux 20
avec grand travail, ils puissent alors connaître les vrais biens.

Me. VIII. 4. A. om. nat. 5. C. hyye mountaygnes; A. heyȝe mountaignes. // C.
kachche; A. kachen; Ed. catchen (= cacchen). 6. C. honte; A. Ed. hunte. // C. rooes;
Ed. roes; A. roos. 8. A. crikes; Ed. crekes; C. brykes; Lat. recessus. 9. A. Ed. in the; C.
om. the. 14. Ed. Echines; C. A. echynnys. 15. C. rechcheth; A. recchith. // C. weere
(pour où).

Prose IX.

Jusqu’ici, la forme du mensonge.

Il suffit que j’aie montré jusqu’à présent la forme du faux
bien-être, de sorte que, si tu regardes maintenant clairement, l’ordre
de ma pensée exige qu’à partir de là je te montre le vrai
bien-être.’

‘Car en vérité,’ dis-je, ‘je vois bien maintenant que la suffisance ne peut venir 5
ni des richesses, ni du pouvoir des royaumes, ni du respect des dignités, ni de la noblesse de la gloire, ni de la joie des délices.’

‘Et as-tu bien compris les raisons,’ dit-elle, ‘pourquoi cela ?’

‘Certes, il me semble,’ dis-je, ‘que je les vois clairement, comme à travers une petite falaise ; mais j’aimerais mieux les connaître 10
plus ouvertement par toi.’

‘Certes,’ dit-elle, ‘la raison est déjà là. Car cette chose qui est simplement telle, sans aucune disposition, l’erreur et la folie de l’humanité s’en éloignent, la détournent, la trompent et l’éloignent du bien véritable et parfait vers des biens 15
qui sont faux et imparfaits. Mais dis-moi ceci : penses-tu que celui qui a besoin de pouvoir ne manque de rien ?’

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« Non », dis-je.

« Certes », dit-elle, « tu as raison. Car si vraiment il existe une chose qui, dans n’importe quelle partie, manque de puissance, alors, comme dans ce cas, elle a besoin d’aide extérieure. »

« C’est bien ainsi », dis-je.

« La suffisance et la puissance sont-elles de même nature ? »

« Il semble bien que oui », dis-je.

« Et penses-tu », dit-elle, « qu’une chose de cette sorte, c’est-à-dire suffisante et puissante, doive être méprisée, ou bien est-elle digne de révérence au-dessus de toutes choses ? »

« Certes », dis-je, « il ne fait aucun doute qu’elle est digne d’être respectée. »

« Ajoutons donc », dit-elle, « de la révérence à la suffisance et à la puissance, afin que nous reconnaissions que ces trois choses sont une seule et même chose. »

« Certes », dis-je, « ajoutons-le, si nous voulons accorder la vérité. »

« Que penses-tu alors ? » demanda-t-elle ; « est-ce une chose obscure et non noble, qui est suffisante, respectable et puissante, ou bien est-elle vraiment noble et claire par la célébrité de sa renommée ? Réfléchis donc », dit-elle, « comme nous avons déjà reconnu que celui qui n’a besoin de rien, et qui est le plus puissant et le plus digne d’honneur, si lui manquait une certaine clarté de renommée, clarté qu’il ne pourrait pas obtenir de lui-même, alors, à cause du manque de cette clarté, il pourrait sembler inférieur à quiconque ou être relégué en arrière ? » Glose. Cela signifie : non ; car celui qui est suffisant, puissant et respectable, possède déjà de lui-même la clarté de renommée.

Boèce : « Je ne peux pas le nier », dis-je, « mais je ne peux pas non plus admettre que cette chose soit vraiment digne d’être célébrée par la clarté de sa renommée et sa noblesse. »

« Alors il s’ensuit », dit-elle, « que nous devons ajouter la clarté de… »

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Renoncer aux trois choses mentionnées, afin qu’il n’y ait entre eux aucune différence ?

« C’est une conséquence », dis-je.

« Cette chose-là », dit-elle, « qui n’a besoin d’aucune autre chose, et qui peut tout accomplir par ses propres forces, et qui est noble et honorable, n’est-elle pas aussi une chose agréable et joyeuse ? »

« Mais quand », dis-je, « pourrait survenir quelque tristesse pour cette chose si parfaite, certainement je ne peux l’imaginer. »

« Alors accordons », dit-elle, « que cette chose soit pleine de joie, si les trois choses précédentes sont vraies ; et certes, accordons aussi que suffisance, pouvoir, noblesse, respect et joie ne diffèrent que par les noms, mais que leur essence n’a aucune diversité. »

« Il doit nécessairement en être ainsi », dis-je.

« Une telle chose », dit-elle, « qui est simple et pure dans sa nature, la méchanceté des hommes s’en éloigne et la déforme ; et lorsqu’on les force à choisir un côté d’une chose qui n’a pas de partie, ils n’obtiennent ni ce côté-là, ni la chose entière qu’ils désirent. »

« De quelle manière ? » demandai-je.

« Celui qui cherche des richesses pour fuir la pauvreté, il ne s’efforce pas vraiment d’acquérir du pouvoir ; car il a déjà la bassesse et la méchanceté ; et il se prive même de nombreuses vertus naturelles, car il ne veut pas nuire à l’argent qu’il a amassé. Mais certes, de cette façon, il n’obtient pas la suffisance que le pouvoir procure, ni la tranquillité qu’il apporte, ni la pureté qu’il assure, ni la clarté qu’il donne. Et certes, celui qui ne désire que le pouvoir gaspille et dissipe les richesses, méprise les vertus, et méprise aussi l’honneur sans pouvoir, et il ne recherche nulle gloire. Certes, tu vois bien ainsi que beaucoup de choses lui échappent ; car il manque souvent de nombreuses nécessités, et de nombreuses souffrances le tourmentent ; et lorsqu’il ne peut pas combler toutes ces carences, il renonce à devenir puissant, ce qui est pourtant ce qu’il désire le plus. Et c’est ainsi que je peux faire une comparaison similaire. »

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raisons d’honneur, de gloire et de délices. Car tout ce qui est mentionné ici est identique à ces autres choses, c’est-à-dire une seule et même chose ; de sorte que quiconque cherche à obtenir l’une de celles-ci plutôt que l’autre n’obtient pas ce qu’il désire.

Boèce : « Que dis-tu donc, si un homme veut obtenir toutes ces choses ensemble ? »

Philosophie : « Certes, » dit-elle, « je dirais qu’il voudrait atteindre la félicité suprême ; mais il ne la trouvera pas dans ces choses que j’ai indiquées, ni même dans celles qui sont meilleures. »

« Certes, non, » dis-je.

« Alors, » dit-elle, « les hommes ne devraient en aucun cas chercher la félicité dans de telles choses, car ils ne peuvent obtenir même qu’une seule d’entre toutes celles qu’ils recherchent. »

« J’approuve fort bien, » dis-je ; « on ne peut dire rien d’autre. »

« As-tu donc maintenant, » dit-elle, « la forme et les causes du faux bonheur ? Tourne maintenant le regard de ta pensée, car tu verras bientôt ce vrai bonheur dont je t’ai parlé. »

« Certes, » dis-je, « c’est clair et évident, même pour un aveugle ; et tu me l’as bien montré il y a peu, lorsque tu as insisté pour me montrer les causes du faux bonheur. Car si je suis aveugle, alors ce vrai bonheur est parfait, il rend véritablement un homme suffisant, puissant, honorable, noble et plein de joie. Et, puisque tu sauras bien que j’ai bien compris ces choses dans mon cœur, je sais bien que ce bonheur, qui peut vraiment être l’une des choses mentionnées, puisqu’elles sont toutes une seule chose, est sans aucun doute le bonheur parfait. »

Philosophie : « Ô mon ami, » dit-elle, « selon cette opinion, je vois que tu es heureux, si tu admettes ce que je vais dire. »

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« Qu’est-ce que c’est ? » dis-je.

« Penses-tu qu’il y ait dans ces choses mortelles de ce monde
quelque chose qui puisse procurer cet état ? »

« Certes, » dis-je, « je ne le pense pas ; et tu m’as bien montré
qu’au-delà de ces biens il n’y a rien de plus à désirer. »

« Ces choses-là, » dit-elle, « c’est-à-dire la suffisance terrestre,
le pouvoir et autres semblables, ou bien elles engendrent des
semblances de véritables biens, ou bien il semble qu’elles donnent
aux mortels une sorte de biens qui ne sont pas parfaits ; mais
ce bonheur véritable et parfait, elles ne peuvent pas l’apporter. »

« Je m’en souviens bien, » dis-je.

« Alors, » dit-elle, « puisque tu sais maintenant ce qu’est ce
véritable bonheur, et aussi quelles choses sont cette fausse
bénédiction, c’est-à-dire qui, par tromperie, donnent des biens
vrais, il te convient maintenant de savoir quand et où tu peux
chercher ce véritable bonheur. »

« Certes, » dis-je, « j’éprouve ce désir ardemment, et j’ai
longtemps attendu pour le connaître. »

« Mais, » dit-elle, « comme il semble à mon disciple Platon,
dans son livre “Timée”, que dans les petites choses on devrait
solliciter l’aide de Dieu, que penses-tu qu’il faille faire
maintenant, afin que nous méritions de trouver la source de
ce véritable bien ? »

« Certes, » dis-je, « je pense que nous devrions invoquer le
père de tous les biens ; car sans lui rien ne peut être trouvé
correctement. »

« Tu dis bien, » dit-elle ; et elle commença aussitôt à chanter
ainsi :—

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conséquent ou conséquence. 54. C. hat (pour hath). // A. no nede. 58. Ed. d’où ; A. wenest (!) ; Lat. unde. 72. A. richesse. 74. Ed. derke ; C. dyrk ; A. dirk. 75. C. délices (ou delites) ; A. delitz ; Ed. delytes. 77. Ed. nuisance ; C. A. moleste ; Lat. molestia. 78. A. dyrknesse ; C. dyrkenesse. 80. C. schatereth. // C. delytz ; A. délices (ou delites). 83. C. Ed. défaut ; A. faute. 84. Ed. angoisses ; A. anguysses ; C. angwyssos. 86. A. semblable ; C. semlable. 90. C. autre. 92. C. seysthow. 101. C. A. simplement. 104. C. hasthow. 106. C. shalthow. 109. A. om. très bien. 115. C. Ed. que ce genre de ; A. om. que. 118. A. la totalité de (à tort). 119. C. norye ; A. nurry. 130. A. ressemblance ; Lat. imagines. 141. A. disciple ; C. dissipule. 142. C. dans le Timée ; A. dans le Thémée ; Lat. uti in Timaeo Platoni. 143. C. byshechen. // A. om. maintenant.

Mètre IX.

Ô toi qui gouvernes le monde par une raison perpétuelle.

Ô toi, père, créateur du ciel et de la terre, qui gouvernes
ce monde par une raison durable, qui commandes aux temps
de s’éloigner du péché depuis le commencement des âges ; toi
qui demeures toi-même toujours immobile et stable, et fais que
toutes les autres choses soient mues ; aucune cause étrangère
ne te force jamais à composer une œuvre de matière flottante,
mais seulement la forme du bien souverain, établie en toi
sans jalousie, qui te mue librement. Toi qui es le plus beau,
ayant en ton esprit le beau monde, tu as formé ce monde
à la ressemblance de ce beau monde en ton esprit. Tu tires
tout de ton principe souverain, et tu ordonnes que ce monde,
parfaitement fait, ait librement et absolument ses parties parfaites.
Tu unis les éléments par des nombres proportionnables,
afin que les choses froides se meuvent avec les choses chaudes,
et les choses sèches avec les choses humides ; afin que le feu,
qui est le plus pur, ne s’élève pas trop haut, ni que l’air
ne tire pas vers le bas les terres immergées dans les eaux.
Tu unis ensemble l’âme triple, mue par toutes choses,
et tu la divises en parties selon cela ; et lorsqu’elle est ainsi divisée,
elle assemble un mouvement en deux cercles ; elle retourne
toujours vers elle-même, entoure une pensée profonde,
et crée le ciel par une image semblable.
Par des causes également égales, tu perfectionnes les âmes
et les êtres inférieurs, et, les aidant par des voies lumineuses,
tu les sèmes dans le ciel et dans la terre ; et lorsqu’ils sont
revenus à toi par ta loi bienveillante, tu les fais revenir à

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à toi par des choses guidées par la lumière.

Ô Père, donne-lui la force de s’élever vers ta lutte,
assez, et accorde-lui de circonvenir la source du bien ; et, la lumière trouvée, accorde-lui de manifester les claires visions de son courage en toi. Et disperse et brise les poids et les nuages de la pesanteur terrestre, et brille par ta clarté. Car tu es la clarté ; tu es le repos possible pour les gens bienveillants ; toi-même tu es le commencement, le porteur, le guide, le chemin et la fin ; te contempler, c’est notre but. 35

Me. IX. 3. A. pour partir. // C. depuis ce péché ; A. depuis ce temps ; Éd. avec cela. 7. A. om.
à toi ensuite à l’intérieur. 10. A. toutes choses. 11. A. tu as commandé. 12. C. om. et absolu. 13.
A. Éd. proportionables ; C. porcionables. 16. A. fuir (au lieu de fuir). // A. Éd. tiré ; C.
tiré. 18. C. interprète âme par anima mundi. 19. C. membres. 20. C. en deux ; A. en
deux ; Éd. en. 22. C. tourne ; A. tournit. 24. C. Éd. le plus bas ; A. le plus bas. 26. A. Éd.
bienveillant ; C. commencement (!). 28. A. tu pensais (incorrectement) ; C. a la note : s. boecii. //
A. ta lutte ; Éd. ta voie ; C. la lutte. 29. A. om. lui. // C. circonvenir ; A.
circonvenir. 31. A. om. le second tu. 33. A. om. repos. 34. C. chemin. 35. A. om. cela.

Prose X.

Puisque donc ce qui est imparfait…

Car autant que tu as vu, qui est la forme du bien qui n’est pas parfait, et qui est la forme du bien qui est parfait, maintenant je pense qu’il serait bon de montrer en quoi réside cette perfection de félicité. Et à ce sujet, je pense que nous devrions d’abord chercher à savoir si quelque sorte de bien, semblable à ce bien que tu as défini il y a peu, c’est-à-dire le bien souverain, peut être trouvé dans la nature des choses ; car cette imagination de la pensée ne nous trompe pas et ne nous éloigne pas de la vérité de ces choses qui nous sont présentées. Mais on ne peut nier 10 que ce bien existe, et qu’il soit le fondement de tous les biens. Car tout ce qui est appelé imparfait est prouvé imparfait par la présence de la perfection ou de ce qui est parfait. Et de là vient que, dans toute chose en général, si les hommes voient quelque chose d’imparfait, assurément, dans cette généralité il doit y avoir 15 quelque chose de parfait ; car si la perfection est toujours donnée, les hommes ne peuvent ni penser ni voir jamais depuis lors ce

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La chose est qu’elle est imparfaite. En effet, la nature des choses n’a pas de commencement ; elle n’est ni commencée ni parfaite, mais elle procède de choses qui sont entièrement et absolument parfaites, et descend ainsi vers les choses extérieures, vers des choses vides et dépourvues de fruit. Mais, comme je l’ai montré un peu plus haut, s’il existe une félicité libre, véritable et parfaite, personne ne peut douter qu’il existe aussi une félicité triste, impermanente et imparfaite.

Boèce : « Cela est conclu », dis-je, « fermement et sans équivoque. »

Philosophie : « Mais considère aussi », dit-elle, « en qui réside cette félicité. L’accord général et l’opinion commune des hommes prouvent et reconnaissent que Dieu, prince de toutes choses, est bon. Car, puisqu’on ne peut rien imaginer de meilleur que Dieu, il ne fait aucun doute qu’Il, qui est le meilleur, est bon. En effet, la raison montre que Dieu est si bon qu’elle prouve avec force qu’un bien parfait existe en Lui. Car si Dieu n’était pas ainsi, Il ne pourrait pas être prince de toutes choses ; car assurément, quelque chose qui possèderait en lui-même un bien parfait serait plus digne que Dieu, et cela indiquerait que cette chose serait antérieure et plus ancienne que Dieu. Or, nous avons clairement montré que toutes les choses parfaites sont antérieures aux choses imparfaites ; et donc, puisque ma raison ou mon raisonnement ne va jamais sans fin, nous devons reconnaître que le Dieu souverain est vraiment doué d’un bien souverain parfait. Et nous avons établi que le bien souverain est une véritable félicité : il s’ensuit donc que la véritable félicité réside dans le Dieu souverain. »

« J’accepte cela », dis-je, « et cela ne peut en aucune manière être nié. »

« Mais je te prie », dit-elle, « de voir maintenant comment tu peux prouver, de manière sainte et sans corruption, ce que j’ai dit, à savoir que le Dieu souverain est vraiment doué de bien souverain. »

« De quelle manière ? » demandai-je.

« Sais-tu », dit-elle, « si ce prince de toutes choses possède ce bien souverain quelque part en lui-même, ce bien souverain grâce auquel on prouve qu’Il est plein, tout comme on pourrait penser que Dieu, qui possède la félicité en… »

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lui-même, et cette félicité qui est en lui, sont-elles diverses en substance ? Car si tu penses que Dieu a reçu une telle bonté de lui-même, tu peux penser que celui qui a donné cette bonté à Dieu est plus digne que Dieu lui-même. Mais je sais et j’avoue, et ce, avec toute justesse, que Dieu est véritablement digne au-dessus de toutes choses ; et, s’il est vrai que cette bonté est en lui par nature, mais qu’elle lui est étrangère par raison, sauf si nous parlons de Dieu, prince de toutes choses : que prétende qui veut, qui donc a uni toutes ces choses ensemble ? Et enfin, vois bien qu’une chose qui est différente de toute autre n’est pas nécessairement la même chose dont on dit qu’elle est différente. Il s’ensuit donc que cette chose qui, par sa nature, est différente du bien souverain n’est pas elle-même le bien souverain ; mais assurément, ce serait une folie criminelle de penser cela de Celui qui n’est rien de plus digne. Car toujours, de toutes choses, leur nature ne peut être meilleure que leur origine ; d’où je puis conclure, par une vraie raison, que Celui qui est l’origine de toutes choses est lui-même le bien souverain dans sa substance.

Boèce : « Tu as dit juste », dit-il.

Philosophie : « Mais nous avons admis », dit-elle, « que le bien souverain est la félicité. »

« C’est vrai », dit-il.

« Alors », dit-elle, « nous devons admettre et avouer que ce même bien souverain est Dieu. »

« Assurément », dit-il, « je ne peux ni nier ni contredire les raisons avancées ; et je vois bien qu’il s’ensuit nécessairement de ces prémisses. »

« Regarde maintenant », dit-elle, « si cela peut être prouvé encore plus fermement ainsi : qu’il ne peut y avoir deux biens souverains qui soient différents entre eux. Car assurément, les biens qui sont différents entre eux ne sont pas l’un l’autre ; alors aucun d’eux ne peut être parfait, car chacun manque à l’autre. Or, ce qui n’est pas parfait, on peut voir clairement qu’il n’est pas souverain. Les choses donc qui sont souverainement bonnes ne peuvent en aucune façon être différentes. »

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J’ai bien conclu que la félicité et Dieu sont le bien souverain ; il est donc nécessaire que cette félicité souveraine soit la divinité souveraine.

« Rien », dis-je, « n’est plus certain que cela, ni plus solide par raison ; rien de plus digne que Dieu ne puisse être ainsi conclu. »

« Sur ces points-là », dit-elle, « tout comme ces géomètres, lorsqu’ils ont présenté leurs propositions, ont coutume d’introduire des choses qu’ils appellent des axiomes ou des déclarations de choses établies, de même je veux te donner ceci comme un corollaire, ou une sorte de conclusion. Car, puisque par l’obtention de la félicité les hommes deviennent heureux, et que la félicité est divinité, il est évident et clair que par l’obtention de la divinité les hommes deviennent heureux. Tout comme par l’obtention de la justice ils deviennent justes, et par l’obtention de la sagesse ils deviennent sages : de même, par une raison similaire, lorsqu’ils ont obtenu la divinité, ils deviennent dieux. Ainsi, tout homme heureux est dieu ; mais certes, par nature, il n’y a qu’un seul Dieu ; mais, par la participation à la divinité, rien ne s’oppose au fait qu’il y ait de nombreux dieux. »

« C’est », dis-je, « une chose belle et précieuse, appelle-la comme tu voudras : qu’elle soit axiome ou corollaire, ou conclusion ou déclaration. »

« Certes », dit-elle, « rien n’est plus beau que ce qui, par raison, doit être ajouté à ces choses établies. »

« Quoi donc ? » demandai-je.

« Eh bien », dit-elle, « puisque la félicité semble contenir de nombreuses choses, il conviendrait de savoir si toutes ces choses forment ensemble un corps unique de félicité, par diversité de parties ou de membres ; ou bien si l’une de ces choses est telle qu’elle constitue seule la substance de la félicité, de sorte que toutes les autres choses en dépendent et sont ramenées à la félicité », c’est-à-dire, au principe d’entre elles.

« Je voudrais », dis-je, « que tu me fasses comprendre clairement ce que tu dis, et que tu me rappelles ces choses mentionnées. »

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« Ai-je jugé », dit-elle, « que le bonheur est un bien ? »

« Oui, assurément », dis-je ; « et c’est un bien souverain. »

« Ajoute donc », dit-elle, « ce bien qui fait le bonheur à toutes les autres choses ; car ce même bonheur qui est réputé être une suffisance souveraine, c’est lui-même la puissance souveraine, le respect souverain, la pureté ou noblesse souveraines, et le plaisir souverain. Conclusion. Que dis-tu donc de toutes ces choses, c’est-à-dire de la suffisance, de la puissance et des autres choses encore ; sont-elles des membres du bonheur, ou bien sont-elles rapportées et ramenées au bien souverain, comme toutes les choses qui sont ramenées à leur principe ? »

« J’ai bien compris », dis-je, « ce que tu cherches à savoir ; mais je désire t’implorer de me l’montrer. »

« Prends maintenant ainsi la distinction de cette question », dit-elle. « Si toutes ces choses étaient des membres du bonheur, alors elles seraient distinctes les unes des autres ; or telle est la nature des parties ou des membres, que des membres distincts composent un corps. »

« Certes », dis-je, « il a été bien montré ici que toutes ces choses ne sont rien. »

« Alors elles ne sont pas des membres », dit-elle ; « car il faudrait alors que le bonheur soit formé d’un seul membre ; mais c’est quelque chose qui ne peut être fait. »

« Cela », dis-je, « n’est pas douteux ; mais j’attends de comprendre le reste de ta question. »

« C’est évident et clair », dit-elle, « que toutes les autres choses sont rapportées et ramenées au bien. C’est pourquoi la suffisance est requise, car elle est réputée être un bien ; et c’est pourquoi la puissance est requise, car on pense aussi qu’elle est un bien ; et la même chose peut être pensée et conjecturée pour le respect, la noblesse et le plaisir. Alors le bien souverain est la somme et la cause de tout ce qui est désiré ; car une chose qui ne contient en elle-même aucun bien, ni apparence de bien, ne peut en aucune manière être désirée ou requise. Et inversement : bien que ces choses par leur nature ne soient pas bonnes, si les hommes pensent qu’elles le sont, elles sont néanmoins désirées comme si elles l’étaient. »

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Elles étaient vraiment très bonnes. Et c’est pourquoi les hommes devraient à juste titre penser que le bien est la substance suprême, et la cause de toutes les choses qui sont désirées. Mais assurément, ce qui est la cause pour laquelle les hommes désirent quelque chose semble être précisément cette même chose qui est le plus désirée. Ainsi : si quelqu’un veut chevaucher pour une raison de santé, il ne désire pas tant le mouvement de chevaucher que l’effet de sa santé. Or, puisque toutes les choses sont désirées pour la grâce du bien, elles ne sont pas davantage désirées par tous que ce même bien. Mais nous avons admis que le bonheur est cette chose pour laquelle toutes ces autres choses sont désirées ; donc il en va ainsi : en vérité, seul le bonheur est demandé et désiré. Ce qui montre clairement que le bien et le bonheur ne font qu’une seule et même substance.

« Je ne vois pas », dis-je, « pourquoi les hommes pourraient être en désaccord à ce sujet. »

« Et nous avons montré que Dieu et le vrai bonheur ne font qu’une seule et même chose. »

« C’est vrai », dis-je.

« Alors nous pouvons conclure avec certitude que la substance de Dieu réside dans ce même bien, et nulle part ailleurs. »

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Mètre X.

Huc omnes pariter uenite capti.

Ô, venez tous ensemble maintenant, vous qui êtes captifs et liés
par de solides chaînes, à cause du piège trompeur des choses terrestres
qui habitent vos pensées ! Le Seigneur sera le reste de vos
travails ; le Seigneur est le port sûr dans une paix paisible ; c’est là
seule la réfutation claire des méchancetés. Glosa. Cela signifie que vous,
5 qui avez été combattus et trompés par les passions mondaines, venez maintenant
à ce bien souverain, qui est Dieu, qui est la réfutation pour ceux qui veulent
venir à lui. Textus. Toutes les choses que le fleuve Tage vous donne
avec ses graviers dorés, ou toutes les choses que le fleuve Hermus donne
avec ses eaux limpides, ou encore celles que l’Indus donne, qui se trouve
du côté chaud du monde, mêlant les pierres vertes aux pierres blanches,
ne devraient pas éclaircir la vue de vos pensées, mais plutôt cacher
vos cœurs aveugles dans leur obscurité. Tout ce qui vous plaît, le Seigneur,
et qui excite et agite vos pensées, la terre l’a enfoui dans ses
grottes profondes. 15 Mais la lumière par laquelle le ciel est gouverné
et dont il tire sa force, elle évite la chute obscure de l’âme ; et celui
qui peut connaître une telle lumière de félicité, dira bien que les rayons
blancs du soleil ne sont pas suffisamment clairs. 20

Me. X. 3. A. Ed. Ici ; C. Il. 6. A. trompés ; C. désirés. 10. A. Ed. Hermus ; C. Herynus (!). 12. C. pierres vertes, c.-à-d. émeraudes ; avec les pierres blanches, c.-à-d. perles. 14. Ed. obscurité ; C. ténèbres. 16. A. par laquelle. 17. C. évite ; A. chasse ; Lat. uitat. // A. sombre ; C. ténébreux.

Prose XI.

Assentior, inquam.

Boèce : « J’assens », dis-je, « car toutes ces choses sont
fortement liées par de justes raisons solides. »

Philosophie : « Comment veux-tu la louer », dit-elle, « si tu ne sais pas
ce que tel bien est ? »

« Je veux la louer », dis-je, « par une louange sans fin, si cela doit 5

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« Dis-moi aussi, afin que je sache, quel est ce dieu qui est bon. »

« Certes, » dit-elle, « je te le dirai pour une raison valable, à condition que les choses que j’ai établies résident un peu dans leur première forme. »

« Elles résident en toi sous cette forme, » dis-je ; c’est-à-dire, comme celui qui dit : Je réside dans tes conclusions établies. »

« Ne t’ai-je pas montré, » dit-elle, « que les choses demandées par de nombreuses personnes ne sont pas vraiment bonnes ni parfaites, car elles sont diverses les unes des autres ; et comme chacune d’elles manque à l’autre, elles n’ont pas la puissance de produire un bien complet et absolu ? Mais au début, elles sont vraiment bonnes, lorsqu’elles sont rassemblées toutes ensemble en une seule forme et en une seule action, de sorte que ce qui est suffisance devient également puissance, vénération, noblesse et vertu ; et assurément, si toutes ces choses étaient la même chose, elles n’auraient pas de raison d’être comptées parmi celles qui devraient être demandées ou désirées. »

« C’est prouvé, » dis-je ; « personne ne peut en douter ici. »

« Alors, » dit-elle, « les choses qui ne sont pas bonnes lorsqu’elles sont diverses, et qui commencent à être toutes une seule chose, ne deviennent-elles pas bonnes que par l’obtention de l’unité, de sorte qu’elles deviennent bonnes ? »

« Il semble bien, » dis-je.

« Mais toute chose qui est bonne, » dit-elle, « admets-tu qu’elle soit bonne par la participation au bien, ou non ? »

« Je l’admets, » dis-je.

« Alors tu dois admettre, » dit-elle, « pour une raison similaire, que le bien et la chose sont la même chose. Car pour les choses dont l’effet n’est pas naturellement différent, la substance doit être la même chose. »

« Je ne peux le nier, » dis-je.

« N’as-tu pas bien compris, » dit-elle, « que toute chose qui existe a sa demeure et sa substance tant qu’elle existe ? »

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« Ensemble ; mais quand ils cessent d’être ensemble, doivent-ils nécessairement mourir et se corrompre ? » 40

« De quelle manière ? » demandai-je.

« Tout comme chez les bêtes, » répondit-elle, « quand l’âme et le corps sont unis et vivent ensemble, on l’appelle une bête. Et quand leur union est détruite par la séparation de l’un de l’autre, cela montre bien que c’est une chose morte, et 45 qu’elle n’est plus une bête. Quant au corps d’un homme, puisqu’il vit sous une forme donnée grâce à la connexion des membres, on peut dire qu’il est une image de l’espèce humaine. Et si les parties du corps sont tellement séparées les unes des autres qu’elles détruisent cette union, le corps cesse d’être ce qu’il était auparavant. Et celui qui voudrait raisonner de la même façon pour toutes choses devrait voir que, sans aucun doute, toute chose reste dans son essence tant qu’elle est unie ; et quand elle cesse d’être unie, elle meurt et pérît. »

« Quand j’y réfléchis, » dis-je, « je ne vois rien d’autre. » 55

« Y a-t-il quelque chose d’autre, » demanda-t-elle, « qui, tant qu’il vit naturellement, cesse de faire preuve de sa capacité ou de son désir d’exister, et désire mourir et se corrompre ? »

« Si j’examine, » dis-je, « les bêtes qui ont une certaine volonté de vivre ou de ne pas vivre, je ne trouve aucune bête qui, si elle est contrainte de l’extérieur, ne cesse ou ne renonce à son désir de vivre et de persister, ou qui, par gratitude, ne cherche à hâter sa mort. Car toute bête s’efforce de défendre et de préserver la vie, et fuit la mort et la destruction. 65

Mais en vérité, je doute des herbes et des arbres, c’est-à-dire que je suis incertain quant à des choses comme les herbes ou les arbres, qui n’ont ni âme sensible, ni fonctions naturelles servant leurs désirs comme les bêtes, même s’ils ont le désir de vivre et de persister. » 70

« Certes, » dit-elle, « tu n’as pas à douter de celles-là. Regarde maintenant ces herbes et ces arbres : elles poussent d’abord dans des endroits qui leur conviennent, où elles ne meurent jamais ni ne se dessèchent, tant que leur nature le permet. »

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les défendent. Car certains d’entre eux poussent dans les champs, et d’autres dans les montagnes, d’autres encore dans les mers, d’autres sont fixés sur des rochers, et certains abondent dans les fonds marins ; et si quelqu’un les force à aller ailleurs, ils se dessèchent. Car la nature donne à chaque chose ce qui lui convient, et veille à ce qu’elles ne meurent pas, tant qu’elles ont la force de demeurer et de vivre. Que penser du fait qu’elles tirent toutes leurs nourritures par leurs racines, comme si leur bouche était plongée dans la terre, et qu’elles perdent par leurs feuilles leur eau et leur écorce ? Et que penser du fait que cette chose si douce que l’eau reste toujours cachée à l’intérieur, protégée de l’extérieur par la solidité de l’écorce ; et que l’écorce la plus extérieure résiste aux intempéries du ciel, comme un protecteur puissant capable de supporter le mal ? Ainsi, on peut bien voir à quel point la diligence de la nature est grande ; car toutes choses les renouvellent et les multiplient par des graines ; il n’y a donc personne qui ne sache bien qu’elles ne sont pas comme un simple fondement ou un édifice destiné à durer seulement un temps, mais plutôt conçues pour durer éternellement par génération en génération. Et ces choses que les hommes voient n’ont-elles pas d’âme, et ne désirent-elles pas, pour des raisons similaires, préserver ce qui leur appartient, c’est-à-dire conformément à leur nature pour conserver leur être et leur durée ? Car sinon, pourquoi la légèreté élèverait-elle les flammes, et le poids presserait-il la terre vers le bas, si ce n’est parce que ces lieux et ces mouvements conviennent à chacune d’elles ? En effet, chaque chose garde ce qui lui est propre et convenable, tout comme les choses contraires et ennemies les corrompent. Et les choses dures, comme les pierres, restent jointes entre elles fermement et solidement, les protégeant afin qu’elles ne se séparent pas facilement. Quant aux choses douces et fluides, comme l’eau et l’air, elles se séparent facilement, et même permettent à ce qui peut les briser ou les déformer de le faire ; mais néanmoins, elles retournent bientôt à leur état initial dès qu’elles sont libérées. Mais l’air s’enfuit et refuse toute séparation. Je ne traite ici ni des mouvements volontaires de l’âme consciente, mais de la tendance naturelle des choses, ainsi : de même que nous respirons l’air que nous recevons sans y penser, et que nous inspirons pendant le sommeil sans en avoir conscience. Car assurément, chez les animaux, l’amour de leur vie ne

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De leur être ne provient pas de la volonté de l’âme, mais des débuts de la nature. Car en vérité, sous l’effet de causes contraintes, la volonté désire et adopte souvent la mort que la nature redoute ; c’est-à-dire ainsi : un homme peut être contraint, pour une raison quelconque, à vouloir et à accepter la mort que la nature hait et redoute profondément. Et parfois nous voyons le contraire, à savoir que la volonté d’un être perturbe et contraint ce que la nature désire et exige toujours, c’est-à-dire l’acte de génération, par lequel seule la génération permet aux choses mortelles de persister et de se maintenir sur le long terme.

Ainsi, cette charité et cet amour que chaque chose a pour elle-même ne proviennent pas du mouvement de l’âme, mais de l’intention de la nature. Car la providence de Dieu a même donné aux choses créées par lui cette grande raison de vivre et de durer ; c’est pourquoi elles désirent naturellement vivre aussi longtemps que possible. On ne peut donc en aucun cas nier que toutes les choses qui existent quelque part exigent naturellement une stabilité ferme et durable, ainsi que l’évitement de la destruction.

Boèce : « Maintenant, j’avoue bien », dis-je, « que je vois maintenant clairement, sans aucun doute, les choses qui m’étaient auparavant incertaines. »

« Mais », dit-elle, « ce qui désire exister et demeurer durablement, il désire être présent ; car si ce présent était détruit, assurément, rien ne pourrait y demeurer pour aucun être. »

« C’est vrai », dis-je.

« Alors », dit-elle, « tout désire être présent ? »

« J’acquiesce », dis-je.

« Et j’ai montré », dit-elle, « que ce même présent est ce qui est bon ? »

« Oui, en effet », dis-je.

« Toutes choses donc », dit-elle, « ont besoin du bien ; et celles-ci… »

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Le bien, tu peux le décrire ainsi : le bien est ce que tout être désire.

« On ne peut penser », dis-je, « à rien de plus vrai. Car soit toutes choses sont réduites à néant et flottent sans gouvernail, dépouillées de leur propre essence ; soit, s’il existe quelque chose vers quoi toutes choses tendent et se dirigent, cette chose doit être le bien souverain de tous les biens. »

Alors elle dit ceci : « Ô mon cher, » dit-elle, « j’ai une grande joie de toi ; car tu as fixé dans ton cœur la vérité la plus sûre, c’est-à-dire l’essence même ; mais cette chose t’a été révélée par le fait que tu as dit ne pas connaître le moindre remède. »

« Qu’était-ce ? » demandai-je.

« C’est que tu ne savais pas », dit-elle, « quel était le but des choses ; et assurément, c’est cela que tout être désire ; et puisque nous avons compris que le bien est ce qui est désiré par tous, il nous faut avouer que le bien est la fin de toutes choses. »

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Mètre XI.

Quisquis profunda mente uestigat uerum.

Celui qui cherche la vérité par une pensée profonde, et ne veut pas être trompé par de fausses idées, qu’il laisse alors briller en lui-même la lumière de sa vision intérieure ; qu’il examine constamment, en les plaçant dans une boussole, les mouvements de ses pensées ; et qu’il apprenne à son cœur qu’il a enfermé et caché dans ses trésors tout ce qu’il perçoit ou cherche à l’extérieur. Alors, ce que les nuages noirs de l’erreur avaient couvert s’éclaircira plus clairement que le soleil lui-même ne brille.

Glosa. Celui qui veut explorer les profondeurs de la vérité dans sa pensée, et ne veut pas être trompé par des propositions fausses éloignées de la vérité, qu’il examine bien et analyse en lui-même la nature et les propriétés de la chose ; qu’il examine ensuite ses pensées par une bonne délibération ; et qu’il apprenne à son âme qu’elle possède, grâce aux principes naturels, toute la vérité qu’il imagine exister en dehors. Alors, toute l’obscurité de son ignorance apparaîtra plus clairement à sa compréhension que le soleil ne paraît à l’œil extérieur.

Car assurément, le corps, en apportant le poids de l’oubli, n’a pas chassé de votre pensée toute la clarté de votre connaissance ; car la semence de la vérité demeure et pousse en votre cœur, et elle est éveillée et stimulée par le vent et les vents de la doctrine. Pourquoi donc demandez-vous de votre propre volonté la vérité, lorsque vous êtes interrogé ? S’il n’y avait pas en vous une racine de vérité enfouie dans les principes naturels, cette vérité vivrait dans les profondeurs de la pensée. Et si c’est bien ainsi que la Muse et la doctrine de Platon chantent la vérité, tout ce que chacun apprend n’est rien d’autre que le fait de consigner, comme on consigne des choses oubliées.

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Me. XI. 2. Éd. om. nat. // Éd. treaten (au lieu de trenden). 18. Éd. derknesse ; C. dyrknesse. //
Éd. seme ; C. seen (mais voir semeth ci-dessous). 24. Éd. wyndes. 26. Éd. asked. 27. Éd.
norisshyng ; C. noryssynges ; Lat. fomes. 29. Éd. asked. 30. Éd. naturel ; C. the nature
(sic).

Prose XII.

Alors je dis, ô Platon.

Elle dit alors ceci : « Je suis entièrement d’accord avec Platon, car tu te souviens et te rappelles ces choses pour la deuxième fois ; à savoir, d’abord lorsque j’ai perdu ma mémoire à cause de la connexion contagieuse du corps avec l’âme ; et ensuite, plus tard, lorsque je l’ai perdue, troublée par le poids et 5 par le fardeau de mon chagrin. »

Et alors elle dit ceci : « Si tu regardes », dit-elle, « d’abord les choses que tu as mentionnées, il ne sera pas juste que tu ne te souviennes pas de ce que tu disais ne pas savoir. » 10

« Quelles choses ? » demandai-je.

« Par quel gouvernement », dit-elle, « ce monde est-il gouverné ? »

« Je m’en souviens bien », dis-je ; « et j’avoue bien que je ne le savais pas du tout. Mais même si c’est ainsi, puisque je vois maintenant de loin 15 ce que tu veux dire, je désire pour l’instant l’apprendre de toi plus complètement. »

« Tu ne connais pas », dit-elle, « un petit indice qui pourrait faire douter que ce monde n’est pas gouverné par Dieu. »

« Certes », dis-je, « je ne doute pas du tout de cela, et je n’ai jamais pensé qu’il faille en douter ; car qui dirait le contraire, puisque je sais bien que Dieu gouverne ce monde ; et je vais bientôt te répondre par quels raisons j’en suis arrivé à cela. Ce monde », dis-je, « composé de tant de parties diverses et opposées, n’aurait jamais pu être rassemblé en une seule forme, s’il n’y avait pas quelqu’un qui ait réuni 25 tant de choses différentes ; et cette diversité de leurs natures, qui les rend si discordantes les unes par rapport aux autres, très éloignées les unes des autres. »

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Unir les choses qui sont unies, s’il n’y avait rien qui contînt ce qu’il a uni et lié. Ni l’ordre certain de la nature ne pourrait produire de mouvements si bien ordonnés, par lieux, par temps, par actions, par espaces, par qualités, s’il n’y avait rien qui demeurât constamment en place, qui ordonnât et disposât ces diversités de mouvements. Et cette chose, quelle qu’elle soit, par laquelle toutes choses sont faites et mues, je l’appelle « dieu » ; c’est un mot utilisé pour désigner tous les peuples.

Alors elle dit : « Puisque tu vois les choses ainsi », dit-elle, « je crois que j’ai encore un peu plus à faire que toi, puissant de bonté, sage et sain, qui ne vois pas ton propre pays. Mais regardons les choses que nous avons décidées auparavant. N’ai-je pas déjà compté et dit », dit-elle, « que la suffisance réside dans le bonheur, et n’avons-nous pas convenu que Dieu est ce même bonheur ? »

« Oui, assurément », dis-je.

« Et pour gouverner ce monde », dit-elle, « n’aura-t-il jamais besoin d’aide extérieure ? Car sinon, s’il avait besoin d’une aide quelconque, il ne devrait pas avoir une pleine suffisance ? »

« Oui, il doit en être ainsi », dis-je.

« Alors, ordonne-t-il tout seul toutes choses ? » demanda-t-elle.

« Cela ne peut être nié », dis-je.

« Et j’ai montré que Dieu est ce même bien ? »

« Je m’en souviens bien », dis-je.

« Alors, il ordonne toutes choses par ce bien », dit-elle ; « car celui que nous avons convenu être le bien gouverne toutes choses par lui-même ; et il est comme une clé et un levier par lesquels l’édifice de ce monde reste stable et sans corruption. »

« J’y consens volontiers », dis-je ; « et j’ai perçu il y a un instant que tu voulais voir les choses ainsi ; bien que ce fût par une légère supposition. »

« Je le crois bien », dit-elle ; « car, à mon avis, tu penses maintenant... »

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Porte tes yeux avec plus d’ardeur à contempler les véritables biens. Mais, hélas, ce que je vais te dire ne montre pas le moins du monde ce qui vaut la peine d’être vu.

« Qu’est-ce donc ? » dis-je.

« Comme les hommes le croient, et à juste titre, dit-elle, Dieu gouverne toutes choses par la clé de sa bonté, et toutes ces mêmes choses, comme je te l’ai enseigné, les poussent par une inclination naturelle à tendre vers le bien : nul ne peut douter qu’elles ne soient gouvernées volontairement, et qu’elles ne se convertissent de leur propre volonté à la volonté de leur souverain, tout comme celles qui obéissent et se soumettent à leur gouverneur et à leur roi. »

« Ce ne doit pas être ainsi », dis-je ; « car le royaume ne pourrait être heureux s’il y avait la moindre erreur dans ses diverses parties ; ni le salut des créatures obéissantes ne pourrait avoir lieu. »

« Alors, il n’y a rien », dit-elle, « qui garde sa nature, qui le force à toujours aller vers Dieu ? »

« Non », dis-je.

« Et si quelque chose le forçait à résister à Dieu, cela pourrait-il finalement lui être utile, puisque nous L’avons reconnu comme tout-puissant par le droit de la béatitude ? »

« Certes », dis-je, « absolument, cela ne pourrait lui être d’aucune utilité. »

« Alors, il n’y a rien », dit-elle, « qui veuille ou puisse résister à ce bien souverain ? »

« Je ne le pense pas », dis-je.

« Alors, ce bien souverain », dit-elle, « c’est celui qui gouverne toutes choses avec force et les ordonne avec douceur. »

Alors je dis ceci : « Je m’émerveille », dis-je, « non seulement des conclusions et des preuves que tu as tirées, mais encore des mots que tu utilises m’émerveillent beaucoup plus ; ainsi, en fin de compte, les fous qui parfois dénigrent de grandes choses devraient avoir honte d’eux-mêmes ; c’est-à-dire que nous, fous qui critiquons avec sévérité les choses relatives au gouvernement divin, devrions avoir honte de nous-mêmes : comme moi, qui ai dit que… »

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Dieu ne rejette que les œuvres des hommes, et il ne s’immisce en rien dans leurs affaires.

« Tu as bien entendu », dit-elle, « les fables des poètes, comment les géants attaquèrent le ciel avec les dieux ; mais assurément, la puissante force de Dieu les renversa, comme il se devait ; c’est-à-dire qu’il détruisit les géants, comme il se devait. Mais veux-tu que nous ajoutions ensemble des raisons semblables ? Car peut-être que de telles associations pourraient faire naître une jolie lueur de vérité. »

« Fais-le », dis-je, « comme tu le souhaites. »

« Crois-tu », dit-elle, « que Dieu ne soit pas tout-puissant ? Personne n’en doute. »

« Certes », dis-je, « personne ne le doute, s’il est sensé. »

« Mais celui qui est tout-puissant », dit-elle, « n’y a-t-il rien qu’il ne puisse faire ? »

« C’est vrai », dis-je.

« Dieu peut-il faire le mal ? » demanda-t-elle.

« Non, assurément », répondis-je.

« Alors le mal n’est rien », dit-elle, « puisqu’il ne peut pas faire ce qui peut tout faire. »

« Me moques-tu ? » dis-je ; « ou bien te moques-tu de moi, ou me trompes-tu, toi qui m’as tissé avec tes raisons la maison de Dédale, si entrelacée qu’elle ne peut être dénouée ; toi qui tantôt t’y engages, tantôt en sors, ne veux-tu pas, par la répétition des mots, former un cercle merveilleux ou un enclos autour de la simplicité divine ? Car en vérité, dès que tu commences à parler de bonheur, tu dis que c’est un bien souverain ; et tu dis que cela réside en un dieu souverain ; et tu dis que Dieu lui-même est le bien souverain ; et que Dieu est le bonheur parfait ; pour quoi tu me présentes cela comme un cadeau convenable, c’est-à-dire que personne n’est heureux, à moins d’être aussi dieu. Et tu dis encore que la forme du bien est la substance de Dieu et du bonheur. »

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et disais que cette même chose est la même bonne chose, qui est requise et désirée de toutes sortes de choses. Et tu as prouvé, dans la discussion, que Dieu gouverne toutes les choses du monde par les lois de la bonté, et disais que toutes choses veulent lui obéir ; et disais que la nature du mal n’est rien. Et ces choses, tu ne les as pas montrées sans aucune raison tirée de l’extérieur, mais par des preuves tirées de cercles et de connaissances humaines ; ces preuves tirent en elles-mêmes leur foi et leur accord, chacune d’elles par rapport aux autres.

Alors elle dit ainsi : « Je ne te méprise pas, ni ne plaisante, ni ne te trompe ; mais je t’ai montré la chose qui est la plus grande de toutes, par la volonté de Dieu, que nous cherchons à comprendre. Car c’est là la forme de la substance divine, telle qu’elle ne s’infiltre pas dans des choses étrangères, ni ne reçoit rien d’étranger en elle ; mais tout comme Parménide l’a dit en grec à propos de cette substance divine, il a dit ceci : “Cette substance divine divise le monde et le cercle mobile des choses, tandis que cette substance divine se maintient elle-même sans bouger” ; c’est-à-dire qu’elle ne bouge jamais, et pourtant elle fait bouger toutes les autres choses. Mais bien sûr, si j’ai avancé des raisons qui ne sont pas tirées de l’extérieur du domaine dont nous parlons, mais des raisons qui se trouvent à l’intérieur de ce domaine, il n’y a aucune raison que tu sois étonné ; car tu as appris, d’après la parole de Platon, que “les mots doivent être conformes aux choses dont ils parlent”. »

Pr. XII. 2. A. commence une nouvelle fois. 4. A. conjonction ; C. conjonction. 12. C. motyl (au lieu de world). 19. C. world nis ; Éd. A. worlde is. 26. A. om. dyverse. 27. A. discordeden. 30. C. ordene ; A. ordinee. 31. A. Éd. spaces ; C. splaces (!). 32. C. stidefast ; A. stedfast. 35. Éd. ymaked ; C. A. maked. 40. A. han ; C. ha (au lieu de hā). 47. A. om. no. 50. C. denoyed (au lieu de deneyed) ; A. Éd. denied. 55. A. Éd. om. as ; Lat. ueluti. // C. A. stiere (meilleur que stere). 57. A. corumpynge. 63. A. natheles ; C. natles. 82. C. hem ; A. Éd. hym. 84. A. this ; C. Éd. his. 93. C. reprehendnen. 96. A. hem ; C. Éd. it. 99. C. desposede ; A. Éd. disposed ; lire deposed ; Lat. deposuit. 100. A. wilt ; Éd. wylte ; C. wil. 105. C. Éd. be ; A. is. // A. Éd. No man ; C. non. 107. A. Éd. if he ; C. yif it. 110. A. may do. 116. C. scornesthow ... pleyesthow ... desseyuesthow. 118. Éd. Dedalus ; C. dydalus ; A. didalus. 119. C. A. issest ; Éd. issuest. 120. C. fooldesthow. 125. C. fulle the ; A. the ful ; Lat. plenam beatitudinem. 127. Éd. god (Deus) ; C. A. good. 132. A. bountee ; C. bowonte. 139. C. A. desseyue. 142. C. resseiueth. 143. C. aparmanides ; Éd. Permenides ; A. parmaynws ; Lat. Parmenides. 148. C. Éd. styred ; A. stered.

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Mètre XII.

Heureux, celui qui peut voir la source pure du bien ; heureux est celui qui peut le délier des liens de cette terre lourde.

Le poète de Thrace, Orphée, qui éprouva une grande tristesse à la mort de sa femme, après avoir, par ses chants mélancoliques, fait bouger les forêts pour qu’elles coulent, fait taire les rivières, amené les cerfs et les biches à se rassembler près de lui afin d’entendre son chant, et fait en sorte que le lièvre ne craigne plus le chien, ravi par son chant : ainsi, lorsque l’amour ardent pour sa femme brûla ses entrailles, même les chants qui avaient triomphé de tout ne purent apaiser Orphée ; alors il se plaignit aux dieux du ciel qui lui étaient cruels, et ils l’envoyèrent dans les demeures de l’enfer.

Là, il accompagna ses chants plaintifs de lamentations, parlant et chantant en pleurant tout ce qu’il avait reçu et appris des sources nobles de sa mère Calliope, la déesse ; il chanta autant que possible en pleurant, et autant que l’amour, qui doublait sa douleur, pouvait lui donner force et le guider ; il émut l’enfer et, par de douces prières, supplia les maîtres des âmes en enfer de le libérer, c’est-à-dire de lui rendre sa femme.

Cérbère, le gardien de l’enfer, avec ses trois chiens, fut captivé par ce nouveau chant ; les trois déesses, les Furies, vengeuses des crimes, qui tourmentent et effraient les âmes par la colère, devinrent tristes et affligées, et pleurèrent de pitié. Même Ixion, tourmenté par la roue qui tournait sans cesse, et Tantale, détruit par la soif insatiable, désespérèrent de pouvoir boire ; l’oiseau qui vole très haut et qui dévore l’estomac ou le foie de Tityos fut tellement captivé par son chant qu’il ne mangea plus ni ne but. Enfin, le maître et juge des âmes fut ému de compassion et cria : « Nous sommes vaincus », dit-il ; « Rendez à Orphée sa femme pour qu’elle lui tienne compagnie ; il l’a bien achetée par son chant et sa douleur ; mais nous établirons une loi à ce sujet, et ferons un serment : à savoir, tant qu’il sera en enfer, s’il regarde derrière lui, sa femme viendra aussitôt à nous. »

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Mais qui est celui qui peut établir une loi pour les amants ? L’amour est une loi plus grande et plus stricte envers soi-même que toute loi que les hommes puissent établir. Hélas ! lorsque Orphée et sa femme furent presque au terme de la nuit, c’est-à-dire aux confins ultimes de l’enfer, Orphée jeta un regard en arrière vers Eurydice, sa femme, et la perdit, et fut perdu lui-même.

Cette fable s’adresse à tous ceux qui désirent ou cherchent à diriger leurs pensées vers le jour suprême, c’est-à-dire vers la pureté du bien suprême. Car quiconque est à ce point dominé qu’il plonge son regard dans l’abîme de l’enfer, c’est-à-dire quiconque fixe ses pensées sur des choses terrestres, tout ce qu’il a tiré du noble bien céleste, il le perd lorsqu’il regarde vers l’enfer, c’est-à-dire vers les choses basses de la terre.

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LIVRE IV.
Prose I.

Ainsi avec la Philosophie, digne de respect.

Lorsque la Philosophie eut chanté doucement et délicieusement les choses susdites, gardant la dignité de sa parole et le poids de ses mots, moi, qui n’avais pas encore complètement oublié les larmes et le deuil qui régnaient dans mon cœur, je rompis l’intention de celle qui voulait encore dire quelque chose d’autre. « Ô », dis-je, « toi qui es guide de véritable lumière ; les choses que tu m’as dites jusqu’à présent m’ont paru si claires, et si évidentes grâce à ton regard divin et à tes raisons, qu’elles ne peuvent être niées. Et ces choses que tu m’as dites, même si j’avais oublié tout cela un moment à cause de la tristesse du tort qui m’a été fait, elles n’étaient pas pour autant complètement inconnues de moi. Mais c’est précisément cela, à savoir une raison bien grande de ma tristesse : car le gouverneur des choses est bon, à condition que les méchants soient punis d’une manière ou d’une autre ; sinon, s’ils échappent sans punition… Seule cette chose, combien elle mérite d’être admirée, tu peux certainement l’apprécier toi-même. Mais à cela s’ajoute encore une autre chose, encore plus admirable. Car le crime règne en maître et prospère dans l’abondance des richesses ; tandis que la vertu n’est pas seulement ignorée, mais elle est piétinée sous les pieds des gens criminels ; et elle endure les tourments à la place des méchants scélérats. De toutes ces choses, il n’y a personne qui puisse s’étonner assez, ni se contenter, de voir de telles choses se produire dans le royaume de Dieu, où tout peut arriver et où rien ne veut advenir que des choses bonnes. »

Alors elle dit ceci : « Certes », dit-elle, « ce serait une grande merveille, et un spectacle sans fin, bien plus horrible que tous les monstres, si c’était comme tu le penses ; c’est-à-dire, que dans l’ordre juste d’un père si grand et d’une mère si sage, les récipients sales et vils fussent honorés et respectés, tandis que les récipients précieux fussent souillés et méprisés ; mais ce n’est pas ainsi. Car même si les choses que j’ai mentionnées il y a peu étaient bien gardées… »

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Et sans compétition, tu sauras bien, par l’autorité de Dieu, à propos des 35 dont je parle, que les gens bons sont toujours puissants, tandis que les méchants sont toujours rejetés et faibles ; ni les vices ne sont jamais sans peine, ni les vertus ne naissent sans remède ; et que la félicité vient toujours aux bons, tandis que le malheur vient toujours aux méchants. Tu sauras bien aussi de nombreuses choses de ce genre, qui devraient cesser tes plaintes et te fortifier par une tristesse ferme. Et puisque tu as vu la forme de la véritable félicité par moi, qui te l’ai montrée depuis longtemps, et que tu sais en qui réside la félicité, tout ce que je crois nécessaire de dire sera exposé ; je te montrerai le chemin qui te ramènera chez toi. Je placerai des ailes dans ton esprit, par lesquelles il pourra s’élever haut, de sorte que, malgré toutes les épreuves, toi, sous ma guidance, par mon chemin et mes traces, pourras revenir sain et sauf dans ta contrée. 50

Pr. I. 6. A. om. some. // A. Se (pour O) ; Lat. o. // C. om. that. 7. A. om. me. 9. A. Ed. thy ; C. the. 14. C. so as ; Ed. so that as ; A. that so as. 19. C. imperisse ; A. emperisse ; Ed. emperesse. // A. rycchesse. 20. A. vertues (mal écrit). 22. Ed. stede ; C. stide ; A. sted. 25. C. good ; A. goode. 28. A. enbaissynge ; Ed. abasshyng. 29. C. horible. // C. al ; A. alle. 31. A. Ed. vyle ; C. vyl (deux fois). 32. C. he heryed (erreur pour heryed). 33. C. tho ; A. Ed. the. 35. Ed. vnaraced. 37. A. yuel (pour out-cast). 42. C. strengthyn ; A. stedfast (!). // C. stidfast ; A. stedfast. 45. C. I tretyd ; A. I treted ; Ed. treated ; Lat. decursis omnibus. 48. C. areysen. 50. C. sledys ; A. Ed. sledes. // C. shal (pour shalt).

Mètre I.

Sunt etenim pennae uolucres mihi.

J’ai, en vérité, de rapides ailes qui dépassent la hauteur du ciel. Lorsque la pensée rapide s’habille de ces ailes, elle méprise la terre haïssable et dépasse la circonférence du grand océan ; elle voit les nuages derrière elle et dépasse la hauteur de la région du feu, qui brûle grâce au mouvement rapide du firmament, jusqu’à ce qu’elle s’élève vers les maisons qui portent les étoiles, et joigne ses yeux au soleil Phébus, et suive le chemin du vieux froid Saturne ; et elle fait du clair astre un chevalier ; c’est-à-dire que la pensée devient chevalier divin par la quête de la vérité pour parvenir à la vraie connaissance de Dieu.

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Et telle pensée court autour du cercle des étoiles, en tous lieux où la nuit lumineuse est peinte ; c’est-à-dire la nuit nuageuse ; car dans les nuits nuageuses il semble que le ciel soit peint de diverses images d’étoiles. Et quand il aura fait assez là-bas, il abandonnera le dernier ciel, et il pressera et se tournera vers l’arrière du firmament rapide, et il sera paré de la lumière vénérable de Dieu. Là, le Seigneur des rois tient le sceptre de sa puissance, et gouverne les régimes du monde, et le Juge lumineux des choses, stable en lui-même, gouverne le char rapide ou voie, c’est-à-dire le mouvement circulaire du soleil. Et si ton chemin te conduit ainsi jusqu’à cet endroit, alors tu verras que c’est le pays que tu cherchais, dont tu n’avais pas souvenir : « Mais maintenant je m’en souviens bien, c’est ici que je suis né, c’est ici que je veux fixer mon destin, c’est ici que je veux demeurer. » Mais si tu préfères regarder l’obscurité de la terre que tu as quittée, alors tu verras que ces tyrannies criminelles, que les peuples méchants commettent, doivent maintenant être bannies de ce pays si beau.

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Alors je dis ainsi : « Oh ! Je m’étonne que tu me dises de si grandes choses ; je ne doute nullement que tu puisses bien accomplir ce que tu dis. Mais je te prie seulement de ne pas tarder à me raconter ces choses que tu as en tête. »

« D’abord, » dit-elle, « tu dois savoir que les gens bons sont toujours forts et puissants, tandis que les méchants sont faibles, abandonnés et dépourvus de toute force. Et à ce sujet, assurément, chacun d’eux est manifesté et montré par les autres. Car puisque le bien et le mal sont deux contraires, si le bien est éternel, cela montre ouvertement la faiblesse du mal ; et si tu connais clairement la liberté du mal, l’éternité du bien est alors connue. Mais plus ma démonstration sera ferme et abondante, je suivrai cette voie et celle-là ; et je voudrai confirmer les choses qui ont été proposées, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Il y a deux choses dans lesquelles réside l’effet de tous les actes de l’humanité, à savoir la volonté et la puissance ; et si l’une de ces deux échoue, rien ne peut être fait. Car si la volonté manque, il n’y a personne pour entreprendre ce qu’il ne veut pas faire ; et si la puissance échoue, la volonté n’est que vaine et ne sert à rien. C’est pourquoi, si tu vois quelqu’un qui veut obtenir ce qu’il ne peut pas obtenir, tu ne peux douter que la puissance l’empêche d’avoir ce qu’il veut. »

« C’est évident et clair, » dis-je ; « cela ne peut être nié en aucune manière. »

« Et si tu vois quelqu’un, » dit-elle, « qui a fait ce qu’il voulait faire, tu ne peux douter qu’il ait eu la puissance de le faire ? »

« Non, » dis-je.

« Et là où chaque homme peut quelque chose, on le considère comme puissant ; car on dit que, dans la mesure où un homme est capable de faire quelque chose, on le tient pour puissant ; et là où il ne peut rien, on le juge faible. »

« Je l’admets bien, » dis-je.

« Souviens-toi, » dit-elle, « que j’ai rassemblé et… »

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« Est-il démontré par des raisons évidentes que toute l’intention de la volonté de l’humanité, telle que découlée de diverses études, tend à atteindre le bonheur ? »

« Je me souviens bien », dis-je, « qu’il a été montré cela. » 40

« Et cela ne te rappelle-t-il pas », dit-elle, « que le bonheur est ce même bien que les hommes recherchent ; de sorte que, puisque ce bonheur est recherché par tous, ce bien aussi est recherché et désiré par tous ? »

« Cela ne me rappelle rien », dis-je ; « car je l’ai toujours gravé profondément dans ma mémoire. »

« Tous les hommes alors », dit-elle, « bons comme mauvais, sont-ils poussés, sans différence d’intention, à chercher le bien ? »

« C’est là une véritable conséquence », dis-je.

« Et il est certain », dit-elle, « que par l’obtention du bien, les hommes deviennent bons ? »

« C’est certain », dis-je.

« Alors ils obtiennent le bien qu’ils désirent ? »

« Il semble bien », dis-je.

« Mais les gens méchants », dit-elle, « s’ils obtiennent le bien qu’ils désirent, ne peuvent-ils plus être méchants ? »

« C’est ainsi », dis-je.

« Donc, puisque l’un et l’autre désirent le bien ; et que les gens bons obtiennent le bien, tandis que les gens méchants ne l’obtiennent pas ; il n’y a donc aucun doute que les gens bons soient puissants et que les gens méchants soient faibles ? »

« Celui qui doute de cela », dis-je, « ne peut ni considérer la nature des choses ni la conséquence des raisons. »

Et à cela, elle dit : « S’il y a deux choses qui ont le même but par nature, et que l’une d’elles poursuit et accomplit ce même but par sa fonction naturelle, tandis que l’autre ne peut pas remplir cette fonction naturelle, mais suit, par d’autres

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Il est convenable à la nature que celui qui accomplit gentiment son dessein le fasse, même s’il ne réalise pas son propre dessein : lequel de ces deux doit être considéré comme plus puissant ? 70

« Si je devine bien », dis-je, « tu voudrais voir ; mais pour l’instant, je désire l’apprendre plus clairement de toi. »

« Tu ne nieras donc pas », dit-elle, « que le mouvement de marcher existe chez les hommes par nature ? »

« Non, assurément », dis-je. 75

« Et tu ne doutes pas non plus », dit-elle, « que cette fonction naturelle de marcher soit celle des pieds ? »

« Je n’en doute pas du tout », dis-je.

« Alors », dit-elle, « si un homme est capable de se déplacer et de marcher sur ses pieds, et qu’un autre, auquel manque cette fonction naturelle des pieds, est contraint de ramper sur ses mains : lequel de ces deux doit être considéré comme plus puissant par droit ? »

« Expose le reste », dis-je ; « car personne ne doute que celui qui peut marcher par sa fonction naturelle des pieds soit plus puissant que celui qui ne le peut pas. » 85

« Mais le bien suprême », dit-elle, « qui est destiné également aux bons et aux méchants, les bons le cherchent par la fonction naturelle des vertus, tandis que les méchants sont contraints de l’obtenir par diverses convoitises de choses terrestres, ce qui n’est pas une fonction naturelle pour obtenir ce même bien suprême. Penses-tu qu’il y ait une autre manière ? »

« Non », dis-je ; « car la conclusion est évidente à partir de ce que j’ai admis : les bons doivent être puissants, et les méchants faibles et impuissants. » 95

« Tu es très juste envers moi », dit-elle, « et voici le jugement : c’est-à-dire que je te juge correctement, comme ces lascifs ont l’habitude de l’espérer de tels gens, lorsqu’ils constatent que la nature s’oppose à la maladie. Mais puisque je te vois maintenant prêt à comprendre, je te montrerai des raisons plus détaillées et continues. Car regarde maintenant combien clairement cela apparaît… »

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La faiblesse et l’infirmité des gens méchants, qui ne peuvent pas suivre cette inclination naturelle qui les pousse, et c’est presque cette même inclination naturelle qui les contraint. Que demander alors aux femmes méchantes, si une telle aide naturelle les avait abandonnées, cette aide naturelle de l’intention qui les précède toujours et qui est si grande qu’on ne peut la surmonter ? Considérez donc quelle grande perte de force et quelle grande faiblesse il y a chez les méchants criminels ; car celui qui désire le plus et dont le désir reste insatisfait, c’est celui qui en a le moins de pouvoir pour l’obtenir. Ainsi, la philosophie dit, par le bien souverain : Les femmes méchantes n’ont besoin ni de lumière, ni de remèdes, ni de jeux, qu’elles ne peuvent suivre ni pratiquer ; mais elles manquent de tout cela et du sommet des choses, c’est-à-dire du bien souverain ; ces misérables ne parviennent pas à l’effet du bien souverain, que celles-ci s’efforcent d’atteindre nuit et jour ; dans la quête de ce bien, la force des gens bons se montre pleinement. Car tout comme on pourrait exiger d’un homme puissant qu’il marche sur ses pieds jusqu’à un endroit d’où il n’y a plus de chemin à suivre, de même il faut exiger d’un homme vraiment puissant qu’il atteigne et possède la fin de toutes choses désirables, au-delà de laquelle il n’y a rien à désirer. De ce pouvoir des gens bons, on peut conclure que les méchants sont dépourvus de toute force. Pourquoi abandonnent-ils les vertus et suivent-ils les vices ? N’est-ce pas parce qu’ils ne connaissent pas le bien ? Mais quelle chose est plus faible et plus esclave que la cécité de l’ignorance ? Ou bien ils savent très bien quelles choses ils devraient suivre, mais la luxure et l’avidité les submergent et les égarent ; et certes, la turbulence affecte les hommes faibles au point qu’ils ne peuvent même pas lutter contre les vices. Ne savent-ils pas bien qu’ils abandonnent volontairement le bien et se tournent volontairement vers les vices ? De cette manière, ils ne renoncent pas seulement à être puissants, mais ils renoncent complètement à être quoi que ce soit. Car ceux qui abandonnent le principe commun de toutes choses, ils abandonnent ainsi aussi tout moyen d’exister.

Et peut-être semblerait-il étonnant à certains que les femmes méchantes, qui constituent la majeure partie des hommes, n’existent pas ou n’aient aucune existence ; mais en réalité, c’est bien ainsi, et les choses se passent de cette façon. Ceux qui sont méchants, je nie qu’ils le soient ; mais je nie, et je dis simplement…

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entièrement, qu’elles ne sont ni nées, ni n’ont d’être. Car tout comme tu pourrais voir le corps d’un homme, qui est l’œuvre d’un homme, mais tu ne pourrais pas simplement l’appeler un homme ; de même, je crois assurément que les gens vils sont méchants, mais je ne peux pas affirmer absolument et simplement qu’ils le sont. Car ce qui maintient l’ordre et conserve la nature, cela existe et a un être ; mais ce qui manque à cela, c’est-à-dire celui qui abandonne l’ordre naturel, abandonne ce qui est inscrit dans sa nature. Mais tu dirais peut-être que les mégères font du mal. Certes, je ne le nie pas ; mais en vérité, leur pouvoir ne provient pas de la force, mais de la faiblesse. Car elles commettent des méchancetés qu’elles ne pourraient pas commettre si elles pouvaient vivre selon la forme et les actions des gens bons. Et ce pouvoir montre très clairement qu’elles ne font vraiment rien de bien. Car, comme j’ai montré et prouvé par une petite démonstration que le mal n’est rien ; et puisque les mégères ne font que des méchancetés, cette conclusion est toute claire : les mégères ne font vraiment rien de bien, et n’ont aucun pouvoir.

Et puisque tu as compris quelle est la force de ce pouvoir des mégères, j’ai défini par une petite démonstration que rien n’est aussi puissant que le bien souverain.

« C’est vrai », dis-je.

« Et ce même bien souverain peut-il faire du mal ? » demanda-t-elle.

« Certes non », répondis-je.

« Y a-t-il donc quelqu’un, dit-elle, qui pense que les hommes peuvent faire toutes choses ? »

« Aucun homme », répondis-je, « sauf s’il a perdu la raison. »

« Mais, en vérité, les mégères font du mal », dit-elle.

« Ah, si seulement Dieu le voulait, dis-je, qu’elles puissent ne pas le faire ! »

« Alors, dit-elle, de même que celui qui est puissant pour ne faire que du bien peut faire toutes choses ; et ceux qui sont puissants pour faire du mal ne peuvent pas faire toutes choses : il est donc évident et manifeste que ceux qui font du mal ont un pouvoir inférieur. Et pour prouver cette conclusion, cela m’aide : j’ai montré par une petite démonstration que tout pouvoir doit être compté.

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Parmi les choses que les hommes devraient rechercher. J’ai montré que toutes les choses qui méritent d’être désirées se rapportent au bien, comme à une sorte de sommet de leur nature. Mais le mal et le crime ne peuvent en aucun cas se rapporter au bien. Donc, il n’y a pas de mal parmi les choses qui devraient être désirées. Mais tout pouvoir doit être désiré et recherché. Il est donc évident et clair que le pouvoir, ou la capacité de tuer les souris, n’est pas un véritable pouvoir ; et de tout cela il ressort bien que les gens bons sont certainement puissants, tandis que les souris sont sans aucun doute impuissantes. Il est également clair et évident que l’opinion de Platon est vraie et juste, selon laquelle seuls les hommes sages peuvent accomplir ce qu’ils désirent ; les souris font ce qui leur plaît, mais pour ce qu’elles désirent, c’est-à-dire atteindre le bien suprême, elles n’ont aucun pouvoir pour l’accomplir. Car les souris font ce qui leur chante, et, à travers les choses dont elles se plaisent, elles cherchent à atteindre ce bien qu’elles désirent ; mais elles n’y parviennent jamais, car les actions ne mènent pas au bonheur.

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Afin que les couvertures de ses vêtements royaux puissent resplendir
de ce roi orgueilleux que tu vois assis en hauteur sur ses trônes,
brillant dans une lumière pourpre, entouré d’armures sombres,
avec un visage cruel, agité par la dureté du cœur,
il devrait voir alors que de tels seigneurs portent en eux
des combats intenses au sein de leur courage. Car la luxure les tourmente d’un côté
avec des poisons effrayants ; et une colère trouble, qui suscite en eux
des vagues de souffrances, tourmente leurs pensées de l’autre côté ;
ou bien la tristesse les retient fermement prisonniers ;
ou encore l’espoir trompeur et perfide les tourmente. Et c’est pourquoi,
si tu observes attentivement, c’est-à-dire sous la tyrannie,
on voit qu’ils supportent tant de tyrannies que cette tyrannie même
ne lui procure pas ce qu’il désire, car il est accablé par tant de maîtres méchants,
c’est-à-dire par tant de personnes qui exercent sur lui un pouvoir malveillant.

Prose III.

Vois donc à quel point, dans ce banquet…

Ne vois-tu pas à quel point ces méchantes femmes sont enveloppées dans la saleté,
et avec quelle clarté ces bonnes gens brillent ?
Cela montre bien que les bons gens n’ont jamais manqué de récompense,
et que les méchantes femmes n’ont jamais manqué de tourments.
Car, de toutes les choses qui existent, celle pour laquelle on fait quelque chose
semble, par droit, être la récompense de cela ; ainsi : si un homme court dans la rue ou dans les champs
pour la couronne, alors la couronne est la récompense pour laquelle il court.
J’ai montré que ce bonheur est précisément ce même bien pour lequel on fait toutes ces choses.
Ce même bien est donc destiné aux actions des hommes comme une récompense commune ;
et cette récompense ne peut être séparée des bons gens.
Car personne, par droit, dès lors qu’il manque de bonté, ne peut être appelé bon.
Pour cette raison, les gens de bonne nature n’abandonnent jamais leur récompense.
Même si les méchantes femmes deviennent aussi dures que le bois autant qu’elles le souhaitent,
la couronne des sages ne tombera jamais ni ne s’affaiblira. Car la vraie méchanceté…

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Je ne méprise pas le courage des gens de bien pour leur propre honneur. Mais si quelqu’un lui ôtait la bonté qu’il avait reçue (comme on dit, si quelqu’un lui prenait sa bonté auprès d’un autre que lui-même), assurément, celui qui lui avait donné cette bonté, ou un autre, pourrait la lui reprendre. Cependant, puisque chaque homme reçoit de sa propre bonté ce qui lui revient, il manquera de récompense lorsqu’il cesse d’être bon. Enfin, puisque toutes les récompenses sont nécessaires aux hommes s’ils veulent être bons, qui voudrait prétendre que celui qui est vraiment bon soit privé de récompense ? Et de quelle récompense sera-t-il récompensé ? Assurément, d’une juste et grande récompense, supérieure à toutes les autres. Souviens-toi de cette noble conséquence que je t’ai brièvement exposée ; rassemble-la ainsi : puisque le bien en soi est félicité, il est clair et certain que tous les gens de bien deviennent heureux parce qu’ils sont bons ; et ces gens qui sont heureux conviennent et sont aptes à devenir dieux. Alors la récompense des gens de bien est telle qu’aucun jour ne pourra l’épuiser, aucune méchanceté ne pourra l’obscurcir, et aucun pouvoir ne pourra l’anéantir, c’est-à-dire devenir dieux.

Et comme il en est ainsi, les bons hommes ne manquent jamais de leur récompense ; assurément, aucun sage ne peut douter du châtiment inéluctable des méchants, c’est-à-dire que le châtiment des méchants ne les quitte jamais. Puisque le bien et le mal, le châtiment et la récompense sont opposés, il faut nécessairement que, tout comme nous avons vu la récompense du bien, ainsi aussi le châtiment du mal corresponde, par l’opposé, aux méchants. Or, puisque la bonté et les vertus sont la récompense des gens de bien, la méchanceté elle-même est la torture des méchants. Ainsi, quiconque est souillé et contaminé par le châtiment ne doute pas qu’il soit également souillé et contaminé par le mal. Si donc les méchants veulent se punir eux-mêmes, qu’ils sachent qu’ils sont hors de toute possibilité de soulagement, puisqu’ils sont tels que la pire méchanceté (c’est-à-dire les pires voleurs, qui sont le genre le plus extrême et le plus mauvais de méchanceté) non seulement ne les souille ni ne les contamine, mais les infecte et les empoisonne gravement. Regarde aussi les méchants, qui sont l’opposé des bons hommes : quelle grande souffrance les accompagne et les suit ! Car tu as appris brièvement que tout ce qui existe et a une existence est bon ; donc il en résulte que tout ce qui existe et a une existence…

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C’est bien ; c’est-à-dire, comme on le dit, que l’être, l’unité et la bonté sont tous ensemble. Et de cette manière, il s’ensuit que tout ce qui manque à être bon, manque à avoir de l’être et à posséder quelque existence que ce soit ; c’est pourquoi les sorcières manquent d’être ce qu’elles sont. Mais cette autre forme d’humanité, c’est-à-dire la forme du corps extérieur, montre bien que ces sorcières n’étaient pas vraiment des hommes ; c’est pourquoi, lorsqu’elles deviennent perverses et se tournent vers la méchanceté, elles abandonnent assurément la nature humaine. Mais puisque seule la générosité et la vaillance peuvent élever chaque homme au-dessus des autres, il n’est pas nécessaire que les sorcières, dont la méchanceté les a exclues de la condition humaine, soient soumises aux mérites et aux punitions des hommes. Il en résulte donc que si tu vois une personne transformée en bête, tu ne dois pas penser qu’elle soit un homme.

Car s’il est avide et qu’il détruit par violence les richesses des autres, tu diras qu’il ressemble au loup. Et s’il est criminel et sans pitié, et qu’il use de sa langue pour semer le trouble, tu le compareras au chien. Et s’il est un voleur caché, qui se réjouit de voler par ruse, tu le considéreras comme un jeune renard. Et s’il est irascible et tremble de colère, on pensera qu’il a le courage du lion. Et s’il est craintif et lâche, et craint des choses qui ne devraient pas être craintes, on le tiendra pour un cerf. Et s’il est lent, stupéfait et paresseux, il vit comme un âne. Et s’il est léger, sans courage constant, et change constamment d’intentions, on le compare aux chevaux. Et s’il est plongé dans des luxures sales et impures, il est retenu dans les délices sales du porc sale. Il s’ensuit donc que celui qui abandonne la générosité et la vaillance abandonne le fait d’être un homme ; puisqu’il ne peut pas accéder à la condition de dieu, il est réduit en bête.

Pr. III. 1. A. Vois-tu. 16. A. les ; C. leese (erreur pour lesse). 17. C. faaden. 25. A. laste ; C. last. 27. A. wolde ; C. Ed. nolde ; Lat. quis ... iudicet. 27, 28. A. Ed. of mede ; C. of the mede. // C. A. gerdoned ; Ed. reguerdoned. 30. C. yat (mal écrit pour yaf). 31. C. good him-self ; A. Ed. god him-self ; Lat. ipsum bonum. // C. his (erreur pour is) ; après him-self. 36. A. endirken (au lieu de derken). 38. A. medes. 43. C. gerdown ; A. gerdoun ; Ed. guerdone. 44. A. Ed. answere. // A. Ed. by the ; C. sans le. 45. A. medes ; Lat. praemium. 47. C. entechched. // Les deux manuscrits omettent peyne ... defouled with ; mais l’Édition a : payne, il ne doute pas qu’il soit entetché et defouled avec ; Lat. quisquis afficitur poena, malo se affectum esse non dubitat. 50. A. omet uttereste ... which that is the. 52. C. vtteriste (première fois) ; owttereste (deuxième fois). 55. C. folueth. 56. C. alle ; A. al. 58. C.

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alle ; A. al (deux fois). 67. A. Éd. afin que ; C. om. afin que. // C. enhawsen (au lieu de enhawnsen). 73. A.
rauynour ; Éd. rauenour ; C. rauaynour. 75. A. Éd. un loup. // C. exercice. 77. A.
rauysshe ; C. rauysse. 78. A. Éd. forêts ; C. fois ; Lat. fraudibus. 81. C. dredd. 82. A.
Éd. lentement ; C. slowh. 83. C. vnstidefast.

Mètre III.

Vela Neritii dulcis.

Eurus, le vent, amène les voiles d’Ulysse, duc du pays de Narice, et ses navires errants sur la mer, jusqu’à l’île où vit Circé, la belle déesse, fille du soleil ; elle prépare pour ses nouveaux invités des boissons touchées et enchantées. Et après que sa main, puissante sur les herbes, eut transformé leurs formes en diverses manières : l’un d’eux se couvre le visage d’une forme de bœuf ; un autre devient un lion du pays de Marmorique, et ses ongles et ses dents grandissent ; un autre se transforme récemment en loup et hurle lorsqu’il veut pleurer ; un autre entre gracieusement dans la maison comme un tigre d’Inde.

Mais bien que la divinité de Mercure, appelée le pont d’Arcadie, ait eu pitié du duc Ulysse, supplié par divers chants, et l’ait libéré de la peste de son mal, les rameurs et les marins furent attirés par ces chants dans leur bouche et burent ces boissons pernicieuses. Ceux qui devinrent des porcs virent leur nature changer, devenant capables de manger des graines de chou. Aucun de leurs esprits ne demeure avec eux, car ils ont perdu la voix et le corps ; seul leur esprit reste stable, pleurant et souffrant de cette transformation monstrueuse qu’ils endurent. Ô main trop faible (comme on dit, ô ! quelle main faible et légère est celle de Circé, l’enchanteresse, qui transforme les corps des hommes en bêtes, pour montrer et comparer la mutation causée par les poisons) ; même les herbes de Circé ne sont pas vraiment puissantes. Car bien qu’elles puissent changer la forme du corps, elles ne peuvent pas changer le cœur ; car à l’intérieur se trouve la force et la vigueur des hommes, dans le secret de leur cœur, c’est-à-dire la force de la raison. Mais de tels poisons attirent l’homme vers eux plus puissamment que le poison de Circé.

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car les sorcières sont si cruelles qu’elles percerrent et traversent le courage intérieur ; et, bien qu’elles ne nuisent pas au corps, elles sont pourtant capables de détruire les hommes par la blessure de la pensée.

Me. III. 1. C. A. Éd. wynde. 2. C. A. Éd. Narice ; lat. Neritii. 3. C. Éd. Circes ; A. Circe. 8. C. boer ; A. boor. 9. C. A. Éd. Marmorike ; lat. Marmaricus leo. 14. A. Arcadie ; C. Éd. Archadie ; lat. Arcadis alitis. 15. A. Éd. vnbounden ; C. vnbounded. //

A. pestilence ; C. pestelence. 16. A. oosteresse (!). 18. A. Éd. woxen ; C. wexen. 19. C. akkornes ; A. acorns. // C. lemes ; A. lymes ; Éd. lymmes. 20. A. Éd. hoole ; C. hool.

Prose IV.

Alors moi, je dis : « Je confesse. »

Elle dit alors : « Je confesse et je le sais », à savoir que ni moi ni personne ne peut dire, à juste titre, que les sorcières se transforment en bêtes en raison de la qualité de leur âme, même si elles conservent encore la forme du corps humain. Mais je ne voudrais pas que, chez ces sorcières dont la pensée est toujours tournée vers la destruction des bons hommes, il soit léger pour elles de le faire. »

« Certes, » dit-elle, « rien n’est léger pour elles, comme je te le montrerai en un lieu approprié ; mais néanmoins, si ceux que les hommes jugent légers pour les sorcières étaient donnés à elles, de sorte qu’elles ne puissent ni nuire ni causer de dommage aux bons hommes, assurément une grande partie de la peine réservée aux sorcières devrait être retirée. Car, bien que cela ne paraisse pas crédible à certains, il faut pourtant admettre que les sorcières sont plus méchantes et plus abominables lorsqu’elles peuvent accomplir ce qu’elles projettent, que si elles ne pouvaient pas réaliser leurs desseins. Car si vouloir faire le mal est méchanceté, il y a encore plus de méchanceté à entreprendre de faire le mal ; sans cette entreprise, le méchant resterait sans effet. Or, puisque chacune de ces choses possède sa propre méchanceté, c’est-à-dire vouloir faire le mal et entreprendre de le faire, il faut nécessairement qu’elles soient contraintes par trois abominations : vouloir, entreprendre et commettre des crimes et des actes de sorcellerie. »

« J’y consens, » dis-je ; « mais je souhaite ardemment que les sorcières 25

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elles perdent une telle méchanceté, c’est-à-dire que ces mégères sont privées du plaisir de faire le mal.

« Elles le seront », dit-elle, « peut-être plus tôt que tu ne le voudrais ; ou plus tôt qu’elles-mêmes ne souhaiteraient encore faire le mal. Car il n’y a rien en ce monde, si court soit-il, qui dure aussi longtemps que cette vie, c’est-à-dire jusqu’à un courage immortel ; et c’est là que l’espoir le plus grand, ainsi que les plus hautes manifestations de méchanceté, sont souvent détruits par une fin misérable, ou bien elles meurent ; et cela fixe pour les mégères la fin de leur méchanceté. Car si la méchanceté produit des méfaits, alors celles qui restent mégères le plus longtemps doivent être les plus méchantes ; et je qualifierais ces méchantes mégères de très infâmes et de très lâches, si leur méchanceté n’était pas, au moins, terminée par la mort la plus extrême. Car si j’ai conclu avec justesse sur la méchanceté, cela montre clairement que cette méchanceté est sans fin, ce qui est certainement durable. »

« Certes », dis-je, « cette conclusion est difficile et étonnante à admettre ; mais je sais bien qu’elle correspond beaucoup aux choses que j’ai admises auparavant. »

« Tu as », dit-elle, « une juste appréciation de cela ; mais quiconque pense qu’il est difficile de l’accorder à une conclusion doit montrer que certaines des prémisses sont fausses ; ou bien il doit montrer que la liaison des propositions n’est pas rapide pour aboutir à une conclusion nécessaire. Et s’il n’en est pas ainsi, mais que les prémisses ont été admises, il n’y a aucune raison pour qu’il blâme l’argument. »

« Ce que je vais te dire maintenant ne sera pas moins étonnant ; mais il est nécessaire aussi pour les choses qui ont été prises, » comme on dit, cela découle de ce qui a été proposé auparavant. »

« Qu’est-ce donc ? » demandai-je.

« Certes », dit-elle, « c’est que ces méchantes mégères sont plus heureuses, ou du moins moins méchantes, malgré les tourments qu’elles ont mérités, que si aucune peine de justice ne les châtiait. Je ne dis pas cela maintenant, car quelqu’un pourrait penser que les comportements des mégères sont corrigés et châtiés par la clémence, et qu’elles sont ramenées sur le bon chemin par… »

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La terreur de la torture, ce n’est pas pour cela qu’elles cherchent à fuir les autres ; mais je le comprends d’une autre manière : les mégères sont encore plus méprisables lorsqu’elles ne sont pas punies, même s’il n’y a ni raison ni loi de correction, ni exemple de châtiment.

« Et comment cela peut-il être », dis-je, « autrement que ce qui a déjà été dit ? »

« N’avons-nous pas reconnu », dit-elle, « que les bonnes gens sont heureux, et que les mégères sont misérables ? »

« Oui », dis-je.

« Alors », dit-elle, « si quelque bien était ajouté à la méchanceté de quelqu’un, ne serait-il pas encore plus heureux que celui qui n’a aucun bien dans sa méchanceté solitaire ? »

« Il semble bien », dis-je.

« Et que dis-tu alors », dit-elle, « de ce méchant qui renonce à tout bien, de sorte qu’aucun bien n’intervient dans sa méchanceté, et qui, par-dessus toutes ses méchancetés pour lesquelles il est méchant, a encore un autre mal attaché à lui ? Les hommes ne le jugeraient-ils pas encore plus méprisable que ce méchant dont la méprisabilité est atténuée par la participation à quelque bien ? »

« Pourquoi pas ? » dis-je.

« Alors, certainement », dit-elle, « les mégères, lorsqu’elles sont punies, ont quelque bien attaché à leur méchanceté, c’est-à-dire la même peine qu’elles subissent, qui est un bien selon la raison de la Justice ; et lorsque ces mêmes mégères échappent sans torture, elles ont alors encore plus de mal par rapport à la méchanceté qu’elles ont commise, c’est-à-dire le défaut de peine ; ce défaut de peine, tu as reconnu, est un mal pour la gravité du crime. » « Je ne peux le nier », dis-je. « Bien plus encore », dit-elle, « les mégères sont méprisables lorsqu’elles sont injustement épargnées de la peine, que lorsqu’elles sont punies par une justice légitime. Mais c’est chose évidente et claire que c’est juste que les mégères soient punies, et que c’est méchanceté et injustice qu’elles échappent impunies. »

« Qui pourrait le nier ? » dis-je.

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« Mais », dit-elle, « peut-on nier que tout ce qui est juste est bon, et inversement, que tout ce qui est mauvais est funeste ? »

« Certes », dis-je, « ces choses sont assez claires ; et nous en avons déjà tiré certaines conclusions. Mais je te prie de me dire si tu es d’accord pour ne pas infliger de tourments aux âmes, une fois que le corps est détruit par la mort ; c’est-à-dire, comprends-tu que les âmes subissent des tourments après la mort du corps ? »

« Certes », dit-elle, « oui ; et c’est très vrai. Quant aux âmes, je pense que certaines sont tourmentées par l’intensité de la douleur ; et d’autres, je crois, sont soumises à un processus de purification. Mais mon avis n’est pas de décider de ces tourments. Cependant, j’ai travaillé et je t’ai expliqué cela afin que tu saches que le châtiment des sorcières, que tu juges indigne, n’est en réalité aucun châtiment : et même celles que tu prétends ne pas mériter de punition, tu dois savoir qu’elles ne sont jamais exemptes des tourments de leur méchanceté. Quant à la permission de porter le vêtement noir, que tu espères voir bientôt abolie, tu voudrais savoir qu’elle ne durera pas longtemps ; et que les sorcières sont encore plus horribles si leur châtiment se prolonge, et extrêmement horribles s’il est éternel. Ensuite, je t’ai montré que les sorcières sont encore plus abominables lorsqu’elles échappent à leur châtiment légitime que lorsqu’elles sont punies selon la justice. De là il résulte que les sorcières sont finalement contraintes de subir les tourments les plus terribles, alors que les gens pensent qu’elles ne doivent pas être punies. »

« Lorsque j’examine tes raisons », dis-je, « je ne crois pas que l’on puisse dire quoi que ce soit de plus vrai. Et si je reviens aux études des hommes, qui donc pourrait croire qu’il ne devrait pas seulement vivre selon ces principes, mais aussi les accepter avec joie ? »

« Certes », dit-elle, « c’est bien ainsi ; mais les hommes ne le peuvent pas. Car leurs yeux sont tellement habitués à l’obscurité des choses terrestres qu’ils ne peuvent pas s’élever vers la lumière de la vérité claire ; ils sont comme des oiseaux dont la nuit éclaire la vue, tandis que le jour les aveugle. Car lorsque les hommes ne regardent que l’ordre des choses, mais non leurs désirs et leurs talents, ils pensent que soit le châtiment, soit le port du vêtement noir, soit l’évasion sans punition, sont bénéfiques. Mais considère le Jugement… »

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loi durable. Car si tu consacres ton courage aux meilleures choses, tu n’as besoin d’aucun juge pour te récompenser ou te punir ; car tu t’es uni à la chose la plus excellente. Et si tu as consacré tes études aux choses mauvaises, ne cherche pas de vengeur extérieur en toi-même ; car c’est toi-même qui t’es plongé dans les choses mauvaises : tout comme tu pourrais à divers moments contempler la terre sale et le ciel, et toutes les autres choses qui s’étendent au-dehors, de sorte que tu ne sois ni au ciel ni sur terre, et que rien de plus ne te parvienne, que ce qui devrait te venir simplement du fait de regarder, comme si tu étais tantôt dans les étoiles et tantôt sur terre. Mais les gens ne regardent pas ces choses. Alors quoi ? Devons-nous donc nous approcher d’eux après leur avoir montré qu’ils sont semblables aux meilleurs ? Et que dire de ceci : si un homme avait complètement perdu la vue et aurait oublié qu’il avait jamais vu, et pensait qu’aucune chose ne l’empêchait d’atteindre la perfection humaine, nous qui pouvons voir les mêmes choses, ne penserions-nous pas qu’il est aveugle ? De même, les gens ne comprennent pas non plus ce que je vais dire, ce qui est soutenu par une solide base de raisons, à savoir que ceux qui font du tort aux autres sont encore plus méprisables que ceux qui subissent le tort.

« J’aimerais entendre les mêmes raisons », dis-je.

« Nies-tu », dit-elle, « que toutes les sorcières ne soient pas dignes de châtiment ? »

« Non », dis-je.

« Mais », dit-elle, « je suis certaine, par de nombreuses raisons, que les sorcières sont méprisables. »

« C’est vrai », dis-je.

« Alors ne doutes pas », dit-elle, « que ces gens qui sont dignes de châtiment ne soient pas des méchants ? »

« C’est bien vrai », dis-je.

« Si tu étais alors », dit-elle, « un juge ou un connaisseur des choses, penses-tu que l’on devrait châtier celui qui a commis le tort, ou plutôt celui qui a subi le tort ? »

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« Je ne doute pas », dis-je, « que les excuses données ne suffisent pas à celui qui a subi l’injustice, à cause de la douleur causée par celui qui l’a commise. »

« Alors il semble », dit-elle, « que celui qui commet l’injustice soit plus méchant que celui qui en a souffert ? »

« Cela est vrai », dis-je.

« Donc », dit-elle, « pour ces raisons et pour d’autres causées par la même nature, par la saleté ou le péché, c’est la nature même qui rend les hommes méchants ; et cela montre bien que l’injustice commise n’est pas la méchanceté de celui qui la subit, mais celle de celui qui la commet. Mais assurément », dit-elle, « ces orateurs ou avocats disent tout le contraire ; car ils poussent les juges à avoir pitié de ceux qui ont souffert et subi des choses graves et cruelles, alors que l’on devrait plutôt avoir pitié de ceux qui commettent ces actes cruels et injustes ; il serait donc plus convenable que ces accusateurs ou avocats, non pas en colère, mais pleins de pitié et de bonté, amènent ces méchants devant les juges, tout comme on amène les malades chez le médecin, afin que leurs maladies, causées par le péché, soient examinées par la torture. Et selon ce principe, soit l’accord entre défenseurs et avocats doit cesser complètement, soit, si la fonction d’avocat devait vraiment profiter aux gens, elle devrait être transformée en fonction d’accusation ; c’est-à-dire qu’ils devraient accuser ces méchants, et non les excuser. Et même ces méchants eux-mêmes, s’il leur était possible de voir, sur quelque rocher que ce soit, la vertu qu’ils ont abandonnée, et de constater qu’ils devraient se débarrasser des impuretés de leurs vices par la torture, ils ne devraient pas, en guise de compensation pour obtenir à nouveau les qualités qu’ils ont perdues, considérer ces tourments comme des châtiments ; et ils refuseraient même la présence de leurs avocats, se présentant eux-mêmes devant leurs juges et leurs accusateurs. C’est pourquoi, pour les gens sages, il n’y a pas de place pour la haine ; c’est-à-dire que la haine n’a pas sa place parmi les sages. Car personne ne hait les bons, sauf s’il est un fou extrême ; et il n’y a aucune raison de haïr les méchants. De même que la langueur est une maladie du corps, de même les vices et les péchés sont des maladies de l’âme. Et tout comme nous ne pensons pas que ceux qui sont malades de leur corps méritent d’être haïs, mais plutôt méritent… »

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pitié : il vaudrait mieux être haï que d’être pris en pitié, car ce sont ceux dont les pensées sont contraintes par une méchanceté criminelle, qui est plus cruelle que toute souffrance du corps.

Pr. IV. 1. A. om. it. 3. C. ne ben ; A. ne ben nat ; Ed. ben. 10. C. to ; A. for. 16. A. om. que si... coveiten. 19. C. languesse. 22. A. thre ; C. the ; Lat. triplici. 26. Ed. vnselynesse ; C. A. vnselynysses ; Lat. hoc infortunio. 29. A. to lakken ... yvel ; C. Ed. omit. 30. A. Ed. so short ; C. the shorte ; Lat. tam breuibus. 38. A. yfinissed. 49. A. colasioun ; Ed. collacyon ; C. collacions ; Lat. collationem. 58. A. byen (pour abyen). 59. A. chastied. 61. A. thenk ; C. thinke. // C. A. Ed. corrigé. 64. A. yitte ; Ed. yet ; C. yif. 66. Ed. punysshed ; C. A. punyssed. 67. C. correcsioun. 78. C. lakked ; A. lakketh. 80. A. knyt ; C. knytte. 96. A. escapin. 99. A. nis wicked. 101. A. a litel ; C. alyter. 103. A. dedid (pour ended). 108. A. this peyne ; Lat. de his. 109. C. yit ; Ed. yet ; A. it. 110. C. mowynge, c.-à-d. myght. 113. A. seen ; C. seyn ; uideres. 116. C. dure ; A. endure. 120. A. om. hir. 124. A. resouns ; C. resoun ; rationes. 135. A. escaping ; C. schapynge (pour scapynge). 138. C. of no ; A. to no. 142. A. threst the. 143. C. met la terre impure devant à diverses reprises. 145. A. om. nere neither ... erthe ; Ed. were in neyther (om. in hevene ... erthe). 147. A. Ed. on ; C. in. 149. A. to the bestes. 150. A. wilt thou. 153. A. thing ; eadem. 155. C. om. is. 159. A. Deniest thou. 165. A. dowtest thou. 168. C. Ed. om. quod she. 169. C. om. whether. // A. trowest thou. 172. C. om. suffisaunt. 176. C. que (pour than). // A. que a souffert l’injustice. 179. C. wrongly ins. de bef. enforced. // A. ins. que bef. filthe. 182, 3. C. om. mais l’injustice... 198. A. Ed. sawen ; C. sawh. 199. C. felthes. 209. A. languissant ; C. langwissynges. // C. maledye ; A. maladie.

Mètre IV.

Quid tantos iuuat excitare motus.

Qu’est-ce qui vous pousse à susciter de si grands mouvements de haine,
et à hâter et précipiter le destin fatal de vos morts de vos propres mains ? C’est-à-dire, par des batailles ou par la trahison. Car si vous provoquez la mort, cela le fait par sa propre volonté ; ni la mort ni rien ne retarde son cheval rapide. Et les hommes que le serpent, le lion, le tigre, le loup et l’ours cherchaient à dévorer avec leurs dents, ces mêmes hommes cherchaient à dévorer chacun des autres avec l’épée. Voilà ! Comme leurs méthodes sont diverses et discordantes, ils provoquent des combats injustes et cruels, et veulent périr en s’affrontant avec des flèches. Mais la raison de la cruauté n’est pas suffisamment juste.

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Wiltow thanne yelden a covenable guerdoun à les déserts des hommes ? L’amour doit viser les gens de bien, et avoir pitié des mégères.

Me. IV. 1. A. cela te plaît-il. // A. oiseaux ; C. oiseau ; mouvement. 5. chevaux est au pluriel ;
Lat. equos. // A. serpents. 6. A. lions. 8. A. discordants. 10. Éd. perysshe ; A. perisse ;
C. perise. A. Éd. -changement ; C. -changements. 12. C. A. gerdoun ; Éd. guerdon.

Prose V.

Hic ego uideo inquam.

« Ainsi je vois bien », dis-je, « quelle félicité ou quelle misère est établie dans les déserts des hommes de bien et des mégères. Mais dans cette sorte de destin des peuples, je vois quelque chose de bon et quelque chose de mauvais. Car aucun homme sage n’a jamais été exilé, pauvre et indigne, si ce n’est pour vivre dans sa cité prospère et riche en biens, être redoutable par son honneur et puissant par son pouvoir. Car de cette manière, le rôle des hommes sages est traité plus clairement et plus judicieusement, lorsque la félicité et la gloire des gouvernants se trouvent ainsi, pour ainsi dire, parmi les peuples qui sont leurs voisins et sujets ; car en effet, la prison, la loi, 10 et ces autres tourments des peines légales sont plutôt dus aux citoyens criminels, pour qui ces peines ont été établies, que aux gens de bien. Alors je m’étonne grandement », dis-je, « que les choses soient si mal ordonnées, que les tourments des crimes oppriment et confondent les gens de bien, tandis que les mégères, remplies de vertu, jouissent d’honneurs et de grands statuts. Et je désire ardemment savoir de toi quelle est, à ton avis, la raison de cette conclusion si injuste. Car j’aurais grandement été étonné, si j’avais cru que toutes ces choses étaient causées par le hasard ; mais maintenant, mon Dieu stupéfiant, gouverneur des choses, accroît encore ma surprise : car Dieu donne souvent aux hommes de bien des dieux et des joies, et aux mégères des vices et des choses âpres ; et il inflige aux gens de bien des épreuves, tandis qu’il accorde aux mégères leur volonté et ce qu’elles désirent : quelle différence peut-il y avoir alors entre ce que fait ce Dieu et le hasard du destin, si l’on ne connaît pas la cause de tout cela ? »

« Ce n’est pas étonnant », dit-elle, « même si les gens trouvent cela un peu fou et confus, quand la raison de…

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L’ordre est inconnu. Mais bien que tu ne connaisses pas la cause d’une telle disposition, nul doute cependant que, puisque Dieu, le souverain gouverneur, règne et gouverne le monde, tout se passe comme il se doit.

Pr. V. 4. C. a lu ; A. n’a pas lu ; Ed. n’a pas lu non plus. 8. A. Ed. témoigne ; C. témoignage. 10. A. voisins ; C. nesshebors. 17. A. savoir ; C. weten. 21. C. A. stupéfaction. 25. C. différence. 28. C. Ce n’est rien ; A. ce n’est rien. 33. C. bien ; A. ne bien.

Mètre V.

Si quelqu’un ignore les étoiles d’Arcturus.

Celui qui ne connaît pas les étoiles d’Arcturus, situées près du point le plus élevé du firmament, et qui ne sait pas pourquoi l’étoile Boötes fait passer ou rassembler ses flammes, les plongeant dans la mer, ni pourquoi cette étoile déploie ses aurores extrêmement rapides, alors il s’étonnera de la loi de l’œil.

De même, s’il ne comprend pas pourquoi les cornes de la pleine lune deviennent pâles et ternies aux confins de la nuit noire, ni comment la lune, sombre et confuse, révèle les étoiles qu’elle avait cachées sous son visage lumineux. L’erreur commune pousse les gens à peindre leurs bassins avec de gros traits ; c’est-à-dire qu’il existe un peuple, les Coribantes, qui croient que, lors d’une éclipse lunaire, celle-ci est ensorcelée ; et donc, pour la délivrer, ils peignent leurs bassins avec de gros traits.

Que personne ne s’étonne lorsque les vents du Chœur secouent les rivages de la mer par des vagues tremblantes ; ni que personne ne s’étonne lorsque le poids de la neige, durcie par le froid, est dissous par la chaleur brûlante de Phébus, le soleil ; car on voit là clairement les causes.

Mais les causes cachées, c’est-à-dire au ciel, troublent le cœur des hommes ; le peuple incertain s’étonne de toutes les choses qui surviennent soudainement à notre époque. Mais si l’erreur trouble de notre ignorance disparaissait, afin que nous sachions…

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Causes pour lesquelles ces phénomènes étranges se produisent : certes, ils devraient cesser de produire de tels miracles.

Moi. V. 1. Éd. Arcture ; C. Arctour ; A. aritour. 4. Éd. Bootes ; C. A. boetes (deux fois). 9. A. Éd. by the ; C. by. 11. A. Éd. had ; C. hadde. 12. C. basynnes (première fois) ; basyns (deuxième fois). 14. Éd. Coribantes ; C. A. coribandes. 17. A. Éd. blastes ; C. blases. 18. A. Éd. man ne ; C. manne. 19. A. Éd. the snowe ; C. sonwh (sic ; om. the).

Prose VI.

Il en est ainsi, dis-je.

« C’est bien ainsi », dit-elle. « Mais puisque tu m’as chargée de dévoiler les causes cachées des choses et de me montrer les raisons voilées par l’obscurité, je t’en prie, juge-moi sur cette affaire et fais-moi la comprendre ; car ce miracle ou ce prodige me tourmente grandement. » 5

Alors elle, avec un léger sourire, dit : « Tu me forces », dit-elle, « à parler de ce qui est le plus difficile de tout ce qui peut être demandé, et à une question pour laquelle il n’existe rien de suffisant pour y répondre parfaitement ; car, en vérité, il n’y a rien de suffisant pour répondre complètement à ta question. En effet, la nature de la chose est telle que, dès qu’un doute est résolu, d’autres doutes apparaissent sans nombre ; tout comme les serpents issus d’Idra, le serpent que Hercule a tué. Il n’y a ni fin ni limite, sauf si quelqu’un parvient à maîtriser ces doutes par une pensée rapide et juste, c’est-à-dire par la force et la vigueur de l’esprit. C’est ainsi que les hommes avaient l’habitude de poser des questions sur la simplicité de la création divine, sur l’ordre du destin, sur certains événements, sur la connaissance et la prédestination divines, ainsi que sur la liberté de la volonté ; choses dont tu te rends bien compte toi-même de l’importance. Mais puisque la connaissance de ces choses constitue une partie de ton remède, même si j’ai peu de temps pour t’en parler, je m’efforcerai néanmoins de t’en montrer quelque chose. Mais bien que les charmes de la musique te détournent, tu dois supporter et endurer un peu de cette distraction, pendant que je te donne les réponses en ordre. »

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« Comme il te convient », dis-je, « je le ferai. » Cependant, elle parla comme si elle recommençait, et dit ainsi : « La génération de toutes choses, dit-elle, et tous les progrès de la nature changeante, ainsi que tout ce qui se meut d’une manière quelconque, tirent leurs causes, leur ordre et leurs formes de la stabilité de la pensée divine ; et cette pensée divine, qui est établie et placée, c’est-à-dire au sommet, dans la simplicité de Dieu, établit de nombreuses voies pour les choses qui doivent être faites ; ces voies, lorsque les hommes les contemplent dans cette pureté de l’intelligence divine, sont appelées providence ; mais lorsque ces voies sont rapportées par les hommes aux choses qu’elles muent et disposent, alors les anciens les appelaient destinée. Si quelqu’un examine bien dans sa pensée la force de l’une et de l’autre, il comprendra facilement que ces deux choses sont différentes. Car la providence est cette résonance divine qui est établie dans le prince souverain des choses ; cette providence dispose de toutes choses. Mais la destinée est la disposition et l’ordre qui s’appliquent aux choses mouvantes, par lequel cet ordre, la providence, relie toutes choses à leur place ; car la providence englobe toutes choses ensemble, bien qu’elles soient diverses et infinies ; mais la destinée sépare et ordonne chacune des choses individuellement, divisées en mouvements, en lieux, en formes, en temps, comme ceci : que le déploiement de l’ordre temporel, rassemblé et uni dans la vision de la pensée divine, soit appelé providence ; et ce même rassemblement et union, divisé et déployé selon les temps, soit appelé destinée. Et bien que ces choses soient différentes, il est évident que l’une dépend de l’autre, car l’ordre destiné provient de la simplicité de la providence. Car tout comme un artisan, qui perçoit dans sa pensée la forme de la chose qu’il veut faire, et met en œuvre l’effet de son travail, guidé par ce qu’il avait conçu simplement et immédiatement selon l’ordre temporel : certes, de même Dieu dispose, dans sa providence, de manière individuelle et stable, des choses qui doivent être faites, mais il administre, par la destinée, de multiples façons et à différents moments, ces mêmes choses qu’il a disposées.

Alors, que cette destinée soit exercée par certains esprits divins, serviteurs de la providence divine, ou par une âme, ou par toute la nature au service de Dieu, ou par les mouvements célestes des étoiles, ou par la vertu des anges, ou…

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soit par la diversité des subtilités du développement, soit par l’un d’eux,
soit par eux tous, l’ordre destiné est tissé ainsi et accompli.
Certes, il est évident que la providence est une forme immuable et simple des choses à faire ;
et le lien mobile et l’ordre temporel des choses, que la simplicité divine de la providence a ordonnées de se réaliser, voilà le destin.
Ainsi, toutes les choses qui sont soumises au destin sont assurément soumises à la providence, à laquelle le destin lui-même est soumis.
Mais certaines choses, bien qu’elles soient soumises à la providence, dépassent l’ordre du destin ;
et bien qu’elles soient fermement attachées à la première divinité, elles dépassent l’ordre de la mobilité destinée.

Car, tout comme les cercles qui tournent autour d’un même centre ou d’un point,
le cercle le plus intérieur est uni à la simplicité du milieu, et devient en quelque sorte un centre ou un point pour les autres cercles qui tournent autour de lui ;
et celui qui est le plus extérieur, entouré d’un espace plus vaste, est étendu sur des espaces plus grands, dans la mesure où il est le plus éloigné de la simplicité centrale du point ;
et s’il y a quelque chose qui le lie et l’unifie à ce point central, il est contraint dans la simplicité, c’est-à-dire dans l’immobilité, et cesse de varier et de changer.
De même, par une raison similaire,
celle chose qui s’éloigne le plus de la première pensée de Dieu est étendue et soumise à des liens plus forts du destin ;
et plus cette chose est libre et éloignée du destin, plus elle s’attache à ce centre des choses, c’est-à-dire à Dieu.
Et si cette chose s’accroche à la fixité de la pensée de Dieu
et reste immobile, elle dépassera assurément la nécessité du destin.

Ainsi, de même que la compétence est relative à la compréhension,
ce qui est engendré à ce qui existe, le temps à l’éternité, et le cercle au centre,
de même l’ordre du destin mobile est relatif à la simplicité stable de la providence.

Cet ordre mue le ciel et les étoiles,
unit les éléments entre eux, et les transforme par des mutations successives ;
et ce même ordre renouvelle constamment toutes les choses qui naissent et meurent,
par des progrès similaires de positions et de sexes, c’est-à-dire mâle et femelle.
Et cet ordre contraint les fortunes et les destins des hommes par un lien de causes, incapable d’être rompu ;
ces causes destinées, lorsqu’elles sortent des origines de la providence immuable, doivent nécessairement…

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ne peut être modifié. Ainsi, les choses sont bien gouvernées, 110
car la simplicité qui réside dans la pensée divine montre
l’ordre des causes, incapable d’être dévié ; et cet ordre,
par sa propre stabilité, contraint les choses mouvantes, sinon elles
chuteraient follement. C’est pourquoi toutes les choses semblent
confuses et troubles pour nous, hommes, car nous ne pouvons pas considérer 115
un tel ordre ; néanmoins, la nature propre de chaque chose, en la disposant pour le bien, les arrange toutes.

Car rien n’est fait par malveillance ; et ce qui est fait par des gens méchants n’est pas fait par malveillance. Ces derniers, comme je l’ai montré amplement, cherchaient le bien, mais 120
une erreur funeste les égare, et l’ordre provenant du point du bien souverain ne s’éloigne jamais de son origine. Mais on pourrait dire : quelle agitation pourrait être plus confuse que celle où les bons ont parfois des adversités et parfois de la prospérité, et où les méchants ont maintenant des choses qu’ils désirent, et maintenant 125
des choses qu’ils haïssent ? Les hommes vivent-ils donc dans une telle confusion de pensée (comme certains disent, les hommes sont-ils aujourd’hui si sages) que ceux qu’ils veulent voir comme bons ou méchants doivent nécessairement être tels qu’ils les perçoivent ? Mais de cette manière, les opinions des hommes divergent, de sorte que ceux que 130
certains jugent dignes de récompense, d’autres les jugent dignes de châtiment. Mais admettons que quelqu’un puisse bien distinguer ou connaître les bons et les mauvais ; peut-il alors connaître et voir cette tempérance intérieure du courage, comme on a coutume de le dire des corps ? Comme on demande : un homme peut-il parler et 135
déterminer les tempéraments du courage, comme on avait coutume de parler des compositions et tempéraments des corps ? Ce n’est pas là un miracle étrange pour celui qui ne le sait pas (comme on dit, c’est plutôt un prodige ou un miracle pour celui qui ne le sait pas), car certaines choses douces conviennent à certains corps imparfaits, tandis que 140
d’autres choses amères conviennent à d’autres corps ; de même, certaines personnes malades sont guéries par des remèdes légers, tandis que d’autres le sont par des remèdes forts. Mais bien sûr, celui qui connaît la nature et le tempérament de la santé et de la maladie n’en est pas étonné. Mais qu’est-ce d’autre que la santé du courage, sinon générosité et bravoure ? Et qu’est-ce d’autre que la maladie du courage, sinon vilenie ? Qui donc est le gardien du bien ou le repousseur du mal, sinon Dieu, gouverneur et connaisseur des pensées ? Ce Dieu, lorsqu’il observe de loin son œuvre, sait ce qui convient 150

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Chacun doit savoir ce qui lui convient. Voici comment naît et s’accomplit ce noble miracle de l’ordre destiné : lorsque Dieu, qui sait tout, fait des choses dont les gens ignorants sont étonnés. Mais afin de restreindre, comme on le dit, afin de comprendre et d’expliquer quelques aspects des profondeurs divines que l’esprit humain puisse saisir, cet homme qui veut être véritablement juste et respectueux de l’équité agit à l’encontre de la providence divine, qui sait tout. Et Lucain, mon ami, raconte que « la cause victorieuse ressemble aux dieux, tandis que la cause vaincue ressemble à Caton ». Ainsi, quoi que vous voyiez dans ce monde, chose inattendue ou imprévue, c’est assurément l’ordre juste des choses ; mais selon votre opinion erronée, c’est du chaos. Je suppose qu’il existe des hommes si bien guidés que le jugement divin et le jugement des hommes concordent pour les protéger ; mais ils manquent de courage, si bien que, face à une adversité, ils risquent d’abandonner leur innocence, ce qui les empêche de résister au destin. Alors, la sage disposition de Dieu les épargne, car Dieu ne veut pas les laisser souffrir, eux pour qui cette souffrance n’est pas appropriée. Un autre homme est parfait en toutes vertus, c’est un homme saint, mais il néglige Dieu, si bien que la providence divine exigerait qu’il soit frappé par des adversités ; elle ne permettrait donc pas qu’un tel homme soit atteint par la moindre maladie physique. Mais comme l’a dit un philosophe, plus éminent encore : il a dit en grec que « les vertus ont édifié le corps de l’homme saint ». Souvent, il arrive que certaines tâches soient confiées aux gens pieux, afin que la méchanceté répandue chez les méchants soit atténuée. Dieu accorde ou retire aux autres peuples prospérité et adversités, selon la qualité de leur courage, et il punit certains par des épreuves, car ils ne doivent pas devenir arrogants à cause d’une longue fortune. D’autres peuples, il les laisse souffrir de grandes épreuves, afin qu’ils affermissent les vertus du courage par l’exercice de la patience. D’autres encore endurent plus que ce qu’ils devraient supporter, alors qu’ils auraient pu le faire ; certains détestent ce qu’ils ne peuvent supporter ; ces gens, Dieu les conduit à faire l’expérience de Lui à travers des épreuves dures et douloureuses. Beaucoup d’autres ont acquis une réputation honorable dans ce monde grâce à une mort glorieuse. Et certains hommes, qui ne peuvent être vaincus par les tourments…

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Il a même donné l’exemple aux autres gens, afin que la vertu ne puisse être vaincue par les adversités ; et il ne fait aucun doute que tout cela leur a été accordé légitimement et ordonnément, à l’avantage de ceux pour qui nous avons vu ces choses arriver. Car en vérité, les adversités arrivent parfois aux méchants, et parfois à ceux qu’ils désirent, et cela vient de ces causes mentionnées. Quant aux choses affreuses qui arrivent aux méchants, certes, personne n’en est étonné ; car tous pensent qu’ils l’ont bien mérité et qu’ils ont de mauvaises qualités ; à cause de quoi, parfois, les tourments incitent les autres à commettre des crimes, et parfois ils amènent ceux qui souffrent ces tourments à se corriger. Et la prospérité même qui arrive aux méchants montre aux gens bons un grand argument sur ce qu’ils devraient attendre de cette bienveillance, dont on voit souvent les hommes bénéficier chez les méchants. À ce sujet, je crois que Dieu dispense ainsi : car, peut-être, la nature de certains hommes est si déviée vers le mal et si incompatible avec la vertu, que la pauvreté extrême de leur famille pourrait plutôt les pousser à commettre des crimes. Et à la maladie de celui-ci, Dieu met un remède, en lui donnant des richesses. Un autre homme, quant à lui, a sa conscience souillée par les péchés, et compare sa fortune à lui-même ; et il craint, peut-être, que sa félicité, dont l’usage lui procure du bonheur, ne lui soit pas fatale s’il en perdait une partie ; c’est pourquoi il veut changer ses manières, et, craignant de perdre sa fortune, il abandonne ses mauvaises habitudes. Pour d’autres gens, la bienveillance est même injustement accordée, ce qui les précipite dans la destruction qu’ils méritent. Et pour d’autres encore, il y a même le pouvoir de punir, car cela servira à la persévérance et à l’exercice des gens bons, et à la torture des méchants. Car il n’y a pas d’alliance entre les gens bons et les méchants, ni les méchants ne peuvent s’accorder entre eux. Et pourquoi ? Parce que les méchants sont divisés entre eux par leurs propres actions, qui corrompent toutes leurs consciences ; et ils font souvent des choses dont, une fois accomplies, ils exigent qu’elles n’aient jamais été faites. C’est pourquoi cette souveraine providence a souvent accompli de beaux miracles : ainsi, des méchants ont fait de méchants des hommes bons. Car lorsque certains méchants voient qu’ils subissent injustement des crimes commis par d’autres méchants, ils sont remplis de haine envers ceux qui les tourmentent, et retournent au fruit de la vertu, lorsqu’ils s’efforcent de ne plus ressembler à ceux qu’ils haïssent. En vérité, c’est là le pouvoir divin, devant lequel les méchants sont inférieurs aux bons, lorsqu’il utilise les méchants de manière appropriée et les fait sortir de…

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Effet de tout mal ; comme on le dit, le mal n’est bon que par la puissance de Dieu, car c’est la puissance de Dieu qui transforme ce mal en bien.

Car l’ordre embrase toutes choses, de sorte que quiconque s’écarte de la raison de cet ordre qui lui a été assigné commence aussitôt à glisser vers un autre ordre, de sorte qu’il n’y a rien qui puisse subsister dans le royaume de la providence divine ; comme on le dit, rien n’existe sans ordre dans le royaume de la providence divine, puisque le Dieu tout-puissant gouverne toutes choses en ce monde. Car il n’est pas possible à l’homme, par l’intelligence ou par des mots, de comprendre toutes les subtilités des ordres et des dispositions de l’intelligence divine. Il suffit donc de savoir que Dieu lui-même, créateur de toutes les natures, ordonne et dispose toutes choses pour le bien ; en effet, il s’empresse de maintenir les choses qu’il a créées selon son image, c’est-à-dire de les conserver dans le bien, car lui-même est bon ; il chasse tout mal hors des limites de sa communauté par l’ordre de la nécessité inéluctable. Il en résulte donc que, si tu observes la providence qui règle les choses que les hommes considèrent comme excessives ou abondantes sur terre, tu ne verras nulle part rien de mauvais. Mais je vois maintenant que tu es accablé par la lourdeur de cette question, et fatigué par la longueur de ma réponse ; et que tu désires quelque douceur chantée. Prends donc cette boisson ; et lorsque tu seras bien rafraîchi et restauré, tu seras plus apte à t’atteler à ces questions plus élevées.

Pr. VI. 4. A. Éd. do ; C. don. 5. C. meracle. 6. A. om. what. 13. A. Éd. Hercules. C.
slowh ; A. Éd. slough. 21. C. wyht. 22, 3. A. à la médecine à. 25. C. norysynges.
27. C. A. weue ; glossé contexo. 28. A. Tho ; C. So. 30. A. progressiouns ; C.
progressioun ; progressus. 48. C. Éd. infynyte ; A. with-outen fyn. 49. C. dyuydyd ; A.
Éd. diuideth ; distributa. 50. Après tymes A. ins. departith (om. as). // C. lat ; Éd. Let ; A.
de sorte que. 52. Éd. be cleaped ; C. A. is (voir 54). 55. A. Éd. on ; C. of. 57. C. om. a. 59. C.
simplement. 60. C. Éd. ordinaunce ; A. thouȝt. 61. C. stablely. 64. C. desponed. 65. C.
weyther. C. destyn (mal écrit). 67. C. A. sowle ; glossé anima mundi. 68. C. om. the
bef. vertu. 71. C. acomplyssed ; A. accomplissed. 79. C. stablely. A. yficched ; C. y-
fechched ; Éd. fyxed. 80. Éd. mouablyte ; A. moeuablite. 81. A. Éd. om. of. 85. A. Éd.
larger ; C. a large. 86. C. Éd. fertherest ; A. forthest. 91. C. A. fyrthest (voir 86). 93. A.
lovs ; Éd. loce. 96. C. necissite. 103. C. mutasioun. 105. A. Éd. progressiouns ; C.
progressioun ; Lat. progressus. 106. A. female. 107. A. unbounden ; glossé
indissolubili. 137. Après bodies, A. a ‘quasi non.’ 139. C. om. 2nd a. 142, 3. A. om.
et quelques... médecines. 148. A. leecher. 159. A. familier. 160. Éd. victoriouse ; C. A.
victories ; uictricem. 164. C. sopose. 166. C. om. so. 176. bodily] A. manere. // A. om.

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plus... par moi ; moi aussi plus excellent. A. a : les adversités arrivent, il dit
en grec, là se trouvent les vertus. 186. C. courage (de l’âme). // C. exercice. 187. Tous
(pour cela.) 188, 9. Éd. et certains... ne supportent pas ; C. A. om. 191. C. de ; A. Éd. de. 195.
A. ordinairement. 202. C. Éd. crimes ; A. folies. 210. A. putith ; C. pittyth. // A. richesse.
213. A. ses ; C. est. 219. C. A. punir ; Éd. punir. 220. C. en faisant de l’exercice. 222. A.
Éd. accorder ; C. accord. 228. Après « fait », A. ins. souvent (pas en latin). 232. C. om.
études. 235. A. par (pour). 238. C. assigné. 240. A. royaume (deux fois). 243. A. à personne.
247. C. temps ; A. pendant. 253. Éd. outrageux ; C. outrageous ; A. om. 255. C. la longueur ; A. Éd. om. le.
257. A. restaure. 258. C. ferme.

Mètre VI.

Si tu veux connaître les lois du tonnant céleste.

Si toi, sage, tu veux examiner dans ta pensée pure les droits ou les lois du
tonnerre céleste, c’est-à-dire de Dieu, regarde et contemple les hauteurs
du ciel souverain. Là, les étoiles, par un lien légitime des choses,
gardent leurs anciennes places. Le soleil, mue par son feu radieux, ne trouble
jamais le cercle froid de la lune. Ni l’étoile appelée « Bélier », qui entoure
ses courses éblouissantes autour de la hauteur souveraine du monde, ni
la même étoile Ourse n’a jamais été lavée dans la mer occidentale profonde,
ni ne cherche à cacher ses flammes dans la mer de l’Occident, bien qu’elle
voie d’autres étoiles plongées dans la mer. Et Hespère, l’étoile, annonce
toujours les nuits tardives ; et Lucifer, l’étoile, apporte toujours le jour clair.

Ainsi, l’Amour rend changeables les courses éternelles ;
ainsi, une bataille discordante est écartée du domaine des étoiles. Cette
harmonie tempère constamment, par des moyens égaux, les éléments, de sorte
que les choses humides, luttant avec les choses sèches, prennent tour à
tour leur place ; et les choses froides se joignent par force aux choses
chaudes ; et que le feu lumineux s’élève vers le haut ; et que les terres
lourdes descendent sous leur poids. Pour ces mêmes raisons, l’année fleurie
déploie de forts parfums au cours des premiers étés chauds ; et l’été
chaud dessèche les épis ; puis vient l’automne, riche en pommes ; et
la pluie hivernale précède l’hiver. Cette tempérance fait naître et produit
tout ce qui respire la vie en ce monde ; et cette même tempérance,
éblouissante, humidifie et arrose, et inonde sous la mort finale, toutes
les choses nées.

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Parmi ces choses se trouve celui qui crée les yeux, roi et seigneur, bien et commencement, loi et juge sage pour accorder l’honneur ; il gouverne et entoure les rênes des choses. Et bien que les choses qu’il pousse à avancer par son mouvement, il les retire et les arrête ; il affirme les choses mobiles ou errantes. Car s’il ne maintenait pas constamment le bon cours des choses, et s’il ne les contraignait pas, ces enfants, dans des cercles fermés, les choses qui maintenant subsistent grâce à un ordre stable devraient s’éloigner de leur bien, c’est-à-dire de leur commencement, et périr, c’est-à-dire retourner au néant.

C’est l’Amour commun à toutes choses ; et toutes choses doivent être tenues par la finesse du bien. Car elles ne pourraient pas durer, si elles ne revenaient pas, par l’Amour, à la cause qui leur a donné l’être, c’est-à-dire à Dieu.

Prose VII.

Vois-tu donc maintenant ?

Ne vois-tu pas quelle chose suit toutes celles que j’ai dites ? Boèce : « Quelle chose ? » dis-je.

« Assurément », dit-elle, « c’est avant tout que toute fortune est bonne. »

« Comment cela peut-il être ? » dis-je.

« Comprends maintenant », dit-elle, « que toute fortune, qu’elle soit heureuse ou difficile, provient soit de la récompense ou de l’exercice des gens bons, soit de la punition ou du châtiment des méchants ; donc toute fortune est bonne, puisque c’est certain qu’elle soit juste ou profitable. »

« En vérité, c’est là une raison pleinement vraie », dis-je ; « et si je considère la providence et le destin que tu m’as enseignées… »

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Petit her-biforn, cette phrase est étayée par des raisons solides.
Mais si cela te convient, comptons-les parmi ces choses dont tu as dit qu’elles étaient de petits her-biforns, c’est-à-dire qu’elles n’étaient pas capables d’être utiles au peuple. « Pourquoi donc ? » demanda-t-elle.

« Car le langage commun des hommes », dis-je, « abuse de ce genre de discours sur la fortune, et dit souvent que la fortune de quelqu’un est mauvaise. »

« Veux-tu alors », dit-elle, « que j’approche un peu plus les mots du peuple, afin qu’il ne semble pas que je m’éloigne trop de l’usage des hommes ? »

« Comme tu le souhaites », dis-je.

« Faut-il pour autant croire », dit-elle, « que tout ce qui est utile est bon ? »

« Oui », dis-je.

« Et assurément, ce qui exerce ou corrige est utile ? »

« Je l’avoue bien », dis-je.

« Alors c’est bon ? » demanda-t-elle.

« Pourquoi pas ? » dis-je.

« Mais c’est là la fortune », dit-elle, « de ceux qui soit sont mis dans la vertu et combattent constamment des choses difficiles, soit de ceux qui fuient et évitent les épreuves et choisissent la voie de la vertu. »

« Je ne peux pas le nier », dis-je.

« Mais que dis-tu de cette bonne fortune qui revient aux gens vertueux en récompense ? Le peuple pense-t-il qu’elle soit mauvaise ? »

« Non, assurément », dis-je ; « mais ils pensent, en vérité, qu’elle est très bonne. »

« Et que dis-tu de cette autre fortune », demanda-t-elle, « qui, bien qu’elle soit difficile et restreigne les méchants par des tourments justes, le peuple pense-t-il qu’elle soit bonne ? »

« Non », dis-je, « mais le peuple pense qu’elle est la plus cruelle de toutes celles qui peuvent être imaginées. »

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« Guerre maintenant, et regarde bien », dit-elle, « afin que nous, en suivant l’opinion du peuple, n’ayons pas avoué et conclu quelque chose qui ne peut être montré au peuple. 45

« Qu’est-ce donc ? » demandai-je.

« Certes », répondit-elle, « cela vient ou découle de choses établies, à savoir que toute fortune, quelle qu’elle soit, pour ceux qui possèdent la vertu, ou qui sont sur le point de l’acquérir, ou qui cherchent à l’acquérir, cette fortune est bonne ; et que toute fortune est justement destinée à ceux qui vivent dans la prudence ; » comme on le dit, et c’est ainsi que l’on trompe le peuple.

« C’est vrai », dis-je, « même si personne n’ose l’avouer ni le savoir. »

« Pourquoi donc ? » demanda-t-elle ; « car tout comme l’homme fort ne semble jamais vouloir s’abaisser ou mépriser, chaque fois qu’il entend le bruit de la bataille, de même il ne semble pas non plus au sage de s’en affliger trop, chaque fois qu’il est jeté dans les tourments de la fortune. Car pour l’un comme pour l’autre, cette difficulté est la même : pour l’un, il s’agit de préserver sa gloire, et pour l’autre, de confirmer sa sagesse, c’est-à-dire de maintenir la hauteur de son statut. C’est pourquoi on l’appelle “vertu”, car elle soutient et fortifie, par ses forces, afin qu’on ne soit pas vaincu par les adversités. Certes, toi qui es dans la voie de la vertu ou à son sommet, tu n’es pas venu pour te complaire dans les délices et pour flétrir dans les désirs corporels ; tu mènes constamment une rude bataille dans ton courage contre toute fortune : car ni la fortune malheureuse ne te confond, ni la fortune heureuse ne te corrompt, mais tu occuples ton esprit par des efforts constants. Car tout ce qui est en deçà de l’esprit, ou tout ce qui le dépasse, méprise le bonheur (on dit que c’est vicieux), et n’a aucun remède à ses peines. Car il est entre tes mains (on dit que c’est de ton pouvoir) quelle fortune tu souhaites, c’est-à-dire bonne ou mauvaise. Car toute fortune qui semble dure ou âpre, si elle ne discipline pas les bons ni ne purifie les méchants, elle punit. »

Pr. VII. 1. A. Sest thou ; C. Sestow. 5, 6. A. om. alle ... aspre. 7. Ed. guerdonyng ; C. A. gerdounynge. // C. excersisinge. 16. A. ywened. 20. A. proche. 24. A. Demest thou ; Ed. Wenest thou. A. al ; C. alle. 26. C. excersiseth. C. corigit ; A. corigith ; Ed. corrygeth. 34. A. seist thou. 35. Ed. guerdon ; C. A. gerdoun. C. Ed. demeth ; A. deuinith.

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décide. A. peuples ; populace. 38. A. sais-tu. 41. C. Éd. est ; A. être. 49. A. om. ou dans ...

vertu. 55. C. les forts ; A. pas de forts. 56. Éd. abaisser ; A. abaisser. 66. A. flétrir ;
Éd. marcher ; C. monter ; se flétrir. 69. A. Éd. corrompre. C. Occuper ; A. Occupier. C.

ferme. 75. C. exercice. 76. C. punirait ; A. aurait puni.

Mètre VII.

Bella bis quinis operatus annis.

Le vengeur des Atrides, c’est-à-dire Agamemnon, qui mena
et poursuivit les batailles pendant dix ans, récupéra et purifia,
par la vengeance, par la destruction de Troie, les chambres nuptiales
perdues de son frère ; c’est-à-dire qu’il, Agamemnon, désirait
Éléna, qui était l’épouse de son frère Ménélas. Pendant ce temps-là,
Agamemnon voulut envoyer des navires à la flotte grecque, et acheta
le vent au prix du sang, il se débarrassa de toute pitié pour son père ; et le triste prêtre offre
lors du sacrifice le malheureux sacrifice du cou de sa fille ; c’est-à-dire que
Agamemnon fit couper le cou de sa fille par le prêtre, afin de faire
alliance avec ses dieux, et pour obtenir un vent avec lequel il pourrait
se diriger vers Troie.

Ithaque, c’est-à-dire Ulysse, pleura ses compagnons perdus,
ceux que le cruel Polyphème, couché dans sa grande grotte,
avait dévorés et engloutis dans son ventre vide. Mais néanmoins
Polyphème, pour sa vue aveugle, donna de la joie à Ulysse par ses
terribles cris ; c’est-à-dire que Ulysse lui creva l’œil qui était sur son nez,
ce qui lui procura de la joie, lorsqu’il vit Polyphème pleurer et être aveugle.

Hercule est célèbre pour ses travaux difficiles ; il effraya
les fiers Centaures, mi-chevaux, mi-hommes ; et il arracha la peau
au cruel lion, c’est-à-dire qu’il ralentit le lion et lui ôta sa peau. Il frappa
les montagnes où se trouvent les Harpies avec certaines armes. Il vola des pommes
au dragon endormi, et sa main devint encore plus lourde à cause du métal doré.
Il noya Cerbère, le chien de l’enfer, par sa triple chaîne. Lui, le vainqueur, comme on le dit, a mis un maître impitoyable
devant ses chevaux cruels ; c’est-à-dire que Hercule ralentit Diomède,
et fit en sorte que ses chevaux le dévorent. Et lui, Hercule, ralentit l’Hydre, le serpent,
et brûla son venin. Et Acheloos, le fleuve, fut souillé en son...

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Achélous cachait son visage honteux dans ses eaux ; c’est-à-dire qu’Achélous pouvait se transformer en diverses formes ; et, lorsqu’il lutta contre Héraclès, il le transforma finalement en un taureau ; Héraclès brisa l’un de ses cornes, et lui, par honte, le cacha dans son fleuve. Quant à Héraclès, il jeta Anthée, le vieillard, dans les rivages de Libye ; et Cacos guérit les ulcères d’Évandre ; c’est-à-dire que Héraclès vainquit le monstre Cacos et, par sa mort, guérit les ulcères d’Évandre. Le taureau hérissé marqua de cicatrices les épaules d’Héraclès, ces épaules que le cercle céleste devait pleurer. Sa dernière tâche fut de soutenir le ciel sur ses épaules sans se courber ; il mérita ainsi le ciel, en récompense de son dernier effort.

Allez donc, hommes forts, suivant la voie exemplaire du grand héros. Ô hommes lents, pourquoi tournez-vous le dos ? Comme on dit : Ô hommes lents et délicats, pourquoi fuyez-vous les adversités et ne combattez-vous jamais avec vertu pour gagner la récompense du ciel ? Car la terre, une fois vaincue, donne naissance aux étoiles ; c’est-à-dire que, lorsque le désir terrestre est surmonté, l’homme devient digne du ciel.

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LIVRE V.
Prose I.

Elle avait dit, et changea le cours de son discours pour aborder d’autres sujets à traiter et à développer. Alors je dis : « Certes, ton avertissement est juste et tout à fait digne par son autorité. Mais comme tu as dit que la question de la providence divine est liée à de nombreuses autres questions, je l’ai bien compris et je le prouve par la même chose. Cependant, je te demande s’il se trouve quelque chose, d’une manière ou d’une autre ; et, s’il se trouve quelque chose, qu’est-ce ? »

Alors elle répondit : « Je me hâte de te répondre et de régler la dette de ma promesse, afin de montrer et d’ouvrir le chemin par lequel tu pourras retourner dans ton pays. Mais, bien que les choses que tu demandes soient vraiment utiles à connaître, elles diffèrent quelque peu du but de mes intentions ; et il est à craindre que tu ne sois induit en erreur, de sorte que tu ne puisses pas suffisamment discerner le bon chemin. »

« N’en doute en rien », dis-je. « Car connaître de telles choses, en quoi je m’intéresse vivement, sera pour moi comme un repos ; car il ne faut douter en rien des points suivants, puisque chaque aspect de ta discussion m’aura été clairement exposé par une foi indubitable. »

Alors elle dit : « C’est ainsi que je veux te l’expliquer » ; et elle commença à parler ainsi : « Certes, si quelqu’un définit de cette manière, c’est-à-dire en disant que “le hasard est une création issue d’un mouvement insensé et sans lien de causes”, j’affirme que le hasard n’est absolument rien en aucune façon ; et je nie complètement son existence, le considérant seulement comme un mot vide, sans aucune signification correspondante à ce mot. Car quelle place pourrait-il y avoir, ou où pourrait-il résider, pour suivre ou perturber, puisque Dieu guide et ordonne toutes choses ? Car cette sentence est véritable et vraie : “Rien n’a son être du néant” ; et aucun de ces anciens n’a jamais contesté cette sentence, bien que… »

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afin qu’ils ne le comprennent pas et ne l’estiment pour rien, par Dieu, prince et initiateur des actions ; mais ils le considèrent comme une sorte de fondement du sujet matériel, c’est-à-dire de la nature de toute raison. Et si quelque chose advient ou naît sans cause, il semblera que cette chose soit venue ou née de rien ; mais si cela ne peut être, alors il est impossible qu’il existe une telle chose telle que je l’ai définie tout à l’heure.

« Comment cela peut-il alors être ? » dis-je. « Il n’y a donc rien qui, à juste titre, puisse être appelé soit “hasard”, soit “aventure de la fortune” ; ou bien y a-t-il quelque chose, même s’il est caché aux gens, auquel ces mots s’appliquent ? »

« Mon Aristote », dit-elle, « dans son livre de Physique, définit cette chose par une raison concise, et presque juste. »

« De quelle manière ? » demandai-je.

« Comme souvent », dit-elle, « lorsque les hommes font quelque chose grâce à une autre chose, et qu’une autre chose que celle qu’ils entendent faire est causée par certaines raisons, on appelle cela “hasard”. Tout comme un homme creuse la terre à cause du labourage du champ, et y trouve un trésor d’or enfoui, alors les gens disent que c’est arrivé par chance. Mais en réalité, ce n’est pas venu de rien, car il a ses propres causes ; et c’est parce que le cours imprévisible et inattendu de ces causes semble avoir provoqué le hasard. Car si le laboureur n’avait pas labouré la terre, et si le gardien de l’or n’avait pas caché l’or en cet endroit, l’or n’aurait pas été trouvé. Ce sont donc les causes de la réduction du hasard, et cette réduction vient de causes qui se rencontrent et convergent vers elles-mêmes, et non par la volonté de celui qui agit. Car ni le gardien de l’or ni le laboureur n’avaient compris que l’or devrait être trouvé ; mais, comme je l’ai dit, cela s’est produit et a convergé vers eux parce que l’autre avait caché l’or. Ainsi puis-je définir le “hasard” : le hasard est un événement imprévu de causes réunies dans des choses qui se produisent pour une autre chose. Mais cet ordre, procédant par un lien insaisissable qui descend de la source de la providence qui ordonne toutes choses en leurs lieux et en leur temps, fait que les causes courent et se rassemblent ensemble. »

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Pr. I. 1. C. par cours (à tort) ; A. Éd. le cours. 4. C. autrefois ; A. il y a quelque temps. // le (2)]
C. ton. 8. A. n’importe quel (au lieu de n’importe quoi). // C. c’est ; A. Éd. est-ce. 9. C. Éd. vers ; A. le vers ;
Cax. vers le le (= vers toi le). 13. C. et encore ; A. Éd. om. et. 19. A. dispute. 19, 20. C. ont été ; Éd. ont eu été ; A. être. 22, 23. C. défensive ; mais définie en 39. // C.
gloses signifiant par i. euentum. 24. A. liaison. 31. A. om. le. 33. C. -stondyn ; A. -stoden. // C. meneden ou meueden ; A. moeueden (pas dans le texte latin). 34. Je le complète.
35. A. om. le. 38. C. om. yif (lat. quod si). 43. C. convenable. 50. C. pour expliquer ; A. de l’explication. 52. A. tombé. 53. C. du néant (de nihilo) ; A. pour la nuit. 55. C. du champ (agri) ; A. dans la terre. // C. dans la terre (humum) ; A. dans le champ. 57. A. abrégement ;
C. abrégement (mais abrégement pour la deuxième fois). 58. A. fortune (!), au lieu de fortuit ; deux fois. 66. A. inscrutable.

Mètre I.

Rupis Achemenie, sur des rochers, où se trouvent les vers suivants.

Le Tigre et l’Euphrate, se brisant et jaillissant de leurs sources, dans
les falaises de la région d’Acheménie, là où
les petites batailles lancent leurs flèches, retournent dans les poitrines de ceux qui les suivent. Et peu après ces mêmes fleuves, le Tigre et l’Euphrate, unissent et séparent leurs eaux. Et s’ils viennent ensemble, rassemblés et réunis en un seul cours, alors on voit ces choses flotter ensemble que l’eau du conflit apporte. Les navires et les bateaux emportés par la crue se rassemblent ; et les eaux mêlées enveloppent ou recouvrent de nombreuses fortunes ou événements ; 10
ces événements errants, les catastrophes, cette baisse de la terre et l’ordre du courant de l’eau qui coule sont gouvernés par cela. De même, la Fortune, qui semble avancer avec des rênes lâches ou indisciplinées, permet que des rênes, c’est-à-dire des contrôles, existent, et obéit à cette loi, c’est-à-dire à cet 15
ordre divin.

Prose II.

Remarque, dis-je.

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« Cela, je le comprenais bien », dis-je, « et j’admets volontiers que c’est juste comme tu le dis. Mais je demande s’il existe une certaine liberté de libre arbitre dans cet ordre de causes qui se lient ainsi entre elles ; sinon, je voudrais savoir si la chaîne du destin contraint les mouvements du cœur des hommes. »

« Oui », dit-elle, « il y a liberté de libre arbitre. Jamais aucune chose dotée de raison n’a été dépourvue de cette liberté. Car toute chose qui peut naturellement user de raison possède un jugement par lequel elle décide et choisit tout ; elle sait alors, par elle-même, ce qu’il convient de fuir et ce qu’il convient de désirer. Et ce que quiconque choisit de désirer, c’est ce qu’il cherche ou désire ; et il fuit ce qu’il pense devoir être fui. Ainsi, en toutes choses où il y a raison, il y a aussi liberté de vouloir et de ne pas vouloir. Mais je n’affirme pas, comme certains le disent, que cette liberté soit égale en toutes choses. Car dans les substances divines souveraines, c’est-à-dire dans les esprits, le jugement est plus clair, la volonté n’est pas corrompue, et la puissance est prête à accélérer ce qui est désiré. Mais les âmes des hommes doivent être plus libres lorsqu’elles se plongent dans la contemplation ou la réflexion de la pensée divine, et moins libres lorsqu’elles pénètrent dans les corps ; encore moins libres lorsqu’elles sont rassemblées ensemble et contenues dans les membres terrestres. Mais la dernière forme d’esclavage survient lorsque celles-ci tombent même en contradiction entre elles et perdent possession de leur propre raison. Car dès qu’elles détournent leurs yeux de la lumière de la vérité souveraine vers des choses basses et obscures, aussitôt elles sont enveloppées par le nuage de l’ignorance et troublées par des talents criminels ; et lorsque ces talents s’approchent et gagnent du terrain, ils renforcent et augmentent l’esclavage auquel elles se sont soumises ; et de cette manière, elles deviennent prisonnières de leur propre liberté. Ces choses, bien sûr, la vision de la providence divine voit, car elle contemple et perçoit tout depuis l’éternité, et ordonne à chacun selon ses mérites tels qu’ils ont été prédestinés : et il est dit en grec : “Il voit toutes choses et il entend toutes choses.” »

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27. C. clowdes ; A. Ed. cloude (nuage). 27, 8. Ed. A. avec le ; C. omet le. 31. A. purueaunce. 34. La dernière proposition, dans l’original, est en grec.

Mètre II.

Puro clarum lumine Phebum.

Homère à la bouche douce, c’est-à-dire Homère aux paroles suaves, chante que le soleil est clair par une lumière pure ; mais il ne peut, par la faible lumière de ses rayons, briser ou percer les entrailles intérieures de la terre, ni celles de la mer. Ainsi on ne voit pas Dieu, créateur du grand monde : pour celui qui regarde toutes choses d’en haut, rien ne résiste par l’épaisseur de la terre ; ni la nuit ne lui résiste à cause des nuages noirs. Un tel dieu voit, en un seul éclair de pensée, toutes choses qui sont, qui furent ou qui viendront ; et un tel dieu, puisqu’il regarde et voit tout seul, on peut dire qu’il est le vrai soleil.’

Me. II. 3. A. faible. 6. C. omet nat. 7. C. épaisseur (tumeur) ; A. épaisseurs. 8. C. éclair, expliqué comme i. ictu.

Prose III.

Tum ego, en, inquam.

Alors je dis : « Maintenant je suis confus par un doute encore plus difficile que celui que j’avais auparavant. »

« Quel est ce doute ? » demanda-t-elle. « Car assurément, je devine maintenant par quels motifs tu es troublé. »

« Il me semble », dis-je, « que c’est en contradiction flagrante que Dieu sache tout à l’avance, et qu’il y ait encore une certaine liberté. Car si c’est ainsi que Dieu voit tout à l’avance, alors Dieu ne peut être trompé en aucune manière, sauf si cela n’était pas nécessaire, afin que toutes choses adviennent selon ce que la prévision de Dieu avait annoncé. Par conséquent, si Dieu connaît à l’avance non seulement les actions des hommes, mais aussi leurs décisions et leurs volontés, alors il ne peut y avoir de liberté de choix ; ni…

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Certes, il ne peut y avoir d’autre cause ni de volonté que celle que la providence divine, qui ne peut être déniée, a prévue à l’avance. Car si l’on pouvait expliquer les choses d’une manière différente de celle par laquelle elles ont été prévues, il ne pourrait y avoir aucune prescience certaine des événements à venir, mais plutôt une opinion incertaine ; et considérer cela comme venant de Dieu, je le tiens pour un crime et une impudence. Je ne reconnais pas non plus ce genre de raisonnement, celui selon lequel certains prétendent pouvoir résoudre et dénouer le nœud de cette question. En effet, ils disent que les choses ne viendront pas parce que la providence divine a décrété à l’avance qu’elles viendraient, mais plutôt le contraire : c’est-à-dire que, puisque les choses doivent venir, elles ne peuvent être cachées à la providence divine ; et de cette façon, cette nécessité aboutit nécessairement à son contraire : il ne convient pas que les choses déjà déterminées changent, mais il convient bien que celles qui doivent venir soient déjà déterminées. Cependant, on dirait que cette réponse procède comme si les hommes avaient cherché ou réfléchi à la cause de chaque chose — c’est-à-dire savoir si la prescience est la cause de la nécessité des événements à venir, ou bien si c’est la nécessité des événements à venir qui est la cause de la providence. Mais je ne m’efforce pas pour l’instant de montrer que la détermination des choses à l’avance est nécessaire, ni comment ni en quelle manière l’ordre des causes le permet ; bien que cela ne semble pas impliquer que la prescience fasse naître la nécessité de la détermination des choses à venir. Car en vérité, si quelqu’un est assis, il est nécessaire que l’opinion de celui qui suppose qu’il est assis soit vraie ; et inversement, si l’opinion est vraie au sujet du fait qu’une personne est assise, il est nécessaire que cette personne soit assise. Il y a donc une nécessité dans l’un et dans l’autre cas : dans le premier, il y a la nécessité d’être assis, et dans l’autre, la nécessité que l’opinion soit vraie. Mais cela ne signifie pas pour autant qu’une personne soit assise parce que l’opinion selon laquelle elle est assise est vraie ; plutôt, l’opinion est vraie parce que la personne est assise à l’avance. Ainsi, bien que la cause de la vérité vienne de l’autre côté (car on dit que la cause de la vérité vient du fait d’être assis, et non de l’opinion juste), il existe néanmoins une nécessité commune dans les deux cas. Ainsi, je peux établir des analogies entre la providence divine et les événements à venir. Car, bien que les choses à venir soient prévues parce qu’elles doivent venir, ce n’est certainement pas parce qu’elles…

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car il fournit, par conséquent rien n’est déterminé d’avance. Il est évident, 55
qu’il est nécessaire que soit les choses à venir soient fournies par Dieu, soit que celles qui sont fournies par Dieu soient déterminées. Et cela seul suffit amplement à détruire la liberté de notre arbitre, c’est-à-dire de notre libre volonté. Mais maintenant, certes, cela montre bien à quel point c’est loin de la vérité et complètement inverse 60
la chose que nous affirmons, à savoir que la détermination des choses temporelles est cause de la prescience éternelle. Mais pour penser que Dieu fournit les choses à venir parce qu’elles doivent venir, qu’y a-t-il d’autre sinon de penser que ces choses déjà déterminées sont causes de cette souveraine provision qui est en Dieu ? 65
Et à cela j’ajoute ceci : tout comme lorsque je sais qu’une chose existe, il est nécessaire que cette même chose existe ; et de même, lorsque j’ai su qu’une chose doit être déterminée, il est nécessaire que cette chose soit déterminée : — il s’ensuit donc que la détermination de la chose que l’on sait d’avance ne peut pas 70
être évitée. Enfin, si quelqu’un pense qu’une chose sera autrement qu’elle ne l’est, ce n’est pas seulement de l’ignorance, mais aussi une opinion trompeuse, très différente et loin de la vérité de la science.
Par conséquent, s’il y a quelque chose qui doit venir dont la détermination n’est ni certaine ni nécessaire, qui peut savoir d’avance que cette 75
chose viendra ? Car tout comme la science ne peut pas être mêlée de fausseté (comme celui qui dit : si je sais une chose, il ne peut pas être faux que je ne la sache pas), de même la chose conçue par la science ne peut pas être autrement qu’elle n’est conçue.
C’est pourquoi la science ne connaît pas le contraire (comme celui qui 80
dit : pourquoi cette connaissance ne reçoit-elle pas le contraire de ce qu’elle sait) ; car il est nécessaire que toute chose soit telle que la science la comprend. Que puis-je donc dire ? De quelle manière Dieu connaît-il d’avance les choses à venir, si elles ne sont pas certaines ? Car s’il affirme qu’elles doivent venir inévitablement, et qu’il est possible qu’elles ne viennent pas, Dieu est trompé. Mais non seulement penser que Dieu est trompé, mais le dire à haute voix, c’est un péché grave. Mais si Dieu sait que, telles que les choses doivent venir, elles viendront — de sorte qu’il sait également, comme celui qui 90
dit, indifféremment, que les choses peuvent se faire ou ne pas se faire — quelle est cette prescience qui ne comprend rien de certain ni de stable ? Ou alors, quelle différence y a-t-il entre cette prescience et cette divination digne de mépris de Tirésias le devin, qui disait : « Tout ce que je vois », disait-il, « soit cela arrivera, 95
soit cela n’arrivera pas » ? Ou encore, à quel point vaut-elle…

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La prescience divine l’emporte sur l’opinion des hommes, si tant est qu’elle détermine les choses incertaines, comme le font les hommes ; et quelles sont donc les affaires humaines dont la décision n’est pas certaine ? Mais si tant est qu’il ne puisse y avoir en celui qui connaît parfaitement toutes choses rien de non certain, alors la décision concernant ces choses qu’il sait avec certitude arriver est certaine. Il s’ensuit donc que la liberté des conseils et des actions des hommes n’existe pas, puisque la pensée de Dieu, qui voit toutes choses sans erreur ni fausseté, les lie et les contraint par nécessité à une décision. Et si l’on admet cela, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de libre arbitre, cela montre bien quelle grande destruction et quels grands dommages en résultent pour les hommes. Car il n’y aurait alors que des récompenses destinées aux bons et des châtiments pour les méchants, puisqu’aucun mouvement volontaire du libre courage ne leur serait dû, c’est-à-dire ni récompense ni châtiment ; et il semblerait que ce soit pire encore que ce qui est actuellement considéré comme le plus juste et le plus légitime, c’est-à-dire que les mégères soient punies ou que les bons soient récompensés : ces gens-là, puisque leur propre volonté ne les pousse ni vers l’un ni vers l’autre, c’est-à-dire ni vers le bien ni vers le mal, mais les contraint par une nécessité certaine des événements à venir ; alors il ne devrait jamais y avoir ni vice ni vertu, mais plutôt un mélange confus de tous les vices sans discernement. De là découle un autre inconvénient, dont on ne peut imaginer rien de plus criminel ni de plus pernicieux ; et c’est ceci : puisque l’ordre des choses provient de la providence de Dieu, et que rien n’échappe aux décisions des hommes (car on dit que les hommes n’ont ni pouvoir de faire quoi que ce soit, ni volonté de le faire), il s’ensuit que nos vices sont imputables au créateur de tout bien (ce qui signifie que Dieu devrait être tenu pour responsable de nos vices, puisqu’il nous contraint par nécessité à les commettre). Alors il n’y a plus de raison d’espérer en Dieu, ni de prier Dieu ; car pourquoi quelqu’un espérerait-il en Dieu, ou pourquoi prierait-il Dieu, puisque l’ordre du destin, qui ne peut être changé, lie et contraint toutes les choses que les hommes peuvent désirer ? Il ne resterait alors entre Dieu et les hommes que cette seule alliance, à savoir l’espérance et la prière. Mais par la vertu de la justice et de la véritable bonté, nous méritons la grâce divine, qui est inestimable, c’est-à-dire si grande qu’elle ne peut être pleinement remerciée. Et c’est là le seul moyen…

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c’est-à-dire l’espoir et les prières, par lesquels il semble que les hommes parlent à Dieu, et par la force de leurs supplications ils sont unis à une telle clarté qu’aucun autre moyen n’existe pour s’en approcher, si ce n’est en le suppliant et en le sollicitant. Et si l’on pense que ni l’espoir ni les prières n’ont de force, en raison de la nécessité des choses à obtenir, quel est alors le moyen par lequel nous pouvons être unis et liés à ce souverain prince de toutes choses ? Il est donc nécessaire, par nécessité, que la descendance de l’humanité, comme tu l’as dit un peu plus haut, s’éloigne et se sépare de son bien, et perde son origine, c’est-à-dire Dieu.

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Quelle cause discordante a rompu et séparé l’union,
ou l’alliance, des choses, c’est-à-dire la conjonction de Dieu
et de l’homme ? Quel Dieu a instauré une si grande bataille entre
ces deux choses véritables, c’est-à-dire entre la providence de Dieu
et la libre volonté, au point qu’elles soient distinctes et séparées,
et ne veuillent ni être mêlées ni liées ensemble ? Mais il n’y a pas de discorde
entre les choses véritables ; elles restent, certes, toujours unies à elles-mêmes.
Mais la pensée de l’homme, troublée et bouleversée par les membres obscurs du corps,
ne peut, même avec toute la force de son regard, c’est-à-dire avec toute la vigueur
de sa perspicacité, tant que l’âme est dans le corps, connaître les fines
intrications des choses. Pourquoi donc, par un amour si grand,
s’efforce-t-elle de découvrir ces nuances cachées sous le voile
de la vérité ? Pourquoi la pensée de l’homme est-elle animée d’un tel désir
de connaître ces indications dissimulées sous les apparences de la vérité ?
Sait-elle seulement ce qu’elle désire ardemment connaître ? Comme on dit : non ;
car personne ne s’efforce de savoir ce qu’il sait déjà. C’est pourquoi le texte dit :
« Mais qui s’efforce de savoir ce qu’il sait déjà ? » Et s’il ne les connaît pas,
que cherche donc cette pensée aveugle ? Qui désire quelque chose
qu’il ne connaît absolument pas ? Comme on dit : celui qui désire
quelque chose doit nécessairement en connaître quelque chose ;
sinon, il ne pourrait pas le désirer. Ou qui peut suivre des choses
qu’il ne connaît pas ? Et même s’il cherche ces choses, où les trouvera-t-il ?
Quel être, entièrement ignorant et inexpérimenté, peut connaître
la forme qui existe réellement ? Mais lorsque l’âme contemple et voit
la pensée suprême, c’est-à-dire Dieu, alors elle connaît en même temps
le tout et les particularités, c’est-à-dire les principes et chaque chose
en elle-même.

Mais maintenant, puisque l’âme est cachée dans les nuages et dans
l’obscurité des membres du corps, elle ne possède pas encore
pleinement elle-même ; elle retient seulement le tout des choses
et laisse de côté les particularités. Alors, celui qui cherche la vérité
n’est dans aucune autre demeure ; car il ne possède rien pleinement,
ni ne connaît rien pleinement : mais il se souvient du tout
qu’il retient, cherche conseil et médite profondément sur ce qui a été dit
auparavant, c’est-à-dire le grand tout dans son esprit, afin
qu’il puisse ajouter aux éléments qu’il connaît déjà ceux qu’il a retenus.

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Moi. III. 1. C. vnioygnyd, expliqué comme « ne se compaciantur similiter ». 2. C. coniuncciouns ;
A. coniunccioun. 3. C. man, comme pour dire, « nullus ». // C. which that god ; A. Éd. whiche god (quis Deus). 6. C. deuydyd, comme pour dire, « non est ita ». 7. A. om. the. // C. thinges, s. prudencia et liberum arbitrium. 8. A. cleuen. 10. A. dirk. 12. C. it, s. anima. 13. A. note (lat. notas). 16. C. it, s. anima. 18. Après « thus », A. ajoute — Si enim anima ignorat istas subtiles connexiones, responde, vnde est quod desiderat scire cum nil ignotum possit desiderare ; mais tant C. que l’Éd. omettent cela. 21. wot] C. not. // C. nawht, comme pour dire, « non ». 24. A. om. that. 26. C. yfownde, comme pour dire, « nullus ». 29. A. Éd. principles ; C. principulis. 34. A. nouthir habit. 36. C. retretith, c.-à-d. retractat ; A. tretith.

Prose IV.

Alors elle dit : « Vetus, inquit, hec est. »

Puis elle dit : « Ceci est », c’est-à-dire « la vieille question de la providence de Dieu ; et Marcus Tullius, lorsqu’il a traité des divinations, c’est-à-dire dans son livre sur les divinations, il a beaucoup discuté cette question ; et toi-même tu l’as cherchée beaucoup, profondément et longtemps ; mais jusqu’à présent personne parmi vous ne l’a déterminée ni expliquée avec fermeté et diligence. La cause de cette obscurité et de cette difficulté est que le raisonnement de l’humanité ne peut pas s’appliquer à la simplicité de la prescience divine ; or, si l’on pouvait concevoir cette simplicité de la prescience divine d’une manière quelconque, c’est-à-dire si l’on pouvait comprendre les choses telles que Dieu les voit, alors il ne resterait plus aucun doute. Ce raisonnement et cette cause de difficulté, je tenterai de les montrer et d’expliquer en dernier, après avoir d’abord répondu aux raisons qui te poussent. Car je demande pourquoi tu penses que les raisons de ceux qui traitent cette question ne sont pas assez rapides ni suffisantes : cette solution, ou ce raisonnement, puisqu’il affirme que la prescience n’est pas la cause de la nécessité pour que les choses arrivent, ne signifie donc pas que la liberté de volonté soit détruite ou éliminée par la prescience. Car tu ne tires aucune preuve de quelque part d’autre concernant la nécessité des choses à venir (comme certains disent, par une autre voie), si ce n’est que ces choses que la prescience connaît à l’avance ne peuvent pas ne pas arriver ? C’est-à-dire qu’elles doivent arriver. Mais alors, si cette prescience ne met aucune nécessité sur les choses à venir, comme tu l’as toi-même avoué et reconnu il y a peu, que…

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Car quelle est la cause (car, comme on dit, il peut n’y avoir aucune cause) par laquelle les fins volontaires des choses pourraient être contraintes à certaines déterminations ? Car, par la grâce de la position, afin que tu puisses mieux comprendre ce qui suit, j’affirme, par impossibilité, qu’il n’y a pas de prescience. Alors je demande : « Dans la mesure où cela concerne cela, les choses qui proviennent de la libre volonté devraient-elles alors être contraintes par nécessité ? »

Boèce : « Non », dis-je.

« Alors, intérieurement, » dit-elle, « je suppose qu’il y a une prescience, mais qu’elle ne met aucune nécessité dans les choses ; alors je crois que cette même liberté de volonté demeurera entièrement, absolument et sans entraves. Mais tu voudrais dire que, même si la prescience n’est pas la cause de la nécessité des déterminations des choses à venir, elle est néanmoins un signe que ces choses doivent être déterminées par nécessité. De cette manière, même si la prescience n’avait jamais existé, il serait néanmoins certain, au moins en apparence, que les fins et les déterminations des choses à venir devraient être nécessaires. Car tout signe montre et indique seulement ce que la chose est, mais il ne fait pas la chose qu’il indique. Il convient donc d’abord de montrer que rien n’est déterminé s’il n’est pas déterminé par nécessité, afin qu’il apparaisse que la prescience est un signe de cette nécessité ; sinon, s’il n’y a pas de nécessité, assurément, une telle prescience ne pourrait pas être le signe d’une chose qui n’existe pas. Mais certes, il est maintenant certain que la preuve de cela, soutenue par une raison solide, ne pourra être donnée ni par des signes ni par des arguments tirés de l’extérieur, mais seulement par des causes convenables et nécessaires. Mais tu peux demander : comment se fait-il que les choses ne soient pas déterminées par ce qui est prévu pour arriver ? Mais, certes, tout comme nous croyons que les choses que la prévision sait devoir arriver ne sont pas déterminées, nous ne devrions pas l’exiger ; plutôt, bien qu’elles arrivent, elles n’ont pas de nécessité de ce genre à arriver. Et tu peux facilement le comprendre par ce que je vais dire. Car nous avons vu de nombreuses choses lorsque celles-ci étaient accomplies devant nos yeux, tout comme on voit le charpentier travailler en fabriquant ou en ajustant ses chariots ou chars. Et de cette manière (comme on dit, tu peux comprendre) pour tous les autres artisans. Y a-t-il donc, comme on dit, dans notre observation, une nécessité qui contraint ou oblige l’une de ces choses à être faite ainsi ? »

Boèce : « Non », dis-je ; « car en vain et en superflu furent toutes…

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L’effet de l’artifice, si toutes ces choses n’étaient pas mues par une contrainte ; c’est-à-dire, par la contrainte de nos yeux ou de notre vue.

Philosophie. « Les choses donc », dit-elle, « qui, lorsque les hommes les font, n’ont pas besoin que les hommes les fassent, ces mêmes choses, avant même d’être faites, doivent exister sans nécessité. Car pourquoi y aurait-il certaines choses à faire, dont les fins et les actions sont absolues et dépourvues de toute nécessité ? En vérité, je ne crois pas qu’un homme veuille dire ceci : que les choses que les hommes font maintenant n’auraient pas dû être faites avant d’être faites ; et de même, bien que les hommes les aient connues auparavant, elles ont des actions libres. Car tout comme la science des choses présentes ne crée aucune nécessité pour les choses que les hommes font, de même la prescience des choses à venir ne crée aucune nécessité pour les choses à faire. Mais on peut dire que, à ce sujet, on doute encore, quant à savoir s’il peut y avoir une prescience pour ces choses qui n’ont ni issues ni actions nécessaires ; car en vérité, cela semble conduire au désordre. Car tu vois bien que, si ces choses sont connues à l’avance, la nécessité les suit ; et si la nécessité leur fait défaut, elles ne peuvent pas être connues à l’avance, et rien ne peut être compris par la science si ce n’est ce qui est certain ; et si les choses qui n’ont pas d’actions certaines étaient considérées comme certaines, ce serait de l’obscurité d’opinion, et non de la certitude de la science. Et tu vois bien que c’est contraire à la perfection de la science que quiconque prétende qu’une chose soit autre qu’elle-même. La cause de cette erreur est que, de toutes les choses que chaque être connaît, on pense que celles-ci ne sont connues que par la force et la nature des choses qui sont connues ; mais c’est tout le contraire. Car tout ce qui est connu est plutôt compris et su, non selon sa force et sa nature, mais selon la faculté, c’est-à-dire la puissance et la nature de celui qui connaît. Et pour montrer cela par un exemple bref : la rondeur d’un corps est perçue d’une manière par la vue de l’œil, et d’une autre manière par le toucher. La vue, en projetant ses rayons, observe et voit de loin tout le corps sans se mouvoir elle-même ; mais le toucher pénètre et s’approche du corps rond, se meut autour de lui et comprend la rondeur par ses parties. Et l’homme lui-même est perçu d’une manière par l’intellect, d’une autre par l’imagination, d’une autre par la raison, et d’une autre encore.

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l’intelligence. Car l’esprit comprend directement la forme du corps de l’homme qui est établi dans la matière subjective ; mais l’imagination ne comprend que la forme sans la matière. La raison surpasse l’imagination et comprend, par une vision universelle, l’espèce commune qui se trouve dans les espèces particulières. Mais l’œil de l’intelligence est encore plus élevé ; car il dépasse l’environnement de l’universel et, par une pure subtilité de pensée, regarde au-delà, cette même forme simple de l’homme qui demeure perpétuellement dans la pensée divine. Il convient ici de bien considérer que la force la plus élevée pour comprendre les choses englobe et contient les forces inférieures ; mais les forces inférieures ne peuvent en aucune manière atteindre la force supérieure. En effet, l’esprit ne peut rien comprendre à partir de la matière, ni l’imagination ne voit jamais les espèces universelles, ni la raison ne saisit jamais la forme simple comme l’intelligence le fait ; mais l’intelligence, qui regarde tout au-dessus, une fois qu’elle a compris la forme, connaît et comprend toutes les choses qui se trouvent sous cette forme. Mais elle les connaît de telle manière qu’elle comprend cette même forme simple, chose qui ne peut jamais être connue par aucun des autres éléments de l’âme ; c’est-à-dire, par aucun des trois éléments mentionnés. Car elle connaît l’universel de la raison, la forme de l’imagination, et la matière sensible conçue par l’esprit ; et elle n’utilise ni la raison, ni l’imagination, ni l’esprit directement ; mais elle retient toutes choses, comme je le montrerai, par un seul mouvement de pensée, sans discours ni association. Certes, lorsque la raison regarde quelque chose d’universel, elle n’utilise ni l’imagination, ni l’esprit, et pourtant elle comprend les choses imaginables et sensibles ; car c’est la raison qui définit correctement l’universel selon sa conception : — l’homme est un animal raisonnable à deux pieds. Et bien que cette connaissance soit universelle, il n’y a personne qui ne sache bien que l’homme est une chose imaginable et sensible ; et c’est là ce que la raison comprend bien ; mais ce n’est pas par l’imagination ni par l’esprit, mais elle le voit par une conception raisonnable. De même, l’imagination, bien qu’elle prenne de l’esprit les principes pour voir et former les formes, commence, même si l’esprit n’est pas présent, à envelopper et comprendre toutes les choses sensibles ; non pas par une raison sensible de détermination, mais par une raison imaginative. N’est-il pas évident alors que, dans la connaissance, toutes les choses utilisent davantage leur faculté ou leur pouvoir que celui des choses qui sont connues ? Et cela n’est pas faux ; car tout jugement est le résultat ou l’action de celui qui…

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Ainsi donc, il convient que chaque homme accomplisse son œuvre et sa volonté, non par une force étrangère, mais par sa propre force.

Pr. IV. 2. C. deuynede ; Ed. deuyded ; A. deuided ; distribuit. 7. C. dirknesse ; A. derkenesse. // A. om. 2nd of this. 11, 12. A. om. mighten thinken it ... yif men. 15. A. om. y-spended and. // C. the ; A. tho. 22. A. drawest thou. 24. A. thinge. // A. om. ne. 28. A. om. or what. 29. C. A. gloss endes by exitus. 30. Ed. posycion (Lat. positionis) ; C. A. possessioun ; et C. glosses For ... possessioun by uerbi gratia. 31. A. inpossibile ; C. per impossibile (comme glose). 37. Ed. it ; C. is. 44. C. endes, c’est-à-dire exitus. // A. and the (au lieu de and). 46. C. thing is, c’est-à-dire se eius significatum. // C. maketh, glosé causat. 47, 48. A. om. that it ne bitydeth. 48, 49. C. om. so that ... necessitee. 51. A. preue. 52. A. stedfast. // A. proued. 57. C. but that ; A. om. that. 58. A. om. that. 60. A. maist thou. 62. A. and in attempryng or in adressyng. 63. A. chariottes. 64. A. mayst thou. 65. A. om. that. 66. C. om. thilke. // C. so, quasi dicat, non. 70. A. thise thingus. 80, 81. A. om. that men doon ... to thinges. 83. C. Ed. issues ; A. endes ; C. ajoute — c’est-à-dire exitus. 87, 88. C. and yif (à tort) ; A. Ed. and that. 91-93. A. om. And thou ... est ici même, mais insère la même chose à un mauvais endroit (131 ci-dessous). 99. A. om. 2nd the. 100. A. Ed. that ; C. om. // Ed. thing ; C. A. om. 103. C. after ; A. afer ; Ed. a-ferre. 105. C. body, glosé orbis ; A. body, glosé orbi (Lat. orbi). 109. A. fro with-outen furthe. 111. C. comprehendeth, ou bien judicat. 111, 2. A. om. comprehendeth ... imaginacioun. 113. C. Ed. by ; A. by an. // C. A. (glose) speciem. 120, 121. A. om. but the ... strengthe. // A. Ed. For ; C. om. 124. A. Ed. it ; C. om. // A. but the. // A. Ed. that ; C. om. 126. C. she ; glosée intelligence. // C. Ed. in ; A. vndir. 131. Ici, A. insère à tort une proposition omise plus haut (91-93). 136. A. om. it. // A. comprendith. 139. A. om. is. 140. A. om. a thing. 142. A. om. a. 147. A. Sest thou. 148. A. of faculte ou of power. 149. A. Ed. no (au lieu de nat). 150. A. or the.

Mètre IV.

Quondam porticus attulit.

Le Porche, c’est-à-dire une porte de la ville d’Athènes où les philosophes se réunissaient pour débattre, ce Porche accueillait parfois de vieux hommes, très érudits dans leurs sentences, c’est-à-dire des philosophes qu’on appelle stoïciens, lesquels affirment que les images et les sensations, c’est-à-dire les imaginations sensibles, ou bien les imaginations de choses sensibles, sont imprimées dans les âmes depuis les corps extérieurs ; comme ceux qui disent que ces stoïciens soutiennent que l’âme est nue en elle-même, telle un miroir ou un parchemin propre, de sorte que toutes les figures proviennent d’abord des choses extérieures pour être imprimées dans les âmes : Texte : 10

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Comme nous l’avons déjà dit, par un point rapide, on peut graver des lettres dans la douceur ou la plénitude de la table de cire ou du parchemin qui ne porte ni figure ni note.
Glose. Mais maintenant Boèce défend lui-même cette opinion, et dit ainsi : Si donc l’âme qui cherche ne produit rien, c’est-à-dire qu’elle ne fait rien par ses propres mouvements, mais souffre et reste soumise aux figures et aux notes des corps extérieurs, et produit des images vaines et illusoires à la manière d’un miroir, alors quand vient cette connaissance dans notre âme, qui discerne et perçoit toutes choses ? Et quand existe cette force qui retient chaque chose particulière ; ou quand existe la force qui divise les choses connues ; et cette force qui rassemble ensemble les choses divisées ; et la force qui trace son chemin interrompu ? Car parfois elle élève ce qui est élevé, c’est-à-dire qu’elle élève l’intention de bien voir les choses ; et parfois elle descend vers les choses très basses. Et lorsqu’elle retourne en elle-même, elle réprime et détruit les choses fausses par les choses vraies.
Certes, cette force est une cause plus efficace, et bien plus puissante pour voir et connaître les choses, que celle qui souffre et reçoit les notes et les figures imprimées comme dans la matière. En effet, le passage, c’est-à-dire la souffrance ou l’intelligence, dans le corps agile, progresse, excitant et mouvant les forces de la pensée. Tout comme lorsque la clarté frappe l’œil et le pousse à voir, ou tout comme la vue ou le son touche les oreilles et les pousse à entendre, ainsi la force de la pensée est mue et excitée, et produit, par des mouvements similaires, les espèces qu’elle retient en elle-même ; et elle ajoute ces espèces aux notes et aux choses extérieures, et mêle les images des choses extérieures aux formes cachées en elle-même.

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Prose V.

Quant à ce qui se passe dans les corps sensibles.

Mais que se passe-t-il donc dans les corps sensibles, c’est-à-dire lors de la perception des choses corporelles ? Les qualités des corps, qui sont des objets extérieurs, stimulent et activent les instruments de l’intelligence ; de plus, la sensation du corps, c’est-à-dire l’intellect ou la sensation, contribue à la force de l’action, cette sensation ou cette perception faisant naître en nous le produit de la pensée, et stimulant ainsi les formes qui se trouvent à l’intérieur. Or, comme je l’ai dit, dans les corps sensibles, notre intelligence n’est pas enseignée ni imprimée par une sensation pour connaître ces choses, mais elle les perçoit et les comprend de sa propre force, grâce à la sensation ou à la perception qui lui est propre. D’autant plus que les choses qui sont absolues et dépourvues de toute faculté ou affection corporelle, comme Dieu ou ses anges, ne procèdent pas par la discrimination des objets extérieurs, mais réalisent et accélèrent le produit de leur pensée. C’est pourquoi il existe de nombreuses manières de connaître diverses substances. L’intelligence du corps, qui est nue et dépourvue de toutes autres formes de connaissance, se trouve chez les animaux qui ne peuvent ni se mouvoir ni agir eux-mêmes, tels que les huîtres, les muscles et autres poissons à coquille qui vivent attachés aux rochers. Mais l’imagination appartient aux animaux mobiles, qui ont la capacité de fuir ou de désirer quelque chose. Quant à la raison, elle est réservée uniquement à l’espèce humaine, tout comme l’intelligence l’est à la nature divine : il s’ensuit donc que cette forme de connaissance est plus précieuse que les autres, car elle connaît par sa propre nature non seulement son objet propre, comme on le dit, mais aussi les objets de toutes les autres formes de connaissance. Mais comment cela peut-il être, si l’intelligence et l’imagination s’opposent mutuellement, en affirmant que cette chose universelle à laquelle la raison se rapporte n’est en réalité rien ? En effet, l’intelligence et l’imagination affirment que ce qui est sensible ou imaginable ne peut être universel. Donc, soit le jugement de la raison est vrai, et il n’y a rien de sensible ; soit, puisque la raison sait bien que de nombreuses choses relèvent de l’intelligence et de l’imagination, la conception de la raison est fausse, car elle considère comme universel ce qui est sensible et singulier.

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universel. Et si la raison pouvait répondre aux deux, c’est-à-dire à la connaissance et à l’imagination, et affirmer qu’en vérité elle-même, c’est-à-dire la raison, perçoit et comprend, par la raison de l’universalité, tant ce qui est sensible que ce qui est imaginable ; et que ces deux, c’est-à-dire la connaissance et l’imagination, ne peuvent ni s’étendre ni s’améliorer elles-mêmes pour atteindre la connaissance de l’universalité, car leur connaissance ne peut dépasser ni surpasser les formes corporelles : assurément, pour connaître les choses, on devrait plutôt accorder crédit au jugement le plus ferme et le plus parfait. En s’efforçant de cette manière, nous qui possédons la force de raisonner, d’imaginer et de savoir, c’est-à-dire par la raison, par l’imagination et par le savoir, nous devrions plutôt rechercher la cause de la raison, comme on le dit, plutôt que la cause du savoir et de l’imagination.

Il en va de même : la raison humaine ne s’étend pas jusqu’à ce que l’intelligence divine retienne ou connaisse les choses à venir, mais tout comme la raison humaine les connaît. Car tu argumentes ainsi : si il ne semble pas aux hommes que certaines choses ont des déterminations certaines et nécessaires, ils ne peuvent pas non plus savoir avec certitude comment elles se détermineront. Alors il n’y a pas de prescience de telles choses ; et si nous croyons qu’il y a une prescience en ces matières, alors rien n’est déterminé par nécessité. Mais assurément, si nous pouvions avoir le jugement de la pensée divine, de même que nous sommes les serviteurs de la raison, de même que nous avons déclaré qu’il convient que l’imagination et le savoir soient au service de la raison, de même nous dirions qu’il serait juste que la raison humaine se soumette et soit au service de la pensée divine. Pour cela, si nous pouvons, comme on le dit, si nous pouvons, je conseille que nous nous élevions à la hauteur de cette intelligence souveraine ; car la raison verrait bien qu’elle ne peut pas se contenir en elle-même. Et assurément, c’est ainsi que la prescience de Dieu voit toutes choses comme certaines et définies, bien qu’elles n’aient pas de issues ou de déterminations certaines ; et ce n’est pas une opinion, mais plutôt la simplicité de la science souveraine, qui n’est ni enfermée ni limitée par aucun cadre.

Pr. V. 1. A. om. yif (Lat. Quod si). 5. C. A. witte ; Ed. wytte. // A. om. or the. 6, 7. A. om. goth ... suffraunce. 10. A. enprentid ; C. emprienpted. 20, 1. A. here ne there. // A. muscles. 25. J’ajoute. 26, 7. C. thise oothre ; A. is other. 29. A. subgitz. 31. Ed. vnyuersal thynge ; A. vniuersel thinges ; C. vniuersels thinges (Lat. uniuersale). 35. C.

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soth ; Éd. sothe ; A. om. // C. sensible, quod absurdum est. 41. C. seyn ; A. seyn that. 44.
C. enhansen ; A. enhaunsen. 45. Éd. the knowing ; A. knowynge ; C. knowy (lat. cognitionem). 46. A. figure. 48. C. stidefast ; A. stedfast. 51. C. and we ; A. Éd. om. and. 52. C. Éd. and of ; A. or. 56. A. Éd. ne ; C. om. 58. A. om. And. 59. A. om. ther. 61.
C. bideth (!). 62. C. parsoneres ; A. parsoners ; Éd. parteners. 63. A. om. 1er that. 65. A. summitten. 66. C. yif that ; Éd. if ; A. that yif. 71. C. diffinysshed ; A. difinissed. 72. A.
Éd. is ; C. nis.

Mètre V.

Quam uariis terris animalia permeant figuris.

Les bêtes traversent les terres sous des formes très diverses. Car certaines ont leur corps allongé et recourbé dans la poussière, et traînent derrière elles une queue ou une antenne continue ; c’est-à-dire, comme des serpents. D’autres bêtes, grâce à la légèreté de leurs ailes, dépassent les vents et traversent en volant les vastes espaces sur de longues distances. D’autres encore se plaisent à creuser leur trou ou leur tanière dans la terre avec leurs mouvements ou leurs pieds, et se déplacent soit dans les champs verts, soit en marchant sous les bois. Et bien que tu voies qu’elles diffèrent toutes par des formes diverses, inclinant leur face, affaiblissant leur esprit lent. Seule la race humaine a la tête haute, se tient droite avec son corps droit, et contemple les terres en dessous d’elle. Et, si toi, homme terrestre, deviens méchant par ta folie, cette image te met en garde : lève les yeux vers le ciel avec ton visage droit, et élève tes bras levés pour élever haut ton courage, afin que ta pensée ne soit ni trop élevée ni abaissée sous les pieds, puisque ton corps est ainsi dressé.

Me. V. 3. C. traas ; A. trais ; Éd. trace. // C. forwh ; A. forghe ; Éd. forough. // A. Éd. continued. 4. A. addres ; Éd. nedders. // A. om. the. 7. C. A. traas. // A. goynge (lat. gressibus). 8. C. feeldes. // A. om. elles. 10. A. om. faces. // A. enclini[n]g. 13. A. erthe (lat. terras). // A. om. And. 16. A. on heye.

Prose VI.

Quoniam igitur, uti paullo ante.

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Ainsi donc, comme je l’ai un peu montré précédemment, tout ce qui est connu n’est pas connu par sa nature propre, mais par la nature de celui qui le comprend ; examinons maintenant, autant que cela nous est possible, quelle est la nature de la substance divine, afin que nous puissions savoir quelle est sa science. Le jugement commun de toutes les créatures raisonnables est que Dieu est éternel. Examinons alors ce qu’est l’éternité ; car cela nous montrera certainement la nature divine et sa science.

L’éternité, donc, est la possession parfaite et totale d’une vie infinie ; et cela se voit plus clairement par la comparaison ou la juxtaposition des choses temporelles. Car toute chose qui vit dans le temps est présente, et elle passe des passés aux futurs, c’est-à-dire du temps écoulé au temps à venir ; rien, dans le temps, ne peut englober l’ensemble de la durée de sa vie. En effet, si elle occupe le temps de demain, elle perd le temps d’hier. Et en vérité, dans la vie du jour présent, on ne vit que dans un instant mouvant et transitoire. Ainsi, une chose soumise à des conditions temporelles, même si elle n’a jamais commencé à exister, même si elle ne cessera jamais d’exister, comme Aristote l’a dit du monde, et même si sa vie s’étend sur une durée infinie, il n’y a rien en elle qui permette de croire à juste titre qu’elle est éternelle. Car, bien qu’elle comprenne et englobe une durée de vie infinie, elle n’en englobe pas pour autant l’ensemble de cette durée ; car elle n’a ni les futurs qui ne sont pas encore, ni les passés qui ont déjà été. Mais une chose qui possède et comprend en totalité l’abondance d’une vie infinie, à laquelle rien du futur ne manque, et à laquelle rien du passé n’a échappé, celle-là est justement reconnue et prouvée comme étant éternelle. Il est nécessaire que cette chose soit toujours présente à elle-même et puissante, toujours présente à elle-même, et si puissante que tout se fasse selon son bon plaisir ; et qu’elle ait constamment sous ses yeux l’infinité du temps mouvant. C’est pourquoi certains croient à tort que, lorsqu’ils entendent que Platon pensait que ce monde n’avait jamais eu de commencement dans le temps, ni ne finirait jamais, ils en déduisent que ce monde est fait éternel avec son créateur ; ils pensent donc que ce monde et Dieu ont été faits ensemble pour être éternels, ce qui est une erreur. Car c’est une autre chose d’être ainsi créé.

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par une vie interminable, comme le gémissait Platon au monde, et c’est autre chose encore d’embrasser tout le présent de cette vie interminable, ce qui est clair et évident comme étant propre à la pensée divine. 45

Il ne nous convient pas de penser que Dieu est plus ancien que les choses créées par la quantité de temps, mais plutôt par la propriété de sa nature simple. Car ce mouvement infini des choses temporelles suit cet état présent de vie immuable ; et comme il ne peut ni le contredire ni le simuler ni être à égalité avec lui en raison de son immuabilité, c’est-à-dire en raison de l’éternité de Dieu, il tombe du simple présent de Dieu dans le mouvement, et descend dans l’infinité de l’avenir et du passé : et comme il ne peut embrasser toute la plénitude de la vie, dès lors, puisqu’il cesse jamais d’exister d’une certaine manière, il nous semble qu’il suit et ressemble à quelque chose qu’il ne peut atteindre ni accomplir, et qu’il s’attache d’une certaine façon au présent de ce petit et rapide instant : ce présent de ce petit et rapide instant, parce qu’il porte une sorte d’image ou de ressemblance du présent permanent de Dieu, fait en sorte que, pour les choses auxquelles il s’attache, il leur semble que celles-ci ont été et sont.

Et, puisque le présent de tel petit instant ne peut demeurer, il emporte alors l’infinité du temps, c’est-à-dire par succession ; et c’est ainsi qu’il agit, afin de poursuivre la vie en marche, dont il ne pouvait embrasser la plénitude en demeurant. C’est pourquoi, si nous voulons donner des noms dignes aux choses et suivre Platon, disons alors sincèrement que Dieu est éternel, et que le monde est perpétuel. 70

Ensuite, puisque tout jugement connaît et comprend par sa propre nature les choses qui lui sont soumises, il y a véritablement pour Dieu, toujours, un état éternel et présent ; et la science de lui, qui dépasse tout mouvement temporel, demeure dans la simplicité de son présent, et embrasse et considère tous les espaces infinis du temps, passés et futurs, et, dans sa connaissance simple, voit toutes les choses du passé exactement comme elles étaient en ce moment même. Si tu veux alors réfléchir à la prescience par laquelle il connaît toutes choses, tu ne dois pas l’appeler prescience des choses à venir, mais tu dois plutôt l’appeler, plus justement, science du présent ou de

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une instance qui ne manque jamais. C’est pourquoi on ne l’appelle pas « prévoyance », mais plutôt « purviaunce », c’est-à-dire quelque chose établi pleinement depuis les choses les plus basses, et qui contemple toutes choses, comme si c’était depuis la hauteur suprême des choses. 85

Pourquoi donc demandes-tu, ou pourquoi disputes-tu, que de telles choses se fassent par nécessité, celles qui sont vues et connues par la vue divine, puisque, certes, les hommes ne font pas nécessaires les choses qu’ils voient se faire dans leur vue ? Car ton observation ajoute-t-elle une nécessité à ces choses que tu considères présentes ?

« Non », dis-je.

Philosophie. « Certes, alors, si l’on pouvait faire une comparaison ou une correspondance digne entre la présence divine et la présence de l’humanité, de telle sorte que vous voyiez certaines choses dans ce présent temporel, de même Dieu voit toutes choses par sa présence éternelle. Ainsi, cette prescience divine ne change ni la nature ni les propriétés des choses, mais elle contemple ces choses présentes devant elle telles qu’elles arriveront pour vous à l’avenir. Elle ne confond pas non plus le jugement des choses ; mais par la vision de sa pensée, il connaît les choses à venir, aussi bien comme nécessaires qu’indépendantes de nécessité. De même que lorsque vous voyez ensemble un homme marcher sur la terre et le soleil se lever dans le ciel, bien que vous voyiez et contempliez l’un et l’autre ensemble, néanmoins vous comprenez et discernez que l’un est volontaire et que l’autre est nécessaire. De même, la vue divine, contemplant toutes choses sous elle, ne trouble pas la qualité des choses qui lui sont assurément présentes ; mais, quant à la condition du temps, certes, elles sont futures. Il s’ensuit donc que ce n’est pas une opinion, mais plutôt une connaissance certaine, renforcée par la vérité, selon laquelle, quand Dieu sait que quelque chose doit être, il ne ignore pas que cette chose a besoin de nécessité pour exister ; c’est-à-dire que, quand Dieu sait que quelque chose doit arriver, il sait bien qu’il n’a pas de nécessité pour arriver.

Et si tu dis ici que cette chose que Dieu voit arriver ne peut pas ne pas arriver (comme celui qui dit : elle ne peut pas arriver), et que cette chose qui ne peut pas ne pas arriver ne peut arriver que par nécessité, et que tu m’attaques par ce nom de nécessité : certes, je veux bien avouer et reconnaître une chose de très grande vérité, mais en vérité, personne ne pourra jamais la voir ni y parvenir, sauf si… 120

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qu’il soit détenteur de la pensée divine. Car je veux te répondre ainsi : ce qui est futur, lorsqu’on le rapporte à la connaissance divine, devient alors nécessaire ; mais assurément, lorsqu’on le comprend dans sa propre nature, on voit qu’il est entièrement libre et absolument exempt de toute nécessité. 125

Car en vérité, il y a deux sortes de nécessité. L’une est simple, comme ceci : il est nécessaire par nécessité que tous les hommes soient mortels ou périssables. Une autre nécessité est conditionnelle, comme ceci : si tu sais qu’un homme marche, il est nécessaire par nécessité qu’il marche. Ce qui est connu de quiconque comme étant tel ne peut être autrement que ce qu’il connaît comme tel. Mais cette condition n’entraîne pas avec elle cette nécessité simple. En effet, cette nécessité conditionnelle n’est pas engendrée par sa propre nature, mais par l’ajout de la condition. Car aucune nécessité ne force un homme à aller, s’il va de sa propre volonté ; bien que, lorsqu’il va, il soit nécessaire qu’il aille. De la même manière, si la providence de Dieu voit quelque chose comme présent, alors cette chose doit être nécessaire, bien qu’elle n’ait pas de nécessité issue de sa propre nature. Mais assurément, les choses futures qui dépendent de la liberté du libre arbitre, Dieu les voit toutes ensemble comme présentes. Ces choses, lorsqu’on les rapporte à la vision divine, deviennent nécessaires par la condition de la connaissance divine. Mais assurément, si ces choses sont considérées en elles-mêmes, elles sont absolument exemptes de nécessité et ne perdent en rien ni la liberté de leur propre nature. Alors, sans aucun doute, toutes les choses doivent se produire, celles que Dieu sait devoir venir. Mais certaines d’entre elles viennent par le libre arbitre ou la volonté libre, de sorte que, bien qu’elles viennent, cela ne diminue en rien leur nature propre ; et c’est pour cela qu’auparavant, avant qu’elles ne se produisent, elles n’avaient pas la capacité de se produire.

Boèce : « Que signifie donc cela, sinon que les choses ne sont pas nécessaires par leur propre nature, mais qu’elles entrent en tout cas dans la catégorie de la nécessité par la condition de la science divine ? » 155

Philosophie : « C’est là la différence », dit-elle ; « à savoir que les choses que je t’ai mentionnées il y a un instant, c’est-à-dire le lever du soleil et le fait qu’un homme marche, tant que ces choses se produisent, elles ne peuvent pas ne pas se produire ; 160

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Natheles, celui-là, ou c’était Y-doon, il était nécessaire que ce fût Y-doon, mais pas l’autre. Ainsi en est-il ici : les choses que Dieu possède présentement, sans aucun doute, elles auraient dû exister. Mais certaines d’entre elles descendent de la nature des choses, comme le lever du soleil ; et d’autres descendent du pouvoir des agents, comme l’homme qui marche. Alors je disais qu’il n’y a pas d’erreur : si ces choses sont rapportées à la connaissance divine, alors elles sont nécessaires ; mais si on les considère en elles-mêmes, alors elles sont absolument libres du lien de la nécessité. De même, pour toutes les choses qui apparaissent ou se montrent aux esprits, si tu les rapportes à la raison, elles sont universelles ; mais si tu les rapportes ou les regardes en elles-mêmes, alors elles sont singulières. Mais maintenant, si tu dis ainsi que puisque c’est en mon pouvoir de changer mon dessein, alors je nierai la prévision divine, car, par hasard, si j’ai changé les choses qu’il connaissait d’avance, alors je te répondrai ainsi : certes, tu peux bien changer ton dessein ; mais, autant que la vérité présente de la prévision divine permet que tu changes ton dessein, que tu le veuilles ou non, et dans quelle direction tu le diriges, tu ne peux pas échapper à la préscience divine, tout comme tu ne peux pas fuir la vue de l’œil présent, même si tu te tournes par ta volonté libre vers diverses actions. Mais tu peux dire : « Comment cela se passera-t-il donc ? La science divine ne sera-t-elle pas changée par ma disposition, puisque je veux une chose maintenant, et une autre maintenant ? Et cette préscience ne semble-t-elle pas interrompre les moments de connaissance ? » comme celui qui dit : ne nous semblera-t-il pas aussi que la préscience divine interrompt ses différents moments de connaissance, de sorte qu’elle connaît tantôt une chose et tantôt son contraire ?

« Non, assurément », dis-je. 190

Philosophie. « Car la vision divine regarde vers l’avant et voit tous les futurs, les saisit tous ensemble et les ramène à la présence de sa propre connaissance ; elle ne interrompt pas, comme tu le penses, les moments de connaissance, tantôt celui-ci, tantôt celui-là ; mais sa présence constante vient d’avance et englobe d’un seul coup toutes tes mutations. Et cette capacité de comprendre et de voir toutes choses, Dieu ne l’a pas tirée de la création des choses à venir, mais de sa propre simplicité. Cela dissipe donc ce que tu avances un peu plus haut, c’est-à-dire qu’il est indigne de dire que nos futurs soient même la cause de 200

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La science de Dieu. Car assurément, cette force de la science divine, qui embrasse toutes choses par sa connaissance présente, établit un ordre pour toutes choses, et elle ne doit rien aux choses ultérieures ; et si ces choses sont ainsi, c’est-à-dire que la nécessité n’existe pas dans les choses par la prescience divine, si ce n’est la liberté du libre arbitre, qui demeure entièrement et sans entrave aux hommes mortels. Ni les lois ni les desseins ne prévoient de remèdes ni de châtiments pour les volontés des hommes qui sont libres et dépourvus de toute nécessité. Et Dieu, gardien et soutien de toutes choses, demeure au-dessus ; et l’éternité présente de sa vue accompagne toujours la diversité de nos actions, distribuant des bienfaits aux bons hommes et des tourments aux méchants. Ni dans la vanité ni dans l’envie il n’y a place pour placer en Dieu des espérances et des prières qui ne puissent être vaines ni sans effet, lorsqu’elles sont justes.

Évite donc le mal et fuis les vices ; adore et aime les vertus ; dirige ton courage vers des espérances justes ; adresse humblement tes prières vers le haut. Une grande nécessité d’effort et de vertu t’est imposée et commandée, si tu ne dissimules rien ; car tu agis et accomplis, c’est-à-dire que tes actions ou tes œuvres, se trouvent devant les yeux du Juge qui voit et juge toutes choses. À Lui soit la gloire et l’adoration à jamais. Amen.

Pr. VI. 1, 2. C. toutes choses ; A. Éd. toute chose (lat. omne). 6. A. om. eek. 12. A. om. the.
// C. toutes ; A. toutes. 16. A. le matin. 17. A. que (au lieu de the tyme). 18. A. cela (au lieu de the). 20.
A. om. it. 22. C. étendu. 25. A. tendu. 30. C. prétérit ; A. prétérit. 31. C. j’ai témoigné ; A. j’ai été témoin. // C. et ; A. ou. 34. A. permission ; C. permission. 35. A.
infinitif. 41. A. cela (au lieu de that). 43. A. embrasser. 49. A. du corps. 53. A. om. the. // C. dans ;
A. à. 58. A. présence ; C. présence. 64. A. om. that. 65. A. om. it. // C. Infini ; A.
infinitif. 73. A. toujours à Dieu. 78. C. penser ; A. thenke. 81. A. om. it. 83. A. prudence ;
C. prudence (glosé prouidentia) ; mais voir note. 86. A. disputes-tu. 88. A.
tu sais. 101. C. o ; Éd. un ; A. de (!) ; lat. unoque. 104. A. om. the. 106. A. om. the.
110. C. constant ; A. constant. 116. A. attendre ; C. attendre (mal écrit ; deuxième fois). 120. A.
om. maintenant. 124. A. om. est. 134. A. nuit (au lieu de nat). 135, 6. A. om. aller que. 141. A.
présent. 142. A. om. si. 143. C. par ; A. à (lat. per). 149. A. om. premier libre. 150. C. dans ;
A. ne (à tort). 161. A. conservé ; Éd. garde ; C. gardé (!). 169. A. om. comme. 170.
Éd. ouvre ; C. apiereth ; A. appiereth. 178. C. soit ; A. whethir. 179. A. om. ne.
186. A. connaissances (lat. noscendi). 189. Éd. de cette chose ; C. A. om. 190. Éd. quod
elle (au lieu de quod I ; à tort). 193. A. om. donc. 194. A. om. comme. 203. A. avec nat. 205, 6. C.
om. que c’est... prescience ; Éd. et A. l’ont. 213. C. tourment ; A. tourments
(supplicia). 214. A. nat ; Éd. non ; C. ne. 216. C. withston (sic). 218. A. une hauteur. 222.

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C. À qui il convient de rendre gloire et d’adorer à l’infini. AMEN ; ce que A. Ed.
(peut-être à juste titre) omet.

Page 250

LIVRE I.

1. La double douleur de Troïlus à raconter,
Celle du fils du roi Priam de Troie,
En amour, comment ses aventures tournèrent
Du mal au bien, puis hors de la joie,
Telle est ma volonté, avant de vous quitter. 5
Thésyphonne, aide-moi à composer
Ces vers funestes, qui pleurent tandis que j’écris !

2. À toi je crie, ô déesse des tourments,
Ô cruelle Furie, toujours en peine ;
Aide-moi, moi l’instrument affligé 10
Qui, autant que je peux, aide les amants à souffrir !
Car il convient bien, pour apaiser la douleur,
Qu’un être misérable ait un compagnon de chagrin,
Et, pour une histoire triste, un être triste aussi.

3. Car moi, qui sers les serviteurs de l’Amour, 15
Je ne peux offrir à l’Amour, en raison de mon infortune,
De prier pour sa hâte, même si je devais pour cela mourir ;
Ainsi suis-je privé de son aide dans l’obscurité ;
Mais certes, si cela peut apporter de la joie
À quelque amant et servir sa cause, 20
Qu’il reçoive ma gratitude, et que ce soit mon labeur !

4. Mais vous, amants baignés dans la joie,
Si une goutte de pitié demeure en vous,
Rappelez-vous les anciennes souffrances
Que vous avez endurées, et les épreuves 25
D’autres gens, et remerciez de n’avoir pas connu
Que l’Amour ose vous contrarier ;
Ou bien vous l’avez gagné en accueillant un ennemi.

5. Et priez pour ceux qui sont dans la situation
De Troïlus, comme vous le pourrez plus tard, 30
Pour que l’amour les conduise au ciel, dans la paix,
Et priez aussi pour moi auprès de ce dieu,
Afin que j’aie la force de montrer, d’une manière ou d’une autre,
Telle douleur et tel malheur que subissent les amants,
Dans l’aventure infâme de Troïlus. 35

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6. Et il implore pour ceux qui ont été trahis en amour, ceux qui ne peuvent jamais être réconfortés, et aussi pour ceux qui ont été trompés par de fausses paroles, qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme ; ainsi Dieu, par sa bonté, est prié de leur accorder la grâce de quitter ce monde, eux qui ont été privés de la grâce de l’amour.

7. Et il implore aussi pour ceux qui sont dans le malheur, que Dieu leur accorde une grande persévérance, et qu’il les aide à plaire à leurs bien-aimées, afin que cela devienne un acte d’amour et de joie. C’est là mon plus grand espoir : prier pour ceux qui sont serviteurs de l’amour, écrire leur douleur et vivre dans la charité.

8. Et pour obtenir leur compassion, comme si j’étais leur propre frère ici. Écoutez maintenant avec une bonne intention, car je vais maintenant me tourner vers ma mère, où vous pourrez connaître les deux douleurs de Troïlus, amoureux de Criseyde, et comment elle l’a abandonné avant de mourir.

9. On sait bien que les Grecs, puissants en armes, partirent avec mille navires vers Troie, et assiégèrent la ville pendant près de dix ans. De diverses manières, ils cherchèrent à se venger d’Hélène, causée par Pâris, et infligèrent à Troie toutes sortes de souffrances.

10. Or, il y avait dans cette ville un seigneur de grande autorité, un grand devin nommé Calcas, qui était si expert en sciences qu’il savait pertinemment que Troie devrait être détruite, selon la réponse de son dieu, Apollon de Delphes.

11. Ainsi, lorsque Calcas le sut par ses calculs, ainsi que par la réponse d’Apollon, il comprit que les Grecs allaient amener ce peuple…

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Par quoi Troie devait périr,
Il le sut aussitôt et le jeta hors de la ville ; 75
Car il savait bien que, tôt ou tard, Troie
Devait être détruite, que cela plaise ou non à quiconque.

12. Afin de partir discrètement,
Il prit cette sage décision,
Et se rendit secrètement chez les Grecs 80
Aussitôt ; et eux, avec courtoisie,
Lui firent hommage et lui offrirent leur service,
En espérant qu’il les sauverait de tout péril qui les menaçait.

13. Dès que la nouvelle se répandit, 85
Dans toute la ville, on disait partout
Que Calchas, le traître, s’était enfui et s’était allié
Aux Grecs ; et on voulait venger
Celui qui avait trahi sa confiance de manière si perfide ;
On disait qu’eux et tous leurs proches méritaient 90
D’être brûlés vifs, chair et os.

14. Or, dans ce malheur, Calchas avait laissé,
Sans le savoir, cette action perfide et cruelle,
Sa fille, qui était dans une grande douleur,
Car elle craignait terriblement pour sa vie, 95
Ne sachant pas quoi faire de mieux ;
Car elle était veuve et sans aucun ami
À qui elle pût confier son argent.

15. Le nom de cette dame était Criseyde ;
À mon avis, dans toute la cité de Troie, 100
Il n’y avait personne d’aussi belle, surpassant tous les hommes
Par la beauté naturelle de son visage,
Si bien qu’elle semblait immortelle,
Comme une créature céleste envoyée pour défier la nature. 105

16. Cette dame, qui portait jour et nuit
La honte de son père, sa perfidie et sa trahison,
Presque folle de chagrin, vêtue en veuve d’un grand manteau brun,
Gisait à genoux devant Hector ; 110
Avec une voix plaintive et en pleurant tendrement,

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Sa miséricorde était grande, lui-même s’excusant.

17. Or, cet Hector avait un cœur pitoyable ;
Il vit qu’elle était extrêmement belle,
Et qu’elle était une créature si gracieuse ;
De sa bonté, il la réconforta aussitôt,
Et dit : « Laissez la trahison de votre père
Disparaître avec le malheur, et vous, dans la joie,
Restez avec nous, ô bonne fille, à Troie. »

18. Et toute l’honneur que les hommes peuvent vous accorder,
Tant que votre père vécut ici,
Vous l’aurez, et votre corps sera protégé,
Tant que je pourrai veiller sur cela. »
Elle le remercia avec une grande humilité,
Et voulut rester, s’il l’avait voulu,
Il la prit alors auprès de lui et la retint près de lui.

19. Dans sa maison, elle vécut avec tant de dignité
Qu’il en fallait pour préserver son honneur ;
Et pendant qu’elle demeurait dans cette cité,
Elle maintint son rang, et tous, jeunes et vieux,
L’aimaient beaucoup, et on parlait bien d’elle.
Mais qu’elle ait eu des enfants ou non,
Je ne le mentionne pas ; c’est pourquoi j’omets cela.

20. Les événements se déroulèrent, comme cela arrive en temps de guerre,
Entre les Troyens et les Grecs, souvent ;
Un jour, ils prirent Troie,
Et les Grecs ne trouvèrent rien de plus dur
Que le peuple de Troie ; ainsi, la fortune les abandonna,
Et sous son joug, ils furent contraints de suivre son cours,
Oui, car ils étaient en colère.

21. Mais comment cette ville fut détruite,
Rien ne m’incite à le raconter ;
Car ce serait ici un long écart
Par rapport à mon sujet, et vous vous attarderiez trop.
Mais les exploits des Troyennes, tels qu’ils sont rapportés,
Dans Homère, ou dans Dares, ou dans Dytée,
Celui qui le peut peut les raconter tels qu’ils sont écrits.

22. Mais bien que les Grecs aient pris Troie,

Page 254

Et ses citoyens en parlaient sans cesse ;
Ils ne voulaient pas abandonner leurs anciennes coutumes,
Comme celle de vénérer leurs dieux avec dévotion ;
Mais surtout, par respect, sans aucun doute,
Ils possédaient un relique précieux, le Palladion,
Qui était leur plus grand trésor parmi tous.

23. Ainsi, quand arriva le temps de l’Été,
Quand la terre s’habillait de verdure nouvelle,
Due au printemps vigoureux,
Et que fleurissaient des fleurs blanches et rouges aux parfums doux,
De diverses manières, comme je l’ai dit,
Le peuple de Troie observait ses anciennes traditions,
En célébrant la fête du Palladion.

24. Et dans le temple, de la meilleure façon possible,
Beaucoup de gens s’y rendaient,
Pour assister aux rites en l’honneur du Palladion ;
Parmi eux, tant de chevaliers vaillants,
Tant de dames fraîches et jeunes, élégamment vêtues,
Que ce soit les plus nobles ou les plus humbles,
Tous pour la saison et pour la fête.

25. Parmi ces gens se trouvait Criseyde,
Vêtue de noir en tant que veuve ; mais sans aucun doute,
Comme notre première lettre est aujourd’hui un « A »,
Elle se distinguait par sa beauté, sans égale ;
Son regard pieux réjouissait tous les présents.
On n’avait jamais vu rien d’aussi beau à admirer là,
Ni sous un ciel sombre une étoile aussi brillante.

26. Telle était Criseyde, disaient tous ceux qui la voyaient
Vêtue de noir en tant que veuve ;
Pourtant, elle restait humble et silencieuse, seule,
Derrière les autres, un peu à l’écart,
Près de la porte, dans la honte,
Simple dans son comportement, douce dans son amour,
Avec un regard et une attitude pleins de confiance.

27. Ce Troilus, comme il avait l’habitude de guider
Ses jeunes chevaliers, les emmenait partout
Dans ce grand temple, de tous côtés,
Tout en gardant à l’œil les dames de la ville.

Page 255

Ici et là, sans aucune dévotion,
Il aurait dû attendre midi pour reprendre son repos,
Mais il préférait poursuivre et convoiter celle qui lui plaisait le moins.

28. Et en marchant très vite, il guettait toujours :
Si un chevalier ou un écuyer de sa compagnie
Allait chercher à séduire, ou si son regard se posait
Sur une femme qu’il pouvait apercevoir ;
Il souriait, feignait l’indifférence,
Et lui disait ainsi : « Dieu sait, elle dort si paisiblement
Par amour pour toi, quand tu t’épuises sans cesse ! »

29. « J’ai entendu parler, pardieu, de votre vie,
Vous, amants, et de vos folles pratiques,
Et des efforts que font les gens pour gagner
L’amour, et des doutes qu’ils ont pour le conserver ;
Et quand leur proie s’échappe, malheur et douleur !
Ô vraiment sots ! Vous êtes ignorants et aveugles ;
Nul ne peut vaincre par la ruse des autres. »

30. Sur ces mots, il haussa les sourcils,
En disant : « Eh bien ! N’est-ce pas là une parole sage ? »
Alors le dieu de l’amour le regarda avec mépris,
Décidé à se venger ;
Il banda aussitôt son arc, car il n’était pas brisé ;
Car il le frappa de plein fouet ;
Pourtant, il put encore tirer une flèche fièrement.

31. Ô monde aveugle, ô jugement aveugle !
Combien souvent tout se passe à l’opposé
De toute prudence et de toute sagesse ;
Car le fier est pris, et le bon aussi.
Ce Troilus est monté sur l’échelle,
Et il faudra du temps avant qu’il ne décide de descendre.
Mais chaque jour, les choses échappent à ceux qui sont sots.

32. Comme le fier Bayard cherche à sortir du chemin,
On le pique avec sa crinière,
Jusqu’à ce qu’on le frappe avec un long fouet ;
Alors il pense : « Même si je parade partout,
Le premier dans les arènes, gras et fraîchement tondu,
Je ne suis qu’un cheval, et je dois subir
La loi des chevaux, et travailler avec mes semblables. »

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33. Ainsi fut-il par ce chevalier fier et courageux ; 225
Bien qu’il fût le fils d’un roi digne,
Et n’eût jamais eu une telle force,
Avec sa volonté qui devait dominer son cœur,
Pourtant, d’un seul regard, son cœur se mit à trembler,
Si bien que celui qui était alors le plus fier de tous, 230
Devint soudainement le plus soumis à l’amour.

34. Prenez donc cet homme pour exemple,
Vous, gens sages, fiers et dignes,
Pour mépriser l’Amour, qui peut ainsi
Réduire en esclavage la liberté de vos cœurs ; 235
Cela a toujours été, et cela restera toujours ainsi,
Car l’Amour est celui qui peut tout lier ;
Car nul ne peut désobéir à la loi de la nature.

35. Que cela soit vrai, cela a été prouvé et l’est encore ;
Car je crois que vous le savez, tous ou certains d’entre vous, 240
Les hommes ne disent pas que ceux qui ont la plus grande sagesse
Sont ceux qui sont le plus dominés par l’amour ;
Et les plus forts sont souvent vaincus par lui,
Même les plus dignes et les plus grands ;
Cela a été, c’est encore aujourd’hui, et les hommes le verront encore. 245

36. Et en vérité, il est bon d’être ainsi ;
Car les plus sages sont ceux qui en tirent du plaisir ;
Et ceux qui souffrent le plus,
Sont ceux qui trouvent le plus de réconfort et de soulagement dans l’amour ;
Souvent, il adoucit le cœur cruel, 250
Et rend les gens dignes d’un meilleur nom,
Et provoque souvent la honte et la haine.

37. Puisque cela ne peut être évité,
Et que c’est une chose si vertueuse dans la nature,
Ne refusez pas l’Amour pour ne pas être liés, 255
Car, comme il le souhaite, il peut vous lier.
La terre est meilleure que le vent et les tempêtes,
C’est pourquoi je vous conseille de suivre celui qui sait bien vous guider.

38. Mais pour en parler plus particulièrement 260
Comme de ce fils de roi dont j’ai parlé,
Et en laissant de côté les autres choses secondaires,

Page 257

De lui donc je garderai mon récit,
Tant de sa joie que de ses tristes soucis ;
Et tout son travail, en ce qui concerne cette affaire,
Car c’est moi qui l’ai fait, j’y ferai référence.

39. À l’intérieur du temple il alla se promener,
Ce Troïlus, devant tous ceux qui l’entouraient,
Regardant tantôt cette dame, tantôt celle-là,
Où qu’elle fût, en ville ou à l’extérieur : 270
Et son regard montait haut, à travers les airs,
Jusqu’à atteindre Criseyde, où il s’arrêta.

40. Et aussitôt il fut stupéfait par elle,
Et commença à la contempler avec admiration : 275
« Ô miséricorde, dieu ! » pensa-t-il, « où as-tu trouvé
Quelque chose d’aussi beau et d’aussi charmant ? »
Alors son cœur se gonfla et s’éleva,
Et il poussa un soupir doux, de peur que les gens ne l’entendent,
Puis il fixa sur elle son premier regard plein d’amour. 280

41. Elle n’était pas la moins grande de taille,
Mais toutes ses proportions étaient si bien accordées
Avec sa féminité, que cette créature
N’avait rien de masculin dans son apparence.
Et la pureté de son esprit 285
Montrait clairement que l’on pouvait y voir
L’honneur, la dignité et la noblesse féminine.

42. Troïlus, émerveillé, désirait ardemment
Avoir son esprit et son amour,
Ce qui était un peu effrayant, car elle baissait légèrement 290
Son regard vers le côté, de telle manière,
Comme pour dire : « Quoi ! Ne puis-je pas rester ici ? »
Ensuite, elle leva à nouveau les yeux,
Sans jamais avoir imaginé voir une telle beauté.

43. Et son regard en lui fit naître 295
Un tel désir, une telle affection,
Que dans le fond de son cœur s’enfonça
Son image profonde et indélébile :
Et bien qu’il eût déjà été tourmenté,
Il était heureux que ses cornes se rétractassent ; 300

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Unnethes savait comment regarder ou faire un signe de l’œil.

44. Vois, celui qui se faisait ainsi roi,
Et méprisait ceux qui aiment les peines amères,
Était tout à fait ignorant que l’amour avait sa demeure
Dans les courants subtils de ses yeux ;
Ainsi, il croyait vraiment mourir,
Rien qu’à son regard, l’esprit dans son cœur ;
Béni soit l’amour, qui peut ainsi convertir les gens !

45. Elle, vêtue de noir, ressemblant à Troïlus,
Il était prêt à tout pour la garder ;
Ni son désir, ni la raison pour laquelle il restait ainsi,
Il n’en fit pas mention, ni ne prononça de parole ;
Mais de loin, il cherchait à la retenir,
Parfois son regard se portait sur autre chose,
Puis sur elle, jusqu’à ce que ce service prenne fin.

46. Et après cela, sans trop se montrer,
Il sortit discrètement du temple,
Regrettant d’avoir jamais ri
Des amoureux, de peur que le mépris ne s’abatte entièrement
Sur lui-même ; mais, comme il le pensait,
Pour que personne ne s’en aperçoive,
Il dissimula et cacha sa peine.

47. Lorsqu’il eut quitté ainsi le temple,
Il se rendit aussitôt à ses palais en ruine,
Transpercé et blessé par son regard,
Faisant semblant de vivre dans le désir ;
Et il montra toute son affection et ses paroles ;
Oui, constamment, parmi les serviteurs de l’amour,
Pour se moquer d’eux, il leur souriait.

48. Et il dit : « Seigneur, voilà donc comment vous vivez toujours dans la crainte,
Vous, amoureux ! Car le plus rusé d’entre vous,
Celui qui sert avec le plus d’ardeur et le mieux,
Est autant blessé par cela que protégé ;
Votre salaire est nul, Dieu seul sait comment !
Rien de bon en retour pour un bon service ;
En vérité, votre règle est gouvernée de manière étrange ! »

49. En vérité, toutes vos observations…

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Mais ce ne sont que quelques points ;
Rien n’exige autant d’attente
Que votre situation, et vous le savez tous ; 340
Mais ce n’est pas le pire, je dois vous le dire ;
Car si je vous révélais le pire, je crains,
En vérité, que vous ne m’en vouliez !

50. Mais prenez ceci, que les amoureux évitent souvent,
Sinon ils agissent avec de bonnes intentions, 345
Car très souvent votre dame voudra mal interpréter cela,
Et y voir du mal dans son opinion ;
Et pourtant, si elle, par autre affection,
Est fâchée, alors vous aurez bientôt des soucis :
Seigneur ! Heureux celui qui peut rester auprès d’elle ! 350

51. Mais malgré tout cela, quand vient son heure,
Il retient ses désirs, rien d’autre ne le réjouit ;
Car l’amour rend ses sens si ardents,
Qu’il feint bien devant son peuple
Que d’autres le détournent de son but ; 355
Car malheur à celui qui, ne sachant que faire,
Force son peuple à aller là où il ne veut pas.

52. Et quand il était seul dans sa chambre,
Il s’asseyait au bord de son lit,
D’abord il pleurait, puis il se lamentait, 360
Et pensait constamment à elle, sans relâche,
Ainsi qu’en restant assis et contemplant, son esprit lui montra
Qu’il la voyait dans un temple, telle qu’elle était vraiment,
Et il en fut profondément ému.

53. Ainsi fit-il un miroir de son esprit, 365
Dans lequel il vit clairement son image ;
Et comme il pouvait la trouver dans son cœur,
Cela lui parut une grande chance
D’aimer une telle personne, et s’il s’efforçait de la servir,
Il pourrait gagner sa faveur, 370
Ou du moins devenir l’un de ses serviteurs.

54. Imaginant que ni peine ni tristesse
Ne pouvaient être causées, pour une personne si merveilleuse,
Ni pour elle à cause de son désir ou de sa honte,
Même si cela était connu, mais seulement parmi les nobles et les gens de haute naissance. 375

Page 260

De tous les amants, il en était bien plus qu’un autre ;
C’est ainsi qu’il raisonnait au début,
Sans se douter du malheur qui allait le frapper.

55. Ainsi décida-t-il d’utiliser l’art de l’amour,
Et pensa qu’il agirait en secret, 380
D’abord pour cacher son désir dans son cœur
À tous les hommes, complètement,
Mais il craignait que cela ne lui fasse du tort ;
Car il se souvenait que l’amour, quand il se répand largement,
Donne des fruits amers, même si la semence est douce. 385

56. Et par-dessus tout cela, il réfléchissait encore davantage
À ce qu’il fallait dire, à ce qu’il fallait garder pour soi,
À ce qu’il fallait inventer pour la faire aimer, 390
Et il commença aussitôt une chanson,
Chantant fort sa douleur pour la gagner ;
Car, plein d’espoir, il accepta entièrement
Que Criseyde l’aime, sans aucun regret.

57. De sa chanson, non seulement la phrase,
Comme l’a écrit mon ami nommé Lollius,
Mais en détail, sauf la différence entre nos langues, 395
Je peux dire avec certitude tout ce que Troilus
A dit dans sa chanson ; voici chaque mot exactement
Comme je vais le dire ; et quiconque veut le lire ici,
Voici, juste après ce vers, il pourra le trouver.

Chant de Troilus.

58. « Si l’amour n’existe pas, ô dieu, pourquoi ressens-je tant ? 400
Et s’il existe, quelle chose est-ce, et qui est-ce ?
Si l’amour est bon, d’où vient ma douleur ?
S’il est mauvais, je m’étonne,
Car toute torture et tout malheur
Qui viennent de lui me semblent agréables ; 405
Car plus j’en subis, plus j’en ai envie. »

59. Et si c’est par ma propre passion que je brûle,
D’où viennent alors mes lamentations et mes plaintes ?
Si le mal m’atteint, à qui puis-je m’en plaindre ?
Je ne sais ni pourquoi je ressens cela. 410
Ô mort rapide, ô doux mal si doux…

Page 261

Combien de toi en moi, en telle quantité,
Mais — si je consens à ce que cela soit ?

60. Et si je consens, je complète injustement,
Assurément ; ainsi, tiraillé de part et d’autre,
Entièrement confiné dans une botte,
Au milieu de la mer, entre deux vents
Qui soufflent toujours en sens opposés.
Hélas ! quelle étrange maladie est-ce là ?
De chaud par froid, de froid par chaud, je meurs. 420

61. Et au dieu de l’amour il dit ainsi,
D’une voix pitoyable : « Ô Seigneur, maintenant ton est
Mon esprit, qui devrait être le tien.
Je te remercie, Seigneur, de m’avoir conduit ici ;
Mais qu’elle soit déesse ou femme, assurément, 425
Je ne sais pas celle à qui tu me sers ;
Mais en tant que son homme, je veux vivre et mourir. »

62. Tu te tenais dans ses yeux avec force,
Comme en un lieu digne de ta vertu ;
C’est pourquoi, Seigneur, si mon service ou moi-même 430
Pouvons te plaire, sois donc bienveillant envers moi ;
Car j’abandonne ici ma condition royale
À sa merci, et avec une humilité profonde
Je deviens son homme, comme envers ma dame là-bas. »

63. En lui, le feu de l’amour ne ménagea point 435
Le sang royal, grâce à quoi Dieu me bénit,
Et ne l’épargna en aucune mesure, pour toute
Sa vertu ou ses exploits exceptionnels ;
Il le tint comme son esclave misérable en détresse,
Et le brûla de diverses manières, 440
Au point qu’il perdait connaissance soixante fois par jour.

64. Ainsi, jour après jour, sa propre pensée,
À cause du désir pour elle, s’enflamma et grandit,
Au point qu’il négligea tous les autres soucis ;
Souvent, pour apaiser son ardent feu, 445
Il se contentait de contempler sa belle apparence ;
C’est ainsi qu’il parvenait à se soulager,
Et plus il était malheureux, plus il brûlait.

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65. Plus il est près d’elle, plus il brûle de désir ;
Cela, je crois, toute cette compagnie le sait. 450
Mais qu’il soit près ou loin, je puis affirmer ceci :
De nuit comme de jour, par sagesse ou folie,
Son cœur, qui est dans sa poitrine,
Était toujours tourné vers elle, plus belle à voir
Que jamais Éléine ou Polixène. 455

66. Pas une heure ne passait sans qu’il se dise mille fois :
« Ô belle, à qui sers-je et travaille-je ainsi, de mon mieux ?
Ah, Criseyde, si seulement vous pouviez avoir pitié de moi !
Mon cher cœur, hélas ! Mon âme et ma vie sont perdues,
Et pourtant vous voudriez avoir pitié de moi. » 460

67. Toutes les autres pensées s’étaient enfuies de lui,
Tant celles liées au siège que celles de sa raison ;
En lui ne naissait plus aucun autre désir 465
Que des raisons conduisant à cette conclusion :
Qu’elle aurait pitié de lui,
Et qu’il deviendrait son homme, tant qu’il le pourrait ;
Voilà sa vie, et là se trouvait le remède à la mort !

68. Les coups terribles des armes, 470
Que lançaient Hector ou ses frères,
Ne le faisaient pas reculer pour autant ;
Et pourtant, où que les hommes aillent ou chevauchent,
On le trouvait toujours là, où le danger était le plus grand,
Et il endurait tant de peines 475
Avec les armes, au point que c’en était admirable.

69. Mais ce n’était ni la haine qu’il portait aux Grecs,
Ni le désir de sauver la ville,
Qui le poussaient à se battre ainsi ;
C’était plutôt, voyez-vous, cette conclusion : 480
Se montrer digne d’elle par son courage ;
Jour après jour, il se battait ainsi,
Au point que tous les Grecs le craignaient comme la mort.

70. Et à cause de cela, même le sommeil l’abandonna,
Il fit de son combat sa destinée ; et sa tristesse 485
S’accrut de plus en plus, au point que quiconque le voyait…

Page 263

Cela se montrait dans son visage, le soir et le matin ;
C’est pourquoi on lui donna un surnom pour le distinguer
Des autres amoureux, afin que les gens ne pensent pas
Que c’était le feu de l’amour qui le brûlait. 490

71. Et on disait qu’il avait de la fièvre et des maux de tête ;
Mais comment cela se passait vraiment, je ne peux le dire,
Puisque sa dame ne comprenait pas cela,
Ou feignait de ne pas comprendre, l’une des deux ;
Mais je sais bien que, d’aucune manière, 495
Elle ne semblait le mépriser,
Ni ses souffrances, ni quoi que ce soit d’autre qu’il pouvait penser.

72. Mais tant de malheur frappa alors Troïlus,
Qu’il était presque comme mort ; car sa crainte
Était celle-ci : elle avait aimé quelqu’un à ce point, 500
Qu’elle ne voulait jamais faire attention à lui ;
À cause de cela, il sentait son cœur saigner.
Il n’osait même pas commencer à raconter ses peines,
Même pour gagner tout le monde.

73. Mais quand il avait un moment de répit de ses soucis, 505
Il se lamentait souvent ainsi tout seul ;
Il disait : « Ô fou, tu es maintenant dans le piège,
Celui où autrefois tu te moquais des peines d’amour ;
Maintenant tu es pris, maintenant mords tes propres chaînes ;
Tu avais l’habitude de blâmer chaque amoureux 510
Pour quelque chose dont tu ne pouvais pas te défendre.

74. Que diraient maintenant tous les amoureux de toi,
S’ils apprenaient cela ? Ils riraient de toi avec mépris,
Et diraient : « Voilà donc celui-là,
L’homme si sage, 515
Qui nous, amoureux, tenait en si peu de respect !
Maintenant, Dieu merci, il peut aller danser
Auprès de ceux que l’Amour désire ardemment conquérir !

75. Mais, ô malheureux Troïlus, Dieu voudrait,
Même si tu es le plus aimé par ton destin, 520
Que tu sois entouré de quelqu’un qui devrait
Connaître toutes tes peines, montrer de la pitié :
Mais ta dame est si froide en amour envers toi,
Comme la glace en hiver.

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Et toi, pardonne, comme la neige dans le feu disparaît en un instant. 525

76. Dieu, que je sois arrivé au port de la mort, vers lequel ma douleur me conduit ! Ah, Seigneur, ce serait pour moi un grand réconfort ; alors je serais délivré de cette agonie affreuse. Car à cause de ma douleur cachée qui me brûle le cœur, 530 j’aurais été tourmenté mille fois plus que ce fou dont les hommes font des vers.

77. Mais maintenant, aidez-moi, Dieu, et vous, chère, pour qui je souffre, vous, jamais personne n’a été si rapide ! Ô miséricorde, ô cœur, aidez-moi à échapper à la mort, car, tant que ma vie durera, 535 je vous aimerai plus que moi-même jusqu’à mon dernier souffle. Et regardez-moi avec un regard amical, chère, même si vous ne m’adressez plus jamais la parole !

78. Il prononça ces mots et bien d’autres encore, 540 appelant sans cesse son nom, afin de lui confier sa peine, jusqu’à ce qu’il soit épuisé par les larmes salées. Tout fut en vain, elle n’entendit rien de ses plaintes ; et quand il pensait à cette folie, 545 sa douleur s’accroissait mille fois.

79. Pleurant ainsi seul dans sa chambre, un de ses amis, nommé Pandare, vint le voir, le trouva pâle, et vit son ami dans une telle détresse et angoisse : 550 « Hélas ! » dit-il, « qui cause tout cela ? Ô miséricorde, Dieu ! Quel malheur peut arriver ? Les Grecs vous ont-ils donc rendu esclave ?

80. Ou bien avez-vous des remords de conscience, et êtes-vous maintenant tombé dans une sorte de dévotion, 555 craignant pour vos péchés et vos fautes, et ayant pris peur à cause de vos actes ? Que Dieu sauve celui qui a assiégé notre ville, et qui peut ainsi mettre notre Iolyte en sécurité, et conduire notre peuple passionné vers la sainteté ! » 560

81. Il prononça ces mots à neuf heures du soir.

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Que ce changement puisse le mettre en colère,
Et que, dans sa colère, sa tristesse s’accroisse ;
Quant au moment où son courage se réveillera…
Mais il savait bien, pour autant que les langues pouvaient parler,
Qu’il n’y avait pas d’homme plus courageux que lui,
Ni de personne plus digne d’estime.

82. « Quelle raison », dit Troïlus, « ou quel hasard
T’a conduit à venir voir ma détresse,
Moi qui suis rejeté par toute créature ?
Mais par amour pour Dieu, va-t’en, je t’en prie ;
Car assurément, ma mort te causera du chagrin,
Et je ne veux pas mourir ;
Va-t’en donc, il n’y a plus rien à voir. »

83. Mais si tu crois que je suis si affligé par la peur,
Ce n’est pas le cas, alors ne méprise rien ;
Il y a autre chose qui me tourmente,
Bien plus que tout ce que les Grecs ont fait,
Et c’est la cause de ma mort, à cause de la tristesse et des pensées.
Mais même si je te le dis maintenant, cela ne changera rien,
Ne sois pas fâché, je le cache pour ton bien. »

84. Ce Pandare, qui gémissait de douleur et de chagrin,
Disait souvent : « Hélas ! Que peut-il bien y avoir ?
Maintenant, mon ami, si jamais l’amour ou la fidélité
Ont existé, ou existent encore, entre toi et moi,
Ne commets jamais une cruauté
Pour cacher à ton ami une telle souffrance ;
Ne sais-tu pas bien que c’est moi, Pandare ? »

85. Je voudrais partager avec toi toute ta peine,
Si cela ne te console pas,
Comme il convient entre amis, en vérité,
De partager la douleur, comme un plaisir partagé.
J’ai aimé, et j’aimerai toujours, en vérité ou en mensonge,
Dans le bien comme dans le mal, mon cher ami, toute ma vie ;
Ne cache pas ta douleur devant moi, mais dis-la-moi franchement. »

86. Alors ce Troïlus affligé répondit ainsi :
« Que Dieu veuille que ce soit pour mon bien
De te le dire ; car, même si cela ne te plaît pas,
Je veux quand même te le dire, même si mon cœur se brise. »

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Et je sais bien que tu ne peux rien pour moi. 600
Mais de peur que tu ne le fasses, je ne compte pas sur toi ;
Écoute donc, ami, car voilà ma situation.

87. L’amour, qui est celui que celui qui le défend le plus se nuit le plus à lui-même,
Me frappe d’un désespoir si douloureux, 605
Que mon cœur crie jusqu’à la mort.
Un désir si ardent m’assaille,
Que d’être tué serait pour moi une joie plus grande
Que d’être roi de Grèce ou de Troie !

88. Cela suffit, mon cher ami Pandare, 610
J’ai déjà parlé ; maintenant connais ma douleur ;
Et par amour pour Dieu, calme ta tristesse,
Je ne le dirai plus jamais ;
Car des malheurs pourraient en résulter, plus de deux,
Si cela était su ; mais sois heureux, 615
Et laisse-moi mourir, ignorant ma détresse.

89. « Comment as-tu pu cacher cela si cruellement et si longtemps, toi fou ? » dit Pandare ;
« Continue ainsi encore un peu,
Ainsi mes conseils pourront nous aider bientôt. » 620
« Ce serait étonnant », dit Troilus,
« que tu ne te connaisses jamais dans l’amour ;
Comment pourras-tu me conduire au bonheur ? »

90. « Toi, Troilus, écoute maintenant », dit Pandare,
« Même si je suis jeune, il arrive souvent 625
Que celui qui excède soit complètement perdu ;
Par de bons conseils, on peut sauver son ami de là.
J’ai moi-même vu un aveugle aller
Là où il aurait pu voir clairement ;
Un fou peut souvent guider un sage. » 630

91. Une pierre à aiguiser n’est pas un outil de coupe,
Et pourtant elle rend les outils de coupe tranchants.
Et puisque tu vois que j’ai commis une erreur,
Évite cela, car c’est là ce qu’il te faut apprendre ;
Ainsi, souvent, les sages sont vaincus par les fous. 635
Si tu fais cela, ton intelligence sera bien protégée ;
Sinon, tout est révélé par son contraire.

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92. Comment la douceur pourrait-elle jamais être connue
De celui qui n’a jamais goûté l’amertume ?
Je crois qu’aucun homme ne peut être véritablement heureux
S’il n’a jamais connu la tristesse ou quelque détresse ;
De même, par la honte, par le déshonneur,
Chacun est jugé par les autres, selon leur opinion ;
Comme on peut le voir ; et c’est ainsi que le sage le juge.

93. Puisqu’il en va ainsi des deux contraires,
Moi, qui ai tant essayé l’amour,
Je dois, et même davantage,
Te conseiller au sujet de ce qui te trouble.
Tu ne devrais pas non plus être malheureux,
Bien que je désire avec toi alléger
Ton lourd fardeau ; cela ne servira à rien.

94. Je sais bien que c’est comme pour ton frère Pâris et cette bergère,
Que l’on appelait Oénone,
Qui écrivit dans une plainte sa grande douleur :
« Tu as lu la lettre qu’elle a écrite, n’est-ce pas ? »
« Non, jamais encore, en vérité », répondit Troïlus.
« Alors, écoute ; c’était ainsi : »

95. « Phébus, premier amour de la médecine,
Écrivit-elle, tu pouvais, dans tous les maux des hommes,
Trouver remède et guérison, grâce aux herbes que tu connaissais bien ;
Mais pour lui-même, sa ruse était complètement vaine ;
Car l’amour l’avait si fort pris dans un piège,
Pour la fille du roi Admète,
Que toute son habileté ne pouvait soulager sa douleur. » —

96. C’est exactement comme moi, malheureusement ;
J’aime celle que j’aime le plus, et cela me fait beaucoup souffrir ;
Et pourtant, pardonne-moi, je peux te conseiller,
Mais pas moi-même ; ne me réprimande plus.
Je n’ai aucune raison, je le sais bien, de souffrir
Comme un aigle qui cherche à jouer,
Mais je peux encore faire quelque chose pour t’aider.

97. Et d’une chose tu peux être certain,
C’est que, pour ne pas mourir de douleur,
Je ne te révélerai jamais.

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Non, par ma foi, je ne saurais t’empêcher d’aimer, même si c’était Éléonore, qui est la femme de ton frère, si je le savais ; qu’elle soit qui elle soit, aime-la autant que tu le souhaites.

98. C’est pourquoi, assure-toi pleinement en moi comme un ami, 680
Et dis-moi franchement quelle est ta passion,
Et la cause profonde du mal que vous endurez ;
Car n’aie aucun doute : mon intention
N’est nullement de te blâmer,
De parler ainsi, car personne ne peut forcer 685
Un homme à aimer, tant qu’il ne le veut pas.

99. Et sache bien que les deux extrêmes sont mauvais :
Douter de tous, ou faire confiance à tous ;
Mais je sais bien que l’intermédiaire n’est pas mauvais,
Car faire confiance à quelqu’un est un signe 690
de fidélité, et pour ton bien je voudrais dissiper
ta fausse idée, et te dire quelque chose qui te console ; dis-le-moi, si tu le veux.

100. Le sage dit : « Malheur à celui qui est seul,
car, s’il tombe, il n’a aucune aide pour se relever » ; 695
Et puisque tu as un compagnon, parle-lui ;
Car ce n’est certainement pas là la meilleure façon
d’obtenir l’amour, comme nous l’apprennent les sages,
de pleurer et de gémir comme la reine Niobé,
dont les larmes ont été gravées dans le marbre. 700

101. Laisse tes pleurs et tes chagrins,
et écoutons parler d’autre chose ;
Ainsi ton temps de douleur sera moins long.
Ne prolonge pas ta tristesse pour la soulager,
comme font ces insensés qui aggravent leur chagrin 705
par d’autres chagrins, lorsqu’ils subissent un malheur,
et n’écoutent rien pour trouver un autre remède.

102. On dit : « Avoir un autre compagnon dans sa peine est une consolation pour le pauvre » ;
Cela devrait bien être notre opinion, 710
car toi et moi, nous sommes tous deux remplis d’amour ;
Je suis si plein de tristesse que, vraiment, il n’y a pas de grâce plus grande.

Page 269

Que May s’assoie sur moi, car il n’y a pas de place.

103. Si Dieu le voulait, tu ne serais pas fâché contre moi, 715
De peur que je ne te trompe au sujet de ta dame,
Tu sais bien qui est celle que j’aime, pauvre ami,
Autant que je le peux, reste loin pour l’instant.
Et puisque tu sais que je le fais sans raison,
Et puisque c’est moi celui que tu regrettes le plus, 720
Dis-moi quelque chose, même si tu connais toute ma douleur.’

104. Pourtant Troïlus, malgré tout cela, ne dit pas un mot,
Il resta allongé longtemps, aussi immobile qu’avant ;
Puis, avec colère, il partit,
Et il envoya ses gens vers Pandare, 725
Il leva les yeux vers celui qui était là,
C’était Pandare, de peur qu’il ne tombe dans la folie
Ou qu’il ne meure bientôt :

105. Et il cria « Réveille-toi ! » d’une manière étrange et forte ;
« Quoi ? Tu dors comme dans un sommeil léthargique ? 730
Ou es-tu comme un âne devant la harpe,
Qui entend le son lorsque les cordes sont jouées,
Mais dans son esprit aucune mélodie
Ne peut s’enfoncer, le rendant joyeux, parce qu’il
Est si sourd à sa bestialité ? » 735

106. Et Pandare continua à parler ainsi ;
Mais Troïlus ne lui répondit toujours pas,
Car il ne voulait révéler à personne ses pensées,
Pour celui qu’il aimait tant.
On dit en effet : « L’homme crée souvent une terre 740
Avec laquelle le créateur lui-même est mieux
Diversifié », comme on le voit ici,

107. C’est-à-dire, en révélant ses conseils
Qui concernent l’amour et qui devraient rester secrets ;
Car cela jaillirait suffisamment de lui-même, 745
Mais seulement s’il était mieux guidé.
Parfois, il est sage de fuir ce que les hommes poursuivent ardemment ;
Tout cela, Troïlus le garda dans son cœur.

108. Mais bien sûr, quand il l’entendit crier 750

Page 270

« Réveille-toi ! » cria-t-il avec douleur,
Et dit : « Ami, bien que je reste allongé,
Je ne suis pas sourd ; cesse donc de pleurer ;
Car j’ai entendu tes paroles et ton enseignement ;
Mais laisse-moi supporter mon malheur un moment, 755
Car tes proverbes ne peuvent m’être d’aucune aide.

109. Tu ne peux pas non plus me trouver d’autre remède.
Si je ne puis être guéri, je veux mourir ;
Que sais-je de la reine Niobé ?
Laisse de côté tes anciens exemples, je t’en prie. » 760
« Non », répondit Pandare, « c’est pourquoi je dis
Que c’est folie pour les sots de pleurer
Leur malheur sans chercher de remède.

110. Maintenant je sais que ta raison faillit.
Mais dis-moi, si je savais qui elle est 765
Pour qui tu endures tout ce malheur ?
Voudrais-tu que je lui porte tes plaintes
En son nom, puisque tu n’oses pas le faire toi-même,
Et que tu te tournes vers elle pour obtenir du réconfort ? »
« Non, jamais », répondit-il, « par Dieu et par ma foi ! » 770

111. « Quoi ? Pas même ainsi », dit Pandare,
« Comme si ma propre vie en dépendait ? »
« Non, certainement, frère », répondit ce Troïlus.
« Et pourquoi ? » — « Parce que tu ne devrais jamais te hâter. »
« Le sais-tu bien ? » — « Oui, c’est par crainte », 775
dit Troïlus, « car, quoi que tu puisses penser,
Elle n’est pas aussi malheureuse que moi. »

112. Pandare dit : « Allons ! Que se passe-t-il,
Pourquoi es-tu si désespéré sans raison ?
Que ? Ta dame vit-elle donc ? Béni soit-elle ! 780
Comment peux-tu être si désolé ?
Un tel malheur n’est pas toujours sans remède.
Ne pose pas des solutions impossibles,
Car parfois l’avenir apporte une issue.

113. Je comprends bien que tu endures une souffrance 785
Aussi aiguë que celle de Ticius en enfer,
Qui voit constamment son estomac souillé
Par les oiseaux de proie, comme le racontent les livres. »

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Mais je ne pourrai pas supporter que tu demeures
Dans une opinion si maladroite,
Aussi que ton chagrin ne trouve aucun remède.

114. Mais personne ne t’aidera, à cause de ton cœur lâche,
Et à cause de ta colère et de ta folle obstination,
À cause de ta méfiance ; on ne parlera pas de la douleur de tes peines,
Ni tu n’auras besoin de ton propre secours,
Pas plus que de prononcer une parole, plus ou moins,
Mais tu mentiras comme celui qui ne désire rien.
Quelle femme pourrait aimer un tel misérable ?

115. Que peut-elle encore exiger de tes actes,
Si tu meurs ainsi, sans qu’elle sache pourquoi ?
Seulement que ta respiration est presque arrêtée,
Car les Grecs nous ont maudits, n’est-ce pas ?
Seigneur, quelle gratitude devras-tu avoir pour cela !
Elle dira ainsi, et toute la ville avec elle :
« Le misérable est mort, que le démon prenne ses os ! »

116. Tu peux pleurer, crier et te prosterner ici tout seul ;
Mais aime une femme qui ne sait rien de tout cela,
Et elle voudra que tu ne souffres pas ;
Inconnu, ignoré, perdu, c’est ce qui n’est pas cherché.
Hélas ! bien des hommes ont acheté un amour si profond
Pendant vingt hivers, tandis que leur dame les désirait,
Sans jamais pouvoir embrasser ses lèvres.

117. Hélas ! faut-il donc qu’il tombe dans le désespoir,
Ou qu’il se suicide par orgueil,
Même si sa dame est belle ?
Non, non, mais qu’il reste toujours frais et vigoureux
Pour servir et aimer la reine de son cœur,
Et qu’il considère comme une grâce de lui servir
Mille fois plus qu’il ne le mérite.

118. Et Troilus prit en compte ces paroles,
Et comprit aussitôt quelle folie il avait commise,
Et comment Pandare lui avait dit la vérité :
Que pour se suicider, il ne pouvait rien gagner,
Mais commettre à la fois lâcheté et péché,
Et que sa dame ne saurait rien de sa mort ;
Car, Dieu sait, elle connaissait parfaitement sa douleur.

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119. Et avec cette pensée, il devint très malade,
Et dit : « Hélas ! que dois-je faire de mieux ? »
Pandare lui répondit : « Si tu le veux,
Le mieux est que tu me racontes tes peines ;
Aie confiance en moi, mais si tu trouves que
Je ne peux t’aider, je serai ton messager,
Même si cela doit durer longtemps,
Pour te conduire vers les poissons, puis mourir de faim ! »

120. « Ah, c’est ce que tu dis », répliqua Troilus, « hélas !
Mais, Dieu sait, ce n’est pas vraiment ainsi ;
Il serait très difficile d’aider dans ce cas,
Car je sais bien que la Fortune est mon ennemie,
Et tous ceux qui chevauchent ou marchent
Ne peuvent échapper au mal causé par sa roue cruelle ;
Car, selon son caprice, elle joue avec les libres et les esclaves. »

121. À quoi Pandare répondit : « Alors tu blâmes la Fortune
Parce que tu es en colère, je le vois bien maintenant ;
Ne sais-tu pas que la Fortune est commune
À tout être humain, à un certain degré ?
Et pourtant tu as ce réconfort, vois-tu !
C’est que, lorsque ses joies passent,
Ses peines aussi passeront pour chacun. »

122. Car si sa roue devait changer quelque chose,
Alors la Fortune cesserait d’exister :
Or, puisque sa roue ne peut en aucun cas changer,
Que feras-tu si sa variabilité
Agit exactement comme ton propre caprice,
Ou si elle refuse ton aide ?
Pandare, tu as raison de chanter ! »

123. Et donc, sais-tu pourquoi je t’en supplie ?
Laisse de côté tes peines et tourne-toi vers la terre ;
Car celui qui désire l’aide de son ami,
Doit d’abord panser sa propre blessure.
Même si j’étais lié à Cerbère en enfer,
Pour ma sœur, toutes tes peines,
Par ma volonté, elles devraient t’appartenir dès demain. »

124. Lève les yeux, je vois, et dis-moi qui elle est
Maintenant, afin que je puisse m’occuper de ton besoin ;
Sais-tu qui elle est ? Par amour pour moi, dis-le-moi.

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Alors je préférerais espérer pouvoir m’échapper. 865
Bien que le sang de Troïlus coulât abondamment,
car il avait été blessé et devenait tout pâle de honte ;
« Ah ! » dit Pandare, « c’est ici que commence le jeu ! »

125. Et sur ces mots, il se mit à le secouer,
et dit : « Voleur, tu dois révéler son nom. » 870
Mais Troïlus tremblait de peur,
comme si on allait le jeter en enfer,
et disait : « Hélas ! De toute ma douleur,
la plus grande est mon amour pour cette belle Criseyde ! »
Et presque aussitôt, à cause de ces paroles, il mourut. 875

126. Lorsque Pandare entendit son nom,
mon Dieu, il fut ravi et dit : « Ami, voilà qui est bien,
car au nom d’Amour dans le ciel,
l’amour a apporté le bonheur ; sois heureux ;
car elle possède déjà assez de bon nom, de sagesse et de grâce,
et même de noblesse ;
si elle est belle, tu te connais toi-même, je pense. »

127. Je n’ai jamais vu personne plus généreuse
dans sa condition, ni plus joyeuse, ni plus aimable dans ses paroles,
ni plus gracieuse pour faire le bien, sans jamais avoir besoin de demander pourquoi ;
et tout cela, en honneur, autant qu’elle le peut,
un cœur de roi semble, par sa richesse, celui d’un pauvre.

128. Et pour ton propre confort, sache que
certainement, le premier point est celui-ci :
avoir un courage noble et une bonne conduite ;
un homme doit avoir confiance en lui-même, assurément ;
tu devrais donc agir ainsi, car il est bon d’aimer sincèrement et en un lieu digne ;
tu ne devrais pas attendre le hasard, mais la grâce.

129. Et remercie aussi, et sois heureux,
car puisque ta dame est entièrement vertueuse,
il en résulte qu’il y a de la pitié
parmi tous les autres en général ;
et pour ta part, tu ne dois rien désirer qui soit contraire à son nom.

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Car la vertu ne s’étend pas elle-même vers la honte.

130. Heureux suis-je d’être né,
Que tu te trouves en un si bon lieu ; 905
Car, par ma foi, j’ai osé jurer en amour,
Que jamais tu n’aurais reçu une grâce si belle ;
Et sais-tu pourquoi ? Car tu avais l’habitude de mépriser
L’amour, et de le traiter avec dédain,
En disant : « Saint Idiot, seigneur de cette ruelle. » 910

131. Combien de fois as-tu fait rire tes amis,
En disant que tous les serviteurs de l’amour
Sont en vérité de vrais singes divins ;
Et certains voulaient les punir seuls,
En les faisant dormir dans leur lit, pour les faire souffrir ; 915
Et toi, tu disais que certains avaient une fièvre bleue,
Et prêchais que Dieu ne devrait jamais les épargner !

132. Et certains d’entre eux portaient sur eux, à cause du froid,
Plus que de raison, comme tu le disais souvent ;
Et certains feignaient souvent de se réveiller,
Alors qu’ils dormaient profondément ;
Ainsi, ils voulaient se perdre eux-mêmes,
Et finissaient par mourir ;
C’est ce que tu disais, en riant beaucoup.

133. Pourtant, tu disais que, pour la plupart, 925
Ces amoureux parlaient de manière générale,
Et pensaient que c’était un art certain,
Pour tromper, pour essayer partout.
Maintenant, puis-je rire de toi, si je le veux !
Mais certainement, même si je devais mourir, 930
Tu es bien celui que j’ose voir.

134. Maintenant, serre ta poitrine et dis au dieu de l’amour :
« Ta grâce, seigneur ! Car maintenant je me repens
Si j’ai parlé mal, car maintenant je t’aime moi-même : »
Dis cela de tout ton cœur, avec bonne intention. 935
Troilus dit : « Ah ! Seigneur ! J’y consens,
Et je te prie de pardonner mes plaisanteries,
Et je ne chanterai plus jamais tant que je vivrai. »

135. « Tu dis bien », dit Pandare, « et maintenant j’espère

Page 275

Tu as provoqué la colère de la déesse ; 940
Et puis tu as versé tant de larmes,
Et tu as dit des paroles qui plaisent à ta déesse ;
Aujourd’hui, tu voudrais que nul autre dieu que toi soit adoré ;
Pense bien : celle dont proviennent toutes tes peines
Pourrait aussi être ta source de réconfort. 945

136. Car ce sol qui produit les épis de blé
Produit aussi ces herbes douces, souvent
À côté de l’ortie sale, rude et épaisse ;
La rose pousse belle, douce et tendre ;
Et à côté de la vallée se trouve la colline élevée ; 950
Et après la nuit noire vient le matin clair ;
De même, la joie suit la tristesse.

137. Considère donc cette tempérance comme ton guide,
Et, pour le mieux, attends le bon moment,
Sinon tout notre effort sera vain ; 955
Celui qui sait attendre agit avec sagesse ;
Sois assidu, fidèle, et bien caché.
Sois zélé, libre, persévère dans ton service,
Et tout ira bien si tu agis ainsi.

138. Mais celui qui est séparé est partout 960
Nulle part en sécurité, comme l’écrivent les sages ;
Quel miracle y a-t-il, si de tels êtres n’ont pas de grâce ?
Sais-tu comment se passe un tel service ?
Comme un arbre ou une plante, qui pousse de diverses manières,
Et le lendemain on la retrouve toujours vivante, 965
Il n’y a pas de miracle si elle ne peut jamais prospérer.

139. Et puisque ce dieu d’amour t’a placé
En un lieu digne de ta valeur,
Reste ferme, car tu as déjà vogué vers un bon port ;
Et en toi-même, face à toute adversité, 970
Espère toujours ; car, à moins que la sécheresse
Ou la précipitation ne gâchent nos efforts,
J’espère pouvoir mener cela à bonne fin.

140. Sais-tu pourquoi je suis le dernier à parler
De cette affaire avec ma nièce ? 975
C’est parce que j’ai entendu dire par des sages :
« Jamais homme ni femme n’a été plus malheureux. »

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Cela n’était pas fait pour supporter des amours ardentes,
célestes ou autres amours de ce genre ;
car j’espère y trouver ta grâce. 980

141. Et pour parler d’elle en particulier,
à sa beauté et à sa jeunesse,
il ne lui convient pas encore d’être céleste,
bien que son esprit et sa grâce le soient ;
mais en vérité, cela la rend bien digne
d’être aimée et chérie par un chevalier digne,
et si elle le fait, je le tiens pour une grande chance.

142. C’est pourquoi je suis, et veux être, prêt
à me peiner pour te rendre ce service ;
car j’espère ainsi te plaire,
ensuite, auprès d’elle ; car vous êtes tous deux sages,
et savez conseiller de telle manière
que nul ne sera plus sage que vous ;
ainsi nous pourrons être heureux tous les trois.

143. Et, par ma foi, j’ai maintenant de toi
une bonne opinion dans mon esprit, comme je le dis,
et je veux que tu voies maintenant ce qu’elle est.
Je pense que, puisque l’amour, par sa bonté,
t’a fait sortir du mal,
tu seras, je crois,
le meilleur parmi tous ses laïcs, et son plus fidèle serviteur.

144. En exemple, vois maintenant ces clercs sages,
qui commettent presque toujours une erreur,
et qui ont été convertis de leurs mauvaises actions
par la grâce de Dieu, qui les attire vers Lui,
plus que ceux qui craignent le plus Dieu,
et qui, selon moi, ont été les plus stricts,
et savent corriger le mieux les erreurs.

145. Lorsque Troilus entendit que Pandare avait accepté
de l’aider à aimer Criseyde,
son chagrin, comme on dit, devint moins intense,
mais son amour devint encore plus ardent, et il dit alors,
avec une tendre affection, bien que son cœur fût tourmenté :
« Ô heureuse Vénus, aide-moi, sinon je périrai ;
de toi, Pandare, je pourrai peut-être mériter quelque remerciement. » 1015

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146. Mais, mon ami, comment mes peines pourront-elles diminuer
Jusqu’à ce que cela soit fait ? Dis-moi donc,
Que penses-tu de moi et de mon désespoir ?
De peur qu’elle ne se fâche, c’est là ma plus grande crainte,
Sinon rien ici, ni je ne sais comment cela se passera.
Toute cette angoisse, c’est à cause de toi, ô toi, elle ne doit rien subir de tel ici.

147. Pandare répondit : « Tu t’inquiètes bien trop
De peur que le garçon ne tombe du lit !
Hé, seigneur ! Je déteste ta façon de faire !
Pour l’amour des dieux, je te demande une faveur :
Laisse-moi seul, et ce sera ton meilleur intérêt. »
« Hé, ami, » dit-il, « fais donc ce que tu crois le mieux. »

148. Mais écoute, Pandare, dis-moi quelque chose, car je ne veux pas
Que tu me traites avec tant de folie,
Au point que ma dame doive subir
Du mal ou quelque méchanceté ;
Car vraiment, il vaudrait mieux que je meure
Que de laisser croire à ma dame autre chose
Que ce qui pourrait plaire aux dieux. »

149. Pandare rit de cela et répondit aussitôt :
« Et moi, ton serviteur ? Bah ! Tout le monde agit ainsi ;
Je n’ai rien fait, même si elle a vu et entendu
Ce que tu as dit ; mais adieu, je m’en vais.
Au revoir ! Sois heureux ! Que les dieux nous protègent tous deux !
Si j’accomplis cette tâche et ces obligations,
Que ta joie soit la récompense de ma rapidité. »

150. Troïlus tomba à genoux, prêt à s’effondrer,
Et serra fort Pandare dans ses bras,
En disant : « Maintenant, par les Grecs eux-mêmes !
Pourtant, mon ami, les dieux nous aideront à la fin ;
Et vraiment, si ma vie peut durer,
Et si les dieux le permettent, certains d’entre eux souffriront ;
Mais je pense que cela m’évite un grand malheur ! »

151. Maintenant, Pandare, je ne peux plus rien voir,
Toi seul es sage, tu savais, tu peux, tu es tout !
Ma vie, ma mort, je les confie entre tes mains.

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« Aidez-moi maintenant », dit-il. « Oui, par ma foi, je le ferai. »
« Que Dieu te protège, ami, et surtout cela », 1055
À quoi Troïlus répondit : « Que tu me recommandes
À celle qui pourra me condamner à mort. »

152. Or ce Pandare, désireux de servir
Son très cher ami, dit en ces termes :
« Adieu, et je te remercie comme il se doit ; 1060
Tiens ici ma parole, et tu seras bien traité ici. » —
Et il partit, réfléchissant à la manière
D’obtenir d’elle sa grâce, et de trouver le moment
Et le lieu appropriés.

153. Car tout homme qui veut fonder une maison 1065
N’épargne aucun effort pour commencer
Avec un pic, mais il s’arrête un instant,
Et envoie d’abord ses pensées de l’intérieur
Pour atteindre son but. Tout cela, Pandare le pensa dans son cœur, 1070
Et il entreprit son travail avec beaucoup de sagesse.

154. Mais Troïlus ne resta pas allongé plus longtemps,
Il monta aussitôt sur son beau cheval,
Et il se mit à jouer dans les champs comme un lion ;
Où était donc ce Grec qui l’avait rencontré ce jour-là ? 1075
Et en ville, son comportement était si noble,
Et il gagna tant de faveur,
Que tous ceux qui voyaient son visage l’aimaient.

155. Car il devint l’homme le plus amical,
Le plus courtois, et aussi le plus libre, 1080
Le plus diligent et sans doute le meilleur chevalier,
Qui ait existé ou puisse exister à son époque.
Ses traits sévères et sa cruauté,
Sa haute stature et son air étrange,
Tout cela était considéré comme des vertus. 1085

156. Maintenant, laissons Troïlus de côté un instant,
Comme un homme qui souffre beaucoup,
Et qui, bien que sa blessure soit soignée correctement, ne guérit pas davantage :
Et, tel un patient patient, il 1090
Éloigne celui qui s’occupe de sa guérison.

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Et c’est ainsi qu’il entreprend son aventure.

Explicit Liber Primus.

Les manuscrits sont :—Cl. (= Campsall MS.), et Cp. (= Corp. Chr. Camb. 61), pris comme base du texte ; H. (= Harl. 2280) ; H2. (= Harl. 3943) ; Cm. (= Cambridge MS. Gg. 4. 27) ; Ed. (= édition imprimée, 1532).

1-70. Perdu dans Cm. et H2. (où il est fourni tardivement). 5. Cl. Cp. froye ; H. froye. 6. Cl. helpe ; Cp. H. help. 7. Cp. thise ; Cl. H. this. 15. Cl. seruauntz. 18. Cl. om. I ; H. I am ; Cp. Ed. am I. 20. Cl. H. Vn-to ; Cp. Ed. To. 21. Cl. be his ; Cp. be this ; H. by this. 23. Cl. ony ; Cp. Hl. any (souvent). 24. Cp. Hl. Remembreth ; Cl. Remembre. 26. Cl. other fok ; Cp. othere folk. 27. Cl. dorst ; Cp. H. dorste. 31. Cp. H. Ed. hem ; Cl. him. 36, 42. Cl. Cp. desespeyred ; H. despeyred ; Ed. dispeyred. 41. Cp. To ; Cl. H. So. 44. Cl. H. goode ; Cp. Ed. good. 45. Cp. ladies so ; Cl. loues for ; H. loueres for. 48. Cl. seruauntz. 58. Cl. went ; Cp. H. wente. 62. Cl. raueshyng ; Cp. rauysshynge. 69. Cl. high (!) ; Cp. highte ; H. hyghte. 70. Cl. Delphebus ; Cp. H. Ed. Delphicus. 71. Cl. whanne ; Cp. whan. 76. Cl. wyst ; H. west ; Cm. woste ; Cp. wiste. 79. Cl. forknowyng ; Cp. H. Cm. for-knowynge. 80. Cl. pryely (!) ; Cp. H. pryuely ; Cm. preuili. 82. Cl. H. bothen ; Cp. Cm. bothe. 87. Cl. Cp. H. ins. fals bef. fled ; H2. Ed. om. 90. Cl. onys. 96. Cl. H. nyst ; Cm. nyste. 98. Cl. dorst make ; Cp. dorste ; H. dorst ; Cm. durste. 99. Cp. a- ; reste al. 101. Cl. H. faire ; Cp. Cm. fair. 102. Cl. angelyk ; Cp. aungelik. 112. Cl. Cm. selue ; Cp. H. seluen. 126. Cl. om. 2nd and. // H. hoom ; Cm. hom ; Cl. home. 128. to] Cp. H. til. 129. Cl. dwelled ; Cp. H. Cm. Ed. was dwellynge. 130. Cl. Kept ; Cp. Kepte. // Cl. yong ; H. Cp. yonge. 132. Cl. hade children ; reste children hade. 133. Cm. lete ; Cl. late ; H. latt. 137. Cp. H. Cm. eft ; Ed. efte ; Cl. ofte. 139. H. Ed. vnder ; H2. vndur ; Cl. wonder (à tort). // H. H2. eft ; Ed. efte ; Cl. ofte. // H. whielen (meilleur que wheelen) ; Cp. whilen ; H2. whilyn ; Ed. whelmen ; Cl. weylen ; Cm. weyle. 143. Cm. here ; reste om. 144. Cm. dwelle ; reste to dwelle (mal). // Cl. Troiane ; H2. troianys ; reste troyan. 146. H2. homere ; reste Omer. // Cl. of (pour 1er ou). 155. Cl. come ; reste comen (comyn). 158. Cl. swoot ; Cp. H. swote ; Cm. swete. 161. Cl. H. H2. Palladions ; Cm. Palasdionis (pour Palladionis). 162. Cl. H. à tort ins. goodly avant beste. Cp. Cm. beste ; reste best. 163. H. Cm. wente ; reste went. 164. Cl. Cm. herkenen ; Cp. herknen. 167. Cl. bothe meene meste ; H. Cp. bothe most meyne ; Cm. bothe meste ; Ed. bothe most. 168. Cl. and for the ; Cp. H. Cm. Ed. om. for. 171. H. furste ; Cl. Cm. first. 172. Cl. stode ; Cp. stood. 174. Cl. yet thing seyn ; H. þat seyn thing ; Cm. yit seyen þyng ; H2. seyn thing (meilleur). // Cl. presed ; H. Cp. preysed. 175. H. Cm. Cp. cloude ; Cl. cloud. 176, 178. Cl. euerichone, allone. 192. Cp. baiten ; Cl. beyten. 196. H. Cm. Cp. ful ; Cl. om. 198. Cm. lewede ; H2. lewde ; Ed. leude ; Cl. H. om. 199. H. Cm. Cp. Ed. which a labour ; Cl. swych labour as. 202. Cl. loues ; reste fooles (folis). 206. Cl. to loken ; reste om. to. 208. Cp. He kidde ; Cl. And kyd. 209. Cp. Ful ; reste For. 211. Cl. blynd ; Cp.

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blynde (deux fois). 213. Cl. Suriquidrie. 216. Cm. mot ; Ed. mote ; Cp. moot ; Cl. moste ; H. schall. 217. Ainsi Cl. ; le reste Mais tout ce que les sots font échoue. 220. Cl. long ; H. Cp. longe. 224. Cl. felawes ; le reste feres. 225. Cl. proud ; H. Cm. Cp. proude. 227. Cp. swiche ; Cl. swich. 228. Cl. dere ; le reste stere. 229. Cl. hert (voir l. 228). Cl. H. wax ; Cp. Cm. wex. 231. Cl. H. Wax ; Cm. Wex. 234. scornen] Cp. seruen. 240. Cl. H. Cp. Cm. or ; H2. Ed. and. 244. Cl. of ; le reste in. 246. Cp. Cm. wel ; Cl. H. wele. 248. Cl. addermost (!). 252. Cp. H. H2. causeth ; Cl. causen. 261. Cl. H. Cm. om. As (H2. Ed. have it). 262. Cl. letten ; Cp. H. Cm. leten ; H2. Ed. leuen. 264. Cl. Cm. Ioyes ; le reste Ioye. 266. H. refeere. 267. Cl. went ; Cp. H. Cm. wente. // Cl. pleynge. 268. H. Cm. Cp. Ed. of ; Cl. and. 272. H. percede ; Ed. perced ; Cl. Cp. procede (!). 274. Cl. wax ; H. Cm. wex. 275. Cl. om. gan. 278. Cp. herte ; Cl. hert. 280. Cl. pleynge. 286. Cm. Schewede ; Cl. H. Shewed. 294. H. Cp. Cm. thoughte ; Cl. thought. 294. Cl. fair ; le reste good. 301. Cp. H. wiste ; Cl. wyst. 305. Tous les yeux (eyȝen). 306. Cp. Ed. he felte ; H. he felt ; Cl. that he sholde ; Cm. for to. 307. Cl. om. his. 308. Cl. Blyssyd ; Cp. H. Blissed ; Cm. Ed. Blessed ; voir 436. // Cl. Cp. kan thus ; H. Ed. thus kan. 310. Cl. al ; H. Cm. alle. // Cl. om. for. 312. Cl. ne made. // Cp. H. worde ; Cl. word. 315. Cl. Ed. the seruise ; le reste om. the. 321. Cp. H. Cm. Lest ; Cl. Lyst. 324. Cp. H. torneth ; Cl. Cm. turneth. 327. Cl. H2. speche and cher ; le reste chere and speche. 329. H. Ed. wrie ; Cl. wre ; Cp. wrey. 330. Cl. lyst ; Cp. lest ; H. leste. 337. Cl. I ; le reste In. // Cl. noun- ; H. non- ; H2. Ed. no ; Cp. Cm. veyn (pour noun). 341. Cp. H. mote ; Cl. Cm. mot. 351. Cl. H. om. that. 354. Cp. vn-til. 356. Cp. doon ; H. don ; Cl. Cm. done. 357. Cl. hym ; le reste hem. 360. Cl. om. eft. 361. Cl. ony lette ; le reste om. ony. 363. Cl. a ; H2. in the ; le reste and. 369. H. dydde ; Ed. dyd ; le reste dede. 371. Cl. seruauntz. 374. Cp. Cm. ne (2e) ; Cl. H. no. 379. Cl. H. toke ; Cp. took. 381. H. Cp. hiden ; Cl. hide. 385. Cp. ȝeldeth. // Cl. om. seed. 386. Cp. H. muchel ; Cl. mucho. 387. Cl. Pourquoi (for What for). // Cl. speken ; le reste speke (spek). 394. Cp. H. Cm. myn ; Cl. my. 395. Cp. H. tonges ; Cm. tungis ; Cl. tonge. // Cl. deference (!). 398. Cl. om. so. // Cl. it to ; le reste om. to. // Cl. hire ; le reste here. 399. En-tête ; ainsi Cp. H. ; Cm. Cantus ; Ed. The song of Troylus. 400. Cl. om. no. 401. whiche] Cl. what. 402. H. Cp. whennes comth ; Cm. whennys comyt ; Cl. whens cometh. 403. Cl. thenketh. 405. Cl. me so goodly ; le reste to me sauory. 406. Cm. H2. om. it. 408. Cl. walyng. 409. Cl. thenne. 411. Cp. Cm. harm ; Cl. H. harme. 412. Cl. om. thee. // Cp. swich ; Cl. H. swiche. 413. Cp. H. Cm. be ; le reste so be. 416. Cm. stereles ; H. stierlees ; Cl. sterles ; Cp. sterlees. 417. Cp. bitwixen ; H. betwexen ; Cm. be-twexe ; Cl. by-twen. 423. Cp. oughte ; Cm. auȝte ; Cl. aught. // H. yours ; Cp. youres ; Cl. youre ; voir l. 422. 427. Cl. leue ; Cp. H. Cm. lyue. 430. Cl. my lord ; le reste om. my. 432. estat] Cl. estal. 435. Cl. deynede ; Cp. H. Cm. deyned. 436. Après amour, Cl. ins. þe, et H. ins. ye. // H2. blesse ; Cl. blysse ; Cp. H. blisse ; Cm. blys. 439. held] Cl. hold. 440. Cm. brende ; Cl. brend. 444. Cp. Cm. sette ; Cl. H. sett. 446. H. preesse. 453. Cp. H. Cm. herte ; Cl. hert. // Tous les yeux (eyȝe). 454. Cl. fairest ; le reste fairer. 457. Cl. tymes ; voir 531. 460. H2. deyd ; Cp. Ed. deyde ; Cl. Cm. deyede ; H. dyede. 462. rewe] Cl. rew. 463. dredes] Cl. dredres. // Cp. H. Ed. fledde ; le reste fled. 464. Cp. thassege. // savacioun] Cl. saluacioun. 465. Ne in] Cm. Cp. Nyn. // Cl. doon ; le reste non (none). // Cl. H. Ed. fownes ; Cm. founys. 470. Cl.

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shoures sharpe. // Voir felle ; Éd. fel ; Cl. H. fille. 471. Cl. and ; le reste or. 475. Cl. trauayl.
483. H2. al ; le reste om. ; lire alle. 486. H. toke ; Cl. took. 487. Cf. H. eue ; Cl. euen. 490.
Tout. 491. H. Voir ferde ; Cl. ferd. 496. H2. as ; le reste that ; lire as that. 498. H. than ;
Cl. Voir thanne. // Voir fel to ; Cl. Cf. felt. 500. Cl. H. hadde ; Voir hade ; Éd. om. 502.
Cf. H. Éd. whiche ; Cl. such. // Cl. thought ; felt. 503. Cl. dorst ; Cf. dorste. 511. Cf. H.
nat ; Voir not ; Cl. nought. 516. H. leest ; Cl. lest. 517. Cf. H. om. be. 518. Voir febly ;
Cl. febely ; H. fiebly. 520. H. Cf. Éd. louen ; Voir loue ; Cl. leue. 528. Cl. om. a. 530.
Cf. H. hidde ; Éd. hyd ; Cl. Voir hed. 534. Cl. yet ; le reste ye. 536. Cf. H. Voir may ; Cl.
wole. 544. Cl. H. herd ; Voir Cf. herde. 545. Voir thoughte ; Cl. H. bithought. 546. Cl.
multeplie. 549. Cl. onys. // H. herde ; Cl. herd. 554. Cl. om. som. 555. H. Voir Cf.
falle ; Cl. fallen. 557. H. ferde ; Cl. Voir ferd. 563. Voir H2. sorwe ; Éd. sorowe ; Cf. H.
wo to ; Cl. wo. 567. Cl. Voir desirede. 569. Cf. H. Éd. sen me. 572. H. henne ; Voir
hene ; Cl. hens ; Cf. hennes. 573. Cl. dishese. 578. Cl. Voir wrought ; H. y-wrogth ; Cf.
H2. Éd. encore wrought. 580. Cf. H. Éd. leste ; Cl. Voir lest. 581. Cl. Ne be ; le reste om. Ne.
582. Cl. sorwe ; le reste wo. 586. H. swiche ; Cf. Voir swich ; Cl. such. 589. Cl. Voir þyn ;
H. Cf. þi. 596. Cf. H. Voir sorwful Troilus ; Cl. Troilus sorwfully. 600. Cl. don. 601.
Cf. Voir truste ; H. tryste ; Cl. trust. 602. Voir herkene ; Cl. H. herke. // Voir frend ; Cl.
H. frende. 606. Cf. H. sailleth ; Voir saylyth ; Éd. sayleth ; Cl. ffayleth. 607. Cl.
brennynly. 612. Voir colde ; Cl. H. cold. 613. Cl. telle ; le reste tolde. 622. Cl. Voir þyn ;
Cf. H. thi. 626. Voir exces ; Cl. Voir excesse ; Éd. axes. 630. Cl. ofte a wys man ; Éd. H.
Cf. a wys man ofte. 631. Éd. whetston ; Cl. Cf. H. wheston ; Voir weston. 633. Cl. out ;
Voir ouȝt ; H. Cf. aught. 637. Cl. eche ; le reste his. 643. Cf. H. Ech ; Cl. Voir Eche. 647.
Cl. ought ; mais voir l. 649. 650. Cf. Though ; H. Thoughe ; Cl. Voir Thow. // Cl. desir ; H.
Éd. desire ; Cf. desyre. 653. Cf. herdesse ; Cl. H. Voir hierdesse. 654. H. Oonone. 658.
Cl. Non (pour Now). // Cl. herkene ; Cf. herkne ; H. herken ; Voir herkenyt ; Éd. herkeneth.
659. Cl. medecyne. 661. Cf. H. Éd. herbes ; Cl. erbess. // Cl. Cf. H. she ; le reste he. 663.
Cf. H. bounden ; Voir boundyn ; Cl. bounde. 664. Éd. Admete ; le reste Amete. 665. Cl.
koude al ; le reste om. al. 667. Cl. H. oone ; Voir on. 674. Voir deyen ; Cl. deye ; Cf. H.
dyen. 675. Cf. H. Éd. mo ; Cl. Voir more. 677. H2. thogh ; Voir þow ; Cl. they ; Cf. H.
theigh. // thogh that] Éd. although. 680. Cl. as a ; le reste om. a. 681. Cl. Cf. Voir telle ; le reste
tel. 682. H2. Éd. final ; Cl. finally ; Cf. finaly ; H. fynali ; Voir finially (!). 683. Cl. þyn
(pour þyng). 685. Cl. wygh (!). 687. H. witeth ; Cl. Voir weteth. 689. Cl. wot I. 690. H.
Voir For for ; Éd. As for ; Cl. For. 693. H. Voir Cf. Éd. tel me ; Cl. telle me. // Cl. Voir Thou ;
Cf. H. the. 694. Cl. Thise ; le reste The. 697. Cl. yn certeyn ; le reste om. yn. // Cl. next.
700. Cl. terys. 703. Cl. this ; Cf. H. thy. 704. Cl. forto ; le reste to. 707. Cl. sechen ; le reste
seche hem. 710. Cf. owghte ; Voir auȝte ; Cl. H. ought. 716. Cf. Voir wolde ; Cl. wold ;
H. wol. 720. Cl. sithen ; Cf. H. sith ; Éd. sythe ; H2. seyst. // Cf. H. Voir Éd. that ; Cl. yn
whom. 723. H. Cf. Voir lay as ; Cl. om. as. 730. Tout lytargye (litargye). 734. H. Cf.
synken ; Voir synkyn ; Cl. synk yn. 737. H. Cf. answerde ; Cl. answerede. 738. Cf. H.
nas ; Cl. nat (!) ; le reste was. 739. Cl. om. no. 741. Cf. H. ybeten ; Voir I-bete ; Cl. beten.
742. Voir maner ; Cf. H. manere ; Cl. maneres. // H. Cf. þise ; Cl. þis. 743. H. tellynge ;
Cl. Voir tellyng. 744. Cl. ought ; H. ougthte (sic). 745. Cf. Éd. ynough outsprynge ;

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Voir Inow outsprynge ; Cl. pas ought sprynge. 764. Cf. H. Voir ther ; le reste omis. 765. H.
tel ; Cl. Voir telle. // Cl. wyst ; Cf. H. Voir Ed. wiste. 767. Voir told hyre ; Ed. H2. tolde
it ; Cf. H. tolde ; Cl. telle. 769. Cf. by-soughte ; Cl. H. bysought. 777. Cl. nyl pas ; le reste
omis pas. // Cf. H. noon ; Voir non ; Cl. no. // Cl. omis comme I. 779. Cl. desespered ; Voir
dispeyred ; Cf. dispeired ; H. despired. 780. Cf. bendiste ; H. bendistee. 786. Voir Cf.
Ed. he ; Cl. H2. the ; H. omis // Ticius] Voir which is ; Ed. Tesiphus ; H2. Siciphus. 787.
Cl. foughles. 788. Cl. H. volturis ; H2. vulturus ; Ed. vultures ; Voir wulturnus (!). 793.
Cl. folessh. 796. Cf. H. muche ; Cl. Voir meche. // Cl. lasse. 797. Ed. H2. lyest ; Cf.
list ; H. liste ; Cl. lyk. // H2. lyst ; Cl. H. lest ; Voir leste. 798. Cl. wolde (au lieu de coude). 799.
Cf. H. demen ; Voir demyn ; Cl. deme. 803. H. Voir thank ; Cl. thonk. // Cl. then ; Cf.
than. 812. he] Cl. yet. 814. Cf. recreant ; Cl. H. recreaunte. // Cl. H2. of ; le reste pour. 815.
Cl. feyr. 817. H. Cf. Ed. serue ; Cl. seruen. 818. Cl. thenk. 819. Cf. Voir fold ; Cl. H.
folde. 820. Cl. Cf. H. omis And. 821. Cl. þought. 822. Cl. hym soth. 824. Cl. Cf. H2.
omis a. 826. woot she knew] Cl. knoweth (!). 830. Cl. Cf. H. ins. al bef. thy. 833. Cl.
Cf. H. pieces. 837. Voir wel ; Cl. H. wele. 839. Voir whel ; Cl. H. whiel. 842. Cf. H. ȝe ;
Voir ȝa ; Cl. omis. 846, 7. Voir -gon, -on ; Cl. H. -gone, -one. 848, 850. Cl. H. whiel ; Voir
whelys (whel). 851. if] Cl. of (!). 855. what] Cl. whan. 858. Voir onwrye ; Ed. vnwrie ;
Cl. H. vnwre. 862, 864. Voir tel ; Cl. H. telle. 863. Cf. thy ; H. þi ; Cl. Voir þin. 865. Cf.
hopen ; Cl. H. hopen the ; Voir Ed. hope. 867. H. Voir wex ; Cl. wax. 871. Cl. bigan ; Cf.
H. Voir gan. 883. H2. Ne y ; H. Ny (= Ne y) ; Cl. Voir omis I. 885. Cl. frendliour. // H2.
ne a ; Cl. H. na (= ne a) ; voir ligne 884. 886. Cf. omis deuxième to. 889. Cl. H. hires ; Ed. hers.
890-896. Cl. Cf. H. Voir omis ; tiré d’Ed. et H2. ; également dans Jo. et Harl. 2392. 891. Ed.
first ; H2. ferst ; lire firste. 892. Ed. H2. wele. // Ed. ordayne the (avec l’ajout ;
ordeynè est trisyllabique). 894. H2. omis nought but (!). 895. H2. wele ; Ed. wel. 896. H2.
oght ; Ed. ought ; lire oughte. 902. H. Cf. nought ; Cl. not. 907. Cf. H. Voir han ; Cl. a.
// thus] Cl. so. 908. Ed. wont ; Cf. H. wonte ; Cl. woned. 911. H. Cf. often ; Cl. Voir
ofte. 914. H2. monche ; Ed. monch ; Cl. mucche ; H. muche. 915. Cl. omis make. 917.
Cf. H. preydest ; Cl. preyedest. 918. Cl. som. 921. H. slepten. 922. Cl. wolden. 925.
Ed. H. Cf. Yet ; Voir Yit ; Cl. Ye. // Cl. omis that. 927. Ed. H. Cf. thoughten ; Voir
thouȝtyn ; Cl. thought. // Cl. Ed. omis that. 928. Cl. to assayn ; H. Cf. tassayen. 931. H.
noon ; Cf. non ; Cl. none. 932. H. Cf. sey ; Cl. seye. 935. H. Cf. herte ; Cl. hert. 937.
Cf. H. for-ȝiue ; Cl. Voir for-yeue. 938. Cf. liue ; Cl. Voir leue. 939. Ed. H2. Pandare ;
Cl. H. Pandarus. 941. Cl. sithen that ; Cf. H. sithen. // H. wepen ; Voir wepyn ; Cl.
wopen. 945. H. Voir ben ; Cl. be. 947. as] Cl. al ; H2. and. 950, 1. Cl. nexst. // Cl. Cf.
H2. derk ; le reste derke. 952. the—of] Cl. after. 955. Cf. al ; Cl. H. alle. 958. Cf. thy ; Cl.
Voir þyn. 959. Cf. werke ; Cl. werk. 960. Voir H2. partyd ; le reste departed. 962. Cf. H.
Voir Cm. though swich ; Cl. that such. 963. of] Cl. on. 966. H. though ; Cl. Voir thow. //
may] Cl. mowe. 969. Cf. Voir Cm. faste ; le reste fast. 972. Voir bothis. 973. Cf. H. Ed.
maken ; Cl. Voir make. 980. Cl. Cf. Voir omis to. 982. Cf. H. Ed. bethynken ; Cl.
byþynke. 984. As] Cl. And. 985. Cf. Voir Cm. trewely ; Cl. H. trewly. H. Cf. sate ; Cl. Voir
sat ; (lire sete). 986. H. Cf. louen ; Cl. Voir loue. 993. Cl. of it the wiser. 995. And] Cl.
For. 997. it] Cl. that. 1002. now] Cl. ye. // Cl. Cf. H. wyse ; le reste grete. 1003. a] Cl. the.

Page 283

1006. most god] Voir god most. 1009. Cl. Whanne. 1017. MSS. telle ; Éd. tel ; voir l.
681. 1020. Cf. H. ici ; Cl. heren. 1024. may] // Cl. wole. 1028. Cf. malone. 1033.
Cf. H. Éd. any ; Cl. Voir ony. 1034. Cf. H. Éd. dredeles ; le reste, dredles. 1036. Cf.
myghte ; Cl. H. myght. 1039. H. Cf. roughte ; Cl. rought. 1042. H. Voir Yif ; Cf. Yef ;
Cl. Yeue. 1044-1092. Perdu dans Cm. 1044. Tho] Cl. But. // on] Cl. on his. 1045. H. Cf.
Éd. hente ; Cl. hent. 1048. Cf. H. dredelees ; Cl. dredles. 1050. H. mathynketh ; Éd. me athinketh ; Cl. me ofthynketh ; Cf. mathenketh. // Éd. masterte ; Cf. me sterte. 1051. Ainsi tous. 1052. Accentue « thou ». 1059. Cf. H. than ; Cl. thenne. 1067. Cf. H. wol ; Cl. wole.
1068. Cf. H. sende ; Cl. send. 1069. Ainsi tous. 1074. Cl. lyoun. 1075. Wo] Cl. Who (!) //
that (2)] H. a. 1079. Cf. bicom ; Cl. by come. 1080. Presque tous ; lire moste. 1084. H.
hieghe ; Cl. heigh. 1086. Cf. H. lat ; Cl. late. 1092. H2. Éd. driueth ; Cl. drieth ; Cf. H.
dryeth.

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LIVRE II.
Début du proème du Deuxième Livre.

1. Parmi ces ténèbres qui empêchent de parler,
Ô vent, ô vent, le temps s’éclaircit ;
Car en cette mer, la tempête a tant fait rage,
Que ma ruse a dû se montrer pour la calmer :
Je nomme cette mer la matière tempétueuse 5
De désespoir dans laquelle se trouvait Troïlus :
Mais maintenant, les premiers jours d’espoir commencent.

2. Ô ma dame, que l’on nomme Cléopâtre,
Tu es ma force pour aller de l’avant, et ma muse,
Pour composer bien ce livre, jusqu’à ce que j’aie fini ; 10
Ici, je n’ai besoin d’aucun autre art.
Car pourquoi m’excuserais-je auprès de tout amoureux,
Si je n’écris pas avec sentiment,
Mais seulement en traduisant du latin dans ma langue ?

3. C’est pourquoi je n’ai ni louange ni blâme 15
Pour tout ce travail, mais je vous prie humblement,
Blâmez-moi si un mot est faible,
Car comme l’a dit mon auteur, c’est ainsi que je parle.
Même si je parle de l’amour d’une manière malheureuse,
Ce n’est pas étonnant, car il n’y a rien de nouveau là-dedans ; 20
Un aveugle ne peut pas bien voir la lumière.

4. Vous savez aussi que, sous forme de langage, il y a changement
En mille ans, et les mots qui avaient de la valeur,
Aujourd’hui nous semblent étranges et bizarres ;
Pourtant on les prononçait ainsi, 25
Et on parlait de l’amour aussi bien qu’aujourd’hui ;
Même pour gagner l’amour, à différentes époques,
Dans différents pays, il y avait différentes coutumes.

5. Et si, par hasard, il y a ici un amoureux 30
Qui écoute, comme le récit le raconte,
Comment Troïlus parvient à sa dame bien-aimée,
Alors je ne voudrais pas acheter l’amour,
Ni m’étonner de ses paroles ou de ses actes.

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Je ne sais pas ; mais cela ne m’étonne pas ; 35

6. Car pour chaque homme qui alla à Rome,
Il n’y eut ni obstacle sur le chemin, ni difficulté ;
Tout fut accompli dans quelque ville,
S’ils aimaient comme les hommes ici le font,
Que ce soit en actes ouverts ou dans l’amour, 40
En visites, en paroles ou en gestes ;
Car on dit que chaque pays a ses lois.

7. Il y a à peine eu trois personnes en ce lieu
Qui aient parlé d’amour et agi en conséquence ;
Pour ton dessein, cela peut te ressembler, 45
Et rien ne te convient vraiment, pourtant tout est dit ou sera dit ;
Certains sont gravés dans l’arbre, d’autres dans un mur de pierre,
Comme cela s’est passé ; mais puisque j’ai commencé,
J’ suivrai mon modèle, si je le peux.

Fin du proème du Deuxième Livre.

Début du Deuxième Livre.

8. En mai, qui est le printemps des mois, 50
Où fleurs fraîches, bleues, blanches et rouges,
Réapparaissent vite, après le départ de l’hiver,
Et où tout est empli de parfums délicieux ;
Lorsque Phébus répand sa lumière éclatante
Juste au-dessus du ciel blanc, c’était si beau 55
Que je chanterai, le troisième jour de mai,

9. Que Pandare, malgré tous ses discours savants,
Reçut aussi sa part des coups de l’amour,
Car, même s’il prêchait l’amour avec excellence,
Cela rendait son jardin toujours verdoyant ; 60
Ainsi, ce jour-là, il tomba amoureux,
Et alla se coucher dans la tristesse,
Et, avant même le jour, il en fit beaucoup d’autres.

10. La douce Proignè, avec une chanson mélancolique,
Quand le matin vint, se mit à pleurer 65
De ce qu’elle avait subi ; et elle restait toujours
Allongée près de Pandare, à moitié endormie.

Page 287

Jusqu’à ce qu’elle hennisse si fort que cela réveilla ses servantes.
Comment Téreus alla chercher sa sœur,
Et que, au bruit qu’elle faisait, il se réveilla ; 70

11. Il commença à appeler et à le préparer pour qu’il se lève,
En lui rappelant que sa mission auprès de Troïlus devait être accomplie,
Aussi que son expédition importante ;
Il jugea qu’il fallait bien des fonds pour entreprendre le voyage,
Et prit son fils avec lui, 75
Vers son palais voisin ;
Maintenant, Janus, dieu des entrées, guide-le !

12. Lorsqu’il arriva dans son palais,
« Où est ma dame ? » demanda-t-il à ses gens ;
Ils le lui dirent ; alors il partit rapidement, 80
Et trouva deux autres dames assises avec elle
Dans une salle pavée ; les trois
Racontaient à une jeune fille les événements de la guerre de Thèbes, en détail.

13. « Pandare, ma dame, que Dieu vous voie, 85
Avec tous vos livres et toute votre compagnie ! »
« Eh, mon oncle, soyez le bienvenu », dit-elle,
Elle se leva, vint vers lui,
Le prit dans ses bras et dit : « Cette nuit, pour que tout aille bien, je vous rencontre ! » 90
Puis, sur-le-champ, elle le fit asseoir sur un banc.

14. « Vous, nièce, vous irez bien, si Dieu le veut, toute cette année », dit Pandare ;
« Mais je regrette de vous avoir laissée
Consacrer tant de temps à vos livres ; 95
Par amour pour les dieux, que disent-ils ? Dites-nous.
Est-ce une histoire d’amour ? Oh, enseignez-moi quelque chose de bon ! »
« Oncle, dit-elle, votre maîtresse n’est pas ici ! »

15. Ils éclatèrent de rire, et bien qu’elle dise :
« C’est une histoire de Thèbes que nous racontons ; 100
Nous avons entendu comment le roi Laius mourut
À cause de son fils Édipe, et tout ce qui s’est passé ;
Et ici nous restons à écouter ces récits,
Sur la façon dont l’évêque, comme le livre le raconte,
Amphiorax, fut précipité dans les enfers. » 105

Page 288

16. « De Pandare, je le sais moi-même,
ainsi que tout le siège de Thèbes et les soucis ;
car à ce sujet ont été écrits douze livres : —
Mais laissons cela, et dites-moi comment vous allez ;
Laissez pousser votre barbe, montrez votre visage nu ;
Laissez votre livre, levez-vous, et dansons,
Et faisons une célébration en l’honneur de Mai. »

17. « Ah ! Dieu m’en préserve ! » dit-elle, « Êtes-vous fou ?
Est-ce là la vie d’une veuve, que Dieu vous garde !
Par Dieu, vous me faites vraiment très peur,
Vous êtes si sauvage qu’on dirait que vous délirez !
Il vaudrait mieux pour moi être dans une grotte
à prier et à parler des vies des saints :
Laissez les jeunes filles danser et les jeunes épouses. »

18. « Aussi fort que je le peux, » dit Pandare,
« je pourrais pourtant vous dire quelque chose à faire. »
« Eh bien, oncle, » dit-elle, « dites-le-nous
par amour pour les dieux ; le siège dure-t-il encore ?
Je suis si lasse des Grecs que je meurs. »
« Non, non, » dit-il, « aussi fort que je le peux !
C’est quelque chose de bien meilleur que ces cinq-là. »

19. « Vous, saint Dieu ! » dit-elle, « qu’est-ce donc ?
Quoi ? Mieux que ces cinq-là ? Non, certainement pas !
Car en ce monde entier je ne peux deviner
ce que cela pourrait être ; je crois que c’est quelque folie ;
Et seul vous pouvez nous dire ce que c’est,
ma raison est incapable de le comprendre ;
Aidez-moi, Dieu, je ne sais pas du tout ce que vous voulez dire. »

20. « Et je vous le dois, et jamais, pour ma part,
je ne vous dirai cela, aussi fort que je le puisse ! »
« Et pourquoi donc, mon oncle ? Pourquoi ? » dit-elle.
« Par Dieu, » dit-il, « j’aimerais bien vous le dire ;
car il n’y aurait pas de femme plus fière au monde,
et vous le sauriez, dans toute la ville de Troie ;
Je ne mens pas, j’ai toujours été sincère ! »

21. Elle s’étonna mille fois plus qu’auparavant
et baissa les yeux ; car jamais, depuis sa naissance,

Page 289

Pour connaître ce qu’elle désirait, elle fut si rapide ;
Et enfin, d’un ton doux, elle lui dit :
« Maintenant, mon oncle, je ne vous déplais en rien,
Ni ne vous demande plus quoi que ce soit qui puisse vous nuire. »

22. Après cela, par de nombreux mots aimables,
Des histoires amicales et avec beaucoup d’affection,
Ils parlèrent de ceci et de cela, s’aventurant
Dans de nombreux sujets joyeux et profonds,
Comme le font les amis lorsqu’ils se rencontrent ;
Jusqu’à ce qu’elle lui demande comment allait Hector,
Qui était la défense de la ville et le protecteur des Grecs.

23. « Très bien, je le remercie à Dieu », dit Pandare,
« Il a seulement une petite blessure au bras ;
Et aussi son frère cadet Troïlus,
Le sage et digne Hector le second,
En qui abondent toutes les vertus,
Toute loyauté et toute bonté,
Sagesse, honneur, liberté et dignité. »

24. « En vérité, cela me plaît », dit-elle ;
« Ils vont bien, que Dieu les protège tous deux !
Car vraiment, je considère comme un grand mérite
Que le fils d’un roi sache bien se battre,
Et qu’il ait de bonnes qualités pour cela ;
Car ici, un grand pouvoir et de grandes vertus morales
Sont rarement réunis en une seule personne. »

25. « En vérité, c’est vrai », dit Pandare ;
Mais, par ma foi, le roi a deux fils,
C’est-à-dire Hector et Troïlus,
Et certainement, même si je devais mourir,
Je vois bien qu’ils sont, en nombre, supérieurs
À tous ceux qui vivent sous le soleil,
On connaît bien leur puissance et leurs capacités. »

26. Il n’est pas besoin de dire grand-chose sur Hector ;
Dans tout ce monde, il n’y a pas de chevalier meilleur
Que lui, en termes de dignité ;
Et il possède bien plus de vertus que de force.
Cela le savent de nombreux hommes sages et dignes.
Je porte le même jugement sur Troïlus.

Page 290

27. « Par Dieu », dit-elle, « c’est bien vrai pour Hector ;
Je crois la même chose pour Troïlus ;
Car, disent les gens, il se montre chaque jour
dans les combats avec tant de bravoure,
et il traite ici, chez lui, tous les hommes
avec tant de gentillesse, qu’il a toute l’estime
de ceux qui seraient mes proies. »

28. « Vous dites vrai, en vérité », dit Pandare ;
« Car hier, celui qui était avec lui
aurait pu être étonné par Troïlus ;
Car jamais encore une telle foule n’a fui
comme les Grecs ont fui devant lui ;
Et à travers les champs, partout où se trouvaient des hommes,
on n’entendait que : “Troïlus est là !” »

29. Ici et là, il les poursuivait si vite,
qu’il ne restait que du sang grec ; et Troïlus,
lorsqu’il blessait quelqu’un, le jetait au sol ;
Partout où il allait, c’était ainsi :
Il était leur mort, leur protection et leur vie pour nous ;
Tant que durait ce jour de midi,
tandis qu’il tenait son épée ensanglantée à la main.

30. C’est donc l’homme le plus loyal,
de grand rang, que j’aie jamais vu de ma vie ;
Et là où il le souhaite, la meilleure amitié
peut exister entre celui qui le juge capable de réussir. »
Ainsi parlant, Pandare, sans tarder,
prit congé et dit : « Je vais m’en aller. »
« Non, je suis coupable, mon oncle », dit-elle alors.

31. « Pourquoi êtes-vous si obstiné,
et surtout envers les femmes ? Voulez-vous vraiment cela ?
Non, asseyez-vous ; par Dieu, j’en ai assez
de parler de sagesse avec vous avant que vous partiez. »
Et tous ceux qui étaient autour d’eux,
ayant entendu cela, s’éloignèrent,
tandis que ces deux-là discutaient à leur guise.

32. Lorsque son récit fut entièrement terminé

Page 291

De l’état de la location et de sa gouvernance,
Pandare dit : « Maintenant, il est temps que je parte ;
Mais encore, je vois qu’il fait jour, allons danser,
Et jette ton habit de veuve au hasard :
Pourquoi te défigurer ainsi,
Puisque tu es si belle en cette aventure ? »

33. « Ah ! Bien pensé ! Par amour de Dieu, » dit-elle,
« Ne dois-je pas savoir ce que vous entendez par là ? »
« Non, cette affaire doit rester secrète, » répondit-il,
« Et cela me causerait beaucoup de peine, assurément,
Si je le disais et que vous l’ignoriez.
Cependant, il vaudrait mieux pour ma langue se taire
Que de dire une vérité qui irait à l’encontre de votre volonté. »

34. Car, par la déesse Minerve,
Et Jupiter, qui fait retentir le tonnerre,
Et par la bienheureuse Vénus que je sers,
Vous êtes, à ma connaissance,
La femme vivante sur cette terre
Qui n’a pas d’amant,
Que j’aime le plus et que je regretterais le plus de perdre,
Et vous le savez bien vous-même, j’en suis sûr. »

35. « Assurément, mon oncle, » dit-elle, « accordez-moi pitié ;
J’ai toujours trouvé en vous une amitié sincère ;
Je n’ai jamais été aussi fidèle à personne
Qu’à vous, et j’ai si peu de raisons de vous trahir ;
Et, avec la grâce de Dieu, je ferai tout mon possible
Pour ne jamais vous offenser ;
Et si j’ai commis une erreur, je la corrigerai. »

36. Mais, par amour de Dieu, je vous en supplie,
Puisque vous êtes celui que j’aime le plus et que je préfère,
Évitez ces paroles froides envers moi,
Et dites-moi, ma nièce, ce que vous voulez. »
Sur ces mots, son oncle ouvrit aussitôt sa boîte,
Et dit : « Avec plaisir, reste ici, ma nièce,
Considère que c’est un bonheur de pouvoir te parler ici. »

37. Alors elle baissa les yeux,
Et Pandare prit un peu de temps avant de parler,
Et dit : « Ma nièce, enfin, regarde !
Voici comment certains hommes agissent. »

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Avec une subtile artifice, elle termine ses récits ;
Pourtant, dans son intention,
Son récit vise toujours à une conclusion.

38. Et c’est là toute la force de chaque récit ;
Ce sujet est si merveilleux,
Pourquoi devrais-je le décrire longuement
Pour vous, qui avez été mon ami avec tant de fidélité ?
Sur ces mots, il la contempla profondément,
Regarda son visage,
Et dit : « Quelle belle grâce dans un tel miroir ! »

39. Alors il pensa ainsi : « Si je dois terminer mon récit
De manière difficile, ou en y ajoutant des détails,
Elle n’y trouvera que peu de plaisir,
Et je crains de vouloir la retenir contre sa volonté.
Car les esprits délicats s’ennuient toujours
Lorsqu’ils ne peuvent pas tout comprendre pleinement ;
Je veux plutôt consacrer mon intelligence à la servir… »

40. Il la regarda d’un air plus insistant,
Et elle fut contrariée qu’il la retienne ainsi,
Et dit : « Seigneur ! Pourquoi me conseillez-vous si vite ?
Ne voulez-vous donc jamais rien me dire ? — Oui, oui, » répondit-il, « et j’aimerais mieux partir ;
Mais, par ma foi, je pensais que, si vous êtes chanceuse,
Les gens le verront bientôt. »

41. Car à chaque personne, à un moment donné,
Une belle aventure se présente, si elle sait l’accueillir ;
Et si elle refuse de s’en occuper,
Quand elle arrive, en la repoussant délibérément,
Eh bien, ni le hasard ni la fortune ne la tromperont,
Mais seulement sa propre lâcheté et méchanceté ;
Un tel être mérite d’être blâmé, je pense.

42. Belle aventure, ô belle nécessité,
Vous l’avez trouvée si facilement, et vous savez l’accepter ;
Et, par amour pour Dieu, et aussi pour moi,
Cachez-la dès maintenant, avant que l’aventure ne s’évanouisse.
Pourquoi devrais-je en faire davantage ?
Si vous le souhaitez, en ce monde où il n’y a pas de midi éternel,
Un homme peut commencer ainsi, de manière exemplaire.

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43. Et puisque je parle de bonnes intentions,
Comme je vous l’ai bien dit ici auparavant,
Et que j’aime autant votre honneur et votre renom
Que toute créature née en ce monde ;
Par tous les autres serments que je vous ai faits,
Et si vous êtes fâché ou pensez que je mens,
Je ne vous reverrai jamais avec vous.

44. Ne soyez point effrayé, ni ne tremblez ; pourquoi ?
Ne changez rien pour si peu à votre résolution ;
Car c’est à peine si l’on peut faire pire ;
Et bien que mon récit vous soit nouveau pour l’instant,
Vous me trouverez toujours fidèle ;
Et même si ma pensée était indigne,
Je ne vous apporterais pas de tels récits.

45. « Maintenant, mon bon ami, par amour pour Dieu, je vous en prie »,
dit-elle, « venez et dites-moi ce que c’est ;
Car je suis effrayée de ce que vous allez voir,
Et j’ai vraiment envie de le savoir.
Que ce soit bien ou mal, dites-le, ne me laissez pas dans cette angoisse : »
« Je le ferai, écoutez, je vais vous le dire : »

46. Eh bien, mon cher, le fils du roi là-bas,
Le bon, sage, digne, frais et libre,
Qui a toujours pour habitude de faire le bien,
Le noble Troilus, vous aime tant
Que, sans votre aide, cela deviendra sa perte.
Voilà tout, que pourrais-je ajouter ?
Faites ce que vous voulez, pour qu’il vive ou meure.

47. Mais si vous le laissez mourir, je mourrai aussi ;
Croyez-moi, je ne mens pas ;
Je me trancherais la gorge avec ce couteau —
Avec celui dont on arrache le cœur de la poitrine,
Et je dirais : « Si vous nous faites mourir tous deux,
De cette manière, alors vous avez bien agi ;
À quoi bon, puisque nous allons tous deux périr ? »

48. Hélas ! Celui qui est mon seigneur là-bas,
Ce homme fidèle, ce noble chevalier,
Qui ne désire rien d’autre que votre amitié chère…

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Je le vois se lever, là-bas, il se dresse droit,
Et on le pousse, de toutes ses forces,
Pour qu’il soit tué, si le destin le veut ; 335
Hélas ! ce dieu vous a envoyé une telle beauté !

49. Si c’est vrai que vous êtes si cruels,
Que vous ne tenez pas compte de sa mort,
Lui qui est si loyal et digne, comme vous le voyez,
Pas plus qu’un voleur ou un misérable, 340
Si vous êtes ainsi, votre beauté ne pourra
Compenser un acte si cruel ;
Il vaut mieux être prudent avant qu’il ne soit trop tard.

50. Hélas, cette belle gemme précieuse !
Hélas, cette plante qui ne sert à rien ! 345
Hélas, cette beauté qui est trompeuse !
Hélas, cet homme que l’on piétine !
Et vous, qui êtes nés de beauté et de ruse,
S’il n’y a en vous aucune sincérité,
Alors vivre est un mal, je vous le jure ! 350

51. Pensez aussi bien que ce n’est pas une joie ;
Pour moi, il vaudrait mieux que toi, moi et lui
soyons pendus, plutôt que de devenir son jouet,
Comme on pourrait nous voir tous ensemble :
Je suis ton frère, ce serait une honte pour moi, 355
Tout comme pour toi, si je devais consentir,
Par ma faute, à ce que ton honneur soit sali.

52. Comprends maintenant, car je ne te demande rien,
Que de te lier à lui sans aucun contrat,
Mais seulement que tu lui donnes plus d’amour 360
Que tu ne lui en as donné jusqu’à présent, et encore plus,
Afin que sa vie soit sauvée, au moins :
C’est tout, et c’est là notre accord ;
Dieu m’aide, je n’en ai jamais eu d’autre intention.

53. Vois, cette demande n’est qu’une ruse, en vérité, 365
Ne doute pas de la raison, ma chérie, il n’y en a pas.
Je suppose le pire dans ce que tu crains,
Les gens s’étonneraient de le voir venir ou partir :
Voici ma réponse, alors : tout homme, sauf un fou, 370

Page 295

Qu’il garde dans son cœur l’amour de l’amitié.

54. Qui donc voudrait cela, même s’il voyait un homme
aller au temple pour manger des idoles ?
Pensez plutôt à quel point il sait bien et sagement
se gouverner lui-même, afin de ne rien négliger,
De sorte que, où qu’il aille, il soit loué et remercié ;
Et ainsi, il viendra ici lui-même,
Quelle importance si toute la ville le voyait ?

55. Un tel amour pour les amis règne dans toute cette ville ;
Et vous, restez toujours sous ce manteau ;
Et, que Dieu fasse que je sois sauvé,
Comme je l’ai dit, le mieux pour vous est de faire ainsi.
Mais toujours, bonne Nécessité, pour apaiser sa peine,
Laissez votre courage grandir un peu,
Afin que vous ne soyez en rien responsable de sa mort.

56. Criseyde, qui le conseillait de cette manière,
Pensa : « Je vais savoir ce qu’il pense, assurément. »
« Eh bien », dit-elle, « que proposez-vous,
Que dois-je faire à ce sujet ? »
« C’est bien dit », répondit-il, « sans aucun doute, le mieux
est que vous l’aimiez toujours pour son amour,
Car aimer en retour est une juste récompense.

57. Pensez plutôt à combien chaque heure fait vieillir
en chacun de vous une partie de votre beauté ;
Et donc, avant que cet âge ne vous dévore,
Allez aimer, car, une fois vieux, personne ne se souciera de vous.
Faites de ce proverbe une leçon pour vous :
« Il est trop tard, ô Beauté, quand elle est passée ; »
Et la vieillesse finit par vaincre le courage.

58. Le fou du roi a l’habitude de crier fort,
Quand il croit qu’une femme lui vole son honneur :
« Vivez aussi longtemps que possible, et fièrement,
Jusqu’à ce que des pattes-d’oie apparaissent sous vos yeux,
Et qu’on vous envoie un miroir pour que vous puissiez voir votre visage demain ! »
Nécessité, je vous prie de ne plus avoir de chagrin.

59. Sur ces mots, il s’en alla, et tourna le dos.

Page 296

Et elle se mit aussitôt à pleurer amèrement.
Et dit : « Hélas, pour mon malheur ! Pourquoi l’ai-je fait ?
Car la foi en ce monde est désormais perdue ! 410
Hélas ! Que devrais-je faire là-bas,
Lorsque celui que j’avais choisi comme meilleur ami
Me force à aimer à nouveau, et devrait pourtant me protéger ? »

60. Hélas ! J’aurais dû avoir confiance, sans aucun doute,
Que si, à cause de mon malheur, 415
J’avais aimé un autre que lui, ou Achille,
Éctor, ou n’importe quel autre homme,
Vous n’auriez eu ni pitié ni miséricorde
Envers moi, mais m’auriez toujours réprimandée ;
Ce monde faux, hélas ! Qui peut le supporter ? 420

61. Quoi ? Est-ce là tout le bonheur et toutes les festivités ?
Est-ce là votre récompense, est-ce là mon sort heureux ?
Est-ce là vraiment la juste rétribution de vos bienfaits ?
Tout ce processus tragique, hélas !
Est-il vraiment nécessaire pour cela ? Ô ma dame, Pallas ! 425
Vous intervenez en ma faveur dans cette situation affreuse ;
Car je suis tellement stupéfaite que je meurs ! »

62. Sur ces mots, elle se mit à sangloter amèrement ;
« Ah ! Peut-être que ce n’est pas pire ? » dit Pandare.
« Par Dieu, je ne viendrai plus ici cette semaine, 430
Et Dieu m’en soit témoin, on ne me fait pas confiance ainsi ;
Je vois bien que vous méprisez nous,
Ou notre mort ! Hélas ! Malheureuse que je suis !
S’il pouvait encore vivre, rien ne m’appartiendrait plus. »

63. Ô dieu cruel, ô Mars vindicatif, 435
Ô trois Furies de l’enfer, c’est à vous que je crie !
Laissez-moi donc ne jamais quitter cette maison,
Si je pense faire du mal ou commettre une méchanceté !
Mais puisque je vois que mon seigneur doit mourir,
Et que je dois mourir avec lui, je m’élève ici et dis 440
Que vous nous faites mourir tous les deux cruellement. »

64. Mais puisque vous voulez que je meure,
Par Neptune, ce dieu des mers,
Désormais je ne mangerai plus jamais 445

Page 297

Certes, je voudrais mourir comme lui…
Et il se leva, et partit sur son chemin,
Jusqu’à ce qu’elle le rattrape par la tunique.

65. Criseyde, qui souffrait déjà beaucoup,
Était sans doute la plus courageuse des femmes,
Et elle vit avec ses yeux l’air affligé du chevalier,
Et dans sa prière elle vit une injustice flagrante ;
Et craignant davantage de dommages,
Elle se mit à pleurer amèrement.

66. Et elle pensa ainsi : « Malheur m’a toujours frappée à cause de l’amour,
Et en de telles circonstances,
Les hommes sont cruels envers eux-mêmes et perfides ;
Si cet homme meurt ici, devant moi, ce ne sera pas supportable.
Je ne peux deviner ce que les gens en diront ;
Il me faut agir avec prudence. »

67. Avec une tristesse profonde, elle dit trois fois :
« Ah ! Seigneur, quel malheur m’arrive !
Car ma situation est maintenant très difficile,
Et ma vie même est en péril ;
Mais certainement, par la volonté divine,
Je ferai ce qu’il faut, je préserverai mon honneur,
Et aussi sa vie ; » puis elle se mit à pleurer.

68. « Parmi les deux maux, le moindre est de choisir ;
Pourtant, je préfère lui accorder de l’honneur,
Plutôt que de risquer ma propre vie ;
Dites-moi, n’y a-t-il rien d’autre que vous exigez de moi ? »
« Non, vraiment, répondit-il, ma propre nécessité. »
« Très bien, alors, je ferai ce que je dois ;
Je contraindrai mon cœur à obéir à mes désirs.

69. Mais je ne peux ni le retenir près de moi,
Ni aimer un homme, ni le vouloir,
Même contre ma volonté ; mais je veux, pour préserver mon honneur, le garder près de moi jour après jour ;
Je ne refuserais rien à cela,
Sauf que j’ai peur, comme dans mes rêves ;
Mais si la cause disparaît, alors la maladie disparaîtra aussi. »

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70. Et voici que je fais une protestation :
Que dans ce procès, si vous allez plus loin,
485
C’est certain, sans aucune raison de votre part,
Même si vous mourez tous les deux,
Même si tout le monde devient mon ennemi un jour,
Je ne lui chercherai jamais d’autre vengeance. —
« J’y consens volontiers », dit Pandare, « par ma foi. » 490

71. Mais puis-je vraiment compter là-dessus ? demanda-t-il.
Que, pour cette affaire dont vous m’avez chargé ici,
Vous la garderez fidèlement pour moi ?
« Vous, sans aucun doute », répondit-elle, « mon oncle là-bas. »
« Et que je n’aurai pas à intervenir en cette affaire », 495
dit-il, « pour intercéder ou prêcher après vous ? »
« Non, mon cher ; que faut-il de plus à dire ? »

72. Bien qu’ils continuassent à parler dans la clairière,
Jusqu’à ce que, enfin, elle dise : « Ô bon oncle,
500
Par amour pour Dieu, qui nous a créés tous deux,
Dites-moi comment vous avez appris sa détresse :
Qui d’autre que vous en sait quelque chose ? » Il répondit : « Personne. »
« Peut-il vraiment parler d’amour ? » demanda-t-elle. « Je vous en prie,
Dites-le-moi, car c’est moi qui m’en chargerai. »

73. Bien que Pandare esquissât un léger sourire, 505
Il dit : « Par ma foi, je vous le dirai.
Il y a quelques jours, il n’y a pas longtemps,
Dans le jardin du palais, près d’un puits,
Lui et moi y sommes restés toute une demi-journée,
Justement pour parler d’un plan, 510
Comment les Grecs pourraient être vaincus. »

74. Peu après, nous avons commencé à jouer,
En lançant nos flèches de part et d’autre,
Jusqu’à ce qu’enfin il dise qu’il voulait dormir,
Et il s’allongea sur le gazon ; 515
Quant à moi, je suis allé et venu,
Jusqu’à ce que, seul, j’entende
Comme il se mettait à gémir très amèrement.

75. Alors je l’ai suivi discrètement derrière,
Et en vérité, pour le confirmer, 520
Comme je m’en souviens encore aujourd’hui,

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Ainsi, il obtint le droit d’aimer pleinement ;
Il dit : « Seigneur, ayez pitié de ma douleur ;
J’ai été rebelle dans mes intentions ;
Maintenant, mea culpa, Seigneur ! Je me repens. » 525

76. Ô Dieu, qui, selon ta disposition,
Guides les hommes par une juste providence,
Accepte ma humble confession
Avec bienveillance, et accorde-moi la punition
Que tu jugeras appropriée, mais sans désespoir, 530
Afin que mon âme s’éloigne de toi ;
Sois mon refuge, en raison de ta bonté.

77. Car en vérité, Seigneur, elle m’a si profondément blessé
Que cela résonne au plus profond de mon cœur, 535
Et je sais que je ne dois pas mourir ;
C’est le pire, je n’ose y penser ;
Et plus grande est encore la souffrance,
Quand on les voit pâles et défaits à cause de l’amour. »

78. Sur ce, il baissa aussitôt la tête, 540
Et se mit à faire quelque chose, je ne sais quoi, en vérité.
Moi, je continuai à m’éloigner en silence,
Faisant comme si je n’avais rien su,
Puis je revins aussitôt et me tenais près de lui,
Et dis : « Réveillez-vous, vous dormez depuis trop longtemps ; 545
Il semble que l’amour ne vous laisse pas en paix. »

79. Vous dormez à tel point que personne ne peut vous réveiller.
Qui a jamais vu un homme aussi insensible ? »
« C’est vous, ami, répondit-il, vous vous tourmentez pour l’amour,
Et laissez-moi vivre autant que je le peux. » 550
Mais bien qu’il fût pâle et épuisé à cause de sa douleur,
Il affichait une apparence si sereine,
Comme s’il devait diriger une nouvelle danse.

80. Cela continua ainsi, jusqu’à ce jour-là,
Où, par hasard, je suis entré tout seul 555
Dans sa chambre, et j’ai vu qu’il était allongé
Sur son lit ; mais je n’avais jamais vu un homme si triste,
Ni ne savais quelle était sa maladie ;
Car, au moment où j’entrais,

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Il abandonna vraiment ses plaintes. 560

81. De cela j’eus quelque soupçon,
Et dès que j’arrivai, il pleura amèrement ;
Que Dieu soit ma sauvegarde,
Car je n’eus plus jamais de peine pour quoi que ce fût.
Car ni par ruse, ni par aucune science, 565
Je n’aurais pu le garder des morts ;
Pourtant je sentais mon cœur pleurer pour lui.

82. Et Dieu sait, depuis ma naissance,
Je n’ai jamais été si occupé à prêcher pour personne,
Ni jamais j’ai fait un serment si solennel envers quelqu’un, 570
Sauf celui qui m’a dit qui pouvait être son père.
Mais maintenant, répéter tous ses discours,
Ou toutes ses paroles cruelles pour les entendre,
Ne me le demandez pas, vous verrez bien que je jure.

83. Mais c’est seulement pour sauver sa vie, et rien d’autre, 575
Et pour ne pas vous nuire, c’est ainsi que je suis contraint ;
Et par amour pour Dieu qui nous a créés,
Il le chérit tant que lui et moi puissions vivre.
Maintenant j’ai écrit mon cœur pour vous ;
Et si vous savez que mon intention est pure, 580
En tenez compte, car je ne mens pas.

84. Et que vous ayez une grande sagesse, je le demande à Dieu,
Avoir trouvé quelqu’un d’aussi bon sans filet ;
Et soyez sage, comme vous êtes belle à voir,
Mieux dans l’anneau que le rubis incrusté. 585
Jamais deux êtres ne furent aussi bien assortis,
Quand vous êtes entièrement à lui, comme il l’est à vous :
Que le puissant Dieu nous permette de voir cette heure !

85. « Non, je n’ai pas parlé de cela, ah ! » dit-elle,
« Par Dieu, vous gâchez tout ! » 590
« Oh pitié, ma nièce », répondit-il aussitôt,
« Quoi que j’aie dit, je n’ai pensé qu’au bien,
Par Mars, le dieu coiffé d’acier ;
Ne soyez pas fâchée, ma sang, ma nièce. »
« Eh bien », dit-elle, « qu’il en soit ainsi pour l’instant ! » 595

86. Sur ces mots, il prit congé et partit chez lui.

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Et, mon Dieu, comme il était joyeux et heureux !
Criseyde se leva aussitôt, sans plus tarder,
Elle entra droit dans sa chambre et s’y assit,
Tout à fait immobile, comme une pierre.
Chaque mot qu’il avait dit lui revenait en mémoire.

87. Elle fut quelque peu étonnée par ces pensées,
À cause de cette situation nouvelle ; mais lorsqu’elle
Eut bien réfléchi, bien qu’elle aimât beaucoup, elle ne craignait
Aucun péril, et ne voyait aucune raison de s’inquiéter.
Car un homme peut aimer, par simple possibilité,
Une femme ainsi, son cœur peut se briser,
Mais elle n’aimera jamais personne, sauf lui.

88. Mais tandis qu’elle était assise seule et réfléchissait ainsi,
Soudain des cris retentirent partout,
Et les gens criaient dans la rue : « Voyez, Troilus
A justement mis en fuite les Grecs ! »
Alors tous ses sens se mirent à crier :
« Ah ! Allons voir, hissons haut les voiles ;
Car par cette rue, il doit arriver au palais !

89. Car il existe une autre route depuis le port de Dardanos, là où se trouve le passage ouvert. »
Aussitôt, lui et tout son peuple arrivèrent,
Chevauchant rapidement, par deux chemins,
Comme en ce jour heureux, en vérité,
Et l’on dit que rien ne peut troubler ce qui est destiné par la nécessité.

90. Ce Troilus était assis sur son beau cheval,
Entièrement armé, à l’exception de sa tête, très richement vêtu.
Son cheval était blessé et saignait,
Sur lequel il montait doucement ;
Mais sa prestance de chevalier, vraiment,
Était telle qu’on aurait pu la comparer à celle de Mars, ce dieu de la guerre.

91. Ainsi, il ressemblait à un guerrier et à un chevalier,
Rempli de grande vaillance ;
Car il possédait à la fois le corps et la force
Pour accomplir de grandes choses, ainsi que la bravoure.

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Et elle le vit vêtu de ses armes, 635
Si frais, si jeune, si vaillamment paré,
C’était un spectacle céleste de le voir ainsi.

92. Son casque était orné en vingt endroits,
Par une chaîne, derrière sa tête ;
Son bouclier était couvert d’épées et de massues, 640
Sur lesquelles on pouvait trouver de nombreuses lames
Avec corne, nerf et écorce ;
Et les gens criaient : « Voici notre joie,
Et, après son frère, le défenseur de Troie ! »

93. Cela le rendit un peu honteux, 645
Quand il entendit les gens crier autour de lui,
Pensant que c’était un jeu noble
De voir à quel point il jetait bas ses armes.
Crésydée observa tous ses gestes avec tendresse,
Et les laissa doucement pénétrer dans son cœur, 650
Au point de se dire : « Qui m’a fait boire ? »

94. Car, par ses propres pensées, elle devint toute triste,
Se rappelant ainsi : « Voici celui
Que mon oncle jure qu’il doit être tué,
Mais moi, j’ai pitié et compassion pour lui ; » 655
Et, prise de honte, elle décida aussitôt,
Tandis qu’il et tous les autres passaient près d’elle,
De rejeter et d’oublier dans son esprit
Toutes ses prouesses remarquables, 660
Son rang, sa renommée, son intelligence, sa beauté,
Et même sa gentillesse ;
Mais ce qui lui plaisait le plus, c’était sa détresse,
Car elle la considérait comme due à elle,
Et pensait qu’il serait cruel de le laisser ainsi,
S’il lui restait fidélité. 665

96. Alors, un Anglais envieux pourrait dire :
« Quelle folle passion ! Comment se fait-il
Qu’elle ait aimé Troïlus si facilement
Dès le premier regard ? Hein, vous autres ? »
Celui qui dit cela ne te touchera jamais ! 670
Car tout a besoin d’un début
Avant d’être accompli, sans aucune crainte.

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97. Car je ne vois rien qui la pousse tant
À lui donner son amour, si ce n’est qu’elle ait d’abord
Envie de lui ressembler, et je vous ai dit pourquoi ; 675
Et ensuite, sa bravoure et ses peines
Ont fait naître en elle de l’amour pour moi,
Grâce à quoi, par des efforts et un bon service,
Il a gagné son amour, et non pas de manière forcée.

98. Et aussi la bienheureuse Vénus, bien disposée, 680
S’était assise dans sa septième demeure du ciel,
Prête à aider Troïlus à surmonter son chagrin.
Et, en vérité, elle n’avait pas été entièrement
De son côté lors de sa naissance ; 685
Dieu sait qu’il aurait mieux fait de se hâter.

99. Maintenant, tournons notre regard vers Troïlus,
Qui part maintenant, et tournons-nous vite
Vers Criseyde, qui garde les yeux baissés,
Là où elle était assise seule, en train de choisir 690
Où elle voudrait finalement viser,
Si seulement son amant ne cessait pas
De la presser pour Troïlus.

100. Et, Seigneur ! c’est ainsi qu’elle réfléchissait
À cette affaire dont je vous ai parlé, 695
À ce qu’il fallait faire de mieux, et à ce qu’il fallait éviter,
Elle y pensait sans cesse de mille manières.
Parfois son cœur était chaud, parfois froid,
Et ce qu’elle pensait, je vais le raconter,
Comme mon auteur le souhaite pour conclure. 700

101. Elle savait bien que Troïlus, en personne,
Elle le connaissait de vue et appréciait sa gentillesse,
Et elle disait : « Même si rien ne devait être fait,
Il serait honorable, avec joie et plaisir, 705
D’accorder mon amour à un tel seigneur,
Pour mon rang, mais aussi pour le sien. »

102. Oui, je sais bien que c’est le fils de mon roi ;
Et puisqu’il veut me voir ainsi, si je voulais complètement
Éviter sa vue, 710

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Peut-être me méprise-t-il en secret,
Ce qui pourrait me mettre dans une situation pire ;
Maintenant, si j’étais sage, je détesterais l’acheter,
Sans nécessité, alors que je pourrais être dans la grâce ?

103. En toute chose, je crois qu’il y a une mesure. 715
Car bien qu’un homme évite l’ivresse,
Il ne peut pas empêcher que toute créature
Ne boive jamais, comme je le pense ;
Puisque je connais sa détresse,
Je ne devrais pas le mépriser pour cela, 720
Car c’est ainsi qu’il agit avec sagesse.

104. Et je sais aussi, depuis longtemps,
Que ses actions sont bonnes, et qu’il n’est pas mauvais.
Certes, dit-on, il n’est pas méchant ;
C’est sage de sa part de faire une telle chose ; 725
Et je ne le crains jamais autant,
Au point qu’il puisse nuire pour une raison juste ;
Il ne m’enchaînera jamais à une telle condition.

105. Supposons maintenant, ce qui est le plus difficile,
Que les gens pensent qu’il m’aime : 730
Quelle honte ce serait pour moi ?
Puis-je lui permettre cela ? Non, certainement pas !
Je sais aussi, et je le vois tous les jours,
Que les hommes aiment les femmes dans toute cette ville ;
Sont-elles dignes ? Non, sans aucun doute. 735

106. Je pense donc à sa capacité à être
Le plus vertueux de toute cette noble ville,
Pour être son amour, afin qu’elle sauve son honneur ;
Car, sans conteste, il est le plus digne,
À part Ector, qui est le meilleur. 740
Et pourtant, sa vie est entièrement consacrée à mon soin,
Mais telle est l’amour, et telle est ma destinée.

107. Qu’il m’aime, ce n’est pas étonnant ;
Car je le sais bien, Dieu m’en soit témoin,
J’aurais voulu connaître cette pensée dès le début, 745
Je suis la plus belle, sans rival,
Et la plus aimable, pour celui qui prend soin de moi ;
Et c’est ce que disent tous dans la ville de Troie.

Page 305

Quel miracle y a-t-il donc à ce que j’aie de la joie ?

108. Je suis ma propre femme, vraiment, 750
Je le remercie à Dieu, selon mon état ;
Saine et forte, sans passion ni trouble,
Sans jalousie ni telles querelles ;
Mon mari ne pourra jamais me dire « arrête ! »
Car soit ils sont pleins de jalousie, 755
Soit dominateurs, soit amoureux de romans.

109. Que dois-je faire ? À quelle vie fine mène-t-on ainsi ?
Ne dois-je pas aimer, si cela me console ?
Hélas ! je ne suis pas du tout religieuse !
Et bien que je place mon cœur en paix 760
Sur ce chevalier, le plus digne,
Et que je garde toujours mon honneur et mon nom,
Cela ne peut me causer aucune honte.

110. Mais tout comme lorsque le soleil brille fort,
En mars, qui change souvent son visage, 765
Et qu’un nuage, emporté par le vent,
Obscure le soleil un instant,
Une pensée nuageuse parcourut son âme,
Et obscurcit toutes ses pensées lumineuses,
Au point qu’elle faillit presque tomber. 770

111. Cette pensée était : « Hélas ! puisque je suis libre,
Dois-je maintenant aimer, et risquer ma sécurité,
Et asservir ma liberté ?
Hélas ! comment oserais-je penser une telle folie ?
Ne puis-je pas admirer chez les autres 775
Leur douce joie, leur souffrance et leur peine ?
Là-bas, on aime sans raison de se plaindre. »

112. Car l’amour est encore la vie la plus tempétueuse,
De sa nature même, celle qui a toujours été violente ;
Toujours un manque de confiance, ou une querelle sourde, 780
Il y a dans l’amour un nuage au-dessus du soleil :
Pour nous, femmes malheureuses, il n’y a rien à faire,
Si ce n’est pleurer, rester assises et réfléchir ;
Notre malheur, c’est de devoir boire notre propre douleur.

113. De même, ces langues perfides ont été si habiles 785

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Pour nous nuire, les hommes sont si infidèles,
Que, dès que s’achève leur dernier souffle,
L’amour cesse aussitôt, et l’on va aimer une autre :
Mais le mal qu’ils font est fait, quoi qu’ils fassent.
Car bien que ces hommes les aient d’abord aimées,
Une fin brutale brise souvent tout au bout.

114. Combien de fois as-tu vu, tu sais,
La trahison commise envers une femme ?
À quel but mène un tel amour, je ne peux le voir,
Ni où il disparaît lorsqu’il s’en va ;
Je crois qu’il n’y a personne qui sache où il va ;
Regarde, personne ne le contrôle ;
Ce qui n’était rien se déchire en néant.

115. Comme je suis occupée, quand j’aime,
À plaire à ceux que j’aime, à les supplier,
Et à les convaincre de ne pas me faire de mal ?
Car même s’il n’y a aucune raison, ils pensent
Toujours au mal que les gens font à leurs amis ;
Et qui peut arrêter toute langue méchante,
Ou le son des plaintes fausses qu’ils émettent ?

116. Puis ses pensées commencèrent à s’éclaircir,
Et elle dit : « Celui qui ne prend rien sur lui,
Ne réussit rien, qu’il soit ici ou ailleurs. »
Et avec une autre pensée, son cœur tremble ;
L’espoir dort, puis se réveille après la peur ;
Tantôt fiévreuse, tantôt froide ; mais ainsi, entre les deux,
Elle se lève et va jouer.

117. Aussitôt, elle sortit vers le jardin,
Avec ses trois suivantes,
Et monta et descendit sans cesse,
Flexippe, elle, Tharbe et Antigone,
Pour jouer, car c’était un plaisir à voir ;
Et d’autres de ses femmes, en grand nombre,
La suivaient partout dans le jardin.

118. Ce jardin était vaste, avec des allées partout,
Bien ombragé par des arbres fleuris et verts,
Avec de nouveaux bancs, et des chemins partout,
Sur lesquels elles marchaient main dans la main.

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Jusqu’à la dernière scène d’Antigone,
Le chœur entonna un chant troyen pour que l’on entende bien,
Comme si sa voix venait du ciel. —

119. Elle dit : « Ô amour, à qui je suis et resterai
Humblement soumise, fidèle dans mon attachement,
Autant que je le peux, à vous, seigneur, je vous donne tout
Pour toujours, le désir de mon cœur à vous offrir.
Car jamais encore personne n’a reçu de votre grâce
Une cause aussi heureuse que moi, pour mener ma vie
Dans toute joie et sécurité, loin de la peur. »

120. Vous, dieu heureux, vous m’avez comblée d’amour
À tel point que tout ce qui donne la vie
Ne pourrait imaginer rien de mieux ;
Car, seigneur, sans jalousie ni conflit,
J’aime celui qui est le plus digne d’être bien servi,
Vraiment ou non,
Celui qui a toujours été ainsi, et qui aujourd’hui est tourmenté par le mal. »

121. Comme celui qui est la source de la vertu,
Le fondement de la fidélité, le miroir de la bonté,
L’intelligence d’Apollon, la pierre de la certitude,
La règle de la vertu, le guide des désirs,
Grâce à lui toutes les peines disparaissent pour moi ;
Certes, je l’aime le plus, et il m’aime aussi ;
Qu’il soit où il est, qu’il ait bonne fortune !

122. À qui donc devrais-je rendre grâces, sinon à vous, dieu d’amour,
Pour tout ce bonheur dans lequel je baigne ?
Et merci à vous, seigneur, de m’avoir fait aimer !
C’est là la vraie vie que je mène,
Pour fuir toute sorte de vice et de péché :
Cela me pousse à la vertu, jour après jour,
Je me corrige de ma volonté.

123. Et ceux qui disent que aimer, c’est un vice,
Ou une esclavage, même s’ils en souffrent,
Sont soit envieux, soit vraiment ignorants,
Soit impuissants, faute de sagesse,
Pour aimer ; car, je pense, de tels gens
Dénient l’amour, comme s’ils ne le connaissaient pas ;
Ils parlent, mais ils n’ont jamais éprouvé son pouvoir.

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124. Quelle est la plus belle des choses, de nature juste,
Même si un homme, faute de force dans ses yeux,
Ne peut rien supporter pour voir sa lumière ?
Ou aimer cette chose, même si les misérables y pleurent ?
865
Aucun bien ne vaut ce qui ne peut sécher la tristesse.
Et pour toi, qui prêtes attention à la vérité,
Éloigne les pierres jetées dans cette guerre !

125. Mais moi, de tout mon cœur et de toute ma force,
Comme je l’ai dit, j’aimerai jusqu’à mon dernier souffle,
Mon cher cœur, et mon propre chevalier,
En qui mon cœur a grandi si vite,
Et le sien en moi, afin que cela dure éternellement.
J’avais d’abord peur de commencer à l’aimer,
Maintenant je sais bien qu’il n’y a aucun péril. » 875

126. Et avec ce chant, elle continua ainsi,
Et aussitôt, « Maintenant, il le faut », dit Criseyde,
« Qui a composé ce chant avec tant de talent ? »
Antigone répondit aussitôt et dit :
« Ma dame, certes, la plus douce des jeunes filles
De la plus haute condition dans toute la ville de Troie ;
Et qu’on lui accorde une vie pleine d’honneur et de joie. »

127. « En effet, il semble bien à en juger par son chant »,
dit Criseyde, puis elle demanda :
« Seigneur, existe-t-il parmi ces amants
Une telle félicité qu’ils puissent la mener à bien ? »
« Oui, certes », répondit Antigone la Blanche,
« Car tous ceux qui vivent ou ont vécu
Ne savent pas vraiment décrire la félicité de l’amour. »

128. Mais pensez-vous que chaque misérable connaisse
La parfaite félicité de l’amour ? Non, certes ;
Ils croient que tout est amour s’il y a du désir ;
Hélas, hélas, ils ne comprennent rien à cela !
Les gens attaquent souvent les saints s’il y a
Quelque chose de beau au ciel ; pourquoi ? Parce qu’ils peuvent en parler ;
Et ils accusent les défenseurs s’il y a quelque chose de laid en enfer. »

129. Criseyde ne répondit rien à cela,
Mais dit : « Certes, la nuit va bientôt tomber. »
Mais chaque mot qu’elle entendit de sa part,

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Elle put graver cela profondément dans son cœur ; 900
Et elle aima son amant encore plus ardemment
Que par le passé, et il s’enfonça dans son cœur,
Ainsi qu’elle devint un peu capable de se convertir.

130. Le jour, l’honneur, et les cieux,
La nuit aussi, tout cela disparut sous le soleil, 905
Il se mit à décliner vers l’ouest, descendant toujours,
Comme celui dont les jours étaient déjà écoulés ;
Les choses blanches devinrent ternes et pâles
Faute de lumière, et les étoiles apparurent,
Si bien qu’elle et tous ses gens furent plongés dans l’obscurité. 910

131. Lorsqu’il lui sembla temps de se reposer,
Et que ceux qui devaient veiller furent partis,
Elle dit qu’il valait mieux pour elle dormir.
Ses femmes l’accompagnèrent jusqu’à son lit.
Une fois tout prêt, elle s’allongea en silence et réfléchit 915
À toutes ces choses, de la manière et de la façon appropriées.
Rappelle-toi rien de tout cela, car tu es sage.

132. Une rossignol, sur une branche de cèdre,
Sous le mur de sa chambre où elle reposait,
Chanta fort sous la lumière de la lune, 920
Interprétant, à sa manière, un chant d’amour
Qui rendit son cœur frais et joyeux.
Elle l’écouta longtemps avec attention,
Jusqu’à ce que finalement le sommeil vienne la gagner.

133. Et, pendant qu’elle dormait, soudain, elle vit 925
Comment un aigle, aux plumes blanches comme neige,
Posa ses longues griffes sous sa poitrine,
Et, en un instant, lui arracha le cœur,
Puis plaça le sien à la place,
Sans qu’elle ressente ni douleur ni peine, 930
Et il s’envola, emportant son cœur à la place du sien.

134. Maintenant, qu’elle dorme, et nous poursuivons nos récits
De Troilus, qui est parti au palais,
Loin des combats, dont je vous ai parlé,
Et qui est resté dans sa chambre, attendant 935
Que deux ou trois de ses messagers partent
Pour Pandare, le cherchant avec empressement.

Page 310

Jusqu’à ce qu’ils le trouvent et finalement le ramènent.

135. Ce Pandare entra alors et dit ainsi : « Qui a bien combattu aujourd’hui avec des épées et des pierres, sinon Troilus, qui l’a capturé ? » Puis il s’adressa à Iape en disant : « Seigneur, vous avez bien combattu ! Mais levons-nous, mangeons de la soupe et allons nous reposer. » Il lui répondit : « Faisons comme toi. »

136. Avec toute la hâte possible, ils le firent passer de la soupe au lit ; chacun sortit pour l’aider, et il partit où bon lui semblait ; mais Troilus, pensant que son cœur saignait de douleur, jusqu’à ce qu’il entende quelque nouvelle, dit : « Ami, dois-je pleurer ou chanter ? »

137. Pandare répondit : « Tais-toi et laisse-moi dormir ; retire ton capuchon, tes pieds doivent avancer ; et si tu veux chanter, danser ou rire, en bref, ne me dérange pas. — Seigneur, ma nièce te traitera bien et t’aimera le plus, par Dieu et par ma fidélité, mais évite les poursuites dans ta fatigue. »

138. Car ainsi, jour après jour, depuis longtemps, jusqu’à ce matin, j’ai gagné son amour d’amitié pour toi, et elle a aussi montré sa loyauté. Une partie de ta tristesse est déjà dissipée. Pourquoi continuer à en parler ? Comme vous l’avez entendu auparavant, il lui dit tout.

139. Mais tout comme les fleurs, sous le froid de la nuit close, restent baissées sur leurs tiges, puis se redressent au soleil brillant et se répandent en rangs selon leur espèce, de même ses yeux se levèrent vers Troilus et dirent : « Ô Vénus, que ta puissance et ta grâce soient ici honorées ! »

140. Et il leva ses deux mains vers Pandare.

Page 311

Et il dit : « Seigneur, tout ce que j’ai, c’est cela ; 975
Car je suis pauvre, tous mes biens ont été pris ;
Mille Troyens qui m’auraient donné cela,
L’un après l’autre, que Dieu me sauve,
Ne pourraient pas me rendre aussi joyeux ; voici mon cœur,
Il déborde de joie, il veut éclater ! » 980

141. Mais seigneur, que dois-je faire, comment vivrai-je ?
Quand verrai-je à nouveau mon bien-aimée ?
Comment supporterai-je ce long temps,
Jusqu’à ce que tu la ramènes auprès de moi ?
Tu peux répondre : « Attends, attends », mais celui 985
Qui pend au cou, en vérité,
Souffre beaucoup dans cette attente. »

142. « Très facilement, maintenant, par amour pour Mars »,
dit Pandare, « car tout a son moment ;
Attends jusqu’à ce que la nuit s’en aille ; 990
Car aussi certain que tu désires être ici avec moi,
Et Dieu m’y aidera, j’y serai au point du jour,
Et pour ton service, je ferai ce que je pourrai,
Ou je confierai cette tâche à un autre. »

143. Car, Dieu le sait, j’ai toujours été 995
Prêt à te servir, et cette nuit
Je n’ai rien fait d’autre que de mettre toute ma ruse
Au service de tes désirs, et je le ferai de toutes mes forces.
Fais maintenant ce que je te dirai, et agis correctement ;
Et si tu ne le fais pas, connais bien ta propre perte, 1000
Rien ne m’atteindra à cause de ta mauvaise conduite. »

144. Je sais bien que tu es mille fois plus sage que moi,
Mais si j’étais comme toi,
Que Dieu m’aide, je voudrais vraiment,
De ma propre main, lui écrire immédiatement 1005
Une lettre, dans laquelle je lui dirais comment
Je souffre d’amour, et je la supplierais de pitié ;
Aide-toi maintenant, et ne tarde pas par paresse. »

145. Et moi-même, j’irai la voir avec elle ;
Et quand tu sauras que je suis là avec elle, 1010
Monte aussitôt sur un coursier,
Toi, courageusement, vêtu de tes meilleurs habits.

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Et poursuis ton chemin par là, comme si de rien n’était,
Et tu nous trouveras, si Dieu le veut, assis
Près d’une fenêtre, regardant vers la rue. 1015

146. Et si tu le souhaites, alors tu pourras nous saluer,
Et te montrer à moi ; mais, par ta vie, évite les querelles et les disputes,
Pour ne rien gâcher ; que Dieu nous protège du malheur !
Poursuis ton chemin et garde ton calme ; 1020
Nous parlerons un peu de toi, je pense,
Lorsque tu seras parti accomplir tes devoirs !

147. Quant à ta lettre, tu es assez sage,
Je sais que tu sauras la terminer dignement ;
Formule-la avec des arguments solides ; 1025
N’écris pas de manière obscure ou habile ;
Barre-la légèrement de ton doigt ;
Et même si tu écris un mot beau et doux,
Même s’il est bon, ne le répète pas trop souvent.

148. Car bien que le meilleur harpiste vivant 1030
Voulût jouer sur la meilleure harpe au son merveilleux
Qui ait jamais existé, avec tous ses cinq doigts,
Qu’il touche une corde ou une autre,
Même si ses ongles étaient très pointus,
Cela rendrait tout le monde indifférent, 1035
Sans lui faire plaisir ni l’émouvoir par ses coups.

149. Et n’emploie surtout rien de discordant,
Comme par exemple des termes physiques ;
En matière d’amour, garde toujours la forme convenable,
Et fais en sorte que ce soit approprié ; 1040
Car si un peintre voulait peindre un singe
Avec des pieds d’âne et une tête d’homme,
Ça ne servirait à rien ; ce ne serait qu’un singe.

150. Ce conseil plut beaucoup à Troïlus ;
Mais, en tant que passionné amoureux, il dit ceci :— 1045
« Hélas, mon cher frère Pandare,
J’ai honte d’écrire, en vérité,
De peur de dire quelque chose qui nuise à mon innocence,
Ou qu’elle refuse de l’accepter par dédain ;
Alors tout serait perdu. » 1050

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151. À cela, Pandare répondit : « Si tu le veux, fais ce que je vois, et laisse-moi m’en aller ; car par ce seigneur qui a créé le ciel et la terre, j’espère en obtenir aussitôt une réponse au sujet de sa chienne. Et si tu ne le fais pas, qu’il en soit ainsi ; qu’il soit maudit pour sa vie, à cause même de ton désir qui te pousse à agir ainsi. »

152. Troilus dit alors : « Par Dieu, j’accepte ; si tu le souhaites, je me lèverai et écrirai. Je prie le dieu bienveillant, avec toute ma bonne volonté, que ce voyage se déroule bien, et que la lettre que j’écrirai soit achevée rapidement. Toi, Minerve, aide-moi à rédiger cette lettre. » Puis il le fit asseoir et commença à écrire de cette manière.

153. D’abord, il appela sa bien-aimée, la vie de son cœur, son désir, sa source de joie ; en somme, tous ces termes par lesquels on désigne l’amour entre amants. Avec une grande humilité, il lui demanda de lui accorder sa grâce ; il fallait raconter tout en détail, ce qui prendrait beaucoup de temps.

154. Ensuite, il la pria humblement de ne pas être fâchée, bien qu’il fût assez audacieux pour lui écrire et lui parler ainsi. Il dit que c’était l’amour qui le poussait à agir ainsi, sinon il mourrait certainement. Il supplia avec compassion. Puis il ajouta, à haute voix, qu’il n’avait guère de valeur, et encore moins de mérites.

155. Il demanda aussi qu’elle excuse sa folie, car il n’avait pas grand-chose à offrir, et il avoua sa propre indignité. Ensuite, il raconta ses malheurs ; mais c’était sans fin. Il dit qu’il voulait toujours rester fidèle à elle. Il relut ce qu’il avait écrit, puis plia la lettre.

156. Avec des larmes salées, il nettoya le rubis de son sceau, puis le plaça sur le parchemin, afin de le livrer rapidement.

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Ther—with a thousand tymes, er he lette,
Il mit dans une boîte la lettre qu’il avait écrite, 1090
Et dit : « Lettre, à une destinée heureuse
Tu es destinée ; ma dame te verra. »

157. Ce Pandare prit la lettre, et bientôt,
Le lendemain, il la porta dans son palais,
Et jura solennellement que c’était bien réel, 1095
Puis il alla chez lui et dit : « Certes, mon cœur,
Elle est si fraîche, bien que cela cause une grande douleur,
Je ne pourrai jamais dormir un autre matin de mai ;
J’ai une tristesse profonde, une douleur ardente. »

158. Criseyde, lorsqu’elle entendit parler de son oncle,
Avec un cœur effrayé, désireuse d’apprendre
La raison de sa venue, répondit ainsi :
« Par votre serment, mon oncle, » dit-elle, « dites-nous,
Quels vents vous amènent ici ?
Parlez-nous de votre tristesse et de votre chagrin, 1105
Comment êtes-vous tombé dans les filets de l’amour ? »

159. « Par Dieu, » dit-il, « j’espère toujours être derrière ! »
Et elle rit, pensant que son cœur allait éclater.
Pandare ajouta : « Faites toujours attention à trouver
De quoi m’amuser dans mon chapeau, mais soyez prudente, si vous le pouvez ; 1110
Un homme est justement arrivé en ville, un espion grec, qui apporte de nouvelles nouvelles,
C’est pour cela que je viens vous donner des nouvelles. »

160. Allons dans le jardin, et là,
Nous parlerons longuement de tout cela. » 1115
Ainsi, ils partirent main dans la main vers le jardin, en descendant de la salle.
Et quand il fut assez loin pour que personne ne puisse entendre sa voix,
Il lui parla ainsi, en sortant la lettre : 1120

161. « Voici, celui qui est entièrement à vous
Vous le recommande humblement à votre grâce,
Et m’a envoyé cette lettre par moi ;
Réfléchissez-y lorsque vous aurez du temps,
Et trouvez une belle réponse ; 1125
Sinon, aidez-moi, Dieu, à pouvoir dire clairement… »

Page 315

Il ne voudra peut-être pas vivre pour son chagrin.

162. Très gravement, elle resta immobile,
Et ne prit rien, si ce n’est tout son humble amour
Pour le changer, et dit : « Écrivez aucune lettre,
Par amour de Dieu qui touche une telle affaire,
Ne m’en apportez point ; et aussi, mon oncle,
Je vous prie, pour mon honneur, que j’aie plus de récompense
Que pour sa convoitise ; que devrais-je encore dire ? »

163. Et voyez maintenant si c’est raisonnable,
Et ne laissez rien, ni en faveur ni par servilité,
Pour dire la vérité ; serait-il convenable
Pour mon honneur, par Dieu et par votre loyauté,
De la prendre ou de lui en vouloir,
En me nuisant à moi-même ou en le blâmant ?
Donnez-la donc, pour celui que vous aimez ! »

164. Ce Pandarus la fixa du regard,
Et dit : « Voilà là le plus grand miracle
Que j’aie jamais vu ! Que cette mauvaise action cesse !
Mieux vaudrait que je sois frappé par la foudre,
Si, pour celle qui se tient là-bas,
Je voulais vous apporter ou prendre une lettre
Pour vous nuire ; pourquoi agissez-vous ainsi ? »

165. Mais vous agissez ainsi, hélas, tous autant que vous êtes,
Que celui qui désire le plus vous servir,
Vous ignorez où il se trouve,
Et s’il vit ou s’il est mort.
Mais pour tout ce que je puis mériter,
Ne refusez rien », dit-il, et la serra fort,
Et jeta la lettre dans sa poitrine,

166. Et lui dit : « Jetez-la aussitôt,
Afin que les gens puissent nous voir tous les deux. »
Elle répondit : « Je peux attendre qu’ils partent »,
Et sourit, puis lui dit : « Eh bien, je vous prie,
Donnez-moi la réponse que vous souhaitez,
Car en vérité je n’ai écrit aucune lettre. »
« Non ? Alors je veux », dit-il, « que vous finissiez ainsi. »

167. Elle rit alors et dit : « Allons dîner. »

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Et il se mit à jeûner lui-même avec acharnement,
Et dit : « Ma mie, j’ai une si grande douleur d’amour
Que tous les deux jours je jeûne » —
Et il fit sortir ses plus belles servantes ;
Elles rirent tant de sa folie
Qu’elles en furent sur le point de mourir de rire.

168. Et quand elle fut entrée dans la salle,
« Allons, ma mie, dit-elle, nous allons dîner tout de suite ; »
Elle appela quelques-unes de ses femmes,
Et se rendit droit dans sa chambre ;
Mais parmi toutes ses occupations, celle-ci,
Par crainte, fut secrètement accomplie,
Pour lire cette lettre en privé ;

169. Elle la lut mot pour mot, ligne par ligne,
Sans rien omettre, et pensa qu’il était digne ;
Elle la rangea, puis alla dîner.
Pandarus, qui se tenait dans un cabinet,
Dès qu’elle fut partie, il l’attrapa par son voile,
Et dit : « Vous avez été prise, alors que vous le saviez ; »
« Je jure de me sauver », dit-il, « faites ce que vous voudrez. »

170. Ils le déshabillèrent et le firent asseoir pour manger ;
Après midi, Pandarus, très discrètement,
Le conduisit à la fenêtre donnant sur la rue,
Et dit : « Ma mie, qui a donc décoré ainsi
Cette maison là-bas, qui se trouve juste en face de nous ? »
« Quelle maison ? » demanda-t-elle, en regardant attentivement,
Et la reconnut aussitôt, puis lui dit à qui elle appartenait,

171. Et ils parlèrent longuement de diverses choses,
Tous deux assis à la fenêtre.
Quand Pandarus vit que le moment était venu pour son récit,
Et qu’il vit bien que ses gens étaient tous présents,
« Maintenant, ma mie, continuez », dit-il, « Je vois,
Comment vous semble la lettre que vous connaissez ?
Est-il là-dedans ? Car, par ma foi, je ne sais pas. »

172. Alors, le visage tout rose, elle se mit à chanter doucement,
Et dit : « Je crois bien que oui. »
« Prenez bien soin de lui, par amour pour Dieu », dit-il ;
« Moi-même, je voudrais bien lire cette lettre. »

Page 317

Et il leva ses chiens, puis s’assit sur le sol,
« Maintenant, ma chère nièce, même si c’est très tard,
Si tu veux bien m’aider, à semer et à travailler. »

173. « Moi, je sais écrire ainsi », dit-elle ; 1205
« Mais je ne sais pas ce que je devrais lui dire. »
« Non, nièce », dit Pandare, « ne dis pas cela ;
Au moins remercie-le, je t’en prie,
Pour sa bonne volonté, et ne le contrarie pas.
Maintenant, par amour pour moi, ma chère nièce, 1210
Ne refuse pas ma prière en ce moment. »

174. « Mon Dieu », dit-elle, « que tout aille bien !
Que Dieu m’aide ! C’est la première lettre
Que j’aie jamais écrite, toi ou quelqu’un d’autre. »
Et dans un cabinet, afin de mieux réfléchir, 1215
Elle y alla seule, et libéra son cœur
De la prison du désespoir, ne serait-ce qu’un peu ;
Elle s’assit et commença à écrire une lettre,

175. De laquelle, en bref, voici mon interprétation,
Autant que je puis comprendre :— 1220
Elle lui rappela tout ce qu’il avait fait de bien
À son égard, mais elle ne voulut rien lui donner en retour,
Ni s’attacher à lui par l’amour, mais seulement comme sa sœur, pour lui plaire,
Elle voulait lui briser le cœur. 1225

176. Elle la mit de côté, puis alla trouver Pandare,
Là où il était assis, regardant au loin,
Elle s’assit près de lui sur une pierre d’jaspe,
Sur un coussin doré, et dit : « Que Dieu grand
M’aide avec sagesse, 1230
Je n’ai jamais fait chose avec plus de peine
Que d’écrire ceci, à quoi vous m’obligez ; »

177. Et elle lui tendit la lettre. Il la remercia et dit :
« Dieu sait que souvent les choses les plus difficiles
Ont une fin heureuse ; et ma nièce, Criseyde, 1235
Puisque tu es maintenant conquise pour lui,
Il devrait être heureux, par Dieu et ce fils-là !
Car on dit : “Les impressions légères
Sont facilement prêtes à s’évanouir.” »

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178. Mais vous avez joué au tyran trop longtemps,
1240
Et il fut dur pour votre cœur de le faire ;
Ayez pitié, ne le tourmentez plus,
Même si vous voulez conserver l’apparence du danger.
Mais hâtez-vous de lui faire du bien ;
Car croyez-moi, prolonger la cruauté
1245
Provoque souvent le mépris, à cause de la détresse.

179. Et juste au moment où ils discutaient ce sujet,
Voici que Troilus, tout au bout du chemin,
Arriva à cheval avec quelques hommes,
Très doucement, et se dirigea vers eux ;
1250
C’était son chemin pour se rendre au palais ;
Pandare le vit et dit : « Hé, regardez qui arrive ! »

180. Oh, ne fuyez pas à l’intérieur, il nous voit, je pense ;
Sinon il pourrait croire que vous le craignez. »
1255
« Non, non », répondit-elle, devenant blanche comme une rose.
Alors il vint la saluer humblement,
Avec une grande tendresse, et souvent il baissait les yeux ;
Il leva son regard avec élégance,
Salua Pandare, puis s’éloigna.

181. Dieu sait s’il était bien assis sur son cheval,
Ou s’il était bien habillé, en ce jour-là !
Dieu sait où il était, en tant que vrai chevalier !
Que devrais-je décrire ou raconter de ses vêtements ?
Criseyde, qui raconte tout cela,
En bref, elle trouvait tout magnifique :
Sa personne, ses vêtements, son regard, sa tendresse,

182. Sa belle manière et sa gentillesse,
Aussi bien que jamais, depuis sa naissance,
Elle n’avait connu une telle peine à cause de lui ;
1270
Et bien qu’elle ait été très forte jusqu’alors,
J’espère en Dieu qu’elle a maintenant trouvé une épine.
Elle ne pourra pas la retirer la semaine prochaine ;
Que Dieu envoie encore de telles épines à Pyke !

183. Pandare, qui se tenait près d’elle,
Sentit la colère monter en lui, et il commença à frapper,
En disant : « Hé, je vous en supplie sincèrement, »

Page 319

Dis-moi cela, et je te raconterai une petite histoire.
Une femme qui connaîtrait ses secrets,
sans son or, mais pour sa pâleur, 1280
serait-ce bien ? Elle répondit : « Non, par ma foi ! »

184. « Que Dieu m’aide », dit-il, « tu me dis la vérité.
Tu sais bien que je ne mens pas ;
Vois, là-bas, il court ! » Elle dit : « Oui, c’est bien lui. »
« Eh bien », dit Pandare, « comme je vous l’ai déjà dit trois fois, 1285
laissez de côté votre honte et votre folie,
et parlez-lui en parlant de son cœur ;
que la honte ne vous cause pas à tous deux de douleur. »

185. Mais il fallut y renoncer, tant au ciel qu’à la terre ;
après avoir tout considéré, cela n’était pas possible ; 1290
et pourquoi ? Par honte ; et ce serait étrange
de lui accorder une telle liberté.
« Pour son amour sincère », dit-elle,
elle voulait l’aimer sans le savoir, si elle le pouvait,
et le récompenser rien qu’avec son regard. » 1295

186. Mais Pandare pensa : « Ce ne sera pas ainsi,
si je le peux ; cette mauvaise opinion
ne restera pas valable plus de deux jours. »
Pourquoi faire de longs discours à ce sujet ?
Il dut finalement accepter cette conclusion 1300
quant au moment ; et quand vint le soir,
et que tout fut prêt, il partit et s’en alla.

187. Et sur son chemin, il se hâta vers la maison,
et de joie, il sentit son cœur danser ;
et Troilus, seul dans son lit, 1305
gisait comme tous les amants, entre l’espoir et le désespoir profond.
Mais Pandare, dès son arrivée,
chanta, comme pour dire : « Vois ! J’apporte quelque chose. »

188. Et il demanda : « Qui est dans son lit si tôt 1310
enterré ainsi ? » « C’est moi, mon ami », répondit-il.
« Qui, Troilus ? Non, que Dieu m’aide ! »
Pandare dit : « Tu vas te lever et voir
un charme qui vient d’être envoyé pour toi,
lequel peut te guérir de ton malheur, 1315

Page 320

« Si tu pars avec toutes tes affaires. »

189. « Vous, par la puissance de Dieu ! » dit Troïlus.
Et Pandare lui prit la lettre,
Et dit : « Par Dieu, Dieu nous a aidés ;
Tiens, prends une lumière et regarde tout ce noir. »
Mais souvent le cœur de Troïlus frémissait et tremblait
Lorsqu’il lisait ces mots, selon que ceux-ci lui donnaient espoir ou crainte.

190. Mais finalement, il jugea tout cela pour le mieux,
Car elle lui avait écrit quelque chose
Sur quoi, pensait-il, il pourrait apaiser son cœur ;
Elle couvrit tous les mots sous un voile.
Ainsi, il se raccrocha à ce qui lui semblait le plus digne,
C’est-à-dire l’espoir et les paroles de Pandare,
Et il mit de côté sa grande douleur.

191. Mais comme nous pouvons le voir chaque jour,
Plus on avance dans la forêt ou dans le brouillard, plus le feu brûle ;
De même, l’espoir, quel qu’il soit,
Sème souvent le désir ;
Ou, comme une flamme naît d’une petite étincelle,
Ainsi, à cause de cette lettre qu’elle lui envoya,
Son désir grandit, et il en fut consumé.

192. C’est pourquoi je vois toujours que, jour et nuit,
Ce Troïlus désirait davantage
Que par le passé, grâce à l’espoir, et il faisait tout son possible
Pour persévérer, suivant les conseils de Pandare,
Et lui écrivait chaque jour de ses grandes peines ;
Il ne laissait rien passer sans que Pandare lui dise ou écrive quelque chose ;

193. Et il accomplissait aussi les autres gestes
Qu’un amoureux doit faire dans une telle situation ;
Et, après que ces lettres arrivaient au hasard,
Il était tantôt plus joyeux, tantôt disait « Allas ! »
Et suivait ses actions de près ;
Et, selon les réponses qu’il recevait,
Ses jours alternaient entre tristesse et joie.

194. Mais Pandare restait toujours sa ressource.

Page 321

Et pitoyablement il lui demanda de l’aider,
Et il la supplia de conseil et de secours ;
Et Pandarus, voyant sa grande douleur,
Se mit à agir avec empressement, vraiment,
Et, de tout son cœur, il chercha
Un moyen de soulager sa peine, et le plus vite possible.

Il dit : « Seigneur, ami et frère ici présent,
Que Dieu sache que ta maladie me cause du chagrin.
Mais veux-tu supporter toute cette souffrance ?
Par ma foi, en deux jours au plus,
Dieu aidant, je m’arrangerai pour que tu ailles en un endroit précis,
Où tu pourras te prosterner devant elle pour obtenir sa grâce. »

Certes, je ne sais pas si tu le sais,
Mais même ceux qui connaissent bien l’amour savent
Que c’est l’une des choses qui aide le plus :
Pour un homme d’avoir un lieu où prier,
Et un endroit sûr où exprimer sa douleur ;
Car dans un cœur bon, cela laisse une marque de tristesse,
De voir les innocents dans le malheur.

Alors Pandarus demanda : bien que ce soit ainsi,
Et que cette femme veuille commencer à montrer de la compassion pour ma douleur,
Daunger répondit : « Non, tu ne me gagneras jamais ;
C’est ainsi que son cœur la pousse,
Qu’elle, bien qu’elle se courbe, reste ferme sur ses positions ;
Quel avantage cela représente-t-il pour moi ? »

Pense aussi à ceci : quand ce rocher solide,
Sur lequel on compte souvent, reçoit le coup heureux,
Il tombe avec force, tout d’un coup,
Comme ces pierres ou ces galets.
Car ce qui est lourd descend plus rapidement,
Lorsqu’il tombe, que les choses légères.

Et cette branche qui se courbe sous chaque rafale,
Légèrement, dès que le vent cesse, elle se redresse ;
Mais pas un rocher, une fois jeté, ne se relève ;
Il n’y a donc pas lieu de tarder davantage.

Page 322

On jouira d’une grande entreprise,
Bien accomplie, et sans aucun doute,
Même si l’on y reste longtemps.

200. Mais, Troilus, dis-moi encore, si tu le veux,
Une chose que je vais te demander ;
C’est : quel est ton frère que tu aimes le plus
Dans le secret de ton vrai cœur ?
« Certes, mon frère Deiphebus », répondit-il.
« Eh bien », dit Pandare, « il y a deux heures à peine,
Il te trahira, sans même s’en rendre compte. »

201. « Laissez-moi maintenant seul, afin que je puisse agir comme il se doit », dit-il ; puis il alla vers Deiphebus,
Qui avait été son seigneur et son grand ami ;
À part Troilus, il n’aimait personne autant.
En bref, sans plus de mots,
Pandare dit : « Je vous en prie, soyez l’ami d’une cause qui me touche. »

202. « Oui, mon ami », répondit Deiphebus, « tu sais bien
Que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir,
Même au péril de ma vie,
Sauf pour celui que j’aime le plus :
Mon frère Troilus. Mais dis-moi pourquoi ;
Car depuis le jour de ma naissance,
Je n’ai jamais, et je ne penserai jamais,
À quoi que ce soit qui puisse te faire changer d’avis. »

203. Pandare le fit réfléchir, puis lui dit :
« Écoutez, seigneur, j’ai une dame dans cette ville,
C’est ma nièce, nommée Criseyde ;
Certains hommes voudraient l’opprimer et s’emparer d’elle illégalement.
C’est pourquoi je vous supplie, par votre autorité,
D’être notre ami, sans plus parler. »

204. Deiphebus lui répondit : « Oh, n’est-ce pas
Crisëyda, ma chère amie, dont tu me parles ainsi ? »
Il dit : « Oui. »
« Alors, inutile de parler davantage », dit Deiphebus avec fermeté,
« Car sois assuré que je serai son champion, avec courage et détermination ;
Je ne crains rien, même si tous ses ennemis se liguaient contre elle. »

Page 323

205. Mais dis-moi, toi qui connais bien toute cette affaire,
Comment pourrais-je la résoudre au mieux ? Voyons maintenant.
Pandarus dit : « Si vous, mon seigneur, vouliez m’accorder cette faveur maintenant,
De lui demander demain de venir vous présenter ses doléances,
Ses adversaires en seraient contrariés. »

206. Et si j’osais encore plus insister que maintenant,
Et vous charger d’une telle tâche,
De faire venir ici l’un de vos frères avec vous,
Qui pourrait mieux la défendre,
Alors, je le sais bien, elle ne manquerait jamais d’aide,
Grâce à votre intervention et à celle de ses autres amis. »

207. Déiphobe, qui était de la famille,
Prêt à accorder toute honneur et générosité,
Répondit : « Cela sera fait ; et je peux trouver
Une aide encore plus grande dans mes relations.
Que diriez-vous si j’envoyais Éléine
Pour en parler ? Je pense que c’est le mieux ;
Car elle peut mener Paris comme son esclave. »

208. Quant à Hector, qui est mon seigneur, mon frère,
Il n’est pas nécessaire de le prier d’être notre ami ;
Car je l’ai entendu, à maintes reprises,
Parler de Criseyde avec tant d’honneur,
Qu’il ne peut rien dire de mieux sur ce qu’elle mérite.
Il n’est pas besoin de solliciter son aide ;
Il sera tel que nous le souhaitons. »

209. Parle aussi toi-même à Troïlus
En mon nom, et prie-le de dîner avec nous.
« Seigneur, tout cela sera fait », dit Pandarus ;
Et il prit congé, sans tarder,
Mais se rendit directement chez lui,
Lui fit lever de table,
Et lui parla en ces termes.

210. Il dit : « Ô vrai dieu, combien j’ai couru !
Regardez, mes amis, ne voyez-vous pas à quel point je suis épuisé ?
Je ne sais même pas si vous pouvez encore me remercier. »

Page 324

« Ne soyez pas comme ce faux Polyphe qui, maintenant, cherche des fils pour compléter son plan et introduire de nouvelles accusations contre vous. »
« Moi ? Non », répondit-elle, en changeant complètement d’attitude. 1470

211. « Que veut-il encore de moi, me tourmenter et me faire du mal ? Que dois-je faire, hélas ? Pourtant, je ne veux rien accepter de lui, même pas pour Anténor et Énée, qui furent ses amis dans de telles circonstances ; 1475 mais, par amour pour Dieu, mon oncle là-bas, laisse-le avoir tout cela ; sans cela, j’ai déjà assez pour nous. »
« Non », dit Pandare, « cela ne se passera pas ainsi. Car je suis justement allé voir Déiphobe, 1480 ainsi qu’Hector et mes autres seigneurs, et j’ai rapidement fait en sorte que chacun d’eux devienne son esclave ; grâce à ma ruse, il ne gagnera jamais rien, quoi qu’il fasse, s’il continue ainsi. »

213. Alors qu’ils discutaient de la meilleure solution à adopter, 1485 Déiphobe, par sa propre courtoisie, vint la prier en personne de l’accueillir le lendemain au dîner, ce qu’elle refusa de lui refuser, et elle obéit volontiers à sa demande. Il la remercia, puis partit.

214. Une fois cela fait, Pandare monta vers midi pour lui rapporter brièvement la situation, puis partit voir Troïlus, silencieux comme une pierre, et il lui raconta tout, mot pour mot ; 1495 il lui dit aussi comment Déiphobe avait réussi à le tromper, et ajouta : « C’est le moment, si tu le peux, de te préparer bien pour demain, car alors tout sera gagné. »

215. Parle maintenant, implore maintenant, supplie avec insistance ; ne laisse pas la honte, la peur ou la lâcheté t’empêcher de parler ; parfois, un homme doit exprimer sa propre douleur ; crois-moi, elle aura pitié de toi ; tu seras sauvé par ta fidélité, en toute confiance. Mais je sais bien que tu es actuellement dans la peur.

Page 325

Et ce qu’il en est, je le vois, je peux le dire. 1505

216. Tu penses maintenant : « Comment puis-je faire tout cela ?
Car mes chers m’observent tous,
Croyant que c’est par amour pour eux que je fais des erreurs ;
Pourtant j’aurais pu vivre sans cette peine. »
Mais ne pense pas ainsi, car tu te trompes. 1510
Car voilà que j’ai trouvé un moyen
Pour dissimuler tout ton chagrin.

217. Tu iras pendant la nuit, et sans tarder,
Chez Déiphobe, pour te divertir,
Afin de chasser ta maladie, 1515
Car il faut bien que tu parais malade, pour que cela soit crédible.
Ensuite, couche-toi dans ton lit,
Et dis que tu ne peux plus rester debout,
Reste là, et attends ce qui va arriver.

218. Dis que ta fièvre te prend toujours à la même heure,
Et qu’elle durera jusqu’au matin ;
Voyons alors combien bien tu sauras le faire,
Car, vraiment, celui qui est dans la peine semble malade.
Va maintenant, adieu ! Et, ô Vénus, ici présentée,
J’espère que tu tiendras fermement ce projet, 1525
Elle confirmera pleinement ta grâce.’

219. Troïlus dit : « Certes, tu me donnes de mauvais conseils,
En me conseillant de feindre d’être malade !
Car je suis vraiment malade, sans aucun doute,
Au point que je crains presque de mourir de douleur. » 1530
Pandare répondit : « Tu feras mieux ainsi,
Et tu n’auras pas besoin de feindre ;
Car on attend de ceux qu’on voit beaux qu’ils soient sincères. »

220. Vois, reste près de tes vêtements tristes, et moi,
Je chasserai bien le cerf vers ton arc. » 1535
Ainsi, il prit congé doucement,
Et Troïlus partit se divertir.
Il ne fut jamais aussi heureux de toute sa vie ;
Il accepta complètement la proposition de Pandare,
Et alla chez Déiphobe pendant la nuit. 1540

221. À quoi bon raconter tout ce chagrin ?

Page 326

Ce que Déiphobe fit pour son frère,
Son compagnon ou son homme fidèle,
Comment on l’habilla pour le charger,
Lorsqu’il fut emmené, et comment on voulut le réconforter ? 1545
Mais en vain, il persista dans sa manière,
Comme vous l’avez entendu de Pandare ou de ce diable.

222. Mais il est certain que, lorsque Troïlus l’emmena,
Déiphobe le pria, pendant la nuit,
D’être un ami et d’aider Criseyde. 1550
Dieu sait qu’il y consentit aussitôt,
Pour être son véritable ami de toutes ses forces.
Mais il fallait le prier avec tant d’insistance,
Comme si l’on demandait à un sauvage de courir.

223. Le matin arriva, et l’heure du repas 1555
Vint, où la belle reine Éléonore
Se prépara, une heure après l’aube,
Avec Déiphobe, à qui elle ne voulut pas feindre ;
Mais comme sa sœur, simplement et sincèrement,
Elle vint déjeuner dans une atmosphère paisible. 1560
Mais Dieu et Pandare savaient tout ce que ce cœur pensait.

224. Voici Criseyde, entièrement innocente de tout cela,
Antigone, sa sœur Tarbe aussi ;
Mais fuyons maintenant cette longueur inutile,
Par amour pour Dieu, et allons vite 1565
Directement au but, sans plus de paroles,
Sur pourquoi tous ces gens se sont rassemblés ici ;
Et passons aux salutations.

225. Déiphobe leur accorda une grande honneur, certes,
Et les nourrit bien autant qu’il le put. 1570
Mais toujours, « Allons ! » était son refrain,
« Mon bon frère Troïlus, le malade,
Reste encore » — et ainsi il continuait à être malade ;
Après cela, il s’efforça de le réconforter
Autant qu’il pouvait, et lui montra beaucoup de bonté. 1575

226. Éléonore prit soin de sa maladie
Avec tant de dévouement que c’en était touchant,
Et chacun vint aussitôt à son secours,
Devenant un médecin sur-le-champ, en disant : « De cette façon… »

Page 327

Les hommes trompent les gens ; ce charme, je veux vous l’apprendre. 1580
Mais elle restait là, sans rien à enseigner,
Pensant que le mieux serait encore d’être sa maîtresse.

227. Après ces plaintes, ils allèrent le louer,
Comme le font encore les gens quand quelqu’un a commencé
À louer un homme, et le relève mille fois plus haut que le soleil :
« C’est lui, il peut faire cela, peu de seigneurs en sont capables. »
Et Pandare, dont ils voulaient confirmer la parole,
N’oublia pas de confirmer leurs louanges.

228. Criseyde comprit bien tout cela,
Et rapporta chaque mot ;
Son cœur en fut rempli d’une douce joie ;
Car qui ne voudrait la glorifier,
Pour raconter comment un tel chevalier vit ou meurt ?
Mais je passe outre, de peur que vous ne vous attardiez trop ;
Car tout ce que je raconte est très délicat.

229. Le moment vint de quitter le repas,
Et, comme il se doit, chacun se leva,
Et passa un moment à parler de diverses choses.
Mais Pandare interrompit aussitôt ces paroles,
Et dit à Déiphobe : « Veux-tu partir,
Si tu le souhaites, comme je te l’avais conseillé,
Pour parler ici des besoins de Criseyde ? »

230. Éléonore, qui la tenait par la main,
Prit d’abord la parole et dit : « Restons ; »
Elle parla avec tendresse de Criseyde,
Et dit : « Que Dieu ne le laisse jamais réussir,
Celui qui vous fait du mal et veut vous tuer !
Cela me cause de la tristesse, mais il le paiera,
Si je le peux, et si tous sont fidèles. »

231. « Raconte tes besoins », dit Déiphobe à Pandare,
« Car tu sais le mieux le dire. »
« Mes seigneurs et mes dames, voici la situation ;
Que pourrais-je encore dire pour vous retenir ? » répondit-il.
Il leur exposa l’affaire comme une belle histoire,
Comme le fit ce grand Polyphète,
Si horrible que les gens en avaient peur.

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232. La réponse de celui-ci fut pire que celle des autres,
Et ils allèrent ainsi avertir Polyphète :
« Que ce misérable soit maudit, s’il était mon frère ;
Et il le sera, car cela ne peut changer. »
Pourquoi devrais-je encore raconter cette histoire ?
Tous ensemble, sans exception, ils se hâtèrent
De lui porter secours autant qu’ils le pouvaient.

233. Alors Éléna parla et dit : « Pandare,
Que doit faire mon seigneur, mon frère, à ce sujet ?
Je veux dire, Hector ? Ou bien Troïlus ? »
Il répondit : « Vous, mais voulez-vous que je sois ici ?
Je pense que, puisque Troïlus est là,
il serait bon, si vous y consentez,
qu’elle lui raconte tout cela avant de partir. »

234. Car il voulait accroître sa douleur dans son cœur,
car, voyez, c’est une dame ;
Et, par votre permission, je veux agir sans tarder,
et vous le dire aussitôt, sans aucun doute,
si jamais il dort ou veut quelque chose à ce sujet. »
Et il entra, et lui dit à l’oreille :
« Que Dieu ait ton âme, j’ai apporté ta douleur ! »

235. En entendant cela, Troïlus et Pandare, sans réfléchir,
allèrent aussitôt voir Éléna et Déiphobe,
et leur dirent : « Il n’y a plus de retard,
ni plus de hésitation ; il veut bien que vous ameniez
Crisséïde, ma dame, qui est ici ;
et tant qu’il pourra le supporter, il veut rester ici. »

236. Mais vous savez bien que la chambre est très petite,
et peu de gens peuvent facilement la réchauffer ;
Maintenant, écoutez-moi (car je ne veux pas être responsable
d’amener des personnes qui pourraient lui nuire
ou lui causer du tort, pour mon propre bien),
il vaut mieux qu’elle attende jusqu’à demain ;
Maintenant, écoutez-moi, et sachez ce qu’il convient de faire.

237. À mon avis, le mieux, autant que je puisse le savoir,
c’est qu’aucun autre ne vienne que vous deux,
mais ce serait moi, car je peux, en un instant,

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Elle lui raconte son histoire, à condition de pouvoir la voir ;
Et après cela, elle pourra lui demander
D’être un bon seigneur, en somme, et de la prendre avec lui ;
Cela ne révélera pas grand-chose de ses secrets.

238. Et puis, comme elle est étrangère, il refusera 1660
Ses secrets, qui ne lui servent à rien ;
Une autre chose, qui ne concerne pas cela,
Il voudra me la dire, je le sais très bien maintenant,
C’est un secret, destiné aux gens du pays.
Et ceux qui ne savaient rien de cet accord, 1665
Allèrent sans plus tarder trouver Troïlus.

239. Éléine, de sa manière douce et gracieuse,
Le salua et tenta de le consoler en femme,
Et dit : « Certes, vous devez toujours vous lever !
Maintenant, cher frère, soyez gentil, je vous en prie ! » 1670
Elle posa son bras sur son épaule
Et le consola de toutes ses forces ;
Elle fit de son mieux pour le distraire.

240. Puis elle ajouta : « Nous vous supplions,
Mon cher frère Déiphobe et moi, 1675
Par amour pour Dieu, et Pandare aussi,
D’être un bon seigneur et ami, sincèrement,
Envers Criseyde, qui subit certainement
Une injustice, comme le sait bien Pandare,
Qui connaît mieux son cas que je ne peux l’expliquer. » 1680

241. Pandare changea alors de ton,
Écouta toute son histoire, immédiatement ;
Peu après, on entendit Troïlus dire :
« Dès que je pourrai partir,
Je viendrai aussitôt avec toute ma force, 1685
Que Dieu garde ma promesse, je défendrai sa cause. »
« Bon courage », dit la reine Éléine.

242. Pandare demanda : « Est-ce votre volonté
Qu’elle parte ou qu’elle reste ? »
« Sinon, que Dieu l’interdise », répondit-il, 1690
« À condition qu’elle jure de le faire. »
Sur ces mots, Troïlus dit : « Vous deux,
Déiphobe et ma sœur ici présente… »

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Voici de quoi je dois parler :

243. On lui conseilla par votre messager ce qui était meilleur : — 1695
Et, comme il se doit, attentif près de son lit,
il reçut une copie d’un traité et d’une lettre,
que Hector lui avait fait envoyer pour demander conseil,
si un tel homme méritait d’être aidé ;
je ne sais pas qui ; mais d’une manière effrayante, 1700
il le pressa aussitôt de suivre ce conseil.

244. Déiphobe déplia cette lettre avec sérieux ;
Eléonore, la reine, fit de même ;
et, sortant rapidement, ils descendirent
une pente, vers une auberge verdoyante. 1705
Ils lurent ensemble ce contenu ;
et pendant près d’une heure,
ils continuèrent à lire et à discuter.

245. Maintenant, laissons-les parler, et tournons-nous vers Pandare,
qui priait ardemment 1710
que tout allât bien ; puis il sortit
vers la grande chambre, et là,
il dit : « Que Dieu protège toute cette compagnie !
Venez, ma nièce ; ma dame, la reine Éléonore,
vous attend, ainsi que mes deux seigneurs. » 1715

246. Lève-toi, emmène ta nièce Antigone,
ou celle que tu veux, sans hésiter ;
la dernière prie, la meilleure ; viens avec moi,
et assure-toi de les traiter avec humilité,
tous les trois ; et, quand le moment sera opportun, 1720
prends congé d’eux,
afin que nous ne retardions pas leur repos. »

247. Complètement innocente des intentions de Pandare,
Criseyde dit : « Allons, oncle. »
Et, bras dessus bras dessous, elle entra avec lui, 1725
ayant soin de choisir ses mots et ses gestes avec prudence ;
Pandare, d’un ton sérieux,
dit : « Tout le monde, par amour pour les dieux, je vous en prie,
restez ici et comportez-vous avec douceur. »

248. Sachez qui se trouve à l’intérieur. 1730

Page 331

Et dans quelle situation il se trouve, que Dieu le corrige !
Et intérieurement, tout commence si doucement ;
Nécessairement, je vous conjure et vous exhorte vivement,
Pour sa part, que cette âme nous envoie tous,
Et par la vertu de deux couronnes, 1735
Qu’aucun mal ne soit fait à cet homme qui endure cette peine pour vous !

249. Pensez au démon ! Réfléchissez à qui il est,
Et dans quelle situation il se trouve ; venez sans tarder ;
Pensez à tout ce temps perdu, mais ne le perdez plus !
C’est ce que vous devez dire lorsque vous serez là. 1740
Deuxièmement, midi approche pour vous deux ; venez maintenant, si vous le pouvez ;
Tant que les gens sont occupés, voyez, tout est gagné !

250. Dans les tergiversations, les poursuites et les retards,
Les gens perdent leur temps en vaines agitations ; 1745
Et même si vous vouliez continuer pendant de nombreux jours,
Vous ne pouvez rien faire, pourquoi ? Parce qu’elle, et lui,
Ont prononcé telles paroles ; ainsi ont regardé lui et lui ;
De peur de perdre du temps, je ne peux pas m’amuser avec vous ;
Alors venez, et ramenez-le sain et sauf. 1750

251. Mais maintenant, à vous, amoureux qui êtes ici,
Troïlus n’était-il rien d’autre qu’un malade,
Allongé, incapable de bouger, pensant : « Ô Seigneur, voilà que mon destin
Est sur le point de se réaliser, soit par la mort, soit par un réconfort immédiat » ; 1755
Et c’était la première fois qu’il devait lui adresser une prière d’amour ; Ô puissant Dieu, que verra-t-il ?

Fin du Second Livre.

Rubrique. Voir Cp. H. 1-84. Perdu dans Cm. 4. Édition Conning ; H. Coniynge(!) ; Cl. H2.
comynge ; Cp. cōmyng. 6. Cp. desespeir ; H. desespeyre ; Cl. desper. 8. H2. Clyo ; le reste Cleo. 11. Cl. H2. om. autre. 15. Cl. nel. 17. H. Desblameth. 21. can nat] Cl. ne kan. 25.
H. Édition thynketh ; Cl. Cp. thenketh. 37. Cl. al o ; le reste om. al. 38. H. Édition gamen ; le reste game. 39. Cl. om. that. 40. Édition open ; le reste opyn. 41. H2. seying ; le reste seyde. 42. Cl. seyth. 46. H2. to me ; le reste thee. 49. H. Cp. folwen ; Cl. folwe. 55. Cl. so it. 58. H2. shottis ; Édition shottes ; Cl. H. shotes. 59. Cl. om. of loving. 61. fil] Cl. felt(!). 64. H. Proignee. 68. Cl. hym so neigh. // Cl. Cp. cheterynge ; H. H2. chiteringe. 69. H2. Édition

Page 332

Thereus (pour Tereus) ; Cl. Cf. Tireux ; H. Tryeux. 73. his] Cl. þe. 75. Cl. tok weye
soone. 79. Cl. vn-to. 80. Cl. in forth. 81. Cl. sette ; Cf. H. sete ; H2. sate. 84. So all. 86.
Cl. Cf. H. faire book ; le reste omis, faire. 90. H. Cm. goode ; Cl. good. H. Cm. mote ; Cl. mot. 94. Cl. omis that. 95. H. herknen ; le reste herken (herkyn). 97. Cf. H. o ; Cm. Ed. or ; Cl. omis. H2. Est-ce par amour, quelque bien pouvez-vous m’apprendre ? 99. Cl. omis tho. 101. Cl. that the ; le reste omis, the. 102. Tout Edippus. 104. So all. 107. Cf. H. Ed. thassege. Cl. al the care ; le reste omis, al. 110. barbe] Cm. wimpil. 113. Cl. A ; Ed. Eighe ; le reste I. 115. So Cf. Cl. H. Ed. ; Cm. H2. Vous me rendez très joyeux adradde (a-drad). 116. as] Cl. that. 117. H. H2. sate ; Cf. satte ; le reste sat ; lu sete. Cl. H. omis a. 120. Cl. I thriue ; omis this. 123. Cf. H. Ed. thassege ; Cm. H2. the sege. 124. Cf. fered. 126. So Cf. H. H2. Ed. ; Cm. better (pour wel bet) ; Cl. corrompu ; voir l. 128. 128. Ed. eighe (better ey) ; Cl. Cf. H. Cm. I. 131. Cl. omis v. 134. H2. borow ; Cm. borw ; Cf. H. borugh ; Ed. borowe ; Cl. bourgh. 138. Cl. were ; le reste is. 141. wondren] Cl. Iape. 155. Cf. H. Ed. it ; le reste omis. 159. H2. Ed. euery ; Cl. H. al ; Cf. alle. 160. H2. In ; le reste As (généralement avec al). 164. Cl. trewly ; Cf. H. trewelich ; Cm. trewely. 176. Cm. nought ; H2. no thing (omis pour) ; le reste no more. 177. H. Cm. ther ; Cl. ner. 179. Cf. H. Cm. than ; Cl. that. 185. H. Cf. dredelees ; Cl. Cm. dredles. 188. Cm. al the ; Cl. Cf. H. alle ; le reste al. 194. Cl. Cm. gonne fro him. 195. Cl. fleld (pour feld). 201. Cl. lyf and sheld ; Cf. H. Ed. sheld and lif ; H2. sheld of lyf ; Cm. schild and spere. 202. as] Cl. al. 204. H. Cm. freendlyeste ; Cl. frendlyest. 206. Cl. felawship ; H. felaweschipe. 207. Cl. thenketh. 212. Cl. womman ; H2. woman ; le reste wommen. 215. Cl. two ; Cm. to ; le reste tho. 216. Cm. Ed. herde ; le reste herd. 217. they two] Cl. that they. 220. Cm. H2. it ; le reste omis. 221. Cl. Cm. H2. and lat. 223. Cl. yow- ; le reste your-. 224. Cl. it ; le reste is. // fair] Cf. gladde ; Cm. H2. Ed. glad. 226. witen] Cl. wete. 227. Cl. omis this and tho. 238. Cl. Cm. wete ; Cf. H. Ed. weten ; H2. wite. // your] Cl. yow. 239. Cl. Cf. H. omis myn. 247. Cl. Cm. truste. 248. Cl. omis to me. // Cf. H. frende (erreur pour fremde) ; H2. frend ; Ed. fremed ; Cl. Cm. frendly. 250. Cl. here he keste ; le reste omis, he. 255. Cl. lo alwey. 259. Cl. tales (!). 260. H. sithen ; Cf. Cm. sithe ; Cl. sith. // Cl. Cm. H2. the ende. // Cl. ins. of after is. 262. H2. Ed. peynt ; Cm. pente ; le reste poynte. 265. Cl. loke. 266. Cf. H. goode ; le reste good. 269. Cl. litel (!). 276. Cl. omis faste. // Cf. H. mauise. 279. Cm. thoughte ; Cl. Cf. thought. 284. that] Cl. than. // Cl. weylen (!). 287. Cl. omis a. 289. and] Cl. if. 291. H. it slake ; le reste omis, it. 296. Cl. toforn ; le reste biforn. 299. Cl. to yow ; le reste omis, to. // Cl. H. Ed. sworne ; le reste sworn. 300. or] Cl. and. 301. Tout eye (eighe). 303. chaungeth] Cl. quaketh (!). 308. Cl. nolde ; le reste wolde. 309. Cl. H. Cf. omis my. 315. Cl. shal yow ; le reste omis, yow. 317. H. Cm. goode ; Cl. Cf. good. 323. Cl. thow ; le reste ye. // H2. lete ; Cl. Cf. Cm. late ; H. lat. 324. Cl. nel. // Cl. H. lye. 325. Cl. myn owene ; le reste my (myn). 326. Tout eyen (eighen). 328. Cl. giltles ; H. Cm. gilteles. 329. mende] H2. wyn. 338. H. Cm. liste ; Ed. lysteth ; Cl. lyst. 349. If] Cl. And. 350. Cl. that ye ; le reste omis, that. 351. this] Cm. H2. it ; H. omis. 359. Cl. behest. 368. Cl. to se ; Cf. H. sen. 369. H2. a-yens ; Ed. ayenst ; H. ayeyn ; Cm. ayen. 370. fool] Cl. fel (pour fol). 371. Cl. frenship. 372. Cl. omis //What. 374. Cl. omis wel and. 380. Ed. wrie ; Cm. wri ; Cl. Cf. wre ; H. were (!) ; H2. couere. 381. Cf. H. Cm. Ed. sauacioun ; le reste saluacioun. 383. Cm. H2. Ed. met toujours après nece. // Cm. goode ; le reste good. 384.

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Éd. H2. sucré. 385. Cf. Cm. pour ; Éd. al ; Cl. H. omis 386. Cl. herd. 387. meneth] H.
Cf. mene. 388. Cl. wole. 389. sholde] Cl. shal. 395. Cl. H2. omis that. 401. Lire
think’th, ber’th (Cl. thenketh ; Cf. H. berth). // Cl. Cf. H. heighe ; Éd. Cm. hye. 403. Cl.
ben growen ; Cf. H. be growe ; Éd. growe ; Cm. hem waxen ; H2. be wox. // Tous les yeux
(eighe, ey, eyen). 405. H. H2. whiche ; Cl. Cm. which ; Cf. Éd. which that. 406. Cm.
H2. omis Nece. // Cm. I bidde with (!) ; H2. I kepe than wisshe ; (lire Nec’ I bidd’
wisshë). 411. Cl. Cf. Éd. straunge ; H. H2. straunge folk ; Cm. straunge men. 413. Cf.
H2. Ret ; Éd. Rate ; Cm. Redith ; Cl. Bet (!) ; H. Let (!). 414. H. tristed. 421. this] Cl.
that. 423. Cl. behest. 429. Cl. Ay ; Cm. O ; Éd. Ne ; le reste A. 435. H. dispitouse ; Cm.
dispituse ; le reste dispitous (despitous). 438. Cl. ins. ony (Cf. H. any, H2. eny) avant
vilanye. // Cl. vylonye. 446. Cl. certaynly. 448. Cl. hym agayn. 456. Cl. falles (sic).
460. Cl. wyl ; Cf. H. wol. 461. Cl. of hit wold. 466. lyth] Cf. H. is. 468. Cl. don so.
474. Cl. H2. y-wis ; le reste wis. 480. Cm. H2. plese ; le reste plesen. 482. Cf. Éd. dredde ; le reste
drede. 483. H. Éd. Cf. cesse ; Cm. sese ; (voir l. 1388) ; Cl. cesseth. 486. H. Cm. Éd.
sauacioun ; le reste saluacioun. 490. Cf. Éd. H2. Pandare ; le reste Pandarus. 491. Cf. H.
truste ; Cm. troste ; le reste trust. 494. Cf. Cm. doutelees ; Cl. doutles. 496. Cm. Cf. after ;
H. efter ; le reste ofter (!). 500. love of god] Cl. Cf. H. his love. 505. a litel gan to] Cl.
bygan for to. 507. Cl. go. // Cf. H. Éd. longe ; le reste long. 516. Cm. Éd. after ; Cl. Cf. H.
ther-after. 519. Cl. softly hym. 523. upon] Cl. on. 534. Tous les yeux (eighen). 535. Cl. omis
botme. 536. Cl. Cf. Cm. deyen. 537. Cf. Cm. Éd. bywreyen ; Cl. H2. bywryen ; H.
wryen. 539. hem] Cl. hym. // asshen] Cl. asshe. 540. Cl. adown his hed. 541. Cf. H.
Cm. trewely ; le reste trewly. 542. Cl. met awey après I. 543. Cf. leet ; H. lete ; Cl. Cm. let.
549. Cl. ye do. 554. Cl. passede. 555. Cf. com ; Cm. cam ; le reste come. 556. his] Cl. a.
562. Cf. com ; le reste come. 563. Cl. saluacioun. 564. Cl. ne hade I routhe. 567. Cf. H.
Cm. Éd. herte ; le reste hert. 570. Cl. met was après depe. 574. voir] Cl. do. // Cl. H. swone.
576. Cl. dreuen. 577. Cl. hath vs. 588. Cf. H. houre ; Cl. Cm. oure. 589. Éd. H2. a ha ;
H. ha a ; Cm. Cf. ha ha ; Cl. omis. 590, 592, 593. Cl. del, wele, stel. 595. Cm. Cf. Éd.
wel ; H2. wele ; Cl. H. wole I. 597. Cm. H2. Éd. Ye ; le reste And. // Cl. Cf. H. H2. omis
how. 602. Cf. com ; H2. cam ; Éd. came ; le reste come. 603. Cm. wex ; H2. wax ; Éd.
woxe ; le reste was. 611. Éd. Thascrye ; Cm. The acry (sic) ; H2. In the skye (!) ; Cl. Cf. H.
Ascry. 612. MSS. cryede, cried, criedyn. 615. H2. latis ; le reste yates. 616. this] Cl. that.
617. Cm. from ; Éd. H2. fro ; Cl. Cf. H. to. 618. Cl. Gardanus ; H2. Cardanus ; Cm.
dardannis ; le reste Dardanus. // open] Cl. Cm. vp on. 624. Cl. H. Thus. Cf. Éd. baye ; Cm.
bayȝe ; le reste bay. 628. Cf. H. Cm. sighte ; le reste sight. 636. weldy] Cm. worthi. 642. Cl.
thrilled. 643. Cf. cryde ; Cl. cryede. 644. Cl. nexst. 648. Tous les yeux, eighen. 650. Cl. Éd.
it so softe. 651. Cl. seluen. 658. for] Cl. Éd. forth. 659. Cl. casten. 662. Cl. omis his bef.
shap. 666. Lire envýous. 669. Tous syght (à tort). 670. thee] Cf. H. y-the. 677. H2.
ins. hert (erreur pour herte) avant for. 681. Cl. seuenethe. 686. Cm. sonere ; Éd. sooner ;
le reste sonner. 694. Cl. she yn thought gan to. 696. Éd. don ; H2. do ; le reste done. 697, 8. Cl.
folde, colde. 700. Cf. H. Éd. tendite. 701. Cl. thought ; voir l. 699. 702. his] Cl. Cm.
Éd. by. 710. H. sighte ; le reste sight. 713. H. No (pour Now). // wys] H2. a fole. 718. Cl.
drynklees ; Cm. Cf. drynkeles. 719. Cl. Ek for me sith I wot. // Cl. al his ; le reste omis al.

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720. Cf. Cm. aughte ; le reste, ought, aught. 722. Cl. om. And. // Cl. Cm. long. 723. he] Cl. she (!). 724. Cl. Ne auaunter ; Ed. No vauntour ; Cf. H. Nauauntour. 725. vyce] Cl. nyse. 726. Cl. cherishe ; le reste, cherice. 729. y-wis] Cl. wys. 733. H. Ed. alway. 734. wommen] Cl. a woman. // Cl. H. Cf. al bysyde hire leue ; Cm. þour al this town aboute ; Ed. H2. al this towne aboute. 735. So Cm. H2. Ed. ; Cl. H. Cf. // And whanne hem leste no more lat hem byleue. 736. Cl. Ed. H2. om. for. 737. Cl. Cf. H. this ilke ; le reste, om. ilke. // Cl. thryftiest (également worthiest à la ligne 739, et best à la ligne 740). 745. Cm. H2. no man ; le reste, noon (none). 746. Cm. Cf. H. fayreste ; le reste, fairest. 747. Cf. H. goodlieste ; le reste, goodliest. 752. Ed. H. vnteyd ; Cf. vnteyde ; Cm. onteyed ; le reste, vntyd. 753. Cl. H2. With-out. 757. Cl. om. 2nd I. 758. Cf. Ed. leste ; le reste, lyst (liste). 759. H. Cf. nought ; le reste, not. 763. Cf. alle ; le reste, al. 764. H. brighte ; le reste, bright. 765. H. Cm. March ; le reste, Marche. 766. All flight. 772. H. Cm. putte ; le reste, put. 777. Cm. why ; le reste (sauf H2) weye (wey). // H2. Ther lovith none with-out bothe care and peyn (à tort). 778. Cm. moste ; Cl. meste. 781. Cf. Cm. the ; le reste, that. 787. Cf. H. Ed. cessed ; Cl. Cm. sesed. 791. Cl. at the ; le reste, om. the. 792. Cf. H. y-knowen ; Cl. knowe. // Cm. H2. Ed. tyme may men rede and se. 795. Cl. Cm. go ; Cf. H. ago. 797. All bycometh ; voir ligne 795. 800. Cl. Cf. H. dremen ; le reste, demen (deme). 801. Cl. H. om. that. 804. Cf. H. Ed. stoppen ; le reste, stoppe. 804, 5. Cl. tungen (!), rungen. // whyl] Cl. whanne. 814, 9. Cl. gardeyn. 819. Cm. folwede ; Cl. folweden. 820. yerd] // Cl. gardeyn. 821. Cl. shadwede (om. wel). // Cl. bowes blosmy and grene. 830. Cl. herte. 833. Cf. H. alle ; le reste, al ; voir 763. Cl. surete ; H. Cm. H2. seurte. 834. Cf. H2. Ye ; le reste, The. 838. Cl. om. that. 840. Cf. H. leest ; Cl. Ed. H2. lest. 843. Of wit] Cl. With (!). // Cl. H. secrenesse (!). 844. lust] Cl. luf (!). 845. Cl. Cm. al ; le reste, alle. 847. Cl. om. so. 851. Cm. ryghte ; le reste, right. 857. Cf. ligne 666. 860. Ed. H2. him ; le reste, it ; voir 861. 862, 4. H. righte, bryghte ; le reste, right, bryght. 863. Cl. Cf. feblesse ; le reste, fieblenesse (febilnesse). // All eyen (eighen). 867. who] Cl. he (au lieu de ho). 872. Cl. H2. is growen. 876. Cl. stynte ; H2. stynt. 882. Cf. H. Cm. let ; le reste, led. 884. Voir note. 894. Cl. Cf. H. moste ; Cm. miste ; Ed. mote ; H2. must. // at] Cl. of. 896. H2. axe ; Ed. aske ; Cl. H. Cf. axen ; Cm. axith. // Cl. ful (au lieu de foul). 903. Cf. Cm. wex ; Cl. was ; le reste, wax. 904. Cl. heighe ; Cf. H. heye ; le reste, eye ; lire yë. 909. H. Cf. pour tapere. 910. Cl. om. al. // in] Cm. H2. hom. 916. Cl. alle. 919. Under] Cl. Vp-on. 923. Cl. Cm. Ed. herkened ; Cf. H. herkned. 924. Til] Cl. That. 934. H. scarmich ; H2. Ed. scarmysshe. 936. yeden] Cm. ridyn. 937. Cl. sought. 938. Cf. H. Cm. laste ; le reste, last. 939. Ed. came ; le reste, come. 941. Cl. Cf. H2. slyng ; H. sleynge (au lieu de slynge) ; Ed. slonge ; Cm. slynging of. 942. Cl. now an ; le reste, om. now. 943. Ed. Cm. om. so. 945. H. Ed. answerde ; Cl. answered. 947. Cf. H. Ed. the ; H2. her ; le reste, om. 950. Cl. Cf. H. Ed. om. that. 953. Cl. vs ; le reste, me. 954. don] Cm. Ed. do on. // Cl. H2. sped ; le reste, spedde. 955. Cl. om. And. 956. Cf. H. Cm. Ed. shorte ; le reste, short. 957. So all. 959. lak] Cl. lat (!). // Cl. om. thy. 967. Cl. of the ; le reste, om. the. 968. Ed. stalkes ; H2. stalkys ; Cm. stalke ; le reste, stalk. 973. Cl. y-hered. 974. Cf. H2. Pandare ; le reste, Pandarus. 976. Cl. bonden ; Cm. woundis (!). 979. Cl. myght ; Cf. H. Cm. myghte. 982. Cl. Whanne ; nexst. 983. Cl. ben y-dreuen. 987. Cl. dishese. 995. Cf. H. Cm. yit ; le reste, yet. 999. fare] Cl. do. 1001. along] Cl. y-long. 1002.

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Cl. om. wel. 1003. as] Cl. a. 1005. Cl. Cp. H. om. // Right. 1006. Cp. H. Ed. tellen ;
rest telle. 1009. Cl. myn-. // Cl. wil; Cp. H. wol; rest shal. 1011. Cl. Cm. om. thou.
1012. right] Cm. and that; Cl. om. 1015. All strete. 1016. H. leste; Cm. lyste; Cl. lyke;
rest list. 1017. make] Cp. H. Ed. make thou; H2. thow make. 1022. Whan] Cl. Than.
1023. Cl. that thow; rest om. that. 1025. Cp. H. Ed. tough; Cl. towh; rest tow. 1026.
Cm. om. it. 1030. Cm. Cp. Ed. beste; rest best. 1031. H. Cm. Cp. Ed. beste; rest best.
// Cl. sounded. 1033. H2. werble; Ed. warble; H. warbul; Cm. warbele. 1035. Cp. H.
maken; rest make. 1037. Cm. iumpere; Ed. iombre. 1039. of] Cl. vp. 1043. nere] Cl.
Ed. were. 1044. H2. to; rest vn-to. 1049. Cl. Cm. om. it. 1051. H. Cm. answerde; Cl.
answered. // Cp H. leste; Cm. Ed. lest; rest lyst. 1053. that lord] Cl. hym. 1055. Cl.
Cp. H. om. Right. 1060. Cl. I pray; Cm. preye I; rest prey ich. 1063. Cp. H. Cm. Yif;
Cl. Yef. 1064. Cp. H. sette; Cl. Ed. set; Cm. sat. 1065. Cl. om. hir. // Cm. ryghte; rest
right. 1066. Cl. lece. 1068. Cl. alle these loueres. 1071. Cp. H. muchel; Cl. muche.
1072. Cl. H2. om. this. // Cl. louely; Ed. H2. lowly; rest lowely. 1077. Cp. H. leigh;
H2. Ed. lyed. 1079. Cl. wold (pour sholde). 1086. Cl. salty; Cp. Cm. Ed. salte; rest salt.
1090. H. Cm. Cp. Ed. kiste; Cl. cussed. 1093. Cl. Cm. Pandarus. 1095. it] Cl. is (!).
1097. Cp. Ed. H. sore; Cl. so. 1107. Cp. H. Cm. hoppe; rest hope. 1108. Cl. Ed.
laughe; H. laugh; H2. lagh; Cm. law. // H. breste; rest brest. 1109. Ed. alway that ye;
Cm. that ye alwey; rest om. that. 1111. come] Cl. y-come. 1112. Cl. griek; Cp. greek;
rest greke. 1113. Cm. H2. come I; Cl. I am come; Cp. H. Ed. I come. // Cl. Cp. H. Ed.
ins. newe after yow. 1116. Cl. wente. 1119. Cl. they spoke; H. Ed. he spake (lire
speke); Cp. he spak; Cm. H2. his wordis. 1123. Cp. Ed. sente; rest sent. // H2. to; rest
om. 1130. Ed. scripte. 1131. swich] Cl. this. 1137. Cm. H. seyn; Cl. sey. 1145. Cm.
H2. Ed. dethe; rest deth. // smiten be] Cl. be smet. 1148. Cl. H2. to; rest it (meilleur).
1149. Cp. H. neigh; Cl. nyh. // Cp. Cm. alle; Cl. H. al. 1154. Cl. hent. 1155. H2. doun
the lettre cast; peut-être lire doun the lettre thraste. 1156. Cl. or noon (pour anoon).
1157. Cl. gaueren; rest gauren. 1159. Cl. Cm. om. him. 1160. your] Cl. yow. 1161. Cl.
Ed. wol. 1162. Cl. thanne wole. 1172. Cl. som; rest some. 1174. Cp. Ed. besynesses;
rest besynesse. 1181. Cl. Cp. H. om. him. 1182. Cl. H. H2. om. that. 1186. Cl.
wyndowe nexst. 1188. Cl. aforn-yeyn; Cp. aforȝeyn; Ed. aforyene; H. aforyeynes; H2.
aforyens; Cm. aforn. 1193. vn-to] Cl. Cm. to. 1194. Cl. Cp. H. weren. // Cl. H2. om.
alle. 1198. Cl. Cm. om. tho. // Cp. H. Cm. wex; Cl. wax. 1202. Cl. honde. // Cm. fel;
H2. fil; rest sat. 1214. Cl. wrote; ony. 1215. in-to] H2. in. 1217. Cm. disdainys; Ed.
disdaynes; Cp. desdaynes; Cl. H. disdaynes; H2. disdeynous. 1223. Cl. wolde. // Ed.
Cp. seluen; H. selfen; rest self. 1225. Cp. fayn; Cl. H. fayne; Cm. ay fayn. // Cm. om.
to. 1227. Cp. Ed. in-to; Cl. in-to a; rest in-to the. 1229. Cp. quysshyn; Cm. quysschyn;
H. Ed. quysshen; Cl. quysshon; H2. cusshyn. 1238. Toutes les impressions. 1245. Cp. H. y-
doon; Ed. ydone; rest don. 1247. they] Cl. he. 1250. Cl. softly: thederwardes. 1252.
Cl. paylays; H. payleysse; rest paleys. // Ed. H2. Pandare; rest Pandarus. 1254. Cp.
seeth; H. seth; Ed. sethe; Cl. seyth; Cm. sey. 1256. Cp. H. Cm. wex; Cl. wax. // Cl. as
the rose; rest om. the. 1260. Cl. om. he. 1270. Cl. a routhe; rest om. a. 1273. Cp. Cm.
nexte; Cl. nexst. 1278. Cl. H. Telle; rest Tel. 1284. Cp. Ed. H. yonde; Cl. H2. yend;

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Voir yondir. // Cl. ritt ; Cf. Voir rit ; Éd. rydeth ; H. ride. // Cl. om. ye. 1298. Cf. H. Éd.
holden ; le reste holde (hold). 1309. Éd. lo ; le reste omis. 1313. Cl. Cf. ryse ; Éd. vp ryse ; le reste
aryse. 1317. Cl. Cf. thorugh. 1320. H2. et voir ces lettres noires. 1323. yave] Cl. yaf ;
Voir yeue. 1329. H. Cf. Éd. biheste ; le reste byhest. 1332. Éd. Through ; Cl. Cf. Thorugh ;
H. Thorw ; H2. The. // ou] Cl. et. 1336. Cl. Cf. H. thorugh. 1347. Éd. dyce. 1349. Cl.
gistes ; H2. gyltes ; Cf. gostes ; le reste gestes. 1350. Et] Cf. H. H2. As. 1352. Cl. Voir
Pandarus ; le reste Pandare. 1354. Cl. Voir red. 1355. Cf. H. woode ; Voir Éd. wode ; Cl.
wod ; H2. wood. 1360. Cl. dishese. 1368. Cf. H. Éd. om. that. 1374. Éd. her don. //
Voir H2. Éd. for to ; Cl. H. om. for. 1379. Quoi] Cl. That. 1383. Cl. Cf. H. Voir ins. to
bef. venir. // venir] Voir falle ; H2. que fal. 1384. doon] Cl. doth. // Cf. H. Éd. milne ;
Voir melle ; Cl. H2. myl. 1387. Cf. reed ; Cl. H. ried. 1388. Cl. wold. 1394. H. Éd. tel ;
Cl. telle. // Cf. H. Éd. lest ; Cl. lyste ; le reste lyst. 1401. Cf. lat malone. 1409. Cl. to-forn.
1413. nas] Cl. na. 1418. doon] Cl. do. 1423. ainsi] Cl. so. 1427. spore] H. H2. Voir
spere. 1428. Cf. Voir roughte ; le reste rought (roght). 1429. Cl. H. Voir telle. 1436. Cl.
Cf. H. toi comme ; le reste omis yow. 1452. et aussi] Cl. ek et. 1460. aller à] Cl. il voudrait. 1465. Cl. om. mon. 1466. Cl. H2. mettez-moi devant le. 1467. Cl. H. om. ye. // H2. que ;
le reste omis. 1473. Cf. H. ne voudrait pas ; Voir yit voudrait ; le reste voudrait. 1482. Cf. Éd. fait ; H.
fait (au lieu de fait) ; le reste fait (mad). 1484. Éd. H2. de sorte que ; Cl. Cf. H. que ainsi ; Voir ainsi
euere. 1489. nolde] Cl. H. voudrait. 1490. beau] Cl. good. 1495. Ainsi tout. 1504. tu]
Cl. toi. // Éd. H2. a ; le reste omis. 1509. Pourtant] Cl. That. 1513. Voir Éd. croire ; H2. comme
croire ; le reste croire. 1517. Voir Éd. Fils ; Cl. Ainsi ; Cf. H. Et. 1526. Cf. H. Éd. complètement
là ; H2. complètement le ; Cl. là complètement ; Voir le complètement. 1527. tu] Cl. Voir H2. maintenant. 1532.
Cl. H. Voir omis le. 1536. Cl. omis tout. 1554. homme en bois] Cl. femme. 1556. Cf. moment du pain ; Éd. moment des repas ; Cl. moment du pain ; H. moment du pain (!) ; Voir pain. 1557. Shoop] Cl. H. Shapt ;
Cf. Shapte. 1558. Cl. n’aurait pas voulu ; H2. n’aurait pas voulu ; le reste nolde. 1559. vérité] Cl. pour. 1561.
Cf. Éd. Voir tout quoi ; Cl. H. quoi tout. 1582. Cf. H. Voir pensée ; le reste pensée. //
coude] Cl. cowede. 1585. Cl. Cf. H. Éd. omis up. 1588. ils] Cl. il. 1591. Cl. omis pour.
1594. don] H2. à ; Cl. omis. 1595. lest] Cl. Cf. H. lyst. 1596. H. interprète For par quia
propter. 1598. arisen] Cl. aryse ; H2. ils se lèvent. 1602. H2. Si cela ; le reste omis cela. 1604. Cl. H.
Éd. lequel. 1605. Took] Cl. To(!). 1607. Voir H2. Iouis. 1611. tu] Cl. toi ; H. comment.
1615. Cl. Voir omis out. 1618. Answerde] Cl. Answere. 1621. cela] Cl. il. 1628. Cl. omis.
moi. 1629. pense] Cl. thenketh. // H. sith ; le reste sith que. 1635. Cl. omis do. Cf. H. H2.
savoir ; Cl. Éd. wete. 1638. ton] Cl. le. 1641. Ainsi tout. 1647. Cl. légèrement peut. 1648, 1652.
regarde] Cl. loke. 1649. Cl. H. omis lui. 1650. Cl. dishesen. 1652. Cf. H. Éd. connaître ;
Cl. Voir connaît. 1659. H. beaucoup ; Cl. peu. 1661. lui] Cl. il. 1662. touche] Cl.
toucher(!). 1665, 6. Cf. H. entente, wente ; le reste entent, went. 1667. Cl. bien doucement.
1670. Cl. partir. 1673. Cf. H. H2. Éd. à ; le reste omis. 1674. Cf. Éd. sécher ; H. bisike ; le reste
byseche. 1680. que] Cl. that. 1686. Cl. Voir soutenir. 1687. Éd. Maintenant bonne économie.
1690. Voir H2. Ou ; le reste O. // Cl. Voir demander ; le reste demander cela. // Cl. H2. omis quoique.
1691. Cf. H. sauver ; Cl. Voir saf. 1697. Cl. tretes. 1703. Cl. Voir donné. 1708. Cf. H. Éd.
parti ; Cl. gon ; Voir gan. // Cl. parler. 1719. Cl. humblement ; Cf. H. humblement ; Voir
vmbely ; le reste humblement. 1722. son—bireve] Cl. de son le reste hym reue. 1723. Cl. Incocent

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(!). 1730. Cl. Avise. 1734. Cl. par halue ; Cm. halue ; le reste à moitié. // Cl. contre toutes les âmes ; H2.
contre l’âme a ; Cf. Cm. Ed. l’âme nous tous ; H. même (pour âme) contre tous. 1739. Cl. Pensez que ; le reste omis, que. 1741. Cl. Ensuite ; Cm. Secundeli ; Cf. Secoundely ; H.
Ensuite ; le reste Secondly. 1746. Cl. voudraient ; Cm. woldyn. 1749. Ed. H2. Avant que ; le reste
Las (!). // Ed. H2. soit perdu ; Cf. J’ai perdu ; le reste J’ai perdu. 1752. H2. kankerdorte ; le reste
kankedort, cankedort. 1757. Cl. Cm. Je ; le reste il.

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LIVRE III.
Début du Proème du Troisième Livre.

1. Ô lumière bienheureuse, dont les rayons éclatants 1
Ornent tout le troisième ciel si beau !
Ô source de vie, ô fille de Jupiter,
Plaisir de l’amour, ô belle généreuse,
Prête à trouver refuge dans les cœurs délicats ! 5
Ô véritable cause de bonheur et de joie,
Que soient loués ta puissance et ta bonté !

2. Au ciel comme en enfer, sur terre comme en mer,
On ressent ta puissance, si je puis bien le discerner ;
L’homme, l’oiseau, le bœuf, le poisson, l’herbe et l’arbre vert 10
Te ressentent parfois à travers des vapeurs éternelles.
Dieu aime, et rien ne peut l’empêcher d’aimer ;
Et en ce monde, aucune créature vivante,
Sans amour, n’a de valeur ni ne peut persister.

3. Vous, dieux, premiers à provoquer de tels effets, 15
Grâce auxquels toutes choses vivent et existent,
Vous les rendez amoureux, et selon votre volonté,
Vous les plongez dans l’amour, que ce soit dans la joie ou dans l’adversité ;
Et sous mille formes, vous les envoyez sur terre par amour, et là où vous le souhaitez, ils vont.

4. Vous, Mars furieux, calmez sa colère,
Et, selon votre volonté, vous faites des cœurs dignes ;
Vous faites en sorte que celui que vous voulez mettre en feu 25
Respire la honte et renonce aux vices ;
Vous lui témoignez de l’affection, avec douceur et bienveillance,
Et, haut ou bas, selon ce qu’un être humain comprend ;
Les joies qu’il éprouve, c’est votre puissance qui les lui envoie.

5. Vous détenez le règne et les demeures unies ;
Vous êtes aussi la cause véritable de l’amitié ; 30
Vous connaissez toutes ces qualités cachées
Des choses qui étonnent tant les gens,
Lorsqu’ils ne comprennent pas comment cela peut arriver :
Elle l’aime, ou pourquoi il l’aime ici.

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Pourquoi ce poisson, et rien d’autre, arrive-t-il jusqu’à nous ? 35

6. Vous, gens qui avez établi une loi dans l’univers,
Et je le sais à cause de ceux qui sont amoureux,
Que quiconque lutte contre vous subit le malheur :
Maintenant, dame lumineuse, en raison de votre bonté,
Par respect pour ceux qui vous servent, 40
Qui sont mes maîtres, enseignez-moi donc
Comment ressentir de la joie au service de vous.

7. Vous avez pénétré les sentiments de mon cœur nu
Et vous me montrez votre douceur.—
Calypso, votre voix est maintenant présente, 45
Car c’est le moment ; ne laissez pas ma détresse,
Comment puis-je aussitôt exprimer la joie
De Troïlus, en l’annonçant à Vénus ?
Que Dieu apporte à celui qui en a besoin cette joie !

Explicit du proème du Troisième Livre.

Début du Troisième Livre.

8. Mettons de côté tout cela pendant que Troïlus, 50
Rappelant sa leçon de cette manière,
« Mon dieu ! » pensa-t-il, « c’est ainsi que je veux voir et agir ;
C’est ainsi que je veux me consacrer entièrement à ma dame là-bas ;
Ce mot est bon, et cela sera mon trésor ;
Je ne l’oublierai en aucune façon. » 55
Que Dieu le laisse agir comme il l’a décidé.

9. Et le seigneur, afin que son cœur se calme,
Entendit qu’elle arrivait, et vint vite la voir !
Et Pandare, ce garçon, la prit par la taille,
Vint, et passa par l’ouverture du rideau, 60
Et dit : « Que Dieu protège tous ceux qui souffrent !
Voici qui est venue vous rendre visite ;
Regardez, voici celle qui est la cause de votre mort. »

10. Sur ces mots, il sembla pleurer presque ;
« Ah », dit Troïlus avec tant de douleur, 65
« O grand dieu, vous savez où je suis malheureux !
Qui est là-bas ? Je ne vois rien clairement. »

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« Seigneur », dit Criseyde, « c’est Pandare et moi. »
« Toi, doux cœur ? Hélas, je ne puis me lever
Pour m’agenouiller et vous honorer d’une façon ou d’une autre. » 70

11. Et elle l’aida à se relever ; bien qu’elle posât
Deux chiens doux sur lui,
« Oh, par amour de Dieu, ne faites pas cela
Avec moi », dit-elle. « Eh ! Qu’est-ce à voir ?
Seigneur, voici pourquoi je viens à vous deux fois ;
D’abord, je veux que vous réfléchissiez, et aussi
Que vous continuiez votre seigneurie, je vous en supplie. » 75

12. Ce Troilus, qui entendait la prière de sa dame
Pour obtenir la seigneurie, ne bougeait ni ne parlait,
Et ne pouvait prononcer un mot de honte à ce sujet,
Bien que les gens dussent se moquer de son indifférence.
Mais, seigneur, il devint si misérable,
Et, seigneur, sa leçon, à savoir qu’il devait la supplier,
Passa par son intelligence. 80

13. Criseyde observa tout cela assez bien,
Car elle était sage et l’aimait toujours,
Même quand il était malheureux ou faisait des difficultés,
Ou était trop audacieux pour se moquer d’un fou.
Mais quand sa honte commença à diminuer,
Ses raisons, autant que mes vers peuvent le dire,
Je vais vous les raconter, comme le font les anciens livres. 90

14. Avec une voix changée, vraiment par crainte,
Une voix tremblante, et son attitude
Devint belle, tantôt ses paroles étaient justes,
Tantôt pâles, adressées à Criseyde, sa dame,
Avec un regard baissé et un amour humble et ancien.
Voici, les premiers mots qui lui vinrent furent :
Deux fois : « Pitié, pitié, doux cœur ! » 95

15. Et après un silence, quand il put parler,
Le mot suivant fut : « Dieu sait, car j’ai,
Autant que j’ai eu de roi,
Été à vous ; que Dieu sauve aussi mon âme ;
Et ce sera ainsi, jusqu’à ce que moi, pauvre être, sois mort.
Et bien que je n’ose pas vous plaire pleinement,
Je souffre néanmoins sans relâche. » 105

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16. Ainsi, autant que maintenant, ô femme chère,
Je peux le faire ; et si cela vous déplaît,
Je le paierai de ma propre vie,
Croyez-moi, et je soulagerai votre cœur,
Si par ma mort je peux apaiser votre cœur. 110
Mais avant que vous n’ayez entendu ce que j’ai à dire,
Je ne sais pas encore quand je mourrai.

17. Avec sa tristesse virile,
Elle aurait pu faire fondre même un cœur de pierre ;
Et Pandare pleurait en voulant aller vers l’eau, 115
Il se frappait sans cesse la poitrine et disait :
« Hélas, que sont les cœurs fidèles !
Par amour pour Dieu, mettez fin à cette situation,
Ou laissez-nous mourir tous les deux, ou bien changez d’avis. »

18. « Moi ? Quoi ? » dit-elle, « Par Dieu et par ma foi, 120
Je ne sais rien de ce que vous voulez que je voie. »
« Moi ? Quoi ? » dit-il, « Que vous lui portiez de la rancune,
Par amour pour les dieux, et ne lui faites aucun mal. »
« Alors, » dit-elle, « je voudrais qu’il me dise
La vérité sur ses intentions ; 125
Mais je ne comprends toujours pas vraiment ce qu’il pense. »

19. « Que veux-je dire, ô doux cœur ? »
dit Troilus, « Ô belle et pure amie !
Que, avec la clarté de vos yeux purs,
Vous vouliez un jour me voir en ami, 130
Et alors accepter que je sois celui-là,
Sans aucune arrière-pensée malveillante,
Toujours fidèle à vous, prêt à vous servir.

20. Envers ma dame, ma véritable maîtresse,
Avec toute mon intelligence et tout mon zèle, 135
Et je vous apporterai, comme vous le souhaitez, du réconfort,
Sous votre protection, même si j’ai commis des fautes,
Comme la mort, si je brise votre confiance ;
Et que vous daigniez m’accorder tant d’honneur,
En me permettant de commander à tout moment. 140

21. Et je serai votre très humble et fidèle serviteur,
Secrétaire, patient dans mes épreuves,
Et toujours désireux de nouveautés.

Page 343

Pour servir, et avoir été vraiment diligent,
Et, de bon cœur, employer pleinement votre talent,
Bien reçu… Comme ma douleur est grande !
Voici mon cœur, mon cher cœur à moi.

22. Pandarus dit : « Voilà une demande difficile,
Et raisonnable, d’épouser une dame !
Maintenant, par le dieu de l’amour,
Si j’étais un dieu, vous mourriez volontiers,
Car cet homme ne veut rien d’autre que votre honneur ;
L’ayant vu presque mourir, il a été si généreux
Qu’il a accepté que vous le serviez. »

23. Alors elle le regarda intensément,
Avec grâce et élégance,
Se parlant à elle-même, sans dire un mot,
Elle lui dit doucement :
« Pour préserver mon honneur, je le ferai fidèlement,
Et de la manière qu’il pourra désirer,
Je l’accueillerai pleinement dans mon service. »

24. Elle le supplia, par amour pour les dieux,
De vouloir, par honneur, fidélité et noblesse,
Me traiter bien, comme il se doit,
Et préserver mon honneur avec intelligence et dévouement ;
Et si je peux lui apporter du bonheur,
À partir de maintenant, je ne feindrai pas :
C’est tout, plus rien à demander.

25. « Mais certainement, je vous avertis », dit-elle,
« Même si vous êtes le fils d’un roi,
Vous n’aurez pas sur moi, en amour, plus de pouvoir
Que celui qui est juste dans cette situation ;
Et si vous agissez mal, je ne m’en empêcherai pas,
Je vous ferai enrager ; et puisque vous me servez,
Je vous traiterai comme vous le méritez. »

26. Et aussitôt, avec un cœur joyeux et tout mon courage,
Il fut heureux et l’attira vers la joie ;
Et moi, fidèlement, de toutes mes forces,
Je transformerai vos peines amères en bonheur ;
Si c’est moi qui peux vous apporter du bonheur,
Pour chaque souffrance, vous retrouverez du bonheur.

Page 344

Et elle le prit dans ses bras et le baisa.

27. Philandre tomba à genoux, leva les mains vers le ciel et tint ses chiens près de lui :
« Dieu immortel ! » dit-il, « toi qui ne peux mourir,
Cupidon, tu peux en être glorifié ;
Et Vénus, tu peux en composer une mélodie ;
Sans chiens, il me semble que dans la ville,
Pour cette merveille, je planterai ici chaque beauté. »

28. Mais hélas ! pas plus maintenant sur ce sujet,
Car voici que ce peuple aux lettres rouges arrive ;
Vois, je les ai ici.
Mais je vous conjure, Criseyde, et toi aussi,
Et toi, Troïlus, quand vous pourrez partir,
De venir chez moi sur mon ordre,
Car je réglerai bien votre venue ;

29. Et y laissez vos cœurs en paix ;
Et voyons lequel d’entre vous portera la belle
Pour parler correctement d’amour ! » Sur ce, il rit :
« Car vous aurez là un prétexte pour raconter. »
Troïlus demanda : « Combien de temps dois-je rester
Ici ? » Il répondit : « Quand tu pourras te lever,
Tout se fera comme je te l’aurai ordonné. »

30. Alors Éléna et Déiphobe montèrent aussi,
Juste au bout des escaliers ;
Et le seigneur fit alors sortir Troïlus,
Son frère et sa sœur pour les présenter.
Philandre dit : « Il est temps que nous partions ;
Prenez, mes amis, congé de tous les trois,
Et laissez-les parler, puis venez avec moi. »

31. Elle prit congé d’eux avec beaucoup de grâce,
Comme elle le pouvait, et ils lui rendirent hommage
Avec grande révérence,
Et parlèrent admirablement, en son absence,
De sa beauté, en louant son excellence,
Sa sagesse, son intelligence ; et ils vantèrent
Son comportement, ce qui était un plaisir à entendre.

32. Maintenant, qu’ils retournent à leur place.

Page 345

Et revenons à Troïlus lui-même,
Qui avait pris très légèrement la lettre que Déiphobe avait vue dans le jardin.
Il voulait dire qu’Éléonore et lui avaient été sauvés,
Et il dit qu’il fallait le laisser dormir, puis parler plus tard.

33. Éléonore l’embrassa et prit congé joyeusement,
Déiphobe aussi, et chacun partit ;
Pandare, aussi vite qu’il put, se rendit chez Troïlus sans tarder ;
Et toute la nuit, sur un coussin, près de Troïlus, il resta,
Pour converser ; et ils étaient très heureux ensemble.

34. Lorsque tous furent partis, sauf eux deux,
Et que toutes les portes furent bien fermées,
Pour en dire brièvement, sans plus de mots,
Ce Pandare, sans aucune lettre,
S’approcha, s’assit à côté de son lit,
Et commença à parler à Troïlus d’une manière discrète,
Comme je vais vous l’expliquer.

35. « Mon plus cher seigneur et frère,
Dieu le sait, et toi aussi, combien cela m’a peiné
Quand je t’ai vu hier si abattu,
À cause de l’amour dont ta douleur ne cesse de grandir ;
Que moi, de toutes mes forces et de tout mon savoir,
J’ai toujours essayé de trouver un moyen
Pour te ramener à la joie hors de cette détresse ;

36. Et j’y suis parvenu autant que tu le souhaitais,
Ainsi, grâce à moi, tu peux maintenant espérer aller bien,
Je le vois sans aucun doute,
Et tu sais pourquoi ? C’est honteux à dire,
Car pour toi j’ai commencé un jeu
Que je ne ferai jamais pour personne d’autre,
Même s’il était mille fois mon frère.

37. C’est-à-dire, c’est pour toi que je suis revenu,
Entre jeu et sérieux, d’une manière telle
Que cela fait que les femmes deviennent des hommes ;
Même si je ne dis rien, tu sais bien ce que je veux dire. »

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38. Mais Dieu, qui sait tout, je le prends pour témoin : je n’ai jamais agi ainsi par cupidité, mais uniquement pour mettre fin à cette détresse, à cause de laquelle tu es mort, comme je le pensais. Mais, frère bien-aimé, fais maintenant ce que tu dois, par amour pour Dieu, et épargne-lui toute reproche ; si tu es sage, protège toujours son nom.

39. Car tu savais bien que son nom, parmi le peuple, était encore ignoré ; car cet homme n’est pas né, j’en jurerais, et personne ne savait qu’elle avait commis un crime. Hélas, moi qui suis la cause de tout cela, je peux penser qu’elle est ma nièce ici, et que je suis son oncle, et même un traître !

40. Et si l’on savait que, par mes intrigues, j’avais insufflé en ma nièce cette idée folle, afin de satisfaire tes désirs et de devenir entièrement à toi, alors tout le monde crierait que j’ai commis la pire trahison qui soit jamais existée ; elle serait perdue, et toi, tu n’y gagnerais rien du tout.

41. C’est pourquoi, avant d’aller plus loin, je te supplie instamment de garder le secret dans cette affaire, c’est-à-dire de ne jamais nous accuser ; ne sois pas fâché, même si je te prie souvent de garder secret un sujet aussi important ; car tu sais bien à quel point mes prières sont efficaces.

42. Pense aussi à toutes les malheurs qui ont déjà frappé ceux qui ont agi de la sorte, comme on le dit ; et à tous les malheurs qui existent encore dans ce monde, jour après jour, à cause de ces actes méchants. C’est pourquoi ces prêtres sages qui sont morts nous ont toujours conseillé, à nous, les jeunes, de « garder d’abord le silence ».

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43. Et c’est là que je veux maintenant raconter 295
La diffusion des paroles : j’aurais presque
Mille anciennes histoires à te conter
De femmes perdues à cause de mensonges et de tromperies ;
Tu peux toi-même composer des proverbes, et les connaître,
Car tous les hommes disent la vérité aussi souvent qu’ils parlent.

44. Ô langue, hélas ! si souvent ici tu as fait dire à bien des dames
« Ah ! le jour où je suis née ! »
Et à bien des jeunes filles de pleurer leur malheur ;
Et, pour la plupart, tout est mensonge
De la part des hommes rusés, même s’il était prouvé ;
Il n’y a pas de fidélité entre parents.

45. Trahison et mensonge, voilà tout ;
Ainsi : une femme m’a demandé 310
Son amour, et dit qu’elle en aime un autre,
Et je jure de le garder secret,
Puis j’aille le dire à deux ou trois personnes ;
En vérité, je suis au moins traître,
Et menteur, car je brise ma promesse. 315

46. Regarde donc, s’ils ne sont pas blâmables,
Quel genre de gens sont-ils ? Que dois-je dire d’eux,
Qui trahissent les femmes, et par leur nom,
Qui jamais ne leur ont rien donné,
Ni ne les ont connues mieux que mon vieux chapeau ? 320
Il n’y a pas de miracle, puisque Dieu nous envoie tant de malheurs,
Même si les femmes nous trompent, nous, les hommes.

47. Je ne dis cela ni par méfiance envers vous,
Ni parce que vous êtes sages, mais à cause des mensonges,
Et du mal qui règne aujourd’hui dans le monde, 325
Autant à cause de la folie que du mal ;
Car je sais bien que, chez les sages, aucune femme n’est trompée,
Si elle est bien conseillée ;
Car la sagesse est punie par la folie.

48. Mais maintenant, à l’essentiel ; laisse, frère, 330
Tout ce que j’ai dit dans ton esprit,
Garde-le bien, et sois maintenant plein de bonté.

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Car en ton temps tu me trouveras fidèle.
Je réglerai ta cause de telle manière,
Et Dieu veuille qu’elle te suffise, 335
Car elle sera juste comme tu le désireras.

49. Car je sais bien que tu as raison, mon ami ;
C’est pourquoi j’entreprends cela pleinement.
Tu sais ce que ta dame t’a ordonné,
Et le jour est fixé pour rédiger les actes. 340
Passe une bonne nuit, je ne peux plus rester éveillé ;
Et prie pour moi, si tu es maintenant dans le bonheur,
Que Dieu m’envoie la mort ou une fin douce.

50. Qui pourrait décrire même la moitié de la joie ou de la félicité
Que ressentit l’âme de Troilus, 345
En entendant les effets des actions de Pandare ?
Sa vieille peine, qui faisait gonfler son cœur,
Devint pour lui source de joie et de bonheur,
Et toute la richesse de ses biens disparut soudainement ;
Il ne les sentit plus jamais. 350

51. Mais tout comme ces champs et ces prairies,
Qui, en hiver, étaient morts et desséchés,
Se revêtent de verdure au printemps,
Quand chaque être est au mieux disposé à jouir :
De la même manière, en vérité, 355
Son cœur se remplit de joie,
Aussi grand que n’en a jamais connu aucun homme à Troie.

52. Et il leva les yeux vers Pandare avec gravité,
Avec amitié, pour le regarder,
Et dit : « Ami, au dernier avril, 360
Comme tu le sais, si tu t’en souviens,
Comme la mort était proche à cause de la peine que tu m’as causée ;
Et comment tu as fait tout ton possible
Pour connaître la cause de ma détresse.

53. Tu sais depuis combien de temps j’attendais de te voir, 365
Toi, l’homme que j’aime le plus ;
C’était dangereux pour toi de me rencontrer,
Je le savais bien ; mais dis-moi, si tu veux bien,
Puisque j’étais si désireux que tu le saches toi-même,
Comment oserais-je parler de cette affaire ? 370

Page 349

Ce tremblement de terre maintenant, et aucun être ne peut nous atteindre ici ?

54. Mais, par les dieux, je te jure par celui qui peut gouverner ce monde à sa guise ; et si je meurs, qu’Achille, avec sa lance, brise mon cœur, même si ma vie était éternelle. Puisque je suis mortel, que je le veuille ou non, que j’ose ou que je doive le faire, pour tout le bien que les dieux ont créé sous le soleil…

55. Je préférerais mourir plutôt que de rester ainsi, prisonnier de l’orgueil, dans la méchanceté, dans la saleté et dans les vers, esclave du cruel roi Agamemnon. Je te le jure, dans tous les temples de cette ville, envers toutes les divinités, demain, si cela te convient.

56. Et que tu fasses tant pour moi, au point que je ne puisse jamais le mériter… Je le sais bien. Même si je pouvais mourir mille fois pour toi, je ne pourrais rien faire d’autre que de te servir comme ton esclave, partout où tu iras, pour toujours, jusqu’à la fin de ma vie !

57. Mais ici, de tout mon cœur, je t’en supplie : ne me traite jamais avec tant de folie, comme je le verrai. À cause de tes paroles, je pensais que ce que tu faisais pour moi n’était qu’une tromperie. Je ne vaux rien, même si je vivais… Ce n’est pas vrai, je le sais bien.

58. Mais celui qui part, pour de l’or ou pour la richesse, sur une telle mission, appelle-le comme tu veux. Ce que tu fais, appelle-le générosité, compassion, fraternité… Mais il faut savoir que, entre des choses semblables, il y a des différences, comme je l’ai appris.

59. Et sache que je ne pense à rien d’autre.

Page 350

Que ce service soit une honte ou non,
j’ai ma belle sœur Polixène,
Cassandre, Éléna, ou n’importe laquelle des autres ;
même si elle était jamais aussi belle ou bien faite,
dis-moi, laquelle de toutes tu choisirais,
pour en faire ta compagne, et laisse-moi alors seul.

60. Mais puisque tu m’as rendu ce service,
pour sauver ma vie et pour me donner un espoir,
alors, par amour pour Dieu, accomplit cette grande tâche ;
car c’est maintenant qu’il le faut le plus.
Car, haut et bas, sans aucune crainte,
je veux toujours conserver tous tes secrets ;
bonne nuit maintenant, et dormons tous deux.

61. Ainsi chacun le rassura bien,
afin que le monde entier ne pût rien en savoir ;
et, le lendemain, lorsqu’ils se levèrent,
chaque homme retourna à ses propres affaires.
Mais Troïlus, bien qu’il brûlât comme le feu
de désir ardent d’espoir et de joie,
il n’oublia pas la loi de son dieu.

62. Mais en lui-même, avec grande retenue,
il maîtrisa chaque geste et chaque passion,
si bien que, en vérité, tous ceux qui vivaient,
ne devaient savoir, ni par parole ni par autre moyen,
ce qu’il pensait à ce sujet.
Comme un nuage, il savait se cacher parfaitement
de tous les regards.

63. Et tout ce que je viens de décrire,
telle était sa vie ; de toute sa force,
pendant la journée, il servait Mars avec zèle,
c’est-à-dire qu’il combattait en tant que chevalier ;
et pour la plupart du temps, pendant les longues nuits,
il restait allongé, réfléchissant à la manière dont il pourrait
servir au mieux sa dame, afin de mériter sa gratitude.

64. Il ne jurait rien, bien qu’il restât allongé,
mais dans ses pensées il murmurait souvent,
et il se tordait sur son lit, souhaitant être ailleurs ;

Page 351

Mais dans de tels cas, l’homme n’est jamais vraiment satisfait,
Car je sais que pas plus que lui ;
Cela, je peux l’estimer comme possible.

65. Mais il est certain qu’il avait l’intention d’y aller,
Que pendant ce temps, comme il est écrit dans les gestes,
Il parlait parfois à sa dame ; et aussi
Elle lui parlait, quand elle osait ou pouvait,
Et par leurs conseils mutuels, selon ce qui était le mieux,
Ils décidèrent avec prudence de la conduite à suivre,
Autant qu’ils osaient, sur la manière d’agir.

66. Mais ils parlaient de façon si brève,
Si évasive toujours, et si peu explicite,
Que nul devin ni sorcier
Ne voulût interpréter quoi que ce soit à leur sujet,
De peur que tout ce monde ne leur soit si hostile
Qu’Amour ne daignât pas leur envoyer sa grâce
Pour donner une fin convenable à leurs paroles.

67. Mais bien peu qu’ils parlassent ou agissent,
Son esprit sage prenait en compte tout cela,
Il semblait à elle qu’il savait ce qu’elle pensait
Sans mots, si bien qu’il n’était pas nécessaire
De lui demander de faire ou d’éviter quoi que ce soit ;
C’est pourquoi elle pensait que l’amour, même venu tard,
Lui avait ouvert toutes les portes de la joie.

68. Et bientôt, dans cette démarche,
Il menait si bien ses actions et ses paroles,
Qu’il gagna tant la faveur de sa dame,
Que vingt mille fois, si elle le permettait,
Elle croyait avoir toujours été avec lui ;
Ainsi pouvait-il la gouverner dans un tel service,
Que personne au monde n’aurait pu le faire mieux.

69. Car elle l’aimait tant pour sa discrétion en tout,
Pour son secret et sa soumission si grande,
Qu’elle sentait bien qu’il était pour elle un rempart
En acier, la protégeant de toute offense ;
Ainsi, sous sa sage gouvernance,
Elle n’avait plus rien à craindre,
Je veux dire, autant qu’il était possible de l’espérer.

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70. Et Pandare, toujours prêt à agir,
Était toujours un prêtre zélé et diligent ;
Il mettait tout en œuvre pour servir son ami.
Il allait et venait sans cesse ;
Il envoyait des lettres lorsque Troïlus était absent.
Nul homme, dans le besoin de son ami,
Ne l’a jamais servi mieux que lui, sans crainte.

71. Mais maintenant, Pandare, si quelqu’un voulait
Que chaque mot, chaque regard, chaque geste d’amour
De Troïlus que je rapporte soit transmis
Durant tout ce temps à sa dame là-bas ;
Je pense que ce serait une tâche longue à accomplir ;
Ou que quelqu’un capable de supporter une telle patience
Doive rapporter tous ses mots, ou chacun de ses regards.

72. Car en vérité, je n’ai jamais entendu parler de cela
Ni dans les histoires anciennes, ni ici, je crois ;
Et même si je le voulais, je ne pourrais pas, assurément ;
Car il y avait entre eux une lettre,
Qui, selon mon auteur, pourrait bien contenir
Près de la moitié de ce livre, dont il ne veut pas écrire ;
Comment pourrais-je alors en résumer ne serait-ce qu’une ligne ?

73. Mais pour en arriver au but principal : je dirai donc ceci,
Ces deux-là, Criseyde et Troïlus, vivaient en harmonie et en paix,
Comme je l’ai raconté, et en ce temps doux,
Sauf que souvent ils ne pouvaient se rencontrer,
Et ne pouvaient pas non plus s’exprimer librement,
Jusqu’à ce que survienne ce qui m’arrange à vous raconter.

74. Pandare, qui faisait toujours tout ce qu’il pouvait
Pour servir celle dont je vais parler ici,
Afin de ramener chez lui, une nuit,
Sa belle parente, ainsi que Troïlus lui-même,
Où, plus tard, toutes ces affaires importantes,
Relatives à leur amour, atteindraient leur paroxysme,
S’il trouvait le moment opportun pour cela.

75. Car avec grande prudence,
Il avait préparé tout ce qui pouvait servir à cela
Et mis son plan en œuvre.

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Et ni l’un ni l’autre, ni pour le coût ni pour le travail ;
S’il venait, il ne devrait rien manquer ;
Et être aperçu là-bas, c’était, comme il le savait bien, impossible. 525

76. Malheureusement, il était clair dans le vent
Chaque flamme et chaque jeu de lumière ;
Maintenant tout va bien, car le monde entier est aveugle
En cette affaire, tant les étrangers que les nôtres.
Ce bois est déjà prêt pour être assemblé ; 530
Il ne nous manque plus que de connaître précisément
L’heure à laquelle elle doit venir.

77. Et Troïlus, qui connaissait parfaitement tous ces préparatifs
Et y veillait constamment, avait pris d’ores et déjà de grandes dispositions, 535
Et trouvé son moyen, ainsi que ses moyens d’action,
Au cas où il serait absent, de nuit ou de jour,
Pendant qu’il s’occupait de ces tâches,
C’est-à-dire qu’il allait accomplir son sacrifice,

78. Et surtout, dans un tel temple, seul, veiller, 540
Pour recevoir une réponse d’Apollon ;
D’abord, voir le laurier sacré trembler,
Puis Apollon parler depuis l’arbre,
Pour lui dire quand les Grecs devraient fuir,
Et surtout, qu’aucun homme, Dieu le veuille, 545
Ne l’empêche de prier Apollon de l’aider en cette détresse.

79. Il ne reste plus grand-chose à faire,
Que que Pandare se lève et vienne bientôt,
Juste au moment où sonne la cloche,
Quand le monde est plongé dans la nuit ou dans l’obscurité, 550
Et que les nuages le couvrent pour qu’il règne,
Il partit aussitôt vers son destin ;
Vous avez bien compris la finesse de son plan.

80. Lorsqu’il arriva, il commença aussitôt à jouer
Comme à son habitude, et se moqua de lui-même ; 555
Enfin, il jura et lui promit,
Par ceci et par cela, qu’elle ne pourrait pas lui échapper,
Ni continuer à le poursuivre ;
Mais certainement, par sa volonté,

Page 354

Viens dîner chez lui avec lui ce soir. 560

81. À quoi elle rit, et trouva vite une excuse,
Et dit : « Il pleut ; voyez, comment pourrais-je y aller ? »
« Laisse faire », dit-il, « ne reste pas à réfléchir ainsi ;
Cette affaire sera réglée, tu y seras bientôt. »
Ainsi, finalement, ils se rendirent là-bas, 565
Sinon, il jura solennellement sur son honneur
Qu’il n’irait jamais là où elle serait.

82. Peu après, elle alla le trouver,
Et lui demanda si Troïlus était là.
Il lui jura : « Non, car il est hors de la ville », 570
Et dit : « Si seulement il y était,
Tu n’aurais plus jamais peur.
Car plutôt que les gens puissent le voir là-bas,
Je préférerais mille fois mourir. »

83. Mon auteur ne veut pas expliquer en détail 575
Ce qu’elle pensa lorsqu’il dit cela,
Que Troïlus était loin de la ville,
Comme s’il disait vrai ou non ;
Mais, sans tarder, pour aller avec lui,
Elle accepta, puisqu’il le lui demandait, 580
Et, selon son devoir, obéit comme il se devait.

84. Mais néanmoins, elle le supplia encore,
Même si aller avec lui n’était pas facile,
Pour éviter des paroles vaines,
Des choses imaginaires qui n’existaient pas, 585
Et elle le mit en garde contre celui qu’il y emmenait ;
Et lui dit : « Écoute, si je ne dois pas être triste pour toi,
Veille à tout bien faire, et fais maintenant ce que tu veux. »

85. Il lui jura : « Oui, par les arbres et les pierres,
Et par les dieux qui habitent au ciel, 590
Sinon, il lui arriverait pire, âme et os,
Avec Pluton roi, aussi profondément en enfer
Que Tantale ! » Que pourrais-je dire de plus ?
Quand tout fut réglé, il partit et prit congé,
Et elle vint dîner, quand vint le soir, 595

86. Avec certains de ses propres hommes.

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Et avec elle, Antigone,
Et quelques-unes de ses femmes, neuf ou dix ;
Mais qui était joyeux alors, qui, comme vous le pensez,
Si ce n’est Troilus, qui se tenait là et pouvait tout voir
À travers une petite fenêtre dans la cuisine,
Là où il se cachait, après minuit, dans l’ombre.

87. Sans connaître personne d’autre que Pandare ?
Mais enfin, quand elle arriva
Avec toute sa joie et tous ses amis,
Un homme l’entoura aussitôt d’armes,
Et ensuite, au dîner, tous ensemble,
Quand le moment vint, on les installa très doucement ;
Dieu sait, il n’y avait aucune hâte à les installer.

88. Et après le dîner, ils se levèrent,
Très joyeux, avec le cœur léger et heureux,
Et celui qui savait le mieux imiter
Son allure, ou provoquer son rire, était chanceux.
Il chantait ; elle jouait ; il racontait des histoires.
Mais à la fin, comme tout a une fin,
Elle prit congé et voulut partir.

89. Mais ô, Fortune, exécutrice des destins,
Ô influences de ces cieux !
C’est ainsi que, sous Dieu, vous êtes nos gardiennes,
Même si pour nous les causes ont été contraires.
C’est ce que je comprends maintenant, car elle est retournée chez elle,
Mais l’exécution de son départ s’est faite partout,
Par la volonté des dieux, en qui elle croyait le plus.

90. Le mois de février, aux cornes pâles,
Saturne et Jupiter jouaient dans le Cancer,
Une telle pluie descendit du ciel,
Que toutes les femmes présentes
Furent vraiment affectées par cette pluie fumante ;
Alors Pandare rit et dit :
« Voilà le moment pour une dame de rentrer chez elle ! »

91. « Mais bonne fortune, si jamais je peux vous plaire,
Je vous en supplie », dit-il,
« de prendre mon cœur, si joyeux en ce moment,
Pour rester ici avec moi toute la nuit. »

Page 356

Car c’est là ta propre maison, Pardee. 635
Car, par ma foi, je dis que ce n’est pas sérieux,
De partir maintenant ; ce serait une honte pour moi.

92. Criseyde, qui aurait pu être aussi utile
Que la moitié du monde, prit en considération sa prière ;
Et bien que tout fût en désordre et submergé par les eaux, 640
Elle pensa : « Il vaut mieux que j’habite ici, »
Et elle l’accepta volontiers avec l’amour d’une amie,
Et remercia avec gratitude ; car il n’était pas bon de partir.

93. « Je veux », dit-elle, « mon oncle vit encore là-bas, 645
Si tu le souhaites, il faut que ce soit ainsi ;
Je suis très heureuse de vivre ici avec toi ;
J’ai dit simplement que je voulais partir. »
« Certainement, implore ma pitié, ne pars pas ! » dit-il ;
« Que ce soit sérieux ou non, peu importe, 650
Maintenant je suis heureux, puisque tu veux rester. »

94. Ainsi, tout est bien ; mais qu’ils commencent dès maintenant
La nouvelle joie et toutes les festivités à nouveau ;
Mais Pandarus, s’il le pouvait vraiment,
Il la mettrait doucement au lit, 655
Et dirait : « Seigneur, c’est une pluie abondante !
C’est un temps propice pour dormir ;
Alors, disons à nos hommes de commencer. »

95. Et toi, sais-tu où je veux que tu dormes,
Afin que nous ne dormions pas séparément, 660
Et toi non plus, je pense, tu n’entendras
Ni bruit de pluie ni de tonnerre ?
Par Dieu, juste dans ma petite chambre là-bas.
Et moi, dans cette maison extérieure, je resterai seul
À veiller sur chacune de tes femmes. 665

96. Et dans cette pièce centrale que vous voyez,
Vos femmes dormiront bien et confortablement ;
Et là, je pense, tu devras rester toi-même ;
Et si vous dormez bien cette nuit, venez vite,
Sans vous soucier du temps qu’il fait dehors. 670
Bientôt le vin, et quand vous vous sentirez prêts,
Alors nous irons dormir ; je crois que c’est le mieux.

Page 357

97. Il n’y avait plus rien, mais bientôt après,
Le vent violent souffla, et aussitôt,
Tous ceux qui n’avaient rien à faire
Dans ce lieu furent chassés hors de la chambre.
Et le vent soufflait toujours avec tant de force,
Et avec un bruit si étonnant,
Que personne d’autre ne pouvait entendre quoi que ce soit.

98. Cependant Pandare, son époux, comme il se devait,
Avec les femmes qui l’entouraient,
La conduisit joyeusement au bord de son lit,
Prit congé d’elle, puis partit en silence,
Et dit : « Dehors, devant cette porte de l’alcôve,
Juste en face, toutes tes femmes sont allongées ;
Tu peux appeler celle que tu désires ici. »

99. Ainsi, une fois qu’elle fut mise dans l’alcôve,
Et que toutes ses femmes furent, selon les ordres,
Allongées, comme je l’ai dit,
Il ne restait plus rien à faire, ni à sauter ni à courir ;
On ordonna à tous d’aller se coucher, sous peine de punition,
Si quelqu’un osait rester debout quelque part,
Et de dormir tard, alors qu’ils étaient déjà au lit.

100. Mais Pandare, qui connaissait bien chaque recoin
De cette vieille demeure,
Lorsqu’il vit que tout était en ordre,
Il pensa qu’il pouvait commencer son travail ;
Il ouvrit doucement la porte de la cuisine,
Et, silencieux comme une pierre, sans faire de bruit,
Il fit descendre Troïlus juste en dessous.

101. Et, rapidement, il lui expliqua en détail
Tout ce qu’il fallait faire,
Et dit : « Prépare-toi immédiatement,
Car tu vas accéder au bonheur céleste. »
« Ô heureuse Vénus, accordez-moi votre grâce »,
dit Troïlus, « car jamais auparavant je n’en avais eu besoin,
Même pas la moindre partie de ce bonheur. »

102. À quoi Pandare répondit : « N’aie aucune crainte,
Car tout se passera comme tu le souhaites ;
Je m’y emploierai, cette nuit même, je m’occuperai de tout. »

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« Jetez donc toutes ces horreurs dans le feu. »
« Ô heureuse Vénus, cette nuit tu m’inspires,
Car Troïlus, aussi fidèle que je te sers,
Te servira toujours, jusqu’à ma mort.

103. Et si j’avais, ô Vénus pleine de mort,
Des aspects défavorables de Mars ou de Saturne,
Ou si tu brûlais ou si tu étais présente à ma naissance,
Ton père chasserait tout ce mal,
Afin que je puisse retrouver la joie,
Par amour pour celui que tu aimais dans l’ombre,
Je veux dire Adonis, qui fut esclave du taureau.

104. Ô Jupiter seul, par amour pour la belle Europe,
Que tu as emmenée sous forme de cygne ;
Aide-moi maintenant, ô Mars, avec ton manteau sanglant,
Par amour pour Cypris, ne me laisse pas tomber ;
Ô Phébus, souviens-toi quand Daphné elle-même se transforma
Sous l’écorce d’un arbre, et devint laurier,
Mais par amour pour elle, aide-moi maintenant dans cette détresse !

105. Mercure, par amour pour Héro,
Pour qui Pallas était en colère contre Aglaure,
Aide-moi maintenant, et toi aussi Diane, je t’en supplie,
Que ce voyage ne te soit pas désagréable.
Ô sœurs fatales, dès que j’ai été formé,
Vous avez décidé de mon destin,
Aidez-moi donc dans cette tâche qui a commencé ! »

106. Alors Pandare dit : « Toi, cœur de rat misérable,
Es-tu si effrayé qu’elle veuille te mordre ?
Mets donc ce manteau fourré sur tes épaules,
Et suis-moi, car je connais le chemin ;
Mais attends, laisse-moi passer devant un instant. »
Avec ces mots, il déverrouilla une trappe,
Et il fit entrer Troïlus par là.

107. Le vent violent soufflait si fort
Que personne d’autre ne pouvait entendre de bruit ;
Et ceux qui étaient couchés devant la porte,
Dormaient profondément tous ;
Pandare, avec beaucoup de précaution,
Alla aussitôt à la porte sans être vu. »

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Tandis qu’ils étaient allongés, elle parla doucement.

108. Et quand il entra secrètement,
sa nièce apparut et demanda : « Qui va là ? »
« Ma chère nièce, c’est moi ;
ne te méprends pas, et n’en sois pas effrayée ; »
Puis il s’approcha et lui dit à l’oreille :
« Pas un mot, je t’en supplie par amour de Dieu ;
que personne ne sache rien de notre conversation. »

109. « Comment ! Par quel chemin es-tu venu, bien-aimé ? »
Elle répondit : « Comment peux-tu ignorer tout le monde ainsi ? »
« Par cette porte secrète », dit-il.
Alors Criseyde dit : « Laissez-moi appeler quelqu’un. »
« Hé ! Que Dieu empêche que cela arrive », dit Pandarus,
« vous avez agi avec tant de folie !
Ils pourraient découvrir des choses qu’ils n’avaient jamais imaginées ! »

110. Il ne sert à rien de réveiller un chien endormi,
ni de donner à quelqu’un une raison de soupçonner ;
je suis sûr que toutes vos femmes dorment,
de sorte que, pour elles, les hommes de la maison pourraient être miens ;
et elles veulent dormir jusqu’à ce que le soleil brille.
Et quand mon récit sera entièrement terminé,
je partirai, exactement comme je suis venu.

111. Maintenant, ma nièce, tu dois bien comprendre,
dit-il, que lorsque vous, femmes, retenez un homme dans votre amour,
et que vous l’appeliez votre « vie » et votre « cœur cher »,
et que vous le mettiez au-dessus de tout,
je pense que, pendant ce temps, en aimant un autre,
vous vous rendez honteuse, et lui aussi.

112. Alors pourquoi vous raconte-je tout cela ?
Vous savez, vous-même, comme n’importe qui,
que votre amour est entièrement voué à Troilus, le plus noble chevalier
de ce monde, et vous lui êtes fidèle ;
si ce n’était pour lui, vous ne voudriez jamais le trahir, tant que vous vivrez.

113. Or, voilà comment les choses se passent depuis que je vous ai quittés.

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Ce Troïlus, pour le dire franchement,
est entré dans ma chambre par un passage secret,
en ce royaume entier,
sans que personne ne le sache, assurément,
sauf moi-même, comme je l’ai judicieusement fait, 790
Et c’est par cette ruse que je vaincrai Priam de Troie !

114. Et il est venu dans une telle peine et détresse
que, s’il n’était pas complètement fou,
il tomberait certainement dans la folie ;
mais — si Dieu m’aide ! — et la raison en est, 795
il dit qu’on lui a rapporté, par un ami à lui,
que tu devrais aimer celui qui porte Horaste,
car de tristesse, cette nuit sera la dernière pour lui.

115. Criseyde, qui entendit tout cela,
sentit aussitôt son cœur se glacer, 800
et avec douleur elle répondit :
« Hélas ! Je pense que celui qui raconte ces histoires
ne veut pas que mon cœur croie
à de telles mensonges si légères ! Hélas ! Il se trompe,
quelle malice y a-t-il là, puisque je vis encore trop longtemps ! 805

116. Horaste ! Hélas ! Et un faux Troïlus ?
Je ne le connais pas, que Dieu m’aide ! » dit-elle ;
« Hélas ! Quel esprit malin lui a dit cela ?
Demain, dès que je le verrai, 810
je m’excuserai pleinement,
comme aucune femme ne l’a jamais fait, s’il est vraiment ainsi ; »
Et sur ces mots, elle tomba gravement malade.

117. « Ô Dieu ! » dit-elle, « quelle vanité mondaine,
que les clercs appellent fausse félicité,
est mêlée à tant d’amertume ! 815
Plus venimeuse, Dieu le sait,
que la condition même de la prospérité ;
car soit la joie ne vient jamais,
soit personne ne l’a jamais vraiment ici.

118. Ô frère instable de la joie humaine ! 820
Avec qui que tu sois, ou quel que soit ton comportement,
soit il sait que la joie est changeante,
soit il ne le sait pas, il doit en être ainsi. »

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Maintenant, s’il ne le sait pas, comment peut-il dire qu’il possède vraiment la joie et la sérénité, alors que c’est là l’ignorance même dans l’obscurité ?

119. S’il sait que la joie est éphémère, comme toute joie issue des choses mondaines qui doit disparaître, alors chaque fois qu’il se souvient de cela, la crainte de la perte le rend incapable d’une véritable sérénité. Et s’il attribue une faute à celle qui lui cause cette joie, il semble alors que cette joie vaille vraiment la peine.

120. C’est pourquoi je veux affirmer, autant que je puis le voir, qu’il n’y a vraiment aucun bien véritable dans ce monde. Mais ô, serpent perfide de la jalousie, toi, fou envieux et malveillant, pourquoi as-tu rendu Troilus fou et triste, alors qu’il n’était jamais ainsi auparavant ?

121. Pandarus dit : « Ainsi en va-t-il de cette affaire. » « Pourquoi, mon oncle, qui lui a dit cela ? Pourquoi mon cœur souffre-t-il ainsi ? » « Tu sais, ma nièce, ce qui se passe ; j’espère que tout ira bien pour celui qui est aimé. Car tu peux apaiser tout cela si tu agis correctement, car je pense que c’est la meilleure solution. »

122. « Je le ferai demain, sans doute », dit-elle. « Que Dieu nous aide, afin que cela suffise. » « Demain ? Ah, ce serait bien », dit-il. « Non, non, cela ne peut pas se faire de cette manière ; car, ma nièce, les écrits disent clairement que le danger vient du fait de boire de l’eau trouble ; non, de telles demeures ne valent rien. »

123. En effet, tout a son temps, je l’avoue ; car quand une salle ou un hall est en feu, il est bien plus nécessaire de le mettre sous contrôle que de discuter et de se demander comment cette bougie est tombée dans la paille. Ah ! Bénissons-le, car parmi tout cela, le mal est déjà fait, adieu, bonheur perdu !

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124. Et, ma bien-aimée, ne le prends pas en mauvaise part,
si tu le laisses souffrir toute la nuit dans cette peine ;
Dieu m’aide, tu ne l’aurais jamais laissé vivre,
car je puis dire que maintenant il n’y a que nous deux ; 865
Mais je sais bien que tu ne feras pas cela ;
tu es trop sage pour commettre une telle folie,
pour le laisser vivre toute la nuit dans la tristesse.

125. « Ne l’aurais-je jamais laissé vivre ? Par Dieu, je pensais
que tu ne l’aurais jamais laissé vivre », dit-elle. 870
« Par ma foi », dit-il, « on verra bien cela ;
car, si tu me donnes cet exemple,
si je devais le voir en peine toute la nuit
pour tous les trésors de la ville de Troie,
je prie Dieu de ne jamais connaître la joie ! » 875

126. Écoute donc : si toi, qui étais son amour,
tu dois le laisser vivre toute la nuit dans la tristesse
pour rien du tout ! Par ce dieu là-haut,
ce retard n’est dû qu’à la folie,
et non à la méchanceté, si je ne mens pas. 880
Comment peux-tu, vraiment, le laisser souffrir ainsi,
sans lui montrer ni générosité ni bonté ?

127. Alors Criseyde dit : « Veux-tu faire quelque chose,
et ainsi soulager toutes ses douleurs ?
Tiens, donne-lui cette bague bleue, 885
car rien ne peut lui apporter plus de plaisir,
sauf moi-même, et encore moins son cœur ;
Et crois-moi, son chagrin est sans raison, on le verra demain. »

128. « Une bague ? » dit-il, « toi, folle ! Cette bague ne vaut même pas une pierre
qui pourrait rendre un homme vivant ;
Et une telle bague, je crois que tu n’en as pas.
La prudence a quitté ton esprit ;
je le vois maintenant », dit-il, « et c’est dommage ; 895
Ô temps perdu, tu mérites bien d’être maudit !

129. Ne sais-tu pas que le courage noble et grand
ne se laisse ni abattre ni affaiblir par la peine ?
Mais si un fou était pris de jalousie furieuse…

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Je ne voudrais pas ajouter à sa douleur une autre peine, 900
Mais je le consolerai par quelques mots doux
Un autre jour, quand je pourrai le trouver :
Mais cette affaire relève d’une tout autre nature.

130. Il est si gentil et si tendre de cœur,
Qu’avec sa mort il veut venger ses peines ; 905
Car il sait bien à quel point la douleur le tourmente,
Il ne voudra pas te dire de paroles jalouses.
Et pour éviter que son cœur ne se brise,
Parle-toi toi-même à lui à ce sujet ;
Car un seul mot peut briser son cœur. 910

131. J’ai maintenant dit quel péril il court,
Et son arrivée inattendue est un danger pour tous ;
Non, ma chère, il ne peut y avoir ni mal ni péché ;
Je resterai avec toi toute cette nuit.
Tu sais bien que c’est ton propre chevalier, 915
Et qu’en droit, tu dois être triste pour lui,
Et je suis prêt à le chercher dès que tu le souhaiteras.’

132. Cet événement fut si tragique ici,
Et en même temps si vraisemblable, avec un visage sincère,
Et Troilus, son chevalier, vint la voir ainsi, 920
En secret, au lieu convenu,
Si bien qu’, bien qu’elle le traitât comme un invité,
Elle considéra toutes les circonstances,
Il n’y a donc pas de miracle qu’elle ait agi ainsi par bonté.

133. Criseyde répondit : « Comme Dieu le veut, 925
Mon âme le souhaite, car j’ai tant de peine pour lui !
Et certes, j’aimerais faire de mon mieux,
Si j’avais la grâce de le pouvoir.
Mais que tu restes ou que tu ailles le chercher,
Je resterai, jusqu’à ce que Dieu m’envoie une meilleure idée, 930
À Dulcarnon, là où se trouve ma raison. »

134. Pandarus dit : « Ma chère, veux-tu vraiment rester ici ?
Dulcarnon est surnommé “le Flamand des méchants” ;
Cela semble difficile, car les méchants ne veulent pas apprendre
La véritable servitude ou d’autres vertus volontaires ; 935
C’est ce que disent ceux qui ne valent pas deux sous.
Mais tu es sage, et nous avons confiance en toi. »

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« Ni difficile, ni habile à résister. »

135. « Alors, mon ami, dit-elle, fais ce que tu veux ;
Mais dès qu’il viendra, je me lèverai la première ; 940
Et, par amour de Dieu, toute ma tristesse
Repose sur vous deux, et vous êtes tous deux sages,
Ayez donc maintenant une conduite si discrète,
Que j’aie de l’honneur et qu’il soit satisfait ;
Car je suis ici entièrement sous votre autorité. » 945

136. « C’est bien dit, » répondit-il, « ma chère,
Quelle bonne prudence dans ce cœur noble !
Mais reste tranquille, et prends-le ici même,
Il n’est pas besoin de faire davantage pour lui ;
Et chacun de vous partage la douleur de l’autre, 950
Par amour de Dieu ; et, Vénus, je t’en prie ;
Car j’espère que nous serons tous heureux. »

137. Ce Tréville, ce fils fidèle, le fit mettre à genoux
Très respectueusement, juste près du lit de la dame,
Et il traita sa maîtresse de la meilleure façon possible ; 955
Mais, Seigneur, elle devint si émue !
Non, même si l’on frappait près d’elle,
Elle ne pouvait prononcer un mot correctement
À cause de son émotion extrême.

138. Mais Pandare, qui savait si bien juger 960
Tout et jouer rapidement son rôle,
Dis : « Ma chère, vois comme ce seigneur sait se mettre à genoux !
Maintenant, pour ta loyauté, regarde cet homme noble ! »
Et sur ces mots il courut vers lui,
Et dit : « Il est à genoux, alors relève-toi, 965
Que Dieu apaise enfin ton cœur ! »

139. Ne puis-je pas dire que, puisqu’elle ne lui permit pas de se relever,
Soit que la tristesse lui ait fait oublier,
Soit qu’elle l’ait acceptée comme un devoir,
En raison de son respect envers lui ; 970
Mais je crois bien qu’elle lui a témoigné cette faveur,
En l’embrassant, bien qu’elle fût très affligée ;
Et elle lui ordonna de rester assis sans bouger davantage.

140. À quoi Pandare répondit : « Maintenant, vous commencez bien ;

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Maintenant, il s’assoit à côté de toi, mon bien-aimé, 975
Sur le bord de ton lit, tout près de là,
Afin que chacun de vous puisse voir l’autre.
Et sur ces mots, il l’attira vers lui,
Prit une lampe et ouvrit son coffret
Pour consulter un vieux roman. 980

141. Criseyde, qui était la dame de Troïlus,
Se tenait fermement sur un sol solide,
Pensant que sa servante et son chevalier
Ne devraient en aucune façon la trahir,
Mais néanmoins, considérant son chagrin, 985
Et sachant que c’est l’amour qui provoque de tels folies,
Elle lui parla ainsi de sa jalousie :

142. « Vois, mon cœur, comme la grandeur
De l’amour, dont personne ne peut se passer,
Ne devrait même pas susciter de résistance 990
Et puisque je connais bien ta grande fidélité
Et ton dévouement quotidien ;
Et que ton cœur m’appartenait entièrement, en vérité,
Cela me fait pleurer devant ta douleur.

143. Et j’ai toujours trouvé ta bonté, 995
Grâce à laquelle, mon cher cœur et mon chevalier,
Je te dois, autant que ma raison me le permet,
Tout ce qui est juste ;
Et moi, de toute ma ruse et de toute ma force,
J’ai été et serai, malgré la douleur que cela me cause, 1000
Fidèle et loyale envers toi, de tout mon cœur ;

144. Et certainement, cela sera prouvé plus tard.—-
Mais, mon cœur, tout cela sera bien expliqué,
Afin que tu ne te soucies pas,
Même si je te parle franchement de toi-même. 1005
Car c’est ainsi que je pourrai enfin apaiser la douleur
Qui retient ton cœur et le mien dans la souffrance,
Pour les soulager complètement et réparer chaque injustice.

145. Mon bien-aimé, moi, je ne sais ni pourquoi ni comment
Que cette jalousie, ô malheureuse créature, 1010
Est venue sans raison te tourmenter ;
Je voudrais tant te délivrer de son mal ! »

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Hélas ! que lui, ou ses complices,
Reçoivent leur réfutation en un lieu si digne,
Là où je le hais, ô, hors de votre cœur ! 1015

146. Mais, ô toi, Amour, ô créateur de la nature,
Est-ce là une honneur pour ton adoré,
Que des innocents souffrent ici des injustices,
Et que celui qui est coupable s’en tire sans peine ?
Ah, si seulement je pouvais te plaindre, 1020
De cette jalousie injustifiée que tu subis,
Et que je puisse m’adresser à toi en pleurs et en cris !

147. Toute ma douleur vient du fait que les gens disent maintenant :
« Oui, la jalousie, c’est l’amour ! »
Et ils veulent excuser n’importe quel poison,
Juste parce qu’il porte le nom de l’amour !
Mais seul le dieu suprême sait s’il s’agit d’amour, de haine ou de rancune ;
Et c’est selon cela qu’il convient de donner un nom à cela.

148. Mais il est certain que certaines formes de jalousie 1030
Sont plus excusables que d’autres, assurément.
Comme lorsque la cause est telle, et que certaines fantaisies
Sont si bien maîtrisées par la piété,
Qu’elles ne causent ni mal ni dommage,
Mais absorbent simplement toute sa détresse ; 1035
Et c’est cela que j’excuse, en raison de la noblesse de l’âme.

149. Et certains sont si pleins de fureur et de mépris,
Que cela surpasse leur capacité à se maîtriser ;
Mais mon cœur, vous n’êtes pas dans ce cas,
Et je remercie Dieu, car je ne veux pas appeler votre passion 1040
Qu’une illusion, due à l’abondance d’amour et à une curiosité excessive,
Qui fait endurer à votre cœur cette maladie.

150. J’en suis vraiment désolé, mais non en colère ;
Mais, par devoir et pour le bien de votre cœur, 1045
Où que vous le souhaitiez, par épreuve ou par serment,
Par tirage au sort, ou de quelque autre manière que ce soit,
Par amour pour Dieu, laissez cela être décidé pour le mieux !
Et si je suis coupable, ayez pitié de moi,
Hélas ! que pourrais-je faire de plus ou dire ? 1050

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151. Alors quelques larmes brillantes jaillirent de ses yeux, et elle dit :
« Ô Dieu, tu sais bien que jamais, dans mes pensées, je n’ai été infidèle à Troïlus ; Criseyde ne lui a jamais appartenu. »
Puis elle posa sa tête sur le lit, 1055
se couvrit le visage avec ses cheveux, gémit amèrement,
retint ses larmes ; elle ne prononça plus un mot.

152. Mais maintenant, que Dieu vienne apaiser toute cette douleur,
car j’espère qu’il le fera, car il en est le mieux capable ;
car j’ai vu, par temps brumeux du matin, 1060
souvent suivre une journée joyeuse d’été ;
et après l’hiver vient le vert mois de mai.
On voit tous les jours, et on raconte dans les histoires,
que des victoires suivent des épreuves difficiles.

153. Ce Troïlus, lorsqu’il entendit ses paroles, 1065
ne se soucia pas de dormir ;
car l’idée même que Criseyde, sa dame, pleurait ici ne le touchait pas le moins du monde ;
mais il sentait bien une douleur poignante dans son cœur,
car à chaque larme versée par Criseyde, 1070
une crampe mortelle s’emparait de son cœur.

154. Et dans son esprit, il maudit le moment où il était venu là, et le jour de sa naissance ;
car maintenant la situation empirait,
et tout le travail qu’il avait accompli jusqu’alors, 1075
il le considérait perdu, il pensait qu’il ne restait plus qu’à désespérer.
« Ô Pandare, » pensa-t-il, « hélas ! ton aide ne sert à rien, que de gâcher le temps ! »

155. Alors il baissa la tête, 1080
s’agenouilla, et pleura amèrement ;
que pouvait-il dire ? Il sentait qu’il ne pouvait rien faire,
car c’était elle qui devait alléger sa douleur.
Mais bien sûr, quand il put parler, il dit ainsi : « Dieu sait que, dans ce jeu, 1085
puisque tout est connu, je ne suis pas le seul coupable ! »

156. Ainsi, la douleur serra tellement son cœur,
que plus aucune larme ne sortit de ses yeux,
et toute force l’abandonna.

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Ainsi furent-ils stupéfaits et accablés.
Le sentiment de sa douleur, ou de sa peur,
ou de toute autre chose, s’enfuit hors de la ville ;
Et il s’effondra aussitôt, évanoui.

157. Ce n’était pas une petite douleur à voir ;
Mais tout fut en désordre, et Pandare se leva très vite,
« Ô Criseyde, vite, sinon nous sommes perdus », dit-il,
Elle ne s’inquiéta point ; mais certainement, à la fin,
Pour ceci ou cela, elle le jeta sur son lit,
Et dit : « Ô voleur, est-ce là le cœur d’un homme ? »
Puis elle le déshabilla complètement.

158. Et elle dit : « Criseyde, il faut que tu nous aides maintenant,
Par pitié, ton propre Troilus est perdu ! »
« Certes, je le voudrais, mais je ne sais comment,
Très chère », répondit-elle ; « Hélas ! si seulement j’étais née ! »
« Toi, Criseyde, veux-tu arracher l’épine
Qui pique son cœur ? » demanda Pandare ;
« Dis “jamais”, et tout sera terminé ! »

159. « Toi, qui pour moi es bien plus précieuse
Que tous les biens que possède ce fils noble »,
Et aussitôt elle le jura sur son amour,
« Certes, mon cher cœur, je ne suis point en colère,
Voici ma fidélité et bien d’autres serments ;
Maintenant parle-moi, car c’est moi, Criseyde ! »
Mais en vain ; il ne pouvait pas parler.

160. Alors ils frottèrent ses joues et ses paumes avec leurs mains,
Et mouillèrent ses tempes à deux reprises,
Et, pour le libérer de liens amers,
Elle l’embrassa souvent ; et, bientôt, pour le faire revenir à lui,
Elle fit tout son possible.
Enfin, il put respirer à nouveau,
Et après cela, peu à peu, il reprit ses esprits.

161. Il retrouva la raison et la parole,
Mais il était profondément étonné, assurément.
Et, en s’éveillant, il dit d’une voix faible :
« Ô miséricorde, dieu, qu’est-ce donc ? »
« Pourquoi te traites-tu ainsi ? » dit Criseyde,
« Est-ce là un jeu d’homme ? »

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Quoi, Troïlus ! Veux-tu agir ainsi, par honte ?

162. Et aussitôt, elle posa son bras sur lui,
Et le consola sans cesse, et souvent le réconforta.
Il la remercia, lui parla, et dit 1130
Comme un fils le ferait pour apaiser son cœur.
Elle lui répondit comme il le souhaitait ;
Avec ses belles paroles, elle le rassura,
Et souvent apaisa sa tristesse.

163. Pandarus dit alors : « D’après ce que je peux voir, 1135
Cette lumière ne sert à rien ni à moi ni ici ;
La lumière n’est pas bonne pour des gens malades.
Mais par amour pour Dieu, puisque vous êtes plongés
Dans une telle douleur, laissez maintenant de lourds soucis
Ne peser dans le cœur de vous deux » ; 1140
Et il éteignit la bougie près de la cheminée.

164. Après cela, bien que ce ne fût pas nécessaire,
Lorsqu’elle avait trouvé d’autres moyens selon son désir
De s’emparer de lui, son esprit, bien que peu enclin,
N’en trouvait pas moins une raison de lui demander de se lever. 1145
Pourtant, moins que cela peut suffire
Dans bien des cas ; car je pense que tout homme,
Qui aime vraiment, cherche avant tout la noblesse.

165. Mais en réalité, elle voulait savoir aussitôt
De quel homme il s’agissait, où, et aussi pourquoi 1150
Il était jaloux, s’il n’y avait pas de raison ;
Et aussi le signe qu’il avait remarqué,
Elle lui demanda de le lui dire rapidement,
Sinon, certainement, elle le punirait sévèrement,
Car cela venait sûrement de méchanceté, à son avis. 1155

166. Sans plus tarder, pour montrer sa soumission,
Il dut obéir aussitôt à sa dame ;
Et pour éviter davantage de dommages, il dut feindre.
Il lui dit que, lorsqu’elle était à une telle fête,
Elle pouvait au moins jeter un regard sur lui ; 1160
Pas lui, qui avait déjà assez de raisons de se sentir blessé.

167. Elle répondit : « Chéri, même si c’était le cas… »

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Quel mal y avait-il là, puisque je ne voulais pas de mal ?
Car, par ce dieu qui nous a rachetés tous deux, 1165
En toute chose ma pensée est pure.
De tels arguments ne valent rien ;
Voulez-vous imiter cette jalousie enfantine ?
Maintenant, il serait juste que vous soyez puni.

168. Bien que Troïlus souffrît amèrement, 1170
De peur qu’elle ne se fâche, il crut que son cœur allait mourir ;
Et il dit : « Ah ! par ma douleur, ayez pitié,
Ô mon doux cœur, Criseyde !
Et si, dans les mots que j’ai dits,
Il y a quelque erreur, je ne transgresserai plus ; 1175
Faites ce que vous voulez, je suis entièrement entre vos mains. »

169. Et elle répondit : « Miséricorde en or !
Cela veut dire que j’oublie tout cela ;
Et pour toujours, cette nuit, vous devez vous en souvenir,
Et mieux vaudrait que vous ne fassiez plus d’amis. » 1180
« Non, mon cœur », dit-il, « bien sûr. »
« Et maintenant », dit-elle, « puisque je vous ai causé de la douleur,
Oubliez-moi, mon cher et doux cœur. »

170. Ce Troïlus, heureux de cette surprise,
Confia tout à Dieu, car il ne pensait 1185
Qu’au bien ; et, ayant pris une sage décision,
Il la serra fermement dans ses bras.
Et Pandare, avec une grande sagesse,
Le fit dormir, en disant : « Si vous êtes sage,
Ne jurez pas maintenant, de peur que d’autres ne se lèvent. » 1190

171. Que peut voir ou verra jamais ce pauvre oiseau,
Lorsque le faucon l’a dans son pied ?
Je ne peux plus faire autrement que parler de ces deux-là,
Pour qui cette histoire est douce ou amère,
Même si je dois attendre un an, un jour, je raconterai, 1195
Selon mon auteur, leur bonheur, tout comme j’ai raconté leur malheur.

172. Criseyde, qui sentit ainsi qu’on la prenait,
Comme l’ont écrit les anciens écrivains dans leurs livres,
Elle trembla comme un aigle sauvage, 1200
Lorsqu’elle le sentit la serrer dans ses bras.

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Mais Troilus, plein de soucis amers,
Remercia les sept divinités bienheureuses ;
Ainsi, diverses peines conduisent les hommes au ciel.

173. Ce Troilus, armé, s’efforça alors vers elle,
Et dit : « Ô douce, tant que je vivrai,
Maintenant vous êtes à moi, il ne reste plus que nous deux ;
Cède-moi maintenant, car il n’y a pas d’autre issue. »
À cela, Criseyde répondit aussitôt :
« Si je n’avais pas, en ce moment, mon cher cœur ici,
Je serais partie, sans aucun doute, je ne serais pas là ! »

174. Oh ! il est vrai qu’on doit, pour guérir
D’une fièvre ou d’une autre grave maladie,
Boire, comme on le voit souvent,
Un breuvage très amer ; et pour trouver la joie,
On boit souvent la peine et la grande détresse ;
Je pense ici, à propos de cette aventure,
Que c’est par la peine qu’il a trouvé tout remède.

175. Et maintenant la douceur semble encore plus sucrée,
Que l’amertume éprouvée auparavant ;
Car ils passent de la douleur à la félicité.
Ils ne s’étaient jamais sentis ainsi depuis leur naissance ;
C’est mieux maintenant que de perdre les deux !
Par amour pour Dieu, qu’une femme prenne garde
À agir ainsi, si la nécessité s’en présente. 1225

176. Criseyde, délivrée de toute crainte et de tout tourment,
Comme celle qui avait une juste raison de le rendre triste,
Le réconforta si bien que c’était un plaisir de le voir,
Lorsqu’elle connaissait sa fidélité et son cœur pur.
Et comme autour d’un arbre, avec de nombreux lacets,
Amers et tortueux, les liens du bois,
Chacun d’eux s’enlaça dans les bras de l’autre.

177. Et comme le rossignol qui chante d’abord timidement,
Lorsqu’il commence à chanter,
Quand il entend quelque bruit dans les champs,
Ou dans les buissons quelqu’un qui marche,
Et ensuite sa voix domine tout ;
Ainsi Criseyde, lorsqu’elle fut rassurée,
Ouvrit son cœur et lui exprima ses sentiments.

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178. Et tout comme celui qui voit sa mort sous forme de Y,
1240
Et doit mourir, dans quelque chose qu’il puisse dire,
Et c’est ainsi que le salut lui échappe,
Et il est sauvé de sa mort avec certitude,
Car dans toute cette joie présente
Se trouvait Troilus, avec sa douce dame ; 1245
Que Dieu ne nous fasse jamais rencontrer un sort pire !

179. Ses bras menus, son dos droit et doux,
Ses flancs longs, charnus, lisses et blancs,
Il les caressait souvent, et avec grand soin
Son cou neigeux, ses seins ronds et légers ; 1250
Ainsi, dans ce paradis, il prenait du plaisir,
Et mille fois il embrassait sa poitrine ;
Car, quoi qu’il fît, il cherchait uniquement la joie.

180. Alors il dit ainsi : « Ô Amour, ô Charité,
Ta mère, la douce Cithérée, 1255
Viendra après toi, je pense,
Vénus, moi, la planète bienveillante ;
Et après elle, Iménée, je te salue ;
Car jamais aucun homme n’a été aussi proche de vos divinités
Que moi, que vous avez tiré des soucis froids. » 1260

181. Ô Amour bienveillant, toi, lien sacré des choses,
Qui donnes ta grâce sans demander de honneurs,
Vois, son désir voudrait s’enfuir sans ailes.
Car, si tu ne venais pas en aide à ceux
Qui servent le mieux et travaillent toujours, 1265
Ils seraient tous perdus, je le sais bien,
Mais seulement si ta grâce ne passait pas par nos misères.

182. Et parce que toi, qui ne méritais guère
D’être compté parmi ceux nommés auprès de ta grâce,
Tu m’as aidé, alors que j’étais sur le point de mourir, 1270
Et tu m’as placé en un lieu si élevé
Que de telles félicités ne peuvent y atteindre,
Je ne peux plus que louer et respecter
Ta générosité et ton excellence ! »

183. Et aussitôt il embrassa Criseyde, 1275
Qui, assurément, ne ressentit aucune douleur.
Et il dit ainsi : « Maintenant, j’aimerais que Dieu… »

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Ô mon cœur doux, comment pourrais-je vous plaire !
« Quel homme », dit-il, « a jamais été ainsi épris
Comme moi, à qui la plus belle et la meilleure
Que j’aie jamais connue doit son cœur entier. »

184. Ici l’on peut voir que la miséricorde dépasse tout ;
J’en fais l’expérience, moi qui ne suis pas digne d’une âme si pure.
Mais mon cœur, par votre bonté,
Pense ainsi : bien que je sois indigne,
Je n’ai pas besoin de m’amender d’une manière ou d’une autre,
Grâce à la vertu de votre saint service.

185. Et par amour pour Dieu, ma dame,
Puisque Dieu m’a créé pour vous servir,
Je veux que vous soyez ma guide,
Pour me permettre de vivre, si vous le voulez, ou de mourir ;
Apprenez-moi comment je puis mériter
Votre gratitude, afin que, par mon ignorance,
Je ne fasse rien qui vous déplaise.

186. Car en vérité, femme fraîche et charmante,
Je vois bien que la fidélité et la diligence
Que vous trouverez en moi toute ma vie,
Je ne veux certainement pas briser votre confiance ;
Et si je le fais, présent ou à distance,
Par amour pour Dieu, laissez-moi mourir,
Si cela convient à votre féminité.

187. « Certes », dit-elle, « mon propre cœur le souhaite,
Ma raison d’être, tout mon être,
Demande miséricorde, car c’est là toute ma tristesse ;
Mais abandonnons ce sujet pour l’instant ;
Ce qui a été dit ici suffit.
Et sur un mot, sans repentir,
Bienvenue, mon chevalier, mon espoir, ma consolation ! »

188. Sa joie, ou sa félicité,
Étaient impossibles à comprendre pour mon esprit ;
Mais ceux qui ont assisté au festin
Peuvent imaginer une telle allégresse, s’ils le souhaitent !
Je ne peux plus que rester ainsi, cette nuit-là,
Entre crainte et certitude.

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Felten est amoureux de cette grande vertu.

189. Ô nuit bienheureuse, si longtemps cherchée,
Comme vous étiez joyeuses pour eux deux !
Pourquoi n’ai-je pas choisi, avec mon âme achetée,
Vous, ou au moins la moindre joie qui s’y trouvait ? 1320
Hélas, toi, vil danger, et toi, férocité,
Laissez-les demeurer dans ce bonheur céleste,
Si élevé que personne ne peut l’exprimer !

190. Mais en vérité, bien que je ne puisse tout dire,
Comme le peut mon auteur, de son excellence, 1325
J’ai déjà parlé, et, Dieu m’en soit témoin, je le ferai
En toute chose entièrement selon sa parole.
Et si, par respect pour l’amour,
J’ai prononcé quelques mots en faveur du meilleur,
Cela vaut autant que vos propres paroles. 1330

191. Car mes paroles, ici et partout ailleurs,
Je les adresse à tous sous votre correction,
À vous qui maîtrisez l’art de l’amour,
Et je les laisse à votre discrétion
Pour en augmenter ou en diminuer 1335
Le contenu, et c’est à vous que j’en supplie ;
Mais maintenant, retournons à mon propos principal.

192. Ces deux-là, liés par les bras,
Aimaient tant être séparés l’un de l’autre,
Que chacun aurait préféré être emporté vers un autre lieu, 1340
Sinon, voilà ce qui leur semblait le pire :
Que tout cela n’était que de doux rêves ;
C’est pourquoi chacun d’eux disait : « Ô douceur,
Faut-il te couper ainsi, ou bien dois-je agir autrement ? »

193. Et, Seigneur ! il la regarda avec tant de tendresse, 1345
Que son regard ne quittait jamais son visage,
Et il dit : « Ô cœur, puissé-je croire
Que c’est vrai, que vous êtes en ce lieu ? »
« Oui, mon cœur, je remercie Dieu pour sa grâce ! »
Ce fut Criseyde, qui l’embrassa aussitôt, 1350
Car là où était son esprit, il ne ressentait que joie.

194. Ce Troilus, plein de ses deux yeux

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Il voulut l’embrasser et dit : « Ô yeux purs,
C’est vous qui m’avez causé tant de douleur,
Vous, humbles servantes de ma dame là-bas ! »
1355
Bien que la miséricorde soit inscrite dans votre charme,
Dieu sait combien il est difficile, en vérité, de la trouver ;
Comment pourriez-vous me lier sans chaîne ? »

195. Alors il la prit fermement dans ses bras,
Et la serra cent fois contre lui,
1360
Aucun serrement aussi douloureux que ceux que font les hommes
Pour exprimer leur chagrin, ou lorsqu’ils sont malades ;
Mais ce n’étaient que de tendres étreintes, comme il convient,
Qui montraient son affection intérieure ;
De tels serrements, il ne pouvait en supporter davantage. 1365

196. Ensuite, ils parlèrent de diverses choses,
Comme le but de cette aventure,
Et jouant avec leurs bagues,
Je ne peux rien en dire, ni dans aucune écriture ;
Mais je sais bien qu’il y avait une broche, en or et précieuse,
1370
Dans laquelle était sertie une rubis en forme de cœur ;
Elle le fit sourire et la fixa sur sa poitrine.

197. Seigneur ! Pensez-vous qu’un avare, un misérable,
Qui méprise l’amour et tout ce qui s’y rapporte,
Qui, de tous les biens qu’il peut gagner et conserver,
1375
Ait jamais connu une telle joie,
Comme celle que procure l’amour, en toute circonstance ?
Non, sans aucun doute, car Dieu me garde,
Une telle joie ne peut appartenir à un avare !

198. Ils diront « oui », mais, seigneur ! ils mentent,
1380
Ces misérables, pleins de chagrin et de peur !
Ils appellent l’amour folie ou absurdité,
Mais cela leur arrivera, comme je vais vous l’expliquer ;
Ils devront renoncer au bien et à la justice,
Et vivre dans la souffrance, que Dieu leur donne du malheur,
1385
Et à tout amoureux dans sa fidélité !

199. Si seulement Dieu faisait en sorte que ces misérables,
Qui méprisent le service de l’amour,
Aient autant de péchés que Myda, pleine de convoitise ;
Et qu’ils soient aussi ivres, fous et forts que lui. 1390

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Comme Crassus le fit pour ses bien-aimés injustement,
Pour leur montrer qu’ils étaient en danger,
Et qu’ils ne devaient aimer personne, même s’ils les tenaient près d’eux !

200. Ces deux-là, que vous voyez ici,
Lorsque leurs cœurs furent pleinement rassurés,
Même s’ils allaient parler et se divertir,
Et se rappelaient comment, quand et où
Ils les avaient connus, ainsi que chaque mot et chaque douleur
Qui s’était produite ; mais toute cette amertume,
Dieu merci, se transforma en joie. 1400

201. Et toujours, lorsqu’ils avaient l’occasion de parler
De quelque chose arrivé il y a longtemps,
Un baiser mettait fin à ce récit,
Et ils tombaient aussitôt dans une nouvelle joie,
Faisant tout leur possible, tant qu’ils étaient ensemble,
Pour retrouver le bonheur et être heureux,
Et transformer la douleur en joie.

202. Je ne veux pas parler du sommeil,
Car cela n’a rien à voir avec mon sujet ;
Dieu sait qu’ils en prirent très peu, 1410
Mais afin que cette nuit, si importante pour eux,
Ne s’échappe pas d’aucune manière,
Elle fut remplie de joie et d’activités
Tout ce qui contribue à la délicatesse.

203. Mais lorsque le coq, cet astrologue ordinaire, 1415
Se mit à chanter sur sa poitrine, puis après lui le corbeau,
Et Lucifer, le messager du jour,
Commença à se lever, chassant les ténèbres ;
Et vers l’est, pour ceux qui pouvaient le savoir,
Fortuna maior, [plus grande] que Criseyde elle-même, 1420
Avec un cœur douloureux, dit ainsi à Troilus :—

204. « Vie de mon cœur, ma tristesse et ma joie,
Si seulement j’avais pu naître autrement ! Quelle malheur,
Que ce jour nous oblige à nous séparer !
Car il est temps de se lever, et elle doit partir, 1425
Sinon je suis perdu à jamais ! Ô nuit, pourquoi ne pas rester sur nous,
Tant que Almena était auprès d’Amour ? »

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205. Ô nuit sombre, comme le disent les gens dans les livres,
Que Dieu a façonnée pour cacher ce monde
À des moments précis, avec ton voile épais,
Afin que les hommes puissent y reposer en paix.
Tu devrais vraiment te remplir de bonté, et les gens t’aimeraient,
Car là-bas, le jour nous force à travailler sans cesse ;
Pourquoi donc t’enfuis-tu ainsi, ne nous laissant aucun repos ?

206. Hélas ! tu termines trop tôt ta mission,
Ô nuit impitoyable, créatrice de tourments,
Toi, à cause de ta cruauté et de ta méchanceté,
Tu te joins si vite à notre hémisphère,
Que tu ne reviendras plus jamais sous terre !
Car maintenant, puisque tu sors ainsi de Troie,
J’ai oublié si vite ma joie !

207. Ce Troïlus, touché par ces paroles,
Comme on le pensait, à cause de sa douleur profonde,
Les larmes sanglantes coulèrent de son cœur ;
Comme celui qui n’avait jamais connu une telle joie,
Il prit alors Criseyde, sa bien-aimée, dans ses bras,
Et dit en ces termes :

208. « Ô jour cruel, accusateur de la joie,
Que la nuit et l’amour ont volée et déformée !
Maudite soit ton arrivée à Troie,
Car chaque être porte la marque de ta lumière éclatante !
Ô jour envieux, pourquoi espionnes-tu ainsi ?
Qu’as-tu perdu pour chercher cet endroit ?
Dieu, éteins ta lumière, pour sa grâce ! »

209. Hélas ! que t’ont fait ces amoureux, ô jour odieux ?
C’est toi qui dois subir les tourments de l’enfer !
Tu as envoyé tant d’amoureux, et tu en enverras encore ;
Ta lumière ne leur permet pas de rester nulle part.
Qu’apportes-tu ici avec ta lumière pour la vendre ?
Va la vendre à ceux qui ont de petites lampes gravées ;
Nous n’avons pas besoin de toi, nous n’avons pas besoin de jour. »

210. Et même le fils de Titan le maudit,
Et dit : « Ô fou, on peut bien te mépriser,
Toi qui as l’aube à tes côtés toute la nuit. »

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Et laisse-la se lever aussitôt de ton côté,
Pour chasser ces amants de cette manière.
Quoi ! Reste dans ton lit, toi, et garde ta Morwe !
Je prie Dieu que vous ayiez tous deux du chagrin ! 1470

211. Alors, profondément affligé, il dit :
« Ma dame, en vérité, pour mon bien ou mon mal,
Le bon comme le mauvais, ô belle Criseyde,
Dois-je me lever, vraiment ! Dois-je partir ?
Maintenant je sens que mon cœur va se briser en deux ! 1475
Car comment pourrais-je sauver ma vie ne serait-ce qu’une heure,
Puisque tout ce que j’ai, c’est la vie avec toi ? »

212. Que dois-je faire ? En vérité, je ne sais pas,
Ni quand, vraiment ! Je verrai le moment
Où je pourrai rester avec toi dans cette demeure ; 1480
Et quant à ma vie, Dieu sait comment cela sera,
Car le désir me dévore déjà tant,
Que je suis prêt à partir, mais je reviens.
Comment pourrais-je m’éloigner de toi, vraiment ! »

213. Mais certainement, ma propre dame lumineuse, 1485
Même si je savais avec certitude
Que moi, ton humble serviteur et ton chevalier,
Suis si fermement fixé dans ton cœur
Comme tu l’es dans le mien, chose qui, en vérité,
Vaudrait plus pour moi que ces deux mondes réunis, 1490
Je devrais néanmoins supporter toute ma douleur. »

214. À cela, Criseyde répondit aussitôt,
Et d’un ton triste elle dit : « Ô cœur là-bas,
Le jeu, en effet, est déjà bien avancé,
Car d’abord Phébus tombera de son char, 1495
Et chaque aigle deviendra une colombe,
Et chaque rocher sera déplacé de sa place,
Jusqu’à ce que Troïlus sorte du cœur de Criseyde ! »

215. Tu es si profondément enfoui dans la tombe de mon cœur,
Que, même si je voulais l’en retirer de mes pensées, 1500
Comme Dieu seul pourrait sauver mon âme,
Je ne pourrais rien faire pour ne pas mourir de douleur !
Et, par amour pour Dieu qui nous a créés,
Laisse donc aucune autre fantaisie dans ton esprit.

Page 379

Ah, malheur ! Cela me fait tant de peine ! 1505

216. Et que vous me gardiez aussi fermement en mémoire
Comme je vous garde, j’aimerais vous consoler ;
Et, si je savais vraiment comment y parvenir,
Dieu ne pourrait pas troubler ma joie !
Mais, mon cœur, sans plus parler, 1510
Soyez-moi fidèle, sinon ce serait la ruine ;
Car je suis à vous, par Dieu et par ma foi !

217. Soyez heureuse pour cela, et vivez en sécurité ;
C’est ce que je n’ai jamais dit, et ne le dirai jamais ;
Et si pour vous c’était une grande joie 1515
De me quitter aussitôt après votre départ,
Aussi volontiers que vous, j’aimerais que ce soit ainsi,
Si seulement mon Dieu pouvait apaiser mon cœur !
Il la prit dans ses bras et l’embrassa souvent.

218. Contre sa volonté, s’il le fallait, 1520
Ce Troïlus la souleva sur son cheval, la vêtit rapidement,
Prit sa dame dans ses bras cent fois, la fit partir,
Et, avec des mots qui exprimaient sa douleur,
Il dit : « Adieu, mon doux cœur bien-aimé,
Que Dieu nous accorde de nous revoir ! »

219. Elle ne répondit rien, tant elle était affligée
Par cette séparation ;
Et Troïlus retourna à son palais, 1530
Tout aussi triste qu’elle l’était ;
La douleur intense du désir de rester auprès d’elle
Le tourmentait tellement qu’il ne pouvait l’oublier.

220. De retour dans son palais, il se coucha doucement 1535
Pour dormir longtemps, comme il en avait l’habitude,
Mais en vain ; il pouvait bien s’allonger et fermer les yeux,
Mais le sommeil ne venait pas à son cœur ;
Il pensait à elle, pour qui son désir brûlait,
Qui valait mille fois plus que lui-même. 1540

221. Et dans ses pensées, il allait et venait sans cesse.

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Tous ces mots, et toute cette retenue,
Furent fermement gravés dans son esprit
Du moindre détail qui lui avait plu ;
Et en vérité, à cause de ce souvenir, 1545
Un désir nouveau le consumait, et le goût de s’adonner
À cela plus encore qu’auparavant, mais il ne prêtait pas attention.

222. Criseyde aussi, de la même manière,
Portait dans son cœur Troilus,
Sa valeur, son désir, sa noblesse, 1550
Sa gentillesse, et la façon dont elle l’avait rencontré ;
L’amour qu’il lui inspirait la troublait profondément ;
Désirant avoir son cœur ainsi captif, elle osa le rendre cher à ses yeux.

223. Pandare, dès le lendemain, lorsqu’il vint 1555
Rendre visite à sa nièce, et vit sa grande beauté,
Disait : « Cette nuit a été si longue, hélas !
Toute ma peine vient du fait que vous, chère nièce,
Avez à peine pu dormir et vous reposer ;
Toute la nuit », disait-il, « je suis resté éveillé, 1560
Au point que, je crois, l’un de nous doit prendre soin d’elle. »

224. Puis il arriva et demanda : « Comment se passe cette belle matinée, nièce ? Comment allez-vous ? »
Criseyde répondit : « Jamais rien de bon pour vous,
Voleur que vous êtes ! Que Dieu prenne soin de votre cœur ! 1565
Dieu m’aide, c’est vous qui avez causé tout cela,
Je pense », dit-elle, « à cause de toutes vos paroles mensongères ;
Oh ! Celui qui vous voit vous connaît parfaitement ! »

225. Sur ce, elle tourna son visage vers le sol,
De honte devenue toute pâle ; 1570
Pandare, alors, se pencha pour demander :
« Nièce, si je dois agir, voici une épée, frappez-moi si vous le voulez. »
Sur ce, il passa brusquement son bras sous son cou, puis finalement sous sa poitrine. 1575

226. J’omets tout ce qui n’a pas besoin d’être raconté :
Que Dieu protège sa vie, et elle aussi,
Elle partit jouer avec son oncle ;
Il n’y avait là aucune autre raison que celle-ci.

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Mais pour en venir au fait, en l’an 1580,
Au moment opportun, elle se rendit chez elle,
Et Pandarus eut pleinement satisfaction.

227. Revenons maintenant à Troilus,
Qui restait longtemps allongé au lit,
Et envoya aussitôt chercher Pandarus,
Pour qu’il vienne le plus vite possible.
Il arriva aussitôt ; personne ne dit non,
Et Troilus l’accueillit avec grande joie,
Et le fit asseoir à côté de son lit.

228. Ce Troilus, avec toute l’affection
Que l’amitié peut inspirer au cœur,
Se jeta à genoux devant Pandarus,
Et avant même qu’il ne veuille se lever,
Il le remercia de la meilleure façon possible ;
Il bénit ce moment cent fois,
D’avoir été né pour le tirer de détresse.

229. Il dit : « Ô ami, le meilleur des amis
Qui ait jamais existé, dis-moi la vérité,
Tu as apporté mon âme au repos au ciel,
Loin de Phlégiton, le flot terrible de l’enfer ;
Car, même si je devais vendre ma vie mille fois,
En un seul jour, au service de toi,
Cela ne suffirait pas pour te remercier ne serait-ce qu’un peu.

230. Le soleil, que tout le monde peut voir,
N’a jamais vu, ô ma vie, celle que j’aime,
Si belle et si gracieuse qu’elle est ;
C’est elle qui est tout pour moi, et le sera jusqu’à ma mort ;
Et, puisque je suis ainsi épris, je vois bien
Que c’est grâce à la haute valeur
De l’amour, et aussi à ta bienveillance. »

231. Ainsi, tu m’as donné bien plus que ce que l’on pourrait croire,
Et je te serai redevable toute ma vie ;
Pourquoi ? Parce que c’est grâce à ton aide que je vis ;
Sinon, je serais déjà mort depuis longtemps.
Avec ces mots, il se recoucha dans son lit,
Et Pandarus le veilla avec grande attention
Jusqu’à ce que tout soit dit, puis il lui répondit :

Page 382

232. « Mon cher ami, si j’ai fait quelque chose pour toi,
En tout cas, Dieu le sait, c’est ma vie ;
Et je suis aussi heureux que l’on puisse l’être, 1620
Que Dieu m’y aide ! Mais ne prends pas ombrage
Si je dis, en raison de ce malheur,
Que, alors que tu es maintenant dans le bonheur,
Tu ne dois pas, toi-même, en causer la perte. »

233. Car parmi les adversités cruelles du destin 1625
Le pire genre de malheur, c’est celui-ci :
Qu’un homme ait connu la prospérité,
Et s’en souvienne une fois qu’elle est passée.
Tu es assez sage, car tu ne fais rien de mal ;
Ne sois pas orgueilleux, même si tu es au chaud, 1630
Car si tu l’es, cela te nuira certainement.

234. Tu es en sécurité, et reste-y bien.
Car tout comme chaque feu est sûr,
De même, il vaut mieux préserver son honneur que de le gagner ;
Maîtrise toujours bien tes paroles et tes désirs. 1635
Car les joies mondaines ne durent qu’un instant ;
Celui qui les préserve bien les perd souvent ;
Il te faut donc agir avec prudence à leur égard. »

235. Troïlus dit : « J’espère, et Dieu le veuille,
Mon cher ami, que je pourrai ainsi me comporter, 1640
Que dans mon trésor rien ne soit perdu,
Et que je ne sois pas orgueilleux au point de me plaindre ici ;
Il n’est pas nécessaire de s’inquiéter trop de cette affaire ;
Car tu connais bien mon cœur, Pandare,
Dieu le sait, tu t’en soucierais peu. » 1645

236. Il lui raconta alors sa nuit heureuse.
Et d’abord, il parla de ce qui tourmentait son cœur, et comment,
Et dit : « Ami, puisque je suis un chevalier loyal,
Et par ce serment je le suis envers Dieu et envers toi,
Je n’ai jamais ressenti cela aussi intensément qu’aujourd’hui ; 1650
Et plus ce désir me pousse à l’aimer davantage,
Plus cela me rend heureux. »

237. Je ne sais pas moi-même clairement ce que c’est ;
Mais maintenant je ressens une nouvelle qualité,
Entièrement différente de celle que j’avais auparavant. » 1655

Page 383

Pandare répondit et dit ainsi : que ceux qui pourront être heureux au ciel, il voit d’autres moyens, je le jure, que ceux dont il avait entendu parler la première fois.

238. C’est là un mot pour tout ; ce Troilus, en l’an 1660, ne fut jamais à même de parler de cette affaire, ni de présenter à Pandarus les faveurs de sa noble dame, afin que Pandarus le remercie et lui témoigne sa gratitude. Cette histoire était entièrement nouvelle lorsqu’elle commença, en l’an 1665, jusqu’à ce que la nuit les sépare.

239. Peu après, comme le voulait le destin, arriva le moment heureux où Troilus fut averti qu’il devait aller là où se trouvait auparavant sa dame, Criseyde ; à cause d’elle, son cœur se remplit de joie ; il adora fidèlement toutes les divinités ; et voyons maintenant s’il peut être encore plus heureux.

240. La manière et tous les détails de leur rencontre, ainsi que les siens, furent exactement comme avant, sans aucun changement. Mais, dans une joyeuse intention, Pandarus les conduisit tous deux au lit, quand ils furent tous deux las, et ainsi ils restèrent en paix et en repos.

241. Il n’est pas nécessaire de vous demander s’ils étaient heureux, puisqu’ils se sont rencontrés ; car s’ils l’étaient déjà auparavant, c’était mille fois mieux, et il n’est pas besoin de le demander. Toute tristesse et toute peine avaient disparu ; et tous deux, assurément, avaient autant de joie que leur cœur pouvait en contenir.

242. Ce n’est pas une petite chose à dire ; cela dépasse toute capacité de compréhension ; car chacun d’eux obéissait au désir de l’autre ; cette félicité, que ces clercs vantent tant, ne peut être suffisamment décrite ici. Cette joie ne peut être écrite avec de l’encre.

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Cela dépasse tout ce que le cœur peut imaginer.

243. Mais quel jour cruel, et quelle heure affreuse ! 1695
Ils commencèrent à s’approcher, comme ils le savaient par des signes,
Ce qui leur fit craindre une mort terrible ;
Leur sort fut si mauvais qu’ils changèrent de chemin,
Et ce jour-là, ils décidèrent de tout changer,
Le qualifiant de trahison, de jalousie et pire encore, 1700
Et maudissant amèrement la lumière du jour.

244. Troilus dit : « Hélas ! Maintenant je suis en guerre
Contre Pirus et ces trois chevaux rapides,
Qui ont fait sortir les chars des fils de Priam,
Ils ont pris un chemin détourné par mépris pour moi ; 1705
C’est pour cela que le jour arrive si vite ;
Et puisque le soleil se lève ainsi précipitamment,
Je ne le sacrifierai jamais ! »

245. Mais bientôt le jour les sépara, lui et son fils,
Et quand leurs paroles et leur tendresse furent terminées, 1710
Ils firent ce qu’ils avaient l’habitude de faire,
Et fixèrent une date pour se retrouver ;
Et de nombreuses nuits ils agirent de cette manière.
Ainsi, la Fortune apporta un moment de joie
À Criseyde, et aussi au fils de ce roi de Troie. 1715

246. Dans l’abondance, dans le bonheur et dans les chants,
Troilus passa toute sa vie ainsi ;
Il dépensait, rendait la justice, organisait des fêtes ;
Il donnait généreusement, changeait souvent de femme,
Et gardait toujours autour de lui, pour se protéger, 1720
Un monde de gens, tous de bonne famille,
Les plus jeunes et les meilleurs qu’il pouvait trouver ;

247. Sa renommée et sa générosité
Se répandaient dans le monde entier, par l’honneur et la largesse,
Jusqu’aux portes du ciel. 1725
Et, comme en amour, il était dans une telle joie,
Qu’il pensait, comme je l’ai dit, qu’il n’y avait personne dans ce monde
Qui aimât autant que lui, et ainsi il aimait avec plaisir.

248. La piété ou la beauté de cette famille 1730

Page 385

Si c’était une autre femme,
Elle ne pourrait pas dénouer
Le nœud qui entoure son cœur,
Entièrement tissé par Criseyde.
Il était si étroitement masqué et noué
Que, de quelque côté que l’on tentât de le défaire,
Rien ne pouvait se produire, car rien ne pouvait signifier quoi que ce soit.

249. Et souvent, avec sa laisse, il voulait emmener
Ce Pandarus dans le jardin,
Et organiser ainsi une fête,
Pour lui montrer Criseyde, sa féminité,
Et sa beauté ; sans crainte,
Ses paroles étaient comme du ciel à entendre ;
Puis il voulait chanter de cette manière.

250. Amour, celui qui gouverne la terre et la mer,
Amour, celui dont les chevaux sont au ciel,
Amour, celui qui, par un lien sacré,
Unit les peuples comme il le souhaite,
Amour, celui qui établit les lois de la compagnie
Et unit les couples pour qu’ils vivent ensemble,
Lie ce pacte que j’ai décrit et que je décris encore ;

251. Ainsi, le monde, grâce à la foi, qui est stable,
Harmonise ses éléments,
De sorte que ceux qui étaient autrefois en désaccord
Restent liés pour toujours,
Afin que Phébus puisse apporter ses jours roses,
Et que la lune ait autorité sur la nuit ;
Tout cela, c’est l’œuvre de l’Amour ; louons sa puissance !

252. La mer, qui a tendance à déborder,
Force ses flots à aller vers un but précis,
De sorte qu’ils ne grandissent pas trop
Pour inonder la terre à jamais ;
Et si l’Amour laissait partir sa fiancée,
Tout ce qui aime aujourd’hui serait séparé,
Et tout serait perdu, si l’Amour cessait de les aider.

253. Ainsi, Dieu, qui est le créateur de toute chose,
Voudrait que, par son lien, l’Amour, par sa vertu,
Entoure tous les cœurs et les lie fermement,
Afin que personne ne puisse s’échapper de son lien.

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Et pour les cœurs froids, j’aurais voulu qu’il les tourne
Pour les faire aimer, et qu’il les soulage au moins un peu
Sur des cœurs douloureux, et qu’il les garde fidèles.

254. En toutes circonstances, lorsque les villes étaient en danger,
Il était là, le premier à prendre les armes ;
Et certainement, si ces livres ne se trompent pas,
à part Hector, il était le plus brave de tous les hommes ;
Et cette bravoure et cette force
Lui permirent de gagner l’amour de ses dames,
Ce qui changea profondément son esprit.

255. En temps de loyauté, il aimait monter à cheval pour chasser,
Ou bien chasser des bêtes sauvages, des cerfs ou des loups ;
Les petits animaux, il les épargnait.
Et quand il revenait en ville,
Ses dames, depuis leurs fenêtres,
Comme des faucons sortant de leur cage,
Étaient prêtes à le saluer avec enthousiasme.

256. Son discours était empreint d’amour et de vertu,
Et il méprisait toute méchanceté ;
Sans aucun doute, il n’avait pas besoin qu’on le prie
De honorer ceux qui le méritaient,
Et d’aider ceux qui étaient dans le besoin.
Il était heureux si quelqu’un se comportait bien,
S’il savait ou apprenait qu’il s’agissait d’un amoureux.

257. En vérité, il perdait tout contrôle sur lui-même
Sauf lorsqu’il était plongé dans un amour ardent ;
Je veux dire que c’était ce qui lui convenait le mieux.
Et par-dessus tout, il savait si bien exprimer ses sentiments,
Et de manière si habile,
Que tout amoureux pensait
Que tout ce qu’il disait ou faisait était juste.

258. Et bien qu’il descendît d’une famille royale,
Son orgueil ne le poussait jamais à persécuter qui que ce soit ;
Il était généreux envers tous,
Et c’est pourquoi il était remercié partout.
Ainsi, l’Amour, honoré par sa grâce,
Faisait fuir l’Orgueil, l’Envie, la Colère et l’Avarice,
Et tous les autres vices.

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259. Ô dame brillante, fille de Dione,
Ton fils aveugle et ailé, ce pauvre Cupidon ;
Vous deux, aujourd’hui encore, qui, près d’Élicon
Sur le mont Parnasse, écoutez pour veiller,
Puisque vous m’avez ainsi condamné à errer,
Je ne peux plus que pécher si vous refusez de revenir,
Vous avez été chassés pour toujours, sans fin !

260. À travers vous, j’ai pleinement exprimé dans mon chant
L’affliction et la joie du service de Troïlus,
Bien qu’il y ait eu parmi eux quelques maladies,
Comme mon auteur le rapporte en détail.
Je termine maintenant mon troisième livre de cette manière ;
Et Troïlus, dans le désir et dans le calme,
Est avec Criseyde, le doux trésor de son cœur. 1820

Fin du Livre Troisième.

Rubrique ; provenant de Cp. 1-56. Perdu dans Cm. 3. H2. leef ; Éd. lefe ; Cl. lyef ; Cp. H. lief. 7. Cl.
thin (au lieu de 2nd thy). 9. Cl. of ; le reste if. // Cp. Éd. wel ; H2. wil ; Cl. wole ; H. wol. 10. Cl.
Cp. beste. 11. Cl. H. Éd. The ; H2. To. // Cl. feld (au lieu de fele). 12. Cl. nough (!). 13. Cl.
word ; H. world ; Cp. Éd. worlde ; H2. wirk. 17. Cl. H. Comeueden (correctement) ; Cp.
Comended ; Éd. Comenden ; H2. Commodious(!). // Cp. Éd. amorous ; H2. amerous ;
Cl. H. amoreux. // Tout hem (incorrectement) ; lire him ; voir l. 19. 20. Cp. H. H2. hym ; Éd.
him ; Cl. hem. 22. H. apasen ; Éd. apeasen ; H2. apesyn. // Cl. Iire. 23. Cl. lyste ; le reste
list. 28. H2. hym ; le reste it. 32. Cl. thing. 33. Cl. constreue. // Cl. H. Cp. Io ; H2. io ; Éd.
go ; (Io=jo). 36. Cl. vniuersite (!). 38. Cl. H. worse. 42. Cl. this (au lieu de thy). // Cl. seruyce.
44. Cp. H. Inhielde. 49. H2. gladnes ; le reste om. 51. Tout lesson. 56. H2. leve (sic) ; le reste
leue. // Cp. H. Éd. werken ; Cl. werke. 57. Cm. how ; le reste so. // Cl. om. that. 58. Cp. Éd.
Cm. shorte ; le reste short. 59. Cl. lad. 60. Cl. om. in. 65. Cl. rufully ; Éd. routhfully. 66.
thou] Cl. yow. 74. H2. Éd. ey ; le reste I. 76. lordshipe] Cl. mercy. 77. Cl. beseche. 79. H.
Cm. wex ; Cl. Cp. wax. 81. Cl. smyte. 83. Cl. om. he. 90. Cp. H. Éd. resons ; Cl.
resones ; Cm. werkis ; H2. wordis. 92. Cl. An ; H2. Hym ; le reste In. 93. Cl. quooke. 97.
Cm. ferste ; le reste first (ferst). 99. Cl. whily. // Cl. ho (au lieu de he). 100. Cl. that ; le reste for. 101.
Cl. om. I. 110. Cm. wrethe (au lieu de herte). // Cm. I ; H2. y ; le reste om. 114. Cl. for to ; le reste to.
116. H. puked ; H2. procurid (!). 119. Cm. H2. om. that. 121. Cp. H. Éd. wilne ; Cm.
wiln ; Cl. wille. // Cl. shal seye ; le reste om. shal. 125. of] Cl. on. 135. Cl. deligence. 136.
Cl. Cp. H. Éd. om. I ; voir l. 141. 138. Cl. defende (!). 139. Cl. Cm. digne ; le reste deigne.
142. Cl. Cp. myn ; Cm. myne. 144. H2. serve ; le reste seruen. // Cl. Cp. H. ben ay I-lyke ;
Éd. to ben aye ylike ; H2. bene y-lyke ; Cm. ay ben I-lik ; mais lire been y-lyke ay. 149.
And] Cl. A. // Cl. om. a. 150. Cl. Cp. H. feste. 152. Cl. that this ; le reste om. that. 160. Cl.

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Mais (pour Et). 167. Cf. H. hennes ; Cf. aussi henys ; Cf. encore hens. 172. Manuscrits : soueraynte. 173.
Cf. Ny (pour Ne I). 176. Cf. encore my dere ; le reste omis : my. 179. Cf. Ed. to ; le reste : in-to. 180. yow]
Cf. encore now. 183. H. yen ; Cf. aussi eyȝyn ; le reste : eyen. 188. Cf. H. in the ; le reste omis : the. 190.
Cf. aussi H2. Ed. omis : as. 193. Cf. encore and on ; Ed. H2. et one ; H. et oon ; Cf. an oon ;
Cf. aussi a-non ; lire comme oon ? 194. Cf. H2. the ; Cf. aussi to ; le reste : two. 195. my] Cf. aussi myn.
205. H2. Ils viennent vpwardis à. 207. Cf. blynde. 208. Cf. it is tyme. 213. Cf. ins. hire
avant diden. // Cf. H. diden ; Cf. encore deden. 214. Cf. aussi spekyn wondir wel ; Cf. (et le reste)
wonder wel spaken (speken). 221. Cf. gardeyn. 223. Cf. lyste ; Cf. aussi Ed. H. leste. 229.
Cf. aussi Ed. paillet ; le reste : pailet. 237. Cf. speke ; le reste : speken (spekyn). 240. Cf. omis : so. 242.
Cf. aussi Cm. waxeth ; Ed. woxe ; le reste : wax (mais lire wex). 244. Cf. sethen do. 250. Cf. a
game bygonne à. 254. Cf. H. Bitwixen ; Cf. encore Bytwene. 260. Cf. alle ; le reste : al. 262. Cf.
pour to abrygge ; Cf. H. pour tabregge ; Cf. aussi to abregge. // Cf. encore destresse. 268. Cf. alwed.
269. Cf. dar I ; le reste : I dar wel. 270. Cf. omis : that. 279. Cf. bygone. 280. Cf. wonne. 281.
Cf. omis : wol. // Cf. H2. go. 283. Cf. preuete. 290. Cf. aussi Cm. Ed. omis : ther. 293. H. Ed. this
(pour yet) ; Cf. ainsi. 299. Cf. encore selue ; Cf. aussi seluyn. 300. H2. as pour to ; blabbe. 301. Cf. the
(pour they). 308. Cf. kyng (pour kynde). // Cf. encore auauntures (!). 310. As] Cf. A. 312. Cf. H2.
holde ; le reste : holden. 313. Cf. omis : it. 315. Cf. aussi H2. Et a ; le reste : And. // Cf. heste ; H2.
hest ; le reste : byheste. 319. Cf. byhight ; Cf. bihyghte. 320. Cf. no more ; le reste omis : no. 332.
Cf. womman (!). 323. Cf. this not. 324. Cf. wis man ; H2. wyse man ; le reste : wyse men.
327. Cf. wys. 329. Cf. omis : harm. 335. Cf. suffice ; le reste : suffise. 337. Cf. omis : wel. 340.
the] Cf. H2. thi. 341. Cf. make (pour may). 344. ou] Cf. et. 346. theffect] Cf. the feyth.
347. Cf. sorwe (pour herte). 351. Cf. omis : as. 352. Cf. H. H2. dede ; Cf. aussi Cm. ded. 355.
Cf. aussi H. pour to (pour to). 356. Cf. Wex ; Cf. aussi H. Wax. 360. Cf. aprille ; H. aperil ;
le reste : April. 361. remembre] Cf. remembreth. 363. H. didest ; Cf. aussi dedest. 366. Cf. I
à ; le reste omis : à. 368. Cf. aussi Ed. tel ; le reste : telle. 380. Cf. thenketh. 382. Cf. H. Caytif ; Cf.
Castif ; le reste : Captif. // Tous Agamenoun. 385. Ed. the lyketh ; H2. it lyke the ; Cf. it lyketh ;
Cf. H. Cm. it liketh the. 386. Cf. meche ; Cf. beaucoup. // Cf. aussi Cm. don ; le reste : I-do (y-do, ydon). 389. Cf. In ; le reste : on. 390. Cf. the wole. 391. Cf. H. sclaue ; Ed. slaue ; Cf. knaue
(sl changé en kn). 397. Cf. baudery. 398. Cf. omis : wood. 412. Tous Tel. // Cf. aussi H.
omis : me. 414. Cf. seruyce. 417. Ed. moste ; le reste : most. 425. Cf. aussi Ed. though ; H2. thogh ;
Cf. H. thought ; Cf. aussi tho. 441. Cf. he (pour her). 442. Tous lay ; peut-être lire laye
(subjonctif). 443. Cf. dishesed. 446. Cf. man ; Cf. aussi Cp. H. men. // Ed. men be. // Cf.
yplesed ; le reste : plesed. 450. Cf. H. writen ; Cf. wreten. 451. Cf. omis : et. 452. ou] Cf. Ed.
et. 453. Cf. as it ; le reste omis : it. 457. Cf. omis : awayt. 462. Cf. make ; a (pour an). 463. Cf.
speke ; le reste : spake. 475. Cf. seruyce. 476. Cf. H. auyse ; le reste : deuyse. 481. Cf. goode ;
le reste : good. 485. Cf. aussi Ed. y-like ; H. yhold ; le reste : ylyk. 491. wayten] Cf. wene. 496. Cf.
stont ; Cf. H. Cm. stant. 497. Cf. aussi Cp. Cm. Hise. 507. Cf. These ; le reste : This. 509. Cf.
myght ; Cf. H. Cm. myghte. 510. Ed. fulfell ; le reste : fulfille. 514. Cf. And ; le reste : As. 516.
Cf. There-as ; le reste : Wher-as. 520. Cf. omis : -to. 525. Cf. H. H2. impossible. 526. Cf. H.
Cm. Dredeles ; Cf. encore Dredles. // Cf. aussi cler ; le reste : clere. 527. De] Cf. From. 531. Cf. H. H2.
witen ; le reste : weten. 533. Cf. puruyaunce. 540. H. moste ; Cf. aussi Ed. muste ; Cf. encore most. 545.
Cf. omis : -thy. 547. Cf. there but ; le reste omis : but. 548. Cf. shortely. 551. Ed. H2. welken ;

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Voir wolken ; le reste walkene (walken). 552. Cl. straught ; H. H2. streight ; Voir streght.
555. Cl. woned ; le reste wont. 558. Voir H. cape. 562. sholde] Cl. shal. 563. Cl. om. ne.
572. Voir H. thruste (!) ; Cf. thourrste (au lieu de thurfte) ; H2. Ed. durst ; Cl. dorste (mais lire thurfte). // Cl. haue neuere. 573. Cl. hem ; le reste him. 576. Cl. Voir H2. whan that ; le reste om. that. 578. Cl. ther ; le reste ther-of. 579. Cl. Voir Ed. with-outen. // Cl. a-wayte. 584. H. goosish ; Voir goosissh ; H2. gosisshe ; Cl. gosylyche ; Ed. gofysshe (!). // Cl. peple ; H. peples ; Cf. puples ; Voir poeples ; Ed. peoples. 587. Cf. mot ; le reste most (must). 589. Cl. om. hir. 595. Cl. vn to the ; le reste to. 601. Cl. Voir stuwe. 602. Cl. om. in. 603. Cl. H. Wnwist. 608. Cl. hym ; le reste hem. 612. Cl. auyse ; le reste deuyse. 613. Cl. like ; Voir H. Cf. liken. // Cl. laughen that here. 614. Cf. Cf. Ed. tolde ; Cl. H. told. // Cl. tales ; Ed. a tale ; H2. the tale ; le reste tale. 616. Cl. she wolde ; le reste om. she. 617. H2. werdis ; Cl. Voir Ed. wyerdes ; H. wierdes ; Cf. wordis (!). 619. Cf. H2. herdis ; le reste hierdes. 621. Cl. om. now. 630. it] Cl. a. 632. Cl. om. I. 636. Cl. be. nought a-] Cl. for no. 637. Cl. om. as. 640. ron] Ed. rayned. H2. flood ; Cl. H. Cf. flode. 642. Cl. om. it. 645. dere] Cl. drede. 648. a] Cf. on. 664. Voir outer ; H. outter ; Cl. other ; Ed. vtter ; Cf. vttir. 674. Cl. Voir H. The voyde ; Cf. They voydyn ; Ed. They voyde ; H2. They voydid &. 676. Cl. that ; H2. om. ; le reste the. 684. Cl. in ; le reste at. 690. Voir Ed. skippen ; H. skipen ; Cf. schepe ; H2. skipe ; Cl. speken. // traunce] Ed. praunce. 696. Cl. Voir sey ; H. seye ; Cf. woste ; H2. wist ; Ed. sawe. // Cl. Ed. H2. al. 697. Cl. om. up-. 704. Cl. om. For. 711. Voir H. gruwel ; Cl. Cf. growel ; Ed. gruell. 715. Cl. An ; Voir As ; le reste And. 717. Cl. combest ; Cf. H2. cumbrid ; Voir H. Ed. combust. // Cl. om. in. 722. Cl. Voir Ed. om. O. 725. Cl. Voir H. Cipres ; Cf. Cipris ; Ed. Cipria ; H2. Ciphis. 726. Ed. Daphne. 727. Cf. wex ; Cl. Voir H. wax. 729. Cl. Voir H. hierse ; H2. hyerce ; Cf. hirie ; Ed. her (!).
729, 731. Cl. ek, by-sek ; H. eke, bi-seke. 735. Cl. help ; le reste helpeth. 737. Cl. a-garst (!). 738. Voir H. don ; Cf. do ; le reste do on. // Cl. a-boue ; le reste up-on. 739. Cl. folewe ; Cf. Cf. folwe ; H. Ed. folowe. 745. Voir H. Ed. layen ; Cl. lay. 753. Cl. Cf. haveth. 756. H. rise ; Cl. rysen. 758. Cf. H2. thus ; le reste om. // hem] Cl. vs. 761. H2. Ey ; Ed. Eygh ; le reste I. 762. Cl. Quod tho ; le reste om. tho. 763. Cl. om. er. 770. com] Cl. cam. 775. Cf. houe ; H2. howe. 776. Cl. Voir H. Ed. this mene while ; Cf. H2. om. mene. 777. Cl. om. 2nd a. 780. Cl. that ; Voir Cf. H. Ed. al. 791. shal] H2. ow ; Ed. owe. 795. Cl. Ed. H2. is this. 797. Voir H. Cf. scholden louen oon ; Cl. louen sholde on. // hatte] Ed. hight. 799. Cl. alle these thynges herde. 801. she] Cl. H2. ful. // Cl. answerede. 802. Cl. tolle (!).
804. Cl. conseytes. 809. Cl. more (au lieu de morwe). // and] Cl. yf. 810. Cl. fully excuse.
811. him] Cl. he. 813. Cl. om. god. 818. Voir Ed. either ; H. oyther (au lieu de eyther) ; Cl. Cf. other. // Cl. nough. 823. Cl. Other he ; le reste Or. 826. derknesse] H. distresse. 829. Cl. om. that. 833. ful] Cl. but. 834. Cl. Cf. manere. 839. Cl. H. mad Troylus to me ; H2. thus Troylus me made ; Cf. Ed. Voir Troylus mad to me. 842. him] Cl. yow. 843. Cl. myn ; Voir H. my. 847. Ed. I (au lieu de for I). // H. Ed. for the beste. 850. Ed. H2. om. a. 854. H. abedes ; Cf. abydis. 857. Voir H. Ed. Wel ; le reste om. // Cl. H2. to rescowe ; le reste om. to. 859. Cf. H2. How is ; le reste om. is (ici). // H2. y-falle ; Cf. falle ; le reste is falle. 861. H2. feldyfare ; Cl. feld-fare ; le reste feldefare. 862. Voir H. Ed. ne ; le reste om. // Cl. gref. 869. I] Cl. ye. 870. Ye] Cl. I. 880. Cl. malis. 887. more] Cl. H2. bettre. 889. Cl. ben sene ;

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Cp. H. Cm. be sene ; H2. be seyn ; Ed. he sene. 892. dede men] Cl. a dede man. 893.
trowe I] Cl. I trowe. 898. Cl. stenteth ; rest stynteth. 900. Cp. Ed. Cm. nolde ; H. nold ;
Cl. nold not. Cp. H. setten ; Cl. Cm. sette. 909. Cl. To ; rest So. // H. spek ; rest speke.
912. Cm. om. is. // H. teuery (pour to euery). 917. Cl. at ; H2. am ; Cm. H. Ed. al ; Cp. om. 928. to] Cl. Cp. H. Ed. for to. 931. Cl. H. A ; rest At. 935. or] Cl. Cm. H2. and. //
Cl. tacches. 936. Cp. Ed. This is seyd. // Cl. hym ; rest hem. // Cl. is ; rest be (ben, beth). 947. Cl. That ; H2. That good ; rest Ther good. 954. Cl. Cm. Cp. H2. hede ; Ed. heed ; H. hed. 956. Cl. -lych ; H. -lyche. 964. Cl. quysshon ; Cm. qwischin ; H2. cusshyn. 965. Cp. Ed. leste ; rest lyste, lyst. 968. Cl. put ; Cp. H. putte. 970. H2. dewte ; Cp. dewete. 975. Cl. H2. now gode ; rest om. now. 976. Cl. om. al. 978. Cl. fyre ; Ed. fiere ; rest fere. 980. Cl. loken. 990. Cl. goudly ; Cp. H. goodly. // Cl. Cp. make ; H. Cm. Ed. maken. 994. for] Cl. first ; Cm. H2. om. 995. H2. found ; rest founden. // Cp. ȝit ; Cm. yite ; rest yet. 999. Cl. emforthe ; Cp. H. Ed. emforth. 1002. Cl. H2. dredles. 1004. Cl. H2. yow not. 1005. your] Cl. H2. yow. 1009. Cl. loue (pour myn, comme correction).
1014. Cl. refuyt ; Cp. H. Cm. refut ; Ed. refute. 1015. Cl. ins. him bef. arace. // arace] Cl. Ed. race. 1017. Ed. dignyte (pour deitee). 1020. for to] Cl. that I. // on] Cl. Ed. of.
1022. up-on] Cl. on. 1029. Cl. Cm. to bere ; rest om. to. 1032. Cl. And whanne. 1033. Cp. H. piete ; rest pite. 1043. Cl. dishese. 1046. Cp. H. Ed. list ; Cl. lyste. // Cm. ordel.
1047. Cl. lyste ; Cp. H. Ed. leste. 1055. Cl. in-to the bed down ; rest doun in the bed.
1056. Cl. wreygh ; Cp. H. wreigh ; Cm. wrigh ; Ed. wrighe. 1060. Cl. om. a. 1066. Cm. Ed. liste ; rest lyst (list, lest). 1067. Cl. om. a. 1074. in] Cl. vn. 1075. that] Cl. the.
1087. Cl. eighen ; Cp. H. Ed. eyen. 1094. Cl. H2. For ; rest But. // Ed. hushte. 1096. Cl. Buth ; Cp. H. Ed. Beth. 1097. Cl. he him in-to bedde. 1104. Cp. Ed. Cm. pullen ; Cl. H. pulle. 1113. Cl. no ; Cm. not ; Cp. H. nought. 1116. to] Cl. for. 1121. Cl. bet gan ; rest gan bet. 1129. Cp. Ed. keste ; Cl. Cm. kyste. 1131. Cp. H. herte ; rest hertes. 1132. Cp. H. Ed. leste ; Cl. lyste. 1137. All eyen (eyȝen). 1141. Cl. Cp. chimeney ; H. Cm. chimeneye. 1143. H. Ed. list ; Cl. lyste. 1144. Cp. Cm. thoughte ; Cl. H. thought. 1163. Cp. Ed. andswerde ; H. answarde ; Cl. answered. 1168. Cp. H. Ed. Ialous ; Cm. Ielous ; Cl. Ialousye. 1169. Cl. om. it. 1177. Cp. H. answerde ; Cl. answered. 1192. Cl. Cp. Cm. it ; rest him. // Cp. H. foot ; Cl. fote. 1193. Cp. H. thise ; Cm. these ; Cl. this. 1194. Cp. H. sucre ; Cm. seukere ; H2. Ed. sugre ; Cl. sour. // Cp. H. soot ; Cl. sot ; Cm. H2. sote ; Ed. soote. 1195. Cl. mot. 1200. Ed. aspen ; H2. auspen. 1201. Cl. om. his. 1203. Cl. om. tho. 1206. Cm. Ed. mote ; rest mot. 1208. H. boot ; Cl. Cp. Cm. bote. 1209. Cp. H. Cm. answerde ; Cl. answered. 1211. Cl. yolden. 1218. hath] Cl. is. 1219. Cl. the more ; rest om. the. 1222. Cl. sith that ; rest om. that. 1225. Cp. comth ; Cl. come. 1227. Cl. Iust. 1229. Cl. entent ; H. entente. 1231. Cl. Cm. wrythe ; Cp. H. Ed. writhe ; H2. writhen is (lire wryth ou writh). 1234. Cl. gynneth to ; Cp. bygynneth to ; rest begynneth. 1236. Cl. ony. 1238. Cl. Criseyd. // Cl. stynte ; Cp. H. stente. 1240. y-] Cl. is. 1241. Cl. out ; gysse. 1244. Cl. alle ; word. 1247. Cl. streyght ; Cp. streghte. 1248. Cl. fleysshly. 1251. Cl. om. heuene and to. 1258. Cl. the ; rest that (après le suivant). 1261. Cl. Cm. Benyngne ; Cp. H. Benigne. 1264. Cl. nodestow(!). 1266. Cl. seye ; Cp. H. Cm. seyn. 1268. H2. coude leest ; Cm. couthe lest ; Cp. H. leest koude ; Cl. lest kowde.

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1269. Cl. be ; Cp. H. Cm. ben. // Cl. to ; Cp. H. Cm. vn-to. 1272. Cp. H. H2. pace ; Cl. passe. 1276. Cl. dishese. 1285. Cp. H. Cm. benignite ; Cl. benyngnite. 1286. Cm. thynkith ; Cl. thenk ; Cp. H. thynk that. 1288. Cl. seruyce. 1290. Cl. for that ; le reste om. that. 1291. Cl. Cm. Cp. stere ; H. Ed. fere (feere). 1294. Cl. om. that I ; Cm. Cp. om. I. 1296. Cl. But ; le reste For. 1298. H. Cp. Ed. fynden ; Cl. Cm. fynde. // Cl. lyfe. 1299. Cp. H. Ny (pour Ne I). // Cm. Ed. H2. not ; Cl. Cp. H. om. 1302. Cl. to ; le reste un-to. 1314. Cl. om. thise. 1315. Cm. be-twixe ; Cl. be-twexen ; H. bitweyne. // Cl. Cm. dred ; le reste drede (lire dreed). 1318. Cl. om. two. 1321. Cl. daunder (!). 1322. Cl. blyssyd ; le reste blisse (blis). 1324. Cp. Ed. tellen ; Cm. tellyn ; H. talen ; Cl. telle. 1326. Cm. (2e) I ; Cl. Cp. H. and ; Ed. om. 1339. Cp. H. Cm. Ed. a-sonder ; Cl. a-sondry. // Cp. H. Cm. Ed. gon ; Cl. go ne(!) // Cl. om. it. 1340. Cm. H2. wende ; Cp. Cl. H. wenden. 1341. Cm. Ed. Cp. H2. moste ; Cl. H. most. 1342. Cl. nere (pour were). 1345. And] Cl. A. // goodly] Cl. gladly. 1346. H. Cm. blynte ; Cp. Ed. bleynte ; Cl. blente. 1352. Cl. eighen ; Cp. H. Ed. eyen. 1356. Cl. wreten ; Cp. H. writen. 1361. H. swiche ; H2. Ed. suche ; Cl. swich. 1362. Cl. whanne ; Cm. whan ; Cp. H. when. 1365. H. bilynne ; le reste blynne. 1370. Cl. of ; le reste and. 1373. Cl. Cp. H. or a ; Cm. a ; le reste om. 1375. tho] Cl. the. // Cl. Ed. pens ; Cp. H. Cm. pans. // Cp. H. mokre ; H2. moker ; Cm. mokere ; Cl. moke. // Cl. Ed. kecche ; Cm. crache(!) ; Cp. tecche(!) ; H2. teche(!) ; H. theche(!). 1385. Cp. H. Ed. lyue ; Cl. leue. 1387. tho] Cl. that. 1388. Cl. eerys. 1390. Cl. drenken. 1394. Cp. H. Thise ; Cl. This. 1396. Cp. H. speken ; Cl. speke. 1398. hem] Cl. hym. 1400. to] H. Cm. in-to. 1401. Cp. H. Cm. mo ; le reste more. // Cp. H. fel ; Cl. fille. 1403. Cp. H. Cm. al ; Cl. alle. 1405. Cl. dede ; Cm. dedyn ; Ed. dydden ; le reste diden. 1407. Cl. Cp. Ed. -peyse ; le reste -pese. 1408. Cl. shep(!) ; H. slep ; le reste slepe. 1409. Cl. nough(!) 1410. H. Cm. kep ; le reste kepe. 1414. Cl. Cp. gentilesse ; le reste gentilnesse. 1415. Cl. whanne ; Cp. Cm. whan ; H. when. 1416. Cl. to crowe ; le reste om. to. 1418. Cm. hese (= his) ; le reste here (hire). // Cl. bemys throw. 1419. Cl. Cm. after- ; le reste est-. 1420. than] Tout cela. 1424. Cl. Cm. des- ; le reste dis-. 1425. Cp. H. hennes ; Cm. henys ; Cl. hens to. 1426. Cl. ellys. 1428. Ed. Alcmena. 1435. Cl. Cm. flest ; Cp. H. H2. fleest. 1442. Cl. hastely. 1444. H. piteous ; Cp. pietous ; le reste pitous. 1450. Cl. crueel. 1453. Cp. H2. yen ; le reste eyen. 1454. Cm. espyen. 1457. Cl. Cm. these ; Cp. H2. thise. 1459. Cl. shent ; le reste slayn. 1460. Cm. Ed. let ; Cl. late ; le reste lat (lire lete). 1462. Cl. Cp. selys. 1464. Cl. he to ; le reste om. to. 1465. Cp. H. fool ; Cl. Cm. fol. 1466. Cl. Cp. Cm. dawyng ; le reste dawnyng. 1471. H. Cp. sighte ; Cl. sight ; Ed. syghed. 1476. H. my lyf an oure ; Cp. Ed. my lyf an houre ; Cl. an hour my lyf. 1482. Cl. brenneth ; H. bitleth(!) ; Cp. biteth ; Ed. byteth ; le reste streyneth. 1486. Cm. H2. Yit ; le reste om. // Cp. H. wiste ; Cl. wist. 1490. Cl. Cm. wordes ; le reste worldes. 1491. Cp. H. Cm. Ed. enduren ; Cl. endure. 1492. Cp. H. answerde ; Cl. answered. 1498. Cl. Troles(!). 1506. Cl. An. 1516. H. Cp. ayein ; Cl. a-yen. 1525. Cl. myn herte and dere swete. 1526. Cp. H. sownde ; Cl. sound. 1527. Cp. H. Cm. answerde ; Cl. answerede. 1535. Cl. Cp. Ed. bedde ; le reste bed. 1536. Cl. woned. 1542. Cl. Hise ; le reste Hire (Her). 1543. Cl. hire ; le reste his. 1546. Cl. new ; Cp. H. Cm. newe. 1554. Cp. dorste ; Cl. H. dorst. 1558. Cl. ye my ; le reste om. my. 1559. slepe] Cl. shepe(!). 1562. Cp. H. com ; Cl. Cm. come. 1563. Cl. H. murye ; Cm. merie. 1564. Cp. H.

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répondit ; Cl. Cm. répondit. // Cl. om. pour 1566. Cf. H. causa ; Cl. causes. 1568.
Cl. Cm. om. O. 1570. H. Cm. wex ; Cl. Cf. wax. 1573. Cl. Ici avons. // Éd. smyteth ;
Cf. smyten ; le reste smyte. 1575. Cl. keste. 1576-82. Cf. om. 1577. et] Cl. an. 1578. à]
Cl. pour à. 1579. Cl. H2. mais ; le reste que. 1583. H. Cf. ayeyn ; Cl. a-yen. 1587. Cl. venir.
1592. Cm. kneis ; Cf. H. knowes. 1593. Cl. hors de ; le reste om. hors. 1595. il] Cl. Cm. et.
// Cl. H. Cm. blysse ; le reste blesse. 1600. Cf. Cm. flegetoun ; Éd. Phlegeton. // Cl. Cf. H.
Cm. fery ; H2. firy ; Éd. fyrie. 1603. Cm. myghte ; Cl. might. // Cm. Éd. mote ; Cf. H.
moote ; Cl. mot. 1608. Cf. H. hires ; Cl. heres. 1609. Cf. heighe ; Cm. hye ; Cl. H.
heigh. 1611. Cf. y-ȝiue ; Cl. y-yeue. 1613. Cl. Cm. leve ; le reste lyue. 1619, 1621, 1622.
Cl. Cf. lief, grief, mischief ; Cm. lef, gref, myschef ; H2. leef, greef, mischeef. 1621.
maintenant] Cl. cela. 1622. Cl. de de (!) ; le reste de ceci. 1627. Cl. H2. être ; le reste ben. 1629. Cf. H.
Thart. // Cl. ynowh. 1634. Cl. garder ; le reste kepe. 1642. Cf. H. Ny. 1644. Cm. savais-tu ;
Éd. savais-tu ; Cf. savais-tu ; Cl. H. savais-tu. 1655. que] Cl. er. 1656. H.
répondit ; Cl. répondit. 1657. Cl. Cm. seulement. 1659. Cf. H. Cm. garder ; Cl. herd.
1662. H. Cf. louer ; Cl. loue. 1663. Cf. Cm. juste ; Cl. H. juste. 1664. cher] Cl.
clair. 1671. Cf. Cm. feutre ; Cl. H. feutre. 1675. Cm. H2. un ; le reste om. 1677. Cf. H.
l’effet. 1679. Tout apporté. // Cl. Cf. H. H2. quand que ; Cm. Éd. om. que. 1680. Cl.
om. ainsi. 1687. Cl. complète(!) ; Cf. comprende ; le reste comprehende. 1693. H.
écrit ; H2. écriture ; Cl. écris. 1694. Cl. par pensée ; le reste par-thynke. 1696. signes] Cl.
signes. 1700. tromperie] Cl. tromperies. 1702. Cl. Cf. H. om. allas. 1703. H2. Pirous ; Éd.
Pyrous ; H. Pirors ; Cl. Cf. Cm. Piros. 1704. Éd. Lequel ; le reste Which. 1708. lui] Cl.
ici ; Cf. H. son. // Cl. sacrifice. 1711. Cl. habitué ; Cf. H2. Éd. habitué ; H. habitué ; Cm.
habitué. 1713. Cf. Cm. travaillé ; Cl. H. travaillé. 1718. Cl. H. festivités ; Cf. H2.
festivités ; Cm. festivités ; (lire festivités). 1720. autour de lui] Cl. autour de lui.
1722. H. le plus frais ; Cl. le plus frais. 1723. Cl. om. 2e a. // stevene] H. neuene. 1725. Cl.
pénétrer profondément dans. 1731. Cl. seul. 1734. Cl. fait(!). 1738. Cf. H. Cm. Éd. jardin ; Cl.
jardinier. 1745. Cl. cheval. 1747. Cl. il lui plaît (à tort). 1748. Cl. Cf. tisser ; H.
tisse ; Éd. tisse ; H2. connais ; Cm. attache. // Cl. Cm. de ; H. Cf. Éd. et ; H2.
om. 1753. Cl. éléments ; Cf. H. éléments. 1755. Cf. H2. Éd. mote ; Cl. H. mot ; Cm.
peut-être. 1759. Cl. Constreyne. 1760. Cl. om. donc. // Cf. H. Éd. fiersly ; Cm. fersely ; H2.
fersly ; Cl. fraîchement. 1762. Cf. H. tard ; Cl. tard ; Cm. laisse ; Éd. laisse. 1767. H. Cf. entourer ;
Cm. entoure ; Cl. cherche ; Éd. cherche ; H2. cherysson. 1768. Cf. H. chemin ; Cl. chemin.
1769. tourner] Cl. cela suffit. 1770. Cl. autrement ; Cf. H. autrement. 1771. Cl. garder. 1774. Cl.
certainement. 1776. Cl. H. Cm. encre ; Éd. augmenter. 1779. Cl. om. il. 1780. Cf. bois ;
Cm. bois ; le reste porte. 1784. Cl. H2. vient ; le reste sont venus. 1787. Cl. Cf. H. tout ; le reste tout.
1794. Cl. haut ; Cf. H. heigh. 1797. Cm. ignorance ; Cl. ignorance ; Cf. ignorance ; le reste
ignorance. 1800. Cm. réel. 1801. Cl. Il lui plaît ; Cf. H. À lui plaise. 1804. Cf. Cm.
voulait ; Cl. H. voulait. 1805. Cf. H. Éd. fierté et colère ennuyeuses. 1807-1820. Perdu dans Cm.
1810. Dans] Cl. I. // Cf. H. supporter. 1815. Cl. service. 1816. Cl. maladie. 1818. sage] Cl.
sage. Colophon. D’après l’Éd. ; Cl. Cf. H. H2. placé à tort après le Livre IV, l. 28.

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LIVRE IV.
[Proémie.]

1. Mais en bref, puisque le temps passe,
Une telle joie dure, ô Fortune !
Elle semble la plus fidèle, quand elle veut construire,
Et sait si bien chanter sa chanson,
Qu’elle les attire et les mêle, tromperie commune ; 5
Et quand un homme est jeté hors de son cercle,
Alors elle rit et le rend plus misérable encore.

2. De Troïlus, elle prit son visage radieux
Pour le transformer en chose méprisable, et ne lui garda pas même la tête,
Mais le chassa complètement de la grâce de sa dame, 10
Et sur son cercle elle plaça Diomède ;
Cela fait que mon cœur commence à saigner,
Et maintenant ma plume, hélas ! avec laquelle j’écris,
Tremble de peur à l’idée de ce que je dois achever.

3. Car la façon dont Criseyde abandonna Troïlus, 15
Ou du moins, comment elle fut cruelle,
Est devenue le sujet de mon livre,
Comme l’ont écrit ceux dont je tiens mes informations.
Hélas ! qu’ils trouvent toujours des raisons
De parler de ses méfaits ; et s’ils mentent à son sujet, 20
Certes, ils devraient eux-mêmes subir la méchanceté.

4. Ô vous, trois filles de la Nuit, qui complétez sans fin la douleur,
Mégère, Alète, et aussi Thésyphoné ;
Toi, cruel Mars, père de Cyrène, 25
Aide-moi à bien composer ce livre,
Afin que la perte de vie et d’amour terrible
De Troïlus soit pleinement montrée ici.

Fin du proémie. Début du Quatrième Livre.

5. Comme je l’ai dit précédemment,
Les Grecs puissants, autour de la ville de Troie, 30
Espéraient que, lorsque Phébus brillerait

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Sur les remparts d’Hercule Lyoun,
Éctor, avec de nombreux chevaliers courageux,
Partit un jour combattre les Grecs,
Comme il avait l’habitude de leur infliger autant de dommages que possible. 35

6. Je ne sais pas combien de temps s’écoula entre
Cette décision et le jour du combat ;
Mais en un jour bien armé, lumineux et éclatant,
Éctor, ainsi que de nombreux guerriers valeureux,
Partirent, armés de lances et de grands arcs ; 40
Et sans plus tarder, ils arrivèrent sur le champ de bataille où les Grecs les attendaient.

7. Tout au long de cette longue journée, avec des lances acérées,
Des masses, des flèches, des épées, des massues mortelles,
Ils se battirent, abattant chevaux et hommes, 45
Et, à l’aide de leurs haches, ils broyaient les crânes.
Mais, à la dernière heure, pour être franc,
Le peuple de Troie fut tellement désorienté
Qu’il s’enfuit de nuit vers chez lui, face aux Grecs.

8. Ce jour-là, Anténor fut capturé, 50
Malgré Polydamas ou Monesteo,
Santippe, Sarpedon, Polynestor,
Polyte, ou encore le Troyen Ripheo,
Et d’autres encore, comme Phebuseo.
Ainsi, à cause de ce malheur, ce jour-là, le peuple de Troie 55
Redouta de perdre une grande partie de sa joie.

9. À la demande des Grecs, Priam accorda
Un délai de trêve ; et bien qu’ils aient l’intention de changer
Les prisonniers, peu à peu,
Et de payer de grosses rançons en plus. 60
Cela fut aussitôt organisé dans toutes les rues,
Dans les villes, partout,
Et dès le début, cela parvint jusqu’à Calcas.

10. Lorsque Calcas apprit que cette trêve devait avoir lieu,
Il se rendit en assemblée, parmi les Grecs, 65
Accompagné des anciens seigneurs,
Et il le plaça là, comme il en avait l’habitude ;
Et, le visage sombre, il leur ordonna, par amour pour Dieu, de montrer ce respect.

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Pour apaiser le bruit et lui accorder une audience. 70

11. Alors il dit ainsi : « Voici, mes seigneurs, j’étais
Troyen, comme on le sait de longue date ;
Et si vous vous en souvenez, je suis Calcas,
Celui qui, le premier, vous a consolés dans votre détresse,
Et vous a bien indiqué comment vous deviez agir. 75
Car, sans vous, en un instant,
Troye sera détruite et réduite en ruines. »

12. Et de quelle manière, ou par quel moyen
Vous voulez détruire cette ville et réaliser tous vos désirs,
Vous devez bien suivre mon plan ; 80
Cela, vous le savez, mes seigneurs, autant que je le sais.
Et comme les Grecs ne m’ont pas accordé autant de confiance,
je viens moi-même en personne,
Pour vous montrer comment il vaut mieux procéder ;

13. Ayant, pour ma part, ni trésor ni revenu 85
Aucune réponse, en raison de votre détresse.
Ainsi, j’ai perdu tout ce que j’avais et je l’ai donné à vous,
Espérant, mes seigneurs, vous plaire ainsi.
Mais toute cette perte ne me cause aucun chagrin.
Je jure, aussi sagement que je le peux, 90
De vous donner tout ce que j’ai à Troie,

14. Sauf une fille, que j’ai laissée, hélas !
Endormie chez elle, lorsque je quittai Troie.
Ô cruel père que j’étais !
Comment ai-je pu avoir un cœur si dur ? 95
Hélas ! Je ne l’avais pas emmenée avec moi !
À cause du chagrin, je ne veux pas vivre plus longtemps,
Mais — si vous, seigneurs, prenez pitié de mon chagrin.

15. Car, pour cette raison, je dis qu’il n’est plus temps maintenant
De la sauver ; j’ai retenu ma colère ;
Mais maintenant ou jamais, si cela vous convient,
Je pourrai certainement l’avoir bientôt.
Ô aide et grâce ! Au milieu de toutes ces prières,
Pitié pour ce vieil esclave dans le désespoir,
Car c’est à cause de vous que j’ai tant de souffrances ! 105

16. Vous l’avez maintenant capturée et enfermée en prison

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Les Troyens sont maintenant en péril ; et si c’est votre volonté,
Mon enfant pourra être racheté avec lui.
Aujourd’hui, par amour pour Dieu et pour la grâce,
Ô vous, si généreux, donnez-le-moi donc !
Pourquoi cette prière serait-elle vaine,
Si vous devez détruire à la fois le peuple et la ville ?

17. Au péril de ma vie, je ne mentirai pas :
Apollon me l’a dit fidèlement ;
Je l’ai également découvert par l’astronomie,
Par les présages et les signes certains,
Et je vois bien que le moment approche,
Où le feu et les flammes se répandront sur toute la ville ;
Ainsi, Troie sera réduite en cendres.

18. En effet, Phébus et Neptune tous deux,
Qui ont construit les murs de la ville,
Sont toujours très en colère contre le peuple de Troie,
Au point de vouloir le plonger dans le chaos,
En dépit du roi Laomédon.
Comme il refusait de leur payer leur salaire,
La ville de Troie sera mise au feu.

19. Continuant son récit, ce vieillard aux cheveux gris,
Modeste dans ses paroles et dans son regard,
Les larmes salées coulaient abondamment de ses yeux.
Il continua à demander de l’aide jusqu’à ce qu’,
Pour le soulager de sa grande douleur,
On lui donne Anténor, rien de plus.

20. Mais qui fut assez heureux, sinon Calchas ?
C’est lui dont les désirs le poussèrent
À partir en tant qu’émissaire,
Et il rapporta de nombreux trophées pour Anténor,
Afin de ramener chez eux le roi Pâris et Hécube ;
Et quand Priam envoya ses gardes,
Ils partirent directement vers Troie en tant qu’ambassadeurs.

21. La raison de leur venue ayant été expliquée, le vieux roi Priam
Convoya aussitôt son conseil,
Et je vous raconterai les résultats de cette réunion.

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Thembassadours fut finalement jugé, 145
La vue des prisonnières et tout ce besoin
Lui conviennent bien, et ils poursuivent leur route.

22. Ce Troilus était présent sur les lieux,
Lorsqu’on demanda Criseyde pour Antenor ;
À cause d’elle, son visage changea complètement, 150
Comme celui qui meurt sous le poids de ces paroles.
Mais bien sûr, il ne dit rien à ce sujet,
De peur que l’on ne devine ses sentiments ;
Il cacha sa douleur dans son cœur.

23. Et plein d’angoisse et de terreur effroyable, 155
Il attendait ce que les seigneurs voudraient décider ;
Et s’ils voulaient la donner, Dieu le veuille,
Il réfléchit alors à deux choses :
D’abord, comment sauver son honneur, et quel moyen
Il pourrait employer pour éviter cette vue ; 160
Il réfléchit rapidement à la façon dont tout cela pourrait se passer.

24. L’amour le poussa à tout faire pour la protéger,
Et préférait mourir plutôt qu’elle parte ;
Mais la raison lui dit, d’un autre côté :
« Sans son consentement, ne fais pas cela, 165
De peur qu’à cause de ton intervention elle ne devienne ta rivale,
Et dise que c’est à cause de ton intervention que votre amour est détruit, alors qu’avant on ne le savait pas. »

25. Il réfléchit donc au meilleur moyen :
Même si les seigneurs voulaient qu’elle parte, 170
Il attendrait avant de leur accorder ce qu’ils demandaient,
Et dirait d’abord à sa dame ce qu’ils envisageaient.
Et une fois qu’elle lui aurait exprimé son accord,
Alors il agirait également, même si le monde entier s’y opposait. 175

26. Éctor, qui connaissait bien les Grecs,
Sachant comment ils voulaient obtenir Criseyde pour Antenor,
Intervint aussitôt et répondit avec calme :
« Seigneurs, elle n’est pas prisonnière », dit-il ;
« Je ne sais pas qui a porté cette accusation, 180
Mais, de ma part, vous pouvez lui dire ceci :
Nous n’utilisons pas ici de femmes à vendre. »

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27. Le bruit des gens agités est plus fort que celui des autres,
Comme le crépitement de paille mise au feu ;
Car par malheur, pour leur propre perte,
Ils devraient désirer cette confusion.
« Hector », dirent-ils, « quelles nouvelles peux-tu nous apporter,
Pour protéger ainsi cette femme et nous nuire à nous,
À Anténor ? — C’est là une injustice que tu commets maintenant… »

28. Il est si sage, et en même temps si hardi seigneur,
Et nous avons besoin de gens, comme on peut le voir ;
Il est aussi le plus grand de cette ville ;
Ô Hector, laisse donc ces fantaisies !
Ô roi Priam, dirent-ils, c’est ce que nous disons :
Tous nos efforts doivent être dirigés vers Criseyde ;
Et pour libérer Anténor, ils prient.

29. Ô Juvénal, seigneur ! Ta sentence est juste,
Car les gens peu instruits ignorent ce qu’ils doivent faire,
Et ne trouvent pas dans leurs désirs de faute ;
Car un nuage d’erreur les empêche de discerner
Ce qui est le mieux ; et voici un exemple de cela.
Ces gens désirent maintenant la libération d’Anténor,
Celui qui les a menés au malheur !

30. Car il était venu en ambassade dans la ville de Troie ;
Hélas ! Ils l’ont abandonné à son sort ;
Ô monde cruel, voilà ta discrétion !
Criseyde, qui ne leur a jamais causé de tort,
Ne pourra plus désormais jouir de son bonheur ;
Mais Anténor rentrera dans sa ville,
Et elle devra partir ; c’est ce qu’ils disent ici.

31. Après délibération par le conseil,
On décida de livrer Criseyde à Anténor,
Et le président prononça sa décision :
Tous disaient qu’Hector devait refuser.
Finalement, quoi qu’on ait pu dire,
Cela fut inutile, il aurait fallu le faire,
Par décision du conseil.

32. Sorti du conseil, ce Troïlus, sans un mot de plus,
Se hâta seul vers sa chambre.

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Mais – s’il s’était agi d’un homme comme lui ou d’un autre,
qu’il avait envoyé partir en hâte,
car il voulait dormir, comme il disait,
et il le fit rapidement monter dans son lit.

33. Et comme en hiver les branches sont dépouillées,
une après l’autre, jusqu’à ce que l’arbre soit nu,
il ne reste plus que l’écorce et les branches brunes,
Ainsi Troïlus, dépouillé de tout bien-être,
est prisonnier de l’écorce noire des soucis,
son esprit envahi par la douleur,
la séparation de Criseyde le tourmentait tellement.

34. Il se leva, ferma toutes les portes
et chaque fenêtre ; et bien que cet homme affligé
se laissât tomber sur le côté de son lit,
pâle et épuisé comme une statue ;
dans sa poitrine, la douleur grandissait,
et il agissait ainsi dans sa solitude,
comme je vais vous le décrire.

35. Tout comme le tronc sauvage commence à bourgeonner
ici et là, se dirigeant vers le cœur,
et sa douleur grandit sans cesse,
de même il errait dans la chambre,
se frappant la poitrine de ses mains douloureuses ;
son esprit contre le mur, son corps au sol,
il se jetait souvent ainsi, pour se confondre lui-même.

36. Ses deux yeux, par pitié pour son cœur,
jaillissaient comme deux sources rapides ;
les sanglots violents de sa douleur
lui coupaient la parole, il ne pouvait parler,
« Ô mort, hélas ! pourquoi mes yeux ne voient-ils rien ?
Maudite soit la journée où la nature
m’a fait être une créature vivante ! »

37. Mais ensuite, quand la fureur et la colère
qui tordaient son cœur et le tourmentaient
s’apaisèrent un peu avec le temps,
il le fit monter dans son lit pour qu’il se repose ;
mais bien que sa douleur continuât de grandir,
c’est un miracle que son corps puisse encore tenir.

Page 401

Pour soulager cette douleur que j’éprouve.

38. Alors il dit ainsi : « Fortune ! Hélas, à jamais ! Que’ai-je fait, pourquoi ai-je ainsi péché ? Comment peux-tu me traiter de la sorte ? N’y a-t-il donc aucune pitié, et dois-je être ainsi anéanti ? Criseyde restera-t-elle toujours loin de moi, à cause de toi ? Hélas ! Comment peux-tu, dans ton cœur, trouver 265 la cruauté et l’inhumanité envers moi ? »

39. Ne t’ai-je pas honorée toute ma vie, comme tu le savais bien, plus que toutes les déesses ? Pourquoi veux-tu m’arracher ainsi la joie ? Ô Troilus, que peuvent bien dire les gens de toi maintenant, sinon qu’il es un misérable, tombé de l’honneur dans la misère, où je veux accompagner Criseyde, hélas ! jusqu’à ce que mon souffle s’éteigne ?

40. Hélas, Fortune ! Si ma vie avait été heureuse, sans provoquer ta vile jalousie, 275 pourquoi n’as-tu pas pris la vie de mon père, roi de Troie, ou fait mourir mes frères, ou me tué moi-même, afin que je puisse cesser de crier ainsi, moi, inutile au monde, condamné à mourir sans jamais vraiment mourir ? 280

41. Si seulement Criseyde était ma seule préoccupation, je ne m’opposerais pas à ce que tu veux ; mais elle aussi, hélas ! tu me l’as enlevée. Mais toujours, voilà ta manière : détruire celui qui lui est le plus cher, 285 pour exercer ta violente domination. Ainsi je suis perdu, aucune défense ne peut m’aider !

42. Ô véritable seigneur de l’amour, ô dieu, hélas ! Tu connais le mieux mon cœur et tous mes pensées. Que deviendra ma vie pleine de douleur dans cette situation, 290 si je renonce à ce que j’ai tant acquis ? Puisque toi, Criseyde et moi avons pleinement été placés sous ta grâce, et que nos cœurs t’appartiennent, comment peux-tu permettre, hélas ! que cela soit rejeté ?

43. Ce que je peux faire, je le ferai, tant que je pourrai tenir bon. 295

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Nous vivons dans la tourmente et dans une douleur cruelle,
Cette infortune ou ce malheur ;
Seul, comme je suis né, certes, complètement ;
Je ne verrai jamais le jour ni régner ;
Mais à la fin, comme Édipe, dans les ténèbres,
Je terminerai ma vie affligeante et mourrai dans la détresse.

44. Ô véritable esprit, qui vas et viens,
Pourquoi ne fuis-tu pas du corps le plus misérable
Qui ait jamais pu marcher sur terre ?
Ô âme, cachée dans cette misère affreuse,
Fuis de mon cœur et laisse-le respirer,
Et suis toujours Criseyde, ta dame là-bas ;
Ton vrai lieu n’est plus ici !

45. Ô deux yeux misérables, puisque votre plaisir
Était de voir les yeux brillants de Criseyde,
Que ferez-vous d’autre, pour mon malheur,
Que de rester inutiles et de verser des larmes ?
Puisqu’elle est belle, c’était votre devoir de briller ;
Ainsi j’ai eu deux yeux en forme de L,
Car votre vertu est partout présente.

46. Ô ma Criseyde, ô dame souveraine
De cette âme misérable qui crie ainsi,
Qui apportera maintenant du réconfort à la douleur ?
Hélas, personne ; mais quand mon cœur mourra,
Mon esprit, qui te désire tant,
Sois-le bienvenu, car il te servira ;
Car tu n’es pas abandonnée, même si le corps meurt.

47. Ô amoureux, qui êtes suspendus à la roue
De la Fortune, dans de bonnes aventures,
Que Dieu veuille que vous trouviez un amour solide,
Et que vous prolongiez longtemps votre vie dans la joie !
Mais quand vous passerez près de ma tombe,
Souvenez-vous que votre compagnon repose là ;
Car j’ai aimé aussi, bien que je fusse indigne.

48. Ô vieux homme malade et malheureux,
Calkas, c’est bien toi, hélas ! Qu’est-ce qui te pousse
À être Grec, alors que tu es né Troyen ?
Ô Calkas, qui veux être ma ruine,

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En temps maudit tu es né pour moi !
Comme l’aurait voulu le bonheur d’Amour, pour sa joie,
Que je te tienne où je voulais, à Troie !

49. Mille flèches, plus brûlantes que la flamme,
Sortirent de sa poitrine l’une après l’autre,
Apportant de nouvelles plaintes, pour nourrir sa douleur,
Si bien que ses pauvres entrailles ne purent jamais se reposer ;
Et bientôt, ses souffrances le déchirèrent tellement,
Qu’il ne ressentit ni joie ni consolation,
Mais erra dans un état de torpeur.

50. Pandare, qui avait entendu au conseil
Ce que disaient tous les seigneurs et bourgeois,
Et combien on était indigné, à l’unanimité,
Que Criseyde fût livrée à Antenor,
Perdit complètement la raison,
Si bien qu’à cause de sa douleur il ne savait plus ce qu’il pensait ;
Il alla alors trouver Troilus.

51. Un certain chevalier, qui gardait la porte de la chambre,
La lui ouvrit aussitôt ;
Et Pandare, pleurant amèrement,
Entra dans la sombre chambre, silencieux comme une pierre,
Et s’approcha doucement du lit,
Tellement confus qu’il ne savait pas quoi regarder ;
Car en vérité sa raison était près de disparaître.

52. Avec son cœur et son visage complètement déchirés,
De tristesse à cause de cela, les bras croisés,
Il se tenait là devant ce malheureux Troilus,
Et fixait son visage pitoyable ;
Mais, Seigneur, son cœur se refroidissait souvent,
En voyant son ami dans la douleur, dont la jalousie
Ralentissait son cœur, à cause de la détresse.

53. Ce malheureux, ce Troilus, qui vit
Son ami Pandare venir le voir,
Fondit comme la neige sous le soleil ;
Alors ce pauvre Pandare, plein de pitié,
Se mit à pleurer avec autant de tendresse que lui ;
Et ils parlèrent ainsi tous deux,
Sans pouvoir prononcer un mot de tristesse.

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54. Mais enfin, ce malheureux Troïlus,
Ne pouvant plus supporter la douleur, se mit à crier,
Et avec un cri affreux il dit ainsi,
Parmi ses sanglots et ses gémissements douloureux :
« Vois, Pandare, je suis perdu, sans espoir désormais.
N’as-tu rien appris au conseil ? » dit-il,
« Car Antenor est perdu, et ma Criseyde aussi ! »

55. Ce Pandare, le visage pâle et abattu,
Répondit avec compassion : « Oui !
Il vaudrait mieux que ce fût faux plutôt que vrai,
Que j’aie appris quelque chose, et que je sache tout ce qui s’est passé.
Ô Dieu, quelle misère ! Qui aurait pu croire cela ?
Qui aurait pu imaginer, en si peu de temps,
Que le destin renverserait notre bonheur ? »

56. Car dans ce monde, il n’y a aucune créature,
Pour ce qui me concerne, qui ait jamais vu une ruine
Plus grande que celle-ci, due au hasard ou au destin.
Mais qui peut éviter complètement le destin ?
Telle est cette vie ; c’est pourquoi je dis :
Ne compte sur personne pour trouver une véritable propriété dans le destin ; tout lui appartient déjà.

57. Dis-moi plutôt pourquoi tu es maintenant si fou
De te lamenter ainsi ? Pourquoi insister de cette façon,
Puisque tu as déjà obtenu tout ce que tu désirais,
Ainsi qu’il se doit, cela devrait suffire maintenant.
Moi, qui n’ai jamais connu, durant mon service,
Ni affection sincère ni regard bienveillant,
Laisse-moi pleurer et souffrir jusqu’à ma mort.

58. Et par-dessus tout cela, comme tu le sais bien,
Cette ville est pleine de femmes partout ;
Et, pour mon malheur, je trouverai, quelque part,
Deux ou trois plus belles que toutes les autres,
Sans aucun doute.
Rejois-toi donc, mon frère,
Si elle est perdue, nous en trouverons une autre.

59. Non, Dieu, que jamais aucune joie ne soit dans une chose
Et pas dans une autre !
Si l’un sait chanter, un autre sait bien danser.

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Si c’est beau, elle est joyeuse et légère ; 410
Et cela est beau, et cela peut vraiment bien faire.
Chacun, pour sa vertu, est retenu là-bas,
Tant l’hirondelle que le faucon près de la rivière.

60. Et aussi, comme l’a écrit Zanzis, qui était très sage :
« Le nouvel amour chasse souvent l’ancien ; » 415
Et de nouvelles circonstances font naître de nouveaux conseils.
Pense donc à te préserver toi-même ;
Sinon, par la suite, tu connaîtras une grande tristesse.
Car le péché n’est qu’un plaisir passager,
Quelque chose qui finira par être oublié. 420

61. Car tout comme le jour vient après la nuit,
Le nouvel amour, les peines ou toute autre affliction,
Ou même une simple apparition d’une personne,
Fait disparaître tous les anciens attachements.
Et, de ton côté, tu auras aussi à 425
Endurer la douleur de tes amères peines ;
Son absence la fera sortir de ton cœur.

62. Ces paroles il les dit pour consoler son ami,
Pour l’empêcher de mourir de chagrin.
Car sans aucun doute, pour soulager sa peine, 430
Il ne disait pas de paroles inutiles.
Mais Troilus, qui mourait de chagrin,
Ne prêtait guère attention à tout ce qu’il disait ;
Avant même de l’entendre, il l’avait déjà oublié :—

63. Mais enfin il répondit et dit : « Ami, 435
Cette ruse, ou plutôt cette façon de faire,
Serait appropriée, si j’étais un ennemi,
Pour la pousser à me rester fidèle !
Je prie Dieu que ce conseil ne t’atteigne jamais ;
Mais laisse-moi plutôt mourir ici tout de suite 440
Plutôt que de faire ce que tu voudrais que je fasse.

64. Elle que je sers, certes, comme tu le vois,
À qui mon cœur appartient de droit,
Me gardera toujours fidèle jusqu’à ma mort.
Car, Pandare, tant que j’ai confiance en elle, 445
Je ne veux pas être infidèle pour personne ;
Mais en tant que son homme, je veux vivre et mourir ainsi.

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Et jamais aucune autre créature ne servira.

65. Et là, tu verras, tu trouveras
Qu’elle est, quoi qu’il en soit, incomparable,
Aucune créature façonnée par la nature ne peut rivaliser avec elle.
Ô pauvre Pandare, pour conclure,
Je ne partage pas ton avis
À ce sujet ; c’est pourquoi je t’en supplie :
Retiens tes paroles ; tu m’assommes avec ta langue. 455

66. Tu me demandes d’aimer une autre,
Tout juste arrivée, et de laisser partir Criseyde !
Ce n’est pas en mon pouvoir, cher frère.
Et même si je le pouvais, je ne le ferais pas.
Mais peux-tu jouer au raquet, d’avant en arrière, 460
Y mettre des orties, les enlever, tantôt ceci, tantôt cela, Pandare ?
Maintenant, laisse-la tomber, à cause de ta maladresse !

67. Tu t’éloignes de moi, toi, Pandarus,
Comme celui qui, lorsqu’un homme est très affligé,
S’approche de lui et dit ainsi : 465
« Ne pense pas à la douleur, et tu te sentiras mieux. »
Tu devrais d’abord me transformer en pierre,
Et me faire oublier toutes mes passions,
Avant de minimiser ainsi ma souffrance.

68. La mort peut bien quitter ma poitrine 470
La vie aussi, tant que cette douleur restera en moi ;
Mais Criseyde sortira à jamais de mon âme ;
Elle descendra avec Proserpine,
Lorsque je serai mort, j’irai errer dans la douleur ;
Et là, je compléterai éternellement 475
Ma souffrance, et comment nous sommes liés l’un à l’autre.

69. Tu as ici avancé un argument, en apparence,
Pour dire qu’il faudrait laisser Criseyde partir, car elle était à moi,
Et vivre dans le bonheur et la félicité. 480
Pourquoi dis-tu alors à moi :
« Celui qui est privé de ce bonheur est pire
Que celui qui ne le connaissait pas ? »

70. Mais dis-moi maintenant, puisque tu penses ainsi légèrement

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Ô, pourquoi es-tu si épris, allant et venant sans cesse ? 485
Pourquoi n’as-tu pas utilisé toute ta force
Pour chasser celle qui te cause tant de douleur ?
Pourquoi ne la laisses-tu pas partir de ton cœur ?
Pourquoi n’aimes-tu pas une autre dame douce,
Qui pourrait apporter la paix à ton cœur ? 490

71. Si tu as déjà connu l’amour et que tu as échoué,
Et que tu ne peux pas chasser cela de ton cœur,
Moi, qui ai vécu dans le désir et le plaisir
Avec elle autant que le permet la vie,
Comment pourrais-je oublier cela et rester serein ? 495
Ô, où t’es-tu caché si longtemps,
Pour pouvoir argumenter si bien et avec tant de logique ?

72. Non, non, Dieu le sait, rien de tout cela n’a de valeur ;
Pour quoi que ce soit qui puisse arriver,
Sans un mot de plus, je veux agir. 500
Ô mort, fin de toutes les souffrances,
Viens maintenant, car je t’appelle souvent ;
Car assurément, la mort, c’est cela : être appelé, puis venir et mettre fin à la douleur.

73. Je sais bien pourquoi ma vie était paisible, 505
Avant que tu ne viennes, j’aurais même accepté de payer ;
Mais maintenant, ton arrivée est si douce pour moi,
Que dans ce monde, je ne désire rien d’autre.
Ô mort, puisque je brûle de douleur,
Fais-moi au moins boire de l’eau fraîche, 510
Ou éteins ma chaleur avec ton souffle froid !

74. Puisque tu dors ainsi, de diverses manières,
Ignorant sa volonté, jour et nuit,
Fais-moi ce service à ma demande :
Libère le monde, c’est ce qu’il convient de faire, 515
Pour moi, qui suis le plus malheureux des hommes ;
Car le moment est venu pour moi de mourir,
Puisque dans ce monde, je ne peux servir rien de juste.

75. Ce Troilus exprime ses sentiments avec tant de douceur,
Comme du vin extrait d’un alambic hermétiquement fermé ; 520
Et Pandarus garde le silence,
Baissant les yeux vers le sol.

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Mais naturellement, c’est ainsi qu’il pensa enfin :
« Que faire, par Dieu, plutôt que de voir mon ami mourir,
dois-je encore lui dire quelque chose ? » 525

76. Et il dit : « Ami, si tu es dans une telle détresse,
et si tu veux blâmer mes arguments,
pourquoi ne t’aides-tu pas toi-même à y remédier,
et ne laisses-tu pas toute cette colère derrière toi ?
Va la ravir, puisque tu n’oses pas par honte ! 530
Ou laisse-la quitter la ville,
ou retiens-la et abandonne ta mauvaise conduite. »

77. Tu es à Troie, et tu n’as pas le courage
de prendre une femme qui t’aime,
et qui voudrait elle-même être d’accord avec toi ? 535
N’est-ce pas là une vaine vanité ?
Lève-toi aussitôt, et arrête ces larmes,
et montre que tu es un homme, car en cette heure
je vais agir, ou bien elle restera avec nous. »

78. À cela, Troïlus lui répondit très doucement, 540
et dit : « Par Dieu, laisse mon frère tranquille,
j’ai moi-même déjà beaucoup réfléchi à tout cela,
et même plus que ce que tu imagines ici.
Mais pourquoi cette affaire est-elle retardée, tu le sauras bientôt ;
et quand tu m’auras accordé une audience, 545
alors tu pourras exposer tout ton jugement. »

79. D’abord, si tu savais que cette ville est plongée dans tous ces troubles
à cause du ravissement des femmes par la force,
on ne devrait pas me permettre de commettre une erreur,
comme c’est le cas maintenant, ni de commettre une telle injustice. 550
Je serais également blâmé par tous,
mon père aussi, s’il me voyait agir ainsi,
car elle est devenue un obstacle au bien de la ville.

80. J’ai même pensé, avec son consentement,
de demander sa main à mon père, avec sa grâce ; 555
mais alors je crains que ce soit une accusation contre elle,
car je sais bien que je ne pourrai pas l’obtenir.
Car mon père, dans une position si élevée
comme celle du parlement, a déjà refusé sa demande,
il ne reviendra certainement pas sur sa décision pour moi. 560

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81. Pourtant, je crains de troubler son cœur par la violence, si je joue ce jeu ; car si je voulais le troubler ouvertement, cela devrait être révélé à son nom. Et il vaudrait mieux pour moi la diffamer que de perdre mon honneur, 565 car Dieu ne le permettrait pas — si je devais préférer son honneur à ma propre vie !

82. Ainsi suis-je perdu, autant que je puis le voir ; car il est certain que, puisque je suis son chevalier, je dois préférer son honneur à moi-même 570 en toute circonstance, comme un amoureux le doit. Ainsi suis-je tourmenté par le désir et la raison ; désir de troubler son cœur, mais raison qui ne dit rien, tant mon cœur est affligé.

83. Pleurant ainsi sans pouvoir cesser, 575 il dit : « Hélas ! que vais-je devenir, malheureux ? Car je sens toujours grandir mon amour, et l’espoir diminue sans cesse, Pandare ! Plus grandit mon souci, plus mon cœur se serre ; alors pourquoi mon cœur ne se calme-t-il pas ? 580 Car, en amour, il n’y a guère de repos. »

84. Pandare répondit : « Ami, tu peux faire ce que tu veux pour moi ; mais si j’étais aussi passionné, et que tu sois dans la même situation, elle devrait venir avec moi ; même si toute la ville criait à ce sujet, 585 je ne prêterais aucune attention à tout ce bruit. Car quand les gens ont bien crié, ils veulent ensuite se calmer ; une telle chose ne s’est jamais produite en ville depuis neuf nuits. »

85. Ne te laisse pas abattre ainsi par la raison ni par les manières polies, mais aide-toi toi-même sans tarder ; 590 c’est mieux que de pleurer pour quelqu’un d’autre, surtout si vous êtes tous les deux ensemble. Lève-toi, car, à mon avis, elle ne partira pas ; et il vaut mieux être légèrement blâmé que de mourir ici comme une mouche, sans blessure. 595

86. Ce n’est ni honteux ni mal de retenir celle que tu aimes le plus. En vérité, elle pourrait te considérer comme un idiot.

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Laisse-le donc partir ainsi vers les Grecs.
Remercie la Fortune, comme tu le sais toi-même :
Elle aide l’homme courageux dans ses entreprises,
Et punit les lâches pour leur couardise.

87. Et bien que ta dame veuille un peu de réconfort,
Tu pourras assurément en obtenir plus tard ;
Mais quant à moi, certainement je ne peux pas supporter
Qu’elle le prenne ainsi, par méchanceté.
Pourquoi donc ton cœur tremblerait-il ?
Regarde comment Paris, qui est ton frère, a de l’amour ;
Pourquoi n’en aurais-tu pas aussi ?

88. Et Troilus, je te jure,
Que si Criseyde, qui est ta vie, t’aime autant que tu l’aimes,
Dieu m’aide, elle ne refusera pas,
Même si tu restes ici toute la journée dans ce malheur.
Et si elle veut te quitter,
Alors elle est fausse ; aime-la donc au moins une dernière fois.

89. Prends ton cœur et remercie, en véritable chevalier :
L’amour brise chaque jour toutes les lois.
Fais maintenant preuve de courage et de force,
Aie pitié de toi-même, sans crainte.
Ne laisse pas cette méchante douleur ronger ton cœur ;
Sois viril et affronte le monde ;
Et si tu meurs en martyr, va au ciel.

90. Je veux être avec toi dans cette mort,
Même si moi et tous mes proches, d’un seul coup,
Devons mourir comme des chiens,
Couverts de nombreuses blessures profondes et sanglantes.
En tout cas, je veux avoir un ami à mes côtés.
Et si tu veux mourir ici comme un lâche,
Adieu ! Que le diable emporte celui qui le souhaite !

91. Troilus fut ému par ces paroles,
Et dit : « Ami, accorde-moi ta pitié, j’accepte ;
Mais certainement tu ne dois pas me tourmenter ainsi,
Ni me faire souffrir, car, pour aucune raison, ce n’est pas mon intention ;
En bref, même si je devais mourir… »

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Pour la séduire, certes, mais seulement si elle le veut elle-même.

92. « Eh bien, c’est ce que je fais », dit Pandare, « encore aujourd’hui. Mais dis-moi alors, l’as-tu bien tentée, pour qu’elle soit si triste ? » Et il répondit : « Non. » 640
« D’où viens-tu donc », dit Pandare, « pour ne pas savoir qu’elle sera fort mécontente si on cherche à la séduire, à moins que Jupiter ne te l’ait dit en secret ?

93. Car lève-toi aussitôt, comme si de rien n’était, 645
lave ton visage et va voir le roi, sinon il se demandera où tu es allé. Tu dois avec sagesse le tromper lui et les autres ; sinon, au pire, il pourrait envoyer des gens à ta poursuite avant que tu ne partes ; et vite, mon frère, 650
sois heureux et laisse-moi m’occuper de cette affaire.

94. Car je vais arranger les choses de telle sorte que, certainement, cette nuit, d’une manière ou d’une autre, tu pourras parler avec ta dame ; et par ses mots, et par son amour, 655
tu comprendras parfaitement toute son intention, et dans ce cas, la meilleure ; et maintenant, adieu, car je m’en vais. »

95. La rapide Rumeur, qui rapporte les fausses nouvelles aussi bien que les véritables, 660
courut à travers Troie avec des ailes rapides d’un homme à l’autre, répandant cette nouvelle : comment la fille de Calcas, par sa beauté éclatante, lors d’une entrevue, sans un mot de plus, fut échangée contre Anténor. 665

96. Dès qu’elle entendit cette histoire, Criseyde, qui avait appris la vérité sur son père, comme dans ce cas, rien du tout, même après sa mort, supplia vivement Jupiter de lui infliger le malheur causé par cette trahison. 670
Mais bientôt, de peur que ces rumeurs ne se confirment, elle n’osa le demander à personne, par crainte.

97. Comme celle dont le cœur et toute l’esprit

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On vit Troilus si profondément épris d’elle,
Que tout ce monde ne pouvait délier son amour,
Ni chasser Troilus de son cœur ;
Elle voulait lui appartenir, tant que sa vie durait.
Et ainsi brûlait-elle à la fois d’amour et de douleur,
Au point de ne pas savoir quoi faire de mieux.

98. Mais comme on le voit en ville et partout autour,
Les femmes utilisent des amies pour se rendre visite,
Ainsi, pour une joie pitoyable, des femmes vinrent voir Criseyde
Pour partager leur plaisir ;
Et avec leurs récits, qui étaient autant de fables,
Ces femmes, qui habitaient en ville,
Les firent asseoir et dirent ce que je vais raconter.

99. La première dit : « Je suis vraiment heureuse,
À cause de vous, que votre père verra. »
Une autre répondit : « Non, je ne le pense pas ;
Car elle est rarement parmi nous. »
La troisième ajouta : « J’espère qu’elle
Nous apportera du bonheur de tous côtés,
Afin que, quand elle partira, Dieu tout-puissant la guide ! »

100. Malgré ces paroles et ces comportements féminins,
Elle les écoutait comme s’ils étaient réels ;
Car, Dieu le sait, son cœur était ailleurs,
Bien que son corps fût assis parmi eux.
Son attention était toujours ailleurs ;
Car Troilus cherchait ardemment son âme ;
Sans mot dire, elle pensait constamment à lui.

101. Ces femmes, qui cherchaient ainsi à se plaire,
Passaient tout leur temps à parler ;
Une telle vanité ne pouvait manquer d’exister en elles,
Comme celle-ci, qui, pendant tout ce temps, brûlait
D’un autre sentiment que celui qu’elles exprimaient,
Au point que son cœur semblait presque mourir
De tristesse et de dégoût envers cette compagnie.

102. Elle ne put plus retenir ses larmes,
Elles montèrent donc jusqu’à ses yeux,
Aussi bien que les signes de la douleur amère
Dans laquelle son esprit demeurait constamment.

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Se souvenant d’elle, du ciel où elle était tombée en enfer, puisqu’elle avait perdu la vue de Troïlus, et elle le voyait avec tristesse.

103. Et ces folles assises autour d’elle se mirent à pleurer amèrement, car elle devait quitter ce lieu et ne plus jamais jouer avec elles. Ceux qui l’avaient connue autrefois la voyaient pleurer ainsi et le prenaient pour de la bonté ; chacun d’eux pleurait aussi à cause de sa détresse.

104. Ils s’empressèrent de la consoler, Dieu sait avec quoi, chose à laquelle elle pensait peu ; ils changeaient ses pensées par leurs histoires et cherchaient souvent à la réjouir. Mais c’était comme si un chien la tourmentait, pour la faire souffrir sans raison !

105. Mais après toute cette vaine gentillesse, ils prirent congé d’elle et partirent tous. Criseyde, pleine de triste compassion, monta dans sa chambre, hors de la salle, et se jeta sur son lit, décidée à ne plus se relever ; et c’est ainsi qu’elle agit, comme je vais vous le raconter.

106. Autour d’elle, ses cheveux, autrefois brillants, étaient emmêlés ; elle se blessait souvent avec ses doigts longs et fins, maudissant Dieu, et voulant mourir. Ses cheveux, autrefois clairs, étaient maintenant pâles, témoins de sa douleur et de son affliction ; et c’est ainsi qu’elle parlait, sanglotant, dans ses plaintes :

107. « Hélas ! » disait-elle, « hors de cette région, moi, pauvre malheureuse et infortunée, née sous une mauvaise constellation, je dois partir et quitter mon chevalier ; hélas ! quelle honte que ces jours où je l’ai vu pour la première fois de mes deux yeux, qui causent à moi et à lui toute cette souffrance ! »

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108. Ainsi, les larmes coulèrent de ses yeux à flots ;
Fille malheureuse, comme il se doit en avril, pleine de douleur ;
Elle offrit sa poitrine blanche, et pour son chagrin
Après la mort elle pleura mille fois ;
Puisque celui qui devait apaiser sa douleur refusa,
Elle ne put partir ; à cause de ce malheur 755
Elle se considéra comme une créature perdue.

109. Elle dit : « Que va-t-il devenir, et moi aussi ?
Comment pourrais-je vivre, si je suis séparée de lui ?
Ô cœur unique que j’aime tant,
Qui portera ce chagrin que tu ressens ? 760
Ô Calkas, père, tout cela est ta faute !
Ô mère ma, qui t’appelais Argyve,
Hélas, ce jour où tu m’as laissée en vie ! »

110. À quel but vivrais-je ainsi, dans la tristesse ?
Comment un poisson pourrait-il survivre sans eau ? 765
Quelle valeur a Criseyde, par rapport à Troilus ?
Comment une plante ou un être vivant
Pourrait-il vivre sans sa race ni sa nourriture ?
C’est pourquoi on dit souvent ici :
« Les enfants morts n’ont pas de fils vivants. » 770

111. Je ferai ainsi : ni épée ni flèche
Ne seront en mon pouvoir, à cause de la cruauté ;
Le jour où je vous quitterai,
Si le chagrin n’est pas ma perte,
Alors ni nourriture ni boisson ne entreront en moi 775
Jusqu’à ce que j’arrache mon âme de ma poitrine ;
Et c’est ainsi que je veux me donner la mort.

112. Et, Troilus, toutes mes vêtements
Doivent rester noirs, en signe, ô doux cœur,
Que je suis déjà hors de ce monde, 780
Et que vous devez trouver la paix ;
Et selon mes ordres, jusqu’à ma mort,
La tristesse et l’abstinence seront constantes
En votre absence.

113. Mon cœur et cet esprit malheureux en lui 785
Resteront avec votre esprit pour toujours,
Car ils ne seront jamais séparés.

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Car bien que sur terre nous soyons deux jumeaux,
Cependant, dans le champ de la pitié, hors de douleur,
Ce haut Élysée, nous devrions y être ensemble, 790
Comme Orphée et Eurydice, eux aussi ensemble.

114. Ainsi mon cœur, pour Anténor, hélas !
Mon fils changera, comme je le pensais.
Mais comment pourrez-vous supporter cette tristesse,
Comment votre cœur tendre pourra-t-il l’endurer ? 795
Mais mon cœur, malgré cette tristesse et cette peine,
Et moi aussi ; car, en vérité, pour vous voir heureux,
Je ne veux pas mourir.

115. Comment pourrait-on jamais raconter ou chanter
La plainte qu’elle exprima dans son désespoir ? 800
Je ne sais ; mais, quant à moi, ma petite langue,
Si je voulais décrire sa douleur,
Elle rendrait sa peine moins grande
Que ce qu’elle est, et déformerait enfantinement
Sa profonde plainte ; c’est pourquoi je m’abstiens. 805

116. Pandare, que Troïlus envoya
À Criséis, comme vous l’avez entendu dire,
C’était pour le mieux, ainsi fut décidé,
Et il fut très heureux de lui rendre ce service,
À Criséis, en secret, 810
Là où elle gisait dans la souffrance et la colère,
Pour lui transmettre fidèlement son message.

117. Et elle se traitait elle-même avec tant de pitié ;
Avec ses larmes salées,
Sa poitrine et son visage étaient complètement mouillés ; 815
Ses longs cheveux dorés, non attachés, pendaient autour de ses épaules ;
Ce qui était vraiment le signe d’un martyre
De mort, que son cœur désirait ardemment.

118. Lorsqu’elle le vit, elle cacha aussitôt, de tristesse, 820
Son visage entre ses bras ;
C’est pour cela que Pandare est si affligé,
Qu’il ne pouvait rester dans la maison,
Tant il ressentait de pitié de tous côtés.
Car si Criséis avait déjà pleuré amèrement, 825

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Même si son cœur était plein mille fois encore.

119. Et dans sa plainte amère, elle dit :
« Pandare, premier des plaisirs, plus que deux,
Fut la cause pour moi, Criseyde,
De ce qui est maintenant devenu une douleur cruelle. 830
Où puis-je te dire “bienvenue” ou non,
Celui qui m’a d’abord mise au service
De l’amour, hélas ! qui finit ainsi ? »

120. L’amour finit-il donc en douleur ? Toi, ou les hommes mentent !
Et tout bonheur mondain, à mon avis, 835
La fin du bonheur est la tristesse qui le remplace ;
Et celui qui ne croit pas que c’est ainsi,
Que Dieu le voie sur moi, malheureux misérable,
Me haïr lui-même, et ma naissance aussi,
Sentant toujours que je vais de mal en pis. 840

121. Celui qui me voit voit partout la tristesse,
La douleur, le tourment, la plainte, la peine, le désespoir.
De mon corps misérable il n’y a que du mal,
Comme l’angoisse, la lassitude, l’amertume cruelle,
L’agitation, la douleur, la terreur, la fureur et toutes ces souffrances. 845
Je crois, vraiment, que la reine céleste,
A pitié de ma douleur amère et cruelle ! »

122. « Et toi, ma sœur, pleine de détresse, »
dit Pandare, « que veux-tu faire ?
Pourquoi ne te donnes-tu pas quelque réconfort, 850
Pourquoi te ruines-tu ainsi, hélas ?
Laisse tout cela et écoute maintenant
Ce que je vais dire, en bonne intelligence,
Ceci, que ton Troilus t’a envoyé par moi. »

123. Criseyde fut déchirée, une douleur si grande 855
Qu’on aurait dit qu’elle allait mourir : —
« Hélas ! » dit-elle, « quelles nouvelles peux-tu apporter ?
Que veut mon cœur endolori me dire,
Que je crains de jamais revoir ?
Dois-je avoir des plaintes ou de la tristesse, ou bien partir ? 860
Je n’en ai déjà plus, s’il m’envoie encore ! »

124. On voyait bien cela sur son visage.

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Comme ce spectre que les hommes voient assis ;
Son visage, semblable à l’image du Paradis,
Avait été complètement transformé en une autre forme. 865
La gaieté, le rire que l’on avait coutume de trouver en elle,
Et aussi sa joie, tout le monde les avait fuies,
Et ainsi Criseyde est maintenant toute seule.

125. Autour de ses yeux deux anneaux pourpres
Serraient, en signe évident de sa douleur, 870
Si fort qu’il était difficile de les supporter ;
C’est pourquoi Pandare ne pouvait retenir
Les larmes de ses yeux pour ne pas pleurer.
Mais bien sûr, autant qu’il le pouvait, il dit
Ces paroles de Troilus à Criseyde. 875

126. « Vois, ma nièce, je crois que tu as entendu comment
Le roi, avec d’autres seigneurs, pour le mieux,
A fait chercher Antenor et toi,
Ce qui est la cause de cette tristesse et de cet trouble.
Mais comment cette affaire tourmente Troilus, 880
Cela, nul langage humain ne peut le dire ;
Car vraiment, son esprit est toujours dans la peine.

127. À cause de cela, lui et moi avons tant souffert,
Jusqu’à ce que nous soyons presque esclaves ;
Mais grâce à mes conseils, enfin, 885
Il s’est un peu retiré de ses larmes.
Et il me semble qu’il désire passer la nuit avec toi,
Pour trouver un remède à cela, s’il en existe un.

128. Voilà, en bref et clairement, le sens de mon message, 890
Autant que mon intelligence peut le comprendre.
Toi, qui es tourmentée par une telle colère,
Tu peux comprendre sans plus de délai ;
Et ensuite tu pourras lui répondre.
Et, par amour pour Dieu, ma nièce chérie, 895
Laisse donc ce malheur être loin de Troilus ici. »

129. « Grande est ma douleur », dit-elle, le visage triste,
Comme celle qui ressent une souffrance aiguë ;
« Mais pourtant, sa peine est encore bien plus grande pour moi,
Car je l’aime plus qu’il ne s’aime lui-même, je pense. 900 »

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Hélas ! M’a-t-il donc tant d’amertume réservée ?
Peut-il ainsi, de manière si douloureuse, me compléter ?
Oui, cette tristesse double toute ma peine.

130. C’est pénible pour moi, Dieu le sait, de souffrir ainsi ;
Mais pour moi, c’est encore plus difficile
De voir cette tristesse en lui ;
Car je sais bien que cela sera ma perte ;
Et je mourrai certainement, même si elle dit :
« Mais fais-le venir, sinon je meurs, car il me menace ainsi,
Chasse ce démon qui réside dans mon cœur. » 910

131. Ayant prononcé ces mots, elle prit ses deux bras
Et se mit à pleurer amèrement.
Alors Pandare dit : « Hélas ! Pourquoi agis-tu ainsi,
Puisque tu sais bien que le moment approche,
Que lui viendra ? Lève-toi vite,
Afin qu’il ne te trouve pas ainsi en larmes,
Mais tu dois chasser cette idée de son esprit ! »

132. Car s’il savait que tu souffres de cette façon,
Il voudrait mourir lui-même ; et si j’essayais
De faire cela, il ne viendrait pas ici,
Même avec tout le bien que Priam pourrait offrir.
Je sais bien quel prétexte il inventerait aussitôt ;
Cependant, je vois bien que, soit tu laisses cette tristesse, soit il mourra vraiment.

133. Et si tu veux abréger sa tristesse, 925
Ne cherche rien d’autre que la nécessité ;
Préfère plutôt lui donner une raison de calme plutôt que de trouble,
Et avec sagesse, apaise ses peines.
À quoi bon pleurer sans fin,
Ou même vous noyer toutes deux dans des larmes salées ? 930
Il vaut mieux un temps de guérison qu’un temps de plaintes.

134. Voici ce que je propose : quand je l’amènerai caché,
Si vous êtes sages et que vous soyez d’accord toutes les deux,
Organisez votre départ de manière à ne pas le déranger,
Ou revenez après votre départ. 935
Les femmes sont sages lorsqu’elles agissent avec prudence ;
Montrez maintenant comment votre intelligence pourra être utile ;
Et ce que je pourrai aider, cela ne manquera pas d’arriver.

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135. « Va », dit Criseyde, « et, mon oncle, en vérité,
Je ferai tout mon possible pour me retenir
De pleurer devant lui ; avec effort,
Je ferai tout mon possible pour le consoler,
Et dans mon cœur je chercherai chaque issue ;
S’il existe un remède à cette douleur,
Il ne manquera certainement pas de ma part. » 945

136. Il alla chercher Pandare et Troïlus,
Jusqu’à ce qu’il le trouve seul dans un temple,
Comme celui qui ne souffrait plus dans la vie ;
Mais il supplia avec grande tendresse la déesse miséricordieuse,
Et offrit ses prières, 950
Pour qu’elle lui envoie un fils afin qu’il quitte ce monde ;
Car il pensait bien qu’il n’y avait pas d’autre grâce.

137. Et bientôt, pour voir un peu de réconfort,
Il tomba ce jour-là dans un tel désespoir
Qu’il le souhaita vraiment mort. 955
Car telle était toujours sa façon de raisonner :
Il disait : « Je ne suis qu’un perdu, un misérable !
Car tout ce qui arrive vient de la nécessité ;
Être perdu, c’est mon destin. »

138. « Car en vérité, je sais bien cela », disait-il, 960
« Que la prévoyance divine
M’a toujours destiné à quitter Criseyde,
Car Dieu voit tout, sans aucun doute,
Et, par son ordre, il dispose
Que tout se produise selon leurs mérites, 965
Comme il doit arriver par prédétermination. »

139. Mais hélas ! qui vais-je laisser derrière moi ?
Car il y a de grands savants nombreux,
Qui expliquent le destin par des raisonnements ;
Et certains disent qu’il n’y a jamais de midi ;
970
Mais que le libre choix nous appartient à tous.
Ah, malheur ! les anciens savants sont si trompeurs
Que je ne sais quelle opinion suivre.

140. Car certains disent que, si Dieu a tout décidé d’avance,
Dieu ne peut être trompé, mon ami, 975
Alors même que les hommes auraient juré le contraire.

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Cette disposition a été déterminée d’avance.
C’est pourquoi je pense que, depuis l’éternité, s’il a su avant même nos pensées et nos désirs, nous n’avons pas de libre choix, comme le disent ces clercs. 980

141. En effet, aucune autre pensée ni aucun autre désir ne pourraient jamais exister, si ce n’est tels que cette disposition l’a fixé ; celle-ci ne peut jamais être trompée, elle a été déterminée d’avance, sans ignorance. Car s’il pouvait y avoir une variation pour échapper à la disposition divine, il n’y aurait alors aucune préscience des choses à venir ;

142. Mais ce serait plutôt une opinion incertaine, et non une certitude ferme ; et assurément, ce serait un abus que Dieu n’ait pas une connaissance parfaitement claire, plus que nous, hommes qui avons des connaissances incertaines. Mais imputer une telle erreur à Dieu serait faux, impie et une grande corruption.

143. C’est là aussi l’opinion de certains qui ont atteint le sommet de la hauteur et de la perfection ; ils disent justement que quelque chose ne viendra pas parce que la préscience a déjà dit qu’il viendrait ; mais ils affirment que, précisément parce qu’il viendra, la disposition le sait d’avance, sans ignorance ;

144. Et de cette manière, cette nécessité revient à son contraire. Car il n’est pas nécessaire que les choses qui sont ainsi déterminées arrivent effectivement ; mais, selon eux, il est nécessaire que toutes celles qui arrivent soient précisément déterminées ainsi.

145. Il me semble que j’efforce ici de découvrir quelle chose est la cause de quelle autre ; c’est-à-dire si la préscience de Dieu est la cause certaine de la nécessité des choses qui doivent arriver, ou si c’est la nécessité même de l’arrivée des choses…

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À cause de la certitude de l’approvisionnement. 1015

146. Mais maintenant je ne m’efforce pas de montrer
Comment l’ordre des causes se trouve ; mais je sais bien
Que il est nécessaire que la chute
Des choses soit connue à l’avance avec certitude,
Même si cela ne signifie pas pour autant 1020
Que la prescience rende nécessaire la chute
Des événements à venir, qu’ils soient mauvais ou bons.

147. Car s’il y a un homme là-bas sur une mer,
Alors il est nécessaire, assurément, que ton opinion soit vraie, 1025
C’est-à-dire que tu penses ou supposes qu’il est là ;
Et de même, en sens inverse, c’est exactement pareil,
Voici : (écoute, car je ne veux pas tarder) :

148. Je dis que si ton opinion 1030
Est vraie, du fait qu’il est là, alors je dis ceci :
Il ne doit pas être là par nécessité ;
Ainsi, la nécessité existe dans les deux cas.
Car chez lui il y a le besoin d’être là, certes,
Et chez toi le besoin que ton opinion soit vraie ; ainsi donc, 1035
La nécessité doit exister chez vous deux.

149. Mais tu peux dire que l’homme n’est pas là parce que
ton opinion affirme qu’il est là ;
Mais plutôt, parce que l’homme est là d’abord,
c’est pourquoi ton opinion est vraie, certes. 1040
Et je dis que, bien que la cause de la vérité de cela
vienne de son état de présence, la nécessité
est impliquée, tant chez lui que chez toi.

150. Ainsi, de la même manière, à partir du doute,
Je peux bien, me semble-t-il, 1045
Fonder ma réflexion sur l’approvisionnement divin,
Et sur les choses qui vont arriver ;
Grâce à quoi les gens peuvent bien voir
Que toutes ces choses qui tombent sur terre
Viennent nécessairement ainsi. 1050

151. Car, bien que, pour que quelque chose arrive, certes…

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Ainsi donc, il est assurément fourni,
C’est certainement pour cela qu’il est fourni :
Mais bien sûr, il est absolument nécessaire
Que la chose à venir soit fournie, en vérité ; 1055
Sinon, les choses qui sont fournies
Seraient contraintes par la nécessité.

152. Et cela suffit amplement, en vérité,
Pour anéantir notre libre choix à jamais.—
Mais maintenant, il est abusif de dire 1060
Que la chute des choses temporelles
Est cause de la préscience éternelle de Dieu.
En vérité, c’est une affirmation fausse,
Que la chose à venir doive être cause de sa préscience.

153. Que pourrais-je penser, si j’avais une telle idée, 1065
Si ce n’est que Dieu fournit la chose à venir
Parce qu’elle doit venir, et rien d’autre ?
Je pourrais alors penser que toutes les choses,
Qui ont déjà eu lieu ou surviendront,
Sont cause de cette providence souveraine, 1070
Afin que tout soit connu sans ignorance.

154. Et par-dessus tout cela, je dis encore ceci :
De même que lorsque je sais qu’il y a une chose,
Cette chose ne peut absolument pas être autrement ;
De même, lorsque je sais qu’une chose va arriver, 1075
Elle ne peut pas ne pas arriver ; ainsi, les événements
Qui étaient connus avant leur temps
Ne pouvaient être évités d’aucune manière.’

155. Alors il dit ainsi : « Puissant Amour sur ton trône,
Toi qui connais la vérité de toute cette affaire, 1080
Apaise ma douleur, ou donne-moi un fils,
Ou ramène Criseyde et moi hors de cette détresse. »
Et tandis qu’il était plongé dans cette affliction,
Se disputant avec lui-même à ce sujet,
Pandare entra et dit ce que vous pouvez entendre ici. 1085

156. « Ô dieu puissant », dit Pandare, « sur ton trône,
Qui a jamais vu un sage agir ainsi ?
Hé, Troilus, que veux-tu donc faire ?
As-tu tant de désir de devenir ton propre maître ? »

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Quoi donc, par Dieu, Criseyde n’est-elle pas partie ! 1090
Pourquoi te désires-tu tant à ta perte,
Au point que tes yeux vers elle répandent leur semence ?

157. N’as-tu pas vécu de nombreuses années sans elle,
Et t’en es-tu fort bien porté ?
Es-tu né uniquement pour elle et pour personne d’autre ? 1095
T’a-t-elle fait naître seulement pour sa satisfaction ?
Laisse cela, et remercie-toi ainsi dans ton chagrin.
Car, comme les destins tombent selon leur cours,
Ainsi aussi, en amour, viennent et partent les joies.

158. Et pourtant c’est là le plus grand des miracles : 1100
Pourquoi te plains-tu ainsi, puisque tu ne sais pas encore,
Quant à son départ, comment cela arrivera,
Ni si elle pourra elle-même l’empêcher.
Tu n’as pas encore éprouvé toute son intelligence.
Un homme peut, au moment voulu, se protéger 1105
Lorsque le danger survient, et alors se lamenter.

159. Car garde-toi de ce que je vais dire ;
J’ai parlé longtemps avec elle,
Comme il avait été convenu entre nous deux.
Et toujours je pense qu’elle 1110
A quelque chose dans son cœur qui la protège,
Grâce auquel, si je m’y prends bien,
Elle pourra tout changer, ce qui te cause tant de peine.

160. C’est pourquoi mon conseil est : quand la nuit tombera,
Va la voir et mets fin à tout cela ; 1115
Et la bienheureuse Junon, par sa grande puissance,
Enverra, j’espère, sa grâce vers nous.
Mon cœur dit : « Certainement, elle ne changera pas d’avis ; »
Donc, repose ton cœur un instant ;
Et garde cette résolution, car c’est la meilleure. » 1120

161. Troilus répondit, visiblement affligé :
« Tu dis vrai, et je ferai ainsi ; »
Et ce qu’il entendit, il le répéta encore.
Et quand vint l’heure de partir,
Il se rendit chez elle, seul, comme à son habitude ;
Et comment ils agirent, je vous le raconterai bientôt.

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162. Ainsi, quand ils allèrent d’abord se rencontrer,
La douleur tordit leurs cœurs à tel point
Que l’un et l’autre ne pouvaient plus souffrir,
Mais ils s’enlacèrent en armes, puis s’étreignirent.
La plus malheureuse des deux ne savait
Où il était, et ne pouvait prononcer un mot,
Comme je l’ai dit, à cause de sa douleur et de ses sanglots.

163. Bien que les larmes qu’ils laissèrent couler
Soient plus amères que toute autre sorte de larmes,
À cause de la douleur, comme l’aloès ou la galle.
Aucune larme n’est aussi amère, à ce que je sais,
Que celles de la pauvre Myrrhe à travers son écorce.
En ce monde, il n’y a pas de cœur si dur
Qui ne se briserait sous la douleur.

164. Mais quand leurs deux âmes affligées
Retournèrent là où elles devaient rester,
Et que la douleur, avec le temps, s’apaisa
Grâce aux plaintes incessantes, ainsi que grâce au réconfort
De leurs larmes, et au cœur qui se calma,
Avec une voix brisée, pleine de crainte, Criseyde
Dit ces mots à Troilus :

165. « Ô Jupiter, je meurs, je t’en supplie, aie pitié !
Aide-moi, Troilus ! » Et aussitôt elle posa son visage
Sur sa poitrine, et perdit la parole ;
Son esprit affligé s’éloigna de lui,
Sous l’effet de ces mots, toujours prêt à partir.
Et ainsi elle resta, pâle et verdâtre,
Si triste et belle à voir.

166. Ce Troilus, qui l’aimait tant,
L’appelant par son nom (et elle restait immobile,
Sans répondre, sentant ses lèvres froides,
Ses yeux levés vers le ciel),
Ce malheureux ne pouvait rien faire d’autre
Que de baiser souvent ses lèvres froides ;
Il souffrait beaucoup, Dieu et lui-même le savaient !

167. Il la souleva et la tint longtemps dans ses bras ;
Pour trouver un signe de vie, quoi qu’il puisse ou doive faire,
Il ne trouva rien chez Criseyde.

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Car sa chanson est souvent « weylaway ! »
Mais quand il vit qu’elle gisait sans vie,
Avec une voix pleine de douleur et le cœur dépourvu de joie,
Il dit qu’elle avait quitté ce monde !

168. Après l’avoir longtemps pleurée,
Il maudit ses chiens, disant que c’était à prévoir,
Et de ses larmes salées il baigna sa poitrine,
Puis, les larmes coulant abondamment,
Il pria avec compassion pour son âme,
Et dit : « Ô Seigneur, assis sur ton trône,
Pardonne-moi, car je suivrai son fils ! »

169. Elle était froide et sans vie,
D’après ce qu’il savait, il n’y avait plus de souffle en elle ;
Et cela fut pour lui une preuve évidente
Qu’elle avait quitté ce monde depuis longtemps ;
Et quand il vit qu’il n’y avait plus aucun signe de vie,
Il vêtit son corps de telle manière
Que l’on met aux morts.

170. Ensuite, avec un cœur dur et cruel,
Il tira son épée de son fourreau,
Se blessant lui-même, tant la douleur était grande,
Afin que son âme puisse rejoindre la sienne,
Comme le destin de Mynes le voulait ;
Mais l’amour et la cruelle Fortune ne le permirent pas,
Il ne devait pas vivre plus longtemps en ce monde.

171. Alors il dit, plein de profonde tristesse :
« Ô amour cruel, et toi, Fortune hostile,
Vous avez tous deux tué Criseyde de manière infâme,
Et même si vous ne pouvez rien me faire de pire,
Cessez vos actes si divers et cruels !
De cette façon lâche, vous ne m’emporterez jamais ;
Aucune mort ne me séparera de ma bien-aimée.

172. Car, même si vous l’avez tuée ainsi dans ce monde,
Je partirai et suivrai son esprit, là-haut ou en bas ;
Nul amant ne dira jamais que Troilus
Ne peut, par amour, mourir avec sa dame ;
Car certainement, je veux rester à ses côtés.
Mais si vous ne voulez pas nous permettre de vivre ici,

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Pourtant, que nos âmes souffrent bien cruellement.

173. Et toi, citoyenne, que je laisse dans la douleur,
Et toi, Priam, et tous tes frères, cruellement,
Et toi, ma mère, adieu ! car je m’en vais ;
Et Atropos, prépare mon deuil !
Et toi, Criseyde, ô cœur doux ici,
Reçois maintenant mon esprit ! voulait-il dire,
Avec l’épée au cœur, prêt à mourir.

174. Mais comme Dieu le voulut, elle s’arrêta là,
Et se mit à pleurer, et cria : « Troilus » ;
Il répondit : « Ma dame Criseyde,
Vivez-vous encore ? » et il laissa tomber son épée.
« Toi, mon cœur, que Cupidon a béni ! »
Elle dit cela, et aussitôt elle fut très affligée ;
Et il commença à la consoler autant qu’il pouvait.

175. Il la prit dans ses bras deux fois et l’embrassa souvent,
Et il fit tout son possible pour la consoler ;
Mais son esprit, qui volait sans cesse,
Retournait toujours dans son cœur affligé.
Finalement, alors que ses yeux brillaient,
Elle aperçut soudain son épée,
Comme elle gisait nue, et elle se mit à crier désespérément.

176. Elle lui demanda pourquoi il l’avait tirée.
Troilus lui expliqua aussitôt la raison,
Et comment lui-même avait voulu se tuer avec.
Alors Criseyde se jeta sur lui,
Le serra fort dans ses bras,
Et dit : « Ô miséricorde, Dieu, regardez ce crime !
Hélas ! comme nous étions tous deux près de mourir !

177. Alors, si je n’avais pas parlé, par grâce,
Vous vous seriez tué sur-le-champ ? » dit-elle.
« Oui, sans aucun doute », répondit-il ; « Hélas !
Car, par ce même dieu qui m’a créée,
Je ne voudrais pas vivre longtemps après votre mort,
Pour devenir reine de toute la terre éclairée par le soleil.

178. Mais avec cette même épée, qui est ici.

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« Moi-même, j’aurais voulu le tuer ! » — dit-elle ;
« Mais hélas, puisque nous avons maintenant le droit de le faire,
levons-nous vite et allons directement au lit ;
Là, nous pourrons parler de notre chagrin.
Car, à la lumière que je vois brûler, 1245
je sais bien que ce jour n’est pas encore venu pour elle. »

179. Lorsqu’ils furent dans leur lit, enlacés,
rien ne ressemblait aux nuits précédentes ;
car chacun pleurait amèrement,
comme ceux qui avaient perdu tout leur bonheur, 1250
se lamentant du jour de leur naissance.
Jusqu’à ce que, finalement, cette âme affligée, Criseyde,
dît ces mots à Troilus :—

180. « Vois, mon cœur, tu sais bien cela, » dit-elle,
« que si quelqu’un accomplit toujours son chagrin, 1255
et ne cherche aucun moyen d’être aidé,
ce n’est que folie et augmentation de douleur ;
Et puisque nous sommes ici réunis tous les deux
pour trouver un remède à notre peine,
il est grand temps de commencer. 1260

181. Je suis une femme, comme tu le sais bien,
et tel que l’on m’a conseillée,
je veux te dire pourquoi c’est ainsi.
Je pense que ni toi ni moi
ne devrions supporter la moitié de cette souffrance. 1265
Car il existe aujourd’hui un moyen de corriger
ce qui est encore mal et d’éteindre cette douleur.

182. En vérité, la peine dont nous souffrons,
dans la mesure où je le sais, n’est due qu’à
la raison pour laquelle nous aurions dû être frère et sœur. 1270
En y réfléchissant bien, il n’y a plus d’autre solution.
Mais quel remède y a-t-il à cela,
si ce n’est de décider rapidement de nous rencontrer ?
C’est tout, mon cher cœur tendre.

183. Maintenant que je vais arranger les choses 1275
afin que nous puissions nous rencontrer bientôt, après mon départ,
je n’ai aucun doute à ce sujet.
Car, en vérité, dans une ou deux semaines,

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Je resterai ici ; et, afin que ce soit ainsi,
De toute justesse, et en peu de mots, 1280
Je vous montrerai bien le meilleur chemin.

184. Pour cela je ne veux pas faire de longs discours,
Car le temps perdu ne peut être rattrapé ;
Mais j’irai à ma conclusion,
Et au mieux, selon ce que je peux voir. 1285
Et, par amour pour Dieu, pardonnez-moi
Si je dis quelque chose qui heurte votre cœur ;
Car en vérité, je parle pour le mieux ;

185. Faisant toujours une protestation,
Que ces mots que je vais dire 1290
Ne servent qu’à vous montrer ma volonté,
De trouver pour notre salut le meilleur chemin ;
Et qu’on ne l’interprète pas autrement, je vous en prie.
Car en effet, quoi que vous me commandiez,
Je le ferai, car ce n’est pas une demande. 1295

186. Écoutez bien ceci, vous l’avez bien compris,
Mon départ a été autorisé par le parlement
Ainsi que cela doit être, sans qu’on puisse s’y opposer
Dans tout ce monde, selon mon jugement.
Et si la prudence aide un peu 1300
À le laisser passer, oublions-le ;
Et cherchons plutôt un meilleur chemin.

187. La vérité, c’est que notre double destin
Nous cause malheur et une cruelle angoisse.
Mais que celui qui aime trouve un jour du réconfort, 1305
S’il veut connaître la joie.
Et puisque je ne sortirai pas de Troie
Plus loin que ce que je peux parcourir en une demi-journée,
Cela ne devrait pas nous causer de chagrin.

188. Ainsi, je ne resterai pas caché dans le silence, 1310
Jour après jour, mon propre cœur ici,
Puisque vous savez bien que c’est maintenant la vérité,
Vous connaîtrez parfaitement toute ma situation ici.
Et tant que cette vérité subsiste, je resterai ici,
Et alors vous aurez à la fois Anténor 1315
Et moi aussi ; soyez heureux maintenant, si vous le pouvez.

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189. Et alors il pensa ainsi : « Criseyde est partie maintenant,
Mais quoi ! elle reviendra bientôt, j’en suis sûr ; »
Et quand, hélas ? par Dieu, voici, dès maintenant,
Dans dix jours, je le vois clairement. 1320
Alors, pour toujours, nous devrions être si heureux,
Ainsi que nous devrions vivre ensemble éternellement,
Afin que ce monde entier ne puisse raconter notre bonheur.

190. Je vois souvent, comme c’est le cas maintenant,
Que, pour notre bien, notre conseil est de nous cacher, 1325
Vous ne parlez pas avec moi, ni moi avec vous
Pendant quatorze nuits ; je ne vous vois ni partir ni monter à cheval.
Ne pouvez-vous pas rester dix jours encore,
Pour mon honneur, dans une telle aventure ?
Certes, vous savez bien que vous pouvez endurer un peu plus ! 1330

191. Vous savez bien que toute ma famille est ici,
Mais si c’est seulement mon père ;
Et toutes mes autres choses aussi,
Et surtout, mon cher cœur, vous,
Que je ne voudrais pas voir vivant,
Même pour tout ce monde, aussi vaste soit-il ;
Sinon, je ne verrai jamais le visage de mon amour !

192. Pourquoi pensez-vous que mon père, de cette façon,
Désire tant me voir, si ce n’est par crainte
Que, dans cette ville, les gens me détestent 1340
À cause de lui, à cause de son malheureux destin ?
Que sait mon père de la vie que je mène ?
Car s’il savait à Troie combien je vais bien,
Il n’aurait pas besoin de s’inquiéter pour mon départ.

193. Vous voyez bien que chaque jour, de plus en plus, 1345
Les gens se préparent à la guerre ; et on suppose
Que la reine Eleyne va restaurer l’ordre,
Et que les Grecs nous rendront ce qui nous a été enlevé.
Ainsi, bien qu’il n’y ait aucun réconfort autre que celui-ci,
Que les gens se préparent à la guerre de tous côtés, 1350
Vous pouvez espérer le meilleur pour votre cœur.

194. Car si c’est vraiment la guerre, mon cher cœur,
La nature même de la guerre oblige
Les gens à se battre avec acharnement.

Page 430

Et de là à ici, je vais et viens sans cesse, 1355
Tout le jour, comme si j’étais chassé d’un jardin ;
Et chacun a la liberté de rester
Où il le souhaite, sans contrainte.

195. Et bien que parfois il puisse y avoir du pain,
Néanmoins, même s’il n’y en avait jamais, 1360
Je dois venir ; car où irais-je donc,
Ou comment pourrais-je vivre là-bas
Parmi ces hommes armés, toujours en guerre ?
Pour cela, comme mon âme le conseille sagement,
Je ne vois pas d’où vous pourriez tirer du danger. 1365

196. Voici une autre façon, si tout cela ne vous convient pas.
Mon père, comme vous le savez bien, est vieux,
Et la vieillesse est pleine de convoitises.
Et moi, j’ai déjà trouvé tous les moyens, 1370
Sans filet, avec lesquels je pourrai l’attirer ;
Écoutez comment, si vous acceptez.

197. Voyez, Troilus, on dit qu’il est difficile
D’avoir à la fois le loup plein et le vent vide ;
Cela veut dire que les gens, souvent, 1375
Ne dépensent qu’une partie, gardant le reste pour eux.
Car avec de l’or, on peut corrompre le cœur
De celui qui est dominé par la convoitise ;
Et je pense pouvoir vous montrer comment faire.

198. Les biens que j’ai dans cette ville 1380
Je les donnerai à mon père, en disant
Que c’est, par confiance et par prudence,
Un cadeau envoyé par un ou deux de ses amis,
Qui le prient ardemment d’en envoyer davantage, et cela ici, 1385
Tant que cette ville reste ainsi en paix.

199. Et ce sera une grande quantité ;
Ainsi je dirai, mais, afin que les gens ne soupçonnent rien,
Cela ne peut être envoyé par personne d’autre que moi ;
Je lui montrerai, si le besoin s’en fait sentir, 1390
Quels amis j’ai de tous côtés
Vers la cour, pour apaiser la colère.

Page 431

De Priam, et qu’il soit là, en grâce.

200. Ainsi, pour une raison ou pour une autre, ô douce,
Je le lierai ainsi avec mes chaînes, 1395
Ainsi que son âme soit au ciel, il le saura !
Car ni Apollon, ni ses lois des serviteurs,
Ni les calculs ne servent à rien ;
Le désir d’or troublera tant son âme,
Que, comme je le souhaite, j’en mettrai fin. 1400

201. Et s’il voulait prouver quelque chose par son genre,
S’il prétend que je mens, j’aurai certainement
Troublé ses idées, je le tirerai par la manche,
Je déformerai son genre et le jetterai au sol,
Il n’a pas bien compris les dieux. 1405
Car les dieux parlent en amphibologies,
Et, en vérité, ils disent vingt mensonges.

202. D’abord, je crains les faux dieux, je suppose,
Ainsi dirai-je, et que son cœur lâche
L’ait poussé à interpréter mal les textes des dieux, 1410
Quand il est sorti de son temple de Delphes.
Et si je ne le fais pas se convertir,
Et que je ne plante pas ma canne en lui en un jour ou deux,
Je veux vous obliger à me tuer.’

203. Et en vérité, comme je le lis bien écrit, 1415
Tout cela fut dit avec bonne intention ;
Et que son cœur était fidèle et bon
Envers lui, et qu’elle parlait selon sa pensée,
Et qu’elle mourut de chagrin en partant,
Et qu’elle avait toujours l’intention d’être fidèle ; 1420
C’est ainsi que l’écrivirent ceux qui connaissaient ses actions.

204. Ce Troïlus, avec cœur et esprit confus,
Ruminait tout cela sans cesse ;
Et vraiment, il lui semblait avoir
La même intelligence ; mais pourtant, laisser partir elle,
Son cœur le tourmentait sans cesse.
Mais finalement, il parvint à se convaincre
De lui faire confiance, et le jugea comme le mieux.

205. C’est pourquoi la grande fureur de sa punition

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Il arriva avec espoir, et avec lui, vers 1430
Un grand désir de joie, ce danseur amoureux.
Et comme les oiseaux, quand le soleil brille,
Chantent gaiement dans leurs verts arbres,
Ainsi aussi les paroles qu’ils prononçaient
Les réjouissaient et purifiaient leurs cœurs. 1435

206. Mais hélas, le destin de Criseyde,
Pour tout ce monde, ne peut rien effacer de son esprit ;
C’est pourquoi souvent il pleurait amèrement sa proie,
Afin de trouver en elle sa fidélité.
Et il lui dit : « Certes, si vous êtes ingrate, 1440
Et que vous veniez à Troie au coucher du jour,
Je n’aurai jamais ni paix, ni honneur, ni joie. »

207. Car tout comme le soleil se lève le matin,
Et, Dieu ! combien tu es sage, pauvre malheureuse,
Pour me tirer de cette douleur cruelle, 1445
Je préférerais mourir plutôt que de vous suivre.
Mais même si ma mort est peu importante,
Avant que vous ne me causiez tant de souffrance,
Restez plutôt ici, mon cher cœur !

208. Car en vérité, ma chère dame, là-bas, 1450
Même si je vous ai entendue parler avec subtilité,
Cela n’a servi qu’à vous faire échouer complètement.
Car on dit : « Celui qui pense au deuil,
Mais un autre pense à son propre intérêt. »
Votre père est sage, et il a dit, par prudence : 1455
« On peut fuir le sage, mais pas le prévoir. »

209. Il est très difficile de rester inaperçu
Devant un espion, car il connaît bien les ruses ;
Votre père est rusé comme Argus lui-même ;
Même si ses forces l’ont abandonné, 1460
Sa vieille ruse demeure en lui ;
Vous ne pourrez pas le tromper avec votre féminité,
Ni feindre correctement, et c’est là toute ma crainte.

210. Je ne sais pas si la mort viendra un jour ;
Mais, avec ou sans mort, sérieusement ou pour plaisanter, 1465
Je sais que Calcas, du côté des Grecs,
A été trahi et a ainsi perdu son nom infâme.

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Il ne doit plus venir ici par honte ;
Car pour ce que je peux voir, il n’y a rien
sur quoi compter, si ce n’est une illusion. 1470

211. Vous verrez bien : votre père vous dira
que vous devez devenir femme, et comme il sait bien prêcher,
il persuadera quelque Grec avec habileté,
au point de vous enchanter par ses paroles,
ou bien il vous forcera à le faire, comme il le prévoit. 1475
Et Troïlus, dont vous n’avez aucune crainte,
mourra ainsi, sans raison, dans sa fidélité !

212. Et par-dessus tout cela, votre père méprisera
tous nous, et dira que cette cité est perdue ;
et que jamais elle ne se relèvera, 1480
car les Grecs ont juré que cela n’arriverait
que lorsque nous serons tués et que nos murs seront détruits.
Ainsi, il vous troublera avec ses paroles,
jusqu’à ce que, j’en ai peur, vous y croyiez.

213. Vous verrez tant de chevaliers vaillants 1485
parmi les Grecs, pleins de vertu,
et chacun d’eux, par son cœur, son intelligence et sa force,
essaiera de vous séduire par tous les moyens,
au point que vous oublierez la rudesse
de nous, les Troyens ; mais si la honte 1490
ou la vertu de votre fidélité vous reviennent à l’esprit…

214. Et cela me semble si terrible à penser,
que cela pourrait déchirer mon âme ;
croyez-moi, en moi ne peut naître
aucune bonne opinion, si vous partez ; 1495
car la ruse de vos pères veut notre perte.
Et si vous partez, comme je vous l’ai déjà dit,
alors je ne ferai rien d’autre que cela.

215. C’est pourquoi, avec un cœur humble, fidèle et plein de pitié,
je vous implore mille fois de miséricorde ; 1500
pensez à mes douleurs cruelles,
faites quelque chose, comme je vous le demande,
et permettez-nous de nous enfuir tous les deux ;
et considérez que c’est folie, quand un homme risque
de perdre sa substance à cause d’un hasard. 1505

Page 434

216. Je pense que ce péché, que nous commettons chaque jour, s’éloigne peu à peu ; il vaudrait mieux donc essayer de le surmonter, au cas où vous devriez retourner auprès de votre père, pour savoir si vous pourrez revenir ou non. 1510 Ainsi, je pense qu’il serait très stupide de ne pas tenter de surmonter cette difficulté.

217. Et, pour parler simplement des richesses, nous pouvons emporter avec nous suffisamment d’argent pour vivre dans l’honneur et le confort, 1515 jusqu’au moment où nous devrons mourir. De cette façon, nous pouvons éviter toute cette misère. Pour toutes les autres solutions que vous pouvez imaginer, mon cœur, hélas, ne peut pas y consentir.

218. Et sans crainte, sans souci de pauvreté, 1520 car j’ai des parents et des amis ailleurs ; même si nous arrivons sans rien, on ne nous manquera ni en or ni en biens, et nous serons honorés tant que nous y resterons. Partons dès maintenant, car, selon moi, c’est la meilleure solution, si vous êtes d’accord.

219. Criseyde répondit alors : « Oui, mon cher et fidèle cœur, nous pouvons bien nous enfuir, comme vous le proposez, et trouver de nouvelles voies pour survivre. 1530 Mais ensuite, cela nous causera beaucoup de douleur. Que Dieu m’aide dans mon plus grand besoin, pourquoi supportez-vous tout cela sans raison ? »

220. Car le jour où, par amour, par peur de mon père ou de quelqu’un d’autre, ou encore à cause de mon statut, de mes plaisirs ou d’un mariage, je serai infidèle envers vous, mon Troilus, mon chevalier, que Vénus, par sa puissance, me force à vivre éternellement dans les enfers ! 1540

221. Je le jure devant tous les dieux célestes, ainsi que devant toutes les déesses, toutes les nymphes et tous les dieux infernaux.

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Sur la Satyre et la Faune, plus ou moins,
Ces demi-déesses issues de la sauvagerie ; 1545
Et Atropos, qui coupe mes trois années de vie,
Si je mens ; jugez-moi donc, si vous le pouvez !

222. Et toi, Simoïs, qui, tel un rayon lumineux,
Te précipites à travers Troie vers la mer,
Fais témoignage de ces paroles prononcées ici : 1550
Le jour où je trahirai Troïlus, mon propre cœur,
Tu retourneras à ta source,
Et moi, corps et âme, je sombrerai en enfer !

223. Mais que vous parliez ainsi pour partir, 1555
Et que vous abandonniez tous vos amis, par Dieu,
Pour quelque femme que ce soit, ce que vous feriez,
Or, Troie a maintenant tant besoin d’aide ;
Rien n’est négligé, si cela était connu, ma vie serait en péril, 1560
Et votre honneur aussi ; que Dieu nous protège du malheur !

224. Et s’il arrivait qu’après cela elle vous suive,
Comme cela arrive toujours après la colère,
Hé, seigneur ! La douleur et le chagrin que vous causeriez,
Vous n’oseriez jamais revenir par honte ! 1565
Et avant même de salir ainsi votre nom,
Il ne faut rien faire à la hâte dans cette situation ;
Car l’homme pressé manque toujours de prudence.

225. Que pensez-vous que les gens autour de nous
Voudraient en voir ? C’est bien évident. 1570
Ils voudraient voir, et le jurer, sans aucun doute,
Que l’amour ne vous pousse pas à commettre un tel acte,
Mais plutôt la luxure et la lâcheté.
Ainsi, assurément, mon cœur serait perdu là-bas,
Votre honneur, qui brille si clairement aujourd’hui. 1575

226. Et pensez aussi à mon honneur,
Qui fleurit encore, combien il serait sali,
Et avec quelle souillure il serait taché,
Si je devais partir avec vous sous cette forme.
Même si je vivais jusqu’à la fin du monde, 1580
Je ne pourrais jamais retrouver mon honneur.

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Ainsi fus-je perdu, et c’était honte et péché.

227. Et pour ta sommeil avec tant de chaleur ;
On dit : « La souffrance triomphe », pardieu ;
Et aussi : « Celui qui veut vivre, qu’il vive sans attendre » ; 1585
Ainsi la vertu fait face à la nécessité
Par la patience, et sache que c’est lui
Le maître du destin, celui qui ne veut rien de sa richesse ;
Et elle ne terrifie personne si ce n’est le pauvre.

228. Et elle croit en cela, certes, doux cœur, 1590
Ô sœur de Phébus, lumineuse Lucine,
Le Lion sortira de cet Ariète,
Je serai ici, sans aucune crainte.
Je pense, que Vénus, reine des cieux, m’aide,
Le dixième jour, mais si la mort m’atteint, 1595
Je te verrai, sans aucun échec.’

229. « Et maintenant, puisque c’est vrai », dit Troïlus,
« Je supporterai bien jusqu’au dixième jour,
À moins que je voie qu’il faille en être ainsi.
Mais, par amour pour Dieu, si c’est possible, 1600
Laissons-nous partir en secret ;
Pour toujours ensemble, comme pour vivre en paix,
Mon cœur dit que ce serait le mieux. »

230. « Ô miséricorde, Dieu, quelle vie est-ce ? » dit-elle ;
« Hélas, tu me traites ainsi vraiment cruellement ! 1605
Je vois bien maintenant que tu ne me fais pas confiance ;
Car tes paroles le montrent clairement.
Maintenant, par amour pour la lumineuse Cynthie,
Ne me méfie pas ainsi sans raison, par honte ;
Car pour être fidèle, j’ai juré ma loyauté. 1610

231. Et sache bien qu’il est sage parfois
De passer du temps, un temps pour gagner ;
Non, pardieu, je ne suis pas perdue pour toi pour l’instant,
Même si nous avons été séparés un ou deux jours.
Chasse les fantaisies en toi ; 1615
Fais-moi confiance, et chasse ta tristesse,
Sinon, par ma loyauté, je ne vivrai pas jusqu’à demain.

232. Car si tu savais combien cela me fait mal,

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Tu voudrais cesser cela ; car, par Dieu, tu sais bien
Que l’esprit pur pleure dans mon cœur, 1620
De te voir pleurer, toi que j’aime le plus,
Et que je dois partir vers les Grecs.
Toi, là où je cherchais un remède
Pour revenir, c’est ici que je voudrais mourir !

233. Mais certes, je ne suis pas si sot 1625
Que je ne puisse imaginer un moyen
De revenir ce jour-là où je serai libéré.
Car qui peut retenir celui qui veut partir ?
Mon père, non, malgré tous ses efforts.
Et grâce à ma ruse, en quittant Troie 1630
Un autre jour nous ramènera tous à la joie.

234. Pour toi, de tout mon cœur je t’en supplie,
Si tu veux exaucer ma prière,
Et pour l’amour que j’éprouve aussi pour toi,
Avant que je ne te quitte ici, 1635
Que je puisse te voir, toi qui es une si grande consolation et un tel réconfort,
Afin que tu puisses apaiser
Mon cœur, qui est sur le point de se briser.

235. Et par-dessus tout cela, je t’en prie, dit-elle, ‘La seule véritable consolation de mon cœur, 1640
C’est que je t’appartiens entièrement, sans exception ;
Ainsi, pendant mon absence, aucune autre joie
Ne pourra me consoler en pensant à toi.
Car je suis toujours inquiète, comme on dit,
Que “l’amour est chose pleine de tristesse.” 1645

236. Car en ce monde il n’y a pas de femme fidèle,
Si tu étais infidèle, que Dieu m’en préserve !
Personne n’aurait été aussi trahie ou malheureuse
Que moi, qui ai toute ma confiance en toi.
Et sans doute, si je prenais une autre voie, 1650
Je le ferais ; mais trouve-moi une raison,
Par amour divin, ne sois pas cruel envers moi.’

237. À cela, Troïlus répondit et dit :
‘Maintenant, Dieu, à qui rien ne peut nuire,
Rassure-moi, car je n’ai jamais été infidèle à Criseyde, 1655
Jusqu’au jour où je l’ai vue pour la première fois avec toi.’

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Ce qui était faux ne le sera jamais tant que je vivrai.
En bref, vous pouvez me laisser partir ;
Je ne peux plus, cela sera révélé bientôt.

238. « Ayez pitié, mon bien-aimé, je vous en supplie », dit-elle, en 1660.
« Et que Vénus bienheureuse m’épargne de mourir,
Afin que je puisse jouir de bonheur à l’infini,
Pour le récompenser comme il le mérite ;
Et puisque ce dieu veut conserver ma raison,
Je le ferai, car je vous ai trouvé si fidèle, en 1665,
Que l’honneur reviendra à moi. »

239. Car je suis convaincue que votre rang royal,
Ni votre valeur dans les combats ou les tournois,
Ni la splendeur, les ornements, la noblesse ou la richesse, 1670
Ne m’ont poussée à m’inquiéter pour vos souffrances ;
Mais c’est la vertu morale, fondée sur la fidélité,
Qui fut la raison pour laquelle je me suis attachée à vous !

240. De plus, votre cœur noble et votre courage,
Et le fait que vous méprissiez, selon moi, 1675
Tout ce qui était mauvais, comme la rudesse et les désirs vulgaires ;
Et le fait que votre dignité domine vos passions,
Cela a fait, parmi toutes les créatures,
Que je vous appartienne, et que je vous appartiendrai tant que je vivrai. 1680

241. Et cela ne pourra pas être détruit par le passage des années,
Ni par un destin changeant ;
Mais Jupiter, qui peut transformer le malheur en bonheur,
Accordez-nous donc cette grâce, 1685
De nous rencontrer ici pendant dix nuits,
Afin que cela satisfasse à la fois votre cœur et le mien ;
Et maintenant, adieu, car il est temps que vous partiez. »

242. Après avoir longtemps joui l’un de l’autre,
Et s’être souvent embrassés et enlacés,
Le jour se leva, et Troïlus l’habilla, 1690
Et accompagna sa dame avec tristesse,
Comme celui qui ressentait le froid de la mort.
Il la confia à sa grâce ; quant à lui, je ne demande rien de plus.

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243. Car personne ne peut imaginer, 1695
Ni l’intelligence concevoir, ni la langue exprimer
Les cruels tourments de cet homme affligé,
Qui surpassent toute torture en enfer.
Car lorsqu’il sut qu’elle ne pouvait rester,
Celle que son âme avait arrachée de son cœur, 1700
Sans plus tarder, il sortit de la chambre.

Fin du Livre Quatrième.

Titre. Pas dans les manuscrits. // C. a perdu les ll. 1-112. 4. Cl. kane. 6, 11. Cl. Cp. H. whiel ; H2.
Éd. whele. 7. Cl. here ; reste him. 12. Cl. rytht. 21. Cl. vilonye ; H. vilenye ; reste vilanye.
22. All herynes. // Cl. nyghttes. 23. Cl. compleynes ; H. compleynen ; Cp. compleignen.
24. Éd. Allecto ; Tesiphonee. 25. Cp. H. to ; Cl. H2. of. 27. H. los ; Cl. losse. Colophon.
Cl. Cp. H. ont à tort Explicit liber Tercius ; lire prohemium. 30. Cl. Grekys. 31.
Cl. whanne. 32. H. herculis. 33. H. Cp. ful ; reste om. 35. Cl. woned. 40. Cl. on ; reste in.
41. Cl. lenge ; reste lenger. 43. sharpe] Cl. faste. 44. Cl. fele. 47. Cl. last ; Cp. H. Éd. laste. 51. Éd. Polymydas. // Cl. Cp. H. Éd. Monesteo ; H2. Penestio. 52. Éd. Xantyppe ;
H2. Sartip. // Éd. Palestynor. 53. H2. Riphio ; Cl. Cp. H. Rupheo. 57. Cp. H. un Grec ;
Cl. H2. Éd. chez les Grecs ; lire chez les Grecs. 59. Éd. moste ; Cp. meste ; reste most. 60. Cl. yeue ; Cp. Éd. yeuen. 67. Cl. woned. 69. Cl. don hym ; reste om. hym. 75. Cl. told ; Cp.
H. tolde. 76. Cl. dredles ; Cp. H. dredeles. 78. Cl. for (pour le 2e in). 79. Cp. H. Éd. tacheue. 81. H. leue (glosé i. credo). 82. Cl. weres ; Cp. H. Éd. weren. // H. leue (glos. i. cari). 86. Éd. regarde ; reste resport (voir l. 850). 89. Cl. losse ; dishese. 90. Cl. -saf ;
Cp. H. -sauf. 94. Cp. and (pour le 2e O). // Cl. cruwel. 99. Cl. H. say ; reste sawe. 101. Cl. yif. // H. H2. om. that. 103. Cp. amonges ; reste among (amonge). 105. through] Cl. for.
106. Cl. preson ; H. prisoun. 107. Cl. wille. 108. Cl. chyd (sic). 110. Cl. On ; Cp. H. Oon. 115. Cp. Cm. Éd. it ; reste om. 117. And] Cl. I. 118. Cm. fer ; H2. fere. 119. Cl. in ;
Cp. H. Cm. Éd. to ; H2. in-to. 120. Cp. Éd. H2. Neptunus ; H. neptimus ; Cl. Neptainus ;
Cm. Natyinus. 121. Cp. Éd. makeden ; H. makkeden ; reste maden. 124. Éd. Lamedoun.
125, 6. Cm. here, fere. 129. Cl. terys ; twye. 131. Cl. by-seche. 132. Cl. helen. 133. Cp. yaue ; Cl. Cm. yaf ; Éd. gaue. 134. Cl. y-nowh. 138. Cp. Éd. Cm. bryngen ; H. brynge ;
Cl. bryng. // H. hom ; Cl. Cm. hem ; reste home. // H. Tooas ; Éd. Thoas. 139. Cp. H. Éd. -garde ; Cl. -gard. // Cm. H2. his saf cundwyt hem sente. 140. Cp. H. Éd. Thembassadours ; Cl. H2. The ambassiatours (voir l. 145). 155. Cl. angwyssh. 163. Cl. gon ; reste go. 165. H. Cm. ne ; reste om. 167. Cl. blowe ; reste y-blowe. 168. Cl. bothere ;
Éd. bother ; Cp. brother (!) ; H2. bothe ; Cm. botheis ; H. eyther. 173. Cl. whanne. // Cl. Cp. Cm. hadde ; reste had. 175. Cp. H. aȝeyn ; Cl. Cm. ayen. 176. Cp. H. Éd. Grekes ;
reste Grekis. 178. Cl. answerede ; Cp. H. Cm. answerde. 179. Cl. Cm. presoner. 180. Cl. H2. om. that. 183, 5. Cl. onys, nonys. 184. Cl. in ; H2. a ; reste on. 186. Cp. H. Éd. sholden ; Cl. sholde. 191. Cl. Cp. Éd. to ; H. tolk (pour to folk) ; reste of. 192. Cl. stown (!). 198. Cl. liten (!). // Cl. weten ; H. Cp. witen ; Éd. wenen ; H2. know. 201. Cl. here

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an ; reste om. an. 204. Cl. après qu’il fut. 205. Ed. quytte ; H2. quytt ; H. Cf. quite ; Cl. Cm.
quyt. 206. Cl. discrétion. 207. Cl. Cm. dede. 210. Cl. seyden ; Cf. H. Cm. seyde ;
Ed. sayd ; H2. saide. // Ed. heere ; reste here. // Cm. hounne ; reste howne (hown). 211.
Cl. il fut délibéré. 213. Cl. prononcé ; précédent. 214. Cl. Tous eux ; précédèrent. 220. Cl.
Cm. spede ; reste spedde. 223. Cf. H. Cm. Ed. slepen ; Cl. slepe. 229. Cl. I-lié. 236.
Cl. hepede ; H. heped. 237. Cl. -brest ; Cf. Cm. -breste ; H. -brast. // Cl. werkyn. 242.
Cl. Righ. 243. Cl. Cm. festes ; reste fistes. 245. Cf. H. Ed. seluen ; Cl. self. 252. MSS.
Schop, Shope. 257. Cl. terys. 260. Cl. Thanne ; Cf. H. Than. 270. Cf. Cm. Ed. maintenant
le ; Cl. H. the now. 277. Cl. sur (pour ou). // Cl. Cm. deye ; Cf. H. dye. 282. Cf. H. Ed.
whider ; Cl. Cm. wheder. 286. H. gerful ; Ed. gierful ; Cl. greful ; Cm. gery ; Cf.
serful(!). 294. Cl. repousse(!). 295. Cm. H2. schal I ; reste I may. 296. Cl. cruel ; Cm.
crewel. 298. Cl. Allas ; reste Allone. 302. Cf. Ed. wery ; Cm. werray ; reste verray. 305.
H. vnneste (glosé i. sortir du nid). // Ed. woful neste (à tort). 309. Cl.
desport. 310. Cf. H2. brighte ; reste bright (mais Cm. varie). 312. Cf. H. Stonden ; Cm.
Stondyn ; Ed. Stonden ; Cl. Stondeth. // Cf. H. sighte ; Cl. sight. 313. Cf. H. lighte ; Cl.
lyght. 314. Cl. deux ; Cf. H. tweye. 317. H2. thilke ; Cm. ye ilke ; reste this. 318. Cl.
Cf. H. the ; Ed. thy ; reste my. 320. Cl. à toi ainsi. 323. H. heighe ; Cf. heigh ; Cl.
heyhe. 327. Cl. quand ; être. 330. Cf. H. Ed. myslyued ; H2. mysleuyd ; Cl. Cm.
mysbyleued. 336. Cl. où que ; reste om. as. 339. Cl. Meddles ; reste Medled (Medlid).
345. Cl. Burgeys & lord. 350. Cf. H. rees ; Cl. Cm. res ; Ed. race. 352. Cf. H. vndid ;
Cl. vndede. 354. Cl. comme aucun ; reste om. aucun. 356. Cm. nyste ; Cl. Cf. H. nyst ; voir 349.
362. Cl. froid. 364. Cf. H. slough. 367. H. Cf. ayein ; Cl. Cm. ayen ; Ed. ayenst. 368.
Cl. wyych. 370. Cf. H. thise ; Cl. this. 379. Ed. deed ; H. Cm. ded ; Cl. Cf. dede. 380.
Cl. répondit. 387. Cl. Aussi ; reste As. 392. Cl. Cm. son ; reste hire (elle). 398. Tout œil
(ey). 402. Cm. sweche ; Ed. H2. suche ; Cl. H. Cf. swych. 405. Cm. owene ; Cl. Cf. H.
owen ; Ed. owne. 408. Cl. om. in. 413. Cl. Cm. de ; reste pour. 414. Cl. H. zauzis ; reste
zanzis. 415. Cf. H. chaceth ; Cl. cacheth. 417. Cl. comment es-tu ; Cf. artow ; H. ertow ; Cm.
ou comment ; reste art thou. 423. Cl. ellys. 424. Cl. tout. 426. H. Tabrigge ; Cf. Tabregge ; Cm.
Pour abréger. 430. Cl. Cm. tristesse ; reste wo. 431. Cm. roughte ; Cl. Cf. H. rought. // Cl.
vnthryf ; om. that. 434. Cf. chez les autres ; H. attother. 435. Cl. il répondit. // Cl. dit a ;
reste om. a. 437. Cl. fende. 438. Cf. H. traysen ; Cl. trassen ; Ed. trayen. // Cl. Cm. ici
(hire) ; reste un homme. 439. Cl. à Dieu ; reste om. à. // Cf. H. y-the ; Cl. the. 440. Cl. aussitôt
agir correctement. 443. Cl. elle (pour herte). 444. Cl. heres ; Cf. H. hires ; Ed. hers. 445. Cl. fils
que ; reste om. que. 455. Cl. finit ; H. Cm. slest ; reste sleest. 459. H2. voulait ; Cm.
nulde ; Cf. H. Ed. wol ; Cl. wil. 462. Cl. que (avant pour) et a (par effacement) ; Cf.
H. et ; reste que. 468. Cm. passions ; reste passions. 472. Cl. Criseyde ; Cm. Crisseid ;
reste Criseydes. 478. Cl. une laisse ; reste om. a. 480. Cl. lève ; Cm. lyuyn ; Cf. H. lyuyd (!).
483. Cl. Ed. savoir ; reste y-sais. 484. Cl. thenketh ; Cf. H. Cm. thynketh. Cf. omet
491-532. 493. Cl. mena ; H. lyuada ; Ed. lyued. 498. H2. répète nay ; reste Nay. 506.
Ed. louer ; H. H2. hire ; Cl. Cm. ici. 510. H. autre ; Cl. Cm. other ; H2. eyther. // Cl.
pas dans ce teris ; reste om. this. 520. Cl. om. out. // Cl. un lambic ; H. un lambic ; Cm. un
lambik ; H2. lambyke ; Ed. allambyke. 525. Cl. cela ; reste lui. 526. Cm. dit ; Cl. H.

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seyd. 527. Cl. thow ; repose-toi (le). // H. Cm. H2. à ; repos omis. 528. Cl. soi-même ; H. Ed.
seluen ; Cm. selue. 530. Cl. H2. À ; repos Go. 531. H. autre ; Cl. Cm. autre ; H2. soit.
535. Cl. H2. être ; repos ben. 539. Cm. beleuyn. 540. Cl. répondit. 544. Cl. omis ce.
548. par] Cl. mon. 556. Cl. Alors. 564. Cf. mooste ; Cl. le plus. 566. Cl. Cf. H. nold ;
repos nolde. 582. Cl. répondit. 583. Cl. pour ; repos ainsi. 586. Cl. H. nold ; Cm. nylde ; repos
nolde. 591. Cf. H. Ed. seluen ; repos soi-même. 592. Cl. Cf. à savoir. 594. Cf. H. peu ; Cl. Ed.
Cm. petit. 596. Cf. H. Ed. vers ; Cl. à. 599. H2. laisse ; Cm. laisser ; Cf. H. laisser ; Cl. tard.
// H2. à ; Cm. dans – (omis ainsi) ; repos vers. 601. homme] Cm. hommes. 607. Cl. Cf. H. de ; repos
pour. // Cl. Cf. H. porta ; Cm. porter ; Ed. craindre ; H2. effrayer. 612. Cl. loue. 614. Ed. H2.
Bien que ; Cf. H. Haut ; Cl. Ils ; Cm. Cela. 615. toi] Cl. vous. 619. Cl. Kygh (!) ;
Ed. Kythe ; Cf. Cm. Kith. 624. donna] Cl. nede. 625. Cl. H. Cf. Theygh ; Ed. Bien que. //
Cl. demeura. 630. H. H2. cela ; repos omis. 631. Cl. pour réveiller. 636. Cl. court. 637. Cl. Cf. H.
Ed. rendre plus fort. 639. Cl. alors. // bien] Cf. H. voudra. 640. Cl. répondit. 642. H. Ed.
vrai ; Cf. vrai ; Cl. Cm. véritable. 643. Cl. Cf. H. Ed. rendre plus fort. 652. Cl. forme ; omis
cela. 662. Cf. H. Ed. tout ; Cl. de ; Cm. omis. 667. Cl. omis lequel. 671. Cf. celui-ci ; Cm. Ed.
ceux-ci ; Cl. H. celui-ci. // Cf. H. Cm. juste ; Cl. juste. 675. celui-ci] Cl. le. // pourrait] Cl. pouvait.
679. Cl. omis Ainsi. 682. Cf. H. venir ; repos viendra. 684. Cl. maintenant. 688. Cl. que vous devrez ;
Cm. vous devrez ; repos omis vous. 689. dit] Cl. répondit. // nom] Cl. Cm. Ed. est. 691. Cf.
H. Ed. cependant ; repos omis. 692. Cf. apporter ; Cm. apporter ; Cl. H. apporter. 693. Cl. quand.
694. Cl. sait (!) ; féminin. 695. Cf. alors ; H. alors (!) ; Cl. alors. 699. Cl.
cœur ; repos âme. 701. Cf. H. Ceux-ci ; Cl. Celui-ci. // Cl. omis ainsi. 703. Cl. lui ; Ed. elle ;
repos leur. 707. Ainsi tous (sauf leur pour cela dans H2.). 708-714. Cf. Cl. H. omis. // De
Ed. (corrigé par le manuscrit de John.) 708. Ed. H2. pourrait-elle ne plus ; Cm. pouvait-elle ne
plus à. 709. Ed. H2. ils firent ainsi ; Cm. ainsi firent-ils ; (lire ainsi firent-ils). 710.
Cm. jeune ; Ed. donna. // Cm. le ; repos elle. 713. Cm. là ; H2. là ; Ed. là. // Cm.
oublier ; Ed. pardonner ; H2. oublier. 716. Cf. H. Tourner ; repos Tourner. 717. Cl. omis elle.
720. Cl. Dis ; H. Cf. Dis ; Cm. Voir. 722. Cl. consoler ; H. Cm. consoler. 731.
Ed. triste ; Cl. H. triste. Après la ligne 735, Cm. insère 750-756, avec diverses lectures.
741. Cl. omis deuxième lui. 750-756. Cm. a ces lignes après la ligne 735. 750. Cm. La salée
larme vient de leurs deux yeux. 751. En bas fille] Cm. Dehors courut. // en] Cm. de. // Cm. H2.
Avril ; Cf. Avril. // Cm. plein ; repos omis. 752. douleur] Cm. peine. 756. perdu] H2. profondément
perdu. 757. en bas] Cl. fais. // Cm. Que fera-t-il, que ferai-je aussi. 758. Cl. omis
cela. 765. Cl. Je un ; repos omis Je. 768. Cm. Partir. 772. Cf. cruauté ; Cl. cruauté ; H. Ed.
cruauté. 773. vous] Cl. lui. 775. Ed. Cf. H2. boire ; repos boire. 777. Cf. Ed. bien ; Cm.
bien ; Cl. H. voudrait. 788. Cl. Ed. Cm. doublé. 790. Cm. Là Pluteo régnera.
791. Cm. Erodice ; repos Erudice. 799. rouge] H. rouge-herbe. 805. Je] Cf. H. moi. 806-833.
Cm. omis. 806. Cl. envoyé fut ; repos omis fut. 807. Cl. omis Fut. // H2. à ; repos vers.
810. Cf. secret ; Cl. voir (!) ; Ed. H2. secret ; H. faire. 812. Cl. Cf. Viens ; H. Viens ;
Ed. Vint. 814. Cl. larme. 816. Cl. ici. 817. Cl. sera. 818. H2. martyr ; Cf. mère ;
Ed. matière ; repos matère (!). 824. H2. pitié épaisse ; Cf. pitié épaisse ; H. pitié avait ; Cl. épaisse
pitié. 827. Cf. H. plainte ; Cl. plainte. 832. Cl. -premier ; apporté (!). 833. tel] Cl. celui-ci.
834. Cl. alors. // ou] Cl. ou. 835. Cm. chaque ; repos tous. // Cl. pense. 837. Cl. qui

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cela. 839. Cl. accurse ; Cf. H. a-corse. 840. wikke] Cl. wo. 841. Cl. onys. 842. Cf. H.
pleynte ; Cl. pleynt. // Cl. Ed. wo and ; Cf. H. H2. om. and. 845. Cl. sikenesse ; H.
sekenesse ; Cf. siknesse. 846. Cl. teris. 847. Cl. cruwel. 850. Cf. Cl. Ed. resport (voir l.
86) ; H. reporte ; Cf. report ; H2. desporte. 851. Cl. om. allas. 852. Cl. Lef ; Cf. H.
Leef ; Cf. Leue. // werk] Cl. wek. // Cf. tak ; Cl. Cf. H. take. 858. wol] Cl. wold. //
Cl. om. herte. 860. Cl. ye (au lieu de he). // Cl. terys. 864. Cl. a ; H. to ; reste. 870. H2.
Betrent. // H. toknynge ; Cl. tokenynge. 872. Cl. H. myght ; Cf. Cf. myghte. 873. Cl.
terys ; hise. 875. Cf. H. thise ; Cl. this. 882. Cl. awey. 887. Cl. It ; reste And. 891. can]
Cl. may. 893. Cl. May as ; reste om. as. 894. Cl. an answere ; reste om. an. 896. Cf. H2.
leue ; Ed. leaue ; Cf. leuyth ; Cl. H. Lef. 897. Cf. H. sighte ; Cl. Ed. sighed ; Cf.
syghynge. 898. Cl. felt ; reste feleth. // Cl. sharpe ; Cf. H. sharp. 899. Cf. H. muchel ; Cl.
muche. 900. Cl. loueth. 903. Cf. Cf. sorwe ; Cl. H. sorw. 909. Cl. And ; reste But. // Cl.
treteth. 910. Cl. the ; reste that. // Cf. Cl. H. H2. he beteth ; Cf. Ed. om. he. 911. Cl.
This. 914. Cl. ye wel. 917. Cl. Cf. wod. 919. Cl. wend. 924. Cl. Cf. H. lef ; H2. leue ;
Ed. leaue. 925. Cl. shappeth. // H. tabrigge. 927. Cl. Buth ; Cf. Be ; reste Beth. // Cl.
om. cause. // flat] Ed. plat. 930. Cl. drenche ; Cf. drenk ; reste dreynte. 932. hider] Cl.
here. 934. Cl. shappeth. // Cl. Cf. this ; reste your. 937. Cl. puts maintenant après sen. 944.
this] Cl. Cf. H2. his. // H. soor ; Cl. Cf. sor. 948. Cl. rowhte. 949. Cf. H. Cf.
pitouse ; Cl. petouse. 953-1078. Cf. omis. 957. Lire loren (Légende, 1048) ; MSS.
lorn. 966. Cl. come ; reste comen. 968. Cl. clerkes grete. 969. Cf. H2. Ed. argumentes ;
Cl. H. argumentz. 974. som] Cl. so. 975. Ne] Cl. And. 976. Cl. falle ; reste fallen. // H2.
Ed. though ; Cl. they ; Cf. H. theigh. 977. Cl. seighen ; Ed. sene ; reste seyn. 978. Dans H.,
il est expliqué par i. deus. 984. All feled (felid) ; lire fel’d. 989. Cl. stedefast. 994. Cl.
corsed wykkednesse. 998. Cl. seyghen ; Ed. sene ; reste seyn. 1011. Cl. wheyther. 1016.
Cf. H. nenforce. // Cf. Ed. H. nat ; Cl. nought ; reste not. 1019. Cl. byforn ; H. Cf. bifor ;
H2. Ed. before ; lire biforen. 1021. Cf. Ed. necessaire ; reste necessarie. 1026. Cl.
coniestest. 1029. Cl. nowe herkene. 1035. Cl. om. in thee (reste in the). 1036. Cl. Ter
mot. 1038. Tout donne une ligne trop longue : That thyn opinion of his sitting soth is. 1039. sit]
Ed. sate. 1045. Cl. make. 1048. Cl. Cf. H. which. 1052. Cl. it is ; reste is it. 1053. Cl.
Nough ; reste Nat (Not). 1065. I (2e)] Cl. ich. 1066. H2. purueyth ; Cl. purueyed ; reste
purueyeth. 1070. Cl. H. soueyren ; H2. souereyn. 1072. H. H2. herto ; Cl. Ed. therto.
1073. Cl. om. That. // as] Cl. a. 1077. the] Cl. that. 1079. Cl. Thanne. 1080. Cl. H2.
alle ; reste al this. 1085. Cf. H. Ed. in ; reste om. 1087. Cf. H2. Ey ; Ed. Eygh ; Cl. Cf. H.
I. 1089. Cf. owene ; H. Ed. owne ; Cl. owen. 1091. Cl. thyn ; H. Cf. thy. 1092. Cl.
eyghen. 1093. Cl. by-fore ; reste be-forn (by-forne). 1097. Cl. om. thy. 1099. Cl. H.
com ; Cf. Ed. come. 1103. Cl. seluen ; reste self. 1114. Cl. swych ; Cf. why ; reste which.
1116. Cl. blissyd ; reste blisful. 1120. this] Cl. H2. thi. 1121. Cl. answerede ; H.
answerde. // Cl. sight ; Cf. H. sighte. 1128. Cl. it is ; reste om. it. // that] H. than ; Cl. om.
// Cl. whanne. 1129. peyne] Cl. peynes ; Cf. sorwe. 1135, 6, 8. Cl. teris. 1139. Cl.
thought ; Ed. through ; Cf. thorugh ; H. thorwgh. 1144. H. woken ; Ed. weaken ; Cf.
lesse. 1146. Cl. teris. 1147. H2. Cf. hors ; Ed. horse ; H. hois. // Cf. H. Ed. H2. for
shright ; Cl. for bright (!) ; Cf. for feynt. 1151. Cl. lost ; H. lefte ; reste loste. 1153. Cl.

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vp ; Voir H2.a ; Cf. H.o ; Éd. in. 1158. Voir Without ; le reste Withouten. 1166. ful] Cl.
fyl. // is] Cl. his. 1171. Cl. honde. 1178. Cl. om. aught. // he] Cl. I. 1181. Cl. Voir won ;
H. H2. wone. 1184, 1189. Cl. cruwel ; Cf. H. cruel. 1185. Cl. He (au lieu de His). 1186. Éd.
sleen ; Cl. Cf. Voir slen. 1187. Cl. sowe (deuxième fois). 1188. Cf. doom ; Cl. Voir dom ;
le reste dome. 1191. Cl. Cf. H2. fulfilled ; le reste fulfild. 1193. Cl. om. ye. 1202. H. wol ; Cl.
wole. 1203. H. suffure ; Cf. Éd. H2. suffre ; Cl. Voir suffren. // H. lyues here ; Cl. y-fere
(!) ; le reste lyuen here. 1207. Cl. now I ; le reste om. now. 1208. H2. Attropos ; Éd. Attropose ;
Cl. H. Cf. Attropes. 1212. H. breyde ; Voir brayd ; le reste abreyde (Cf. shabreyde). 1221.
Cl. flekered ; Voir flekerede ; Cf. Éd. flikered ; H2. fykered (!) ; H. fliked. 1222. Cl. a-
yen ; H. a-yein. 1226. Cf. H. it hade ; H2. that (he) hade ; le reste hadde it. 1227. Cl. Voir om. hir. 1231. Cl. swich ; le reste which. 1234. Cl. wolden ; tuer. 1235. Cl. answerede.
1236. Cl. mad ; le reste made. 1241. slayn] Voir slawe. 1244. Voir Éd. there ; le reste ther.
1245. morter] Voir percher. 1246. ful] Cl. right. 1248. tho] Cl. Voir H2. the. 1249. Cl.
gan other. 1257. nis] Cl. H. is. // Cl. Voir om. encres ; Cf. H. encresse ; H2. encrease ; Éd.
encreace. 1259. Cl. H2. be ; le reste ben. 1261, 3. Cl. Voir wot, hot ; H. woote, hoote. 1264.
Cl. thenketh ; le reste thinketh. // Cl. H2. ne ; le reste nor. 1265. Voir Aughte ; le reste Ought. 1267.
Éd. sleen ; Cl. H. Voir slen. 1268. Cl. om. 2nd the. 1271. nis] Cl. Voir om. is. 1272. Cl. Cf.
remede ; H. remade ; le reste remedie. 1276. H. Cf. ayein ; Cl. Voir ayen. 1278. Cl. dredles ;
Cf. H. Voir dredeles. // Cl. Cf. H. wowke ; Voir wouke ; H2. wooke ; Éd. weke. 1281.
Cl. Voir hep ; Cf. H. heepe. 1282. Cl. wot ; Cf. H. Éd. wol ; Voir nyl. // Cl. sermon.
1283. may] Cl. wol. 1284. Cl. conclusyon. 1287. Cl. Voir ayen ; H. ayenis ; Cf. ayeyns.
1296. Cl. for ye ; le reste om. for. 1299. Cl. Iuggement. 1304. Cl. dishese ; cruwellyche.
1308. Cl. Voir ayen ; H. Cf. ayein. 1309. Cf. oughte ; Cl. ought. // Cl. H2. the lasse ;
le reste om. the. 1312. Cl. ye wel. 1318. H. Cf. ayein ; Cl. ayen. 1319. Cl. righ. 1321. Cl.
Voir erst ; le reste erste. // Cl. shal ; voir 1322. 1324. Cl. Cf. H. Éd. insérer tyme après ofte.
1329. Cf. H. an ; le reste om. 1330. lite] Cl. Voir H2. litel. 1343. if] Cl. and. 1344. Cl.
nedede ; H. H2. neded. 1354. Voir moste ; H. most ; Cf. moost ; Cl. mose (!). 1356. Cl.
Voir ben ; le reste been. 1358. Cl. wit-outen. 1361. Cl. wheder. 1373. Cl. Cf. H. Éd. ful
hard ; le reste om. ful. 1376. Voir Mot ; H. Moot ; Cl. Cf. Mote. 1380. Cf. H. H2. moeble ;
Cl. moble ; voir l. 1460. 1384. Cl. wheche. 1385. Voir sendyn ; le reste sende. 1387. H.
glosses quantitée par i. d’or ; d’où Éd. a « be of golde an ». 1388-1408. Cf. omis.
1388. Éd. aspyde ; Voir aspiede ; H. aspied ; Cl. aspie. 1391. Cl. H2. om. that. 1394.
what for] Cl. that for other (!). 1397. Cl. and or ; le reste om. and. 1398. Cl. calkullynge.
1399. Éd. blende ; le reste blynde. 1406. Éd. speke. 1407. a] Éd. o. 1409. his] Cl. is. 1411.
H. Éd. ferde ; Voir fer ; Cl. Cf. fered ; H2. drede. // Cl. his ; le reste om. 1415. Cl. wreten.
1416. of] H. Voir in. // Cf. Éd. entente ; le reste entent. 1422. Cl. eerys. 1423. Éd. H2.
deuysed. 1425. selve] Cl. same. // H2. lete ; Cl. Cf. H. late. // hir] Cl. he. 1426. Cl. om.
him. 1431. Cf. H. thamorouse. 1435. Cf. H2. Delited ; Cl. Éd. Deliten ; Voir Delite ; H.
Delites (!). 1436. Cf. H. natheles ; Cl. nathles. 1445. Cf. Éd. H. cruel ; Cl. cruwel.
1449. Éd. Dwell ; H2. Dwelleth ; le reste Dwelle. 1452. Cl. fayllen ; Cf. H. faylen. 1456.
and] Cl. but. // Cl. a-rede ; H. Cf. atrede ; Voir at-rede. 1458. Cl. H. crepul ; Cf. crepel ;
le reste crepil. // Cl. can on ; le reste om. on. 1459. MSS. eyed. 1463. Cl. H. alle ; Voir Cf. Éd.

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al. 1468. Cl. a-yen ; H. Cp. ayein. 1470. on] Cl. to. 1473. preyse] Cl. prese. 1476. of]
Cm. Ed. on ; H. of on (!). // Cl. H2. he ; reste ye. 1483. And] Cl. Al. 1490. Cm. Troilus ;
Cl. Cp. H. Ed. Troians (mais lire Troián-es). 1492. Cl. thenke ; reste thinke. 1494. Cp.
H. dredeles ; Cl. Cm. dredles. 1498. Cl. am ; Cp. H. Ed. H2. nam. 1501. reweth] Cl.
rewes. 1503. Cp. H. bi-twixe ; Cl. by-twext. 1505. his] Cl. is. 1507. Cp. H. to-gidere ;
Cl. to-gedre. 1508. wit] Cl. nede. 1509. Cp. sholden ; H. sholdon ; Cm. schuldyn ; Cl.
sholde. 1515. Cl. Y-nowh. // Cl. pleasaunce ; Cp. H. Cm. plesaunce. 1520. Cl. Cm. Ed.
hardely. 1523. Cp. Cm. gold ; reste golde. 1532. Cl. Cp. helpe ; H. Cm. help. // Cm.
moste ; Cp. mooste ; Cl. H. most. 1538. Cl. Ed. Saturnus. 1539. Cp. H. wood ; Cl. wod.
// Cm. achamaunt ; Ed. Achamante. 1546. Cp. H. Cm. Ed. to-breste ; Cl. H2. thow
breste. 1548. Ed. Synoys ; reste Symoys. 1549. Cm. om. ay. 1550. Cl. wittenesse. 1555.
awey] Cl. alwey. 1557. any] Cl. ony. 1558. Cl. namly. 1560. Cm. leye ; Ed. laye ; H2.
were ; Cl. Cp. H. lay. 1562. Ed. herafter be take. // Peut-être lire : pees be after take.
1565. Cp. H. ayeyne ; Cl. ayen. 1567, 8. Cp. H. Cm. hastif. 1569. Cl. ye that the peple
ek of al ; reste om. that and of. 1570. Cp. H. tarede. 1577. I] Cl. H2. it. 1585. Cp. H.
moot ; Cl. Cm. mote. 1587. Cp. H. Ed. By pacience (paciens) ; Cl. By pacient ; H2. Be
pacient ; Cm. Beth pacient. // Cl. thenk ; Cm. thynkith ; reste thynke. 1592. H. leon,
glosé i. signum leonis ; ariete, glosé i. signum arietis. 1595. Cp. H. messaile. 1603.
Cl. om. that. 1608. H. cynthia ; Cp. Cinthia ; Cl. Cynthes (!) ; Ed. Scythia (!). 1623. Cp.
H. Cm. wiste ; Cl. H2. wist. 1624. Cl. H. com. 1626. H. H2. way ; Cp. wey ; Cl. weye.
1632. Cl. Cm. beseche. 1633. Cl. ough. 1636. so] Cl. the. // Cl. good of ; Cm. good ;
reste good a. 1637. Cl. om. ye. 1638. Ed. at ; H2. in ; H. a ; Cl. Cp. Cm. o. // point] Cl.
poyn. 1640. Cp. Cm. owene ; Ed. owne ; Cl. owen. 1642. Cl. assent (!). 1643. Cl. do ye
me. 1649. Cp. H2. alle ; reste al. 1655. Cm. Ed. glade ; H2. gladde ; Cl. H. glad. 1656.
H2. yhe ; reste eye. 1658. Cm. schorte ; Cp. Ed. shorte ; reste short. 1660. Cp. H. Cm.
goode ; Cl. good. 1664. Cl. om. god. 1667-1701. Cm. omet. 1669. H. tournay ; H2.
tourney. 1670. Cl. aray. 1677. and] Cl. an. // Cl. pepelyssh ; H. Cp. H2. poeplissh.
1682. Lire fortun-è. 1689. Cp. H2. streite ; H. streyte ; Cl. streyght. 1691. Cl. Cp.
rowfullych ; H. rewfulliche ; H2. pitously. 1693. hir] Cl. his. 1696. Ed. H2. Ne
entendement ; Cl. Cp. Nentendement. 1697. The] Cl. This. // H. cruel ; Cp. cruele ; Cl.
cruwel. 1699. Cl. om. whan.

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LIVRE V.
Début du Cinquième Livre.

1. Approchant de ce destin fatal
Que Jupiter a décidé,
Et à vous, féroces Parques, confié,
Pour l’exécuter ;
C’est pourquoi Criseyde doit quitter la ville, 5
Et Troilus restera dans la douleur
Jusqu’à ce que Lachésis cesse de tirer ses fils.—

2. Phébus aux cheveux dorés, haut dans le ciel,
Éclairait de ses rayons les neiges abondantes,
Et Zéphyr apportait souvent 10
Des brises douces et verdoyantes,
Jusqu’au jour où le fils de la reine Écube
Commença à l’aimer, et sa tristesse
Venait du fait qu’elle devait partir le lendemain.

3. Dyomède était tout prêt au départ, 15
Pour emmener Criseyde auprès des Grecs,
Et de tristesse son cœur saignait,
Car elle ne savait pas quoi faire de mieux.
En vérité, comme on le lit dans les livres,
On sait qu’aucune femme n’a autant de soucis, 20
Ni n’est aussi désireuse de quitter sa ville.

4. Ce Troilus, sans espoir ni connaissance,
Comme celui qui a perdu tout son bonheur,
Attendait sans cesse sa bien-aimée, 25
Elle qui était la source de tous ses désirs,
De tout son bonheur jusqu’alors.
Mais, Troilus, adieu à tout ton bonheur,
Car tu ne la reverras jamais à Troie !

5. En effet, tandis qu’il restait ainsi,
Il cachait sa douleur avec courage, 30
Afin que personne ne voie sa peine ;
Mais au moment où elle devait partir en bateau
Avec certains gens, il tenait son manteau,
Si affligé qu’il ne voulait rien dire.

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6. De colère, il gémissait, son cœur était déchiré,
Lorsque Diomède, à cheval, vint le maîtriser,
Et se dit à lui-même en voyant cela :
« Hélas ! Pourquoi supporte‑je une telle misère ?
Pourquoi ne la corrige‑je pas ? N’est‑il pas mieux de mourir
Que de continuer ainsi à se dessécher dans la souffrance ? »

7. Pourquoi ne fais‑je rien pour que les riches et les pauvres
Aient assez à faire, afin qu’elle parte ?
Pourquoi ne mets‑je pas toute Troie en émoi ?
Pourquoi ne tue‑je pas aussi ce Diomède ?
Pourquoi ne l’empêche‑je pas plutôt avec un ou deux hommes
De s’en aller ? Pourquoi veux‑je endurer cela ?
Pourquoi ne m’aide‑je pas à me guérir moi‑même ? »

8. Mais pourquoi ne voulut‑il pas commettre un acte si cruel,
Je vais le dire, et pourquoi il le laissa passer :
Il avait toujours en son cœur une certaine crainte,
De peur que Criseyde, en entendant parler de cet événement,
Ne fût tuée ; voilà tout ce qui l’inquiétait.
Et d’autre part, comme je l’ai dit précédemment,
Il l’aurait fait sans plus de paroles.

9. Criseyde, lorsqu’elle fut prête à partir,
Vit cela avec une grande tristesse et s’écria : « Hélas ! »
Mais elle dut partir, car quelque chose pouvait arriver,
Et elle s’en alla, très triste, d’un pas lent.
Il n’y a aucun autre remède dans ce cas.
Quel miracle y a‑t‑il donc à ce qu’elle souffre tant,
Lorsqu’elle abandonne son cher cœur ?

10. Ce Troïlus, par courtoisie,
Avec son arc à la main, et une grande troupe
De chevaliers, accompagna son groupe,
En traversant toute la vallée.
Il aurait voulu continuer à chevaucher, sans aucun doute,
C’était très agréable, mais il fallut qu’il revienne ;
Il était déjà trop tard.

11. Et aussitôt après, Anténor arriva.

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Dehors, parmi les Grecs, tous étaient heureux,
Et disaient qu’il était le bienvenu.
Et Troïlus, dont le cœur était plein de tristesse,
Le tourmentait de toutes ses forces
Pour l’empêcher de pleurer, du moins.
Il embrassa Anténor et fit des festins.

12. Puis il prit son courage à deux mains,
Posa sur elle un regard plein de pitié,
Et sans tarder, il trouva un prétexte
Pour la prendre par la main, doucement.
Et, mon Dieu ! Comme elle pleurait tendrement !
Lui, avec douceur et délicatesse, lui dit :
« Maintenant, calme-toi, ne me fais pas mourir. »

13. Sur ces mots, il partit en hâte,
Le visage pâle, sans dire un mot à Diomède,
Ni durant tout son chemin.
Le fils de Tydée remarqua cela,
Car il était plus habile que quiconque
En pareille ruse, et il suivit la reine ;
Quant à Troïlus, il retourna à Troie.

14. Ce Diomède, qui la tenait par la main,
Quand il vit le peuple de Troie tout autour,
Pensa : « Tout mon effort ne sera pas vain,
Si je peux au moins voir quelque chose.
Au pire, cela pourra au moins alléger notre peine.
J’ai entendu dire, deux ou trois fois déjà,
“C’est un fou qui veut se sacrifier.” »

15. Mais il chassa bien vite cette pensée :
« Certainement, je ne sers à rien
Si je parle d’amour ou si j’en fais toute une affaire ;
Car, sans doute, si elle pense à celui que je mentionne,
Il n’a peut-être pas été emmené si tôt ;
Mais je trouverai un moyen
Pour qu’elle ne sache pas encore ce que je veux dire. »

16. Ce Diomède, sachant comment agir,
Commença alors à parler de ceci et de cela,
Et demanda pourquoi elle restait
Dans un tel état, tout en la suppliant doucement.

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Que s’il pouvait accroître son pouvoir ou autre chose de ce genre, elle devrait lui en donner l’ordre et dire qu’il le ferait volontiers.

17. Car en vérité, il lui jura, en tant que chevalier, qu’il n’y avait rien par quoi il ne pût la plaire ; il ne refuserait pas de faire tous ses efforts, 115 pour lui plaire, afin de gagner son cœur. Elle le supplia alors de soulager sa tristesse et dit : « En vérité, nous, Grecs, avons aussi le plaisir de vous honorer, tout comme les gens de Troie. »

18. Il répondit ainsi : « Je sais que vous trouvez cela étrange, 120 ce n’est pas étonnant, car c’est nouveau pour vous : voir ces Troyens changer, pour des Grecs que vous n’avez jamais connus. Mais il n’y a pas de dieu qui exige autre chose que de trouver parmi nous un Grec aussi fidèle 125 qu’un Troyen, et tout aussi bon. »

19. C’est pourquoi je vous jure, à présent, d’être votre ami et de vous aider autant que je le pourrai. J’ai appris à vous connaître mieux que n’importe quel autre étranger, 130 c’est pourquoi je vous en supplie, jour et nuit : donnez-moi l’ordre, quelle que soit ma douleur, de faire tout ce qui peut plaire à votre cœur.

20. Et que vous me traitiez comme votre frère, et que vous ne méprisiez pas mon amitié ; 135 même si vos peines viennent de choses graves, je ne sais pas pourquoi, mais par plus de respect, mon cœur désire les soulager rapidement. Et si je ne peux pas réparer vos maux, je suis vraiment désolé pour votre souffrance.

21. Et bien que vous, Troyens, soyez en colère contre nous, Grecs, depuis de nombreux jours, néanmoins, pardonnez-nous, ô dieu d’amour, car nous vous servons tous deux. Et, par amour pour Dieu, libérez ma dame, que vous haïssez tant, afin de ne pas être en colère contre moi. 145 En vérité, aucun homme ne peut vous servir s’il ne mérite pas à moitié votre colère.

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22. Et c’est là que nous étions si près de la tente de Calkas, qui pouvait nous voir tous deux ; je voulais vous raconter toute mon histoire, mais cela sera remis à un autre jour. Donnez-moi votre chien, je le serai, et je le resterai, que Dieu m’y aide, tant que ma vie durera, votre propriété par-dessus toute créature.

23. Ainsi parlai-je jamais auparavant à une femme née ; car Dieu a si sagement apaisé mon cœur que je n’ai jamais aimé de femme ici-bas, ni amante, ni jamais plus. Et, par amour pour Dieu, ne méprisez pas mon sort ; je ne peux pas vous, ma dame, rendre pleinement hommage, car je dois encore apprendre.

24. Et ne vous étonnez pas, ma brillante dame, bien que je vous parle ainsi de l’amour ; car j’ai entendu dire de nombreux hommes qui ont aimé sans jamais voir leur vie se terminer. Moi non plus, je n’ai pas la force de lutter contre le dieu de l’amour, mais je veux toujours lui obéir, et je vous implore de miséricorde.

25. Il y a eu ici de si nobles chevaliers, et vous si belle, que chacun d’eux aurait souffert pour être dans votre grâce. Mais puissé-je obtenir une grâce si belle que vous vouliez m’appeler votre serviteur, et que je vous serve avec autant de modestie et de fidélité qu’aucun d’eux ne le fera jamais, jusqu’à ma mort.

26. Criseïde répondit brièvement à cette intention, car elle était si accablée de tristesse qu’en réalité elle n’écouta pas ses paroles, seulement çà et là, un mot ou deux. Son cœur affligé semblait sur le point d’éclater. Car lorsqu’elle vit son père, elle descendit rapidement de son cheval pour le saluer.

27. Mais néanmoins, elle pensait à Diomède, à tous ses efforts et à son bon amour, et au fait qu’il lui demandait son amitié.

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Et elle l’accepte de bonne grâce,
Et voudrait faire ce qui lui plaît et qui est juste ;
Elle voudrait lui faire confiance, et elle le pouvait bien,
Comme elle dit, puis elle descendit de son cheval.

28. Son père la tient dans ses bras, 190
Et vingt fois il embrassa sa douce fille,
Et dit : « Ô ma fille, sois la bienvenue ! »
Elle répondit à peine, heureuse de le revoir,
Et apparut triste, douce et aimable.
Mais ici je la laisse vivre avec son père, 195
Et je vais vous parler de Troilus.

29. Ce malheureux Troilus est arrivé à Troie,
Dans une douleur supérieure à toute autre souffrance,
Avec un regard sombre et un visage mécontent.
Bien qu’il soit descendu précipitamment de son cheval, 200
Et, le cœur gonflé, il se rendit dans sa chambre ;
Il ne prit rien en tête,
Nul ne lui adressa un mot par crainte.

30. Là, sa douleur, qu’il avait contenue,
Éclata en pleurs violents, et il cria : « La mort ! » 205
Dans sa folie frénétique,
Il maudit Jupiter, Apollon et même Cupidon,
Il maudit Cérès, Bacchus et Cypris,
Son destin, lui-même, sa nature,
Et, à part sa dame, toutes les créatures. 210

31. Il alla se coucher et y resta, déchiré par la colère,
Comme Ixion en enfer ;
Et ainsi il gémit jusqu’au lever du jour.
Mais quand son cœur commença à se calmer un peu,
Grâce aux larmes qui montaient jusqu’à ses yeux ; 215
Il pleura pitoyablement pour Criseyde,
Et se parla à lui-même en ces termes :—

32. « Où est ma chère dame, là-bas,
Où sont sa poitrine blanche, où donc ?
Où sont ses bras et ses yeux clairs, 220
Qui étaient avec moi hier soir ?
Maintenant je peux pleurer seul, encore et encore,
Et je peux me cramponner, mais seulement en ce lieu. »

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Épargnez-moi, je ne trouve rien à dire.

33. Que dois-je faire ? Quand viendra-t-elle enfin ? 225
Je ne sais pas, hélas ! Pourquoi l’ai-je laissée partir ?
Si seulement Dieu voulait que je sois mort !
Ô mon cœur, Criseyde, ô ma douce amie !
Ô ma dame, que j’aime et que je ne reverrai plus !
À qui je donnerai pour toujours mon cœur ; 230
Voyez comment je meurs, vous ne pouvez pas me sauver !

34. Qui vous voit maintenant, mon étoile bien-aimée ?
Qui est assis ou debout en votre présence ?
Qui peut consoler maintenant la peine de votre cœur ?
Maintenant que je suis parti, à qui accordez-vous votre attention ? 235
Qui parle pour moi en mon absence ?
Hélas, personne ; et c’est là toute ma préoccupation ;
Car je sais bien, aussi sûrement que je vous aime, ce que vous endurez.

35. Comment pourrais-je supporter ainsi dix jours entiers,
Lorsque déjà la première nuit m’a causé tant de souffrance ? 240
Comment elle pourra-t-elle tenir, pauvre créature ?
Par sa tendresse, comment pourra-t-elle endurer tout cela,
Tant de malheur pour moi ? Ô pâle, triste et verdâtre
Deviendra son visage de jeune femme
À force de faiblesse, avant qu’elle ne revienne en ce lieu. 245

36. Et quand il s’endormait dans quelque sommeil,
Il devait aussitôt commencer à pâlir,
Et rêver des choses les plus terribles
Qui puissent exister ; comme s’il était seul
En un lieu effrayant, poussant des cris, 250
Ou comme s’il était parmi tous
Ses ennemis, tombé entre leurs mains.

37. Alors son corps devait se raidir,
Et avec ce raidissement, il se réveillait brusquement,
Et un tel tremblement envahissait son cœur, 255
Que de peur son corps tremblait ;
Et alors il faisait du bruit,
Comme s’il allait tomber d’une grande hauteur ; puis il voulait pleurer,

38. Et se lamenter sur lui-même de manière si pitoyable. 260

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Cette merveille devait être le théâtre de ses fantaisies.
Une autre fois, il devrait se consoler fortement,
Et dire que c’était folie,
Une peur si sans raison de s’affliger ainsi,
Et commencer de nouveau ses amères douleurs,
Afin que chacun puisse pleurer sur ses peines.

39. Qui pourrait bien décrire ou expliquer pleinement
Sa tristesse, sa plainte, son ennui et sa douleur ?
Personne parmi tous ceux qui vivent ou ont vécu.
Toi, lecteur, tu peux aisément deviner
Une telle peine que mon esprit ne peut décrire.
En vain je chercherais à l’écrire,
Puisque mon esprit ne peut même la concevoir.

40. Au ciel, on voyait encore les étoiles,
Bien que la lune fût déjà très pâle ;
Et l’horizon brillait de blanc
Vers l’est, comme il se doit.
Et Phébus, avec son char rose,
Alla ensuite le préparer pour partir,
Lorsque Troïlus envoya chercher Pandare.

41. Ce Pandare, qui toute la journée auparavant
N’avait pu venir voir Troïlus,
Bien qu’il en eût juré,
Car il était constamment avec le roi Priam,
De sorte que cela ne dépendait pas de lui
D’aller quelque part ; mais le lendemain, il alla
Voir Troïlus, lorsque celui-ci le fit appeler.

42. Car dans son cœur, il pouvait bien deviner
Que Troïlus passait toute la nuit à pleurer de chagrin ;
Et qu’il voulait lui parler de sa douleur,
Il le savait très bien, sans avoir besoin de livre.
C’est pourquoi il prit directement le chemin du palais,
Et Troïlus, bien qu’il fût très triste,
Le fit asseoir sur son lit.

43. « Mon Pandare », dit Troïlus, « la douleur
Que je ressens, je ne peux la supporter longtemps.
Je crois que je ne vivrai pas jusqu’à demain ;
Pour cela, j’aimerais toujours, au risque de… »

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À toi, démons de ma sépulture,
la forme et mes meubles, tu les disposeras
comme il te semblera le mieux faire.

44. Mais pour le feu et la flamme funéraire
dans laquelle mon corps brûlera pour gloire,
et pour les festins et jeux palatiaux
à ma veillée, je te prie de bien veiller
à ce que tout se passe bien ; et offre à Mars
ma lance, mon épée, mon casque, et, ô frère cher,
mon bouclier à Pallas, oui, celle qui brille clairement.

45. La poudre dans laquelle mon cœur sera réduit en cendres,
je te prie de la prendre et de la conserver
dans un récipient qu’on appelle une urne,
en or, et à ma dame que je sers,
par amour pour qui je meurs ainsi misérablement,
donne-la-lui donc, et fais-moi cette grâce,
de prier pour qu’elle la garde en souvenir.

46. Car je sais bien, à cause de ma maladie,
et à cause de mes rêves, jadis et maintenant,
qu’il est certain que je dois mourir.
Le hibou, celui-là même qu’Ascaphilos a vu,
m’a suivi toutes ces nuits-ci.
Et, dieu Mercure ! guide maintenant mon âme,
et, quand tu le voudras, fais-la disparaître !

47. Pandare répondit et dit : « Troilus,
mon cher ami, comme je te l’ai déjà dit,
il est insensé de se lamenter ainsi,
sans raison, et je ne peux plus rien y faire.
Mais celui qui ne veut ni croire ni écouter,
je ne vois en lui aucun remède,
qu’à le laisser vivre selon ses fantaisies.

48. Mais Troilus, je te prie, dis-moi maintenant,
si tu crois, ou non, qu’un autre homme
ait aimé sa bien-aimée autant que toi ?
Dieu sait combien de chevaliers dignes
ont eu leur dame pendant quatorze nuits,
et ils n’ont pas encore accompli la moitié du chemin.
Quelle nécessité as-tu de te faire tant de souci ?

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49. Jour après jour, tu peux te voir toi-même
Que, de son amour ou de celui de sa femme,
Un homme ne doit pas se créer de conflit,
Même s’il l’aime comme sa propre vie ;
340
Pourtant, il ne se dispute pas avec lui-même à ce sujet.
Car tu sais bien, mon cher frère,
Que les amis ne peuvent jamais être ennemis.

50. Que deviennent donc ces gens qui ont vu leur amour uni
Par la force des amis, comme cela arrive souvent,
Et qui l’ont vu dans le lit de son épouse ?
Dieu sait qu’ils agissent avec sagesse, douceur et prudence.
Car pourquoi la bonne espérance retiendrait-elle leur cœur,
Lorsqu’ils peuvent supporter un moment de tristesse ?
Comme le temps cause de la douleur, il en apporte aussi la guérison. 350

51. Tu dois donc endurer, laisser passer le temps,
Et bientôt retrouver la joie et la légèreté.
Dix jours ne sont pas si longs à attendre.
Et même si elle t’a demandé de venir,
Elle ne brisera pas ses promesses pour personne. 355
Ne crains pas qu’elle ne trouve aucun moyen
De venir te voir, mon amour, que je serais prêt à risquer.

52. Toutes tes rêveries et toutes ces fantaisies
Disparaîtront, et laisse-les partir vers le hasard ;
Car elles proviennent de ta mélancolie,
Qui te fait endurer toute cette souffrance pendant ton sommeil.
Une paille ne représente rien pour les rêves !
Dieu m’aide, je ne les considère pas comme importantes ;
Personne ne sait vraiment ce que signifient les rêves.

53. Car les prêtres du temple disent cela,
Que les rêves sont des révélations des dieux,
Et ils ont raison, en effet ;
Mais ce sont aussi des illusions diaboliques ;
D’autres disent qu’ils proviennent de complexes,
Que ce soit de la faim ou de la gourmandise. 370
Qui sait vraiment ce qu’ils signifient ?

54. D’autres encore disent que, par des impressions,
Comme si quelqu’un gravait quelque chose dans l’esprit,
C’est ainsi que naissent de tels rêves.

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Et d’autres disent, comme on le trouve dans les livres, 375
Que, selon les saisons de l’année,
Les hommes rêvent, et que cet effet vient de la lune ;
Mais ne te laisse pas aller aux rêves, car ils ne servent à rien.

55. Ces vieilles femmes valent bien les rêves,
Et ce sont de véritables présages pour ces gens ; 380
Car souvent, on pense qu’elles voient leur avenir,
Comme les corbeaux qui croassent ou les cris de ces oiseaux.
Faire confiance à cela, c’est faux et impur.
Hélas, hélas, une créature si noble
Comme l’homme doit-il craindre de telles abominations ! 385

56. C’est pourquoi, de tout mon cœur, je t’en supplie,
Laisse de côté tout cela ;
Lève-toi maintenant, sans plus parler,
Et voyons comment nous pouvons le mieux passer ce temps,
Et vivre le plus joyeusement possible 390
Quand elle viendra, ce qui arrivera bientôt ;
Dieu m’aide, c’est ainsi qu’il faut agir.

57. Lève-toi, parlons de cette vie pleine de désirs à Troie
Que nous avons eue, et faisons passer le temps ;
Et réjouissons-nous à l’idée du temps à venir, 395
Qui apportera notre bonheur pour toujours ;
Et l’ennui de ces deux jours et demi,
Nous le chasserons ou le surmonterons,
Ainsi il ne nous causera plus de peine.

58. Cette ville est pleine de seigneurs partout autour, 400
Et les arbres occupent tous ces hommes en permanence.
Allons nous amuser dans un endroit plein de désirs
Vers Sarpedon, à une lieue d’ici.
Ainsi tu passeras bien le temps,
Et le feras avancer jusqu’à ce matin heureux, 405
Où tu la verras, cause de ta tristesse.

59. Lève-toi maintenant, mon cher frère Troilus ;
Car assurément, ce n’est pas honorable pour toi
De pleurer et de rester ainsi dans ton lit.
Car en vérité, fais-moi confiance en toute chose, 410
Si tu restes allongé un jour, ou deux, ou trois,
Les gens penseront que c’est par lâcheté.

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« Tu es trop faible, et tu n’oses pas te lever. »

60. À cela, Troïlus répondit : « Ô frère, ceux qui ont souffert tant de douleurs savent bien que, même s’ils pleurent et se lamentent, même s’ils ressentent mal et douleur dans chaque veine, il n’y a là rien d’étonnant ; et bien que je sois toujours triste ou que je pleure sans cesse, je ne suis en rien blâmable, puisque j’ai perdu la raison de tous mes jeux. »

61. Mais si je dois me lever par force, je le ferai, dès que je le pourrai ; et Dieu, à qui je sacrifie mon cœur, qu’il nous envoie rapidement le dixième jour ! Car jamais il n’y eut d’oiseau plus beau en mai que celui que je serai lorsque elle viendra à Troie, car c’est la cause de ma torture et de ma joie.

62. « Mais où est ton meilleur endroit », dit Troïlus, « où nous pourrions nous amuser le mieux dans toute cette ville ? » « Par Dieu, mon conseil », dit Pandare, « c’est d’aller nous amuser avec le roi Sarpedon. » Ils parlèrent ainsi longtemps, jusqu’à ce que Troïlus finisse par accepter de se lever, et ils allèrent alors voir Sarpedon.

63. Ce Sarpedon, qui fut toujours honorable de son vivant et plein de grandes prouesses, offrait sur sa table tout ce qu’il pouvait, sans tenir compte des coûts, quelle que soit sa richesse ; il nourrissait chaque jour ces nobles, et tous, du plus haut au plus bas rang, n’avaient jamais connu pareille fête.

64. De plus, en ce monde, il n’existe aucun instrument délicieux, que ce soit par le vent, par le toucher ou par une corde, aussi loin que l’homme ait jamais voyagé, que la langue puisse raconter ou le cœur pouvoir conserver, qui ne fût joué avec excellence lors de cette fête ; et jamais on n’avait vu de groupe de dames aussi belles danser ou autre chose de semblable.

65. Mais à quoi bon tout cela pour Troïlus ?

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N’y a-t-il donc rien pour apaiser sa tristesse ? 450
Toujours dans son cœur pieux,
Criseyde, sa dame, était cherchée avec ardeur.
En elle résidait tout ce que son cœur désirait.
Tantôt ceci, tantôt cela, par des imaginations si rapides,
Que cette clairière ne pouvait lui offrir de réconfort. 455

66. Ces dames présentes à cette fête,
Puisqu’il voyait sa dame partout,
Sa tristesse venait du fait de la voir,
Ou d’entendre des instruments jouer ainsi.
Car elle, qui détenait la clé de son cœur, 460
Était absente ; voilà sa fantaisie :
Aucun être ne devait créer de mélodie.

67. Et il n’y avait pas une heure, ni de jour ni de nuit,
Lorsqu’il était là, où personne ne pouvait l’atteindre,
Où il ne disait pas : « Ô douce dame resplendissante, 465
Comment allez-vous, puisque vous n’êtes pas ici ?
Bienvenue, en vérité, ma propre dame. »
Mais hélas, tout cela n’était qu’illusion ;
Le destin avait décidé autrement.

68. Les lettres aussi, qu’elle lui avait envoyées jadis, 470
Il les lisait seul, cent fois, entre midi et le soir ;
Il revivait son image, sa féminité,
Dans son cœur, ainsi que chaque mot et chaque geste
Qui s’étaient produits, et ainsi il passait ainsi toute la journée, 475
En disant qu’il voulait partir.

69. Et il dit : « Laisse-moi, frère Pandare,
Penses-tu que nous devrions rester ici
Jusqu’à ce que Sarpedon vienne nous chercher ?
Ce serait pourtant mieux que nous prenions congé. 480
Par amour pour les dieux, prenons congé dès ce soir
Et retournons chez nous ; car en vérité, je ne peux plus supporter cela. »

70. Pandare répondit : « Sommes-nous venus ici
Pour chercher du feu, puis repartir aussitôt ? 485
Dieu m’aide, je ne sais pas où nous pourrions aller,
Si je dois dire la vérité. »

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Il n’y a parmi nous personne de plus aimable que Sarpedon ; et si nous devions le quitter ainsi brusquement, je le considérerais comme une méchanceté, 490

71. Car nous avions dit que nous voulions rester avec lui une semaine ; et maintenant, ainsi soudainement, au jour même où nous devions prendre congé de lui, il s’en étonnerait, assurément ! Tenons fermement notre décision ; 495
Et puisque vous l’encouragez à rester, avançons maintenant, et ensuite nous partirons.

72. Ainsi Pandare, avec toute sa peine et son chagrin, le fit rester ; et à la fin de la semaine, ils prirent congé de Sarpedon, 500
Et sur leur chemin ils le firent partir.
Alors Troilus dit : « Que Dieu m’accorde sa grâce, afin que, à mon retour, je trouve Criseyde là ! » Et sur ces mots il se mit à chanter.

73. « Toi, bosquet de noisetiers ! » pensa ce Pandare, 505
Et à voix basse il se dit :
« Dieu sait, que ce séjour soit agréable
Si Calkas envoie Troilus voir Criseyde ! »
Mais en réalité, il se disait cela, et jurait, certes, son cœur le lui soufflait bien, 510
qu’elle viendrait dès que possible.

74. Lorsqu’ils arrivèrent aux palais de Troilus, ils descendirent de cheval,
Et se dirigèrent vers la chambre où elle se trouvait.
Et jusqu’à la nuit tombée, 515
ils parlèrent de la brillante Criseyde.
Après cela, quand il fut temps pour eux de partir, ils le quittèrent pour aller se reposer.

75. Le lendemain, dès que le jour commença à poindre, ce Troilus se leva de son sommeil, 520
Et à Pandare, son propre frère, il dit avec beaucoup de tristesse :
« Par amour pour Dieu, puisque nous avons vu les palais de Criseyde,
Et que nous pouvons encore avoir des festins,
allons donc voir ses palais dès que possible. » 525

Page 460

76. Et ainsi, son désir était de se mêler aux autres,
car il aimait beaucoup aller en ville,
et ils se dirigèrent vers la maison de Criseyde.
Mais, Seigneur ! ce pauvre Troilus était malheureux !
Son cœur affligé semblait sur le point d’éclater. 530
Car lorsqu’il vit ses portes fermées,
il tomba presque de chagrin.

77. Alors, plein de douleur, il observa
comment toutes les fenêtres de ce lieu
étaient closes, comme par la gelée ;
son cœur, pensa-t-il, se glaça. 535
Avec un visage pâle et changé,
sans dire un mot, il se mit à marcher de long en large ;
et, Dieu le voulut, il chevaucha si vite
que personne ne put suivre son allure.

78. Puis il dit ainsi : « Ô palais désolé, 540
Ô maison, la plus triste de toutes,
Ô palais vide et sans réconfort,
Ô lanterne dont la lumière a disparu,
Ô palais, autrefois jour, mais maintenant nuit,
tu devrais bien tomber, et moi mourir, 545
puisque celle qui nous apportait du bonheur est partie ! »

79. Ô palais, couronne de toutes les maisons,
éclairé par le soleil de tout bonheur !
Ô anneau d’où le rubis a été arraché,
Ô cause de douleur, qui étais pourtant source de joie ! 550
Pourtant, si je le pouvais, j’aimerais embrasser
tes portes froides, même si cela devait me coûter la vie ;
Et adieu, splendeur d’où le saint a disparu ! »

80. Alors, il jeta un regard furieux sur Pandarus,
avec un visage changé et à voir pitié ; 555
Et quand il put juger du moment opportun,
il raconta à Pandarus sa nouvelle douleur, ainsi que son ancienne joie,
avec tant de tristesse et une telle intensité
que quiconque pouvait partager sa peine. 560

81. Depuis lors, il chevaucha sans cesse,
et tout lui rappelait
les lieux qu’il avait traversés en quittant la ville.

Page 461

Là, il trouvait toute sa joie.
« Vois, là-bas je vois ma propre dame danser ;
Et dans ce temple, avec ses yeux clairs,
Ma véritable dame m’a d’abord captivé là-bas. »

82. Et là-bas j’ai entendu fort joyeusement
Mon cœur rire, et là-bas, dans la danse,
J’ai vu ses yeux pleins de bonheur.
Et là-bas, elle m’a dit :
« Maintenant, mon doux bien-aimé, aime-moi bien, je t’en prie. »
Et là-bas, elle m’a tenu si tendrement
Que mon cœur lui appartient jusqu’à la mort. »

83. Et à ce coin, dans cette maison-là,
J’ai entendu ma plus chère dame là-bas
Si féminine, avec une voix mélodieuse,
Chantant si bien, si gracieusement, et si clairement,
Que dans mon âme je crois encore entendre
Ce son heureux ; et, en cet endroit-là,
Ma dame m’a d’abord accueilli dans sa grâce. »

84. Alors il pensa ainsi : « Ô heureux dieu Cupidon,
Quand je repense à tout cela,
Comme tu m’as trompé de toutes parts !
On pourrait en faire un livre, comme une histoire.
Pourquoi cherches-tu à me vaincre,
Puisque je suis à toi, entièrement à ta volonté ?
Quel plaisir as-tu à troubler tes propres créatures ? »

85. Bien, seigneur, tu as déversé ta colère sur moi,
Toi, dieu puissant, terrible à craindre !
Maintenant, pitié, seigneur, tu sais bien que je désire
Le plus ton amour, plus que toute autre passion.
Je veux vivre et mourir dans ta foi ;
En récompense, je ne demande qu’une chose :
Que tu m’envoies un fils, Criseyde. »

86. Fais qu’elle ait autant envie de revenir
Que moi j’ai envie de la voir ;
Alors je saurai bien qu’elle n’est pas meilleure.
Maintenant, ô heureux seigneur, ne sois pas si cruel
Envers le sang de Troie, je t’en supplie,
Comme Junon l’était envers le sang des Thébains.

Page 462

Pour cela, le peuple de Thèbes la captura.

87. Et après cela, il se rendit aux quais,
Là où Criseyde avait jeté un très bon ancre,
Et il y monta et y descendit à maintes reprises,
Et souvent il se disait : « Hélas !
De là vient ma joie et mon réconfort !
Si seulement, pour son plaisir, le dieu bienveillant
Pouvait me permettre de la voir entrer à Troie. »

88. Et je l’emmenai sur cette colline là-bas,
Hélas ! et c’est là que je pris congé d’elle !
Et là-bas je la vis retourner auprès de son père,
Ce qui brisa mon cœur de douleur.
Je rentrai chez moi au crépuscule ;
Et ici je vis, chassé de toute joie,
Et je resterai ainsi jusqu’à ce que je la voie enfin à Troie.

89. Et souvent il s’imaginait être pâle, défaillant,
Moins fort qu’à l’accoutumée, et que les gens disaient doucement :
« Que se passe-t-il ? Qui peut dire pourquoi
Troïlus est si accablé ? »
Mais tout cela n’était que sa mélancolie,
Née de ses propres fantaisies.

90. Une autre fois, il s’imagina que tous ceux qui passaient par là
Avaient pitié de lui, et qu’ils pensaient :
« J’ai vraiment pitié, Troïlus va mourir. »
Ainsi, il passa encore un ou deux jours dans cet état.
Comme vous l’avez entendu, il mena une vie telle,
Entre espoir et crainte.

91. C’est pourquoi, dans ses chants, il exprimait
Autant que possible sa douleur,
En composant des chansons de quelques mots seulement,
Pour alléger un peu son cœur affligé.
Et quand il était hors de vue de tous,
D’une voix douce, il chantait pour sa dame absente,
Comme on peut l’entendre ici.

92. « Ô étoile, dont j’ai perdu toute la lumière,

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Avec un cœur si affligé, je devrais pleurer sans cesse,
Toujours plongé dans la torture, nuit après nuit ;
Je crie vers ma mort, emporté par le vent ;
Et si, une nuit, j’échoue,
La lumière de tes beaux yeux ne brillera plus une heure,
Mon navire et moi serons dévorés par Caribde.

93. Lorsqu’il eut chanté cette chanson, aussitôt,
Il se retira dans ses vieux vêtements ;
Et chaque nuit, comme à son habitude,
Il se tenait devant la lumière brillante pour la contempler,
Et il confia toute sa tristesse à cette lumière ;
Et disait : « Certes, quand tu auras de nouveaux cors,
Je serai heureux, même si le monde entier était fidèle ! »

94. Chaque matin, je voyais ses vieux cors,
Lorsque ma noble dame venait là,
C’est elle qui est la cause de ma torture et de ma tristesse ;
Pour elle, ô lumineuse Lucine, pure et claire,
Par amour pour Dieu, tourne vite autour de ta sphère !
Car lorsque tes nouveaux cors commenceront à pousser,
Alors viendra-t-elle, celle qui peut apporter mon bonheur ? »

95. Les jours s’allongent, et les nuits aussi,
Plus que d’habitude, pensait-il ;
Et le soleil suivait son cours de manière anormale,
Sur une trajectoire plus longue que d’ordinaire ;
Et il disait : « Certes, je crains sans cesse
Que le fils du soleil, Phéton, soit encore en vie,
Et qu’il conduise la charrette de son père. »

96. Il voulait marcher sans cesse sur les remparts,
Voir les Grecs au loin,
Et il se parlait ainsi à lui-même :
« Voilà, là-bas, ma propre dame est libre,
Ou bien là-bas, là où se trouvent les tentes !
Puis vient ce vent, si violent,
Qui, dans mon âme, me fait tant de mal. »

97. Et ce vent, qui devient de plus en plus fort,
Et qui souffle violemment sur mon visage,
Est certainement causé par la profonde tristesse de ma dame.
Je le prévois ainsi, car nulle part ailleurs…

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De toute cette ville, seul en cet endroit,
Je n’entends aucun vent qui sonne ainsi que la douleur ;
Il dit : « Hélas ! pourquoi sommes-nous jumeaux ? »

98. Pendant tout ce long temps, il avança ainsi,
Jusqu’à ce que la nuit entière fût passée ;
Et à ses côtés se trouvait ce Pandare,
Qui fit de son mieux pour le consoler
Et alléger son cœur, lui donnant toujours l’espoir
Que, le lendemain matin, elle viendrait
Et apaiserait toute sa tristesse.

99. De l’autre côté se tenait Criseyde,
Avec peu de femmes, parmi les Grecs puissants ;
À cause d’elle, souvent elle disait : « Hélas !
Pourquoi suis-je née ? Que mon cœur puisse longtemps
Attendre ma mort ; car pour l’instant je vis dans l’attente !
Hélas ! et je ne peux rien y changer ;
Car maintenant c’est pire que jamais. »

100. Mon père ne me fait aucune grâce
Pour partir, car je ne peux le satisfaire en rien ;
Et si jamais je dépasse mon terme,
Mon Troilus pensera dans son cœur
Que je suis infidèle, et cela semblera vraisemblable.
Ainsi, je serai maudite de tous côtés ;
Hélas ! que le temps où je suis née soit maudit !

101. Et si je m’enfuis de nuit,
Et que l’on m’attrape, on me traitera de espionne ;
Sinon, voici la peur la plus grande de toutes :
Si je tombe entre les mains de quelque méchant,
Je suis perdue, même si mon cœur est fidèle ;
Ô grand dieu, console ma douleur !

102. Son visage brillant devint très pâle,
Ses yeux étaient tristes, comme celle qui, toute la journée,
Restait debout quand elle osait, regardant l’endroit
Où elle était née et où elle avait vécu jusqu’alors.
Et toute la nuit, hélas ! elle pleura.
Ainsi, désespérée, sans aucun espoir,
Elle abandonna sa vie, cette pauvre créature.

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103. Souvent, chaque jour, elle cherchait un moyen de soulager sa douleur, 715
Et en elle-même, elle décrivait
la grande valeur de Troïlus,
et notait toutes ses paroles aimables
avant même que son amour ne commence à naître.
Ainsi, elle enflamma son cœur affligé 720
par le souvenir de ce qui lui causait tant de désir.

104. En ce monde entier, il n’y a pas de cœur si cruel
qui ait pu compléter sa tristesse,
qui ne voulût pas partager sa douleur,
car elle pleurait avec tant de tendresse, le soir et le matin. 725
Elle n’avait personne à qui confier ses peines.
Et c’était là le pire de tous ses malheurs :
il n’y avait personne à qui elle osât se confier.

105. Avec beaucoup de tristesse, elle levait les yeux vers Troie,
voyait les hautes tours et les vastes salles ; 730
« Hélas ! » disait-elle, « ces plaisirs et cette joie
qui sont maintenant réduits en ruines,
je les ai souvent connus à l’intérieur de ces murs !
Ô Troïlus, que fais-tu maintenant ? » disait-elle ;
« Seigneur ! penses-tu encore à Criseyde ? » 735

106. Hélas ! Je n’aurais pas dû suivre tes conseils,
et partir avec toi, comme tu me l’avais conseillé !
Alors, je ne souffrirais pas autant aujourd’hui.
Qui aurait pu dire que j’avais commis une erreur
en m’enfuyant avec quelqu’un comme lui ? 740
Mais il est trop tard pour regretter,
quand on emmène le corps vers la tombe.

107. Il est trop tard maintenant pour parler de cela ;
Prudence, hélas ! l’une de tes trois facultés
m’a toujours manqué, depuis que je suis venue ici ; 745
Je n’ai pas su profiter du temps passé,
et je ne vois pas bien le présent non plus.
Quant à l’avenir, alors que j’étais prise au piège,
je ne pouvais rien voir ; c’est ce qui cause maintenant ma peine.

108. Mais quoi qu’il arrive, 750
demain soir, par l’est ou par l’ouest,
je sortirai d’ici d’une manière ou d’une autre.

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Et aller avec Troïlus, puisqu’il est plus rapide.
C’est ce dessein que je veux garder, et c’est le meilleur.
Pas à cause des paroles perfides des Anglais,
Car depuis toujours les méchants ont envié l’amour.

109. Car celui qui prête attention à chaque mot,
Ou qui cherche à tromper par toute ruse,
N’osera jamais voler, par crainte.
Car bien que certains le blâment toujours,
Vois, d’autres le recommandent.
Quant à moi, face à tant de variations,
Je proclame ma propre suffisance.

110. C’est pourquoi, sans plus de mots,
Je veux aller à Troie, pour en finir.
Mais Dieu seul le sait : en moins de deux mois,
Elle changea complètement d’avis.
Car à la fois Troïlus et la ville de Troie
Resteront gravés dans son cœur ;
Car elle veut se fixer un but solide.

111. Ce Diomède, dont vous m’avez parlé,
Discute maintenant en lui-même
De toutes les ruses et de tout ce qu’il peut faire,
Pour attirer le cœur de Criseydès dans son filet,
Le plus rapidement possible.
Il ne pouvait trouver de meilleure méthode ;
Pour la pêcher, il sortit hameçon et ligne.

112. Mais bien sûr, dans son cœur, il pensait
Qu’elle ne pouvait vivre sans amour à Troie.
Car depuis qu’il l’avait amenée là,
Il ne l’avait jamais vue rire ni être joyeuse.
Il ne savait pas comment conquérir son cœur.
« Mais essayer ne fait de mal à personne, » dit-il ;
« Car celui qui n’essaie rien, n’obtient rien. »

113. Pourtant, une nuit, il se dit :
« Ne suis-je pas un fou, sachant bien
Que son malheur vient de l’amour pour un autre,
Et pourtant voulant encore essayer ?
Je sais bien que ce ne sera pas mon succès.
Car les sages l’ont écrit dans leurs livres. »

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« On ne doit pas adorer de dieu dans les cieux. »

114. Mais celui qui parviendrait à obtenir une telle grâce d’elle, pour qui elle veille jour et nuit, pourrait se dire conquérant.
Et aussitôt, comme le fit ce hardi homme, 795
il pensa en son cœur : « Qu’importe ce qui peut arriver, même si je dois mourir, je veux que son cœur reste sec ; je ne lirai plus, mais seulement parlerai. »

115. Ce Diomède, comme nous le racontent les livres, était vaillant et courageux dans ses entreprises ; 800
avec des voix fortes et des paroles puissantes,
audacieux, téméraire, fort et chevaleresque dans ses actes, comme son père Tidée.
Certains disent aussi qu’il avait une grande éloquence ;
il était héritier de Calidon et d’Argos. 805

116. Criseyde était de taille moyenne,
par sa forme, son visage et sa beauté,
on ne pouvait trouver créature plus belle.
Souvent, elle avait l’habitude de se coiffer de ses cheveux clairs 810
et de les attacher derrière sa nuque avec un fil d’or.

117. Et, à part ses sourcils bien dessinés en forme de Y,
je ne vois aucun défaut en elle ;
mais pour parler de ses yeux clairs, 815
voilà, en vérité, on écrit que leur bleu
fait que le paradis semble être formé dans ses yeux.
Et avec sa beauté exquise, l’amour grandissait toujours en elle, chez celui qui l’aimait le plus.

118. Elle était sobre, simple et sage en même temps, 820
la plus éclairée des femmes qui puissent exister,
et douée d’une belle éloquence en général,
charitable, noble, pleine de vie et libre ;
elle ne manquait jamais de compassion ;
au cœur tendre, au courage discret ; 825
mais en vérité, je ne peux dire son âge.

119. Et Troïlus grandissait de plus en plus en taille.

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Et complètement formé par la proportion,
Ainsi qu’il ne pouvait être amendé ;
Jeune, frais, fort et endurant comme un lion ; 830
Fidèle comme l’acier en toute circonstance ;
L’une des créatures les plus vaillantes,
Qui soit ou qui sera, tant que le monde durera.

120. Et certes, dans l’histoire, il est dit
Que Troïlus ne fut jamais inférieur à aucun homme, 835
À son époque, en rien secondé
En bravoure pour celle d’un chevalier.
Même un vieillard aurait pu le surpasser en force,
Mais son cœur, avec les premiers et les meilleurs,
Restait égal, pour supporter ce qui était le plus pénible. 840

121. Mais pour parler de Diomède : —
Il advint que, le dixième jour,
Après que Criseyde eut quitté la ville,
Ce Diomède, frais comme une branche au mois de mai,
Vint à la tente où gisait Calkas, 845
Et feignit de vouloir le tuer avec Calkas ;
Mais ce qu’il avait en tête, je vous le dirai bientôt.

122. Criseyde, en peu de mots pour expliquer,
Le salua et le fit asseoir près d’elle ;
Et il était suffisamment courtois pour la retenir. 850
Après cela, sans attendre longtemps,
On lui apporta de la nourriture et du vin ;
Et ils parlèrent de ceci et de cela, comme des amis, dont certains seront mentionnés ici.

123. Il commença d’abord par parler de la guerre 855
Entre eux et le peuple de Troie ;
Puis il l’interrogea séparément,
Pour connaître son opinion.
Sur cette demande, il descendit encore
Pour lui demander si ses pensées étranges
Concernaient les Grecs et leurs actions ?

124. Et pourquoi son père tarde-t-il tant
À la marier à un homme digne ?
Criseyde, forte dans sa douleur
À cause de son amour pour Troïlus, son propre chevalier, 865

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Autant qu’elle pouvait ou voulait tromper,
Elle lui répondit cependant ; mais, d’après son air,
Il semblait qu’elle ne savait pas ce qu’il pensait.

125. Mais néanmoins, ce Diomède
S’assura en lui-même, et dit ainsi :
« Si j’ai bien compris vos paroles,
Je pense, ô ma dame Criseyde,
Que mon premier péché fut de vous conduire
Lorsque vous sortîtes de Troie au matin,
Car je ne vous ai jamais vue que dans la tristesse. »

126. Ne puis-je pas deviner quelle en est la cause ?
Si ce n’est par amour pour un Troyen,
Qui me haïrait profondément
Si vous, pour quelque homme vivant là-bas,
Donniez un quart de votre beauté,
Ou vous affligez ainsi misérablement ;
Car, vraiment, cela ne vaut pas la peine.

127. Les gens de Troie, comme on le dit, tous ou presque
Ont été capturés, comme vous pouvez le voir ;
Ainsi, personne ne survivra
Malgré tout l’or entre le soleil et la nuit.
Croyez-moi bien, comprenez-moi :
Personne ne sera épargné,
Même s’il était le maître de deux mondes !

128. Une telle vengeance sur lui, pour avoir enlevé Hélène,
Serait infligée, quoi qu’il arrive,
Et les Mânes, ces divinités de la douleur,
Seraient indignées que les Grecs le punissent ainsi.
Et les hommes craindraient, jusqu’au bout du monde,
Qu’on vienne enlever une reine,
Car notre vengeance sur lui sera si cruelle.

129. Et si seulement Calkas nous avait trompés avec des subterfuges,
C’est-à-dire avec des paroles doubles et rusées,
Comme on appelle un « mot à deux visages »,
Vous saurez alors que je ne mens pas,
Et que j’ai tout vu de mes propres yeux,
Immédiatement ; vous ne pouvez imaginer à quel point vite ;
Prêtez attention, car cela va se produire.

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130. Que vouliez-vous donc que votre sage père fasse ?
Qu’il vous donne Antenor sur-le-champ, 905
S’il ignorait que la cité devait être détruite ? Non, jamais ! Il savait bien que aucun Troyen ne pourrait s’en sortir ; et pour cette raison, il n’osa pas vous laisser rester là plus longtemps. 910

131. Que désiriez-vous de plus, belle dame ?
Laissez Troie et les Troyens hors de votre cœur !
Éteignez cet espoir amère, trouvez un vrai bonheur,
Et chérissez plutôt la beauté de votre visage,
Au lieu de le déformer ainsi avec des larmes salées. 915
Car Troie est tombée dans une telle détresse
Que, pour la sauver, il n’y a plus aucun remède.

132. Et souvenez-vous bien : en Grèce, vous trouverez
Un amour plus parfait, même la nuit,
Que celui d’un Troyen, et bien plus tendre, 920
Et il sera prêt à vous servir de tout son pouvoir.
Et si vous le permettez, ma brillante dame,
Je serai celui qui vous servira personnellement,
Moi, plus encore que le seigneur des douze cités de Grèce !

133. À ces mots, il commença à se transformer en roseau, 925
Et dans sa voix, une petite créature apparut,
Il jeta de côté cette petite créature, puis resta silencieux un instant ; ensuite, il revint, posa son regard sur elle et dit : « Je suis, même si cela ne vous apporte pas de joie, 930
Le plus noble des hommes de Troie. »

134. Car si mon père Tydeus était encore en vie, dit-il,
J’aurais été, comme lui, roi de Calydon et d’Argos, Criseyde !
Et j’espère vraiment que ce sera encore possible. 935
Mais il a été tué, hélas ! Cela ne fait qu’aggraver les choses,
Tristement à Thèbes, où Polymites et beaucoup d’autres ont péri.

135. Mais mon cœur, puisque je suis votre homme,
Et que je suis le premier à solliciter votre grâce, 940
C’est avec toute mon âme que je veux vous servir.

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Et toujours ce sera ainsi, tant que j’aurai la vie devant moi ;
Ainsi, lorsque je quitterai cet endroit,
Accordez-moi, je vous prie, de pouvoir demain,
À un moment plus opportun, vous raconter ma peine. 945

136. Que devrais-je dire de ses paroles ?
Il a parlé aujourd’hui, en ce jour le plus important ;
Il a bien agi, car Criseyde,
Sur sa demande, a consenti, le lendemain,
À lui parler au plus vite, 950
Afin qu’il ne parle plus de sujets pareils ;
Et c’est ainsi qu’elle lui a dit, comme vous pouvez l’entendre ici :

137. Comme celle dont le cœur était attaché à Troïlus
Avec une telle force qu’on aurait cru qu’il allait se briser ;
Elle parla avec émotion et dit ceci : 955
« Ô Diomède, j’aime cet endroit
Où je suis née ; et pour sa grâce,
Qu’il soit sauvé, malgré tous ceux qui s’y opposent !
Dieu, par ta puissance, veille à ce qu’il aille bien ! »

138. Que les Grecs veuillent venger leur colère sur Troie, 960
Je le sais bien, en vérité.
Mais cela ne se produira pas comme vous le dites ;
Et, Dieu merci, de plus, mon père est sage et prêt ;
Et puisqu’il m’a rachetée, comme vous me l’avez dit, 965
Alors, je lui suis d’autant plus redevable.

139. Que les Grecs soient de haute condition,
Je le sais aussi ; mais certainement, on trouvera
Dans la ville de Troie des gens tout aussi dignes,
Autant en ruse qu’en perfection et en bonté, 970
Comme on en trouve entre les Orcades et l’Inde.
Et que vous puissiez bien servir votre dame,
Je le crois aussi, afin de mériter sa gratitude.

140. Mais quant à parler d’amour, en vérité, dit-elle,
J’ai eu un seigneur à qui j’étais mariée, 975
Qui était tout mon cœur, jusqu’à sa mort ;
Et un autre amour, que Pallas m’aide maintenant,
Il n’y en a pas dans mon cœur, et il n’y en a jamais eu.
Et que vous soyez de noble et haute lignée,

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J’ai bien entendu dire cela, par crainte. 980

141. Et cela me cause une si grande surprise,
Que vous puissiez mépriser une telle femme.
Hélas, Dieu sait, l’amour et moi sommes séparés ;
Je suis plus disposée ainsi, donc je dois partir,
Jusqu’à ma mort, pour pleurer et souffrir. 985
Ce que je ferai ensuite, je ne peux le voir ;
Mais en vérité, pour l’instant je ne veux pas jouer ce rôle.

142. Mon cœur est maintenant dans la détresse,
Et vous, occupé par les armes, jour après jour.
Plus tard, quand vous aurez conquis la ville, 990
Alors, si cela devait arriver,
Quand je verrai que je n’aurai jamais parlé,
Je préférerais avoir agi comme si je n’avais rien fait !
Ces mots devraient suffire à vous.

143. Demain, j’aimerais parler avec vous, 995
Afin que vous ne touchiez pas à cette affaire.
Et quand vous le voudrez, vous pouvez venir ici ;
Et, avant de partir, voici ce que je vous dis :
Que Pallas m’aide avec son intelligence pure,
Si jamais je dois subir du tort de la part d’un Grec, 1000
Ce sera de votre part, par ma foi !

144. Je ne dis donc pas que je veux vous aimer,
Ni non plus le contraire, mais en conclusion,
Je pense vraiment, par Dieu qui est au-dessus : —
Et sur ces mots, elle baissa les yeux, 1005
Et se mit à pleurer, disant : « Ô ville de Troie,
Je prie encore Dieu, dans le calme et le repos,
De pouvoir vous voir, ou briser mon cœur. »

145. Mais en réalité, et pour en finir rapidement,
Ce Diomède, tout frais, 1010
Insista et supplia pour obtenir sa miséricorde ;
Après cela, pour dire la vérité,
Il prit sa main gantée, qu’il aimait beaucoup.
Enfin, quand le soir tomba,
Et que tout fut réglé, il partit. 1015

146. La brillante Vénus le suivit et lui apprit

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Celui-là, son frère Phébus descendit ;
Et Cynthée fit avancer ses chevaux de course
Pour sortir du Lion, si elle le pouvait ;
Et Signifer fit briller ses bougies, 1020
Lorsque Criseyde se rendit à son lit
Dans la belle tente éclairée de son père.

147. Revenant dans son âme, montant et descendant,
Les paroles de ce vaillant Diomède,
Son état actuel, et le péril de la ville, 1025
Et que elle était seule et avait besoin
De l’aide des amis ; et ainsi elle commença à raconter
La raison pour laquelle, afin de tout dire,
Elle prit fermement la résolution de rester.

148. Le matin vint, et pour parler convenablement, 1030
Ce Diomède vint chez Criseyde,
Et bientôt, afin que vous ne coupiez pas mon récit,
Il parla lui-même et dit
Que tous ses chagrins il apaisa profondément.
Et enfin, pour lui montrer la vérité, 1035
Il lui épargna la grande partie de sa douleur.

149. Et après cela, l’histoire nous raconte,
Qu’elle lui donna le beau cheval alezan,
Que celui-ci avait perdu à cause de Troïlus ;
Et aussi une broche (ce qui n’était pas grand-chose) 1040
Que Troïlus possédait, elle la donna à ce Diomède.
Et encore, pour le soulager de sa tristesse,
Elle fit de sa manche un porte-plume.

150. J’ai aussi trouvé ailleurs dans les récits,
Quand Diomède fut blessé par Troïlus 1045
Elle pleura beaucoup, en voyant ses larges blessures saigner ;
Et qu’elle prit soin de veiller sur lui,
Et de le guérir de sa douleur.
On dit, mais je ne le crois pas, qu’elle lui donna son cœur. 1050

151. Mais en vérité, l’histoire nous raconte,
Qu’aucune femme n’a jamais causé plus de peine
Que celle-ci, lorsqu’elle trahit Troïlus.
Elle dit : « Adieu ! Car maintenant tout est fini. »

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Mon nom, en vérité, dans l’amour, pour toujours ! 1055
Car j’ai trompé celui qui était le plus noble
Qui ait jamais existé, et aussi le plus digne !

152. Hélas, à mon sujet, jusqu’aux confins du monde,
Ni écrit ni chanson ne dira
Aucun mot bon, car ces livres me maudissent. 1060
Oh, je serai raconté sur bien des lèvres ;
Dans le monde entier, ma belle sera calomniée ;
Et les femmes me haïront plus que quiconque.
Hélas, pourquoi une telle chose m’arrive-t-elle !

153. Ils diront, puisque c’est en moi que cela réside, 1065
Que je leur ai causé honte, hélas !
Même si je ne suis pas le premier à trahir,
À quoi bon cela pour accroître ma faute ?
Mais je vois qu’il n’y a pas de meilleure voie,
Et il est trop tard maintenant pour me repentir, 1070
Je resterai fidèle à Diomède.

154. Mais Troïlus, puisque je ne peux faire mieux,
Et puisque ainsi vous et moi nous partons,
Je prie Dieu que vous passiez une bonne journée,
Comme il convient au plus noble, fidèlement, 1075
Celui que j’ai toujours dit capable de servir avec loyauté
Et de préserver dignement l’honneur de sa dame : —
Sur ces mots, elle éclata aussitôt en larmes.

155. « Et certes, je ne vous haïrai jamais,
Et l’amitié que vous aurez pour moi,
Et ma parole bonne, tant que je vivrai.
Et, en vérité, je serais affligée
De vous voir dans l’adversité.
Et noblement, je sais bien, je vous laisse ;
Mais tout passera ; et ainsi je prends congé. » 1085

156. Mais en vérité, combien de temps s’écoula
Avant qu’elle ne l’abandonne pour ce Diomède,
Personne ne le raconte, je crois.
Que chacun retourne à ses livres ;
Il n’y trouvera aucune explication, par crainte. 1090
Car même s’il commença à prier pour son fils,
Même s’il la perdit, il restait encore beaucoup à faire.

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157. Ne me force pas à parler de cette femme malheureuse
Plus loin que l’histoire ne le permettrait.
Son nom, hélas ! est si largement connu,
Que pour elle, cela devrait maintenant suffire.
Et si je pouvais la excuser d’une manière ou d’une autre,
Car elle était si affligée par son infidélité,
Oui, je voudrais encore la excuser pour sa tristesse.

158. Ce Troïlus, comme je l’ai déjà dit,
Avance ainsi, autant qu’il le peut.
Mais souvent son cœur était sombre et froid,
Surtout pendant ces nuits où, le lendemain,
Elle le faisait venir chez elle : Dieu sait combien
Il avait peu de repos cette nuit-là ; rien qui pût le faire dormir.

159. Phébus, couronné de lauriers, avec sa chaleur,
Montait dans le ciel en avançant,
Pour réchauffer les vagues humides de la mer ;
Et la fille de Nisus chantait avec une nouvelle ardeur,
Lorsque Troïlus envoyait Pandare derrière lui ;
Et sur les murs de la ville ils jouaient,
Pour voir s’ils pouvaient apercevoir quelque chose de Criseyde.

160. Jusqu’à midi, ils restèrent à regarder
Qui pouvait arriver là-bas ; et tout être vivant
Qui venait de loin, ils disaient que c’était elle,
Jusqu’à ce qu’ils puissent le reconnaître vraiment.
Parfois son cœur était lourd, parfois léger ;
Et ainsi, sans but précis, Troïlus et Pandare restaient là à regarder.

161. À Pandare, Troïlus dit alors :
« D’après ce que je sais, avant midi, certainement,
Aucune Criseyde ne viendra dans cette ville.
Elle doit maintenant, avec effort,
Gagner la faveur de son père, je crois ;
Son vieux père veut encore la retenir
Avant qu’elle parte ; que Dieu lui fasse souffrir le cœur ! »

162. Pandare répondit : « C’est possible, assurément ;
Alors, je t’en prie, allons manger d’abord ;
Après midi, tu pourras venir toi-même. »

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Et ils partent, sans plus parler ;
Et ils reviennent, mais qu’ils attendent longtemps
Avant de découvrir qu’ils sont derrière le cap ;
La fortune les punit tous deux pour leur retard.

163. Troilus dit : « Je vois bien maintenant qu’elle est lassée de son vieux père à ce point,
Qu’il faudra presque attendre son arrivée.
Venez, je veux aller au bateau.
Ces porteurs ont toujours été indignes ;
Et je veux les empêcher de monter au bateau, comme si de rien n’était, même si elle arrive en retard. »

164. La journée passe vite, puis vient le soir,
Et pourtant rien n’arrive pour Troilus et Criseyde.
Il regarde autour de lui, parmi les buissons, les arbres, les fossés,
Et porte son regard au-delà des murs. Enfin, il s’écrie :
« Par Dieu, je connais maintenant ses intentions, Pandare !
Presque, assurément, mes inquiétudes étaient vaines. »

165. Sans aucun doute, cette dame sait ce qu’est le bien ;
Je sais qu’elle veut voyager en secret. Je mise sur sa sagesse, par mon bon sens !
Elle ne veut pas que les gens la voient arriver ; elle préfère voyager discrètement, de nuit, jusqu’en ville.
Et toi, frère, ne reste pas trop longtemps à attendre.

166. Nous n’avons rien d’autre à faire, en effet.
Pandarus, veux-tu me croire maintenant ?
Voici ma preuve : je la vois ! Là-bas, c’est elle.
Lève les yeux, homme ! Ne vois-tu pas ? »
Pandare répondit : « Non, je te le dis ! C’est faux, par Dieu ; que dis-tu, où es-tu ?
Ce que je vois là-bas, ce n’est qu’une charrette. »

167. « Hélas, tu dis vrai », dit Troilus ;
« Mais ce n’est pas pour rien que mon cœur se réjouit ainsi.
Il doit y avoir quelque chose de bon dans mes pensées.
Je ne sais pas comment, mais depuis que j’ai été créé,
Je n’ai jamais ressenti une telle consolation, je le vois. »

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Elle vient ce soir, mon amour, je dois y aller !

168. Pandare répondit : « Cela peut être, assez » ;
Et il acquiesça à tout ce qu’il disait ;
Mais dans son cœur il pensait autrement,
Et à lui-même il dit avec tristesse :
« Du bosquet de saules, où joue joyeusement Robin,
Viendra tout ce que tu espères ici ;
Adieu, toute la neige des contrées lointaines ! »

169. Le gardien des barques alla appeler
Ceux qui se trouvaient hors des barques,
Et leur ordonna de monter dedans au plus vite,
Ou de rester là toute la nuit.
Et, au milieu de la nuit, avec beaucoup de peine,
Ce Troilus partit pour rentrer chez lui ;
Car il voyait bien qu’il ne servait à rien d’attendre.

170. Mais hélas, cela ne le réconforta pas ;
Il crut avoir mal compté les jours,
Et dit : « J’ai tout mal compris.
Car cette nuit-là, j’ai entendu Criseyde dire :
“Je serai ici, si je le peux,
Ô mon cœur doux !
Le Lion passe, hors de cet Ariète.” »

171. Ainsi, elle peut encore conserver tous ses biens.
Le lendemain, il se rendit à la barque,
Allant et venant, d’ouest en est,
Il fit de nombreux tours sur les remparts.
Mais en vain ; son espoir le trompait toujours ;
Alors, la nuit, dans la tristesse et le chagrin,
Il rentra chez lui, sans plus attendre.

172. Toute espérance s’était enfuie de son cœur ;
Il ne savait plus où chercher ;
Mais à cause de la douleur, il pensait que son cœur saignait,
Aussi ses coups étaient-ils violents et puissants.
Car lorsqu’il apprit qu’elle restait si longtemps absente,
Il ne savait pas ce que cela pouvait signifier,
Sauf qu’elle avait brisé ce qu’elle lui avait promis.

173. Le troisième, le quatrième, le quinzième, le seizième jour…

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Après ces dix jours dont je parlai,
Entre espoir et crainte son cœur était partagé,
Tout en ayant encore un peu confiance en elle.
Mais quand il vit qu’elle ne voulait pas tenir sa promesse,
Il ne vit alors d’autre remède, 1210
Que de se préparer à mourir.

174. Alors, ce mauvais esprit, que Dieu nous bénisse,
Que les hommes nomment Jalousie,
S’empara de lui, dans toute cette détresse ;
Ainsi, parce qu’il voulait mourir, 1215
Il ne mangea ni ne but, à cause de sa mélancolie,
Et il fuyait toute compagnie ;
Telle fut la vie qu’il mena tout le temps.

175. Il était si abattu que nul homme
Ne pouvait deviner où il allait ; 1220
Il était si maigre, pâle et épuisé,
Si faible qu’il marchait avec peine ;
Et par sa colère, il se tourmentait ainsi lui-même.
Et ceux qui lui demandaient la cause de sa douleur,
Il disait que son mal était autour de son cœur. 1225

176. Priam, souvent, ainsi que sa mère,
Ses frères et ses sœurs vinrent le consoler
De voir à quel point il était triste,
Et quelle était la cause de toute sa peine ?
Mais en vain ; il ne voulut pas révéler la cause, 1230
Disant seulement qu’il souffrait d’une grave maladie
Autour de son cœur, et qu’il voulait mourir.

1235. Un jour, on le mit au lit pour dormir,
Et dans son sommeil, il crut se trouver
Dans une forêt, pleurant amèrement
À cause de celle qui lui causait tant de peines ;
En cherchant partout dans la forêt,
Il rencontra un bûcheron aux grandes défenses,
Qui dormait sous le soleil ardent.

178. Et près de ce bûcheron, blotti dans ses bras, 1240
Gisait, embrassant sa belle dame Criseyde :
À cause de cette tristesse, lorsqu’il le vit,
Et par dégoût, il se réveilla de son sommeil.

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Et il cria fort contre Pandare, et dit :
« Ô Pandare, maintenant je connais la douleur et la souffrance ! 1245
Je n’ai fait que ce qu’il fallait, il n’y a pas d’autre solution !

179. Ma chère Criseyde m’a trahi,
Celle en qui j’avais le plus confiance parmi tous les hommes,
Elle a maintenant donné son cœur à un autre ;
Les divinités bienveillantes, par leur grande puissance, 1250
Me l’ont montré clairement dans mon rêve.
Ainsi, dans mon rêve, j’ai vu Criseyde —
Et il raconta tout cela à Pandare.

180. « Ô ma Criseyde, hélas ! quelle ruse,
Quel nouveau désir, quelle beauté, quelle sagesse, 1255
Quelle raison légitime avez-vous contre moi ?
Quelle part m’avez-vous laissée, après que l’amère expérience
M’a privé de vous, hélas ! de votre fidélité ?
Ô confiance, ô foi, ô assurance profonde,
Qui m’a pris, Criseyde, toute ma joie ? 1260

181. Hélas ! pourquoi vous ai-je laissée partir d’elle,
Pour qui j’ai tant pleuré de douleur ?
Qui pourra maintenant compter sur quelqu’un d’autre ?
Dieu sait où je vais, ô chère Criseyde,
Chaque mot que vous disiez était comme une vérité ! 1265
Mais qui peut souffrir davantage, si on l’écoute,
Que celui sur qui on compte le plus pour être heureux ?

182. Que dois-je faire, mon Pandare, hélas !
Je ressens maintenant une douleur si aiguë,
Puisqu’il n’y a aucun remède à cette situation, 1270
Il vaudrait mieux que je me tue avec mes deux chiens,
Plutôt que de continuer ainsi à souffrir.
Car à cause de ma mort, ma douleur prendrait fin,
Alors que chaque jour, je vis encore ma propre vie. »

183. Pandare répondit et dit : « Depuis que je suis né, 1275
N’ai-je pas toujours dit que beaucoup de gens ont des rêves ?
Et pourquoi ? Parce que les gens les interprètent mal.
Comment oses-tu dire que ta dame est fausse,
À cause d’un simple rêve, ton propre rêve ? 1280
Laisse cette idée, tu ne peux pas interpréter les rêves. »

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184. Ensuite, à propos de ce rustre dont tu rêves,
Il se peut que cela signifie
Son père, ce vieillard chenu et misérable,
Et aussi le fils, sur le point de mourir, 1285
Et elle, de tristesse, se met à pleurer et à crier,
Et l’embrasse, là où il gît par terre ;
Ainsi devrais-tu interpréter correctement ton rêve.

185. « Comment pourrais-je donc faire ? » demanda Troïlus,
« Pour savoir cela, même si c’était impossible ? » 1290
« Écoute bien maintenant », dit ce Pandare,
« Mon conseil est celui-ci : si tu sais bien écrire,
Rédige rapidement une lettre à elle,
Par laquelle tu pourras obtenir la vérité
Sur ce qui te cause du doute. 1295 »

186. Et comprends maintenant pourquoi ; car je peux bien dire
Que si elle est infidèle,
Je ne crois pas qu’elle veuille écrire du tout.
Et si elle écrit, tu verras bien
Si elle a la liberté de venir,
Ou sous quelque prétexte,
Si on le lui permet, elle donnera une raison.

187. Tu ne lui as pas écrit pourquoi elle est partie,
Ni elle à toi, et c’est ce que je te conseille,
Il peut y avoir une raison dans sa décision,
Si bien que tu aurais peine à l’admettre,
Que son absence est la meilleure chose pour vous deux.
Écris-lui donc, et tu sauras bientôt
La vérité sur tout ; il n’y a plus rien à faire. »

188. Ils convinrent de cette conclusion, 1310
Et aussitôt, ces deux seigneurs ;
Troïlus s’assit rapidement,
Et réfléchissait dans son cœur,
À la meilleure façon de lui exprimer sa peine.
Et à Criseyde, sa propre dame, 1315
Il écrivit ainsi, comme on peut le lire ici.

189. « Fraîche farine pure, celle que j’ai été et que je serai,
Sans aucune autre servitude,
Avec mon cœur, mon corps, ma vie, mon désir, mes pensées, et tout le reste ; »

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Moi, pauvre âme, de toute manière humble,
Que la langue puisse exprimer ou le cœur concevoir,
Chaque fois que la matière occupe sa place,
Je vous recommande ma personne à votre noble grâce.

190. S’il vous plaît de le savoir, ô cœur bienveillant,
Comme vous le savez bien, il y a déjà longtemps
Que vous m’avez laissé dans d’amères souffrances,
Lorsque vous êtes partie ; depuis lors, je n’ai eu
Que du malheur, jour après jour, et je ne peux rester ainsi,
Tant que vous le voudrez, ô mon bien, dans le bonheur ou le malheur !

191. C’est pourquoi, avec un cœur plein de tristesse,
Je vous écris, comme celui que le chagrin pousse à écrire,
Ma douleur, qui grandit à chaque heure,
Autant que je le peux ou ose l’exprimer.
Et ce qui est déformé, c’est que vous puissiez voir
Les larmes qui coulent de mes yeux,
Qui voudraient parler, si elles le pouvaient, et pleinement.

192. Je vous supplie d’abord de ne pas regarder
Ces écrits souillés avec des yeux trop clairs ;
Et surtout, ô ma dame,
Veuillez garder cette lettre en sécurité.
Et à cause de mes soucis profonds,
Qui assombrissent mon esprit, si quelque chose m’arrivait,
Donnez-la-moi, ô mon propre cœur bienveillant.

193. Si un serviteur osait ou avait le droit,
De supplier sa dame avec compassion,
Alors je penserais que je devrais être cet homme,
En considérant que vous avez retardé ces deux mois,
Comme vous l’avez dit, sincèrement,
Mais en dix jours seulement vous n’avez pas voulu rester,
Et en deux mois encore vous n’êtes pas revenue.

194. Mais puisque je ne dois pas dire tout ce que vous voulez entendre,
Je n’ose pas continuer,
Mais humblement, avec des mots pleins de tristesse ;
Je vous écris ma douleur incessante,
Jour après jour, désirant toujours davantage
De savoir pleinement, si telle est votre volonté.

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Comment vous avez agi et agissez encore, pourquoi êtes-vous là.

195. Le bien-être et la santé de ceux que Dieu chérit
Sont honorés à ce point que, graduellement,
À partir du niveau 1360, ils croissent sans cesse,
Ainsi qu’il est possible pour votre cœur, ô noble dame,
Concevez, je supplie Dieu que cela soit ainsi.
Et accordez-moi que vous m’écriviez en retour
Aussi sagement que je vous suis fidèle en tout. 1365

196. Et si vous désirez connaître mon sort,
Que personne ne peut deviner,
Je ne peux faire autrement, au-delà de toute préoccupation,
En écrivant cette lettre, je vis uniquement,
Prêt à exprimer ma triste pensée ; 1370
Je la retarde, la gardant encore en moi,
En attendant de savoir le contenu de votre lettre.

197. Mes deux yeux, avec lesquels je vois,
S’empliront bientôt de larmes amères ;
Ma chanson, en signe de ma détresse ; 1375
Mon bonheur, en malheur ; mon seul espoir deviendra enfer.
Ma joie, en douleur ; je ne peux vous dire autre chose,
Que tout ce qui était joie ou espoir est maintenant son contraire.

198. Ce qui, par votre retour à Troie, 1380
Pourra être corrigé, et, mille fois plus que jamais,
Accroîtra ma joie.
Car jamais aucun cœur n’a été si heureux
D’avoir sa vie, comme je le serai, comme vous le voyez ; et, bien que nulle peine 1385
Ne vous atteigne, vous pensez néanmoins à votre fidélité.

199. Et si mes fautes méritent la mort,
Ou si vous ne voulez plus me voir,
En récompense de tout ce que j’ai servi,
Je vous en supplie, ô noble dame de mon cœur, 1390
Que vous m’écriviez à ce sujet,
Par amour pour Dieu, ma véritable étoile,
Là où la mort pourrait mettre fin à tous mes malheurs.

200. Si une autre raison vous retient,

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Que par votre lettre vous me consoliez ; 1395
Car bien que votre absence soit pour moi un enfer,
Avec patience je veux supporter ma douleur.
Et avec votre lettre d’espoir je veux m’égayer.
Écrivez donc, chère, et ne me laissez pas ainsi dans l’angoisse ;
Par l’espoir ou par la mort, délivrez-moi de la peine. 1400

201. Certes, mon propre cœur fidèle,
Je sais que, lorsque vous me verrez à nouveau,
J’aurai perdu mon âme et même mon corps,
Criseyde ne me reconnaîtra plus !
Certes, jour de mon cœur, ma dame libre, 1405
Mon cœur aspire tant à posséder
Votre beauté, que je donnerais ma vie pour elle.

202. Je ne dirai plus rien, j’ai tant à vous dire
Que je ne saurais tout exprimer ;
Mais que vous me fassiez vivre ou mourir, 1410
Je prie Dieu que vous passiez une bonne journée.
Adieu, belle et fraîche jeune fille,
Comme vous qui pouvez me commander la vie ou la mort ;
Et à votre fidélité je me confie.

203. Avec un tel amour que, si vous me le donnez, 1415
Je serai pleinement heureux.
En vous réside ma vie, si vous le souhaitez,
Le jour où mes vêtements deviendront ma tombe.
En vous est ma vie, en vous est le pouvoir de me sauver
De cette maladie de toutes les douleurs ; 1420
Adieu maintenant, mon cher cœur ! Votre T.’

204. Cette lettre fut envoyée à Criseyde,
Et sa réponse fut en substance la suivante :
Elle écrivit avec grande tristesse et dit
Qu’aussitôt qu’elle le pourrait, certes, 1425
Elle viendrait et réparerait tout ce qui était brisé.
Enfin, elle écrivit encore qu’elle viendrait, mais elle ne savait pas quand.

205. Mais dans sa lettre elle fit de tels serments
Que c’était admirable, et elle jura de l’aimer le plus, 1430
Ce à quoi il répondit avec tendresse mais sans espoir.

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Mais Troïlus, tu peux maintenant, à l’est ou à l’ouest,
Fumer dans une feuille de lierre, si cela te console ;
Ainsi va le monde ; que Dieu nous protège des malheurs,
Et que chaque homme qui garde la foi soit béni ! 1435

206. Le chagrin grandit du jour à la nuit
Pour Troïlus, à cause du retard de Criseyde ;
Son espoir diminue et sa force s’épuise,
Si bien qu’il reste allongé dans son lit ;
Il ne mange pas, ne boit pas, ne dort pas, ne prononce pas un mot, 1440
Imaginant qu’elle était infidèle ;
À cause de cela, il perd peu à peu la raison.

207. Ce rêve, dont je t’ai parlé auparavant,
Ne sortira jamais de sa mémoire ;
Il croyait vraiment avoir perdu sa dame, 1445
Et que l’amour, par son intervention,
Lui avait montré en songe le signe
De son infidélité et de son malheur,
Et que ce géant lui était apparu sous forme humaine.

208. C’est pourquoi il envoya chercher sa sœur Sibylle, 1450
Qui était aussi appelée Cassandre ;
Il lui raconta tout son rêve, puis la pria de dissiper le doute
Au sujet de ce géant puissant aux épaules robustes ;
Enfin, en peu de temps, 1455
Cassandre lui expliqua correctement son rêve.

209. Elle sourit d’abord et dit : « Ô frère,
Si tu désires connaître la vérité à ce sujet,
Tu dois te référer à quelques anciennes histoires,
Pour comprendre comment le destin a renversé 1460
Des seigneurs autrefois puissants ; grâce à elles, en un instant,
Tu sauras qui est ce géant et d’où il vient, comme on le trouve dans les livres.

210. Diane, qui était furieuse et en colère
Parce que les Grecs refusaient de lui offrir des sacrifices, 1465
Ni d’allumer un feu sur son autel,
Elle, parce que les Grecs la méprisaient ainsi,
Les punit d’une manière incroyablement cruelle.
Car avec un géant aussi grand qu’un bœuf dans l’étable

Page 485

Elle inventa un prétexte pour ses maïs et ses vignes. 1470

211. Pour obtenir cette jeune fille, ce barbare parcourut toute la contrée ; parmi ceux qui vinrent voir cette jeune fille, il y avait une demoiselle, la plus belle proie de ce monde ; et Méléagre, seigneur de cette contrée, aimait tant cette jeune fille fraîche 1475 qu’il voulait, de sa propre main, la conquérir ; il ralentit donc ce barbare et lui accorda son attention.

212. Comme nous le racontent les anciens livres, il y eut jalousie et grande envie à cause d’elle ; et de ce seigneur descendit Tydeus 1480 par lignée, ou du moins c’est ce que disent les anciens livres ; mais comment Méléagre mourut par la main de sa mère, je ne veux pas vous le dire, car cela prendrait trop de temps.

[Argument des 12 livres de La Thébaïde de Stace.]

Le premier livre associe le fugitif Tydeus à Polymite ;
Le deuxième livre montre Tydeus en tant que messager et lui enseigne les embuscades ;
Le troisième livre chante les Hémonides et les prophètes cachés ;
Le quatrième livre décrit sept batailles menées par des rois ; 4
Bientôt, la fureur de Lénée est racontée au cinquième livre, ainsi que le serpent ;
Au sixième livre, on lit l’histoire d’Archimoros et des jeux ;
Le septième livre donne Thèbes aux Grecs et le prophète ;
Au huitième livre, Tydeus tombe, espoir et vie des Pélasges ; 8
À la neuvième livre, Iphomédon meurt avec Parthonopeus ;
Au dixième livre, Capaneus est vaincu par la foudre ;
Au onzième livre, les frères se tuent mutuellement à cause de leurs blessures ;
Le douzième livre raconte Argia en pleurs et le feu. 12

213. Elle raconta aussi comment Tydeus, après avoir attendu, 1485 se rendit dans la forte cité de Thèbes pour conquérir le royaume de cette cité, pour son ami, le défunt Polymite, dont le frère, le défunt Éthioclès, détenait injustement le pouvoir sur Thèbes ; 1490 Elle raconta tout cela en détail.

214. Elle raconta aussi comment Hémonides fut terrifié lorsque Tydeus tua cinquante chevaliers courageux.

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Elle lui raconta toutes les prophéties par cœur,
Et comment ces sept rois, avec leur armée,
Entourèrent la cité de tous côtés ;
Et du serpent sacré, et du puits,
Et des Furies, elle lui conta tout.

215. De l’enterrement d’Archimoros et des jeux,
Et comment Amphiorax passa sous terre,
Comment Tydeus fut tué, seigneur d’Argos,
Et comment Iphomédon, en un instant,
Fut blessé et fit de Parthonope une blessée ;
Et aussi comment le fier Capanéeus
Fut tué par un coup de tonnerre, qui cria fort.

216. Elle lui raconta encore comment les deux frères,
Étioclès et Polymythe aussi,
L’un l’autre se tuèrent lors d’une bataille,
Et les pleurs d’Argive et sa douleur ;
Et comment la ville fut brûlée, elle le lui dit aussi.
Ainsi descend-elle des anciennes gestes
Jusqu’à Diomède, et c’est ainsi qu’elle parla et raconta.

217. « Ce barbare est le fils de Diomède,
Fils de Tydeus, qui descendit
De Méléagre, qui fit ce barbare verser du sang.
Et ta dame, où qu’elle soit, sans aucun doute,
Diomède a son cœur, et elle le sien.
Pleure si tu veux, ou vis ; car, sans aucun doute,
Ce Diomède est à l’intérieur, et toi, tu es dehors. »

218. « Tu ne dis pas la vérité », dit-il, « toi, sorcière,
Avec toutes tes fausses prophéties !
Tu aurais été une grande magicienne ;
Vois maintenant si ce fou de fantaisie
Ne souffre pas pour des dames imaginaires ?
Hélas », dit-il, « que les dieux te donnent de la peine !
Tu seras toujours menteuse, imposteuse, même demain ! »

219. De même, tu pourrais mentir sur Alceste,
Qui était parmi les créatures, mais les hommes mentent,
Celles qui ont jamais existé, les plus gentilles et les meilleures.
Car lorsque son mari était en Iupatie
Pour se suicider, mais si elle voulait se suicider aussi…

Page 487

Elle le supplie de se teindre les cheveux et d’aller en enfer,
Et de mourir aussitôt, comme le disent les livres.

220. Cassandre partit, et lui, avec un cœur cruel,
Pensa à sa douleur, à la colère causée par ses paroles ;
Et aussitôt, de son lit, il se leva,
Comme si toute folie l’avait rendu fou.
Et jour après jour, il chercha sans relâche
Une solution à ce problème, avec toute son énergie ;
Ainsi, il mit fin à son aventure.

221. La Fortune, qui règle ce changement des choses,
Comme il est décidé par elle,
Par l’intervention et la disposition du grand Jupiter,
Fait que les peuples passent d’un peuple à un autre, ou bien qu’ils soient frappés ;
Elle retira peu à peu les couleurs brillantes de Troie,
Jour après jour, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus pleine de joie.

222. Parmi tout cela, la fin tragique d’ Hector fut vraiment admirable ;
Le destin voulut que son âme soit libérée,
Et il fut contraint de partir ;
Mais ce destin ne l’aida pas à se battre ;
Un jour, il alla se battre, et hélas ! il perdit la vie.

223. Pour cela, je pense que tout homme sensé
Qui pratique les arts martiaux devrait pleurer
La mort de ce chevalier si noble ;
Car, tout comme il tua un roi par hasard,
Achille, à travers les rues et à travers son corps, le tua également ;
Ainsi, ce chevalier digne perdit la vie.

224. À cause de lui, comme le disent les anciens livres,
Une douleur immense s’abattit sur eux, trop grande pour être décrite ;
C’était surtout la tristesse de Troilus,
Qui était le deuxième en valeur après lui.
Et dans cette tristesse, Troilus vécut,
Si bien que, à cause de la tristesse, de l’amour et de l’inquiétude,
Souvent, il se brisait le cœur.

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225. Mais Néthélès, bien qu’il fût désespéré,
Et convaincu que sa dame lui était infidèle, 1570
Son cœur continuait pourtant à l’aimer.
Comme le font ces amants, il chercha sans cesse
Un moyen de revoir Crisée, si belle.
Dans son cœur, il la justifiait,
Disant que c’était Calcas qui causait tout ce retard. 1575

226. Souvent, il avait grand désir
De partir comme pèlerin pour la voir ;
Mais il ne pouvait feindre
D’être inconnu des gens sages,
Ni trouver une excuse valable, 1580
S’il était connu parmi les Grecs ;
C’est pourquoi il pleurait souvent amèrement.

227. Il lui écrivait encore souvent,
Avec beaucoup de tristesse, sans rien omettre,
La suppliant, puisqu’il était fidèle, 1585
De venir le retrouver et garder sa promesse.
Alors, un jour, Crisée, attristée,
Je suppose, en songeant à tout cela,
Lui écrivit en retour, comme on peut le lire ici.

228. « Fils de Cupidon, modèle de bonté, 1590
Ô épée de chevalerie, source de noblesse !
Comment un être en tourment, dans la peine
Et dans la détresse, pourrait-il encore te faire plaisir ?
Je suis affligée, je souffre, je suis en détresse ;
Si tu es avec moi, je ne peux être avec toi, 1595
Et tu ne peux envoyer ni joie ni réconfort à mon cœur. »

229. Tes lettres, pleines de mots tendres,
Le papier tout couvert de plaintes,
Ont conservé la piété de mon cœur ;
J’ai lu avec douleur chacune de tes lettres,
Et comment tu me demandes 1600
De venir te retrouver, ce que je ne peux pas encore faire.
Mais, afin que cette lettre ne soit pas découverte,
Je ne fais aucune mention maintenant, pour l’instant.

230. Très lourde pour moi, Dieu le sait, est ton anxiété,
Ta hâte, et aussi, selon la volonté des dieux, 1605
Il semble que tu ne considères pas cela comme la meilleure chose.

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Ni rien d’autre ne demeure dans votre mémoire,
À mon avis, que votre plaisir seul.
Mais ne soyez pas fâchée, et c’est ce que je vous implore ;
Car si je tarde, c’est uniquement à cause de paroles maladroites. 1610

231. Car j’ai appris bien plus que je ne pensais,
Au sujet de nous deux, sur ce qui s’est passé ;
Je le compenserai par des excuses feintes.
Et sans colère, j’ai aussi compris
Que vous ne faites que me tenir en haute estime. 1615
Mais maintenant, hélas, je ne peux vous offrir
Que toute vérité et toute gentillesse.

232. Je viendrai volontiers, mais dans un tel désarroi,
Je reste comme maintenant : je ne peux dire ni quand ni le jour
Où cela arrivera. 1620
Mais en réalité, je vous supplie, autant que je le peux,
De votre parole bonne et de votre amitié.
Car en vérité, tant que ma vie durera,
Vous pouvez compter sur moi comme sur un ami.

233. Pourtant, je vous implore de ne pas prendre ombrage, 1625
Que ce que j’écris pour vous soit bref ;
Je n’ose pas, là où je suis, écrire de belles lettres,
Et je n’ai jamais su les terminer correctement.
En effet, les hommes écrivent peu, mais avec efficacité.
L’intention compte tout, et non la longueur des lettres ; 1630
Adieu donc, que Dieu vous garde dans sa grâce !
Votre C.’

234. Ce Troilus trouva cette lettre très étrange,
Quand il la lut, et il la regarda avec tristesse ;
Il crut qu’il s’agissait d’un signe de changement ;
Mais finalement, il ne put croire du tout
Qu’elle voulût le retenir auprès d’elle ;
Car avec une volonté cruelle, elle voulait le laisser partir,
Celui qui aime sincèrement, même s’il souffre.

235. Mais naturellement, on dit que, à la fin,
Pour quelque raison que ce soit, on finit toujours par voir la vérité ;
Et dans un cas si pénible, et si rapidement,
Troilus comprit bien qu’elle
N’était pas aussi bonne qu’elle aurait dû l’être.

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Et enfin, il sut désormais, sans aucun doute,
Que tout ce pour quoi il avait lutté était perdu. 1645

236. Un jour, dans sa mélancolie,
Ce Troïlus se tenait là, plein de soupçons
À l’égard de celle pour qui il était prêt à mourir.
Et ainsi, dans toute la ville de Troie,
Comme il se doit, on vit partout, haut et bas, 1650
Des armures semblables, comme le raconte l’histoire,
Offertes par Déiphobe, en signe de sa victoire.

237. Ces armures, selon Lollius,
Déiphobe les avait empruntées à Diomède
Le même jour ; et quand Troïlus les vit, 1655
Il alla en prendre la mesure,
En mesurant leur longueur et leur largeur,
Et tous leurs détails ; mais à mesure qu’il les examinait,
Son cœur se glaça complètement.

238. Comme celui qui, pris de colère, porte en lui 1660
Une broche que Criseyde lui avait donnée ce matin-là,
Lorsqu’elle devait quitter Troie, pour ne jamais revenir,
En souvenir de lui et de sa douleur ;
Elle lui avait demandé de la garder précieusement
Pour la conserver ; mais maintenant, il savait bien 1665
Que sa dame n’était plus triste.

239. Il rentra chez lui et envoya aussitôt
Quelqu’un chercher Pandare ; et il lui raconta toute cette histoire,
Et parlant de cette broche, il lui expliqua tout en détail,
Évoquant les changements de son cœur, 1670
Son amour durant, sa fidélité et ses souffrances ;
Puis, sans plus un mot,
Il pleura amèrement, implorant qu’on lui rende la vie.

240. Alors il dit : « Ô ma dame Criseyde,
Où est ta fidélité, où est ton affection ? 1675
Où est ton amour, où est ta loyauté », dit-il ;
« Tu as maintenant tout cela grâce à Diomède !
Hélas, j’aurais au moins voulu croire,
Que, si tu ne voulais pas rester fidèle à moi,
Tu ne me traiterais pas ainsi ! 1680

Page 491

241. Qui donc cherchera désormais quelqu’un d’autre ?
Hélas, je n’aurais jamais voulu que cela arrive,
Que toi, Criseyde, puisses changer à ce point ;
Non, si j’avais eu de l’or et des amis,
Je n’aurais pas, certes, brisé ton cœur ainsi,
Pour me faire souffrir ainsi ; hélas, ton nom de fidélité
Est maintenant perdu, et c’est là toute ma douleur.

242. N’y avait-il pas une autre broche que tu aurais pu donner
À ton nouvel amour, demanda-t-il,
Autre que celle que moi, avec tendresse,
Je t’ai offerte, en souvenir de moi ?
Aucune autre raison, hélas, tu n’en avais
Que par mépris, et aussi parce que tu voulais
Montrer à tout prix ta dévotion !

243. À travers cela, je vois bien que tu m’as chassé de ton esprit,
Et je ne peux ni ne veux,
Même pour tout l’univers, retrouver dans mon cœur
La volonté de ne plus t’aimer, ne serait-ce qu’un quart de jour !
En temps maudit je suis né, hélas !
Toi, qui me fais endurer tant de mal,
Je t’aime pourtant plus que toute autre créature.

244. Maintenant, Dieu, dit-il, accorde-moi encore la grâce
De pouvoir affronter ce Diomède !
Et vraiment, si j’en ai la force et le temps,
J’espère bien faire couler son sang.
Ô Dieu, dit-il, tu devrais veiller
À préserver la fidélité et à punir les injustices,
Pourquoi ne pas venger cette offense ?

245. Ô Pandare, qui dans mes rêves m’as blâmé avec tant de tristesse,
Et qui as souvent exagéré,
Maintenant tu peux te voir, si tu le veux,
Comme ta sœur est fidèle, belle Criseyde !
Sous diverses formes, Dieu le sait,
Les dieux ont montré à la fois joie et tristesse
Dans mon sommeil, et c’est maintenant visible à travers mes rêves.

246. Et certainement, sans plus tarder,
Dès que possible,
Je vais mourir au combat, de ma propre main.

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Je ne sais pas à quel point ce jour sera sombre !
Mais en vérité, Criseyde, ô douce amie, 1720
Que j’ai servie de toutes mes forces,
Si tu agis ainsi, je ne l’ai nullement mérité.

247. Ce Pandarus, qui entendit tout cela,
Et sachant bien qu’il disait la vérité,
Ne lui répondit pas un seul mot ; 1725
Car affligé par la peine de son ami,
Il avait honte d’avoir commis une erreur par nécessité ;
Et il restait, stupéfait par ces deux raisons,
Comme une pierre ; il ne pouvait prononcer un mot.

248. Mais enfin, il parla ainsi : 1730
« Mon frère, je ne peux plus rien pour toi.
Que dois-je dire ? Je hais, certes, Criseyde !
Et Dieu sait que je la haïrai toujours !
Et puisque tu m’as demandé autrefois,
Sans aucune récompense pour mon honneur ni pour moi-même, 1735
J’ai fait tout ce que tu voulais.

249. Si j’ai fait quelque chose qui puisse te plaire,
C’est ma vie ; et à cause de cette trahison,
Dieu sait combien cela me cause de douleur !
Et malheureusement, à cause de cœurs pareils aux vôtres, 1740
J’aimerais vraiment le réparer, si je savais comment.
Et de ce monde, Dieu tout-puissant, je prie,
De la délivrer, son fils ; je ne peux plus la voir. »

250. Grande fut la douleur et les plaintes de Troilus ;
Mais le destin l’emmena loin d’elle. 1745
Criseyde aime le fils de Tydeus,
Et Troilus ne pleure plus dans ses chagrins froids.
Telle est cette vie ; celui qui peut la supporter,
En toute situation, a peu de repos pour son cœur ;
Que Dieu nous garde pour l’accepter comme la meilleure chose ! 1750

251. Dans de nombreuses batailles cruelles, par peur,
De Troilus, ce noble chevalier,
Comme on peut le lire dans ces anciens livres,
Vit sa chevalerie et sa grande force disparaître.
Et malheureusement, sa colère, nuit et jour, 1755
Faisait souffrir cruellement les Grecs.

Page 493

Et toujours, c’est Diomède qu’il cherchait.

252. Et souvent, je vois qu’ils s’affrontaient
Avec des coups sanglants et de grands mots,
Essayant de voir si leurs lances étaient affûtées ;
Et Dieu sait, avec une cruauté sans fin,
Troïlus tentait de percer son casque.
Mais hélas, la fortune ne voulut rien de tout cela,
Pour que l’un ou l’autre meure. —

253. Et si j’avais voulu décrire
Les armes de cet homme digne,
J’aurais raconté la fin de ses batailles.
Mais comme j’ai commencé par écrire
De son amour, j’ai dit ce que je pouvais.
Ses hauts faits, que celui qui veut les connaître,
Lise Dares, il peut tout leur raconter.

254. Je supplie chaque dame brillante ici,
Et toute femme noble, quelle qu’elle soit,
Même si Criseyde fut infidèle,
Qu’elle ne soit pas fâchée contre moi à cause de cela.
Vous pouvez lire son histoire dans d’autres livres ;
Et j’écrirai avec plus de joie, si vous le permettez,
La fidélité de Pénélope et la bonté d’Alcéstis.

255. Et je ne dis pas tout cela seulement pour ces hommes,
Mais surtout pour les femmes qui ont été trahies
Par des gens perfides ; que Dieu leur donne du chagrin, amen !
Elles vous trahissent avec leur grande ruse et leur subtilité !
Cela me pousse à parler, et en vérité, je vous implore toutes,
Écoutez les hommes, et entendez ce que je dis ! —

256. Va, petit livre, va, ma petite tragédie,
Que ton créateur, là-haut, ou même s’il meurt,
Envoie sa force pour en faire une comédie !
Mais petit livre, ne sois pas envieux,
Soumets-toi à toute poésie ;
Et embrasse les pas de ceux que tu vois marcher :
Virgile, Ovide, Homère, Lucain et Stace.

257. Et c’est là qu’il y a tant de diversité.

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En langue anglaise et dans l’écriture de notre langue,
Je prie donc Dieu que jamais tu ne sois mal interprété, 1795
Ni que tu ne sois lésé par manque de mots.
Et où que tu sois, ou dans quelque chant que ce soit,
Que tu sois compris, je le supplie, Dieu !
Mais revenons à mon propos principal.—

258. La colère, comme je commençais à vous le dire, 1800
De Troïlus, acheté là par les Grecs ;
Des milliers de ses chiens firent sa perte,
Car il était sans père,
À part Hector, à son époque, d’après ce que je sais ici.
Mais hélas, sauf la volonté des dieux, 1805
Le cruel Achille le tua cruellement.

259. Et quand il fut tué de cette manière,
Son esprit lumineux s’envola joyeusement
Vers la profondeur de la septième sphère,
Quittant chaque élément ; 1810
Là, avec une grande sagesse,
Il vit les étoiles errantes, percevant l’harmonie
Avec des sons pleins de mélodie céleste.

260. Et de là, aussitôt, il prit connaissance
De ce petit coin de terre, entouré de la mer, 1815
Et méprisa complètement
Ce monde misérable, jugeant toute vanité
Face au bonheur parfait
Qui existe au ciel ; et enfin,
Là, il fut tué, jetant son regard vers le bas ; 1820

261. Et en lui-même, il rit du chagrin
De ceux qui pleuraient si vite sa mort ;
Et il dénigra tout notre travail qui suit
La passion aveugle, qui ne peut durer,
Et qui devrait porter tous nos cœurs vers le ciel. 1825
Puis il partit, pour aller bientôt raconter
Où Mercure l’avait destiné à vivre.—

262. Ainsi grand est, voyez, ce Troïlus par amour,
Ainsi grand est toute sa valeur ;
Ainsi grand est son rang véritable au-dessus, 1830
Ainsi grand est sa passion, ainsi grand est sa noblesse ;

Page 495

Le sage possède la fausse vanité du monde.
Ainsi commença son amour pour Criseyde,
Comme je l’ai dit, et de cette manière il mourut.

263. Ô jeunes gens frais et purs, lui ou elle, 1835
En qui cet amour grandit avec votre âge,
Éloigne l’homme de la vanité mondaine,
Et tourne le visage de votre cœur
Vers ce dieu qui, à son image,
Vous a créés, et ne voit en ce monde 1840
Que beauté éphémère, semblable aux belles fleurs.

264. Et il aime celui qui, par véritable amour,
Sur une croix a donné sa vie pour nos âmes,
Est mort d’abord, puis ressuscité, et demeure au ciel ;
Car je vois personne qui ne mente, 1845
Si son cœur est entièrement dédié à Lui.
Et si le meilleur et le plus noble amour est ainsi,
À quoi bon chercher des amours feints ?

265. Voici les anciennes coutumes païennes,
Voici ce que toutes leurs divinités peuvent apporter ; 1850
Voici les appétits de ce monde misérable ;
Voici la récompense pour les efforts
De Vénus, d’Apollon, de Mars, et de tels scélérats !
Voici les paroles des anciens clercs en poésie, si vous lisez leurs livres. — 1855

266. Ô moraliste Gower, ce livre je l’adresse
À toi, et au philosophe Strode,
Pour qu’ils témoignent, s’il le faut, de la justesse,
De votre bienveillance et de votre zèle pieux.
Et à ce Christ fidèle, qui est mort sur la croix, 1860
Je prie sans cesse de tout mon cœur pour sa miséricorde ;
Et au Seigneur, c’est ainsi que je parle et que je dis :

267. Toi, unique, deux, trois, éternellement vivant,
Qui règnes toujours en trois, en deux et en un,
Infini, et capable de tout circonscrire, 1865
Protège-nous des maux visibles et invisibles ;
Et par ta miséricorde, ô Jésus, rends-nous dignes de ta grâce,
Par amour pour ta mère et ta modération, sois bienveillant envers nous ! Amen.

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Livre explicite de Troie et Criseyde.

1-35. Cm. omis. 4. Cf. Éd. Committeth ; H. Comitteth ; Cl. Comytted. 8. Éd. golde ; Cl. Cf. H. gold ; lire golden. // H2. L’Auricomus tressé (!). 9. H. alle ; Cl. Cf. al. // H2. shene ; le reste clere ; cf. ii. 920, iv. 1432. 11. H. a-yeyn ; Cl. a-yen. 12. H. sone (glosé Troilus). 13. H. hire (glosé i. Criseyde). 14. Cl. o morwe ; Cf. H. a morwe.
16. Cl. for to ; le reste omis pour for. 18. Cf. H. nyste ; le reste nyst. 20. Cl. wyst. 21. Cl. omis a. 22. Cf. H. reed ; Cl. red. 26. Cl. here by fore. 27. Cl. farewel now. 29. Cf. bood ; Cl. bod ; le reste bode. 31. Cl. H. Cf. Éd. sene ; H2. sen. 33. Cl. houede. // Cl. H. Cf. tabyde ; le reste to abide. 37. Cm. H2. Éd. horse ; le reste hors. 40. Cl. do it ; le reste omis do. 41. Cl. onys. 41, 42. H2. deye, dreye. 43. Cl. onys. 44. Cl. y-nowh. 51. Cf. Éd. H. Cm. liste. // Cl. lyst. 52. alwey] Cl. alweys ; Cf. H. alweyes. 58. Cf. H. sighte ; Cl. sight ; Cm. syhede. 60. Cf. rit ; H. rite (au lieu de rit) ; H2. ritte ; Éd. rydeth ; Cl. right(!). 62. Cl. that though. 64. Cl. curtasie. 66. Cl. H. compaynye. 80. Cl. Cm. ner, rod ; Cf. H. neer, rood. 82. she] Cf. Cm. he. 85. Cl. he al ; le reste omis al. 88. Cl. Éd. toke. 99. Cl. ynowh. 105. Ainsi Cf. H. ; Cl. That she shal not as yet wete what. 109. Cl. desese. 117. Cl. H. Cf. H2. preyde ; Éd. prayde ; Cm. preyede. 120. Cl. thenketh (mal). 122. H2. Troiaunes ; Cl. H. Cf. Éd. Troians ; lire Troian-es. 124. Cl. Cm. omis if. 127. Cl. An. 133. Cl. Cm. to ; le reste vn-to.
135. Cl. take. 138. Cl. Cm. to amenden ; Cf. H. tamende ; le reste to amende. 151. Cm. Mais que cela soit ; (cela = ceci est). 154. Cl. H2. aboue ; le reste abouen. 155. Cl. H. borne ; Cf. Éd. Cm. born. 164. or] Cl. of ; Cf. er. 170. Cl. feyr ; voir 172. 172. Cm. myghte ; Cl. Cf. H. myght. 174. Cl. you to ; le reste omis to. 176. Éd. H. Cf. lyte ; le reste litel. 180. Cl. hert ; Cf. H. Cm. herte. 182. of] Cl. on. 185. H. H2. liste ; Cl. Cf. lyst. 186. Cf. Cm. good ; Cl. H. goode. 189. H. shalighte. 194. Cl. mewet ; Cf. H. muwet ; Éd. muet. 199. Cl. omis face. 202. Cl. went ; toke. 206. Cm. frentyk. 207, 8. Cl. curssed. 214. Éd. lyte ; Cf. H. lite ; le reste litel. // Cl. Cm. a lytel his herte. 224. Cf. Éd. pilowe ; H2. pillowe ; H. pilwo ; le reste pilwe. 225. H. Cf. ayein ; Cl. Cm. ayen. 226. H. leete ; Cl. Cm. let. 230. H2. endowe. 232. Cm. ryghte ; Cl. Cf. H. right. 236. Here speketh = spek’th. 238. Cl. Cm. yuele. 242. Cl. tendresse. 245. Cl. in-to ; le reste vn-to. 246. Cl. fill ; ony. 247. Cl. by-gonne ; le reste by-gynne. 249. mete] H2. dreme. // Cl. as he ; le reste omis as. 255. Cl. tremor ; le reste tremour. 263. Cl. Cf. H. seine ; Éd. sayne ; Cm. H2. sey. 268. Cl. peyne ; le reste pyne.
273. Cl. thenke. 275. H2. y-waxen ; Cl. H. Éd. y-woxen. 277. Cl. wonted ; Cm. wone ; le reste wont(e) ; lire woned. 280. Cl. H. sente. 288. Cf. H. Cm. deuyne ; Cl. dyuyne. 290. Cl. peyne. 297. Cf. H. Éd. lyuen ; Cl. lyue. 308. Cl. Cf. H. yef ; Éd. yeue ; le reste yif. 315. Cm. H2. prey ; le reste preyen. // Cl. Cf. Éd. to kepe ; le reste omis to. 319. Éd. hyght ; Cm. highte ; Cl. hatte ; Cf. H. hette. // Éd. Ascaphylo (c’est-à-dire Ascalaphus) ; Cl. Cf. Escaphilo ; H. esciphilo ; Cm. H2. eschaphilo. 320. Cf. thise ; Cm. Éd. these ; Cl. H. this. 327. Cm. red ; le reste rede. 329. Cl. late ; Cf. H. lat ; le reste let ; lire lete. // Cf. worthen ; Cl. worthe ; H2. worth ; le reste worchen. 330. Cf. Éd. tel ; le reste telle. // Cl. nowe. 331. Cl. Cm. ony.
334. gon] Cm. forgon. 335, 336. H. care, fare. 348. Cm. H2. on- ; Cl. Cf. H. o- ; Éd. a-. 352. Cl. fond ; le reste fonde. 353. Cf. H. nought (au lieu de not). // Éd. H2. to abyde. // Cm. is not so longe to on-byde. 354. Cf. H. Éd. comen ; le reste come. 355. Cl. nyl not ; le reste omis.

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356. Voir dred ; le reste, drede.
357. Cf. H. ayein ; Cl. Voir Cm. a-yen.
360. Cl. Cm. proceden.
362. Lire all’ swev’nés.
368. Cl. Cf. H. Éd. infernals ; le reste, infernal.
369. Cl. seynt (!).
378. Cl. lef ; le reste, leue.
380. Cl. foweles ; H. fowelis.
382. Cl. owlys.
383. Cl. foule ; Cf. H. Voir Cm. foul.
385. Cl. shad (!).
387, 389, 390. H. Cf. foryiue, dryue, lyue ;
Cl. foryeue, dreue, leue.
398. Cl. foyete ; Cf. H. foryete. // Éd. or ; le reste, oure.
403. Cl. hens ; Cf. H. hennes.
409. Éd. rouken (à tort).
410. Cl. thow trust ; le reste, om. thow.
413. Cl. dar.
414. Cl. answered ; Cf. Cm. Éd. answerde.
421. Cl. Cf. Cm. fyn ; le reste, fyne.
423. Cl. sacrefise.
425. Cl. foule ; H. fowl ; Cm. foul.
428. Cf. H. reed ; Cl. Cm. red.
438. Cl. H. cost ; le reste, coste.
440. Éd. moste ; H2. most ; Cl. Cm. meste ; H. meest. //
Cl. om. eek.
441. Cl. ony.
443. Cl. Cf. H. thorugh ; Éd. through.
444. Cl. ony.
446. Cl. as ; le reste, at.
447. H. Nof.
448. Cf. Ie ; H2. ye ; le reste, eye.
451. Cf. pietous ; H. pietus ; le reste, pitous.
455. Cl. gladyn ; Cf. glade ; Cl. H. Éd. glad. // Cl. Cf. festenynge (au lieu de festeiynge = festeyinge) ; le reste, feestynge (festyng).
456. Cl. laydyes.
459. Cl. ony ; H2. an ; le reste, on.
464. Cl. om. him.
466. Cl. Cf. Éd. there ; le reste, here.
468. Cl. Cf. H. maze ; le reste, mase.
469. Cl. Cf. howue ; Éd. houe ; H. howen. // Cl. Cf. H. glaze ; le reste, glase.
470. Cl. old.
473. Cl. Éd. shap and ; le reste, om. and.
475. H. droofe ; Cl. Cf. Cm. drof. //
Cf. H. tanende.
479. Éd. H2. conueyen.
480. Cl. tok ; le reste, toke.
483. nil] Cl. wol.
484. Cl. answered ; H. Cf. Éd. answerde. // Cl. heder ; H. hyder ; Cf. H2. hider.
485. Cl. a-yen.
488. Cl. ony.
489. Cl. hens ; Cf. H. hennes.
490. Cl. vilonye.
491. Cl. H. wold.
492. Cm. wouke ; Cl. Cf. H. wowke ; Éd. weke.
498. H2. alle ; le reste, al.
499. Cm. woukis ; Cl. Cf. wykes ; H. Éd. wekes. // Cl. H. end.
503. H. fynden ; Cl. Cf. Cm. fynde.
506. Cl. H. sobrelich ; le reste, softely (softly).
510. Cf. H. bihighte ; Cl. byhight.
513. Cl. Cm. of here ; le reste, om. here.
515. Cl. om. it.
519. Cm. Cf. Éd. H2. On ; Cl. H. O.
520. Cf. tabrayde ; H. to breyde ; le reste, to abreyde.
523. H. Éd. H2. As ; Cl. So ; Cm. om.
528. Cl. Criseyde ; le reste, Criseydes.
530. Cl. Cm. brast.
531. Cl. dorres sperid.
533. Cf. Cm. H2. war ; le reste, ware.
538. god] Cl. gold.
548. Cl. Cm. with the ; le reste, om. the.
550. Cf. John. lisse ; H2. hisse(!) ; le reste, blisse.
553. which] Cl. whom.
554. H. ye ; H2. yee ; le reste, eye.
561. Cl. Cm. H2. thens ; Cf. thennes ; H. tennes(!).
565. Cl. yende ; le reste, yonder ; voir 573.
567. Cm. caughte, righte ; le reste, kaught, right.
568, 569, 571. Cl. yender ; voir 575.
579. Cl. thenketh ; le reste, thinketh.
583. Cm. myn ; H2. my ; le reste, om. (lire memórie).
584. Cl. waryed ; Cf. wereyed ; H2. weryhed ; le reste, weryed (lire werreyed = werréy’d).
593. Cl. leue ; Cm. lyf ; le reste, lyue. // Cl. om. in.
594. Éd. ne aske ;
Cl. Cf. H. naxe ; le reste, ne axe.
599. Cl. lorde ; cruwel.
605. Cf. H. Éd. wente ; le reste, went.
607. Cl. hens ; Cf. H. hennes.
609. Cl. in ; Éd. to ; le reste, in-to.
610. Cf. hille ; H. hille ; Cl. hill ; Cm. hil.
614. Cf. H. hider ; Cl. heder.
616. H. seen ; Cl. se.
617. Cl. Éd. woxen.
618. Cl. Cf. H. defet ; Cm. defect ; Éd. defayted (om. and).
631. Cl. hise.
632. Cm. The enchesoun.
636. Cm. Éd. softe ; Cl. Cf. H. soft.
637. Cl. gan to ; le reste, om. to. // Cl. syngen ; le reste, singe (syng).
639. Cf. H. soore ; Cl. Cm. sor.
641. H2. and stere ; Cm. on sterid ; Cl. Cf. H. in stere. // Éd. I stere and sayle.
643. The] Cl. Thi.
644. Caribdis H2. ; Cf. Carikdis ; le reste, Caribdes.
653. Cf. H. hennes ; Cl. hens. // Cm. bryghte ; le reste, right.
655. Cm. Cf. bryghte ; le reste, bright. // Cl. lathona ; Éd. Lucyna ; le reste, latona ; voir iv. 1591.
657. Cl. whanne.
658. she] Cl. he ; H2. ye. // my] Cl. me.
659. Cm. Éd. H2. day

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est ; jours de repos. 662. était] Cl. est. 669. là-bas] Cl. H2. yender. 670. Cl. Cf. quoique ; repos le.
// Cl. tenten (!). 671. Cf. H. thennes ; Cl. thens. 675. Cl. C’est. 686. Éd. Cf. Cm.
stynten ; H. stenten ; repos stynte. 693. Cl. c’est ; repos om. il. 695. Cl. devrait ; Éd. aught ; repos
nought (naught). 696. Cf. H. H2. Éd. pace. 701. Cf. Cm. putte ; repos put. 702. et] Cl.
an. 703. Cl. om. I. // Cf. Éd. Cm. holde ; Cl. H. hold. 711. Ther] Cl. The. // H2. Cm.
ther ; repos om. 708. Cm. I-waxen ; Cl. H. Éd. y-woxen. 713-719. Cm. omet. 715. Cl.
syked ; om. eek. 716. Éd. purtrayeng ; H2. portering ; Cl. portraynge ; H. portreynge ; Cf.
purtrayng. 720. woful ] Cl. ful. 722. Cf. cruel ; Cl. H. cruwel ; Cm. crewel. 723. Cf. Éd.
compleynen ; repos compleyne. 725. Tous pleurèrent (mais voir wopen en 724). 726. MSS. teris.
729. Cl. Cf. rowfully ; Éd. rewfully ; Cm. reufully. 733. Cl. H. quoique là-bas ; repos om. quoique.
// Cf. H2. walles ; repos wallys. 734. O] Cl. De (!). // Cf. H. dostow ; Cm. dost thou ; Cl.
dost. 735. whether] Cl. où. 744. trois] Cl. deux. 751. H. weste ; repos west. 752. Cl.
stelen. // Cl. Éd. sur ; H2. par ; repos dans. 753, 4. H. H2. leste, beste ; repos lest, best. 756. sur]
Cm. de. 757. Cl. voudrait. 758. H. Éd. rulen ; Cm. H2. reule ; Cf. reulen ; Cl. rewelyn (pour
rewlen). 759. Cl. Cm. om. Ne. // Cf. H. Cm. thryuen ; Cl. thryue. 760. Cl. quelque chose que l’on a blâmé ; repos que (à) quelqu’un blâme. 764. Cl. seulement. 765. Cl. pour mon ; repos om. mon.
769. Cf. Cm. knotteles ; repos knotles. 770. Éd. H2. pour aller se coucher. 774. Cl. Cm. court ; repos
le plus court. 780. Cf. H. thennes ; Cl. Cm. thens. 781. Cl. rire. 782. H2. pour accueillir. 784.
Cl. H. Cf. nassayeth ; repos assayeth. // Cl. Cf. H. nacheueth ; Cm. ne cheueth ; repos
acheueth. 787. Cl. om. de. 790. Pour] Cl. Comme. // Cl. sage ; H. Cf. Cm. Éd. sage. 800. Cl.
H. courageux. 805. Éd. Calcidony. 808. Cf. Cm. puissance ; Cl. H. puissance. 809. Cl. H. souvent ;
repos souvent. 812. Cl. Cm. fil ; repos fil. // Cl. H. voudrait. 815. Cl. H2. parler ; repos
parler. 817. Cl. formé. // H. H2. yeux ; repos yeux. 821. Cm. I-norschid. 827. Cm.
grandir ; H2. grandir ; repos grandir. 834. Cf. H. y-fondé ; repos fondé. 837. Cf. H. pendant ;
Cl. faisant ; Cm. faisant à ; Éd. faisant ; (meilleur pendant). // Cl. Cf. faire ; repos faire. 840.
Cf. dur ; H. dur à ; Cl. sec ; Cm. sec ; Éd. oser. // Cl. Cf. Cm. faire ; Éd. fait ; H.
faire. 845. Cl. un (pour comme). 846. Cm. Cf. H2. fait ; Cl. faire. 849. H. par son aide ; Cm. par
son aide ; repos lui par ici. 850. Cl. maintenant. 851. longtemps] // Cl. davantage. 856. H2. Entre ; Cl.
Cf. H. Éd. Entre-deux. 860. H. Cf. Cm. couper. 867. Cl. Répondu. 868. Cf. H. Éd.
savait ; Cl. savait. 872. Cl. pense. 879. Cl. seulement. 880. Cf. H. Devrait ; Éd. Devrait ; repos
Devrait. 882. Cl. H2. petites choses ; repos petites choses. 885. Cl. Éd. Fro. // Cf. H. thennes ; Cl.
Cm. alors. 888. à] Cm. pour. 891, 895. Cf. H. leurs ; Cm. leurs ; Cl. leurs. 895. H.
Cf. Éd. pour voler quelqu’un ; Cm. pour voler seulement ; H2. pour voler quelqu’un ; Cl. le vol de. 896. Cl. Cm. bien ; repos être. 898. Cl. H. caché ; repos caché. 909. Cf. H. Cm. grand ; Cl.
grand (!). 912. Cl. un. 916. Cl. apporté. 920. Cl. seulement. 924. Cf. Éd. être ; Cm. bien ; H. bien un ;
repos le. 925. Éd. entendre ; Cl. Cm. entendre. 926. Cf. quook ; H. quooke ; Cl. Cm. quok. 927.
Cl. jeter une petite force d’un côté. 931. Cl. seulement. 934. De] Cl. O. // Éd. Calcidony. 938. H2.
Polymites ; Cm. Polymyght ; repos Polymyte. 942. Cl. Je vais ; repos om. Je. // Cf. H. Éd. H2.
vivre ; Cl. vivre. 945. Cl. tel. 950. Cf. H. parler ; Cl. Cm. parler. 952. Cf. H2. à lui elle ; Cl. H. Éd. elle à lui. 954. H. Cf. Éd. ce n’est pas midi ; Cl. H2. non ce n’est pas. 970. Tout sauf Cf. H. om. premier et. 971. Cl. un. 977. maintenant] Cl. ici. 982. Cl. seulement. 986. Cl. fait. 987. Cl. pour jouer ; repos om. pour. 989. Cf. occupé ; H. occupé ; Cm. occupé ; Éd. H2. occupé ; Cl. bien. 997. Cl. H.

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com. 999. Cl. om. hir. // heres] H. eres; Cm. eyyn. 1003. Cm. Ne I; Cp. H. Ny; Cl. H2.
Ed. Ne. 1005. Cl. ther-with (om. al). // eyen] Cl. ey. 1006. Troye] Cl. Ed. Troilus and
Troye(!); H. Troilus(!). 1010. al] Cl. as. // Cl. a-yen. 1013. Cl. wich. 1014. Cm.
waxen; H2. waxe; rest woxen. 1016. Cl. folewede. 1018. Ed. Cythera. 1032. Cl.
shorly; om. that; tales. 1033. Cl. Cm. H2. put he before spak. // Ed. selfe; rest self.
1034. Cl. sore sykes. 1036. Cp. refte; Cl. reste (for refte); H2. rafte; H. ref. (for refte);
Ed. lefte; Cm. reuyth. // Cl. Cp. H. (1st) of; H2. all; rest om. 1039. Ed. she; rest he; see
note. // Cl. onys. 1043. Cl. Cp. Ed. pencel; rest pensel. 1044. Cp. H. the; rest om.
1045. Cl. thorugh. 1046. Cm. wep; rest wepte. 1048. Cl. om. kepen. 1049. Cm. hele;
H2. helpe; rest helen. 1053. Cl. falsede. 1056. Cl. falsede on; gentilest. 1057. Cl. Thas;
on; worthyest. 1060. word] Cl. wood. 1062. Cl. Thorugh ought. 1070. Cl. om. for. //
Cm. H2. om. me. 1077. Cl. Cp. lady; Ed. H2. ladyes; rest om. 1079. Cp. Ed. Cm. ne;
Cl. H. to; H2. om. 1081. H2. might I; Cl. Cm. myghty(!); Ed. shulde I; Cp. sholde I;
H. shold I. 1083. So all. 1084. Cl. giltles. 1085. Cl. Ed. And; rest But. 1089. Cl. H.
Tak. // Cl. Cm. hise. 1090. Cp. H. Ed. fynden; Cl. fynd; rest fynde. 1091. Cp. H. Ed.
that; rest om. // Cl. Cm. gan; rest bigan. 1094. the] Cl. this. 1095. H2. Ed. publisshed;
rest punisshed(!). 1096. oughte] Cl. out. 1097. Cl. ony. 1098. Cl. H. om. so. 1100. Cl.
tolde. 1102. Cp. hoot; Cl. Cm. hot; rest hote (=hoot). 1109. H2. warme; rest warmen.
// All est; read th'est. 1113. Cl. om. of. 1114. Cp. noon; Cm. non; rest noone (none);
see 1122. 1118. Cl. here; rest his. 1123. Cl. Cm. om. here. 1125. Cl. twinnen; rest
winnen. 1128. Cl. answered. 1130. Cl. thanne; a-yen. 1133. Cl. Cp. H. cape; rest gape.
1139. H. portours; Cp. Ed. H2. porters; Cl. Cm. porterys. 1140. Cl. H2. holde; rest
holden. 1142. H2. comth; H. Cm. cometh; Cl. Cp. come; Ed. came. 1147. hir] Cl. his.
1153. Cl. Cp. Ed. H. whan that; rest om. that. 1155. Cl. not to; rest om. to. 1156. H.
nought; Cp. Ed. naught; rest not. // Cp. Ed. H. Cm. for; rest om. 1161. Ed. H2. art; rest
arte. 1162. fare] Ed. farre; H2. soory. // All carte. 1170. Cl. y-nowh. 1176. Ed. ferne;
Cl. H. fern; Cp. farn. 1179. hem] Cl. hym. 1180. Cm. H2. Ed. muste; Cp. moste; Cl.
H. most. // Cl. beuen (for bleuen); H2. beleue. 1181. Ed. within the; Cl. Cp. H2. with-
inne the; rest with-inne. 1184. H. Ed. gladded; Cl. Cp. gladed. 1191. Cl. holden. 1197.
Cl. ony. 1198. Cl. is fledde; rest om. is. 1201. Cl. Cm. hise. 1203. Cl. Cp. nyst; H. Cm.
nyste. // Cl. myght; Cp. H. myghte. 1204. Cl. byhyght; Cp. H. bihighte. 1205. Cl. H2.
fifthe; rest fifte. // Cp. H. Cm. H2. sexte. 1206. of] Cm. the; Cl. om. 1209. hir] Cl. he.
1211. Cl. om. for to. 1213. Cl. þe wode; rest om. the. 1215. Cl. H. wold. 1217. Cl.
compaignye. 1219. Ed. defayte. 1223. Cl. Iire. // Cp. omits 1233-74. 1224. Cp. H. H2.
axed; Ed. asked; Cm. axe; Cl. asketh. 1235. Cl. welk; H. welke; rest walked. 1239.
Cm. slep; rest slepte. 1248. Cl. ony. 1249. Cl. ellis. 1250. Cl. thorugh. 1256. Cl. Iust;
H. Cm. Ed. Iuste. 1259. So Cl.; H. eseuraunce; rest assuraunce. 1263. Cl. trowen; ony.
1266. All bigile (begile). 1272. Ed. slowe; Cl. slowh; H2. sloo; H. slewe. // Ed. than
alway; Cl. H. H2. alwey than. // Cm. Myn self to sle than thus alwey. // Cl.
compleyne; rest to pleyne. 1275. Cl. answerede. 1278. folk] Cl. men. 1279. Cl.
dastow. 1285. Ed. on; H2. in; Cl. Cp. H. o; Cm. a. 1288. Cl. a-righ. 1289. Cm. thanne;
rest than. 1292. Cl. can. 1293. Cl. thow a lettre here. 1294. Cl. H2. brynge. 1298. Cm.

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H2. trowe ; le reste, trowen. 1300. Cl. wheyther. // Cl. Cm. ony. 1301. Cl. ellys. 1302. Cl.
Et yf ; le reste, om. And. 1303. Cf. writen ; Cl. H2. wreten ; Cm. wrete ; H. writon. 1305.
Cl. The (au lieu de Ther). 1310. Cl. H2. Accorded ; le reste, Acorded. 1317. Cl. Cf. H. ben haue.
1324. Cl. H2. wite ; Cf. witen ; H. wyten ; Éd. weten. 1336. Cl. terys. 1342. Cl. om. my.
1343. Cl. Cf. H. masterte (au lieu de me asterte). 1345. Cl. ony. 1345-1428. H. omet. 1347.
Cl. ought ; Cf. Cm. oughte. 1348. Cl. Cm. monethes. 1350. Cl. Éd. ten dayes. 1351.
Cl. Cm. monethes. // Cl. retorne. 1352. me] Cl. I. 1354. Cm. sikis I sike. 1357. Cl. H2.
it youre wil ; Éd. Cm. your wyl it. 1363. Cl. om. to. // Cl. mot ; Cf. moot ; le reste, mote.
1364. up-on] Cl. on. 1365. Cl. Cf. yow ; le reste, to yow. 1368. Cl. chyste ; Cf. chiste ; le reste, cheste. 1374. Cl. wellys. 1374, 6. Cm. waxen ; Cl. Éd. woxen. 1376. Cf. Éd. Cm.
harm ; le reste, harme. 1377. Cl. ellys. 1386. Cl. Cf. Commeue ; Éd. Can meuen ; Cm.
Remeue ; H2. Remorde. 1388. more] Cl. maner. 1393. Cl. Ther ; H2. The (au lieu de Ther) ;
le reste, That. 1394. Cl. dothe. 1397. Cl. Wit. 1398. Éd. Cm. disporte. 1400. or] Cl. er. //
Cf. H2. Éd. deliuereth ; le reste, deliuere. 1410. Cl. we ether (au lieu de whether). 1412. Lire far’th. 1415. Cl. but that ; le reste, that but. 1420. Cl. dyshese. 1421. Cf. Éd. add—Le vostre T. ; voir l. 1631. 1424. Cl. wrote a-yen. 1428. Cm. Éd. nyste ; le reste, nyst. 1430. Cf.
swerth. Lire swer’th, lov’th ; Éd. swore she loued. 1440. Cl. slep ; H. slepe. // Cm. ne
ne word he ne seyde ; le reste, ne word (worde) seyde ; où worde = word he. 1442. Cl.
wax ; H. Cf. Cm. wex. 1444. come] Cl. ek. 1446. Lire out of ? 1448. Cl. vntrothe. //
his] Cl. here. 1461. Cl. thorugh.] 1462. Cl. & ek of ; le reste, om. ek. 1464. Cl. om. wrooth.
1466. H. Nencens. 1468. Cm. Wrok ; H2. Venged. // Cl. cruwel. 1469. Cl. Cf. H. grete ;
Cm. H2. gret. 1473. Cl. om. the. 1475. Cf. H. Éd. mayden ; le reste, mayde. 1480. Cl. om.
And. // Cl. descendede. 1482. But] Cl. H. And. 1484. Cl. were it. [Latin. 2. Cl. doceat ;
le reste, docet. // Cl. insideas. 3. Cl. Cf. H. H2. Hemoduden ; Cm. sinoduden ; Éd.
Hermodien ; lire Hemoniden (Théb. iii. 42). 9. Éd. -peo ; H. -pes ; le reste, -pea. 10. Cl.
Flumine ; le reste, Fulmine. 12. Éd. Argiuam ; le reste, Argiua.] 1485. Cl. H. told ; le reste, tolde.
1486. Cl. strong ; le reste, stronge. 1491. Cf. Éd. H2. tolde ; le reste, told. // Cf. Éd. H. by ; Cl.
the ; Cm. on. 1493. H. Éd. H2. slough ; Cl. slowh ; Cm. slow. 1499. Cl. H. burynge ; Cf.
H2. burying ; Éd. buryeng ; Cm. brenynge. 1500. Cf. H. Éd. fil ; Cl. ful ; Cm. fel. 1501.
Cf. H. Éd. Argeyes ; Cl. Cm. Argeys. 1502. Cl. om. how. // in] Cl. y. 1508. Cf.
scarmuche ; H. scarmyche ; H2. Éd. scarmisshe ; Cl. scarmych. // Cl. slowh ; Cf. H.
slough. 1515. Cl. Meleagree. 1516. so] Cl. that. 1517. Cl. H. is ; le reste, his. 1518. Éd.
leaue. 1521. Cl. Cf. H. fals. 1522. Cm. gret ; le reste, grete. 1523. Cl. seystow ; Cf. H.
sestow ; Éd. seest thou ; H2. sest thou. // Cl. fol ; Cf. H. Cm. fool. 1528. Cl. om. was.
1534. Cl. cruwel. 1537. Cf. y-mad ; H. H2. Éd. ymade ; Cl. made ; Cm. mad. 1540. Cf.
Cl. H. dryeth ; le reste, dryueth. 1542. Cf. H2. hire ; Éd. her ; le reste, here. 1543. Cl. Cf.
Thorugh. 1544. Cf. H2. flitted ; Cl. H. fletted. 1546. brighte] Cl. out. 1552. Cl. om.
him. 1555. Cl. H. thenketh. 1558. Cm. H2. the auentayle. 1559. Cl. Achille thorugh.
1563. Cl. may it. 1567. Cl. Cf. H2. om. 2nd for. 1573. Cl. a-yen. 1576. Cl. Cm. gret.
1577. Cl. Cf. H2. Hym self ; le reste, Hym seluen. // Éd. Cm. disgyse ; Cf. desgise ; Cl. H.
degyse. 1582. Cl. Cf. wep ; le reste, wepte. 1585. Cm. H2. (1er) that ; le reste, om. 1586. All
That she ; j’omets That. 1588. Cl. om. al. 1598. Cf. pietee ; Cm. pete ; le reste, pite. 1601. Cl.

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a-yen. // Cf. H. Éd. ne ; le reste est omis en 1602. Cl. Cm. om. that en 1607. Cl. nys not ; le reste est omis.
not. 1608. Cl. H. thenketh. 1615. Cl. om. How. 1618. Tout Come (Com). 1618. Cl. Cm.
H2. disioynt. 1623. Cl. om. that. 1625. Cl. Cf. H. an ; le reste est omis. // Cl. yuyl. Cl. H2. that
ye ; le reste om. that. 1629. Cl. Of ; le reste Eek. 1630. H. H2. The entente. 1631. H. Éd. ajoute—
La vostre C. 1632. So Cf. H. ; Cl. Cette lettre ce Troilus. 1634. Cl. Cf. Éd. kalendes ;
H. kalendas ; Cm. kalendis. // Éd. eschaunge. 1636. Cl. now ; le reste ne. 1640. Cl. Cm.
ony. 1643. Cl. trewe ; le reste kynde. 1645. been] Cl. gon. 1651. Cl. arme (au lieu de armure).
1652. Cf. H. Biforn ; Éd. Beforne ; le reste Byfore. 1653. Cl. H. which. 1661. Cl. broch ;
le reste broche. 1664. Cl. a-yen. 1667. Cl. forth hom ; le reste om. forth. 1669. Tout mot ou
worde (à la place de ord). 1674. Cl. Cm. Thanne. 1681. Cl. other ; le reste othes. 1684. and] Cl.
or. 1685. Cl. cruwel. 1688. Cm. leste. 1694. Cf. H. Éd. Cm. shewen ; Cl. shewe. 1697.
Cl. Cf. H. Cm. with-inne ; le reste with-in. 1701. Cl. Cm. ony. 1702-1869. Perdu dans Cm.
1708. on] Cf. H. Éd. of. 1709. H2. Pandare ; le reste Pandarus. 1711. Cl. thow ; le reste thee. //
Cl. lyst ; Cf. H. H2. Éd. liste. 1715. Cl. slep ; drem. 1717. Cl. hensforth ; Cf. H. hennes
forth. 1719. Cf. H. Éd. be the ; Cl. H2. by this. 1724. Cl. H. wist. 1725. Cl. a-yen ;
answerede. 1728. Éd. H2. astonyed. 1730. Cl. last. 1731. Cl. dere brother. 1735. un-to]
Cl. to. 1736, 7. Cl. dede. 1740. Cl. dredles. 1745. hir] Cl. his. 1751. Cl. cruwel. 1755.
Cl. H2. dredles. 1756. Cl. cruwely. 1760. Cf. H. Éd. weren ; Cl. were. 1761. Cl.
cruwel. 1765. Cl. wryten. 1767. Cl. wold ; hise ; battayles (lire batail-lès). 1769. H2.
that (au lieu de as) ; le reste seyd as I can ; lire as that. 1770. Cl. Hese. 1771. Cl. H. Red ; le reste
Rede. 1774. Éd. Al be it that. 1777. Tout écrit. 1778. Cl. goode. 1779. Cf. H. Ny (au lieu de
Ne I). 1780. Éd. betrayed. 1783. Éd. Betrayen. 1787. Cl. makere. 1788. Éd. make ; le reste
make in ; (lire maken ?). 1789. Cl. Cf. H. nenuye ; H2. enuye. // Éd. make thou none
enuye. 1791. Cl. ther-as. // Cl. Éd. pace ; le reste space. 1792. Éd. Of Vergil ; le reste om. Of.
1798. Cl. Cf. om. I ; le reste god I ; mais lire I god. 1799. Cl. rathere. 1802. Cl. thousandys
hese. 1803. Cl. ony. 1806. Cl. slowh. // H2. fers. 1807-1827. Pas dans H2. 1809. Éd.
holownesse ; Cl. holwghnesse ; Cf. H. holughnesse. // Tout seuenthe. 1810. Cl. lettynge ;
H. letynge ; Cf. Éd. letyng. 1812. Cl. Th (au lieu de The). 1814. Cf. H. thennes ; Cl. thens.
1824. Cl. om. that. 1825. Éd. shulden ; H. Cf. sholden ; Cl. shuld. 1843. Cl. cros ; Cf.
H. crois. 1849. rytes] Cl. vyces. 1852. Cl. trauayle. 1853. Éd. and (au lieu de 3rd of). 1855.
Cl. om. ye. 1856. Cf. book ; le reste boke (booke). 1857. Cl. H. om. to. 1859. Cf. Éd.
goode ; H. H2. good ; Cl. garde. 1862. Cl. om. to. 1867. Cl. eurychon. 1868. Cl. grace ;
le reste mercy. Colophon : So H. ; Cl. a Criseide ; Cf. Explicit Liber Troily.

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NOTES À BOËTHIEU.

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LIVRE I.

Mètre 1. Afin d’éclaircir le texte anglais, j’ cite fréquemment le latin original, généralement tiré du texte de T. Obbarius, Iéna, 1843. Voir plus loin dans l’Introduction.

3. rendinge, lat. ‘lacerae’ ; plutôt déchiré, ou en loques. Le sens de ‘rending’ apparaît chez Ovide, Métamorphoses VIII, 880.

6. c’est-à-dire. Les mots en italique ne figurent pas dans l’original, mais ont été ajoutés par Chaucer à des fins explicatives. Dans tout le traité, je mettrai tous ces passages en italique.

8. werdes, ‘weirds’, destin.

‘Gloria felicis olim uiridisque
iuuentae
Solantur maesti nunc mea fata
senis.’

12. slake, mieux slakke ; cf. Cant. Ta. E. 1849. empted, ‘effeto’. Le manuscrit C porte emty.

13. in yeres ... swete : ‘dulcibus annis’.

14. y-cleped, invoqué ; ‘uocata’, c’est-à-dire ‘la mort’. Cf. Troilus, IV, 503.

16. naiteth, refuse ; ‘negat’. Islandais neita, dire non.

17. lighte, c’est-à-dire éphémère ; ‘leuibus ... bonis’. La glose ‘sc. temporels’ (dans A) donne le sens correct. sc. = scilicet, c’est-à-dire ; la forme temporels est le pluriel français.

18, 19. Mais maintenant :

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« Nunc quia fallacem mutauit nubila
uultum,
Protrahit ingratas impia uita
moras. »

La traduction « unagreable dwellinges » est une traduction malheureuse.

22. in stedefast degree, en position sûre ; « stabili ... gradu. »

Concernant la dernière phrase, M. Stewart remarque, dans son essai sur Boèce, que Chaucer y « reproduit en réalité le mètre latin original », c’est-à-dire un hexamètre et un pentamètre. La véritable prononciation médiévale doit, à cette fin, être complètement ignorée ; ce qui revient à dire que Chaucer devait être profondément inconscient de toute telle intention.

Prose 1. 2. et markede : « querimoniamque lacrimabilem stili officio
designarem. » Donc markede signifie « j’ai écrit » ; et pointel fait référence au stylus.
Cf. Som. Tale, D 1742. avec office, par l’usage (de).

6. empted, épuisé ; « inexhausti uigoris. » Bien sûr, la femme décrite ici est Philosophia.

9. doutous ; « statura discretionis ambiguae. »

12. heef, soulevé ; A. S. hōf. Chez Layamon, hof, haf, heaf. J’utilise heef pour hef, car le e est long.

13. de sorte que : « respicientiumque hominum frustrabatur intuitum. »

14. delye (ainsi dans les deux manuscrits) = deli-ē, O. F. deliè (voir Cotgrave), délicat, fin, mince, du lat. delicatus, avec la perte habituelle du c entre deux voyelles et avant la syllabe accentuée ; lat. « tenuissimis filis. »

Après crafte, il aurait été préférable d’insérer et ; lat. « indissolubilique
materiâ. » Mais certains manuscrits, y compris C., omettent que.

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18. Comme c’est l’habitude : « veluti fumosas imagines solet. »

21. En grec, P ; c’est-à-dire Π. En grec, T ; c’est-à-dire Θ, et non Τ ; la lettre grecque θ se prononce comme t en latin. Il s’agit de φιλοσοφία πρακτικὴ καὶ θεωρητική, en latin Philosophia Actiua et Contemplatiua, c’est-à-dire philosophie pratique (ou active) et philosophie théorique (ou contemplative). C’est la même distinction que celle entre Vita Actiua et Vita Contemplatiua, si courante dans la littérature médiévale ; voir la note (3) au Sec. Non. Tale, G 87, ainsi que la note sur P. Plowman, B. vi. 251.

26. Corven, couper, enlever des morceaux ; en latin : « sciderant. »

33. Cruel, c’est-à-dire sévère ; « toruis. »

34. These comune : « ces prostituées de scène. »

39. Rien qui porte fruit ; « infructuosis. » On pourrait donc préférer lire « rien de fruitif », comme chez Caxton et Thynne.

41. Holden : « Ils habituent les esprits des hommes à la maladie, sans les libérer. »

45. For-why, parce que (très courant) ; rarement interrogatif.

47. Me, de moi ; en fait, Caxton et Thynne lisent « from me » ou « fro me ». Les formes Eleaticis, etc., proviennent du texte latin — « Eleaticis atque Academicis studiis ». Il aurait plutôt dû dire : « les écoles d’Élée et de l’Académie ». Les philosophes éléatiques étaient les disciples de Zénon d’Élée (Zeno Eleates, né vers 488 av. J.-C. à Élée, en Italie), et le disciple préféré de Parménide (qui est mentionné expressément au livre III, proposition 12, ligne 143). Les philosophes académiciens étaient les disciples de Platon.

49. Mermaidenes ; en latin : « Sirenes ». Cf. N. P. Tale, B 4461, et la note correspondante.

Jusqu’à la fin ; c’est une mauvaise traduction. Plutôt jusqu’à la destruction ; « usque in exitium ». Mais, au lieu de exitium, le manuscrit C porte exitum.

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55. a plongé, s’est noyé ; ‘mersa.’ Cf. dreint, Mét. 2, l. 1.

59. ner, plus près ; comparatif, non positif ; ‘propius.’

Mètre 2. 2. mintinge, ayant l’intention de ; ‘tendit ... ire.’ Toujours en usage dans le Cambridgeshire.

8. étoiles de la lune froide : ‘gelidae sidera lunae.’ Je suppose que cela désigne les constellations visibles à la lumière de la lune, mais invisibles le jour. L’expression sidus lunae, la forme brillante de la lune, apparaît chez Pline, Nat. Hist. ii. 9. 6 ; mais il est difficile de voir comment sidera puisse avoir le même sens, comme le disent certains commentateurs.

9. orbites, trajectoires ; fait référence aux planètes.

y-flit, se déplace ou tournoie le long de leurs sphères différentes ; fait allusion à l’ancien système astronomique ptolémaïque, qui supposait que chaque planète était attachée à une sphère en rotation, ce qui lui faisait parcourir son orbite en un certain temps, variable selon chaque planète.

cet homme : ‘Comprensam [sc. stellam] in numeris uictor habebat.’

16. élève, orne ; ‘ornet.’ Probablement issu du nom féminin hight, hiht (A. S. hyht), joie, plaisir.

17. coule, s’écoule (c’est-à-dire abonde) ; ‘grauidis influat uuis.’

20. vidé : ‘Nunc iacet effeto lumine mentis.’

22. fou, c’est-à-dire insensé, stupide, dépourvu de raison ; ‘stolidam.’

Prose 2. 6. armures, c’est-à-dire armures défensives ; ‘arma.’

8. in sikernesse : ‘inuicta te firmitate tuerentur.’

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14. litargie ; mieux : betterargye, c’est-à-dire léthargie. Cf. Troil. i. 730.

19. yplyted, plié en ride ; « contracta in rugam ueste. »

Mètre 3. 1. discuté, chassé ; « discussâ ... nocte. »

4. groupés ; « glomerantur » ; ou « couverts de nuages », comme le dit Chaucer.

5. Chorus, Corus ou Caurus, le vent du nord-ouest.

6. ploungy, orageux, pluvieux ; « nimbosis ... imbribus. »

8. Borias, Boreas, le vent du nord, venu de Thrace.

9. grottes ; mieux : cave, comme chez Caxton et Thynne ; lat. « antro ». beteth ; « uerberet » ; d’où la glose de Chaucer.

11. y-shaken, « uibratus » ; c’est-à-dire tremblant, scintillant.

Prose 3. 2. pris, attiré, reçu de la lumière ; « hausi caelum. »

4. beholde, le présent ; « respicio. »

10. norry, élève, littéralement celui qui est nourri ; « alumne. »

11. partager la charge, partager le fardeau.

15. craindre ma blâme, avoir peur du blâme. agrysen, frissonner.

16. quasi diceret non, comme si elle voulait dire non ; comme si elle s’attendait à la réponse non. Cette remarque est souvent insérée par Chaucer.

19. Platon ; 428-347 av. J.-C. Avant lui, Solon, Anaxagore et Pythagore avaient tous rencontré de l’opposition. Le sort de Socrate est bien connu.

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21. L’héritage : « Alors que la foule épicurienne, stoïcienne et les autres, chacun pour sa part, cherchaient à s’emparer de cet héritage, et qu’ils me rejetaient, moi qui m’y opposais, en me considérant comme une partie du butin, ils déchirèrent les vêtements que j’avais tissés de mes propres mains, et, après m’avoir arraché les morceaux de tissu, ils partirent, croyant que je leur appartenais entièrement. »

38. Anaxogore, philosophe grec (500-428 av. J.-C.) ; exilé d’Athènes en 450 av. J.-C.

39. Zénon ; Zénon d’Élée (voir p. 420), né vers 488 av. J.-C., aurait risqué sa vie pour défendre son pays. Son sort est incertain.

40. Senecciens, visiblement destiné à signifier « les disciples de Sénèque ». Le texte original dit : « à Canios, à Senecas, à Soranos... tu as pu le savoir. »

Canios, les Canii ; c’est-à-dire des hommes comme Canius. La constance et la mort de Julius Canius (ou Canus) sont racontées par Sénèque dans De Tranquillitate, chap. XIV. Cf. Pr. IV, 131, et note, p. 424.

41. Sorans, les Sorani ; des hommes comme Soranus. Soranus est mentionné par Tacite, Annal. XVI, 23. Caxton et Thynne lisent Soranos, comme dans le texte latin.

42. Unsolempne, non célébré ; « incelebris. »

49. Il faut le mépriser, il faut mépriser ce (le festin).

53. Ententif, occupé à saisir des bagages inutiles en guise de butin.

Sarpulers, sacs faits de toile grossière ; chez Caxton, sarpleris ; « sarcinulas. » Cotgrave écrit : « Serpillere, un Sarpler ou Sarp-cloth, un morceau de toile grossière utilisé pour emballer des choses. » Cf. le français moderne serpillière.

56. Palis, aussi orthographié paleis (O. F. palis), littéralement une palissade, ou un morceau de paling solide, une muraille, utilisé pour traduire le latin uallum. Lorsqu’il est écrit paleis, il ne doit pas être confondu avec paleis, qui signifie palais.

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Mètre 4. 3. soit fortune, bonne fortune ou mauvaise.

5. hete : « Versum funditus excitantis aestum. » Je suppose que aestum signifie plutôt « surgissement » que « chaleur » ici. Voir Mét. vii. ci-dessous, l. 3.

6. Vesevus, « Veseuus » ; c’est la même chose que Vesuvius ; cf. Virgile, Géorgiques ii. 224.

7. wrytheth, se tord, projette des guirlandes de fumée. Les anciennes éditions imprimées par Caxton et Thynne, ainsi que le manuscrit Ii. 1. 38, restituent heureusement le texte ; en latin : « Torquet. »

8. Caxton et Thynne ont thonder-leyte, ce qui est peut-être mieux. Le manuscrit Ii. 1. 38 a thonder leit.

13. stable of his right : « stabilis, suique iuris. »

Prose 4. 2. Artow lyk. L’original est en partie en grec. « An ὄνος λύρας ? » Certains manuscrits ont : « Esne ὄνος πρὸς λύραν ? » Et le manuscrit C. a : « Esne asinus ad liram ? » Dans une édition de Boèce par Renatus Vallinus, imprimée en 1656, je trouve la note suivante : « Ut et omnes veteres scripsere, Varro in satyra quæ Testamentum inscribitur apud Agellium, lib. iii. cap. xvi : Ii liberi, si erunt ὄνοι λύρας, exheredes sunto. Suidas ex Menandro, Lucianus, Martian. Capella, lib. viii., atque alii quos refert Erasmus, in eo adagio. Imo et apud Varronem id nominis satyra extitit. » Il s’agit clairement d’une référence proverbiale à la lenteur de perception. Ch. le cite à nouveau dans son Troilus, i. 731, où il l’explique ainsi.

3. why spillestow teres, pourquoi gaspilles-tu des larmes ; « Quid lacrimis manas ? » Après ces mots apparaissent, dans l’original, quatre mots grecs que Chaucer ne traduit pas, à savoir : Ἐξαύδα, μὴ κεῦθε νόῳ : c’est-à-dire parle, ne les cache pas dans ton esprit ; cité d’Homère, Iliade i. 363.

Comparer les lignes 3 et 4 avec Troilus, i. 857.

7. by him-self, en soi ; « per se. » Faisant allusion à « sharpnesse », c’est-à-dire « asperitas ».

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15. enformedest, tu as conformé ; « formares ».

17. ordre du ciel ; « ad caelestis ordinis exemplar ». Cela fait référence aux paroles de Platon juste à la fin du 9e livre de La République : ἐν ὀυρανῷ ἴσως παράδειγμα ἀνάκειται. Cf. également les dernières lignes du Livre II du présent traité.

18. confermedest (MS. A, enfourmedist), tu as confirmé ; « sanxisti ». La lecture conformedest est évidemment issue d’une confusion avec enformedest ci-dessus, au l. 15.

19. bouche de Platon ; il s’agit du Livre V (473 D) de La République : ἐὰν μὴ, ἢ οἱ φιλόσοφοι βασιλεύσωσιν ἐν ταῖς πόλεσιν, ἢ οἱ βασιλεῖς τε νῦν λεγόμενοι καὶ δυνάσται φιλοσοφήσωσιν γνησίως τε καὶ ἱκανῶς, καὶ τοῦτο ἐις ταῦτον ξυμπέσῃ, δύναμίς τε πολιτικὴ καὶ φιλοσοφία· τῶν δε νῦν πορευομένων χωρὶς ἐφ' ἑκάτερον ἁι πολλαὶ φύσεις ἐξ ἀνάγκης ἀποκλεισθῶσιν, ὐκ ἔστι κακῶν παῦλα ... ταῖς πόλεσιν· δοκῶ δὲ, ὐδὲ τῳ ἀνθρωπίνῳ γένει.

24. le même Platon ; dans le 6e dialogue sur La République.

25. cause, raison ; « causam ». wyse, c’est-à-dire « pour les hommes sages ».

27. citoyens tortionnaires criminels, citoyens méchants et oppressifs ; les substantifs sont en apposition.

33. sachant avec moi, mes témoins ; « mihi ... conscii ».

36. discordes ... ravageuses ; « inexorabilesque discordiae ».

37. pour cette liberté, etc. ; « et quod conscientiae libertas habet ».

41. Conigaste, Conigastus ou Cunigastus ; mentionné chez Cassiodore, Epist. lib. viii. ep. 28. Les faits ici évoqués ne sont connus que grâce au passage présent.

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prosper fortunes traduit simplement « fortunas » ; il semble signifier « succès » ou « bien-être ».

43. Trigwille, Triguilla ; « regiae praepositum domus. »

45. auctoritee ; « obiecta periculis auctoritate protexi. »

52. cariages, taxes ; « uectigalibus. » Voir une utilisation similaire dans le Conte persan, I 752, et la note.

59. inplitable, intricate : « inexplicabilis. » coempcioun, une imposition dite telle ; voir l’explication de Chaucer ci-dessous, à la l. 64. En grec, συνωνή.

61. Campaigne, Campania, en Italie, provost ; « praefectum praetorii. »

64-67. Voir la note de bas de page. J’ai ici transposé cette glose, afin qu’elle suive, plutôt que précéder, la mention de coempcioun dans le texte.

68. Paulin, Decius Paulinus, consul en 498 ; mentionné chez Cassiodore, Epist. lib. i. epist. 23, lib. iii. epist. 29.

69. houndes ; « Palatini canes. »

73. Albin, peut-être Decius Albinus, à qui Théodoric adressa une lettre conservée chez Cassiodore, lib. iv. ep. 30. Voir la l. 156 ci-dessous.

75. Ciprian, Cyprian. Nous savons quelque chose de lui grâce à deux lettres chez Cassiodore, Epist. v. 40, 41. Théodoric le tenait en haute estime. Voir une discussion de sa carrière dans l’Essai sur Boèce de H. F. Stewart, p. 42-52.

78. to hem-ward, c’est-à-dire pour le bénéfice des officiers autour de moi ; « mihi ... nihil apud aulicos, quo magis essem tutior, reservaui. »

81. Basilius. On en sait peu sur lui ; voir H. F. Stewart, op. cit., p. 48.

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82. contraints, c’est-à-dire soudoyés pour m’accuser, par besoin d’argent étranger : « alienae aeris necessitate ».

84. Opilion, Opilio ; l’Opilio mentionné chez Cassiodore, liv. V, épist. 41, et liv. VIII, épist. 16, frère du Cyprien mentionné ci-dessus, l. 75. Le nom de son père était également Opilio.

89. perçu, rendu connu. Le roi, c’est-à-dire Théodoric, roi d’Italie pendant 33 ans, de 493 à 526 apr. J.-C. Son règne fut, dans l’ensemble, bon et glorieux, mais il commit le grand crime de faire exécuter à la fois Boèce et son vieux beau-père Symmaque, pour quoi il exprima par la suite un profond repentir. Voir l’Histoire de l’Empire romain de Gibbon. Le principal témoignage de son règne se trouve dans la collection de douze livres d’épîtres publiques composées en son nom par Cassiodore. Le siège de son gouvernement était Ravenne, comme indiqué ci-dessous.

93. ajouté ; plutôt, ajouté ; lat. « posse adstrui videtur ».

95-194. Voir une traduction en anglais moderne de tout ce passage, dans l’Essai de H. F. Stewart, p. 37-41.

101. en somme, si vous demandez précisément ; « summam quaeris ? »

106, 107. abandonner, refuser. avoir voulu, avoir désiré.

109. et que j’avoue. Ici, la version de Chaucer semble être entièrement erronée. « At uolui, nec unquam uelle desistam. Fatebimur ? [MS. C. Et fatebimur.] Sed impediendi delatoris opera cessabit. »

113. par moi, en ce qui me concerne ; « de me ».

117. Socrate ; dans La République de Platon, Livre VI : τὴν ἀψεύδειαν ... μισεῖν, τὴν δ’ ἀλήθειαν στέργειν (485 C).

120. louer, évaluer, juger : « aestimandum ».

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131. Canius, ou plutôt Canus, c’est-à-dire « Julius Canus, dont la mort philosophique est décrite par Sénèque, De Tranquillitate Animi, chap. XIV » — Gibbon. Il a déjà été mentionné plus haut, Prose iii, l. 40.

132. Germeynes sone, le fils de Germanicus. Ce Gaius Cæsar est mieux connu sous le nom de Caligula, l’empereur qui succéda à Tibère.

143. famileres, amis, c’est-à-dire disciples, à savoir Épicure, dans le De Ira Divina, chap. XIII (Stewart).

154. Verone, Vérone ; avec Ravenne, résidence préférée de Théodoric.

156. his real maiestee, haute trahison, littéralement « sa majesté royale » ; en latin, « maiestatis crimen ». Le roi avait l’intention de réprimer toute liberté d’expression.

167. submittede, soumis : « summitteret ».

171. présent, c’est-à-dire qu’il aurait, même dans un tel cas, été autorisé à comparaître pour se défendre, on l’aurait sommé de confesser son crime, et il aurait été condamné selon la procédure régulière.

173. fyve hundred, près de 500 miles. Boèce fut emprisonné dans une tour à Pavie.

176. as who seith, non ; c’est-à-dire cela est dit ironiquement. Le sénat mérite bien que personne ne le défende jamais comme je l’ai fait, et qu’on en soit condamné.

181. sacrilege ; interprété comme sorcellerie : « sacrilegio ». Il s’agit de sorcellerie ou de magie. « Sur ordre des barbares, la science occulte d’un philosophe fut stigmatisée sous les noms de sacrilège et de magie » — Gibbon. Voir ci-dessous, l. 196.

186. Pictagoras, Pythagore. L’expression qui lui est attribuée ici se trouve dans le texte original en grec — ἕπου θεῷ. Certains manuscrits ajoutent l’explication : i. deo non diis seruiendum. Le manuscrit C porte : deo et non diis sacrificandum.

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188. I, c’est-à-dire pour moi. Une utilisation grammaticale remarquable.

190. right clene : « penetral innocens domus. »

193. thorugh, c’est-à-dire pour. Caxton et Thynne lisent for.

195. feith : « de te tanti criminis fidem capiunt. »

198. il suffiseth nat seulement... mais si, cela seul n’est pas suffisant... à moins que tu aussi, etc., de ta libre volonté : « ultro. »

212. good gessinge, haute estime : « existimatio bona. »

215. charge, fardeau, poids : « sarcinam. »

219. by gessinge, dans l’estime des hommes : « existimatione. »

223. for drede : « nostri discriminis terrore. »

Mètre 5. 1. whele, sphère : « orbis. » Non seulement sept sphères étaient attribuées aux planètes, mais il y avait une huitième sphère plus grande, appelée la sphère des étoiles fixes, et une neuvième « sphère du premier mouvement », ou primum mobile, qui tournait autour de la terre une fois toutes les 24 heures, selon l’astronomie ptolémaïque. C’est ce à quoi il est fait allusion ici. On suppose que Dieu est assis sur un trône immobile au-delà d’elle.

3. sweigh, mouvement violent ; le même mot est utilisé dans le même contexte dans le Man of Lawes Tale, B 296 ; voir la note de ce passage.

4. ful hornes, c’est-à-dire ses cornes remplies, comme à pleine lune, lorsqu’elle rencontre « avec toutes les lumières » du Soleil, c’est-à-dire qu’elle les reflète entièrement.

7. derke hornes, cornes faiblement brillantes, comme lorsque la lune, en fine croissante, est près du soleil et presque entièrement obscurcie.

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« La bête à deux cornes, pâle ; » Troïl., iii, 624.

9. Elle revient sur sa trajectoire habituelle, c’est-à-dire qu’elle réapparaît, comme d’habitude, en tant qu’étoile du matin, au moment opportun. Je pense que le texte est incorrect ; car « cometh » doit se lire « torneth », c’est-à-dire « tourne ». Texte latin : « Solitas iterum mutet habenas. » La planète Vénus, vers un extrême apparent de son orbite, suit le soleil en tant qu’étoile du soir ; et, vers l’autre extrême apparent, elle le précède en tant qu’étoile du matin. Ainsi Cicéron, De Nat. Deorum, ii, 20, 53 : « dicitur Lucifer, cum antegreditur solem, cum subsequitur autem, Hesperus. »

11. Tu restreins, tu raccourcis ; la trajectoire apparente du soleil étant plus courte en hiver. Latin : « stringis. »

13. Moments rapides, courts intervalles ; c’est-à-dire ceux des nuits d’été.

19. Arcturus, α Boötis, dans le signe de la Balance ; très visible durant les nuits de printemps.

20. Sirius, α Canis Maioris, ou l’étoile du Chien, dans le signe du Cancer ; visible avant le lever du soleil pendant les jours dits caniculaires, en juillet et août. On pensait que la proximité de Sirius par rapport au soleil provoquait une grande chaleur.

21. Sa loi, c’est-à-dire « sa loi » ; et de même dans « his propre. »

28. On. Caxton et Thynne lisent correctement « on ».

29. Obscureté profonde, ténèbres obscures : « obscuris ... tenebris. » Ce n’est pas une expression heureuse.

31. Couvert et caché : « compta. » Cf. kembde dans Squi. Ta. F 560.

37. Terres, pays ; le pluriel est utilisé pour traduire « terras. »

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41. bonde, c’est-à-dire la chaîne de l’amour ; voir Livre II, Métamorphoses, v. 15.

Prose 5. 1. borken out, barked out ; « delatraui ». Le manuscrit A remplace borken par broken. Les glossaires, etc., semblent tous manquer cet excellent exemple des participes forts de berken. Borken apparaît comme participe au pluriel dans Le Roi de Tars, v. 400. Le participe anglo-saxon borcen se trouve dans les Leechdoms en langue anglo-saxonne, édité par Cockayne, vol. I, p. 170, v. 17.

14. oo ... roi. L’original est en grec — εἷς κοίρανος ἐστὶν, εἷς βασιλεύς : cité d’Homère, Iliade, II, 204, avec le changement de ἔστω en ἐστίν.

18, 19. ta cité, c’est-à-dire la ville du ciel ; notez le contexte.

22. palis, paling, rempart ; « uallo ». Plus clair que paleis, comme dans A, qui pourrait signifier palais ; mais les deux orthographes existent en français.

25. visage (facies), l’apparence de cette prison.

31. pour le bien commun : « in commune bonum ».

34. choses... portées, accusations ; « delatorum ».

45. ta Muse boisée : « Musae saeuientis » ; cf. Métamorphoses 5 ci-dessus, v. 22.

51. de telles passions : « ut quae in tumorem perturbationibus influentibus induruerunt ».

54. par un contact plus doux fait référence au précédent « mowen ... softe » : « tactu blandiore mollescant ».

Mètre 6. Ce mètre fait référence à la nécessité de faire tout à son moment opportun.

2. « Lorsque le soleil est dans le Cancer » ; c’est-à-dire au mois de juin.

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4. Laissez-le partir, laissez-le aller manger des chênes.

6. Quand le champ : « Cùm saeuis Aquilonibus Stridens campus inhorruit. »
Brouhaha, grondements, bruissements ; faisant allusion au bruissement de l’herbe gelée sous un vent fort.

15. Et ainsi : « Sic quod praecipiti uiâ Certum deserit ordinem, Laetos non habet exitus. »

Prose 6. 10. par une fortune heureuse : « fortuitis casibus. » Mal exprimé.

14. La même chose... toi, tu as chanté la même chose. Voir Mét. v. 22.

17. Oh ! une exclamation d’étonnement : Lat. « papae. »

18. Pourquoi toi : « cur in tam salubri sententiâ locatus aegrotes. »

20. Je ne sais pas... quoi : « nescio, quid abesse coniecto. »

22. Avec quelles gouvernances, par quel type de gouvernement.

28. La force, la vigueur de la palissade béante révèle une ouverture :
« uelut hiante ualli robore. » La corruption de chyning en schynyng dans le manuscrit A rend ce passage complètement absurde.

42. Ils ne peuvent pas tout anéantir : « sibique totum extirpare non possint. »

55. Ou bien ils trouvent l’entrée : « uel aditum reconciliandae sospitatis inueni. »

56. Pourquoi, car, puisque. Par conséquent, donc.

64. L’auteur... de la méfiance : « sospitatis auctori. »

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65. norisshinges ; peut-être mieux norisshing, comme chez Caxton et Thynne ;
‘fomitem’, c’est-à-dire promotion.

71. plus rapide, plus ferme, plus fort : ‘firmioribus.’

76. rendre fin et mince : ‘attenuare.’

77. modéré, mesuré : ‘mediocribus.’

Mètre 7. 1. yeten a-doun, vers le bas ; ‘fundere.’ Pas geten, comme dans A.

2. trouble, trouble ; ‘Turbidus Auster.’

3. mélanger la chaleur : ‘Misceat aestum.’ Voir ci-dessus, Mètre iv, ligne 5.

5. clair comme du verre ; cf. Knight’s Tale, A 1958.

withstande : ‘Mox resoluto Sordida caeno, Visibus obstat.’

7. royleth, errer ; ‘uagatur.’ Pas ‘rolls.’

11. tenir, rester fidèle à ; cf. ‘Hold the hye wey’ ; Truth, ligne 20. weyve : ‘Gaudia pelle, Pelle timorem; Spemque fugato.’

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LIVRE II.

Prose 1. 13. pour accompagner ; copié dans Troil. iv. 2, 3 :—

« —— Fortune a jugé bon,
De paraître la plus fidèle quand elle veut
accompagner. »

22. mon entrée : « de notre adyto ». Mais Chaucer a traduit « adyto » comme s’il s’agissait de « aditu ». Il traduit aditum par entree au Livre I, Prose 6, ligne 55. Adyto signifie « sanctuaire ».

28. Viens, c’est-à-dire laisse (ça) venir ; impératif : « Adsit igitur rhetoricae suadela dulcedinis. »

32. modes, rythmes, mélodies ; « modos ». Paroles, énoncés.

35. Comparer le poème de Chaucer sur Fortune ; et voir la longue note au début des Notes à ce poème.

45. utiliser ses manières ; plutôt, tirer le meilleur parti de son comportement : « utere moribus. »

trembler, frémir de peur.

48. Elle t’a abandonné : « Reliquit enim te, quam non relicturam nemo
umquam poterit esse securus. »

51. Les manuscrits sont généralement d’accord sur cette phrase. La glose de Chaucer provient d’une note obscure dans le manuscrit C, à savoir : « vel quam non relictam, secundum alios libros. » D’autres notes y figurent, mais elles ne nous aident pas.

68. domaine : « intra fortunae aream. » On dit « aire » ou « domaine ».

77. à divers moments, de temps en temps, parfois ; voir le Nouveau Dictionnaire Étymologique, entrée Among, B. 2.

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83. cesede, cesserait ; copié dans Troil. i. 848 :—

« Car si sa roue ralentissait ne serait-ce que
un peu,
Alors Fortune cesserait aussitôt d’exister. »

Mètre 1. 3. Eurype, Euripus ; un chenal étroit, à fort courant ;
en particulier celui qui sépare la Béotie de l’Eubée. On voit ici que cette
utilisation du mot est bien plus ancienne en anglais que la citation tirée
du Pliny de Holland dans le New E. Dict.

8. si durement : « Ultroque gemitus, dura quos fecit, ridet. »

9. rit, se moque de ; « ridet. » Il est impossible d’accepter la lecture lyssheth
dans C. Il ne semble pas y avoir de tel mot. Elle provient probablement de
la tentative du scribe de représenter le son guttural de gh, car on le trouve
en effet écrire neysshebour pour neighbour à deux reprises, à savoir dans
le Livre ii, Pr. 3. 24, et dans Pr. 7. 57. Ce passage est imité dans
Troil. iv. 7 : « Alors elle rit et le rend encore plus malheureux. »

Prose 2. 1. Comparer avec « Fortune » de Chaucer, l. 25, etc.

4. tous les jours : « cottidianis querelis. »

37. je fais tourner : « Rotam uolubili orbe uersamus. »

39. Monter en haut : « Ascende. » Cf. P. Plowman, B. vii. 91 ; Wars of
Alexander, 2878, 2973.

42. Cresus, Croesus ; voir la note sur Monk. Tale, B 3917.

47. Perciens, Perses. Mais Chaucer a tort ici. Le texte latin dit « Persi regis », c’est-à-dire le roi Persée. Persée, ou Persès III, fut le dernier roi de Macédoine, qui fut vaincu par L. Émilien Paulus lors d’une bataille décisive.

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il combattit près de Pydna, en juin 168 av. J.-C. « Lorsqu’il fut amené devant Émilien [ici, Paulus], on dit qu’il s’humilia par les supplications les plus abjectes ; mais il fut traité avec bienveillance par le général romain » ; Smith, Class. Dict. Voir Tite-Live, xl. 57 ; xli. 53 ; xliv. 32, etc. ; Plutarque, Vie d’Émilien.

51. Tragédie. Cf. la définition dans le Monk. Prol. B 3163 ; et la note à Anelida, 320.

53. en grec. Ces deux mots ne se trouvent pas dans le texte original, mais la citation suivante est donnée en grec : δύο τοὺς πίθους, τὸν μὲν ἕνα κακῶν, τὸν δὲ ἕτερον καλῶν. Certains manuscrits ajoutent : « duo dolia quidem malum alterum bonum ». D’Homère, Iliade, xxiv. 527 :

δοιοὶ γάρ τε πίθοι κατακείαται ἐν Διὸς οὔδει, δώρων, οἷα δίδωσι, κακῶν, ἕτερος δὲ ἐάων.

Cf. les notes à Wyf of Bathes Prol. D 170, et à Leg. of Good Women, 195.

54. dans l’introduction : « in Iouis limine » : ἐν Διὸς οὔδει.

61. royaume : « intra commune omnibus regnum locatus ».

Mètre 2. 1. hielde, au lieu de : « Tantas fundat opes, nec retrahat manum Pleno copia cornu ».

8. comme un insensé prodigue, comme quelqu’un qui est follement généreux : « Multi prodigus auri ».

11. d’autres ouvertures : « Alios pandit hiatus ». Certains manuscrits ont Altos, mais Chaucer a manifestement lu Alios, comme dans le manuscrit C.

13. jusqu’à une certaine limite ; plutôt, « à l’intérieur d’une frontière déterminée » ; « Certo fine retentent ».

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Prose 3. 22. princes. Il s’agissait en particulier de Festus et de Symmachus.
Boèce épousa Rusticiana, fille de Symmachus. D’où l’allusion à ses beaux-parents (socerorum) juste ci-dessous, au vers 26 ; où le sens correct est beaux-parents. Voir l’Essai de Stewart, p. 24.

23. leef : « Delectusque in affinitatem principum civitatis, quod pretiosissimum propinquitatis genus est, priùs carus, quam proximus esse coepisti. » D’où l’expression qui fait réellement référence à l’alliance familiale, ce qui n’est pas évident dans la version anglaise.

40. whan thou : « Cùm in Circo duorum medius consulum circumfusae multitudinis exspectationem triumphali largitione satiasti. »

43. gave thou wordes : « Dedisti ... uerba fortunae. »

48. privee, un homme de condition privée, non de rang noble : « priuato. » La référence concerne l’élection de ses deux fils comme consuls en une seule journée.

55. Art thou : « An tu in hanc vitæ scenam nunc primum subitus hospesque venisti. » Ainsi, « shadow » ou « tabernacle » doit traduire « scenam ».

60. laste day ; cité dans « Fortune » de Chaucer, vers 71 ; voir la note correspondante.

61. and also, c’est-à-dire même à cette Fortune qui demeure et ne quitte pas l’homme : « fortunae ... etiam manentis. »

62. thar recche ; il est absolument nécessaire d’insérer « thee » après « thar » ; c’est-à-dire : Et par conséquent, que penses-tu donc avoir besoin de te soucier ? « yif thou », c’est-à-dire « whether thou ».

Mètre 3. 10. the fairnesse : « Iam spinis abeat decus. »

13. over-whelveth, renverse : « Verso concitat aequore. » « Whelveth » est la forme correcte, comme l’a noté Stratmann ; elle apparaît dans le manuscrit II, vers 38, ainsi que dans les éditions en caractères noirs. Elle revient également chez Palladius sur l’agriculture, vers 161 : « For harme ... may ... perchaunce the overwhelve », c’est-à-dire que peut-être le malheur peut renverser.

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thée. Et encore, dans le même texte, au vers 781 : « overwhelve hit upsodowne », c’est-à-dire le retourner complètement
(le sol).

16. tomblinge, éphémère, passager ; « caducis ».

18. nis, is ; il faut ignorer la deuxième négation.

Prose 4. 3. ne be comen, n’est pas venu ; c’est-à-dire n’a pas venu. Cela se réfère au passé.

5. For in alle : « Nam in omni aduersitate fortunae infelicissimum genus est
infortunii, fuisse felicem. » Cette célèbre phrase a été copiée à plusieurs reprises.
Voir, par exemple, Troil. iii. 1625-8 ; Dante, Inferno, v. 121-3 ; Tennyson,
Locksley Hall, 76.

8. But that thou, c’est-à-dire « mais le fait que tu ». abyest, souffres : « falsae
opinionis supplicium luis. »

12. For al be it : « Nam si te hoc inane nomen fortuitae felicitatis mouet. »

20. Symacus, Symmachus. Il y eut plusieurs hommes illustres de cette famille.
Q. Aurelius Symmachus était un homme d’État et un auteur dans la seconde moitié
du IVe siècle. Celui dont il est question ici est Q. Aurelius Memmius
Symmachus, qui fut consul sous Odoacre en 485 et fut impliqué dans le sort
de Boèce, étant mis à mort par Théodoric en 525, peu après l’exécution
de Boèce en 524. Il avait deux filles, Rusticiana et Galla, dont la première épousa
Boèce. Voir Procope, de Bello Gothicum, liv. I, ainsi que plusieurs épîtres
chez Cassiodore, notamment liv. IV, épîtres 22, 37, 66.

25. thy wyf ; c’est-à-dire Rusticiana, fille de Symmachus ; car il n’y a aucune preuve
que Boèce ait été marié deux fois (Stewart, p. 24). Elle survécut à la prise de
Rome par les Goths sous Totila, en 546 apr. J.-C. « Les richesses de
Rusticiana, fille de Symmachus et veuve de Boèce, furent généreusement
données pour soulager les calamités de la famine. Mais les barbares étaient

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Exaspérée par ce rapport, selon lequel elle aurait incité les gens à renverser la statue du grand Théodoric, la vie de cette vénérable femme aurait été sacrifiée en son honneur, si Totila n’avait pas respecté sa naissance, ses vertus, ainsi que le motif pieux de sa vengeance. — Gibbon, L’Empire romain, chap. 43.

31. Deux fils ; ceux dont il est question juste au-dessus (Proverbes III, v. 35), car ils furent tous deux nommés consuls ensemble. Cela eut lieu en 522.

Conseillers, c’est-à-dire de rang consulaire : « consulares ».

40. Tes ancres. D’où la phrase : « Yit halt thyn ancre ». Fortune, v. 38.

52. Tes délices : « delicias tuas ». Le sens visé ici est « efféminité », ou faiblesse immanente à un homme.

56. Très plein d’anxiétés : « Anxia enim res », etc. Cette idée est reprise dans Troïlus, III, 816, cf. ce passage.

68. Pour toujours, etc. Très obscur. Chaucer semble vouloir dire : « Car toujours, dans le cas de chacun, il y a, en quelque chose, ce que celui qui ne l’a pas vécu ne comprend pas ; ou bien il craint ce qu’il a déjà vécu. » Le latin est plus clair : « Inest enim singulis, quod inexpertus ignoret, expertus exhorreat. »

79. Rien n’est misérable. L’ajout de « est » complète le sens : « Adeo nihil est miserum, nisi cùm putes. » Voir « Nis a wrecche » dans la propre glose de Chaucer (v. 81) ; et voir le v. 25 de « Fortune ».

83. Grâce à l’équanimité : « Aequanimitate tolerantis ». Ne disposant pas du mot « équanimité », Chaucer le paraphrase par « agreeabletee ou egalitee », c’est-à-dire un comportement accommodant ou égal. Cf. v. 92.

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86. La douceur, etc. Cf. Troilus, iii. 813-5 ; et Man of Lawes Tale, B 421-2, ainsi que la note correspondante.

89. Retenu, gardé : « retineri non possit ». C’est-à-dire, afin que.

107. Il le montre bien, c’est évident : « manifestum est ».

110. Soit qu’il sache, etc. ; copié dans Troilus, iii. 820-833.

115. De peur qu’il ne perde cela... c’est-à-dire, de peur qu’il ne perde ce qui est en question. Le manuscrit A omet « cela » ; mais cette expression est idiomatique.

119. Cela signifie que les hommes, c’est-à-dire que, dans un tel cas, les hommes, etc.

120. Perdu, perte. Cette forme du sujet singulier apparaît ailleurs ; par exemple chez Gower, i. 147 (goth to lost) ; et chez P. Plowman, C. vii. 275, etc. Voir Stratmann.

131. Cela ne rend pas les hommes misérables.

Mètre 4. 7. Lâche, détaché ; en islandais : lauss : « solutae ». Généralement « loos », comme dans Cant. Ta. A 4064, 4352.

8. Fuis si tu veux : « Fugiens periculosam Sortem sedis amoenae, Humili domum memento Certus figere saxo. » La traduction de Chaucer n’est guère correcte ; « sortem » et « sedis » doivent être considérés en étroite relation. « En évitant la situation dangereuse d’un lieu agréable (mais exposé), prends soin de fonder ta maison solidement sur un rocher bas (et protégé). »

12. Heureux : « Felix robore ualli Duces serenus aeuum. » Palissade, rempart ; comme précédemment, Livre i, Proverbe 3. 56, Proverbe 5. 22.

Prose 5. 10. Pour gaspiller cela ; plutôt, en le dépensant ; en latin : « effundendo ». De même, au vers 11, « pour ces gens qui le gaspillent » correspond au gérondif latin « coaceruando ».

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11. mokeren it, hoard it. Peut-être lié à l’ancien français mucier ; voir Curmudgeon dans mon Dictionnaire étymologique. Voir aussi mokereres, misers ci-dessous.

15. stenteth to ben had, cesse d’être possédé : « desinit possideri. »

16. grand, généreux ; « largiendi usu desinit possideri. »

18. en ce qui concerne ce trésor.

19. a voys al hool, une voix pas encore dissipée : « uox ... tota. »

32. yif it wanteth, s’il manque quelque chose : « carens animae motu atque membrorum compage. »

35. du dernier : « postremae aliquid pulcritudinis. » Peut-être signifie-t-il « du genre de beauté le plus bas ». M. Stewart, dans son Essai, p. 225, lit postremo, pour quoi je ne trouve aucune autorité. Le manuscrit C porte postreme.

36. par la distinction : « suique distinctione. »

40. Pourquoi ne devrait-il pas, etc. Dans certaines éditions, ce passage n’est pas indiqué comme attribué à Boèce. Dans d’autres, il l’est.

85. ostelments, meubles, objets domestiques : « supellectilis. » Ancien français ostillement, oustillement, meubles ; cf. français moderne outil, mot d’origine douteuse. Cf. l. 94.

90. subgit ; comme si c’était pour « suppositis » ; mais le texte latin dit « sepositis », c’est-à-dire séparés, indépendants.

92. beest, animal : « diuinum merito rationis animal. »

97. du plus bas, etc., « au moyen des choses les plus viles. »

101. yif that al, etc., « si tout le bien possédé vaut plus que la chose qui le possède. »

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105. et certes : « quod quidem haud immerito cadit. »

111. il survient : « cela provient d’un défaut en eux. »

121. Gabbe I de cela, mens-je à ce sujet ?

125. weneth. Les textes ont et weneth ; mais j’omets et afin que cela ait du sens,
et pour que la traduction concorde avec le latin. « Atqui diuitiae
possidentibus persaepè nocuerunt, cùm pessimus quisque, eóque alieni
magis auidus, quidquid usquam auri gemmarumque est, se solum qui habeat
dignissimum putat. »

128. way-feringe ; MS. A, way-faryng. Les deux formes, feringe et faring(e), apparaissent ;
voir Stratmann. Feringe = A. S. fērende, dérivé du verbe faible fēran, aller, voyager ;
tandis que faringe = A. S. farende, dérivé du verbe fort faran, aller.
Fēran (= *fōrian) est dérivé, avec mutation vocale, du radical *fōr,
apparaissant dans fōr, le participe passé de faran.

130. singe, etc. Sans doute tiré de Juvénal, Sat. x. 22 ; voir Wyf of Bathes Tale,
D 1191, et la note.

Mètre 5. Fortement imité dans le poème de Chaucer intitulé « The Former Age »,
que l’on peut consulter. Voir aussi les Notes sur celui-ci.

5. Ils ne pouvaient pas, ils ne savaient pas comment : « Non Bacchica munera norant
Liquido confundere melle. »

6. piment, généralement vin épicé ; ici, vin mélangé à du miel. Voir Rom. of
the Rose, 6027, et la note. clarree, vin mélangé à du miel et des épices,
puis filtré jusqu’à ce qu’il soit clair ; vin clarifié. Voir Rom. of the Rose, 5967,
6026 ; Former Age, 16 ; Kn. Tale, A 1471. Chaucer utilise ces deux mots ici ensemble,
pour la simple raison qu’il pensait au passage parallèle dans le Rom. de la Rose
en français, qui est une imitation du passage présent chez Boèce. Ll. 8418-9 sont :—

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« Et de l’eau simple boivent,
Sans chercher poivre ni colorant. »

7. ne they coude : « Nec lucida uellera Serum Tyrio miscere ueneno. » D’où il ressort que les Seriens sont les Seres, ou les Chinois ; et le venin de Tyr devrait plutôt être le venin de Tyr, mais Chaucer suit la forme adjectivale de l’original, ici comme dans le Livre III, Métamorphoses, v. 2. Venim n’est pas le mot approprié ici ; « ueneno » signifie simplement « teinture ». Il s’agit du murex, ce mollusque qui produit la teinture pourpre. Voir Virgile, Énéide, IV, 262 : « Tyrioque ardebat murice laena » ; et Géorgiques, II, 465 : « alba nec Assyrio fucatur lana ueneno. »

13. gest ne straungere : « hôte. » Cf. Former Age, 21.

17. Armures, armures défensives : « arma. » La lecture habituelle est arua, c’est-à-dire champs ; mais plus de six manuscrits portent arma, et le manuscrit de Chaucer contenait la même forme ; comme on peut le voir dans le manuscrit C.

18. For wherto : « Pour quel but, ou quelle sorte de folie pousserait d’abord les ennemis à prendre les armes, lorsqu’ils ne voient que des blessures cruelles (en conséquence) et aucune récompense pour le sang versé ? »

22. But the anguissous : « Sed saeuior ignibus Aetnae Feruens amor ardet habendi. »

24. Allas ! etc. Cf. Former Age, 27-32. Les poids en or : « Auri ... pondera. »

26. He dalf : « Pretiosa pericula fodit. »

Prose 6. 8. L’autorité des consuls, le rang consulaire : « consulare imperium. » Il s’agit de la création des Decemvirs ; voir Tite-Live, III, 32.

20. So requerable, in such request : « expetibilis. »

29. Into the ... body : « in secreta quaeque. »

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32. celui que je frappe, ce par quoi je veux dire ; de même plus bas, l. 39.

35. une pensée, un esprit ; « mentem firma sibi ratione cohaerentem ».

36. un homme libre ; Anaxarchos d’Abdère, 323 av. J.-C. Le tyran était Nicocreon, roi de Chypre. Voir Valerius Maximus, iii. 3.

44. Mais quoi : « Quid autem est, quod in alium quisquam facere possit, quod sustine-re ab alio ipse non possit ? »

47. Busirides, Busiris (cas génitif, Busiridis), un roi d’Égypte qui sacrifiait tous les étrangers sur ses autels. Mais Hercule, venu en Égypte, le tua et abolit cette coutume. Voir Virgile, Georgiques iii. 5 ; Ovide, Métamorphoses iii. 11. 39. Dans le Monkes Tale, B 3293, Chaucer l’appelle Busiris.

49. Régulus ; M. Régulus, fait prisonnier par les Carthaginois, 255 av. J.-C. L’histoire de sa mission à Rome est bien connue.

63. que je puisse. Il est nécessaire d’insérer I (que l’on trouve uniquement dans les éditions en caractères noirs) pour compléter le sens. « Quod quidem de cunctis fortunae muneribus dignius existimari potest. »

71. de son propre gré, c’est-à-dire quand il le peut : « ultro. »

80. réprimandés, démentis : « redarguuntur. »

Mètre 6. 2. Néron. Cf. Monkes Tale, B 3653-84.

4. son frère ; Britannicus, empoisonné par Néron ; Tacite, Annales xiii. 16 ; Suétone, Néron, 33.

8. juge ; voir Monk. Ta. B 3680, et note.

15. septem triones, proprement, les sept étoiles principales de l’Ourse Mineure ; utilisé aussi parfois pour les sept étoiles brillantes de l’Ourse Majeure. La principale

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L’étoile principale de l’Ourse Mineure est l’étoile polaire ; et comme elle reste fixée dans le nord, toute la constellation est venue symboliser le nord. Ainsi, dans le Monk. Ta. B 3657, on nous dit que Néron gouvernait « tant l’Est que l’Ouest, le Sud et le Septentrion » ; voir la note à cette ligne.

18. Nothus, Notus, le vent du sud ; voir ci-dessous. scorkleth, brûle ; le manuscrit A porte scorchith. Le Prompt. Parv. donne : « Scorkelyn, ustulo, ustillo » ; et « Scorklyd, ustillatus ». Comme le note M. Bradley, il s’agit d’une variante de scorknen ou scorpnen. Le verbe islandais original est skorpna, signifiant « se flétrir », apparenté à skorpinn, « flétri ». Il s’agit d’une forme participiale, semblable à *skerpa, participe passé de *skarp ; cf. skera, participe passé skar, participe passé skorinn. L’adjectif skarpr signifie « tranchant », d’où le verbe faible skerpa, « aiguiser ». Le sens du verbe primitif *skerpa était sans doute « couper » ; et scorklen signifie littéralement « faire couper », lorsqu’il est utilisé comme verbe transitif ; d’où « se flétrir », en raison de l’apparence des plantes « coupées » par le gel ou desséchées par la chaleur.

21. Allas !

« Heu grauem sortem, quoties iniquus
Additur saeuo gladius ueneno ! »

Plus correctement : « Seigneurie à la cruauté empoisonnée. » Le manuscrit C porte « gladius, c.-à-d. potestas exercendi gladium » ; et « ueneno, c.-à-d. venenose crudelitati. »

Prose 7. 3. J’ai bien souhaité : « materiam gerendis rebus optauimus, quo ne virtus tacita consenesceret. »

10. attiré vers le gouvernement : « allicere », c’est-à-dire attirer (simplement).

18. une piqûre, un point ; cf. Parl. of Foules, 57 ; Troil. v. 1815 ; Ho. Fame, 907. D’après Ptolémée, Syntaxis, liv. i, chap. 6 ; cf. Macrobius, In Somnium Scipionis, liv. ii, chap. 9.

23. Tholomee, Ptolémée ; c’est-à-dire au début du livre ii de sa Megale Syntaxis. Voir également chez Pline, Nat. Hist. ii. 68.

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28. bien peu, à peine, presque pas du tout : « uix angustissima inhabitandi hominibus area relinquetur. »

34. Et aussi sept : « Adde, quod hoc ipsum brevis habitaculi septum plures incolunt nationes. »

38. défaut... marchandise ; en latin seulement : « tum conmercii insolentia. »

41. Marcus Tullius, c’est-à-dire Cicéron, dans son Somnium Scipionis, qui faisait à l’origine partie du sixième livre du De Republica. Voir le chapitre vi de cette œuvre, et la note sur Parl. Foules, 31.

43. Caucase ; mentionné à nouveau dans le Wyf of Bathes Tale, D 1140.

45. Parthes, les Parthesiens.

59. a les pauvres : « scriptorum inops deleuit obliuio. »

69. terminé : « definitum. » On dit aujourd’hui « finite. »

73. sans fin : « interminabilem. » On dit aujourd’hui « infinite. »

77. étaient considérés, étaient jugés par rapport à l’éternité.

89. Cet homme plutôt, cet ancien homme, l’ancien.

95. dit : « Iam tandem, inquit, intelligis me esse philosophum ? Tum ille nimium mordaciter, Intellexeram, inquit, si tacuisses. » Cette histoire est évoquée dans Piers Plowman ; voir ma note sur ce poème, C. xiv. 226.

108. le méprise ; cf. Troilus, v. 1821-7.

Mètre 7. 1. avec une pensée précipitée : « mente praecipiti. »

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3. visible, évident, exposé à la vue : « Latè patentes ... plagas. »

7. mortel, périssable : « mortali iugo. »

8. éloigné, distant : « remotos. » C’est important pour déterminer le sens de « ferne halwes » dans le Prologue des Contes, l. 14.

13. Fabricius, le vainqueur de Pyrrhus ; censeur en 275 av. J.-C. Brutus, l’assassin de César.

14. Catoun, Caton d’Utique (95-46 av. J.-C.).

17. Liggeth, reposez-vous ; « Iacetis. » Le mode impératif.

20. cruel ; lat. « sera », que Chaucer a pris pour « seua ». « Cum sera uobis rapiet hoc etiam dies. » thenne signifie : « Iam uos secunda mors manet. »

Prose 8. 2. intraitable, impossible à traiter, impitoyable, inexorable : « inexorabile. »

7. expliquer, décrire : « explicare. »

17. windinge. Lire windy, c’est-à-dire instable ; lat. « uentosam. » L’édition de Caxton donne wyndy, ce qui confirme ce point. Il en va de même pour d’autres anciennes éditions en caractères noirs.

23. aspre : « haec aspera, haec horribilis fortuna. »

26. visages, faces. Voir les notes sur le poème sur la Fortune.

Mètre 8. 1. Il commence par : « Quòd mundus stabile fide Concordes uariat uices ; Quòd pugnantia semina Foedus perpetuum tenent. » Tout ce mètre réapparaît dans Troilus, iii. 1744-1764.

6. a amené, a introduit : « duxerit. »

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avid de couler ; le texte latin ne contient que auidum ; « Ut fluctus auidum mare Certo fine coerceat. » Le mot latin fluctus correspond à « hise flodes ». »

7. ende, limite : « fine. »

8. termes ou frontières : « terminos. »

10. L’amour : « Et caelo imperitans amor. » C’est sur ce passage que repose un extrait du Knightes Tale, A 2991-3.

11. slakede, signifie se détendre. Les dernières lignes sont :—

« Et quam nunc socia fide Pulcris motibus incitant, Certent soluere machinam. Hic sancto populos quoque Iunctos foedere continet : Hic et coniugii sacrum Castis nectit amoribus : Hic fidis etiam sua Dictat iura sodalibus. O felix hominum genus, Si vestros animos amor, Quo caelum regitur, regat ! »

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LIVRE III.

Prose 1. 3. streighte, pp., c’est-à-dire étiré ; ‘adrectis ... auribus.’ La forme
streight-e est au pluriel.

6. so, c’est-à-dire autant. Mieux vaudrait ‘combien’ ; lat. quantum.

8. unparigal, inégal ; ‘imparem.’

11. nat seulement que, il ne s’agit pas seulement du fait que. Ce serait plus clair si cela était
omis.

12. agrisen, rempli de crainte ; pp., avec un i court, de agrysen. Cf. agryseth,
Livre i. Mét. 6, l. 7.

15. ravisshedest, as reçu avidement ; ‘rapiebas.’

32. pour la cause de toi, pour ton bien ; ‘tui caussa.’

33. mais je veux, etc. ; ‘sed quae tibi caussa notior est, eam prius designare
uerbis atque informare conabor.’

Mètre 1. 2. crochet, faucille ; ‘falce.’

4. Hony ; cf. Troilus, i. 638, iii. 1219.

6. Nothus, Notus, le vent du sud. ploungy, orageux, pluvieux ; ‘imbriferos.’

9. bigin, commence donc ; impératif ; ‘incipe.’

Prose 2. 2. streite sete, siège étroit (retraité) ; ‘in angustam sedem.’

3. soins, efforts ; ‘omnis mortalium cura.’

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7. au-delà de cela ; ‘ulterius.’

8. le bien suprême ; ‘omnium summum bonorum.’

11. en dehors de... le bien ; ‘extrinsecus.’

28. mesurer, etc. ; ‘Plurimi uerò boni fructum gaudio laetitiâque metiuntur.’

34. il est devenu ; mauvaise traduction de ‘uersatur’, c’est-à-dire ‘réside’.

38. jouissance, plaisir ; ‘iocunditatis.’

50. pour lequel, pour cette raison ; ‘quare.’

55. Épicure. Voir Cant. Tales, Prol. 336-8, où ceci est cité ; et voir Merch. Ta. E 2021 ; Troil. iii. 1691 ; ‘Épicure ... sibi summum bonum voluptatem esse constituit.’

57. toujours deux fois. Mais le texte latin a précisément le sens opposé : ‘quod caetera omnia iocunditatem animo uideantur adferre.’ Pour adferre [MS. C afferre], Chaucer nous a donné le sens d’auferre.

58. études, c’est-à-dire efforts ; ‘studia.’ courage ; ‘animus.’

59. même si, etc. ; ‘et si caligante memoria.’

60. non, ne sait pas ; ‘uelut ebrius, domum quo tramite reuertatur, ignorat.’ Voir Cant. Tales, A 1262.

67. que... cela : ‘qui quod sit optimum, id etiam ... putant.’

75. abandonner, nier ; ‘sequestrari nequit.’

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77. être sans angoisse, c’est-à-dire « ne pas être plein d’anxiété ». Le « ne » est implicite dans le « ne » suivant : « non esse anxiam tristemque ». Cela devient plus clair si l’on ajoute « nat », comme dans le texte.

83. Alors c’est bon, donc c’est le summum bonum.

86. lovinge, comme s’il s’agissait de traduire « diligendo », qui apparaît dans de nombreux manuscrits ; mais la lecture plus correcte est « deligendo », c’est-à-dire choisir.

Mètre 2. 1. avec des cordes lentes ; « fidibus lentis ».

2. s’incline et change de direction ; « flectat ». « Flitteth » signifie ici « changer de direction ».

3. avec une attention prévoyante ; « prouida ».

6. des lions de Pénée ; « Poeni leones » ; lions d’Afrique du Nord, supposés être extrêmement féroces.

8. robuste, cruel, dur ; « trucem … magistrum ».

13. et son maître : « Primusque lacer dente cruento Domitor rabidas imbuit iras ».

15. Iangelinge, bavard ; « garrula ». Ce passage est imité deux fois dans les Cant. Tales, F 607-617, H 163-174.

17. s’occuper en jouant ; « ludens cura ».

19. agréables ; cette forme du pluriel adjectival n’est utilisée que pour des mots d’origine française. Les exemples ne sont pas très fréquents ; cf. « reverents » ci-dessous, Livre III, Mét. 4, l. 6 ; et « delitables », C. T. F 899.

26. par un chemin secret, par une voie invisible ; « secreto tramite ». Il s’agit d’une allusion au passage apparent du soleil sous l’horizon, comme s’il se trouvait en dessous du monde. Cf. Troil. iii. 1705.

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27. Alle thinges : « Chaque recours répète ce qui lui est propre. »

Prose 3. 1. beestes, animaux ; « animalia. » Chaucer utilise toujours beest pour « animal. »

15. fals beautee, une beauté fausse ; « falsa ... beatitudinis species. » Mais « species » peut simplement signifier « apparence. »

17. Après axe, Caxton et Thynne insèrent le, c’est-à-dire thee ; « te ipsum. »

24. thee lakked : « uel aberat quod abesse non uelles, uel aderat quod adesse noluisses. » Cette phrase a beaucoup impressionné Chaucer. Il y revient dans la Complaint to Pite, 99-104 ; Parl. Foules, 90, 91 ; et Complaint to his Lady, 47-49. Ce fait aide à prouver l’authenticité du dernier poème cité.

36. Non. Observez l’usage de no après une phrase contenant nis nat. S’il n’y avait pas eu de négation dans la phrase précédente, la forme aurait été Nay. Telle est la règle habituelle.

40, 41. maken, provoquer, faire en sorte que cela se produise. bihighten, promis.

48. foreyne ... pletinges ; « forenses querimoniae. » Mais forenses signifie « public. »

69. be fulfild ... and axe any thing ; plutôt paraphrasé ; « aliquid poscens opibus expletur. » Fulfild ici signifie « fourni en abondance », et non « complètement satisfait », alors que dans la ligne juste suivante il signifie « complètement satisfait. »

71. I holde me stille, and telle nat, je ne dis rien à ce sujet ; « Taceo. » Sept mots en anglais pour un mot en latin.

74. what may ... be, pourquoi est-ce ; « quid est quod », etc.

Mètre 3. 1. Après river, Caxton et Thynne insèrent or ou un trait d’union ; lat. « gurgite. »

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2. yit sholde it never. Cela donne une tournure tout à fait fausse à la traduction et manque du sens visé. Je cite tout le vers.

« Quamuis fluente diues auri gurgite
Non expleturas cogat auarus opes,
Oneretque baccis colla rubri litoris;
Ruraque centeno scindat opima
boue:
Nec cura mordax deserit
superviventem,
Defunctumque leves non
comitantur opes. »

3. rede see ; littéralement « red shore ». Cependant, il s’agit de la Mer Rouge. La traduction de Chaucer de « baccis » par « stones » n’est pas heureuse ; il s’agit en réalité de « perles ». Cf. Horace, Epod. viii. 14 ; Sat. ii. 3. 241. Pline loue les perles de la Mer Rouge ; Nat. Hist. lib. xii. c. 18.

Prose 4. 9. postum, abréviation d’apostume, c’est-à-dire imposthume. boch, botch, pustule. Lat. struma. Catulle est le poète bien connu, et l’allusion porte sur ses vers adressés à lui-même (Carm. 52) :—

« Quid est, Catulle, quid moraris
emori?
Sella in curuli struma Nonius sedet. »

14. Certes, tu, etc. Plutôt complexe. « Tu quoque num tandem tot periculis
adduci potuisti, ut cum Decorato gerere magistratum putares, cùm in eo
mentem nequissimi scurrae delatorisque respiceres ? » « With » est utilisé pour « by » : il s’agit de « par tant de périls ». Voir la glose de Chaucer.

16. Decorat, Decoratus. Il semble avoir été en grande faveur auprès du roi Théodoric, qui lui écrivit une lettre conservée chez Cassiodore, lib. v. 31. Il est clair que Boèce avait une très mauvaise opinion de lui.

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32. qu’il est méprisé, c’est-à-dire parce qu’il est méprisé. L’argument est que l’homme méchant semble d’autant plus méchant lorsqu’il est méprisé par un très grand nombre de personnes ; et s’il occupe une haute position, sa position le rend plus visible, et donc plus généralement détesté. Les manuscrits varient ici ; peut-être les scribes ne voyaient-ils pas clairement. Voir la note de bas de page.

35. et... sans être puni ; « Verùm non impunè. »

40. provenir de, naître de ; « per has umbratiles dignitates non posse contingere. » Voir la Ballade sur la gentillesse de Chaucer, v. 5.

42. de bien des manières, une mauvaise traduction : « Si quis multiplici consulatu functus. »

46. exercer sa fonction, remplir son rôle. Cf. Le Conte de la Femme de Bath, D 1144.

50. ceux qui pensent, c’est-à-dire (le peuple ou les gens) qui supposent.

56. la préture, c’est-à-dire la charge de préteur ; « praetura. »

57. revenu, income ; « et senatorii census grauis sarcina. »

58. la fonction ; cela fait allusion au Praefectus annonae, autrefois un titre honorable. Il était porté par Auguste, lorsqu’il était empereur.

64. selon l’opinion des utilisateurs ; « opinione utentium. » La phrase de Chaucer semble signifier « selon l’évaluation de la manière dont elle est utilisée ». Il aurait dû écrire « selon l’opinion de ceux qui l’utilisent. »

66. de leur propre volonté, de leur propre chef (pour ainsi dire) ; « ultro. »

68. qu’est-ce que c’est ; « quid est, quòd in se expetendae pulcritudinis habeant, nedum aliis praestent? »

Mètre 4. Cf. Le Conte des moines, B 3653-60.

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2. Tirie, Tyre ; littéralement « tyrien », forme adjectivale ; « Tyrio superbus ostro ». Voir ci-dessus, Livre II, Métamorphoses, v. 8.

3. throf he, il prospéra (littéralement : throve) ; « uigebat ».

6. reverents, forme plurielle de l’adjectif. Voir ci-dessus, Livre III, Métamorphoses, v. 19.
unworshipful, etc. ; « indecores curules ».

Prose 5. 1. regnes, royaumes ; familiaritees, amitiés.

2. How elles, pourquoi pas ? « Quidni ? » whan, chaque fois que.

4. kinges ben chaunged. C’est le sujet du Conte des Moines de Chaucer.
Les exemples sont certainement nombreux. À l’époque de Boèce (470-524), ils
n’étaient pas rares. Ainsi Basiliscus, empereur d’Orient, eut un règne que
Gibbon décrit comme « court et turbulent », et il périt misérablement de faim en 476 ; Odoacre fut tué par Théodoric en 493 ; voir l’Histoire de Gibbon.

13. upon thilke syde that, du côté qui soit.

14. noun-power ... undernethe ; « impotentia subintrat ». nounpower, manque de pouvoir, apparaît dans P. Plowman, C. xx. 292 ; voir ma note.

17. Un tyran ; Denys, tyran de Syracuse, en Sicile, qui fit suspendre une épée par un fil fin au-dessus de la tête de son favori Damon, pour lui montrer que les richesses ne pouvaient rendre heureux celui dont la mort était imminente. Voir Cicéron, Tuscul. v. 21. 6 ; Horace, Carm. iii. 1. 17 ; Persius, Sat. iii. 40. Et voir le Conte de Ch. Kn., A 2029.

27. seriaunts, sergents (satellites), différents de servauntes (servaient) ci-dessous. La différence est uniquement d’usage ; car la forme seriaunt, en anglais serjeant, représente le latin seruientem, tandis que servaunt, en anglais servant, représente la particule présente du verbe français servir ; ce qui revient à peu près au même.

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30. quoi, pourquoi ; « what ... anything » correspond au latin « quid ».

33. in hool, etc., savoir si ce pouvoir est intact ou perdu ; latin : « incolumis ... lapsa ».

34. Néron ; voir la note sur Monkes Tale, B 3685.

35. Antonius, erreur pour Antoninus, comme dans le texte latin. Par Antoninus on entend l’empereur infâme Caracalla, à qui Septime Sévère avait conféré le titre d’Antoninus. Papinien était un célèbre juriste romain, mis à mort sur ordre de Caracalla ; voir Gibbon, Empire romain, chap. vi.

39. Senek, Senèque ; voir Tacite, Annales XIV.

41. Mais quand ; « Sed dum ruituros moles ipsa trahit, neuter, quod uoluit, effecit. » C’est-à-dire que ni Papinien ni Senèque ne purent renoncer à leur position.

48. Certes, de tels gens ; voir Monkes Ta. B 3434-5.

50. peste ; voir Merch. Ta. E. 1784, et 1793-4.

Mètre 5. 1. Pour « courage », Caxton et Thynne ont « corages », mais il s’agit peut-être d’une modification due au latin qu’ils citent en titre : « Qui se uolet esse potentem, Animos », etc.

5. Tyle ; « ultima Thule ». On suppose qu’il s’agit de l’Islande ou de l’une des îles Shetland.

Prose 6. 3. tragédies ; voir la note sur Cant. Ta. B 3163.

3, 4. Ô gloire. Le texte original dit : ὦ δόξα δόξα μυρίοισι δὴ βροτῶν, ὀυδὲν γεγῶσι βίοτον ὤγκωσας μέγαν. Voir Euripide, Andromaque, 319. À ce sujet, le manuscrit C donne, comme équivalent latin — « o gloria, gloria, in milibus hominum ».

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« il n’a fait rien d’autre que gonfler grandement les oreilles » ; c’est là une interprétation que Chaucer suit ici.

24. gentilesse. Voir les remarques (dans les notes) sur la Ballade de Gentilesse de Chaucer.

Mètre 6. 8. Pour yif thou loke your : le changement de thy en your est dû au latin : « Si promordia uestra Auctoremque Deum spectes. »

9. forlived, dégénéré ; « degener. » Dans la Prose 6 (ci-dessus), l. 37, outrayen ou forliven traduit « degenerent. »

Prose 7. 1. delices ; « uoluptatibus. » Les manuscrits confondent à ce point les mots delices et delyts qu’il est presque impossible de dire lequel est visé, sauf lorsque le texte latin contient deliciae. Les deux mots anglais semblent correspondre à uoluptates.

12. Iolitee : vise à traduire « lasciuiam », une lecture de certains manuscrits ; le manuscrit C présente cette lecture, annotée « voluptatem. » La plupart des manuscrits lisent lacunam, c’est-à-dire vide, absence. were, would be ; « foret. »

14. ces enfants : « nescio quem filios inuenisse tortores. »

15. bytinge ; « mordax. » anguissous : « anxium. »

16. ou, avant ; en fait, Caxton a ere, et Thynne, er.

18. Euripidis ; au génitif, comme dans le texte latin. La référence est à Euripide, Andromaque, 418 : πᾶσι δ' ἀνθρώποις ἄρ' ἦν ψυχὴ, τεκν'· ὅστις δ' ἄυτ' ἄπειρος ὢν ψέγει, ἧσσον μὲν ἀλγεῖ, δυστυχῶν δ' ἐυδαιμονεῖ.

Mètre 7. 3. il fuit : « Fugit et nimis tenaci Ferit icta corda morsu. » Quant à l’usage de flyes pour « abeilles », voir la note à Parl. Foules, 353.

Prose 8. 1. que ces voies : « quin hae ad beatitudinem uiae deuiae quaedam sint. »

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8. supplier, implorer, demander : « danti supplicabis. »

11. pièges, embuscades : « subiectorum insidiis obnoxius periculis subiacebis. »
agacément ; une mauvaise traduction de « obnoxius », voir ci-dessus.

12. dérangé, distrait : « distractus. »

16. fragile, cassant, faible : « fragilissimae. »

28. de la saison d’été : « uernalium. » Ainsi ailleurs, somer-sesoun signifie vraiment le printemps. Cf. P. Plowman, ligne 1.

Aristote. La référence n’est pas connue ; mais c’était une croyance répandue. Il est très probable que la fable sur la vue perçante du lynx provienne d’une confusion avec la vue perçante de Lynceus ; et c’est bien Lynceus qui est visé dans ce passage : « Lynceis oculis. » Cf. Horace, Sat. i. 2. 90 :

— « ne corporis optima Lyncei
Contemplere oculis. »

Mètre 8. 5. pièges, embuscades : « laqueos. »

7. Tyr ; « Tyrrhena ... uada » ; voir Virgile, Aen. i. 67.

14. épines : « uel asperis Praestent echinus litora. »

Prose 9. 10. à travers un petit rocher : « rimulâ. »

14. il le trompe et l’emporte : « traducit. »

16. Penses-tu : « An tu arbitraris, quod nihilo indigeat, egere potentia? »

38. Réfléchis : « Considera uero, ne, quod nihilo indigere, quod
potentissimum, quod honore dignissimum esse concessum est, egere »

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clarté, qu’il ne peut se procurer, et pour cette raison il semble en partie plus vil.

53. C’est une conséquence : « Consequitur. »

69. ils n’obtiennent ni : « ni la portion qui n’existe pas, ni celle-là même qui ne l’affecte nullement. »

77. ce pouvoir abandonne : « celui que la force déserte, celui que le tourment pique, celui que la vanité renverse, celui que l’obscurité cache. » Ainsi cela signifie « celui qui », et se réfère à l’homme.

95. il ne la trouvera pas. Cela est transformé en forme affirmative au lieu de la forme interrogative : « mais pourra-t-il dans ces choses trouver ce que nous avons montré, ce qu’ils promettent ne pas pouvoir concilier ? »

119. néophyte, élève ; lat. « alumnus. »

136. celles-là : « celles cependant qui se vantent de bonheur. »

142. dans le Timée ; « comme dans le Timée de Platon. » Ici Chaucer garde les mots du Timée sans modification, comme s’ils formaient le titre de l’œuvre de Platon. Le passage est : ἀλλ' ὦ Σώκρατες, τοῦτό γε δὴ πάντες ὅσοι καὶ κατὰ βραχύ σωφροσύνης μετέχουσιν ἐπὶ πάσῃ ὁρμῇ καὶ σμικροῦ καὶ μεγάλου πράγματος θεὸν ἀεί που καλοῦσιν (27 C).

Mètre 9. 3. depuis l’âge où tout a commencé, depuis le début du monde : « ab aeterno. » toi qui demeures : cf. Kn. Tale, A 3004.

5. nécessité, contraint, par nécessité : « pepulerunt. »

6. matière flottante : « materiae fluitantis » ; voir ci-dessous, Pr. xi. 156.

8. apporter, etc. ; voir Leg. of Good Women, 2229, et note.

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13. Tu liens : « Tu numeris elementa ligas. »

14. Froid. En faisant allusion à l’ancienne doctrine des quatre éléments et à leurs qualités. Ainsi, on pensait que la nature du feu était chaude et sèche, celle de l’eau froide et humide, celle de l’air froid et sec, celle de la terre chaude et humide. Cf. Ovide, Métamorphoses I, 19 :—

« Frigida pugnabant calidis, humentia siccis,
Mollia cum duris, sine pondere habentia pondus.
Hanc Deus et melior litem Natura diremit ...
Dissociata locis concordi pace ligauit.»

Parfois, les quatre éléments sont représentés comme se trouvant en quatre couches : la terre au fond, et au-dessus d’elle l’eau, l’air et le feu, dans l’ordre approprié. Cet arrangement est ici évoqué. Cf. Kn. Ta. A 2992.

18. Tu tisses, etc.

« Tu triplicis mediam naturae cuncta mouentem
Connectens animam per consona membra resoluis.
Quae cum secta duos motum glomerauit in orbes,
In semet reditura meat mentemque profundam
Circuit, et simili conuertit imagine caelum.
Tu caussis animas paribus uitasque minores
Prouehis, et leuibus sublimes curribus aptans »

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Au ciel et à la terre par les voies célestes, que tu fais revenir vers toi par une loi bienveillante, par le feu qui les fait retourner. Donne, Père, un siège étroit pour l’esprit ; donne la possibilité de contempler la source du bien, donne la lumière afin que les désirs de l’âme puissent y être discernés.

24. Cartes, véhicules ; les corps qui contiennent les âmes.

34. Berer : « Conducteur, guide, chemin, même destination. »

Prose 10. 8. Pour ce vain motif, afin que cela soit vain, etc.

11. Ne is, exister. Nous devrions maintenant omettre le négatif après « deny ». Nis signifie exactement comme.

12. Is proeved : « On affirme que l’imparfait devient parfait par diminution. »

14. En tout domaine en général : « Dans tous les genres. »

21. Descendeth : « Il sera réduit à ces extrêmes et à ces réalités concrètes. » Cf. Kn. Ta. 3003-10.

31, 2. Que rien n’est meilleur que lui, c’est-à-dire que rien n’est supérieur à lui. Ainsi plus bas (l. 70), on trouve : « Que rien n’est plus digne. »

32. Nis good, c’est bon. Le ne est nécessaire en raison du « douté » précédent.

39. Car comme moche : « Afin que la raison ne s’étende pas à l’infini. »

51. Ce prince ; Caxton et Thynne ont « fader » ; en latin : « patrem ».

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62. feigne : « fingat qui potest. »

88. thanne ne may : « pourquoi rien ne pourra être parfait, puisque l’un manque à l’autre. » Ainsi il faut lire may (singulier), et non mowen (pluriel).

98. Upon thise thinges, besides this : « Super haec. »

100. porismes : « πορίσματα » ; corollaires, ou déductions d’une démonstration antérieure.

101. as a corollarie : « ueluti corollarium. » Le mot corollaire vient de corolla, diminutif de corona, une guirlande. Il désignait l’argent payé pour une guirlande de fleurs ; d’où cadeau, présent, gratification ; et enfin, une inférence supplémentaire à partir d’une proposition. Chaucer donne l’explication mede de coroune, c’est-à-dire cadeau de guirlande.

106. they ben maked iust : ces quatre mots doivent être ajoutés pour que le sens soit clair ; il est évident qu’ils ont été perdus par négligence des scribes. Texte latin : « Sed uti iustitiae adeptione iusti, sapientiae sapientes fiunt, ita diuinitatem adeptos, Deos fieri simili ratione necesse est. »

165. the soverein fyn ; texte latin : « ut summa, cardo, atque caussa. » Chaucer semble avoir pris summa pour l’adjectif au superlatif ; et fyn, c’est-à-dire fin, est censé représenter cardo.

Mètre 10. 8. Tagus ; le célèbre fleuve qui coule près de Tolède et de Lisbonne, autrefois célèbre pour ses sables dorés ; voir Ovide, Am. i. 15. 34 ; Mét. ii. 251, etc.

10. Hermus, un fleuve aurifère de Lydie, dans lequel se jetait le encore plus célèbre Pactolus. « Auro turbidus Hermus » ; Virgile, Géorgiques ii. 137.

rede brinke : « rutilante ripa. »

Indus ; aujourd’hui le Sind, au nord-ouest de l’Inde.

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11. que medleth : « candidis miscens uirides lapillos » ; ce que Chaucer explique comme le mélange d’émeraudes avec des perles ; voir la note en bas de page p. 80.

17. que eschueth : « Vitat obscuras animae ruinas. »

Prose 11. 3. How mochel ; c’est-à-dire à quel prix le jugerez-vous : « quanti aestimabis. »

24. The thinges thenne : « Quae igitur, cùm discrepant, minimè bona sunt ; cùm uero unum esse coeperint, bona fiunt : nonne haec ut bona sint, unitatis fieri adeptione contingit ? »

55. non other ; c’est-à-dire aucune autre conclusion : « minimè aliud videtur. »

63. travaileth him, endeavours : « tueri salutem laborat. »

71. thar thee nat doute, thou needst not doubt.

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81. Que voulait-il dire : « Qu’est-ce qui fait que tous, comme s’ils plongeaient leur bouche dans la terre, tirent des nutriments par leurs racines, et répandent la force à travers les moelles ainsi que l’écorce ? »
(maryes, marrows.)

91. Les renouveler et les développer : « ils se propagent. »

92. Qu’ils soient, qu’ils existent ; le superflu n’est dû au précédent « ne ». »

110. Mais le feu : « Le feu, en revanche, échappe à toute division. »

112. Volontaire : « des mouvements volontaires de l’âme qui connaît. »

123. Parfois : « Le désir de procréer... retient parfois la volonté. »

128. Et ainsi : « À ce point est grande cette affection pour soi-même. »

142. Car si cela disparaît : « En effet, une fois cela enlevé, il ne restera rien à personne. »

156. Flotter, onduler, hésiter ; « ils flueront » ; voir ci-dessus, Mét. ix. 6.

161. Car tu as : « En effet, tu as fixé dans ton esprit la marque même de la vérité moyenne. »

163. En cela, en cette chose qui : « en cela... qui. »

Mètre 11. 2. Fausses voies, détours : « sans aucune... déviation. »

Tourner et rouler : « qu’il tourne. » Chaucer utilise ici le verbe causal « trenden », signifiant tourner, correspondant à une forme anglo-saxonne *trendan, forme causative d’un verbe perdu *trindan. Le mot anglais « trund-le » provient du même verbe fort (participe passé *getrunden).

« Et qu’il force de longs mouvements à se courber en cercle, »

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Et qu’il lui apprenne à posséder, par des trésors, tout ce qui est retourné vers les siens, après avoir été mûri ailleurs.

7. Cf. Troilus, iv. 200.

8. éclairer, c’est-à-dire briller : « Lucebit. »

10. Glose. Cette glose est une paraphrase alternative de tout ce qui précède, depuis le début du Mètre.

32. Platon. Tiré du Phédon de Platon, où Socrate dit : ὅτι ἡμῖν ἡ μάθησις ὀυκ ἄλλο τι ἢ ἀνάμνησις τυγχάνει οὖσα (72 E).

Prose 12. 18. Tu pensais, tu croyais : « Mundum, inquit, hunc â Deo regi paullo antè minimè dubitandum putabas. » Chaucer a certainement complètement mal interprété la construction. Il aurait plutôt dû dire : « Tu pensais que, étant une petite plante, on ne devrait pas du tout douter », etc.

19. nis gouverné, est gouverné ; la même construction que précédemment. De même but-yif, il n’y aurait pas = à moins qu’il n’y eût (l. 25).

28. s’il n’y avait pas : « nisi unus esset, qui quod nexuit contineret. »

30. faire naître, provoquer, disposer, arranger : « disponeret. »

ainsi ordonner : « tam dispositos motus. »

38. afin que tu : « ut felicitatis compos, patriam sospes reuisas. »

55. une clé et un gouvernail : « ueluti quidam clauus atque gubernaculum. » Ici, Chaucer traduit malheureusement clauus comme s’il s’agissait de clauis.

63. il ne montre pas : « non minùs ad contuendum patet » ; c’est-à-dire qu’il est tout aussi clairement visible.

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67. par la clé : « bonitatis clauo » ; voir la note à la ligne 55.

73. Il le faut ainsi : « Ita, inquam, necesse est ; nec beatum regimen esse
uideretur, si quidem detrectantium iugum foret, non obtemperantium salus. »
La traduction est erronée ici.

87. doucement, tendrement, agréablement : « suauiter. »

91. afin que finalement : « ut tandem aliquando stultitiam magna lacerantem sui
pudeat. » Une autre lecture courante est latrantem, mais ce n’était manifestement
pas la lecture dans le manuscrit de Chaucer ; le MS C porte lacerantem.

97. les poètes. Voir Ovide, Métamorphoses, I, 151-162 ; Virgile, Géorgiques, I, 277-283.

116. Me méprises-tu ? : « Ludisne, inquam, me, inextricabilem labyrinthum
rationibus texens, quae nunc quidem, qua egrediaris, introeas ; nunc uerò
qua introieris, egrediare ; an mirabilem quemdam diuinae simplicitatis
orbem complicas ? »

117. la maison de Dédale ; utilisée pour traduire « labyrinthum ». Voir Virgile, Énéide, VI, 24-30, v. 588. Sans doute Boèce a-t-il emprunté le mot inextricabilis à l’Énéide, VI, 27.

125. pour quoi : « ex quo neminem beatum fore, nisi qui pariter Deus esset,
quasi munusculum dabas. » Ici, munusculum fait référence à corollarium, que
Chaucer traduit par « a mede of coroune » ; voir ci-dessus, Proverbes, X, 101.

132. par les gouvernements : « bonitatis gubernaculis. »

135. par des preuves tirées des cercles et connues de tous : « atque haec nullis
extrinsecus sumptis, sed altero ex altero fidem trahente insitis
domesticisque probationibus. » Chaucer insère « in cercles », en faisant référence
à des arguments tirés des cercles ; mais l’argument principal de ce type
apparaît en réalité plus tard, à savoir au livre IV, Proverbes, VI, 81.

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143. Parménide, philosophe grec qui, selon Platon, accompagna Zénon à Athènes, où il fit la connaissance de Socrate, qui n’était alors qu’un jeune homme. Dans ses Sophistes, Platon cite le passage de Parménide auquel il est fait ici référence : πάντοθεν ἐυκύκλου σφαίρας ἐναλίγκιον ὄγκῳ. Les manuscrits expliquent cela par : « il fait tourner l’orbite des choses en mouvement, tout en restant lui-même immobile ». La citation grecque est donnée de manière erronée dans les manuscrits, mais elle est restituée en consultant le texte de Platon (244 E) ; c’est pourquoi nous ne savons pas quelle version Boèce a adoptée. Ce ne peut guère être celle qui est donnée ici, signifiant que Dieu est « semblable à la masse d’une sphère bien arrondie de tous côtés ». Peut-être a-t-il tiré l’idée de l’immobilité de Dieu des deux vers suivants :—

μεσσόθεν ἰσοπαλὲς πάντη, τὸ γὰρ
ὄυτε τι μεῖζον
οὔτε βεβαίοτερον πέλει.

c’est-à-dire : « équidistant du centre dans toutes les directions ; car il n’y a rien de plus grand (que Lui), et rien de plus immobile. »

152. Platon. Du Timée de Platon, 29 B : ὡς ἄρα τοὺς λόγους ὧνπερ ἐισὶν
ἐξηγηταί, τούτων ἀυτῶν καὶ συγγενεῖς ὄντας. Chaucer cite cette phrase deux fois ; voir Cant. Tales, A 741-2, H 207-210.

Mètre 12. 3. Orphée. Cette histoire bien connue est bien racontée chez Virgile, Georgiques, IV, 454-527 ; et chez Ovide, Métamorphoses, X, 1-85.

Trace, Thrace ; comme dans Cant. Ta. A 1972.

4. tristement, en larmes, affligé : « flebilibus ».

5. mobile devrait précéder riveres ; « Silvas currere, mobiles Amnes stare coegerat ». Chaucer a pris ces deux vers séparément.

12. dieux du ciel : « superos ».

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Là, en harmonie avec les cordes mélodieuses,
il tempère ses poèmes.
Tout ce qu’il avait tiré des sources principales de la déesse Mère,
ce que le chagrin ne pouvait apporter, ce que l’amour, en le doublant,
provoquait encore de chagrin,
Taenara le pleure, émue,
et par une douce prière,
elle demande aux maîtres des ombres leur pitié.

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renversant, retournant : « Non Ixionium caput Velox praecipitat rota. »

27. Tantale, tourmenté par une soif perpétuelle ; Ovide, Métamorphoses x. 41 ; iv. 457.

29. Tityos : « Vultur dum satur est modis Non traxit Tityi iecur. » Cf. Virgile, Énéide vi. 595-600 ; Ovide, Métamorphoses iv. 456. Voir aussi Troïlus, i. 786-8.

34. Mais nous voulons : « Sed lex dona coërceat. »

37. Mais quoi ; cité dans Kn. Tale, A 1164.

42. et il fut tué : « occidit. » L’histoire traditionnelle ne mentionne pas la mort immédiate d’Orphée.

49. voit, contemple : « uident inferos. » L’histoire d’Orphée est magnifiquement racontée dans la traduction de Boèce par le roi Alfred, chap. xxxv. §6.

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LIVRE IV.

Prose 1. 5. abandonner, interrompre : ‘abrupi.’

14. de sorte que, puisque, étant donné que : ‘cùm.’

25. pouvoir tout faire, être omnipotent : ‘potentis omnia.’

27. une stupeur infinie... et : ‘infiniti stuporis.’

30. bien ordonnée, parfaitement organisée : ‘dispositissima domo.’

32. louée, glorifiée. Cela ressemble au langage de saint Paul ; 2 Tim. ii. 20.

41. faire cesser, provoquer la cessation : ‘sopitis querelis.’

45. toutes choses, tous les sujets abordés : ‘decursis omnibus.’

47. ailes ; ‘pennas.’ Le pluriel ancien fethera signifie parfois ailes.

50. traîneaux, c’est-à-dire des véhicules tirés par des chiens : ‘uehiculis.’ La version vulgate de 1 Chron. xx. 3 dit : ‘et fecit super eos tribulas, et trahas, et ferrata carpenta transire.’ Wycliffe traduit trahas par sledis (version ultérieure : sleddis).

Mètre 1. 2-5. Cité dans Ho. Fame, 973-8.

5. feu. Dans l’ancienne astronomie, on supposait que la région de l’air était entourée d’une région de feu, causée, selon Boèce, par le mouvement rapide de l’éther : ‘Quique agili motu calet aetheris Transcendit ignis uerticem.’ Au-delà se trouvaient les sphères planétaires, à savoir celles de la lune, de Mercure, de Vénus, du soleil, de Mars, de Jupiter et de Saturne. Cela explique l’allusion au passage de la Pensée (l’Imagination) à travers « les maisons qui portent les étoiles » (c’est-à-dire les planètes), en latin astriferas domos, puis, au-delà du soleil, jusqu’à la septième sphère de Saturne. Après cela, la Pensée s’élève jusqu’à la huitième.

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sphère, appelée la Sphère des Étoiles Fixes (désignée ci-dessous par « le cercle des étoiles » ou « le firmament ») ; et après avoir « contourné son dos », c’est-à-dire l’avoir dépassé, on atteint le premier moteur, où « le seigneur des rois tient le sceptre de sa puissance ».

« Jusqu’à ce que, montant vers les demeures étoilées,
Il relie les chemins à Phébus,
Ou que le soldat scintillant d’une étoile accompagne le voyage du vieillard glacial ;
Ou, là où que la nuit scintillante soit peinte,
Il revienne au cercle des astres,
Et, lorsqu’il aura suffisamment épuisé ses forces,
Il quitte le pôle extrême,
Et presse du dos le char rapide de l’éther,
Porteur de la lumière qui éclaire. »

9. Saturne, la planète Saturne ; que Chaucer interprète à juste titre comme le sens de « senis ».

et il devint chevalier, c’est-à-dire que la Pensée devint un chevalier. J’hésite à insérer « après lui », car toutes les sources l’omettent ; en fait, l’expression « et il devint chevalier » semble équivalente à « il fut fait chevalier ». Je ne comprends pas ce que signifie « Soldat scintillant d’une étoile », à moins que cela ne signifie que Boèce imagine la Pensée devenir le compagnon de Mars, et ainsi devenir soldat au service de cette planète brillante.

15. Images d’étoiles, c’est-à-dire des constellations, que l’on supposait de manière fantaisiste représenter divers objets.

18. Lumière vénérable. Le manuscrit A porte « dredefulle clerenesse ». Les deux sont des traductions de « uerendi luminis ».

22. Char rapide : « uolucrem currum ». Le mot « char » est parfois utilisé pour désigner une voiture ou un chariot.

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25. mais maintenant, etc. Ces mots sont censés être prononcés par Boèce, lorsqu’il se souvient de toute la vérité. « Haec dices, memini, patria est mihi. »

26. heer wol I fastne my degree : « hic sistam gradum. » Le sens est plutôt : « ici je [ou, laissez-moi] fixer mon pas », ou « planter mon pied » ; c’est-à-dire rester. Cf. « Siste gradum », c’est-à-dire arrête-toi ; Virgile, Énéide VI, 465.

27. Mais si :

« Quod si terrarum placeat tibi
Noctem relictam uisere,
Quos miseri toruos populi timent
Cernes tyrannos exules. »

Prose 2. 1. owh, une exclamation ; « Pape. »

13. fey, la foi, la certitude : « fides ». Phrase, opinion.

31. Et en cela : « Quod uero quisque potest. » peut, peut faire.

38. lad, led ; études, désirs : « quae diuersis studiis agitur. »

71. Si cela : « Etsi coniecto, inquam, quid uelis. »

84. knit forth : « Contexe, inquam, cetera. »

93. shewinge, évident ; est ouvert et évident : « patet. »

97. Jugement. Il s’agissait manifestement de traduire iudicium. Mais Chaucer a mal lu son texte, qui contient indicium. « Idque, ut medici sperare solent, indicium est erectae iam resistentisque naturae. »

103. ledeth hem, c’est-à-dire les mène à : « qui ne peuvent même pas parvenir à cela, vers ce que l’intention naturelle les guide et presque force. »

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104. Et quid ? Si cela était abandonné à l’aide d’une nature si puissante et presque invincible ?

112. Ne shrewes : Car ils ne demandent pas de récompenses légères ou faciles, qu’ils ne peuvent ni obtenir ni acquérir.

120. laye, pourrait mentir (subjonctif) : Afin que rien de plus nuisible ne s’interpose dans leur progression.

137. Pour bien, même pour exister. Ainsi, plus bas, ben signifie fréquemment « exister », comme le montre l’argument.

151. mowen, avoir le pouvoir d’agir : « peuvent. »

161. understonde, tu peux comprendre : « afin que tu comprennes. »

187. Platon, c’est-à-dire dans les Gorgias et Alcibiade I, où l’on trouve de nombreux arguments utilisés ici.

Mètre 2. Le sujet de ce mètre est tiré de Platon, De République, X.
La traduction de Chaucer commence à la 7e ligne du texte latin.

« Ceux que tu vois assis au sommet élevé du Trône,
rois,
vêtus de pourpre brillante, entourés de
armes sombres,
menaçant de leurs bouches tordues, avec
les angoisses d’un cœur furieux,
si quelqu’un ôte les couvertures vaines
des orgueilleux,
il verra alors à l’intérieur les maîtres
porter des chaînes.
Car c’est ainsi que la luxure tourmente
les cœurs des jeunes gens ; »

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De là, la colère flagelle l’esprit,
En soulevant des vagues troubles ;
Le chagrin accable soit ceux qui sont captifs, soit l’espoir,
Qui se tord de manière insidieuse.
Ainsi, quand tu vois un seul chef
Diriger les tyrans,
Il ne fait pas ce qu’il souhaite, lui-même, sous la pression des maîtres
Des injustes.

12. tyrannyes. Cette lecture (dans la version C) donne un meilleur sens que celle
tyrauntis (dans la version A) ; bien que cette dernière soit plutôt littérale.

Prose 3. 7. stadie, course : « in stadio » ; ce que Chaucer explique par
« furlong ».

10. purposed, équivalent à proposed ; « praemium commune propositum ».

14. Pour quelle raison : « quare probos mores sua praemia non relinquunt ».

25, 26. de sorte que, tandis que. pour les hommes, parce que ce sont des hommes.

27. sans sa part : « praemii ... expertem ».

35. aucun jour : « quod nullus deterat dies ».

39. indissociable, inséparable : « inseparabili poena ».

49. Puissent-ils… : « possuntne sibi supplicii expertes uideri, quos omnium
malorum extrema nequitia non afficit modò, verumetiam uehementer
inficit ? »

70. en dessous, sous : « infra hominis meritum ».

Mètre 3. 1. aryvede, faire arriver, pousser : « appulit ».

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les voiles : « Vela Neritii ducis » ; Chaucer insère Ulixes, c’est-à-dire Ulysse. La phrase est tirée d’Ovide : « Dux quoque Neritius », c’est-à-dire Ulysse ; Fasti, iv. 69. Neritos était une montagne d’Ithaque, l’île d’Ulysse. Le manuscrit C lit Naricii, ce qui explique la forme Narice.

3. Circé, Circe, comme dans Ho. Fame, 1272 ; inséré par Chaucer.

7. l’un d’eux : « Hunc apri facies tegit. » — « L’un d’eux, son visage est couvert », etc.

9. Marmorike : « Marmaricus leo. » Cela fait référence au pays de Barca, sur la côte nord-africaine, à l’ouest de l’Égypte.

13. Mais tout de même : « Sed licet uariis modis Numen Arcadis alitis Obsitum miserans ducens Peste soluerit hospitis. » Arcas ales, l’Arcadien ailé, c’est-à-dire Mercure, parce qu’il est né sur la montagne arcadienne du Cyllène.

16. en tout cas ; déjà par cela.

19. des chênes ; ce n’est pas une tautologie, car à l’origine, une noix de chêne était n’importe quel fruit des champs, comme l’indique l’étymologie (du mot acre).

23. trop léger, trop faible : « O leuem nimium manum, Nec potentia gramina, Membra quae ualeant licet, Corda uertere non ualent. »

32. pour les maux : « Dira, quae penitus meant, Nec nocentia corpori Mentis uulnere saeuiunt. »

Prose 4. 2. je ne vois pas que ce soit mal : « nec iniuria dici uideo uitiosos, tametsi humani corporis speciem seruent, in belluas tamen animorum qualitate mutari. » La formulation de Chaucer « as by right » devrait plutôt être « as by wrong ». Cela signifie : « Je ne vois pas que ce soit dit à tort. »

4, 5. Mais je ne voudrais pas, mais je préférerais que ce ne soit pas le cas pour les méchants : « eis licere noluissem. »

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18. to mowen don, pouvoir faire : ‘potuisse’.

22. trois, c’est-à-dire le triple malheur de vouloir faire le mal, de pouvoir le faire, et de le faire.

26. thilke unselinesse : ‘hoc infortunio’ ; c’est-à-dire la capacité de pécher.

28. So shullen : ‘Carebunt, inquit, ocius, quàm uel tu forsitan uelis, uel illi sese existiment esse carituros.’

30. For ther : ‘Neque enim est aliquid in tam breuibus vitæ metis ita serium, quod exspectare longum immortalis praesertim animus putet.’

39. by the outtereste : ‘eorum malitiam ... mors extrema finiret.’

42. ben perdurable, c’est-à-dire exister éternellement : ‘infinitam liquet esse miseriam, quam constat esse aeternam.’

51. ther is not why, il n’y a pas de raison pour quoi.

54. but of the thinges : ‘sed ex his, quae sumpta sunt, aeque est necessarium.’

64. but I understande : ‘sed alio quodam modo infeliciores esse improbos arbitror impunitos, tametsi nulla ratio correctionis, nullus respectus habeatur exempli.’ Ainsi ‘non ensaumple of lokinge’ est incorrect ; il faudrait plutôt ‘non lokinge of ensaumple’, c’est-à-dire sans tenir compte de cet exemple donné.

90. which defaute : ‘quam iniquitatis merito malum esse confessus es.’ D’où ‘for the deserte of felonye’ signifie ‘lorsque nous considérons quelle méchanceté mérite cela.’

102. to leten, laisser : ‘nullane animarum supplicia ... relinquis ?’

132. briddes, c’est-à-dire chouettes. Voir Parl. Foules, 599.

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142. exactement comme toi : « Comme si, à travers des vitres sales, tu regardais la terre et le ciel,
à l’exception de tous ceux qui sont hors champ, tu semblais, par ta propre manière de voir, tantôt t’intéresser aux étoiles, tantôt au firmament. »

153. Faux. Il faudrait plutôt lire : « Devrions-nous croire que nous sommes aveugles ? » Lat.
« Num uidentes eadem caecos putaremus ? »

193. en tout, complètement : « Tota », c’est-à-dire les efforts des défenseurs.

197, 8. sur quelque falaise que ce soit : « Aliqua rima. »

sawen, s’ils devaient percevoir : « Uiderent. »

200. exactement pour : « Compensatione adipiscendae probitatis. » Ainsi, pour obtenir, cela signifie « d’obtenir pour eux-mêmes. »

205. y-leten, laissé : « Nullus prorsus odio locus relinquatur. »

Mètre 4. 1. Qu’est-ce qui te réjouit, Pourquoi cela te plaît-il ? « Quid tantos iuuat excitare motus ? »

Les lignes 8-10 sont formulées sous forme interrogative dans le texte latin.

9. et wilnen : « Alternisque uolunt perire telis. »

10. Mais la raison : « Non est iusta satis saeuitiae ratio. »

Prose 5. 9. y-shad, répandu, étendu : « Transfunditur. »

20. hepeth : « Nunc stuporem meum Deus rector exaggerat. »

Mètre 5. Le texte latin commence ainsi :—

« Si quis Arcturi sidera nescit »

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Je suis proche du pôle suprême des étoiles,
Pourquoi le messager lent déploie-t-il les voiles de Boötes,
Et fait-il couler les flammes dans la mer du soir,
Lorsque les levées du jour apparaissent avec trop de rapidité ?
Il sera stupéfait par les lois du haut éther.

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Confusion de certains éditeurs ; voir mon article sur les « mots fantômes », dans les Philol. Soc. Trans. 1886, p. 370.

18. par des flots frémissants : « frementi ... fluctu. »

23. toutes choses : « Cuncta, quae rara prouehit aetas. »

24. erreur nuageuse : « nubilus error. »

Prose 6. 9. laver cela, pour épuiser le sujet : « cui uix exhausti quidquam satis sit. » Quant à laver, voir la note au Livre III, Métamorphoses 12-16.

13. Ydre, Hydre ; voir la note ci-dessous à la Métamorphoses 7. La forme provient de hydrae (manuscrit : hydre) dans le texte latin.

Ni... ni : « nec ullus fuerit modus. » Manere n’est pas ici le sens de modus ; il signifie plutôt ende ou « limite ». »

14. sauf si : « nisi quis eas uiuacissimo mentis igne coërceat. »

24, 5. Mais bien que : « Quòd si te musici carminis oblectamenta delectant, hanc oportet paullisper differas uoluptatem, dum nexas sibi ordine contexo rationes. » Cela est dit parce que cette « prose » est d’une longueur inhabituelle. Pour sibi, une autre lecture est tibi ; d’où les mots de Chaucer : « weve to thee resouns. »

30. changeable, mutable : « mutabilium naturarum. » Cf. Kn. Tale, A 2994-3015.

33. dans sa simplicité : « Haec in suae simplicitatis arce composita, multiplicem rebus gerendis modum statuit. »

48. mais le destin : « fatum uero singula digerit in motum, locis, formis, ac temporibus distributa. »

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59. et conduit : « et ce qu’il a simplement et présentement contemplé, il le guide par des ordres temporels. » Cf. Troilus, i. 1065-9.

67. par une âme ; expliqué par « anima mundi ». Cette idée vient de Platon, De Legibus, livre X : ψυχὴν δὴ διοικοῦσαν καὶ ἐνοικοῦσαν ἐν ἅπασι τοῖς πάντῃ κινουμένοις μῶν οὐ καὶ τὸν ὀυρανὸν ἀνάγκη διοικεῖν φάναι ? (896 D).

68. par les célestes, etc. ; en allusion à l’ancienne astrologie.

81. un même centre ; c’est-à-dire des cercles concentriques, comme sur une cible.

87. et s’il y a quelque chose : « si quid uero illi se medio connectat et societ, in simplicitatem cogitur, diffundique ac diffluere cessat. »

93. louange, liberté ; du vieil islandais lauss. Également écrit loos, los. il axeth : « quantò illum rerum cardinem uicinius petit. » Ainsi, il axeth provient de « petit », c’est-à-dire cherche, tend vers.

97. Alors de cette manière : « Igitur uti est ad intellectum ratiocinatio; ad id quod est, id quod gignitur; ad aeternitatem tempus; ad puncti medium circulus: ita est fati series mobilis ad prouidentiae stabilem simplicitatem. »

108. quand ils passent : « cùm ... proficiscantur. » Ainsi, whan devrait plutôt signifier so as, c’est-à-dire whereas, parce que.

112. incapable d’être incliné : « indeclinabilem caussarum ordinem promat. »

114. devraient pleurer : « res ... temerè fluituras. »

Pour quoi cela est : « Quo fit. »

116. néanmoins : « nihilominus tamen suus modus ad bonum dirigens cuncta disponat. »

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121. ne the ordre : « ne dum ordo de summi boni cardine proficiscens, a suo
quoquam deflectat exordio. » Le manuscrit C porte « deflectatur. »

123. « Quae uero, inquies, potest ulla iniquior esse confusio. » Pour « iniquior », le
manuscrit C présente la lecture extraordinaire « inquiescior », que Chaucer semble
avoir tenté de traduire.

138. Ne it ne is nat : « Non enim dissimile est miraculum nescienti. »

145. hele of corages : « animorum salus. »

148. lecher, c’est-à-dire guérisseur : « medicator mentium Deus. »

151. leneth hem, gives them : « quod conuenire nouit, accommodat. » Imprimé
leueth dans l’édition de Dr. Furnivall du manuscrit C, mais leneth dans l’édition de
Morris du manuscrit A. Il n’y a aucun doute quant à la bonne lecture, car
accommodare et lenen sont tous deux utilisés au sens de « prêter ». »

154. for to constreine : « ut pauca ... perstringam », c’est-à-dire « aborder brièvement
quelques sujets. » Chaucer l’a pris trop littéralement, mais sa paraphrase est presque
correcte.

157. right kepinge : « aequi seruantissimum. »

159. my familer : « familiaris noster Lucanus. » Faisant allusion à la célèbre
phrase : —« Victrix caussa deis placuit, sed uicta Catoni » ; Pharsalia, i. 128.

168. with-holden, retain : « retinere fortunam. »

176. by me, by my means, by my help : « Nam ut quidam me quoque
excellentior ait. » Cela ressemble à une erreur de la part de Boèce lui-même,
car le prétendu locuteur est la Philosophie elle-même. Le philosophe visé ici
reste encore inconnu. Le manuscrit C porte « me quidem » ; et « me » est expliqué
par « philosophus per me. »

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177. En grec. Certains manuscrits ont : ἀνδρὸς ἱεροῦ σῶμα δυνάμεις ὀικοδομοῦσι.
Il existe diverses leçons, mais Chaucer n’avait sous les yeux que l’interprétation suivante : « Viri sacri corpus aedificauerunt uirtutes. » Telle est la leçon du manuscrit C.

179. Prendre, remettre, confier. « Fit autem saepe, uti bonis summa rerum gerenda deferatur. »

182. Ronge : « remordet », c’est-à-dire tourmente, affliction.

186. Et d’autres gens : « Alii plus aequo metuunt, quod ferre possunt. »

201. De mérite médiocre : « eos male meritos omnes existimant. »

206. Servir des scélérats : « famulari saepe improbis. » Je pense : « illud etiam dispensari credo. »

207, 8. Renverser vers le mal : « praeceps. »

209. Exacerber lui : « eum ... exacerbare possit. »

219. Serait la cause : « ut exercitii bonis, et malis esset caussa supplicii. » D’où il semble que continuation signifie « endurance » ou « persévérance ». »

242. Ce péché : l’original est en grec, avec (dans le manuscrit C.) la fausse glose : —« fortissimus in mundo Deus omnia regit. » Le texte grec est —Ἀργαλέον δέ με ταῦτα θεὸν ὣς πάντ' ἀγορεύειν. Tiré d’Homère, Il. xii. 176, avec le changement de ἀγορεύσαι en ἀγορεύειν.

247. Retenir, conserver, maintenir ; « retinere. »

253. Être excessif ou abondant : « abundare. » D’où « excessif » signifie « superflu » ou « excessif ». »

257. Et quand : « quo refectus, firmior in ulteriora contendas. »

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Mètre 6. 1. « Si tu veux, par l’esprit, contempler les lois célestes du tonnerre pur, regarde les sommets suprêmes du ciel » ; etc.

5. cercle : « Non le Soleil... la froide rayon de Phébus n’empêche pas l’axe. »

6. Les étoiles non plus : « Ni celles que, au sommet du monde, l’Ourse fait plier dans ses rapides voies, jamais immergées dans les profondeurs occidentales, en voyant les autres étoiles se noyer, ne désire-t-elle teindre ses flammes dans l’Océan ? » D’où déyen signifie teindre, plonger.

10. Hesperus, l’étoile du soir ; Lucifer, l’étoile du matin.

13. Et ainsi : « Ainsi, l’amour alternatif renouvelle les courses éternelles ; ainsi, la guerre, qui divise, s’exile des lèvres. Cette concorde tempère les éléments par des moyens égaux, afin que ceux qui se combattent cèdent tour à tour aux secs les humides » ; etc.

20, 1. pendant le premier réchauffement du printemps : « uere tepenti. » Ce n’est pas le seul endroit où uer est traduit par somer-sesoun, une expression utilisée pour désigner mai dans P. Plowman, Prol. 1. Un autre nom pour « printemps » était Lent ou Lenten.

24. et de même : « Elle emporte les mêmes choses, les crée puis les ôte, en les plongeant dans la mort au sommet. »

29. Et pourtant : « Et ce qui est provoqué par le mouvement, elle l’arrête en le retenant, et elle affermit ce qui est instable. »

31. Car si : « Car, si elle ne rappelle pas les chemins droits, et ne force pas à nouveau les chemins courbés en cercles, alors ce que l’ordre stable contient maintenant sera dispersé, privé de sa source. »

37. C’est-à-dire : « C’est là l’amour commun à tous ; les bons veulent être tenus par un but, car ils ne peuvent durer autrement, que si, par un amour renouvelé, les causes qui ont donné naissent à nouveau. »

Prose 7. 57. De même : « Ainsi, l’homme sage ne doit pas supporter avec peine chaque fois qu’il est entraîné dans la lutte du destin. »

60. matère, matériel, source.

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62. Vertu. Boèce dérive ici uirtus de uires : « quod suis uiribus nitens non superetur aduersis. »

64. Certes non : « Neque enim uos in prouectu positi uirtutis, diffluere deliciis, et emarcescere uoluptate uenistis; proelium cum omni fortuna nimis acre conseritis, ne uos aut tristis opprimat, aut iucunda corrumpat: firmis medium uiribus occupate. »

72. Dans votre main : « In uestra enim situm est manu. »

Mètre 7. 1. Vengeur ; Atreus, c’est-à-dire Agamemnon, fils d’Atreus. Chaucer a tiré l’orthographe Agamenon d’une glose dans le MS C. Gower (C. A. ii. 344) utilise la même forme.

2. Récupéré : « Fratris amissos thalamos piauit. »

5. Ménélas, etc. ; « c’était la femme de son frère Ménélas. » Expression habituelle ; voir la note sur le Squieres Tale, E 209.

9. Fille, c’est-à-dire Iphigénie ; Ovide, Métamorphoses xii. 27-38.

13. Ithaque : « Fleuit amissos Ithacus sodales. » L’histoire bien connue d’Ulysse d’Ithaque ; tirée d’Homère, Odyssée ix.

15. Vide ; comme si l’on traduisait « inani ». Mais la bonne lecture est inmani (ou immani) ; c’est-à-dire « vaste ». MS C. « inmani », glosé « magno. »

20. Hercule. Voir le Monkes Tale, B 3285, et les notes. Dans la première note, ce passage de Boèce est présenté en détail.

21. Centaures ; Hercule était présent au combat entre les Centaures et les Lapithes ; Ovide, Métamorphoses xii. 541 ; ix. 191.

22. Le lion de Némée ; Ovide, Métamorphoses ix. 197, 235 ; Hérodote ix. 61.

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23. Les Arpies, les Harpies ; en référence à la destruction des oiseaux de Stymphale, qui mangeaient de la chair humaine ; Métamorphoses, IX, 187. La glose dans la note de bas de page – « dans le marais de Lyrne » – est une erreur ; il faudrait y faire référence à l’Hydre mentionnée plus loin.

25. Dracoon, le dragon du jardin des Hespérides ; Métamorphoses, IX, 190. Le « métal doré » fait référence aux pommes d’or.

26. Cerbère ; Ovide, Métamorphoses, IX, 185.

27. Unmeke, orgueilleux ; voir la note sur Monkes Tale, B 3293 ; et Ovide, Métamorphoses, IX, 194-196. Notez que « hors » (= chevaux) est au pluriel.

29. Hydre, l’Hydre ; Ovide, Métamorphoses, IX, 192.

30. Achélous ; voir l’histoire dans Ovide, Métamorphoses, IX, 1-97. Boèce imite Ovide, vers 97, à savoir : « Et lacerum cornu mediis caput abdidit undis. »

35. Antée ; Ovide, Métamorphoses, IX, 184. Pour l’histoire, voir Lucain, Pharsale, IV, 590-660 ; Lucain indique la Libye comme lieu du combat, vers 582.

36. Cacus ; voir l’histoire dans Ovide, Fastes, I, 543-86.

39. Le sanglier d’Érymanthe ; Ovide, Héroïdes, IX, 87. Pour « scomes » (littéralement : écumes), Caxton et Thynne donnent « vomes », pour « fomes » (mousse).

40. « Ces épaules qui étaient destinées à soutenir (littéralement : à être poussées contre) la haute sphère du ciel. » Allusion à Héraclès, lorsqu’il prit la place d’Atlas.

45. Nake, exposez vos dos sans armes (latin : nudatis), comme celui qui s’enfuit. On disait généralement qu’un homme sans armes était nu ; comme dans Othello, vers 258 ; 2 Henri VI, III, 2, vers 234 ; etc.

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LIVRE V.

Prose 1. 3. Une mauvaise traduction. « Recta quidem exhortatio, tuaque prorsus auctoritate dignissima. »

9. assoilen to thee the. Je préfère cette lecture, adoptée de l’édition de Caxton, car les autres n’ont aucun sens. La lecture originale était to the the (= to thee the), comme dans le MS. II. 1. 38 ; en omettant un « the », la lecture to the dans C. et Ed. MS. A. la modifie absurdemment en to the to the. En réalité, « to thee » appartient à la clause suivante : « Festino, inquit, debitum promissionis absolvere, uiamque tibi », etc.

14. to douten, être redouté ; « uerendumque est. »

28. left, ou dwellinge, resté, ou demeuré (reliquus). « Quis enim ... locus esse ullus temeritati reliquus potest ? »

31. rien : « nihil ex nihilo exsistere. » Cela fait référence au vieux dicton : « Ex nihilo nihil fit. »

34. prince et beginnere représentent de manière étrange le latin « principio ». casten it, l’avoir posé : « quasi quoddam iecerint fundamentum. » Je le complète.

44. Aristotulis, Aristote. Il s’agit de la Physique d’Aristote, livre II, chapitre 5.

47. pour grâce, à cause de ; « gratia. »

50. Exactement comme, comme si. par cause, dans le but.

55. ne dolve, n’aurait pas creusé ; mode subjonctif.

57. abregginge. Une mauvaise traduction. « Hae sunt igitur fortuiti caussae compendii » ; ce sont donc les causes de cette acquisition fortuite. Compendium signifie aussi « une abréviation », ce que Chaucer exprime ici.

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par abréviation, en introduisant en même temps le mot « hap », pour donner un certain sens.

66. inévitable, inéluctable ; « ineuitabili. »

Mètre 1. 2. Achemenie : « Rupis Achaemeniae scopulis », dans les rochers ou montagnes achéménides. Achaemenius signifie « perse », d’après Achaemenes, le grand-père de Cyrus ; mais ici il est étendu pour désigner l’Arménien. Les sources du Tigre et de l’Euphrate sont en réalité différentes, bien que toutes deux prennent leur source dans les montagnes de l’Arménie ; elles coulent sur une longue distance sans grande distance entre elles, puis se rejoignent finalement.

3. troupes volantes, la troupe qui vole ; en référence à la coutume bien connue des Parthes de tirer des flèches sur ceux qui les poursuivent ; voir Virgile, Georgiques III, 31.

5. s’ils, quand ils ; cela signifie qu’ils convergent effectivement.

9. et les eaux : « Mixtaque fortuitos implicet unda modos : Quae tamen ipsa uagos terrae decliuia cursus Gurgitis et lapsi defluus ordo regit. »

14. elle le supporte : « Fors patitur frenos, ipsaque lege meat. »

Prose 2. 4, 5. destiné, fatal ; « fatalis. » courage, esprit.

10. choses... à éviter, c’est-à-dire à fuir : « fugienda. »

13. est, c’est-à-dire se trouve en, réside en : « quibus in ipsis inest ratio. »

14. ordonner, déterminer : « constituo. »

16. souveraines, les substances divines suprêmes. C’est un bon exemple d’adjectifs d’origine française ayant un pluriel en -es.

17, 18. volonté : « et incorrupta uoluntas. » puissance : « potestas. »

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27. talents, affections : « affectibus ».

30. captifs, captive : « propriâ libertate captiuae ». Les vers 30-34 sont répétés dans Troilus, iv. 963-6 ; cf. ibid.

34. En grec : πάντ' ἐφορᾷ καὶ πάντ' ἐπακούει. D’Homère, Iliade, iii. 277 — Ἠελιος θ', ὃς πάντ' ἐφορᾷς καὶ πάντ' ἐπακούεις. Cf. Odys. xii. 323.

Mètre 2. 1, 2. avec le, etc. ; « Melliflui ... oris ». Clair, brillant ; faisant allusion à l’expression courante chez Homère : λαμπρὸν φάος ἠελίοιο ; Il. i. 605, etc.

8. regard d’un seul coup : « Uno mentis cernit in ictu ».

Prose 3. Une grande partie de cette prose, jusqu’au v. 71, est paraphrasée dans Troilus, iv. 967-1078 ; cf. ibid.

12. liberté d’arbitre, liberté de volonté (arbitrii).

19. éprouver, approuver : « Neque ... illam probo rationem ».

30. mais ... s’efforcer : « Quasi uero ... laboretur » ; ce qui signifie plutôt : « comme si la question était ».

35. Mais moi non, etc. La traduction est ici complètement erronée ; et comme ailleurs, Chaucer semble avoir lu nitamur au lieu de uitamus. Le texte dit : « At nos illud demonstrare nitamur ». Le sens général est : « Mais permettez-moi d’essayer de montrer que, quelle que soit la manière dont l’ordre des causes est organisé, l’occurrence des événements prévus est nécessaire, bien que la préscience ne semble pas imposer aux événements futurs une nécessité de se produire ».

53. Car même ainsi ; cf. Troil. iv. 1051-7, qui est plus clair.

55. Donc ils ne le font pas par cela, ce n’est pas pour cette raison qu’ils se produisent. Cf. « Nat that it comth for it purveyed is » ; Troil. iv. 1053.

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71. enfin, pour finir : « Postremò. »

78. que je ne le sache pas. Le « ne » est superflu, bien qu’il apparaisse dans toutes les copies. Le sens est : « si je sais quelque chose, il ne peut être faux (il doit être vrai) que je le sache. »

80. qui est dépourvu de mensonge : « mendacio careat. »

90, 1. égallement, de manière égale : « aeque. » Indifféremment, impartialement.

94. digne de rire, ridicule : « ridiculo. » D’Horace, Sat. ii. 5. 59 — « O Laërtiade, quicquid dicam, aut erit, aut non. »

116. envoyer, car il envoie : « mittit. »

117. contraint : « futuri cogit certa necessitas. »

121. discrétion, discernement : « indiscreta confusio. »

Et ainsi de suite. Pour que cela ait du sens, lire « than whiche » à la place de « of the whiche ». Toute la proposition, de « And yit » jusqu’à « wikke », est développée à partir de « Quoque nihil sceleratius excogitari potest. »

131. lorsque : « quand optanda omnia series indeflexa connectit? »

141. ce qui ne peut être abordé avant. En latin : « illique inaccessae luci, prius quoque quam impetrent, ipsa supplicandi ratione coniungi. »

142. impetren, en demander ; telle est la lecture du manuscrit II. 1. 38. Mot inventé, tiré du latin impetrent ; voir la dernière note.

146. lignée de l’humanité, la race humaine ; à laquelle il (ou elle) fait référence deux fois plus bas.

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147. un petit her-biforn ; c’est-à-dire dans le Livre IV, Métamorphoses 6.34, où l’on trouve : « ils devraient s’éloigner de son bien, c’est-à-dire de son origine, et partir. » Voir p. 122.

Mètre 3. 1. Quoi, etc. : « Quelle raison a décidé des alliances entre les choses ? »

2. La conjonction ; mais cette explication semble fausse, car la référence concerne plutôt (comme le dit Chaucer, suivant une note en marge du manuscrit C, au vers 5) la préscience et la volonté libre.

3. Quel dieu, c’est-à-dire quelle divinité : « Qui a décrété de telles guerres pour le Printemps entre deux parties ? »

7. Mais il n’y en a pas. Le texte latin est formulé de manière interrogative : « N’y a-t-il aucune discorde entre eux, qui restent toujours unis entre eux ? »

10. par le feu : « opprimés par le feu de la lumière. »

12. Mais pourquoi : « Mais pourquoi le Printemps brûle-t-il d’un tel amour pour découvrir des secrets cachés ? » Il semble donc que « couverts par le y », c’est-à-dire « ceux qui sont cachés », se réfère à ces secrets, et non à la vérité même ; cf. vers 15. Mais la traduction n’est pas du tout heureuse.

16. Sait-il : « Sait-il ce qu’il désire ardemment connaître ? »

18. Il dit ainsi : « Mais qui s’efforce de connaître les secrets ? Et s’il ne sait pas, que cherche-t-il alors dans l’obscurité ? Car qui désirerait quelque chose sans le savoir ? »

23. Ou qui : « Ou qui peut oser suivre l’ignorance ? Où trouvera-t-il, quelqu’un qui, ignorant, puisse connaître la forme ? »

26. Mais quand : ce n’est pas une affirmation, comme ici interprété, mais une question. « Est-ce que, lorsqu’il perçoit l’esprit élevé, il connaît également le tout et les détails ? » La traduction est complètement incorrecte, et le passage est difficile. La référence semble porter sur l’hypothèse selon laquelle l’âme, indépendamment du corps, voit à la fois les universaux et…

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détails, mais son pouvoir à cet égard est entravé par le corps ; idées tirées du Ménon et du Phédon de Platon.

32, 33. retient, conserve : ‘tenet.’ singularités, détails : ‘singula.’

34. ni dans l’un ni dans l’autre, pour ‘ni dans l’un ni dans l’autre’, c’est-à-dire ni dans l’un ni dans l’autre ; ou, en anglais moderne, ‘il n’est ni dans une position ni dans l’autre’ : ‘Neutro est habitu.’ Cette phrase curieuse devient plus claire si on la compare à l’expression plus courante ‘either other’. Ainsi, dans P. Plowman, B. v. 148 : ‘either despises other’ ; dans le même, B. v. 164 : ‘eyther hitte other’ ; encore, dans B. xi. 173 : ‘that alle manere men .. Louen her eyther other’ ; et, dans B. vii. 138 : ‘apposeden either other’ ; enfin, dans B. xvi. 207 : ‘either is otheres Ioye.’

36. reconsidère, réexamine : ‘altè uisa retractans.’

Prose 4. 2. Marcus Tullius, c’est-à-dire Cicéron ; De Diuinatione, liv. ii. 60.

8. ne peut être ramené à : ‘ad diuinae praescientiae simplicitatem non potest admoueri.’

15. dépensé, utilisé ; mais le sens correct du latin est ‘pesé’ ou ‘considéré’ : ‘si prius ea quibus moueris, expendero.’

22. d’ailleurs : ‘aliunde’ ; comparer la glose de Chaucer.

24. ne pas arriver : ‘non euenire non possunt.’

27. toi-même. La référence est au Livre v, Pr. 3, l. 27, ci-dessus — ‘ne it ne bihoveth nat, nedes, that thinges bityden that ben purvyed.’

28, 9. quelle cause : ‘quid est, quod uoluntarii exitus rerum ad certum cogantur euentum ?’ résultats, issues : ‘exitus’ ; et de même plus bas.

30. par la grâce d’une position, pour le bien d’une supposition, à titre de supposition : ‘positionis gratia.’ Cf. l’usage par Chaucer de ‘pose’ pour ‘suppose’ dans le

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ligne suivante. La lecture en cas de possession (dans les deux manuscrits) est évidemment fausse ; on dirait qu’elle a été transmise d’après dictée.

31. J’avance, je suppose, j’expose le cas : « statuamus nullam esse praescientiam ». Les mots « per impossibile » ont été ajoutés par Chaucer et signifient « considérer un cas impossible ».

56. Mais, certes, juste ; seulement, en effet, tout comme, etc. Il est difficile de donner la force exacte visée ; et probablement Chaucer a complètement mal interprété le sens. « Quasi uero nos ea, quae prouidentia futura esse praenoscit, non esse euentura credamus. »

62. dans la manœuvre : « in quadrigis moderandis atque flectendis. »

63. Et par : « atque ad hunc modum caetera. »

100. et afin que cette chose puisse être montrée, et pour que cela puisse apparaître (litt. puisse être capable d’apparaître). Toute la proposition signifie simplement : « Et pour clarifier cela par un exemple simple. » Lat. « Nam ut hoc breui liqueat exempli. »

101. La rondeur est ici au cas objectif : « eandem corporis rotunditatem aliter uisus aliter tactus agnoscit. »

107. Et l’homme : « Ipsum quoque hominem. » Sagesse, c’est-à-dire sens. Les « cinq sagesse » étaient les cinq sens.

113. Espèce, genre. Parties ; au singulier, parties, c’est-à-dire les parties particulières.

114. Intelligence, compréhension ; « intelligentiae. »

115. Universel, ce qui est universel : « uniuersitatis ambitum. »

133. D’un seul coup : « illlo uno ictu mentis formaliter. »

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137. Elle définit l’universalité de sa conception.

Mètre 4. 1. Le Porche ; en latin, Porticus ; en grec στοά, une colonnade couverte ou un porche à Athènes, fréquenté par Zénon et ses disciples, qui d’où reçurent le nom de Stoïciens.

« Quondam Porticus attulit Obscuros
nimium senes,
Qui sensus, et imagines E
corporibus extimis
Credant mentibus imprimi. »

10. Texte. Le texte latin continue ainsi :—

« Vt quondam celeri stilo Mos est
aequore paginae
Quae nullas habeat notas, Pressas
figere litteras. »

11. Pointel ; voir la note à Somn. Tale, D 1742. Et cf. Troilus, i. 365 ; Cant.
Ta. E 1581, 2.

15. Mais si :

« Sed mens si propriis uigens Nihil
motibus explicat
Sed tantùm patiens iacet Notis
subdita corporum,
Cassasque in speculi uicem Rerum
reddit imagines.
Vnde haec sic animis uiget Cernens
omnia notio?
Quae uis singula prospicit, Aut quae
cognita diuidit?
Quae diuisa recolligit, Alternumque
legens iter »

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Maintenant il insère sa tête en haut, Maintenant
il reste au plus bas,
Puis se tournant vers lui-même, il réfute les faux
prétendus du printemps ?

32. passion, sentiment passif, impression : ‘passio.’

Prose 5. 1. Mais que si... et même si c’était le cas, Néanmoins, même si c’est ainsi :
‘Quod si... quamvis.’

4. affecter, influencer, incliner, stimuler : ‘afficiant.’

18. Pour l’esprit, c’est-à-dire le sens, les sens extérieurs.

21. comme des huîtres... voir : le latin ne dit que : ‘quales sunt conchae maris.’

23. mobile, capable de se déplacer d’un endroit à un autre : ‘mobilibus belluis.’

talent, inclination, désir, souhait : ‘affectus.’

30. Mais comment... si cela, mais comment sera-t-il si ?

33. ce que, cette chose qui.

35. afin qu’il n’y ait rien, de sorte qu’il n’y ait rien : ‘nec quicquam esse sensibile.’

49. lutte continuelle, sorte de conflit : ‘In huiusmodi igitur lite.’

62. partenaires, personnes dotées de quelque chose. Le mot moderne ‘partner’ représente
le M. E. parcener, variante de parsoner, issu du O. F. parsonier, qui correspond
à une forme latine *partitionarius. Lat. ‘participes.’

66. Pourquoi : ‘Quare in illius summae intelligentiae cacumen, si
possumus, erigamur.’

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Mètre 5. 1. passer à côté, s’écarter : « permeant. »

6. par fuite humide : « liquido ... uolatu. » se réjouir, être heureux : « gaudent. »

7. avec ses pas... pieds : « gressibus. »

9. marcher sous, entrer : « subire. »

10. incliné, c’est-à-dire incliné vers la terre : « Prona. »

11. alourdir, oppresser : « Prona tamen facies hebetes ualet ingrauare sensus. »
D’Aristote, Des parties des animaux, Livre IV. Διὸ πλείονος γενομένου τοῦ βάρους καὶ τοῦ σωματώδους, ἀνάγκη ῥέπειν τὰ σώματα πρὸς τὴν γῆν (chapitre 10). Quant à la posture droite de l’homme, voir le même chapitre. Cf. Ovide, Métamorphoses I, 84, et voir la note sur « Truth » de Chaucer, ligne 19.

12. léger, c’est-à-dire non penché : « leuis recto stat corpore. »

14. chercher, il semble que tu cherches : « caelum ... petis. »

Prose 6. 21. comme l’a dit Aristote ; dans De Caelo, livre I.

33. présent : « et sui compos praesens sibi semper assistere. »

42. Platon. Cette notion se trouve chez Proclus et Plotin, ainsi que chez d’autres disciples de Platon ; mais Platon lui-même exprimait en réalité une opinion contraire, à savoir que le monde avait un commencement défini. Voir son Timée.

48. Pour ce genre : « Hunc enim uitae immobilis praesentarium statum infinitus illa temporalium rerum motus imitatur; cumque eum effingere atque aequare non possit, ex immobilitate deficit in motum, et ex simplicitate praesentiae decrescit in infinitam futuri ac praeteriti quantitatem; » etc.

53. diminue ; forme maladroite pour « decrescit » : « decrescit. »

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65. C’est pourquoi : « L’itération infinie du temps s’est emparée de tout. »

81. C’est la science : « Mais tu évalueras plus justement la science de l’instant qui ne cesse jamais. »

82. Pour cela : « D’où il est dit plutôt prudence que prévoyance. » La note de bas de page à la ligne 83 est erronée, car la réimpression par le Dr Furnivall du manuscrit C est ici en cause. Ce manuscrit (comme le manuscrit II, l. 38) présente ici la lecture correcte « prévoyance », sans aucun glose. Le glose « prudence » appartient au mot « purviaunce ». Ainsi, la lecture « prévoyance », que je pensais non étayée, est en réalité soutenue par deux bons manuscrits.

86. Pourquoi demander... plutôt : « Qu’est-ce donc que tu exiges ? »

112. Qu’il ne soit pas ignorant : « qu’il sache bien qu’il ne peut se passer de la nécessité d’exister. »

116. Que cela ne puisse arriver sans dommage : « qu’il ne soit pas possible que cela n’arrive pas. »

119. Mais presque personne : « mais à qui à peine quelqu’un autre qu’un contemplateur divin a pu accéder. »

150, l. dans l’être, en devenant réalité : « exsistendo. »

Par quoi : « par quoi, avant même qu’ils ne deviennent réels, ils n’auraient même pas pu arriver. » Le manuscrit C possède la contraction de « que », c’est-à-dire « quae » ; mais Chaucer a clairement adopté la lecture « qua ». La lecture habituelle est « quia » ou « quae ». »

154. Ainsi qu’ils viennent, puisqu’ils viennent : « cum... eueniant. »

159. Le lever du soleil. Voir ci-dessus, p. 148, l. 102 : « Exactement », etc.

185. Et de même : « cette manière de connaître semble-t-elle aussi alterner ? »

191. Pour ce qui est du divin : « En effet, tout ce qui doit arriver est précédé par l’intuition divine, qui le ramène et le fait revenir à la présence de sa propre connaissance. » Ainsi, « les ramène » signifie « les fait revenir ».

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193. ne he ne : « il n’a pas, comme tu le penses, l’alternance de prévoir tantôt ceci, tantôt cela ; mais d’un seul coup il anticipe et englobe toutes tes transformations en restant constant. »

199. a litel her-biforn. Voir ci-dessus, Livre v. Pr. 3, versets 62-65 ; etc.

207. purposen, proposer, assigner : « proponunt. »

208. aux volontaires : « solutis omni necessitate uoluntatibus. »

211. renneth ... avec, coïncider avec : « concurrit. »

214. mettre, placer : « positae. » que ne mowen : « quae cum rectae sunt, inefficaces esse non possunt. »

217. areys thy corage : « animum subleuve. » yilde : « humiles preces in excelsa porrigite. »

220. sin that ye : « cum ante oculos agitis iudicis cuncta cernentis. » Avec le mot « cernentis », le traité latin se termine.

Les mots — « À qui... Amen » ne se trouvent que dans le manuscrit de Cambridge ; et, avec toute probabilité, furent simplement ajoutés par le scribe. Cependant, la copie latine de ce manuscrit ajoute, après « cernentis », ce qui suit : « Qui est dominus noster Iesus Christus, cui sit honor et gloria in secula seculorum. Amen. »

NOTES SUR TROILUS.

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LIVRE I.

Je dois renvoyer l’étudiant à l’ouvrage de M. Rossetti (Chaucer Soc. 1875) pour une comparaison détaillée du poème de Chaucer avec le Filostrato de Boccace. Le tableau suivant indique de manière approximative les parties de ces œuvres qui sont plus ou moins similaires, jusqu’à la fin du Livre I. Des tableaux similaires précèdent les Notes des autres livres. Il arrive souvent qu’une strophe de Chaucer présente seulement une ressemblance générale avec celle correspondante chez Boccace. Les vers de Chaucer non mentionnés ci-dessous sont, pour l’essentiel, originaux ; par ex. 1-20, 31-56, etc. ; et il en va de même pour de nombreux autres que l’on ne peut pas spécifier plus exactement ici.

Chaucer : Livre I. Filostrato.
l. 21-30. Livre I. Strophe V, VI.
57-213. VII-XXV.
267-329. XXVI-XXXII. 6.
354-392. XXXII. 7-XXXVII.
400-420. [Pétrarque : Sonnet 88.]
421-546. XXXVIII-LVII.
547-553. Livre II. Strophe I.
568-630. II-X.
645-7, 666-7, 675-6. XI. 1, XIII. 7, 8, XI, 7, 8.
680-686. XII.
701-3, 708-9, 722-3. XIII, XV. 1.
860-889. XVI, XVII, XX-XXII.
897-900. XXIII. 1-3.
967-1060. XXIV-XXXIV.

2. « C’était le fils du roi Priam de Troie. »

5. « fro ye, from you » ; observez la rime. La forme « ye » n’est pas ici le cas nominatif, mais la forme non accentuée du cas accusatif « you » ; elle se prononce (yə), où (ə) est la voyelle indéfinie, comme le « a » dans China. Ainsi, dans Shak. Two Gent. iv. 1. 3, 4, on trouve « about ye » (forme non accentuée) au vers 3, et « you » deux fois au vers 4.

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6. Thesiphone, Tisiphone, l’une des Furies, invoquée en tant que « déesse de la torture ». Cf. « furial pyne of helle », Sq. Ta. F 448.

13. fere, compagnon ; c’est-à-dire Tisiphone.

16. « Ni oser prier l’Amour », etc.

21. Cf. Boccace : « Tuo sia l’onore, e mio si sia l’affanno », Fil. I. st. 5. Voir aussi les lignes 1042, 3 ci-dessous.

57. C’est ici que commence l’histoire ; cf. Fil. I. st. 7. Bell note que « mille navires », à la ligne 58, pourraient être inspirés de « mille carinae » dans Virgile, Énéide II, 198 ; cf. « anni decem » dans la même ligne, avec la ligne 60.

67. Lire éxpert. Calkas est le Calchas d’Homère, Ill. I, 69. Il était Grec, mais Guido le fait Troyen, le plaçant à la place du Chryses d’Homère. Voir le livre allitératif sur Troie, 7886.

70. Delphicus, de Delphes ; cf. Ovide, Métamorphoses II, 543.

77. Ye, oui. wolde qui-so nolde, celui qui le voulait ou ne le voulait pas. Cette expression idiomatique se trouve ainsi dans les manuscrits. L’édition de Bell donne wold who so or nolde, où la lettre e dans wolde est supprimée et le mot or inséré sans autorité. En tant qu’éditeur, je hésite à modifier une expression idiomatique. Cf. will he, nill he, où il n’y a pas de or.

91. « Mériter d’être brûlé, peau et os. »

99. Criseyde ; Boccace écrit Griseida, ce qui correspond à Χρυσηΐδα d’Homère, Ill. I, 143. Au Moyen Âge, il était courant d’adopter la forme accusative comme forme standard, surtout pour les noms propres. Son père était Chryses ; voir la note à la ligne 67. Mais Benoît de Sainte-Maure l’appelle Briseida, et Chryseis et Briseis semblent avoir été confondues. Le livre allitératif sur Troie donne Bresaide ; ligne 8029.

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119. « While it well pleases you » ; « good » est utilisé adverbialement. Italien : « mentre ti aggrada. »

125. « And would have done so oftener, if », etc.

126. and hoom, and (went) home.

132, 133. C’est une affirmation curieuse, et l’objectif de Chaucer en la faisant n’est pas clair. Boccace dit expressément qu’elle n’avait ni fils ni fille (st. 15) ; et Benoît (l. 12977) l’appelle « la pucele. »

136. som day, one day ; utilisé très généralement.

138. « And thus Fortune wheeled both of them up and down again. » Faisant allusion à la roue de la Fortune ; voir la Ballade sur la Fortune, l. 46, et note.

145. Troyane gestes, histoire troyenne ; cf. le titre du livre de Guido delle Colonne, à savoir « Historia Troiana », que Chaucer a certainement consulté, comme le montrent plusieurs épisodes du poème.

146. Omer, Homère ; dont le récit était considéré comme peu fiable par les écrivains médiévaux ; voir Ho. Fame, 1477, et note. Dares, Dares Phrygius ; Dyte, Dictys Cretensis ; voir les notes à Ho. Fame, 1467, 1468. Ces trois auteurs désignent en réalité Guido delle Colonne, qui prétendait les suivre.

153. Palladion, le Palladium ou image sacrée de Pallas, dont dépendait la sécurité de Troie. Il fut volé à Troie par Diomède et Ulysse ; voir l’Énéide, ii. 166. Mais Chaucer a sans doute lu le long récit de Guido delle Colonne.

171. C’est pourquoi Henrysoun, dans son Testament of Criseyde, st. 12, l’appelle « la fleur et A-per-se de Troie et de Grèce ». Cf. « She was a woman A-per-se, alone » ; Romance of Partenay, 1148. L’image de Boccace est bien plus fine ; il dit qu’elle surpassait les autres femmes comme la rose surpasse la violette. D’un autre côté, l. 175 est de Chaucer lui-même.

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172. makelees, incomparable, sans égal ; cf. A.S. gemaca.

189. lakken, blâmer ; voir P. Pl. B. v. 132.

192. bayten, nourrir, festoyer (métaphoriquement) ; E. bait.

205. Ascaunces, comme si ; à la ligne 292, le texte italien porte Quasi dicesse, comme si elle disait. Voir Cant. Ta. D 1745, G 838. C’est une tautologie, formée à partir de E. as et du O.F. quanses, comme si (Godefroy) ; donc la signification littérale est « comme si encore ».

210. « Et pourtant [ou, néanmoins] il (Cupidon) peut arracher un paon aussi fier (comme l’était Troïlus). » Cf. Prol. A 652.

214-266. Ces vers sont de Chaucer lui-même.

217. falleth, arrive ; ne wenden, ne s’y attendrait pas. Dans les Proverbes de Ray, éd. 1737, p. 279, on trouve un proverbe écossais — « Tout échoue ce que les fous pensent » (sic) ; ce qui favorise la lecture alternative donnée dans la note de bas de page.

218. Bayard, nom d’un cheval baie ; voir Can. Yem. Ta. G 1413.

229. wex a-fere, devint en feu. Fere est une forme courante du Sud, variante de fyre, bien que a-fyre apparaisse dans Ho. Fame, 1858. La voyelle en A.S. est ȳ, la forme en A.S. étant fȳr.

239. « S’est avéré (vrai), et le demeure encore. »

257. « Le bâton qui se plie et s’adapte vaut mieux que celui qui se brise. » Comparer la fable du Chêne et de la Roseau ; voir bk. ii. 1387.

266. ther-to refere, y revenir. Halliwell donne : « Refeere, revenir ; Hoccleve. » Chaucer termine ici ses propres remarques et revient à Filostrato.

292. Ascaunces, comme si (elle dit) ; voir note à la ligne 205.

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316. stupéfait, émerveillé, abasourdi ; voir Anelida, 215 ; Leg. of Good Women, 132, 814, 2321 ; il n’était « pas complètement confondu », mais seulement étourdi ; cf. l. 322.

327. fait naître, brunit, polit ; c’est-à-dire rend brillant et joyeux. La rime montre qu’il s’agit d’une orthographe variant de burneth ; cf. burned, burnished, Ho. Fame, 1387 ; Kn. Ta. A 1983.

Le manuscrit Harl. 3943 contient vnournith, une erreur pour anorneth, qui signifie orner ; avec un sens similaire.

333. Him tit, cela lui arrive ; tit est pour tydeth.

336. ordre, secte, fraternité ; allusion plaisante aux ordres religieux. De même ruled = sous une règle religieuse.

337. noun-certeyn, incertitude ; cf. O.F. noncerteit, incertitude (Godefroy) ; nounpower, manque de pouvoir (P. Plowman) ; et F. nonchalance. Également écrit noun-certeyn, Compl. Venus, 46.

340. loi, règle, ordonnance ; voir Sq. Ta. F 18.

344. « Mais observez ceci — ce que vous, amants, évitez souvent, ou que vous faites avec de bonnes intentions, sera souvent mal interprété par votre dame », etc.

363. un temple, c’est-à-dire dans le temple.

381. First se trouve seul dans le premier pied. Cf. ll. 490, 603, 811.

385. Yelt, abréviation de yeldeth, cède.

394. writ, writeth. Lollius ; la raison pour laquelle Chaucer utilise ce nom est inconnue. Peut-être pouvons-nous être d’accord avec le Dr Latham, qui a suggéré (dans une lettre à l’Athenæum, 3 octobre 1868, p. 433) que Chaucer a mal lu ce vers d’Horace (Epist. i. 2. 1), à savoir « Troiani belli scriptorem, maxime Lolli » ; et qu’il en a déduit l’idée que Lollius a écrit sur la guerre de Troie. Cela

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cela devient d’autant plus probable si nous supposons qu’il a simplement vu cette ligne citée en dehors du contexte. Chaucer ne semble pas avoir lu Horace par lui-même. En fait, les vers 400-420 sont traduits du 88e sonnet de Pétrarque. Voir la note à Ho. of Fame, 1468. Voici le texte du sonnet de Pétrarque :

« Si c’est pas l’amour, alors qu’est-ce donc
que je ressens ?
Mais s’il s’agit bien d’amour, par Dieu, qu’est-ce
c’est et en quelle forme ?
S’il est bon, d’où vient cet effet âpre
et mortel ?
S’il est mauvais, d’où vient une telle douceur
à chaque tourment ?
Si je brûle de désir, d’où viennent les pleurs
et les lamentations ?
Si c’est contre ma volonté, à quoi bon se lamenter ?
Ô mort vivante, ô mal délicieux,
Comment peux-tu agir ainsi en moi si je ne le
consens pas ?
Et si je le consens, c’est à tort que je
m’afflige.
Entre des vents si contraires, dans une fragile
barque,
Je me trouve en haute mer, sans gouvernail.
Si léger dans mes connaissances, si chargé d’erreurs
que je ne sais même pas ce que je veux,
Et je tremble en plein été, tandis que l’hiver
brûle. »

Au vers 401, « whiche » signifie « de quel genre ».

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425. Texte italien — « Non so s’io dico a donna, ovvero a dea » ; Phil. I. 38. Cf. Énéide, i. 327. D’où la ligne dans Kn. Ta. A 1101.

457. That ; en anglais moderne, on utiliserait But, ou bien on dirait not pour seyde.

463. Fled-de est ici une forme plurielle, le participe étant traité comme un adjectif. Cf. sprad-de, iv. 1422 ; whet-te, v. 1760.

464. savacioun ; italien : « salute ». M. Rossetti pense que salute signifie ici « bien-être » ou « santé » ; et peut-être savacioun vise-t-il à signifier la même chose, le sens littéral étant « sécurité ».

465. fownes, faons ; voir Book of the Duch. 429. Ici, il est utilisé, de manière métaphorique, pour désigner « de jeunes désirs » ou « de nouveaux désirs ». Cette image n’apparaît pas chez Boccace.

470. Je considère que la bonne lecture est felle, comme dans l’édition Cm., avec le sens de « destructeur ». Comme cela pourrait aussi signifier « arriva », d’autres manuscrits l’ont transformé en fille, ce qui donne une construction très maladroite. Le sens est : « Les attaques destructrices et violentes des épreuves de combat [c’est-à-dire celles qui prouvaient l’habileté au combat], que Hector et ses frères menèrent, ne le firent pas bouger ne serait-ce qu’une seule fois pour cette raison » ; c’est-à-dire que lorsqu’il s’efforçait, ce n’était pas seulement pour le plaisir de combattre. Chaucer utilise fel ailleurs ; le pluriel felle se trouve dans Troil. iv. 44 ; et voir Cant. Ta. D 2002, B 2019. Pour preve, « preuve », voir l. 690.

473, 4. riden et abiden (avec i court) riment avec diden, et sont des temps passés au pluriel. La ligne 474 est elliptique : « trouvé (être) parmi les meilleurs, et (parmi ceux qui) restèrent le plus longtemps là où régnait le péril ».

483. the deeth, c’est-à-dire la peste, la calamité.

488. titre, un nom ; il a dit que c’était « une fièvre ».

517. daunce, c’est-à-dire une troupe de danseurs. Cf. Ho. Fame, 639, 640.

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530-2. « Car, à cause de ma tristesse secrète, lorsqu’elle sera révélée, je serai
davantage trompé, mille fois, que le fou dont on écrit des vers sur la folie. » Il ne semble pas y avoir de référence particulière visée au vers 532 ; le texte italien contient simplement « più ch’ altro », c’est-à-dire plus que quiconque.

557. attricioun, attrition. « Une tristesse imparfaite pour le péché, comme une contusion qui n’atteint pas un écrasement total (contrition) ; horreur du péché due à la peur du châtiment... tandis que la contrition trouve son motif dans l’amour de Dieu ; » Nouveau Dictionnaire d’Étymologie.

559. ley on presse, comprimer, diminuer ; cf. Prol. A 81.

560. holinesse, la maigreur propre à un état saint.

626. « Celui que l’excès pousse à se porter très mal. »

631-679. Pour l’essentiel original ; mais pour le vers 635, voir la note au Livre III, 329.

638-644. On trouve un passage similaire dans P. Pl. C. xxi. 209-217. Chaucer, cependant, suit ici Le Roman de la Rose, 21819-40, v. q.

648. amayed, découragé ; en ancien français : esmaier. De même au Livre IV, vers 641.

654. Œnone semble avoir quatre syllabes. Le manuscrit H porte Oonone ; le manuscrit Cm., senome (au-dessus d’une effacement) ; le manuscrit Harl. 3943, Tynome. Fait allusion à la lettre d’Œnone à Pâris dans les Héroïdes d’Ovide, v.

659-665. Ce n’est nullement une traduction littérale, mais elle donne le sens général des Héroïdes, v. 149-152 :

« Me miseram, quod amor non est
medicabilis herbis !
Deficior prudens artis ab arte
mea. »

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Ipse repertor opis uaccas pauisse
Pheraeas
On dit aussi qu’il fut, par notre feu, plus rusé.’

Ipse repertor opis désigne Phœbus, qui « inventa le premier l’art de la médecine » ;
Pheraeas, c’est-à-dire de Pherae, fait référence à Pherae en Thessalie, résidence du roi Admète. Admète obtint Alcéstis pour épouse avec l’aide d’Apollon, qui, selon certains récits, lui rendit service par attachement pour lui, ou, selon d’autres, parce qu’il était condamné à servir un mortel pendant un an. Chaucer semble adopter l’idée qu’Apollon aimait Admète principalement pour sa fille. L’histoire habituelle concernant Apollon est son amour pour Daphné.

674. « Même si je devais mourir sous la torture » ; cf. Kn. Ta. A 1133.

686. « Jusqu’à ce qu’il décide de s’arrêter. »

688. « Méfier de tout le monde, ou croire tout le monde. »

694. Le sage, Salomon ; voir Ecclésiaste IV, 10.

699. Niobé ; « Les larmes coulent encore sur les marbres » ; Ovide, Métamorphoses VI, 311.

705. « Pour prolonger (augmenter) leurs souffrances », etc.

707. « Et ne se donner pas la peine de chercher une autre guérison. »

708. Un proverbe ; voir la note à Can. Yem. Ta. G 746.

713. Malheur, infortune ; cf. Cant. Ta. G 665, 1189. Tyrwhitt cite Euripide, Hercule en furie, 1250 : Γέμω κακῶν δή, κὀυκέτ' ἐσθ' ὅπου τεθῇ.

730, 731. D’Boèce, Livre I, Précepte 2, ligne 14, et Précepte 4, ligne 2.

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739. « C’est à cause de lui qu’il a eu une telle fin. »

740. Comparer : « Il se fabrique un bâton pour ses propres fesses » ; Proverbes de Hazlitt.

745. « Car (l’amour) naîtrait suffisamment de lui-même. »

747. Cf. Rom. de la Rose, 7595-6.

763. « Mais ils ne veulent pas chercher de remède. »

780. Prononcé ben’cite ; voir la note à Cant. Ta. B 1170.

786. Ticius, Tityos. Le manuscrit H2 indique à tort Siciphus. « L’oiseau qui vole haut, qui dévore le ventre ou les entrailles de Tityos, est tellement rassasié par son chant qu’il ne mange plus rien ni ne dort plus » ; traduction de Boèce, Livre III, Métaphysique 12.28. L’original dit :

« Vultur, dum satur est modis,
Non traxit Tityi iecur. »

Voir aussi Virgile, Énéide VI, 595 ; Ovide, Métamorphoses IV, 456.

811. Premier pied manquant, comme aux vers 603, 1051, 1069, etc. hiver, années. Peut-être imité de Le Rom. de la Rose, 21145-9.

846, 847. Voir Boèce, Livre II, Précepte 3, 52-54.

848. D’après Boèce, Livre II, Précepte 1 : « si manere incipit, fors esse desistit. » Voir p. 26 ci-dessus, vers 83.

887. « Et, pour ajouter encore à tout cela. »

890-966. Tout cela est de la plume même de Chaucer ; de même que 994-1008.

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916. Une fièvre blanche, une fièvre qui rend les hommes pâles ; dit-on en plaisantant. On pensait que les amoureux devaient être pâles ; Ovide, Art. Am. i. 729. Cotgrave est un peu plus précis. Il donne : « Fievres blanches, les fièvres dont souffrent les jeunes filles atteintes de la maladie verte ; donc, Il a les fievres blanches, soit il est amoureux, soit il est malade à cause de ses débauches. » Dans Le Coucou et le Rossignol, l. 41, on trouve : « Je suis tellement secouée par ces fièvres blanches. »

932. Betterave ; frapper sa poitrine (pour montrer son repentir). Cf. P. Plowm. B. v. 454.

956. Un proverbe. « Plus on se presse, moins on avance (moins on réussit). » Cf. Bk. iii. 1567, et Le Conte de Melibeus, B 2244.

964. Le Dr Köppel dit — cf. Albertano de Brescia, Liber de Amore Dei, 45b : « Jam et Seneca dixit, Non conualescit planta, quae saepe transfertur. »

969. « Vous êtes arrivés en bon port » ; Rom. de la Rose, 12964.

977. Fil. ii. st. 27 : « Io credo certo, ch’ ogni donna in voglia Viva amorosa. »

1000. Pilier, soutien ; comme dans Prol. A 214.

1002. Cf. « Plus le pécheur est grand, plus le saint est grand. »

1011. Comprendre : lui. « Il est devenu, pour ainsi dire, délivré de ses tourments. »

1024. Cherl, homme. « Vous avez peur que l’homme ne tombe de la lune ! »
Cela fait allusion à l’ancienne idée selon laquelle les taches à la surface de la lune représentaient un homme avec un paquet de bâtons. Voir le poème curieux sur ce sujet dans Wright’s Specimens of Lyric Poetry, p. 110 ; également imprimé dans Ritson’s Ancient Songs, i. 68, et dans Böddeker’s Altenglische Dichtungen, p. 176, où l’on exprime la crainte que l’homme ne tombe de la lune. Cf. Temp. ii. 2. 141 ; Mids. Nt. Dr. v. 1. 249 ; et voir Alex. Neckam, éd. Wright, pp. xviii, 54.

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1026. « Pourquoi te mêler de ce qui te concerne vraiment ? », c’est-à-dire occupe-toi de tes affaires. Certaines copies transforment inutilement cela en question et insèrent ne avant hast.

1038. « Et dois-je être ton garant ? »

1050. Scan : « Et pourtant je pensais... j’ai hésité. » Le sens est : « Et pourtant je le regrette, que cette vantardise m’ait échappé. »

1051. Manque dans la première ligne : « Maintenant | Pandáre. » De même à la ligne 1069.

1052. « Mais toi, étant sage, tu sais », etc. Dans cette ligne, thou semble être utilisé de manière emphatique tout au long.

1058. Lire désiróus ; comme dans le Livre II, 1101, et Sq. Ta. F 23.

1070. Pandare est ici trisyllabique ; avec un -e non relié.

1078. La même ligne se trouve dans le Clerk. Ta. E 413.

1088. « Et il est en partie soulagé de la douleur de sa blessure, mais il n’est pas pour autant guéri ; et, tel un patient sans douleur, il attend (littéralement : demeure) la prescription de celui qui cherche à le soigner ; et ainsi il persévère dans son destin. » Dryveth forth signifie « continuer », ou « mener à bien ». La lecture dryeth, c’est-à-dire endurer, est hors de place ici, car elle implique de la souffrance ; tandis qu’à ce stade, Troilus est extrêmement plein d’espoir.

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LIVRE II.

Les principales correspondances sont indiquées dans le tableau suivant.

Chaucer : Livre II. Philostrate : Livre II.
l. 265-6, 274-308. v. 35-37.
316-322. 46.
391-419, 428-455. 43, 54, 47-56.
501-523, 540-1. 55-57, 61.
554-578. 62-64.
584-588. 43.
589-602. 65, 66, 68.
645-665. 82-88, 71-78.
733-5, 746-763. 69, 70.
768-784. 73, 75-78.
937-8, 966-981. 79-81, 89.
995-1010. 90, 91.
1044-1104. 93-98, 100-109.
1125-1232. 109-128.
1305-1351. 128-131.

D’autres passages sont principalement originaux ; par exemple, les l. 1352-1757 à la fin, et 1-264 au début.

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1-3. Ces vers ressemblent quelque peu à Dante, Purgat. i. 1-3.

« Pour atteindre des eaux plus favorables, il hisse les voiles
Désormais le petit navire de mon esprit,
Qui laisse derrière lui une mer si cruelle ; » etc.

7. Calendes, l’introduction du début ; voir livre V, ligne 1634. Ainsi, les « calendes de janvier » précèdent ce mois, étant la période allant du 14 décembre au 31 décembre.

8. Cléos ; c’est ainsi dans la plupart des copies ; H2 porte Clyo ; Clio, la muse de l’histoire.

14. Le latin semble, dans ce cas, désigner l’italien, qui était appelé Latino volgare.

21. « Un aveugle ne peut pas bien juger des couleurs » ; un proverbe.

22. Sans doute tiré de l’Ars Poetica d’Horace, 71-3 ; probablement emprunté par l’intermédiaire d’autrui.

28. Un proverbe. Dans les Proverbes de Hendyng, ligne 29, on lit : « Ase fele thede, ase fele thewes », c’est-à-dire autant de peuples, autant de coutumes. Voir ligne 42 ci-dessous. Cf. Boèce, Livre II, Pr. 7. 49 (p. 47).

36. Went, pour wendeth ; c’est-à-dire va ; temps présent.

46. « Pourtant tout est dit, ou doit être dit. »

48. Bitit, pour bitydeth ; c’est-à-dire arrive, se produit.

55. Bole, Bull, le signe Taureau. Le 3 mai, à l’époque de Chaucer, le soleil se trouvait environ au 20e degré du Taureau. L’épithète « blanc » vient d’Ovide, Métamorphoses II. 852.

63. Wente, s.m., un tournant ; c’est-à-dire qu’il tournait en tous sens.

64-68. Forshapen, métamorphosé. Progne fut transformée en hirondelle ; Ovide, Métamorphoses VI. 668. Téreus enleva la sœur de Progne, Philomèle ; voir Les Fables des bonnes femmes (Philomèle).

74. « Et il sut que la lune était dans une bonne position pour qu’il entreprenne son voyage. » C’est-à-dire que la position de la lune était propice ; voir la note sur Man of Lawes Tale, B 312.

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77. « Janus, dieu de l’entrée » ; voir Ovide, Fastes, I, 125.

81. « Et il trouva qu’elle et deux autres dames étaient assises. » Sete (A. S. sǣton) est le participe présent pluriel, et non le participe passé.

84. La célèbre histoire du siège de Thèbes, connue de Chaucer grâce à la Thébaïde de Stace ; voir le livre V, vers 1484. Voir aussi le vers 100.

87. Ey, eh ! une interjection fréquemment utilisée dans ce poème.

103. lettres rede, c’est-à-dire la rubrique décrivant le contenu de la section suivante.

100-105. Œdipe tua involontairement son père Laios ; les deux fils d’Œdipe se disputèrent Thèbes. Pour Amphiorax, voir la note au livre V, vers 1500, ainsi que celle à Anelida, 57.

108. douze livres ; les 12 livres de la Thébaïde. La mort d’Amphiorax est racontée à la fin du livre VII.

110. barbe, « partie du vêtement d’une femme, encore portée parfois par les nonnes, consistant en un morceau de lin blanc tressé, passé par-dessus ou sous le menton, et descendant jusqu’à mi-cuisse » ; New E. Dict. Elle la portait parce qu’elle était veuve ; voir les citations dans le New E. Dict., en particulier sur le port de la barbe lors des funérailles. Voir aussi Barbuta dans Ducange.

112. « Faisons quelque rituel en l’honneur de Mai » ; voir la note à Kn. Ta. A 1500.

117. La lecture correcte est nécessairement sete, car A. S. sǣte est le troisième mode du subjonctif présent de sitten, signifiant « il conviendrait ». Cf. seten, ils s’assirent, 81, 1192.

134. « Et je suis votre garant », c’est-à-dire vous pouvez compter sur moi ; voir le livre I, vers 1038.

151. unkouth, inconnu, étrange ; d’où, très ; en scots, unco’.

154. wal, mur, défense ; yerde, bâton, fouet, comme au livre I, vers 740.

167. Extrait de Le Rom. de la Rose, 5684-6 :—

« Lucan redit, qui moult fu sages,
C’onques vertu et grand pouvoir
Ne pot nus ensemble veoir.»

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Cf. Lucain, Pharsale I, 92.

236. Sauf, à l’exception des amants ; ou, sauf dans le cadre d’un amour passionné. Ce dernier sens est celui habituellement utilisé par Chaucer.

273. « Je m’efforcerai donc de répondre à son intelligence. »

294. Si bien équipé, si bien soutenu, si chanceux. Cf. Parl. Foules, 171.

318. Qui... son, dont ; cf. que... son, Kn. Ta. A 2710.

328. « Alors vous avez pêché à quelque fin ; » ironique. Pêcher correctement, c’est attraper beaucoup de poissons.

329. Quel bien y a-t-il, quel avantage en retirez-vous, même si nous perdons tous les deux ?

344. On pensait que les pierres précieuses possédaient des vertus cachées.

387. découvrir, enquêter.

391, 2. Cf. Ovide, Art. Amat. II, 107 : « Ut ameris, amabilis esto. »

393. Dans le même ouvrage, 113, on trouve : « Forma bonum fragile est », etc.

396. « Allez aimer ; car, une fois vieux, personne ne voudra de vous. »

398. « On m’avertit trop tard, quand tout est déjà parti, dit la Beauté. »

400. Le « fou du roi » s’est inspiré d’Ovide, Art. Amat. II, 118 : « Iam uenient rugae », etc.

403. pattes d’oie ; rides aux coins des yeux ; du fait de leur forme. Ainsi chez Spenser, Shep. Kal. December, 136 : « Et par mes yeux, la corneille écrit de son bec. »

408. éclater en sanglots.

413. Ret, pour redeth, conseille ; cf. P. Plowman, C. IV, 410, et note.

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425. Pallas ; peut-être invoquée en référence au Palladium de Troie ; voir I, l. 153. De plus, Pallas était une déesse vierge.

434. « Il n’est pas nécessaire de tenir compte de moi. »

477. « Sauf que je ne lui donnerai pas d’encouragement » ; voir 1222.

483. « Mais quand la cause disparaît, la maladie disparaît aussi. »

507. gon, parti ; « il n’y a pas très longtemps. »

525. mea culpa, par ma faute ; expression utilisée dans les confessions : voir P. Plowman, B. v. 77, et note.

527. Ledest le fyn, guidest le bout ; cf. Boèce, Livre IV, Précepte 6, 149.

537. biwryen, utilisé à la place de biwreyen, signifiant trahir. La même forme plutôt arbitraire apparaît dans Parl. Foules, 348.

539. « Parce que les hommes les cachent », etc.

586. n’ont jamais été, ne seraient jamais ; were est à l’indicatif subjonctif.

611. Thascry, pour The ascry, l’alarme. Ascry se trouve chez Wyclif, Proverbes VII, 6.

615. latis, treillis. La lecture yates, portes, est erronée, comme le montre le l. 617.

618. Dardanus, ancêtre de Priam. Cf. Dardanides, c’est-à-dire les Troyens, Virgile, Énéide I, 560, II, 72, etc. Selon Guido, Troie avait six portes ; la plus solide d’entre elles était Dardanus ; voir l’allitération Destruction of Troy, éd. Panton et Donaldson, l. 1557, Lydgate, Siege of Troy, b. II, c. 11, ainsi que le prologue de Shakespeare à son Troilus.

ther open is the cheyne, là où la chaîne est ouverte, ou détachée. Cela fait allusion aux chaînes parfois tendues dans une rue pour bloquer le passage aux cavaliers. Le sens est : « Il viendra par cette rue, car les autres sont bloquées. »

621. heureux, chanceux. C’était un jour chanceux pour lui.

627. a pas, au pas ; voir Prol. A 825, et l. 620 ci-dessus.

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637. Un ciel, un spectacle magnifique ; cf. Sq. Ta. F 558.

639. Tissew, dentelle, bande torsadée ; du français tistre, tisser.

642. L’écu était recouvert de corne, de tendons ou de nerfs, ainsi que de peau ou d’écorce.

651. « Qui m’a donné une potion d’amour ? »

656. De pure honte, d’une honte complète, c’est-à-dire d’une très grande honte. Une expression curieuse.

666. Envýous, personne envieuse ; accent sur le y, comme au vers 857.

677. Ma | de ; deux syllabes. Le premier pied est imparfait.

681. Le terme astrologique « maison » a deux sens ; il désigne parfois un signe du zodiaque, comme lorsque, par exemple, le Taureau est appelé la « maison » ou demeure de Vénus ; et parfois il a un autre sens, comme probablement dans ce passage. Voir le traité de Chaucer sur l’astrolabe, partie II, § 37, sur « les équations des maisons ». Dans ce dernier cas, toute la sphère céleste était divisée en douze parties égales, appelées « maisons », par des grands cercles passant par les points nord et sud de l’horizon. La première de celles-ci, comptée à partir de l’horizon oriental, était appelée la première maison, et la septième maison, étant en face d’elle, était comptée à partir de l’horizon occidental. La première et la septième maisons étaient toutes deux considérées comme très favorables ; et il est dit ici que Vénus se trouvait dans sa septième maison, c’est-à-dire juste en dessous de l’horizon occidental au moment où Criseyde le vit pour la première fois. Cette même planète était également « bien disposée », c’est-à-dire dans un signe favorable du zodiaque ; et en même temps elle était « flattée (ou rendue propice) par des aspects favorables » d’autres planètes, c’est-à-dire que ces dernières étaient situées de manière favorable par rapport à leurs distances angulaires par rapport à Vénus. De plus, Vénus n’était pas une ennemie pour Troïlus à l’instant de sa naissance, c’est-à-dire qu’elle était également en position favorable au moment de sa naissance.

716. Imité de Le Rom. de la Rose, 5765-9, v. ce passage.

746. « Je suis celle qui est la plus belle. » Le -e dans fairest-e n’est pas élidé ; ni le -e dans wist-e au vers 745.

750. C’est-à-dire : « Je suis ma propre maîtresse. »

752. Lese, pâturage ; « Je me tiens, sans entrave, dans un agréable pâturage. » Du vieil anglais lǣsu. Cf. Ho. Fame, 1768. Ce mot ne signifie pas « laisse », comme on le dit généralement ; la forme de « laisse » chez Chaucer est lees.

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comme dans Cant. Ta. G 19.

754. chekmat, échec et mat, comme au jeu d’échecs ; voir Book Duch. 659. Bell y voit un jeu de mots : « échec à mon mat », c’est-à-dire épouse ; mais il reste à prouver que la forme mate (épouse) était connue de Chaucer, qui l’écrit make (Cant. Ta. E 2080).

759. C’est-à-dire : « Je ne suis pas nonne », ni vouée à la chasteté.

767, 769. sprat, pour spredeth, se répand, présent ; spradde, passé. Cf. Boèce, Livre I, Métaphysique, 3. 9-12.

777. Selon Bell, le manuscrit Harl. 1239 contient également why, c’est-à-dire pourquoi, une raison, une cause.

784. Cf. « S’il fait folie, si la boive » ; Rom. Rose, 12844.

797. « Personne ne trébuche dessus » ; car c’est trop insubstantiel.

802. « Pourtant, toutes choses leur semblent nuisibles, là où les gens plaisent à leurs amis. »

807. « Ne rien tenter, ne rien avoir. »

830. hertes lust, plaisir du cœur ; to rente, à titre de loyer.

831. no wight, à personne ; cas datif.

861. Voir les notes de Hazlitt sur le proverbe — « Beaucoup parlent de Robin Hood, qui n’a jamais tiré avec son arc », etc.

866. « Celui qui ne peut supporter la tristesse ne mérite pas de joie. »

867. « Et donc, celui qui a la tête fragile doit se méfier des pierres lancées au combat. »

882. let, abréviation de ledeth, mène (Stratmann).

884. Les manuscrits terminent la ligne par syke. Il a été souligné que syke n’est pas une rime parfaite pour endyte, whyte, mais seulement une assonance. Il est difficile de croire que Chaucer ait commis cette erreur ; c’est pourquoi, tout en respectant les critiques, je suggère que Chaucer ait pu écrire syte. En moyen anglais, syte signifie être anxieux, et apparaît dans

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Cursor Mundi, 11675 ; où Joseph dit à Marie : « Bot I site pour un autre chose Que nous n’avons pas de eau maintenant », c’est-à-dire que je m’inquiète d’une autre chose, à savoir le manque d’eau. Le mot site, qui signifie tristesse, se trouve dans le dialecte du Centre comme dans le dialecte nordumbrien ; voir site chez Stratmann. Comme ce mot est inhabituel, il a naturellement été modifié par les scribes en syke, signifiant soupirer, avec un sens apparenté.

920. « Et il chanta fort contre le soleil brillant » ; Kn. Ta. A 1509.

959. « À moins que le manque de persévérance ne soit la cause (de l’échec), » etc. ; cf. 1075.

964. hameled, coupé, raccourci ; cf. P. Pl. Crede, 300.

1001. « Ton malheur ne vient pas de moi. »

1017. Lire And úpon mé, où mé est emphatique.

1022. Lorsque les oreilles des gens rougissent, c’est parce qu’on parle d’eux, selon la folklore. Voir Brand’s Popular Antiquities, éd. Ellis, iii. 171.

1026. « Sed lateant uires, nec sis in fronte disertus » ; Ovide, Art. Am. i. 463.

1027. « Quascunque adspicies, lacrimae fecere lituras » ; Ovide, Heroid. iii. 3.

1033. « Ou bien jouer toujours la même mélodie. »

1041. « Humano capiti », etc. ; Horace, Ars Poet. 1-5. pyk, une perche (poisson), comme dans la Ballade à Rosemounde, 17.

1062. Accent Mínervá sur la première et la troisième syllabe.

1075-7. cela a fait, c’en était la cause. ley, a menti.

1107. hoppe, danser. « Je danse toujours à l’arrière. »

1108. to-laugh (H2, to lagh, Cm. to law), rire excessivement. Je ne connais aucun autre exemple. Une forme plus correcte est to-lough ; voir l. 1163, et Pard. Ta. C 476.

1119. spek-e, pourrait parler, devrait dire ; participe passé du subjonctif.

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1123. sent, c’est-à-dire sendeth, sends ; la forme au passé est sent-e ou send-e.

1177-8. Avysed, elle prit note ; forme au passé. De même pour fond, found, que Bell considère comme un participe passé ; mais le participe passé est founden. Coude good, savait ce qui convenait. Ainsi, à la ligne 1197, Can he signifie « a-t-il de l’habileté ? »

1201, 1204. sowe, coudre ensemble les morceaux de parchemin. Tyrwhitt remarque, à ce sujet : « Il était d’usage, et même nécessaire, autrefois de coudre les lettres lorsqu’elles étaient écrites sur du parchemin ; mais cette pratique a persisté longtemps après l’invention du papier. » Plyte, c’est le fait de les plier.

1229. « Un coussin orné d’or ; » cf. Kn. Ta. A 979.

1238. Un proverbe : « Les impressions légères s’estompent vite. »

1249. Tyrwhitt, à ce sujet, somme, hésite devant cette ligne, mais elle est tout à fait correcte. Bell prend l’occasion de parler des « lignes rugueuses » que l’on trouve dans ce poème ; ce qui est vrai pour son propre texte particulier. Dans Beowulf, à la ligne 207, on trouve fiftēna sum, l’un des quinze, où le nombre cardinal est utilisé ; c’est l’expression habituelle. Mais le nombre ordinal est aussi employé. Dans St. Juliana, p. 79, on lit que « la mer le noya ainsi que trente de ses hommes », ce que j’interprète comme « et vingt-neuf de ses hommes », le chef étant le trentième ; mais M. Cockayne et M. Bradley en font l’interprétation « lui et trente autres ». De même, dans Sir Tristrem, 817, on lit : « Il rassembla pour lui-même son quinzième groupe de chevaliers », ce que j’interpréterais comme un groupe de quinze chevaliers, lui y compris, ou bien lui étant le quinzième. Certains termes dans de telles expressions ont une valeur collective. Cependant, les exemples dans Bosworth et Toller’s A. S. Dict., à ce sujet, montrent que cette manière d’exprimer se réfère parfois exclusivement au chef.

1274. on to pyke, pour qu’elle puisse en extraire ou en arracher ; c’est-à-dire pour qu’elle puisse le retirer ; voir la ligne 1273. Voir des exemples dans Halliwell, à ce sujet, pike, pour « to pyke out thornes », c’est-à-dire enlever les épines.

1276. Cf. « frapper tant que le fer est chaud » ; voir Melibeus, B 2226.

1289. « Mais là, il avait beaucoup à faire et à surmonter. »

1291. « Et pourquoi ? par crainte de la honte. » Cf. has for speche, c’est-à-dire par crainte des paroles ou du scandale.

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1315. accesse, attaquer, comme en cas de fièvre. Voir le Nouveau Dictionnaire d’E.

1343. refreyde, se rafraîchir ; cf. Balade to Rosemounde, l. 21.

1349. après ses gestes, selon ses actes ou aventures.

1390. forbyse, te donner des exemples. Forme à peine correcte ; il faudrait plutôt dire forbysne, abréviation de forbysnen, car le verbe est formé à partir du sujet forbysne, en ancien anglais forebȳsen, exemple, instance. Le mot était obsolète.

1398. Deiphebus (= Dé'phĕbús) est toujours trisyllabique.

1410. Il veut dire qu’il ferait plus pour lui que pour quiconque, « sauf pour celui qu’il aime le plus », c’est-à-dire Troilus.

1427. « Avec éperon et fouet », c’est-à-dire avec toute hâte.

1495. mot et ende, début et fin ; cf. iii. 702, v. 1669. La formulation correcte est ord et ende, où ord signifie « début » ; mais il semble que, à l’époque de Chaucer, mot ait été substitué de manière erronée à l’obsolète ord. Voir Monk. Ta. B 3911, et la note.

1534. triste, poste d’où un chasseur tire. Voir Tristre dans Stratmann.

1554. renne, courir, comme un fou excité.

1564. « Bon fait prolixite foïr » ; Rom. de la Rose, 18498.

1581. « Bien qu’elle n’ait pas envie de recommander un remède. »

1594. To mowen, avoir cela sous son contrôle ; en ancien anglais mugan.

1650. Pour mon meilleur bras, même pas pour sauver mon bras droit.

1661. him thar nought, « il n’a pas besoin de ça », il n’a pas besoin de le faire.

1735. Allusion obscure. « Peut-être signifie-t-il, par respect pour le roi et la reine, ses parents » ; Bell. Mon propre avis est différent. Je pense qu’il est tout à fait possible que Chaucer fasse référence aux deux « couronnes » ou guirlandes, l’une de roses et l’autre de lys, au sujet desquelles…

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On en dit beaucoup dans son œuvre early intitulée The Lyf of Seint Cecile, ensuite appelée Second Nonnes Tale (voir G 270). Ainsi Pandarus, avec son impudence habituelle, incite Criseyde à avoir pitié de Troilus par deux solennelles exhortations, à savoir au nom de Celui qui nous a donné toutes nos âmes, et grâce à la vertu des deux couronnes célestes qu’un ange apporta jadis à un couple chaste. Il suggère ainsi hardiment que la rencontre proposée est de nature tout à fait innocente. C’est là, à mon avis, l’essence même de cette allusion.

1737. « Fie on the devil ! » C’est-à-dire mépriser les calomnies.

1738. com of, venir à bout ; on dit aujourd’hui « come on ! ». Voir les lignes 1742, 1750.

1751. « Mais maintenant (je m’adresse à vous). »

1752. cankedort, état de suspense, d’incertitude ou d’anxiété ; comme le montre le contexte. Ce mot n’apparaît nulle part ailleurs. Un seul manuscrit (H2) porte l’orthographe kankerdort, généralement adoptée dans les éditions modernes ; Thynne écrit cankedorte, mais sans le e final. L’étymologie est inconnue, et nous ne savons même pas comment le diviser. Il existe un verbe suédois dialectal, kanka, signifiant secouer, être instable, etc. (Rietz), et le mot suédois ort désigne un lieu, un quartier ; s’il existe un lien, kanked-ort pourrait signifier « endroit instable » ou « situation délicate ». Une autre théorie veut que canker soit lié à canker, qui signifie cancer, maladie, et que dort soit apparenté à l’anglais Sc. dort, signifiant morosité. Mais cela suppose que l’orthographe correcte soit canker-dort, une théorie que les manuscrits ne soutiennent pas. Le sens de « mauvaise humeur » ne semble pas non plus très approprié. Comme je suis contraint, dans ce cas difficile, de proposer ce que je peux, je dois ajouter qu’il est également possible de supposer que cankedort soit d’origine française, correspondant à une expression ancienne française quant que dort, littéralement « chaque fois qu’il dort (?), » ou « bien qu’il dorme (?); » et donc (éventuellement) signifiant « dans un état de somnolence ». La phrase quant que, écrite aussi kan ke (et de nombreuses autres façons), est illustrée par une série d’exemples dans le Dictionnaire de Godefroy ; mais son sens habituel est « autant que », ou « quoi que ce soit » ; ainsi kan ke poet = autant qu’il peut. Ou pouvons-nous l’interpréter comme com ki dort, comme quelqu’un qui dort ?

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LIVRE III.

Le tableau suivant donne une idée générale de la relation de ce livre avec l’original.

Chaucer : Livre III. Philostrate : Livre III.
l. 1-38. v. 74-79.
239-287. 5-10.
344-441. 11-20.
813-833. [Boèce, II. Pr. 4. 86-120.]
1310-1426. 31-43.
1443-1451. 44.
1471-1492. 44-48.
1513-1555. 50-56.
1588-1624. 56-60.
1625-1629. [Boèce, II. Pr. 4. 4-10.]
1639-1680. 61-65.
1695-1743. 70-73.
1744-1768. [Boèce, II. Mét. 8.]
1772-1806. 90-93.
1807-1813. Livre I, v. 3. 1.

1-38. Il s’agit d’un passage exceptionnellement difficile, et certaines éditions le déforment gravement, en particulier pour les l. 15-21. Il est cependant imité des strophes 74-79 du Philostrate, Livre III, où l’invoocation est placée dans la bouche de Troïlus.

La clé réside dans le fait qu’il s’agit d’une adresse à Vénus, tant en tant que planète qu’en tant que déesse.

2. La planète Vénus était considérée comme se trouvant « dans le troisième ciel ». Les « cieux » ou sphères étaient nommés respectivement d’après la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars, Jupiter, Saturne et les « étoiles fixes » ; au-delà se trouvait le Premier Mobile, la Terre étant au centre de tout et immobile. Parfois, les sphères des sept planètes étaient comptées à rebours à partir de Saturne, Vénus étant alors dans le cinquième ciel ; voir Lenvoy à Scogan, 9, et la note.

3. « Ô favorite du Soleil, ô chère fille de Jupiter ! » Vénus était considérée comme une planète porte-bonheur. Peut-être vaut-il mieux citer ici le texte italien :—

« Ô lumière éternelle, dont l’éclat joyeux 585
rend beau le troisième ciel, d’où il pleut »

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Plaisir, charme, pitié et amour ;
Amie du soleil, fille de Jupiter,
Femme bienveillante pour tous les cœurs nobles,
Cause certaine du courage qui me pousse
Vers les doux soupirs de mon salut,
Que ta vertu soit toujours louée !

Le ciel, la terre, la mer et l’enfer
Sentent chacun en eux ta puissance,
Ô lumière éclatante ! Et si je comprends bien la vérité,
Les plantes, les graines et les herbes aussi,
Les oiseaux, les bêtes sauvages, les poissons,
Sentent ta présence dans ce temps agréable ;
Et les hommes et les dieux, aucune créature
Ne peut exister ou durer sans toi dans le monde.

Toi, Jupiter, tu as d’abord suscité ces sentiments joyeux,
Grâce auxquels toutes choses vivent et existent ;
Tu as rendu Jupiter aimant envers les choses mortelles ;
Et, selon ton bon plaisir, tu lui as donné, par l’amour, succès ou difficultés ;
Et, sous mille formes, tu l’as envoyé sur terre
Pour qu’il obtienne l’amour ; il capturait alors ceux que tu le souhaitais.

À la ligne 17, on trouve parfois « Comeveden » écrit « Comenden », ou même « Commodious » !
Le texte italien dit « Movesti » (ligne 603).

Vénus était censée apaiser le planète en colère, Mars ; voir Compl. of Mars, 36-42.

« Selon ce que souhaite un homme. »

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29. « Tu unifies les maisons et les cités, les royaumes… Garde-les. »

31-34.
« Seule, tu connais les qualités cachées des choses ; c’est pourquoi tu formas une telle construction, qui étonne ceux qui ne savent pas apprécier ta puissance. »

C’est-à-dire : « Seule, tu connais les qualités cachées des choses ; c’est pourquoi tu formas une telle construction, qui étonne quiconque ne sait pas mesurer ta puissance. » Chaucer semble avoir utilisé le mot « construire » parce que cela était suggéré par le terme « costrutto », mais en réalité il l’emploie pour répondre au mot « sa » (dans la quatrième ligne), en omettant complètement les mots « l costrutto vi metti tal ». Ainsi, les vers 33-35 signifient : « Lorsqu’ils ne peuvent expliquer comment il se fait qu’elle l’aime, ou pourquoi il l’aime ; afin de montrer pourquoi ce poisson, et non un autre, vient au filet. »

« Io » (= « je »), signifie « que cela se produise ». Ce mot n’existe pas dans les dictionnaires ; il a été modifié en « go » dans diverses éditions. Mais il correspond au mot anglais « joer » (en français « jouer »), c’est-à-dire jouer un jeu, faire un mouvement (comme dans un jeu) ; ici, cela signifie que quelque chose se produit.

35. « Were », « weir », « pool » : endroits où l’on capture des poissons ; voir Parl. Foules, 138, et notes correspondantes.

36. « Tu as imposé une loi aux gens de cet univers ; » en italien : « Tu legge, o dea, poni all’universo. »

44, 45. « Inhelde », signifie « verser ». Calliope, muse de la poésie épique ; invoquée également par Dante, Purg. i. 9.

87. « Bien qu’il ne fût ni impertinent, ni difficile à convaincre ; il n’était pas non plus trop audacieux, comme s’il voulait chanter une messe pour un idiot. » Cette expression était probablement proverbiale ; elle semble signifier parler sans hésitation ni respect.

115. « To watre wolde », signifie « vouloir se transformer en eau » ; cf. Squi. Ta. F 496.

120. « Moi ? Quoi ? » C’est-à-dire : « Moi ? Que dois-je faire ? » Au vers 122, Pandarus répète ses paroles, sur un ton moqueur : « Tu dis “Moi ? Quoi ?” Eh bien, bien sûr, tu devrais avoir pitié de lui. »

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136-138. « Et je dois recevoir du réconfort, comme il vous plaît, tout en étant sous votre correction, afin d’obtenir ce qui est proportionnel à ma faute, comme par exemple la mort. » Voir Cant. Ta. B 1287.

150. « Par la fête de Jupiter, qui préside aux naissances. » La raison de l’usage de *natal* n’est pas évidente. Cf. « Scit Genius, natale comes qui temperat astrum ; » Horat. Ep. ii. 2. 187.

188. « Il me semble entendre les cloches de la ville sonner pour ce miracle, bien qu’aucune main ne tire les cordes. »

193, 194. et *oon*, et deux, « l’un de vous comme l’autre. »

198. *Bere the belle*, occuper la première place, avoir la priorité ; comme la brebis témoin qui mène le troupeau. Voir le New E. Dict.

228. « Droit comme une ligne », c’est-à-dire directement, immédiatement.

294. Voir Manc. Ta. H 333, et note.

299. « Tu comprends et connais suffisamment les proverbes contre le vice de la médisance, même si les hommes disaient la vérité aussi souvent qu’ils mentent. »

308. « On ne doit pas croire un vantard, dans le cours naturel des choses. »

328, 329. *drat*, craint. Cf. « Felix, quem faciunt aliena pericula cautum. » Mais Chaucer l’a tiré de Le Rom. de la Rose, 8041-2 : « Moult a benéurée vie Cil qui par autrui se chastie. »

340. « Et un jour est fixé pour rédiger les chartes » (qui préciseront ce qu’elle vous a accordé) ; métaphorique.

349. Richesse, abondance ; ce n’est pas un mot heureux, mais suggéré par le texte italien : « I sospir ch’egli aveva a gran dovizia ; » Fil. iii. 11. *Dovizia* (lat. *diuitiae*) signifie précisément « richesse ». Bell propose *rehetyng*, c’est-à-dire réconfortant (du vieux français *rehaiter*, *reheiter*), ce qui n’a aucun sens ; il l’explique par « réchauffer ! »

354. Vigoureux, personne vigoureuse ; cf. Cant. Ta. A 165, 208.

377. « Soit il oserait (le faire), soit il saurait (comment). »

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380. Stokked, attaché aux stocks ; cf. Actes xvi. 24.

404. Départez ainsi, faites cette distinction.

410. Frape, compagnie, troupe. Tyrwhitt indique qu’il n’est pas compris. D’autres exemples existent : « With hem a god gret frape » ; Adam Davy, etc., éd. Furnivall, p. 60, col. 1, texte 3, l. 390 ; et voir Allit. Morte Arthure, éd. Brock, 2163, 2804, 3548. Godefroy donne en ancien français frap, une multitude, et frapaille, la canaille.

445. « Et il souhaitait obtenir ce qui lui manquait. »

497. « Ou bien énumérer tous les regards et paroles de celui qui est dans une telle incertitude. »

502. Comme on dit ; mais il ne semble pas que Boccace dise quoi que ce soit de ce genre. La même remarque s’applique à la l. 575.

510. Fulfelle est une forme kentienne, le e correspondant au y de l’ancien anglais. Des formes similaires se trouvent chez Gower. Voir la note au Book Duch. 438.

526. Scan : Dréd | elées | it cleer, etc. Le sens est : « Il était clair, dans le sens du vent, qu’il n’y avait ni pies ni gens pour gâcher les choses. » C’est-à-dire que personne ne pouvait les détecter ; ils restaient (comme des chasseurs) bien à l’abri du vent, et il n’y avait ni pies ni oiseaux indicateurs du côté du vent pour donner l’alarme.

529. Scan : In this matér-e, both-e frem’d. Fremed, étrange, sauvage.

542. Saint, c’est-à-dire sacré à Apollon. D’Ovide, Métamorphoses i. 566 : « laurea .. uisa est agitasse cacumen. »

545. « Et donc que personne ne l’empêche. »

572. Toutes les leçons montrent diverses altérations de thurfte, que aucun des scribes ne comprenait ; voir thurfen, tharf, dans Stratmann. Ce n’est pas le seul endroit où thurfte a été supprimé du texte. Cf. thar (au lieu de tharf) dans le Reves Ta. A 4320, etc. Yow thurfte have, vous auriez besoin de (le) avoir. Yow est le cas datif, gouverné par le verbe impersonnel. La leçon yow durste transforme yow (accusatif) en un nominatif imaginaire ; mais la forme nominative est ye, que les scribes n’ont pas osé substituer.

584. Goosish, semblable à un oie, stupide. Cet épithète délicieux a été transformé en gofysshe par Thynne, et les éditions modernes perpétuent cette erreur. Tyrwhitt a dérivé gofish de l’ancien français.

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goffe, un mot beaucoup plus récent que Chaucer, et qui a probablement été simplement adapté de l’italien goffo, stupide. Le Century Dict. va encore plus loin en insérant une deuxième f, donnant ainsi la forme goffish, contre toute autorité. Cf. Parl. Foules, 568, 586.

601. stewe, petite chambre, alcôve ; cf. G. Stube.

602. « Où il était enfermé, comme dans une cage. »

609. « Il n’y avait rien de délicat à aller chercher » ; tout était déjà là.

614. Wade ; c’est le héros mentionné dans le Merch. Tale, E 1424 ; voir note.

617-620. Cf. Boèce, Livre IV, Préface 6, vers 60-68.

622. « Sans son consentement, par la volonté des dieux. »

624. bente, c’est-à-dire courbé, en croissant ; voir ligne 549. Cf. Boèce, Livre I, Métaphysique 5, vers 6, 7.

625. La Lune, Saturne et Jupiter étaient tous en conjonction dans le Cancer, qui était la demeure de la Lune. On doit comprendre que cela a provoqué les grandes pluies.

640. ron, il a plu ; de même à la ligne 677. La forme verbale habituelle est reinede, mais on trouve aussi roon, ron, comme dans P. Plowm., Livre XIV, vers 66 (C. xvi, 270), ainsi que dans Trevisa, traduction de Higden, tome II, page 239. La forme verbale de l’anglais ancien rignan, rīnan, est généralement rīnde ; mais la forme forte rān apparaît dans les Blickling Glosses.

648. a game, en train de jouer ; a = an, sur ; Cm. a « on ».

671. The wyn anon, le vin (viendra) immédiatement ; cela fait allusion au vin bu juste avant de se coucher. Voir Prol. A 819, 820.

674. « Le vin ayant été bu, et le rideau transversal tiré immédiatement après. »
La meilleure lecture est voyde ou voydee. Ce terme semble ici être utilisé comme nom pour la « coupe d’amour » ou « coupe de grâce », que l’on buvait après que la table eut été débarrassée. En réalité, il s’agissait d’un léger dessert composé de « épices » et de vin ; où les épices désignaient des confiseries, des fruits secs, etc. Voir Notes and Queries, 2 S. xi. 508. Le traverse était un écran ou un rideau tendu à travers la pièce ; cf. Cant. Ta. E 1817 ; King’s Quair, strophe 90. Voir Note supplémentaire, page 506.

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690. Il s’agit des serviteurs. On ne leur permettait plus de courir partout ou de faire du bruit en marchant ; on les envoyait se coucher, avec une malédiction pour ceux qui continuaient à s’agiter. Traunceth, tramps about, est utilisé par Gower, C. A. ii., pour désigner un taureau.

72. Dans Beaumont et Fletcher, Fair Maid of the Inn, v. 2, on trouve : « Mais, traunce le monde entier, vous ne le ferez jamais », etc. Pour traunce, Thynne propose praunce, qui a un sens similaire. Morris interprète ici traunce comme un nom propre, ce qui semble impossible.

695. Le vieil amusement, le jeu ancien ; voir Prol. A 476.

696. sey, saw ; on pourrait lire seye, subjonctif, signifiant « pourrait percevoir ». Si c’est le cas, lire al, c’est-à-dire « chaque ».

702. « Début et fin » ; voir la note au livre II, 1495.

711. C’est-à-dire, sinon tout sera bouleversé ; cf. l’expression « tout le gras est dans le feu ».

716. Mars et Saturne avaient tous deux une influence néfaste.

717. Combust, éteint, c’est-à-dire à cause d’une trop grande proximité avec le soleil ; voir Astrolabe, partie ii, § 4. Vénus et Mercure, lorsqu’ils étaient ainsi « combust », perdaient leur influence. Let, entravé.

721. Adoon, Adonis ; voir Ovide, Métamorphoses, x, 715.

722. Europe, Europa ; voir Leg. of Good Women, 113, et la note correspondante.

725. Cipris, Vénus ; voir Ho. Fame, 518.

726. Dane, Daphné ; voir Kn. Ta. A 2062.

729. Mercúrie, Mercure ; Herse, fille de Cécrops, aimée de Mercure. Sa sœur, Aglauros, avait déplu à Minerve (Pallas) ; Minerve fit alors en sorte qu’Aglauros envie Herse. Mercure transforma Aglauros en pierre parce qu’elle entravait ses avances. Voir Ovide, Métamorphoses, ii, 708-832.

733. « Sœurs fatales » ; c’est-à-dire les Fées, Clotho, Lachésis et Atropos. « Ce sont elles qui ont tissé mon destin, avant même que nul vêtement ne soit conçu pour moi. » Voir Kn. Ta. A 1566 ; Leg. G. Wom. 2629.

764. Laisser dormir les chiens ; proverbe.

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773. « Tenir en main » signifie nourrir de faux espoirs, tromper par un amour feint.

775. Littéralement : « et lui faire une capuche sur un chapeau ». Un calle (caul) était un chapeau moulant, une coiffe. Mettre une capuche par-dessus signifie évidemment couvrir les yeux, flatter, tromper.

791, 797. shal, doit à. sholde love, c’est-à-dire on rapporte qu’ils aiment.

813-836. Fondé sur Boèce, liv. II, Pr. 4. « Quàm multis amaritudinibus humanae felicitatis dulcedo respersa est !... Anxia enim res est humanorum conditio bonorum, et quae vel numquam tota proveniat, vel numquam perpetua subsistat.... Ad haec, quem caduca ista felicitas velet, vel scit eam, vel nescit esse mutabilem. Si nescit, quaenam beata sors esse potest ignorantiae caecitate ? Si scit, metuat necessario, ne amittat, quod amitti potest non dubitat ; quare continuus timor non sinit esse felicem.... quonam modo praesentia vita facere beatos potest ? » Voir la version anglaise, vers 86, 56, 109.

839. « Pourquoi as-tu fait en sorte que Troïlus me méfie ? »

853, 854. « Le danger se rapproche avec le retard. » On dit : « Les retards sont dangereux. » Cf. Havelok, v. 1352. abodes, abidings, tarryings.

855. Néc’, avec l’e élidé, forme le premier pied. « Chaque chose a son temps » ; cf. Eccl. iii. 1.

861. farewel feldefare, (et les gens diront) adieu, alouette des champs ! Cf. Rom. Rose, 5510. Dans la Rom. Rose, cela fait référence aux faux amis qui, lorsque la fortune tourne mal, disent : « Va-t’en ! Adieu, alouette des champs », c’est-à-dire : Partez, nous en avons fini avec vous. Comme les alouettes des champs viennent ici pendant les mois d’hiver, les gens sont heureux de les voir partir, comme signe de l’arrivée de l’été. Dans ce cas, le sens semble être que, lorsqu’une occasion est manquée, le mal est fait ; et les gens crieront : « Adieu, alouette des champs ! » par moquerie. On pourrait paraphraser ce vers ainsi : « Le mal est fait, et personne ne s’en soucie. »

885. blewe, bleu ; la couleur de la constance.

890. « Les buissons de hêtres tremblent. » C’est un truisme connu de tous, et qui ne constitue aucune nouvelle ; de même, votre bague ne lui dira rien et sera inutile.

901. feffe him, l’enfermer dans un fief, lui accorder. whyte, beau.

919. at pryme face, au premier regard ; primâ facie.

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931. À Dulcarnon, dans une situation extrêmement déroutante. Dulcarnon, comme l’a souligné Selden dans sa préface au Polyolbion de Drayton, représente le persan et l’arabe dū’lkarnayn, littéralement « à deux cornes » ; du persan dū, deux, et karn, corne. C’était un épithète courante au Moyen Âge pour Alexandre le Grand, qui était ainsi appelé parce qu’il prétendait descendre de Jupiter Ammon, dont l’image était pourvue de cornes comme celles d’un bélier. Speght affirme à juste titre que Dulcarnon était également le nom de la 47e proposition d’Euclide, Livre I, mais il donne une raison et une étymologie erronées. La vraie raison est assez évidente : les deux petits carrés du schéma se dressent comme deux cornes. Et comme cette proposition est quelque peu difficile pour les débutants, elle prend ici le sens de « énigme » ; c’est pourquoi Criseyde se trouvait à Dulcarnon, car elle était dans la perplexité. Speght renvoie à Alex. Neckam, De Naturis Rerum ; voir l’édition de Wright, p. 295.

Mais ce n’est pas tout. Au vers 933, Pandarus explique que Dulcarnon est appelé « fleming of wrecches ». Il y a ici une légère erreur : « fleming of wrecches », c’est-à-dire l’exil des misérables, est une traduction de Fuga miserorum, qui se trouve en face de cette ligne dans le manuscrit Harl. 1239 ; de plus, Fuga miserorum est une sorte de traduction latine d’Eleëfuga ou Eleufuga, tirée de ἔλεος, pitié, et φυγή, fuite. L’erreur réside dans la confusion entre Dulcarnon, la 47e proposition, et Eleufuga, nom de la 5e proposition ; une confusion due au fait que ces deux propositions étaient considérées comme difficiles. Roger Bacon, Opus Tertium, chap. 6, dit : « Quinta propositio geometricae Euclidis dicitur Elefuga, id est, fuga miserorum. » Ducange, s. v. Eleufuga, cite Alanus, Anticlaudiani lib. iii. chap. 6 — « Huius tirones curantis [lire cur artis] Eleufuga terret », etc. Ce mot apparaît également dans le Philobiblon de Richard de Bury, chap. xiii, traduit de manière quelque peu étrange par J.B. Inglis en 1832. « Combien d’étudiants a repoussé l’Éléufugue d’Euclide ! »

Cette explication, en partie due au révérend W.G. Clark (co-rédacteur du Globe Shakespeare), a été donnée pour la première fois dans l’Athenæum, le 23 septembre 1871, p. 393, dans un article écrit par moi-même.

934. Cela, c’est-à-dire Dulcarnon, ou la proposition d’Euclide. « Cela semble difficile, car les pauvres élèves ne l’apprendront pas, en raison de leur grande paresse ou d’autres défauts volontaires. »

936. Ceci = cela est ; comme ailleurs. fecches, vesces.

947. Comprendre : « là où (j’espère) on pourra trouver de la bonne économie. » Cf. 966.

978. fere, feu ; comme dans le Livre I, 229. Généralement fyre.

979. fond his contenaunce, littéralement « trouva son comportement », c’est-à-dire se composa comme s’il allait lire.

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1010. wivere, vipère ; O. F. wivre (F. givre), du lat. uipera. Le wiver ou wyvern héraldique devint un étrange dragon ailé à deux pattes, complètement différent de la vipère originelle. Voir Thynne’s Animadversions, etc., éd. Furnivall, p. 41.

1013. « Hélas ! lui, soit entièrement, soit en partie. »

1021. « Celui qui permet à une jalousie injustifiée d’exister. »

1029. après cela, en conséquence ; son, sa.

1035. Voir la note au Livre II, 784.

1046. ordal, épreuve, jugement par épreuve, c’est-à-dire par le feu ou l’eau. Voir Thynne’s Animadversions, éd. Furnivall, p. 66.

1056. wreigh, couvert ; A. S. wrāh ; voir wrīhen dans Stratmann.

1064. shoures, assauts. Bell substitue en fait stouris, estimant que c’est « clairement la lecture correcte ». Mais les éditeurs n’ont pas le droit de rejeter des mots réels qu’ils ne comprennent pas. Shour signifie parfois une pluie de flèches ou de dards, un assaut, etc. ; cf. A.S. hildescūr, une volée de projectiles. En effet, ce mot revient dans ce sens au Livre IV, 47, où Bell le transforme à nouveau en stoure, contre toute autorité.

1067. « Car il ne lui semblait pas s’agir de simples coups de bâton... mais il ressentait la crampe même de la mort. »

1106. al forgeve, tout est pardonné. stint, arrêté.

1154. bar him on honde, le rassurer.

1177. « Pour un crime, il y a miséricorde (à obtenir). »

1194. sucre be or soot, peut être comme du sucre ou comme de la suie, c’est-à-dire agréable ou non. Nous devons lire soot (et non sote, doux, comme chez Bell), car cela rime avec moot. De plus, la suie était autrefois considérée comme amère. « Bittrore then the sote » se trouve dans Altenglische Dichtungen, éd. Boddeker, p. 121 ; et dans Rutebuef’s Vie Sainte Marie l’Égyptienne, éd. Jubinal, 280, on lit « plus amer que suie » ; cf. Rom. Rose, 10670 : « amer Plus que n’est suie. »

1215. Cf. « Les pilules amères peuvent avoir des effets doux » ; Hazlitt’s Proverbs.

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1231. Bitrent, pour bitrendeth, tourne en rond ; cf. iv. 870. wryth, pour wrytheth, se tord.

1235. « Lorsqu’elle entend un berger parler. »

1249. « Et souvent elle invoquait la bonne fortune sur sa gorge neigeuse. »

1257. welwilly, plein de bonne volonté, propice.

1258. Imeneus, Hymenæus, Hymen ; cf. Ovide, Her. xiv. 27.

1261-4. Imité de Dante, Parad. xxxiii. 14 :—

« Che qual vuol grazie, e a te non ricorre,
Sua disianza vuol volar senz’ ali.
La tua benignità non pur soccorre », etc.

1282. « La miséricorde l’emporte sur (litt. dépasse) la justice. »

1344. « Ou bien est-ce que je rêve ? »

1357. sooth, pour sooth is, c’est-à-dire c’est vrai.

1369. Bell interprète les écritures comme les devises ou inscriptions sur les bagues. Peut-être a-t-il raison.

1374. holt, retient ; « qui le retient malgré tout. »

1375. « De l’argent, qu’il peut entasser et posséder. » Pour mokren, cf. Le Boèce de Chaucer, Livre ii. Pr. 5. 11. Pens, pence, est une traduction de l’italien denari, argent, dans Filostrato, Livre iii. st. 38.

1384. the whyte, pièces d’argent ; the rede, pièces d’or.

1389. Myda, Midas ; voir Wyf of Bathes Tale, D 951.

1391. Crassus ; altéré arbitrairement en Cresus dans l’édition de Bell, au motif que l’histoire concerne Crésus. Mais Chaucer savait mieux. M. Crassus, surnommé Dives (le Riche), fut tué au combat contre les Parthes, en 53 av. J.-C. Orodes, roi des Parthes, fit verser de l’or fondu dans la bouche de son ennemi mort, en disant : « Sate »

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toi-même maintenant avec ce métal dont, de ton vivant, tu étais si avide ; Cicéron, Att. vi. 1. 14 ; Florus, iii. 11. 4.

1407. « Et pour contrebalancer par la joie leur ancienne douleur. »

1415. Le coq est appelé astrologue vulgaire (c’est‑à‑dire astronome), parce qu’il annonce constamment l’heure du jour ; cf. Non. Pr. Ta. B 4043 ; Parl. Foules, 350. Traduit de ‘vulgaris astrologus’ ; Alanus.

1417, 9. Lucifer, l’étoile du matin, la planète Vénus. Fortuna maior, la planète Jupiter. Mars et Saturne étaient considérés comme ayant une influence néfaste ; le Soleil, Mercure et la Lune n’avaient pas non plus une grande influence, tandis que Jupiter et Vénus avaient une influence bénéfique, et étaient donc appelés respectivement Fortuna maior et Fortuna minor. Voir G. Douglas, éd. Small, ii. 288. Les manuscrits ont ‘that anoon, (il arriva) que anon’ ; mais cela exigerait une ellipse si maladroite qu’il vaut mieux lire ‘than’, qui correspond à ‘whan’.

1428. Almena, Alcmène ; une note dans le manuscrit H indique : ‘Almena mater Herculis.’ Alcmène était la mère d’Hercule, engendré par Jupiter. Jupiter prolongea la nuit au‑delà de sa durée habituelle. Plaute a une pièce sur ce thème, intitulée Amphitruo, où Jupiter incarne Amphitryon.

1437-9. ther, c’est pourquoi ; « C’est pourquoi (je prie) que Dieu, créateur de la nature, te lie si fermement à notre hémisphère », etc. Une construction similaire apparaît au vers 1456.

1453. bore, ouverture, fente ; « Car chaque fente laisse entrer l’un de tes rayons brillants. » Voir New E. Dict.

1462. Les graveurs de sceaux de petite taille ont besoin d’une bonne lumière.

1464. Tytan, Titan, souvent utilisé comme synonyme du soleil ; comme chez Ovide, Métamorphoses i. 10. Chaucer l’a confondu avec Tithon, le mari d’Aurora, qu’il désigne par ‘dawing’ au vers 1466, et par ‘morwe’ au vers 1469.

« Iamque, fugatura Tithoni coniuge noctem,
Praeuius Aurorae Lucifer ortus erat. »
Ovide, Heroides XVIII. 111.

1490. Lire ‘wer-e’, en deux syllabes. ‘these worldes tweyne’ semble signifier « deux mondes tels que celui‑ci ».

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1495. Cela ressemble quelque peu à Verg. Ecl. i. 60-4.

1502. « Même si je devais mourir sous la torture ; » comme dans le Livre i. 674.

1514. moi, les autres ; voir la note sur Cler. Ta. E 1039.

1546. « Le désir le brûla de nouveau, et le plaisir commença à naître plus que d’abord. » Cf. la ligne parallèle dans Leg. Good Wom. 1156 : « Of which ther gan to breden swich a fyr. » Pourtant Bell rejette cette interprétation comme étant « absolument hors du style de Chaucer », et préfère du non-sens.

1577. « Christ a pardonné à ceux qui l’ont crucifié. »

1600. Cf. Æneid. vi. 550 :—

« Quae rapidus flammis ambit torrentibus amnis
Tartareus Phlegethon. »

1625. D’après Boèce, liv. ii. Pr. 4 : « Sed hoc est, quod recolentem uehementius coquit.
Nam in omni aduersitate fortunae infelicissimum genus est infortunii, fuisse felicem. »
Cf. Dante, Inf. v. 121 ; Tennyson, Locksley Hall — « That a sorrow’s crown of sorrow is remembering happier things. »

1634. Cf. Rom. de la Rose, 8301-4 ; d’après Ovide, Art. Amat. ii. 13.

1642. Ne I, lire N’I. rakle, se comporter imprudemment ; c’est clairement un verbe, formé à partir de l’adjectif rakel. Morris insère ben après rakel, au détriment de la scansion. Cf. norvégien rakla, errer, chanceler, être instable (Aasen) ; dialecte suédois rakkla, vagabonder (Rietz) ; islandais reka, pousser.

1649. Je dois, j’ai l’obligation ; en ancien anglais ic sceal.

1687. comprende, comprehend ; en français comprendre. C’est clairement la forme correcte. Dans le Sq. Ta. F 223, bien que les manuscrits portent comprehende, il est évident que comprende est la lecture véritable.

1703. Pirous, c’est-à-dire Pyroeis, l’un des quatre chevaux qui tiraient le char du soleil. Les trois autres étaient Eöus, Æthon et Phlegon ; voir Ovide, Met. ii. 153.

1705. « Ont pris un raccourci, pour se moquer de moi. »

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1732. « À la mesure d’un seul nœud. » Il ne serait pas nécessaire d’expliquer cela, si ce n’était l’explication de Bell du nœud comme étant une « mouchette ».

1734. Y-maské, enchevêtré ; cf. A. S. masc, un filet.

1744-68. Paraphrasé à partir de Boèce, liv. ii. Métaphysique 8 ; mais notez que les lignes en italique sont transposées et représentent les vers 1744-1750 :

« Que le monde, par une foi stable, unit les choses
en harmonie,
Que des graines en conflit maintiennent un pacte éternel,
Que Phoebus précède la journée rose sur son char doré,
Afin que ce que Hesperus a conduit, Phoebus le gouverne dans les nuits,
Afin que les vagues orgueilleuses de la mer soient maîtrisées par une fin certaine,
Pour que les terres ne puissent étendre leurs limites sans contrainte.
Cette série des choses est liée par celui qui règne sur les terres et les mers,
Et qui commande au ciel : l’Amour. S’il relâchait les rênes,
Tout ce qui s’aime actuellement se livrerait aussitôt à la guerre :
Et ce qui, aujourd’hui, par une foi commune, est poussé par de beaux mouvements,
Déciderait alors de rompre ce lien. Lui aussi maintient unis les peuples par un pacte sacré : c’est lui qui unit par des amours chastes les époux ; c’est encore lui qui établit pour ses compagnons les lois de la fidélité. Ô genre humain heureux,
Si l’Amour, qui règne sur le ciel, gouvernait vos âmes ! »

1764. To-hepe, maintenir ensemble, préserver en harmonie. Bell et Morris ont la lecture corrompue « to kepe ». « To hepe », c’est-à-dire en tas, est devenu l’adverbe « to-hepe », ensemble. On le retrouve également dans Ch. Astrolabe, partie I, § 14, et chez Boèce, livre iv, Prudence 6, 182. Cf. « gaderen tresor to-hepe », Polit. Songs, éd. Wright, p. 325 ; « han brought it to-hepe », P. Ploughman’s Crede, v. 727.

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1766. « Que l’Amour, par son pouvoir, en serait satisfait », etc.

1779. En temps de fidélité, en temps de trêve ; comme chez Boccace, Fil. iii, st. 91. Bell écrit à tort « Out of Troy ». Morris change « trewe » en « trewes » ; mais voir Livre IV, vers 1312.

1805. Ce sont quatre des sept péchés capitaux ; voir Pers. Tale.

1807. Dame, c’est-à-dire Vénus, appelée Dionée parce qu’elle est fille de Dion ; Énéide, III, 19. Cf. Homère, Iliade, V, 370.

1809. Les neuf Muses. L’Helicon était loin du mont Parnasse ; mais voir les notes sur Anelida, 15, et Ho. Fame, 521.

1817. « Comme il plaît à mon auteur de le raconter. »

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LIVRE IV.

Le tableau suivant donne une idée de la relation entre le contenu de ce livre et celui de Philostrate, mais Chaucer développe constamment et ajoute au texte original, et non rarement il transpose l’ordre du texte.

Troïlus : Livre IV. Philostrate.
1-10. Livre III, stance 94.
29-35. Livre IV, stance 1.
47-110. « 2-10 ».
127-166. « 12-16 ».
211-217. « 17 ».
218-385. « 22, 23, 26-46 ».
393-406. « 47, 48 ».
414-451. « 49, 50 ».
459-497. « 52, 54, 56-58 ».
501-787. « 60-89, 92, 93, 88-91 ».
799-821. « 95, 96 ».
848-925, 939-946. « 98-109 (ligne 1) ».
1089-1095, 1108-1260. « 109 (ligne 4) – 127 ».
1310-1400. « 131-136 ».
1422-1446. « 137-140 ».
1464-1542, 1555-1694. « 141-167 ».

1. Dans le Proème, les lignes 1-3 correspondent à Phil. III, stance 94, lignes 1-3 ; et les lignes 8 et 10 à la même stance, lignes 4 et 7. Le reste est original.

3. Cf. Boèce, liv. II, Pr. 1 : « Intelligo ... illius [Fortunae] ... cum his, quos eludere nititur, blandissimam familiaritatem. »

5. hent et blent, pour hendeth et blendeth, captures et aveuglements.

6, 7. Cf. Boèce, liv. II, Mét. 2 : « Ultroque gemitus, dura quos fecit [Fortuna], ridet. » D’où, dans Le Roman de la Rose, 8076-9, le passage que Chaucer imite ici ; mowe = F. la moe.

22. Herines, c’est-à-dire les Furies ; utilisé comme pluriel d’Erynis ou Erinnys ; voir la note sur Compl. to Pite, 92. Leurs noms (voir ligne 24) étaient Megaera, Alecto et Tisiphone. L’observation de Bell, selon laquelle Chaucer aurait trouvé ces noms chez Boccace, ne semble pas être fondée sur des faits. Il les a plus probablement trouvés chez Virgile, qui mentionne les Erinnys, En. II, 336, 573 ; VII, 447, 570.

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Alecto, ibid. vii. 324, 341, 405, 415, 445, 476 ; Megère, ibid. xii. 846 ; Tisiphone, vi. 571, x. 761. Mais je suppose qu’à l’époque de Chaucer, il existait des cahiers manuscrits contenant des informations telles que les noms des Furies. Chaucer savait même que certains (comme Eschyle) les considéraient comme les filles de la Nuit.

25. Quirine, Quirinus. Ovide, dans les Fastes, ii. 476, nous dit que Quirinus était Romulus ; et juste au-dessus, ii. 419, que Romulus et Rémus étaient les fils de Mars.

29. Ligginge... Les Grecs, pendant que les Grecs reposaient.

32. Hercule Lyoun, le lion d’Hercule, le lion d’Hercule ; en référence à la peau de lion que portait Hercule. Valerius Flaccus, dans l’Argonautique, liv. i. 263, écrit « Herculeo... leoni » ; et Chaucer semble avoir lu cet auteur, ou du moins son premier livre ; voir Leg. of Good Women, l. 1457, et la note. Cependant, Chaucer montre clairement sa connaissance de cette histoire dans sa traduction de Boèce, Livre iv, Métaphysique 7. La référence est simplement au signe du Lion. Le soleil se trouvait dans ce signe durant la seconde moitié de juillet et la première moitié d’août ; mais on nous dit en outre qu’il se trouvait dans la « poitrine » du Lion, et donc près de l’étoile très brillante Régulus, appelée en arabe Kalbalased, ou le Cœur du Lion, qui était située presque sur le zodiaque, et (à cette époque) près du 20e degré du signe. Cela indique que la date est la première semaine d’août.

41. in the berd, in the beard, c’est-à-dire face à face.

47. shour, assaut, attaque ; voir la note au Livre iii, 1064.

50-4. D’après Boccace. Les noms corrects sont Anténor, Polydamas, Ménésteus ou Mnestheus, Xanthippe, Sarpédon, Polymnestor, Polites, Riphée, tous mentionnés par Boccace, qui les a probablement tirés de Guido delle Colonne. Mais Boccace omet « Phebuseo », et je ne sais pas qui est visé. Plusieurs de ces noms se trouvent dans l’allitération Destruction of Troy, éd. Panton et Donaldson ; comme Anténor et son fils Polydamas, aux vers 3947, 3954 ; Xanthippe, roi de Phrygie, vers 6107 ; Sarpédon, prince de Lydie, vers 5448 ; et dans Le Siège de Troie de Lydgate, Livre ii, chapitres 16, 20. Polymnestor était roi du Chersonèse thrace et allié des Troyens. Polites était un fils de Priam (Énéide, ii. 526). Mnestheus est mentionné à plusieurs reprises chez Virgile (Énéide, v. 116, etc.) et est aussi appelé Ménésteus (ibid. x. 129) ; il s’agit d’une personne différente de Ménésteus, roi d’Athènes, qui combattit du côté opposé. Pour Riphée, voir Virgile, Énéide, ii. 339. Les formes italiennes sont Antenorre, Polidamas, Monesteo, Santippo, Serpedon, Polinestorre, Polite, Rifeo. On remarquera que Monostéo, Riphéo, Phebuséo riment entre eux, avec un accent sur le pénultième mot.

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62. thassege, pour assege, le siège ; Barbour écrit assege, siège, dans son Bruce, XVII.
270, XX. 8 ; pl. assegis, XX. 12. Le manuscrit H. porte à tort thessage. Voir la ligne 1480 ci-dessous.

64. Calkas, Calchas ; voir Livre I, 66, 71.

79. This town to shende, c’est-à-dire (il sera préférable pour vous) de piller cette ville.

86. resport, regard. Ce mot étrange est confirmé par sa réapparition à la ligne 850, où il rime avec discomfórt. Il figure chez Roquefort, mais seulement au sens technique. Il a sans doute été formé à partir du français ancien esport, comportement, attitude, regard (Godefroy), en y ajoutant le préfixe re- ; il signifie « attitude envers », ou (ici) simplement « regard », comme aussi à la ligne 850. L’étymologie provient du latin re-, ex, et portare. Cf. le français rapport, issu de re-, ad, et portare.

96. in hir sherte, seulement dans sa robe ; c’est-à-dire sans beaucoup de vêtements luxueux ; « telle qu’elle était. »

99. « Car je n’ai vu aucune opportunité. »

112. as yerne, aussi rapidement que possible, très bientôt ; ainsi à la ligne 201.

120-4. Laomédon, père de Priam, fonda Troie. Apollon et Poséidon (Nptune) avaient été condamnés à le servir pendant un certain temps en guise de salaire. Mais Laomédon refusa de les payer, ce qui provoqua leur mécontentement.

133. Anténor avait été fait prisonnier par les Grecs ; voir Lydgate, Siège de Troie, Livre III, chapitre 24. Selon Lydgate, Anténor devait être échangé contre Thoas, roi de Calydon ; et, à la demande de Calchas, il fut convenu qu’Anténor serait échangé contre à la fois Thoas et Criseyde (voir ligne 138) ; Priam y consentit.

sans plus attendre, sans délai ; cf. ligne 376.

143. parlement ; ici Boccace écrit parlamento, c’est-à-dire une négociation. Chaucer lui donne le sens anglais.

168. « L’amour pour vous deux, qui était auparavant inconnu. »

197. D’après Juvénal, Satires X, vers 2-4 :—

« pauci dignoscere possunt
Vera bona atque illis multum diuersa, remota »

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Nébuleuse d’erreur.

Cf. la traduction de Dryden et le poème du Dr Johnson sur la vanité des désirs humains.

198, 9. ce qui est à éviter, ce qui est désirable. offense, déception.

203. malheur ; car Anténor organisa le transfert hors de Troie du Palladium, dont dépendait la sécurité de la ville. Cf. Lydgate, Siège de Troie, Livre IV, chapitre 34 ; ou le récit de Caxton, cité dans Specimens of English from 1394-1579, éd. Skeat, p. 89.

210. ici et là. Le sens de cette expression n’est pas connu ; mais, à en juger par le contexte, elle semble signifier — « ainsi disaient tous, telle était la rumeur commune ». Elle a été interprétée comme « ainsi disaient le lièvre et le chien », c’est-à-dire des gens de toutes sortes ; mais la forme médiévale anglaise de « lièvre » est hare (ancien anglais : hara), et la forme médiévale anglaise de « chien » ne se trouve jamais sous la forme howne, qui, d’ailleurs, est évidemment dissyllabique. En l’absence de preuves supplémentaires, les suppositions ne sont guère utiles ; mais j’aimerais suggérer que l’expression pourrait signifier « gentils et sauvages ». Le mot médiéval anglais « gentle » apparaît dans Layamon, 25867 ; et dans Amis et Amiloun, 16 (Stratmann) ; il vient de l’ancien anglais hēore. Houne correspond, phonétiquement, à un ancien anglais Hūna, qui peut signifier un Hun, un sauvage ; cf. allemand Hüne.

225. Dante, Enfer III, 112 :—

« Come d’autunno si levan le foglie
L’una appresso dell’altra infin che ‘l ramo
Rende alla terra tutte le sue spoglie. »

239. Ce verset suit de près Boccace ; mais Boccace, à son tour, imite ici un passage de Dante, Enfer XII, 22 :—

« Qual è quel toro che si slaccia in quella
C’ha ricevuto già ‘l colpo mortale,
Che gir non sa, ma qua e là saltella. »

251, 2. Presque reproduit dans le Clerk Ta. E 902, 3 ; voir la note à la dernière ligne, et cf. Gower, Conf. Amant. II, 14 — « Right as a lives creature She semeth », etc.

263. Dans le manuscrit H., cela est expliqué par « sine causa ».

272. Accent misérable sur e ; « Nella miseria » ; Enfer V, 123.

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279. combre-world, fardeau du monde, un épithète composée. Il est utilisé par Hoccleve, dans son lament pour Chaucer, De Regim. Principum, st. 299 : « Un fardeau du monde, et pourtant je suis resté dans le monde » ; Drayton, Pastorals, Ecl. ii. 25.

286. gerful, changeant ; voir la note à Kn. Ta. A 1536.

300. Édipe, roi de Thèbes, qui s’arracha les yeux en découvrant qu’il avait tué son père Laios et épousé sa mère Jocaste ; Statius, Theb. i. 46.

302. Rossetti traduit ainsi Phil. iv. st. 34 : « Ô âme, misérable et égarée, pourquoi ne sors-tu pas du corps le plus malchanceux qui existe ? Ô âme abattue, quitte ce corps et suis Chryseis. »

305. unneste, expliqué dans H. par « sortir du nid » ; correctement.

318. Lire « mon », et non « le » ou « ton » ; Rossetti traduit ainsi Phil. iv. st. 36 : « Ô ma Chryseis, ô douce félicité de l’âme affligée qui t’invoque ! Qui apportera encore du réconfort à mes douleurs ? »

330. unholsom ; Boccace emploie insano, Phil. iv. st. 38 : « Je pense qu’il est assez clair que B. entend par ce mot “insane” au sens ordinaire ; mais “unholsom” de Chaucer est sans doute basé sur cet épithète de B., et il est très pittoresque. » — Rossetti.

356, 7. Presque reproduit dans Man of Lawes Ta. B 608, 9. Voir l. 882.

381. « J’aimerais autant que cela fût faux, autant que je sais qu’il est vrai. »

392. propretee, sa possession propre et inaliénable ; voir Boèce, Livre II, Problème 2, 9 (p. 27), 61 (p. 28).

407. Pandare prit sa morale d’Ovide ; cf. Amorum, livre II, 4, 10-44 : « Centum sunt causae, cur ego semper amem », etc.

413. heroner, un grand faucon pour chasser les hérons ; faucon pour les oiseaux des rivières, un gerfaut pour les oiseaux aquatiques. Voir la note à Sir Thopas, B 1927.

414, 5. D’après Boccace, qui ne donne cependant pas le nom de l’auteur de cette maxime. La remarque « comme l’a écrit Zanzis » est de Chaucer lui-même. Il est tout à fait clair que Zanzis dans ce passage est le même que Zanzis dans le Physiciens Tale, C 16 ; et il n’est autre que Zeuxis, le peintre. Je ne pense pas que Chaucer ait eu une raison particulière pour…

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On lui attribue cette parole, mais son nom était aussi peu significatif que celui de n’importe qui d’autre, et la méthode médiévale de citation est souvent si désinvolte et légère qu’il n’y a rien d’étonnant à cela. De plus, on nous dit clairement (l. 428) que Pandare parlait au hasard, c’est-à-dire complètement au hasard. Le véritable auteur est Ovide : « Successore nouo vincitur omnis amor ; » Remed. Amor. 462.

460. Pleyen raket, jouer au raquet, frapper la balle vers l’avant et vers l’arrière ; allusion au rebond de la balle après avoir heurté le mur.

461. Netle in, dokke out signifie, comme le dit Chaucer, d’abord une chose puis une autre. Ces mots sont tirés d’un sortilège pour guérir la piqûre d’une ortie, répété tandis que le patient applique le jus d’une feuille de saule. La formule habituelle est simplement « in dock, out nettle », voir le Glossaire des mots du Nord de Brockett, s. v. dockon (dock) ; mais Chaucer a sans doute raison. Il fait référence à une forme plus complète de ces mots, donnée dans Notes and Queries, 1re série, iii, 368 :—

« Nettle in, dock out — Dock in, nettle out ;
Nettle in, dock out — Dock rub nettle out. »

Le Glossaire des mots du Wiltshire d’Akermann donne une troisième formule, comme suit :—

« Out ‘ettle, in dock — Dock shall ha’ a new
smock ;
‘Ettle zhan’t ha’ narrun.’ »

C’est-à-dire que l’ortie n’aura jamais rien. Voir aussi N. and Q., 1re série, iii, 205, 368 ; xi, 92 ; Athenæum, 12 septembre 1846 ; Brand, Pop. Antiq., iii, 315.

Dans le Testament d’amour, livre I, ce passage est cité sous la forme suivante :
« Ye wete wel, lady, eke (quod I) that I haue not playde racket, nettyl in, docke out, and with the wethercocke waued ; » éd. 1550, fol. cccv, col. 2. Cela montre que le texte est correct.

462. « Maintenant, malheur à elle qui se soucie de ta peine. »

481-3. gabbestow, dis-tu. Les lignes 482, 3 sont une reproduction des propres paroles de Pandare, dans le livre III, 1625-8.

493. Manquant dans le premier pied ; lire — « I | that liv’d’ | etc. »

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497. formely ; Voir formally ; pour formelly, c’est-à-dire formally.

503. D’après Boèce, Livre I, Métaphysique 1.13, 14 (p. 1).

506. Troïlus parle comme s’il était déjà mort. « Je sais bien que, tant que je vivais en paix, avant que toi (la mort) ne me tuasses, j’aurais donné (à toi) une rémunération » ; c’est-à-dire un pot-de-vin, pour que tu ne m’attaques pas.

520. alambyk, alembic ; c’est-à-dire une retorte, ou un récipient utilisé pour la distillation ; dans les Cant. Ta. G 794, le manuscrit E donne le pluriel alambikes, tandis que la plupart des autres manuscrits ont alembikes. Ce mot a ensuite été divisé en lembick ou limbeck ; voir Macb. i. 7. 67. Chaucer l’a emprunté à Le Rom. de la Rose, 6406-7 :—

« Je vois maintes fois que tu plores
Cum alambic sus alutel. »

556. « Alors je pense que cela nuirait à sa réputation. »

583. « Mais si j’avais un amour si ardent, et ta position. »

588. Cf. l’expression « a nine days’ wonder ». Lat. nouendiale sacrum ; Tite-Live, i. 31.

600. « Audentes Fortuna iuuat » ; Énéide, x. 284 ; « Fortes Fortuna adiuvat » ; Térence, Phormion, i. 4. 26.

602. « Unhardy est unsely » ; Reves Ta. A 4210.

603. Pour litel, les manuscrits H. et Thynne ont lite. Cela ne fait aucune différence, ni pour le sens ni pour la prosodie.

607. Pour ferd, pour fear (H2. pour drede ; Thynne, pour feare). À proprement parler, pour ferde, comme dans Ho. Fame, 950 ; mais souvent abrégé en for ferd. Ferde ou ferd est assez courant en tant que nom, mais certains scribes ne le comprenaient guère. C’est pourquoi les manuscrits Cl. et H. ont of-fered, c’est-à-dire grandement effrayé.

618. Cf. Kn. Ta. A 1163-8 ; et les notes.

622. « Parier hardiment le monde sur les jets de dés. » Cf. Cant. Tales, B 125, C 653, et les notes.

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627. Presque reproduit dans Kn. Tale, A 1010.

630. « Que le diable aide celui qui s’en soucie. »

659-61. Tiré de Boccace, Fil. iv, strophe 78 ; cf. Énéide, iv, 188.

683. « Et espérant la plaire. » Pour pitous, Ioye signifie « pietosa allegrezza », Fil. iv, strophe 80.

684. « Assez cher pour un rien ; » cf. note à L. G. Wom. 741.

692. De tous côtés ; « d’ogni partito », Fil. iv, 81. Je suppose que cela signifie littéralement « de tous côtés » ; Troie étant soumise à des attaques en divers endroits.

708-14. Certainement authentique ; on le trouve aussi dans Fil. iv, 84.

716. Manquant au premier pied.

735. Le Dr Furnivall affirme que les manuscrits Cl., H. et d’autres ont ici placé par erreur une strophe, ce qui signifie que les vers 750-6 auraient dû suivre, comme le montre le texte de Boccace. Mais seul le manuscrit Cm. présente cet ordre, et il est tout à fait certain que les autres manuscrits ont raison. L’ordre dans le texte de Boccace ne constitue pas vraiment un guide, car Chaucer transpose souvent de tels ordres ; il est étrange que seule cette occurrence ait été relevée. Il vaut mieux considérer l’ordre du manuscrit Cm. comme erroné, et dire qu’il transpose le texte en plaçant les vers 750-6 après le vers 735, donnant ainsi une version quelque peu différente des vers 750-2.

736. Ronde, ondulée, ondulante ; voir Ho. Fame, 1386, et note. Cf. « Déchire mes cheveux brillants », etc. ; Shak. Troilus, iv, 2, 112.

750. Cf. note au vers 735. Le manuscrit Cm., qui insère cette strophe après le vers 735, commence ainsi :—

« Les larmes jaillirent de ses yeux deux fois
Comme la pluie abondante d’avril ;
Sa poitrine blanche semblait pâle, à cause de la douleur », etc.

762. Ce vers, qui donne le nom de la mère de Criseyde, n’est pas dans Boccace (Fil. iv, strophes 89-93). Je ne sais pas où Chaucer a trouvé la forme Argyve ; chez Statius, Thébaines, ii, 297, Argia est le nom de l’épouse de Polynice, et Chaucer l’appelle Argyve ; voir le livre V, vers 1509 ci-dessous.

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769, 70. Expression idiomatique, proverbe : « Les plantes sans racine meurent vite. »

782. Ordre. Elle passera sa vie en deuil et en abstinence, comme si elle avait rejoint un ordre religieux.

790. Élysos, Élysium. Il semble que Chaucer pensait au « Elysios campos » de Virgile ; Georg. i. 38 ; car l’histoire d’Orphée et d’Eurydice se trouve dans Georg. iv. 453-527. Voir aussi Ovide, Métamorphoses x. 1-85.

829. Cause causante, la cause première. « Causa causans, une cause primaire ou originelle ; causa causata, une cause secondaire ou intermédiaire » ; New E. Dict., s. v. Causa.

831. Wher, abréviation de whether ; comme dans Cant. Ta. B 3119, etc.

836. « Extrema gaudii luctus occupat » ; Proverbes xiv. 13. Voir la note à Man of Lawes Ta. B 421.

842. Le premier pied est manquant : « Peyn | e tor | ment », etc.

843. « Il n’y a pas de misère qui ne soit dans mon corps. »

850. Resport, regard ; voir la note à la ligne 86 ci-dessus.

865. Comparer les vers similaires dans Kn. Ta. A 1400, 1.

866. Men, forme affaiblie de man, prend un verbe au singulier.

870. Bi-trent, tourner autour ; voir la note à iii. 1231.

884. Into litel, à peu près, très près.

887. Fawe, volontiers ; cf. Cant. Ta. D 220.

907. Bane, destruction ; voir Kn. Ta. A 1097, 1681.

927. « Qu’il en soit plutôt une cause de guérison que de dommage », c’est-à-dire de guérison plutôt que de blessure. Une allusion curieuse qui est pleinement expliquée par référence au Squieres Tale, F 156-165. Voir aussi la note du même texte, F 238.

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947-1085. Ce passage n’apparaît pas chez Boccace, mais une partie en se trouve chez Boèce ; voir ci-dessous.

963-1078. Une part considérable de ce passage est copiée, plus ou moins fidèlement, de
Boèce, liv. v. Pr. 2 et Pr. 3. Toutes les correspondances sont indiquées ci-dessous.
La traduction en prose de Chaucer elle-même doit être comparée. Par exemple, le mot wrythen
(l. 986) apparaît également dans celle-ci (Livre v. Pr. 3. 15).

963-6. « Quae tamen ille, ab aeterno cuncta prospiciens, prouidentiae cernit intuitus, et
suis quaeque meritis praedestinata disponit ; » Boèce, v. Pr. 2 (fin).

968. de grands clercs ; tels que Boèce, saint Augustin et l’évêque Bradwardine ; voir
Non. Pr. Ta. B 4431, 2.

974-80. « Nam si cuncta prospicit Deus, neque falli ullo modo potest, euenire necesse
est, quod prouidentia futurum esse praeuiderit. Quare si ab aeterno non facta hominum
modo, sed etiam consilia uoluntatesque praenoscit, nulla erit arbitrii libertas ; » Boèce, v.
Pr. 3. 981-7 (suite) : « neque enim uel factum aliud ullum, uel quaelibet existere
poterit uoluntas, nisi quam nescia falli prouidentia diuina praesenserit. Nam si res
aliorsum, quam prouiase sunt, detorqueri ualent, non iam erit futuri firma
praescientia. » 988-994 (suite) : « sed opinio potius incerta : quod de Deo credere
nefas iudico. »

996. C’est-à-dire ceux qui ont reçu la tonsure.

997-1001. « Aiunt enim, non ideo quid esse euenturum, quoniam id prouidentia
futurum esse prospexerit : sed è contrario potius, quoniam quid futurum est, id diuinam
prouidentiam latere non posse ; » Boèce, v. Pr. 3. 1002-1008 (suite) : « eoque modo
necessarium hoc in contrariam relabi partem. Neque enim necesse est contingere, quae
prouidentur ; sed necesse esse, quae futura sunt, prouideri. » 1009-1015 (suite) :
« Quasi uero, quae cuiusque rei caussa sit, praescientiane futurorum necessitatis, an
futurorum necessitas prouidentiae, laboretur. » 1016-1022 (suite) : « At nos illud
demonstrare nitamur, quoquo modo sese habeat ordo caussarum, necessarium esse
euentum praescitarum rerum, etiam si praescientia futuris rebus eueniendi
necessitatem non uideatur inferre. »

(La négation à la ligne 1016 est remarquable, mais la version en prose de Chaucer présente la même forme. Il est certain qu’il a pris nitamur comme s’il s’agissait de uitamus.)

1023-9. (suite) : « Etenim si quispiam sedeat, opinionem quae eum sedere coniectat
ueram esse necesse est : atque è conuerso rursus, (1030-6) si de quopiam uera sit

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Selon l’opinion, puisqu’il est assis, il est nécessaire qu’il soit assis. Il y a donc une nécessité dans les deux cas : dans celui-ci, la nécessité de s’asseoir ; mais dans l’autre, la nécessité de la vérité. 1037-1047 (suite) : « Mais ce n’est pas pour cela que chacun s’assied, parce que l’opinion est vraie ; plutôt, elle est vraie parce qu’elle a précédé le fait que quelqu’un s’assoie. Ainsi, bien que la cause de la vérité provienne d’un autre côté, il existe néanmoins une nécessité commune aux deux cas. Il est évident qu’on peut raisonner de manière similaire au sujet de la prévoyance et des événements futurs. » 1051-78 (suite) : « Car même si l’on prend des dispositions en raison du fait que les choses futures arriveront, ce n’est pas pour cela qu’elles arrivent : néanmoins, il est nécessaire que Dieu ou bien prévoie ces événements, ou bien qu’ils se produisent selon sa prévision ; ce qui suffit déjà à anéantir la liberté du jugement. Or, combien est absurde de dire que la prescience éternelle est la cause des événements temporels ! Qu’y a-t-il de plus arbitraire que de penser que Dieu prévoit les événements futurs parce qu’ils vont arriver, plutôt que de considérer que ce qui s’est produit jadis est la cause de cette grande prévoyance ? De même que, puisque je sais qu’une chose existe, il est nécessaire qu’elle existe, ainsi, puisque je sais qu’une chose sera future, il est nécessaire qu’elle le soit. Ainsi, il devient impossible d’éviter l’arrivée de l’événement prévu. »

1094. ferd, fared ; ce n’est pas le participe passé de faren (l. 1087), mais de l’verbe faible feren (A. S. fēran). Les formes correctes du participe passé de faren sont faren. Voir Stratmann.

1105. « Un homme peut offrir son cou assez tôt, lorsque celui-ci (c’est-à-dire sa tête) doit être coupé. »

1136. « Au-delà de la nature des larmes. »

1139. Myrrha, fille de Cinyras, roi de Chypre, qui fut transformée en arbre à myrrhe ; Ovide, Métamorphoses X, 298. L’arbre versait des larmes de myrrhe ; ibid., X, 500.

1146. hir-e (MS. Cl. ici), leur, est ici dissyllabique. unswelle, cesser de gonfler, comme dans le livre v, verset 214.

1147. « Tous rauques, et épuisés par les cris. » forshright est le participe passé de forshriken, crier excessivement. Bell a à tort écrit for à la place de shright ; mais shright n’est pas un nom. L’édition italienne donne « con rotta voce », avec une voix brisée ; Phil. IV, strophe 116.

1153. « Être toujours sur le point de partir. »

1162. « Si c’était triste pour lui. »

1174. Cf. « And bisily gan », etc. ; Prol. A 301.

1179. preignant (F. preignant, pregnant, Cotgrave), s’emparer fermement, d’où, forcé ; participe présent de prendre, saisir. Entièrement distinct de pregnant lorsqu’

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représentant le lat. praegnans.

1181. woon, espoir, ressource. Cela correspond au vieux anglais wān (voir Stratmann), et est apparenté à l’islandais ván, espoir, attente ; cf. islandais væna, espérer, croire. Le mot est monosyllabique, et le o long est « ouvert », comme le montre sa rime avec noon, goon, issus du vieil anglais nān, gān. Bell échoue complètement à l’expliquer, et Morris suggère « remède », sans donner de raison. Il est courant dans les manuscrits de Gloucester, avec des rimes similaires, et ne signifie pas « coutume » ou « habitude » ou « manière », comme le suggère le glossaire de M. Wright, ni n’a-t-il de lien avec le moyen anglais wone, coutume, qui était dissyllabique et possédait une voyelle courte dans la première syllabe ; mais il signifie, comme ici, « espoir » ou « ressource ». Par exemple : « tho he ne sey other won » = quand il ne vit rien d’autre à faire ; Rob. Glouc. éd. Hearne, p. 12 ; éd. Wright, l. 275. « And flowe in-to hor castles, vor hii nadde other won », c’est-à-dire aucune autre ressource ; id. p. 19, éd. Hearne, l. 442. C’est l’un des mots assez nombreux chez Chaucer qui n’ont pas été correctement compris.

1185. twighte, arraché ; participe passé de twicchen.

1188. « Où le jugement de Minos lui assignerait un lieu. » Boccace utilise ici le mot inferno (Fil. iv. 120) pour désigner le lieu où l’âme de Troïlus résiderait ; Rossetti explique que cela signifie simplement Hadès. Le sens de Chaucer est le même ; il fait référence à l’Énéide, vi. 431-3.

1208. Atropos est la Fée qui coupe le fil de la vie ; voir la note au v. 7.

1237. a forlong wey, deux minutes et demie, pour être exact ; voir la note à C. T., A 3637.

1241. Soit slayn est ici développé en slayen, soit la pause après ce mot remplit la fonction d’une syllabe dans la scansion.

1242. ho, arrêtez, cessez ; voir Kn. Ta. A 1706.

1244. ther-e est ici transformé en dissyllabe.

1245. morter, mortier. Le Century Dict. cite Dugdale’s Hist. of St. Paul’s (éd. Ellis), p. 27 : « Un mortier était un grand bol en fer ou en métal ; il reposait sur un support ou une branche, et était rempli soit d’huile fine soit de cire, qui était maintenue enflammée au moyen d’une mèche large [lors des funérailles ou sur les tombes]. » Il doit son nom à sa ressemblance de forme avec le mortier dans lequel on pilait les choses. Je me souviens que ce mot était couramment utilisé ; il est venu désigner ce qu’on appelle aujourd’hui une lampe de nuit, et le mot lampe de nuit semble

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ont presque remplacé celui-ci. Dans ce dispositif moderne, l’ancien « mortier » est parfois représenté par un boîtier en papier. Le terme était fréquemment appliqué non seulement au récipient qui contenait la graisse, mais aussi à la lumière elle-même, qui prenait parfois la forme d’une petite bougie. Cotgrave explique F. mortier comme « une sorte de petite lampe de chambre ». Au lieu de mortier, le manuscrit Cm. utilise percher, qui désignait une sorte de bougie en cire placée sur une branche ou une barre appelée perche.

1295. « À ce sujet, il n’y a pas de doute. » Cf. l. 1694.

1374. wether, mouton. C’est-à-dire qu’il est conseillé de donner au loup une patte de mouton afin de sauver le reste.

1377. grave, graver, faire une impression.

1380. moble (H., H2. moeble), biens meubles ; cf. F. meubles.

1404. « Tandis qu’il procède à sa divination ; et je le ferai croire. » Les lignes 1401-14 proviennent d’un passage de Guido ; voir allit. Destruction de Troie, 8101-40.

1406. amphibologyes, ambiguïtés. Une forme plus correcte est amphiboly, du grec ἀμφιβολία ; voir New E. Dict. Le caractère ambigu des anciennes réponses oraculaires est bien connu.

1411. « Lorsqu’il partit de Delphes par peur. » Cf. l. 607.

1422. Voir la note au livre i. 463.

1425. the selve wit, la même opinion.

1435. clere, exempt de malheur, libre, léger. Le manuscrit H. porte chere.

1453. « L’ours a une opinion, et son chef une autre. »

1456. Répété dans Kn. Ta. A 2449 ; voir la note.

1459. « Avec des yeux comme ceux d’Argus ; » c’est-à-dire voyant partout. Argus avait cent yeux ; Ovide, Métamorphoses i. 625.

1483. fere, effrayer, terrifier ; comme dans le livre ii. 124.

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1505. « Perdre la substance au profit de quelque chose qui ne fait que la représenter par hasard » ; comme lorsque le chien a laissé tomber le morceau de viande, dans son empressement à obtenir son ombre (ou image reflétée). Pour ce qui est des mots célèbres substance et accident, voir la note à Pard. Ta. C 539.

1525. allons, partons ; on écrit aussi gowe, P. Plowm. B. Pr. 226.

1538-40. Junon fit en sorte qu’Athamas, époux d’Ino, devienne fou. Comme le raconte Ovide, Junon descendit en enfer et traversa le Styx afin de persuader la furie Tisiphone de hanter Athamas. D’où la mention facile du Styx. Voir Ovide, Métamorphoses, IV, 416-561, en particulier le vers 434. Le Styx n’était pas, comme le dit Chaucer, « le gouffre de l’enfer », mais un fleuve qui y coulait.

1544. Satyre et Faune, Satyri et Fauni, Satyrs et Fauns. Chaucer pensait probablement à Ovide, Métamorphoses, VI, 392-4, où les Faunes, Satyres et Nymphes sont décrits comme « ruricolae, siluarum numina ». Pour « demi-déesse », on dit aujourd’hui « demi-dieu ».

1548. Simois, un fleuve de Troade ; Énéide, I, 100.

1560. laye, voudrait se coucher ; subjonctif. La lettre e est élidée.

1562. prendre, avoir lieu, être fait. Thynne propose « be take », mais « be » gêne la ligne et n’apparaît pas dans les manuscrits.

1584. « Vincit qui patitur » ; voir Frank. Ta. F 773.

1585. « Celui qui veut obtenir ce qu’il désire doit renoncer à ce qu’il aime ». Tel semble être le sens visé. Leef signifie « cher ». L’un des proverbes de Heywood est : « Nought lay down, nought take up » ; et un proverbe très similaire est : « Nothing venture, nothing have ». Pour le deuxième « leef », le manuscrit H porte « lyfe », une lecture adoptée par Bell et Morris. Cela enlève tout sens à l’expression et ne semble pas applicable au cas. Les vers 1587 et 1588 reprennent l’expression sous une autre forme et confirment la lecture du texte. Cf. Boèce, Livre II, Précepte 4, 98.

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1591, 2. Lucine, c’est-à-dire Diane, ou la lune ; cf. Kn. Ta. A 2085. « Avant que la lune ne quitte le signe du Bélier pour passer dans celui du Lion. » Pour cela, la lune devrait traverser entièrement le Taureau, les Gémeaux, le Cancer et le Lion, parcourant ainsi une distance équivalente à environ 4 signes, soit un tiers du zodiaque entier : cela prendrait environ un tiers de 28 jours, soit plus de 9 jours. Cela nous amène, comme le dit Criseyde, au 10e jour (l. 1595). Une telle méthode de comptage est assez naturelle pour ceux qui observent le parcours de la lune ; et on attribue généralement aux amants un intérêt particulier pour cette lumière ; cf. l. 1608. Par la suite, beaucoup dépend de ce « dixième jour ». Cf. ll. 1320, 1328, 1685 ; V. 239, 642, 681, 1103, 1206.

1608. Cynthia, c’est-à-dire Diane, la lune ; Ovide, Métamorphoses ii. 465.

1612. « Perdre une occasion afin d’en gagner une autre. »

1620. pur, très ; comme dans Kn. Ta. A 1279.

1628. « Qui peut retenir quelque chose qui cherche à s’échapper ? »

« Un anguille et une femme, dit un poète érudit, à moins de la tenir par la queue et avec tes dents, échoueront toutes deux. » Les Deux Nobles Parentés, A. iii., sc. 5, l. 49.

1645. « Res est solliciti plena timoris amor ; » Ovide, Héroïdes i. 12.

1667-73. Chez Boccace, une strophe de caractère similaire est attribuée à Troïlus, et non à Criseyde.

1677. populaire ; Boccace (Fil. iv. st. 165) emploie popolesco, que Rossetti traduit par « de basse extraction ». Le Florio’s Ital. Dict. donne : « popolesco, populaire, de… »

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peuple ordinaire.’

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LIVRE V.

Le schéma suivant donne une idée générale de la relation de ce livre avec le Philostrate, bien que Chaucer amplifie et transpose souvent le matériau d’une manière qui rendrait fastidieux en détailler davantage les particularités.

Troïlus : Livre V. Philostrate.
l. 1-7. [Thésée, Livre IX, strophe 1.]
8-14. [Thésée, Livre II, strophe 1.]
15-91. Livre V, strophes 1-13.
190-266. “ 14-21, 24-28.
280-295. “ 22.
323-336, 351-372. “ 29-32.
386-686. “ 33-38, 40-62, 67-71.
687-693. Livre VI, 1 (l. 1-3), 6.
708-777. “ 1 (l. 4)-8.
785-798, 820. “ 10, 11.
799-805, 817. “ 33 ; Livre I, 28 (l. 8).
841-1001. “ 9, 11-31.
1100-1274. Livre VII, 1-33.
1275-1309. “ 37, 40-43, 48-50.
1310-1327. “ 51, 52.
1335, 1336. “ 74 (l. 7, 8).
1338-1421. “ 53-75.
1422-1444. “ 76, 105, 77, 76.
1450-1456. “ 84, 26.
1513-1521. “ 27, 90.
1523-1554. “ 100-102, 104, 106.
1555-1589. Livre VIII, 1-5.
1632-1701. “ 6-15.
1702-1768. “ 21, 17, 19-26.
1800-1806. “ 27.
1807-1827. [Thésée, Livre XI, 1-3.]
1828-1841. “ 28, 29.
1863-1865. [Dante, Paradis XIV, 28-30.]

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3. Parques, Fates ; cas accusatif, comme d’habitude.

7. Lachésis, la Parque qui distribue le fil de la vie ; souvent représentée
avec le fuseau, bien que celui-ci soit proprement l’attribut de Clotho seule.
Clotho filature, Lachésis distribue, et Atropos coupe le fil de la vie.
Atropos a été mentionnée plus haut ; cf. liv. iv, 1208, 1546. Stace mentionne les trois
dans le liv. iii de sa Thébaïde ; Clotho au vers 556, Lachésis (Lachesim putri
uacuantem saecula penso) au vers 642, et Atropos au vers 68.

8. Pour « aux cheveux dorés », le manuscrit Harl. 3943 a « Auricomus tressed (!) ». Cf. « Sol
auricomus, cingentibus Horis » ; Valerius Flaccus, Argonautiques, iv, 92.

12, 13. Fils d’Hécube, Troïlus ; elle, Criseyde.

15-9. Notez que les vers 15 et 17 riment en -éde, avec un e fermé, mais les vers 16, 18, 19 riment
en -ède, avec un e ouvert. Cf. Anelida, 299-307.

22-6. Les vers 22 et 24 riment en -ōre, avec un o long et fermé ; les vers 23, 25, 26 en -ŏre,
avec un o (original) court et ouvert.

25. Pousses, branche, partie supérieure d’un arbre. more, racine, encore utilisé en Hants ; A. S.
more, moru ; voir P. Plowman, B. xvi, 5, C. xviii, 21.

53. « D’après les rapports concernant un tel comportement de sa part. »

65. Ainsi chez Boccace : « Con un falcone in pugno » ; Philoctète, v, strophe 10.

67. Une mauvaise traduction. Le mot de Boccace n’est pas valle, une vallée, mais vallo, une muraille. Le premier pied manque d’une syllabe.

71. Anténor était le Troyen capturé par les Grecs, qui fut restitué à Troie en échange de Thoas et Criseyde.

88. Fils de Tydée, c’est-à-dire Diomède, souvent appelé Tydide ; comme dans l’Énéide, i, 97, 471, etc.

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89. Connaître sa propre croyance est une connaissance très élémentaire.

90. par la reyne hir hente ; Rossetti pense que Chaucer a mal interprété di colei si piglia (Fil. v. 13), ce qui pourrait signifier « la saisit », mais signifie en réalité « tombe amoureux d’elle ».

98. Cela ressemble à « s’occuper du n° 1 ».

101. Rendre les choses difficiles, créer une difficulté, c’est-à-dire en dénigrant Troilus.

106. Savait ce qui était bon pour lui, savait ce qu’il faisait. Bell dit : « comprenait les bonnes manières ».

128. Aideusement ; on dit aujourd’hui « utile », c’est-à-dire serviable. De toutes mes forces, autant que je le peux.

143. Ô dieu de l’amour, le même dieu de l’amour.

151. this, forme contractée de this is. Enserré, scellé.

158. En tant que amants, comme par amour. Cf. l. 332.

180. Voir ci-dessous (l. 530), et Man of Lawes Ta. B 697. On peut lire soit brast (exploser), soit braste (vouloir exploser).

182. sye, sombrer ; A. S. sīgan ; voir siȝen dans Stratmann.

194. mewet, muet ; comme dans Le Tribunal d’amour, 148. Mewet, muwet ou muet provient du O. F. muët, à l’origine dissyllabique, et correspond à un type diminutif du latin inférieur *mutettum. Le mot anglais est aujourd’hui obsolète, remplacé par la forme simple mute, empruntée directement au latin mutus, qui est devenu mu en O. F. Mute est courant chez Shakespeare. Lydgate écrit : « Et aussi clos et muët comme une pierre » ; Siège de Thèbes, partie iii, § 8. Dans Merlin, éd. Wheatley, p. 172, on trouve : « Stille and mewet as though they had been dumb. »

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Le -e dans mild-e n’est pas élidé ; le mot A. S. milde est dissyllabique.

208. Cipryde, c’est-à-dire Cypris, ou Vénus ; voir la note à Parl. Foules, 277.

212. Le -ie dans furie est rapidement prononcé de manière fluide. Ixion est accentué sur la première syllabe. Ixion était attaché, en enfer, à une roue qui tournait sans cesse ; Georg. iii. 38 ; Æn. vi. 601.

249. comme mete, comme (par exemple) rêve ; voir l. 251.

283. « Bien qu’il eût juré (de le faire) au péril de sa tête. »

304. pálestrál, c’est-à-dire des jeux consistant en combats de lutte et en compétitions similaires ; du lat. palaestra ; voir Verg. Æn. iii. 280, 281 ; et G. Douglas, éd. Small, vol. iii, p. 52, l. 24. Il y a une description de tels jeux, tenus lors d’un funérailles, chez Statius, Theb. vi., que Chaucer imite dans le Knightes Tale ; voir la note à A 2863. Vigile (l. 305) est identique au liche-wake de Chaucer ; voir la note à A 2958.

306. Il veut dire que son cheval, son épée et son casque doivent être offerts à Mars, et son bouclier à Pallas, lors de ses funérailles ; cf. Kn. Ta. A 2889-2894.

319. Ascaphilo, une forme transposée d’Ascalaphus, que Proserpine transforma en hibou ; Ovid, Met. v. 539. De même Adriane pour Ariadne. La note de Bell, selon laquelle la forme Ascaphilo est italienne et prouve que Chaucer suit ici Boccaccio, est trompeuse ; car Boccaccio ne mentionne pas Ascalaphus.

321. Mercure était censé transporter les âmes des hommes vers Hadès. Voir l. 1827 ci-dessous, et la note.

332. amants, avec passion ; un adverbe, comme d’habitude ; cf. l. 158.

345. Par la force des amis, par contrainte de leurs parents.

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350. blesser, car il blesse, blesse ; temps présent.

360. Sur les rêves, cf. Non. Pr. Ta. B 4113-4129, 4280-4.

365-8. Tiré de Le Rom. de la Rose, 18709-12, v. là.

379. Litt. « Il est bien, pour ce qui est des rêves, envers ces vieilles femmes ; » c’est-à-dire que ces vieilles femmes accordent de la valeur aux rêves.

387. Boccace écrit : « a te stesso perdona », c’est-à-dire épargne-toi ; Chaucer l’interprète littéralement — « pardonne-toi. »

403. Sarpedon avait été fait prisonnier par les Grecs (iv. 52). Ni Boccace ni Chaucer n’expliquent comment il est retourné à Troie. Voir l. 431.

409. iouken, sommeil ; cf. P. Plowman, C. xix. 126. Ce mot était principalement utilisé en fauconnerie et appliqué aux faucons. Dans le Boke of St. Albans, fol. a 6, on nous dit qu’il convient de dire que « votre faucon ioukith, et non slepith. » Du vieux français joquier, jouquier ; voir Godefroy.

421. de grande force, par une nécessité absolue.

451. J’ai lu « piëtous », comme dans le MS. H., et non « pitous », pour respecter le mètre, comme dans Bk. iii. 1444 ; cf. pietee, id. 1033. Peut-être Chaucer pensait-il au mot italien pietoso. On trouve aussi l’orthographe pitevous, pour laquelle il existe une autorité suffisante ; voir Wyclif, 2 Tim. iii. 12, Titus ii. 12 ; Rob. of Glouc., éd. Wright, 5884 (note de bas de page) ; cf. anglais moderne piteous. Le mot habituel de Chaucer est pitous, comme dans Cant. Ta. B 449, 1059, C 298, etc.

460. Pour, parce que ; très fréquemment.

469. « La fortune avait l’intention de lui vernir son capuchon encore mieux. » « Vernir son capuchon » signifiait fournir à un homme un capuchon en verre, expression humoristique pour se moquer de lui ou le soumettre à une attaque, car un capuchon en verre ne serait aucune protection. Chaucer

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Il illustre admirablement ce proverbe dans un passage qui est déjà mentionné ci-dessus ; voir Livre II, 867.

478. her-e est dissyllabique ; comme dans Ho. Fame, 980, 1014, 1885, 1912, etc.

479. congeyen us, dis-nous de prendre congé, renvoie-nous.

484. « Sommes-nous venus ici pour chercher de la lumière pour un feu, puis retourner chez nous ? » Celui qui emprunte de la lumière doit se hâter de revenir avant qu’elle ne s’éteigne.

505. Hasel-wode, bois de hêtres ; allusion à un proverbe populaire exprimant l’incrédulité. Voir la note au vers 1174 ci-dessous. Ce n’est pas le même proverbe que celui du Livre III, 890.

541. « Ô maison, autrefois appelée la meilleure des maisons. » Bell et Morris placent la virgule après houses.

552. Pour ce qui est de baiser la porte, voir la note à Rom. Rose, 2676.

601. Il s’agit probablement de Statius, Theb. i. 12 — « Quod saeuae Iunonis opus. » Mais cela fait référence à la colère de Junon contre Athamas plutôt que contre Thèbes.

642. « C’est pourquoi, si, la dixième nuit, je ne dispose pas de la guidance de tes rayons brillants ne serait-ce qu’une heure, » etc.

655. Ici, la lecture de Thynne, Lucina, est évidemment correcte ; voir Livre IV, 1591. Par la faute courante d’écrire t à la place de c, on a obtenu Lutina, qui a ensuite été transformée en Latona. Mais Latona était la mère de Lucina.

664. Pheton, Phaëton ; allusion à Ovide, Métamorphoses II, 34, 47, etc.

744. La Prudence y est représentée avec trois yeux, afin de voir le présent, le passé et l’avenir ; mais Creseyde n’avait que deux yeux et ne pouvait voir ce qui allait arriver. Cf. « rerum fato Prudentia maior ; » Georg. i. 416.

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763. « J’appelle cela félicité lorsque j’ai ce qui me satisfait » ; cf. le passage parallèle dans Prol. A 338 ; et Boeth. Bk. iii. Pr. 2. 6-8.

769. knotteles ; « comme un fil dans lequel il n’y a pas de nœud. »

784. « Ne rien tenter, ne rien avoir. »

805. Dans Le Siège de Troie de Lydgate, on nous dit que Diomède apporta avec lui 80 navires « de Calydonie et d’Argos » ; Bk. ii. ch. 16, dans le catalogue des navires. Le roman allitératif anglais omet ce passage. Argos est la ville d’Argos, gouvernée par Diomède ; Homère, Il. ii. 559. Calydonie est Calydon, en Étolie, dont Tydée, père de Diomède, était le roi ; voir l. 934, et les vers 1513-5 ci-dessous.

806. Cette description semble être principalement celle de Chaucer lui-même. Elle réapparaît, beaucoup amplifiée, dans Le Siège de Troie de Lydgate, Bk. ii. ch. 15, où elle précède la description de Priam. Boccace dit qu’elle avait « des yeux lumineux et un visage angélique » (Fil. i. st. 28), ce à quoi on peut comparer le vers 816. Il la décrit également comme « Accorta, savia, onesta, e costumata », que Rossetti traduit par « Discernante, sage, honorable et de haute naissance » (Fil. i. 11) ; cf. les vers 820, 821.

827. Troïlus est décrit par Guido delle Colonne ; voir les traductions, dans La Destruction de Troie allitératique, éd. Panton et Donaldson, l. 3922, et dans Le Siège de Troie de Lydgate, Bk. ii. ch. 16.

836. Troïlus était second à Hector en bravoure (Bk. ii. 158, 644), mais non en courage (Bk. i. 474).

837. durring don, oser faire, courage ; où durring est un nom formé à partir de durren, signifiant oser. Ainsi, au vers 840, to durre don signifie « oser faire ». Il est complètement erroné de considérer durring don comme un mot composé, comme le font généralement ceux qui ignorent la grammaire du moyen anglais. Spenser a emprunté cette expression, mais l’a peut-être mal comprise. Dans l’édition Globe de Spenser, derring-doe apparaît avec un trait d’union, dans Shep. Kal. Oct. l. 65, mais comme deux mots, dans F. Q. ii. 4. 42, vi. 5. 37. Dans F. Q. ii. 7. 10, on trouve « in der-doing armes », ce que je laisse à l’interprétation du critique omniscient.

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852. Voir la ligne parallèle, Squi. Ta. F 294 ; cf. Bk. iii. 674.

883. pour ainsi dire, comme celui qui voit.

892. Les Mânes, les esprits ou ombres des morts. Il veut dire que même eux craindront les Grecs. L’idée qu’ils sont les « dieux de la douleur » est tirée de Virgile, Énéide vi. 743 ; cf. Stace, Thébaïdes viii. 84. Boccace emploie simplement « tra’ morti in inferno » ; Fil. vi. st. 16.

897. Ambages, ambiguïtés ; adapté du terme « ambage » de Boccace (Fil. vi. st. 17), que Ch. doit expliquer.

911-938. Ces vers sont assez proches du texte original.

934. Voir la note ci-dessus, à la l. 805. B. a : « Di Calidonia e d’ Argo » ; Fil. vi. st. 24.

937. Tydée, père de Diomède, est l’un des principaux héros des Thébaïdes de Stace, qui décrivent la lutte entre Étéocle et Polynice (appelé Polymite à la l. 938) pour la possession de Thèbes. Tydée et Polynice épousèrent des sœurs, filles d’Adraste, roi d’Argos ; d’où leur alliance. Pour la mort de Tydée au combat, voir la fin du livre VIII des Thébaïdes. Voir les l. 1480-1501 ci-dessous.

971. Les Orcades, les îles Orcadiennes, très éloignées de Rome ; Juvénal, Satires ii. 161. Inde, l’Inde, éloignée de Rome dans l’autre direction ; Virgile, Énéide vi. 794. Ici, le point de vue passe de Rome à Troie.

975. Elle était veuve ; Bk. i. 97. À la l. 977, elle ment hardiment.

992. « Quand je verrai ce que je n’ai jamais vu encore (c’est-à-dire Troie prise), peut-être ferai-je ce que je n’ai jamais encore fait (c’est-à-dire penser à un deuxième mari). »

1013. Cet épisode n’apparaît pas chez Boccace ; mais il se trouve chez Guido delle Colonne, que Chaucer a donc dû consulter. L’allitération

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La Destruction de Troie relate fidèlement cet épisode, versets 8092-4 :—

« Une étincelle de cette joyeuse porte il détacha,
Qui frappa en plein la jeune fille ;
Personne d’autre qu’elle-même ne souffrit vraiment. »

1016. C’est-à-dire que Vénus était considérée comme « l’étoile du soir ».

1018, 9. Cynthea, c’est-à-dire la lune ; Livre IV, 1608. Au Livre IV, verset 1591, Criseyde avait promis de revenir avant que la lune ne quitte le signe du Lion. Cela était sur le point de se produire ; la lune quittait le Lion pour entrer dans la Vierge.

1020. Signifer, le « porteur de signe », le zodiaque. « Ce ciel céleste divisé en signes est appelé le cercle des signes » ; Astrolabe, partie I, § 21. Le zodiaque s’étendait, au nord et au sud, sur une largeur de 6 degrés de part et d’autre de la ligne écliptique, formant ainsi une ceinture de 12 degrés de large. Il comprenait de nombreuses étoiles brillantes, telles que Régulus (α Leonis) et Spica Virginis (α Virginis), appelées ici « bougies ». Chaucer a peut-être trouvé le mot Signifer chez Claudien, In Rufinum, I, 365.

1039. Il le prit, il le saisit au combat. Thynne lit « elle » ; mais c’est lui qui a raison. Diomède s’empara du cheval de Troïlus et le envoya à Criseyde ; elle répondit alors que Diomède pouvait le garder pour lui. Notez que Chaucer nous renvoie à « l’histoire » concernant cet épisode ; il entend par là l’Historia Troiana de Guido. Mais Guido ne va que jusqu’à dire que Diomède envoya le cheval de Troïlus à Criseyde ; le reste est une addition de Chaucer. Voir la Destruction de Troie, versets 8296-8317 ; ainsi que le Siège de Troie de Lydgate, Livre III, chapitre 26, édition de 1557, folio R 4, verso. Cf. Shakespeare, Troïlus, v. 5.1 : « Diomède : Va, mon serviteur, prends le cheval de Troïlus, présente ce beau destrier à ma dame Criseyde. » Les épisodes de la « broche » et du « pinceau » sont de l’invencion de Chaucer lui-même ; voir Livre III, versets 1370-2.

1043. Pencel, abréviation de penoncel, petit pavillon ou bannière ; ici cela signifie que Diomède portait une manche d’elle comme étendard sur son casque ou son bras.

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c’était une coutume courante ; cf. Shak. Troil. v. 2. 69, 169. « Pensell, un petit drapeau ; »
Palsgrave ; et voir P. Plowm. C. xix. 189.

1044. les histoires elles-wher, c’est‑à‑dire dans une autre partie de l’Historia de Guido, à savoir au
livre XXV ; voir l’allitération Destruct. of Troy, ll. 9942-9959, et le Siege of Troye de Lydgate, Bk. iv. ch. 30, éd. 1557, fol. U 4.

1051. Je ne trouve pas cela chez Guido.

1062. « Ma cloche sera sonnée ; » mon histoire sera racontée.

1104. C’est‑à‑dire « le lendemain de celui‑ci. »

1107. Cf. « laurigero ... Phoebo » ; Ovide, Art. Am. iii. 389.

1110. « La fille de Nisus », c’est‑à‑dire Scylla, transformée en l’oiseau ciris, que certains
interprètent comme une alouette ; voir Leg. Good Wom. 1908, et note ; Ovide, Métamorphoses viii. 9-151 ; Virgile, Géorgiques i. 404-9.

1114. midi, milieu de journée ; l’heure du déjeuner (voir l. 1129, et Cant. Ta. E 1893). Voir ma note sur Piers Plowm. C. ix. 146.

1133. cap, ouverture ; voir Miller’s Tale, A 3444, 3841 (notes de bas de page).

1140, 1. yate, c’est‑à‑dire hersse. Comme s’il n’y avait rien, comme s’il n’y avait aucune raison particulière. C’est‑à‑dire : je les ferai le faire, sans leur dire pourquoi.

1151. Manquant dans la première mesure ; ce n’est guère une bonne ligne.

1155. « Ne pensez pas que ce soit fastidieux d’attendre. »

1162. char de ravitaillement, char transportant des provisions ; cf. notre expression « profiter d’un bon repas ». Cela pourrait signifier « char de voyage », mais cela n’est pas applicable. B. a simplement « carro » ;
Fil. vii. 8.

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1163-9. Cf. le discours de Roméo dans Rom. v. 1. 1-11.

1174. « Le bonheur que vous attendez sortira des bois », c’est-à-dire s’il vient jamais. Une forme humoristique pour exprimer l’improbabilité. Il y a évidemment une référence à une chanson ou un proverbe populaire ; comparer le Jeu de Robin dans les Specimens of Old French de Toynbee, p. 224. Dans le Rom. of the Rose, 7455, nous trouvons une allusion à un « joyeux Robin », danseur gai et musicien, tout l’opposé d’un frère jacobin. Le bouffon de Shakespeare dans La Nuit des rois (iv. 2. 78) chante d’un « joyeux Robin » dont la dame « aime un autre ». Et Ophélie chantait : « Bonny sweet Robin is all my joy » ; Haml. iv. 5. 187.

1176. Un autre proverbe : ferne yere, l’an dernier ; voir fern, fürn, chez Stratmann, et cf. A. S. fyrngēarum frōd, sage grâce à l’expérience des années passées, Phœnix, 219. La neige de l’an dernier ne sera plus vue.

1190. Il se persuade que la lune va passer bien au-delà de la fin du signe du Lion, ce qui lui permet d’ajouter une journée.

1222. par potente, avec un bâton ou une canne à extrémité hérissée et partie supérieure ressemblant à une canne ; cf. Somp. Ta. D 1776. En héraldique, un potent est une figure ressemblant à la partie supérieure d’une canne, constituée d’un rectangle posé horizontalement au-dessus d’un petit carré. Voir Rom. of the Rose, 368.

1274. « Alors que je me détruis chaque jour en vivant. »

1313. rolleth, tourne ; voir Pard. Ta. C 838 ; Somn. Ta. D 2217.

1335. « Pour ce qui est abîmé, vous pouvez blâmer les larmes. »

1354. « Je soupire de soupirs affligés. » Le manuscrit Cm. porte sikis I sike.

1368. « Je ne peux dire que, étant un réceptacle pour toute tristesse, j’étais encore en vie. » Cheste, boîte ; comme celle de Pandore.

1372. « Jusqu’à ce que je voie le contenu de votre réponse. »

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1431. « Promesses sans fond » ; c’est-à-dire qui ne tenaient rien.

1433. Voir la ligne parallèle, Kn. Ta. A 1838, et la note.

1450. Sibille, la prophétesse ; ici ce n’est pas un nom propre, mais un épithète de Cassandre. Cf. Énéide, VI, 98.

1464. (Les vers 1457-1512 ne se trouvent pas chez Boccace.) L’histoire de Méléagre et de la chasse au sanglier de Calydon est racontée en détail chez Ovide, Métamorphoses, VIII, 271, etc. ; c’est sans doute de là que Chaucer l’a tirée ; cf. le vers 1469 avec Métamorphoses, VIII, 282. La « jeune fille », au vers 1473, était Atalante.

1480. Chaucer semble se tromper ici. Tydeus, selon une version, était le frère de Méléagre ; et, selon une autre, son demi-frère. Il ne nous dit pas à quels « vieux livres » il fait référence.

1483. Moder ; sa mère, Althée ; voir Ovide, Métamorphoses, VIII, 445.

Vers en latin : Argument des 12 livres de la Thébaïde de Stace. Ces vers se trouvent, dans les manuscrits, après le vers 1498, interrompant la continuité. Je les insère donc après le vers 1484, qui est certainement leur place appropriée. Les vers 1485-1510 en donnent une traduction approximative. J’ajoute un résumé sous une forme plus compréhensible ; mais j’omets de nombreux détails non mentionnés par Chaucer.

Livre I. Polynice et Tydeus se rencontrent et deviennent alliés.

II. Tydeus part en mission auprès d’Étéocle à Thèbes et échappe à une embuscade en chemin (vers 1485-1491). Il épargne Mæon, l’un de ses 50 assaillants, et l’envoie à Thèbes porter la nouvelle, tandis que lui-même retourne à Argos au lieu de se rendre à Thèbes (1492-1493).

III. Mæon (également appelé Haémonides, car il est le fils de Haémon, livre III, vers 42) retourne à Thèbes et raconte comment Tydeus a tué 49 hommes sur 50. À Argos, l’augure Amphiaras s’était caché, espérant retarder

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La guerre contre Thèbes, qu’il avait prédite comme étant désastreuse ; mais Capaneus le force à sortir de sa retraite, et la guerre est décidée (1494).

IV. Les sept chefs partent à l’assaut de Thèbes. L’armée souffre de soif, mais Hypsipyle, une princesse de Lemnos, apparaît et leur montre une rivière (1495).

V. Hypsipyle raconte l’histoire des « furies de Lemnos », c’est-à-dire des femmes de Lemnos qui tuèrent tous les hommes de l’île à l’exception de Thoas, son père, qu’elle sauva. (Voir Le Légende des bonnes femmes, 1467, et note.) Alors qu’elle parle, un serpent, envoyé par Jupiter, tue son enfant, nommé Archemorus. Le serpent est tué par Capaneus (1497, 8).

VI. Description des funérailles d’Archemorus et des jeux funéraires (1499).

VII. Description du temple de Mars (voir Le Conte du Chevalier). Les alliés arrivent devant Thèbes, et la ville est attaquée. Amphiaros est englouti par un tremblement de terre (1500).

VIII. Tydeus est tué, après un grand massacre de ses ennemis (1501).

IX. Hippomédon, après de grands actes de bravoure, se noie dans la rivière. Mort de Parthénopéeus (1502, 3).

X. Capaneus est tué par la foudre alors qu’il escalade les murs de Thèbes (1504, 5).

XI. Combat singulier entre Étéocle et Polynice ; tous deux sont tués (1506-8).

XII. Créon interdit l’enterrement des envahisseurs tués. Les épouses des six chefs demandent de l’aide à Thésée, roi d’Athènes (voir Le Conte du Chevalier). Argia, épouse de Polynice, trouve et brûle le corps de son mari. Thésée tue Créon, et les Thébains lui ouvrent leurs portes (1509-10).

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1485-1491. De la Thébaïde, Livre I (voir ci-dessus). felawe, camarade, beau-frère. Polymites, Polynice. Étéocle, Étéocles.

1492-8. Du même, Livres II-V. Hémonide, c’est-à-dire Maéon, fils d’Hémon. asterte, s’est échappé. Cinquante ; mais il n’a tué que 49, bien qu’attaqué par 50. les sept ; les sept chefs qui sont allés assiéger Thèbes. serpent sacré, le serpent envoyé par Jupiter. welle, (apparemment) le ruisseau Langia, qui a rafraîchi l’armée (fin du Livre IV). Les Furies, les femmes furieuses de Lemnos, qui ont tué tous les mâles (sauf un) sur l’île.

1499-1505. Du même, Livres VI-X. Archimoros, enfant de Hypsipyle ; honoré par des jeux funéraires. Amphiorax, Amphiaraos ; voir Livre II, 105, et note à Anelida, 57. Argées, peuple d’Argos. Hippomédon ; Parthonope, Parthenopée ; voir note à Anelida, 58. Capaneus ; voir note à Anelida, 59.

1506-1512. Du même, Livres XI, XII. Argive, épouse de Polynice ; cf. Livre IV, ligne 762, ci-dessus. brent, brûlé ; voir Kn. Ta. A 990 ; mais Stace dit que les Thébains ont ouvert leurs portes à Thésée, qui est entré en triomphe. Je ne trouve rien au sujet de dommages causés à la ville à cette occasion.

1514. Mais Tydée était le frère de Méléagre ; voir note à la ligne 1480.

1518. leef, laisse-le tranquille. Généralement leve.

1523. seestow, vois-tu ; une observation générale, non adressée spécifiquement à Cassandre, mais à tout le monde.

1527. Alceste, Alcéstis ; voir La Légende des bonnes femmes, 432.

1528. mais, sauf, à moins que. Pourtant Bell le comprend mal.

1530. housbonde ; Admète, roi de Phères, en Thessalie.

1545. smitted, souillé, déshonoré ; cf. ligne 1546.

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1548. Fin de la parodie, fin de la période. Chaucer, n’étant pas un érudit grec, a quelque peu mal interprété la forme du mot ; mais, dans le manuscrit H, « parodie » est correctement expliqué par « duracion », ce qui montre le sens visé. Ce mot provient du français ancien féminin singulier « perióde » ou « peryóde », dont Littré donne un exemple du XIVe siècle : « Peryode est le temps et la mesure de la duracion d’une chose ; » Oresme, Thèse de Meunier. Chaucer, connaissant mieux le préfixe per- que le grec περι-, a omis le i ; et la confusion entre per- et par- est extrêmement fréquente, car ces deux préfixes étaient, dans l’écriture abrégée, indiqués par le même symbole. Nous pouvons abandonner les anciennes tentatives pour expliquer ce mot autrement, car nous savons que les gloses sont généralement l’œuvre de l’auteur. « La fin de la période de la vie d’Hector était proche. »

Lydgate utilise ce mot dans le même sens, l’ayant emprunté au passage précédent :—

« Lorsque la parodie de ce vaillant chevalier [Hector] sera proche, sans mots supplémentaires, il entrera simplement sur le champ de bataille. »
Siège de Troie, Livre III, chapitre 27 ; édition de 1557, folio R 6.

« Et comment il [Ulysse] pourrait échapper à la parodie qui lui était destinée ; car les Parques ont fixé sa dernière heure », etc.
Idem, Livre V, chapitre 38 ; folio Dd 3.

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Notez que la parodie est ici assimilée à terme.

1558. D’après Guido ; selon son récit, Hector, ayant fait un prisonnier, le conduisait à travers la foule, quand Achille le transperça d’une lance de manière lâche, s’approchant de lui sans être vu. Voir allit. Dest. of Troy, ll. 8649-8660 ; Lydgate, Siege of Troy, Bk. iii. ch. 27, fol. S 2, dos ; Shak. Troil. v. 6. 27, 8. 1.

1634. Kalendes, une introduction au début ; voir la note au Bk. ii. 7.

1653. Lollius ; cet épisode se trouve dans le Filostrato, viii. st. 8 ; je ne le trouve pas chez Guido.

1669. Mot et fin, début et fin ; voir la note à Monk. Ta. B 3911 ; et la note au Bk. ii. 1495.

1689. « Pour présenter votre nouvel amour. »

1760. Voir la note au Livre i. 463.

1764. Ici, l’histoire se termine pratiquement. Au-delà de ce point, les vers tirés de Boccace sont moins de vingt.

1771. Dares, c’est-à-dire Guido, qui prétend suivre Dares ; voir la note au Livre Duch. 1070.

1778. C’est-à-dire que Chaucer commençait à penser à sa Légende des bonnes femmes.

1786. Ici commence l’Envoy (interrompu par les ll. 1800-1827). Comparer les trois derniers vers du Filostrato (ix. 8) :—

« Or va » ; car je prie Apollon de te prêter
Tant de grâce qu’on t’écoute,
Et de t’envoyer vers moi avec une réponse joyeuse. »

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1787. « Puisse Dieu envoyer de la force à celui qui t’a écrit, afin qu’il puisse participer à la composition d’une “comédie”, avant de mourir. »

1789. « N’envie aucune autre poésie ; sois humble. »

1791. Imité des dernières lignes de la Thébaïde, XII, 816 :—

« nec tu diuinam Æneida
tenta,
Sed longe sequere, et uestigia
semper adora. »

Le sens est : « Et baise leurs empreintes, partout où tu vois Virgile passer, etc. » L’espace laissé pour la lecture est ridicule ; de plus, à la ligne 1792, les noms Virgíle, etc., sont accentués sur la deuxième syllabe. Steppes signifie « empreintes de pas », en latin uestigia ; voir Leg. Good Women, 2209.

1792. Une ligne importante. Dans ce poème, Chaucer s’est inspiré de Statius (voir ligne 1485), d’Ovide (en de nombreux endroits), de Virgile (occasionnellement) et d’Homère (non directement). Lucain semble être mentionné uniquement par respect ; mais voir la note au livre II, 167. Il est mentionné à nouveau chez Boèce, livre IV, Pr. 6, 159.

1796. Mètre incorrect, scansion erronée. Cela montre que Chaucer était conscient de son style quelque peu archaïque, et qu’il y avait un risque que certaines syllabes soient omises.

1797. red, lire (par une seule personne) ; songe, lire à haute voix, réciter d’une voix mélodieuse.

1802. Le mot thousandes doit être pris au sens littéral. Selon Guido, à une occasion, Troïlus tua mille hommes d’un seul coup. Voir l’allitération Destruction of Troy, 9878 ; Lydgate, Siege of Troy, fol. U 3, verso, ligne 7.

1806. Ainsi chez Guido ; voir l’allitération Destr. of Troy, 10302-11 ; Lydgate, Siege of Troye, livre IV, chapitre 31. Cf. ligne 1558, et la note correspondante.

Page 654

1807-1827. Ces trois strophes sont tirées de la Téside de Boccace, xi. 1-3, où elles se réfèrent cependant à Arcite :—

« Une fois qu’Arcita eut nommé celle qu’il aimait plus que tout au monde, son âme légère s’envola vers la concavité du huitième ciel : abandonnant les éléments connus, il y admira les étoiles errantes...
Écoutant des sons pleins de douceur.

Puis il se tourna vers le bas pour contempler les choses abandonnées, et vit le petit globe terrestre, autour duquel tournait la mer...
Et tout fut jugé insignifiant par rapport au ciel ; enfin, il fixa ses yeux sur l’endroit où son corps avait été laissé, un peu tourné vers là.

Il se moqua des pleurs plaintifs de la foule de Lerne ; il condamna vivement la vanité des peuples humains, qui, aveuglés par une obscurité sombre dans l’esprit, suivent la fausse beauté du Monde : ayant quitté le ciel, il s’en alla alors vers l’endroit d’où Mercure l’avait fait sortir. »

Page 655

Sur la surface intérieure ou concave de cette sphère, il verrait toutes les sphères planétaires tourner à l’intérieur d’elle. (Ces « sphères » devaient être des coquilles concentriques, comme les couches d’une oignon.) Les « étoiles erratiques », ou étoiles vagabondes, sont les sept planètes. Quant à la musique de leurs sphères, voir les notes sur Parl. Foules, ll. 59 et 61.

1810. convers leting, laissant derrière, de l’autre côté. Par exemple, lorsqu’il s’approchait de la sphère de Mars, elle lui paraissait concave ; après l’avoir dépassée, elle apparaissait convexe. Certaines éditions modernes du Teseide lisent connessi (parties connectées), mais la lecture correcte est conuessi ( surfaces convexes ), pour laquelle Chaucer substitue convers. Voir converse dans le New E. Dictionary.

1815. Cf. Parl. Foules, 57. Boccaccio avait en tête le Somnium Scipionis de Cicéron.

1825. sholden, et nous devrions ; we est compris.

1827. trié, attribué ; ital. ‘sortio.’

1828-1837. Principalement tiré d’Il Filostrato, viii. 28, 29.

1838-1862. Ces vers sont de Chaucer lui-même, et adoptent un ton plus élevé.

1840. « Cette vie, mon fils, n’est qu’une fête des cerises. »
Hoccleve, De Regim. Princ. éd. Wright, p. 47.

Voir quatre autres comparaisons similaires dans le Halliwell’s Dict., s. v. Cherry-fair.

1856. moral Gower. Cet épithète de Gower lui est restée depuis ; il moralise un peu trop.

1857. Strode. À propos de ce personnage, Leland a découvert la note suivante dans un ancien catalogue des notables du Merton College, Oxford : « Radulphus Strode, nobilis poeta fuit et versificavit librum elegiacum »

Page 656

« vocatum Phantasma Radulphi ». Dans l’introduction à son édition de « Pearl », p. l., M. Gollancz dit : « Ce Ralph Strode est identique au célèbre philosophe du même nom dont les œuvres philosophiques occupent une place importante dans l’histoire de la logique médiévale. Il était également célèbre de son temps en tant que controversiste avec Wyclif, et à partir des manuscrits de Wyclif, encore inédits, il est possible d’obtenir quelques éléments sur les opinions religieuses de Strode. » Il était peut-être apparenté au philosophe N. Strode, mentionné à la fin de la partie ii, § 40 du Traité de l’astrolabe comme étant le tuteur, à Oxford, du fils de Chaucer, Lewis.

1863-5. Extrait de Dante, Paradiso, xiv. 28-30 :—

« Quell’uno e due e tre che sempre
vive,
E regna sempre in tre e due e uno,
Non circonscritto, e tutto
circonscrive. »

Page 657

NOTE COMPLÉMENTAIRE AU LIVRE III. 674.

Comme le mot curieux voidee a été supprimé dans toutes les éditions précédentes, j’ajoute quelques exemples supplémentaires de ce mot, dont certains me sont dus au Dr Murray. On le trouve, par exemple, dans le récit extrêmement intéressant de la mort de Jacques Ier d’Écosse.

« En un instant, le roi demanda le voidee et but ; le vin fut versé dans la chambre, et chacun s’en alla se reposer » : (1400) Jn. Shirley, Dethe of James Stewarde, Kyng of Scotys, p. 13, éd. 1818.

C’est sans doute pour cela que M. Rossetti, dans son poème La Tragédie du roi, a écrit : « Alors il demanda la coupe voidee. »

« Un récipient à épices » : (1548) Hall’s Chron. 14 Hen. VIII.

« Un voidee contenant des épices » : (1577-87) Holinshed’s Chron. vol. iii, p. 849.

Dans A Collection of Ordinances and Regulations for the Royal Household, Londres, 1790, on trouve plusieurs exemples de ce mot.

« L’archevêque doit se tenir à la droite du roi, et le roi doit lui offrir une coupe lorsqu’il prendra des épices et du vin. Une fois que le voidee a été donné, le roi doit entrer dans sa chambre ; tous les autres membres de la cour doivent également entrer dans leurs chambres, ou là où ils le souhaitent », etc. : p. 111 ; parmi les articles édictés par le roi Henri VII.

À la page 113, on trouve des instructions détaillées concernant le voideè. Le chambellan et d’autres personnes apportent une serviette, les coupes et les plateaux à épices ; le roi et l’évêque prennent des épices et du vin, puis les seigneurs et les gens sont servis « abondamment » en épices et en vin également ; après cela, les coupes sont retirées. À la page 36, on lit : « La table est débarrassée lorsque des serviteurs apportent de l’ypocras ou d’autres vins doux. Le roi ne prend jamais de récipient contenant des confiseries et d’autres épices, mais debout. » À la page 121 : « Quant au voidee… »

Page 658

La douzième nuit, le roi et la reine doivent le prendre dans la salle. Lors de la couronnement de la reine Anne Boleyn, il y eut un « vide de plats aux épices et de vin » ; English Garner, éd. Arber, ii. 50.

Ce « vide » était en fait une sorte de dessert. Le mot « épices » englobait de nombreuses choses en dehors de ce qu’il signifie aujourd’hui. Dans les ordonnances mentionnées ci-dessus, on trouve une liste d’épices à la page 103. Elle comprend du poivre, du safran, du gingembre, des clous de girofle, des macis, de la cannelle, des noix de muscade, des dattes, des prunes, des quinces, des confiseries, des raisins, des groseilles, des figues, et même du riz. Dans le nord de l’Angleterre, même de nos jours, cela inclut des douceurs, du pain d’épices, des gâteaux et des fruits secs.

L’ÉDITION D’OXFORD

DE

Piers le Laboureur

En deux volumes, demy 8vo, pp. civ + 1112, identique à cette édition, prix £1 11s. 6d.

LA VISION DE WILLIAM
CONCERNANT

PIERS LE LABOUREUR

EN TROIS TEXTES PARALLÈLES

AVEC

RICHARD LE DÉRÉGULÉ
PAR WILLIAM LANGLAND

(ENVIRON 1362-1399 apr. J.-C.)

Page 659

Édité à partir de nombreux manuscrits

Avec préface, notes et glossaire

Par le Rév.

WALTER W. SKEAT, Litt.D., LL.D.
Professeur d’anglo-saxon Elrington et Bosworth
et Fellow du Christ’s College, Cambridge

Oxford
Chez Clarendon Press
Londres : Henry Frowde
Oxford University Press Warehouse, Amen Corner, E.C.

Autres ouvrages
Par le Rév.

Prof. W. W. SKEAT, Litt.D.
Dictionnaire étymologique de la langue anglaise, organisé sur une base historique. Deuxième édition. 4to, relié, 2 l. 4 s.

Dictionnaire étymologique concis de la langue anglaise. Quatrième édition. Crown 8vo, relié, 5 s. 6 d.

Liste des mots anglais dont l’étymologie est illustrée par une comparaison avec l’islandais. 4to, 2 s.

Principes de l’étymologie anglaise. Crown 8vo.

Première série : L’élément indigène. Deuxième édition. 10 s. 6 d.

Deuxième série : L’élément étranger. 10 s. 6 d.

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Échantillons de la littérature anglaise, du « Ploughman’s Crede » au « Shepheardes Calender » (1394 à 1579 apr. J.-C.). Avec introduction, notes et index glossaire. Format in-8° avec couverture rigide, 7 shillings 6 pence.

La Vision de William concernant Piers le Laboureur, par William Langland. Avec notes, etc. Sixième édition. Format in-8° avec couverture rigide, 4 shillings 6 pence.

Chaucer. Le Conte des prieures ; Sir Thopas ; Le Conte des moines ; Le Conte des clercs ; Le Conte des chevaliers, etc. Septième édition. Format in-8° avec couverture rigide, 4 shillings 6 pence.

Chaucer. Le Conte de l’homme de loi ; Le Conte des pardonneurs ; Le Deuxième conte des nonnes ; Le Conte des chanoines. Nouvelle édition. Format in-8° avec couverture rigide, 4 shillings 6 pence.

Chaucer. Les poèmes mineurs. Format in-8° Crown, couverture rigide, 10 shillings 6 pence.

Chaucer. La Légende des bonnes femmes. Format in-8° Crown, couverture rigide, 6 shillings.

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Le Canon de Chaucer. Avec une discussion des œuvres associées au nom de Geoffrey Chaucer. Format Crown 8vo, 3 shillings 6 pence nets.

L’Histoire de Gamelyn. Éditée avec des notes, un glossaire, etc. Reliure rigide en format 8vo, 1 shilling 6 pence.

Douze fac-similés de manuscrits en anglais ancien, avec transcriptions et introduction. Format 4to, 7 shillings 6 pence.

Oxford
CHEZ CLARENDON PRESS
LONDRES : HENRY FROWDE
OXFORD UNIVERSITY PRESS WAREHOUSE, AMEN CORNER, E.C.

Notes.

[1]

La Déchéance et la chute de l’Empire romain, chapitre xxxix. Voir tout le chapitre.

[2]

La philosophie personnifiée ; voir Livre I, Prose 1, ligne 3.

[3]

Voir Livre II, Prose 1.

[4]

Voir Livre II, Proses 5, 6.

[5]

Page 662

Voir le Livre III, Prose 9.
[6]

Voir le Livre IV, Mètre 1.

[7]

Voir le Livre IV, Prose 6.

[8]

Voir le Livre V.

[9]

Voir le Romaunt of the Rose (dans le vol. I), vers 5659-5666 ; et la note au vers 5661. Il est également assez évident que Chaucer a choisi le Mètre 5 du Livre II de Boèce pour son traitement poétique dans son « Ancienne Époque », car Jean de Meun avait choisi pour un traitement similaire exactement le même passage ; voir Rom. de la Rose, vers 8395-8406.

[10]

Il existe une copie de cela au British Museum, MS. Addit. 10341.

[11]

MS. Harl. 44 (Wülker) ; et non MS. Harl. 43, comme le prétend Warton, qui a confondu ce manuscrit avec celui mentionné juste après.

[12]

MS. Harl. 43 (Wülker) ; et non MS. Harl. 44, comme chez Warton.

[13]

Il existe une copie meilleure que celles ci-dessus dans le MS. Royal 18 A. xiii. Le catalogue des manuscrits royaux du B. M., établi par Casley, attribue à tort cette traduction à Lydgate. Il existe encore une quatrième copie, dans le MS. Sloane 554. Le manuscrit royal commence, plus correctement : — « In suffisaunce of cunnyng and of wyt. »

[14]

Page 663

MS. i. 53.
[15]

MS. B. 5. Il existe encore un autre manuscrit dans la bibliothèque du Trinity College, à Oxford, n° 75 ; ainsi que d’autres dans la Bibliothèque Bodléienne (MS. Rawlinson 151), dans la bibliothèque de l’Université de Cambridge (Gg. iv. 18), et dans la collection Phillips (comme indiqué dans la note 5 ci-dessous).

[16]

« The Boke of Comfort, traduit en langue anglaise. Imprimé au monastère exempt de Tavestock, dans le Denshire, par moi, Dan Thomas Richard, moine ; 1525. 4to. » — Lowndes.

[17]

Le manuscrit se trouve aujourd’hui dans la collection de Sir Thomas Phillips ; n° 1099.

[18]

Il suggère ici que la traduction de Chaucer n’était nullement la seule qui existât à l’époque ; une affirmation remarquable.

[19]

Le manuscrit insère des mots inutilement complets.

[20]

Peut-être lire « In ».

[21]

Manuscrit : « neye ».

[22]

Manuscrit : « hymself ».

[23]

Manuscrit : « theym self ».

[24]

Page 664

Imprimé par M. Stewart.
[25]

Notez que cette ligne est due à la glose de Chaucer, et non à son texte.

[26]

MS. Thisee (!).

[27]

MS. hem self.

[28]

Imprimé par M. Stewart.

[29]

MS. This (sans signification).

[30]

M. Stewart omet ainsi.

[31]

MS. parelous (!). Cela montre que le texte de Walton peut être corrigé par celui de Chaucer.

[32]

Cependant, nous devons nous rappeler que « The Former Age » ne reproduit qu’une partie de ce mètre ; et qu’il introduit également un passage de Jérôme, en plus de réminiscences d’Ovide et du Roman de la Rose ; comme indiqué dans les notes.

[33]

M. Stewart ajoute un autre exemple, tiré du Livre III, mètre 5, 5 :—

Et que le dernier ile dans la mer,
Ce haut Tyle, soit ton esclave.

Page 665

J’espère que c’était involontaire, car ce sont de mauvais vers. C’est un plus grand éloge de dire que, surtout dans les mètres, la prose de Chaucer coule souvent bien, avec une certaine mélodie propre à elle. M. Stewart donne également quelques exemples où il suppose que Chaucer « reproduit réellement le mètre latin original » ; mais ils sont imparfaits et involontaires.
[34]

M. Stewart cite cela comme : « a long unagreable dwellynges » ; mais « draweth a-long » est une bonne traduction de « protrahit ».

[35]

365 est le numéro de la ligne ; voir p. 164 ci-dessous. J’ai recours à Boèce par la lettre « B. », désignant le texte tel qu’il est imprimé dans le présent volume, en indiquant la ligne du texte ainsi que le numéro de la prose ou du mètre, afin que chaque passage puisse être facilement retrouvé.

[36]

L’astérisque placé en tête marque un exemple douteux ou erroné.

[37]

J’omets la comparaison du Livre III, versets 8-14, avec Boèce ; car toute cette strophe est copiée de Philostrate, Livre III, strophe 75. De même, celle du verset 373 avec B. III, mètre 9.1 ; car le verset 373 est copié de Philostrate, Livre III, strophe 15.

[38]

J’omets de mentionner le verset 2839 (comparé à B. II, mètre 3.14) ; car il est tiré de la Téside, Livre IX, 10, 11.

[39]

Les trois points sont : (1) L’avarice est insatiable, verset 2321, ce qui correspond à « finem quaerendi non inuenit », cité comme étant de Sénèque, mais en réalité de Palladius ; voir Albertani Brixiensis Liber Consolationis, éd. T. Sundby, p. 37 : (2) Le bien et le mal sont deux contraires, verset 2479 ; comparer ibid., p. 96 : (3) La fortune, la nourrice, verset 2635, traduit de « fortuna usque nunc me fouit » ; voir ibid., p. 89.

Page 666

[40]

J’ai relevé quelques inexactitudes, principalement dues à la confusion entre c et t (qui se ressemblent) et aux abréviations. À la p. 2, l. 13, au lieu de « procede », lire « percede ». À la p. 9, l. 28, au lieu de « basilicis », lire « basilius ». À la p. 11, l. 32, lire « auauntede ». À la p. 12, l. 10, lire « conuict » ; etc. Voir la note au Livre V, verset 6.

[41]

Ici, « recte » est écrit à tort pour « recta », manifestement parce que le scribe pensait encore à la dernière syllabe du mot précédent, « sponte ». Mais on remarquera que Ch. écrit « the rightes », qui est une traduction de « recta ». Cela prouve immédiatement que Chaucer n’a pas utilisé cette copie particulière comme texte original ; et bien sûr, la manière particulière dont elle est écrite exclut une telle supposition. Néanmoins, je crois qu’elle a été copiée à partir de la copie de Chaucer.

[42]

Cela montre à quel point un éditeur se tromperait s’il changeait ces formes en « Atrides » et « Agamemnon », à moins qu’il ne donne une notification adéquate. Car cela détruit les preuves. On notera également qu’« Agamenon » est la forme habituelle en moyen anglais ; il apparaît sous la forme « Agamenoun » dans Troil. iii. 382.

[43]

Il est donc facile de voir que lorsque les gloses de Chaucer coïncident, comme cela arrive parfois, avec celles de la version en vieux haut-allemand de Notker ou avec celles de toute autre version, cette concordance est due au fait que les deux traducteurs avaient devant eux des gloses latines similaires.

[44]

Mon texte contient « thonder-light », comme dans les manuscrits ; mais « leyte » ou « leyt » est préférable ; voir la note relative à ce vers (p. 422), ainsi que ci-dessus, p. xlii, l. 8.

[45]

Il existe une édition ultérieure de Peiper, considérée comme la meilleure ; mais elle est épuisée et je n’ai pas pu en obtenir un exemplaire. J’ai également comparé le texte latin de l’édition Delphin, éditée par Valpy en 1823, et celle de Renatus Vallinus en 1656 ; toutes deux contiennent des notes utiles.

Page 667

[46]

M. Rossetti possède une note montrant que les chiffres du professeur Morley sont incorrects. Lui-même estime que Troilus compte 8246 vers, car le nombre de strophes au livre V de l’édition du Dr Furnivall du manuscrit Harl. 3943 est indûment donné comme 268 au lieu de 267.

[47]

Pour une comparaison plus complète avec ce poème, voir § 21 ci-dessous ; p. lxv.

[48]

Lydgate accepte sans question le point de vue de Chaucer. Il dit : « Et de ce siège écrivit aussi Lollius » ; Siege of Troye, éd. 1555, fol. B 2, verso.

[49]

Généralement appelé Guido de Colonna, probablement parce qu’on supposait qu’il appartenait à une famille célèbre nommée Colonna ; mais son nom semble avoir été tiré du nom d’un lieu (voir note 1 p. lvi). Mes citations de Guido proviennent du manuscrit Mm. 5. 14, à la Bibliothèque de l’Université de Cambridge.

[50]

Il mentionne que l’histoire de Troie existe « en latin et en français » ; Siege of Troye, fol. B 1, verso ; et il explique que par « latin » il faut entendre « Guido ».

[51]

Dans une œuvre italienne intitulée « Testi Inediti di Storia Trojana », d’E. Gorra, Turin, 1887, un passage est cité à la p. 137, tiré du livre XIII de Guido, selon lequel Terranova, sur la côte sud de la Sicile, était également appelée « columpne Herculis », et Gorra suggère que c’est de ce lieu que Guido tira son nom « delle Colonne ». Quoi qu’il en soit, Guido s’intéressait beaucoup à ces « colonnes » ; voir Lydgate, Siege of Troye, fol. M 4. Je pense que Tropæus, du grec τροπαῖα, peut faire référence à ces colonnes ; ou bien Guido aurait pu être lié à Tropea, sur la côte ouest de la Calabre, à moins de cinquante miles de Messine, où il était juge.

[52]

Page 668

« Homère… inventant beaucoup de choses qui n’ont pas existé, et transformant en autre façon celles qui ont existé » ; Prologue. Voir la traduction en vers dans le Gest Hystoriale, ou le livre allitératif sur Troie, vers 38-47 ; Lydgate, Siege of Troye, fol. B 2.
[53]

Voir le livre allitératif sur Troie, vers 60-79.

[54]

Voir le livre allitératif sur Troie, vers 3922-34 ; Lydgate, Siege of Troye, fol. F 3, verso.

[55]

Manuscrit : penatos.

[56]

La mention d’Escaphilos, c’est-à-dire Ascalaphus, au livre V, vers 319, a peut-être été suggérée par la mention d’Ascalaphus par Guido (d’après Dictys, I, 13, Homère, Ill., II, 512) comme étant l’un des chefs grecs ; voir le livre allitératif sur Troie, vers 4067.

[57]

C’est-à-dire gant ; du grec χείρ, main, et θήκη, étui.

[58]

Utilisé à la place de xenium (ξένιον), un cadeau, un présent.

[59]

Cf. « And save hir browes ioyneden y-fere » ; Troil. v. 813.

[60]

Talke n’est pas dans le glossaire. Comme lk est une manière courante d’écrire kk (comme cela est montré dans mon article sur les « mots fantômes » pour la Phil. Soc.), le mot est en réalité takke, une variante de take ; et le sens est « qu’il prenne ».

[61]

Lydgate a commencé son livre sur Troie le 31 octobre 1412 et l’a terminé en 1420 ; voir cela indiqué dans ma lettre à l’Académie, du 7 mai 1892.

Page 669

[62]

Il ne fut donc pas écrit par Sir Hugh Eglintoun, s’il est mort soit en 1376, soit en 1381 ; voir la Préface au livre de Troie, p. XVII, XXV.

[63]

Manuscrit : « to disport » ; mais « to » est inutile.

[64]

Manuscrit : « I for » ; « I » est inutile.

[65]

Deux rimes fausses : « ye » et « aweye » ; « dispyt » et « bright » (correctement, « bright e »).

[66]

Pas « clene », comme dans le manuscrit de St. John et dans le manuscrit de Phillipps ; car Chaucer ne rime jamais « clene » (avec un e ouvert) avec des mots tels que « grene », « quene » (avec un e fermé) ; voir, à ce sujet, les remarques de mon Index des rimes de Troilus, publié pour la Chaucer Society. Le manuscrit Harl. 2392 contient également « sheene », un mot dans lequel le e long est de qualité « variable ».

[67]

Certains supposent que cela signifie « Tres gentil Chaucer ». Mais cela me semble très improbable, voire stupide.

Page 670

*** FIN DU LIVRE ÉLECTRONIQUE PROJECT GUTENBERG – LES ŒUVRES DE CHAUCER, VOLUME 2 — BOËTHIEUS ET TROILEUS ***

Des éditions mises à jour remplaceront les précédentes — les anciennes éditions seront renommées.

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1.E.2. Si une œuvre électronique individuelle de Project Gutenberg est issue de textes non protégés par la loi américaine sur le droit d’auteur (ne contient pas d’indication indiquant qu’elle a été publiée avec l’autorisation du détenteur des droits d’auteur), l’œuvre peut être copiée et distribuée à qui que ce soit aux États-Unis sans devoir payer de frais ou de redevances. Si vous redistribuez ou mettez à disposition un travail accompagné de l’expression « Project Gutenberg » associée à celui-ci ou apparaissant sur celui-ci, vous devez respecter soit les exigences des paragraphes 1.E.1 à 1.E.7, soit obtenir l’autorisation d’utiliser l’œuvre ainsi que la marque Project Gutenberg, comme indiqué dans les paragraphes 1.E.8 ou 1.E.9.

1.E.3. Si une œuvre électronique individuelle de Project Gutenberg est publiée avec l’autorisation du détenteur des droits d’auteur, votre utilisation et votre distribution doivent respecter à la fois les paragraphes 1.E.1 à 1.E.7 ainsi que tous les termes supplémentaires imposés par le détenteur des droits d’auteur. Ces termes supplémentaires seront liés à la Licence Project Gutenberg pour toutes les œuvres publiées avec l’autorisation du détenteur des droits d’auteur et se trouveront au début de cette œuvre.

1.E.4. Ne supprimez pas, ne séparez pas ni ne retirez les conditions complètes de la Licence Project Gutenberg de cette œuvre, ni de tout fichier contenant une partie de cette œuvre ou toute autre œuvre associée à Project Gutenberg.

1.E.5. Ne copiez, n’affichez, n’exécutez, ne distribuez ni ne redistribuez cette œuvre électronique, ni aucune partie de celle-ci, sans afficher de manière visible la phrase indiquée au paragraphe 1.E.1, accompagnée de liens actifs ou d’un accès immédiat aux conditions complètes de la Licence Project Gutenberg.

1.E.6. Vous pouvez convertir cette œuvre et la distribuer sous n’importe quelle forme binaire, compressée, marquée, non propriétaire ou propriétaire, y compris sous n’importe quelle forme de traitement de texte ou d’hypertexte. Cependant, si vous mettez à disposition des copies d’une œuvre de Project Gutenberg sous un format autre que « Plain Vanilla ASCII » ou un autre format utilisé dans la version officielle publiée sur le site officiel de Project Gutenberg (www.gutenberg.org), vous devez, sans aucun coût, frais ou dépense supplémentaire pour l’utilisateur, fournir une copie, un moyen d’exporter une copie ou un moyen d’obtenir une copie sur demande, de l’œuvre dans son format original « Plain Vanilla ASCII » ou dans un autre format. Tout format alternatif doit inclure la Licence Project Gutenberg complète, telle que spécifiée au paragraphe 1.E.1.

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1.E.7. Ne percevez aucune redevance pour l’accès, la consultation, l’affichage, l’exécution, la copie ou la distribution de quelque œuvre de Project Gutenberg que ce soit, sauf si vous respectez les paragraphes 1.E.8 ou 1.E.9.

1.E.8. Vous pouvez percevoir une redevance raisonnable pour des copies ou pour fournir un accès ou distribuer des œuvres électroniques de Project Gutenberg, à condition que :

• Vous versiez une redevance de 20 % des bénéfices bruts que vous tirez de l’utilisation des œuvres de Project Gutenberg, calculée selon la méthode que vous utilisez déjà pour calculer vos impôts. Cette redevance est due au propriétaire de la marque Project Gutenberg, mais il a accepté de donner ces redevances, en vertu de ce paragraphe, à la Project Gutenberg Literary Archive Foundation. Les paiements de redevance doivent être effectués dans un délai de 60 jours suivant chaque date à laquelle vous préparez (ou êtes légalement tenu de préparer) vos déclarations fiscales périodiques. Ces paiements doivent être clairement identifiés comme tels et envoyés à la Project Gutenberg Literary Archive Foundation à l’adresse indiquée dans la section 4, « Informations sur les dons à la Project Gutenberg Literary Archive Foundation ».

• Vous remboursiez intégralement tout montant payé par un utilisateur qui vous en informe par écrit (ou par e-mail) dans un délai de 30 jours suivant la réception, indiquant qu’il n’est pas d’accord avec les conditions de la licence complète Project Gutenberg™. Vous devez exiger de cet utilisateur qu’il retourne ou détruise toutes les copies des œuvres conservées sur support physique et qu’il cesse toute utilisation et tout accès aux autres copies des œuvres Project Gutenberg™.

• Vous remboursez intégralement, conformément au paragraphe 1.F.3, tout montant payé pour une œuvre ou une copie de remplacement, si un défaut dans l’œuvre électronique est découvert et signalé à vous dans un délai de 90 jours suivant la réception de l’œuvre.

• Vous respectez toutes les autres conditions de ce contrat concernant la distribution gratuite des œuvres Project Gutenberg™.

1.E.9. Si vous souhaitez percevoir une redevance ou distribuer une œuvre électronique de Project Gutenberg™ ou un groupe d’œuvres selon des conditions différentes de celles prévues dans ce contrat, vous devez obtenir l’autorisation écrite de la Project Gutenberg Literary Archive Foundation, gestionnaire du projet.

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Marque déposée Gutenberg™. Veuillez contacter la Fondation comme indiqué à la section 3 ci-dessous.

1.F.

1.F.1. Les bénévoles et les employés du Projet Gutenberg déploient des efforts considérables pour identifier, effectuer des recherches sur les droits d’auteur, transcrire et relire des œuvres non protégées par la loi américaine sur les droits d’auteur afin de créer la collection Project Gutenberg™. Malgré ces efforts, les œuvres électroniques Project Gutenberg™, ainsi que le support sur lequel elles peuvent être stockées, peuvent contenir des « défauts », tels que, mais sans s’y limiter, des données incomplètes, inexactes ou corrompues, des erreurs de transcription, une violation des droits d’auteur ou d’autres droits de propriété intellectuelle, un disque ou autre support défectueux ou endommagé, un virus informatique, ou des codes informatiques qui endommagent ou ne peuvent pas être lus par votre équipement.

1.F.2. GARANTIE LIMITÉE, RENONCIATION AUX DOMMAGES – À l’exception du « droit de remplacement ou de remboursement » décrit au paragraphe 1.F.3, la Fondation de l’Archivage Littéraire Project Gutenberg, propriétaire de la marque déposée Project Gutenberg™, ainsi que toute autre partie distribuant une œuvre électronique Project Gutenberg™ en vertu du présent accord, renoncent à toute responsabilité à votre égard pour les dommages, coûts et dépenses, y compris les frais juridiques. Vous acceptez de ne disposer d’aucune voie de recours en cas de négligence, de responsabilité stricte, de manquement à la garantie ou de rupture de contrat, à l’exception de celles prévues au paragraphe 1.F.3. Vous acceptez que la Fondation, le propriétaire de la marque déposée et tout distributeur en vertu du présent accord ne soient pas tenus pour responsables à votre égard des dommages réels, directs, indirects, conséquents, punitifs ou accessoires, même si vous signalez la possibilité de tels dommages.

1.F.3. DROIT LIMITÉ DE REMPLACEMENT OU DE REMBOURSEMENT – Si vous découvrez un défaut dans cette œuvre électronique dans un délai de 90 jours après l’avoir reçue, vous pouvez obtenir le remboursement de l’argent (le cas échéant) que vous avez payé en envoyant une explication écrite à la personne auprès de qui vous avez reçu l’œuvre. Si vous avez reçu l’œuvre sur un support physique, vous devez retourner ce support accompagné de votre explication écrite. La personne ou l’entité qui vous a fourni l’œuvre défectueuse peut choisir de vous fournir une copie de remplacement plutôt qu’un remboursement. Si vous avez reçu l’œuvre électroniquement, la personne ou l’entité qui vous la fournit…

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Vous pouvez choisir de recevoir une deuxième copie du travail en format électronique, au lieu d’un remboursement. Si cette deuxième copie est également défectueuse, vous pouvez demander un remboursement par écrit, sans avoir de nouvelles possibilités de résoudre le problème.

1.F.4. Sauf pour le droit limité de remplacement ou de remboursement mentionné au paragraphe 1.F.3, ce travail vous est fourni « tel quel », sans aucune autre garantie, qu’elle soit explicite ou implicite, y compris, mais sans s’y limiter, les garanties de commercialisation ou d’adaptation à un usage donné.

1.F.5. Certains États ne permettent pas la renonciation à certaines garanties implicites ni l’exclusion ou la limitation de certains types de dommages. Si toute renonciation ou limitation prévue dans ce contrat contrevient à la loi de l’État applicable à ce contrat, le contrat sera interprété de manière à respecter la plus large mesure de renonciation ou de limitation autorisée par la loi de cet État. L’invalidité ou l’inapplicabilité de toute disposition de ce contrat n’annulera pas les dispositions restantes.

1.F.6. INDEMNISATION – Vous acceptez d’indemniser et de tenir à l’écart de toute responsabilité la Fondation, le titulaire de la marque déposée, tous les agents ou employés de la Fondation, toute personne fournissant des copies des œuvres électroniques Project Gutenberg™ conformément à ce contrat, ainsi que tous les bénévoles impliqués dans la production, la promotion et la distribution des œuvres électroniques Project Gutenberg™, contre toutes responsabilités, coûts et dépenses, y compris les frais juridiques, qui découlent directement ou indirectement de tout acte que vous entreprendrez ou que vous ferez commettre : (a) la distribution de cette œuvre ou de toute autre œuvre Project Gutenberg, (b) toute modification, altération, ajout ou suppression apportée à une œuvre Project Gutenberg, et (c) tout défaut que vous causerez.

Section 2. Informations sur la mission de Project Gutenberg

Project Gutenberg est synonyme de distribution gratuite d’œuvres électroniques dans des formats lus par la plus grande variété d’ordinateurs, y compris ceux obsolètes, anciens, moyennement récents ou nouveaux. Il existe grâce à…

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les efforts de centaines de bénévoles et les dons de personnes issus de tous les milieux de la vie.

Les bénévoles et le soutien financier, qui permettent d’offrir aux bénévoles l’aide dont ils ont besoin, sont essentiels pour atteindre les objectifs du Projet Gutenberg et garantir que sa collection restera librement accessible pour les générations futures. En 2001, la Fondation de l’Archivage Littéraire Project Gutenberg a été créée afin d’assurer un avenir sûr et durable au Projet Gutenberg et aux générations à venir. Pour en savoir plus sur la Fondation de l’Archivage Littéraire Project Gutenberg et sur la manière dont vos efforts et vos dons peuvent aider, consultez les sections 3 et 4 ainsi que la page d’information sur la Fondation à l’adresse www.gutenberg.org.

Section 3. Informations sur la Fondation de l’Archivage Littéraire Project Gutenberg

La Fondation de l’Archivage Littéraire Project Gutenberg est une organisation éducative à but non lucratif de type 501(c)(3), organisée conformément aux lois de l’État du Mississippi et ayant reçu le statut d’exonération fiscale de la part du Service des revenus intérieurs. Le numéro d’identification fiscale fédéral de la Fondation est 64-6221541. Les contributions versées à la Fondation de l’Archivage Littéraire Project Gutenberg sont déductibles d’impôts dans toute la mesure permise par les lois fédérales américaines et les lois de votre État.

Le bureau administratif de la Fondation est situé au 41 Watchung Plaza #516, Montclair NJ 07042, États-Unis, +1 (862) 621-9288. Des liens pour contacter par e-mail ainsi que des informations de contact à jour se trouvent sur le site web de la Fondation et sur sa page officielle à l’adresse www.gutenberg.org/contact.

Section 4. Informations sur les dons à la Fondation de l’Archivage Littéraire Project Gutenberg

Project Gutenberg™ dépend d’un soutien public et de dons largement répandus pour pouvoir mener à bien sa mission consistant à augmenter le nombre d’œuvres en domaine public ou licenciées qui peuvent être distribuées librement sous une forme lisible par ordinateur, accessible par la plus grande variété d’équipements.

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y compris du matériel obsolète. De nombreuses petites dons (de 1 à 5 000 dollars) sont particulièrement importants pour maintenir le statut d’exemption fiscale auprès de l’IRS.

La Fondation s’engage à se conformer aux lois régissant les œuvres caritatives et les dons caritatifs dans les 50 États des États-Unis. Les exigences de conformité ne sont pas uniformes et il faut un effort considérable, beaucoup de paperasse et de frais pour y répondre et rester à jour. Nous ne sollicitons pas de dons dans les régions où nous n’avons pas reçu de confirmation écrite de conformité. Pour FAIRE UN DON ou connaître le statut de conformité pour un État donné, visitez www.gutenberg.org/donate.

Bien que nous ne puissions pas et ne sollicitions pas de contributions des États où nous n’avons pas rempli les exigences de sollicitation, nous ne connaissons aucune interdiction d’accepter des dons non sollicités de donateurs de ces États qui nous contactent pour proposer un don.

Les dons internationaux sont acceptés avec gratitude, mais nous ne pouvons faire aucune déclaration concernant le traitement fiscal des dons reçus en dehors des États-Unis. Seules les lois américaines déjà représentent une charge énorme pour notre petit personnel.

Veuillez consulter les pages Web de Project Gutenberg pour connaître les méthodes et adresses de don actuelles. Les dons peuvent également être faits par divers moyens, notamment par chèque, paiement en ligne ou carte de crédit. Pour faire un don, veuillez visiter : www.gutenberg.org/donate.

Section 5. Informations générales sur Project Gutenberg – Œuvres électroniques

Le professeur Michael S. Hart est à l’origine du concept de Project Gutenberg, une bibliothèque d’œuvres électroniques pouvant être partagées librement avec quiconque. Pendant quarante ans, il a produit et distribué des eBooks Project Gutenberg, avec uniquement un réseau limité de bénévoles pour l’aider.

Les eBooks Project Gutenberg sont souvent créés à partir de plusieurs éditions imprimées, toutes confirmées comme ne pas être protégées par le droit d’auteur aux États-Unis, sauf si…

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Une notice de droits d’auteur est incluse. Par conséquent, nous ne nous efforçons pas nécessairement de maintenir les eBooks en conformité avec une édition imprimée particulière.

La plupart des gens commencent par notre site web qui dispose de l’outil principal de recherche PG :
www.gutenberg.org.

Ce site contient des informations sur le Projet Gutenberg, y compris la manière de faire des dons à la Fondation du Archives littéraires du Projet Gutenberg, la façon d’aider à la création de nos nouveaux eBooks, ainsi que la manière de s’abonner à notre newsletter par e-mail pour être informé des nouveaux eBooks.

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